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First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz]

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MessageSujet: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 16 Oct 2010 - 20:57
Fin de Soirée …

Après deux jours passés dans cette ville, Oliver et Oscar étaient parvenus à leur objectif : trouver les meilleurs bars de la ville et s’y échouer à la fin de la journée pour récupérer de leurs efforts. Enfin, il fallait avouer que pour le moment, les efforts n’avaient pas été très importants. Afin de s’imprégner de l’ambiance locale, ils s’étaient promenés à travers la ville, discuter avec certains habitants et toutes autres activités que n’importe quel touriste ferait.

La barrière de la langue n’avait point été un problème, nos deux amis parlant couramment le Français, leur profession leur obligeant. Toutefois, il était notable qu’Oscar ne passait pas inaperçu avec ses tenues vestimentaires immaculées et ses manières d’une autre époque révolue. Inconsciemment, cela servait leurs desseins. En effet, en se faisait remarquer, ils allaient peut-être provoquer une réaction quelconque de la part de cette association étrange.
Etrange, elle l’était. Mystérieuse, elle l’était encore plus, car il leur fut impossible à l’heure actuelle de la trouver ou de réussir à obtenir quelques informations que ce soit à son sujet.

Pour se consoler de ce peu d’avancement dans leurs recherches, Oliver avait entraîné Oscar dans une boite de nuit. Ils avaient bu, c’était indéniable. Et inhabituel pour Oscar. Effectivement, quel besoin de s’abreuver de boissons qui vous faisaient dire n’importe quoi, agir de façon incohérente et avoir un esprit trouble lorsque c’était déjà le cas au naturel ?
Pourtant, il s’était laissé tenté par ces cocktails au nom exotique. La couleur aussi était une qualité qu’il recherchait pour ces mélanges de boissons alcoolisés, de jus de fruit et d’autres produits. Après un certain nombre de verres, la vision d’Oscar se fit plus … à l’image de son esprit bien entamé par la folie. Fort de ce nouveau point de vue, il décida d’en faire part à son entourage en clamant d’une voix enjouée :


"C’est une ligne droite avec une forte courbe que l’on voit !"

Tout en désignant le comptoir du bar. Au vu de la musique sortant des hauts parleurs avec un fort volume, seul les personnes à sa proximité réussirent à saisir ses paroles, mais pas le sens. Elles sourirent doucement à l’état d’ébriété dont semblait être plongé cet étrange homme à la peau pâle, aux cheveux blancs et à la tenue immaculée (un miracle qu’il ne ce soit encore rien versé dessus). Il se retourna brusquement et à la fascination de certains, il se leva et marcha parfaitement droit avant de se prendre … un poteau. Il resta néanmoins dans la position verticale et ne chancela même pas, contrairement à ce qu’aurait fait n’importe quel poivrot trop plein de liquides alcoolisés. A la surprise de ceux qui le regardaient, il se mit à frapper le poteau de toutes ses forces en lui criant :

"Vas-tu t’ôter de my way, fucking wall ? Don’t be in front me !"

Et de continuer à rouer de coups le pauvre poteau qui persistait à rester en travers de son chemin. Ce qui était surprenant pour les spectateurs de cette scène, c’était qu’Oscar semblait savoir qu’il s’adressait à un poteau, mais que pour lui, il était naturel que l’objet puisse se déplacer. Il lui tint même un discours étrangement incohérent mais structuré, prononcé d’une voix claire et forte :

"You’re a wall, but I’m a man. And man is the creator of the wall… That’s why you must move ! I’m your master !"

Puis, comme abandonnant, il se détourna pour revenir au bar. Ceux assis remarquèrent alors que cet homme légèrement dérangé était en larmes. Il pleurait en silence mais de véritables torrents coulaient sur ses joues. Oscar frappa alors du poing le comptoir, faisant sursauter une jeune demoiselle un peu plus loin qui s’était affalé sur le comptoir. Elle se redressa et put voir un Oscar en train de sauter par-dessus le comptoir pour chercher de lui-même de l’alcool et se faire un cocktail. Lorsque le barman arriva pour le remettre à sa place, il fut repoussé par une force insoupçonnée de la part d’un être aussi malingre. Oscar lui jeta un regard haineux et en riant, il lui lança :

"It’s the time to create the Death’s cocktail !"

C’est alors que devant des clients curieux, au rythme de la musique techno, Oscar entreprit de préparer le cocktail le plus mortel qui soit. Il attrapait les bouteilles, les faisait tournoyer dans les airs, jonglait avec aisance alors qu’il était établi qu’il avait bu suffisamment pour être bien bourré. D’ailleurs, au cours de son jonglage, il ne se priva pas pour boire une bouteille entière qu’il jeta négligemment vers le barman encore sur le cul de voir la maîtrise de ce gars.
Après un mélange indéfinissable, Oscar fit couler un liquide fumant aux vapeurs oranges, à la couleur ambré mais variant jusqu’au rouge sang dans un large verre. Il pressa un dernier citron et leva le verre en criant :


"Gold Save the Mad Man !"

Et de boire son verre d’un trait. Et de s’effondrer immédiatement après, sur le comptoir, à l’effarement de tous. Le barman se précipita et la première chose qu’il vit, c’est un large sourire aux lèvres de cet énergumène. Il appela ensuite une ambulance, à cause de la composition étrange de ce mélange. Un client approcha le verre de son nez et le recula immédiatement.

Lorsque l’ambulance arriva, Oliver sortait des toilettes, légèrement bien torché. Mais il était suffisamment lucide pour s’apercevoir que c’était son ami que l’on installait sur un brancard. Il se précipita pour … s’étaler de tout son long. Il parvint néanmoins au prix de nombreux efforts au niveau des ambulanciers et se présentant comme l’ami de la victime, on l’informa de l’adresse où était l’hôpital. Il pourrait sûrement voir son ami le lendemain matin, après que son ami ait subi les examens adéquates.

Les portes de l’ambulance se fermèrent et les lumières bleues s’éloignèrent doucement dans la nuit.


… Début de Folie !

Le ciel était vert. Les immeubles étaient multicolores. Et les oiseaux gerbaient gaiement. Les rêveurs arpentaient la cité Délirium en sous vêtements et déambulaient en zigzaguant dans la joie et la bonne humeur. Les créatures de Dreamland tentaient tant bien que mal de contenir les débordements mais un mec bourré, c’est un mec bourré, avec sa logique, sa détermination … et son vomi.

C’est donc sur un sol spongieux qu’atterrit Oscar. Il se releva lentement et se rendit compte qu’il n’était pas dans la vie réelle, bien qu’il était tout à fait envisageable pour lui qu’il se retrouve en caleçon dans la rue. Ce qui le fit tiquer, c’était que les autres aussi étaient en sous vêtements. Fort de cette constatation, il en déduit logiquement qu’il rêvait. Donc qu’il était à Dreamland. Et comme il ne voyait aucune montagne et que ces immeubles lui disaient quelque chose, il conclue d’un puissant :


"Euréka !"

Ce qui fit retourner quelques têtes.
Il en était certain, il se trouvait dans cette citée qu’il affectionnait à l’époque où il était un voyageur jeune et irréfléchi (et il n’avait pas changé à ce niveau là) : Délirium City.
Il s’observa et fit l’inventaire de sa tenue. Cela fut bref mais nécessaire : un caleçon rouge, un jabot en dentelle rouge et ses gants blancs. On pouvait voir ses ongles de pieds arborant un vernis rouge. Ses cheveux et sa peau étaient toujours blancs. Il décida de faire le tour de la ville pour se dégourdir les jambes lorsqu’une voix bien connue l’apostropha dans sa tête :


"Alors, t’as enfin décidé de quitter les montagnes l’ermite ? Pas trop tôt …"

Une deuxième réprimanda :

"Allons, soyez indulgent. Maître, je suis prêt à vous servir."

Oscar répondit à haute voix :

"Merci Laënoris, mais pour le moment, ce n’est pas la peine. Quand à toi Khildar, je sais que je n’ai pas été à la hauteur de tes espérances, mais garde à l’esprit que c’est moi qui décide."

"Comme tu voudras …"

Profitant de ce silence temporaire, Oscar se mit à marcher à travers les rues insalubres de la citée aux milles et une bières. Il ne cessait de jeter des regards curieux un peu partout, comme si il redécouvrait la ville. Puis il entra en collision avec une créature arborant un casque parce qu’il ne regardait pas où il allait. Il se trouva que cette créature haute d’un bon mètre trente faisait parti de la milice organisée. Elle portait donc un casque dans un métal luisant de vert, un bouclier et des jambières dans le même métal. Ses yeux vertes fusillaient l’étrange être immaculé qui l’avait percuté. La créature (connu sous l’appellation de Vom Igor) appela ses copains de la milice. Oscar ne comprit pas la manœuvre et il se retrouva rapidement encerclé par six êtres semblables en taille et en hargne à Vom Igor. Il présenta ses mains gantées en signe de paix et esquissait un sourire gêné. Il faisait mine d’être innocent, mais au fond de lui, il sentait sa Folie naître.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 16 Oct 2010 - 23:19
C’était de ces soirs où on ne rêvait que de perdre son esprit dans les troubles méandres acidulés de l’alcool. En plus simple, on appelait ça un vendredi soir, une prémisse du week-end après une semaine chargée d’inutiles tracas quotidiens. J’étais rentré le plus tôt possible dans mon studio où m’attendait Burritos, mon chat orange. Je le saluais en retour d’un vaste signe de la main avant d’allumer l’ordinateur portable. Un quart d’heure plus tard je fermais les fenêtres, les pages Internet ne m’inspirant pas. Je me frottais les yeux en mirant le ciel de ma fenêtre. Il était toujours gris, les nuages ensevelissaient la ville d’un éclat morne. Je réfléchis bien cinq minutes à savoir quoi faire dans un état aussi végétatif. La réponse était tellement évidente que j’étais déjà en train de fermer l’appartement à clé avant même de réfléchir à ce que je faisais. Je partais à la chasse à la boisson interdite pour les plus jeunes.
Il était rare qu’un esprit esseulé aille boire une chope, sauf quand il subissait un tourment particulier. Mais ma principale envie était juste de me dégotter le pub le plus proche, d’y commander une bière négligemment et de rentrer une fois le verre vidé. Je ne voulais pas rameuter tout le quartier juste pour se retrouver devant de la pisse de chat. Ça ne prendrait qu’au plus une petite demi-heure… Je descendis un à un les étages avec une vitesse digne d’un zombie de Romero et me retrouvai dehors. Les trottoirs étaient trempés, je détestais ça. Je commençais à marcher dans une rue, puis la suivante. Un bar me tendit les bras et j’acceptai sa proposition. J’étais installé à une table au chaud et je sirotais un verre de bière. Elle était bonne et se buvait comme de l’eau. En moins de cinq minutes, j’avais fini et je payais l’addition. Le premier cap étant franchi, je me dis que j’allais revenir trop rapidement dans mon chez-moi sordide où ne m’attendait qu’un estomac glouton. Je passais à un second bar voire s’il pourrait m’aider à résoudre ce problème. Comme la bière avait été trop vite descendue, je partis directement sur un vodka-pomme. Mais les serveurs trop frileux m’avaient versé une proportion astronomique de jus de fruit qui réussit à éclipser la vodka. Et comme ce verre était maigrelet ! Trois minutes plus tard, je sortis la poche plus vide. Quel scandale ! Allons voir si dans un autre bar, la vodka était plus généreuse !
Je me fis un barathon personnel sans vraiment voir le temps passer. Le troisième bar m’avait servi une vodka-caramel, le quatrième, deux « silver bullet », le cinquième, je ne m’en souviens plus mais c’était un bar goth’. Je n’avais pas dû dépasser huit pubs, mais ce n’était qu’une constatation. A la fin, mon corps agissait seul sans demander l’autorisation à mon cerveau. Hurf.
Puis je m’étais perdu. L’air frais m’avait tant de bien que je perçus à peu près le monde qui m’entourait, sans toutefois lui chercher une certaine cohérence. Il était impossible pour moi de rejoindre mon appartement autrement aidé que par Dame Fortune. Les passants se firent plus rares, les automobilistes circulaient dans les routes comme s’ils étaient poursuivis par un mystérieux ennemi… Une vieille dame circulait seule dans une ruelle, accompagnant son chien dans une balade nocturne ; une bande de jeunes lycéens rigolaient habillés en noir dans une rue passante, un pauvre gars se défoulait sur un lampadaire, un conducteur tentait de faire un créneau avec cinq mètres d’espace, etc. Je n’oubliais pas d’émettre un gloussement à chaque apparition farfelue, ce rire qui caractérisait tous les alcooli…les bons vivants. Puis je réussis par miracle à rejoindre mon studio. Burritos me fit grise mine le temps que je lui servis un généreux bol de croquettes (le terme « bol » n’étant pas des plus appropriés, car la moitié des céréales vinrent lécher le sol). Puis je m’allongeais tout habillé, me retenant de vomir comme je pus. Mes pensées vagabondèrent comme elles purent pour tenter de penser à Jacob, Shana et Hélène. Jacob, Shana, Hélène. Jacob, Shana, Hélène. Jacky, Sacha, logarithme. Chan, Pokémon, Mathématiques. Avant même que la boule de poils eut fini d’avaler les croquettes sous le meuble et me rejoindre sur le lit, j’avais sombré dans un sommeil ponctué de ronflements.

Les trois questions existentielles d’un réveil à Dreamland : où suis-je ? Avec qui suis-je ? Comment suis-je habillé ? Les réponses étaient : à Delirium City (les couleurs arc-en-ciel du ciel ne trompaient pas), avec personne de connu, puis d’un caleçon à carreau et d’une cravate noire nouée autour de la tête. Et de mes fantastiques lunettes de soleil. Et que j’étais gâté cette nuit-là ! J’en avais une devant les yeux, et une autre perchée sur mon front, posée sur la cravate qui me ceinturait les cheveux ! Puis je me souvins que l’équipe allait encore m’engueuler de mon absence. Bah, ils sauront se passer de moi, ils pourraient détruire un Royaume sans le faire exprès ces fous furieux-là.
Je me baladais tranquillement dans les rues désenchantées de vomi. Le pire, c’est qu’elles étaient à peine différentes de la réalité (quand on était bourré). Je vivais une extension de ma cuite, quoi. Tout le monde s’insultait en riant, cherchait des crosses aux autres. D’autres avaient capturé deux immeubles et les faisaient se combattre l’un contre l’autre tout en ouvrant des paris. J’évitais ce coin de malades, ce n’était pas bon pour mon intégrité mentale. Typiquement le genre de Royaume d’où pourrait provenir Hélène d’ailleurs. Ce qui était marrant dans cette ville de dingues, c’était bien que les habitants différaient largement les uns des autres. Allez faire un tour aux Royaumes des chats, et vous y trouverez les félins mercantiles. Ici, on avait tout ce que la bizarrerie ou la création tout court pouvait inventer. Ce fut pour ça que ce groupe de lutins habillés en casque vert identiques attira de suite mon attention. Je ne remarquais qu’à la fin qu’ils entouraient un gars en caleçon. Je réprimais un hypocrite « Poivrot » avant de m’intéresser à ces loufions à pattes. Je tapotai sur le casque d’un de ces lascars avant de demander :


« Eh, que se passe-t-il mon brave ? Vous savez pas que des héros ont maltraité des gars qui s’attaquaient aux autres gens ici ? »

Oui, ils étaient clairement en position menaçante. Et oui, j’en profitais pour me vanter encore une fois, vu que je faisais partie d’un des deux héros qui avaient contribué à rendre la ville un chouïa moins dangereuse. Ça me faisait tout drôle d’esquisser une vérité au lieu d’un mensonge pour m’attirer les regards. J’espérais que je m’y habituerais bien vite.
Je jaugeais d’un coup d’œil le gars au centre des lutins. Plutôt frêle, mais je pouvais parler. Assez grand, tout comme moi. Puis je remarquais ses cheveux blancs. Ah enfin.


« Eh, l’albinos, t’as des problèmes ? »

J’avais appris que si une mauvaise action vous faisait paraître facilement dans le journal et vous apportait célébrité (à défaut de gloire) rapidement, une bonne action était source de bouches-à-oreilles qui personnifiaient les héros de demain ; c’était une logique à long terme évidemment. Voici la raison pour laquelle je m’intéressais à ce type. Je n’étais pas un paladin au service de la justice, il me fallait toujours une raison pour infléchir sur mes choix. Ma morale parvenait toujours à me garder à l’ombre des prisons, et je lui en remerciais.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 23 Oct 2010 - 11:35
« -Je suis désolé Brenda, tout est finit entre nous...
-Enfin...!!! John ?! Je ne comprends pas... pourquoi ?
-C'est... c'est trop compliqué... tu ne peux pas comprendre, adieu, Brenda !
-Nooon !!! Joooohn !!!! »

''Non !!! John !!! Espèce d'enfoiré t'as pas le droit de la laisser... elle ne sait pas que tu es espion !!!''

La chose installée sur son sofa, emmitouflée dans son plaid à engloutir un yaourt constituant le repas du soir, scotchée à son téléviseur qui faisait office d'éclairage au petit studio logé à l'ombre de deux immenses immeubles dans une rue de Paris. Ce « truc » aux cernes creusées, aux yeux verts et au pyjama s'apparentant plus à une grenouillère-cosplay (de pikachu il faut le préciser) au bord des larmes, c'était simplement ma petite personne dans mes soirées dites du « dimanche ». Or, d'un on était loin d'être ce jour et de deux, vous montrer pareille débandade mettant ainsi en péril toute ma vie sociale quasi-inexistante était réellement un acte témoignant de ma totale dépression. Oui, j'avais vraiment touché le fond. Je n'avais pas totalement conscience de ce qui m'entourait à vrai dire, je fixais l'écran de télévision avec la grâce d'un poisson rouge attendant son heure. Bref, hier j'avais réussis à débarrasser un peuple de joyeux bonhomme sucrés d'une horde de castors forts envahissants, j'avais donc gagné la reconnaissance d'un peuple, mais à mes yeux, j'avais surtout confirmé mes soupçons sur le hasard qui entourait les lieux où l'on pouvait atterrir sur Dreamland. J'avais donc une chance de plus de ne plus retourner à ce royaume acide et d'aller rendre visite à ce Dislok que j'affectionnais tant... Mais autant dire que cette escale à mon « pays d'origine » m'avait coupé dans mon élan d'exploration du monde onirique. Si pareils lieux pouvaient exister, je me garderais bien de quitter les sentiers battus. Enfin, avec mes nouveaux compagnons, ça s'avérerait probablement difficile... mais je n'allais pas m'en plaindre après tout, au moins si je suis avec eux, le seigneur poubelle serait-il peut-être moins enclin à vouloir à nouveau m'inviter dans ses landes. Sur cette pensée, j'éteignais le post de télé après m'être levée de mon sofa, l'oisiveté ça va un instant, mais au bout d'un certains temps, ça dégrade aussi bien la santé que les neurones, moi qui pensais trouver un bon psychologue en Brenda ou même John, voilà que ma thérapie décadente s'était faite sans eux. Me dirigeant directement vers la case « sommeil », je m'enfouissais loin dans ma couette, veillant à bien avoir remis mon masque sur le nez, bercée par le son de ma respiration filtrée se faisant de plus en plus paisible, ma dernière pensée fut pour les Private Jokes, je me repassais chacun de leur visage en tête, la dernière image fut celui d'Ed, sans ses lunettes, comme au tournoi...

Mes paupières s'ouvrirent sur la vision panoramique d'une ville. Le ciel arborait diverses teintes du spectre, aussi bien du vert que ce joli jaune-œuf-resté-abandonné-pendant-un-certain-temps-à-crever-dans-le-frigo. Ah Dreamland, ce monde m'inspirait tout particulièrement, moi, dessinatrice, mes professeurs avaient noter cette effervescence de créativité, voilà que je me mettais à donner de nouveaux noms aux couleurs. Je m'étais au final fait des illusions en pensant que tout était rose dans ce monde, après tout, c'est juste une « seconde vie » qui permettait de s'évader de notre quotidien. Ici, avec ces pouvoirs et cette légèreté, pas étonnant qu'on se sente pousser des ailes, on se sent devenir le nombril du monde, il est donc normal que les conflits éclatent entre voyageurs, ils n'ont simplement pas envie de replonger dans la masse du cirque humain dans lequel ils tournent déjà dans le monde réel. Enfin, monde réel... si on voyait les choses dans l'autre sens ? Et si c'était la Terre qui n'était qu'un cauchemar inventé pour mieux apprécier la vraie place de notre personne, à Dreamland. Là bas, la vie est un songe, ici, c'est le songe qui fait la vie. Bref, voilà que l'immeuble sur lequel je suis atterrie se met à... gesticuler oui, comme un chien qui, mouillé, s'ébroue. Je me cramponnais au muret de sécurité jusqu'à ce que cette structure aussi instable que de mauvais poil se calme. Là... Pas bouger... reste à savoir dans quelle contrée avais-je bien pu me retrouver. Même au travers du masque généreusement (?) offert par le seigneur acide, je pouvais sentir de fortes effluves d'alcool et de... vomi ?! Un peu prise au dépourvut, je me sentis chanceler... du calme Hélène, tu n'as plus peur maintenant... enfin il fallait l'avouer, depuis ma venue au royaume acide, de vieilles hantises avaient fait surface, créant ainsi quelques remous et troubles dans mon esprit. Mais rien d'alarmant non plus. Ce n'étaient que quelques questions existentielles que tout humain se poseraient dans mon cas après tout. Comme pour me faire taire, l'immeuble se remit à frémir, sauf que cette fois -ci, il n'y alla pas de main molle. J'eus beau m'agripper au même endroit qu'il y a un instant, l'immeuble fit un brusque geste de « tête » et m'éjecta littéralement par dessus bord, j'exécutais pour le coup un magnifique soleil qui fit défiler devant mes yeux les teintes aussi étranges que chatoyantes des cieux avant que le sommet du bâtiment sur lequel je me trouvais il n'y a encore que quelques minutes ne s'estompe avec les nuages. Je pus alors admirer le reste de ces buildings-champignons depuis un second point de vue, ils montaient, descendaient, se mêlaient dans un brouillard qui capitonnait cette cité de manière presque grotesque. Enfin, je cessais cette brève contemplation pour me concentrer sur ma chute. Sentir le vent incapable de vous arrêter dans votre dégringolade est quelque chose de totalement terrifiant. Inutile de dire que, complètement désemparée au point d'admirer les gratte-ciel, je paniquais comme jamais auparavant et la seule chose qui me sembla le plus juste pour compenser ceci fut de faire comme tout autre être humain : hurler un appel au secours complètement abstrus. Mais en l'air, je me sentis subitement arrêtée, juste pendant l'espace d'une micro-seconde certes mais suffisamment pour pouvoir m'apercevoir que je venais de percuter un objet volant non identifié qui ne devait pas être plus grand qu'une paire de chaussure. Tandis que je me sentais à nouveau happée par le vide, je m'emparais d'une protubérance de cette chose sans même lui demander son avis. Celle-ci laissa alors échapper un hoquet d'indignation avant de se mettre à battre frénétiquement des ailes, je l'entrainais maintenant dans ma chute mais au moins, celle-ci se voyait ralentie. Nous ne devions être plus qu'à quelques mètres du sol. A ce rythme je pourrais poser pieds à terre sans trop d'encombre, même si je devais laisser mes jambes lâches pour pouvoir me réceptionner sans mal, car sans vouloir être pessimiste, les ailes avec lesquelles la bête à laquelle je m'agrippais désespérément semblaient perdre de leur vigueur au fur et à mesure de notre contre-ascension … et même...


''Ah ! J'en peux plus, j'abandonne ! Les voyageurs il en pleut partout et c'est nous les cauchemars qui en pâtissent, adieu monde cruel !''
''Non !!! Non non non non non !!! Je vous en supplie, NE LÂCHEZ PAAAAaaaaaaaaaaas !!!!''

D'en bas, on pouvait entendre mon cri monter en volume au fur et à mesure que je j'étais en train de choir. Je sentis mon sang battre dans mes tempes et mon cœur battre comme un lièvre lancé à pleine vitesse après le coup de feu d'un chasseur embusqué. Finalement, je lâchais prise sur la petite bête qui m'avait accompagné, il valait mieux que je sois la seule à m'étaler sur le bitume de cette ville. Plus j'avançais dans cette chute et plus j'avais l'impression que le sol se rapprochait vite. Les tâches de couleur grises, vertes et j'en passe, se distinguaient peu à peu en formes cohérentes, j'eus juste le temps de voir ce cercle vert au centre duquel était planté un point blanc, avec, non loin, un point jaune. Adieu Dreamland, adieu les Private, va en enfer Dislok, je laisse mon tablier et n'aurais pas pu sauver mon panache dans une fin digne d'un héros, enfin, pourquoi ça ? Je ne pensais pas m'élever à quelconque piédestal juste par prétexte que je mourrais aujourd'hui, non, j'allais m'écraser comme une merde et offrir un beau spectacle de tâches vertes sur la chaussée. Les paupières closent, je me sentis violemment heurter ce qui devait être le sol... je le trouvais étrangement irrégulier d'ailleurs. Là où ma conscience aurait dût s'élever vers le néant, je me rendis compte que j'étais encore enchainée à un corps consistant. A peine eus-je ouvert les yeux que je sentais une affreuse douleur se propager dans tous les os de ma carcasse. Je sentais aussi quelque chose bouger sous moi... ah... je me disais bien que je n'étais pas tombée sur le parterre... La chose revêtue d'une armure (dont les angles et les arrêtes qui se frottaient contre moi me faisaient grincer des dents) se mit à grommeler nonchalamment. Trop sonnée pour pouvoir bouger de ma place, je remarquais alors les congénères de mon coussin, aussi verts et en boite de conserve, tous entouraient un homme à la pâleur surnaturelle qui se dressait haut malgré le fait qu'il ne soit vêtu d'un caleçon rouge, d'un jabot (?) de la même couleur et d'une paire de gants se confondant avec la teinte de sa peau... tandis qu'à côté de moi se tenait... oh je reconnais cette tignasse blonde et cette paire de lunettes... Ed... il avait eut de la chance, à 30 cm près c'était lui qui se retrouvait à la place du petit soldat qui croulait sous mon poids et lui aussi n'était pas très chaudement vêtu, il arborait aussi une cravate... oh mon Dieu j'ai atterris à naturiste-land. Après avoir tenté d'oublier la souffrance que provoquait mes membres endoloris, je me décidais à me dresser sur mes jambes. J'étais singulièrement habillée d'un top noir et d'un jean-baggy d'un gris foncé légèrement verdâtre comportant plusieurs poches et étant déchiré à plusieurs endroits, ajoutez à celui un petit foulard jaune noué autour de mon cou, cachant notamment le petit cylindre enfoncé dans ma nuque, relié à mon nouveau masque sans oublier mes éternelles goggols vertes(je bénissais le hasard de ne pas m'avoir fait m'éveiller en pyjama). L'inventaire sur le catalogue de vêtements du jour, je tentais de réaliser dans quelle situation je m'étais imbriquée. Vu la position menaçante qu'adoptait les soldats auteur de ce sombre inconnu à la barbichette rouge et le fait qu'Ed en soit concerné, il n'y a aucun doutes là dessus, je m'étais encore retrouvée fourrée dans un problème improbable et absurde. Enfin, maintenant certains soldats me regardaient d'un air plus qu'effrayant, j'accordais un regard au bougre qui avait réceptionné ma chute... Ah... le pauvre n'allait pas l'air d'être au milieu de sa forme en effet.

''Heu... excusez-moi... j'ai... je l'ai pas fais exprès...'' Bégayais-je sans trop savoir où me mettre. Voyant que je n'avais en fait fait qu'attiser d'autres tensions, je me rapprochais d'Ed et chuchotais : '' Ça fait plaisir un visage familier... rassure-moi... vous discutiez de la pluie et du beau temps ?...''

En guise de réponse, l'un des soldats prit la parole, s'agissant sûrement du chef d'escouade :

''Cette voyageuse a agressé l'un de nos camarade ! En plus de cela elle planifie quelque chose avec son complice, emparez vous d'eux ! Et n'oubliez pas l'autre type à dentelles !''

Ceci dit, les soldats dégainèrent diverses armes aussi avenantes les unes que les autres en resserrant leurs rangs autour de nous. Je commençais à culpabiliser, pourquoi fallait-il que je fasse une entrée en scène si fracassante ? D'accord, Dreamland était le monde de l'improbable et de l'impossible, mais là ça relevait carrément du grotesque ! Peu rassurée, je frottais ma main contre mon bras, mon sang entrait en ébullition à l'appel de la violence. Enfin, je préférais tout de même employer une ruse diplomatique au lieu d'user (encore une fois) de nos pouvoirs et de la force pour régler les conflits. Surtout que le type au jabot levait ses mains, geste destiné à rassurer les esprits belliqueux. Je n'avais plus qu'à prier pour que le jeune homme aux verres violets ne cherche pas la bagarre non plus... j'espérais qu'il m'appuierait dans ceci :

''Attendez !!! On ne cherche pas les ennuis enfin je crois... et votre collègue, il n'est pas mort non plus ! Mince, on est dans un pays civilisé, non ?...''

Cette vaine tentative pour calmer le jeu ne sembla pas vraiment porter ses fruits. La douleur continuait de sévir dans tous mes muscles, me fatiguant à peine les hostilités commencées. Sans plus de cérémonies, les soldats fondirent sur nous...
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Dim 24 Oct 2010 - 19:09
Bloody Panic ...

Les différents protagonistes qui étaient venus se mêler de cette dispute avaient le mérite d’être divertissant pour Oscar.
Le premier à être intervenu était vêtu d’un caleçon à carreaux, d’une cravate nouée autour de la tête. Deux lunettes de soleil venaient compléter la tenue spéciale Délirium City de cet homme à la silhouette fine pour ne pas dire maigre.
Il sembla à l’aristocrate que l’homme à la chevelure blonde se vantait de quelques faits antérieurs auprès des créatures de Dreamland, comme pour leur signifier qu’il n’était pas convenable de s’en prendre à sa personne.
C’est alors que l’arrogant personnage apostropha notre voyageur menacé d’un ton que l’anglais prit pour insultant, sa culture étant ainsi faite.
Un fin sourire parcourut son blanc visage pour répliquer d’une voix moqueuse :


"Point du tout, je suis simplement en train de jouer une partie de bridge avec des amis."

Il était évident qu’il avait des problèmes, la question n’avait donc qu’un sens rhétorique, ce qui ennuyait profondément Oscar.

Fort heureusement, l’ennui fut de courte durée grâce à l’atterrissage magnifiquement réussi d’une demoiselle étrangement parée. En effet, contrairement à l’ensemble des rêveurs ou des poivrots qui parcouraient cette ville éthylique, cette fille portait des vêtements normaux. Son haut était noir, son jean avait des couleurs qui s’accordaient bien avec les teintes verdâtres de la ville, un foulard jaune venait ceindre son cou et un masque complétait le tout.

Cette apparition était agréablement surprenante puisqu’elle impliquait l’écrasement net d’un des miliciens aux envies peu aimable envers notre Lord complètement paumé.
L’origine de cet effarement présenta ses excuses à la personne concernée, ce qui ne paraissait aucunement améliorer la situation. Elle se rapprocha ensuite du blond à la double paire de lunettes pour lui glisser quelques mots, Oscar ne pouvant en connaître la teneur à cause de la distance. Mais ces deux là se connaissaient, c’était indéniable pour l’invocateur démoniaque. Toutefois, qu’importait cette information ?

Ils étaient tout trois dans une situation peu enviable, les six autres miliciens encore debout se mettant en formation afin d’encercler totalement ces trois fauteurs de trouble. Leurs armes étaient auréolés d’une lueur jaune et ressemblaient pour la plupart à des sabres courbés ou des couteaux crantés. L’envie d’en découdre se lisait autant dans leurs yeux que sur leur visage.

Une ultime et vaine tentative de la part de la demoiselle au masque ne fit qu’accentuer le mécontentement du service d’ordre de Délirium City.

Oscar se tenait à la droite d’Hélène et en portant un regard à sa compagne d’infortune, il remarqua les frottements qu’elle opérait sur son bras. Le stress ? Possible. Quand au blond, l’aristocrate anglais n’avait même pas pris le temps de s’enquérir de sa position que les créatures avides de se battre pour une cause qu’il leur semblait juste se jetèrent sur eux.

Le ciel verdoyant se voyait arpenté par une patrouille d’oiseaux bières qui criaient des sons gutturaux et parfois des phrases obscènes à l’attention de quiconque les entendraient. Leur arrière train en forme de goulot de bouteille de bières, ils se mirent en quête de pauvres rêveurs ou voyageurs à arroser. Trouvant leur cible en la personne humble et innocente du chef de la milice Vom Igor, ils déversèrent leur précieux liquide, hilares. Ce parachutage eut pour conséquence le ralentissement de la charge du chef de la milice, mais pas de ses comparses.


"Maître, il serait judicieux de réagir."

"Oui, sinon, on va finir en hachis."

Faisant abstraction des voix l’incitant à diverses tactiques d’évitements, Oscar choisit la solution la plus folle : il fonça droit sur les créatures de Dreamland. La surprise se lut sur leur visage, mais ils ne purent avoir suffisamment de temps pour éviter l’impact. Bien évidemment, certains tentèrent des coups de sabres pour trancher dans le vif ce problème. Toutefois, du fait de leur faible taille et de la rapidité due à une Folie soudaine de la part de notre fou d’anglais, l’invocateur de démons parvint à percuter sans trop se faire lacérer un de ses êtres aux oreilles pointues et à l’armure verte. Le choc fut violent, intense et bruyant. Le voyageur étant plus grand et de plus haute stature que la créature, c’est ce dernier qui se retrouva à terre.

Des rires et des cris de consternations résonnèrent dans la tête de notre infortuné voyageur. Il était allongé de tout son long sur la créature. Profitant de cette position avantageuse mais peu glorieuse, il chercha prestement le couteau que tenait son agresseur. Il la lui prit des mains tout en lui tordant le poignet et lui mordant le cou. La douleur fit lâcher prise et Oscar put récupérer l’arme salvatrice. Sans une once de pitié, il planta d’un mouvement brusque mais précis la lame effilée dans la carotide.
Se redressant, il vit qu’un autre s’était stoppé et allait lui porter un coup de sabre à sa nuque. Se baissant, il entendit la lame siffler au dessus de sa tête. Il profita de ce mouvement de la tête pour se quérir de la position de ses autres adversaires. Trois continuaient leur attaque contre Hélène et Ed, un dernier s’étant joint pour mettre à mort cet énergumène blanc.
Roulant sur le côté, il évita le sabre qui s’abattit sur l’armure de la créature qu’il venait d’occire sans ménagement. Il se releva dans la continuité de son mouvement et fit face à ses assaillants. La lame du couteau pointant vers l’un, puis l’autre, il les observait de ses yeux emplit d’une Folie meurtrière.

En son esprit, des cris de jouissances et des incitations aux meurtres venaient occuper ses pensées. Il se courba légèrement, ne lâchant pas du regard ses cibles qui faisaient de même. Tout tenait dans l’hésitation. Sur qui allait-il se jeter ? Celui de droite ou de gauche ? Une tension s’installa. Chacun se jaugeait. Il fallait être rapide et agir bien.
C’est alors que ses muscles se détendirent subitement, son corps n’étant plus qu’une vive impulsion dirigée vers … le milieu. Effectivement, il arriva entre les deux créatures en armes et armures. Il se baissa immédiatement et effectua un mouvement de sa jambe circulaire, fauchant celles de l’être à sa droite. Continuant sur sa lancée, il bouscula l’autre. Fort de cet avantage, il se leva avec vitesse pour fondre sur un des deux à terre et lui assena un violent coup de couteau. Malheureusement pour lui, il fut dévié par un geste défensif, le couteau se plantant dans l’épaule. Le sang jaillit, à la satisfaction sadique de notre voyageur.
Arrachant le couteau de la chair en espérant pouvoir le planter en un autre endroit, il leva son bras, une lueur des plus sadiques dans ses yeux. Toutefois, sa tentative fut soldée par un échec, l’être blessé agissant plus rapidement que lui en le repoussant d’un violent coup de pied dans le ventre. Projeté directement vers l’autre créature de Dreamland qui venait à peine de se relever, Oscar tira à profit ce renvoi pour s’abattre avec tout son faible poids sur l’infortuné milicien en armure.

Le choc fut rude. Le choc fit BONK. Le choc fit mal. La balle humaine sentit sa colonne vertébrale craquer en un son discordant et peu agréable car sous entendant des blessures. Pourtant, il lui passa outre son état osseux pour rouler au sol, se salissant dans un profond dégoût de lui-même et pestant contre ces êtres dépourvu de bons sens et agressif envers un pauvre humain qui ne faisait que passer par là. Alors qu’il tentait de se rétablir dans la position verticale, un doute immense l’envahit. A ce doute vint rapidement s’ajouter la sensation d’un corps froid qui entamait sa peau. A peine eut-il le temps d’esquisser une vague parade de son couteau nouvellement acquis qu’il était trop tard. Le sabre avait tranché dans le vif et entaillé son flanc gauche.

Réprimant un hurlement de douleur, il serra les dents et se tourna vers le responsable de cet épanchement sanguin. Son sang coulait sur sa blanche peau et commença à se faire absorbé par le tissu du caleçon qui vira du blanc au rouge. Ses yeux dardaient ses deux adversaires d’un regard haineux. On ne touchait pas à sa personne, on le blessait encore moins, surtout s’il n’avait rien fait.
Entrant dans une sorte d’état second (alors que c’est son état habituel), il se jeta en hurlant de rage vers l’être au sabre souillé de son sang. Une parade fut tentée mais peine perdue, la Folie meurtrière de Khildar prodiguant à Oscar la force nécessaire pour écarter la lame du sabre d’un geste large. Le compagnon d’armure à l’épaule sanguinolente vint au secours de son camarade mais son sabre ne parvint qu’à trancher l’air. L’aristocrate anglais ayant suivi des cours d’escrimes, ce genre de combat lui convenait plus ou moins. Il s’écarta donc pour se jeter sur l’adversaire le plus en difficulté, celui à l’épaule blessée. Il para avec habilité le sabre mais à cause de son mouvement, se retrouva garde contre garde.

Or, une garde de couteau est plus petite que la garde d’un sabre. S’il ne voulait pas perdre un bras, il fallait agir vite. De plus que l’autre allait sûrement en profiter pour lui tailler le reste de son corps. Et comme il ne tenait pas à finir en hachis, il effectua une passe d’arme qui consistait à se fendre sur le côté tout en levant son arme. Les gardes étant l’une contre l’autre, le sabre suivit le mouvement. Dans la continuité, il fit un tour sur lui-même tout en collant son adversaire et finit dans son dos, le couteau pointant vers le ciel vomissant des nuages de bières mousseuses. De cette position, protégé d’une attaque frontale, il enroula son bras autour de la gorge de l’être surpris de cette manœuvre et sans ménagement, lui enfonça jusqu’à la garde le couteau dans la gorge. Du sang sorti à profusion, arrosant gaiement le visage tout sourire de notre sadique d’anglais. Il retira la lame d’un geste théâtral et repoussa le corps désormais sans vie vers son dernier adversaire qui le regardait, horrifié.

Pourtant, Oscar était au plus mal. Son flanc gauche le faisait diablement souffrir, les voix dans sa tête hurlaient à lui faire imploser le crâne et les précédentes actions qu’il avait effectué pour se défendre l’avait fatigué. Il fallait finir celui-ci par la ruse.

Il tomba donc à genou, cette position étant moins fatigante. Puis il baissa la tête, tentant de faire le vide en lui. Il ferma les yeux, se concentrant pour faire taire ces voix qui l’assaillaient. Les bras le long du corps, le flanc pisant le sang, il était une proie de choix.
La créature de Dreamland, épris d’une ferme intention de venger ses frères assassinés, courut en direction du criminel. Le sabre au dessus de sa tête, le casque luisant dans la lumière soûlante, dans un bruit d’armures cliquetantes au pas de course, les yeux emplis d’une volonté de tuer, Sam Kondui, le milicien qui avait vu se faire assassiner sous ses yeux ses compagnons d’armes avec qui il avait partagé tant de choses, de bons souvenirs de franches rigolades encore à l’esprit, se jeta en hurlant d’une rage viscérale sur le responsable de cette tragédie. Et reçut en plein ventre la lame d’un couteau pointant dans sa direction.

La tactique d’Oscar était des plus simples. Il suffisait de laisser l’ennemi s’approcher. Une fois à portée, il fallait être prompt à brandir son arme en direction de l’adversaire. Dans l’élan de sa charge, l’assaillant n’avait plus qu’à s’empaler sur l’arme. Bon, il est vrai que dans le cas présent, c’est un couteau qui faisait office d’arme, mais il en allait de même. Bien entendu, le sabre siffla aux oreilles de l’humain à genou. Naturellement, il avait faillit se faire décapité s’il n’avait pas eu le bon timing. Mais il avait réussit. Il se tenait toujours à genoux, les bras tendus, le corps de Sam Kondui contre lui, son sang se déversant sur sa peau anciennement immaculée.

Il demeura dans cette position, ne prenant même pas la peine de se dégager de ce nouveau poids en son cœur. Il venait de tuer trois êtres. Trois tâches rouges qui venaient salir son être. Trois gouttes de plus dans son océan de sang. Il souriait. Et il éclata de rire.


"Oui ! "

La dernière voyelle se perdit dans les méandres douteux de la ville et le rire sadique qui la suivait résonna lugubrement. Le fou était de retour, pour le sanglant et pour le pire.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mar 26 Oct 2010 - 22:20
Puis je me remémorais le pourquoi je n’évitais pas de détruire les bâtiments ou me soucier si peu des autres gens lors de mes quêtes, malgré mon karma positif. Parce que même les victimes les plus innocentes, les plus intelligentes, les plus douces peuvent vous envoyer sur les roses au lieu d’un traditionnel et si enjoué remerciement. C’est pourquoi le poteau qui faisait du gringue au milieu des nains de jardin m’envoya tout simplement chier alors que j’avais gentiment proposé mon aide. J’haussai un sourcil, un geste qui signifiait chez moi que je pensais intérieurement « Pauvre con » au destinataire malchanceux. Comment voulez-vous que le monde aille bien si ceux qui se font agresser sont aussi agressifs que les agresseurs agrégés ? J’hésitais encore à expliciter mon pauvre sourcil muet à Monsieur FrouFrou ou bien à me barrer là en lui faisant signe de la main. Et dans un intense approfondissement de ma réflexion, je me demandais si je devais faire les deux en même temps ou bien aider les nabots à dézinguer le gaillard. Je me confesserais à mon dit-karma en essayant de le faire croire que c’était ce type qui avait commencé les hostilités avec les miliciens, et que je m’étais placé du bon côté (et ce, objectivement). Ma troisième et dernière réflexion se concentra sur qui faisait cet étrange cri qui semblait provenir du ciel. On aurait dit celui d’une autruche qui venait de comprendre après avoir sauté d’une falaise, que ses ailes n’étaient là que pour faire joli. Juste avant de voir un missile vérifier les principes de la gravité sur un des pauvres malheureux armés. J’aurais bien aimé avoir de la compassion mais j’eus du mal.
Puis la pauvre Voyageuse se leva et je reconnus sans peine Hélène en train de s’épousseter et de s’excuser. Faut pas Hélène, ils doivent te prendre pour une terroriste maintenant. Elle vint me saluer, et je lui rendis la pareille en levant la paume de ma main en sa direction.


« Yo Hélène, tu tombes à pic. »

La blague était nulle, mais la probabilité que quelqu’un retombe d’une telle hauteur et d’être en état pour l’écouter était si faible que je ne pus m’empêcher de la faire. Je remarquai dans un second temps que l’autruche avait des habits corrects, qui indiquait qu’elle n’avait pas picolé ou pris des substances plus ou moins illicites. Bref, sa seule présence ici tenait du fait qu’elle avait pensé à moi avant de s’endormir. J’espérais qu’elle ne fut pas au courant du système Dreamlandien d’apparition, et des règles traitant des habits pour ceux qui seraient venus à Delirium City sans y avoir trop réfléchi. Parce que mon calbute en disait long sur les activités de la veille. En vue du combat qui allait se dérouler, je la vis en train de se gratter vigoureusement le bras. Mes côtes et mon poignet réagirent douloureusement, victime d’un acide plutôt douloureux que je n’étais pas pressé de revoir. Je ne me mis même pas en position de combat ; les gens en face étaient tellement énervés, et la nature semblait avoir oublié de leur fournir un cerveau efficace et efficient. S’ils fonçaient tête baissée sur nous, ils étaient prêts à se faire laminer en fait. Je pris un air détaché (bien que les grognements animaux des lutins me poussaient à bout) et parlais à Hélène :

« Je suis content que tu sois là ; Jacob et Shana devraient pas trop tarder en principe. Sinon, il ne se passait rien de grave avant que tu n’arrives, j’étais en train d’assister à un début de lapidation publique ma foi fort réjouissant et… je re, je te les prépare, t’auras plus qu’à les faire fondre. »

Rapidement, je tournais un œil (camouflé par la branche noire) vers les assaillants. Il vira sombre, signe que j’utilisais mon pouvoir.
Premier portail : A un mètre des miliciens en furie qui couraient vers nous, posé sur le sol.
Second portail : A un mètre trente d’Hélène, et cinq du plancher des vaches. J’aurais pu augmenter la hauteur de mon portail mais c’était plus fatiguant (et sans l’avouer, ils étaient rapides et m’avaient pris de court).
Effet provoqué : Les trois qui nous fonçaient dessus disparurent comme par enchantement, avant de revenir un peu plus loin, et beaucoup plus haut. Le but n’était pas de les blesser suffisamment, mais les immobiliser pour qu’ils fournissent des cibles parfaites pour les attaques larges de ma coéquipière. J’avais prévenu cette dernière, j’espérais qu’elle comprendrait. Contrairement à Jacob qui était habitué à bosser avec moi en duo, c’était la première fois que je me combattais avec Hélène à mes côtés.
Ce fut avec un plaisir manifeste de revérifier que la gravité marchait toujours et qu’elle ne s’était pas déglinguée depuis la dernière minute. Les trois miliciens tombèrent à la renverse dans le portail et retombèrent avec des fracas métalliques sur le sol.
Puis je jetais un coup d’œil à l’autre Voyageur. Mais tout allait bien de son côté, il semblait savoir se battre, d’une façon certes hétéroclite, mais efficace. Je l’encourageai en remettant mes lunettes sur mon nez avant de me retourner vers Hélène :


« Ouais, nan, ça m’étonne qu’on soit ici, je pensais qu’on faisait route vers le Royaume des Chats. Sinon, t’as vu, y a le dernier numéro de DreamMag entièrement concentré sur les Private Jokes ! Faudra se trouver du temps pour détruire les X-Caliburs avant la parution du prochain numéro, histoire de. »

Evidemment, je n’avais rien du tout à dire. Mais je voulais briser ces terribles échanges de coups, ces hurlements à tout-va. Si une patrouille débarquait, je pourrais essayer de me faire passer pour un simple témoin. Je n’avais au pire, apporté qu’une maigre contribution au chaos ambiant. Pour une fois. Pour le moment, je profitais du spectacle avec d’éloquentes grimaces qui soulignaient chaque fracture d’os ou d’entailles.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mer 27 Oct 2010 - 15:41


L'assaut des charmants hommes verts se vit ralentit par le largage d'un liquide jaune et mousseux sur leur leader, l'homme au teint cadavérique profita de cet instant laissé en suspension par la stupéfaction du groupe. Tandis que je tentais de me remettre de cette chute en vérifiant si tout allait bien et qu'aucun os ne manquait à l'appel, mes esgourdes glanèrent le salut d'un humour plus que douteux dont me gratifia Ed, heureusement je n'avais rien de cassé. Après avoir dévisagé le blond d'un œil qui signifiait bien « Haha... très drôle, si l'autre boite de conserve avait pas été là, t'aurais pu aussi sortir ''Oh ! La belle rouge ! Ah non, c'est juste Hélène... » Hum, oui j'avais eu très peur, il fallait excuser mon caractère anxieux et rancunier dans ces moments. Bref, mes yeux se tournèrent vers la direction d'où provenait un fracas assourdissant. C'était ce jeune homme au jabot à dentelles qui venait de percuter un soldat de manière efficace. J'émis un petit sifflement admiratif. L'humanoïde d'un mètre de haut tomba raide au sol sous la virulence de l'impact. Bon apparemment, celui-ci n'aurait sûrement pas besoin d'aide pendant son interaction avec la moitié de la troupe. Mon regard se posa ensuite sur les trois autres gobelins qui fulminaient à l'intention d'Ed et de ma personne. Le jeune homme fraichement habillé, d'ailleurs ceci me fis douter sur les quelques hobbies de ce dernier... enfin, il m'expliqua d'une voix calme que le reste des Private Jokes ne devrait pas tarder à arriver, il s'interrompit soudainement, disant qu'il allait me « préparer » les lutins verts.

Je réalisais aussitôt, cherchant de suite un objet pointu à me mettre sous la main, finalement, j'optais pour l'arme de la créature que je venais d'assommer d'un coup de popotin et me baissais pour la récupérer. Tandis que les cris hargneux du trio d'opposants changeaient en hurlements de stupéfaction, la lame de leur compère crissa dans son fourreau lorsque je l'en extirpait. Une demi seconde d'hésitation me fit paniquer, la vision de Dislok s'offrit à mes yeux. Fermant ces derniers, je tranchais d'un coup net la peau de mon avant-bras tout en me relevant et levais la tête vers les trois gob's qui chutaient devant moi. Sans plus de cérémonies, je m'avançais et levais mon bras sur le point où leur chute devrait les mener. Dès qu'ils entrèrent dans mon champ de visions, je braquais mon bras et faisais jaillir une gerbe d'acide, non pas concentrée, mais plutôt diffuse, en veillant bien à ce que celle-ci ne puisse atteindre Ed, même d'une seule gouttelette. Les paroles du roi poubelle me revinrent, ne pas chercher à causer des dégats, mais la douleur. Les sifflements du liquide corrosif qui attaquait le métal des armures de nos adversaires se fit vite entendre. Dès que le premier toucha le sol, un hurlement bestial qui ne venait pas seulement de ses cordes vocales, mais bien de tout son être qui se tordait de douleur, retentit. Me faisant frissonner l'échine. Il se roulait à terre, secoué par quelques convulsions. Son collègue, plus sensé, ôtait son armure précipitamment. Sans hésiter, je lui lançais une autre gerbe. Il s'était exposé, j'en profitais. Quant au troisième, il semblait tenir bon, même si la chute ne l'avait pas arrangé non plus. Malgré ça, il se releva, seule son épaule semblait être touchée et son armure un peu attaquée. Son arme déjà en main, il se précipita vers Ed et moi. Ma peur s'étant changée en adrénaline, j'anticipais les mouvements de mon petit adversaire, lui saisit les deux poignet d'une main dès qu'il voulut m'achever d'un coup d'estoc, puis plantais sa lame à terre, enfin, avec mon autre manicle sur laquelle je faisais dégouliner l'acide, j'attrapais à pleine paume le visage du bougre. Sentant sa peau fondre sous mes doigts et tous ses traits de distordre, je me retirais net. Un cri atroce déchira l'air alcoolisé des lieux.

Je n'osais pas achever les deux autres qui se tortillaient sur le caniveau, ni regarder la face de mon opposant que calcinait et laissait transparaitre les muscles, puis les os de ses fossettes, bref, j'en passe. J'avais déjà la conscience assez tâchée comme ça. Je retournais auprès d'Ed, faisant abstraction des cris et glapissements des soldats, me concentrant plutôt sur ses paroles. Il avait l'air aussi surprit que moi de se retrouver ici. Il me parla ensuite du DreamMag consacré à notre groupe, c'est vrai que cela me fit un drôle d'effet d'être interviewée dans mon rêve. Ça m'avait donné une certaine impression d'importance. Même si je n'avais encore rien fais au sein du groupe pour mériter le titre de « personne connue ».


''Oui j'ai vu !... Qu'est ce que vous avez fais au fait pour mériter le surnom de « héros destructeurs » ?...'' Il est vrai que ce qualificatif qu'avait employé le journaliste me laissait perplexe. ''Et qui sont les X-Calibur ?...''

Mon regard quitta mon interlocuteur pour se planter sur le sombre inconnu qui n'avait pas finit de se battre. A vrai dire, il se trouvait à genoux, du sang teintant son visage pâle, derrière lui se précipitait un dernier soldat de St Patrick's army. Il hurlait vengeance et n'avait pas l'air de laisser de quartiers. Je m'apprêtais à porter secours au type à demi à poils, mais à la distance où je me trouvais et n'étant pas certaine de mes talents de viseuse, je préférais m'abstenir et fermais les yeux. Ce fut ce cri triomphant qui me fit rouvrir mes paupières. J'avais du mal à croire ce que mon cerveau me traduisait. Ce type riait du carnage qu'il venait de causer... enfin, peut-être étais-je moi qui hallucinais, il était aussi possible que ce cri soit un hymne à la joie, heureux d'avoir survécu à l'assaut de trois créatures. Bref, je fis un signe de tête à Ed pour que nous allions nous porter garants de l'état de santé du type en question. Je pris soin d'éviter de piétiner les quelques cadavres encore animés pour certains. Maintenant que cet inconnu avait finit de s'époumoner à rire aux éclats, je m'approchais en gardant une certaine distance tout de même.

''Monsieur...? Vous allez bien ?...''

Je n'eus pas le temps de voir s'il daignerait me répondre qu'un rassemblement de personnes se concentrèrent peu à peu autour de notre trio de fortune. Des murmures interrogés montaient jusqu'à mes oreilles, je commençais à craindre que la rumeur ne se propage, surtout en entendant parfois des phrases telles que : « Mais que fait la police ?! » « Ils ont tués des gardes de la milice, ils ne savent pas dans quoi ils se sont fourrés, ah les jeunes... » « C'est nul ! Pourquoi elle est pas en sous-tif, l'autre ?! ». Et j'en passe. D'ailleurs, parmi cet amoncellement de moutons, un vacillement de lumière sur une surface lisse me démontra que des bonshommes en armures se trouvaient dans le troupeau. M'adressant à Ed cette fois-ci, tournant le dos au plus blessé :

''Ed, il y a d'autres gardes dans la masse, je crois qu'on ferait mieux de nous éclipser...''
''Là ! Arrêtez-les !!!!''

Arrêtée nette dans ma réflexion, j'eus comme un arrêt sur image à l'intérieur même de mon être. Fuir ou continuer de se battre ? Ma conscience me dictait bien entendu de prendre mes jambes à mon coup, mais sans savoir vraiment pour quelle raison, mon sang, lui, en demandait encore. Enfin, je m'ébrouais l'intérieur du crâne, prit le poignet d'Ed et celui du type qui était toujours à genoux pour le faire se lever puis prenait la poudre d'escampette en fonçant droit
vers le mur humain opposé aux gardes qui se mettaient en chasse.


''LE PREMIER QUI BOUGE PAS JE LE FAIS FONDRE !!!'' Hurlais-je en fonçant sans aucune gêne vers la population locale.

Quelques cris et le passage nous fut ouvert, restait plus qu'à trouver un moyen d'échapper aux poulets.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Ven 29 Oct 2010 - 13:19
Run, my dear ...

La ville dansait sous les yeux rougis de fatigue et de sang de notre invocateur démoniaque qui n’avait même pas eu l’occasion de faire démonstration de son pouvoir. Sa tête s’était quelques instants tournée vers ses sauveurs et il n’avait pu avoir qu’un vague aperçu de leur capacité. Ce qui était sûr, c’était que les miliciens tout d’armure verte étaient à terre. Malgré le sang qui entachait sa vision, il put discerner des traces de brûlures sur le cadavre de certains. Il y en avait donc un des deux voire les deux qui venaient du royaume du feu ? Que de joyeuseté en perspective …
Toutefois, pour le moment, l’heure n’était pas à l’état d’âme sur la nature des voyageurs qui venait de le sortir de ce mauvais pas provoqué par sa distraction. Il sentit une poigne solide le prendre par le poignet et le tirer de sa position agenouillée. Cette demoiselle possédait une force assez conséquente et l’impressionna. Il se laissa faire, la fatigue le gagnant. Son flanc n’était plus qu’une vallée d’où coulait une rivière de sang, son sang.
Son visage n’était plus qu’une vague expression de lassitude. Sa peau immaculée n’était plus que de l’histoire ancienne. Il se sentait sale, il était sale. Souillé de tout ce sang, le sien et celui d’autres.

Il fronça légèrement les sourcils mais suivit tant bien que mal la jeune fille à la tenue agréablement surprenante. Elle entraînait aussi par le poignet le blond voyageur à la double paire de lunettes. La douleur se faisait une joie de le parcourir à travers l’ensemble de son frêle corps. Ses muscles souffraient d’avoir été tant sollicités. Son sang venait s’étendre sur le sol spongieux de la ville vomissant son lot d’alcool. Ses jambes le soutenaient par un miracle qu’il ne chercha même pas à comprendre. Il se traînait plus qu’il marchait. Complètement courbé, replié sur lui-même come s’il réfléchissait à ses actes meurtriers. Il n’en était rien. Il avançait voûté parce qu’il souffrait le martyr. Néanmoins, il n’avait rien d’un martyr. Pour qu’elle noble cause avait il subi tout cela ? Aucune. Il avait combattu pour sa simple et égoïste survie. Il avait tué par plaisir. Pur plaisir. Et qu’elle plaisir.
Tandis qu’il mettait péniblement un pied nu devant l’autre, il continuait de sourire et ses yeux demeuraient emplis d’un sadisme effrayant.

Lorsque la jeune demoiselle l’avait questionné sur son état de santé, il avait juste daigné tournée la tête et afficher son plus sadique sourire. Il n’avait prononcé aucune parole. Les mots ne suffisaient pas pour exprimer sa joie, son bonheur intense. Ses yeux rougis parlaient pour lui.

Une foule s’était empressée de se presser pour les empêcher d’avancer par curiosité et volonté de venir s’informer de ces cris. Tout était contre eux. Ils avaient tué des miliciens, les représentants de l’ordre et de la sécurité. Ils devaient par conséquent mourir. D’autres miliciens de la même taille, avec les mêmes armes et armures avaient accourus. Alors qu’ils s’apprêtaient à intervenir sur leur personne, Hélène proféra une menace explicite. Quiconque voudraient entraver leur fuite se retrouverait à l’état de barbecue
.

"Intéressant, se serait elle la responsable de la cuisson des précédents ?"

"Elle dépote cette meuf !"

"Maître, il me semblerait judicieux de ne pas chercher à voir cette demoiselle se retourner contre notre personne, elle possède des qualités des plus …"

"Mais ta gueule l’ampoulé ! Cette meuf, elle a le style et c’est tout ! Alors ouais, mieux vaut pas à l’avoir à se fritter contre elle, mais n’empêche que ça serait fun !"

"Moi, elle me plaît bien cette jeune fille … Elle présente bien des arguments …"

Oscar murmura, sa tête lui faisant atrocement mal :

"Oh mais allez vous cessez ?!"

Ses sourcils froncés, son visage exprimait une souffrance et une colère des plus sadiques. Fort heureusement, il se tenait la tête penchée vers le sol et ses cheveux blancs masquaient son visage déformé par un combat intérieur viscéral.
Ils marchaient prestement à travers les rues encombrées de rêveurs ou de voyageurs ou de toute autre créature. Ils fuyaient les miliciens qui s’étaient lancé à leur poursuite et qui les invectivaient de façon tout à fait déplaisante
:

"Vous là bas !
Plus un geste !


Arrêtez-les ! "
Brûler-les !


"Faites en un méchoui !
Apportez les saucisses !"

Et autre injonctions menaçantes pour la santé ou le corps de nos trois voyageurs qui couraient dans les méandres de la ville, entouré de vapeurs d’alcool.

Les voix continuaient à résonner dans la tête d’Oscar :

"Faudrait peut-être intervenir, non ?"

"Surtout pas ! Faut qu’il se débrouille tout seul. Au pire, s’il est vraiment mal en point, on interviendra !"

"Maître, voulez vous que j’intervienne ?"

D’une voix faible et rageuse, Oscar lança :

"Laissez-moi tranquille ! "

"Comme vous l’entendrez …"

Et le silence se fit. Oscar souri de satisfaction. Il s’arrêta brusquement de marcher et se laissa tomber à terre. Il releva lentement la tête, ses cheveux glissant sur son visage souriant d’un pur sadisme. Ses yeux étaient presque entièrement rouges sous l’effet de sa Folie meurtrière. Il jeta un regard derrière lui. Une vingtaine de miliciens accouraient dans leur direction. Il n’y avait qu’eux.

Nos trois voyageurs se tenaient dans une rue assez large pour permettre à un char de passer. Mais il n’y avait pas de char, juste une escouade bien armée de miliciens enragés. Les immeubles ne bougeaient pas, se contentant de bailler. Derrière eux, les miliciens. Devant eux, une immense cuve. D’innombrables tuyaux l’entouraient et semblaient partir en tout sens pour desservir la ville entière. L’ensemble du quartier dans lequel ils étaient arrivés ressemblait à un complexe industriel. Vapeurs d’alcool, fumés multicolores, tuyauteries chaotique et fuyantes de liquide verdâtres et parfois corrosif, tout n’était qu’un immense réseau apocalyptique.

Face à cette immense cuve dont les vapeurs et les odeurs en émanant ne laissaient aucun doute sur la nature du liquide s’y trouvant, Khildar eut une idée magistralement destructrice. Il tourna des yeux fous vers ses deux compagnons de fortune et toujours à genou, demanda
:

"Tenez-vous à échapper à ces fâcheux ?"

Il se leva alors lentement, ignorant la souffrance qui lui brûlait le flanc gauche. Il parvint à se maintenir sur ses jambes dénuées de toute pilosité et montra en tendant son maigre bras vers la cuve :

"Alors faites en sorte que ce déverse cette cuve sur eux. "

Un sourire démoniaque parcourut son visage sillonné de sang, certaines mèches de cheveux restant collé à sa peau. Il baissa son bras et posa sa main gantée sur son cœur et passant outre les assaillants qui approchaient dangereusement, il s’inclina légèrement pour se présenter d’une voix faible mais assurée :

"Avant toute chose, je tenais à me présenter. Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver … Pour vous …"

Il ne réussit pas à finir sa tirade ridicule en ces circonstances pour s’effondrer. Il avait puisé ses dernières forces pour exposer le plus sommairement son plan et se présenter. L’essentiel avait été dit. Il demeurait conscient, mais incapable de bouger pour le moment. Son éternel sourire sadique marquait son visage.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mer 3 Nov 2010 - 22:57



Ma peau se hérissa quand le liquide jaunâtre sortit du poignet d'Hélène pour aller fondre peau et métal dans une cacophonie d'hurlements et de crissements désagréables. Je détournais mon regard pour voir le froufrou abattre ses adversaires un à un avec une méthodologie de barbare. Je jouais avec mes paires de lunettes, voire l'effet que ça faisait d'en avoir deux. Je ne bougeais pas d'un poil quand le lutin fonça vers moi, mais qui fut vite intercepté par cette bougresse d'Hélène qui transforma son visage en pizza fondue. J'ai l'air bien classieux à faire confiance à ma coéquipière, mais en fait, j'avais à peine vu le lutin, et avait été trop lent à paraître surpris. La prochaine fois, je devrais faire gaffe. Je tournais un oeil vers Hélène qui avait terminé ce qu'il semblait être une fondue savoyarde. Elle me répondit dans le ton de la discussion pur savoir pourquoi on avait été surnommé des héros destructeurs. Je lui pointais le massacre qu'elle avait commis :

« Dis-toi qu'on fait tous des conneries un peu comme toi quoi. Tu as parfaitement saisi ce qu'il fallait faire. Et les X-Caliburs sont une autre équipe de Voyageurs bien propres sur eux quoi. Mais là n'est pas la question. »

Je disais ça pour frimer mais moi non plus, je ne savais pas où était cette fameuse question que je mentionnais. Mes réflexions furent interrompus par un étrange rire. L'autre prenait son pied, maintenant qu'il venait de battre trois autres gremlins en uniforme. Hélène alla s'enquérir de son état de santé, et je l'imitais vaillamment. Un type qui luttait contre des crétins pareils restait du bon côté de la ligne morale que j'avais tracé dans ma tête. Et puis, il les avait battu sans utiliser ton pouvoir s'il vous plaît, rien qu'avec ses poings et tout ce qui lui tombait sous la main. Certainement un crétin : un autre bon point pour lui. Une foule compacte s'était regroupée autour de nous, et lâchait quelques phrases originales ou alors horrifiées. J'acquiesçais un libidineux déçu de la large tenue d'Hélène avant de vérifier le carnage qu'on avait commis. Bon, là, c'était un peu limite. Il était peut-être temps que je reprenais le contrôle de la situation avant que d'autres soldats n'arrivent.

« Là ! Arrêtez-les !!!! »

Trop beau pour être vrai. Ma nouvelle équipière me prit la main (mes cheveux se hérissèrent de nouveau), et nous entraîna vers les citoyens qui semblaient nous confondre avec des tranches de salami qui se seraient échappés de leur boîte seuls. Par une injonction aussi menaçante que générale, Hélène nous ouvrit un chemin passablement étroit, mais seuls les Egyptiens s'étaient plaints du passage qu'avait concocté Moïse.
Nous continuâmes de nous enfoncer dans les ruelles, à nos trousses quelques dizaines de miliciens aussi petits que mécontents. Je ne savais pas si on allait courir toute la nuit, mais j'exprimais d'un soupir l'ennui d'une telle nuit. Je cherchais un moyen de nous échapper (je veux dire, de nous échapper de notre échappatoire) quand le fou furieux glissa sur le côté pour aller s'écraser sur les pavés pleins de vomi. Je le considérais avec un triste regard pour sa condition ; il avait usé par trop d'effort physique pur espérer continuer. J'allai proposer une main mais il se releva tout seul (je remballai ma gentillesse en levant les yeux). Il leva le bras pour désigner une immense cuve qui était à coup sûr, d'où venait Hélène. Même le maigre couvercle semblait barboter de bulles d'acides ; on aurait dit des glaviots mutants qui se dispatchaient dans toute la ville en espérant pouvoir tuer quelqu'un par le biais d'une fissure dans les tuyaux. L'idée qui lui traversa la tête vint soudainement se loger dans la mienne. Faire tomber la cuve pleine de produits étranges était à coup sûr une bonne idée. Le bonhomme m'impressionna encore plus quand il déclama son nom juste avant de s'écrouler. Mais était-ce la force qu'il avait puisé pour se présenter ou la longueur de ses noms qui me stupéfia ? Je ne saurais dire, mais j'attendis qu'il se ramassa misérablement au sol pour daigner le ramasser. Je tirais sur son bras et le mit son nombril sur mon épaule, tout en le soutenant de ma main gauche. On aurait dit que je livrais un sac de patates. Pour le remercier, j'étais bien prêt à écouter ses idées et à les mettre en pratique. Mais les gardes s'approchaient dangereusement et il était trop tard pour un plan élaboré. Je me concentrais et pu disposer d'une paire de portails.
Premier portail : Dans la cuve, posé sur le parterre de celle-ci.
Second portail : Dirigé vers nos poursuivants, à un mètre du sol.
Effet provoqué : Le si ragoûtant liquide qui stagnait dans sa boîte se déversa sur les gnomes. Quelle surprise cela devait être de voir en un instant, des produits chimiques vous tomber dessus sans crier gare. Je fus moi-même considérablement étonné de constater la quantité effroyable de cette dangerosité. Des centaines d'hectolitres se répandirent sur toute l'allée avec un chuintement qui faisait fondre le tympan.
Là, c'était le moment où Délirium City voulut nous faire deux petites blagues, ma foi fort rigolote. La première fut que la rue dans laquelle nous étions s'inclina. Et oui, la rue commençait à devenir une pente : tout le liquide verdâtre s'écoula alors de l'autre côté, vers nos propres personnes. En fait, les autres rues aussi semblaient se plier. J'eus un inutile mouvement de sourcil quand je vis la marée chimique débouler sur nous après avoir fait fuit les petits bonshommes verts. Quoique... j'en vis de nouveau apparaître au sommet de la rue, sur les côtés, dans les bâtiments, etc. Je me demandais si pouvait se trouver dans un pire endroit en ce moment. Mais je maîtrisais la situation (extérieurement, j'étais calme, intérieurement, je me demandais qui était le plus vorace, les veines d'Hélène ou ce truc échappé de sa cuve). Une petite grossièreté franchit mes innocentes lèvres. J'avisais un bâtiment pas trop haut, et fit redevenir mes yeux sombres.
Premier portail : juste sous Hélène et moi (et le fou).
Second portail : Sur le toit d'un petit immeuble, à deux mètres de hauteur encore au-dessus.
Effet provoqué : Avant même de pouvoir prévenir Hélène, nous tombions déjà sur le toit de l'habitation.
Je fermais vite le portail pour qu'aucun liquide vaseux n'entra à l'intérieur et nous doucha furieusement. Moins une, comme d'habitude. Je lâchais un soupir de soulagement avant de faire le signe de la victoire à Hélène.


« On a eu notre quota d'actions pour la nuit, tu penses pas ? »

Puis j'en arrive à la seconde comédie de notre aventure. Les rues s'étaient pliées en quatre pour nous faire chier, avaient arrosé le bas des bâtiments. La marée gluante détruisait tout sur son passage et commençait à s'insérer dans les passes et autres avenues. Ce fut pour ça que les bâtiments qui nous entouraient, frileux, se hissèrent sur leurs pieds et commencèrent à leur tour à éviter les vagues vertes radioactives. Le notre aussi évidemment, sinon, ça n'aurait pas été drôle. Et le sol de Délirium n'arrêtait pas de tressauter, comme s'il était une entité vivante avec une goutte d'alcool à 90 degrés sur le dos.
Ce fut une profonde catastrophe.
Les gens hurlaient et criaient (ceux qui étaient sains d'esprit, donc plutôt peu nombreux en fait), s'enfuyaient à toutes jambes avec des casseroles sur la tête. Les bâtiments écrasaient tous ceux qui étaient sur leur chemin avec une indifférence faite béton. Mais le pire, ce furent les secousses qui nous balançaient sur le notre. Ils fonçaient droit devant lui, faisant gigoter ses pauvres habitants comme des cacahouètes sur un camion. Je réussis à tenir sur mes jambes, avec le poids supplémentaire sur le dos. Il était peut-être temps qu'il se réveilla car je voulais bien le porter, mais ça n'allait pas être facile.
Et la sempiternelle fois que je crus devoir penser que ça ne pouvait pas être pire, je pus voir des miliciens escalader notre immeuble avec la foi d'un sacerdoce.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Dim 7 Nov 2010 - 10:43
Ma besogne terminée, je rejoignais Ed au cœur d'une discussion à propos du DreamMag où je l'interrogeais à propos de l'adjectif attribué au groupe des Private Jokes, qui sans vous mentir, me tracassait assez. Mais c'est lorsque mon co-équipier pointa le carnage que je venais d'engendrer que je réalisais enfin que malgré mes desseins pacifiques... je ne faisais qu'engendrer la destruction derrière moi. J'eus notamment droit à quelques éclaircissements à propos des X-calibur, ainsi il était courant de voir d'autres groupes de voyageurs à Dreamland ? Rien d'étonnant là dedans, enfin, d'après le ton qu'employait le jeune blondinet, il ne paraissait pas très concerné par cette alliance, une question s'initia alors dans mon esprit, la compétition entre groupes est-elle à ce point forte ? Bref, j'espérais juste que nous n'aurions pas à nous frotter si souvent à notre prochain. Juste le temps avant que je n'aille prendre des nouvelles du rêveur qui s'était battu comme un lion contre cette bande de gobelins en capsule et que nous échappions à une autre troupe de garde attirés par une foule de personnes s'étant agglutinées autour de la scène du crime. Nous détallions donc comme des dératés droit vers nulle part, sous les yeux endormis des quelques immeubles qui restaient là, oisifs, si seulement l'un d'eux se décidait à boucher la rue, cela relèverait du miracle en voyant leur caractère exécrable, difficile de croire qu'une de ces bâtisse serait en mesure de soulever son derrière pour aider une petite troupe de voyageurs et rêveurs. Bref, tous les trois encouragés par les cris rageurs de l'armée à nos trousses, je pressais le pas le plus vite que mes jambes me le permettaient jusqu'à ce qu'un point crucial de mon équilibre ne s'arrête soudainement. Mon centre de gravité s'en vit déboussolé, en bref, mon corps fut happé par l'inconnu qui venait de se laisser tomber par terre. Il avait une expression relativement peu rassurante sur le visage, pourtant, mon regard se prolongea le long de son bras qui désignait un espèce de château d'eau qui contenait tout sauf un liquide limpide vu les vapeurs nauséabondes qui s'échappait des fentes que laissait le couvercle déjà désagrégé par la chose qu'il contenait. Vu la teinte du liquide qui suintait le long de la paroi de cette cuve, il n'y avait aucun doute, c'était bien le même liquide qui courait dans mes veines qui était contenu là. L'homme à dentelles avait eut une bonne idée sur ce coup là, d'ailleurs, ce dernier se releva, plaçant une main à son cœur comme pour prêter serment, il fit une courbette avant de se présenter sous un nom qui pourrait prendre au moins quatre lignes sur sa carte d'identité... bon, pour ne pas surcharger ces quelques lignes, nous nous arrêterons à Khildar... ou Koala.

Bref, l'urgence se faisant pressentir vu la troupe de soldats qui s'approchaient dangereusement de notre petit trio de fortune, je m'apprêtais à faire quelques pas vers la cuve, enfin jusqu'à ce que le conteneur ne disparaisse d'un coup sous mes yeux ébahis. Ce fus un fracas assourdissant sur un côté qui me fit réaliser qu'en fait ce fut Ed le premier à réagir. Je pus observer cette immense boite de conserve s'écraser sur le bitume gorgé d'alcool directement déverser son contenu sur nos poursuivants qui brûlèrent en poussant des cris atroces. Les effluves du fer calciné et rongé par le liquide corrosif fit remonter quelques mauvais souvenirs. Là-bas, à l'acid kingdom, tout n'était qu'acier, acide et détritus engendré par un mélange des deux. La vision des diodes rouges constituant les yeux du seigneur poubelle transpercer l'obscurité pour venir lover cette lueur écarlate dans mes iris. Je remerciais intérieurement cette secousse qui ébranla la plante de mes pieds, le sol semblait bouger, s'incliner devrais-je dire... Battant des bras pour retrouver un équilibre vital, je vis Ed, chargé comme un mulet par l'autre rescapé maculé du sang des miliciens. Ajouté à cela, tout l'acide que mon adversaire d'hier avait réussit à rejeter vers nos assaillants se voyait maintenant revenir tout droit vers son expéditeur. Personnellement, je doutais que cet acide eut quelconque effet sur moi sachant que Dislok m'avait en quelque sorte « immunisé » contre sa propre essence qui devait être la plus concentrée du royaume onirique. Néanmoins, j'avais à craindre pour les deux hommes qui m'accompagnaient, là aussi ce fut Ed qui prit l'initiative le premier. Je l'entendis juste pousser un juron avant que la visions de la ville victime d'une vague corrosive ne soit remplacée par une vue panoramique de l'ensemble des gratte-ciel, un léger changement de hauteur dont je fis à peine attention que déjà je ressentais de nouveau cette sensation de chute, ça en devenait lassant à la longue. Enfin, ce désabusement me permit d'appréhender et de pouvoir faire adopter à mon corps la position adéquat pour une bonne réception, éviter ainsi de m'étaler comme une crêpe sur le sol comme il s'était déjà produit il y a quelques minutes. Bref, je foulais le bitume du toit de l'immeuble très rapidement et en dépit d'un parfait atterrissage sur mes deux jambes, le choc entre le bitume et mes pieds fit remonter un long frisson le long de mes deux membres... cela avant que je ne tombe en arrière pour finalement me retrouver assise, les yeux ébahis. Les cris provenant de la chaussée que l'on venait de quitter me sortirent de ma torpeur, je me relevais en même temps qu'Ed qui me faisait une remarque que je trouvais tout à fait juste, même carrément évidente ! Je levais vers lui un poing au pouce pointé vers le ciel. C'était pas désagréable de savoir qu'on pouvait compter sur quelqu'un dans cette zone chaotique. Je pensais que sur cet immeuble nous étions comme sur un petit îlot échappant à ce semblant d'apocalypse qui régnait en bas, manque de chance, l'île en question n'avait pas l'air d'être consentante à toucher la mer qui nous entourait. L'immeuble se leva alors sur ses jambes, se mettant à gesticuler de manière absurde. Je fus envoyée directement contre le grillage qui cerclait le toit, de là je pu entr'apercevoir une horde de milicien escalader la paroi du bâtiment, munis de ventouses aux pieds et aux mains, produisant à chaque pas un bruit de sucions qui sonnait comme néfaste à ce moment. Sans perdre une seconde, je m'agrippais au grillage question d'avoir un point d'attache, cela de ma main non acidifiée, tandis que son homologue que je recouvrais à nouveau de mon sang faisait fondre une partie du grillage, créant une grande brèche en un temps record. Oui cette nuit j'étais plutôt généreuse sur la quantité de liquide corrosif. D'ailleurs je pu entendre les quelques râles montant jusqu'à mes esgourdes signifiant bien que quelques gouttes venaient s'échouer sur les gobelins enragés. Ce qui, au fond, ne faisait qu'attiser un peu plus leur férocité.

Ayant parvenus à dégager la partie basse du grillage, je me baissais, tendant la main en direction des rampants. Faisant appel à mon essence, un bruit de gargouillement immonde monta depuis mon bras tendis que la peau se contorsionnait à être remplie d'un liquide différent du précédent. Par pression, le vomi jaillit d'abord avec violence avant de se mettre à couler le long de la paroi. Je bloquais net ma respiration face aux immondes effluves qui s'échappaient de cette déjection. Au moins ici, je remarquais que d'utiliser de ce pouvoir ne m'affaiblissais que peu, à croire que sa puissance en était multipliée. Bref, je courrais le long du grillage, alternant entre acide, pour arriver à détruire le grillage, et dégueuli, simplement pour empêcher les ventouses des miliciens d'adhérer à la paroi, cela malgré les cabrioles du bâtiment sur lequel nous étions. Cela fait, je me relevais et me tournais vers Ed, le souffle court, tandis que les cris répugnés des gobelins parvenaient jusqu'à mes oreilles. Lui semblait tirer profit du paquet qu'il transportait en y trouvant un bon point d'équilibre. Je secouais mon bras sur lequel rampait encore quelques parcelles de ces secrétions d'estomac à l'odeur et aspect aussi peu avenants l'un que l'autre. Pour renchérir, quelques particules d'acides subsistaient, créant d'un, cet affreux bruit de grillade bien arrosée d'huile et deux, créant une vapeur à la teinte verdâtre et au parfum encore plus entêtant que le premier. Vraiment, j'avais eu beaucoup de chance avec ce pouvoir.


''Faut pas qu'on reste ici, c'est pas très stable..!'' Lançais-je en chancelant, manquant de me manger le bitume froid sur le masque.

Comme pour répondre à mon appel, l'immeuble se mit à bouger plus violemment qu'auparavant, on aurait dit... qu'il essayait de se gratter le côté que j'avais gentiment repeins. Mais dans sa gigue, ce bougre s'emmêla dans ses pieds, commençant donc à s'étaler contre son voisin. Le bâtiment se pencha sur le côté d'où je me trouvais, à une main, je ne parvins pas à retenir ma prise. Projetée directement contre le grillage de l'autre côté, je parvins à m'y agripper plus solidement. Un premier choc ébranla tout le bâtiment. On venait de se faire arrêter par l'immeuble d'à côté pourtant... celui-ci, prit au dépourvu dans sa fuite du raz-de marée acide, s'écroula sur son homologue de droite... et ce fut la chaine. Le bon côté de ceci, c'était que nos poursuivants venaient de se faire prendre en sandwich dans la collision. J'espérais que mon co-équipier trouverais de quoi se tenir, une bouche d'aération, quelques tuyauteries, ou encore sera-t-il projeté contre les barreaux de fil de fer comme moi, que sais-je. Arriva un moment où les chocs entre chaque immeuble ne retentit plus jusqu'à nous. Notre bâtiment, couché sur son voisin, commençait à se faire attaquer par l'acide qui recouvrait la chaussée plus bas. Piteuse, j'étais maintenant pendue au grillage, le toit de la bâtisse n'ayant pas un angle assez plat pour pouvoir prétendre y tenir sur ses deux pieds. A la place s'offrait à nous un magnifique toboggan plongeant droit vers l'immeuble voisin. Chose sure, je ne tiendrais pas une nuit entière sur la seule force de mes bras. C'est alors que la porte permettant aux habitants de l'immeuble de rejoindre le toit fut brutalement ouverte, laissant une troupe de ménages armés de façon aussi absurde que surprenante sortirent de là :


''Regardez !!! C'est eux qui ont provoqué cette catastrophe !! Ils ont couvert notre immeuble de vomit ! C'est de LEUR faute !!!..Ah !! Attendez !!! Vous allez me faire tomb... woaw !!''

Le leader fut pour ainsi dire, débordé par la masse de sa propre armée, poussé en dehors de la cage d'escalier, il glissa le long du toit avant de s'échouer sur le grillage que j'avais fragilisé... le pauvre fut directement éjecté du sol avant d'aller tomber dans la mare d'acide plus bas, ou avec un peu de chance, se retrouver coincé entre les deux bâtiments. Je sentis la culpabilité me ronger le ventre et j'avoue avoir du mal à en faire abstraction, mais la fin justifie les moyens dira-t-on. Je créais alors une brèche dans le grillage auquel j'étais accrochée et me glissais à l'intérieur, faisant signe à mes compagnons de fortune de faire de même, tendant ma main (non acidifiée) vers eux pour les aider à monter. Le liquide de la cuve devait avoir finit de faire fondre ce qu'il pouvait trouver à se mettre sous la dent. La pente nous promettait une belle glissade que j'espérais ne pas être la dernière...

[Dites moi si j'en fais de trop... et pour vous aider j'ai fais un schéma de la situation... pardonnez la qualité, mais vu mes explications pourries... XD
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Dim 7 Nov 2010 - 21:59
Rodéo & Dominos

La vue était superbe. Du haut de cet immeuble, on pouvait embrasser la ville d’un regard appréciateur. Le sublime dégradé de vert dans le ciel se mariait avec l’orangé des nuages et la rougeur du soleil qui riait joyeusement en buvant une canette de bière. Les oiseaux avaient cessé de déverser leur liquide éthylique et s’en étaient allés au loin, leur formation n’étant pas sans rappeler la forme d’une bouteille de vin.

Au sein de la cité aux milles alcools, la panique était notable et bruyante. Le raz-de-marée provoqué par l’intervention d’Ed Free s’était répandu dans un quartier entier, emportant avec lui les voyageurs et les rêveurs imprudents, ainsi que des créatures qui n’avaient pas eu le temps de réagir lorsque la vague de ce liquide à l’odeur et aux propriétés corrosives non négligeable se jeta sur eux avec fracas.

La réaction des bâtiments, tout à fait compréhensible, ajouta à l’atmosphère quasi chaotique qui semblait s’être imposé dans ce quartier aux prises d’un débordement dans tous les sens du terme. Tout ceux qui le pouvaient couraient et s’agitaient, tentant vainement d’échapper à la noyade par liquide alcoolique. Beaucoup avaient vu en les immeubles une planche de salut. Pourtant, se hisser à bord de ces bâtiments animés de volonté propre était plus ardus que l’on pouvait penser.

Après qu’il se soit effondré, Oscar était néanmoins demeuré conscient. Malgré sa volonté de savoir si l’homme à la blonde chevelure ou la jeune demoiselle à la tenue intéressante avait suivi son conseil, il avait du fermer les yeux et ne plus se fier qu’à son ouïe. Il se sentit prendre par les bras, et appuyer au niveau de son ventre sur un membre, sûrement une épaule. Il était porté comme un vulgaire sac de patates. Quelle régression.
Son retour à Dreamland était vraiment pitoyable …

D’après les sons qui lui parvinrent, à savoir un bruit de fort écoulement et des cris, la cuve était en train de se vider dans la rue. Il ne pu savoir qui avait réussit à accomplir ce fait, mais cela ne lui importait que peu. On avait appliqué son plan, et cette marque de confiance le rassurait un peu. Il pouvait encore inspirer de la confiance, s’était donc qu’il n’avait pas tout à fait sombré.

Alors qu’il esquissa une ouverture de paupières pour se rendre de la situation, ce qu’il vit ne le rassura guère : la rue s’était inclinée et le liquide se lançait à leur encontre d’une façon ma foi, fort peu avenante.
Brusquement, le sol se déroba sous leur pied, pour devenir une sorte de carrelage. Ils tombèrent tout naturellement, obéissant aux lois de la physique la plus élémentaire. Oscar affichait un air des plus surpris.


Comment pouvaient-ils s’être ainsi déplacé ?

Levant douloureusement la tête pour comprendre où ils étaient précisément, Oscar s’aperçut rapidement qu’ils étaient sur le toit d’un immeuble.

La vue y était superbe. Cependant, ils ne purent s’y attarder pour en apprécier toute la beauté car le bâtiment se lança dans une danse et une agitation frénétique afin d’éviter les torrents de vomi et d’autre chose. Tenir en place et debout dans ces conditions tinrent de la maîtrise du rodéo.
Hélène semblait rompu à cet exercice et s’accrocha au grillage entourant le haut de l’immeuble pris d’une folle envie de courir, en renversant d’autres. Quand à Ed, Oscar se rendit vite compte qu’il n’aidait pas à son équilibre, il était un poids.
Il tenta de se dégager mais la douleur qui émanait de son être était beaucoup trop importante. Son flanc saignait et sa vue commençait à se brouiller. Il se sentait las et lourd. Il se sentait vider, et c’était le cas, il se vidait sur le dos de ce blond qui n’avait pas hésité à le prendre pour lui éviter la noyade.

Entre deux longs clignements de paupières, l’aristocrate en piteux état pu se rendre compte que la demoiselle se penchait dans le vide. Il voulut tendre la main et lui crier de faire attention, qu’elle pourrait basculer, mais il était trop faible pour agir. Tandis qu’il la regardait opérer, il s’aperçut qu’elle se scarifiait. Et profondément en plus. Si profondément qu’un liquide s’échappa. De loin, il ne pouvait dire si c’était du sang, mais ce dont il était certain, c’était qu’elle en répandait le long de l’immeuble.


Mais dans quel but ?

A entendre les cris qui les entouraient, il paraissait raisonnable de penser que des miliciens escaladaient les parois mais qu’ils se retrouvaient confrontés à des difficultés d’ascension dont la jeune demoiselle n’était pas inconnue.

Mais qu’avait elle donc comme pouvoir ?

Soudain, les secousses se firent plus intenses. Comme pris d’une hystérie démentielle, le bâtiment s’agitait encore plus fort. Malheureusement, sa volonté de se débarrasser du vomi sur ses flancs le fit choir sur un de ses congénères. Celui-ci, peut habituer à se faire percuter, commença à choir lui aussi. Et ainsi de suite, l’effondrement des dominos étant lancé.
La force du choc fit propulser Oscar hors de l’emprise d’Ed. Son corps se vit tomber lourdement contre le sol carrelé. Il souffrit à ce contact violent et sa bouche se déforma en une grimace exprimant son mal. Ses os ne s’étaient pas brisés, mais des hématomes étaient présents sur ses bras et son dos désormais.
Se faisant balader comme une pauvre poupée de cire, Oscar essaya de retrouver une force suffisante pour se reprendre et faire cesser cette danse qu’il trouvait des plus pathétique.

L’immeuble ne bougeait plus que dans une seule direction maintenant. La pente créée emportait tout ce qui se trouvait sur le toit de l’immeuble et finissait entre les deux bâtiments, écrasé. Le pauvre anglais n’échappa à la règle et se vit glisser, ses coudes ripant contre le carrelage. Sa glissade fut de courte durée, une bouche d’aération le stoppant brutalement.
Son front se mit à saigner, souillant encore plus qu’elle n’était déjà sa peau.

La situation ne pouvait être pire, et pourtant. La porte menant aux toits s’ouvrit violement sur une foule d’une douzaine d’habitants passablement énervés. Entraîné par leur élan, ils se retrouvèrent à glisser sur la pente qui s’offrait devant eux. Le grillage ne put supporter leur poids commun et céda.
Leurs cris de terreur face au vide emplirent l’environnement immédiat du bâtiment en train de se coucher sur son homologue.

Pas le temps de s’apitoyer sur leur sort, il fallait avant tout songer à se sauver soi même. Levant difficilement la tête, il aperçut Hélène percher sur le grillage. Il aurait aimer la rejoindre, mais cela lui paraissait quelque peu compliqué, à moins que …

La porte menant aux toits était encore ouverte. Elle se situait plus bas que sa propre localisation. Il lui suffirait donc de sauter et parvenir à diriger sa chute vers cette entrée.
Sans savoir si cette option était la plus judicieuse, Khildar se leva avec pas mal d’effort et de mal. Il se tenait le flanc et apostropha Hélène d’une voix qu’il espérait claire et forte :


"Je vais descendre par l’intérieur … Pourriez vous me brûler ma plaie une fois en bas ?"

Immédiatement après ses dires, il se jeta en toute folie vers sa destination … ou sa mort. La glissade lui chauffa le cuir fessier (rappelons qu’il ne porte qu’un caleçon). En se dirigeant par des coups de pieds plus ou moins bien placés, il réussit à atterrir sur la porte béante. Le bois craqua.
Il ne lui en fallut pas plus pour s’engouffrer à l’intérieur. La porte, décrétant qu’elle avait suffisamment servit sa fonction, sortit de ses gonds et se mit à proférer des injures à tout va tout en chutant inéluctablement.
Passant outre son état de santé déplorable, Oscar marcha, ou plutôt rampa sur les murs (et oui, l’immeuble est très penché) et entreprit de prendre les escaliers. Loupant une marche à un moment, il se mit à descendre les étages en roulant sur le dos et le ventre, se laissant entraîner.
Le décor de l’intérieur de l’immeuble était des plus détruit. Murs défoncés, portes râlant ou baillant, tapis s’enroulant sur eux même, lampes éclatant ou éclatées ou même s’éclatant, tout n’était que chaos.
Sa longue chute fut bruyante et douloureuse. Il parvint néanmoins en bas et se traîna hors de l’immeuble.

Le sol gardait quelques résidus du liquide mais avait retrouvé un semblant de propreté, pour ainsi dire. Voulant se reposer, Oscar s’adossa contre les parois du bâtiment désormais immobile et souffla. Sa respiration était lente et ses yeux fermés. Il se tenait toujours son flanc de sa main gantée pour ralentir l’épanchement de sang. Il espérait qu’il ne s’était pas trompé sur le pouvoir de cette demoiselle. Il fit tout ce qu’il pouvait pour ne pas sombrer dans l’inconscience, il ne le devait en aucun cas, il le savait.

Ce qu’il ne savait pas, c’était qu’un attroupement de créatures mécontentes s’était formé et marchait dans leur direction. Ce n’était pas des miliciens, juste des habitants. Mais leur colère était grande et légitime.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 13 Nov 2010 - 1:45
La sécurité ne fut que temporaire, comme d'habitude dans Dreamland, encore plus usuellement dans Delirium City. Je me demandais quand est-ce que la gravité allait changer maintenant que les immeubles se mouvaient. Ou pouvait-on espérer que ma peau passe du beige au violet. Ou alors que mes lunettes se désintégreraient car au centre d'un point commun entre plusieurs dimensions dont une n'était que magma surréaliste. J'en passais et des meilleurs, je n'aurais pas dû lire ce si intéressant ouvrage intitulé « Globalement inoffensive ». Et les quatre tomes qui le précédaient ; D. ADAMS avait certainement été un Voyageur de son vécu, et avait dû séjourner un peu trop longtemps dans des Royaumes aussi crétins que celui-ci.
Les soldats qui grimpaient désespérément un immeuble en fuite étaient aussi courageux que timbré (bien qu'on admettait généralement que ces deux notions étaient liées d'une relation inverse et stable). Autant monter sur un taureau de vingt mètres de haut, furieux et blessé. Et ce n'était pas comme si ils pouvaient espérer faire quelque chose contre trois Voyageurs en haut. Ouais, plus timbré qu'autre chose. Les plus résistants qui réussissaient à agripper aux vitres sans se faire dégager quelques mètres plus loin devaient faire face à un nouvel adversaire : Hélène organisait les défenses avec son aide toujours aussi mordant. Elles recouvraient les grillages d'un liquide aussi corrosif que celui qui se déversait au sol. Je pus entendre des hurlements de douleur dès qu'ils parvenaient jusqu'au liquide. Je compatis sans trop m'attarder. L'autre zigoto sur mes épaules, en plus d'être de poids suffisamment conséquent pour fatiguer ma nouvelle force dans Dreamland, pissait le sang sur mon épaule gauche. Je grognai en remettant mes lunettes sur mon nez. J'attendais avec impatience le nouvel embarras mortel qui allait nous secouer comme des pruneaux.
Je n'eus pas à attendre longtemps : notre immeuble en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, qui en renversa un autre, etc.
Mais au lieu de tomber plus ou moins sereinement sur le sol, ou au moins aussi proche que lui, il préféra garder une situation d'équilibre ultra-précaire, renversé sur son voisin. Le toit adopta un angle peu agréable pour la marche à pied d'un homme normalement constitué. Avec les tremblements, les secousses et autres soubresauts, je tombai à terre avec mon ami. Ce dernier reprit connaissance : je le sentais bouger. Je parvins en trébuchant à rejoindre le petit promontoire qui assurait à une porte de pouvoir laisser ses habitants sur son toit. Ainsi, j'étais retenu par ce bout de béton avec l'autre Voyageur Khildar. Jusqu'à ce qu'un petit groupe complètement déluré viennent, armés de couteau de cuisine, de chaise et de pantalons, passant par la porte que je venais précédemment de citer. Mais leur leader qui venait de nous crier dessus perdit l'équilibre et alla rejoindre le grillage acidifié. Il ne resta pas seul plus longtemps car sa petite troupe de ménage alla le rejoindre directement sur la pente de l'autre bâtiment. Ils allaient connaître une mort aussi douloureuse qu'injuste, mais je m'en foutais complètement. Puis je vis Khildar se remettre à peu près debout pour rentrer dans le bâtiment en espérant y sortir en bas en empruntant des escaliers aussi renversés soient-ils. Il allait avoir du mal seul, mais j'avais d'autres préoccupations. Hélène, postée tout en haut depuis le début avait percé un trou dans le grillage qui menait directement à un toboggan gigantesquement dangereux. J'allais la rejoindre quand je fis attention aux cris des autres crétins qui comprenaient soudainement le sort qui allaient leur être réservé. Amen.
Rah et puis merde ! Je tournais ma tête vers Hélène en criant :

« Je reviens de suite ! Fonce ! »

Puis j'activais mon pouvoir.
Premier portail : derrière mon si agréable fessier, prêt à servir de chaise s'il le fallait.
Second portail : à quelques mètres en face de moi et presque autant vers le bas tourné vers moi. Littérairement, cela voulait dire sur le toboggan de l'autre bâtiment parfaitement parallèle d'où glissaient les abrutis.
Effet provoqué : Après que je me fis tomber en arrière, je réatterris sur les fesses en train de glisser au milieu des autres abrutis qui gesticulaient.

Le sauvage le plus proche de moi en profita pour oublier un tant soit peu le danger et pour me cogner avec sa batte de cricket. Je lui pris le poignet et lui vola son arme juste avant de le pousser du pied pour qu'il évita de me mordre en représailles, et ce tout en dérapant. Armé d'une batte de cricket, je pus voir la douzaine d'autochtones foncer vers le mur du bâtiment d'où je me trouvais, mur rempli d'acide. Et on allait beaucoup trop vite pour espérer réussir à éviter cette cascade verte figée, avec les pieds par exemple. Des fissures agressaient mon postérieur quand ce dernier glissa sur elles, ce qui me fit assez mal et m'empêcha de me concentrer sur le coup. Je me dépêchais d'activer une nouvelle fois mon pouvoir, ce qui naître en moi un coup de barre assez impressionnant. L'adrénaline était une alliée dans les situations les plus délicates, mais avait un contre-coup fatiguant.

Premier portail : A quelques centimètres du mur couvert d'acide vers lequel on se dirigeait à vitesse grand V.
Second portail : Faute à une visualisation exacte du sol, à savoir ce qui se tramait en-dessous et à un manque de concentration évident, je plaçais mon portail là où se tiendrait Hélène si elle n'avait pas changé de position (au lieu du sol).
Effet provoqué : En faisant bouger le premier portail pour avaler les bonshommes qui glissaient éparses sur le mur du bâtiment, je réussis à leur éviter un sort funeste détestable en les précipitant du haut de l'autre mur de l'immeuble sur lequel on se tenait. Bref, ils avaient le droit à un nouveau tour de toboggan ; moi aussi.

Le portail m'engloutit à son tour et je réussis à ne pas me faire trop mal en me réceptionnant comme je pouvais, glissant ou crapahutant sur la bâtiment. Trente secondes de glissa incontrôlable, de bleus et d'insultes, je tombais sur le sol. Au moins, il ne me grillait pas la peau, on devait être loin de la flaque d'acide. Je me remis debout tout en vérifiant que mes lunettes n'étaient pas complètement bousillées. J'eus un coup d'effroi : elles n'étaient plus sur mon nez ! Je fouillais le sol à la recherche de mes verres teintés mais je ne trouvais rien. J'abandonnais rapidement, m'attendant à un nouveau précipice de dangers. Tous les autochtones se regardaient, la moitié avait perdu leurs armes. Puis un autre petit groupes de créatures des Rêves arriva : les femmes, les enfants et les vieillards de l'immeuble certainement, qui avaient réussi à se tirer d'affaire. Les retrouvailles furent poignantes mais ne m'intéressaient pas. Il y avait des embrassades, des câlins (un mari arracha le bras à sa femme, je ne savais vraiment pas comment elle allait le prendre), et autres tapes sur l'épaule. C'était bizarre, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'ils réagissent de façon aussi civilisée.
Ce fut à peu près à cet instant qu'apparut le pauvre Khildar en sang, passant par la porte. Au moins, il n'était pas mort. Je cherchais Hélène et mes lunettes du regard ; je ne trouvais pas les secondes.
Ce fut après un petit temps que je les retrouvai sur le nez de l'horrible petit gars qui m'avait frappé à la tête avec une batte (batte de cricket que j'avais gardé dans mes mains, on ne savait jamais), au milieu de ses compagnons. Je tremblais intérieurement : si un habitant de Délirium City avait un de vos biens en sa possession, il y avait de grandes chances qu'il soit détruit et réduit en morceaux. S'il n'était pas pulvérisé, il était alors gobé tout cru. Je m'avançais ainsi vers le peuple réuni, levant mes mains comme l'aurait fait un ambassadeur américain devant une rencontre du troisième type :


« Nous sommes vraiment désolés d'avoir un peu cabossé votre immeuble, mais je suis persuadé qu'il se réparera très vite. C'est la faute à cette milice, qui a déclenché les hostilités. Et... »


Je m'arrêtai pour deux raisons. Là, j'avais essayé de calmer le jeu pour qu'ils ne se mirent pas à nous sauter dessus ensemble (et à récupérer mes précieuses lunettes qui trônaient sur le nez d'un crétin en caleçon). Donc quand je vis un espèce de vieux gobelin à deux nez acquiescer ce que je disais, je pensais que c'était déjà réglé et ma voix s'était calmée d'elle-même. La seconde raison et non la moindre qui expliquait pourquoi je n'avais pas continué alors que j'aurais pu essayer d'expliciter un traité de paix, fut que le domino des immeubles s'était terminé, et le dernier bâtiment s'écrasa avec lourdeur sur le petit groupe de créatures (et mes lunettes surtout) sans concession. J'avais l'air un peu con avec mes bras levés et je les descendis doucement, à dix centimètres de l'épave de béton qui aurait pu m'écrabouiller aussi facilement que ça.


« Bon bah, merde, affaire réglée... »


Je cherchais une morale à cette histoire mais je doutais qu'il y en eut une.
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Sam 22 Jan 2011 - 14:38
Précairement accrochée au grillage de l'immeuble qui s'était arrêté dans sa gigue en s'accoudant à son voisin, je rassemblais mes esprits égarés dans toute la cohue générale jusqu'à ce que j'entendis une voix m'interpeller. C'était celle de cet homme au teint cadavérique qui avait quitté l'épaule de mon co-équipier pour venir se poser sur une bouche d'aération vite rejoint par Ed cité précédemment. A la rougeur de son gant je devinais que sa plaie ne cessait de suinter de sang. Enfin, j'acquiesçais à sa demande en espérant sincèrement qu'il tiendrait le coup jusqu'en bas et n'ait pas de mauvaise surprise à l'intérieur du bâtiment. Car avec cette bande de furies qui étaient passés par dessus bord, on ne savait pas ce qui pouvait encore sortir de ce gratte-ciel qui ne se dressait plus aussi fier qu'il y a quelques instants. Mais à peine eus-je finis d'hocher ma tête que cet exhibitionniste à dentelle se laissa tomber contre la porte qui menait à l'intérieur de la bâtisse tangente. Je retins un hoquet de surprise en voyant la porte sortir de ses gongs en proférant quelques injures tout aussi avenante que le gouffre où elle se précipitait et ce, contre son gré. Quoi que l'important fut que Lord K.o.a.l.a. Parvint à son premier objectif.

Je fus hélée de nouveau mais cette fois-ci, ce fut la voix de mon précédent concurrent au tournoi de voyageurs qui me donna une directive.. foncer... tiens, c'est un marrant, lui ! Je fis pivoter ma tête vers la paroi de l'immeuble qui s'offrait à moi et promettait une glissade des plus folle. Tournant à nouveau mon regard vers Ed, je levais un pouce pointé vers le ciel et un sourire un peu gêné.. moyennement convaincue... Je vis alors mon compagnon d'arme disparaître, usant sans aucun doute de son pouvoir. Quant à moi, je regardais à nouveau cette pente vertigineuse qui s'offrait à moi... je déglutis... j'aurais probablement été acrophobe dans une autre vie, en plus d'agoraphobe, enfin j'en passe. Cette descente ne me dis rien qui vaille. Néanmoins, je n'eus pas le temps de converger plus longtemps sur le dilemme qui s'offrait à moi que je sentis un objet lourd me tomber sur la nuque juste avant de venir me casser le menton sur ce toboggan tant redouté, avec ce nouveau poids sur le dos, je fus directement entrainée dans une glissade pas du tout anticipée. Heureusement pour moi, je n'étais pas seule. Toute la petite troupe que j'avais cru être précipitée dans le vide avec les autres soldats de la milice était avec moi et vidaient leurs poumons pour hurler de peur, grogner, grommeler, crapahuter avec leurs voisins... sur mon dos était assit un vieillard au teint jaunâtre qui me frappait la tête à coups successif à l'aide de sa canne.


''Plus vite vieux canasson !!''
''Il fait ce qu'il peut, votre canasson!'' Lui répondis-je, derechef alors que j'essayais d'attraper ce cavalier incongru dans mon dos, mais tout ce que je réussis à prendre fut un coup de canne sur les doigts.

Contrainte de jouer à dada avec un octogénaire, je glissais sur le ventre à la manière d'un pingouin sur la banquise avec, cependant, beaucoup moins d'aisance qu'un de ces manchots. Mes yeux se mirent alors à détailler mon entourage en faisant abstraction des vociférations d'ancien combattant que proférait le vieillard qui ne devait pas mesurer plus d'un mètre de haut. La glissade fut pénible et l'arrivée d'autant plus, du moins si je ne n'avais pas placé mes bras devant moi pour me réceptionner en une roulade, écrasant au passage le petit vieux qui fut vite prit en charge par une jeune gnomidée, probablement sa petite fille. Je rassemblais mes esprits et jetais un œil autour de moi, à ma gauche, un mari arrachait son bras à une femme, j'écarquillais les yeux, peu habituée à tant de violence conjugale... bon, je casais ça dans la catégorie « amours violents » en respectant le fait qu'il puisse exister telles pratiques au sein de quelques couples dreamlandesques... tout était possible. Bref, je cherchais mon co-équipier des yeux, car cela m'étonnerait grandement si tous ces rescapés se furent retrouvés ici par le pur fruit du hasard. En effet, le blondinet se tenait au milieu de tous ces joyeux lurons, mais chose qui me laissa un instant dubitative fut que ses lunettes teintées ne se trouvaient pas sur son nez. J'avais juste eut ouïe de ce qui prenait le voyageur lorsque celui-ci n'avait plus ses verres avec lui, mais jamais je n'avais encore été témoin du phénomène... Pourtant, l'investigateur des Private Jokes vint adresser quelques excuses auprès des habitants de l'immeuble.

Étrangement, une ombre vint planer au dessus du petit groupe de créature juste avant que le dernier bâtiment en lice pour la course aux dominos ne vienne s'abattre sur eux. Le choc fut tel que mes pieds décollèrent du sol sans que je n'ait esquissé le moindre mouvement dans ma position. Je retombais aussi raide et fixais la zone d'impact avec des yeux exorbités. C'était triste à dire mais au moins, on aurait pas de réparation à dédommager, peut-être quelques couronnes mortuaires au pire, quoi que cela pourrait s'arranger avec une fosse commune. Bref, ce n'est qu'à ce moment que j'entendis la respiration saccadée et irrégulière de notre compagnon de fortune, le pauvre était appuyé contre la paroi du premier immeuble et semblait en grande difficulté... Sans plus de cérémonies, je m'approchais de lui, ses yeux étaient clos et ses traits plissaient légèrement du fait de la douleur. De la main que je n'avais pas mutilée,, j'écartais la sienne de son flanc pour pouvoir découvrir la plaie.


''Attention, ça risque de picoter un peu...''

Je doutais quelques peu de l'efficacité de ce remède, néanmoins, ça ne coutait rien d'essayer. Faisant perler quelques gouttes d'acides sur mon autre main, je venais l'appliquer sur la blessure d'Oscar, un petit grésillement vint chatouiller mes esgourdes, mais vu la quantité de liquide corrosif que j'avais étendu sur cette plaie, il n'aurait pas à se soucier du fait que cette dernière puisse s'agrandir, rognée par mon propre sang. Une fois la blessure cautérisée, je me déchirais le bas de mon tee shirt en m'aidant d'un peu d'acide et entourait le torse du blessé d'un solide garrot, ne sait-on jamais...
Le nombril à l'air, je me retournais dans la direction d'où provenaient des murmures qui montaient comme funiculaire dans l'atmosphère. Une troupe d'aborigènes s'avançaient vers nous, mécontents. Je laissais alors échapper un soupir, lassée de toutes ces courses poursuites. Sans attendre, je prenais le bras du Lord gantelé, l'enroulais autour de mon cou pour ainsi l'aider à marcher et m'avançais dans la rue en tournant ma tête vers Ed qui avait apparemment retrouvé ses précieuses lunettes sans avoir fait de scandale.


''Je paie la première tournée... ''

Comble de chance, ce fut sur ces mots que je disparus dans un épais nuage de fumée, laissant les deux hommes se débrouiller entre eux.
J'émergeais d'un coup, assise sur mon lit, quelque chose de froid me coulait sur le front, je levais les yeux... une tâche suintant au plafond m'indiquait que le voisin du dessus s'adonnait à une petite douche... Je laissais échapper un juron... il faudra décidément que je change mon lit de place si je voulais un jour payer un verre à mes compagnons... or, je pense que nous avions assez commis d'abus pour cette nuit, alcoolisé ou pas...


[ Désolée du retard et de la fin légèrement bâclée, mais je pense qu'il était temps de clore ce rp '____' ]
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mar 1 Fév 2011 - 18:38
So Exhausted, but Happy

Le hurlement qui traversa le ciel verdâtre de Délirium trancha l’air légèrement rendu irrespirable par la vague de liquide étrange mais très corrosif. Ce cri de douleur déchirant témoignait du mal soudain qui venait torturer la blessure d’un voyageur salement amoché par un ré cent combat et une chute pour le moins … mouvementée.
Toutefois, il avait été noyé par le son qui émanait de ce lieu pour le moins bordélique. L’agitation résultant de la partie improvisée de dominos avec les immeubles avait ajouté à l’ambiance de la cité délirante une nouvelle dimension encore plus folle. Le domino s’étant terminé par la chute du dernier immeuble encore debout sur la masse prolétaire et vindicative, il semblait que tout soit pour le mieux concernant nos trois voyageurs responsables plus ou moins directement de ce cataclysme.

Alors que la jeune voyageuse portait Oscar pour l’éloigner d’éventuels problèmes dans leur environnement immédiat, elle se réveilla, laissant choir lourdement au sol l’infortuné invocateur démoniaque. Il avait été étonné du pouvoir de la jeune demoiselle. Il pensait que sa phobie était liée à la chaleur, mais au vu du liquide étrange et nauséabond qui saignait de ses blessures, il fallait chercher la vérité ailleurs. Le contact de ce liquide corrosif avec sa blessure lui procura une douleur immense et il avait hurlé autant que ses poumons pouvaient lui permettre.
Sa blessure s’était cautérisée sous la brûlure, évitant tout nouvel épanchement de sang. Sa tête lui tournait, sa vue était trouble, il se mouvait avec difficulté, sa chute brusque n’arrangeant rien. Il était donc recroquevillé, l’esprit complètement embrumé par les vapeurs d’alcool ou d’autres choses et souillé de cette aventure sanglante.

Ses paupières s’ouvrirent lentement, comme si la lumière allait agresser ses rétines pour lui ôter la vue à tout jamais. Le sol lui était à la verticale au vu de sa position couché. Il vit tout d’abord ce blond à lunettes, rabaissant ses bras de dépit. Il se tenait devant un immeuble et semblait assez désinvolte par ce qu’il venait de se passer.

La poussière, les vapeurs et les décombres les entouraient dans un décor apocalyptique. Il ne parvint que difficilement à mettre en ordre le peu d’idées qu’il avait à sa disposition. Les souvenirs des récents évènements se gravaient dans sa mémoire en lettres de sang et cela lui tira un léger sourire. Il était faible, le corps n’étant plus que douleur, de multiples éraflures et plaies ouvertes sillonnaient sa peau, lui traçant des rivières de sang. Il n’eut même pas la force de se relever et demeura ainsi prostré durant un moment, attendant que son corps et son esprit s’habituent à cette nouvelle et douloureuse situation.
Il percevait les cris et les sons résultant de la catastrophe engendrée par la chute consécutive de ses immeubles. Il se sentait harassé mais diablement vivant et cela expliquait le visage souriant qu’il affichait malgré son état déplorable.

Le sang mêlé à la poussière dans sa bouche fut expulsé par un crachat pathétique, puis un autre, un filet de bave rouge se formant à ses lèvres. Il tourna légèrement la tête, sa nuque le faisant terriblement souffrir. Baissant les yeux, il porta son regard sur ses mains gantées. Il essaya de bouger un de ses doigts. Il se concentra et réussit à se faire lever un. Puis un autre, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il puisse les mouvoir avec un semblant de fluidité. Il passa à son autre main et après quelques efforts, il put voir ses doigts s’agiter doucement sous ses yeux las. Lorsqu’il en bougeait un, il sentait le tendon de son muscle. Il était arrivé à un tel état qu’il redécouvrait son corps, ses muscles et ses os lui parlant. Ou plutôt lui criaient leur mécontentement envers un tel traitement.

C’est alors qu’après avoir fait de nouveau connaissance avec son corps, Oscar demanda d’une voix faible mais riante, en ayant préalablement craché du sang pour s’éclaircir la gorge
:

"Une bien belle soirée, n’est ce pas ? Ne vous serait-il pas trop vous solliciter que de me porter derechef sur vos épaules vers un endroit plus sûr ? Je crains que je ne puisse retrouver mes esprits avant quelques temps, hélas."

Et de reprendre son souffle, prononcer cette phrase lui ayant demandé beaucoup d’énergie. Il espérait que ce voyageur à l’étrange pouvoir accepterait sa requête. Après tout, ne venaient ils pas de détruire un quartier ensemble ?
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MessageSujet: Re: First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz] Mar 1 Fév 2011 - 21:54
Je faillis piquer ma crise (ici, le terme voulait signifier que je hurlerais à la mort de la perte de mes lunettes, que j'essaierais de les sortir des décombres piègiés en hurlant et que je frapperais le premier autochtone venu qui aurait commis l'erreur de s'approcher de mon acariâtre personne). Heureusement pour moi, je me souvins au dernier moment que Delirium dans une amabilité peu commune qui pourrait aisément passer pour un simple effet de style visant à me ridiculiser, m'avait fourni une seconde paire de lunettes perchée sur mon front. Je les pris dans mes mains, évaluai leur saleté, les soupesai avant de les caser sur mon nez avec un sourire satisfait. Décidément, Dreamland avait appris à me connaître et prenait des précautions quant à mes effets. Par habitude et pour s'assurer qu'elles furent bien là, je les remis sur mon nez inutilement avec mon majeur avant de détourner mon regard crânement de l'immeuble qui venait d'écrabouiller leurs anciens propriétaires dans une scène que je qualifierais de... noir citron ?

Dans un coin, Hélène était en train de faire de son mieux pour guérir l'espèce d'aristo poussiéreux avec l'aide de son acide. Je ne savais pas que son sang possédant des propriétés thérapeutiques, mais ayant déjà fais les frais de ses particularités douloureuses, je préférais faire reculer la fille et garder mes blessures plutôt que la laisser me soigner. Sauf si évidemment ma vie ne tenait qu'à un fil d'acide et qu'à la place d'un ventre bien portant, j'avais une taillade béante qui laisserait voir mes intestins. Et encore. J'aurais préféré un médecin plus efficace, et bien moins … acidulé.
Je priais pour que l'autre ne hurla pas trop fort tandis que je fis une inspection des lieux. Donc, avant, nous avions Delirium City, un quartier très agité où il pleuvait de la bière et des membres fraîchement découpés et où chaque rue semblait être des caniveaux à ciel ouvert. Disons que le monde restait agité, que l'odeur persistait à agresser les narines. La seule différence notable fut que les immeubles étaient couchés sur le sol comme si un Dieu rieur avait passé l'éternité à placer des bâtiments pour pouvoir les faire se dégringoler les uns sur les autres dans une pichenette céleste. Mais maintenant que le jeu était terminé, il fallait ranger et je me voyais mal reconstruire toute une partie d'un Royaume. Déjà, quand j'y repensais, tout était allé trop vite et je n'étais limite, pas un fautif. J'avais cassé la gueule à des nains de jardin en armure verte, j'avais déversé l'acide dans les rues, mais comment aurais-je pu prévoir tout le remue-ménage qui allait en découler ? Quand l'autre faisait : Viens que ! on va renverser de l'acide corrosif dans toute la rue ; je ne pouvais pas lui répondre après réflexion (en caressant mon bouc : Désolé, mais ça risquerait de détruire le quartier parce que CES PUTAINS DE BÂTIMENTS DE MERDE NE PENSERAIENT QU'A S'ENFUIR POUR NE PAS SE FROTTER LE REZ-DE-CHAUSSEE CONTRE DE L'ACIDE, DETRUISANT TOUS LES ALENTOURS !!!

Je considérais Hélène qui avait terminé de panser les plaies comme elle avait pu (tu parlais d'un médecin de guerre, elle l'avait certainement plus amoché que guéri), et qui nous sortit une phrase étrange juste avant de disparaître dans un nuage de poussière blanche. Tiens, pile au moment où un nouveau groupe d'individus s'était rameuté. Bordel, il s'étaient tous passés le mot pour dire que les responsables n'étaient qu'une bande de trublions vêtus de soie immaculée, de goggles et de lunettes de soleil ? Je grinçais des dents car je ne savais pas ce qu'il fallait faire. D'ailleurs, dans ce quartier de dingues, ils étaient parfaitement capables de nous féliciter pour avoir foutu le bordel. Même si leur remerciement pourrait se traduire par un lynchage public tout en nous faisant brûler sur le dos d'un bâtiment enseveli sous son compère. Pourquoi ça n'arrivait qu'à moi ? Hélène était assez intelligente pour se réveiller avant les ennuis. Me dîtes pas qu'elle avait déjà pris les marques et qu'elle avait fait exprès de se réveiller une heure avant moi, histoire d'éviter les embrouilles qu'on attirerait et qui se mettraient en place dans un timing parfait, pour qu'on ne puisse pas les esquiver par la technique lâche et incongrue du réveil-matin.

Le troisième luron complétement cinglé m'appela au secours pour qu'il puisse éviter de terminer en Kebab onirique. Je pensais qu'il avait parfaitement compris que les gus n'étaient pas là pour nous donner une coupe. Il valait mieux se tirer. J'aurais pu me débarrasser d'eux sans trop y faire attention mais ce n'étaient que des civils. J'acceptais en soupirant, et le remis sur mon dos, coinçant ses cuisses contre mes aisselles et mes bras, son corps s'étendant sur mon dos voûté par la charge.
La course-poursuite put reprendre, même si j'y mettais moins de vigueur que d'habitude. La petite folie était passée et je devais me charger de regarder le générique jusqu'au bout. Avec un naze sur le dos. Je pourrais vous épargner les détails de ma petite course, qui était aussi inintéressante que moche (imaginez-vous que je courrais en portant un cadavre ballotant sur mon dos, poursuivi par une horde de nabots de tailles disparates, aux coiffures et à la gueule différente, qui braillaient n'importe quoi en me poursuivant avec des pelles et des chandeliers). Et dans ma grande mansuétude, je ne vous expliquerais pas comment j'ai dû escalader avec des portails les bâtiments encombrés qui avaient formé une boucle, comment j'ai évité les lance à incendie qui crachaient des joyeusetés aussi joyeuse que du dégueulis, que j'avais traversé de nombreuses rues, et que la foule gagnait de plus en plus d'adeptes qui les rejoignaient plus par jeu qu'animés d'un sens de la justice qu'ils partageaient avec les poursuivants originels.

Pendant que je courrais à en perdre haleine, je pus aussi réfléchir sur le type que je trimballais. Il était plutôt du genre à faire comme si le monde ne l'intéressait pas, comme s'il naviguait perpétuellement en terrain connu. Et qu'il était assez fort (physiquement ? Mentalement ?) pour s'amuser à garder ses airs de gentleman dans chaque situation et à se débarrasser de son veston quand il le voulait pour prendre l'aspect d'un gars sanguinaire. Il me fichait un peu la frousse, d'être aussi conscient de lui-même pour échanger les masques quand il le voulait. Je n'avais même pas vu son pouvoir en action : qui sait, ne l'utiliserait-il pas juste pour s'amuser, histoire de pouvoir se battre à égalité avec la majorité du monde ? Puis il avait l'air d'un cinglé complet, un schizophrène qui assumerait et qui s'auto parodierait dans le seul but de s'amuser. Il surjouait pour s'amuser quoi. Il fallait se méfier des types comme ça, on ne pouvait jamais savoir que penser d'eux et ce qu'ils pensaient de vous. Et ils avaient l'habitude de vous montrer leur véritable personnalité une fois le couteau triturant votre colonne vertébrale.

Heureusement pour moi, la foule (ils étaient bien deux cent maintenant mais je réussissais à tenir l'écart malgré le confrère aussi lourd qu'un épisode de Thalassa) ne cherchait pas à me faire de piège. Ils me suivaient, limite marchant sur mes propres pas. Je réfléchis rapidement en émettant le risque que je me réveillai, laissant sur le sol mon bel ami à la proie d'une foule stupide et agressive. Je traversai dans une ruelle sombre sentant fortement les sujets scatophiles, puis utilisa mes portails pour me téléporter en haut de l'immeuble rapidement, après une petite chute défiant les lois des distances. Entendant une foule hagarde (ou pas, j'avais surtout l'impression qu'elle continuait de courir comme si elle était persuadée de me voir), je posai le nobliau sur le toit, adossé à une rambarde de pierre avant de m'installer à ses côtés. Si Hélène qui habitait Montpellier s'était réveillée, je ne tarderais pas à subir le même sort. Mais je ne pouvais pas me prononcer pour l'autre. Bah, il s'était endormi avant moi, il y avait de grandes chances qu'il disparaisse avant. Une de mes jambes était allongée sur la pierre polie tandis que j'avais un genou plié sur lui-même, reposant un bras en sueur, rouge et gonflé. Je respirais avec difficulté. Je parvins à dire dans un délire de rétablissement :


« Eyh, qu'est-ce qui te pousse à être aussi toi ? »

Je n'eus jamais la réponse car je disparus dans un Pouf nuageux. J'avais tourné ma tête vers lui, sans trop réfléchir à ce que je disais, trop obnubilé par rien que les pensées qui me traversaient la tête s'engloutissaient dans ma bouche qui les recracha sans réfléchir. Merde, dire que j'avais autre chose à lui dire. Laisser comme ça en plan, ça revenait à une phrase stéréotypée qui se la voulait philosophe. Je me rattraperais plus tard.
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First Night : " A Crazy Man in Délirium" [pv Ed Free & Hélène Metz]

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