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Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey]

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 11 Mai 2016 - 21:07

Mara tressaillit au contact de Jean-Baptiste sur son épaule. À la fois car elle ne s'y attendait pas, et car ça lui rappela brusquement la situation dans laquelle ils étaient fourrés. Elle écouta à peine ce que l'adulte lui disait, lâchant pour toute réponse une syllabe de sa voix cassée, mais trouva quand même la force de se redresser avec peine. Constatant que le visage de la Créature qui lui faisait face était légèrement flou, elle porta ses doigts à ses paupières et entreprit de les frotter vigoureusement, se débarrassant rageusement de toute trace d'humidité qui avait osé en émaner. Elle profitait aussi un peu de la fraîcheur de ses mains sur son visage brûlant, passant encore et encore celles-ci sur ses yeux jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'ils soient parfaitement secs. Serrant ensuite ses poings en enfonçant ses ongles dans ses paumes, tentant de réprimer les tremblements qui menaçaient de la prendre, elle regarda de nouveau l'entité dans l'aquarium qui semblait lui renvoyer un air interrogateur. Puis elle se retourna de nouveau tête vers le bas, montrant encore une certaine souplesse en cambrant son dos et faisant sonner un cliquetis de chaîne dans l'eau. Ses antennes vibrèrent et elle fixait Mara droit dans les yeux, avant de les plisser dans une expression bienveillante et de dire doucement:

"Courage."

La jeune fille étant dans un état qui ne la laissait pas sourire, elle se contenta d'acquiescer de manière presque imperceptible sous sa capuche, avant de se tourner lentement en direction des autres. Inspirant le plus doucement possible pour ne pas renifler, elle souffla d'une voix sourde en prenant soin de bien articuler:

"Je ne pleurais pas."

Et sans desserrer ses poings, elle s'avança dans la salle, la parcourant du regard. Sa gorge refusait de se dénouer, quand bien même elle fuyait les silhouette emprisonnées du regard. C'était l'ambiance toute entière qui lui pesait, ce sous-terrain à peine éclairé parcouru de gémissements, cette impression d'étouffement, tout cet environnement lui évoquait des sentiments contradictoires et elle n'arrivait pas à faire le tri dans sa tête. Elle n'arrivait pas à anticiper ce qui pouvait arriver, à analyser ce qu'il se passait, à organiser un plan pour retrouver Corey dans ce labyrinthe, à réfléchir tout simplement, elle tremblait de rage et deux petites voix s'affrontaient en elle. L'une lui hurlant de tout détruire, de déchaîner sa force et de lancer les animaux qui l'accompagnaient sur tout ce qui bougeait, d'effacer cet endroit de Dreamland pour oublier que ce genre de lieu pouvait y naître. L'autre, si faible qu'elle n'y accordait aucune attention, s'inquiétait de cette fureur qui éclipsait sa peur et sa prudence.

On y va. Son message se diffusa dans la troupe et elle alla vers le tunnel inconnu le plus proche à grands pas, sentant avec une étrange satisfaction sa cape lui marteler les jambes. Elle s'approcha du boyau et se rappelant soudain que l'autre Voyageur était là, elle s'arrêta dans son mouvement avant de se retourner, se demandant quelle serait sa réaction devant ce qu'elle faisait. Elle même se rendait compte qu'elle n'était pas dans son état habituel, mais.... c'était tellement jouissif. Baissant les yeux un instant en se demandant ce qu'elle pourrait lui dire, elle les releva vers lui et ouvrit la bouche sans la moindre idée de ce qu'elle allait en faire sortir. Et elle ne le sut jamais.

Un bruit nouveau résonna dans la salle, provenant d'un troisième tunnel. Un martèlement violent, un peu métallique et lointain mais qui parvenait jusqu'à eux. Son regard avait un instant dévié vers le vide alors qu'elle tentait de deviner l'origine du son, mais il était à présent de nouveau focalisé sur son camarade. Si c'était pas Corey qui faisait ce bruit, ça restait une piste pour tenter de comprendre ce qu'il se passait ici. Ce léger rappel à la réalité lui fit baisser les yeux vers sa petite troupe. Quelques uns avaient repris du poil de la bête mais beaucoup affichaient encore une attitude épuisée. Ceux qui ne se sentent pas capable de nous aider, restez ici, on reviendra vous chercher plus tard en libérant les autres. C'est pas la peine de prendre de risques inutiles. Un certains nombre de bestioles échangèrent un regard et se retirèrent doucement jusqu'aux cages proches au dessus desquelles elles s'installèrent. Au final, à part la chatte blanche et la chauve-souris qui lui tournait autour, il ne restait que deux sortes de gros lézards colorés, dont un à deux queues, et une espèce de renard mauve.

La fillette tenta vainement un sourire pour les rassurer puis partit en compagnie de Jean-Baptiste vers l'origine du bruit qui venait à présent de s'arrêter. Le tout avait été assez rapide mais la jeune fille avait maintenant une forme d'impatience qui coulait dans ses veines, et elle ne sut pas même quoi répondre à sa compagne du début de la nuit quand elle lui fit remarquer qu'ils n'avaient toujours pas revu le chat de gouttière qui avait guidé Corey. Pas grave, ils allaient le retrouver avec les autres de toute manière. Avec de la motivation, tout allait bien se finir. Même dans son état, dans les pire des cas, elle devrait être capable de se reprendre pour aider les créatures qui la suivaient à se battre. Oui, tout ira bien.

La fillette s'enfonça dans le boyau sombre, écoutant vaguement les commentaires des reptiles sur l'humidité ambiante, ignorant le renard qui semblait beaucoup s'intéresser à l'odeur de la blanche et cette dernière qui murmurait qu'elle n'aimait pas cet endroit, suivant les directives de la chauve-souris qui lui indiquait les obstacles. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle se sentait aussi mal à l'aise. Quelque chose dans cet endroit lui pesait, et ça n'améliorait pas son état. Sa respiration pesante dans sa poitrine, sa gorge sèche, une douleur naissante entre les deux yeux, ses poings agités de tremblements à force d'être maintenus dans cet état... Les deux petites voix continuaient à se battre dans sa tête. Celle qui était plus forte semblait prendre de plus en plus le dessus, tandis que Mara refoulait l'autre. Cet endroit avait donné l'impression de s'assombrir à chaque pas et maintenant qu'elle ne voyait plus rien, l'inquiétude la rongeait. Mais ce sentiment était effacé quand elle s'imaginait écraser ceux qui avaient emprisonné ces bêtes. Le visage de l'être aquatique lui revint en mémoire et son bras gauche tressaillit légèrement alors qu'elle se voyait exploser l'aquarium qui le retenait captif.

Plongée dans ses pensées et dans la pénombre, elle ne cria pas tout de suite en sentant un contact rugueux contre son cou puis contre sa nuque, il lui fallut une demi-seconde pour se rendre compte de ce qu'il se passait. Et ce fut un réflexe instinctif qui lui fit faire volte-face pour donner un violent coup à ce qui était passé derrière son dos, recevant de ce fait un longue estafilade sur le bras plutôt qu'une large griffure dans le dos. La jeune fille ne savait pas ce qu'on lui avait mis, mais ça ne bloquait pas ses mouvements et malgré sa cécité dans le tunnel, elle avait saisi le poignet d'un homme-chat.

Se rappelant de ce que ces créatures avaient fait, maintenant qu'elle en avait un sous la main, toutes ses barrières cédèrent. Le tirant vers elle de la main gauche, elle abattit son poing droit quelque part dans son ventre, sentant le cuir rugueux contre ses doigts et une certaine résistance, s'imaginant en serrant les dents que c'était une paroi de verre qui n'attendait que de se briser sous ses coups. Et elle souriait presque de satisfaction en entendant un bruit de craquement sourd, sentant avec jubilation ses phalanges s'enfoncer légèrement plus dans les vêtements, et entendant un feulement de douleur au dessus. Ses yeux aveugles étaient ouverts, regardant droit devant elle, et les coins de sa bouche se relevèrent très légèrement alors qu'elle lâchait le chat pour le projeter contre le sol, dans un autre grognement de sa part. Elle regarda vers ce qu'elle supposa être sa position, se demandant si un bon gros coup de pied supplémentaire l'aiderait à défouler cette colère qui faisait trembler et brûler son corps. Mais il y avait un problème, quelque chose clochait. Même à travers son excitation, elle s'en rendait compte.

Puis d'un coup, elle prit conscience des bruits d'affrontement autour d'elle, des feulements et des grognements des animaux. Des feulements, des grognements. Pas des voix. En un instant, sa gorge était desséchée et ses yeux exorbités. Elle se rendait compte que ses frissonnements étaient issus d'une terreur inconsciente, et c'était à présent le froid qui paralysait ses membres. Un poids immense s'était greffé à l'intérieur de ses côtes, faisant monter dans sa gorge une forme de nausée, et les ténèbres lui donnaient l'impression d'être solides, de la comprimer, de pénétrer en elle à chaque respiration. Un tremblement plus violent que les autres la traversa comme un spasme et elle attrapa à deux mains le collier fixé à son cou. Les voix, où étaient-elles? Les deux lézards, le renard et la chatte? Jean-Baptiste, où était-il? Ses oreilles sifflaient, elle avait l'impression de sentir chaque goutte de sueur sortant de chaque pores de sa peau. Elle tenta de reculer d'un pas tremblant, ne sachant pas d'où provenait la menace, mais trébucha sur l'adversaire geignant qu'elle avait mit à terre. Qu'avait-elle fait? Elle tenta de hurler, d'appeler au secours, de crier au monde qu'elle avait besoin d'aide, mais rien, rien ne sortit. Elle était figée dans une bulle de pénombre, sentant à peine la surface dur du mur qui s'enfonçait dans son dos, incapable de savoir comment les autres se débrouillaient, incapable de faire quoi que ce soit pour les aider. Elle était juste capable de gémir, désespérée. Pourquoi? Elle avait vaincu sa phobie, alors pourquoi? Pourquoi avait-elle l'impression d'être de retour dans les cauchemars de son enfance?

Ses jambes cédèrent sous son poids et elle tomba au sol, tenant les oreilles de sa capuche de toutes ses forces, gardant ses vêtements comme l'unique rempart entre le moment présent et ses anciennes terreurs nocturnes.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 13 Mai 2016 - 23:50


Mara semblait se reprendre, tant mieux. J'enlevais ma main de son épaule, la laissant se secouer librement. Un bref regard à la créature dans son bocal me mis de nouveau terriblement mal à l'aise, avec ses contorsions lentes et son faciès bien trop éloigné de l'humanoïde, qui plus est rattaché à un corps bien trop proche de l'humanoïde. Effrayant, vraiment. Mais il n'était pas plus étrange ou dérangeant à l’œil qu'un poisson du fin fond des abysses, tout de même, et il ne méritait pas moins ma compassion. Pour l'instant elle était, je l'admet, bien plus dirigé vers la jeune fille ... Je ne pus m'empêcher de sourire à ce qu'elle dit d'une voix contrite quelques instants plus tard, et d'y répondre du tac au tac, à deux doigts de l'éclat de rire nerveux.

"Non, bien sûr que tu ne pleurais pas, Mara."

Je n'allais pas la casser dans sa détermination après tout. Pas besoin de lui dire qu'il nous fallait bouger, elle se dynamisait bien toute seule. Une partie de moi m'incitait à tenter de discuter, se poser ne serait-ce que quelques secondes pour éviter toute imprudence supplémentaire ou incompréhension. La peur de briser la fragile assurance que Mara avait retrouvé m'en prévenait. Puis je ne me sentais en aucun cas légitime ou capable pour la tempérer, la rassurer ou quoi ce que soit dans le genre.

Je me tournais dès que j'entendis l'écho qui nous parvint de l'une des galeries; drôle de bruit, lointain mais bien perceptible tant il résonnait. Comme si l'on frappait du métal contre de la pierre. Les bestioles qui à présent parsemaient la salle se mirent à bruisser, quelques unes allant vers Mara alors que la majorité restaient où elles se trouvaient déjà. Je supposais qu'elles répondaient à une injonction de ma petite équipière, et qu'elle se préparait à aller vers la source du fracas singulier. Bouger était toujours mieux que de rester ici en attendant de nous faire encercler, aurais-je voulu dire, mais je n'en fis rien. Je me contentais de la suivre alors qu'elle s'engouffrait dans le boyau.

La lumière était plus que terrible, décidément. Difficile de bien voir où nous allions, mais Mara allait sans trop de mal. Je n'étais pas sûr de moi, loin de là; peu confiant de mes sens ou de ma capacité à voir bien le danger venir, aussi sortais-je mon aura, quitte à me dépenser pour rien, pour au moins pouvoir réagir au mieux. Juste devant moi, un drôle de grand renard à la belle couleur violette suivait plutôt bien. Il ne m'accordait pas grande attention, mais avait tout l'air d'être dans une forme aussi "bonne" (avec de gros guillemets) que moi, ce qui était presque rassurant. Difficile de le distinguer clairement dans la pénombre, mais moins que de bien voir la jeune fille, aussi au lieu de la suivre elle, je le suivais lui. Son pas était régulier, sa démarche souple. Aussi lorsqu'il eut comme une hésitation, je le remarquais.

Juste devant nous, un passage s'ouvrait dans le mur, caché par les ombres, que ni moi ni les autres n'avions détecté apparemment. Rien le temps de voir, je sentis simplement que l'on me tombait dessus. Je ne compris pas, ne cherchais pas à comprendre, ma réaction partait. C'est à peine si je sentis l'éclair dans mon flanc et le frottement contre le coté de ma tête, mon bras (mon coude plus précisément) rencontra une brusque résistance, et je pivotais comme je pouvais pour faire face à la menace en m'en éloignant. Du moins je tentais. Quelque chose me bloquait. Mais à peine me tirait-on qu'un jappement hargneux retentit, suivi d'un bruit sourd, et on me lâchait. Je commençais tout juste à interpréter le peu que je pouvais voir. La seule lumière plus ou moins proche était plusieurs mètres derrière, très faible et orangée; on nous avait tendu une embuscade, manifestement, et à présent celui qui m'agressait barrait la vue, d'autant qu'il gesticulait avec force feulements, étant aux prises avec le renard qui lui avait sauté à la gorge.

Pas le temps de réfléchir, je fonçais, et plongeais pour plaquer le chat (c'était un des chats du gang, sinon quoi d'autre ?) avec une violence pas vraiment calculée. Je le percutais brutalement, et il s'étala en arrière. Les bruits résonnaient avec une force particulière dans l'espace confiné, m'emplissant les oreilles horriblement. Alors qu'une ruade du félin me coupait le souffle (mon mouvement de recul instinctif amortit à peine le choc), je m'agrippait à l'une de ses jambes, et poussais de toute mes forces avec mon aura pour écraser le coude de mon autre bras sur ce qui devait être son ventre. Je réitérais encore et encore alors que le renard, poussant des grognements hachés, gagnait du terrain sur les griffes du chat qui tentaient de le repousser de la fatale issue que les crocs recherchaient. La chose portait. Trop atteint par mes coups, il était trop difficile

Je saignais abondamment, mais ce n'était pas l'impératif. Le renard avait presque fini son oeuvre, mais je mis bien une seconde à me reprendre et me relever avec autant d'empressement que de fébrilité. M'appuyant au mur en tentant (plutôt vainement) de laisser passer le peut de lumière qui parvenait de derrière, j'essayais de voir ce qu'il se passait juste devant nous. Plusieurs silhouettes étaient entremêlées, et entre les crachats haineux des hommes-chats et un sifflement sourd qui devait provenir de l'espèce de lézard qui nous avait également accompagné, facile de comprendre. Je ne voyais presque rien, et mon bras gauche me paraissait tout engourdi mais j'allais droit sur l'amas.

Mauvaise évaluation que celle qui me fit trébucher sur je ne sais qui. Je ne m'y attendais pas, et ne réussit pas à me reprendre à temps; mon aura ne vacillait pas mais moi si. Ma respiration se coupa lorsque mon torse percuta à plein une surface mouvante et vaguement bombée. Un dos, sans doute. Le feulement juste devant ma tête me le confirma, et je sentis que l'on tentais de m'attraper les membres. En ayant la sensation de me déchirer le torse, je ceinturais ce sur quoi j'avais atterri des bras et des jambes, et forçais avec mon pouvoir (et mes muscles) sur ma prise, appliquant une torsion pour la renverser sur le coté. Je n'espérais pas grand-chose, je n'avais aucun appui si ce n'est mon aura. Ma vision commençait à se troubler, qui plus est. Je ne compris pas trop comment, mais pourtant cela fonctionna, comme si mon mouvement avait été aidé; je manquais de percuter le mur, et ma tentative miraculeusement concrétisée n'eut pour résultat que de me faire tomber en arrière, sur mon flanc blessé, avec l'homme-chat dans les bras qui percuta, lui, le mur la tête la première.

J'étais complètement incapable de me relever sur l'instant, je n'avais aucune idée de si celui-ci était le dernier de son escarmouche.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 18 Mai 2016 - 15:16


Il n’aimait pas du tout le sadisme qui luisait dans le regard de ce jeune chat, il y devinait la compensation d’une sorte de complexe d’infériorité. Peut-être que le félin s’était fait remettre à sa place par un voyageur qui n’avait pas eu besoin de forcer beaucoup pour l’humilier. Corey devait avouer qu’il n’avait pas l’air bien redoutable, il devait avoir une quinzaine d’année, il n’était pas bien grand, plutôt maigre, son poil soyeux lui donnait l’air doux d’un chat d’intérieur au lieu de l’air féroce qu’il aurait probablement préféré avoir. Sans cette cage et ce collier le geek n’aurait probablement fait qu’une bouchée de ce chaton qui se donnait des grands airs. Mais ainsi à sa merci, il n’aimait pas du tout ce rapport de force, surtout que l’autre se montra prudent à s’arrêtant à quelques pas de la cage. Il fit claquer son fouet, d’abord pour impressionner le captif, puis pour ajuster son mouvement. Il ne semblait pas vraiment être un expert mais avait tout de même assez de compétence en la matière pour inquiéter Corey.

« On va voir à partir de combien de coups tu couines…  le record est à 9…»

«C’est pas énorme …» Rétorqua-t-il sans vraiment réfléchir.

Pour toute réponse le sourire sadique plaqué sur le visage du geôlier s’étira et l’extrémité du fouet se faufila entre les barreaux pour venir déchirer la tenue que le voyageur avait empruntée. Même si les tissus avaient amortis l’impact et que sa peau avait été légèrement abrasée, il ressenti une vive douleur, bien trop importante pour un simple coup dans ce genre. Il y avait quelque chose d’anormal là-dessous et l’expression réjouie de son tortionnaire le lui confirma.

« Comme si j’allais utiliser un fouet normal… »

Le voyageur s’intéressa de plus près à l’arme et il constata qu’elle était ornée de runes qui vibraient d’une lueur violette malsaine. Il s’agissait sans doute d’un artefact conçu pour infliger plus de douleur lors des coups, voilà qui changeait la donne. Il avait prévu d’encaisser les coups jusqu’à ce que le matou commette une erreur mais si à chaque fois les impacts étaient accompagnés d’une déflagration douloureuse il n’était plus du tout sûr de tenir le choc. L’autre leva à nouveau son bras et ajusta sa frappe, mais Corey se recula et se décala au dernier moment, si bien que la langue de cuir magique ne rencontra que de l’air.

« Arrête de bouger, tu ne fais que retarder les choses…  » Pesta-t-il en ajustant un nouveau coup.

Le fouet fila à nouveau et ne trouva que le bras du voyageur qui ressentit quand même une décharge mais moindre que celle qu’il aurait eu s’il n’avait pas esquivé. Le félin se rapprocha, presque inconsciemment, pour limiter les possibilités d’évitement du voyageur et attaqua une nouvelle fois. Acculé dans un angle de la cage, l’héliophobe ne put que se protéger le visage avec ses avants bras mais l’arme y traça un sillon sanglant et une déflagration douloureuse se propagea au-delà de l’épaule. Il fût presque incapable de le relever à temps pour le nouveau coup qui vint le toucher juste à côté du premier et qui cette fois faillit bien lui arracher un hurlement de douleur. Ce n’était rien par rapport au pouvoir de sa sœur mais tout de même ce n’était pas une partie de plaisir. Il se remit à bouger pour éviter d’offrir une cible trop immobile à son tortionnaire mais c’était peine perdue dans un espace aussi limité que cette cage.

« C’est ça, vas-y gigote tant que tu le peux encore. » Le félin semblait très satisfait le de lui-même.

Il frappa une nouvelle fois, visant la jambe du geek et y laissant une profonde entaille ensanglanté qui donna l’impression au contrôleur qu’on venait de l’amputer. Finalement, résister à neuf coups était une prouesse digne d’un être incroyablement résistant, il commençait à douter de ses chances à battre le record. Le geôlier allait à nouveau se servir de son fouet lorsque du brouhaha se fit entendre en provenance du boyau qui desservait cette cavité. Le félin stoppa son geste et tendit l’oreille, il était difficile de deviner ce qu’était ce bruit, mais ça ressemblait à un combat. Corey n’y prêtait pas du tout attention, il avait guetté ce genre d’occasion depuis que son tortionnaire s’était approché de la cage et il était hors de question qu’il la laisse passer sans rien faire. Dès que le chat détourna son attention il se jeta sur lui et l’agrippa au torse en passant son bras valide entre les barreaux. Le jeune homme cru que son épaule allait se déboiter tant il s’était jeté avec force pour être sûr d’atteindre sa cible mais maintenant qu’il l’avait agrippé, hors de question de le lâcher. Le félin tourna la tête soudainement, surpris, mais c’était trop tard, le voyageur tira d’un coup sec et il vint percuter les barreaux. Une fois, puis une autre, puis encore une autre, Corey ne s’arrêta que quand il sentit son adversaire sombrer dans l’inconscience et son corps devenir totalement mou.

Il se saisit du fouet et le coinça dans la ceinture de son pantalon avant de se mettre à fouiller furieusement le corps du geôlier. Il retourner méticuleusement, chaque poche, palais chaque revers, chaque couture. Ce n’était pas facile à travers les barreaux, mais il fallait qu’il se dépêche. Même si le félin ne risquait pas de reprendre connaissance, des renforts ou la relève pouvaient arriver à chaque instant.

** Où est cette foutue clé ? **

Il commençait à perdre patience, il fallait qu’il se sorte de cette cage et enlève ce collier maudit avant que d’autres n’arrivent. La panique commençait à le submerger, ce type n’avait aucune clé sur lui, comment était-ce possible, ça aurait été logique qu’il en ait une. Les bruits de lutte avaient cessé depuis un moment maintenant et il lui semblait qu’on se rapprochait, il fallait vraiment qu’il mettre la main sur un moyen d’ouvrir la serrure.

__________



Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 20 Mai 2016 - 7:32
L'enfant frissonnait, tendant l'oreille autour d'elle mais incapable de comprendre ce qui lui parvenait. Les bruits de chocs, de vêtements froissés, les feulements et les grognements auraient sans doute été clairs dans n'importe quelle situation mais ici, ils se contentaient de se mélanger pour ne créer qu'un brouillard indistinct et sauvage dans lequel la fillette se perdait. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ou plutôt si, elle avait une conscience aiguë de la situation, le sentiment terrible d'être de retour dans ses anciens cauchemars, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Ça faisait plusieurs mois qu'elle l'avait vaincu, qu'elle était Voyageuse, alors de quoi avait-elle peur?

Quelque chose frôla sa jambe et elle sursauta brusquement, serrant encore plus ses membres contre elle. Et un très léger miaulement, très doux, lui monta alors qu'un bruit sourd retentissait depuis l'autre côté de la caverne. Levant une main tremblante, elle l'approcha de l'origine du bruit et rencontra une fourrure douce et chaude qu'elle caressa par réflexe, tandis que la chatte persistait à miauler, comme avec insistance. Ce simple fait lui brisa le cœur. Ce n'était plus de la solitude qu'elle avait peur. C'était de son cauchemar, c'était pour sa vie et pour celle des autre. Elle n'avait plus de pouvoir, cette conclusion la frappa de nouveau avec violence et elle devina que le contact qu'elle sentait autour de son cou n'y était pas pour rien.

Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Les bruit de combat s'étaient presque calmés, comme s'il n'y en avait plus qu'un seul en cours, mais même avec de la concentration, elle n'arrivait pas à reconnaître la voix de Jean-Baptiste. Elle approcha ses mains de la blanche qui se frottait toujours contre elle et la saisit timidement au niveau du ventre. Même si celle-ci se laissant plus ou moins faire, la fillette sentait la différence. En général, c'était les bestioles qui lui montaient dessus. L'animal s'était visiblement attaché à elle et n'avait pas besoin de son pouvoir pour être en relative confiance, mais le manque de complicité se faisait sentir.

La posant sur son épaule pour avoir les mains libres en cas de problème, la blondinette profita un instant du contact rassurant de la fourrure contre sa joue et arma son courage pour se remettre sur ses jambes. Ces dernières tremblaient, et elle avait l'impression qu'elle n'allait pas réussir à quitter l'appui du mur pour faire ne serait-ce que deux pas. Le noir était toujours quasi complet mais il lui semblait qu'il s'éclaircissait un peu plus loin. Rien n'était encore visible, mais il y avait comme de la lumière qui indiquait où aller et ce simple fait ajouta un fond de courage et d'espoir à son esprit déphasé. Ça lui apporta même suffisamment de conscience pour dresser ses bras devant son visage quand sa compagne poussa un miaulement brusque dans son oreille, et ses avant-bras se trouvèrent d'un coup balafrés d'une profonde et douloureuse griffure.

La douleur faisait des allers-retours dans ses membres et elle lâcha un gémissement avant de se faire de violemment plaquer au mur par une main trop proche de son cou à son goût. Ironiquement, la présence du collier la rassura presque, dans la mesure où il ne simplifiait pas la tâche au méchant s'il voulait l'égorger, mais la sensation du liquide chaud et poisseux qui s'écoulait hors de ses plaies, passant par ses mains pour goutter jusqu'au sol, était particulièrement effrayant. Cependant, cette nouvelle situation brisa le peu de bon-sens et de confiance qu'elle avait fini par retrouver, et son monde se retrouva de nouveau réduit à rien. Juste la menace difforme et agressive devant elle, et les miaulements salvateurs à ses pieds qui lui indiquaient d'un coup arrivait. Mais à quoi bon protéger son visage quand on reçoit une attaque droit dans le ventre?

La Voyageuse aurait aimé se plier en deux mais la prise sur le haut de son torse l'en empêchait, et la nausée l'envahissait. Elle était à nouveau complètement perdu et ce fut presque un miracle quand un échantillon de pensée parvint à lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle se défende elle-même contre cet adversaire. Mais comment? Par des coups de poings et de pieds dans tous les sens, le plus fort possible, tout pourvu que ça le touche quelque part. Mais comme dans une mauvaise blague, ses petits bras n'arrivaient pas à porter ses attaques sur son adversaires et ses coups de pieds étaient presque dérisoires. Ça avait au moins eu l'avantage d'éloigner un minimum le chat cauchemar et de l'empêcher d'attaquer, même si c'était surtout car il était occupé à ricaner d'elle. Mais d'un coup, sans qu'aucune de ses attaques n'ait pourtant porté, un feulement de douleur jaillit de l'autre et sa prise sur elle se desserra.

Sautant sur l'occasion, davantage dirigée par un instinct de survie primaire que par sa propre réflexion, l'enfant se dégagea et donna un violent coup de crâne dans le torse de son ennemi, entendant avec satisfaction ses poumons se vider. Elle enchaîna par réflexe une droite vers ses côtes me le choc sembla lui faire autant mal à elle qu'à sa cible, la faute à sa blessure. elle parvint à faire quelques pas chancelants sur le côté, la chatte toujours collée à ses chevilles, et elle comprit plus ou moins au bruit que l'un de ses animaux avait dû s'attaquer au grand chat quand il était aux prises avec elle. Elle ne comprenait pas grand chose, à part peut-être qu'elle n'était plus en danger immédiat, mais une petite voix lui soufflait qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose si elle ne voulait pas se faire attaquer dans le dos. Mais ses bras étaient douloureux et elle avait de plus en plus froid, elle doutait largement d'être capable de quoi que ce soit pour le moment.

Laissant donc à ses animaux le soin de s'occuper du dernier ennemis, sans doute plus poussés par la rancune que par leur affection pour l'enfant, cette dernière continua à tituber vers elle ne savait où, guidée uniquement par sa compagne blanche qui la mena quelque part grâce à sa queue contre sa cheville. Elle avait la tête qui tournait, elle avait l'impression de tomber à chaque pas et était presque surprise quand c'était finalement son autre pied et pas sa tête qui rencontrait le sol. Elle n'osait pas poser ses mains sur ses profondes entailles à présent, répugnée par l'idée de la douleur et du contact de la chair contre ses doigts, doutant même que ça ne suffise à empêcher le sang de couler.

Elle sentit une présence d'un coup, une respiration plus humaine que féline et eut un sursaut d'espoir. Voulant s'approcher un peu plus vite, elle faillit trébucher mais se reprit de justesse. Finalement ses mains rencontrèrent une manche de manteau et elle s'y agrippa de toute ses forces, sans aucune intention de la lâcher. Après tout, les chats n'avaient pas de manteau, hein? Finalement elle murmura lentement, bien trop essoufflée pour ce qu'elle venait d'accomplir:

"Jean-Baptiste, c'est toi? C'est fini, hein? Y a de la lumière plus loin... On part?"

Et ne résistant pas au besoin de communiquer sa détresse, elle murmura d'un voix tremblante:

"J'arrive plus à les entendre..."
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Dim 22 Mai 2016 - 17:37


Respire, bordel, respire. C'était bien le minimum à faire dans telle situation. Mes oreilles bourdonnaient, je préférais ne pas me forcer à ouvrir les yeux, ils s'étaient fermés d'eux-mêmes et cet effort n'était en rien prioritaire. Après avoir lâché l'homme-chat inerte et roulé sur le coté, bouger me semblait impossible. Ma chemise était trempée, et mon manteau n'allait pas tarder à suivre, vu le rythme auquel mon sang se répandait à présent; rien à voir avec précédemment. Mon fluide s'échappait vraiment, il ne suintait pas dans un mou mais tenace continu. Et s'échappait avec l'énergie qui me restait encore; j'étais surpris de ne pas encore être définitivement tombé d'épuisement. Allez, lève-toi !

"Allez ..."

Renonçant à user de mes muscles pour cette opération, j'essayais de me redresser au moyen de ce qui différenciait cette situation d'une bien réelle (et désespérée), à savoir mon aura. Je m'appuyais bien trop sur elle, mais tant pis. Me relever ne fut pourtant pas une mince affaire, mais passé le choc les choses semblaient se remettre plus ou moins convenablement. Mal de partout, une perte un peu trop conséquente de sang (moins que ce que je craignais finalement), sans plus. Je m'adossais à la paroi, prenant de longues respirations, les narines emplies d'odeurs confuses. Mes tempes continuaient de pulser affreusement, m'empêchant de me concentrer sur mon ouïe et me concentrer tout court. Idem pour ma vue; de petits points blancs, discrets et éphémères, dansaient dans le noir. Cependant le moment avait une saveur presque sereine, sans que je puisse clairement me l'expliquer; je commençais à aller dans le sens qui me paraissait le bon, et assez vite je sentis qu'on m'accrochait un bras. Cela ne me surpris pas, je n'aurais pas été capable d'attendre autre chose. Je tirais Mara (c'était bien elle) vers moi, doucement.

"C'est fini pour le moment, Mara, oui. Respire, calme-toi."

Heureusement qu'elle ne se trouvait pas de mon coté ensanglanté. J'avais peine à l'entendre, tant son souffle sortait peu de sa petite gorge. Me penchant un peu vers elle, j'essayais de l’enlacer d'un bras. Visiblement elle était dans un était émotionnel toujours aussi lamentable, et si je ne pensais pas vraiment la rassurer au moins je cherchais à le faire. Sa dernière phrase, un peu énigmatique mais si pleine d'angoisse qu'elle me serrait la poitrine à l'entendre, mis une petite seconde à se faire comprendre de ma personne. Je laissais les mots qui venaient couler de mes lèvres.

"Ça va aller, ça va aller. Calme-toi, et on essaiera de comprendre ce qui s'est passé. Ne t'en fais pas."

C'était autant valable pour elle que pour moi, d'ailleurs. Je me repassais le plus posément possible ce qui venait de nous arriver, en tentant de relever le plus de détails. Difficile de mener à bien telle opération mentale alors que se mêlaient des émotions contraires (colère, compassion, angoisse, dégoût de moi-même) et une fatigue aussi paradoxale qu'handicapante. Difficile mais pas impossible.

Nous avions été attaqués par trois ou quatre sbires de la griffe verte, pas vraiment une embuscade mais sans doute pas simplement une rencontre fortuite. Ils devaient savoir que nous étions là, et avoir prévu notre arrivée. Le fait que nous puissions nous en sortir relevait du miracle ou de la négligence crasse (probablement un mélange des deux); je supposais vaguement qu'ils ne prévoyaient pas d'avoir à faire à deux Voyageurs et deux bestioles agressives, même si cela me paraissait bancal. Toujours est-il que Mara n'arrivait plus à utiliser son pouvoir (si j'avais bien interprété ce qu'elle m'avait dit). Poison, fatigue, autre chose ? J'attendis un peu, puis tentais une question.

"Mara, est-ce que ça s'est déjà produit, que tu ne puisse plus ... les entendre ? Lorsque tu étais épuisée, après trop d'efforts ?"

Elle restait accrochée à moi, apparemment dans un état de stupeur trop important pour plus s'exprimer qu'un "jamais" à peine audible. La chose était inédite, donc, ce qui avait du sens quand on voyait à quel point elle en était toute retournée. Je ne pouvais pas vraiment la calmer, mais j'essayais tout de même, continuant de lui murmurer de rassurantes (ou du moins que se voulaient comme telles) paroles. Si elle se trouvait dépouillée de sa capacité je pouvais comprendre sa détresse, et si le temps pressait je laissais tout de même quelques secondes encore avant de me décider à nous faire avancer. Un long sifflement du varan onirique m'interrogea brièvement, mais je me contentais d'être clair et le plus doux possible avec Mara.

"J'aurais bien essayé de fouiller les chats, voir s'ils étaient vivants, mais oui, partons. On ne va arriver à rien dans cette pénombre."

Elle n'allait pas me lâcher, manifestement, aussi je lui offrit ma main plutôt que ma manche, et prenait les devants. Arrivé à la source de lumière (une lampe au mur, marquant un embranchement perpendiculaire à notre couloir), je regardais en arrière, constatant que si le renard nous avait suivi, avec la fourrure toute empoissée et son pas maintenant claudiquant, ainsi que la petite chatte blanche, le reptile n'avait pas bougé. trop épuisé, occupé à faire sa petite vie ? Pas le temps de savoir, tant pis. Je vis en revanche clairement qu'autour du cou de la jeune fille, en dessous de sa capuche, un drôle de collier de cuir la ceignait.

"Qu'as-tu autour du cou, Mara ?"

Posant délicatement les doigts de ma main gauche sur le cadenas ouvragé qui pendait devant, fermant le lien de cuir, je le regardais quelques instants. Qu'est-ce que ... Le miaulement anxieux de la petite féline à l'adresse de Mara brouilla mes pensées, et je baissais mon attention à elle. J'aimais bien parler aux chats, à défaut de bien m'en faire comprendre. Mes chances étaient sans doute maigres, mais je tentais ma chance. Je me penchais, et plongeait mes yeux dans les siens.

"Est-ce que les clés sont sur ceux là-bas ? Le cadenas, ses clés."

J'accompagnais cela de gestes les plus clairs possibles, montrant tour à tour le cou de Mara, le couloir que nous venions de quitter, alternativement, en mettant le plus de signification possible dans mon ton. Sans grand succès, la chatte voyait bien que je voulais lui dire quelque chose, mais son regard ahuri était sa seule réponse. Merde ... J'insistais encore un peu, puis abandonnait. Pas la peine d'essayer avec le renard, il restait à distance et nous regardaient d'yeux plissés et rougeoyants, éreinté. Cela ne nous menait à rien. Espérons donc que nous trouverions les clés plus loin.

Des deux chemins qui s'offraient à nous, un seul était éclairé. Je choisis donc d'aller dans cette direction par a priori, en gardant ma main gauche au mur. Que mon idée aie été bonne ou pas, nous nous retrouvions de toute manière bien vite dans le noir. Je dis à Mara de ne pas me lâcher, bien que je doutais qu'elle le fasse de toute manière. J'avais peur de trop faire attention à mon flanc, de voir que je continuais de saigner, voire de saigner plus encore que tout à l'heure; une partie de moi qui se voulait raisonnable m'assurait que ma blessure continuait de se refermer, malgré sa réouverture précipitée. Cela ne me retenait en rien dans mon angoisse. Lorsque ma main rencontra le vide, je tournais. Aucun moyen de savoir si c'était un bon ou mauvais choix, de toute manière.

Une lumière dansante se fit voir, plus loin. La tension montait à nouveau, surtout que je me sentais plus diminué que jamais. Aucune bruit ne semblait vouloir filtrer, rendant l'attente insupportable. Nous nous rapprochions lentement ce cette lueur, une lenteur horrible. Jetant un bref regard empli de stress derrière moi, je vis cependant que si Mara avait toujours l'air aussi bloquée, les deux animaux restants ne paraissaient aucunement inquiets. J'eus une brusque montée d'adrénaline en voyant même la petite chatte prendre soudain les devants. Non, pas possible ... J'accélérais dans la mesure de mes capacités, jusqu'à arriver devant un spectacle qui manque de me faire éclater d'un rire nerveux.

Corey, penché à travers les barreaux d'une cage contre un mur, un homme-chat attiré à lui, le fouillant avec frénésie et nous jetant un regard anxieux, à la lumière d'une torche au sol.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Lun 23 Mai 2016 - 15:22


L’espoir revint en lui lorsqu’il crut deviner la forme d’une clé en palpant la veste de son ancien geôlier, mais les bruits étaient de plus en plus proches, c’était probablement une question de secondes. Avec l’adrénaline et la fatigue ses gestes étaient moins précis, il avait l’impression de trembler comme une feuille. Il ouvrit la veste du chat sadique, en arrachant les boutons, sans vraiment chercher à préserver le vêtement. Il devait y avoir une poche intérieure dissimulée, il fallait qu’il la trouve mais c’était trop tard, il apercevait presque les arrivant. Il fallait qu’il décide rapidement quoi faire, si il restait ainsi, il serait évident qu’il n’avait pas encore réussi à se libérer. Il pouvait tenter le bluff, faire semblant que le chat était encore conscient et qu’il le tenait en otage et demander à ce qu’on le laisse tranquille. Mais non ça ne serait pas crédible, c’était trop tard, il fallait qu’il trouve cette clé et qu’il arrive à ôter le collier ou à ouvrir la cage avant qu’on ne lui enlève cette occasion. Il trouva l’entrée de la poche dissimulée dans laquelle devait se trouver la clé mais au même moment les nouveaux arrivants apparurent dans le cercle de lumière projeté par la torche.

« Oh putain vous m’avez fait peur… »

Il ne s’agissait que de Mara, JB et d’une partie de la ménagerie, mais ils avaient l’air dans un sale état, le bref soulagement qu’il avait ressenti s’évanouit aussitôt. Le jeune homme était salement blessé au côté, vu la quantité de sang qui maculait ses vêtement il ne devait pas lui en rester beaucoup. La chatte blanche était blessée aussi et la blondinette… Elle avait un collier, ce qui n’était pas une bonne nouvelle du tout, sans son pouvoir ils seraient presque aveugles et perdus dans ces galeries. Il leur restait une chance, il se saisit de l’anneau qui retenait non pas une, mais deux clés, et les sortit de la poche, l’une, assez grande était probablement celle de sa cage, l’autre plus petit ouvrait peut être les colliers. Il introduisit la plus grande dans dans la serrure de sa cellule et pu retrouver la liberté. Par acquis de conscience, il fit rouler le corps inanimé de son ex-geôlier dans la cage et referma la grille.

Venait l’instant de vérité, il décida de commencer par essayer d’enlever le collier de Mara, elle semblait vraiment déboussolée et faisait peine à voir. Il s’approcha d’elle et essaya de la rassurer sans lui donner trop d’espoirs.

« Je ne sais pas du tout si c’est la bonne clé mais ça vaut le coup d’essayer non ? »

Il repéra rapidement l’encoche qui donnait sur le mécanisme de verrouillage et y glissa la plus petite des clés. Il retint son souffle, la première étape était un succès, la taille correspondait, l’espoir était permis mais ce n’était pas du tout sûr que la clé parvienne à tourner et à déverrouiller l’artefact. Il ne savait pas vraiment ce qu’il attendait pour y aller, il avait peut-être peur que la jeune fille panique encore plus si jamais ça ne marchait pas. Il fallait qu’il essaie, il força pour tourner la clé et cru d’abord qu’elle ne marchait pas, mais la résistance s’effaça soudainement et il put faire un tour complet. Le mécanisme de verrouillage relâcha le collier et le voyageur put l’ôter du cou de son amie avant d’en retirer la clé. Il l’expédia contre la paroi opposée et constata avec satisfaction qu’il se brisa en deux au niveau de la charnière.

« Voilà ça va mieux ? »

Il était soulagé d’avoir pu aider la fillette mais un désir égoïste mais impérieux le força à passer à la suite sans vraiment écouter sa réponse. Il se redressa et s’écarta un peu, il ne tenait pas vraiment à ce que les autres puissent voir son expression si ça ne marchait pas sur son collier. A tâtons, il localisa la serrure et son orientation, il y inséra la clé et, comme la première fois, elle glissa jusqu’au fond. A nouveau il retint sa respiration, l’espoir l’avait déjà gagné, c’était trop tard pour se montrer pessimiste, il tourna la clé. A sa grande surprise elle resta obstinément fixe, même si au fond de lui il savait très bien qu’il avait essayé dans le bon sens il essaya de tourner dans le sens inverse, sans plus de succès. Il souffla pour calmer la frustration qui était en train de le gagner et fit une nouvelle tentative en forçant plus fort, mais le mécanisme ne broncha pas, il devait se rendre à l’évidence.

« C’est pas la bonne clé… » Murmura-t-il presque pour lui-même.

D’un geste rageur il envoya le petit trousseau valser dans un coin sombre de la caverne, il en voulait presque à Mara d’avoir été libérée, elle. Il savait que ce n’était pas rationnel et tenta de calmer cette jalousie, c’était déjà bien qu’un d’entre eux avait pu être libéré. Il était moins blessé que ses camarades, c’était déjà ça, avec son fouet, même si il ne maîtriser pas vraiment cette arme, il arriverait probablement à s’en sortir.

« Je sais pas si vous avez compris, mais en plus de priver les voyageurs de leurs pouvoirs, ces saloperies de colliers réapparaissent chaque nuit et nous forcent à revenir à l’endroit où est le collier. » Il se tourna vers la fillette, espérant qu’elle ait suffisamment repris ses esprits pour l’écouter attentivement. « Mara, tu peux demander à un de tes animaux d’emmener ce collier loin d’ici si on se réveille avant de me l’avoir enlevé ? Ce serait déjà ça de pris… »

Après cet échec, c’était assez dur de se montrer optimiste, ça faisait plusieurs heures qu’ils crapahutaient dans ces cavernes et même si la notion du temps était déformée il savait que la nuit tirait vers sa fin. Au vu de l’état de la ménagerie et des trois voyageurs, il était peut-être plus sage d’attendre tranquillement ici qu’ils se réveillent dans un nuage de fumée. Au moins en restant ici ils n’avaient qu’une issue à surveiller et ne risquaient pas de se jeter dans un piège, mais il restait un infime espoir qu’ils puissent trouver la bonne clé si ils se bougeaient un peu.

« Vous avez une idée ? » Il grimaça à l’avance en sachant qu’il allait évoquer quelque chose de potentiellement douloureux. « Cet enfoiré de marchand les a prévenus, j’imagine qu’ils nous attendent. Vous êtes tombé dans un piège ? »

Il n’avait pas vraiment envie de les forcer à parler de ça mais il voulait savoir à quoi s’attendre, peut être que même sans le savoir, ils avaient des éléments qui lui permettraient d’envisager la suite.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 27 Mai 2016 - 23:40
La fillette restait sur les pas de Jean-Baptiste, frissonnante malgré sa cape, sa main dépassant juste assez de cette dernière pour tenir celle de l'adulte. Elle sentait un contact poisseux entre leurs deux paumes, elle essayait juste de ne pas se demander si c'était à cause de son propre sang ou du sien. Elle marchait, focalisant toute sa concentration sur le contact tiède sur sa peau, ignorant la pénombre, ignorant leurs pas qui résonnaient dans le tunnel, ignorant les bruits inquiétants qui lui parvenaient, elle avait juste quelqu'un qui lui tenait la main, et c'était tout ce qu'il fallait. Parfois, quelque chose frôlait sa jambe mais malgré sa surprise, ça ressemblait assez au contact de la chatte pour la rassurer.

Finalement, la lumière. Mara ne la remarqua que quand elle se dévoila totalement au détour d'un tunnel, n'ayant pas même remarqué le chemin qui s'éclaircissait peu à peu. Ses paupières papillonnèrent devant cette vision, comme si en quelques instants d'horreur, elle avait oublié comment se servir de ses yeux. D'ailleurs, elle ne détacha son regard de la torche au sol qu'au son de serrure qui s'ouvrait, se rendant compte que Corey venait de se libérer d'une cage. Elle remarqua le collier autour de son cou et eut presque envie de toucher le sien, comme pour vérifier qu'il était toujours là, où qu'il était pareil. Elle s'était plus ou moins habituée au contact sec de l'entrave contre sa nuque. Plus ou moins.

Quand le Voyageur de Lumière s'accroupit devant elle en brandissant une petite clef, elle leva docilement son menton pour révéler l'attache qui semblait bloquer ses pouvoirs. Elle se rendit presque passivement compte que le simple fait d'être dans un endroit lumineux l'avait un minimum rassérénée. Mais au petit son de déverrouillage, qui résonnait presque dans sa tête, et à la petite voix venant de ses pieds qui lui demandait si ça allait, elle ressentit un intense soulagement la parcourir. Elle ne s'en était pas vraiment rendue compte mais même si son pouvoir n'était pas très utile, le simple fait d'en avoir un, de pouvoir, était incroyablement rassurant. Ça rappelait qu'on était quelqu'un de particulier, qu'on était capable de faire des choses que d'autres ne pouvaient pas... Avec un truc pareil, plus d'excuses pour se cacher dans la foule, on pouvait agir! Mais quand on perdait ce soutien en plein milieu de l'action... La jeune fille émit un léger soupir, légèrement tremblant.

Elle faillit ne pas lever les bras à temps pour réceptionner la blanche qui l'avait escaladée. Recevant avec un sourire infiniment soulagé les petits coups de truffe un peu fraîche contre sa joue et son menton, elle serra l'animal contre elle. Puis, elle se rendit compte que sa belle fourrure était teintée de rouge par endroit, et elle fixa avec inquiétude sa compagne dans les yeux, la questionnant silencieusement.

*J'ai pris quelque coups, mais ce n'est pas le mien...* répondit-elle sobrement, lui rendant son regard.

L'enfant ne comprit d'abord pas vraiment, puis regarda ses propres bras qui lui semblaient faibles et tendus. Eux aussi étaient pleins de sang. Comment était-il possible d'oublier un truc pareil? Reposant doucement son amie au sol, elle cacha ses bras sous sa cape et effleura en grimaçant très légèrement les longues balafres. Elle passait ses pouces sur le sang séché qui retirait le peu d’élasticité de sa peau, hésitant à le gratter de peur d'ouvrir une petite écorchure. Elle avait envie de se plaindre, de montrer ses bras aux des adultes, de se faire aider, qu'on lui dise qu'on pouvait s'occuper de la suite sans elle... Mais en même temps, elle ne voulait pas. Jean-Baptiste avait toujours le flanc taché de sang et le souvenir de la plaie qu'elle avait du aider à fouiller était vif dans son esprit, et Corey ne semblait pas en meilleur état, ses vêtement en partie déchirés révélant des marques rouges. Elle n'avait pas envie de leur imposer ça en plus, personne n'en avait besoin.

Sa capuche avait basculée et ses cheveux étaient libres, bien que plus ou moins massés dans celle-ci, mais elle préféra la laisser comme ça, pour garder ses plaies cachées. La tête rentrée dans son col, elle acquiesça devant les paroles de son camarade du Cimetière et transmit sa demande à la chatte. Elle confirma de nouveau d'un mouvement de tête à la mention du piège, préférant cette fois ne pas raconter les événements, dans la mesure où le seul souvenir non brouillé qu'elle en gardait était simplement un immense sentiment d'inutilité.

Par contre, pour la suite, elle regarda avec surprise la femelle s'élancer souplement mais à toute allure vers le fond de la salle. Se décalant légèrement pour voir la scène que cachait Corey, laissant les deux hommes échanger entre eux, elle aperçut avec stupeur que la blanche était en train d'accompagner le chat tacheté vers eux, ce dernier boitillant légèrement, pelage ébouriffé, et queue et oreilles tombantes. Le regardant s'approcher en se mordant les lèvres, Mara ne put s'empêcher de faire un pas vers les deux félins et de s'accroupir devant eux, demandant doucement au chat de gouttière ce qu'il lui était arrivé.

*J'me suis caché quand y z'ont choppé l'autre Voyageur. Ils ont essayé d'me chopper mais je m'en suis tiré... Du coup j'les ai suivi, l'autre marchand à parlé au chef local, mais ils on rameuté le reste de leur bande. Et y z'ont l'air d'être une fournée les types. Vous pouvez peut-être vous occuper du patron mais traînez pas. Sinon, sans renforts, vous êtes dans la grosse grosse mouise...*

La fillette eut un instant de silence face à cette révélation qui venait de dégager ce qu'il lui restait de moral, aussi facilement qu'une pichenette dégage une mouche. Levant la tête et croisant le regard des deux autres, elle lâcha d'une petite voix:

"Leur chef est pas loin, mais il a appelé des renforts... Il peut nous y emmener mais du coup, si on se dépêche pas..."

Elle laissa sa phrase en suspend, se demandant très sincèrement comment allaient-ils s'en tirer. Mais quand la seconde lui demanda si ça allait, elle eut un déclic et tourna vivement la tête vers cette dernière, souriant presque. Se redressant difficilement, elle se tourna de nouveaux vers les grands et lança plus vivement:

"Si on trouve de quoi écrire, je peux donner un message à la chatte blanche, elle pourra le donner aux policiers, et ils pourront venir nous aider, non? Et puis ils pourront trouver un moyen de libérer tous les animaux!"

Une nouvelle résolution brillait dans ses yeux, alors qu'elle regardait alternativement le barbu et le borgne en quête d'approbation.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Lun 22 Aoû 2016 - 14:09


La blondinette semblait être toute à ses retrouvailles avec la chatte blanche, l’héliophobe interrogea donc l’autre voyageur du regard. Ce dernier lui expliqua qu’ils étaient tombés dans une embuscade en venant à sa recherche mais aussi qu’ils avaient trouvé une salle ou d’autres animaux étaient retenus prisonniers. Le jeune homme semblait être mal en point, sa blessure au flanc n’était toujours pas guérie, la gamine était guère mieux, elle avait apparemment était blessée dans la bagarre. Il palpa discrètement ses propres plaies tout en écoutant la fin du récapitulatif et eut du mal à masquer la douleur suscitée par un simple contact. Il fallait croire que l’effet de l’artefact n’était pas volatil et qu’il persistait dans le temps. Ce n’était pas une bonne nouvelle, si ils devaient affronter d’autres ennemis, ce serait à lui de faire le plus gros du travail et il savait qu’un simple coup sur l’une des blessures infligées par le fouet le mettrait à genoux.

Il grimaça, n’écoutant presque pas l’idée de Mara, ce n’était pas bête mais il y avait beaucoup d’incertitudes, il ne savait même pas si ça valait le coup d’essayer. Même si le chat rejoignait la surface et parvenait à remettre le message à la garde, il restait encore le risque que celui qui aurait le message l’ignore ou soit corrompu. Il n’y croyait pas vraiment mais il n’osa pas doucher l’enthousiasme de la fillette, peut-être était-il trop pessimiste.

« On peut essayer, on va voir si on trouve de quoi écrire. En tous cas, celui-là n’a rien… » Il désigna de la tête le geôlier qu’il avait assommé contre les barreaux. « Il n’a pas d’autre clé non plus… » Précisa-t-il comme pour leur rappeler qu’il était toujours prisonnier de ce collier. « En tous cas il ne faut pas rester là. Si d’autres arrivent, on sera pris au piège dans cette salle. »

Il attrapa la torche et les précéda pour rebrousser chemin jusqu’à l’intersection la plus proche et JB lui expliqua qu’ils avaient été attaqués un peu plus loin et qu’ils n’avaient pas exploré l’autre passage. Corey ne savait pas trop quoi faire, il ne savait pas si leur petit groupe serait de taille à affronter le chef de la bande et les quelques hommes qu’il lui restait probablement sans son pouvoir.

« Vous avez fouillé vos agresseurs? Ils n’avaient pas de clé ? »

L’air ennuyé, l’autre voyageur lui expliqua qu’il faisait trop sombre pour ça, l’héliophobe ne savait pas trop quoi faire, le temps pressait. D’une seconde à l’autre, les renforts demandés par le leader du groupe de criminels pouvaient arriver et les prendre en tenaille. Mais d’un autre côté, affronté le chef sans qu’il puisse se servir de sa lumière et avec les deux autres dans un état aussi pitoyable ça risquait d’être compliqué.

« Maintenant on a une torche, il y en a peut-être un qui a la clé de mon collier ou ils ont peut-être des armes qui nous permettraient d’avoir nos chances contre les derniers. » Il n’était même pas sûr que ce soit la bonne solution. « Le reste doit être par là c’est-ça ? » demanda-t-il en désignant le chemin inexploré, il laissa le temps à Mara d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse. « Il t’a dit combien il restait de type avec le chef ? S’ils sont pas trop nombreux on peut peut-être essayer d’y aller maintenant pour les prendre de vitesse. »

Il s’en voulait un peu de remettre le choix sur ses camarades et espérait qu’ils ne lui renverraient pas la balle. Il ne voulait pas que son égoïsme, qui le poussait vers la recherche de la clé de son collier les envois droit dans la gueule du loup.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mar 23 Aoû 2016 - 13:14

L'enfant se frottait nerveusement la tempe avec sa paume brûlée, se demandant ce qu'ils pourraient faire. Son idée d’appeler à l'aide lui semblait très bonne, mais le temps que la police arrive, il faudrait quand même qu'ils survivent... Corey avait l'air nerveux avec son collier, et elle pouvait largement le comprendre, vu l'état dans lequel ça l'avait mise elle. Elle écouta d'un air distrait la conversation entre les deux adultes et acquiesça cependant, quand Corey lui demanda quelle direction avait indiqué le tacheté pour la suite. Elle répondit songeusement, jetant un  regard au matou pour qu'il lui dise si elle se trompait:

"Il a dit qu'il faudrait s'occuper du patron avant que les autres reviennent... J'imagine qu'il est seul..."

*Nan, le gros est avec lui!* corrigea l'animal.

"Ah oui, il est avec le marchand," se corrigea la fillette. "Mais faut vraiment faire vite, pasqu'il y a les autres, quoi... Et je sais pas c'qu'on a comme temps avant qu'ils arrivent..."

Elle soupira elle-même du manque d'informations qu'elle pouvait donner, et suivit les deux hommes vers le couloir d'où il venaient, pour tenter de trouver de quoi libérer le Voyageur de lumière. La lueur émise par la torche donnait un tout autre aspect à ce couloir où elle avait littéralement fait une crise de panique, révélant les murs de roches irrégulières et surtout les chats, au sol. Ils étaient trois, visiblement inconscients, mais elle n'avait pas vraiment envie de vérifier s'ils étaient encore en vie. Il se séparèrent spontanément pour les fouiller, en prenant un chacun.

L'enfant commença par ouvrir la veste du chat, cherchant des poches à l’intérieur ou fouillant celles de son pantalon. Elle nota finalement une petite pochette accrochée à la ceinture de la créature, qu'elle ouvrit pour trouver un trousseau de clefs! Elle faillit exprimer sa joie à voix haute, mais elle remarqua bien vite qu'il n'y en avait que des grosses, aucune potentiellement capable d'entrer dans le cadenas d'un collier... Elle rejoignit finalement les autres en gardant sa trouvaille, ne sachant pas ce que ça pourrait ouvrir, et malgré l'air légèrement déçu du borgne, ils décidèrent d'aller vers la suite.

La jeune fille jetait fréquemment des regards inquiets à Jean-Baptiste, légèrement courbé alors que sa tenue adoptait une teinte rouge sombre. Il avait l'air de vouloir faire bonne figure mais il était clairement mal en point, et son teint plus pâle était loin de nier ce fait. Elle se mordait les lèvres, se sentant coupable. Tout aurait été beaucoup plus simple si c'était elle qui avait été en mauvais état, les deux autres auraient largement pu se battre... Elle avait beau savoir que ça n'avançait à rien, elle ne pouvait s'empêcher de s'accuser d'être un poids encombrant. Les deux adultes essayaient visiblement de la protéger, mais s'ils se mettaient dans cet état pour ça... Non, il fallait qu'elle arrête de penser à ça... enfin, de penser comme ça. S'ils ne pouvaient pas se battre, elle pouvait bien le faire, non? Même si c'était sous le coup de l'émotion, elle avait bien frappé ses agresseurs plus tôt... Elle grimaça en y repensant, honteuse d'elle-même. Il fallait qu'elle évite, c'était pas sain. Mais elle se rendait bien compte qu'elle en venait aux mains par contrainte, parfois dans un état mental un peu spécial... Mais elle en avait honte quand même.

Ils s'arrêtèrent finalement devant une porte entrouverte qui s'avéra rapidement être la salle des gardes. Celle-ci était heureusement vide, dotée d'une table centrale ou s'étalait plusieurs cartes, de quelques chaises, d'armes et d'étagères. La fillette lança un coup d’œil aux cartes, craignant que d'autre gardes ne se cachent pour leur tomber dessus, mais ça ressemblait à une partie de solitaire. Les autres devaient être ceux qui lui étaient tombé dessus... Embrassant la salle du regard, Jean-Baptiste remarqua qu'ils auraient sans doute plus de chances de trouver la clef recherchée par ici, et la fillette se contenta d'un "oui" de la tête avant de s'approcher d'une commode. Laissant les autres chercher de leur côté, elle ouvrit un tiroir et commença à farfouiller dans des papiers. Quand elle y jetait un œil, ça ressemblait à des trucs de commandes ou à des factures, mais elle ne voyait pas trop comment ça pourrait servir. Elle ouvrit ensuite les battants d'un placard qui révéla plein de bouteilles qui sentaient vachement fort, lui faisant froncer le nez avant de refermer le meuble. Elle alla finalement en direction de la table centrale, ayant remarqué du coin de l’œil qu'elle aussi avait des tiroirs. En ouvrant un, elle y vit pas mal de babioles, des bouchons de liège, des décapsuleurs, des dés, des petits gobelets, un autre jeu de carte, des jetons... et un petit tintement métallique qui attira son regard. Deux minuscules clefs sur un anneau de métal! L'une d'elle devait ouvrir le collier de Corey, non?

Se précipitant vers le garçon, elle lui tendit sa découverte du bout des doigts, espérant très fort qu'elle n'allait pas lui donner un faux espoir. Sans vraiment oser regarder les tentatives du Voyageur, elle reporta son attention vers les papiers, un sourire se profilant sur son visage alors qu'elle se rappelait de son idée. Prenant au hasard un papier dans le premier tiroir et le retournant sur sa face blanche, elle chercha un stylo des yeux et mis finalement la main sur un petit crayon mâchouillé avec des crocs. Bon, on faisait avec les moyens du bord hein... Réfléchissant un instant à ce qu'elle pourrait écrire, elle appela la blanche qui monta sur la commode pour la regarder faire. Couchant enfin les mots sur papier, elle prit soin d'écrire du mieux qu'elle pouvait malgré ses lignes qui n'étaient pas du tout droite et qui partaient en cacahuète vers la droite. Mais bon, elle y pouvait rien, hein. Elle se permit de relire son message en fronçant les sourcils:
a l'aide!
on et dan les egout, il a un marcher noir avec un traffic de créatture!
il y a plain de criminel ici!
suivé la chate blanche! SVP!

Elle lut songeusement son message, craignant qu'ils ne croient à un piège, elle prit soin d'ajouter:

on a des blecés, on va pa tenire...

Bon, ça faisait peut-être un peu alarmiste... Elle jeta un coup d’œil aux deux hommes. Ouais mais en même temps, c'était justifié quoi. Attirant l'attention de la blanche, elle plia le papier le plus soigneusement possible et le glissa dans son collier, tout en disant:

"Apporte ça à la police, ou à des gens qui ont de l'autorité ou quoi. C'est un appel à l'aide, j'ai dit dedans que tu montrerais le chemin, ça ira?"

*Oui* souffla-t-elle *Je ne sais pas où est la police, mais je sais où sont les temples des Lords, et je devrais arriver à me tirer de cet endroit...*

"Ah oui, il te faut le chemin... Dis," lança-t-elle au tacheté à ses pieds, "Tu peux lui dire le chemin? Ou l'accompagner?"

Il ne semblait pas très motivé à l'idée d'une course dans des tunnels puis dans les rues de la cité, il se contenta donc de décrire le parcours d'un ton fatiguée à la chatte attentive. Ceci fait, cette dernière s'élança vivement dans les couloirs, en direction d'un petit tunnel d'aération qui devrait rapidement lui permettre de rejoindre la surface. L'enfant l'envia pendant un instant, commençant à se sentir oppressée à force de guetter la moindre menace au sein de ces boyaux de roche. Finalement, après avoir échangé quelques mots avec le chat qui restait et avoir vérifié que le renard et l'étrange lézard étaient encore en état de les accompagner, elle alla en direction des deux Voyageurs. Pointant la porte fermée qui trônait sur un mur, elle lâcha:

"Normalement, la salle où travaille le chef est là, au bout d'un couloir... J'imagine que les clefs qu'on a peuvent ouvrir les portes..." puis après un instant d'hésitation, elle lâcha: "J'ai réfléchi, et j'suis presque sûre qu'y doivent nous attendre... J'veux dire, si on nous avait attrapé, il aurait été prévenu..."

Se taisant sur ses mots, elle se gratta la main en les laissant prendre les devants sur la suite. Elle vit une lance pas très grande appuyée contre le mur, du coin de l’œil, et se résolut à la prendre. Elle ne savait pas s'en servir mais au moins, elle se sentirait un peu plus en sécurité...
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 24 Aoû 2016 - 16:27


La fillette précisa, après un échange avec le chat de gouttière, qu’il n’y avait que le marchand avec le chef, c’était une bonne nouvelle. Corey estimait que le grassouillet n’était pas très dangereux et avait déjà bien morflé pour la nuit, il ne serait donc pas difficile de s’en débarrasser. Restait-le meneur de la bande de criminels, si il s’était hissé à sa position par la force, ce ne serait pas un débutant et il risquait même d’être l’adversaire le plus fort de la soirée. S’il avait été en pleine forme, Zenith se serait plu à croire qu’il aurait pu s’occuper seul de cet enfoiré, aidé de l’aversion qu’il éprouvait pour ces esclavagistes. Mais blessé, fatigué et privé de ses pouvoirs, rien n’était moins sûr, il allait falloir qu’ils assurent le coup. Comme d’un accord commun, ils se dirigèrent vers les lieux de l’embuscade et y trouvèrent les corps inanimé de trois de leurs agresseurs. L’héliophobe estima qu’ils avaient eu de la chance de s’en sortir contre des assaillants préparés, en plus grand nombre et tapis dans l’ombre.

L’espoir de se débarrasser de ce collier revint de plus belle, il n’eut même pas le temps de le modérer et se jeta sur le premier corps à sa portée en se mettant à la recherche d’un trousseau de clés. Il palpa soigneusement les poches, les coutures, les doublures mais ne trouva rien d’intéressant, un canif, quelques pièces, mais pas de clés en vue. Il leva les yeux vers ses camarades, empli d’espoir, mais à voir leurs expressions, il comprit qu’ils avaient fait chou blanc, eux aussi. Il ne fit pas de commentaire et se contenta d’espérer que le fouet magique suffirait à venir à bout du chef de la bande.

« Tant-pis, allons-y… » Dit-il en masquant sa déception.

Ils reprirent leur exploration du seul chemin encore inconnu, Corey se tenait sur ses gardes, il avait sorti le fouet et prit la tête du petit groupe. Il n’était même pas sûr que cette arme lui serait utile mais elle servirait peut être de distraction le temps qu’il puisse attaquer au corps à corps. La galerie continuait mais une porte était encastrée dans la roche, il se demanda s’il s’agissait de l’endroit où leur ennemi les attendait mais un rapide coup d’œil à l’intérieur lui apprit que ce n’était pas le cas. Par la porte entrouverte il devina qu’il s’agissait de l’endroit où les membres du gang se reposaient entre deux mauvais coups. Il poussa la porte et regarda derrière pour s’assurer que personne n’essaierait de les piéger, mais ils étaient seuls. Il parcourut la pièce du regard, ne sachant pas trop par où commencer à chercher. Cette fois il n’y croyait pas trop, il y avait du bazar un peu de partout mais il y avait peu de chances qu’ils laissent trainer les clés des colliers dans le coin. Néanmoins, il fallait qu’ils regardent, si ils ne trouvaient pas un moyen de le libérer ils tomberaient peut être sur un moyen d’augmenter leurs chances de se tirer de ce pétrin en vie.

Il examina rapidement les armes qui trainaient mais il n’y avait rien qui le tentait plus que son fouet, il lui sembla voir JB se saisir d’une épée avant de la reposer en la troquant contre un bâton de combat. L’héliophobe se demanda si c’était pour se battre ou pour s’appuyer dessus mais peu importait, il allait commencer à fouiller les tiroirs lorsque la blondinette vint vers lui et lui tendit sans un mot deux clés reliées par un anneau.

« Merci… » Bredouilla-t-il tout en s’emparant de l’éventuel sésame.

La petite était déjà repartie griffonner un message sur un morceau de papier, pour essayer de mener à bien l’idée qu’elle avait eu un peu plus tôt. Ne sachant pas trop s’il devait espérer ou non, il étudia les petits objets de plus près, elles avaient la même taille et la même forme que celle qu’il avait utilisé précédemment pour libérer la gamine. Il prit la première et elle coulissa parfaitement dans la serrure du cadenas, il força pour la faire tourner… rien… il essaya dans le sens inverse… cette fois la résistance s’effaça et il put faire un demi-tour. Il put ôter le collier et s’empressa de le jeter à ses pieds, comme s’il lui avait brûlé les mains. Il fit appel son pouvoir pour allumer la paume de sa main et cette fois la lumière solaire apparut sans encombre. Voilà qui leur donnait une chance de s’en sortir. Il ramassa une sorte de matraque en bois qui était posée sur une table et s’appliqua à consciencieusement réduire l’artefact qui l’avait privé de ses pouvoirs en miettes.

« Saloperie… » Ajouta-t-il inutilement avant de jeter son outil d’un geste rageur.

Mara avait fini la rédaction de son message et était en train de le confier à la messagère féline, il espérait que cette initiative porte ses fruits. Même si ils parvenaient à vaincre le chef, il y avait toujours le risque qu’ils se réveillent avant d’avoir libéré tous les captifs ou que les renforts du criminel se pointent. Elle leur expliqua qu’elle pensait qu’ils devaient les attendre, c’était logique, il n’y avait pas vraiment pensé, mais ça paraissait cohérent. Ne voyant pas revenir les hommes envoyés à leur rencontre, le chef devait être en train de se préparer au pire.

« Oui c’est probable en effet. Il faut aussi prendre en compte le fait qu’il a peut-être d’autres artefacts pour se défendre. Entre le fouet et les colliers on sait qu’il a ce genre de magie en sa possession. Il faudra se montrer très prudent. Mais on n’a pas le choix… »

Le fait de dire à voix haute qu’il allait falloir être prudent lui donna une idée, il s’approcha d’une table d’appoint ronde, plus petite que les autre, il arriva à la manipuler assez facilement pour la faire basculer sur le côté. Pour expliciter ce qu’il avait en tête, il s’accroupit derrière et demanda :

« Si je dépasse pas trop, ça peut nous servir de protection non ? »

Il ne savait pas vraiment si la planche de bois résisterait au pouvoir d’un artefact onirique, mais ce serait toujours mieux que rien. Même si il était un peu gêné par le pied de la table, il trimballa sa protection portable jusque dans la galerie.

« Je passe devant, au moindre signe de danger je mets ça en travers et on se planque derrière. »

Il était peut être ridicule de se trimballer ainsi, avec sa table qu’il faisait rouler à côté de lui, mais il se disait que si ça leur permettait d’éviter d’être blessés dès le début de l’affrontement, ça vaudrait le coup. En cheminant, il sentait monter l’appréhension en lui, ils se jetaient peut être droit vers leur propre mort, mais ils n’avaient pas d’autre choix. Le pire était qu’il fallait qu’il se dépêche, s’ils ne voulaient pas que les renforts leur tombe dessus. Ils arrivèrent rapidement devant une porte close qui devait être le bureau du chef de la bande, il leur fit signe d’être discret et avança jusque devant la porte après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de danger immédiat ou de piège. Il déposa la table de façon à ce qu’elle les protège de ceux à l’intérieur de la pièce et s’accroupi derrière, faisant signe aux autres de se mettre à couvert aussi. JB choisi de se plaquer le long de la paroi rocheuse et il attendit que Mara se mettre à l’abri avant d’essayer de pousser la porte, laissant juste dépasser son bras. Presque évidemment, elle ne bougea pas, fermée à clé et peut être barrée de l’intérieur. Il jeta un regard interrogateur à ses camarades pour voir s’ils avaient une solution à proposer.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 26 Aoû 2016 - 11:30
Accroupie derrière Corey, lançant des regards inquiets autour d'elle, Mara attendait que quelqu'un prenne une initiative. Elle trouvait très bien l'idée de la table, mais pour après... bah elle savait pas. D'ailleurs, le "après" se régla assez vite puisque lorsque Corey tenta finalement de pousser la porte... celle-ci ne bougea pas d'un millimètre. Repensant brusquement aux grosses clefs qu'elle avait trouvé dans le couloir de leur agression, elle attira l'attention du Voyageur en lui tapotant l'épaule et lui tendit le gros trousseau, faisant des petits mouvements d'yeux vers la porte.

Lui jetant un regard, Corey le saisit et tenta les différentes clefs alors qu'elle-même lançait des coups d’œil inquiets derrière eux, se demandant où était sa petite messagère, si elle allait bien, et si elle trouverait bientôt quelqu'un à qui remettre son appel à l'aide. Un petit bruit mécanique attira son attention en direction de la porte, et elle vit que Corey, une clef tournée dans la serrure, tentait à nouveau de l'ouvrir. Qui semblait toujours refuser de pivoter, alors même qu'elle était déverrouillée. Ce fut finalement Jean-Baptiste qui vint en aide au jeune homme, faisant remarquer que s'il y avait une barre de l'autre côté de la porte, il n'y aurait aucun moyen de l'ouvrir de manière conventionnelle. Il fit aussi remarquer qu'au point où ils en étaient, si quelqu'un était à l'intérieur, il avait dû comprendre qu'un intrus tentait d'entrer dans la salle, et qu'ils n'avaient donc plus besoin d'être subtils. Le voyant se décolla du mur et la fillette lui souffla malgré tout d'être prudent, ce à quoi il répondit un "bien sûr" un peu sec que l'enfant mit sur le compte de la fatigue. Le Voyageur n'était plus plié en deux de douleur à présent que la plaie était dégagée, et il ne s'était pas non plus effondré en se vidant de son sang, mais ça avait quand même l'air de vraiment le gêner.

Cela ne l'empêcha cependant pas de s'approcher de la porte, de se concentrer jusqu'à faire crépiter son aura autour de lui, et d'abattre brutalement son poing dedans avant de se plaquer contre le mur. Il eut un moment de flottement où chacun observa le bois défoncé qui s’affaissait lentement dans un long grincement avant de percuter le sol, révélant un salle d'aspect assez confortable mais mal éclairée par une unique bougie, où trônait au centre une table et une silhouette. Cette dernière, apparemment assise sur un fauteuil avec les pieds posés sur la table, n'était pas un chat. De là à savoir s'il s'agissait d'un Voyageur ou d'un Habitant des Rêves humanoïde...

Il se releva finalement, attirant l'attention de Mara vers le gros marchand derrière lui, qui semblait essayer de se cacher au fond de la pièce. Mais son attention se reporta sur l'inconnu, qui s'était à présent appuyé derrière le dossier de son siège, son visage difficile à détailler à cause de la pénombre, mais qui les observait de ses yeux brillants avant de prendre la parole:

"Eh bien, j'avais beau m'y attendre, vous manquez malgré tout sensiblement de délicatesse."

Il quitta l'appui de son fauteuil et se tint droit, les mains sur les hanches, lançant:

"J'ai atteint ce rang par ma propre force, je sais donc reconnaître celle d'autrui. Je ne vous cache pas que les destructions que vous avez perpétré m'agace assez, mais je saurais me montrer clément. Même si je recrute très peu de Voyageurs, je saurais faire une exception pour vous. Nous payons bien et sommes un groupe soudé, qui soutient ses membres, cela vous intéresse-t-il?"

Pour le coup, Mara était complètement abasourdie. Est-ce qu'il venait vraiment d'oser? près tout ça? Après les attaques, les embuscades, après ce qu'ils avaient vu? Est-ce qu'il croyait sincèrement qu'ils allaient passer de son côté aussi simplement que ça? Ce fut Jean-Baptiste qui interrompit le silence choqué du trio, lâchant d'un air agacé:

"J'ai rarement vu une manière aussi pathétique de vouloir gagner du temps..."

Ah oui, pour gagner du temps, pas faux. Pourtant, son interlocuteur se contenta d'un éclat de rire. Ce fut alors qu'il reprenait son souffle et que la fillette se demandait pourquoi il faisait un discours de méchant diabolique, qu'elle remarqua un détail: pendant toute la durée du petit échange, la personne ne s'était pas exposée pleinement, elle était toujours restée derrière sa table, voir derrière sa chaise. C'était... un peu suspect, non? En tout cas, si doutes il y avait, il ne durèrent pas avec la réplique suivante de l'individu:

"Gagner du temps pour quoi? Attendre les renforts?" il disait ça comme si le barbu avait sorti une énormité. "Vous avez une bien basse estime de moi, c'était sincère. Et comme je l'ai dit, je me suis hissé jusqu'ici à ma seule force. Je n'aurais aucun problème à me débarrasser par moi-même de quelques troubles-fête, surtout si je connais leur état et leurs pouvoirs. Et je suppose que cette remarque était donc un refus."

Et sur ce, les reflets dans ses yeux semblèrent indiquer que ses paupières se plissaient et d'autres reflets apparurent au bout de ses doigts, juste avant qu'il ne se décale légèrement pour ouvrir théâtralement sa veste qui révéla des rangées de minuscules flacons. Sa voix n'était plus du tout moqueuse ou tranquille quand il siffla d'un ton dur et cruel:

"Vous allez tous bien vite comprendre pourquoi j'ai nommé ce groupe "la Griffe Verte"..."

Et d'un mouvement terriblement rapide, il fit un mouvement de bras vers la bougie la plus proche et cette dernière se vit tranchée en deux. Le morceau portant la petite flamme vola et tomba au sol un peu plus loin, rebondissant et éteignant la petite et unique source de lumière dans la salle. Instinctivement, toujours plaquée derrière Corey, la fillette retint son souffle et posa sa main sur la fourrure du renard, à ses pieds. Ça n'allait pas être facile. Pas du tout.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Ven 2 Sep 2016 - 17:00


Le voyageur eut un peu de mal à masquer sa surprise lorsque la blondinette lui tendit un trousseau de clés, où avait-elle dégoté ça ? Ce n’était pas le moment de se poser la question, il fallait agir, il se saisit de la première clé, au hasard, et fit jouer la serrure, sans succès. Il répéta l’opération avec la suivante et ainsi de suite jusqu’à ce que l’une d’entre elle fonctionne. Il souffla pour se donner du courage, et poussa à nouveau le battant de bois, qui resta immobile, comme si la serrure n’avait eu aucune importance. Il jeta un coup d’œil un peu désespéré à ses camarades et, si la gamine avait l’air tout aussi désemparée que lui, l’autre voyageur émit l’hypothèse qu’elle était probablement barrée de l’intérieur. Ca semblait plutôt logique, mais ça ne leur disait pas comment entrer, Corey eut envie de faire un jeu de mot avec « enfoncer les portes ouvertes » mais se retint, il n’était pas d’humeur.

Il allait envoyer un commentaire cinglant, demandant à son camarade de se montrer plus pertinant lorsque ce dernier se proposa d’utiliser son aura pour essayer d’enfoncer la porte. Se sentant un peu inutile, l’héliophobe recula la table de quelques centimètres pour que son allié puisse passer. Il se demandait si JB ne se surestimait pas, surtout vu l’état de ses blessures, mais il le laissa faire, se tenant prêt à le rattraper s’il s’effondrait en arrière. Il le laissa se concentrer, ne comprenant toujours pas vraiment en quoi consistait son pouvoir et fût presque surpris de voir l’air chatoyer autour de lui. Ça ne dura que quelques secondes puis le barbu expédia son poing dans la porte qui ne résista pas et s’effondra alors que le voyageur regagnait son abri.

La pièce ainsi ouverte n’était pas vraiment impressionnante, une sorte de bureau assez luxueux, à peu près ce qu’on attend de l’antre d’un chef de groupe criminel. Le génie du mal en question était insouciamment avachi dans son fauteuil, attendant tranquillement que ses ennemis arrivent. Dans un coin de la pièce, leur marchand préféré se tassait pathétiquement, probablement dans une veine tentative de se faire oublier. Si la petite équipe de voyageurs parvenait à mettre le chef de bande hors-jeu, il était peu probable qu’ils laissent le commerçant véreux s’en tirer à si bon compte. Le criminel commença son petit speech mais l’héliophobe l’écoutait à peine, il cherchait un moyen de prendre l’avantage dans cet affrontement. Il allait falloir qu’ils le contiennent dans cette pièce, tant qu’il ne pouvait pas sortir, il serait désavantagé. Il essaya de les convaincre de s’allier à lui mais l’idée d’accepter n’effleura même pas l’esprit d’un des trois voyageurs. JB l’accusa de gagner du temps en espérant que les renforts demandés arrivent, mais ça le fit rire. Il clama haut et fort qu’il n’avait besoin de personne et qu’il était bien assez puissant pour s’occuper d’eux tout seul.

L’héliophobe n’arrivait pas à savoir s’il s’agissait d’une tentative d’intimidation ou s’il était vraiment convaincu de sa propre supériorité. Si en plus il savait qu’ils avaient des pouvoirs offensif et que ça ne l’inquiétait pas outre mesure, il était peut être encore plus dangereux qu’ils ne l’avaient cru. Il savait peut être qu’ils étaient blessés où il pensait peut être que les colliers étaient encore autour de leurs cous, rien n’était sûr. Dans tous les cas il était trop tard pour qu’ils fassent demi-tour ou mettent en place une quelconque stratégie, car il était entré en action. Il leur révéla des flacons accrochés à l’intérieur de son manteau puis il plongea la pièce dans l’obscurité d’un coup de… de griffe ?

« Attention, il arrive ! » Dit-il à ses camarades même si c’était un peu inutile.

Il voulut expédier un rayon pour l’empêcher de s’approcher de la porte mais alors qu’il se redressait, l’autre fit un geste de griffure dans sa direction. Il eut à peine le temps de se baisser à nouveau que quatre profondes entailles vinrent décorer le plateau de la table. Il ne prit pas vraiment le temps d’analyser ce qu’il venait de se passer, leur adversaire voulu sauter par-dessus leur bouclier improvisé mais Jean-Baptiste essaya de lui coller un coup du bâton qu’il avait récupéré. L’attaque ne porta pas mais elle eut le mérite de l’empêcher de les rejoindre car elle l’avait fait stopper son mouvement pour donner un nouveau coup de griffe. L’héliophobe sut qu’il devait agir maintenant car il n’aurait peut-être pas d’autre occasion. Il passa la main au-dessus de son abri et balança un flash, qui illumina toute la pièce, avec la paume de sa main. De sa main libre, il attrapa le fouet et libéra la mèche.

Il estima que son adversaire était soit ébloui, soit obligé de se protéger les yeux et se redressa soudainement. Il lui fallut un instant pour ajuster son coup mais la langue de cuir renforcée magiquement fonça vers le trafiquant qui avait mis son avant-bras devant son visage par réflexe. L’attaque déchira la manche de sa veste et lui laissa une belle marque rougeâtre sur la peau, mais surtout, elle lui arracha un cri de douleur, ce qui n’était pas pour déplaire au geek.

" Enfoiré, tu vas me le payer ! " Il esquiva le second coup que Corey avait envoyé et se saisit de deux fioles dans sa veste qu’il jeta en direction du contrôleur dans un tir en cloche qui les ferait s’écraser au pieds de ce dernier.

L’héliophobe grimaça, il n’avait pas le temps d’intercepter les petits récipients, il ne savait pas ce qu’ils contenaient mais ce n’était probablement rien de bon pour sa santé.

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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Dim 18 Sep 2016 - 0:52
Le combat avait commencé, faisant rage entre Corey, Jean-Baptiste et l'ennemi. Pour sa part, Mara regardait le combat de son abri, collée au mur, se mordant les lèvres en cherchant vainement un moyen de se rendre utile. Comme d'habitude. Elle ne savait pas se battre, les bestioles qu'elles avait ramené n'étaient pas assez fortes pour avoir un vrai impact... avait-elle vraiment besoin de se répéter cette liste lui rappelant sa propre faiblesse à chaque situation de crise? Elle s'était déjà souvent retrouvé dans un état déplorable en essayant de se battre, mais pour une fois qu'elle avait des compagnons plus fort qu'elle, elle n'avait pas à frôler la mort, hein?

Elle avait beau se répéter ça, se hurler ça mentalement, ressentir ce besoin de fuite dans tout son corps, elle continuait d'observer. En tremblant, certes, mais en cherchant malgré tout un moyen quelconque d'agir, de faire intervenir le renard et le lézard qui étaient encore là. Sans forcément pour battre le méchant, au moins pour gagner du temps jusqu'à l'arrivée des secours. Car oui, elle avait envoyé un message, ce n'était plus qu'une question de temps. Ils allaient le faire. Elle espérait juste très fort que la police n'arrive avant les renforts des méchants.

Brusquement, un cri attira son attention. Elle avait entendu un claquement, n'avait pas vraiment saisi ce qu'il s'était passé, mais il semblait que le chef de la Griffe Verte soit brusquement très en colère. Et pour la première fois du combat, il se saisit de ses fioles, de deux d'entre elles en particulier. Et il les lança vers Corey.

Ce dernier entama un mouvement de recul, visiblement trop lent pour esquiver les éclats qu'il risquait de se prendre, mais il fut sauvé au dernier moment par la vitesse du Voyageur barbu qui balaya les projectiles en plein vol d'un revers du bras. Le bruit de brisure qui s'ensuivit ne laissa peu de doute sur ce qu'il advint d'eux, mais le cri de douleur de l'homme était pour sa part bien plus inquiétant. Dans l'action, Mara s'était redressée et elle sentit un éclat de verre écorcher sa joue. Et tandis qu'une sorte de brume mauve commença à monter, camouflant la silhouette de leur compagnon qui se tenait le bras en sifflant de douleur, la petite sentit sa joue la brûler brusquement. Y plaquant instantanément sa main en gémissant, faisant quelques pas en arrière, elle se rendit compte au toucher qu'il n'y avait pas de sang. Il n'y avait même pas vraiment de coupure. En vrai elle ne sentait pour ainsi dire aucune blessure, mais... mais sa main commença à la brûler aussi! Prise d'un mauvais pressentiment, elle essaya de frotter sa peau pour retirer ce qui s'avérait être une sorte d'acide, mais elle ne faisait que l'étaler partout ou elle frottait, éparpillant la douleur même si elle était localement moins forte.

Sentant sa panique augmenter à une vitesse folle, elle jeta des coups d’œil inquiets autour d'elle, cherchant ses amis, cherchant la menace, mais la brume s'était répandue, visible dans la pénombre comme si elle était légèrement phosphorescente. Elle lui agressait les yeux et la gorge, elle avait envie de vomir, elle se mit à tousser, tousser à s'en arracher la gorge, à en recracher ses organes, et ses yeux s'étaient mis à pleurer. Prise par un réflexe plus ou moins salvateur, elle arracha son ruban de son bras blessé et le plaqua contre ses narines. Se retrouver d'un coup envahie par l'odeur de son propre sang était bien loin d'être agréable et sa nausée se vit renforcée, mais elle avait au moins l'impression de pouvoir respirer un peu.

Sa vision toujours brouillée par ses larmes, attachant difficilement son foulard derrière sa tête, elle chercha d'autres signes de vie. Et elle le vit là, bien plus proche qu'elle ne l'aurait pensé, bien trop proche à son goût. Son visage caché par un masque à gaz, camouflant cruellement la moindre expression de son visage, il la surplombait de toute sa hauteur. Et d'une voix cruelle et mielleuse, bien que légèrement étouffée, il souffla:

"Il semblerait que votre ami ne puisse plus vraiment vous venir en aide à présent... Je me demande si cet acide disparaît vraiment d'une nuit sur l'autre... Certaines blessures ne partent pas, même quand on est Voyageur, tu sais?"

L'enfant était plaquée au mur le plus proche, face à la silhouette, terrifiée et écarquillant les yeux malgré la brume Elle le vit sortir un flacon, y tremper méthodiquement une griffe, puis une autre, puis la suivante... Puis quand il eut fini, il rangea le récipient, laissant la fillette à la vision de ses armes nouvellement empoisonnées, suintant de reflets légèrement verdâtres... Et elle avait tout simplement arrêté de réfléchir et avait foncé, sans la moindre autre stratégie ou ambition que celle de faire du mal à son agresseur. Ce qu'elle dut réussir, car en plus du souffle rauque indiquant qu'elle avait cogné droit dans les poumons du type, un grognement rageur s'en suivit, à l'instant où la Voyageuse se rendit compte qu'elle avait dut casser quelques-unes des fioles cachées dans la veste dans la foulée. Mais son espoir fut de courte durée, dans la mesure où le fameux grognement était bien plus énervé que douloureux, il devait avoir une protection au cas où ce genre d'incident arriverait, ça aurait été une erreur trop stupide.

Au final, l'erreur fut celle de Mara, car pris de furie, le chef de la Griffe Verte la traita de petite peste et lui donna un violent coup de griffe, qui lui arracha son manteau et la projeta douloureusement au sol. Cette fois, elle avait bien sentit les griffes s'enfoncer dans sa joue et former une balafre qui avait raté sa gorge de peu pour se poursuivre légèrement sur son torse. Et cette fois, la douleur fut bien plus intense, elle avait l'impression de se faire ronger de l'intérieur, que les plaies se creusaient toute seules, que son corps se rebellait contre elle. Elle hurla sourdement avec son foulard, clouée au sol. Sa cape s'était évaporée, elle n'avait plus que sa tunique à presser contre ses blessures dans l'espoir que l'étrange venin ne cesse de faire effet.

Elle entendait ses deux animaux l'appeler, le renard semblait particulièrement sensible à la brume qui commençait doucement à se lever mais le lézard paraissait encore capable de se battre. Gémissant à leur attention en s'adossant à une paroi du couloir, elle demanda au premier de lui dire dans quel état était l'homme à l'aura, et au second d'essayer d'attaquer leur adversaire. Il y avait bien quelque chose qu'il pouvait faire, non? Essayer de briser les fioles, détourner son attention quand le Voyageur de lumière attaquerait...

Quand cette brume sera enfin tombée, peut-être qu'elle pourra essayer de faire quelque chose. Trouver une nouvelle source de lumière, gêner le méchant, l'affaiblir? Plus tard, quand la brume sera tombée. Et surtout, quand elle n'aura plus cette impression qu'un millier de pics s'engouffrait dans ses estafilades dans le seul but de transpercer son cerveau ou son cœur!
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Mer 21 Sep 2016 - 11:43


Pour l’héliophobe, ce fût l’un de ses moments où tout semble se dérouler au ralenti car on ne pouvait rien faire pour changer l’issue de la situation. Il vit les deux petits récipients monter légèrement plus haut que sa tête puis redescendre lentement vers le sol où ils s’écraseraient. Se faisant il semblait logique qu’ils relâchent leur contenu qui était probablement prévu pour se répandre à ce moment-là. Probablement un liquide inflammable ou un gaz, mais dans tous les cas il n’arriverait pas à les rattraper avant qu’ils ne touchent le sol, pas dans la position déséquilibrée dans laquelle il était. Et soudainement le bras de Jean-Baptiste apparut pour intercepter les fioles, mais il fut un peu trop brusque et elles se brisèrent lorsqu’il essaya de les repousser. Du coup Corey fût aspergé de multiples gouttelettes d’un liquide transparent qui se mit à libérer du gaz violet en entrant en contact avec l’air.

Et soudain… La douleur…

Depuis qu’il était devenu voyageur, le jeune homme avait considérablement augmenté son seuil de tolérance jusque-là très bas. Il avait d’abord gouté au pouvoir de sa sœur qui était bien décidée à lui faire comprendre les dangers de ce monde, elle lui avait brisé la main tout en amplifiant la douleur ressentie. Ensuite au cours de ses errances il avait été blessé un nombre important de fois, il s’était même retrouvé amputé d’un membre à quelques reprises. Il s’était fait tirer dessus, poignardé, tabassé, brulé, gelé, mais jusque-là il n’avait jamais ressenti une douleur aussi intense. Toute la partie droite de son visage le brûlait, il avait eu le réflexe de fermer les yeux mais il avait désormais envie d’arracher la paupière et l’œil. Il ne put que se joindre au hurlement bestial que poussait JB qui avait dû être touché lui aussi. Il avait l’impression que toute la moitié droite de son visage était en train de fondre. Sans pouvoir contrôler ce qu’il faisait, il entreprit de se griffer le visage tout en ayant l’impression que ses doigts fondaient au fur et à mesure.

Il avait déjà vu des armes abjectes au cours de ses errances mais celle-ci remportait la palme sans concurrence sérieuse. En plus de la douleur atroce de l’acide en train de ronger ses chairs, le gaz était en train de lui bruler la gorge et les yeux. Il toussait et pleurait en même temps qu’il hurlait de douleur et de rage. C’était une des premières fois qu’il perdait autant le contrôle de lui-même, il n’arrivait pas à s’empêcher de se frotter la joue. Il se força à entrouvrir son œil valide et malgré la pénombre il vit que leur adversaire était au-dessus de Mara. Le peu de conscience qu’il lui restait était dirigé vers ce nouveau fait, il ne savait pas trop ce qu’il lui faisait mais il fallait à tous prix qu’il le stoppe.

« Enfoiréé…. » Grogna-t-il pour lui-même en essayant de se mettre à quatre pattes.

Même ce simple geste lui coutait des efforts incalculables, ne serait-ce que pour ignorer la douleur qui enflammait tout son corps. Mais il fallait qu’il bouge, qu’il puise dans cette souffrance et qu’il se serve de sa colère pour la guider vers un objectif précis, détruire ce type qui était tranquillement en train d’enduire ses griffes d’un nouveau poison. Il fallait qu’il se redresse et qu’il le frappe, qu’il l’empêche de nuire à la blondinette, qu’il l’empêche de continuer son trafic de créatures des rêves. C’était la seule chose importante, il fallait qu’il donne tout, qu’il se surpasse, qu’il soit plus fort que ce type qui se croyait si malin avec ses armes détestables.
Probablement gêné par son masque à gaz et par les cris que poussaient les deux voyageurs touchés par l’acide, le chef du groupe de trafiquants ne s’était pas rendu compte que Corey s’était redressé et que la rage s’était mêlée à la douleur dans ses hurlements. Le voyageur fût pris d’un malaise et il lui fallut quelques secondes pour arriver à rouvrir son œil, juste à temps pour voir leur adversaire coller un coup de griffe à la gamine. Oubliant toute prudence ou toute notion de contrôle, l’héliophobe se jeta sur l’humanoïde sans vraiment savoir ce qu’il allait faire derrière. Il le percuta sur le flanc, brisant quelques fioles supplémentaires dont le contenu fût étouffé par le manteau, et lui faisant perdre l’équilibre. Une fois au sol, il laissa libre court à son instinct primal, il voulait juste que ce type arrête de faire souffrir les gens, il voulait évacuer la douleur, il voulait juste frapper ce type. Ses poings volaient sans qu’il ne cherche à savoir s’ils touchaient vraiment le meneur de la griffe verte ou s’ils s’écrasaient contre le sol. Il déclenchait parfois son pouvoir sans s’en rendre compte, ponctuant ses coups de flash lumineux inutiles. Lorsque l’autre essaya de le repousser, il mordit ce qui se présentait devant son visage. Il fût griffé à nouveau, il perdit des dents, se brisa des doigts, mais il s’en fichait, il continuait d’envoyer ses mains fermées vers ce qu’il espérait être le corps de son adversaire. Lorsque ses mains ne répondirent plus à cause du poison injecté par les griffures, il donna des coups de têtes puis lorsqu’il n’en n’eut plus la force il se laissa tomber et continua à essayer de donner des coups des pieds. Puis, le poison s’étant diffusé dans tout son organisme, il n’arrivait même plus à bouger les jambes, il ne lui restait plus qu’à espérer que son adversaire n’était plus en état de nuire et que Mara et Jean-Baptiste pourraient s’enfuir.


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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Dim 16 Oct 2016 - 14:55
La fillette était prise de frissonnements incontrôlables, elle avait la sensation que la peau autour de la griffure de l'ennemi se transformait peu à peu en carton. Elle avait l'impression de perdre peu à peu le contrôle et les sensations, à l'exception de la douleur qui restait. Elle semblait prendre de plus en plus d'ampleur, comme si la disparition partielle des autres sens lui laissait plus de place pour s'installer. Elle haletait, avait envie de cracher, de vomir. Elle était à peine parvenue à s'appuyer au mur pour se redresser un peu. Elle ne vit pas très bien ce qu'il s'était passé, apparemment le méchant était tombé, elle cru voir son lézard en train d'attaquer ses pieds tandis qu'une silhouette qu'elle identifia comme celle de Corey avait l'air de se déchaîner sur l'autre. L'ambiance sonore était de plus en plus glauque, remplie de ses propres gémissements et sans doute de ceux du marchand, des grognements de Jean-Baptiste, et surtout des cris de rage et de douleur des deux qui se battaient, le tout parsemé de bruits sourds de chocs impliquant plus ou moins de craquements et quelques flashs lumineux.

Le tout sembla durer une éternité, elle avait l'impression de ressentir la sensation que quelqu'un de normal pouvait avoir en rêvant. Elle avait l'impression que la réalité se tordait, qu'il y avait deux incarnations d'elle-même: l'une en souffrance, le corps en miette, et l'autre spectatrice passive du combat à la fois si proche et si lointain, si important et si pitoyable, qui se déroulait sous ses yeux.

Finalement cette impression cessa, lorsqu'elle se rendit compte que le Voyageur de Lumière ne bougeait plus. Elle n'arrivait pas vraiment à prendre la mesure de ce que cette immobilité impliquait, du côté des deux combattants. La brume commençait peut à peu à se dissiper, plongeant doucement la pièce dans la pénombre, et les larmes qui baignaient ses yeux à cause de celle-ci ne l'aidaient pas à mieux voir.

La douleur était forte, très forte, elle n'arrivait plus à bouger la moitié de son visage et elle sentait déjà l'une de ses épaules s’ankyloser. Cependant, elle parvint à se traîner au bout de quelques longs instants sur les deux mètres qui la séparaient du lieu de l'affrontement. Une fois proche, ses yeux légèrement accoutumés à l'obscurité parvinrent à distinguer les deux corps, l'un sur l'autre. Elle hésita un peu à poser sa main sur celui du dessus, celui de Corey, mais elle ne pouvait plus garder son bras levé très longtemps. Sa paume s'était appliquée proche de ses côtes et à son grand soulagement, elle le sentait respirer. Mais elle sentit aussi une chaleur poisseuse et ses vêtements déchirés. Il avait beau avoir été au-dessus pendant le combat, l'autre s'était défendu...

L'autre! Tâtonnant un peu sous Corey, elle sentit la main du chef de la Griffe Verte, qui ne bougea pas à son contact. Est-ce qu'il était...? Progressant toujours difficilement vers le haut du corps, elle parvint à atteindre la tête. Elle entendit aussi la respiration difficile de Corey. Elle aurait aimé lui donner un mot d'encouragement, mais sa langue était si pâteuse qu'elle doutait d'en être capable. Mais elle sentait un odeur vaguement étrange, à présent. S'approchant de la tête de méchant, elle perçut un reflet étrange au niveau de son col. Mais alors qu'elle allait approcher sa main pour essayer de toucher, elle comprit de quoi il s'agissait et s'arrêta immédiatement. Les fioles brisées par les coups et le poids de Corey. Elles avaient coulé vers le haut de son corps, jusqu'à atteindre une zone non protégé. La fillette était à présent partagée entre l'horreur, le dégoût et une forme de satisfaction étrange, mais elle s'en rendait à peine compte, au bord de l'inconscience qu'elle était.

Brusquement un martèlement de pas qui s'approchait, un cri de guerre trop aigu et cassé pour sembler confiant, le marchand qui semblait décidé à profiter de la situation de faiblesse des Voyageurs. La fillette ne réfléchit pas un instant, et libéra une brutale onde de confiance qui prit le chat de plein fouet, interrompant sa course, tout en vrillant de douleur le crâne de l'autophobe. Elle s'inclina en gémissant, osant à peine prendre sa tête entre ses mains tandis qui la douleur provoquée par l'utilisation abusive de son pouvoir refluait peu à peu par vagues. Heureusement, alors que le marchand reprenait ses esprit et entreprenait de repasser à l'attaque, il se fit cruellement mordre la jambe par le lézard et il tomba au sol, terrifié. Ses nerfs aussi semblaient à bout, il n'avait pas vraiment l'air de savoir quoi faire.

Il s'ensuivit comme un instant de flottement. Plongés dans la pénombre, seuls les respirations faibles, rapides ou douloureuses se faisaient entendre, puis des bruits lointains s'ajoutèrent à cette ambiance oppressante. Des martèlement de pas, des appels indistincts, des cliquetis. Lointains, très lointains. Et seulement pendant un bref instant, avant d'être de nouveau inaudible. Peut-être que l’espoir avait pu se lire sur le visage du gros chat, de même que la crainte s'était dessiné sur celui de la petite humaine. Mais à présent, seuls demeuraient l'incompréhension et les respirations accélérées par le stress. Ils ne venaient pas, ils s'éloignaient. L'enfant n'arrivait pas à comprendre, elle n'arrivait même pas à deviner qu'elle pouvait faire le lien entre quelque chose et ce qu'il venait de se passer.

Elle se rendit simplement compte qu'elle était de plus en plus en train de s'appuyer sur Corey, peinant à se tenir toute seule. Dans un sursaut de réflexion, elle se décala légèrement et laissa glisser son bras au sol, s’affaissant à moitié sur elle-même. Elle n'arrivait plus à le bouger, il était totalement engourdi. Elle était assise par terre, à deux doigts de s'étaler au sol mais maintenue par un équilibre qu'elle ne comprenait pas. Les sons lui parvenaient de moins en moins clairement, les grognements menaçant du lézard semblaient tenir en respect le dernier ennemi à être vaguement en état. Elle sentit de la fourrure sur sa jambe, alors que le renard la frôlait, quelque part au fond d'elle, elle se dit qu'elle aurait aussi dû sentir cette fourrure contre son bras. Elle le comprit à peine quand il lui dit que le troisième Voyageur semblait s'être réveillé. Réveillé, par mort. Juste réveillé. N'est-ce pas? Puis la fourrure disparut de son champs de sensation. Pendant un instant, elle se demanda si sans cette obscurité, elle aurait pu voir quelque chose quand même. La réponse lui vint assez naturellement quand elle se rendit compte qu'elle était incapable de savoir si ses paupières étaient tout simplement ouvertes ou fermées.
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MessageSujet: Re: Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey] Aujourd'hui à 21:29
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Chats des villes, chats d'égouts [PV JB et Corey]

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