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[Quête] To be gay, or not to be gay

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Voyageur Expérimenté
Matthieu Furt
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MessageSujet: [Quête] To be gay, or not to be gay Jeu 13 Sep 2012 - 22:14
Jusqu’à ce jour, Matthieu Furt n’avait jamais vraiment su ce que signifiait l’expression «sueur froide». Désormais, il le savait. Et ce n’était pas franchement agréable. Mais alors pas du tout. Il avait l’impression d’être une glace qu’on allait faire cuire au micro-onde. A moins que ce soit l’inverse, un micro-onde chaud jeté dans un pack de glace ? Toujours était-il que Matthieu avait connu bien mieux comme situation. Oh, certes, il avait sans doute affronter des périls bien plus grands et plus dangereux pour sa vie, le tournoi notamment, qui, bien qu’absent de risques mortels, s’était avéré l’un des spectacles les plus dangereux auquel Matt avait assisté. Ou du moins, participé. Mais là... Actuellement, à ce moment-là, dans cette situation précise, il aurait tout donné pour se retrouver n’importe où. Il était prêt à tout sacrifier, peut-être même jusqu’à ses invocations (mais pas à son statut de voyageur, faut pas déconner quand même), pour pouvoir se sortir de cette panade. Oh, non, le jeune homme n’était pas spécialement lâche. Il avait affronté maints dangers par le passé, même si c’était surtout parce qu’il était trop excité (et stupide) pour se rendre vraiment compte du danger. Mais voila le problème: jusqu’alors, lorsqu’il y avait un problème plus ou moins important, Matt fonçait dans le tas, en espérant résoudre ainsi le dilemme. Si seulement cela pouvait être aussi simple actuellement... Mais non. Il fallait définitivement s’y résoudre. Le jeune homme était face à deux enjeux de taille. Première, il risquait sans aucun doute de faire face à la plus grande honte de tout sa vie, fut-ce-t-elle onirique. Deuxièmement, il devait affronter une de ses plus grandes peurs: se faire tripoter par plusieurs mecs pendant une heure trente.

Cette simple pensée le fit grimacer. Oh, non, Matthieu n’était pas spécialement homophobe. Il n’avait rien contre les homosexuels, tant que ceux-ci restaient à une dizaine de mètres de sa personne. Or, il avait dû en côtoyer un certain nombre durant toute la nuit. Et le voila, paré à se lancer dans cette gigantesque farce. Il jeta un coup à ses vêtements. Enfin.. Vêtements... Il se demandait encore si ce qu’il portait pouvait encore être désigné de la sorte. Il portait un pantalon sombre des plus moulants, avec une petit touche de kitch manifestée par un ceinturon argenté largement voyant et protubérant, ainsi que des bottes en cuir aux pieds. Quant à sa chemise (déjà qu’il n’en était pas spécialement fan à la base...), elle était de satin bleu sombre, recouverte de paillette, et largement ouverte sur le torse, évidemment. Rien que l’ensemble lui donnait envie de vomir: lui qui aimait les vêtements simples et amples, il était servi. Mais le pire restait que ces enculés lui avait rasé la poitrine. Non pas que Matt soit spécialement poilu, mais apparemment, c’était déjà trop pour ces messieurs. Et encore avait-il du faire pression pour ne pas subir le châtiment des bandes de cire. Heureusement pour lui, la nuit prochaine, tout reviendrait à la normale, les dieux soient loués. Sinon, il est clair que Matthieu n’aurait fait aucune concession vestimentaire (en fait, il n’en avait fait aucune, on les lui avait imposé).

Autour de lui, quelques techniciens et danseurs allaient et venaient, certains lui faisant même des petits coucous d’encouragement, auquel Matthieu répondait en général par un grognement plus ou moins intensifs selon la distance qui le séparait de son «interlocuteur». Encore un peu, et ils allaient se croire tout permis et lui demander son numéro de téléphone. Ils pouvaient crever. Better dead than gay. Pour éviter tout regard qu’il jugerait malsain et déplacé, Matthieu souleva quelque peu le pan de rideau qui se trouvait devant lui, afin d’avoir autre chose sous les yeux. Il le redéposa très vite. Il avait eu pendant quelques instant accès à la foule de spectateurs qui finissaient de s’affairer pour trouver leur place et commenter la rapacité des ouvreurs. Il posa sa main sur son coeur et ses sueurs froides le reprirent. C’est qu’ils étaient venus en nombre, ces cons ! Est-ce que quelqu’un leur avait seulement dit qu’il y avait eu changement d’acteur principal ? Bordel de merde. Maintenant, c’était certain, tout le monde allait être au courant de sa déconvenue. Il ne manquait plus que quelqu’un qu’il connaissait bien, et son désastre était total. Faites qu’il n’y ait personne qu’il ne connaisse... Une voix se fit entendre dans les coulisses:


-On commence dans une minute, mes chéries, soyez prêtes !

Matthieu posa une main sur son visage (qui lui, n’avait pas été rasé pour conserver l'aspect «brun ténébreux» que n’avait jamais eu Matthieu de toute façon, pour la bonne raison qu’il était châtain), dépité. Bien évidemment, il était le premier à entrer en scène. Enfin, ceci dit, celui lui éviterait de devoir stresser comme un malade dans les coulisses en attendant son tour.

Quelque part, un coup sonna une fois. Deux fois. Trois fois. Matthieu respira un grand coup. Ca commençait...


****

Flask-back aussi utile que convenu.

Matthieu ne se réveilla pas de très bonne humeur ce matin-là. Première raison, il avait mis sur radio-réveil. Et il détestait son radio-réveil. Matt était plutôt un adepte des grasses matinées. Pour lui, le simple fait de se réveiller à 10h du matin était un supplice, et c’était précisément ce qu’il venait de faire. A sa décharge, en tant que barman, il avait plutôt un emploi du temps nocturne, le bar où il bossait n’ouvrant pas avant 19h (mais ne fermant pas avant 2h du matin). Donc, déjà, levé «aux aurores», vous excuserez du peu, c’était pas bon. Ajoutez à cela ses soucis sur Dreamland, qui avaient de quoi le rendre sérieusement préoccupé. Jusqu’à présent, il avait vu Dreamland comme un immense terrain de jeu, où tout était possible, et où il pouvait acquérir encore et toujours plus de créatures délirantes (Germaine exceptée). Il n’était donc nullement prévu dans le contrat que des ennuis devaient découler du délire continu. Et surtout pas des soucis de l’ordre monétaire. Les problèmes d’argent, c’était bon pour ce monde réel regorgeant d’inspecteurs des impôts, de radins, et autres pisse-froids si agréables à vivre. Mais pas sur Dreamland, bordel de merde ! D’accord, certaines créatures (aucune limace jaune n’est bien entendu visée) avaient su prouvé au jeune invocateur qu’elles pouvaient rivaliser avec n’importe qui du monde réel en terme d’emmerdes finies, mais tout de même. A propos d’emmerdes... Matthieu jeta un oeil sur son portable qui venait de s’allumer, signe qu’il venait de recevoir un texto. En l'occurrence, l’ami qu’il aurait du voir ce midi-là précis, ce qui expliquait l’heure «matinale» de Matt, ne pouvait finalement pas venir, suite à un incident de transport. Mollusque-man ronchonna, reposa son portable, et tenta d’aguicher Morphée à nouveau. Ce en quoi il échoua, bien sûr. Légèrement râleur, Matthieu se décida à se lever. La journée commençait bien, tiens...

Et il ne s’arrangea pas vraiment au fil du temps. Un peu fatigué par son manque de sommeil, Matthieu attendit 14h pour cesser de ressembler à une de ses invocations. Heureusement pour lui, ce soir, il ne bossait pas, c’était son jour de pause. Et c’était précisément ce soir qu’on lui avait demandé de se coucher tôt, afin de profiter plus longuement de Dreamland. Voila que les rêves lui donnait des ordres sur l’heure à laquelle il devait se coucher... Bref, toujours était-il que Matt en était à ses sombres pensées, et envisageait l’éventualité de prendre son petit-déjeuner, lorsqu’on sonna à sa porte. Non douché, toujours habillé de son T-shirt Bob l’éponge et du caleçon qui lui servaient de pyjama, il entreprit péniblement d’ouvrir la porte d’entrée de son modeste (mais douillet, selon ses standards) studio. Un baiser lui souhaita le bonjour et acheva de le réveiller. Il s’agissait de Mathilde, sa copine du moment (et heureusement pour lui, parce que dans le cas contraire, il aurait eu de sérieux problèmes, sinon, à accueillir ainsi les gens en se laissant embrasser). Bref, c’était Mathilde. Après les aimables banalités d’usages, Matthieu la fit rentrer. Ou alors c’était dans l’autre ordre, mais c’est sans importance. En tout cas, ce n’était pas vraiment la meilleure chose qu’il fallait à Matthieu pour le réconforter sur l’état de sa journée. Oh, certes, il aimait bien Mathilde. Elle était plutôt mignonne, gentille, et réconfortante. Enfin, disons qu’elle était gentille. Mais Matt avait bien d’autres soucis en tête en ce moment pour jouer l’amoureux transis, ne serait-ce que pour quelques heures. Déjà, cela faisait un moment qu’il envisageait de quitter Mathilde. Parce qu’un couple intitulé «Matthieu et Mathilde», cela faisait un peu ridicule à prononcer. Mais comme le jeune homme n’avait pas spécialement le sens du standing, l’excuse ne tenait pas vraiment. Disons qu’après une relation de quelques mois, il se lassait vite, et celle-ci ne faisait pas exception. Et il n’était pas non plus très apte en ce moment à supporter les éternelles récriminations contre le désordre absolu qui régnait dans son antre. Il n’allait pas pour autant la virer de chez lui, il n’était pas totalement sans coeur. Toutefois...


-Je te dérange ? fit-elle, après avoir remarqué l’absence psychique de son copain alors qu’elle venait de l’embrasser sur la joue.
-Euh... Disons que j’ai des petits soucis qui m'obsèdent un peu, là.
-Quel genre ?
-C’est un peu long à expliquer.

En effet, c’était le moins que l’on puisse dire. Des explications nécessiteraient de revenir de quelques mois en arrière, quand Matthieu était parvenu à vaincre sa phobie des mollusques, le faisant accéder au stade convoité de voyageur-invocateur. Rien que ça, et elle pourrait sans aucun doute lu indiquer l'hôpital psychiatrique le plus proche à Montpellier. Voila dans quel genre de galère on s’embarquait à vouloir sortir avec une non-voyageuse. Ceci dit, il ne regrettait pas non plus que les deux univers ne se mélangent pas de la sorte: ne pas avoir sa copine sur le dos dans Dreamland n’était pas spécialement désagréable. Le truc était qu’il était actuellement en train de mélanger les genres: il se retrouvait préoccupé le jour par ce qui lui arrivait la nuit. Mais comment expliquer à Mathilde son problème ?

-Rooo, t’es lourd avec tes foutus secrets.
-Problème de sous.
-T’as encore dealer ?
-Mais non !
-Si t’as besoin, je peux t’avancer, si tu veux.
-Non, non, t’inquiètes, j’ai trouvé une solution un peu relou, mais ça va le faire.

Cela sembla la rassurer. Matthieu, un peu moins. Certes, ses problèmes de sous (ou plutôt, d’EV, puisqu’il s’agissait de Dreamland) avaient bien trouvé une solution. Le problème était qu’il ignorait quelle était cette solution. En effet, suite à des paris débiles, il s’était trouvé devoir une grosse somme d’argent à une puissante créature des rêves. Matt s’était renseigné : s’il ne trouvait pas rapidement un moyen de la rembourser, son débiteur (un certain Mr. Michael) avait largement les moyens de lui créer des soucis à chaque fois que Matt aurait l’audace de s’aventurer dans Dreamland, c’est à dire à chaque fois que celui-ci s’endormait, et ce, malgré ses mollusques adorés (et bien souvent destructeurs). En gros, il était dans la merde, surtout qu’il avait la manie, sur Dreamland comme dans le monde réel, d’avoir les mains percées en ce qui concernait l’argent. Et il ne se voyait pas du tout demander de l’aide à qui que se soit, même aux Private Jokes. Il n’allait certainement pas se faire de nouvelles dettes pour en régler d’autres. Et puis Matthieu avait un peu tendance à vouloir régler ses problèmes tout seul. Bref, toujours était-il qu’après plusieurs nuits anxieuses pour trouver un moyen de régler ses dettes, il avait reçu un message de son créditeur, Mr. Michael. Ce dernier l’informait qu’il lui avait trouver un moyen de régler leurs petits soucis financiers, sans lui indiquer vraiment comment. Pour le moment, il lui recommandait de penser à lui en s’endormant, et lui donnait rendez-vous à la Tour des Arts. C’est à cet endroit qu’il lui indiquerait la mission que Matt devait remplir pour s’acquitter de ses dates. Mollusque-man n’était pas spécialement anxieux, il en avait vu déjà de belles: la dernière fois qu’il avait donné un coup de main à Ed Free, il s’était retrouvé propulsé en pleine guerre au Royaume des Cow-boys. Non, ce qui l’inquiétait un peu était que Mr. Michael préfère ainsi lui faire la «surprise» de la mission. Et cela, le jeune homme ne le sentait pas. Mais alors pas du tout. Il espérait que cela ne cache rien de trop gros. Enfin, on verra bien...

-Je vais te laisser. T’as pas franchement l’air d’humeur.
-Ouais. Ok. Désolé.

Après les éternels cérémonials d’au revoir, passant par moultes embrassades en tout genre, Matt se retrouva seul dans son studio. Bon. Selon son radio-réveil, il était déjà pratiquement 16h, Mathilde était quand même resté deux heures. Et il n’était toujours pas douché. Quant à son déjeuner, n’en parlons pas. Il devrait se contenter d’une grosse gaufre nutella-chantilly quelques part à Montpellier pour le goûter. Il y avait clairement pire dans la vie. Une fois douché et habillé de façon plus convenable qu’un T-shirt Bob l’éponge, c’est à dire un sweat à capuche comme Matt en avait eu des centaines, il entreprit d’aller se promener dans le centre de la ville, histoire de mettre la main sur sa gaufre. Il se souvenait encore avec nostalgie de l’époque où, en vacances en Bretagne avec ses parents, il avait découvert le Graal ultime: une gaufre au nutella, enrobée de deux crêpes, avec trois pointes de chantilly. La perfection culinaire absolue. Une fois qu’on y avait gouté, on pouvait mourir en paix (même si Matt n’y tenait pas vraiment). Mais ce n’était évidement pas à Montpelier qu’il pourrait tomber sur des paradis terrestres pareils, même si la bouffe du coin était loin d’être dégueulasse. C’était l’avantage d’être dans une ville aussi étudiante que celle-ci.

Mais Matthieu avait bien d’autres soucis en tête que le nombre de chantilly nécessaire sur sa gaufre (même si cela faisait d’ordinaire partie de ses plus profondes préoccupations). Il se demandait vraiment quel travail on allait lui demander sur Dreamland pour qu’il puisse se racheter en une seule nuit. Sûrement quelque chose de dangereux qui nécessitait quelqu’un comme lui, un voyageur aux pouvoirs plus que prometteurs, mais pas encore suffisamment connu pour être hors de prix. Mais ce qu’il ne comprenait vraiment pas, c’était pourquoi on lui avait tu la mission, et qu’il devait patienter jusqu’à ce soir. De deux choses l’une : soit elle était suffisamment simple pour que l’on juge qu’il n’était pas nécessaire de développer plus en avant, soit, au contraire, elle était si dangereuse qu’on ne préférait pas l’inquiéter avant que les choses ne commencent véritablement. Bah, il verrait bien ce soir. Il valait mieux ne pas y penser. Mais il fallait avouer qu’il avait du mal à se sortir cette histoire de la tête, vu les mystères et ennuis qui parasitaient autour. De surcroit, une autre question l’assaillaient: que voulait dire Mr. Michael par être là tôt ? Vu que Matt était du genre couche-tard, il n’était pas certain de ce que signifiait le terme «se coucher tôt». D’autant plus en provenance d’une créature des rêves (est-ce que ces gens là dormaient, d’ailleurs ?). Une fois de plus, il verrait bien. Quelque chose comme 22 ou 23h ferait bien l’affaire. Coup de chance, vu qu’il avait du se lever tôt, il ne devrait pas avoir trop de mal pour s’endormir vite. Enfin, normalement. Mais en attendant, Matt aperçut quelque chose qui allait sans aucun doute lui changer les idées: il venait d’apercevoir son stand préféré, qui faisait les meilleures gaufres de la ville. Ses yeux s’allumèrent, et il se dirigea vers l’étal. Le patron, dont la minceur n’était pas vraiment la qualité essentielle, lui adressa un salut:


-Hello chef. Nutella et chantilly, comme d’hab ?

La journée n’était peut-être pas si mauvaise, après tout.

****

Lorsque Matthieu ouvrit les yeux, il se trouvait dans un gigantesque bureau. Il était assis sur une chaise, et il n’y avait strictement personne autour de lui, si ce n’est quelques poissons qui trainaient de façon nonchalante dans un aquarium qui devait faire plus ou moins la taille du studio de Matt. Bon, il était où, là, son client ? Matthieu ne comptait pas rester là toute la nuit. Sauf si c’était cela l’épreuve: voir combien de temps il pourrait tenir dans ce bureau sans craquer ni casser quoique ce soit. Un peu comme les méthodes de recrutement du CIA, ou quelque chose comme ça. Ils ne comptaient tout de même pas enrôler Matthieu dans les services secrets oniriques ? Certes, ce serait vraiment super cool, mais Mollusque-man savait pertinemment que la discrétion ne pouvait pas vraiment être compté au rang de ses qualités. C’était un peu pareil avec sa ponctualité. D’accord, Matt ne s’était pas couché aussi tôt que prévu, mais ce n’était pas vraiment de sa faute. Quelle idée avait eu aussi un de ses potes pour lui envoyer la saison deux de «Games of Throne» précisément ce soir-là ? Et l’invocateur s’était franchement retenu pour n’en regarder que quatre épisodes. Il aurait été capable de se faire toute la saison en une nuit. Mais même une fois couché, l’excitation était telle vis à vis de la série et de son suspens que Matt avait eu beaucoup de mal à s’endormir. Il était également très impatient de voir ce qu’on allait lui demander, et tels les mômes le soir de Noël espérant s’endormir rapidement pour que les cadeaux arrivent plus vites, son état d’impatience avancé avait été plus contraignant qu’autre chose. Alors, oui, évidemment, il avait un peu de retard. Il avait du s’endormir vers les deux heures du matin. Mais enfin, c’était toujours plus tôt que ce à quoi il était habitué, alors son commanditaire n’allait pas râler pour si peu, surtout qu’il ne lui avait pas donné d’horaire précis. Mais tandis que Matt en était à ses réflexions et était prêt à se lever de sa chaise pour voir ce qu’il en était, une porte s’ouvrit. Un homme aux oreilles pointues, créature des rêves oblige, entra dans la pièce. Il était très élégant, portant un costume trois pièces, ainsi que des chaussures impeccablement cirées (le genre capable de briller même la nuit) et surtout, petit détail qui faisait toute la différence, un monocle. La classe, la distinction, le raffinement semblaient être des mots crées de toute pièce pour cet homme. En voyant Matthieu assis, il eut un sourire qui se voulait chaleureux, et alla à sa rencontre, main tendue.

-Monsieur Furt ! Nous nous désespérions de votre venue !
-B’soir, monsieur Michael.

Matt sera la main de son créditeur (car c’était lui) et se rassit aussitôt. Pour de sombres raisons, mis à part le fait qu’il lui devait de l’argent, le voyageur ne l’aimait pas beaucoup. Malgré tout le charme qui se dégageait de sa personne, Mr. Michael avait le don de vous mettre mal à l’aise. Son sourire, aussi agréable fut-il, ressemblait plus à celui d’un requin devant un apéritif qu’à autre chose. Les caricatures de juifs colportés par les nazis pendant les années trente devaient plus ou moins ressembler à ce type, même s’il n’avait de pointus que les oreilles. Mais enfin, Matthieu était son débiteur, il n’avait pas vraiment le choix : il lui fallait obéir, quels que soient ses exigences.

-Navré pour le retard. Qu’est ce que vous voulez, alors ? Je dois me battre contre quelqu’un pour vous ? Je dois me lancer dans une putain de quête pour trouver quelque chose à vous ? Je dois faire parvenir un message ? Sauver votre femme ?
-Oh, non, non, rien de tout cela, croyez-moi ! Il s’agit de quelque chose de très différent. Toutes vos... Qualités risquent d’être requises, monsieur Furt.
-Et c’est quoi, alors, ce foutu boulot ? Vous ne m’aidez pas trop.
-Et bien... Je dirai qu’un de mes amis a quelques petits soucis, et je me suis dit que vous pourriez l’aider.

Pour une sombre raison, les yeux de la créature des rêves eurent une lueur que Matthieu n’hésita pas une minute à désigner comme malsaine. Ce dernier déglutit, tandis que son «employeur» faisait appeler quelqu’un. Oh, non, le voyageur n’aimait vraiment pas ce sourire. Mais qu’est ce qu’il pouvait bien lui préparer ? Mais Matt n’eut pas plus de temps pour se consacrer à ses réflexions qu’un autre individu entra dans la pièce. Lorsqu’il le vit, le jeune homme eut le plus grand mal à ne pas tressaillir. Il fallait dire que le nouvel arrivant avait un accoutrement pour le moins... Original. Il portait un pantalon si serré que Matthieu se demandait comment ce type pouvait réussir à s’assoir sans l’exploser. Qui plus est, des paillettes rajoutaient une petite touche baroque à l’ensemble. Et était-ce une vision de l’esprit, où cet inconnu portait... Des bottes à talons ? Pour le haut, rien que de très ordinaire: une veste en queue-de-pie violette si intense qu’elle suffisait à redéfinir le terme «kitsch», en dessous laquelle Matt apercevait une chemise jaune. Ajoutez à cela le haut de forme, et le compte y était. Matthieu avait des copines qui faisaient plus viriles que ce type. Mr Michael reprit la parole:

-Mr. Furt, je vous présente mon ami, Don Papo. C’est lui qui a besoin de votre aide. Don Papo, voici Matthieu Furt, un jeune voyageur prometteur. Je suis sûr qu’il vous sera très utile.
-Enchanté, monsieur Furt !

Alors qu’il lui serra la main, Matthieu se sentit très sale. Il regrettait de ne pas avoir de karcher sur lui, histoire de nettoyer sa main en profondeur. Matthieu était de plus en plus mal à l’aise. Quelque chose lui disait qu’il avait de bonnes raisons de pas sentir cette affaire. Il jeta un coup d’oeil vers la fenêtre la plus proche. Dans le doute, il avait toujours une issue de secours .

-Et bien, monsieur Papo...
-Appelez moi Don Papo, c’est comme ça que je suis connu dans le milieu !

Matthieu préférait ignorer de quel genre de milieu il s’agissait. Surtout venant d’un homme s’exprimant de façon aussi... Précieuse (pour ne pas dire comme une grosse tarlouze).

-Monsieur Furt, je suis RAVI de vous voir rejoindre cette magnifique aventure. Vous avez PARFAITEMENT le physique de l’emploi, si je puis dire.
-Euh, ouais, merci, c’est bien gentil, mais... Je suis censé faire quoi pour vous aider ??
-Comment ? Michael, mon chou, tu ne lui as rien dit ?

Maintenant, Matthieu avait vraiment peur. Surtout que Mr. Michael ne cessait de sourire de sa façon si particulière et si peu rassurante. Le voyageur avait quelque peu l’impression de se retrouver face à un Allemand qui lui proposerait une douche.

-Et bien, Mr. Furt, reprit Mr. Michael de façon doucereuse, Don Papo ici présent est un grand représentant du show-biz sur Dreamland, et ses spectacles sont particulièrement réputés.
-Et alors ? Vous avez besoin d’un videur, ou un truc du genre, c’est ça ? proposa Matt, en espérant qu’il ne s’agissait que de cela.
-Pas exactement. Voyez-vous, Don Papo est actuellement en train de montrer une comédie musicale...
-Ce serait l’aboutissement de ma carrière ! Mon chef-d’oeuvre ! J’en pleure déjà !
-Allons, allons.
-Cela ne me dit toujours pas ce que vous attendez de moi, reprit Matthieu, de plus en plus inquiet.
-Et bien... Don Papo a eu de petits ennuis avec l’acteur principal. Et il lui faudrait donc un remplaçant. C’est là que vous intervenez.
-Vous voulez que je QUOI ? fit Matthieu, dont l’état était juste sur le point focal entre le hurlement et la suffocation.

L’espace d’un instant, la vision d’une scène où il résoudrait à se dandiner en poussant la chansonnette lui apparut. Il s’accrocha au bureau, et les articulations de ses doigts blêmirent, tout comme son visage. Mais où était-il tombé ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire de dingue ? Parmi les millions de possibilités d’aventures improbables, il fallait qu’il tombe sur celle-ci ! Ah ça non, il n’aurait jamais pu prévoir un coup pareil. Cet enfoiré de Michael avait bien caché son petit jeu. Et lui qui détestait tout ce qui était niais, il était servi. Il ne voyait pas ce qu’on pouvait faire de plus godiche qu’une comédie musicale. Matt respira un grand coup, puis reprit:

-Mais... Pourquoi moi, bordel ? Je ne sais même pas chanter, à peine danser, je...
-Oh, pour le chant, ce n’est pas un soucis. on vous expliquera. Mais c’est vrai qu’on risque d’être un peu tendu en terme de temps pour vous préparer.
-C’est censé se passer quand, votre petite sauterie ? fit Matthieu, tandis qu’il cherchait sur lui s’il n’avait pas de quoi fumer, ce qui le calmerait sans doute.
-Malheureusement pour vous, si vous aviez eu moins de retard, ça aurait été plus pratique.
-QUAND ? dit Matthieu entre ses dents, sur le point d’écraser dans sa main la cigarette roulée qu’il venait de trouver dans une de ses poches.
-Dans deux heures.

Il s’en suivit un silence de quelques minutes. Matthieu regarda ses deux interlocuteurs, ses yeux prêts à sortir de ses orbites. D’accord... Il avait affaire à deux dingues. Deux tarés qui lui faisait une farce de très mauvais goût. C’était la simple explication raisonnable.

-DEUX HEURES ?? Mais vous êtes complètement frappés ! En imaginant que je puisse accepter votre proposition aussi dingue que vous, comment vous voulez que j’apprenne toute votre comédie musicale en deux heures ? C’est pas franchement faisable !
-Oh, pas d'inquiétude, mon chou (Matthieu préféra ne pas noter la remarque), l’histoire est d’une simplicité ENFANTINE ! Les plus simples sont toujours les meilleures. Il s’agit d’une belle histoire d’amour, FOLLEMENT romantique entre deux être EPERDUMENT amoureux à San Francisco.
-A San Francisco ?
-Oui, dans le quartier du Castro. Ce sera M-E-R-V-E-I-L-L-E-U-X !
-Le Castro ? C’est un quartier communiste de San Francisco ?
-Mais non, grand nigaud. C’est LE quartier gay de San Francisco !
-Comment ça, le quartier gay ? demanda anxieusement Matt, qui ne pensait pas que son appréhension pouvait encore augmenter.
-Bien sûr, suis-je bête ! J’ai oublié de vous donner le titre de la comédie musicale. J’en suis très fier: il s’agit de «Beautiful gay».

Don Papo et Monsieur Michael durent alors mêler leurs efforts pour empêcher Matthieu de sauter par la fenêtre du bureau.

***

Pendant ce temps-là, devant l’entrée de la Tour des Arts...

C’était l’affluence. Une foule dense comme on n’en avait pas vu depuis longtemps s’amassait. C’était du délire. Alors qu’on craignait que le nouveau spectacle de Don Papo soit annulé, suite à la défection de l’acteur principal (il devait s’agir d’Al Super Gay, l’acteur 2D réputé, mais il avait disparu pour de sombres raisons, suite à des activités douteuses au Royaume des Dessins animés), on venait d’annoncer officiellement qu’un remplaçant avait été trouvé, grâce aux connaissances du célèbre metteur en scène, qui avaient fouillé ciel et terre dans l’espoir de sauver le spectacle. La comédie musicale la plus attendue de l’année à Dreamland allait donc bien pouvoir bruler les planches cette nuit. Don Papo avait promis que ce serait du lourd, du jamais vu en terme de divertissement: des chansons comme on en avait rêvé, des chorégraphies du feu de Dieu, et surtout, une histoire émouvante, romantique, et originale. Certains avait un peu ricané à l’idée que le scénario d’une comédie musicale soit original, surtout venant de Don Papo, l’homme qui faisait de l’argent plus vite que son ombre. Mais bon, on pouvait tout de même s’attendre à du bon spectacle, les plus sceptiques eux-mêmes pouvaient l’avouer. L'effervescence s’accrut lorsque des employés de la Tour des Arts s’activèrent devant les panneaux d’affichage. On allait enfin avoir les affiches du spectacle ! Depuis le temps qu’on les attendait ! On se bouscula rapidement afin de pouvoir les contempler. Elles représentaient un couple enlacé, sur le point de s’embrasser, les yeux dans les yeux, de façon attendrie. En dessous, écrit en gros, mais qu’on avait voulu élégante et raffinée, le titre : «Beautiful gay», avec un sous-titre «L’amour est plus fort que la différence». Aucun doute, cette comédie musicale allait être géniale! Mais ce qui attirait surtout les regards de la foule était le visage du jeune premier, du remplaçant de dernière minute. N’importe quel imbécile pouvait constater qu’on avait juste coller une photo de la tête du nouveau sur le corps d’Al Super Gay. Le visage du petit nouveau était relativement jeune, et ses éléments les plus significatifs était la barbe de trois jours et les cheveux bouclés un peu plus long que la moyenne. Chose étonnante, seul son nom était précisé: Matthieu. Un pseudonyme ? C’était pourtant la gloire pour ce jeune homme, il devrait être fier. Ba, allez savoir. Les commentateurs des spectateurs passèrent du «il a l’air pas mal», au «j’espère qu’il aura l’envergure de Al», ou encore à «quand est-ce qu’on mange ?». Mais tout ce qui comptait était qu’on n’avait pas payé sa place pour rien, et que la comédie musicale commençait bien dans deux heures. Cependant, tout le monde dans la foule n’était pas ravi de la tournure des événements. Il y avait même un qui était particulièrement furieux. C’était à lui que devait revenir la place. Depuis quand on confiait ce genre de mission à des voyageurs ? Il aurait du avoir cette place, point final. Cela ne se passerait pas comme ça. Ils regretteraient amèrement de ne pas l’avoir pris...


***
-JE REFUSE CATEGORIQUEMENT ! VOUS POUVEZ ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !
-Voyons, monsieur Furt, soyez raisonnable...
-NON, NON, ET NON ! COMEDIE ROMANTIQUE GAY, MON CUL !
-Vous devenez vulgaire.
-RIEN A CIRER !
-Votre comportement largement exagéré ne serait-il pas du à une homophobie plus ou moins latente ?
-RIEN A VOIR, ESPECE DE PEDALE !
-Don Papo, je pense qu’il serait préférable que vous sortiez. La situation risque de devenir intenable, et je pense réussir à calmer notre ami.
-QUI A DIT QUE J’ETAIS TON AMI, SAC A MERDE ??
-Très bien, Michael, puisque tu insistes.

Don Papo quitta donc la pièce aussi rapidement que possible, préférant éviter Matthieu dans le cas où celui-ci serait devenu violent envers sa personne. Après l’avoir retenu pour l'empêcher de se défenestrer, les deux hommes avaient tenté de calmer le jeune voyageur qui avait eu une véritable crise d’hystérie, et s’avérait incapable d'arrêter de hurler et de gesticuler ses bras dans tous les sens. Leur tentative de le calmer avait été moins fructueuse que celle de l'empêcher de faire un saut de plusieurs étages. Mais Mr. Michael était redoutable lorsqu’il s’agissait de convaincre quelqu’un, surtout quand cette personne lui devait de l’argent.

-Je refuse de jouer dans cette putain de comédie musicale, maugréa Matt, plus calme devant le regard de son interlocuteur.
-Je crois que vous n’avez pas le choix, monsieur Furt.
-Ah ouais ? Et vous allez me faire quoi si je refuse ?

Monsieur Michael soupira, puis rejoignit ses deux mains sous son menton.

-Je tiens à vous rappeler que vous êtes mon débiteur, monsieur Furt. Vous étiez censé trouver un moyen de me rembourser, ou je devais moi-même trouver ce moyen.
-Mais pourquoi une comédie musicale, bordel de merde ? Je déteste ça.
-Vos propres goûts importent peu dans cette histoire. Vous êtes un voyageur, et seul un voyageur a les capacités pour assimiler une comédie musicale en cet espace de temps quelque peu réduit. Même si je dois dire que votre retard n’a pas arrangé les choses.
-Pourquoi un voyageur ?
-Don Papo vous expliquera tout cela par lui-même. Mais comme je vous disais, il nous fallait un voyageur, et vous avez une dette envers moi. De surcroit, je me suis dit qu’un invocateur de mollusques serait parfaitement adapté pour une romance homosexuelle.

Connard. Matthieu était de plus en plus persuadé qu’il l’avait choisi pour ce maudit spectacle pour le simple raison qu’ainsi, il pouvait se moquer de lui.

-Je refuse, c’est clair ? Je suis sûr que vous avez monté tout ça pour m’humilier, putain de créancier !
-Tout amusement que pourrait me causer votre situation n’est que secondaire, cher monsieur Furt. Mais je vais tâcher d’être plus clair !

Sa voix se fit alors plus menaçante, et Matthieu se sentit plus petit sur son fauteuil.

-La réussite de cette opération ne consistera pas uniquement à rembourser les quelques centaines d’EV que vous me devez. Figurez-vous que j’ai beaucoup investi dans cette comédie musicale. J’en suis le producteur, en quelque sorte. Le mécène. Le sponsor.
-Je crois que j’ai compris.
-Non, monsieur Furt, vous ne comprenez pas. Si jamais cette comédie musicale s’avérait être un fiasco, et c’est ce qui arrivera si vous refusez d’y prendre part, je risque de perdre gros. Très gros. Et je puis vous assurer que si jamais une telle chose arrivait, Dreamland ne sera plus un terrain de jeu pour vous. Je peux largement prétendre que j’ai un certain nombre d’amis qui se feront un plaisir de vous faire regretter chaque nuit que vous oseriez passé sur Dreamland.

Matthieu déglutit.

-Vu comme ça, je n’ai pas vraiment le choix.
-C’est ce que je m’évertue à vous dire depuis dix minutes.
-Vous êtes quand même un putain d’enfoiré.
-Allons, allons, est-ce vraiment courtois de vous adresser ainsi à celui qui a eu la bonté de retirer votre nom des affiches afin de préserver votre anonymat ?
-Trop aimable.
-Don Papo, je pense que vous pouvez revenir, Matthieu Furt est définitivement d’accord, fit monsieur Michael après avoir appuyé sur un bouton situé sur son bureau.

Matthieu grommela encore quelques instants. Il ne se rappelait pas avoir précisé qu’il acceptait de prendre part à «Beautiful gay». Mais vraisemblablement, il n’avait pas le choix, il était bel et bien coincé. Cela lui apprendra à se faire des dettes sur Dreamland. Et dire qu’il pensait qu’il n’y avait rien de pire sur Terre que les «préavis de retard» ! Mais qu’allait-il donc faire dans cette galère, comme dirait l’autre ? Une comédie musicale... Déjà qu’il détestait cela à la base, voila que celle-ci était homosexuel, et qu’il allait devoir tenir le rôle principal... Il hésitait à vomir à cette simple idée. Pourvu qu’aucune de ses connaissances n’en entende parler, sinon, il pouvait dire adieu à sa réputation. Non pas que Matthieu craignait de faire le con, d’ordinaire. Mais là, il voyait difficilement comment il pouvait se ridiculiser encore un peu plus. Don Papo rentra de nouveau dans la salle, arborant un sourire que Matthieu considérait définitivement comme sale.


-Ah, Matthieu, mon chou (le jeune homme serra les points, en espérant ne pas avoir à les utiliser), je suis vraiment RAVI de voir que vous acceptez, finalement. Vous verrez, cela sera F-A-N-T-A-S-T-I-Q-U-E ! Vous allez faire un carton.
-Avec deux heures de préparation, vous y croyez vraiment, vous ?
-Une heure trente, plutôt, depuis le temps que nous essayons de vous faire entendre raison.
-Bordel de merde. Et comment vous voulez que j’apprenne mon texte et mes chansons (parce que j’imagine que j’en ai, vu que vous m’avez dit que j’aurai le rôle principal) et ce laps de temps ?
-Oh, c’est ENFANTIN ! Par chance, nous avions prévu d’enregistrer votre prédécesseur dans le but de produire le CD de la comédie musicale, et nous avons eu le temps de le faire avant sa disparition.
-Il est mort ?
-C’est plus compliqué que cela. Mais toujours est-il que cela résout tous nos soucis musicaux !
-Vous voulez que je chante en play-back ?
-Ce serait beaucoup trop VULGAIRE. Non, nous avons ceci à notre disposition.

Aussitôt, Don Papo sortit de sa poche un petit objet. Cela ressemblait vaguement à une grosse trombone bleue. Matthieu n’avait jamais vu un tel objet de sa vie, y compris sur Dreamland.

-C’est quoi ce truc ?
-On appelle ça «The Voice». Si vous le positionnez sur votre langue (rassurez vous, l’opération est totalement indolore), vous vous retrouvez capable de chanter n’importe quel morceau de votre personnage, enregistré préalablement par votre prédécesseur. C’est très efficace, et beaucoup plus subtile qu’un simple enregistrement en fond sonore. Mais cela ne fonctionne que sur les voyageurs, malheureusement. D’où votre présence.
-On dirait quand même l’excuse bidon d’un mauvais écrivain en panne d’inspiration.
-Peu importe. Ca marche très bien, et ça vous évitera d’apprendre à chanter et le texte en moins de quelques heures.
-Cool. Et comment on fait pour la danse ? Parce que j’imagine qu’il y aura de la danse.
-Vous devinez bien. Vous seriez venu plus tôt, on aurait peut-être pu trouver quelque chose, mais à ce stade, c’est un peu tard. Vous allez devoir improviser. De toute façon, ce sont les chorégraphes qui feront le gros du boulot et attireront l’attention du public.
-Ca promet.
-On verra bien. Nous allons pouvoir vous emmener auprès de l’équipe, afin que vous puissiez faire connaissance, et assimiler un tant soi peu le scénario et le reste.
-Génial. Je sens que je vais m’éclater.
-Allons, monsieur Furt, pas de défaitisme. De toute façon, dois-je vous rappeler ce qui arrivera si vous deviez échouer ? renchérit Mr. Michael, avec son sourire coutumier.

Matthieu déglutit (encore). Décidément, ce n’était pas son jour, ou plutôt sa nuit. Lui qui adorait justement Dreamland pour son côté délirant et la multiplicité de possibilités déjantées qui s’ouvraient à lui, le voila condamné à se dédier corps et âme pour une comédie musicale, et homosexuelle, s’il vous plait. Pire encore, il devait réussir à la rendre attractive, au risque d’avoir fait tout cela pour rien. Ce n’était absolument pas comme un moment rébarbatif dont on espérait être débarrassé le plus vite, comme aller chez le dentiste. Non, il fallait en plus qu’il y mette du coeur. Génial...


-Bon, vous m’expliquez un peu le scénar, histoire de ?
-Bien sûr, bien sûr, vous avez TOTALEMENT raison. Je vais vous amener auprès de l’équipe afin de vous initier à toutes ces si amusantes formalités.
-Parlez pour vous.
-Un peu plus d’enthousiasme, monsieur Furt. Je vous laisse avec Don Papo, je sais que serez entre de bonnes mains (cette remarque fit frémir le jeune homme), mais n’oubliez pas. Je saurai si la pièce est une réussite... Ou non.

Matthieu hocha de la tête, pour montrer qu’il avait bien compris. Ah, qu’il lui semblait loin l’espoir qu’il avait placé en une quête farfelue où il aurait du affronter une kyrielle de monstres des rêves !... En attendant, il se retrouvait à suivre Don Papo dans une histoire plus farfelue encore, tandis que monsieur Michael restait dans le bureau, assis, sans même adresser un signe à Matthieu, qu’il fut d’au revoir ou d’encouragement. Connard. Tout était bon pour paraitre intimidant. Matthieu était certain que la situation amusait beaucoup son créancier, et que celui-ci faisait tout pour envenimer la situation qu’il devait déjà trouver fort cocasse. Matt se jura de ne plus jamais avoir affaire à lui. Ou alors, seulement pour lui donner une bonne leçon...

*****

Heureusement pour Matthieu, il n’eut pas besoin de rester trop longtemps seul en la seule présence de son nouvel employeur, Don Papo. Celui-ci le conduisit assez rapidement quelques étages plus bas de la Tour, où se trouvait la scène, futur lieu de folie furieuse artistiquement parlant, du moins l’espérait-il. Lorsque Matthieu sortit de l'ascenseur qu’ils avaient emprunté, il fut tout d’abord extrêmement surpris. La Tour des Arts n’était pas exceptionnellement large, et pourtant la salle était d’une grandeur stupéfiante. A côté, le Zénith de Paris était un bac à sable pour artiste qui essayait de percer. Matthieu n’osait imaginer combien de spectateurs on pouvait caser dans un endroit pareil. Un nombre élevé, en tout cas, c’était certain. Les fauteuils étaient d’un certain standing. Du cuir, peut-être ? En tout cas, Mollusque-man s’y voyait bien amener une copine pour lui faire plaisir et s’endormir sur ces confortables fauteuils en attendant qu’elle ait fini de pleurer toutes les larmes de son corps sur une quelconque scène romantique. Toujours est-il que la salle était vraiment impressionnante, tout comme la scène, où l’on aurait pu y proposer une bataille navale grandeur nature. Et tout ça dans une tour... Cette vision redonna à Matthieu le sourire. Il était bien sur Dreamland, le lieu de tous les possibles. Peut-être que cette nuit ne serait pas si désagréable après tout, qu’il ne s’agissait vraiment que d’un mauvais moment à passer. Enfin, cela, c’était ce qu’il pensait, jusqu’à ce qu’il aperçoive, sur les murs de la salle, les affiches du spectacle. L’élément le plus notable restait la vision de lui-même en train d’enlacer un jeune homme. Ah, les salauds, ils n’avaient pas perdu de temps. A cette vision d’horreur, Matt se sentit mal. Dire qu’il allait devoir joueur le rôle principal de cette foutue comédie musicale. Et horreur absolue, à tous les coups, ils allaient sûrement l’obliger un embrasser un homme pendant le spectacle. Mais pourquoi lui infligeait-on cela ??

-Je suis ravi de voir que l’affiche vous fait tant d’effet !
-Ah, ça... murmura Matthieu.
-Mais ne perdons pas de temps, je vais vous mener dans votre loge, nous devrions vous trouver un exemplaire du script, puis je vous présenterai aux autres membres de l’équipe. Vous verrez, ils sont...
-Laissez-moi devinez : ils sont F-O-R-M-I-D-A-B-L-E-S ?
-Tout a fait ! Mais ne perdons pas de temps, voulez-vous ?

Tandis que Matthieu essayait péniblement de se remettre des visions d’horreur qui assaillaient son esprit, regrettant amèrement de ne pas disposer d’oeillères qui puissent lui dissimuler les affiches, lui-même et Don Papo traversèrent la salle pour aboutirent aux coulisses. Les coulisses en question étaient également de bonne taille, et regorgeaient de monde qui s’affairaient en tout sens. Don Papo esquivait les importuns qui lui voulaient quelque chose ou qui lui demandaient qui était le jeune homme avec lui, leur rétorquant qu’il reviendrait les voir tout à l’heure. Il expliqua à Matthieu qu’il y avait là l’ensemble du staff: acteurs, danseurs, décorateurs, préposés au son, etc... Le voyageur était impressionné par le nombre de personnes présentes. Ceci dit, au vue de la salle et de la scène, ce n’était pas non plus si étonnant, surtout si le spectacle était spécialement attendu. En tout cas, il pouvait ressentir parfaitement la tension qui prédominait dans l’assistance. Logique: la première était dans un peu plus d’une heure, et le premier rôle ne leur avait pas encore été présenté. La tension devait déjà être palpable avant la première de n’importe quel spectacle, alors, forcément, ce genre de situation n’arrangeait pas franchement les choses. Mais Mollusque-man n’avait pas vraiment le temps de penser à tout cela, ni à ce qu’il allait leur dire tout à l’heure lors des présentations officielles, car Don Papo l’entrainait rapidement hors des coulisses, privilégiant un dédales de couloirs qui devaient loger les coulisses. En peu de temps, le metteur en scène emmena sa nouvelle vedette devant une loge sur la porte de laquelle figurait une énorme étoile. Un nom avait sans doute été écrit en-dessous, mais il avait été effacé.

-Cela fait combien de temps que votre ancien acteur a disparu ?
-Plusieurs mois, je crois.
-PLUSIEURS MOIS ? Et vous ne le remplacez que la veille de la première ?
-Ba, vous savez ce que c’est. On a pensé pendant longtemps qu’il faisait un break, qu’il reviendrait. Et puis, on pensait qu’il était irremplaçable. Le temps qu’on se décide, on a eu un mal fou à trouver un voyageur qui se dévoue pour nous aider.
-Etonnant... Et il s'appelait comment ?
-Mais enfin ! C’était All Super Gay, LA star du show-bizz de Dreamland !

Bordel. Ca expliquait pas mal de choses. Il n’y avait pas eu une histoire avec ce type au Royaume des Dessins Animés ? Allez savoir. En attendant, Don Papo avait fait entré (par respect pour le jeune public, nous avons préféré favoriser le verbe «entrer» au verbe «pénétrer», qui aurait été choquant, accolé ainsi avec Don Papo) le voyageur dans la loge. Loge qui était rose, comme il se devait, et recouverte de multiples photos plus ou moins glauque de Al Super Gay dans des tenues elles aussi plus ou moins glauques. Il y avait également, au fond de la salle, un ensemble de costumes. Matthieu grimaça en en apercevant certains et en se disant qu’il allait surement devoir les porter. Il put aussi apercevoir une table de préparation, avec un ensemble de maquillages, ainsi qu’un miroir si grand qu’il ferait rentrer en transe n’importe quelle fashion victime, quel que fut son sexe. Et surtout, disposé sur la table, trônait un ensemble de papiers relié ensemble: le script de «Beautiful gay». Don Papo le tendit à Matthieu, et l’invita à s’assoir, afin qu’il puisse «s’imprégner du texte» (tels étaient ses mots). Et c’est ce qu’il fit. Effectivement, comme l’avait indiqué Don Papo, l’histoire était d’une simplicité «ENFANTINE». En gros, une histoire d’amour contrarié entre deux jeunes hommes, Paul et Arthur (pourquoi ces deux noms évoquaient-ils quelque chose à Matt ?). Avec de gros méchants hétérosexuels qui ne comprenaient rien à la différence et voulaient empêcher leur amour. Matthieu était assez choqué: mais pourquoi les gays avaient-ils autant de stéréotypes sur les hétéros ? En tout cas, ils paraissaient ici comme de gros rustres, coincés de surcroit. C’est qu’elles étaient intolérantes, ces pédales. En tout cas, Matthieu put se douter qu’on lui demanderait de joueur le rôle de Paul: son nom était souligné dans le script à chaque fois qu’il apparaissait. Il fut relativement soulagé. En effet, il y avait un nombre considérable de chansons, et il n’apparaissait pas dans toutes. A vraie dire, il n’était pas présent dans toutes les scènes. A son grand regret, il ne coupait pas aux classiques scènes de romance, ni à la traditionnelle scène de baiser. Il en frissonna. Il fallait espérer que l’autre ferait les choses rapidement et décemment. On comptait également parmi les protagonistes un meilleur ami dévoué, un nymphomane, et une seule femme, une véritable tarée, militant pour le droit des homosexuels. L’ensemble formait un cliché parfait. Il n’y manquait rien. Pas même... Obi-wan Kenobi ??

-C’est quoi ce délire avec Obi-wan ?
-Mais enfin, il est totalement inclus dans la CULTURE gay ! Il est le symbole même, avec Anakin Skywalker, du rapport pédérastique entre l’éromène et l’éraste.
-Vous savez, moi, le latin...

Don Papo préféra éviter de lui préciser qu’il s’agissait de termes grecs.

-Ca vous a plu, sinon ?
-Je n’en attendais pas moins de vous.

Effectivement. Matthieu n’était pas un franc spécialiste des comédies musicales, mais de ce qu’il avait entendu parler, elles étaient en général un jolie ramassé de clichés. «Beautiful gay» ne dérogeait pas à la règle. En aucune manière. A l’exception du fait que le couple principal était gay, et encore.

-FANTASTIQUE ! Vous allez voir, ce sera vraiment GRANDIOSE. J’ai hâte de vous présenter à toute l’équipe, je sens que vous allez vous ADOREZ !

Une fois encore, et ce ne serait pas la dernière de la nuit, Matthieu soupira de façon ostensible et se demanda sérieusement ce qu’il faisait là. Et dire que dans une heure, désormais, il serait sur le plateau. Il était foutu. Cuit. Bousillé. Explosé. Mort et enterré. Et foultitude d’autres analogies absconses. Il espérait vraiment que personne de son entourage n’entendrait parler de cette histoire. Ceci dit, s’il voyait un de ses amis (qui étaient essentiellement de sexe masculin) débouler pendant le spectacle, il aurait également quelques questions à se poser à son encontre. Mais bref. Une fois encore, Don Papo entraina sa nouvelle star à sa suite, cette fois en sens inverse, afin de lui présenter toute l’équipe.

-Ecoutez-moi tous, fit le metteur en scène lorsqu’ils furent de nouveau dans les coulisses.

Matthieu était étonné: malgré sa voix de fausset, la créature des rêves avait parfaitement réussi à se faire entendre de tous les autres individus présents. L’invocateur remarque qu’il était le seul voyageur présent. Ainsi que probablement le seul hétérosexuel, autant qu’il pouvait en juger par les clichés sur pattes que constituaient l’équipe de «Beautiful Gay». Mais qu’est ce qu’il foutait là, bordel ? Il n’était pourtant pas spécialement timide, mais il se sentit rougir face à l’avalanche de regards qui se déversèrent sur lui. il espérait sincèrement que ces regards n’aient qu’une portée professionnelle.

-Je vous présente notre remplaçant au pied levé pour le rôle de Paul. Vous le connaissez déjà par ce que monsieur Michael a pu vous en dire, je vous présente donc le jeune Matthieu, un voyageur.

Donc ce gros enfoiré de Michael avait prévu son coup depuis un moment. Matthieu aurait du s’en douter, avec le coup des affiches préparées à l’avance. Il fallait vraiment qu’il n’oublie pas de lui casser la gueule. Il le voyait très bien, ligoté, étalé sur une route, avec Oscar prêt à lui rouler dessus. Ce serait parfait. Matthieu en éructait d’avance.

-Vous dîtes, Matthieu ?
-Hein ? Ah, non, rien.

Don Papo entreprit alors de lui présenter l’ensemble de l’équipe. Matthieu parvint à restreindre les présentations à une franche poignée de main plutôt qu’à une bise si crainte de sa part. Tout en présentant les autres acteurs, Don Papo résumait une nouvelle fois à Matthieu l’intrigue, même si le mot était un peu fort pour la platitude que constituait le scénario, et détaillant comment devait se dérouler la scène avec telle ou telle personne, comment Matthieu devait agir, se déplacer, jouer, etc... Le jeune homme observa avec beaucoup d’appréhension la créature des rêves qui incarnait Arthur, le jeune qu’il était censé embrasser dans la pièce. Il faisait très jeune, et sa couleur de cheveux (il était blond) ne le vieillissait pas tellement. Il était vrai que le personnage était censé avoir dix-sept ans quand celui de Matt devait en avoir vingt-cinq, mais tout de même, le voyageur se sentit l’âme d’un pédophile en puissance. Pourvu que la scène du baiser soit courte... Mais ce fut lorsque Don Papo eut fini les présentations et les explications que Mollusque-man se rendit compte que quelque chose n’allait pas... Les deux hommes s’étaient alors retrouvés à l’écart, afin de présenter à Matthieu quelques éléments de la scène et des décors.

-Euh... C’est normal qu’il y ait pas de femmes dans votre groupe ? De ce que j’ai cru comprendre, y a une femme importante dans l’histoire, la Simone, là, la militante des droits gays.

Au visage que fit Don Papo, Matthieu comprit qu’il avait vu juste. Qu’est ce qui allait lui tomber sur le dos encore ?...

-OH MON DIEU. Je veux dire: O-H-M-O-N-D-I-E-U. Vous faîtes bien de m’en parler, cela m’était complètement sorti de l’esprit. Oh mon Dieu. Ah, je vous remercie. Il fallait que je vous en parle, justement.
-Quoi, encore? demanda Matthieu, particulièrement inquiété. Vous n’allez pas me demander de jouer le rôle de Simone, en plus ?
-Mais non, grand nigaud, que vous êtes bête ! Néanmoins, votre présence est INDISPENSABLE. C’est l’une des raisons pour laquelle monsieur Michael vous a conseillé. Il a dit que vous pourriez nous fournir l’actrice qui incarnerait Simone.
-Euh... Ecoutez, je veux bien, mais je ne connais pas grand monde qui accepterait, vu le laps de temps. Et puis, mes potes sont surtout des mecs, alors bon...
-Vous êtes invocateur, je crois ?
-Mais je n’ai aucune invocation féminine, et...

Soudain, Matthieu comprit.

-VOUS VOULEZ QUE J’INVOQUE GERMAINE POUR VOTRE COMEDIE MUSICALE ????
-Oui, voila, je crois que c’est le nom que nous a donnés monsieur Michael concernant votre invocation. J’ai vu des photos, elle serait sublime dans le rôle.
-MAIS VOUS ÊTES MALADE, C’EST PAS POSSIBLE ??? VOUS VOULEZ VOIR LA SALLE DETRUITE ET VOS SPECTATEURS PRÊTS AU SUICIDE ??
-Monsieur Michael m’a prévenu du caractère quelque peu... Particulier de votre Germaine. Mais je suis sûr que vous saurez trouver les mots pour la convaincre de participer aux festivités. C’est votre invocation, après tout.

Une fois encore, Matthieu se sentit mal. C’était probablement la plus mauvaise nouvelle de la soirée. Convaincre Germaine de jouer dans une comédie musicale ? Et pourquoi pas persuader Hitler de verser des fonds pour des enfants handicapés ? Il n’y avait qu’une seule chose qui était plus improbable que de voir Matthieu dans une comédie musicale gay: l’y voir accompagné de Germaine. L’univers de la limace n’était que comptabilité et administratif, des univers incompatibles avec celui du spectacle. Personnellement, Matthieu trouvait l’ensemble plutôt chiant, mais qui était-il pour juger ? Il ne manquerait plus que Fino pour danser sur du French cancan, et le compte y était. Et puis, imaginer Germaine en fervente partisane des droits gays... Matthieu avait une nouvelle preuve que Dreamland pouvait être totalement absurde.

-Vous êtes sûr qu’il n’y a pas d’autres moyens ? supplia-t-il. J’ai déjà deux accusations de génocide sur le dos à cause de cette limace !
-Personne ne s’est dévoué pour jouer Simone. Nous avons déjà du demander à un de nos charmants jeunes hommes d'accepter d’incarner la mère d’Arthur (ce sera d’ailleurs si FOLLEMENT shakespearien !). Pour Simone, niet. Vous êtes une nouvelle fois notre seul espoir. Et vous savez bien que monsieur Michael n’aimerait pas que vous nous déceviez.

Pas si fou, la tarlouze. Il avait parfaitement su appuyer là où ça faisait mal. Matthieu était bien dans une impasse. Mais il hésitait encore: mieux valait-il endurer des nuits de souffrance avec les sbires de Michael aux trousses, ou bien passer Dieu sait combien de temps à convaincre Germaine de jouer une fille à pédés dans une comédie musicale ? De toute façon, sa nuit était déjà exécrable, autant la rendre abominable jusqu’au bout. En fermant les yeux et en serrant les fesses, déjà prêt au pire, Matthieu Furt claque des doigts. Un nuage de fumée apparut, une odeur de bureaucratie envahie la pièce, et une voix qui aurait rendu achevé le Joker maugréa:

-Bonjour, Monsieur Razowsky.

***

Pour des raisons dépassant toute logique, Germaine avait fini par accepter. Mais où était la logique lorsqu’on avait pour secrétaire une limace jaune adepte convaincue que la bureaucratie était la réponse à tout ? Mais ce qui avait encore plus étonné Matthieu était que l’immonde mollusque avait accepté très rapidement, sans rechigner, et plus fou encore, sans demander aucun reçu ou formulaire à faire remplir par son invocateur. Le voyageur avait fini par se demander s’il ne rêvait pas, jusqu’à ce qu’il se rappelle qu’il était sur Dreamland, et que ce genre de questionnement était donc sans fondement par définition. En tout cas, tels étaient les faits : il lui avait expliqué la situation rapidement, empli de crainte face à sa réaction. Mais contrairement à ce à quoi il aurait pu s’attendre, Germaine avait tout de suite accepté. Après la stupeur virent les soupçons. Pourquoi la limace avait-elle accepté si facilement une proposition aussi incongrue ? Néanmoins, malgré toutes les interrogations de son invocateur, l’invocation était resté muette quant à ses motivations. Matt en était sûr, il y avait aiguille sous roche, voire, à ce stade, baleine sous gravillon. Il saurait bien ce que cela cachait, mais en attendant, il devait s’avérer heureux que cela ne fut pas si compliqué que ce qu’il eut craint. L’autre problème qui n’en était pas un fut de lui faire apprendre son texte en moins d’une heure. Or, à peine Germaine avait-elle posé ses yeux sur le script qu’elle prétendit qu’elle connaissait son rôle, désormais. Don Papo était enthousiasmé par les capacités d’apprentissage de la comptable. Matthieu, lui, l’était un peu moins. Ce n’était guère étonnant de la part d’une créature capable de connaitre par coeur l’administration de tous les mondes possibles et imaginables. Si la mémoire se travaillait, nul doute que Germaine disposait dans ce domaine d’un entrainement olympique.

A propos d’entrainement... Don Papo avait proposé de profiter de l’heure qui restait avant l’ouverture des festivités pour préparer quelque peu Matthieu en lui faisant répéter rapidement quelques scènes, afin qu’il ne soit pas totalement désemparé lors du spectacle proprement dit. Matthieu n’était pas contre l’idée, mais avait contesté le temps disponible, ce à quoi Don Papo avait répliqué, en haussant les épaules, que les comédies musicales ne commençaient jamais à l’heure, de toute façon. On avait donc entamé quelques répétitions, qui finirent par convaincre Matt que lors des scènes de danses en groupe, il avait sérieusement intérêt à se cacher au fond derrière les danseurs et de tenter de suivre le mouvement. Pour le reste, il remarquait que le fait de surjouer n’était pas du tout un problème, au contraire. Cela correspondait au coté diva de son personnage. A vraie dire, cela pouvait correspondre pour TOUS les personnages. Globalement, tout se passa bien. Sauf pour une scène...

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Matthieu Furt
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MessageSujet: Re: [Quête] To be gay, or not to be gay Jeu 13 Sep 2012 - 22:57
-JE REFUSE DE REPETER CETTE SCENE !
-Mais enfin, Matthieu, il faut bien vous préparer pour tout à l’heure.
-Je suis désolé, mais le fait de rouler un patin à un mec me donne envie de gerber. Je vais pas non plus faire ça deux fois, soit disant parce qu’il faut que je m’entraine.
-Je constate que votre fond latent d’homophobie n’évolue pas, je le regrette.
-Désolé pour vous si je ne fais pas de toute cette farce une jolie histoire à morale appelant à la tolérance.
-Si vous le prenez sur ce ton...
-EXACTEMENT !
-Arrêtez de crier, vous allez vous esquinter la voix. Enfin... J’espère quand même qu’on pourra compter sur vous pour cette scène ce soir ?
-On verra bien... fit Matthieu entre ses dents.
-Problème clos ! Reprenons.

Et c’est ainsi que Matt passa le restant de sa nuit, étudiant aussi méthodiquement que possible les meilleurs moyens pour être le moins ridicule possible, ce qui était loin d’être évident. L’heure passa très rapidement. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, la salle commença à se remplir, et le spectacle allait débuter. Attention ! Ca commence...


***

Premier acte.
Le rideau s’ouvrit sur une scène encore vide. Elle représentait vaguement une rue bordée ça et là de maison, avec quelques drapeaux arc-en-ciel levés haut dans le ciel. En arrière-fond, une enseigne lumineuse gigantesque: «San Francisco». Ainsi, les plus lents d’esprit sauraient où se situait l’action. L’éclairage donnait l’impression que la scène se déroulait de nuit. Le public applaudit afin d’encourager les acteurs. Une musique s’enclencha...



Des jeunes hommes aux vêtements particulièrement moulants (dont Matt) sortent des coulisses et se lancent dans une danse très endiablée. L’ensemble se met alors à chanter:

CHOEUR: Humidity's rising, barometer's getting low
(
L'humidité s'élève, le baromètre baisse)

According to our sources, the street's the place to go

(Selon toutes les sources, la rue est l'endroit où il faut être)

Cause' tonight for the first time

(Car ce soir pour la première fois)
Just about half past ten
(
Pile à 22h30)

For the first time in history

(Pour la première fois dans l'histoire)
It's gonna start raining men
(
Il va commencer à pleuvoir des hommes)

It's raining men ! Alleluia

(Il pleut des hommes ! Alleluia !)

It's raining men ! Amen !

(Il pleut des hommes ! Amen !
)
It's raining men ! Alleluia !

(Il pleut des hommes ! Alleluia !)

It's raining men ! Amen !

(Il pleut des hommes ! Amen !)

Humidity is rising, barometer's getting low
(
L'humidité s'élève, le baromètre grimpe)

According to our sources, the street's the place to go
(
Selon toutes les sources, la rue est l'endroit où il faut être)

Cause' tonight for the first time
(
Car ce soir pour la première fois)
Just about half past ten
(
Pile à 22h30)

For the first time in history
(
Pour la première fois dans l'histoire)

It's gonna start rainin men
(
Il va commencer à pleuvoir des hommes)
It's raining men ! Alleluia !

(Il pleut des hommes ! Alleluia !)

It's raining men ! Amen !

(Il pleut des hommes ! Amen !)

I'm gonna go out, i'm gonna let myself get

(Je vais sortir, je vais laisser mon corps devenir)
Absolutley soaking wet

(Complètement trempé)

It's rainin men ! Alleluia !

(Il pleut des hommes ! Alleluia !)

It's raining men ! Every special men !

(Il pleut des hommes ! De chaque spécimen !)
Tall, blonde, dark, and lean

(Grands, blonds, noirs et maigres)
Rough and tough and strong and mean

(Brusques et pensants et forts et avares)

God bless Mother Nature, she's a single woman too

(Que Dieu bénisse Mère Nature, elle est elle aussi une femme seule)

She took over heaven and she did what she had to do

(Elle est partie du Ciel et elle a fait ce qu'elle avait à faire)

She fought every Angel to rearranged the sky
(Elle prit tous les anges pour réarranger le ciel
)
So that each and every gay man could find the perfect guy

(Ainsi chacun et tous les gay pourrait trouver le mec parfait)

It's raining men

(Il pleut des hommes !
)
Don't get yourself Weather, i know you want to

(Voix off : Ne te laisse pas trempé, je sais que tu le veux.
)
I feel stormy wheather moving in

(Je... sens... le temps... orageux... mouvant...)

About to begin

(Pret à débuter
)
Hear the thunder, don't you loose your head

(Avec... le... tonnerre... ne... perd... pas... l'esprit.
)
Rip off the roof and stay in bed !

(Déchire la voute et reste au lit !)

It's raining men ! Alleluia !

(Il pleut des hommes ! Alleluia !)

It's raining men ! Amen ! (x4)

(Il pleut des hommes ! Amen !) (x4)

It's raining men

(Il pleut des hommes
)
It's raining men

(Il pleut des hommes
)
It's raining men

(Il pleut des hommes)

De là où était Matthieu, il ne pouvait pas voir exactement à quoi ressemblait la danse, surtout qu’il avait bien pris soin, comme il l’avait prévu, de se mettre au fond et de suivre le mouvement. Mais la chorégraphie voulait que la danse se finisse ainsi: Matt (ou plutôt Paul, son personnage), se retrouvait au milieu de tous les danseurs, qui se mettaient à se frotter contre lui, dans une sorte de mouvement d’adoration. Le voyageur se retenait de ne pas grimacer. Mais, alors que les danseurs s’éloignaient, Matt trébucha sur quelque chose, et s’étala de tout son long sur la scène. Il y eut une clameur dans le public, et un silence gêné parmi les danseurs. Un type s’approcha de Matthieu, les yeux ronds de stupeur: c’était la créature des rêves qui jouait Hadrien, le meilleur ami de Paul. Matt sentait qu’il lui fallait briser la glace pour se rattraper de ce mauvais pas (c’était le cas de le dire).

-D’habitude, c’est plutôt moi qui met les hommes à genoux !

Le public rit, et l’acteur qui jouait Hadrien souffla. Ouf, le mal était réparé. tous les danseurs sortirent. The show must go on !

PAUL (en déambulant dans les rues, la démarche souple et féline): Quelle soirée, Hadrien, quelle soirée !
HADRIEN (en souriant): Comme d’habitude, Paul ! Nous sommes au Castro !
PAUL: Oui, c’est vrai, le lieu de tous les possibles pour nous autres gays.
HADRIEN: Le meilleur endroit au monde.
PAUL (respirant l’air pure de la nuit): Un endroit où il fait bon vivre.

Il se livre alors à quelques pas de danses improvisés.

PAUL: Oh, Hadrien, ce soir, je sens qu’il faut que je séduise quelqu’un
HADRIEN (amusé): Encore ? Tu es le jeune gay le plus séduisant du Castro. Personne ne te résiste.
PAUL: Que veux-tu, j’aime vivre, j’aime les hommes, j’aime la nuit !
HADRIEN: Rien ne t’arrête !
PAUL: En effet.

Il se met alors à danser dans la rue, sautant de poteau en poteau, suivit par Hadrien.



PAUL:
Tonight I'm gonna have myself a real good time

(Ce soir, je vais me payer du bon temps
)
I feel alive and the world turning inside out yeah !
(Je me sens vivant et le monde change du tout au tout, ouais !
)
And floating around in ecstasy

(Et est en suspension en extase
)
So don't stop me now don't stop me

(Donc ne m'arrête pas à présent, ne m'arrête pas
)
'Cause I'm having a good time having a good time
(Car je m'éclate, m'éclate)

I'm a shooting star leaping through the sky

(Je suis une étoile filante traversant le ciel
)
Like a tiger defying the laws of gravity

(Tel un tigre défiant les lois de la gravité
)
I'm a racing car passing by like Lady Godiva

(Je suis une voiture de course passant telle Lady Godiva
)
I'm gonna go go go

(Je vais foncer, foncer, foncer
)
There's no stopping me

(Rien ne m'arrête)


[Refrain 1]

I'm burning through the sky yeah !

(Je brûle dans le ciel, ouais !
)
Two hundred degrees

(Deux cents degrés
)
That's why they call me Mister Fahrenheit

(C'est la raison pour laquelle on m'appelle Monsieur Fahrenheit
)
I'm trav'ling at the speed of light

(Je voyage à la vitesse de la lumière
)
I wanna make a supersonic man out of you

(Je veux faire de toi un homme supersonique)


[Refrain 2]

Don't stop me now I'm having such a good time

(Ne m'arrête pas à présent que je passe du bon temps
)
I'm having a ball don't stop me now
(Je m'éclate, ne m'arrête pas maintenant
)
If you wanna have a good time just give me a call

(Si tu veux passer du bon temps passe moi un coup de fil
)
Don't stop me now ('cause I'm havin' a good time)

(Ne m'arrête pas à présent (Car je m'éclate)
)
Don't stop me now (yes I'm havin' a good time)

(Ne m'arrête pas à présent (Oui je m'éclate)
)
I don't want to stop at all

(Je n'ai aucune envie de m'arrêter)

I'm a rocket ship on my way to Mars

(Je suis une fusée se dirigeant vers mars
)
On a collision course

(Pour y entrer en collision
)
I am a satellite I'm out of control

(Je suis un satellite hors de contrôle
)
I am a sex machine ready to reload

(Je suis une machine sexuelle prête à recharger
)
Like an atom bomb about to

(Telle une bombe atomique sur le point de
)
Oh oh oh oh oh explode

(Oh oh oh oh oh d'exploser)


[Refrain 1]

Don't stop me don't stop me

(Ne m'arrête pas, ne m'arrête pas
)
Don't stop me hey hey hey !
(Ne m'arrête pas hey hey hey !
)
Don't stop me don't stop me ooh ooh ooh (I like it)

(Ne m'arrête pas, ne m'arrête pas ooh ooh ooh (j'aime ça)
 )
Don't stop me don't stop me

(Ne m'arrête pas, ne m'arrête pas)

Have a good time good time
(Je m'éclate, je m'éclate
)
Don't stop me don't stop me ah

(Ne m'arrête pas, ne m'arrête pas ah)


[Refrain 1]


[Refrain 2]

Matthieu soupira. Ouf, c’était la première chanson qu’il avait eu à faire en solo, et il fallait avouer qu’il s’en était plutôt bien tiré. «The Voice» avait parfaitement fait l’affaire, et Matt avait été le premier surpris de cette voix étrangère qui sortait de sa propre gorge. Voix qui chantait juste, en plus, ce qui était une première. Et puis, cette chanson était loin d’être la plus ridicule de l’ensemble. Il trouvait presque qu’elle lui correspondait bien. Presque. L’idée de sautait ainsi de poteau en poteau avait été de son initiative propre. Cela lui avait permis de donner un certain aplomb à la scène, sans l’obliger à danser tout seul comme un grand. Bon, fini de rire. Il s’agissait de passer à la scène suivante, et il n’en était pas spécialement fan. Hadrien reprit la parole :

HADRIEN : Paul, tu es vraiment le plus séducteur de tous les hommes de San Francisco ! Personne ne peut te résister !
PAUL : Je sais, mais que veux-tu ? Cette ville offre tellement de choses pour moi, comment y résister ? Qui puis-je si je plais et qu’on me plait en retour ?
HADRIEN: Oh, tu es si incorrigible, mon cher Don Juan.
PAUL: Oui, mais je suis libre comme l’air, avide de liberté et d’expérience.



Soudain, l’éclairage change, et se fait plus sombre autour de Paul et Hadrien. Quelqu’un rentre sur scène, accompagné par une musique en fond sonore. La lumière se focalise sur un nouvel arrivant sur scène. Il s’agit d'Arthur. Il fait jeune, innocent, pure. Des mèches blondes folles balayent son front. Il porte simplement un jean et un pull à col roulé. Il reste tout de même très séduisant (est-ce dû à son apparente pureté ?). Ses yeux bleus lui donnent un aspect follement romantique et doux.

PAUL : Quelle est cette lumière, à l’est ?

Matthieu jugeait que c’était sans doute une de ses pires répliques de la pièce.

HADRIEN : Je l’ignore, je ne l’ai jamais vu.
PAUL (dans une murmure): Qu’il est beau.

L’inconnu semble désemparé. Il regarde un coup à gauche, un coup à droite. Paul a l’air sous le charme. Il commence à aller vers lui.

HADRIEN: Où vas-tu ?
PAUL: Lui parler.

Paul va donc dans sa direction. La scène qui suit est presque au ralenti. Il se tourne l’un autour de l’autre, lentement, comme s’il dansait. Le tout donne quelque chose de sensuel et romantique à la fois.

PAUL: Bonsoir. Quel est ton nom ?
ARTHUR (le regard émerveillé par le jeune homme qui lui adresse ainsi la parole): Je... Je m’appelle Arthur...
PAUL: C’est un joli nom.
ARTHUR: Merci. Et toi, comment t’appelles-tu ?
PAUL: Paul.
ARTHUR (en rougissant un peu, sous l’éclairage qui ressemble de plus en plus à la lumière tamisée d’une pleine lune): Bonsoir, Paul.

Ils continuent à se tourner ainsi autour, mais de plus en plus proche. On dirait presque qu’ils finissent par danser une valse. Ils semblent seul au monde. On n’entend que leur pas et la musique (mais Matthieu jurait entendre quelques reniflements au fond de la salle). Hadrien semble pratiquement avoir disparu dans l’ombre. Arthur et Paul s’immobilisent, continuant sans cesse à se regarder droit dans les yeux. Paul sourit, Arthur semble de plus en plus troublé. Il semble se passer une éternité (Matt trouvait ça en tout cas un peu long à son goût). Paul finit par reprendre la parole, comme dans un souffle:

PAUL: Monsieur Arthur, je vous trouve très beau. (Il y avait vraiment des gens pour écrire des conneries pareilles ?)

Leurs deux mains sont presque jointes. Leurs visages s’avancent l’un vers l’autre subrepticement. Mais soudain, la musique s’arrête brusquement. La lumière devient plus violente, dans des couleurs presque rouges sang. Côté jardin entre un nouveau personnage. Il porte un jean et une veste en cuir. Son visage affiche «méchant». Il s’agit d’Eddy. On remarque à sa main droite un poing américain. Il se précipite vers le couple, et les sépare violemment, entrainant Arthur avec lui.

EDDY: Mais qu’est-ce qui te prends Arthur ? Serais-tu devenu fou ?
PAUL (un peu agressif): Qui es-tu pour agir de la sorte ?
EDDY (le repoussant violemment): Laisse-moi, débauché. Je suis son frère, Eddy.
PAUL: Je crois que ton frère est assez grand pour savoir ce qu’il veut.
EDDY: Ne l’approche pas, pervers. Toi et les tiens êtes la lie de l’humanité (Matthieu adorait la façon dont les personnage, même méchants, s’exprimaient). Tu n’auras pas mon frère !
PAUL: Qui es-tu donc pour juger à sa place ? Laisse-le.
ARTHUR (presque suppliant): Oui, Eddy, laisse-moi, s’il te plait. Laisse-moi
EDDY: Tais-toi donc. Tu ne sais pas ce que tu fais. Je te ramène à la maison. Tu vas t’expliquer auprès des parents.
ARTHUR: Non, s’il te plait !
PAUL (agrippant le bras d’Eddy): Cesse donc !
EDDY: Tu me cherches ? Tu veux te battre ?



Paul et Eddy vont l’un vers l’autre, comme s’ils allaient participer à un match de boxe. Paul semble narguer Eddy.

PAUL: Oh oh

(Oh oh
)
Wee-ell-Now !

(Eh bien, maintenant !)

Relax don't do it

(Relax, ne le fais pas
)
When you want to go to it

(Quand tu veux t'y rendre
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
When you want to come

(Quand tu veux venir)

Relax don't do it

(Relax, ne le fais pas
)
When you want to to go to it

(Quand tu veux t'y rendre
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to suck to it

(Quand tu veux craindre
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
Come-oh oh oh

(Viens-oh oh oh)

But shoot it in the right direction
(Mais lance dans la bonne direction
)
Make making it your intention-ooh yeah

(Fais que ce soit ton intention-ooh yeah
)
Live those dreams
(Vis ces rêves
)
Scheme those schemes

(Revis ces schémas
)
Got to hit me

(Ça doit me toucher
)
Hit me
(Me toucher
)
Hit me with those laser beams

(Touche-moi de ces rayons laser)

EDDY: I'm coming

(Je viens
)
I'm coming-yeah

(Je viens-yeah)

PAUL: Relax don't do it

(Relax, ne le fais pas
)
When you want to go to it

(Quand tu veux t'y rendre
)
Relax don't do it

(Relax ne le fais pas
)
When you want to come

(Quand tu veux venir)

Relax don't do it

(Relax, ne le fais pas
)
When you want to suck to it

(Quand tu veux craindre
)
Relax don't do it
(Relax, ne le fais pas)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
When you want to come

(Quand tu veux venir
)
Come-huh

(Venir-huh)

Get it up

(Fais-le monter
)
The scene of love

(La scène d'amour
)
Oh feel it

(Oh ressens-le)

Relax Relax Relax

(Relax Relax Relax
)
Higher higher Relax

(Plus haut, Plus haut, Relax)

Eddy menace sérieusement de frapper Paul, mais Hadrien les a rejoint. Eddy préfère se replier.

EDDY: Viens Arthur, nous avons déjà trop trainer ici.

Il entraine donc le jeune homme à sa suite. Celui-ci lance un regard désespéré vers Paul.
Ils sortent de la scène.

HADRIEN : Que s’est-il donc passé ?
PAUL: Je t’expliquerai. Partons d’ici.

Les deux hommes sortent également de la scène, mais côté cour cette fois.

Matthieu pouvait souffler un peu. Ca y est, sa participation à l’acte un était fini. Ils pouvait continuer sans lui, le reste ne le concernait plus, il n’apparaissait plus avant l’acte 2. Il était en sueur, et se sentait déjà épuisé. Ca promettait pour la suite. Enfin, pour l’instant, il n’avait pas à se plaindre, tout se passait globalement bien, si on excluait la chute du début. La comédie musicale avait commencé sous de mauvais augures, mais il s’était bien rattrapé, dans tous les sens du terme. Il se demandait d’ailleurs comment il était tombé, rien sur la scène n’aurait pu le gêner, normalement. A moins qu’un danseur ne l’ait fait trébucher ? Ba, c’était sans importance. Il fallait qu’il se concentre pour la suite. Une créature des rêves s’empressa vers lui pour lui apporter à boire, puis lui essuya les tempes et le remaquilla. Techniquement, le tout aurait pu se passer dans sa propre loge, mais Matthieu était curieux, et voulait voir comment se déroulait la suite, même s’il en connaissait déjà les tenants et aboutissements. En gros, pendant que Paul et Hadrien avait quitté la scène, Arthur et son frère Eddy étaient rentrés à nouveau, accompagnés de leurs parents cette fois-ci. Matt se demandait ce que tout ce petit monde faisait au Castro, mais s’il fallait chercher la logique dans toute cette histoire, il n’était pas arrivé. Le voyageur eut également un petit ricanement en voyant le type grimé en femme afin de ressembler à la mère d’Arthur. Au moins, il avait réchappé à cela. Il prêta une oreille au dialogue qui se déroulait sur scène.

LE PERE: Je refuse que mon fils traine avec ce genre de dégénérés. Tu ne te rends pas compte ?
LA MERE (en pleurs): Mon fils... Mon fils... Avec ces... Sodomites ! Seigneur Dieu !
ARTHUR: Mais... Papa, maman...
LE PERE: Il n’y a pas de mais.
EDDY: Et heureusement que je suis arrivé à temps. Un de ces tarés congénitaux étaient sur le point de l’agresser pour de sombres raisons !
ARTHUR: C’est n’importe quoi !
LE PERE: Arthur, ta mère et moi avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour t’élever sainement. Nous refusons que tu côtoies ces malades mentaux. Cela pourrait te troubler. (Il y eut quelques hués dans le public)
LA MERE: Un homosexuel dans la famille serait une honte infini. J’en mourrai de chagrin.
LE PERE: C’est bien compris, Arthur ? Tu ne voudrais pas causer du chagrin à ta mère ?
ARTHUR (en baissant humblement la tête): Non, papa.
LE PERE: Je vois que nous nous sommes compris. C’est bien. Rentrons à la maison, maintenant.

Tous sortent, sauf Arthur. Il a l’air accablé. Il regarde le public, des larmes au bord des yeux.

ARTHUR: Ils ne me comprennent pas. Ils ne comprendront jamais. Et pourtant, je suis différent. Ils doivent vivre avec. Et moi aussi.



D’abord j’avais peur, j’étais pétrifié.
Pensant sans cesse que je ne pourrais jamais vivre, persécuté.
Mais depuis j’ai passé tant de nuits à penser combien cela me faisait du mal
Et je me suis endurcie, et j’ai compris que ce n’était pas fatal.

Non, je ne viens pas de l’espace
Malgré ce qu’on dit, je n’ai pas mon mal écrit sur ma face
Je n’ai pas à me laisser mourir, je n’ai pas à vivre ainsi
Je ne mérite pas d’être traité de la sorte en cette vie.



[Refrain]

Go on now, go walk out the door

(Partez maintenant, sortez d'ici
)
Just turn around now 'cause you're not welcome anymore

(Faites demi-tour maintenant car vous n’être plus les bienvenus, à jamais
)
Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye

(N’étiez-vous pas ceux qui ont essayé de me faire du mal avec un adieu
)
Did you think I'd crumble, did you think I'd lay down and die

(Pensiez-vous que je m'effondrerais, pensiez-vous que je traînerais par terre et que je mourrais)

Oh, no, not I, I will survive

(Oh, non, pas moi, je survivrai
)
Oh, as long as I know how to love I know I'll stay alive

(Oh, tant que je sais que je sais aimer je sais que je resterai en vie
)
I've got all my life to live and I've got all my love to give

(J'ai toute ma vie à vivre et j'ai tout mon amour à donner
)
And I'll survive, I will survive, hey, hey

(Et je survivrai, je survivrai, hé, hé)

Ca m’a pris toute la force que j’avais pour ne pas m’effondrer
En essayant sans arrêt de réparer difficilement les pièces de mon coeur brisé
Et j’ai passé, oh, tellement de nuits à me désoler à propos de moi
J’avais l’habitude de pleurer, mais maintenant je ne baisse plus la tête pour ça.

Et vous voyez, je suis quelqu’un d’autre
Je ne passe plus tout mon temps à penser que c’est une faute
Et maintenant je sais que je suis comme je suis, je suis libre
Je peux vivre la vie que je veux, et l’amour comme dans les livres.


[Refrain] (x 3)

Go on now, go walk out the door

(Partez maintenant, sortez d'ici
)
Just turn around now 'cause you're not welcome anymore

(Faites demi-tour maintenant car vous n’être plus les bienvenus, à jamais
)
Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye

(N’étiez-vous pas ceux qui ont essayé de me faire du mal avec un adieu
)
Did you think I'd crumble, did you think I'd lay down and die
(Pensiez-vous que je m'effondrerais, pensiez-vous que je traînerais par terre et que je mourrais
)
Oh, no, not I, I will survive

(Oh, non, pas moi, je survivrai
)
Oh, as long as I know how to love I know I'll stay alive

(Oh, tant que je sais que je sais aimer je sais que je resterai en vie
)
I've got all my life to live and I've got all my love to give

(J'ai toute ma vie à vivre et j'ai tout mon amour à donner
)
And I'll survive, I will survive, hey, hey

(Et je survivrai, je survivrai, hé, hé)

Sur ces dernière notes, le rideau se baissa sur le jeune homme en train de chanter. C’était la fin du premier acte, qui récolta un certain nombre d’applaudissements. C’était pas mal, mais le public attendait quelque chose de plus. Maintenant que l’histoire était posée (et les spectateurs adoraient ce genre d’intrigues, simples, certains disent simplistes, et romantiques), l’acte deux s’avéraient prometteur. Ils allaient pouvoir faire péter la baraque.
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Matthieu Furt
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MessageSujet: Re: [Quête] To be gay, or not to be gay Ven 14 Sep 2012 - 0:03
Matthieu allait une fois encore devoir entrer en scène dès le début du deuxième acte. Et évidemment, il allait avoir droit à sa chanson, son propre solo. De ce qu’il avait compris, ce serait une reprises des Bee Gees. Car il n’avait pas échappé à Matt que toutes les chansons de la comédie musicale étaient des reprises plus ou moins fidèles de chansons qui existaient déjà dans le monde réel. Sans doute le fond collectif psychique de la chanson gay. Ceci dit, avec une seule chanson, il s’en sortait bien. Pas très loin de lui, il pouvait voir l’acteur qui incarnait Tadzio, qui avait droit à deux solos rien que pour lui dans cet acte. Matt se dit qu’il avait eu de la chance de pas devoir le remplacer. Tadzio était en effet le personnage un peu... Vulgaire de l’histoire. Disons que le voyageur ne voyait pas comment on pouvait faire plus salope: un slim des plus moulants, comme d’habitude, avec une débardeur noir sur lequel était accolé quelques étoiles brillantes, ainsi qu’une coupe de cheveux qui auraient fait passer dans le temps les danseurs de tectoniques comme des gens de bon gout. Mais alors qu’il allait devoir y aller, car le spectacle allait reprendre, il bouscula malencontreusement quelqu’un. Matt manqua de tomber, mais eut le temps de se rattraper. Il regarda le responsable de son malheur, prêt à l’engueuler. Au vu de sa tenue, il s’agissait d’un danseur.

-Oh, excusez-moi, Matthieu, je suis vraiment désolé, fit le danseur, visiblement confus.
-Ouais, ba faites gaffe, quoi, maugréa le voyageur.
-Hey, tenez, vous avez perdu quelque chose, apparemment.

Le danseur lui tendit alors quelque chose. C’était «The Voice». En effet, en palpant sa langue, Matt put constater que le gadget si pratique n’y était plus. Il avait eu de la chance que l’autre ne marche pas dessus. Mais avant qu’il ne put le remercier, le danseur avait disparu. Ceci dit, il n’avait pas tord, l’acte était sur le point de reprendre. Matt réinstalla «The Voice», et courut rejoindre sa place. Il arriva juste à temps. Le rideau s’ouvrit à nouveau, et le spectacle reprit.

Acte deux.
La scène se passe de nouveau dans une rue du Castro, vraisemblablement la même que la précédente, mais cette fois-ci, de jour. Rentrent Paul et Hadrien. Le premier a l’air abattu.

HADRIEN: C’est une bien belle journée !
PAUL: Oui, si tu le dis.
HADRIEN (un peu inquiet): Que t’arrive-t-il ? Tu as l’air si triste depuis hier soir !
PAUL: Je pense sans cesse au jeune homme que j’ai rencontré !
HADRIEN: Des jeunes hommes, tu peux en rencontrer plein. N’oublies pas ! Tu es l’homme le plus séduisant du Castro.
PAUL: Cette fois, c’est différent.
HADRIEN: En quoi est-ce différent ?
PAUL: Je n’ai jamais connu quelque chose d’aussi fort avant. Si je le rencontrais à nouveau...

La musique se lança, et Matthieu se mit en position centrale de la scène, prêt à chanter. Il ouvrit la bouche, et... Rien ne se passa. Stupeurs sans tremblements. La chanson ne sortait pas de sa bouche, rien à faire. Il était pourtant sûr que c’était MAINTENANT qu’il devait chanter, enfin, que «The Voice» devait le faire pour lui. Mais il n’y avait rien que le silence. L’acteur qui jouait Hadrien le regardait bizarrement, comme pour l’encourager à continuer, murmurant entre ses lèvres les paroles de la chanson au cas où Matt aurait eu un blanc. Mais non. Rien à faire. Et le public attendait. Le silence était particulièrement oppressant. Matthieu jeta un coup d’oeil désespéré dans les coulisses, où il vit Don Papo qui lui fit signe d’improviser (ce n’était pas un signe facile à exécuter). Improviser ? D’accord. Matt se rapprocha doucement de son comparse, et lui murmura suffisamment bas pour que le public n’entende rien:

-Fous moi un coup dans les couilles.
-Pardon ? fit l’autre acteur, un peu interloqué.
-C’est du Bee Gees la chanson, non ? Fous moi un coup dans les couilles, et donne moi les paroles au fur et à mesure !

Le public restait à la fois silencieux et consterné. Mais qu’est ce qu’ils foutaient les deux acteurs, à chuchoter entre eux ainsi ? C’était pour le moins inhabituelle ! Et pourquoi l’un d’entre eux, celui qui faisait le rôle principal, venait-il de hurler comme si on lui avait de le frapper ? C’était sans aucun doute une vision post-moderne de la comédie, une métaphore de la souffrance de l’homme seul dans un monde cruel. Ou quelque chose du genre. En tout cas, rapidement, l’acteur qui jouait Paul revint sur le devant de la scène, les larmes aux yeux. Les plus perspicaces constatèrent qu’Hadrien était beaucoup plus près de lui cette fois-ci.

PAUL (d’un voix beaucoup plus aiguë):Je n’ai jamais connue quelque chose d’aussi fort avant. Si je le rencontrais à nouveau...



There's a light

(Il y a une lumière
)
A certain kind of light

(Une certaine sorte de lumière
)
That never shone on me

(Qui n'a jamais brillé sur moi
)
I want my life to be lived with you

(Je veux que ma vie soit vécue avec toi
)
Lived with you

(Vécue avec toi
)
There's a way everybody say

(Il y a une façon tout le monde le dit
)
To do each and every little thing

(De faire chacune de toutes les petites choses

But what does it bring

(Mais qu'est-ce que cela peut-il bien apporter
)
If I ain't got you, ain't got ?

(Si tu n'es pas à moi, n'est-ce pas ?
)
You don't know what it's like, baby

(Tu ne sais pas à quoi ça ressemble, bébé
)
You don't know what it's like

(Tu ne sais pas à quoi ça ressemble)

To love somebody(x3)

(D'aimer quelqu'un (x3)
)
The way I love you

(De la manière dont je t'aime)

In my brain

(Dans ma tête
)
I see your face again

(Je revois ton visage
)
I know my frame of mind

(Je connais mon état d'âme
)
You ain't got to be so blind

(Tu n'es pas obligée d'être aussi aveugle
)
And I'm blind, so very blind

(Et je suis aveugle, si terriblement aveugle
)
I'm a man, can't you see

(Je suis un homme ne peux-tu voir
)
What I am

(Ce que je suis
)
I live and breathe for you

(Je vis et je respire rien que pour toi
)
But what good does it do

(Mais quel bien cela fait-il
)
If I ain't got you, ain't got ?

(Si tu n'es pas à moi, n'est-ce pas ?)

You don't know what it's like, baby

(Tu ne sais pas à quoi ça ressemble, bébé
)
You don't know what it's like

(Tu ne sais pas à quoi ça ressemble)

To love somebody(x3)

(D'aimer quelqu'un (x3)
)
The way I love you

(De la manière dont je t'aime)

Matthieu haletait comme un malade. Que ça faisait mal... Mais au moins, cela avait marché, le spectacle était sauvé, et il n’avait pas besoin de chanter pour le restant de l’acte. «The Voice» aurait-t-il cessé de marcher ? Il verrait ça à l’entracte. En attendant, il fallait continuer la comédie musicale, et tenter de passer outre la douleur. Tenter.

HADRIEN: Oh, Paul, serais-tu amoureux ?
PAUL: Oui, je ne vois que cela.
HADRIEN: Mais c’est merveilleux !
PAUL: Si seulement je pouvais le revoir !
HADRIEN: Je ne pense pas que tu lui as été indifférent, tu sais.
PAUL: Je ne sais pas. Et puis, il y a le problème de son frère.
HADRIEN: Il n’y a rien d’impossible à l’amour (QUI avait sérieusement écrit ça ??). Nous trouverons un moyen. Mais... Regarde donc qui vient par là.

Oh, Matthieu savait pertinemment quel personnage allait débarquer à ce moment là. Il appréhendait quelque peu ce moment. Il se retourna... Et vit bien entrer Germaine en scène. Et, sincèrement, son invocateur eut le plus grand mal à ne pas exploser de rire en la voyant. Elle portait toujours ses lunettes aussi vieilles que la bureaucratie, et son éternel chignon administrativement réglementaire. Mais au lieu de son traditionnel chandail, on lui avait fait enfiler une robe au couleur de drapeau arc-en-ciel (c’est à dire, comme l’avait appris Matt, le drapeau de la cause gay). Elle brandissait également fièrement une pancarte sur laquelle était écrite en gros: YOUNG MEN’S GAY ASSOCIATION. Elle était accompagné de quelques danseurs, qui portaient des T-shirt dont l’insigne était le même que la banderole de la limace. Franchement, Matt avait le plus grand mal à se retenir de ne pas rire à s’en briser les côtes. Comment l’avaient-ils convaincu de la faire changer de tenue ? En tout cas, comme de coutume lorsque Germaine apparaissait, l’ambiance de la salle avait changé. D’habitude, elle était morte de peur. Ici, de façon inhabituelle, les spectateurs semblaient curieux face à ce nouveau personnage quelque peu intriguant. C’était Germaine. Ou plutôt ici, Simone, militante pour la cause gay.

SIMONE: Tadaa.
HADRIEN: Simone, toi, ici ?
SIMONE: Et oui.
PAUL: Simone ! Toujours aussi militante ?
SIMONE: Et oui. (Matt constatait qu’elle avait bien suivi ses directives de ne nommer personne. Cela permettait d’éviter les «Mr Razowsky» à outrance)
HADRIEN: Ah, cette brave Simone. Il n’y a pas un homosexuel du Castro qui ne te connaissent pas. Tu es de tous les combats, de toutes les manifestations, de toutes les associations. Tout est bon pour la cause gay !
SIMONE: Et oui.
PAUL: Que ne ferais-tu pas pour nous ? Tu es la reine du Castro !
SIMONE: Et oui.

Il y eut un petit silence gênée. Il fallait dire que la limace ne respectait pas vraiment son texte. Disons qu’elle l’interprétait à sa manière.

PAUL: Euh... Tu travailles toujours pour la Young Men’s Gay Association ?
SIMONE: Et oui.

Nouveau silence. Et puis, soudain, un miracle.

SIMONE: La Young Men’s Gay Association est très important pour la communauté. Elle aide beaucoup de jeunes gens perdus. Savez-vous ce que je leur dit quand je les rencontre ?
HADRIEN: Quoi donc ?



Si Germaine elle-même ne bougea pas d’un poil, les militants qui l’accompagnaient se lancèrent dans une chorégraphie plutôt bien synchronisé, dont le point d’orgue était le refrain: les danseurs tentaient de faire un mouvement qui évoquait les lettres suivantes: YMGA (non, non, le G n’est pas si compliqué à faire).

SIMONE: Young man, there's no need to feel down

(Jeune homme, tu n'as pas de raison de te sentir mal
)
I said young man, pick yourself off the ground

(J'ai dit jeune homme, relève-toi
)
I said young man, 'cause you're in a new town

(J'ai dit jeune homme, car tu es dans une nouvelle ville
)
There's no need to be unhappy

(Il n'y a pas de raisons d'être triste)

Young man, there's a place you can go

(Jeune homme, il y a un endroit où tu peux aller
)
I said young man, when you're short on your dough
(J'ai dit jeune homme, quand tu es à court d'argent
)
You can stay there, and I'm sure you will find

(Tu peux rester là, et je suis sûr que tu trouveras
)
Many ways to have a good time

(De nombreuses façons pour bien t'amuser)

[Chorus]

[Refrain]

It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A. 
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A.
)
They have everything for young men to enjoy.

(Ils ont tout pour que les jeunes hommes s'amusent
)
You can hang out with all the boys.

(Tu peux habiter avec tous les garçons
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A.
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A
)
You can get yourself clean

(Tu peux te nettoyer
)
You can have a good meal

(Tu peux prendre un bon repas
)
You can do whatever you feel

(Tu peux faire tout ce que tu sens)

Young man, are you listening to me

(Jeune homme, m'écoutes-tu
)
I said young man, what do you want to be

(J'ai dit jeune homme, que veux-tu être
)
I said young man, you can make real your dreams

(J'ai dit jeune homme, tu peux réaliser tes rêves
)
But you've got to know this one thing

(Mais tu dois savoir cette seule chose)

No man does it all by himself

(Aucun homme ne fait tout ça par lui-même
)
I said young man, put your pride on the shelf

(J'ai dit jeune homme, met ta fierté de côté
)
And just go there, to the Y. M. G. A.

(Et va simplement là-bas, au Y. M. G. A.
)
I'm sure they can help you today

(Je suis sûr qu'ils peuvent t'aider aujourd'hui)

[Chorus]

[Refrain]

Young man, I was once in your shoes

(Jeune homme, j'ai déjà été à ta place
)
I said, I was down and out with the blues
(J'ai dit, j'avais le cafard
)
I felt no man cared if I was alive

(Je pensais qu'aucun homme ne se souciait de ma vie
)
I felt the whole world was so jive

(Je pensais que le monde entier s'en fichait tellement)

That's when someone came up to me

(C'est là que quelqu'un est venu à moi
)
And said young man, take a walk up the street

(Et a dit jeune homme, promène-toi dans la rue
)
There's a place there called the Y. M. G. A.

(Il y a un endroit là-bas appelé le Y. M. G. A.
)
They can start you back on your way

(Ils peuvent te remettre sur la bonne voie)

It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. C. A.
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A.
)
They have everything for young men to enjoy

(Ils ont tout pour que les jeunes hommes s'amusent
)
You can hang out with all the boys.

(Tu peux habiter avec tous les garçons)

Y.M. G. A.
(Y. M. G. A.
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C’est amusant de rester au Y. M. G. A.
)
It's fun to stay at the Y. M. G. A.

(C'est amusant de rester au Y. M. G. A.
)
Young man, young man, there's no need to feel down

(Jeune homme, jeune homme, tu n'as pas de raison de te sentir mal
)
Young man, young man, pick yourself off the ground

(Jeune homme, jeune homme, relève-toi)

Y.M. G. A.

(Y.M. G. A).

Just go to the Y. M. G. A.

(Va simplement au Y. M. G. A.
)
Young man, young man, I was once in your shoes

(Jeune homme, jeune homme, j'ai déjà été à ta place)

Young man, young man, I was out with the blues

(Jeune homme, jeune homme, j'avais le cafard)

HADRIEN: La YMGA marche donc plutôt bien ?
SIMONE: Ce n’est pas facile tous les jours, mais nous nous en sortons. J’organise un bal de charité d’ailleurs demain soir. Vous êtes bien sûr invités tous les deux.
HADRIEN: Ce sera merveilleux ! Qu’en penses-tu, Paul ?
PAUL (l’esprit ailleurs): Oui, ce serait bien.
SIMONE (s’adressant à Hadrien): Qu’a-t-il ? Lui qui est toujours très enthousiaste, il a l’air absent.
HADRIEN: Il est amoureux.
SIMONE: Ah, l’amour. Cela me rappelle le temps de ma jeunesse (Germaine avait décidément un véritable talent de composition). Je peux faire quelque chose pour toi, Paul ?
PAUL: Je ne pense pas. Sauf si tu connais un jeune homme blond du nom d’Arthur ?
SIMONE: La bouche en coeur et des rêves pleins les yeux ?
PAUL: C’est lui ! Tu le connais ?
SIMONE: Je l’ai croisé quelque fois au centre YMGA. Il a l’air très mignon.
PAUL: Il est plus que cela ! C’est un ange tombé du ciel !
SIMONE: Je peux peut-être t’aider alors. Je l’inviterai à mon bal de charité, lui indiquant un costume qui vous permettra de vous reconnaitre.
PAUL: Ce serait merveilleux ! Mais son frère Eddy n’a pas l’air très compréhensif.
SIMONE: N’aies crainte, je serai discrète. Ne suis-je pas la reine du Castro ?
PAUL: Simone, tu es vraiment la meilleure.
SIMONE: Pour le costume, ne t’inquiète, j’ai une petite idée en tête, je te l’indiquerai en temps voulu.
PAUL: Tu me sauves la vie. Pour peu, je t’embrasserai !
SIMONE: J’ai passé l’âge (Matt devrait penser à remercier celui à l’origine de cette réplique). Bon, les garçons, ce n’est pas tout ça, mais j’ai encore beaucoup à faire. A demain soir !

Simone quitte la scène, laissant les deux hommes ensemble.

HADRIEN: Cette femme est vraiment merveilleuse, elle t’a sauvé de l’impasse.
PAUL: Je dois avouer que je ne savais pas comment faire avant qu’elle n’arrive.
HADRIEN: C’est la journée des rencontres ! Regarde donc qui arrive !

Entre sur scène Tadzio. C’est un italien très jeune, et très aguicheur. Ses démarches sont autant d’invitation à la débauche et aux étreintes torrides.

PAUL: Tadzio ! Le plus ravageur des italiens du Castro !
TADZIO (qui s’approche très près de Paul): Et oui, mon cher Paul. Mais j’en ai entendu de bien belles sur toi aussi. Il parait qu’une soirée passée avec toi n’est pas perdue.
PAUL: Il parait, oui. Mais je n’ai pas la tête à cela en ce moment.



TADZIO: Dommage, car moi...

Sittin' here, eatin' my heart out waitin'


(Assis ici, je ronge mon coeur en attendant
)
Waitin' for some lover to call

(Attendant qu'un amant m'appelle
)
Dialed about a thousand numbers lately

(J'ai composé un millier de numéros récemment
)
Almost rang the phone off the wall

(Le téléphone s'est presque décroché du mur)

Lookin' for some hot stuff baby this evenin'

(Je recherche quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I need some hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I want some hot stuff baby this evenin'

(Je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Gotta have some hot stuff

(Je dois avoir quelque chose de chaud ce soir
)
Gotta have some lovin' tonight

(Je dois avoir de l'amour ce soir
)
I need hot stuff

(J'ai besoin de quelque chose de chaud
)
I want some hot stuff

(Je veux quelque chose de chaud
)
I need hot stuff

(Je besoin de quelque chose de chaud)

Lookin' for a lover who needs another

(Je recherche un amoureux qui cherche le sien
)
Don't want another night on my own

(Pas une autre nuit toute seule
)
Wanna share my love with a warm blooded lover

(Je veux partager mon amour avec un amant au sang chaud
)
Wanna bring a wild man back home

(Je veux ramener un homme extra à la maison)

Gotta have some hot love baby this evenin'

(Je recherche quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I need some hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I want some hot stuff baby this evenin'

(Je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Gotta have some lovin'

(Je dois avoir de l'amour
)
Got to have a love tonight

(Je dois avoir un amour ce soir
)
I need hot stuff
(J'ai besoin de quelque chose de chaud
)
Hot love

(De l'amour enflammé
)
Lookin' for hot love

(Je recherche de l'amour enflammé)

Hot, hot, hot, hot stuff

(Chaud, chaud, chaud, quelque chose de chaud
)
Hot, hot, hot

(Chaud, chaud, chaud
)
Hot, hot, hot, hot stuff

(Chaud, chaud, chaud, quelque chose de chaud
)
Hot, hot, hot

(Chaud, chaud, chaud)

How's that hot stuff baby this evenin'

(Alors, comment sont les mec chauds ce soir
)
I need some hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Gimme little hot stuff baby this evenin'

(Donne-moi quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Hot stuff baby got to I need your love tonight

(Un mec chaud, bébé j'ai besoin de ton amour ce soir
)
I need hot stuff

(J'ai besoin de quelque chose de chaud
)
Lookin' for hot stuff

(Je recherche de l'amour enflammé
)
Gotta have some hot stuff

(Je dois avoir quelque chose de chaud)

Sittin' here eatin' my heart out no reason

(Assis ici je ronge mon coeur sans raison
)
Won't spend another night on my own

(Pas une autre nuit tout seul
)
I dialed about hundred numbers baby

(J'ai composé un millier de numéros récemment
)
I'm bound to find somebody home

(Je suis destiné à trouver quelqu'un à la maison)

Gotta have some hot stuff baby this evenin'

(Je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I need some hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Lookin' for some hot stuff baby this evenin'

(Je recherche quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I need your love baby

(J'ai besoin de ton amour bébé
)
Don't need your love tonight

(Pas besoin de ton amour ce soir)

Hot stuff

(Quelque chose de chaud
)
Baby this evening
(Bébé ce soir
)
I need hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Yes, yes, I want some hot stuff baby this evenin'

(Oui, oui, je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
I want some hot stuff baby tonight

(Je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Yes, yes, yes now hot stuff baby

(Oui, oui, oui maintenant, quelque chose de chaud bébé
)
I need your hot stuff baby tonight

(J'ai besoin de ta chaleur bébé ce soir
)
I want some hot stuff baby this evenin'

(Je veux quelque chose de chaud bébé ce soir
)
Hot stuff baby

(Quelque chose de chaud bébé
)
Got to I need your love tonight

(J'en ai besoin, ton amour ce soir)

Tadzio, pendant qu’il danse sur sa chanson, devient de plus en plus entreprenant avec Paul. Celui-ci finit par le repousser.

PAUL: Je t’ai dit que je n’avais pas la tête à cela, Tadzio.
TADZIO: La tête... Ou autre chose ?
HADRIEN: Mais laisse-le donc. Tu ne vois pas qu’il est amoureux ?
TADZIO: Cela ne m’a jamais gêné, personnellement.
PAUL: Tout le monde n’est pas comme toi. Ta réputation n’est plus à faire.
TADZIO: Et comment s’appelle l’heureux élu ?
PAUL: Ca ne te regarde pas.
TADZIO: Dans ce cas, je suppose que tu affabules complètement, mon cher.
HADRIEN: Il s’appelle Arthur.
PAUL: Tu n’avais pas à lui dire, Hadrien. Maintenant, Tadzio, j’espère que tu vas me laisser tranquille.
HADRIEN: Viens, Paul, il faut qu’on se prépare pour la fête de charité de demain soir.

Hadrien et Paul quittent la scène.

TADZIO: Tu me revaudras cela, Paul. Personne ne m’avait encore repoussé jusqu’à présent.

C’est alors qu’entre sur scène Eddy. Il a l’air furieux. Il remarque Tadzio, seul, et va vers lui.

EDDY (d’un ton élevé): Hey, toi là ! L'efféminé !
TADZIO: Je suppose que c’est à moi que tu parles ?
EDDY: Tu connais un certain Paul ?
TADZIO: Possible, pourquoi ?

Eddy s’approche de Tadzio, et finit par l’empoigner et le menacer de son poing.

EDDY: Mon frère Arthur l’a en tête. Je veux savoir ce qu’il lui a fait. Et lui faire payer (hués dans le public).
TADZIO: Je vois le genre. Lâche-moi, et je pourrais peut-être t’aider.

Eddy reste méfiant, mais finit par lâcher Tadzio.

EDDY: Pourquoi je te ferais confiance ?
TADZIO: Parce que tu n’as pas le choix.
EDDY: Et que me conseilles-tu ?
TADZIO: Demain soir, il y a un gala de charité organisé par Simone, qui dirige l’association YMGA. Même quelqu’un comme toi en a entendu parler.
EDDY: Et alors ?
TADZIO: Alors, je sais de source sûre que ton frère y sera aussi. En compagnie de ton Paul.
EDDY (presque sur le point de frapper Tadzio): Ce n’est pas MON Paul.
TADZIO: D’accord, d’accord. Mais toujours est-il qu’il m’a dit lui-même même qu’il comptait saouler demain soir ton frère afin de profiter de lui.
EDDY: Ah, l’enfant de salaud !
TADZIO: Je te conseillerai d’intervenir pendant la soirée, avec quelques uns de tes amis par exemple, et de le prendre sur le fait.

Eddy ne répond pas. Il sort de la scène en courant. Tadzio reste seul sur scène, un sourire sur le visage.

TADZIO: Dommage pour toi Paul. Je suppose que c’est le frère de cet homme qui a eu tes faveurs. Tu...

On entendit soudain un grand «SCHTONK» (ou quelque chose du genre) en arrière fond, comme venant de derrière la scène. Vu le regard que lança Tadzio à ce moment là, cela ne venait pas vraiment du spectacle. Il eut quelques instants de réflexion, puis reprit.

TADZIO: Tu as voulu me repousser, tant pis pour toi. Je tiens là ma revanche. Quel dommage. Nous aurions fait un très beau couple.



Tadzio se met alors à danser seul sur scène, tandis qu’un jeu d’ombre semble lui répondre.

TADZIO: Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

I want your ugly
(Je veux ta laideur)
I want your disease
(Je veux ta maladie)
I want your everything
(Je veux ton tout)
As long as it's free
(Du moment que c'est gratuit)
I want your love
(Je veux ton amour)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)

I want your drama
(Je veux ta tragédie)
The touch of your hand
(Le toucher de ta main)
I want your leather dirty kiss in the scene
(Je veux ton baiser sale et de cuir sur scène)
And I want your love
(Et je veux ton amour)
You know that I want you
(Tu sais que je te veux)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)

You know that I want you
(Tu sais que je te veux)
And you know that I need you
(Et tu sais que j'ai besoin de toi)
I want it bad
(Je le veux tellement fort)
Bad and bad
(Tellement fort)

I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
And I want your revenge
(Et je veux ta revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)
I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
All your love is revenge
(Tout ton amour est une revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

I want your horror
(Je veux ton horreur)
I want your design
(Je veux ta créativité)
‘Cause you're a criminal
(Car tu es un criminel)
As long as your mine
(Aussi longtemps que tu seras à moi)
I want your love
(Je veux ton amour)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)

I want your psycho
(Je veux ton esprit)
Your vertical stick
(Ton manche vertical)
Want you in my room
((Je) te veux dans ma chambre)
When your baby is sick
(Quand ton bébé est malade)
I want your love
(Je veux ton amour)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)
Love-love-love
(Amour-amour-amour)
I want your love
(Je veux ton amour)

You know that I want you
(Tu sais que je te veux)
And you know that I need you
(Et tu sais que j'ai besoin de toi)
I want it bad
(Je le veux tellement fort)
Bad and bad
(Tellement fort)

I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
And I want your revenge
(Et je veux ta revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)
I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
All your love is revenge
(Tout ton amour est une revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

Walk walk fashion baby
(Défile, défile bébé)
Work it
(Travailles y)
Move that bitch crazy
(Bouge cette folle garce)
Walk walk fashion baby
(Défile, défile bébé)
Work it
(Travailles y)
Move that bitch crazy
(Bouge cette folle garce)
Walk walk fashion baby
(Défile, défile bébé)
Work it
(Travailles y)
Move that bitch crazy
(Bouge cette folle garce)
Walk walk fashion baby
(Défile, défile bébé)
Work it
(Travailles y)
Move that bitch crazy
(Bouge cette folle garce)

I want your love
(Je veux ton amour)
And I want your revenge
(Et je veux ta revanche)
I want your love
(Je veux ton amour)
I don't wanna be friends
(Je ne veux pas qu'on soit amis)

Je veux ton amour
Et je veux ta revanche
Je veux ton amour
I don't wanna be friends

(Je ne veux pas qu'on soit amis)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
And I want your revenge
(Et je veux ta revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)
I want your loving
(Je veux ta façon d'aimer)
All your love is revenge
(Tout ton amour est une revanche)
You and me could write a bad romance
(Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Oh-oh-oh-oh-oooh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Oh-oh-oooh-oh-oh !
(Oh-oh-oh-oh-oooh !)
Caught in a bad romance
(Capturés dans une mauvaise romance)

Rah-rah-ah-ah-ah-ah !
(Rah-rah-ah-ah-ah-ah !)
Roma-roma-mamaa !
(Roma-roma-mamaa !)
Ga-ga-ooh-la-la !
(Ga-ga-ooh-la-la !)
Want your bad romance
((Je) veux ta mauvaise romance)

Le silence se fit quelques instants sur la scène. Tadzio semblait regarder dans le vide pendant une ou deux minutes. Puis le rideau tomba. Fin de l’acte deux, qui fut salué par des applaudissements beaucoup plus chaleureux. Le spectacle devenait de plus en plus prometteur, l’acte trois promettait ! Il faut dire que le personnage de Tadzio plaisait énormément. Il était à la fois répugnant et fascinant, exactement ce que le public adore. Oui, cette pièce valait bien toutes les attentes. Restait à voir ce que donnait le final...
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Matthieu Furt
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MessageSujet: Re: [Quête] To be gay, or not to be gay Ven 14 Sep 2012 - 1:00
Matthieu, quant à lui, depuis sa sortie de scène, n’avait pas perdu de temps. En effet, à peine avait-il quitté les feux des projecteurs que Don Papo lui avait quasiment sauté dessus (quasiment seulement, hein, n'exagérons pas).

-Mais, ENFIN, Matthieu, que vous est-il arrivé tout à l’heure ? Je dois avouer que vous ne vous en êtes pas trop mal sorti pour un débutant, mais pourquoi ne pas avoir utilisé «The Voice» ? C’était tout de même ce qu’il y avait de plus simple pour vous.
-Mais j’en sais rien, moi ! Le truc a cessé de marcher quand il fallait chanter !
-C’est étrange. Faites donc voir.

Matthieu, après quelques manipulations, réussit à retirer le gadget de sa langue. A première vue, tout semblait normal. Don Papo s’en saisit, et l’examina plus attentivement.

-Vous avez touché à quelque chose ?
-Mais non, rien du tout ! Pourquoi ?
-Parce qu’il évident que quelqu’un, si ce n’est pas vous, à désactiver le système de chant.

Les yeux de Matthieu devinrent ronds.

-Oh l’enculé.
-Je vous demande pardon ?
-Vous m’excuserez une minute ?
-Mais, enfin, qu’y a-t-il ?
-Je vous expliquerai plus tard. Où sont les danseurs pour le moment ?
-Mais... Au fond du couloir, à droite après votre loge, pourquoi ?

Matthieu ne répondit pas, et partit en courant. Il ne s’était toujours pas changé, n’avait rien bu, et pire encore, n’avait pas fumé une seule clope depuis le début du spectacle. Quelqu’un allait payer pour cela. Heureusement pour le voyageur, il disposait d’un peu de temps, entre la fin de l’acte et l’entracte même. Il se précipita donc de toutes ses jambes vers le lieu où se reposaient les danseurs. Alors, à droite après sa loge... Puis le fond du couloir... Il entra précipitamment dans la loge, cherchant du regard son homme, tentant d’éviter de souiller ses yeux par le spectacle de plusieurs danseurs en train de se changer. Soudain, il le trouva. Il le regarda. L’autre le regarda. Matthieu le regarda le regarder. Bref, il avait trouvé le responsable. Mais avant qu’il n’ait pu lui dire quoique ce soit, l’autre détala. Il y avait une autre entrée. Ah, le fumier. C’était parti pour la course poursuite du siècle. Maintenant, ce qui était un doute était devenu une certitude. Ce type était le responsable des accidents qui avaient assailli Matthieu depuis le début du spectacle. Il devait bien avoir ses raisons, mais Mollusque-man comptait bien les lui demander. Toutefois force était de constater que ce foutu terroriste courrait bien plus vite que Matthieu, malgré le fait que celui-ci soit un voyageur. Ceci dit, il devait être en meilleur condition physique que lui. Entre un danseur et un clopeur alcoolique, faîtes vos jeux... Matthieu se lassa très vite de ce petit jeu de poursuite dans les couloirs curieusement déserts. Il fallait agir, et vite, pour ne pas perdre trop de force en prévision de l’acte trois. Alors que l’autre allait emprunter un nouveau couloir, Matthieu claqua des doigts. Dans un «SCHTONK» relativement peu discret, Oscar le chiton apparut juste devant le danser en fuite. Celui-ci s’écrasa directement contre l’invocation, ce qui l’étourdit et le fit tomber à terre. En moins d’un instant, Matthieu lui sauta dessus et le plaqua contre le sol. L’autre était en larme.


-NE ME TOUCHEZ PAS !
-T’es qui connard ? Qu’est ce que tu me veux ?
-Je m’appelle juste Aiku, je suis un danseur comme les autres...
-MON CUL ! Pourquoi t’as essayé de me faire foirer la comédie musicale ? Je suis sûr que c’est toi qui m’a fait trébucher au début ! Et qui m’a débranché «The Voice» quand tu m’as bousculé tout à l’heure ! Avoue !
-D’accord, d’accord, c’est moi, mais arrêtez, vous me faîtes mal.
-Pourquoi t’as essayé de bousiller la pièce ? T’es un espion à la solde d’une compagnie concurrente ?
-Non, non.
-Parle !
-AIE ! D’accord, d’accord, arrêtez ! C’était pas juste que vous aillez la place. Je me suis entrainé dur pour l’avoir, et vous, vous arrivez, et hop là, on vous la donne comme ça.
-J’ai jamais demandé à être là, moi.
-C’est pareil. Vous êtes un voyageur, alors on vous a pris, c’est pas juste !

Matthieu allait répliquer, lorsque arriva Don Papo avec deux agents de sécurité, probablement alerté par le boucan causé. Le spectacle qu’ils eurent devant les yeux les surprirent quelque peu: un chiton géant qui barrait la voie, et Matt continuant de plaquer au sol, et faisant occasionnellement une clé de bras à un danseur torse nu (il était alors en train de se changer avant que Matthieu ne fasse irruption).

-Mais ENFIN, Matthieu, me direz-vous ce qui se passe ici ?
-Cet enfoiré de jaloux essayait de saborder la comédie musicale.
-SEIGNEUR DIEU ! Mais vous êtes fou ?
-Vous ne pensez qu’à vous, Don Papo ! Aucune considération pour vos employés, espèce de salaud !
-Messieurs, fit Don Papo aux deux agents, veuillez conduire ce grossier personnage là où il le mérite !

Après que les deux agents eurent emmené le malheureux Aiku, Matthieu put expliquer la situation à Don Papo. Celui s’avéra extrêmement choqué par les événements. Euh, pardon. Il s’avéra EXTREMEMENT choqué par les événements. Mais les dieux soient loués, Matthieu avait parfaitement géré la situation. Monsieur Michael avait tellement bien fait de le lui conseiller. Le voyageur se rembrunit à la mention de ce maudit nom. Enfin, fil pouvait constater qu’il avait fait le plus gros, il ne restait plus qu’un acte. Malheureusement, c’était également l’acte fatal, celui du baiser tant attendu et redouté. Mais, en attendant, il fallait se préparer. Il lui restait exactement deux minutes pour se changer et fumer une cigarette. La routine, quoi. C’était à peu près ce qu’il faisait chaque matin, car il avait l’art et la manière de ne pas entendre son réveil. Il prit donc congé de Don Papo, et rejoignit sa loge. Son costume l’y attendait. Il s’agissait d’une tunique accompagnée d’une cape large. Probablement les seuls vêtements larges de la soirée, et sans aucun doute la seule chose que Matt trouva vraiment cool jusqu’ici. Peu après cela, une maquilleuse demanda l’autorisation d’entrer, et se permit quelques retouches sur le visage de Matt tandis que celui-ci pouvait enfin fumer, ce qu’il jugeait bien mérité après toutes ces épreuves, même si la soirée était loin d’être finie. En effet, à peine avait-il fini son petit plaisir tabagique qu’un voix résonna, prévenant les spectateurs que l’entracte était finie et que le spectacle n’allait pas tarder à reprendre. Matthieu soupira, résigné, et retourna dans les coulisses.

Il se mit en position, lorsqu’à sa grande surprise, il vit Germaine, juste à côté de lui. Sa tenue était encore plus extravagante que la précédente. Il s’agissait cette fois-ci d’une robe de soirée en satin rouge, agrémentée, bien évidemment, de multiples paillettes. Chez n’importe quelle autre créature, cette robe aurait été élégante et sexy. Mais là, il s’agissait de Germaine, la plus terrible et pointilleuse limace de tous les royaumes oniriques. Il était aussi ironique de la voir dans une tenue pareille que si on avait prêté un tutu rose à Staline. L’abominable comptable tenait également entre ses doigts visqueux un long porte-cigarette, qui était censé lui donner l’air d’une femme fatale. Ou plutôt, d’une limace fatale. Et elle l’était déjà suffisamment.

-Hey, Germaine, se sentit obligé de dire Matthieu.
-Bonsoir, monsieur Razowsky.

Il y eut un silence. Il fallait dire que Matt était peu habitué à tenir des conversations avec son invocation, en dehors des habituels soucis administratifs qu’elle ne manquait pas de soulever. Mais se retrouver dans une aventure pareille était pour le moins étrange. C’était vraiment une drôle de soirée.

-Euh... Germaine... Dites-moi... Pourquoi avez-vous accepter ? De participer à la comédie musicale je veux dire.

La limace jeta à son invocateur son éternel regard blasé. Il y eut un silence, que la comptable finit par rompre, de sa voix monocorde.

-Ce qui suit devra rester entre nous, Mr. Razowsky, sous peine de poursuites pénales et administratives des plus lourdes pour vous.
-Ca va, j’ai compris. Quoi, alors ?
-Du temps de ma jeunesse (rien que ce mot fit sursauter Matthieu), au royaume des mollusques, bien avant que vous ne deveniez un voyageur, j’ai participé à un concours de beauté. Je suis arrivé première dauphine.

La révélation estomaqua Matthieu. Elle était sans précédente. Germaine, à un concours de beauté ? De toutes les absurdités de Dreamland, celle-ci était sans conteste la plus absurde. Les royaumes oniriques n’épargnaient décidément rien de terme d’horreur. Ceci dit, un royaume des Mollusques... Ils devaient avoir des canons de beauté bien particulier. Nul doute que Germaine avait du avoir son petit succès dans le temps. Sans doute à la préhistoire.

-Oh, fit Matthieu.
-J’espérais me rappeler quelques souvenirs d’antan grâce à cette comédie musicale, notamment grâce à cette robe.

Mais... Que se passait-il ? C’était tellement étrange de la part de Germaine, tellement... Humain ! Matt n’en revenait pas. Il y avait décidément quelque chose de bizarre ce soir. Bientôt, il ne manquerait plus que Germaine se mette à confesser une histoire d’amour passionnelle avec Fino, et le compte y serait. Si Matthieu avait été du genre sensible, il aurait été ému par l’histoire de son invocation. Il n’en revenait franchement pas. Finalement, Germaine semblait bien avoir un coeur derrière l’administratif.

-Vous me ferez penser à vous faire remplir le récépissé de la feuille rose que vous devez me rendre depuis trois mois, une fois tout ceci terminé.

Autant pour le coeur caché derrière l’administratif. On ne change pas une équipe qui gagne. Soudain, la sonnerie avertissant de la début du spectacle retentit. Le troisième acte allait pouvoir commencer...

***
Le rideau s’ouvrit pour la troisième fois, sous un tonnerre d’applaudissements. La scène avait complètement changé. Il s’agissait plutôt d’une immense piste de danse, avec quelques buffets en arrière fond, et des chaises, ici où là. Soudain la musique retentit.

ACTE III



Simone entre, en tenue de soirée, accompagné d’une cinquantaine de danseurs (on reconnait Paul et Hadrien notamment), tous déguisés, un nombre important avec des masques vénitiens. Simone se met à danser, tandis qu’une chorégraphie s’enclenche parmi les danseurs.

SIMONE: I think you wanna come over
(Je pense que tu veux venir)
Yeah I heard it thru the grapevine
(Ouais je l’ai entendu à la vigne)
Are you drunk? Are you sober?
(Es-tu saoul ? Es-tu sobre ?)
(Think about it)
((Penses-y))
Doesn’t matter
(Peu importe)
And if it makes you feel good then I say do it
(Et si cela te fait te sentir bien, alors je dis, fais-le)
I don’t know what you’re waiting for
(Je ne sais pas ce que tu attends)

Feel my temperature rising
(Sens ma température augmenter)
It’s too much heat
(C’est trop de chaleur)
I’m gonna lose control
(Je vais perdre le contrôle)
Do you want to go higher?
(Veux-tu aller plus haut ?)
Get closer to the fire
(Rapproche-toi de l’incendie)
I don’t what you’re waiting for
(Je ne sais pas ce que tu attends)

[Chorus]:
I’m gonna party
(Je vais à la soirée)
(Yeah)
((Ouais))
Cause anybody just won’t do
(Juste parce que personne ne le fera)
Let’s get this started
(Vas-y, ça a commencé)
(Yeah)
((Ouais))
Cause everybody wants to party with you
(Car tout le monde veut faire la fête avec toi)

Boy you got a reputation
(Mec t’as une réputation)
But you’re gonna have to prove it
(Mais tu vas devoir la prouver)
I see a little hesitation
(Je te vois un peu hésiter)
Am I gonna have to show ya
(Vais-je devoir te montrer)
That if it feels right
(Que si ça le fait bien)
Get on your mark
(Prend tes marques)
Step to the beat boy
(Marche au rythme, mec)
that’s what its for
(C’est ce qu’il faut pour)

Put your arms around me
(Met tes bras autour de moi)
When it gets too hot we can go outside
(Quand il fait trop chaud, on peut aller dehors)
but for now just come here
(Mais pour l’instant, viens ici)
let me whisper in your ear
(Laisse-moi te chuchoter à l’oreille)
an invitation to the dance of life
(Une invitation à la danse de la vie)
I’m gonna party
(Je vais à la soirée)
(It’s a celebration)
((C’est une fête))
Cause anybody just won’t do
(Juste parce que personne ne le fera)
Let’s get this started
(Vas-y, ça a commencé)
(No more hesitation)
((Plus d’hésitation))
Cause everybody wants to party with you
(Car tout le monde veut faire la fête avec toi)

Haven’t I seen you somewhere before?
(Ne t’ai-je pas vu quelque part avant ?)
You look familiar
(Tu m’es familier)
You wanna dance?
(Tu veux danser ?)
Yeah
(Ouais)
I guess I just don’t recognize you with your clothes on
(Je suppose que je ne reconnais pas tes vêtements)
What are you waiting for??
(Qu’est ce que tu attends ?)

I’m gonna party
(Je vais à la soirée)
(It’s a celebration)
((C’est une fête))
Cause anybody just won’t do
(Juste parce que personne ne le fera)
Let’s get this started
(Vas-y, ça a commencé)
(No more hesitation)
((Plus d’hésitation))
Cause everybody wants to party with you
(Car tout le monde veut faire la fête avec toi)

Come join the party
(Rejoins la soirée)
(It’s a celebration)
((C’est une fête))
Cause anybody just won’t do
(Juste parce que personne ne le fera )
Let’s get this started
(Vas-y, ça a commencé)
(No more hesitation)
((Plus d’hésitation)
Cause everybody wants to party with you
(Car tout le monde veut faire la fête avec toi)

Boy you got it
(Mec, vas-y)
Cause anybody just won’t do
(Parce que personne ne le fera)

La musique cesse, les danseurs se dispersent. A l’avant de la scène reste Paul. Il est déguisé en Obi-Wan Kenobi. Simone va vers lui.

SIMONE: Et bien, Paul, mon chou, comment trouves-tu ma soirée ?
PAUL: Merveilleuse, Simone. Tu as un vrai talent !
SIMONE: C’est normal, tu sais. Je fais tout ça pour le YMGA.
PAUL: Dis-moi... As-tu réussi à lui parler ? A Arthur ?
SIMONE: Bien entendu. Et comme convenu, il m’a promis qu’il viendrait en Anakin Skywalker. Vous ferez ainsi un magnifique duo.
PAUL: Je ne saurais assez te remercier, Simone.
SIMONE: Je suis une entremetteuse, tu ne le savais pas ? Je te laisse, je dois m’occuper de mes autres invités.

Simone quitte Paul, qui se retrouve seul à l’avant scène. Entre soudain Tadzio. Il porte un costume de Cupidon. Sa tenue, sans être scandaleuse, n’atténue en aucune manière son air aguicheur, bien au contraire. Il voit Paul, lui sourit, et va vers lui.

TADZIO: Bonsoir, Paul.
PAUL: Bonsoir Tadzio.
TADZIO: Quelle surprise ! Toi, en Obi-Wan Kenobi ! Je ne te savais pas si adepte de science-fiction.
PAUL (avec un sourire): Et pourtant !...
TADZIO: Et bien, maître Kenobi, vous ne m’invitez pas à danser ? J’ai très envie de découvrir le côté obscur de la force avec vous.
PAUL: Obi-Wan est du côté lumineux, je crois ?
TADZIO: Arrêtons ce petit jeu, Paul. Je sais ce que tu veux.
PAUL: Ah oui ?



Tadzio se met à tourner langoureusement autour de Paul. Avec ses fausses ailes, il donne l’impression d’un papillon attiré par la lumière.

TADZIO: I think I'm done with the Sofa

(Je crois que je suis fini avec le canapé
)
I think I'm done with the Hall

(Je crois que je suis fini avec le hall
)
I think I'm done with the Kitchen table, baby...

(Je crois que je suis fini avec la table de la cuisine, bébé...)

Let's go outside (let's go outside)

(Allons dehors (allons dehors)
)
In the sunshine

(Sous le soleil
)
I know you want to, but you can't say yes

(Je sais que c'est ce que tu veux, mais tu ne peux pas dire oui
)
Let's go outside

(Allons dehors
)
In the moonshine

(Dans le clair de lune
)
Take me to the places that I love best

(Amène-moi dans les endroits que j'aime le plus)

So my angel she says, don't you worry

(Alors mon ange dit-elle, ne te fais pas de soucis
)
'bout the things you're saying, yeah

(A propos des choses que tu dis, yeah
)
Got no friends in high places

(Je n'ai pas d'amis hauts placés
)
And the game that you gave away

(Et le jeu que tu as révélé
)
Wasn't worth playing

(N'était pas si mauvais à jouer)

Let's go outside

(Allons dehors
)
In the Sunshine

(Sous le soleil
)
I know you want to, but you can't say yes

(Je sais que c'est ce que tu veux, mais tu ne peux pas dire oui
)
In the meantime
(Pour l'instant
)
Take me to the places that I love best

(Amène-moi dans les endroits que j'aime le plus)

And yes, I've been bad

(Et oui, j'ai été mauvais
)
Doctor, won't you do with me what you can

(Docteur, ne feriez-vous pas avec moi ce que vous pouvez 
)
You see I think about it all the time

(Vous voyez je pense à ça tout le temps
)
Twenty - four - seven

(Vingt -quatre- sept)

You say I want it, You got it

(Vous dites je veux ça, vous l'avez
)
I never really said it before

(Je ne l'avais jamais vraiment dis avant
)
There nothing here, but flesh and bone
(Il n'y a rien ici, mais de la chair et des os
)
There's nothing more, nothing more

(Il n'y a rien de plus, rien de plus
)
There's nothing more

(Il n'y a rien de plus)

Back to nature, just human nature
(Retour à la nature, à la nature humaine
)
Getting on back to
(Obtenant juste le dessus)

I think I'm done with the Sofa

(Je crois que je suis fini avec le canapé
)
I think I'm done with the Hall

(Je crois que je suis fini avec le hall
)
I think I'm done with the Kitchen table, baby

(Je crois que je suis fini avec la table de la cuisine, bébé)

Let's go outside

(Allons dehors
)
In the sunshine

(Sous le soleil
)
I know you want to, but you can't say yes

(Je sais que c'est ce que tu veux, mais tu ne peux pas dire oui
)
Let's go outside

(Allons dehors
)
In the moonshine

(Dans le clair de lune
)
Take me to the places that I love best

(Amène-moi dans les endroits que j'aime le plus)

And yes, I've been bad

(Et oui, j'ai été mauvais
)
Doctor won't you do with me what you can

(Docteur, ne feriez-vous pas avec moi ce que vous pouvez
)
You see I think about it all the time

(Vous voyez je pense à ça tout le temps
)
I'd service the community

(J'ai servi la communauté
)
(But I already have you see ! )

((Mais je vous ai déjà vu ! )
)
I never really said it before

(Je ne l'avais jamais vraiment dis avant)

There's nothing here but flesh and bone

(Il n'y a rien ici mais de la chair et des os
)
There noting more

(Il n'y a rien de plus
)
Nothing more

(Rien de plus
)
There nothing more

(Il n'y a rien de plus)

Let's go outside

(Allons dehors
)
Dancing on the D-train baby

(Danser dans ce train, bébé)

When the moon is high

(Quand la lune est haute dans le ciel
)
And the grass is jumpin'

(Et que l'herbe saute
)
Come on, just keep on funkin'

(Viens, continue juste d'avoir la trouille
)
Keep on funkin', just keep on funkin'

(Continue d'avoir la trouille, continue seulement d'avoir la trouille)

Alors que la musique s’arrête, Tadzio tente d’embrasser Paul. Celui-ci le repoussa violemment.

PAUL: D’accord, Tadzio, tu veux arrêter de jouer ? On va arrêter de jouer. Les petits séductions de bas-étage, c’est fini pour moi. Je ne suis pas intéressé.
TADZIO (avec aigreur): C’est ton dernier mot ?
PAUL: Définitivement.
TADZIO: Tant pis pour toi, alors.

Il fait demi-tour, telle une vraie diva. Hadrien vient rejoindre Paul.

HADRIEN: Il a recommencé ?
PAUL: Et oui, malheureusement.
HADRIEN: C’est dommage, tout de même.
PAUL: Ah non ! Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ?
HADRIEN: Mais non, tu es bête. C’est juste qu’il n’est pas si mal, Tadzio.
PAUL: Oui, pour celui qui n’est intéressé que par une histoire sans lendemain.
HADRIEN: Tu es dur, quand même. Oh, tiens, regarde qui arrive !

Paul se retourne. A l’autre bout de la salle, Arthur vient d’entrer. Il porte plus ou moins la même tenue que Paul, sauf que sa cape à lui est beaucoup plus sombre. De surcroît, il a accroché à ses cheveux une fausse tresse qui pend sur son épaule droite.

HADRIEN: Je vous laisse.

Hadrien laisse sa place à Arthur, qui approche doucement de Paul, rougissant de plus en plus.

ARTHUR: Bonsoir, maître Kenobi.
PAUL (souriant): Bonsoir, jeune padawan.
ARTHUR (balbutiant): Je... Concernant l’autre soir...
PAUL (en posant un doigt sur ses lèvres): Ne dis plus rien.

Et voila. Cette foutue scène que Matthieu appréhendait depuis le début allait arriver. Bordel de merde. Il n’avait vraiment rien fait pour mériter cela. Il se sentait presque violé dans son intégrité morale, voire physique. On n’avait pas à l’obliger à faire cela. Et puis, c’était quoi ces graves incohérences de scénario ? Depuis quand on embrasse quelqu’un comme ça, qu’on connait à peine, sans être bourré ? Remboursez ! Matthieu refusait définitivement de suivre un scénario aussi bancale. En fait, il refusait surtout d’embrasser un autre homme. Il préférait encore embrasser Germaine. Matt jeta un coup d’oeil à la limace. En fait, non, première dauphine ou pas d’un concours de beauté, rien ne pouvait être pire qu’embrasser Germaine. Cela redonna du coeur à l’ouvrage au voyageur. Enfin, façon de parler. Il ferma les yeux, souffla un grand coup, et fonça. il aurait aimé que cela fut rapide, mais non, l’autre enfoiré y mit la langue. Il fallait bien plaire au public, notez, qui ne se serait sans doute contenté d’un simple smack. Le public, d’ailleurs, semblait adorer, puisqu’il applaudit à tout rompre la scène tant attendue depuis le début. Matt, lui, appréciait moins. Une fois le baiser fini, il se retint sévèrement de pas cracher. Il ne put cacher la grimace qui tira ses traits, mais heureusement, il était dos au public. Allez, c’était parti pour la petite minute de mièvrerie.



PAUL (doucement): Je t’aime.
Don't go breaking my heart

(Ne vas pas me briser le coeur
)
ARTHUR :I couldn't if I tried

(Je ne pourrais pas même si j'essayais
)
PAUL: Honey if I get restless

(Chéri, si je deviens impatient
)
ARTHUR: Baby you're not that kind

(Mon amour tu n'es pas de ce genre)

PAUL: Don't go breaking my heart

(Ne vas pas me briser le coeur
)
ARTHUR: You take the weight off me

(Tu m'enlèves un gros poids
)
PAUL: Honey when you knock on my door

(Chéri quand tu frappes à ma porte
)
ARTHUR: I gave you my key
(Je t'ai donne ma clef)

PAUL & ARTHUR: Nobody knows it

(Personne ne le sait
)
PAUL: When I was down

(Quand j'étais découragée
)
ARTHUR: I was your clown

(J'étais ton clown
)
PAUL ET ARTHUR: Nobody knows it

(Personne ne le sait
)
PAUL: Right from the start

(Dès le début
)
ARTHUR: I gave you my heart

(Je t'ai donné mon coeur
)
I gave you my heart

(Je t'ai donné mon coeur)

PAUL: So don't go breaking my heart

(Donc ne vas pas me briser le coeur
)
ARTHUR: I won't go breaking your heart

(Je ne vais pas te briser le coeur
)
PAUL: Don't go breaking my heart

(Ne vas pas me briser le coeur)

PAUL :And nobody told us

(Et personne nous a dit
)
ARTHUR: Cause nobody showed us

(Parce que personne nous a montré
)
PAUL: And now it's up to us babe

(Et maintenant c'est à nous, mon amour
)
ARTHUR: I think we can make it

(Je crois qu'on peut s'en tirer)

PAUL :So don't misunderstand me

(Donc ne te méprends pas sur moi
)
ARTHUR: You put the light in my life

(Tu as mis la lumière dans ma vie
)
PAUL: You put the sparks to the flame

(Tu as mis des étincelles dans le feu
)
ARTHUR: I've got your heart in my sights

(J'ai gardé ton coeur en vue)

Un peu plus loin de la scène, vers la cour:

SIMONE: Quel beau couple ils forment !
HADRIEN: Je suis content pour Paul. Il a enfin trouvé son âme soeur.
SIMONE: Tiens ? Qu’est ce que c’est que ce boucan ?

La musique ambiante a été arrêté. Entre soudain sur scène Eddy et cinq de ses amis. Ils ont l’air extrêmement menaçants, et exhibent des barres en fer, prêtes à être utilisé sur n’importe qui qui se dresserait sur leur passage. Certains invités ont crié à leur apparition.

EDDY: Excusez-nous de déranger, mais nous sommes ici pour une opération de dératisation massive.

Il aperçoit Paul, enlacé avec Arthur, ce qui le rend furieux. Il fonce littéralement vers eux.

EDDY: Toi, là, le pervers, qui t’as autorisé à toucher mon frère ?
PAUL: Lui-même, je crois.
EDDY: Lâche-le ! Tu influences son esprit jeune et malléable.
ARTHUR: Laisse moi, Eddy ! Tu dis n’importe quoi !
EDDY: Toi, tu rentres à la maison.
ARTHUR (presque en hurlant): Non, je ne rentrerai pas. Je reste ici ! Je te déteste. Vous ne m’avez jamais compris.
EDDY: Comme tu voudras. (Il s’adresse à ses amis: ) Cassez tout !

Ses amis s'exécutent, commençant à briser des meubles sur leur passage. Eddy se jette sur Paul, qui tente tant bien que mal de se défendre. Soudain, Simone sort du rang.

SIMONE: De quel droit vous comportez-vous de la sorte ? Vous êtes chez moi, sortez immédiatement !
UN DES CASSEURS: Ferme-la, la rombière.
SIMONE (passablement exaltée): Gays du Castro ! J’en appelle à vous ! Est-ce ainsi que vous laisserez votre dignité se faire bafouer ? Montrons à ces homophobes de quel bois nous nous chauffons !

Une gigantesque mêlée est alors entamé. C’est un véritable foutoir: tous les invités, bien plus nombreux que les casseurs, se jettent sur eux. Bien qu'absolument chaotique, l’ensemble ne manque pas d’harmonie, comme s’il était chorégraphié, pour le rendre plus agréable au public. Néanmoins, au bout de quelques minutes d’une bataille acharnée, les casseurs s’enfuient, effrayés par le nombre de leurs assaillants. Sauf un...

SIMONE (désignant Eddy): Saisissez-vous de lui ! Qu’il paye pour ses crimes !

Les invités se jettent donc sur Eddy, qui tente de se débattre.

EDDY: Non ! Laissez-moi, tas de dégénérés !

Il est emporté par la foule. Dans un coin, une scène plus pathétique. Hadrien est allongé par terre, le tempe en sang.

PAUL: Hadrien ! Hadrien ! Réveille-toi, bon sang.
TADZIO (en pleurs): Oh mon Dieu ! Tout est de ma faute ! Comme je regrette !
PAUL: Tu t’es laissé emporter par la jalousie, Tadzio. Ce qui arrive à Hadrien doit te servir de leçon.
TADZIO (se jettant au cou d’Hadrien): Oh Hadrien ! Si seulement je trouvais un moyen de me faire pardonner.
HADRIEN (ouvrant un oeil, d’une voix faible) : Sortir avec moi, par exemple.
PAUL: Dieu soit loué, il n’a rien ! Mais le coup sur sa tête semble avoir affecté son esprit.
HADRIEN (regardant Tadzio): Je suis sérieux, Tadzio. C’est une vraie proposition.

Tadzio a une minute d’hésitation, puis il se décide à embrasser Hadrien. Nouveaux applaudissements du public. Pendant ce temps, Simone va vers eux, tenant en laisse Eddy, étroitement ligoté, suivis par la plusieurs de ses invités. Eddy a été entièrement costumé et maquillé. On ne saurait faire plus kitch. Il a été revêtu d’une robe extrêmement moulante, ainsi qu’un ensemble de fanfreluches, roses bien évidemment. Quant à son maquillage, la dose de fond de teint, de mascara et de rouge à lèvres appliqué est si importante qu’on pourrait maquiller sans aucune difficulté la moitié de l’Asie avec.

EDDY: Laissez-moi partir, bande de malades !
SIMONE: Nous allons te laisser partir. Mais que cette histoire te serve de leçon. Laisse ton frère et Paul vivre en paix.

On détache Eddy. Celui-ci, couvert de honte, s’enfuit en courant. Tous ceux sur scène explosent de rire. Les deux couples (Paul et Arthur d’une part, Hadrien et Tadzio d’autre part) sont enlacés, tout sourire. Simone se place au milieu d’eux. Elle prend le bras de Paul et de Hadrien.

SIMONE: Quelle soirée, mes amis, quelle soirée ! Sans doute la meilleure qu’ait organisé le YMGA. Je crois que nous pouvons voir une morale dans toute cette histoire. Il n’y a aucun mal à être homosexuel. Il faut l’assumer.



CHOEUR: It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay
)
Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay
)
It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay)

Hooray for the kind of man that you will find in the gay way

(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay )

PAUL: Father figures we are
(Nous sommes des figures paternelles
)
You're a shooting star you come so far
(Tu es une étoile filante, arrivée de si loin
)
I was once in your shoes
(J’ai été une fois à ta place
)
In a closet like you
(Dans le placard, comme toi
)
I had nothing to lose
(Je n’avais rien à perdre

)

SIMONE : Hey man gay man pick up the soap
(Hey mec, toi qui est gay, ramasse le savon
)
Get on your knees and pray
(A genoux, et prie
)
Hey man gay man
(Hey mec, toi qui est gay
)
Release your load
(Libère toi du poids sur tes épaules)

You've got to cease to delay
(Tu dois arrêter de remettre à demain
)
The gay way
(La voie gay

)

CHOEUR :It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay
)
Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay )
Hooray! For the man!
(Hourra ! Pour les hommes !

)

ARTHUR: Ooh, strong man
(Oh, toi qui est costaud,
)
Queen of the balls
(Reine des bals
)
Some brotherly love is a pleasure for all
(Certains amours fraternels sont un plaisir pour tous
)
Come out
(Sors du placard
)
Open your eyes
(Ouvre tes yeux
)
It's a matter of size
(C’est une affaire de taille.
)


SIMONE: Hey man gay man pick up the soap
(Hey mec, toi qui est gay, ramasse le savon
)
Get on your knees and pray
(A genoux, et prie
)
Hey man gay man
(Hey mec, toi qui es gay
)
Release your load
(Libère toi du poids sur tes épaules
)
you've got to cease to delay
(Tu dois arrêter de remettre à demain
)
The gay way
(La voie gay)

CHOEUR :It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay )
Okay to be gay!
(Pas de soucis d’être gay
)
Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay)

Sing hallelujah (sing hallelujah)
(Chante alléluia (chante alléluia)
)
It's getting to ya (it's getting to ya)
(Ca t’arrive à toi (ça t’arrive à toi)

)
Hey! Ho! Mo! Hey! Ho! Mo! Hey! Ho!

TADZIO :Now remember
(Maintenant, rappelle-toi
)
There's a big difference between kneeling down and bending over
(Qu’il y a une grosse différence entre être à genou et être penché

)

CHOEUR :It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay)
It's okay!
(Pas de soucis !
)
Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(
Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay )

SIMONE :West is where you should go
(Tu dois aller à l’ouest
)
To San Francisco
(A San Francisco
)
I get that you know
(Je suppose que tu sais
)
Would you gather my face
(Souhaites-tu réunir mon audace
)
So united we stand in a gay parade
(Nous restons unis dans une parade gay
)
A human serenade
(une sérénade humaine

)

CHOEUR : Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay )
It's okay to be gay, let's rejoice with the boys in the gay way
(Il n’y a pas de soucis à être gay, réjouissons-nous avec les garçons qui suivent la voie gay )
Hooray for the kind of man that you will find in the gay way
(Hourra aux gars que tu trouveras sur la voie gay )
It's okay to be gay!
(Pas de soucis d’être gay !)


Le rideau tomba. Et la foule se déchaina. Ce fut un véritable délire, des applaudissements à tout rompre. On se rendit même compte, le lendemain, que des fauteuils avaient été cassé pendant cette véritable crise d’hystérie collective. Aussi fou que cela puisse paraitre, lorsque les rideaux se levèrent à nouveau pour laisser le soin aux acteurs de saluer la foule, les applaudissements et hurlements doublèrent de volume. Il y eut même un «standing ovation» lorsque les acteurs s’inclinèrent, la première fois. Don Papo pouvait se frotter les mains: son succès était total. Le public avait trouvé tous les ingrédients pour lui plaire: de la romance, un grand méchant, un autre qui se repent, des chansons entrainantes, et surtout, une si belle et originale morale pour clôture le tout. Que demande le peuple ? Matthieu, en tout cas, était aux anges. Il ne pensait pas éprouver autant de plaisir face à son succès dans une comédie musicale. Oh, porté en triomphe par une foule en délire après qu’il ait triomphé d’un ennemi terrifiant et vindicatif, là, oui, il avait de bonnes raisons d’être heureux. Mais là !... Pour une comédie musicale ! Nul doute en tout cas que le voyageur était tout sourire. Il avait encore rarement gouté de ce genre de gloire sur Dreamland, à part durant le Tournoi des jeunes talents. Ceci dit, ils avaient raison de l’applaudir à ce point : il avait quand même embrassé un autre type pour leurs beaux yeux. Son succès n’était pas totalement démérité. En attendant, le voici la nouvelle coqueluche du public. Les spectateurs s’étaient d’ailleurs mis à acclamer un nom. Cela ne pouvait être que lui. A moins que...

-GERMAINE !! GERMAINE !!

Euh... Pardon ? C’était la limace qui avait les faveurs du public ? Mais où allait le monde franchement ? Poussée par Don Papo, Germaine accepta de retourner sur scène, seule. Elle fut accueillie avec l’enthousiasme qui lui était due. Des gens hurlèrent, applaudirent à tout rompre, lui envoyèrent des roses. On exigea même un bis. On était prêt à la porter aux nues, lui faire des statues, des autels. Certains émirent même l’idée de la voir participer à un célèbre jeu télévisé onirique dédié à la chanson. Son nom de scène était tout trouvé: Germaine Boyle, la limace à la langue d’or. Ce fut sur cette vision du succès totale de son invocation que Matthieu, complètement ahurie, se réveilla.

***

Le pièce fut un succès confirmée, encensé de partout par la critique de presse onirique. Même après le réveil de Matthieu, l’ovation de Germaine perdura. Néanmoins, les applaudissements finirent par se tarir lorsque Germaine, en guise d’autographe, distribua des fiches de déclaration d'impôt. En tout cas, la chanson finale, «It’s ok to be gay», fut un tel succès qu’elle devint un tube de Dreamland, ce qui ne manqua pas d’augmenter l’influence de Luxuria. L’influence et la richesse de Don Papo atteignirent des sommets inégalés, si ce n’est par son producteur exécutif, Monsieur Michael. Face à cette réussite, il effaça toutes les dettes de Mollusque-man. Toutefois, la plus surprise de toute cette histoire fut Mathilde, la copine de Matthieu (on vous l’avait dit que ça sonnait mal). En effet, elle eut l’occasion de le voir le lendemain de cette fameuse soirée. Et elle fut passablement étonnée lorsqu’elle entendit son copain chantonner, alors qu’elle était en train de lui exposer des soucis personnels. Et les paroles de la chanson semblait dire... «It’s ok to be gay» ??
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[Quête] To be gay, or not to be gay

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