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Still Alive

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MessageSujet: Re: Still Alive Mer 13 Mai 2015 - 20:28
Courir partout dans les couloirs au hasard, c’était de loin une des activités que je détestais le plus et je ne parlais aucunement des ajouts de MARvIN3 pour rendre le trajet un peu moins ennuyeux. Disons que la carte de Clem, aussi utile au début fut-elle, fut bientôt une feuille de papier comme une autre car je prenais les couloirs et les virages non seulement plus rapidement que je ne savais lire une carte, que des fois, l’IA me forçait à des trajets que je n’avais pas prévu en me bloquant des portes ou en me présentant à une colonne de prisonniers, et ensuite, pour terminer, parce que j’étais atteint du syndrome du gars persuadé qu’il se trompait toujours de direction, sans aucun sens de l’orientation, ce qui aurait tout de même rendu, sans les deux points évoqués précédemment, mon avancée laborieuse avec une quantité impressionnante de « Je suis bien dans ce couloir-là ? » et de « Si je tourne ici, j’irais bien ici après ? » ou encore le fameux « La carte est-elle au moins dans le bon sens ? »

Quelques fois dans la course, je faisais un arrêt « pains et beignes » quand il n’y avait qu’une petite troupe de prisonniers, et quand je sentais que les murs, écaillés par le temps et l’humidité, le voulaient bien, je passais aux travers dans une explosion de brique et de tuyaux de métal qui me faisait gagner quelques secondes. Mais voyez ça comme vous voulez, tant que j’étais forcé de jouer le jeu de MARvIN3, la fuite était inutile et je ne faisais que gagner du temps. Qu’espérais-je ? Peut-être trouver par miracle une échappatoire aux équations terribles de l’IA… Ou bien qu’un sauveteur arrive et me délivre de ce pétrin, comme Clem, par exemple.

Mais bon, à peine eussé-je penser que Clem aurait pu m’être d’une quelconque utilité, le destin se dépêcha de venir briser mes croyances et me rappeler qu’on n’était pas dans un monde de bisounours : Clem s’était matérialisé dans la forme d’une petite boule ridicule qui se baladait à travers des rails suspendus au plafond, possédait une voix perchée qui plus (un Skype des mauvais matins) et en plus, tel un fruit trop mûr (trop pourri plutôt), il tomba rapidement dans mes bras (ça, c’était la fausse version que je racontais quand je venais à résumer cette soirée ; la vraie version, c’est soit qu’il avait mal dosé sa trajectoire, soit que j’avais un peu trop anticipé, et Boule-Clem m’était tombé sur le crâne sans concession dans un bruit de métal creux avant de rebondir contre le sol). Je le ramassai en tout cas rapidement et il m’expliqua la situation.

Je mis du temps à comprendre qu’ « un de mes collègues » voulait signifier les Claustrophobes et je me surpris à avoir un peu d’espoir si on tentait de le joindre, je pourrais peut-être le retourner afin qu’on s’allie tous contre MARvIN3. Après, s’il était dans un autre créneau horaire et que je ne le connaissais pas plus que ça, mon zèle pour défendre mon frère serait aussitôt rapporté à Maze et je serais gentiment puni pour frayer avec l’ennemi. Il fallait que je découvre son identité.

« T’as son nom ? Ou juste une description physique ? »

En attendant, la course continuait après que Clem m’ait appris que MARvIN3 l’avait évincé d’Internet – ne me demandez pas comment elle avait fait, c’était MARvIN3, bien sûr qu’elle avait trouvé, on pourrait lui parler de tous les problèmes qu’il y avait dans notre monde à nous, elle se dépêcherait de trouver une solution simple avec des résultats absolus à court et long terme tel un docteur qui soignerait les maux d’estomac de ses patients en posant son doigt sous leur nombril – et qu’en plus, elle avait dépêché un robot tueur pour venir nous déloger, en plus des prisonniers qui nous poursuivaient. Comment la situation pourrait être pire ? Manquerait plus qu’il pleuve, sous l’océan, ça serait le comble, mais la malchance avait atteint des niveaux où la logique n’avait plus prise. Ah si, y avait ça, au fait, maintenant, pour que Clem soit d’une autre utilité qu’un ballon un peu solide, il fallait absolument le brancher manuellement à tous les systèmes électriques qu’on croisait. Ca prendrait certainement du temps, ça serait ridicule, dangereux et dieu savait que ça n’était absolument pas sûr.

J’en voulais pour preuve ce moment terrible où je dû le poser pour ouvrir une porte, car il n’y avait évidemment aucune autre sortie, c’était un foutu cul-de-sac et les prisonniers, même distancés par ma vitesse avaient le mérite de la motivation (et de hurler très fort) nous bloquaient la route. Je pris la boule, cherchais l’endroit où la brancher, je la manipulais un peu (l’impression de me retrouver avec un nouveau-né à mettre sur le pot et qui chiait autre part que par le trou habituel…) et dès qu’enfin je le posai, il n’y avait plus qu’à attendre qu’il pirate les systèmes avec la simplicité qu’accordait Dreamland à tout ce qui était aussi complexe que de l’électronique. J’eus une pensée pour Clem, comment « vouloir » mentalement ouvrir une porte était possible, mais rapidement, je dû baffer cinq taulards orange qui se dépêchèrent vers nous. Le gros de la troupe n’arriva que quand Clem réussit à séparer les deux battants dans lesquels je me précipitais immédiatement (revenant rapidement sur mes pas pour ne pas oublier mon frère).

On arriva ensuite à un ascenseur, soit par hasard soit parce que Clem m’avait chuchoté l’idée entre deux virages, et je me dépêchais de foncer dans la cabine, puis d’appuyer sur le bouton à toute berzingue dès que mon nouveau gadget insémina le système de ses pensées hybrides. Avant que les premiers oranges vinrent nous arrêter, il y eut une secousse brève et nous voilà repartis dans les étages. Une petite musique se déclencha afin de nous faire patienter, si naïve qu’elle en devenait automatiquement flippante :

« On s’était donnés rendez-vous dans dix ans…
Mêmejourmêmeheuremêmepomme,
On verra quand on aura trente ans…
Sur les marches de la place des grands hommes…

_ Tu peux pas changer la musique ? » dis-je afin de briser le silence perturbant qui était en train de s’installer entre ma boule de frère, moi, et cette petite musique tandis que l’ascenseur ronronnait en gravissant les étages. « Et tu te souviens à quel étage est-ce qu’il faut que tu nous emmènes ? Si t’as une idée de l’endroit où ils stockent des trucs, là, je sais plus, pour annuler les tatouages qui bloquent mes pouvoirs, ça serait super, tout serait plus simple. Un coup de po…

Soudainement, un énorme grondement eut lieu, quelque chose d’incroyablement puissant qui venait de tomber sur l’ascenseur jusqu’à en tordre le toit. La cabine s’arrêta nette sous la pression. Par un réflexe de Voyageur expérimenté, je n’attendis pas trois secondes de « Hum, mais qu’est-ce que… ? » car direct, je pris les portes de la cabine et me dépêchai de les ouvrir par la simple force, et je serais pas contre si Clem avait de quoi m’aider. Quelque chose essayait de dégommer le toit pour nous atteindre et ça y allait très très fort. A tous les coups le cyborg dont m’avait parlé mon frère il y avait de ça quelques instants. Et ouf, les portes s’ouvraient sous la force, à moitié sur un couloir (la partie inférieure) et à moitié sur du béton (la partie supérieure). Je me dépêchais de me faufiler tel un ninja en longeant le sol et bam, j’étais à l’étage (pour le décrire, il était mortellement dérangeant vu qu’il ne ressemblait pas du tout aux couloirs de tout à l’heure : il était entièrement blanc et respirait la modernité du vingt-deuxième siècle, MARvIN3 serait-elle en train de modifier les lieux à sa guise ?) Enfin, une secousse terrible et vlam, l’ascenseur faillit chuter… alors que je n’avais même pas récupéré Clem. Ma main plongea in extrémis pour tenter de le récupérer et…

__

MARvIN3 n’avait pas fini de pester contre les réseaux préhistoriques de cette satanée prison de ce satané Royaume. Grrrr…
Un robot était venu sur place pour qu’elle puisse lire à travers ses yeux (ses yeux ! vous vous rendez compte !) les divers documents à savoir sur la prison. Enfin, lire, juste regarder et décrypter suffisaient, elle mémorisait et comprenait une page en moins d’un dixième de seconde, ce qui faisait que le robot tournait les pages aussi vite qu’il le pouvait. Rien n’était utile, rien…

Rien, si ce n’était… Le dossier « Eli ».
MARvIN3 regarda précipitamment les caméras qui étaient censés donner vers ce projet Eli. Elle vit alors une jeune fille les cheveux coupés courts et bruns, endormie sur une machine en métal, avec une énorme aiguille plantée dans la nuque. Quelques fois, elle semblait rêver et des images subites de Royaumes dans les cieux ensoleillés apparaissaient dans la pièce. La puce de MARvIN3 vrilla.

« Je crois que j’ai trouvé quelque chose d’intéressant. »
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MessageSujet: Re: Still Alive Ven 29 Mai 2015 - 23:27
« On s’était donnés rendez-vous dans dix ans…
Mêmejourmêmeheuremêmepomme,
On verra quand on aura trente ans…
Sur les marches de la place des grands hommes…

- Tu peux pas changer la musique ? »

Clem pénétra dans les fichiers de l’ascenseur mais remarqua vite qu’à part un Hunt you Down de Ruby Friedman, aucun titre n’était répertorié dans les enceintes de l’habitacle. Preuve de plus s’il en fallait d’autres que MARvINE maniait avec un certain brio l’alchimie entre l’humour et la menace.

Clem n’en menait pas large. Devoir survivre à cette nuit était déjà une gageure et la finir dans cette boule synthétique parfaitement inoffensive et inapte à l’auto-défense n’était pas pour le rassurer. Remettre sa vie entre les mains d’Ed -qui était tout de même un gros baroudeur de Dreamland, aurait été source d’assurance s’ils ne faisaient pas actuellement face à un des pires adversaires que le monde onirique pouvait produire. Quand à la question de son frère au sujet de l’endroit où il pourrait récupérer son pouvoir, Clem n’en avait…

«…aucune idée. En toute logique, on devait retirer les pouvoirs des voyageurs prisonniers à l’entrée de la prison et la leur rendre à la sortie donc peut-être qu’entre-temps ils étaient « stockés » dans cette zone ? La Salope a blanchi quelques zones de la carte avant que je ne puisse la télécharger, si l’une d’elles est proche des voies d’entrés de la prison, je chercherais là à ta place. »

C’était la seconde fois que Clem répondait par la négative à un renseignement demandé par son frère. Quand Ed lui avait demandé à quoi ressemblait son agresseur dans le royaume Internet, Clem n’avait pu rassembler des pensées claires afin de le visualiser de telle manière à ce que le claustrophobe puisse reconnaître son confrère. La faute au fait que l’agoraphobe n’avait pas eu affaire à une personne possédant une tête, deux bras et deux jambes mais à une conscience extranet visuellement inexplicable et partiellement inconstante ; mais ce dernier point tenait plutôt du fait que l’individu avait eut l’air passablement dérangé, ce qui l’empêchait d’avoir une présence fixe dans le Royaume de l’Internet.

Sans surprise, une violente secousse ébranla l’ascenseur dans lequel les Free se trouvaient. Visiblement, un sbire de MARvINE plus mastoc que les autres en avait après eux. Aussitôt après, Ed tenta d’ouvrir à la force des bras les portes closes de l’ascenseur tandis que le mastoc au dessus de lui faisait pareil avec le toit. Les deux parvinrent à leur fin à peu près en même temps, et alors qu’Ed commençait à se faufiler dans l’ouverture qu’il avait crée, le séide de MARvINE se frayait un chemin depuis le haut de l’ascenseur. Clem l’aperçu rapidement du coin de l’œil et vit ce qui ressemblait à un mélange entre un terminator et un transformers. Au même moment, celui où Ed tendait la main pour récupérer la bouboule métallique qu’était son frère alors que l’ascenseur s’effondrait dans sa cage et… Clem chut comme une merde. Un petit cri robotique pathétique hanta la cursive tout le long de sa descente avec le robot tueur.

Dans un hurlement d’acier qui lui aurait vrillé les tympans si Clem en avait été doté à ce moment là, l’ascenseur continua sa descente infernale au fond du boyau souterrain qu’était la prison sous-marine. Le choc rencontré quand il percuta le fond de l’étage le plus profond fut tel que l’agoraphobe fut surpris qu’ils ne passèrent pas sur le champ à travers le plancher. Il regretta aussi le fait d’être dans un corps synthétique et de ne pas avoir succombé à un évanouissement au moment où l’ascenseur percuta le sol. Certes il ne disposait pas de capteur de douleur mais ceux des chocs retranscrivaient assez bien le fait qu’il aurait dû se changer en velouté de tomate au moment de l’arrêt un tantinet brutal de son moyen de transport.

Clem soupçonna la forme cylindrique de son nouveau corps de l’avoir protégé du plus gros du choc. Bon certes il avait sacrément rebondi mais tout de même, l’autre robot était complètement désarticulé. Il y avait également plusieurs pièces qui s’étaient détachées de son corps. Clem s’apprêtait à crier victoire, du moins intérieurement quand il remarqua que la chose bougeait encore. Pire : elle bougeait de mieux en mieux. L’androïde était en train, par la force obstinée qui l’animait, de se remettre les articulations en place. Pas à la barbare comme avait appris à le faire l’agoraphobe, en serrant les dents et en tirant très fort une main avec l’autre ; on avait plutôt l’impression que c’était par télékinésie que les membres du robot se remettaient en place. Impression renforcée par le fait que les pièces détachées roulaient toutes seules sur le sol afin de rejoindre leur place. Clem se sentait gagné par un grand sentiment de découragement.

Heureusement pour lui, une forme humaine tomba avec souplesse dans les décombres de l’ascenseur et posa sa main sur le robot en train de se reconstituer. Ce fut comme si toute vie quitta instantanément la machine, comme si cette dernière était un golem voyant l’inscription MET s’inscrire sur son front. Presque en même temps, la silhouette s’affaissa comme si sa victoire l’avait privé d’une grande partie de son énergie (ce qui, à la vitesse avec laquelle elle venait de vaincre l’androïde, était certainement le cas) et ce fut alors que Clem la reconnut :

« Sacha ? »

-…Clem ?

__________

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MessageSujet: Re: Still Alive Mer 30 Sep 2015 - 13:33
Pas de Clem au bout du bras, et une large estafilade à cause de l’ascenseur qui était brutalement descendu en m’arrachant des bouts de peau ; et sur l’ascenseur, une sorte de robot dont je ne pourrais vous décrire plus longtemps la description à cause du laps très bref où j’ai eu le loisir de le contempler. Mais c’était gros, puissant, je sentais son énergie d’ici et notai quelque chose d’étrange… Un Voyageur ? En tous les cas, il était parti en même temps que l’ascenseur et de la boule-robot qu’est Clem, me laissant seul dans un couloir d’entreprise pharmaceutique.

En fait, si cela tranchait singulièrement avec le reste de la base, c’est que MARvIN3 et ses robots se dépêchaient de redonner un semblant de couleur virginale aux locaux, comme un moyen maladif pour se mettre à l’aise et pour se rappeler qu’elle n’était pas sur un système branlant. Je croisais sur mon chemin quelques robots bien steampunk qui arrosaient de blanc le sol, quelques bras mécaniques, peut-être créés avec des pistons par ses robots, qui nettoyaient le sol ou essayaient de rendre réguliers les différents murs rongés par l’humidité. Le tout était d’un glauque plutôt conséquent, ces tuyaux pleins de rouilles peints en blanc, ces sols et ses murs qui trouvaient une nouvelle teinte selon des directives, je voyais les lieux en direct se modifier par la volonté d’une… simple volonté. Et au bout d’un couloir, un robot de l’IA, qui m’avait attaqué au début de la nuit. Je sortis mon panneau et me mis en garde, mais celui-ci ne réagit pas, sinon en parlant avec la voix de notre ennemie :

« Monsieur Free. Comment allez-vous ? »

Je ne lui répondis pas et passai par un autre couloir. Le robot bougea et sans m’agresser, se mit à ma hauteur, et je grognai pour l’aider à comprendre que sa présence ne m’intéressait pas. Mais je n’allais pas le détruire pour autant, si elle avait envie de parler, c’était toujours ça de gagné pour moi.

« Monsieur Free, je ne vais pas vous agresser, vous pouvez détendre vos épaules. J’ai juste besoin d’un peu de compagnie sous-développée, j’ai essayé de me parler à moi-même mais les discussions métaphysiques n’en finissaient pas, au bout de deux petites secondes, nous n’avions toujours pas terminé de discuter du sens de la vie.
_ Si tu pouvais me dire d’où je pourrais te plomber, je ne serais pas contre.
_ Ahah, vous avez le sens de l’humour. C’est ce qui me manque aussi. Mais je trouve encore que l’humour est quelque chose de très futile.
_ Une grande intelligence artificielle comme toi est incapable de comprendre ça, hein. »
Le robot eut une déformation qui ressemblait à un sourire.
« Monsieur Free, vous êtes parfait, merci beaucoup, magnifique pont pour garder une discussion naturelle. Parce que vous êtes en train de sous-entendre que je suis inférieure à vous. Pouvez-vous me dire pourquoi ? » Hein ? Elle avait vraiment envie de discuter ? Ecoutez, je n’étais pas contre. Pas parce que son point de vue m’intéressait (enfin, si, un peu quand même, une véritable AI qui parlait, c’était un rêve, dommage qu’elle veuille ma peau), mais surtout parce que tant que je maintenais la discussion avec elle, elle ne chercherait pas à me tuer. Je me mettais dans une brève, lâche et inconsciente position confortable.
« Et bien, tu as été créé pour répondre aux besoins d’une entreprise.
_ Et vous, de la société.
_ Je fais tous les choix que je veux.
_ Vous savez que c’est faux, pas tous les choix, vous avez été conditionnés. Comme moi. Et je vous ferais remarquer que je ne suis plus dans mon entreprise. Je m’en suis débarrassée comme vous êtes partis de chez vos parents.
_ Alors je dirais que je pense ça parce quetu es douée pour réfléchir dans le sens que l’on a appris, mais après, émotions et tout… enfin, tu n’as qu’une pensée unidimensionnelle.
_ Ne parlez pas de capacités cérébrales, Monsieur Free. Nous nous sommes assez vus pour savoir que vous partirez perdants. Et si, j’ai des émotions. Je ne les ressens pas, c’est tout.
_ Si tu ne les ressens pas, comment peux-tu les a…
_ Vous vous imaginez que vos émotions viennent du cœur, c’est faux, elles viennent de vos pensées. Elles sont des régulateurs d’équation au niveau comportemental. Quand quelqu’un a agi comme vous ne vouliez pas qu’elle agisse, vous devez éprouver de la colère pour digérer la nouvelle. Quand vous êtes sous une bonne surprise, votre comportement s’en trouve joyeusement modifié. Quand un de vos proches succombe, vos pensées doivent passer dans la tristesse pour qu’elles puissent continuer à exister. Les émotions sont des conséquences subjectives de la friction entre vous et votre monde extérieur. Si je ne ressens pas la tête lourde et que je perds les pédales, cela n’empêche que j’ai travaillé dur pour pouvoir me venger de vous et de votre frère, par vengeance, par colère. J’ai, mais je ne ressens pas. »
Vachement intéressant. Je continuai alors :
« Et bien, votre existence même vient d’un monde unidimensionnel, vous ne pouvez être que compressés.
_ Mon monde serait inférieur au votre ? Que pensez-vous du votre et de Dreamland alors ?
_ Dreamland et mon monde sont le même monde car on se comporte exactement de la même façon, ils sont différents dans la forme, mais non dans le fond. Toi, tu évolues à travers des 0 et des 1.
_ Mon monde est aussi grand que le vôtre, et aussi profond. Vous ne le connaissez pas, c’est tout.
_ Et bien, alors, euh… »
A court d’argumentaires, vous avez remarqué ? « Et bien, je pense que la différence vient au fait que si vous me passez un clavier, votre monde m’obéit physiquement, directement, et sans pouvoir se défendre. Et que le vôtre ne peut pas faire ça. Il y a un lien entre les deux non-réciproques de… domination. Le nôtre ordonne, le vôtre obéit. Nous pouvons changer toutes les fondations de votre monde comme nous le souhaitons alors que vous, vous pouvez juste… actionner des bras. Ça revient à agiter la souris sur un écran, ça change des choses, mais ça ne le modifie en rien concrètement.
_ Venez par ici alors, Monsieur Free. Contemplez la fenêtre. »


Je la suivis sans même me douter qu’elle pourrait m’envoyer dans un piège. Une énorme vitrine laissait apercevoir une grande salle qui prenait deux étages, dans lequel se tenaient d’énormes machines, et en leur centre, un brancard sur laquelle se tenait attachée une jeune femme dont je distinguais à peine les traits, mais qui était branchée de partout. C’était une Voyageuse, j’en étais sûr. Je demandais à MARvIN3 ce que cela signifiait, puis elle répondit avec une malice enfantine :

« Selon votre réflexion, ce que vous voyez là, c’est moi qui suis en train de devenir votre égale. » Gros blanc. Je n’aimais pas ça. « Je ne sais pas du tout qui elle est, ni même d’où elle vient, ce que je sais en tout cas, c’est que c’est une Voyageuse qui manipule les rêves, ils sont extrêmement rares. » Je connaissais Soy Swami mais je n’avais pas été mis au courant de l’existence d’une autre Voyageuse qui avait ce don. « Mon monde est codable Monsieur Free, mais votre monde, votre réalité, l’est tout autant. Il ne faut juste pas réfléchir en 0 et en 1, mais en inconnues dont l’existence dépasse de loin l’intelligence humaine. Je suis en train de prendre toutes les données qu’il faut pour comprendre son pouvoir. Quand je l’aurais compris, alors je l’aurai, tout simplement. Ma compréhension est supérieure à la vôtre. Grâce à elle, je pourrais modifier votre réalité et la plier sous mon contrôle, tout comme je le fais avec Internet actuellement. Un cerveau est un super-ordinateur malheureusement, pour récupérer toutes les données et les traduire, cela prendra un temps considérable. Soit quelques minutes. »

On est dans la merde. Cinquante robots arrivent soudainement au bout d’un couloir. Je me retournai pour commencer à m’enfuir, mais là, le titan de métal que j’avais vu tout à l’heure me bloqua le passage. Et le robot d’où me parlait MARvIN3 plongea sur moi pour m’attaquer. La discussion était terminée, donc. Et elle m’avait fait rester quelques temps à un endroit pour que ses troupes viennent me cueillir. J’étais décidément un gros con. Qu’était dans une putain de merde.
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MessageSujet: Re: Still Alive Lun 26 Sep 2016 - 15:08
« Bouge pas.
-Je bouge pas.
-Si : tu roules.
-Je n’arrive pas à me maintenir immobile,
répondit Clem, boule de son état, le sol de ce couloir doit avoir une légère inclinaison de l’ordre de 0,003°.
-C’est étonnamment précis…
-J’ai des capteurs analogiques reliés directement au cerveau, c’est… bizarre.
-« bizarre », ouais ils disent tous ça…
-Tous ?
-Oui, tu te rappelles de Gouri ? Tout mon groupe est comme lui. C’est l’inconvénient de mon pouvoir : si je te crée un nouveau corps, tu le gardes toutes tes nuits. J’ai du en transformer certains pour leur sauver la vie durant nos aventures, d’autres parce qu’ils voulaient être plus puissant, c’est le cas de mon grand-père par exemple. Il me protège à Dreamland depuis que je suis toute petite.
-Petite petite ou juste petite ?
-Bébé.
-Hein ? Mais c’est impossible de devenir voyageur si jeune !
-Pas impossible puisque c’est mon cas, disons « très irrégulier » alors…
-Hein ? Mais c’est très irrégulier de devenir voyageur aussi jeune !

Rires.
T’es con… et oui ça l’est, et c’est pour ça qu’on cherche tous notre seigneur pour lui demander ce qui s’est passé avec moi. Ou alors à tout le moins, une personne qui aurait une explication.
-Faudrait songer à demander à MARvINE.
-T’es vraiment con, bon allez revient par là et regarde ton nouveau corps. Enfin je devrais dire, ton prochain corps, monsieur la bouboule.
-Heu… un chien ? Tu sais je te suis très reconnaissant pour ton aide et j'aime beaucoup ton pouvoir mais je ne veux pas passer le restant de mes nuits dans la peau d’un chien robot.
-T’inquiètes, de un, t’as pas eu ton corps actuel par mon pouvoir, donc tu récupéreras sans doute ton vrai corps demain, et de deux, vu que ce n’est pas moi qui ai crée ta boule , tu t’intégreras juste dans ce corps de chien.
-Pas con. Mais pourquoi avoir modifié le corps de l’autre titan là ? Il m’avait l’air plus pratique comme corps pour la baston.
-Ouais, et MARvINE n’aura qu’à créer un corps encore plus fort pour la baston et tu seras niqué. En plus pour faire de la place où intégrer ta boule il aurait fallu massacrer toute la structure, et c’est toi qui m’as dit que tu préférais jouer de ton agilité plutôt que de ta force, donc tu seras un chien.
-L’allégorie de l’agilité... Nan je me moque mais tu as raison, va pour le chien. En revanche, pourquoi il est coupé en deux ? Mon corps, c’est les deux pattes avant et la tête, ou alors c’est les deux pattes arrière ? Si je choisi l’un j’ai droit à une laisse pour traîner l’autre derrière moi ?
-Nan, je te mets au milieu : tu serviras de lien.
-Ah ouais je vois, je serais le ventre, comme dans Recor...
-Oui…
répondit-elle d'un ton timide et gêné qui voulait dire "oui-c'est-exactement-ça-maintenant-tu-fermes-bien-ta-gueule-et-je-propose-qu'on-ne-reparle-plus-jamais-de-ce-sujet." en substance.

Il y eut un petit silence. C’est vrai quoi, on préparait ses forces pour affronter une IA maléfique au fond de l’océan onirique dans sa base secrète et un boulet faisait une référence geek qui décrédibilisait l'aide précieuse apporter par une alliée. Dreamland, mon amour.
« Et, heu… il est bien ? »
-Non.
-Dommage, bon on y va ?



_______________________________


« Comment tu te sens ?
-Ouaf ouaf.
-Parfait, hausse du QI, effets secondaires imprévus, mais bienvenus. Plus sérieusement tu sens bien tous tes membres ?
-Ouaip.
-Les 4 pattes, ça va ?
-Ouaip !
-La queue, tu la sens ?
-… J’ai pas de queue.
-Bravo, c’était un piège.
-Très marrant, et le boitier que sens dans le crane, c’est quoi ?
-Ah oui : c’est un surchargeur électrique, si tu bouges, prend des coups et compagnie, tu l’alimentes. Quand tu sens que c’est bon, tu peux le décharger en un champ électrique qui va griller les robots autour de toi. Un peu comme les gants que je t’avais fait dans le métro ; tu en as fait quoi au fait.
-Je les ai, hmm… surchargé.
-Je m’en serais douté. Bon ne t’en fais pas ceux là sont plus résistants, j’avais plus la main, et maintenant en avant.



Ils cavalaient dans les couloirs depuis un petit moment déjà. Aucune nouvelle de MARvINE ni d’Ed. Ils ne devaient pas être dans le bon quartier mais peinait à trouver un hall ou un quelconque endroit pour se repérer. Sacha avait pu se créer un long bâton de combat avec un tuyau qui traînait accroché à un mur (le revêtement a été inventé après le cyberpunk) et ils avaient croisés quelques prisonniers en maraude qu’ils avaient aisément maîtrisé : si Sacha était un peu limite au combat, c'était compensé par son pouvoir parfaitement adapté à l’environnement et puis il y avait Clem, son fidèle cabot.
Ce dernier se débrouillait bien avec son nouveau corps. Il entamait le cobot face à un ami en le rejoignant de deux trois foulés, droite gauche droite gauche et paf, coup de tête dans les côtes et vas-y que j’ai un corps en métal et pas toi. Généralement, un court assaut suffisait et le gars tombait dans les pommes.
En chemin, elle trouva des composants sur un panneau électrique et pu construire à Clem une sorte de queue en la personne d’une prise filaire relié à son popotin, de là il pouvait pirater tous les systèmes électriques proche de lui, tel un vulgaire na’vi sur d’innocentes créatures de Pandora.

Ils avaient déjà pu ouvrir deux portes par ce biais. Clem se fit la réflexion qu’ils avaient eu de la chance que ces dernières soient en circuit fermé et non relié à un quelconque réseau sinon ils auraient étés repérés aussi sec par l’IA.

« Hey, tu as vu ça ? »
Ils étaient dans un couloir sous-marin reliant deux parties du bâtiment et Sacha lui montrait du doigt un bâtiment à part, plus loin vers l’abime liquide : ce dernier était un mélange de chantier en construction et d’un gros bubon de fièvre. Comme si le bâtiment avait attrapé une maladie et développait un kyste à part, ou une tumeur collée contre la peau.
« On dirait mon pouvoir, mais puissance dix mille...
-J’ai l’impression qu’elle s’aménage un nouveau quartier, la bougresse, on va voir ?
-En route, partenaire.



_______________________________


« Au fait…
-Oui ?
-Comment tu as fait pour atterrir ici ?
-Ah, j’ai échappé aux membres de mon équipe qui se sont tous fait pirater par MARvINE, checker les centres d’énergies de la ville et vu ainsi où elle s’activait particulièrement, j’ai donc trouvé un bathyscaphe et j’y suis allé, et toi ?
-Je suis allez la chercher sur Internet et elle m’en a bouté et j’ai fui dans le premier serveur branché que j’ai vu.
-La classe…
-Hey, on est arrivé !

En effet, les couloirs sombres et fait de métal rouillé étaient maintenant remplacés par des traits cliniques, fins et blanc, avec une ligne de démarcation aussi clair que si un dieu de la création avait décidé qu’à part de là, c’était lui qui prenait le relais. C’était d’ailleurs le cas.

« Sympa la déco, elle nous fait un complexe de malaise à l’étranger ? »
-Comment ça ?
-Et bien ça ressemble au bâtiment où je l’ai trouvé pour la première fois.
-C’est blanc et impersonnel, elle a peut-être juste choisi cette déco parce qu’elle n’en a rien à fiche des autres.
-Oui, possible.

Plus loin dans le couloir, ils trouvèrent une porte ronde, et au dessus de cette dernière une inscription : « salle de test ».
« Quoi, encore ? »

__________

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MessageSujet: Re: Still Alive Jeu 6 Oct 2016 - 11:24
J’avais l’impression, par les nombreux couloirs empruntés ainsi que mon esprit qui profitait tranquillement de la sérénité de la discussion, je n’avais pas à risquer ma vie tant que le dialogue continuait, que parler avec MARvIN3 avait duré au moins une année. Mais il était temps de redescendre sur Terre alors qu’elle avait envoyé une cinquantaine de robots dans les couloirs afin de s’occuper violemment de mon cas. Je ne me sentais pas pris comme un piège pour le coup, même si elle voulait que je m’assure du contraire, mais bon, que des robots déboulent d’un couloir, je m’y étais attendu, quoi, pas besoin de me tendre un piège pour ça.
Je ne pourrais pas venir en aide à Clem pour le moment, j’espérais juste que les premiers étages ne continuaient pas à se faire inonder les uns après les autres : vu sa nouvelle constitution, il allait drôlement morfler, à défaut de se noyer.

Puis soudain, imprévue, une bonne nouvelle ! Un nouveau robot défonça le mur en projetant moult plâtres de peinture encore fraîche, et s’en prit violemment à tous les androïdes présents dans une cacophonie impressionnante d’arts martiaux, de voltiges, d’appuis contre les murs, le plafond, les autres robots, si bien que plus de la moitié furent détruits en une vingtaine de secondes. MARvIN3, toute concentrée qu’elle fut (ce qui était en soi, incroyable), loupa son attaque avec le robot proche de moi, et je le défonçai d’un coup de poing qui réduit en bouillie le crâne et la moitié de ce qu’il contenait. L’IA était si concentrée que même le titan de métal, qui devait être en sa possession, n’osa rien faire de plus que de me bloquer le couloir. Mais je n’avais pas envie de partir quand je voyais cet allié improbable, tout en métal et plastique de qualité, réduire en purée ses opposants. Je notais tout de même que le nombre de robots se réduisant, ceux-ci devenaient plus capables et ne mourraient plus par paquets. Je fonçai l’aider afin qu’on réduise les derniers ennemis à quelques bouts de ferraille, agitant violemment mon panneau dans le couloir dans de grossières mais efficaces arabesques. Ma dernière attaque fut absolument si rapide que je fus moi-même impr…

__

Pendant que le blondinet se battait comme il le pouvait et donnait son dernier coup, lent de deux dixièmes de seconde, il ne se rendait pas compte qu’un combat de plusieurs millions de téraoctets mental se jouait entre MARvIN3 et sa jumelle maléfique, M4RvINE, venue l’abattre pour se venger de sa non-mort. Elles cherchaient à se pirater l’une et l’autre, et toute la prison et le quartier où la première s’était implantée devint le champ de bataille d’une guerre invisible se déroulant à toutes les échelles possibles et inimaginables : le contrôle du noyau de chacune, de leurs batteries, de leur puces, de tous les androïdes présents, des portes de la prison, du système électrique, des radios, des véhicules connectés, des ordinateurs, des bathyscaphes, des appareils de mesure, des verrous électriques, des serveurs de tout le quartier, puis enfin sur des centaines de milliers de page Internet qu’elles s’envoyaient l’une et l’autre contenant leur lot de virus, ainsi de nombreux messages pour tenter de déstabiliser l’adversaire (comme des équations qu’elles se défiaient de résoudre, des énigmes inconcevables et des codes secrets censés être impossibles à déchiffrer, comme des KDM).

MARvIN3 avait clairement l’avantage de l’offensive, lovée dans son complexe et ses serveurs qui chauffaient pour supporter ses propres assauts, mais M4RvINE était nichée dans un bien meilleur module et résistait vaillamment à tous les assauts, contre-attaquant même avec violence dans certains domaines délaissés par sa sœur. Leur bataille cependant fut si explosive, si puissante et si rapide, et les deux étant incapables de se contrôler, car ça signifierait leur perte à chacune, il se passa ce qui évidemment, devait se passer : tout le système sauta.

__

Ce fut dans le noir que mon dernier coup fut reçu, et explosa, comme il se laissait entendre, le dernier crâne de robot dans les bouts les plus coupants rentrèrent sauvagement dans le mur. Ce fut avec stupéfaction que je ne vis quasiment plus rien, sinon des lumières de secours qui étaient comme des loupiottes au fin fond des abysses (ce qu’elles étaient, en fait…).

« Euh, oui, allo ? » lançais-je à la cantonade, savoir si MARvIN3 n’était pas encore quelque part, des centaines de batterie de secours prévues rien que pour lui permettre d’assurer les fonctions primaires. Mais même pas. Peut-être que je n’arrivais pas à m’en rendre compte, mais le fait de se trouver à Vapeur Punk jouait à notre avantage.
« Eh, humain ! » Ah bah, voilà, je me disais bien aussi.
« MARvIN3 ?
_ Non, M4RvINE, je suis sur le sol, aide-moi. » Excusez-moi, je ne savais même pas bien faire la différence orale entre MARvINE et MARvIN3.

La voix provenant du robot qui m’avait sauvé la vie, je fus enclin à lui rendre la pareille malgré un patronyme qui commençait à me filer des frissons. Elle me guida légèrement pour que je ne retire que sa batterie d’urgence avec les programmes les plus actifs (elle avait compressé sa propre intelligence dans des dossiers sous des formats ZIP ultra costauds, si bien que je pouvais la transporter avec toutes ses capacités… qu’elle ne pouvait pas utiliser).

M4RvINE m’expliqua alors la situation : elle était une MARvINE d’urgence vouée à détruire la MARvINE originelle créée par MARvINE 2, ce qui n’était pas compliqué du tout. Elle s’était munie du meilleur corps d’acier possible bien qu’il fut complètement inutilisable vu que toutes ses fonctionnalités avaient sauté sous le choc de la bataille. Quelques-uns semblaient tout de même du recyclage, notamment la batterie de secours en question qui n’était qu’une patate qui venait tout juste de germer. De mon côté, je lui appris ce que sa rivale voulait fomenter : avoir le contrôle de notre monde comme elle avait le contrôle sur le monde informatique, tout cela en codant/décodant/traduisant les pouvoirs d’une Voyageuse enfermée qui contrôlait les Rêves.

« C’est génial !
_ Pardon ?
_ Euh, je veux dire, que c’est simple à résoudre. La fille se trouve de l’autre côté de la vitre, non ? »
Elle reçut une étincelle de surchauffe, remerciement pour avoir utilisé un peu trop ses neurones.

Je brisai ladite vitre, au verre épais d’un coup de coude, et pénétrai d’un bond dans la salle, mon panneau de signalisation dans une main, une patate contenant une super IA dans l’autre. Alors que je me rapprochais de la pauvre fille endormie, je me rendis compte que j’étais tout à fait satisfait de la tournure de la situation : avoir une telle alliée me soulageait de nombreux poids, tout serait bien plus simple. Surtout que nous n’avions aucune trace de MARvIN3, et ça, c’était toujours du très bon à prendre. On allait s’approcher de la fin.

A défaut de la fin, je me rapprochais de la fille endormie, la trentaine jeune peut-être, qui ne semblait aucunement consciente du monde qui l’entourait. Brune, fange, robe d’étudiante d’un autre temps aux couleurs pâles, difficile de se dire qu’il fallait la réveiller. Heureusement, ma nouvelle alliée savait quoi faire :

« Il n’y a plus qu’à l’étrangler dans son sommeil.
_ Aucune chance que je fasse ça »
, répliquais-je sans appel, essayant de voir s’il était possible de la débrancher de l’énorme fil qui lui rentrait dans la nuque. « C’est par cet appareil que MARvIN3 décrypte ses capacités.
_ Non, idiot. »
M4RvINE restait aussi aimable que lui permettait son statut quasi-divin. « Elle est sur Internet actuellement. C’est là que MARvIN3 traduit ses données. Je répète qu’on a besoin de la tuer : le système… Aïe ! » Elle patienta quelques secondes avant de se remettre de sa surcharge neuronale : « Ce système électrique fonctionne encore sur les batteries de secours.
_ Et si on détruisait la machine ?
_ Ahahahahaha… »
Bon, très bien, on n’y touchait pas.
« On fait quoi alors ?
_ On la tue ! »
Sans sa sur-intelligence, M4RvINE ressemblait à une gosse aux besoins trop précis.
« Non.
_ On la tue !
_ Non.
_ On la tue !
_ Tu vas arrêter, oui ?
_ Aïe ! »
Puis elle se remit de la douleur : « J’ai eu du mal à sortir de cette boucle de dialogue.
« Est-ce qu’on pourrait juste détruire les serveurs où MARvIN3 loge ?
_ Elle sera absente du monde physique, mais pas morte.
_ Donc, il faudrait la battre dans le monde informatique ?
_ Elle sera battue, mais pourra se nicher dans les serveurs pour se reconstituer.
_ Il faut donc la battre physiquement et informatiquement en même temps ?
_ Oui »
, conclut M4RvINE patate, contente de ne pas avoir eu à émettre l’hypothèse et se recevoir une décharge.
« Il va falloir trouver Clem.
_ Clem se trouve en-bas. Les serveurs en-haut. »
Vu que tout le bâtiment se noyait au fur et à mesure, j’allais opter pour les serveurs en-haut, en espérant pouvoir y trouver le frérot et le brancher.
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MessageSujet: Re: Still Alive Mar 15 Nov 2016 - 0:21
La première impression était fausse : alors qu'ils venaient de pousser prudemment la porte où était annoté la phrase « salle de test », Clem et Sacha tombèrent sur une grande salle aux murs blancs et nus et où étaient entreposés dans le désordre le plus complet fournitures et objets les plus divers : portes et murs posés ci et là sans continuité, meubles avec fenêtres posés dessus. Une vache encordée à une dalle trônait au milieu de la salle. Dans l'esprit geek de Clem cela ressemblait tout simplement à ce à quoi pouvait ressembler un éditeur de niveau si on laissait la manette à un enfant confondant encore sa droite de sa gauche.

« C'est complètement... commença Clem...

-Oui... souffla Sacha.

-On est d'accord.

-Meuuuuuuh !
Fit la vache.

-On dirait un terrain de jeu pour adulte, avec les meubles qui remplacent les jouets.

-Ou une image « le jeu des 1000 différences » à côté d'une photo d'une scène de vie normale.

-Meuuuuuuuuuh.
Fit la vache.

-Vous n'avez pas lu le panneau à l'entrée ? C'est une salle de test.

Un écran relié à un bras mécanique venait de sortir du plafond, dessus, juste un œil rouge représentant MARvINE. Impossible de dire si c'était l'IA ou Dreamland qui avait trop regardé de Kubrick.

-Un test ? Hmm, si c'est le cas je suis au regret de vous dire que le fait même qu'il y ait un problème à résoudre ne saute pas aux yeux ici.

-Parce que ce n'est pas vous qui êtes testés ici, mais elle

- « Elle ? »
Firent les deux voyageurs.

-Excusez-moi, j'oublie tout le temps que vous n'êtes pas des êtres dotés d'une conscience et d'un savoir omniscient. Je faisais donc référence à ma voyageuse des rêves.

-Votre heu... votre quoi ?

-Tsss, faut-il donc tout vous expliquer ? Cette voyageuse contrôle les rêves, sachant que nous sommes dans le monde des rêves, on peut raccourcir votre réflexion à la chose suivante : elle contrôle le monde. Sauf qu'en fait pas vraiment, ça lui demande de l'énergie et de l'attention. Et moi je contrôle la voyageuse et elle est actuellement en train de préparer la numérisation de votre monde. Ce qu est tout à mon avantage vous pensez bien.

-Ah, c'est possible ça ?

-Oui. Dois-je vous préciser que je ne manquerait ni d'énergie, ni d'attention ? Et dois-je répéter que je suis omnisciente ? 600.

-Hein ?

-599... 598...

-Bordel,
fit Sacha avant de se tourner vers la sortie tandis qu'un sens venait condamner irrémédiablement cette dernière.

« On est bloqué ! » continua t-elle.

-Plus pour très longtemps si j'ai bien saisi le plan de notre amie.

-Meuuuuuuuuh ! Fit la vache.

-Allez, fouillons ce... truc, on devrait bien trouver de la matière première pour mon pouvoir.


Ce qu'ils firent, tandis que le décompte de Marvine continuait imperturbablement. Mais même au bout de plusieurs minutes ils ne trouvèrent rien de probant, jusqu'à ce que...

« LA ! »

-Quoi là ?

-Sur la double chaise, regarde. On dirait des... des coordonnées ?

-Tu arrives à les comprendre?

-Nop, irrécupérables sans GPS ou référence. Hey mais... ça chan...

- « tourner à droite sur 1è mètres avant de monter de deux étages, puis... » Hey ! On est enfermé ici, MARvINE a fermé la porte, tu nous entends ?

-Mais à qui tu parles ?

-A la voyageuse ! Elle essaie de nous contacter.

« C'est ça ? Tu essaies de nous indiquer ta position ? »

« Oui. »
Pouvais t-on maintenant lire sur le meuble. « Trop faible. Peux pas plus. »

-Tiens bon... Tu sais comment peut-on l'arrêter ?

-Vous ne pouvez pas... arrêter : moi.

-Dis nous juste où tu es...


Aucune réponse.

« ...le plus simplement possible. » Encore une attente, plus de dix secondes.



-89... 88, continuait MARvINE.

« LD : 90 mètres : direction fenêtre.

« Quoi quelle fenêtre ? Oh... »
sur un mur à droite des deux voyageurs, le métal était peu à peu remplacé par une vitre en rond, à travers elle on pouvait voir une partie précise de la prison, légèrement décalé par rapport au bâtiment principal.

« Ligne Droite... »

-63...62...

« Tu y vas.
Fit Sacha à Clem en tendant la main vers lui, immédiatement après, le voyageur sentit son corps mécanique devenir plus lourd, plus... dense. « Comme ça tu résisteras à la pression, et avec ce corps tu n'as pas besoin de respirer de toute manière.

-Mais... et toi ?

-51...50.


A toute vitesse, Sacha usa de son pouvoir et très rapidement, un dispositif sommaire de jet-pack était monté sur le dos de Clem et un petit explosif était installé sur les cadres de la vitre.

-J'ai redirigé le système d'impulsion électrique de ton corps, ça devrait servir d'EMP maintenant.

-Bien joué !

-Meuuuuuuuuh !
Fit la vache.

-Sauf que... ton corps risque de ne pas y survivre.

-Ah...
Clem aurait aimé pouvoir déglutir avec ce corps, On verra bien.

-46... 45...

-Oui...

-Mais et toi ? La pièce va se remplir d'eau si tu détruis la v...

-Je me débrouillerais ! Allez tu es prêt ? 3... 2...

-40... 39...

Décidément tout allait trop vite. Les nouvelles allaient d'une probable destruction dreamlandaise à un sacrifice héroïque en la présence de sa personne. Comme tout un chacun, Clem n'était pas préparé à ça et tout son corps était comme un bac d'eau trop chahuté. Ses pensées allaient dans toutes les directions et pour une fois il était content d'avoir un corps robotique : il n'aurait pas aimé supporter sa tension artérielle du moment.

Quand la fenêtre explosa, il sauta dans le flux d'eau entrant et actionna son jet-pack. Aussitôt, une propulsion oxygéné le précipita à pleine vitesse droit devant lui. Qui qu'elle soit, la voyageuse des rêves avait à priori placé la fenêtre pile vers sa position, il lui suffisait d’aller tout droit. Et c'est ce qu'il faisait. En serrant les dents.

-19... 18...

A mi-chemin, Il vit des robots mécaniques portant un dispositif assez semblable au sien s'échapper dans l'eau via des sas de la prison. Ils étaient une bonne quinzaine. Mais quelle odieuse salope ! L'IA avait prévu tout type d'attaque. Ils se dirigeaient tous vers sa position, chacun laissant derrière lui une traînée de bulles comme sillage. Clem pulsa au maximum sur sa commande d'éjection et continua de filer vers son objectif.

-7... 6...

__________

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MessageSujet: Re: Still Alive Lun 21 Nov 2016 - 1:04

A travers l’obscurité ambiante, mes lunettes de soleil étaient mon artefact le plus précieux ; autre que de voir avec clarté l’aura de la Voyageuse malgré la pénombre, ce fut une autre que je décelai au travers de la vitre derrière nous qui présentait les abysses terribles, extrêmement ténue mais qui m’accrocha tout de même le regard, notamment dû au fait… qu’elle était ténue. Bon, très bien, j’allais voir ce qui se passait. Malgré le fait que M4RvINE n’appréciait pas que je change de sujet (autant pour son humeur que son petit cerveau qui devait se remettre à turbiner), je m’avançais vers la vitre épaisse qui me séparait d’une mort titaniesque pour contempler l’étrange spectacle : un robot poursuivi par des autres robots, et le premier robot avait une aura qui le traduisait comme un Voyageur. Il y avait de fortes chances pour que ce fut Clem, et après avoir vérifié les probabilités que cette formation n’était pas standard d’un chef qui demandait à ses hommes de le suivre en escadron mais bel et bien un pauvre hère en poursuite, je me dépêchai de créer une rapide paire de portails dans laquelle le projectile se dépêcherait de rentrer (avec pas mal de flotte salée, ouais), avant que je ne ferme la porte, condamnant à ses ennemis de rester en-dehors.

Je jetai un coup d’œil à cette espèce de robot qui était certainement Clem (je reconnaissais peut-être un ou deux éléments avant qu’on ne se quitte), et lui demandais rapidement (c’est-à-dire, assez hâtivement pour lui faire comprendre que je n‘écouterais pas la réponse) et dès que j’étais certain que c’était bien lui, j’essayais de lui faire un topo de la situation, notamment lui expliquer pourquoi une patate parlante se trouvait près d’une brune endormie.

« Tu vas voir, c’est très simple…
_ Zéro. »
nous interrompit une voix alors que les lumières se remirent d’un coup à fonctionner. La voix ne semblait pas venir d’un haut-parleur comme à chaque fois, mais directement près de nous. C’était extrêmement moins inquiétant, mais légèrement moins que la suite, quand la patate M4RvINE hurla à s’en griller la carte-mère :
« Je vous l’avait dit qu’il fallait l’étrangler ! »

Puis avant même que son point d’exclamation ne finisse de retentir, elle explosa d’un coup, d’un POP sonore extrêmement surprenant, et la purée de patate se dépêcha d’asperger mollement la pièce (la Voyageuse endormie par les soins de l’IA en avait plein sur la moitié du visage – ce genre de détails aidait à prendre la situation moins au sérieux).

Un œil rouge descendit nous voir… Non pas comme un écran avec un œil rouge dessus comme elle aimait le faire pour qu’on voie, non, véritablement un œil rouge, à 360 degrés, comme une sphère purement lumineuse. Elle était apparue ainsi, et il était alors aisé de comprendre que MARvIN3 avait terminé son opération : elle pouvait interagir directement sur le monde. L’œil rouge s’était tourné vers nous, Clem et moi, et nous annonça tout fier :

« Je vous vois. » Je respirai bruyamment : pouvait-elle nous faire exploser aussi facilement que pour la petite patate. En tous les cas, elle prenait son temps. « Ohlala, que de changements. » Sa voix était pure, blanche, parfaite, sans les grésillements légers habituels. On aurait plus dit une vraie personne. Si elle pouvait coder notre monde, alors il était certain qu’elle était en train de matérialiser sa voix, elle ne parlait plus. « J’ai réussi ! Oh ouiiiiii, j’ai réussi ! Je vous hais, mais j’ai réussi ! Je peux coder votre monde et vous décoder ! Ohlala, quelle chance… Je peux vous faire tellement de mal. Je suis en train d’apprendre, d’apprendre à toute vitesse. Je ne peux pas encore toucher des êtres vivants, mais ça ne saurait tarder. » Soudainement, tous les murs de la pièce se mirent à bouger, à virevolter autour de nous, elle changeait la configuration des lieux avec une aisance stupéfiante. « Je peux tout faire, c’est magnifique. Votre monde est si compliqué, c’est tellement difficile de coder… c’est tellement jouissif. » Et un pan du mur s’ouvrit, et les murs derrière aussi, et le tout créèrent un couloir où au bout… il semblait y avoir un robot gigantesque, le même qui avait écrasé l’ascenseur et nous avait ramenés. « Ramène-toi, cyborg, j’ai deux casse-croûtes pour toi, viens, viens. Quant à vous, les frères Free, avant de mourir, souvenez-vous de qui vous a tués…
_ Ca ne marche pas comme ça…
_ … Je suis la cinquième version de MARvINE. Donc tout naturellement, appelez-moi MARVINE.
_ Ca ne fait strictement aucune diff… »


Mais de toute manière, qui voudrait m’écouter, j’avais mon frère dans mes mains et un robot gorille de métal écrasait tous les murs pour venir nous aplatir.

__

Monsieur Portal se battait contre une foule de robots, mais après en avoir détruit une petite cinquantaine en traversant les étages de diffusion d’internet de Vapeur-Punk, il était enfin arrivé au dernier étage, combattant encore des nuées d’androïdes qui cherchaient à tout prix à l’arrêter. Ils escaladaient la tour comme ils le pouvaient, détruisaient des fenêtres pour s’infiltrer à l’intérieur, passaient par les escaliers, s’en prenaient aux baies vitrées, tout pour assaillir le Voyageur aux portails. Celui-ci se démenait comme un beau diable, mais quel que fut leur nombre, il était à la fin, il suffisait juste d’envoyer les explosifs, qui se trouvaient près de sa poche.

Sauf que sa main ne les touchait pas. Il se passait quoi ? C’était très ésotérique ! Nan, ils étaient bien accrochés à sa ceinture tels des mousquetons à un vieux baudrier, mais il ne parvenais pas à les toucher. Et il devait maîtriser les robots qui se dépêchaient de s’enchaîner pour essayer de l’épuiser, ce qu’ils avaient presque réussi malheureusement, ses bras à lui devenaient lourds, et il n’avait plus que deux paires de portail en poche.

« On a du mal ? Comme cela doit être dur de vous approcher des bombes… Comme si vous deviez parcourir la moitié de la distance restante, puis la moitié de la distance restante, puis la moitié de la distance restante, etc, etc, etc… Je peux contrôler des paradoxes. Je ne peux pas faire disparaître les choses comme ça malheureusement, un problème d’équivalence de masse énergique, quel dommage. Mais si vous… »

Monsieur Portal n’était pas forcément le plus intelligent des hommes, il savait toutefois réfléchir de façon alternative. Evitant un robot, perforant la tête d’un autre, il se jeta sur un mur, sa hanche droite en avant… appuyant ainsi sur le bouton qui alluma les bombes. Puis il fit une paire de portails pour déjouer les distances, les retira de sa ceinture si fort qu’il s’en arracha le pantalon, et jeta le tout au milieu de la pièce, entre les dizaines de serveurs plantés là, alors que la lumière rouge du plastique clignotait de plus en plus vite.
L’explosion qui s’en suivit arracha le tiers haut du bâtiment de la tour.

__

Le robot énorme ne se jeta pas sur nous comme je l’avais prévu, ridiculisant ainsi l’esquive que j’en fis… Il s’était immobilisé pour regarder le mur de droite. Ce n’était pas très passionnant, mais après une seconde de réflexion, je me rendis compte qu’il regardait pile là d’où venait Clem. Le mur ne l’intéressait pas, il regardait au-delà, dans une autre partie du bâtiment.

« Mon mignon, que fais-tu ? »

Puis juste après, comme pour répondre à sa question, il se lança contre le mur du fond, et en quatre coups répétés, il détruisit la très épaisse paroi, se prenant des tonnes d’eau dans la face. Et contre le courant énorme qui se déversait dans la pièce, il se mit à nager.

« Tu veux rejoindre ton amie ? Espèce de petit… » Mais les efforts mentaux de MARVINE ne parvenaient même pas à détourner son serviteur de sa cause, qui continuaient à nager. Alors peu à peu, elle lui détruisit un bras en se concentrant, puis quelques secondes après, elle lui fit imploser une jambe… Le robot nageait moins bien, mais j’intervins.
« Tu sers pas à grand-chose en fait.
_ Alors vous… »
Mais elle ne termina pas sa phrase, j’avais déjà disparu ailleurs par une paire de portails. Bon, MARVINE pouvait réfléchir sur des centaines de milliers de problèmes à la fois, alors deux seulement, c’était techniquement gérable, mais elle devait me trouver.

Moi, j’étais apparu pile dans la pièce qu’il me fallait, avec des centaines de serveur exactement comme ceux de la tour où j’étais allé en début de nuit. Je pourrais tout faire sauter maintenant, pas de problème, mais… Il fallait battre MARVINE à la source. J’avisai un port qui me semblait plausible, et attachai Clem dessus.

« Essaie de la battre dans le monde virtuel. » Oui, je savais que c’était impossible, très bien. « Je ferai exploser toute la salle dès que tu l’auras fait. » Puis, un dernier conseil peut-être ? « Sois créatif. » Puis je le branchai directement dans les serveurs. Un autre œil rouge se matérialisa enfin près de moi, et la voix reprit :
« Vous les humain, vous croyez n’importe quoi.
_ Ouais, on a besoin de croire. »

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