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L'algophobe et le chat

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MessageSujet: L'algophobe et le chat Mar 28 Aoû 2018 - 9:59

Je baille et je m'étire. Nnng !... Ce que cette sieste m'a fait du bien ! Enfin, les médisants diront que je n'en avais pas besoin, que je passe mon temps à me reposer, patati patata... Peu importe !
J'adore dormir ici, à l'ombre des premières branches du chêne de la place des tisserands. On peut descendre facilement en sautant sur le muret de madame Isabella quand on en a envie et en attendant, on bénéficie : d'une vue dégagée sur toute la place, d'une mélange parfait d'ombre et de soleil et d'une légère brise. Je suis assez fier d'avoir trouvé cet endroit !

Un brin de toilette, d'abord. Maman dit qu'un chat qui ne se lave pas après la sieste est un chat cauchemar ! Puis on n'est jamais trop prudent, même avec les écorces de chêne et toutes les saletés qui s'y glissent. Et puis, de manière bien plus évidente un pelage mal ordonné est un pelage sous lequel on a froid. Et avoir froid, c'est insupportable. Léchons léchons ! Mes oreilles sont déjà propres, il suffit d'un coup de langue sur mes flancs et me voilà prêt à affronter le monde entier !

Je saute souplement sur le mur d'Isabella -dont les pommes de terre sont parait-il excellentes- et touche le sol souplement. C'est le moment de respirer un grand coup.

Avant je ne sentais que les odeurs normales, celles des pommes de terre qui cuisent dans un bain de beurre et d'herbes aromatiques, l'odeur de la terre sèche à quinze centimètre de mon museau, l'odeur d'un déchet abandonné au sol ou de la pluie qui menace de tomber bientôt. Maintenant, je sens aussi l'agitation des gens, je sens ce qu'ils ressentent... Certains sentiments sont forts, d'autres sont presque impossibles à déchiffrer. Certaines personnes elles même ressentent les choses d'une manière plus intense. Et même certains lieux sont chargés de sentiments, comme d'une odeur !

Mon nouvel « odorat » est apparu progressivement, je ne me suis pas réveillé un matin en sursaut avec des super pouvoirs ! Mais ce qui ne me semblait être qu'une impression autrefois est devenu un sixième sens précis que je peux exercer comme les autres. Et je peux dire que je l'ai exercé ! Ca vous change la vie d'un jeune chat ! Finis les moments où le gentil vendeur du marché que je regarde d'un air suppliant depuis 10 minutes et qui m'a donné un bout d'invendu tout à l'heure, bien assis sur mon derrière, s'énerve soudain sans aucune raison apparente et m'oblige à m'écarter en me poussant avec sa chaussure ! Désormais, je sens quand je gêne. Ou plutôt, je ressens. Est-ce que ça vient de mes moustaches ou de mon museau ? Dur à dire !

Je me rends compte plus facilement des moments où je dois apparaître et disparaître, quand ma présence devient gênante ou continue d'être traitée dans la plus parfaite indifférence. Le problème, c'est que les sentiments changent parfois très brutalement et que je ne reconnais pas toutes les odeurs et leurs variations. Tout le monde possède une odeur personnelle après tout. Mais je me répète hein ?

Allons. J'ai dit à la dame de l'autre jour que j'irai voir Sam, si je retournais au Royaume (j'y suis revenu rapidement finalement, je pense que je ne suis pas encore prêt pour des expéditions sans regard en arrière). J'ai demandé aux tisserands, pas de Sam chez eux. Je ne me souviens même plus si c'est le nom d'une femme ou d'un homme !.. Allons, pour rejoindre l'autre marché, je dois traverser...

La place du Chat Mensonge. Un endroit très rigolo ! En trois bonds, me voilà sur les toits, équilibriste au poil noir. Autour de la place, les rues sont étroites, les gouttières nombreuses, les pierres dépassent des murs et des enseignes rouillées ne demandent qu'à être reconverties en perchoirs. C'est toujours amusant de passer par ici !

Alors, qu'est-ce qu'on peut sentir ?

Wa ! J'ai failli tomber ! Qu'est-ce que c'est que ça ? On dirait de la pluie d'automne et... L'air iodé de la mer ? Enfin, c'est l'impression que ça donne, évidemment. C'est un sentiment pesant, lourd, vieux, que quelqu'un laisse se disperser dans l'air. Quelqu'un de très triste.

En un coup d'oeil, je trouve ce que je cherche : une fenêtre laissée entrouverte pour aérer la pièce. Allez, prudence. Je passe ma tête à l'intérieur. C'est propre, rangé. L'odeur est présente partout. Le reste de mon corps glisse dans l'ouverture. Les chats ont le droit d'entrer partout. C'est Minuit qui le dit et je suis assez d'accord avec ça. De toute façon, je ne fais rien de mal.
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MessageSujet: Re: L'algophobe et le chat Mar 4 Sep 2018 - 12:37

Assise à l'une des hautes tables de l'atelier au fond de la boutique qu'elle avait investi place du Chat Mensonge, Alice laissait se balancer mollement ses jambes. Perchée sur un vieux, mais solide tabouret à vis, la jeune femme regardait d'un air las par la grande fenêtre qui illuminait le bois brut sur lequel reposaient son bras et une tasse fumante. Depuis qu'elle se terrait ici Alice avait pris le temps de faire le ménage et d'étudier un peu les lieux. Dans le bric à brac de la boutique elle était même parvenue à dénicher un vieux réchaud à gaz ainsi que plusieurs allumette. Depuis une routine c'était installée, immuable et paisible : Alice allait chercher de l'eau et des herbes aromatique dans le jardin, faisait bouillir le tout et passait la nuit à respirer, plus qu'à boire, l'infusion en fixant la fenêtre depuis son tabouret.

Depuis l'échec du fameux plan d'Hisèn pour lui voler son corps, Alice ne quittait plus cette pièce et depuis qu'elle avait fini de l'adapter un peu à ses modestes besoins, elle ne faisait plus rien d'autre que d'attendre son réveil, immobile et silencieuse. Il y avait bien eu la "visite" de Clem Free, il y avait déjà quelques mois, sans doute, mais rien d'autres ne s'était produit, alors Alice attendait. Elle ne savait pas très bien quoi et plus elle se confortait dans l'immuabilité de l'atelier, son odeur de vieux bois et de poussière puis elle se sentait sombrer dans un désespoir qui commençait à impacter sa vie réelle. D'une part parce qu'elle dormait le moins possible, la peur de recroiser Hisèn la maintenant éveillée quand ce n'était pas elle qui faisait tout pour ne pas dormir. D'autre part elle était prise de soudaines et brutales crises d'angoisse qui pouvaient la paralyser pendant des jours entiers, l'empêchant de travailler. Or, le travail d'Alice était la seule chose, avec ses grands-parents, qui avaient toujours su la maintenir à flot, même dans les pires moments. En toute franchise, la voyageuse était sur le point de craquer et envisager de plus en plus régulièrement les échappatoires les plus radicales à sa situation.

L'algophobe lâcha un long soupir et porta l'infusion déjà tiède à ses lèvres, savourant l'odeur du romarin et de la lavande, l'amertume acide du liquide sur son palet, quand un mouvement attira son regard du coin de l'œil. Sur la dernière marche de l'escalier se trouvait un jeune chat noir au court pelage lustré. Rien chez la petite créature ne trahissait sa nature d'être fantastique si ce n'était la paire d'yeux turquoise, très inhabituelles pour un félin au pelage uniformément sombre comme le sien. Alice se tourna et pencha légèrement la tête sur le côté en remonter ses épaisses lunettes sur son nez. Ses longs cheveux raides tombèrent sur son épaule, brillant dans le contre-jour de la fenêtre qui se trouvait à présent derrière elle. Sans se lever, elle salua l'animal.


"Bonjour. Je peux faire quelque chose pour vous ?"

Le ton était aimable et poli, du genre de celui qu'elle prenait pour s'adresser aux clients de sa boutique, en plus méfiant. Dans le Royaume des Chats chaque félin pouvait être un prince ou un matou de gouttière aussi fier que libre, mais rares étaient ceux qui étaient "juste" des chats. Alice avait passé suffisamment de temps dans cette région de Dreamland pour le savoir. Ainsi n'éprouva-t-elle aucun ridicule à s'adresser à un animal avec la même politesse suspicieuse qu'elle usait pour les inconnus en général, la vague crainte qu'il puisse s'agir là du propriétaire du bâtiment qu'elle squattait sans honte motivant encore son amabilité. Elle n'avait pas l'énergie pour entrer en conflit avec quoique ce soit, pas plus un petit chat qu'autre chose.
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MessageSujet: Re: L'algophobe et le chat Lun 17 Sep 2018 - 20:38
Ah ! Voilà quelqu'un ! C'est une Voyageuse, polie. C'est d'elle que viennent ces émotions, elles empestent autour d'elle comme du linge qui aurait mal séché. Enfin, pas la peine d'être désagréable pour autant, c'est quelque chose que je peux changer alors c'est un peu ma responsabilité d'essayer d'y faire quelque chose. D'abord, voyons... Je vais m'asseoir là, sur les marches de l'escalier, bien placé vers la sortie en cas de pépin. J'envoie mes pensée en dehors de mon crâne :

Bonjour ! J'étais de passage, j'ai eu l'impression que quelqu'un était malheureux ici alors me voilà. Je m'appelle Spark.

Pas la peine d'y aller par quatre chemins, je ne suis pas doué pour mentir et amener les gens à me dire ce qu'ils veulent cacher de manière détournée. Un léger bouquet de surprise émane d'elle, rapidement étouffé. Elle connaît Dreamland, ce que je dis ne l'étonne pas vraiment hein ?

Est-ce que c'est à elle de répondre, ou bien est-ce que je dois poursuivre ? Pendant ce court instant d'indécision, j'en profite pour l'observer, ma queue se plaque autour de mon bassin, contre moi, dans une attitude d'apaisement. Je ne suis pas expert en mode ou en humains mais elle n'a pas ce grain de folie qu'ont les Voyageurs : sa tenue est tout ce qu'il y a de plus simple et discret. Il y a son odeur bien sûr, mais sa posture aussi, le fait qu'elle soit restée assise alors qu'elle semble plutôt jeune... Est-ce qu'elle est souffrante ? Blessée ? Malade peut être ?


Je sais que ça semble un peu mal élevé mais je te retourne la question : est-ce que tu as un problème ?

Elle n'a pas l'air de vouloir bouger pour m'attaquer, pas l'air d'être folle non plus, pas agressive : parfait ! Je me relève en écoutant sa réponse et détaille l'intérieur du bâtiment d'un œil circonspect, promenant mon coussinet rose ici et là tout en restant dans le champ de vision de l'étrangère.

Étrangement, l'endroit ne fait trop vide et il a été aménagé pour être confortable. Les Voyageurs n'ont généralement pas les moyens de s'offrir des maisons et de les meubler sauf quand ils s'y mettent à plusieurs. Et même dans ces cas là, ils n'ont pas besoin de s'offrir de vêtements, pas franchement de nourriture à stocker, pas de famille à loger, très peu de distractions classiques à accumuler. Enfin, je répète ce qu'on m'a appris parce qu'à vrai dire, c'est la première maison de Voyageur que je visite. En résumé, c'est censé être bien rangé mais manquer d'un peu de vie. Alors qu'ici, il y a eu de la vie, c'est certain. Je sens l'odeur d'autres chats aussi, ainsi que de la nourriture fraîche. Ca ne doit pas être sa maison, je l'aurais déjà croisée des dizaines de fois ou j'aurais entendu parler d'une Voyageuse qui se fait livrer autant de meubles. Elle habite peut être chez un ami autochtone.

Je termine ma courte inspection en sautant sur un perchoir non loin du tabouret où elle est installée non sans jeter un œil sur le jardin dehors.
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MessageSujet: Re: L'algophobe et le chat Jeu 20 Sep 2018 - 14:43

En entendant les questions de ce chat nommé Spark les sourcils d’Alice s’arquèrent légèrement sous la surprise. Il parlait par télépathie d’une part, ses pensées résonnant doucement dans la tête de la jeune femme. Ceci et le fait qu’il ait eu l’air de connaître immédiatement son état d’esprit avaient de quoi alerter Alice. La dernière fois qu’une créature avait pu si bien mesurer ses pensées, il s’agissait d’Hisèn et compte tenue de son aptitude à changer d’apparence il pouvait tout à fait s’agir de lui, sous cette apparence féline.

Alice pinça les lèvres, sentant une bouffée de panique grossir dans sa poitrine et bloquer sa respiration. L’humidité monta vite à ses yeux, alors qu’elle serrait son poing posé sur la table. Elle aurait tant voulu avoir plus de temps devant elle, un sursis un peu plus long. Il lui demandait si elle avait un problème. Oh que oui elle avait un problème, plusieurs, même tous de taille, de forme et d’aspect différents, semblables uniquement par leurs poids qui s’additionnaient, pesaient, écrasaient.

Elle pencha un instant sa tête en arrière, ravalant tant bien que mal l’angoisse et les larmes au coin de ses paupières. Après tout c’était peut-être juste un chat. Elle s’accrocha à cette idée avant de jeter un coup d’œil à la porte vitrée menant au jardin. La fuite était une option envisageable, mais s’il s’agissait d’Hisèn, elle n’était pas très sûre de vouloir se déplacer ailleurs pour mieux se jeter dans un nouveau piège. Elle n’avait pas vraiment l’énergie pour se lever, de toute manière. Elle était si lasse.

Le fatalisme prit finalement le pas sur la panique : peu importait l’identité réel de « Spark », elle n’avait pas très envie de répondre à ses questions. Chaton avait été un peu plus poli que lui, avec elle depuis qu’ils s’étaient enfin présentés l’un à l’autre, lorsqu’elle avait croisé Clem, ici. Elle ne s’était pas pour autant ouverte au jeune chat bipède, pas plus qu’elle ne s’était étendue sur les raisons de sa présence ici, ni sur son état ou sur les raisons qui faisait qu’elle n’allait pas folâtrer dans tout Dreamland, comme tous les voyageurs « normaux ». Chaton, en individu aussi cordial que compréhensif, n’avait jamais insisté, se contentant de lui offrir des pâté en croute au saumon de temps à autres et de la saluer brièvement quand ils se croisaient.

Elle lâcha finalement un soupir avant de se retourner vers la fenêtre et de répondre, d’une voix égale :


"Tout le monde a des problèmes."

Elle espérait que ce soit assez vague et catégorique pour que Spark préfère abandonner et la laisse seule, à nouveau. Elle n’avait pas besoin d’un chat psychanalyste ce soir.
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MessageSujet: Re: L'algophobe et le chat Jeu 20 Sep 2018 - 18:03
Hum, c'est bien ce que je pensais. Elle est complètement déprimée, l'odeur n'était pas seulement triste : elle état morbide. C'est peut être ça qui m'a attiré ici, maintenant ça me semble évident.

Inutile de répondre à sa dernière remarque. Tout le monde a des problèmes, oui. Mais tout le monde n'a pas forcément l'occasion d'en parler, ou quelqu'un qui cherche à les résoudre. Par la fenêtre, j'aperçois quelques volatiles inconscients de tout ça, qui profitent de la brise. Je ne sais même pas comment elle s'appelle, ça m'agace et ma queue s'agite légèrement en pensant que je n'ai pas les aptitudes nécessaires pour profiter de mon don à sentir les émotions.


La mort est quelque chose de très grave pour les Voyageurs, je crois, au moins dans votre monde. Pour nous aussi les « créatures » des rêves, bien sûr. Mais nous naissons, nous apparaissons, nous disparaissons parfois sans logique. Certaines créatures renaissent quand elles sont assez ancrée dans votre « inconscient ». Elle aura perdu son identité propre, mais elle sera encore « là » sous une forme ou une autre. Dans certains Royaumes, la vie et la mort ne sont même pas vraiment abordés comme des sujets préoccupants pour ceux qui y vivent.

Si elle ne veut pas parler, je vais le faire, directement dans le vif du sujet. Est-ce qu'elle m'écoute ? Je détourne mon regard de la fenêtre pour plonger mes yeux dans les siens. Elle est à fleur de peau, ça me fait mal d'être dans le climat olfactif qu'elle dégage. Je contrôle les battements de ma queue et je continue d'observer les arbres et l'herbe qui pousse doucement dehors.

Je suis une créature particulièrement sensible sur ce sujet et j'aimerai ne pas... Enfin... Oh, je m'embrouille. Qu'est-ce que je voulais lui dire ? Que je n'ai pas envie de rêver de sa mort ? Que j'aimerai le mener en dehors de cet état ? Je ne sais plus ! C'est un sujet difficile pour un petit chat.

Ne sois pas trop malheureuse ici ! Je suis désolé que notre monde soit parfois un cauchemar... Mais tu as trouvé un bon endroit pour lécher tes plaies et reprendre des forces !

Hum, c'est pas vraiment satisfaisant. Mais bon que dire d'autre alors que je ne sais même pas ce qui cloche chez elle ?
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MessageSujet: Re: L'algophobe et le chat Ven 21 Sep 2018 - 11:51

Alice fronça les sourcils en écoutant le chat parlait, fixant toujours le jardin par la fenêtre, le menton posé sur son poing, le bras ramené sous sa poitrine. C’était un psychanalyste félin pas très doué, auquel elle avait à faire. Ses paroles l’agaçaient au moins autant qu’elles la rassuraient : Hisèn était bien plus habile avec les mots, même quand il feignait la maladresse c’était plus mesuré. De plus, La créature de brume n’aurait eu aucune raison de tenter de l’énerver, non ? Elle ne savait plus, elle se sentait juste fatiguée et ses pensées étaient confuses. Qu’est-ce qu’il avait dit déjà ? Elle n’avait pas bien écouté. Il avait parlé de la mort. Pourquoi lui disait-il cela ? Savait-il aussi qu’elle pensait de plus en plus à en finir avec sa vie de voyageuse ? C’était donc un chat psychanalyste et télépathe ? Bof, ce n’était pas le truc le plus étrange qu’elle avait vu à Dreamland. Il pouvait aussi être très observateur et ses intentions suicidaires devaient se lire sur son visage plus encore que ce qu’elle pensait.

Oui, elle avait commencé à songer à cette solution : se suicider à Dreamland. Elle avait même commencé à penser aux façon de le faire. Elle pourrait sans doute trouver un poison indolore, elle n’avait pas envie de souffrir, ou bien se jeter du haut d’un très bel endroit isolé, il y avait de magnifiques montagnes et falaises dans le Royaume des Glaces, la chute serait aussi esthétique que fatale. Il fallait prévoir large, son corps de voyageuse était bien plus endurant que dans le vrai monde et elle n’était pas sûre de bien mesurer sa résistance au poison, aux chocs et aux armes. Ce monde serait une plaie jusqu’au bout... Enfin, elle n’était pas si pessimiste que cela, elle voyait même le bon côté des choses : contrairement au monde réel, les voyageurs ne laissaient aucun cadavre derrière eux, en conséquence de quoi, personne n’aurait à nettoyer les... « tâches ». Elle pourrait même en finir au calme, ici, sans craindre que Chaton ne tombe sur une désagréable vision d’horreur. C’était un réconfort.

Enfin, il ne venait pas de dire qu’il était sensible à ce genre de sujet ? Et s’il était télépathe... Elle se retournera vers le chat noir, qui n’avait effectivement pas l’air des plus à l’aise. Alice ne s’était jamais considérée comme étant de bonne compagnie, même dans son état « normal ». Elle osait à peine imaginer comment Spark se sentait, près d’elle, alors qu’elle avait ce genre de penser. D’un autre côté, elle ne lui avait rien demandé non plus et il était libre de partir. Elle considéra un instant le pâté au thon intact que Chaton avait laissé à son attention sur l’établi. Elle tira l’assiette vers elle et le découpa en petit morceau avec le couteau posé sur le bord de la porcelaine fleurie.


« Je suis désolée que tu te sentes obligé de te préoccuper de mon état. Je n’ai jamais été du genre à parler beaucoup et je ne suis pas sûre d’avoir quelque chose à dire, même si je le voulais. »

Elle se releva lentement, l’assiette entre les mains.

« Tu as faim, peut-être ? Les voyageurs n’ont pas vraiment besoin de manger et ce serait dommage qu’il se gâte. »

Elle fit quelques pas vers le félin et déposa le plat au sol, à mi-distance entre elle et lui, avant de retourner s’asseoir, demeurant face au félin cette fois.
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