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Still Alive

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MessageSujet: Re: Still Alive Sam 12 Avr 2014 - 14:12
Une théorie d’Einstein très répandu parmi ses aficionados explique qu’un atome de matière se trouvait dans un point de l’espace faisant très exactement sa taille et qu’aucun autre atome ne pouvait occuper cette place sans l’avoir fait gicler au préalable. Rien ne pouvait prendre la place d’autre chose à moins de le vouloir vraiment. Sinon il se produit le même effet que votre doigt de pied face à un meuble en bois. Cette règle  présentée par un sommité de la physique moderne est universellement vraie, sauf dans un cas très précis : si on remplace chaque atome par une rame de métro. Effectivement, deux rames de métro avançant à grande vitesse et qui tentent d’occuper la même place dans l’espace vont simplement s’incruster l’un dans l’autre. On doit ce contre exemple célèbre à plusieurs films hollywoodiens très portés sur les explosifs ainsi qu’à un agoraphobe tentant de se débarrasser de plusieurs dizaines de robots tueurs. Quand la rame de Clem fut éventrée soudainement par l’autre. La force de cette dernière fut suffisante pour traverser de part en part sa voisine et commença à précipiter les deux lignes de wagon en contrebas. Les parois explosèrent dans un fracas d’acier quand elles percutèrent le sol, ainsi que plusieurs murs des habitations aux alentours. Les plusieurs tonnes d’acier glissèrent également longtemps sur le sol avant de finalement s’arrêter dans le hall d’un grand bâtiment dont les piliers soutenant le premier étage avait été emportés par l’effet sécateur géant des rames. L’étage en question s’était littéralement écroulé sur les ex-moyens de transports publics. L’effet d’une telle chute sur les passagers du wagon fut déchirant au sens propre du terme. Les différents robots de MARvINE furent écrasés les uns sur les autres après que le choc initial eut mit en bouillie les constructions internes. La construction interne de ces saloperies les rendaient résistantes au coup par coup mais vulnérables face aux ondes de chocs, qui faisaient suffisamment vibrer leurs câblages jusqu’à les faire sauter. Clem présentait les caractéristiques inverses : ce fut les chocs répétés de sa carcasse contre les murs de la rame qui le mirent au supplice ; lesquels eurent lieu lorsque ladite rame s’était écrasé sur le sol puis renversé une ou deux fois sous l’effet de sa course cinétique.

Clem est persuadé de s’être évanoui lors du carambolage. En tout cas il eut l’impression douloureuse de se réveiller d’un long sommeil en plein dans des décombres créer par une bombe incendiaire. Les rames s’étaient éparpillés en plusieurs morceaux dans la grande pièce et certains avaient suffisamment pris feu pour déclencher le système anti-incendie qui gratifia l’ensemble d’une pluie froide. Ou peu-être était-ce les canalisations d’eau qui s’étaient retrouvés crevées après leur rencontre avec la rame. Les atomes de cette dernière ont voulu prendre la place des atomes du conduit et ceux-ci durent bien laisser leur place après avoir soupesée leur différence de résistance.

L’agoraphobe était allongé en position féotale et souffrait de mille chutes. Il tenta de faire l’inventaire de ses os cassés ou ébréchés et dut, par compréhension de la difficulté de cette tache, à se résoudre par plutôt faire la liste de ceux qui n’avait rien pris. Ce fut rapide : il avait terriblement mal partout. Son apparence donnait l’impression d’être passé sous une douche de poussière et seuls les traces de sang provenant de diverses petites coupures sur son visage, ses bras et ses mains offraient un peu de carmin maronâtre à l'œil. Parmi les blessure les plus importantes qu’il avait à signaler furent une douleur sourde à une de ses chevilles résonnant à chaque fois qu’il tentait de la déplacer. Il avait également le bras droit complètement retournée et celui-ci refusait obstinément de bouger le moindre muscle. Seul le coude associé pouvait encore se mouvoir, mais seulement au prix d’une souffrance particulièrement paralysante.

Quoi qu’il en soit, il fallait bien qu’il se lève, il n’allait pas rester prostré plus longtemps dans “un secteur non sécurisé” comme disaient ses formateurs au Royaume de l’Agoraphobie. Il avait toujours tenu en horreur leurs discours pseudo-militairiste saupoudré à la réalité du monde onirique. Mais c’étaient aujourd’hui leurs mantras qui lui donnèrent la force de se lever. “À Dreamland, nous ne pourrons jamais augmenter votre force physique alors que vous annuler tous acquis et toutes pertes à chaque réveil, on ne peut qu’augmenter votre volonté”. Mais la volonté de quoi, bordel de merde ? Pour Clem, c’était la volonté de survivre qui prévalait sur tout. Dans son royaume, l’entrainement basique pour un Brûleur de distance à vocation commando comme lui était d’échapper à ceux qui se multipliaient, et dont l’entraînement était de retrouver les gars comme lui. “Toujours resté en mouvement, l’immobilité entraîne le rattrapage, le rattrapage entraîne la confrontation avec le poursuivant, et cette confrontation se termine toujours par la mort”. Pour Clem, cette mort signifierait pour lui la cessation de son expérience de voyageur, le retour à sa vie de merde du monde réel qu’il n’avait pas réussis à modifier, la perte d’une grande partie de ses meilleurs souvenirs ainsi qu’une future rupture quasi-certaine avec Megan. Autant de raisons qui font que ce ne sera jamais la douleur qui l’arrêtera, ni les risques, ni la peur, mais seulement l’impossibilité purement physique de pouvoir continuer à avancer un pas après l’autre.

Après un certain temps, il parvient finalement à se remettre sur ses jambes, tout son corps était branlant et c’était avec une grande peine qu’il parvient à identifier les dégats autours de lui. Vu le nombre de scultures métalliques sans aucun sens ni schéma strucutrel connu, il se dit qu’il avait du ruiner le hall d’un musée. J’ai eu de la chance, ça aurait pu être une usine chimique, se dit-il en partant sur le petit rire nerveux impossible à réprimer de celui qui est le seul survivant d’un accident assez vivant pour apprécier la beauté de la situation.

Nénmoins, son rire s’étranglit de lui-même dans sa gorge quand un morceau des décombres fut repoussé par un robot de MARvINE à la carcasse à moitiée défoncée. C’était le moment le plus mal choisit pour Clem de commencer un combat. Le robot s’élança vers lui.

"Bonjour bonjour, c'est encore moi. Il faut très vite trouver ces Voyageurs, ils sont vilains vilains."

Clem tenta tant bien que mal de parer les coups de son adversaire mais son bras immobilisé lui manquait, surtout que c’était lui qui était équipé du gant déchargeur. Sa cheville douloureuse rendait également son jeu de jambe encore plus hasardeux que l’issue d’un match de poker où vous vous amuseriez à faire tapis à chaque main.

"Regardez un peu ce qu'ils ont fait à vos concitoyens. OOOhh, là, ils ont détruit un poste de télévision dans un bar alors que plein de monde regardaient. Quelle cruauté."

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Clem se prit trois taloches dans le visage et deux coups violents sur le ventre, il fut vite repoussé dos contre une colonne du bâtiment  qui avait miraculeusement survécu au dernier ajout à l’art moderne de l’agoraphobe.

"Et là, ils lancent les radios contre des murs ; ces Voyageurs sont vraiment des barbares. Pour le bien commun, je vous conseille de les arrêter et de les écarteler."

Les canalisations anti-incendies arrosaient copieusement les deux combattants mais sans que cela n’eut le moindre effet sur le robot. Clem se rappela que des machines sensées êtres utilisées à Vapeur-Punk seraient forcément protégées contre l’humidité.

"Ah, et toujours pour le bien commun, j''ai verrouillé le quartier."

Clem réussit à parer un coup laétral en levant le bras puis en enroulant ce dernier autours de l’articulation du robot, il profita de cette ouverture pour lui ocassioner un coup de boule, le choc qu’il ressentit au front lui rappela qu’il valait mieux éviter d’utiliser ce genre d’attaque face à une machine en acier. Mais il fallait bien qu’il riposte, il ne pouvait pas laisser MARvINE continuer à l’enchaîner comme ça.

"Ce qui veut dire que j'ai bloqué les couloirs sous-marins par les deux portes massives et que j'ai fait une grosse ouverture pour que l'eau emplisse les tubes et empêchent les gens de venir vous secourir facilement... Oups, je voulais dire, empêcher les tueurs de s'enfuir."

Il fallait qu’il réussisse à débloquer son bras droit, le gant de Sacha était sa seule chance de se débarasser définitivement de son adversaire ; toute la salle était mouillée, ça allait faire très mal. Pour eux deux.

"Je suis vraiment quelqu'un de profondément gentille et attachante."

Il réussit à envoyer son bras infirme parer un coup de poing de son adversaire grâce à un mouvement du buste. Le craquement qu’il entendit alors dans son épaule lui fait sentir, oui, il sentait que ça pouvait marcher. L’os avait bougé, il lui manquait juste une dernière impulsion pour retrouver son logement. Il prit son tricep avec sa main gauche et força le bras en un seul mouvement de revenir selon son angle biologique viable. La douleur lui aurait arraché des larmes si seulement l’adrénaline n’était pas en train de bouillonner dans ses veines.

"Grâce à moi, plus personne ne peut s'enfuir."

Clem planta son bras droit dans le sol, en plein dans une flaque d’eau en plia en même temps le pouce et l’auriculaire droit. Une décharge électrique enveloppa instantanément la flaque d’eau, puis la bruine dense juste au dessus qui enveloppait la salle, puis les autres flaques, sans oublier Clem et MARvINE. Le choc fut rude et brûlant, aveuglant aussi. L’agoraphobe eut l’impression de se faire piquer par dix milles épingles d’acier à l’extérieur et à l’intérieur de son corps, il eut le réflexe de sauter en l’air afin d’éviter une énorme partie de la décharge : le courant étant particulièrement mortel s’il continuait de servir de passerelle entre la décharge et le sol. Il utilisa également son second gant pour capter une bonne partie de courant avant qu’il n’atteigne son corps. Le robot de MARvINE n’eut pas cette chance et fut rapidement mis hors service par le voltage qui le traversait de part en part. Il y eut également une petite série d’explosion causé par la rencontre entre la vague d’ampère et les rares feux qui ne s’étaient pas éteint. Sans conséquance autre que le fait d’avoir rendu le finale de ce pugilat encore plus confus.Clem était sûr qu’aucun autre robot n’allait lui faire la surprise de ressuciter au moins. Sauf si MARvINE avait fait venir des renforts jusqu’à sa position. Si ces derniers n’étaient pas encore là, ils devraient logiquement être en route. Le vacarme et l’incident risquait également de faire venir des Dreamlandiens.

Clem était assis à même le sol et il se dit qu’il n’arriverait jamais à échapper à ses poursuivants s’il ne disposait pas de toute sa mobilité. Il lui fallait impérativement guérir sa cheville. Il se massa les os concernés en priant qu’il n’y ait ni fracture ni félure à l’emplacement puis, une fois qu’il pensa trouver la partie déplacée, il prit son courage et sa cheville à deux mains et la remis brutalement dans le bon sens. L’opération se fit dans les larmes, étant donné qu’il n’avait plus d’adrénaline pour lui permettre d’amortir les chocs brutaux. Il frappa viollament le sol de sa main en jurant tandis que son coeur battait comme un oiseau dans sa cage.

Il dut refaire appel à toute sa volonté pour se remettre debout malgré les vagues de douleur qui lui traversaient tout le corps et sortit du bâtiment par un trou dans le mur de la taille d’un minibus. Il entendait des sirènes au loin se rapprocher de sa direction, sans pouvoir identifier si le signal sonore avertissait de l’arrivée des pompiers ou des policiers ou leur équivalent dans cette ville. Il espérait être assez loin quand ils arriveront.


______________________

Sacha tourna à l’angle et se retrouva vite dans une sorte de place public noire de monde. Un grand dôme en verre situé à plusieurs dizaines de mètres de hauteur surplombait l’endroit et ce qu’on y voyait au travers ne laissait pas trop de doute sur la localisation géographique particulière de Vapeur-Punk. Il y avait un important rassemblement de personne devant ce qui ressemblait à un hôtel de police. La voyageuse n’avait pas besoin de déchiffrer le concert de protestation pour savoir que la foule voulait que les autorités compétentes se lancent immédiatement à la poursuite des frères Free.

Elle était venu ici parce qu’elle avait sentit Gouri triturer sa radio interne. Elle n’avait jamais réussis à doter cette dernière d’un spectre de fréquence permettant au russe de capter quoi que ce soit mais pour une raison inconnue liée au pouvoir de Sacha, cette dernière ressentait toujours une sensation particulière quand Gouri activait sa radio, et ce quelque soit la distance. Elle n’avait ensuite plus qu’à remonter ce lien obscure et elle ressentait grossièrement où se trouvait le Kiborgov. Seulement plus elle se rapprochait et plus  elle le sentait, et pas seulement Gouri ; à une certaine distance, Sacha était capable de ressentir la présence de n’importe lequel des membres de son groupe, à l’exception bien sûr de Sylwia. Mais c’était normal compte tenu du fait que Sacha n’avait jamais eut le besoin d’utiliser son pouvoir sur cette dernière. D'ailleurs les deux Fijalkowski n’étaient pas à Vapeur-Punk cette nuit pour des raisons familiales mais tout le reste du groupe était là. Sacha était capable de tous les sentir quelque part derrière la foule. Ce qui tombait bien vu que Gouri avait coupé sa radio. Ce qui était étrange car il ne faisait jamais ça quand il savait que Sacha le cherchait. Mais cette dernière ne s’en soucia pas car elle était bientôt arrivé.

Elle était en train de jouer des coudes pour traverser la partie la plus dense de la place quand plusieurs grands bruits se firent entendre. Les diverses chocs que sont pouvoirs lui faisaient entendre dans son crane ainsi que les bruits de combat semblable à un pugilat entre Transformers lui fit comprendre le pire, les Kiborgov étaient en train de se battre. Elle se mit à courir de plus en plus vite sans un seul mot d’excuse pour ceux qu’elle poussait sur son chemin et arriva finalement en bordure de la place près de la terrasse d’un café déserté à cause du combat proche qui, à l’oreille avait du s’arrêter. Pourtant la voyageuse ne voyait aucun corps robotique appartenant à MARvINE dans le coin, les alentours étaient pourtant jonchés de morceaux de chaises et de morceaux de vitre cassés. Tous les Kiborgov prévus répondaient présent et regardaient fixement une Sacha qui venait de débouler vers eux. Un peu trop fixement d’ailleurs, cette réflexion consciente lui fit peur, l’inconsciente qu’elle n’osait penser trop fort lui colla un frisson dans le dos. C’était impossible à envisager mais... ses amis qui étaient habituellement la meilleure compagnie du monde lui semblait si froid maintenant, c’était impossible que...

“Utiliser la radio était une très mauvaise idée Mme. Palecj.”

__________

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MessageSujet: Re: Still Alive Dim 11 Mai 2014 - 13:19
Et maintenant, il se passait quoi ? Maintenant, il se passait qu’il y avait une radio chez le mec, et que la voix de MARvIN3 était diffusée partout, crachée par l’engin, et que très gentiment, elle dévoila toutes les vidéos (sur les écrans je supposais, vu ses commentaires) qu’elle avait prises de nous trois en train de foutre le capharnaüm et nous accuser gentiment de saloperies. En fait, je me surpris à être surpris de la tournure des événements : l’ordre qu’elle nous avait été donnés était tellement absurde, tellement hors-propos ou tellement gratuitement méchant que je n’avais même pas réfléchi à s’il y avait une finalité derrière. Dieu savait que si je m’étais posé la question, j’aurais de suite trouvé la réponse tant elle était simple à dénicher. Heureusement que l’IA ne pouvait pas lire dans mes pensées, elle aurait eu une source de plaisanterie intarissable pendant les vingt prochaines années.

A la question de Mr. Portal, que faisait-on maintenant, je supposais que MARvIN3 nous donnerait rapidement notre prochaine mission et qu’on pouvait essayer d’attendre qu’elle nous contacte par cette radio – elle était trop parfaite pour ne pas savoir où nous étions et juste nous brancher sur un canal de discussion privée pour nous ordonner les prochaines joyeusetés. Cependant, si on réfléchissait ainsi, alors il n’y avait plus rien à faire pour s’extirper de notre situation : la fin de la nuit serait notre seul salut, et encore, MARvIN3 saurait où nous retrouver, et elle pouvait se situer n’importe quand. Dans la seconde prochaine ou dans dix heures ; et vu qu’on en était encore au début, je dirais plutôt qu’on était proche de la seconde solution. Bref, il fallait agir, je ne voyais pas la folle se faire distancer par une simple limite temporelle : elle allait faire bouger les choses avant même que nous ayons une chance de nous réveiller. Je me rapprochai des deux autres et leur soufflai à l’oreille, conscient qu’une discussion simple serait captée par toutes les caméras et espions qui devaient parsemer le Royaume (pas qu’il en est de base, mais MARvINE3 avait dû se constituer un réseau dense d’appareils avant de lancer sa revanche terroriste) :

« Ecoutez, il faut qu’on pénètre sur Internet pour pouvoir la mettre hors d’état de nuire.
_ Aaaah, je me disais bien aussi… »
, répondit Mr. Portail en émettant un son satisfait de celui qui pensait que l’informatique, avec un peu d’imagination, pouvait être à sa portée. Je lui lançai les yeux les plus sinistres que j’étais capable de faire avant de reprendre :
« Je sais pas ce qu’elle nous demandera de faire, mais si un de nous a l’opportunité de trouver quelqu’un qui pourrait nous indiquer comment on peut trouver ça, alors ils foncent sur l’occasion. »

Même pas quinze secondes après que je leur ai déclaré ça à voix basse, la voix de MARvIN3 se répercuta dans tout l’appartement, d’une clarté qui semblait défier l’âge de la radio ainsi que sa modernité :

« Vous êtes bien là ? Voilà, j’ai un nouveau jeu pour vous. Il est extrêmement amusant, j’espère que vous saurez l’apprécier à sa juste valeur. J’ai posé trois bombes dans une zone. Le centre de cette zone est marqué par une croix blanche. Je demanderais à chacun d’entre vous d’aller dans ces trois zones qui mesurent trente mètres carrés. Puis ensuite, d’y rester jusqu’à l’explosion finale. A vous de trouver la bombe pour échapper à la déflagration. Il y a une zone près d’un pont à huit-cent mètres de là au nord-est, une autre à un kilomètre à l’ouest de là près d’une fontaine, puis enfin, une à six-cent mètres au sud dans une grande avenue. Vous avez cinq minutes. Si vous n’êtes pas tous là dans vos zones à la fin de ce délai, je fais exploser une dizaine de bombes supplémentaires. Et au fait, n’oubliez pas que vous êtes maintenant pourchassés. Bon voyage. »

Okay… Où était le nord-est, le sud et puis le reste ? MARvIN3 nous abandonnait tranquillement, sans même nous demander plus d’indications. Je commençais à perdre les pédales quand Monsieur Portal sortit une simple boussole de sa poche, et je le regardais avec un air d’étonnement non feint (et encore une fois, je me surpris à l’être : il aurait pu avoir un cabestan dans la poche arrière de son jean que je n’aurais pas dû m’inquiéter). Il analysa rapidement les directions de chaque truc, et fit rapidement un topo de professionnel : je prendrais la zone près du pont, il s’occuperait lui-même de la fontaine, et Tommy irait à la zone la plus proche. Pour se faire, il jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre et dit à son ami porte-manteau qu’il n’avait qu’à suivre la rue et il devrait trouver sa zone. Devant ma perplexité, Mr. Portal me refila la boussole et me dit que lui, c’était bon pour lui, il voyait où il fallait qu’il aille.

On s’élança chacun dans notre direction aussi rapidement qu’on puisse, et plus sur mes gardes qu’avant, je pus décrypter rapidement les intentions de l’IA robotique : nous séparer. On était beaucoup moins dangereux tous les trois, et peut-être était-ce les prémisses d’épreuves individualisées plus cruelles encore que les premières, car elles seraient taillées pour être difficile pour nous. Je supposais que concernant Tommy, il suffisait qu’elle lui demande un peu de présence d’esprit. Et je ne devais pas oublier que dans les parages, il y avait un Clem vivant qui cherchait peut-être une éventuelle vengeance ; ou bien tenterait-il de fuir, comme d’hab ? Je penchais sur la seconde solution qui valait mieux pour nous deux.

Je préférais passer par la fenêtre, puis d’escalader rapidement jusqu’aux toits en quelques bonds de puce. Une fois en hauteur, je pouvais foncer vers ma destination à l’aide de la boussole de Monsieur Portal (qui m’indiqua gentiment ma destination, le nord-est), puis je courus comme un malade sur les toits, ce qui n’était pas trop difficile vu qu’ils étaient très rapprochés les uns des autres à cause de leur environnement cloisonné. J’évitais ainsi toute la population qui voulait me lyncher et parvenais ainsi à résoudre l’épreuve de MARvIN3 qui consistait à se rendre à un certain point sans que la foule ne vous en empêche. C’était pour ça qu’elle nous avait laissés un peu plus de temps.
Et merde, oh combien j’eus faux…
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MessageSujet: Re: Still Alive Mar 13 Mai 2014 - 11:18
Plusieurs choix s’offraient à Sacha. Celui d’affronter à elle seule tout son groupe était suicidaire ; particulièrement quand on était la moins martiale dudit groupe. Avec son pouvoir, elle partait toujours avec un avantage vu que tous les autres membres présents de son équipes étaient des cyborgs de sa création. Mais elle n'arriverait jamais à tous les contrôler en même temps. Elle s'élança d'un bond et fondis dans la foule. Stratégique, L'IA n'envoya pas les Kiborgov faire un carnage dans la populace pour la forcer à rester à découvert. La marche lente, mais déterminé de cinq gros cyborgs à travers une foule rompit celle-ci en deux avec une célérité qui aurait fait pâlir Moïse de jalousie. Sacha fonça vers le grand édifice qu’elle avait vu auparavant. Seulement alors qu’elle arriva dans un creux de la file, Gouri finissait à cet instant un énorme bond et atterrit devant elle. La voyageuse fit volte-face et repartit dans l’océan de piéton. MARvINE devait s’impatienter ou alors elle en avait fait un peu trop lors de la poursuite et Sacha s’était fait remarquer car elle entendit plusieurs cris ( de peur ou de protestation, elle n’aurait pu dire) avant d’entendre un coup de feu claquer en l’air. Suivi de plusieurs autres qui mirent la foule en ébullition. Les Kiborgov ne portant pourtant pas d’armes à feu. La situation devait capoté devant l’hôtel de police. C’était peut-être du aux énormes colosses de métal poursuivant une adolescente.

Quelques dizaines de longues secondes plus tard et Sacha sortit de la foule et finit de jouer des épaules pour tomber devant l’entrée d’une ruelle. Elle se jeta dedans. Elle ne savait pas si elle aurait une chance d’échapper à ses poursuivants dans le dédale de ruelles où elle s’engageait mais elle comptait sur le lien qu’elle partageait avec ses compagnons pour connaître leur position globale. Avoir crée leur corps avec son pouvoir lui permettait donc d’avoir un tel lien et pouvait lui permettre d’éviter les pièges et embuscades qu’ils pourraient lui tendre mais ce lien était malheureusement à double sens. Même si celui de la voyageuse était plus fin et plus précis, elle ne pourrait jamais se cacher complètement des autres Kiborgov.

Mais malgré tout ça, elle devait quand même rejoindre la centrale d’énergie de la ville. Si MARvIN était une super IA, elle devait bien laisser des traces dans les relevés d’énergies qui trahirait sa véritable position. Il fallait absolument qu’elle la trouve et qu’elle en informe Clem. La centrale n’était normalement qu’à quelques minutes d’ici, mais avec les Kiborgov sur ces talons, elle allait certainement mettre plus de temps que ça.


_______________

“Tu ne feras pas un pas de plus, exécrable voyageur.”
-Quoi ?

Après avoir quitté le bâtiment en feu, Clem avait clopi-clopé dans des ruelles vidés par un couvre-feu et avait vu sa marche (ou son frottement mural, au choix) interrompu par un voyageur qui ressemblait à un croisement entre un héros de shonen, un paladin et un abruti consanguin.

“je suis le Héraut De La Lumière et je suis tes vils exactions dans le DreamMag depuis trop longtemps déjà. Tu ruines les royaumes là où tu passes, tu as été envoyé à Poney’s World pour terrorisme onirique et tu as assujeti le Royaume des Deux Déesses aux pieds de ton groupe pervers. C’est à cause des gens comme toi que les voyageurs sont taxés de dangereux individus dans les Royaumes de Dreamland. Mais cette nuit, ton existence contre nature prendra fin de ma main."

Clem ne ressentait aucune sensation menace émaner du voyageur. Et Dieu savait que si lui, Clem Free ne ressentait pas ça face à une individu désirant son élimination, c’était que ladite personne n’était même pas du genre à effrayer les oiseaux nichés sur sa fenêtre. De toute façon, un voyageur assez débile pour le confondre avec Ed ne méritait qu’un rire de mépris avant un beau taquet dans la gueule.

“Aujourd’hui même, tu t’es rendu coupable de destruction de cinq postes d’auto-radio, ainsi que de deux téléviseurs, mais le pire reste bien ton agression gratuite contre Mr. Henriolle. Non décidément, savoir que des voyageurs tel que toi existe me donne la nausée.”

Oh crois moi, savoir qu’Ed existe me crée aussi des ulcères à l’estomac, mais alors toi, tu es le super cancer qui fauche les chatons dans la fleur de l’âge.

“J’ai interrogé mon pouvoir et il te déclare COUPABLE ! Lança le voyageur la bave aux lèvres. “Lumière DivAaaarg... fit-il quand Clem utilisa son pouvoir pour lui envoyer un coup de boule qui lui écrasa le nez. L’agoraphobe put continuer son chemin pendant que l’autre voyageur roula sur le sol, le nez pissant le sang, en pleurant la perte de son beau minois. Quoi que l'on fasse, Dreamland aura toujours des abrutis comme lui en son sein.

“Enfonce toi les doigts dans le nez, ça stoppera l’hemmoragie. Même si ça ne t’aidera en aucun cas à avoir le nez creux.”

Punchline, yeaaaaaaaaah

_________________________

Les Kiborgov, ou plutôt MARvINE, avait visiblement abandonné la poursuite. Ou en tout cas, Sacha ne percevait plus les auras de ses camarades. Elle ne prenait pas ça pour une bonne nouvelle car cela voudrait dire que l’IA n’en avait rien à faire que Sacha parvienne à son objectif. Elle avait déduit que MARvINE était au courant des plans de la Méchanophobe car si elle avait pu interrompre sa conversation avec Clem dans le métro et répondre aux deux voyageurs en temps réel, alors c’était qu’elle avait eu des yeux et des oreilles dans la rame. Partant de là, il était prudent de considérer qu’elle en avait également dans tous les lieux importants ou semi-importants. C’était une IA, aucun détail n’était trop insignifiant pour elle, et aucun effort n’était contraignant.
Watching with then thousand eyes.
Elle était parvenue jusqu’à la centrale en un seul morceau et avait réussit à s’infiltrer dans un local isolé du bâtiment principal. De là, elle s’était crée un petit netbook qu’elle avait relié à une conduite d’énergie trouvé dans le mur. Il n’y avait pas à dire, Vapeur-Punk était un vrai bac à sable pour Sacha. Rien ne lui était impossible, ou presque. Elle frissonna en songeant que c’était encore plus vrai pour MARvINE. La preuve en fut sous ses yeux quand elle tenta de pirater les compteurs de relevés en énergie de la ville, mais qu’elle eut à la place un montage bizarre et malsain où on y trouvait son visage ainsi que celui de Clem et d’un autre voyageur lui ressemblant ornant des cartes à jouer. Des cibles se superposant dessus ainsi qu’un fond d’écran montrant une ville englouti par les flots. Il n’était pas difficile de savoir qui l’avait piraté, la voix de MARvINE sortait justement des hauts parleurs de l’ordinateur.

“C’est inutile Mme. Palecj, les relevés d’énergie que vous comptiez regaaaaaaaaaaaaaaaarder ne vous meneront nul part. Enfin, sauf si je les avait falsifié, dans ce cas j’aurais pu vous envoyez dans la direction de monchoix afin de vous éliminer tranquillement mais j’ai trouvé mieux.
-Ah oui ?
-Ouiiiiiiiiiiiiii. Je voulais juste vous prévenir que je suis invisible aux yeux de cette toute mignonette centrale. Je suis dans les ondes, je suis partout, ailleurs et nul part, demain et hier. Mais pas aujourd’hui ! Vous ne me trouverez jamais.
-C’est impossible, une IA aussi sophistiquée que vous est trop lourde pour être hébergé sur un un nuage de donnée...
-Si : le mien.

“Je vous ai mentit quand je vous ai dit que les relevés ne vous meneraient nul part. En fait si, ils vous auraient amené sur la piste de la plus grosse usine de production de ce Royaume dont j’ai très, très, très légèrement modifié les règles d’usinages et d’assemblages. Oh ! Je vous ai envoyé un lien pour une vidéo, regardez laaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.”

Ne voulant pas jouer son jeu mais se disant qu’elle était bien forcé d’obéir si elle voulais savoir où l’IA voulait en venir, Sacha s’executa et regarda la vidéo. On y voyait des machines de types industrielles s’affairer autour d’un énorme centre d’assemblage. Elles étaient en train de construire quelque chose d’absolument énorme, une chose que Sacha connaissait bien étant donné que c’était elle qui l’avait crée.

“Mais... Mais c’est...
-Oui, l’interrompit MARvINE, c’est lui.


___________________________


Clem allait de mal en pis. Il était arrivé près d’une zone assez ouverte avec un pont passant entre deux petits himmeubles d’habitations. L’endroit était quadrillé de Vapeurkien, trop armés à son goût. L'état de Clem voguait entre le “délabré” et le “à la casse” et lui souffla qu’il vaudrait mieux pour lui d’éviter d’être vu. C’est lorsqu’il tenta de trouver une cachette (un creux dans une ruelle passant juste sous le pont) qu’il tomba sur une bombe artisanale qui lui était destiné. Il savait que c’était le cas parce qu’une main (certainement robotique) avait écrit à l’aide d’une penture rouge sang sur le couvercle “Bombe artisanale à l’intention de Mr.Free, plutôt limpide. Clem n’avait pas le choix, MARvIN voulait certainement jouer avec lui, elle ferait certainement pêter le machin si l’agoraphobe ne relevait pas le faux défi qu’elle lui lançait. Clem étyait certain que c’était truché de bout en bout, mais il était obligé de s’y coller. Il avait certes quelques connaissances techniques héritées de son bac technologique qu’il était parvenu à louper et en aucun cas il ne s’y connaissait en déminage.

Il ouvrit tout de même le couvercle, il y avait à l’intérieur un automate programmable relié à une minuterie (4min 36) ainsi qu’à deux bonbonnes transparentes et remplies d’un liquide auquel le teint indiquait très fortement que c’était le genre de liquide à ne pas secouer si on tenait à ses doigts, sa maison ou son quartier. Le principe n’était pas très compliqué à comprendre. La minuterie (4min 12) devait donner à son terme un signal à l’automate qui balancerait alors le jus ou quoi que ce soit d’autres et qui activeraient le liquide des bonbonnes. Clem pouvait arracher les câbles reliant la minuterie (3min 59) à l’automate mais rien ne lui disait qu’il n’y avait pas un signal bluetooth reliant aussi les deux machines. Pire, c’était la simplicité même que de programmer l’automate de façon à ce qu’il explose si le lien le reliant à la minuterie (3min 45) disparaissait : même Clem avait les compétances pour coder cette mesure de précaution. Son pouvoir ne lui était aussi d’aucune utilité pour ce genre de travail. Modifier les distances, ce n’était pas les supprimer. Même si elle ressemblait à une peinture moderne vu à travers un miroir déformant, une bombe restait une bombe.

Clem en était à ce torturer la tête sans savoir comment il allait s’occuper de cet explosif problème quand la minuterie (1min 26) s’arrêta d’un seul coup. Un bruit à son côté lui fit tourner la tête.

Ed ?

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MessageSujet: Re: Still Alive Dim 18 Mai 2014 - 18:15
La course contre la montre commença, et s’acheva presque aussitôt, parce que de la quasi-ligne droite sans les bouchons, aiguillé par les indications de Jacob et supporté par mes jambes de Voyageur, je vous faisais ça en presque moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Peut-être encore moins de temps que pour la préparation de nos trois destinations. Je vérifiais que la boussole déglinguait pas trop et indiquait toujours la même direction, fonçai d’autant plus vite tandis qu’évidemment, pressé par le temps, je me disais que les cinq minutes devaient être maintenant quasiment écoulées. Mais je ne me décourageais pas pour autant, trouvant pour le moment très étrange l’épreuve de MARvIN3. Je savais qu’il y avait quelque chose dessous, autre que le fait simple de me séparer de Monsieur Portal (et de son étrange acolyte à la présence et à l’esprit effacés).

Je trouvais la zone près du pont, comme elle l’avait spécifié. Il fallait croire que depuis les toits, j’avais une vision agréable de l’ensemble : il y avait un peu foule, mais je pouvais voir tout de même une belle croix blanche dessinée dessus, ainsi qu’un autre Voyageur pas loin dans les parages. Je ne le reconnus que quand je pus voir son visage de près : Clem. De retour dans la partie, la quantité négligeable que je pouvais me permettre d’ignorer de façon habituelle, mais il était le genre de quantité négligeable à se foutre dans votre prépuce. Et ce petit con, parce qu’il essayait toujours de se mettre dans une merde noire, se dépêcha de sortir la bombe que je devais chercher pour éviter l’explosion. Mais j’étais tout de même obligé de venir dans la zone sous peine de déclencher l’ire d’autres explosifs.

Je sautai en quelques bonds (un sur une autre toiture, un autre sur un balcon, un autre sur lampadaire, puis enfin sur le sol), et ma chute fit tendre l’oreille de Clem, qui se retourna derechef pour me voir, la bombe à la main comme si ça n’était qu’une lampe de réveil. Pas le temps de regarder ses petits yeux écarquillés, je récupérai la bombe comme si c’était mon bébé (la vie ne sera pas un long fleuve tranquille) en lui feulant :

« Dégage de là ! », d’un ton d’où perçait une certaine colère de devoir maintenant me le coltiner, et aussi un ordre. Pour être sûr de m’être bien fait comprendre et qu’il ne pense pas que je veuille l’envoyer chier pour rien, je répétai ma phrase d’un ton plus compréhensible, lui faisant comprendre que s’il restait, il allait crever : « Je te dis de dégager, putain ! Ça va exploser ! »

Un peu plus d’une minute, je m’étais fait du souci pour rien. J’avais encore tout le temps du monde pour…
Ah…

En fait, ce fut quand je remarquai le nombre de personnes qui me regardaient, notamment des costauds, genre des nains ou des elfes avec de la barbe, que je compris le piège véritable de MARvINE, qui ne correspondait ni à une course-contre-la-montre, ni au fait simple de nous disperser. Parce que nous étions recherchés maintenant, et que les gens qui me regardaient, notamment ceux qui me dardaient méchamment, connaissaient parfaitement ma tête, genre, vue à la télé, et surtout, se sentaient assez de couilles pour tenter de me capturer. Je réexpliquais la situation pour les deux ducons qui ont pas suivi l’image : j’avais une bombe dans les mains, je ne pouvais pas partir de la zone fixée, et une trentaine de personnes se massaient dans ma direction (une dizaine d’autre derrière moi) avec l’envie de me coller une bonne rouste : mais, éh, j’avais une bombe dans la main. MARvIN3 m’avait transformé en miel empoisonné pour tous les insectes de la ville. S’il y avait un affrontement, tout allait exploser et il y aurait des morts. Je me dépêchais de leur hurler :

« J’AI UNE BOMBE !!! DEGAGEZ !!! » Et moi de leur montrer la preuve de mon affolement.

Mais ils prirent ma réflexion comme une menace de ne pas m’approcher, et ils s’arrêtèrent pour un temps. Pour mieux m’encercler. Respectant tout de même une distance de huit mètres environ, essayant de trouver une faiblesse dans ma défense. J’essayais alors de leur expliquer la situation, légèrement paniqué par le temps qui avançait en saccadé (rapidement quand je ne regardais pas le timer, lentement quand je le fixais ; et malheureusement, je ne le fixais pas vraiment) :

« Ecoutez-moi ! C’est un piège ! Je suis innocent ! Revenez me chercher dans… » Un petit coup d’œil, « … Quarante secondes !
_ La voix nous a promis cinq mille EV pour ta capture ! On te laissera pas filer ! »
, répondit avec hargne un nain qui lissa sa moustache avec une main, l’autre tenant une hache à la taille éloquente.

Ainsi donc, MARvIN3 avait déjà prévu son plan : attirer énormément de monde sur moi par n’importe quel moyen et les faire exploser sauf si la victime, moi, les en empêchait, tout ça en restant dans ma petite zone qui était à peine plus grande que mon studio. La bombe dans les mains, Clem à-côté, plein de monde partout. Ça ressemblait à de la fête, ça, sponsorisée par la science incarnée (si on peut utiliser ce verbe dans le cas d’un organisme métallique), et surtout, n’oubliez pas de vous éclater. Il manquait quelques dizaines de seconde, mais voilà, j’avais un petit dilemme à résoudre : soit je gardais la bombe avec moi et j’étais plutôt en sécurité… Soit je la posais loin de moi, comme le hurlait mon instinct de survie qui l’entendait vibrer chaque seconde qui passait de plus en plus fort, mais je précipitais l’assaut des autres gars. Et à la fin, la bombe exploserait quand même et emporterait quelques gars avec elle. Mais pour le moment, il fallait tenter une action diplomatique contre le cercle de gars qui attendait une seconde d’inattention de ma part ou un brin de courage supplémentaire pour m’attaquer. Je tentais de la jouer fine :

« Cinq mille EV, hein ? Je peux vous en donner le double si vous ne m’affrontez pas. Et je vous promets de quitter cette ville sur le champ. » Ma proposition était honteusement mensongère. Le nain dont j’avais fait la description rapidement fit tourner sa hache entre ses mains et répondit :
« Tu nous baratines pas ?
_ Vous me laisserez partir quand vous aurez le fric, je vois pas pourquoi je mentirais. Mais êtes-vous d’accords ? »


Le temps qu’ils parlementent un peu et le timer allait bientôt arriver à sa conclusion. Allez, mettez-vous d’accords, bougez vos fesses, patientez un peu, et… J’avais trouvé l’idée du siècle au passage. MARvIN3 avait parlé d’une zone de trente mètres carrés. Pas de trente mètres cube.

Dès que le timer descendit à trois secondes et que mes assaillants allaient trouver une réponse définitive à me sortir, je pris la bombe bien fortement, des deux mains, puis l’envoyai en l’air avec toute la puissance de mes bras, en faisant attention à ce qu’elle ne sorte pas de la zone, même en étant balancée à une telle hauteur. Puis deux secondes plus tard, alors qu’elle commençait à redescendre, elle se mit à exploser sans causer le moindre mal. Et moi, en tirant le bras de Clem, à fuir, après un saut digne d’un cheval au-dessus d’une haie de haches et autres dagues, alors que les gens étaient encore décontenancés par le sacrifice. Il était temps de courir maintenant.
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MessageSujet: Re: Still Alive Mar 10 Juin 2014 - 2:23
Passer d’une bombe qui allait bientôt péter sur votre gueule à la compagnie d’Ed, c’était l’équivalent de passer de Charybde en Scylla. Avec toute nos excuses pour l’homérique monstre mythologique qu’est Scylla. En même temps il fallalit le comprendre, pour Clem, Ed est un peu la représentation anthropomorphique du flux intestinal. Oh il représentait aussi des tendres souvenirs d’enfance d’un passé où ils étaient petits et insouciants mais pour son bien-être mental, Clem avait besoin d’une figure fraternelle qu’il avait de cogner. c’était comme ça. Il savait que Ed avait d’autres raison d’alimenter leur animosité mais le résultat restait le même : les deux frères se mettaient des bâtons dans les roues dès qu’ils se retrouvaient à Dreamland. Et du moment qu’aucun tiers n’ingérait dans leurs affrontements, il n’y avait aucune limite à dépasser.  

Cette nuit en revanche, le tiers était de taille. MARvINE avait juste pris une ville en otage afin de les éliminer et mettait tous ses efforts et moyens à la réalisation de ce projet. C’était plus qu’une ennemie puissante, Clem aurait douter d’en venir à bout même accompagné des meilleurs alliés possibles. Une certaine immortalité assurait à l’IA une supériorité physique lors des affrontements et ses milliards de processeurs lui assuraient une indiscutable suprématie intellectuelle. Alors si parmi la liste des alliés potentielles se trouvait Ed, son petit frère n’allait certainement pas cracher dessus.

Mais bon, certaine chose ne changeaient jamais.

“Je te dis de dégager, putain ! Ça va exploser ! “
-J’ai compris que ça allait exploser espèce de connard ! Tu crois que je suis en train de faire quoi là ?

Son frère ne répondit pas, certainement trop occupé à mater la mini foule à l’attitude belliqueuse qui regardaient les deux Free comme un prédateur regardait sa futur proie aussi grosse que lui : avec une certaine appréhension quand au combat approchant, mais faisant toujours un pas de plus en l’honneur de la récompense en cas de victoire. MARvINE la pute avait du se débrouiller pour les ramener ici Elle n’avait pas monté la ville contre eux pour rien après tout. Etant donné qu’il n’était pas vraiment question d’homicider tout une fille de gens voulant sauver leur ville (surtout que les chances de réussites d’une telle entreprise n’étaient pas assurées pour deux sous), Ed avait sortit leur seul atout à peu près jouable qui consistait à stopper leur avancé en leur présentant leur ami explosive. La foule se massa en cercle autours d’eux, Clem était dos à dos avec son frère en se demandant ce qu’ils allaient faire maintenant. le compteur de la bombe tournait toujours.

Clem se dit qu’avec son pouvoir, il réussirait peut-être à faire élever assez haut la bombe pour parer à tout danger la concernant. Mais s’en débarrasser, c’était affronter la foule. En même temps s’ils ne se débarrassaient pas de la bombe... Ed tenta de gagner du temps en carabistouillant à propos de la récompense offerte contre sa tête par MARvINE, pas très étonnant qu’elle l’ai mise à pris d’ailleurs. Pour en peu l’IA en serait presque prévisible.

Ed se débarrassa ensuite de la bombe par un formidable kick (héhé, ils avaient quasiment eu la même idée) qui l’envoya exploser en hauteur. Devant les airs ahuris de la foule, comprenant qu’elle avait été filouté et qu’elle ne toucherait jamais le double de la récompense promis. Ed entraîna son frère loin de là. Ce dernier para à toute velléité de poursuite en laissant derrière lui un wormhole agrandissant les distances, privant ainsi aux lestés locaux la possibilité de les suivre efficacement.

Plus loin, dans un endroit calme où ils purent s’arrêter de courir en paix. Clem repris son souffle le dos contre un mur et les mains sur les cuisses. Il n’en pouvait quasiment plus. Il avait pris trop de coup depuis le début de la nuit. Il devait avoir la moitié de la gueule cramé ou en cendre, l’autre étant certainement contusionné de partout. N’importe comment il n’avait plus aucune sensation au visage. Il n’avait même plus l’impression d’avoir reçu des soins de la part de Sacha auparavant.

“Déjà que je me sentais au mauvaise compagnie à cause de MARvINE, dit-il à Ed. Bon on fait comment pour se débarrasser de cette salope ? On lui noie la ville sur la gueule ? Lança Clem en plaisantant à moitiés. Je suis en contact avec un groupe de voyageur qui va tenter de retrouver le corps principal de MARvINE en cataloguant les relevés d’énergie de la ville. Mais je la soupçonne d’être à la fois partout et nul part. T’as des indices de ton côté ?

Et ouais, ni concours de bite ni coup de boule rituel dans le ventre. MARvINE était dans le camp d’en face. Elle aurait arrêté la Guerre Froide à elle toute seule juste en se présentant. Ce n’était vraiment pas le moment de se fritter avec son frère, Clem en était bien conscient.

__________________________________

Sacha courait, elle avait vu toute la vidéo de MARvINE. Elle avait vu les pistons mettre en place les armatures, les fraises ciseler les bords, le visage, les grues plaçant délicatement la neurotoxine à l’intérieur du tout. Il y avait même un système mis en place pour synthétiser le produit directement à l’intérieur de l’androïde.

Sacha avait vu MARvINE reconstruire Borya. L’ancien membre le plus puissants des Kiborgov, aujourd’hui mort mais ce n’était pas ce genre de détail qui arrêtait MARvINE. Elle l’avait reconstruit en tout point selon les plans de Sacha. Elle avait même réussis à lui rendre son pouvoir de voyageur via la neurotoxine. Il était évident qu’il n’y avait aucune trace de la personnalité de Borya dans se corps de métal tout juste crée, mais Sacha en avait quand même eut les larmes à l’œil de voir le corps de son ancien ami assujetti au bon vouloir de l’IA. Borya s’était sacrifié pour sauver tous les Kiborgov d’une fin certaine, et même avant ça sa puissance digne d’un voyageur du haut de la ligue M les avait sauvé bien souvent. La voyageuse avait l’impression que sa mémoire et ses actions  s’en retrouvaient salie à échoir ainsi à MARvINE. L’IA venait de se doter d’une précieuse force de frappe dont l’ukrainienne doutait qu’il y eut un équivalent dans tout le royaume. Certes Borya n’était pas indestructible mais qui sait les améliorations auquel il aurait droit sous l’égide de MARvINE ? Car il en aurait, à ne pas douter. Des améliorations physiques comme intellectuelles. Borya était humain après tout, avec un corps crée par une voyageuse de 10 ans à l’époque ; celui là serait contrôlé par l’IA qui avait également crée son corps.

Donc Sacha courait. Et pas parce que le choc de voir le corps de son ancien ami aux mains de l’ennemi lui occasionnait un chagrin de jeune princesse courant loin de la scène pour échapper à son malheur. Non, elle courrait parce qu’elle avait Gouri aux fesses.

Peu après qu’elle sortit de l’usine, le voyageur (ou MARvINE, elle ne savait pas exactement jusqu’où allait son contrôle) lui tomba dessus et lui donna la chasse. Ce dernier était le membre le plus rapide et agile des Kiborgov, elle devait mobiliser une grande partie de son pouvoir pour le ralentir en disputant le contrôle du corps de l’androïde à MARvINE. Le tout, en ne cessant jamais de courir. Il lui fut moins de quelques minutes pour se retrouver complètement épuisée. Elle se dit finalement qu’elle allait être obligée de livrer bataille, malgré le suicide que cela représentait. Elle était de force largement inférieur à Gouri même si son pouvoir pouvait l’aider à avoir quelques avantages contre lui, le problème provenait surtout du fait que si elle restait immobile, les renforts de MARvINE accoueraient aussitôt.

Elle crut sa dernière heure arriver quand elle croisa pendant sa fuite un être si massif qu’elle crut tomber sur un dreamlandien. Son cerveau fatigué reconnu malgré tout la stature d’un être humain, et quelle stature ! Une bouffée d’espoir prit à revers le coeur de la jeune femme quand elle comprit que, loin des artères principales, dans les ruelles désertés par le couvre-feu, les chances qu’elle faisait face à un voyageur et non pas à un rêveur étaient élevés. Entre demander son aide, ou le combat suicide, elle ne réfléchit même pas. Elle ne s’arrêta pas de courir et fonça vers le voyageur cuivré et se cacha derrière le voyageur. La respiration trop hachée pour lui expliquer la situation. Le voyageur allait de toute façon la comprendre assez rapidement vu que Gouri arriva sur ces entrefaites. Ayant un sixième sens (réciproque) lui avertissant la position de Sacha, l’androïde cyclope se planta devant le voyageur en lui faisant signe de s’écarter avec son bras d’où sortait sa lame.

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MessageSujet: Re: Still Alive Ven 27 Juin 2014 - 0:28
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Si la tenue d'une chambre reflétait ses propres pensées pour peu qu'une salle en ait, voilà ce à quoi celle de Karn pensait toute la journée. Des photos de Clem étaient accrochées n'importe où, délaissant à peine les murs les plus éloignés et plus difficiles d'accès et bouchant en embouteillage certains côtés, comme au-dessus de son propre bureau. C'étaient souvent la même, il y avait peu de photos de Clem disponibles, et quasiment aucune sur Internet (en tout cas, très peu sans son frère). Il y en avait même quelques-unes qui étaient des propres dessins de lui, pas très beaux car il ne savait pas dessiner, mais les couleurs et les traits barbares représentaient assez bien l'Agoraphobe.

Depuis que Maze avait demandé à ce que Clem fut tué dès qu'il était vulnérable, Karn avait été le premier à le chasser, et même après que chacun arrêta de tenter de penser à lui pour le retrouver, faute de succès, il était caché par Héliée dans le Royaume Agoraphobe, seul Karn avait continué ; pas toutes les nuits, son cerveau dérangé le faisait parcourir mille lieux sans qu'il ne s'en rende compte avant de s'endormir (sans le savoir, il loupait ainsi les rares occasions qu'il aurait pu avoir), mais cette fois-ci, il était concentré sur Clem et s'endormirait en pensant à lui. Karn voulait tellement faire plaisir à Maze, lui prouver qu'il était un Voyageur superbe, loyal, indispensable. Est-ce que vous étiez capables d'imaginer, vous, quelle félicité on pouvait atteindre quand on était bercés par le regard bienveillant d'un être d'une puissance inimaginable dans le véritable monde ? BIEN SÛR QUE NON, VOUS EN ETIEZ TOTALEMENT INCAPABLE !!!

Il n'était pas encore l'heure de se coucher, mais Karn voulait déjà s'endormir ; mais s'il faisait ça, il ne pourrait pas rejoindre l'Agoraphobe qui se couchait à des heures autrement plus tard. Karn avait des parents sévères là-dessus, ils lui disaient quand manger, boire, dormir, et pire, malgré la dizaine de parents qu'il avait, ils étaient tous aussi stricts. Tous aussi blancs ou verts dans leur vêtement. Il frappa à la porte pour appeler quelqu'un, et ce fut une de ses mamans qui entra quelques secondes plus tard.

"Timothée, il y a un problème ?
_ Je m'appelle Karn !"
Pourquoi étaient-ils tous comme ça ? Ils le mettaient en rage dès qu'il appelait autrement que par son surnom de Voyageur. "Je suis Karn, le puissant Voyageur Claustrophobe, sous les ordres de l'incroyable Maze ! N'oubliez jamais !
_ Très bien. Et que faut-il ?
_ Je voudrais me coucher tard aujourd'hui. Je ne veux pas de médicament dégueulasse.
_ Ce sont les règles.
_ Changez-les !
_ Ce n'est pas de ma respon...
_ CHANGEZ-LEEEEEES !!!"


Et sans prévenir, il prit la chaise blanche de son bureau et l'envoya si violemment contre le mur, près de la maman, qu'elle s'y explosa dans un fracas violent. Elle se dépêcha de se jeter hors de la chambre, mais un pied bloqua la fermeture de la porte. Karn répéta son odieux ordre en crachant de la salive, tandis qu'elle appelait à l'aide, et aussitôt, quelques médecins costauds accoururent. Ils ouvrirent la port et et maîtrisaient Karn qui jetait ses bras et ses jambes au hasard en espérant cogner un menton.

"CHANGEZ-LES !!! LAISSEZ-MOI ME COUCHER TARD ! JE VEUX CLEM ! JE VEUX CLEEEEM !!!"

__

Épuisés les deux frères Free, mais je n'irais pas jusqu'à nous faire rebouger de notre cachette histoire d'être certain qu'on ne nous suivrait pas : même si je savais MARvIN3 assez douée pour nous retrouver, je la savais tout aussi capable de nous suivre. Elle viendrait à nous, alors autant être frais et dispo pour sa prochaine plaisanterie. Je regardais Clem en-face de moi adossé aux murs, et une envie de le cogner frétilla quelques secondes dans mes poings, sans raison autre que le bonheur de le revoir à nouveau. Je sus me maîtriser même quand il me parla, et c'était une alliance que son ton et ses phrases me proposaient, ou plutôt, un traité de paix le tant qu'on ait un objectif commun (ou plutôt, un ennemi commun). Je ne sus pas si je devais être heureux ou pas de ce rebondissement, car d'un côté, c'était avec mon petit-frère que j'avais réalisé l'alliance, et d'un autre, ça restait Clem, pas le plus gros poids lourd que je connaisse. Bon, j'avais déjà été assez gâté par Monsieur Portal, mais je n'aurais pas été contre que d'autres poids lourds de la Major viennent enquiller derrière.

D'ailleurs, quand il me raconta qu'une autre équipe de Voyageurs était présent pour débusquer MARvIN3 et l'éliminer, je poussai un soupir d'aise. La première fois qu'on l'avait rencontrés Clem et moi, on était esseulés et perdus dans des événements chaotiques qui s'enchaînaient ; maintenant que l'IA redoutable s'était affranchie dans une ville, c'était peut-être une guerre civile qu'on aurait sur les bras. Enfin, dans le meilleur des cas, car quelque part au fond de moi, j'avais peur de la sous-estimer dangereusement. Ce fut pour ça que je posai la question suivante à mon frère :

"Ton équipe de Voyageurs, tu penses qu'elle est sérieuse ? Qu'elle va être utile ? Ou qu'ils sont au courant de la puissance de MARvINE ?" Puis je me décalai pour parler de la sale gueule qu'il avait, blessures de bataille si vous vouliez mon avis. En fait, de façon générale, il semblait bien plus en mauvais état qu'à l'accoutumée, et notre alliance allait peut-être ressembler à de l'aide en sens unique. "Et comment tu t'es choppé ça ? L'IA ?"

Et quant à des indices pour aller l'affronter, bah, je me triturais la tête sur cette question depuis le début de la nuit et je n'avais pas la moindre foutre idée de ce qu'on pourrait faire. Elle évoluait dans un plan immatériel, et maintenant qu'elle avait des robots et une ville toute entière pour s'y promener, elle allait devoir être très chiante ; il faudrait défoncer toute la ville, l'ensevelir sous l'eau, ouais, mais elle avait bloqué les issues et on aurait des dizaines de milliers de morts sur la conscience pour avoir battu une simple IA, sans compter qu'on ne s'en souviendra même pas vu qu'on redeviendrait des Rêveurs. La flotte était la seule bonne idée, mais il faudrait évacuer plusieurs milliers de personnes d'abord. Donc impossible. Puis MARvIN3 avait dû prévoir le coup, non ? Non ? Comment aurait-elle fait ? Je marchais soudainement pour faire carburer mon cerveau :

"J'ai une hypothèse. MARvIN3 ne peut pas vraiment se déplacer de Royaume en Royaume car elle a besoin de technologie pour survivre, ça reste un programme informatique. Et des fois, ils sont séparés par des centaines de kilomètres, tous. Ça m'étonne qu'elle puisse faire une transition entre chaque Royaume. Je pense plutôt qu'elle est venue ici par ses robots, mais je vois pas combien il en faut pour la transporter toute entière. Et ça, c'est important, car il faut savoir combien d'entre eux sont capables de l'amener d'un côté ou de l'autre de Dreamland ; elle a certainement prévu des copies de secours. Mais merde, elle est tellement lourde qu'elle ne devrait pas pouvoir se foutre dans un réseau, sauf aussi archaïque que celui-ci, sans qu'on ne la découvre et qu'on tente de l'éliminer ! Mais bon... Heureusement, quand elle fait plusieurs copies d'elle-même, elle tente souvent de se détruire, peut-être que l'épisode de la dernière fois l'a calmé sur la dangerosité de ses copies...Mais bref, si on détruit ses robots ou au moins un certain nombre, on devrait l'empêcher de s'enfuir d'ici. Ensuite, quant à la détruire... "

L'idée de Monsieur Portal semblait la seule réponse sur laquelle on pouvait spéculer des chances de réussite (environ 0,0002%, ce qui était peu), mais ses théories surréalistes semblaient aussi farfelues que noyer la ville sans les habitants. Puis, déjà, il fallait retrouver l'animal, ce qui allait être compliqué si ce n'étaient pas dans les plans de l'IA qui se mettait à contrôler la ville (et sa population) plus efficacement à chaque seconde.

"Ed, tu ne vas jamais me croire, j'ai trouvé !"

La crise cardiaque du siècle. Monsieur Portal venait de créer une paire de portes et il en sortait la moitié de son corps, avec un air béat qui aurait pu le faire arrêter pour pédophilie. Il expliqua rapidement sans faire attention à la présence de Clem qu'il avait un peu cherché après avoir passé l'épisode de la bombe (qu'il avait entouré d'un portail posé contre elle, une connerie que j'aurais pu faire si j'avais été plus intelligent) et qu'il était tombé sur un bâtiment gigantesque, le bâtiment scientifique de la ville, dans lequel il y avait le service radio et Internet où il avait rencontré quelqu'un qui pourrait nous aider. Il nous invita à venir car le portail débouchait directement dans la bâtisse. On se dépêcha d'emprunter le portail notre tour, et une petite bouffée d'espoir m'envahit. Monsieur Portal était peut-être plus fiable que prévu.

__

Et ouais, Karn, t'es présent, haha, bien présent le Karn, t'avais réussi à te réveiller à un moment, tu savais pas comment, tu l'avais juste voulu très fort, et t'étais retourné dans le monde dégueulasse et suintant de propreté à une heure avancée, dans ton lit, et tu revenais sur Dreamland pour chercher ce Clem et... ! Ah, Vapeur-Punk ! Il vit une écharpe qui disparut devant son nez, et il tenta de la suivre sans succès. Il l'avait presque eu ! Mais il avait encore du temps pour le retrouver. Clem, Clem, Clem, Clem, Clem.
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MessageSujet: Re: Still Alive Dim 2 Nov 2014 - 12:34
Habituellement, la présence d’Ed dans les parages immédiats de l’agoraphobe donnait invariablement à ce dernier des crises de démangeaisons tellement fortes qu’il fallait le plus souvent frapper la zone concernée afin de les calmer ; lesdites zones concernées étaient bien souvent le visage de son frère, l’estomac de son frère, ce genre de zone. Sauf que là Clem était trop mal en point pour songer à calmer ses instincts primaires. Le fait qu’Ed chatouillait les cimes de la ligue M jouait aussi un petit peu dans son choix.

Quand Ed lui demanda ce qu’il pensait du groupe de voyageurs et de l’aide qu’il pourrait apporter, Clem répondit franchement :

"Franchement (z'étiez prévenu), leur chef a un pouvoir qui peut se révéler très utile vu qu’elle peut contrôler la mécanique. Je ne sais pas jusqu’où s’étend son pouvoir mais dans le meilleur des cas elle pourrait faire jeu égale avec MARvIN en ce qui concerne les changements mortels de terrains. Pour le reste de l’équipe, elle a du quasiment tous, malheureusement, les transformer en cyborg à un moment ou à un autre pour leur sauver la vie ; c’est peut-être de la paranoïa mais j’affronterais pas MARvIN avec eux à mes côtés."

Quand Ed s’inquiéta à propos de son état, Clem eut presque envie de lui cracher dessus en rétorquant que c’était pas ses affaires. Sauf que, quelque part, c’était ses affaires puisqu’ils avaient plus ou moins conclu une alliance (une armée d’inquisiteurs armés de fer chauffé à blanc n’aurait pu retirer le « plus ou moins » de la déclaration de Clem) et que la réponse à cette question contenait des données utiles à la bataille qui s’annonçait.

« Ouais, elle m’a envoyé sur la gueule plusieurs dizaines de ces robots alors j’ai du leur envoyer une rame de métro sur la gueule, le problème était que j’étais dans la rame au moment des faits. J’en ai plus vu après ça mais je pense pas avoir éliminé toute son armée d’un coup, ce serait trop beau.

Ed passa ensuite à ses réflexions personnelles concernant les moyens d’arrêter MARvIN. Et puisque l’on parlait de MARvIN justement, l’énumération desdits moyens tournait en rond et n’amenait à rien de plaisant. Histoire d’en rajouter, Clem prit la suite du discours funéraire :

« On a aussi un élément à prendre en compte. MARvIN a menacé de noyer toute la ville, ce qui signifie détruire tous les composants électriques inclus dedans, soi un suicide. Seulement je ne la vois pas se suicider et je ne la vois pas faire de menace en l’air donc j’en déduis qu’elle a déjà un moyen de se re-créer et que celui-ci est à l’extérieur de zone concernée. D’ailleurs quand elle a bouclé la ville, elle s’est enfermée au même titre que tous ses habitants. Si elle a fait ça, c’est qu’elle doit avoir une garantie en dehors. Putain si ça se trouve elle est toujours au Royaume de la Main Invisible et elle ne nous consacre qu’un centième de son attention pendant qu’elle…

-Ed, tu ne vas jamais me croire, j’ai trouvé !

N’importe qui aurait été désagréablement surpris par ce genre d’arrivée impromptu dont Mr. Portal avait le secret et la tête qu’Ed faisait en disait long sur le dégrée d’habitude qu’il n’avait pas vis-à-vis du bonhomme. Mais pour Clem, ce fut pire : la tête de Mr. Portal ne lui était pas inconnue, elle ornait la première page d’un dossier en même temps que la trace d’un tampon « extrêmement dangereux » qu’il avait parcouru en diagonale alors que ledit dossier était sur le bureau de Liz, la seconde d’Héliée. Et il y avait aussi l’aura. Ed avait certainement un meilleur niveau que son petit frère pour détecter ces dernières mais il était claustrophobe, il était habitué à se retrouver dans le même kilomètre carré que Maze ou qu’un claustrophobe occupant les hautes strates des ligues de Dreamland. Pour Clem, se retrouver d’un seul coup face à Portal équivalait à une souris de croiser une meute de chat après un angle de couloir. Tous ses poils se hérissèrent au son de trompette de ses gènes agoraphobes. Mr. Portal leur expliqua qu’il avait trouvé de l’aide et qu’il fallait le suivre. Clem emprunta le portail claustrophobe de son plein gré en ayant l’impression d’être un traitre à sa race.

Comme promis, le portail donnait bien sur le service radio et Internet de Vapeur-Punk… de Vapeur-Punk, bordel ! C'est à dire qu’il fallait repasser pour la fibre optique et les moniteurs à cristaux liquides. L’endroit ressemblait plus au service téléphonique de la Wolfsschanze dans le film avec Tom Cruise. Celui où l’on voit l’ancêtre de la prise Jack dans des pupitres en bois. Hey, mais en 45 c’était le top de la technologie, c’était aussi une période où l’électricité appartenait encore à Dieu ou aux savants fous.

Heureusement pour les voyageurs, il y avait effectivement une personne sur place. Un croisement entre un nain et un informaticien, mine de rien une grosse barbe peut s’avérer très pratique pour transporter une clé USB. Quand il vit le trio arriver, il prit rapidement la parole :

« Votre ami a tenté de m’expliquer votre situation (ainsi qu’une théorie bizarre à propos de basket, de chi et de tortues ninjas, se retint t-il d’ajouter). Vous cherchez un moyen de buter cet IA, avec mon équipe on fait exactement la même chose mais on sèche.

Cette salope est arrivée de nulle part, comme une ombre, mais elle a pénétré dans le système par la grande porte, ou plutôt par toute les portes : attaque DDOS, SYN FLOOD ou encore la « Méthode Brute » je vous fais grâce de la liste exhaustive. Toujours est-il que le temps que le stagiaire aille me chercher et elle contrôlait tous le réseau. On a juste eu le temps de sauver un ordinateur en le coupant du système et même celui là on croyait qu’on allait le perdre.  

« Donc Elle est ici ? demanda Clem, on peut l’éliminer en détruisant tout votre matériel dans le bâtiment ?

- Que ce soit clair, je vous dis pas ça pour sauver mon emploi mais ça ne servirait à rien. Elle est pas qu’ici, elle est partout. Et quand je dis « partout », c’est « partout ». A moins que vous ne puissiez détruire toutes les radios, tous les postes de télé, toutes les cabines téléphoniques et tous les androïdes de la ville, on devrait peut-être arriver à quelque chose.

-On devrait pouvoir tout griller avec une IEM, non ?

-Et bien allez la chercher votre IEM car on n’en a pas ici. Et puis on n’est pas à Ampère-Punk, tout ne marche pas avec de l’électricité ici. L’énergie passe aussi par des conduites pressurisées, de vapeur entre autre.

-Et cette énergie, on pourrait la couper ? Elle a bien une source quelque part, une valve principale, un truc ouvert/fermé.

-Ouais ça devrait pouvoir se trouver mais je vous déconseillerais de couper l’arrivée en énergie d’une ville sous-marine, je suppose que vous êtes comme nous et que vous aimez vivre… bon écouter, dit-il en voyant que Clem allait encore ouvrir la bouche, on a réfléchi au problème de long en large avec les gars et croyez moi, sur notre plan, le plan physique, on est baisé. Cette salope c’est comme une rivière : elle trouvera toujours un moyen de passer entre les mailles du filet. Et si on met un barrage elle creusera un lit dans la pierre pour passer où elle veut. Non si vous voulez l’avoir, va falloir la chercher, métaphoriquement parlant, chez elle.

-Comment ça ?

-Ben on a ici un bidule expérimental qu’on a quasiment achevé. Un truc de réalité virtuelle sauf que c’est pas d’la réalité ; vous avez jamais eu envie de visiter Internet ?

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MessageSujet: Re: Still Alive Lun 10 Nov 2014 - 1:55
Au vingtième siècle, les courbes ne s’étaient pas encore posées sur le design des engins technologiques, et la mode « boîte en carton » faisait encore fureur : plutôt qu’un siège agréable à regarder, tout moderne coloré d’un blanc nacre, extrêmement fonctionnel, on aurait plutôt dit une boîte d’allumettes gigantesque dans laquelle il fallait se coucher, seule la tête restant visible, avec des câbles métalliques brillants peu engageants. On aurait plutôt cru que c’était une bière steampunk pour le pauvre moyen. Le nain s’en approchait comme si c’était l’invention la plus extraordinaire qui était avec le lingot d’or.

« Cette machine, que j’ai baptisé la Nyan Machine, permet d’endormir l’esprit pour le projeter vers le Royaume de l’Internet. Il suffit que quelqu’un s’y couche, on lui y injecte cette aiguille dans la nuque, celle-ci dans la colonne vertébrale et celle-là dans le cervelet, et le tour était joué. » La dernière aiguille semblait être plus grosse que l’organe en question, et comme personne n’aimait les aiguilles, j’étais déjà en train de me désister mentalement de la mission, surtout que, aaah, malheureusement, il semblait n’y avoir qu’une seule machine. Monsieur Portal se dépêcha d’interagir :
« Est-ce que cela a quelque chose à voir avec Windows 98 ?
_ Dîtes-nous plutôt si vous êtes sûrs qu’on puisse vaincre une intelligence artificielle en utilisant ce procédé ? »
, répondis-je en couvrant la voix du Claustrophobe, qui ne se laissait pas faire :
« Vous utilisez la Orange Box ou la B-Box ? Parce qu’il paraît qu’il y a beaucoup de bugs dans la se…
_ Théoriquement, une Intelligence Artificielle n’est rien d’autre qu’un code source programmé, auto-évoluant selon des algorithmes incroyables. Si vous détruisez ce code source, le cœur, il n’y a plus d’IA.
_ Mais elle peut se créer en plusieurs exemplaires.
_ Peut-être, mais elle est déjà trop lourde pour notre système. Si elle était créée plusieurs fois, il y aurait une surcharge qui détruirait le réseau. Elle dispose de plusieurs robots, mais qu’elle n’a pas coupé d’elle-même, vu les informations qu’on a recueillies. Les versions d’elle qu’ils ont dans la tête ne sont que des informations, des vecteurs qu’elle dirige. Il y a une version d’elle, et une seule. Et en allant dans le Royaume de l’Internet, vous pourrez la retrouver.
_ Mais elle ne va pas contrôler l’Internet ?
_ Ah, très bonne question. »
Généralement, quand on répondait ainsi, c’est que soi, on trouvait l’interrogation pertinente, soit alors qu’on préférait ne pas connaître la réponse. Le nain lécha sa moustache avant de claquer la langue : « Internet est trop immense et trop… mouvant pour qu’on puisse le contrôler. Et notre connaissance de ce monde n’est que peu développée. Je ne saurais dire, mais j’ai peur qu’elle ait tout de même un certain contrôle. Ne vous laissez pas enfermer dans une pièce qu’elle aurait créé, ça, c’est sûr. » Le ‘certain contrôle’ était d’une relativité qui flanchait généralement pour le parti de MARvIN3.

Monsieur Portal tenta de comprendre ce qu’il se passait réellement, et de saisir les différentes notions qu’on balançait dans la discussion ; il était fier à chaque fois qu’il comprenait un mot, mais peinait à lui donner une compréhension pleine et satisfaisante. Seul Tommy semblait encore plus perdu, mais on lui pardonnait car il aurait eu le même air si une boulangère lui rendait la petite monnaie. J’essayais de saisir toutes les opportunités qu’un appareil de ce calibre nous fournissait, mais un autre détail me titillait :

« Si l’IA se cache sur Internet, comment on fait pour la retrouver ?
_ Il y a des moteurs de recherche.
_ Oui, mais elle pourra certainement quand même s’échapper…
_ Et bien mon gars, faut la forcer ! Parce qu’il faudra la déloger de là. Mais on peut aussi la détruire physiquement. Carrément même. Mais pour ça, faut exploser les serveurs à ondes, il n’y a pas d’autres solutions.
_ J’y viens justement. L’endroit doit être bien sécurisé.
_ Il faut le faire exploser, certes, mais ça ne résoudra rien. Il y a un système d’urgence. Pas de quoi fouetter un scientifique elfe, mais assez lourd pour s’y réfugier. Si l’IA est intelligente, elle s’est déjà créée un nid là-bas.
_ C’est dans quel bâtiment ?
_ Et bien… Un bâtiment où il est indispensable que l’électricité fonctionne.
_ Un hôpital ?
_ Hurm… Une prison. »


Le Nain tapota sur un clavier et nous présenta ladite prison en même temps qu’on la voyait tournoyer sur l’écran avec une résolution à faire pleurer un amateur de Windows 98. Ladite prison était donc un bâtiment gigantesque, un building presque, totalement coupé du reste de la ville. Elle accueillait des scientifiques fous, des meurtriers améliorés par la joie du steampunk et des psychopathes en mal de mauvaises répliques à dire. On ne pouvait y accéder qu’en sous-marin, et évidemment, évidemment, afin d’éviter toute fuite, tout le bâtiment était contrôlé par un ordinateur. Des herses, des pièges, la lumière, les caméras. Effectivement, MARvIN3 devrait s’y sentir à l’aise.

« Je résume le plan : il faut détruire les deux serveurs tandis qu’on la traque aussi sur Internet.
_ Oui, tout à fait, et ne sous-estimez pas l’importance d’Internet. Si elle a le contrôle de la prison, alors avoir un allié dématérialisé peut aussi aider.
_ Ah… »


Monsieur Portal n’était pas le genre à bien faire un boulot complexe, et Tommy Wiseau, un boulot simple (voire un boulot tout court, sauf si regarder un mur en tentant de lui communiquer pouvait compter). Clem et moi étions finalement les seuls qui comprenaient un peu ce qui se passait – je ne voulais pas dire que MARvIN3 était de notre responsabilité, ce n’était pas comme si on avait inculqué en elle un quelconque sentiment de vengeance justifiée - il faudrait donc qu’on se colle aux deux tâches les plus pénibles.

« Clem, tu préfères Internet ou la prison ? » Le magma ou le siphon ? Joyeux anniversaire en avance.
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MessageSujet: Re: Still Alive Mer 17 Déc 2014 - 23:58
Clem avait un mal de crâne hallucinant et il y avait tellement de raison à cela que le fait de les énumérer était certainement un facteur de migraine. Pour commencer, depuis que l’agoraphobe avait affronté les robots de MARvIN dans la rame de métro et miraculeusement survécut au pugilat, il avait la sensation d’avoir été écrasé par un troupeau d’éléphants alpha. Ed Free et l’ingénieur nain discutait sur les façons d’affronter l’IA et ils étaient accompagnés par un quinqua complètement largué par les nouvelles technologies et un autre apparemment silencieux, mais les deux voyageurs dégageaient chacun une aura qui compressaient un pauvre Clem déjà en piteux état.

Au final, le plan de bataille fut décidé et il ne restait plus qu’à répartir les rôles. Tous deux naturellement proche du suicide. Allez affronter MARvIN dans son ante ou sur son domaine de prédilection ? Autant demander à un royaliste du XVIIIème siècle s’il préférait qu’on lui fournisse une dague pour allez assassiner Napoléon dans son palais, ou une petite armée pour allez l’affronter sur le champ de bataille. Néanmoins aux yeux de Clem, le choix fut vite décidé pour des raisons somme toutes assez logique dont il fit part à son frère.

« Je préfère l’Internet. Dans mon état je ferais pas cinq mètres si je devais allez déloger MARvIN dans la prison. Et puis j’ai déjà eu cette salope dans ma tête, peut-être, peut-être que ça facilitera ma maîtrise du monde numérique. Et puis, termina t-il en jetant un coup d’œil vers l’atroce jeu d’aiguille qui servait à faire la jonction homme/machine. La pire invention des auteurs de S-F avec les motos insonores. J’ai pas peur des aiguilles. Enfin… des petites aiguilles. »

Avec pas mal de précautions en égard à son corps qui commençait vraiment à accuser le coup, Clem s’allongea dans l’emplacement de la machine prévue à cet effet. Le nain commençait à pianoter sur sa console et à faire mille petites opérations sur l’outillage de la Nyan Machine qui se mit à ronronner comme un chat. Augmenter de manière drastique la tension cardiaque de l’agoraphobe.

« J’ai l’impression d’être sur la chaise à torture du dentiste, sauf que c’est MARvIN qui tiendrait la perceuse. » lâcha t-il juste après un rire nerveux. En réaction, le nain lui demanda de se détendre avec le même ton de voix que pourrait avoir un employé des abattoirs parlant à ses futurs steaks.

Les aiguilles furent ensuite plantées quatre secondes après que l’ingénieur lui demanda de compter jusqu’à cinq ; ce qui avait fortement surpris Clem qui s’attendait à pareille astuce vers la troisième seconde. La douleur fut naturellement plus que présente malgré les anesthésie qui lui avait été –l’assura t-on, donné auparavant. Après un long et tonitruant cri silencieux, Clem retira huit de ses ongles plantés dans les deux paumes de sa main et se déclara près.

La suite fut plus difficile à décrire mais il aurait été question d’un bruit incroyable ainsi que d’un arc-en-ciel infini sortant des basses de l’univers. Une apothéose d’étoiles multicolores lui pétillèrent dans la rétine avant de se transformer en accordéon qui s’enfuirent, apeurés.  Une éternité divisé par zéro plus tard et Clem était aux portes du Royaume de l’Internet. Il avait le sentiment de posséder un corps endolori et flottant mais peut-être que les six pouces d’acier qu’il avait dans le système nerveux y était pour quelque chose. Quelque part ailleurs dans le Royaume de l’IRL. Toutefois, ici, il se sentait bien. Il était au commencement d’Internet, devant des portes d’or manifestement polies et où s’ornait au devant un logo définisa…

« Oh non ! Pas Internet Explorer ! »

________________

Il y a quelques minutes, Sacha courait pour sa vie. Maintenant, elle marchait pour sa vie car son corps lui avait clairement fait comprendre que courir encore allait lui écourter ladite vie par une crise cardiaque éclair. Le voyageur à la peau d’ébène lui avait permit d’échapper à Sacha bien qu’elle ne sache pas dans quel état étaient maintenant les deux voyageurs et elle en ressentait une terrible appréhension à l’idée de l’apprendre plus tard. Et malheureusement pour toute la considération qu’elle avait pour son sauveur providentielle, la majorité de ses pensées allaient à Sacha. D’une façon ou d’une autre MARvIN devait mourir. C’était le seul gage qu’elle avait pour récupérer tous ses amis et pour rien au monde elle n’allait les abandonner.

Profitant du fait qu’elle n’était pas poursuivie, Sacha se glissa dans une rue piétonne encore utilisée malgré le couvre-feu et tenta d’appeler l’agoraphobe. Pour prendre de ses nouvelles dans leur lutte commune contre l’IA.

« Clem ? Clem tu me reçois ? »

Elle ne dit pas plus. Surgissant de nul part, un bras jaillit à la vitesse de l’éclair et enserra sa gorge dans un étau d’acier. Le visage du propriétaire du bras apparut alors dans son champ de vision, les yeux fous, le visage fou, et lui hurla :

« Clem ? CLEM !? CLEEEEEEM !? OU EST-IL !? »

Karn venait enfin d’avoir une piste et il était hors de question qu’il l’abandonnasse comme ça.

__________

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MessageSujet: Re: Still Alive Ven 19 Déc 2014 - 16:20
Clem avait pris évidemment l’option qui lui ferait moins bouger ses fesses, mais quelque part, j’étais rassuré : quitte à aller dans une prison pour taper sur du gros lourdingue dirigé par une IA en colère, alors autant que ce fut moi. Pas parce que j’étais plus fort que Clem, ce qui était largement indiscutable, et donc qu’il valait mieux que je m’occupe de la partie physique tandis que son petit esprit rusé gèrerait une partie plus spirituelle, mais surtout parce que j’avais la partie difficile, la partie qui demandait des testostérones, et que je voulais que ce fut moi qui m’en charge, moi qui fonce dans le repère aux vipères, sans prendre en compte ma force et mon expérience par rapport à Clem.

Tandis qu’on posa ce dernier sur une table afin qu’il aille dans le joyeux Royaume de l’Internet, je me préparai moi-même aux combats qui allaient venir. Je ne savais pas si j’allais droit vers ma mort, mais je savais qu’en restant ici et en priant que MARvIN3 ne nous découvre pas, alors autant me jeter directement sous l’océan. Je m’enlevai des vêtements qui me seraient inutiles sans toutefois me mettre torse poil, je faisais l’inventaire des pouvoirs qui me restaient, je vérifiais que mon panneau de signalisation était bien accroché. Le scientifique nain me dit qu’il ne pourrait plus communiquer avec moi une fois que j’aurais fait exploser la bombe qu’il me tendait afin de détruire le réseau. Je l’en remerciai, et il m’expliqua rapidement le fonctionnement de la bombe et du temps imparti avant que je ne fuie le tombeau sous-marin de la prison. Je partis en même temps que Monsieur Portal, vers nos deux objectifs. Tommy Wiseau resterait ici pour défendre le labo et Clem.
Adieu Clem.

Si les deux autres savaient exactement où ils allaient – ils me quittèrent rapidement à un carrefour – de mon côté, je devais trouver le sous-marin personnel du savant et l’utiliser pour aller à la prison sous-marine. Je me rendis compte, en plein voyage, que je n’avais pas eu mon brevet de pilote de sous-marin, il était temps de se le dire, oui, et que j’espérais que Dreamland allait pas me refourguer quelque chose de trop compliqué.

Je marchais vite, mais discrètement, il y avait des robots partout je supposais, à notre recherche, et quelques citoyens pas extrêmement contents. Je privilégiais les ruelles, je quittais les grandes avenues, je suivis les directives du mieux que je pus, mais bon, mon sens de l’orientation doubla le temps de trajet, ça m’apprendrait à pas demander sur un bout de papier. Heureusement qu’il y avait quelques indications, sinon, je partais à l’autre bout de la ville, la bouche en cœur, et MArvIN3 me cueillait sans trop de difficultés à un endroit totalement imprévu. Le scientifique avait de la chance : j’avais bien troué un centre à bathyscaphe (c’est comme ça qu’on dit ?) et je me dépêchais de trouver le sien. Avec une grosse clé en bronze, je pénétrai dans la sphère de métal et je respirais un bon coup alors que j’étais ici. Il suffisait d’abaisser cette manette, d’éviter le jet de vapeur qui allait s’en suivre, suffisait de faire ça et ça pour partir, et tac, grondement de tout l’appareil, je réussis à descendre dans les profondeurs ; maintenant, c’était à moi de jouer avec les commandes.

Grâce à la simplicité toute onirique, le véhicule n’était pas aussi difficile à maîtriser qu’un véritable sous-marin (premier de ces éléments, un hublot qui me permettait de voir où j’allais, une sorte de gadget dont ne s’embarrassait pas nos constructions à nous, trop guidés par la logique). J’étais donc dans une toute petite sphère perdue dans l’océan, et j’essayais de savoir où pouvait bien être la prison, et dommage pour moi, encore une fois, on me fit chier avec l’orientation, vas-y que faut tourner à gauche après le bâtiment, mais quelle gauche et quel bâtiment, je vous le demande. Je me sentais déjà assez stressé comme ça, écrasé par la taille de la boule et de celle de l’océan bleu fondé qui m’entourait. Allez Ed, c’était pas le moment de virer Claustrophobe, hein, sinon, y avait Maze qui te foutrait quelques baffes pour t’apprendre un ou deux principes de la vie onirique. Mais comme je n’avais pas combattu cette claustrophobie en particulier, je ne voyais pas pourquoi j’y serai immunisé.

Je me sentais aussi vulnérable, comme si en étant dans un aussi gros machin, je serais aussi visible par MARvIN3 qui se dépêcherait de briser je ne savais comment les quelques centimètres de métal qui me séparaient de plusieurs tonnes de pression en plein dans la tronche, et paf, je pouvais faire tout ce que je voulais, je crèverai tout simplement, ciao bye bye. Donc je respirai à fond, il faisait de plus en plus chaud dans l’habitacle, et de justesse encore une fois, je trouvais le chemin de la prison. Je m’essuyais le front avec la manche, avançant comme je pus tandis que mon engin se frayait un chemin entre les différents animaux oniriques qui peuplaient les océans. Bon, la vision était belle, je pouvais pas dire, mais je n’étais du tout prêt à la digérer, la vision : le danger était omniprésent, j’étais désagréablement installé avec mes sensations et le fait que je pouvais crever si j’heurtais un rien. Putain d’IA de merde quand même ! Je lui voulais rien à cette IA, je comprenais qu’elle voulait se venger, mais pute ! Même dans un monde aussi peu technologique que celui-ci, il lui suffisait d’allez, quoi, un câble électrique et elle prenait le contrôle de la ville. Normal. Elle était trop forte, en fait, il était là le véritable problème. C’était une Créature des Rêves qui se nourrissait de la surpuissance intellectuelle que prêtaient les Rêveurs aux ordinateurs du futur, et Dreamland étant Dreamland, elle s’en nourrissait copieusement. Le problème étant que si elle voulait ma mort, j’allais pas me cantonner à des Royaumes sans technologie jusqu’à ce qu’elle se lasse. Il fallait la massacrer d’abord, et si possible sur un terrain où elle serait le plus défavorable. Vapeur-Punk était finalement un bon choix. Je n’osais même pas calculer mes chances si on était encore restés au Royaume de la Main Invisible, ou qu’elle nous avait défiés à Mirage Space.

J’approchais ainsi de la prison, et l’entrée se trouvait à la base, indiquée en néons gigantesques. Je m’y dirigeai le plus délicatement possible, et m’insérai dedans. Il y avait toutes les indications à savoir, parfait, j’allais pouvoir tranquillement m’occuper de la remontée à l’air libre du bâtiment. J’y allais doucement, tout de même comme une brutasse, les bords frottaient, mais ça allait, et whouam, de nouveau à l’air libre, putain. J’ouvris la porte, j’étais dans la prison, et déjà mauvaise nouvelle, deux caméras de surveillance me regardaient. Un petit doigt à MARvIN3 au passage, je venais pour te concasser.
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MessageSujet: Re: Still Alive Jeu 5 Fév 2015 - 9:26
Clem se sentait comme un astronaute à qui personne n’avais prit le temps de lui expliquer ce que serait la gravité et comment se déplacer dans un espace qui en serait dénué. Il n’avait pas vraiment de corps, au sens biologique du terme. Il était juste une conscience parmi d’autres consciences. Mais il lui suffisait d’être en contact proche avec elles pour distinguer leur essence, ce qui faisait ce qu’elles étaient. Excité par l’expérience, Clem commença a « chatouillé » tout ce qui lui passait sous la main avant de remarquer qu’ils étaient pour leur immense majorité des cookies (le reste étant des liens pour rejoindre des sites porno/terroriste de mauvais goût). Il comprit toutefois que le seul moyen de se déplacer dans ce royaume était de passer de conscience en conscience telle une puce sauteuse de l’espace dans un champ de comète. Une partie de son cerveau comprit qu’il voyageait de lien en lien et aimerait bien retrouver la barre de recherche qu’il avait vue plus tôt. Il se doutait pouvoir accéder aux systèmes de Vapeur-Punk en naviguant au hasard sur la Toile.

Finalement, il trouva ce qu’il cherchait et tenta d’accéder au site de la prison de la cité sous-marine. On lui indiqua l’existence de ce dernier comme s’il était juste à côté de Clem et ce dernier s’en « approcha ». Aussitôt fait, quelque chose sauta sur l’agoraphobe et le repoussa avec une force telle qu’il recula précipitamment. La chose s’accrocha à lui et lui occasionna mille douleur et Clem sentit sa prise dans le Royaume de l’Internet s’effacer. Il disparaissait petit à petit. Le virus de MARvINE était en train de le bouffer tout entier et serait certainement venu à bout de sa personne si quelque chose ne l’avait pas sauvé.

Avant même que Clem ne put reprendre ses esprits que son sauveur – une entité internet primitive et de pauvre programmation, l’entraîna plus loin ; à travers un chemin qu’elle traçait d’elle-même. Clem tenta de la questionner mais elle répétait en boucle une mono-phrase comme quoi elle menait le voyageur rencontrer son maître. L’agoraphobe comprit qu’il avait à faire avec un programme rudimentaire envoyé par une personne infiniment plus puissante qui avait envoyé son laquais quérir le nouveau-venu.

Sur la route, Clem eut conscience d’une quantité d’êtres tentant d’attirer son attention, attendant patiemment aux abords du chemin que le voyageur et son guide empruntèrent sans toutefois jamais entrer dedans. Il semblait à Clem qu’ils possédaient une attitude très grossière et que seuls des règles dont il ignorait l’existence les empêchaient de venir vers lui pour le poursuivre de ses assiduités. Il avait l’impression d’être dans une limousine entouré par une cohorte de prostituées. Quand il interrogea son guide à leur sujet, il lui répondit en un hachis rapide de mots détachés tel que « cookies », « pubs » et « pas toucher ». Quelques instants plus tard et ils parvinrent à leur destination.

Autant ses premières pérénigrations dans le Royaume Internet s’étaient révélées brumeux, inconstants et fluctuant. Autant là il était de retour dans un corps bien en chair, en face d’une double porte monumentale qui devait être au niveau du rang de la personne qui l’avait fait venir ici. Il devait se trouver dans un site où un serveur spécifique ; derrière lui, il n’y avait que le vide.

Son guide intangible était devenu un panneau annonçant : « Bienvenue dans la demeure des Rois de l’Internet. Vous êtes le bienvenu, veuillez entrer. » Dès sa lecture finie, la double porte s’ouvrit (avec tout le bruit et la lenteur qui seyait aux portes faisant la taille d’un gros pachyderme) et Clem entra. Une lueur de son subconscient lui apprit qu’il était déjà arrivé ici ; du temps où il était rêveur. Au vu des spécificités du lieu, il n’y avait pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi.

Une grande salle aux dorures flamboyantes précédait les portes et elle était envahie dans ses moindres recoins de chat. Miaulant et trottinant partout quand ils n’étaient pas juchés sur des couffins, occupé à faire la sieste. D’autres grimpaient aussi négligemment sur les colonnes soutenant les vérandas de la salle, une dizaine de mètres en hauteur : les colonnes étant de la même composition laineuse qu’un… arbre à chat.

Partout, des serviteurs robotiques discrets et silencieux étaient aux petits soins des occupants poilus de la salle. Faisant sans cesse des allers-retours entre les piles de coussins disposées ça et là, leur apportant des bols de lait ou de crème fraiche. Malgré leur professionnalisme effacé, la salle toute entière vrombissait du joyeux vacarme que faisait immanquablement mille chats et chatons réunis ensemble.

Clem en avait les yeux écarquillés devant tant de merveille. Si la majorité des félins de son environnement proche l’ignorait royalement, d’autres passait à toute allure entre ses chevilles, faisant preuve d’affection câline ou alors d’impatience devant la mollesse de son nouveau serviteur décidément trop lent et stupide pour leur servir rapidement un bol de croquettes au poisson. Il attrapa par réflexe un petit chat gris aux oreilles rabattus sur le crane qui s’échappa promptement de son étreinte et courut ensuite dans une direction en s’arrêtant au bout de quelques mètres, attendant le voyageur.

Message reçut, tit chaton.  Clem suivit le scottish fold jusqu’à une procession situés au fond de la grande salle qui ouvrait le chemin vers un trône. Sur lequel, juché entre le coussin et sous la couronne, la grimace un brin énervé de Grumpy Cat

_____________

Partout dans le quartier condamné de Vapeur-Punk, d’étranges mouvements de foule étaient aperçu ci et là. Les robots de MARvINE avaient en effet trouvé on ne sait où des pots de peinture et des pinceaux et avaient commencé à barbouillé les murs de plans, de cartes, d’annonces et surtout de flèches. Tous ces graffitis indiquaient la même chose : un des voyageurs concernés par l’annonce de l’IA était blessé et sans défense dans les étages du bâtiment technologique. Partout dans les rues, des processions de civils revanchards armés de tout et de n’importe quoi ainsi que tous les professionnels de la violence du coin s’approchaient dudit bâtiment.

_____________


Clem était de retour dans l’internet de la prison. Mais cette fois armé de tous les pares feu, virus et autres armes informatiques que les Rois de l’Internet avaient pu lui faire porter. Soucieux du danger que représentait MARvINE, Grumpy Cat avait offert toute son assistance à l’agoraphobe afin de faire chuter l’IA. Clem savait qu’en face à face, il n’avait aucune chance contre son adversaire mais il avait de quoi lui pourrir un tantinet la vie s’il restait concentré en un point et ne se dispersait pas son emprise dans toutes les directions comme en était capable MARvINE. De toute manière la capacité de traitement d’information d’un esprit humain lui empêchait d’imiter l’IA en ce sens.

Soucieux de trouver et d’escorter, informatiquement parlant, Ed, Clem chercha d’abord du côté des quais d’embarquements. Via une caméra, il trouva son frère en train de faire un doigt à ladite caméra. Classe. MARvINE était très certainement en train d’admirer le spectacle via l’autre caméra ; à moins qu’elle ne soit capable de squatter les mêmes systèmes que Clem sans que celui-ci ne puisse s’en apercevoir. Auquel cas ils étaient dans la merde. Tout en espérant que ce ne fut pas le cas, l’agoraphobe dénicha dans les fichiers généraux une carte du bâtiment, la fit imprimer et l’envoya à Ed via le système pneumatique de la prison. Il espérait que son frère allait s’apercevoir du signal lumineux clignotant sur la sorte de grosse poubelle qui servait de fin de course à ce système d’acheminement. Afin qu’Ed soit sûr que la carte ne lui ait pas été envoyé par l’IA qui en aurait modifié les données, Clem avait signé son document par le titre Killer Croc’s brothers, en référence au surnom qu’Ed et lui donnaient à leur sœur. Un surnom qu’eux seuls lui donnaient et qui n’avait été utilisé que dans le monde réel ; hors de porté du réseau d’information de MARvINE.

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MessageSujet: Re: Still Alive Lun 9 Fév 2015 - 18:24
Tout près de l’entrée, la porte venant de s’ouvrir, un petit clignotement vert attira mon attention, alors que je me trouvais un énorme hall où ne vivait aucune présence humaine ; un peu inquiet par cette étrange atmosphère, je m’approchai de l’engin et y trouvai une carte signée Killer Croc’s brothers… Un message de Clem, signé de façon intelligente. Bon, en tout cas, il se trouvait effectivement dans les Royaume de l’Internet semblerait-il, et il me surveillait… Certainement à travers les caméras comme l’IA devait être en train de le faire à ce moment-là. D’ailleurs, qu’elle n’ait pas directement réagi à mon arrivée était aussi très flippant.

J’avançais à pas rapides dans cet énorme hall rectangulaire où la lumière tressautait et laissait tellement de coins sombres que je me demandais si retourner dans mon sous-marin et attendre patiemment ne serait pas une riche idée. Et laisser Clem se dépatouiller dans un territoire où franchement, je n’avais pas envie de rencontrer la folle MARvIN3, ça m’allait hyper bien. Plus j’avançais en tout cas, dépassant de longs bancs en bois pourrissants, moins je pensais que rien ne s’était passé ici. Je fus totalement confirmé quand j’arrivais enfin près de la loge du gardien, où le gardien était mort, la tête contre son bureau derrière le verre… et une énorme dague plantée dans la nuque. Vous savez, cette dague couverte de sang séché était très rassurante, car elle induisait que MARvINE ne l’avait pas tué avec quelque chose que je ne pourrais pas contrer comme du gaz. Evidemment, la dague disait aussi que quelqu’un savait s’en servir et que ce quelqu’un devrait être normalement derrière des barreaux, et que si une personne était en fuite, pourquoi pas toute la bande de criminels.

Je regardais la carte envoyée par mon frère et cherchait à me situer. Donc j’étais ici et… voilà où se trouvaient les serveurs à onde, bien protégés dans les derniers étages de la prison. Bon, il était temps de se bouger. La porte semblait donner l’impression qu’elle était automatique, mais je dû tourner la valve moi-même pour que le verrou dégage.

Une fois dans cette nouvelle pièce, j’avais l’embarras du choix, c’était une énorme prison… Il fallait que je tourne ici, très bien, puis ensuite, je continuais par là… Le monde était totalement silencieux… Je ne m’en rendais compte que maintenant, mais mis à part mes pas et ma respiration, je n’avais écho de rien. Pas d’autres personnes, pas de goutte qui tombait, même pas d’électricité qui faisais tressauter de câbles électriques, aucun animal comme des bruits d’insectes volants ou des rats. Et la lumière était extrêmement faible. Bon, je suis le plan, j’arrive juste ici, voilà, j’ouvre la porte, les escaliers devraient se trouver derrière.
Et clac, j’entends derrière, et clac juste devant moi.

Les deux seules portes de la pièce venaient de se fermer, celle derrière et celle qui menait à l’escalier, et ce n’était pas des planches de bois avec une poignée, plutôt des énormes murs de métal épais comme une bûche, donc ça allait être compliqué de les forcer. Enfin, désolé MARvIN3, vraiment, mais voilà, j’étais un Contrôleur de Portails, c’est-à-dire que j’allais certainement faire un aller-retour jusqu’à tes saloperies de réacteur et après, on en aurait terminé. Bisous.

Evidemment, réfléchir comme ça, c’était sous-estimer MARvINE. Même mes lunettes ne m’avaient pas permis de le déceler car cet enfoiré s’était accroché au plafond, mais ledit enfoiré tomba brusquement sur moi. La chute fut si rude que je m’écrasai contre terre. Un bout de poignard me rentra en partie dans l’omoplate, mais ce ne fut pas assez sérieux pour fortement m’endommager. Je me retournais comme si le type ne pesait rien, le frappai violemment à la mâchoire pour qu’il dégage, merci, et je me remis debout tandis que l’autre cherchait sa gauche et sa droite. Il tenta une attaque avec sa lame, mais elle fut si lente que je lui brisai le poignet avant de lui exploser la tempe d’un mouvement leste. Juste après qu’il tomba à terre, la voix de l’IA retentit dans tout le bâtiment, explosa même tant le son était absent, et rebondissait partout en écho menaçant :

« Mes agneeaux, oui, l’inspecteur arrive, il va vous remettre en cage, cet idiotIDIOTidiot, ce faux berger. Attention, l’eau coule, j’ouvre les valves, TOUT LE MONDE EST INVITE à se réfugier en hauaut. Bonne chance. Messieurs Free, l’épreuve commence. »

Okay, elle laissait l’eau s’infiltrer depuis le premier étage, tous les prisonniers étaient libérés et j’étais emprisonné. J’activai rapidement une de mes paires de portail, mais je me rendis compte de la catastrophe : le connard qui m’avait sauté dessus n’avait pas qu’un poignard… Il possédait aussi le bâton à tatouages qui permettait de brider les pouvoirs de Voyageur. Oh merde ! Mes portails avaient disparu, putain de merde ! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !!! Et voilà que déjà, une énorme flaque, faisant entendre au loin des trombes d’eau, commençait déjà à sortir lentement du hall pour envahir le rez-de-chaussée.

__

Le jeu pouvait commencer, voilà qui faisait frémir ses pluri-trilliards d’octets de données qu’elle représentait. MARvIN3 regardait avec fascination ce spectacle de ce petit blond enfermé, et elle s’attendait à ce que Clem réagisse aussi. D’ailleurs, cet idiot s’était aventuré sur son domaine, le dématérialisé. Elle allait doucement forcer Clem à aller à la même adresse qu’elle où elle s’était réfugiée pour contrôler ses robots. Une fois sur la même page, elle pourrait le broyer… Si il y arrivait, le pauvre, car elle avait prévu quelques pièges tout de même ainsi que des virus. Lui aussi allait s’amuser. Et puis, elle avait prévu autre chose… Son attention revint dans la ville où un de ses robots avait rencontré un Voyageur.

« Karn tu t’appelles, hmmhmhmh ?
_ Quoi ?
_ Bonjour, je me présente joliment, je m’appelle MARvIN3, je suis une ultra IA et je me demande si tu ne cherches cherches cherches pas Clem FREEEE vu que tu n’arrêtes pas de LE PROnoncer.
_ Chais pas qui t’es, mais je sais où il est, c’est marqué sur les murs.
_ Oui oui oui, c’est moi qui l’ai marqué, tout à fait, MAIS tu ne trouveras que son corps, pas intéressant du tout. Suis-moi, j’ai construit une machine où tu pourras le trouver VRAIMENT ! »


__

Un robot passa en courant devant la silhouette argent cachée dans une ruelle ; il allait certainement vers le centre principal où étaient les données, prises d’assaut par un Voyageur nommé Mr. Portal. Intéressant. Mais c’était peine perdue, MARvIN3 ne se cachait pas ici. Et il y avait de grandes chances qu’elle ne fut pas non plus dans la prison, mais détruire ces deux sites l’affaibliraient énormément. Il fallait réfléchir à toutes les situations possibles, absolument toutes.

Heureusement, qui mieux que MARvINE pour le faire ? Oui, très bien, MARvINE première du nom avait pensé à une quatrième bombe et avait détruit sa seconde version, mais celle-ci avait tout de même anticipé et avait protégé le noyau d’informations en modifiant la structure du chien dans laquelle elle s’était cachée. Peu à peu, MARvINE 2 s’était refaite, avait reconstruit l’entièreté de son processeur et des informations, sauf qu’elle avait évolué dans une nouvelle voix pas du tout prévu par les concepteurs : la vengeance contre elle-même. Cette étrange singularité avait donc donné naissance à une nouvelle MARvINE, car une MARvINE ne naît que par le nombre de ses copies ou si elle change d’objectif, ce qui ne se fait généralement jamais et est donc assez important pour l’IA pour qu’elle change de nom. L’objectif change l’identité, c’était évident.

Un corps robotique d’argent aux dimensions parfaites, au matériau parfait, à la souplesse parfaite, et à l’intelligence plus que parfaite sortit de la ruelle et se mit en chasse de MARvIN3, l’ancienne MARvINE.
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MessageSujet: Re: Still Alive Mer 11 Mar 2015 - 18:56
C’était un peu la merde. Enfin… surtout pour Ed, qui n’avait pas attendu plus d’un quart d’heure avant de se faire escamoter son pouvoir tout en se trouvant dans un étage en train de se faire inonder. Sa seule excuse était que c’était MARvIN3 qui était en face d’eux. Clem avait vite repéré une trappe au dessus de la tête de son frère mais, heureusement pour ce dernier, l’agoraphobe avait vérifié au préalable sur quelle salle la trappe donnait. Mais à part un grille pain situé juste sur la trappe et branché à un groupe électrogène, rien ne clochait. Clem se retira mentalement des commandes de la trappe et chercha une autre issue pour aider son frère. Cette salope d’IA avait préparé le terrain. Déjà qu’il était quasiment impossible de la vaincre alors qu’elle improvisait, entrer dans son repaire était plus que risqué. Bien que protégé par un certain nombre de pare-feu donnés par les Rois de l’Internet, Clem craignait pour sa propre sécurité. Les chats lui avaient dit qu’ils l’auraient volontiers aidé dans son combat mais, malheureusement ils devaient se préparer à un push des sites pornographiques qui allaient tenter de leur prendre les commandes du royaume.

MARvIN3 bloquait simultanément nombre de commande de la prison. Exception faîte de celles dont elle n’avait pas ou plus besoin, comme l’ouverture des cellules des prisonniers et Clem devait à chaque fois envoyer tout ce qu’il avait en virus pour ne serait-ce que s’approcher des organes principaux du bâtiment. Si les seules choses auquel il avait accès étaient les commandes que MARvIN3 voulait bien lui laisser, comme celle de la trappe piégée, il n’allait pas allez bien loin.

Avant de partir, Grumpy Cat, le roi de l’Internet avait donné à Clem trois passes droits spéciaux. Des virus à usage unique mais, paraît-il, terriblement puissants. Le petit chat les avait nommé les « Patates Virus ». L’agoraphobe ne voulait pas les brûler pour rien et se doutait que tenter de les utiliser directement contre MARvIN3 ne servirait qu’à chauffer un peu ses firewalls. Toutefois, si Ed mourrait maintenant, Clem aurait l’air malin. C’est pourquoi il utilisa une de ses Patates pour déverrouiller l’accès à Ed d’un ascenseur monte-charge qui desservait quelques étages en plus du sien. Seulement il n’était pas non plus à proximité du claustrophobe. C’est pour cela que Clem réussit à shunter toutes les lumières de l ‘étage, sauf celles qui menaient à l’ascenseur. À défaut de comprendre, Ed ne pouvait qu’emprunter la bonne direction pour rejoindre le monte-charge.

___________________

La foule mené par les indications de MARvIN3 était maintenant dans le hall du bâtiment où Clem, Tommy Wiseau et le scientifique nain se trouvaient, plus haut à l’étage. Ce dernier, voyant venir les emmerdes, avait bloqué avec l’aide du voyageur les escaliers et l’ascenseur à l’aide de tout le matériel informatique qui leur était tombé sur la main et qui n’était pas nécessaire pour faire fonctionner la Nyan-Machine sur laquelle se trouvait Clem. Cela pouvait sembler peu vu la taille que demandait les PC de nos jours mais quand on se trouvait dans un royaume ou Tesla lui-même se serait frappé le front devant le niveau technologique de celui-ci, un ordinateur, et surtout tout ce qui se trouvait avec pouvait facilement remplir une salle de classe. Néanmoins la habitants de Vapeur-Punk parvenaient quand même à grimper petit à petit les escaliers en faisant une chaîne improvisée, mais efficace afin de virer toutes les tours d’ordinateur de plus de 50 kilos hors du bâtiment.

Voyant venir la fin, le scientifique se prit la tête entre les mains et se mit à se plaindre (ou ronchonner, c’était dur à dire) sur son triste sort. Si se lamenter sur ce genre de chose ne servait jamais dans beaucoup de situations, sur celle là en tout cas ça eut le mérite de donner une idée à Tommy Wiseau. naturellement la première chose qui lui est passé par la tête. Mais tout valait mieux que de laisser son nouvel ami se faire écharper par une foule en colère.

Le voyageur descendit nonchalamment les escaliers. la partie de la foule qui avait commencé à l’investir ne le gênait pas, il lui suffisait juste de tendre les deux bras et de continuer à avancer, à la manière d’un boulier transportant son œuvre comme si elle ne faisait pas quatre fois sa taille. Finalement, Tommy Wiseau et tous ceux qu’il avait entraîné dans sa marche se retrouvèrent dans le hall, où tout le reste de la foule les attendait. Des armes aussi diverses que variées étaient pointées vers le voyageur. Toutes les personnes la composant jetèrent un regard assassin à Tommy, sauf ceux qu’il avait repoussé le long de sa descente comme s’ils n’avaient rien pesé, qui le regardèrent avec une teinte effrayée dans les yeux. Tommy Wiseau se contenta de leur renvoyer un regard vide, sans aucun effort particulier de sa part.

« Allons allons, tout le monde se calme, han ? Vous nous attaquez parce que vous avez peur de cette madame, vous êtes comme des poules mouillées. Tchip tchip tchip tchip. Mais il ne faut pas que vous vous en fassiez. Mes amis sont en train de la combattre et bientôt tout rentrera dans l’ordre donc rangez tous vos armes. Allez je ne veux plus voir tous ses tromblons, ces clés de 12 et ces barres à mine, même cette fourche oui la madame au fond je vous ai vu. Et d’abord à quoi peut bien vous servir une fourche au milieu de l’océan, hein ? J’ai toujours dit que s’il y avait moins de gens armés dans le monde, le monde serait un endroit bien plus tranquille, vous n’êtes pas d’accord ? »

U long silence effrayé suivit son discours, le type de silence qui frappait ceux qui ne savaient absolument pas quoi faire avec le discoureur alors qu’il était un homme mort à leur yeux avant qu’il n’ouvre la bouche.

« Allons manger, han. »

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MessageSujet: Re: Still Alive Jeu 2 Avr 2015 - 21:00
  Interrompant mes angoisses avec la virtuosité d’un deus ex machina, je sentis que soudainement, un loquet se libérait et que je pouvais rentrer dans un ascenseur qui se trouvait au fond d’un couloir ; ne sachant pas si j’avais à faire avec l’intelligence tordue de MARvIN3 ou la bienveillance toute relative de Clem, je préférais remettre le débat à plus tard et emprunter la voie qu’on venait de me fournir : c’était ça ou périr noyé et je n’avais pas soif actuellement. Bon, ça ressemblait à un piège obvious me direz-vous, l’IA avait juste viré la pancarte « attention piège » dessus mais j’espérais secrètement que Clem était capable d’affronter l’intelligence dans son propre repère, ou avait accès à des forces qui nous dépassaient (à commencer par lui). Je poussais un soupir alors que j’empruntais la direction indiquée et je devais avouer, dans ce cloaque terrible et sombre, qui se voulait certainement labyrinthique, vous donner une indication à suivre était cruellement satisfaisant. Surtout que je me serais certainement perdu, plan ou pas plan.

  Alors voici que je grimpais dans la cabine avant que l’eau ne me trempe la plante des pieds et que j’activai un ou deux boutons. Le tout était de forme cylindrique et sentait mauvais, en bref, un cigare géant. J’aurais voulu choisir mon étage mais apparemment, l’appareil partit tout seul après que j’eus appuyé sur l’unique gros bouton (il était solidement ancré, je dû frapper avec mon poing pour qu’il s’active et émette une lumière jaune). J’attendis patiemment alors, histoire qu’on me livre quelque part d’autre. Je n’entendais que le bourdonnement de l’ascenseur qui grimpait les étages et je me disais que plus j’attendais, plus j’échapperais à l’eau.

  Et évidemment, dès que je pensais ça, l’ascenseur s’arrêta d’un mouvement brusque et ouvrit sa porte. Histoire de dévoiler une trentaine de prisonniers face à moi, tous en combinaison orange, dans un large couloir gris sombre. Et qui, marchant doucement dans tous les sens comme s’ils attendaient quelque chose, se mirent à se tourner brusquement vers moi, comme si la chose qu’ils attendaient venait d’arriver. Sur un plateau d’argent. Ils avaient tous des gueules de truand évidemment, v’là un gars sans lèvre, en v’là un autre entièrement robotique (et rouillé), et des nains rasés, des gens costauds qu’avaient assez d’épaule pour que je puisse marcher dessus sur un mètre sans m’arrêter (des deux côtés), d’autres qui avaient des armes ramassées ci et là (des armes qui étaient létales dès qu’on frappait avec quelqu’un très fort mais qui de base servaient d’utilité publique), certains étaient couverts de sang, enfin toute une bande d’enragés dictés par MARvIN3 dont le seul but semblait être de me péter la tronche.
Courageusement, étant resté dans mon ascenseur, je frappais le bouton pour que la machine redescende au plus vite devant leurs regards fous.
L’ascenseur ne répondait plus.
La trentaine se mit à foncer vers moi en hurlant.
La scène se passa alors très vite, très très vite.



  J’esquive une chaise qui s’éclate contre le mur, je réceptionne la seconde, tourne sur moi-même et l’envoie contre la personne la plus proche qui tombe, envoie un coup de pied contre le médaillé d’argent qui le fait rentrer dans le mur, plonge sur le troisième en gardant mon élan, l’écrase contre le sol et je continue de rouler pour éviter les coups, je remonte en fauchant une personne et en infligeant un uppercut à une autre, j’esquive un coup de poing alors que je suis en plein dans la mêlée, je remercie l’envoyeur, casse la gueule à un type, esquive une frappe d’un autre dont je récupère le bras et l’envoie contre trois autres gars qui cherchent à briser mon espace personnel, on me rentre dans le dos, je me cogne contre le mur, j’écrase la nuque de mon opposant avec mon coude, ce qui le fait s’étaler en bas, je saute pour éviter un tuyau qui cherche à m’embrasser et qui se tord contre le mur, je distribue trois mandales ci et là tout en restant collé au mur, mais en bougeant contre lui, esquivant sans arrêt les armes improvisées, je fais une roulade pour me retrouver au milieu de la mêlée, j’écrase les couilles d’un titan qui tombe à terre sous le choc, j’empoigne la tête d’un gars que je fais rentrer dans le mur, puis sans le lâcher, je l’utilise comme point d’appui pour passer derrière lui et faire en sorte que mon pied rentre au passage dans la nuque d’un autre, juste après, dans le mouvement qui me fait dégainer mon panneau, j’assomme un gars, le fais tourner puis en abats un autre, puis un autre, je me retourne et le bout s’écrase sur le haut du crâne d’un type. Je fais des balayages, j’en vire de ma trajectoire, je me fraie un chemin en en poussant vers la gauche, la droite, je sors de la mêlée, je fous une mandale métallique à un de mes potes, puis au robot couvert de rouille, je me défends contre un tuyau de plomb puis contre un autre, et la seconde d’après, contre les deux en même temps que je bloque d’un seul geste avant de repousser mes agresseurs, d’esquiver un coup de pied, puis de briser la mâchoire à un gars puis deux puis trois avec l’autre bout de mon panneau puis d’un autre avec mon propre poing qui ne tenait pas l’arme, et BAM ! un tuyau s’explose contre ma tête, je manque de tituber et un coup de pied dans le menton me remet droit, j’esquive un crochet et plaque à terre mon assaillant, je roule sur moi-même pour éviter une barre en ferre dans la colonne mais me heurte à des pieds qui se dépêchent de me rentrer dans les côtes et ce ne n’est qu’au troisième coup que je bloque la cheville, que je la brise avec la seule force de mon poignet puis que je fais tomber le prisonnier hurlant en me relevant, que je reçois un coup dans les omoplates qui me fait aller contre l’autre mur mais que je riposte aussi sec avec un coup de pied arrière, un autre type tente de m’attaquer avec mon panneau que j’avais lâché, je baisse ma tête pour la première attaque puis attrape mon panneau dans la seconde, je le fais lâcher prise et il se reçoit un coup du panneau sous la mâchoire qui le fait s’écrouler après une magnifique parabole, et je termine par éjecter un gars (contre un autre gars) puis un autre gars (contre un autre autre gars), j’attrape un col que je fais tournoyer pour balancer contre un mur, j’évite une autre barre de fer, la prends avec ma main libre et la renvoie contre l’assaillant et dès qu’il la lâche, la lance contre un taulard, j’arrête de suite après un couteau en bloquant le coup, puis je frappe le poignet assez fort pour le briser et termine avec un large balayage de mon arme, une estocade du panneau fait voltiger un chauve sur quinze mètres avant qu’il ne retombe en glissant sur le sol, jusqu’à me retrouver contre le dernier, un nain un peu chétif qui était pétrifié de terreur et que j’aidais de suite à garder l’immobilisme après avoir tranquillement rangé mon panneau et rentré littéralement sa tête dans le mur.

  Je fis tranquillement craquer ma nuque après le tabassage en règle et que je remette un peu d’ordre dans ma tête douloureuse. Derrière moi, y avait quarante-deux corps défaits et gémissants. Ils m’avaient pas loupé quand même les salauds, je sentais des petites clochettes tintinnabuler très très vite sous mon crâne. Bon, maintenant, je me saisis du plan de Clem mais il me manquait plus qu’à savoir l’étage où j’étais pour pouvoir me repérer. Puis de toute façon, MARvIN3 ne se lassait pas de venir me faire chier et annonçait la suite avec un subtil sadisme se glissant dans sa voix robotique à priori neutre :

« Ohlala, c’était tellement impressionnant que je veux revoir ce spectacle des os qui craquent et la chair qui saigne. Et il se trouve qu’il y a encore des centaines et des centaines de priprisonniers qui ont envie de massacre. Je vous donne la position de l’inspecteur, le premier qui le tue aura le droit à un bathyscaphe de secours, je suis tellement généreuse.
_ Ferme ta gueule, oh !
_ Tais-toi, abruti.
_ T’es pas belle.
_ Vos parents ne vous ont jamais aimé.
_ Moi au moins, j’ai des parents.
_ Moi au moins, j’ai des bits.
_ Connasse.
_ Idiot. »


  Y avait plus qu’à courir et prendre la bonne direction pour éviter les gens qui fonçaient sur moi. Merci Obama.
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MessageSujet: Re: Still Alive Ven 24 Avr 2015 - 14:01
Dans la prison, c’était un peu un remarquable bordel. Ed avait à ses trousses des centaines de psychopathes le pourchassant librement et ce dernier devait trouver son chemin grace à une carte où toutes les pièces étaient indiqué sur le même plan et les étages seulement représentés par des flèches entre les symboles représentant les escaliers. Ce qui rendait sa lecture extrêmement ardu voir trompeur ce qui était contre-productif pour un tel document. malheureusement Clem n’en avait pas trouvé d’autre ; celui qui avait conçu cette prison sous-marine avait clairement un grain quelque part. Clem tentait tant bien que mal de gêner les poursuivants de son frère en fermant des portes sur leur trajet ci et là. Seulement ils en venaient de trop de direction différentes, des dizaines de groupes se dirigeaient invariablement vers le claustrophobe. Guidés par une MARvINE au top de sa forme, elle ouvrait trois portes quand Clem en fermait une et balisait le terrain pour aider les prisonniers. Clem ne pouvait en faire de même pour Ed car les interventions du rouquin numérique pouvait être interprété par son grand frère comme étant des pièges de l’IA et avait donc une grande chance de ne pas être suivi.

Clem observa les options qui s’ouvraient à lui, techniquement il en avait une infinité mais toutes pouvaient êtres sabotées par MARvINE. Cette dernière était d’ailleurs en train d’organiser l’appontage d’un convoi exceptionnel de Vapeur-Punk vers la prison. Clem scanna rapidement le submersible et vit qu’elle était en train d’introduire dans le complexe un Kiborgov de taille gigantesque au matricule estampillé « Borya ». L’aura qu’il dégageait laissait prévoir de sales choses à venir, Clem se dit à ce moment qu’il ne serait pas contre un peu de renfort.

« CLEM ! »

Le bruit fit sursauter parce que le meilleur moyen qu’il trouvait à dire pour situer cette voix qui l’avait appelé se trouvait être « derrière lui » alors qu’au vu de la nature du Royaume dans laquelle il se mouvait, pareil notion était étrange. En tout cas il avait de la visite.

« Je t’ai enfin retrouvé Clem ! Je vais enfin accomplir la volonté du grand Maze en te réduisant EN POUSSIÈRE ! »

Putain de putain de merde, ce qui affola Clem en une fraction de seconde ne fut pas qu’un des tueurs de Maze l’avait retrouvé mais qu’informatiquement parlant, le nouveau venu puait l’influence de MARvINE partout autours de lui. L’agoraphobe le scanna rapidement et eut un lag (l’équivalent numérique du haut-le-cœur) : si Grumpy Cat lui avait fourni deux Patates-virus en guise d’arme ultime, MARvINE avait fourni à son champion la bagatelle de 547 logiciels du même type. Il suffirait d’un face à face de quinze secondes entre les deux voyageurs pour que Clem soit réduit en poussière. Sans s’égosiller plus qu’il ne l’avait déjà fait, le claustrophobe jeta sur Clem plusieurs virus d’un seul geste et se dernier tenta de se dépêtrer de l’affrontement tout en voyant ses divers pare-feu sauter les uns après les autres en un chuintement pitoyable.

Mais il lui restait encore une carte à jouer,  à l’aide d’une patate-virus, l’agoraphobe pouvait télécharger sa conscience numérique sur une autre machine qu’internet. Mais il fallait qu’il le fasse vite avant de fondre face aux attaques de son opposant. Avec toute la force dont il se sentait capable, Clem envoya sa conscience vers le kiborgov que MARvINE venait d’amener dans la prison, une telle force de frappe serait utile à leur camp.

3…2…1… connexion !

______________________

« Ed ! EEEEEEEEEEDDD ! »

Clem criait en direction de son frère. L’agoraphobe se déplaçait via un rail logeant le plafond du couloir dans lequel le claustrophobe était en train de courir. Une fois qu’il se trouva à son niveau, Clem se détacha et tomba en direction des bras de son frère.

Le téléchargement de l’agoraphobe vers le Kiborgov avait mit à peu près 0,003 secondes avant de tourner court à cause de MARvINE et il avait du se rediriger en catastrophe vers un simple module dont la forme se limitait à une boule muni de deux barres d’accroches ainsi que d’un œil unique trônant au milieu de la boule.

« La salope m’a piégé ! Elle m’a envoyé un de tes connards de collègues dans l’Internet pour me traquer, elle a également amené un super cyborg pour nous faire la peau ici. Je peux plus pirater les fonctions de la prison à distance, tu vas devoir me brancher manuellement… à chaque fois. »

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