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Rendez-vous en terre farfelue

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Jakob Baekeland
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MessageSujet: Rendez-vous en terre farfelue Mer 22 Mai 2013 - 17:03
Aquarium de dieu sait où…

Il y avait plus de deux heures que l’aquarium de dieu sait où avait fermé au public laissant Jakob et les quelques vigiles seuls au milieu des bassins. Assis en tailleurs, paumes sur les genoux, le jeune étudiant perdait son regard dans les reflets lumino-aqueux dansant que projetaient les fluides en mouvement prisonniers de leur cage translucide tandis que les ombres effilés des spécimens aquatiques défilaient sur les murs et renvoyaient la lumière captés par leurs écailles comme de multiples boules à facettes itinérantes. Dwight avait dix-sept ans. Même à l’état sauvage ils ne vivaient pas aussi longtemps. Ils lui avaient donné une semaine. Une semaine sans charme, ni enchantement. Piégé dans une carapace trop lourde pour ses forces trop faibles. Paraissait qu’il avait eu une belle vie, et que de ce fait l’on ne devait pas être triste. Jakob était triste s’il le voulait et quand il le voulait ! Mais il ne l’était pas, juste envahit d’une fatigue assourdissante. Ce week-end il partirait à la mer pour leur dernier voyage entre partenaires, revoir le pays. Le bruit régulier et frénétique des talons sortit Jakob de sa torpeur pour diriger son regard vers sa mère qui arrivait en lui adressant un sourire compatissant. La visite était terminée, Dwight passerait les deux prochaines nuits à l’aquarium sous l’œil vigilant de sa mère. Jakob jeta un dernier regard à la forme endiablée qui décrivait de larges courbes ondulantes dans le petit bassin qui lui faisait face puis il se détourna et rejoignit sa mère laissant la pieuvre voler dans les eaux insipides. Il passa dire en revoir à son petit crabe violoniste vieillissant qui cliqueta mélancoliquement à sa présence avant de quitter les lieux.

Le silence s’invita sur le chemin du retour dans la jeep assaillie par les trombes d’eau qui noyait la ville morne et terne. C’était comme si la pluie avait où qu’elle passe nettoyer les couleurs trop extravagantes à son goût, les entrainants dans les caniveaux, gueules béantes et insatiables. Il s’était imaginé une rivière aux milles couleurs d’ordures et de déchets qui serpentait sous la ville désormais lavé de sa trop grande gaieté. Vu les rats se baigner dans une crasse qui respirait le bonheur. Jakob n’était pas du genre à déprimer, ni à relativiser mais il s’adaptait tant bien que mal en gardant sa constante humeur fraiche et détendue. Be Cool. Les paroles d’Okto s’invitaient dans sa vie. C’était décidé, cette nuit il irait se changer les idées et tout faire exploser de joie et de bonheur dans un royaume ensoleillé !

Cimetière de Dreamland…

… Le sourire faux et nerveux de Jak étincelait dans la pénombre vespérale entouré de caveaux délabrés envahis par les plantes mortes et la pourriture. Cimer les gars, c’est cool, nan vraiment… Le mec n’avait pas l’air d’être au courant du thème de la soirée et sa tenue vestimentaire en témoignait. Le rat à moitié crevé du tombeau du coin regardait avec dégout le sweat-shirt canari sur lequel un beaucoup trop joyeux smiley impassible souriait bêtement ainsi que le bermuda de même couleur bordé de deux lignes noires. Vexé le voyageur envoya valser d’un coup de pied le rongeur avant d’apposer ses poings sur ses hanches pour méditer quant à sa futur démarche. L’endroit craignait grave mais il n’avait aucune envie de courir en tous sens pour se dénicher un autre royaume pourave à visiter. Donne-lui une chance Jak, c’est peut-être plus sympa que ça en a l’air ! Bon, bon, très bien ! Il décrocha la lampe tempête qui pendait au pan d’une pierre tombale et l’orienta vers les arbres tordus qui projetaient leurs sinistres branches en de macabres contorsions. La légère flamme crépitait de peur, prisonnière des barreaux torsadés, et Jakob lui accorda ce frisson. Assez de superstitions, Okto lui avait dit que dans le temps le cimetière était plutôt convivial et chaleureux ça n’avait pas dû beaucoup changer !

...

- Couché l’affreux! Allez oust, va-t’en, du balais ! Cria le poulpeux à l’adresse de l’étranges canidé putréfié qui criait de tout son soul au pied de l’arbre où Jakob s’était réfugié.

Putain Okto, ça fait combien de millénaire qu’t’as pas foutu le pied dans ce merdier vivant ?! Jakob n’avait pas mis longtemps à rameuter la racaille canine des environs à sa poursuite ce qui s’était conclu par une piteuse fuite dans le premier sycomore desséché venu. Agitant sa lanterne incandescente aux yeux de la stupide créature qui beuglait plus qu’elle n’aboyait, Jakob faisait s’agiter l’ombrage à la lumière de la flamme vacillante comme s’il était phare au milieu d’une mer de charognes pullulantes. A chaque passage la terre en décomposition laissait apparaitre ses blessures et ses contusions. Majoritairement obscure elle partageait sa teinte selon une gamme judicieusement choisi de couleurs ragoutantes. Bleu lésion, vert vomi, rose chair. Même un aveugle aurait pu percevoir la perversité des lieux. De ci de là quelques personnes surement charitables n’avaient pu recevoir l’honneur du cercueil et gisait tripes à ciel ouvert sous l’éclairage d’une lune mal à l’aise dont l’éclat était terni, fade. Même les morts avaient l’air plus vivant que le chien qui continuait de menacer bruyamment, canines retroussés pour celles qui restaient encore dans sa mâchoire dégarni et désarticulé. Ses pupilles ne semblaient pas être très synchro et rebondissaient aléatoirement lui octroyant une allure de décérébré. C’est quand animé d’une pulsion soudaine il se jeta sur l’arbre que dans un mouvement à la fois non contrôlé et pourtant totalement assumé la lanterne de Jak lui glissa des mains pour aller exploser en pleine gueule de la grossière bête. Celle-ci, d’étrange composition, prit feu instantanément et couina férocement tandis qu’elle propageait les flammes sur le bois mort et la végétation sec dans de funestes convulsions. Devant ses yeux horrifiés, le terrain prenait feu autour de Jak et commençait à entourer dangereusement son piédestal organique. Règle n°6 du traité Jako-Rémi : Si personne ne vous a vu, personne ne sait que c'est vous. Cassos !

La fumée noire transparaissait derrière le feuillage inexistant des arbres isolés du cimetière. A coup sûr elle signalerait la présence d’un tiers et attirerait l’attention de choses encore plus désagréables que feu « l’affreux », terme ironique car il avait littéralement prit feu. Jakob mettait en pratique sa pour le moins célèbre danse de la victoire en déhanchant son popotins sur un rythme de jazz qu’il fredonnait tandis qu’il ondulait ses bras avec une grâce qui lui était singulière.

- Y’a pas de fumée sans poulpe les nullos ! S’écria-t-il, pouces baissés, en direction des corbeaux qui le regardaient affligés. Rabats joies.

Revenant à la présente réalité il remarqua l’imposant caveau qui semblait avoir été épargné par la ruine des alentours. Les bruits s’était estompés en ce lieu et la rumeur des flammes ne parvenaient même plus à ses oreilles bercées uniquement par la mélodie inquiétante d’une brise glacée. Il se retourna soudainement vers les corbeaux mais ils avaient alors disparus ! Pour se perché sur une autre branche en regardant hilare le voyageur parcouru de frissons. L’endroit n’était en fait pas même inquiétant, juste mort. Les gargouilles qui trônaient fièrement sur le sépulcre était de mauvais gout et le néo-gothique pro cathédrale n’avait rien d’attirant non plus. Un peu de joie dans ce monde de terreur que diable. Coupant court à ses pensées, Jakob analysa rapidement la structure du caveau et repéra un autre sycomore décharné voir osseux qui sortait de terre aux côtés du monument aux morts. Le voyageur s’élança et se mit à escalader l’arbre qui présentait de multiples prises de par sa nature anguleuse. Arrivé à une hauteur respectable et judicieuse, il bondit sur le toit du caveau maintenant à portée s’amortissant sur les tuiles qui craquèrent sous son poids sans toutefois lâcher.
Il enleva son sweat-shirt et l’accrocha par les manches sur la croix qui se dressait devant les portes pour qu’il trône tel un étendard en honneur à sa personne. D’en bas l’on percevait le sourire bête mais franc d’un minois simplement heureux au milieu d’une désolation morbide. Mouai, pas mal, voilà qui donnait un peu plus de classe à la chose. Jakob, lui, était aux anges. Jusqu’à ce qu’il remarque qu’une des gargouilles n’était plus à sa place. Nom de Zeus, Marty ! Dégringolant de surprise il s’étala face contre terre sans souffrir de la chute ridicule. Sa joue modelé par les imperfections du terrain se pigmenta légèrement tandis qu’il lui était impossible de bouger. Face contre terre il semblait percevoir comme un battement cardiaque provenir des entrailles du domaine. Maman… Mettant terme à son inertie il détala comme un lapin droit vers nulle part mais au grand cthulhu loin d’ici. Son épouvantail souriant couvrit sa fuite misérable entrecoupée de sa respiration saccadée.

S’ensuivit cinq autres fuites successives qui le ramenait malgré lui et inéluctablement vers son point de départ. Après avoir été poursuivi par deux macaques desséchés qui lui couraient après en jetant des bananes pourries, échappé à une statue inoffensive qui faisait quand même vachement vrai et insulté un vieux rêveur édenté qui paraissait hostile, Jakob se fit une raison dévisageant mal à l’aise les battants du caveau. La gargouille encore présente avait changé de posture présentant avec un charme fou les portes comme s’il l’invitait à entrer.

Bon, bon, très bien. Il allait entrer, d’accord. Ne résistant pas à la pression sa main tremblante s’avança vers la poignée pour la saisir. Elle était glacée. C’estt pas le moment de flancher Jaky. Criant avec force pour se donner courage il écarta en grand les deux portes et oh bon sang non ! Un pissoir à l’abandon. Avec une témérité exemplaire notre explorateur d’un soir avait découvert les chiottes publiques du cimetière. Ascenseur émotionnel dans 7, dans 6, 5, 4… La deuxième gargouille vint l’assommer par derrière et il tomba à terre comme un vulgaire sac à patate.

Quand ses deux paupières acceptèrent de s’ouvrir le libérant de la noirceur comatique, il put apprécier une nouvelle obscurité impénétrable. Avec un peu de recul on pouvait voir deux gargouilles chafouines portés un cercueil duquel provenait des bêlements affolés. Au-dessus, quatre corbeaux moqueurs accompagnait la procession.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Ven 24 Mai 2013 - 14:59
“-Putain ca caille!”

Voici les premières pensées émises par mon subconscient alors que je traversais le cimetière de Dreamland. J’y étais déjà depuis quelques dizaines de minutes et c’était la seule information que mon cerveau arrivait a produire. Meme avec mon manteau noir et ma capuche rabatue a fond sur mon crane, je sentais le froid s’infiltrer par mon col, et me frigorifier les muscles. Et pour ne rien arrangé, pas moyen de sortir de ce putain de royaume avec la brume alentour... Et c’était censé etre un raccourci... La prochaine fois je resterais sur la route principale a la place de partir a l’aventure a travers tombes. En parlant de tombe, j’avais les genoux, si on peut enconre les appeler comme ça, en compote a force de me cogner dedans. Sérieusement, a l’avenir, je ne repassearais plus jamais par ce maudit Royaume. Le seul point fort est qu’aucun voyageur en mal de combat vienne me provoquer, car peu étaient les téméraires qui osaient encore s’aventurer dans ce Royaume, et encore moins depuis que le dirigeant du Royaume avait déclaré qu’il était hostile a la présence de voyageur dans son domaine.

Laissant de coté mes pensées, je me mis a continuer mon “voyage” en terres inconnues. Du coté esthétique, aucune surprise. Des tombes, des cadavres, des tombes, des corbeaux, des tombes, des arbres morts et encore une fois, une platrée de tombe. La lune était la seule chose claire de ce que je pouvais voir, qui illmunait les tombes avec sa lumière blafarde, les faisait étrangement reluire. Des cris venait de toutes parts et je me serait inquiéter si je n’étais pas dans ce Royaume: après tout, ici, c’était habituel. Ce qui n’était pas habituel par contre, c’était ce qui semblait etre un feu follet bleu qui s’agitait en tout sens devant moi. Peut etre un esprit bienveillant? Meme si je n’y croyais pas du tout, je finis quand meme par suivre cette esprit lumière, largement plus lumineux que la lune elle-même. Après tout, toutes les pistes sont bonnes a prendre lorsque l’on est perdu, ce qui est aussi vrai que je m’appele Noah Alighieri.

Suivant la lumière fantomatique, je déambulais tranquillement entre les tomes, bercé par les mouvements de la flamme, lorsque devant moi, une tache plus sombre que la nuit ambiante se dessina sur le ciel. “C’est quoi ce truc?” Réponse que je n’eut que quelques secondes plus tard lorsque je vis la silouhette pointue du clocher d’un église se détacher du brouillard épais. Un groupe de gargouilles plus ou moins menaçantes ornaient la facade de l’église, dévoilant leurs crocs de pierre. “Peut etre que quelqu’un pourrait m’aider ici...” Me dirigeant vers la porte gigantesque de ce qui semblait etre en fait une cathédrale, le feu follet qui se trouvait devant moi s’évanouit dans le noir. “Il sembelrait que je n’ai pas trop le choix.” Posant les mains sur le métal froid sculpté qu’étaient les poignées, un craquement, comme quelque chose qui se détachait d’une montagne surgit de la façade de la cathédrale, couvrant le silence ambiant. Bientot suivit par un autre bruit de ce genre, il semblerait que ce soit deux gargouilles qui s’étaient disloquée du mur.

“-Stop!”

Contre toute attente, une des gargouilles venaient de s’exprimer, avec une voix qui ne présageait rien de bon, a moins que ce ne soit sa voix naturelle, une voix grave au ton inquiétant.

“-Et pourquoi?
-PERSONNE n’est autorisé a rentrer.”

“Alors pourquoi construire une cathédrale gigantesque espèce de débile, si c’est pas pour y rentrer!” Décidemment, il y a certaines choses en ce monde que je ne comprendrais jamais... Enfin bon, j’étais perdu, peut etre que cette gargouille pourrait m’aider...

“-Bon, si je rentre pas, dis moi au moins comment sortir de ce Royaume!
-Aucune idée.
-Bon, bah je rentre...”

Décidant tant bien que mal de rentrer malgré l’avis de ce bon de roche taillé, je poussais les battants de la cathédrale. Une odeur de renfermé me montait au nez lorsque je sentis un mouvement derrière moi. Me retournant, je vis que les gargouilles me foncaient dessus. Esquivant de peut la première, qui se vautrat dans l’église, j’arrivait a peine a esquiver l’épée en pierre que brandissait la seconde par une roulade sur le coté. D’ou j’étais, je pouvais a présent distinguer la forme des deux gargouilles. LA première représentait un chevalier brandissant une épée et la seconde ressemblait plus a une bete qu’a un humain. C’était surement la gargouille de forme humaine qui s’était adréssée a moi. Cette dernière se retourna vers moi:

“-J’avais dit: On entre pas...”

Euh, c’est bon, je m’en vais là.... Enfin c’est que j’aurais voulu dire mais a vrai dire, je ne pense pas qu’ils allaient me laisser m’en tirer comme ça. Dressant deux plateformes l’une derrière l’autre en guise de bouclier, je ne pensais qu’a une seule chose: “Sois je meure, sois j’arrive a fuir.”
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Sam 25 Mai 2013 - 11:58
HRP:
 

« Je suis là depuis bien trop longtemps, devant cette tombe surplombée d’un cadavre qui ne méritait pas de mourir puisqu’il n’était que le fruit de nos imaginations perturbées. Ma retraite dans le monde des sens me pousse à sombrer plus tôt que je ne devrais. Mais, vieille dame que je suis outre Dreamland, je ne peux que faire autrement que de fermer les yeux alors que les jeunes inconscients du quartier commencent à peine à délivrer leur fureur au monde, une bouteille à la main. Ainsi, je me trouve dans ce lieu que le brouillard estompe, où les tombes ne sont point encore assez tant que des corps restent ouvertement exposés. Néanmoins, c’est calme et reposant. Du moins, pour le moment. Je suis revenu aux sources, tel un chimiste qui serait perdu dans ses recherches, je reviens là où les vagues débutent et quitte le rivage que j’avais pris tant de temps à atteindre. Mais la recherche d’Edenia n’est pas chose aisée. Je me demande alors si nous ne sommes point que de pauvres créatures perdues. Je me demande alors et j’espère de tout mon cœur que j’ai eu tort. Que le trésor ne se trouve pas dans un coin sombre et délaissé, impossible à dénicher, mais sur le seuil de notre porte aux rêves. Le Cimetière de Dreamland. N’est-ce point là que l’on enterre les morts ? Pourquoi ne pourrais-ce pas être en ce lieu qu’Edenia se cache ? Mais à présent que j’y suis, les sources se confirment. Personne en ce monde, si ce n’est moi il y a quelques années, n’aurait pu imaginer que ses proches reposent en ce lieu aux odeurs putrides et à l’apparence douteuse. Quant aux dangers, n’en parlons pas. Non, ici, il n’y a que des corps célestes dont l’humanité avait été lasse ; Lasse d’imaginer, lasse de croire ou de rêver en de telles créatures. Nous ne sommes qu’une somme de désir et les songes en souffrent grandement.

Mais peut-être suis-je trop poétique. Une lumière au loin, plus colorée que je ne pourrais jamais l’être, une large bouffée de fumée noire et des cris stridents, ramassant le courage au plus bas niveau, me font tourner la tête et le corps. Mon manteau noir que seules mes mains emplissent au niveau des poches me suit dans ce mouvement si soudain. Mais tout cela n’est qu’une réaction plus ou moins humaine. Je n’en ai cure de cet être qui ne peut visiblement pas mettre un pieds devant l’autre sans se prendre le recoin d’un caveau. Attends… Ce n’est pas le même. Il y a donc deux personnes déjà en ces lieux ? C’est beaucoup trop. Je n’aime pas ça. Qui est assez idiots pour s’aventurer ici sans guère de dessein ?... Moi. Et eux. J’espère en tout cas qu’ils ont les moyens de s’en sortir.

Alors mes yeux reviennent sur cette tombe délaissée et sans plus grande importance que le reste qui gît en ce lieu. Mes pensées retrouvent un sens et ma poétique ressurgi alors que ma main repousse une mèche rebelle qui s’était posée sur mon visage gris et fin. Toutefois, ce ne fut pas cette imperfection d’apparence qui m’empêcha de songer encore tel un grand philosophe. Personne en ces lieux ne semblait vouloir me laisser crier Euréka quand bon me semblerait. Des craquements de portes se font entendre, une poignée de fer tourne et à deux reprises on entre sans en ressortir. Plus aucun bruit, plus aucune pensée ne peut à présent me troubler. Sale subconscient, quand tu m’attrapes, tu me tiens si fermement toi et ton courage, toi et ta force de croire accompagnée de ta volonté forcenée à vouloir aider quiconque se trouve être en besoin. Soit. Mais si ma vie en ces lieux en dépend, je fais marche arrière et laisse ces inconnus survivrent tant bien que mal jusqu’à leur réveil. Et si ce n’est pas le cas, il n’y a pas meilleure place pour mourir qu’un Cimetière, les frais de voyage seront moins chers. Ainsi, j’avance et ose, je crois pouvoir réussir cet acte sans sens que la vieille dame endormie dans le monde réel me force à accomplir. En échange, je n’aurais qu’à assassiner un quelconque être sur le chemin du retour, histoire de me détendre, comme au bon vieux temps.

Sans trop de souci, je trouve le lieu qui les à mener à disparaître. À l’odeur et à l’apparence, il n’y a pas de doutes, ils se sont empêtrés dans les services publics. Je soupire, relève le col de mon habit pour ne pas respirer l’air pollué par des senteurs que je ne décrirai pas. Avec une discrétion forcée, je pousse la porte mal refermée et me glisse à l’intérieur. Je ferme mes yeux et prie. Je crois en tout ce que je peux, que la chance me souri en ce moment précis et que rien ne puisse m’atteindre. Et, en effet alors que je colle mon dos le plus vite possible au revers de la porte pour ne pas laisser trop de lumière y pénétrer, l’aubaine me sourit. Je ne peux alors que sourire en retour, des voix s’élèvent à quelques centimètres de moi, je frôle un être à la consistance plus ou moins humaine tandis qu’une odeur de pierre poussiéreuse manque de me faire éternuer. Le hasard a donc voulu que les assaillants, si j’en crois mon ouïe, fussent trop occupés avec un autre : Cet être que mon manteau caressait tel un souffle doucereux et imperceptible. J’avance alors en pas de crabe, vers les portes des toilettes les plus à gauche. Ma vue s’habitue enfin à la pénombre et j’eusse souhaité rester aveugle. La saleté de ces lieux est aussi répugnante qu’anodine et l’ironie du choix des ennemis de pierres est frappante. Reine du silence, mon pouvoir se détruit soudainement lorsque je heurte un corps inerte au sol. Toutefois, les voix des ennemis s’élèvent plus haut que l’obscurité pénétrante et ma peau si triste me va à ravir en de telle situation. Ainsi, après une seconde d’immobilité, je me baisse et pose une main sur ce corps.

Je semble toucher une poitrine d’homme et tendrement je remonte à ce qui me semble être son cou. Il respire. Mais alors que j’oublie toute autre chose en ces lieux que ce jeune homme sans connaissance au sol, ma chance me quitte. Un des idiots de pierre perçoit mon mouvement et le hurle à l’autre. Dans ce lieu si concis, je ne peux rien faire d’autre que … Strictement rien. En espérant que l’homme que j’avais frôlé plus tôt réagisse et les retienne un minimum, je n’attends pas et frappe la joue du jeune garçon de façon à l’éveiller. «

«Debout, réveille-toi petit. Fais-je sur un ton propre à celui d’une mère aimante de n’importe quel petit qui se serait trouvé ici, alors que ma voix et mon physique ne s’y prêtent guère. Puis ma jeunesse réapparaît sous l’impatience. Si tu ne te lèves pas, je t’utilise en guise de bouclier. Idiot. »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Sam 25 Mai 2013 - 12:54

Monde Réel

Cela faisait maintenant plusieurs heures que je ne parvenais pas à trouver le sommeil. La nuit était tombée et de minces rayons de lumières lunaires passaient par les interstices de mes volets. Ma vieille maison de campagne était emplie d’une douce quiétude, et je tentais de me laisser bercer par les doux murmures du vent.

J’avais ouvert mes fenêtres mais laissé les volets fermés. Bien qu’à cette heure-ci, il ne fasse guère chaud, la température de la pièce ne me posait guère problème : mes vieux os avaient en permanence froid donc je ne voyais pas où était le problème…

Et puis, de toute manière, je passais tellement de temps à me plaindre que, pour une fois, ne pas ouvrir ma gueule pour râler après cette fenêtre ouverte n’allait pas m’abîmer les oreilles, d’autant que c’était moi qui l’avais ouverte.

Bercé par la douce lumière du disque blafard, je me sentais l’âme poétique et quelques vers de Baudelaire me vinrent à l’esprit. Je me les ressassais, savourant la saveur des mots avant de les murmurer presque timidement, brisant ainsi le silence de la campagne.

Puis je finis par m’endormir, les mots continuant leur mélopée dans mon crâne, me berçant de leurs intonations plutôt sinistres.



Dreamland [22h35]


- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Une forte odeur de terre fraichement retournée me prit à la gorge. La tête me tournait, j’étais pris de vertige et je titubais, me relevant à tâtons. Pour tout dire, je n’étais plus dans mon lit, mais sur de la terre plutôt meuble. Je me frottais les yeux avant de les ouvrir, et je remarquais alors que quelque chose clochait : mes lunettes avaient disparus !

Bon, admettons... Cela peut sembler étrange… Pourquoi m’attendais-je à trouver mes lunettes de soleil à monture rouge sur le sommet de mon nez ? Bah, juste parce que, naïvement, je m’attendais à les avoir à Dreamland. Dreamland, c’est un peu le club Med des pauvres, à ce que j’ai cru comprendre, tu voyages gratuitement, passant tes quelques heures de sommeil à te régaler les mirettes… ou pas !

C’est avec mes yeux grands ouverts que je contemplais l’une de mes hantises : un gigantesque cimetière. En effet, sous mes yeux dénués de lunettes ultra classes (Snif !), défilaient des rangées de pierre tombales à perte de vue… Super ! J’allais pouvoir passer le restant de mes heures de sommeil à me balader dans un endroit glauque à souhait, dont chaque élément me rappelait ma propre temporalité et le fait qu’il ne me restait que peu d’années à vivre… Passez-moi un stylo, je fais mon Testament !

Et puis, cette odeur de terre… d’humus … Cela me rappelait la dernière fois que j’avais déplacé le sèche-linge afin de nettoyer la cuisine à fond ; un nid de cancrelats avait emménagé en dessous, et l’odeur immonde semblait la même que celle qui me titillait actuellement les narines.

En somme, si on omettait la lune qui acceptait docilement d’éclairer d’une lumière blanchâtre le cimetière, créant ainsi toutes sortes d’ombres indicibles et terriblement effrayantes, j’avais l’impression de me trouver dans le cimetière dont parlait Baudelaire.

A cette pensée, je me retournais brusquement, m’attendant presque à la présence de deux vers géants d’une cinquantaine de mètres, l’un portant une plaque nommée « Médor » et le second une intitulée « Remor » mais, heureusement, le cimetière ne semblait pas obéir à la loi de Murphy.

Enfin, c’est que je me disais avant qu’un jeune homme se permette de m’insulter. Je ne répéterais pas ses paroles ici, mais autant vous dire que c’était de l’ordre de l’ignominieux, du méprisable. Pendant un bref moment, j’eus envie de lui courir après, mais deux choses m’en empêchèrent : premièrement, le vil animal était déjà coursé par plusieurs créatures pour le moins atypiques –tellement atypiques à vrai dire, que je suis incapable de m’en souvenir actuellement…- et deuxièmement, mes jambes refusaient d’aller à une vitesse excédant celle de la marche, ce qui n’est guère rapide, je vous l’accorde.

Ah, la vieillesse… Je souffrais le martyr rien qu’en marchant et personne à part moi –du fait de ma badassitude- n’aurait pu soutenir le rythme effréné que je m’infligeais depuis maintenant cinq bonnes minutes ! Hum, mais comme je n’avais pas fait un seul pas depuis mon arrivée, vous pouvez considérer que je suis en train de dramatiser et de me valoriser…

Je me décidai à faire un pas, puis un autre. La douleur était absente, et j’en éprouvais un vif soulagement : Dreamland n’était pas le monde réel et l’arthrose et autres maux y étaient absents. C’est donc le sourire aux lèvres et le cœur en fleurs que je me décidai à entreprendre mon premier sprint depuis une dizaine d’années.

C’est donc de la terre aux lèvres et le cœur au bord des lèvres que je me réceptionnais sur le sol, pris d’un soudain vertige : Dreamland était Dreamland mais un vieillard restait un vieillard…

Je me relevai péniblement, crachai la substance brune qui me colorait les lèvres et massai mes genoux endoloris. Le silence soudain, que ma « cavalcade » avait interrompu, me terrifia tout autant que le paysage environnant.

Ce dernier m’apparut enfin dans toute sa grandeur, dans toute son horreur. Ci et là, des pierres tombales gisaient, mal entretenues et faites de grès mal travaillé et pas mal amoché, semblables à des galets semés par une parodie titanesque du Petit Poucet. Afin d’ajouter un peu de verdure, des arbres noirs et aussi dénudés que mes yeux se dressaient-là, prêtant docilement leurs branches au vent afin que le moindre murmure de ce dernier se transforme en hurlement. L’ensemble aurait déjà été d’un sinistre à couper le souffle, si l’on n’avait pas ajouté les quelques zombies –pauvres créatures décharnées, me ressemblant mais sans dents et avec quelques kilos en moins et quelques plaies en plus- qui se baladaient tranquillement. Je m’attendais plus ou moins à les voir jouer à Colin Maillard ou dans une autre situation loufoque dont on m’avait dit Dreamland friand – Okay, c’est vrai, j’ai utilisé Internet pour me renseigner sur des forums de Voyageur mais chut ! Je tiens à préserver ma réputation de vieillard mal à l’aise avec les nouvelles technologies.

Ben non, ces zombies n’avaient pas l’air d’avoir envie de jouer à Colin Maillard… Non, ils avaient plutôt l’air de participer à une chasse au trésor. Et le trésor, pas besoin de carte pour le trouver puisqu’il ne se trouvait qu’à quelques dizaines de mètre d’eux, était vêtu d’une chemise hawaïenne et ne portait pas ses lunettes…

N’empêche, si dans une autre vie je deviens cinéaste, je voudrais faire réaliser la scène qui s’ensuivit. Un vieillard –moi- poursuivi par des zombies dont la plupart, heureusement, n’étaient pas au meilleur de leur forme et n’étaient donc pas capables de courir. Vous connaissez le Lièvre et la Tortue ? Vous avez aimé ? Vos aimerez Albert et les Zombies, la nouvelle comédie. Non mais franchement, c’était même plus une course poursuite, là… C’était juste pathétique, et même limite, triste… Vous voyez ces ralentis dans les films d’amour, si parodié d’ailleurs ? Quand l’homme se précipite vers la femme, qu’il y a un gros ralenti afin de valoriser l’importance de leurs retrouvailles. Ben, là, c’était pareil. Sauf que les protagonistes allaient tous dans le même sens.

J’étais poursuivi par des zombies, et je n’aimais pas ça. Il me fallut une bonne dizaine de minutes pour réaliser que, puisque nous allions à la même vitesse et qu’ils étaient morts et moi non –enfin, pas dans le sens propre du terme- je me fatiguerais bien plus vite qu’eux, et il me faudrait donc les affronter une heure ou l’autre. Je décidai donc de m’arrêter et de leur faire front.

Une dizaine de mètres me séparait du plus proche. Ils étaient des milliers et j’étais le seul à leur faire face, seul vieillard capable de protéger Dreamland d’une invasion morte-vivante de cette échelle. Des femmes, des enfants, enfin bref beaucoup de monde comptaient sur moi. Je ne pouvais pas les laisser tomber, même si l’ennemi était légions ! J’allais gagner contre cette marée dépourvue de matière grise !

Enfin, en réalité, ils étaient trois. Mais franchement, je regrettais de ne pas avoir mes lunettes de soleil tant leur halo lumineux m’aveuglait. D’accord, d’accord, il n’y avait pas de halo lumineux. Non, je ne souffre pas de mythomanie, j’ai juste besoin d’enjoliver mes histoires afin de les raconter un jour à mes petits-neveux.

Donc, ils étaient trois. Trois valeureux guerriers zombies venus manger de la viande -mille fois hélas !- pas fraiche. Le premier avait été une femme mais ne ressemblait actuellement plus à rien. Sa chevelure pendait par filaments sur un crâne presque aussi dégarni que le mien, et la peau de ses joues se détachait par lambeaux comme si elle avait été attaquée au couteau. Ses deux congénères étaient dans un aussi sinistre état, et cela me fit de la peine. Je tentais donc une approche diplomate.


- Bien le bonsoir, messieurs les zombies ! Je ne fais que passer dans votre… euh… magnifique contrée et ne vous dérangerez pas plus. Peut-être que la raison qui vous pousse à me suivre depuis un petit moment est que vous cherchez l’adresse d’un bon dermato ? demandais-je avec espoir, scrutant sur leurs visages une indication quelconque pouvant me renseigner sur leur capacité à éprouver des émotions.
- Graeuuuurgh !
- Hum… Désolé, je comprends pas trop l’argot des jeunes… C’est une réponse positive ?
- Aeuuuurgh !

Il y avait heureusement des limites à la connerie, même émanant d’un cerveau plutôt angoissé par la situation actuelle, et je finis par me rendre compte que les zombies et moi-même, on ne parlait pas la même langue. Après l’approche diplomatique, il ne restait plus que l’attaque pour me débarrasser d’eux, c’est pourquoi je tentais d’utiliser mon Sceau Ensablé.

J’ai bien dit « je tentais »…


« POURQUOI NE MARCHE-T-IL PAS ?! »

Tandis que je réfléchissais dans ma tête à comment faire marcher ce foutu tatouage, et pendant que les zombies se rapprochaient dangereusement, une voix pernicieuse me susurrait : « Tu t’attendais à le voir courir ? ». Autant dire que mon subconscient avait gentiment décidé de m’envoyer me faire foutre. Il ne restait plus qu’à espérer que ces zombies aient encore des appareils reproducteurs en état de marche…

Beurk ! Rien que d’y penser…

J’envisageai de tester tous les mots clés, formules bizarres employés à l’oral imaginables, mais alors que j’hésitai entre un « Sésame, Ouvres-toi ! » et un « Pikachu, à l’attaque ! », me vient à l’esprit l’idée de toucher mon tatouage avec ma main, et de le gratter comme si je voulais l’effacer. Une idée pas si saugrenue que ça vu qu’il me démangeait …

Dès que je commençai à le gratter, le tatouage s’effrita en une bande de sable rouge qui s’envola dans les airs jusqu’à former une sorte de cercle. Étrangement, en bougeant les mains, j’étais en mesure de contrôler le cercle et d’en modifier le diamètre. Mais je n’étais pas très au point et, alors que je sursautai en apercevant le premier zombie à seulement trois mètres de moi, je laissai échapper tout ce qui se trouvait derrière le portail ouvert par le cercle de sable rouge… Tout… Et devinez où…

C’est ainsi qu’exactement un mètre cube de sable sec me tomba dessus, d’une hauteur approximative de deux mètres. C’était aussi agréable qu’une douche de graviers, pour ceux qui ont déjà testé. Et cela ne sembla pas perturber les zombies pour autant qui continuèrent d’avancer vers le petit bonhomme de pain d’épice, anciennement nommé Albert.

Je savais qu’il fallait que je fasse quelque chose avec ce sable… Mais quoi ? Je me concentrais sur le sable qui, à ma grande surprise, se mit à l’éviter. Je réussis rapidement à lui faire prendre la forme d’un cube que je plaçai entre moi et mes assaillants… Et ces derniers le traversèrent comme s’il s’était agi d’un rideau de douche.

Apparemment, je ne pouvais pas faire prendre de forme tangible au sable. Quoi que… Je tentais de visualiser une forme plus concrète, moins abstraite qu’un cube. J’y insufflai de l’énergie, et un poing gigantesque se dressait entre moi et les trois zombies. Et ce poing était parfaitement tangible puisque les zombies ne semblaient pas capables de le traverser. Encore mieux, ils ne prirent même pas la peine de le contourner afin de venir me trouver, continuant de marcher droit devant eux… Soit les zombies du cimetière étaient pas très futés, soit j’étais tombés sur les pires abrutis de toute la vermine morte-vivante.

Je levais le poing, et le poing de sable s’éleva dans les airs, laissant les zombies s’avancer. Je serrai les dents, m’efforçant de ne montrer aucune peur, et abaissai mon poing de manière à ce que mes phalanges soient parallèles au sol. Puis, je donnais un coup vers le sol, mon poing de sable plongeant lui-aussi contre le sol, à une vitesse plutôt rapide puisque l’énergie potentielle s’ajoutait à l’énergie cinétique. Autant dire que les corps fragiles des zombies n’y résistèrent pas et qu’une odeur violente de putréfaction emplit l’atmosphère, me forçant à plisser le nez.

Mais je m’en moquai : j’avais triomphé de trois zombies et je me sentais viril, puissant et jeune. Tellement viril d’ailleurs, que je ne pus m’empêcher de jeter un regard à mon pantalon, histoire de voir si la bête ne s’était pas réveillée… Mais bon, même mes rêves reflétaient la réalité…

HRP Zombie:
 

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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Dim 26 Mai 2013 - 9:54
Il paraissait que lorsque l’on perdait l’un de ses sens les autres s’éveillaient aux centuples. C’était faux. Ballotant dans sa prison de bois, Jakob devenu aveugle n’en venait pas pour autant à distinguer plus de bruit que d’habitude pas plus qu’aucune odeur habituellement imperceptible ne venait chatouiller ses narines. Ayant déjà médité la question le brave Jak en était arrivé à la conclusion que, piégé tel qu’il l’était, percevoir le battement du cœur d’un escargot asthmatique ne lui aurait été d’évidente aucune utilité. Ce qui le réconfortait de temps à autres. Sans qu’aucun don surnaturel n’intervienne il pouvait néanmoins entendre les êtres de minéraux converser en un dialecte inconnu. Malgré tout il ne manqua pas compte tenu de la teneur de leur propos de deviner leur apparent désaccord. Aussi le voyageur ponctuait aléatoirement leur dialogue de « Bien dit ! », « Il faut avouer qu’il n’a pas tort ! » ou encore « Ca c’était méchant » avec l’espoir d’entretenir la flamme de leur mésentente et qui sait de parvenir à une échappatoire. A chaque réflexion le cercueil avait droit à nombreux coups que les gargouilles agacés donnait à tout va. Ce fut sur un éloquent « Il l’a pas volé celle-là » que sa boite de voyage chuta à terre lui arrachant la déplaisante sensation qui allait de pair. Celle qui vous donne l’impression d’être entrainer en bas vers un point de non-retour alors qu’en vérité ce même point vient à votre rencontre dans 4, 3, 2, dans 1 et le choc ressenti renvoi votre tête rebondir comme un pendule hoquetant de haut en bas dans l’espace trop confiné ou du moins pas assez large de votre boite mortuaire. Bilan : léger mal de crâne. Le couvercle vibra sous les mains des créatures qui desserraient les mécanismes condamnant son ouverture. Au même moment, reprenant ses esprits, Jakob élaborait vingt plans différents tout aussi prometteurs l’un que l’autre pour s’évader glorieusement. Quand le couvercle s’éleva suffisamment haut pour qu’il puise replier un minimum ses jambes, il s’y attela puis expulsa le morceau de bois de ses gonds en les détendant rapidement. La planche se brisa en deux tandis que Jak se relevait tel un ninja des temps modernes pour aligner une punchline de circonstance.

- Et trois heures plus tard, il revint d’entre les … !

Les deux massues respectives des gargouilles ajustèrent leur trajectoire sur le faciès de Jakouille la fripouille l’entravant au grand damne dans sa tirade héroïque. Bon, bon il se rendort d’accord !

Les deux gargouilles eurent tôt fait de cloitrer Jakob dans les cabinets pour avoir la paix. Ce petit con avait la mauvaise manie d’ouvrir son orifice buccale de façon insistante. Les voyageurs étaient en eux-mêmes une source d’E.V non négligeable, le travail des gargouilles consistait à les attraper et à les troquer au cadavre du coin le plus offrant. Y’a pas de petit profit. Leur frasque précédente avait pour origine la décision de leur client. La gargouille numéro 1 que nous appellerons Garg s’évertuait à penser qu’il fallait l’amener à Tepes le vampire qui leur avait promis un désodorisant aux fleurs des champs mais la gargouille numéro 2 que nous appellerons Ouille avait pour opinion que l’offre d’un jeu d’osselet des squelettes de l’Est n’avait pas d’égal. Ce fut donc à Madame Destin qu’ils s’en remirent en jetant une capsule d’une marque de canette très connue. Capsule lancé maladroitement qui retomba dans les mains d’un voyageur téméraire qui se trouvait là pour cause d'une envie pressante. Les trois regards convergèrent sur la capsule puis remontèrent pour se croiser un à un. La suite, on la devine.

De l’autre côté, le corps paresseux de Jakob reposait innocent sur le carrelage défraichi des toilettes. Bras le long du torse quiconque d’extérieur l’aurait cru mort sans le va et vient de son faible souffle qui vibrait comme la caresse d’un châle sur la peau. Il baignait dans la fine pellicule d’eau qui stagnait depuis un temps incertain. Les tuyaux avaient dû fatiguer et laisser leur contenu se répandre jour après jour empêchant une quelconque filtration. En pâtissait l’odeur ô combien d’habitude printanière des lieux de ce genre qui avait préféré revêtir ici un singulier parfum de renfermé et de sueur acre et écœurante. Il n’y avait ni lumière ni chandelle ce qui n’avait rien d’étonnant mais il persistait comme une infime lame de lumière qui se découpait de la lucarne presque calfeutré par la moisissure. Comme si l’astre lunaire n’avait pu se résoudre à abandonner à l’obscurité une parcelle de plus. Le second choc avait envoyé sur les rails le poulpeux qui n’arrivait plus à refaire surface malgré le bruit répétitif des gouttes qui s’écoulait inlassablement comme les grains d’un sablier et la rumeur extérieur de l’affrontement.

Pour que Jak ait pu s’en sortir il eut fallu qu’une jeune femme entre dans les cabinets pour homme, échappe à la vigilance de Garg et Ouille et le réveille d’une claque experte, chose complètement impensa… Oh bon sang ! Accroupie près de son corps figé une élégante damoiselle prenait conscience de sa léthargie d’infortune. Les violons se mirent en branle et une voix gracieuse résonna dans le subconscient de Jak Neige et les Deux Gargouilles. ♫ Un jour ma princesse viendra ! Un jour elle me ♫ … claquera ?! Vous avez l’impression que vous revenez de loin. Réincarnation de l’âme imminente. Les paupières de Jak papillonnèrent s’habituant peu à peu à la présente noirceur des lieux qui ne rendait que plus facile la réhabilitation de ses pupilles.

« Debout, réveille-toi petit »

What’s happen ? Le visage angélique d’une jeune femme qui ne devait pas avoir plus de son âge le surplombait et sa voix l’extirpa des limbes. Il était question d’une utilisation inappropriée et peu orthodoxe de sa personne en l’occasion d’une défense singulière. Et d’un, allez savoir qui, idiot. Jakob se redressa l’air ébaubi et dévisagea la demoiselle en essayant de trouver une logique dans la suite des évènements. Ses joues se colorèrent bien que la claque n’en fut pas l’origine. Cherche un truc à dire Jak, reste ne pas planter là comme un con !

- C’est les toilettes des hommes ici, non ?

Ringard. Coupant court aux festivités trois formes agressives surgirent dans la pièce et Jakob le linguiste identifia sommairement un dialecte gargouillesque. Ok, il avait pigé. Les deux lurons l’avait coffré dans les chiottes et madame était venu le délivré. Un remake de la princesse dans la tour gardé par un dragon en version quelque peu désabusé. Il était temps d’inverser les rôles. Si elle l’avait réveillé c’est qu’elle devait se trouver en mauvaise posture et la sensation d’être utile à quelqu’un le gonflait de courage. Dans la confusion général Jakob arma son poing, phalanges en rang serré, exemplaire, il percuta la première cible à portée. Qui ne fut ni plus ni moins que le voyageur. Ah bah zut alors. Garg et Ouille en profitèrent pour piétiner le pauvre diable à moitié sonné. Jakob haussa les épaules dépités vers sa sauveuse en accusant la fatalité. Mais n’oubliant pas leur proie d’un soir les êtres de pierres se retournèrent vers Jakob l’air revanchard. Celui-ci hésita à chercher une porte de sortie vers la jeune femme mais il se reprit en la regardant. Il fallait être héroïque. Sa jambe partit se loger droit dans les castagnettes de Garg en réponse à sa charge trop confiante.

Vous êtes le pied de môsieur Baekeland. Vous décollez sur la piste mouillée emportant dans votre élan une gerbe d’eau telle la queue d’une comète. Vous défier la souplesse des muscles de la dite jambe et catastrophe. Vous vous écrasez dans la trop dur partie visée ce qui vous amène à reconsidéré l’appellation de vos orteils à simple marmelade atrophiée. Vous avez mal. Jakob grimaça avant de sautiller sur place en se tenant la jambe. Réaction typique du mec qui en fait des tonnes. L’effet provoqué par ce geste sur la gargouille valait-il le rude contre coup affligé à feu le pied droit de Jak ? La réponse fut oui. Dans un élan de fou rire moqueur la gargouille ne put percevoir la pétillante et narquoise vengeance qui rayonnait dans le quart nord-nord-ouest de l’iris de Jak et qui signifiait que malheur arrivait. Appliquant intelligemment une symbiose siphonale sur son coude droit, Jak combla la distance qui le séparait de la première créature, en faisant fi de l’appel de détresse de son pied, et actionna son morphe en projetant le fluide à une vitesse folle. Cela entraina la projection de son poing qui perfora de part en part l’épaule gauche de Garg l’entrainant à terre. Ses muscles tendu à l’extrême lui arrachèrent une grimace de douleur et il s’eut fut de peu que son avant-bras ne se déboite de son axe. Ses doigts virèrent au rouge et il fut tenté « d’appeler maison » mais il retint son envie et fixa la seconde gargouille en essayant d’effacer la douleur de son visage. S’il réutilisait un siphon son bras ne tiendrait pas le coup. Mais l’autre ne le savait pas. Il se remit en garde quand Garg se releva péniblement. Okto lui avait demandé de ne se battre uniquement que s’il n’y avait pas d’autre issu, si ses émotions personnelles étaient impliquées ou s’il ne restait plus qu’un billet pour The Rolling Shells son groupe de rock préféré. Pour les autres cas, il y avait la fuite. Illumination prématurée.

- Tu me fais confiances ?

Visualisant clairement l’espace qui dessinait sa porte de sortie, il tendit sa main à celle qu’il imaginait voyageuse et noircit la pièce de son smog noir en ce qui ressemblait à un grossier éternuement. Il couvrit la distance rapidement et sortir des toilettes en profitant de la cécité de ses poursuivants sans toutefois oublié de se manger en pleine tête l’encadrement de la porte trop petite. Restait à savoir comment réagirait son élégante compagnie.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Lun 27 Mai 2013 - 16:57
[Hrp] J'ai fait court, mais je ferais plus long la prochaine fois, c'est juste que j'avais pas trop de chose a dire.

“-Grorgh!”

Voila ce que venait de “dire” la gargouille en forme de bete qui, a présent se jetait devant moi pour s’écraser quelques minutes plus tard sur le mur invisble qui était ma plateforme, pour enfin s’étaler sur le sol avec le bruit d’un bloc de pierre tombant d’a peu près un mètre. Autant dire qu’elle essaya encore trois fois de me sauter dessus avant de se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Apparement, ces créatures avaient le meme Q.i que les zombis qui se balladaient le tripes a l’air entre les tombes. Enfin bon, ce n’était pas pour m’arranger car je ne pourrais pas le résonner mais cela me laissat le temps de m’entourer de plateforme, laisant juste un espace libre derrière moi pour m’enfuir. “Mwahaha! Qu’est-ce que ca peut etre utile des fois!” Me frottant les mains, fier de moi comme un enfant qui vient de voler une sucette a la boulangerie sans se faire prendre, je me dirigeais vers la brèche de ma muraille, me preparant a courir. Mais bon. Je n’allais pas partir comme ça, ca ne se fait pas. Me retournant je me mis a narguer mes amis pierreux en leurs lancant divers grimaces ou insultes en tout genre:

“-Alors cul pierreux, tu peux pas me toucher? Mais vous etes vraiment des incapables! J’espère que le reste de ta famille est pas comme ça, sinon vous etes une belle bande de merde! Meme un mome viendrait a bout de vous! Nan mais sérieusement, vous feriez mieux de vous en allez pleurer dans les jupons de vos mères, ici c’est pas une crèche! Quoi? Tu te mets en colère? Mais c’est qu’il est pas content en plus! T’a perdu ta tetine?”

Apparement, ce qui semblait extremement m’amuser les énervaient au plus haut point. Avec la conscience du travail bien fait, je dirigeais vers la “sortie, lorsqu’un craquement se fit entendre derrière moi. Il avaient réussi a casser la première plateforme! “Oh putain, comment je vais faire? Vite une idée..... Une idée j’ai dis!” Un message rouge avec écrit “Error system, please try later” venait de s’afficher dans mon cerveau, coupant court a mes réflexions, et détruisant peut etre mes chances de survie:

“-Putaaaiiiiin!!!!”

Dans un excès de colère, je fit accidentellement souffler un coup de vent, arretant les gargouilles dans leurs terrible assaut, et soufflant par la meme occasion toutes les feuilles mortes qui trainaient dans les environs, créeant une mini tornade de feuille. Si les lucioles peuplaient le Cimetière de Dreamland, l’une d’elles se seraient surement posée sur ma tete pour illuminer la nuit, signe indubitable que j’avais une idée. Me dirigeant lentement vers la sortie, j’attendis lentement que les deux gargouilles se jetent en meme temps sur la plateforme pour la faire disparaitre, les laissant tomber sur le sol, les envoyant manger la pelouse et les feuilles mortes. “Ca va leurs prendre quelques temps pour se relever...”. Piquant un cent mètres a travers bois, digne d’un coureur de très très haut niveau, je slalomais entre les arbres tel un skieur de fond, en un mot fuyant aussi vite qu’un élève victime de racket.

Enfin le fait est que ma maginfique escapade fut stoppé par un O.C.N.I “objet chiant non-identifié”. Me frottant la tete, je regardais l’objet en question. Avec l’obscurité, pas vraiment facile de voir ce que c’était. Enfin bon, je me erlevais et secouait cette “chose”:

“-Oh truc! Faut partir là! Y’a deux gargouilles pas contentes qui me coursent là!”

En effet, j’entendais déjà leurs pieds de pierre fouler le sol infertile qu’était celui du Cimetière de Dreamland...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Mer 12 Juin 2013 - 15:06

« Ma main glisse et caresse involontairement le visage du garçon qui, dans un élan de courage, se relève vaillamment. Heureuse de le voir en bon état, je fais fis de toute insulte envers sa lenteur d’esprit. Je le suis alors, relevant dans mon mouvement en avant la poussière de ces lieux. Je crois alors en un acte triomphant. Mon imagination dérive et je me trouve dos-à-dos avec le jeune garçon, bataillant à ses côtés les êtres infâmes et puérils de ces lieux par souci de survie, mais aussi poussée par un désir secret qui accroche mon cœur rêveur avec bien trop de ferveur. Hélas, mes pouvoirs en ces lieux, bien qu’ayant une apparence de puissance sans égale, sont grandement limités par ma propre personne. Parfois, lorsque je crois en moi, je brille alors. Il m’est anodin de me croire petite fille et de le devenir. Toutefois, lorsque mon imagination se perd ainsi, il est rare que mes souhaits se réalisent. Ainsi au lieu de me trouver aux côtés d’un jeune garçon débordant de bonne volonté, aux idées douces et révolutionnaires comme j’eusse souhaité l’être dans ma jeunesse, l’inconnu se poste devant moi et me pose une question des plus inappropriées. Je soupire donc et plus que le souci de nos deux assaillants, je préfère alors prendre soin de ce pauvre handicapée. Bien sûr, je ne suis pas dupe, son intimidation est la seule source de son bégayement. Il est certainement intimidé par moi et cela semble le pousser à nous défendre seul sans que je ne n’eusse le temps ou l’envie de réagir. Je me garde bien de lui révéler mon âge et mon apparence réelle, d’un sourire de dédain les bras croisés sur ma poitrine, je le regarde faire. Me tenant tout de même prête à agir en cas de danger plus grand que ces deux statues de pierre. Cette matière dernière semble inconnue au jeune homme qui n’hésite pas un instant à attaquer les parties si précieuses de la gargouille. Le sentant perdu dans ses émotions, je m’apprête à faire quelque chose, rien que de le pousser hors d’atteinte de ce lieu. Alors que je délie mes bras, une lueur dans ses prunelles et une main tendue change son air dépité et sa maladresse, me rappelant ces regards plein d’espoir et rempli d’une confiance aveugle que m’adressait les enfants que l’on emmenait dans les camps. Si je paraît devenir plus pâle, l’obscurité des lieux ne me trahis pas. Par ailleurs, ce noir devient encore plus sombre qu’il ne l’est déjà alors que je prend la main du jeune homme.
 
En quelques mouvements, la lumière blanche du ciel onirique m’aveugle plus que l'opacité des services public desquels nous sortons par un miracle venant de la part du garçon. La porte se referme d’un coup derrière nous et le silence règne alors pour une longue minute. Durant ce laps de temps, mon visage gris dirigé sur celui, intrépide, du jeune garçon, mes pupilles se perdent dans ses iris. Le cheminement de mes pensées ne suit plus alors la vieille dame que je suis et ma jeunesse devant la sienne refait surface. Mon regard semble alors délivrer tout le mépris que je lui dois. Il me rappelle ses pauvres jeunes insolents qui n’ont que pour choix de rêver. Mon cœur se serre et dans un mouvement sec, ne le lâchant pas des yeux, je lâche sa main. Tandis que mes traits ne s’apaisent toujours pas, je recule d’un pas, comme effarée devant tant d’impudeur alors que le jeune garçon ne fait qu’être ce qu’il est en cet instant. Mon conscient Dreamlandien reprend le dessus et pour éviter tout débordement d’émotions de ma part, je brise le silence de ma voix que je sais fracassante et impénétrable. «

 

« Nous avons laissé le troisième voyageur à l’intérieur. » Annonçais-je de but en blanc.

 
« Toujours avec l’élégance due à ma nature, je reviens sur nos pas et me retrouve devant la porte des services publics qui manque de s’ouvrir à tout instant pour libérer nos assaillants que je n’ai guère envie de défier. Perdre son temps avec des idiots n’est point mon genre. Et pourtant… Mes gestes se font sûrs, mes mains ne tremblent pas alors que j’attrape un pan de bois relativement lourd que je soulève à l’aide de ma force militaire. Sans autre discours, je bloque, à l’aide de cette simple poutre humide, la porte. Laissant aux mains des gargouilles le troisième voyageur inconnu sans m’occuper de sa santé. Mon subconscient m’avait poussé à prendre soin du jeune homme que j’eus cru moi-même perdu. Mais à présent ma croyance retombe dans l’abîme dangereux de mon esprit rêveur et m’importe alors la vie illusionniste de ce voyageur assommé au creux des toilettes des hommes. Sans mot dire, m’époussetant les mains, je reviens vers le jeune garçon, plongeant avec arrogance mes yeux dans les siens. On nous as longuement appris, il y a plusieurs années durant mon service militaire, à servir jusqu’au bout la vie sauvé si cela est possible de façon à ce que notre bravoure ne soit pas perdue. Et, bien que je ne l’eusse pas vraiment sauvé, simplement réveillé, bien qu’il m’ai plus sauvé que moi je n’ai fait un pas en avant vers lui, malgré mon incapacité à vouloir sauver l’autre voyageur enfermé jusqu’au matin, je ne me sent pas de défier ma volonté militaire cette nuit. À défaut de pouvoir sauver chaque être en ce lieu, mon subconscient persiste tout de même et ne me permet pas de lâcher cette intrépide garçon sans remords. Aussi, je ne bouge pas et lui livre un sourire délicat, tentant vainement d’assoupir mon dédain. «

 

« Il semble que malgré tes actes pathétiques, tu nous ai sorti d’affaire et que, par conséquent, je te dois ma nuit. Mentais-je. Je souhaite rester à tes côtés pour ce soir si tu me l’autorises, je ne fais que suivre un de mes lourds principes. Sous peu, je risque de te rendre la pareille vis-à-vis de ta vie de voyageur, étant donné tes capacités débordantes… »

 
« Puis, sans attendre un signe d’approbation de sa part et faisant fis des cris extérieurs à notre rencontre, je m’approche de lui et reprend sa main meurtrie. Mes traits ne se font guère plus doux, mais je jette tout de même un regard aux moindres blessures et égratignures qu’il a du endurer. Mais je n’agis pas, je suis plus apte à tuer et blesser qu’à nettoyer tout cela. Toutefois, ses blessures ne présentent rien d’inquiétant, elles disparaîtront, comme le désire les règles de ce monde. Sans lâcher sa main, je soupire alors en tentant une fois de plus d’oublier les cris lointains de créatures et d’autres poursuivants dans ce Cimetière. «
 

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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Dim 16 Juin 2013 - 13:22


Il y a des jours où…

Il me fallut précisément une bonne dizaine de secondes pour reprendre mes esprits. Une bonne dizaine de seconde où j’avais envie de parcourir le cimetière en sprintant et en scandant à tue-tête à quel point j’étais puissant. Bon, j’ai l’impression de passer pour un jeune écervelé en écrivant ces lignes, mais il fallait se mettre à ma place ! Moi, Albert, un vieux sexagénaire aigrie qui transforme en pâtée un trio de zombies ? Même un film de série Z de seconde zone ne voudrait pas d’un scénario aussi peu réaliste…

C’est donc l’esprit encore extatique que je reprenais ma route, n’ayant pas de destination précise. J’apercevais dans le lointain une forme plutôt allongée et grande, une sorte de grand bâtiment, et j’avais très envie d’aller voir de quoi il s’agissait. C’est ainsi que j’avançai d’une vitesse effarante à faire pâlir d’envie un zombie en béquilles.

Il me fallut une bonne demi-heure pour parcourir la distance nécessaire à apercevoir une vision correcte de l’édifice : il s’agissait d’une cathédrale qui s’inscrivait parfaitement dans le mouvement baroque, enfin, si on exceptait sa couleur d’un noir si intense que les ténèbres alentours en paraissaient d’une clarté aveuglante.

C’était pas le genre de maison de retraite où j’avais envie de passer mes vieux jours. Mais bon, premièrement, ça ne devait pas être une maison de retraite et, deuxièmement, j’étais à Dreamland, un monde où j’étais bien plus qu’un vieillard sénile et lubrique.

J’y étais un vieillard lubrique et sénile avec un motherfucking contrôle sur le sable ! Le genre de truc qu’on a pas envie de mettre en rogne –ne discutez pas, croyez-moi !

Il y avait quelques arbres, plutôt mal constitués. Déjà, ils n’avaient pas de feuillages. J’étais donc plein d’empathie pour eux, et ce n’était pas mon crâne dégarnie qui allait me contredire ! C’est ainsi que, bien loin d’être effrayé par ces arbres aux formes singulières dont les creux évoquaient les faciès grimaçants de démons, je m’évertuais plutôt à leur dispensai de brèves caresses, aussi légères que le vent sur l’onde.

C’est donc pendant mon observation attentive de la flore particulière de ce cimetière que je fus heurté par un jeune homme bien pressé. Trop pressé ! Je fus violemment jeté à terre et me relevai prestement –enfin aussi prestement que le permettait mes frêles jambes- en pestant.

Le mioche m’apostropha, employant l’appellation « Truc » et ponctuant sa phrase d’interjection très explicite tel que « Faut partir là ». Bon, je n’avais rien contre le fait de partir, ceci dit. Et j’étais presque enclin à acquiescer à cette injonction quand le gosse me parla de, je cite, « gargouilles pas contentes ». Je compris à cet instant à quel point le pauvre garçon délirait… De plus, vu les yeux écarquillés avec lesquelles il me regardait, il devait être sérieusement allumé le bougre !

De base, les gargouilles n’ont aucune expression faciale –ou alors, en ont une qui est figée. De ce fait, que pouvait bien signifier le terme de « gargouilles pas contentes » dans l’esprit de ce pauvre gamin ? Et puis, il disait se faire courser par elle, ce qui me semblait peu vraisemblable : comment des statues de pierre d’un poids conséquent, même en admettant qu’elles puissent courir, pourraient-elles suivre un jeune homme de cet âge ?

Délirant !


« T’appelles qui tu veux « Truc » mais moi c’est Albert, demi portion ! »

Bon, d’accord, la demi-portion en question était bien plus grande que moi… Mais j’étais un bonhomme, moi !  On m’appelait pas « Truc » sans s’exposer à de sévères représailles… du moins c’est ce que j’essayais de me persuader. J’étais un vieux con, c’est certain. Mais les gens du troisième âge ont droit au respect, merde !

En attendant, avant que j’eus placé une réflexion sournoise concernant l’état de sa santé mentale, un bruit rocailleux me fit sursauter. On aurait dit qu’un lucane gigantesque faisait rouler une énorme pierre, et qu’il venait dans notre direction.

Se détachant au loin, deux silhouettes menaçantes se rapprochaient beaucoup trop vite à mon goût.


* Allo, allo, Macfly ! Il y a quelqu’un au bout du fil ?*

Si je m’en étais sorti, c’était grâce à la soudaine intervention de mon Tannen imaginaire dans mon cortex cérébral. Je me mis soudainement à courir. Oui, à courir, vous avez bien lu. Et pour un sexagénaire, je me débrouillais pas trop mal. Je courais sans regarder derrière moi pendant une bonne minute, ou peut-être même deux. Puis, n’en pouvant plus, je m’arrêtai.

Seuls quelques mètres de terre aussi peu fertile que mon crâne me séparait des gargouilles. Je cherchais machinalement sur moi une clope à allumer, histoire d’avoir l’air détendu et sûr de moi alors que la confrontation approchait, mais il n’y en avait pas. Je n’avais ni badassomètre à suçoter afin de voir jusqu’à quel point j’étais chaud bouillant, ni de lunettes à mettre afin de dissimuler mon regard troublant (troublant prenant ici le sens de « tristement banal »).

J’hésitai entre utiliser mes pouvoirs et ainsi gâcher un éventuel effet de surprise, ou les garder pour plus tard et risquer de ne plus être en mesure de les utiliser. J’optai finalement pour la seconde option, à savoir l’affrontement sans pouvoirs, d’homme à homme (à comprendre de vieillard à gargouilles).

Les créatures de pierre s’approchèrent de moi, menaçantes.

Pour moi, il n’y a que deux solutions de régler un problème : le contourner ou le refiler à quelqu’un d’autre. Je sus instantanément ce que je devais faire.


« Hey, Jacky ! (Je m’adressais au jeune homme vu précédemment, qui ne devait pas être bien loin.) T’es un Voyageur, non ? C’est à toi de t’occuper de ces messieurs ! »

J’adressai ensuite aux créatures  rocheuses mon sourire officiel d’excuse. C’était un sourire que je servais tous les jours à la même sauce, que ce soit à mon voisin lorsque je lui apprenais que je n’avais toujours pas les sous que je lui devais ou bien à la boulangère quand je lui annonçai que je n’avais pas assez de monnaie pour acheter le pain.

Dans les deux cas, je repartais généralement un pain sous le bras, dans le cas de la boulangerie. Et je n’étais pour l’instant jamais reparti après m’être mangé un pain de chez mon voisin ; on peut donc dire que ce sourire si touchant, si attendrissant était l’arme absolue.

J’avais omis un détail : les gargouilles ont un cœur de pierre. L’une d’elles s’amusa même à me singer, ce qui produisit un faciès grimaçant digne de figurer dans les cauchemars de tout marmot de moins de trente ans. Au temps pour moi, ces gargouilles-là n’avaient pas d’expression faciale définie…

J’espérais plusieurs choses de la part de mes potentiels adversaires : qu’ils s’imagineraient que je n’étais pas un Voyageur mais un simple Rêveur -okay, je portais une chemise hawaïenne… Et alors ? Elle était à motif de petits crânes !- et qu’ils s’entretueraient avec le « Jacky » en question. Il avait une tête à s’appeler Jacky, me demandez pas pourquoi…

Prudent, je me reculais tout de même, m’efforçant de mettre le plus de distance entre les gargouilles et moi tandis que leur attention était focalisée ailleurs. Assez de distance pour avoir le temps de me faire des fortifications en sable avant qu’elles ne m’aient sauté dessus.

Apparemment, les gargouilles n’avaient pas l’air d’avoir envie de me laisser tranquille. L’une d’elle tourna la tête vers moi et déclara d’une voix aussi éraillée que le crissement d’une craie sur un tableau :


- Vous êtes actuellement sur le territoire du seigneur Chironheim. Vous êtes dans le cimetière de Dreamland…
- Merci mon brave, le coupais-je, un sourire enjôleur aux lèvres. Peut-être pourriez-vous nous servir de guides ?
- … et vous n’y avez rien à faire. Nous avons le droit et le devoir de disposer de votre corps comme bon nous semble. Inutile de fuir, vous pourriez tomber entre de bien plus mauvaises mains…

Je voulais bien être sympa, continuer de sourire de tous mes chicots et acquiescer à ses dires, me faisant passer soit pour un simple Rêveur, soit pour un con au sang chaud ou tout simplement un consanguin. Mais il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin, il ne fallait pas pousser Mémé dans les orties… On s’appelle Albert ou on ne s’appelle pas Albert ! Non, je n’allais pas me laisser faire !

«  Hé ! Tu ne pourrais pas fermer ta gueule comme toutes les autres foutues gargouilles ? Primo, une gargouille, ça ne parle pas ! Deuxio, d’après l’article 44 du Règlement sanitaire, tu n’as rien à foutre ici. Je cite : « Les gargouilles en fonte munies d'une rainure destinée à en faciliter le curage peuvent être tolérées dans les installations existantes, à condition qu'il ne manifeste aucun débordement et aucune odeur susceptible d'incommoder les occupants des bâtiments ». Et je suis désolé, face de caillou, mais il y a pas que ton odeur qui m’incommode : ton aspect donnerait une crise d’urticaire à Quasimodo… Et Dieu sait qu’il les aime, les gargouilles ! Tertio, ici, le règlement machin-chose de ce club Med pour fans de zombis, je m’en cure le zen. Alors, c’est rentré dans ta cervelle de pierre ou faut que je l’élargisse avec mon pénis, biatch ? »

Et voilà ce que je lui mets à Éléphant-man version caillou ! C’est mon voisin Mouloud qui serait fier de moi ! Bien entendu, tout en invectivant la créature de pierre, je m’en éloignais prestement. Je pouvais faire le malin, m’essayer à insulter les gargouilles, il n’en restait pas moins que ce n’étaient que des mots, des sons qui se perdent dans le vent.

Plutôt lugubre ce vent, d’ailleurs. Il me frigorifiait de l’intérieur alors même que je reculais tentant de ne pas m’empêtrer les pieds dans les racines sournoises des arbres environnants. Je percevais la lune, au loin, qui me berçait de son éclat blafard, et en détachait mon regard pour me concentrer sur les deux autres lascars. Ces derniers, amalgames répugnants de roches soi-disant taillées, se rapprochaient dangereusement d’un pas pesant mais pas lent.

C’en devenait lassant et les gargouilles ne parlaient plus, se contentant de conserver un rictus macabre qui me fait quelque peu perdre de ma superbe. J’étais certain que je ferais moins le malin une fois perdu dans leur étreinte glacée et herculéenne. Ces créatures étaient issues de la nature, et constituaient donc une puissance primitive, contre laquelle on pouvait difficilement lutter. Surtout lorsqu’on s’appelait Albert et qu’on était majoritairement constitué d’os et de peau.


- Bon, ben je crois que je vais vous laisser avec ce jeune et fringuant Voyageur… Moi, je vais retourner à ma tombe, bonne nuit !
- Quand on en aura fini avec toi, tu n’auras plus besoin pour sépulture que d’une boîte d’allumettes… déclara gravement la plus proche des gargouilles.

La tentative de passer pour un zombi avait échouée… En même temps, je les avais insultées quelques minutes avant… Je déglutis en imaginant la scène, et en visualisant de quelle manière les gargouilles parviendraient à me faire rentrer dans une boîte d’allumettes.

Elles se rapprochaient dangereusement et il n’y avait plus qu’une chose à faire : utiliser mes pouvoirs. C’est ainsi que j’effleurais de ma main gauche le fin serpent de sable rouge, qui se déroula docilement afin de s’élever dans le ciel et de former un cercle.

C’était assez captivant et même les gargouilles y prêtèrent attention. Un voile de sable s’en écoula et les gargouilles continuèrent à marcher, le traversant sans effort. Une idée traversa alors mon esprit tordu, et je laissai le voile de sable s’étendre entre moi et les gargouilles, qu’une dizaine de mètres séparait.

Il faut comprendre qu’un mètre cube de sable compact occupe beaucoup plus d’espace s’il n’est plus compact, puisque les grains de sable sont à une distance raisonnables les uns des autres. Ainsi, le voile de sable peut s’étendre sur cette dizaine de mètre et, même si la visibilité est restreinte, on perçoit tout de même les contours du paysage qu’il y a à travers. C’était la petite explication que je vous donne, afin que vous compreniez bien la suite des évènements.

Ainsi, les gargouilles s’avancèrent, tels de monstrueux pantins de pierre, ne désirant que me réduire en pièces. Et je mis en pratique mon idée : alors qu’elle parcourait les trois premiers mètres, je déployais toute ma concentration mentale à densifier le sable qui se trouvait sur les sept autres mètres, créant ainsi un grossier poing de taille disproportionné, auquel je fis prendre un peu de vitesse, sur seulement un mètre, malheureusement.


Technique : La Voie du sable : le choc des matières.
Conditions d’utilisation : 0,5 mètre cube de sable non densifiée, 0,5 mètre cube de sable densifiée, en format « Fais de beaux rêves ! ».
Objectif : Déconcentrer l’adversaire par un rideau de sable qu’il peut traverser sans problème, pour l’accueillir avec un coup de poing ensablé (un peu comme si, après avoir traversé un voile constitué de coton à toute vitesse, tu te retrouvais devant une enclume…).

 
Les gargouilles, confiantes, n’avaient pas perçues la menace et ne comprirent que trop tard. Tandis que je fouettais l’air de mon poing droit, mon poing artificiel, constitué de sable et d’environ la largeur de mon torse, percuta la première gargouille, la jetant à terre.

Quant à la seconde, je ne sais pas ce qui lui arriva mais elle rejoignit à terre la première. J’étais heureux que mon plan ait marché, bien que ma bonne humeur soit assombrie par un fait démoralisant : les gargouilles se relevaient, lentement mais surement, telles des mort-vivants constitués de roche.


« Bordel, il faut qu’on cavale maintenant ! On n’a aucune chance ! Prends-moi sur ton dos, preux canasson ! » m’écriais-je à l’adresse du jeune homme, espérant qu’il s’exécute.

Et alors, comme un juste retour de ce putain de destin, ce que j’avais tant voulu éviter arriva : je me pris les pieds dans une racine et m’étalai de tout mon poids sur le sol glacée.
 


HRP : Bon, je ne sais pas vraiment ce qu’a pu faire ton personnage durant ce « combat » donc j’ai passé cela sous silence, Noah. Ceci dit, il y a un potentiel de combo entre nos deux persos : si jamais t’envoie une rafale de vent assez puissante sur un poing de sable que je densifie non loin d’une créature, on combine effet de surprise et puissance puisque tu permets à ce poing d’acquérir de la vitesse, en très peu de distance. Alors que tout seul, Albert ne peut que difficilement dépasser les trente km/h, et encore il faut quand même une distance raisonnable pour acquérir cette vitesse (je dirais une demi-dizaine de mètres), ce qui laisse le temps à un adversaire, qu’il soit expérimenté ou pas, de les esquiver avec un bon timing. Alors que là, si on combine nos pouvoirs, l’adversaire se le prend de plein fouet, même si ça risque pas de faire grand-chose à un adversaire de plus haut rang. Tu remarqueras que j’ai répondu avant le bac 8)
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Mer 19 Juin 2013 - 23:42
Une brise rauque et nauséabonde rendant gracieuse la respiration d’un ivrogne à la bouche insalubre vous souffle aux cheveux et avec une certitude désarmante vous prenez conscience que vous ne pouviez-vous trouvez autre part que devant les cabinets du cimetière de vos rêves.

Se raclant la gorge comme tout bon chat à boule de poil se mérite de faire, Jakob découvrait pour la deuxième fois la sensation singulière d’avoir éjecté un gisement de pétrole ancestral de ses artères. Le smog donnait l’impression d’avoir recouvert et imbibé son délicat palet, ouvrant au voyageur l’assimilation de l’état d’une mouette trempant dans une marée noire dégoutante. Au-dessus de lui, le sourire imbécile d’un vêtement jaune soleil illuminait la désolation alentours qui n’en transparaissait que plus distordue et brutale mais rendait aussi hommage, perché qu’il était sur sa cathédrale urinoir, à l’homme dont la rousseur n’égalait la candeur. Brisant la rumeur, la porte entrainée par le vent itinérant claqua fermement sur ses gonds offrant un silence mérité. La mystérieuse damoiselle au teint triste avait suivi l’impétueux poulpe dans sa fuite de circonstance. Sa main tenait encore la sienne quand Jak entrevit son terrible regard qui le fixait avec ce qu’il lui semblait être du reproche. La culpabilité d’un crime qu’il n’avait jamais commis l’épris un instant devant ces yeux accusateurs et méprisant. Il n’avait pourtant à son souvenir exterminé aucune peuplade à la mélanine grisonnante. A moins que feu le clébard  incinéré ne lui ait appartenu. Scénario estimé à -4%. Semblant nerveuse la voyageuse délaissa sa main et se recula devant l’incompréhension d’un Jak pourtant fier de relations humaines.

« Nous avons laissé le troisième voyageur à l’intérieur. »Annonça-t-elle en faisant volte-face et suggérant à Jak que le principe de fuite lui était inconnu.

Le troisième bougre, hein. Sans doute l’origine du regard glacial. La bravoure du Jakob étant plus limitée que celle d’un lapin nain, il n’était pas encore prêt à risquer sa place ici-bas pour celle d’un autre. Si elle voulait y retourner pour sauver leur honorable imbécile qui s’aventurait seul en ces contrées hostiles, qu’elle fasse. Jak n’était pas un héros.

- Ce sont des choses qui arrivent, déplora Jakob sans une once de regret.

Revirement de situation. La donzelle aux allures premièrement chevaleresques condamna les services publics d’une planche en bois de circonstance en même temps que le sort du pauvre diable. On peut accuser Jakob de non-assistance à personne en danger mais non d’assistance à personne dangereuse. Ça n’a rien de particulièrement valorisant, mais ça en jette. Le poulpe haussa des épaules, indifférent. En une chose l’autre avait de la chance. Son destin à lui était désormais scellé par une bien trop lourde pièce de bois mort. Le confort d’un futur inéluctable se peut être assez réjouissant lorsqu’en dehors un cimetière aux dimensions inconnues recèle des plus étranges faunes et flores dont le désir est à première vue  votre mort. Aussi douce et tendre soit elle. Néanmoins Jak n’était pas homme d’inaction, aussi ne se jeta-t-il pas à corps perdu dans des chiottes décrépies en l’espoir d’y trouver une fin prémédité à son rêve d’une nuit. Rien de franchement reluisant à la réflexion.

La grisâtre revint à la charge chargeant son faciès du plus faux sourire qui lui était possible de simuler. Jakob le connaissait bien, il l’utilisait régulièrement avec, sans vantardise aucune, un succès singulier. Il n’avait pas dressé son panel d’us et expressions du quotidien pour faire pale figure en face d’une amatrice, que diable. En vérité jamais il n'avait atteint un aussi concluant résultat et s’efforçait de retenir le moindre pli du visage effaré devant un tel talent. S’enquit un monologue des plus formels qui aurait eu tôt fait d’envoyer Morphée au bras de Jakob s’il n‘eut été plus charmante oratrice.

« Il semble que malgré tes actes pathétiques, tu nous ai sorti d’affaire et que, par conséquent, je te dois ma nuit.  Je souhaite rester à tes côtés pour ce soir si tu me l’autorises, je ne fais que suivre un de mes lourds principes. Sous peu, je risque de te rendre la pareille vis-à-vis de ta vie de voyageur, étant donné tes capacités débordantes… »

Les pupilles dilatés de Jak n’était le fait d’aucun produit illicite mais de la teneur des propos et de la forme duquel ils sortirent de façon si naturel. L’envie de discourir sa réponse en reprenant les signes linguistiques de cette gent si convenablement maniérée lui darda l’esprit un instant mais fatigué à l’idée d’avoir réfléchi à cette dite idée il se résolu à entreprendre une réplique des plus concises.

- Pas de quoi.

Actes pathétiques soit, mais en l’occurrence Jak n’attachait pas vraiment de crédit au moyens mais plutôt à la fin. De plus la valeur de dette que semblait s’être auto-attribué son interlocutrice le gênait au plus haut point. De même qu’il n’appréciait pas qu’une personne lui voue sa confiance, l’idée qu’un tiers lui soit tributaire lui glaçait les gencives. De toute façon elle n’en aurait pas l’occasion. Il était un poulpe bon sang ! D’après Okto, hormis les astronautes, rien ne pouvait battre un poulpe. Puis Jak se souvint aussi que d’après lui le cimetière était un endroit accueillant. Rah, il ne pouvait pas avoir faux deux fois à la suite ! Question de logique. Celle dont les pensées demeuraient indéchiffrables reprit la main du voyageur et finit par s’enquérir de son prénom. Alors que le concerné s’apprêtait à faire jouer ses cordes vocalement séduisantes, un cri éraillé perçant de par-delà leur champ de vue se chargea de répondre à sa place.

- Jacky ! 


Ledit prénommé devint laiteux et pris d’un sursaut il crispa un instant sa main qui tenait celle de la jeune femme. Qui diable pouvait bien le hélé dans cet abominable endroit ? Rompant au léger silence qui s’était installé, le poulpeux en revint à sa réponse.

- Jakob. Absolument rien à voir avec un quelconque Jacky. Surement pas. D’aucune façon. J’espère. Et toi ?

Assurance à 30% des capacités. La rumeur d’une brusque agitation entrecoupée de dialogue presque inaudible parvenait à leurs oreilles et Jak ne parvint pas à résister à la tentation. Prétendant que par mesure de vigilance il valait mieux jeter un coup d’œil aux troubles qui régnait non loin de là, il entraina à sa suite la demoiselle, en restant fièrement agrippé à sa main car il y avait de quoi avoir les foies. Ce contact arrivait presque à lui faire oublier les tensions palpables et à se croire en balade printanière. Dans une déchetterie publique à ciel ouvert. Chose superflue. La végétation pas franchement abondante leur permis d’observer assez vite les faits et horreurs. Quand Jak arriva à distance raisonnable, il put observer la chute d’un vieux grabataire qui n’arrivait plus même à se mouvoir. La tristesse du moment était palpable. La vieillesse faisait des ravages fit-il insensible au côté de la demoiselle. Personne sur les lieux ne semblaient être familier à Jak ce qui le soulagea quelque peu. Quand soudain, horreur, il reconnut la vieille loque à terre. Le rêveur rencontré plus tôt avait l’air d’avoir plutôt conscience de ce qui se passait autour de lui, aussi Jak revint sur ses propos. Ce n’était pas un vieux rêveur édenté qui paraissait hostile. C’était un très vieux voyageur édenté qui faisait peine à voir. Et à sa suite, encore des gargouilles. Epris d’un élan de justice, Jak allait proposer à sa compagne de s’enfuir loin de là. Son bras le lançait encore et sa main avait eu du mal à encaisser le choc brutal. Il n’allait quand même pas se frotter à deux autres blocs de granites, si tant est qu’il se soit frotté aux autres. Chaque pas qu'il faisait dans cet endroit diminuait un peu plus son espérance de rêve et Jak en avait pour tout dire, ras la patate. Et puis merde, pourquoi les choses moches étaient-elle toujours méchantes ? Pourquoi les gargouilles ne les avait pas tout simplement invité à prendre le thé ? Pourquoi allait-il laisser tomber le deuxième voyageur de la soirée en fuyant comme un pleutre ? Pourqu-

- Bon ça suffit maintenant ! J’ai vu aucun panneau avec écrit « Propriétés des têtes de culs » ici ! Merde, mais y’a pas moyen d’ouvrir des chiottes dans une nécropole onirique sans se faire agresser ou quoi ?! Puis me dîtes pas que ce pauvre vieillard vous a mal parlé, j’suis sûr qu’il peut même plus dire quoi que ce soit ! Il a les dents toutes pourries vous voyez bien ! Et il est sourd comme un pot ! Invectiva-t-il en tressautant comme un marteau piqueur. Assez vite, il changea de ton, se rappelant de la menace inexistante qu’il représentait. Bon alors je vous préviens hein, bon, je vous laisse une chance et je vais m’en aller sans faire d’histoire mais attention, hein, pas d’entourloupe, allez salut.

Assurance à 8% des capacités.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Mar 25 Juin 2013 - 13:56
-T’appelles qui tu veux « Truc » mais moi c’est Albert, demi portion !”


J’arrivais à peine a distinguer son visage mais le peu que je pus en voir suffit a me frapper. Lointain souvenir du passé, les rides tombantes du vieil homme évoquait en moi un sentiment de paix, et sa barbe m’évoquait un refuge certain. Oui, j’avais retrouvé ici, dans le cimetière de Dreamland, parmi les tombes... mon grand-père. Havre de paix au milieu de ce royaume pour le moins dangereux, le vieil homme édenté me fit oublier les gargouilles qui étaient à ma poursuite, me plongeant dans des réminiscences de mon enfance, mon grand-père étant le seul membre de ma famille avec lequel je pouvais discuter. Je ne pris même pas en compte le fait qu’il m’ai appellé “demi-portion” quelques secondes plus tard. Que faisais mon grand-père ici? en fait je n’eus même pas le temps de lui demander pourquoi car il s’en allait déjà en courant, me faisant sortir de mon “rêve” pour me faire revenir dans la réalité qui, à ce moment était tout sauf acceuillante. Je vis les gargouilles foncer devant moi comme un troupeau de bison, et j’eus a peine le temps de les esquiver en sautant, aidé d’un souffle de vent que j’avais créé, me réceptionnant sur une branche d’un des arbres morts qui faisaient partis du décors.


« Hey, Jacky ! T’es un Voyageur, non ? C’est à toi de t’occuper de ces messieurs ! »


Jacky? Voyageur, Non, a première vue ce n’était pas mon grand-père fraichement débarqué au cimetière de Dreamland pour me ramener par la peau du cul a la maison, moi et mes idées anarchistes. enfin bon, il occupait les gargouilles, s’était le moment pour moi de me tailler, m’éclipser, filer à l’anglaise ou tout ce que vous voulez du temps que ce n’est pas “faire face courageusement a deux gargouilles avec un grand-père surement gateux, au risque de se faire butter.” N’arrivant pas a entendre ce qu’ils disaient, j’allais sauter de la branche pour m’enfuir, mais je m’y pris a deux fois lorsque je vis ce qui m’attendait au pied de l’arbre. La gargouille en forme de bête tournait autour du tronc comme un lion en cage, attendant que je descende du bout de bois mort.


Il me fallait un plan, et vite. Créant un plateforme de taille moyenne me permettant de la tenir en main comme une bonne vieille barre de fer, je me propulsais à l’aide d’une rafale pour m’en envoyer une seconde, ce qui fit que je piquais sur la gargouille de pierre a la manière d’un rapace, air durci en main. Ce ne fut que quelques secondes plus tard que je sentis le choc de la plateforme/épée contre la pierre qui formait le corps de la gargouille, sentant le choc remonter jusqu’a mes épaules. En tout cas, ce coup fit effet. La plateforme, aussi dure qu’une barre de fer, combinée avec l’élan ajouté par la rafale et ma force base avaient entamé la roche, creusant une rigole sur le front de la gargouille.


Un grognement sorti de la gueule de la gargouille, véhiculant le message “Putain, c’pesce d’enfoiré, ça fait mal!”. Mais mon intention ne se portait pas sur la gargouille. A une vingtaine de mètre de moi, une tempte de sable s’était levée, faisant légèrement voler les feuilles alentours. La source? Surement le vieillard pseudo-gateux que j’avais vu toute a l’heure. Sans aucun doute même. Reflexe, intuition divine que sais-je, j’eus la présence d’esprit d’envoyer la gargouille encore en train de rouspéter dans la tempête de sable, avant de sentir un choc par terre et que la tempête de sable disparaisse. Ou était passées les gargouilles? Surement dans le tas de sable, réduite a de la vulgaire poussière. Que c’est-il passé? J’en savais rien. Le fait est que le vieillard qui se tenait a une dizaine de mètre devant moi, passait déjà d’un coup du simple “pépé gateaux” au statut de “pépé badass”.

“-Putain, si je m’attendais a ça...”

A vrai dire, le vieillard qui se tenait devant moi ne payait pas de mine, avec sa chemise hawaïnne motif petits crane, le sien étant aussi lisse qu’une perle, reflétant la lumière pale de la lune, et surtout, une barbe qui aurait fait rougir n’importe quel père noël en devenir. D’une taille assez modeste, il n’avait pas la bedaine caractéristique des personnes agées qui ne font pas attention à eux et sa façon de se tenir ne prouvait pas le contraire. Oui, a bien y regarder, il n’avait de point commun avec mon papi gateau/gateux qu’une ressemblance physique au niveau du crane et de la barbe, pas plus.

“-Au fait, déclarais-je d’une voix plus forte que la réplique précédente. Moi c’est pas Jacky, c’est Noah. Et je suis pas un voyageur, ok pépé?”

Regardant le grand-père droit dans les yeux, opour lui montrer que moi aussi je pouvais être badass et qu’il ne fallait pas sous-estimer une créature de Dreamland.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Sam 16 Nov 2013 - 16:06


Cela ne peut plus durer...


Le paysage environnant me sembla tanguer lorsque je me relevais avec difficulté. Je ne tentais même pas d'épousseter ma chemise et emmagasinais les informations que venait de me dire mon compagnon d'infortune. Ainsi, le jeune homme se nommait Noah et n'était pas un Voyageur. Ce n'était pas une si mauvaise nouvelle, après tout je n'avais aucune envie de meurtre à son égard et j'aurais détesté devoir le tuer pour recouvrer ma jeunesse. Bien entendu, même s'il avait été un Voyageur, il m'aurait tout de même été assez facile de trouver une excuse pour l'épargner -ou pour m'épargner une cuisante défaite- mais si je raisonnais de cette manière pour tous les Voyageurs de Dreamland je n'étais pas prêt de ressembler à autre chose qu'un vieillard édenté.

Un autre personnage choisit alors de faire son apparition : il s'agissait du jeune homme qui m'avait insulté plus tôt dans le songe. Les cheveux aux reflets cuivrés, une expression d'assurance peinte sur le visage que démentait ses tressaillements épileptiques, il s'acharnait copieusement sur mon apparence physique. Insistant sur le pathétique de ma situation, il me déclarait sourd comme un beau, ce qui était tout à fait faux ! A moins qu'il n'ait dit « pot »... Non, je suis presque certain d'avoir entendu « beau », j'ai d'ailleurs été flatté qu'il m'accorde cette comparaison flatteuse. Tel un adolescent transi d'amour, il compara ensuite mes dents à des grains de riz. Bon, la prestation était plutôt pitoyable, surtout que les grains de riz ne sont décidément pas une comparaison poétique digne de ce nom, mais c'est l'intention qui compte.


- Mesdames les gargouilles, vous avez entendu le jeune homme : pas d'entourloupes ! Ne vous avisez pas de nous suivre ou nous allons vous disperser sur le chemin, caillou par caillou, tel le Petit Poucet!

Pas après pas, me déplaçant avec le charisme et la démarche féline d'un Quasimodo, je me prenais au jeu. J'avais de nouveau cinq ans et je me déplaçais dans mon jardin, sans aucune crainte et avec toute l'insouciance dont un enfant est capable. Pourtant, des bruits sourds se firent entendre derrière-moi et je pus remarquer que les gargouilles continuaient de me suivre, aussi apeurées que deux panthères se retrouvant face à face une côtelette de porc tout ce qu'il y a de plus banal. Esquissant une grimace de circonstance, je balayais le paysage du regard mais, hormis les quelques arbres décharnés et les deux jeunes hommes, il n'y avait aucun être vivant à des lieues à la ronde. Pourquoi n'avais-je pas eu peur des morts plutôt que du sable ?! Cela aurait été tellement plus simple !

Afin de ralentir la progression de la gargouille la plus proche, je me penchai en avant, attrapai une pierre informe qui, semblait-il, avait un jour appartenu à une pierre tombale, et la jetai à la tête de la plus proche des gargouilles au prix d'un effort surhumain qui me valut une intense douleur aux bras. Le projectile rocheux heurta sa cible avec un choc sourd sans causer le moindre dommage, et la créature continua d'avancer, gagnant de l'avance sur moi. Tout un kaléidoscope de couleurs m'assaillait alors que mon souffle se cadençait du fait de l'effort que je venais de fournir. Le sang battait à mes tempes et je ne rêvais plus que de m'allonger et de me reposer.

Pourquoi ces gargouilles venaient-elles nous faire chier ? Ne pouvait-on même pas être tranquilles dans nos propres rêves ? Une fois un peu calmé, je regardais le ciel en quête d'une réponse, mais mon regard se perdit dans les flots tumultueux de cet océan noir aux profondeurs abyssale. Il n'y avait pas la moindre étoile, pas la moindre lueur d'espoir, seule la lune nous offrait sa lumière blafarde, ce qui dotait le cimetière d'une aura plus surnaturelle encore. Je regardais finalement devant moi et aperçu la masse informe du sable dont je m'étais déjà servi. Je tentais d'avancer jusqu'à lui, tout en sombrant dans une tempête de rage. Dreamland était issue de nos rêves, alors pourquoi devait-elle être régie par des règles ? Pourquoi ne pouvait-elle être une terre idyllique, régie par l'anarchie, où les Voyageurs pourraient faire tout ce qu'ils veulent ? Pourquoi moi, un vieillard ayant bien vécu, n'avait même pas le droit de recouvrer ma jeunesse même en rêve ? Cela ne pouvait plus durer... Il fallait que ça change... Et si personne n'en était capable, je le serais. C'est pourquoi je devais, de tous les moyens possibles, vaincre au moins une seule de ces gargouilles. Car si j'en étais incapable, alors jamais je ne pourrais changer Dreamland.


- Pourquoi ne pouvons-nous pas parcourir ces contrées oniriques en paix ?! Pourquoi vous, créatures issues de nos rêves, de notre imagination, tentez-vous de nous imposer votre volonté ? Je chie sur votre cimetière et tous ses habitants, vous y-compris!!! m'écriais-je, d'une voix éraillé.

Je mobilisais toutes mes forces restantes afin de faire léviter l'intégralité du sable que j'avais invoqué plusieurs minutes auparavant, le transformant en une dizaines de poings ensablés que j'envoyais voler sur la gargouille la plus proche. Elle ne sentit rien, comme si une vulgaire poignée de mouches venaient de la percuter. Je continuais toutefois à brasser l'air avec mes poings, le regard furibond, les bras tremblants. Entourant les gargouilles comme une nuée de pigeons, les poings s'abattaient sur elles, puis se reculaient, reprenant de l'élan, avant de fendre une nouvelle fois sur la pierre dont les créatures étaient constituées. Peu à peu, de minces fissures lézardèrent la pierre, peu profondes mais présentes. Je continuais à frapper sans relâche, m'acharnant principalement sur la plus proche des gargouilles, qui commença à tenter de se protéger avec ses bras.

Technique : La Voie du sable : l'oeuf brisé
Conditions d’utilisation : 1 mètre cube de sable densifié, en format « Fais de beaux rêves ! ».
Objectif : Fêler la pierre constituant la gargouille à plusieurs endroits, afin de la fragiliser, puis attaquer avec une puissante frappe afin de l'éclater en mille morceaux.

Ce que j'étais en train de faire n'était pas bien compliqué, mais il vous faut comprendre certaines choses. Malgré mon âge, je n'ai jamais été bien doué en cuisine, et je ne compte plus les fois où j'ai brisé un œuf alors que je voulais juste extraire son jaune d’œuf. Afin d'ouvrir un œuf, que fait-on ? On tape d'abord l’œuf contre le bord du plat, afin de fissurer la coquille, puis on exerce une faible pression afin d'ouvrir l’œuf en deux parties. Mais si la pression est trop forte, ou que les fêlures sont trop importantes, l’œuf éclate et déverse son contenu ainsi que de multiples morceaux de coquille un peu partout. La gargouille que je martelais, voilà ce qui était mon « oeuf ». Et mon but, c'était de fragiliser la pierre jusqu'à un poing où une frappe de puissance maximale serait capable de briser la gargouille en de multiples éclats rocheux.

Malheureusement, alors que mon énergie physique diminuait rapidement tandis que je brassais l'air, la fatigue submergeait le moindre de mes membres, tel un poison contaminant une réserve d'eau : lentement mais sûrement. Je me sentis bientôt au bord de la perte de conscience, et je décidai de donner tout ce que j'avais dans une dernière attaque : les poings se retirèrent et les gargouilles reprirent leur avance. La moindre particule de sable se colla, se condensa avec ses semblables, formant le plus énorme poing ensablé que je n'eusse jamais fait à Dreamland. C'était le maximum que je pouvais faire et, si je ratais la gargouille, j'étais mal, très mal. Ma vision s'altéra et, sous l'effet du brusque afflux de fatigue, je perdais l'usage conventionnel de la vision : je ne voyais plus qu'en nuances de blancs. Je continuais toutefois de me concentrer sur l'important amas blanchâtre qu'était le poing que je venais de matérialiser à partir de ses prédécesseurs bien plus petits. Puis, je l'envoyais de toute la force de ma pensée sur la gargouille fragilisée. Est-ce que Noah avait accru sa vitesse avec sa maîtrise de l'air ou est-ce que ma fureur avait permis de transcender durant l'espace de quelques secondes les limites de mes pouvoirs ? Je n'en sais rien. Le poing percuta la gargouille avec la violence d'un raz-de-marée, éclatant en une gerbe de sable qui entoura la gargouille et la fit imploser en de multiples débris rocheux, qui retombèrent sur nous en une pluie plutôt douloureuse.

Je tentais d'avancer vers mes compagnons, mais mes pieds se dérobèrent sous moi et je sombrais dans l'inconscience, un sourire sinistre aux lèvres, et avec pour unique pensée « il n'en reste plus qu'une... ».


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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Dim 17 Nov 2013 - 13:14
Ha bah mes couillons, si on avait su ! Croyez le ou non, mais le vieillard ... parlait ! Progrès au marge de la science moderne ou simple aléa du pays des songes, le fait est que le fossile n'avait rien d'un Stephen Hawking. Il était bel et bien articulé et avait la langue pendue haut et court. S'aidant de la précédente menace de Jakob comme d'une béquille, il rajouta une couche d'intimidation saupoudré d'un ingénieux clin d’œil. Le poulpe cria au génie puis faute d'une acuité visuelle hors-norme remarqua enfin la présence d'un énième bonhomme aux cheveux poivré-sel et aux yeux de fauves. Hé la, malheureux, ami ou ennemi ? Hum ? Oh mais bien sûr ! Ce devait être lui ce "Jacky" ! Une créature des rêves au vu de la silhouette angulaire de ses oreilles. Quoi que, la Lithium en arborait des semblables et n'en était pas moins voyageuse. Cela échappa néanmoins à Jakob sur le moment et il était assuré que l'homme qui lui faisait face ne venait pas de son monde. Okto était une créature des rêves bien entendu, et comme toujours au fait de l'actualité dreamlandienne, il avait prévenu Jak que les relations entre voyageurs et créatures n'étaient pas au beau fixe ces temps-ci. Il était question d'une guerre titanesque dont les circonstances ne lui avait toujours pas été conté. Pfff ! Ce bon vieil Okto devait débloqué ! De toute manière Jacky n'avait pas l'air d'être un gros dur, ni d'avoir d'intentions belliqueuses. Sauf envers les gargouilles. Un bon point.

Le temps de la réflexion, le croulant avait battu en retraite sous la cavalerie gargouillesque. Le voilà même qui jetais une pierre ! Qu'il est ridicule !

- Tu as vu ça Anna ! S’esclaffa t-il en se tournant vers la voyageuse.

OH BON DIEU! Elle avait disparue ! Une main portée au cœur, Jak se mit à sa recherche du regard, en vain. Il était seul. Les gargouilles n'avaient pas l'air d'avoir pris au sérieux les menaces et c'était maintenant grand-père qui allait en payer le prix sous ses yeux. Pas assez rapide, il ne pouvait prétendre s'échapper face à ces ennemis contrairement à Jacky et Jakob aux profils plus athlétiques. Qu'allait-il faire ? Le regard fuyant vers l'horizon décharné, la réponse fut simple, sauver sa p-...

- Pourquoi ne pouvons-nous pas parcourir ces contrées oniriques en paix ?! Pourquoi
vous, créatures issues de nos rêves, de notre imagination, tentez-vous de nous imposer votre volonté ? Je chie sur votre cimetière et tous ses habitants, vous y-compris!!!


Sauver la peau du vieux ! Son discours avait fait déclic. C'était ce que Jak pensait, ce qui l'avait poussé à s'opposer fébrilement la première fois. Mais on ne pouvait chier tout seul sur ce cimetière, il fallait s'unir ! Cette dernière phrase quoi qu'un peu étrange résolut Jakob à prendre une résolution : s'imposer ! Bonne ou mauvaise, ce sera question de point de vue au final. Il allait s'avancer quand une masse granuleuse s'éleva, défiant la gravité, devant ses yeux. Le vieil homme semblait être à l'origine du phénomène. Quand les structures se firent plus dense, Jakob compris. Il était contrôleur de sable. Et c'était plus par ses convictions que par son état qu'il réussissait cette prouesse, en submergeant d'un déluge de poings sableux les créatures de pierres. Ne voyant comment il pouvait intervenir dans de tels circonstance le voyageur du poulpe resta en retrait le temps d'admirer le spectacle que leur offrait "Petit Sablé". On vint enfin à comprendre où voulait en venir Petit Sablé lorsqu'il concentra son sable restant en un gigantesque poing, bien plus terrifiant que les précédents. Sous son coups, la roche vola en éclats. Éclats qui ne tardèrent pas à retomber au hasard, au hasard sur la tête de Jak. Évitant les plus gros, il n'en souffrit que trop peu. Petit Sablé s'accorda un coma bien mérité tandis que le dernier monstre hésitait encore entre la vengeance et la fuite.

- Hé Jacky, Jacky ! Héla Jakob à l'adresse de la créature. Tu me suis ? Fit-il en faisant claquer son poing dans son autre main. CHARGEZ !!!

La vue du roux qui courrait avec hargne extermina le fébrile fragment de courage qui avait survécu à l'explosion de l'autre gargouille, et la créature pris la fuite. Trop lente à pied pour échapper aux deux Ja(c)ks, elle déploya ses deux ailes et s'esquiva par la voie des airs. Ébranlé par un tel toupet, Jak s'immobilisa, tout pataud. Une brise glaciale lui rappela en un frisson qu'il valait mieux ne pas rester dehors. Il fallait trouver un abri pour le reste de la nuit. Les alentours n'étaient pas sans danger et le temps pas à la bronzette.

- Pas eu le temps de me présenter, moi c'est Jakob, fit le voyageur en tendant sa main à la créature. On ferait mieux de pas trainer ici, je vais chercher un abri, et je reviens vous chercher. S'agirait pas de vagabonder dans tous les coins avec ce vieux narcoleptique ! Termina-t-il avec un clin d’œil.

Réchauffant ses mains d'un souffle, Jakob jeta un regard à gauche puis à droite avant de partir en trottinant vers l'inconnu.

ELLIPSE

Après une petite dizaine de minute, le rouquin revint finalement à l'endroit où il avait délaissé les deux gus et les retrouva sans grande surprise. Il afficha l'espace d'un instant un sourire satisfait, canin, puis leur lança d'une voix sifflante :

- La crypte abandonnée de ces messieurs vous attends ! Ce n'est pas très loin.

Il vit volte face rapidement, reprenant sa route avant de s'apercevoir de l'état de Petit Sablé. État qui semblait le surprendre.

- Tu... Tu peux l'aider, toi ?
Fit-il à l'adresse de la créature. Vite il ne fait pas bon de trainer par ici.

Il les conduisit à travers les paysages mortuaires aux relents de charognes, jusqu'à ce que l'édifice apparaisse. Un mausolée à moitié enfoui sous terre dont l'entrée était entrouverte vers une noirceur peu rassurante.

- Après vous, fit le voyageur les yeux brillants.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Sam 14 Juin 2014 - 22:27
"-Hé Jacky, Jacky ! Tu me suis ? CHARGEZ !!!"

Regardant le voyageur qui était entré dans mon champ de vision disparaitre quelques secondes plus tard à la poursuite de l’autre gargouille, je me demandais quand est-ce que l’on arrêterais de m’appeler Jacky.  Autre question: Pourquoi on m'appelle comme ça? Hein? J’ai rien demandé moi! Je voulais juste traverser le Royaume tranquille et mùe voila embarqué dans une quête absurde dans un cimetière alors que je cherchais mon chemin. A cette allure là, je sortirais jamais d’ici…


"-Pas eu le temps de me présenter, moi c'est Jakob,dit le voyageur en me tendant la main que je serrais machinalement. On ferait mieux de pas trainer ici, je vais chercher un abri, et je reviens vous chercher. S'agirait pas de vagabonder dans tous les coins avec ce vieux narcoleptique!"


Certes, mieux vaudrait ne pas trainer... D’autres pourraient arriver, et j’avais eu ma dose de gargouilles pour la journée. Voire le mois. Voyant du coin de l’oeil que la papi d’il y a un instant avait tourné de l’oeil et que près de lui une des gargouilles n’était plus qu’un vague tas de gravats, et que l’autre était introuvable, j’en concluais qu’une fois de plus, j’avais causé des problèmes et n’avait en rien aidé à le résoudre? C’est sur ce cas de conscience que je fit apparaitre une plateforme sur laquelle je posais le vieillard et que je poussais à travers tombe a la manière d’un brancard invisble flottant à un mètre à peu près du sol.

Cinq minutes plus tard, Jakob était toujours pas là. Et malgré les multiples claques gentillement administrées dont le seul résultat était les marques rouges ornant les joues molles du vieil homme. En proie à l’ennui comme un sadique devant quelqu’un ayant perdu le sens du toucher, je jettais ça et là quelques graviers, rebondissant sur les tombes, rentrant en contact avec des noms de personnes mortes depuis longtemps.

“Poussière tu redeviendras poussière”. Sobre épitathe gravée sur une pierre tombale. J’allais finir par devenir poussière aussi si Jakob ne se décidait pas à arriver plus vite.


“-La crypte abandonnée de ces messieurs vous attends ! Ce n'est pas très loin. Tu... Tu peux l'aider, toi ? Vite il ne fait pas bon de trainer par ici.

Reprenant mon brancard et poussant le marchand de sable a travers tombe, je suivais poulpe-man jusque son abri sûr. En espérant que ce soit vraiment sûr. Sur le ciel bleu nuit, la silhouette d’un caveau a moitié enfouit se découpait sur la couleur grise-verte du sol. Autant dire que rien n’inspirait confiance a la vue de ce caveau. Mais au point où j’en étais...

“-Au fait je m’appelle Noah pas Jacky… Ajoutais-je en passant devant Jakob avec le vieux flottant devant moi.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Sam 19 Juil 2014 - 16:18
Il lui avait laissé deux branches du candélabre allumés et les deux flammes effilés pointaient dans le noir comme deux cornes torsadées menaçantes. L'unique source de lumière restait suffisante pour éclairés les pierres froides du cachot et sa porte en bois sombre. Assis en tailleur dans un coin, le voyageur avait fermé les yeux et patientait sous les racines invasives d'un orme qui avait perçé le sous-sol et le mur concentrique vieillissant du caveau. A sa jambre droite une vieille chaine terminée par un boulet anthracite venait enfermé son mollet et à son cou deux disques rouges brillaient. L'homme ouvrit les yeux, il y avait du bruit dehors, des pas, des paroles prononcés, sa propre voix. Bluffant vraiment. Quand la porte s'ouvrit, Jakob pu admirer devant lui Jacky, le vieux croulant et lui-même. Alors son double aggripa la créature et le vieux voyageur et les balança aux côtés de Jak avant de recouvrir sa véritable apparence.

Plus tôt...

Une, deux, une, deux, une, deux ! En petite foulée Jakob parcourait les landes mortes à la recherche d'un abris. Il se fit chasser d'un terrier par des blaireaux décharnés, refuser l'entrée d'un tronc d'arbre par une moitié de chouette pour enfin découvrir enjoué une crypte qui sortait de terre. Voulant s'assurer que l'endroit était sûr Jakob ouvrit le battant grinçant et pénétra dans un couloir éclairé par quelques torches
flamboyantes.

- Y'a quelqu'un ici ? Hurla un Jakob innocent.

Pas de réponse, on continue. Le poulpe longea les murs jusqu'à trouver une petite salle vide à sa droite. Plus loin le couloir descendait dans les abysses mais nul besoin de s'y aventurer pour le moment, la crypte pourrait les accueillir. Jakob prenait le chemin de la sortie quand toutes les torches s'éteignirent d'un seul coup.

- Mais... qui a éteint la lumière ?
- C'est moi !

Le poulpe eut juste le temps de devenir livide avant de prendre un coup sur la caboche. Quand il émergeat un type aux longs cheveux miel, un squelette aux allures d'effigies mexicaines et un homme drapé d'un tissu blanc qui le recouvrait entièrement le regardaient avec anxiété.

- SALUT ! Firent-ils en choeur.

Vous entendez un cri de vierge apeuré. Ouai, c'est Jak. Les trois gus ne mirent pas longtemps à extorquer de Jakob ce qu'il fichait dans le coin et avec qui. Quand il su qu'ils étaient trois voyageurs totalement perdus et livrés à eux-même dans le cimetière, un large rictus se dessina sur le visage du blond. Tandis que ces deux amis se retiraient de la pièce en dansant tout excités qu'ils étaient, le blond s'approcha délicatement du cou de Jakob, huma sa peau et y planta ci-tôt ses deux canines scintillantes. Aïe ! Lorsqu'il s'éloigna, les deux fines tâches sombres se résorbaient déjà laissant une désagréable sensation au voyageur. Le vampire se détourna de Jakob mais le poulpe pu apercevoir dans l'entrebaillement de la porte le corps et le visage de la créature se contorsionnés, ses cheveux se raccourcir et se teindre, pour finalement se retrouver dans la peau du Baekeland en double plus vrai que nature.

- Ce ne sera pas long ! Fit le vampire enjoué en verouillant la porte.

Bon sang ! Il allait cueillir les deux autres gus en toute innocence, Jak devait les sauver. L'imbécile, j'explose sa porte à coup de siphon et je me tire ! Puis le poulpe se rendit compte qu'il avait à sa cheville un boulet si lourd qu'il n'arrivait même pas à le trainer par terre. Il a dit que ce ne serait pas long après tout.

Maintenant...

- Voyageurs et créature ! Si vous êtes dans cette crypte ce soir, c'est qu'un grand danger nous menace moi et mes collègues. Un mal a frappé les nôtres qui ne sont ce soir pas présent parmi nous... Mais vous vous pouvez tout changer !

- Z'allez pas nous tuer ?

- Tuer ? Mais il s'est passé quoi dans votre monde de merde pour que chaque putain de voyageur ou rêveur viennent nous faire chier en nous prenant pour des monstres tortionnaires ? On est des types sympa nous !

- Si vous étiez vraiment sympa vous ne m'auriez pas accroché au pied... ce boulet !
- Oui mais si on ne t'avait pas accroché ce boulet, tu te serais enfui !
- Oui mais si je m'étais enfui ça aurait voulu que vous n'étiez pas vraiment sympa !
- Oui mais si on n'était pas vraiment sympa on t'aurait cassé ta gueule !
- Oui mais si vous m'aviez cassez la gueule, alors vous n'auriez pas vraiment été sympa !
- Mais c'est exactement ce que je viens de dire !
- Ahah ! S'exclama Jakob croyant avoir trouvé une faiblesse dans le discours du blondin avant de se raviser. Ah.... Ah.... Mais alors qu'est-ce que vous nous voulez à la fin ?!
- Les potes du groupes ont une vilaine gastro alors si vous pouviez les remplacer ce soir, ce s'rait cool quoi. C'est l'grand jour, le concours inter-caveux de rock du cimetière !

Vous découvrez une vérité cinq degré en dessous de ce à quoi vous vous attendiez. Jakob dévisagea Jacky l'air ahuri. Il lui demanda ce qu'il comptait faire mais le vampire l'interrompit, lorsqu'il avait pris sa place, la créature des rêves avait dit s'appeler Noah pas Jacky. C'est pour ça qu'il m'interrompt ce con ?! Noah donc, n'avait pas l'air très réticent, de plus il était une créature, ça devait être banal pour lui supposa Jakob. Albert lui pionçait toujours comme un ours. Et on devrait faire quoi au juste ? Il fallait remplacer le guitariste et les deux batteurs, oui deux batteurs car le groupe possédait selon le vampire une batterie aux dimensions extravagantes. Noah semblait plus chaud pour la gratte.

- C'est que je veux bien moi mais j'en ai jamais fait d'batterie.
- Ca c'est pas un problème, répliqua le vampire tout sourire.

Comment ça pas un problème ? Ils allaient quand même pas faire du play-back ! Bon ils verraient ça en temps utile, présentement il fallait réveiller Albert. Jakob lui colla une claque et celui ci se volatilisa en fumée. Oups. Le vampire ragea, il avait mis des lustres a trouvé trois personnes qui accepterait de jouer, il ne restait plus assez de temps pour trouver un troisième laron.

- Je suppose que c'est pas un problème, fit Jak en faisant se déployer ses deux tentacules.

Le vampire lui présenta la main, et ils se serrèrent virilement les phalanges, effaçant toute suspicion restante. La créature de l'ombre se présenta comme Arman. Arman Cula. lol. Et il libéra la cheville étranglée de Jak. Alors le type coiffé d'un drap et le squelette débarquèrent dans la pièce et déclarèrent que tout était prêt pour la chasse aux âmes.

- Les âmes ? Quelles âmes ?
- Venez, on va vous aider à trouver votre fibre artistique ! Fit Arman en les emmenant en dehors du caveau. Pas question de sortir par le bas du classement ce soir !
- T'as dit que le groupe s'appellait comment déjà ?
- AvC-Décès, pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Rendez-vous en terre farfelue Lun 28 Juil 2014 - 15:58
"Hola muchachos, tou es prisonnier si!"

Euh... Non? Malgré mes protestations mentales dignes d'un Phoenix Wright en devenir, un squelette aux allures de mexicains me lia les mains sans que j'eut le temps de réagir. Autant dire que j'étais dans une brave merde lorsque je vis un second kidnappeur arriver. Un espèce de fantôme. Je dis bien "une espèce" parce que l'on voyait clairement les pieds de la créature des rêves sous le drap blanc. Pendant se temps, Jakob se transforma en grand blond. Celui-ci fit volte-face d'une façon théâtrale et annonça:
"-Tu es à présent mon otage, mwahahahaha!"
Il s'esclaffa comme ceci pendant quelques secondes avant de reprendre son sérieux. Le faux fantôme chargea Albert sur son dos, preuve supplémentaire que ce fantôme n'en était pas un, tandis que le squelette me fit signe d'avancer. N'ayant pas le choix, je le suivais. Entonnement, le transfert se fit sans heurt. comme s'ils ne voulait pas nous faire de mal. pourtant, s'ils cherchaient une rançon, j'étais pas la meilleure personne a kidnapper.

"-Pourquoi vous m'avez kidnappé?
-Ma qué... Yé sais pas trop. C'est lé boss qui nous a démandé dé vous prendre. Yé né sais pas."


Donc le boss était sûrement le blond. avant même que je ne pose une question, nous étions déjà dans une salle plus grande, plus spacieuse au milieu de laquelle siégeait Jakob, pieds et poings liés. Au moins ils ne l'avait pas tué.
"- Voyageurs et créature ! Si vous êtes dans cette crypte ce soir, c'est qu'un grand danger nous menace moi et mes collègues. Un mal a frappé les nôtres qui ne sont ce soir pas présent parmi nous... Mais vous vous pouvez tout changer !
- Z'allez pas nous tuer ?
- Tuer ? Mais il s'est passé quoi dans votre monde de merde pour que chaque putain de voyageur ou rêveur viennent nous faire chier en nous prenant pour des monstres tortionnaires ? On est des types sympa nous !
- Si vous étiez vraiment sympa vous ne m'auriez pas accroché au pied... ce boulet !
- Oui mais si on ne t'avait pas accroché ce boulet, tu te serais enfui !
- Oui mais si je m'étais enfui ça aurait voulu que vous n'étiez pas vraiment sympa !
- Oui mais si on n'était pas vraiment sympa on t'aurait cassé ta gueule !
- Oui mais si vous m'aviez cassez la gueule, alors vous n'auriez pas vraiment été sympa !
- Mais c'est exactement ce que je viens de dire !
- Ahah ! Ah.... Ah.... Mais alors qu'est-ce que vous nous voulez à la fin ?!
- Les potes du groupes ont une vilaine gastro alors si vous pouviez les remplacer ce soir, ce s'rait cool quoi. C'est l'grand jour, le concours inter-caveaux de rock du cimetière !"

Alors pour résumer, des monstres nous avaient kidnappés pour que l'on joue dans leurs groupes. Rien de très inhabituel au final. Je m’adressais au vampire pour lui dire que je choisirais la guitare. Quitte à faire du rock, autant avoir la classe. Seul problème je ne savais pas en jouer. Et une soirée ne serait pas assez pour apprendre.

"-Oh, le fantôme là!
-Booouuuuh?
-Ouais toi là, on fait comment si on sais pas jouer?
-Bouuhh...
-T'es con ou quoi?
-Bouhouhouhou.
-Hé muchachos né sois pas méchant avec Bouh? Il sé yousté dire "Bouh" touté la yournée. Et pour ton problème, tou va dévoir commounier avec oune ame dé guitariste.
-J'ai pigé la moitié de ce que t'as dit mais bon...
-Boss! Yé prends lé gars aux cheveux blancs pour loui donner oune ame.
-Vas-y Chapo, je m'occupe de l'autre."


Suivant le squelette qui m'avait détaché, nous nous rendimes devant la tombe d'un certain Jimi Hendrix. Ce nom ne m'était pas inconnu, alors le cadavre sous mes pieds devait être quelqu'un de plutôt connu quand il était encore frais.


"-Et maintenant je fais comment?
-Tou dois dire "Raviolo ravioli, mon p'tit Jimi viens ici, j'ai un concert tout à l'heure mais je sais pas me servir d'une Fender"
-Je suis obligé de dire Raviolo ravioli?
-Béh oui sinon ça né marche pas!
-Bon... Raviolo ravioli, mon p'tit Jimi viens ici, j'ai un concert tout à l'heure mais je sais pas me servir d'une Fender.
-Voilà, c'est fait!
-Quoi? Y'a pas d'explosions, de feux follets ou un truc du genre.
-Bah on a pas assez de budget pour tout ça amigos..."

Putain ça craint quoi, sérieux. M'enfin bon, de retour au caveau, lorsque le dénommé Bouh me tendit une guitare des ses mains normales, attestant qu'il n'était pas plus fantôme que je n'étais peintre, mes doigts bougèrent d'eux mêmes et un riff endiablé sortit de l'enceinte. Même si les effets spéciaux étaient dégueulasses, le résultat était bon, j'étais possédé. Chapo m'applaudit et commence a me tendre la fiche sur laquelle le morceau que nous allions interpréter était transcris. Automatiquement, ma main pris un stylo qui n'avait rien a faire dans un caveau et rectifia quelques imprecisions, changea quelques notes ici et là, ajoutant un slide, un bend ou un hammer-on à l'occasion.

"-Mes chers, nous sommes prêts! Allons jouer!"

Nous mettant en marche, nous arrivions vite devant une lourde cathédrale de pierre de style gothique. Une banderole ornait sa façade, avec la sobre mention "Death to all but Metal". Un tapis rouge s'allongeait jusque dans la cathédrale, tapis sur lequel les paroles d'un certain "Highway to Hell" était brodées. On pouvait déjà entendre de la musique sortir de l'édifice, amplifiée par l'écho.
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Rendez-vous en terre farfelue

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