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Alan Kesey [terminé]

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Alan Kesey
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MessageSujet: Alan Kesey [terminé] Dim 8 Juil 2012 - 0:55


NOM
PRÉNOM

Personnage.


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    • Nom : Kesey• Prénom : Alan• Surnom(s) : Le pantin de chaire• Âge : 19 • Nationalité, origine(s) : Française• Pouvoir et description : Alan souffrait d'algophobie, en clair, il était terrorisé par la douleur ou simplement par l'idée de souffrir. Après avoir vaincu sa peur, Alan est devenu une sorte de pantin incapable de ressentir la douleur et qui se relèvera peu importe les dommages infligés. En pratique, cela lui permet par exemple de se battre à 100% sans risquer de se blesser, ou de sourire après avoir encaissé un direct dans la tempe. Son pouvoir, bien sûr, a une certaine limite et son seuil de tolérance n'est pas infini, mais tant qu'il n'est pas dépassé, Alan pourra se battre.



Description Physique.


Il existe des créatures sur cette terre qui n’existe que lorsque nous croyons en eux. Des monstres comme le croque-mitaine dans le placard ou les fées des forêts qui peuplent notre imagination. Un jour, lorsque nous sommes adultes, ils disparaissent et ne laisse aucune trace. Un jour, vous tournez le dos à vos rêveries d’enfances et le lendemain vous êtes piégés dans la dure réalité.  Alan est un peu comme ces êtres magiques. Il n’est pas caché sous votre lit à attendre que vous vous couchiez pour vous sauter à la gorge et ne pense pas non plus exaucer des vœux d’un coup de baguette. Alan a l’étrange faculté de disparaitre dès que vous doutez de sa présence. Clignez seulement des yeux et cet individu, quintessence de la banalité, disparaitra pour toujours alors que vous vous demanderez si vous l’avez bien vu ou si cela n’était pas simplement une illusion. Vous vous frotterez les yeux et votre souvenir s’évanouira tout simplement.

Ce qu’il y a de remarquable en lui, c’est qu’il semble n’avoir absolument rien de remarquable. Et c’est grâce à cela qu’il parvient si facilement à se fondre dans le décor jusqu’à ce que sa silhouette semble floue et qu’elle s’éteigne. Le jeune homme apparait comme ce lampadaire qui a toujours été là ou encore ce banc sur lequel vous vous êtes si souvent assis. Il est là, vous le savez, mais s’il viendrait à être déplacé, vous ne le remarqueriez pas.

Alan, de taille moyenne, de corpulence moyenne, marchant comme s’il était seul et fixant un point qu’il est le seul à voir, vous ne le recroiserez jamais. Ce visage fatigué, ce regard gris et égaré, vous n’en garderez pas une trace. Ce jeune homme en t-shirt, jeans et bottes été comme hiver, vous le croiserez de temps en temps dans la rue. Vous le découvrirez une nouvelle fois avant de l’oublier. Parfaitement neutre, et quelque soit votre état d’esprit, il ne vous inspirera jamais de la haine ou du mépris. Ni de l’affection ou de la peine.

Au-delà des apparences qu’il s’amuse à brouiller, certaines des personnes qui le supporte et entrent ainsi dans le cercle très restreint de ses amis, Alan prends alors une toute autre apparence. L’accident qui le traumatisa alors qu’il n’était qu’un enfant lui avait un souvenir amer, une signature sous forme de multiples cicatrices disséminées sur tout son corps. La voiture ne l’avait pas épargné, elle essaya même de l’emporter avec elle dans la tombe. Ces marques-là, elles représentent ce qu’est Alan et ses amis savent que cet homme massacré, anéantit, peut s’avérer être un allié fidèle et de poids.



Caractère.

L’exigence est une qualité. Cependant, l’exigence s’accompagne souvent d’un soupçon d’arrogance avec une nette tendance à la destruction pure et simple lors d’un éventuel échec. Alan est quelqu’un d’extrêmement exigeant, autant avec les autres qu’avec lui-même. Il n’hésite pas une seconde à se mettre en danger dans l’idée de réussir l’objectif qu’il s’est fixé. En ça, Alan peut faire preuve d’un sens du sacrifice en total contradiction avec son arrogance habituelle. Une qualité qu’il retrouvera en découvrant le monde de Dreamland.

Loin d’être timide, Alan préfère toutefois largement rester dans l’ombre que d’être sous la lumière des projecteurs. Dans le monde réel comme dans celui des songes, il préfère sa position de personnage secondaire ou de porte-flingue ce qui peut paraitre là encore assez paradoxale au vu de l’égo qu’il s’est forgé. Mais c’est ainsi. Il disparait et apparait quand le besoin se fait sentir, même si personne ne l’as appelé. C’est peut-être là qu’on retrouve son caractère, dans sa manie de jouer, certes les seconds couteaux, mais de deux qui sauvent la mise et permettent aux héros de vaincre le grand méchant. Parler pendant des heures n’étant pas dans sa nature, Alan aura l’habitude de s’éclipser une fois son travail fait.

Son travail, s’il devait le définir, il le ferait en une simple phrase emprunte d’un cynisme aussi exaspérant qu’omniprésent :     ‘’ Je vends des choses inutiles à des gens qui n’ont pas de sous. ‘’ Ca respire la joie de vivre n’est-ce pas ? Pourtant, être libraire c’était son rêve et il aime toujours ça. S’il le pouvait, il passerait sans doute ses journées à écouter de la musique, sans doute beaucoup trop forte, dans son casque avec un livre entre les mains et un paquet d’autres à portée, une douzaines de boites de cookies et quelques litres de coca cola. Une vie palpitante, mais dont il rêve bien souvent.

Au fond, Alan est un jeune homme tout en paradoxe. Quoi de plus normal à son âge ? Psychorigide, il ne supporte pas de modifier son programme et cherche pourtant continuellement à être imprévisible. S’il déteste s’exprimer, Alan peux devenir un excellent orateur quand il s’agit de défendre un livre qui lui a plu ou s’il doit faire preuve d’une mauvaise foi hallucinante tant elle est flagrante. Calme, il lui arrive néanmoins d’exploser et de faire preuve d’une cruauté dérangeante. Pour faire court, il est de ces personnes avec qui il est impossible de savoir sur quel pied danser. Peu de gens en font les frais, mais ses amis rêvent bien souvent de serrer ce petit cou jusqu’à ce que plus aucun mot ne sort de sa bouche, véritable ouverture vers les enfers…



Histoire.

Le 6 septembre 1993 à environs 14 heures vingt, Jessica Kesey née Burgess mit au monde Alan Kesey à l’hôpital général de Strasbourg. Un beau bébé qui avait tenu à rester un moment au sein de sa mère, mais qui était venu au jour sans complication. Depuis ce jour-là, Jessica et son époux Bruce étaient les heureux parents d’un petit garçon très sage qui eu au moins le mérite d’apporter à sa mère une petite somme chaque mois, versée par son ex-mari. En effet, le bonheur n’avait été que de courte durée et le couple s’était séparé à peine trois ans après la naissance d’Alan. L’amour qui les réunissait jusque là avait tout simplement disparu. Ce n’était pas dramatique, cela épargna au jeune garçon de subir les colères qui avaient eu raison du coca familial. Contrairement aux attentes des psychiatres qu’on le força à consulter, Alan n’en avait tiré aucune colère et ne voyait pas en l’amour une absurdité qui l’aurait conduit, selon les experts des séries télé, à devenir un véritable psychopathe. Les seules séquelles de cette rupture tiennent en deux mots : garde partagée. Trimballé d’un foyer à l’autre, Alan eu sans doute un peu de mal à se fixer et à se forger un domicile à la manière des plus évolués homo sapiens. C’était peut-être cela qui le conduisit à sa majorité tout juste acquise à une vie nomade. Quoi qu’entre ces deux événements, ils s’en déroulèrent un paquet potentiellement responsables du comportement de celui qu’on appelait parfois ‘’ sale connard ‘’ faute de termes plus éloquents et élégants.

Pourquoi connard ? Après tout, Alan tenait d’avantage du solitaire dans son coin que de la tête à claques de la classe. A vrai dire, s’il ne devait pas dire un mot de la journée, il arrivait fréquemment à ses camarades et même à ses professeurs d’en oublier jusqu’à sa présence. Ha, ces journées qu’il passait au bord de l’eau à faire semblant de pécher ou chez lui à jouer à la console… Mais Alan, quand il l’ouvrait, avait la fâcheuse tendance à se montrer arrogant ou blessant. Très vite, l’histoire se tassait. Pendant le temps où elle circulait, il pouvait passer de parfait anonyme à ennemi public numéro 1 et en prendre pour son grade, jusqu’à ce qu’on l’oublie. C’était plus fort que lui. Après tout, s’il détestait bien une chose, c’est d’avoir à se battre. Et ce qui suivait une bagarre, en prenant en compte son gabarit, était généralement suffisant pour le bloquer au point qu’il passe plusieurs jours enfermé dans sa chambre sans bouger.

La douleur physique, cadeau évident quand on provoque insouciamment même la pire des racailles, est devenue le 7 septembre 2001, ce qui pouvait arriver de pire à Alan. Alors que sa mère le raccompagnait de son deuxième anniversaire (ah, les joies des parents séparés) ils eurent un terrible accident de voiture qui traumatisa profondément le jeune garçon. C’était en début d’après-midi et Jessica initiait son fils à la joie du heavy-metal selon les fabuleux Iron Maiden. Le jeune garçon se ridiculisait en Air Guitar et sa mère s’illustrait en récitant par cœur les paroles de ‘’ Be quick or be dead ‘’ sans toutefois mesurer l’étendu de l’ironie de la situation. A peine quelques secondes furent nécessaires pour anéantir les projets des Kesey. Sur la petite route de campagne qu’ils empruntés apparus un garçon qui voulait traverser la route. Que faisait-il ici à ce moment, nul ne le saura jamais. Mais surprise par l’apparition du garçon, Jessica tourna le volant de toutes ses forces pour éviter la collision et perdis le contrôle du véhicule. La route n’était pas large et l’enfant fut fauché comme un fétu de paille avant de s’écraser à une dizaine de mètres. Jessica et Alan, eux, finirent leur route contre un arbre après une succession de tonneaux.

De l’enfant, il ne restait qu’un cadavre éparpillé aux quatre vents. Tandis que de la voiture, encastrée dans un tronc, il ne s’échappait qu’une longue plainte de douleur et un mince filet de carburant. Aussi incroyable que cela puisse être, Jessica et Alan était encore en vie, bien que tout deux sérieusement blessés. Si sa mère était inconsciente, Alan n’avait pas sombré, sans doute retenu par une augmentation massive d’adrénaline. Peut-être aussi parce qu’une partie de la voiture s’était logée à divers endroits de son corps assez profondément pour que, dans son malheur, Alan ait la chance de ne pas faire une grosse hémorragie. Et si la douleur était insoutenable, elle ne lui offrit ni le coma, ni la mort. Pendant un temps qui lui parut durer une éternité, Alan ne pouvait qu’hurler, espérer sombrer et fixer sa mère, inerte. L’autoradio, miraculeusement épargné, passait maintenant la chanson ‘’ Fear of the Dark ‘’ de l’album éponyme. A ce moment-là, il ne venait même plus à l’idée d’Alan de fermer les paupières, la peur et la douleur se battant à celui qui lui fera le plus mal.

Quand enfin un véhicule passa et qu’il appela les secours, ce fut une succession de visage qui lui apparut et qui le fixèrent avec un mélange d’effrois et de haine. C’était comme être dans la fosse aux lions devant une foule en délire, excitée par la chaire déchiquetée et par le sang coulant à flot. Alan aurait voulu leur dire de partir, mais à part un hurlement rauque, sa gorge ne laissait rien passer. Enfin, les pompiers arrivèrent, la sirène hululant et aveuglant tout le monde. Chaque détail de l’opération de désincarcération se forgea directement dans sa mémoire. Ce qu’il ne vit pas, il l’imagina et c’était sans doute pire encore. Lorsqu’il entendit les commentaires des gens rassemblés là et qui avaient vu le corps de l’enfant mort, leurs regards à tous semblaient lui traverser la peau. Sa mère, toujours inconsciente, fut libérée la première et elle disparu des yeux de l’enfant. Ce n’est qu’à la nuit tombée qu’il s’endormit enfin, sous l’effet de puissante anesthésie, dans un lit d’hôpital.



Poste Rp.


Il s’ennuyait ferme. Depuis plusieurs heures maintenant, il se baladait dans la nuit noire. Quand il passa devant la vitrine d’une boutique anonyme, il observa un moment dans le reflet. Puis, il saisit un petit caillou qui trainait par terre et le jeta de toutes ses forces au niveau du visage. Malheureusement pour lui, l’objet ricocha et atteignit sa propre tête en plein milieu du front. Plus ahuri que blessé, il tomba lourdement sur les fesses. En s’approchant un peu, il constata qu’il avait néanmoins fissuré le plexiglas sur cinq bons centimètres. Du bout des doigts, il caressa la brèche et soupira en grattant le peu de barbe qui daignait pousser sur son visage encore jeune. Au dessus de son épaule, il s’imagina le reflet d’Eddy et fredonna tout bas un air d’Iron Maiden. Il ne se souvenait plus du nom de l’album où on voyait « Charlotte the arlott » se pouponné, mais ce vinyle l’avait marqué dès sa plus tendre enfance. Au côté de Fear of the Dark. Mais celui-ci avait un tout autre gout, bien plus amère. Même si sa saveur avait eu tendance à changer ses derniers temps en fait. Il eu l’envie soudaine de l’écouter et enfonça les écouteurs du baladeur dans ses oreilles pour les retirer moins de cinq secondes plus tard, constatant que les cinq heures de train de l’après-midi avait eu raison de la batterie. Cinquante heures d’autonomie, lui avait dit le vendeur. Sans commentaire… Il fouilla dans son sac et en exhuma une bouteille de coca à moitié vide, ou à moitié pleine. Deux fois plus grande que nécessaire, se rappela-t-il. Une petite lampée mon petit Jack ? Il porta le goulot à ses lèvres et baissa la tête pour en boire une partie d’une traite, en essayant de ne pas s’étouffer. La dernière fois qu’il avait fait ça, il avait versé le fond de sa bouteille sur son visage, se ridiculisant par la même occasion – une énième fois – devant la fille qu’il courtisait à moitié.

C’était d’ailleurs toujours comme ça qu’il faisait la cours, seulement à moitié. Persuadé de l’inutilité de ses actes. A vrai dire, il s’était fait plus ou moins une raison et cherchait perpétuellement une excuse potable pour justifier sa lâcheté par rapport à cela et au reste. Tout ce qu’il te manque, c’est les couilles, lui avait-on dit à plusieurs reprises. Il accorda un dernier regard au reflet et soupira profondément en y apercevant un môme trop maigre et au visage trop pâle et enfantin. Certes il n’était pas laid, sans être un modèle de beauté. Mais il y avait quelque chose en lui d’indéniablement repoussant. Il était ce que les filles appellent communément mignon. Pas moche, mais elle n’imaginait même pas de l’embrasser. C’était une position peu confortable, de plus en plus fréquente chez les jeunes de sa génération. Certains sont faits pour demeurer et mourir seul. Histoire d’être en paix avec sa conscience, il affirmait faire partie de cette catégorie de personne. Le jeune homme fourra sa bouteille dans sa besace et constata l’état déplorable du livre qui y trainait au fond. Merde, songea-t-il. Ce n’était pas le sien, et il détestait rendre un livre emprunté dans un mauvais état. Il était bon pour en racheter un, neuf.

Son visage se déforma sous les coups de Morphée par le biais d’un bâillement aussi disgracieux qu’ostentatoire. De toute façon, il n’y avait personne dans la rue. Le jeune homme regarde son poignet et tapota sa montre de son index comme si cela pouvait y changer quoi que ce soit. Non, le résultat restait le même. Enième soupire.  Cette nuit ressemblait trop à tant d’autres. Lui, qui toute sa vie durant n’avait eu de cesse de chercher à fuir la monotonie itinérante à toute vie, suivait toujours un schéma parfaitement défini et appliqué à la lettre où qu’il aille. A seulement dix-huit ans, il pouvait se vanter d’avoir parcouru la France entière, au rythme des emplois qui s’offrait à lui. Mais qu’il fût à Paris, Rennes ou encore Montélimar, il ne parvenait à quitter les rails qu’il s’était-lui-même crées, qu’il s’entêtait à fuir et à suivre. Paradoxale. Un moyen comme un autre de rester ancré à une réalité, aussi pénible soit-elle.

Il fouilla dans son porte feuille en quête d’une ultime pièce de quoi s’acheter une barre chocolatée, initiatrice d’un futur cancer, pour combler son estomac qui, depuis de longues heures maintenant, criait famine. Dépité, il le retourna et le secoua avec énergie dans l’espoir d’y déloger une pièce fourbe. Au lieu de quoi, c’est seulement sa carte d’identité qui glissa sur le sol. Malgré son jeune âge, le dos du garçon était dans un état déjà très lamentable et se baisser pour récupérer le papier lui arracha un soupire de douleur. Ses différents emplois et l’accident transformèrent ses lombaires en fétus de paille prêts à se briser.  « Kesey, Alan » dicta-t-il à voix basse. Alan, parce que sa mère était tombée amoureuse de V pour Vendetta et de l’ensemble des œuvres du fameux Alan Moore, ‘’ le plus grand auteur de BD du monde ‘’ entendit-il en échos. La photo datait de plusieurs années et il avait à maintes reprises changé d’apparence depuis. Comme l’adresse qui n’était pas à jour. Cela lui permit, pendant un temps, de voyager en train sans se soucier des amandes. Un éclat métallique attira son regard. Il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, au loin le distributeur automatique brillait, aguicheur. Alan pria pour ne trouver ne serait-ce qu'une petite pièce. Un euros. C’était mieux que rien, estima-t-il, le regard perdu dans la contemplation de la minuscule pièce. En tout cas, ce n’était pas l’une des siennes à en croire son état.

Pris d’une frénésie gourmande, il se précipita jusqu’à son ‘’ dealeur ‘’ comme il avait tendance à appeler les distributeurs qui faisaient son bonheur lors de ses déplacement nocturnes. Jamais trahis. Il inséra la pièce avec la fébrilité d’un camé qui s’enfonce l’aguille dans une veine. Il tapa le code avec la passion du toxico réalisant des arabesques avec la poudre blanche. Et enfin, il attendit son due avec l’impatience du pathétique fumeur attendant l’ouverture du bureau de tabac. Depuis quelque temps, l’égo surdimensionné d’Alan avait fait germer une idée des plus tortueuses dans son esprit malsain. Il devait trouver un produit duquel il se rendrait dépendant, puis s’en échapper pour prouver au reste de l’humanité qu’ils n’étaient que des tas de déchets incapable de se surmonter leurs addictions. Bien sûr, la drogue en question ne devait pas affecter ses capacités cérébrale et physique, ce qui rendait la tâche d’autant plus difficile. Le moment décisif était enfin arrivé, la cochonnerie hors de prix qu’il avait sélectionné était déjà dans son estomac mais ne le savait pas encore, voilà tout. Mais rien ne tomba. Quelle journée de merde, siffla-t-il entre ses dents en frappant du plat de la main le distributeur. C’était ce soir-là qu’il avait choisis pour le faire cocu ? Désemparé, comme l’héroïnomane à qui l’ont vient de jeter sa dose dans les WC. Prêt à s’y jeter corps et âme pour récupérer la précieuse marchandise. Alan n’avait quant à lui que ses yeux pour pleurer. Il haïssait les machines. Il récita les trois lois de la robotique décrite par Asimov et songea à une implacable vengeance. Cela n’y changea rien. Et petite cerise sur le gâteau, il remarqua un détail qui lui avait échappé lors de sa course effrénée.

Non loin de sa position, scène de crime insérée dans le décor, une voiture agonisait, vomissant ses tripes et crachant son sang contre le poteau électrique qui s’était dressé sur sa route. Comme toujours, Alan fut saisi d’un étrange malaise à la vue de cette morbide exposition. Exhibé comme un contre-exemple, le véhicule devait trainer ici depuis plus d’une semaine à en juger par les traces. Des fleurs étaient posées non loin avec un petit message mortuaire. Lorsque la ville disposerait des moyens, un fourgon viendrait chercher la carcasse pour la jeter dans la fosse commune que représentait la fourrière. Lieu où Alan était tout simplement incapable de mettre le pied. Dans peu de temps, les riverains verront l’installation d’un nouveau ralentisseur de type dos d’âne, ou un feu tricolore en amont de la rue. Histoire de se donner bonne conscience. Un peu trop tard. Le jeune homme connaissait la musique par cœur. L’air n’en était pas moins horrible. Il voulut tourner la tête, mais ses yeux étaient comme ancrés à la scène. Le hululement de l’ambulance, le craquement de l’acier ployant sous la pression de la pince, les badauds curieux de connaitre le dénouement final. Et avant tout cela, le crissement des pneus sur l’asphalte. Le hurlement de sa mère, ou peut-être le sien ? Le terrible fracas lors de l’impact. Et ce moment de silence où tout semblait avoir pris fin. Ce bourdonnement incessant  qui pris ça place jusqu’à l’arrivée, si longtemps après le drame, des secours. Les paroles d’Iron Maiden qui tournaient en boucle dans l’autoradio. Fear of the Dark. S’accordant avec cette peur panique de ces ténèbres qui l’envoutaient lorsque ses paupières se fermaient l’espace d’une seconde.

Depuis ce jour, il était incapable de monter à bord d’une voiture. Si le train ou l’avion ne le pétrifiait pas sur place, son estomac se nouait pour ne plus former qu’une boule de nerfs prête à imploser. C’est arrivé alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, un souvenir gravé, marqué au fer dans la complexe cathédrale aux pierres de couleur fientes que représentait sa mémoire. Le visage de l’enfant sur la route – ils avaient à peu près le même âge à l’époque. Le regard des citadins quand ils le reconnaissaient. Celui des parents. Le procès. Ce n’était pas sa faute, au fond de lui, Alan en était conscient. La faute en revenait uniquement à la négligence d’un tel ou un tel. Peu importe. Le résultat était le même. Le sang de l’enfant maculait ses mains, il s’en était persuadé.

Le bruit caractérise des distributeurs le ramena au présent avec la délicatesse d’un uppercut de Mike Tyson en final du championnat du monde. Par reflexe, il s’était retourné pour chercher l’origine du son et s’était arraché à la vision d’horreur qui le hantait encore, certaine nuit, principal motif de ses excursions nocturnes. Un sourire maussade se glissa sur son faciès ravagé par une fatigue accumulée depuis trop longtemps. Il se saisit de la friandise et se jeta dessus comme la misère sur le monde. Lorsqu’il n’en resta plus qu’une bouchée, il se maudit. Il aurait était plus malin de le manger petits bouts par petits bouts pour tenir le plus longtemps. Quel imbécile. Il avait céder, encore, à ses pulsions primitives. Alan remballa le moignon de chocolat et le fourra dans la poche de sa veste. A charge de revanche. La loque à moitié comateuse fit mystérieusement apparaitre un stylo entre ses doigts et d’entrepris de noter le nom de la rue au côté d’autres messages, rarement constitués de plus de trois mots : ‘’ trouver bus scolaire ‘’, ‘’ sortir le chien ‘’… Parfois, les annotations semblaient obscures même à lui, comme cette dernière puisqu’il n’avait jamais eu à tolérer la présence d’un cabot. En mémo, il ajouta qu’il devrait chercher l’origine de cette phrase et dessina à côté un visage à l’air interrogateur. Cela le fit rire et le gamin décida qu’il était temps d’allez se pieuter. C’était un signe évident. Pas les multiples bâillements, ou ses jambes flageolantes, ni même les cernes énormes qui ornaient ses yeux à la manière d’un mignon panda. Le fait qu’un dessin aussi merdique lui arrache un gloussement. AFK from IRL signalait un badge fixé à la sacoche. Très proche de la vérité.

L’instinct du jeune homme lui souffla qu’il n’était pas loin de sa turne. Mais cela, il en avait conscience, ne pouvait signifier qu’une chose. Il était incontestablement perdu. La pharmacie au coin de la rue lui indiquait clairement que la température était négative. Comme s’il avait besoin qu’on le lui dise… Le bleu de ses doigts était une preuve suffisante. En aucun cas ne lui soufflait-elle la direction à emprunter pour rentrer chez-lui. ‘’ Chez-lui ‘’, ce mot avait une étrange connotation depuis quelque temps. Dans ses poches, il sentit ses mains se contracter de façon spasmodique. Alan observa ses doigts, curieux. Ces derniers étaient dans un piteux état. Du sang séché en maculait les phalanges. Souvenir d’une guerre pas si lointaine. Sous ses allures clochardesques, Alan tentait de garder la face. Sauver les apparences même si elles étaient enterrées depuis bien longtemps. Quand venait le temps de sauver le peu de dignité qu’il lui restait, dissimulée sous des toiles d’araignée de honte, le jeune homme oubliait momentanément sa phobie et affrontait la vie. Plus dur sera le retour à sa réalité après s’être pris une véritable dérouillée. La panique le prenait à la gorge et Alan se refermait sur lui-même pour un moment.

Les néons verts lui agressaient les pupilles à chaque clignotement. Ce n’était sûrement pas cette rue qu’il prendrait pour retourner chez lui. Bien sûr, son appartement se situait en réalité à seulement deux rues de là. Il l’ignorait. Et sa tendance à suivre ses pulsions devait le mener à sa perte. A l’aveuglette, il sortit son soda qu’il finit dans une grimace de dégout. L’amertume du fond de coca lui était toujours aussi désagréable. Ce qu’il fit, s’il l’avait voulu, il ne l’aurait probablement pas réussit. Loi de Murphy. De la pointe de sa botte, il envoya valdinguer la bouteille vide dans les airs qui finit sa course au creux d’une poubelle. Ce geste lui arracha un cri de victoire traduit par la suite d’un double salto, totalement imaginaire mais remarquablement exécuté.

Puis… Le plafond était blanc. Et granuleux. Autre fait remarquable, il était allongé sur une surface relativement confortable par rapport au bitume. Non ce n’était pas le problème. Aucun souvenir entre le magnifique geste sportif et son arrivé dans ce qui semblait être sa minable piaule. Sa cheville le lançait terriblement. Pas question néanmoins d’inspecter la blessure, impossible de se redresser. Par contre la mémoire lui revint, en partie en tout cas, sous forme de brides synchronisées avec les montées de douleur. Un chien l’avait coursé sur la moitié de la route et l’instinct de survie d’Alan (preuve qu’en cela il était supérieur à un bulot sur une autoroute) l’avait guidé jusqu’à chez lui. Un foutu clebs qui lui avait à moitié arraché le pied. Dans sa position, il manqua de s’étouffait en avalant sa salive de travers et toussa à en cracher ses poumons.

Trop de soda, trop de fatigue, trop d’adrénaline… Pour faire court, il avait merdé. Grave et longtemps. On ne démarre pas une course avec un cassoulet dans l’estomac de la même façon qu’on ne s’endort pas avec les nerfs à fleur de peau, le crâne prêt à imploser et l’esprit en ébullition. En combustion. Comme le moteur d’une voiture roulant à tombeau ouvert. Tombeaux vomissant des cadavres constitués de chaires sanguinolentes et de mécanique rouillée. Cadavre, inerte, posé comme une fleur sur la chaussée. Mécanique écrabouillée, méconnaissable après l’impact. Sommeil très agité, le jeune homme s’était ligoté dans ses draps et transpirait à grosses goutes. La nuit allait être longue, très longue.

Jamais Alan n’avait envisagé qu’on puisse souffrir autant sans sombrer dans l’inconscient, voir plus loin, plus profondément. Il était incapable de bouger ne serait-ce que le petit doigt. Ou peut-être que c’était possible, mais la douleur – la perspective d’amplifier cette douleur – lui ôtait tout courage, toute volonté. Tout autour de lui, le monde était noir d’encre. Seul l’habitacle du  véhicule existait dans ce monde. Le monde qu’il s’était forgé dans son inconscient et où la douleur dans sa forme la plus pure avait remplacé toute autre forme de sensation.

Le cauchemar se répétait, une nouvelle fois. La scène de l’accident passait en boucle. En vitesse rapide, ou bien au ralentit. A la place du pilote, du passager ou de la victime. Chaque scène était différente d’une autre à ceci-près qu’elle avait pour dénominateur commun la douleur omniprésente. Même le brouhaha pouvait apparaitre et disparaitre d’une seconde à l’autre, transformant totalement l’intonation du songe. Comme d’habitude, des larmes coulaient le long de ses joues alors que son corps endormis s’agitait comme il le pouvait, piégé dans le  drap. Son égo, ultime obstacle entre la vie et la mort, l’empêchait encore d’émettre la moindre plainte, ne serait-ce qu’un sanglot. Alan se le refusait. Absurde.  

Peut-être était-ce la douleur réelle ajoutée à celle fantasmée qui changea la donne. Ou alors son esprit auto flagellé c’était retourné contre son inconscient pour reprendre le pouvoir. Toujours est-il que cette nuit, la peur qu’affichait le visage d’Alan lorsqu’il dormait se mua en autre chose. Dans son rêve, le temps s’était figé. Ca n’était encore jamais arrivé. Le Alan d’aujourd’hui fixait le Alan d’il y a dix ans. Bras croisés sur la poitrine. Le regard réprobateur. Le visage exprimant une pointe de mépris. Dans le monde du jeune homme, il était en droit de se reprocher quoi que ce soit. Et ce voir ainsi, tétanisé par la peur plus que par la douleur, lui faisait honte. Le déclic se fit là. Hors de question d’en arriver à ce point. Même si le sang coulait à flot de leurs plaies béantes, même si l’acier se resserrait autour d’eux comme des boas constrictors, les deux Alan se toisaient d’un air de défis, attendant de voir qui serait le premier à lâcher prise et à s’en remettre à sa peur. Plusieurs fois, il faillit flancher et la douleur, immonde diablotin, prenait de l’ampleur et riait de son jouet. Il était cependant inconcevable pour Alan de perdre ce genre de duel, homme stupide à l’égo démesuré qu’il était. Question d’honneur entre lui et lui-seul.

Des hurlements et des aboiements le transperçait de pars en pars comme autant de couteaux. Son corps entier le brulait, de la lave coulait dans ses veines et son corps semblait prêt à se disloquer jusqu’à tomber en morceaux. Mourir ici et maintenant aurait été la meilleure chose qui pouvait lui arriver. A travers le voile que formaient les larmes coulant le long de ses joues, Alan fixait avec horreur les corps mutilés, figés dans la paroi rocheuse qui avait remplacé les lieux de l’accident. Comme de la carcasse dans la rue, il lui était impossible d’en détacher le regard. De temps en temps, une voiture sortait de nulle part et s’encastrait dans la roche en explosant. Des langues d’acier sorties du sol l’enlaçaient et lui lacérèrent les bras quand il s’essuya le visage. Il ne plierait pas. Pas cette fois. Son sang et celui de nombreuses créatures maculait son corps et coagulait jusqu’à former une seconde peau abominable. Ivre de douleur, Alan se mis soudain à insulter son double qui se tordait au sol. Il vociféra avec une telle force que la surprise le fit s’arrêter. Le jeune Alan, au moins aussi arrogant qu’il le serait quelques années plus tard, n’admettait pas qu’il pouvait être plus faible que lui-même. Il leva son majeur bien haut et se mis à hurler des injures à son tour. En y repensant, cela n’avait absolument aucun sens et démontrait à quel point il pouvait être stupide…

Soudain, le démon sembla alors se ratatiner sur lui-même. Il n’avait plus rien d’impressionnant avec son air de vieillard vicelard. Du sol jaillirent des piques d’acier aux allures de cylindre de moteurs, entourant la personnification de la phobie. Impuissant, l’immonde petite chose ne cessait de pester et de se jeter contre les parois comme si cela suffisait pour se libérer de cette terrible pression qui annihilée sa force. En vain. Domptée était le mot à employer pour décrire la bête maléfique. La douleur n’était plus redoutée. Elle était redoutable. Comment avait-il put la fuir jusque-là ? Un mystère pour Alan qui était d’avantage énervé contre lui-même qu’heureux d’avoir surmonté son traumatisme. Le jeune homme riait aux éclats en constatant l’absurdité de sa phobie. D’un pas trainant, les mains dans les poches, il s’en alla narguer celui qui était encore un terrible démon il y a de ça quelques minutes. Piégé comme il était, l’être ressemblait d’avantage à un adepte du sadomasochisme en tenu et prêt à recevoir son châtiment. A son tour, il était terrorisé. Son horrible visage n’était plus qu’un masque de douleur sur le point de se déchirer à chaque instant.

Autour d’Alan, le monde noir et suffoquant dans lequel il s’était enfermé depuis tant d’années laissait peu à peu place à un paysage coloré et sans limite. D’énormes chaines, noires et velues comme les pâtes d’une araignée, attirait la cage vers un trou noir qui se refermait sur lui-même. Bientôt, il ne resta pas une trace de ce qu’Alan considérait maintenant comme un simple souvenir, une erreur qu’il devait à son jeune âge. A présent, il était libéré du fléau qu’il s’était acharné à nourrir de jours en jours et d’années en années. Allégé d’un poids qui s’intensifiait lorsqu’Alan pliait sous lui. Tout lui était possible maintenant.





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MessageSujet: Re: Alan Kesey [terminé] Mar 10 Juil 2012 - 0:33
Rang 3 les gens ?
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MessageSujet: Re: Alan Kesey [terminé] Mar 10 Juil 2012 - 9:18
rang 3 le Jean, contrôleur tout comme Megan en fait
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MessageSujet: Re: Alan Kesey [terminé] Mar 10 Juil 2012 - 9:41
Merci à vous deux.
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MessageSujet: Re: Alan Kesey [terminé]
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Alan Kesey [terminé]

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