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[RP Solo fini] Such a loneliness...

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Rémi Soral
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MessageSujet: [RP Solo fini] Such a loneliness... [RP Solo fini] Such a loneliness... EmptySam 9 Avr 2011 - 23:13
Such a loneliness...

Ma paume se retira de l'acier froid de la poignée, et toute joie, tout sourire, s'effondra comme à chaque fois que je refermais cette porte. Tout ce que je pouvais ressentir était happé par l'abime de tristesse qui s'ouvrait en moi, et seul le devoir de rentrer chez moi réussissait à me pousser à marcher.
Cette porte, toujours cette porte. Inflexible, monolithique. Derrière elle se trouvait désormais tout ce que je désirais le plus au monde, tout ce pourquoi j'aurais tout donné, jusqu'à mon coeur, jusqu'à mon sang. Jusqu'à mon âme. La vie que je voulais.
Mais je restais dans ce couloir froid, que la lueur blafarde des lumières électriques ne baignait pas encore. Tel était mon lot. Telle était ma croix. Celle de contempler cette porte, infranchissable, mais qui laissait filtrer assez de lumière pour entretenir le halo angélique qui la bordait.
Et petit a petit, la sensation de froid disparu de ma paume, comme toute chose, éphémères, de ce monde. Me retournant, je m'enfonçai dans les ténèbres.

Non, il y avait une chose qui n'avait jamais changé. Ce que je ressentais pour lui.

Encore une poignée froide, encore une porte, mais que cette fois j'ouvris. Une violente sensation de froid m'envahit, tandis que l'air décrépis de l'hiver marseillais m'assaillait le visage. Il faisait nuit depuis longtemps, et la clarté du ciel provençal était telle que malgré toutes les lumières de la ville, des étoiles pointaient au loin.
Lentement, mon visage redescendit vers le bas planché ou grouillait notre misère humaine. Non, ma misère humaine...
Au loin les feux des projecteurs illuminaient la gare, distillant a qui voulait la voir sa beauté, une beauté qui fatidiquement ne toucherais pas mon âme ce soir. Une dernière pensée pour ce que je laissais dans mon dos m'ouvrit encore une fois le ventre, laissant mon sang coulé a flot dans le feu de la plaie. Ou du moins était-ce l'effet que cela me faisait.
Les yeux dénuer d'expression, n'étant plus qu'une machine sans aucune émotion, sans capacité de ressentir, je me mis en marche vers l'endroit que j'appelais chez moi.
Comme à chaque fois, personne n'osa venir troubler mon chemin, sans doute parce que mon visage confirmait bien la dangereuse aberration que j'étais devenu.
Lentement, le pavé se déroula sous mes pieds, tandis que je passais les rues, pour enfin arriver dans celle, familière, qui me tenait lieu d'adresse.
Deux marches, une clé dans la serrure, et enfin l'effort final pour pousser la lourde porte. Ça y était, j'étais enfin chez moi, dans l'immeuble où je résidais. Deux escaliers plus tard, j'étais devant la porte de mon appartement, et il ne me fallut plus que deux tours de clés pour rentrer.
La soirée fut brèves et sans intérêts, ne me permettant que de subvenir à mes besoins. Enfin venait l'heure dont j'avais tant hâte, l'heure où je pourrais délaisser mon âme lasse dans la douceur de ma couche. Et où je pourrais prendre ma revanche sur la vie réelle. Il ne me fallut que peu de temps pour trouver le sommeil.

C'était un jour radieux, de ceux que seule la douce fin de printemps de ma région pouvait offrir. Le ciel était d'un bleu azur, déversant sur nous cette lumière si incomparable qui rendait tout plus étincelant. Nous étions assis dans l'herbe, sur une nappe dont le quadrillage est devenu un des symboles de la France. Au loin des montagnes se découpaient dans l'azur du ciel, portant leur regard bienveillant sur nous et l'orée du bois qui se dressait non loin. Ma main posée sur la sienne, la douce brise faisant voleté ses cheveux, je ne désirais rien de plus de la vie. La douceur du temps était propice à l'idylle, et il ne me fallut que peu de temps pour me retourner et l'embrasser. Mes lèvres glissaient naïvement et tendrement sur les siennes, tandis qu'en moi brulait un feu qui jamais durant ces trois ans ne s'était éteint. Ma main glissa dans ses cheveux de satin tandis que nous nous allongions dans l'herbe.
Ses jours heureux étaient tout ce que je recherchais, et lui était tout ce qui faisait battre mon coeur. Rien de plus, je ne voulais rien de plus. Ma tête contre la sienne, enlacé, je savourais chaque seconde de ce temps qui serait trop court. Puis il s'endormit dans mes bras, et je restai là, à contempler son visage d'ange, sa respiration lente, vibrant de tout l'amour que j'avais pour lui. Ses cheveux étaient mi-long, d'un châtain noisette où dansaient les reflets du soleil. Son visage était fin, ses pommettes douces, et il s'en dégageait une gentillesse infinie. Il se réveilla peu après, la notion de temps n'ayant pas d'importance. Il ouvrit ses yeux d'un marron si intense et sourit, puis nous nous embrassâmes de nouveau. Il ne nous fallut pas beaucoup d'effort pour rentrer à l'appartement, la notion d'espace n'ayant pas d'importance. La seule chose qui en eut, c'est qu'une fois rentré, nous nous offrîmes l'un à l'autre avec la passion d'un premier amour.

La douceur des choses simples de la vie. L'heure du repas approchait, et nous le préparâmes ensemble. Rien n'était plus tendre à mon coeur que de m'atteler à la tâche tandis qu'il préparait le reste, de faire que tout soit parfait avant de nous asseoir en tête a tête. Nous en profitions pour nous sermonner sur des futilités de la vie de tous les jours, mais en finissant toujours avec le sourire, car c'était un jeu entre nous, et pour rien au monde j'aurais voulu le changer.
Le temps passa et nous profitions de nous avoir l'un pour l'autre. Les autres tâches ménagère ne nous primes que peu de temps, si bien que nous pûmes profiter de l'après-midi.
Nous choisîmes notre terrasse, et la douceur de ses lèvres fit agréablement passer le temps.
Un film, regardé collé l'un contre l'autre, finit d'achever cette superbe journée et nous conduit tout droit vers l'heure du diner.
Deux chandelles furent dresser, tandis que le couvert et la pénombre furent installer. Je ne pus détourner mon regard du reflet dansant des chandelles dans ses yeux et fut surpris, pour la millionième fois de la journée, par sa beauté. Rien dans l'univers ne pouvait l'égaler pour mes yeux et pour mon cœur, absolument rien.
Lorsqu'il ne resta plus sur la table que la lueur chancelante des chandelles, nous nous offrîmes encore une fois l'un à l'autre. Et cette fois ci, avec la passion d'une dernière fois.

Rien de plus. Je ne désirais rien de plus. Vivre ma vie, celle de tous les jours, avec lui. Partager tout, ne faire qu'un couple, être ensemble, jours après jours, nuit après nuit, vie après vie. Voilà tout ce que je désirais, voilà le hurlement qui résonnait dans mon âme à chaque fois que mes yeux se posaient sur son visage. Seulement vivre à ses côtés. Rien de plus.

L'inévitable se produisit que peu après, alors que nous nous apprêtions à nous coucher. La porte s'ouvrit en fracas, et les ténèbres se déversèrent. Puis elle rentra. Elle. Mon Némésis, celle qui avait juré la perte de mon bonheur, celle qui me l'avait pris, celle qui l'avait transformé, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une caricature de la douceur qu'il avait pour ma personne, avant.
Rampant sur le sol, les murs, tout autour de moi, les ténèbres m'encerclèrent, avant de m'engloutir. Je me sentis transporter, je sentis le froid s'installer sur ma peau, comme me susurrant le vide que je venais d'acquérir. Lentement mes pieds retouchèrent le sol, tandis qu'une faible lueur, celui d'un halo, parvenait jusqu'à mes yeux. Je me retrouvais derrière cette porte, monolithique, infranchissable.
Lentement, la sensation de froid s'atténua sur ma main au fur et à mesure que je la retirais de l'acier froid de la poignée. Toute colère, toute autre sensation était happée par l'abime de tristesse qui s'ouvrait en moi. Des larmes coulaient sur mes joues, me rappelant la dure réalité qui était mon lot.
Mon seul réconfort était la certitude que j'avais que demain, quand je reviendrais le voir dans l'après-midi, il serait doux avec moi, comme à chaque fois.
Lentement, je me retournais pour affronter les ténèbres du couloir. Such a loneliness...

J'ouvris les yeux et mon regard se posa sur le plafond au-dessus de moi. Tout était baigné dans une lumineuse pénombre, tant la lumière blafarde des lampadaires électriques parvenait à s'infiltrer.
Mes joues étaient humides, ce qui contrastait avec la sècheresse de ma gorges et de mes lèvres. Mais ni elle, ni rien, n'empêcha ces quatre mots de sortir de mon être.


« Je veux rêver encore... »
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