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l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble)

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Lithium Elfensen
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MessageSujet: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Dim 26 Sep 2010 - 21:47
When Beauty becomes Reality.




Un artiste sait ce qu'est la beauté, et bien, la Tour des Arts en avait toutes les qualités.
Quand Lithium arriva devant la vaste étendue verte qui s'étendait à des kilomètres à la ronde, elle s'émerveilla devant la splendeur et la grandeur de cette tour. Rien n'était aussi beau. Elle foula de ses pieds l'herbe, qui à son contact, ne put s'empêcher de la toucher. Elle s'accroupit et fit glisser la pelouse entre ses doigts; elle était fraîche et douce, ça chatouillait. La jeune fille se sentait merveilleusement bien. Toute cette verdure au beau milieu d'un désert sec et aride, c'était à la limite du miracle, mais rien est impossible à Dreamland paraîtrait-il. Elle s'avança en direction de la tour, tout en l'observant la tête dans les nuages. A chaque pas fait, l'a rapprochant ainsi de la tourelle, une bouffée d'émotion l'envahissait. Qu'allait-elle y trouver ? La Tour des Arts elle s'appelait.
Tout portait à croire que, bien sûr, l'Art y était présenté, mais quels types d'Art ? Seulement les Arts Graphiques tel que le Dessin, la Peinture etc.. Ou bien, également les Arts numériques tel que la Photo ou la vidéo ? Bien que la vidéo et le cinéma semblent désigner la même chose, ce n'est pas pareil. L'un est plutôt un court-métrage sur une œuvre faite, l'autre est tout simplement un film. Lithium trépignait d'impatience, elle frétillait rien qu'à l'idée de découvrir dans quelques minutes, le temps d'observer le paysage encore un peu et de marcher jusqu'à la tour, ce que ce paradis renfermait dans ses entrailles. Elle arriva au pied de l'Eden des Artistes, mais elle hésitait. Possédant la méfiance infuse, elle se demandait si, par le plus grand des hasards, ce foutu nain des plages ne l'avait pas embobinée. Après mûre réflexion, elle osa s'avancer et entrer.
Elle passa devant deux gardes, tout deux étrangement vêtus. Ils portaient une armure, dont le plastron était recouvert de tâches de peinture multicolore. Leur jambières étaient d'un jaune orangé à la limite du fauve et leur casque penchait vers le orange sanguine. Lithium s'attarda sur leur protection, les admirant avec le plus grand des respects. Celui qui avait inventé ça, était un vrai farfelu, mais un vrai artiste. Ces cuirasses étaient d'un original, mais elles étaient aussi bien moins mornes par rapport aux autres cottes d'auparavant, elles donnaient de l'énergie. Les gardiens ne réagirent pas à sa présence, même pas quand elle passa sa main devant leur visage, comme pour les Royal household Guard gardant le Buckingham Palace. Elle laissa échapper un petit sourire d'amusement et repris sa route.
L'intérieur était tout aussi magnifique que l'extérieur. Des couleurs explosaient de nulle part pour aller changer la teinte, ou plutôt LES teintes, des parapets. Des ustensiles de peinture se promenaient sur le sol, se dirigeant tout en discutant dans un couloir prenant sur la gauche. Lithium décida de les suivre. Au bout de seulement quelques minutes durant lesquelles Lithium put écouter sans trop le vouloir la conversation des outils peinture, elle passa devant un ascenseur. A ce qu'elle vit, les accessoires étaient trop petits pour atteindre le bouton..

"Hé toi là! OUI, TOI! Appuies sur le bouton!", ordonna la brosse.

Elle avait pas rêvé ? Un pinceau venait de lui donner un ordre. Un peu outragée, Lithium se contenta de le regarder d'un air goguenard. Décidément, elle lui arracherai bien ses poils un à un pour voir.

"Excuse-moi mais.. T'es pas un peu petit pour me donner des ordres Mr la Brosse ? Je suis désolée mon coco, mais tu prendras les escaliers, tes potes ont le droit d'entrer, toi, tu restes là.", lui répondit Lithium, ignorant par la suite l'effusion d'injures improbables, sortant de la bouche du pinceau.

"Raclure de peinture, pustule d'indigo! Tâche d'acrylique en rut! Sale poussière de pastel!!"

.. Assez improbables ouais. Lithium se permit de pouffer un peu, le regarda d'un air dédaigneux, puis entra dans l'ascenseur en compagnie des autres outils de peinture. Les portes se refermèrent sur eux sans un bruit, laissant le teigneux pinceau seul comme un parfait abruti. Le crayon, le pinceau fin et le pinceau de taille moyenne la regardèrent avec respect. Elle avait su tenir tête à Kröss, la brosse. Le pinceau fin osa lui adresser la parole;

"Vous êtes une voyageuse n'est-ce pas ? Je vous remercie au nom de mes camarades d'avoir fermé le clapet de Kröss, c'est un vrai caïd. Il fait la loi parmi nous et nous n'osons pas riposter.. Je m'appelle Larbin, le pinceau fin. Elle, c'est Suzon, le crayon. Et lui c'est Jocelyn, le pinceau moyen.", dit-il en désignant chacun d'entre eux.

Aha, ça rime.
Les larmes montèrent au yeux de Lithium quand elle entendit leur nom. Surtout Kröss la brosse et Larbin le pinceau fin. Non mais Larbin quoi. La jeune fille tenta de se contenir par tous les moyens possibles, elle se tordit les doigts, gesticula un peu, mordit son critérium et respira lentement. Après qu'elle fut calmée, elle répondit aux pinceaux (et crayon);

"Enchanté. Je suis Lithium, invocatrice de dessin. Si je peux me permettre, là où vous habitez, enfin, où vous travaillez, est magnifique. C'est un endroit tout à fait remarquable. Mais je suis surtout là sur le conseil d'un.. nain, me disant que je pouvais trouver en ce lieu des objets magiques ou des trucs dans le genre.. Savez-vous où je pourrais en trouver ?"

Les outils la regardèrent avec stupéfaction. Elle croyait vraiment qu'en venant ici et en demandant gentiment un objet magique, elle l'aurait comme ça ? Il fallait mieux la mettre au courant.

"Euh mademoiselle Lithium," fit Larbin sérieusement,
"Il vaut mieux pour vous que vous sachiez que rien n'est gratuit à Dreamland, et encore moins les objets magiques. Vous devrez sûrement vous battre pour obtenir ce que vous souhaitez. Mais, pardonnez ma curiosité, quel genre d'objet magique voulez-vous ?"

"Euh, bah je ne sais pas trop. J'utilise principalement des feuilles et un critérium avec ses mines, d'ailleurs, il ne m'en reste presque plus.. Oh bah tiens! Vous pensez que ça existe des mines inépuisables ?", fit la jeune fille pleine d'entrain.

Le pinceau fin tressaillit légèrement, déglutit et lui répondit;

"Oui, cet objet existe. Il n'est certes que de rang D mais il est jalousement gardé par Stickya Flaskink, la manipulatrice d'encre."

Flaskink.. Flask et Ink.. ça donnerait pas une sorte d'encre de chine gluante ? Lithium comprit que ça sentait pas très bon cette histoire.

".. Bon. Montres-moi le chemin, je vais quand même y aller. J'en ai besoin de cet objet magique, sans lui, je pense pas que je m'en sortirais sur du long terme. si ça continue.", lui sourit-elle.

Larbin et ses compagnons lui montrèrent ensemble le bouton du 3ème étage, sans un bruit. Lithium appuya dessus et attendit. L'ascenseur fit un bruit étrange, trembla un instant et monta doucement, un immense silence flottait dans la boîte qui dura jusqu'à l'ouverture des portes à l'étage souhaité. Les outils de peinture la saluèrent, lui souhaitant bon courage et espérant d'elle qu'elle revienne quand l'envie lui en prendrait.
La jeune fille attendit que les portes se ferment pour tourner les talons et emprunter le corridor de gauche. Elle marcha d'un pas déterminé, bien décidée à avoir son objet magique pour continuer son aventure, baston ou pas! Cette manipulatrice d'encre n'avait qu'à bien se tenir car elle ne comptait pas se laisser faire. Son crayon virevoltant avec précision entre ses doigts à la main droite et son carnet ouvert à une page blanche dans l'autre, un sourire se dessina sur ses lèvres;

"Stickya Flaskink, tu n'as qu'à bien te tenir car Lithium Elfensen entre dans la place!"

Elle poussa la dernière porte au fond du couloir et disparut à l'intérieur de la pièce.

__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Ven 8 Oct 2010 - 14:00
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris,

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumerons leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Baudelaire- Les Fleurs du Mal : « La Beauté »




-« putain, c’est beau. »

La Tour des Arts méritait effectivement ce genre de qualificatifs, bien qu’en sa qualité de monument séculaire et éternel, elle aurait préféré quelque chose de plus élégant et poétique, comme une citation de Baudelaire, par exemple. Manque de bol, Trouble ne se souvenait plus d’une citation de Baudelaire qui fasse trait à la beauté, alors il se contenta d’afficher une mine de touriste ébahi, et de lâcher le fameux et provincial : « putain, c’est beau ». Assis sur un unique rocher posé au sommet d’une légère colline appartenant au Royaume des plaines, il contemplait, les pieds dans l’herbe et la Lucky Strike aux lèvres le royaume qu’il s’apprêtait à visiter. La Tour s’élevait, droite et fière, au milieu d’un village encerclé par des murailles. De là où il était, il put voir que ce dernier était en quelque sorte le résultat d’un concours anarchique de la maison la plus artistique et la plus originale. Toutes plus grandes, plus grosses, plus biscornues les unes que les autres, chacune faisait étalage de ses gargouilles, ses statues, ses jardins décorés. Arborant les styles les plus différents, du baroque au classique, du sérieux au loufoque, les maisons du village offraient un chatoiement de couleurs digne des plus beaux paysages. Pourtant, cette surcharge de génie créatif et architectural, qui n’aurait pu voir le jour qu’au pays des rêves vu les angles improbables que prenaient certaines maisons, n’étouffait pas la ville, mais s’étalait sur une si grande distance que Trouble douta soudain de la pertinence du nom « village ». De hautes murailles, dans un style artistique proche de Salvador Dalì, lequel, si les souvenirs du Voyageur étaient exacts, avait coutume de dire : « La seule différence entre un fou et moi, c’est que je ne suis pas fou ». Nul autre qualificatif n’était nécessaire pour décrire les murailles, à part peut-être une vague interrogation sur la pertinence d’un chemin de ronde qui faisait des loopings où d’une porte d’entrée située à trois mètres du sol. Pourtant, au-delà de cette anarchie, artistique, certes, mais peu efficace comme moyen de défense, des créatures des rêves avaient réussi d’une manière qui lui échappait complètement, à faire trôner des drapeaux blancs un peu partout, orné d’un emblème de bouclier stylisé. Si ses souvenirs étaient exacts, c’était là les fanions de la Guilde Solidarnos, qui se concentrait sur la défense des terres de ses membres, et que ses gardes, même s’ils n’étaient pas très bons dans les assauts, pouvaient tenir une position défensive vingt mètres devant des murailles uniquement pour protéger un champ de pomme de terre. Du moins, c’est ce que le guide que lui avait filé ce petit homme bleu indiquait. Trouble sortit le Dreamland pour les Nuls de la poche intérieure de son manteau pour vérifier ce qu’il venait de penser, et commença à mordiller le philtre de sa cigarette. Il n’avait pas envie de l’allumer maintenant. En fait, Il avait envie de fumer, mais, à chaque fois qu’il commençait une cigarette, il se passait toujours quelque chose qui l’empêchait de la finir, c’était une véritable malédiction, et Trouble, légèrement superstitieux sur les bords, ne voulait pas gâcher une si belle journée. Enfin, nuit, puisqu’on était la nuit, quoique il fasse jour. Enfin, il faisait jour ici, mais nuit là-bas, donc c’était la nuit… ici… logique. Quoique…

*Bon, on va arrêter de se perdre la tête et les yeux en admirant le paysage et on va bouger un peu, hein ?*

*ouais, bonne idée, camarade.*


Oui, Trouble et légèrement schizophrène sur les bords. Il est capable de voire une même situation sous plusieurs angles différents et, pour ne pas s’y perdre et faire le point dans ce qu’il ressent, il se fabrique à loisir ses petits personnages intérieurs : le flemmard, le colérique, le tentateur, le saint… Ca aide à faire le point, essayez et vous verrez, on se sent mieux après. Sans plus s’étendre dans ses réflexions, où du moins dans des réflexions suffisamment concrètes et pertinentes pour que je puisse vous les écrire ici, notre Voyageur impossible à cerner descendit tranquillement la colline, taquinant sans problème de conscience les coccinelles et les bleuets de sa violente et lourde semelle de cuir, carnage à elle toute seule dans l’univers des rêveurs de l’infiniment petit. Hé oui, même les insectes rêvent. Il rangea dans sa veste aux poches innombrables son guide de dreamland, et en ressortit sans honte un briquet en argent orné d’une magnifique call-girl légèrement vêtue qui faisait son show. Comme on était à Dreamland, la Call-girl en question bougeait sur la surface polie de l’objet, se dénudant un peu plus au fur et à mesure, comme sur une vidéo. C’est quand même bien, Dreamland. Après avoir observé quelques instants la fille, Trouble porta le briquet à sa cigarette et chatouilla la nuque de la demoiselle, pour lui faire cracher une légère flamme, mais suffisante pour l’effet requis. Tout en descendant tranquillement la colline verdoyante, le Voyageur rangea le briquet, puis tira une bouffée bienfaitrice de cancer en tube additif avant de s’approcher du passage ouvert dans la muraille le plus proche. Apparemment, quelqu’un de sensé avait daigné penser que mettre des gardes à l’entrée serait une bonne idée, dans ce Royaume d’artistes et de rêveurs. De même, Trouble voyait parfaitement le camarade du gars sensé, un artiste, accourir en clamant haut et fort que les gardes devaient être à la hauteur de la Tour des Arts. Il voyait le gars sensé lever les yeux au ciel pendant que le gars artiste déguisait ses soldats en épouvantails sur pattes. Lui-même ne levait pas les yeux au ciel, mais arborait un sourire amusé en voyant la dégaine des deux gardes qui protégeaient l’entrée par laquelle il comptait passer. Une petite (et fausse) moustache, une expression plus neutre que la Suisse et une immobilité de statue grecque, le tout emballé dans un superbe uniforme ocre à pois mauves. Leur musculature de tueur, leurs hallebardes et leurs visages burinés ne faisaient que rendre le résultat plus cocasse encore. On aurait dit des mérous au départ d’un quatre cent mètres haie. En fait, ils avaient vraiment un petit air familier… Mais oui ! On aurait exactement dit les gardes du Buckingham Palace ! Retenant à grand peine un sourire hilare, Trouble passa entre les deux gardes, et entrepris de prendre la direction du centre du « Village », projet qui fut momentanément avorté par la présence de deux hallebardes lourdes entrecroisées avec forces sur son chemin.

-« Cet endroit est non-fumeur, monsieur. »

-« toute forme de feu ou de fumée n’est pas autorisée dans l’enceinte, c’est dangereux. »

Donc ils pouvaient parler. Première mauvaise nouvelle. Avec un sourire crispé, Trouble ôta sa Lucky Strike à peine entamée, l’écrasa sous son talon, qui, après avoir connu les cris de souffrances des coccinelles et des bleuets, rencontra l’odeur du tabac froid et sût immédiatement qu’il n’allait pas l’aimer. C’est fou ce que les talons de nos chaussures pourraient nous raconter s’ils étaient doués de parole. Enfin bon, n’étant pas doué de parole, le talon de la chaussure gauche de Trouble ferma sa gueule et suivit le pied de son maître alors que celui-ci avançait dans la rue en direction de la Tour des Arts, qui, il fallait bien l’avouer, ce voyait de loin. Si le Village des Arts était à la fois fou, magnifique et incompréhensible, la Tour n’avait rien à lui envier. En fait, l’effet d’ensemble de celle-ci était gâché car elle disparaissait à partir du septième étage dans des nuages que Trouble soupçonnais artificiels puisque la journée était magnifique. Mais une Tour dont on ne voit pas le sommet est autrement plus impressionnante qu’une tour qui n’a pas la panoplie « nuages classes », par ce qu’elle n’avait pas les moyens de ce les offrir. S’élevant, droite et altière, elle avait des motifs assez épurés sur sa surface. Trouble remarqua d’ailleurs au fur et à mesure qu’il s’en approchait que l’impression d’étroitesse était trompeuse. Si, de loin, on la voyait fine et élancée, une fois à son pied, on se rendait compte que son épaisseur valait bien celle des Twins Towers réunies. Et ici, pas de fou furieux en turban pour lancer un avion suicide dans la gueule de la Tour des Arts. Enfin, il n’y avait pas d’avions, surtout, parce que des « fous en turbans », il devait en avoir un peu quand même… On était à Dreamland, à la fin ! Mais au fait, vous vous interrogez sûrement sur la raison qui avait poussé Trouble à venir ici ? Comment ça, non, vous vous en foutez ? Eh bien tant pis je vous l’explique quand même ! Après avoir abandonné trop tôt son combat contre Jacob, Trouble passa les nuits suivantes à se demander ce qui avait foiré. Il en était alors arrivé à la conclusion suivante : il n’avait pas assez cerné les limites de son pouvoir et dépensé beaucoup trop d’énergie dans des techniques de haut niveau. En définitive, il avait toutes les cartes en mains, mais il ne s’en était pas servi avec efficacité. Partant de cette idée, Trouble passa les nuits suivantes à augmenter sa fluidité et sa réserve d’énergie en cherchant à chaque fois à toucher ses limites. Puis, au hasard de ses voyages, il était retourné au Royaume des Doutes, où un des habitants lui appris deux choses : 1- il y avait un être des rêves qui avait une technique affiliée à son pouvoir à la Tour des Arts. 2- Cet être cherchait à apprendre sa technique à quelqu’un de compétent, mais personne ne s’était encore présenté. Il lui donna en plus le Guide de Dreamland pour les Nuls, ainsi qu’une grande tape dans de dos en le raccompagnant à la sortie « avant qu’un de ces abrutis d’Onirion ne cherche à le recruter ». Trouble, un peu surpris qu’un être des rêves l’aide autant, avait été méfiant au début, puis, après avoir recoupé ses informations avec d’autres personnes et s’être rendu compte qu’il disait la vérité, s’était rendu au Village des Arts. Retour au présent. Face à la Tour, le voyageur entreprit de chercher une entrée, puis finit par suivre les nombreuses créatures des rêves jusqu’à trouver un ascenseur. A quel étage monter ? le type qu’il cherchait s’appelait… Sa-Vonfu. Voilà bien un nom de créature des rêves, tiens ! mais à quel étage il vivait ? L’ascenseur arriva et ouvrit ses portes. Lorsqu’il commença à s’approcher de l’ascenseur du pas léger du type qui ne s’attends pas à rencontrer de la difficulté, une horde d’ustensiles de peintures vivants le bouscula pour s’y entasser les premiers. On aurait dit des bourgeoises le jour des soldes. Il n’y aurait pas la place pour tout le monde. Commençant à faire des pieds et des mains au milieu de la foule, Trouble vit l’équivalant d’une vieille dame, selon les standards des pinceaux, qui essayait de monter, mais était effrayée par la foule. Se sentant d’humeur galante, Il se débattit encore plus pour la laisser passer. Après avoir examiné le Voyageur de la tête au pied et s’être demandé si ce dernier n’avait pas quelque chose derrière la tête, elle le remercia avec une voix de grand-mère affable.
-« Je vous remercie, jeune homme, vous êtes très gentil. »

-« De rien. » répondit l’intéressé. « A vrai dire, vous pourriez me renseigner : je cherche le vieux Sa-Vonfu. »

-« ho ? Dans ce cas, mon ami, il faudra monter au troisième étage. »

La vielle affichait à présent un air plutôt sournois et contente d’elle, ce qui invita Trouble à reconsidérer sa position géographique. Il venait de filer la dernière place à la grand-mère qui, contente d’elle, lui souriait de toutes ses dents. Elle lui adressa un dernier geste qui pouvait signifier « bonne chance » ou « à plus, pauvre pigeon », selon l’humeur de celui qui l’interprétait, et Trouble était de bien mauvaise humeur. En agressant à moitié un pauvre crayon à papier qui passait par là et qui n’avait rien demandé à personne, Trouble obtint assez vite la position des escaliers, qu’il entreprit de monter quatre-à-quatre pour calmer sa colère. L’escalier est en fait une pile de marches en colimaçon s’élevant en pente raide, éclairé par des peintures représentant des torches, mais qui éclairent comme des vraies, et donc les épais bords des cadres cognent la tête comme des vrais. Quatre bosses, deux chutes, cinq crises de nerf et une flopée d’injures plus tard, Trouble était arrivé au troisième étage. Il lissa sa veste, passa sa main dans ses cheveux et rajusta son chapeau. Prenant une grande inspiration pour se calmer, et, après avoir jeté un regard mauvais en direction de la cage d’ascenseur, il entra dans la première pièce qui se trouvait devant lui, sans regarder ce qu’il y avait marqué sur la porte. Dans cette pièce, eh bien, il n’y avait personne. Le sol était un plancher assez chaud et agréable, et les murs lisses étaient recouverts de dessins à l’encre, plutôt poisseuse par ailleurs. Au milieu de la pièce, un papier était posé à même le sol. Sans manifester la moindre gêne, Trouble le ramassa. Il y avait marqué, dans une écriture penchée et maladroite dans la même encre qui maculait les murs :

« Je ne suis pas là pour le moment. Si on me demande, je suis allé voir mon vieil ami Sa-Vonfu au cinquième étage.
Signé : Flaskink »


Alors, on pouvait résumer en deux temps : premièrement, la vieille lui avait mentit, et il allait devoir se taper deux étages de plus. Ensuite, il se trouvait dans une pièce qui appartenait à quelqu’un et n’avait rien à faire là. Il s’apprêtait à repartir sur la pointe des pieds lorsque la porte s’ouvrit avec fracas et qu’une étrange créature blonde aux oreilles pointues portant un tee-shirt à rayures moulant assez bien ses formes généreuses entra dans la pièce en gueulant :

"Stickya Flaskink, tu n'as qu'à bien te tenir car Lithium Elfensen entre dans la place!"

Silence.

-« heu, je crois qu’elle est partie faire un tour. »commença maladroitement Trouble en tendant le papier et en espérant qu’on ne lui demanderait pas ce qu’il faisait là.

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MessageSujet: Re: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Sam 9 Oct 2010 - 18:12
Merde et Voyageur.







Enfin elle allait se frotter à cette manipulatrice d'encre, Stickya Flaskink.
Elle se doutait pertinemment que ce ne serait en rien du gâteau, mais elle savait qu'elle pouvait y arriver, elle jubilait intérieurement. Il ne faut jamais partir sur une pensée pessimiste, si on se dit "Je vais gagner", alors tout est possible, il suffit seulement d'y croire. Car, si elle pouvait bastonner et fracasser la vermine des environs, elle était tout à fait capable de vaincre cette femme.
ça sert de s'être fait martyriser durant la jeunesse, non seulement ça forge le caractère mais ensuite c'est toi qui frappe.

Mais pourquoi donc alors son ventre se nouait-il ?
Etait-ce l'appréhension de ce qui l'attendait qui la déstabilisait ou seulement un stress inexplicable ?
Non, cela ne pouvait pas être la peur, il n'y avait aucune raison qu'elle puisse être effrayée face à une telle situation.
Certes, ce serait la première fois qu'elle se battrait dans ce monde du rêve ingénieusement appelé Dreamland, mais cela ne restait qu'un combat comme tant d'autre.. où la magie serait de la partie. Bref.
Qu'est-ce qu'elle pourrait bien invoquer pour contrer cette voyageuse ?
Sachant que Lithium possédait plusieurs cordes à son arc, maîtrisant ce dernier, mais notamment spécialisée dans le corps-à-corps.. Elle se devait de bien réfléchir à sa prochaine invocation car les feuilles sont précieuses et limitées.
Un animal peut-être ? Dans le même style que Steevy qu'elle contrôlerait également.
Mh, nan c'était pas trop son truc. Peut-être une autre fois, mais là, elle voulait sentir sous ses mains les os qui craquent, les articulations qui se déchirent à mesure que ses mains s'attardaient sur sa victime, elle avait besoin de se défouler.

Pourquoi pas des poings américains ? Elle n'avait jamais essayé et cela devait sûrement être une très bonne expérience.
Avec ça, elle était à peu près sûre de dérouiller la mâchoire de son adversaire.
Oui mais avec cet accessoire, elle serait bien trop à portée de la manipulatrice et ce serait bête de mourir à sa première réelle aventure.
Il lui fallait une arme facile à manipuler permettant des retraits à tout moment à l'aide de la force de ses jambes, mais qui l'autorisait aussi à démembrer le combattant adverse, quelque chose qu'elle possédait d'ailleurs dans sa chambre dans le monde réel et qu'elle chérissait tant.
Ses dagues seraient les armes parfaites! Pratiques, légères et faciles à manier, esthétiques et respectant son code de l'art. La lame dont elles sont dotées a été coulée en argent, et son tranchant pourrait subdiviser n'importe quel morceau de chair et certains matériaux, les instruments idéals.
Et bien, génial, la voilà son idée!
Rien qu'à l'idée qu'elle allait pouvoir tester ses armes sur une personne en chair et en os lui donnait des frissons d'exaltation. Le sang qui gicle, l'ennemi qui agonise et souffre le martyr implorant qu'on l'achève pour mettre fin à ses immondes et atroces souffrances.. Le pied!
ça ne l'avait pas arrangé de se battre contre la racaille de son lycée et des environs, et ça ne l'avait pas non plus empêché de finir au poste de police pour Coups et Blessures, mais heureusement sans poursuites. A chaque fois qu'ils l'a voyaient, les flics se demandaient encore comment une jeune fille à l'air si pur et innocente comme Lithium pouvait se battre avec des caïds sans scrupules, et en sortir principale vainqueur surtout.

Maintenant qu'elle avait trouvé les armes à dessiner, il était grand temps d'entrer. Il serait certes plus intelligent de gribouiller les dagues avant d'entrer, mais Lithium voulait s'entrainer à croquer en pleine action, cela ne l'a ferait que s'exalter plus qu'elle ne l'était déjà. Et bien sûr, cela lui donnerait un point de difficulté en plus, ce qui équivaudrait à de la distraction en plus.
Elle inspira un grand coup et ouvrit la porte avec une telle force qu'elle se dégonda presque.



"Stickya Flaskink, tu n'as qu'à bien te tenir car Lithium Elfensen entre dans la place!", beugla t-elle.

Personne ne répondit car.. Il n'y avait personne.
Enfin du moins, hormis ce mec planté là tout seul au beau milieu de la salle, abasourdi par une telle entrée en scène.
Lithium ne put s'empêcher de rougir légèrement à la vue de cet homme qui avait sûrement dû la prendre pour une aliénée à s'époumoner comme ça sans raison.
Le type, les yeux écarquillés de surprise, lui tendit malhabilement un semblant de feuille;



« heu, je crois qu’elle est partie faire un tour. », dit-il d'un air gauche.

.. Mais c'est qui lui ?
Néanmoins, elle préféra ne pas s'attarder sur son cas pour l'instant, elle lui prit délicatement la feuille des mains en prenant soin d'éviter de le couper. Mh, il a de jolies mains put-elle remarquer.
Reportant son attention sur le message, voici ce qu'elle put y lire;


« Je ne suis pas là pour le moment. Si on me demande, je suis allé voir mon vieil ami Sa-Vonfu au cinquième étage.
Signé : Flaskink »

Lithium, exaspérée au plus haut point, fit une boule de la feuille et la jeta à travers la pièce.
"RAH MERDE", hurla t-elle au plus profond d'elle-même.
Elle allait pas se battre contre 2 personnes à la fois, elle n'était qu'une débutante après tout!
C'était logique que si elle provoquait Stickya en duel son pote Sa-vonfu allait se joindre à elle, à part si il avait le sens du respect et connaissait la définition du terme "duel".
Qu'allait-elle faire maintenant ? .. Non, elle ne se dégonflerait pas, elle se les feras tous les deux si ils le souhaitent.
Alors qu'elle ruminait et contenait tant bien que mal sa rage, elle se souvint de la présence du garçon dans la pièce.
Elle se tourna vers lui et le dévisagea.

Qui était ce type ? Il ne ressemblait en rien à un artiste, bien que ces mains étaient capables de bien des choses manuellement à première vue. Lithium se permit de l'analyser dans les moindres détails.

Déjà, la chose qui attirait le regard était son chapeau, une sorte de couvre-chef.. Bref, un grand chapeau noir pas très original mais qui possédait néanmoins une certaine classe sur la tête de cet homme, dont les cheveux étaient une fanfare à eux seuls. On ne saurait dire de quelle couleur exactement ils étaient, si ce n'était un mélange explosif variant entre le noir de jais brillant et de légers reflets roux. Assez étrange dans l'ensemble pouvait-on constater mais pas dérangeant, c'était même plutôt authentique.
Son visage, bien que surpris en ce moment même, semblait à l'origine dépourvu d'expression faciale si ce n'était un air las et désenchanté de tout. Pourtant, il ne manquait pas de charme malgré ses cheveux en bataille et cet air blasé. Il avait des yeux verts pétillant comme ceux de.. Enfin, pas le moment de parler de ça.
il était vêtu d'une longue cape également teinte de noir, lisse mais flottant légèrement, lui conférant une certaine présence et élégance. Son manteau laissait entrevoir délicatement une partie de son torse qui semblait sculpté pour le sport. Il devait sûrement travailler dans un milieu où la condition physique était essentielle pour remplir les conditions d'embauche. Il était d'une taille convenable pour un homme de sa corpulence et semblait avoir un âge dans la vingtaine passée à peu près, si son observation était juste bien entendu.
Il ne devait pas être tellement plus âgé qu'elle.
Dans l'ensemble, il était raisonnablement charmant et dégageait un charisme évident, mais.. Il y avait pourtant quelque chose qui l'a troublait en cet homme, quelque chose qui lui piquait le nez et lui brouillait les sens, une odeur exécrable.. Après avoir plusieurs fois humé l'air environnant, elle découvrit ce qu'était cette odeur ignoble bien que presque indicible, la cigarette..
Mijn God, heureusement qu'elle était capable d'isoler ses sens, sinon elle serait probablement en train d'agoniser sur le sol.

Elle plissa délicatement son petit bout du nez, s'adressa à l'étranger en lui lancant un regard méfiant et interrogateur;



"Excuses-moi mais, qui es-tu ?
Et surtout, que viens-tu faire ici ?"






__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Dim 17 Oct 2010 - 11:36
Version originale: "pluralitas non est ponenda sine necessitate"
Version traduite: "Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité"
Version moderne: "les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables"
Rasoir d'Ockham




La diversion de Trouble avait marché un temps. Pourquoi dis-je « un temps » ? Est-ce une manière de rallonger ma phrase pour la rendre plus agréable à lire, voire plus hautaine, par certains cotés ? Que nenni. Si je précise que le plan de notre héros eu un effet limité dans le temps, avec un durée fixe, cela signifie qu’il y a eu un début et une fin. Au début, la jeune femme, qui semblait être une voyageuse malgré ses oreilles pointues, l’avait superbement ignoré et avait entreprit de lui piquer son papier des mains sans la moindre considération pour sa modeste personne. Le silence se fit pesant alors qu’elle lisait, ce qui permit au voyageur, qui n’aimait ni les silences pesants, ni s’emmerder, d’étudier la nouvelle arrivante de plus prés. C’était effectivement une voyageuse. Aucune créature des rêves qu’il avait rencontrés n’avait aussi peu de caractères marquants la nature dreamlandienne (seules les oreilles étaient douteuses) et autant de personnalité à la fois. Elle était plutôt jolie, si on aimait le genre blonde avec du caractère, et avait un je-ne-sais quoi qui lui faisait penser à un anneau. Trouble médita un instant dessus avant de percuter. Mais oui ! Un anneau ! On aurait dit une Elfe, comme dans le roman de Tolkien ! Le Seigneur des Anneaux ! (On sera une fois de plus impressionné par les connexions logiques que le cerveau de Trouble établit : tellement rapides et sans intérêt les trois quart du temps qu’il se feinte tout seul). Ses réflexions furent interrompues par une saute d’humeur de la nouvelle arrivante, qui entreprit, rageusement mais méthodiquement, de faire une jolie boulette en papier avec la feuille qu’elle venait de voler à Trouble, avant de la balancer de toutes ses forces contre un mur. Le papier étant une matière assez molle et flexible, elle résiste convenablement à ce genre d’attaques contondantes. Ainsi, la boulette en question se contenta de rebondir mollement sans atteindre le degré de destruction requis pour étancher la colère de la demoiselle. Il n’y a rien de plus frustrant que de se défouler sur un truc qui n’en a rien à foutre. Jeter des boulettes de papier contre un mur, par exemple, ou frapper de l’eau, ne fait qu’aggraver la colère et le ressentiment de la personne à l’origine de l’action agressive à but défoulatoire mentionnée plus haut, d’où l’expression : « jeter de l’huile sur le feu ». Si vous n’avez pas compris, c’est normal, il n’y a aucun rapport ! Donc, n’ayant visiblement pas été satisfaite du message qui lui était probablement destiné, la Voyageuse commença a observer Trouble, lequel se sentit de plus en plus mal à l’aise. Il n’aimait pas qu’on l’analyse. En tant que comédien, il était habitué au regard des autres, mais alors ceux-ci voyaient un rôle, ou un show que celui-ci jouait, et c’était alors lui qui dominait son spectateur, pas l’inverse. Ici, on pourrait presque dire qu’elle le déshabillait du regard sans manifester la moindre gêne. Trouble, peut habitué à une telle attention de la part du genre féminin, détourna un temps ses yeux pour manifester sa gêne, puis, voyant qu’elle s’en foutait, darda son regard sur la voyageuse. Elle semblait plutôt fluette, avec des mains fines et musclées. Pianiste ? Dessinatrice ? Guitariste ? La guitare n’allait pas dans le contexte, aussi trouble l’écarta d’instinct. Elle ne semblait pas être morpheuse ou manieuse, mais, à dreamland, tout est possible. L’examen de la demoiselle semblait avoir été plutôt en sa faveur, jusqu'à ce qu’elle se mette à froncer soudainement le nez et à marquer une attitude de recul. Non mais ho ! Il puait ou quoi ? Trouble s’huma discrètement pour comprendre qu’il ne se sentait pas grand-chose à part le tabac. Se pourrait-il qu’elle n’aime pas la cigarette ? Encore un mauvais point pour lui. Enfin bref. Trouble s’apprêtait à sortir de la pièce en lâchant un « bon, ben, je vais pas vous déranger plus que ça, hein !^^’ », mais son projet fut avorté au moment même où la fille prit la parole, à son intention, cette fois.

"Excuse-moi, mais... qui es-tu ?
Et surtout, que viens-tu faire ici ?"


Meeeeeeeeeeerdddeeeeee….. Figé dans son élan, Trouble maudit intérieurement Dieu, le destin et l’humanité en général pour l’avoir mis dans cette situation. Ça commençait d’ailleurs à devenir assez récurant dans sa vie, de maudire le destin. Il était donc bien entré quelque part où il ne devait pas être et ça allait barder pour sa pomme. Le voyageur se crispa, prêt à se défendre, son cerveau étudiant instantanément dix-huit possibilités de fuite. Il y avait cinq pas d’ici à la fenêtre, s’il s’y jetait, il amortirait sa chute à l’aide de son pouvoir. Il pouvait aussi essayer de prendre la fille en otage, quoiqu’il ne savait pas ce qu’elle était capable de faire… L’instant d’après, il se détendit et se condamna pour sa bêtise. Il avait envie de se mettre une calebotte sur la tête tout seul. Il n’y avait aucun problème en réalité. Lorsqu’elle avait débarqué, la fille avait annoncé de manière fracassante qu’elle voulait en découdre avec Flaskink (ce qui semblait, par ailleurs, une coutume locale). Donc n’importe qui avait le droit d’arriver ici pour se fritter avec cette personne absente. Trouble se détendit et expira profondément. Puis, voyant que la demoiselle attendait toujours sa réponse, il décida de jouer franc jeu :

-« On m’appelle Trouble, enchanté, mademoiselle. Je suis venu ici à la suite d’une erreur d’orientation, mais mon but initial était d’aller voir Sa-Vonfu pour lui demander de m’apprendre une technique liée à mon pouvoir. »

Il laissa passer un temps, puis…

-« Et vous ? je sais déjà ce que vous voulez (il faut dire que vous le criez sur tout les toits), mais qui êtes-vous ? »

[hrp: désolé pour le post tout pourri^^']
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MessageSujet: Re: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Lun 18 Oct 2010 - 16:43
Trouble et Précision.
1rst Part.










Alors qu'elle lui avait seulement posé une question, certes sur un ton légèrement haussé, l'homme se raidit instantanément. Lithium s'étonna de voir la méfiance qu'elle instaurait également vis-à-vis des gens, et se vexa légèrement face à cette réaction pour le moins inattendue. En temps général, c'était les individus des alentours qui activait chez elle un scepticisme immédiat, l'amenant à ne dire qu'une partie de la vérité et à en omettre la plus grande.
Elle put remarquer durant son analyse visuelle un embarras bien visible chez le jeune homme planté en face d'elle, qui semblait être par ailleurs un voyageur.

Bah! Ses intentions n'étaient pourtant pas mauvaises, elle ne comptait pas en faire son quatre-heures, ce n'était absolument pas son genre de se conduire comme ça. Au contraire sur ce terrain là, elle n'était absolument pas du tout formée. Les rares fois où elle s'était aventurée sur la pente des sentiments amoureux, elle y avait laissée bien des plumes et même plus, une partie de son cœur était resté sur le dernier champ de bataille.
Lithium fut parcouru de frissons à la remémoration de ces souvenirs douloureux et encore brûlants.
Après un certain temps de silence où se mêlaient défiance et suspicion, l'étranger finit par se détendre, à soupirer et se décider à parler;



« On m’appelle Trouble, enchanté, mademoiselle. Je suis venu ici à la suite d’une erreur d’orientation, mais mon but initial était d’aller voir Sa-Vonfu pour lui demander de m’apprendre une technique liée à mon pouvoir. », dit-il d'une voix nette et claire.

Trouble, voilà comment il se nommait.
.. C'était elle où en ce moment elle ne faisait que rencontrer des gens à noms pour le moins "singuliers" ?
Enfin bref, elle pouvait parler elle avec son prénom, et encore plus son nom;
Lithium Elfensen.
D'un, elle possédait pour qualificatif identitaire le nom d'un atome de physique, et de deux, son nom de famille était étrangement à connotation elfique. Ironique n'est-il pas pour une fille aux oreilles pointues ?
Vraiment, il avait fallu que ça tombe sur elle, la jeune fille atteinte d'une déformation génétique et qui de plus se prénommait "Elfensen". Le monde est mal faite franchement. Elle sourit sarcastiquement à ces pensées qui furent coupées quand le dénommé Trouble reprit la parole.



« Et vous ? je sais déjà ce que vous voulez (il faut dire que vous le criez sur tout les toits), mais qui êtes-vous ? »

Elle.. le crie sur tout les toits ? Comment ça ?!
Non mais il ne fallait pas exagérer non plus! Elle n'avait pas crié si fort quand même, quel goujat !
.. Enfin, il est vrai que tout de même elle n'y était pas allé de main morte pour la déclaration de guerre, si on pouvait appeler cela comme ça bien entendu.
Elle avait presque défoncé la porte, avait fait un vacarme assourdissant et avait vociféré qu'elle souhaitait se frotter à Sitckya Flaskink, ce qui n'est certes en aucun cas discret.
Lithium fit la moue à cette allusion froissant son égo et sa fierté mais se reprit sans attendre et se présenta également au jeune homme.



"Je me prénomme Lithium.
Apparemment, je suis invocatrice de dessins à ce que j'ai compris cette nuit et, sous les conseils -pour le moins douteux- d'un nain rencontré sur le chemin, je me suis rendue ici pour prendre possession d'un objet magique qui pourrait éventuellement me servir si je veux continuer mon aventure dans ce monde ci."
, lui sourit-elle, changeant immédiatement l'expression qui avait orné son visage jusqu'ici.

Son visage avait pour originalité de changer d'expression à chaque instant passant de la colère à l'indifférence, de la tristesse à l'allégresse et bien d'autres. Il était particulièrement perturbant de voir les différentes émotions existantes et possibles défiler sur son visage. Parfois, elle faisait presque peur et d'autres fois elle était particulièrement irrésistible.
Mais concrètement, on ne peut jamais réellement se fier à ce que l'on croit lire sur son visage car bien que tout peut s'y lire, tout peut être également comédie et purs mensonges. Ne vous fiez jamais à ce que vous croyez voir.
Après s'être présentée, Lithium se rappela de son but premier.



"Euh, je suis désolée mais..
Je suis un peu pressée d'en finir avec elle en fait."
, lui dit-elle, légèrement gênée de ne pas pousser plus loin les présentations comme elle l'avait fait avec sa précédente rencontre dans le monde réel.
"Si tu le souhaites, on peut y aller ensemble au cinquième étage, puisque c'est notre destination commune.
Je me permets de te tutoyer, j'espère que cela ne te déranges pas hein, tu ne sembles pas si vieux que moi."
, rajouta t-elle le sourire aux lèvres.

Elle le prit par le bras sans attendre de lui une réponse et se dirigea avec un Trouble assez embarrassé d'être ainsi balloté par une fille, vers la porte de la salle. Elle poussa d'ailleurs cette dernière avec son pied comme à son arrivée puis, toujours tirant le garçon par le bras, entra dans l'ascenseur et appuya sur le bouton du 5ème étage.
Lithium était si différente dans ce monde là, enfin, c'était peut-être selon les personnes aussi en fait.
Avec ce Trouble, elle se permettait d'être directe, mais avec Vlad, elle était toute timide et n'osait pas se comporter tout à fait normalement, hormis dans son Sweet Home.
Comment cela se faisait-il qu'elle changeait du tout au tout selon le lieu et l'individu l'accompagnant ?
C'était malheureusement une question à laquelle elle n'avait trouvé pas trouvé de réponse..
Ils attendirent sans trop parler dans la boîte jusqu'au 5ème étage, ne savant trop quoi dire, vu qu'ils ne se connaissaient pas plus que ça. Ils échangèrent néanmoins quelques paroles, histoire de passer le temps.
L'ascenseur fit un DING assourdissant obligeant Lithium et Trouble à vérifier si leurs tympans fonctionnaient encore, puis sortirent pour se diriger ensemble vers la salle où se trouvaient leurs adversaires.

La jeune fille avait le cœur qui battait à tout rompre.
Pourquoi ? Elle était pourtant habituée à se battre. Pourquoi ici avait-elle peur de l'issu possible du combat ?
Elle ne devait pas s'en faire, elle savait qu'elle y arriverait, bien que ce serait sa première baston en ces lieux étranges. Elle fit comme à ses habitudes quelques exercices respiratoires pour expirer son stress de sa première fois, craqua ses doigts et son cou, pour ensuite assouplir ses bras et ses jambes avec les entraînements sportifs.
Voilà, elle était fin prête pour lui mettre une raclée. Enfin, elle espérait que ça finirait comme ça.
Elle regarda Trouble qui semblait plutôt assez serein, ce qui lui redonna confiance en elle, lâcha le bras de celui-ci et lui dit;



"Bon.
C'est ici que tout commence.
Enfin, pour moi surtout. Toi, je suppose que tu as déjà de l'expérience en la matière dans ce monde.
Je te préviens que je ne compte pas discuter car d'après ce que l'on a pu me dire sur elle, son caractère n'est pas si différent du mien."

Elle prépara son carnet et son crayon à ces mots, le regard empli de détermination.


"Bon, c'est parti!", dit-elle.

Cette fois-ci, elle ouvrit la porte en toute civilité, un grand sourire ornant son visage mais qui disparut quelques secondes après suite à ce qu'elle vit dans la salle.
Le gars d'un certain âge, qui devait sûrement être Savon-fu, et la jeune femme qui semblait être Stickya se tenaient au fond de la pièce dans une position pour le moins suspecte, tout deux tenant sur une chaise.
Acrobatique, il en va s'en dire.
Quand ils virent qu'une demoiselle les regardaient, la bouche grande ouverte en signe de dégoût profond et qu'un jeune homme regardait par dessus également, ils.. ne bougèrent pas le moins du monde! Au contraire, ils les observèrent à leur tour, furieux d'être interrompus avant d'avoir pu entreprendre leur œuvre. Ils se dégagèrent, s'époussetèrent et vaquèrent à leurs occupations, les ignorant presque.
Lithium fit tout son possible pour se contenir face à cette indifférence, puis se dirigea vers Savon-fu.



"Excusez-moi monsieur, nous sommes tous deux venus pour une raison en particulier mais ce garçon là", elle pointa Trouble du doigt, "à une requête spéciale à vous poser.", lui dit-elle avec un sourire d'ange.

L'homme ne cacha pas son étonnement de voir débouler cette jeune fille aux oreilles pointues, mais se contenta seulement de lui sourire en retour tout en hochant la tête en signe d'acquiescement.
Lithium prit ensuite le soin de se diriger vers Stickya qui se tenait à l'autre bout de la pièce, cherchant quelque chose de spécial dans le tas de fouillis de Savon-fu.
La jeune fille se planta derrière la manipulatrice d'encre et attendit que celle-ci finisse son ouvrage, qui semblait durer en longueur. Après bien 5-10min d'attente, Lithium comprit que Stickya faisait exprès de chercher un objet dont elle n'avait en fait absolument pas besoin, ce qui fit enrager intérieurement l'elfe qui resta néanmoins d'un calme légendaire.



"Je vous prie de m'excuser mademoiselle Flaskink, mais j'aimerais m'entretenir avec vous au sujet d'un objet magique qui, selon mes sources, ne vous est utile en rien.
J'aimerais donc trouver un arrangement avec vous à propos de ces mines illimitées."

Elle avait été claire et polie, peut-être éviterait-elle un combat.
Mais Larbin n'avait pas menti sur le fait qu'elle ne céderait pas si facilement sa propriété, encore plus si elle le possédait pour ne pas s'en servir. La jeune femme stoppa ses activités, se redressa puis se retourna pour se mettre face à Lithium.
Cette dernière fut stupéfaite. La manipulatrice d'encre ressemblait traits pour traits à Xia Lichuan, une dessinatrice chinoise! L'elfe ne sut quoi dire devant tant de ressemblance hormis le fameux et indémodable;



"Oh putain!", le tout avec la bouche grande ouverte,
accompagnée des yeux écarquillés.

Stickya faisait presque la taille de Lithium, à un poil près la manipulatrice était plus grande qu'elle, au grand dam de la jeune fille. De nature asiatique, ses yeux s'étiraient joliment en amande et des petites lèvres se dessinaient au dessous du nez fin qui ornait son visage. Dans l'ensemble, elle était plus jolie. Enfin, c'était une chinoise quoi, c'est mignon une chinoise, pas les chinois je vous l'accorde, mais voilà quoi, vous m'avez compris. Elle portait une longue robe rouge fendue parsemée de fils d'or cousus à la main, formant tantôt des fleurs ou des feuilles, et parfois même on pouvait distinguer très furtivement un Dragon Chinois Long s'élancer autour de la taille de la manipulatrice d'encre pour l'enlacer d'un signe protecteur.

Dans ses cheveux noués en chignon, un pinceau destiné à l'encre de Chine maintenant fièrement la masse capillaire de la Chinoise. Voilà un point commun qu'elle partageait dans ce cas puisque Lithium elle-même se nouait parfois les cheveux avec un pinceau, plutôt destiné à la peinture acrylique ou à l'aquarelle bien entendu, et de temps en temps un crayon. Des boucles d'oreilles indescriptibles pendaient aux lobes de l'asiatique. C'était effectivement une parure digne des plus grandes noblesses chinoises.
Lithium eut presque envie de se jeter sur la robe pour décrypter dans leurs moindres recoins les détails hallucinants qui étaient brodés sur ce tissu, mais fort heureusement, se retint. L'objet magique avant tout, la robe peut-être ensuite si l'occasion se présente. Par contre elle remarqua par la suite que, accroché aux hanches de Flaskink, des pots qui contenaient sûrement de l'encre y pendaient. Elle devait se servir de ces petites bouteilles pour le combat en toute logique, si on réfléchissait un peu.

Stickya ne paraissait pas vouloir donner son outil par la voie de la facilité, ce qui déclencha en elle un superbe rire de.. chinoise.
Je ne tiens pas à vous expliquer ce que cela donne..



"Tu crois vraiment que je vais accepter un marché venant d'une gamine comme toi ?
J'ai sûrement bien plus d'expérience en ce monde que toi tu n'ai utilisé l'encre de Chine de ta vie!
Tu te trompes morveuse, je parie que tu ne sais même pas te battre correctement vu ta lamentable constitution!"
, ricana t-elle, faisant ainsi sortir Lithium de ses gonds qui l'attrapa par le haut de la magnifique robe et l'a fit décoller du sol.


"Ah ouais ?
Je crois avoir fait couler bien plus de sang que toi tu n'en ai jamais fait depuis le commencement de ta misérable existence. Certes je n'ai pas la moindre expérience de vie dans ce monde ci, mais je pense que tu ne ferais pas le poids face à moi dans le monde réel. Mais je tiens également à préciser que, par rapport à toi, je crois être mieux formée que l'ensemble de ton corps. Mes bras sont certainement plus musclés que les tiens si tu y prêtes plus attention, mes jambes sont souples et dégourdies, mes mains seraient capables de t'étrangler sans le moindre scrupule.
Si tu crois me faire peur Flaskink, alors révises un peu ta leçon sur l'apprentissage des expressions faciales."
, cracha t-elle entre ses dents, lâchant par la même occasion la chinoise qui se rattrapa de justesse.

Outragée par tant d'insolence, Stickya ouvrit un pot d'encre et y trempa ses longs doigts fins.


"Tu vas regretter gamine de m'avoir traiter de la sorte, MOI, la manipulatrice d'encre!", vociféra t-elle, perdant toute sa grâce.

"Tu crois que tu me fais peur, mangeuse de nems ?!
T'es pathétique."
, répondit Lithium face à autant de puérilité.

Bien entendu, elle se comportait comme cela pour se donner confiance en elle, c'était une de ses façons de se protéger mentalement. Au plus profond d'elle, l'anxiété se mêlait à la peur de ce qui pourrait arriver de suite maintenant.
Lithium commença à gribouiller ses précieuses dagues, mais Stickya ne lui en laissa pas le temps et fit tournoyer autour d'elle des masses d'encre flasque et gluante, s'apprêtant à les lancer en direction de la voyageuse.
Spoiler:
 

Le combat pouvait commencer.




---------------



Manipulatrice face à Invocatrice.
2nd Part





A faire suivre quand l'une est finie.


Flaskink jeta son encre en direction de Lithium qui se rua sur le côté, tout en continuant de dessiner.
La manipulatrice ragea de son coup manqué mais récidiva, envoyant une plus grande portion du liquide immonde sur la jeune fille qui finit son dessin à ce moment là.
Au dernier moment elle esquiva le jet et en profita pour inscrire les proportions des armes sur la feuille de croquis. Instantanément, les dagues surgirent pour apparaître dans les mains de l'invocatrice qui sourit d'un air machiavélique, aucun signe de fatigue pour le moment vu la taille raisonnable des armes. Enfin elle allait avoir l'occasion de s'en servir sur de la chair fraîche et en combat réel.
Lithium accrocha rapidement ses cheveux avec son critérium, jeta son sac en arrière et se prépara à riposter. A la vue des lames, Stickya comprit ce qu'était Lithium et se mit à rire.


"Une invocatrice de dessins qui invoque des armes blanches pour se battre au corps-à-corps face à une manipulatrice d'encre attaquant à distance. Quelle ironie!
Toi même tu pourrais éviter d'avoir à te salir les mains et à faire combattre à ta place des créatures, mais au contraire, tu préfères m'agresser avec des armes.
Tu n'es qu'une présomptueuse assoiffée de violence!"


"Et c'est toi qui te permets de dire ça ?!", contre-attaqua Lithium.
"Tu me traites de violente alors que j'ai tenté un accord ?
C'est toi qui m'a cherchée orgueilleuse d'asiatique!"

.. C'était bien un combat de femmes ça.
Tout pour blesser l'égo, la fierté et l'orgueil de l'autre.
Pathétique pourrait-on dire. M'enfin.

Lithium courut, toutes dagues dehors, prête à frapper en direction de la chinoise.
Cette dernière dessina un signe qui fit se transformer en une immense boule une des masses de liquide, et l'envoya sur la jeune fille qui fit une embardée monumentale sur la droite pour éviter de se faire toucher de plein fouet, mais Stickya manipula la bille qui se mit à suivre Lithium à travers la salle.
Merde, comment allait-elle échapper à cette encre mouvante ..?
Si elle frappait dedans, elle était sûre de se faire engloutir à l'intérieur, et par la même occasion, se retrouver immobilisée par cette matière visqueuse. Il fallait qu'elle trouve le moyen de la contourner et de porter une attaque frontale à cette manipulatrice trop sûre de sa victoire et de sa puissance.
Une feinte, c'est ça qu'il fallait qu'elle fasse. C'est ce qu'elle décida alors qu'elle courait pour échapper au boulet noir, elle fit donc mine de s'être tordue la cheville et s'écroula sur le sol, faisant glisser ses dagues plus loin vers l'asiate.
Flaskink laissa échapper un cri de victoire et envoya tout son produit vers Lithium qui semblait sans défense sur le sol, le visage tordue de "douleur". Tandis que l'encre allait se déverser sur son corps, elle se releva en un clin d'œil, sprinta vers Stickya, rattrapa ses dagues au passage et se jeta sur la prétentieuse, le regard empli de stupéfaction de s'être fait avoir comme une bleu.

Un cri déchirant se fit entendre.
Celui de Flaskink bien entendu, mais également celui de Lithium.
Au plus grand des étonnements, chacune était touchée.
La manipulatrice d'encre avait une dague plantée dans l'épaule gauche et une autre avait entamée sa hanche droite. Pour ce qui était de Lithium, Stickya avait désespérément ouvert une autre bouteille et avait réussi à temps de faire durcir son encre en une matière dure comme l'acier, et qui maintenant se trouvait dans le bras gauche de la jeune fille.
Elles s'écartèrent en un bond pour s'éloigner le plus possible de celle qui l'avait touchée.
Stickya n'en croyait pas ses yeux, bien qu'elle avait réussi à blesser son adversaire, elle aussi avait été lésée. Le plus frustrant était que c'était une pure débutante qui lui avait porté ces blessures. Elle rageait intérieurement, sa fierté était atteinte en son centre et son bras gauche était hors d'usage. Et tout cela seulement au début du combat, quelle injustice ?!!

Lithium quant à elle, souffrait certes, mais pas comme elle l'aurait cru.
Elle était habituée à être blessée au cours des baston de rue, mais pas par des armes autre que les poings, comme ici avec de l'encre solidifiée. Elle avait appréhendée le jour où elle se ferait avoir comme ça, mais contrairement à ce qu'elle croyait, cela ne faisait pas si mal en fin de compte. Peut-être qu'elle s'était habituée à la douleur, qui sait ?
Non, ce n'est humainement pas possible. Tout le monde ressent la souffrance, même si il n'en a pas la moindre impression quelconque. Elle se contentait seulement d'annihiler toute concordance entre ce qu'elle sentait et ce qu'elle voyait. Il ne fallait pas qu'elle y pense, oublier ce qu'elle venait de se prendre dans le bras, pour ce fait, elle retira l'épine d'encre raffermie de son bras et la jeta sur le sol, ce qui l'a brisa en mille morceaux. Elle vérifia si elle avait toujours l'usage de son bras, mais remua avec peine le bout de ses doigts.
Bon, un bras en moins, génial. Pourtant, elle préféra garder sa dague gauche dans la main, même si l'a tenir demandait un effort surhumain de sa part.

Les deux combattantes se regardèrent.
Dans le regard de l'une, l'on pouvait distinguer la colère et la haine de s'être fait avoir par une simple gamine.
Dans celui de l'autre, l'on discernait aucune émotion, pas la moindre.
L'atmosphère était pesante, le silence, perturbant. Pas une ne sourcilla ni n'esquissa de geste. Ce fut Stickya qui, ne pouvant plus supporter de voir une Lithium si imperturbable, décida de briser le semblant de trêve qui s'était installé. Elle ouvrit tous ses pots d'encre et en fit un bloc immense, gigantesque. Ses yeux brillait d'une fureur et d'une rancœur incommensurable. Elle, la merveilleuse manipulatrice d'encre, craint par son étage tout entier était en train de se faire neutraliser par cette.. cette misérable créature, cette humaine qui.. avait des oreilles pointues ?
Mais.. si elle est une habitante du monde réel, comment se fait-il qu'elle ai des oreilles comme cela ? Flaskink sourit. Cette particularité devait sûrement être un complexe mortel pour cette invocatrice de dessins. Forcément. Personne ne supporterait de vivre avec une chose pareille. L'asiate tenta tant bien que mal de se tenir droite et lança ces mots blessants emplis d'animosité et d'antipathie à la jeune fille.



"Dis-moi petite, est-ce que j'ai une bonne vue ou serait-ce mon esprit qui me joue des tours ?
Tes oreilles là, on dirait qu'elles ne sont pas habituelles.
Serais-tu atteinte d'une déformation génétique ou quelque chose dans le genre ?"

Voyant le regard Lithium toujours aussi impassible, Stickya voulut continuer plus loin sur cette pente glissante.


"Oh ma pauvre petite chérie, comme tu as dû souffrir d'être si différente des autres.
Être considérée comme un rebut de la société, comme un déchet et une immondice aux yeux des autres n'a pas dû être facile à supporter. D'un côté c'est normal puisque justement, tu n'es pas normale.
Cette souffrance que tu as endurée durant toute ta pathétique et misérable existence, qu'est-ce donc face à la douleur de l'indifférence n'est-il pas ?
De plus, ces oreilles ne sont en rien en ta faveur.
Cela est bien dommage car, bien que j'ai du mal à te l'avouer, tu es plutôt mignonne dans ton genre. Tu as dû faire tourner la tête à bien des garçons malgré cette altération physique.
Aaah.. Si j'avais été toi, je me serais depuis bien longtemps ôté la vie.
Être ainsi née, je n'ose m.."

Mais Lithium ne lui laissa pas le temps de finir son discours, elle en avait bien trop entendu.
La jeune fille se jeta sur elle, l'envoyant par la même occasion valdinguer sur le sol dur de la pièce.
Elle s'assit sur elle, l'empêchant de se mouvoir par la force de ses jambes et glissa sa dague sous la gorge de l'impétueuse, le bras gauche pendouillant sur le côté maintenant encore la seconde dague. Sur son visage l'on pouvait lire la colère imprégné d'une légère satisfaction.

Spoiler:
 


"Je crois que ça va suffire pour aujourd'hui toutes ces remarques..
Pour ton information, tu arrives trop tard avec tes paroles dardées de poison, vipère!"
, elle appuya un peu plus sur la gorge nue de la chinoise.

"J'ai appris à vivre avec, saches-le.
C'est vrai que au début, j'en ai bavé à causes d'elles, j'en ai souffert et j'en ai pris pour mon grade, oh ça oui!
Mais maintenant, j'ai rencontré des gens qui m'ont acceptée telle que je suis, avec mes qualités et mes défauts, aussi bien au niveau du caractère que du physique."
, dit-elle tout en s'approchant du visage de Stickya.


Elle lui murmura à quelques centimètres de sa face;


"Les gens comme toi m'horripile. Ce sont vous les immondices de ce monde.
Les personnes dans votre genre mériteraient tous de ressentir ce que j'ai enduré durant toutes ces années.
.. Vous me dégoûtez."
, ses lèvres esquissèrent un sourire sadique.

"Je dois avouer que, je me suis bien amusée pour un premier combat.
Mais je m'attendais à plus de vous, j'ai trouvé cela presque trop facile. Bien que j'ai été blessée par votre encre, je croyais que vous l'a manipuliez mieux que ça. Je suis déçue."
, fit-elle en accentuant bien sur la dernière syllabe de sa phrase.

"Oh! J'allais oublier.
Consentirez-vous à me céder les mines inépuisables qui se trouve dans l'un des ses bocaux ?"
, pointant son doigt sur l'accessoire qui brillait au fond d'un des récipients vides.

Flaskink, bouillonnante de rage et de rancœur, voulut lui cracher au visage mais la dague sur son cou lui fit ravaler cette idée.


"Tu peux toujours rêver que je te les donnes!", déglutit-elle avec difficulté.

A cette réponse, Lithium enleva son arme du dessous de la gorge de Stickya et planta la lame dans l'épaule droite de cette dernière qui beugla de douleur, des larmes commençant à couler sur ses joues.

"D'accord, d'accord, tu as gagné!!
Elles sont officiellement en ta possession maintenant!
Mais.. je t'en prie, décoche ta dague de mon bras.
Je te jure de ne.. de ne pas riposter ni de te causer de torts à l'instant même où tu me libèreras."
, souffla-elle, la souffrance se lisant sur son visage.

Méfiante, Lithium décida tout de même de lui faire confiance.
Elle se releva difficilement en s'aidant de sa dague droite et prit Stickya par la hanche, prenant soin de ne pas lui faire mal du côté où elle était blessée. Flaskink était stupéfaite de voir que la jeune fille l'aidait malgré toutes les choses horribles qu'elle lui avait dites.



"Tu es bien étrange comme gamine..
Je t'ai dit des choses abominables, je t'ai agressée et toi, tu m'aides comme si rien ne s'était passé."

Lithium, étonnée qu'elle dise ça, lui répondit tout naturellement;


"En quoi est-ce étrange ?
Ce n'était qu'un combat.
Nous voulions toutes deux au fond de nous nous battre, pour chacune y gagner quelque chose.
Toi, fermer mon clapet, et moi, l'objet magique.
Pourquoi nous détesterions-nous ? A chacune ses manières d'assaut."
, fit-elle souriante.
"Nous pouvons nous battre tout en étant ami(e)s, c'est possible.
Regardes les avocats, ils se déchirent au cours des procès mais ensuite, certain vont boire un pot après.
Il n'y a rien de mal à ça."

.. Décidément, elle était bien singulière cette voyageuse.
Prendre avec tellement de recul et d'optimisme la définition du mot "combat" n'était pas quelque chose donné à tout le monde. Devant tant de bonne humeur et d'amitié, Stickya laissa sa frustration et sa colère s'envoler.
Bizarrement, au contact de cette jeune fille elle n'avait plus envie d'éprouver de sentiments négatifs tellement Lithium semblait rayonner de joie. Attendrie, elle prit avec difficulté l'objet qui se trouvait dans un de ses pots et le tendit à la "morveuse" qui l'avait si aisément vaincue.



"Tiens.
Il est vrai que c'est stupide de conserver un objet pouvant être utile à des voyageurs en herbe comme toi.
Prends en soin, je sais que tu en feras bon usage, j'ai confiance en toi."
, lui sourit-elle.

Lithium le prit délicatement et inséra cette simple mine dans son critérium.


"Cela semble certes être une mine ordinaire, mais en fait, tu auras beau dessiner et dessiner, la taille resteras toujours la même. Ce ne sont pas les mines inépuisables, mais LA mine inépuisable.
Je suis fière que ce soit à toi qu'elle revienne.
Merci de m'avoir rabattu mon caquet, je le méritais bien d'un côté..
Bonne chance pour la suite gamine!"


"Merci à toi Stickya pour ce combat.", Lithium lui rendit son sourire.

"Par contre, pourrais-tu donner ceci à ce garçon là-bas ?", elle pointa son doigt en direction de Trouble, tout en griffonnant sur un morceau de papier.

"Je n'ai pas eu le temps de faire plus ample connaissance avec lui et comme je n'aime pas laisser les gens en plan, bah, avec ceci il pourra éventuellement me rappeler un de ces jours si il veut que l'on discute à propos de Dreamland.
Je ne donne pas mon numéro à tout va normalement mais, je sens qu'il est quelqu'un de bien.
Il pourrait m'apprendre quelques trucs à savoir sur ce monde."
, elle lui tendit le papier.

Alors que Stickya, pleine d'allégresse s'apprêtait à lui répondre, Lithium disparut dans une nuée de fumée.
Ah.. Elle s'était réveillée, dommage.
Mais malgré le fait qu'elles n'avaient pas eu le temps de se dire au revoir, Flaskink était heureuse d'avoir mené un combat certes court mais riche en émotions. Elle attendit que Trouble finisse son affaire et se dirigea vers lui en clopinant, tenant le bout de papier sur lequel était écrit;



Je suis ravie d'avoir pu brièvement faire ta connaissance.
Si tu le souhaites bien entendu,
nous pourrions discuter un de ces jours autour d'un verre autant à propos de Dreamland que des choses de la vie.
D'un côté, tu pourrais m'apprendre tout ce que je ne sais pas sur le fonctionnement de ce monde, non ?
Bonne chance pour la suite et à bientôt!

Spoiler:
 




.




(Désolée d'avoir un peu bâclée l'histoire hein oo')

__________







Lithium s'exprime
Bis vous insulte


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MessageSujet: Re: l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble) Ven 3 Déc 2010 - 16:54
"Take my love, take my land, take me were i cannot stay,
I don't care, i'm still free, you can't take the sky from me.
Take me out, to the black, tell them I ain't comming back,
Burn the land and boil the sea, your can't take the sky from me"

Firefly. Mal's Song





-« Vous pariez sur laquelle ? Voici votre tasse de thé. »

-« Eh bien, sans vouloir médire de votre amie -merci-, la jeune voyageuse, Lithium, à l’air plutôt coriace, je serais tenté de parier sur elle. »

Le vieux Sa-Vonfu s’assit tranquillement à coté de Trouble, et entreprit d’observer le combat auquel se livraient les filles en sirotant une tasse de thé. Au début, David avait été assez gêné de se faire littéralement traîner par Lithium dans cette pièce, au moment-même où il commençait à avoir envie de partir, surtout lorsqu’il s’était avéré qu’ils venaient d’interrompre –de manière ma foi assez brutale- un flirt entre deux viell personnes d’âge mûr. Trouble avait alors été horriblement gêné. Si lui-même (dans le cas très hypothétique et relevant plus du miracle que d’autre chose) avait ramené une fille chez lui et aurait été apostrophé de la sorte alors même que les choses devenaient intéressantes, il aurait sûrement aimablement répondu à l’intrus à coup de chaise volante dans la gueule. Fort heureusement, il n’y avait eu aucune chaise à portée des amants ; enfin aucune à part celle où ils étaient assis, mais la science à prouvé que projeter quelque chose sur lequel on est soi-même assis n’a jamais été ni facile ni n’a produit de résultat agréable. Chance n°2, le mec n’avait pas semblé rancunier, ni même stressé, d’ailleurs. A peine amusé, de cet amusement qui déclenche un sourire aussi léger qu’une plume et aussi puissant qu’une œuvre baroque, et qui caractérise les gens vraiment sages. Instantanément, Trouble avait été heureux de tomber sur lui. Sa compagne, en revanche, n’avait pas le même caractère. Après que Lithium, elle-même passablement colérique, l’ai interpellée, une sorte de duel comme seules les femmes sont capables de livrer avait commencé sous les yeux médusés des deux hommes de la salle. S’invectivant et se méprisant tour à tour, se crachant presque au visage l’une de l’autre, elles avaient alors rencontré un terrain favorable à l’énervement maximum, et entamé ensemble une montée fantasque vers les cieux éthérés de la haine irrationnelle de l’autre. Trouble et Sa-Vonfu avaient contemplé, complètement largués, l’affrontement débuter. Ceux-ci avaient fini par se regarder et, d’un haussement d’épaules, abandonner la lutte pour les calmer avant même qu’elle n’ait commencée. Il existe certains comportements mâles tellement typiques que ces derniers peuvent se comprendre d’un seul clin d’œil, même s’ils ne se connaissent pas, d’un simple accord tacite. Abandonner la lutte contre une femme qui s’énerve en est une. Quand ta copine s’énerve, tu te tais, tu la laisse crier, même si c’est sur toi, et tu éviteras la casse. Le plus souvent, elle vient s’excuser deux minutes après. S’il y a un point sur lequel tous les hommes du monde sont d’accord, c’est bien que l’esprit des femmes est à peu prés aussi incompréhensible que l’art abstrait. Certains prétendent en comprendre des bouts, ne les écoutez pas, ils se vantent. Après s’être présenté l’un à l’autre dans les formes, avec respect et politesse, Sa-Vonfu lui avait proposé une tasse de thé, que Trouble avait accepté avec plaisir. Voilà donc pourquoi ils se trouvaient à présent tous les deux assis sur des coussins dans une position typiquement japonaise, sirotant tranquillement un thé et regardant le combat entre les deux femmes comme une attraction amusante. De temps en temps, l’un d’eux faisait un commentaire et l’autre développait. Ils parlèrent ainsi, dans une liste non exhaustive : du thé, des femmes, de la peinture, des femmes, du combat des femmes, de la colère des femmes, des sous-vêtements les plus sexys (Trouble se montra assez largué sur ce point), de la violence des jeunes (Trouble se montra plutôt bon sur ce point) et des coussins qui étaient ma foi bien confortables. A ce stade, le combat féminin n’étant toujours pas fini, les tasses de thé étant vides et les deux hommes ayant épuisés tous les sujets de discussions possibles, on en vint à abréger la vielle et démodée politesse qui consistait à ne pas poser de questions et à aborder la raison de la venue de Trouble. Sa-Vonfu commença en ces termes :

-« votre amie m’a annoncé que vous aviez quelque chose à me demander ? »

Trouble se tourna vers Sa-Vonfu et s’inclina avant de commencer. Maintenant, ils étaient maître et disciple, dans la plus ancienne tradition chinoise.

-« effectivement. Si je suis monté dans cette tour, c’était dans l’objectif –tout à fait louable, vous en conviendrez- d’y apprendre de votre part une nouvelle technique que je sois en mesure d’utiliser. Une source en laquelle j’ai, disons, à peu prés confiance, m’a orienté dans votre direction… (Trouble hésita)… Maître.»

-« Je vois. Quel genre de techniques penses-tu que je puisse t’apprendre, jeune homme ? Je ne suis pas tout-puissant. »

-« Je contrôle les changements, maître. »

Sa-Vonfu sembla surpris, puis regarda Trouble d’un autre œil. A présent, aucun d’eux ne se préoccupait du combat féminin qui avait lieu à quelques mètres de là. Le silence se fit pesant, sans que Trouble n’ose intervenir. Il ne voulait surtout pas avoir l’air impoli. Son maître du moment semblait plongé dans une intense réflexion. Les yeux fermés, la tête penchée en arrière, il semblait lancer ses pensées vers les cieux pour en recevoir quelque étrange réponse. Ses réflexions profondes étaient inaccessibles à Trouble, qui commençait à se sentir de plus en plus mal. Au bout d’une dizaine de minutes, n’en tenant plus, il reprit timidement la parole.
-« Maître ? »

-« Hein ? quoi ? »

Sa-Vonfu ouvrit des yeux embués et s’ébroua, tout en essuyant la bave qui commençait à perler à la commissure de ses lèvres de sa manche.

-« Vous dormiez ! ><’ »

Le vieil homme se reprit et retrouva une contenance avant de lancer :

-« Le repos porte conseil, jeune disciple, n’oublie jamais ça. »

* waaaa, l’excuse de merde…*

-« bien sûr, maître. ^^ »

-« donc, hum, pour en revenir à ta proposition, je pense que ton pouvoir est compatible avec celui de la Texture Trompeuse. »

Comme Trouble ne répondais pas, il se pencha en avant et pris une grande inspiration. Voyant ses yeux se fermer et sa tête dodeliner, Trouble recommença.

-« Hého ! Ne vous endormez pas au milieu de votre phrase ! ><'»

-« Hum ? » Sa-Vonfu se réveilla « Ah, oui ! La Texture Trompeuse ! Eh bien, une démonstration vaux mieux que mille explications. »

Le vieil homme se leva et entreprit d’étirer son dos endolori. Trouble en profita pour jeter un regard à Lithium et assister à la fin de son combat ainsi qu’à son réveil. Son adversaire, Flaskink, revint et semblait s’être calmée. Elle adressa un grand sourire à Trouble, mais ne s’approcha pas de lui pour ne pas déranger son compagnon. Le voyageur se concentra alors de nouveau sur Sa-Vonfu, Celui-ci, après avoir faillit s’endormir une autre fois, commença à caresser le mur de sa main. Sur son passage, les briques (ou quelque soit la matière) disparurent pour laisser place au ciel bleu et ses rares nuages. L’effet était saisissant. Trouble, après quelques efforts, finit par s’apercevoir que ce n’était pas le ciel qu’il voyait, mais une sorte de trompe-l’œil. En réalité, même si les nuages bougeaient, lui ne sentait ni le froid, ni le vent sur son visage. Ce fut cependant avec une mine hallucinée qu’il se tourna vers son maître. Le visage souriant avec indulgence, celui-ci commença à lui expliquer :

-« La texture trompeuse permet de « créer » une sorte de papier extrêmement fin orné de motifs que tu es le seul à pouvoir contrôler et ce, par la pensée. Une fois les bases apprises, c’est très facile à utiliser, et on peut, par exemple, faire des choses comme ça. »

Soudain, il fit tourner sa main doucement autour de sa tête, et Trouble pu voir une fine bande de papier tomber en spirale et se parer de motifs, qui entourèrent soudain le corps du vieillard et se collèrent à lui, comme pour une momie. Soudain, ce fut la vieille qui avait volée l’ascenseur à notre antihéros qui se tint devant lui, avec le même sourire. Une bouffée de colère s’empara de Trouble, qui vit toute la traversée infernale des escaliers de la mort de la Tour des Arts défiler devant ses yeux.

-« C’était vous ! »


-« Il faut se méfier des apparences, mon jeune apprenti. Que ça te serve de leçon. Ne baisse jamais ta garde. »

Trouble dû faire appel à tout ce qu’il avait appris en regardant des programmes de fitness et des reportages sur les moines shaolin pour se retenir de frapper son maître. Il se répéta une douzaine de bonnes raisons dans sa tête comme un sutra, pour contenir ses émotions. C’était une leçon importante qu’il devait retenir. Il faut se méfier des apparences. Son maître venait de lui apprendre quelque chose. C’était très important. Trouble était un adulte, il ne fallait pas s’énerver pour si peu. Le calme était un lui, la paix et la sérénité l’entourait et il mourrait d’envie de pacifier la tronche de son maître à coup de poing, mais il était trop civilisé.Le Voyageur se concentra. C’était effectivement un pouvoir secondaire aux multiples applications et qui serait sûrement compatible avec le sien. Il était vraiment sûr de le vouloir. S’il l’avait eu, vaincre Jacob Hume au Tournoi n’aurait posé aucun problème. Rien qu’en imaginant le posséder, une myriade de possibilités s’offraient à lui. Seulement, au vu du pouvoir de ce truc, il n’y avait aucune chance que le vieux en mode maître shaolin lui laisse sans contrepartie du genre : « va tuer le dragon du lac ou sauver la princesse perdue Machintruc ». En tout cas, Trouble y tenait beaucoup. Le reste allait être du marchandage. Manque de bol, Il n’était pas spécialement doué pour ça. Il avait entendu dire qu’il fallait avant toutes choses situer sa limite et s’y tenir. La limite symbolisant la somme (ici, le travail) qu’il accepterait de dépenser/accomplir pour obtenir ce qu’il voulait. Voyons voir…Il était hors de question qu’il aille jusqu’à Edenia, son Guide semblait définir cet endroit comme tellement craignos à atteindre que l’expression : « t’as qu’à aller jusqu’à Edenia » illustrait soit une tâche impossible soit un équivalent de « va au diable ». Il était en revanche, prêt à combattre une vingtaine de personnes pour l’obtenir. Après quelques secondes de réflexions, Trouble statua : il pourrait, à la limite escalader la Tour des Arts par la façade extérieure, mais pas plus. Les yeux brillant de convoitise et de la résolution de ne pas se faire arnaquer, il se tourna vers son maitre qui, pour une fois, ne s’endormait pas. Celui-ci lui rendit son regard avec une expression indéchiffrable, puis s’assit en face de lui.

-« Bon ! Alors, on commence ?! »

Hein ?! Trouble fut si surpris qu’il tomba à la renverse. Non mais oh ? Il lui laissait pour rien ? Il n’allait pas s’insurger, mais tout de même, ça lui paraissait bien peu cher payé pour un truc pareil. Il y avait une anguille dans la botte de foin, à moins qu’on dise aiguille sous roche ? Ah, mince, il en était tellement désarçonné qu’il en avait perdu le sens des expressions. Enfin bon, à dents données, on ne regarde pas le cheval, comme on dit, ou l’inverse. Avec un hochement de tête, Trouble accepta de commencer l’apprentissage.

Celui-ci fut plus facile qu’il ne l’avait escompté. Pendant deux bonnes heures, lui et son maitre Sa-Vonfu pratiquèrent la Texture Trompeuse. Trouble apprécia l’entraînement. Une fois les bases acquises, le reste était surtout une question de feeling et de puissance, et Trouble avait toujours été un élève rapide. Il comprit vite les limites et les capacités de sa technique. La zone touchée et la précision des motifs étaient d’autant plus grandes que le pouvoir du possesseur ne l’était. Lui ne pouvait pas couvrir une zone vraiment grande tout en gardant un véritable trompe-l’œil, mais toutefois suffisante pour être utile. Pendant ce temps, Flaskink était partie s’allonger dans un coin de la pièce avec un thé et les avait observés alors qu’ils travaillaient. Etrange que son maître sorte avec une fille aussi violente, lui qui ne semblait pas apprécier la bagarre. Au bout d’un moment, son maître se leva et déclara que Trouble avait les bases et qu’ils en avaient fini, puis commença à s’en aller faire du thé. Trouble s’inclina, plein de gratitude.

-« Merci maître ! »

Le regard malicieux, Sa-Vonfu se retourna.

-« Très bien, maintenant, en garde. »

-« quoi ? »

-« Tu ne crois quand même pas que j’allais te la laisser aussi facilement ? Je veux voir ce que tu as dans le ventre, petit. »

Tout en essayant de rester poli, Trouble dévisagea le vieil homme minuscule qui lui arrivait à peine au torse.

-« Je… Je dois me battre contre vous ? »

-« Non ! Ce serait exagéré de ma part, tu n’aurais pas la moindre chance. Disons juste que tu dois réussir à prendre mon écharpe, d’accord ? Et j’apprécierais que tu utilises la Texture Trompeuse pour cela. »

-« Mais… »

Coupant court à toute discussion, son maître lui asséna un coup du plat de la main en plein torse. Trouble eu l’impression que ses poumons allaient exploser, puis fit un vol plané en arrière et atterris sur les fesses cinq mètres plus loin.
-« Alors, petit ? Tu viens ? »

Soudainement énervé, Trouble utilisa la Silhouette incertaine, qui flouta ses contours, puis se jeta sur son maitre avec la ferme intention de lui envoyer un double coup de pied sauté en pleine face. C’est exactement ce qu’il fit, sauf qu’à la place du visage du vieil homme, ses pieds croisèrent les mains de son maître, qui lui saisirent les chevilles, puis utilisèrent l’énergie cinétique du voyageur pour le faire voler à travers la pièce. Fort heureusement, celui-ci atterrît cette fois sur des coussins. Trouble, encore tout retourné, se releva et s’exhorta au calme. Ok, donc son maître était une espèce de moine shaolin ultra-costaud qui avait joué dans Karaté Kid. Il fallait la jouer plus cool. Le voyageur rajusta son chapeau, et laissa ses mains traîner négligemment, puis commença à tourner lentement autour de son maitre sans jamais le quitter des yeux. Celui-ci le suivit avec une expression impénétrable. Il semblait le jauger. Trouble attendis de faire un tour complet pour mettre son plan à exécution : une fois revenu à sa position initiale, il disparut soudainement. En réalité, il avait laissé une Texture Trompeuse sur son passage en marchant, qui imitait parfaitement la salle, mais sans lui. Au moment de refermer la boucle sur elle-même, il s’était glissé derrière. Un bon tour de magie. Rapidement et silencieusement, il effectua encore une moitié de tour, puis traversa la texture en en déchirant le papier pour se jeter dans le dos de son maître. Comme s’il l’attendait, celui-ci se retourna prestement, sauta, puis asséna un coup de pied retourné dans le dos de son disciple. Une fois de plus, Trouble mordit la poussière.

-« Bonne idée, mais trop évidente, gamin. On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Allez ! Surprends-moi ! »

*Bon sang, ce type est au moins trois fois plus balèze que Flaskink. Par où je commence ? Ni les feintes, ni l’affrontement direct ne semblent marcher.*

Trouble se releva et contempla son maître. Les bras dans le dos, celui-ci l’observait d’un air grave et un peu dédaigneux. Il semblait attendre que le voyageur fasse quelque chose d’extraordinaire, mais quoi ?.

*Ok, j’en ai marre, on y va franco.*

Trouble rajusta une fois de plus sons chapeau et se mit en position de combat, poings à demi fermés, centre de gravité bas, légèrement de profil, avec un bras en avant et un autre prés du torse. Il se concentra sur son adversaire. S’il avait bien compris, celui-ci était du genre à utiliser une technique s’inspirant d’un quelconque cycle, et le répétait sur son adversaire. Il détournait ses attaques et le faisait bouler. Plus celui-ci était fort, plus il se faisait mal. Les combattants utilisant ce genre de style était difficilement maîtrisable par la force brute. Il fallait placer des attaques indirectes ou tenter de l’immobiliser. Trouble prit une impulsion alla à la rencontre de son maître. Il commença avec une feinte du gauche, puis un crochet du droit. Sa-Vonfu se contenta d’utiliser son bras gauche pour parer la feinte au cas où elle n’en aurait pas été une, puis se pencha légèrement en arrière pour esquiver le coup suivant. Puis, les bras relevés au dessus de sa tête pour se protéger, il s’affaissa légèrement sur le sol, envoyant sa jambe glisser à la rencontre de celle de Trouble, dans l’espoir de le déséquilibrer. Celui-ci en profita pour l’attaquer justement à la tête, sacrifiant son équilibre. Son maître attrapa ses mains lors de leurs deux attaques successives, puis acheva son mouvement en lui faisant décrire un salto. Prêt, cette fois, Trouble effectua une roulade et se remit d’aplomb. Il s’en foutait, il avait réussit déposer une Texture Trompeuse juste devant les yeux de son maître, le reste ne serait qu’habilité. Il se concentra, abandonnant sa garde, et modifia l’image pour qu’elle fasse apparaître la pièce comme elle était, mais le montrant lui en train de battre en retraite vers la gauche. Il était difficile de manier une image aussi petite et précise, il était obligé de partir du principe que personne ne l’attaquerait et de ne pas trop bouger. Puis, il vit son maître partir et lui tourner le dos, ce dirigeant vers le faux Trouble. C’était sa chance ! Lentement, il s’approcha du dos de son maître, tendis la main vers l’écharpe… Et reçut un pleine figure un poing venant de sa droite. Sonné, le voyageur se retourna et vit son maître déchirer comme du papier un mur invisible. Il comprit soudain : il avait cru lui apposer la Texture Trompeuse, alors que c’était lui qui avait posé un écran devant son élève, lui faisant croire qu’il s’éloignait. C’était difficile mais pas impossible. Trouble commençait à s’impatienter. Il n’arrêtait pas d’en prendre plein la gueule et n’avait pas un début de résultat. Vivement, il s’empara du poing de son maître et l’envoya sur le mur. Surpris, celui-ci ne vit rien arriver et écrasa son dos contre le dur béton –ou quoi que soit l’équivalent du matériau de base de la Tour des Arts.. Ne lui laissant pas le temps de se reprendre, Trouble se jeta sur lui et lui asséna un direct du droit. Son maître, dont l’expression déçue montrait bien ce qu’il pensait de tant de naïveté, bougea légèrement vers la gauche, et laissa le poing de Trouble s’écraser sur le mur… Où du moins c’est ce qu’il pensait. En réalité, le poing de Trouble était emprisonné dans un Orbe Dissonant, qui transforma –au mépris total des lois de la physique- le béton en flammes qui explosèrent et arrosèrent son maître. Son écharpe et des bouts de son vêtement brûlaient. Il s’écarta un peu, puis les éteignis avec ses mains. Trouble eu un rictus. Il avait enfin réussit à l’atteindre ! Malheureusement, son maître le vit. Son visage changea alors du tout au tout. Lui qui était si calme semblait bouillir de fureur. Il le propulsa en arrière d’un coup de pied dans l’estomac. Tant de puissance dans un homme si petit, c’était presque absurde. Se tenant le ventre, Trouble releva les yeux pour voir son maître lui foncer dessus en mode Maître Yoda. Il ne put rien faire à part parer difficilement. Sautant et virevoltant dans tous les sens, Sa-Vonfu se déchaîna sur un Trouble apeuré. Celui perdait petit à petit du terrain, et battait en retraite. Ça allait trop loin. Il n’était pas venu pour se faire des ennemis. Bon sang, voilà pourquoi il n’aimait pas se battre ! Tout le monde finissait par s’énerver et par se détester. Bon, ce n’est pas vraiment ce à quoi Trouble pensa à ce moment, ses réflexions ressemblaient plutôt à :

*Aille ! Ouille ! Putain ! Mais il est furax ! Aille ! Merde ! Ouille ! Mais calmez-vous ! Aille*

Soudain, alors qu’il avait réussit à mettre de la distance entre lui et son respecté maître son putain d’adversaire, celui-ci sembla charger un mouvement et se jeta droit sur lui, poing devant, en une attaque directe dirigée sur Trouble. Celui-ci se prépara à l’esquiver. Soudain, ce fut un énorme poing qui emplit toute la pièce qui fonça sur un Trouble tellement surpris et terrifié qu’il n’eu que le temps de mettre ses bras devant lui pour parer. Il ne comprit que trop tard, c’est-à-dire au moment où il reçut le vrai poing de son maître dans l’estomac (qui faisait tout aussi mal, par ailleurs), que l’image qu’il avait vu quelques instants plus tôt était une Texture Trompeuse très réaliste et exécutée d’une main de pro. Ce coup fit tomber Trouble à terre. Il s’étala et ne se releva pas. Trop fatigué… Tout lui apparaissait comme à travers une sorte de brouillard confus, mais il comprit que son maître le traînait par la jambe et lui parlait, tout en se rapprochant de la fenêtre. Trouble était trop sonné pour sentir le danger.

-« Tout ce que je te demandais, c’était de me surprendre ! Bon sang, ce n’est pas possible ! Tu as tout pour toi : tu apprends vite, tu es intelligent, tu as une excellente condition physique… Mais il te manque quelque chose, bordel, la seule chose que je demande à un disciple ! Elle est où, ta volonté, ta force mentale, hein ? Non mais tu t’es vu ? Au bout de trois minutes de combat, tu pète un fusible et tu fais des erreurs ! Je t’ai vu au Tournoi des Voyageurs ! Tu aurais dû gagner contre ce Jacob ! Peut-être même aller jusqu’en finale ! Mais non, monsieur n’en a rien à faire ! »

*Et alors ? J’ai le droit de ne pas avoir envie de me battre, non ?*

-« Je suis sûr que t’as ça en toi, quelque part, en plus ! On va voir ça ! Montre-moi que t’as de la volonté, petit con ! »

Et il le jeta par la fenêtre. Sur le moment, Trouble ne comprit pas vraiment. Puis il regarda en dessous de lui et vit le sol. Trouble n’avait rien contre les pavés du Village des Arts, il les trouvait même marrants, avec leur petite image sympa qui était différente sur chaque pierre, mais là ils se rapprochaient trop vite. Beaucoup trop vite. En plus, s’il se souvenait bien, il venait du cinquième étage. Etant à Dreamland, il ne savait pas très bien ce qu’il se passerait au moment où il verrait au plus prés les petits dessins marrants des pavés, mais son petit doigt lui disait qu’il n’allait pas aimer. Il tenta de faire quelque chose, n’importe quoi, mais aucune idée ne lui vint. Il était comme anesthésié. Son corps réagissait lentement et lui faisait mal à chaque fois qu’il essayait de bouger, et il était pratiquement sûr d’avoir une côte cassée. C’est très dangereux, une côte cassée. Un seul faux mouvement et on se la plante dans le poumon, ce qui vous fait généralement rencontrer un terrain favorable au décès prématuré dans d’atroces souffrances en crachant du sang et tout et tout. Pas cool. En même temps, s’il ne bougeait pas, il risquait fortement de s’étaler sur la chaussée façon compote de pommes. Ah, non, vu que son sang serait rouge. Bah une compote de fraise, alors, avec des bouts de pommes et du dentifrice pour le cerveau, plus quelques mètres de tube d’arrosage couvert de compote de groseilles pour ses boyaux… Bon sang, mais à quoi il pensait ? C’était galère. Il allait percuter le sol dans quelques instants à peine et il faisait des métaphores gores sur son futur cadavre ? Et comment ça se faisait qu’il pensait autant ? Il devrait déjà être mort. Ah, c’était parce que, lorsqu’on est au bord de la mort, on réfléchit, genre 30 fois plus vite. Au bord de la mort ? Mais alors il allait vraiment s’exploser là ? Attends, attends ? Il voulait dire, vraiment ? Non, mais hors de question ! Il allait remonter et dérouiller ce vieux con ! Plus que cinq mètres… On s’en fout, trouve une idée ! N’arrête jamais de penser ! Ne renonce jamais ! Il ne savait pas d’où cette phrase venait, mais c’était suffisant pour le remettre sur pied. Le pouvoir semblait affluer en lui, sans limite. Lui qui avait toujours craint d’être en panne d’énergie, le voilà qui semblait revivre ! ca faisait bien des années qu’il ne s’était pas sentit aussi vivant ! Comment il avait fait pour être aussi pathétique, tout ce temps ? Allez, mon grand, reprends-toi et montre à ce vieux con ce que tu sais faire ! Prenant une grande inspiration, Trouble rassembla ses mains devant lui et lâcha tout le pouvoir qui coulait en lui, sans vraiment réfléchir, mais mû par une volonté renouvelée.

Mais d’où venait ce soudain regain de force ? Remontons quelques instants en arrière et observons ce qui se passe dans la Tour des Arts.

-« Je suis sûr que t’as ça en toi, quelque part, en plus ! On va voir ça ! Montre-moi que t’as de la volonté, petit con ! »

Et Sa-Vonfu jeta trouble par la fenêtre. Flaskink se leva brusquement et lui cria après, mais il était trop tard.

-« Arrête ! On est au cinquième étage ! »

Pendant un moment, Sa-Vonfu paru surpris, comme s’il ne savait pas où il habitait.

-« Ah bon ? Merde. » Puis il se reprit « ça ne change rien, s’il n’y survit pas, je n’ai plus rien à lui apprendre. »

-« Tu es vraiment trop dur avec tes élèves, pas étonnant que t’en ai pas. Ce n’est pas un simple examen, c’est le test d’entrée dans Genesis que tu lui fais ! »

-« Bah oui, pourquoi ? T’avais pas compris ? Je veux qu’il y rentre. »

-« Mais tu lui as même pas demandé son avis ! »

-« Oh ! Regarde, il a oublié son chapeau ! »

-« Ne change pas de sujet ! »

-« putain, il a vraiment fait un gros trou dans ma tapisserie… »

-« Sa’ ! »

-« Ouais, bon… si on peut plus s’amuser… »

-« S’amuser ? Mais t’es pas bien ? T’as pas une raison valable pour justifier ce que tu as fait ? »

Sa-Vonfu tripota le chapeau de Trouble tout en se rapprochant de la fenêtre. Il reprit son sérieux.

-« Je pense que ce gamin à besoin d’ouvrir les yeux. Il est fort, mais son esprit ne semble pas prêt, sa volonté est comme émoussée, il a besoin de renouveau, d’un choc qui le remette d’aplomb. Tu as remarqué qu’il n’a pas quitté son chapeau, même pendant le combat ? J’ai l’impression qu’il ne prend rien au sérieux. Hey, mais !»

-« quoi ? »

-« viens voir. »

Les deux amants se penchèrent par la fenêtre. Là où aurait dû atterrir Trouble, une sorte n’énorme nuage blanc s’était soulevé. Après une analyse plus approfondie, il s’avérait que c’était des plumes.

-« un matelas de plumes, hein ? Plutôt doué, le gamin. »

Le Nuage de plumes, propulsé par les courants ascendants et le souffle du choc, fit une brusque remontée et grimpa le long de la Tour en caressant sa façade, on ne pouvait pas voir ce qui était advenu de Trouble à travers l’épaisse masse de duvet blanc d’oiseau. Flaskink et son amant se couvrirent les yeux avec un bras pour se protéger des multiples plumes qui les frappèrent, puis entrèrent en virevoltant dans la pièce. Sa-Vonfu se pencha en avant alors que Flaskink battait en retraite à l’intérieur. Plissant les yeux, il essaya de voir ce qui était arrivé à son élève qu’il avait accidentellement jeté du cinquième étage. Ce serait la version officielle des faits, du moins. Au bout d’un moment, le rideau de plumes s’écarta, et il put voir que sur le pavé… il n’y avait rien.

-« Hein ? »

-« Je garde ça. »

Se retournant vivement, Sa-Vonfu, put offrir son visage hallucine à Trouble, chose qu’il garderait dans sa mémoire comme l’une des plus impayables images de sa vie, et qu’il n’oublierait pour rien au monde. Il faut dire qu’il y avait de quoi être surpris en regardant le Voyageur. Ce dernier n’était qu’un buste flottant dans les airs, et retrouvait peu à peu sa consistance alors que les plumes retardataires venaient se coller à lui, lui ajoutant un torse, des jambes, puis des vêtements. Dans sa main gauche, il tenait son chapeau, e dans la droite, il tenait l’écharpe. Il ne se souvenait plus trop comment il avait fait, mais il avait réussi à transformer son propre corps en plumes, se laisser porter par les courants d’airs, puis bander sa volonté pour rassembler les millions de parties de son corps qui étaient étalées un peu partout. Il avait eu de la chance cette fois-ci, mais il ne recommencerait pas pour le plaisir de l’expérience. C’était extrêmement dérangeant de devenir autre chose et il avait un mal de tête pas possible depuis qu’il s’était rassemblé. Il sentait le poids de ses muscles et de ses os, et savait maintenant qu’il avait effectivement non pas une, mais deux côtes cassées. Pendant quelques minutes, son maître fut incapable de dire quoi que ce soit, puis il éclata de rire et Trouble fit de même. Ils se donnèrent des claques sur l’épaule comme de vieux copains, puis l’adrénaline descendit. L’instant d’avant, le Voyageur avait l’air calme et avisé de ceux qui gèrent la situation, puis, soudainement, il se mit à haleter et se rendit compte que son cœur battait à deux cent pulsations/minute.

-« Non mais vous êtes malade, ou quoi ? Vous m’avez balancé par la fenêtre ! »

-« Heu… mais, c’était pour ton bien ! Ça t’a plutôt réussit, non ? » Se défendit son maître.

-« Bah, ouais, ça ma réussit, mais… Mais vous êtes un grand malade ! Un véritable psychopathe ! On devrait vous enfermer dans je ne sais quel asile…»

-« ...Tu veux y retourner ? »

-« … mais c’est une qualité d’être aussi dérangé ! C’est votre coté artiste, ça !^^’Non, je n’ais pas envie d’y retourner, s’il vous plaît… »

-« Tant mieux. Je ne veux pas perdre un membre de Genesis maintenant, on ne peut pas se le permettre. »

-« Un membre de quoi ? Attendez, j’ai loupé un épisode, là, ou quoi ? »

Etc...

Quelques minutes plus tard, Trouble avait réussit à rassembler tout ses bouts éparpillés. Il lui manquait toujours un bout de son oreille et une de ses chaussures, mais il était sûr qu’ils n’étaient pas bien loin. Son maître lui avait expliqué ce qu’était Genesis et ce qu’impliquait en faire partie. Trouble était d’accord. Non, vous n’en saurez pas plus, c’est pour votre bien ! Si je divulgue des informations avant l’heure, des types en costume de ninja viendront s’occuper de moi cette nuit ! Je ne déconne pas ! Moins vous en savez, mieux vous vous portez ! Voilà ! J’en parlerais plus tard, promis ! Il était temps de ce dire adieu. Flaskink lui tendit une suite de chiffre qu’elle ne comprenait pas, mais qui était le numéro de téléphone de Lithium, ce que Trouble tenta de lui expliquer. Il dû ensuite faire un débat d’une demi-heure sur les téléphones portables et leur utilisation, puis en eu marre et leur dit au revoir. Alors qu’il s’en allait, son maître s’approcha de lui.

-« Gamin, je peux savoir d’où vient ton chapeau ? J’ai l’impression que t’es devenu sérieux au moment où tu l’as enlevé. »

-« C'est un secret. » Répondit Trouble en souriant

Et il repartit vers de nouvelles aventures. Ce qui veux dire qu’il se réveilla avec une casquette pas possible, prit un petit-déj tardif et commença à s’habiller pour sa première mission avec le petit nouveau de la Brigade, mais ceci est une autre histoire.


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l'Art n'a pas de prix. (Lithium +Trouble)

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