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"Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi]

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MessageSujet: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyLun 29 Nov 2010 - 22:54
La mine de mon crayon rayait la feuille plusieurs fois avec violence avant de recopier quelques mots crachés du vieux croulant en face. Autour de moi, une cinquantaine de personnes étaient fixées aux lèvres du professeur (où décrochées, comme moi) tandis qu'à chacune de ses glorieuses intonations s'en suivait un rapide concours de ratures avant que tout un chacun ne releva les yeux en espérant être le premier à noter la prochaine réplique culte qui sortirait du micro. Cette scène en un seul acte, une seule scène de six heures (et seulement trois entractes de cinq minutes) était d'autant plus ennuyeuse que je n'avais jamais voulu la regarder. Pour parfaire mes talents de pigiste, mon école avait soudainement décidé que je devais faire un stage de comptabilité de cinq jours. Ni une ni deux, je fus embarqué contre mon gré avec quatre autres élèves de ma promo dans une université où on nous desservait sans relâche des concepts aussi fumeux et irrévérencieux que « Quotes-parts de résultats sur opérations faites en commun », « Dotation aux amortissements et dépréciations », « Revenu courant avant impôt » ainsi que « Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement ». Des mots qui vous faisaient bâiller avant même d'être fini de prononcer. Devant nous, un brave homme respectait avec ferveur les grands principes du cliché de l'expert-comptable : un crâne luisant qui plus jamais ne serait recouvert par des cheveux (le type ne devait pas dépasser la cinquantaine, pauvre gars), desservi par une court couronne brune. De discrets lorgnons cachaient avec peine des cernes fatiguées. Son costard-cravate bleu anthracite marquait son embonpoint, sa petite taille lui donnait un air méprisable et agressif, comme s'il avait choisi un métier destiné à faire chier le monde juste par vengeance. Malheureusement pour lui, j'avais toujours détesté les monologues, surtout ceux qui traitaient de sujet aussi inintéressant que la comptabilité financière.
Au début, malgré son comportement blasé que devait afficher chaque être humain plongé dans les chiffres après au moins deux mois, il avait essayé de sortir quelques blagues qui tombèrent à l'eau plus sûrement qu'un bloc de béton heurtait le fond de la scène quand il était accroché à un Rmiste. Puis voyant que les seuls rires qu'il réussissait à déclencher n'étaient que des moqueries, il se renferma et commença sa lente mélopée de chiffres, de calculs et de bilans que devraient lui acheter à prix d'or Morphée et le marchand de sable. Seulement, j'avais décroché dès les premiers mots diffusés dans l'amphithéâtre. Les dizaines de notions relativement savantes se perdirent au-dessus de ma tête pour se faire engloutir par les autres élèves, aussi fascinés qu'un gamin devant un cadavre sanguinolent. J'admirais leur courage sans borne qui dépassait l'ennui mortel des définitions, leur soif de savoir et de connaissance qui leur permettait de digérer des concepts aussi houleux, leur incroyable persévérance pour surmonter chaque difficulté, théorique et pratique d'un exercice comptable, leur vitalité pour ne pas s'endormir après tant de coups de butoir sur le frêle esprit qui nous habitait … à moins que je ne louais leur formidable crétinerie. Oui, ça devait être ça : je ne pouvais pas crier en liesse devant des abrutis qui rêvaient de faire comptable. Vouloir se lancer dans la comptabilité, c'était la preuve d'une âme morte, une coquille vidée d'enseignements qui n'aspiraient qu'à une vie des plus banales. La comptabilité, c'était un trou noir qui aspirait de plus en plus de défigurés mentaux ; son expansion était la preuve de la corruption grandissante en ce monde, qui était parfois plus ténébreuse que les secteurs dont elle devait s'occuper. La comptabilité, c'était vieillir avant l'heure ; la comptabilité, c'était une marque de domestication de la finance sur l'homme.
Les six heures étaient plus traînantes que mes réflexions ; je serais bientôt obligé de me manger le bras pour survivre. Chaque mot était plus long, plus compliqué, plus inextricable que son précédent, et donnait à la phrase un ton incohérent et inutilement complexe et complexée. Ses cours ressemblaient à une lobotomisation, et j'avais l'impression que si j'osais essayer d'écouter comme mes voisins, mon âme ne pourrait jamais monter au paradis. Je fis plusieurs fois des efforts pour me concentrer sur le cours, mais ma démotivation évidente, ma frustration entière, et l'intonation monotone rendaient ces projets morts-nés. J'étais tenu de rester jusqu'à la fin du cours, coincé entre le sommeil et la comptabilité. Je mirais mon portable d'un œil torve, mais personne ne m'avait envoyé de message. Je n'avais strictement rien à faire et je devais patienter six heures sur ce maudit banc en attendant que le cours se termina. Selon moi, dès que je regardais sur mon portable toutes les cinq minutes, l'heure n'en avait avancé que de deux. Et plus je regardais, plus les secondes semblaient s'écouler lentement. Une partie imaginative de moi-même qui alla bientôt s'échouer avec le reste dans un état catatonique me soufflait que je me trouvais dans une faille spatiotemporelle. Même pas un sourire sur mes lèvres gercées : j'aurais préféré que ça soit le cas.

Dès que ces interminablement longuettes six heures se furent écoulées, mon corps tout entier était secoué d'un choc foudroyant. Mes yeux retrouvaient leur petite étincelle de vie, mon corps bougeait dynamiquement au lieu du ralenti habituel, et mon cerveau chauffait sous le crâne. Mis à part la pâleur quand je ressortais dehors, on pouvait penser que j'étais parfaitement normal. Je courus presque jusqu'au bus le plus proche, qui me conduisit à cinq minutes de mon studio. Je pouvais vous dire que le trajet dans cet abject véhicule public passa si rapidement que je faillis louper mon arrêt. A une seconde près j'avais le bras coincé dans la porte coulissante. Je montais une à une les marches jusqu'à mon studio (l'ascenseur ne marchait pas, sinon ce n'était vraiment pas drôle).
Quand je rentrais dans mon appartement, le chat Burritos me fit la fête en ronronnant. Mais aucun maître de chat n'était dupe quant à l'affection soudaine de votre animal pour votre insignifiante personne. Même une horloge n'était pas aussi précis qu'eux pour savoir quand est-ce qu'il était temps de remplir la gamelle. De bonne grâce, j'empoignais une généreuse poignée de croquettes avant de les donner à un estomac aussi glouton qu'affamé. Puis je commençais à préparer le dîner, constitué ... bah de pâtes, pour changer, tiens. Un repas et dix pages internet plus tard, je me mis à espérer que les deux jours de comptabilité financière passeraient plus vite qu'une nuit de sommeil. Une nuit de sommeil normale s'entend. Je m'endormis sous la couette et sous un ventre rassasié : Burritos s'était roulé en boule sur moi. Son ventre remontait et redescendait à un rythme lent et régulier. Paisible, je m'endormis en suivant son tempo, abattu par la finance et les comptes de résultats. Mais franchement, je me posais plein de questions. Comment pouvait-on aimer telle matière ? Est-ce que le prof roulait dans une coupé Peugeot ? Avais-je éteint le gaz ? Et toutes ces questions inutiles qui vous assaillaient quand l'esprit était faible.

J'ouvris les yeux précautionneusement, afin de voir les horreurs qui m'attendraient. Mais il n'y avait rien ici. Juste des pierres et un paysage désertique. De un, je n'étais jamais allé là. Secundo, je n'étais pas avec mon équipe. J'étais parfaitement seul entre plusieurs rochers qui m'avisaient d'un drôle d'œil. L'ennui me gagnant vite, je décidais de faire un petit tour pour espérer mettre un peu d'animation. Puis je contemplais une pierre sur laquelle il y avait marqué la phrase suivante : 
« Mais bordel, qu'est-ce que je fous-là ? ». Je décidais de ne pas m'attarder avant de voir un autre minéral gravé : « Est-ce que Burritos est sur Dreamland en tant que commerçant ? »
Plus de doute, mes questionnements intérieurs trouvaient écho dans les roches autour de moi. Je sentais qu'il pouvait y avoir une super discussion à faire avec sa petite amie ici. Faudrait que j'y revienne avec Jacob ou Fino, histoire de voir ce qu'ils pensaient réellement. Je pouvais deviner la dépression et les insultes sous ces masques de dépression et d'insultes, mais j'adorerais qu'ils me surprennent. Je voyais inscrit sur les parois de pierre : 
« Le prof de compta mange-t-il ses pâtes sans sel et sans beurre ? / Qui sont les parents de Fino ? / Le DreamMag va-t-il m'interviewer de nouveau ? Quel bonnet fait Shana ? / J'ai l'impression que cette nuit, je vais me faire drôlement chier dans une séance d'introspection pourrie. / Si quelqu'un passe par là, je suis mort. / Est-ce que toutes mes pensées s'affichent là-dessus ? / »

Sur ce, je me regardais pour voir si je n'étais pas trop mal sapé. J'avais des chaussures de chantier pour épouser la forme dure du sol rocailleux, un pantalon de montagnard marron ainsi qu'une chemise verte kaki fine. Ouais, j'étais habillé n'importe comment, quoi. Même mon superbe panneau de signalisation (« Attention Rochers ») ne parvenait à satisfaire le tout. Il resta sur mon dos immobile. Au moins, ce n'était pas ici qu'il me dérangerait : au lieu de rues bondées de monde ou de forêts aux branches vicieuses, il n'y avait que des pierres qui traînaient ça et là. M'ennuyant ferme, je décidais de crier histoire de voir s'il y avait des gens aux alentours, avec mes mains en porte-voix :


« WOUUUUUUHOOOOOOOH !!! Y A QUELQU'UN ?! »


J'abaissais mes bras pour considérer les environs. Je n'avais aucune réponse pour le moment, j'étais peut-être entièrement seul. J'aurais peut-être pas dû me poser tant de questions avant de m'endormir. Non satisfait de ma condition, je ne pus empêcher une pensée de défiler dans mon crâne d'être explicité par un gros caillou : 
« On n'est jamais seul, y a toujours la main droite. »

« Oh toi la ferme
, répondis-je à la phrase moqueuse, dans le parallèle le plus exquis entre un homme confronté à ses réflexions.
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyMar 30 Nov 2010 - 20:22
Quelle sensation étrange ... Avez vous déjà senti que vous n'apparteniez pas à votre corps ? Que vous n'étiez qu'une sorte d'esprit le résidant mais n'ayant aucun contrôle sur lui ? Actuellement, c'est ce que ressentait Satoru. Il ne ressentait rien, tentait de s'accrocher en vain à des repères. Il avait l'habitude maintenant de se sentir comme ça, les questions qu'il se posait étaient beaucoup moins nombreuses qu'avant, même si quelques unes persistaient ... Petit à petit, quelques sens revinrent à lui. Sous sa peau, les frottements d'un tissu, assez rugueux par ailleurs. Il réussissait de nouveau à sentir son corps, il sentait son coeur battre, il sentait l'oxygène pénétrer sa bouche quasiment de force et remplir ses poumons, il sentait quelque chose planté dans son bras droit, droit dans ses veines ainsi que ses cheveux plaqués contre sa nuque. Puis, petit à petit, son odorat revint, il sentait cette odeur si désagréable, cette odeur que l'on connaît tous : l'odeur de l’hôpital. Un mélange entre le formol, les effluves des vieux, les émanations de médicaments et autres d'autres parfums de plateaux repas peu appétissants. Cette senteur qui vous picote légèrement le nez, supportable mais ô combien détestable. Les sens du jeune garçon s'éveillaient petit à petit, venait ensuite le goût, sentant sa bouche pâteuse, vous savez cette sensation que vous avez après avoir trop dormi ... Hé bien c'était le cas. Vint finalement l'ouïe, le tintement de l’électrocardiographe, sonnant dans un cycle défini, indiquant les pulsions du coeur de Satoru -pour les incultes, c'est la machine qui fait Bip-.

Tous ses sens étaient revenus à la normale, enfin presque tous. Il n'avait toujours pas recouvert la vue. Enfin, il était possible qu'il l'ai recouvert, mais que ce soit le cas ou non, cela ne changeait rien. Pourquoi ? Hé bien, c'est assez simple, bien que conscient de ses sens, Satoru n'avait absolument aucun contrôle sur son corps actuellement, impossible d'ouvrir les paupières donc. Vous l'avez sûrement deviné, il se trouve dans une chambre d’hôpital. Pourquoi ? Il n'en sait rien. Bien sûr il a quelques suppositions, mais rien de plus. Ses derniers souvenirs remontent à la lecture de la lettre venant de sa défunte mère, puis il a perdu connaissance. Quelques brides de souvenirs lui viennent de temps en temps lorsqu'il est éveillé, comme par exemple le bruit d'une vitre volant en éclats, ou bien les cris affolées d'une femme, mais rien d'assez conséquent pour établir un diagnostic de la situation. Bon il avait compris une chose en tous cas, il était dans le coma. Sûrement un coma artificiel, il n'en serait pas conscient sinon. Pour n'importe qui, ce serait bien triste d'être dans une telle situation, mais pas pour Satoru ... A vrai dire, cela l'arrangeait même. Pour un voyageur normal, dormir veut dire qu'il entrera dans le monde des rêves, et se réveiller sera synonyme de disparition. Pour Satoru, ça ne se passe pas ainsi. Il ne disparaît pas en Dreamland, non lui, il dors. Bien sûr il arrive des moments où pendant son sommeil il réintègre son corps humain, comme actuellement, mais il faut avouer que c'est inutile, bien que ses sens lui reviennent, il ne peut vivre normalement ... Heureusement que ces "rechutes" dans le monde réel ne durent que quelques minutes par journées.

Nous disions donc, que cette situation est préférable à une autre pour Satoru. Etant dans le Coma, il a le "privilège" de dormir tout le temps, et pour quelqu'un qui mène une seconde vie de voyageur, c'est plutôt intéressant. Le jeune homme a combattu sa peur le jour où il est tombé dans le coma, c'est à dire il y a un peu plus d'une semaine. Depuis, il explore ce monde encore énigmatique, ayant pris conscience de ses pouvoirs que récemment, il les entraîne la plupart du temps. Pour l'instant, il n'est tombé que sur des bêtes pour le moins douteuses, parfois aggresives mais jamais très puissantes. De toutes façons le jeune homme sait se battre, un reste de son enfance dans la rue ... Et puis il faut avouer que son pouvoir l'aide beaucoup dans ce genre de rencontres. Bon, il ne peut invoquer que deux clones pour l'instant, mais au fur et à mesure il arrivera à en contrôler plus, ce n'est qu'une question de temps c'est sûr. Enfin, petit à petit il s'endormait à nouveau, et rejoignit le monde des rêves. Il atterrit dans un endroit qu'il ne connaissait pas trop. Il ne pensait rien avant de s'assoupir pourtant, quoique, peut être que les questions qu'il se posait sur sa situation l'avaient fait atterrir ici. Les mains dans les poches, l'air nonchalant, il avança petit à petit, marchant un peu au hasard, à la recherche de quelqu'un ou quelque chose d’intéressant. Puis, soudain, il entendit un hurlement briser le silence de mort des environs.

« WOUUUUUUHOOOOOOOH !!! Y A QUELQU'UN ?! »

La première pensée du jeune homme fut "Mais qui c'est s'te hystérique ?". Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il aperçut sa question s'écrire sur une roche alentour. La question qui suivit, et la plus logique par ailleurs, "Mais c'est quoi ce bordel ?!" fut inscrite à son tour. Parcourant les roches à la recherche de celui qui a crié, les questions se multipliaient. "Mais j'suis où ?" "Ils servent vraiment à quelque chose ces rochers ?" ou encore "Tu va t'la fermer un jour ?!", autant de questions pour peu de réponses. Encore, je vous passe les doutes les plus inutiles ... Après quelques minutes, le jeune homme aperçut celui dont le hurlement provenait sûrement. Un homme, blond, avec des lunettes et un panneau ... Satoru se retenait de penser du mal de lui, un petit "Il sait vraiment pas se fringuer celui là !" réussit tout de même à se glisser hors de sa caboche, dans l'espoir que l'autre n'ai pas vu ça. Il lui adressa la parole, après tout c'était le premier

" Yo ! Moi c'est Satoru ! Tu sais où on est là ? On va dire que j'suis nouveau ici, alors j'comprends pas tout ..."


D'autres questions venaient remplir le crâne du jeune homme, mais il n'avait même pas besoin de les poser, les roches s'en chargeraient ...
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyMar 30 Nov 2010 - 23:51
[HRP : Désolé, pas super post car manque d'inspi. Je préférais que t'ingurgites les infos avant de commencer un truc ^^]


Alors que je pensais finir la nuit en faisant des pompes ou en m'entraînant (vous conviendrez que faire ça pendant quelques heures avait de quoi énerver), un écho me répondit. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je faillis soulever l'individu pour le serrer contre moi. Sauf que ledit individu me dépassait d'une bonne tête sans forcer et pourrait me briser la colonne vertébrale dans une étreinte destructrice. Et je n'avais pas une réputation de gay que je voulais faire tenir. Je préférai le voir arriver en pose branleur (bien que le panneau m'empêchait pas mal de positions vu sa taille démesurée). Je lui fis un petit signe de main quand il arriva près de moi pour lui souhaiter la bienvenue, tout en remontant mes mirifiques lunettes de soleil.

« Yo mec. »


Pas plus entraînant que ça... Je le jaugeai du regard ; il était tout l'inverse de moi. Musclé, grand et pas averti. Un nouveau Voyageur, encore un autre ! J'avais des mésaventures souvent fructueuses avec eux et préférait m'éloigner d'eux quand y en avait. La moitié du temps, je me sentais coupable quand il leur arrivait un truc, genre se faire bouffer par une plante carnivore géante déguisée en clown. Ou tomber dans d'immenses bacs de merde de chenilles. Quand ils survivaient, ils arrivaient à me casser les pieds vitesse grand V. Bon, certes autour de nous ne régnaient que du vide et des pierres colporteuses d'infos alléchantes, ce qui n'était pas le summum du danger. D'ailleurs, une afficha sans remords : 
« Et merde, encore un newbie qui va me confronter à une situation pas possible. ». Je préférais éviter de lui serrer la main, histoire de la garder intact. Si c'était un nouveau, je n'avais pas grand chose à craindre de lui (à moins qu'il ne soit doté de pouvoirs incommensurablement trop puissants). Je devrais juste faire gaffe à ne pas me le laisser dans le dos. Je connaissais la tactique de faire semblant d'être un nouveau pour faire baisser la garde à la cible. Disons que moi, je faisais la tactique inverse : grande gueule pour m'en prendre plein dans le tronche. Y en avait peu qui avait fui pour le moment, voire moins.
Je ruminais ces paroles consciencieusement afin de savoir que lui répondre. Franchement, par où commencer pour expliquer cet absurde univers qu'était Dreamland ? Ben voyons, par une vantardise :


« Bah, tu te trouves à Dreamland, Big B, le monde chelou des Rêves. Tu as de la chance d'être tombé sur moi, je suis un vétéran qui figure parmi les cent plus grands combattants de ce monde.
Disons que tu vas passer toutes tes nuits ici sauf si tu crèves d'une façon ou d'une autre. T'as un pouvoir ? Bien sûr que t'as un pouvoir coco, c'est lequel ? Bon, fais gaffe parce que ce monde de dingues est composé de milliards de Royaumes différents avec chacun leur propre loi. Ici, il ne t'arrivera rien. On est dans un foutu Royaume où les pierres s'amusent à écrire nos pensées sur elles. Première règle que tu dois savoir : ON NE CHOISIT PAS SES VÊTEMENTS QUAND ON EST SUR DREAMLAND !!! »


J'avais enfin vu l'inscription où il était en train de se foutre de la gueule de ma tenue. Mais bon sang, il n'avait pas vu mes superbes lunettes ?! Je les repositionnais, la face rouge pour être certain qu'il ait vu à quel point elles étaient splendides, même si je doutais changer son opinion. Le pire dans cette affaire était que je savais parfaitement que j'étais sapé comme un débile mental. Et que je lui en voulais d'y penser. Je me calmais petit à petit, respirant de plus en plus doucement. Je me rappelais que j'avais un peu menti. Je n'étais pas si mal classé que ça dans la Ligue Major, mais étais loin de faire partie des cent meilleurs combattants. Bah, tant qu'il ne le savait pas et qu'il ne lisait pas le DreamMag, on s'en foutait.
Je pris conscience de la faible argumentation que je lui avais proposé. J'étais pas doué pour les explications, surtout après que mon cerveau soit passé toute la journée sur une râpe à fromages qu'on appelait comptabilité. Et puis j'avais pas préparé de discours quoi ! J'avais déjà pardonné l'affront de la pensée déplacée mais je me demandais ce qu'il allait me faire subir par la suite. Tous les nouveaux avaient une mauvaise étoile au-dessus d'eux qu'ils adoraient faire partager aux autres timorés. Je me serais bien tiré une latte pour évacuer le stress que cette rencontre m'occasionnait mais je n'en avais aucune sur moi. Je soupirais avant de me reconcentrer sur le Voyageur. Lui avait une véritable aura déjà, ça me rassurait. C'était le genre à faire de vieux os en se battant et pas en restant à Champiland s'en prendre une chaque soirée. Il me faisait bonne impression pour tout dire, il me rappelait que quelque chose de bon pouvait provenir de lui et que la dernière génération de supers Voyageurs ne s'arrêtaient pas à moi, aussi mal cette révélation puisse-t-elle faire à mon égo. Malheureusement pour mon rôle de mystérieux personnage classe, une phrase s'afficha sur un rocher aux alentours : 
« Enfin quelqu'un qui a l'air de promettre ». je continuais sur ma lancée pour essayer d'éclaircir les choses :

« L'astuce est que tu ne dois pas faire chier des trucs qui ont l'air plus balèzes que toi. Sers-toi du classement SMB qui note les Voyageurs euh... dans le DreamMag. Sinon pour les monstres, fais au feeling. La nuit, si tu penses à quelqu'un, tu peux te téléporter vers lui direct, qu'il soit Voyageur ou simple rêveur. Et pour les Royaumes dans lesquels tu arrives chaque soir, ça dépend selon ton humeur du moment, où tu étais la fois d'avant, etc. Je peux pas te dire quelque chose de plus détaillé, c'est déjà assez chaud pour moi d'expliquer. »


J'y mettais de la bonne humeur évidente, comme à mon habitude. Et qui sait, ce type me fera peut-être la peau plus tard ? J'aurais peut-être des regrets à le l'aider. Je n'allais pas l'égorger, ce n'était pas très sport de ma part (et qui savait sa véritable force) et je n'étais pas un tueur. Au contraire,si je me montrais aimable avec lui, il me refilera un coup de main plus tard. Super, je faisais pas du tout mec intéressé qui réfléchissait à long terme.
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptySam 4 Déc 2010 - 21:28
"Yo mec."

Aux premiers abords, plus taciturne, tu crève. ce fut la première pensée qui traversa l'esprit du jeune homme après avoir entendu ça. Elle s'était sûrement marquée quelque part, mais hors de vue, heureusement. Il fallait avouer que la remarque sur les habits de son interlocuteur n'était pas passée aussi inaperçu qu'il l'aurait souhaité. Enfin, il restait toujours un espoir, celui que ce blondinet soit débile, ou aveugle, ou encore qu'il soit fier de ses fringues, un espoir mince certes, mais l'espoir fait vivre comme dirait l'autre. Puis, il y eut un silence, d'assez courte durée. Satoru eut cependant le temps de voir s'inscrire une phrase plutôt déplaisante sur une roche alentour. Qu'il le considère comme un newbie ... Et lui il a jamais été nouveau peut être ? Satoru avait déjà été confronté à de telles personnes dans sa vraie vie, et généralement, ils finissaient avec quelques dents en moins. Bon là il allait se retenir, déjà que c'était le premier mec "normal" qu'il croisait dans ce monde bizarre, il allait pas lui sauter dessus non plus. Et puis, d'un côté, il avait raison, bien que ça faisait quelques jours qu'il errait dans ce monde bizarre, il a jamais très bien compris ce qu'il se passait. Les notions de "DreamLand" et "voyageur" revenaient souvent lorsqu'il éclatait ceux qui venaient lui chercher des noises, mais rien de plus conséquent. Il avait aussi découvert quelque chose de vraiment bizarre mais ça viendra plus tard, le blondinet allait reprendre la parole.

Il venait d'assimiler sept informations que l'on pourrait qualifier de capitales. D'abord il se trouvait à DreamLand, le monde chelou -ou merveilleux toutefois, selon les points de vue- des rêves. Cela expliquait déjà les monstres et environnements bizarroïdes auxquels il était confronté ces derniers jours. Il se doutait de quelque chose, quand on voit des loutres volantes vous racketter c'est sûr qu'on a généralement un doute. Nous reparlerons de ce gang de loutres plus tard ... Seconde information : cet homme là, le blond, il était puissant. Enfin il pouvait mentir aussi, Satoru utilisait la même tactique quand il vivait encore dans les rues, quoi de plus facile que d’impressionner des petites frappes ? Enfin, il se pouvait aussi que ce blond aux lunettes -classe les lunettes d'ailleurs, ça rattrapait le tout, et il en semblait fier le bougre- soit vraiment l'un des cents plus puissants de ce monde. Ce serait un heureux -ou malheureux tout compte fait- hasard de croiser quelqu'un comme ça dès le début de ses mésaventures dans ce monde. Enfin, sachant cela, Satoru se félicitait d'avoir décidé de ne pas l'attaquer, il n'en serait sûrement pas sorti indemne. Ensuite, troisième information capitale, il passera l'intégralité de ses nuits ici. Cela expliquait pourquoi il se trouvait ici quasiment tout le temps, sauf lors des rares fois où il s'éveillait pour retourner dans son corps comateux. Le coma ... Un sommeil à durée indéfinie, il serait donc la plupart du temps dans ce monde, c'est plutôt classe il fallait l'avouer. Par contre si il venait à crever il le quitterait ? C'était tout de suite moins intéressant, si c'est pour rester dans un corps comateux et ne pas pouvoir bouger un cil pour le restant de ses jours, il préférait les passer ici. Une conclusion se fit alors logiquement dans sa caboche : il fallait être prudent à partir d'aujourd'hui. Vu son caractère impulsif et sa fâcheuse capacité à se transformer en kamikaze à tout bout de champ, c'était pas gagné ...
Puis, vint l'information la plus importante, aux yeux du jeune homme en tous cas : le pouvoir. Oui il en possédait un. Il l'avait découvert il y a quelques jours, face à ce fameux gang organisé de loutres. En passant, il faut préciser que c'est fourbe une loutre, on dirait pas comme ça mais faut faire gaffe ... En se battant contre ce gang justement, il avait découvert qu'il pouvait se dédoubler. Là n'était que la première partie de son pouvoir, il ne connaissait pas encore l'autre, mais cela viendra au fur et à mesure de ses voyages.
Enfin, le jeune homme apprit où il se trouvait, cela expliquait ces conneries de pensées sur les rochers en tous cas. Des milliers de royaume ... Une chose était sûre, il allait pas s'faire chier ici ! Voilà ce qu'il recherchait toute sa vie, l'aventure illimitée, et enfin elle lui ouvrit ses bras. Un sourire niais vint s'afficher sur son visage, effaçant toute impression de classe ou encore de sérieux qu'il pouvait dégager, mais bon, il ne s'en rendait pas compte c'était déjà ça.Vint la dernière information. On ne choisit pas ses vêtements ... Bizarre, depuis son arrivée, Satoru portait toujours les mêmes fringues, sûrement car ses réveils n'étaient jamais très conséquent ... Enfin il n'allait pas s'en plaindre, il aimait bien ces fringues, c'étaient ceux qu'il portait en vrai alors bon ...

Le jeune homme, après avoir assimilé toutes ces informations souriait encore comme un con, il était heureux et ne le cachait pas. Il recula de quelques pas et se posa sur une roche assez plate et assez large pour accueillir en intégralité son auguste postérieur, il se mit en position de tailleur et observait son interlocuteur, avide de savoir. Son sourire laissa place à une figure sérieuse, des yeux pétillants qui ne demandaient qu'à en savoir plus. La flamme de vivacité qui brillait dans ses prunelles pendant son enfance était enfin revenue, ses années de morosité étaient terminées. Il fixait les lèvres de son interlocuteur, celui qui lui avait appris les bases de ce monde, si il survivrait ces prochains temps ce sera sûrement grâce à cet homme, il lui était reconnaissant, même si il venait de lui gueuler dessus. Puis de nouveaux sons sortaient de la bouche du mystérieux guerrier. Satoru ingurgitait littéralement ces informations, le savoir coulait en lui pour se stocker dans sa mémoire. Le truc de la téléportation ne lui était pas très utile, vu qu'il se réveillait pas trop, mais c'était toujours utile à savoir. Par contre, le délire du classement ... Cela l’intéressait plus qu'autre chose. Il avait le goût du défi, et l'esprit de compétition par dessus tout. Il allait faire en sorte de monter dans ce classement, et le plus vite possible ! Un rictus se forma sur son visage, son visage montrait sa détermination, il voulait devenir le Number One c'était sûr. Mais la route serait longue ... Ceci ne lui traversa bien sûr pas l'esprit, tout ce qu'il avait en tête c'était d'éclater tous les autres dans ce classement. Mais il lui fallait s'entraîner avant, il avait une expérience indéniable du combat, ses combats de rue étant gosse l'ont endurcis et lui ont donné pas mal de réflexes bien utiles, mais il n'était pas encore très familier à son pouvoir, il fallait encore qu'il s'y habitue.

Cela allait arriver plus vite qu'il ne le pensait d'ailleurs, une ombre menaçante s'approcha, et l'on pu apercevoir le verbe "Tuer" s'inscrire à plusieurs endroits dans les environs. Pas si sûr que ça ce royaume finalement ... En un petit saut, le jeune homme se remit sur ses pieds, remit ses mains dans ses poches et alla se placer près de son interlocuteur, faisant fac à l'ennemi. Ceci étant fait il aperçut une songe que le blondinet semblait avoir inscrit, "Enfin quelqu'un qui a l'air de promettre". Au moins il croyait en lui. Ceci renforça encore plus la motivation du jeune homme. Dans un petit *pouf* et créant un léger écran de fumée, un clone de Satoru apparut à ses côtés. Il arborait les mêmes traits, les mêmes fringues, même son expression était similaire à l'original.

"J'pense qu'on a pas trop l'choix là. Tu m'couvre ?"

Ne prenant même pas la peine d'attendre une réponse, le jeune homme et sa copie se lancèrent vers l'ennemi. Quelle tournure allait prendre ce combat ?


HRP > J'te laisse choisir les agresseurs et leur nombre Wink
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyJeu 9 Déc 2010 - 9:21
Bordel, on m'écoutait ! Vu à quel point le public prêtait attention à ce que je disais d'habitude et si on partait du principe que la majorité avait toujours raison (désole Mr. Twain), je devais sortir connerie sur connerie. Mais pour des généralités aussi élémentaires que un et un faisaient deux (désolé Mr.O'Brien), je pouvais enseigner à un nouveau sans prendre trop de risques. S'il se faisait tuer dans les nuits qui suivaient, je n'aurais aucune culpabilité à me faire. Ce n'était pas comme si je plantais des panneaux partout qui assénaient aux jeunes de suivre leur explication. Mais remarquer que je pouvais être utile à quelque chose d'autre que d'aplanir le paysage, c'était super cool. Le seul gain que j'en tirais était la satisfaction d'avoir expliquer quelque chose à un novice. C'était un peu comme être un vieux sage qui expliquait aux jeunes générations comment le monde tournait avant qu'Internet n'était apparu ; sans être aussi ridé. Disons que je faisais profiter de mon expérience, une sensation aussi agréable pour lui que pour moi, comme si ma vie sur Dreamland avait servi à quelque chose. C'était étrange comme les hommes se sentaient heureux d'apprendre à des générations qui se contenteraient d'être heureuses d'apprendre à d'autres générations. Décidément, la vie d'un homme semblait être partagée entre ses actions personnelles et l'aide qu'il apporte aux jeunes.

Voici ce qui me traversa l'esprit quand je débitais misérablement au nouveau Voyageur les principales leçons du jour. Autour de nous s'écrivaient quelques phrases qui résumaient assez bien ce que je disais, donnant un nouveau sens au terme d'esprit de synthèse. Comme des tableaux magiques, les rochers reprenaient pour eux ce que j'allais lui dire, tel des prophètes. Je levais les yeux en l'air pour me trouver de l'inspiration juste avant de terminer ma tirade. Le type s'était assis sur un rocher et ses yeux absorbaient tout ce que je venais de lui dire. Finalement, je tapais dans mes mains comme si elles étaient poussiéreuses :


« Leçon terminée, rien d'autre à dire pour le moment. »


Puis je les vis aussi. Ces espèces de marque « Tuer » qui réapparaissaient sur chaque pierre, comme des estafilades de pensée. Si y avait des gens, ils n'avaient pas de très bonnes intentions. Et ce n'était pas un individu lambda, mais au moins un bon groupe d'individus lambdas. Si seulement ça pouvait ne pas être une fantaisie mais juste un groupe de gars normaux. En tout cas, l'étroitesse de leur esprit était assez impressionnante. On ne pouvait pas négocier avec des gens pareils (ou des trucs pareils) si on prenait en compte qu'ils sachent parler. L'autre Voyageur s'était levé, aussi stupéfait que moi qu'un Royaume aussi vide puisse attirer du monde. J'allais lui dire un truc trop cool, du genre reste derrière moi. Voire plus mesquin pour lui intimer que j'étais un super vétéran qui allait désosser tous ses ennemis. Il était chaud au combat et j'étais prêt à le tirer de la mouise au cas où.
Jusqu'à ce qu'il fit un clone de lui-même. Mon expression se figea sur mon visage tandis que je voyais deux lui se préparer au combat. Je n'étais pas véritablement surpris de ce pouvoir car je l'avais déjà rencontré dans de malheureuses circonstances. C'était un pouvoir destiné normalement au Royaume de l'Agoraphobie, un des plus grands ennemis du Royaume de la Claustrophobie ; y avait carrément une guerre si je pouvais dire) à cause de différents poignards dans le dos. Certes, je ne savais pas véritablement son pouvoir mais je ne pouvais me permettre de l'aider comme ça. Ce qui était certain, c'était qu'on allait devoir se casser la gueule un jour ou l'autre. Et je n'étais pas prêt à assumer ce rôle avec un frère d'armes. Je n'avais pas envie de prendre trop de responsabilités sur les bras. Ce fut pour ça qu'au lieu de rabrouer sauvagement à sa demande de le couvrir et foncer dans le tas avec lui, j'obéis sans rechigner. Ce fut à moi de m'asseoir sur un rocher pour le voir foncer vers les ennemis que je venais de distinguer. Puis je basculai ma tête en arrière en dénigrant la magnificence des cieux. Puis je remis ma nuque droite pour contempler cinq taupes balèzes (genre un mètre de large et un soixante dix de haut) armés de griffes qui pourraient certainement décapiter un grizzli d'un coup négligé. Mais elles n'avaient pas l'air d'avoir un cerveau aussi conséquent que leur taille. Puis je compris ce qu'elles venaient faire là quand s'afficha en gros sur une pierre : 
« Trésor, petit trésor ! Ce soir, ce sera la fête ! ». Jusqu'à ce que j'entendis :

« Trésor, petit trésor ! Ce koir... euh, ce soir, ce sera la fête ! »


Un imbécile en plus qui n'arrivait pas à parler, génial. Moi qui pensais que j'aurais droit à peu d'exercice, je fus si déçu de voir que j'allais devoir affronter quelqu'un d'aussi insipide. Le gars qui semblait commander aux taupes se tenait derrière elles, une pelle et une pioche dans le dos. C'était de toute évidence un chasseur de trésor, ou un truc du même genre. Je n'avais rien contre eux, sauf quand ils développaient des animaux assez agressifs pour abattre tout obstacle en face d'eux. Ce type me faisait penser à Austin Power avec une banane dans les cheveux. Il n'arrêtait pas de gueuler fort avec ses bottes blanches, sa chemise de nuit bleu foncée et ses grosses lunettes. Je le considérais d'un drôle de regard, complètement insignifiant. Je venais de me faire blouser par un bleu, donc c'était normal que mon caractère suivit cette pente jusqu'à s'émousser. Quand le chasseur de trésors découvrit deux assaillants lui foncer dessus, il ne put s'empêcher de rigoler d'un air doucement idiot avant de tourner ses paumes vers lui :


« Ohohohohoh ! Je suis né pour découvrir tous les trésors ! Car vous l'avez déjà deviné, je suis placomusophobe ! OHOHOHOH ! La phobie des bouchons de champagne ! »


Puis il balança cadence mitraillette des dizaines de bouchons de liège qui jaillissaient de sa paume comme soufflés par un volcan, et tout ça en direction du nouveau venu. Deux des immenses taupes plongèrent sous le sol à une vitesse effarante, laissant deux trous dans le sol plutôt dur du Royaume. Il ne restait plus que quatre ennemis devant le Voyageur, et les trois taupes lui foncèrent dessus pour lui creuser un trou dans le ventre.
Heureusement pour moi, mon karma avait l'habitude de prendre contrôle de mon corps pour éviter de me faire développer une mauvaise conscience dans mon for intérieur. Quand j'activai mon pouvoir, mes viraient au noirs sous mes verres teintés tandis que mes cheveux se balançaient au gré d'un vent invisible et confus.

Premier portail : Devant moi et tourné vers moi, et ce tout à ma hauteur.
Second portail : Après déduction de sa vitesse et du temps, j'installais un portail en face d'une des grosses taupes brunâtres devant son visage.
Effet provoqué : Je me levais péniblement comme si je venais de me réveiller de mon lit, puis je brandis mon panneau de signalisation (Attention enfants). Je préparai mon coup et envoyai une immense patate dans la tête de la taupe la plus proche. Le nez fut brisé dans un craquement sinistre et le monstre râla avant de s'étaler par terre. Ca en faisait une en moins, elles n'étaient pas si costaudes que ça finalement. Sur les pierres aux alentours s'inscrivaient
« Tuer tuer tuer tuer tuer tuer tuer tuer tuer tué. »
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyMer 29 Déc 2010 - 15:53
Notre héros avait pour le moment littéralement déconnecté son cerveau. En effet, il avait appris pas mal de trucs ces dernières minutes, et il était tout excité. Excité par rapport à quoi ? Et bien, en premier lieu, sa nouvelle vie. Car oui, il était ce que l'on peut qualifier de voyageur permanent. Malgré ces quelques rares réveils ne durant jamais plus de deux minutes où il ne peut rien faire -sous l'emprise d'un coma en même temps ...- durant lesquels il disparaît du monde onirique, il reste la plupart du temps. Il est même l'un des rares voyageurs a pouvoir dormir en Dreamland. Et il est heureux de cette particularité. Vous ne le savez sûrement pas, mais pour Satoru, dormir a été depuis toujours une occupation très importante. Et si par malheur, vous l'empêchez de profiter de ses 14 heures entières de sommeil, les conséquences peuvent être gravissimes ... Enfin, revenons en à nos moutons. Satoru considérait sa vie à Dreamland comme sa vraie vie, n'ayant plus de contacts avec la vie réelle. Si il s'avérait qu'un jour il puisse quitter le coma, alors là il pourrait se concentrer sur sa vraie vie, mais en attendant ... Il était donc tout excité à l'idée que sa vie serait composée d'aventures, de combats et de découvertes toutes les plus bizarres les unes que les autres. Que rêver de mieux ? Lui qui a passé toute sa vie à lire des mangas, jouer à des jeux vidéos etc ... Cette excitation était tellement forte, il ne pouvait se retenir. L'adrénaline affluait en lui, coulait dans ses veines, se transportait pour alimenter ses muscles.

It was show time ! Après cette démonstration de ma maîtrise pour le moins bancale de la langue de Shakespeare, montrant néanmoins que l'action débuterait dans peu de temps, intéressons nous au point de vue notre héros. Tout en se ruant vers ses ennemis, il les analysait. Cinq taupes de deux mètres sur un -approximativement bien sûr- avec des griffes capables de faire pâlir Freddy Kruger lui même et une masse plutôt imposante. Malgré tout cela réuni, il fallait avouer qu'elles n’inspiraient pas grand chose de respect ... En même temps, qui aurait peur d'une taupe ? Notre héros en capuche pensait cela, sous estimant ses ennemis. Il était ce genre de personnes, estimant ses ennemis à leur apparence. Bien que tacticien en herbe, il fonçait tout de même dans le tas. La différence avec les autres barbares dans son genre, c'est que lui fonçait dans le tas, mais toujours avec une petite tactique en tête ... Bon pour le moment, il faut avouer qu'il n'avait pas prévu grand chose. Si l'on ajoutait son excitation au fait qu'il n'avait aucune idée de ce dont ses ennemis étaient capables c'était assez compréhensif. Enfin, dans sa course folle, notre héros pu entendre les mots "trésor" et "fête", il en tira une conclusion assez rapide que nous vous présenterons sous forme d'équation : trésor + taupe = creuser. Le trésor était donc sous terre. Bon, il faut avouer que très peu de neurones furent stimulés durant cette opération,et que c'était plutôt logique ... M'enfin, cela fit germer quelques graines d'idées en l'esprit de Satoru, avant qu'il ne se fasse interrompre par cette sauvage de taupe, semblant d'ailleurs être la chef du gang et pour cause, c'était sûrement la seule dotée de la parole, voir d'un minimum de savoir. Quoique ... Si l'on regardait de plus près, on pouvait discerner un être humain, ou quelque chose qui y ressemble en tous cas. Le pauvre, il était visiblement resté bloqué dans les années 70, non mais quelle idée de se fringuer comme ça ?! Enfin passons ... Ce dernier en tous cas coupa les pensées de notre voyageur favori en déblatérant des conneries plus grosses les unes que les autres.

Placomusophobe ? Peur des bouchons de champagne ? Mais ... Comment une quelconque divinité si elle puisse exister ai pu laisser une telle chose exister ? Comment cet énergumène a pu par le passé développer une phobie envers les bouchons de champagne ?! C'était du haut niveau, vraiment ... En tous cas, cela ne devait pas l'handicaper tant que ça dans sa vie de tous les jours. Bon il devait galérer en période de fêtes, mais la question n'est pas là. La liaison qu'il fit entre cette peur ridicule et son activité de chasseurs de trésors était encore plus ridicule que son physique couplé à son pouvoir, c'est pour dire. En tous cas, on pouvait dire qu'il n'avait rien pour lui ... Enfin, son pouvoir activé faisait tout de suite meilleure figure, la pratique brille toujours plus par rapport à la théorie c'est connu. Une dizaine, que dis-je une vingtaine voir plus de bouchons de lièges jaillirent des mains de cet énergumène pour voler en direction de Satoru et de sa copie. Bon, on aurait pu assimiler cela à une mitrailleuse, mais c'est tout de suite moins imposant quand on remplace les balles de métal par des bouchons. Enfin, vu leur vitesse, il était tout de même préférable de ne pas s'en prendre. Notre héros et son clone entreprirent donc une esquive difficile de ces projectiles, vu leur nombre c'était assez difficile, et plusieurs de ces bouchons vinrent tout de même rencontrer la chair du voyageur, y créant certainement de bons gros hématomes. L'assaut dura quelques secondes qui s'avérèrent assez longue au final. Dans ce qu'on pourrait qualifier de danse, il n'eut pas le temps de voir deux des taupes plonger dans le sol. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le clone fut attiré vers le sol ? Une énorme main griffue en jaillit pour attraper la jambe qu'elle trouva, la tirant vers soi et ensevelissant sa victime jusqu'aux hanches. Heureusement, ce fut le clone qui était la première victime, et témoin de cela l'original eu le temps de faire un saut latéral, esquivant de peu l'autre main pleine de griffes jaillissant du sol mais cette fois dans l'intention de le prendre lui. Le chef du gang fit à nouveau jaillir ses bouchons, mais cette fois tous furent dirigés vers le clone enseveli. Autant dire qu'il s'en prenait plein la gueule ... Satoru dans la hâte décida de faire disparaître sa copie, cela lui économisera de l'énergie, même s'il en avait gaspillé pas mal en invoquant ce clone qui s'était avéré peu utile ... A le seconde où la copie fut révoquée, le voyageur originel ressentit une forte douleur le parcourir. C'est à ce moment qu'il découvrit une toute nouvelle facette de son pouvoir ... Ce que ressentaient ses clones, il le ressentirait après les avoir révoqués. Ça devenait tout de suite plus compliqué ... Quelques secondes plus tard s'inscrivait sur une des roches environnantes : "Tuer tuer tuer tuer tuer tué". Avait il considéré la disparition du clone de notre héros comme une mort ? Dans ce cas, il était plus simple d'esprit qu'il ne le paraissait ...

Sous le choc, Satoru ne vit pas arriver la seconde taupe, jaillissant de sous terre comme si elle sortait de l'eau. Cette dernière l’enchaîna de coups de griffes, coups qu'il arrivait à esquiver pour la plupart, heureusement pour lui. C'était toujours fâcheux de se faire arracher un membre avouons le. Finalement, tous les combats et l’expérience qu'il y avait acquis pendant sa vie dans le monde réel lui était bien utile en ce monde. Il serait déjà mort depuis longtemps dans le cas contraire ... L'assaut s'éternisait, même si les attaques du mammifère géant n'étaient jamais très précises. C'est en constatant cela que notre héros eu une idée ... Pourquoi ne pas prendre l'avantage en profitant de la faible vue de l'animal ? Créant un clone à ses côtés, Satoru avait pour but de faire douter son adversaire. Les deux corps semblables exécutaient les mêmes mouvements, bougeant exactement au même moment. L'animal ayant un quotient intellectuel ne dépassant sûrement pas celui d'une moule se stoppa net. Saisissant l'occasion, Satoru l’enchaîna dans le sens littéral du terme. Il fit pleuvoir des coups de tous les côtés, et de tous genres : coups de pieds, poings, genoux, coude et même la tête. Ce qui était bien dans cet enchaînement, c'est que tous ces coups étaient doublés, car Satoru lui même frappait, mais son clone également. Quelques secondes plus tard, la taupe était dans les vapes, assommée par tant de coups à la fois. Cela en faisait une de moins. Regardant autour de lui, notre héros pu apercevoir que son compagnon de fortune en avait terminé avec l'une de ces taupes également. Esquissant un sourire en coin, il pesta en appuyant fortement sur le ton de l'ironie.

" Alors hier j'me tape des loutres et aujourd'hui des taupes ... Super ! "
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyMar 4 Jan 2011 - 18:57
Plus que quatre taupes et l'espèce de zigoto aux dents aussi blanches qu'un type dans une pub de dentifrice. Le soleil pouvait se refléter sur ses canines. Il devrait arrêter de sortir l'attirail, c'est qu'il m'éblouirait. J'avais décidé de quand même aider ce Voyageur, bien qu'on soit, pour les traités et autres conneries qui me passaient par-dessus la tête, ennemis. Je prêtais serment à mon Royaume, je ne détestais pas Maze bien au contraire mais y avait des limites. J'étais pas le toutou de sa majesté et j'étais prêt à faire part de mon mécontentement si on me cherchait trop les miches. Mais jamais on m'avait demandé de faire un truc trop ignoble. Si y avait un gars qui réussissait à me prendre au rebrousse-poil, c'était bien Fino. Mais quand on me disait d'aller faire tel truc ou tel truc, je n'étais pas si réfractaire. Ici, c'était certainement un futur ennemi. Mais l'adversaire était un poil dangereux et il faudrait bien que j'y mette du mien aussi. Mais comment ne pas trop en faire ?
Je réfléchis en essayant de peser le pour et le contre dans mon implication dans cette bataille tandis que l'autre et son double partirent voir si les griffes des taupes étaient aussi tranchantes qu'elles le laissaient paraître. Sur les quatre animaux qui restaient, y en avaient deux qui avaient plongé sous terre. J'aimais vraiment pas ça pour tout dire. Les autres restaient en formation serrée autour du Voyageur qui avait craint les bouchons de champagne. Pauvre gars, c'était pathétique d'avoir aussi peur d'un truc aussi inoffensif. Je me disais bien que le principe de la phobie était d'être complètement inexpliqué mais y avait des limites. Ceci dit, j'aimerais bien voir la tronche du Seigneur. Il devait être en train de se morfondre devant la glace ce pauvre gus.
Le brave Voyageur se battait bien, mais son clone venait de se faire attraper par une taupe souterraine et se débattait sous les bouchons de champagne envoyés. Et l'autre taupe sous le sol, elle foutait quoi ? J'étais sur un rocher et partiellement protégé mais il suffisait qu'elle m'ait dans le dos. Mon instinct me souffla pourtant que je n'étais pas la cible d'un ennemi en particulier. Je ne savais pas pourquoi, je sentais qu'on travaillait la terre là-dessous et j'aimerais bien savoir pourquoi. Pendant ce temps, alors que je restais les bras croisés en m'interrogeant sur des sujets existentiels, l'Agoraphobe se combattait contre une taupe et avait ressorti un clone pour s'aider. Et le chef du gang ne bougeait pas d'un poil (aussi fainéant que moi) et critiquait ce qu'il voyait en sortant son rire stupide. Puis voyant que je devais me faire chier à cuire sur un rocher, il émit un gloussement pitoyable et fit quelques signes de la main juste avant de crier d'une voix qui sentait bon le Marais (quartier un peu gay de Paris pour les incultes) :

« Very hudge Kaboom !!! »

Je le considérais d'un air complètement abattu. Ce type m'exaspérait au plus haut point et j'avais envie de le tirer par les cheveux pour lui enlever ce qui semblait être une perruque. C'était pas possible de donner une forme pareille à sa chevelure, on aurait dit une parodie de banane des seventies. Mais en fait, il ne gesticulait pas pour rien ce connard : une immense ombre recouvrit mon ciel. Je levais les yeux en l'air pour apercevoir un bouchon de champagne gargantuesque me tomber sur la figue. Je savais qu'un truc comme ça ne me ferait pas bien mal, mais à cette taille démesurée, c'était comme se prendre une grosse pierre sur le front. En gros, ça me mettrait directement KO. Il était encore assez loin de moi, j'avais tout le temps d'esquiver... à la Ed.

Premier portail : A dix centimètres de moi, en face de moi et prêt à m'avaler.
Second portail : Un mètre derrière la seconde taupe transgénique à côté du doux dingue, celle que le Voyageur n'affrontait pas.
Effet provoqué : Je fonçai vite dans le portail pour me retrouver à quelques dizaines de mètres du point d'atterrissage. Je déplaçais ensuite ma seconde porte pour qu'elle passa devant la taupe. Pendant ce temps, le pauvre crétin aux dents blanches se demandait où j'étais passé, tournant la tête sans vraiment regarder. Et d'un coup avec mon panneau, j'envoyais valdinguer la taupe (ouais bon, je l'ai poussé comme j'ai pu) dans la porte. Et ce en quelques secondes. Avec un cri rauque, elle tomba dans le premier portail et tomba sur le rocher que j'avais occupé quelques instants auparavant.

Le bouchon gigantesque s'écrasa dans le Royaume comme une immense bombe qui n'avait pas explosé. Elle devait faire trente mètre d'envergure cette saleté. De la poussière se souleva avec lenteur après un Boom exaspérant. En tout cas je pouvais dire, une taupe en moins. Et Takeshi avait fait de même de son côté. Bref, on n'avait plus que trois adversaires et j'avais réussi à ne pas trop me fouler. De même pour mon nouveau compagnon qui n'avait pas l'air trop blessé. C'était vraiment parfait, la nuit n'allait peut-être pas être aussi mauvaise que je ne l'avais conçu ?


« Oooooooooooooooohhhhhhhhhhhh, pauvre petite Garcia.
_ Tu sais que t'es vraiment naze toi.
_ Les chasseurs de trésor sont tellement plus cool que ton panneau. Et tes sourcils sont ignobles, tu devrais te les épiler.
_ Ta gueule, tu me parleras quand tu seras bien fringué. »


Il essaya de me dire un truc mais je pus voir que son sourire avait fondu sur son visage. Je crois que j'avais touché son point sensible. Mais en même temps, je n'avais pas d'autre adjectif pour qualifier ces immondes fringues. Malheureusement, j'étais trop occupé à regarder ses habits et sa tronche de débile que je n'avais pas remarqué qu'il s'était approché de moi à petits pas. Et à moins de deux mètre cinquante de moi environ, la distance à laquelle je remarquai qu'il était en train de bousiller mon espace vitale, il lança sa paume de main vers mon torse. Puis un immense bouchon de champagne en sortit. Sa circonférence était trop énorme (je dirais cinq mètres) et il était trop proche pour me permettre d'éviter l'attaque. Je fus emporté avec le bouchon après qu'il m'ait percuté comme un ballon de foot. Si la douleur ne fut pas excessive, je fus quand même envoyé valdinguer à une dizaine de mètres de là. Je vis qu'il fit la même opération avec Takeshi : il s'approcha de lui en gloussant et lui envoya un bon nombre d'attaques du même calibre pour le faire reculer.
Alors que je posais mes paumes sur le sol pour mieux me relever, je sentis la terre trembler. Oh, ce n'était pas grand chose, juste un minuscule tremblement, une plainte du sol. Mais il suffit que je croisais le rocher qui portait la mention : « Creuser. Creuser. Creuser. Creuser. Creuser. Creuser. Creuser. » pour comprendre qu'un truc clochait.
Oh bordel je comprenais mieux pourquoi elles s'étaient enfoncées sous terre et que le gars essayait de nous faire rejoindre un point précis ; elles étaient en train de détruire le sol ou un truc comme ça. Je ne vis pas comment le Voyageur avait réussi à esquiver les attaques du maniaque des trésors mais moi, j'étais en danger.
Puis d'un coup, la terre s'ouvrit. Ou alors elle était en train de se manger toute seule, je ne savais pas quoi. Elle s'effondra sur elle-même dans un roulement de tonnerre, avec moi en épicentre blond. Trop de galeries tue les galeries... Un fossé large de trente mètres s'ouvrit sous mes pieds et je tombais en même temps que la terre. Je fermais les yeux dans mon étrange dégringolade/chute pour éviter de les souiller de terre. Je fis de ma même avec ma grande gueule pour empêcher que mes poumons soient obscurcis. En quelques secondes, un cratère de trente mètres de diamètre et de vingt mètres de profondeur fut créé. Et moi, j'étais tout en bas, la jambe coincé dans un stupide terreau. J'essayais de savoir si Takeshi avait été emporté ou non mais j'avais un problème. Mon panneau était à moitié noyé dans de la terre, à cinq mètres de là. Il s'était transformé en signalement de chantiers. Pauvre connard de panneau de merde.

« Ohohohohohohoho !!!! C'est trop facile. Et admire la quintessence du pouvoir d'un phobique de bouchons de champagne !!! »

Sur ce, il fit apparaître un énorme bouchon de champagne au-dessus de ma tête. Ou un peu à-côté je devrais dire. Il était maintenu en l'air par le pouvoir de l'autre couillon. Et ce dernier leva ses mains et les frappa l'une contre l'autre d'un geste un peu trop théâtral. Le bouchon qui stationnait à cinquante mètres au-dessus de ma tête commença à se décomposer sous mes yeux. Je tiquai d'incompréhension devant ce spectacle : mais qu'est-ce que ce truc était en train de me faire là ? Je fis une mine désappointée car ça tombait sur ma gueule en même temps que ça disparaissait. Puis je compris quand je vis que le bouchon s'était complètement transformée en champagne. J'ouvris des yeux ébahis tandis que des centaines de litres me tombèrent sur la gueule, remplissant le fossé de champagne français.
Alors que je commençais à me noyer, je me demandais bien si ces types étaient aussi débutants qu'ils voulaient le faire croire. Parce que cette stratégie relevait d'une vitesse d'exécution et d'un génie dont je ne m'y connaissais pas. En quelques claquements de doigt, ils avaient tout prévu. Ils avaient peut-être laissé plus de bonshommes qu'ils auraient cru mais la tactique était là. Et je me noyais sous du champagne... Bordel, mon pouvoir ne me servait à rien ici vu que j'étais coincé. Il fallait à tout prix que je repris le contrôle de la situation. Je m'en fichais de mourir (enfin presque) mais 1) je voulais pas crever de cette manière, loin du combat épique contre des Ducs cauchemars que j'avais imaginé, et 2), je voulais pas que Takeshi pensait que j'étais un gros minable. Je sais je suis lourd, mais mon égo prenait toujours le contrôle sur moi quand j'étais prêt à expier mon dernier souffle.
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyMer 9 Fév 2011 - 22:45
Une intervention divine ? Un miracle ? Quelle que soit l'explication à donner, Satoru était au bord des larmes tellement sa joie l'envahissait. Une pluie d'alcool, et de surcroît du champagne. Que rêver de mieux ? Pour sûr le royaume des rêves portait à merveille son nom. Bon il faut avouer que les circonstances n'étaient pas très favorables pour notre invocateur, mais qui s'en soucie ? Mis à part le fait qu'il s'apprêtait à plonger dans l'énorme masse de champagne pour sûrement y terminer noyé, rien ne le dérangeait vraiment. Une fin honorable, digne des plus grands. Le mieux reste tout de même l'éviter on est d'accord. Le contexte n'étant pas très clair, une rapide explication de la situation s'impose.

Il y a quelques minutes notre héros venait de mettre à terre une de ces hideuses taupes géantes après l'avoir littéralement tabassée la pauvre. Suite à ça il s'approcha rapidement de son compagnon de fortune qui semblait entretenir une discussion enflammée avec l'autre chasseur de trésors. Arrivé à quelques mètres de la scène, il était déjà prêt à en découdre. Ses plans tombèrent cependant à l'eau assez rapidement. Après avoir envoyé valsé le voyageur blond quelques mètres plus loin avec un bouchon de champagne géant, il semblait vouloir s'en prendre à notre héros aussi. Heureusement pour ce dernier, il était un peu plus éloigné que son camarade moins chanceux. Le chef des taupes, qui au passage arborait la même dégaine que ses animaux de compagnie sûrement par solidarité ou une autre connerie, enchaîna sur Satoru. Ce ne fut cependant pas un unique et énorme bouchon de liège qui virevolta en sa direction, mais plusieurs. Au nombre exact de trois, chacun devait à peu près faire deux mètres de circonférence, ce qui est déjà respectable. Notre héros sûr de lui décida de contre attaquer et il l’exécuta en balançant un magnifique coup de pied latéral au projectile de liège. Ce coup puissant envoya le bouchon atterrir quelques mètres plus loin. Bien que les projectiles soient assez volumineux, leur consistance restait celle du liège. Enchainant sur sa lancée Satoru envoya un coup de genou tout aussi puissant au second bouchon le condamnant au même sort que le premier. Le troisième arriva cependant trop rapidement et pris notre héros au dépourvu, ne lui laissant pas le temps de reprendre son équilibre après son attaque. Il subit donc la même chose que son compagnon et fut envoyé plus loin, roulant sur quelques mètres emporté par le choc. Bizarre, pourquoi le pseudo Elvis aurait fait en sorte de les rassembler à un endroit précis ? Cette interrogation trouva sa réponse dans les secondes qui suivirent. Les taupes creusant des galeries un peu partout avait donc un but : écrouler le sol. Au final elles n'étaient pas si stupides qu'elles en avaient l'air, ou du moins leur chef.

Alors que le sol se dérobait peu à peu sous ses jambes, Satoru usa de son agilité pour se remettre sur pieds et enchaîna sur le sprint de sa vie. Il ne devait sa fuite qu'au fait qu'il ne se trouvait pas au centre du trou qui se formait et que donc il ne chuta pas directement. La terre qui s'écroulait sur elle même était cependant beaucoup plus rapide que lui, et irrémédiablement il chuta. Une chance hors normes le sauva cependant, il pu in extremis s'agripper à bord du trou qui venait de se former, évitant de s'enfoncer dans la terre et la poussière juste en dessous de lui. Ses doigts enfoncés dans la terre sèche et poussiéreuse était la seule chose le maintenant encore en l'air. N'ayant pas le temps de faire quoi que ce soit à part cracher la poussière s'étant engouffrée dans ses poumons, il fut assez surpris de voir une ombre apparaître. Ce n'est qu'en levant les yeux qu'il constata qu'un autre de ces bouchons apparut, pour se transformer ... En champagne authentique !

Nous revenons donc au début de notre récit. Satoru, aggripé au dessus d'une mer de champagne. Ses sentiments se heurtaient tant ils étaient paradoxaux. Si il écoutait son instinct il se serais volontiers jeté dans ce liquide qu'il considère comme divin, heureusement sa raison le rappelait à l'ordre. Rien que la vue du blond se faisant ballotter par les flots impuissant lui montrait ce qui l'attendait si il succombait à son envie. D'un coup une responsabilité vint se poser sur lui telles une énorme charge : il devait aider Ed. Bon il était loin d'être faible et il l'avait admis lui même, c'est un vétéran. Un mec déguisé en Elvis lui arriverait à bout ? C'était une hypothèse à envisager. Pour l'instant, il n'avait pas trop le choix ni le temps. Il envisagea donc de s'attaquer au coupable de toutes ces conneries. Enfonçant ses doigts encore plus profond dans la terre il escalada les quelques mètres de la paroi le séparant du bord. Après quelques secondes il arriva sur la terre ferme et fit face à son adversaire. Il arborait toujours le même sourire niais ainsi qu'une posture on ne peut plus laide. Satoru avait un petit plan, il allait jouer sur les sentiments de son adversaire, et pour cela une petite provocation s'imposait.

" Hé tête de gland ! A part envoyer tes larbins faire tout le boulot et balancer tes joujous tu sais faire autre chose ? Je sais pas moi ... Genre te battre comme un homme ? "

Ces phrases plus irrespectueuses les unes des autres semblaient avoir bien atteint l’énergumène. C'est ce dont témoignait son visage ayant pris une teinte bordeaux ainsi que les gémissement qu'il lâchait. Parmi ces gémissement et autres cris malsains se glissaient parfois quelques mots incompréhensibles dont l'importance ne devait pas vraiment être de mise. Voyant ses sentiments heurtés le chasseur de trésor dégaina sa pelle comme si c'était un sabre et se lança à corps perdu vers notre héros, encore au bord du trou plein d'alcool. Aveuglé par sa haine et l'humiliation qu'il a subi, il ne pris même pas la peine de réfléchir une seconde, et une fois arrivé au niveau de Satoru il balança avec toute sa force la pelle vers le visage de son adversaire. Ce n'était pas un coup de maître et c'est donc avec une facilité déconcertante qu'il esquiva. Pas de n'importe quelle manière non. Le mec à la chevelure incertaine avait pris un élan énorme et s'était baissé pour donner son coup. Satoru profita alors de l'ouverture et exécuta un petit saut. Arrivé au niveau du crâne de son adversaire, il posa son pied dessus et le poussa en arrière comme si il lui marchait dessus. Le résultat ? Il chuta directement dans son propre piège alors que Satoru atterrit sain et sauf sur le sol. Viens maintenant l'explication de cette petite ruse. Sachant très bien que son adversaire foncerait tête baissé après la provocation, notre héros savait pertinemment qu'il pourrait l'envoyer visiter lui même le trou. Après cela, le mec serait forcé de faire disparaître le champagne, à moins qu'il ne souhaite également succomber de la noyade ? S'asseyant sur le bord Satoru en profita pour se reposer quelques secondes en profitant du spectacle. Combien de temps l'autre imbécile comprendrait il avant de lever sa technique pour éviter sa propre mort ? Les paris sont ouverts ...
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptyDim 13 Fév 2011 - 0:17
Les solutions pour me tirer de ce piège me venaient petit à petit, à chaque fois qu'une petite bulle d'air franchissait mes lèvres pour s'échapper avec les autres, dans une remontée éblouissante, dans un « speech » monumental. J'ouvrais les yeux, je voyais un enfer doré dans lesquels l'air s'échappait par le haut. Bordel, ça restait un beau spectacle et ça assoiffait. La partie la plus gourmande de mon cerveau me demanda si je voulais boire quelques centaines de litres de champagne pour me tirer en vie. Si je devais crever, valait mieux que ça soit avec l'estomac éclaté que les poumons noyés. Il n'y avait aucune bonne mort. Aucune. C'était toujours désagréable de se faire tuer, surtout quand c'était rapide. Le temps qu'une balle de sniper franchisse votre crâne pour ressortir de l'autre côté, les seules pensées qui venaient à l'esprit étaient : « MAAAAL ! » et « Chier, quelle mort de merde. » Pas le temps de dire qu'on n'avait rien à regretter. Cependant... mourir par le champagne (même par noyade), y avait bien pire. Ça pourrait être du mauvais rouge.

Une autre idée était de vider le champagne par un portail. Le liquide savoureux envahirait les environs à quelques mètres. Mais le temps que la cuve se vida, j'aurais le temps de me noyer, de me faire réanimer par du bouche-à-bouche, et de me re-noyer. L'autre idée semblait sinon de me créer un portail dans la gorge (nop, jamais je ne pouvais en créer de miniatures) ou bien pour faire sortir ma tête de là, en foutant du champagne n'importe où. Sauf que mon crâne serait très vulnérable et je me mettrais dans une situation précaire. Il me fallait une autre idée géniale. Et en attendant que mon cerveau fasse une réflexion intelligente qui lui permettrait par la suite d'en faire d'autres, je commençais à manquer d'air. J'avais tenu pour le moment deux minutes. Passé ce délai, il fallait s'en remettre à la volonté, jusqu'à ce que celle-ci vous livre à l'inconscience, puis à l'inondation de vos poumons. Mes mains bougeaient d'elles-même et ça faisait belle lurette que j'avais arrêté de tirer sur ma jambe pour la dégager. Le champagne exerçait une forte pression sur moi, et j'étais coincé comme un naze au fond d'un trou de merde. Il fallait que je trouve une solution simple et efficace. Ou alors, attendre l'autre allié, qu'il vienne m'aider. Et s'il ne m'aidait pas, j'étais foutu. Je pris une gorgée d'alcool, ce qui eut l'aimable conséquence de m'asphyxier. Mon panneau luisait à quelques mètres, ainsi que mes lunettes de soleil. Je pris une autre gorgée : la Mort qui commençait à m'étrangler m'asséchait la gorge. Je tentais de ne plus faire un geste, en évitant de penser que si l'autre ne pouvait pas m'aider, c'était peut-être à cause de griffes qui lui auraient perforés le foie et la colonne vertébrale.

Trente secondes plus tard, je vis un corps tomber distraitement dans le champagne, émettant un petit Pfuuuuuit sous-marin. Il était à mi-distance entre le sol et la surface. J'eus peur soudainement que ce fut l'Agoraphobe. Mais il n'avait pas une telle tignasse. Mon ami venait de jeter dans la fosse le pauvre phobique des bouchons de champagne. Mais celui-ci commençait déjà à nager vers la surface. Le salopard ! Lui nageait alors que moi, j'étais obligé de subir l'alcool. Il s'arrêta soudainement, se retourna et me vit emprisonné. Il me fit un pouce levé, un sourire de merde et un clin d'œil odieux. Petit connard de merde, tu ne rejoindrais pas la surface aussi tranquillement. L'autre m'avait fait un super cadeau en te renvoyant sous terre, je n'allais pas passer cette superbe chance de pouvoir remonter. Mes yeux devinrent noirs, et mes cheveux nagèrent tous seul dans le champagne :

Premier portail : Au-dessous des pieds du piètre Voyageur, dont les cheveux commençaient à pendre en mèches mouillées.
Second portail : Au-dessus de lui, à un bon mètre sous l'air libre.
Effet provoqué : Le pauvre crétin d'adversaire commença à remonter vers le fond. Mais au lieu de pouvoir respirer tranquillement, il se retrouva soudainement à cinq mètres au fond du grand cru. Il ne comprit pas bien et retenta l'expérience. Mais une nouvelle fois, il se retrouva à frôler des orteils le fond trempé de la cuve. Il me regarda avec un air malsain, comme s'il eut compris que j'étais le fauteur de trouble qui empêchait ses poumons de se revigorer. Il essaya de passer sur le côté, mais je bougeai mon portail pour que le résultat soit exactement le même. Une quatrième fois, il battit des mains follement. Pour rien. Il voulut bouger une cinquième fois mais de nombreuses bulles s'échappèrent de sa grande nageoire dans un festival édulcoré relativement à la situation.

Ce connard manquait d'air ! Il était resté moins longtemps que moi sous le champagne, mais avait réalisé bien plus d'effort. Je souris quand ses yeux se mirent à paniquer. La seconde d'après, je compris que j'étais aussi dans la merde. Si ce bouffon ne savait pas comment annuler le sort, il crevait. Et moi aussi. Oh merdeuh ! Pourquoi je devais subir la nullité de l'ennemi ? Je veux bien perdre face à un vétéran tel qu'on pourrait jouer aux mots croisés au travers de ses cicatrices. Mais par l'erreur d'un bouffon... Je le regardais le regard insistant, comme un reproche. Ma conscience commença à s'en aller tandis que la liqueur pénétra ma trachée, que j'essayais à grande peine de réprimer. Mais fais quelque chose connard ! Trois secondes avant mon évanouissement, je remarquai que des bulles s'échappaient de ses cheveux. Deux secondes, je le vis lever les mains, fermer les yeux et...

… renverser le sort. Le champagne disparut, et laissa dans la cuve un énorme bouchon de liège, perdu dans la cuve. J'eus une expiration terrible : je crus que mes bronches allaient s'envoler au loin. Maintenant qu'il n'y avait plus le champagne, je pouvais maintenant me libérer de ce piège terreux. Le sol était devenu spongieux : rien de plus facile que de libérer mon pied en tirant un bon coup. Ma jambe sortit du piège avec un Plop caractéristique. Au loin, le pauvre con qui avait annulé son sort avait chuté de la hauteur à laquelle il nageait précédemment et se relevait, un peu honteux. Je fonçai pour prendre mon panneau qui reposait sur le sol, à l'ombre du bouchon de champagne gigantesque qui se faisait balloter par le vent. Dans le même geste, je cherchais du regard mes lunettes de soleil qui m'avaient glissé du nez pour se perdre je ne savais où. Par chance (ou bien par un instinct de protection super avancé), je les trouvais dans ce maelström de gadoue. A moitié écrasées par le socle du bouchon de liège gigantesque.

Je remarquais deux choses simultanément. Déjà, j'étais foutrement en colère. Bien plus que je ne devais l'être. J'avais cessé de considérer les taupes et le naze comme des adversaires, mais comme des cibles. Ma vision se colora en rouge bordeaux, je ne voyais plus distinctement. La colère d'avoir perdu mes lunettes fut si grande que j'en oubliais pourquoi je me mettais dans cet état de frustration avancée. Comme un interrupteur qui s'allumerait seul, un automatisme aux conséquences dévastatrices. Mes ongles s'enfonçaient dans la chair de mes paumes, dans un crissement désagréable. Mon visage prit une expression de haine intense, que je dirigeais contre cet espèce de connard de merde que j'allais réduire en cendres sans lui laisser le temps de respirer. La seconde chose fut que j'étais complètement ivre.

Ce fut deux paires de lunettes qui se faisaient écraser contre le bouchon de liège. Mes jambes tanguaient, le monde tanguait, dans un bal aussi irrégulier que nauséabond. A chaque fois que je réfléchissais, j'avais mal au crâne. Les sentiments auxquels j'essayais de donner un nom n'arrêtaient pas de percer mon cerveau, me mettant en rage. Encore plus que je n'aurais dû être. Je titubais comme un con, et les espaces se modifiaient toutes les secondes. J'étais vraiment dans la merde. Même pas besoin d'espérer de pouvoir contrôler mon pouvoir dans ces conditions. Et pour le combat ? Cherchez pas non plus. Si j'avais passé moins de temps dans ces effluves alcoolisées, j'aurais pu trouver la force nécessaire pour soulever mon panneau. Mon humeur aurait été la seule variable changeante, et peut-être que ma force aurait été altéré dans le bon sens. Mais il n'y avait rien d'autre que l'incompréhension totale des événements. Mon panneau ne me pesait même pas dans les bras malgré son poids. J'étais parfaitement conscient d'être saoul, mais je ne pouvais pas me débarrasser de cet état. En levant mes yeux, je vis un vague jeune homme posé sur le sol, au-dessus de la cuve. L'agoraphobe ? Bordel, ma tête... Je réussis à me retourner vers le Voyageur stupide, qui semblait danser sous le champagne qu'autre chose. Lui aussi était complètement mort. Peut-être moins que moi cependant. Je levai mon doigt et hurlai :


« TWOUUUUUééé !!! J'vais te pulvrisimer la tronche !!! »

Mon reste de conscience s'envola en éclats. Je ne fus plus moi-même. Enfin si... mais de loin. ALORS !!! Tandis que je me dirigeais pour exploser la gueule à ce psychopathe démoniaque destructeur de verres teintés, que mes jambes courraient dans la bonne direction tout en zigzaguant, chaque pas corrigeant et déviant la trajectoire en même temps. Mais une foutue taupe de merde sortit du sol, s'éjectant comme un missile vers le ciel. Je sentis mes vêtements et ma chair se déchirer, mais je ne dégrisais pas pour autant. Je tentais de lui lancer un coup dans la tête, mais il fut si ridicule que même son cerveau réussit à lui commander d'esquiver. Elle contrattaqua et je sentis mon front s'ouvrir sous une nouvelle plaie. J'étais trop con pour comprendre même la douleur et commençai à envoyer une série de coups sur la taupe, qui n'eut pas beaucoup d'effets. La moitié du temps, mon panneau ne rencontra que le vide car je n'arrivais pas à saisir les subtilités d'une unité de mesure stable. Bref, je me battais comme un chiffonnier sans trop savoir pourquoi. Le monde avais disparu ; seule subsistait une sphère de merde, mon nouvel univers, qui se déformait sans que je cherchais à l'analyser.
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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptySam 30 Avr 2011 - 0:55
Impossible ... Ça devait être une blague, quelque chose d'organisé. Des équipes de Caméramen surgiraient sûrement dans les minutes qui suivent, pour annoncer fièrement à notre héros du jour qu'il s'était fait piéger et qu'il passerait bientôt sur une chaîne inconnue du câble. Tournant la tête, il cherchait cette équipe technique, se préparant déjà à serrer les mains du fameux chasseur de trésors, le félicitant pour son talent d'acteur, riant aux éclats avec pleins d'inconnus pour faire bien devant les caméras. Mais non, rien ne se passa, la seule chose qui s'offrait à lui était la dure réalité de la vie. A quelques mètres de lui, le claustro' se dandinait un peu n'importe comment, présentant au monde un mélange malsain de combat et de Tecktonik. De loin, n'importe qui croirait à la crise d’épilepsie, c'est pour dire. Vous le savez déjà, mais le blondinet semblait avoir assez mal supporté les litres d'alcool sous lesquels il croulait quelques minutes auparavant. On dit toujours que le quatrième verre est celui de trop, mais qu'en est il du quatrième litre ? M'enfin, le pauvre n'y pouvait pas grand chose et au fond, Satoru éprouvait pas mal de jalousie à son égard. Autant se payer une mine dans la réalité était magnifique, alors qu'est ce que ça devait être dans un monde aussi tordu que Dreamland ? Question existentielle qui ne verra sûrement jamais de réponse. Enfin, expliquons un minimum la situation. Suite à la précédente ruse de notre Agoraphobe visant à envoyer le phobique de champagne dans son propre piège, ce dernier annula son sort, épargnant ainsi le dénommé Ed du passage de la faucheuse. Bon, maintenant il ne risquait plus de se noyer, mais était-ce mieux de le laisser déambuler ainsi ? De plus il n'était pas le seul dans cet état, l'autre débile qui était le coupable de toutes ces conneries puait lui aussi l'alcool à des mètres à la ronde, vu son état son taux d'alcoolémie effrayerait même un routier yougoslave.

Si la situation restait ainsi, il n'y aurait pas eu de problèmes, notre héros n'aurait eu qu'à les observer se foutre sur la gueule jusqu'à la fin de la nuit, ou jusqu'à ce que l'un d'eux ne sombre dans le coma. Mais une de ces foutues taupes était encore présente, et elle n'était pas ivre morte elle. Et bien entendu, son peu de matière grise avait suffit pour qu'elle s'attaque au claustro', foutu instinct animal qui le poussait à s'attaquer aux plus faibles ... Une once d'espoir fit son apparition lorsque le blondinet se mit à frapper son adversaire, Satoru avait l'espoir qu'il n'aurait rien à faire pour sortir l'autre de son pétrin. Et bien non, cet espoir se désintégra de la manière la plus barbare qu'il soit. Ce spectacle pitoyable était à la limite du comique anglais, tant il était risible et burlesque. Nan mais sérieusement, voir un mec bourré qui frappe sauvagement et en vain une taupe géante armé d'un panneau, c'est vraiment quelque chose. On se croirait sous champignon hallucinogène, voir pire. M'enfin, c'était ça le fabuleux monde de Dreamland, si on peut toutefois l’appeler ainsi ... Au fur et à mesure de la rixe, Ed se faisait de plus en plus amocher. Ses coups finissaient dans le vent, et ceux de son adversaire le déchiquetaient chaque fois d'avantage. Il était temps pour notre héros d'intervenir. Était-ce un appel de la justice ? Pas le moins du monde non, simplement de la redevance. Il lui avait appris pas mal de choses sur le monde onirique et de ce fait, il méritait tout de même d'être sauvé. Personne ne voudrait finir ainsi, lynché à mort par un mammifère si peu gracieux.

Satoru analysa ainsi la situation, l'espace de quelques secondes, afin d'éviter de se lancer n'importe comment dans le tas. Le sol était boueux, curieux mélange entre la terre et le champagne, il allait en tirer profit. En un saut, il se retrouva au fond du trou béant creusé auparavant, à quelques mètres de la folle bataille. Il jaugea l'énergie qu'il lui restait, il pouvait aisément invoquer trois ou quatre clones avant de se sentir mal, ce qui lui laissait une bonne marge. Il marchait lentement, les mains dans les poches, s'approchant de la manière la plus nonchalante possible de la taupe, qui déchirait à souhait les fringues du pauvre claustro'. Arrivé à un mètre de la bagarre, l'animal à la taille démesurée se rendit enfin compte qu'un autre adversaire s'était ajouté à sa liste d'hommes à abattre. Faisant face au nouveau venu, la bête grognait (et ouais, une taupe ça grogne), laissant un bon litre d'un liquide blanchâtre s'écouler de sa gueule. Ce n'était pas menaçant non, ça ôtait simplement à Satoru tout espoir de penser à autre chose que cette vision d'horreur pour les prochaines semaines. Animée par sa haine, la bête se mit à frapper comme elle le faisait auparavant, sans prendre en compte que son adversaire du moment n'avait pas plusieurs grammes d'alcool dans le sang et que donc il lui était assez facile d'esquiver ses attaques anarchiques gardant toujours ses mains enfoncées au plus profond de ses poches. Les coups volaient, se suivant, se ressemblant inlassablement, toujours en vain. D'un coup, la taupe fit un petit vol plané avant de se retrouver le museau littéralement planté dans la boue. Un double de notre héros était apparu dans le dos de l'animal et l'avait magnifiquement mis hors d'état de nuire. La taupe gesticulant encore sur le sol se faisait achever par le clone, le lynchant de coups de pieds de barbare.

Le vrai Satoru se tourna alors vers le dernier adversaire : Elvis. Bon, il ne s’appelait sûrement pas comme ça, mais ce surnom désignant son horrible coupe de cheveux suffisait pour le désigner. S'étant relevé, il était dans le même état qu'Ed, tenant à peine sur ses jambes. Alors qu'il avait en tête de l'achever pour en finir avec toute cette histoire, notre héros eu une idée entre le sadisme et le génie. Pourquoi ne pas profiter d'un beau spectacle, histoire de le divertir mais aussi de bien se fendre la gueule. Après tout, on se contente de ce qu'on a non ? Et puis, une bataille entre deux mecs se payant une mine totale, ça ne peut qu'être marrant. Il se tourna alors vers Ed et lui annonça fièrement, un rictus révélateur sur son visage.

" J'te laisse y aller en premier, tu veut prendre ta revanche sur cet enfoiré nan ? J'serais là pour te couvrir au cas ou, pour l'instant déchaîne toi ! "

Puis il se laissa tomber sur le sol, se mettant en tailleur, les yeux bien ouverts pour profiter pleinement du spectacle. Et oui, notre héros était un enfoiré fini. Mais il avait tout de même un coeur, si jamais cela s'annonçait mal pour son partenaire, il volerait bien entendu à son secours ! Enfin, il y avait des chances ...


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MessageSujet: Re: "Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi] "Mais qu'est-ce que je fous là ?"    [PV Takeshi] EmptySam 30 Avr 2011 - 12:09
[HRP : Post pas très réussi malheureusement, mais dernier post.]


Avant même la sensation de douleur, il me sembla que quelque chose n'allait pas avec mon corps, qui partait en lambeaux sous les assauts d'un taupe en furie. Bon, il ne fallait pas exagérer, je n'allais pas assez mal pour qu'il m'arriva quelque chose de grave. Sinon, je m'arrêterais, hein ? Mais cette taupe gigantesque radioactive était en en train de me boucher le passage de son énorme masse. Je ne voulais qu'une chose : estourbir cet individu et lui faire griller sa coupe de nase. En quoi ce désir meurtrier concernait la taupe, à la base un animal stupide censé creuser des galeries avec une vision défaillante ? Hein ? Et tandis que je reculais peu à peu inconsciemment, dans ma mémoire traversèrent des ersatz qui occupaient ma tête de débats scientifiques ainsi que de commentaires des écrits de Proust. Cette abondance intellectuelle que mon cerveau ne pouvait pas traiter me mit plus mal à l'aise. Je commençais surtout à dériver dans des délires solitaires d'où le monde n'avait plus sa place. La taupe était toujours là, mais dans une lointaine dimension dont la menace était perceptible, mais où j'étais trop flemmard pour riposter. Mon panneau me fut arraché des mains sans que je ne m'en rende compte sur le coup. Pour terminer, une belle mandale fit de son possible pour me dégriser : après une douleur que même moi pus ressentir, je m'envolai sur plusieurs mètres comme une poupée de chiffon d'une fille indécise. Mon corps s'écrasa sur le sol, et les parties de mon cerveau qui s'occupaient de coordonner mes mouvements ainsi que la gravité se mirent en branle, faisant dégager l'alcool des parties inondées. Enfin, seulement des petites parties inondées. Quand je me relevai, le monde semblait plus présent, voire trop présent. Et ma tête cognait assez lourd.

Je vis l'autre agoraphobe se combattre maintenant avec la taupe, tandis que le Palmutrucmachinchosephobe se délectait du spectacle en se rongeant les ongles. Yeah, gamin ! Tu maîtrises le sweep à fond ! Je pris mon panneau qui était planté à deux mètres de moi, et m'approchai d'un air dangereux vers le chasseur de trésors. Il me lança un regard que je n'arrivais pas à analyser, comme si c'était un assoiffé qui venait de trouver une bouteille de champagne. Je continuais doucement à m'avancer vers lui, la notion de danger étant maintenant passée superflue depuis que l'alcool avait remplacé le sang dans mes veines. J'émis un rot bruyant. Le chasseur de trésors me pointa sa paume de mains avec un sourire carié. Mais quand sa taupe se fit démolir sa tronche par le Voyageur, il tourna la tête stupidement. Il n'eut pas besoin de plus pour qu'un panneau de signalisation le faucha au niveau des côtes pour l'envoyer balader au loin. Yeah ! Touché ! Pas coulé, mais je pensais que frapper quelqu'un était bien mieux que de ne pas le tuer ; quoi de drôle à castagner un cadavre ? Les pensées impies m'obstruant la vue, je continuai ma route vers mon adversaire, qui m'envoya une rafale de bouchons de champagne. Heureusement pour moi, il visait comme un pied. Malheureusement pour moi, je ne savais pas esquiver avec si peu d'équilibre. J'étais en perpétuel mouvement sur une corde raide. Je pensais que je m'étais pris un bouchon de champagne dans le nez, ce qui m'envoya la tête vers l'arrière. Mon nez fut brisé sur le coup et je retins un grognement de douleur. Du sang s'échappa de mes narines par deux ruisseaux indépendants coulant sur mes lèvres. Je voulus avancer, me demander comment je pourrais réussir à créer un portail alors que je ne savais même plus épeler ce mot. Autant essayer de construire un logiciel informatique...

Après qu'un bouchon de champagne m'ait frappé une de mes chevilles, mon moi intérieur décida d'attendre que la grêle passe, en m'accroupissant et protégeant mon visage. Le sang qui coula de mon nez vint envahir mes vêtements, et coula sur la ma langue, faisant sentir son goût cuivré-salé. Je reçus de nombreux coups, mais aucun ne fut trop douloureux. Il était trop loin, et sa précision était aléatoire. Dès qu'aucun de ses coups ne me toucha, je décidai de lever ma tête explosée, embrassant dans mon champ de vision un monde tournoyant et un homme fatigué, les mains en sang. Plus de méchants bourdons... je pouvais y aller. Je me remis debout comme je le pus, et m'avançai en trottant vers le type, dans la courbe la plus droite possible malgré ses petits soubresauts qui me forcèrent à faire des pas de côté. Puis l'autre m'envoya un gros bouchon de liège, à l'instar de celui qui m'avait fait basculer dans le piège alcoolisé. Je n'eus pas le réflexe pour analyser la situation, et par extension, pour anticiper l'attaquer, et par extension, pour l'esquiver. Le bouchon de liège ayant une trajectoire oblique vers le ciel. Je me pris un semblant d'uppercut d'un bouchon de champagne sorti d'une bouteille pour géants. Ma nuque partit violemment an arrière, et tout mon corps suivit. Et plus par instinct que par décision, j'activai une paire de portails surfaites.

Premier portail : Très mal positionné, prêt à réceptionner ma tête entière.
Second portail : Tourné vers le bas juste au-dessus du salopard de pacotille.
Effet provoqué : Ma tête partit en arrière comme un boulet de canon, mais disparut directement dans un portail avant de percuter le crâne de mon ennemi dans une pirouette grossière. Sous le choc et le craquement qui s'en suivit, nos deux corps tombèrent par terre.

On se releva maladroitement, au bout de dix secondes, et on fonça l'un vers l'autre, avec pour seule constante la douleur. J'avais abandonné mon panneau quelque part, mais je ne savais plus où. Certainement lors du choc... Je me mis à frapper mon adversaire à la gueule, tandis qu'il me tenait le col et tentait de me faire tomber. Il parvint à me faire trébucher, et je parvins à le faire venir avec moi. Nous tombâmes ainsi sur le sol comme des chiffonniers, et on essayait plus de placer l'autre sous lui que de réduire sa gueule en marmelade. Un coup, il réussissait à prendre le dessus d'une traction des hanches, mais je parvenais à profiter de l'élan pour retourner la situation à mon avantage. Il fit exactement de même. Moi aussi. Et lui aussi. Et moi aussi. Et lui aussi. Et moi aussi. Puis, il me fit une clef de jambe pour m'empêcher de continuer la roulade, et je lui répondis d'un coup de boule. Il fut KO pendant deux secondes, me permettant de me mettre sur lui et de le bourrer de coups de poings. Il avait eu du répondant. En même temps, ils étaient deux...

Je voulus continuer, mais ma tête qui venait d'être gigotée dans tous les sens, commença à perdre les pédales. Le ciel et la terre s'inversèrent plusieurs fois, les nuages convergeaient vers un même point changeant. Je compris au bout de dix secondes que j'étais moi aussi sur le sol, avec aucun adversaire pour me pulvériser la gueule. Eyh ! Je lui avais massacré sa tronche ! Où était l'autre là, mon nouvel ami ? Je décidai qu'il était quelque part par là, mais rien dans le paysage ne me le confirmait. J'eus un spasme terrible qu'on appelait « Hoquet ». Il réveilla à lui seul toutes ms blessures, que je pouvais observer avec un détachement intéressant. Je saignais un peu de partout de petites éraflures, toutes peu profondes mais qui me vidaient lentement de mon sang. Par expérience et aussi parce que j'étais con, je me dis que ce n'était pas si terrible et que je résisterai bien assez longtemps, que je me réveillerai et que toutes mes blessures auraient disparu la nuit prochaine. Malheureusement pour Dreamland entier, ce fut vrai. Je réussis à dire les mots simplistes qui me traversèrent l'esprit, comme :


« Béttu ! Mal. »

Ce qui voulait à peu près rien ne dire du tout, mais qui avait une signification pour les esprits les plus libres, tout comme n'importe quel chiffre pouvait adopter une signification bien particulière à l'être qui s'inventait ma foi, bien trop de choses. Mes pensées tourbillonnantes s'inscrivirent sur les rochers aux alentours, mais après lecture rapide, je me fis la réflexion que des textes de Ionesco avaient plus de sens que ça, rien qu'au premier degré. Ce furent mes dernières enivrantes paroles, avant que ma vision ne fut obstrué par de la fumée blanche d'abord, puis ma couette ensuite.

Quand je me réveillai, je ne reçus qu'un seul signal : ma tête qui était devenue plus lourde que du bois, et aussi fragile que du verre. Un miaulement de mon chat me déchiqueta tous les neurones, et je l'envoyai déguerpir d'un revers de main, l'autre tenant mon front pour éviter qu'elle ne se se sépara de ma nuque et ne se brisa en petits morceaux. Quelle nuit, bordel ! Enfin, quelle nuit bordel ? Merde, il s'était passé quoi déjà ? Je tentais de réactiver un flashback qui préféra partir en fumée plutôt que de m'aider. Ooohhh merde. En tout cas, je me souvenais de l'odeur du champagne ! Et son goût. Je me dirigeai vers ma douche, en espérant que je ne m'étais pas exhibé devant une gente féminine, ou que j'avais fait des trucs étranges avec des animaux géants.
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"Mais qu'est-ce que je fous là ?" [PV Takeshi]

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