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Oneshot de la mère-grand (Et First)

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Date d'inscription : 13/01/2018

MessageSujet: Oneshot de la mère-grand (Et First) Jeu 25 Jan 2018 - 15:02
C'est son anniversaire aujourd'hui, c'est avec un pincement au cœur que je prends le train pour aller le fêter, mes parents n'y accordaient pas trop d'importance, mais pour moi ça l'est, la pauvre n'a jamais de visite. Une bonne partie de la famille se retrouve dans la petit ville dans laquelle elle réside, les mines sont assez fermées, sauf celle du petit neveu, encore trop jeune pour être atteint par ce genre d'ambiance. Nous passons chacun notre tour chez le fleuriste, nous faisant un point d'honneur à payer chacun notre bouquet, pas d'exubérance, de simples bouquets, elle aurait été en colère qu'on lui offre de ses débauches florales.

C'est donc avec cette mine de cortège funèbre que nous nous dirigeons vers sa demeure, la dernière, qui dans cette ville est simple mais élégante, ça ne m'étonnerais même pas qu'elle ai choisi de vivre ses vingts dernières années dans ce trou paumé pour ce seul cimetière, elle en aurait été capable, un coup d'avance à chaque fois, c'était presque sa devise personnelle. Enfin … Non, pas tout à fait, elle était du genre à profiter de la vie au jour le jour, et à aviser chacunes des possibilités avec pragmatisme, pour choisir la meilleure. Je me souviendrais toujours de cette partie d'échec à son anniversaire, un mois avant sa mort. Ou elle avait feint la mamie gâteuse pour me pousser à l'excès de confiance, ça avait marché, et elle m'avait mit mat assez facilement, après quoi elle c'était doucement moqué de moi, avec le sourire en coin qui visiblement se transmet par le sang, dans cette famille.

C'est devant sa tombe, presque anonyme, que nous nous réunissons, nous recueillons. Chacun dépose son bouquet, et bientôt la pierre disparaît pour ne laisser plus que les pétales et les couronnes mortuaire. Tout les autres s'éclipsent, il n'y a que moi et ma mère, ou la fille de la défunte, qui restons nous recueillir plus longtemps, elle pour des raisons sentimentales, moi plus parce que mon train a encore du temps avant de repartir, et que mes pensées sont confuses, et que les souvenirs bouillonnent dans ma tête, je me souviens de son décès, inattendu, elle s'est éteinte à l'âge respectable de 82 ans, c'est vrai, mais … Mais elle était dans une telle forme que cela nous paraissait impossible qu'elle passe l'arme à gauche, son médecin et les spécialistes qui gravitent autour des vieux en étaient même estomaqués, ils n'avaient jamais vu quelqu'un en aussi bonne forme à son âge, et ce malgré le fait qu'elle ne faisait guère d'effort pour sa santé, elle buvait, mangeait et fumait, pourtant la fameuse phrase « Elle nous enterrera tous ! » résonnait à n'en plus pouvoir à chaque fois que quelqu'un en avait l'occasion, comme une ponctuation de mauvais goût, comme s'il était intéressant de voir ceux qui devaient vivre mourir devant ses yeux alors qu'il aurait dû en être autrement.

Ma mère m'avait raconté qu'Elise-Anne, puisque c'est le nom de la défunte, entretenait auparavant une peur impressionnante de vieillir, qu'elle craignait, comme beaucoup de gens, de perdre ses capacités motrices et pire encore, intellectuelles, la laissant dépendante d'autrui. Plus que la peur rationnelle de la décrépitude, elle l'avait eu aux alentours de ses quarante ans, loin, très loin des premiers stigmates de la vieillesse, donc. Ma mère me disait même qu'il lui arrivait d'avoir des crises de paniques, de craindre chaque secondes, mais que du jour au lendemain, deux ans plus tard, cette … Phobie ? Disons cela, cette phobie avait disparue, bien sûr elle craignait toujours de vieillir, comme tout le monde néanmoins, pas de crises de panique.

Avant de risquer de prendre racine dans ce lieu si calme et serein, je pris premièrement ma résolution de trouver le moyen de me faire enterrer sous un arbre afin que mon corps serve d'engrais, afin de remplacer la pierre par le bois, et secondement, pris d'un soudain élan de flemme, ma mère me dit qu'avant que mon train arrive, nous avons le temps d'aller dans un restaurant, dans lequel elle fit merveille pour me divertir et changer mes pensées de ces macabres et récentes considérations sur la mort pas si récente de sa mère. J'ai déjà oublié ce que j'ai mangé, mais à l'occasion j'ai appris une foule d'anecdotes sur mon père, et même la manière dont ils se sont rencontrés, ce qui a eu pour effet de m'amuser grandement. D'une maladresse à toute épreuve, ça ressemble parfaitement à mon père, même s'il y met toute la bonne volonté du monde. Enfin, pour me changer les idées, elle amena sur le plateau un sujet pour le moins surprenant, me demandant si j'ai trouvé chaussure à mon pieds chez les garçons de ma promotion. Oh, oui, certes, une conversation tout ce qu'il y a de plus normal entre des parents et leur fils, et tout à fait le genre de taquinerie d'une mère en particulier mais … Je n'ai jamais dit à ma famille que j'étais gay, non pas que je le cache, non, à dire vrai je m'en fou un peu, juste que je n'aime pas parler de moi aux autres, écouter est plus simple. Quand je lui demande le moyen par lequel elle est arrivé à cette conclusion, elle me dit qu'elle seule n'y serait pas parvenu, mais que c'est grâce à Elise-Anne, à cette fameuse fête d'anniversaire, un an auparavant, qui lui a confié que j'étais trop subtil dans les changements de sujets, et que j'avais exactement la même manière de parler d'un de mes « amis » qu'elle de feu son mari, à l'époque où leur relation n'était pas encore officielle.
Un rire nerveux avant de réprimer un sanglot, c'est tout ce dont j'ai été capable, à ce moment. Oui, ma grand-mère me connaissait trop bien, parce que je lui ressemblais trop. Et le lien de complicité qui nous unissait sous des couverts de rivalité pour trouver les bon jeux de mots me manquait cruellement.
Toujours est-il que j'ai dû répondre à ma mère, non, pas de chaussures à mon pieds, et qu'elle était gonflée de ne pas en avoir parlé avant. Ce après quoi elle me retourna la pareille, me disant que je ne lui avais jamais dit, et qu'elle n'avait aucune raison d'aborder le sujet. Un point partout.
Le dessert arrivé, viens le moment de la séparation, qui ne durera pas plus de quelques semaines, j'ai de la lessive à faire, rappellais-je en plaisantant.
Mon lit, mon corps, l'union des deux pour le sommeil, si dur à trouver quand mon esprit tourbillonne ainsi, mais le temps vient à bout de tout, dit-on, et dans ce cas là, à raison.

=====Dans le monde de Morphée=====

Ces bagages sont lourds, pourquoi en ais-je pris autant ? Toujours cette même question, à tout les voyages, avant de se rendre compte que si, on en avait besoin, pour ne pas avoir à faire des machines tout les deux jours, il faut des vêtements. Mais je suis persuadé que je connais cet endroit …
Humpf, pour cause, c'est chez ma grand-mère, macabre, comme rêve. Macabre mais j'ai le contrôle sur ce que je fais, et je suis conscient de l'improbabilité de la chose. Un rêve lucide, voilà qui se fait rare, en ce moment, je ne me souviens jamais de mes rêves, peut être un que je vais retenir, qui sait ?
S'il faut jouer le jeu, jouons le jusqu'au bout, aussi je dépose mes bagages à l'endroit habituel, avant d'aller saluer ma grand-mère qui, ô surprise, est encore vivante, me faisant la bise comme elle a l'habitude, avant de me prendre par les épaules, me regardant alors avec ces yeux vifs et taquins, comme je ne les avais plus vu depuis longtemps, même du temps ou elle vivait.

« Et bien, tu as plutôt bien grandi, mon grand, et tu as même réussi à comprendre que tu rêvais, je suis assez fier de toi, mon petit fils préféré.
Je ne peux m'empêcher de sourire, savant pertinemment que je suis son seul petit-fils, les autres étant des petits-enfants du genre féminin.

- Bonjour à toi aussi, Lisou, tu as bonne mine. Lui rétorquais-je, en sachant bien qu'elle n'appréciait guère ce surnom, attendant donc avec un petit sourire la grimace qui tordrait son visage ridé, ce qui ne manque pas.

- Humpf, salopiot va, et oui, pour quelqu'un de mort, tu veux dire ? Je m'en sors pas mal, oui, la pension est un peu faible, mais on fait avec. C'est en concluant sa réplique par un haussement d'épaule qu'elle provoqua des sourcils froncés chez moi
Oui, je sais, une … Personne âgée, dans un rêve dont tu as conscience qui te déclare savoir être morte, ça doit paraître étrange, mais au lieu de gober les mouches, si tu allais chercher le jeu d'échec, et que tu t'installais, hmm ?

Sorti de ma léthargie qui n'aura duré guère plus que quelques secondes, je m’exécute, perplexe, allant chercher le jeu d'échec, en profitant pour aviser la décoration du salon, les différentes photos, qui à ma plus grande surprise, n'étaient pas celles dont je me souvenais, bien sûr il restait celles de la familles, mais aussi sept dont je ne connaissais pas la représentation, deux des personnes représentées possédaient même un physique assez peu conventionnel, des oreilles pointues et un teint de peau pour le moins original. M'ah, tel que je connais ma grand-mère, aucunes raisons que dans ce qui semble être le paradis, elle se laisse abattre. Aussi j'installe le jeu, et les différentes pièces de bois poli qui le compose.

- Ta nouvelle famille, au sein des cadres ?

- Ah ? Ça ? Des amis plutôt, aucune raison de se laisser abattre, non ? Dit elle en commençant à jouer, avec le hasard gâteux qu'elle tente de feindre.

-Non, tu as raison, il serait dommage de passer sa mort à se tourner les pouces. Fugace sourire en coin qui m’échappe, je te maudit, mais allez, tentons, je fais semblant de tomber dans son piège, prévoyant d'avance comment la partie va se dérouler.

- Tu sais, cet endroit en particulier, je n'ai pu l'atteindre que grâce à ma mort, néanmoins il est par là d'autres merveilles à découvrir.

- Dans ta petite ville ? Permet moi d'avoir quelques doutes.

- Oh, permission accordée. Me fit elle avec un air supérieur et un petit geste de main, le tout surjoué de manière comique. Mais je parle de ce rêve, je le visitais avant de mourir, tu sais ? J'étais même relativement connue, bon, surtout pour être une escrimeuse hors-pair, l'aiguille des âges, peut être en entendra tu parler un jour.

- Ça commence à devenir un peu délirant, ce que tu raconte. Avouais-je, imperturbable.

- Hmm, moque toi donc, toujours est il que toi aussi tu peux vivre cela, si tu étais un peu plus fort, et que tu arrêtais de t'en faire avec toutes ses inepties de théories sectaires contrôleuse de monde. Argua elle, un sourire en coin aux lèvres.

C'est avec un prodigieux sursaut de surprise que je réagis, la regardant ensuite surpris et furieux à la fois.

- Et quoi ? Une personne âgée ne sait pas servir d'un historique ? Devant mon regard insistant et mon air peu convaincu elle reprit. Bon, d'accord, je suis tombé dessus un peu par hasard.

- Et ça aussi, tu l'as dit à maman ? Lâchais-je après un soupir excédé, laissant filer ma colère, que je savais injustifiée.

- Ça aussi ? Ah ! Oui, je vois, non, je ne lui ai pas dit, c'est tes affaires personnelles. Je ne me permettrais pas de m'inclure en celles-ci.

- Parce que les personnes que je viens à aimer ne sont pas mes affaires personnelles ?

- Non, puisque cela veut aussi dire que ta mère n'aura pas de petits enfants par toi, enfin, pas de sang, du moins.

- Mais c'est complètement hors de propos, et … Une grande inspiration, suivi d'une grande expiration, c'est ce qu'il me faut pour ne pas partir en vrille. Et de toute façon, mes sœurs s'occupent de la lignée familiale pour moi. Quand au nom, même s'il ne sera pas de mon sang, je peux tout à fait adopter.

- Je n'en doute pas, et ton neveu … Je suis heureuse d'avoir pu le voir, tu sais que c'est ça qui me poussait à vivre ?

- Je m'en doutais, tu as dépéri un mois après l'avoir vu. Dis-je en avançant mon pion, après quoi le silence se fit, et nous avons simplement joué, coup après coup. Mettant en place une situation ou le mat se fait évident pour elle. Quand elle s'en aperçu, je vis son sourire s’agrandir.

- Allons donc, ma stratégie de la mère-grand gâteuse ne fonctionne plus ? Je te reconnais bien là, pragmatique et impitoyable avec les personnes âgées. Dit elle en souriant et en jetant un coup d’œil à l'horloge au dessus de moi, dont les tics-tacs rythmait notre conversation.

- Ce qu'il ne faut pas entendre, dis plutôt que tu n'as pas réellement joué pour gagner. Dis-je en souriant à mon tour, non sans me permettre de lever les yeux au ciel devant cette accusation factice.

- Mais tu n'a pas encore gagné, il te reste quatre coups à jouer, et si tu veux le faire, il va te falloir revenir par tes propres moyens, une fois que tu aura pris part à ce que tu soupçonne être des délires. Ah, il arrive. Je vous en prie, entrez !

- Qu-"

C'est sans comprendre que je me retourne vers la porte, avisant une silhouette se découpant dans l'encadrement de la porte, sans que j'arrive à en distinguer les traits, et que l'obscurité derrière lui semble envahir les lieux, m’enveloppant finalement dans une douce étreinte, chassant tout le reste.

Et c'est avec la plafond de ma chambre d'étudiant que je me retrouve, la scène gravée dans mon esprit, mon téléphone m'indiquant que nous sommes un jour de week-end, et avant midi, il me vient à l'esprit qu'il m'est inutile de me lever, aussi c'est en retournant ce songe qui avait l'air de ne pas en être un que je tente de me rendormir, et c'est sans y parvenir que je me redresse, allant quérir mon ordinateur afin de coucher par écrit, sur un bloc note, ce dont je me souviens, avant que les détails ne m'échappent, ou que le rêve fasse comme les autres et ne disparaisse purement et simplement de ma mémoire.
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