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Vive les Mariés ! > Royaume Céleste <

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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 7 Juil 2016 - 0:39
Le baiser fut aussi surprenant que court ; quelques secondes à peine que je voyais Lith qui acceptait en levant la tête pour atteindre le Ed du présent, les lèvres se décollèrent aussi subitement que le geste avait commencé, et les deux s’en trouvaient plus ballants que nous-mêmes, alors que Lith avait essayé de me cacher la vue en agitant les bras et en espérant d’ailleurs si j’avais été bourré ou si je lui faisais une blague. Je lui dis que oui, oui, j’étais bourré, évidemment, tout en me souvenant de la scène en même temps qu’elle se jouait devant moi, et bien sûr que j’étais pas bourré. Juste l’esprit en fête, ça d’accord, l’envie de profiter, pas de souci ; mais bourré, nan. En mon âme et conscience. Je devinai d’ailleurs tout l’échange que les deux allaient dire, qui ne seraient que le reflet de ce qui se passerait si elle et moi, du présent, tentions à nouveau.
La réponse était rien.

« Bon bah… » Ca, c’était de l’éloquence, les filles aimaient l’éloquence, hein, coquinou que j’étais. J’étais légèrement rouge, je m’en rendais compte en plissant les yeux malgré l’obscurité, ouais, j’étais pas très à l’aise. Moi-même, je dis à la blonde à-côté, sans savoir trop où me mettre :
« On a déjà fait un pas. » J’aurais dû dire dans l’enquête, car je le pensais véritablement, mais sans le complément, ça devenait étrange.

Les raisons pour laquelle le baiser n’avait pas fonctionné ? Bah eh, je pouvais le deviner. L’ambiance était pas romantique, j’avais été joyeux, Lith avait peut-être été trop consentante non plus, plein de trucs qui faisaient la différence entre un vrai baiser et quatre lèvres qui se touchaient. Mais nous voilà à regarder nos anciens nous, qui se regardaient, un peu étrangement, en mode, bon, qu’est-ce qu’il se passe maintenant, est-ce qu’on est obligés de continuer ou c’était juste pour tester, et vu qu’il y avait pas assez de volts, on savait que c’était pas la peine de penser à plus loin ? En tout cas, je ne savais pas si j’étais déprimé pour mon ancien moi ou si j’en étais jaloux. Quand ça faisait longtemps que vous n’aviez pas été, les critères de pulsion s’abaissaient et on pensait plus souvent « pourquoi pas ? » dès qu’on voyait quelqu’un qui nous plaisait un peu. Mon moi passé commença à dire courageusement :

« Et bien maintenant qu’on a fait ça, que dirais-tu… ? » On ne sut jamais ce que j’allais dire, parce que le grand livre que l’étrange prêtre avait ouvert me coupa la parole. Il se mit à parler en agitant ses deux couvertures et les pages pris en sandwich, et annonça solennellement :
« Après ce baiser, je vous déclare officiellement mari et femme. Le mariage selon Weedland vous fera oublier ce doux moment pour un réveil futur incroyable qui vous enchantera. » Et nos deux avatars du passé de s’endormir instantanément, l’un contre l’autre sur le sol, puis ils se réveillèrent semblaient-ils car ils disparurent. Ah oué, comme ça ?
Mystère résolu alors.
Pire résolution du mystère au monde.

Le soleil noir qui nous avait embarqués dans ce flashback bien réel fut plus discret que la première fois, il n’engloba que l’église (en même temps, nous n’étions pas à l’extérieur pour apercevoir la taille de son rayonnement). Sauf que rapidement, au lieu de laisser place à une immense obscurité comme la dernière fois avant que l’énorme voix ne nous rappelle à l’ordre, il y eut à son tour, une sorte de soleil blanc qui nous laissa dans un espace complètement immaculé, comme ce qu’on pouvait trouver dans Matrix. Et comme on pouvait s’y attendre, l’énorme voix reprit, grondante dans les airs et transcendant tout l’infini des lieux :

« Maintenant que vous avez contemplé vos premiers ébats et vos sourires enchantés, avez-vous encore la force de refuser le divorce ? »

On comprit enfin que c’était une voix préenregistrée parce qu’elle ne semblait pas avoir participé à la scène peu convaincante que nous avions joués : mariés sans s’en rendre compte, juste parce qu’un stupide bouquin était ouvert quand on s’était à peine smaqué ?

Après, était-ce notre souhait ? J’imaginais. Dans le pire des cas, c’était plus pratique pour nous, ça nous évitait de nous violer mutuellement pour avoir à se défaire de l’enchantement, c’était toujours ça de pris. Je repensais aux émotions, ou plutôt aux sentiments, qui m’avaient poussé hier à approcher mon visage de celui de Lithium, mais je n’y trouvais aucune réponse, sinon un besoin intense d’introspection pour savoir ce que je recherchais actuellement. Du bon temps, certes, mais pourquoi ? Je n’avais pas envie d’être en couple, c’était certain, l’anneau que j’avais à mon doigt était encore plus pesant. Je regardais la fille, et me disais que oui, je voulais passer du temps avec elle ensemble, comme bons amis et plus, mais pas beaucoup plus. Je ne savais pas jusqu’où j’avais envie d’elle, c’était le genre de choses que je découvrirais si je touchais son visage ou l’embrassais à nouveau, mais j’avais plus peur de l’effaroucher et d’avoir l’air encore plus con qu’avant

Il n’y avait plus qu’à répondre à la grosse voix ce qu’on voulait vraiment.
Alors…

__

Trèèèèès bien, on opterait pour le mariage chevaleresque, avec une tonne d’armures, des chandeliers gigantesques et des tables de buffet volés à Poudlard. Il fallait vite inviter toutes les personnes dont on avait besoin, notamment son ami Hengro, qui était très bien dans le rôle du roi qui réunirait les deux époux (avec une épée superbe). Il fallait cependant écarter le jeune homme avec qui elle était, l’amener quelque part, ça serait facile, puis ensuite, il pourrait s’occuper du mariage entre les deux êtres aimés… ou pas. Mais en tant que prêtre, il n’était pas très regardant et merde, le mariage n’avait rien à voir avec l’amour.

Il se rendit donc dans la pièce principale de l’église, près de la nef, et se rendit compte que les deux Voyageurs avaient disparu. Son cœur s’emballa légèrement, où est-ce qu’ils pouvaient être, les deux abrutis, mais ensuite, comprit l’horreur de la situation, après qu’une lueur d’espoir aussi insignifiante qu’un ‘se cachaient-ils derrière ce grand pilier ?’ l’ait assagi : son grimoire sacré était en train de fredonner l’hymne du mariage… Il les avait mariés. Oh non, c’était pas vrai, oh non, c’était un cauchemar ! Il était sensible, ce livre, merde, il mariait n’importe qui dès qu’il en voyait l’occasion !

Comment prévenir le seigneur à l’armure dorée maintenant ? Le prêtre s’arrachait les cheveux, et désespéré, cherchant une solution, lut la page ouverte du livre. Le mariage de Weedland. Ils allaient oublier toute la nuit dernière, et se réveiller dans les bras l’un de l’autre dans une suite luxueuse au Royaume Céleste. Peut-être qu’ils pouvaient jouer dessus… Il lui suffisait d’une ou deux journées, et le Voyageur ne le retrouverait plus.

Le prêtre rentra dans la pièce d’un ton cérémonieux mais néanmoins maladroit, puis toussa dans la paume de sa main.

« Monsieur, votre future femme vous attend.
_ Excellent !
_ Peut-être que vous ne vous souviendrez pas de cette soirée, c’est fort possible. C’est ce qui se passe dans les mariages sont heureux ; la suite n’en sera que plus belle.
_ Il fait ça, le thème chevalier ?
_ Oui oui, aussi. »
Le Voyageur se leva, se recoiffa légèrement, et passa par la porte que lui tenait le maître des lieux.

Il ne s’attendit toutefois pas au terrible coup de chandelier que lui envoya le prêtre dans le crâne, et qui l’assomma aussitôt. Voilà, ça, c’était fait, maintenant, il fallait le marier avant qu’il ne se réveille. Il le porta sur ses épaules et le déposa devant le livre, sur le sol. Il fallait trouver quelqu’un maintenant, n’importe quoi, et le marierait à cette personne, et l’enverrait pour la nuit d’après en plein dans le Royaume Céleste, et le temps qu’il revienne, l’église aurait complètement disparu. C’était un plan magnifiquement nul, mais face à des Voyageurs, il n’y avait que ça. Le prêtre sortit dehors, et cherchait quelqu’un d’à peu près normal, ce qui voulait dire, qui accepterait de le suivre. Voilà, voilà, voilà… Y avait-il quelqu’un dans les environs ?

« Excusez-moi mon bon monsieur ! » fit le prêtre en croisant quelqu’un qui semblait avoir échappé à un cataclysme, une Créature des Rêves qui semblait complètement perdue, mais qui avait l’insouciance de s’en fiche complètement. « Est-ce que cela vous dirait de me suivre, j’ai quelque chose de rigolo à vous montrer.
_ Voui. »
répondit Drake Ramoray, qui aimait les choses rigolotes.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 7 Juil 2016 - 23:48


—PASSE –

Bon, baaah… Bah voilà.
Tu tu tu tuuuu. Ok, c’était carrément bizarre !
Lithium du passé ne savait pas si c’était pareil en face, mais elle se sentait incroyablement mal à l’aise et un peu con. Ah tiens, il a fini par entrer ce cafard ! Good job, buddy ! … Bref. Mh, dans un sens, elle était un peu déçue quand même que ce soit aussi court. Pas trop le temps de se faire une idée, c’est dommage. A croire qu’ils étaient bien meilleurs pour se taper dessus. Ça craint ! Et maintenant ? Aha, la fameuse question ! « Et maintenant ». Bah écoute, prrrt ! J’en sais rien hein. N’empêche, elle se demandait bien comment c’était l’intérieur d’une boîte de nuit pour cafards… Non mais elle allait rester concentrée oui ! ça lui dirait de quoi ? Manger une crêpe peut-être ? Si oui… Ouais grave !



—RETOUR VERS LE PRESENT – Blague de merde oui

Ok, c’était affreusement gênant.
De un, parce que c’était juste assez improbable comme scène, et de deux, parce que ça n’avait pas l’air franchement folichon. Enfin, vu d’ici en tout cas. Elle n’aurait su dire si elle était déçue que ça se soit déroulé ainsi ou non. Ce qui n’empêchait pas que son visage conserve sa couleur rouge incandescent. En tout cas, y’en avait une qui pétait sa durite hein. TU TE FOUS D’MA GUEULE ?!! NON SEULEMENT TU… TU… Embrasse ? Enfin, ouais, on va dire ça ouais. Même si c’était plus un petit bisou de collégiens qu’autre ch… RAAAAAAAAAAAH, TA GUEULE PUTAIN ! … Mais oui, ça. TU EMB… Merde ! CET ENFOIRE DE MES Cacahuètes ET EN PLUS, C’EST… C’EST TOUT ?!! T’aurais voulu quoi ? J’EN AI RIEN A FOUTRE ! J’VAIS LUI BRISER SA SALE TRafalgar. Sérieusement, arrête de dire des mots comme ça, j’comprends pas. Lithium porta une main à sa tempe. Mine de rien, même si elle était la seule à l’entendre, ça donnait un sacré mal de crâne et la blonde sentit une soudaine fatigue s’emparer d’elle. Après ces dernières nuits, le désastre qui venait de se produire, elle ne voulait qu’une seule chose ; Rentrer chez elle, se mettre en pls et ne plus jamais ressortir. Se faire moine tiens.
Mais alors que la rage de Bis s’atténuait doucement, Ed eut la brillante idée de parler, déclenchant ainsi un nouvel élan de fureur de sa part. Un pas ? Un pas vers quoi ? Il voulait dire quoi par-là ? ça devenait vachement bizarre… Tellement bizarre que la voyageuse ne savait plus où se mettre. Y’a pas de pas là ! C’était un saut dans le vide qui s’était conclu par une gamelle ! Ok… J’VAIS LUI FAIRE SA FÊTE !!! La voyageuse fit de son mieux pour retenir son petit monstre, ce qui donna de nouveaux maux de tête et une grimace de douleur. Hhnnn… Calme-toi, c’est pas le moment. Quelques tressaillements parcoururent son corps mais elle parvint à se contrôler. Du progrès je vous dis.

Il s’était passé quoi entre temps ? Bah pas grand chose tiens.
… Non c’est vrai qu’ils avaient l’air de deux crétins après une bêtise. Après tout, tout ça n’était qu’une vulgaire bêtise… N’est-ce pas ? Rah, c’était pathétique, voilà qu’elle avait envie de pleurer. Ça doit être le muffin, il passe mal à la digestion. Comment ça c’était la Lith du passé qui l’avait dans le corps ? Non, c’est pas vrai ! Mais alors qu’elle pensait que rien ne pouvait arriver de pire, le gros livre commença à parler. D’où est-ce qu’il pa… Pourquoi je me pose la question ? Dreamland. Les dernières paroles prononcées eurent pour effet d’achever Lithium. Alors là ! Ridicule. Oui, ils étaient ridicules ! Tout avait été effectivement de leur faute, tout ça parce que… Parce que… Raaah ! ça aurait pu au moins avoir plus de panache, de rebondissements, de, je sais pas, quelque chose ! Pas un foutu livre émotif qui s’est soudainement dit qu’ils seraient heureux comme ça ! Rapidement, ils furent à nouveau englobés dans l’obscurité et renvoyés dans la lumière du Royaume Céleste. La jeune fille était encore plus dépitée qu’à leur arrivée. Premiers ébats et sourires enchantés ? Ch’mytho va ! Ça se voit que t’étais pas là hein. La force de refuser le divorce ? Pour être tout à fait sincère, après ces révélations vaseuses, elle n’avait plus la force de rien. Et bien évidemment, il n’y avait aucun endroit pour s’asseoir ! Ah si, un banc ! … Non, elle n’avait plus confiance dans les bancs maintenant. Quoique, y’avait peut-être une boîte pour les cafards célestes dans un des pieds ? Focus Lithium, focus !

Qu’est-ce qu’elle voulait au fond ? C’était bien ça la question.
Elle n’en avait pas la moindre idée. Tout se bousculait dans sa tête, elle ne savait plus quoi penser. Divorcer ? Bien sûr ! Elle n’allait pas laisser Ed avec le poids que signifiait son alliance sur le doigt. Déjà que la « nouvelle » avait probablement dû faire le tour, autant faire en sorte que ce ne soit qu’une vague rumeur, histoire que ce ne soit pas pire pour lui. Et sinon, ça t’arrive de penser à toi ? Juste comme ça hein ! Là n’est pas la question ok ? On s’en fout de moi, j’ai pas grande valeur, ma réputation n’a que peu d’intérêt, je suis déjà considérée comme une malade autant par lui que par les autres de toute façon. Alors… Ecoute-moi bien toi qui m’écoute. Mais… La ferme ! J’en peux plus d’tes conneries ! Ooh, pauvre Ed, qu’est-ce qu’on va dire de lui ? Qu’est-ce qu’on va dire de toi ouais ?! Maquée avec un type pareil, sérieusement ! C’est plus la honte pour toi qu’pour lui ! C’est une fiotte ! Elle est folle celle-là ! Depuis quand tu te soucies autant de ce que l’on va dire de lui, hein ? C’pas comme si ça t’importait réellement, non ? … Si ? … Si tu me réponds que oui, j’te jure que… N’importe quoi ! Y’a aucune honte, c’est un type bien, contrairement à moi ! Et merci qui ? Merci TOI ! C’est à cause de toi que je me trimballe une réput’ pareille ! Me balance pas ta faiblesse sur le dos ! C’toi qu’est qu’une pauvre petite merde qui peut pas se débrouiller sans moi ! Rien qu’une pisseuse qui n’veut faire de mal à personne ! Tsss, laisse-moi rire ! T’as ça dans l’sang, t’assumes juste pas ! Mais tais-toi, TAIS-TOI !!! Je ne veux pas être comme ça, ok ? C’est fini ! … Je vais me débarrasser de toi, je te le jure. Je trouverais un moyen pour que tu disparaisses et pour de bon ! J’demande à voir tiens ! Et mais… T’as changé de sujet-là ?? Tu m’as pas répondu au sujet de l’autre enfoi…

De l’extérieur, l’on pouvait juste voir une Lithium très concentrée, serrant parfois les poings selon l’instant de la conversation. Puis après, la lassitude. Finalement, elle s’assit sur le banc, profitant de la réflexion que leur « offrait » la grosse voix de téléphone. Si elle avait esquivé l’insinuation de Bis, c’est parce qu’elle n’avait pas la réponse à celle-ci. Il s’était passé énormément de choses depuis leur arrivée ici, et tout s’emmêlait. Voir cette scène qui ne lui avait rien rappelé du tout – faut croire que sa mémoire n’avait pas jugé bon de sauvegarder ce disque – l’avait déprimé. Et cette histoire avec ce salaud d’Ethan… Et dire qu’elle fêtait son célibat ! Bon, pour être tout à fait honnête, c’était pas le célibat qu’elle avait fêté, c’était juste de s’être enfin tiré de cette relation chelou avec Vlad. Même maintenant, elle n’arrivait pas à comprendre ce qui lui était passé par la tête. En même temps, l’époque où elle avait commencé à fréquenter ce gars n’avait pas non plus été la meilleure période de sa vie ; avec Caleb qui disparaissait sans laisser de traces, le fait qu’elle soit constamment seule à la maison, ses soucis de violence, puis la découverte de Dreamland qui lui permettait d’évacuer son surplus de haine venant de nulle part… Sortir de tout ça lui donnait l’impression d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie qui devait – normalement - s’annoncer meilleur. En fait, ce qu’elle avait réellement fêté, c’était l’aube d’une nouvelle vie.

Affichant à présent un air triste, Lithium laissa échapper un profond soupir.
De toute manière, vu comment tout cela était arrivé, la question de divorcer ou pas ne se posait pas. Mais savoir que c’était bientôt terminé lui laissait comme un goût amer dans la bouche, comme une sensation d’inachevé. Tout avait mal commencé et se terminait de la même façon. Comme si chacune de leur rencontre devait se dérouler de cette manière. Elle tourna son visage vers le voyageur, l’observant en silence. Que désirait-elle réellement ? Son cœur fit une brève embardée qu’elle calma tout de suite… Peu importe. Elle n’avait pas son mot à dire. En y repensant, même si ça n’avait pas été de tout repos, ces dernières nuits restaient pour le moins inoubliables. Pas sûr que cela aurait été également le cas avec quelqu’un autre que Ed, avec leur rapport étrange. Oui, ça avait été marrant. Un petit sourire apparut sur ces lèvres avant de disparaître aussitôt. Mais il était temps de mettre fin à tout ça. Ce n’était qu’une bêtise de plus qu’il faudrait oublier après tout. Si c’était aussi simple… Prenant son courage à deux mains, Lith fit face à son mari de 3 nuits – mieux que Britney Spears plz – pour faire part de son point de vue sur la question, même si elle savait que la décision du blond avait sûrement dû être prise depuis bien longtemps. Et puis, ça ne pouvait pas continuer de cette manière.


« Bon. », commença-t-elle en tapant légèrement ses mains sur ses cuisses, Je ne pense pas que l’on ait besoin de beaucoup réfléchir, n’est-ce pas ? », elle déglutit difficilement et une boule au ventre vint faire son apparition, « Tout ça n’était que le résultat d’une malheureuse pulsion… Oui, une pulsion, c’est bien comme mot, et… », elle commença à regarder ailleurs, « C’est marrant quand même, toutes les fois où l’on s’est rencontré, ça a dérapé. J’sais pas d’où ça vient, mais c’est comme si… Je ne sais pas, comme si c’était tout ce qu’on savait faire. Faut croire qu’on est bons qu’à se taper hein ! », elle voulut rire mais ne parvint qu’à sourire tristement, « Tout ça pour dire… », ses yeux devinrent humides, oh non, « Que… », et les larmes commencèrent à couler, « Que je suis désolée de t’avoir embarquée là-dedans et que… J’espère… Mais pourquoi est-ce que je pleure moi ? », elle s’essuya piteusement les joues mais rien n’y fit, ça continuait de couler, « Pardon… Je sais pas ce qui me prend. Je pleure pas souvent, vraiment ! », elle marqua une courte pause avant de reprendre avec toute la contenance qu’il lui restait, « … Mais… C’était marrant. Malgré certains passages. », elle repensa à sa découverte à propos d’Ethan, « Merci d’avoir été là. »

Pitoyable, elle était pitoyable.
Voilà qu’elle se mettait à pleurer sans savoir pourquoi.
Non seulement elle était déjà considérée comme une malade, mais voilà qu’elle passait maintenant pour une gamine qui sanglotait pour rien. Décidément Lith, faut vraiment te faire soigner. ‘Tain, et heureusement que c’était waterproof cette connerie ! Bon, en se réveillant, il faudrait sérieusement penser à se faire moine. A bien y réfléchir, c’était pas une si mauvaise idée au fond !



—Pendant ce temps, dans une suite chevaleresque située quelque part dans le Royaume Céleste –

Le voyageur à l’armure d’or roupillait allègrement dans son lit d’époque.
Sous les gargantuesques chandeliers de la chambre et sa bien-aimée dans les bras, son bonheur était total. Jamais il n’aurait pu rêver plus grand délice ! Bien qu’il n’ait pas le moindre souvenir de la nuit dernière, il savait au fin fond de son corps, qu’il avait récupérée l’élue de son cœur. Après tout, comment aurait-elle pu vivre sans lui ? Ils étaient faits l’un pour l’autre, il n’y avait aucune erreur là-dessus ! Remuant dans les draps de soie d’orient made in Luxuria – vous ne voulez pas savoir le nombre de personnes qu’ils ont vus passer – le chevalier se tourna pour embrasser sa tendre épouse sur le front. D’humeur polissonne, ses doigts s’aventurèrent sur le corps de son aimée. Au bout de quelques minutes de friponnerie et de gloussements en tout genre, l’homme crut déceler quelque chose d’étrange.

- C’est étrange ma Lili, tes formes sont… Moins féminines que dans mes souvenirs. Et tu sembles avoir perdu des attributs au profit d’autres.
Par curiosité, le coquinou souleva les draps pour découvrir un parfait inconnu au sourire ravageur.
- Mmh, ça va vous ?, répondit un Drake Ramoray prêt à faire des folies.
Spoiler:
 


__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 8 Juil 2016 - 15:14
L’informatique avait ça de rigolo qu’étant aussi complexe et précis, il suffisait d’une seule petite étape problématique pour en conduire une dizaine d’autres, de valeur technique non-équivalente. Transformer une partition était un risque, downgrader était plus compliqué que d’upgrader… Et c’était une parfaite métaphore de comment les choses se déroulaient véritablement dans la vraie vie : un seul obstacle en cachait une dizaine, que ça soit derrière lui ou bien, juste devant.

Alors qu’il suffisait ici de dire oui, on aurait envie de divorcer s’il vous plaît, avec le dédain dont on aurait été facilement capable rien que le premier jour, voilà que Lithium se mit à se tourner vers moi, et pire encore que de dire qu’elle avait changé d’avis, elle complexifia si bien que sa réponse que je ne sus que penser au final, jusqu’à ce qu’elle se mette doucement, puis complètement, à pleurer devant moi, complètement hagard, et le silence de l’énorme voix divine était plutôt éloquent sur ce qu’il pensait de la situation. Elle pleurait comme si on se disait adieu, comme si on avait fait quelque chose de travers qu’on ne pourrait jamais réparer, je n’en avais aucune idée en fait…

Cependant, j’eus la largesse d’esprit de faire ce qu’il fallut pour la première fois durant les deux dernières nuits : je lui ouvris mes bras et la serrai contre moi afin de la réconforter, une main lui frottant doucement le dos, l’autre près de la nuque. Je ne comprenais pas ce qu’elle pensait ou ce qu’elle voulait, restant aussi indécis sur le pourquoi des larmes, mais de toute façon, face à ça, il n’y avait qu’un seul remède, et je lui fis un gros câlin pour qu’elle se remette bien de ses émotions. Je la berçais un peu, alors qu’elle pleurait et continuait de baragouiner qu’elle ne se comprenait pas, et je lui répondis doucement que ce n’était pas grave, qu’on s’en fichait, allez, qu’elle n’avait pas besoin de pleurer.

La fatigue émotionnelle, sans aucun doute, ce qui me faisait réfléchir sur ce que moi, j’y pensais. Comme tous les mecs, et on était fort pour ça, on plaçait des barrières devant n’importe quel spectacle un tant soit peu hasardeux sur nos sentiments, et on observait le monde extérieur depuis notre grotte en mode ‘on sortira quand ça sera terminé’. J’étais plus incapable de comprendre ce que je voulais que ce que Lith désirait, mais je savais déjà que ce que traversait Lith m’affectait, et que ça me faisait chier de ne pas pouvoir lui donner le meilleur de moi-même à cet instant, j’étais aussi perdu qu’elle. J’eus en tout cas la sagesse de lui répondre, alors qu’elle s’estimait coupable des aventures qu’on traversait :

« On s’est mariés, c’est notre faute à tous les deux, allez… »

Je ne voulais rien de plus avec elle qui durait plus longtemps que les trois nuits, j’en étais certain. Même si ça me tuait de ne pas l’aimer plus que cela (parce que ouais, je pensais qu’aimer était plus fort que d’être aimé, mais qu’inversement, ne pas aimer était plus dur que de ne pas être aimé). Alors au moins, j’étais avec elle, c’était le maximum que je pouvais faire dans ma situation. Je n’étais pas assez précis dans ce que je voulais pour être intéressant, je le sentais bien, et les sentiments aimaient bien être réciproques, surtout dans des contrées aussi brumeuses que le ‘pourquoi pas ?’ On ne savait jamais ce qu’on était capables de réveiller chez l’autre, et ce que l’autre était capable de soulever en nous. Alors il suffisait d’une petite envie chez l’un pour insuffler une étincelle à l’autre.

Je me demandais ensuite si sa fatigue ne venait pas de pourquoi on s’était séparés juste avant que le flashback de Délirium City nous récupère, le fameux Ethan. C’est vrai que ça l’avait plutôt perturbé cette histoire, et maintenant que la période du passé était terminée et qu’on savait le si peu d’éléments qu’il avait fallu pour nous retrouver mariés, peut-être que cette saillie émotionnelle revenait la hanter. Je savais bien que ma demande serait très gauche, mais il fallait quand même que je lui demande :

« Tout à l’heure, si tu avais fui, c’était à cause d’un Ethan, non ? Est-ce que tu veux m’en parler ? Je pourrais peut-être t’aider ? » Ce n’était pas que la curiosité qui m’avait poussé à lui poser la question, vraiment, je voulais vraiment aider quelqu’un. Quand on voyait une personne aussi fragile émotionnellement que Lithium et qu’on la voyait se faire asséner d’un coup de marteau réveillant un ancien traumatisme, on était obligés de venir l’aider. Puis le trip Prince Charmant marchait à tous les coups : ce n’était pas pour rien que certaines filles se faisaient plus fragiles qu’elles ne l’étaient réellement, les mecs adoraient rassurer en roulant des pecs. « Nan, parce que chuis devenu costaud, si tu veux, je le retrouve et je collerais un pain si fort que je deviendrais son nouveau dieu. » Un peu d’humour, ahah, ça ne pouvait pas faire de mal.

J’entendis tout de même la grosse voix qu émit un « HM HM ! » légèrement embarrassant, attendant avec impatience ce qu’on allait décider. Je ne savais trop quoi faire, parce que oui, on était tous les deux d’accords pour divorcer, mais peut-être qu’il y avait encore une meilleure idée à soulever. Je quittai le corps de Lith, mais lui passai un bras autour de l’épaule pour la rapprocher de moi, plus comme on faisait avec un bon pote qu’avec sa fiancée de deux jours. Je répondis :

« On a encore une journée pour se décider, non ? », répondis-je en connaissant parfaitement la réponse à cette question. « On va prendre la dernière journée pour passer du temps ensemble dans le Royaume Céleste, et on divorcera juste après. Ça te dit ? », demandais-je, mais cette fois-ci en me tournant vers la Voyageuse blonde. Sans m’en rendre compte, mon bras avait quitté ses épaules, et ma main prenait la sienne, comme deux vrais mariés. « Une nuit de vacances, toi et moi, on fera ce qu’on voudra, on a tout un hôtel avec des supers trucs à manger, un Royaume trop beau à visiter, y a plein d’activités à faire. Ça serait génial ! »

Ouais, j’étais bourré de supers idées ces cinq dernières minutes : une nuit de vacances, c’était exactement comme ça que je l’imaginais. On subissait assez dans le monde réel et sur Dreamland pour ne pas profiter d’un peu de détente quand on en avait l’occasion. Le cadre était idyllique, et plutôt original : on fêterait comme il se devait, et sans aucun problème, un super divorce de noces en quelque sorte, tout frais payés par je ne savais quelle institution. On prenait ainsi tout notre temps pour profiter, alors que Dreamland avait tendance à rusher tous ses Voyageurs pour les forcer à faire des choses stupides (c’était ça quand on avait une politique à mille visages et des pièges / créatures mortelles à tous les coins de rue).

Parce que c’était ça, l’idée… prendre son temps. Je n’en avais pas eu l’occasion ces derniers temps, mais juste de souffler, de méditer dans l’œil du cyclone. Il suffisait de se poser, de décider que maintenant, la mission autre que de sauver des vies, serait de poser son cul et faire tout ce dont j’avais envie. Si je les passais en plus avec Lithium, ça serait encore mieux. Je pense qu’on s’était rapprochés avec toutes ces histoires, pas de la façon de la plus adroite au monde, et certes un peu forcée, mais au moins, notre relation avait évolué dans le très bon sens. Au fur et à mesure que je réfléchissais, j’étais content de la tournure de la situation. Je regardais Lithium avec un sourire encourageant.

Je me réveillai peu de temps plus tard, après que toute la conversation fut complètement terminée. Il n’y avait maintenant plus qu’à profiter de la dernière nuit l’esprit tranquille, maintenant que nos problèmes étaient résolus.
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Lithium Elfensen
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Lun 11 Juil 2016 - 14:46


Mais arrête de pleurer putain !
Ouais c’est vrai, arrête de pleurer putain ! Pourquoi tu chiales encore ?! T’es vraiment qu’une pisseuse… Est-ce que c’était la fatigue, les nerfs qui lâchaient après avoir été malmenés ces dernières nuits, ou la culpabilité ? Peut-être. En tout cas, elle pleurait quoi. Lithium faisait de son mieux pour sécher les larmes qui coulaient le long de ses joues, mais tout ce qu’elle faisait n’était que de rendre ses joues encore plus roses. N’empêche, le mec qui avait créé le waterproof, c’était juste Dieu quoi. Mais… Il fait quoi là ? Ce fut avec de gros yeux ronds tout embués qu’elle se retrouva la tête contre le torse de Ed. Euuuh, oui ? Alors qu’elle s’apprêtait à demander le pourquoi du comment, il commença à lui frotter le dos comme pour la réconforter, et étrangement, ça brisa le peu de contenance qu’il lui restait. Ce qui fit qu’elle le serra en retour, continuant à expulser ses larmes. A vrai dire, elle avait bien besoin d’un câlin en ce moment. Puis, tout le monde connaît le pouvoir des câlins hein ! C’était probablement les nerfs oui. Revoir ces scènes à Délirium, le fait d’être mariée, les épreuves à la con pour divorcer, la sensation d’échec et de culpabilité d’être encore responsable de cette bêtise, puis Ethan encore. Peut-être que c’était trop d’informations à digérer en aussi peu de temps. Tout ça était fatiguant… Ed voulut la consoler en lui disant que c’était leur faute à tous les deux, mais elle n’arrivait pas à voir ça autrement que c’était sa faute à elle et uniquement à elle. Pourtant, il était vrai qu’à regarder le passé, ils s’y étaient mis à deux dans cette histoire. Elle devait arrêter de se rendre responsable pour tout ce qui n’allait pas, ce qui demandait en fait, un grand effort de confiance en soi.

Puis, il émit une question au sujet d’Ethan.
La blonde serra un peu plus fort à la seule mention de son prénom.
C’est vrai qu’il l’avait accompagné chez ce type chelou là, mais tout ce qu’il avait entendu, ce n’était que le nom. Il ne pouvait pas savoir tout ce que cela signifiait pour elle. A vrai dire, la jeune femme pensait même que le garçon en avait rien foutre donc bon, c’était assez étonnant qu’il ramène sa sur le tapis. Elle hésita quelques secondes. Est-ce que lui en parler rendrait la chose moins difficile à avaler ? Peut-être. Puis il rajouta comme quoi il était devenu « costaud » et qu’il pourrait lui « coller un pain si fort qu’il deviendrait son nouveau dieu ». La phrase sortait tellement de nulle part qu’elle ne put retenir un rire entre ses larmes. Il est bêêêête ! Le moral légèrement remonté et toujours la tête dans le costume, elle appuya de l’index sur le ventre en souriant.


« J’vois ça, y’a des abdos maintenant ! Même si j’avais déjà vu ça au réveil quand t’avais rien sur le dos… », elle eut un petit rire, « ‘Suis certaine qu’il regretterait le simple fait de penser à moi. »

Devait-elle lui en parler ou pas ?
Le raclement de gorge qui suivit lui empêcha de toute manière de prendre une quelconque décision. Parce que c’était pas une voix préenregistrée ? D’où une voix préenregistrée pouvait se racler la gorge après avoir trop attendu ? Aah si même les IV s’y mettent… Ils brisèrent le câlin-réconfort et le blond passa un bras au-dessus de l’épaule de Lith, la surprenant légèrement. Non mais je rêve où vous êtes des potes là ? … J’te jure, si tu deviens pote avec ce… Cet enfoiré, je… Tu feras de ma vie un enfer, je sais. Tu deviens sénile avec le temps ? Allez, ménages-toi, tu vas te faire un ulcère. Argh putain, je vais te… Non pas cette fois, tu ne feras rien du tout. Maintenant, tu vas être gentille et te taire cinq minutes, d’accord ? Voilà. Doucement, ses larmes cessèrent de couler et elle s’essuya les joues.
La suite des évènements eut le don de surprendre encore davantage la jeune femme. Passer du temps… Ensemble ? Puis il lui prit la main, déclenchant un hurlement rageur de Bis dans le crâne de Lithium et un regard un peu surpris chez cette dernière. Hé ça va, je ne partirais plus en courant maintenant hein, et je ne m’écroulerais pas non plus de fatigue. Mais elle ne la rejeta pas non plus. Des vacances. Mh, c’est vrai que ça lui ferait du bien une nuit de vacances…. Puis si en plus c’est aux frais de cette église en carton et ses cafards, raison de plus d’en profiter ! Allez ! Elle acquiesça vivement. Y’a pas de raison d’oublier de se détendre parfois, et ce n’était pas sûr qu’ils puissent un jour revenir ici ! Puis la voyageuse frictionna ces dernières pour se donner meilleure mine avant d’enfin retrouver un semblant de sourire.


« Merci, ça va déjà un peu mieux !
J’étais certainement fatiguée avec tous ces évènements. J’espère que ce sera une bonne, euh, nuit en l’occurrence, demain, oui. Et… »
, elle hésita, « Si ça ne te dérange pas, j’aimerais plutôt te parler de cette histoire avec… Avec Ethan, plutôt demain. Le temps de me remettre un peu de tout ça. Et si en plus c’est durant une activité, ça m’empêchera de me torturer l’esprit. Mais merci. Vraiment. »

Quelques instants plus tard, elle finit par se réveiller.
Bon, bah y’avait du progrès déjà ! Lithium avait l’impression que ça allait mieux. De un, elle, semblait aller mieux pour l’instant, Ed et elle ne s’était pas battus pour d’obscures raisons, et ils avaient découverts comment ils en étaient arrivés là. On aurait même dit qu’ils s’entendaient bien maintenant, il était assez rassurant dans un sens. Non pas que ce n’était pas le cas avant, mais ils finissaient toujours par s’en mettre une bizarrement. Ma foi, on n’allait pas se plaindre ! De plus, même si c’était le point noir de la nuit, le facteur Ethan s’ajoutait à sa vie et lui permettait d’avoir une piste de réflexion. Par ailleurs, la demoiselle se félicita de ne pas avoir cédé une seule fois à Bis cette nuit. Oui, c’était décidément une bonne journée. Elle sortit du lit d’un bond, bien décidé à profiter de sa journée. Il fait beau, il fait chaud, pas de boulot… Et bien c’est une parfaite journée pour aller se promener tiens. Etrangement de bonne humeur, la blonde se mit à préparer un petit sac, nourrit son chien, lui fit sa promenade et une fois de retour, l’embarqua dans sa voiture direction la Bambouseraie à Anduze. Ce n’était qu’à une heure et demie d’ici, et c’était un moyen idéal pour passer la journée tranquillou, sans se presser pour quoi que ce soit et offrir une sortie digne de ce nom à Kiara, le croisé labrador. Elle y passa la plupart de la journée, revint avec des plantes pour le jardin et fit un tour au Jardiland du coin, avant de passer la fin de l’après-midi à les planter chez elle, la musique sortant du salon. Ce n’était pas comme si sa mère aurait une remarque à faire vu qu’elle ne venait qu’une fois l’an, limite. A se demander si elle se souvenait encore avoir une fille tiens ! L’avantage au moins, c’était d’avoir une maison dont elle ne payait pas les frais. Nope, rien que les courses et les trucs nécessaires à la vie.

La soirée, Lith la passa à faire des recherches sur Ethan tout en prenant soin de bloquer un rendez-vous chez son psy, docteur Chapelle. Un petit tour chez lui pour discuter des dernières nouvelles ne pouvait pas lui faire de mal, non ? Elle avait changé d’école pour fuir Ethan, avait déménagé également et n’avait plus eu de problèmes depuis, mais ce n’était pas dit qu’il n’était pas dans le coin. Sur le net, même dans les pages jaunes, aucune trace. A croire qu’il n’existait pas ! Il devait avoir changé de nom le salopard… Peut-être que le seul moyen de le retrouver était Dreamland vu que c’était son véritable nom qui était sorti ! Il suffisait seulement de trouver son groupe ou leur base, n’importe quoi, et ça la mènerait directement jusqu’à lui. Pas si intelligent que ça ce con. Sûrement qu’il se disait qu’elle serait trop faible pour aller le chercher elle-même… Bon, pas sûr que la blonde soit réellement prête à le voir en face à face, mais il fallait bien commencer à se préparer mentalement pour ce jour. Petit plateau télé devant un bon film – ou pas – et elle s’endormit dans le salon sur le carrelage, imitant son chien. Cette pièce était la plus fraîche de la maison, le ventilo avait rendu l’âme, et le stratagème de Kiara semblait fonctionner donc bon… Il est pas débile cet animal.

Elle se réveilla à nouveau au Royaume Céleste, toujours dans ce lit et cette superbe chambre.
Bon, j’avoue qu’on est super cosy ici. Dommage que ce soit la dernière fois, parce que ce matelas est génial ! Elle aurait bien voulu sautiller dessus, mais ça le réveillerait probablement… Lith vérifia quelque chose avant de s’étirer et se découvrit nue comme lors de la première nuit. AHA, mais vous ne m’aurez pas deux fois ! J’ai appris de mes erreurs steuplé ! Elle s’extirpa doucement des draps, glissa discrètement par terre puis, cachée, attrapa son oreiller qu’elle délogea de la taie avant de se l’enrouler autour de la taille. Les cheveux serviront à cacher le haut, c’est à ça qu’ils servent. Et enfin, elle partit en quête d’un vêtement. Mais lorsqu’elle ouvrit le placard, ce fut sa robe qui lui fit à nouveau face. Hé mais toi, je te jure, tu m’énerves ! T’es jolie mais t’es pas pratique. Y’a pas autre chose, genre… Ouais, je sais pas, ah bah un peignoir tiens, ça fera l’affaire tant qu’ils ne sortent pas dehors. Ouuuh, il est tout douuux ! Hi hi… Bon bref. Heureusement, il ne lui arrivait qu’au-dessus des genoux, lui permettant de ne pas mourir de chaud. Elle partit ensuite jeter un œil par la fenêtre.
Cet endroit était vraiment superbe. Oh, oh, mais c’est que ça s’ouvre tout ça ! Elle prit grand soin de ne pas faire de bruit, et ouvrit doucement la fenêtre pour aller sur le petit balcon qu’ils n’avaient pas pu voir la première fois. En attendant qu’il se réveille et que le petit déj vienne, la jeune fille pouvait admirer la vue en toute sérénité. Elle s’accouda sur la rambarde en poussant un long soupir. Tiens, et si elle s’organisait un voyage à son réveil ? Où pourrait-elle bien aller ? Thaïlande, Norvège, Irlande… Et si elle mettait à exécution son envie de faire un petit tour du monde ? Avec les économies qu’elle avait engrangées, c’était faisable ! Elle n’aurait qu’à travailler selon l’endroit où elle se trouverait ! Mmh, ouais ! Enfin, elle réfléchirait à son réveil. Pour l’instant, elle allait observer les différents soleils se lever.




__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 14 Juil 2016 - 2:51
La journée ne commença que tard pour moi, alors que je prenais mon petit-déjeuner, mais que les autres, à cette heure avancée, appelait tout simplement déjeuner – surtout quand je le partageais avec une autre personne, en l’occurrence Shana, sur la première table qui ornait mon restaurant. Il y avait du film plastique partout sur les murs et aussi sur le sol, parce qu’avec deux potes, on était en train de repeindre tout l’intérieur afin que l’ancien taudis soit un peu plus présentable avant l’ouverture. L’odeur, vous la connaissiez déjà, pas besoin de vous faire un dessin. On parlait de tout et de rien en mangeant des kebabs qu’on avait achetés le plus proche possible. Je ne connaissais pas bien ce coin de Montpellier, je devais l’avouer – de façon générale, je connaissais peu ma ville, mais je savais que je l’aimais. Avec ces trams, son brassage culturel, la mer et le vent pas loin… Contribuer à enrichir la ville d’une nouvelle activité me faisait plaisir, c’était excitant.

Alors qu’on flânait durant l’après-midi et que certains moments de silence, qui pouvaient survenir entre les meilleurs amis du monde sans aucun problème, s’installaient confortablement, je repensais à la nuit, voire aux deux nuits, qui s’étaient déroulées, et je me disais que si leur but était d’amener une troisième nuit plus sereine, alors c’est qu’elles valaient carrément le coup. Je n’étais pas du tout choqué par la révélation de notre mariage : sur Dreamland, surtout si on faisait un détour à Délirium City, tout était dingue, il ne fallait s’inquiéter de rien.

C’était à mon tour de savoir ce que je voulais en matière de sentiment, et je m’en rendais compte petit à petit : je voulais quelque chose de plus grand que d’habitude, quelque chose qui se rapprochait de ce dont je rêvais quand j’étais encore lycéen. Un couple, pas forcément, mais quelque chose d’énorme, plus que ce dont j’avais le droit actuellement : amourettes par-ci, amourettes par-là, puis énorme solitude au milieu. Peut-être que c’était le signe que je devenais vieux. Lithium n’était rien d’autre qu’un rappel que mes désirs sentimentaux n’étaient pas encore rassasiés. Je prenais ce que je pouvais, là où je le pouvais, tout en sachant que ça ne me nourrirait pas. Résultat des courses : j’étais incapable de ne pas penser à elle, tout en sachant qu’il faudrait bien aller voir ailleurs rapidement sous peine de mourir de faim. A la fin de l’après-midi, quand je rentrai chez moi, avoir réussi à m’introspecter ne m’aidait pas à être ravi de la situation, mais elle était bien moins douloureuse et je pouvais l’aborder plus sereinement.

La soirée fut aussi détente que la journée, je voulais avoir l’esprit tranquille. Un chat, une omelette avec patates et lardons et patates, le chat posé sur les genoux, les jambes tendues sur la table basse, devant la première comédie française nullissime. J’avais une certaine satisfaction à me mettre à la place du réalisateur et me demander comment il était capable de trouver ça bien – est-ce que sa vision de base était respectée et dans ce cas, il fallait l’inculper de mauvais goût, ou le produit final ne ressemblait en rien à ce qu’il avait dans la tête, à cause d’un manque de compétences ou des avis de parties prenantes supérieures – ou bien de remarquer les rares qualités complètement gâchées par ce raz-de-marée de nullités. Ouais, me vider l’esprit voulait pas dire me le remplir de conneries, grinçais-je des dents à la moitié du film. Je décidai de supporter le reste vu que je n’avais rien d’autre à faire, et je sentais que Bourritos allait planter ses griffes très fort pour ne pas tomber des jambes, qui lui formaient un pont suspendu dans le vide (de vingt centimètres, c’était un douillet). Je m’endormis rapidement après, plutôt tôt comparé à mes standards habituels, mais eh, j’avais le droit à une nuit des rêves, dans un Royaume de Rêves, avec une partenaire de rêve, je n’allais pas louper des minutes de ça à ne rien foutre dans mon appartement. Roulé en boule à moitié au-dessus des couettes pour ne pas étouffer sous la chaleur, le chat contre mon dot arrondi, je m’endormis petit à petit.

__

Le réveil fut des plus agréables, parce que le matelas était si confortable, la couverture si douce, que se tirer de là revenait à une descente aux enfers de la banalité. Puis l’oreiller, aaargh, bon dieu cet oreiller dans lequel on s’enfonçait comme dans une île flottante… Je me mis doucement sur le dos, et constatai avec déplaisir que de nouveau, je n’avais aucun de mes vêtements. Je checkai à-côté, et fus légèrement déçu de savoir que Lithium était déjà partie de son côté du lit. L’avoir ici aurait donné un côté tendre qui m’aurait fait du bien. Quelques fois, les mecs ne veulent rien sinon voir une belle fille. Je me hissai pour essayer de la chercher dans la chambre, et la trouvai sur le balcon immense qui laissait passer un ciel fantastique. Tu m’étonnais de la vision. Par contre, c’était moi où elle avait enfilé un peignoir pour s’habiller ? Peut-être que c’était plus pratique que la robe, allez savoir… Pour une fois que j’avais l’occasion d’être bien habillé, je n’allais pas cracher dessus. Puis un mec en peignoir, depuis l’affaire Strauss-Kahn, c’était plutôt mal considéré (et je parie qu’il n’y en avait qu’un seul en plus). Je me levai et fis savoir d’un salut que j’étais ici et bien sur Dreamland. Toujours à moitié sous les couvertures les plus douces du monde, j’en profitai pour dire :

« Je vais m’habiller ! »

C’était un avertissement en premier lieu. Après, si elle voulait regarder, ce n’était pas mon problème, hein, je ne la surveillais pas, j’étais trop concentré sur la penderie que j’ouvris pour trouver le même genre d’habits que la dernière fois : un costard sur-mesure, un pantalon de la même couleur, sans compter les sous-vêtements et les chaussettes qui allaient avec. Je me dépêchai de tout enfiler, et considérant la vue magnifique qu’avait la jeune fille sur le balcon auquel on avait le droit, je pris une petite décision. Je secouai une cloche, parfaitement posée près de l’entrée de la chambre et dont l’objet de sa présence était toute explicite : je la secouai pour appeler un domestique. Sauf que ce fut la cloche en question qui répondit :

« Monsieur Dame, que puis-je pour vous ?
_ Petit-déjeuner complet à notre chambre, s’il vous plaît.
_ Ceci vous sera apporté dans les minutes à suivre.
_ Ne lésinez pas sur les viennoiseries ou les jus.
_ C’est noté. »


Je reposai la cloche qui redevint inerte, et m’avançai vers le balcon où je fis la bise à la demoiselle. Je récupérai une petite table carré qui devait normalement servir de repose-pieds j’imaginais, et elle servirait à merveille de table basse. Voilà, je la mettais près du balcon, je rajoutais deux gros couffins qui serviraient de chaises, voilà, en plein soleil. Soleil dont les rayons frappèrent l’anneau que j’avais au doigt et qui me rappelait qu’il ne faudrait surtout pas oublier de préciser aux autorités compétentes qu’on avait décidé de divorcer. Sinon, on crevait. Ça serait dommage de terminer ainsi après toutes les baffes que je m’étais pris.

Un domestique avec une moustache incroyablement fine nous apporta la commande, et après avoir frappé délicatement à la porte, nous susurra à voix basse, comme pour nous déranger le moins possible, que tout ce que nous voulions était à disposition. Il avait avec lui une petite carriole sur laquelle reposait un énorme plateau d’argent, et sur ce plateau d’argent, oh punaise, tout ce qu’il fallait. Trois jus de couleur différente, un orange, un rouge, un violet, puis ensuite, tout ce qu’il y avait autour tel un soleil, autant de pâtisseries et de viennoiseries possibles, dont la majorité, que je ne connaissais pas. Il y avait en plus sur le côté, deux carafes, lait chaud et eau chaude, plus des herbes enivrantes.

On se posa sur le balcon, le plateau sur la table improvisée, et après, fouuaaah, il n’y avait plus qu’à prendre du bon temps, face à ce ciel incroyable qui nous entourait de partout, ses soleils qui transperçaient les nuages, plus ou moins gros selon leur distance, et ce vent qui soufflait délicatement dans les environs, tout en se faisant entendre de son bruit doux. Vous saviez quoi ? On était bel et bien au paradis.

Le petit-déjeuner commença doucement, parce que tout donnait envie de prendre son temps. Et évidemment, on en profita pour faire la discussion.

« Et ta journée, ça s’est passé comment ? »

J’aimerais lui reparler d’Ethan, mais ça n’était pas à moi de quémander des informations, ça ne se faisait pas, c’était indiscret. Elle avait dit qu’elle m’en parlerait demain, alors je n’avais plus qu’à attendre. Et si elle avait des photos, il suffisait juste qu’elle me les envoie, je le retrouverai le lendemain, puis je lui exploserai salement la gueule. Après avoir tenté une bouchée d’une sorte de petit croissant et rempli mon verre pour essayer le jus rouge, je me détendis et m'étirai en arrière tel un gros chat à une fenêtre :

« Tu as une idée de ce que tu voudrais faire après, une envie ? On est les rois, cette nuit. »
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 19 Juil 2016 - 23:27


Ce genre de paysage donnait vraiment envie de voyager.
Découvrir de nouveaux horizons, observer chaque lever du soleil de chaque pays, car oui, le soleil a beau être le même pour tout le monde, le spectacle diffère selon le lieu où l'on se trouve. Ce n'est pas la même magie, pas la même intensité. Celui-ci était magnifique et réchauffait son cœur. Malgré tout ce qui pouvait se passer autour d'elle ou à cause d'elle, la jeune femme profitait de cet instant unique qu'elle ne reverrait probablement jamais. Alors que Lith savourait le sentiment de sérénité qui l'envahissait, elle se mit soudainement à penser au garçon qui traînait dans le lit. Dormait-il encore ? La blonde s'était levée en catimini, non seulement pour cacher sa nudité, mais aussi pour le laisser dormir. Il avait l'air si paisible... Alors pas de raison de le réveiller. Sauf que là, bah une petite étincelle de malice venait de briller. Et si elle lui faisait le coup de la chantilly ? Muéh éh ! Doucement, elle commença à marcher sur la pointe des pieds, prête à s'introduire à nouveau dans la chambre lorsqu'une voix s'éleva de cette dernière.


« Je vais m’habiller ! »

Qu... Quoi, maintenant ?
Et zut ! Elle s'immobilisa sur le champ, ne dépassant pas les vitres du balcon. Posture chelou bonjour ! Sauf qu'il passa tranquillou devant pour se rendre à la penderie. Par pur réflexe, Lith ferma les yeux et se retourna. Respectons son intimité voyons ! … Ouiiii, mais juste un petit coup d'oeil alors, un touuut pitit ! HEEE OH OH OOOH ! Tu crois faire quoi là ? Non, non tu regardes que dalle, puis t'as déjà vu ! Bah justement, c'était sympa à regarder, donc je fais ce que je veux, je suis adulte. Tu m'dégoûtes... Alors, j'vais me contenter de béger à l'intérieur ok hein ? Like i care. Un peu en mode furtif, elle tourna juste le regard histoire de voir dans le reflet de la vitre. Hé ouais, faut être discret oh. Effectivement, il s'était sacrément endurci dis donc ! Ce n'était absolument plus le gringalet de leur toute première rencontre. Certes, elle l'avait déjà remarqué, mais à regarder de plus près, c'était bien plus flagrant ! Hé bé... Il avait pas chômé, pour sûr ! A lire et entendre ses exploits, il avait certainement dû traverser de bien belles aventures, et sûrement avoir son lot de souffrances offert avec le pack célébrité. Dans un sens, elle l'enviait pour tout ce qu'il avait dû vivre, et en même temps, pas tant que ça. Être connu impliquait beaucoup de responsabilités, une certaine influence, un exemple à montrer. Même si peut-être qu'il n'en avait rien faire de l'exemple. De plus, certains devaient l'approcher avec une idée derrière la tête et d'autres souhaitaient probablement sa peau. C'est ça quand on est puissant.
Bon, suffit de se rincer l'oeil ! Fais genre que tu regardes le paysa... Oh un papillon ! Distraite par l'insecte, elle s'avança de nouveau sur le balcon, et lorsque celui-ci se posa sur le bord, la jeune fille s'appuya sur ses mains pour observer la petite bête, un sourire tout doux sur les lèvres. Les motifs de ses ailes donnaient l'impression de plonger son nez dans une galaxie lointaine, c'était assez perturbant mais très joli. Hé, ne pourrait-elle pas le dessiner ? Vite, se dépêcher ! Lith courut à travers la chambre, une main en cache-oeil sur le côté, et attrapa la chose qui ressemblait le plus à un stylo et une feuille étrangement parfumée. Elle refit demi-tour, toujours une main pour cacher.


« J'ai rien vuuu ! … Mais ça te va toujours très bien ! », dit-elle au passage.

... Bon, tu t'es grillée pour ce passage, m'enfin. Il était habillé là, ça vaaa !
Une fois de nouveau sur le balcon, elle vérifia que le papillon se trouvait toujours ici – ouiiii – et croqua rapidement. Le stylo butait contre son alliance mais elle n'y prêta aucune attention. Voilà ! Elle rajouta quelques informations et hop, l'insecte se décolla doucement de la feuille avant de rejoindre son camarade. Bien qu'il ne possédait pas la moindre couleur, l'autre créature ne sembla pas lui en tenir rigueur et ils s'envolèrent ensemble. Ravie, la jeune femme posa le tout par terre. Comme quoi, elle ne savait pas que dessiner des armes mortelles ou des animaux montrant les crocs. Ed fit son apparition à ses côtés peu après et lui fit la bise. Bonjour, bonjouuuur !


« Alors Belle au Bois dormant, bien dormi ? Je ne voulais pas te réveiller, tu avais l'air si bien. », fit-elle, guillerette comme jamais.

Monsieur prépara ensuite de quoi s'asseoir et déjeuner.
Ah bah c'est pas bête ! Et au soleil s'il vous plaît ! A l'aiiiise.
Le petit déjeuner amené par un homme à la moustache qui donnait envie de tirer dessus et puis de crier « garçon ! », servi, ils s'installèrent pour profiter de tout ça. Plusieurs jus de différentes couleurs, du lait, de l'eau chaude et probablement les feuilles qui allaient avec, pleins de viennoiseries et tout un tas de bêtises. Hé hé, ça donnait limite envie de s'installer ici ! Oui mais bon, ne pas trop y prendre goût quand même. Mais un simple regard par-dessus la balustrade et... Voilà, elle y avait prit goût. Les gars, je veux rester ici ! Le petit déj se passa en toute tranquillité, aucune raison de se presser et il était encore tôt. Lith choisit de d'abord commencer par le thé. Après s'être servie de l'eau chaude, elle laissa tremper les herbes parfumées dans la tasse et la conserva entre ses mains. Elle ferma quelques instants les yeux avant de lâcher un profond soupir. Sentir les chauds rayons du soleil sur son visage, profiter des plaisirs simples de la vie... ça faisait longtemps qu'elle avait cessé de s'arrêter de courir pour ne rien faire. Son esprit était toujours accaparé par les problèmes, alors que là, rien, pas un un souci sur son front, juste une profonde paix. Espérons qu'elle ne soit pas que temporaire. Pour plus de confort, la blonde s'installa plus confortablement et posa ses jambes sur le rebord du balcon dans les airs. Hé ça va hein, si le peignoir glissait, elle avait une culotte, pas de quoi en faire tout un plat ! Les deux jeunes gens firent doucement la discussion.


« Et bien, étrangement bonne tiens ! Comme si tout allait... bah mieux en fait. J'sais pas si tu connais, mais y'a une Bambouseraie pas trop loin, j'y ai passé une bonne partie de la journée avec Kiara. C'est mon chien. J'ai même fait du jardinage, ce que je ne fais jamais ! Ça m'a changé de d'habitude ! Ouais, non franchement, c'était une super journée ! C'était comme si je redécouvrais ce qui m'entourait. C'était bizarre… Mais j'espère que les prochaines suivront. », elle lui sourit franchement, « Désolée si je parle trop hein. Et toi alors ? »

C'était marrant.
Posés ainsi autour d'un petit déjeuner dans un cadre aussi idyllique, la scène était étrange. Très étrange. Et très étrangement agréable également. Elle jeta un regard à Ed en silence et se contenta de l'observer doucement. Un sentiment indescriptible parcourut son corps et son cœur fit une soudaine embardée. Houlà oh, tu vas te calmer toi ! Ah tiens, le thé est buvable maintenant. Lith détacha ses yeux de son camarade et but une gorgée. Ses yeux devinrent ronds comme des soucoupes et son visage s'illumina comme si elle avait rencontré le messie. Oh, mon, dieu. Mais... Mais c'était parfait ! C'était quoi ces feuilles ?! Cet arôme...  Ah non mais fallait qu'il goûte ça, c'était juste la meilleure chose qu'elle ait jamais bu ! Elle se pencha sur le côté et lui tendit la tasse un peu brusquement. Oups, désolée, l'émotion.


« Il faut absolument que tu goûtes ça ! »

En attendant, elle voulut goûter le jus de fruit orange, qui devait sûrement être de l'orange, et se servit une petite viennoiserie qu'elle savoura les pieds en éventail. Décidément, se poser un moment comme ça sans penser à rien d'autre que rien faire, bah c'était carrément le pied ! Pardonnez du jeu de mot. Le garçon lui demanda ensuite ce qu'elle aimerait bien faire ensuite. Les rois de cette nuit. Dit comme ça... Franchement, elle n'avait pas envie de se prendre la tête. Pas de course-poursuite, aucun pain à distribuer, T'es pas boulangère à ce que je sache t'façon, plus d'épreuves à la con. Mh...

« Je crois avoir entendu ou vu, je sais plus, qu'il y avait un lac qui valait le coup d’œil dans le coin. Peut-être y faire un tour pour voir de quoi il en retourne ! Mettre les pieds dans l'eau et tout... Mais si t'as une meilleure idée, je suis tout autant preneuse ! », dit-elle un sourire radieux.

C'était peut-être le lieu, la compagnie ou le fait de se déconnecter de la réalité pour une nuit, ou les trois à la fois, qui l'a rendait aussi joviale, mais cela ne lui déplaisait pas. Ça faisait si longtemps que la blonde s'était enfermée dans sa boule de déprime et de remise en question, qu'elle en avait presque oublié comment vivre. Plus que l'ombre d'elle-même, voilà ce que la jeune femme avait été ces derniers mois, voire cette dernière année. Incapable de voir autre chose que les problèmes. Jusqu'à ce matin, Lithium ne savait plus qui elle était et se demandait même si elle l'avait un jour su. Aujourd'hui, elle apprenait à réconcilier avec une part de sa personnalité qui n'était pas rongée par le doute. Après avoir passé un temps interminable dans l'obscurité c'était un peu comme si elle voyait enfin quelques rayons de soleil, littéralement. Il était temps de tourner la page sur toutes ces années noires, tout recommencer à zéro et écrire un nouveau chapitre. Et pourquoi pas brûler les précédents, hein ? Oublier Ethan, guérir ses séquelles mentales, affectives, tirer un trait sur Caleb, poubelle Vlad, OUAIS!, terminé de se faire marcher dessus pas Bis, Euuuh... Non?. Reprendre le contrôle de sa vie. Oui, c'était le moment. La prochaine étape étant de savoir ce qu'elle voulait, et ça, bah ce n'était pas une mince affaire !
Elle observa quelques secondes Ed, puis reporta son regard sur le verre entre ses mains avant de sourire doucement. Il y était sûrement pour quelque chose dans sa soudaine prise de conscience - et espérons pas éphémère – et il était évident qu'elle devait le remercier, ou bien lui rendre la pareille. La jeune femme n'oubliait pas qu'elle lui avait promis de lui parler d'Ethan aujourd'hui, mais elle n'était pas encore tout à fait prête. Les mots restaient pour l'instant bloqués dans sa gorge. Peut-être plus tard au cours de la journée ? Mais là, non, elle préférait profiter. Tiens, y'avait pas une douche ou une baignoire ? Elle irait bien jeter un œil histoire de voir. Ou même y faire un tour rapido avant de s'habiller ! Certes, c'était Dreamland, mais cela n'empêchait rien, non mais oh.


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Ven 22 Juil 2016 - 14:57
  Eeet oui, c’était le meilleur moment pour prendre ses aises actuellement, il fallait absolument en profiter : si Lith avait décidé de laisser sa robe de mariée au placard et d’étendre ses jambes sur le balcon, j’avais opté pour une chaise que je renversais calée contre le mur de l’hôtel, j’avais l’impression d’être dans un transat, ainsi qu’une impeccable chemise noire ouverte à tous les boutons. On se sentait comme les riches Romains qui mangeaient, pépères dans leur atrium, et avec un tel paysage, perso, j’étai revigoré d’une belle manière. Une journée de vacances, sur Dreamland, c’était con, mais même après avoir exploré plusieurs fois le Royaume des Tropiques, je ne m’étais jamais dit : il te faut du repos. Généralement, quand je pensais à ça, c’était entre deux aventures et je revenais dans le Royaume des Deux Déesses pour me taper Fino, Germaine et l’administration (mes aventures dangereuses ressemblaient plus à des vacances que revenir au bercail en fait). Une vraie journée de vacances, loin de tout, tranquillement, dans un Royaume idyllique, la belle vie… Quelques heures de liberté, une vraie bouffée d’air.

  Quelle vie on devait mener sur Dreamland pour en arriver à dire que quelques heures de vacances étaient une bénédiction, pas besoin d’une semaine, de deux, une seule nuit et on pouvait s’en contenter. Etait-ce parce qu’on n’en avait pas besoin vu que de base, on devait vider sa tête dans les pays des rêves, ou était-ce plus pernicieux, parce que celui-ci était loin d’être une terre agréable comme on se l’imaginait tous avant ?

  Lithium me raconta sa journée, si banale qu’elle en devenait charmante. Peut-être que la blonde y mettait une énergie incroyable, d’une positivité si forte que tout ce qu’elle aurait pu raconter deviendrait intéressant. Comme si elle redécouvrait les choses qui l’entouraient, qu’elle avait dit ? Dans ce cas, elle était en train de passer un cap, et j’étais bien incapable de dire qu’est-ce qui dans les deux dernières nuits lui avaient ouvert les yeux à ce point pour qu’elle se sente revivre. Peut-être qu’au final, c’était juste son célibat qui durait depuis trois jours fatidiques et qui, après le vide que ça occasionnait (qu’il fusse heureux ou pas), lui permettait alors de re-penser sa vie autour de nouveaux axes. Qui pouvait le dire, je n’étais pas dans sa tête (il n’y avait qu’un petit démon), et encore moins psychologue. Un peu moins enthousiaste qu’elle, déjà parce que je n’avais pas eu de révélations incroyables, ensuite parce que j’en parlais déjà pas mal dans le vrai monde et que ce n’était pas si passionnant que ça, je répondis, sourire sorti quand même :

« Je travaille sur mon restaurant, ma chérie – parce que j’en ouvre un, vers le nord-ouest de Montpellier, je pense pas que tu vois le quartier, je ne connaissais pas moi-même avant. Là, j’ai acheté la salle, tout est en travaux, j’ai l’impression de pas avoir une minute de temps libre devant moi, et la restauration ne m’a jamais passionné, donc je ne sais pas d’où je tire la force pour m’investir autant dans quelque chose… Mais s'investir, juste s'investir dans un projet, merde, j'adore ça. » Si, je le savais bien au fond de moi. La restauration avait toujours un attrait cool, mais ce que je voulais, une envie qui était née grâce à Dreamland, certes très lentement, c’était de ne plus travailler sous les ordres de quelqu’un. « J’ai aussi juste envie d’être indépendant ; ça fait la grosse tête d’être roi. » Juste une phrase un peu sortie de son contexte, rien que du flirt : hé poupée, tu te rappelles que j’ai une couronne sur la tête ? Les femmes aiment les rois.

  Le petit-déjeuner sinon, fut un régal, ce qui en plus du cadre impossible à rivaliser, le transforma en vrai moment de paradis. Quand j’avais pensé à cette journée de vacances, c’était exactement cette satisfaction et ce bonheur du moment que je voulais atteindre. Lithium et moi goutions à à peu près tout, étions excités par tout, et à la fin, après quarante-cinq minutes de dégustation lente et de profiter de l’instant, tout ce qu’il y avait eu sur le plateau avait été englouti. Il ne manquait plus qu’à raaaaaah… c’était dur, mais il ne manquait plus qu’à se lever et aller découvrir des supers endroits dehors.
Lithium avait parlé d’un lac tout à l’heure. Un lac au-dessus des nuages, rien que l’idée donnait des frissons. C’était une super idée.

  Bon, le seul souci évidemment, c’est qu’on n’avait pas de maillot de bain de mariés (étrangement), il faudrait donc se contenter des sous-vêtements, j’imaginais. Sauf si on trouvait une boutique de fringues, mais dépenser de l’Essence de Vie pour une seule baignade puis basta, merde. Et je n’avais pas trouvé de toute manière, des boutiques de vêtements durant nos dernières escapades, soit on était chanceux, soit on ne l’était pas. Je laissais la Voyageuse faire ses petites affaires dans la salle de bains tandis que je cherchais, par le balcon, où se trouvait le lac en question. J’allais même jusqu’à sortir de la chambre et demander à un employé de l’hôtel s’il savait où l’on pouvait trouver ce qu’on cherchait. Il m’indiqua une bonne astuce, à un étage supérieur, les nuages au-dessus où peu de gens allaient et qui se trouvaient être un endroit magnifique. Je notais sur mon poignet les indications pour y aller. Et dès que j’eus toutes les informations, je toquai à la porte de la chambre que j’avais quitté, et cavalier, petite révérence à ‘ma femme’ avant de lui prendre le bras pour l’amener… tout proche.

  Il y avait un énorme ascenseur ressemblant fortement à celui qu’on avait pris il y avait deux jours de ça : on s’installait confortablement sur une sorte de gros sofa, dans un tube en verre, puis un énorme ventilateur se mettait à tourner, et la puissance de la turbine nous éleva subitement. On put alors voir toute la ville qu’on avait arpenté ces deux derniers jours, avec ces îles flottantes reliées, ces habitations colorées, le soleil qui éclairait toute la place. Dommage que la vision ne dura que quelques secondes, mais elle resta imprégnée de moi dans ma rétine une bonne minute encore, ces gens, cette activité, ce calme qui régnait dans les environs, sans monstre, sans Voyageur de merde, sans connard, sans explosion. Je poussai un énorme soupir à voir un Royaume en paix, tout simplement, et d’y faire partie. Je cherchais le regard de Lithium juste après, alors qu’on passait dans une couche de nuage blanche et duveteuse, afin de pouvoir voir ce qu’il y avait dans ses yeux et partager ce que moi, j’y avais ressenti.

  Après être descendu de l’appareil, on tombait sur un village plus petit, plus clairsemé d’habitations, mais il suffisait d’aller par-là, selon les indications à mon poignet, puis par-là, continuer tout droit et s’enfoncer dans des contrées un peu plus sauvages… puis après dix minutes de marche… voilà le lac.

  Avant d’être un lac, c’était une presque-île : un petit chemin de terre partant de l’îlot principal menait à une autre île circulaire, d’un rayon d’une trentaine de mètres, et quasiment entièrement constituée d’eau, si ce n’était une bande de terre qui en traçait un périmètre afin qu’on puisse poser nos pieds, voire à certains endroits, avoir la place pour s’allonger. L’île semblait être profonde en plus, au vu de sa constitution (ce n’était pas qu’un disque flottant quoi), parfait… pour sauter.

« J’y suis en premier. »

  Nous n’étions même pas sur le chemin de terre pour accéder à l’île que j’étais déjà dans les cieux, après avoir fait un énorme bond en quittant Lithium. Après, j’étais un Voyageur donc forcément, j’avais la classe. Je retirai ma chemise, toujours pendant le saut, mon pantalon, mes chaussures et les chaussettes, jetai le tout sur la bande circulaire alors que je descendais et plongeai dans l’eau dans un énorme splash, en boxer seulement. Je ne touchais même pas le fond en pierre, donc c’était déjà une bonne nouvelle, et je ressortis de l’eau très vite, cherchant la blonde des yeux. Je l’avais provoquée afin qu’elle m’imite à son tour, même si enlever une robe était plus compliquée qu’une simple chemise, je voulais savoir si elle avait sauté parce que dans ces cas-là, je serais impitoyable : je créerais une paire de paire de portails afin de la réceptionner, juste au-dessus de l’eau, afin qu’elle fasse une chute de vingt mètres de plus, tout étant calculé pour qu’elle évite de cogner le fond en terre. Ma définition de l’humour. De toute façon, avec nos corps de Voyageur, presque rien ne nous faisait encore peur.

  Et après… qu’on fut tous les deux trempés, il n’y avait plus qu’à profiter du lac et… bah… le paradis. Pas besoin de vous décrire, savoir que vous êtes jaloux me suffit.

__

« Excusez-moi Monsieur, n’auriez-vous pas vu une sublime créature semblable au plus divin des miels ? Elle est ma femme et nous nous sommes perdus. Elle a des oreilles pointues qui témoignent de sa grâce et…
_ Nop. »
dit l’employé de l’hôtel, qui en avait marre que le même Voyageur lui pose la question à chaque nuit
_ Mwaaalleeeeeeez ! On va la retrouver celle que t’aimes ! C’est izy. » tenta cet espèce hurluberlu qui le suivait partout de le rassurer.

  Bon sang, mais il ne pouvait pas la fermer celui-là ? Pourquoi c’était lui qui était réapparu quand il s’endormait pour revenir dans le lit ? C’était la troisième fois qu’il revenait ici, c’était bien parce que Dreamland n’était pas satisfait de la situation, que les doux amants ne s’étaient pas retrouvés. Mais où pouvait-elle bien être ? Parce qu’on lui avait dit qu’on l’avait vu, plusieurs fois, les gens étaient juste incapables de dire où elle était maintenant, mais ça voulait dire qu’elle rôdait quelque part, ne comprenant pas ce qui se passait. L’effet de surprise du mariage était un peu loupé, très bien. Vlad aima s’imaginer la réception magnifique qu’il y avait dû avoir juste avant, avec des chevaliers, eux, mariés par un roi, comme promis. Ils s’en souviendraient certainement s’ils se retrouvaient.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Dim 31 Juil 2016 - 19:08


Alors il tenait un restaurant à présent ?
Le Nord-Ouest de Montpel'... C'était pas côté Paillade/Mosson ça ? Faut dire qu'elle n'y allait genre, bah jamais ? Ah si, une fois ou deux pour une conférence sur le dessin de presse à la salle Pierre Vivès ou encore une pièce de théâtre à Jean Vilar. Ce qui était marrant, c'est que le garçon disait lui-même que le domaine de la restauration ne l'avait jamais intéressé, et qu'il ne comprenait pas d'où lui venait la force de s'investir autant dans ce projet. Malgré cela, qu'importe qu'il en dise le contraire, cela semblait lui plaire et ça faisait plaisir à entendre. Puis il rajouta finalement qu'il souhaitait surtout être indépendant, les chevilles enflent lorsque l'on est roi. Hein, quoi ? Roi, lui ? Ah bon ? Roi des cons ouais! Aaaah, mais attends, c'était pas ce qu'elle avait lu dans un DreamMag une fois ? Le royaume des deux... Des deux... Lithium était sûre que c'était le chiffre deux, ensuite, prrrt ! C'est vrai qu'sa tête est tellement grosse, qu'elle ne rentrerait même pas dans son propre cul. DES DEUX DEESSES, VOILA ! Ou pas ? Si, si. Bon, la blonde n'y avait jamais foutu les pieds, donc elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il contenait. Du coup, à part avoir les sourcils froncés le temps de la réflexion, elle ne réagit pas plus que ça. N'empêche, ça doit être chiant d'être roi en fait. Responsabilités, des décisions difficiles à prendre... Ouais, elle aimerait pas ça. Elle finirait bien vite par se faire chier ! Mais bon, Ed n'avait pas l'air d'être le genre de roi à rester sur son pouf. A savoir comment il avait chopé le royaume aussi tiens ! Sincèrement ravie pour lui vis-à-vis de sa nouvelle passion, la blonde lui répondit avec beaucoup d'enthousiasme.


« Bah, tiens-moi au courant hein, j'aimerais bien y faire un tour dans ton resto ! Ça me fera sortir, j'y mets jamais les pieds dans ce coin-là de Montpellier. C'est cool que tu mettes autant d'énergie dans ce projet, il faut toujours avoir quelque chose qui nous fasse avancer dans la vie ! »

Et le sien serait probablement le voyage, la découverte.
La suite du petit-déjeuner se passa tranquillement sans accroche, et c'est le ventre bien plein que les jeunes gens se préparèrent à partir pour le lac. Alors qu'Ed partait en quête d'informations à propos du trajet menant à destination, la demoiselle fit un tour par la salle de bain. Bon, pas de maillot, bien sûûûûûûr... Lith se débarrassa de son peignoir et, vérifiant que le garçon était sorti de la chambre, reparti chercher les sous-vêtements ainsi que la robe dans le placard. Revenant ensuite dans la salle d'eau, elle observa l'endroit. C'était d'une classe, d'une élégance ! Une douche ET une baignoire, s'il vous plaît ! Oh oh oh ! … Maaaah, elle n'aurait probablement pas le temps de tester les deux. Peut-être plus tard. Après s'en être pris plein les mirettes, la jeune fille enfila les sous-vêtements, un joli soutien-gorge blanc suivi d'une culotte légèrement dentelée. Pendant qu'elle agrafait le haut, son regard croisa celui de son reflet dans le miroir.
Elle cessa de bouger et s'observa durant de longues secondes. Légèrement de profil, elle se tourna doucement pour jeter un œil à son dos. Ses cicatrices étaient toujours présentes, et bien que le tatouage de Crazy prenait les ¾ de son verso, ils ne les cachaient pas toutes. Pour celles recouvertes d'encre, il suffisait juste de fixer quelques secondes pour finalement les voir. Toujours sans rien dire, elle se vêtit de la robe et fit en sort que ses cheveux cachent la partie échancrée. De toute façon, une fois dans l'eau, elle ne pourrait plus cacher son dos donc bon, autant faire comme si de rien n'était. Et puis, il les avait déjà vues. Fallait assumer ses blessures et passer outre, puis de toute manière, elle comptait bien faire payer à Ethan toutes ces traces gravées dans sa chair.

On toqua à la porte et ce fut un Ed bien poli qui l'accueillit à coup de révérence, déclenchant ainsi un sourire amusé chez la jeune fille. Il tendit son bras et elle lui prit sans rouspéter, avant de se laisser emmener à un immense ascenseur transparent, proche en tout point de celui qu'ils avaient empruntés quelques jours auparavant. Jusqu'alors immobile, l'engin décolla soudainement du sol pour traverser le ciel. Sur le coup de la surprise, Lith se crispa légèrement au bras du garçon, avant de finalement le quitter pour s'émerveiller au plus près de la vitre devant le paysage fabuleux qui s'offrait à eux. La palette de couleurs qui composait la ville éclairée par les soleils était si variée, que toutes les peintures connues ne suffiraient pas à peindre cette vision ! C'était si beau que la demoiselle sentit son cœur tambouriner contre sa poitrine. Consciente qu'elle ne reverrait probablement plus jamais ce décor, la voyageuse profita de chaque seconde. Malheureusement, tout cela fut de bien courte durée et bientôt, ils ne virent plus que les nuages. Mais malgré ça, la blonde ne pouvait pas oublier ce qu'elle venait de voir, et même la matière cotonneuse qui les enveloppait continuer de l'étonner. Il était à présent totalement évident qu'elle devait partir voyager, pour voir davantage de paysages de la sorte, admirer chaque lever et coucher de soleil de chaque endroit du monde. Finalement, Dreamland n'était pas qu'un champ de bataille, il restait encore des lieux emprunts de sérénité et de beauté, il suffisait seulement d'enlever ses œillères. Lithium revint auprès de Ed et croisa son regard. Elle lui sourit paisiblement et reprit son bras. Depuis quand t'es aussi tactile ? J'te jure, tu m'file la gerbe !

Le duo – ou le trio, ça dépend du point de vue - descendit enfin de la machine et découvrit un charmant petit hameau. La jeune femme se fia ensuite au sens de l'orientation du blondinet – ou à son poignet en vérité – et suivit la marche. Sans vraiment prêter attention au temps, la voyageuse profita plutôt des lieux qu'ils traversaient. La flore était sacrément varié, et même parfois étrange, mais c'est ce qui en faisait tout le charme. Sans parler de la faune ! Après une courte marche, ils arrivèrent enfin au lac. Composé d'une presqu'île, l'endroit était relativement isolé et personne, à part eux,ne semblait se trouver dans les parages. Alors qu'elle trempait un doigt de pied pour tâter la température, son camarade lui fit savoir qu'il y allait le premier. Oh mais vas-y hein ! Avant même que la demoiselle n'ait eut le temps de dire ouf, le jeune homme s'était déjà élancé avec toute sa force de voyageur dans les airs, retirant au passage tout vêtement qui pourrait le gêner, jusqu'à terminer en caleçon. AH PUTAIN NON, CACHE-MOI CETTE NUDITE QUE JE NE SAURAIS VOIR ! Ed plongea donc en faisant une énorme bombe. Aaah, mais genre le meeeec ! Il me cherche là ? Lorsque le blond refit surface, elle eut un sourire malicieux. Ouais, il me cherche. Répondant instantanément à la provoc' du garçon, Lith se délesta de ses chaussures – merci mon dieu - et enleva ensuite sa robe en partant du bas comme pour enlever un tee-shirt, terminant ainsi en sous-vêtements blanc. Puis elle recula avant de courir pour prendre de l'élan. Tu vas voir, je vais tellement t'éclabousser que tu vas voler mon gars ! A c'que je sache, le blanc mouillé devient transparent, non ? Ce n'est que dans les airs qu'elle pensa à ce léger détail. Ah ouais, merde c'est vrai... Ouais bon, zut hein ! Il avait sûrement vu plus de poitrine qu'elle ne pouvait l'imaginer, alors franchement, pas de quoi en faire un flan. Prout hein !
Et donc elle sauta. Oh oh, mais tu vas rien comp... C'est quoi ça ? Alors que la blonde s'approchait dangereusement du bord, des sortes de cercles apparurent et ce n'est que lorsqu'elle en traversa un, et que son estomac se serra durant le passage, qu'elle comprit. Ah l'bâtard. Et ce fut reparti pour ne nouvelle chute interminable. Oh punaise, non mais elle allait se défoncer à l'arrivée ! … Oh quoique attends, une idée tiens. Plus près, plus près... Maintenant ! Abaissant toutes ses barrières mentales, elle fit comme si elle lâchait prise et laissait la place à Bis. Cette dernière, trop joyeuse de prendre les commandes, ne comprit pas tout de suite la feinte.


« AHA, J'T'AI EUE ! J'savais bien que tu finirais par craquer ! T'es tellement conne en même temps, j'vais enfin pouvoir péter la gueule de cet enf... », et elle comprit, « … Connasse. »

Et le splash.
La seconde personnalité s'enfonça dans l'eau, encaissant le choc à la place de Lith qui n'en ressentit que les vibrations de là où elle était. Hé, on ne dit plus rien hein ? Emportée par la puissance de la chute, la jeune femme continua sa descente dans le lac. Une fois certaine de pouvoir reprendre la pleine possession de ses membres, la voyageuse reprit immédiatement le contrôle de son corps, profitant de l'instant de surprise de son virus. Ok, elle avait pris un sacré risque, mais en attendant, ça avait fonctionné ! Son esprit était bien moins faible qu'auparavant, et c'était un bon point. Pendant que Bis reprenait ses esprits et commençait à enrager, la blonde entama le trajet inverse pour rejoindre la surface. En chemin, elle rencontra des poissons multicolores, aux membres sacrément variés et put observer le bleu reposant du lac. A mesure qu'elle remontait, elle vit les jambes de Ed et l'envie de lui rendre la monnaie de sa pièce la titilla immédiatement. Muéh hé hé... Sans attendre, elle attrapa les tibias du garçon et le tira de toutes ses forces sous l'eau, avant de le lâcher et de lui tirer la langue. Elle remonta brièvement à la surface récupérer de l'air et replongea dans les secondes suivantes. Se dirigeant vers le voyageur au panneau, elle lui désigna le fond pour lui montrer toutes les créatures qui se déplaçaient. Ça ne serait pas juste qu'elle soit la seule à les voir ! Puis elle remonta enfin, un sourire aux lèvres. Si il finissait par remonter également, elle le traiterait d'imbécile en riant. Ok, elle aurait pu se faire un sacré plat si elle n'avait pas géré, mais le coup du portail avait eu le mérite d'être marrant ! Ensuite, elle retournerait bien sous l'eau visiter les alentours.


---------

Leur mariage avait dû être sans l'ombre d'un doute le plus beau de tous les mariages qu'il ait été donné de voir en Dreamland. Et puis, il était évident qu'il avait été prononcé compte tenu de l'alliance à son doigt, ce même anneau symbolisant l'amour éternel qu'ils s'étaient jurés. Mais alors pourquoi s'était-il réveillé pour la troisième fois aux côtés de ce zigoto dépourvu de la moindre élégance ? Etrange, très étrange... Peut-être que leur séparation était une façon de tester la puissance de leurs sentiments l'un envers l'autre ? Mais bien sûr ! Oh qu'elle était bien polissonne sa Lithy ! C'était une surprise que sa blonde lui préparait, c'était évident ! Un passant dans la rue à qui il avait demandé s'il avait aperçue sa dulcinée, affirma l'avoir vue courir dans cette direction -suivre le doigt. Sans attendre, le justicier à la redingote poussié- vintage, parti une nouvelle fois en quête de sa malicieuse aimée. Franchement, c'était une sacré coquine ! Elle devait probablement l'attendre au beau milieu d'une salle décorée dans un château médiéval, prête à lui offrir cette « surprise ». Il était juste dommage de devoir se coltiner sans cesse ce maraud de bas étage...

- « Hé c'est marrant, moi aussi j'ai la même bague ! Que c'est zouliiiii ! », fit un Drake Ramoray, ému.



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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 3 Aoû 2016 - 23:09
Secrètement, je n’aimais pas l’eau, je détestais être trempé et les douches étaient un supplice quotidien auquel je me pliais – la mer était une horreur parce qu’en plus j’avais du sel, aller à la piscine revenait à de l’auto-flagellation (teeeeellement d’étapes pour si peu), au final, me baigner était la seule raison qui me faisait aller chez le coiffeur, car moins on avait de cheveux, plus c’était agréable. Il était inutile de dire à Lith mes préférences, je savais profiter d’un moment rare et paradisiaque quand j’en avais, je ne pouvais pas faire la fine bouche, ou plutôt, le cadre de la baignade était assez incroyable pour que tout devienne plaisant, même se tremper dans l’eau.

J’avais à peine atteint la surface, et Lith aussi, quelques secondes après moi, que les petits jeux démarraient, blabla je t’envoie de la flotte dans la gueule, fais gaffe à la bombe, et évidemment, je te tire par les jambes pour que tu coules. Je lui répondis en lui tirant la langue, alors qu’elle remontait vers la surface et que j’en profitai pour regarder ses belles jambes battre dans l’eau en remuant des centaines de petites bulles. Je remontai à mon tour pour reprendre ma respiration, puis Lithium m’emmena à nouveau vers le fond, avec mon consentement cette fois-ci, pour découvrir les profondeurs de notre petit lac et les petites créatures qui y habitaient.

Vous vous doutiez que la curiosité marine n’était pas non plus mon fort – la curiosité tout court d’ailleurs, Dreamland apprenait vite aux gens à éviter de s’approcher trop près de choses qu’il n’avait jamais vues – rajoutez alors de l’eau, comme dit lors du premier paragraphe, et je faisais, han, bien sûr, sans moi. Je ne m’étais jamais intéressé à ce que pouvaient cacher les fonds marins, déjà parce que moi, perso, ça me faisait flipper ma race. Mais l’excitation de Lithium était complètement contagieuse et je fus pris au jeu d’aller compter toute la petite poiscaille qui se baladait dans le coin en évitant nos corps massifs.

Vous notiez aussi tous les coraux que l’on pouvait trouver au fond ou accrochés aux parois, aussi multicolores que les barrières que l’on pouvait trouver en Australie, et dans lesquels les poissons se faufilaient gaiement (je surpris une des plantes oranges à sortir des petits pieds pour s’installer ailleurs, ainsi que des yeux à plusieurs d’entre-eux, des yeux petits parfaitement ronds, et qui pourraient faire cracher du kawai à n’importe quelle nippophile). Il y avait peu besoin de remonter à la surface, les Voyageurs retenaient peut-être mieux leurs respirations que les corps du monde réel (peut-être une histoire d’air qu’on consommait moins, les mouvements restant les mêmes que pendant la journée, à ceci près qu’ils étaient capables d’écraser du roche, donc consommaient moins d’énergie).

Je n’aimais pas me tremper, mais être mouillé, ça allait (pour la précision). A partir du moment où j’étais complètement dans l’eau, nager devenait un plaisir et naviguer dans les trois dimensions était une source d’amusement infini, surtout quand on pouvait utiliser les bords du lac pour atteindre rapidement un point B, en prenant appui avec ses jambes. J’essayais différentes nages sous-marines en même temps d’explorer les environs, et me rendis compte avec bonheur que c’était bien plus large que ce que j’aurais pu imaginer. Les fonds du lac avaient pas mal de surprises à nous dévoiler, et ce jeu dura bien plus d’une heure, sous la flotte, jusqu’à rider les doigts et faire croire au corps que nager était une seconde nature pour nous, tant on s’habitua à la pression de l’eau et sa relative solidité.

Une heure à rêvasser avec le soleil qui scintillait à la surface, une heure à redécouvrir les joies de la nage tranquille, sans courant, sas baïne, sans vague, comme une piscine, mais au naturel, à regarder Lithium explorer les fonds avec une extase enfantine qui m’inspirait, à profiter du temps présent et la beauté des lieux, à revenir vers la surface, se hisser légèrement vers les bras au bord et voir des océans de nuage infinis, revenir sous l’eau et revoir des éléments que l’on n’avait pas vus, faire semblant de ne pas constater les vêtements de Lithium bien trop collés à son corps, la voir, elle, s’ébattre gaiement sous la flotte – c’était fou comme un corps était beau sous l’eau, je pouvais profiter des mouvements du sien, ses bras qui s’agitaient, sa tête qui retenait l’air, ses cheveux qui flottaient, emportés par le mouvement, ses jambes qui donnaient de la puissance à tous ses gestes. Elle était belle sous l’eau.

J’en vins à comprendre qu’elle avait un caractère aventureux incroyable, bien plus développé que le mien, et que sa curiosité, la fascination constante que le monde lui inspirait, la rendait bien plus intéressante qu’aux premiers abords. Je m’en étais rendu compte comment elle dévorait les paysages des yeux ou s’extasiait sur le moindre détail quand je ne faisais qu’en sourire – tous ces nouveaux éléments me faisaient plaisir, mais sur elle, ça lui procurait comme une sorte d’énergie électrisante qu’elle me transmettait. Je la regardais maintenant avec un air entre le respect et l’envie : je voulais voir le monde et ses mystères comme elle les voyait. Je pouvais être un super baroudeur onirique et avoir gardé une grande partie de mon âme d’enfant, je n’étais pas aussi à l’aise dans mon environnement qu’elle, et ce trait la rendait terriblement séduisante : où qu’elle allait au final, on la sentait maîtresse autour d’elle. Elle manquait horriblement de confiance en soi, elle était maladroite, mais maladroite, et pourtant, il lui suffisait de poser les pieds quelque part pour qu’on pense : tiens donc, mais elle se sent chez elle. Comment disait la grand-mère ? Elle avait les yeux et les bras ouverts à la vie. Ah non, ce n’était pas la grand-mère, c’était le grand oncle ! Celui qui avait voyagé et voyagé, notamment en Afrique, et qui ne s’était arrêté qu’à cause de la mort de sa femme, dont il ne s’était jamais remis. Lithium avait la même aisance avec le monde. En plus des algues, des coraux et de la poiscaille, je n’hésitais pas à lui lancer un ou deux regards par-ci par-là, autant pour profiter de son corps que pour observer comment elle interagissait, passivement ou activement, avec le fond du lac.

Ce qui était bien avec la constitution de Voyageur, c’est que nager pendant plus d’une heure n’était toujours pas un problème, la fatigue ne pouvait plus nous atteindre tant qu’on naviguait tranquillement dans l’eau. Ça ne nous empêcha pas de sortir à un moment parce qu’il fallait bien sortir et on s’allongea sur l’herbe qui faisait le tour de l’île ; autour de nous, les cieux gigantesques dans lesquels les regards se perdaient : soleils, nuages si denses qu’on pouvait certainement poser les pieds dessus, vent des hauteurs qui nous caressaient les corps trempés. La lumière était parfaite. Posez-vous sur le dos, comme on était actuellement, et là… fiou, on contemplait l’infini… si grand qu’on pourrait constater des grondements, j’en étais certain. Il ne pouvait y avoir d’espace avec autant de vide, l’esprit ne pouvait pas se l’imaginer.

Toujours sur le dos à sécher, je pris la décision et me jetai à l’eau pour la seconde fois durant cette dernière heure : je me rapprochai de Lith, et passai mon bras sous sa nuque pour que ma main termine sur son épaule, que je caressai rêveusement, la position nous rapprochant et nous faisant nous toucher à de nombreux endroits. Le baiser qu’on avait eu la nuit dernière à Délirium City ressemblait à de la curiosité ; maintenant, ça n’était que le geste né d’une envie certaine, qui devait se lire dans mes yeux et mon sourire : je voulais être près de toi. Peut-être pas demain, pour le restant de nos vies, mais ici, maintenant, tranquillement, sans ambition ni manière, sans promesse, sans mot et sans obligation. Juste pouvoir la toucher et lui faire sourire, profiter de ce moment à deux, faire plus si affinités, la regarder dans les yeux et lui masser tranquillement la peau que ma main avait à sa portée, sans réfléchir, une jambe contre l’autre, respirant son odeur enivrante mêlée à celle de l’eau. Juste profiter d’elle et des cieux.
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 9 Aoû 2016 - 12:51


On aurait dit de gros gamins à jouer ainsi dans l'eau.
De parfaits demeurés ouais! Mais en quoi était-ce un problème me diriez-vous ? Et bien, en rien justement. Se comporter en adultes totalement immatures avait du bon parfois, et permettait de ne réfléchir à rien d'intelligent hormis être le plus simple possible. Et c'était ça qui plaisait à Lithium dans cette journée ; ne pas se prendre la tête, profiter de ce qui lui était permit de vivre et se laisser à toutes les curiosités. La blonde avait toujours été de nature curieuse, à expérimenter ou à découvrir ce qui lui était inconnu. Enfant, elle passait son temps à observer les fourmis et les oiseaux entre autres, et s'était même accoquiné d'un hérisson ! La gamine n'avait jamais peur de se blesser ou de se salir, tant qu'elle pouvait apprendre et comprendre. Toujours fourrée dans un arbre à observer les feuilles ou à regarder l'horizon, elle appréciait également ramasser tout ce qu'elle pouvait trouver, pour ensuite ramener son butin à la maison et procéder à l'inspection. Bien que peu présente, la mère de la voyageuse n'avait pas oublié de raconter certains éléments de l'enfance de sa fille, comme le fait qu'elle pouvait rester des heures à patauger dans l'eau pour observer la vie marine. Effectivement, Lithium avait des images assez floues d'une plongée sur le dos de sa mère et du splendide spectacle auquel elle avait assisté. Aujourd'hui encore, il lui arrivait de se rappeler de l'incroyable diversité marine qui peuplait ses souvenirs. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, la demoiselle avait toujours eu une certaine fascination pour la mer, bien que son sport préféré soit le ski et que la montagne permettait une certaine quiétude, c'était au final toujours vers la mer qu'elle allait. L'air salé, le vent marin et le bruits des vagues étaient tant d'éléments qui faisait qu'elle aimait la côte. La mer n'est jamais plus belle que lorsqu'elle est vide de toute population.

Sous l'eau, la pollution sonore de l'extérieur est presque nulle.
Le silence marin est comme une douce mélodie ponctuée d'intenses petites notes.
Décrire les fonds océaniques est toujours difficile, et encore plus la sensation pénétrante qui vous traverse lorsque vous évoluez en profondeur. Lithium n'avait jamais su dire si c'était l'excitation de ce qu'elle s’apprêtait à découvrir, ou le simple fait de nager qui la rendait aussi euphorique et sereine à la fois. Peut-être de pouvoir partager sa curiosité avec quelqu'un ? Ou encore l'adrénaline de tomber nez à nez avec une créature hostile, qui c'est ? C'était justement ça qui faisait battre son cœur, ne pas savoir ce qu'elle allait découvrir, et encore moins leur éventuelle réaction. Un de ses rêves secrets était d'ailleurs de plonger avec les requins, ces créatures largement incomprises.
Qu'allait-elle donc dénicher ? Emmenant Ed avec elle dans son exploration, ils slalomèrent parmi la faune du coin, toute aussi diverse et variée que celle du monde réel ! Toutes les couleurs se tutoyaient, habituelles comme inhabituelles, des mélanges étranges, des membres supplémentaires sans le moindre sens... Une barrière de corail fort heureusement mieux conservée que la grande d'Australie donnait encore plus de fantaisie à ces profondeurs déjà bien farfelues. Ce qui aurait pu s'apparenter à des anémones se déplaçaient au gré des mouvements sous-marins, ces derniers semblant les déranger. L'une d'entre elle gifla même d'une de ses tentacules, un poisson souhaitant s'installer en son sein. Oh, pas commode l'anémone... En revanche, une adorable créature avec des petits pieds et aux yeux ronds comme des billes – proche de l'anémone en soit – s'expatriait également avec quelques-uns de ses congénères, voir si les algues étaient plus vertes sur le rocher voisin. Oooh, c'était trop mignooon !

Lithium n'hésita pas une seconde à s'approcher pour observer de plus près la vie marine qui se déroulait devant eux, pour ne serait-ce que comprendre une pincée de son interminable complexité. Mais elle n'approcha pas ses mains pour n'embêter personne, question de respect. Parfois, quelques poissons et autres créatures s'approchaient de son visage pour faire de même. Bonjour, bonjouuur ! La blonde observait tout de ses grands yeux, ne souhaitant pas perdre une seule miette de ce qu'elle voyait, savourant chaque dixième de seconde de cette expérience qu'elle n'oublierait jamais. Après s'en être suffisamment mis plein les mirettes, la demoiselle plongea plus profondément encore et remarqua qu'étrangement, ses oreilles ne la faisaient pas souffrir. Bon, elle n'allait pas s'en plaindre ! Ça lui permettrait ainsi d'aller plus bas. Au-dessus de leur tête circulaient des poissons tout aussi étrange les uns des autres. Une sorte de mélange entre un têtard et une raie, ainsi qu'une pincée de crapaud, doté de puissantes pattes arrières, une queue et de toutes petits nageoires plates, sa couleur bleue sombre saupoudrée de tâches plus claires, voyageait en meute.
Elle fut d'ailleurs surprise par l'équivalent d'une murène sortant de son trou, et s'approchant dangereusement d'elle. La jeune femme se contenta de rester calme et de laisser la bestiole l'examiner. Si cet animal était de la même famille, alors le danger était quasi nul. Effectivement, une murène n'est agressive que si elle se sent menacée ou si son terrier est dérangée. Ce n'est absolument pas un animal vicieux comme le laisse malheureusement entendre son physique peu avantageux. Le poisson tourna autour d'elle et s'éloigna ensuite sans faire d'histoire. Et si ça n'avait pas été le cas ? Et bien... C'était le risque de l'exploration ! Si l'on ne prend pas de risque, rien de merveilleux n'arrive jamais.

Le temps sous l'eau passait bien trop vite au goût de Lithium qui aurait pu continuer à la limite de la noyade. Mais chaque bouffée d'air inspiré lui permettait d'explorer encore davantage. Si Daniel pouvait voir ça, sûr qu'il élargirait ses recherches sur les civilisations de Dreamland à la faune du coin. Sauf que le jour où il parviendrait à mettre les pieds ici, bah c'était pas prêt d'arriver ! Profitant des soleils hauts dans le ciel, la blonde flânait parfois tranquillement aux côtés de Ed à la surface avant de replonger quelques temps plus tard, certaine de ne pas avoir encore tout vu et emmenait le garçon avec elle dès qu'il le souhaitait. Après tout, c'est toujours plus agréable d'être en bonne compagnie. Bonne compagnie... Pourquoi j'te parle encore t'façon ? T'en as rien à foutre de ce que j'peux bien te dire ! Effectivement, la jeune femme n'en avait strictement rien à foutre de ce que pouvait bien penser Bis. Pour une journée, c'était comme si elle n'avait jamais existé.
Lorsqu'elle eut assez explorée, et littéralement touché le fond, Lithium nagea tranquillement sous l'eau, esquissant quelques petites pirouettes, profitant de la fluidité des mouvements que procurait l'eau, tout en observant les profondeurs, espérant en voir sortir une créature oubliée d'une époque plus ancienne que Dreamland même. Malgré le fait que rien ne fit son apparition, elle continua de se déplacer paisiblement avant de rejoindre Ed dans sa nage. Il n'était pas obligée de rester avec elle, et pourtant il l'accompagnait la plupart du temps. J'dirais qu'il se rince l’œil ce bâtard ouais ! Ils échangeaient parfois quelques regards, ce qui la faisait inconsciemment sourire. C'était grâce à lui et à sa bonne initiative qu'ils pouvaient profiter d'une telle expérience, et elle ne pouvait que le remercier. Ed n'était probablement pas le genre de personne à faire des choses contre son gré s'il n'en avait pas un tant soit peu envie. Finalement, les deux voyageurs finirent par retourner à la surface. Ils se hissèrent sur l'île et s'allongèrent dans l'herbe chaude qui la composait. Pfiou, ça lui avait fait du bien de nager un peu !

Le visage face à l'immensité du ciel, l'on pouvait s'imaginer toucher les nuages rien qu'en tendant les bras ! Posée de cette façon, dans un tel cadre naturel – autant que Dreamland puisse l'être - Lithium avait l'impression d'être loin de toute civilisation, certaine de ne pas être dérangée par le bruit d'un fichu klaxon ou les pleurs du môme des voisins. Non, juste le calme de la nature du Royaume Céleste, et la douce brise du vent sur leur corps. Elle prit une grande inspiration et lâcha un profond soupir de satisfaction. Ce qui avait commencé par une histoire à encore dormir debout se terminait finalement très agréablement. Du soleil, de l'eau, le silence... Que demander de plus ?  L'on était si bien couchée là, par terre, sans aucun souci ! Histoire de se reposer de ces heures de battements de jambes, la blonde ferma les yeux, s'imprégnant juste du bruissement des feuilles et de l'herbe qui lui chatouillait la nuque. Sauf qu'il n'y avait pas que l'herbe qui lui chatouillait la nuque en fait...
A l'instant même où le bras de Ed passa sous la nuque en question, la jeune femme rouvrit subitement les yeux sous le coup de la surprise. Il se passe quoi là ? Par son geste, il l'avait rapproché de lui et, légèrement affolée, elle cacha son visage dans le creux du cou du garçon. Ooooh, le vieux coup du braaaas ! … Qu'il dégage avant que je ne le lui sectionne avec les dents. La main du voyageur caressant son épaule, Lithium eut un soudain frisson qui parcourut l'intégralité de son corps. La situation était étrange, voilà qu'elle se retrouvait dans des circonstances quasi similaire à celle de Délirium, sauf qu'elle était parfaitement consciente cette fois-ci, et qu'ils étaient moins habillés que la dernière fois. Oh punaise oui, c'était transparent, et pas qu'un peu s'il vous plaît ! Pitié qu'elle ne passe pas pour une écervelée... Oh et puis tant pis, ce n'était pas comme si elle recherchait une quelconque approbation non plus. Mais, et maintenant ? Pas de panique, ce n'était sûrement qu'un simple geste de... de... Je ne sais pas. C'était peut-être juste une petite embrassade de camaraderie hein, genre « on est pas bien là tous les deux ? » Et bien, si, justement, on était bien là. C'était ça le truc. On était bien.

A quoi pensait-il ?
Doucement, toujours légèrement désorientée, elle retira son visage enfoui pour regarder le sien et tenter de comprendre ce qui lui passait par la tête. Il avait l'air si calme et sûr de ce qu'il désirait. Et c'était ça, vraiment ? C'était un trait de personnalité que Lithium avait cru déceler chez Ed ; il n'abandonnait jamais. Que ce soit en combat ou dans un tout autre domaine, non, il se battait pour telle ou telle chose, quitte à échouer. Et même s'il se ramassait, il réessayait. C'était en tout cas l'image qu'il rendait. De la détermination dirait-on. En avait-elle ? Probablement, mais trop incertaine, pas assez confiante en elle pour s'en rendre compte. La jeune femme ne savait trop comment réagir face au sourire serein de son camarade, alors elle le lui rendit sans en connaître la signification, ou peut-être faisait-elle semblant de l'ignorer, par crainte de se fourvoyer. Oui, on était bien là, alors autant profiter du moment car demain, tout ça serait probablement terminé. Un peu confuse par le geste qui devait se vouloir affectueux sûrement, elle posa à nouveau timidement sa tête entre le cou et l'épaule du voyageur, le regard vers le ciel et ses nuées nébuleuses. Un de ses passe-temps favori lorsqu'elle regardait le ciel, c'était de décrypter ce qu'elle voyait dans les nuages. Là, une sorte d'attelage de créatures quadrupèdes tirant un char ailé, occupé par un homme casqué à queue de poisson et au visage canin. Ou sinon par là-bas, l'on aurait dit deux personnes prenant le thé à dos de tortue, un truc qui pourrait sortir d'un film japonais ! Le simple fait de s'imaginer ces scènes sans le moindre sens la faisait sourire.
En fait, décrire tout ça occupait son esprit et lui faisait oublier les battements de son cœur, et ceux de son voisin qu'elle sentait sous sa main posée sur le torse de ce dernier. D'un côté, c'était reposant. D'un autre, ça lui rappelait leur actuelle proximité. Alors, pour partir à l'assaut de profondeurs abyssales inconnues, y'avait du monde, mais lorsqu'il s'agissait d’interagir avec le sexe opposé, ah bah là, y'avait plus personne hein ! Tapette. Lorsqu'elle releva la tête, il était toujours là. Oui, logique, tu voudrais qu'il aille où avec toi dessus, hein ? Idiote qu'elle était... Que faire et quoi dire ? Parfois le silence a du bon, mais autrement, il peut rendre fou. Et le fait qu'il la regarde ainsi sans rien dire, en souriant, et sans qu'elle ne sache ce qu'il pensait la rendait justement folle. Qu'attendait-il exactement d'elle ? Attendait-il seulement quelque chose ? La jeune femme voulut briser le silence en l'incluant dans son jeu d'imagination, mais ne parvint à exprimer que la moitié de sa phrase :


« Qu'est-ce que tu vois...? », dit-elle maladroitement.

... Dans les nuages.
Voilà ce qu'il manquait, boulet ! Mais elle ne put rien dire d'autre, un peu gênée d'être observée. Peut-être qu'elle devrait sauter une nouvelle fois dans l'eau histoire de se rafraîchir. Ce qui serait idiot vu que ses cheveux avaient commencé à sécher et boucler légèrement de manière naturelle. Ou sinon, elle irait cacher son trouble en partant à l'assaut des rochers plus loin.



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mer 17 Aoû 2016 - 19:58
  [HRP : Désolé, chuis un peu rouillé ^^''']





La suite fut un peu humiliante, et je tombai rapidement de ma petite île céleste (personnelle) quand je sentis Lithium se raidir sous mes gestes ; j’avais l’impression d’avoir tenu par le cou un petit chaton qui cessa automatiquement de se débattre, imaginant les crocs de sa mère presque plantée dans sa nuque. Le moment de gêne fut plutôt lourd, vu que mon estomac le supporta quitte à s’enfoncer, et la blonde, ne sachant plus trop où se mettre, resta près par défaut, s’attendant à ce que je la dévore à chaque seconde. Elle ne se dégageait pas, mais entre ‘ne pas dire oui’ et ‘ne pas dire non’, y avait un monde que je connaissais par cœur, et n’importe qui d’un peu censé ne se satisferait jamais de la seconde option. On appelait ça un râteau froid, quand on n’avait pas de réponse de la part de la personne ; pour vous dire, c’est quelques fois, pire qu’un simple ‘non’. Je le pris mal, évidemment.

  Je dégageai un peu ma prise, elle était plus flottante, les joues rouges, le visage neutre observant les nuages à mon tour pour essayer de voir par derrière lequel je pourrais mieux me cacher. Lithium me demanda ce que je voyais dans les cieux, mais j’étais encore un peu choqué par l’immobilisme de ses réactions (non pas qu’il fut choquant, mais les réactions négatives qu’elles provoquaient en moi, comme évidemment, la déception et l’envie de se bouffer l’intérieur de la bouche de honte, l’étaient, choquantes). Ce fut pour ça que je répondis, avec une pointe d’agacement (que je n’arrivais pas à cacher) :

« Pas mal de nuages. » Je me levais alors assez brusquement, laissant la fille au sol, fis mine de m’étirer pour que mon esprit ait quelques secondes de repos, puis j’enchaînai, le ton un peu raide : « On sait pas combien de temps va durer la nuit, faudrait qu’on aille à l’office de divorce rapidement, ça serait bête de mourir parce que notre rêve nous réveillera au bout de deux petites heures.
_ AH AH ! »


  Ce genre de ‘Ah ah’ qui n’annonçait strictement rien de bon ; le visage vers lequel je me tournais non plus d’ailleurs. Je pouvais bien dire qu’il était insignifiant et que je n’avais rien à faire avec lui, je le reconnus immédiatement malgré le poids des ans sur la mémoire : Vlad Siegfrey, qui s’était tenu tranquille jusque-là, revint avec la grâce d’un sanglier sauvage dans une station balnéaire. Vu le nombre d’exploits qu’il avait accompli ces dernières années (zéro) et sa position dans la SMB, autant dire que maintenant, on était loin du duel énorme qu’on aurait pu faire à nos débuts, quand on menait chacun notre groupe de Voyageurs. Le seul fait notable récent, c’était qu’il y avait moins de cinq jours, il s’était fait lourder par Lith, sa copine. Sa présence ici allait le rendre chiant comme la pluie s’il se rendait compte qu’on était mariés.

  Mais clairement, je n’avais plus la tête à ça et à faire des batifolages guerriers dans la gueule des gens. Qu’on en finisse avec cette nuit, qu’on en finisse avec le Royaume Céleste, qu’on puisse enfin retirer nos bagues et éviter la mort pour non-cuissage. Vlad avait sa belle épée dorée tirée et pointée sur moi, à une dizaine de mètres, et son visage vigoureux témoignait d’une extraordinaire confiance en soi (rien n’avait changé donc) et d’une assurance palpable.

« Ôte-toi de ma femme, ou il t’en cuira !
_ Saignant pour moi ! »
, intervint un homme derrière lui, une Créature des Rêves manifestement, et son caméo parvint presque à ébranler son meneur. De mon côté, j’essayais de comprendre les paroles de Vlad. Sa femme ? Ah bon ?
« C’est moi sa femme. » essayais-je de lui expliquer, puis je secouai la tête en grinçant des dents. Nan, pas bon terme. « Enfin, son conjoint. » Et en notant l’annuaire du type mystérieux collé derrière lui, je lui dis, légèrement blasé, comme si son apparition n’était là que pour un fabuleux comique de situation : « C’est lui, derrière, ta femme, si vous vous êtes retrouvés dans le même lit, c’est que vous êtes mariés. Vous avez trois jours pour coucher ensembles ou divorcer, sinon, vous allez mourir, et malheureusement, c’est trop tard pour divorcer. » Vlad accusa le choc quelques secondes, toujours la pointe dans ma direction tel un infatigable Hook, puis il éclata d’un grand rire vladesque.
« Ah ah Ah ! Tu ne m’auras pas avec tes escarmouches verbales !
_ Mec, c’est la vérité.
_ Le prêtre m’a dit que j’allais me marier avec elle et que j’oublierai tout après.
_ Y a eu un couac dans le mariage, Lith et moi, on s’est embrassés devant le bouquin alors qu’il était ouvert, ça a provoqué notre mariage. Ton prêtre a dû te marier de force avec un autre type pour que tu oublies la soirée dernière, afin que t’évites de le troncher. »
Vlad ne riait plus. Je me sentais presque aussi con que lui, et lui dis en haussant les épaules : « Désolé, hein, l’idiot de service. »

  Le visage de mon ancien ennemi juré changea du tout au tout alors qu’il encaissait les informations. Je n’aimerais pas trop être à la place de Lith qui avait entendu très clairement que son ex avait essayé de se la taper à nouveau. Pas cool de sa part, mais je ne jugeais pas. J’avais juste raison de te traiter d’idiot parce que merde, se prendre les pattes dans son propre piège et se rendre compte qu’on devait coucher avec un idiot pour survivre, merci la galère. Après Lith, Vlad, les moments de gêne continuaient. Tu pouvais lui foutre une baffe, Lith, ça l’aiderait à mettre les idées en place. Le bras du Juge s’affaissa un peu, mais son épée repartit dans les airs alors que la colère l’emportait sur son visage :

« Moi, l’idiot de service ?! C’est toi qui as tout fait capoter, et c’est moi, l’idiot ?! » Il devenait de plus en plus furax, le petit. « Tu te pavanes, tu te pavanes, tu te pavanes comme d’hab, c’est toi qui changes pas ! Je peux rien faire sans que tu te mettes devant en roulant des muscles ! Dès que je veux sauver les gens, tu me tapes dans l’arrière du genou pour me voler le prestige ! Dès que je veux punir des criminels, tu me punis, moi, puis eux, et tu prends toute la gloire ! Et même pour Lithium, alors qu’on était dans une mauvaise passe, tu détruis tout encore une fois en me la volant !
_ Elle ne voulait pas de toi, mec.
_ JE LE SAIS BIEN »
Il m’avait crié dessus, et de la tristesse véritable se mêla à sa colère – c’était con, mais je commençais à compatir. Il souffla comme pour lui-même : « Je suis le premier à le savoir... Je t’aime, moi, Lith ! Je sais, c’est con, c’est pas réciproque, et j’ai pas été le meilleur gars ! Mais voir qu’elle traînait à Délirium parce qu’elle s’était saoulée de joie, ça m’a tué ! Et savoir que toi, Ed, tu me mets encore des bâtons dans les roues, mais c’est pas possible, tu peux arrêter de faire chier ?! On t’entend assez dans le DreamMag, le héros, est-ce que tu peux dégager pour laisser les autres respirer ?! Ed par-ci, Ed par-là, Ed a sauvé un chaton la nuit dernière, pourquoi Vlad ne l’a pas fait ? Ed a vaincu un groupe de malfrats, mais que fait Vlad ? Ed se tape la meuf de Vlad juste après la rupture, ON S’AMUSE BIEN ?!!! » Ses propos devenaient de plus en plus incohérents, mais la tristesse derrière était véritable. Je me sentais de plus en plus con alors que le type crachait tout ce qu’il avait sur le cœur. « Je l’ai compris que j’étais une merde ! C’est bon, arrêtez de me le dire, merde ! Je fais ce que je peux, avec mes capacités ! Désolé Lith, si j’étais pas assez bien, j’ai même été minable sur la fin. Je peux m’améliorer si tu veux encore de moi.
_ Okay, parlez, mais je me casse d’ab…
_ JE TE PROVOQUE EN DUEL, FREE ! »
Là, il avait tant hurlé qu’il me fallut trois secondes pour comprendre ce qu’il disait.

  Mais moi, je voulais me casser. Voir Vlad comme ça, complètement désemparé, désespéré, presque les larmes aux yeux maintenant qu’on s’y penchait, ayant développé des complexes d’infériorité de tous les côtés, ça me fichait mal. Je me sentais pas bien pour lui, sérieux. Ca juste après le presque-rejet de Lithium, je n’avais pas très envie de rester ici, je me sentais naze de tous les côtés. Vlad, le cœur vomissant, continuait de cracher :

« ALLEZ ! JE TE PROVOQUE EN DUEL !!!
_ Très bien, j’accepte. »
Je créai une paire de portails. « J’abandonne. » Puis disparus à l’intérieur, sur l’île inférieure, plutôt près de notre hôtel. Je fis disparaître mes portes et partis dans les rues, loin de l’île céleste où je laissais Lith et Vlad dans leurs problèmes, en espérant qu’ils m’oublient au passage.

  Quand on se sentait l’esprit un peu vague et con, on était capables de faire des choses un peu stupide, comme ce que je venais de faire en m’enfuyant, loin des problèmes. Voilà, on respirait mieux aussi. Je me sentais dans ma petite tristesse, le genre sur laquelle on est capables de beaucoup s’apitoyer, mais qui au final ne restera pas longtemps. Je naviguais, à l’automatique, dans les ruelles du Royaume pour être intraçable, plus dépité que vraiment triste des derniers événements. Je n’avais plus envie de conquérir Lith et son corps, ni de tenir tête à un Vlad démuni. Les deux mains derrière la tête, les lèvres pincées, je me dis que dans moins de trois jours, je ne ressentirais plus rien de cet épisode. J’me sentais bizarre pour vous avouer, bizarre et fatigué d’un coup. Les sentiments étaient toujours aussi complexes, ou était-ce nous qui étions incapables de les décrypter ? De la douche froide suivie de la douche chaude ; ça faisait une hydrocution de sentiments. J’allais juste me guérir en m’éloignant. Alors, pour le divorce, où est-ce que ça se passait ?
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Jeu 18 Aoû 2016 - 13:26


Alors que Lithium continuait d’observer la scène épique qui se déroulait – selon elle – dans les nuages, elle sentit le garçon remuer. Ah, il a vu quelque chose ? La réponse fut amère,  presque cassante, puis il se leva brutalement. La jeune fille s’écarta dans la seconde, se demandant ce qu’il y avait, qu’est-ce qu’elle avait fait ? Ou plutôt, que n’avait-elle pas fait en l’occurrence. La blonde voulut parler pour essayer de comprendre qu’est-ce qu’elle avait bien pu faire – encore – de travers. Mais les mots qui suivirent eurent l’effet d’une véritable douche froide et elle se ravisa bien rapidement, se recroquevillant légèrement sur elle-même, le regard fuyant et triste. Oui, c’est vrai. Le divorce. Elle aurait dû être ravie que cela se termine, mais il y avait comme un goût d’inachevé dans l’atmosphère, et elle y était probablement pour quelque chose. Mais pourquoi fallait-il qu’elle foute toujours tout en l’air…? Non, il était hors de question de s’auto-flageller une énième fois et de se chercher des excuses. Il était temps d’arrêter d’être une foutue fillette et de se jeter à l’eau ! Bien décidée à s’expliquer et à tenter d’arranger les choses, Lithium attrapa le bras de Ed et le força à lui faire face. Ses yeux plantés dans les siens, les joues en feu et le cœur qui menaçait de s’arrêter, il ne manquait plus que les mots. Mais alors qu’elle était déterminée à être courageuse pour une fois dans sa vie…

« AHA ! »
« Oh oh oh, je sens que j’ai bien fait de venir moi ! »

… Comment ça AHA ? D’où AHA ?
Cette voix lui était étrangement bien familière d’ailleurs. Se pourrait-il que… Oh non, pas lui. Non mais sérieux, elle pensait être définitivement débarrassée de lui. Mais quel morpion ! Dans une colère dans laquelle elle ne l’avait pas vu depuis des années, il s’approcha d’eux en fulminant et en déblatérant le bazar habituel. Ce qui la fit néanmoins tiquer, ce fut le mot « femme » précédée du terme « ma ». SA femme, comment ça ? … Attendez une seconde ! Le mec chelou qui les avait emmenés dans l’église sous prétexte qu’il avait une solution pour ses points de suture, ce bouquin énorme et capricieux, puis ensuite leur arrivée ici… Est-ce que tout cela avait été orchestré par Vlad ? Et normalement, à la place du blond, elle aurait dû être avec l’ex justicier ? Oh le cauchemar. Non, non, non. Il n’aurait pas été capable de lui faire un coup pareil quand même ! … Si ? Non pas que Lith avait un jour cru dans ses histoires, mais la désillusion était assez violente. Au final, on essayait encore de la forcer à faire quelque chose dont elle ne voulait pas. Ça ne changeait jamais. Y’en avait pas un seul sur son chemin qui s’était un jour posé la question de ce qu’elle désirait réellement ? La suite de la conversation fut assez floue. S’ensuivit un dialogue plus ou moins de sourds entre Vlad et Ed, avec une Lith complètement désemparée face au surréalisme de la scène. Ed qui expliquait les conditions de survie à l’importun et son… Hé ce type avec lui, ça ne serait pas… Oh putain l’enfoiré, c’est le chirurgien qui l’avait recousu d’un dauphin et l’avait anesthésié à coup de muffin ! Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là ? C’était avec lui qu’il s’était marié ? Ah bah ça au moins, c’était cocasse ! Oh putain… J’en peux plus, j’adore ! Mais la blonde n’avait pas envie de rire. Plus maintenant.

Vlad criait à présent, et Lithium recula de quelques pas, ne sachant trop comment réagir. C’était un peu la première fois qu’elle faisait face à ce genre de situation, n’ayant réellement fréquentée que deux personnes dans sa vie. Le premier avait disparu, et le second, elle ne s’en était pas personnellement chargée. Le règlement de comptes tourna bien vite en une séance chez le psy où son ex évacuait toute la frustration qu’il avait pu ressentir à cause de du voyageur aux portails. La gloire, le prestige, la justice puis elle, comme quoi il lui avait tout volé. Je ne suis pas un objet putain ! L’Ambidextre n’avait jamais une seconde pour en placer une. Non, ça semblait être entre Ed et Vlad, ce n’était pas à son tour de s’en mêler. Son camarade répondait brièvement, comme si tout cela n’avait guère d’importance et qu’il n’était pas concerné par ses palabres. Il voulait en terminer et rapidement.
Puis le justicier hurla d’une voix brisée qu’il savait qu’elle ne voulait pas de lui, mais qu’il continuait de l’aimer encore, qu’il n’avait pas été le meilleur des gars et qu’il souffrait de tout ça. La blonde commença à se sentir mal, mais vraiment très mal. Elle recula encore de quelques pas pour respirer. Me dit pas que tu m’fais une crise d’angoisse là ? Et pourtant, elle la sentait pointer le bout de son nez. Sa poitrine commençait à se serrer et tout à l’intérieur d’elle était comme comprimé. Respire, respire, respire… Tout va bien se passer, tout va bien se passer, tu peux gérer cette situation, ce n’est rien de compliqué, les gens normaux font ça au petit déjeuner. Vlad continua d’évacuer son mal-être, combien il était dur de vivre dans l’ombre de Ed, d’être sans cesse jugé en parallèle de ses performances... Bien qu’étant été sa copine pendant quelques années, Lith se rendait à présent compte du profond sentiment d’infériorité qu’il nourrissait vis-à-vis de son adversaire spirituel. Au fond, elle non plus n’avait pas géré avec lui. Elle aurait pu arranger ça, travailler sa confiance, le remonter vers le haut ! Mais non, la blonde en avait été incapable. Et malgré ça, le vert continuait de rejeter l’intégralité de la faute sur lui. Oui, il avait merdé, mais pas moins qu’elle. Pour autant, c’était fini. Il était hors de question de reprendre là où tout s’était arrêté. Ils n’avaient rien à faire ensemble, point. Désolée, mais c’était comme ça. Une relation se construit à deux, pas tout seul. Bien sûr, la demoiselle se sentait incroyablement coupable de l’état dans lequel elle l’avait mis, c’était par sa faute qu’il se rendait aussi misérable, non non, c’est une grosse merde, n’ayons pas peur des mots !, mais l’on ne peut pas rester avec quelqu’un parce que l’on se sent responsable. Ce n’est pas sain !

Il avait le cœur en miettes, mais Lith n’avait pas la force ni l’envie de recoller les morceaux. Il devait se reconstruire, mais sans elle et loin de Ed. A ses yeux, elle semblait parfaite, ce que la blonde était loin d’être. MOI, j’suis parfaite ! Il la mettait sur un piédestal et il était temps d’en descendre. Mais tout ça était trop à la fois, il fallait qu’elle respire, sinon elle allait s’écrouler. Mais c’était sans compter sur son ex pour provoquer en duel son binôme de galère. Oh non, pas encore cette histoire ! Il insista mais le provoqué ne souhaitait pas répondre à l’invitation. Mieux encore, il ouvrit une paire de portails et…


« NON, Ed attends ! Il faut que… », cria Lith en voulant le rattraper.

… disparut.
Tout simplement.
La laissant seule avec Vlad sur cette île de malheur. Et merde, et merde, ET MERDE ! Mais pourquoi faut-il toujours qu’elle se mette dans des situations pareilles ?! Pas foutue de se comporter normalement en présence d’une personne qu’elle apprécie – beaucoup ? – d’un autre qui l’accuse, ou même de remplir son rôle de copine, non, elle était nulle ! Rien, bonne à rien ! Et je suis toujours en sous-vêtements putain. Une feuille, il me faut une feuille. Non mais je lui crève les deux yeux s’tu veux. On ira plus vite. Attrapant ce qu’elle put, elle se fit une sorte de jupe de branches et cacha la poitrine de ses cheveux. Oui, maintenant ça la dérangeait d’être dans cette tenue. Non mais tu croyais quoi franchement ? Qu’il t’apprécierait pour ce que t’es ? Faut arrêter de rêver tu sais ! On est mieux seules, toutes les deux, toi et moi ! On serait… Lith et Bis, les impla… Ta gueule, j’ai merde là ! Je voulais pas, mais je l’ai fait ! J’y peux rien. Se battre à mains nues ? Pas de soucis, je te fais ça easy. Partir à l’assaut de mondes inconnus ? Je n’attends que ça ! Mais dès qu’il s’agit de dire ce que je veux ou ressens, non, ça ne marche pas, j’y arrive pas ! [coolor=deepskyblue]Et Lith. Non pas que je m’en bats les couilles de tes histoires, mais on n’est pas toutes seules. Y’a toujours ton n’ex là devant. Il est pitoyable sérieux.[/color]
Effectivement, le garçon était toujours là, l’air pataud et désorienté. Le voir ainsi lui faisait beaucoup de peine, elle n’avait jamais souhaité ça. Que dire, quoi faire ? Non mais qu’est-ce que vous voulez dire dans ce genre de moment, hein ? « Je suis désolée, salut, bye ? » Bah c’est clair, net et précis. Mais j’aurais enlevé le « désolée » perso. Mais c’est que mon avis hein ! Un long silence s’installa entre eux où personne ne se regarda dans les yeux. Bon bon bon… Et finalement, Vlad brisa le silence.


« ça a l’air d’aller. »
« … On va dire ça. »
« T’avais l’air de bien t’éclater en tout cas. Je ne pensais pas que tu te remettrais aussi vite. Je n’étais pas assez bien pour toi, tu as donc préféré viser plus haut. », dit-il avec amertume.
« Mais n’importe quoi ! ça n’a rien à voir. Et puis, de toute façon, il ne voudr… ça n’a rien à voir ! »
« C’est vrai que, que pourrait valoir le misérable Vlad Siegfrey à côté du grand Ed Free ? Le sauveur de ses dames, le don juan de Dreamland qui sauve autant de chatons qu’il n’a de filles à son bras ?! »
« Mais arrêtes, tu dis n’importe quoi ! Tu délires… »
« Il ne te mérite pas ! Il n’en a rien à faire de toi, alors que moi oui ! Je ferais tout pour toi, je donnerais ma vie pour toi ! Rien de tout ça n’est réel, alors que mon amour l’est ! »
« Qu’est-ce que t’en sais ?! », dit-elle en haussant la voix, blessée, « T’en sais rien du tout ! Arrêtes de parler sur ce que tu ne connais pas ! »
« C’est le genre de type à se lasser de ce qu’il possède ! Dès qu’il aura fini de jouer, il cherchera de nouveau de quoi s’occuper ! Il veut toujours plus, plus et encore plus ! C’est ce qu’il fait de mieux ; voler aux autres pour lui-même. »
« ET ALORS ?! De quoi tu te mêles en plus ? Ça ne te concerne pas ! Si je veux tenter, même pour une journée, je le fais ! Quitte à me casser les dents ou à me heurter à un mur ! Tu n’as pas ton mot à dire ! »
« Mais je t’aime moi, Lith ! »
« MAIS MOI PAS !!! », hurla-t-elle, le rouge aux joues et les yeux prêts à pleurer.

Être repoussé dans ses retranchements à ce point-là était plus qu’elle ne pouvait le supporter. Lorsque la jeune femme était en colère, il n’était pas rare qu’elle pleure de rage, ce qui rendait généralement ses disputes bien moins crédibles selon elle. Mais la blonde n’en pouvait plus. Être acculé de la sorte la rendait nerveuse. N’ayant jamais expérimenté ce type de situation, il lui était difficile de réagir calmement. Après avoir lâché sa bombe qui était pourtant évidente depuis le temps, Lith prit le temps de respirer et passa une main dans ses cheveux, avant de cacher son visage quelques secondes d’une main sur le front. Elle était lasse de tout ça. Pourquoi tout était toujours aussi compliquée…

« Qu’est-ce que tu ne comprends pas, ou ne veux pas comprendre, dans « je ne t’aime pas » ? C’est pourtant pas bien compliqué, non ? Ça ne t’as pas suffi ce que je t’ai dit la dernière fois ? »
« Ce n’était pas toi qui parlait ! Je te connais Lith, jamais tu n’aurais parlé ainsi ! Le ton employé, les mots utilisés, ta façon de te tenir… Rien de tout ça n’était toi ! »
« Ok, là je t’avoue que même ça, ça me fait flipper. Ce mec est un psychopathe. », fit mentalement une Bis assez dégoûtée mais amusée.
« Si je n’ai pas réagi tout de suite, c’était à cause du choc de ces paroles. Mais maintenant je sais que ce n’était pas t… »
« OUI, ce n’était pas moi, OK ?!! J’ai compris, ça va ! Mais la question n’est pas de savoir qui de moi ou elle parlait, le résultat aurait été le même ! Accepte tout simplement ma décision. »
« Je ne comprends pas… Quand est-ce que tu as cessé de m’aimer ? Est-ce que c’est lorsque l’on s’éloignait ? Que l’on se voyait peu ? », dit-il d’une voix presque implorante.
« Non, ce n’est pas ça… », soupira Lithium.
« Bien avant ça ? DIS-MOI ?!! »
« Je n’aimais pas la personne que j’étais avec toi, d’accord ?!! »
« Et celle que tu es avec lui, TU LA PREFERE PEUT-ÊTRE ?! »
« Tu mélanges tout ! »
« REPONDS-MOI ?!! »
« OUI, JE LA PREFERE, CA TE VA ?!! »

Il se tut instantanément.
Suite au surplus de colère, quelques larmes coulèrent sur les joues de la blonde qu’elle essuya si brutalement, qu’une légère douleur persista sur son visage. Non elle n’était pas triste, juste à bout. Laissez-moi tranquille avec ma tête qui ne fonctionne pas, mes sentiments que je ne comprends pas et vos leçons dont je ne veux pas. A moins de me donner une confiance en soi et un putain de courage, vous ne pouvez rien pour moi. Laissez-moi. Epuisée et exaspérée par ce harcèlement, Lithium essaya de mettre un terme à cet échange pour s’en aller le plus rapidement possible.


« Ecoute. Je suis sincèrement désolée d’avoir fait faire le sale boulot par mon double. Je ne voulais pas en arriver là. Loin de moi l’idée de te faire souffrir, et je suis encore plus navrée de voir tout ce dont tu as dû traverser et ce que tu as bien pu endurer toutes ces années. Je n’imaginais pas que ta frustration atteignait un tel point… Si j’avais su, j’aurais tenté de faire quelque chose. Ou tout du moins, de t’aider à soulager ta peine. Il n’y a pas que toi qui dois d’excuser de ton comportement, je suis tout autant responsable. Je n’ai pas été à la hauteur de tes espérances et ne t’ai été d’aucune aide. Vraiment, je suis désolée. »
« Moi pas. »
« Tu as dépassé de loin toutes mes exigences Lith… Tu m’as aidé à ne pas sombrer. »
« Ce n’est pas la peine de mentir. J’ai passé l’âge d’avoir besoin de pommade, tu sais ? », sourit-elle faiblement, « C’est toi qui t’imaginais que j’étais parfaite. Mais ce n’est pas vrai, et tu le sais. Je suis incapable d’exprimer clairement ce que je ressens, et encore moins de comprendre ce que je ressens, et à cause de ça, j’ai encore merdé. »
« Comment ça ? »
« Ce n’est pas franchement à toi que je pensais en parler tu vois… »
« Au point où on en est, je crois pas qu’il y ait grand-chose d’autre à faire. »
« Mh, c’est pas faux. Par contre… Drake ? Toi le satané docteur pas foutu de faire son boulot correctement. Ouais toi. Tu peux compter les grains de sable de la plage ? C’est important. Merci, t’es un ange. »

Ravi de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice de quelque chose qui promettait d’être grand, Ramoray commença sa lourde tâche avec joie. Pendant ce temps, la voyageuse en profita pour inviter son camarade à s’asseoir quelques secondes. Faut dire qu’elle avait les jambes qui tremblaient.

« Peut-être que ça ne t’a pas paru évident mais, je ne suis pas douée avec ces… choses. Et pourtant, c’est pas la franchise qui me manque ! Mais dès que ça touche de près ou de loin à ce type de sujet, je sais pas, je panique et je blesse les autres. J’ai seulement peur. Peur d’être rejetée, peur de m’être trompée. D’avoir cru comprendre quelque chose, mais en fait non. Et par cette satanée peur d’emprunter une porte légèrement ouverte, et bien elle se ferme aussi vite car je n’ai pas su réagir lorsqu’il le fallait. Par mon indécision et ma faiblesse, j’ai blessé l’une des rares personnes qui aurait pu, peut-être, m’appuyer. Pour un bout de chemin au moins. Ou même juste un jour. Je sais pas. Mais j’ai merdé. Comme d’hab. », elle soupira un bon coup, « Donc tu n’as pas à t’inquiéter. Il ne se passera rien. La porte s’est fermée et j’ai même pas eu le temps de m’y coincer les doigts ! Alors voilà. Je tiens à te présenter une nouvelle fois mes excuses et te demande à présent de… Comment dire ça sans être blessante… De lâcher la dernière corde qui te tient encore à mon bord. Je te suis nocive. Vraiment. C’est à cause de moi que tu es comme ça. Prends le large, éloigne-toi de tout ça pour un moment. Prends le temps de réfléchir à ce que tu veux dans la vie et reprends-la en main. Comme je m’apprête à le faire. »
« … »

Vlad se leva doucement et se dirigea vers le bord de l’eau. Il resta un long moment ainsi à observer l’horizon sans rien dire. Au bout de plusieurs minutes, il revint vers la jeune fille et lui tendit la main. Un peu hésitante d’abord, elle finit par la prendre et il l’aida à se relever. Il avait l’air plus calme. Triste et dévasté, mais moins désespéré que tout à l’heure. Peut-être que ça aide de se crier dessus parfois ? Le justicier prit le temps de réfléchir avant de prendre la parole.

« J’ai vraiment été blessé par tes paroles Lith. Ces derniers jours ont été un véritable enfer pour moi. Et te voir ainsi avec la personne que je déteste le plus au monde, m’a comme fait l’effet d’un poignard en plein cœur. J’ai cru qu’en te forçant la main, à te ramener auprès de moi, ça t’inciterait à rester définitivement. Je me trompais et j’en suis sincèrement désolé. »
« Je suis ravie que tu le compr… »
« Ce n’était pas la bonne méthode ! Je reconquerrai ton cœur par la voie naturelle des choses. »
« Euh non attends, tu n’as pas compris ce que je voulais dire ! Nocive je t’ai dit, je te suis nocive ! »
« Tu as raison ! Je vais m’éloigner de tout ça, réfléchir. Ça prendra quelques mois, ou peut-être plus ! Mais je reviendrais transformé, tu ne me reconnaîtras plus, je serais un homme nouveau ! Celui qu’il te faut ! »
« Non mais je… »
« Et tu sais… Une porte, ça a une poignée. Lorsqu’elle est fermée, il suffit simplement de l’ouvrir soi-même. »

De l’ouvrir soi-même ?
Oui mais, et si elle est fermée à clef, je fais quoi ? Je la défonce ?
Voyant que Vlad semblait aller mieux, la voyageuse conclut que c’était le bon moment pour se tirer. Elle se leva d’un bond, s’épousseta les branches et salua son camarade.


« BON ! Je suis ravie qu’on ait pu discuter, mais faut que j’y aille. J’ai un… divorce à faire prononcer ! D’ailleurs, en parlant de divorce… », elle s’approcha de lui et lui dit doucement, « … Pour toi, la question ne sera pas la même. A toi de choisir ; au-dessus ou en-dessous. Ne médite pas trop longtemps dessus, même si le choix ne devrait pas être difficile. A plus ! »
« Oh putain, celle-là elle était belle ! OOOOH qu’elle était belle ! »
« Je sais, je sais. Hé, oh Drake ! », il s’approcha en sautillant et elle lui fila une bonne tatane dans la gueule, « ça, c’est pour le dauphin. Et ça… », elle lui en fila une autre qui le mit à terre, « … Pour le muffin. »

Maintenant, il s’agissait de retrouver Ed.
Tout d’abord, s’habiller. Escaladant pour aller plus vite, elle atteignit relativement rapidement le sommet du rocher depuis lequel ils avaient sautés plus tôt et récupéra sa robe. Se débarrassant de ses branches de fortune et de nouveau présentable, la jeune femme partit aussitôt en quête de son futur ex-mari. On se croirait dans Desperate Housewives dis donc… Relevant ses cheveux en un chignon décoiffé plus que naturel, elle se mit à arpenter les rues, vagabondant à toute allure. Où qu’il est celui-là, où qu’il est ?! Et cette robe sérieusement ! Oui non mais elle n’allait pas encore la déchirer… Elle la remonta juste au-dessus des genoux encore une fois, fusilla du regard ceux qui osaient proférer des remontrances et courut à toutes jambes. Finalement, elle grimpa sur les toits balayant l’horizon. Elle chercha longtemps avant de finalement activer son tatouage. Patiemment, elle scruta chaque parcelle du sol, traversant du regard chaque maison, chaque objet jusqu’à tomber sur une silhouette qui ressemblait de loin au voyageur. Suivant sa piste, elle se rendit bien vite compte qu’elle s’était fourvoyée. Zut, c’est pas lui ! Après avoir suivi plusieurs personnes, elle finit enfin par le retrouver. Mh… Lui, là, ça c’est sûr, c’est lui ! Elle sprinta durant tout le chemin depuis les hauteurs pour faciliter sa course et lorsqu’elle l’aperçut enfin de ses yeux d’humain normaux, elle désactiva le tatouage pour ne pas se tromper sur les distances. Ça serait con de se louper sur les derniers 100 mètres et de se croûter juste devant. D’un bon, elle sauta du toit et atterrit devant lui, légèrement essoufflée, de sorte à ce qu’il n’aille pas plus loin. Et oh, elle n’avait pas bien respiré en courant. Le temps de reprendre son souffle et voilà.


« S’il te plaît, écoute-moi... Et pas de portails ! »

Terminé d’être une mauviette, il était temps de prendre des risques et pas seulement avec les profondeurs de la mer. Quitte à ce que la porte soit fermée, ou qu’un mur ne se forme, on ne sait jamais tant que l’on n’a pas essayé. C’était son tour de prendre un râteau !

« Je suis désolée si je t’ai blessé, parce que c'est ce que j'ai fait. Je n’ai pas d’excuses à part seulement d’être comme je suis, avec mes doutes et mes craintes. Peut-être que tu t’en fous, ou peut-être que je me trompe tout simplement… Mais c’est pas grave, je tente ! Au risque de te gaver. », et si elle se ramassait, tant pis, si elle reste passive, tout lui passera sous le ne.
« Je ne pourrais jamais assez m’excuser de ne pas avoir réagi comme j’aurais dû réagir, mais j’ai peur. Peur d’échouer, peur d’être rejetée, peur de me tromper. Peur de croire des choses qui ne sont que le fruit de mon imagination ! Je vois bien des scènes complètement loufoques dans les nuages, alors pourquoi n’imaginerais-je pas le reste ? Je manque de courage, voilà mon problème. De confiance aussi. Je suis faible. », respire, tu vas t’étouffer.
« … Mais depuis cette histoire de collégiens avec Ethan, je n’ai plus confiance en rien. J’ai cru qu’il serait un ami, qu’il ne me rejetterait pas comme les autres depuis que j’existe à cause de ces fichues oreilles un peu pointues, juste pour m’avoir dit bonjour. Et y’a pire dans la vie ! J’y ai cru. Jusqu’à que la violence reprenne, que les autres s’y mettent, sans que personne n’intervienne. Même mon dos ne suffisait pas comme preuve. J’ai dû tomber dans les escaliers, de vélo qu’ils disaient. Et puis que… », courage, se rassurer en se disant que ça avait seulement failli arriver.
« … Et puis il a essayé de me v… de m’agresser. J’ai fini par me défendre à un moment et je m’en suis sortie. Je n’ai pas à me plaindre, car ce n’est pas allé jusqu’au bout. Mais le mal est fait. Je n’arrive plus à faire confiance, et encore moins à me faire confiance. Avec Caleb qui disparaît sans raison, Vlad… Les gestes de ce genre me font peur car je n’arrive pas à être certaine de leur réalité et de leur sincérité. Je veux y croire, mais tant que l’on ne me le dit pas clairement la chose, je n’y crois pas. Je suis désolée d’être aussi indécise, d’être aussi nulle et de me prendre la tête pour rien probablement aussi. Je ne sais pas exactement ce que je veux, je ne comprends pas tout à fait ce que je ressens non plus, mais… Malgré tout ce bordel, j’ai apprécié ces nuits, ou journées, c’est assez flou comme concept, en ta compagnie. J’étais bien, et ça faisait longtemps que ça n’avait pas été le cas. Mais je pensais que j’étais la seule dans ce cas-là. Et peut-être que c’est le cas. », on ne pleure pas Lith, pas cette fois, c’est bien, prends sur toi.
« Que ce soit juste pour une journée, une semaine, ou même que ce soit les lieux qui impacte notre jugement, j’aurais tenté ma chance. Autant ça ne marchera pas, autant si, je ne sais pas. Je dois sûrement encore amplifier la situation, comme d’habitude, la panique, mais j’en ai marre d’être une mauviette. A mon tour de prendre un bon mur dans la tronche, une bonne claque dans ma face, je l’aurais mérité pour avoir été aussi nulle. Fais-toi plaisir. »

Ouh punaise, ça faisait bizarre de parler autant en aussi peu de temps !
Il était temps de s’enfermer dans sa chambre et de faire l’ermite pendant 3 semaines hein, loin de toute civilisation et interactions humaines... Le visage en feu, les mains serrées en poings pour ne pas s’enfuir en courant, la jeune femme avait du mal à rester plantée là, le regard fier et embarrassée à la fois. Faut dire que ce n’était pas souvent où elle disait - un peu - ce qu’elle avait sur le cœur, ou pas. Etant donné qu’elle ne se comprenait pas elle-même hein. Bon par contre, s’il la frappait vraiment, espérons qu’il n’y aille pas trop fort, ça pourrait faire mal. Peut-être qu’il allait la prendre littéralement au mot et l’envoyer dans un mur ? … Non ? Il ne le ferait pas, hein ? … Si ? Aha.



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Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 20 Aoû 2016 - 20:04
Marcher avait un effet apaisant.
Non, mieux encore : marcher seul. Voilà, marcher seul avait un effet apaisant parce que toutes mes pensées grisâtres pouvaient profiter du beau temps et l’énergie que je mettais dans chaque pas les dissipait au fur et à mesure. Elles restèrent tout de même un peu, je devais l’avouer, sinon, je risquais de me rendre compte que j’avais été un parfait égoïste ces dernières minutes et il valait mieux que je reste dans le rôle de la victime afin de m’apprécier encore moi-même.

Ouais, je pouvais comprendre d’être une triste mine de la réaction de Lith, personne ne m’en voudrait, et je savais que si je rongeais un peu maintenant, ça irait mieux au réveil, et encore mieux au prochain réveil et ça continue encore et encore. M’être fait accuser de mille choses par Vlad, là aussi, c’était très étrange, mais je pouvais quand même moudre mon grain noir en toute légitimité, d’autant plus que la surprise avait son rôle : je ne m’étais pas attendu à de telles paroles venant d’un ancien ennemi, et je me rendais compte, même si sa mauvaise foi l’empêchait d’avoir raison à cent pourcent, que je ne pouvais ignorer ce qu’il avait dit. Je me souvenais de la fois où Jacob et moi l’avions pris en tenailles pour lui expliquer qui étaient les maîtres ; pas un de mes meilleurs actes, non. Le fait de me moquer de lui constamment ne jouait pas en ma faveur. Voir ces anciens actes me péter à la tronche, ça s’appelait tout bonnement le karma. Et si on était optimistes, cela voulait aussi dire que j’étais une meilleure personne, et je ne crachais pas contre ce genre de pensées.

Nan, j’étais légitime dans mes humeurs, mais rien ne justifiait de laisser Lithium seule près de Vlad alors qu’elle l’avait largué il y avait de ça moins d’une semaine (dur pour lui) et que lui avait tenté de la récupérer par des moyens que j’estime au-delà du déraisonnable, à savoir de mauvais goût (très dur pour elle). Ça devait s’écharper en haut. Qu’ils règlent leurs problèmes entre eux en même temps. Ce n’était pas à moi, malgré de fortes envies, de dire au ‘Juge’ d’aller se faire voir pour ce qu’il avait essayé de faire Lith, c’était à elle et elle seule. Je n’avais pas envie de me battre contre lui, il n’y aurait eu aucune bonne solution : s’il me battait, ça serait la honte pour moi, si je le battais, je ne ferais que confirmer l’oppression que je lui infligeais passivement en l’ayant forcé à rester derrière moi. Donc mes sentiments étaient valides, mes raisons de partir aussi, mais je me sentais tout de même coupable d’avoir fui aussi vite sans chercher à parler.

Puis, je retraversai les rues que j’avais vues avec Lithium ces deux derniers jours, et malgré leur charme qui opérait toujours, bah merde, c’était pas la même, je me sentais plutôt solitaire (vous me direz, être un peu triste donnait toujours cette impression quand vous marchiez dans la rue). Le soleil était magnifique, les rues débordaient d’énergie, les maisons étaient aussi incroyables les unes que les autres et pourtant, mon seul souhait était de les regarder rapidement en passant tout aussi rapidement. Voilà, c’était mieux ainsi, il suffisait de marcher.

Jusqu’à ce que je tombe sur un attroupement. En m’y approchant, on se rendait compte que des bruits habituels avaient disparu et qu’on y entendait à la place des pleurs terribles ; une tragédie s’était déroulée il y avait quelques minutes, un assassinat, peut-être ? Je bousculais légèrement les gens avec la prestance d’un policier en fonction, et me rendis compte alors de l’entièreté de la scène une fois arrivé en première ligne : une femme, la cinquantaine, tenait dans ses bras une autre femme, peut-être une grande amie, ou sa sœur, apparemment décédée, mais on ne savait pas de quoi, elle n’avait aucune blessure apparente. Vu leurs vêtements et la roulotte tout près, ça devait être des sortes de Mme Irma, et une était morte. La pauvre avait son amie, morte, dans les bras, et pleurait sans comprendre. En écoutant un peu le cercle de personnes autour de moi, je compris (ou pas) la raison de la mort : quelqu’un, du nom d’Aerolas, avait fait une demande à la voyante, et celle-ci, par sa vision, en était tombée raide morte. Si c’était pas une bonne définition de ‘vous êtes grave dans la merde’... Il aurait disparu en s’excusant juste après, mais celle qui pleurait, malgré la fuite, était persuadée (et devait s’en ficher pas mal) que l’homme qui s’était enfui n’était pas le coupable. Une voyante qui mourrait selon ce qu’elle voyait dans sa boule de cristal ? C’était pas banal du tout à ce que je comprenais. C’était peut-être même unique. Rien de tout ça ne sentait bon. Ne pouvant rien faire de plus, il n’y avait pas de danger imminent, je commençais à partir, mais la seconde voyante, les yeux globuleux et rouge, me fixèrent d’un coup. Je pris légèrement peur du geste soudain, mais elle ne bougeait plus et, par les plis de sa robe rouge, me désigna du doigt :

« Vous… Vous, restez à l’écart. » On aurait pu croire qu’elle me demandait juste de ne pas entrer dans le cercle, mais l’aura étrange qui la berçait ainsi que sa voix sonnait comme une prédiction qu’elle me ferait. « Restez à l’écart, ou les morts pleuvront. » Les gens me regardaient étrangement, mais je roulais des épaules en pensant ‘les morts pleuvraient autour de moi ?’ Comme d’hab, je commencerais presque à m’y faire. Alors que je partais, la voyante continuait, sa voix de plus en plus forte pour être certaine que je l’entendais : « Vous avez peur de vous et restez en-dehors des affaires de Dreamland. Continuez ainsi, car si vous replongez le doigt, les morts pleuvront, vous perdrez vos biens, vous perdrez votre cœur, puis vous perdrez la tête ! Restez à l’écart, ne passez pas la ligne que la Mort, cette déesse de poussière et de destruction, a tracé juste à vos pieds. » Si j’avais une capuche, je la rabattrais pour éviter les regards scrutateurs des gens, alors que je me tirais de la foule pour continuer mon bonhomme de chemin. Je grinçais des dents au passage ; c’était peut-être des phrases ridicules et personne n’était obligé d’y croire, mais sur Dreamland, ça pouvait effectivement être mauvais signe.

Ce ne fut que trois minutes après que Lithium réussit à me rejoindre, un peu essoufflée, les joues rouges ; elle était venue me chercher ? Elle devrait me filer une baffe pour la scène que je lui avais servie sur un plateau avec son ancien prince charmant. Elle balaya de sa simple présence l’aura morbide que je ressentais dans la ville après cette étrange mort et cette plus étrange prédiction (ça faisait longtemps que je n’avais pas fait d’énormes missions sur Dreamland ou défendu des causes plus grandes que moi ; en même temps, j’avais donné le change, je préférais maintenant de loin tabasser des types costauds et seuls, et me protéger des assassins des Von Jackson, ma vie était assez mouvementée comme ça, je n’avais aucune envie de retrouver les aventures houleuses des débuts) ; rien qu’en revoyant la petite Elfette, je me disais que tout ne pouvait pas tourner si mal maintenant, qu’on était de nouveau au magnifique Royaume Céleste, il faisait beau, on était à deux doigts (et deux anneaux) de retirer la malédiction qui pesait sur nous, tout n’allait pas si mal que ça. Puis savoir qu’elle avait couru pour me rattraper, même si je n’en savais pas la raison, me faisait du bien, allez savoir pourquoi. Juste me dire qu’elle s’était cassée le cul pour me retrouver, ça réchauffait le cœur.

La suite par contre, me réchauffa un peu trop la tête, vu que j’eus de sales rougeurs alors que mes yeux s’écarquillèrent sur les déclarations de Lith qui allaient crescendo : premièrement, elle prenait une pelle et se cassait les jambes. Bon, très bien, on n’est pas obligés de s’écraser comme ça petite, c’était presque gênant à quel point elle était capable de ne pas s’aimer. Vous m’étonniez qu’elle ne pouvait pas aider Vlad dans ses propres complexes, elle buvait déjà la tasse dans les siens. Pas facile de faire s’envoler l’autre quand on avait déjà du mal à arrêter de se recroqueviller.

La suite sur Ethan et son passé commençaient gaiement (oui, les mots ‘histoire de collégien’ étaient peu crédibles), mais devenait de plus en plus glaciale au fur et à mesure que le récit avançait et qu’on osait soulever tout ce qu’elle-même n’osait pas sous-entendre. Dans son passé justifiant ses cicatrices, Lithium s’était faite humilier, agresser, voire pire. Mon visage passa à l’effarement en imaginant le traumatisme : tout devenait plus clair maintenant. Je ne pouvais appréhender à quel point cette fille avait les chevilles fragiles, il suffisait d’un rien pour qu’elle tombe à terre. Son second côté terrifiant, son complexe, ses fragilités, tout venait de là ? De traumatismes d’histoire de collégiens ? Qui j’étais pour avoir osé tenter de lui dire que tout allait bien des années plus tôt ? J’avais pâli, merde, c’était si horrible pour elle, je ne savais plus où me mettre. Mon respect envers elle monta de quelques crans.

Cela dénota clairement avec le reste, qui était tout simplement la réponse positive que j’avais attendu il y avait une dizaine de minutes, aussi évasive en paroles claires qu’un simple geste. Mon cœur cogna, mais il fut bien le seul alors que j’essayais de comprendre où elle voulait en venir, et où elle préférait ne pas paver les intentions pour éviter qu’on parte du mauvais pied. C’était vraiment étrange pour le moins, et je ne savais pas si j’étais capable d’accepter positivement sans arrière-pensée malgré l’histoire terrible qu’elle m’avait rapporté, ou si j’en étais tout bonnement incapable. Je fermais les yeux (mentalement, essayez de figurer), et je fis la part des choses en moi, dans la petite tourmente de sentiments contradictoires.
La réponse apparut évidente : non… En fait.

« Tu ne devrais pas te faire du mal comme ça. » Je voulais rajouter un commentaire pour lui montrer que c’était vrai, qu’elle n’était pas la seule à douter d’elle mais bien la seule à en produire des thèses, mais je ne trouvais aucun mot. Et ma gorge s’asséchait vite, il valait mieux parler rapidement. « C’est super cool tout ce que tu dis Lith, puis t’es une personne géniale même si t’as pas l’impression de le savoir. » La crème, toujours un peu de crème. La baffe arrivait. « Mais je pense qu’au final, il vaut mieux qu’on reste ainsi, ouais. »

Il y avait à cela trois arguments majeurs qui s’y opposaient. Premièrement, vu la fragilité de la fille, je ne me sentais pas assez incroyable ou présent pour lui filer la colle qui fallait, c’est-à-dire plutôt forte. Lithium ne me demandait pas de la réparer comme elle le ferait certainement avec une relation où plus de sentiments étaient en jeu, mais si on commençait, impossible de savoir jusqu’où les sentiments pouvaient se réveiller et nous emmener. Certes, il ne fallait pas que je la stigmatise à propos de son passé, sinon, elle ne s’en sortirait jamais, mais bon, j’avais le droit d’avoir des défauts et d’être effrayé par ce que je ne devrais pas. Puis, se révéler aussi vite qu’elle l’avait fait, ce n’était jamais bon pour les sentiments. On aimait tous un peu le mystère.

Secondement, qui était légèrement parallèle avec le premier point, était mes propres problèmes personnels sentimentaux. La dernière fois que j’avais osé aimer quelqu’un, patatras, il s’était passé un truc incroyable et bye bye Ophélia, j’essayais encore de réparer les erreurs. C’était traumatisant à très petite échelle, mais maintenant, j’essayais de faire si attention qu’aucune candidate sérieuse n’était venue dans mon esprit. Et j’avais plongé la tête dans le Dream Dinner si bien que je ne pouvais pas disperser ailleurs ma concentration.

Troisièmement, et c’était peut-être lui qui avait changé la donne d’un coup : la voyante d’il y avait cinq minutes. Sur Dreamland, les prédictions étaient terribles car elles pouvaient se révéler vraies (j’imaginais). Malgré la mort de son amie, la Irma n’avait pas hésité à me balancer (gratuitement) une vision de mon futur qui me faisait froid dans le dos. Les problèmes risquaient de revenir en plein dans la gueule, et tous mes proches étaient fatalement concernés. Si les morts allaient pleuvoir autour de moi, je me permettais de reprendre l’expression, alors je pouvais avoir du souci à me faire pour eux. Ça serait dommage d’entraîner Lithium là-dedans alors que le destin m’avait permis d’avoir droit à cette scène juste avant qu’elle n’arrive pour me poser la question. Cependant, ce ne fut que le second point que j’invoquais pour expliquer mon refus :

« T’as raison, ça doit être l’ambiance du Royaume qui fait que… Après tout, il fait tout pour qu’on ne divorce pas. » Bon, ça, c’était juste une blague. Essaie de trouver quelque chose maintenant : « J’ai eu des petits soucis la dernière fois que j’y ai mis des sentiments. Si tu m’as parlé d’Ethan, je veux bien aussi me lâcher. Y a moins de deux ans, j’ai participé à mettre ma petite amie dans le coma. » Super glorieux, dit comme ça. « Elle était une Voyageuse comme toi et moi, elle avait le même syndrome que toi en plus, le Jumeau de Minuit, mais elle le cachait mieux. Et sans faire exprès et à cause d’Artefacts et d’événements complexes, elle s’est complètement laissée dominer par son second côté. Ca plus l’Artefact qu’elle portait l’ont mise dans le coma dans le monde réel. Elle est maintenant en continu sur Dreamland, en tant que psychopathe. Et je ne peux même pas la tuer car elle est dans le Royaume Obscur et protégée par Pijn, qui est un des êtres les plus dangereux de Dreamland. Classe, hein ? » Belle conclusion. Ma voix était devenue de plus en plus triste, un peu trop tard pour s’en rendre compte. Je tournais de gêne ma langue dans ma bouche et décroisai les mains. « On est trop intelligent pour être dans un joli conte et nous réparer mutuellement, allons divorcer maintenant. »
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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Sam 20 Aoû 2016 - 23:49


Et voilà le râteau.
Aaah, ça fait bizarre ! Ouais, très bizarre.
Ça ne fait pas mal – enfin si un peu, beaucoup même – mais c'était pas agréable quoi. Bien sûr qu'elle était déçue, ce n'est cool pour personne de se faire jeter. Bon ok, elle avouait que c'était la première fois, fallait bien expérimenter la chose hein, mais ça ne changeait pas le sentiment déplaisant que cela procurait. Bon, bon, bon... Voilà donc ce que ça faisait. Aloooors ! Y'a pas un trou où se jeter là ? Non mais genre maintenant en fait. Lithium ne savait plus trop où se mettre tant elle était embarrassée. Effectivement, elle s'était bien faite des idées, je te l'avais dit, ça devait être le royaume. Non, t'es juste trop conne, c'est tout. Mais d'un côté... WOUHOUUUU, tu t'es faite jeteeeeeeer ! Oh putain, j'ai vraiment eu les jetons un instant là hein ! J'ai presque cru que ça serait oui. Et là, j'sais pas trop ce que j'aurais fait. Je t'aurais buté. Ouais. Je t'aurais juste buté en fait. Ça aurait suffit. Quoique non, lui c'est mieux. Je l'aurais buté lui... T'as fini ? Non parce que steuplé hein, pas que c'est pas le moment... Mais c'est pas le moment. Hé, je peux fêter ma joie là ? C'est un grand jour ! Celui du NON ! Laisse tomber, j'oubliais que tu ne pouvais pas comprendre.

« T'es géniale mais... »
Rah non mais rien qu'à ce moment-là elle avait comprit !
Cette vieille réponse bateau, je vous jure... Rien que pour ça, elle devrait le gifler. Ça devrait être interdit d'utiliser cette expression. « Géniale ». Arrêtez de me mentir, c'est pas vrai, vous le savez tous. Pourquoi toujours lui passer de la pommade sans cesse ? Elle n'allait pas s'écrouler à chacun de ses pas ! Légèrement morose, Lithium soupira.


« Tu sais... J'ai pas besoin de biafine. Je ne vais pas me briser en mille morceaux. », dit-elle en souriant tristement.

On en peut pas briser ce qui est déjà cassé.
A choisir entre une version édulcorée ou la simple vérité, même douloureuse, elle préférait sans aucun doute la franchise. La raison de ce refus ? Le royaume. Ouais, l'argument qu'elle avait évoqué tout à l'heure pour masquer sa gêne. Même si dans un sens ça pouvait paraître logique, d'un autre, ça pouvait aussi être une façon de ne pas dire la véritable raison de ce « non mais t'es géniale mais ». Oui, elle avait pas aimé cette phrase pourrie, mais alors pas du tout, du tout. M'enfin, fallait pas chercher la petite bête partout non plus. Vu le lâche que c'est pourtant, ça m'étonnerait même pas t'sais! Au fond, peut-être que c'est pas toi la mauviette, c'est lui. Mais chut, tais-moi, laisse-moi penser ! C'est difficile d'avoir deux voix dans la tête.
Néanmoins, Ed tint à partager un événement de son passé qui expliquait pourquoi il était un peu traumatisé du sentiment. Apparemment, il avait mis sa petite copine dans le coma. Oh si ce n'est qu... What ? Dans le coma...? Le coma ? Aaaaah, saaaaale ! … J'ADORE ! Hé mais, c'est grave un thug en fait ! … Tu penses qu'on pourrait être potes ? La fameuse fille était une voyageuse qui lui ressemblait sur le point de la schizophrénie, tout en étant plus douée pour le cacher. Ouais bon, merci hein, j'ai compris que j'étais un boulet oh. J'me serais battue perso. Sauf que suite à plusieurs péripéties et par un malheureux concours de circonstances, elle s'était laissé dominer par son côté obscur. Mh... Y'a pas moyen de se procurer cet artefact ? Ça m'intéresserait franchement. En revanche, ce n'était pas l'objet qui intriguait la jeune femme, mais plutôt en quoi cela avait autant impacté sur le monde réel. Car malgré le fait qu'elle ne jouissait pas de ce beau bordel de la copine de Ed, autant ça pourrait lui arriver. Et le trip n'était pas le plus sympa à imaginer.

L'histoire était assez horrible en soi et Lith eut de la peine pour son camarade.
Ça doit vraiment être atroce de se sentir responsable de l'état lamentable de sa petite amie – c'était toujours d'actualité ? Parce que si oui, c'est moche mec ce qu'on a fait alors, même si c'était pas grand chose - il semblait y tenir encore à entendre la tristesse dans sa voix – de quoi se sentir encore plus embêtée vis-à-vis de la fille en question. A part si c'était seulement de la culpabilité, la frontière était relativement mince me direz-vous. Malgré le rejet qu'elle venait de subir quelques minutes plus tôt, la demoiselle se rapprocha du garçon et posa une main compatissante sur son bras, avant de la retirer peu de temps après. Oui, elle était encore un peu embêtée par son élan stupide et sentimental de tout à l'heure. Ça allait bien finir par passer de toute manière ! Au moins, elle n'aurait pas de regrets, elle avait essayé, elle s'était mangée le mur, puis voilà, ça arrive c'est tout ! L'avantage, c'est que la blonde pourrait se féliciter de ne pas s'être comporté comme une mauviette pour une fois dans sa vie. On se contente de peu, mais de quelque chose déjà.
Pijn... Royaume Obscur ? Tiens, n'avait-elle pas rencontrée y'a quelques années de cela une voyageuse de ce royaume-là ? Si, si, deux fois même ! Une fois dans un cimetière et une autre à... Luxuria ! Ouaiiiis le pied ! Et j'ai été dépucelée là-bas moi ! … Aaaah, que de bons souvenirs! Lith eut un petit frisson de dégoût. Ew, rien que de repenser à cette nuit l'horrifiait. Comment s'appelait-elle déjà ? Morgan, Méchoui, Megan, oui ! Megan ! Un peu tarée elle aussi d'ailleurs, malsaine en fait.

Hé, quand elle lui disait qu'il y avait pire que son histoire de maltraitance et harcèlement sexuel, bah y'avait la sienne hein ! Aha ! … Ouais, ce serait pas la bonne boutade à sortir je crois. Même si elle ne voyait pas en quoi il était réellement responsable vu qu'il ne disait que les grandes lignes. Certes, elle avait fait de même. Et puis, personne ne veut entendre le reste plus en profondeur, ça serait glauque dans les deux sens. Il n'avait pas dû faire exprès. Personne ne ferait ça en son âme et conscience si l'être cher à son cœur était impliqué, non ? S'approchant à nouveau, elle lui sourit indulgemment.


« Hé... C'est pas en culpabilisant pour le rôle que tu as bien pu jouer dans son état actuel, que quoi que ce soit changera. Je sais ce que c'est de se morfondre jusqu'à sombrer. Et à part rendre fou – la preuve ! - ça n'avance à rien. Ça ne me regarde pas - surtout si c'est ta copine en plus – et loin de moi de vouloir te faire la leçon, mais je ne pense pas qu'elle aurait voulu te voir ainsi. A part si c'est une personne effroyablement égoïste, mais je doute que tu t'intéresserais à ce genre de fille. », même s'il avait l'air d'avoir un faible pour les psycho, fallait le faire sérieux pour sortir avec une schizo, puis se retrouver marié à une autre du même style, même par accident, ça en serait presque comique, « Soit seulement là lorsqu'elle se réveillera. Et si ce jour n'arrive jamais... Alors soit celui qui mettra fin à tout ça. »

Oui, ça pouvait paraître violent comme termes, mais si elle se trouvait dans le cas de cette fille – ce qui n'était pas le cas - aucun doute qu'elle préférerait être mise hors d'état de nuire, quitte à dire adieu à Dreamland. Si ça pouvait permettre qu'elle se réveille et qu'Ed cesse de remuer le couteau dans sa propre plaie pour qu'éventuellement tout s'arrange pour lui, alors ça valait le coup d'essayer. Même si cela impliquait d'aller péter au Royaume obscur. Il avait pas une guerre à faire là-bas d'ailleurs ?

« Si je me souviens bien, tu avais un truc à faire dans ce royaume de toute manière, non ? Même si ça risque d'être un sacré boxon à ce que j'ai entendu, et que l'éventualité de lui faire face est grande, ça pourrait justement te permettre de l'aider. Et d'affronter tes démons dans un sens Je ne me souviens plus de l'intitulé de ta mission là-bas, mais... Si t'as besoin d'un coup de main hein. »

Un peu gênée par son monologue, elle se racla la gorge en regardant vaguement ailleurs.

« BREF !
Ouais, t'as raison. On va dire qu'on est intelligent. Complètement intelligent. Carrément intelligent. Allons divorcer, je me mets à dire n'importe quoi là. Si je continue, je vais finir par réciter du Shakespeare et à danser le mambo. »


Pourtant, ce qu'il venait de lui raconter avait semé un terrible doute en elle.
Et si il lui arrivait la même chose... ? Pendant qu'elle avançait pour partir en quête du bâtiment où le jugement serait rendu, une multitude de questions assaillirent son esprit. Il n'y avait pas d'artefact, pas de situation aggravante, normalement elle devrait être en sécurité, non ? … Comment était-ce arrivé ? De longues minutes passèrent alors qu'elle réfléchissait intensément, déchiré entre la peur et l'incertitude de son avenir. Ok, elles avaient le même problème, mais c'était pas dit qu'elle finirait comme cette voyageuse, non ? … Non ? Oh putain, non mais et si ça arrive ? Inconsciemment, elle se mit à se ronger l'ongle du pouce. Merde, merde, merde. Maintenant, elle venait de s'arrêter en chemin à regarder vaguement le sol. Un peu blême, elle releva la tête pour apostropher Ed qui continuait probablement de marcher.


« … Est-ce que... Est-ce que je vais finir pareil ? », dit-elle d'une voix éteinte avant de se reprendre instantanément d'un rapide sourire, « Non, oublies ce que j'ai dit, c'est pas important ! », elle recommença à marcher en regardant le sol.

Non, bien sûr que non elle n'allait pas finir de la même façon !
Elles avaient beau avoir des points communs – seulement sur la schizophrénie en fait – elles n'étaient pas pareilles. Non. Tout irait bien ! … Hein ?



__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: Vive les Mariés ! > Royaume Céleste < Mar 23 Aoû 2016 - 0:06
C’était la première fois que je parlais de ça, de cet épisode avec Ophélia – à une personne que je connaissais à peine sinon, car après, ça n’était que la seconde : Jacob était passé par-là et m’avait redressé avec toute la franchise et le courage dont il était capable. Mais en parler à nouveau me soulageait encore, parce que quelques fois, les secrets pesaient tellement lourds qu’il fallait beaucoup les répartir avant que les épaules ne puissent bouger librement. Je ne m’étais juste pas attendu à ce que ce fut avec quelqu’un comme Lithium que je côtoyais rarement et avec qui j’avais une relation semi-conflictuelle semi-amicale.

Elle me proposa quelques solutions pour m’occuper de ce problème, ce qui m’arracha un sourire. A moitié jaune. Soit sa solution, je l’avais envisagé depuis perpète, soit elle était complètement inenvisageable et scellait ainsi le fait que j’étais dans une belle situation de merde. J’écoutais Lithium, ça me faisait plaisir qu’elle s’en mêle un peu alors que j’étais resté absolument évasif. Pourquoi j’étais resté évasif ? Pour ne pas l’ennuyer, pour lui cacher que je prenais trop de culpabilité par rapport à mes actes réels, pour me la jouer mystérieux ? Ou bien pour me rappeler que mon refus de lui ouvrir mon cœur ne partait pas principalement de là ? Barf, on s’en fichait, plutôt, discutons tiens ! Alors que l’on marchait vers la conclusion de nos trois derniers petits jours, je répondis, les mains derrière la tête, yeux vers les cieux :

« Je suis prêt à la tuer, oui. J’ai jamais tué quelqu’un sur Dreamland, ou alors si je l’ai fait, ce n’était pas froidement. Ou accidentellement. Enfin, je n’ai jamais voulu, mais je suis prêt à tuer pour elle. Ce n’est pas une punition comparée à ce que je lui ai fait subir. » Il était temps de passer au passage piquant, passage qui nécessitait que je me morde légèrement la langue pour éviter de trop me projeter dans l’impossibilité de la délivrer : « Il va effectivement y avoir une guerre dans le Royaume Obscur, mais perdu, nous ne sommes pas ennemis, mais alliés. Ça sera plus facile pour la liquider tu me diras, mais après un tel acte, je serais désormais un traître pour le presque futur Duc Obscur ainsi que tous ses alliés, dont mon propre Royaume. C’est un assassinat qui me coûtera cher, je ne pense pas survivre très longtemps après l’avoir délivré, mais au moins, j’aurais réparé mes conneries. »

Quand ‘y pensais, comment étais-je censé survivre à une nuit pareille ? Je savais que Megan et Kala pouvaient rejoindre mon camp et j’imaginais que si je prévenais Jacob, il m’épaulerait sans aucun problème. Ca et quelques personnes d’autres si je demandais à nombre de mes contacts. Battre Ophélia ne serait pas un souci, non, enfin, si, mais ce n’était pas complètement impossible, ce qui était en termes de probabilités de succès, bien au-dessus de ce que j’avais déjà accompli, mais survivre juste après avec le paquet d’ennemis qui grossirait d’un coup, hum, non, juste un peu trop pour moi. Je serais tué avec la satisfaction du devoir accompli… Puis au fur et à mesure de mes journées, j’oublierais ce que j’ai fait, et peut-être que là, je trouverais le repos. C’était dommage de mourir sur Dreamland. C’était comme mourir en vrai. Mais en un peu plus rigolo.

Lithium sur le trajet, s’arrêta sur la route pour me poser une terrible question : est-ce que ça lui arriverait à elle aussi, le sort du coma, si sa Bis prenait le dessus dans le corps ? C’était même plutôt légitime comme question, et je continuais à y réfléchir même si elle me rejoignit en s’efforçant de dire que tout allait bien. Pour le coup, j’essayai de répondre positivement :

« Je ne pense pas, pour elle, c’était vraiment spécifique. Il y avait un Artefact énorme en jeu qui a cloué son esprit, je pense que c’est lui qui a joué. Bis peut prendre le contrôle de ton corps, mais ça n’en fait pas de toi une personne dans le coma. Puis peut-être que le meilleur moyen de gérer son Jumeau de Minuit, c’est de le laisser respirer comme tu le fais. Tout enfuir en soi, c’est jamais une bonne idée, quelle que soit la situation : les petites graines qu’on enterre dans la terre ressortent plus fortes. »

C’était juste une hypothèse, mais si ça pouvait lui faire plaisir afin qu’elle se rassure. Tout était tellement dans le mental qu’il valait mieux rester positif, c’était la meilleure prévention et la meilleure guérison. Et en parlant de guérison, vu qu’on avait choisi de rester l’un près de l’autre et pas l’un dans l’autre, il faudrait se débarrasser de cet anneau à l’ancienne, avec le Divorceur. Mais d’abord, au Divorce Joyeux.

On trouva notre infirmière fétiche, toujours un stéréotype sur pattes, qui semblait jouer aux cartes à l’accueil avec une entité proprement invisible. Quand elle nous vit, son sourire s’illumina faussement et lâcha son jeu face cachée.

« Alors mes tourtereaux ? Quel est votre choix final ?
_ On se sépare »
, fis-je un peu promptement, ce qui figea le sourire de la madame. On entendit alors l’énorme voix divine qui se racla la gorge (quoi, c’était contre la voix que la dame jouait aux cartes ? Comment elle faisait ?).
« J’ai vraiment cru que ce jour serait décisif. Désolé Samantha.
_ Oui, mais c’est non.
_ Bon, très bien… »
La voix se fit énorme, grondante comme à ses habitudes, et elle se tourna vers nous : « Jeunes mariés, êtes-vous prêts à divorcer, pour le meilleur et pour le pire ?
_ Oui.
_ Très bien… »
fit-il comme le début d’une sentence… Puis deux feuilles de papier apparurent dans nos mains dans un nuage de barbe-à-papa. « Vous avez donc des documents officiels pour voir le Divorceur alors. Bye et bonne route.
_ Bah, euh… Merci ?
_ Enfoirés. »
La pauvre n’était pas contente. Peut-être qu’un divorce réussi n’arrivait pas tous les jours. Allez savoir jusqu’où c’était vexant pour elle. Idem pour l’infirmière, elle avait tout fait pour qu’on ne divorce pas.

Il était temps de revenir encore sur nos pas et de retrouver le Divorceur, où l’on frappa à son bureau en se souvenant avec peine du lieu. On lui parla à peine, on lui montra les documents, et il secoua les épaules. Avec son charme habituel de premier de la classe désabusé, il accepta. Il sortit alors un chapeau de prêtre de sa poche ainsi qu’un livre poussiéreux qu’il ne devait pas utiliser souvent, le posa sur son petit bureau, nous demanda de nous installer confortablement, puis il récita :

« Lithium Elfensen et Ed Free, vous avez été unis par les liens du mariage devant les puissances sacrées de Dreamland. Et j'en profite ici pour vous exprimer, au nom de l’amour, ma plus profonde gratitude. Aujourd'hui, vous avez exprimé votre désir et projet de ne plus rester ensemble, de faire un pas en arrière, volontairement, en demandant le divorce. Et c'est un choix d'adultes, matures et responsables, même si il est triste de constater qu’un lien aussi beau que le vôtre ait été brisé, avec les promesses et les devoirs que cela sous-entendant, comme celui d'apporter une contribution mutuelle et affective à tout ce qui touchera votre vie commune, avec une direction de la famille assurée à égalité par chacun de vous car un foyer est aujourd'hui géré à deux. Vous pourrez à partir de maintenant, vivre seul et prendre des décisions sans le consentement de l’autre. Mais un divorce c'est aussi le début d'un voyage, un nouveau chemin, à tracer en solitaire, sans jamais vous arrêter, avec la volonté et le profond désir de ne plus vous soutenir, de progresser pas à pas, de tracer la route vers des buts, des projets, des rêves... Une route de la bonne fortune sur laquelle je ne peux vous laisser partir aujourd'hui sans vous adresser mes félicitations ! Mais en attendant, je me dois pour cela de confirmer votre désunion ! Ed Free ! Voulez-vous divorcer de Lithium Elfensen ici présente, de briser tous les liens sacrés qui vous relient à elle, enterrer définitivement tous vos sentiments pour elle, envoyer paître l’amour, ainsi que tous les enfants qui ne pourront pas vivre à cause de vos mésententes ?
_ Je le veux. »


__

Aerolas l’ange postier, du haut de son mètre cinquante, se dépêcha de filer à tire d’aile après la prédiction terrible de la voyante maintenant décédée (il ne fuyait pas véritablement sa prédiction, car elle n’avait pas eu le temps de le dire avant que la mort ne l’emporte). Il était terrifié par ce qu’il venait de se passer, et s’était excusé en se sauvant à l’autre voyante qui était apparue à la porte, ayant senti par son énergie que quelque chose n’allait pas.

Maintenant, Aerolas était poursuivi par quelque chose qu’il ne comprenait pas, et il fallait absolument identifier la menace… et fuir le plus vite possible d’elle. On allait inverser les étapes en fait, d’abord fuir, puis ensuite, essayer de comprendre. Il changea d’étages en utilisant les ascenseurs, et fut si pressé qu’il percuta un Voyageur aux cheveux verts, accompagné d’une autre Créature des Rêves au regard brillant. Un Voyageur ! Et pas n’importe lequel ! Vlad Siegfrey ! Au moins, lui était un paladin, lui pourrait l’aider !

« Monsieur Siegfrey ! Monsieur Siegfrey !
_ Qui me demande ?
_ Je me présente, je m’appelle Aerolas. Je suis actuellement à l’article de la mort, quelqu’un ou quelque chose me poursuit !
_ Reste près alors. Est-il proche ?
_ Je ne sais pas !
_ Je vais te protéger.
_ On va te protéger !
_ Non, enfin… si, nous allons te protéger. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur ton problème ?
_ Oui, tout à fait ! Alors voyez-vous, j’ai été chez la voyante car je ne me sentais pas bien. Je lui ai demandé si j’avais des problèmes, et elle m’a répondu que des gens me voulaient du mal, mais qu’elle n’arrivait pas à les identifier. Alors je lui ai quand même demandé qui étaient ces pers… »


Aerolas s’arrêta subitement de parler et regarda derrière l’épaule de Vlad avec un effroi tel qu’il fut complètement paralysé et qu’un frisson lui malaxa la peau avec des glaçons : était-ce la Mort elle-même qui venait le chercher ? Car derrière Vlad, une sorte de momie entourée de haillons et d’un grand chapeau lui faisait face. Elle puait la charogne malgré les vents contraires, et elle dégageait une présence si plate qu’elle en devenait incontournable. La silhouette ne semblait pas armée, mais elle en paraissant bien plus dangereuse : une arme était physique ; sa surpuissance demeurait alors un mystère, la rendant ainsi plus menaçante.

« Aerolas, viens avec moi.
_ Je crois que c’est lui… »
souffla l’intéressé à Vlad Siegfrey. Celui-ci se retourna et dégaina sa rapière d’or.
« Qui oses-tu être pour… oser ? Cette Créature est sous ma protection, tu devras me passer sur le corps pour la toucher !
_ Je vous en prie, je ne veux pas tuer plus que nécessaire…
_ Ahah ! Mais sais-tu donc qui je suis ? On m’appelle le bourreau de l’injustice, le paladin de lumière, le garant de l’équilibre et de la lumière, le Juge de Dreamland ! Je suis Vlad Siegfrey ! Et toi, qui es-tu ?
_ Mr. Lafleur. »
A ce simple nom, le visage de Vlad changea du tout au tout : il passa de l’assurance folle à une peur quasiment sainte. C’était impossible. Pas Mr. Lafleur. Que faisait-il ici à rechercher la mort de quelqu’un d’aussi commun qu’Aerolas ? Il n’y avait aucun moyen de l’emporter contre un type de cette envergure ! Il fallait fuir, absolument ! Le combat n’était plus une option, sinon ridiculement risible ! Vlad se retourna et hurla :
« FUYEZ !!! FUYEZ TO… !!! »
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