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Vive les Mariés ! > Royaume Céleste <

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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 5 Sep 2015 - 19:22



Ed semblait être si sûr de lui, c'était impressionnant.
Pas aussi impressionnant que la taille de ma crotte de nez... HE, T'AS VU ? ELLE EST BELLE, HEIN ?!! Oui, chef... Non mais sérieusement, t'es juste dégueulasse. La jeune femme savait qu'ils avaient un écart de niveau assez conséquent, mais pas au point qu'elle ait aussi peu confiance en ses capacités, ce n'était pas possible ! Alors que lui, il marchait d'un pas assuré, comme si il savait où cet orifice au loin les mènerait. La voyageuse quant à elle, se comportait comme si elle était une personne normale, sans capacités surhumaines. Cherchez l'erreur ! C'est pour cela qu'elle n'hésita pas une seule seconde à lui faire confiance. Après tout, même si il était connu pour foutre la merde partout où il allait, il était aussi connu pour être un chic type. Alors, pourquoi se méfier ? TOUUUUTES les raisons du monde, ma grande ! ... Ce mec pue à des kilomèèèètreuuuuh ! Tu le vois pas, avec ces petits yeux sournois, son air vicieux... Un chacal j'te dis, un CHACAL ! Alors d'abord, c'est un serpent HEIN, puis ensuite, juste ta gueule. 'Viens pas pleurer quand il t'auras blessé ou ce que tu veux. Jt'aurais prévenu. Oui, oui, chut. Et que diable veux-tu qu'il me fasse ? Tsss...

La demoiselle emboîta donc le pas de Ed sans mot dire.
Après tout, elle était un petit "pain de mie au Nutella", et un petit pain de mie au Nutella, bah ça se laisse porter jusqu'à se faire bouffer. L'image n'était pas des plus réjouissantes à bien y penser, mais elle s'en contentait. Le trajet fut incroyablement court et ils virent très vite la lumière du jour. Ah bah écoutez, c'est génial ça ! La voyageuse cacha ses yeux quelques instants, éblouie par les rayons du soleil. Ou des soleils en l'occurrence. Intéressant... C'était un truc qui plairait à Daniel ça ! Comment il tuerait pour découvrir de tels lieux et en apprendre davantage sur les coutumes, ainsi que sur la vie de ses habitants ! Il fallait absolument qu'elle lui raconte ce qu'elle avait vécu ici haut. La damoiselle osa s'approcher du rebord pour observer le vide qui s'offrait à eux. Ah ouais, ça faisait haut tout de même... Mais ce que c'était beau. Dreamland faisait pas dans les petits moyens, ça c'était sûr ! Lithium observa les alentours et ne vit rien de plus qu'un magnifique ciel bleu, parsemé de délicats nuages dans lesquels elle aimerait bien s'y jeter. Ils avaient l'air si doux, tellement "fluffy" ! Elle trépigna légèrement à l'idée de se lover dedans, puis soupira lorsqu'elle pensa à la possible chute mortelle à laquelle elle risquait de s'exposer si elle tentait le diable. Ô infinie tristesse !
Une adorable petite plage s'étendait plus loin, avec une mer qui disparaissait silencieusement dans le vide. Le seul point noir du splendide tableau - qu'on se le dise hein - qui s'offrait à eux, était cette épaisse chaîne métallique qui traversait la toile bleue. Etrange endroit pour un bâtiment qui se targuait d'être spécialisé dans le divorce. Mais alors qu'elle était encore en train de lorgner sur les nuages, une voix tonitruante déchira le ciel autant que leurs tympans.


« Vous êtes en train de détruire une union sacrée. Mesurez-vous toute l’importance de cet acte ? Savez-vous ce qu’est une union sacrée ? Un lien indestructible entre deux personnes, créé par lesdites concernées sous serment ; les mots ne se défont pas si facilement et pourtant, vous osez défier vos propres paroles, vos propres promesses, criées sous le regard divin... Il ne vous faut qu’une seule chose pour rompre le serment : la volonté. Et la volonté demande de la conscience, de la puissance, et de l’envie. En prouvant votre arrivée ici, vous venez de prouver votre envie. Et maintenant, testons la puissance de votre volonté, la puissance brute de vous séparer de l’autre. »

L'île se scinda brutalement en son sein, et les deux voyageurs furent séparés.
Euh ouais, mais c'est à dire ? La puissance brute ? La jeune femme se retourna pour voir les cents mètres de vide qui se trouvaient entre eux et eut un mouvement de recul, surprise par ce qu'elle venait d'apercevoir. Au loin, face à Ed, elle se tenait. Pas "elle" à proprement dit, et pourtant, elle se voyait sur l'autre île alors que concrètement, elle était ici. C'était quoi ce bordel ? Lithium fut encore plus abasourdie lorsqu'elle vit  son double se mettre en position de combat, position qu'elle ne reconnut pas vu que ce n'était pas la sienne. Bah non, c'est la mienne. Sans déconner, un clone de moi va se fighter avec Eddy creepy ? FAIS CHIER ! Et moi qui rêvait de ce putain de jour... Bordel de merde. Tester la puissance de leur volonté consistait à défoncer la face du compagnon ? Mais c'était idiot. Divorcer ne signifiait pas se détester, non ? Cela signifiait-il que la personne qu'elle allait trouver en face d'elle serait Ed ? Logiquement, oui.
C'est avec une légère appréhension qu'elle se retourna pour découvrir... Ah tiens ? Mais ce n'était pas le blonde ça. Qu'est-ce que c'était ? La voyageuse était un peu embarrassée par son "adversaire" car, à proprement dit, ce n'était rien de connu. Cela semblait être une masse informe, aqueuse et pourtant à forme humaine. Cependant, aucun visage. Elle ne comprenait pas.


"Qui suis-je ?"

"Euh... Bah j'sais pas, Ed peut-être ?"

"Perdu !"

La masse étrange se tortilla et fit un bruit assez rebutant, avant de créer un visage connu.
Mais pourquoi diable fallait-il qu'il prenne le visage de son psy ? C'était vachement déroutant ! On aurait dit qu'elle se faisait analyser, beuh !


"Nous allons jouer à un petit jeu.
Aucun combat pour toi, si ce n'est un combat émotionnel.


"Ahin. Génial. Donc, c'est quoi le but du jeu ?"

"Résister à plusieurs personnes différentes."

"C'est tout ? C'est complètement con, mais allez-y.
Je suis pas une trainée non plus, faut pas déconner..."


"La volonté dont vous ferez preuve décidera si vous réussissez l'épreuve."

ça ne devrait pas être très difficile.
Et au pire, elle tricherait en laissant sortir Bis vu qu'elle n'aimait personne.
Le premier challenge vit apparaître Daniel. La jeune femme pouffa sans vergogne. Résister à Dany ? Mais easyyyy ! C'était juste Dany le Frenchy comme disaient ses potes anglais, et son meilleur pote pour elle. La dessinatrice trouvait cette épreuve juste tellement stupide, qu'elle en oublia de faire attention à la personne en face d'elle. Le clone de son ami était maintenant à à peine quelques centimètres de son visage, ce qui arracha un violent mouvement de recul de la part de la demoiselle. Pas si près putain, on m'approche pas comme ça sans mon autorisation ! Hé, il est pas dégueu ton copain-là !" Euh, non mais jamais quoi, c'est Daniel, DA-NI-EL. Y'a pas moyen ! Arf, dommage sérieux. Lithium allait se plaindre auprès de la Voix lorsqu'il se passa une chose assez inattendue. Alors qu'elle tournait le dos à la chose, elle sentit une main agripper la sienne, la retourner avec violence avant de sentir deux paumes - mon dieu qu'elles étaient froides - sur ses joues et...


"NON !", hurla-t-elle en repoussant le faux Daniel.

Elle le repoussa si fort qu'il s'écrasa plus loin avec fracas.
La jeune fille ramena ses deux bras contre elle, comme pour se protéger, le visage effaré par ce qui aurait pu se passer. C'était quoi cette épreuve à la con ?! Ils allaient tous tenter de l'embrasser un par un jusqu'à ce qu'elle se laisse faire et qu'elle échoue ? Mais c'est quoi cette idée tordue ?!! Elle aurait pas pu plutôt se battre contre Bis elle aussi ?! Se battre contre elle-même, c'était la meilleure des idées pour tester sa volonté. Elle l'aurait défoncé de toutes ses forces et en aurait redemandé ! C'est bien de rêver ma p'tite. Allez viens, jt'attends ! On se fritte quand tu veux, mauviette !


"Facile, n'est-ce pas ?
Un autre."


"Va te faire foutre !"

Revoir Daniel après ça, allait être folklorique...
Le prochain personnage ne manqua de lui arracher quelques grimaces.
Non mais sans déconner, vous êtes pas sérieux ? ... Vlad quoi. Ouuuuh, attends, attends, laisses-moi faire ! Ah non, j'avais envie moi aussi ! ... Toutes les deux ? GRAVE ! Allez, fais péter ! Alors que le justicier des marais s'approchait d'elle, la jeune femme courut carrément dans sa direction.


"Lili chéri ! Je savais que ce que tu m'avais dit n'était qu'un mauvais rêve. Viens dans mes br..."

"PIED BOUCHE !!!"

Et elle lui déboîta tout simplement la mâchoire avec un retourné du pied.
Alleeeez, high kick dans ton gueule ! Lorsqu'elle atterrit au sol, elle se mit à sautiller sur place, trépignant de bonheur. Ouuh putain, ce que ça faisait du bien ! ... Attends, elle allait recommencer pour voir. Mais alors qu'elle vint à son encontre, il se métamorphosa à nouveau pour prendre l'apparence de... Dox ? Dox femelle, attention. Sérieusement... Nodox fille. Ah tiens ! Salut poupée. Euh, non, non, c'était pas prévu ça. Touches pas, on va perdre sinon ! Allez, juste un peu, fais pas ta mijaurée. J'ai le droit de m'amuser aussi. Lith et Bis n'eurent pas trop le choix car leurs places furent intervertis dans les secondes qui vinrent. Cette dernière, pas peu fière d'être de sortie, porta la main à son oreille, tourna le grenat figé dans sa boucle d'oreille et se métamorphosa en homme. Le même qu'à Luxuria. Un beau jeune homme à l'air mutin, au sourire en coin, les mêmes yeux et blondeur que Lithium, mais des cheveux coupés courts. Son nez droit finissait tout de même en légère trompette, le tout saupoudré de ses originelles tâches de rousseur. Fort heureusement pour lui, son tissu d'hôpital était ample, parce que sinon, bonjour l'étouffement ! Bis ne tarda pas à passer une main dans ses poils de tête, avant de s'approcher tout en douceur vers Doxinette. Cette dernière minauda devant lui, puis vint s'appuyer contre son torse. Le virus devenu mâle, s'accroupit légèrement pour passer ses bras en-dessous de ses jambes et se releva avec la rouquine agrippée à son cou, battant des cils comme une poupée barbie.


"Maintenant, excuse-moi, mais j'ai à faire.
Donc là Lith, tu vas gentiment la fermer et te cacher pour que je puisse aller conclure tranquillou plus loin."


"Tu te fous de moi ?
Depuis quand tu peux changer de sexe ?!"


"Est-ce si important ? On s'en balec' !
Tout ce qui compte est que là, je suis dehors et que y'a moyen pour que j'ba..."


"Bah voyons ! Génial.
Donc on restera mariés à Ed pour toujours au sein de Dreamland. Super.
Non mais c'est une super idée hein ! On partira en voyages de noces au Royaume des Tropiques, siroter des cocktails de fruits de mer, avant de s'enfuir amoureusement chez les fruits, et dans notre plus simple appareil, accomplir notre merveilleuse nuit de noces qui promet d'être inoubliable. Oh oui, que ce sera génial ! Et tu seras là, avec nous. Partageant contre ton gré notre amour éternel, celui que nous nous sommes jurés à jamais. Quel joie ! Rien que d'y penser, j'en frétille de bonheur. Mais ce que j'attends le plus, c'est vraiment cette fabuleuse nuit où nous nous abandonn..."


"Ah putain sérieux, ta gueule !", il lâcha Dox dans la seconde, qui s'écrasa lamentablement au sol, avant de se relever, stupéfaite.
"Mon dieu, c'est dégueulasse ! ... Vais béger. Me sens mal là...
Bon écoute Doxinette, y'a pas moyen ! Choisir entre te tringler ou les regarder se tringler entre eux, c'est juste... Non. Arrêtes avec tes yeux de gobie, ça m'fout la gerbe. Casses-toi. MAIS CASSES-TOI J'TE DIS !!! ... Et puis fais chier, j'vais t'buter."


Il lui balança un violent coup de boule, avant de l'envoyer paître avec une puissante droite précise et ferme. Bah voilà, quand tu veux. Elle eut d'abord un grognement en guise de réponse. Fermes-la. Tiens, j'en veux plus d'ton corps. Il pue la merde. Je t'en prie. Aucune des deux n'avaient remarqué le léger changement qui s'était opéré lors de leur échange verbal. Alors que Bis commandait, une sorte d'image translucide de Lithium était apparu, comme un hologramme. Elle n'était visible que pour son autre elle, et vice-versa. Bien que Bis, boudeuse, était rentrée faire la tronche, si elle était restée dehors, elle aurait été également visible aux yeux de sa proprio. Phénomène que du coup, elles ne remarquèrent absolument pas. Mais du coup, la seconde personnalité s'était adressée à la première comme si elle s'était trouvé en face d'elle, donnant une scène relativement cocasse. Heureusement que Ed se trouvait sur une autre île, vu toutes les choses étranges qui se passaient sur celle-ci.

"Ce fut juste ce coup-ci, mais je l'accepte.
On continue. Vous y êtes presque. Plus que deux ou trois, ça dépendra de mon humeur et de l'avancée du combat d'à côté."


"Connard."

Et qui donc la voix allait-elle lui envoyer à présent ?
Son père, Frankenstein ? D'ailleurs, elle se demandait comment se passait la confrontation de Ed de l'autre côté ? Non pas qu'elle s'inquiétait de l'issu du combat qui serait irrémédiablement en la faveur du blondinet, mais elle s'interrogeait sur la ressemblance de son clone. A quel point la ressemblance était frappante, ses capacités, son caractère... Etait-ce réellement Bis, ou seulement une pâle copie de la rage qu'elle incarnait ? Car si c'était franchement elle, cette dernière se battrait jusqu'à la mort, usant de tout son sang pour faire le plus de dégâts possible. Et si elle pouvait le torturer autant mentalement que physiquement, elle le ferait. Bis le haïssait tellement que Lithium avait quelques doutes quand à l'état dans lequel le claustrophobe sortirait du combat. Oui, elle avait légèrement peur. Mais elle avait confiance. Il la défoncerait probablement sans le moindre problème. En revanche, elle fit une petite moue à cette pensée. Il allait la tabasser sans le moindre remord, c'était moche. Pourquoi se sentait-elle un peu triste ? Parce que tu sais que du coup, il n'hésiterait pas à te liquider si l'occasion parfaite se présentait. Non c'est pas vrai. Crois ce que tu veux.

Lithium essaya d'oublier ces pensées et se prépara à affronter le prochain adversaire. Mais lorsque la créature se releva, la jeune femme baissa lentement les bras. Son cœur se serra et le rouge lui monta aux joues. Elle voulut parler, mais rien ne vint. Rien qui n'avait de sens en tout cas. Tout se bousculait dans sa tête, ses sentiments étaient flous. Autant de joie que de colère, le tout donnait un mélange incompréhensible et inutilisable par son cerveau. Ce n'est qu'avec beaucoup de difficulté qu'elle réussit à articuler un mot, ou un nom plutôt.


"C... Caleb ?"



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 24 Sep 2015 - 0:37
Je ne vous raconte pas le duel en détail ; j’ai déjà fait assez de bastons comme ça, vous en avez peut-être marre de me voir maraver des choses vivantes ou non, puis il n’était pas si intéressant que ça, peut-être parce que la Bis qu’on m’avait envoyé, si elle était douée du même esprit que l’initiale (qui elle, n’était qu’une partie de la personnalité initiale de Lith, suivez donc), n’avait peut-être pas la carrure qu’aurait pu avoir la propre blonde dans cette situation, que son niveau n’avait pu être parfaitement retranscrit. Ça, ou alors, je surestimais la blonde, ce qui était aussi une option envisageable, voire préférable. Pour être tout à fait honnête, la Bis qui m’attaquait ne possédait aucunement le pouvoir de dessin de Lithium (le carnet magique devait manquer) et qu’au lieu de se retirer de mon attaque comme l’aurait certainement l’originale afin de concocter au mieux son pouvoir, elle se jeta sur moi avec un sourire aux lèvres sans aucune forme de peur.

Le but était de la mettre hors d’état de nuire, je supposais, même si la liquider n’aurait pas été un véritable souci. Combattre une illusion dans un monde illusoire au final, ne demandait pas beaucoup d’empathie. Il y eut des coups très violents qui furent donnés et j’en mangeai quelques-uns qui firent mal et qui saignèrent. Pour tout vous avouer, pour un souci d’égalité, ou juste parce que je n’avais pas le temps pour pouvoir gérer efficacement une telle enragée, mes portails furent inexistants de ce combat, même si j’étais prêt à les utiliser au cas où un de nous deux chuterait hors du terrain.

La dernière mandale qu’elle se reçut, en plein dans le menton déjà déformé par la bataille, l’acheva doucement et elle tomba sur le sol… et disparut dans un nuage de petits cœurs roses très insolites. Je crachais du sang sur le sol et attendis une réaction de la grande chaine argentée qui stagnait dans les cieux en attendant la résolution des épreuves. D’ailleurs, le maillon représentant la force de notre envie commençait déjà à s’abîmer et se briser, preuve que ma victoire l’avait fragilisée… Et que faisait Lithium ?
Pouf, réveillé. Moi, pas Lithium.
Première nuit terminée.

__

Premier parti, premier arrivé.
Pour le coup, à cette seconde nuit, je me retrouvais dans une salle d’attende de l’établissement qui cherchait absolument à ne pas nous divorcer, ma fausse dulcinée et moi, parce que oui, pour la prochaine épreuve, il fallait être absolument deux. Enfin, vous me diriez, c’était tout à fait normal, je n’allais pas me plaindre de ça. En attendant que la blonde daigne revenir sur Dreamland pour qu’on se sépare à tout prix, puis avouez, on avait peut-être réussi la partie la plus difficile, j’avais jeté mon dévolu sur le dernier DreamMag sorti, dont j’avais certainement reçu le même exemplaire dans mon propre Royaume, j’étais un grand abonné. Je feuilletai les pages tranquillement.
Et clairement, je n’aurais pas dû.

Petite colonne de la dix-septième page. Juste là :
« Hélène Metzergenstein, Voyageuse de l’acide, assassinée par Narr Rost. »
Voilà comment j’appris son décès. Pas d’image de mon amie, pas d’image du meurtrier. Rien que ces quelques mots, un fait divers seulement. Un coup de couteau en si peu de syllables.

J’arrachai la page, de rage, sans réfléchir, le cerveau lui-même avait décidé que la rationalité était inutile, que j’avais le droit, que j’avais le droit de tout faire. La colère n’était pas un sentiment familier… m’énerver, oui, ressentir des bouffées de colère, complètement, être dégoûté par des enfoirés, ouais.
Mais là, ce fut de la colère pure. Rouge, qui me faisait fumer, qui me déchirait en magma mes intestins. Narr Rost. NARR ROST !
Comment ce connard avait-il osé ?! Qui était ce fils de pute pour assassiner des Voyageurs, qui plus était, une de mes meilleures amies Voyageuses, une des meilleures rencontres que j’avais faite à Dreamland, un étendard de la gentillesse, de la compassion, de la modestie ?! Bordel de merde de fils de chien, tu l’as tuée ! Pour rien, je parie ! C’est marqué « Assassiné », putain d’assassin, t’as buté une de mes meilleures amies !
Ma main jette le DreamMag sur la table basse tellement fort que la vitre se fissure, puis mon poing traverse le mur dans un grondement de colère en enlevant une grande partie du plâtre. Ce salaud avait osé toucher à Hélène, l’avait assassinée. Ma respiration devenait forte, celle d’un taureau en éruption, je ne me contenais plus…

Le calme ne vint que du fait que je savais qu’actuellement, je ne pouvais rien faire… Il fallait que je me débarrasse de Lithium, puis ensuite, je ferai la peau de cet enfoiré. Ma colère trouva le compromis acceptable et décida de retirer ses externalités les plus agressives pour ne me laisser qu’un goût de lave dans la bouche et dans le ventre, ainsi que de graver une idée fixe en tête : Narr Rost. Crevé.

Narr Rost, fils de pute, j’allais te débusquer et t’expliquer comment on agissait en esprit civilisé ici. J’avais des envies de hurler si fortes que ça me dévastait le larynx sans même l’utiliser, ma gorge grattait, mes yeux fulminaient, mes mâchoires étaient serrées l’une contre l’autre quitte à me donner une migraine. L’infirmière des divorces qui entra voulut m’accueillir avec un plateau rempli de pâtisserie en formes de cœur, mais sans même voir le trou dans le mur que j’avais causé, rien que par l’aura que je dégageais et ma position, sut pour elle qu’il fallait reporter à un horaire indéterminé le petit apéritif sucré.

J’avais eu de sacrées galères dans Dreamland, mais celle-ci… celle-ci… Comment dire… Oui, j’avais été torturé, tabassé, on avait attenté à ma vie une bonne cinquantaine de fois et on était toujours dans la première quinzaine, on avait attaqué des proches, on les avait même tués, j’avais reçu des menaces de mort, je m’étais retrouvé dans des galères incroyables, à combattre des maux qui me dépassaient, qui me ruinaient ma santé jusque dans le monde réel, mais ça… Déjà, c’était inattendu, paf, on lit ça comme ça dans un journal, puis de deux, putain, c’était violent. C’était comme ça, point, une vie de perdue. Ca touchait presque à mon intimité en fait, j’avais grandi avec les Private Jokes, c’était mon premier et dernier cercle d’amis, le plus proche de moi. Et voilà qu’un inconnu total le brisait sans aucune once de sentiment.

Le chagrin vint se reposer sur les terres brûlées par la colère. Je me rassieds et à défaut de pleurer, ma main vint se poser sur mon visage pour le camoufler. J’étais effondré… Hélène… Morte… Aussi facilement, aussi gratuitement, aussi… ‘comme ça’. Je me mordis la lèvre, j’essayais de ne pas y penser, comme on essaie de ne pas penser à un trou noir alors que notre vaisseau est aspiré par lui. Je t’aimais, Hélène.
Je peux rien faire pour toi actuellement, puis on se connaissait à peine en-dehors de Dreamland, on s’était vus quelques fois, mais les souvenirs partagés étaient si peu forts comparés à ce qu’on avait vécu dans le monde onirique. Je vais te promettre une chose, petite flaque d’acide, que je vais faire la meilleure chose que je sais faire sur Dreamland pour toi : je vais tabasser ton enflure. Pour toujours.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Lun 5 Oct 2015 - 18:10


Par quel stratagème, quel maléfice… Malgré le fait que Dreamland ne cessait de l’impressionner chaque nuit, elle ne pensait pas que ce monde était capable de s’imprégner à ce point de sa vie, de ses souvenirs et de ses blessures. Cela en devenait presque malsain. Cet univers qu’elle appréciait tant commençait à la détruire, à l’en dégoûter des rêves. Ils auraient pu choisir n’importe qui d’autre, mais non, il avait fallu que cela tombe sur lui, Caleb, son premier amour. Il était l’unique garçon à qui elle avait fait confiance après son traumatisme – sans compter Daniel, mais il n’était que son meilleur ami (friendzooone) – le seul qui avait été en mesure de contourner ses barrières et d’abaisser ses défenses. Ils avaient vécu une relation quasiment parfaite, s’accordant malgré leurs rares différences, leurs ressemblances les rapprochant au maximum. Ils s’étaient acceptés malgré leurs travers. Mais un jour, sans crier gare, il avait disparu. Du jour au lendemain, plus aucune trace du jeune homme, rien. Des années avaient passées et aucune nouvelle, jamais. Elle n’avait pas une seule fois abandonné l’espoir de le revoir, de le retrouver pour au moins demander des explications à propos de cette désertion. Lithium avait vécu ce soudain départ comme une trahison, une fuite. Jamais la voyageuse s’était sentie autant rejetée, pas même lorsqu’elle était enfant. Les coups et les mots ne lui avaient pas fait autant de mal que cette disparition. Alors le revoir aujourd’hui, même sous forme d’illusion, lui déchirait le cœur. Sa gorge se serra et elle porta une main à sa poitrine, étreignant le peu de tissu qu’elle possédait. Ses yeux s’embuèrent et eut du mal à déglutir, mais s’empêcha de craquer. Il n’était pas le vrai Caleb, il n’était pas réel. Et pourtant…
Ses doux yeux verts, ses cheveux sombres en broussaille et cette expression de tendresse sur le visage étaient une torture pour Lithium. Elle aurait voulu attraper les lunettes rectangulaires sur son nez pour les écraser avec force au sol, les écrabouiller de toute son âme, de toute sa rage. Après plusieurs minutes à le dévisager, elle détourna le regard, ne supportant plus de voir ces yeux posés sur elle. Cela pouvait paraître cucul, j’ai la gerbe rien qu’à t’écouter, mais elle l’avait aimé autant qu’elle l’avait haï.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, cultivant un silence morne, jusqu’à ce que le clone brise la glace.


« Tu ne viens pas me saluer ? »

« C’est tout ce que tu as à me dire après tout ce temps… ? », elle soupira, « De toute manière, qu’est-ce que je peux espérer de toi ? Tu n’es pas réel. »

« ça, c’est que tu crois.
Je sais très bien ce que tu ressens envers moi. »


Elle ricana amèrement, la voix tremblante et le rouge montant aux joues.

« AH ! Laisse-moi rire.
Tu ne sais rien de ce que j’ai bien pu ressentir !
Alors fiches-moi la paix, disparais, t’es doué pour ça. »


Il commença alors à s’approcher d’elle. A mesure qu’il réduisait la distance entre eux, Lithium reculait de quelques pas, à peine de quoi rattraper ce qu’il gagnait sur elle. Mais la jeune femme était pétrifiée, ne sachant trop quoi faire. Ses pensées se contredisaient sur l’attitude à adopter envers le garçon. Elle hésitait entre se jeter dans ses bras pour sentir à nouveau son corps contre le sien, ou tout simplement le défigurer pour l’avoir si lâchement jeté sur le pavé. La seconde option est la plus intéressante. Quand il fut à bonne distance, elle se décida enfin de sa réaction. Elle leva une main, prête à le frapper, mais fut intercepté par la poigne puissante de l’illusion. La voyageuse se débattit mollement, sans grande conviction, puis des larmes commencèrent à couler. Mais pourquoi tu chiales encore ?! T’es vraiment une pisseuse ! Finalement, elle laissa doucement sa tête tomber sur le torse de Caleb, pleurant toutes les larmes de son corps. Il la serra contre lui.

« Comment tu as p… pu me faire ça ?
Je croyais que tu m’aimais. Est-ce que c’est moi que tu… que tu as fuis ? »


Il resta silencieux.
Qu’est-ce qu’un clone pouvait répondre à ça ?
La jeune femme continua de pleurer, mais jamais ne l’entoura de ses bras.
Les prochaines minutes furent longues, très longues. Et lorsqu’elle n’eut plus de larmes à donner, elle se mit à observer le sol d’un regard vague. Tout ça n’était qu’une mascarade, une vulgaire mascarade. Elle devait mettre fin à tout ça. S’expliquer avec une image de lui ne l’amènerait à rien et celui-ci ne lui donnerait aucune réponse viable.


« Décidément, je n’aurais pas ma réponse ce soir. »

Elle se sépara de lui et le regarda dans les yeux, plantant son regard triste dans le sien qui était froid et vide. Un faible sourire se dessina sur ses lèvres.

« Termines ma citation. »

« Quoi ? »

« Je sais pourquoi je vous hais, mais j'ignore pourquoi je vous aime … »

Elle attendit quelques minutes, le temps d’observer sa réaction et lorsqu’elle ne vit que de l’incrédulité sur son visage, elle secoua la tête et soupira à nouveau, avant de relever le menton en souriant :

« J’espère bien te retrouver pour que tu puisses terminer ma phrase. »

Et le clone s’effondra avant de disparaître en une flopée de nuages.
Les jambes tremblotantes de la demoiselle ne purent la soutenir plus longtemps et elle tomba également à genoux avant de s’évaporer.


----


Lorsqu’elle ouvrit à nouveau les yeux, elle ne put se résoudre à se lever.
A quoi donc cette épreuve avait bien pu lui servir ? Une bagarre aurait tout aussi bien fait l’affaire. Elle repoussa faiblement la couette et manqua de trébucher sur son chien qui dormait de son côté. Après s’être excusée pour lui avoir marché dessus, elle partit en direction de la douche et y resta de nombreuses minutes, soucieuse d’éclaircir ses idées. Cependant, rien ne vint illuminer son esprit et elle quitta donc la douche. La jeune femme ne prit même pas la peine de s’habiller et erra entièrement nue dans la maison. Y’avait personne de toute manière. Pas de maman, sûrement pas de papa et encore moins de petit ami. Elle passa la plupart de la matinée sur le canapé à lire une nouvelle de Lovecraft et ne se leva même pas pour manger. Alors qu’elle arrivait à un passage supra intéressant, la sonnette de la porte d’entrée retentit et la fit bondir du sofa. Oh putain, mais c’était qui ?! Merde, merde, merde ! Kiara se mit à aboyer puis à remuer la queue en voyant par la vitre qui était l’impertinent ; Daniel. Chier, c’était pas le moment lààà ! Raaah… Elle courut dans tous les sens, cherchant de quoi se couvrir et finit par se rabattre sur un vieux tee-shirt Jack Skellington, mit une culotte et enfila un short à rayures par-dessus. Puis courut à la porte et l’ouvrit à la volée, respirant bruyamment.


« Hé ! … Pfu... J'peux faire quelque chose pour toi ? »

« Coucou ! … Euh, t'as couru ou quoi ? », s'inquiéta-t-il.

« Ouais non, cherches pas. », dit-elle en balayant l'air de la main.

« Oook... Pas de soucis.
Je peux entrer ? »


« Ouais, ouais vas-y !
ça tombe bien, je voulais te parler d'un truc. »


« Bah justement, moi aussi. », soupira le garçon.

Ils s'installèrent ensemble sur le canapé et Daniel l'incita à parler la première.
Elle lui raconta sa dernière nuit, qu'elle était donc actuellement mariée à Ed sans trop savoir pourquoi ni comment surtout, et qu'ils cherchaient à s'en dépatouiller le plus rapidement possible car ils n'avaient qu'un temps limité pour divorcer. Le garçon se liquéfia sur place. A... Ed ? Pas n'importe quel Ed, non. LE Ed Free s'il vous plaît, une des personnes qu'il admirait le plus sur Dreamland. Et voilà que, sans faire aucun effort, il se retrouvait marié à Lith ?! Sans oublier qu'il cherchait à s'en séparer. QUOI, mais... QUOI ?! Il eut du mal à se contenir mais fit un brillant effort de contenance et continua à faire mine que tout ceci n'était rien de plus que surprenant. Lorsqu'elle termina par l'épreuve qu'elle venait de subir, ses joues rougirent légèrement. Comment est-ce que Dreamland avait pu capter ça et faire réagir une illusion de lui-même en conséquence ? Il préféra éluder la question et entra directement dans le vif du sujet.


« Tu retournes donc au Royaume Céleste ce soir ? »

« La logique voudrait que oui. »

« La chance... On ne peut y aller que sur invit' ou pour les mariages justement.
Raaaah ! BREF ! J'ai fait des recherches sur ta prime avec mes potes. Et il se trouve qu'il y a un type qui est en mesure de te dire précisément qui est l'auteur de ce wanted. »


« … T'es pas sérieux ? »

« On ne peut plus sérieux.
Il a un bureau au royaume Céleste pour ne pas être dérangé constamment par les criminels du coin. Une sorte de pseudo informateur ou détective, je sais pas trop. Dans un sens, c'est pour ne pas avoir à bosser, mais bon... Je ne dirais rien hein. C'est parfait comme timing ! Tu pourrais essayer de le trouver ce soir ou demain éventuellement. Tiens, voilà à peu près l'adresse. »


« Le deuxième nuage à droite et tout droit jusqu'au ravin »... Ahin.
La voyageuse resta béate devant ce petit bout de papier. Elle allait vraiment savoir qui était derrière cette mise à prix, découvrir pourquoi la vouloir vivante. Pleine de reconnaissance, elle se jeta au cou de son meilleur ami qui ne se débattit pas le moins du monde, au contraire.


« Merci, merci, merciiii !
Je ne te remercierais jamais assez ! »


« Oh, si tu m'offres la possibilité de rester cette aprèm pour qu'on se fasse quelques parties de Smash, je crois que tu seras toute pardonnée. »

« Vendu ! »

Ils jouèrent donc une bonne partie de l'après-midi, puis regardèrent quelques films et commandèrent des sushis, vu que finalement, il restait pour manger. Ils regardèrent quelques épisodes de Chuck et lorsqu'il commença à faire tard, il quitta la baraque en lui demandant de lui promettre de le tenir au courant des évènements. Elle acquiesça et partit se coucher.


-----


Le retour sur Dreamland se fit calmement et sans encombre.
Elle se réveilla dans les toilettes, face au miroir qui lui renvoyait son reflet cérémonial.
Toujours en robe, mais sa coiffure avait changée. A présent, dans ses cheveux ondulés se trouvaient de jolies petites marguerites formant une sorte de serre-tête. Elle porta la main à sa chevelure par réflexe et put remarquer que l'alliance était toujours là. C'était si étrange et stupide à la fois. Elle qui n'avait jamais imaginé se retrouver dans une telle situation, que ce soit dans la réalité ou oniriquement parlant, voilà qu'elle pataugeait dedans. Heureuse que tu remarques que c'est la merde ouais. Ed se trouvait sûrement derrière quelque part dans le bâtiment, et tout ce qu'elle souhaitait, c'était prendre ses jambes à son coup et se tirer vite fait ! Elle posa sa tête entre ses mains en s'appuyant sur le lavabo et soupira de dépit. Ouais, Bis avait raison ;  c'était la merde. AH, tu vois ? Mais pour se sortir de ce bordel, elle devait se bouger. Bien décidée à emballer ça vite fait bien fait, elle sortit des toilettes, rajustant machinalement une fleur et arriva dans ce qui semblait être une salle d'attente. Ed était déjà présent, assis sur l'une des nombreuses chaises qui peuplaient la pièce. Devant lui sur une petite table vitrée et fissurée, un DreamMag un peu froissé. Une page arrachée avec violence se trouvait non loin de la base. La tête enfouie dans l'une de ses mains, il semblait profondément contrarié et atterré.
N'étant pas franchement « amis », elle n'osa pas lui faire une accolade de consolation, même si la situation s'y prêtait relativement bien. Non, la jeune femme se contenta de venir s'asseoir en silence à côté de lui, créant le moins de bruit possible. Ce n'est que lorsqu'elle aperçut le trou dans le mur – dont il était probablement le responsable – qu'elle fut certaine que quelque chose n'allait pas. L'idée qu'il était également l'auteur de la fracture visible sur la table vint effleurer son esprit quelques secondes après. Avait-il lu quelque chose de désagréable ? Elle resta silencieuse de longues minutes puis avança sa main pour prendre la sienne, histoire de lui montrer un tant soit peu de compassion, mais stoppa son geste en plein élan. Non, ce n'était pas raisonnable, pas maintenant, pas ici. La voyageuse hésita de longues secondes avant de ramener sa main vers elle et regarder ailleurs. Mais elle ne put se résoudre à le laisser dans cet état. Malgré tout ce qu'elle avait déjà vu, elle ne supportait pas voir les gens tristes (et il fallait avouer que son aura faisait un peu flipper en fait là). Prenant son courage à deux mains, elle sortit la première chose qui lui vint à l'esprit.


« Quand le moooonde te persécute, TU te dois de persécuter le moonde ! », dit-elle avec la voix d'un très connu Suricate, faisant même les gestes et l'expression.

Putain, y'avait sacrément plus intelligent...
Elle devint écarlate, honteuse. Le gars était déprimé et elle, elle ne trouvait rien de mieux que d'imiter Timon du Roi Lion. Sérieusement Lith', il t'arrive de te servir de ton cerveau parfois ? Faudrait franchement penser à t'en acheter un ma vieille.


« Je... Désolée.
Tu n'avais et n'as toujours pas l'air bien, je pensais que dire une connerie te...
Ouais non, oublies. Fais comme si je n'étais pas là, je crois que c'est mieux... »


Si il y a avait eu un Sarlacc, elle s'y serait jetée la tête la première.
Elle ne lui demanderait pas ce qui n'allait pas, ça ne la regardait pas et elle était sûrement la dernière personne avec qui il souhaiterait discuter de ses problèmes. Après tout, elle était un peu la femme dont il souhaitait divorcer. Aha... Finalement les toilettes, bah c'était pas si mal comme endroit.




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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 18 Mar 2016 - 23:29
Lith arriva, dans le pire moment. Elle aurait pu revenir trente heures plus tard notez, ça aurait été encore le pire moment, la digestion était proportionnelle à l’ingestion, et là, c’était une bonne tonne de mauvaises nouvelles. Je tremblais encore de la lèvre, mes yeux, je les voulais pissant de sang, pas dit que ça soit comme ça, mais à force de regarder le mur en-face sans m’en détourner d’un grain, j’aurais pu creuser à l’intérieur. Main l’une contre l’autre, les épaules en avant comme si j’allais sprinter d’une seconde à l’autre, hop, sur les chausses, jusqu’à l’assassin qui avait défoncé Hélène. Des raies d’optimisme noir me disaient que la colère que j’éprouvais à ce moment justifiait mes arguments sur l’importance de tuer quelqu’un sur Dreamland.
De la colère, peut-être, mais tu aurais vraiment dû ressentir de la tristesse en premier lieu, plutôt que de t’exciter comme un buffle.
De la tristesse, pas de la colère.
Ferme-là.

Lith, que je fais semblant de pas remarquer, une coquille était résistante et immobile, s’est assise près de moi, et je la sens pas très sûre d’elle, je sens qu’elle a senti, la tension était palpable dans la pièce, même moi, je pouvais ressentir l’électricité que je faisais parcourir aux lieux – et le savoir, ça me faisait du bien. Je voulais que tout le monde sache que j’étais en pétard. Mais pas en deuil. C’était pas Ed Free d’être en deuil, mais c’était Ed Free de venger la crémation.

Y a Lith qui approche sa main, je la vois du coin de l’œil, je la sens légèrement bouger sur le sofa, je me demande si j’ai envie qu’elle continue ou pas. C’est pas Ed Free d’accepter ça. Pourtant, moi, Ed, j’en aurais immensément envie. J’ai juste envie que quelqu’un me prenne dans ses bras et me dise que tout va s’arranger, ou juste au moins, un soutien, un oreiller, un « je suis là pour toi, prends mon énergie, tu sprintes depuis trop longtemps ». Mais si elle ne va pas jusqu’au bout, elle s’arrête ; je la sens l’occasion, à moi, de faire ma moitié de chemin, de serrer sa main contre la mienne, et de partager nos chaleurs. Je me sentais désemparé et faible, alors je me sentais un faible pour elle, tout chaud, tout petit, tout éphémère, une lumière de bougie dans une grande salle obscure dont on ne voyait pas les pièces, elle éclairait que dalle, mais elle était présente. Je ne voulais rien de la Voyageuse, seulement qu’elle soit avec moi – c’est pour ça que je suis rarement en couple, je réfléchis pas en ‘nous’, vous notez. Soit on fait plaisir à l’un, soit à l’autre.

Mais la moitié du chemin, je la fais pas, je reste immobile, et peut-être qu’elle me voie juste comme un gros taureau avec ces biceps, un type insensible des autres sinon de ses cercles proches, alors qu’en moi, ça bouge, ça remue, ça veut pleurer, ça veut hurler, ça veut de l’aide. Une vraie tambouille dans le corps, loin, très loin, de ce que l’extérieur veut faire croire, sur mon commandement. J’écoute Lith alors, qui reprend le Roi Lion à-côté de moi. Ça aurait dû m’arracher un sourire, mais la perche était aussi tendue au monstre qui voulait hurler en moi, et il était plus fort que la partie lumineuse de mon être en cet instant, donc au lieu de me laisser attendrir, je répondis fermement, entre les dents si serrés qu’on aurait pu croire que j’aiguisais un sabre :

« C’est ce que je compte faire, oui. »

Et peu après, à elle de se confondre en excuses, là encore une fois, j’aurais pu trouver ça touchant et naïf de sa part, mais le spectre en moi et devant mes yeux obscurcirent mon jugement et la trouvèrent hautement agaçante. Malgré sa bonne volonté. Je me sentais d’une humeur chiennasse, il fallait pas que je sois comme ça, je pouvais avec de la volonté me remettre à un niveau potable, allez Ed, laisse Hélène à tes souvenirs et préoccupe-toi de l’instant présent. En tout cas, notre grosse infirmière préférée passa par la porte et d’un grand sourire, constatant que nous étions bien là, nous dit :

« C’est très bien, très bien. Mes futurs ex-tourtereaux, dans une petite heure, ou deux, ou moins, vous pourrez passer à l’étape suivante, je suis en train de tout préparer. N’hésitez pas à faire un petit tour. »

Elle s’en alla, et je me rendis compte que j’avais oublié la moitié de ses phrases, et qu’elles restaient collées à mes tympans, glougloutant tranquillement, attendant que j’ai terminé de cogiter. Je regardais Lith, sans trop d’éclat dans les yeux, ni dans la voix d’ailleurs, et je lui fis :

« Tu veux sortir… ? » Aucune promesse de ce que moi j’avais envie, ou de ce que je comptais faire… « Ma petite blonde à moi ? »

Oh non, encore ces surnoms débiles… Mais pour une fois, pris au dépourvu, là, ça m’arracha un petit rire, que j’étouffais entre ma langue pour ne pas qu’il sorte, mais au moins, j’avais l’air amusé. D’abord Lithium, ensuite Hélène. J’aurais assez à faire avec la première, allez Ed, on met cette histoire entre parenthèse, on la rouvrirait quand le besoin s’en ferait sentir. Puis une marche dans les cieux, c’était peut-être le meilleur chemin de guérison que tu avais actuellement pour penser à autre chose. Pis allez, pour trouver la bonne humeur, fallait déjà la chercher ! Qui disait ça, déjà ?! Ah oui, vrai, personne. Pas grave, saisissons cet instant de sagesse. Je me levai, et je présentai mon bras à Lith :

« Si ma chère et tendre futur divorcée me faisait l’honneur… »

Je forçais vraiment le jeu, mais au moins, j’avais l’air aimable. Peut-être un peu triste dans le fond, c’était incompressible, y avait des limites, mais je me concentrais sur la situation de maintenant.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 2 Avr 2016 - 12:10


Le silence devenait pesant.
Lithium ne savait quoi faire dans pareille situation.
A mesure qu'elle grandissait – ou vieillissait, ça dépend du point de vue, goujat va – la jeune femme avait l'impression qu'elle gagnait en défauts et maladresse. Son « talent » pour la sociabilité fondait comme neige au soleil. Même pas fichue de consoler un camarade, c'est dire ! Quel boulet elle était... Le mot est faible. En même temps, il semblait plutôt avoir besoin d'être calmé plus qu'autre chose. Mais qu'est-ce qui avait bien pu le mettre à ce point en colère ? Et si elle regardait les boulettes de papiers pour voir ? Non, méchant Dobby, on se mêle pas des affaires des autres ! C'est un coup à se prendre un pied-bouche ça. Houlà, fallait qu'elle se calme, elle déraillait complètement là. Ouais, calme ta oij là, t'es chelou ! T'as fumé un truc avant de te coucher ou bien ? C'était la situation qui la troublait, tout était bien trop étrange... Surréaliste même ! Malgré toute la rage qu’engrangeait Ed, la blonde avait envie de faire quelque chose pour lui, pour soulager sa peine ainsi que sa probable frustration. Mais à trop réfléchir sans trouver de solution adéquate qui ne serait pas trop ambiguë, c'est elle qui en finit frustrée. A bien le regarder, cet état lui rappelait souvent ses propres colères. Parfois, lorsqu'une succession d’événements désagréables se suivaient, le vase débordait et Lithium entrait dans une fureur sans précédent. Elle hurlait pour expulser le surplus de sentiments qui l'étouffait, cassait parfois des choses et finissait par se rouler en boule sans bouger lorsqu'elle sentait que le pire pouvait arriver. Et le dernier stade pouvait prendre un certain temps. Peut-être que ça lui ferait du bien au garçon de crier un bon coup.

Mais pour l'instant, Ed ne répondit que d'une voix ferme et tranchante.
Cela aurait pu la surprendre, ce qui pourtant ne fut pas le cas. La demoiselle se contenta seulement de le fixer en silence. Comptait-il réellement persécuter le monde, littéralement ? Son état était peut-être plus préoccupant qu'elle ne l'avait imaginé. Elle ne le jugeait pas, non, elle le comprenait. Être en proie à une envie, une idée tellement puissante, qu'elle vous ronge jusqu'à vous détruire, la voyageuse savait. Sur cet unique point, il devait rester prudent. S'abandonner à de telles pulsions étaient dangereux. L'ennui d'être impuissant de la sorte, c'est que ça vous fait réfléchir. Et lorsque Lithium réfléchissait, différentes idées se mélangeaient, pour finalement donner un résultat complètement à l'opposé de ce que son cerveau lui avait suggéré de faire. Bizarre, hein ? Nan, t'es juste teubé, c'est tout. Lui dire quelque chose de gentil, lui montrer un quelconque signe d'affection, de compassion, un câlin peut-être ? Et pourquoi pas ? Prête à le faire, la jeune fille fut heureusement coupée dans son élan par l'infirmière qui fit son entrée. Bon, on l'avait échappé belle. Imaginez qu'il l'eut repoussé, comment aurait-elle réagit ? Aucune idée. Ce qui était sûr, c'est que ça aurait fait mal quand même... Mais bon, vu qu'il ne s'était rien passé, pas besoin de se poser la question hein ! Oublions tout ça, lalalalaaa ! Faut que tu te fasses soigner sérieusement. Ça t'réussit pas le mariage ma vieille! Une petite heure ou deux ? Hé oh, ça faisait long quand même hein pour patienter hein ! Ils allaient faire quoi durant tout ce temps ? Non pas que la déprime de Ed était contagieuse, mais elle allait finir par le devenir, alors hors de question de rester là à se morfondre, ah ça non ! Allez, on se sort les doigts du cul et on bouge, faire quelque chose de fun !
Comme pour répondre à ses pensées, le voyageur au panneau lui proposa de sortir. Si ça n'avait même qu'une petite chance de lui faire oublier sa peine, elle était même prête à chanter le papillon de lumière ! Alors, oui. Dehors. A son surnom, il eut un sourire, ce qui eut pour effet de faire sourire la jeune femme également. Pourtant, cela ne la rassurait pas pour autant. Il n'allait pas bien, c'était évident. Pourquoi cherchait-il à réprimer sa tristesse ? Pour donner l'impression d'être fort peut-être. Oui mais chacun à ses faiblesses, pourquoi ne voulait-il pas les lui montrer ? Qu'est-ce qu'elle s'imaginait en même temps hein ? Non, elle réfléchissait trop. Après tout, il souriait, c'était le principal. Ne rien demander de plus. Profiter de cette courte bonne humeur. Ed lui tendit finalement le bras comme... De jeunes mariés ? Il est sérieux là ? Face au ridicule de la situation, Lithium manqua d'exploser de rire, mais préféra se prêter au jeu. Elle lui prit donc doucement le bras :


« Avec plaisir, mon beau futur ex-mari. »

« Pitié... »

Et ils se dirigèrent vers la sortie. Les soleils étaient hauts dans le ciel et la température douce. A la lumière du jour, la blonde ne put s’empêcher de rire nerveusement.

« ‘Manque plus qu’le riz et ça l’fait ! », elle eut un temps de réflexion, « … Me demande bien comment ça s’est passé quand même. Comment on en est venu à se marier, et à trouver un endroit où ça se faisait surtout ! »

Son rire devint un peu plus amusé.

« On devait être sacrément secoués. J’espère au moins que ça a été marrant ! »

Il faisait si beau que ça en était indécent. Bah ouais, à Montpel, il faisait sacrément moche ! Des feuilles et pétales se laissaient porter par la légère brise du moment. Elle se répétait, certes, mais pas étonnant que cet endroit soit réputé pour ces lunes de miel hein, c’était vraiment apaisant dans un sens. Peut-être que ça aiderait Ed à se détendre. Alors qu’ils marchaient tranquillement, profitant de la douce chaleur du Printemps, Lithium se prit à poser sa tête contre l’épaule du panneau-phile. Plusieurs secondes passèrent avant qu’elle ne s’en rende compte et elle la retira dès que ce fut le cas. Ouais, c’est l’atmosphère qui pousse les gens à faire des choses bizarres. Ah ils étaient malins ces dreamlandiens… Faire en sorte que le bureau des divorces soit situé dans un tel royaume, c’était bien joué. Ils s’arrangeaient pour retourner la tête des jeunes mariés, comme ça ils leur ôtaient toute envie hein ? Ouais ouais, c’est ça ouais ! ça prend pas ! … Enfin un petit peu, mais pas tout à fait ! J’vous ai à l’œil hein ! Puis la jeune femme se souvint soudainement de quelque chose. Hé mais Daniel lui avait dit qu’elle pouvait trouver un type capable de la renseigner sur sa prime ! Le hasard fait sacrément bien les choses dis donc. Puis, ça changera peut-être les idées de son camarade aussi. Tant que ça lui donne pas l’idée de la livrer pour empocher la thune hein…

« Vu qu’on a le temps, ça te dérange si on va… », elle réfléchit quelques secondes, « … Au deuxième nuage à droite et tout droit jusqu’au ravin ? Si je ne me suis pas trompée bien sûr. J’ai un ami qui m’a parlé d’un endroit qui pourrait m’aider sur quelque chose me concernant. C’est assez important je dois dire. Mais t’es pas obligé mon roudoudou hein ! »

Le dernier surnom n’était pas obligé… C’est marrant comme ces bêtises enlèvent soudainement beaucoup de crédibilité à vos propos. Lithium se souvenait vaguement de la description du bureau recherché ; une sorte de bureau de poste abandonné à l’entrée d’un ravin, un truc comme ça.



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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Dim 17 Avr 2016 - 1:15
Rien de plus apaisant qu’un vent qui brassait la ville tel un souffle divin, surtout quand on était à une hauteur pareille, où les courants d’air pouvaient être assimilés à des tsunamis quand en bas, ce n’était que des vagues de ruisseau. Notamment près du bord, c’est ce qui me fit le plus de bien, comme si j’en oubliais tous mes soucis, emportés par les ondes invisibles. Il y avait Hélène, qui s’envolait. Je n’étais certes pas dans la mythique et peut-être fausse, Edenia, mais s’il y avait un paradis sur Dreamland afin de l’accueillir et de la remercier d’avoir été près de moi, surtout quand je n’avais pas besoin d’elle, alors c’était ici. Que ferais-je de Narr Frost ? J’avais encore la tête chaude bouillante d’envie de souffrance, de meurtre (?), mais peut-être que mes humeurs auraient le temps de refroidir pendant les journées qui allaient passer avant que je ne lui mette ma main dessus. Pour le moment, il fallait profiter de la brise.

Avoir Lithium à mes bras fut un remède souverain, le contact humain étant l’un des meilleurs médicaments qui existaient (ça, et le sport quotidien), et peu à peu, je réussis à revenir dans mon corps, à revenir dans l’instant, plus besoin de repartir dans des chevauchées célestes contre des meurtriers assoiffés de sang. C’était marrant de savoir que selon ses humeurs, la jeune fille qui serrait mon bras pouvait devenir une psychopathe de premier ordre, une tueuse qui ne craignait ni les mœurs, ni la justice, et voilà cette furie tranquillement près de moi comme si tout était parfaitement normal, à commencer par elle. A commencer sinon, par la situation qui nous avait réunis.

Lithium en parla d’ailleurs, elle parlait peut-être pour ne rien dire ou peut-être pour me calmer, mais elle essaya d’imaginer la scène qui nous avait fait nous réunir sous les liens sacrés du mariage, et je me surpris à lever la tête pour essayer d’imaginer l’horreur que ça devait être, ou à quel point on devait être défoncés pour oser faire une chose pareille. A moins d’une incroyable surprise, j’avais déjà ma petite idée dessus, que je n’hésitais pas à lui servir tandis qu’on passait à-côté de maisons qui désiraient s’envoler, tant les éoliennes sur les toits et les balcons tournaient vite :

« On a dû faire des conneries à Delirium City. Des bien bonnes. Tellement bonnes que c’est évident que ça a dû être marrant. Tant que personne n’a pris des photos. C’est presque dommage qu’on ne se souvienne plus de rien. » Mais est-ce que t’avais vraiment envie de savoir ? Je réfléchis, pensai à croire que oui, puis imaginai toutes les possibilités et retournai sur mes pas. Plutôt, non, en fait.

L’Elfe me demanda si on pouvait aller dans un endroit particulier, et vu qu’on avait du temps à tuer, à défaut d’autre chose, je lui dis que oui, il n’y avait aucun problème. Ça nous occuperait, je pourrais un peu savoir à quoi ressemblait sa vie en-dehors des journaux qui la peignaient soit comme un monstre, soit comme une jeune fille au cœur pur, et au moins, on restait ensembles. Dans les épreuves qui nous ballotaient, où l’on y comprenait rien, c’était toujours bien d’avoir un allié. Zéro personne sur qui s’appuyer, c’était terrible, mais il ne suffisait que d’un seul être, et n’importe quelle tâche devenait amusante, et n’importe quelle épreuve, un peu moins effrayante. Il n’y avait plus qu’à voyager dans les rues pavées et les nuages du Royaume des Cieux, Lith dictant l’adresse qu’elle connaissait, qui n’en était pas une que des précisions géographiques sur la localisation du lieu. C’était parti pour une mini-aventure, dans le Royaume de l’amour et des guimauves.

__

« Pardon mesdames, n’auriez-vous point vu passer une magnifique jeune femme, avec des oreilles toute elfiques, un minois à faire fondre le plus glacial des soleils, et des cheveux d’or ? »

Il s’était réveillé comme un prince dans le plus doux des lits, amusante transition avec le monde réel, et il était certain d’avoir eu sur son visage à ce moment précis, le plus exquis des sourires en imaginant à quel point cette nuit allait être fantastique : tous ses vœux s’étaient enfin réalisés. Il s’était marié avec la créature de ses rêves, et il était tellement dommage que le Royaume les ait séparés dès le début de la nuit. Mais bon, cela faisait partie du jeu, n’est-ce pas ? Chercher sa dulcinée dans le plus beau des paysages revenait à la plus belle des parties de cache-cache. Elle devait elle aussi, tout faire pour le retrouver, et dès qu’ils s’enlaceraient devant un coucher de soleil rouge amour, ils pourraient commencer leur relation.

Il se souvint de tous les moments de la veille, de tout ce qu’elle avait dit, notamment un « oui » consentant ; certes, il avait été un peu éméché, ses souvenirs étaient légèrement embrouillés, mais l’alcool servait divinement à sauter des fossés comme si c’était de simples pas. Sa vie devenait d’un coup plus merveilleux, le soleil était d’un jaune doré qui lui rappelait ses cheveux à elle, et il était si brillant et si chaud que c’était forcément une prémisse de la chaleur de ses bras à venir. Tout le paysage était magnifié par sa bonne humeur et les promesses de jour enfin désirés. Même les vieilles Créatures des Rêves à qui il faisait face, semblaient, malgré leurs rides et leur morphologie par trop différente de ses goûts, posséder leur petit charme qui faisait la saveur de Dreamland. Bon, l’aura qu’il leur prêtait fut légèrement entachée par leur réponse qu’elles lui sortirent : non, elle ne l’avait pas vu passer. Il décrivait les vêtements qu’elle devait porter, une robe blanche de mariée qui rendrait tous les cygnes honteux, mais non plus, elles n’avaient rien vu.

« Merci beaucoup mesdames. Passez une bonne journée. »

L’homme ne se laissa pas démonter, et visa un autre quartier, sifflant, rajustant sa veste de marié, et jouant avec la bague de mariée qui était apparue sur son doigt au début de la nuit.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 3 Mai 2016 - 10:49


La situation était étrange quand même.
La jeune fille ajustée à son bras et tous les deux vêtus de la sorte, ils passaient vraiment pour un jeune couple de mariés en pleine lune de miel. Bon, certes, ça aurait dû être le cas, mais n’étant pas consentants, le but du séjour était à présent différent. Alors que Lithium observait joyeusement une boîte postale livrer elle-même son courrier, son compagnon du moment exprima son idée sur leur mariage. Délirium City ? Ah bah c’était carrément probable ouais ! Ce royaume ressemblait à une brève partie de Las Vegas, le reste se situait plutôt à Kazinopolis, donc ça ne l’étonnait guère. Si ça avait été marrant ? Sûrement. Agréable ? Pas sûr. Bah ouais, s’ils avaient été bourrés comme des sagouins, ils avaient dû se vomir plusieurs fois dessus, donc bon, on repassera pour le romantisme hein ! Quand est-ce que cela avait-il pu se produire ? Il ne suffit que quelques minutes de réflexion à la blonde pour attraper une éventualité au vol ; le soir où elle avait fêté son célibat retrouvé. Oui, c’était évident ! Qui ne fêterait pas une rupture avec ce type en même temps. Elle s’était tellement torchée que cela l’étonnait de ne pas voir été retrouvée dans un fossé à dessaouler… Quelques bribes de souvenirs remontèrent soudainement à la surface, et de manière si violente qu’elle se tint la tête pour vainement tenter de faire passer la douleur.


« Je crois me souvenir vaguement du pourquoi j’étais là à Délirium. J’avais fêté ma liberté retrouvée la veille. Et… Je crois que j’ai continué à la fêter à Dreamland. Ça expliquerait pourquoi c’est si flou. J’étais saoul dans le monde réel mais tout autant ici. », elle marqua une pause, un peu honteuse.
« Ouais, bah pour une fois, t’étais drôle. Sinon j’t’assure, tu crains grave ! »

Ok, elle ne le faisait pas souvent, mais là, elle avait vraiment bu comme une crevarde, et ça le fait pas. Pas bien. La demoiselle eut un bref sourire lorsqu’Ed espéra à voix haute qu’aucune preuve photographique ne subsistait à ce jour.

« Et tu vas voir qu’il y en a tout un album ! J’ai l’impression d’être dans un film par moment. »

Généralement, les films de ce type se terminaient plus ou moins bien.
Espérons que ça soit le cas ce coup-ci aussi hein ! Les deux jeunes gens continuèrent donc leur avancée à travers la ville nuageuse. « Le deuxième nuage à droite ». Ouais bah il était bien mignon le Daniel-là, mais lequel de nuage ?! Apparemment, elle le reconnaîtrait au premier coup d’œil. Mouais, bah j’espère bien, sinon je ne vous dis pas le temps qu’ils allaient passer sur cette histoire. Elle ne voulait que des éclaircissements après tout. Sur le chemin, les badauds se plaisaient à les regarder avec envie et admiration, puis exprimaient le fin fond de leurs pensée ; Qu’ils sont mignons, tant d’amour, que ce jeune homme est beau et fringuant, et cette robe… Manquait plus que l’orgue et ils rejouaient leur entrée quoi. Qu’importe la beauté d’ta robe, j’vais t’la repeindre avec ma gerbe. Même si Lithium n’avait jamais rêvé de porter un tel vêtement un jour, les petites fleurs dans ses cheveux la faisait sourire. Oui bon d’accord, elles étaient mignonnes, puis ça faisait très champêtre aussi. Bref, fallait se l’avouer, la voyageuse ne se plaignait pas trop de ses fringues. De plus, il était hautement probable que ce soit la seule et unique fois dans toute sa vie, donc bon.

En fait, tout cela restait étrangement reposant.
Ça faisait bien plusieurs mois qu’elle n’avait pas éprouvé un tel degré d’apaisement.
Il n’était certes pas parfait et complet, mais il restait néanmoins plus élevé que toutes les autres fois. Le calme, la nature, les petits oiseaux… C’est d’un chiant ! Rares étaient les nuits où Lithium pouvait tout simplement marcher en regardant autour d’elle, sans craindre de se faire poignarder dans le dos. Le simple fait d’avoir de la compagnie était déjà en soi un exploit ! Non pas qu’elle n’avait pas beaucoup d’amis, mais pas loin. En effet, la blonde faisait tout pour rester seule, c’était moins dangereux pour les autres, car même si Bis n’avait pas fait d’immenses conneries depuis un moment, elle n’était jamais à l’abri du pire. Respirer l’air pur de l’atmosphère, profiter de la beauté de Dreamland, des choses simples. A mesure que notre ancienneté au sein des terres oniriques augmente, oublie-t-on les premiers sentiments que l’on ressent lors de sa première nuit ? Possible. Débutant, l’on ne voit que les bons côtés des rêves, mais en grandissant, l’on en découvre ses travers. Et l’un de ces travers est que tout est possible, absolument tout. Sa fissure du monde réel exploitée, voilà qu’elle se découvre deux ici. Depuis combien de temps vivait-elle ainsi, son virus à ses côtés ? Trop longtemps déjà, et aucun moyen connu pour s’en débarrasser. Au fond, le souhaitait-elle réellement ? Et si Bis était la chose qui lui permettait de ne pas tout laisser tomber ? Non, ça serait trop saugrenu. Dépendante de la présence de cette horreur, la blague ! … ça serait drôle, hein ? Rah zut, et dire qu’elle appréciait l’instant y’a même pas cinq minutes ! Se vider la tête elle devait

Lithium jeta un regard discret à son camarade de promenade. Allait-il mieux ?
Ou tout du moins, pensait-il à autre chose de plus agréable ? Elle n’était certes pas de la meilleure des compagnies, mais l’invocatrice espérait l’aider à se détendre. A bien y réfléchir, elle ne le connaissait pas tant que ça. Bien sûr, elle l’avait côtoyé de nombreuses fois et elle était au fait de ce qui se disait sur lui, mais le vrai Ed, en avait-elle vu ne serait-ce qu’un simple pan ? Etait-il lui-même, jouait-il un rôle ou quoi que ce soit d’autre ? Que signifiait être soi-même au final ? L’était-elle ? Mais arrête avec tes questions à la con ! T’es un déchet ‘puis c’est tout. C’est moi ton toi véritable, point final. C’que t’es chiante ! On s’croirait chez ton pote l’binoclard là.


« Tu deviens quoi sinon ? Mine de rien, c’est pas comme si on se croisait à chaque coin de rue. A part si je t’ai déjà posé la question, je ne m’en souviens plus… »
« MAIS, kesskonsenbatlescouilles de toute façooon ?! »

Elle pensait trop. Premier objectif, trouver ce bureau. Elle aurait à loisir de retrouver son psy pour se faire remonter une nouvelle fois les bretelles, lorsqu’elle se réveillerait. Les soleils brillaient toujours et l’on ne voyait pas le temps passer tant tout était si calme. En attendant, Lithium ne le trouvait toujours pas ce fichu nuage ! Ah ? Celui-là a une forme bien chelou dis donc. Et c’est le second qu’il avait dit ? Mh… La voyageuse continua de marcher avec Ed, tout en fixant le nuage de loin. Ah mais qu’elle était con, elle avait son tatouage ! Ni une ni deux, la blonde l’activa et zooma. Il semblait effectivement y avoir une sorte de couloir fleuri après le gros cumulonimbus, ou un truc du genre. C’était le bon chemin ! Bien entendu, elle le fit savoir à son collègue.

« C’est bon, c’est le gros nuage là ! Celui qui ressemble à une sorte de… De gros skag prêt à se jeter sur toi j’dirais. », ah ouais mais peut-être qu’il ne savait pas ce qu’était un skag en fait, « C’est une créature quadrupède, avec une armure d’écailles sur le dos, ainsi que sur la tête. Ça fait un peu une sorte de heaume. Puis, sa bouche s’ouvre un peu, mmh, un peu comme ça ! »

Elle dégagea son bras et se mit à imiter avec ses mains une sorte d’ouverture de plante carnivore, tout en grommelant. Ouais, elle avait l’air sacrément conne, mais bon, au moins c’était clair. Puis tout naturellement, elle se remit à son bras. Le chemin se fit assez rapidement et elle zooma à nouveau pour voir si le ravin se trouvait bien au fond du couloir de fleurs. Une fois assurée de cela, ils s’y engouffrèrent. L’on aurait dit une réserve florale mais dans d’immenses et de larges gorges. Les murs entiers étaient tapissés de lierre, de plantes grimpantes, d’espèces de fleurs inconnues, c’était magnifique ! Ah ça par contre, c’était des hibiscus, et ça, des tournesols. Avec des visages. Puis un grand sourire. Creepy en fait… Si on tendait l’oreille, l’on pouvait entendre la flore fredonner une chanson bien connu « un matin de mai fleuri ». Lithium se surprit à la chantonner quelques minutes. A un moment, ils arrivèrent à un croisement. Sur leur gauche, la route menait jusqu’à une clairière où l’on pouvait voir plusieurs arbres en plein floraison ; des cerisiers, des pêchers et un mimosa, le tout fleurissant au beau milieu d’un splendide champ multicolore. Quant à leur droite, c’était la lisière d’une forêt verdoyante. Si la jeune fille s’écoutait, elle aurait couru jusqu’à la clairière et se serait étalé dans le champ de fleurs pour ne plus penser à rien, juste observer le ciel et attendre la fin de la nuit. Malheureusement, il fallait aller tout droit, jusqu’à ce misérable bureau de poste décrépi. Punaise, ça jurait complètement avec le reste du décor ! Ce fut donc à contrecœur qu’elle détacha son regard plein d’envie du champ, pour se concentrer sur la baraque délabrée. Une fois devant la porte, Lithium lâcha un soupir ainsi que le bras du grand blond.

« Bon. Normalement, c’est là. »

Une légère panique commença à s’emparer d’elle.
Qu’allait-elle apprendre ? Qui donc la souhaitait vivante et non morte, le tout à bon prix ?
Tant qu’elle resterait sur le palier, elle ne le saurait point. Allez, courage ! D’un coup sec, la jeune femme ouvrit la porte. Celle-ci crissa et croassa, avant de buter contre une vieille chaussure usée. Charmant. D’un bref regard, elle put remarquer que tout était poussiéreux, seuls quelques endroits attestaient d’un passage fréquent. Frigo, salle du fond, télé, salle du fond, salle de bain, salle du fond, mais jamais aucune sortie vers la porte d’entrée. A croire que ça ne bougeait pas souvent par ici.


« Bonjouuuuur… ? Je viens pour un renseignement au sujet d’une… », elle hésita quelques secondes, « … D’une prime à mon sujet. Y’a quelqu’un ? »

De toute manière, Ed avait dû voir sa tête placardée bien plus de fois qu’elle sur les murs de tout Dreamland, pas de quoi avoir honte alors ! Enfin, un petit peu quand même. Ça faisait un peu comme s’ils étaient des criminels en puissance, pas top la réput’ ! Dans un sens, sa prime était quelque peu justifiée. Enfin bref ! Aucune réponse. Lithium s’apprêtait à réitérer son appel, mais une quinte de toux et un soulèvement de poussière sur leur droite, sur le canapé face à la télé, révéla une présence humaine. La blonde sursauta légèrement et eut un mouvement un arrière par pure précaution. La créature qui prit soudainement vie était effectivement bien un humain, et à voir ses oreilles, c’était un voyageur. Mais… Il vivait ici à temps plein ? Comment ? L’homme était maigre et longiligne, des yeux cernés de noir et intégralement couvert de poussière. Celle-ci était légèrement mouillée par de la bave sur la joue gauche du monsieur. De la poussière mouillée, beeeeeh ! Ses vêtements se limitaient à une chemise sombre de saleté et élimée, ainsi qu’un pantalon de costume usé et des chaussures de soirée. Et ça, c’était censé être son informateur ? Ah. Ok écoute, s’il est compétent, pas de soucis.

« Vous voulez quoi ? »

« Je viens pour des infos sur une prime à mon nom. »

Il observa Lithium de haut en bas, observa Ed quelques secondes, fit une grimace étrange, puis se dirigea vers la salle du fond. D’un signe de la main, il leur suggéra de le suivre. Une fois à l’intérieur de la pièce, l’homme leur montra deux fauteuils rembourrés étrangement propres. Il attendit qu’ils soient installés pour faire de même et sortit plusieurs dossiers qu’il posa sur son bureau.

« L’Ambidextre, c’est ça ? »

« Euh, oui. Lithium Elfensen. », étonnée qu’il connaisse son surnom.

« Et vous avez épousé LE Ed Free. Qui l’eut cru. »

« Oui, oui, mais c’est pas la question ! … Puis comment vous êtes au courant ? », rajouta-t-elle précipitamment, gênée.

« C’est relayé dans tous les journaux. Puis vous êtes apprêtés, portez une alliance et vous vous promenez ensemble. On ne parle que de ça ici. C’est le mariage du siècle qu’on dit presque. Personne n’aurait imaginé que LE Ed Free puisse se ranger un jour, surtout avec… Vous. », dit-il avec un léger dédain.

« Oui bon, ça va, j’ai compris, je ne fais que ternir sa réputation, je suis un déchet et tout ce que vous voulez. Si ça peut vous rassurer, c’était un accident. », fit une Lithium, légèrement blessée, le rouge aux joues, « Maintenant, si ça ne vous dérange pas, j’ai toujours des questions. »

Connard.
Il croyait sérieusement qu’elle n’était pas consciente de son insignifiance ?
Il était temps de t’en rendre compte ! Mais lui parler de cette façon n’était pas nécessaire. Oui, elle était une sous-merde, oui, elle méritait ce qui lui arrivait, OK ! On peut parler maintenant ? Ça va bien 5minutes, après, c'est chiant.


« Est-ce que vous serez capable de me dire qui est à l'origine de ma... prime. »

« De votre... Prime. Ahin. Peut-être. Sûrement. », dit-il avec un désintérêt visible.

Bon, ce mec commençait à lui taper sur les nerfs là, mais sévère !
L'homme l'observa quelques secondes qui parurent à la jeune femme d'une interminable longueur, puis il ouvrit les dossiers posés sur son bureau un par un. Il prit tout le temps du monde pour regarder chaque feuille de chaque dossier. Pendant ce temps, Lithium rongeait son frein. Son cœur battait la chamade, craignant de découvrir une vérité qu'elle ne souhaitait pas réellement savoir. Et vint le moment fatidique ; le dernier dossier – évidement – comportait son prénom écrit grossièrement. Il l'ouvrit lentement et en sortit sa prime qu'il posa sur sa droite. Bon, l'avantage était que cette photo n'était pas compromettante, ça n'incitait pas à sa capture et encore moins à son meurtre. L'informateur sortit finalement un papier buvard couvert de tâches et fronça des sourcils, peinant à lire ce qu'il y avait d'inscrit. Après un soupir, il annonça la couleur. La blonde était penchée en avant, l'attente devenait insupportable.


« Alors franchement, j'vois pas qui sont ces types. Un certain Groupuscule, truc du genre. »

« C'est... Tout ? », fit une Lithium déçue.

Il laissa traîner un silence. La jeune femme voyait arriver le désastre.

« Non. », dit-il finalement.

ç'en était trop. Lithium rageuse, se leva d'un bond et frappa le bureau des deux mains.

« PUTAIN, VOUS ALLEZ ME DIRE SON NOM, OUI ?!! »
« Ah bah il était temps que tu te réveilles ! »

L'homme l'observait d'un air froid et fatigué. Il leva finalement la tête et planta son regard vitreux dans celui de la demoiselle, à bout de nerfs.

« Stavros. Celui qui a ordonné que vous lui soyez ramené vivante, s'appelle Ethan Stavros. Vous le connaissez, je me trompe ? », un malin sourire sur les lèvres.

Le temps s'arrêta soudainement pour Lithium.
Plus aucun bruit, plus aucun son, plus rien. C'était comme si le monde avait cessé de tourner, d'exister. Plus rien n'avait d'intérêt, de goût ou même de saveur. Son regard se fit absent, elle oublia comment parler, comment bouger et comment respirer. La vie était-elle si insensible ? Ses lèvres essayèrent de mimer un mot, mais n'y parvinrent point. Malgré ses jambes flageolantes, la blond tint bon. Ses mains se décollèrent du bureau et l'une d'elle chercha un appui invisible. En voulant reculer, elle se prit sa propre chaise, tituba légèrement et fit tomber l'objet à la renverse. Elle murmura un « excusez-moi » à la limite de l'inaudible, puis courut vers la sortie. Lithium ouvrit toutes les portes à la volée, repoussant absolument tout obstacle sur son passage et se jeta à l'extérieur. Son souffle était court et sa course n'arrangea pas son état. Au fur et à mesure qu'elle sentait le vent sur son visage, celui-ci se mit à rougir et inconsciemment, au lieu de se diriger vers le magnifique champ de fleurs, elle bifurqua vers la forêt et s'y engouffra sans réfléchir. Elle courut, courut, courut, ne s'arrêtant même pas pour reprendre son souffle, comme si courir lui permettrait de fuir cette triste vérité. Au diable les branches qui cinglaient sa face, ses bras, ses jambes, plus rien n'avait d'importance. Il fallait juste courir. Courir pour oublier. Courir pour fuir. Et comme dans un mauvais film, la jeune fille se prit les pieds dans sa propre robe et s'écrasa au sol, roulant sur plusieurs mètres parce que les Voyageurs ne font rien comme tout le monde, avant de finalement terminer sa course parmi des fourrés. La blonde se releva péniblement et ne prit pas la peine de s'épousseter ; à quoi bon ? Qu'importe son état, il la retrouverait. Qu'il neige ou qu'il vente, rien ne la protégerait. Aucun mur n'était assez épais pour la tenir éloignée de lui. Comment avait-il fait, elle qui pensait s'être cachée de son regard ? Savait-il où elle vivait ?

La peur commença à s'emparer de l'Ambidextre.
Puis la colère, la haine et finalement le désespoir.
Un désespoir si grand que les larmes finirent enfin par couler. Telle une enfant, elle se mit à pleurer et pleurer encore. Comme si sa tête menaçait d'exploser, elle s'attrapa le crâne, cherchant vainement à empêcher toute odieuse pensée de s'emparer d'elle. Et enfin, hurla. Longtemps. Très longtemps. Jusqu'à en perdre la voix.
Spoiler:
 
Poussée par une soudaine colère, elle arracha avec violence sa jolie couronne de fleurs qu'elle laissa tomber au sol et hurla de nouveau. Ensuite, de rage, Lithium se mit à frapper autour d'elle. Oubliant qu'elle était humaine avant tout, elle détruisit un rocher du pied – voyageur steuplé - et éventra un arbre du poing. Tout ce que la jeune femme put attraper, elle le jeta plus loin, et ne sachant plus comment expulser sa détresse, se laissa tomber à terre avant de se coucher sur le flanc, le regard vitreux et humide. Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi. Et lorsque le sol devint froid, la demoiselle se leva. D'un pas traînant, elle se mit à errer sans but au sein de la forêt et perdit son chemin. Finalement, la blonde se laissa glisser contre le tronc d'un arbre pour se reposer et fit le résumé de tous les dégâts corporels. Ses mains étaient abîmées, des échardes encore plantées à certains endroits, ses bras et ses jambes avaient été lacérés par les branchages, et de nombreuses coupures étaient encore visibles sur l'intégralité de son corps. Et bien, ça en fera d'autres à rajouter au palmarès hein, qu'est-ce que tu veux que je te dise... Quant à l'état de sa robe, c'était étrangement la chose la moins endommagée de tout le tableau ; juste un peu déchirée vers le bas. Mais l'extérieur restait en bien meilleure santé que l'intérieur. Rongée par l'angoisse d'être attrapée par Ethan, Lithium craignait qu'il termine ce qu'il avait voulu commencer. S'il voulait la retrouver, cela signifiait qu'il n'avait pas changé et qu'il était devenu encore plus malade qu'auparavant. Que pouvait-elle faire ?! Son esprit était flou, embrumé et elle se laissa aller à un petit repos de quelques minutes. Ça ne pouvait pas lui faire de mal, hein ? Non... Pas de mal.


« … Je le trouverai en premier.
On verra lequel de nous aura le plus peur. »


Peut-être... Peut-être.



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 10 Mai 2016 - 0:33
Tout sembla à partir de là, très simple : quand les événements vous ballotaient, partir à la simple recherche d’une adresse, guidée par une autre personne, permettait de déstresser et de penser à autre chose, se perdre dans la balade. Pour un moment, j’étais presque content d’être ici, dans ces énormes maisons et leurs éoliennes, avec ces nuages qui se baladaient si bien autour des îles tels des taxis de différentes formes et tailles, avec ces agitations toutes pacifiques… Je me disais que vu que le Royaume Céleste avait peu de visites de Voyageurs, celui-ci devait s’en trouver moins balloté par les frasques des plus turbulents… et sauraient sans peine rejeter par-dessus bord ceux qui mordaient le plus. Quand on n’avait pas d’aile par ici, il valait mieux pas se la ramener.

Lithium et moi, on discutait quelques temps pour faire fuir le temps, on se cherchait des sujets de discussion, la fille quelques fois, semblait se laisser aller par son imagination fertile jusqu’à me montrer à quoi ressemblait un skag, ce que j’imaginais, un monstre terrible qu’elle avait dû rencontrer dans un autre Royaume (je connaîtrais la vérité quelques semaines plus tard – je n’y connaissais rien aux jeux vidéo pour le coup). Quand elle me demanda ce qui m’était arrivé ces derniers temps, j’eus de la peine à savoir jusqu’où elle s’était arrêtée dans les chroniques de mes aventures. Je reniflai, me grattai le menton légèrement barbu… Bah, il suffisait de lui dire les événements récents et le tour était joué.

« Le jour, je suis en train d’ouvrir un restaurant sur Montpellier. Et la nuit, bah, je gère mon Royaume. Ah si, y a des guerres qui arrivent et auxquelles je dois participer, mais ça, je préférerais ne pas y penser… »

Oh oui, je préfère ne pas y penser. J’aurais pu dire dix fois plus de choses qui m’étaient arrivées dernièrement, mais cette simple idée qu’on puisse aller frapper sur le Royaume Obscur, et que je devrais trahir les traîtres au passage, ainsi qu’allez, tout mon Royaume pour sauver une amie, non, ça ne me mettait pas en joie. Je restai donc sombre, en pensant une chose à la fois, et quand je fis mon agenda, la bonne humeur se ternit : se débarrasser d’un mariage, sinon coucher avec Lith pour ne pas mourir (la majorité des hommes à ma place auraient fait : quel paaaauuuuvre bonhomme, pour une fois que survivre sur Dreamland passait par une femme plutôt qu’un dragon), aller crever l’assassin d’Hélène, le fameux Narr, puis enfin, survivre à une guerre pour délivrer une amie d’un coma… J’étais chargé. Ah oui, évidemment, le restaurant me demandait énormément d’efforts dans la journée, plongé dans les chiffres, les éventualités, et des centaines de compétences managériales (logistique, gestion, etc.) que je ne maîtrisais pas du tout, donc c’était en tout point absolument exténuant et source de stress.

On arriva donc à la cabane qu’elle recherchait, et vu que c’était ses affaires, je décidai de rester derrière elle tel un garde du corps et de la laisser faire ces petites courses. Je ne savais même pas pourquoi on était là, j’avais oublié de poser la question. Je m’intéressais aux autres, si si. On trouva un Voyageur, plutôt bien âgé, qui semblait avoir un boulot à plein temps ici (je connaissais ça, comme le barman du Macadam, Simon, qui bossait dans un bar où Lith et moi avions commencé à pas mal parler pour la première fois, coïncidence ?). Je restais donc derrière, à attendre…

Voilà, on farfouillait tranquillement dans les dossiers, on posait quelques questions indiscrètes, et on se rendit compte que notre mariage était déjà annoncé dans le tout Dreamland mondain – sweet, ça avait pris quoi… vingt-quatre heures ? Un vrai plaisir, j’espérais que les nouvelles du divorce seraient au moins aussi rapides. S’il y avait des torchons de starlette, on allait leur fournir des unes jusqu’à la fin de la semaine. Lithium semblait presque gênée par la situation, ou si ce n’était de la gêne, de la colère par le dédain du type devant la situation, pas tant parce qu’elle avait besoin d’aide que parce qu’il semblait que l’info la plus intéressante dans cette demande fut qu’elle fut émise par une personne qui s’était mariée avec le mauvais Voyageur… ou pour ainsi dire, le mauvais Voyageur avec la mauvaise Voyageuse. Je m’apprêtais à faire un commentaire humoristique pour renvoyer le type dans ses filets mais la blonde clarifia la situation et que c’était un accident. Généralement, quand on parlait d’accident, c’était plutôt quand une grossesse arrivait les mains dans les poches, pensais-je tandis que les deux continuaient à se chamailler.

Jusqu’à ce que le nom d’Ethan Stavros arriva. Celui qui avait la prime sur la tête de Lithium s’appelait ainsi, Ethan Stavros. Il y eut un petit moment de silence, mais comme je voyais Lith de dos, je ne pouvais pas savoir que son visage exprimait une fracture bien nette, elle était peut-être juste un peu tendue dans sa belle robe de mariée. Puis d’un coup, elle s’enfuit. N’ayant ni les réflexes de la rattraper avant qu’elle ne sorte de la salle, ni l’envie vu que cela la regardait, je restai tout à fait immobile, la suivant au moins du regard et vérifiant où est-ce qu’elle s’en allait, la voyant courir aussi vite qu’elle le pouvait dans les rues du Royaume Céleste. Je restais toutefois à l’intérieur de la maisonnée sans comprendre, et l’autre Voyageur qui avait annoncé la nouvelle était tout aussi perturbé que moi, le flanquant enfin d’un sentiment.

« Vous ne la rattrapez pas ?
_ Non.
_ Mais c’est votre femme.
_ Un accident, vous avez entendu ? Relayez l’info, on sera rapidement divorcés.
_ Dommage, elle est tringlable. »
Je n’exprimai rien, ni même du mépris, ni même de l’excitation, juste un ton neutre rempli d’inquiétude tout de même pour la miss. Il se désintéressa un peu de l’affaire, surtout que je m’apprêtais à partir, et il insista tout de même :
« Si c’est une amie, vous devriez au moins la consoler.
_ Peut-être, mais pas tout de suite. Avant que les autres viennent vous aider à creuser, il faut que vous choisissiez la direction. Je vais commencer par la laisser se défouler. J’y vais, bonne journée. »


Maintenant que je fermai la porte, je pouvais foncer à la recherche de Lithium. Je n’avais aucune idée de ce que ça voulait dire, comme attitude, ni tout ce que ça pouvait impliquer. Juste que personne ne courait comme ça, de peur, d’effroi, de stupéfaction, sans que ce ne fut grave. Je ne connaissais rien à cet Ethan mais il avait eu un poids énorme sur la vie de Lithium, et pas des meilleurs s’il lui envoyait par-dessus leur passé commun, une prime sur sa tête. Je ne savais rien, mais de ce que je devinais, je dirais que ça venait d’une cassure du monde réel, Dreamland laissait peu place à des horreurs comme celle-ci se produire. Enfin bon, qu’est-ce que je savais de la vie de la blonde. La seule chose que je savais, c’est qu’elle avait besoin de quelqu’un pour venir l’aider à surmonter tout ce qu’il y avait à surmonter.

Je courais dans les villes en criant son nom, demandant aux habitants s’ils avaient vu passer une jeune femme qui sprintait, je continuais à arpenter la ville à sa rescousse mais autant chercher une aiguille dans une botte de foins. On m’indiqua alors, sans trop de précisions, vers la forêt suspendue. Je fonçai m’y diriger mais je préférais vous avertir, chasseur était un vrai métier. Un métier d’imbéciles mais au moins, ça développait quelques connaissances. N’étant ni ça, ni Grand-Pas, j’étais incapable de la retrouver parmi les arbres. Je continuais donc à appeler son nom en espérant qu’elle y réponde, mais encore une fois, l’endroit était vaste, et la distance plus les feuilles calmaient rapidement ma voix, si bien que mes appels n’allèrent pas loin.

Ce fut au même moment où je me dis que ça n’allait pas loin de faire une heure et qu’il faudrait rentrer dans la fabrique à divorce étrange qu’un phénomène plus qu’étrange se produisit : une sorte de soleil noir, par-dessus la forêt, apparut, déversant de l’ombre à la place de la lumière, et gagnait en intensité et en taille, si bien qu’il dépassa rapidement la taille du soleil, des nuages, des cieux, puis le tout environnant. Aveuglé par l’obscurité soudaine, la boule noire n’avait mis que trente secondes à croître puis à englober le tout, je fermai les yeux quelques instants alors qu’une immense voix grondante retentit dans ma tête. C’était la même voix que celle d’hier, celle de la grande chaîne qui se fissurait et qui nous avait fait nous ‘affronter’ l’un contre l’autre juste avant le réveil.

« Mariés, vous avez prouvé votre envie de rompre, ainsi que la puissance de votre souhait – il ne manque plus qu’à s’occuper de la conscience. N’oubliez pas ce qui vous a unis, rappelez-vous les premières étincelles d’amour. Rappelez-vous… »

Je rouvris alors les yeux, et fut estomaqué de la surprise : je n’étais plus au Royaume Céleste, non, j’étais à Delirium City. Je reconnaissais ses immeubles gigantesques en forme de merde, les habitants qui couraient pour un oui ou pour un non, le ciel délicieusement rose ou marron selon ses envies, ainsi que l’ambiance alcoolisée et folle qui ternissait toutes les ruelles.

J’eus à peine le temps de me rendre compte de ce lieu qu’une foule de gens, poursuivant un troupeau de cannettes de bière, fonçaient vers moi. A ma grande surprise, non seulement ils ne me calculèrent absolument pas mais en plus, ils me traversaient comme si j’étais un fantôme. Les paroles de l’énorme voix me revinrent en mémoire : on devait se souvenir, ou plutôt, se rappeler ce qui avait provoqué le mariage, les sentiments amoureux. Peut-être que ça pouvait aider un couple à retrouver ses sources, se rendre compte de comment s’étaient les premières heures, mais pour Lithium et moi, ça allait permettre de savoir combien de bouteilles on s’était enfilées avant d’arriver à un résultat pareil.

Des voitures passaient, des énormes fracas pas loin… On était bien dans nos souvenirs, il fallait que j’essaie de me rappeler ce qu’on faisait ici. Je tentais de me rappeler, je grimaçais… Une limousine, non ! Une voiture. Nous étions dans une voiture… Il fallait que je trouve une voiture, et ensuite, que je suive la scène.

Je me demandais si Lithium aussi était quelque part dans les environs, mais vu que nous étions éloignés l’un de l’autre, elle devait se trouver ailleurs. Mais était-ce la priorité ? Elle ne semblait pas aller bien quand elle avait couru soudainement, il fallait aussi que je la retrouve. Je me mis à la recherche de la voiture dans laquelle nous devions rouler, et de Lithium elle-même. Je me demandais bien naïvement si tout allait bien marcher sur des roulettes cette fois-ci… Alors que ce n’était pas dit que je ne retrouve ne serait-ce que ma femme.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 3 Juin 2016 - 12:09


Le repos de Lithium s’avéra finalement très court, celui-ci ne cessant d’être interrompu par la désagréable impression d’être observée. Dès l’instant où elle pensait pouvoir enfin s’endormir, le visage d’Ethan apparaissait sous ses paupières et elle se réveillait en hurlant. Au bout de plusieurs réveils en sursaut, la blonde abandonna l’idée de se reposer. A quoi bon, il finirait toujours par arriver comme dans ces vidéos de suspens à la con. Toujours assise, appuyée contre ce tronc d’arbre, elle observa à nouveau ses mains flagellées. Bah dis donc, c’était pas joli-joli hein ! Et regardez-moi ces pieds… Une sauvage j’vous dis. Bon. De toute façon, ce n’était pas comme si elle en avait quoi que ce soit à faire, elle ne devait plaire à personne, la jeune femme devait seulement divorcer. Wuhuuuu, divorcée avant même ses 30 ans, si ça c’était pas beau ! Une médaille j’vous dis. M’enfin… Puis la voyageuse se sentit soudainement revigorée. Pourquoi se morfondre hein ? Après tout, des années avaient passées, elle avait gagné en puissance et avec un peu de chance, elle serait même capable de le poutrer, non ? Bien dit ! Elle n’était plus cette naïve enfant tentant désespérément de se faire des amis, se laissant martyriser juste pour des oreilles pointues. Non, tout ça s’était terminé dès l’instant où elle s’était extirpée de ses griffes. Qu’était-elle maintenant ? Une femme, ça c’était sûr, parce que t’en doutais encore ?, une nouvelle personne, certes brisée et avec de nombreuses fêlures, un peu trop même en fait, mais elle était capable de se défendre. Inconsciemment, la demoiselle s’était préparée toute sa vie pour cet instant ; ce fameux moment de la confrontation où elle lui défoncerait tout simplement la gueule. Et bizarrement, être deux cette fois-ci l’arrangeait. Un étrange sourire sur les lèvres, Lithium parla à voix haute à l’intention de Bis.

« Le moment venu, j’aurais besoin de toi. Tu m’aideras ? »

D’abord surprise, le visage de Bis se déforma dans une expression de joie malsaine.

« Pour une fois, j’te laisserais le meilleur morceau ! »

Elles se claquèrent la main mentalement.
Peut-être que c’était ça que Chapelle attendait de la blonde ; se servir de Bis seulement lorsque cela s’avèrait nécessaire. Et pas sûr que sans l’appui de son virus elle ne parvienne à confronter Ethan sans se dégonfler. Faudrait d’ailleurs qu’elle pense à retourner au cabinet, histoire de raconter ses progrès ou pas. D’un bond, Lithium se remit sur pieds et commença à prendre le chemin inverse de la forêt. Il était temps de rejoindre Ed et de mettre fin à cette histoire sans queue ni tête. Après ça, ils pourraient partir chacun de leur côté sans l’obligation de se revoir un jour. Ce n’était pas bon pour la réputation du garçon après tout. Ce qu’on s’en cogne de sa réput’ sérieux ! Pense à la nôtre un peu ! Ouais bah elle est pas fameuse justement hein, être affiliée à Ed, ne serait-ce que pour quelques nuits ne peut que faire du bien à ladite réputation qu’est la nôtre. Sur le chemin, l’Ambidextre récupéra sa couronne de fleurs et la reposa sur le haut de son crâne, ça restait joli… Neuneu va ! Oui bah un peu de coquetterie merde ! La blonde espérait retrouver aisément le jeune homme car le temps leur manquait cruellement. Mais alors qu’elle retournait sur ses pas, elle crut entendre son prénom à travers les branches, une voix très faible, étouffée par les feuilles. Mh ? … Non, elle avait dû rêver. Ça m’étonnerait qu’il lui ait couru après de toute façon. Mais aurait-elle voulu qu’il la rattrape justement ? Peut-être que ça lui manquait au fond. Hein ? Quelque chose que tu ne connais pas ; le contact humain. Ou alors le simple fait que quelqu’un se soucie d’elle, de son bien-être, de son état. Mais que racontait-elle ? Elle avait des amis, des gens qui s’inquiétaient pour elle ! Alors pourquoi se sentait-elle désespérément seule ? Rah, elle ruminait encore, il fallait partir. Tout ça n’était pas bon pour son moral !

Déterminée à divorcer pour de bon, Lithium ne put néanmoins pas atteindre la lisière de la forêt. Un astre sombre apparut au-dessus du bois, l’inondant d’une obscurité aussi noire que le noir lui-même. Par réflexe, la jeune femme se colla à un tronc. Mais bientôt, tout fut plongé dans l’ombre, plus rien de visible aux alentours. Que se passait-il ? Punaise, y’a pas moyen de voir dans le noir avec ce tatouage-là ? Non mais à quoi il sert aussi sérieux ! Puis une voix caverneuse et tonitruante résonna soudainement dans son crâne. Hé oh, on est déjà deux dans cette tête, y’a pas de place pour les squatteurs ! Ouaiiis, casse-toi, j’étais là d’abord ! SHOU !


« Mariés, vous avez prouvé votre envie de rompre, ainsi que la puissance de votre souhait – il ne manque plus qu’à s’occuper de la conscience. N’oubliez pas ce qui vous a unis, rappelez-vous les premières étincelles d’amour. Rappelez-vous… »

« Faudrait déjà qu’il y en ait eues des étincelles… »

« Tais-toi, j’essaie d’écouter ! »

Et l’environnement changea.
Mais… C’était Délirium City ? Que faisait-elle ici ?
Oui certes, elle connaissait bien les lieux, mais justement, elle ne souvenait pas y être retournée depuis un bail ! C’était quand déjà ? … Ah bah zut. Alors que Lithium torturait sa mémoire, un tonneau ailé vint sur elle à pleine vitesse. Le temps de s’en rendre compte, il était déjà trop tard et elle se le prit de plein fouet. La blonde attendait la douleur du choc mais rien ne vint. Bah ? Rouvrant les yeux, elle observa autour d’elle et remarqua l’objet volant qui continuait sa route en roulant loin derrière elle. Comment… ? Intriguée, la voyageuse se dirigea vers un rêveur en tutu qui imitait le bruit du train et posa sa main sur son épaule. Celle-ci traversa tout bonnement l’inconnu qui ne remarqua même pas sa présence. Elle ne comprenait pas. La demoiselle se mit à déambuler, perdue, jusqu’à remarquer une petite fille blonde affublée d’une bouteille ailée. Où avait-elle vu cette enfant ? Lithium la suivit quelques instants et s’arrêta brusquement lorsqu’elle comprit. Elle était dans ses souvenirs ! Ses souvenirs d’une nuit très particulière… Mais laquelle ? Réfléchissant quelques instants, les mots de la grosse voix tournant en boucle dans sa tête, elle finit par percuter. C’était ce soir-là qu’ils s’étaient mariés ! En marchant, elle reconnut un rouquin et d’autres voyageurs que la jeune fille avait rencontré dans… Où ça ? Dans un bar sûrement ! En tout cas, leurs têtes lui étaient vaguement familières. Puis un spectacle horrifiant vint pulvériser sa rétine.

Une blonde habillée d’un bustier fait de capsules de bouteilles d’alcool de tous horizons titubait misérablement, imitant des chorégraphies et s’enfilant toute boisson liquide contribuant à son état déplorable. Ce qu’elle avait en face d’elle était tout bonnement pathétique. Cette personne éméchée, au bord du coma éthylique, ce déchet humain-là… Bah c’était elle. Mon dieu. Et Ed l’avait épousée comme ça ? Et bien, il devait être sacrément imbibé alors, parce que franchement, même le plus grand des désespérés ne l’épouserait pas ! Bon, peut-être qu’elle exagérait, Ah non, non, j’t’assure que non, mais c’était pitoyable. C’est en se voyant ainsi que Lithium comprit. C’était le jour où elle avait fêté son célibat retrouvé après avoir fait lourdé Vlad par Bis. Oui, c’était carrément lâche, mais zut, c’était plus possible. Fallait vraiment le blesser pour qu’il lui foute la paix, et quoi de mieux que Bis hein ? Et encore, elle avait été sympa ! Mais bref, la blonde se souvenait à présent de sa raison ici. Un autre point très important ; si elle s’était mariée ici, cela signifiait qu’Ed devait être dans le coin aussi ! Suivre la Lith du passé lui permettrait non seulement de trouver la vérité mais aussi de remettre la main sur son mari. Que pouvait-il bien faire ? Non, aucune raison de s’inquiéter, il devait sûrement chercher lui aussi à comprendre. Ils finiraient bien par se retrouver !

L’Ambidextre se mit donc à se suivre elle-même et ce qu’elle vit la remplit de honte.
Cette personne était d’une tristesse affligeante. A chaque arrêt, ce n’était que pour boire davantage. Au départ, Lith comptait les bouteilles, les verres et les pintes ou même encore les tonneaux, mais perdit bien vite le compte. De toute manière, sa personne était déjà bien alcoolisée avant même d’arriver ici alors franchement… C’est ainsi qu’elle se vit parler à la gamine aperçue plus tôt – mais on parle pas aux enfants comme ça ! – et puis qu’elle se désaltéra dans un nuage de Get. Une tournée des bars plus tard, la liste d’éléments ingurgités avoisinait la taille de la Belgique. Elle assista également à une baston de folie – Ah ouais, c’était méga fun ! Les chaises, les bouteilles…- à des ronces envahissantes sur lesquelles elle se piqua le doigt, puis manqua de boulotter un cochon. Un cochon quoi… Après avoir mangé plusieurs morceaux d’une maison en pensant avoir affaire à de la réglisse, la blonde s’observa dormir en plein milieu de la rue.


« Je ne pensais pas être aussi… Triste. »

« Triste ? Arrêêêête ! Tu t’éclatais grave là ! »

« Si tu le dis… »

Non, elle ne s’éclatait pas.
C’est ce qu’elle avait cru, mais ce n’était pas vrai.
Oui, ce soir-là, la demoiselle s’était libérée d’un poids, mais la réalité était qu’elle était à nouveau seule. Être avec Vlad, même si ce n’était pas la joie, lui avait permis d’avoir l’illusion d’être appréciée. Une sorte de déclic se fit dans sa tête ; elles avaient plus de points communs qu’elle ne l’aurait cru. Toutes les deux, Bis et elle-même, étaient terrorisées à l’idée d’être abandonnées. Pourtant, Lithium appréciait la solitude et la cherchait constamment. Entre être solitaire et être abandonnée, où était la différence ? Où se situait la limite ? Rah, c’était à se retourner le cerveau !
La voyageuse chassa bien vite ses pensées profondes de sa tête et continua à se suivre. Elle eut la même réaction en voyant des bâtiments normaux au sein de Delirium City. Depuis quand il était là ce quartier ? Au loin, un type en costard-cravate tirait sur tout ce qu’il voyait avec une arme à lasers. Oui, cet homme transformait tout ce qui sortait du lot en des trucs normaux, et il parlait de CEO, de OPA, des choses incompréhensibles pour elle. Des souvenirs flous se bousculèrent dans sa tête et elle eut l’impression d’entendre les crissements d’une voiture. Une voiture… Elle devait chercher une voiture. Abandonnant la scène, elle retourna instinctivement au Bla Bla, le bar où elle s’était battue. Pendant que la demoiselle marchait, elle entendit à nouveau des bruits de voiture, mais cette fois-ci, ces sons étaient bien réels ! La jeune femme touchait au but ! Puis un brouhaha retentit au loin, comme un carambolage. Merde, fallait se grouiller ! Elle se mit à courir, mais la robe gênant légèrement, elle remonta celle-ci au niveau des mi-cuisses, créant ainsi une mini-jupe plissée. Davantage libre de ses mouvements, elle traça. Les souvenirs revenaient doucement. Elle s’était installée dans le coffre d’une voiture – cherchez pas pourquoi – accompagnée d’un type probablement mort, et avait encaissé un tonneau. Rien que d’y penser, une douleur à la hanche lui rappela qu’elle se l’était sûrement cassée au cours de l’accident, puis plus rien. Mais la suite de l’histoire, Lithium ne la connaissait pas, et c’était la partie la plus importante !

Après quelques secondes de course, la blonde finit par arriver sur les lieux, dépassant un hôpital qui broutait. Reprenant son souffle, elle assista donc pour la première fois à la suite de l’histoire. Après le tonneau, il s’avérait qu’elle s’était endormie et qu’un homme l’avait extirpé du coffre. Et l’homme en question était…


« Eddy’chou ?! », oui, les surnoms toujours.



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Lun 6 Juin 2016 - 11:38
Les souvenirs furent terriblement douloureux. Non, attendez, ce n’était pas véritablement de la douleur, mais un concentré presque électrique de frustration : les environs étaient si reconnaissables et tintaient si forts dans ma tête, l’impression de déjà-vu m’incendiaient le crâne jusqu’à foutre des cloques sur mes neurones. Oui, malgré le fait que la configuration de la ville changeait toutes les je ne savais combien d’heures, que la ville elle-même n’avait aucun sens et que s’y repérer tenait du génie, voire de la mutation nucléaire, et ce, quand elle ne bougeait pas, je reconnaissais les habitations, les agencements, presque les délires de la foule. Certes, ce n’était pas comme si j’avais été en forme à ce moment-là pour me souvenir de tout, mais l’inconscient était une force qu’on sous-estimait toujours – c’était d’ailleurs peut-être, sa définition première.

Mieux encore, j’avais le sentiment que les choses allaient se passer à l’endroit où je me trouvais. Non pas parce que j’en avais un sentiment sorti de la voyance, mais plutôt car dans ma tête, cet endroit était le lieu de quelque chose, d’une action particulière et que vu que cette chose ou cette action particulière n’y était pas, c’est qu’elle allait bientôt arriver. Elle le devait.

Afin de vérifier toutes les hypothèses, même celles que je n’osais encore formuler, je fis des détours dans les rues et les ruelles voire si je trouverais d’autres indices, ou pour ne pas m’enfermer dans l’attente d’un événement qui ne viendrait jamais. A part d’énormes vacarmes que je pouvais entendre à plusieurs rues de là, une sorte d’affrontement chimérique dont je ne gardais aucune séquelle mémorielle, il n’y avait rien qui faisait tilter ma mémoire.

Une voiture soudain, fonça dans l’avenue que j’avais quitté, puis énorme accident avec un camion, crissement de pneus, déluges de métal défoncé, puis plus rien. Maintenant que LA voiture était arrivée, tout faisait sens dans ma tête : j’avais bel et bien été dans une voiture, et ensuite, Lith et moi étions ici pour nous rappeler de tout ce qui nous avait suffisamment rapprochés pour qu’on se marie. Une cuite de son côté, une défonce du mien. Et justement, alors que j’arrivais sur place, Lithium, la mariée, m’avait déjà précédé, et suivait la scène des yeux. Quand elle fut surprise de voir que mon ancien moi portait son ancienne elle comme une princesse, elle ne put s’empêcher de s’exclamer Eddy Chou. C’était comme ça que mes parents m’appelaient quand j’étais gamin, mais j’y répondis tout de même :

« Oui, ma tartelette aux pommes ? » Nous nous étions retrouvés. Plus qu’à suivre le reste de la nuit.

__

Tout serait simple : l’hôpital courait, je courais encore plus vite, je réussirais à atteindre la porte d’entrée par je ne savais quel processus rationnel, puis je déposerai cette punkette des années 50 sur une civière, et une partie de l’hôpital se chargera de s’en occuper, tandis qu’une partie de la ville me félicitera pour mon action citoyenne. Elle pesait presque lourde, la droguée, incroyable. Une femme de son âge et de son acabit se devait d’être légère comme une plume. Je jugeai énormément, ça me fit du bien, et je ne paniquai plus sur le fait que je ne savais comment rentrer dans ce bâtiment de malheur. Les bâtiments dignes de ce nom se devaient d’être immobiles. Pourquoi on appelait ça des biens immobiliers, hein ? Bande de zouaves.

Heureusement, ou pas, le bâtiment, ayant d’étranges envies, finit par monter sur un autre de ses comparses, et il se nicha là, comme s’il n’était qu’un oiseau, les jambes repliées. Je grognai, mais heureusement, ma force d’homme honnête, me permit de supporter la dernière partie de la course (je renversai une voiture au passage, qui me collait un peu trop ; elle ne semblait pas particulièrement chère, donc c’était rendre service au final, à la citoyenneté que de se débarrasser de ces vieux tacots qui empestaient le voisinage), ainsi que de grimper tout le premier immeuble avant enfin, de pouvoir accéder au hall de l’hôpital par une trappe bienheureuse.

J’accédai alors à ce nouveau bâtiment pour me rendre compte que beaucoup de gens étaient tombés et avaient du mal à se relever suite à cette course. Pfeeeuuuh. Pas mal de mobiliers étaient renversés, des feuilles de papier se baladaient dans les couloirs sous les assauts d’une ventilation crachotante, ou bien juste en pliant les ailes et en faisant des doigts d’honneur aux gens qui ne leur revenaient pas. Je fus obligé d’en corriger une quand elle me fit l’outrage, quitte à laisser tomber la fille sur le sol, malgré ses blessures bégnines. J’entrevis toutefois une infirmière avec une scie, et il me semblait qu’elle était digne de confiance, alors je l’abordai en toussant dans mon poing. Vu qu’elle ne faisait nullement attention à moi et qu’elle préférait se découper le pouce, je toussai plus fort. Puis encore plus fort (jusqu’à me faire mal à la gorge, pour vous dire). Son impolitesse m’obligea à prendre la parole pour formuler mes envies avec des mots.

« Excusez-moi, mademoiselle…
_ Madame »
, me corrigea-t-elle sans lever les yeux. Je claquai la langue.
« Excusez-moi, MADAME !
_ Monsieur.
_ Mais vous êtes une femme !
_ Merci de le reconnaître. Mais je m’adressais à vous. Je vous appelais monsieur. »
Ah. Je refis mon col, j’étais content qu’on m’appelle monsieur. Ça me donnait de l’importance.
« J’ai trouvé cette chose dans les poubelles. Serait-il possible de la guérir de je ne sais quelle façon ? » Je constatai que l’os de sa hanche était apparente. « Un doliprane, peut-être ?
_ On va s’occuper de vous.
_ Mh, très bien, quand ?
_ Dîtes un mot ?
_ Stylo-bic.
_ C’est urgent. EMMENEZ-LE ! »


Une horde de médecins passèrent par une porte à double battant, et me voyant, se dépêchèrent de venir à ma rescousse… Mais au lieu de me débarrasser de la blonde alcoolique, ils me prirent MOI ! Inconcevable ! Je tentais de me débattre, mais ils étaient nombreux et se dépêchèrent de m’apposer des tranquillisants. Ils m’amenèrent dans une salle aux dimensions floues alors que je bavais pour exprimer ma désapprobation, et j’entendais comme dans un long tunnel en pierre des sortes de phrase incompréhensibles.

« Mais qu’a-t-il docteur ?
_ Il est sérieux !
_ Oh mon dieu ! »


Et une infirmière s’évanouit sur mon ventre. Elle fut balancée par-dessus la fenêtre et une horde de médecins s’occupaient de moi, me trituraient de partout (inconcevable… encore une fois), et n’arrêtaient pas de se parler les uns les autres sur la meilleure manière de me guérir. Mais me guérir de quoi ? Ces docteurs étaient mabouls ! Au final, l’un prit une plume, me déchaussa vigoureusement, et se mit à me chatouiller la plante des pieds. Peuh, comme si j’y étais sensible ! Je ne rigolai point, les obligeant à trouver un nouveau traitement sur le fait que j’étais un citoyen modèle.

« Racontez-lui une blague en même temps !
_ Très bien ! Ecoutez-moi monsieur ! J’ai votre attention ? Voilà, vous avez un matelot et son capitaine. Le premier dit au second ‘mais capitaine, pourquoi portez-vous un crochet’ / ‘Mais vois-tu mon fidèle moussaillon, que c’est un requin qui m’a dévoré la main, je l’ai donc remplacé par un crochet.’ / ‘Et pourquoi donc portez-vous un bandeau à l’œil ?’ / ‘Je n’étais pas habitué au crochet’. »
Toute la salle se mit à rire, sauf moi. Mais qu’est-ce que c’étaient que ces histoires de maternelle ? On se dépêcha de passer à une blague plus violente, plus ‘adaptée à mon cas’ de ce que j’entendais.
« Sur Terre, il y a trois sortes de personne. Celles qui savent compter, et celles qui ne savent pas. » Ohoh ! Alors celle-là, elle était cocasse ! Je me mis à rigoler un peu même. Puis de plus en plus…

Sauf que mes rires me firent mal, ma gorge brûlait, et soudain, j’étouffais…
Puis je tournais ma tête sur la civière, et je vomis brutalement.
Je vomis des chiffres, de l’encre, des stylos et du papier, et ce furent cinq minutes terriblement horribles que je passais à éjecter tout ce barda administratif sur le sol, les médecins faisant le nécessaire pour éviter la flaque/pyramide des objets que je recrachais.

Peu à peu, je redevins moi-même… Je me sentais étrange, comme éloigné de mon corps, mais au moins, j’étais bien présent, bien moi. Qu’est-ce qui s’était passé à Delirium City ? Et où était Lithium ? Parce qu’il me semblait que j’étais venu avec elle, était-elle encore dans le hall ? Je m’y dirigeais sans faire attention aux docteurs qui se chamaillaient pour savoir qui avait le plus de mérite, afin de la rechercher. On dit derrière moi que ça ferait cinquante millions d’EV, ce à quoi je répondis d’un doigt d’honneur, et ils dirent qu’ils acceptaient aussi ce moyen de paiement.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 17 Juin 2016 - 16:32


Alors qu’elle observait la scène avec une certaine incrédulité et qu’un surnom lui avait échappé, le Ed du présent fit son apparition. Ma tartelette aux pommes ? Est-ce qu’elle avait franchement la tête d’une tartelette aux pommes, sérieusement ? … Bon ok, elle aimait bien les tartelettes aux pommes. Va pour tartelette aux pommes alors ! Tu vas arrêter de t’répéter ? On dirait une vieille gâteuse ! Ils s’étaient enfin retrouvés. Maintenant venait le temps de découvrir comment ils en étaient arrivés à se marier, car pour l’instant, il n’y avait absolument aucune raison pour que cela se soit produit ! Lithium découvrit donc pour la première fois ces images.
__

La sensation d’être ballotée comme sur un bateau, voilà ce qui berçait la jeune femme.
Mmmuiiii… Plus que le clapotis des vagues contre la coque et ça serait le paradis. Lithium eut un sourire idiot dans sa convalescence et se retourna comme pour attraper son oreiller. Mh, l’oreiller en question avait une drôle d’odeur et une consistance étrange mais restait confortable. En vérité, elle faisait ses griffes sur son porteur, mais c’était un détail. Alors qu’elle profitait de la sensation de voler, une violente douleur mit fin à sa torpeur, comme si elle venait de tomber de plusieurs étages. Un gémissement et une grimace plus tard, la demoiselle ouvrit les yeux. Elle se trouvait par terre, à même le sol oui, baignant dans un liquide chaud et visqueux. Son regard était flou et lorsqu’elle sentit la mixture sur ses doigts, elle comprit que cela venait d’elle. Son regard embrumé glissa doucement vers sa hanche et elle eut un haut-le-cœur. Oh putain, c’était son os ça ?! Et du sang ! Merde, merde, merde ! Paniquée, Lithium voulut se relever, mais à peine accroupie, elle s’écroula à nouveau sur le sol, ce qui lui arracha un hurlement de douleur. Ah ta mère… Un désagréable goût de fer envahit sa bouche et des nausées firent leur apparition. D’un air vaseux, elle se mit à balayer les environs du regard. Tout était blanc… Se trouvait-elle dans un hôpital ? Mais alors, pourquoi personne ne venait à son secours ? Un tressaillement parcourut tout son corps et elle se sentit faiblir. Non mais sérieux, elle n’allait pas se vider de son sang sur le sol d’un foutu hôpital à Delirium City ?
« Breaking news ! L’Ambidextre est morte noyée dans son propre vomi… Sang, pardon, à Delirium ! Comme quoi, l’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération ! »

ça craint là. Comme revigorée à l’idée de ne pas mourir dans la honte, la voyageuse se releva à l’aide d’une chaise tout en grinçant des dents. Titubant et foutant du sang sur la plupart des murs et objets à proximité, elle se dirigea vers ce qui semblait être un accueil. Une infirmière squelettique avec une banane sur la tête mâchait son chewing-gum, tout en jouant à une variante de Candy Crush avec des têtes séparées de leur corps. Lithium avait beau pisser le sang, avoir un os dehors et être aussi blême que la Dame Blanche après une sacrée cuite, personne ne daignait lui accorder la moindre attention. D’une voix faible, la blonde s’adressa à la femme.

« Excusez-moi ? Vous… J’aurais besoin d’un médecin. »
« Désolé, mais on ne prend que sur rendez-vous. A moins que ça ne soit une urgence, il faudra repasser ! », lâcha-t-elle, exaspérée de n’avoir affaire qu’à des clients sans savoir vivre. Hé, elle était en train de jouer là hein !
« C’est-à-dire que… J’ai la hanche déboîtée et un os apparent. »
« OH, mais CA, ça s’arrange en moins d’deux ! Suffit de le remettre dans la boîte et le tour est joué ! C’est vot’ chien qui va être content ! Maintenant, si vous voulez bien m’excuser... », dit-elle sans ne jamais lâcher son écran.
« Non mais Madem… Madame, j’ai vraiment bes… »
« MADEMOISELLE ! Vous croyez que j’ai quel âge ?! ça ne se fait pas d’insulter les gens MADAME ! Je vais vous en mettre des Madame, MOÂ !  MADAME, MADAME, MADAME, MADÂÂÂÂME !!! Aha, vous faites moins la maligne, hein ? », dit-elle en minaudant et gloussant comme une pintade pas fraîche.

Bon ok, elle commence à me casser les couilles là. Lithium s’empara violement de la femme par les bretelles de son soutif et ramena son visage près du sien. Les pupilles dilatées, la blonde semblait prête à arracher la tête de l’infirmière avec les dents.

« OK, tu vas m’écouter sale conne siliconnée, d’accord ? », siffla-t-elle avec rage, « Si j’ai pas un chirurgien d’mes deux dans moins de 10 secondes, j’te casse le bras. On s’est comprises ? »

Puis elle la relâcha sans aucune considération.
La colère permit à Lithium de rester debout quelques secondes, avant de poser un genou à terre en grommelant. Il lui devenait de plus en plus difficile de coordonner sa vision et les tremblements se faisaient plus insistants. La nurse appela finalement un responsable. A la 7ème seconde, l’Ambidextre se releva avec difficulté et s’empara du bras de la femme. Et alors qu’elle allait mette sa menace à exécution, un homme fit son apparition.


« JE SUIS MEDECIN ! », hurla-t-il.
« … Ah. »

Elle relâcha immédiatement le bras et se fut comme si elle reprenait connaissance.
Mais… Allait-elle réellement casser le bras de cette jeune fille ? Cette jeune fille qui… Qui n’en avait strictement rien à foutre en fait vu qu’elle venait de passer le 1432ème niveau de Beheaded Crush. Hé, je peux jouer moi aussi ? Alors que Lithium, qui perdait la raison, voulait tester le jeu, elle fut immobilisée par trois personnes en même temps. Surprise, elle tenta de se débattre, mais elle était si affaiblie que ce fut fort aisé pour eux de la déposer sur une civière et de partir pour le bloc en sautillant.


« Très bel entrechat, monsieur… »
« Drake Ramoray. How you doin’ ? »
Spoiler:
 

Lorsqu’elle entendit son nom, Lithium sursauta. Et lorsqu’elle vit son visage, elle hurla. NOPE, NOPE, NOPE, NOOOPE ! NEVAH !!! Se faire opérer par lui, c’était la mort assurée ! La demoiselle commença à se débattre et il fallut la ligoter à la civière pour obtenir la paix. Enfin, la paix… Faut dire qu’elle beuglait comme une vache qui partait pour l’abattoir quoi. La terreur était telle que tous les gens qui l’entouraient semblaient rire de manière incontrôlée… Non mais ils riaient vraiment ces cons ! JE NE VEUX PAS MOURIR !!! Une fois dans le bloc, tout le monde s’affairaient alors que sa panique grandissait. UNE SCIE ?! Une pelle, un râteau, un… Canard en plastique ?! … Wait, pourquoi ?

« Quelqu’un a pensé à l’anesthésie ? »
« Non, mais j’ai pensé aux muffins ! »
« Oh Mamour, t’es un ange ! … On va en utiliser un pour colmater la plaie. »
« WHAAAT ?!! »
« Celui à la menthe devrait faire l’affaire. Ça a la même odeur que le produit, personne ne verra la différence ! »
« ET J’VOUS ENTENDS HEIN ?! »

Pour des raisons de censure évidentes – la violence, le sang, tout ça - nous éviterons de décrire la scène qui suit. Au lieu de ça, nous allons vous passer ce court extrait d’un documentaire sur la langouste.
Spoiler:
 
Après cet instructif interlude, revenons à nos homards. Lithium se réveilla dans le pâté le plus total. Tout était flou et blanc encore une fois. Un court instant, elle crut s’être réveillée dans cette suite splendide au Royaume Céleste, avant de finalement réaliser, non sans une pointe de déception, qu’elle se trouvait encore à l’hôpital. A ses côtés, le docteur Drake Ramoray, le visage grave et soucieux. Qu’est-ce qu’il lui veut lui avec sa tête de con là ?


« J’ai une très mauvaise nouvelle à vous annoncer… »
« Bah vas-y accouche ! », soupira-t-elle, exaspérée.
« Et bien justement… Vous êtes enceinte. »
Lithium s’étrangla et manqua de vomir.
« QUOIIII ?!!! »
Mais de qui putain, comment, avec quoi ?!!

« Ah non autant pour moi, c’est le lit d’à côté ! »
Il pivota sur place et fit face à une autre dame.
« J’ai une très mauvaise nouvelle à annoncer… Vous êtes enceinte. »
« Oh, ce n’est que ça ! Vous savez, ça se congèle ces trucs-là ! », dit-elle en gloussant.
« Oh bah si ça se congèle alors, tout va bien ! », ria-t-il également.

Des fous, tous des fous !
Heureusement que tout cela était fini hein ! Tiens justement, qu’avaient-ils fait à sa hanche ?! Légèrement anxieuse, elle arracha la couette pour apercevoir sa plaie intégralement refermée. WOUHOUUU ! … Hé attends, c’est quoi cette merde là ?!


« C’est quoi ces points en forme de dauphin là ? »
« Oh, j’adore les dauphins ! »
« Mais… Mais j’en ai rien à foutre que vous aimez les dauphins moi ! Vous m’avez dessiné un PUTAIN de DAUPHIN EN ME RECOUSANT BORDEL DE MERDE ?!!! »
« Mais ça partira au lavage, vous inquiétez pas ! Pas besoin de se montrer grossière ! Ces voyageurs alors… »

La jeune fille sauta du lit, attrapa une blouse de médecin et l’enfila pour cacher sa semi-nudité et cette saleté de mammifère marin sur sa hanche.

« Hé mademoiselle ! Faites attention à ce que vous buvez ou mangez, les muffins à la menthe peuvent avoir des effets secondaires ! … Et c’est contag… »

Au diable ses avertissements, elle l’avait assez vu !
Pieds nus, elle se mit à errer dans les couloirs. La sortie, où se trouvait la sortie ?! Au passage, comment s’était-elle retrouvée à l’hôpital ? Aux dernières nouvelles, elle se trouvait dans le coffre d’une voiture avec un cadavre à mi-temps, non ? Mh, quelqu’un l’avait porté peut-être. Même si ça restait flou, c’était un homme assurément, blond et habillé comme un comptable. Ouais, il avait même un stylo-bic dans sa poche ! Peut-être qu’à l’accueil quelqu’un pourrait l’aider à remercier son aimable bienfaiteur ? Allez !


« Bonjouuur, c’est encore moi. »
« Je ne suis pas aveugle. »
« Ouiii… A ce propos, vous ne sauriez pas qui c’est qui m’aurait emmené ici ? Un gars habillé en comptable, blond… »
« Un stylo bic dans la poche ? »
« Oui ! »
« Sérieux sans le faire exprès ? »
« … Euh, oui ? »
« Alors, non. Je ne l’ai pas vu. »

C’était bien la peine de faire genre, grognasse…
Déçue, la jeune femme s’éloigna du comptoir avant de se faire héler par une femme avec une scie qui lui indiqua un autre couloir. Lithium la remercia puis s’engouffra dans ce-dit couloir. Mh, elle boirait bien quelque chose pour faire passer ce goût de muffin tiens…




__________







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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 18 Juin 2016 - 23:07
Il n’en fallait pas beaucoup à Delirium City pour péter des plombes, surtout quand ça faisait longtemps qu’une énorme boulette n’avait pas été commise par un hectare de la ville ; surtout quand on était passés près de personnes certes étranges, mais plutôt utiles vu que j’étais guéri, vu que je semblais avoir toute ma conscience hormis un léger mal de crâne et une soudaine envie de remplir la colonne des actifs d’un bilan. Et peut-être même des passifs, si je le voulais. Mais d’abord, avant de soulager ma conscience comptable, il fallait survivre à cet endroit, et ce n’était pas une mince affaire. De grands joueurs d’échec perdaient contre des débutants, incapables de prévoir des coups aussi stupides ; c’était pareil pour Delirium City : on pouvait beau savoir tabasser des T-Rex par paquets de cornflakes, il fallait avouer qu’on ne savait guère se défendre contre quelque chose qu’on ne pouvait pas prévoir.

Ici, ce fut une petite piqure qui provoqua un génocide de patients. Une petite piqure toute conne, tenue par un médecin pressé de me la filer. Il était sorti d’un éclair de la salle d’opération que je venais de quitter, alors que je balayais encore de ma barbe mal rasée un petit trois qui était resté collé près du menton, et il avait à la main la maudite piqure. Parce qu’il allait très vite, il n’était pas concentré, puis il hurlait :

« M’sieur ! Un p’tit somnifère pour calmer les démangeaisons administratives ? »

En concluant sa phrase, sans le faire exprès, il avait planté ladite aiguille dans le mur de l’établissement, et, oui oui, toujours par maladresse, avait appuyé sur la presse qui injecta alors directement le liquide dans le plâtre. Je regardais ce spectacle, me préparant à refuser, me disant qu’en fait, de toute manière, c’était le bâtiment qui aurait le somnifère donc que j’avais moins de culpabilité à refuser, puis que je me dis que c’était con que le bâtiment ait reçu des somnifères, que ça ferait rien, mais qu’en fait, pas tant que ça au vu de Délirium Cityyy eeeettt…
J’avais raison.

On ressentit tous un tremblement discret, et tous les employés s’arrêtèrent soudainement. Le silence se fit dans l’établissement, on arrêtait de pousser les brancards, de prendre la pression ou la température, on se concentrait seulement sur les vibrations qui produisaient l’hôpital, niché en plus sur un autre immeuble gigantesque tel un oiseau obèse sur une brindille. Le chirurgien avec l’aiguille se retourna vers ses collègues et dit :

« Mea Culpa ! Ma faute ! Chuis con, les mecs ! C’est à moi d’offrir un gâteau cette fois ! »

Puis tout doucement, comme pris de somnolence, le bâtiment s’inclina légèrement. Les objets bougèrent à peine, mais mon cœur battait la chamade. Je courus alors dans les couloirs pour retrouver Lithium, que j’avais dû laisser quelque part dans le hall (enfin, ce n’était pas comme si on m’avait complètement kidnappé). Je hurlai même son nom, mais elle pouvait être partout ailleurs dans un bâtiment entier, et personne n’avait le temps. Le grondement métallique fut exactement le même que ceux qu’on pouvait entendre dans les blockbusters. On entendait donc ce tremblement de plâtre et de tuyauterie alors que l’ensemble forcissait son inclinaison jusqu’à obliger à modifier ma course. Je tournais sur le côté et esquivai sans le faire exprès les premiers brancards qui, solitaires sans personne pour les ralentir, commençaient une course sans virage contre la gravité. Les objets tombaient petit à petit dans des bruissements, des hurlements de tout poil résonnaient dans les couloirs. Fuyez, l’établissement s’endort.

Je ne trouvai que la blonde, allant à contre-sens, certainement pour me trouver à son tour, alors que les murs et les plafonds n’étaient qu’un losange brouillant la conception première de leur architecte. Les objets valdinguaient, les gens trébuchaient et roulaient dans les couloirs, les tableaux et les écriteaux tombaient, c’était l’anarchie la plus complète, et la suite, sans compter la chute, transformeraient l’hôpital en cimetière. Je réussis à tacler la blonde (oui oui, j’aurais pu la prendre par la main, hurler son nom, la serrer dans un câlin pour nous réunir, mais l’urgence de la situation me faisait perdre tout sens du spectacle… et de la bonne conduite), je la taclai donc alors que l’ensemble s’effondrait véritablement, quatre-vingt-dix degrés dans la gueule, vers une paire de portails que je venais d’activer.

Sous la pression de la situation, le second portail assurant notre arrivée ne fut pas si bien placé que ça, et on passa d’un bâtiment en phase de s’écrouler à une chute dans le vide d’une dizaine de mètres, à peine loin de l’hôpital endormi. On tomba direct sur les pavés, cela fit rudement mal, moi sur elle (elle avait amorti le choc, désolé Lithium), et juste derrière nous, si on prenait le temps de tourner la nuque, on put voir l’hôpital qui ne fit rien de très prestigieux. On avait trop l’habitude à cause des bandes annonces américaines de s’imaginer les bâtiments en train de tomber seulement au ralenti, gracieusement, en soulignant l’apocalyptique contexte. Là, on aurait juste dit un éléphant qui faisait un croche-patte à un autre : l’hôpital tomba en deux secondes, et s’écroula dans grand soulèvement de poussière, juste en s’étalant comme une crêpe bretonne mal dosée, une crêpe de plusieurs centaines de tonnes mal dégrossie . Pas de bruit supplémentaire, pas d’effet incroyable comme une onde de choc, ni de hurlements : tous ceux qui devaient être dans cet hôpital était mort. J’aurais culpabilisé de ne pas en avoir sauvé plus si je n’étais pas fier d’avoir moi-même survécu, si je me disais que les êtres de Délirium City avaient des sentiments ou une personnalité propre, ou bien, et c’était peut-être le plus important, si cette horrible tragédie ne s’était pas déroulée à cause de la physique-chimie étrange du Royaume, et par la bourde d’un médecin malheureux. Je me ravalai devant le massacre, et fis bien innocemment :

« Allons voir ailleurs si on y est… »

Sur le chemin qu’on arpentait tous les deux, je cherchai dans ma tête les souvenirs de la veille (nan, j’avais oublié), alors au moins les souvenirs de la nuit. Je me souvenais d’un peu de Lithium, que j’avais étrangement traité de dévergondée irresponsable quand j’étais en trip lèche-cul de CEO, et j’essayais de savoir pourquoi. Semblait-elle aussi dingue qu’elle l’avait été selon ma vision comptable ? Peut-être oui. Afin de m’aider à me remémorer, tout en étant aussi attiré par la curiosité, j’en vins à lui poser comme question :

« Alors ? Pourquoi t’étais aussi déchaînée cette nuit ? Une partie qui a mal tourné ? »

La discussion tomba soudain de cour, car un mystérieux individu débarqua d’une ruelle adjacente pour venir nous aborder ; mystérieux car il l’était autant qu’on pouvait se l’imaginer : il portait un masque légèrement métallique qui le transformait un peu en chevalier, et disposait d’une cape noire tellement large qu’il pouvait s’en draper tel un vampire. Mystérieux aussi, parce qu’il semblait nous avoir attendus, ou qu’il attendait deux pécores au hasard. Mystérieux surtout, parce qu’il semblait conscient de ses actes et ne voulait pas faire de nous un barbecue surprise.

« Chers Voyageurs, puis-je solliciter votre attention ? » Déjà fait. Se rendant compte de cet état de fait, le masqué enchaîna de sa voix camouflée : « Je possède le pouvoir de lire dans vos cœurs. Et il me semble mademoiselle, que vous êtes terriblement dérangée par vos points de suture en forme de dauphin. » Alors ça, ce n’était pas banal. Déjà qu’il le sache, ensuite parce que Lith avait des points de suture en forme de dauphin. Chacun ses trips, chacun ses problèmes. « Je ne viens pas d’ici, vous n’avez rien à craindre. Si vous avez la politesse de me suivre, je pourrais vous débarrasser de ce léger problème. Avec Délirium City, c’est un coup à ce que vous les gardiez pour le restant de vos vies. Mon établi n’est pas loin, le voici qui pointe vers le ciel. »

Ca ressemblait à une église, à une centaine de mètres de là. Je ne savais pas qu’il y avait des bâtiments religieux dans les environs. C’était à Lithium de décider ; ce n’était pas comme si nous avions des plans pour la soirée, puis c’était elle qui avait cette terrible déformation. Moi, dès que je me réveillerais, j’en profiterais pour me refaire un petit cul sec, voire une dizaine, afin d’oublier la soirée.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 29 Juin 2016 - 15:35


PRESENT

Lithium regardait la scène qui se déroulait sous ses yeux en silence.
La jeune femme ne souhaitait rater aucune minute de ce passé dont elle n'avait aucun souvenir. A mesure qu'elle observait cette pièce de théâtre ridicule – bon ok, ça lui arrivait de rire à certains moments -  la blonde recomposait le puzzle de sa mémoire. Elle s'étonna de la violence dont elle avait fait preuve, se demandant bien ce qui lui avait pris.C'était pas moi. J'arrivais pas à m'sortir, c'était comme si je m'étais synchro avec ta tête. C'était vaaaachement chelou! Mouais. Au passage du muffin, la demoiselle eut une drôle d'impression, comme si ce n'était sûrement pas la dernière fois que l'on entendrait parler de lui... Puis, au passage du dauphin, la voyageuse jeta un œil en coin à Ed qui observait sa propre scène. C'est bon, il était trop obnubilé par ce qu'il voyait ! Bien que sa robe était déjà aux mi-cuisses (facilité pour courir), Lithium souleva discrètement une partie pour vérifier un détail. Non, rien. Et l'autre hanche ? … Ouf, pas de dauphin ! Non sérieux, vos ne pouvez pas nier que ça craint svouplé hein ? Enfin bref. Revenons au passé.



PASSE

Elle avait pas intérêt à lui avoir raconté des bobards cette infirmière...
Lithium évoluait dans le couloir, se demandant bien qui était ce type qui l'avait emmené ici dans un élan de générosité. Avant de la laisser croupir dans son sang. Tiens ? Mais c'est vrai ça ! C'était ce mec qui l'avait largué par terre comme ça là ? Hé bé, raison de plus pour le retrouver ! D'abord pour le remercier, puis pour lui péter la gueule. C'est quoi ce gars sérieux ? Il vous sauve et vous abandonne sur le carrelage comme un vulgaire cadavre. Ah ça devait être un beau psychopathe dis donc ! Attends un peu que j'te retrouve toi... Mais pourquoi tant de haine ? Fallait se calmer franchement, ça devenait grave là. La jeune femme fit de son mieux pour chasser ces pensées de meurtre de son esprit et continua de marcher, lorsque un léger tremblement parcourut l'immeuble. C'était quoi ça ? Elle s'arrêta net et observa la réaction du personnel. Ils trottinaient tout en serrant bien fort les fesses et Lithium crut même entendre un : « Accrochez-vous à vos chaussettes ! Gégé a merdé, mais il offre le goûter ! »
La voyageuse eut la sensation de pencher et vit ses pieds glisser légèrement sur le sol. Ok, ça pue, fallait qu'elle sorte ! Sans attendre une seconde de plus, la blonde se mit à courir à travers les couloirs. Quelle idée de vouloir se mettre à la recherche de ce mec ! Maintenant, voilà qu'elle avait perdu son chemin et qu'elle était incapable de retrouver la sortie ! Au fur et à mesure que Lithium courait, l'immeuble continuait de pencher, prêt à chuter. Des brancards défilaient jusqu'à s'écraser contre le premier mur qu'ils rencontraient. Zut, zut, zut ! Au départ, l'Ambidextre fit de son mieux pour ralentir les civières occupées – on est pas des monstres – mais lorsqu'elle manqua de se luxer l'épaule en voulant en rattraper une qui roulait à la vitesse d'un train, elle abandonna bien vite l'idée. On ne peut pas sauver tout le monde et hors de question de retourner entre les mains de ce Drake Ramoray ! Tout s'écroulait ; Objets, bureaux, lits, personnel. Bientôt, les couloirs se transformèrent en véritable jeu Donkey Kong. Hop, on saute par-dessus la secrétaire et on attrape la pomme au passage ! A combien de points était-elle maintenant ? Les hurlements lui rappelèrent l'urgence de la situation.

Mais alors qu'elle commençait à buter contre des murs, la demoiselle crut entendre son prénom résonner. Quelqu'un l'appelait ? Mais les cris engloutissaient ces appels dont elle ne connaissait pas la provenance. Dans le doute, elle continua sa route, une profonde angoisse s'emparant d'elle. Il y avait bien une fenêtre par laquelle se défenestrer non ?!! Puis le commencement de la chute du bâtiment se fit sentir. Lithium sentit le sol se dérober sous ses pieds et sur le coup de la panique, aucune idée pour s'en sortir lui vint à l'esprit. Non elle n'allait pas mourir comme ça... ! N'importe quoi, n'importe qu... Sa pensée fut balayée par un placage qui lui coupa net la respiration. Prête à rencontrer le sol, elle se protégea le visage en croisant ses bras sur celui-ci. Mais rien ne vint. Non, juste une sensation très désagréable de nausée et l'estomac qui se tord, puis une sensation de chute. Quitte à mourir, autant la voir en face ! Lorsqu'elle ouvrit les yeux, ce fut le sol à une dizaine de mètres qui s'offrait à elle. Poussant un cri de terreur, la blonde se retourna pour s'accrocher à ce qu'elle pouvait, en soit Ed. Et lorsqu'elle découvrit l'identité de l'apprenti rugbyman, la peur sur son visage laissa place à une très grande surprise. L'étonnement fut si grand que la jeune femme en oublia presque leur chute.


« ED?!! »

Et la chute se rappela violemment à elle.
S'écrasant piteusement sur les pavés durs du Royaume, Lithium sentit son corps se compresser sous le choc, eeeet sous le poids du claustrophobe. Hnnn... Ouais alors, tu vas être gentil hein, lève-toi avant que je n'étouffe ! Merci ouais. T'es pas gros, mais t'es pas non plus poids plume hein ! A côté, l'hôpital s'écrasait. Bon. Merde. Mais voyons les choses du bon côté ; le docteur Drake Ramoray ne ferait plus de mal à personne en recousant les gens avec son amour des dauphins ! Non sérieusement, il s'était passé quoi pour que tout s'effondre comme ça ? A voir la réaction de Ed – c'était lui le mec qui l'avait sauvé et oublié par terre ? Oups – c'était au diable les réponses. Ne souhaitant pas rester sur les lieux par crainte qu'on les accuse de la tragédie, elle acquiesça bien vivement à sa proposition d'aller voir ailleurs s'ils y étaient, car oui, elle était pratiquement sûre d'être loin là-bas vers l'horizon hein ! Et puis, pas besoin de rallonger les petites lignes sur son Wanted... Ils déguerpirent en marchant vite – très – et une fois bien loin, ils ralentirent la cadence, leur laissant le temps de réfléchir.
Que foutait Ed ici à Délirium ? Non pas que Lithium le voyait comme quelqu'un de très sérieux qui devait s'amuser à petites doses, mais de là à ce qu'il termine ici, y'avait un monde ! Curieuse, elle l'observa en silence. Le costume qu'il portait lui rappelait effectivement quelque chose... Hé, il avait même le stylo ! Oui bon, c'était définitivement lui. Alors qu'elle ouvrait la bouche pour briser le silence, il la prit de court. A sa question, elle eut une brève sensation de gêne et le rouge aux joues. Punaise, alors il l'avait vu dans cet état, la loose... A savoir maintenant durant quelle partie de la nuit il avait assisté. La voyageuse eut le regard fuyant et hésita à répondre tout de suite. Mais avant de pouvoir dire quoi que ce soit, elle fut de nouveau coupée. Décidément !

L'étrange personne était un type creepy à souhait ; casque, cape et tout de noir vêtu, parlant avec beaucoup de mystère dans la voix. Ouuuuh ! … Bon, il veut quoi ? Oui, oui, dérangée par mes points de sutures en forme de dau... QUOI ! D'où il sait ça lui ?!! Instantanément, Lithium devint aussi rouge que le rouge lui-même et commença à bégayer un : « C'est absolument pas ce que tu crois ! » à son camarade. Oh punaise, la honte gratuite, merci mec ! Attends, attends, comment ça elle pourrait garder ces points à vie ? Ramoray avait dit que ça partait au lavage ! Ah le fils de ses parents... L'étranger présenta une sorte d'église un peu plus loin comme son établi. Le gars bossait dans une église ? Mh, bizarre, mais ok. Après un court instant de réflexion, Lithium accepta la proposition. Hors de question d'avoir un dauphin pour le restant de sa vie dreamlandienne, aussi courte soit elle ! Après s'être assuré que les deux protagonistes le suive, l'homme les emmena vers le bâtiment en pointe, un rictus sur les lèvres qu'ils ne pouvaient voir. Profitant de la marche, la jeune femme tint à remercier son « sauveur ».


« Merci de m'avoir sortie de là, t'étais pas franchement obligé. », sourit-elle doucement avant de se rajouter à elle-même en marmonnant dans sa barbe, « ça aurait sûrement arrangé pas mal de monde. »

Une fois devant les portes de l'église, le trio s'engouffra à l'intérieur de celle-ci.
Contrairement à ce à quoi Lithium s'attendait, tout était très... sombre en fait. L'on pouvait également apercevoir plusieurs portes un peu partout et des fleurs ornaient l'entrée de chacune d'elle ce qui rendait l'endroit moins glauque au final. Au milieu de la nef du bâtiment, les fameux bancs sur lesquels s'asseoir. Ce qui était néanmoins marrant, c'est que chacune des portes possédait un signe différent. Une guitare pour celle-ci, un point noir qui semblait être un grain de beauté apparemment, un canard yakuza, etc... Étrange endroit dis donc. Enfin bref ! Le monsieur s'approcha d'une sorte d'autel qui ressemblait tout autant à un bureau et ouvrit un immense bouquin à la reliure doré, avant de feuilleter inlassablement ses pages. Voyant qu'au bout de plusieurs minutes il ne réagissait toujours pas, Lithium commença à s'impatienter avant de se résigner. Puis elle se rappela ne pas avoir répondu à Ed plus tôt. Pas sûr qu'il en ait réellement quelque chose à faire m'enfin... Avec une timidité qui lui venait de nulle part, elle hésita avant de lui parler, puis prenant son courage à deux mains, elle l'apostropha et sa gêne disparut aussi vite qu'elle était venue. Après tout, y'avait pas de honte à fêter un événement !


« La raison pourquoi j'étais complètement déchaînée comme tu disais, c'est parce que... Parce que je fêtais mon célibat en fait. J'aurais pas dû abuser, mais j'étais juste si heureuse d'être, 'fin, célibataire quoi. », elle eut un bref sourire.

« … Pour l'instant. », fit le monsieur entre ses lèvres, de sorte à ce que personne ne l'entende.

« Faut dire qu'on était pas franchement assorti. Enfin bref, c'est pas comme si c'était si intéressant que ça, hein ! On s'en fout au final... Mais et toi, qu'est-ce que tu faisais ici ? »

Pendant ce temps, l'homme étrange réfléchissait.
La méthode Elvis, Monroe, ou peut-être plutôt manière Weedland..
Mh, dur, dur d'être un prê... Un médecin pardon, un médecin bien sûr ! Assurément...



[HRP : Désoulééééé Surprised]

__________







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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 30 Juin 2016 - 22:47
Spoiler:
 


Que Lith fut gênée par des points de suture en forme de dauphin était encore plus embarrassant que d’avoir des points de suture en forme de dauphin. Nous avions juste survécu impunément à un hôpital endormi, nous ne savions plus quoi faire le reste de la soirée, alors oui, pourquoi ne pas passer le reste de la nuit à défaire ce léger problème avant qu’elle ne devienne la risée de ses proches et de tous ceux pour qui le dauphin était une créature effroyablement rigolote.

Le type était bizarre, sa proposition était bizarre, son église même était bizarre, mais que vouliez-vous, on était à Delirium City : les vrais dangers étaient ceux qui portaient des costards. Comme dans le monde réel en fait, incroyable. Lith et moi marchâmes tranquillement dans les rues en suivant le loufoque qui nous guidait, bercés par les doux cris de la ville en plein chaos, comme pour changer. Au moins, la balade ne fut pas longue car on pénétra rapidement dans les lieux saints.

Là, c’était certain qu’en les suivant, on allait rapidement mettre au clair cette histoire de mariage : une église, un truc louche, et Lith et moi. Le seul facteur que je n’avais pas prévu, c’est qu’on était tous les deux à peu près sains d’esprit ; je nous avais bien vu, à la Las Vegas, mariez-nous for fun, on verra plus tard pour le divorce. Là, j’aurais eu des raisons de m’en vouloir, mais on s’était mariés alors qu’on avait toute nos têtes ? Incroyable.

Je réfléchissais à la réponse de Lithium et ça me fit sourire. Être célibataire la rendait aussi heureuse ? Soit c’était un électron libre qui détestait les responsabilités humaines, soit elle sortait d’une relation de couple qui avait fermenté depuis trop longtemps ; peut-être les deux et dans ce cas, aoutch pour elle, on pouvait comprendre qu’elle s’était biturée la gueule à grands coups de coupes de champagne. Je ne cachais pas mon amusement devant la jeune fille qui s’emportait.

« Ça fait plaisir de savoir ça, écoute. », lui répondais-je doucement en lui tapotant l’épaule. « Généralement, les gens pleurent et s’arrachent les cheveux. Ça te fait au moins une fin heureuse. » Je réfléchis à ce qui m’était arrivé la dernière fois que j’étais en couple… Hmm… ah oui, au bout de trois jours, trahison, fille dans le coma, Pijn… « Bien plus que moi en tout cas. »

Le type était tranquille sur son autel à feuilleter toutes les pages, donc on pouvait discuter tranquillement ; je ne m’en privai pas en tout cas, ça faisait du bien d’avoir une discussion avec Lithium qui ne portait pas sur ses problèmes psychologiques et ou on ne se tapait pas dessus. Ca faisait du bien d’être avec elle tout court, son esprit électrique, sautant d’une pensée à l’autre, voyant les choses du bon côté. On continua alors à discuter tranquillement, et quand elle me demanda ce que j’avais fait aussi pour me retrouver dans la ville, je répondis la vérité :

« Absolument aucune idée. Je crois que j’étais à une soirée, ouais. Puis y a eu de l’alcool, y a eu de l’alcool, de l’alcool, et me voici ici. Mais je crois qu’en elle-même, la soirée était moins dingue que les deux dernières heures. »

De mon point de vue, je me rendis compte que mon ancien moi avait cessé de se désintéresser de l‘étrange personnage masqué pour se tourner entièrement vers la fille ; j’étais mignon, tiens. Oh, attendez…

« Bon, patientez quelques instants ici, hein, je reviens. » On vit le prêtre laisser son livre ouvert et s’en aller dans une autre salle. Bon bah très bien… S’il fallait rester tranquille, on était capable de faire. Quoique, au vu de nos deux CV respectifs…

__

Le prêtre de son côté fuit vers un autre couloir, complètement paniqué. Il n’aimait pas être entre des histoires de Voyageur, oh non, il n’aimait pas ça du tout du tout du tout. Mais bon, il était bien payé, il n’allait pas se plaindre. Il n’y avait aucun souci en fin de compte, juste que l’événement le stressait un peu. Il alla voir alors son commanditaire, un Voyageur qui était en train de lire dans une chambre de nonnes, posé sur un sofa modeste ; il était dans une armure complète dorée et semblait d’un sérieux que rien ne pouvait entraver. Le prêtre se courba devant lui comme il le faisait généralement avec tous ceux qui avaient pas mal d’EV.

« Excusez-moi Monsieur, je voulais vous informer que j’ai retrouvé la demoiselle.
_ Excellent ! »
dit le Voyageur en refermant son livre. « Il était évident qu’elle se trouvait là. Notre rupture n’a pas dû lui faire grand bien.
_ Je vous marie de suite, ensemble ?
_ Tu as trouvé la cérémonie la plus grandiloquente possible ?
_ Pas encore.
_ Il faut que tout soit parfait. Est-ce que tu peux me résumer tes options s’il te plaît ?
_ J’ai le mariage féérique, avec plein de froufrous et tout. Euh, voyons voir, à la Presley, je suis déguisé en Presley et il y a une musique qui passe, tu vois, je ne sais plus comment elle s’appelle.
_ Parle un peu moins.
_ Oui, ça doit être le titre… La Weedland, aussi, je crois que je me suis arrêtée sur celle-là. Elle est particulière, mais ça fera un sacré effet sur la demoiselle le lendemain soir.
_ Très bien, continue, je choisirai au fur et à mesure…
_ Si Monsieur préfère, j’ai une option ‘histoires éternelles’ avec un énorme bal, ainsi que des costumes fantastiques, et une amie qui pourra très bien… »


__

Bon, ça faisait dix minutes qu’il était parti, le temps commençait à devenir long… Heureusement avec Lithium, on continuait de parler comme si de rien n’était, de tout, de rien, des dernières nouvelles, comment elle allait. Je lui posais beaucoup de questions, j’étais intéressée par sa vie en-dehors de Dreamland. Je ne savais pas pourquoi, mais toutes mes pensées tournoyaient sur le fait qu’elle avait tellement bu pour fêter son célibatariat qu’elle s’était retrouvée ici. Pourquoi ? Les relents du début de soirée et qui embrouillaient ma cervelle encore maintenant m’empêchaient une introspection efficace, mais c’était l’aune à travers laquelle je profitais de la discussion.

Non sérieux, Lith et moi, c’était une grande histoire de haine. Je ne savais plus trop où est-ce que ça avait commencé, dans un bar à Montpellier près de chez moi il semblait. Puis ensuite, je ne savais plus trop, on se croisait et décroisait, et c’était pas souvent des supers rencontres, comme à l’Oniric Tour où elle m’avait mis une beigne monumentale. Et pourtant, on était ici, dans une vaste église, délaissée, à rien faire et attendre que ça aille, et qu’on lui retire ces foutus points de suture. Bon, il n’y avait pas de souci, tant mieux, ça me faisait plaisir d’être là avec elle. Encore légèrement embrumé par les vapeurs toxiques de l’alcool et autres agents ingérés, je lui dis :

« Et comment tu comptes profiter de ta première nuit en tant que célibataire ? » La question était presque innocente parce que le ton semblait l’indiquer ; il n’en était rien, on appelait ça une piste d’atterrissage, afin que la discussion sache où aller. Dans un autre jardon et autre point de vue, c’était un cheval de Troie. J’avançai un pion, il ne me restait plus qu’à me découvrir plus explicitement. « Parce si tu veux, cette fameuse première nuit, on peut la passer à deux. »

Quelquefois, il ne fallait pas chercher à comprendre les sentiments, et encore moins les envies, et encore moins les deux mélangées, qu’on appelait pulsion. Un mélange d’alcool dans le sang, peut-être un peu de fatigue, plus le sourire de Lith et son visage d’un charme incroyable, plus ma solitude, plus son entrain à elle, plus la forme de ses mains, plus la couleur de ses lèvres. Sans m’en rendre compte, j’avais posé délicatement une main sur son épaule et je me rapprochais d’elle…

« Je crois que j’essaie de t’embrasser… Tu peux te prévenir toi-même ? » dis-je à la Lith du présent d’un ton monocorde et maîtrisé avant de pouvoir cacher ma gêne derrière.

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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 5 Juil 2016 - 12:22

-- PRESENT --

A quel moment le duo s’était dit que c’était une bonne idée de rentrer dans un tel bâtiment ? C’était glauque, bizarre et en plus, elle était certaine d’avoir vu un gros cafard se faire refouler à l’entrée des Pieds du Banc. Non non vraiment, le nom de la boîte était gravé en minuscule sur l’un des pieds d’un banc. Discrimination au faciès, c’était certain. Enfin bref ! Ils observaient toujours la scène sans trop échanger. L’instant était bien trop important pour en rater une miette. C’était comme si vous regardiez un film que vous aviez déjà vu et que vous attendiez le fameux passage badaboum. Bah c’était pareil ! Au moins, l’avantage était que la Lith du passé ne se tournait plus en ridicule avec sa démarche de bourrée congénitale. T’as l’air même vachement sobre j’trouve… Hé, normal avec cette chute et cette réception ! Qui n’aurait pas retrouvée toute sa tête avec ç… Oh. Tu percutes enfin ce que j’viens de dire, teubé va ! Non mais ça ne devait pas être le bon passage du film alors. Ils avaient sûrement bu de l’eau de vie, manger les gâteaux du baptême, je ne sais pas quoi… Quelque chose ! C’était évident ! … Hein que c’était évident ? L’anesthésie au muffin qui ferait son effet. J’te jure, si t’as épousé cet enfoiré consciemment, j’ferais d’ta vie un enfer ! Ah parce que ça n’était pas déjà le cas ?

-- PASSE --

Les gens pleurent et s’arrachent les cheveux ? A ce point ?
Oui bon ok, la fin de sa relation avec Caleb avait presque donné la même chose, même si elle ne s’était pas rendue chauve pour autant. Nan, plutôt sombrer dans une sorte de dépression et finir dans un état quasi permanent de mélancolie. Faut dire que quand le type disparaît sans aucune raison et sans laisser de traces, bah on a sacrément l’impression d’être responsable de sa fuite. Bah, de l’histoire ancienne ! De… L’histoire ancienne ? Quand avait-elle fini par dire que c’était de l’histoire ancienne ? Il y a encore peu, ça continuait de lui ronger une partie de son cerveau en toute discrétion. Le temps avait enfin décidé de faire son œuvre ? Bah c’était pas trop tôt hein ! Plusieurs années de retard quand même celui-là. Une étrange impression de soulagement l’envahit, comme si la blonde avait enfin été libérée d’un poids qui alourdissait son corps depuis bien trop longtemps. La même impression que lorsqu’elle – ou plutôt Bis en l’occurrence – avait lourdée Vlad. Mais pas tout le monde avait la chance de se sentir incroyablement bien après une rupture. Et il semblait qu’Ed faisait partir de ce « tout le monde ». Les gens normaux auraient demandés le fin mot de l’histoire, mais Lith savait que lorsque les principaux intéressés ne parlaient pas d’eux-mêmes, c’était qu’ils ne souhaitaient pas évoquer le sujet.
Les prochaines minutes qui passèrent furent plutôt agréables. Les deux voyageurs eurent une conversation de ce qu’il y a de plus normale. Ils parlèrent de tout et de rien, mais le tout avec bonne humeur. Pas de Bis à l’horizon, pas de sujet qui fâche et surtout pas de pains dans la gueule. Non, juste deux personnes qui se rencontrent et qui décident de parler normalement. Ça devait leur changer tiens ! A quand remontait leur dernière rencontre déjà ? Une fête ? Où n’était-ce pas à l’Oniric Tour où elle… Où elle l’avait frappé ! Oh. Hn. Un bref embarras l’envahit avant de disparaître aussitôt. La jeune femme aurait pu se trouver des excuses du genre qu’elle était énervée, c’était la faute à Bis, qu’il lui avait donné un coup de panneau lui, blabla bla, mais en fait non. Non, elle n’avait pas d’excuses. Elle n’aurait pas dû le frapper, c’était puéril de sa part. Et ce coup de panneau, et bien elle le remerciait pour ça, car avoir la mort de Jakob sur la conscience l’aurait probablement détruite, même si elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’il foutait à ce tournoi.

C’était marrant quand même, mais chacune de leurs rencontres dérapaient.
Au fond, elle l’aimait bien. Il était gentil quand ils ne se frappaient ou ne s’insultaient pas, relativement droit dans ses bottes et il était plutôt agréable à regarder. Quote Ursula wesh. En gros, y’avait pas de raison pour qu’ils ne s’entendent pas ! Alors pourquoi ça ne marchait pas ? Pour l’instant, ça avait l’air, alors autant en profiter avant qu’ils ne recommencent à se taper. Ou que Bis s’en mêle. Tiens, où qu’elle était celle-là d’ailleurs ? Non mais en fait, pas besoin d’elle ! Si le virus venait à débarquer, ça gâcherait tout. Pour une fois qu’ils avaient droit à un peu de calme hein… A ce propos, monsieur Ed était également arrivé ici par le biais de l’alcool, sans surprise me direz-vous. Ah tiens ? Et à l’écouter, il avait sacrément bien picolé également. La jeune femme eut un sourire intrigué en essayant de s’imaginer le garçon complètement ivre. Hé hé, dommage qu’elle n’avait pas été là pour voir ça ! Moins dingue ? Lithium finit par avoir un petit rire sincèrement amusé.


« En même temps, dès l’instant où l’on réveille ici, ça part en vrille !
Non pas que je vienne souvent hein ! … Enfin, ça m’arrive parfois. Mais y’a pas une fois où c’était calme. Ça ne serait pas Delirium sinon ! Puis… ça permet de se changer les idées ! »


Alors qu’avec cet échange sympathique, Lith avait presque oublié la présence de l’encapuchonné creepy, celui-ci rappela son existence en s’éclipsant. Boh, patienter quelques minutes de plus, ils n’allaient pas en mourir, et son dauphin ne rejoindrait pas l’océan non plus. Une dizaine de minutes passèrent, dix minutes durant lesquelles ils ne doutèrent pas une seule seconde de la bonne foi toute relative de ce type chelou. Non, ils préféraient papoter. Le fait que le Ed du passé pose autant de questions au sujet de sa vie normale surprit autant les deux Lith. Pourtant, ça ne lui déplaisait pas tant que ça de parler d’autre chose que de Dreamland. Dans le monde réel, elle était quelqu’un de relativement normal, avec ses qualités et ses travers. Elle prit soin d’éviter le sujet du psy, ce qui pourrait nuire à l’ambiance sympathique du moment. Et bizarrement, alors que la jeune femme avait l’impression d’être perdue dans sa vie, en parler à haute voix lui donnait un regard nouveau sur celle-ci. Elle faisait beaucoup de sport autant pour le corps que l’esprit – et non pour se défendre apparemment -, et en tant que freelance, elle bossait chez elle. Dernières nouvelles, Lith s’organisait pour partir quelques temps à l’étranger. C’est vrai, au fond, tout allait plutôt bien vu de ce côté. Si on oubliait Bis et ses petits soucis de personnalité, elle avait l’air… curieusement normale. Peut-être qu’il suffisait juste d’en parler. Mh, faudrait retourner voir Chapelle, peut-être qu’il y verrait des progrès !

-- PRESENT --

Quelque chose était bizarre. Pourquoi la Lith qu’elle observait semblait aller aussi bien ? Non pas qu’elle souhaitait se voir aller mal, mais aux dernières nouvelles, ce n’était pas épique. Est-ce que c’était des résidus d’alcool qui la rendait encore légèrement euphorique, le fait que Bis ne se manifeste pas ? J’te manquerais j’te dis ! Bah à ce que je vois là, pas franchement non ! La jeune femme se sentit soudainement jalouse de cet état dans lequel elle s’était trouvée et dont elle n’avait aucun souvenir. C’était comme si elle se découvrait sous un autre jour. L’ancienne Lith d’avant Dreamland mais légèrement améliorée, et sans pouvoirs biotiques (zut !). Ouais, l’alcool. Ou le muffin. Ils ne lui avaient sérieusement pas mis un muffin dans le corps, non… ?

-- PASSE --

Comment comptait-elle passer sa première nuit en tant que célibataire ?
Bah bonne question tiens ! Néanmoins, sa première nuit était déjà bien entamée, non ? - Oui oui, elle n’avait absolument rien calculé-  Naïve enfant. La jeune femme réfléchit quelques secondes ; Elle s’était déjà mis un coup dans le nez, avait continué le reste à Delirium une bonne partie de la soirée, un accident de voiture, la hanche mise à nue, dauphin, muffin, Ed, chute, sol et encore Ed, Que pouvait-elle encore faire ? Passer cette nuit à deux ? N’ayant absolument pas compris l’allusion, elle commença une phrase d’un ton joyeux, avant de la laisser s’évanouir dans le vide à mesure qu’il s’approchait et que dans sa petite tête, bah ça faisait tilt.


« Oh, bah pourquoi pas… »

Une bonne partie des filles, et probablement des mecs aussi, se sont toujours au moins posé la question de, comment réagirais-je dans ce genre de situation ? Puis s’imaginent, ouaiiiis, moi je ferais ça, ah mais je me laisserais pas faire hein, et je ferais comme ça, etc… On se fait une image bien précise de la réaction que l’on aurait. Et bien en vérité… ça ne suit jamais votre scénario imaginaire. Et surtout, dans votre cerveau, ça fait juste « Blurbleubleubluuu ! », erreur système, mise en veille de l’appareil. Et en l’occurrence, Lith s’était figée, incapable de bouger ni même de réagir. Le contact de la main du blond sur son épaule l’avait presque électrocuté mais n’avait pas provoqué sa fameuse réaction de survie – ceux qui l’ont expérimenté s’en souviennent encore – ce qui l’a surprenait elle-même. Que faire, que faire, que faire ?! Etait-elle paniquée ou tout simplement déboussolée par le fait que ce soit Ed la personne qui s’approchait ? Sûrement les deux. Pas une seule seconde elle n’aurait imaginé le claustrophobe dans ce genre de situation avec elle. Fallait-il le repousser ou le laisser faire ? En avait-elle envie au moins ? A en écouter son cœur qui tambourinait bien sévère, ça la faisait flipper. Pourtant, au fond, l’idée ne lui déplaisait pas tant que ça.

-- PRESENT --

Lith était complètement abasourdie devant la scène qui se jouait. Même Bis n’avait pas de gros mot assez puissant pour qualifier ce qu’elle voyait. Blurbleubleubluuuu… Il se passe quoi là ? Tu… Tu crois que t’essaie de m’embrasser ? Oui bah merci j’ai vu ! La jeune femme ne savait pas comment réagir et ne put retenir un petit rire nerveux avant de se tourner vers Ed, essayant tant bien que mal de cacher le fait qu’elle était totalement perturbée.

- « Aha, t’es encore bourré, non ? ... Ou tu m’fais une blague peut-être ? … Non ? », dit-elle d’une voix un peu tremblante.

Nooon, mais elle allait se dégager. Bien sûr qu’elle allait se dégager… Pourquoi ne se dégageait-elle pas ? Hé oh, il approche là !

- « Lith du passé, oh hé ? », claquement de mains, aucune réaction.


-- PASSE --

Oh et puis zut, ça sera probablement la seule et unique fois !
Le peu de chemin qu’il restait à faire entre leurs lèvres, Lith le parcourut elle-même. Pourquoi ça se produisait ? Et bien pourquoi pas ! Le fait même que cela puisse se produire n’avait pas le moindre sens, et pourtant voilà. L’alcool peut-être. L’endroit. Ouais non, pas l’endroit, c’était glauque… Et ce pauvre cafard ! Mais ces dernières minutes avaient dû y être pour quelque chose. L’échange sans prétention qu’ils avaient eu, cette façon qu’il avait de lui parler, de la regarder, de… Puis zut, penser c’est chiant. On ne vit qu’une fois hein.


-- PRESENT --

Lorsque Lith comprit que son moi passé ne reculerait pas et que au contraire, avait continué la route toute seule, son visage s’empourpra. Gue… gue… gue… Prrrrrrt. Aha, aha ahaa… Bon, plus gêné que ça, y’a pas. Et sa première réaction fut de se mettre face au Ed du présent, les bras levés – elle était plus petite que lui – le visage complètement cramoisi et les joues en feu.

- « REGARDE PAS ! », lâcha-t-elle, « C’est l’alcool ! la fatigue, ou sûrement le, le… Euh… Le muffin ! Non c’est le muffin ! Le doc a dit que c’était contag… »

Bon ok, elle n’avait plus d’excuses. Z’êtes sûrs que le muffin ne soit pas une excuse viable ? J’aurais cru pourtant. Non mais qu’est-ce qu’il s’était passé ? Une pulsion, ouais mais de quoi ? Ils ne pouvaient pas avoir fait ça consciemment tout de même ! Ou peut-être que c’était pas ça qu’il voulait faire et elle s’était ridiculisée toute seule !

- « … Et maintenant ? », fit-elle d'une toute petite voix, « On a toujours pas la… la raison de comment on en est venu à se marier. Y’a… », elle jeta un œil derrière son dos et revint aussitôt, toujours aussi pourpre, « Y’a bien un moment où l’on va bouger ! »

Bah on était beaux tiens.



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Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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