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Break non désiré ; Break interrompu

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MessageSujet: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyVen 24 Déc 2010 - 1:28
La journée avait été ennuyeuse à mourir. Je pesais mes mots. Ma lassitude était si importante que les couleurs du monde me semblèrent moins contrastées toute la journée que j'avais passée à l'école de Journalisme. Les lumières du soleil étaient plus tamisées comme si un imbécile à l'humour tordu avait passé un filtre subtile entre nous et l'astre. Si la neige avait frappé la ville d'un tampon d'encre blanc, le tout avait fondu de détestable manière. Ne subsistait que quelques grumeaux marrons transis et d'immenses flaques qui inondaient les rues et bouchaient les égouts. Même mes godasses habituelles (des chaussures de chantier supposées complètement imperméables et homologués pour résister à une chute de grue – ce que je n'avais jamais testé) dégoulinaient et trempaient mes chaussettes. Mais je n'étais pas furieux, bien au contraire. Ce léger agacement était bien le seul pic de suspense de la journée. Les cours auraient pu endormir un survitaminé caféiné. Je ne disais pas qu'ils étaient plus chiants que les autres jours, non. Juste que mon esprit était tombé dans un puits las et ne pouvait absorber à leur juste valeur les chapitres aussi dynamiques que sibyllins que le prof nous crachait sans réelle conviction. En fait, pour faire cru et présenter une image représentative de mon état d'esprit, j'avais l'impression que le monde entier bâillait.
Je sortis lessivé de mes cours, et même ma petite escapade chez l'hypermarché le plus proche pour me procurer de l'imperméabilisant et du cirage noir ne réussit à m'arracher un sourire. Dès que je fus arrivé dans l'espèce de tanière qui était censée être mon studio, je tombai sur le vieux sofa vert en gémissant. J'enlevais mes semelles trempées et changeai de chaussettes. Mais rien ne parvint à me distraire : j'avais juste une paire de chaussette à foutre dans la machine. J'oubliais en moins de dix secondes, les miaulements de mon chat ne parvinrent même pas à me faire réagir. J'étais condamné à errer dans ma bulle grise et brumeuse, dans un immobilisme énervant de « je m'en foutisme ». Et comme dans chacune de ses périodes d'isolement mental, je me mettais à parler à mon chat plus que de raison. Outre les questions stupides rhétoriques comme lui demander s'il a faim ou s'il n'avait pas fait de bêtise, je commençais à lui raconter toute ma journée en lorgnant le mur abimé. Le pauvre félin tigré me regardait sans comprendre, les yeux hagards. Peut-être devait-il surmonter ce monologue pour qu'on accorda de l'attention à sa gamelle ?
Mon inconscient me fit bouger tel un marionnettiste manipulait sa marionnette. Quand j'émergeais suffisamment dans le monde réel, la gamelle de mon chat était rempli, l'eau de la marmite bouillait en attendant que les pâtes soient envoyées avec une flopée de grains de sels. Je mis la table en soupirant avec des gestes si lents que je pensais que mes mains venaient de se réveiller d'un long sommeil paralysant. Le dîner plus tard, je fus englouti dans les pages monotones de mes leçons qui ne renvoyaient que des phrases sans queue ni tête. Vers les 23H, mon drap me recouvrait, mon chat m'avait retrouvé et lâcha quelques bourdonnements de contentement avant de s'endormir en boule. Je le rejoignis dix minutes plus tard dans un sommeil plus palpitant que ma journée.

Cette anecdote de ma soirée est aussi inintéressante que possible. Disons qu'il me fallait de quoi rebondir pour expliquer ma venue en solitaire dans le Royaume que j'allais visiter cette nuit-là. Et s'il n'y a aucun point logique entre la veille et la nuit, disons que je faisais une sorte de parallèle alors.

Oui, le fait était que j'étais tombé dans le Royaume le plus abominable de tous : le Royaume des Plaines. Rien de plus mortellement ennuyeux qu'un Royaume inoffensif où la seule attraction (une fois sur dix) était de voir des équidés tatoués galoper dans les dunes d'herbe. Mon caractère hyperactif qui voulait se déchaîner la nuit pour compenser avec mon état de méduse le jour était sur le point d'imploser. Je pouvais penser donc que ce fut l'ennui extrême qui avait persécuté ma journée qui me fit venir dans ce Royaume. Des fois, c'était l'inconscient, l'état dans lequel on sommeillait qui nous guidait dans Dreamland et nous lâchait dans l'inconnu. Je pouvais dire que ce n'était pas ici que je m'amuserais. Partant du même principe que moi, personne n'irait envahir ces plaines pour y amener un peu d'action.

NOOOOOOOOOON !!! Ça aurait été trop facile ! Il fallait que je me coltine les prairies qui paressaient sous le vent sucré, un ciel parfait, une température qui se faisait oublier et autres mièvreries baba-cool que j'exécrais au plus haut point. Mon esprit était plus terre-à-terre dans le monde réel. Ici, mon égo se réveillait en même temps que mon côté explosif. Je voulais profiter à fond de chacune de mes nuits, pas me retrouver sur des plaines insipides. Je regardais tous les horizons : pas un changement soudain de paysage, pas d'activité qui pourrait me permettre de me dépenser un peu. Il n'y avait rien. Rien de rien. Le néant total.
Et je ne voulais rien entendre de moralisateur comme quoi je devrais éviter d'aller castagner du Voyageur maléfique toutes les nuits et que je devrais me reposer et profiter du temps qu'on m'accordait. Je ne croyais pas en ces bêtises ; quand on touchait à la morale, on n'y démêlait autant de nœuds que la religion. Une notion subjective que les lois voulaient faire appliquer sur la société. Changer de pays, changer de lois, changer de morale. Rien à foutre, j'étais en pétard et cet excès de non excès allait m'énerver encore plus. Comment vouliez-vous que je profite de mon temps si je le considérais comme un des pires fléau de l'humanité : à savoir, du temps perdu !

Je ne trouvai rien de mieux à faire que regarder comment j'étais fringué. Preuve que je ne ferais rien d'exceptionnel d'aujourd'hui : je portais de stupides tongs entre mes orteils. Un pantalon beige peinait à descendre jusqu'au cheville (fallait croire que le créateur avait trop usé de tissus à ciseler la dizaine de poches qui le saillaient). Je portais une chemise sobre et noire qui avait une étoile bleu tissée devant mon pectoral gauche. Mes manches étaient ouvertes et invitaient les bestioles à pénétrer dedans. J'avais une sorte de joint coincé entre les lèvres, un petit chapeau de paille qui achevait de me rendre ridicule en contrastant avec ma paire de lunettes de soleil fine. Mon panneau de signalisation qui me servait d'arme s'était déguisé cette fois-ci en interdiction aux tracteurs de circuler. Me manquait une corde pour me pendre, et UN PUTAIN D'ARBRE !!! Y avait aucun tronc qui dépassait du sol ! J'aurais pu... je ne sais pas moi, j'aurais PU L'ESCALADER !!! Voilà, je me serais amusé, j'aurais joué avec les branches, les feuilles. Mais NON !!! Il n'y avait que de l'herbe à portée de vue !!! Et aucun enfant digne de ce nom, aucun adolescent ayant gardé un esprit d'enfant, aucun adulte ayant gardé une âme de môme NE PEUT S'AMUSER AVEC DE L'HERBE !!!
J'extériorisais ma colère qui brûlait en moi comme de l'eau dans une cocotte-minute. Je brandis mon panneau de signalisation et me mit à frapper le sol avec véhémence. De loin, un type lambda aurait pu croire un golfeur fou sur un terrain privé, qui s'escrimait à frapper une balle invisible. De la terre jaillit sur mon visage alors que mes dents étaient serrés. Si mon observateur anonyme que je venais d'invoquer s'approchait plus près, il pourrait penser à une scène de meurtre : un fou qui assassinait la terre à coups de panneau de signalisation. Là où dans le monde réel, j'étais passivement entré en transe pour me fondre dans le caractère ambiant, ici, c'était ma lassitude qui s'était muée en folie furieuse.
Le calme me revint en même temps que ma respiration se fut plus sifflante et que mes bras avaient déchargé le trop-plein d'énergie. J'avais creusé un beau trou sur le sol et mon panneau était tout terreux. Je le replaçai dans mon dos comme je pus avant de prendre la route. Cette liberté de mouvement m'emprisonnait si je pouvais dire. Mon esprit afficha clairement son absence d'ambitions en me faisant aller vers la plus haute des dunes (mais appelons-là colline, mon égo souffre déjà assez comme ça). Il n'y avait aucun troupeau qui passait dans les environs, j'aurais bien voulu les poursuivre en hurlant. Je n'avais même pas un kiosque pour acheter le dernier tirage du DreamMag. Jacob et moi avions bien démoli le quartier mercantile des chats, je voulais savoir si on parlait de nos exploits dans quelque article. Mais j'étais condamné à la solitude et à l'ennui le plus certain. Tant et si bien que je n'arrivais plus à crier. Je me posais en tailleur sur l'herbe une fois arrivé au sommet de mon objectif. D'habitude, je préférais largement marcher, ça me faisait tourner la cervelle. Cependant, j'avais bien la flemme de me lever et d'aller me balader dans ces prairies verdoyantes. C'était comme un détenu qui se demandait s'il devait faire le tour de sa cellule pour essayer d'échapper aux murs qui entravaient ces mouvements. Le bedo qui paressait entre mes dents ne pouvait même pas être allumé. Mon être entier était tourné vers un Royaume trépidant, et le barda devait se coltiner le sommeil éveillé. Je m'étais à coup sûr trompé d'endroit.
Ce fut dans cette position de méditation (ce qui ne me correspondait pas évidemment) que j'essayais de moudre mon impatience à petite dose pour ne pas m'énerver. Le panneau était posé sur mes cuisses, aussi inutiles qu'un cure-dent pour un calamar. Au mieux, je pourrais le planter quelque part pour essayer d'instaurer un peu d'ironie mais une force mentale inertielle m'empêcha proprement de me lever. Ma tête bascula en arrière vers le sol tandis que je soupirais pour la énième fois. Ma nuque reposait sur mes deux bras croisés en arrière et j'observais le ciel dans un calme absolu. Je ramenais mes deux jambes vers moi : j'avais tout l'air d'un crétin d'étudiant sur la pelouse de son campus. Tant de stéréotypes me terrifiaient mais je n'avais pas de spectateur. Il n'y avait plus que moi et l'herbe qui me caressait sournoisement le dos ; le reste était secondaire, oublié.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyVen 24 Déc 2010 - 19:53
Depuis qu'il avait découvert Dreamland, Saylen n'avait de cesse de retrouver ce monde. Lui qui, d'ordinaire, se promenait dans les ténèbres, avait désormais la chance d'admirer les couleurs. Alors que, toute la journée, ces autres sens s'essayaient sans succès à remplacer sa vue, cette dernière imposait son rythme dans le Monde Nocturne, rappelant à l'Aveugle une sensation qu'il n'aurait pu retrouvé. Bien sûr, le monde réel ne manquait pas de saveurs, et ce notamment avec sa douce Lucie, et le Shikendo qu'il commençait peu à peu à apprécier lui aussi. Mais qu'était-ce tout cela face à l'attrait d'un sens retrouvé? Coquecigrues, rien de plus, rien de moins. C'est pourquoi, au sortir de son entrainement, le bellâtre ne s’étala pas en réflexions qui embarrasseraient son esprit, et le priveraient d'un sommeil tant désiré, non, il prit une douche et s'affala sur son lit.

L’essoufflement physique aidant, Morphée ne tarda pas à accueillir son invité, et il eut droit, encore une fois, à cette douce sensation de voir un univers naître à ses yeux. De par sa relative "jeunesse" dans Dreamland, il n'avait guerre eut l'occasion d'explorer l'endroit, aussi fut-il surpris de se retrouver dans une immense... Plaine. Enfin, le mot surpris est peut-être un peu exagéré, car cela faisait un moment que le Sabre Blanc s'attendait à tout ici. Pourtant, il avait déjà connu des endroits déjantés, et tant de loufoqueries que tomber ainsi, dans le Royaume des Plaines... cela ne pouvait qu'être étonnant! Il n'y avait rien à l'horizon, aucun voyageur en manque d'amour désirant le défier, aucune bête à trois yeux qui voulait un morceau de son coeur pour le déjeuner, non, juste une herbe fraîche et légèrement humide, accompagnée par cette brise délicate, qui, en élégante demoiselle ne vous caressait pas mais se contentait d'effleurer votre visage. Saylen avait sous les yeux la sulfureuse beauté de Dreamlands, et il se sentait presque timide face à un royaume si plein de grâce. A peine osait-il marché, de crainte d'abîmer ce décors somptueux, cette toile envoûtante, comme seuls les plus grands peintres pouvaient en fabriquer. Pourtant, il n'était point dans le monde mort et figé de la peinture, et un tumultueux clapotements de sabots le rappela à l'ordre. Son enfance anglaise lui avait permis de côtoyer ces nobles montures, mais cela devait faire bien 10 ans qu'il n'avait eut l'occasion de chevaucher ces animaux pleins de fierté. Le simple son, grave et puissant, d'un cheval au galop le mit en émoi, et en parfait enfant impatient, ses yeux étoilés miroitaient l'arrivée de son futur moyen de transport.
On pouvait distinguer un pelage marron clair, avec une crinière blonde, dont la danse chatoyante rappelait le crépitement des flammes. La fouge qui suintait de cette démarche déchaînée, et le fait que j'ai envie d'utilisé ce mot ><, permirent au jeune homme de déduire que c'était bien un Étalon qui venait lui rendre visite. Evidemment, lorsque la bête arriva à ses cotés, elle esquissa un semblant de conversation, mais, trop pressé de s'essayer à l'équitation, l'Impétueux s'accrocha au cou de la créature, et poussant sur ses jambes, il se retrouva sur son dos. N'importe quel cheval ordinaire l'aurait renvoyer fréquenter le sol, mais les Gardiens des Plaines étaient sans doute les créatures de Dreamland les plus amicales envers les Hommes, tant est que ces derniers respectent la félicité de leur contrée paradisiaque. Le peu de pratique du Jockey improvisé fit qu'il prit une position très étrange, puisque ses bras, enlaçant fortement le cou de l'animal le forçait à être presque couché sur celui-ci. Evidemment, le tout ne manquait pas de stabilité, mais un Cavalier aguerri rirait surement devant une tenue aussi enfantine. Quoiqu'il en soit, il n'y avait rien de la sorte ici, et Saylen eut la douce surprise de sentir sur son torse, la crinière moelleuse de l'animal. Oui, contrairement à son habitude, il était buste nu, portant un simple pantalon de lin, aussi large que coutume, bien que noir, pour l'occasion, où pendait un fourreau noirâtre, rattaché au bas par un cordage dès plus banal. Ce dénuement provenait probablement de l'état d'exténuation dans lequel il s'était endormi, quoiqu'il en soit, l'accoutrement correspondait parfaitement à l'occasion, tant et si bien que l'homme ne se soucia guerre de ce curieux changement.

Quelques minutes à peine, voila tout ce qu'il fallut au jeune adulte pour retrouver son âme d'enfant, et galoper dans la prairie. Il était plutôt rare de voir des voyageurs s'adonner à ce genre d'activités, qui en général étaient plutôt le propre des rêveurs. Mais qu'importe, dans ce monde sans limites, notre héros ne supportera pas de règles. Sa joyeuse "gambaderie " aurait sans doute durer encore longtemps, si en voulant esquiver un...trou, la monture n'avait pas fait un bond. Ne me demandez pas ce que faisait un trou au milieu d'une plaine, quoiqu'il en soit le talentueux jockey fut parfaitement éjecté, atterrissant comme on pourrait sans douter au centre de la fosse. Après pareille chute, on aurait pu s'attendre à ce que le pauvre garçon reste quelques secondes au sol, Balivernes! Comment pourrait-il rester tranquillement couché au fond de ce qui ressemblait fortement à une fosse tombale? Non, trop de connotations funestes à son goût, et d'un bond fulgurant, l'enterré sorti de sa tombe.


"Et merde..."

Effectivement, ces deux mots décrivaient parfaitement l’agacement qu'il ressentait à devoir enlever toute cette terre. C'est qu'il en avait partout, sur le torse, sur son pantalon, et même un peu sur le visage tient! Heureusement, la population clairsemée, et principalement composée de Rêveurs et de Chevaux, qu'il croisa lors de sa "promenade" lui offrit une petite distraction, tandis qu'il tentait de retrouver une certaine propreté. Alors qu'il avait presque fini son nettoyage, son pied foula quelque chose d'assez...mou. Cette consistance légèrement moelleuse, mais solide en profondeur, aucun doute! Fixant d'un air gêné ce qu'il venait de piler, Saylen retira tout de suite sa sandale encore souillée par la terre, sur le torse de l'individu. Son visage resta de marbre, alors qu'au fond de lui un puissant ET M**** secouant tout son être. Mais bon, l'erreur était faite, et se baissant légèrement, le Fautif prononça de sa voix de baryton, les mots magiques :

"Désolé..."
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptySam 25 Déc 2010 - 1:56
Malgré ma position délicatement paresseuse, mon esprit était loin d'être aussi calme. Il se tordait dans tout mon corps pour le culpabiliser de son inactivité. J'aurais pu passer une nuit entière à rêver tranquillement et à laisser les événements couler tel un torrents de pensées sans essayer d'y nager à contre-courant. Mais mon inconscient essayait de me fouetter de milles morsures mentales qui me faisaient tantôt grimacer, tantôt réfléchir. C'était peut-être la seule façon pour moi de méditer : être tiraillé entre mon côté calme du monde Réel et celui explosif du monde des Rêves, pour essayer d'en tirer des questionnements intérieurs. Mais si j'avais les interrogations qui étaient gravés en moi, je n'essayais même pas de réfléchir à une solution ou pousser plus loin cette thérapie individuelle. La colère était maîtresse de mon esprit et drainait mes capacités de réflexion. Pour une fois que quelqu'un était mécontent de faire un somme...
Mon panneau était tombé sur mon bas ventre et j'essayais de le faire rouler en crispant mes abdominaux (quand on était désœuvré, on peut s'amuser de tout). Pour me rappeler ma constitution de moineau, le panneau ne bougea pas d'un poil. Je grognai en observant les nuages et le soleil qui déversait ses rayons sans discontinuité sur la plaine aux alentours. Il n'y avait pas d'ombre sinon celle que je projetais discrètement sur l'herbe. Et l'astre était bien trop sur la position de midi pour que de l'obscurité jaillisse des dunes de pelouse. Pour moi, un monde sans contraste, c'était un monde ennuyeux. Quand il n'y avait pas de parti à prendre, quand la lumière ou les ténèbres englobaient seules un territoire sans partager à l'autre, il n'en résultait que de la monotonie qui étouffait l'action. Sur Dreamland, j'étais de ces Voyageurs qui se nourrissaient des conflits pour vivre, tel un militaire dans une longue campagne.
Mais sans rire, depuis mes débuts de Dreamland jusqu'à l'épave que j'étais aujourd'hui, ma route avait été jonché de combats, de blessures et de phoque. Il y avait assez de sang qui avait coulé de mon panneau pour pouvoir le transformer en sens interdit. Et j'avais trop cherché de noises au monde pour pouvoir être qualifié de simple aventurier, comme la majorité des Voyageurs. J'étais devenu dépendant de la guerre, cette toile de fond cyclopéenne qui animait les couches terrestres du monde des Rêves sans ébranler les habitants. C'était un tremblement de terre perpétuel qui secouait le tout, mais de façon imperceptible et subtile, qui ne frappait que les individus de façon microéconomique. Et moi, je faisais comme tous les guerriers : je frappais mon pied sur la terre pour encourager des guérillas de l'ombre. Pour une expression plus commune, on pouvait dire que je rajoutais de l'huile sur le feu, je déséquilibrais la balance des forces. C'était mon rôle, mais que je ne pouvais pas entretenir dans cette symphonie de calme. Il n'y avait rien à faire, je ne pouvais pas influencer d'un grain de poussière le destin de Dreamland. J'avais l'impression que le feu brûlait autour des Plaines et que j'étais laissé sur le carreau. Une situation qui me révulsait et qui faisait fourmiller mes membres. Si j'extériorisais les frissons qui agitaient mon conscient, on m'aurait vu doué de spasmes incontrôlables. C'était la même sensation que si on n'avait plus besoin de moi. On viendrait me voir la nuit prochaine pour me dire que finalement, on pouvait se débrouiller sans moi et que je pouvais rester dans les vastes prairies compter les brins d'herbe. Voilà, ça devait être un sentiment comme ça qui rongeait mon esprit déconfit de sueur.
Étant finalement tombé dans le piège de l'inaction et l'entretien de soi que j'avais absolument désirer éviter, je me mis à contempler le ciel en tentant bien que mal de libeller mes pensées volatiles, pour éviter de continuer le rapport que j'avais sur moi-même. Je n'étais pas encore prêt pour faire le bilan de mes actions et de mon comportement en général à Dreamland : j'avais bien trop peur de ce que je pourrais y découvrir. Je n'agissais pas au hasard, je cherchais juste à ne pas reproduire ce que j'étais dans le monde Réel, sans vouloir approfondir mes pensées. J'étais un véritable automate dont j'étais le créateur.
ET PAF ! J'avais continué mon introspection malgré mes avertissements !!! Mais quoi ! Mon énergie ne pouvant être défoulée, se canalisait-elle dans mon cerveau pour le faire tourner à plein régime ? Je fis tout mon possible pour observer le ciel depuis ma position allongée, n'hésitant pas à tiquer de la mâchoire quand je sentais que mes pensées allaient déambuler trop loin des nuages. Mes lunettes de soleil empêchaient les rayons de trop m'éblouir, et je pouvais contempler les cieux infinis des prairies. J'aurais juré que ce n'était qu'un miroir bleuté du Royaume. Rien sinon une teinte uniforme qui colorait la prairie jusqu'aux frontières de l'horizon.
Oui, jusqu'à ce qu'un impotent m'écrasa le torse sans prévenir, et que je relevai mon torse en une traction sous la surprise en émettant le son habituel quand on vous écrasait durant un moment de déconnexion de la réalité :


« MOUERFGG !!! »


Mes yeux faillirent être expulsées de leur orbite tandis que mes oreilles retinrent à grande peine mes lunettes de soleil dans ce concert d'abdominaux. J'éructais pendant cinq secondes avant de tourner mes yeux rouges de colère sur le nouvel arrivant.


« Bordel, tu peux pas faire gaffe ? »


Normalement, j'aurais cherché des paroles dignes de figurer dans un Georges Lautner ou dans un Edgar Wright. Mais la fureur soudaine et la surprise m'avaient fait cracher ses paroles comme un glaviot. Je me relevais rapidement en usant de mes mains, fis tomber le panneau que je ramassais avant de le mettre sur mon dos pour considérer cet assaillant inhabituel. J'étais d'autant plus en pétard que je ne l'avais même pas entendu approcher, que j'avais tellement retourné mes pensées que j'en avais oublié le monde extérieur. Ça aurait pu être un assassin que c'en était fini de mes aventures sur Dreamland. Ma respiration se fit un peu haletante, toujours sous le choc de la surprise.
Je considérais le nouveau venu. Il avait une peau basanée qui donnait de la couleur aux herbes, et des cheveux albinos qui contrastaient furieusement. Plus petit que moi, il me semblait aussi plus prédateur. Ses épaules bordel ! Les épaules ne trompaient jamais, elles permettaient de faire la différence entre une tige et un musclé. Et je n'avais pas à faire à une tige. Ou alors, pas à une tige aussi tige que moi. Il portait l'insouciance de la jeunesse mêlée à sa touchante naïveté tout en conservant quelque chose d'animal. Quelque chose d'expéditif. Et il était torse nu, malgré un pantalon délicatement ciselé. Il avait tout d'une créature des Rêves en fait, une sorte d'autochtone protecteur. Mais le plus problématique ici, ce qui me hérissait le poil, outre son aspect avenant et prédateur à la fois, c'était le sabre au fourreau noir qui lui soulignait les hanches d'un éclat meurtrier. Après mon expéditive beuglante, je dû admettre que j'avais lorgné la lame endormie trois secondes avec une lueur de frayeur dans la pupille.
Je repris connaissance et essayai de calmer mon trop plein de fougue qui voulait se jeter sur le garçon pour lui faire payer les crimes de mon emprisonnement. J'avais enfin quelqu'un sur qui balancer ma rage inconstante, et mon cerveau essaya de me persuader que ce n'était pas une bonne action d'attaquer quelqu'un même si celui-ci vous avait écrasé par inadvertance. Son excuse si bénigne ne réussit qu'à faire ce que les excuses font d'habitude sur les gens si énervés : elle empira la situation. J'eus du mal à ne pas engueuler cet inconnu comme s'il était la cause de tous mes malheurs, la personnification de ma plongée dans cette boue qu'on appelait « Ennui ». Je repris mon souffle, me calma et regarda à nouveau le nouveau venu sous mes verres teintés. Je réussis à articuler une phrase plus objective de la situation, et plus réfléchie :


« C'est ton kiff de marcher sur les gens, ou tu fais pas exprès de faire attention au seul mec vivant sur ces plaines ? »

Mon envie de le frapper avait réussi à s'emparer de mes cordes vocales pour engager un peu le jeune homme. Une tentative minable de persécution imbécile qui ne me ressemblait pas. Je sortais ça juste pour espérer qu'il s'en prendrait à moi, en le considérant comme aussi stupide que mon égo. Normalement, je n'étais pas aussi agressif que ça ; il fallait croire que pour sortir du gouffre de la lassitude, il fallait escalader des parois de colère.
Je lui sortis une moue un peu plus désabusée pour essayer de calmer mon tempérament d'idiot. C'était le seul être à qui je pouvais parler, je n'allais pas l'enterrer direct. Ce serait un cruel manque de civisme de ma part, et j'avais beaucoup plus à gagner à meubler mes nuits en conversant qu'en me bagarrant. Mes poings se desserrèrent. J'étais vraiment à cran cette nuit-là. Si quelques gangsters s'étaient amusés à venir pointer le bout de leur flingue rose ici, je les aurais tabassé dans un sourire sadique et complètent emporté. Mais j'avais un gars complètement normal en face, je ne pouvais pas le tabasser parce que ma journée avait été nulle à en vomir, et que ma nuit était bien partie pour se dérouler de la même exécrable façon !
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptySam 25 Déc 2010 - 16:57
Et bien, quand la chance à décider de vous tourner le dos, elle le fait jusqu'au bout. En plus de tomber sur le seul type présent dans ces plaines, Saylen avait du rencontrer un aigri de la vie. Oui, c'est le seul mot qui puisse expliquer pareil comportement. En temps normal, et avec quelqu'un de normal, de simples excuses auraient suffit... mais Nonnnnn, il fallait que monsieur monte sur ses grands chevaux, qu'il me crache sa logorrhée. Bon, il faut avouer que sa réaction première fut excellente, car jamais de sa vie il n'avait entendu un si beau Mouerfg... et pourtant en tant qu'aveugle, ce n'était pas la première fois qu'il "marchait" sur quelqu'un. M'enfin, Dreamland était un monde différent, avec donc des gens différents, plus ou moins bizarre selon l'occasion.
Quoiqu'il en soit, cela ne l’absolvait pas d'être courtois, et le mot qu'il utilisa pour commencer sa phrase grinça quelque peu aux oreilles du Lord. Et quoi, qui était-il pour se permettre de parler de la sorte, et de surcroît, pour manquer de respect à un Noble anglais? Bon, il est clair que dans ce monde, le titre de Lord était aussi inutile qu'un baton d'aveugle, mais qu'importe. N'admettant pas l'impolitesse, Saylen manqua d'infliger un sérieus soufflet à l'inconnu. Toutefois la raison le rattrapa inextrémis, après tout c'est lui qui l'avait écrasé. Aussi, l'homme aux cheveux blancs planta ses yeux dans ceux de l'autre, lui montrant sa plus grande arrogance. Pourtant, cela contrastait énormément avec sa voix délicate, qui se fit étonnement douce et condescendante :


"Toutes mes excuses..."

Il est vrai que sa posture manquait de sincérité, mais il avait déjà eu l'occasion de faire des excuses sincères, et cela n'avait pas fonctionné. La serpillière criante se releva, et le monde put constater qu'il n'était pas, ou plutôt qu'il était particulièrement fin. M'enfin, cela n'avançait sans doute à rien de le savoir, mais Saylen ne pouvait s’empêcher d'observer tout ceux qu'ils croisaient. Après tout, retrouver la vue était encore quelque chose de neuf pour lui. Encore une fois, notre héros eut droit à une question des plus insipides : Non sans blague, en fait pour lui, marcher sur les gens était un passe temps nocturne! Ce genre de réflexions inutiles, le Sabre Blanc en entendait suffisamment dans la réalité pour devoir en plus y faire face pendant ses rêves. Sans doute est-ce pourquoi il se contenta de poser sa main droite sur son front, et après avoir balayé la mèche qui taquinait ses yeux, de lâcher un soupir des plus méprisant, puis de tourner le dos à son interlocuteur. Avec ce genre de personne, la meilleure solution restait de les ignorer, après tout ce ces bêtess se calment toute seules lorsqu'on les ignore non? Offrant alors son dos au bellâtre, Saylen continua sa visite de la prairie, caressant tout de même le pommeau de sa lame afin de parer à toute offensives.

Cette action aurait sans doute pu être pleine de noblesse, si notre épéiste ne s'était pas contenter de tracer un cercle autour de celui qu'il venait d'écraser. Décidément, quand il avait décidé d'être chiant, rien ne pouvait l'arrêter. Le pire restait qu'il feintait une parfaite ignorance, sauf à la fin de sa petite marche, où il daigna lacher un petit rire. Et oui, on s'amuse comme on peut dans Dreamland, et dans le territoire le plus Calme, le Lord avait décidé de mener la vie dure à un petit opportun : Comme quoi, tout le monde peut-être taquin. Et afin d'enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie, le coquin prit sa voix la plus érintante, et lui rajouta un ton plein de railleries :


"Un gringalet en plus... AH AH!"
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyMar 28 Déc 2010 - 17:49
[Post moyen, risque de fautes]


J'essayais de faire comme je pus pour ne pas laisser exploser ma colère. Une solide muraille de compréhension et un peu d'excuse empêchait ma folie de s'échapper. Je parlais durement mais je n'avais pas un mauvais fond. Pas trop mauvais fond.
Il réitéra son pardon et j'essayais de me calmer. Ce n'était pas sa faute s'il avait écrasé la seule personne vivante dans ces plaines. Quoique présenté comme ça. Je respirais toujours aussi fort mais mon imagination arrêta de considérer mon nouvel ami comme démembré et enterré. Disons que j'avais compris que j'avais agi comme un con mais que je n'avais pour habitude de me remettre en question aussi... disons que je ne faisais jamais volte-face parce que j'avais peur de me décrédibiliser moi-même et de baisser la confiance que j'avais moi-même. Bref, d'émousser ma combativité et de réfléchir plus. Ce que je ne voulais vraiment pas. Je devais donc essayer de faire atterrir l'animosité respective en douceur. Si l'autre ne faisait que s'excuser, j'avais bien compris qu'il n'était pas si content que ça que je pris la mouche aussi facilement. Je levais les yeux en l'air, dégoûté par ma propre prestation et par l'inconstance mentale de mon interlocuteur (pas qu'il avait un problème particulier, lui ; toutes les personnes douées d'une conscience avait tendance à partir dans des sentiments bien trop incongrus ou de manière trop extrême pour avoir des discussions normales). Mais c'était un mal nécessaire.
Oui, il avait vraiment mal pris ma dernière phrase. Son visage n'avait pas forcément changé mais je pouvais sentir l'ouragan qui le tenaillait : c'était comme voir des nuages sombres à l'horizon. On pouvait se tromper, ce n'était pas en train de nous torcher la tête, mais on pouvait craindre la tempête imminente. RAH, je ne détenais pas de master en communication et on pouvait comprendre pourquoi. J'avais les dents serrés mais mes lèvres permettaient de cacher ma révulsion sociale.
Puis l'inconnu me dévisagea soudainement comme si j'étais la plus exécrable des merdes, le même regard qu'un prof vétéran offrait à un étudiant qui venait de sortir une phrase à tendance ultra libérale. Puis il passa sa main dans ses cheveux avec ce foutu regard ! Genre je n'étais pas assez digne pour qu'il daigna me remarquer et que sa vie pouvait se passer de ma présence. Bref, que je n'étais pas digne d'exister. Son cerveau avait tout simplement oublié qu'il avait un type sur qui il avait marché tout à l'heure.
Il me tourna le dos, comme un enfant qui fuyait une bêtise. J'avais l'impression que j'avais trouvé mon maître, niveau égo sur dimensionné. Ce type, quand il voulait pas parler à quelqu'un ,il le dénigrait complètement et partait au loin afin d'essayer d'avoir la journée le plus pure possible. Pour ce genre de type, y avait deux sortes de personne : les normales qu'il tolérait à peine, et les insectes minables qui ne méritaient même pas la semelle avec laquelle on les écrasait.
Puis l'albinos changea complètement d'avis : au lieu de partir au loin voir si j'y étais, il me contourna … mais resta près de moi. Disons qu'il avait juste tourné autour de mon campement sans vouloir s'éloigner de moi, comme un amoureux transi, comme un cocu qui hésitait à tuer l'amant, comme s'il voulait me dire un dernier truc. Je sortis la phrase le plus stéréotypée de l'Univers, mais si elle n'était pas prononcée dans la moitié des vieux films américains, et bien je l'aurais inventé ici :


« Je peux peut-être t'aider à dégager ? »


Puis il m'insulta. Pas de face, non, ces gens-là étaient bien trop lâches pour oser un affront aussi direct que de simplement me regarder dans les yeux. On avait l'impression qu'il était tranquillement dans sa chambre et qu'il se parlait à voix haute pour souligner ses propres dires, en parlant à un auditoire imaginaire. Genre je n'étais pas là. Genre j'étais un putain de crétin de gringalet ?! Mais quoi, qui cherchait qui maintenant ? Il était bouffi se suffisance, la transpirant comme de la sueur. A moi de la lui faire bouffer pour qu'il comprenne la modestie. Il m'avait remonté plus sûrement qu'une pendule. Je me dirigeai vers lui sans le prendre par surprise, qu'il sache qu'il ne pouvait pas dire n'importe quoi impunément. Mon panneau était dans mon dos, pas plus menaçant qu'un poteau télégraphique. On avait tendance à sous-estimer une telle marque de banalité, jusqu'à que ce que cette même marque de banalité vous rentrait dans la gueule en vous arrachant la mâchoire supérieure. Mes poings s'étaient serrés, deux blocs de béton qui tabasseraient l'adversaire à terre. Même mes lunettes fines me donnaient un air menaçant, tel un baron de la Mafia dont les poches ne seraient pas assez remplies. J'arrachai le chapeau de paille pourri qui me servait de couvre-chef et le lançai au loin ; ce simple geste permettait de rendre compte à mon adversaire de mes futures façons belliqueuses. Quand on voulait se battre, on jetait à bas tous les objets inutiles, qui pourraient gêner. Et un chapeau de merde était évidemment un vêtement à jeter. Les tongs n'étaient pas non plus super, mais elles seraient largement suffisantes. J'étais habitué à en porter et celles de Dreamland n'étaient pas aussi volatiles que leurs homologues du Monde Réel. Ça ressemblaient à de vraies chaussures, juste qu'on pouvait voir les orteils.
Je me parquais ainsi devant le bellâtre au teint mat, à bonne distance de lui tout même (la bonne distance ici était celle qui permettait de ne pas rentrer dans le champ d'action de son sabre, même s'il avançait d'un pas en avant, tandis que lui se situait assez près pour se prendre un coup de panneau dans le bide). Parce que mon arme avait bien plus d'allonge que la sienne. Mais elle était en contrepartie beaucoup plus lourde et d'autant moins maniable. La tactique était donc évidente mais je n'étais pas sûr de vouloir frapper le premier. Il fallait prendre l'avantage mais ma conscience morale serait un poil endommagé. Ce serait trop facile de l'insulter de son orgueil et de le frapper comme un vulgaire barbare au nom de la vengeance personnelle. Pour battre les gens comme lui, il fallait le pousser à d'autres vices pour qu'il se mettait à se rabaisser seul. Oui, moi aussi pouvait tomber dans des délires psychologiques stupides comme une bonne partie de la populace. Bah, tant que je lui pétais la gueule. Maintenant que j'étais droit devant lui, le visage rempli de colère et d'envie d'en découdre quasiment explicite, je pouvais lui répondre sur un ton beaucoup plus direct, beaucoup plus énervé :


« T'as l'air d'en savoir un paquet de choses sur un inconnu, pour un type qui marche sur les autres sans s'en rendre compte. »


Fier de moi de ne pas avoir cracher d'insultes, je me retenais à grande peine de ne pas lui envoyer le panneau en guise de punition de suite. Pourquoi je devais toujours tomber sur des types insultants ? Le karma c'était ça ? A force de faire déguster aux différents Royaumes de Dreamland, peut-être que la Main Invisible de Dieu avait décidé de me faire rencontrer d'autres gaillards comme moi pour me faire comprendre que je devais améliorer ma conduite pour rencontrer des gens dignes. Je devais vraiment être un gros connard alors. Je préférais me dire que les fils invisibles du destin me mettaient devant des crétins pour que je leur pétais la gueule. Oui, j'étais très fort pour me donner le beau rôle. Et comme ça faisait longtemps que je ne m'étais pas vanté, comme j'étais trop crétin pour me réinventer, il ne restait plus qu'à faire ce pourquoi j'étais fier.

« Prépare-toi à affronter une des têtes de ligue du classement Baby, une terreur invincible et intouchable, membre des Private Jokes, destructeur de Royaume. Je suis le Ed Free invoqué si souvent contre le crime, vainqueur de nombreux combats. »

Oups, lapsus terrible, je venais de lui dire qu'il y aurait affrontement sans avoir vraiment décidé de lui frapper la gueule. Au moins, me vanter me permit d'apaiser ma colère et de sortir mon panneau de signalisation. Je me retins à la dernière minute pour ne pas débuter le combat. Si on pouvait éviter une bagarre de chiffonnier maintenant, je ne dirais pas non.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyJeu 30 Déc 2010 - 1:31
Apparemment, les dernières paroles de l'Albinos n'avait guerre plus à Monsieur. Et alors? S'il voulait être dorloté, il fallait qu'il commence par apprendre à s'adresser eux gens. Non mais, qu'espérait-il après avoir sauté ainsi sur un Lord? Non, il voulait être un chieur, et ben Saylen le battrait à ce jeux, et déjà un sourire narquois déforma son visage, lorsque l'autre se leva. Un simple coup d'oeil permettait de constater sa rage, oui, une allure pressée, un regard inquisiteur, et un joli lancer de chapeau, tels étaient les signes de son énervement. Sans doute, pareille démarche ne signalait pas une intention amicale, mais notre héros ne s'éloigna pas pour autant. Non, camper sur ses positions, voici ce qu'il fit, tandis que l'autre foulait de plus en plus la distance qui les séparait. Rassurez vous, Le sabre blanc n'avait aucune pensée sucuidaire, et déjà sa main gauche caressant doucement le pommeau de son arme. Oui, s'il voulait du combat, il allait être servi. Jusqu'alors, notre bretteur ne l'avait pas regardé, se contentant de sourire au fur et mesure de ses pas. Toutefois, la parole de l'autre brisa le silence. MAIS c'est qu'il n'en avait pas marre de raconter des conneries? Non, apparement le pauvre avait un besoin vital de cracher son venin...

Saylen posa sa main gauche sur son visage, et tout en mordillant sa lèvre supérieur, il fixait le sol. Ce geste anondin devait surement paraître stupide pour un étranger, mais l'aveugle se rappelait par là qu'il était dans un monde irréel. Oui, le simple fait qu'il puisse voir le prouvait, tout cela n'était qu'un rève. C'était le genre de chose dont il fallait se rappeler ici, car l'air de rien, on se prenait rapidement à tout prendre au sérieux. Il n'avait aucune règles à respecter, et quand bien même l'envie le prendrait de se battre comme un vulgaire roturier, il pourrait le faire, car seul l'envie doit guider ses pas. Ainsi, après cette seconde de relachement, notre homme planta de nouveau son regard sur l'inconnu. Malgré la couleur grisâtre de ses iris, ces derniers pouvaient s'avérer plein d'humanité. Là encore, ils fixaient si bien le belliqueux que ce dernier pouvait aisément ressentir l'amusement qu'ils exprimaient. Tout en laissant retomber sa main, Saylen accompagna le tout d'un sourire. Cette fois il n'y avait aucune perversion dans cet acte, juste une folle envie de s'amuser, et de taquiner cet importun.


"Ah bravo, une phrase sans injures! Tu progresses."

Comme vous vous en doutez, il était tout bonnement impossible que pareils propos ne cachent pas une félonne ironie. Non, bien au contraire, Voltaire se complaidrait aisément dans ces mots plein de railleries, et leur cible sembla sensible à cela. Ah, apparement, Monsieur ne semblait pas être n'importe qui, non, nous avions devant nous le Grand ED!!! Leader de la league des bébés. Et ben, mais c'est que c'était un sacré C.V tout cela! Ne me demandez pas pourquoi ce fameux Ed racontait tout cela à un inconnu...peut-être espérait-il le vaincre avec des mots? En tout cas, le ton de cette entrevue avait été donné, mais Saylen n'avait pas encore assez jouer, et il n'avait pas particulièrement envie de se battre. Dieu est cruel tout de même, le pauvre sortait de l'entrainement, et déjà il devait de nouveau pratiquer. Bon, il faut l'avouer, il avait une part de responsabilité dans tout cela : Quelle idée de shooter un débile? Non, il aurait pu piler un gentil homme courtois, mais il fallait qu'il tombe sur un excité de la vie. M'enfin, c'était ça Dreamlands , un monde de délires et d'incongruités.
A la tirade d'Ed, notre bougre se contenta de rire. Un rire de baryton, à la fois claire et puissant, qui trahissait une sacré confiance en soi.


"Ah... moi c'est Saylen, et après?"

Quoi de mieux pour finir de l'enrager qu'un peu de jemenfoutisme? Oui, car a n'en pas douter, il était au summum de l'exaspération. Ses poings fermés, son regard perçant, et même ce panneau qu'il sortit de son dos. Attendez... un panneau? Non mais sans blague, c'était ça son arme? Jusqu'à maintenant, l'albinos n'avait pas fait attention à la chose qui pendait dans le dos de son futur ennemi, mais il s'agissait bien d'un panneau. Et excusez moi, pas n'importe lequel, une signalisation d'interdiction de circuler aux tracteurs! Mais c'est que c'est de l'armement tout ça! Ah, mais pendant qu'on y est... voici une sublime occasion de l'énerver encore un peu. Les yeux de notre héros descendirent lentement aux pieds de "l'homme travaux?" puis remontèrent sur son visage. Un magnifique dévisagement comme on en fait plus de nos jours, puis Saylen dégaina son arme. Contrairement au fourreau de jade, le sabre était d'un blanc immaculé, toutefois il n'était pas exposé pour frapper, non, il resta pointé vers Ed.

"Que tu veuilles te battre, c'est ton choix. Seulement je ne salirai pas ma lame contre un vulgaire panneau. Alors cesse calme toi... Rustre."

Aussitôt dit, aussitôt fait. L'élégant replongea son arme dans son étui, et posa ce dernier sur le sol. Pour ne point gacher l'éclat de son acte, il se posa en tailleur, et feinta de jouer avec l'herbe fraiche des plaines. Oui, encore une fois il l'ignorait, même s'il faut l'avouer il était bien risquer de ne pas tenir compte d'un pareil adversaire. Car, bien qu'il ait joué une parfaite indifférence, Saylen n'était pas resté insensible au "cv" qui lui fut présenter. Non, une des têtes du classement baby, ce n'était pas rien. L'adversaire qui lui avait donné le plus de fil à retordre n'était même pas parmis les 100 premiers, et le combat ne fut pas de tout repos, alors imaginez ce que ce serait de devoir s'occuper d'un des leaders. M'enfin, de toute façon, rien n'était interdit dans Dreamland, après tout : ce n'était qu'un rève.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyJeu 30 Déc 2010 - 22:10
A la suite d'une tirade de mon adversaire qui me félicitait de ne pas lui avoir servi d'autres grossièretés, je dû avouer que j'étais en train de me demander quelles insultes j'avais sorti précédemment. J'y consacrais trois bonnes secondes en recherche vaine avant d'abandonner. Peut-être que mon « Bordel » neutre l'avait froissé ? Ou bien ça devait être mes paroles dures qui l'avaient si choqué, lui et son caractère hautain ? En tout cas, je faillis lui répliquer mais je sentis qu'il ne me répondrait pas. Il arrêterait le sujet, se déporterait des sables mouvants sans rien dire, comme s'il s'était pris un lampadaire et qui continuait sa route comme si c'était normal de se manger un poteau en pleine rue. Il ne devait pas connaître le mot « Erreur », pas parce qu'il n'en faisait pas, non. Mais il les dénigrait pour ne pas se surcharger l'esprit. Le mépris qui m'animait comme un incendie dans une seule torche était certainement réciproque. Et comme Dreamland était le terrain de tous les excès à cause d'un manque de loi évident qui libérait immédiatement et efficacement les normes et valeurs de la société moderne, les combats étaient donc monnaie courante. Et autorisez-moi la parenthèse sur les meurtres qui étaient multipliés, les gens considérant que la vie onirique avait moins d'importance que celle ancrée dans le rigide monde Réel. Le combat ne semblait pas obligatoire, mais c'était une option largement envisageable qui me ferait autant plaisir à moi qu'à lui. En découdre avec d'autres gens était un bon moyen de satisfaire ses pulsions les plus primaires et les moins nécessaires (généralement les plus stupides donc). Je me contenterais donc de savoir qu'il racontait n'importe quoi ; s'il réfléchissait un peu, il comprendrait aussi que je n'avais pas spécialement dit de méchancetés intolérable.
Ma tirade de vantardise ne l'avait pas spécialement ébahi. Trois options s'offraient à moi pour essayer de décrypter son attitude bien trop flegmatique. Soit il était bien plus puissant et modeste que moi, et s'attendait à ce que je lui fonçais dessus pour me corriger. Pour des raisons évidentes d'égo mal centré, je ne mis que peu de crédibilité dans cette théorie. La seconde hypothèse reposait sur l'inexpérience flagrante du Voyageur qui ne devait pas savoir ce qu'était les Ligues, ou bien qu'il ne voyait pas la puissance qui habitait les têtes de Ligues (oups, mon égo mal centré en question vient de se réveiller). La dernière option disait que ce type se fichait bien de mon rang juste pour m'énerver, ou bien qu'il pensait rivaliser avec moi. Je fis tout mon possible pour ne pas lui montrer ma puissance dans sa gueule de suite.
Je faillis lui répliquer un truc cinglant (même pas réfléchi donc vu le manque de précisions) mais il dégaina un sabre d'une blancheur immaculée. Non pas que ce geste me fit peur, bien que mon pied mourut d'envie de reculer d'un pas en arrière en cas d'assaut soudain. Mais non, c'était juste pour me présenter son jouet favori. Il le brandit vers moi, un nouvel horizon en ma direction qui me fit loucher dangereusement, bien qu'il ne me frôla pas le nez. Puis il débita d'un ton doucereux (oui, ça paraît antithétique mais imaginez comme vous pouvez) que mon panneau était une sorte de connerie douce inutile. Et qu'il était bien trop topissime pour affronter un truc pareil.
Contrairement à tous ce que j'aurais pu croire, j'étais ravi qu'on sous-estima ainsi mon arme (c'est-à-dire, moi derrière). C'était la première fois qu'il remettait mes capacités en question et j'adorais ça. La surprise pouvait aisément se mélanger avec la terreur et la déception dans un combat, et voir ce tableau me remplissait de joie. Il suffisait de lui mettre une pâtée pour qu'il sache enfin à qui il s'adressait et comment il s'adressait. La seule barrière qui m'empêchait de réaliser ce chef-d'œuvre était le produit du combat qui allait résulter. Et l'inconnue de cette équation était la force du brave gars en question. En principe, j'avais plus de chances de tomber sur un type plus balèze que moi, ou bien mieux classé. Les statistiques n'étant pas avec moi, il valait mieux que je fasse profil bas au lieu d'espérer le battre. Mais bon, il venait quand même d'insulter mon panneau, mon arme fétiche. Et pour sauver l'honneur d'un truc qui n'avait aucune conscience, je me sentais obligé d'agir pour ne pas laisser sa réputation se ternir. Ce panneau avait plus tabassé de monde qu'à son tour (en même temps, pas trop de concurrence), et j'étais fier de le brandir devant moi pour essuyer un visage sur la tête d'un connard.
Et après m'avoir insulté de « Rustre », certainement l'insulte la plus injurieuse qu'il puisse sortir sans faire de coma émotionnel et sans se laver la langue au Petit Marseillais pendant quelques jours, il s'assied dans l'herbe. Son épée Blanche Neige avait été rangée dans son fourreau sans faire plus de mal à une mouche qu'à mon torse. Il se mit en tailleur, et essaya de me montrer à quel point il s'amusait sur l'herbe. Bien mec, on dirait un aristo débile mental. Mais à quoi il jouait à s'asseoir dans l'herbe ? Il voulait peut-être m'oublier, faire comme si j'étais un bug dans la matrice, un rêve dans un rêve, un misérable insecte dont le bourdonnement avait déjà cessé d'énerver ses oreilles. Je voulais tellement lui taper sa tête comme je l'aurais fait sur une porte. Je refrénais mon vœux et l'observais quelques temps en m'interrogeant sur la conduite à adopter. L'imiter, ce serait rentrer dans son jeu, ce serait arrêter de refroidir l'atmosphère glaciale qui s'était installée dans les plaines. Et ça, je ne voulais pas laisser un affront impuni sans que l'autre ne se soit (vraiment) excusé. J'étais peut-être aussi buté qu'un chien sur un jouet en caoutchouc, mais j'avais des principes que je ne devais pas corrompre. Sinon, autant rester dans le monde réel à converser avec des individus qu'on n'aimait pas sans pouvoir le lui dire à cause des carcans inspirés la le Code Civil.
L'idée suivante était de me mesurer à lui en le provoquant en duel. Mais voyons, je pouvais certainement moucher un gars sans me sentir obligé de le tabasser ! Je me prenais un peu pour Dieu sur Dreamland, il serait peut-être temps de me remettre en compte un jour ou l'autre. Ouais mais non, dès que je voudrais réfléchir. Allez, je pouvais bien le relancer sur sa lame, car j'avais peut-être trouvé le compromis qui comblerait mon esprit guerrier et celui qui aspirait à une paix toute relative :

« Il est cool ton cure-dent, mais évite de le sortir en plein vent, il risquerait de se couper en deux. »

Je me fichais bien des sentiments qu'il pouvait exprimer pour son sabre ou pour moi. Mon but n'était pas de relancer sur sa lame comme un gamin de CP (« C'est toi qui a la plus petite ! / Non c'est toi »), mais de remettre en cause son assurance vis-à-vis de l'arme face à mon fier panneau de signalisation. C'était un défi qu'il avait lancé à mon panneau, j'étais obligé de le relever pour mon arme. Pour son honneur et tout le tintouin. J'essayais de lui exprimer mon désir sans qu'il me prit pour un fou :

« Tu vois, je crois que t'as froissé mon panneau. Je ne te demande pas ton avis, je suis pas assez crétin pour espérer que tu fasses attention à mes dires, votre Seigneurie. Dans cinq secondes, je te fous un coup dans le crâne et tu pourras toujours te recoudre en pleurant. »

Si, il me prendrait pour un débile. Mais peut-être qu'il pourrait comprendre qu'on n'insulte pas une arme à quelqu'un, et qu'on puisse extérioriser les désirs de son artefact ? Ouais mais non, je voyais pas ce type si rationnel qu'il en débordait de condescendance essayer de penser pour son sabre. Mais je l'avais prévenu.
Je me mis à une portée idéale pour que la puissance du panneau soit maximale (c'est-à-dire, le plus lion possible pour créer de l'élan). Je ne m'attendais pas à ce qu'il me répondit, mais j'étais prêt à frapper dès qu'il le fallait. Je pouvais sinon penser qu'il profiterait du temps accordé pour m'attaquer avant mais mon pouvoir était prêt à intervenir. Pour le moment, je me concentrais juste sur le coup que j'allais lui faire tomber sur la gueule. Ca sera une météorite, une grosse météorite. J'aurais pu préparer mon coup ne le faisant tournoyer au-dessus de ma tête pour lui donner plus d'élan mais je considérais ça comme une tricherie. Il fallait que ça soit un coup bateau qui lui martelait le crâne, pas un truc super préparé.
Ce fut ainsi qu'à la fin de l'échéance accordée, je levai mon panneau dans un mouvement lent. Puis je l'envoyai en plein dans mon adversaire, dans un sifflement rugueux. Bon, ce n'était pas vraiment un combat, non, plus un coup contre lequel il se défendrait. Ce serait à lui de décider de la suite des événements. Mais je voulais juste qu'il tâte de la puissance destructrice de mon arme.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyMar 11 Jan 2011 - 3:52
Comme on aurait pu sans douter, le l'homme au panneau n'appréciait pas qu'on insulte son outil de travail. Et à vrai dire il était dans ses droits, si bien qu'en d'autres circonstances notre albinos n'aurait pas tenter pareil écart. Mais actuellement, politesses et cajoleries n'étaient pas d'usage, non, le courant dantesque qui reliait les deux hommes trahissaient suffisement leur ressentiment mutuel. S'en était presque drôle de les voir ainsi, tels deux coqs orgueilleux, bombés du torse et s'acharner à paraître impétueux. Pourtant, l'un comme l'autre, ils ne ressemblaient à des péteux, non, ils semblaient plutôt du style à ne pas se prendre la tête pour des questiosn d'orgueils. Sauf que, actuellement, Dreamland régnait en maître, et le plus dépravé des médiants pouvait s'avérer être un puissant voyageur. Ceci dit, Ange ou démon, qu'importe, nous n'étions pas ici pour juger de la valeur du peuple, mais plutôt pour constater les étranges piallements qui jaillissaient des plaines.

Saylen ne semblait pas, mais alors pas du tout avoir apprécié la réplique de son comparse. Et pourtant, il fallait l'avouer, c'était de bonne guerre. Non, il n'était pas un vulgaire idiot emplein de fierté. Lui s'élevait au dessus de tout ses fiers plébéins. Il était la patricia, le fils d'un Lord de la pure Angleterre, et en tant que tel il avait de l'esprit. Son sabre lui avait permis de retrouver son sens perdu, oui, ce piètre cure dent comme l'autre se plaisait à l'appeler était son unique et seul moyen de voir, mais ça, le gueux s'en fichait surement. Cependant, l'élégant refusa de s'offrir en spectacle, se contentant simplement de planter ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Le geste était minime, mais l'intention brulante qui l'acompagnait le rendait piquant, si bien qu'on pouvait le comparer à un scorpion qui léverait brutalement son dard. Evidemment, le sabreur se reprit bien vite, et déjà un sourire vint teinter son visage, tandis qu'il lacha encore une fois son ton condescendant :


"Ah. Ah."

Quoi, vous pensez qu'une si petite chicanerie méritait plus de considération? Non, et surement, le toisement ajouté à ses paroles fut de trop. Saylen était actuellement en position d'infériorité, et dans le cas présent, cela était fort peu conseiller. Aussi prit-il sur lui pour s'investir un peu dans cette discussion, et posant son pied droit à plat, il s'en servit pour se relever. Ses mains perdirent un peu de temps à épousseter les brins d'herbes qui avaient épousés son pantalon, puis un rapide accroupissement lui permit d'attraper son fourreau, et donc son arme. Au début, il la tenait négligemment sur ses deux épaules, dans une position certes agressive, mais qui n'était désespérément pas faite pour le combat. Comme quoi, même après tant de péripéties il n'était pas disposé à l'affrontement, hélas le fameux Ed Free ne le voyait pas de cette oeil. Une fois de plus, il cracha son venin. Il faut au moins lui donner cela, il ne manquait pas de répartie, non, la dernière était pleine de panache. Malheureusement, la rhétorique ne lui sera d'aucune aide aujourd'hui, et alors qu'il prépara son assaut, le Sabre blanc entama sa défense.

Fidèle à son art, il agrippa le fourreau de jade par sa main gauche, et posa l'autre sur le pommeau. Il aurait pu dégainer avant que la... chose? Enfin bref, avant que le panneau n'arrive jusqu'à lui, mais tout comme son adversaire avait été fairplay, lui aussi le sera. Après tant de logorrhée, il fallait un affrontement vif, et brutal. Ici il n'y aura pas d'esquive, non, juste le choc puissant du cure dent et du bout de fer. Tout était parfait, sa jambe droit était fléchie, de façon à pouvoir endiguer l'assaut, et pourtant... Comment aurait-il pu se douter que le coup serait aussi fulgurant? Comment pouvait-il savoir que des bras aussi fins pourraient déployer une telle puissance? Le panneau fut déjà sur l'homme ne blanc, alors que ce dernier n'avait même pas dégainé son sabre. Tant et si bien qu'il fut contraint de contrer avec celui ci encore dans le fourreau. Mais là, à ce moment précis, l'orgueil du Lord pris une sublîme correction. Non pas qu'il avait perdu, mais l'autre brisa sa garde aussi simplement que du beurre. En même temps, il fallait sans douter, un sabre ne pouvait décemment par rivaliser avec la puissance d'une arme lourde. Mais quand même. Etre obligé dévier le coup, sa virilité en prenait un coup.
Bref, revenons au combat. Le moment du choc arrivé, la garde de Saylen fut inneficace à stopper l'attaque, il du donc plier sur ses jambes, et par la même occasion envoyé son buste en avant. De cette façon, le fourreau coulissa sur le dos du bretteur, emmenant avec lui la dangereuses "massue", qui continua alors sa route. Le Sabre blanc lui tenait son arme par sa main droite, et déjà il replaça celle-ci à sa gauche, l'épée magique toujours contrainte par son étui de jade. Profitant de sa position ancrée dans le sol, le jeune homme bondit en avant, arrivant juste devant son assaillant. Enfin juste devant, c'était beaucoup dire, il y avait quand même une trentaine de centimètres pour les séparer. Quoiqu'il en soit de cette distance ils étaient forcés de se fixer dans les yeux. Les iris morts de l'ancien aveugle n'étaient pas des plus expressifs, mais ils savaient se montrer ferme quand l'occasion se présentait. C'est alors qu'il poussa son audace, en reprenant son sourire narquois.

"Si ça t'amuse... frappe. Personellement je ne tiens pas à salir mon sabre."

Quoi? Pourquoi avait-il dit cela? Lui même ne le savait pas, et déjà il regrettait ses paroles, qui peut-être signeront la fin de ses "voyages". Mais bon, l'ivresse du combat, l'orgueil des hommes, tout cela ne fait jamais bon ménage!
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyVen 14 Jan 2011 - 12:12
J'aurais pu entendre le coup siffler si un panneau de signalisation avait pu être une arme un peu plus subtile qu'un simple bâton de fer sur lequel on avait posé un triangle dessus. Mais en tout cas, j'avais senti la puissance déborder mes poignets puis se répandre sur mes bras. Puis tout fut évacué dans l'impact du panneau, qui percuta le fourreau de l'individu. Ce dernier était assez condescendant pour ne pas sortir son arme du fourreau, juste parer avec la gaine avec une mine qui en disait long sur son état d'excitation : il me prenait pour le premier con venu. C'était certainement vrai mais mon cerveau libella mes pensées comme à ses habitudes dans Dreamland ; il ne me restait plus qu'à me concentrer sur mon panneau et au crâne bientôt exposé de l'albinos qui me faisait face.
Puis je ne compris pas vraiment : disons que je ne m'étais jamais attendu à un cas de figure où il se destituerait soudainement alors que le panneau avait touché sa cible (ici, le fourreau). J'avais pensé dans mon état d'être barbare qu'il n'y aurait que deux alternatives à un tel affrontement : soit mon panneau explosait sa défense dans un concert de métal (ouais, dans cette alternative, il avait au moins sorti son arme), soit il paraît armé de la nonchalance qu'il arborait dans chaque geste de son corps. Mais mon panneau avait ripé sur sa garde. Ce n'était pas un pouvoir quelconque, non. Disons que mon panneau avait pulvérisé sa défense pour être déjoué. Une sorte de piège, une intuition de l'interlocuteur, des réflexes divins ? Je ne savais pas : tout ce que j'analysais, c'était que mon panneau semblait avoir percuter un trampoline. Il s'était enfoncé pour mieux repartir.
Je me remis en position de défense directement après l'échec du coup, pour pouvoir pallier à une avancée rapide de l'inconnu vers ma position. Il s'arrêta à quelques dizaines de centimètres du regard, me défiant de ses pupilles blanches. Décidément, ce gars était fâché contre la couleur. Caché des verres teintés, je n'eus aucun mal à soutenir le regard. Mon arme était revenue à une position de garde, même si j'avais du mal à admettre qu'il y ait une position optimale pour un combat aussi rapproché, alors qu'on portait un panneau de signalisation.


« Alors, on a décidé que ça risquerait d'être dangereux ? »


Je n'avais pas grand chose d'autre à dire, peut-être que je voulais juste remplir le silence glacial qui avait été allumé par le grondement de mon panneau quand il eut affronté une garde flexible peine de ressources.
Ce type faisait tout pour m'énerver : il y arrivait sans dommage. Il méritait une palme. Ses gestes trop harmonieux pour être naturels, ce regard qu'il lançait comme s'il cherchait à apercevoir le ciel derrière vous, ces paroles qui traduisaient une futilité feinte juste pour montrer ce qu'il pouvait faire des phrases. En un mot, un type qui pétait plus haut que son cul (on pourra facilement deviner que je n'étais pas l'être le plus poli de la Terre, mais tout pouvait être doté d'un sens aristocratique et artistique quand on avait connu Fino). On avait les deux extrémités de l'intelligence réunies. Si ça se trouvait, le mec que j'affrontais était un intellectuel épanoui qui s'amusait à se différencier de la populace, regardant la foule dans la rue en soupirant avant de changer de chaîne de télé. Ou alors, c'était juste dans son caractère de se sentir supérieur, comme si Dieu avait sorti son doigt des nuages et en le désignant aurait dit : Toi, tu es plus mieux.
Ben tiens, pour une fois que j'allais affronter un gars pareil pour le planter dans le sol, faudrait pas que je m'en prive. Surtout que l'autre gardait son air hautain en faisant tout pour ne pas déclencher la bataille lui-même … et jouant avec moi pour que je m'en occupais. Si j'avais craint un tant soit peu que ce type soit plus puissant que moi, j'aurais pu penser qu'il était un Voyageur haut classé qui ne voulait pas par acquis de conscience buter un newbie. Et que s'il devait y avoir bataille, que ce ne soit pas lui qui la déclenchait. Je pris conscience de ce fait pour lui répondre :


« C'est moi ou tu fais tout pour avoir la baston sans chercher à appuyer sur le bouton rouge ? Tu crois que ta conscience sera plus tranquille parce que tu n'as pas porté le premier coup ? Tu fuis tes responsabilités ? Ou tu es juste trop pédant pour me considérer ? »


Et comme mes paroles pouvaient aussi bien être un exutoire que de la poudre à canon, mon sang qui bouillait demandait plus d'action, plus de blessures. Un type pareil ne pourrait jamais changer d'avis avec des paroles. Et certainement aussi, avec des actes. Il était juste bon à cogner parce qu'il refusait de voire sa vision de choses chamboulé : cela voudrait dire qu'il s'était trompé, et ce type ne se trompait jamais. Il ne me restait plus qu'à lui faire le plus tendre baiser que j'ai jamais fait.
Oui, je ne pouvais pas frapper des poings sous peine de fragiliser ma défense instable, et les pieds m'auraient déséquilibrés. Ça me faisais du mal à le dire mais ce gars-là semblait doué un sabre dans les mains, certainement plus que moi avec mon panneau. Il faudrait donc que je prenne des mesures associées. Tout d'abord, préparer mes pouvoirs au cas où il aurait réussi à percer ma défense. Mon énergie vibra doucement en moi. Et quand je parlais de baiser, je parlais surtout de baiser d'orque : un coup de boule en plein dans le front. A trop s'approcher de moi comme s'il pouvait réduire mon espace social rien qu'avec sa présence, il se fourrait son sabre dans l'œil jusque dans son pied. Donc je récapitulais : vu qu'on était assez proche l'un de l'autre pour faire un bras de fer, je m'étais avancé d'un pas pour lui envoyer ma tête contre la sienne. Je ne l'avais pas tenu, et sans dire si j'avais bel et bien touché, je lui envoyais directement une estocade avec mon panneau, jouant sur sa longueur en visant son ventre.
Là, nous avions deux choix : soit il se prenait le coup en pleine gueule et je lui renvoyais une seconde attaque d'estoc afin de l'affaiblir et de jouer sur la distance. L'allonge était le point primordial pour ma victoire et je devrais le tenir à l'écart le plus longtemps possible. Le but était ici de l'empêcher de passer. Malheureusement, la différence entre une lance et un simple bâton était que la première avait un pouvoir dissuasif important. Une erreur et on s'empalait dessus. Le panneau avait pour inconvénient de ne pas être dangereux en lui-même, juste qu'un type aussi con que moi pouvait l'utiliser en tant qu'arme de destruction massive. Donc si mon attaque le mettait dans la panade, j'en profitais pour continuer l'assaut en ne prenant pas de risques. Mes muscles en pâtiront mais l'adrénaline les alimentera de façon satisfaisante. En face, je n'avais pas un gars qui me frapperait de ses poings : c'était un sabre qui pouvait me tuer sans formulaire ou autre connerie.
L'autre avenir que j'entrevoyais était celui où mon albinos préféré parerait le coup, ou l'esquiverait (en gros, si mon attaque échouait totalement), et qu'il fondait sur moi pour rajouter quelques estafilades profondes sur ma gueule d'ange. Là, je n'avais pas trente-six solutions : avant d'user de mon pouvoir limité, je devrais savoir si l'individu constituait sérieusement une menace ou pas. Je pouvais sortir mes propres capacités en un clin d'œil donc je pourrais toujours rétablir une situation. Et si je parvenais à lire ses mouvements, je pourrais même retourner l'épée contre lui...
Mais avant tout, défense. S'il en venait au contact rapproché, il ne me restait plus qu'à me préparer. Tandis qu'il fonderait sur moi pour m'assaillir d'une offensive vengeresse, j'en profiterais pour poser mes mains au milieu du panneau. Je n'étais pas dans un trip Dark Maul (je n'allais utiliser que la partie avant de mon panneau), mais ça me permettrait d'avoir une maîtrise plus rapide de mon arme, tout en gardant une allonge plus conséquente que sa lame, ainsi qu'une puissance accrue. En espérant que le panneau sera assez souple pour me défendre face à un sabre aussi aiguisé...
La grande inconnu était l'expérience de l'individu (à Dreamland, ça voulait dire sa force), et surtout, le pouvoir qu'il utilisait. Je savais juste qu'il se battait avec un sabre. Mais une arme en sa possession ne signifiait pas pouvoir : j'avais bien une arme insolite, elle n'avait aucun rapport avec mon pouvoir sinon le Royaume d'origine. Je devrais donc aussi faire gaffe aux alentours maintenant, histoire qu'il n'y ait pas un pieu qui sorte de sous terre.




[HRP : J'ai donc préparé des alternatives, histoire que tu puisses décider de mes actions selon ce que tu fais ^^]
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptySam 15 Jan 2011 - 23:40
Comme on aurait pu s'y attendre de deux lions dans la même cage, ils ne tardèrent pas à se dévorer. Tout au long de cette entrevue, les mâles avaient exhibé leur trop plein de testostérone. On ne pouvait pas leur en blâmer, non, ils n'étaient qu'esclaves d'un orgueil humain. Mais bon, cessons là ces élucubrations
Alors que les autres verbiages du blondinet ne l'avaient pas affecté, ces derniers mots percèrent l'impassibilité du Noble. Non pas que ceux-ci brillaient par leur éloquence, non, ils étaient simplement la goutte d'eau qui faisait débordé le vase. Quoi, il n'en avait pas marre de le juger ainsi? Depuis le départ, l'autre ne s'était pas gêné de dresse une liste des "qualités" qu'il admirait chez Saylen, mais quand même. Bon, l'air de rien, notre héros n'avait pas fait grand effort pour paraître humble et respectueux, il n'avait donc pas à s'en plaindre. Non, d'ailleurs le temps des mots étaient terminés. Notre albinos était lui même écoeuré par cette espèce de masturbation verbale qu'avait fait les deux hommes. Sa main droite caressant le pommeau de son arme, il attendit l'éclosion du combat.

Sur ce point, Ed avait parfaitement raison, de par sa formation en Shikendo, notre homme portait en lui un esprit chevaleresque, qui l’empêchait de lancer le premier coup. Et diantre, c'est qu'il en avait diablement envie de trancher cette gorge impétueuse, mais qu'importe. De toute façon, son adversaire du moment ne lui laissa guerre le temps de tergiversé à ce sujet, puisque déjà il s'élança, au grand regret du front de l'aveugle. A prenant du recul, il aurait pu se douter que ce coq avait des griffes des plus acérés, après tout, leader de la ligue Baby, c'était un titre plein de sens. Mais non, préférant ignorer la raison, Saylen s'était cru supérieur à ce petit péteux, et le magnifique coup de boule qui venait de le sonner lui remit les idées en place. Lui, un praticien du sabre n'avait même pas vu venir une attaque aussi basique. Le pire c'est qu'il n'eut même pas le loisir de s'en plaindre, non, seule une magnifique douleur au front occupa ses pensées, pendant que son corps se décollait du sol légèrement humide des Plaines. Cette fois, il n'y avait pas de condescendance dans ses yeux, mais juste une surprise, tandis que sa bouche ouverte témoignait de l'ampleur du choc. Evidemment, l'assaut ne s'arrêta pas là, et malgré le fait que sa main droite se soit promptement refermé sur son arme, il n'eut pas le temps de réagir. L'estocade le toucha de plein fouet, transformant son léger rebond en un sublime vol plané. Bon, un coup dans le ventre vous savez tous que ça fait mal non? Oui, donc pas la peine de s'étaler dessus. D'ailleurs le cri étouffé du sabreur en disait assez long, car non content de l'atteindre, le panneau avait violemment taquiné son sternum.

Voila, le combat venait à peine de commencer, et Saylen était déjà au sol, un mal de crane et un mal de bide en prime. Deux estocades, ça ne passe pas si aisément. Ah oui, je ne vous l'avais pas dit, mais le deuxième coup fut lui aussi mouche, bien qu'heureusement il se logea dans les abdominaux du malheureux. Evidemment, après tant de "baisers" il s'était étalé dans l'herbe, ayant tout juste le bon sens de roulé un peu sur le coté, afin d'évité une éventuelle attaque. En preux combattant, le jeune homme avait trop d'honneur pour rester ainsi allongé, alors il se releva, ou plutôt tenta de le faire, puisque son souffle encore court le força à rester à quatre pattes. Oui, il était soumis comme un petit chien, et ce de surcroit devant un être qu'il avait maîtriser. Le destin pouvait s'avérer bien cruel non?

"Merde!"

Ce mot était involontairement sorti de sa bouche, mais il faut dire que ce qui se passait alors était bien plus perturbant. On aurait pu comprendre que le manieur reste un moment au sol, afin de masser son ventre endolori, mais pourquoi tâtait-il l'herbe avec autant d'insistance, et même pire, de dépit? La réponse était pourtant simple, car elle se situait à une vingtaine de centimètre, là ou un fourreau de jade traînait sur le sol. Le Sabre Blanc avait été séparé de son maître, replongeant ce dernier dans son habituelle cécité. Cela était lui était déjà arrivé de se séparer de sa lame, et Saylen connaissait trop bien cette sensation de panique qui le saisissait, alors que le monde se plongeait dans les ténèbres. En d'autres circonstances cela eut été moins gênant, mais en plein combat! Mais comment avait-il pu lâcher son arme? D'accord, après pareil assaut cela aurait pu arriver à n'importe qui... mais pas à lui! Pas à quelqu'un pour qui la possession de ce sabre était plus que vitale.

Cinq secondes, tel fut le temps nécessaire à l'aveugle pour retrouver son arme, et donc la vue. Cinq secondes à tatter l'herbe de ses mains paniquées, tandis que ses yeux morts, déroutés, fixaient désespérément le sol. Cinq secondes de honte et de soumission, pendant lesquelles son adversaire avait eu tout le loisir de préparer une attaque. Qui sait si, quand il ouvrira les yeux, l'arrête du panneau ne s'offrira pas à son visage, avant de le défigurer? Quoiqu'il en soit, le pauvre effectua une roulade latérale, avant de placer son fourreau devant son visage. Le coeur du sabreur battait la chamade, et bien que son souffle soit revenu, il restait haletant. Son regard passa lentement des herbes à son adversaire, craignant ce qu'ils allaient découvrir. Après tout, la mort l'attendait peut-être au bout du chemin. Ah oui, ça serait une mort bien cocasse que d'être tuer dans les Plaines, le Lieu le plus calme de Dreamland. Mais bon, ne l'avait-il pas cherché?


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyMar 18 Jan 2011 - 16:29
[HRP : Je m'excuse de la réponse, de moins bonne qualité que les autres]


Je ne reviendrais pas sur mon front qui l'avait percuté en pleine gueule. Un beau coup de boule. Les coups de boule réussis faisaient toujours mal aux deux adversaires à la fois et je ne fis pas exception. Je voulus me tâter le front comme si ça me permettrait de faire disparaître la douleur sourde qui commença à se changer en migraine. J'avais l'impression qu'un connard me frappait dans le crâne avec un burin pour essayer de séparer la partie supérieure de son homologue.
Je lui avais donc lancé un coup d'estoc qui avait pour but de l'éloigner de moi (d'éloigner son sabre de moi surtout, j'avais pas envie de regarder mon estomac se balader à trois mètres de moi) et lui infliger des dommages. Mon arme était lourde et n'était pas dévouée entière à la défense. Il fallait que je profite de son allonge dévastatrice pour garder les distances et l'exploser de loin. Mon estocade le percuta en haut du torse de plein fouet. J'avais fait mouche et j'étais content. Si j'avais frappé assez fort, il aurait du mal à respirer. Mais en parlant de ça, l'estocade était utile pour atteindre des adversaires éloignés assez rapidement même. Mais tout ça était compensé par une faible défense suite à l'échec du coup et la puissance du coup restait amoindrie. Une estocade ne remplacera jamais un bon coup de signalisation dans la gueule, envoyé avec un panache qui transfigurait la tête (je parlais pour moi, il fallait voire ma figure sadique quand je touchais quelqu'un dans un fantastique Home-Run ; ma phrase pouvait si vous le souhaitez, aussi s'appliquer à la victime en question qui ne devrait plus avaler du bœuf de la même façon). Donc je l'avais touché mais certainement pas assez puissamment pour le mettre KO.
Je fis un pas en avant pour continuer mon offensive si bien commencée, et je retentais une seconde fois la même attaque. Ouais bon, le même coup deux fois de suite, ça ne marcherait certainement pas avec une arme conventionnelle. Mais je pouvais facilement réplique que petit 1, le même coup pouvait marcher deux fois de suite. A partir de trois, on prenait son adversaire pour un imbécile complet et on le regrettait la plupart du temps. Et petit 2, bordel mais essayer de varier vos coups avec une arme aussi lourde. Elle était peut-être plus encombrante que dangereuse, ce qui n'aidait pas du tout à l'attaque. Mais si avec une épée on pouvait virevolter autour de son adversaire en tenant la poignée avec son petit doigt, ce n'était pas vraiment le cas de mon panneau. Des coups en diagonales étaient le summum de ce que je pouvais inventer en matière de subtilité. Sinon, c'était dans ta gueule et crache tes dents comme tu peux. C'était comme faire un dérapage avec un tracteur. Puis petit 3), quand on se prenait un tel coup dans le ventre, on était souvent en très mauvaise posture pour pouvoir parer le second aussi prévisible soit-il. Donc je le percutai une nouvelle fois avec le panneau, l'envoyant valdinguer au loi tel un napperon usagé. Il lâcha son sabre sous le coup de la douleur et je vis la lame scintiller au ralenti sur le soleil, une étincelle de faux espoir avant de retomber en tintant sur l'herbe.

Victoire je pouvais dire, si une inconnue ne foncerait pas le tableau genre un pouvoir qu'il lui cacherait. Je commençais à effectuer un rush sur sa position sans me soucier du reste.
Le reste que je citais aurait pu par exemple être que mon adversaire cherchait son épée étrangement, comme s'il ne la voyait pas alors qu'elle lui titillait les pieds. Ou alors de voir qu'au lieu de se lever pour mieux la chercher, il restait accroupi comme une taupe chercherait ses lorgnons. J'aurais pu aussi en profiter pour réfléchir : au lieu de lui foutre la beigne dont j'avais envie, j'aurais pu m'emparer de son épée pour la lui enfoncer dans le bide ou au moins, la garder avec moi. Mais je préférais garder mon panneau, continuer ma course et foncer vers lui comme un cinglé.
Sans que ce ne soit perceptible pour moi, j'avais ralenti. Un poil, je ne l'avais à peine remarqué. Pourquoi donc ? Certainement pour qu'il récupère son arme. Je ne faisais jamais ça d'habitude mais c'était fer contre fer qu'on devait se battre. Et y avait un truc qui clochait dans son attitude, ça me déstabilisait. J'aurais cru un gamin qui venait de perdre son jouet, ou un mari ayant fait tomber sa bague de fiançailles. Pour être aussi bon au maniement de l'épée, et aussi pubère pour la rechercher aussi imprudemment, y avait un truc et j'arrivais pas à mettre le doigt dessus.
Le Voyageur retrouva son arme plus vite que je ne l'aurais cru. Il fit une petite pirouette mais j'étais assez loin pour ne pas louper mon coup à cause de cette esquive. Je repris mon sprint maximal, dès lors qu'il serrait de son poing la garde de son arme. Mon attaque n'en aurait été que plus retentissante s'il était resté assis, laissant son menton proche du sol. Mais je devrais faire avec...
Je tentais un magnifique swing. Disons que dès que j'approchais de lui, je fis un demi-tour avec mon panneau pour le triangle de signalisation se trouva en train de raser l'herbe, mes bras formant des angles bizarres. Puis je relevais soudainement le tout à un gros mètre de lui, dans un uppercut du panneau fatal, visant son menton. De loin, on aurait pu croire à un swing de golf élaboré afin de toucher une petite balle blanche en hauteur. Sauf que la balle en question était remplacé par le dessous du menton de mon adversaire. Je ne savais pas s'il avait eu le temps de se mettre en garde ou d'esquiver, mais je devrais faire gaffe aussi si mon attaque échouait. Heureusement pour moi, ma défense serait plus facile à former vu que mon coup avait moins d'allonge que l'estocade pure.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyMar 18 Jan 2011 - 20:03
"Ouaw!"

Cri de surprise ou d'effroi? Quoiqu'il en soit, il s'échappa de sa bouche aussi bien qu'un rat d'une ratière bon marché. Et oui, 5 secondes, s'était suffisamment long pour que l'adversaire prépare une attaque du tonnerre, et ça Saylen allait l'apprendre à ses dépends. A peine avait-il retrouvé la vue qu'il voyait déjà l'autre effectué un pas de danse, une pirouette élégante qui se soldera par un gentil coup de poteau dans la face! Et puis quoi encore, devra t'il se contenter d'encaisser comme une vulgaire catin? Non, nullement, même s'il devait se prendre un autre coup de buttoir, son partenaire ne s'en sortira pas à plus bon compte. Bien que son ventre soit encore endolori par l'estocade, il valait toujours mieux que ce swing magistral se termine dans ses abdos plutôt que sur son menton. Aussi le sabreur tenta sa chance : quitte ou double. S'il réussissait ce coup, la bataille reprenait un rythme normal, s'il échouait, il pourra toujours gerber sur les chaussures du malotru.
Profitant de sa position ancré dans le sol, notre héros se projeta littéralement sur son adversaire, sa tête visant le ventre de l’intrus. Evidemment, ses bras ne glandaient pas, puisque déjà ils redescendaient au niveau de son ventre, et utilisant son arme encore encapuchonnée (ou enfourreautée Oo?) comme un bâton qu'il tiendrait à deux mains, il l'opposa à l'interdiction de circuler. Evidemment, le maigre élan qu'il avait pris ne suffirait pas à arrêter l'assaut, mais déjà la cible n'était plus son menton, mais son ventre, et de surcroît il valait mieux que ce soit son fourreau qui le martèle plutôt que l'arrête du triangle de fer. Car rappelons le, le beau goss était buste nu, et on pouvait déjà voir deux bleu là où les estocades l'avaient "chatouillé".

Notre bretteur ne savait pas si son coup de tête avait fait mouche, non, il était bien trop occupé par la douleur qui déchira son ventre pour s'occuper de ses cervicales. Et encore, il avait eut la chance de prendre le coup un peu sur le coté, ce qui le fit pivoter, et tourner gentiment sur lui même avant de l'envoyer valdinguer sur l'herbe. Et voila, il se retrouvait à nouveau à câliner le gazon, sans aucune certitudes d'avoir ne serait-ce que frôler son adversaire. Qu'importe, car il y avait une différence entre cette fois et la première : Il avait la rage. C'est dans cette optique qu'il se releva avec une roulade arrière, histoire de mettre un peu de distance entre eux. Involontairement, son genoux droit flanchit quand il tenta de se mettre debout. Non pas qu'il avait une quelconque faiblesse à cet endroit, mais son foie ne semblait pas apprécier d'être ainsi taquiner, et lorsqu'il cracha sur le sol, Saylen sentit bien ce goût de bile et d'acide lactique. Heureusement, de par sa vie aventurière, notre homme savait très bien gérer cela. Oui, pour lui cela signifiait le début du combat, et non pas la fin de l'effort. Rassurez-vous, tout cela ne prit guerre de temps, deux à trois secondes tout au plus, et déjà un sourire carnassier s'afficha sur les lèvres du Sabre blanc. Le fauve avait fini sa sieste, il allait maintenant montrer ses crocs.

"Let's go!"

Il n'y avait aucune condescendance dans ces mots, juste un air entrain et joviale, presque enfantin. Était-ce le même homme qui venait de parler? Celui qui, plein de principes, s'acharnait à cultiver son nombrilisme? Surement, d'ailleurs la peau un peu arraché de son ventre en témoignait largement. Mais à Dreamland, les gens changeaient vite. Ici, il n'y avait plus les longues réflexions tortueuses de notre subconscient, mais juste les vifs élancements de l'instinct. Et là, l'instinct de l'aveugle voulait tester son art, l'instinct du guerrier voulait se mesurer à quelqu'un qui, sans aucun doute, le surpasserait largement. Aller, après tout ce n'était qu'un foutu rêve! Aussi, une fois ces mots lâchés, les pieds nus de l'homme métissé se mirent à châtier l'herbe dans un sublime sprint. C'était à son tour d'attaquer, et tampis s'il se prend un bon coup de panneau par la même occasion. Sa main droite tenait fermement la garde de son arme. Tout au long de la course, c'est à dire pendant très peu de temps, un phénomène étrange se produisit. C'était un peu comme si une lampe illuminait dans un étui noir, sauf que le sabre était la lampe, et l’étui le fourreau. On constata cependant le pourquoi de cette émanation bien assez tôt, puisquue dans sa course Saylen dégaina son arme de façon fulgurante. Ce geste qu'il avait tant répété dans le monde réel, il ne saurait le rater ici, et le son cristallin du frottement de la lame et du fourreau le ravit, d'autant plus qu'au moment même au le cure dent sortit de son enveloppe, une puissante lumière émanât de lui. Rassurez-vous, ce n'était pas l'aura d'un quelconque Dieu qui aurait décider de faire une petite marche sur terre, non, c'était bien une lueur blanchâtre qui irradiait de l'arme. Après tout, on ne l'appelait pas le Sabre BLanc pour rien, non, son artéfact était l’allégorie de la lumière, et en tant que tel il se permettait de se comporter en étoile.
N'exagérons rien, celui qui était confronté à cette luminescence serait aussi géné qu'un bon conducteur qui, sur une route à double sens, croise un petit cons'amusant à rouler en feux de route. Mais au corps à corps, des feux de routes dans les yeux c'étaient plutôt aveuglants non?

Bref, profitant de la surprise, l'élégant balança son fourreau sur Ed, et plongea vers la gauche. Son arme illuminait toujours, et certes il aurait pu attaquer, mais il avait déjà assez goûté de ce panneau pour savoir qu'il valait mieux ne rien laisser au hasard. Profitant de cet angle nouveau, le bêlatre saisit sa lame à deux mains, lançant un assaut à la fois oblique et ascendant, dans les plus pures règles du Shikendo. Le sabre parti d'en bas à gauche, pour finir en haut à droite, enfin, c'est ce qui devrait normalement se passer si son adversaire ne bloquait pas. Le défaut de cette technique? Il était plutôt évident, car à la fin de l'assaut Saylen se retrouvait debout, les deux mains levées (puisque le sabre est en haut), le torse diablement exposé. Mais bon, jusqu'alors le Sabre Blanc n'avait cessé de briller, et il brillait encore.

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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyJeu 20 Jan 2011 - 16:10
[HRP : J'adore ta réponse ^^]


Pam, mon geste était parfait, mon timing aussi. Tout était bon. Ce fut pour ça que je ne pouvais qu'applaudir (mentalement) mon adversaire qui avait réussi à transformer le coup presque mortel en attaque simple. Non seulement il avait du cran, mais il avait le cerveau bien fait. En gros, malheureusement pour moi, il avait un sens du combat très aiguisé, bien plus que le mien. Il faudrait donc que je me méfie parce qu'il avait de l'expérience. Je ne savais pas où il l'avait eu : s'il était un puissant de Dreamland ou bien un sportif dans le Monde Réel, mais il me faisait peur. Peur dans le sens des frissons et des poils qui aimeraient se hérisser s'il n'y avait pas une couche de sueur pour les plaquer contre la peau. C'était de la bonne peur, c'était le trac avant une interprétation sur une estrade. C'était la peur dont les hommes avaient besoin pour avancer. Et c'était cette lame que je n'avais jamais vu encore qui m'inspirait une crainte. Dès qu'elle sortirait de son fourreau, je pourrais commencer à faire attention. Pour le moment, il n'y avait pas eu de combat : juste un boxeur frappant sur un sac de sable. Mais maintenant, je sentais que l'albinos était chaud.
Disons donc qu'alors que je lui avais lancé mon panneau vers son menton afin de l'envoyer au septième ciel, il avait trouvé la parade parfaite pour ne pas s'en prendre une en pleine gueule. L'albinos fonça vers moi. Tout simplement, se servant de ses pieds comme de la poudre et de sa tête comme un boulet de canon. Il fonça en essayant de me déstabiliser. C'était une bonne idée mais l'allonge de mon panneau était bien trop confortable pour moi. Il avait deux mètres à parcourir, la distance qu'il y avait entre moi et lui, la « petite » distance que je m'étais permise. Et mon panneau allait plus vite que lui tout en ayant eu un départ moins tardif. Son attaque avorta au moment où la barre de fer rebondit contre son torse. Eh non même pas : son fourreau avait fait barrage et s'enfonçait à la place du panneau dans son corps. Il fut projeté en avant, en arrière, je ne sais plus. Mais avec l'élan qu'il avait eu et celui que je lui ai accordé avec le panneau. Il fut soulevé de terre pour... me percuter violemment l'épaule. Je vacillais et ne réussis à maintenir mon équilibre qu'avec l'aide d'un pied derrière moi qui prit tout sur lui.
L'albinos tombait à la renverse et fut projeté sur le sol. Mais il se releva avec un entrain renouvelé qui me fit craindre le pire. Je pus voir, non, deviner ses yeux ! Et ça avait le même regard que moi : il voulait du sang, il voulait frapper. Le combat pouvait enfin commencer. Je préparais mes portails, j'allais bientôt devoir les utiliser face à un gars aussi... je ne savais pas. Il avait du répondant. Il y avait du noble dans ces gestes, dans sa façon de parler et aussi dans sa façon de combattre. Il avait enfin accepté le défi. Il me fit même un « Let's Go. » qui finit de me convaincre. Si on disait ça, c'était que la baston allait non seulement commencer, mais qu'en plus, elle serait viscérale. J'avais provoqué un fauve et il allait maintenant sortir ses griffes. J'agissais toujours de manière inconsidérée, fallait croire que sur Dreamland, j'adorais les emmerdes. Ou alors je devenais d'une connerie ahurissante. J'avais bien envie de m'excuser avant qu'on se combatte. Mais son petit Let's Go me fit l'effet d'un revolver qui aurait tiré vers le ciel pour signaler la mise à mort imminente d'un des protagonistes. J'avais TOUJOURS rêvé qu'un adversaire me dise cela ! J'étais tellement content, tellement excité quand il me le fit. Les mots roulèrent dans mes oreilles comme dans une baignoire confortable et je savourais cela. Et je rêvais aussi de répondre à cet adversaire :

« Oh Yeah. »


Puis je me mis en position, l'épaule un peu douloureuse, sourde, comme si on m'avait retourné l'omoplate sans que cela ne me fit du mal. Mais ce n'était pas inquiétant. Non, ce qui était inquiétant, terrifiant même, était la course du sabreur. Il fonça vers moi et sortit enfin sa lame dans un geste parfait et un son aussi cristallin que la faux de la Mort.. J'étais prêt à lui faire obstruction. Puis je vis enfin quelque chose rayonner. Le sabre était blanc, si blanc qu'il en produisait de la lumière. Un second astre naquit du fourreau et je pus voir à chaque fois la plaine s'illuminer de nouveaux échos de phosphore. Mais le pire dans tout ça était que mes lunettes de soleil que j'arborais crânement sur le nez, ne faisaient rien pour retenir mes pupilles d'être aveuglées. Non pas que les rayons étaient trop puissants et qu'elles rendaient les verres teintés obsolètes, mais que ces dernières n'avaient pas les mêmes propriétés que celles terrestres. Elles n'en gardaient que l'aspect. Je ne voyais pas plus sombre avec elles devant mes yeux; En gros, moi qui était connu pour mes lunettes de soleil que je chérissais plus que tout, je ne pouvais pas mieux me défendre contre les attaques lumineuses que les autres Voyageurs. Je fus donc carrément ébloui par ce sabre si pur qu'il semblait pouvoir tout transpercer. Le Sabre Blanc.
Il valait mieux que j'évitais de lui envoyer un coup dans sa course. Il le parerait aisément et je serais sans défense. Je ne comptais pas mes portails certes. Mais il pourrait y avoir un problème avec des larges coups. Je ne devais les utiliser qu'en cas de nécessité absolue, et si je ne pouvais rien faire d'autre. Si je les utilisais mal, ils pourraient même se retourner contre moi. Il fallait donc que je conserve mon calme pour déjouer l'adversaire facilement.
Ce dernier m'envoya en pleine course son fourreau. Si je fus surpris, je ne le montrai pas. Je n'avais pas deviné qu'il l'utiliserait comme projectile mais j'étais trop concentré sur sa frappe pour que sa gaine me distrait vraiment. Il y avait encore de la distance entre nous et je pus voire le fourreau venir. Je fis juste un petit décalage sans bouger ma défense. J'étais prêt à parer et à contrattaquer si besoin est.
Le coup qu'on m'envoya fut une attaque ascendante en diagonale, qui était censée remonter jusqu'à mon épaule. Un coup classique mais tranchant. Efficace. Mon pied gauche s'étant installé en arrière, ce fut ma cuisse droite qui se prit une taillade longue de dix centimètres et peu profonde (ce n'était certainement pas le point visé dans la technique). J'eus un sifflement de douleur et mon panneau qui était aussi en garde en diagonale (dans le même sens que le coup d'ailleurs) bougea lestement. La partie inférieure qui traînait près de mon côté droit se souleva pour parer la lame après qu'elle ai découpé ma jambe, et la fit lever vers le haut avant qu'elle ne s'attaqua à mon torse. Elle fut déjouée de peu, la lame sifflant devant mon visage en le frôlant, remplissant mes yeux de lumière vive et les fermant sur le coup. Pour résumer, elle avait accompagné le geste du sabre mais en le décalant de moi. Maintenant que j'avais partiellement déjoué cette attaque, je pouvais me mettre à l'offensive.
Bon, ce fut long à mettre en place cette offensive, vue la lourdeur du panneau. Assez long pour qu'il puisse remettre son sabre en défense quoi, malgré le choc entre les deux armes. Je fis un bond en arrière pour allonger la distance qu'il y avait entre nous et fit un large mouvement horizontal du panneau au niveau de ses hanches, qui balaya l'intégralité de mon champ de vision en une tâche grise floutée qui s'envola de ma droite pour terminer à gauche. Et au milieu, il y avait l'albinos. J'avais hésité à viser la tête mais il semblait trop rapide et trop leste pour que ce coup l'atteignit. Il valait mieux jouer la carte de la sûreté et le fatiguer avant de lancer des coups plus précis, mais plus faciles à esquiver.
Dès que mon attaque fut terminée, qu'elle ait fait mouche ou non, je remontais le panneau vers le haut et le fis glisser entre mes paumes afin d'avoir une défense plus solide et plus courtaude. Ma jambe hurlait, et quelques filets de sang coulèrent jusqu'à mes tongs. Mais la douleur était largement supportable : c'était ça ou bien avoir la tête tranchée. Elle cria encore plus quand je fis le petit pas en arrière mais je n'avais pas le temps de l'écouter se plaindre. Mon instinct me cria de faire attention. Pas à cause de la lumière du sabre (j'avais fermé un unique œil droit, celui qui était le plus susceptible de se faire illuminer. Il y avait un angle mort mais je pouvais voir sans trop de problème. L'autre œil était ouvert et plissé comme une peau d'aïeul), mais parce que le coup qu'il m'avait envoyé était trop... net. Trop bien découpé. Bref, comme je l'avais prédit, c'était un expert en maniement du sabre. Et il m'éblouissait toutes les secondes, fatiguant ma pupille. Moi, j'avais un panneau de signalisation à lui opposer. Et il allait bientôt être temps de sortir des portails.
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyDim 30 Jan 2011 - 3:17
Non, c’eut été trop beau que le combat finisse ainsi. Et à vrai dire, le Sabreur aurait été monstrueusement déçu. Car oui, le combat avait gagné un niveau, ce n'était plus la une vulgaire dispute de coq, mais bel et bien un Duel de Gentilhommes. L'autre devait surement le sentir d'ailleurs, cette atmosphère divine, qui, à l'instar de milliers de cris exaltés, rendait hommage à leur machisme. En tout cas Saylen, lui, pouvait presque l'entendre, c'était comme le rythme grave et cadencé des tambours de guerre, auquel se mêlerait ci et là un violon et une clarinette, et pourquoi pas, une puissante voix d'Alto. Bref, c'était l'extase quoi!
Revenons en au combat ceci étant. Bien qu'ayant caresser la jambe de l'adversaire, le Sabre blanc, en grand timide, n'osa pas aller jusqu'au torse, si bien qu'une barre de métal vint s'opposer à son avancée. Oui, il l'avait paré, mais le mot dévié serait plus juste, puisque là où la vibration du fer contre le fer aurait dut secouer ses bras il n'y eut qu'un strident raclement aigu. En plus d'être désagréable cela signifiait qu'il avait raté sa cible, laissant de fait une sublime ouverture. Décidément, il faudra un jour qu'il se penche sérieusement sur le sujet, car il commençait à en avoir ras le bol de ces erreurs béantes du Shikendo. D'accord, un maître du sabre pouvait trancher tout ce que rencontrait sa lame, mais OUAWW, les ouvertures qu'on pouvait trouver en combattant un "samouraï" étaient juste énormes. M'enfin, ne nous laissons pas troubler pour si peu, les lamentations devaient laisser place à l'action. Le bond que fit alors Ed ne manqua de surprendre. Pourquoi n'avait-il pas profiter de la défense quasi-inexistante du sabreur pour attaquer? Pitié? Non, cet homme n'était pas du genre à donner la charité en plein combat. D'ailleurs, Saylen n'eut pas à réfléchir, car alors qu'il replaçait lui même son arme en position de défense, ses yeux s'écarquillèrent face au boulet de canon qui s'approchait de lui. Évidemment! Pareille arme n'est pas faite pour attaquer dans des situations étriquées, non, il lui fallait de l'espace, de l'élan, et oui, de la puissance. Certes, un coup de poing aurait pu faire l'affaire, mais pourquoi s'abaisser à cela alors qu'un bon coup de panneau ça fait tellement plus mal? M'enfin, ce qui est sûr c’est qu’il fallait mieux pour lui qu’il ne se prenne pas ce coup de mortier. S’il avait réagit plus vite, le bretteur aurait pu bondir vers son adversaire, et bloqué le panneau en amont, ce qui aurait considérablement réduit la puissance du coup. Hélas cela n’avait pas été le cas, et plus tard, le bellâtre pourra sans plaindre. Trop concentré à respirer afin d’enlever le steak chaud qu’on lui avait greffé sur le ventre, notre héros ne réagit qu’une fois le coup lancé, c’est à dire trop tard. Bon, heureusement, il n’était pas trop en retard sur le timing du combat, si bien qu’il eut le temps, lui aussi, de bondir en arrière.

Malgré son entrainement, malgré toutes ces années passées dans ce dojo, il souffrait encore de mouvements parasites. N’importe quel être normal aurait fait comme lui, mais cela ne suffisait pas à l’excuser. Dans son saut, notre galant avait prit son impulsion sur la jambe gauche, se retrouvant ainsi de profil. Cela lui permit certes d’esquiver un coup provenant de la droite, mais la violente rencontre du panneau sur son avant bras gauche le rappela rapidement à l’ordre. Heureusement pour lui, ce n’était pas un choc frontal, mais plutôt quelque chose situé entre l’effleurement et la raclure. Quoiqu’il en soit, ça faisait un mal de chien! Les nerfs détestent être taquinés, et ils le montraient bien. C’était comme une sorte de vibration lancinante qui, résonnant à l’intérieur de ses os, réduisait à néant tout effort d’oblitérer la douleur. En bon combattant, Saylen se contenta de froncer les sourcils, toutefois il ne pouvait tromper personne. Son sabre que, avant, il tenait à deux mains gisait maintenant dans la droite, tandis que son autre bras balançait mollement à ses cotés. Bien entendu, il aurait pu surmonter sa douleur et continuer comme avant, mais une main était largement suffisante pour montrer l’étendue de son art. Et puis, sa main endolorie aurait rendu ses coups fébriles, et donc imprécis. Profitant du léger répit suivant cette attaque, notre homme recula quelque peu. Il avait remarqué que son partenaire prenait un malin plaisir à mettre de la distance entre eux, comme s’il pensait qu’il pouvait avoir plus d’allonge? Et ben, si c’était le cas, c’était là une bien triste erreur de sa part. En même temps qu’il s’éloignait, le sabreur mit fin à la luminescence de son sabre. Non pas que la lumière le gênait, car tant qu’il tiendrait cette arme il ne pourrait être aveugler, non, il ne voulait pas que l’autre s’y accoutume.

3 secondes, tel fut le temps où, admirant l’air du temps, notre combattant resta de marbre. Sans doute l’autre en fera autant, de toute façon, l’espace qu’il y avait entre eux désormais le forcerait à avancer s’il voulait l’atteindre avec son panneau. C’était comme une pause dans une sonate endiablée, un instant de félicité ou le souffle redevenait calme, ou l’âme en exergue recentrait sa substance sur le corps, afin d’atteindre l’apothéose d’une synchronisation parfaite. Trois, deux, un :


« Yep! »

Oui, petit cri de joie, petit cri d’espoir, voici le son que poussa notre noble, qui, il faut l’avouer, s’amusait comme une enfant dans cette bataille. Son visage ne manquait pas de marquer son excitation, quand, pivotant sur lui même, il se permit de tourner. Ce n’était pas une simple pirouette, non, car son arme s’était violement remise à briller, et le charmant se permit de ... Trancher l’air. Biensûr, il ne pouvait faire cette action, mais cela n’empêcha pas à un arc de cercle nacré de s'échapper de la lame, poursuivant sa route à la vitesse d'un sprint vers le numéro 4 de la league Baby. Oui, certain l'appelait Slash, ou encore Lame volante, mais cette attaque n'était rien d'autre qu'un concentré de photon qui, à l'instar du fil d'une épée, pouvait trancher la chair. Et oui, le Sabre Blanc n'était pas classé comme Objet de rang A pour rien, et même là, Saylen sentait qu'il n'utilisait qu'une faible partie du pouvoir de cet artefact. Quoiqu'il en soit il ne resta pas bêtement à contempler le résultat de son assaut, car déjà il enchaîna sur une deuxième pirouette. Cette fois, celle-ci fut descendante, si bien qu'à la fin du tour, notre homme fut accroupi, le genoux gauche posé au sol tendis que son pied droit lui servait de point d'appui. Vous vous en doutez, un deuxième coup de sabre, et une deuxième Lame volante qui s'en alla. Elle rasait si bien l'herbe que les brins verdâtre se courbaient sur son passage. Sans doute auraient-ils été trancher si la chose n'avait pas fait que les effleurer.

Encore une fois, le temps du spectacle était terminé, et n'attendant pas le résultat de ses attaques, le belâtre s'élança vers sa cible, entamant un sprint déjanté où le pommeau de sa lame reposait sur son épaule, maintenu en équilibre par sa main droite. Pareille position n'était pas pratique pour la course, aussi sa vitesse fut-elle diminuée, mais surtout, on pouvait remarquer que son épaule droite se penchait un peu en avant, comme pour faire... contrepoids? Quoiqu'il en soit il était prêt à l'assaut, où à l'esquive. Que sa course ne soit pas stoppée par le panneau de métal, et il bondirait en véritable guépard, dirigeant sa lame vers le visage de l'ingénu. Mais encore fallait-il pour cela, que sa course ne soit pas arrêt
ée.[/i]
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MessageSujet: Re: Break non désiré ; Break interrompu Break non désiré ; Break interrompu EmptyLun 31 Jan 2011 - 22:31
Le coup que je lui balançais faillit ne pas le toucher. Il avait réussi à sacrifier son avant-bras pour ne pas se prendre un coup dans le torse. Il avait déjà morflé à deux reprises, et une troisième fois aurait pu être dangereux pour son organisme. Dès que je serais plus fort, que mes bras pourraient battre cinq camionneurs au bras de fer, je pourrais lancer des patates aussi puissantes de près que de loin. Un adversaire touché aurait du mal à reprendre sa respiration. Mais celui que je combattais avait quelque chose en plus que les autres n'avaient pas. Je n'arrivais pas à saisir cette sensation, qui était à l'origine du danger que je nourrissais contre lui. Il me faisait peur, mais pourquoi ? Je n'en avais aucune idée. Il y avait quelque chose dans son attitude, outre son expertise au sabre et ses manières mesurées. Je ne pensais pas qu'il fut beaucoup plus fort que moi. Ce n'était donc pas une peur instinctive qui prenait ma gorge et mon estomac en étau.
Mais en tout cas, il reçut un panneau dans l'avant-bras gauche, peut-être le meilleur mouvement qu'il pouvait faire dans une telle situation. Ma parade avait dû le déconcerter suffisamment pour que mon coup puisse porter dans une onde de choc violente. S'il n'y avait rien au bras, la douleur devrait au moins être en train de le saisir. Certes, mon arme avait dérapé sur sa peau mais ça ne l'empêcha pas de déguster. En tout cas, je l'espérais. S'il avait une défense assez solide pour contrer mon panneau, je ne pouvais rien faire contre lui. Mais je vis bientôt qu'il ne bougeait plus son bras. Feinte ? Douleur prononcée ? Os brisé ? Si je ne pouvais pas répondre à cette question, il ne me restait plus qu'à prendre l'option la plus pessimiste et à me préparer à ce qu'il utilisa son bras dans les actions qui venaient. Mais si il m'attaquait avec une seule main, il y avait de grandes chances qu'il ne puisse effectivement plus utiliser son autre bras. Feinter en n'utilisant qu'un bras pour perdre de la puissance et de la précision dans ses coups afin d'assurer ce qui suivrait était un mauvais pari. Il risquait de perdre bien plus qu'il ne prendrait. Donc je fis autant attention à ce sabre lumineux (sans trop vraiment le regarder, vous imaginez bien) qu'à ce bras qui pendait le long de son corps. Il ne tenait le pommeau que de sa main valide... Que penser ?

De plus, il s'était reculé. Il était hors de la portée de mon arme, donc je pouvais en conclure que j'étais a fortiori, trop loin pour la sienne. Je faisais toujours attention à chacun de ses gestes. J'étais peut-être trop concentré. Et il y avait toujours ce sentiment terrible qu'il m'infligeait sans que je sache. Pourquoi, alors que je dominais pour le moment mon combat, avais-je si … peur ? Comme un sentiment d'impuissance, de défaite imminente, alors que rien ne présageait de tel. En tout cas, ce fut pourquoi pendant quelques secondes, je ne pris pas l'offensive pour enfoncer sa garde. Il y avait quelque chose en moi, une partie inconsciente qui prenait une inconnue en plus sans que je puisse mettre le doigt dessus. Il était étrange aussi que je n'osais pas attaquer. Quand je me remémorais les passes précédentes afin de lui dénicher les faiblesses, j'étais parvenu à la conclusion suivante : nous avions tous deux des capacités hors normes dans l'offensive, et peu de défense pour compenser. Lui possédait un sabre, rendant chacun de ses coups potentiellement mortel, surtout qu'il le maîtrisait avec maestria. Contre ça, j'avais une encombrante barre de fer que j'avais du mal à utiliser aussi efficacement pour me défendre avec à cette lame de vent, portant en elle les rayons du soleil entier. Par contre, je possédais une arme lourde qui pouvait transpercer sa défense comme du beurre. Seul inconvénient : il pouvait facilement esquiver tandis que j'avais des difficultés à parer ses coups plus vifs que l'éclair, et assurément plus mortels. La raison pour laquelle on hésitait à prendre l'offensive tenait en un mot : la contrattaque. Je ne voulais pas me lancer sur lui car il possédait une agilité hors-norme et pouvait facilement s'élancer vers moi tandis que j'aurais du mal à me saisir de mon arme pour maximiser mes défenses. Et lui, il devait parcourir plusieurs dangereux mètres avant de pouvoir me toucher d'un coup. Chacune des attaques qu'il portait était risquée, et avancer était dangereux. Je fus content qu'il y ait une petite pause dans le combat, me permettant de souffler un peu. Juste poser le panneau contre le sol pendant une seconde permit à mes muscles de me détendre.

Je le repris pour parfaire ma défense, le laissant en diagonale pour pouvoir contrer n'importe quel coup en la décalant au loin, comme je venais de faire. Et si besoin est, à lancer des attaques à distance rapidement s'il faisait mine de s'approcher. De toute façons, il pouvait toujours essayer de me pousser au maximum de mes capacités. Si mon compagnon Jacob était un spécialiste de la défense pure, j'étais un maître dans l'art de la contrattaque. Mon pouvoir me permettant de rediriger toute attaque ennemie vers lui, je n'avais pas grand chose à craindre d'une attaque lente ou régulière. Mais déjà, face à un sabre, j'avais fort à faire. C'était une arme dangereuse et qui se maniait rapidement. J'aurais plutôt intérêt dans le Monde Réel à m'instruire des arts martiaux demandant une arme afin de pouvoir facilement prévoir les attaques des dingues qui pourraient me défier. Et si possible, que je le fasse avant de voire ma tête partir de son socle. Pour le moment, je devrais improviser. J'étais bon au niveau des coups de poing, mais je ne pouvais rien dire avec une arme. Mes seules expériences, je les avais vécu avec une interdiction de tourner à gauche, ce qui était peu pour anticiper un épéiste confirmé. Bien trop peu.

Puis mon adversaire se lança à l'attaque. Mais il ne s'approcha pas de moi, non. Il resta à distance tandis qu'il pirouettait. Et du bout de son sabre jusqu'à la lame entière, de la lumière semblait s'en échapper. Guidé par le geste insufflé, la lumière se transforma en coup tranchant. Dans le Monde Réel, j'en aurais été coupé en deux de surprise totale. Là, j'étais complètement indécis. Depuis quelques instants, il ne cessait de parier son corps pour venir m'attaquer, essayant de se sauvegarder d'un panneau meurtrier. Maintenant, je comprenais que depuis le début, il se foutait de ma gueule : il était parfaitement capable de m'envoyer des coups à plus longue distance que moi. Je faillis enrager si la situation ne fut pas aussi critique.
J'avais de la chance dans mon malheur : il était assez loin pour que j'anticipais son coup et ma position de défense était intacte (panneau en diagonale, trois-quarts tournés vers l'adversaire). La première lame de photons qui m'arriva dans la figure fut stoppée net et loin de mon corps. Je tendis mes bras et réussis à me prémunir de l'attaque, qui ne fut pas déviée par une magie quelconque. Le choc fut rude, j'eus vraiment l'impression d'avoir stoppé une véritable lame. Mais plus que ma défense violentée, ce fut la lumière qui me gêna. J'en eus une grimace et je détournais la tête pour protéger mes yeux. Quand la vague de lumière se volatilisa sans un bruit, une autre lui succéda. Mes yeux furent aussi agressés, et une partie de moi qui en avait marre de se faire éblouir brisa ma défense pour épargner mes yeux. Résultat des courses : je pus de justesse dévier le coup mais mon épaule fut touchée, ainsi que mes lunettes de soleil, proprement tranché en deux. En plus du sang qui tombait le long de mon corps, chacun des verres tomba d'une part et d'autre de mon nez avant de se volatiliser sur la pelouse. Mon épaule droite en était complètement secouée : la blessure était la plus importante que je n'avais récolté dans ce combat. J'avais l'impression que mon omoplate allait ressortir à l'air libre, déchirant les veines qui criaient au supplice. La douleur était telle que des larmes perlèrent de mes yeux tandis que mes dents tambourinaient contre leurs voisines. Je ne savais pas pourquoi, mais il y avait un chirurgien fou qui était en train de découper mon épaule avec un scalpel tandis qu'un de ses confrères s'acharnaient à me recoudre sans anesthésie.
Dès que mes yeux revinrent voire ce que faisait l'adversaire, je l'avais juste en-dessous de mon nez. Il était déjà là. MAIS BIEN SÛR CONNARD !!! BORDEL, TU SAIS PARFAITEMENT QUE LE PAUVRE NE PEUT PAS S'APPROCHER DE TOI SANS DANGER, ET QUE LE MEILLEURE SOLUTION POUR LUI CONSISTAIT A T'OCCUPER !!! Mais depuis quand je n'étais pas aussi concentré ? Pourquoi je n'avais pas pu voir aussi loin dans son jeu, ce n'était pas comme si il aurait pu me surprendre. J'aurais dû deviner qu'il allait venir ! J'aurais dû savoir que les lames de lumière n'étaient qu'un leurre pour me détourner. Des attaques surprise à longue distance qui illuminaient, comment je n'avais pas pu deviner qu'il allait se retrouver devant moi la seconde d'après ? Négligence. Négligence mortelle. Une seule solution. Mes yeux se remplirent d'encre et mes cheveux furent secoués.

Premier portail : Devant ma gueule d'ange, prêt à intercepter tous les coups qui iraient de ma tête jusqu'au nombril environ. J'avais pu voir la pointe de la lame et avais rapidement dressé un portail de défense destiné à l'arrêter.
Second portail : Un gros mètre devant moi, tourné dans le sens inverse du premier.
Effet provoqué : Pour expliciter, je pouvais dire que le sabre disparut à dix centimètres de mon visage pour venir embrocher mon épéiste d'adversaire. Bon, je caricaturais. Si ça se trouvait, le sabre ne frôlait même pas son vêtement, mais il était dirigé vers lui, c'était certain. S'il avançait son sabre ou bien s'il reculait sans bouger ce dernier, il sentirait largement la pointe de son arme lui chatouiller la colonne vertébrale.

L'attaque fut évitée, mais mon pouvoir serait certainement découvert. Il n'y avait pas plus explicite que ça pour le faire découvrir. Je ne savais même pas si son sabre le touchait ou non, je ne le voyais pas. Il pourrait autant le faire saigner qu'être à dix centimètres de lui. Les portails faits à la-vite étaient décidément très handicapants. Il ne m'aurait pas envoyé des attaques lumineuses et foncer sur moi qu'il aurait pu se surprendre à ressembler à un bout de viande planté sur un bâton destiné à cuire au barbecue. Évidemment, j'avais largement plissé les yeux et détourné le regard pour ne pas m'aveugler sur place.
Moins d'une seconde après avoir utilisé mon pouvoir, je lâchai mon panneau pour ne le tenir qu'à une main, tandis que l'autre fonça prendre le poignet du sabreur. Je ne sus pas si je réussis mais ce dont j'étais sûr, c'était que mon pied décolla du sol pour aller frapper en plein dans le ventre mon adversaire. D'un coup puissant qui n'attendait pas de réplique. Le but de l'attaque était de le garder près et de moi tout en l'éloignant. Ainsi, il pourrait tranquillement se faire planter sur son sabre s'il ne se défendait pas ou autre. En gros, dans le meilleur des mondes, j'agrippais son poignet pour ne pas qu'il éloigna son sabre de ma figure (donc de mon portail, donc de derrière lui) tout en repoussant son corps vers sa propre lame. Bref, étendre son bras au maximum. Ainsi, il pourrait répondre à la question évidente : mais où diable était passé le reste de sa lame ? Ah Ok, dans mes vertèbres.
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Break non désiré ; Break interrompu

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