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First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz]

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MessageSujet: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 16 Oct 2010 - 20:57
Fin de Soirée …

Après deux jours passés dans cette ville, Oliver et Oscar étaient parvenus à leur objectif : trouver les meilleurs bars de la ville et s’y échouer à la fin de la journée pour récupérer de leurs efforts. Enfin, il fallait avouer que pour le moment, les efforts n’avaient pas été très importants. Afin de s’imprégner de l’ambiance locale, ils s’étaient promenés à travers la ville, discuter avec certains habitants et toutes autres activités que n’importe quel touriste ferait.

La barrière de la langue n’avait point été un problème, nos deux amis parlant couramment le Français, leur profession leur obligeant. Toutefois, il était notable qu’Oscar ne passait pas inaperçu avec ses tenues vestimentaires immaculées et ses manières d’une autre époque révolue. Inconsciemment, cela servait leurs desseins. En effet, en se faisait remarquer, ils allaient peut-être provoquer une réaction quelconque de la part de cette association étrange.
Etrange, elle l’était. Mystérieuse, elle l’était encore plus, car il leur fut impossible à l’heure actuelle de la trouver ou de réussir à obtenir quelques informations que ce soit à son sujet.

Pour se consoler de ce peu d’avancement dans leurs recherches, Oliver avait entraîné Oscar dans une boite de nuit. Ils avaient bu, c’était indéniable. Et inhabituel pour Oscar. Effectivement, quel besoin de s’abreuver de boissons qui vous faisaient dire n’importe quoi, agir de façon incohérente et avoir un esprit trouble lorsque c’était déjà le cas au naturel ?
Pourtant, il s’était laissé tenté par ces cocktails au nom exotique. La couleur aussi était une qualité qu’il recherchait pour ces mélanges de boissons alcoolisés, de jus de fruit et d’autres produits. Après un certain nombre de verres, la vision d’Oscar se fit plus … à l’image de son esprit bien entamé par la folie. Fort de ce nouveau point de vue, il décida d’en faire part à son entourage en clamant d’une voix enjouée :


"C’est une ligne droite avec une forte courbe que l’on voit !"

Tout en désignant le comptoir du bar. Au vu de la musique sortant des hauts parleurs avec un fort volume, seul les personnes à sa proximité réussirent à saisir ses paroles, mais pas le sens. Elles sourirent doucement à l’état d’ébriété dont semblait être plongé cet étrange homme à la peau pâle, aux cheveux blancs et à la tenue immaculée (un miracle qu’il ne ce soit encore rien versé dessus). Il se retourna brusquement et à la fascination de certains, il se leva et marcha parfaitement droit avant de se prendre … un poteau. Il resta néanmoins dans la position verticale et ne chancela même pas, contrairement à ce qu’aurait fait n’importe quel poivrot trop plein de liquides alcoolisés. A la surprise de ceux qui le regardaient, il se mit à frapper le poteau de toutes ses forces en lui criant :

"Vas-tu t’ôter de my way, fucking wall ? Don’t be in front me !"

Et de continuer à rouer de coups le pauvre poteau qui persistait à rester en travers de son chemin. Ce qui était surprenant pour les spectateurs de cette scène, c’était qu’Oscar semblait savoir qu’il s’adressait à un poteau, mais que pour lui, il était naturel que l’objet puisse se déplacer. Il lui tint même un discours étrangement incohérent mais structuré, prononcé d’une voix claire et forte :

"You’re a wall, but I’m a man. And man is the creator of the wall… That’s why you must move ! I’m your master !"

Puis, comme abandonnant, il se détourna pour revenir au bar. Ceux assis remarquèrent alors que cet homme légèrement dérangé était en larmes. Il pleurait en silence mais de véritables torrents coulaient sur ses joues. Oscar frappa alors du poing le comptoir, faisant sursauter une jeune demoiselle un peu plus loin qui s’était affalé sur le comptoir. Elle se redressa et put voir un Oscar en train de sauter par-dessus le comptoir pour chercher de lui-même de l’alcool et se faire un cocktail. Lorsque le barman arriva pour le remettre à sa place, il fut repoussé par une force insoupçonnée de la part d’un être aussi malingre. Oscar lui jeta un regard haineux et en riant, il lui lança :

"It’s the time to create the Death’s cocktail !"

C’est alors que devant des clients curieux, au rythme de la musique techno, Oscar entreprit de préparer le cocktail le plus mortel qui soit. Il attrapait les bouteilles, les faisait tournoyer dans les airs, jonglait avec aisance alors qu’il était établi qu’il avait bu suffisamment pour être bien bourré. D’ailleurs, au cours de son jonglage, il ne se priva pas pour boire une bouteille entière qu’il jeta négligemment vers le barman encore sur le cul de voir la maîtrise de ce gars.
Après un mélange indéfinissable, Oscar fit couler un liquide fumant aux vapeurs oranges, à la couleur ambré mais variant jusqu’au rouge sang dans un large verre. Il pressa un dernier citron et leva le verre en criant :


"Gold Save the Mad Man !"

Et de boire son verre d’un trait. Et de s’effondrer immédiatement après, sur le comptoir, à l’effarement de tous. Le barman se précipita et la première chose qu’il vit, c’est un large sourire aux lèvres de cet énergumène. Il appela ensuite une ambulance, à cause de la composition étrange de ce mélange. Un client approcha le verre de son nez et le recula immédiatement.

Lorsque l’ambulance arriva, Oliver sortait des toilettes, légèrement bien torché. Mais il était suffisamment lucide pour s’apercevoir que c’était son ami que l’on installait sur un brancard. Il se précipita pour … s’étaler de tout son long. Il parvint néanmoins au prix de nombreux efforts au niveau des ambulanciers et se présentant comme l’ami de la victime, on l’informa de l’adresse où était l’hôpital. Il pourrait sûrement voir son ami le lendemain matin, après que son ami ait subi les examens adéquates.

Les portes de l’ambulance se fermèrent et les lumières bleues s’éloignèrent doucement dans la nuit.


… Début de Folie !

Le ciel était vert. Les immeubles étaient multicolores. Et les oiseaux gerbaient gaiement. Les rêveurs arpentaient la cité Délirium en sous vêtements et déambulaient en zigzaguant dans la joie et la bonne humeur. Les créatures de Dreamland tentaient tant bien que mal de contenir les débordements mais un mec bourré, c’est un mec bourré, avec sa logique, sa détermination … et son vomi.

C’est donc sur un sol spongieux qu’atterrit Oscar. Il se releva lentement et se rendit compte qu’il n’était pas dans la vie réelle, bien qu’il était tout à fait envisageable pour lui qu’il se retrouve en caleçon dans la rue. Ce qui le fit tiquer, c’était que les autres aussi étaient en sous vêtements. Fort de cette constatation, il en déduit logiquement qu’il rêvait. Donc qu’il était à Dreamland. Et comme il ne voyait aucune montagne et que ces immeubles lui disaient quelque chose, il conclue d’un puissant :


"Euréka !"

Ce qui fit retourner quelques têtes.
Il en était certain, il se trouvait dans cette citée qu’il affectionnait à l’époque où il était un voyageur jeune et irréfléchi (et il n’avait pas changé à ce niveau là) : Délirium City.
Il s’observa et fit l’inventaire de sa tenue. Cela fut bref mais nécessaire : un caleçon rouge, un jabot en dentelle rouge et ses gants blancs. On pouvait voir ses ongles de pieds arborant un vernis rouge. Ses cheveux et sa peau étaient toujours blancs. Il décida de faire le tour de la ville pour se dégourdir les jambes lorsqu’une voix bien connue l’apostropha dans sa tête :


"Alors, t’as enfin décidé de quitter les montagnes l’ermite ? Pas trop tôt …"

Une deuxième réprimanda :

"Allons, soyez indulgent. Maître, je suis prêt à vous servir."

Oscar répondit à haute voix :

"Merci Laënoris, mais pour le moment, ce n’est pas la peine. Quand à toi Khildar, je sais que je n’ai pas été à la hauteur de tes espérances, mais garde à l’esprit que c’est moi qui décide."

"Comme tu voudras …"

Profitant de ce silence temporaire, Oscar se mit à marcher à travers les rues insalubres de la citée aux milles et une bières. Il ne cessait de jeter des regards curieux un peu partout, comme si il redécouvrait la ville. Puis il entra en collision avec une créature arborant un casque parce qu’il ne regardait pas où il allait. Il se trouva que cette créature haute d’un bon mètre trente faisait parti de la milice organisée. Elle portait donc un casque dans un métal luisant de vert, un bouclier et des jambières dans le même métal. Ses yeux vertes fusillaient l’étrange être immaculé qui l’avait percuté. La créature (connu sous l’appellation de Vom Igor) appela ses copains de la milice. Oscar ne comprit pas la manœuvre et il se retrouva rapidement encerclé par six êtres semblables en taille et en hargne à Vom Igor. Il présenta ses mains gantées en signe de paix et esquissait un sourire gêné. Il faisait mine d’être innocent, mais au fond de lui, il sentait sa Folie naître.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 16 Oct 2010 - 23:19
C’était de ces soirs où on ne rêvait que de perdre son esprit dans les troubles méandres acidulés de l’alcool. En plus simple, on appelait ça un vendredi soir, une prémisse du week-end après une semaine chargée d’inutiles tracas quotidiens. J’étais rentré le plus tôt possible dans mon studio où m’attendait Burritos, mon chat orange. Je le saluais en retour d’un vaste signe de la main avant d’allumer l’ordinateur portable. Un quart d’heure plus tard je fermais les fenêtres, les pages Internet ne m’inspirant pas. Je me frottais les yeux en mirant le ciel de ma fenêtre. Il était toujours gris, les nuages ensevelissaient la ville d’un éclat morne. Je réfléchis bien cinq minutes à savoir quoi faire dans un état aussi végétatif. La réponse était tellement évidente que j’étais déjà en train de fermer l’appartement à clé avant même de réfléchir à ce que je faisais. Je partais à la chasse à la boisson interdite pour les plus jeunes.
Il était rare qu’un esprit esseulé aille boire une chope, sauf quand il subissait un tourment particulier. Mais ma principale envie était juste de me dégotter le pub le plus proche, d’y commander une bière négligemment et de rentrer une fois le verre vidé. Je ne voulais pas rameuter tout le quartier juste pour se retrouver devant de la pisse de chat. Ça ne prendrait qu’au plus une petite demi-heure… Je descendis un à un les étages avec une vitesse digne d’un zombie de Romero et me retrouvai dehors. Les trottoirs étaient trempés, je détestais ça. Je commençais à marcher dans une rue, puis la suivante. Un bar me tendit les bras et j’acceptai sa proposition. J’étais installé à une table au chaud et je sirotais un verre de bière. Elle était bonne et se buvait comme de l’eau. En moins de cinq minutes, j’avais fini et je payais l’addition. Le premier cap étant franchi, je me dis que j’allais revenir trop rapidement dans mon chez-moi sordide où ne m’attendait qu’un estomac glouton. Je passais à un second bar voire s’il pourrait m’aider à résoudre ce problème. Comme la bière avait été trop vite descendue, je partis directement sur un vodka-pomme. Mais les serveurs trop frileux m’avaient versé une proportion astronomique de jus de fruit qui réussit à éclipser la vodka. Et comme ce verre était maigrelet ! Trois minutes plus tard, je sortis la poche plus vide. Quel scandale ! Allons voir si dans un autre bar, la vodka était plus généreuse !
Je me fis un barathon personnel sans vraiment voir le temps passer. Le troisième bar m’avait servi une vodka-caramel, le quatrième, deux « silver bullet », le cinquième, je ne m’en souviens plus mais c’était un bar goth’. Je n’avais pas dû dépasser huit pubs, mais ce n’était qu’une constatation. A la fin, mon corps agissait seul sans demander l’autorisation à mon cerveau. Hurf.
Puis je m’étais perdu. L’air frais m’avait tant de bien que je perçus à peu près le monde qui m’entourait, sans toutefois lui chercher une certaine cohérence. Il était impossible pour moi de rejoindre mon appartement autrement aidé que par Dame Fortune. Les passants se firent plus rares, les automobilistes circulaient dans les routes comme s’ils étaient poursuivis par un mystérieux ennemi… Une vieille dame circulait seule dans une ruelle, accompagnant son chien dans une balade nocturne ; une bande de jeunes lycéens rigolaient habillés en noir dans une rue passante, un pauvre gars se défoulait sur un lampadaire, un conducteur tentait de faire un créneau avec cinq mètres d’espace, etc. Je n’oubliais pas d’émettre un gloussement à chaque apparition farfelue, ce rire qui caractérisait tous les alcooli…les bons vivants. Puis je réussis par miracle à rejoindre mon studio. Burritos me fit grise mine le temps que je lui servis un généreux bol de croquettes (le terme « bol » n’étant pas des plus appropriés, car la moitié des céréales vinrent lécher le sol). Puis je m’allongeais tout habillé, me retenant de vomir comme je pus. Mes pensées vagabondèrent comme elles purent pour tenter de penser à Jacob, Shana et Hélène. Jacob, Shana, Hélène. Jacob, Shana, Hélène. Jacky, Sacha, logarithme. Chan, Pokémon, Mathématiques. Avant même que la boule de poils eut fini d’avaler les croquettes sous le meuble et me rejoindre sur le lit, j’avais sombré dans un sommeil ponctué de ronflements.

Les trois questions existentielles d’un réveil à Dreamland : où suis-je ? Avec qui suis-je ? Comment suis-je habillé ? Les réponses étaient : à Delirium City (les couleurs arc-en-ciel du ciel ne trompaient pas), avec personne de connu, puis d’un caleçon à carreau et d’une cravate noire nouée autour de la tête. Et de mes fantastiques lunettes de soleil. Et que j’étais gâté cette nuit-là ! J’en avais une devant les yeux, et une autre perchée sur mon front, posée sur la cravate qui me ceinturait les cheveux ! Puis je me souvins que l’équipe allait encore m’engueuler de mon absence. Bah, ils sauront se passer de moi, ils pourraient détruire un Royaume sans le faire exprès ces fous furieux-là.
Je me baladais tranquillement dans les rues désenchantées de vomi. Le pire, c’est qu’elles étaient à peine différentes de la réalité (quand on était bourré). Je vivais une extension de ma cuite, quoi. Tout le monde s’insultait en riant, cherchait des crosses aux autres. D’autres avaient capturé deux immeubles et les faisaient se combattre l’un contre l’autre tout en ouvrant des paris. J’évitais ce coin de malades, ce n’était pas bon pour mon intégrité mentale. Typiquement le genre de Royaume d’où pourrait provenir Hélène d’ailleurs. Ce qui était marrant dans cette ville de dingues, c’était bien que les habitants différaient largement les uns des autres. Allez faire un tour aux Royaumes des chats, et vous y trouverez les félins mercantiles. Ici, on avait tout ce que la bizarrerie ou la création tout court pouvait inventer. Ce fut pour ça que ce groupe de lutins habillés en casque vert identiques attira de suite mon attention. Je ne remarquais qu’à la fin qu’ils entouraient un gars en caleçon. Je réprimais un hypocrite « Poivrot » avant de m’intéresser à ces loufions à pattes. Je tapotai sur le casque d’un de ces lascars avant de demander :


« Eh, que se passe-t-il mon brave ? Vous savez pas que des héros ont maltraité des gars qui s’attaquaient aux autres gens ici ? »

Oui, ils étaient clairement en position menaçante. Et oui, j’en profitais pour me vanter encore une fois, vu que je faisais partie d’un des deux héros qui avaient contribué à rendre la ville un chouïa moins dangereuse. Ça me faisait tout drôle d’esquisser une vérité au lieu d’un mensonge pour m’attirer les regards. J’espérais que je m’y habituerais bien vite.
Je jaugeais d’un coup d’œil le gars au centre des lutins. Plutôt frêle, mais je pouvais parler. Assez grand, tout comme moi. Puis je remarquais ses cheveux blancs. Ah enfin.


« Eh, l’albinos, t’as des problèmes ? »

J’avais appris que si une mauvaise action vous faisait paraître facilement dans le journal et vous apportait célébrité (à défaut de gloire) rapidement, une bonne action était source de bouches-à-oreilles qui personnifiaient les héros de demain ; c’était une logique à long terme évidemment. Voici la raison pour laquelle je m’intéressais à ce type. Je n’étais pas un paladin au service de la justice, il me fallait toujours une raison pour infléchir sur mes choix. Ma morale parvenait toujours à me garder à l’ombre des prisons, et je lui en remerciais.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 23 Oct 2010 - 11:35
« -Je suis désolé Brenda, tout est finit entre nous...
-Enfin...!!! John ?! Je ne comprends pas... pourquoi ?
-C'est... c'est trop compliqué... tu ne peux pas comprendre, adieu, Brenda !
-Nooon !!! Joooohn !!!! »

''Non !!! John !!! Espèce d'enfoiré t'as pas le droit de la laisser... elle ne sait pas que tu es espion !!!''

La chose installée sur son sofa, emmitouflée dans son plaid à engloutir un yaourt constituant le repas du soir, scotchée à son téléviseur qui faisait office d'éclairage au petit studio logé à l'ombre de deux immenses immeubles dans une rue de Paris. Ce « truc » aux cernes creusées, aux yeux verts et au pyjama s'apparentant plus à une grenouillère-cosplay (de pikachu il faut le préciser) au bord des larmes, c'était simplement ma petite personne dans mes soirées dites du « dimanche ». Or, d'un on était loin d'être ce jour et de deux, vous montrer pareille débandade mettant ainsi en péril toute ma vie sociale quasi-inexistante était réellement un acte témoignant de ma totale dépression. Oui, j'avais vraiment touché le fond. Je n'avais pas totalement conscience de ce qui m'entourait à vrai dire, je fixais l'écran de télévision avec la grâce d'un poisson rouge attendant son heure. Bref, hier j'avais réussis à débarrasser un peuple de joyeux bonhomme sucrés d'une horde de castors forts envahissants, j'avais donc gagné la reconnaissance d'un peuple, mais à mes yeux, j'avais surtout confirmé mes soupçons sur le hasard qui entourait les lieux où l'on pouvait atterrir sur Dreamland. J'avais donc une chance de plus de ne plus retourner à ce royaume acide et d'aller rendre visite à ce Dislok que j'affectionnais tant... Mais autant dire que cette escale à mon « pays d'origine » m'avait coupé dans mon élan d'exploration du monde onirique. Si pareils lieux pouvaient exister, je me garderais bien de quitter les sentiers battus. Enfin, avec mes nouveaux compagnons, ça s'avérerait probablement difficile... mais je n'allais pas m'en plaindre après tout, au moins si je suis avec eux, le seigneur poubelle serait-il peut-être moins enclin à vouloir à nouveau m'inviter dans ses landes. Sur cette pensée, j'éteignais le post de télé après m'être levée de mon sofa, l'oisiveté ça va un instant, mais au bout d'un certains temps, ça dégrade aussi bien la santé que les neurones, moi qui pensais trouver un bon psychologue en Brenda ou même John, voilà que ma thérapie décadente s'était faite sans eux. Me dirigeant directement vers la case « sommeil », je m'enfouissais loin dans ma couette, veillant à bien avoir remis mon masque sur le nez, bercée par le son de ma respiration filtrée se faisant de plus en plus paisible, ma dernière pensée fut pour les Private Jokes, je me repassais chacun de leur visage en tête, la dernière image fut celui d'Ed, sans ses lunettes, comme au tournoi...

Mes paupières s'ouvrirent sur la vision panoramique d'une ville. Le ciel arborait diverses teintes du spectre, aussi bien du vert que ce joli jaune-œuf-resté-abandonné-pendant-un-certain-temps-à-crever-dans-le-frigo. Ah Dreamland, ce monde m'inspirait tout particulièrement, moi, dessinatrice, mes professeurs avaient noter cette effervescence de créativité, voilà que je me mettais à donner de nouveaux noms aux couleurs. Je m'étais au final fait des illusions en pensant que tout était rose dans ce monde, après tout, c'est juste une « seconde vie » qui permettait de s'évader de notre quotidien. Ici, avec ces pouvoirs et cette légèreté, pas étonnant qu'on se sente pousser des ailes, on se sent devenir le nombril du monde, il est donc normal que les conflits éclatent entre voyageurs, ils n'ont simplement pas envie de replonger dans la masse du cirque humain dans lequel ils tournent déjà dans le monde réel. Enfin, monde réel... si on voyait les choses dans l'autre sens ? Et si c'était la Terre qui n'était qu'un cauchemar inventé pour mieux apprécier la vraie place de notre personne, à Dreamland. Là bas, la vie est un songe, ici, c'est le songe qui fait la vie. Bref, voilà que l'immeuble sur lequel je suis atterrie se met à... gesticuler oui, comme un chien qui, mouillé, s'ébroue. Je me cramponnais au muret de sécurité jusqu'à ce que cette structure aussi instable que de mauvais poil se calme. Là... Pas bouger... reste à savoir dans quelle contrée avais-je bien pu me retrouver. Même au travers du masque généreusement (?) offert par le seigneur acide, je pouvais sentir de fortes effluves d'alcool et de... vomi ?! Un peu prise au dépourvut, je me sentis chanceler... du calme Hélène, tu n'as plus peur maintenant... enfin il fallait l'avouer, depuis ma venue au royaume acide, de vieilles hantises avaient fait surface, créant ainsi quelques remous et troubles dans mon esprit. Mais rien d'alarmant non plus. Ce n'étaient que quelques questions existentielles que tout humain se poseraient dans mon cas après tout. Comme pour me faire taire, l'immeuble se remit à frémir, sauf que cette fois -ci, il n'y alla pas de main molle. J'eus beau m'agripper au même endroit qu'il y a un instant, l'immeuble fit un brusque geste de « tête » et m'éjecta littéralement par dessus bord, j'exécutais pour le coup un magnifique soleil qui fit défiler devant mes yeux les teintes aussi étranges que chatoyantes des cieux avant que le sommet du bâtiment sur lequel je me trouvais il n'y a encore que quelques minutes ne s'estompe avec les nuages. Je pus alors admirer le reste de ces buildings-champignons depuis un second point de vue, ils montaient, descendaient, se mêlaient dans un brouillard qui capitonnait cette cité de manière presque grotesque. Enfin, je cessais cette brève contemplation pour me concentrer sur ma chute. Sentir le vent incapable de vous arrêter dans votre dégringolade est quelque chose de totalement terrifiant. Inutile de dire que, complètement désemparée au point d'admirer les gratte-ciel, je paniquais comme jamais auparavant et la seule chose qui me sembla le plus juste pour compenser ceci fut de faire comme tout autre être humain : hurler un appel au secours complètement abstrus. Mais en l'air, je me sentis subitement arrêtée, juste pendant l'espace d'une micro-seconde certes mais suffisamment pour pouvoir m'apercevoir que je venais de percuter un objet volant non identifié qui ne devait pas être plus grand qu'une paire de chaussure. Tandis que je me sentais à nouveau happée par le vide, je m'emparais d'une protubérance de cette chose sans même lui demander son avis. Celle-ci laissa alors échapper un hoquet d'indignation avant de se mettre à battre frénétiquement des ailes, je l'entrainais maintenant dans ma chute mais au moins, celle-ci se voyait ralentie. Nous ne devions être plus qu'à quelques mètres du sol. A ce rythme je pourrais poser pieds à terre sans trop d'encombre, même si je devais laisser mes jambes lâches pour pouvoir me réceptionner sans mal, car sans vouloir être pessimiste, les ailes avec lesquelles la bête à laquelle je m'agrippais désespérément semblaient perdre de leur vigueur au fur et à mesure de notre contre-ascension … et même...


''Ah ! J'en peux plus, j'abandonne ! Les voyageurs il en pleut partout et c'est nous les cauchemars qui en pâtissent, adieu monde cruel !''
''Non !!! Non non non non non !!! Je vous en supplie, NE LÂCHEZ PAAAAaaaaaaaaaaas !!!!''

D'en bas, on pouvait entendre mon cri monter en volume au fur et à mesure que je j'étais en train de choir. Je sentis mon sang battre dans mes tempes et mon cœur battre comme un lièvre lancé à pleine vitesse après le coup de feu d'un chasseur embusqué. Finalement, je lâchais prise sur la petite bête qui m'avait accompagné, il valait mieux que je sois la seule à m'étaler sur le bitume de cette ville. Plus j'avançais dans cette chute et plus j'avais l'impression que le sol se rapprochait vite. Les tâches de couleur grises, vertes et j'en passe, se distinguaient peu à peu en formes cohérentes, j'eus juste le temps de voir ce cercle vert au centre duquel était planté un point blanc, avec, non loin, un point jaune. Adieu Dreamland, adieu les Private, va en enfer Dislok, je laisse mon tablier et n'aurais pas pu sauver mon panache dans une fin digne d'un héros, enfin, pourquoi ça ? Je ne pensais pas m'élever à quelconque piédestal juste par prétexte que je mourrais aujourd'hui, non, j'allais m'écraser comme une merde et offrir un beau spectacle de tâches vertes sur la chaussée. Les paupières closent, je me sentis violemment heurter ce qui devait être le sol... je le trouvais étrangement irrégulier d'ailleurs. Là où ma conscience aurait dût s'élever vers le néant, je me rendis compte que j'étais encore enchainée à un corps consistant. A peine eus-je ouvert les yeux que je sentais une affreuse douleur se propager dans tous les os de ma carcasse. Je sentais aussi quelque chose bouger sous moi... ah... je me disais bien que je n'étais pas tombée sur le parterre... La chose revêtue d'une armure (dont les angles et les arrêtes qui se frottaient contre moi me faisaient grincer des dents) se mit à grommeler nonchalamment. Trop sonnée pour pouvoir bouger de ma place, je remarquais alors les congénères de mon coussin, aussi verts et en boite de conserve, tous entouraient un homme à la pâleur surnaturelle qui se dressait haut malgré le fait qu'il ne soit vêtu d'un caleçon rouge, d'un jabot (?) de la même couleur et d'une paire de gants se confondant avec la teinte de sa peau... tandis qu'à côté de moi se tenait... oh je reconnais cette tignasse blonde et cette paire de lunettes... Ed... il avait eut de la chance, à 30 cm près c'était lui qui se retrouvait à la place du petit soldat qui croulait sous mon poids et lui aussi n'était pas très chaudement vêtu, il arborait aussi une cravate... oh mon Dieu j'ai atterris à naturiste-land. Après avoir tenté d'oublier la souffrance que provoquait mes membres endoloris, je me décidais à me dresser sur mes jambes. J'étais singulièrement habillée d'un top noir et d'un jean-baggy d'un gris foncé légèrement verdâtre comportant plusieurs poches et étant déchiré à plusieurs endroits, ajoutez à celui un petit foulard jaune noué autour de mon cou, cachant notamment le petit cylindre enfoncé dans ma nuque, relié à mon nouveau masque sans oublier mes éternelles goggols vertes(je bénissais le hasard de ne pas m'avoir fait m'éveiller en pyjama). L'inventaire sur le catalogue de vêtements du jour, je tentais de réaliser dans quelle situation je m'étais imbriquée. Vu la position menaçante qu'adoptait les soldats auteur de ce sombre inconnu à la barbichette rouge et le fait qu'Ed en soit concerné, il n'y a aucun doutes là dessus, je m'étais encore retrouvée fourrée dans un problème improbable et absurde. Enfin, maintenant certains soldats me regardaient d'un air plus qu'effrayant, j'accordais un regard au bougre qui avait réceptionné ma chute... Ah... le pauvre n'allait pas l'air d'être au milieu de sa forme en effet.

''Heu... excusez-moi... j'ai... je l'ai pas fais exprès...'' Bégayais-je sans trop savoir où me mettre. Voyant que je n'avais en fait fait qu'attiser d'autres tensions, je me rapprochais d'Ed et chuchotais : '' Ça fait plaisir un visage familier... rassure-moi... vous discutiez de la pluie et du beau temps ?...''

En guise de réponse, l'un des soldats prit la parole, s'agissant sûrement du chef d'escouade :

''Cette voyageuse a agressé l'un de nos camarade ! En plus de cela elle planifie quelque chose avec son complice, emparez vous d'eux ! Et n'oubliez pas l'autre type à dentelles !''

Ceci dit, les soldats dégainèrent diverses armes aussi avenantes les unes que les autres en resserrant leurs rangs autour de nous. Je commençais à culpabiliser, pourquoi fallait-il que je fasse une entrée en scène si fracassante ? D'accord, Dreamland était le monde de l'improbable et de l'impossible, mais là ça relevait carrément du grotesque ! Peu rassurée, je frottais ma main contre mon bras, mon sang entrait en ébullition à l'appel de la violence. Enfin, je préférais tout de même employer une ruse diplomatique au lieu d'user (encore une fois) de nos pouvoirs et de la force pour régler les conflits. Surtout que le type au jabot levait ses mains, geste destiné à rassurer les esprits belliqueux. Je n'avais plus qu'à prier pour que le jeune homme aux verres violets ne cherche pas la bagarre non plus... j'espérais qu'il m'appuierait dans ceci :

''Attendez !!! On ne cherche pas les ennuis enfin je crois... et votre collègue, il n'est pas mort non plus ! Mince, on est dans un pays civilisé, non ?...''

Cette vaine tentative pour calmer le jeu ne sembla pas vraiment porter ses fruits. La douleur continuait de sévir dans tous mes muscles, me fatiguant à peine les hostilités commencées. Sans plus de cérémonies, les soldats fondirent sur nous...
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Dim 24 Oct 2010 - 19:09
Bloody Panic ...

Les différents protagonistes qui étaient venus se mêler de cette dispute avaient le mérite d’être divertissant pour Oscar.
Le premier à être intervenu était vêtu d’un caleçon à carreaux, d’une cravate nouée autour de la tête. Deux lunettes de soleil venaient compléter la tenue spéciale Délirium City de cet homme à la silhouette fine pour ne pas dire maigre.
Il sembla à l’aristocrate que l’homme à la chevelure blonde se vantait de quelques faits antérieurs auprès des créatures de Dreamland, comme pour leur signifier qu’il n’était pas convenable de s’en prendre à sa personne.
C’est alors que l’arrogant personnage apostropha notre voyageur menacé d’un ton que l’anglais prit pour insultant, sa culture étant ainsi faite.
Un fin sourire parcourut son blanc visage pour répliquer d’une voix moqueuse :


"Point du tout, je suis simplement en train de jouer une partie de bridge avec des amis."

Il était évident qu’il avait des problèmes, la question n’avait donc qu’un sens rhétorique, ce qui ennuyait profondément Oscar.

Fort heureusement, l’ennui fut de courte durée grâce à l’atterrissage magnifiquement réussi d’une demoiselle étrangement parée. En effet, contrairement à l’ensemble des rêveurs ou des poivrots qui parcouraient cette ville éthylique, cette fille portait des vêtements normaux. Son haut était noir, son jean avait des couleurs qui s’accordaient bien avec les teintes verdâtres de la ville, un foulard jaune venait ceindre son cou et un masque complétait le tout.

Cette apparition était agréablement surprenante puisqu’elle impliquait l’écrasement net d’un des miliciens aux envies peu aimable envers notre Lord complètement paumé.
L’origine de cet effarement présenta ses excuses à la personne concernée, ce qui ne paraissait aucunement améliorer la situation. Elle se rapprocha ensuite du blond à la double paire de lunettes pour lui glisser quelques mots, Oscar ne pouvant en connaître la teneur à cause de la distance. Mais ces deux là se connaissaient, c’était indéniable pour l’invocateur démoniaque. Toutefois, qu’importait cette information ?

Ils étaient tout trois dans une situation peu enviable, les six autres miliciens encore debout se mettant en formation afin d’encercler totalement ces trois fauteurs de trouble. Leurs armes étaient auréolés d’une lueur jaune et ressemblaient pour la plupart à des sabres courbés ou des couteaux crantés. L’envie d’en découdre se lisait autant dans leurs yeux que sur leur visage.

Une ultime et vaine tentative de la part de la demoiselle au masque ne fit qu’accentuer le mécontentement du service d’ordre de Délirium City.

Oscar se tenait à la droite d’Hélène et en portant un regard à sa compagne d’infortune, il remarqua les frottements qu’elle opérait sur son bras. Le stress ? Possible. Quand au blond, l’aristocrate anglais n’avait même pas pris le temps de s’enquérir de sa position que les créatures avides de se battre pour une cause qu’il leur semblait juste se jetèrent sur eux.

Le ciel verdoyant se voyait arpenté par une patrouille d’oiseaux bières qui criaient des sons gutturaux et parfois des phrases obscènes à l’attention de quiconque les entendraient. Leur arrière train en forme de goulot de bouteille de bières, ils se mirent en quête de pauvres rêveurs ou voyageurs à arroser. Trouvant leur cible en la personne humble et innocente du chef de la milice Vom Igor, ils déversèrent leur précieux liquide, hilares. Ce parachutage eut pour conséquence le ralentissement de la charge du chef de la milice, mais pas de ses comparses.


"Maître, il serait judicieux de réagir."

"Oui, sinon, on va finir en hachis."

Faisant abstraction des voix l’incitant à diverses tactiques d’évitements, Oscar choisit la solution la plus folle : il fonça droit sur les créatures de Dreamland. La surprise se lut sur leur visage, mais ils ne purent avoir suffisamment de temps pour éviter l’impact. Bien évidemment, certains tentèrent des coups de sabres pour trancher dans le vif ce problème. Toutefois, du fait de leur faible taille et de la rapidité due à une Folie soudaine de la part de notre fou d’anglais, l’invocateur de démons parvint à percuter sans trop se faire lacérer un de ses êtres aux oreilles pointues et à l’armure verte. Le choc fut violent, intense et bruyant. Le voyageur étant plus grand et de plus haute stature que la créature, c’est ce dernier qui se retrouva à terre.

Des rires et des cris de consternations résonnèrent dans la tête de notre infortuné voyageur. Il était allongé de tout son long sur la créature. Profitant de cette position avantageuse mais peu glorieuse, il chercha prestement le couteau que tenait son agresseur. Il la lui prit des mains tout en lui tordant le poignet et lui mordant le cou. La douleur fit lâcher prise et Oscar put récupérer l’arme salvatrice. Sans une once de pitié, il planta d’un mouvement brusque mais précis la lame effilée dans la carotide.
Se redressant, il vit qu’un autre s’était stoppé et allait lui porter un coup de sabre à sa nuque. Se baissant, il entendit la lame siffler au dessus de sa tête. Il profita de ce mouvement de la tête pour se quérir de la position de ses autres adversaires. Trois continuaient leur attaque contre Hélène et Ed, un dernier s’étant joint pour mettre à mort cet énergumène blanc.
Roulant sur le côté, il évita le sabre qui s’abattit sur l’armure de la créature qu’il venait d’occire sans ménagement. Il se releva dans la continuité de son mouvement et fit face à ses assaillants. La lame du couteau pointant vers l’un, puis l’autre, il les observait de ses yeux emplit d’une Folie meurtrière.

En son esprit, des cris de jouissances et des incitations aux meurtres venaient occuper ses pensées. Il se courba légèrement, ne lâchant pas du regard ses cibles qui faisaient de même. Tout tenait dans l’hésitation. Sur qui allait-il se jeter ? Celui de droite ou de gauche ? Une tension s’installa. Chacun se jaugeait. Il fallait être rapide et agir bien.
C’est alors que ses muscles se détendirent subitement, son corps n’étant plus qu’une vive impulsion dirigée vers … le milieu. Effectivement, il arriva entre les deux créatures en armes et armures. Il se baissa immédiatement et effectua un mouvement de sa jambe circulaire, fauchant celles de l’être à sa droite. Continuant sur sa lancée, il bouscula l’autre. Fort de cet avantage, il se leva avec vitesse pour fondre sur un des deux à terre et lui assena un violent coup de couteau. Malheureusement pour lui, il fut dévié par un geste défensif, le couteau se plantant dans l’épaule. Le sang jaillit, à la satisfaction sadique de notre voyageur.
Arrachant le couteau de la chair en espérant pouvoir le planter en un autre endroit, il leva son bras, une lueur des plus sadiques dans ses yeux. Toutefois, sa tentative fut soldée par un échec, l’être blessé agissant plus rapidement que lui en le repoussant d’un violent coup de pied dans le ventre. Projeté directement vers l’autre créature de Dreamland qui venait à peine de se relever, Oscar tira à profit ce renvoi pour s’abattre avec tout son faible poids sur l’infortuné milicien en armure.

Le choc fut rude. Le choc fit BONK. Le choc fit mal. La balle humaine sentit sa colonne vertébrale craquer en un son discordant et peu agréable car sous entendant des blessures. Pourtant, il lui passa outre son état osseux pour rouler au sol, se salissant dans un profond dégoût de lui-même et pestant contre ces êtres dépourvu de bons sens et agressif envers un pauvre humain qui ne faisait que passer par là. Alors qu’il tentait de se rétablir dans la position verticale, un doute immense l’envahit. A ce doute vint rapidement s’ajouter la sensation d’un corps froid qui entamait sa peau. A peine eut-il le temps d’esquisser une vague parade de son couteau nouvellement acquis qu’il était trop tard. Le sabre avait tranché dans le vif et entaillé son flanc gauche.

Réprimant un hurlement de douleur, il serra les dents et se tourna vers le responsable de cet épanchement sanguin. Son sang coulait sur sa blanche peau et commença à se faire absorbé par le tissu du caleçon qui vira du blanc au rouge. Ses yeux dardaient ses deux adversaires d’un regard haineux. On ne touchait pas à sa personne, on le blessait encore moins, surtout s’il n’avait rien fait.
Entrant dans une sorte d’état second (alors que c’est son état habituel), il se jeta en hurlant de rage vers l’être au sabre souillé de son sang. Une parade fut tentée mais peine perdue, la Folie meurtrière de Khildar prodiguant à Oscar la force nécessaire pour écarter la lame du sabre d’un geste large. Le compagnon d’armure à l’épaule sanguinolente vint au secours de son camarade mais son sabre ne parvint qu’à trancher l’air. L’aristocrate anglais ayant suivi des cours d’escrimes, ce genre de combat lui convenait plus ou moins. Il s’écarta donc pour se jeter sur l’adversaire le plus en difficulté, celui à l’épaule blessée. Il para avec habilité le sabre mais à cause de son mouvement, se retrouva garde contre garde.

Or, une garde de couteau est plus petite que la garde d’un sabre. S’il ne voulait pas perdre un bras, il fallait agir vite. De plus que l’autre allait sûrement en profiter pour lui tailler le reste de son corps. Et comme il ne tenait pas à finir en hachis, il effectua une passe d’arme qui consistait à se fendre sur le côté tout en levant son arme. Les gardes étant l’une contre l’autre, le sabre suivit le mouvement. Dans la continuité, il fit un tour sur lui-même tout en collant son adversaire et finit dans son dos, le couteau pointant vers le ciel vomissant des nuages de bières mousseuses. De cette position, protégé d’une attaque frontale, il enroula son bras autour de la gorge de l’être surpris de cette manœuvre et sans ménagement, lui enfonça jusqu’à la garde le couteau dans la gorge. Du sang sorti à profusion, arrosant gaiement le visage tout sourire de notre sadique d’anglais. Il retira la lame d’un geste théâtral et repoussa le corps désormais sans vie vers son dernier adversaire qui le regardait, horrifié.

Pourtant, Oscar était au plus mal. Son flanc gauche le faisait diablement souffrir, les voix dans sa tête hurlaient à lui faire imploser le crâne et les précédentes actions qu’il avait effectué pour se défendre l’avait fatigué. Il fallait finir celui-ci par la ruse.

Il tomba donc à genou, cette position étant moins fatigante. Puis il baissa la tête, tentant de faire le vide en lui. Il ferma les yeux, se concentrant pour faire taire ces voix qui l’assaillaient. Les bras le long du corps, le flanc pisant le sang, il était une proie de choix.
La créature de Dreamland, épris d’une ferme intention de venger ses frères assassinés, courut en direction du criminel. Le sabre au dessus de sa tête, le casque luisant dans la lumière soûlante, dans un bruit d’armures cliquetantes au pas de course, les yeux emplis d’une volonté de tuer, Sam Kondui, le milicien qui avait vu se faire assassiner sous ses yeux ses compagnons d’armes avec qui il avait partagé tant de choses, de bons souvenirs de franches rigolades encore à l’esprit, se jeta en hurlant d’une rage viscérale sur le responsable de cette tragédie. Et reçut en plein ventre la lame d’un couteau pointant dans sa direction.

La tactique d’Oscar était des plus simples. Il suffisait de laisser l’ennemi s’approcher. Une fois à portée, il fallait être prompt à brandir son arme en direction de l’adversaire. Dans l’élan de sa charge, l’assaillant n’avait plus qu’à s’empaler sur l’arme. Bon, il est vrai que dans le cas présent, c’est un couteau qui faisait office d’arme, mais il en allait de même. Bien entendu, le sabre siffla aux oreilles de l’humain à genou. Naturellement, il avait faillit se faire décapité s’il n’avait pas eu le bon timing. Mais il avait réussit. Il se tenait toujours à genoux, les bras tendus, le corps de Sam Kondui contre lui, son sang se déversant sur sa peau anciennement immaculée.

Il demeura dans cette position, ne prenant même pas la peine de se dégager de ce nouveau poids en son cœur. Il venait de tuer trois êtres. Trois tâches rouges qui venaient salir son être. Trois gouttes de plus dans son océan de sang. Il souriait. Et il éclata de rire.


"Oui ! "

La dernière voyelle se perdit dans les méandres douteux de la ville et le rire sadique qui la suivait résonna lugubrement. Le fou était de retour, pour le sanglant et pour le pire.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mar 26 Oct 2010 - 22:20
Puis je me remémorais le pourquoi je n’évitais pas de détruire les bâtiments ou me soucier si peu des autres gens lors de mes quêtes, malgré mon karma positif. Parce que même les victimes les plus innocentes, les plus intelligentes, les plus douces peuvent vous envoyer sur les roses au lieu d’un traditionnel et si enjoué remerciement. C’est pourquoi le poteau qui faisait du gringue au milieu des nains de jardin m’envoya tout simplement chier alors que j’avais gentiment proposé mon aide. J’haussai un sourcil, un geste qui signifiait chez moi que je pensais intérieurement « Pauvre con » au destinataire malchanceux. Comment voulez-vous que le monde aille bien si ceux qui se font agresser sont aussi agressifs que les agresseurs agrégés ? J’hésitais encore à expliciter mon pauvre sourcil muet à Monsieur FrouFrou ou bien à me barrer là en lui faisant signe de la main. Et dans un intense approfondissement de ma réflexion, je me demandais si je devais faire les deux en même temps ou bien aider les nabots à dézinguer le gaillard. Je me confesserais à mon dit-karma en essayant de le faire croire que c’était ce type qui avait commencé les hostilités avec les miliciens, et que je m’étais placé du bon côté (et ce, objectivement). Ma troisième et dernière réflexion se concentra sur qui faisait cet étrange cri qui semblait provenir du ciel. On aurait dit celui d’une autruche qui venait de comprendre après avoir sauté d’une falaise, que ses ailes n’étaient là que pour faire joli. Juste avant de voir un missile vérifier les principes de la gravité sur un des pauvres malheureux armés. J’aurais bien aimé avoir de la compassion mais j’eus du mal.
Puis la pauvre Voyageuse se leva et je reconnus sans peine Hélène en train de s’épousseter et de s’excuser. Faut pas Hélène, ils doivent te prendre pour une terroriste maintenant. Elle vint me saluer, et je lui rendis la pareille en levant la paume de ma main en sa direction.


« Yo Hélène, tu tombes à pic. »

La blague était nulle, mais la probabilité que quelqu’un retombe d’une telle hauteur et d’être en état pour l’écouter était si faible que je ne pus m’empêcher de la faire. Je remarquai dans un second temps que l’autruche avait des habits corrects, qui indiquait qu’elle n’avait pas picolé ou pris des substances plus ou moins illicites. Bref, sa seule présence ici tenait du fait qu’elle avait pensé à moi avant de s’endormir. J’espérais qu’elle ne fut pas au courant du système Dreamlandien d’apparition, et des règles traitant des habits pour ceux qui seraient venus à Delirium City sans y avoir trop réfléchi. Parce que mon calbute en disait long sur les activités de la veille. En vue du combat qui allait se dérouler, je la vis en train de se gratter vigoureusement le bras. Mes côtes et mon poignet réagirent douloureusement, victime d’un acide plutôt douloureux que je n’étais pas pressé de revoir. Je ne me mis même pas en position de combat ; les gens en face étaient tellement énervés, et la nature semblait avoir oublié de leur fournir un cerveau efficace et efficient. S’ils fonçaient tête baissée sur nous, ils étaient prêts à se faire laminer en fait. Je pris un air détaché (bien que les grognements animaux des lutins me poussaient à bout) et parlais à Hélène :

« Je suis content que tu sois là ; Jacob et Shana devraient pas trop tarder en principe. Sinon, il ne se passait rien de grave avant que tu n’arrives, j’étais en train d’assister à un début de lapidation publique ma foi fort réjouissant et… je re, je te les prépare, t’auras plus qu’à les faire fondre. »

Rapidement, je tournais un œil (camouflé par la branche noire) vers les assaillants. Il vira sombre, signe que j’utilisais mon pouvoir.
Premier portail : A un mètre des miliciens en furie qui couraient vers nous, posé sur le sol.
Second portail : A un mètre trente d’Hélène, et cinq du plancher des vaches. J’aurais pu augmenter la hauteur de mon portail mais c’était plus fatiguant (et sans l’avouer, ils étaient rapides et m’avaient pris de court).
Effet provoqué : Les trois qui nous fonçaient dessus disparurent comme par enchantement, avant de revenir un peu plus loin, et beaucoup plus haut. Le but n’était pas de les blesser suffisamment, mais les immobiliser pour qu’ils fournissent des cibles parfaites pour les attaques larges de ma coéquipière. J’avais prévenu cette dernière, j’espérais qu’elle comprendrait. Contrairement à Jacob qui était habitué à bosser avec moi en duo, c’était la première fois que je me combattais avec Hélène à mes côtés.
Ce fut avec un plaisir manifeste de revérifier que la gravité marchait toujours et qu’elle ne s’était pas déglinguée depuis la dernière minute. Les trois miliciens tombèrent à la renverse dans le portail et retombèrent avec des fracas métalliques sur le sol.
Puis je jetais un coup d’œil à l’autre Voyageur. Mais tout allait bien de son côté, il semblait savoir se battre, d’une façon certes hétéroclite, mais efficace. Je l’encourageai en remettant mes lunettes sur mon nez avant de me retourner vers Hélène :


« Ouais, nan, ça m’étonne qu’on soit ici, je pensais qu’on faisait route vers le Royaume des Chats. Sinon, t’as vu, y a le dernier numéro de DreamMag entièrement concentré sur les Private Jokes ! Faudra se trouver du temps pour détruire les X-Caliburs avant la parution du prochain numéro, histoire de. »

Evidemment, je n’avais rien du tout à dire. Mais je voulais briser ces terribles échanges de coups, ces hurlements à tout-va. Si une patrouille débarquait, je pourrais essayer de me faire passer pour un simple témoin. Je n’avais au pire, apporté qu’une maigre contribution au chaos ambiant. Pour une fois. Pour le moment, je profitais du spectacle avec d’éloquentes grimaces qui soulignaient chaque fracture d’os ou d’entailles.
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Hélène Metzengerstein
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mer 27 Oct 2010 - 15:41