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Vive les Mariés ! > Royaume Céleste <

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MessageSujet: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 3 Mar 2015 - 17:22
Je me réveillai la tête lourde la tête pétrie dans un oreiller gigantesque doux comme la soie… Encore la tête un peu lourdingue comme si je me tirais d’un sommeil profond de plusieurs heures, mes yeux papillotent doucement alors que je me frottais le menton, essayant de me réveiller. C’était étrange, mais Dreamland habituait à pire que de se faire réveiller dans un lit ; si vous ne me croyez pas, c’est que vous n’aviez pas testé l’apparition surprise au milieu d’une mer. Aaaah, bon sang, où étais-je ?

De mes yeux fatigués, alors que je m’adossais contre l’oreiller, j’essayais de faire rapidement le tour de la pièce du regard : j’étais un dans lit énorme avec des draps tirant sur le rosé, il faisait plutôt sombre et la seule lumière était une raie qui sortait de la rencontre timide entre deux rideaux, et voilà. Ensuite, ça ressemblait à une chambre particulièrement luxueuse vu les dimensions incroyables et les rares meubles taillés avec une précision que ne pouvait réaliser qu’un travail manuel. Des dorures dorées ci et là, un sol tout beau tout blanc, un plafond sur lequel restait immobile un lustre où dansaient des angelots en cristal… Ah oui, juste cette chambre était deux fois plus grande que mon appartement et devait valoir cinq fois plus que l’immeuble tout entier.

Respectant le silence de la pièce, n’entendant rien dans les salles à proximité (il y avait de grandes portes arrachées du château de Versailles), zyeutant ci et là des tapisseries magnifiques, je me relevai avec une discrétion peu commune comme si le moindre froufrou de draps baisserait le prix de la pièce. Le simili-marbre était froid sous les paumes de mes pieds, je pouvais me rendre compte que je n’avais pas de chaussette ; j’étais tellement stone de toute manière que j’essayais de retrouver peu à peu mes sensations. Au moins, je me souvenais de mes préceptes, Endroit, Effet, Ego, etc, tout déterminer avant chaque nuit sur Dreamland pour faire un rapide résumé de la situation, le genre d’exercices que je faisais machinalement maintenant mais qui me demandait un petit effort de concentration les premières nuits comme pour m’aider à atterrir. Et il fallait bien commencer quelque part, donc je commençais par « Endroit », il fallait que je sache dans quel Royaume j’étais. C’était ainsi qu’en faisant le moins de bruit possible je m’approchais des rideaux. Je tins chaque bout de tissu et me préparai mentalement à me brûler la cervelle et les pupilles, et après une période d’adaptation, tel dans un film qui se souciait plus du graphisme que de la cohérence, j’ouvris en grand.

Quatre choses.
Petit a), le soleil comme prévu m’éclaboussa tellement que j’eus l’impression que mes yeux prirent un coup de soleil jusqu’au nerf optique ; j’aurais dû mettre mes lunettes de soleil, putain, où elles étaient ?
Le petit b) était une conséquence du petit a) : le soleil était bien plus proche que ce que je pensais, car je me rendais compte que j’étais dans un endroit inédit sur Dreamland : le Royaume Céleste il me semblait, et comment je le savais, parce que la fenêtre ne donnait sur ABSOLUMENT rien sinon un ciel bleu magnifique que venaient parsemer de nombreux nuages discrets. La chambre devait donner à pic sur le vide total (je voyais qu’il y avait des étages plus bas). Et le soleil se trouvait face à moi dirons-nous, en plein dans mes mirettes. Le spectacle était beau, dès que mes yeux s’habituèrent, mais je n’eus pas ce plaisir avant que le petit c) n’arrive.
Le petit c) était aussi une conséquence du petit a) car après avoir remarqué que je ne portais pas de chaussettes, après m’être rendu compte que je ne portais pas mes lunettes de soleil, j’en conclus aussi avec une stupéfaction effroyable que finalement, je ne portais rien d’autre : adieu veste, shirt, pantalon, même pas un seul sous-vêtement, j’étais fesses nues, la nature toute libre sans attache et sans cache.
Le petit d), le pire de tous, quelqu’un entra dans la pièce.

Alors, au moins, cela confirmait ma théorie de l’hôtel, nous étions bien dedans car une domestique (une gobeline à l’air aimable si ce n’étaient ses bajoues légèrement boursouflées et sa peau verdâtre tirant sur le bleu du tout) entra avec un petit chariot, et le silence gêné qu’il y eut permit à un défaut de la conception de la roue de se faire entendre régulièrement, un tintement de rouille qui terminait de rendre la scène ridicule. En tout cas, si je restais tourné vers la vitre pour être certain qu’elle ne mate que la lune, les mains devant ma virilité, elle ne s’offusquait de rien, elle sourit même comme si tout était parfaitement normal, et laissa le chariot ici en parlant d’une voix très douce :

« Monsieur, je vous laisse le petit-déjeuner ici. J’espère que vous vous plairez agréablement à l’Eolio.
_ Euuuhhh… »
Elle me regarda comme si j’allais lui donner un ordre divin. « Voui ? Merci ?
_ Parlez un peu moins fort par contre, monsieur, madame est toujours en train de dormir. »


Faut-il vraiment que je vous parle de petit e) et petit f) alors que la domestique s’en va, me laissant tout d’abord dans une étrange incompréhension, puis dans un effroi total ? Figurez-vous que je m’étais saisi d’une des cloches qui protégeaient les plats et que je trouvais des tartines beurrées délicatement, grillées à point, prêtes à être trempées dans des œufs gigantesques, à-côté traînant une tasse de thé avec un nuage de lait (littéralement), deux coupes et deux soucoupes de porcelaine cotonneux ; en fait, le contenu de sous les cloches n’était pas très intéressant, mais ma main l’était énormément plus : car à l’annuaire droit, je portais une alliance.

Les pièces du puzzle se mirent peu à peu en place tandis que ma mâchoire se disloquait lentement, attiré par Dame Gravité : j’étais marié sur Dreamland… Voici le petit e). Pire encore, voici le petit f) qui me sauta aux yeux, alors que je regardais le lit sur lequel j’avais ‘dormi’ : il était en forme de cœur. Je crus vomir devant une telle révélation (le fait que je sois marié, pas que le lit soit de cette forme-ci, même si c’était indéniablement une faute de goût cucul la praline à dégobiller de la confiture de fraise par les narines) et j’essayais de me rattraper où je pouvais.

Où est-ce que j’avais été marié ? Quand ? Facile, les réponses, maintenant que je m’en souvenais, je ne me souvenais de rien du tout, donc par conséquent… Délirium City. Oui, ça me disait quelque chose maintenant, je m’étais murgé la veille d’avant, donc j’avais du débarquer là-bas… Quelques bribes me remontaient à la surface, ça me chatouillait les neurones, mais ouais, j’en étais persuadé, j’étais allé à Délirium City, et après, mystère et boule de gomme, qu’est-ce que je fichais ici, et qu’est-ce que j’avais foutu pour être fiché ici ? Le blackout total, horrible, une véritable torture ! Plus j’essayais de chercher dans les relents de mon esprit malade les raisons qui m’avaient poussé ici, plus je ne trouvais rien (si si, c’est comme ça que je le disais). Tout m’échappait, j’oubliais ce dont je pensais me souvenir, me laissant dans cette horrible réalité où mon doigt était emprisonné par une alliance, et EVIDEMMENT !!! cette saloperie refusait de s’enlever malgré mes efforts. J’aurais pu traverser le mur derrière moi avec mon épaule si j’avais voulu, et j’arrivais même pas à faire plier cette saleté ou à la déplacer d’un micronimème de millionième de centimètre.

J’abandonnais rapidement quand je vis qu’il y avait du grabuge sous la couette du lit ; je compris instantanément que le conjoint allait bientôt se révéler à moi, et je n’eus même pas le temps de craindre, si vous voulez, parce qu’au final, l’effroi, la peur, était si difficile à appréhender dans sa globalité que je n’eus même pas le temps de la saisir entièrement, le temps que le cerveau se dise qu’il fallait que je tremble, la révélation était déjà passée. Et surtout, merci à l’instinct de survie qui fut bien plus vif que tout à l’heure quand la bonne était rentrée, car direct les premières vibrations sur le lit s’étant faites sentir, j’avais habilement utilisé la cloche en métal qui couvrait normalement le petit-déjeuner pour me couvrir la dernière toison. Alors que je voyais enfin le visage de ma femme et son identité.
En bref, le point G.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 3 Mar 2015 - 21:01


Ce que c'est douuuux !
Mrouiii, tout doux, tout frais, tout chaud !
La jeune femme se tortillait de plaisir dans ces si beaux draps.
Elle ronronnait presque tellement on y était bien dans ce lit si grand !
Qu'est-ce qu'elle dormait bien, comment cela était-il seulement possible en fait ?
Sans pour autant ouvrir les yeux, et toujours sous les draps, la jeune femme se déplaça jusqu'au milieu du matelas en roulant sur elle-même, puis s'empara du second oreiller plus loin qu'elle serra contre elle en inspirant très fort. Avant de finalement plisser du nez. Héééé, mais c'est quoi cette odeur ? Depuis quand ses oreillers à elle sentait autre chose que.. les taies propres ? ça sentait -snif snif- l'homme. Quand diable avait-elle invité un mec chez elle ? .. ça ne sentait pas mauvais, certes, mais c'était pas connu. Lithium faillit accuser Bis, mais, pensant se trouver dans le monde réel, elle comprit l'ironie de la chose. Avait-elle trop bu la veille ou bien ? Elle entendit vaguement une porte s'ouvrir -raaah pas le chien encore, dégages- puis quelques mots comme "monsieur, Eolio, voui, et madame" filtrer et un claquement. Mh, pourquoi tant de bruit sérieux..
Doucement, elle se redressa et s'adossa contre la tête de lit -encore légèrement dans les bras de Morphée- elle bailla et s'étira, laissant glisser le drap fin et soyeux sur ses jambes, dévoilant ainsi son buste nu. Toujours persuadée d'être chez elle, la blonde ne ramena aucunement le voile pour se cacher -comme à la maison je vous dis- elle finit par ouvrir les yeux, un sourire aux lèvres, bien qu'intriguée par cette étrange odeur sur son oreiller, oreiller bien mou d'ailleurs. Bizarre, normalement le sien est dur comme du béton, elle ne raffolait pas du tout du moelleux -trop désagréable- mieux quand c'est tout dur. Pour se défendre contre les monstres du dessous de lit, c'est le must.

Le flou du sommeil aidant, elle ne remarqua pas tout de suite l'aberration des lieux.
Non, la première chose qui vint chatouiller ses sens, c'était le déjeuner servi sur un.. chariot ? Bah dis donc, si c'était bien un type qu'elle avait chez elle, il était très serviable. Ouais peut-être, mais ça ne lui disait pas qui c'était. Puis vint enfin la couleur de la pièce. Tout ce blanc, cette brillance -sans déconner, c'est un lustre ça- ce luxe bordel ! Ce n'était résolument pas sa chambre. Etait-elle dans un hôtel ? Oh mon dieu ! Mais qu'avait-elle franchement fait hier soir ? Elle n'était tout de même pas rentrée avec un parfait inconnu, voire un.. un vieux Picsou ! Eeewwww ! Elle frissonna de dégoût. Quelque chose clochait dans toute cette histoire. Elle ne se souvenait de rien, et à mesure que son regard devenait de plus en plus clair, elle reconnaissait encore moins les lieux. Non mais avait-elle été droguée ou quoi ?! C'était imposant -carrément- mais ce n'était toujours pas chez elle. Oh bordel de merde, elle avait complètement merdé là. Toutes les hypothèses possible passèrent dans son crâne; le Gripsou, le tapinage involontaire, la drogue, l'aventure d'un soir, etc.. La dernière était la plus probable, même si c'était pas franchement son style.

Puis vint le temps de l'incompréhension totale.
Ses cheveux légèrement devant le visage, Lithium passa ses mains dans ces derniers pour en faire une tresse, mais se coinça le doigt dans une mèche. Raah, mais qu'est-ce qui s'accroche comme ça ?! Elle tira puis ramena sa main devant elle pour en défaire les fils blonds, avant de jeter un œil au coupable ou plutôt à LA coupable. Etait-ce.. une alliance ? Genre euh, une alliance de mariage ? ça pourrait être pour quoi d'autre duconne ! Alors son cas était encore plus grave que ce qu'elle pensait. Elle était MARIEE, mais avec qui ?! Quand, pourquoi, comment ? Lithium commença à paniquer et tout devint subitement clair. Aussi clair que cet homme nu dans la pièce avec une cloche sur la b.. Oh.

.. ooOOOOOOooooh !


"..PUTAIN !"

La voyageuse hurla de terreur, attrapa le drap avec lequel elle s'emmitoufla avant de sauter du lit dans la foulée, pour ensuite s'écraser contre le mur. Aie. Son cerveau bouillonnait, son cœur battait à tout rompre et ses yeux écarquillés trahissait la panique dans laquelle elle était. Puis vint s'ajouter un nouveau problème à celui-là déjà bien assez grand. J'peux savoir ce que fout un Ed dans la même pièce et même tenue -donc à poil- que toi ? Je.. Je.. Je vais l'défoncer. Et puis toi ensuite. VIENS PAR LA BLONDASSE !! Bis entra dans une rage noire et Lithium ne put l'empêcher d'attraper la première chose à portée -donc un superbe vase d'une facture impressionnante et assurément centenaire- et de lui envoyer en plein dans la figure. La blonde lança un "Désolée", sachant qu'il comprendrait sûrement le geste. Elle était donc à Dreamland. OUF !
Non pas ce que c'était mieux, mais c'était moins important que le monde réel, et puis, ils pourraient divorcer sans garder ça dans leur dossier. Enfin, normalement hein ? Elle parvint ensuite à se contenir et vit le lit king size en forme de cœur assumé. Euh mais attends.. Elle était nue, il était nu, ils étaient dans ce lit avant, tous les deux. S'étaient-ils réveillés là-dedans ou avaient-ils.. A Dreamland ? SON OF A BITCH ! Lithium mit ses deux mains sur la tête avant de les rabaisser dans la seconde pour rattraper le drap volage. JE VAIS LUI ARRACHER LES COUILLES A CE FILS DE P.. LACHES-MOI J'TE DIS, IL VA PERDRE SES DENTS ! Elle ne trouva rien de mieux à dire à son "camarade" que:


"..Bonjour mon tendre chocolat à la vanille ?
NON, C'est pas ce que je voulais dire ! .. Apollon céleste !
PUTAIN ! .. Chaton tout ronron. JE VAIS ME DEFENESTRER."
, soupira de détresse la pauvre fille.

"Laisses-moi faire, pauvre traînée !"

Bis prit les rênes et ça se vit - la posture et l'attitude je vous dis, vous devriez avoir l'habitude depuis voyons ! Elle avança, toujours le drap autour du corps, se planta devant Ed -à peine quelques centimètres- et l'attrapa par.. Par rien en fait. Elle lui mit juste le poing sur le torse, jusqu'à le pousser contre la fenêtre, avant de lui mettre la main autour de la gorge, le menaçant de l'autre main.

"TU VAS M'DIRE TOUT DE SUITE CE QUE TU LUI AS FAIT PAUVRE.. canon de mes nuits. GRrglll.. What ?"

Elle le lâcha tout de suite et s'en écarta sans attendre, la fureur se mêlant d'incompréhension dans son regard et sa voix.

"QUE..Que nous as-tu fait espèce d'en.. d'envoûtant trésor.
JE VAIS BUTER CETTE sublime gueule d'amour ! .. PUTAIN JE TE JURE, je vais tuer quelqu'un !"


Le virus attrapa cette fois-ci une table qu'elle balança à travers la pièce.
Puis la jeune femme -Lithium- croisa les bras en s'enfonçant les ongles dans la peau, espérant par la douleur, freiner Bis. Elle y parvint non sans mal, transpirant légèrement. Puis, calmant intérieurement son autre par des pensées plus ou moins "rassurantes" -il nous a pas touché- elle leva les yeux vers Ed, et en rougissant aussi fort qu'une tomate bien mûre pouvait l'être, elle bafouilla sans prendre en compte le surnom qui venait automatiquement en fin de phrase:


"..Bien dormi, mon éternel amour des cieux ?"


__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 4 Mar 2015 - 0:53
Lithium Elfensen ? Sérieusement ?
Lithium ?
Maintenant que ses cheveux blonds se remettaient doucement dans mon esprit, j’avais tendance à penser qu’effectivement, peut-être qu’elle était aussi là la veille, la dernière fois, et qu’évidemment, sous le coup de toutes les substances illicites qu’on était obligés de trouver/d’ingérer dans le Royaume de la dégénérescence totale, on avait pu, éventuellement, faire quelques idioties du genre, trouver un prêtre et lui demander de nous marier pour X raisons, trouvez vous-mêmes pourquoi, allez-y, on avait perdu un pari, on avait foutu le boxon et on voulait officialiser l’évènement comme on l’aurait fait avec un selfie, on avait dit n’importe quoi dans le simple plaisir de se ken par la suite, l’alcool abaissant n’importe quel critère jusqu’à ce ne laisser que le seul critère comme indice d’acceptation d’un individu. Est-ce qu’on avait fait n’importe quoi après ? Je ne pensais pas. Comment savoir, vous me diriez, mais non, pour le coup, je me sentais pas trop… vidé. Le bon terme. Tout allait bien.

J’eus cependant, malgré moi, une phase où la panique fut endiguée (enfin, je disais ça, c’était comme mettre un bout de bois au milieu de l’Amazone et espérer qu’il fasse un barrage correct) mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre et Lithium était largement dans le haut du panier des personnes avec qui j’aurais pu me retrouver marié : des Créatures des Rêves à la morphologie inquiétante, un objet, Fino, Jacob, Matthieu, bark… Voire même une fille moche. Autant trouver Jennifer Lawrence dans son lit que Mimi Mathy. J’étais toujours surpris car je la voyais peu, et le temps aidé de la représentation mentale que j’avais d’elle (pas très beau, pour vous avouer) à chaque fois l’enlaidissait légèrement pour que je la redécouvre à chaque fois et qu’elle me surprenne. Lithium était mignonne, voilà, et si « belle » renvoyait à la beauté et « jolie » au charme, « mignonne » était une contraction parfaite des deux.

Au-delà du jolis minois de Lith, je fis connaissance avec… sa poitrine – je cherchais plein d’autres mots pour remplacer, tel un poète de l’absurde qui détournerait ses yeux de ses… abricots ? ses alvéoles ? ses monts qu’on peut empoigner d’une main ferme ? – en même temps que son air au réveil. Désolé pour toute la contenance qui volait en éclat devant cette surprise incroyable (ces deux surprises incroyables), mais j’eus un coup de chaud et quelques de sang vers l’aine que je ne pouvais éviter. Pour celles qui ne comprendraient pas, cela voulait dire que quelques secondes après, la cloche aurait pu servir de protection sans même que je n’utilise de mains. Puis, ma réaction fut bien moins violente que celle de la blonde qui sembla avoir reçu une décharge électrique bien dure, qui s’enfuit avec la couette pour se plaquer contre le mur en proie à une peur panique que j’étais parfaitement capable de comprendre.

En fait, c’était dans ces moment-là où vous saviez que vous n’étiez pas James Bond ou tout autre personnage à grande gueule, car alors que Lithium était pétrifiée face à la scène, comprenant doucement ce que j’avais moi-même compris quelques secondes plus tôt, je restai d’un silence pas très éloquent au lieu de sortir des phrases comme « Le petit-déjeuner est servi », ou bien « Voyons, pas besoin de s’affoler, les œufs ne sont pas si gros que ça ». Non, non, absolument pétrifié alors que le vase me percuta en plein la gueule sans toutefois me faire bouger la tête, et les morceaux tombèrent sur le sol avec un bruit comme au cinéma et que la douleur ne me quitta qu’après quelques secondes. Afin qu’elle sache que je n’y étais pour rien dans cette scène, quand une main m’aidait à préserver ma dernière dignité, l’autre essayait de la calmer, tendue vers l’avant en signe de « Non non, c’est pas moi » alors que je disais très vite :

« Je te jure que je suis tout autant concentré… ! » Non. « Concerné ! je ne comprends rien à ce qui se passe ! »

Si Lithium gardait bon an mal an son drap, ma cloche en métal resta aussi parfaitement à sa place alors qu’on se regardait en essayant de chercher des réponses dans les yeux de l’autre alors qu’on n’y trouvait qu’un désarroi le plus total. J’étais sur Dreamland, je prenais les choses en main, j’étais comme ça, mais là, j’étais désemparé au possible, et ce fut encore pire quand Lithium se mit à me parler.

« Mon tendre chocolat à la vanille ? »

En fait, j’avais l’impression qu’elle était tout à fait incapable de dire mon nom, ou alors qu’elle était obligée de m’appeler ainsi alors que les surnoms tous aussi horribles et peu naturels surgissaient à la va-vite sans que Lithium ne puisse y faire quelque chose. Et quand Lithium ne pouvait rien, devinez qui surgissait ?

Franchement, c’était peut-être la première fois que je voyais Bis, véritablement, mais je la reconnus instantanément, c’était aussi flagrant qu’un comédien qui endossait un nouveau rôle : la posture plus agressive, voilà qu’elle sortait de ses gonds, qu’elle s’approchait et que moi, apeuré, me reculait au rythme de ses propres pas jusqu’à ce qu’elle me rattrape, me foute le poing sur le torse pour m’aider à me barrer (j’aimerais dire qu’avec tous mes entraînements pour devenir plus fort, avec les arts martiaux que je pratiquais sans compter la muscu, j’étais devenu plus baraque. C’était le cas. Pour ceux qui considéraient que prendre des épaules se jouait au millimètre près), et vu que j’étais trop occupé à garder ma cloche près de l’aine et que j’étais encore trop abasourdi pour me défendre (Bis peut-être, mais avec le joli minois de Lithium, une combinaison imparable) jusqu’à ce que je me retrouve dos à la vitre froide et que Bis…
Canon de mes nuits ?
Et après plusieurs essais infructueux, Bis calmée par cette malédiction en tout point horrible, je répondis, d’un sourire un peu altéré :

« Euh, je crois que tu as des soucis, chatonne. » Ark, chatonne. Evidemment, j’étais aussi obligé de jouer le jeu. Je regardais Lith dans les yeux en disant cette fois-ci très sérieusement : « Si tu veux, on pourra se défenestrer ensemble. » Et encore plus sérieusement, quoiqueuuuh, je continuais pour répondre à Bis : « Je ne pense pas qu’on s’est enquillés, non. Ou alors, on a tous les deux oublié. » L’hypothèse de loin la plus terrifiante.

Profitant de la stupéfaction de Lithium et du fait qu’elle avait retrouvé sa vraie personnalité, je changeais de position pour ne pas avoir le dos contre la fenêtre donnant sur un vide abyssal, et je me grattais le menton de ma main valide, celle où l’alliance était tranquillement posée, toute discrète. La blonde ne savait pas trop quoi dire de la situation – qu’aurait-elle pu dire de toute manière – et je sentais que c’était à moi de prendre les devants. Faisant tout mon possible pour ne pas quitter ses yeux et regarder sa silhouette qui se dessinait quelques fois au travers des plis, j’agitai ma main comme pour la calmer avant de lui dire :

« Je… Je vais trouver quelque chose. Reste ici, hein. »

Je partis clopin-clopant vers les meubles, essayant de ne pas trop me tourner car je n’avais qu’une seule protection pour deux côtés, et j’avisai en premier les tiroirs, rien du tout, nada, d’ailleurs, il y avait la petite feuille, le quizz de satisfaction des clients, je la pris d’une main, la mis en boule et la jetai violemment dans la corbeille la plus proche avant de jeter mon dévolu sur notre meilleure chance, un immense placard, que j’ouvris rapidement et…

Oh, joie ! des vêtements !
Oh, malheur, des…

Je sortis en ingurgitant ma salive les deux vestes qui nous étaient destinés : une magnifique tenue de mariée d’un blanc immaculé, et pour moi, un costume trois-pièces magnifique. Je fis un petit geste du mention d’excuse à la Voyageuse alors que je revenais avec les vêtements, et je lui dis :

« Je vais… Je vais me changer, mon oiseau des îles, je me tourne, tu te tournes et… tiens. »

Dès qu’elle avait récupéré les affaires, on se mit chacun de notre côté pour pouvoir s’habiller. Personnellement, je me dépêchai d’enfiler le boxer, le pantalon noir et le reste de la tenue qui ne formait qu’un haut, chemise et veste et cravate, m’empêchant de ne garder que la chemise comme je comptais le faire initialement. Dès que ce fut fait, ce qui fut très rapide, je me regardais dans un miroir à-côté en évitant soigneusement de voir (quand un homme évitait soigneusement de regarder, ça voulait dire que son coup d’œil durait moins que quatre dixièmes de seconde) le reflet de Lithium dans un coin opposé, et je me regardais.

Il y avait deux costumes, ceux pour le travail, qui faisaient chic et distingué et… celui-ci… qui puait littéralement le mariage à plein nez. C’était le genre de costume où je pouvais passer dans la rue, tout le monde se dirait que je partais pour l’Eglise, mais certainement pas au travail. C’était aussi grillé que la robe de mariée qu’était en train de mettre Lithium. J’en pestais.

Je me déplaçais un peu pour que la blonde ne me prête pas de mauvaises intentions avec ce miroir qui embrassait toute la salle, et dès qu’elle eut terminé, alors que j’avais la gorge serrée, on se retrouva et je dis ceci :

« Mon délice de chantilly, on sort d’ici le plus rapidement possible, on va trouver des… des gens compétents et on divorce le plus rapidement possible. Je crois qu’on est au Royaume Céleste, c’est un gros Royaume, il y a certainement de quoi nous… nous délier. »
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 4 Mar 2015 - 22:57


Lithium était complètement perdue.
Avait-elle fait quoi que ce soit où il était nécessaire d'être deux ?
Bah AH, elle s'était mariée déjà, c’était pas mal. Mais bordel, quand ça et sur quelle idée !
Quand était-ce la dernière fois qu'ils s'étaient vus ? C'était pas Bruxelles avec cette fête ?
A moins qu'elle ne l'ai revu pour une quelconque autre raison. Comment pouvaient-ils se marier sans pour autant s'en souvenir ? Si cela avait été le monde réel –grands dieux non- elle aurait assurément parié sur Las Vegas, même si elle n’y avait jamais mis les pieds. Et il aurait fallu une coïncidence énorme pour s’y retrouver tous les deux. C'était un coup tordu à la Délirium, mais complètement. Oui mais pourquoi avec elle, pourquoi avec lui ? POURQUOI ?! Ils n’avaient pas de lien en particulier qui suggérait qu’un soir en se voyant, ils se disent : « Hé mec/meuf ! Si on se mariait ? Ce serait fun ! » Allez, ouaiiis grave ! ..Non mais sérieusement !
Le voyageur avait l’air tout autant désemparé qu’elle et ça en était relativement marrant, et légèrement attendrissant. A ses yeux, « Le » Ed Free comme l’appelait couramment Daniel, était quelqu’un d’assez sûr de lui, ça brisait un peu la glace et c’était pas si mal au fond. ..Je vais vomir, j’me sens pas très bien. Alors si tu pouvais éviter de me vomir dedans, ça serait franchement top tu vois ! J’te promets rien.. Malgré sa gêne totale, la jeune femme ne put s’empêcher de jeter un bref coup d’œil sur son époux de la nuit. Il a fait du sport ou quoi ? Mh, bien fait en fait mine de rien. Là je vais vraiment gerber ! ..Arrêtes de mater putain, c’est DEGUEULASSE ! Je suis mieux fichu que lui en mec en plus ! Non mais toi t’es pas un vrai gars, alors chut, ça fait longtemps que j’ai pas vu un type dans aussi peu de tissu alors merde. Ça risque pas de se reproduire avant un bon bout de temps alors, laisses-moi profiter de la vue bordel !

Chose à laquelle elle ne s'attendait pas le moins du monde, ce fut de voir un tatouage sur le torse -ahin- de son collègue; un labyrinthe avec une tête de taureau à la mode tribal. So viril me diriez-vous. Elle ne put s'empêcher de penser au mythe du Minotaure, le fil d'Arianne et Thésée. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? La vision, un meilleur sens de l'orientation, la force, la détermination ? Non mais qu'est-ce qu'elle en sait ! Bah c'est malin, maintenant, sa curiosité était piquée, elle voulait en savoir davantage. Lui aussi était allé faire un tour chez ce chat complètement taré ? Si oui, quelles étaient les propriétés du sien ? Remarquant que son regard se fit plus insistant à mesure qu'elle réfléchissait, elle détourna immédiatement les yeux pour fixer un miroir.. qui reflétait l'arrière de Ed. MAIS PUTAIN ! C'est un complot. Illuminatiii ! On se calme.

Chatonne ?
.. Lui aussi quand il voulait l’appeler par son prénom, ne venait que des surnoms mielleux et parfois –toujours- ridicules ?


"Se défenestrer ensemble ? Bah écoute, ouais, carrément. Mais vas-y le premier, je te suivrais après, je vais attendre un peu avant de te sauter.. DE SAUTER !"

Elle devint encore plus écarlate et se cacha le visage dans son drap.
Décidément, c'était le soir de la connerie. Non mais pourquoi il est tout nu aussi ! ça l'empêchait de réfléchir correctement, puis mince, il était pas désagréable à regarder, alors fais chier, qu'il se couvre pour qu'elle pense comme un être humain normal ! Ok c'est bon, je gerbe. NON NON NON ! Heureusement, il ne se passa rien. Juste un cri de victoire de la part de Bis lorsque Ed lui assura qu'il ne s'était absolument RIEN passé. Oook !


"Tant mieux mon amour de toujours -RAH- parce que quitte à ce que cela arrive, je préfèrerai m'en souvenir quand même.. NON MAIS c'est pas ce que je voulais dire !"

Finalement, elle allait peut-être se porter volontaire pour l'ordre de défénestration.
La demoiselle n'était pas en mesure de prendre une quelconque décision, bien trop perturbée par ce qu'elle racontait et la tenue affriolante de son congénère. Passé l’état de choc, elle remarqua le cocasse de la situation. Ed avec une cloche sur le sexe, sans déconner, ça méritait carrément une photo. Elle baissa les yeux en regardant l’objet et se mit à rire légèrement, un rire nerveux sûrement, mais elle riait quand même de leur malheur. Ça avait au moins le mérite d’être drôle tout ça. Oui oui, trouves quelque chose, je te laisse faire, comportes-toi comme le mari dans tout ça.. Oui non mais non en fait, c'est toujours pas à ça qu'elle pensait ! Rah, ça devait être cette saloperie de bague qui lui rongeait le cerveau, à moins que ce soit le pas-si-mal postérieur qu'elle avait en face d'elle. OH. MON. DIEU. Mais il le faisait exprès ou quoi ?! Même en crabe on le voit ! Elle aurait voulu détourner les yeux, mais elle ne put s'empêcher d'y jeter un bref coup d'œil. Ok, c'est décidé, je vais lui arracher les couilles par-derrière. Tu me couvres ? Mais.. Mais non !
Alors que Ed partit en quête d'elle-ne-savait-trop-quoi, elle tenta d'ôter le bijou de son annulaire. Grrrrrmmpf ! ..Aie. Mais c'est qu'elle ne bronche même pas cette saloperie ! J'veux pas être mariée, je suis encore trop jeune pour çaaaaa ! Mariée ? ça veut dire quoi ça ? C'est se taper un type ? Euh, non mais le concept n'est pas important pour toi. J'peux p'têtre chercher dans ton cerveau ce que ça veut dire.. Lithium eut à peine le temps de réagir que Bis explosa de nouveau. .. Je.. vais.. l'DEFONCEEEER ! Heureusement que le blondin ne se retourna point, trop occupé à fouiller dans un placard, car la voyageuse venait de se jeter par terre, s'accrochant de toutes ses forces à un pied de lit.

Non, tu ne lui jettera rien dans le visage!
JE VAIS M'GENER, FILS DE PUTE !JE VAIS LUI DEVORER LES INTESTINS ET LES LUI REVOMIR DANS LA BOUCHE A CE SALOPARD ! Te toucher ne lui suffit pas, faut aussi qu'il te.. qu'il te POSSEDE ! Mais il ne me possède pas putain ! .. Et puis t'es mal placée pour dire quoi que ce soit ! C'est qui la connasse entre nous qui a profité d'une absence pour sauter une rouquine, un ancien mec, et de MA CONNAISSANCE EN PLUS ?!! Alors maintenant, tu vas fermer ta PUTAIN DE GUEULE ! Je n'ai pas de morale à recevoir de toi ! Retournes te terrer au plus profond de moi, je ne veux pas entendre un seul foutu mot qui sorte de ta bouche ! Sinon.. Sinon quoi ? C'est une menace ? Sinon, je me le fait pour de vrai. .. T'oserais pas. Et puis il voudrait pas de toi. Et pourquoi pas ? Il est pas mal, jl'aime bien, je vois pas le problème. Puis, HE, on est mariés ma pauvre ! C'est ce que font tous les couples. TU.. JE.. Grrrlgargh. Ok, c'est bon, je la ferme pour l'instant.

La blonde fut étonnée qu'une simple phrase fonctionne à ce point.
Elle le détestait tant que ça ? Il lui avait rien fait de grave pourtant.
En même temps, Bis ne brillait pas par son esprit de logique. Donc espérer une explication précise et concrète, c'était limite demander la lune. En parlant de lune.. Ouais, il a un bon cul sérieux. ARGhll.. Lorsque Ed eut enfin fini sa recherche, elle se releva en sautant pour faire comme si de rien n'était. Cela aurait fonctionné, si elle ne s'était pas pris le pied dans son propre drap. Elle glissa donc sur place et tomba en arrière. Ne prenant même pas compte de la douleur lancinante qu'elle ressentait à l'arrière du crâne, elle se releva à la hâte, encore plus honteuse qu'auparavant, rajusta ce foutu tissu soyeux et passa vaguement une main dans les cheveux. Oui, plaît-il ? Non t'as rien vu non. Je ne suis pas tombée comme ça sans raison. J'ai perdu ma lentille. Comment ça j'ai pas de lunettes ? Non mais si ! ..Ok, non.


"C'est quoi ça, mon soleil ? Une robe de.. Laisses-moi deviner, de mariée ? Youpi."

Elle qui pensait que ça n'arriverait jamais, voilà qu'elle se retrouvait précocement à devoir vêtir ce vêtement de potence. Mais bon dieu, POURQUOI ?! ..Mon oiseau des îles ? Hé, comme dans Pride and Prejudice, un de ses films préfé.. Ok, on s'en fout. Elle s'empara timidement de la tenue et acquiesça lorsqu'il se tourna. Elle fit de même. Lorsqu'elle regarda la robe, elle déglutit. Bon, quand faut y aller.. Elle laissa tomber le drap et chercha les sous-vêtements parmi son présent empoisonné. Elle déposa délicatement l'habit sur le lit en prenant soin de ne pas la froisser, et prit le soutien-gorge d'un blanc aussi immaculé que la robe qu'elle enfila d'une traite -habitude- avant d'attraper le.. Are you fucking kidding me ? Pourquoi la culotte est fixé à ce porte-jarretelle ? Et puis, comment ça se met cette chose.. La honte. Elle ne savait même pas comment enfiler cet engin. Elle galéra bien quelques minutes avant de piger le fonctionnement, tentée de demander de l'aide, mais se résignant bien rapidement en se rappelant le sexe de son compagnon.

Après réflexion, elle réussit enfin à le mettre.
C'était ça ou ne rien mettre du tout, donc la question était vite réglée.
En revanche, elle refusa de porter ce machin à mettre autour de la cuisse.
Il allait pas venir le chercher avec ses dents. Plutôt crever. A la niche, j'ai dit. Grrmpf. Elle passa les bas qu'elle fixa doucement, faudrait pas les effiler. Puis vint le tour de la fameuse "chose". Elle la regarda de loin, légèrement perturbée. C'est vrai qu'elle était magnifique cette robe à bien y regarder. Si c'était elle qui l'avait choisi, bah elle avait bien fait, elle était superbe. Ce n'était pas le coud de foudre, mais bon, c'était pas vraiment le moment.
Simple, sobre, pas extravagante, nickel quoi. Elle était suffisamment longue pour cacher ses pieds, suivant parfaitement les courbes de la jeune femme. Au niveau de la taille, une vague ceinture incrustée, et sur le buste, une sorte de truc en dentelle. Elle ne raffolait pas de cette touche, mais dans l'ensemble, c'était joli. N'oublions pas qu'elle était légèrement échancrée dans le dos, laissant entrevoir une partie de son tatouage et quelques anciennes cicatrices, le reste étant caché par la robe. Elle passerait pas pour autant inaperçue, mais elle aurait au moins quelque chose sur le dos. La touche finale de la tenue fut d'enfiler les escarpins d'une pureté incomparable. Pile sa pointure, nickel, et elle réajusta sa tignasse autour de ses épaules. Bon bah.. Voilà. Qu'est-ce qu'on fait maintenant que nous sommes apprêtés de la sorte ?
Spoiler:
 

Doucement, elle se retourna, espérant qu'il était cette fois-ci habillé, sinon, elle ne donnait pas cher de son cerveau. Elle respira un grand coup puis releva les yeux avant de déglutir à nouveau. Oh. Non mais sérieusement ? Elle aussi elle voulait un costume pareil ! C'était bien plus pratique pour se déplacer que sa robe et ses godasses ! ..Bon ok, c'était pour éviter de regarder l'ensemble. Parce que à regarder le tout, Lithium savait que Ed était très beau accoutré ainsi, et elle ne voulait pas se résigner à ça. C'est la situation et les fringues te dis-je ! T'es toute chamboulée par le loufoque de la scène, rien de plus. Regardes ailleurs, c'est mieux pour ton pauvre cœur, ce qu'elle fit l'espace de quelques secondes avant de reporter son attention sur lui. Mais vraiment tu fais chier. Tu pouvais pas t'habiller en clodo ? Rah, ça faisait longtemps qu'elle.. Ouais bref.
Le cœur prêt à ouvrir sa cage thoracique pour se défénestrer pour la gloire -non elle n'a pas oublié- elle planta son regard sur la bouche de Ed, pour ne pas avoir à le regarder droit dans les yeux. Regarder le nez ou la bouche ça donnait toujours cette illusion -yeah tactique- donc autant l'appliquer. Donc oui, divorcer, il avait raison. Il leur fallait trouver quelqu'un en mesure de les déchaîner l'un de l'autre.


"Complètement d'accord avec toi, mon petit tigre.
Il ne faudrait pas que ça écaille ta répu.. Oui, faut faire ça vite."
, bafouilla-t-elle.

Elle vérifia par habitude si elle n'avait rien laissé dans la chambre -à part ta dignité, je ne vois pas- regarda encore une fois son "mari" -non mais il était super dans ce costume bordel- réfléchit à prendre le drap pour se cacher, puis ouvrit enfin la porte de la chambre.. Avant de se prendre une flopée de riz dans la tête. Mais qu'est-ce que..

"VIVE LES MARIEEEES !", hurlèrent un groupe de femmes de ménages et de garçons d'étage, tous aussi vert les uns autant que les autres.

"Euh, je.. Je.. Grrmlgruh.", grommela Lithium, en prise à une soudaine bouffée de chaleur.

"C'est l'émotion ! Quel beau couple vous faites, quel beau jeune homme vous avez là mademoiselle, gardez-le précieusement. Oh, excusez-moi, MADAME ! (le madame lui fut jeté comme une balle en plein coeur) Quel chance, faites-nous de beaux futurs voyageurs !"

".. Comptez sur.. comptez sur nous."

Nous mettez pas la pression non plus..
Royaume Céleste, je te hais déjà pour ce que tu nous offres.
Pressée de quitter les couloirs, elle accéléra le pas, cherchant désespérément l'ascenseur, n'importe quoi de ce genre. Après avoir traversé tout l'étage -très beau d'ailleurs, idéal pour les réceptions et autres bêtises- l'accumulation de toutes les choses manqua de la faire craquer. Lithium était au bord de la crise de larmes lorsqu'elle décela un bouton en forme de nuage sur un mur moelleux. Elle posa son doigt dessus, et quelques secondes après, le mur s'évapora pour laisser place à une cabine deux places presque aussi luxueuse que la chambre. Bon, je suppose qu'il faut s'installer. Elle fit un vague signe à Ed et s'assit. Tremblant légèrement, elle joignit ses mains pour tenter d'apaiser son corps, ce qui ne fonctionna absolument pas. Si cette saloperie se bloquait à un étage, elle incendierait sûrement tout l'hôtel dans un accès de rage. Elle n'osa plus regarder son camarade par la suite, refusant qu'il voit son teint brûlant.



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 6 Mar 2015 - 2:02
  Juste avant qu’on ne s’en aille de cette pièce maudite, je cherchais du regard mon panneau de signalisation et de mes lunettes de soleil, mais mes artefacts n’étaient aucunement dans la chambre, et j’avais fouillé tous les placards et même vérifié sous le lit, faisant fi, tout du moins en apparence, de la pauvre Lithium tombée sur le sol ainsi que de ses lapsus aussi ridicules que les miens qui me faisaient tout de même étrangement chaud au niveau de la poitrine. C’était peut-être l’hôtel qui les avait, il faudrait que je fasse attention à ne pas les laisser derrière moi. Je me sentais un peu nu sans eux, je devais l’avouer ; un grand Voyageur que j’étais, si je n’avais pas mes doudous, je commençais légèrement à paniquer. Enlevez-moi derechef mes portails et je n’arrêterai pas de trembler dans un coin de la pièce.

  De toutes les façons, les artefacts sortirent rapidement de ma tête face à Lithium dans une robe de mariée ; non pas que ma mâchoire faisait s’activer les muscles en s’ouvrant le plus possible devant un spectacle à la beauté non euclidienne, mais c’était très amusant de voir une personne que je connaissais dans cette tenue, ça changeait, dirons-nous. Puis surtout, Lithium Elfensen, la psychopathe de service avec son sourire pour attendrir les cœurs masculins, ça aussi méritait une petite photo souvenir. Et puis, elle était belle, d’accord, très bien, c’était dit, et la simplicité de sa tenue renforçait cette impression : collant aux courbes sans trop de froufrous, elle permettait de valoriser la féminité de la blonde si bien que j’en eus presque des rougeurs (au niveau des joues, cette fois-ci). Dans le miroir, on rendait effectivement tel un couple qui venait de se marier ; pas le couple le plus moche de la Terre en plus, merci aux traits doux de ma compagne.

« Tu es très belle dans cette robe. » dis-je pour la rassurer avec un sourire que je n’avais même pas besoin de forcer.

  Après réflexions, je n’aurais peut-être pas dû le dire comme ça, il y avait d’autres façons de rassurer les gens, mais l’envie soudaine de la complimenter était passée du cœur jusqu’à la bouche sans passer par le cerveau. Je le pensais réellement de toute manière. Cependant, quand elle passa devant moi pour ouvrir la porte, je pus voir que la robe, non seulement de laisser peu de place à l’imagination comparée à des homologues qui jouaient bien plus sur l’aspect « volant de badminton », elle avait un autre atout charme à l’arrière où une partie du dos était à l’air nu.
Et des cicatrices.

  Ce fut tellement frappant, ça me sortit tellement de mon état peiné et abasourdi de ce début de nuit que je fus d’autant plus surpris quand du riz fut lancé et qu’une petite haie d’honneur fut faite à notre attention dès qu’on posa un seul orteil dehors. Hop, le retour à la réalité est brutale tandis que le riz pleuvait dans nos cheveux et je les remerciais rapidement en levant ma main, comme pour signifier qu’ils étaient très gentils mais que ça allait bien une seconde. Et voilà que ça applaudissait, que ça huait « Vive les mariés » comme si le prêtre nous avait réunis dans notre lit même – nuit de noces et mariage dans la même foulée, on gagne du temps. Un sentiment de gêne m’envahit, surtout vis-à-vis de la pauvre Lith que j’étais bien en peine de consoler.

« Vous êtes merveilleux !
_ Merci pour elle.
_ N’oubliez pas de signer dans le Livre d’Or !
_ On y pensera.
_ Vous avez une femme magnifique, une femme magnifique ! Chérissez-la bien ! »


  Au bout d’un moment, je passai un bras dans le dos de Lithium pour nous faire accélérer de cet enfer de couloir (un Cupidon volant tenta de nous embrasser, je le repoussais vers un mur en nous faisant nous dépêcher). Au final, on arriva à une sorte de cabine, un ascenseur deux places où l’on se dépêcha de s’installer l’un contre l’autre. Un petit panneau se dépêcha de nous indiquer les étages que l’on souhaitait rejoindre, et on décida tout simplement d’aller au rez-de-chaussée.

  La cabine, sans un seul bruit, sans un seul tremblement, se mit à pivoter sur elle-même pour nous ouvrir par une ouverture spécialement créée pour une grande partie du Royaume Céleste. Avec le soleil. Ce fut tout simplement magnifique : les rayons qui illuminaient de nombreuses îles célestes qui déversaient ainsi des ombres gigantesques sur les nuages les plus proches, des constructions des fois normales tels de nombreux immeubles et d’autres bien plus extravagants se dévoilaient, on voyait aussi de nombreux habitants marcher dans les larges avenues, sur des ponts qui rejoignaient les îles, les socles gargantuesques qui tenaient des quartiers entiers, et surtout, ce ciel, putain, un ciel terrible qui est en-haut, en bas, traversé de nuages, de villes, du bleu, du bleu d’aventure qui donnait envie de parcourir le monde.

« Ouah. », lâchais-je sans m’en rendre compte tandis que le Royaume Céleste nous tendait les bras. « Je crois que je viens de trouver un des plus beaux Royaumes de Dreamland… », si dans l’esprit collectif, on faisait des lunes de miel dans les endroits les plus merveilleux du monde, il n’y avait pas à chercher plus loin pourquoi on avait été envoyés ici.

Mariés, je pensais, mariés... Dreamland nous avait mariés, incroyable, et il plaisantait pas avec ça, on avait le droit à un vrai tintouin et d’alliances impossibles à défaire. Je me rendis compte qu’un vrai mariage sur Dreamland pourrait être génial à faire. Mais aussi rapidement, aussi brutalement, et avec Lithium, autant dire que l’incrédulité restait mon sentiment général et que je n’avais qu’une envie : divorcer au plus vite. Sans offense, Lith, hein, mais avec toi, comme ça, impossible, non. Et surtout, même, ça n’avait absolument rien à voir avec toi, et même si on était des amoureux transis, je trouverais la démarche rude et je voudrais revenir en arrière. Il fallait juste trouver de quoi divorcer maintenant. Et impossible de se défaire de cette peur qui me heurtait la poitrine tel un coup de marteau, cet agacement de cœur que j’avais rapidement envie de me défaire… Je ne savais pas, ça sonnait tel un battant de cloche qui cognait contre la paroi sans toutefois faire un bruit clair. J’aurais voulu parler plus à Lithium, mais celle-ci semblait rouge comme une pivoine et très gênée. Vu que j’étais tout aussi mal à l’aise qu’elle, je fis mine de ne rien voir, sans oublier de penser qu’elle avait un côte attendrissant.

  L’ascenseur soudainement se détacha du mur de l’hôtel, encore une fois avec tant de douceur que le doux n’était même pas un mot approprié. La cabine continua dans les cieux avec une lenteur calculée afin de faire le tour de la ville, de nous présenter un panorama incroyable, et très rapidement un cupidon aux traits poupins se présenta devant la vitre pour nous dire, d’un sourire qui lui rosissait les pommettes :

« L’Eolio vous offre cette petite balade en nim-bus. Vous arriverez à votre étage dans une heure. Profitez bien ! » Je n’aimais pas le ton du ‘profitez-bien’ mais il partit avant que je pus le remercier en lui arrachant les ailes.

  D’accord, la vue était très belle, merci beaucoup, mais on avait autre chose à faire que de regarder les environs pendant une heure tandis que notre nuage tournait autour du Royaume pour nous montrer les sites les plus importants. Bon, c’était très beau, d’accord, et le nuage allait assez lentement pour nous permettre de profiter et de faire passer cette visite pour quelque chose d’au-delà du tourisme, du… Hum, je dirais contemplatif. Assis, comme ça, juste à regarder et à commenter des fois quand le paysage était à couper le souffle, avec ces mers de nuages. A un moment, tandis qu’il n’y avait pas grand-chose à voir sur le coup que ce qu’on avait déjà vu, je pris un ton plus sérieux :

« Mon paradis, tes cicatrices… Elles viennent d’où ? » Des cicatrices au dos, c’était tout sauf courant, et ça m’inquiétait un peu. Mes pensées les plus folles et les plus imaginatives établissaient déjà des parallèles entre sa schizophrénie et ses cicatrices, même si au demeurant, je n’avais absolument aucune idée de ce qui pouvaient en être l’origine. « Je suis désolé, ça me regarde certainement pas. », continuais-je en me grattant la tête, un peu gêné par ma question qui brisait un peu la magie de l’instant. Ne me dîtes-pas qu’en plus de lui donner des surnoms stupides à chaque fois que je voulais la héler, mon comportement aussi se modifiait… Non, ça serait trop absurde. Je savais qu’on était à Dreamland, l’absurde était son domaine, mais c’était trop intime et trop subtil, voilà, subtil, pour que ce genre de perturbation rentre dans son domaine. Puisqu’on en était dans ton sérieux, je dis aussi d’une voix claire : « Et puis, je suis désolé. Je sais pas trop pourquoi je dis ça, mais si on est dans cette situation, c’est que j’ai au moins la moitié de la responsabilité sur moi. Je sais pas trop comment on s’est embarqués là-dedans et… » J’aurais vraiment voulu dire plus, mais j’en étais absolument incapable, les mots ne venaient pas et j’avais perdu mon idée au fil du temps et des mots. Je terminai par hausser les épaules comme si ça suffirait. « … Je ferais tout pour qu’on se sépare. »

  En tout cas pour Lithium, si elle considérait qu’on avait terminé de parler et d’attendre, je lui proposais, dès que notre nim-bus survolerait de près une place centrale, d’utiliser une paire de portails pour quitter le véhicule et commencer à chercher notre bonhomme qui nous sortirait de là. J’appréhendais véritablement la recherche, je ne savais même pas s’il existait un remède ou quelqu’un qui nous permettrait de quitter cette situation au plus vite. Mais si on ne cherchait pas, alors on ne trouvait pas, ça allait être une nuit bien moins drôle que les cinq premières minutes de réveil mais le divorce était à ce prix : plein de combats administratifs pour se tirer d’affaire.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Dim 8 Mar 2015 - 12:12


A mesure que le temps passait, le malaise commençait à s'estomper.
Après tout, il fallait mieux rire de cette situation que en pleurer, ce n'était que sur Dreamland, ça irait. Ils allaient divorcer vite fait bien fait, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Néanmoins, elle ne put s'empêcher de sourire. Elle qui flippait à la simple idée de se marier véritablement dans la vraie vie, voilà qu'elle se retrouvait face à au fait accompli au sein du monde onirique. Ironique me diriez-vous, mais carrément. A ses yeux, cette histoire de lien entre personnes ne pouvaient subsister éternellement, ce n'était pas possible. La preuve; à peine mariée, bientôt divorcée ! Plus fort que Britney et Jayden quelque chose (55heures), Ed et Lithium. Ouaiiiis, sauf que c'était déprimant à y penser. Même pas capable de garder son mari plus d'une journée. Qu'est-ce que ça sera lorsque ça arrivera pour de vrai. Pourtant, il suffisait soit de tourner le regard sur son camarade ou se souvenir de ses compliments pour que aussitôt, elle redevienne cramoisi.

Tu pouvais pas dire que j'étais un thon, non ?
Genre je sais pas, un GROS cafard rampant au sol, te pourrissant la vie jusqu'à la moelle, ça passerait mieux, j'aurais pas cette tête-là de pauvre ingénue ! T'es chiant. La jeune femme avait l'impression d'être une véritable gamine, en plus d'être fagotée de la sorte. N'avait-elle pas l'air ridicule dans cette superbe robe ? L'autre nigaud lui en avait assuré le contraire, et en souriant en plus. Ouais bah, vu tes goûts en matière de femme -même si c'était involontaire- ça m'étonnerait même pas que ceux en vêtements soient erronés. Malgré toute la gêne que cela lui avait causé, ça lui avait fait plaisir, ce qu'elle n'avouerait sûrement jamais. Elle n'avait pas besoin de dire que lui aussi, ça se voyait à son visage brûlant.

Heureusement que le vent qui leur fouettait le visage, rafraîchissait ce dernier.
Elle aurait fini par faire un malaise à force de chauffer comme une cocotte-minute.. Manquait plus que la fumée pour dire qu'elle était à point -Coquine va-mais ta gueule j'ai dis- et le PSHUIIIIII en plus. Effectivement, une fois tous les deux installés, la cabine commença à se déplacer. Elle pivota sur elle-même, ce qui donna lieu à un splendide panorama. Si le paradis existait, alors il était assurément ici à Dreamland. Jamais elle n'avait pareille splendeur. Le soleil brillait d'une telle intensité, que c'était à se demander si il n'allait pas exploser en un million d'étoiles. La demoiselle eut l'impression de redécouvrir un artwork sur lequel elle était tombé en fouillant le net; des dizaines et des dizaines d'îles flottantes, digne du château de La Piuta. Elle n'aurait même pas bronché si des robots seraient passés. La plupart étaient reliés entre elles par des ponts et autres passages.

Les gens avaient l'air si petits d'ici !
Lithium était stupéfaite. Tellement que maintenant, on la voyait penché sur le bord de la cabine, presque collée à la vitre, à observer les nuages en bas, avant de relever la tête, embrassant le ciel du regard. Ok j'avoue, ça a d'la gueule. Je te le fais pas dire, sauf que retournes te coucher et observe en silence. C'est moi qui décide ce soir. Mais tu vas v.. Viens pas pleurer si il t'arrive quelque chose. Je ne serais pas là. Bah tant mieux, c'est tout ce que je te demande ! A force d'en prendre plein les mirettes, elle était presque tenté de repousser l'idée de divorcer à plus tard pour aller visiter le moindre de ces îlots. Elle qui aimait tant voyager, en prenait pour son grade. Elle eut une soudaine envie pour le monde réel, une idée qui lui trottait depuis un moment dans la tête d'ailleurs. Tout plaquer et voyager avec le minimum d'articles sur le dos, genre un appareil et un carnet. Personne ne remarquerait son absence, absolument personne. Alors qu'est-ce qu'elle attendait pour décoller ? A réfléchir.
Ed était aussi admiratif qu'elle, voire carrément plus. Si il veut voir le ciel de plus près, je peux l'aider. A ses yeux, Ce royaume était le plus beau d'entre tous disait-il.


"Tu l'as dit, mon blondinet.
Faudrait se marier plus souvent !"
, lâcha-t-elle avant de se rendre compte de ses paroles. Elle se rattrapa tout aussi maladroitement. "Oui, non, enfin, .. Ouais bon tu m'as comprise. C'est ENCORE UNE FOIS pas du tout ce que je voulais dire. 'vais me coudre la bouche."

Mais si ils les envoyaient là à chaque mariage, ah bah elle était tout à fait prête à recommencer ! Mais en changeant l'arrivée. Tout nu et sans souvenirs, ça le faisait moyen pour le romantisme. Bon, un peu de sérieux. Faut se séparer. Réfléxion; où pourraient-ils trouver un type qui serait en mesure de prononcer officiellement leur divorce ? ..Dans une mairie ou chez un avocat logiquement. Comment ses parents avaient-ils fait déjà ? Elle était bien trop jeune pour se souvenir de ça. Tout ce dont elle gardait en mémoire, étaient des hurlements, des cris puis des claques, autant dire que ça n'aidait pas franchement. Soudainement en pleine réflexion, elle se rassit à sa place, se murant dans une intense enquête cérébrale. Sachant qu'ils étaient à Dreamland, rien ne devait fonctionner comme chez eux, ce qui n'allait pas leur faciliter la tâche. Oh un Orcus Galacticus, s'émerveilla-t-elle de nouveau, avant de se reprendre, puis de sursauter en lâchant un petit cri de surprise lorsque le mur se détacha de l'hôtel. On ne sentit absolument rien, mais le fait était là, ils flottaient dans les cieux. Euh wait, non, non, non mais attends, je veux pas crever tout de suite ! MUR REVIEEEEENS ! La jeune femme s'accrocha légèrement au siège, s'attendant à dégringoler dans les nuages puis s'écraser au sol. Je vais appeler ça "le sol", bonjour le sol ! Vous connaissez la suite.
Mais rien ne se produisit. Non mieux. Un petit angelot tout grassouillet, aussi rose qu'un bon steak saignant -j'ai faim, j'aurais dû avaler l'une de ces délicieuses tartines- était carrément scotché à la vitre. Beuaargh ! On voit tout ses bourrelets et tout là, c'est dégueulasse ! Y'a de quoi manger dessus pour au moins six mois. Oui oui, on va profiter, à notre manière, maintenant va t-en. Oui voilà c'est bien, comme ça, shou ! .. AH non mais attends, il a dit pendant UNE HEURE ?!! Une heure avec lui ? Mais je veux mourir bordel ! Non mais c'est pas ça le souci, c'est une heure assise au MEME ENDROIT, à ne absolument rien faire ! Certes elle le faisait déjà dans l'avion à regarder par le hublot, donc bon.. Non mais en fait c'est pas grave alors ! Elle allait juste s'imaginer vitre une aventure extraordinaire, dont les protagonistes seraient les créatures qu'elle déterminerait à partir de nuages. Bah c'est parti pour une heure alors..

Elle s'accouda à la vitre, appréciant en silence ce tour panoramique digne d'un reportage photo. Pensive, elle se mit à réfléchir de nouveau, mais cette fois-ci à propos d'une chose qu'elle avait entendu via Daniel. Il semblerait qu'une mise à prix avait été posé sur sa tête. Inquiet, il avait jugé bon de la prévenir, vu qu'il savait qu'elle était assez distraite à propos des évènements un tant soit peu importants. Non pas qu'elle avait été étonnée, non au contraire, elle se demandait même pourquoi cela n'avait pas été fait plus tôt. Non, ce qui l'étonnait, c'était le fait qu'on la désirait en vie, seulement en vie. Qui donc pouvait bien lui en vouloir, mais pas suffisamment pour la savoir morte ? Que comptaient-ils faire d'elle une fois capturée ? Peut-être la torturer pour des informations.
Ouais, mais à propos de quoi ? Pas qu'elle ne connaissait rien d'important, mais sûrement rien concernant Dreamland. C'était un détail qu'elle ne désirait pas partager tout de suite avec Ed. Non pas que ça alourdirait son image déjà bien ternie auprès de lui, mais si. Elle ne voulait pas terminer sur sa liste de personnes à abattre.. Il tente, c'est moi qui le bute. J'en doute. D'une main, elle était limite certaine qui la plaquait au sol sans aucun effort. Et être impuissante était une sensation qu'elle ne supportait pas.

Alors qu'elle réfléchissait à comment rentabiliser sa nuit à ce sujet, elle comprit que son collègue s'adressait à elle. Ah punaise, avec ce paysage, je t'avais presque oublié dit. Presque seulement. Comment pourrais-je avec.. Et voilà qu'elle le voyait de nouveau à poil, décidément. Imagine-le habillé d'un sac poubelle, ça sera plus facile pour rester sérieuse -mais putain ce costume- un sac poubelle j'ai dit. Sa tronche est déjà une poubelle, ça devrait pas être difficile. .. Aha ! Alors qu'elle était encore plutôt de bonne humeur, son teint vira blanc lorsqu'il fit allusion à ses cicatrices. Mais comment ..?! Ah oui, le dos échancré, quelle saloperie.
Son cœur s'accéléra, son cerveau commença à griller et ses mains se mirent doucement à gratter inconsciemment le canapé. Bis, quant à elle, s'énerva dans sa tête. Comment peut-il demander ça ?! Je vais lui faire ravaler sa connerie de question à la con ! Non. Comment ça non ?! Je suis passée à autre chose. ça va mieux. J'ai oublié depuis, tout va bien. Ce n'est rien, absolument rien, ça ira. C'est du passé. Ses mains trahissaient le contraire. Il rajouta que ça ne le regardait pas. Effectivement, c'est le cas. Alors lui réponds pas. Si t'inquiètes pas, c'est bon, je suis complètement exorcisée, ça fait bien longtemps. La jeune femme réussit à reprendre une expression plus ou moins sereine, reprit sa respiration et cacha ses mains dans sa robe.


"Souvenirs du collège, à cause de.. ça. (elle montra ses oreilles) Et d'autres ch.. Juste ça."

Elle revit le visage de Ethan quelques secondes, eut un bref élan de terreur et redevint faussement calme.

"Juste ça. Rien que.. ça.
Rien d'important, tout le monde en a de toute façon !"


Bis ne dit rien.
L'avantage d'être à "l'intérieur" était qu'elle ressentait absolument tout.
Elle ressentait cette peur qui venait de ressurgir, cette peur dont elle se servait pour palier à tout geste brusque envers elle. Mais cette fois-ci, le virus comprenait ses sentiments. Elle ne laisserait personne lui faire du mal. Il n'y avait qu'elle qui avait le droit de blesser Lithium, personne d'autre à part elle ! A son grand malheur, Bis n'avait jamais rencontré le fameux Ethan. Et heureusement pour lui, car elle lui aurait arraché les entrailles avant de l'étrangler avec, puis de le pendre par les couilles à un cheval, pour le tirer au galop derrière. Et encore, elle trouvait que ce n'était pas assez cruel comme traitement, elle devait réfléchir à pire.
Pendant ce temps, la jeune femme se contentait de sourire comme d'habitude, ce qu'elle savait faire de mieux. Elle n'était pas trop du genre à s'étendre sur elle, il n'y avait rien d'intéressant à savoir et tout le monde s'en fichait royalement. On lui posait une question, elle répondait en résumé sans trop donner de détails, seulement lorsqu'elle jugeait le sujet potentiellement viable, ce qui était au final rare. A part lorsque l'on se mettait à parler de jeux, de livres ou de dessin, alors là, elle pouvait ne pas s'arrêter. Ce qui n'était pas le cas du sujet de cette "question".


"Je sais, elles ne brillent pas par leur élégance.", murmura-t-elle plus ou moins à elle-même.

Elles étaient moches oui.
Elle le savait, c'est pour ça qu'elle les oubliaient intentionnellement.
Lithium faisait toujours en sorte d'avoir le dos couvert, même si ce n'était pas réellement réfléchi. A la plage, la feinte était que ses cheveux coulaient dessus tranquillement, ce qui permettait une illusion quasi-parfaite. Hé ouais, t'as vu ! Pas de quoi se réjouir, ça craint. Mais elle n'était sûrement pas seule, rien de transcendant, ça.. arrive. Pendant qu'elle remettait son cerveau en route, Ed s'excusa de nouveau. Pas besoin, je te dis que c'est pas important, y'a bien pire, tellement pire.


"Si tu as la moitié, j'en ai la seconde.
On a autant merdé l'un que l'autre, hé, ça arrive parfois !"
, soupira-t-elle.

Pas à ce point, mais ça arrive oui !
Elle voulut le remercier pour y mettre autant de cœur à les séparer, mais dis comme ça, c'était.. moche. Juste très moche en fait, limite sale. Elle choisit donc juste de sourire vaguement à la phrase. Que voulez-vous répondre à ça sérieux ? "Je ferais tout pour qu'on se sépare". Hé bé, c'est clair, net et précis au moins, pas de doute là-dessus. Elle se sentit bizarre, pas "blessée" d'entendre ça, mais le prit légèrement pour du personnel. C'est vrai que.. Oui non, faisons ça rapidement.

Le blond lui proposa de s'évader de la cabine à l'aide de portails.
De.. quoi ? Des portails ? TES portails ? Euh.. Je vais vomir comme les portails de Yugo ou bien, je vais laisser un bras derrière comme lors d'un transplanage raté ou me retrouver à Ouarzazate ? Pas très rassurée par la proposition, elle acquiesça d'un bref hochement de tête avant de se lever. Il fit de même, vérifia la distance les séparant du plus proche îlot, puis s'exécuta. Un premier portail s'ouvrit et l'autre, elle n'en avait pas la moindre idée. Super, c'est hyper rassurant, tellement Stargate ! Lithium se rapprocha dans la seconde.


"Alors si ça te dérange pas, je préfère passer en même temps que toi.
Alors désolée, je vais faire ma fillette, je vais t'attraper le bras parce que, ouais, je flippe carrément, je l'avoue. Non pas que je me fais des portails au petit déjeuner, mais en fait, non."


"T'es sérieuse, tu vas te jeter dedans ?
Mais t'es tarée, plutôt crever !"


Elle s'agrippa doucement et ils traversèrent, avant d'arriver sans aucun mal sur la terre ferme. La jeune femme avait les yeux fermés, les mains bien accrochés au bras. Lorsqu'elle put palper de ses pieds le sol, elle remarquant sa pression et relâcha ses mains, s'excusant de la possible douleur causé. .. Rappelle-moi de ne plus jamais prendre un de ces trucs-là. J'ai la nausée. Arrêtes, tu vas me la filer aussi !
L'île était étrangement sereine, les nuages traversaient à leur hauteur les rues, donnant des scènes assez cocasses de personnes disparaissant dans ces derniers, puis reparaissant avec des barbes brumeuses, même si certains les esquivaient avec grâce en planant par-dessus. Lithium eut un petit rire. Les bâtiments étaient pour la plupart d'un blanc éclatant, d'autre se perdaient dans la profondeur des cieux, embrassant la même couleur. Les maisons étaient relativement diverses par leur style, allant du style un peu « alsacien » dira-t-on, au vieux chalet, en passant par une allée très colorée à la Murano qui se détachait dans un quartier plus loin. Leur point commun était ce voile légèrement transparent et flottant qui les entouraient, leur donnant ce style si particulier.
Toutefois, cela ne ressemblait pas à une simple ville volante, car il y avait des collines pleines de verdures qui parsemaient ici et là la surface. Autre fait perturbant mais logique pour le Royaume, était que le "sol" n'était pas forcément palpable à chaque endroit, ce qui inquiétait fortement la jeune femme, incertaine si ils passeraient à travers ou bien. En revanche, la diversité des lieux rendait ce dernier fortement atypique, et ce n'était que la première île !


"Bon, il y aura bien un avocat quelque part, n'importe où !
Au pire, on fera les autres îles. Tiens, et si on essayait..euh.. Et pourquoi pas.., non. Ou peut-être là-bas ? Mh.. Sinon, par là ? .."


Fait intéressant à noter si vous voulez semer Lithium; elle n'a pas le sens de l'orientation, que ce soit réellement ou virtuellement. Par logique ou si vous êtes dans son visuel, elle peut vous retrouver, mais sinon non. La voyageuse pointait certaines directions sans trop savoir où aller.

"Bon, au hasard, ce quartier là-bas, (assez loin) près de la colline avec des visages."

Elle fit mine de savoir où elle allait -la honte- mais ce n'était que grâce à son tatouage qu'elle parvenait à voir le quartier en question, ce qu'elle avait oublié. Mais qu'importe, en avant ! Ils marchèrent sur quelques minutes, avant que finalement la demoiselle décide de faire demi-tour, légèrement gênée.

"Non mais en fait, finalement, on va commencer par la proximité hein.
Je le sens bien là tout d'un coup."


Les quelques pas qui les avaient rapprochés du quartier, lui avait permit de zoomer davantage. Ce qui avait donné lieux à des enseignes sur lesquelles elle lisait "hôtel d'amour, Le coeur nuageux, les vapeurs du sentiment" et autres conneries, le tout bordé de lanternes rouges, roses et bleues. Que Luxuria me manque. Non décidément ce n'était pas par là. Puis elle en détecta tout autour d'elle également. Non mais là, elle allait finir par se mettre à pleurer. Trop d'amour tue l'amour putain ! ..Comment ça y'en a pas ? Mais jm'en fous, y'en a déjà trop ! C'est ainsi qu'elle remarqua également des créatures traversant le ciel, allant du Cupidon au simple angelot, à de magnifiques oiseaux bleus turquoise ou même encore des oiseaux du paradis dreamlandesque. Bon, fallait qu'elle se nettoie les yeux de tout ce beau partout.

"Je suis un peu.. perdue on va dire. (ce fut difficile de l'avouer), il vaudrait mieux pour nous de demander notre chemin ou des informations à un type en mesure de le faire. Même si c'est dans l'un de ces.. trucs."


__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 10 Mar 2015 - 2:58
Notre balancelle de nuage avec murs cotonneux continuaient sa douce envolée à travers les différents ilots suspendus, mixant les paysages pour un rendu d’une beauté ahurissante. Fallait absolument que j’amène Jacob dans les parages, ça lui ferait du bien de se rendre compte que Dreamland était autre que des suites de Royaume sans intérêt abritant potentiellement un tue-Voyageur-dans-une-bulle-indestructible… Mais à la réflexion, non en fait, ça aurait tout l’ait d’une sortie en amoureux. Il fallait croire que le Royaume était maintenant connoté : « balade en amoureux » et franchement, comment aurais-je pu me blâmer alors que j’étais enfermé dans une des situations les plus étranges depuis le début de mes aventures, et croyez-moi, ça voulait dire beaucoup. D’ailleurs, Lithium s’emberlificotait si bien dans ses mots et leurs significations que j’en rougissais presque de me dire que la situation la gênait pour d’autres motifs que le pitch de base. Alors qu’elle disait qu’on devrait se marier plus souvent par exemple, je lui sortis un clin d’œil presque ironique en répondant aimablement :

« Généralement, une fois suffit. Et c’est pas grave, tu es marrante quand tu dis des choses comme ça. »

Huuum, après réflexions, j’aurais pu tourner ma phrase de façon moins condescendante – mais j’avais l’excuse que j’étais extrêmement mal à l’aise. Je préférais ne pas savoir pourquoi j’étais aussi mal à l’aise, car oui, nous l’étions cruellement plus que prévu. Imaginez deux experts comptables à notre place, ils se seraient regardés puis se seraient mis d’accord sans s’émouvoir pour résoudre cette situation ridicule, passez devant, on continue à pas s’aimer et à mort l’empathie. Là, actuellement, nous étions gênés autrement par le fait que la situation était gênante. Ensuite, j’imaginais très bien pourquoi : notre relation était compliquée, allant de la confidence superficielle au conflictuel superficiel, et c’était d’ailleurs sur ce dernier point qu’on s’était notamment quittés. Disons que deux connaissances qui se parlent seraient moins embarrassés que nous, car nous avions du passif et je ne savais pas vraiment encore où placer Lithium dans mes cercles sociaux : amis, connaissances, personnes à éviter, bientôt ennemies ? Et alors qu’on ne savait même pas où on en était tous les deux par rapport à ça, alors nous coller l’un contre l’autre et dire que nous étions unis pour la vie, alliance aux doigts, ça avait de quoi gêner.

Au fait, ceux qui se sentaient menacés par les sentiments les plus mielleux, soyez sans crainte, car la réponse de Lithium vis-à-vis de ses cicatrices enlevèrent toute trace de légèreté ou de gêne dans ma tête. Je redevins d’un sérieux terrible, un sérieux qui me fit frissonner et serrer les poings. Les brimades au collège… Et surtout, qui laissaient de telles cicatrices et surtout, pour une raison aussi ridicule que seul un gosse était capable d’utiliser comme excuse. Je me raidis assis sur le banc et ne dis plus rien, le genre de silence lourd qui jette un froid et qui s’entend aussi bien qu’une insulte. Là, terminées les paillettes et les tartes à la fraise, mon front était tellement plissé qu’il abaissait mes arcades et que je tremblais pour ne pas dire plus que ce que la situation l’exigeait. En moi s’instillait un sentiment glacé, de vengeance, de rendre la monnaie de la pièce aux enfoirés qui avaient osé faire ça, marrant comme la haine pure n’avait même pas besoin de contact direct pour naître et croître.

« Mon étoile d’amour… » Autant pour le début de la phrase qui détruisait le sérieux de la suite, car ma voix était sifflée entre mes dents et gelée comme un décembre russe. « … Je… Enfin… C’est horrible, je suis… Horrible… Je suis désolé pour toi. » Suite à cette grave éloquence, sans la regarder, fixant dans le vide comme si les cieux traçaient en lettres de nuage le nom des idiots, je continuai d’une voix plus ferme et pour moi-même : « … Si je retrouve les enfoirés qui t’ont fait ça, je les… » Le verbe qui suivait derrière n’était pas assez fort, mais le silence était assez perçant pour qu’elle comprenne. J’avais envie de frapper dans quelque chose soudainement. Voire quelqu’un. Mais je n’avais pas envie de jouer les preux héros en herbe face à une princesse désemparée de la violence du monde, pas besoin de forcer. Je rajoutai cependant, essayant de mettre du baume au cœur de la discussion : « Personnellement, j’adore tes oreilles. Ça te donne du charme. » C’était même plutôt vrai. Je connaissais des gens qui avaient perdu une oreille ou qui n’en avaient gardé à la naissance qu’un moignon informe. Au moins ici, c’était stylisé comme il fallait et j’étais persuadé que des gens devaient en être jaloux.

Bon, voilà voilà, j’essayais de retrouver mon calme, cette petite pointe d’amusement qui perçait tout de même devant la nuit mais je fus incapable de la retrouver entièrement. Je gardais le dossier des cicatrices pour une prochaine fois, sans juger Lith trop hâtivement, elle n’était pas une victime, mais j’espérais pour des enfoirés que j’avais rien de mieux à faire que de récolter des informations sur eux. Ce fut difficile, mais la blonde eut le chic pour balayer mes soucis avec ses petites pensées et ses petites remarques, cette sorte d’ingénuité très craquante. Pour tout dire, face à mon pouvoir, elle se colla à mon bras et ne me lâcha pas au cas où y aurait un souci avec le portail. Je savais qu’elle ne le voyait pas, ça ne devait pas aider à la rassurer, mais bon, je ferais avec. Et avoir Lithium à mon bras, c’était un moment sur lequel je n’allais pas cracher.

On passa le portail sans aucun souci (évidemment qu’on le passait sans souci) et je faillis dire à Lithium que tout allait bien vu que c’était un pouvoir, pas une technologie douteuse et qu’elle ne pourrait nous découper que si je le voulais, mais c’était tellement plus gratifiant de ne rien dire et de se comporter en garçon courageux qui sortait avec sa petite amie d’un film d’horreur au cinéma. Difficile de contenir un petit sourire amusé, mais avec un peu de chance, elle le prendrait pour un rictus de satisfaction du genre « Ouf, cette fois-ci, je n’ai pas été coupé dans plusieurs dimensions ».

Maintenant, plus qu’à suivre Lithium vu qu’elle semblait savoir où elle allait. Tant mieux parce que c’était bien la première fois que je foulais ce Royaume des pieds et que s’il y avait bien une chose que je savais, c’était que les avocats ou tout autre agent juridique apte à divorcer des couples ne s’affichaient pas aussi facilement que le supermarché du coin. C’était discret ce genre de commerce. Donc, suivons-là, prions, allons vers la colline qui avait des yeux si elle le voulait et réglons au plus vite cette affaire.

Mais malheureusement, il ne fallut pas longtemps pour que la Voyageuse perde de sa superbe (quelques secondes ? Soyons gentils, une minute peut-être) et qu’on se retrouve perdu dans un quartier inconnu, entouré d’immeubles et sans trop d’informations sur les environs. Bon bah génial, on ferait avec, on ferait avec, je ne m’attendais pas à un miracle tout de même. Lithium, dans sa jolie robe blanche, proposait de demander aux autochtones s’ils pouvaient nous aider alors que je regardais les environs et pas l’ombre d’un avocat, non, on ferait comme elle avait dit. Un passant passa, mais après quelques questions, ne sut pas me répondre et ce fut idem pour les deux autres personnes. Pas de souci, comme disait ma femme, on allait tester dans ces bâtiments qui ressemblaient méchamment à un Love Hotel, ce genre de lieux où ça ressemblait à un hôtel, mais les chambres n’étaient pas destinées au sommeil. Donc ils savaient certainement sur les couples.

Le hall était grand, rose, avec des tableaux partout où les dessins représentaient des scènes crues à une époque où le pixel n’était pas utilisé pour cacher les régions les plus farouches, et une presque vieille femme avec une choucroute jaune rassis sur la tête, une coiffure défiant elle-même les lois de la gravité au même titre que la montgolfière, attendait derrière un bureau jaune. Elle leva les yeux sur nous avec un air extrêmement délétère et nous demanda d’un voix traînante ce qu’on voulait. Je pris la parole, un peu embarrassé :

« Et bien voilà, ma muse grecque et moi souhaitons être séparés. On voulait savoir si vous...
_ Ah oui, tout à fait, pas de soucis. Nous avons la chambre 321 et 322 pour vous, jetez-y un œil et dîtes-moi si ça vous convient. »
Euh, attendez… Je plissais légèrement des yeux, je n’étais pas certain d’avoir été assez clair. Je posais une autre question pour être certain :
« On est d’accords, ça serait pour divorcer… ?
_ Aaaah, divorcer, aaaah, c’est tout autre chose. Je pensais que vous vouliez être séparés. Avec un mur.
_ Pourquoi un mur ?
_ Bah, un mur avec trou.
_ Mais pourquoi faire ? »
Elle respira profondément tel un médecin légiste devant un cadavre particulièrement répugnant et enchaîna la réponse :
« Je ne vais pas vous expliciter ce que l’on peut faire avec deux personnes, un mur et un trou. Disons que chez certains, c’est un fantasme. » Le goût du vomi dans ma bouche.
« Et sinon, pour divorcer… ?
_ Je sais pas. Allez voir ailleurs. Sauf si vous êtes intéressés par nos chambres équipés de coussins d’air, vous n’êtes posés sur rien et vous flotter, extrêmement pratique pour…
_ Merci beaucoup madame, au revoir. »


Oui, terminons la discussion ici, de toute façon, c’était stérile, carrément.
Une fois que nous fûmes dehors, il ne restait plus qu’à aller fouiner un peu partout. On demanda ici et là, aux gens qu’on croisait, à des commerçants qui vendaient des spécialisés, mais personne n’était foutu de nous répondre.

On tomba finalement sur une sorte de mégère portant d’énormes quantités de nuages sur son dos, tel un sherpa des cieux, et elle fut tout à fait capable de nous indiquer.

« Allez sur l’Îlot des Zéphirs Crépusculaires, et cherchez le centre, sur une grande avenue. Il y a un type qui divorce les gens dans le quartier. Faîtes juste attention, c’est très dangereux.
_ D’aller à l’îlot en question ?
_ Nan. De divorcer. »
fit-elle en s’en allant avec son fardeau, nous laissant Lithium et moi dans l’expectative.

Il était maintenant temps de prendre la route.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 10 Mar 2015 - 22:20



Il s’opéra un truc étrange.
Alors que Lithium resta volontairement évasive au sujet de ses cicatrices d’enfance, son compagnon des rêves vira rouge. Qu’est-ce qu’elle avait dit pour qu’il lui fasse cette tête ? La jeune femme ne comprenait pas une telle réaction, elle était tellement habituée à la présence de ses blessures –qu’elle s’était surtout forcée à oublier- que voir une personne autre qu’elle-même –voire Bis- se mettre dans un tel état de colère l’étonnait. Elle avait presque envie de lui dire que ce n’était pas grave. Mais dans un sens, si, c’était grave. Les enfants pouvaient être cruels certes, mais lorsque l’on vous habitue à ça, vous ne vous en étonnez plus. Elle aurait voulu le calmer mais n’en fit rien, trop surprise par ce comportement pour réagir. Comment pouvait-il trouver cela aussi « horrible » sans pour autant connaître la globalité de l’histoire ? Et bé, si rien qu’avec ça il rageait, alors il ne devait pas savoir la suite ! La blonde préféra se taire, ne désirant aucunement déterrer ces souvenirs et alimenter son ressentiment.

Malgré son silence, la colère de Ed semblait grandir, ce qui finit par inquiéter Lithium. Entre le Ed du début de la nuit et le Ed de maintenant, il y avait un grand fossé qui venait de se créer. Wouah. Mais il ne la connaissait pas tant que ça –et elle ne méritait pas qu’il se mette en colère pour ça- alors il n’avait pas besoin de s’inquiéter autant ! Et puis, elle n’était pas vraiment pressée de revoir Ethan, les autres, elle ne se souvenait pas de leurs prénoms. Puis dans un sens, peut-être que c’était une punition qui lui avait été infligé en prédiction de ce qu’elle allait commettre plus tard, elle n’était pas à plaindre. NON MAIS CA NE VA PAS DE DIRE CA ! Même moi je tabasse pas les mômes ! .. Ah si, à part cette fois au.. Mais tais-toi ! Je.. Mon cerveau s’embrouille. Quand je pense à cette période, je me sens de nouveau plus bas que terre, un résidu, un misérable déchet. Bah putain, heureusement que je suis là pour remonter ta confiance hein ! Qu’est-ce que tu serais sans moi. Baaah, une grosse larve, c’est tout. Pas faux.

Elle faillit s’étouffer avec la phrase suivante.
Du charme, mes antennes radars là ? Mais t’as bien regardé ou quoi ?
Spontanément, elle ponctua sa réaction en mettant ses mains derrière ses oreilles et les bougea. Mais regaaardes, c’est pas joli ! Enfin, c’est original, certes, mais c’est chelou ! Dans le bon sens du terme, ça la faisait ressembler à une elfe, mais dans un autre, à un foutu Gremlin ! Néanmoins, elle devrait commencer à se poser des questions, car il n’était pas le seul à lui avoir dit ça. Daniel aussi, mais lui il est con, donc c’est normal. Puis l’autre aussi. Mais en y réfléchissant, c’était encore un compliment, donc c’était peut-être vrai. Alors après avoir joué avec ses oreilles de Pan comme une enfant, elle sourit doucement en guise de remerciement, et rougit légèrement. J’hésite entre lui fracasser le nez ou juste la mâchoire pour dire ce mot étrange. Merci ? Nan, ça existe pas comme mot ça. C'est autre chose je crois. Si tu le dis. Sinon, je lui brise les deux genoux parce que franchement, j’aime pas sa gueule. Mais tellement pas, c’est impressionnant ! Décidément, ça allait être dur.

Revenons au présent.
Ils étaient toujours perdus, menés par une Lithium complètement à la ramasse, dans un royaume totalement inconnu. Bon, non pas par-là, toujours pas ici et surtout pas là-bas. Rah et puis merde, ouais elle était une bille pour s’orienter, bah zut, on ne peut pas assurer partout ! Démerdes-toi. Elle faillit bouder dans un coin, vexée de ne pas pouvoir compter sur elle-même, un point qu’elle partageait avec Bis ; le « se débrouiller seule sans l’aide de personne ». Une stupide fierté et orgueil dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Ils finirent par demander aux passant si ils ne connaissaient pas un cabinet d’avocat dans le coin. Alors déjà, le premier avec sa tête aplatie et son absence totale d’intelligence, ça m’étonnerait qu’il sache où il habite. Et après quelques questions, il s’avéra bien évidemment inutile. Les suivants furent tout aussi concluants, et ils étaient aussi avancés sur le goût du mérou que de la manière la plus rapide pour divorcer.
Bah écoutes, génial, on avance grave. A cette allure, ils resteraient mariés jusqu’à la fin de la nuit au moins. Alors, pas trop le choix on va dans cet hôtel glauque à souhait. Enfin, glauque n’était pas le bon mot, c’était plutôt mielleux et puant l’hôtel d’amour à des royaumes à la ronde. Oui oui, c’est Dreamland, c’était SUREMENT possible. Ils s’engouffrèrent dans le hall dont la couleur bonbon lui explosa la rétine -vais vomir- et se sentit comme une de ces gamines de manga qui accompagne leur mec dans un love dans le quartier de Shibuya. C’était pas franchement la meilleure des sensations. Mon dieu, je rêve où ils ont ce tableau d’Hokusai avec le poul.. MAIS BEUAAAAH ! Hé, ça me rappelle ton ancien pote poulpy que j’ai massacré au tournoi ! Tellement obnubilée par le contenu des tableaux, elle s’éloigna pour aller regarder de plus près. Une telle position, c’est possible, elle se déboîte pas la hanche comme ça ? Nope. Ça déchire même. ..Je ne veux pas savoir d’où tu le sais.[/color] A ton avis ? Tu veux que je te fasse un dessin ?[/color]

Estampes chinoises, croûtes sans âme, caricatures plutôt justes et de très beaux dessins, elle se cultiva cinq minutes. Oui oui, de la culture je dis. Intéressant dis donc, c’est à essayer ça.. Tu devrais tenter celle-là aussi, c’est sympa. C’est confortable mais hyper efficace ! Ah ouais ? ..Mais pourquoi je te parle à toi ? Je garde l’idée quand même, ma vie sexuelle est aussi épique que la vie d’une huître. Temps mort, calme plat. ..Là tu vois, je crois que je ressens le sentiment qu’est la tristesse la plus profonde. C’est déprimant. Mais chut !
Elle finit par décrocher ses yeux des tableaux –faudrait pas qu’elle passe pour une perverse non plus- et se rapprocha du comptoir pour.. OH MON DIEU, c’est quoi cette tête ?!! Et ce truc jaune sur la tête, c’est une éponge sèche qui fait du trapèze ou bien ? Lithium la dévisagea bien plusieurs minutes, essayant de déterminer la nature de la créature en face d’elle, et n’y parvena aucunement, avant de finalement suivre la conversation. Elle regarda Ed parler. Mais comment faisait-il pour être toujours aussi sérieux ? C'était intéressant à observer les changements de comportement chez une personne. Il était bien différent de l’instant où il avait sa cloche qui.. Mais elle ne tenait pas toute seule au passage ? Pardon ? Non rien ! Son cerveau se mit en mode réflexion tout d’un coup, avant d’être coupée par son "mari".


« Et bien voilà, ma muse grecque (celui là eut le mérite de la faire rire, bien que son nez était plus trompette que bec) et moi souhaitons être séparés. On voulait savoir si vous... »
« Ah oui, tout à fait, pas de soucis. Nous avons la chambre 321 et 322 pour vous, jetez-y un œil et dîtes-moi si ça vous convient. »
« En quoi être dans deux pièces différentes nous fera divorcer .. ?»
« On est d’accords, ça serait pour divorcer… ? »
« Aaaah, divorcer, aaaah, c’est tout autre chose. Je pensais que vous vouliez être séparés. Avec un mur. »
« Pourquoi un mur ? »
« J’avoue, pourquoi un mur ? »
« Bah, un mur avec trou. »
« Un trou ? Je ne comprends pas. »
« Tu veux encore un dessin ? »
« Je ne comprends toujours pas.. »
« Mais pourquoi faire ? »
« Je ne vais pas vous expliciter ce que l’on peut faire avec deux personnes, un mur et un trou. Disons que chez certains, c’est un fantasme. »
« Un trou, un fantasme .. ? » , la jeune femme était déboussolée. Mais que diable faisait-on avec un trou bordel ! A part.. Oh.
« Et sinon, pour divorcer… ? »
« Ouais carrément, HM, divorcer. » , devenue pourpre en s’imaginant la chambre avec le fameux trou.
« Je sais pas. Allez voir ailleurs. Sauf si vous êtes intéressés par nos chambres équipés de coussins d’air, vous n’êtes posés sur rien et vous flotter, extrêmement pratique pour… »
« Merci beaucoup madame, au revoir. »
« Des coussins d’air ? Et vous avez.. Ouais au revoir ! » , acheva-t-elle rapidement en baissant la tête.

Hé, des coussins d’air, ça doit être hyper confortable !
Bon, cet interlude fut très enrichissant hein, elle allait maintenant s’enterrer dans un trou pour pallier à sa honte. Être dans une telle situation impactait sur son comportement. Voilà qu’elle était maladroite, niaise et ne parvenait pas à contrôler ses paroles. On le remarqua d’autant plus lorsqu’ils demandèrent plus amples informations dans des magasins dont elle taira le contenu, car il fut difficile de déterminer ce qu’elle put dire. Pas un seul de ses mots n’était compréhensible, et le sujet de ses phrases se perdait dans des cafouillis inaudibles. Mais pourquoi putain ! Elle n’était pas aussi cruche à la base. Rah, il valait mieux pour elle qu’elle se taise. Oui mais du coup, elle passait pour la petite femme soumise là.. Grmpf. Ils finirent par arriver dans des quartiers relativement normaux, bordés de commerces de type primeur et autres marchés, et une nouvelle fois, personne ne fut en mesure de les aider. Mais vous êtes sérieux ? Jamais personne n’a divorcé dans ce pays ?! Vint enfin une vieille aigrie, vendeuse de nuages sûrement –y’a du boulot dans ce métier- leur indiqua de se rendre sur l’îlot des Zéphyrs Crépusculaires, plus des détails. Puis enfin, le danger, prenez garde au danger.

Puis un silence perplexe les laissa seuls, perdus.
Dangereux ? D’où c’était dangereux de divorcer ?
Il était difficile pour elle d’imaginer courir le moindre danger au sein du Royaume Céleste, le pays même de la douceur et du moelleux. Pas effrayée pour un sou, elle fut même d’autant plus motivée pour divorcer.


«Qui donc pourrait bien nous faire du mal ?
On veut seulement divorcer, il n’y a pas de mal à ça !»
, lui dit-elle tranquillement.

« Vous voulez divorcer ? Mais vous êtes malades ! »

Un passant s’arrêta net, choqué par les propos de la jeune femme.
Il les dévisageait avec un air mêlé de stupeur et de frayeur, se demandant si ce couple était complètement fou. Lithium fut étonnée par le cœur que mettait cet homme dans son ton moralisateur. Elle s’énerva légèrement et son visage se renfrogna quelque peu.


« De quoi je me mêle ? Si nous souhaitons nous séparer, on fait ce que l’on veut, non ? »

« Mais vous n’avez pas idée de ce qui vous attends, mes enfants..
Personne ne se sépare sans en payer le prix fort, le mariage n’est pas à prendre à la légère. »


« Sans déconner, tu crois que l’on ne l’avait pas remarqué ? » , soupira-t-elle.

Il soupira d’un air hautain avant de les dévisager quelques minutes.
Puis il s’adressa en particulier à Ed. Il se permit de regarder ses vêtements avec beaucoup d’envie et à la fois de dédain.


« Vous, Voyageurs, vous vous croyez tout permis.
D’abord vous venez sur nos terres, vous détruisez tout sur votre passage, modelant le paysage selon vos désirs, chamboulant la vie de milliers de créatures sans vous en soucier, et maintenant, vous nous prenez mêmes nos femmes ! »
, Fit-il en désignant Lithium du doigt.
« Une pour le jour et une pour vos rêves les plus fous. Vous me dégoûtez.»

Lithium s’enfonça les ongles dans les paumes, se retenant de ne pas lui arracher la langue. Mais vas-y continues à parler comme ça, je vais finir par m’énerver. Je pensais le fumer perso. Je ne te retiens carrément pas.

« Parfois, je me demande bien ce qui nous retient..
Sachez que vous ne parviendrez pas sur le Zéphyr aussi facilement que vous ne le pensez. L’île est très loin au Nord, fouetté par les vents, toujours en mouvement. Et pas tout le monde est aussi tolérant que moi et mes confrères. »


« C’est pas pour rien qu’il y a le mot CON dans confrère hein. », lâcha Bis et Lithium ensembles en toute impunité.

Non mais sans déconner, il se prenait pour qui ?
De un, elle n'était pas une créature des rêves, de deux, ils étaient libres de se séparer si ils le voulaient bordel, puis de trois, ce n'était pas ses oignons. Ah et en quatre, il n'avait pas besoin d'être aussi condescendant à l'égard de Ed et des Voyageurs en général, non mais. Après leur avoir craché sa haine à leur visage, il partit sans demander son reste, ne les saluant même pas. Bah ouais c'est ça, casses-toi ! La jeune femme était légèrement sur les nerfs à présent. De quel droit il leur parlait ainsi ? Il n'y avait pas de raison, ils n'avaient rien fait de mal. Par chance, elle s'était plutôt contrôlée, ce qui était une bonne chose. En tout cas, tout n'était pas si beau et gentil ici. Les gens étaient tous différents. Peut-être que la mamie n'avait pas tort et qu'il était dangereux de divorcer à Dreamland, ça expliquerait le comportement de l'autre hargneux. Qu'importe. ça ne devait pas être si compliqué que ça, à part éventuellement la paperasse. Elle s'adressa donc à son compagnon, bien décidée à aller à ce fameux îlot.


"Bon, il a bien dit que c'était au Nord, non ?
Alors autant y aller. Leur histoire de danger, ça ne doit être qu'une bêtise pour effrayer les prétendants à la séparation. On va prendre les ponts pour traverser tranquillement, ça nous fera visiter des îles. Et avec un peu de chance, on trouvera même un avocat sur la route !  Il ne doit pas y avoir qu'une seule personne en mesure de nous séparer, non ? ça serait un peu stupide.. Et ennuyant."


Elle ne sut quoi dire de plus.
Franchement qu'est-ce que voulez dire dans ce genre de situation ?
"Ouais trop bien, on est en chemin pour divorcer, après que l'on se soit mariés sans trop savoir pourquoi ni trop quand. Ce n'est pas la merde à boire voyons, AHA !" ..Oui bah non. Lithium avait tellement l'impression de l'embêter, de le gêner qu'elle voulait vraiment accélérer la procédure. Ils n'étaient pas amis, se connaissaient de manière succincte, tout ce que l'on pouvait entendre sur lui était ses actes -bordéliques- MAIS héroïques, et d'elle.. Bah déjà de un, on l'entendait pas beaucoup -et heureusement en fait- mais quand cela arrivait, c'était pour avoir foutu la merde. Qu'est-ce que j'aime que l'on parle de moi ! Etait-ce si difficile de changer ? Se comporter comme Bis le faisait à présent était du passé, maintenant, elle voulait changer, quitte à passer pour une fille. Depuis quand être une fille était une insulte pour elle ? ..Depuis un bail tiens.


"Je suis vraiment désolée pour toute cette galère mon étoile du jour, mais si on se débrouille bien, tu seras enfin tranquille d'ici la fin de la nuit !", rajouta-t-elle à la hâte.

Elle commença à marcher en direction du pont le plus proche.
Mais une fois arrivée devant, elle s'arrêta net. Euh.. Même le pont est en nuage ?
Comment vont-ils savoir où ils mettent les pieds ? Lithium leva les yeux et vit les gens marcher impunément, ne se souciant guère du sol pas palpable. Bon, quand faut y aller ! Pas très rassurée, elle attrapa légèrement quelques plis de sa robe pour la relever -ne pas la salir- et posa un pied sur le pont. Il s'enfonça très peu avant de remonter, comme si il flottait. Hi hi, c'est marrant. Elle ramena le second puis sauta à pieds joints pour vérifier que c'était nickel, et se retourna enfin vers Ed, tout sourire.


"Hé viens voir, c'est tout doux !
C'est super marrant, regardes.."


Toujours la robe relevée, enleva ses escarpins, elle sauta encore une fois et une autre fois, avant de se rendre compte qu'elle retombait en enfance, et passait donc pour une enfant qui s'émerveillait de tout et de rien. Après une courte réflexion, elle remit ses escarpins à la hâte, rabaissa sa robe et se tint à nouveau droite, puis s'éclaircit la gorge.

"HM, bon !
.. T'as rien vu, on y va."



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Lun 16 Mar 2015 - 22:02
Après que la sherpa des cieux fut partie en emmenant son stock de nuages, le mot « divorce » servit d’habile transition pour qu’un autre intervenant arrive, probablement choqué par cette folle aventure que de vouloir rompre les liens avec une personne avec qui on s’était marié. Cette fois-ci, le gars émit de sérieux doutes sur le danger de notre aventure (ou plutôt, la fin de l’aventure) et nous promit les pires menaces à ceux qui oseraient divorcer. Une femme l’avait dit, puis une autre personne, ce n’étaient pas de folles rumeurs et il y avait effectivement des complications. Bon, si elles étaient d’ordre physique ou quoi, Lithium et moi étions des Voyageurs, alors on n’aurait aucun souci : si c’était dur pour des citoyens, alors pour des Voyageurs, ça passerait crème, mais… !

Le type ne s’arrêta pas ici et il me dévisagea en particulier. M’attendant à une nouvelle mise-en-garde, je fus d’autant plus surpris quand il m’envoya tout bonnement foutre parce que je m’étais apparemment envoyé en l’air avec une Créature des Rêves et que c’était honteux, que les Voyageurs étaient des voleurs à tous les niveaux mais MERDE ! mon poing dans sa gueule pour le calmer ? Non, très bien, la situation était très drôle, c’était vrai, j’aurais été un spectateur extérieur, j’aurais trouvé que c’était une bonne blague mais voilà, le type m’engueulait, me prenait pour un connard et ça, j’aimais clairement pas. C’était un malentendu, très bien, mais il n’était pas obligé de profiter des apparences pour être un connard qui crachait sur des stéréotypes dès qu’il en voyait, et voilà que j’étais direct très méchant, et tout et tout, et mieux encore, il invoquait le fait que d’autres personnes pensaient comme lui, typique du gars qui sait que son opinion était minoritaire, enfin merde, j’aurais voulu répondre mais Lithium le fit bien avant moi, pour me défendre, et ce bien plus efficacement que je ne l’aurais fait moi-même (en tout cas, de façon plus drôle). Je n’allais pas jusqu’à rire mais alors que la Créature devait être surprise de se faire renvoyer dans ses filets par une « Créature des Rêves », je levais un sourcil à l’adresse de Lithium en guise de « Ouaoh, pas mal, tu dépotes ». Dès que la Créature partit et qu’on fut tous les deux, je lui dis de façon plus convenable car plus explicite :

« Merci beaucoup ma beauté en miel. T'assures bien. »

Rien besoin de plus, il était plus que temps qu’on se sépare et pour ça, il fallait marcher, alors c’était parti. On fut guidé par éventuellement d’autres personnes quand la direction globale ne nous suffisait plus à nous repérer. On parla sur le chemin, Lithium parlait notamment du danger qu’il y avait à se marier en disant que c’étaient juste des racontars, des rumeurs, mais je n’étais pas aussi convaincu qu’elle tant on nous avait mis en garde, je n’aimais pas ça. Pour vous dire, dès qu’elle eut terminé sa phrase, je lui répondis d’un bref grognement neutre pour qu’elle comprenne que je n’étais pas d’accord. Une personne avertie en valait deux, il serait dommage de se faire surprendre alors qu’on avait été prévenus. Je ne voyais pas la tâche impossible, juste surprenante. Lithium rajouta qu’il fallait se dépêcher, car comme ça, je serai tranquille le plus rapidement possible.
Pardon ?

Désolé, hein, mais si les filles adoraient raconter des histoires, les gars adoraient s’en raconter, et le fait qu’elle ait dit « si on… tu… » me laissait croire qu’il y avait un sous-entendu à récupérer comme quoi, moi je serai tranquille, mais qu’actuellement, elle n’était pas si dérangée que ça par la situation, outre l’aspect gênant. Ce n’était certainement rien, mais ça me fit monter légèrement des rougeurs, que j’essayais de camoufler en rajustant ma veste et le col (totalement inutile). J’aurais aimé rebondir dessus mais j’avais peur de ce que je pouvais trouver chez elle, comme ce que je pouvais trouver chez moi, j’en allais presque à me demander si cette histoire avait commencé par elle plus que par nous deux. J’en vins même à souffler d’un ton presque inconséquent :

« Il n’y a que moi qui serai tranquille ? »

Enfin bon, inutile de se faire des folies, regarde plutôt le pont en nuages qui t’attendait et qui paraissait dangereux comme il le fallait. Des vents violents, hein ? Avec un peu de chance, on avait beaucoup de chance. De toute façon, d’autres personnes les empruntaient alors autant en profiter.

Mais Lithium se mettait à tester la solidité de l’ouvrage même s’il fallait avouer que ce n’était que son objectif secondaire vu qu’elle fit plusieurs essais, ce qui m’arracha un sourire joyeux : son bonheur était contagieux en fait. Même quand elle essaya de reprendre contenance, je ne pus effacer mon expression de mon visage et ce fut le cœur plus léger qu’on emprunta le pont. J’aurais pu tomber sur bien pire que Lithium, bien bien pire.

La traversée du pont fut légèrement longuette car les ilots n’étaient pas proches, et un vent vint balayer les gens qui étaient dessus, certes doucement, pas de quoi s’envoler, mais la progression était plus difficile et les passants comme nous se tenaient à la rambarde pour ne pas tomber. Vers le dernier tiers, les courants d’air étaient plus doux et on put plus se poser. Ce qui était incroyable encore une fois, c’était la vue, car là, on pouvait voir le ciel partout : sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, à gauche, à droite, des nuages qui se faisaient pousser, y avait quelques oiseaux enchanteurs, quelques créatures ailées (moins enchanteurs), des gens tirés par des chariots de nuages et d’autres véhicules incroyables qui tiraient parti des vents. Ouais, j’aimais bien le Royaume, c’était super joli, puis les cieux, je n’avais jamais su que ça pouvait être un paysage à part entière.

Maintenant qu’on était arrivé dans l’ilot des zéphires crépusculaires, où de nombreuses éoliennes s’ébattaient joyeusement aux contours, il ne nous restait plus qu’à trouver notre homme selon les indications… Il fallait chercher le centre de l’île, un grand carrefour, LE grand carrefour. Alors il fallait se promener encore une fois, on aura marché aujourd’hui, mais en même temps, le Royaume Céleste avait du charme, comme Prague avait du charme, ce genre de villes où tout était beau et il ne fallait pas s’arrêter devant tout ce qui en valait la peine car sinon la balade prendrait cinq fois plus de temps. C’était vraiment trop beau pour être vrai. C’était comme un rêve en fait cette soirée, des situations délirantes sans qu’on ait le moindre contrôle dessus. Pour nous faire redescendre sur terre, sans mauvais jeu de mot, on croisa certaines personnes qui nous considéraient – qui me considéraient – avec un sale air et je préférais les ignorer. Jusqu’à ce qu’on tombe pile à notre endroit. Et hop, terminé de marcher, on trouva la pancarte « Divorceur professionnel » très rapidement.

« Et bah, il est temps… » commentais-je avant d’ouvrir la porte de l’établissement, une maison rose doux, qui menait vers une salle d’accueil très modeste. Je ne savais pas si dans mon ton dominait le soulagement ou le regret – la situation restait drôle.

Des exemplaires du DreamMag étaient disposés un peu partout dans la pièce, avec une boîte de mouchoirs et des chaises, mais il n’y avait personne d’autre dans la salle d’attente et directement, en nous entendant arriver, il y eut un homme, une Créature des Rêves qui ouvrit une porte pour faire passer sa tête et dès qu’il eut confirmation qu’il y avait bien des visiteurs, il ouvrit la porte en grand et s’annonça :

« Bonjour, chère habitante des rêves, cher Voyageur, bienvenue chez le divorceur. Entrez, je n’ai personne, je n’ai personne, vous pouvez passer de suite. »

Il était plutôt grand, assez bâti, et bonne gueule. Il était le genre de docteur de l’amour, de psychologue sur les couples qui aidaient la séparation parce que les clientes résistaient mal à un menton aussi impétueux et un sourire de charmeur qui voulait dire qu’il savait tout sur la psychologie féminine. Il nous entraîna dans son bureau, encore une fois modeste mais avec une bibliothèque derrière lui qui abritait quantités de livres ; rien que pour se donner un genre. Le papier peint sur le côté était une haie d’honneur en train de brûler, et je ne savais pas si c’était de mauvais goût ou juste une facétie onirique plus dangereuse réellement qu’on ne pouvait le croire. Il nous invita à nous asseoir sur les chaises en forme de cœur, et je dis au docteur :

« Voilà, ça serait pour un divorce. Et nous sommes deux Voyageurs.
_ Ah. Evidemment.
_ Pour le règlement éventuel ?
_ Oh, ne vous inquiétez pas, vous avez des EV sur vous ? Si vous mourrez durant l’entreprise, je le récupèrerai tout simplement, voyez ça comme une assurance. A l’envers. Disons que ça me permet de vivre en tout cas. »


Euh, attendez, euh, pardon… ?
Je n’en dis pas plus mais je n’y pensais pas moins. Tel dans un théâtre de boulevard, j’échangeai un regard avec Lithium et je n’étais pas loin de déglutir. Tant que ça ? Est-ce que même, ça valait le coup de divorcer ? Attendons les explications en tout cas. Puis le gars parla de lui-même. Il croisa les mains et nous regarda simultanément, même s’il appesantissait plus sur Lithium avec le genre de regard qui disait qu’elle était avec un ami :

« Très bien, tout d’abord, je veux savoir pourquoi vous souhaitez divorcer. Vous pouvez tout me dire, vous devez même, c’est très important. »

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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 21 Mar 2015 - 20:51


La jeune femme ne savait quoi penser du comportement de son camarade.
Pourquoi diable était-il sympa avec elle ? Il connaissait parfaitement ses antécédents, il devrait plutôt ne pas lui adresser la parole du tout, genre même pas un soupir. Ce qui expliquait ses airs surpris qui s'enchaînaient dès qu'il lui sortait une sympathie. Elle assurait bien ? Prout, non pas franchement.. Je vois pas d'où tu sors ça, mais si tu le dis. Le jour où tu auras confiance en toi, tu m'appelleras hein ? J'y peux rien, je suis comme ça. Non, tu n'es pas comme ça. Tu t'enfonces volontairement dans cet état débile pour éviter je-ne-sais-quoi. De redevenir comme toi peut-être. Et franchement, je trouve ça complètement con. M'enfin, c'pas nouveau que tu sois stupide. J'espère juste que tu finiras un jour par te bouger le cul. Pas qu'ça m'fait chier de bosser pour deux, mais grave que si à la longue ! Nia nia. Gamine. Tarée. Lopette. Grogna.. Ah et puis tu m'ennuies. Et regagné !

Toujours au début du pont, la demoiselle patientait, le dévisageant en silence.
Pourquoi souriait-il ainsi ? C'est parce qu'elle avait l'air complètement débile c'est ça ?
Non mais dis-le si j'ai l'air d'une idiote hein ! Elle avait l'habitude, elle n'allait pas se mettre à hurler pour ça, et encore moins bouder. Toutefois, elle ne put s'empêcher de lui sourire en retour, un air gêné mélangé au tout, mais un sourire quand même ! Oui bon, il avait une bonne tête quand elle s'éclairait ainsi, alors ça donnait envie d'être joyeuse un petit instant. Elle ramena quelques mèches de cheveux derrière son oreille, détournant la tête pour observer le chemin qui s'offrait à eux -et accessoirement échapper à son regard- et respira un grand coup. C'est parti. En tout cas, le vent était présent et il le faisait bien savoir. Petit égocentrique va ! Alors qu'ils traversaient enfin, elle réfléchissait.
Lithium avait fait mine de n'avoir rien entendu à propos de la dernière phrase prononcé par Ed, elle avait seulement froncé les sourcils d'interrogation. Elle ne comprenait pas le sens de la question posée. Comment ça ? Ne comprenait-il pas ses raisons ? Elle pensait avant tout à la réputation du blond -la sienne à elle était déjà écornée- était-ce si difficile à saisir ? Peut-être qu'elle ne s'exprimait pas correctement.. En même temps, elle ne lui avait pas dit clairement. Mais si elle le faisait, elle allait encore passer pour une gamine angoissée et hésitante, même si elle l'était réellement. Et au fond d'elle, elle ne désirait pas vraiment s'expliquer. Etait-ce simplement pour l'éloigner d'elle et que chacun reprenne son chemin respectif sans faire d'histoire, pour tout oublier ensuite, ou pour une toute autre raison ? Mais je t'en pose des questions ?

Elle ne voulait pas passer pour une petite idiote à ses yeux, ce qui était déjà un petit peu tard finalement. La voyageuse faisait du mieux qu'elle pouvait pour trahir le moins de sentiments et d'attitudes "de filles" possibles, mais c'était difficile. Elle qui était si franche auparavant, essayait de se contenir, ce qui l'amenait à commettre des maladresses. La situation dans laquelle ils se trouvaient devait sûrement jouer sur son comportement malhabile. Mais pourquoi avait-elle chaud tout d'un coup ? A force de trop penser, elle en avait des bouffées de chaleur ou quoi ? Hé, c'est trop tôt pour la ménokrose ! Métropause. Euh.. Mantrop.. Oh et puis merde. Son visage trahissait son état intérieur. De l'air, elle avait besoin d'air. C'est pas ce qu'il manque ici. Elle ralentit le pas, laissant passer Ed devant, histoire de respirer sans le savoir trop près d'elle. Son cœur accéléra légèrement, mais se calma doucement lorsqu'elle regarda au ciel.

Tout ici était si beau, à se demander si tout cela était réel.
En l'occurrence, non. Mais tout le semblait tellement pourtant.
C'était un lieu si reposant, serein, si l'on excluait les connards du genre de l'autre type plus tôt. Non mais de quoi il se mêlait celui-là, sérieusement.. Le vent était si puissant qu'il parvenait à déplacer des piétons, certains faisaient même parfois du surplace avant de pouvoir marcher à nouveau. Tout ces nuages, toutes ces créatures, cette technologie rupestre et ancienne, ah tiens un planeur avec un panier. Cet endroit était un réel enchantement à lui tout seul. Les créatures qui vivaient ici avaient une chance incroyable. Si elle avait le choix, elle aurait probablement souhaité rester plus longtemps, même une simple semaine, ce qui ne suffirait probablement pas pour visiter les contrées dans leur intégralité.
Au final, leur mariage accidentel -assurément- aurait eu d'agréables conséquences; il leur aura permis de découvrir un magnifique et splendide royaume, l'un des joyaux de Dreamland. Puis, ça lui permettait de découvrir Ed sous un tout autre jour. Et en costume aussi d'ailleurs, en passant. Avec un peu de chance, ils deviendraient peut-être "amis", enfin, le mot était bien grand, mais ils pouvaient toujours essayer, même après un tel engagement. Je suis contre cette idée stupide. Je veux pas être pote avec lui ! De toute manière, avec toi, je suis un monstre. Puis, il a vu ce que l'on a fait à Jakob.. Oh oui Poulpy d'amour ! Oui, ce même "Poulpy" que t'as failli tuer. Booh, allez ! C'était marrant, avoues-le ! Non. Ce que tu peux être pète-sec parfois putain..

Inconsciemment, elle se mit à ralentir davantage, comme si quelque chose venait de tilter dans son esprit à mesure qu'elle continuait d'observer le dos de Ed. Pourquoi quand elle avait pensé à "costume", elle avait eu l'impression de l'avoir déjà vu habillé de la sorte, mais une nuit précédente ? .. Non, elle devait rêver sûrement. Elle s'ôta bien vite l'idée de la tête et accéléra le pas pour revenir à sa hauteur. Elle prit soin de ne pas le regarder et fit mine de s'intéresser à ce qui l'entourait. Ce qui finit par franchement par la captiver au final. La jeune femme osa même jeter un œil par-dessus la rambarde. Si elle sautait tout de suite, planerait-elle un peu avant de s'écraser ? Se ravisant, elle revint au centre du pont pour plus de sécurité. Ses cheveux n'arrêtaient pas de voler dans les airs, ce qui n'était pas des plus pratiques. Elle finit par les attraper et les accrocher en une tresse de fortune à moitié sur le côté, mais sans attache pour les maintenir ensemble. Sauvaaage ! Grrrr.. Mais pfff, tais-toi !
Après une silencieuse balade, le duo finit par enfin arriver sur la fameuse île des Zéphyrs Crépusculaires. L'on pouvait voir des éoliennes à perte de vue. En même temps, c'était la meilleure des solutions pour récupérer de l'énergie dans un royaume pareil. Lithium suivit le claustrophobe sans poser de questions, conservant un calme apparent alors que son stress augmentait au fur et à mesure qu'ils avançaient dans la ville. A se promener ensemble ainsi, ça avait tout l'air d'un rencard romantique, qui ne l'était pourtant pas. Non, ça ne l'était pas, pas du tout. Etait-elle déçue ? Peut-être. en même temps, ça faisait un bail qu'elle avait pas eu de "rendez-vous" de ce genre. Mais ça n'en est pas un. T'es en route pour divorcer petite. Divorcer, oui.

Elle ne s'éloigna jamais trop loin de son "partenaire", sans pour autant être trop près, ce qui lui permit d'apercevoir les regards des gens sur eux, et en particulier sur le garçon. Non mais ça va oui ?! ça suffit de faire ces têtes d'imbéciles. Si Ed les ignoraient tout simplement, Lithium n'appréciait pas cette désagréables insistance, et ne s'empêcha aucunement de faire des grimaces à certains des passants. Elle tira la langue plusieurs fois et s'autorisa même le fameux doigt pour fermer le clapet à une femme qui ronchonnait sans se gêner, le tout accompagné d'un sourire angélique. D'accord, une Créature et un Voyageur, c'était bizarre, mais en l'occurrence ils ne faisaient pas parti de cette catégorie, alors zut ! Mais du coup, cela signifiait-il que des Voyageurs s'unissaient réellement sur Dreamland ? Peut-être pour les couples renégats ou ceux dont les parents refusaient de les voir ensemble. Lithium se mit à s'inventer une histoire d'amour impossible à faire pleurer sous les chaumières, et la grava dans un coin de son crâne. Elle écrirait sûrement quelques pages sur le sujet, histoire de s'amuser. Allô, retour sur terre !
Durant sa prise de notes mentale, ils étaient arrivés devant LE bâtiment avec la fameuse pancarte "Divorceur professionnel". Ce mot existait-il seulement ? La jeune femme fut submergé par tout un tas de sentiments différents. La peur, le stress, le soulagement et une pointe de déception. C'était déjà fini ? FREEDOOOOM ! C'est ENFIN fini tu veux dire ! Oui oui. Ce fut marrant.. Ed avait l'air soulagé. Tant mieux, c'était pour ça qu'ils étaient là après tout.

Bizarrement, Lithium se sentait mal.
Ses parents étaient-ils passés par une pièce de ce genre ?
Des mouchoirs -sûrement pour pleurer- pour le conjoint délaissé.
C'était au final sacrément déprimant.. Elle put également voir plusieurs DreamMag et crut reconnaître des gens sur la couverture. C'est marrant, cette femme ressemblait énormément à Meg, une fille que la blonde avait du mal à cerner, sympa mais parfois cruelle. Je crois que je l'aimais bien. Un autre point qu'il était important de noter -très- la salle était désespérément vide. Il semblerait que sur Dreamland, les divorces n'étaient pas un marché très florissant. Un bruit de porte la fit sursauter et elle se retourna instantanément pour découvrir l'origine du son grinçant. Une tête flottait dans l'embrasure de la porte avant de finalement laisser entrevoir le reste du corps. Une grande créature des rêves de sexe masculin leur faisait face -ah ouais grand- pas trop moche. J'aime pas sa gueule, il ressemble trop à Gaston. Ah ça pas faux oui !
Lorsqu'il les invita à entrer dans son bureau, son cœur tambourina contre sa poitrine. Du calme, tout va bien, ce n'est pas la mer à boire. Oui, tu te retrouves dans le même cas que tes parents, et alors ? C'est Dreamland, ce n'est pas grave, dans la vie tout va bien, ça va, respires. Son affolement se lisait dans ses yeux, même si le reste paraissait d'un calme intriguant. La décoration laissait légèrement à désirer, mais au moins il possédait une immense fenêtre qui éclairait la pièce de toutes parts. Pour les suicidaires et les désespérés sûrement. Comment il fait trop son loveur le gars ! Sérieux, cinq-six dents en moins et il fera moins le malin..

Lithium commençait à avoir peur.
Pourquoi, elle ne savait pas trop elle-même, mais elle ressentait une profonde terreur qui la paralysait purement et simplement. Elle s'assit sans poser de questions sur les chaises en cœur et regarda droit devant elle, muette. Son regard se fit absent et vague. Ed s'occupa de préciser la raison de leur venue, même si elle était évidente. La réponse de l'homme arracha la voyageuse de sa torpeur. Pardon, mourir durant le divorce ? Euh, comment ça, de quoi parlait-il ? Comment pouvaient-ils mourir en se séparant ? C'était surréaliste ! Le duo échangea un regard assez effrayé. Est-ce que divorcer valait le coup que l'on en meure ?
La blonde se convainquit qu'il était impératif qu'ils se séparent, quitte à prendre de soi-disant risques. Plutôt crever que de rester liée à ce type.. Il voulait sûrement leur faire peur, assurément. Persuadée que tout irait pour le mieux et que ce n'était qu'une menace cachée, Lithium ne se laissa pas démonter, même si en réalité, elle appréhendait la suite. Puis il lui demanda la raison de leur divorce. La raison ? Euh, il y en avait plusieurs, non ? La dessinatrice hésita. Que devait-elle répondre ? Il la regarda chaleureusement, comme pour la mettre en confiance. Ce qui ne fonctionna absolument pas, cela accentua même davantage sa méfiance à son égard.


"On s'est réveillé mariés, alors que nous ne sortons même pas ensemble. Et on ne se souvient absolument de rien.", murmura Lithium, la gorge légèrement serrée.

C'était en tout cas un court résumé de la situation.
Pourtant, le divorceur ne semblait absolument pas convaincu.


"Je vais réitérer ma question.
Quelle est la vraie raison de votre divorce ?"


"Je vous l'ai dit.
Nous ne sommes PAS ensemble. Ça ne vous suffit pas comme raison ?"
, elle commençait à se sentir mal, son cœur tambourinait avec force.

La créature la dévisageait avec intensité, comme si il essayait de sonder son âme.
Elle se sentit si mal à l'aise qu'elle en avait presque des nausées, et pourtant, elle soutint son regard inquisiteur. J'ai de l'orgueil moi monsieur, oui. Il se tourna vers Ed, un air d'une profonde lassitude sur le visage et se répéta.


"Peut-être serez-vous plus à même de me parler ?
La raison de votre divorce ? Il me faut la vérité, rien que la vérité. Quelles sont vos différents vous conduisant à vous séparer ? En avez-vous réellement envie ? Il n'y a pas de retour possible. Si déjà vous parvenez à arriver au bout de la procédure.."


Mais excusez-moi !

"En parlant de question hein, j’en ai une à vous poser.
Avant d’obtenir quoi que ce soit de nous, il serait peut-être utile de nous prévenir des conditions mortelles que vous évoquez à propos d’un divorce, les risques que nous encourons en cas de séparation. Que risquons-nous ?"
, la voix légèrement tremblante, mais pas de peur, de stress.

L’habitant ne répondit pas tout de suite.
Il se contenta de les observer en silence, les dévisageant en profondeur.
Il semblait voir quelque chose, quelque chose dont ils n’avaient sûrement pas la moindre idée, et c’était justement ça qui était flippant. La jeune femme avait la trop nette impression d’être scannée, comme si il s’amusait à tourner ses pages intérieures, tout en prenant des notes dans un petit carnet. Qu'il arrête, il n'y avait que Chapelle qui avait le droit de noter des trucs sur elle ! Etait-ce le traumatisme du divorce de ses parents qui l’empêchait d’être sereine ou était-ce autre chose ? Il était évident qu’elle n’était pas à sa place. C’était tellement moche comme situation. Divorcer punaise, ils voulaient divorcer, ce n’était pas si compliqué ! De quoi as-tu peur ? Fais pas chier, on y est pas là ! Je n’ai pas peur ! .. Je ne me sens tout simplement pas très bien. Même si rien de tout ça n’est réel, ça fait mal de se retrouver dans le même cas que ses parents, même si rien de tout ça n’est vrai, divorcer est un acte sérieux et triste. Triste pour la personne qui est laissée derrière, celle qui ne désirait rien de tout ça, qui conserve ne serait-ce qu’une bribe de sentiment. Mais on s’en bat les couilles ! Tu le connais à peine de toute manière, vous avez pas choisi de vous retrouver là, alors qu’est-ce que tu me les brises ? On fait ce que le type nous dit, puis cassos !
Pourquoi n’était-elle pas d’accord ? Pourquoi se ressentait-elle étrangement rejetée ? Elle devrait avoir l’habitude pourtant et ne devrait pas ressentir un tel sentiment de -elle ne savait pas trop- de vexation peut-être ? Il n'y avait pas de raison pourtant, mais même quand vous vous en fichez, se faire jeter, ça fait toujours mal. Pour quelle raison s’étaient-ils retrouvés ici ? Elle voulait savoir l’origine de toute cette douloureuse mascarade, comment en étaient-ils arrivés là ? Qu'est-ce qu'ils leur avaient pris ?


"Tout vient à point à qui sait attendre.
Tant que vous ne m'aurez pas répondu, je ne serais pas plus précis.
En revanche, sachez qu'il y a une limite de temps pour divorcer."


"Pardon ?"

"Vous avez remarqué que vos alliances ne peuvent s'enlever, n'est-ce pas ?
Et bien, c'est normal. Il se trouve que celles-ci font parties de modèles hautement sécuritaires, dernier cri je vous prie, pour conserver une certaine crédibilité aux mariages dreamlandiens. Sous réserve de 3nuits, si vous n'avez pas divorcé et que vous n'avez pas consommé votre union, vous mourrez."


Lithium s'étouffa et Bis hurla du plus profond de son être.
La jeune femme se figea dans l'instant et le regarda d'un air béat, complètement abasourdie. Non mais c'était une blague ? C'était quoi cette règle à la con ?! La créature sembla lire dans leurs pensées.


"Cela peut sembler un peu radical, certes, mais nous estimons qu'il faut 3nuits pour des gens de votre genre pour apprendre à se connaître, réfléchir à leur décision finale, et surtout, parvenir à terminer le procès. Si pour autant votre décision est prise, vous pourrez toujours continuer à creuser la question tout en débutant la procédure. Alors, allez-vous me répondre ? Je peux vous voir chacun en privé si vous êtes intimidé par la présence de l'autre."

Lithium ne répondit pas.
Son cerveau avait juste fait cessé tout fonctionnement.
Elle fit juste un bref signe négatif de la tête, elle n'avait rien à lui dire de plus.
Son regard fixait le vide en face d'elle, comme si il allait l'aider à lui redonner la parole pour exprimer quoi que ce soit, ou bien même une solution se sortir de là. Non pas qu'elle ne voulait pas consommer la "nuit de noces" avec Ed -il était pas si mal- c'était juste le fait qu'ils mourraient si ils ne parvenaient pas à terminer les démarches pour le divorce à temps. Mais si ils n'y arrivaient pas, allaient-ils vraiment devoir.. La demoiselle se mit à brûler de l'intérieur, en proie à une violente bouffée de chaleur, son visage était à la limite du brasier et si on touchait son bras, l'on aurait pu sentir le processus d'un feu de cheminée en cours d'allumage. Elle n'osa pas regarder son camarade à côté, le visage pas franchement présentable. Mon dieu mais pourquoi se mettait-elle dans un tel état ? Et.. POURQUOI ELLE PENSAIT AU DEBUT DE LA NUIT, PUTAIN !
Elle se retint de se gifler, mais le fut intérieurement par Bis qui faisait ses griffes contre les parois qui l'enfermaient. JE TE JURE QUE SI ON DOIT SE LE FARCIR, JE LUI ARRACHE LA B*TE AVEC LES DENTS ! Parce que t'envisageais de descendre sous la ceinture ? C'est bien de me prévenir, tu sais ? MAIS VA CREVER ! ..Avoues que ça te plaît l'idée de t'envoyer en l'air avec, hein ? Je n'ai jamais dit ça, ni même pensé. Et ça n'arrivera pas, on parviendra à divorcer sans encombre. Il le faut bien. Tu parles ! T'es pire que moi au final. Tu te fais des idées ma pauvre fille. Mais je ne me fais pas d'idées du tout, fous-moi la paix ! Jamais je ne me ferais d'idées, je ne suis pas idiote à ce point-là. C'est c'que tu dis. Fais attention, je n'aime pas la tournure que prend la chose-là. T'inquiètes pas, je serais prudente. Quelle empathie tu fais preuve dis donc. Fermes-là.

La voyageuse respira un grand coup.
No stress, il ne se passera rien, tout ira bien.


"Que devons-nous faire pour débuter la procédure ?"

"La mise à feu de votre divorce se déroule dans le bâtiment au bout de la rue. Vous devrez d'abord retirer les formulaires à remplir. Sis vous parvenez déjà à les récupérer n'est-il pas.. Ensuite, vous suivrez les instructions que vous trouverez sur les papiers en main. Une fois que vous aurez rempli toutes les conditions, récupéré tout ce qu'il vous faudra récupérer, accompli tout ce qu'il vous faudra accomplir, et peut-être participer à certains évènements, qui sait, alors à cet instant, et seulement à cet instant, vous reviendrez me voir. Et là je serais en mesure de vous séparer. Prêts ?"

"Avons-nous seulement le choix ?", marmonna Lithium.

"Ah, et quant à votre mémoire, vous découvrirez sûrement tout lors de votre quête. Bon courage. Vous en aurez bien besoin."

La blonde n'était pas très enthousiaste.
Le processus avait l'air si long et éreintant..
Pas étonnant que personne ne veuille divorcer, ils avaient tous dû abandonner en cours de route, voilà pourquoi ils se faisaient incendier. A moins que chez eux, le divorce était juste une hérésie. Personne ne s'aime pour la vie, vous savez ? Enfin, c'est rare, TRES. La dessinatrice se leva en silence, fit un bref salut de la main à l'homme et quitta la pièce, puis enfin le cabinet, laissant Ed seul avec la créature des rêves. Elle avait besoin d'un peu d'air pour digérer toutes ces informations. Punaise, Dreamland pouvait parfois franchement faire sa p*te. Quel boulet elle était. Elle priait du plus profond de son être qu'elle n'était pas intégralement responsable de tout ça. Déjà qu'elle devait déranger Ed au plus haut point, tomber sur elle, fallait vraiment qu'il ait la poisse, mais alors ça ! Elle attendit patiemment que son partenaire sorte, le tout en prenant de grandes bouffées d'air frais -le royaume idéal pour se ressourcer- et elle le regarda d'un air profondément désolé.


"Excuse-moi mon roudoudou, mais tu vas encore devoir te coltiner ma présence pour quelques temps.", elle eut un vague sourire effacé.

Lui arriverait-il un jour d'être utile et pas une foutue épine dans le pied ?
Où qu'il était ce bâtiment, qu'ils se libèrent au plus vite. Faudrait pas qu'ils gaspillent leur précieux temps.



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 4 Avr 2015 - 21:53
   C’était facile de sentir quand une discussion dépassait totalement les intervenants qui la faisaient naître – et je parlais même du docteur Feulamour d’en-face qui posait ses questions avec un sérieux procédural qui faisait fi des interrogations de Lithium ainsi même que de ses réponses. Il ne parut même pas surpris quand Lithium lui dit que notre mariage venait d’un accident, soutenant son regard sans une once d’empathie en devant se dire devant son front dominateur que se marier sans le savoir restait un mariage qu’on ne pouvait pas briser, voire même, une bonne raison pour rester en couple. N’essayant même pas de le menacer pour qu’il comprenne ou d’utiliser une assommante logique de A + B, je restais les poings fermés sur les genoux immobile en essayant de comprendre là où il voulait en venir. Il me posa même la question pour savoir quelle était la raison pour laquelle on voulait divorcer. Je lui répondis du plus simplement possible :

« Parce qu’on ne veut pas être marié.
_ Mais pourquoi ?
_ Mais parce qu’on ne s’aime pas.
_ Alors pourquoi vous êtes-vous mariés ? C’est illogique. »
termina-t-il en frappant son bureau avec son crayon quelques petits coups.

  L’envie de lui fourrer l’instrument dans un de ses yeux devint si forte que je me mordis la langue. Bon, très bien, il était con comme un balai et s’en fichait totalement de ce qu’on disait, il n’y avait pas de souci, le divorce allait très bien se passer. Laissant le soin à une Lithium plus diplomate de retirer les informations nécessaires pour la séparation, je restais immobile, mes yeux parcourant la pièce kitsch ainsi que certains livres aux titres révélateurs sur la suffisance et la banalisation de leur propos, comme : « Les femmes épluchées » ou encore le fameux : « Les femmes viennent de Luxuria, les hommes viennent du Royaume de la Table Pentagonale ».

  Mon oreille captait quand même le blabla juridique du tout et à certains moments, je commençais même à me sentir furieusement mal. Déjà, qu’il fallait peut-être se souvenir de la nuit précédente pour savoir comment ça allait se terminer. Je n’avais pas envie de savoir ce qui s’était passé dernièrement, c’était le genre d’informations auxquelles il y avait une bonne raison pour laquelle elles avaient été effacé – et de toute façon, dès que je faisais concentrer mon cerveau pour savoir ce qui s’était passé, ce qui était peu efficace car ça revenait à chasser l’obscurité d’une pièce en la frappant avec un marteau, alors je n’avais strictement rien voire même quelques images claires, non, un peu de flou, du ressenti mauvais, oui, c’était un début, rien de flagrant. Ensuite, Dreamland était vraiment étrange, fallait l’avouer ou alors… Hummm… Oubli, oubli, oubli… Hangover ? Oui !
Delirium City, ça, c’était sûr, mais que s’était-il passé après ? La mémoire ne revenait pas, causant une frustration réelle. Je laissais tomber pour digérer la nouvelle information qui arriva comme une bonne et une mauvaise nouvelle.

  Ensuite, on avait trois nuits pour divorcer, sinon, on serait forcément obligé de consommer le mariage, bref, faire l’amour ou mourir. Vu comme ça, j’avais des choix plus difficiles qui m’étaient arrivés dans la gueule durant ma vie, je pense que je m’en remettrais de ne pas mourir, même si passer à l’acte avec Lithium me rebutait. De l’alcool dans le sang pourrait largement me débloquer, je le savais, mais sobre comme ça, et pour sauver sa vie, je sentirais toutes mes caresses et les siennes comme fausses et ça rendrait pas le moment agréable ; sans compter la complicité qu’on n’avait pas envie de donner à l’autre parce que l’autre ne nous plaisait pas, donc en bref, se faire tous les deux violer par l’autre. Je pouvais le dire, Lithium, avec ses cheveux blonds, ses pommettes saillantes quand elle souriait et cet air innocent qui se dégageait d’elle à contrecourant de ses soucis, me plaisait légèrement, pas de quoi m’engager sentimentalement mais assez pour vouloir et pouvoir passer un bon moment avec elle. Ensuite, que Dreamland m’y oblige, ça revenait à dire que lors du passage à l’acte, une main s’empare de mon entrejambe pour la caser en Lith ; bref, pas super bandant. J’en grimaçais rien qu’à l’idée.

  Où était la bonne nouvelle alors ? La bonne nouvelle, c’est qu’on n’avait pas froissé les draps la nuit dernière malgré notre amnésie car sinon, on n’aurait pas cette menace au-dessus de la tête.
Sauf si… Le docteur n’en savait absolument rien et que le mystère restait entier.
Ca restait quand même une nouvelle, y aurait pas une sage femme quelconque qui pourrait nous aider sur le coup ?

  Le docteur resta extrêmement évasif en tout cas sur la manière dont les choses se passeraient – autant pour la plaque qui l’annonçait comme le spécialiste – mais le souci venait peut-être du fait qu’on était incapable de lui décrire comment on s’était mariés, et qu’il n’avait peut-être jamais vu de gens qui voulaient divorcer sans avoir voulu se marier. Mon pessimisme le prit évidemment comme un mauvais signe mais je n’osais pas protester contre le flou qui entourait les détails : s’il ne voulait pas nous le dire maintenant, alors c’est qu’il ne fallait pas en demander plus. On saurait tout quand on serait sur place, et shit, bien sûr, c’était obligé, il devait y avoir de la paperasse.

  Quand il eut terminé tout ce qu’il avait à dire, je me levais précipitamment en le remerciant vu que j’avais hâte de quitter cet endroit et que le compte-à-rebours restait une menace que je voulais éviter, allant presque aussi vite qu’une Lithium rouge comme une tomate ; je sus de suite que je ne devrais pas aborder la question avec elle et la laisser s’occuper de toutes ces informations. On s’enfuit tous les deux dans la rue, à quelques secondes d’intervalle et on descendit la rue comme le voulaient ses instructions alors que la blonde se désolait que le processus fut aussi compliqué, voire même dangereux. Que voulez-vous répondre à ça, comme si c’était sa faute ? Elle l’avait dit elle-même, ça pouvait être nous deux. Je forçai un sourire pour lui répondre doucement :

« Tu sais, faut voir ça comme une aventure. Dans tous les sens du terme. Allez, on bouge, mon émeraude, avec un peu de chance, ça pourrait même être amusant. »

  J’y croyais presque, ce qui voulait dire que j’y croyais pas mais que j’étais persuasif. On marcha silencieusement dans le décor paradisiaque (littéralement) du Royaume Céleste, sur les rues pavées belles à tomber. Un de mes instincts me disait de prendre la main de Lith afin que du contact passe entre nous deux parce qu’à ce stade, le contact était important (ne me demandez pas de quel stade je parlais), je ne savais pas, qu’on puisse se sentir unis, à défaut par les liens du mariage. Mais je gardais mes distances car on entrait dans un domaine où la maladresse était très sévèrement punie et je me sentais avec deux mains gauches actuellement.

  Ce fut ainsi qu’on arriva devant le bâtiment indiqué par le Divorceur, dont la plaque « Au divorce joyeux ! » était aussi amusante que la publicité était menaçante : « Un taux de mortalité qui descend sous les 70% ! Si vous périssez, nous nous engageons à verser la moitié de la somme de l’enterrement pour tout cercueil acheté en duo ». Génial. J’ouvris deux portes roses bonbon pour me retrouver dans un hall enfin sympathique, plutôt propre et entièrement blanc, avec une lumière si douce qu’on se sentait déjà à l’aise. Une grosse infirmière avec des cheveux courts et blonds cendrés nous repéra et sortit de derrière son bureau pour venir nous accueillir avec un sourire tellement large que je crus qu’elle allait nous dévorer :

« Bonjour ! Bonjour et bienvenue au Divorce Joyeux ! C’est pour un divorce, c’est ça ?
_ Oui, tout à fait.
_ Ah, oui »
, rajouta-t-elle bien inutilement en penchant la tête sur le côté. « Est-ce que vous en êtes sûrs sûrs sûrs ?
_ Oui, pas de souci au niveau des risques.
_ Et bien, c’est le minimum. C’est votre première nuit ? Oui, me semble, et bien écoutez, sachez qu’avant de pouvoir divorcer, vous devrez remplir des papiers, et surtout, vous devrez endurer trois heures de stage d’amour. En fait, nous allons juste vous mettre à l’aise afin que vous puissiez avoir du recul sur vous-mêmes et que vous puissiez réfléchir à votre situation. On va commencer par les formulaires de base, tenez. »


  Elle nous proposa chacun un crayon dont le bout se terminait par un cœur en ressort, et je me dépêchai d’écrire dans les cases :



NOM : | F |R | E | E |
Prénom : | E | D|
Âge : | 2 | 5 |
Nom du conjoint : | L | I | T | H | I | U | M |   | E | L | F | E | N | S | E | N |
Statut : RêveurHabitant du RoyaumeHabitant d’autres Royaumes – Voyageur


__

Circonstances du mariage : Inconnues.
Raisons du divorce : Voire la ligne au-dessus.
Mariage consommé : On sait pas.
Journée depuis le mariage : 1
Des commentaires ? Rajoutez-les juste en-dessous :
………



  Je faillis terminer par un « Est-ce que ça va faire mal ? » mais me ravisai au dernier moment. La femme nota ces informations dans un petit carnet rose, et après un calcul compliqué qui lui fit tirer sa langue, elle nous regarda pour nous asséner :

« Saviez-vous que vos deux noms ont une compatibilité amoureuse de 85% ? Si vous travaillez un peu sur votre couple, vous seriez capables de vivre heureux ensembles.
_ Toutes Lithium et tous les Ed ont une compatibilité à 85% ? »
demandais-je avec une pointe de sarcasme.
« Oui, c’est scientifique. »

  Je sortis le visage qui disait : « Ah bah si c’est scientifique… » avant que l’infirmière ne nous demande de la suivre. Je lançais un regard inquiet à Lithium alors qu’on s’engageait dans des couloirs blancs très propres. Il faisait bon en tout cas, et dès que je me rendis compte que ça ressemblait étrangement à un SPA, la dame nous présenta deux cabines l’une en face de l’autre :

« Veuillez retirer vos vêtements et mettre la serviette qui se trouve à votre disposition, puis ensuite, vous continuez jusqu’au bout de l’allée. Là, on s’occupera de vous. »

  Je quittais Lithium et fermai la porte derrière moi. Conscient que je n’avais absolument pas le choix, je quittais mes habits de mariés pour me mettre une serviette sur les hanches, plutôt petite d’ailleurs. Je sortis de la salle et j’attendis que la pauvre Voyageuse se défasse intégralement de sa tenue dans son coin, et dès que nous fûmes tous les deux parés, je lui fis un sourire d’encouragement sans trop regarder sa peau nue et nous allâmes dans la direction imposée.

  Une plus grande salle nous attendait ici, avec un plafond rond et des murs immaculés. Une musique stupide tournait dans la pièce, une musique d’amour évidemment, et deux tables, ainsi que deux masseurs, nous attendirent, un garçon et une femme. Ils nous souhaitèrent tous les deux la bienvenue et nous attirèrent vers les tables qui se faisaient face l’une à l’autre. Ce fut le masseur masculin qui s’occupa de moi et me fit allonger à l’endroit prévu (le gars avait une mâchoire et des muscles carrés ainsi qu’une moustache touffue et un accent allemand si terrible qu’il me perçait les oreilles) :

« Mainthnant, dé-ten-tez-fous ! »

  J’essayais de me détentre comme il disait alors que Lithium était placée sur sa propre table, sauf qu’ils la placèrent face à moi. En gros, on était tous les deux allongés et on se regardait l’un l’autre alors qu’on commençait doucement à nous masser et que la musique devenait plus forte. Le masseur ne fut pas aussi terrible que je le pensais, je m’attendais à ce qu’il m’aplatisse les os et les muscles en même temps mais ses doigts restaient souverains. Trente secondes plus tard après le début du massage, fuyant un peu le visage de Lithium pour observer le reste de la pièce, je sentis que le masseur enfonça ses doigts dans mon corps violemment en tordant les omoplates.

« Nah nah, fous defez rhgarder vôtre parténaire. Dans les cyeux. » J’obtempérai rapidement et soudain, ses deux mains furent bien plus douces et reprirent leur petit ballet habituel. Je plongeais mes yeux dans les prunelles de Lithium alors que la musique continuait son blabla, essayant de ne pas paraître trop gêné ; je souris tout de même sans trop savoir me mettre alors que je la regardais sans interruption. « Ach ach, biiien, ché consttatth qu’il y a beaucoup dé neuds. Et fous né détournez pas lé vissage.»

C’est toi le nœud.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 7 Mai 2015 - 15:51


Cette histoire commençait légèrement à lui taper sur les nerfs.
"Légèrement" tu dis ? J'ai juste eu envie de buter ton putain de docteur-là. Je t'en foutrai moi des "mais pourquoi" et "pourquoi".. Mais juste TA GUEULE ! Quel con.. Hé dis, ça va ? Tu m'réponds pas depuis tout à l'heure. Je sais que toi et moi c'est pas le grand amour, mais faut pas non plus déconner. Lithium se sentait juste mal. Elle détestait plus que tout être sondé de l'intérieur ainsi. Personne n'avait le droit de faire ça, qui donnerait son approbation pour une telle chose ? La simple idée de tout le travail qui leur restait à accomplir pour simplement avoir la liberté d'être seul, l'épuisait déjà. Si jeune et déjà si lasse, ça craignait un peu du boudin quand même. A coup sûr, elle deviendrait une vieille aigrie plus tard.
Ce spécialiste avait eu l'air déçu de leurs réponses, comme si il s'attendait -ou espérait- une toute autre réplique de leur part. Mais il s'attendait à quoi ? Qu'un couple marié par la force se découvre une soudaine attirance mutuelle ?
Non mais mon mignon, on est pas chez les bisounours ou dans un monde où les dérivés du syndrome de Stockholm sont monnaie courante ! Il l'avait obtenu où son diplôme, à Délirium City ou bien à Relouland ? Certainement pas ici en tout cas. Ou alors, tout le monde ici était aussi incompétent que cet imbécile. Ce qui poserait un très grand problème vu qu'ils devaient interargir à nouveau avec les péquords du coin. ça veut dire quoi encore ça ? Vulgairement, les pouilleux d'ici. Houlààà, mademoiselle Lithy est si énervée qu'elle insulte les gens avec des mots qui n'existent pas. T'es aussi dingue que moi au final en fait, elle est pas belle la vie ? Non mais il existe ce m.. Oh et puis zut.

Elle ne se rendit pas tout de suite compte de la présence de Ed.
A croire qu'il était sorti aussi vite qu'elle de cette pièce malsaine.
Tu bites franchement rien toi. Heureusement que j'ai des yeux partout, ça serait quoi sinon.. Alors qu'elle prenait à nouveau la faute sur sa poire -confiance là où je pense- il tenta bon gré, mal gré, de détendre le tout. Une aventure, ça pour sûr que cela en était une hein ! Ils étaient pas prêt d'aller se coucher, ou de se réveiller en l'occurrence. Des cernes en perspectives je vous dis. Il allait leur falloir sérieusement énormément de chance pour que cela en devienne "amusant" comme il disait. Mais y croyait-il vraiment, ou se rassurait-il seulement ? Cela eut le mérite de la faire sourire et de détendre son visage crispé par la frustration et la gêne.


"Hé bien mon rocher, qu'est-ce que l'on attend pour rendre tout cela plus marrant ?", se permit-elle.

"Il a plus une face d'huître qu'autre chose, m'enfin.."

A défaut de la situation, ils profitaient au moins d'un paysage céleste, sans mauvais jeu de mots.
Au moins, devoir se coltiner l'un l'autre aiderait peut-être à dissiper d'éventuels malentendus, comme tous ces poings perdus, et généralement dans le visage étrangement. En même temps, j'ai du mal à voir sa tronche sans vouloir lui arracher le nez. C'est viscéral. Ah bah ça, je crois que je l'avais compris hein ! Lithium, en observant les alentours sans piper mot, secoua légèrement la tête avec réprobation. Tout était vraiment fait pour que cela soit romantique et paradisiaque à souhait, ç'en était aberrant. A croire que l'architecte avait fait tout cela en connaissance de cause. Ah ce p'tit bâtard. Sauf qu'il était fort possible que ce soit les rêveurs eux-mêmes qui aient crées un tel endroit. Elle fut plusieurs fois tentée de faire demi-tour et sauter par-dessus le pont de tout à l'heure, mais comme décès, il y avait plus classe, et moins désespéré aussi.

Non mais elle allait pas mourir pour si peu, elle survivrait à cette histoire, elle avait vu bien pire que ça.
Puis elle aurait pu tomber sur quelqu'un d'autre que Ed, genre.. La jeune femme se mit à réfléhir à un voyageur qu'elle connaissait et n'aimait pas, mais ne trouva point. N'y avait-il personne sur Dreamland qu'elle haïssait autant que le camembert ? Il y avait bien quelqu'un -n'importe qui- qu'elle n'aimait pas quand même ! Non, elle ne voyait franchement pas, ou ne s'en souvenait pas. Le marécage ambulant peut-être, non ? Le vomi vivant, tu vois pas ? Vlad ? Ah ouais pas con en fait ! Houlà oui punaise, ça c'était largement pire que Ed. Tomber sur son ex que l'on avait mochement largué -ou fait largué en l'occurrence, et se retrouver marié avec. Aha, la loose suprême !
Non, la loose suprême, c'est de devoir s'le taper pour vivre. CA franchement, ça craint. Et grave. Pas faux effectivement. La demoiselle n'était pas franchement pressée de le revoir, et si justement elle ne pouvait ne jamais le revoir, ça serait top ! Sérieusement, elle n'arriverait jamais à comprendre ce qui lui était passé par la tête, fallait vraiment être timbrée pour sortir avec un type pareil. Quels étaient leurs points communs déjà, parce que leurs différences, ah ça ils en avaient pleins, une flopée même ! Le pire, et c'est c'qui me fait gerber, c'est que tu n'étais même pas bourrée, et encore moins droguée. Même stone, j'aurais pas pu m'farcir c'machin.. Oui bon, ça va hein, elle avait comprit là. Mais elle avait raison, c'était une bien belle -tout est relatif- bourde.

A force de penser, elle ne vit aucunement le temps passer.
Tellement, qu'elle continua même légèrement sans remarquer que Ed s'était arrêté devant l'immeuble de destination. Merde, la honte ! Elle revint en catimini, en espérant qu'il n'ait rien vu, et leva les yeux. C'était.. intéressant. Avec un peu de chance, Ed fera parti du bon pourcentage. Celui des crevés. Je suis toujours volontaire. Autant qu'elle pourrait en faire partie. Tout ça la rassura encore moins. Non mais au pire, ils continuaient leur vie chacun de leur côté, comme si rien ne s'était passé, et faisait genre qu'ils n'étaient pas mariés, parce que là, ça devenait flippant ! A croire que tous les divorces s'étaient soldés par un décès, et plusieurs en plus. T'as rien écouté de c'que t'as dit le type plus tôt toi, non ..? Ouaiiis, si mais j'espérais que au final, c'était que des mythos ce qu'il disait. Que t'es naïve ma pauvre fille ! Mais lâches-moi cinq minutes un peu.

Au divorce joyeux. Bon. Peut-être que ça allait être fun de se séparer au final. Allez, reprends-toi, ne te laisses pas abattre ! Tu vas te marrer, prends ça avec le sourire et à la légère, ce n'est pas grave. Vous ne vous reverrez pas de sitôt après ça, certes, mais c'est pas comme si vous vous croisiez à chaque coin de rue non plus ! T'as un problème petite, un gros. Mais ce n'est pas intégralement de ta faute -non- t'es pas tarée parce que t'as les gènes pour ça -toujours non- c'est un peu -beaucoup- la faute à Bis hein, oui bien sûr. C'est certain. Tout est de son fait, le sien, pas à elle. Lithium se souvint brièvement de sa discussion avec Chapelle durant laquelle la jeune femme avait explicitement dit qu'elle désirait tuer cette autre partie d'elle-même, quitte à y rester. Juste se débarrasser d'elle, être libre de son influence, redevenir normale.  Mais l'avait-elle un jour seulement été ? Un soupçon d'angoisse commença à l'envahir. N'avait-elle pas toujours été légèrement atteinte ?
Heureusement que Bis ne pouvait pas capter l'intégralité de ses pensées, elle lui aurait rendu la vie encore plus difficile. C'était un fait relativement étrange. Pourquoi entendait-elle certaines phrases et pas d'autres ? Hein quoi ? Chut. Mais me parles pas alors ! Qu''est-ce qu'elle m'fait chier celle là.. Etait-ce le niveau de concentration, de profondeur de la pensée ? Elle n'avait pas le temps de méditer sur la question, elle avait une procédure de divorce à entamer ! La demoiselle manquait vraiment d'attention. C'était sûrement pourquoi on la prenait souvent pour une idiote, c'était parce qu'elle passait son temps à réfléchir, le regard dans le vague. Ok, son visage n'aidait pas non plus. Changer, elle devait changer.

En entrant dans le bâtiment, Lithium eut soudainement l'impression d'entrer dans un espace neutre, serein, comme si elle venait de s'installer dans le nuage tout cotonneux Kinder. Elle ressentit même la hargne de son intruse baisser d'un cran, ce qui était un évènement en soi. En revanche, ce rose barbie agressait littéralement la rétine, c'était juste atroce. Quand ils s'avancèrent vers le comptoir, ils furent accueillit pas une nurse quelque peu enveloppée, C'est une grosse papillotte dont les bourrelets tentent de s'échapper via le moindre orifice, n'ayons pas peur d'le dire, fort aimable.
Ed, en bon homme qu'il était, prit les devants. Oui c'est pour un divorce madame, tu croyais que c'était pour quoi ? HUH ! Mais si tu le sais, pourquoi tu poses la question ? Abrutie va. OUI, on en est certains ! J'peux lui faire comprendre plus rapidement sinon hein, suffit d'm'laisser sortir.. On va éviter les effusions de sang inutiles, ton temps viendra. Remplir des papiers et suivre un stage ? Non mais on a perdu aucun point sur nos permis amoureux, c'est bon, on peut pas abréger ? Du recul sur nous-mêmes.. Mais ils s'imaginaient quoi ? Que soudainement, après s'être farçis trois heures d'amûr, ils allaient soudainement se découvrir une attirance mutuelle et s'avouer leur sentiments refoulés ? Hé oh, on est pas chez les Feux de l'Amour, Joëlle ! Mais en tant qu'être humain faussement civilisé, Lithium se contenta de sourire, toujours sourire, faire genre que tout allait bien, que rien de tout cela n'était grave et n'impacterait sur sa santé morale et mentale. Elle remplit sans rechigner le formulaire et remplit dans la partie commentaire:
"y'aura un apéro ?"

Oui, elle désirait se nourrir, et alors ?
ça ouvre l'appétit de se marier puis de divorcer.
La femme réfléchit quelques instants, puis leur sortit une connerie aussi grosse qu'elle, OH !, OUI BON, elle était facile aussi celle là ! Oui non mais je m'attendais pas à c'qu'tu sois plus rapide que moi, respect ma vieille !, bon bon, c'est bon j'ai compris, chut, c'est pas gentil en plus. Mais c'qu'on peut bien s'en battre les couilles que ce soit sympa ou pas ! En bref, leurs noms étaient compatibles à un pourcentage proche du maximum. Naaan, le vieux truc du collège ! La voyageuse eut un sourire suivit d'un petit rire. Personne n'est heureux lorsque le couple est forcé. Mais merci madame pour ce petit instant fort absurde. C'est scientifique qu'elle disait. Si Ed avait pensé la réponse, Lithium ne se gêna pas pour la sortir.


"AH, bah si c'est scientifique hein..", fit-elle en levant les mains à la hauteur de son visage.

Elle avait presque oublié le son de sa voix depuis le temps qu'elle n'avait pas ouvert la bouche. Quand l'infirmière insista pour qu'ils lui emboîtent le pas, la blonde répondit au regard inquiet de son camarade par un air encore plus effrayé. Quelle connerie allait encore leur tomber dessus ? A mesure qu'ils avançaient dans ces couloirs blancs, elle eut l'impression d'être dans un hôpital et que, oui, le jour était venu pour elle d'être internée. Fallait bien que cela arrive un jour, et autant que ce soit à Dreamland que dans le monde réel.. Se déshabiller ? .. Pour quoi faire ? Elle se mit à paniquer.

"Et ça change quoi que l'on soit à poil ou non ?
ça va pas nous aider à réfléchir..


"Les énergies karmiques glissent davantage sans tissu pour les bloquer dans leur progression."

"Ah bah ce que je suis convaincue maintenant."

"Alors entrez dans cette cabine, et vous aussi monsieur.
Allez, ne rechignez pas, ressentez cette compatibilité entre vous et suivez la science !"


"Si c'est la science qui le dit encore.. Non mais me touchez pas, je peux rentrer toute seule dans votre boîte !", une pointe, légère seulement hein, d'agacement dans la voix.

Elle esquiva les mains de la femme et entra en refermant la porte derrière elle. Et seule cette serviette les protègera du monde extérieur ? Génial. Lithium eut un pincement au coeur à l'idée de quitter cette magnifique tenue, puis se dévêtit sans rien dire. Bon, elle galéra sévère à en sortir, mais finit par y arriver après avoir bataillé bien dix minutes. Toutefois, elle tenta une feinte. Après avoir viré tout ce qu'elle pouvait, elle conserva sa culotte. Non mais ça va oui, elle allait pas se balader cul nu, non ? Il avait déjà vu le haut, il allait pas non plus voir le bas. Ok, elle avait personnellement vu la lune, mais c'était PAS une raison pour dévoiler la sienne ! Toute fière de sa bêtise, elle s'apprêta à sortir lorsqu'une voix raisonna dans la pièce.

"J'ai dit TOUT les vêtements."

"Je sais.", lança la blonde, faisant mine de ne pas comprendre.

"Ne tentez pas me berner.
OUSTE LA CULOTTE !"


"Je vais t'la faire bouffer par le c.. Oui bon, c'est bon, je l'enlève !", rattrapa Lithium en claquant la porte.

Elle arracha littéralement son dernier rempart et la jeta à terre.
Non mais sans déconner, ils pouvaient pas faire plus court comme serviette non plus ?! C'était du foutage de gueule là ! La voyageuse ronchonna et grommela son mécontentement dans sa pièce, puis en sortit toute grognon. Elle rencontra le blondinet à la sortie et répondit à son sourire, effaçant ainsi toute trace de colère et de frustration. Après tout, elle n'était pas seule. Tout pouvait être bien pire. Cependant, elle resta cramponnée à sa serviette, bien résolue à ce qu'elle ne glisse pas comme cette foutue couette, assurément en plumes de cygne.
Ils marchèrent jusqu'à une immense salle, toujours aussi immaculée, Attends que je t'la repeigne ta foutue pièce de merde avec leurs boyaux bordel, avec une musique digne des ascenseurs. Ah non, ça c’est Keen’V. Tuez-moi. Un mec, une nana, des masseurs. Ah bah si c'était pour un massage gratuit, faites péter ! La dessinatrice n'allait pas se faire prier pour être chouchouté. Elle s'installa tranquillement en sifflant, et laissa la dame -qu'elle regarda à peine- commençer son boulot. Toutefois, Lithium se raidit lorsqu'elle sentit la professionnelle s'emparer de sa serviette, pour la faire glisser jusqu'à ses hanches. Fallait surtout pas bouger, sinon HELLOOO WORLD ! ..Et il était hors de question qu'ils revoient la lumière du jour. La masseuse avait des doigts fins et délicats, mais des ongles assez longs, ce qui ne manqua pas de la griffer par moment. Comme si ses cicatrices ne suffisaient pas.. Le bonheur dans la douleur, excusez-moi, mais je ne suis pas maso ! Lithium fit doucemement remarquer à cette dernière les faits.


"Oh, Ye souis désolée !
MA CHEYRIIIIIIIIIIIIIIE, vous avez une pô SUBLAAAYYME !!
Mais c'ey pas très jouli ces traces-là.. Ey vos chuveux, ils sont MA-GNI-FAYQUES ! Quel ey votre sicrèt ?!"


"J'me lave.", dit-elle d'un ton sec, la remarque sur ces blessures l'ayant piquée.
"Je crois que c'est déjà pas si mal."

"TOPISSIME ! Bon, au boulot.
Détendey-vous, plongey dans le regââââârd de votre moitié, laissey-vous aller..
Immergey-vous dans l'océan de sey zieux. Ressentey-vous tout l'amûr qu'il vous porte ?"


La jeune femme, qui jusque là n'avait absolument pas regardé le blondinet, leva les yeux et fit ce que la femme lui dicta. Elle resta une bonne trentaine de secondes à le regarder sans rien dire, puis explosa soudainement de rire. Ce n'était absolument pas contre lui, mais c'était plus fort qu'elle. La situation était d'un tel absurde qu'elle ne parvenait pas à conserver son calme. Elle se reprit pour répondre à la masseuse qui devait assurément se prénommer Cristina.

"Je ressens surtout votre main sur mes fesses, à part ça.. Ouais sinon, WOAH, c'est fou comment je me sens submergée de sentiments roses et fluffy ! C'est magique, je me sens comme sur un nuage !", fit-elle avec un sarcasme évident.

"MA-GNI-FAYQUE !
Continouez, continoueeeez !"


"Ah non mais c'est tout."

"Vous ne creusey pas souffisament !
Alley, c'ey reparti !"
, elle ramena la tête de la jeune femme d’un mouvement sec face au garçon, ce qui ne manqua de lui arracher une grimace de douleur.

Se regarder droit dans les yeux sans ciller.
D'accord.. Mais pour quoi faire ? Ils n'allaient pas avancer de cette façon !
En trois jours, si ils devaient se coltiner tout ça, autant passer directement à la casserole, parce qu'ils étaient limite certains d'y rester avec leurs conneries. Lithium s'appliqua donc à regarer Ed avec sérieux. Elle conserva un calme assez olympien qui la surprit elle-même. Quitte à rester ainsi, autant s'occuper. La jeune femme détailla le regard de son camarade en surface, observa la couleur en général, la taille de son iris, Tu la sens venir ma blague, non ? et lorsque la première étape fut achevée, elle enclencha un examen plus approfondi. Elle zooma pour observer plus en "profondeur" comme disait l'autre Cordula, mais n'y trouva que bâtonnets, cornée et globe oculaire.
Désolée madame, mais y'a rien à voir. Mais y'a moyen d'ouvrir pour fouiller avec davantage de précision. Et je suis TOUJOURS volontaire. Tout ce qu'elle voyait, était qu'il avait les yeux bleus, un regard sérieux, et que malgré la gêne qui y circulait, il souriait. Autant réellement qu'avec les yeux. Si le regard était le miroir de l'âme, elle n'était visiblement pas prête d'en percer les secrets. Elle en éprouva une certaine frustration. Comment parvenir à lire dans quelqu'un lorsque l'on ne le connaît pas autant qu'on le voudrait ? Manquait-elle tant que ça d'empathie ? Hé, en y réfléchissant, où étaient ses lunettes de soleil ? Toutes les fois où elle l’avait rencontré, il les avait toujours sur le bout de son nez. Concrètement, c’était presque limite une des premières fois qu’elle voyait son visage intégralement. Ok, pas la mer à boire, juste un détail, mais tout de même ! D’ailleurs, pourquoi mettait-il toujours des lunettes de soleil ? C’était peut-être des lunettes de vues en fait.. Photosensible, pour faire plus classe ? Telle est la question. Pour faire plus con.

Lithium ne fit pas vraiment attention au fait qu’elle le dévisageait littéralement à présent.
Après en avoir terminé avec les yeux, elle commença à regarder le reste du visage. De toute façon, elle était visiblement incapable de voir ce que la brésilienne voulait qu’elle voit. Hé, on peut pas inventer des choses pareilles. Alors qu’elle s’attaquait à la suite, elle fut coupée par le bonbon blond de l’accueil. Bon, tant mieux, ça devient malsain cette histoire. Etaient-ils libres de partir ? Elle gambada vers eux –avec ces vêtements, l’on aurait dit un jambonneau ficelé- un sourire rieur sur les lèvres.


« Êtes-vous prêts pour votre prochaine activité ? »

« Non mais je crois que celle là a amplement suffit.
Dooonc.. On va vous laisser hein. Sur ce.. ».


« Non, non, non !
Pour obtenir les premiers papiers, vous devez IMPERATIVEMENT achever notre stage. C’est la première condition à remplir pour votre joyeux divorce. »


« Depuis quand les divorces sont joyeux.. », grommela-t-elle dans sa barbe.

« Suivez-moiii ! »

Lithium se releva doucement, réajusta méticuleusement sa serviette et quitta la table.
Elle fit un bref salut à Cristina et rejoint Ed. Il fallait prendre tout ça à la légère, avec recul. C’est pourquoi elle se permit de rire un peu.


« Tu t’y attendais à ça, mon Ourson ?
Au moins l’avantage, c’est que avec toute cette huile sur le corps, on pourrait aisément se glisser par les canalisations. »


« Et je pourrais me servir de lui comme suppo.
Je suis sûre que la dindon serait ravie. »


Lithium ne fit même pas attention à cette phrase que Bis lui balança dans le crâne.
Elle se contenta de suivre de nouveau l’infirmière qui les mena à travers le dédale de couloirs, pour enfin s’arrêter face à une porte mi-bleue, mi-rose. La blonde sentit le coup fourré arriver. Effectivement, lorsque Blondy Bouftou poussa cette dernière, la jeune femme eut un frisson d’horreur. Ils entraient dans ce qui ressemblait vaguement à une maternité. En fait, elle n’en était pas certaine, elle n’en avait jamais vue de sa vie, mais un lieu où dormait pleins de bébés endormis dans des couffins et des bacs en verre, c’était sûrement l’Enfer sur terre. Et voilà qu’ils traversaient ce lieu, silencieux. La voyageuse fit de son mieux pour ne pas paniquer, n’ayant jamais été à l’aise en présence d’un enfant, et encore moins d’une créature encore plus petite que ça. Fort heureusement, ils n’y restèrent pas bien longtemps. En revanche, l’infirmière leur fit un clin d’œil, sous-entendant vaguement « ça viendra tout à l’heure ». Ils poussèrent une seconde porte qui ouvrit dans une pseudo salle de gym, avec des tapis partout, ainsi que des grosses balles rebondissantes, ces trucs pour femmes enceintes. Oh non.. Et elle fit bien de s’inquiéter. Leur guide leur montra deux vestiaires côte-à-côte.


« Vous y trouverez des tuniques stérilisées. Enfilez-les et rejoignez moi ensuite pour la suite riche en émotions. »

Lithium regarda à nouveau Ed, mais d’un air légèrement effrayé.
Elle s’engouffra dans la pièce, se délesta bien rapidement de la serviette et enfila la tunique d’hôpital qui, fort heureusement, n’était pas ouverte dans le dos. Ouais et.. Y’a pas de sous-vêtements encore, c’est ça ? Bah non. Ça aurait trop facile hein ! Ils le faisaient exprès, c’était évident.. Une fois prête, elle sortit, tout en détachant ses cheveux. Au moins, elle aurait l’impression d’être habillée. Une fois tous les deux réunis, elle les mena au milieu de la pièce, prit une balle, la posa au centre et invita Lithium à s’y installer. Elle s’exécuta non sans grimacer. Puis vint l’invitation à l’égard de Ed. Elle lui imposa de s’approcher, de se mettre à genoux et de tenir les mains de sa « future ex compagne », et de répéter après elle. La demoiselle tendit ses mains, elle n’était même plus prête à rechigner, tout cela l’épuisait.


« OUUUUSSAAAAAA !
Allez, tous en chœur, OUUUUSSAAAA !
En harmonie, à l’unisson, nous devons ressentir votre lien, votre connexion. »


« Si y’a Will Smith qui débarque, y’a pas de soucis.
Sinon, fuck. »


« Vous ne devez avoir d’yeux que pour votre futur ex compagnon.
Ouuusssaaaa ! Et n’oubliez pas de remuer le bassin pour détendre les muscles. »


Etait-ce la frustration, la gêne, la situation, ou juste la goutte qui fit déborder le vase, en tout cas, elle péta juste un câble. Sa voix se mit à trembler, ses yeux à briller comme si elle était au bord des larmes, et son débit de paroles se fit plus rapide. Son cœur était au bord de l’implosion.

« Oussa. Oussa quoi ? Oussa je le vois oui, avec ses yeux bleus, ses cheveux blonds, sa grande taille et ce sourire. Oussa, oui je le vois. Vous voulez que je vous dise quoi ? OUSSA, OUSSAAAA ! Vous commencez franchement à m’éner.. A M’FAIRE CHIEEER !!! »

Si cet exercice avait pour but d’apaiser, il avait l’effet inverse sur Bis.
Depuis le début de la nuit, elle s’était tenu, mais là s’en était visiblement trop.
Répondant au sentiment de malaise profond qu’éprouvait sa propriétaire, elle prit les rênes et arracha ses mains de celle du blond. Elle se leva d’un bond, attrapa la balle à pleines mains et la balança à travers la pièce, brisant quelques étagères croulantes sous les jouets. L’intruse attrapa une des plaques en bois qu’elle avait endommagé, l’arracha du mur et s’appliqua à vider les autres meubles de leur contenu. Étrangement, quelques larmes de rage coulaient sur ses joues. L’infirmière disparut avant de réapparaître, cachant quelque chose entre ses bras. D’une vitesse que personne ne l’aurait cru capable, elle se retrouva face à Bis et lui déposa la chose entre les mains avant de s’éloigner. Comme par magie, elle cessa toute destruction, et légèrement essoufflée, elle observa l’objet qu’elle détenait, le tenant à bout de bras, le plus éloigné possible. La créature babillait et faisait des bulles. Esquissant une grimace de dégoût et d’une pointe de curiosité, Bis dévisageait le nouveau venu.


« .. C’est quoi ça ? »

« Un bébé. »

« J’comprends pas.. C’est toxique ? Ces bulles.. C’est une menace, hé il m’attaque-là ?! »

« Non. Il vous dit bonjour.
Oh, je crois qu’il vous aime bien ! »


« ..ça fouette quand même votre machin.
Arrête de sourire, moch’té, t’es laid.. Mais c’est mou en fait ! Beurk, non mais reprenez vot’ truc, j’en veux pas !
..Vite, reprenez-le, je vais le blesser. C’est trop fragile pour moi, tenez ! », reprit une Lith affolée.
« Je suis désolée pour tout ça, je.. Je suis un peu fatiguée. »

« Ne vous inquiétez pas, les bébés sont là pour ça, pour calmer les colériques et autres lunatiques. Et puis, nous en aurons sûrement besoin pour plus tard à nouveau. Reprenons l’exercice. Nous allons rester debout. Main dans la main je vous prie ! »

Lithium, honteuse, rejoignit Ed et attrapa précipitamment ses mains en tremblant.
Elle n’osa même pas le regarder. Même si cette subite colère n’en était qu’une misérable petite, le simple fait d’avoir laissé la porte ouverte à l’autre, la dégoutait. En revanche, le fait que son virus se soit arrêté dès l’instant où le bébé avait été déposé entre ses doigts, était quelque chose qu’elle ne comprenait pas. La curiosité était-elle plus forte que sa violence ? C’est vrai qu’elle en avait jamais vu et que dans les souvenirs de Lithium dans lesquels elle pompait parfois, et bien, rares étaient ceux où il y avait des enfants. Elle les évitait presque comme la peste. C’était instinctif, viscéral, elle en avait presque peur, une peur qu’elle ne parvenait pas à expliquer. Il était donc logique que Bis ne sache pas ce qu’ils étaient, d’où ils venaient. La voyageuse respira doucement pour vider son esprit. Ce n’était que la première nuit, ils allaient sûrement voir pire..




__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 13 Mai 2015 - 0:46
L’épreuve du massage fut bien plus difficile que les simples bancs ne le laissaient croire ; à force de regarder Lith en-face et de ne pas exploser en rire à réponse à ses sursauts nerveux, à force d’essayer de la voir sans la regarder, je ressentais nullement les effets du massage et quand les doigts du gars se faisaient ressentir à nouveau, c’est soit qu’ils allaient débloquer un nœud en quelques secondes violemment, soit qu’ils me rappelaient à l’ordre quand mes yeux papillotaient ailleurs.

Chaque seconde se faisait ressentir alors que je me perdais dans les iris de Lith, certainement parce que je me sentais con comme un balais à rester immobile et à me mordre la langue chaque fois qu’un sourire promettait d’être trop grand ; et pire encore, ça pourrait créer un lien de complicité, peut-être ce qu’espérait au final « Au joyeux divorce », ce qui serait un ressort psychologique plutôt poussé au vu du titre de l’enseigne. Mais nan, impossible de détourner le regard, et le vil masseur était plutôt avisé quand il se rendait compte quand mon regard se promenait ailleurs que sur son visage, sur ses épaules nues par exemple, ou ce qu’il y avait juste en-dessous. Avant que mes pensées ne prirent une teinte plus érotique, le faux Allemand se dépêcha de me planter gentiment ses doigts sous les épaules et sur la colonne vertébrale comme s’il voulait jarter une vertèbre de sa place. J’étais bon pour obéir jusqu’à ce que le massage se termine, et dieu que ce fut long quand – je vous renvoie au début du paragraphe – chaque seconde était remplie d’émotions stupides refoulées.

Très bien, je voyais Lithium, c’était génial, je voyais ses yeux, bleu comme le ciel ou tout ce qui était peu près bleu. Evidemment, ses yeux étaient beaux, quelle paire ne l’était pas ? De là à ce que ça serve à quelque chose, aucune idée. La même expression nous passa tous les deux sans qu’on le sache dans le crâne : les yeux étaient le reflet de l’âme. J’avais toujours trouvé que c’était une belle connerie… jusqu’à ce que je couche avec quelqu’un. Mais ce genre de vérité ne survenait que dans les moments les plus intimes, et se faire pétrir le dos par deux boulangers volontaires dans une situation qu’une personne du vingtième siècle traiterait gentiment de cocasse ne poussait pas du tout l’âme à venir se regarder dans son miroir. Chez Lith, je ne voyais rien, sinon quelques pétillements qu’elle devait retrouver dans mes propres pupilles.
Que voulez-vous, c’était cocasse.

Au fur et à mesure qu’on se regardait et que cet échange se banalisait, je pouvais sentir mes muscles se mollir petit à petit sous la pression du masseur, pas si mauvais que ça au final. Mes omoplates s’aplatirent, mes épaules se détendirent et je ressentais ma peau comme un tout unique qui voulait que ça continue. Continuer à regarder Lith demandait une certaine résistance dans la nuque qui gâchait un peu la sieste que ce massage pourrait être, mais au moins, ses yeux à elle valaient le coup. Le temps passa ainsi, et petit à petit, je me sentais faiblir et je m’abandonnais dans les mains du masseur, mon corps n’ayant plus aucun muscle de disponible. Si Lithium me regardait les yeux, elle aurait pas besoin d’être subtile pour savoir que j’étais doucement en train de me relâcher complètement.

« Bien, bieeeen, kôme ça…
_ Hum ? »
fis-je en essayant de me tourner vers lui. Fatale erreur.
« NEIN ! » Je sentis un crac aux niveaux des lombaires en guise de punition.

Au final, quand on nous dit que c’était bon et que mes jambes peinaient à me supporter tant elles voulaient continuer à être inutiles, je trouvais que ça s’était pas si mal passé que ça. Embarrassant au début, sans blague, mais ensuite, ça se laissait faire. Juste un petit détail secondaire, quand je fermais les yeux, telle une lueur trop forte, j’avais le regard de Lith qui m’apparaissait. Ca disparaîtrait quelques minutes plus tard mais c’était assez déroutant pour que je le signale. L’infirmière rose bonbon nous accueillit avec sa chaleur toute maternelle et nous annonça qu’il y aurait une prochaine activité. Oh la barbe, ça allait être terrible. Je baillai tandis que je la suivais, et Lith me dit qu’avec toute cette huile sur le corps, on pourrait aisément…
Je levai un œil sur elle qui condamnait déjà ce qu’elle allait dire.

Ah, s’infiltrer par les canalisations. Ouf, j’avais eu peur.
Quel idiot aussi, bien sûr que la blonde n’avait pas ce genre de pensées malsaines, n’est-ce pas. Je lui répondis, presque froid :

« Si on voulait s’enfuir, je pense qu’il n’y aurait pas besoin d’en arriver là. » Presque rabat-joie, je sais, désolé. Je n’avais pas envie de rire, finalement, j’appréhendais presque la prochaine « épreuve » et je me demandais jusqu’où on pouvait humilier deux personnes qui n’étaient pas en couple.

Mais j’avouais qu’ils avaient fait fort pour la prochaine salle : une tonne de nouveau-nés gazouillaient et s’ébattaient tranquillement dans une petite salle sécurisée. Je commençai à prendre peur, en voyant déjà des jeux à la papa et à la maman qui s’annonçaient… Les chiards, je gérais, j’avais trois frères et sœurs derrière moi qui avaient suivi, j’étais plus qu’habitué mais en même temps, étais-je pour autant à l’aise avec eux ? J’allais bien vous sortir un truc de mecs, mais ouais, j’étais à l’aise avec eux…
Tant qu’il ne fallait pas les nourrir, les changer, et qu’ils ne pleuraient pas. Sinon, ça passait comme dans du beurre.

Cependant, terminé les tergiversations mentales, il y avait un nouvel habit à mettre. L’infirmière avait encore la chic idée de nous faire nous déshabiller chacun dans une cabine différente, et j’espérais que jamais ils n’auraient le sadisme de nous infliger à un moment une cabine commune. Il était temps de profiter en tous les cas de cette cabine individuelle tant qu’il en était encore temps, et ce fut fait avec une rapidité extraordinaire : la serviette en moins, le tablier en plus, rien de très seyant et je n’avais pas de caleçon. Heureusement qu’il ne faisait pas trop chaud dans l’établissement, je vous raconte pas la galère que ça aurait été, en plus de la classe incroyable : les gars n’avaient peut-être pas des poitrines immenses qui vous cassaient le dos, n’empêche qu’en plein été, fallait pas tout laisser trop traîner en mode sauvage. C’était collant. Pas très classe, oui, je l’avais déjà dit.

Une fois que nous fûmes tous les deux prêts, l’infirmière nous invita une nouvelle fois à la suivre dans une nouvelle pièce où heureusement, aucun petit monstre ne se baladait. L’infirmière avait peut-être dit qu’on utiliserait les chiards une autre fois, enfin, ils n’allaient pas rester de simples figurants, mais pour le moment, on avait à se battre contre des terribles gros ballons, le genre pour les pilates et autres exercices typiquement féminins. Mon esprit était partagé entre le fait que cette épreuve serait très simple au vu des peu de moyens déployés, et le fait terrible que c’était justement cette absence de moyens qui était tout simplement menaçant. L’exposé de la dame montra alors que c’était bien la seconde solution qui était usitée ici : non content de faire asseoir Lith sur un de ces ballons en caoutchouc-plastique, le pire venait du fait que moi, je devais m’agenouiller et que je devais lui prendre les mains. Autant pour mes genoux qui morflaient, autant pour le contact qui était presque aussi dérangeant que le passage des yeux. Je lui pris les mains, les miennes étant posées sur ses genoux à elle, et alors qu’on aurait pu croire que le tout allait s’arrêter à ces instructions (j’avais déjà à faire, mes mains totalement immobiles entourant celles de Lith, je les touchais plus que je ne les enserrais), l’infirmière tenta un nouvel exercice de relaxation. Dire « Oussa ». Je me serais correctement facepalmé si j’avais eu les deux mains de libre. Elle était sérieuse ? D’où sortaient ces conneries zen ? Sentir notre lien ? Notre connexion ? La connexion majoritaire qu’on avait eu, c’était s’insulter et se frapper, fin de l’histoire, et je passais sous silence l’épisode du début de la nuit. Lith aussi semblait choquée et lâcha une réponse plutôt sarcastique, juste avant que je ne dise aussi de mon côté :

« Je commence à comprendre pourquoi il y a soixante-dix pourcent des gens qui meurent de la thérapie. »

Et puis c’était parti pour l’exercice en question ; machinalement, j’avais plongé mes yeux dans ceux de Lith, un conditionnement du massage de tout à l’heure, mais cette fois-ci, il y avait bien plus à faire que de simplement endurer et observer, il fallait aussi dire Oussa et je devais vous avouer que c’était profondément perturbant, et que ce qui me restait de virilité était en train de partir en couille. Sans mauvais jeu de mot. Je me tenais prêt à la jouer mi-figue mi-raisin, vous savez, le genre de « Oussa » qu’on essayait de faire disparaître derrière la grosse voix de l’entraîneur, sauf que Lith eut un dangereux sursaut. Je le sentis dans ses mains, je le sentis parfaitement bien et je la relâchai avant qu’elle n’ait un mouvement violent à mon égard.

Et alors qu’elle se mettait à péter les plombs, je reculais précipitamment en semi-position de défense, et comme j’étais un grand cavalier des cœurs, je m’étais posté devant l’infirmière au cas où elle recevrait une attaque de la part de la Voyageuse devenue folle. Tandis que la première se dépêcha de sortir de la pièce et que la seconde s’en prit méchamment à sa balle géante, je ne fis aucun geste pour éviter qu’elle ne fume plus violemment encore sa durite et qu’on doive en venir aux mains. J’espérais ne pas en arriver là surtout que je savais qu’elle était costaude et qu’elle serait capable d’y aller avec les dents. Mais bon, fallait voir le bon côté des choses, si on se rendait compte qu’on se tabassait joyeusement, peut-être qu’on nous filerait les papiers plus rapidement.

Et en quelques secondes, la situation s’arrangea d’elle-même alors que l’infirmière revint avec l’arme la plus dangereuse qui soit : un bébé. Elle le fourra direct dans les bras de Lith qui étrangement, s’apaisa d’un coup face au marmot. Alors ça, c’était curieux. Si j’avais su, je me serais muni d’une armure faite en bébés pour éviter ses colères. Mais la jeune fille semblait s’apaiser au contact, certes pas tout à fait car la curiosité laissa place à de la peur, mais au moins, terminé de lancer des gros ballons partout suite à un caprice. Okay, Lithium était instable à ce point, j’étais maintenant mis au courant, super, je ferais pas attention à pas trop la titiller. Je restais cependant muet lors de la séance, j’évitais de faire un commentaire, la blonde avait l’air d’être plutôt gênée avec le marmot. L’infirmière reprit sa petite boule rose et je lui conseillais que l’enfant reste dans les environs, hein, on savait jamais. Oui, très bien, ils étaient prévus pour calmer les personnes colériques ou lunatiques, déjà, merci pour la morale, si ça ne marchait pas votre solution, c’était le chiard qui serait le premier à le sentir passer ; puis, définir Lith comme une personne en colère ou lunatique, désolé, c’étaient des euphémismes, vous devriez vous sentir heureuse qu’elle ne l’ait pas mangé, le bambin.

Et c’était reparti pour Lith posée sur sa chaise et moi comme un con agenouillé devant elle avec ses mains dans les miennes. Peut-être plus amical avec elle qu’une simple barrière qui essayait de se débarrasser du lien qui nous entravait, je lui massais délicatement le dos de ses mimines, du genre « courage, je suis avec toi, on est capables de dire ‘Oussa’ comme deux boloss, on a déjà eu pire sur Dreamland ». L’infirmière se mit alors à réciter son saint mot :

« OUSSA ! » Et à Lith et moi de répéter comme des abrutis. Nan, on n’avait peut-être pas eu pire en fait… L’infirmière reprit et nous avec : « OUSSA ! OUSSA ! OUSSA ! » puis elle enchaîna avec un nouveau mot : « UH ! UH ! UH ! » Extrêmement débile, toujours, ça ne changerait pas. Elle s’arrêta à un moment tout en nous intimant à continuer, et elle rajouta de nouvelles instructions : « Quand je frapperai dans mes mains, Mr. Free, vous devrez nous dire trois choses que vous aimez chez votre compagne. Quand je frapperai une deuxième fois, ça sera à Mme. Elfensen de retourner les trois compliments. » Et à la garce de frapper dans ses mains, genre, QUATRE SECONDES après avoir donné les instructions. Je devins rapidement plus rouge que la normale et je bégayai, pris au dépourvu :
« Eurm, bien, euh… Son visage, ses cheveux… » Oui, plus qu’un, et je ne savais même pas si j’étais sincère. Mais je conclus avec brio : « Son caractère de merde aussi.
_ Bien reprenez les Uh ! maintenant, Mme, tenez-vous prête. »


L’exercice terminé, l’infirmière nous congratula chaleureusement avant de noter quelques phrases sur un bloc-notes et nous invita à la suivre, maintenant que nous en avions terminé avec les ballons stupides et les instructions toutes aussi débiles. Je regardais Lith d’un drôle d’air pour savoir ce qui allait se passer après, en sentant mon honneur souillé et enterré sous les « UH ! » et autres « OUSSA ! » à répétition. Tandis qu’on avançait dans un nouveau couloir, l’infirmière enfermée dans son emballage rose bonbon nous expliquait déjà les prémisses de la prochaine épreuve :

« Vous savez, je pense aussi qu’un couple peut se désagréger parce qu’il n’a pas vécu assez de choses. Je ne pense pas que vous ayez tenté de construire quelque chose dans votre relation.
_ En trois heures ? Non, on n’a pas eu le temps.
_ Ttt ttt, pas d’excuses s’il vous plaît. Il est temps que vous vous offriez tous les deux du bon temps, des souvenirs ! Ah, je pense déjà à vos têtes quand vous consulterez votre album photos de mariage trente ans plus tard en vous disant quelle chance qu’on vous ait empêchés de divorcer ! Je vous en prie, entrez dans cette pièce. »


Je ne connaissais pas encore les plans qu’elle avait derrière la tête, mais en tout cas, la pièce ne présageait rien de bon si on appliquait le dernier théorème de tout à l’heure, comme quoi moins on avait d’objet à disposition, moins on pourrait cacher sa honte derrière. Ici, il n’y avait qu’un grand cercle peint sur le sol, où deux sumos auraient pu s’affronter dans des règles officielles, ainsi qu’une grande corde en chanvre. Avant même de nous expliquer quoique ce soit, elle frappa à une porte opposée en disant qu’ils pouvaient sortir. Aussitôt, deux Habitants des Rêves, aussi frêles qu’on pouvait l’espérer, sortirent de la pièce, une fille et un garçon. L’infirmière de l’accueil se dépêcha de nous faire comprendre les nouveaux enjeux :

« Mme Monia, Mr. Pinçon, je vous présente Mme Elfensen et Mr. Free. Vous êtes tous les quatre persuadés que vous devriez divorcer, je voudrais vous soumettre à un petit jeu – ma foi fort drôle – afin que vous puissiez créer des souvenirs avec votre éventuelle moitié. Voilà, pas de quoi casser trois pattes à un ange, juste histoire qu’on puisse tous s’amuser, ahah. » Elle était sérieuse ? Je crois que je commençais à comprendre où on allait. « Maintenant, ramassez la corde, chacun d’entre vous, puis ensuite, vous tirerez, le but est d’amener vos adversaires de votre côté du cercle, un jeu très simple. » Je me saisis de la corde et regardai Lith derrière moi, l’infirmière était au courant qu’on était des Voyageurs ? « Attention ! A vos marques ! Prêts ! » Oh, et puis foutre. « Partez ! »

Vous vous imaginiez (contrairement aux trois autres personnes dans la pièce dont l’arbitre) que le combat ne dura pas longtemps et que si le but était de créer des souvenirs avec son conjoint, alors ça serait pas un souvenir qui occuperait très longtemps notre mémoire. Je savais pas, une semaine en vacances, ça, ça créait du lien, faire des trucs aussi tout à fait stupides comme danser sous la pluie aussi, mais affronter pendant un quart de seconde de pauvres Créatures qui n’avaient rien demandé à la corde, nan, je pensais pas que ça construirait quelque chose de stable avec Lith, désolé, autant pour les efforts.

Il fallait passer si vous vouliez un peu de suspense ou un beau combat, car là, c’était pas le cas. Les Habitants oniriques ne résistèrent même pas assez longtemps pour qu’on se rende compte qu’ils avaient résisté : ils furent soulevés du sol dès que Lith et moi tirâmes, formèrent une arabesque, toujours en tenant la corde, et s’écrasèrent derrière nous, presque contre le mur. On y était peut-être allés un peu fort. L’infirmière applaudit des deux mains avec un grand sourire :

« Voilà, c’est très bien, je suis persuadé maintenant que vous allez reconsidérer votre proposition de divorce ! Mr. Pinçon et Mme Monia, vous voulez toujours vous séparer ? » Les deux étaient encore sur le sol, affalés l’un contre l’autre, mais on entendit très clairement une voix masculine tousser :
« Oui.
_ Hum. Et vous, Mme Elfensen et Mr. Free ? Souhaitez-vous vous séparer, par-delà la mort, par-delà toutes vos promesses de bonheur, de vous désunir des liens du mariage et de vous séparer définitivement ?
_ Oui, je le veux. »
Et dès que Lith eut fini de répondre, le visage de l’infirmière s’assombrit.
« C’est dommage, je vous aimais bien. »
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 16 Mai 2015 - 13:03


Maintenant que tu t'étais bien donné en spectacle, si tu pouvais rester calme et adorable, ce serait franchement top. Assise sur cette foutue balle -elle avait la très nette sensation d'être une grosse baleine- Lithium toisait du coin de l'œil le môme déposé dans un landau, à portée d'infirmière. Ouais c'est ouais, comme ça tu me le jettes pour voir si je le rattrape ? Mais c'est mort, je touche pas "ça" moi, j'suis pas folle. Je ne comprends pas.. Pourquoi ça nous ressemble, mais c'est tout petit ? Vu la tronche qu'il a, elle est pas fini ta merde. Non sérieux, pourquoi l'appeler avec deux B ? Non, "bébé", c'est un mini humain. Ouais, un nain quoi. Rah mais non, ça grandit ces bêtes-là, ça devient comme nous au final ! Je ressemblais à ça quand je suis sortie du ventre de ma mère. Sortie du.. WOUAH énorme, on t'as arraché de son bide comme ça ?! C'est trop épique comme création ça ! Tu viens à la vie et SHLACK, tu zigouilles ta m'man  au passage ! Top. Je veux voir ça. Mais t'as rien compris toi.. Quoi, c'est pas ça ? Non pas vraiment non. Ma mère est encore vivante hein, je suis juste sortie d'un trou. D'un.. trou ? C'est nul alors. Ouais, comme quoi, ça perd de sa superbe tout d'un coup hein. Mais grave. Je sais.

Et c'est reparti pour le Oussa-machin.
OUUUSSAAAAA ! Si elle pouvait pleurer, elle l'aurait fait.
Le désespoir, puis le souhait d'une mort proche et indolore fut presque envisagé, mais rien à proximité n'était propice pour une telle chose. La jeune femme n'osait pas réellement lever les yeux sur Free, encore honteuse de sa petite -allez, moyenne- colère passagère. Elle eut un petit sourire pincé d'une enfant toute timide lorsqu'elle sentit le petit frottement sur le dos de ses mains. Hi hi, ça chatouille ! ..Mais c'est agréable aussi. Elle ne chercha absolument pas à s'en défaire. Hé, un massage gratos, ça ne se refuse pas ! Bon ok pas que, mais chut. La blonde garda juste le silence, s'appliquant à regarder ses mains. Ce qu'ils avaient l'air cons tous les deux là à se triturer les patounes sérieux. Elle avait l'impression d'avoir douze ans, et étrangement, c'était pas si grave. Au contraire, elle aurait préféré que ses douze ans se passent ainsi à se tenir les mains que ce qui s'était réellement produit. Le Oussa en moins en revanche. Au final, elle en rirait presque.
Ce ne fut que lorsqu'ils fut obligés à dégurgiter un son guttural qu'elle se mit à rire doucement. Non là ils avaient juste l'air de gros hippopotames en plein accouplement. Ce qui contribua à continuer à la faire rire. Lithium fit tout ce qu'elle put pour s'empêcher d'exploser, mais son hilarité finit par voir le jour. Elle détacha l'une de ses mains pour la mettre sur son visage pour essayer de se calmer. Non mais excusez-moi, c'est nerveux, ça va passer.. Elle respira doucement puis replaça sa main. C'est bon, on peut continuer.

Si elle ne se découvrait pas miraculeusement enceinte d'un petit hippo, et qu'elle ne l'expulsait pas d'ici la fin de la nuit, ce serait étonnant. A cet instant précis, plus personne ici n'était humain, chacun avait vu sa crédibilité se réduire en cendres et voir disparaître dans un nuage de fumée tout ce qu'il leur restait de virilité pour l'un, de fierté pour l'autre. Alors qu'ils pensaient être plus bas que terre, finit à la pisse -miam hein- le bonbon papilloté leur fit un joli petit coup gratuit. Profitant du fait qu'ils étaient bien lancés, elle les incita à trouver trois choses qu'ils appréciaient chacun chez leur partenaire. AHA, la pute.. Alors, lui casser le nez, arracher ses yeux et lui bouffer les mains. C'est ça ? Ah non mais attends là tout de suite, y'avait pas le temps de la réflexion ? Mais.. Mais.. MAIS C'EST DEGUEULASSE ! La jeune femme devint aussi pourpre que possible, assez effrayée à l'idée de ce qu'il allait bien lui sortir comme conneries, mais surtout à ce que elle devrait lui dire. Mais qu'est-ce qu'elle en savait bordel de merde ?! Elle ne l'avait pas suffisamment regardé pour ça ! La blonde commença à paniquer légèrement, prête à s'enfuir à la première occasion offerte. Rah, elle avait mit le bébé devant la porte, pas moyen de sortir.. Garce.

Elle appréhenda ses réponses et se crispa.
Sauf que finalement, ce fut moins moche que prévu.
Mais c'est qu'il avait l'air fier ce con.. Son caractère de merde, c'était un bien grand mot. Puis c'est même pô vrai d'abord. Elle était "légèrement" lunatique, c'est tout ! Comme elle s'y attendit, elle ne décolora pas d'un pouce, toujours une petite tomate cerise. Sauf que là, bah c'était son tour, HA ! Euh bordel attends, attends, ATTENDS ! JE N'SAIS PAS ?!! Ses yeux s'écarquillèrent, complètement paniquée, elle sortit le tout sans trop réfléchir.


"Euh je.. Son sourire, sa générosité et s.. s.. SES FESSES !", lâcha-t-elle d'un coup, avant de se rendre compte de ses paroles.

OH.. PU..TAIN.
Elle ferma les yeux et pinça les lèvres.
Son teint devint cramoisi et ses joues brûlantes.
Limite, il était possible de se faire un oeuf au plat sur sa tête. Non mais t'es sérieuse ? J'ai fait de la merde là. AH mais carrément ! D'où t'aimes son cul toi ?! T'es tarée, y'a rien à voir dessus bordel ! Non mais pour ma défense, j'ai eu une image de ce matin et.. Mais j'en ai RIEN A FOUTRE de tes excuses !! Même pas en rêve on s'approche de ce type, que dalle, jamais, PLUTÔT CREVER ! ..Mais j'ai pas dit que j'allais toucher quoi que ce soit. Et puis zut, je fais ce que je veux, c'est mon corps à moi ! Et le mien aussi maintenant,  j'ai mon droit d'véto, je pourrais te faire lui mettre un pain dans sa sale belle gueule juste pour la forme ?! Je t'emmerde squatteuse. Va te faire voir, traînée. Abomination. Fiotte. Erreur de la nat.. Elle fut coupée dans sa dispute par l'infirmière qui les félicita -non mais tu notes quoi là- et qui les invita à la suivre. Ed lui jeta un regard interrogatif, ce à quoi la jeune femme répondit par un simple haussement d'épaules, toujours écarlate.
Parce qu'ils n'avaient pas suffisamment vécu de choses, leur "couple" se désagrégeait ? Bah déjà, il aurait fallu qu'ils soient ensemble hein, mais personne n'avait l'air de vouloir les croire. C'était pourtant pas difficile à voir. Ils ne se touchaient pas, ne se tenaient pas la main, ne se faisaient pas des papouilles, M'ENFIN CA SE VOIT NON ?! Puis, les poings qu'ils s'étaient auparavant mit au visage étaient, je crois, amplement suffisants pour décrire la nature de leur relation, mais bon, c'est pas comme si quelqu'un en avait quelque chose à faire de ce qu'ils voulaient. Lithium laissa échapper un rire à la réponse sarcastique de son camarade, mais se tut bien vite. Leur album photo ?


"Ah ça, il devait être fun notre mariage pour que l'on ne s'en souvienne pas !"

Si déjà il existait cet album, elle n'était pas certaine de vouloir voir son contenu. A coup sûr, elle devait être bourrée comme un coing, dans une tenue improbable et en train de se ridiculiser comme pas possible. ça devrait être interdit de marier les gens torchés.. Mais cela voulait dire que Ed aussi avait dû être salement amoché pour l'épouser, et ça, ça elle voulait bien voir ! Hé hé.. Bon bref. Le duo entra dans la pièce sans rouspéter et découvrit un cercle sur le sol. Euh, ils allaient devoir se battre ? Non pas qu'elle allait sûrement se faire rétamer la tronche, même avec Bis dehors, mais carrément que si ! Puis vinrent deux petites et fluettes créatures des rêves, un couple semblerait-il -Pinçon et Monia, vas-y les noms pourris- qui désiraient également divorcer. Non sans déconner ? Elle aurait bien voulu savoir leur raison à eux, mais elle n'était pas trop d'humeur à copiner avec des gens qu'ils ne reverraient probablement jamais. Au passage, Lithium se demandait toujours en quoi ce stage était mortel. Des massages, des exercices pour se rapprocher et un tir à la corde, prrrrt, non elle ne voyait pas le danger, à part celui de mourir de honte et d'ennui. Mais elle avouait que les massages c'était cool.
Le principe du jeu était simple; il suffisait de tirer sur la corde pour les ramener vers eux. Certes, l'habit ne fait pas le moine, mais à eux deux, ils allaient limite les faire voler. Oh oh, les pauvres ! La demoiselle lança un regard légèrement amusé à Ed, qu'elle noya sans tarder car il n'y avait pas de quoi rire, et s'installa  devant lui pour tirer. Oui, c'était pour éviter de faire face auxdites fesses. BAH OUI MERDE HEIN ! Mais ta gueule ?! Elle regarda d'un air désolé ceux d'en face, puis ils tirèrent. Bien sûr, vous ne doutez absolument pas de l'issue de ce combat.. Bah oui ils ont perdus ! Et heureusement pour eux, ils ne se prirent point le mur. C'était à peine marrant tellement c'était facile. Et en quoi cela allait leur créer des souvenirs ? Ils en avaient déjà, ça suffisait amplement.

Ce jeu allait direct tomber dans l'oubli de leur mémoire.
Construire quelque chose ne nécessitait pas d'envoyer valser à travers une pièce de parfaits inconnus. Manger une glace, non plus. Une semaine au ski, mais grave ! Oh oui du ski.. Elle y retournerait bien tiens. Bref, on pouvait pas juste divorcer là ? Après avoir été applaudi pour leur prouesse -blague- elle demanda au premier couple à moitié mort si ils étaient toujours désireux de se séparer. La réponse affirmative de l'homme ne tarda pas à se faire entendre. Puis vint la leur. Lithium sourit à l'entente de celle de Ed, solennel et bizarre à la fois. Vint la sienne, tout aussi simple.


"Oui.", ça sonnait vraiment étrange.

Et là, c'est le drame !
L'infirmière changea de visage et d'une voix à la Roi Triton, se mit à réciter un verset d'une voix lugubre. Ok, on se dirait dans un film d'horreur.


"Toutes choses ont leur temps, et tout passe sous le ciel dans les délais qui lui ont été fixés. Il y a un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté. Vous souhaitez divorcer ? Qu'il en soit ainsi."

Puis elle disparut net.
Sans fumée, ni alcool, plus rien.
Lithium se mit directement sur ses gardes et porta sa main à ses hanches.
Putain, où étaient ses ustensiles ?! Pas un seul crayon, rien, fais chier sans déconner ! Y'avait pas une feuille de papier, ni même un stylo. Bah on va y aller à l'ancienne ma grosse ! Ok, elle s'était pas inscrite à tous ces cours pour rien, fallait que ça paye. Elle se rapprocha de Ed sans attendre.


"Mon tendre aimé, je crois que c'est à partir de maintenant que le taux de mortalité augmente. Il vaut mieux pour nous de ne pas se séparer."

Et ce fut à cet instant que la lumière disparut pour les plonger dans le noir complet. Sans même réfléchir, Lithium attrapa la main du voyageur. Le couple derrière eux poussèrent soudainement un cri qui s'évanouit doucement avec des échos, comme si ils étaient tombés dans un trou. Houlà, elle le sentait pas là.. Par précaution, elle attrapa de son autre main son bras, pour être certaine de pas le perdre. Elle ne voulait pas être seule dans un endroit inconnu. Puis la sensation de vide. OH PUTAIN ! Un trou venait de s'ouvrir sous leurs pieds. Et alors que la jeune femme pensait qu'ils allaient s'écraser sur un sol qu'ils ne voyaient pas, ils finirent dans une sorte de toboggan qui allait à vive allure. Looping, virage serré, le tout dans l'obscurité, tout cela donnait le tournis. Lithium gardait les yeux grand ouverts, au cas-où la lumière reviendrait et surtout, pour pouvoir se réceptionner sans mal. Mais rien à faire, ce manège semblait interminable. Wouhouuuu ! Et alors que Bis semblait kiffer la vibe sévère, la blonde quant à elle, ne savait pas quoi faire. A mesure qu'ils continuaient à s'enfoncer dans les ténèbres, leurs yeux commençaient à percevoir une très faible lueur vers le fond. Ils ne devaient plus être très loin de la fin. Lorsque le toboggan continua en ligne droite, la demoiselle put zoomer à l'aide de son tatouage, et déterminer à combien de mètres il allait falloir sauter pour atterrir correctement. Jusqu'à ce qu'elle y voit ce qui les attendait en bas.. Des pieux. Si ils ne sautaient pas, ils s'empalaient tout bonnement dessus. Elle en fit part sans tarder à son camarade, expiant sa phrase à un débit impressionnant. Elle ne voudrait pas qu'il soit tout troué quand même.

"Mon choupinoudoudou, à moins de 5mètres, faut sauter. Y'a des pieux au bout sur une surface d'environ 5-8m².. Enfin bref, sautes aussi LOIN que tu peux !"

3.. 2.. SAUTES !
Elle lâcha sa main et fit un bond, avant de se réceptionner en roulade sur un sol dur et froid. Une fois sur ses jambes, accroupie, elle toucha par terre. De la caillasse, un peu de poussière.. Une grotte ? Non mais ils étaient où ? C'était quoi le but de tout ça, trouver la sortie ? Apparemment, ils allaient encore devoir se taper des épreuves à la con pour pouvoir avoir une partie de leurs papiers de divorce. BORDEL ! La jeune femme était nerveuse, fatiguée par tout ça alors que tout pourrait être si simple. Elle vérifia que Ed allait bien, et une fois fait, regarda autour d'elle à hauteur de visage. Des parois caillouteuses, un couloir sombre et rien d'autre. Génial. Soit ils remontaient à la force de leurs mains et pieds -ce qui pouvait être faisable, elle avait fait d'innombrables fois lorsqu'elle était petite dans le toboggan du McDo- ou sinon ils tentaient leur chemin par là-bas.


"Je n'ai pas un sens de l'orientation franchement très poussé.
Si c'est moi qui choisit la voie, on va forcément se planter.."
, avoua-t-elle à demi mot.

Une lumière s'alluma soudainement tout au fond du couloir sombre, et une brise s'infiltra jusqu'à eux pour fouetter leurs visages. Une vague odeur d'humidité leur chatouilla les narines avant de s'évaporer.


__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 12 Aoû 2015 - 23:40
Vous savez, après avoir joué avec des enfants (surtout Lith) et après avoir cassé la gueule à Pinson et autres Créatures des Rêves, après avoir été massé jusqu’à ce que les omoplates soient parfaitement harmonieuses avec le reste du corps, résumons ça simplement, après avoir été bercé dans une ambiance plutôt saine jusqu’à maintenant, le choc de voir l’infirmière prendre un ton d’une solennité effrayante n’était que plus grand. Après que Lith et moi ayons soigneusement prononcé la syllabe fatidique, avec la même puissance que si l’on provoquait une petite Apocalypse, l’infirmière passa de stéréotype ambulant à mine affable à une espèce de prêtresse échappée d’une secte sur la Cabale. Elle prononça une sorte de poème, je dirais même plus, d’incantation, et disparut sans crier gare. Alors ça… Vous savez, je n’avais pas mes lunettes de soleil sur moi, mais je pariais que même avec, il serait impossible de distinguer l’aura de cette personne où que ce fut ; une drôle d’intuition qui ne serait jamais infirmée ou confirmée. Premièrement parce qu’en réalité, l’obscurité tomba sur nous et se fit si totale qu’on aurait pu croire à une téléportation, et selon mes hypothèses personnelles, c’est ce qui aurait pu se passer ; et donc, j’avais un peu autre chose sur quoi me focaliser que cette étrange disparition.

Perte de la lumière, mais la gravité restait toutefois effective : en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, Lithium et moi tombèrent dans un énorme trou qui se transforma en toboggan gigantesque échappé d’un Space Moutain sans acide. Certes, peut-être que l’on hurla tous deux pour faire bonne mesure et laisser dire aux infirmiers de l’établissement que « Kru kru, la mise en scène est impeccable », peut-être que Lith n’avait pas oublié de rendre l’image plus désespérée encore qu’en m’agrippant, au moins cependant, on savait ce qui se passait – on glissait – et il n’y avait plus qu’à atterrir pis c’est tout. N’est-ce pas ?
Et bien non.

Lithium me prévint, avec des pouvoirs sensoriels que je ne lui aurais pas deviné, que loin d’un sol amical et plat prêt à nous accueillir, on aurait droit à des piques, des stalactites et autres réjouissances pointues, un piège plutôt bien pensé, et qui me faisait dire que sans la blonde à mes côtés, on aurait pu y laisser la vie… et qu’ainsi, l’autre couple qu’on avait massacré à la corde allait se faire empaler. Je ne compris pas véritablement le pourquoi de l’existence de cette épreuve mais au moins, je savais qu’il fallait faire une chose pour l’éviter : sauter.

On bondit donc tous les deux assez loin pour éviter le piège (je ne cachais pas qu’au moment de toucher le sol, je provoquai quelques fissures inutiles, juste histoire d’impressionner la demoiselle). Bon, voilà, première étape, faite. Quelle serait la suite des aventures ? Bon, évidemment, il suffisait de marcher tout droit, y avait un couloir qui ne demandait qu’à être emprunté, cependant… Lith semblait dire qu’il y avait plusieurs chemins… soit elle les voyait à l’avance, soit elle se disait qu’on pourrait sortir par le toboggan, voire même par mes portails… Je répondis après avoir réfléchi à la question :

« Bah écoute mon pain de mie au nutella, ça sert à rien de vouloir repartir en arrière. Le but, c’est d’avancer, non ? »

Allez, on était de la graine de Voyageurs d’élite, y avait pas à avoir peur d’événements, même dangereux, qui ne devaient toucher que les personnes plus faibles. Je voulais dire, peut-être que ça serait (légèrement) dur, mais vu comme on était aguerris, fallait pas non plus mouiller le caleçon devant ce qui allait arriver. On restait prudents, comme avec les pics, Lith pourrait nous prévenir, certainement, en cas d’une autre embrouille et notre expérience ainsi que notre force démesurée feraient le reste. Plus qu’à avancer. Alors pour prouver ma résolution à la Voyageuse, j’amorçai le premier pas.

Il ne fallut pas longtemps pour se retrouver à l’extérieur de la caverne, voire à l’extérieur tout court : on était maintenant sur une île céleste, extrêmement éloignée de tout vu que les cieux ne renvoyaient comme image qu’une infinité de bleus et de nuage dans les trois dimensions. On avait cependant le droit à un nouveau paysage magnifique, vu qu’une plage s’étendait devant nous ainsi qu’une toute petite mer qui tombait gentiment dans le vide. Tout était minuscule par rapport à ce qu’on trouvait sur terre, hein, mais ça valait quand même le coup d’œil. Il fallait aussi mentionner obligatoirement une chaîne gigantesque qui surplombait le paysage, et qui justifiait sa présence dans les cieux par une paire d’ailes sur chacune des mailles grosses comme une maison. En fait, pour tout vous dire, cette chaîne n’avait que trois mailles, voilà, mais le spectacle était magnifique. Et inquiétant. Rapidement après que nos yeux se soient refaits à la lumière, une énorme voix tonna :

« Vous êtes en train de détruire une union sacrée. Mesurez-vous toute l’importance de cet acte ? Savez-vous ce qu’est une union sacrée ? Un lien indestructible entre deux personnes, créé par lesdites concernées sous serment ; les mots ne se défont pas si facilement et pourtant, vous osez défier vos propres paroles, vos propres promesses, criées sous le regard divin… » Bah désolé mon gars… Dommage qu’on puisse pas lui répondre, hein, ça ressemblait plus à un texte préenregistré qu’autre chose. La voix reprit, puissante : « Il ne vous faut qu’une seule chose pour rompre le serment : la volonté. Et la volonté demande de la conscience, de la puissance, et de l’envie. En prouvant votre arrivée ici, vous venez de prouver votre envie. » La maille à l’extrême droite se détruisit soudain après avoir émis une lumière abondamment forte. La chaîne à deux maillons se tenait ainsi, dans les cieux, ballotant, attendant la suite, tout comme la blonde et moi : « Et maintenant, testons la puissance de votre volonté, la puissance brute de vous séparer de l’autre. »

L’île céleste sur laquelle nous étions reçut une puissante secousse, du genre, séisme global qui voulait faire trébucher ses habitants. Puis une énorme faille coupa l’îlot en deux parts égales, séparant parfaitement la Voyageuse et moi. Je pouvais tenter de la rejoindre d’un bond, voire de deux portails s’il le fallait mais, encore une fois, ça ne servait à rien d’aller contre les épreuves. On voulait divorcer ? Alors il fallait se soumettre, tout simplement. Il ne fallut en tout cas que quelques secondes avant qu’une bonne centaine de mètres s’installe entre Lith et moi, cent mètres de vide intimidant. Une voix à l’autre bout me héla :

« On va régler nos comptes, p’tit blondin. »

C’était la voix de Lith. Et en me retournant, je pus aussi constater que c’était aussi son corps, ses cheveux, ses yeux… Mais à part ça, ce n’était pas Lithium du tout. Je devinais son identité alors qu’elle prenait une pause de combat, prête à l’attaque. Et je compris l’épreuve dans la foulée… Je ne savais pas jusqu’où il fallait interpréter cela, mais voir cette Lith-là me donnait quelques indices sur cette épreuve de la « puissance » qu’il fallait surpasser :

« T’es Bis, c’est ça ? »

Bien sûr que c’était ça. Je me mis en garde. Je ne savais pas à quoi Lithium était confrontée de son côté, ça devait être une représentation quelconque de ma personne qu’il faudrait surmonter. Ou battre, je ne savais pas. Je supposais que l’esprit particulier de Lith avait décidé de l’épreuve à laquelle je serais confronté, donc peut-être que là-bas, elle devait peut-être jouer au Cluedo, qui sait. En tous les cas, j’allais pouvoir marave Bis, ou en tout cas, une représentation de Bis. Ça allait me défouler un peu, j’avais besoin de me défouler depuis le début de la nuit. Je m’élançai à pleine puissance, sans mon panneau malheureusement, mais je me faisais confiance pour des tatanes bien pêchues.
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