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Sauvons les chocapics ! (quête solo)

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Maraudeur des rêves
Hélène Metzengerstein
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MessageSujet: Sauvons les chocapics ! (quête solo) Dim 17 Oct 2010 - 10:02
Assise contre le mur de mon studio, jambes ramenées dans mes bras, je toisais mon lit. Deux heures que je devais être là. Pas un son ne troublait ma réflexion. La nuit précédente avait été la pire de toute mon existence, rien qu'à y songer j'en avais la nausée. Dès que je sentais mes paupières se clore, un terrible frisson me prenait et je resserrais l'emprise de mes mains sur mes bras, pinçant ma peau pour me ramener à la réalité. Je le voyais déjà, Dislok, m'attendant sur sa tour noire dans son royaume de merde. Après tout, c'était bien ça, royaume acide, royaume des détritus, royaume abandonné, j'avais l'impression d'avoir eut un aperçu de l'enfer, ayant eut pour guide Charon. Je me souviens des braises, des taules saillantes ici et là, de ces démons qui se jetaient dans les lacs acides et toujours de ce fracas permanent qui vous faisaient vibrer les oreilles, comme un je-ne-sais-quoi d'infernal, peut-être une machine d'usine. Enfin qu'importe, l'important était de ne pas rejoindre Dreamland. Un effort vain me direz-vous, mais j'étais bien déterminée à ne plus y poser les pieds. J'avais pensé, en découvrant Dreamland, que ces cauchemars auraient cessé, je me mettais le doigt dans l'œil, si le monde onirique était celui des rêves, il en était bien aussi celui du contraire. Et pourtant, à voir les autres voyageurs, Laterza par exemple, elle n'avait pas l'air traumatisée de son séjour, Jacob, c'était la bulle son enfer permanent, Ed... difficile de dire sachant que le jour où nous nous étions vu, j'avais alors autre chose à faire que d'étudier son comportement. Enfin, la question se posait maintenant : Étais-je la seule à avoir mis les pieds dans un endroit semblable à ces terres de désolation ? Peut-être aussi que je n'irais pas qu'une seule nuit, après tout, je n'ai jamais été deux fois à un même endroit d'une nuit à l'autre. Peut-être ferais-je mieux de laisser tomb... Non ! Non non non et non ! Je n'en ai pas la certitude, dans ce monde absurde et plein d'improbabilités, qui pourrait me garantir que je vais atterrir dans un lieux, non pas agréable, mais juste humainement supportable ? Mais à quoi bon lutter ? A quoi bon lutter contre cette fatalité ? Je sombre...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Un cri d'effroi me prend lorsque je me réveille, mes jambes se dérobent directement sous mon poids et je m'effondre au sol, comme meurtrie. J'ai fermé les yeux, je n'ai pas envie de voir. Je tremble comme une feuille à l'idée de voir que j'ai atterris dans la grande décharge. L'idée de revoir ce visage suintant d'acide et d'huile, illuminé de ces deux éclats rouges m'emplis d'effroi. Mais dans la confusion de mon esprit, je parviens à identifier un parfum parvenant jusqu'à mes narines, une odeur de... menthe ? J'ouvre les yeux et me lève d'un bond, ma peur chassée par une joie que je ne saurais décrire. Autour de moi, des couleurs vives, quelques arborescences gourmandes, des arabesques sucre-glace, des arbres auquel pendent quelques graines de cacao, bref, une reproduction encore plus réaliste de l'usine de chocolaterie de Willy Wonka ! Une véritable merveille, j'en pleurerais presque. Mais c'est en continuant de contempler de quoi je suis entourée que je remarque cette chose noire, tombée là dans l'herbe, je l'avais oublié tiens. Comme un messager sinistre, il me rappelait aussi qu'ici, j'étais verte de peau. Je le ramassais et le faisais tourner entre mes mains, silencieusement. Il n'avait pas changé depuis la dernière nuit, comment aurait-il put d'un côté ? Enfin, j'aperçus ces quatre tubes emplis d'un acide incolore, je dois l'avouer, j'étais assez réticente à l'idée de mettre pareil masque, d'un j'aimais bien le miens et de deux, à l'idée de porter le cadeau que cet être infâme m'avait fait... quoi que... infâme ? Ce ne serait pas le mot, après tout, il m'avait bien sauvé des griffes des habitants de son royaume, il m'avait bien emmené en lieux sûrs et m'avait expliqué aussi que Dreamland comportait plus de risques que je ne le pensais. J'ôtais mon filtre que j'arborais aussi dans la vie réelle, puis à peine eus-je approché l'autre masque de ma bouche que les sangles empoignèrent directement le tour de mon cou, immédiatement collé à la peau. Surprise, je chancelais mais n'eus même pas le temps d'essayer de retirer ce malotru que je vis onduler dans l'air les quatre tuyaux prolongeant les tubes emplis d'acide. Je sentis tout mon corps se glacer d'effroi en l'espace d'un instant. Ces aspics de plastique fondirent vers moi, je fermais aussitôt les yeux, mais au moment où l'impact aurait dût se produire, rien n'arriva. Pourtant, j'eus le malheur d'ouvrir mes paupières à ce moment. Juste au bon moment pour sentir quelque chose forcer l'accès à l'intérieur de ma nuque. Je me tordis le dos pour tenter de l'ôter jusqu'au moment où je sentis ce truc raffermir sa prise définitivement. Une sorte de choc électrique me secoua tout entière, comme si tout mon organisme venait de réaliser qu'une chose tentait de s'en emparer. Étrangement, j'en fus presque soulagée. Certes, je sentais les veines de mon front battre tellement la violence de ce passage fut prompte. Je tâtais un peu la chose dans l'arrière de ma nuque, je frémis lorsque mon index en effleura la surface, car ce contact fit se mouvoir la chose dans le sillon qu'elle avait fait à même ma peau. Un léger rictus déforma ma bouche mais finalement, je me résolus à ne pas y toucher et à laisser ma peau cicatriser, n'ayant plus qu'à espérer que ça ne s'infecterait pas. Surtout qu'avec ce masque, je percevais mieux les parfums de ce qui m'entourait, ce qui s'avérait être très agréable surtout pour le lieux où j'avais atterris.

Laissant mon ancien masque là où il se trouvait, je commençais à marcher au travers des plaines respirant la chlorophylle fraiche. Un certain état de béatitude m'envahissait bien que la douleur sourde provoquée par le tube branché à mon cou me laissait une teinte d'amertume dans la bouche. Là encore, les pensées de Dislok étaient insondables, cette chose me permettait de mieux respirer et me serait probablement d'une grande aide en cas critique, mais pourquoi avais-je dû pâtir d'une telle douleur ? Je commençais sérieusement à en avoir assez que l'acide soit toujours synonyme de douleur aussi bien pour son utilisateur que pour sa victime. Bref, je tentais de ne plus y penser et plutôt de profiter de cette nuit dans un endroit si féérique. Je traversais un bois d'arbre à macarons, (j'en goutais d'ailleurs un, jamais je n'aurais cru que pareille merveille puisse exister !) Débouchant à la lisière, j'aperçus alors un être à la chevelure de guimauve ne dépassant pas la hauteur de mes genoux, il était penché au dessus d'une falaise et semblait fort troublé. Curieuse, je m'approchais non loin. Le précipice que je contemplais maintenant ressemblait à s'y méprendre au lit d'une rivière asséchée. Quelques poissons en chocolat, agités de leur dernières convulsions étaient parsemés çà et là tandis que quelques pauvres flaques subsistaient.


''Nous sommes perdus... définitivement perdus !'' S'écria la chose à côté de moi en implorant le ciel à genoux.
''… Qu'y-a-til, monsieur ?'' Demandais-je après quelques hésitations.
''Haa !!! Une voyageuse !!!...'' Hurla-t-il effrayé, mais après avoir jaugé mon visage, il sembla comprendre que je n'étais animée d'aucune once d'hostilité. ''Pour tout vous dire, mon village dépendait de cette rivière, mais quelque chose l'a asséchée récemment, sans elle tout notre commerce et nos ressources s'effondrent. Nous n'avons plus que nos yeux pour pleurer...''
''Pourquoi n'êtes-vous pas allé en amont de la rivière pour voir ce qui se produisait à la source ?''
''Nous l'avons fais ! Nous en connaissons la cause... seulement... ''
''Seulement ?...''
''Seulement, il s'agit de la tribu des castors-caramel qui ont installé leur village sur un immense barrage et tiennent prisonnier le fleuve. Nous avons bien essayé de leur faire comprendre que nous avions besoin de cette rivière et que nous étions prêts à la partager mais ils n'ont rien voulut entendre et sachant que nous n'avons pas un très grand développement dans la recherche d'arme, nous n'avons pas pu aller plus loin dans les négociations, leur chef n'est pas homme de grande patience. Mais maintenant que vous êtes là ! Vous pourriez sûrement nous aider ! Venez avec moi, nous serons en mesure de vous récompenser !''

Il me saisit alors par la main, me trainant contre mon gré, bien que je ne faisais rien pour l'en empêcher. Certes, je n'avais pas très envie de me mêler à des conflits territoriaux comme ceux-là, néanmoins, je ne voulais pas laisser ce petit être se morfondre plus longtemps. Après quelques temps de marche à travers ce paysage sauvagement sucré, nous pûmes apercevoir les premières bâtisses faites de nougat et de meringues... non je n'avais rien fumé la veille qui puisse me faire voir ça. Bref, la petite créature me guida jusqu'à une bâtisse s'apparentant plus à une immense charlotte aux fraises qu'autre chose et nous nous engouffrâmes à l'intérieur. J'avais du mal à comprendre tous les éléments du décor, un corridor avec au plafond, des lustres fais de pièces montées, des tableaux aux cadres faits de sucres d'orges, des coupes de pâte de fruits posés sur des tablettes de chocolat formant l'ameublement. Je restais bouche bée devant tel lieu, toutes les questions qui me passaient auparavant par la tête à propos de mon guide et de son village s'envolèrent à la vue de ces merveilles sucrées. Et tandis qu'il poussait une porte à deux battants, tendant sa main vers l'intérieur d'une pièce pour que j'y rentre, je restais le nez levé vers le ciel à dévorer des yeux les peintures. Quoi que, je me sentis happée dans les tréfonds de cette antre inconnue, mon regard se posant sur un plafond tout aussi majestueux, circulaire cette fois-ci. Mes iris suivirent le chemin que traçait une frise jusqu'à ce qui semblait être un trône de caramel sur lequel était avachit un de ces drôle de bonhomme sucré, à part que celui-ci était couronné d'un diadème fort imposant. Il me dévisageait d'ailleurs d'un œil dédaigneux bien que marqué par la fatigue des jours difficiles. Je sentis mon accompagnateur me faire des appels du coude depuis en bas...

''Voyons, inclines-toi devant le seigneur du royaume des sucreries !'' Pesta-t-il à mon égard.

Je fus ramenée à la réalité à la manière d'un ballon de baudruche virevoltant au gré du vent à qui l'on avait soudainement attaché une enclume. Toutes ces bonbons et pâtisseries réunies en un seul palais, c'était un aperçu du paradis. Trop d'émotions. Néanmoins, je parvins à m'incliner devant sa majesté, sans pour autant parvenir à défaire mon regard de la couronne incrustée de rubis qui devait, sans le moindre doute, être une pièce maitresse de cet immense dessert. Le petit être qui m'avait accompagné jusqu'ici se racla la gorge, et prit la parole d'un ton solennel tandis que je replongeais ma vue sur les peintures du plafond.


''Sire, voici venue une voyageuse qui s'est présentée comme volontaire afin de nous aider dans le délogement des castors.''
''Pour une fois que tu nous apporte de bonnes nouvelles... soit, je veux bien que cette... demoiselle !- nous vienne en aide. Fais la rejoindre l'escouade d'éclaireurs.''

Aussitôt dit, aussitôt fait. On me prit par le bras et me sortit aussitôt de la pièce, mon guide étant sur les talons des deux gardes qui m'encadraient fermement, ce qui ne m'empêchait pas pour autant de cesser de contempler les éléments de mon entourage. C'était un peu un rêve d'enfant dans lequel j'étais rentrée là, leur histoire de castor je m'en tapais bien, maintenant que j'étais dans un vrai conte de Grimm ! Après avoir été bringuebalée au travers de couloirs, je finis dans une autre pièce bien plus petite au centre duquel était entreposée une table ronde faite de biscuit et dotée de pieds de loukoums. Plusieurs créatures de couleurs colorées y étaient assises et paraissaient fort occupées à débattre entre elles jusqu'à ce que je fasse irruption sous le cadran de la porte.

''Tenez, c'est une voyageuse, elle vous sera bien utile les gars !'' Lança mon guide avec entrain avant de me pousser vers un siège et de filer à l'anglaise. Un long silence surplomba la pièce jusqu'à temps qu'un des bonhomme de glucose prenne la parole d'un air bourru :
''C'est pas possible il est toujours aussi excité lui...'' Quelques uns de ses compatriotes pouffèrent avant qu'il ne tourne ses yeux sur moi : ''Alors, comme ça t'es voyageuse ?'' J'acquiesçais d'un hochement de tête. ''Bien, quel type de voyageuse est tu au juste ?''
''Contrôleuse.''
''Parfait parfait... Je me nomme Démétrus, chef d'escouade, nous allons organiser un raid diplomatique sur le village castor, c'est un plaisir de vous avoir dans nos rang, miss...?''
''Hélène Metzengerstein.''
''Allons pour Hélène tout court, allez debout les gars ! On traine pas, vaut mieux qu'on garde l'effet de surprise !''
''Mais chef... on a déjà essayé en début de semaine... ils doivent s'en douter...'' Osa un des bestiaux dont sa peau était d'une jolie teinte céruléenne.
''Mais non mais non ! Nous avons la voyageuse, ils n'y verront que du feu !''

Je croisais le regard de celui qui avait osé faire sa confidence, nous déglutirent en même temps. Non je le sentais pas ce coup la, lui encore moins d'ailleurs. Bref, après que chacun ait quitté la pièce, je rejoins la troupe aux côtés de ce Démétrus qui tenait la tête de cette petite guilde. Nous quittâmes le palais des milles et unes saveurs (je regrettais d'ailleurs de n'avoir rien osé toucher pendant ma visite...). Après une bonne heure de marche où Er General (je le surnommais comme ça vu la manière avec laquelle il mâchouillait sa chupa chups comme un gros cigare.) il ma fit subir un véritable interrogatoire sur ma vie à Dreamland, mes expériences du combat et tout ce qui s'en suivait. Le pire là dedans, c'est qu'il avait l'air tout à fait confiant. Enfin ! Après avoir passé un champ de céréales... non pas de blé, mais bien de vrais céréales déjà parfaitement taillés pour atterrir dans nos bols. Sauf qu'ici, les récoltes n'avaient pas fière allure. Mon nouvel accompagnateur aux allure de vieux de la vieille m'expliqua alors que cette désolation était le résultat direct de la sédentarisation des castors en amont de leur rivière. Après avoir suivit le lit de la rivière desséchée nous pûmes apercevoir le barrage qui bloquait le fleuve. Nous nous cachâmes donc dans quelques taillis en barbe à papa pour pouvoir monter un plan. Leur objectif premier était d'y aller par la « diplomatie », autrement dit, ils tenteraient d'approcher le village pour avoir une audience avec le chef du clan des rongeurs caramels en m'apportant avec eux en prime, histoire de faire un « bon effet auprès du roi castor ». Il n'y avait, apparemment, aucune chance que ce plan ne tombe à l'eau, restait juste à voir s'ils acceptaient bien de nous recevoir en audience. Il fut décidé que notre groupe se séparerait en plusieurs parties, si celle restée à l'écart ne nous revoyait pas avant une heure, ils descendraient le barrage à coups de pioche, même si je doutais un peu de leur efficacité sur ce point... je misais plus sur le dialogue entre les nations. A pas de loup, notre groupe à effectif réduis (autrement dit 4 personnes) se dirigea donc vers les portes encastrées dans d'immenses barrières qui bordaient la rivière et empêchait d'y avoir accès. Alors que le chef de file s'apprêtait à frapper à la porte (?) une voix provenant d'au-dessus de nos têtes nous interpella.

''Halte-là ! Person... Quoi ? Encore vous ?! Mais comment est-ce qu'il faudra vous faire comprendre, les négociations sont termi.......... Aaah !!! Une voyageuse !!! Non, dites, vous plaisantez là, vous bluffez, ce n'est qu'une rêveuse hein ?''

Sentant le regard oppressant du superviseur de l'escouade, j'empruntais une lame à l'un des soldats et tranchait ma veine du poignet. La douleur comprima mes poumons mais je ne laissais aucun cri s'en échapper. La souffrance physique, c'est dans la tête, me disais-je. Et puis, je commençais à sérieusement avoir l'habitude. Je levais ensuite mon bras dans la direction du guet qui était perché sur une plate-forme de bois grossièrement taillée (à coups de dents j'imagine bien). Ensuite, je projetais un jet condensé d'acide directement vers le ciel, de façon à ce que notre interlocuteur ait un petit aperçu de la « rêveuse ». Vu la cri d'effroi qu'il poussa et le fracas que produisit son corps lorsqu'il chancela en arrière signifia que ma petite impression fit mouche. Heureusement que mes accompagnateurs eurent l'ingéniosité de s'écarter pour ne pas recevoir le retour de l'acide. Résultat, la projection retomba par terre en éclaboussant tout ce qui se trouvait autour et fit fondre ce qui lui tomba sous la dent dans un certain bruit de brûlure qui me fit crisser des dents. De mauvais souvenirs remontaient, des flash ébranlant mon esprit, gâchant ce moment palpitant. Bref, je chassais cette vue de mon esprit en même temps que les vapeurs acides qui montaient flegmatiquement dans l'air, cela d'un revers de main tandis que les portes s'ouvraient dans un gémissement de bois et que notre troupe s'enfonçait dans l'enceinte fortifiée. Enfin, moi la première et quelle fut ma surprise quand mon pied ne s'arrêta par un un sol ferme mais plutôt quand je faillis tomber à l'eau, ou plutôt dans le chocolat. Heureusement les trois autres gaillards qui m'accompagnèrent eurent la promptitude de me rattraper (ils m'arrivent pas plus haut qu'aux hanches je vous rappelle). Je les remerciais pour leur intervention et put alors admirer cette rivière toute de chocolat... sur lequel ces castors y avaient installé des maisons flottantes, d'autres sur pilotis, mais aucune en tout cas ne touchait terre. Chaque maison flottante était clouée sur une plateforme, toutes reliés par des ponts fais de planches et de cordes. Mais le réseau qu'elles formaient se focalisait au final autour d'une bâtisse dépassant les autres en terme de hauteur et de finesse d'architecture (même si le bois traité à coups de dents n'était pas très raffiné en sois). Démétrus eut la bonne initiative de reprendre la tête et d'entamer sa marche sur les passerelles bringuebalant de gauche à droite. Quelques castors encadrèrent notre marche, d'autres nous surveillaient en barbotant dans l'eau. Je me rendais alors compte que ces animaux-anthropoïdes étaient déjà plus grands que mes homologues du village-sucrerie. Nous entrions dans cet baraque plus imposante que les autres où d'autres gardes plus armés que les précédents nous accueillirent et nous guidèrent jusqu'à la salle du trône où un castor assit à la place du seigneur était flanqué d'un tel embonpoint témoignait de son oisiveté. Surtout que cet air légèrement blasé et non chalant démontrait à quel point il était d'entrain à démarré quelques débats géopolitiques avec notre groupe. Dès que les portes de la salle se refermèrent derrière nous, le roi avachit sur son support se leva d'un bond, comme si sa fureur lui avait donné la force de le faire.

''J'avais pourtant dis que ne négocierais pas !!! La rivière n'est pas à vous !!! Et...'' Il fut interrompu par un de ses semblables qui courra lui murmurer quelques paroles à l'oreille. Le roi sembla y porter peu d'attention mais au fur et à mesure que son laquais délatterait son discours chuchoté, le visage du dirigeant se détendit en une expression affolée et anxieuse. Mais il reprit bien vite sa hargne et ses feulements contre nous. ''Quelques soient les moyens que vous emploierez, vous finirez de la même façon de toute manière, gardes ! Emparez-vous d'eux !''

Le docteur ne m'avait jamais signalé de problème de tensions artérielle, néanmoins, le temps que l'information remonte jusqu'à mon cerveau, les gardes-castors marshmallow ou je ne sais quoi d'autre formaient déjà un cercle à proximité de nous, pointant leur lances aiguisées dans notre direction. Ce fut notre guide et ses hurlements hystériques qui me ramenèrent à la réalité. Mais à peine réalisais-je la situation que déjà les castors se ruaient sur nous. Le sang monta à ma tête au même moment que je l'appelais pour me défendre. Seulement, mes compagnons se firent déjà capturés alors que d'autres castors semblaient réticents à tenter de s'emparer de moi. Je profitais de cette inattention pour projeter une gerbe d'acide vers l'un des gardes. A ma grande surprise, la bête vit mon attaque arriver et eut le temps de l'esquiver. Décontenancée, je ne pus anticiper ce superbes coup de manche que l'on m'asséna à l'arrière de ma nuque. La dernière image qui s'imprima dans mon esprit fut la vue vacillante du trône et de son roi me jaugeant d'un air à demi satisfait.

''Hélène !!! Psst !!! Hélèneeee !!! METZENGERSTEIN !!! ''

Je « m'éveillais », l'esprit embrumé, comme plombé par une enclume. Allongée, je voulus m'assoir mais l'espace dont je disposais ne me permettais même pas d'étendre mes jambes. Je ne savais pas qui m'avait entassé là de la sorte, mais si je le retrouve, c'est sûr que je lui ferais sa peau. Pour faire simple, au lieu de m'avoir traitée en invitée, prisonnière certes, mais là ça poussait jusqu'à l'inhumain. Dos contre le sol, pieds ramenés d'un côté et de l'autre de mes oreilles, poignets liés autour de mes cuisses sur lesquelles étaient rabattus mes mollets. Un véritable saucisson. Une lumière filtrant depuis une petite fente quadrillée par une série de barreaux me permettait d'apercevoir Démétrus qui se trouvait dans une autre caisse-prison. Sauf que lui avait les mains libres. En roulant sur moi-même et en m'asticotant dans tous les sens, je parvins à me mettre à genoux avec mes mains liés dans le dos.

''Mais pouvez-vous me dire comment avez-vous fais pour survivre jusqu'ici ?!!! '' Vociféra mon partenaire glucosé.
''J'avais pas affaire à des castors super-entrainés, disons... désolée.''

Je n'attendis pas qu'il formule quelconque pardon que déjà, je frottais ma plaie contre le bois à contre-cœur. En faisant se concentrer l'acide sous la blessure, je parvins sans peine à l'ouvrir et à permettre au liquide corrosif de s'échapper. Il coula allègrement le long de mon avant-bras avant de délier mes poignets et que je puisse m'attaquer aux barreaux de ma cage ainsi que de fragiliser un peu la paroi de bois qui me faisait face. En me calant bien contre le fond de ma boîte, je donnais un coup de pied dans la cage et expulsais la plaque en face de moi. Les clous sautèrent sans trop de résistance. Je fis de même avec les autres membres du groupe qui logeaient tous dans la même cage en fin de compte, ce qui m'arrangeait bien au fond car je pouvais garder quelques réserves d'acide.
Sans nous dire mots, nous parvînmes à sortir de la prison de bois, assommant un garde au passage. Nous sortîmes du village sans nous faire repérer et rejoignîmes le reste du groupe. La diplomatie n'étais pas le fort des castors en fin de compte. Je décidais donc de m'occuper de ce problème moi-même. Je devais avoir utilisé environ un litre d'acide. J'en ressentais déjà les contre-coups néanmoins, je me surprenais à me le dire à moi-même mais... pourvu que cette nuit finisse... Malgré les protestations orgueilleuse du chef d'escouade, je parvins à obtenir son autorisation pour agir en guidant le groupe. Je prenais avec moi les quelques créatures roses armées de lances en sucre pour m'aider dans ma tâche. Ensemble, nous sortîmes des fourrés et nous dirigeâmes vers le barrage à pas de loups. Là, chacun se répartit à distance égale le long de la barrière en bois. De là, on pouvait observer que le mur suintait de chocolat, un peu comme je le pensais. Située devant le centre du barrage, au milieu du lit de la rivière, j'éveillais chaque millilitre d'acide qui courrait dans mes veines. Il fallait que je l'utilise maintenant, ce nouveau masque, sinon ça ne pourrait pas marcher. Je ravalais ma salive en même temps que je ravalais ma peur et de suite après, je sentis les tuyaux contenus dans mon masque se vider dans mon organisme. Je sentis chacun de mes vaisseaux entrer en surchauffe au contact de l'acide nitrique, brûlante sensation qui prodiguait une certaine impression de puissance. Gonflée par un tout nouvel élan, je plaquais mes mains sur la structure de bois. A peine eus-je donné l'ordre à mon essence de se projeter en avant que celle-ci avait déjà percé ma peau, si promptement que je ne réalisais pas directement que la douleur commençait à me ronger. Enfin je tenais bon, rien qu'à voir le résultat, je pouvais voir que j'étais sur la bonne voie. Une épaisse fumée rouge commençait à s'échapper de là où l'acide avait commencé à entamer le bois. Je me reculais de quelques pas, juste pour pouvoir mieux viser la base de la structure et ça dans un rayon le plus large et le plus efficace possible. J'entendais les coups de lances énergiques que donnait le reste de l'équipe dans le bois et cela malgré le sifflement que provoquait le liquide corrosif renforcé au contact de la surface dure. Petit plus qui m'aida dans ma tâche : la rivière n'étant pas faite d'eau mais de chocolat et la graine de cacao contenant forcément de la cyanure, l'acide nitrique réagissait à cet élément, attisant sa capacité à dissoudre tout ce qui se trouvait sous son passage. C'est seulement lorsque je sentis ma tête tourner que je cessais de projeter le liquide. Déjà, un premier tronc venait de fondre et les petits filets de chocolat qui s'échappaient çà et là s'épaississaient.


Un craquement sourd me soutira de ma torpeur. Mon sang ne fis qu'un tour, j'hurlais à mes compagnons de cesser leur besogne et de déguerpir tandis que je faisais de même. Escaladant rapidement la petite butte qui nous séparait du gazon à la menthe. On put voir de là où nous nous trouvions la pression du chocolat petit à petit détruire et continuer d'alimenter l'acide jusqu'à ce que les troncs entassés çà et là ne fondent ou ne se brisent. Le reste, c'est le chocolat qui fit le travail. Emportant avec lui dans un véritable maelström toutes les habitations castors, balayant toutes les infrastructures dans un torrent de cacao. Démétrus resta coi pendant plusieurs instants avant de me remercier au nom du village. Il s'excusa de ne pas pouvoir me ramener jusqu'à celui-ci car la nuit touchait à sa fin, pour se faire pardonner, il me laissa une petite bourse contenant de « l'essence de vie » d'après ce qu'il me dit. Après ça, il me confia que les habitants n'oublieraient pas ce que je venais de faire pour eux. Sur ce, mon corps disparut dans une explosion de fumée. Je retrouvais mon studio et ma peau d'une teinte normale ainsi que la perspective d'une journée sans doute moins mouvementée mais pas reposante pour autant...
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