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Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey]

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 31 Mar 2016 - 22:06
Bon, bah c'était très bien tout ça. Elle entendait Jean-Baptiste se battre à côté, mais il ne l'aidait pas. Bon, il avait peut-être autre chose à faire, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir un poil, pour le coup. Après l'instant de silence, le gros chat se remit à feuler à son intention:

"Pour qui tu te prends espèce de sale gosse? Pour la reine du monde? Tu te crois chez les bisouchatons? Tu pensais que t'allais pouvoir te balader avec tes deux guignols ici, comme si de rien n'était, regarder un peu, et repartir aussi tranquillement?"

Cette fois, l'enfant se prit l'attaque en pleine face. Inquiète, en plein dérapage, sans la moindre idée de comment se sortir de cette situation, elle n'arrivait pas à ignorer les déluges de reproches et de moqueries qu'il lui déversait à la chaîne. Il finit par se taire, lui demandant ce qu'elle avait à répondre à ça, mais elle ne lui opposa qu'un silence aux lèvres pincées, collée à une caisse dans son dos, et la capuche la plus baissée possible pour éviter son regard. C'est ce moment que choisit Corey pour arriver tel un sauveur. Mais au lieu de prendre sa défense, il se contenta de lui dire qu'il s'était occupé de l'autre, en restant dans son rôle. Evidemment, fichue capuche, c'est pas comme s'il avait pu voir son expression qui lui criait de venir l'aider. Mais seul un ricanement agressif du marchand retentit:

"Quoi, ces types sont vraiment à ta solde? J'arrive pas à y croire, quelle bande de déchets vous devez faire! Je suis sûr que vous n'avez même pas le moindre EV sur vous, allez savoir comment vous allez me rembourser ces dommages!"

Il était passé de la colère au défoulement total, il ne semblait presque plus donner d'importance au fait qu'ils étaient dans sa réserve, il se contentait de se lâcher sur eux, ou plutôt sur elle pour le moment. Il tenta même de lui porter un coup assez mou mais la fillette parvint tout de même à l'éviter, se décalant sur le côté. Dans son mouvement, sa main toucha quelque chose de métallique: la cage qu'elle avait remarqué. Corey ne réagissait pas, peut-être surpris ou alors occupé à autre chose, mais elle ne s'en souciait plus vraiment, toute son attention portée sur les barreaux que sa main enserrait. En voyant ça, le marchand lança agressivement:

"Je t'ai dis de lâcher ça!"

Et sur ces mots, par un esprit de contradiction qui lui vint tout naturellement au vue des circonstances, elle lui tourna le dos et commença à secouer violemment le cadenas de la cage, tandis que sa chatte sautait de son épaule pour atterrir souplement sur une caisse proche. Voyant son entêtement à vouloir briser le verrou, le gros commença à s'approcher, n'osant peut-être pas encore porter la main sur un Voyageur, mais l'invectivant de toutes ses forces:

"Lâche ça ou tu vas finir par les rencontrer, les fournisseurs de ces créatures auxquelles tu tiens tellement! Et tu seras pas du bon côté de la cage!"

Mais sur ces mots, la force athlétique de la jeune fille était venue à bout du morceau de métal qui avait volé sous le choc, et elle avait enchaîné directement sur une onde de son pouvoir sur la bestiole enfermée, bestiole qui jaillit sur le gros marchand et s’agrippa à son visage pour le griffer méchamment. L'enfant essoufflée observa l'espèce de reptile qui ressemblait un peu à un commodo d'une quarantaine de centimètres de long, mais avec une petite crête de pics, de cornes sur le crâne et une couleur rouge vif. Alors qu'elle remarquait que ce truc ressemblait quand même vachement à un dragon, ce que le marchand avait dit atteignit finalement son cerveau. Sous le coup du léger pic d'adrénaline, de son essoufflement et peut-être du fait qu'elle ne réfléchit pas plus que ça à ses mots, elle lâcha machinalement, dans un souffle:

"Parfait, c'est justement là où on veut aller..."

Tant pis pour sa voix aiguë, de toute manière il l'avait remarquée, ça n'avait plus vraiment de sens de tenter de la cacher. Se redressant en soufflant, s'approchant de la Créature des Rêves qui se roulait par terre en geignant, tentant vainement de retirer l'animal de son visage, Mara se demanda comment elle avait pu être impressionnée par un type aussi faible. Pourtant son pouvoir avait eut effet plus tôt, c'était quand même un bon indicateur de l'écart de force. Surtout que le coup qu'il avait tenté de lui envoyer était vraiment nul.

Sortant ses bras de sa cape et agrippant sa capuche, profitant de la douce sensation de fourrure sur sa peau, elle lança un autre regard au gros qui se tortillait toujours et rappela doucement le commodo. Se dernier leva le museau et trottina jusqu'à elle, levant les yeux vers sa tête. Elle jeta un coup d’œil au visage parcouru de petites griffure du gros chat essoufflé. C'était la première fois qu'elle le voyait. Pendant un instant, elle imagina ce museau retroussé et ces yeux exorbités formant un visage moqueur, méchant, crachant son venin sur elle, et sa bouche s'étira légèrement dans une grimace.

Comment elle avait pu se laisser impressionner? Ce type n'était qu'un marchand, il n'était sans doute pas fort, pas comme les deux autres dont ses deux amis avaient dû s'occuper. Pourquoi s'était-elle laissée faire comme ça? À défaut d'avoir un pouvoir très puissant, elle aurait pu se battre, au moins essayer. Elle aurait sans doute gagné en quelques coups. Ses poings agrippèrent plus fort les plis de fourrure qu'ils avaient saisis. Un soupir lui échappa. Quelque chose n'allait pas. Son corps évoluait, mais elle ne suivait pas. Au moindre retournement de situation, à la moindre sensation de perte de contrôle, elle avait l'impression d'avoir cinq ans. C'était déjà la deuxième fois que ça lui arrivait cette nuit.

Elle n'aimait pas cette nuit, elle se sentait mal, faible, incapable, loin de tout, complètement dépendante des deux autres. Ses coudes s'étaient rejoins et cachaient son visage, la plongeant dans le noir. Où était sa motivation de devenir aussi forte que Megan, cette motivation de sa première nuit où elle avait put voir cette Voyageuse vaincre un type aussi facilement que celui-ci les avait mis à terre, Pan et elle? Elle ne faisait rien, se laissait porter par le courant, terrifiée par tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une menace. Quand avait-elle vaincu une quelconque phobie? Même son "réveil", elle ne l'avait pas fait par elle-même, mais car des gens passaient à proximité. Quand sera-t-elle capable de se débrouiller seule? Elle lâcha un demi-ricanement, à peine audible, tandis que la réponse lui paraissait évidente: jamais, car c'était la base même de son pouvoir. De ne plus jamais affronter la solitude. Comment considérer avoir vaincu une telle phobie après ça?

Inspirant et expirant lentement, laissant retomber ses bras après cette réflexion qui n'avait peut-être duré que quelques secondes, elle lança un regard dur au marchand, du moins, aussi dur que puissent l'être des yeux de onze ans. Au fond de son cœur, elle ne pouvait ignorer cette petite sensation satisfaisante de pouvoir regarder quelqu'un de haut, quelqu'un qui était visiblement effrayé. Alors on ressentait ça quand on était dans l'autre camps, hein? Elle n'aimait pas se battre, elle avait peur de se faire mal et de toutes manière, ce n'était pas bien. Mais pour une fois, même si ce n'était pas pour donner un coup, elle allait profiter d'être du côté du bourreau, pour gagner en assurance. Suffisamment pour dire d'une voix sure et peut-être un peu plus menaçante que voulue:

"Ok, maintenant tu vas nous emmener les voir, tes fournisseurs."

Elle ne savait pas ce que Corey avait fait pendant ce temps, elle n'avait pas non plus fait attention au combat de Jean-Baptiste, peut-être que les deux s'étaient battus ensemble? Aucune idée, mais l'affrontement devait toucher à sa fin maintenant. Elle ne savait pas ce qui allait se passer ensuite, mais elle serrait les poings pour s'empêcher de réfléchir. Elle faisant à peine attention à ses deux chats qui revenaient, l'une pour renifler le reptile avec curiosité et l'autre qui lui tendait son foulard entre ses crocs, le collier d'or autour du cou.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 7 Avr 2016 - 13:00


Encore sonné par son combat, il lui fallut quelques secondes pour appréhender la situation, le temps que le marchand essaie de s’en prendre physiquement à la blondinette. Malgré la brume douloureuse qui enveloppait son esprit, son sang ne fit qu’un tour, peu importe les circonstances, il était hors de question qu’il laisse quelqu’un s’en prendre à Mara. Il voulut s’approcher du gros marchand pour lui coller une grosse correction, mais en esquivant, la fillette l’avait éloigné de lui. Le temps que l’héliophobe parcourt la distance qui le séparait du chat colérique la voyageuse avait libéré une sorte de mini dragon onirique. La bestiole, probablement guidée par le pouvoir de la blondinette que le geek n’arrivait toujours pas à bien cerner, se jeta sur son geôlier et se mit à le griffer et à le mordre.

Savourant la scène de ce gros marchand pédant, l’héliophobe laissa sa camarade savourer son instant de gloire. Lorsqu’elle rappela la créature à elle, Corey s’occupa du chat et lui fit une clé de bras avant de le redresser alors que Jean Baptiste les rejoignaient après s’être apparemment débarrasser de l’autre chat. Contrairement à sa tendance à la concertation depuis le début de la soirée, il se montra assez dirigiste pour la suite des évènements. Mais comme le geek était de nature plutôt arrangeante et qu’il était d’accord avec les décisions annoncées par le voyageur il laissa passer. Il resserra sa clé de bras pour montrer au marchand qu’ils n’étaient pas là pour plaisanter et qu’il n’avait aucune chance de s’enfuir. Il était loin d’être un expert dans le domaine de la contention mais il avait vu suffisamment de films et séries pour savoir comment faire efficacement ce genre de clé. Même si elle n’était pas parfaite, surtout sur une créature aussi souple qu’un chat, avec sa force surnaturelle de voyageur expérimenté, le malheureux n’avait aucune chance d’échapper à son emprise.

« Bouge pas… Sinon je laisse le … lézard… s’occuper de toi. » dit-il au marchand pour l’intimider.

JB était en train de libérer toutes les créatures et un doute insidieux naquis en Corey, il choisit de l’ignorer pour l’instant. Mais il craignait un peu qu’ils aient pris tous ces risques pour essayer de lutter contre un trafic de créatures « inférieures ». Il était d’accord que même des bestioles comme celles-là avaient le droit à la liberté, mais au fond de lui il avait espéré que c’était le même genre d’esclaves que ceux qu’il avait libéré à Mirage Space. Des humanoïdes, avec des familles qui attendaient leurs retours, pas des animaux qui ne parviendraient probablement jamais à rejoindre leur royaume d’origine s’ils les libéraient ici. Il était à deux doigts de demander au chat qu’il tenait si ses fournisseurs proposaient des esclaves plus haut de gamme mais il se retint. Peu importe la réponse, ils iraient essayer de les libérer et de mettre un terme à cette négoce intolérable.

Il attendit encore quelques secondes, que les animaux soient tous libérés et rassemblés aux pieds de Mara, puis il remonta le bras de son captif un peu plus haut dans son dos.

« Alors, on les trouve où tes fournisseurs ? » demanda-t-il fermement.

« Vous savez pas à qui vous avez affaire, ils vont faire qu’une bouchée de vous. Surtout maintenant que vous avez bousillé deux de leurs membres ! Ils vous laisseront jamais vous en sortir vivants. »

Voilà qui était inattendu, outre le fait de venir s’en prendre au mauvais voyageur, c’était le groupe qui se faisait appeler la griffe verte qui était à l’origine du trafic de créatures des rêves. Vu qu’ils étaient présents au marché noir, ce n’était pas tout à fait surprenant, mais ça risquait de compliquer les choses. Il avait été blessé en se débarrassant d’un seul de leurs membres, et même si il essayait de ne pas le montrer, Jean Baptiste avait pris des coups lui aussi. Il allait falloir qu’ils se montrent plus efficaces s’ils voulaient avoir une chance de venir à bout de ce trafic.

« Et on les trouve où ? »

« Comme si j’allais vous le dire, à cause de vous j’ai déjà tout perdu, je les ai payés ces bestioles, si je les revend pas il me restera plus rien et je vais être associé à vous … » Ses gémissements furent interrompus par une nouvelle torsion du bras. « Aie aie aie… Doucement, doucement… »

« Où ? »

« J’espère qu’ils auront votre peau… » Un nouveau cri de douleur. « Prenez cette galerie. » Il désigna une des seules issues de ce boyau. « Ça vous emmènera dans un conduit plus large qui vous ramènera sur la rivière sous-terraine, suivez là pendant une bonne dizaine de minutes, vers l’aval, quand le chemin semble s’arrêter sur un cul de sac, traversez, c’est un passage a guet dissimulé, l’entrée de leur repaire est juste après. »

Les indications semblaient trop précises pour être inventées de toutes pièces mais le voyageur ne savait pas trop quoi en penser. Il interrogea ses compagnons du regard, pour avoir leur avis. Devaient-ils le croire ? Le laisser ici ? L’emmener avec eux ?

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 7 Avr 2016 - 19:36

La jeune fille se saisit en soupirant du tissu que le chat lui tendait et l'enroula de nouveau autour de son bras, avant de remercier le félin d'une caresse entre les oreilles. Elle regarda Corey maîtriser facilement le marchand, la confortant dans l'idée qu'il était vraiment faible, et acquiesça silencieusement à la demande de JB. L'adrénaline retombant, elle se sentait légèrement mal, sans vraiment savoir pourquoi.

Mettant cette impression de côté pour le moment, elle se tourna vers les animaux que JB libérait un par un, tous aussi originaux voir absurdes les uns que les autres, mais dans l'ensemble d'aspect assez faibles. Ils semblaient pour la plupart épuisés et mal en point, et beaucoup paraissaient méfiants malgré leur libération, jetant des regards autour d'eux et grognant plus ou moins fort, mais la fillette s'occupa de ce dernier problème d'une simple onde qu'elle voulait rassurante et qu'elle projeta sur les quelques bestioles. Celles-ci semblaient trop fatiguées pour être aussi bavardes que certains compagnons qu'elle avait pu avoir, mais des mots fusaient déjà çà et là.

"Qu'est-ce qu'il se passe?", "On est libre?", "J'ai faim", "Vous êtes qui?", "Où est ma sœur?", "On va partir?", "J'ai froid", "J'ai du mal à respirer", "Ma patte me fait mal", "On va rentrer chez nous?", "Cet endroit me fait peur"... Toutes ces voix tourbillonnaient autour d'elle, et Mara sentait son cœur se serrer en les entendant, enviant le silence dans lequel devaient être les deux autres. D'autant que certaines questions posaient vraiment problème. Mais dans l'immédiat, il s'agissait surtout des animaux fatigués, ou qui avaient du mal à se déplacer. L'enfant ne se voyait pas les abandonner ici en tas dans une réserve de marché noir, ni même demander à ses deux amis de s'encombrer les bras à porter des bestioles. Même si l'image de Jean-Baptiste essayant de porter trois des Créatures en même temps lui effleura l'esprit, lui redonnant un demi-sourire.

Elle décida donc de demander aux plus gros qui semblaient plus en forme, certains atteignant la taille d'un chien, de transporter les plus faibles. Les autres devraient se contenter de leurs pattes fatiguées ou engourdies pour ça, mais elle ne voyait pas vraiment de meilleures solutions. Elle-même se saisit d'un petit serpent qu'elle passa autour de sa nuque, à l'intérieur de son col. La sensation contre sa peau était étrange, mais le reptile épuisé était à peine capable de faire le tour de son cou, donc elle ne craignait pas trop l'étranglement.

Elle avait écouté d'une oreille la dispute entre Corey et la Créature des Rêves, et suivit en silence les autres quand ils avaient décidé après délibérations de suivre le boyau, se contentant d’acquiescer au besoin. Elle aurait bien aimé faire croire que c'était car ça lui demandait des efforts de maintenir son pouvoir, mais la petite troupe n'avait pas besoin d'autres ondes pour suivre ses pas. En vérité, elle avait toujours un sale goût qui lui restait en travers de la gorge, un malaise bizarre, sans vraiment savoir de quoi il retournait. Elle se contentait simplement de faire de son mieux pour l'oublier, regardant avec intérêt l'eau qui coulait le long de leurs pas.

Elle aurait bien aimé réfléchir à cette eau, se poser des questions sur d'où elle venait ou n'importe quoi, et essayer de tirer des conclusions à la Sherlock Holmes, mais là, ses pensées restaient méticuleusement vides. Elle avait juste cette impression d'avoir un tourbillon de questions gênantes, de petites remarques sur elle-même enfermées à l'arrière de son crâne, et qui se libéreraient et tomberaient en cascade dans son esprit à l'instant où elle relâcherait son attention. C'était assez désagréable mais pour une fois, ça la forçait à faire particulièrement gaffe à son environnement. Ce fut peut-être pour ça qu'elle entendit cette voix.

*Comme une perle perdue dans les abysses...*

Enfin, "entendre" restait tout de même un terme assez peu adapté, dans la mesure où son pouvoir lui traduisit quelque chose, alors qu'elle-même n'avait strictement aucune idée de la provenance de la fameuse voix, puisque ses oreilles n'avaient rien entendu. Cette surprise eut au moins l'avantage de balayer ses doutes, alors qu'elle cherchait à comprendre ce qu'il se passait, tendant l'oreille pour essayer de deviner d'où provenait le son, voir même s'il y en avait un.

*Tel un dauphin laissé à l'abandon...*

La fillette fronça les sourcils. Il n'y avait vraiment aucun son, aucun cri, pourtant elle entendait distinctement ces mots, qui ressemblait presque à un chant. Et pourtant, son pouvoir avait tendance à prendre les distances en compte quand il traduisait quelque chose, elle entendait ce qui était dit aussi distinctement qu'une créature de la même race à sa place, alors pourquoi?

*Chute sans perdre espoir, petite goutte...
Car un jour, tu retrouveras l'Océan.*
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 13 Avr 2016 - 14:15


Mara avait l’air perdue dans ses pensées et le jeune homme n’aimait pas vraiment ça, il se demanda si le fait d’utiliser son pouvoir sur d’aussi nombreuses créatures n’était pas en train de saper ses forces. Tenant toujours fermement leur prisonnier il hésita à poser directement la question à la jeune fille mais il se retint, de peur de commettre une nouvelle bévue diplomatique. Ils avaient déjà été maladroits en début de nuit avec la gamine, ce n’était pas le moment de la vexer en la sous-estimant. Il se contenta de se dire qu’il allait falloir la surveiller pour ne pas qu’elle prenne de risque, si elle dépassait ses limites, qui sait ce qu’elle deviendrait ou comment réagiraient les créatures.

JB avait l’air d’avoir compris sa question muette, l’héliophobe cru un instant qu’il allait lui dire d’assommer le marchand mais il exprima l’idée inverse, le garder avec eux jusqu’au dernier moment. Il était vrai que si ce chat les avait envoyés droit dans un piège, ce serait pratique de l’avoir sous la main pour lui faire assumer son mensonge éventuel. Le voyageur s’enquit ensuite de l’état de Mara, ce qui inquiéta un peu le geek, si ils étaient deux à avoir remarqué qu’elle n’était pas dans son état normal c’était peut-être qu’elle n’allait vraiment pas bien. Mais la pré-adolescente acquiesça, l’air toujours un peu distrait.

Ce fut le voyageur, dont Corey n’avait pas vraiment compris le pouvoir, qui prit la tête de leur petite cohorte hétérogène. L’héliophobe lui emboita le pas, poussant sans ménagement son prisonnier devant lui, puis Mara et sa petite troupe suivirent. Ils laissèrent derrière eux cette espèce de réserve de marché noir, Corey se dit que s’il avait été intéressé par l’argent il aurait probablement fouillé un peu les caisses entreposées non loin des cages car elles refermaient probablement des biens de valeurs. Probablement illégaux mais ayant une valeur marchande tout de même, il hésita presque à émettre cette idée à voix haute, mais se retint, l’objectif était de mettre fin à ce trafic, le reste avait peu d’importance.

« Avance ! » ordonna le geek au félin qui ne mettait pas beaucoup de bonne volonté à abandonner ainsi son stand et sa réserve.

Ils suivirent JB dans le petit boyau qui rejoint rapidement celui plus praticable dont le marchand avait parlé. Rapidement le meneur ralentit le rythme car la pierre devenait glissante au fur et à mesure qu’on se rapprochait de la rivière sous-terraine. Le trafiquant avait la griffe sure et Corey se servait de lui comme d’un appui lorsqu’il glissait un peu. Ils continuèrent d’avancer l’héliophobe constata que son allié commençait à fatiguer lorsqu’il manqua de tomber.

« Attend !  » lui dit-il. « On va le laisser passer devant… Au cas où…  »

Il laissait entendre que le marchand les avait peut être envoyés dans un piège et que c’était pour ça qu’il voulait le faire passer devant, mais ça avait aussi pour but de soulager un peu JB du fardeau d’ouvrir la voix. La galerie humide et mal éclairée se jeta rapidement dans celle plus grande mais tout aussi sombre qui abritait la rivière. Sans hésiter, le matou commença à la longer, à la descente, comme il leur avait dit de faire. Corey se demanda ou débouchait ce cours d’eau sous-terrain, peut-être dans un lac, mais avec Dreamland rien n’était moins sûr. Les sources de lumière se firent encore plus rares, vu que les félins voyaient bien dans l’obscurité ce n’était pas spécialement étonnant mais pour leur petit groupe ce n’était pas évident. L’héliophobe hésita un peu puis fini par faire appel à son pouvoir, d’une main il conservait sa prise sur le bras de leur otage, de l’autre il émit un halo lumineux assez diffus et faible pour ne pas les aveugler. Il pointa ce faisceau légèrement derrière ses pieds, ainsi ceux qui venaient derrière n’auraient aucun problème.

Ils continuèrent à avancer jusqu’à croiser la dernière galerie qui partait sur leur droite et qui semblait remonter plus ou moins directement à la surface. Le chemin praticable qu’ils avaient emprunté jusque-là était celui qui partait avec cette galerie, il fallait maintenant qu’ils progressent sur la berge de la rivière à quelques centimètres de l’eau, sur un terrain encore plus traitre et glissant. Désormais il n’y avait plus que la lumière du contrôleur, les trafiquants devaient avoir des lanternes dissimulées dans des caches mais le matou qui ouvrait la marche n’avait pas l’air décidé à leur en fournir.  

« Le guet est encore loin ? » s’impatienta l’héliophobe qui commençait à en avoir plein les jambes de cette expédition.

« Pas vraiment… »

Soudainement, le chat se jeta à l’avant, trop rapidement pour que Corey ai le réflexe de le rattraper par l’épaule ou les vêtements. Il courut sur un ou deux mètres avant de traverser le court d’eau sans trop d’hésitation, il semblait faire très attention à l’endroit où il mettait les pieds et lorsqu’il fût à nouveau au sec de l’autre côté, il jeta un regard triomphant au groupe resté de l’autre côté. Si il l’avait voulu et si il n’avait pas eu la seule source de lumière, Corey aurait pu le rattraper avant qu’il ne traverse la rivière mais c’était trop tard.

« Maudits voyageurs, vous débarquez avec vos grands airs, vous me faites perdre tout l’argent que j’ai et vous croyez vous en tirer comme ça ? Personne ne connait ces galeries aussi bien que nous et vous n’arriverez jamais à traverser ce guet sans moi, un seul faux pas et vous tombez à l’eau. Les courants sont traitres, vous n’en sortirez pas vivant.  »

Il avait l’air bien content du petit tour qu’il avait joué aux voyageurs, sans connaître l’espace précis entre les différentes pierres et leur emplacement, c’était presque impossible de traverser à cet endroit. Il avait fallu qu’on lui montre plusieurs fois le chemin pour qu’il parvienne à le retenir, il était persuadé que ces voyageurs n’avaient pas pu le retenir, surtout avec le manque d’éclairage. Il ne lui restait plus qu’à aller prévenir la griffe verte.

« Tu y vas ou j’y vais ? » demanda Corey en se tournant légèrement vers JB avec un demi-sourire complice.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 15 Avr 2016 - 23:37

Mara se concentrait maintenant sur la voix, tentant d'en deviner l'origine, ou au moins la nature. Rendue nerveuse par son environnement et par ses réflexions précédentes, elle se faisait un devoir de résoudre ce mystère, ne serait-ce que pour s'occuper la tête. Réfléchir à quelque chose. Mais sa réflexion semblait aller droit dans une impasse: après une demande discrète aux animaux les plus proches, seule une bande de chauves-souris avait plus ou moins perçu quelque chose, sans rien comprendre évidemment. Des ultrasons, un truc du genre? Mmh, ça ne l'avançait pas à grand chose... Enfin si, quand même, ça lui confirmait qu'elle était pas en train de devenir folle à entendre des voix.

*Éclat naïade, larme de lune...
Ô Mer, offre-moi ta fortune...*


Ce qui était quelque part assez rassurant. Elle porta son attention vers JB et Corey devant elle, puis baissa le regard quand elle devina que l'un d'eux jetait un œil dans sa direction. Elle n'avait pas envie de parler. L'une des chauves-souris semblait s'être prise d'affection et s'était posée sur sa capuche, rajoutant sa petite touche au léger bavardage qui l'entourait, un bavardage silencieux pour quiconque d'autre, à l'exception de quelques grognements ou couinements qui ressortaient parfois un peu plus.

*Loin de ma mère, de ma Mer,
Loin de mon père, de mes pairs...*


La mélodie était difficile à percevoir, mais ses mots chantaient clairement plus qu'un simple poème. Le pouvoir de Mara lui permettait d’appréhender un peu les distances, mais sans réel son pour soutenir ce qui lui parvenait, elle n'arrivait pas encore à en deviner la direction. Elle avait donc plus ou moins l'impression le chant ne venait de nulle part, qu'il était juste là... et ça la perturbait sensiblement. Cependant, après avoir un peu discuté avec le volatile posé sur sa tête, elle avait compris que ce dernier arrivait à déterminer plus ou moins l'origine du son, et il lui confirma qu'ils allaient plus ou moins dans la bonne direction, mais que ce n'était pas en ligne droite. À cela, la fillette répondit par un haussement d'épaules: évidemment que c'était pas tout droit, ils s'en seraient rendus compte.

*Où donc est ta promesse de mon retour?
Elle attend, la goutte, et est en pleurs...*


*L'homme à la barbe sent fort...*

La jeune fille lança un regard surpris à la chatte, un poussin fatigué juché sur son dos, puis à Jean-Baptiste, et de nouveau à la Créature. Le regard brillant dans le noir, la féline semblait perplexe. Mara ne sentait rien pourtant et fronça les sourcils vers l'animal, demandant silencieusement plus d'explications. Il sentait fort? Comment ça? Ça changeait quelque chose? La blanche sembla tout aussi ignorante qu'elle, se contentant de répondre:

*Je n'avais pas remarqué non plus au début, mais ceux qui ont l'odorat sensible passaient leur temps à l'observer. C'est difficile à expliquer, il n'a pas la même senteur qu'au début de la nuit. Elle est plus... ferreuse? Je ne sais pas trop...*

La Voyageuse maintint son regard plein d'incompréhension, mais bon, ce n'était sans doute pas très important. Il avait dû se tacher avec quelque chose, ou quoi... Une odeur que les anciens prisonniers semblaient reconnaître, en tous cas...

*Chute sans perdre espoir, petite goutte...
Car un jour, tu re-*


Un soudain brouhaha détourna l'attention de Mara, qui sursauta. Levant la tête avec surprise, elle vit sans pouvoir agir le marchand qui se débarrassait de la prise de Corey, et qui traversait le cours d'eau par un guet invisible dans la pénombre. Elle eut le temps de se rapprocher des deux autres, regardant avec une surprise un peu déçue la fuite du gros chat. Impossible de traverser, hein? C'était pas faux. Elle avait deviné qu'il devait y avoir des rochers permettant d'avoir bien pied, mais là... Sa chauve-souris lui confirma qu'il y avait des trucs immobiles sous l'eau. Cool, elle pourrait prévenir les autres, il devrait y avoir moyen d'utiliser le... le "sonar" du volatile, non? Oui, un truc comme ça, pour pouvoir trouver le passage.

"Tu y vas ou j’y vais ?"

La voix de Corey qui s'adressait visiblement à l'autre Voyageur lui serra la gorge. Pourquoi? Évidemment que l'un d'eux devrait y aller, ils étaient bien plus forts qu'elle, c'était de la sécurité de base. Puis s'ils tombaient, ils avaient plus de chance de s'en sortir qu'elle avec sa petite taille. Ils pourraient faire des sauts plus sûrs, mieux équilibrés, sans doute mieux calculés... D'ailleurs, le pouvoir de Jean-Baptiste ne lui permettait-il pas carrément de survoler le chemin comme si de rien n'était? Non, il valait mieux qu'elle reste en arrière, passant quand le chemin sera plus sûr. Ça relevait du bon sens.

"J'y vais."

Elle avait peut-être parlé presque sèchement, à cause de la frustration qui s'était libéré en elle. Et elle ne laissa même pas le temps à l'un des adultes de l'en empêcher qu'elle sautait déjà dans l'eau, là où sa compagne volante lui avait indiqué le premier caillou. Caillou qui était d'ailleurs plutôt plat et stable, clairement pas naturel.

*Danse et chante, ruisseau des abysses,
Porté par le courant, tu rentreras chez toi...*


Elle faisait de son mieux pour ne pas être perturbée par la voix, bien ancrée sur un seul pied alors que l'autre partait à la recherche de l'étape suivante, sous les conseils de la bête volante. Le courant battait ses chevilles, mais n'était pas assez fort à cette profondeur, et elle progressait plutôt efficacement en ignorant les deux autres. Elle en avait marre de répondre au bon sens, il lui faisait toujours rester en arrière, loin du danger, là où elle était le moins utile. Une voix au fond d'elle essayait de se convaincre que Corey aurait eut autant du mal, et que Jean-Baptiste avait sans doute pas une énergie illimitée, mais elle n'avait même pas besoin de l'écouter pour refouler sa culpabilité. Elle avait décidé qu'elle ferait quelque chose. Les animaux avec qui elle tissait des liens avaient des capacités qu'elle pouvait leur demander d'utiliser, et elle essayait de le montrer aux deux Voyageurs de la manière la moins raisonnable ou pourvue de tact qui soit.

*Les couplets fusent, les rimes pêchent,
La joie est partout, ignore donc ta tristesse...*


Son pied se posa finalement de l'autre côté de la rive, et elle se retourna vers les deux hommes. D'une onde mentale, elle rappela le vol de chauves-souris, et leur demanda d'indiquer le chemin en indiquant la position des rochers, volant au ras de l'eau. D'une seconde impulsion, elle encouragea la troupe d'animaux à suivre les Voyageurs, quitte à ce que les plus fatigués soient soutenus par les volatiles. La plupart étaient méfiants vis à vis des autres espèces, mais elle arrivait à suffisamment effacer cette tension pour que les camps s'entraident. Très rapidement d'ailleurs, son chat de gouttière la rejoint en quelques sauts calculés, et elle s'accroupit devant lui. Caressant ses oreilles, grattant un peu son cou, l'entendre ronronner avait le don de la calmer. Dans un demi sourire, après avoir légèrement soupiré, elle demanda doucement:

"Alors, tu te souviens de son odeur?"

Le chat n'eut pas besoin de miauler: son regard brillant, sa queue dressée et son sourire de défi répondirent pour lui. À présent, il leur faudrait s'enfoncer dans ces galeries que "personne ne connaissait aussi bien qu'eux".

*Chute sans perdre espoir, petite goutte...
Car un jour, tu retrouveras l'Océan.*
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 28 Avr 2016 - 12:08


Corey s’attendait à une réaction quasi-immédiate de l’autre voyageur mais ce dernier n’était pas du tout sur la même longueur d’onde. Au lieu de la réponse complice, il tomba sur un jeune homme, perdu dans ses pensées, presque hagard. Ce n’était pas vraiment le moment, il fallait qu’il agisse vite où le marchand lui échapperait une nouvelle fois et il ne comptait pas le laisser faire. Il allait utiliser sa capacité à ne devenir qu’une silhouette lumineuse pour avaler rapidement la distance qui le séparait de l’autre rive et botte les fesses du fuyard mais la gamine le prit de vitesse. Il ne s’y attendait absolument pas, il ne l’avait même pas inclue dans la conversation persuadé que vu que son pouvoir ne s’y prêtait absolument pas elle n’aurait aucune chance de réussir cette tâche. Enfin, il pensait qu’elle aurait bien moins de facilités que lui ou Jean-Baptiste. Il voulut la retenir pour lui expliquer qu’il valait mieux que l’un d’entre eux traverse et qu’il rattrape le fuyard pendant que les autres prenaient leur temps mais elle s’était déjà lancée.

« Vas-y doucement Mara… »

Il ne comprenait pas trop comment elle s’y prenait mais apparemment elle arrivait à passer d’un rocher immergé à l’autre sans trop hésiter. Peut-être que son pouvoir avait des facettes qu’il ne soupçonnait même pas, il se demanda si elle était capable d’utiliser les capacités physiques des animaux non loin d’elle. Pouvait-elle emprunter l’excellente vision nocturne des félins ou le sonar des chauves-souris ? Il fallait vraiment qu’il prenne le temps de mieux comprendre exactement comment les capacités de la jeune fille fonctionnaient. Il ne s’en rendit pas compte mais il retint son souffle pendant presque l’intégralité de la traversée de la voyageuse. Il ne fût soulagé que lorsqu’elle fut fermement campée de l’autre côté, il voulut lui sourire mais eut peur qu’elle le prenne pour de la condescendance. Décidément il avait du mal à savoir comment se comporter avec les enfants même si celle-là était plutôt mature pour son âge, enfin d’après ce qu’il savait.

Les animaux les plus gros commencèrent à traverser, mais les plus petits se jetèrent sur lui, il eut la furieuse envie de se secouer pour faire tomber l’espèce de gros rat qui s’était agrippé à sa jambe et était remonté jusqu’à sa ceinture mais il se retint. Il était vrai que vu la taille de la créature elle n’aurait pas pu traverser sans risque, le jeune homme devait se résoudre à servir de transporteur et se baissa pour qu’une sorte de tout petit singe, ou de lémurien, puisse se percher sur son épaule. Ainsi reconverti en porteur, il ne pouvait plus utiliser son pouvoir comme il avait pensé le faire et fût contraint de se joindre aux autres créatures qui suivaient le chemin indiqué par les chauves-souris qui frappaient légèrement l’eau aux endroits où se situaient les rochers. L’eau rempli rapidement ses chaussures et l’une d’entre elle fût emportée par le courant, au final ça arrangeait presque le voyageur, plus habitué à se balader pieds nus, il se débarrassa de l’autre et continua.

Même si le débit rendait les rochers glissants et commençait à lui geler les pieds, il arriva à bon port grâce au Guidage Par Chauve-Souris (marque déposée). Jean-Baptiste venait de relever son t-shirt et parlait d’une blessure gênante, le geek grimaça, ce n’était pas vraiment le moment. Si le gros marchand les précédait il aurait le temps de prévenir les trafiquants qui n’auraient qu’à leur tendre une embuscade ou tout simplement s’enfuir. Mais il remarqua que le chat de gouttière avait déjà commencé à s’enfoncer dans la galerie empruntée par le scélérat pour disparaitre. Apparemment Mara lui avait demandé de retrouver le marchand, l’héliophobe décida de ne pas perdre une seconde et de suivre le félin.

« Je m’occupe du gros, vous me rejoindrez une fois que ça ira mieux. »

Il se lança à la poursuite du marchand, bien décidé à le rattraper avant qu’il ne donne l’alerte, restait à espérer que, trop sûr qu’ils ne passeraient jamais le guet, il ait prit son temps. Même si dans le monde réel Corey avait autant d’endurance qu’un obèse asthmatique, dans le monde onirique, entre l’activité régulière que lui obligeait sa survie et son était de voyageur, il pourrait largement maintenir le rythme du chat de gouttière qui ouvrait la voie. Il ne cherchait même pas à ménager le lémurien toujours perché sur son épaule, le rat lui avait lâché prise dès qu’ils étaient revenus sur la terre ferme, tant pis s’il tombait, rattraper le fuyard était trop important.

Rarement il avait couru aussi vite tout en restant aussi concentré, il fallait qu’il ne perde aucun dixième, la moindre glissade, la moindre perte de temps, pouvait couter des dizaines de vies. Il ignora complètement les entailles qui ne tardèrent pas à apparaître sur ses pieds confrontés à la roche coupante. Il fallait juste qu’il parvienne à capturer à nouveau le marchand avant que ce dernier ne prévienne les trafiquants de créature oniriques. Il commençait à perdre espoir mais soudain il fût là, affalé au pied d’une colonne, adossé à la pierre, le souffle court. Il pensait probablement avoir réussi à semer ses poursuivants avec le guet et les labyrinthes de galeries mais son expression se figea lorsqu’il remarqua Corey qui se dressait devant lui. Essoufflé mais toujours parfaitement capable de lui coller une bonne rouste.

« Alors… Comme ça… Tu essaies de… Me fausser compagnie ? » Dit le voyageur, en essayant de reprendre son souffle. L’autre grimaça pour toute réponse avant de se redresser.
« Tu veux réessayer… La manière forte ? » Dit corey, presque souriant à l’idée de lui faire payer cette course effrénée et douloureuse.

Mais quelque chose clochait, le marchand afficha un demi-sourire.
« Pas cette fois enfoiré… »

Un cri aigue du singe sur son épaule lui confirma que quelque chose clochait vraiment mais c’était trop tard, un coup derrière la tête, puis le noir…

__________



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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 28 Avr 2016 - 14:14
La fillette se détourna brusquement de la vision, plaquant sa main tremblante contre sa bouche. Elle sentait des frissons la parcourir et sa gorge se nouait, tandis qu'un goût désagréable remontait dans sa bouche. Même sans avoir la plaie sous les yeux, l'odeur métallique qui s'en dégageait faisait revenir l'horrible image comme une réminiscence. Quelle idée, mais quelle idée! Elle en aurait presque pleuré si elle n'avait pas de principes. Tournant le dos à Jean-Baptiste, elle prit la chatte blanche dans ses bras et la serra en plongeant le nez dans sa fourrure. Tout pour se détourner de cette odeur atroce, tout. L'idée d'aider le Voyageur à retirer ce qui gênait sa plaie lui vint soudainement, et elle la repoussa avec un sursaut de dégoût, regardant sa main droite appuyée contre la fourrure blanche. Elle l'imaginait pleine de sang, enfoncée dans la chair chaude, ses ongles griffant involontairement les bords, elle imaginait la douleur que ça serait pour le barbu et elle sentit sa nausée prendre de plus en plus d'ampleur.

*Tes eaux sont froides, ton ciel est clair,
Et le soleil entame ma solitude...*


Elle vit Corey prendre les devants pour ne pas perdre de temps et devina qu'elle n'avait pas le choix. Pendant un instant, elle le détesta de la laisser faire ça. Tentant de réunir un semblant de courage, repoussant son envie de vomir, elle se tourna de nouveau vers la plaie ouverte, d'un horrible rouge et entourée de quelques plaques brunes de sang à moitié coagulé. Un tremblement froid la reprit et elle détourna de nouveau les yeux. Comment faire, comment faire...

Ses yeux parcoururent les différentes bestioles qui étaient restées, la regardant d'un air fatigué ou jetant parfois un regard au blessé. Est-ce qu'elle avait vraiment le droit de demander à l'un d'eux de faire ça à sa place? Après une seconde d'hésitation, elle demanda au serpent autour de son cou s'il était venimeux, ce qu'il confirma. Une autre petite grimace. Et un frissonnement avec une nouvelle image mentale de ses propres doigts dans la chaire de son ami. Elle se força à déglutir et balaya du regard les Créatures qu'ils avaient libéré. Finalement, un oiseau de la taille d'un pigeon avec un cou et un bec assez long, installé sur le dos d'un gros chien, attira son attention. Il semblait un peu fatigué, son plumage ébouriffé et vaguement clairsemé laissait deviner son état de santé, mais il avait l'air suffisamment éveillé.

Laissant sa chatte rejoindre souplement le sol, elle se saisit délicatement de l'oiseau entre ses mains, jetant un nouveau regard en coin à la blessure avant de déglutir. Elle n'osait même pas échanger un regard avec Jean-Baptiste. Elle demanda doucement à l'oiseau s'il voulait bien faire ça, s'il s'en sentait capable. Ce dernier hésita un peu mais sembla finalement accepter. La fillette ne savait pas si c'était un effet passif de son pouvoir qui l'incitait à faire ça, ou s'il était vraiment d'accord. Elle préféra ne pas y réfléchir plus que ça et approcha l'oiseau de la plaie, soufflant doucement à l'homme:

"J'suis vraiment, vraiment désolée..."

L'animal approcha lentement sa tête du trou, posant son bec au milieu et le faisant lentement passer entre les chaires. L'enfant ne réussit pas à maintenir son attention et priant pour que les tremblement de ses mains ne gênent pas l'opération, elle baissa la tête en fermant les yeux, grimaçant et focalisant son ouïe sur le chant qui persistait:


*Grande est ma crainte, mon corps frissonne...
Cesse donc ton mensonge.*


Sa gorge était sèche à force de respirer par la bouche, espérant oublier l'odeur de sang. Finalement, il y eut un bruit de quelque chose qui tombait au sol et l'oiseau lui annonça que c'était fini. Sans un regard pour l'autre Voyageur ou pour l'objet, tentant de ne pas imaginer ce qu'elle lui avait imposé, elle amena l'oiseau au bord de la rivière et l'aida à rincer son bec. Elle voulait à tous prix se retenir de vomir. Qui savait ce que ça pourrait impliquer en vrai, dans son sommeil?

Quand elle fut sûre que toute trace de sang avait disparu du volatile et que ce dernier eut fini de boire. Elle le redéposa sur la bête qui lui servait de monture en le remerciant infiniment. Un regard en coin lui apprit que son camarade avait rabaissé sa chemise, même s'il était difficile d'ignorer la tâche écarlate qui s'étendait dessus. Une nouvelle excuse glissa entre ses lèvres, presque inaudible.

Soudain, un cri lointain lui parvint, un écho à travers le tunnel. Son pouvoir lui avait traduit quelque chose mais la distance empêchait de comprendre ce que la voix déformée disait. Qu'est-ce que c'était? Il ne pouvaient pas être aussi proche de la réserve, il y aurait d'autres voix... mais un tel cri, c'était forcément un appel à l'aide. Attends, Corey n'était-il pas parti avec un autre animal sur son épaule. Ses dents se serrèrent. Il leur était arrivé quelque chose? Soudainement inquiète pour son autre compagnon de route et les animaux qui l'accompagnaient, elle lança à celui qui était encore avec elle d'une voix un peu aiguë:

"J'crois que Corey a un problème!"

*Les miens sont loin, je suis perdu...
Mes larmes tombent, ne tarissent plus...*


Et demandant mentalement la blanche de lui indiquer le chemin, elle commença à courir à sa suite. Si le Voyageur de Lumière était aussi mis hors jeu, ils allaient vraiment avoir des ennuis. Elle tendait l'oreille pendant sa course, cherchant désespérément un bruit rassurant, prouvant que son ami allait bien. Elle ignorait les intersections que la chatte n'empruntait pas, la suivant sans réfléchir, pourvu que l'autre n'ait pas de problèmes.

Finalement, la femelle s'arrêta au niveau d'une sorte zone un peu plus large d'où partaient différents couloirs, et son poil se hérissa légèrement. Elle répondit au regard interrogateur de Mara avant même que celle-ci ne le lui demande:

*Les odeurs, celles du Voyageurs, du malotru et du marchand se mélangent à d'autres...*

La fillette jeta un regard sur le sol, mais il faisait trop sombre pour distinguer d'éventuelles taches de sang. Cependant, elle devinait avec appréhension ce qui avait dû se passer, espérant que ce ne soit pas le pire scénario qui lui venait. Elle fit volte-face en entendant des bruits de pas s'approcher, mais fut rassurée de reconnaître Jean-Baptiste et la petite troupe. Elle sentit une légère honte la traverser en voyant qu'elle avait obligé le blessé à courir, mais à présent qu'il était là...

"J'crois que Corey est tombé sur une bande..." souffla-t-elle.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mar 3 Mai 2016 - 14:14


Pouvait-on rêver alors qu’on était déjà à Dreamland ? Corey se le demanda tant il flottait dans une sensation d’irréalité. Il avait l’impression de bouger tout en étant immobile, comme s’il était balloté par les flots, pourtant il n’entendait pas le bruit de la rivière ou de la mer. Des tâches de lumière perçaient l’opacité de ses paupières avant de disparaître aussi vite qu’elles étaient venues. Il entendait des bruits, des voix peut-être, d’autres bruits plus métalliques, parfois lointains, d’autre fois plus proches. Il ne sut pas du tout combien de temps ça avait duré mais soudainement tout cessa, le ballotement, les bruits et la tâche de lumière devint fixe. Soudain, la sensation de chute puis un choc qui lui coupa le souffle. Il mit plusieurs secondes à comprendre ce qui venait de se passer et encore plus à émerger du brouillard dense dans lequel son esprit était plongé. Il se concentra sur ce qu’il ressentait, la morsure du froid de barres métalliques dans son dos, une sensation étrange autour de son cou et surtout une douleur aigue qui irradiait de l’arrière de son crâne et pulsait dans toute sa boite crânienne.

Il tenta d’ignorer la douleur pour se concentrer sur le reste, avec ses mains il palpa le sol sur lequel il reposait et devina une barre métallique puis une autre une dizaine de centimètres plus loin. Il porta ensuite ses doigts à sa gorge et sentit une sorte de collier étrange, la matière ressemblait plus à de la pierre qu’a un métal mais semblait solide. Il se força à ouvrir les yeux et dû s’y reprendre à trois ou quatre fois pour y arriver. D’abord il ne discerna rien, puis peu à peu, il devina la silhouette de barreaux dans l’obscurité.

** Une cage ! ** Pensa-t-il instantanément. ** Merde… **

Il se fit violence pour se redresser un peu et la bosse à l’arrière de sa tête se rappela aussitôt à lui, manquant de lui faire perdre à nouveau connaissance. Il resta immobile encore quelques secondes, à demi assis, essayant d’habitude son œil à l’obscurité ambiante. Il constata alors qu’il était bel et bien dans une cage métallique à peine assez grande pour qu’il se tienne debout. Il se redressa, avec précaution, et s’aperçu que la seule lumière de l’espèce de galerie sans issue dans laquelle il était provenait d’une torche qui brulait derrière la silhouette de cet enfoiré de marchand.

« Tu fais beaucoup moins le gros dur hein ? » lui cracha-t-il plein de cette suffisance qui avait fait que l’héliophobe l’avait détesté dès le premier coup d’œil. « Vous êtes de sacrés emmerdeurs avec tes petits camarades, mais voilà ce qu’il se passe quand on vient fourrer son nez dans les affaires de la griffe verte. » Il avait l’air tellement satisfait de lui. « J’ai bien cru que Feraz allait me faire butter quand il a appris que j’avais attiré un voyageur aussi près de son repère mais finalement, il est content d’avoir une marchandise aussi rare. Et moi j’ai pu lui vendre ce joli collier autour de ton cou, donc tout le monde est gagnant… »

« Si tu crois que ce collier et cette cage vont m’empêcher de te transformer en passoire et de mettre fin à votre business dégueulasse tu te goure ! »

Pour appuyer ses paroles il voulut tirer un rayon sur le félin grassouillet mais rien ne vint, presque comme s’il avait essayé de le faire dans le monde réel. Comme s’il avait essayé de matérialiser un rayon de soleil dans le prolongement de son doigt sans en avoir le pouvoir. Il crut d’abord à un effet secondaire du coup qu’il avait reçu mais lorsqu’il réessaya, il sut que ce n’était pas ça. Son pouvoir était comme effacé, comme si quelqu’un avait coulé un mur de deux mètres de béton entre lui et sa lumière.

« T’es un peu long à la détente non ? Comme je lui ai expliqué, ces colliers sont de pures merveilles, non seulement ils empêchent un voyageur d’utiliser ses pouvoirs mais en plus, le lendemain ils reviendront dans le collier, tant qu’il ne leur est pas enlevé dans ce monde. »

L’horreur de la situation frappa le jeune homme et cela dû se lire sur son visage car le marchand se fendit d’un immense sourire.

« Je voulais juste te l’annoncer moi-même. » Il avait l’air extatique. « Oh et si tu comptes sur tes amis pour t’aider, dis-toi bien que je lui ai vendu trois colliers et qu’il sait qu’ils vont arriver bientôt… »

Satisfait de son petit effet il tourna les talons et laissa l’héliophobe dans le noir en emportant la torche avec lui. Laissé ainsi seul, sans réelle solution, le jeune homme se trouva totalement désemparé.

__________



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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Jeu 5 Mai 2016 - 1:16

"Analyser un peu plus la situation", hein? L'enfant survola la salle peu éclairée du regard, comme si quelque chose avait pu jaillir en surbrillance avec un panneau clignotant "je suis un indice" à côté. Mais rien qui ne soit à sa portée directe bien sûr, sinon Jean-Baptiste l'aurait sans doute déjà remarqué. Pinçant un peu les lèvres, elle s'accroupit vers les animaux les plus proches et leur demanda s'il sentaient quelque chose de précis, s'il était possible de deviner le nombre d'attaquant ou quelque chose du genre.

"Ouvre les yeux, mon bel enfant,
Car l'eau ne peut mentir..."


Il y eut un petit instant silencieux tandis que ces derniers semblaient chercher ou réfléchir, la truffe remuant pour la plupart d'entre eux. Finalement plusieurs voix finirent par s'élever plus ou moins en même temps, et l'enfant tenta de faire le tri entre les différents grognements, ou cris indéfinissables caractérisant telle ou telle créature. Au final, plusieurs points ressortaient: il y avait peut-être deux ou trois inconnus, en plus du marchand et de Corey, mais c'était difficile à dire à cause de l'odeur envahissante du blessé. La petite grimaça et se releva, se contentant de lâcher la première information. Juste deux ou trois Créatures? Ils avaient dû avoir leur ami par surprise, ou alors ils étaient tellement forts qu'il avait rien pu faire. Car entre toutes les descriptions d'odeurs qu'on lui disait ressortaient celles de la peur, celles du cuir, du tissu sale, celles de transpirations, celles naturelles d'une grotte, celles d'un singe, celles du sang... mais aucune odeur de brûlé. À son souvenir, le Voyageur lançait des rayons lumineux, ça aurait sans doute laissé des traces s'il avait eut l'occasion de s'en servir. Elle lança finalement à voix haute, presque plus pour elle que pour son compagnon, cherchant sans doute davantage une confirmation de son raisonnement ou de nouvelles idées:

"J'arrive juste pas à savoir s'il est tombé sur beaucoup plus fort que lui où s'il a juste été pris par surprise... En tous cas, faudra vraiment faire gaffe..."

Mais elle ne cherchait pas vraiment à rentrer dans une quelconque conversation. L'atmosphère lui semblait plus pesante, menaçante, et même si les chuchotements de sa petite troupe l'empêchaient de subir le silence pesant qui devait les entourer, elle avait du mal à se sentir à l'aise. Corey avait quand même été une présence rassurante, il donnait l'impression d'être sûr de lui et maintenant qu'il n'était plus là et que l'enfant était seule avec l'autre Voyageur blessé, elle se sentait un peu trop exposée.

Ils se mirent finalement en marche, suivant les odeurs qui se mêlaient le long de l'un des tunnels. Il était impossible d'en déduire dans quel état pouvait être Corey, mais s'il n'avait pas disparu, normalement... La jeune fille déglutit. Sa transpiration lui donnait froid sous sa cape, et elle tentait de percer la pénombre qui les entourait, priant pour ne pas qu'ils soient pris par surprise. Même ses animaux s'étaient tus, progressant à pas si légers qu'ils étaient à peine audibles. Elle-même faisait de son mieux pour ne pas faire trop de bruit, remerciant toutes les fois où elle s'était entraînée à aller aux toilettes pendant la nuit sans faire grincer le parquet. Mais rien à faire, elle avait l'impression que les petits bruits à l'intérieur de son corps, même ses bruits de déglutition, formaient un vacarme insurmontable.

"Regarde au loin et espère donc,
Ne reconnais-tu pas ces abysses?"


Elle se rendait compte que le chant se rapprochait de plus en plus, du moins sa chauve-souris l'en informait, et elle se prit à espérer que les solutions à tous leurs problèmes se trouveraient dans une même salle. Elle portait de plus en plus d'attention à ce dernier, essayant de distinguer le son à l'origine de la mystérieuse voix. Elle laissait sa main courir le long du mur à sa droite, s'en aidant pour ne pas se cogner et faisant attention à ne pas prendre les bifurcations par accident. Mais à l'un des embranchements, le volatile sur sa tête lui dit que le chant venait de là et sans vraiment réfléchir, elle tourna. Elle avait les lèvres pincées, concentrée sur la voix qui la suivait depuis un moment maintenant. Ce chant la prenait aux tripes, elle ne savait pas vraiment pourquoi. Ce n'était pas tant les paroles que le rythme lui-même, le ton que la voix semblait prendre, les sentiments qu'elle exprimait. Elle aurait eut du mal à en définir l'origine.

Finalement, elle arriva dans une salle légèrement plus éclairée, et la voix monta clairement jusqu'à elle, même si elle ne la percevait toujours pas à l'oreille. Son regard balaya l'endroit, se rendant à peine compte qu'elle était légèrement essoufflée. C'était un entrepôt moyennement important, qui comportait plusieurs grosses cages pour la plupart vides, une dizaine environ. Les silhouettes qu'elles y distinguaient étaient affalées, elle n'arrivait pas à définir s'il s'agissait d'êtres humains où d'animaux.

"Qui es-tu?"

La petite Voyageuse tourna brusquement sa tête vers la gauche et vit une sorte d'aquarium de près de deux mètres de haut, sur une surface qui devait faire environ un mètre carré. Le contenant était remplis d'une eau un peu sale, où semblaient flotter de petites algues. Et surtout, une chaîne ancrée au fond retenait la cheville d'une Créature à la peau bleue qu'elle n'avait pas imaginé croiser ici.

Elle avait une silhouette presque humaine, du moins au premier coup d’œil. En effet, la Créature d'aspect vaguement juvénile était recroquevillée à l'envers, tête vers le bas en train de flotter, ses bras entourant ses genoux. Ses pieds semblaient dotées de longues palmes qui dépassaient derrière son dos, des nageoires jaillissaient de ses coudes et sa peau était recouvertes de tâches d'un bleu plus sombre par endroit, comme des écailles. Mais son visage retirait toute ressemblance possible avec un être humain. Lisse, dépourvu de bouche ou de narines, deux longues et souples antennes jaillissant de son crâne sans chevelure, elle était dotée de deux paires d'yeux fins et intégralement noirs qui semblaient évoquer toutes les émotions du monde. L'enfant s'approcha de l'être aquatique, respirant à peine sous le choc.

L'entité relâcha ses genoux et tourna souplement dans l'eau pour se mettre dans le même sens que la nouvelle venue, révélant une maigreur qui ne semblait vraiment pas naturelle, et quelques marques qui ressemblaient à des plaies, de la même couleur sombre que la peau au niveau de sa cheville enchaînée. La petite mit un instant à retrouver sa voix, comme si cette dernière était bloquée dans sa gorge, et elle souffla d'un ton enroué:

"... Tu as mal?"

La Créature ne répondit pas, inclinant un peu la tête sur le côté, l'air intrigué. Elle n'était pas beaucoup plus grande que Mara mais à la réflexion, elle n'était peut-être pas si jeune. Ses antennes se mouvèrent dans l'eau et virent délicatement se poser sur la surface du verre. L'enfant s'approcha un peu plus et posa sa main sur la surface froide, ce à quoi l'autre répondit par un regard interrogateur, avant de poser sa main palmée de l'autre côté de la vitre. Elle reporta son attention sur la Voyageuse, comme demandant son approbation sur ce qu'elle venait de faire. Celle-ci déglutit, retrouvant plus ou moins le fil de ses pensées, caressant légèrement l'aquarium du bout du pouce tendit que son autre main se serrait en poing sous sa cape, et demanda dans un souffle:

"Tu peux tenir longtemps hors de l'eau...?"

Les antennes de la Créature vibrèrent légèrement et elle se contenta de répondre:

"Pas très longtemps, quelques minutes. Pourquoi?"

Les lèvres de l'enfant se pincèrent et les articulations de son poing se serrèrent à en blanchir, avant de relâcher ce dernier dans un tremblement. Doucement, elle appuya son front contre l'aquarium et ferma les yeux, les dents serrées.

"Tu as mal quelque part?"

Elle libéra un sanglot mais comme à son habitude, luttait contre les larmes. Elle sentait que sa respiration était irrégulière, que son cœur battait trop vite, elle ne savait pas si ce qu'elle ressentait était une profonde détresse ou une rage sans nom. Elle avait à peine remarqué qu'une partie de sa troupe et que Jean-Baptiste ne l'avaient pas suivi dans cette salle, ni même que celle-ci avait d'autres entrées. Elle était juste là, appuyée contre la prison d'une énième Créature au plus mal, voyant à peine à travers ses paupières plissées les antennes qui glissaient autour d'elle de l'autre côté de la barrière, comme pour tenter de l'aider.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 11 Mai 2016 - 16:04


Le jeune homme eut envie d’hurler en voyant le peu de lumière projeté par la torche disparaître, probablement après un tournant. Mais comme le son devait porter, il était hors de question qu’il donne à cet enfoiré la satisfaction de le voir perdre son calme. Il s’était rarement trouvé en aussi mauvaise posture depuis qu’il était devenu voyageur, mais il ne devait pas perdre espoir. Il devait rester calme et réfléchi pour se sortir de ce mauvais pas, il fallait qu’il envisage les différents scénarios. Il estima qu’il n’avait pas vraiment besoin de signaler sa position, Mara et Jean-Baptiste se feraient probablement guidés par un des animaux et ça risquait bien de les amener droit dans un piège. Il pouvait peut être essayé d’hurler des mises en garde en espérant que ses deux alliés les entendent ou qu’un des animaux le fasse et transmette l’information. Mais comprenaient-ils autre chose que les instructions de la blondinette ? Il n’en savait rien, il allait vraiment falloir qu’il se pose et essaie de comprendre précisément comment le pouvoir de la gamine fonctionnait.

Il ne pouvait donc pas faire grand-chose vis-à-vis de ses alliés, à part espérer qu’ils ne foncent pas tête baissée dans le guet-apen que les chats de la griffe verte devaient leur avoir tendu. Il allait falloir qu’il se débrouille tout seul pour sortir de cette cage, et surtout de ce maudit collier. Ils approchaient probablement de la fin de la nuit, s’il réussissait à retirer cet artefact, il n’aura qu’à penser à un autre endroit la nuit prochaine. La priorité était donc claire, il fallait qu’il enlève cette aberration de son cou mais il présumait que ce ne serait pas simple. Dans l’obscurité, il n’eut d’autre choix que de palper le contour de cet accessoire, il avait du mal à en deviner la matière, c’était soit une roche très dure et légère soit un métal plutôt léger et relativement chaud. Il trouva rapidement l’emplacement de l’ouverture mais la forme était étrange, ce ne devait pas être une clé classique, ou alors son sens du touché était dérèglé. En tous cas, sans accessoire il ne pourrait pas y faire grand-chose, lorsqu’il tirait dessus le mécanisme ne bougeait pas d’un millimètre, il devina qu’il y avait quelque chose de magique la dessous.

Il lui restait donc peut être la serrure de la cage, qui avec un peu de chance serrait plus facile à ouvrir, mais il n’y croyait pas vraiment et ses doutes furent rapidement confirmés. Cette cage avait été prévue pour que ce qu’il y avait à l’intérieur n’en sorte que si les geôliers le voulaient bien. Le désespoir commença à le submerger, seul, dans une cage, dans le noir, au fin fond d’une grotte sous-terraine, avec un collier qui le ramènerait captif tous les soirs, il y avait de quoi. Il dépendait du bon vouloir de ce fameux Feraz ne décide quoi faire de lui ou que ses amis viennent le libérer, ou le rejoindre.

** Il faut que je me bouge, que je tente quelque chose, n’importe quoi… **

Si la serrure n’était pas le point faible de ce collier peut-être était-ce la matière ? Avec ce marchand au rabais, il avait peut être négligé la solidité pour augmenter ses marges ? Il fallait y croire, il fallait qu’il essaie, qu’il continue d’y croire quoi qu’il arrive. Il s’approcha des barreaux de métal et se plaqua contre la cage, avant de chercher le bon angle, celui où le collier toucherait les barres métalliques avant que son corps ne les percute. Le mieux qu’il trouva était une position bizarre, presque en diagonal de la paroi de la cage, dos à cette dernière, incapable de trouver des appuis efficaces. Mais il n’avait pas le choix, c’était le mieux qu’il pouvait faire, il se mit donc à reculer brusquement pour que son sautoir magique heurte les barres de métal le plus fort possible. Un coup, puis un autre, puis encore un autre, il se rendit compte que même si c’était bien l’artefact qui touchait en premier, son dos finissait par heurter les barreaux lui aussi et la douleur commençait à être bien présente. Il continua encore un peu son manège et s’arrêta pour se dégourdir un peu les membres ankylosés par cet exercice. Il palpa l’endroit où il espérait trouver une fissure bien entamée mais ne trouva qu’un accroc presque négligeable. Le défaitisme s’abattit sur lui comme une chape de plomb mais il se força à l’ignorer et à s’y remettre, si il abandonnait maintenant il était foutu.

Il avait mal dans tous le dos, les épaules et les cervicales mais il tenait bon, continuant de frapper son collier contre les barreaux. Ce n’était pas l’effet escompté mais soudain une lueur apparut au bout du boyau d’accès à sa dépendance privée. Il se força à rester calme, à ne pas espérer que ce soit ses amis, et à tranquillement s’assoir, dos à la griffe du fond. Il avait eu raison de ne pas se faire de faux espoirs car c’est un chat, de toute évidence un sous-fifre membre de la griffe verte qui débarqua avec une torche qui aveugla temporairement l’héliophobe.

« Hé toi, j’sais pas c’que tu cherches à faire, mais arrête ton boucan, ça raisonne dans tous les sens. »

Faute de mieux le jeune homme se laissa aller à la provocation. « Toutes mes excuses, c’est vrai que votre petit confort m’importe grandement… »

Avec un demi-sourire il se mit à nouveau à taper son collier contre les barreaux en abaissant la tête et en la relevant vivement. Il avait beaucoup moins de force que dans la position qu’il avait prise quelques minutes plus tôt mais ce n’était pas le but recherché.

« Une forte tête ? » Il décrocha le fouet passé à sa ceinture et approcha de la cage, un sourire sadique sur le visage. « Parfait j’avais besoin de me détendre… »

Corey allait probablement passer un sale quart d’heure mais ce serait peut-être une occasion de sortir de ce pétrin.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 11 Mai 2016 - 21:07

Mara tressaillit au contact de Jean-Baptiste sur son épaule. À la fois car elle ne s'y attendait pas, et car ça lui rappela brusquement la situation dans laquelle ils étaient fourrés. Elle écouta à peine ce que l'adulte lui disait, lâchant pour toute réponse une syllabe de sa voix cassée, mais trouva quand même la force de se redresser avec peine. Constatant que le visage de la Créature qui lui faisait face était légèrement flou, elle porta ses doigts à ses paupières et entreprit de les frotter vigoureusement, se débarrassant rageusement de toute trace d'humidité qui avait osé en émaner. Elle profitait aussi un peu de la fraîcheur de ses mains sur son visage brûlant, passant encore et encore celles-ci sur ses yeux jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'ils soient parfaitement secs. Serrant ensuite ses poings en enfonçant ses ongles dans ses paumes, tentant de réprimer les tremblements qui menaçaient de la prendre, elle regarda de nouveau l'entité dans l'aquarium qui semblait lui renvoyer un air interrogateur. Puis elle se retourna de nouveau tête vers le bas, montrant encore une certaine souplesse en cambrant son dos et faisant sonner un cliquetis de chaîne dans l'eau. Ses antennes vibrèrent et elle fixait Mara droit dans les yeux, avant de les plisser dans une expression bienveillante et de dire doucement:

"Courage."

La jeune fille étant dans un état qui ne la laissait pas sourire, elle se contenta d'acquiescer de manière presque imperceptible sous sa capuche, avant de se tourner lentement en direction des autres. Inspirant le plus doucement possible pour ne pas renifler, elle souffla d'une voix sourde en prenant soin de bien articuler:

"Je ne pleurais pas."

Et sans desserrer ses poings, elle s'avança dans la salle, la parcourant du regard. Sa gorge refusait de se dénouer, quand bien même elle fuyait les silhouette emprisonnées du regard. C'était l'ambiance toute entière qui lui pesait, ce sous-terrain à peine éclairé parcouru de gémissements, cette impression d'étouffement, tout cet environnement lui évoquait des sentiments contradictoires et elle n'arrivait pas à faire le tri dans sa tête. Elle n'arrivait pas à anticiper ce qui pouvait arriver, à analyser ce qu'il se passait, à organiser un plan pour retrouver Corey dans ce labyrinthe, à réfléchir tout simplement, elle tremblait de rage et deux petites voix s'affrontaient en elle. L'une lui hurlant de tout détruire, de déchaîner sa force et de lancer les animaux qui l'accompagnaient sur tout ce qui bougeait, d'effacer cet endroit de Dreamland pour oublier que ce genre de lieu pouvait y naître. L'autre, si faible qu'elle n'y accordait aucune attention, s'inquiétait de cette fureur qui éclipsait sa peur et sa prudence.

On y va. Son message se diffusa dans la troupe et elle alla vers le tunnel inconnu le plus proche à grands pas, sentant avec une étrange satisfaction sa cape lui marteler les jambes. Elle s'approcha du boyau et se rappelant soudain que l'autre Voyageur était là, elle s'arrêta dans son mouvement avant de se retourner, se demandant quelle serait sa réaction devant ce qu'elle faisait. Elle même se rendait compte qu'elle n'était pas dans son état habituel, mais.... c'était tellement jouissif. Baissant les yeux un instant en se demandant ce qu'elle pourrait lui dire, elle les releva vers lui et ouvrit la bouche sans la moindre idée de ce qu'elle allait en faire sortir. Et elle ne le sut jamais.

Un bruit nouveau résonna dans la salle, provenant d'un troisième tunnel. Un martèlement violent, un peu métallique et lointain mais qui parvenait jusqu'à eux. Son regard avait un instant dévié vers le vide alors qu'elle tentait de deviner l'origine du son, mais il était à présent de nouveau focalisé sur son camarade. Si c'était pas Corey qui faisait ce bruit, ça restait une piste pour tenter de comprendre ce qu'il se passait ici. Ce léger rappel à la réalité lui fit baisser les yeux vers sa petite troupe. Quelques uns avaient repris du poil de la bête mais beaucoup affichaient encore une attitude épuisée. Ceux qui ne se sentent pas capable de nous aider, restez ici, on reviendra vous chercher plus tard en libérant les autres. C'est pas la peine de prendre de risques inutiles. Un certains nombre de bestioles échangèrent un regard et se retirèrent doucement jusqu'aux cages proches au dessus desquelles elles s'installèrent. Au final, à part la chatte blanche et la chauve-souris qui lui tournait autour, il ne restait que deux sortes de gros lézards colorés, dont un à deux queues, et une espèce de renard mauve.

La fillette tenta vainement un sourire pour les rassurer puis partit en compagnie de Jean-Baptiste vers l'origine du bruit qui venait à présent de s'arrêter. Le tout avait été assez rapide mais la jeune fille avait maintenant une forme d'impatience qui coulait dans ses veines, et elle ne sut pas même quoi répondre à sa compagne du début de la nuit quand elle lui fit remarquer qu'ils n'avaient toujours pas revu le chat de gouttière qui avait guidé Corey. Pas grave, ils allaient le retrouver avec les autres de toute manière. Avec de la motivation, tout allait bien se finir. Même dans son état, dans les pire des cas, elle devrait être capable de se reprendre pour aider les créatures qui la suivaient à se battre. Oui, tout ira bien.

La fillette s'enfonça dans le boyau sombre, écoutant vaguement les commentaires des reptiles sur l'humidité ambiante, ignorant le renard qui semblait beaucoup s'intéresser à l'odeur de la blanche et cette dernière qui murmurait qu'elle n'aimait pas cet endroit, suivant les directives de la chauve-souris qui lui indiquait les obstacles. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle se sentait aussi mal à l'aise. Quelque chose dans cet endroit lui pesait, et ça n'améliorait pas son état. Sa respiration pesante dans sa poitrine, sa gorge sèche, une douleur naissante entre les deux yeux, ses poings agités de tremblements à force d'être maintenus dans cet état... Les deux petites voix continuaient à se battre dans sa tête. Celle qui était plus forte semblait prendre de plus en plus le dessus, tandis que Mara refoulait l'autre. Cet endroit avait donné l'impression de s'assombrir à chaque pas et maintenant qu'elle ne voyait plus rien, l'inquiétude la rongeait. Mais ce sentiment était effacé quand elle s'imaginait écraser ceux qui avaient emprisonné ces bêtes. Le visage de l'être aquatique lui revint en mémoire et son bras gauche tressaillit légèrement alors qu'elle se voyait exploser l'aquarium qui le retenait captif.

Plongée dans ses pensées et dans la pénombre, elle ne cria pas tout de suite en sentant un contact rugueux contre son cou puis contre sa nuque, il lui fallut une demi-seconde pour se rendre compte de ce qu'il se passait. Et ce fut un réflexe instinctif qui lui fit faire volte-face pour donner un violent coup à ce qui était passé derrière son dos, recevant de ce fait un longue estafilade sur le bras plutôt qu'une large griffure dans le dos. La jeune fille ne savait pas ce qu'on lui avait mis, mais ça ne bloquait pas ses mouvements et malgré sa cécité dans le tunnel, elle avait saisi le poignet d'un homme-chat.

Se rappelant de ce que ces créatures avaient fait, maintenant qu'elle en avait un sous la main, toutes ses barrières cédèrent. Le tirant vers elle de la main gauche, elle abattit son poing droit quelque part dans son ventre, sentant le cuir rugueux contre ses doigts et une certaine résistance, s'imaginant en serrant les dents que c'était une paroi de verre qui n'attendait que de se briser sous ses coups. Et elle souriait presque de satisfaction en entendant un bruit de craquement sourd, sentant avec jubilation ses phalanges s'enfoncer légèrement plus dans les vêtements, et entendant un feulement de douleur au dessus. Ses yeux aveugles étaient ouverts, regardant droit devant elle, et les coins de sa bouche se relevèrent très légèrement alors qu'elle lâchait le chat pour le projeter contre le sol, dans un autre grognement de sa part. Elle regarda vers ce qu'elle supposa être sa position, se demandant si un bon gros coup de pied supplémentaire l'aiderait à défouler cette colère qui faisait trembler et brûler son corps. Mais il y avait un problème, quelque chose clochait. Même à travers son excitation, elle s'en rendait compte.

Puis d'un coup, elle prit conscience des bruits d'affrontement autour d'elle, des feulements et des grognements des animaux. Des feulements, des grognements. Pas des voix. En un instant, sa gorge était desséchée et ses yeux exorbités. Elle se rendait compte que ses frissonnements étaient issus d'une terreur inconsciente, et c'était à présent le froid qui paralysait ses membres. Un poids immense s'était greffé à l'intérieur de ses côtes, faisant monter dans sa gorge une forme de nausée, et les ténèbres lui donnaient l'impression d'être solides, de la comprimer, de pénétrer en elle à chaque respiration. Un tremblement plus violent que les autres la traversa comme un spasme et elle attrapa à deux mains le collier fixé à son cou. Les voix, où étaient-elles? Les deux lézards, le renard et la chatte? Jean-Baptiste, où était-il? Ses oreilles sifflaient, elle avait l'impression de sentir chaque goutte de sueur sortant de chaque pores de sa peau. Elle tenta de reculer d'un pas tremblant, ne sachant pas d'où provenait la menace, mais trébucha sur l'adversaire geignant qu'elle avait mit à terre. Qu'avait-elle fait? Elle tenta de hurler, d'appeler au secours, de crier au monde qu'elle avait besoin d'aide, mais rien, rien ne sortit. Elle était figée dans une bulle de pénombre, sentant à peine la surface dur du mur qui s'enfonçait dans son dos, incapable de savoir comment les autres se débrouillaient, incapable de faire quoi que ce soit pour les aider. Elle était juste capable de gémir, désespérée. Pourquoi? Elle avait vaincu sa phobie, alors pourquoi? Pourquoi avait-elle l'impression d'être de retour dans les cauchemars de son enfance?

Ses jambes cédèrent sous son poids et elle tomba au sol, tenant les oreilles de sa capuche de toutes ses forces, gardant ses vêtements comme l'unique rempart entre le moment présent et ses anciennes terreurs nocturnes.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 18 Mai 2016 - 15:16


Il n’aimait pas du tout le sadisme qui luisait dans le regard de ce jeune chat, il y devinait la compensation d’une sorte de complexe d’infériorité. Peut-être que le félin s’était fait remettre à sa place par un voyageur qui n’avait pas eu besoin de forcer beaucoup pour l’humilier. Corey devait avouer qu’il n’avait pas l’air bien redoutable, il devait avoir une quinzaine d’année, il n’était pas bien grand, plutôt maigre, son poil soyeux lui donnait l’air doux d’un chat d’intérieur au lieu de l’air féroce qu’il aurait probablement préféré avoir. Sans cette cage et ce collier le geek n’aurait probablement fait qu’une bouchée de ce chaton qui se donnait des grands airs. Mais ainsi à sa merci, il n’aimait pas du tout ce rapport de force, surtout que l’autre se montra prudent à s’arrêtant à quelques pas de la cage. Il fit claquer son fouet, d’abord pour impressionner le captif, puis pour ajuster son mouvement. Il ne semblait pas vraiment être un expert mais avait tout de même assez de compétence en la matière pour inquiéter Corey.

« On va voir à partir de combien de coups tu couines…  le record est à 9…»

«C’est pas énorme …» Rétorqua-t-il sans vraiment réfléchir.

Pour toute réponse le sourire sadique plaqué sur le visage du geôlier s’étira et l’extrémité du fouet se faufila entre les barreaux pour venir déchirer la tenue que le voyageur avait empruntée. Même si les tissus avaient amortis l’impact et que sa peau avait été légèrement abrasée, il ressenti une vive douleur, bien trop importante pour un simple coup dans ce genre. Il y avait quelque chose d’anormal là-dessous et l’expression réjouie de son tortionnaire le lui confirma.

« Comme si j’allais utiliser un fouet normal… »

Le voyageur s’intéressa de plus près à l’arme et il constata qu’elle était ornée de runes qui vibraient d’une lueur violette malsaine. Il s’agissait sans doute d’un artefact conçu pour infliger plus de douleur lors des coups, voilà qui changeait la donne. Il avait prévu d’encaisser les coups jusqu’à ce que le matou commette une erreur mais si à chaque fois les impacts étaient accompagnés d’une déflagration douloureuse il n’était plus du tout sûr de tenir le choc. L’autre leva à nouveau son bras et ajusta sa frappe, mais Corey se recula et se décala au dernier moment, si bien que la langue de cuir magique ne rencontra que de l’air.

« Arrête de bouger, tu ne fais que retarder les choses…  » Pesta-t-il en ajustant un nouveau coup.

Le fouet fila à nouveau et ne trouva que le bras du voyageur qui ressentit quand même une décharge mais moindre que celle qu’il aurait eu s’il n’avait pas esquivé. Le félin se rapprocha, presque inconsciemment, pour limiter les possibilités d’évitement du voyageur et attaqua une nouvelle fois. Acculé dans un angle de la cage, l’héliophobe ne put que se protéger le visage avec ses avants bras mais l’arme y traça un sillon sanglant et une déflagration douloureuse se propagea au-delà de l’épaule. Il fût presque incapable de le relever à temps pour le nouveau coup qui vint le toucher juste à côté du premier et qui cette fois faillit bien lui arracher un hurlement de douleur. Ce n’était rien par rapport au pouvoir de sa sœur mais tout de même ce n’était pas une partie de plaisir. Il se remit à bouger pour éviter d’offrir une cible trop immobile à son tortionnaire mais c’était peine perdue dans un espace aussi limité que cette cage.

« C’est ça, vas-y gigote tant que tu le peux encore. » Le félin semblait très satisfait le de lui-même.

Il frappa une nouvelle fois, visant la jambe du geek et y laissant une profonde entaille ensanglanté qui donna l’impression au contrôleur qu’on venait de l’amputer. Finalement, résister à neuf coups était une prouesse digne d’un être incroyablement résistant, il commençait à douter de ses chances à battre le record. Le geôlier allait à nouveau se servir de son fouet lorsque du brouhaha se fit entendre en provenance du boyau qui desservait cette cavité. Le félin stoppa son geste et tendit l’oreille, il était difficile de deviner ce qu’était ce bruit, mais ça ressemblait à un combat. Corey n’y prêtait pas du tout attention, il avait guetté ce genre d’occasion depuis que son tortionnaire s’était approché de la cage et il était hors de question qu’il la laisse passer sans rien faire. Dès que le chat détourna son attention il se jeta sur lui et l’agrippa au torse en passant son bras valide entre les barreaux. Le jeune homme cru que son épaule allait se déboiter tant il s’était jeté avec force pour être sûr d’atteindre sa cible mais maintenant qu’il l’avait agrippé, hors de question de le lâcher. Le félin tourna la tête soudainement, surpris, mais c’était trop tard, le voyageur tira d’un coup sec et il vint percuter les barreaux. Une fois, puis une autre, puis encore une autre, Corey ne s’arrêta que quand il sentit son adversaire sombrer dans l’inconscience et son corps devenir totalement mou.

Il se saisit du fouet et le coinça dans la ceinture de son pantalon avant de se mettre à fouiller furieusement le corps du geôlier. Il retourner méticuleusement, chaque poche, palais chaque revers, chaque couture. Ce n’était pas facile à travers les barreaux, mais il fallait qu’il se dépêche. Même si le félin ne risquait pas de reprendre connaissance, des renforts ou la relève pouvaient arriver à chaque instant.

** Où est cette foutue clé ? **

Il commençait à perdre patience, il fallait qu’il se sorte de cette cage et enlève ce collier maudit avant que d’autres n’arrivent. La panique commençait à le submerger, ce type n’avait aucune clé sur lui, comment était-ce possible, ça aurait été logique qu’il en ait une. Les bruits de lutte avaient cessé depuis un moment maintenant et il lui semblait qu’on se rapprochait, il fallait vraiment qu’il mettre la main sur un moyen d’ouvrir la serrure.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 20 Mai 2016 - 7:32
L'enfant frissonnait, tendant l'oreille autour d'elle mais incapable de comprendre ce qui lui parvenait. Les bruits de chocs, de vêtements froissés, les feulements et les grognements auraient sans doute été clairs dans n'importe quelle situation mais ici, ils se contentaient de se mélanger pour ne créer qu'un brouillard indistinct et sauvage dans lequel la fillette se perdait. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ou plutôt si, elle avait une conscience aiguë de la situation, le sentiment terrible d'être de retour dans ses anciens cauchemars, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Ça faisait plusieurs mois qu'elle l'avait vaincu, qu'elle était Voyageuse, alors de quoi avait-elle peur?

Quelque chose frôla sa jambe et elle sursauta brusquement, serrant encore plus ses membres contre elle. Et un très léger miaulement, très doux, lui monta alors qu'un bruit sourd retentissait depuis l'autre côté de la caverne. Levant une main tremblante, elle l'approcha de l'origine du bruit et rencontra une fourrure douce et chaude qu'elle caressa par réflexe, tandis que la chatte persistait à miauler, comme avec insistance. Ce simple fait lui brisa le cœur. Ce n'était plus de la solitude qu'elle avait peur. C'était de son cauchemar, c'était pour sa vie et pour celle des autre. Elle n'avait plus de pouvoir, cette conclusion la frappa de nouveau avec violence et elle devina que le contact qu'elle sentait autour de son cou n'y était pas pour rien.

Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Les bruit de combat s'étaient presque calmés, comme s'il n'y en avait plus qu'un seul en cours, mais même avec de la concentration, elle n'arrivait pas à reconnaître la voix de Jean-Baptiste. Elle approcha ses mains de la blanche qui se frottait toujours contre elle et la saisit timidement au niveau du ventre. Même si celle-ci se laissant plus ou moins faire, la fillette sentait la différence. En général, c'était les bestioles qui lui montaient dessus. L'animal s'était visiblement attaché à elle et n'avait pas besoin de son pouvoir pour être en relative confiance, mais le manque de complicité se faisait sentir.

La posant sur son épaule pour avoir les mains libres en cas de problème, la blondinette profita un instant du contact rassurant de la fourrure contre sa joue et arma son courage pour se remettre sur ses jambes. Ces dernières tremblaient, et elle avait l'impression qu'elle n'allait pas réussir à quitter l'appui du mur pour faire ne serait-ce que deux pas. Le noir était toujours quasi complet mais il lui semblait qu'il s'éclaircissait un peu plus loin. Rien n'était encore visible, mais il y avait comme de la lumière qui indiquait où aller et ce simple fait ajouta un fond de courage et d'espoir à son esprit déphasé. Ça lui apporta même suffisamment de conscience pour dresser ses bras devant son visage quand sa compagne poussa un miaulement brusque dans son oreille, et ses avant-bras se trouvèrent d'un coup balafrés d'une profonde et douloureuse griffure.

La douleur faisait des allers-retours dans ses membres et elle lâcha un gémissement avant de se faire de violemment plaquer au mur par une main trop proche de son cou à son goût. Ironiquement, la présence du collier la rassura presque, dans la mesure où il ne simplifiait pas la tâche au méchant s'il voulait l'égorger, mais la sensation du liquide chaud et poisseux qui s'écoulait hors de ses plaies, passant par ses mains pour goutter jusqu'au sol, était particulièrement effrayant. Cependant, cette nouvelle situation brisa le peu de bon-sens et de confiance qu'elle avait fini par retrouver, et son monde se retrouva de nouveau réduit à rien. Juste la menace difforme et agressive devant elle, et les miaulements salvateurs à ses pieds qui lui indiquaient d'un coup arrivait. Mais à quoi bon protéger son visage quand on reçoit une attaque droit dans le ventre?

La Voyageuse aurait aimé se plier en deux mais la prise sur le haut de son torse l'en empêchait, et la nausée l'envahissait. Elle était à nouveau complètement perdu et ce fut presque un miracle quand un échantillon de pensée parvint à lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle se défende elle-même contre cet adversaire. Mais comment? Par des coups de poings et de pieds dans tous les sens, le plus fort possible, tout pourvu que ça le touche quelque part. Mais comme dans une mauvaise blague, ses petits bras n'arrivaient pas à porter ses attaques sur son adversaires et ses coups de pieds étaient presque dérisoires. Ça avait au moins eu l'avantage d'éloigner un minimum le chat cauchemar et de l'empêcher d'attaquer, même si c'était surtout car il était occupé à ricaner d'elle. Mais d'un coup, sans qu'aucune de ses attaques n'ait pourtant porté, un feulement de douleur jaillit de l'autre et sa prise sur elle se desserra.

Sautant sur l'occasion, davantage dirigée par un instinct de survie primaire que par sa propre réflexion, l'enfant se dégagea et donna un violent coup de crâne dans le torse de son ennemi, entendant avec satisfaction ses poumons se vider. Elle enchaîna par réflexe une droite vers ses côtes me le choc sembla lui faire autant mal à elle qu'à sa cible, la faute à sa blessure. elle parvint à faire quelques pas chancelants sur le côté, la chatte toujours collée à ses chevilles, et elle comprit plus ou moins au bruit que l'un de ses animaux avait dû s'attaquer au grand chat quand il était aux prises avec elle. Elle ne comprenait pas grand chose, à part peut-être qu'elle n'était plus en danger immédiat, mais une petite voix lui soufflait qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose si elle ne voulait pas se faire attaquer dans le dos. Mais ses bras étaient douloureux et elle avait de plus en plus froid, elle doutait largement d'être capable de quoi que ce soit pour le moment.

Laissant donc à ses animaux le soin de s'occuper du dernier ennemis, sans doute plus poussés par la rancune que par leur affection pour l'enfant, cette dernière continua à tituber vers elle ne savait où, guidée uniquement par sa compagne blanche qui la mena quelque part grâce à sa queue contre sa cheville. Elle avait la tête qui tournait, elle avait l'impression de tomber à chaque pas et était presque surprise quand c'était finalement son autre pied et pas sa tête qui rencontrait le sol. Elle n'osait pas poser ses mains sur ses profondes entailles à présent, répugnée par l'idée de la douleur et du contact de la chair contre ses doigts, doutant même que ça ne suffise à empêcher le sang de couler.

Elle sentit une présence d'un coup, une respiration plus humaine que féline et eut un sursaut d'espoir. Voulant s'approcher un peu plus vite, elle faillit trébucher mais se reprit de justesse. Finalement ses mains rencontrèrent une manche de manteau et elle s'y agrippa de toute ses forces, sans aucune intention de la lâcher. Après tout, les chats n'avaient pas de manteau, hein? Finalement elle murmura lentement, bien trop essoufflée pour ce qu'elle venait d'accomplir:

"Jean-Baptiste, c'est toi? C'est fini, hein? Y a de la lumière plus loin... On part?"

Et ne résistant pas au besoin de communiquer sa détresse, elle murmura d'un voix tremblante:

"J'arrive plus à les entendre..."
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Lun 23 Mai 2016 - 15:22


L’espoir revint en lui lorsqu’il crut deviner la forme d’une clé en palpant la veste de son ancien geôlier, mais les bruits étaient de plus en plus proches, c’était probablement une question de secondes. Avec l’adrénaline et la fatigue ses gestes étaient moins précis, il avait l’impression de trembler comme une feuille. Il ouvrit la veste du chat sadique, en arrachant les boutons, sans vraiment chercher à préserver le vêtement. Il devait y avoir une poche intérieure dissimulée, il fallait qu’il la trouve mais c’était trop tard, il apercevait presque les arrivant. Il fallait qu’il décide rapidement quoi faire, si il restait ainsi, il serait évident qu’il n’avait pas encore réussi à se libérer. Il pouvait tenter le bluff, faire semblant que le chat était encore conscient et qu’il le tenait en otage et demander à ce qu’on le laisse tranquille. Mais non ça ne serait pas crédible, c’était trop tard, il fallait qu’il trouve cette clé et qu’il arrive à ôter le collier ou à ouvrir la cage avant qu’on ne lui enlève cette occasion. Il trouva l’entrée de la poche dissimulée dans laquelle devait se trouver la clé mais au même moment les nouveaux arrivants apparurent dans le cercle de lumière projeté par la torche.

« Oh putain vous m’avez fait peur… »

Il ne s’agissait que de Mara, JB et d’une partie de la ménagerie, mais ils avaient l’air dans un sale état, le bref soulagement qu’il avait ressenti s’évanouit aussitôt. Le jeune homme était salement blessé au côté, vu la quantité de sang qui maculait ses vêtement il ne devait pas lui en rester beaucoup. La chatte blanche était blessée aussi et la blondinette… Elle avait un collier, ce qui n’était pas une bonne nouvelle du tout, sans son pouvoir ils seraient presque aveugles et perdus dans ces galeries. Il leur restait une chance, il se saisit de l’anneau qui retenait non pas une, mais deux clés, et les sortit de la poche, l’une, assez grande était probablement celle de sa cage, l’autre plus petit ouvrait peut être les colliers. Il introduisit la plus grande dans dans la serrure de sa cellule et pu retrouver la liberté. Par acquis de conscience, il fit rouler le corps inanimé de son ex-geôlier dans la cage et referma la grille.

Venait l’instant de vérité, il décida de commencer par essayer d’enlever le collier de Mara, elle semblait vraiment déboussolée et faisait peine à voir. Il s’approcha d’elle et essaya de la rassurer sans lui donner trop d’espoirs.

« Je ne sais pas du tout si c’est la bonne clé mais ça vaut le coup d’essayer non ? »

Il repéra rapidement l’encoche qui donnait sur le mécanisme de verrouillage et y glissa la plus petite des clés. Il retint son souffle, la première étape était un succès, la taille correspondait, l’espoir était permis mais ce n’était pas du tout sûr que la clé parvienne à tourner et à déverrouiller l’artefact. Il ne savait pas vraiment ce qu’il attendait pour y aller, il avait peut-être peur que la jeune fille panique encore plus si jamais ça ne marchait pas. Il fallait qu’il essaie, il força pour tourner la clé et cru d’abord qu’elle ne marchait pas, mais la résistance s’effaça soudainement et il put faire un tour complet. Le mécanisme de verrouillage relâcha le collier et le voyageur put l’ôter du cou de son amie avant d’en retirer la clé. Il l’expédia contre la paroi opposée et constata avec satisfaction qu’il se brisa en deux au niveau de la charnière.

« Voilà ça va mieux ? »

Il était soulagé d’avoir pu aider la fillette mais un désir égoïste mais impérieux le força à passer à la suite sans vraiment écouter sa réponse. Il se redressa et s’écarta un peu, il ne tenait pas vraiment à ce que les autres puissent voir son expression si ça ne marchait pas sur son collier. A tâtons, il localisa la serrure et son orientation, il y inséra la clé et, comme la première fois, elle glissa jusqu’au fond. A nouveau il retint sa respiration, l’espoir l’avait déjà gagné, c’était trop tard pour se montrer pessimiste, il tourna la clé. A sa grande surprise elle resta obstinément fixe, même si au fond de lui il savait très bien qu’il avait essayé dans le bon sens il essaya de tourner dans le sens inverse, sans plus de succès. Il souffla pour calmer la frustration qui était en train de le gagner et fit une nouvelle tentative en forçant plus fort, mais le mécanisme ne broncha pas, il devait se rendre à l’évidence.

« C’est pas la bonne clé… » Murmura-t-il presque pour lui-même.

D’un geste rageur il envoya le petit trousseau valser dans un coin sombre de la caverne, il en voulait presque à Mara d’avoir été libérée, elle. Il savait que ce n’était pas rationnel et tenta de calmer cette jalousie, c’était déjà bien qu’un d’entre eux avait pu être libéré. Il était moins blessé que ses camarades, c’était déjà ça, avec son fouet, même si il ne maîtriser pas vraiment cette arme, il arriverait probablement à s’en sortir.

« Je sais pas si vous avez compris, mais en plus de priver les voyageurs de leurs pouvoirs, ces saloperies de colliers réapparaissent chaque nuit et nous forcent à revenir à l’endroit où est le collier. » Il se tourna vers la fillette, espérant qu’elle ait suffisamment repris ses esprits pour l’écouter attentivement. « Mara, tu peux demander à un de tes animaux d’emmener ce collier loin d’ici si on se réveille avant de me l’avoir enlevé ? Ce serait déjà ça de pris… »

Après cet échec, c’était assez dur de se montrer optimiste, ça faisait plusieurs heures qu’ils crapahutaient dans ces cavernes et même si la notion du temps était déformée il savait que la nuit tirait vers sa fin. Au vu de l’état de la ménagerie et des trois voyageurs, il était peut-être plus sage d’attendre tranquillement ici qu’ils se réveillent dans un nuage de fumée. Au moins en restant ici ils n’avaient qu’une issue à surveiller et ne risquaient pas de se jeter dans un piège, mais il restait un infime espoir qu’ils puissent trouver la bonne clé si ils se bougeaient un peu.

« Vous avez une idée ? » Il grimaça à l’avance en sachant qu’il allait évoquer quelque chose de potentiellement douloureux. « Cet enfoiré de marchand les a prévenus, j’imagine qu’ils nous attendent. Vous êtes tombé dans un piège ? »

Il n’avait pas vraiment envie de les forcer à parler de ça mais il voulait savoir à quoi s’attendre, peut être que même sans le savoir, ils avaient des éléments qui lui permettraient d’envisager la suite.

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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 27 Mai 2016 - 23:40
La fillette restait sur les pas de Jean-Baptiste, frissonnante malgré sa cape, sa main dépassant juste assez de cette dernière pour tenir celle de l'adulte. Elle sentait un contact poisseux entre leurs deux paumes, elle essayait juste de ne pas se demander si c'était à cause de son propre sang ou du sien. Elle marchait, focalisant toute sa concentration sur le contact tiède sur sa peau, ignorant la pénombre, ignorant leurs pas qui résonnaient dans le tunnel, ignorant les bruits inquiétants qui lui parvenaient, elle avait juste quelqu'un qui lui tenait la main, et c'était tout ce qu'il fallait. Parfois, quelque chose frôlait sa jambe mais malgré sa surprise, ça ressemblait assez au contact de la chatte pour la rassurer.

Finalement, la lumière. Mara ne la remarqua que quand elle se dévoila totalement au détour d'un tunnel, n'ayant pas même remarqué le chemin qui s'éclaircissait peu à peu. Ses paupières papillonnèrent devant cette vision, comme si en quelques instants d'horreur, elle avait oublié comment se servir de ses yeux. D'ailleurs, elle ne détacha son regard de la torche au sol qu'au son de serrure qui s'ouvrait, se rendant compte que Corey venait de se libérer d'une cage. Elle remarqua le collier autour de son cou et eut presque envie de toucher le sien, comme pour vérifier qu'il était toujours là, où qu'il était pareil. Elle s'était plus ou moins habituée au contact sec de l'entrave contre sa nuque. Plus ou moins.

Quand le Voyageur de Lumière s'accroupit devant elle en brandissant une petite clef, elle leva docilement son menton pour révéler l'attache qui semblait bloquer ses pouvoirs. Elle se rendit presque passivement compte que le simple fait d'être dans un endroit lumineux l'avait un minimum rassérénée. Mais au petit son de déverrouillage, qui résonnait presque dans sa tête, et à la petite voix venant de ses pieds qui lui demandait si ça allait, elle ressentit un intense soulagement la parcourir. Elle ne s'en était pas vraiment rendue compte mais même si son pouvoir n'était pas très utile, le simple fait d'en avoir un, de pouvoir, était incroyablement rassurant. Ça rappelait qu'on était quelqu'un de particulier, qu'on était capable de faire des choses que d'autres ne pouvaient pas... Avec un truc pareil, plus d'excuses pour se cacher dans la foule, on pouvait agir! Mais quand on perdait ce soutien en plein milieu de l'action... La jeune fille émit un léger soupir, légèrement tremblant.

Elle faillit ne pas lever les bras à temps pour réceptionner la blanche qui l'avait escaladée. Recevant avec un sourire infiniment soulagé les petits coups de truffe un peu fraîche contre sa joue et son menton, elle serra l'animal contre elle. Puis, elle se rendit compte que sa belle fourrure était teintée de rouge par endroit, et elle fixa avec inquiétude sa compagne dans les yeux, la questionnant silencieusement.

*J'ai pris quelque coups, mais ce n'est pas le mien...* répondit-elle sobrement, lui rendant son regard.

L'enfant ne comprit d'abord pas vraiment, puis regarda ses propres bras qui lui semblaient faibles et tendus. Eux aussi étaient pleins de sang. Comment était-il possible d'oublier un truc pareil? Reposant doucement son amie au sol, elle cacha ses bras sous sa cape et effleura en grimaçant très légèrement les longues balafres. Elle passait ses pouces sur le sang séché qui retirait le peu d’élasticité de sa peau, hésitant à le gratter de peur d'ouvrir une petite écorchure. Elle avait envie de se plaindre, de montrer ses bras aux des adultes, de se faire aider, qu'on lui dise qu'on pouvait s'occuper de la suite sans elle... Mais en même temps, elle ne voulait pas. Jean-Baptiste avait toujours le flanc taché de sang et le souvenir de la plaie qu'elle avait du aider à fouiller était vif dans son esprit, et Corey ne semblait pas en meilleur état, ses vêtement en partie déchirés révélant des marques rouges. Elle n'avait pas envie de leur imposer ça en plus, personne n'en avait besoin.

Sa capuche avait basculée et ses cheveux étaient libres, bien que plus ou moins massés dans celle-ci, mais elle préféra la laisser comme ça, pour garder ses plaies cachées. La tête rentrée dans son col, elle acquiesça devant les paroles de son camarade du Cimetière et transmit sa demande à la chatte. Elle confirma de nouveau d'un mouvement de tête à la mention du piège, préférant cette fois ne pas raconter les événements, dans la mesure où le seul souvenir non brouillé qu'elle en gardait était simplement un immense sentiment d'inutilité.

Par contre, pour la suite, elle regarda avec surprise la femelle s'élancer souplement mais à toute allure vers le fond de la salle. Se décalant légèrement pour voir la scène que cachait Corey, laissant les deux hommes échanger entre eux, elle aperçut avec stupeur que la blanche était en train d'accompagner le chat tacheté vers eux, ce dernier boitillant légèrement, pelage ébouriffé, et queue et oreilles tombantes. Le regardant s'approcher en se mordant les lèvres, Mara ne put s'empêcher de faire un pas vers les deux félins et de s'accroupir devant eux, demandant doucement au chat de gouttière ce qu'il lui était arrivé.

*J'me suis caché quand y z'ont choppé l'autre Voyageur. Ils ont essayé d'me chopper mais je m'en suis tiré... Du coup j'les ai suivi, l'autre marchand à parlé au chef local, mais ils on rameuté le reste de leur bande. Et y z'ont l'air d'être une fournée les types. Vous pouvez peut-être vous occuper du patron mais traînez pas. Sinon, sans renforts, vous êtes dans la grosse grosse mouise...*

La fillette eut un instant de silence face à cette révélation qui venait de dégager ce qu'il lui restait de moral, aussi facilement qu'une pichenette dégage une mouche. Levant la tête et croisant le regard des deux autres, elle lâcha d'une petite voix:

"Leur chef est pas loin, mais il a appelé des renforts... Il peut nous y emmener mais du coup, si on se dépêche pas..."

Elle laissa sa phrase en suspend, se demandant très sincèrement comment allaient-ils s'en tirer. Mais quand la seconde lui demanda si ça allait, elle eut un déclic et tourna vivement la tête vers cette dernière, souriant presque. Se redressant difficilement, elle se tourna de nouveaux vers les grands et lança plus vivement:

"Si on trouve de quoi écrire, je peux donner un message à la chatte blanche, elle pourra le donner aux policiers, et ils pourront venir nous aider, non? Et puis ils pourront trouver un moyen de libérer tous les animaux!"

Une nouvelle résolution brillait dans ses yeux, alors qu'elle regardait alternativement le barbu et le borgne en quête d'approbation.
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Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey]

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