Haut
Bas

Partagez|

[Quête] Dispute féminine [Terminée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Messages : 184
Date d'inscription : 30/05/2010
Age du personnage : 27

Voyageur Expérimenté
Shana Delizet
Voyageur Expérimenté

Carte d'identité
Essence de Vie: 120
Renommée: 260
Honneur: 55
MessageSujet: [Quête] Dispute féminine [Terminée] Dim 5 Déc 2010 - 15:57
    Première partie - Le monde réel


Epuisée, anéantie, crevée, morte, abattue, claquée, lasse, patraque, tous les synonymes qui pouvaient indiquer que j’étais… Exténuée. Il doit y avoir au moins quarante-trois synonymes du mot « fatigué », et une trentaine pour le mot « morte ». Après je pourrais rajouter les mots courants, familiers, comme HS, out… ll y en a sûrement d’autre, mais je n’avais plus vraiment la force de réfléchir à ça. Tout ce que je voulais c’était rentrer chez moi et dormir en oubliant cette horrible journée ennuyante, harassante, et… encore là je pourrais vous ressortir tous les synonymes, mais je vais plutôt arrêter avec cela, avant que vous arrêtiez cette lecture… Affalée sur la table du bar où je me trouvai, je me mis à compter lentement en essayant de retrouver mon calme et de ne pas renverser cette gentille table qui ne m’avait rien fait. Qu’est-ce que j’avais fais pour mériter une telle chose ? Je suis une excellente élève à l’école, dans les premières de ma classe, je me porte souvent bénévole dans des associations qui en ont besoin, je ne dépense pas mon argent à tout va, je ne bois, ne fume pas, je ne couche pas à droite à gauche. Bon, je ne fais pas encore la prière au début du repas et avant de dormir, mais tout de même ! Faites que cela s’arrête vite avant que je ne casse quelque chose !!!!

Une voix me fit sortir de mes pensées. Je me redressai et levai les yeux vers la serveuse. Grande, blonde, un décolleté à en faire rougir une prostituée, et des yeux bleu glacial qui me regardaient à la façon d’un prédateur prêt à égorger un ennemi. Je me demandai pendant une seconde ce qu’elle pouvait bien attendre, avant de me rappeler son travail au bar… Je pris donc commande et elle s’éloigna sans rien dire. J’haussai un sourcil, perplexe, avant de faire de même avec les épaules et d’enfouir mon visage dans mes bras croisés, de cet angle, je pus regarder l’heure : 17h52. Déjà quatre heures… Si un Dieu existe vraiment, qu’il fasse que mon supplice s’arrête très vite avant que je ne tue quelqu’un dans les souffrances les plus atroces. Quelques minutes plus tard, la grande blonde revint vers moi et posa une tasse de chocolat devant mes yeux. Je la remerciai et mis mes mains autour en poussant un soupire d’extase. Cette année, l’hiver était arrivé plus tôt, et malgré le fait que nous soyons tout juste aux vacances de Noël, les températures extérieures ne dépassaient pas 0°C. Quoique, ça devait être normal… Mais je n’avais pas l’habitude de températures aussi basses. Vêtue d’une jupe à carreaux noir, violet et gris, de collants violet, de guêtres, d’un sous-pull et d’un long gilet en laine noire, ainsi que d’une écharpe, d’un bonnet et de gants, j’étais parée au froid, mais le bienfait d’un chocolat chaud était toujours le bienvenu.

- Ça y est, j’ai trouvé !

Mes yeux se levèrent vers le jeune homme qui tirait la chaise à côté de moi pour s’y asseoir. Grand, plus que moi, ses cheveux bruns formaient un champ de bataille sur sa tête, ses yeux d’un bleu pétillant me regardaient avec une joie sans nom. C’était un garçon très beau, mais sous cette beauté, on pouvait encore trouver les traces de sa jeunesse. Après tout, Hugo, mon frère, n’avait que 14 ans, et malgré sa petite tête d’ange, je n’avais qu’une envie : le tuer. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Une fois tous les deux ans, mes parents se prenaient des vacances en amoureux. Cette année, il ne leur restait qu’un seul enfant à la maison, et n’avaient trouvé personne pour garder mon petit frère. Evidemment, aucun de mes frères aînés ne s’étaient portés volontaires pour s’occuper de notre cadet. Du coup, j’avais un peu été obligée de me proposer. Au début, cela ne me dérangeait pas, j’aime mon frère et cela faisait un moment qu’on ne s’était pas vu. J’avais d’ailleurs eu la surprise de voir qu’il me dépassait, et que sa voix partait aussi souvent dans les aigus que dans les graves – autant dire que je m’étais bien moquée. Enfin bref, tout ça pour dire qu’il était la cause de ma si graaaaaande fatigue, et que la seule chose que je voulais c’était briser son petit cou… Mais en tant que grande sœur attentionnée, je ne le ferais pas…


- Tu as trouvé quoi ?
- Ce que je cherchais.
- Mais encore ?

Hugo ne fit que me sourire en guise de réponse avant d’appeler la serveuse pour commencer un coca. Saleté d’adolescence ! Depuis le début d’après-midi, il m’avait trainé dans toutes les rues de Montpellier pour vider mon compte en banque… Enfin, celui de mes parents surtout. Je n’avais même pas pu m’acheter quoique ce soit car les magasins où il m’emmenait étaient nuls et inintéressant. Et bien sur, il n’avait pas voulu aller là où je voulais aller. J’avais finis par être clémente, car il venait très rarement à Montpellier, je crois même que c’était la première fois qu’il pouvait en faire le tour comme ça. Je soupirai et pris une gorgée de mon chocolat chaud.

- Tu as finis tes achats alors ?
- Oui, on peut rentrer si tu veux.

Allélouia !!! Finalement Dieu existe vraiment !!! Nous terminâmes donc la journée sur une note joyeuse. Après avoir payé le barman et être sortis de l’établissement, on prit la direction du métro pour retrouver la douce chaleur de mon studio. Arrivés à celui-ci, j’ouvris la porte d’entrée et mon frère alla se jeter sur mon canapé lit en soupirant de… fatigue. Surtout rester zen ! Je lui tendis ses sacs avant d’annoncer que j’allais prendre une douche et qu’en attendant il pouvait regarder la télé. Je me dévêtis avant d’entrer dans la douche – plus pratique me direz-vous – et laissai couler l’eau chaude sur moi avec extase. Aaaah ! Ca faisait du bien ! Une fois réchauffée et propre, je sortis et envoyai mon frère me remplacer sous l’eau. Pendant ce temps, je mis mon pyjama et préparai le repas du soir. Tout en remuant mes pâtes, je jetai un œil sur le calendrier accroché au mur juste à côté. 23 décembre. Pour la première fois, la famille n’allait pas être réunie pour fêter Noël. Mes parents étaient partis au ski en se disant que nous étions assez grand, mais surtout parce qu’ils ne pouvaient pas y aller à un autre moment. Quant à Julien et Timothé… Le premier devait passer Noël chez sa copine, du moins c’est ce qu’il m’avait dit deux semaines plus tôt, et le second était… Et bien, en fait je n’en avais aucune idée. Il était plutôt du genre à ne jamais prévenir de l’endroit où il se trouvait. Je soupirai.

- Ça ne va pas ?

Je tournai la tête vers mon petit frère qui me regardait avec inquiétude, tout en séchant ses cheveux encore trempés.

- J’étais juste en train de me dire que c’était la première année que nous ne serions pas réunis pour Noël.
- Oui c’est vrai… Mais nous sommes tous les deux, c’est déjà ça !