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La place du chat (feat Alice Sauvebois)

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MessageSujet: La place du chat (feat Alice Sauvebois) Ven 29 Juin 2018 - 13:18
La Place du Chatwith Alice Sauvebois & Clem FreeC'était la merde sévère, la couillonnade intergalactique, la quenelle épaulée, le PLS au fond du bac à sable ; mais la vérité était plus horrible que toutes ces comparaisons : j'avais un problème de logement.

Dans Dreamland.

Bien sûr, en soi je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même, j'avais après tout sans (trop) de méfiance accepté une proposition de Héliée sans me douter que ce dernier s'avérait être incapable de lire un calendrier. Ah ça filer les papiers à Liz sa seconde pour qu'elle me les refile en main propre et que je sois en confiance car elle a la réputation d'être une administratrice hors pair, il était capable de comploter ça entre le fromage et le dessert mais vérifier que le prix du logement qu'il me louait était bas car en fait des plans de restructurations du quartier étaient prévus et allait faire passer mon bureau sous les décombres, il en avait encore du mal. Probablement que mon seigneur n'était pas habitué à ce que des bâtisses s'effondrent sans qu'il n'en ait personnellement donné l'ordre.

Mais du coup j'avais droit à cette nuit le déplaisant spectacle de voir le bâtiment du royaume des chats où j'habitais finir de rouler dans la poussière. Ne restait en place et sur place qu'une boite au lettre avec mon nom et celui de Narr (rayé seulement 6 mois après sa disparition, j'étais un peu lent, okay ?) à côté ? Des grippeminauds qui avaient encore leur casque de chantier jaune sur la tête. J'ignorais leurs regards curieux et compatissants quand j'ouvris la boite au lettre et que je releva mon dernier courrier à cette adresse.

Comme d'habitude il y avait les habituels flyers promotionnels m'invitant à aller me dorer la pilule dans un parc public ou d'aller me fumer une pipe d'herbe à chat dans le quartier des félins asiatiques (celui où les habitants portaient des draps de soie à motif de dragons jaunes et des moustaches de mandarin et où il valait mieux ne pas regarder dans la marmite du chef qui était de toute façon trop tigré pour être un raminagrobis). Je ne jeta rien par terre et attendait la prochaine corbeille public parce que j'étais un citoyen respectueux des lois (même si on faisait sauter mon appartement à la boule de démolition) et m'attaqua aux trucs un peu plus sérieux. Il y avait un rappel de mon ardoise au pub du coin (je le fis brûler au briquet, je n'étais pas respectueux à ce point là, chacun sa limite) et une lettre de madame Opomme me suppliant de la rejoindre chez elle, ce qui m'inspira des sentiments contradictoires car madame Opomme n'était pas ce genre de personne que l'on avait envie de voir à moins que la situation ne soit désespérée mais c'était bien mon cas donc je serra les dents et j'y alla.

Comme indiqué plus haut, elle m'avait supplié car madame Opomme ne demandait rien à personne non, elle vous suppliait de venir à son aide et vous étiez à chaque fois son dernier espoir (alors même que vous étiez probablement la 5ème personne sur sa liste des personnes à contacter en cas de problème) et elle vous disait tout ça alors que vous vous demandiez comment ne pas mettre partout des miettes du petit gâteau qu'elle vous avait passé sur son fauteuil qui était tellement propre que vous vous voyez dedans. Mais à la rigueur tout cela je pouvais le gérer assez aisément car madame Opomme, finalement, ne tenait pas la comparaison avec ma propre famille, en revanche là où j'étais gêné quand au fait de venir à son aide était que la vieille chatte était en réalité une incompressible boule d'angoisse débordant d'attentions et d’anxiétés concernant une seule et unique personne : son fils unique, Chaton.

Qui s'en passait très bien.

Chaton était en effet, contrairement à ce que son nom indiquait, un chat d'âge moyen plein de sérieux, bien élevé et très gentil qui gérait sa vie indépendante avec intelligence et qui ne se fourrait jamais dans le moindre problème, ce qui avait apparemment le don de causer énormément de souci à sa mère car elle se faisait en effet beaucoup de souci à l'idée de n'avoir aucune raison de se faire du souci. Et moi au final j'étais là pour la rassurer en allant à la recherche de son galopin de fils, remarquer qu'en fait tout allait bien de son côté et de revenir faire mon rapport à la mère, non sans avoir assuré la livraison d'une tarte au thon du bon côté de la génération. Je crois que madame Opomme m'aimait bien, ou alors je n'étais pas chère. En tout cas bien que dans l'histoire j'avais souvent le (mauvais) rôle d'émissaire de sa mère chargé de lui rappeler en tout temps qu'elle était sur son dos, Chaton ne m'en tenait jamais rigueur, c'était vraiment un gars adorable.

Quoiqu'il en soit, aujourd'hui figurez-vous que Chaton s'était mit dans de beaux draps (fichtre) : en effet vous ne seriez pas surpris d'apprendre qu'il squattait un vieux local (oh non) abandonné où il y faisait dieu sait quoi (terrible) et qu’apparemment il y aurait aussi fait la connaissance d'une jeune voyageuse louche (pas possible?) qui avait certainement une mauvaise influence sur lui (comme à peu près toutes les connaissances de Chaton). J'étais donc dûment mandaté pour aller vérifier si aucun pentagramme, pipe à herbe, seringue, préservatif cactussé ou plan de domination mondiale ne traînait dans ladite maison et prendre des nouvelles du Chaton. Oh et si je pouvais en profiter pour lui apporter ce panier de beignets au poisson, je serais « adorable ».

J'étais donc partis, j'étais peut-être adorable mais j'étais avant tout professionnel. Nous fîmes donc, moi et le panier, le tour de la liste habituelle des connaissances de Chaton et des indics que je m'étais fait au cours de l'année et qui savaient tous généralement où trouver l'animal sans que cette fois je n'eus autre chose que des indications vagues ou alors trop vieilles pour me mener ailleurs que dans des voies sans issues. Cela m'inquiéta presque : soit madame Pomme avait totalement inventer toute cette histoire -il y avait des précédents- soit elle disposait d'un réseau d'information comparable à celui d'une cellule mère de la CIA. Je l'imaginais sans mal trônant au sommet d'une pyramide hiérarchique de commères au dernier degré.

Finalement, un vieil artisan de rue occupé à filer les dernières tresses entourant un arbre à chat m'indiqua une adresse autour de la place du Chat Mensonge, quelque part au fond d'un fouillis de dédales obscurs à rendre fou un cadastrier. L'endroit s'avéra finalement être une placette bordée d'arbres qui entouraient les lieux d'un ensemble batifolant d'ombres claires et dont les racines avaient fait leurs veines sur le dallage local. L'endroit était paisible et je m'y sentis tout de suite bien. L'adresse donna lieu a une bâtisse de belle taille à plusieurs rangées de hautes fenêtres et si c'était là l'endroit où se terrait Chaton, je ne pouvais que rendre justice aux qualités des pouvoirs extralucides de sa mère : la maison semblait manifestement abandonnée, sa façade était écaillée de vieille peinture et ses grandes vitres étaient devenu grises de poussière faute d'entretien. Impressionné malgré moi, j'ouvris la porte d'un geste presque timide.

« Bonjour ? Fis-je d'une petite voix en troublant le parfait silence de l'endroit. Il y a quelqu'un ? »

Je faisais face à une grande pièce donnant sur un escalier montant à l'étage supérieur. Je commença à faire quelque pas, retrouvant un peu plus d'assurance et appela sans toutefois hurler :

« Chaton ? Tu es là ? »

Je parcouru quelques pièces : aucune chandelle n'était allumée mais les hautes fenêtres se chargeaient avec efficacité malgré leur teint de poussière d'emplir le bâtiment de lumière. Révélant des meubles noircis, des planchers gondolés et une végétation qui avait commencé à envahir la maison.

Quand soudain, au détour d'un angle, je tomba sur une humaine.

L'apparition me surprit au point d'en lâcher une petite exclamation. J'avais face à moi une rêveuse ou une voyageuse, peut-être encore une fois celle mentionnée par ma mandatrice. Si au premier coup d’œil la personne me semblait totalement inconnue, un léger trouble vient s'installer en moi. Porté par son aura dont les fluctuations me semblait familière, et une silhouette que mon cerveau affirmait avec force avoir déjà vu en mouvement. Je du rester interdit quelques secondes, ne lâchant avec lenteur que quelques mots :

«... On ne se serait... Pas déjà vu, peut-être ? »

Puis, par une impulsion que je ne m'expliqua pas, la lumière se fit : la reconnaître fut tout de suite plus facile une fois que je lui avais mentalement imposé un masque de lapin sur le visage.

« Aaah mais oui ! A Carnaval Garbage. Tu es... heu... Ne nous étions nous seulement présenté ? Je ne savais plus...

...Toi ? »

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MessageSujet: Re: La place du chat (feat Alice Sauvebois) Dim 1 Juil 2018 - 15:14

La plupart des gens disent qu'ils dorment mal. Certains parlent même d'insomnies. Beaucoup prennent des médicaments et se font prescrire moult pilules pour retrouver leur sommeil perdu. Peu, en revanche, fuient le sommeil comme Alice le faisait.

Depuis qu'elle avait failli cesser d'exister, depuis qu'Hisèn avait essayé de lui prendre sa vie, son identité et son corps, Alice refusait de mettre un pied dans Dreamland. La journée qui avait suivi cette nuit atroce avait été étrangement calme, normale et savoureuse. Elle baignait dans une monotonie berçante, dans cette banalité ponctuée des exceptions discrètes qui rendent le quotidien si appréciable et fascinant. Alice avait eu de quoi s'occuper, des clients à qui sourire, des parents qui lui confiaient (encore) leur boule de poils aboyeuse et puis vint la nuit. La routine immuable de la jeune femme se mit en place, actions après actions, jusque sous ses draps et là seulement, ce fut la chute. Dans la nuit, une glaçante angoisse vint lui perforer les vertèbres et figer ses membres. La terreur qui coupe le souffle comme un corset de givre et la lente agonie d'une nuit sans sommeil ni repos, hantait l'algophobe par d'inlassables réflexions qui menaient toutes à la conclusion suivante : "Dreamland est un endroit dangereux et il ne faut plus y aller.".

Le monde des rêves étaient comme l'école autrefois, pour Alice : une torture à laquelle on lui interdisait de se soustraire. Bien sûr, qu'elle ne pouvait pas ne pas dormir du tout. C'est pour cette raison que sa première mesure fut de morceler ses nuits : si elle réussissait à trouver le sommeil elle se débrouillerait pour ne dormir que par tranche de deux heures et jamais plus de 6. Ensuite, elle se mit à la recherche d'un endroit relativement sûr dans Dreamland, ou en tout cas d'un endroit où elle ne se sentirait pas constamment épié... Ou d'un endroit ou ce sentiment pourrait être plus tolérable. Elle mit plus de temps à trouver quelque chose, Malgré les années passées en tant que voyageuse, Alice n'avait pas la sensation de bien connaître le monde des rêves. La plupart de ses nuits elle les avait passé retranchée dans divers endroits tranquilles à en attendre la fin. De fait elle n'avait pas de base ou de lieu récurrent où se rendre en cas d'angoisse de mort imminente causée par une créature sociopathe.

Au bout de quelques nuits passées à errer, la peur au vente, entre différents Royaumes de la zone 1, elle atterrit finalement dans celui des chats, dans le quartier commerçant. L'ambiance lui rappela cette nuit lointaine où, accompagnée d'un voyageur dont elle ne se rappelait plus vraiment du nom, elle avait explorer une étrange maison dans une placette au fond d'une impasse recluse. Le charme mystérieux de l'endroit l'avait séduite, malgré la présence d'un intrus inconnu et quelques peu effrayant entre les vieux murs silencieux.

C'est ainsi qu'elle établit ses quartiers dans la vieille échoppe. Elle s'installa d'abord au rez-de-chaussée, tentant d'éviter le plus possible ce qui logeait à l'étage. Quoique ce fut, Alice pouvait dire que ce n'était pas là chaque nuit et que ce n'était pas vraiment belliqueux, autrement elle aurait été vite chassée d'ici. Quoique ce fut, il ne se formalisa pas quand la voyageuse entreprit de s'installer plus confortablement à l'étage, dans le salon, d'où elle pouvait mieux observer la rue et se sentir plus en sécurité. Quoique ce fut, il ne s'effaroucha pas quand Alice, pour tromper l'ennui et l'angoisse, répara quelques meubles au premier étage. Il la remercia même en lui laissant, le soir suivant, un pâté en croute au thon, soigneusement enveloppé dans un torchon propre, déposé sur l'établi de l'atelier. Quoique ce fut, il avait choisi de ne pas interférer avec la présence de la voyageuse, se contentant d'occuper le second étage et le grenier, alors qu'elle se tenait au rez-de-chaussée et au premier, chacun respectant avec tact le territoire de l'autre.

Ce statu quo dura plusieurs mois, jusqu'à ce qu'une nuit Alice aperçut une silhouette traverser la place et se dirigeait vers le bâtiment qu'elle occupait. Sans attendre d'identifier plus formellement l'intrus, Alice bondit de la banquette où elle se tenait et partit se refugier dans un placard. Dotée d'un cadenas, la porte permettait de voir quiconque montait à l'étage, pour se glisser derrière lui et fuir vers la placette avant de rejoindre la sécurité des ruelles labyrinthique. La voyageuse avait eu le temps de réfléchir à un protocole d'évasion au cas où ce genre d'évènement arriverait.

Le cœur battant, elle entendit l'homme entrer avec précaution. La façon dont il salua le vide de l'échoppe, un étage plus bas, la rassura un peu : il ne cherchait pas à être discret. De plus, il cherchait un "Chaton" et non pas une voyageuse du nom d'Alice. Son calme se dissipa pourtant bien vite lorsqu'il monta à l'étage. Par l'entrebâillement de la porte, elle vit une chevelure courte et rousse surmonter une silhouette longue, svelte, mais résolument masculine et, comme la voix de son détenteur, curieusement familière. Sensation qui s'acheva lorsqu'elle parvint à mettre un nom sur le visage de l'intrus : Clem Free.

L'algophobe hésita un instant puis sortit finalement de son refuge, pour apparaître couverte de poussière et vêtue d'une tunique beige et d'un bermuda en jean, devant le jeune homme qui ne sembla pas la reconnaître. Elle ne s'en formalisa pas et, à la place, choisit de décliner à nouveau son identité :


"Alice."

Après tout, ils s'étaient rencontrés masqués et si le rouquin n'avait pas partagé son nom de famille avec un voyageur de renom, qu'elle avait déjà croisé par deux fois, elle ne se serait probablement pas rappelée de lui non plus. Penser à Ed Free lui arracha une grimace teintée de crainte qu'elle rattrapa vite en posant une question à Clem :

"Qu'est-ce que...
- Vous faites ici, M. Free ?" poursuivit une voix qu'elle ne connaissait pas.

Elle se retourna d'un bond pour faire face au nouveau-venu : un habitant classique du royaume, un chat bipède à la courte fourrure tabby fauve, blanche au museau, au ventre et aux bouts de ses quatre pattes. Ses grands yeux verts contemplaient d'un air étonné le duo de voyageur depuis le haut de l'escalier.
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MessageSujet: Re: La place du chat (feat Alice Sauvebois) Ven 6 Juil 2018 - 15:26
La Place du Chatwith Alice Sauvebois & Clem Free"Alice."

D'accord, c'était un début. Théoriquement à partir de ça j'aurais du avoir un court-circuit au niveau du cerveau et avoir accès à un tas de souvenirs liées à son nom et que j'avais complètement oublié et dont le moindre rappel agissait comme une clé pour ouvrir le reste. Mais la non, que dalle. Elle n'avais jamais du me dire son prénom, tout simplement (ou alors je devenais vieux, brrrrrr, ou vieux con, double brrrrrr).

J'anticipais la suite : elle allait probablement me demander ce que je fichais aussi. Il est vrai que j'étais probablement arrivé chez elle, au moins je n'avais pas démonté la porte d'un coup de pied. Toutefois si j'étais bien chez la maison, quoique visiblement entretenue par endroits, restaient majoritairement poussiéreuse et abandonnée. J'étais peut-être bien tombé dans un squat finalement ? Un squat dreamlandien... ça manquait de squatteurs tout de même, j'étais un peu déçu. Je notais aussi que la voyageuse traînait encore quelques moutons de poussières avec elle. Soit l'endroit était bien plus crado que je ne me l'étais figuré, soit elle s'était planquée pendant mon arrivée. On dirait moi à mes débuts sur Dreamland. J'espérais ne pas faire si peur que ça. Elle tira quand même la gueule avant de se mettre à me parler, ma présence la faisait peut-être véritablement chier :

"Qu'est-ce que...
- Vous faites ici, M. Free ?"

Ah cette dernière voix, je la connaissais également : je commença à sourire en me tournant vers Chaton, le nouvel arrivant. Déjà parce que j'étais content de le voir, ça faisait quelques heures que je m'esquintais à cet objectif, et enfin, parce qu'il était un chat tout de même, et donc fatalement trop meugnon.

Je lui répondis donc à lui, pas par impolitesse avec Alice mais parce qu'en soi, répondre à Chaton devrait satisfaire ses interrogations à elle, enfin une partie.

« L'histoire habituelle Chaton : ta  mère s'inquiète une fois de plus pour toi et moi j'ai des factures à payer. (Enfin plus maintenant vu que la maison que je louais venait de disparaître et a été mystérieusement remplacé par un tas de cailloux.) Enfin j'en avais avant ce matin mais on va dire que c'est la force de l'habitude. Tu connais ta mère quand elle insiste... sourires gênés des deux côtés. Il était adorable ce Chaton à ne pas m'en vouloir, moi j'en aurais eu ras les poils à sa place. « Bon à ce propos je suis sûr que sa conscience ne sera apaisée que si je fouillais cet endroit de fond en comble et si je lui rapportais que je n'avais rien vu de sataniste ou d'illicite donc on va dire que je l'ai fait, hein ? Tient  d'ailleurs, c'est pour toi, lui dis-je en lui tendant le panier de sa mère. Il descendit quelques marches de l'escalier et le prit sans dire un mot. Je me demandais ce qu'il en faisait à chaque fois. Se débarrassait-il de son contenu quelque part, car manger les denrées que sa mère lui préparait par inquiétude c'était, d'une certaine façon, accepter le contrôle qu'elle voulait exercer ? Enfin bon c'était sa vie après tout ; moi j'aurais piégé le fond du panier avant de le renvoyer à la maison familiale.

« Et qu'est-ce que tu fais ici ? Repris-je. C'est plutôt reculé, non ? »

Tient ? Je le sentis plus que je ne le vis rougir des joues sous ses poils et il détourna la tête sans me répondre. C'était inhabituel : le temps lui avait prouvé que je ne répétais pas ses activités à sa mère et que si je lui posais ce genre de question, c'était exclusivement pour satisfaire ma curiosité à moi. Et habituellement, il me répondait, son gêne ne faisait qu'accentuer ma curiosité mais je n'allais pas insister, mon boulot me faisait trop danser sur la corde raide de son intimité.

« Vous voulez que je vous fasse un thé ? Il doit m'en rester un peu là haut. » proposa Chaton en commençant à remonter l'escalier. J'acquiesça en le remerciant. Bon les choses étaient claires, j'allais prendre mon thé et basta, je pourrais dégager. Je retournerais ensuite chez la mère (où je reprendrais certainement du thé) et j'inventerais deux trois histoires innocentes et complètement fausses à propos de Chaton histoire de la rassurer et j'aurais fini ma nuit. Au réveil dans le monde réel, j'allais devoir sérieusement réfléchir à une reconversion dreamlandienne...

Tout à mes angoisses professionnel-oniriques, je me retourna vers Alice, dont les souvenirs de notre aventure à Carnaval Garbage commençaient à se dessiner un peu plus, désignant l'étage au dessus de nous, et par la même Chaton, je demanda :

« Et ça se passe bien entre vous ? Il est plutôt sympa, hein ? Très calme aussi. »

Par ailleurs en parlant de calme, je me rappelais qu'Alice en possédait beaucoup aussi, ou en tout cas une sorte de timidité cousine du calme. Du genre à ne pas beaucoup parler et à ne pas sembler apprécier quand je proposais une séparation stratégique pour l'enquête. Ils devaient bien s'entendre, elle et Chaton, même si je les soupçonnais de ne pas beaucoup se parler.
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MessageSujet: Re: La place du chat (feat Alice Sauvebois) Ven 6 Juil 2018 - 20:15

Alice parut surprise, voire interloquée à la vue du chat, encore plus lorsqu'il apparut que la créature et Clem se connaissait. Son colocataire était donc un félin tout ce qu'il y avait de plus aimable et poli, et ce n'était pas que des apparence, au vu de l'amabilité même pas forcée du voyageur à ses côtés. Clem accepta immédiatement le thé proposé par le félin en le suivant au deuxième étage. La jeune femme, de son côté, hésita un instant, comme si elle n'était pas sûre que la proposition s'adresse aussi à elle, jusqu'à la question que lui posa le jeune rouquin. Enfin... C'était une question plus rhétorique qu'autre chose, mais elle lui emboita malgré tout le pas avant de répondre :

"Pour être tout à fait honnête, elle hésita un bref instant, c'est la première fois que je le vois clairement."

Les oreilles du chat pivotèrent vers elle et il se retourna, un air peiné et profondément désolé tordant d'une façon absolument adorable son petit museau blanc :

"A ce propos, excusez-moi pour notre première "rencontre". Vous et votre ami m'aviez surpris et... Enfin... Je n'aurais pas du vous sauter dessus. C'est aussi pour ça que j'hésitais à venir vous saluer, j'ai bien compris que vous étiez une voyageuse tout à fait respectable mais... Mais... J'étais gêné, après la peur que je vous ai faite."

Alice secoua la main, comme pour écarter ses excuses, lui signifier que c'était déjà tout pardonné et qu'il n'y avait pas besoin d'être désolé. Elle passa devant Clem pour mieux faire face à Chaton, puisque visiblement c'était son nom, et prit à son tour la parole :

"C'est plutôt moi qui devrais m'excuser, j'avais bien conscience de la présence de quelqu'un ici, mais je n'osais pas vous saluer... Ah, et puis ce n'était pas mon ami."

Le mouvement des oreilles du chat et son expression indiquèrent une légère surprise, mais il ne s'étendit pas d'avantage, ne posa aucune question et entama plutôt la montée de l'échelle de meunier qui menait au grenier : une des rares pièce qu'Alice n'avait pas encore eu le loisir de visiter. Elle emboita le pas feutré de Chaton, passant timidement sa tête par la trémie pour observer la pièce.

Les yeux d'Alice brillèrent devant le décor qui s'offrit à elle. Le grenier était superbe, son volume joliment mansardé était éclairé par quelques lucarnes et par le gros œilleton rond, décoré de vitraux, visible depuis la placette. Le toit pentu et biscornu découpait l'espace entre les différentes poutres épaisses qui traversaient l'unique salle qui constituait l'étage. Le bois qui composait chaque surface avait été peint et été illustré de dessins naïfs et enfantins qui semblaient raconter l'histoire de plusieurs personnages, dont un habitant du Royaume des Chats ressemblant étonnamment à Chaton. Celui-ci était d'ailleurs en train de sortir deux autres tasses de porcelaine fleurie qu'il déposa sur une petite table colorée, entourée de vastes poufs en patchwork de velours, de lainage et de tissus à motifs divers, le tout judicieusement placé devant la clarté de l'œilleton.


"Venez vous asseoir, s'il-vous-plait." prononça poliment le félin en leur servant à tous une tasse d'un thé sombre et parfumé.

Pendant qu'il ouvrait le paquet remis par Clem, révélant des beignets en forme de petits poissons qui rappelèrent curieusement à Alice le fameux pâté en croute qu'elle avait reçu un jour, la voyageuse en profita pour inspecter l'endroit du regard en s'affalant dans l'un des poufs. La plupart des pièces de la maison étaient assez vides, les quelques meubles qui s'y trouvaient encore étaient le plus souvent protégés par des draps et rien n'indiquait que quiconque les ait utilisé depuis longtemps. Ce n'était pas le cas du grenier. Certes, les peintures au mur commençait vraisemblablement à dater, mais les tapis, les commodes, les jouets posés ici et là ; tout était parfaitement propre et, en dépit de l'abondance d'objets, parfaitement rangé dans une joyeuse abondance colorée qui rappelait un peu à Alice l'atelier au rez-de-chaussée.
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MessageSujet: Re: La place du chat (feat Alice Sauvebois)
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