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(Quête) I'm your body guard's killer

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Surnom : Le Chaos
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Lucien Sandman
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MessageSujet: (Quête) I'm your body guard's killer Lun 10 Jan 2011 - 1:49
I’m your body guard’s killer


Partie 1 : La menace fantôme.

Circus Attraction était un lieu de plaisir, une aire de jeu dans laquelle l’on retrouvait tout ce qui faisait une fête foraine estivale et pleine de gaîté, de rires et de surprises. Les attractions amusaient les rêveurs, aussi bien que les créatures de rêve qui s’y trouvaient. Les animaux exécutaient leurs tours sans le moindre dompteur pour impressionner et amuser encore davantage leurs spectateurs euphoriques. Les clowns se laissaient aller aux gags les plus burlesques, aux farces les plus mesquines. Ce royaume des rêves était une terre de plaisir et de joie, dans laquelle enfant et adultes pouvaient trouver leur bonheur. Petits et grands ne venaient ici que par plaisir, pour vivre ce rêve magnifique d’une fête, qui ne cesse jamais. Bien sûr, il était des adultes, des grands, qui du haut de leur vieillesse affirmait que ce monde tapageur était des plus exécrables. Ces hommes et femmes responsables, qui pensaient avoir raison sur tout ce qu’il y avait à dire, affirmaient en tapant du point qu’il n’y avait là qu’enfantillage et qu’il était un âge, où, s’amuser de ces choses n’était plus raisonnable. Il existait en effet, d’autres plaisirs, que partageaient les personnes plus mâtures, car ces plaisirs requéraient une plus grande réflexion, une meilleure compréhension du monde. Cependant, ceux-là était des idiots, dont l’enfance était morte et refoulée au plus profond de leurs âmes pour des raisons aussi vaniteuses que jalouses. Il n’y avait aucune honte pour un adulte, même un adulte fort respectable, de s’amuser d’un clown arrosant un spectateur grâce à une fleur truquée, la preuve en était que Rafaelo, Roi des Chats, l’une des créatures les plus importantes du monde onirique, ne s’en lassait guère.

Pour la troisième fois, le clown pressait un pétale de sa fleur qui crachait, au sens propre du terme, sur son garde. Et pour la troisième fois, Rafaelo riait aux larmes. Comment son garde pouvait-il s’être laissé avoir trois fois de suite ? C’était hilarant ! Se moquer du malheur des autres était si plaisant, même si ce malheur n’était qu’une simple humiliation de ce genre. Il était toujours préférable, bien entendu, que la chose arrive aux autres plutôt qu’à soi, mais rien ne l’empêchait d’être drôle. Quant à la raison pour laquelle le garde laissait pour la troisième fois cette fleur racler sa gorge pour rassembler un grumeau de salive et la projeter sur son visage, c’était tout simplement parce qu’il en avait reçu l’ordre. Non pas qu’on lui ait demandé clairement et directement de se laisser ainsi insulter, mais qu’implicitement son rôle ici comprenait cette difficile tâche qui consistait à ne pas perdre son sang-froid. Sa mission était de protéger le roi et se s’assurer qu’il s’amusait. Or, le roi riait aux éclats à chaque nouveau mollard. Ensuite, le soldat restait plutôt impassible face à ces assauts répétés, bien que l’on comprenait au premier coup d’œil qu’il se retenait de s’énerver, pour le plaisir du monarque. Hélas, cela en faisait une cible d’autant plus divertissante car l’on sentait pleinement son agacement tout en étant assuré qu’il ne ferait rien pour répondre à une telle provocation. Autour de lui, ses neufs autres camarades étaient bien trop occupés à épier chaque mouvement dans la foule qu’ils ne se souciaient guère de savoir qui était humilié et comment. Tant que le roi riait, ils ne s’inquiétaient guère plus du sort de leur camarade, car tant que le roi riait, le roi était en bonne santé.


« Encore ! Encore ! » réclamait le monarque, se roulant par terre et tapant du poing, pris dans son fou rire et incapable de s’arrêter.

« Votre Majesté, il faut rentrer à présent ! » tenta alors le garde humilié, priant pour que le roi accepte qu’il le libère de sa terrible situation.

« Non, non ! Je la veux encore ! C’est tellement drôle ! »

« Mais Sire, Saturn va s’inquiéter s’il ne nous vois pas revenir, vous ne voudriez pas qu’il se fasse du soucis ? »
osa alors le garde qui n’en pouvais plus et sentait que ses nerfs allaient bientôt lâcher.


« Oui, oui, tu as raison… Il faudrait mieux rentrer… » admit le roi en tentant de reprendre ses esprits et calmant son rire petit à petit.

Il n’était pas faux qu’ils n’avaient que trop longtemps traînés ici. Le roi avait déjà pris beaucoup de retard, trop occupé à s’amuser et à rire de tout ce qu’il voyait en ce royaume qui l’avait tendrement accueilli pour la journée. Il s’était tant et tant amusé qu’il n’en avait pas vu passer l’heure. Or Saturn avait accepté qu’il passe un peu de temps ici, à condition qu’il n’y passe pas trop de temps et qu’il retourne rapidement en sécurité. Bien entendu, il aurait préféré que Milan puisse venir, mais l’idée d’arriver ici avec un chat plus gros que les chapiteaux, cela n’avait pas beaucoup plus au roi. Ce n’était pas très amusant d’ailleurs d’être sans cesse suivi par un tel monstre qui ne riait jamais beaucoup. Saturn non plus n’était pas très drôle, surtout lorsqu’il était en colère. Mieux valait donc rentrer au plus tôt afin de ne pas subir les affres de ses reproches. Rafaelo se releva, toujours souriant de la farce et se mit sur ses deux pattes arrière.

« Allons-y ! Nous reviendrons une autre fois ! » assura le roi, ce qui fit lever les yeux à quelques-uns de ses gardes et provoqua un immense sourire, plus immense encore que celui qu’il affichait déjà, au clown. Le monarque se dodelina donc tranquillement à travers Circus Attraction, prenant d’instinct le chemin du retour. Lorsqu’il serait enfin rentré de sa longue journée d’amusement, il retrouvait son immense chambre remplie de jeux et pourrait docilement s’endormir sur son immense coussin d’un repos bien mérité. Cette idée de repos le poussa à accélérer son dandinement vers son royaume. Dans l’ensemble, il pouvait être assuré qu’il n’avait point raté sa journée, elle avait été pleine de folies et de jeux, il avait ri jusqu’à s’en faire briser les côtes. Sans aucun doute pouvait-on dire qu’il était à cet instant très heureux. Et alors qu’il sortait enfin de ce royaume plein de merveilles, il se sentit aussi léger qu’une plume et se mit doucement à chantonner dans sa longue moustache éparse quelques airs qui avaient accompagnés sa journée. Sûrement rêverait-il de cette fête qui n’en finissait jamais. Il lui semblait en cet instant que rien ne pourrait plus lui enlever son sourire aujourd’hui.

Hélas, trois fois hélas, un roi, si enfantin qu’il soit, n’était pas cerclé de gardes pour de mauvaises raisons et le destin allait une fois de plus le lui rappeler, tristement. Ce petit chat moustachu et se dandinant sur la route qui le ramenait à son palais, bien qu’il n’en ait pas l’air, était bien le monarque du plus grand royaume de la Zone 2 et quel que soit l’endroit, il ne pouvait guère échapper à ses immenses responsabilités. Qu’il soit resté un grand enfant ne l’empêchait pas d’être un brillant monarque et Rafaelo avait donc de très nombreux ennemis. Ceux-ci avait eu vent par on ne sait quelle sombre magie onirique – de fait, la décision avait été prise sur un coup de tête le matin même – du voyageur du souverain et, dans leurs sombres plans, voulaient profiter de l’occasion unique pour s’en prendre à leur ennemi. Il n’y avait aujourd’hui, pour défendre le roi ni Saturn, ni milan, seulement une dizaine de gardes, certes bien armés, mais sans grande envergure. Certains étaient assez robustes pour faire peur, mais ils ne représentaient en rien la force et la puissance du monstrueux Milan ou du talentueux Saturn. Oui, cette occasion était unique pour eux, car le roi était en position de faiblesse absolue.

Qui étaient-ils ? Un groupe de chats cauchemars revanchards, exclus de leur royaume pour leurs méfaits, prêt à faire payer le roi pour sa décision, et à s’emparer du pouvoir par la suite s’ils le pouvaient. Mais l’hypothèse n’était qu’une vague illusion, un projet lointain et sans avenir, une rêverie à laquelle ils ne pensaient même pas avec sérieux. En réalité, leur suffisait la simple vengeance, la pure satisfaction d’avoir fait payer à quelqu’un leur exil et que cette victime innocente soit le dirigeant de leur ancienne terre ne faisait que rajouter à leur désir de faire couler le sang. Ainsi, dès qu’ils avaient su, ils s’étaient précipités vers le royaume du cirque et avaient rapidement élaboré un plan pour attaquer l’escorte qui, bien que de moindre qualité, était sans doute suffisante pour les vaincre s’ils ne faisaient attention. Leur chef, Kriskrolche, qui ne l’était que par sa force sur les autres et non par ses brillantes idées, toujours plus rares les unes que les autres, avait fini par se dire qu’il était préférable se saisir leur chance immédiatement. Entre le temps qu’il avait fallu à l’information pour leur parvenir – le temps pris à tenter de la comprendre – le temps qu’il avait fallu pour venir et le temps qu’il avait fallu pour retrouver le roi, ce ne fut qu’en fin de journée, lorsque Rafaelo était sur le chemin du retour qu’ils purent se lancer à l’assaut. Cet assaut aurait sûrement été sans grand succès si le plus petit de cette bande, le plus vicieux et le plus malin de tout, n’avait pas proposé son plan diabolique qui plut immédiatement à l’esprit limité de son supérieur.

Ainsi, l’escorte du roi avançait tranquillement lorsque, soudain, une nervosité tout instinctive les envahit. Tous sentaient que quelque chose n’allait pas et qu’un danger rôdait dans les parages. Ils n’avaient pas tort, pas le moins du monde et bientôt, ils commencèrent à repérer quelques regards lointains, perdus dans la foule, se poser sur eux avec une absolue méchanceté. Croyant d’abord à quelque hallucination, ils n’en tinrent pas compte dans un premier temps. Puis, cela se fit plus pressant, ils étaient observés, sans aucun doute. Cherchant à savoir qui les suivait, ils s’inquiétèrent de cette situation. Eux-mêmes étaient parfaitement conscients de la vulnérabilité du roi et craignaient à présent que cette sortie ne tourne en véritable cauchemar. Qui les suivait semblait préparer son coup avec une grande application. Seraient-ils de taille contre ces ennemis ? Alors qu’ils continuaient leur chemin d’un pas peu rassuré, ils parvinrent à identifier l’origine du problème. Il semblait que les regards soient lancés avec leurs éclairs de méchanceté par des félins à l’allure horrible. Des chats cauchemars, comme il en existait trop souvent malheureusement. Ne parvenant pas à déterminer leur nombre ou s’ils représentaient un réel danger pour eux, ils finirent par s’accorder pour aller vérifier la chose. Peut-être n’était-ce rien en réalité, aussi décidèrent-ils de ne point cesser leur avancée.

Quatre gardes des moins puissants se portèrent volontaires pour aller un peu en arrière, en éclaireur, dans l’idée de cerner un peu mieux ces individus un peu louches. Les autres accélérèrent sensiblement le pas, et redoublèrent d’attention autour du roi. Les quatre gardes se détachèrent donc du groupe et rebroussèrent chemin, se précipitant droit dans la gueule du loup. Pourtant, ce loup n’était en rien le groupe de chat cauchemar qui harcelait les gardes de leurs fourbes regards, il s’agissait d’un être dont l’arrivée était, dans ce contexte, parfaitement inattendue.

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MessageSujet: Re: (Quête) I'm your body guard's killer Mar 11 Jan 2011 - 3:21
Partie 2 : Une exécution ordinaire.

Lucien éprouvait une certaine attirance pour ce royaume onirique, cet aire de jeu perpétuelle. Il trouvait dans son ambiance et dans sa façon d’être un plaisir que les autres ne voyaient pas forcément. Ces couleurs tirant sur le rouge, l’orange, le jaune lui était fort agréables, bien qu’il ne pu s’expliquer pourquoi elles provoquaient en lui une telle émotion et pourquoi, il les rapprochait de ce qui était pour lui le plaisir absolu, le chaos total, l’absence de toute loi naturel, de tout repère possible. Et il ne voulait en aucun cas analyser cette sensation, il aurait été purement logique de vouloir y donner quelque explication. En réalité, ces couleurs chaudes rappelaient si aisément le feu qu’il n’était guère difficile de les associer à une absence de repère. Le détruisait les repères et connecteurs logiques, se consommait lui-même dans une danse aléatoire et la chaleur avait tendance à endormir l’esprit, rendre difficile la réflexion, quoi de mieux pour agir illogiquement qu’une capacité de réflexion réduite ? De plus, ce royaume offrait aussi mille spectacles au même moment, créant une cacophonie des plus enviables, ainsi qu’un amas de tours, tous plus exceptionnels les uns que les autres, qui n’avaient aucun rapport entre eux. Tous ces petits détails rappelaient un peu le chaos à Lucien et en cela, l’endroit lui plaisait. Il était certes loin d’une absence totale de règles ou de normes telle qu’il l’aurait voulu, mais le maigre effort réalisé pour y ressemblait ne pouvait que lui plaire.

C’était donc avec un grand sourire aux lèvres et une mine fort heureuse que le voyageur arpentait cet immense cirque qui ne s’arrêtait jamais. Il admirait les clowns et l’humour burlesque dont ils usaient, tout ce qu’il faisait semblait tellement dénué de tout sens qu’il ne pouvait s’empêcher d’en sourire. Il se sentait plus proche ici de son rêve originel que dans n’importe quel royaume qu’il avait jusqu’alors visité. Aucun n’offrait un tel vent de folie et de dérangement général, d’absence d’ordre établi. Sa suractivité fourmiliante le rendait d’autant plus attrayant pour le contrôleur. Un jour, rêvait-il en marchant, il ferait de tous ces royaumes, du monde onirique dans son ensemble une terre de chaos absolu. Il savait que son pouvoir le lui permettrait à l’avenir, bien qu’il fut encore loin de le maîtriser assez. Il fallait qu’il évolue et qu’il apprenne à s’en servir avec davantage de talent, sans quoi, il ne pourrait jamais accomplir son grand dessein. Alors, lorsqu’il en serait capable, il ne connaîtrait plus aucune loi qu’il ne pourrait transgresser, à ce moment, il pourrait agir à sa guise, sur des coups de tête, sans être limité par quoi que ce soit. Mais pour lors, il se devait de s’entraîner. Pour cela, il arpentait Dreamland, allant d’un royaume à l’autre comme un pauvre hère en perdition. Là où il passait, il observait et, si d’humeur tapageuse il se trouvait, il oeuvrait quelque peu pour la création de son nouvel univers, parfait en tout point. S’il trouvait sur son chemin quelque défenseur des lois ou quelques lois, il tâchait de les détruire, de les éliminer. Ce n’était pas grand chose comparé à son ambition réelle, mais cela en posait déjà quelques pierres. Il avançait à travers ce monde en suivant son but, et ne s’en détournant sous aucun prétexte, ne suivant aucun tracé précis. Il se guidait aléatoirement dans ce monde, seule direction possible pour un tel personnage. Et que ses pas l’ait porté vers un tel monde de joie et de merveilles n’était que le fruit du pur hasard, d’un bon hasard. Nouvelle fois la preuve que ce n’était point en agissant logiquement que l’on parvenait à trouver son bonheur.

Lucien, marteau sur l’épaule passait au travers de la foule sans se soucier de rien et personne ne se souciait réellement de lui. Il n’était qu’un inconnu, un anonyme perdu dans une masse qu’il ne connaissait pas. Il laissait son regard parcourir les alentours, découvrant à chaque instant, une nouvelle chose. Il ne se doutait alors pas de l’aventure qui traverserait sa nuit. Aventure au cours de laquelle, il trouverait encore plus de plaisir qu’il n’en éprouvait déjà. Ignorant, rêveur et voyageurs, rien ne semblait pouvoir l’impliquait dans ce qui l’entourait. Il ne participait en rien à ce qu’il observait et nul n’aurait pu croire qu’il le ferait. Lui-même fut tout à fait surpris par ce qu’il trouva en laissant aller ainsi son regard, une chose qu’il ne pouvait regarder sans ressentir une pulsion meurtrière. Cela arriva lorsque sans le savoir, il arriva à la lisière du royaume, non loin de la sortie. Alors que l’agitation se faisait déjà un peu plus rare, son regard se porta davantage sur la foule qui l’entourait plus que sur les attractions qu’on lui proposait. C’est alors qu’il vit arriver, juste en face de lui, quatre soldat félins en arme. Ils ne le remarquèrent même pas, allant droit vers une destination qu’il ne connaissait pas. Cela réveilla immédiatement en lui ses pulsions de folies, jusqu’alors, il était resté particulièrement calme, mais une telle vision ne pouvait le laisser indifférent.

Des soldats… Des représentants de l’ordre, des personnages qui, par excellence étaient voués au maintient de l’ordre, des hiérarchies, des règles, des lois, du respect. Les soldats portaient tous un uniforme, dont l’apparence était tenu à des codes strictes, ils marchaient de façon ordonnée, agissait en fonction d’une série de principes moraux ou non, suivaient les règles qu’ils imposaient aux autres à la lettre et faisaient des batailles rangées ! Les soldats représentaient pour Lucien tout ce qu’il y avait de plus exécrable au monde, au même titre que les juges et les policiers. Ils étaient pour lui si détestable qu’à l’instant où il les vit, il n’eut plus qu’une idée en tête, les détruire et les éliminer. Il en oublia tout le reste, la foule, les attractions, le sensible chaos qui régnait dans les lieux. Ne comptait plus à ses yeux que ce désir de vengeance contre ceux qui empêchaient le retour de son rêve originel, ses plus grands ennemis. Il suivit ces chats en arme à travers la foule, le regard emplit de haine et de colère. Eux ne se doutaient pas une seule seconde de ce qui les attendait. Ils fendaient la foule vers une série de personnages cauchemardesques qu’ils pensaient pouvoir être en mesure de mettre en danger leur roi. Il avançaient en tentant sans cesse de voir où étaient ceux qu’ils voulaient rattraper. Mais il semblait que les sombres individus se laissaient aisément retrouver et continuait de les regarder avec une grande mesquinerie. Les soldats établirent rapidement que leurs ennemis étaient au nombre de trois, ce qui les soulagea, ils n’étaient donc point réellement en mesure de mettre en danger l’escorte du roi. Cependant, l’un d’eux semblait particulièrement robuste, mieux valait s’assurer qu’il ne soit pas une créature de rêve d’une grande puissance, sans quoi ils seraient vaincus, peut importe leur nombre.

C’est alors qu’ils furent rejoints, dans leur dos, par celui qui représentait sûrement le plus grand danger dans l’affaire. Un jeune voyageur qui ne souhaitait que détruire les règles établies qu’ils représentaient et qu’ils étaient censés protéger. Lucien, donna un coup de marteau dans le dos du premier des quatre gardes et celui-ci tomba en avant, trop surpris pour pouvoir réagir. Puis, le fou abattit son arme avec puissance sur la patte arrière de son ennemi et la brisa. Le chat hurla de douleur, causant une grande panique tout autour de lui. On s’affola d’abord de savoir ce qui avait causé un tel cri et l’on en chercha la provenance. Les gardes reconnaissant la voix de leur camarade déglutirent et se tournèrent vers lui. Juste à temps pour découvrir l’horreur réservée au soldat, Lucien venait de couper court à son cri et de lui enfoncer la tête de son marteau, rapetissé pour l’occasion, dans la gueule du chat et d’un seul coup, l’agrandit assez pour lui faire éclater le crâne. Le sang et la cervelle se répandirent tout sur le sol. Crispé par la peur et l’horreur, les trois survivants brandirent leurs lances vers lui tout en reculant sensiblement. Aucun d’eux n’était particulièrement puissant, mais leurs armes représentaient un danger certain, il fallait en premier lieu les éliminer elles. Ainsi, Lucien brandit son marteau ensanglanté au dessus de sa tête et l’abattit sur la lance la plus proche, qui se brisa sur le coup, puis, il se jeta sur le chat qu’il venait de désarmé et le frappa au casque, ce qui le fit tomber. Il n’eut hélas, pas le temps de l’achever, car déjà, ses deux camarades fonçaient pour pourfendre son assaillant. Il repoussa le premier en faisant grandir son marteau jusqu’à ce que celui-ci aille frapper et faire tomber le soldat. Il plongea ensuite en avant pour esquiver le coup du second.

La situation ressemblait alors l’une celle qu’il adorait, il avait en face trois ennemis qui n’étaient guère aussi puissant que le dernier voyageur qu’il avait affronté, mais qui restaient passablement dangereux, surtout en groupe. Autour d’eux, une foule qui criait et qui s’écartait en désordre pour ne point recevoir de coup manqué. La folie du combat qui allait suivre lui mit un sourire aux lèvres qui ne les quitta plus. Le premier des chats, ce qui était désarmé, était un peu sonné, mais se relevait tant bien que mal et son autre camarade au sol se relevait sans plus de difficulté. Lucien redonna à son marteau la taille et le poids d’un marteau de guerre, puis il se précipita vers la pointe de la lance brisée qui se trouvait juste à côté de lui. Il ne pu l’atteindre car le dernier et troisième soldat en lisse avait tenté de le pourfendre à nouveau, donnant un coup de lance dans ce qu’il croyait être sa prochaine position. Il manqua sa cible et planta son arme dans le sol ce qui forma aussitôt un obstacle pour le voyageur, qui s’y cogna le haut du crâne. Rageant contre cette attaque, il en profita pour frapper de son marteau l’un des pattes qui portait l’arme. Il frappa avec tant de violence qu’il brisa les doigts de son adversaire, qui hurla sous le coup et brisa net la lance. Lucien put donc s’emparer de celle-ci et se relever enfin. L’un de ses adversaires, un morceau de bâton dans une mains grinçait des dents à cause de la douleur qu’il ressentait dans l’autre. Un autre garde était de nouveau en position de combat, lance en main et se dirigeait vers lui avec une expression de colère, le troisième, casque cabossé, cherchait à tirer son épée de son fourreau. Le lancier restait donc sa priorité et il se concentra sur lui, il écarta la pointe pour qu’elle passe à côté de lui et avança d’un pas brusque, puis, il planta le morceau de lance qu’il avait récupéré dans le menton de son adversaire, l’enfonçant jusqu’à ce qu’il ressorte en haut du crâne du défunt, dont le regard se vida. Le garde à l’épée l’attaqua alors et il du lâcher prise pour esquiver le coup de haut en bas qu’on lui donnait, le soldat qu’il venait de tuer s’écroula sur le sol, inerte.

Lucien vit de nouveau la lame se diriger vers lui, pour une attaque latérale, un coup assez rapide pour l’avoir surpris, il mis la tête de son marteau en travers de celle-ci et voulu donner un coup de pied dans le buste de son ennemi, mais le chat, plus rapide s’écarta d’un pas et profita que Lucien se soit avancé pour tenter de le transpercer dans la poitrine. Le voyageur réagit au quart de tour, ne pouvant accepter l’idée de perdre si facilement, il agrandit de nouveau son marteau en dirigeant la tête vers le buste ennemi. Le félin fut propulsé vers l’arrière avant d’avoir pu toucher sa cible et tomba sous le coup. Il voulut faire un bond pour se remettre sur ses pattes, mais le contrôleur avait levé son arme et abattait à présent sur lui sa lourde masse de métal. Le garde roula sur le côté pour lui échapper, mais il ne fut pas assez vif et sa queue fut en partie écrasée, incapable de se retenir, il hurla de douleur pendant quelques secondes. Ces instants furent suffisant pour que son ennemi abatte une nouvelle fois son immense marteau, aussi lourd qu’une enclume lors de la chute, sur sa tête. Le casque fut plié en même temps que les os furent broyés. Le dernier garde attaqua à son tour, croyant profiter d’être dans le dos du voyageur pour pouvoir lui infliger un coup d’épée dans la poitrine. Au dernier moment, le Marteau le vit arriver et roula sur la droite en rapetissant son arme pour esquiver. Puis, immédiatement, il se releva, le garde l’attaqua, presque avec la rage du désespoir en plaçant sa lame au dessus de sa tête. Il était déjà évident qu’il disposait de moins de talent que son camarade, peut-être après tout, était-ce qu’il était plus habile avec la main qu’on lui avait précédemment brisée. Lucien riposta en frappant la lame avec son marteau, ce qui désarma son adversaire et en lui assénant un coup dans le buste pour qu’il tombe.

À cet instant, trois autres chats débarquèrent sur dans le combat. Mais ceux-là étaient fort différents, leur apparence était hideuse et leurs regards se montraient des plus vils. Il s’agissait des chats cauchemars qui avaient inquiétés quelques instant auparavant l’escorte du roi. Le premier, le plus grand et le plus laid, était aussi robuste qu’une armoire à glace, il se présentait à eux avec un énorme morceau de bois qui lui servait de massue. Le second était un petit nerveux qui regardait le garde avec des yeux rouges, injectés de sang, et en se léchant les babines. Il était armé d’une machette rouillée. Le dernière se tenait bien en évidence, caché derrière les deux autres, petit frêle et trouillard, il n’était armée que d’un javelot qu’il tenait bien serré entre ses doigts. En voyant ces trois gaillard arriver, le garde se releva et entrepris une fuite immédiate, il était désarmé et n’avait aucun espoir contre quatre ennemis en même temps. Tenant sa patte blessée, il détala aussi vite qu’il le put, sans être poursuivit, ni par Lucien, ni par les chats cauchemar. Le plus robuste et le plus puissant de trois éclata d’un rire cruel.


« Ah ! Ah ! C’est ça fuis, petit lâche ! » dit-il avec une éloquence à couper le souffle et un courage sans borne, puis se tournant vers Lucien : « Voyageur ! Tu es digne d’entrer dans notre gang ! Je suis Kriskrolche, le chef du gang ! Viens donc nous aider à détruire le reste de l’escorte du roi, pour nous vengez de l’exclusion qu’il nous a fait subir. »

Lucien haussa un sourcil, ce mastodonte avait l’air aussi robuste que con. Visiblement, il ne comprenait pas à qui il avait à faire et était venu voir le voyageur sans se douter une seule seconde qu’il put être un ennemi pour lui aussi. Suivant la règle – et déjà cela ne jouait pas en sa faveur – de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », il ne croyait pas que Lucien put représenter le moindre danger. Pourtant, son discours était truffé d’erreur s’il souhaitait convaincre le contrôleur de se joindre à lui. Entrer dans un groupe ? Il était déjà passé par cette réflexion, jamais il ne se lierait avec qui que ce soit, car cela supposer suivre un certain nombre de règles, chose qu’il détestait par dessus tout. De plus, l’idée même de vengeance était trop logique et trop rationnelle pour lui plaire. Sa réponse fut donc aussi catégorique que rapide.

« Écoute Krikrilche, je n’en est rien à foutre de tes affaire et ta tête ne me reviens pas du tout. Alors tu dégages de mon chemin et tu rentres comme un bon matou dans ton terrier, j’ai pas que ça à fiche moi. »

Et immédiatement, le chat géant devint rouge de colère. Jamais Lucien n’aurait cru qu’un pelage pu à ce point changer de couleur. Kriskrolche bouillonna pendant quelques secondes et ses yeux devinrent aussi injecté de sang que ceux de son comparse nerveux à la langue agitée. De l’autre côté, le chat au javelot trembla de tout son être, lâcha son arme et mis les pattes antérieures sur ses oreilles, l’expression tordue par la crainte. Sûrement son chef s’amusait-il à passer ses nerfs sur lui aussi souvent qu’il le pouvait.

« JE M’APPELLE KRISKROLCHE !!!! » beugla le félin avant de brandir son morceau de bois bien haut au dessus de sa tête et de l’abattre sur Lucien.

Ce dernier n’attendit pas d’être frappé, il mis son marteau en avant et l’agrandit d’un seul coup pour rejeter le mastodonte quelques mètres plus loin et le mettre au sol. Pendant ce temps, le nerveux qui n’en pouvait visiblement plus d’attendre se précipita sur lui en poussant un cri de folie digne du Marteau lui-même. Sa machette était prête à tracer une belle diagonale de sang sur Lucien, ce qui n’était guère son plus ardent désir. Ainsi, il recula d’un pas en redonnant à son marteau une taille plus normale. L’autre l’attaqua de nouveau en poussant un petit cri strident. Lucien para avec son marteau et donna un coup de poing dans le ventre de son adversaire, qui eut beau reculer d’un pas ou deux, ne tomba pas pour autant. Saisissant l’occasion, le voyageur attaqua à son tour en donnant un coup sur le côté, le chat recula d’un pas pour lui échapper. Lucien attaqua une nouvelle fois, sans plus de succès. Il releva alors son marteau et l’abattit en augmentant son poids sur le crâne de son adversaire. L’autre fit un pas en arrière, mais cela s’avéra inutile, le contrôleur avait agrandit l’outil de façon à ce qu’il le touche quoi qu’il arrive. Lucien entendit quelque chose craquer, se fendre, certainement l’os crânien de son ennemi qui s’écroula sur l’un des cadavres des gardes, le regard vide. Mort, comateux ou simplement assommé, il ne s’en préoccupa guère plus longtemps car il reçu un coup puissant dans le flanc qui le projeta sur au moins deux mètre avant qu’il n’atterrisse lourdement sur le sol.

Kirskrolche s’était relevé était venu frapper celui qui avait écorché son si joli petit nom, il bondit vers Lucien au sol pour le griffer. Le voyageur eut tout juste le temps de rouler sur le côté pour éviter la patte de son adversaires, aussi meurtrière qu’aiguisée. Il du ensuite se défendre à nouveau en mettant son marteau en travers de la pièce de bois qui venait lui écraser le crâne. Sous le choc, le bâton de son ennemi se brisa. Le chat géant, fut alors étonné de la chose un instant. Ce qui permit au voyageur d’aller rouler un peu plus loin et de se relever pour faire face. Son ennemi était à la fois bien plus grand que lui, mais aussi clairement plus robuste que tous ceux qu’il avait affronté jusque là. Enfin, il était bien plus déterminé à se venger de l’insulte prononcée que tous les autres réunis. Le félin attaqua donc en hurlant toute sa hargne, pour donner un coup de patte antérieur. Lucien recula d’un pas et tenta de frapper le membre en mouvement, mais il manqua son coup. L’autre patte de son adversaire vint pour le frapper, il recula de nouveau et cette fois-ci, il fit mouche. Mais son coup n’apporta qu’une petite douleur au monstre qui sauta pour se jeter sur lui et le mordre. Lucien mit son marteau devant lui et l’agrandit pour éviter de recevoir un tel poids sur lui et une telle morsure. Lorsque la créature des rêves heurta son marteau de plein fouet, elle ne lui fit aucun mal, le choc le força cependant à reculer d’un pas et il trébucha sur le cadavre du garde dont il avait fait éclater le crâne.

Son ennemi au sol, Kriskrolche crut que sa chance était là et il se jeta sur lui pour lui griffer ses chairs. Hélas pour le chat, Lucien tenait toujours aussi fermement son marteau en main et il n’était pas décidé à mourir si vite. L’humain donna de toutes ses forces un coup latéral qui frappa le flanc du géant et l’envoya rouler sur le côté. Le contrôleur se releva aussitôt et sans attendre que son ennemi se relève, il brandit son marteau au-dessus de sa tête et l’abattit sur celui-ci, en l’agrandissant et l’alourdissant. Kriskrolche poussa un premier cri de douleur sous le choc, mais tenta immédiatement de se relever pour continuer le combat. Alors, Lucien leva de nouveau son arme et frappa, trois fois de suite. Jusqu’à ce que le dos de son adversaire soit trop douloureux pour qu’il songe à se relever. Tout à fait calmé par cet assaut acharné, le chat cherchait plutôt à ramper pour échapper au prochain coup, qui vint sans tarder. Hélas, celui-ci vint et il ne put l’esquiver, il fut aussi le dernier que le voyageur lui porta, car il l’acheva immédiatement. Lucien avait tourné son marteau de façon à ce que le côté pointu de son arme soit dirigé vers sa victime et il l’avait tant alourdi que lorsqu’il l’abattit sur le monstre, le marteau lui enfonça la cage thoracique, écrasant tout un poumon.

Lucien se tourna alors vers le dernier félin encore envie dans les alentours immédiats. Il s’agissait du froussard qui en voyant ses camarades se faire massacrer était resté paralysé par la peur, incapable de ramasser son javelot pour aller les aider. Sandman était quelque peu épuisé par son combat, mais avait un sourire particulièrement méchant sur le visage ; il lui restait donc un dernier ennemi à achever et ensuite, il irait se charger de la fameuse escorte du roi. L’idée qu’il restait d’autres gardes dans les parages lui était insupportable. De son côté, ce dernier adversaire tremblait tellement que sa vessie l’abandonna.


« Bouh. » fit le voyageur avec sarcasme et le chat détala à travers la foule sans demander son reste.

Lucien ramassa alors son javelot qui traînait toujours sur le sol et posa son marteau. Puis, visant, il lança l’arme droit sur le félin en déroute. L’arme fila avec une plus grande précision qu’il ne l’aurait cru pour un premier essai au javelot. Elle se ficha certes dans un rêveur innocent, mais un rêveur qui se trouvait alors juste à côté du fuyard.
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MessageSujet: Re: (Quête) I'm your body guard's killer Dim 16 Jan 2011 - 15:59
Partie 3 : Entre chiens et chats.

Pendant ce temps, ignorant tout de la tragédie de ses gardes qu’il croyait en simple reconnaissance, le roi et son escorte avançaient sans peine sur la route qui les ramenait vers l’immense Royaume des Chats. Ils avaient à présent quitté la foule dense et énergique, hystérique de tous les plaisirs qu’on lui proposait pour rejoindre une route plus tranquille, entre deux royaumes oniriques. Il ne semblait y avoir dans les alentours, aucun danger immédiat ne semble pouvoir les inquiéter sur cette petite route tranquille, ainsi aucun garde ne songe à se méfier réellement de ce qui les entoure. Chacun songe avec une certaine raison, que bientôt, leurs camarades reviendraient pour leur affirmer que leurs inquiétudes étaient infondées. Ils n’étaient guère sortis du gigantesque terrain de jeu dans lequel Rafaelo a tenu à passer sa journée. Les côtés de la routes étaient dégagés et le vent leur portait encore les joies du cirque qui, malgré leur départ, n’avait pas jugé bon de cesser sa brillante et grouillante activité festive. La seule chose qui semblait pouvoir inquiéter l’escorte du roi, était que l’humeur de ce dernier ne se ternisse pour une quelconque raison, ou tout simplement parce que l’idée du chemin du retour, comparée à la folle journée d’amusement qu’il avait passé, pouvait paraître si terne. Heureusement, ils n’étaient point encore assez loin du royaume de fête pour retrouver l’ambiance morne d’un autre royaume, ce brin de folie et de gaieté ne l’avait pas encore tout à fait quitté.

Hélas, l’événement tragique tant redouté par toute escorte royale se produisit lorsque Circus Attraction ne fut plus qu’un lointain horizon. À cet endroit, ce qui avait été jusqu’à lors un route tranquille se muait en un sentier forestier. La végétation y était encore éparse et la lumière y laissait traîner toute sa puissante clarté sur les environs. Pourtant, l’endroit offrait une plus grande possibilité de cachettes et autres éléments utiles à la dissimulation et ce fut donc à cet endroit précis, à la lisière de l’immense forêt des rêves que fut tendue l’embuscade. Alors que la troupe féline marchait nonchalamment le long de cette route, depuis un certain temps déjà, une bande d’affreux les attendait déguisés en buisson des rêves, un déguisement fort peu travaillé et qui consistait dans l’ensemble en quelques feuilles de grands chênes. Pourtant, l’immobilité des embusqués convainquit avec un tel talent la petite troupe que cette dernière n’y vit rien et ce jusqu’au dernier moment. Et sitôt qu’ils mirent le pied dans la forêt, le piège se referma sur eux avec une efficacité des plus froides et une organisation des plus précises. Rafaelo continuait de chantonner des airs fanfarons lorsque soudain, surgirent des bois une petite troupe de chat cauchemars hideux, équivalente à la sienne, bien que moins bien équipée. Ils étaient sortis de leurs cachettes avec brusquerie et s’étaient précipités sur la route pour barrer le chemin à leur ennemi.

Leur groupe était équivalent au sien, presque en tout de vue. D’abord, eux aussi étaient sept, et eux aussi semblaient être mené par une créature des rêves plus petite que les autres et apparemment moins adaptée au combat, cette petite créature féline ressemblait à un chat malicieux entourée de sa bande d’idiots obéissant à ses ordres sans les comprendre réellement. Probablement se trouvait-il génial dans l’idée, alors qu’en réalité ses plans étaient plus pathétique qu’il ne l’était lui-même. De fait, l’embuscade était certes tendue au bon endroit, mais elle manquait clairement de stratégie. Tous les chats cauchemars s’étaient montrés lorsqu’on leur en avait donné l’ordre et barraient à présent le passage à l’escorte, occupant toute la route. Cependant, les chats cauchemars n’avaient pas pensé une seule seconde à encercler leur ennemi et lui avait ainsi laissé toute latitude pour rebrousser chemin ou même pour les contourner en passant par la forêt, cet absence de jugement laissa quelque peu l’escorte pantoise. De plus, ce groupe d’ennemis semblait lui aussi composé de félins des plus diverses dont deux semblaient particulièrement robustes, deux autres particulièrement nerveux et deux derniers, particulièrement stupides. Leur chef et commandant était le septième membre du groupe et paraissait emprunt à une certaine folie et à un esprit des plus tordu. Il regardait ses victimes – qu’il croyait prises et faites comme des rats – avec une telle méchanceté et une telle mesquinerie qu’il tenait à son rôle de chat cauchemar très à cœur.

Il s’agissait en réalité de Minux, un chat cauchemar particulièrement vil et ambitieux qui ne rêvait que de conquérir le monde et élaborait toujours des plans catastrophiquement irréalisables dont il ne parlait à personne de peur qu’on ne les lui dérobe et qu’un autre génie du mal en vienne à avoir les mêmes plans que lui. Il avait rejoint le clan exilé de Kriskrolche dans l’unique espoir qu’on y reconnaîtrait son esprit brillant et que l’on ferait de lui le chef. Alors il disposerait sûrement d’une base suffisante pour la mise en œuvre de ses plans les plus calamiteux. Hélas, l’infâme et immense chat cauchemar qui guidait ce groupuscule n’était pas disposé à laisser sa place, même face à l’incroyable génie de sa nouvelle recrue. Ainsi, Minux avait élaboré un plan encore plus génial et machiavélique pour se débarrasser de son supérieur et s’attirer les faveurs de la troupe, tout en gagnant la possibilité de dominer le monde, une fois pour toute. L’idée était à la fois simple et brillante et consistait en trois points. D’abord s’assurer que Kriskrolche serait éloigné le temps suffisant et si possible tué. Pour cela, il l’avait convaincu – assez aisément, il devait l’avouer – de harceler l’escorte par l’arrière pendant que lui préparait son embuscade ici même. Ainsi, il était persuadé que l’escorte irait se débarrasser de l’imprudent, subirait quelques pertes dans l’affaire et reprendrait son chemin. Il serait alors débarrassé du géant et pourrait donc tendre son embuscade à la troupe réduite qui gardait le roi et là, il vaincrait les gardes, s’emparerait du roi et l’enlèverait pour le forcer à signer un traité lui accordant un rang équivalent à celui de premier ministre. Et de là, il pourrait comploter avec les mains libres pour s’emparer du monde onirique. Son plan était aussi parfait que bancal et de cela, il ne semblait pas être conscient.

Le roi avait certes compris que cet ennemi n’était pas le plus dangereux de tout ceux qu’il avait rencontré au cours de son règne, cependant, l’idée d’un combat seule l’apeurait. Il leva ses pattes avant sur sa tête et commença à s’agiter sous le coup de l’inquiétude, comme un pauvre petit chat pris dans le pétrin. Sa situation n’était pas désespérée, loin de là et beaucoup pourraient juger sa réaction quelque peu excessive, mais le monarque avait sa façon de faire et aucun des gardes n’avait à le lui reprocher. Les deux plus grands et plus massifs d’entre eux s’étaient d’ailleurs immédiatement mis entre les assaillants et lui, alors que les autres avaient agrippé leurs armes et se tenaient à présent prêt à se battre. En face, le groupe de malfrat était sujet à la même tension et à la même adrénaline. Machettes, piques de fortunes, épées volées avaient été sorties et leurs regards menaçant, affamé de sang n’attendait qu’un seul ordre pour se jeter sur l’ennemi, les deux plus nerveux semblaient plus être maintenus par un enchantement que par leur propre volonté. Ils étaient tellement prêt à bondir que les gardes étaient certains qu’ils sauteraient au-dessus d’eux le moment venu. Et tous, gardes et bandits, se regardaient en montrant les crocs. Mais ce fut le roi, qui dans son inquiétude parla le premier.


« Non, non, non, non, non ! » miaulait-il à tout va. « Non, non, vous ne pouvez pas faire cela, ce n’est pas possible. »

« Et pourquoi donc ? » demanda Minux dans un ricanement, fermement décidé à ne pas laisser sa machination géniale lui échapper.

« Parce que nous sommes des chats et les chats ne s’attaquent pas avec des armes ! C’est totalement barbare comme méthode ! Nous valons tous mieux que cela ! Les chats ne s’entretuent pas, ils négocient… » expliqua Rafaelo avec un air d’enfant effrayé.

Cette interaction inattendue provoque un grand questionnement parmi l’assemblée. Les gardes du corps du roi ne comprirent pas une telle réaction et haussèrent des sourcils étonnés à cette remarque de moins judicieuse, était-ce réellement le moment pour discuter des meurs et coutumes de la civilisation des chats ? De leur côté, les cauchemars réagirent tout à fait différemment, les plus nerveux se demandèrent depuis quand civiliser était d’une importance capitale. Les deux grands se dirent intérieurement qu’ils n’avaient jamais rien trouvé de plus civilisé que de frapper sur leurs ennemis, n’était-ce pas là les mœurs du défunt Kriskrolche ? Les deux les plus idiots du groupe ne comprirent pas le sens de la phrase et tentèrent vaillamment d’y réfléchir, sans succès. De son côté, Minux réfléchissait avec insistance à cette déclaration. Il était vrai qu’il n’était pas une brute épaisse et que les chats étaient les plus habiles marchands du monde onirique, il serait de mauvais augure de ne pas respecter cet immense talent qu’ils avaient pour laisser place à la violence et la décadence. Il hocha la tête avec détermination, montrant une réponse positive, ce qui surpris encore plus l’assemblée, à l’exception de Rafaelo lui-même et des deux idiots qui cherchaient toujours la signification de la première déclaration.


« C’est vrai, nous sommes des chats, nous n’allons pas nous battre, nous allons négocier. » affirma Minux, se prenant de haut, comme s’il était le plus doué en la matière. Dans les rangs des gardes et des embusqués, la consternation et l’étonnement le plus total firent retomber la tension et les armes se baissèrent un peu, personne ne saisissant plus rien à cette situation.

« Dites-moi ce que vous voulez, et nous fixerons un prix. » poursuivit Rafaelo, comme s’il cédait à une exigence, ce qui n’était évidemment point le cas, il était seulement le plus habile des commerçants.

« Ce que nous voulons ? » s’interrogea lui-même Minux en se demandant s’il n’était pas plus judicieux de placer la barre bien trop haut pour pouvoir être sûr d’obtenir quelque chose dans l’affaire qu’ils allaient conclure. « Je veux que vous me cédiez votre trône. »

« D’accord. »
concéda aussitôt le roi, à la surprise générale, y compris celle de Minux. « En échange je veux que vous me donniez votre vie. »
« Ma vie ? »
« Oui, votre vie, que vous vous suicidiez et vous aurez mon trône. »
« C’est un peu cher payé, à ce prix là, je ne prendrais que le trône du Royaume Obscur. »
« C’est mon prix, mais je pourrais peut-être le baisser, si vous m’accordiez quelque chose d’autre en échange, quelque chose d’équivalent. »
« Et peut-on savoir de quoi il s’agit ? »
« Je veux que vous deveniez mon esclave et, pour égaler le prix de votre vie, que vous m’offriez votre palais. »
« Je veux bien vous laisser mon palais, mais la salle du trône devra être la mienne et Milan et Saturn devront m’obéir. »
« Naturellement, ils vous obéirons, vous serez roi. Comme vous, vous m’obéirez, puisque vous serez mon esclave. »
« Oui c’est évident… mais, attendez, je ne vais pas me laisser avoir aussi facilement ! »
« Ah ? »
« Vous n’avez pas accepté pour la salle du trône. »
« Ma foi, cela m’embête un peu, c’est aussi ma chambre voyez-vous… »
« Ah, je vois… serait-il donc possible de déplacer le trône dans un autre pièce alors ? »
« Mieux, je vais vous en faire construire un nouveau. »
« Vraiment ? »
« Oui, oui, et je vous le mettrai dans une petite pièce rien qu’à vous, qui sera surveillée sans arrêt et lourdement fermée pour que personne ne vienne vous embêter. »
« Parfait, j’accepte le marché ! »
« Très bien, alors vous et vos amis, suivez-nous maintenant ! »
« Ce n’est pas à moi de donner les ordres ? »
« Non, puisque vous êtes mon esclave… »
« Ah oui, c’est vrai… »

« Je dérange peut-être ? »
dit une voix depuis les arbres.

Tout le monde se tourna vers sa provenance avec étonnement. Un tout nouveau personnage venait d’apparaître dans cette scène complètement farfelue ou plus personne n’y comprenait rien, seuls Minux et le roi semblaient y trouver un sens particulier, et encore, le pauvre Minux était loin de saisir le sens exact du marché qu’il venait de passer. Ce nouveau personnage venait perturber et interrompre les négociations vives qui venaient d’avoir lieu. Tous les combattants avaient leurs armes abaissés, dépassés par ce qu’il se passait, même les nerveux se grattaient la tête en affichant des mines d’incompréhension, est-ce que cela voulais dire qu’il n’était plus question de tuer les gardes ? Le dernier venu était un voyageur étrange, qui portait sur son épaule un marteau ensanglanté et avait sur le visage un sourire plutôt malsain. Tout le monde resta bouche bée devant une telle apparition. Ce fut une fois de plus le roi des chats qui réagit le plus vite en surprenant tout le monde, ce voyageur avait l’air assez talentueux et l’occasion était inespérée.


« Vite ! Aidez-nous ! Nous sommes tombés dans une embuscade ! » s’écria le roi, s’affolant de nouveau.

« J’arrive ! » répliqua le voyageur avec sadisme…
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MessageSujet: Re: (Quête) I'm your body guard's killer Lun 23 Mai 2011 - 23:04
Partie 4 : There will be blood.

Alors, surprenant toute l’assemblée le combat commença donc dans le chaos le plus total. Cette arrivée, imprévue au programme, venait de rajouter le piment qu’il manquant terriblement à la négociation et tout ne fut plus, en un instant, qu’un marasme bordélique, pour le plus grand plaisir de Sandman. Minux fut sûrement celui qui mis le plus de temps à réagir tant la chose lui paraissait improbable. Il avait obtenu, croyait-il du moins, tout ce dont il avait toujours rêvé par un habile marchandage, aussi ne comprit-il pas que le roi, qui après avoir si promptement accepté toutes ses revendications, appelle au secours si tôt un voyageur débarquant par hasard sur les lieux de son forfait. Il ne lui vint à aucun moment à l’idée que la venue de ce voyageur n’était pas réellement un hasard puisqu’il les avait suivi et rejoint. Il ne apparu pas non plus que le roi dans sa négociation ne lui avait en réalité offert rien de plus qu’une confortable place au fond d’un cachot. Il ne pensa même pas un seul instant qu’après s’être fait roulé aussi facilement, ce voyageur ne soit ici que pour gâcher son succès et qu’il soit forcé de se défendre et de défendre sa vie, son salut, plus qu’il ne défendrait le poste qu’il n’avait pas obtenu mais qu’il croyait posséder. Il ne conçut rien de tout cela car, même en supposant que sa cervelle limitée en vienne à de telles conclusions, on ne lui en laissa pas le temps. Sautant de sa position Lucien, avec un zèle qui lui était propre, abattit son marteau alourdi sur la petite caboche du félin machiavélique et lui éclata l’outil précieux de son intelligence calamiteuse, mettant par la même un terme à sa misérable vie. Ce fut là le coup de semonce qui sonna le début des hostilités.

Les seconds à réagir furent les gardes du rois qui, surpris par la négociations n’étaient néanmoins pas restés méfiants et en position de combats. Quoi que leurs armes se soient abaissés, leurs prises sur celles-ci demeurèrent fermes et ils purent bondir aussitôt qu’ils comprirent que leur roi leur demandait d’intervenir. Il se jetèrent avec leurs lames et leurs lances sur leurs adversaires afin de les mettre à mort ou de les chasser vers le lointain pour qu’ils ne reviennent jamais. Ils attaquèrent ceux qui se trouvaient les plus porches d’eux, sans la moindre concertation préalable et sans même chercher à se coordonner. Ainsi, le premier des six planta futilement sa lance dans le corps déjà sans vie de Minux. Le deux suivants, un grand robuste et un autre se lancèrent immédiatement contre un des deux plus idiots de la troupe cauchemardesques et le mirent en pièce avant même que celui-ci ne songe à réagir. Les trois autres s’élancèrent contre un des deux grands et imposant chats cauchemars, plus robustes que les autres et jugeant donc celui-ci passablement plus dangereux. Non seulement ce fut une erreur car le mastodonte fut immédiatement aidé par son copain de même taille et de même brutalité qui imposèrent aussitôt leur robustesse à cette attaque et la repoussèrent en renversant leurs trois assaillants. L’initiative fut d’ailleurs tout aussi infructueuse qu’on aurait pu l’imaginer lorsqu’il devint évident que les deux plus dangereux n’étaient pas ces deux brutes immenses et pleines de muscles, mais les deux félins trop nerveux et assoiffés de sang qui furent d’ailleurs les premiers à réagir dans le groupe des embusqués. Le premier se jeta, machette levée, sur l’un des trois tombé et lui enfonça son tranchant dans le casque, pourfendant son ennemi qui passa donc à l’état de cadavre. Le second, trop excité, se jeta plutôt sur le voyageur qui se trouvait entre lui et le roi et l’attaqua avec une lance de fortune et en criant à tue tête dans sa rage.

Le contrôleur du chaos eut tout juste le temps de libérer son marteau du crâne de Minux pour que la pointe ennemie ripe contre le métal de celle-ci et dévie. Puis, sans prendre le temps d’alléger son marteau, poussa le chat qui continuait de foncer même après que son coup ait si lamentablement manqué. L’assaillant fut jeté en arrière sous le coup, mais retomba sur ses pattes avec agilité. Lucien comprit alors que son adversaire était plus habile que lui, mais plus enclin à l’erreur, ce qui l’amusa beaucoup. Il allégea un peu son marteau, qui avait toujours la taille d’une arme du même nom et s’empara de l’arme de Minux avant de se lancer sur le chat qui repartait à la charge, cette fois cherchant à se servir de sa lance comme d’une batte de baseball plutôt que comme d’une lance. De son côté, le deuxième idiot de la bande des chats cauchemars, celui qui n’avait point été réduit en pièce, s’inquiéta du sort de son ami et voulu détaler dans la seconde qui suivit, abandonnant son arme et hurlant toute la terreur qui l’habitait. Le lâche fut rattrapé en deux bonds par le garde géant qui le plaqua au sol et lui arracha la tête dans un geste d’une violence que nous ne décrirons guère ici. L’autre grand, celui qui avait été renversé avec deux autres, se releva aussi vite qu’il était tombé et asséna un puissant coup de patte au nerveux qui s’approchait de lui pour l’envoyer valser à quelques mètres et le sonner assez longtemps pour qu’il ne le dérange pas. Puis, sans avoir le temps de saisir de nouveau son arme, une lourde lame d’acier, il se retrouva au prise avec l’un des deux monstres de l’équipe adverse. La lutte s’effectua davantage à main nues, à coup de crocs, de griffes et en jouant avec sa musculature plutôt qu’autrement. L’autre garde du trio à terre se releva à son tour et réalisa, au même moment que ses deux camarades qui avaient les mains libres, que personne n’était resté en arrière pour s’occuper de la sécurité directe du roi. Les trois rejoignirent donc Rafaelo, complètement apeuré au milieu de la pagaille et firent rempart entre lui et tout ce qui pourrait venir le saisir. La seconde brute du groupe des malfrats, n’ayant rien de mieux à faire, trouva que l’idée était bonne de s’en prendre à eux et s’y attela immédiatement.

Lucien, de son côté, para avec son marteau le coup du nerveux aux yeux assoiffés de sans et lui trancha la main avec l’arme de minus, une dague toute rouillée. Hurlant toute sa douleur, l’autre recula d’un pas et Lucien lui fendit le visage sans chercher à récupérer l’arme, la laissant dans le crâne de son adversaire aussitôt après qu’il eut frappé. C’est ainsi qu’il l’occis pour la simple raison qu’il l’avait attaqué, mais aussi, songea-t-il, parce que cet idiot était un méchant d’une banalité exemplaire et que tout ce qui avait trait à la banalité l’exaspérait, ne coïncidant pas avec son idéal de chaos. Libre de tout ennemi, il trouva qu’il était peut-être temps d’aller s’en prendre à tous les autres, il évalua cependant qu’il était beaucoup plus illogique de sa part d’aider les gardes qui représentaient l’ordre, au moins dans un premier temps, que de venir au secours des autres, déjà en sous-nombre. Son adversaire le plus proche était donc le mastodonte qui luttait à la grecque avec l’autre mastodonte en armure, rugissant, mordant, griffant frappant dans un combat de rage et de sang. Les deux étaient sujets à de nombreuses blessures ouvertes à présent et continuaient à en ouvrir d’autres à chaque instant. Le voyageur s’en alla donc pour mettre un terme à ce choc des titans, lui le gringalet, le petit David contre, venant au secours de Goliath contre Goliath. Allez savoir à quelle référence cette scène pouvait faire penser, lui n’y trouvait que l’occasion de se mêler à la mêlée la plus chaotique des environs, qu’un dessinateur de bande dessinée n’aurait d’ailleurs pas hésitée à reproduire simplement comme un nuage de poussière d’où s’échappait quelques membres dans l’incompréhension générale. À côté, le second nerveux et sanguinaire, retrouvant ses esprits, sans comprendre que son premier échec était dû à une action irréfléchie, réitéra l’expérience en s’attaquant à l’autre immense garde de la troupe du roi, qui achevait de massacrer sa victime. D’abord surpris, le soldat roula sur le côté pour esquiver la machette, puis, se redressant, il frappa de toute ses forces du haut vers le bas, sur son adversaire fou furieux. Ce dernier tenta bien de parer, mais son arme de brisa une seconde avant son crâne. Quant aux trois sodats qui faisaient rempart entre Rafaelo et le monstre de muscle qui les attaquait, ils tentaient de repousser leur adversaire en le tenant à distance avec leurs lances. Puis, ayant une brillante idée, le géant se saisit d’une des lances qu’il tira à lui, entraînant du même coup son propriétaire jusqu’à lui et lui trancha la tête aussitôt qu’il fut à portée, ne laissant plus que deux gardes entre lui et le roi. Deux gardes qui déglutirent avec appréhension.

Ayant déjà testé la résistance de ces lourds monstres félins, Lucien n’hésita pas longtemps à savoir la marche qu’il allait suivre. Il grimpa sur le corps, énorme, de son adversaire, aux prises avec un autre du même acabit que lui, et leva son marteau bien haut, pointant cette fois-ci le côté triangulaire vers le bas et frappa en l’alourdissant au maximum. Il retenta l’expérience sept fois avant de se décider à en observer le résultat. Ayant frappé au hasard, il avait touché à la fois le crâne et le torse, ainsi qu’une épaule et bras. Partout où les impacts s’étaient réalisés, les os s’étaient brisés, broyés et le félin avait même la nuque totalement enfoncée. Sous lui, le garde blessé par son violent combat regardait Lucien avec des yeux gros d’étonnement, il était sous un cadavre gigantesque, mais restait perplexe de la manière dont avait occis son assaillant et ne bougeait plus. De toute la troupe de Kriskrolche et de Minux, il ne restait plus qu’un seul et unique membre, ce monstre de muscle qui s’en prenait aux deux derniers soldats qui faisaient rempart comme ils le pouvaient avec leur maigre consistance, entre lui et le roi, toujours aussi inquiet et terrifiés par la situation.

Sandman, sans se précipiter, alla donc occire ce survivant en sautant du cadavre sur lequel il se trouvait. L’autre garde géant alla porter assistance à son camarade blessé et retira le corps inerte de son ancien adversaire. Le voyageur, agrandissant son marteau frappa dans les jambes du géant qui en perdit l’équilibre et s’affala. Puis, il leva son arme et frappa la patte postérieure droite de l’animal qui hurla de douleur, celle-ci s’en trouvant instantanément fracassée et inutilisable. Se tournant vers ce nouvel adversaire, il lui imposa son immense machette comme une ultime protection. Lucien frappa sur la droite de sa main et l’arme sauta maladroitement, un coup de malchance la faisant tomber sur l’épaule même de son propriétaire, s’y planta dans la douleur la plus atroce. Alors, le contrôleur posa son marteau et tendit sa main à l’un des autres gardes qui mit un temps avant de comprendre et de lui donner sa lance pour lui laisser l’honneur du coup de grâce. Avec un sourire satisfait, le jeune homme planta l’arme dans le cœur du monstre déjà à terre et l’y tourna deux ou trois fois, pour s’assurer de sa mort. Enfin, il inspira avec un plaisir certain l’air de la victoire qu’il venait de rencontrer et tourna son sourire fier vers Rafaelo qui se trouvait déjà plus calme.


« Oh ! Merci ! Merci mille fois voyageur ! » déclara alors le roi dans sa joie et son excitation d’être enfin hors de danger. « Grâce à vous nous nous en sommes sortis en évitant trop de dommages ! Laissez-moi vous remerciez pour votre aide, vous m’avez sauvé, je ne l’oublierais jamais ! » Puis, s’adressant à l’un de ses gardes, celui qui avait donné sa lance à Lucien : « N’avons-nous pas quelque chose à lui donner ? »

Un instant, le garde réfléchit.

« La seule chose qui puisse être intéressante pour lui, ce sont les dix EV que vous n’avez pas dépensé à la fête Votre Majesté. » finit-il par dire en cachant judicieusement le montant exact des essences de vie qui restaient dans le portefeuille royal, c’est-à-dire une petite cinquantaine.


« Oui, oui, très bonne idée ! » s’exclama le roi en sautant de joie à cette trouvaille. Il s’apprêta alors à en faire don au voyageur, lorsqu’un événement imprévu se produisit, encore une fois.

Lucien qui n’avait jamais réellement attaché la moindre importance aux essences de vies, principalement parce qu’elles représentaient une monnaie universelle à Dreamland – donc un agent d’ordre, qu’il pouvait détester – et surtout parce qu’il n’en comprenait pas l’intérêt pou un voyageur, ne rechigna pas à cette récompense. Il savait déjà qu’il ne pouvait laisser les gardes en vis, exécrant trop cette fonction pour accepter qu’ils survivent. Cependant, recevoir un cadeau de la part de ses futures victime lui semblait une chose tout à fait illogique et chaotique, cela lui permettait d’ailleurs de briser toutes les règles de la bienséance, aussi en tirerait-il sûrement une immense satisfaction. Pourtant, avant même qu’on lui remit son dû, un personnage qu’il avait complètement oublié survint et hurla.


« Non mon roi ! Ne faites pas ça, c’est un criminel ! »

C’était le garde survivant du premier massacre qui revenait en courant vers son monarque. Après avoir fui, il avait finalement décidé de rejoindre le gros de sa troupe pour soigner sa blessure et en la voyant en train de vouloir récompenser celui-là même qui l’avait blessé, il avait voulu prévenir le souverain de son erreur et de la suite des événements.

« Attention ! Il a tué les autres gardes ! » prévint-il aussi, sûrement pour avoir la conscience tranquille au sujet des camarades qu’il n’avait pas vengé.

Rafaelo cessa donc d’essayer de récompenser son sauveur. Tous regardèrent dans l’incompréhension générale le voyageur qui affichait un grand sourire moqueur à présent et qui, se saisissant de la lance qu’on lui avait confiée, la projeta sur l’arrivant et manqua sa cible qui s’était baissée à temps. Puis, en éclatant d’un rire mauvais, il se jeta sur le garde le plus proche, celui qui n’avait plus de lance pour abattre son marteau sur sa petite personne. Il s’amusait beaucoup ce soir-là.

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MessageSujet: Re: (Quête) I'm your body guard's killer Mer 1 Juin 2011 - 12:30
Partie 5 : Le retour du roi.

Il n’était plus vraiment question de surprendre qui que ce soit à présent, il était le maître incontesté de l’imprévu et du n’importe quoi. Ainsi, après avoir tué deux gardes, sauvés leurs camarades s’en prenait-il à présent aux derniers membres de l’éminente garde rapprochée du roi Rafaelo. Loin de Saturn, loin de Milan, les quelques combattants qui se trouvaient devant lui étaient presque démunis réduit à cinq contre un, une balance si peu équilibrée qu’ils en avaient la chair de poule. Ce voyageur s’était montré violent et intraitable avec leurs ennemis et maintenant qu’il était avéré qu’il n’était qu’un fou qui s’était mis en tête de les occire tous un par un, ils se demandaient clairement comment ils allaient faire. Concrètement, l’un d’eux étaient gravement blessé et l’autre assez pour ne plus être aussi dangereux qu’avant, et complètement désarmé. De plus, ils devaient veiller à la sécurité du roi avant la leur. Enfin, ils étaient totalement pris au dépourvus et très peu préparés à agir rapidement, aussi le fou avait-il encore l’initiative pour leur infliger maints dégâts, sa lance avait lamentablement manqué son objectif, il le savait, son arme était le marteau qu’il avait entre les mains et toutes les autres n’étaient que de vulgaires bâtons comparé à un tel outil d’imprécision, de violence et de mort. Et il allait leur démontrer à tous que ses manières de bagarreur étaient tellement supérieures à leurs techniques de guerriers aguerris. Pourtant, il savait aussi que son atout le plus précieux n’était pas son talent de combattant, mais son pouvoir de voyageur et la surprise qui en résultait assurément. Il réfléchit un instant et réalisa qu’aucun des présents n’avait encore vu son marteau à l’œuvre, ils auraient donc une mauvaise surprise.

D’un geste brusque, il leva son puissant et implacable marteau au dessus de sa tête, l’agrandit et l’alourdit soudain avant de le faire tomber avec fracas sur les deux félins géants dont l’un soutenait l’autre. Sentant d’instinct la menace, celui qui était encore valide sauta sur le côté et tenta d’entraîner de pousser l’autre dans la direction inverse. Lorsque le marteau tomba au sol, il écrasa les jambes du blessé, définitivement condamné à ne plus pouvoir se battre avant longtemps, il hurla sa peine dans toute la région, comme un pauvre homme devant la mort, sa douleur était telle qu’il n’était pas encore certain de pouvoir l’encaisser totalement. Les deux gardes qui protégeaient le roi se mirent alors en branle pour attaquer le fou qui les menaçait. Ils crurent pouvoir le prendre par derrière et le pourfendre dans une faiblesse de sa part, puisqu’à présent, son arme était trop grande pour qu’il ne la déplace lui-même. Leur erreur fut terrible car ils avaient pensé logiquement face au contrôleur de l’illogisme. Il était vrai que son marteau, ainsi agrandit et alourdit n’était plus maniable par personne et que le voyageur semblait entièrement sans défense. Mais pourquoi les choses se passeraient-elles telles qu’elles doivent se passer selon toute logique ? N’est-il pas préférable de se laisser surprendre à voir ce qui est impossible en temps normal apparaître soudain ? L’essence même du chaos voulait que Lucien pare leur coup et de la manière la plus improbable qui soit. Un voyageur normal aurait sûrement rapetissé son marteau et allégé celui-ci pour pouvoir bloquer et riposter. Mais il n’était pas un voyageur normal et aspirait d’ailleurs à la fin de toute normalité, il souhaitait faire la première chose qui lui passait par la tête plutôt que d’analyser froidement comment détruire un groupe de cinq gardes avec méthode, talent et raison. Il était tout sauf raisonnable. Aussi fit-il ce que l’on attendait point de lui et agrandit-il encore son marteau, au maximum, ainsi la queue alla frapper de plein fouet celui qui avait encore sa lance et s’interposa vivement entre lui et son second assaillant.

Ensuite, les choses ne pouvaient rester telles qu’elles étaient actuellement. Dans la seconde qui suivrait cette intervention étonnante, les deux gardes au sol, le grand et le petit allaient bientôt se lever et avec le troisième en arme, trouver le moyen de sauter par dessus le marteau et de l’attaquer alors qu’il n’aurait plus rien pour se défendre une fois son rempart passé. Naturellement, Lucien ne se laisserai pas faire, pour la simple et excellente raison qu’il n’en avait pas envie. En revanche, il aurait très bien pu tendre un piège à ces trois zouaves en les laissant monter sur son marteau et en le rapetissant immédiatement pour les faire choir tous les trois. Ou tous les quatre si son dénonciateur se décidait à retrouver son courage et à ramasser une arme pour venir s’en prendre à lui avec sa patte encore valide. Néanmoins, l’idée lui parut trop absurde de tendre un tel piège, puisqu’elle était trop logique à son goût, aussi opta-t-il encore une fois pour une solution différente de la plus évidente et rétrécit en un instant son marteau, pour lui redonner sa taille usuelle du marteau de guerre et un poids acceptable pour être manier assez rapidement par ses soins. Sandman avait d’ailleurs ainsi assuré, sans le vouloir et tout à fait par hasard d’espacer ses ennemis les uns des autres de briser toute tentative d’encerclement ; de fait, tous ses ennemis se trouvaient en face de lui et non plus autour de lui, condamné aussi à agir séparément ce qui lui donnait un avantage certain.

Le premier, celui qui lui avait donné sa lance pour achever la brute épaisse qui menaçait son roi était le plus proche et le plus à même d’attaquer rapidement. Aussi fut-il le premier à s’avancer. Néanmoins, demeurant prudent après avoir vu le sort réservé à ses adversaires par ce voyageur à l’esprit fortement dérangé, il ne se lança pas tout de suite et resta à bonne distance. Assez pour pouvoir se fondre sur le contrôleur, mais hors de portée des coups les plus brutaux du marteau. Encore une fois, ce fut son approche trop logique de la situation qui le perdit et qui le perdit cette fois définitivement. Lucien tourna sur lui-même pour donner de la force à son pas et le félin crut qu’en reculant d’un pas, il esquiverait le coup. Hélas pour lui, le marteau changea de taille sans raison, au dernier moment, frappa sa tête de plein fouet qui fut immédiatement arrachée des épaules sous a vélocité de l’impact. Le chef du garde alla se loger dans les bras de son compagnon à la lance qui fut un instant paralysé par la peur. Hélas, emporté par la force de sa propre attaque, Lucien ne réagir promptement à l’attaque du mastodonte relevé et esquiva le coup qui l’aurait décapité seulement de justesse, roulant dans l’herbe pour y échapper. Le monstre ne cessa pas là son assaut, se sachant supérieur, à la fois dans la qualité du geste que dans le rapport de force, il poursuivit et ne laissa point le voyageur reprendre son souffle, n’y même essayer de parer correctement son tranchant. Il était clair que Goliath avait l’avantage contre David et que cette fois-ci, il n’était pas assez idiot pour se laisser avoir par le coup de la fronde. Le géant cependant avait un vilain défaut, il mettait tant de rage à vouloir tuer son ennemi qu’il rugissait à chaque coup qu’il lançait ouvrant béante sa gueule et laissant voir ses crocs à tous ceux qui regardaient en sa directions. Lucien, qui riait aux éclats d’être bousculé dans tous les sens trouva la chose fort amusante et le fit remarquer entre deux coups rapides.


« Quelle voix ! » s’esclaffait-il. « Quelle voix, quel ton, quelle portée ! Seriez-vous Cyrano qui se fond et touche ? Sans mentir, si votre plumage se rapporte à votre… »

« Ferme-la et crève ! Charogne ! » répliqua l’interpelé en lançant un dernier assaut avec sa lame, cette fois sur le côté. Lucien s’était reculé juste à temps, mais l’épée était longue et il se retrouva immédiatement dans la plus mauvaise position qui soit, celle de blessée : une entaille profonde avait entamé son bras gauche. Il jura contre le mauvais sort et de rage, plutôt que d’écouter son instinct de survie, attaqua avec son marteau. L’autre, qui en avait assez que ce vers lui file entre les doigts choisi lui-même une approche beaucoup moins académique. Ce marteau l’empêchait depuis tout à l’heure d’atteindre son objectif s’il l’immobilisait, le combat était gagné et le voyageur serait occis. Il jugea donc opportun de mordre avec sa grande gueule la tête du marteau et d’en finir d’un revers de la lame avec le porteur de celui-ci. Aussitôt pensé, aussitôt appliqué, ses mâchoires allèrent se refermer sur l’arme ennemie. Lucien, trouva alors que rétrécir son marteau pile à cet instant serait la meilleure vengeance possible pour sa blessure profonde, la mâchoire du félin se referma donc de plus en plus, sans rien attraper, jusqu’à enfermer finalement entres ses crocs acérés, un marteau plus petit encore que la taille standard de l’outil. Surpris il s’arrêta un instant et regarda de ses yeux ébahis le voyageur. Alors, il compris l’idiotie de son geste et oublia qu’il avait là sa meilleure chance de détruire son ennemi, même si la réalité lui dictait qu’il n’en avait plus le temps, qu’il vivait sa dernière seconde. L’instant d’après, en effet, le marteau grandit comme jamais il n’avait grandit et sa tête fut éparpillée dans les quatre coins de la clairière, son corps lourd s’affaissa dans l’herbe et laissa enfin voir les trois derniers combattants qui s’opposaient à lui et qui avaient crut ne pas avoir à intervenir. Le sang coulait à présent tout autour d’eux et ils regardaient plus qu’inquiet leur ennemi, qui quoique blessé, n’avait pas encore perdu toute sa fougue.

Redonnant à son marteau la taille de l’outil initial qu’il était, il le rangea dans sa poche et l’y laissa. Il songea, non sans futilité, qu’il serait beaucoup plus plaisant de massacrer les derniers gardes du roi avec l’énorme épée du défunt plutôt qu’avec son grand marteau. Il prit juste le temps de retrousser sa manche sur sa blessure pour faire cesser en partie l’afflux de sang et alla prendre l’arme trop grande et trop lourde pour lui qu’on lui avait laissé. Les deux autres encore debout surent à cet instant qu’il était temps d’agir, et ils s’élancèrent vers lui pour couvrir la distance. Le premier avait lâché la tête de son camarade pour retrouver sa lance, le second ramassé une épée avec sa main valide. Lucien leva sa nouvelle arme et l’abattit sur le dernier aussitôt, incapable de la soutenir plus longtemps au-dessus de lui. Le poids de l’attaque brisa la garde maladroite du lâche et le tranchant s’occupa de séparer en deux moitiés égales le pauvre chat. L’autre en profitant cependant pour frapper et toucha dans sa précipitation la cuisse de Sandman qu’il traversa de par en par avec la pointe de sa lance. Le voyageur hurla de douleur et attrapa le bois de la lance immédiatement comme pour atténuer la blessure, ce qui ne fut pas le cas. L’autre avait lâché l’arme fichée dans sa chair et portait déjà la patte à son fourreau pour tirer son épée. Il ne lui laissa pas le temps de l’en sortir et tira la lance qui était fichée en lui avec un geste prompt et totalement irréfléchi. Le sang jaillit de plus belle de la plaie et la douleur plus qu’aiguë recommença, le forçant à mettre un genou à terre. Hélas plus poussé par la colère qu’autre chose, il jeta l’arme sur son assaillant avant de porter secours à sa plaie ouverte. Le dernier garde du roi Rafaelo avait à présent le poumon perforé et agonisait à côté.

Goûtant instant au calme de la situation nouvelle qui était la sienne, Lucien réalisa que la douleur n’était déjà plus aussi vive, quoi que monstrueusement grande. Il fit un garrot avec la première chose qu’il trouva, banda la plaie et songea à se relever. Il était couvert de sang et finalement, peu lui appartenait. On aurait dit un monstre psychopathe tout droit sorti d’un film d’horreur de série Z. Néanmoins, pour les deux survivants de cette épopée tragique, ils n’avaient pas la moindre envie de rire face à cette image démoniaque. Il usa de son marteau et se mit debout en s’appulyant sur l’outil comme sur une béquille. Puis, il regarda à droite et à gauche. Rafaelo pleurait toute la terreur qui l’habitait et miaulait dans tous les sens pour appeler à l’aide, mais personne n’était dans les parages pour y répondre apparemment. De son côté, le grand garde blessé et incapable de se relever ou de tenir une arme le regardait avec haine et férocité, prêt à le traquer à travers tout Dreamland s’il le fallait pour le retrouver et pour lui faire payer son crime odieux. Trouvant que cette traque serait clairement désavantageuse pour la réalisation de ses plans géniaux, Lucien alla mettre un terme aux jours de celui qui menaçait ainsi sa liberté. Il ramassa une petite épée, s’approcha du blessé qui se trouva soudain aussi apeuré que le roi et lui trancha la gorge. Une fois son forfait accompli, Lucien se tourna encore une fois vers le roi et eut un sourire satisfait, malgré ses blessures, il avait œuvré pour le chaos aujourd’hui.


« Vous allez me tuer à présent ? » demanda le monarque. « C’est ça que vous voulez faire ? »
« Vous tuez ? Certainement pas ! » répondit le voyageur trouvant l’idée totalement hors de propos.
« Mais alors… pourquoi ? Pourquoi tout ce sang, tous ces meurtres et toute cette violence ? »
« Pourquoi pas ? » renchérit le contrôleur en haussant les épaules, ce qui s’avéra être une mauvaise idée et tirailla un peu plus ses plaies. « J’en avais envie, voilà tout. Les gardes imposent des règles et je déteste les règles, les autres voulaient m’enrôler et me soumettre et je déteste cela aussi. Donc, je les ai tous tués. C’était ce qui m’a semblé le plus logique. Mais la logique m’agace et me dégoûte en fait. J’ai fait cela car l’un et l’autre voulaient empêcher mon grand dessein de se réaliser. Mais à y réfléchir, il serait trop logique, trop évident de vouloir vous tuer maintenant. Vous aussi vous vous opposerez à moi lorsque le temps viendra pour moi de faire ce que je souhaite réellement. Seulement voilà, je n’aime pas être logique, je n’aime pas les choses compréhensibles. Ne pas vous tuer, cela dépasse mon entendement et ma raison et c’est tout ce qui me plaît. Le reste importe peu finalement. L’important dans toute cette affaire c’est que rien ne se passe selon un plan prédéfini, peut-être vous tuerai-je l’ors d’une autre rencontre, peut-être trouverai-je à mon goût de toujours vous conserver en vie… Qui sait ? Pour l’instant, j’ai fait ce que j’avais à faire et je vais m’en aller. Bonne nuit chaton ! »

Puis, clopinant vers le lointain, le voyageur s’en alla en sifflotant gaiement. Une minute à peine après qu’il ait prononcé son discours, Saturn, alertée par les plaintes successives de son maître accourait du royaume aussi vite qu’il l’avait pu. Ce qu’il découvrit l’horrifia, mais l’air totalement déconcerté du roi le troubla encore plus.

« Mon roi ! Vous allez bien ? » s’inquiétait-il sans comprendre rien à rien. « Que s’est-il passé ? »

Rafaelo finit par reprendre ses esprit et tomba dans les bras de son garde en pleurant. « Oh ! Saturn ! Je veux rentrer à présent, je veux rentrer ! C’était horrible, horrible ! » Alors le brave Saturn ramena son roi dans son palais, jugeant que seulement là il serait en sécurité, mais il ne comprenait absolument pas ce qui avait pu se passer, on avait attaqué l’escorte de son roi, et ceux qui avaient fait le coup s’en étaient allé sans même toucher à leur butin… Quel étrange et absurde façon de faire ! Qui pourrait donc lui expliquer la logique dans tout cela ? Personne ! Puisqu’il n’y en avait justement pas !
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(Quête) I'm your body guard's killer

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