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[quête solo : libérer le sceau de la mort]

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Riku Kaisuki
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MessageSujet: [quête solo : libérer le sceau de la mort] Lun 3 Juil 2017 - 13:15
[hrp : je précise que je commence à poster cette quête solo, mais qu'elle sera relativement longue. Par conséquent, je poursuivrai à côté ma quête avec Lyun tout en continuant à poster ici Smile]

Un souffle rauque. L’écho de quelques voix, l’obscurité. Il y avait bien longtemps que le paysage qui entourait la créature n’avait pas changé. Massive, le corps entièrement couvert d’un long manteau, elle contemplait un horizon inexistant, en quête de quelques images éparses de ce qu’avait pu être sa gloire passée, de ce lointain temps où sa vie avait un sens, que son existence avait un but. Comment pouvait-il en être autrement ? A quoi d’autre pouvait-il s’accrocher ? Soupirant alors qu’une nouvelle fois ses souvenirs s’effaçaient tels des rêves éphémères, le seigneur se redressa, quittant le trône dans lequel il passait le plus clair de ses journées. Il n’avait plus réellement la notion de temps. Depuis combien de temps était-il assis à s’interroger sur son identité ? Il n’avait même pas le souvenir de s’être assis. Dans ces moments-là, il était comme plongé dans une transe illusoire, où plus rien n’avait d’existence autour de lui, il consacrait toute son attention à ces images flamboyantes d’une histoire, d’une gloire brisée en plein vol.  S’approchant de l’un des murs de la grande salle où il séjournait, il posa sa main sur la surface rocheuse couverte de mousse, comme s’il espérait voir à travers. A quoi pouvait bien ressembler son royaume depuis le jour où il avait ouvert cette crypte ? Il l’ignorait…. Son geôlier avait bien fait son travail ; Chironheim Noctis, autrefois nommé Raheyil, n’était plus que l’ombre d’un être vivant. Son visage était à moitié ravagé par la malédiction, ne laissant plus qu’apparaître une chair pourrissante noircie par le temps, et un orbite vide du côté gauche de son visage, l’autre n’était plus qu’un crâne. Et il y avait cette aura verte, cette aura nécrotique dont il s’était emparé pour prendre le contrôle, gagner en pouvoir. C’était cette aura aujourd’hui qui constituait son existence. Sans elle, son corps tomberait en poussière, plus rien ne le maintiendrait dans ce monde. Elle était sa seule chance de réaliser ses ambitions…  Car si le temps avait eu raison de son identité et de son apparence, il n’en était rien de son esprit de conquête.  Eternalis n’était qu’un fou, enfermé dans son royaume de paix, incapable de réaliser de grandes choses, un soi-disant sage perdu dans une illusion millénaire. Lui, lui il pouvait faire quelque chose, créer un énorme empire de la vie et de la mort, apporter quelque chose de fort à Dreamland ! Peut-être pourrait-il même s’emparer d’Edenia, cette terre mystique, renforcer son armée encore et encore ? Rien que ces idées lui donnaient un certain courage, mais l’idée de se venger de son ancien seigneur et aujourd’hui bourreau entretenait la flamme de sa rage, la seule qui gardait sa volonté bien réelle au-delà de la mort. Lentement, discrètement son royaume gagnait en puissance, se faisait des alliés, et ses voyageurs gagnaient en expérience. Ses généraux recrutaient, complétaient la population du cimetière. Peu à peu il pouvait se vanter d’avoir une sacrée collection de morts à sa disposition….

Mais il manquait quelque chose pourtant. Quelque chose d’essentiel qu’un sceau lui avait volé. Sa liberté….

Tant qu’il serait marqué, jamais il ne pourrait franchir les deux grandes portes qui lui faisaient face, ces portes qui représentaient son seul obstacle avec l’extérieur. Eternalis l’avait condamné à vivre à tout jamais dans ce palais qui lui servait de prison. Et surtout, il avait perdu tout contact visuel avec son meilleur ami, celui qu’il considérait comme un frère. Keïras… Malgré sa gentillesse qui aurait dû l’opposer au complot de Chiron, il l’avait suivi jusqu’au bout par pure loyauté. Celui qui se nommait désormais Athos était loin de lui, payant à sa manière le prix de la folie qui les avait animés à l’époque….  Tant de choses avaient frappé l’armée des rebelles, un sort que personne de sain n’aurait souhaité connaître en sachant quel destin le guettait… Transformés en monstres morts-vivants, l’un enfermé, l’autre éloigné, et le reste des soldats scellés dans un tombeau dont Chiron ignorait l’existence pour ne plus jamais qu’il rejoigne ceux qui l’avaient initialement suivi… Depuis, il ne s’était pas passé un seul jour sans que le nouveau-né seigneur de la mort ne cherche désespérément un remède, la panacée qui les sauverait de cette malédiction. En vain. Ses trois généraux, ses trois amis les plus proches, ses voyageurs les plus puissants, il les avait envoyés aux quatre coins de Dreamland dans l’espoir de briser les chaînes qui les retenaient. Il avait dans le même temps scellé des alliances, formé de nouveaux voyageurs, tout cela dans l’optique de reconstruire autour de lui une nouvelle armée, plus puissante encore que la précédente. Seul son commandant était privé du droit de les diriger.

Soupirant à cette idée qui lui rappelait à quel point il était impuissant, le seigneur des morts ramena un pan de son long manteau le long de ses jambes puis tourna les talons en grommelant des paroles incompréhensibles à l’encontre du seigneur Phoenix qui l’avait condamné. Il prit la direction d’un couloir annexe à la salle du trône où il recevait ses généraux et les visiteurs, puis s’arrêta devant deux grandes portes en fer forgé. Rougi par les années et l’humidité, l’édifice n’en était pas moins impressionnant et malgré sa taille supérieure de loin à celle d’un être humain lambda il n’en voyait pas le sommet. Poussant les battants métalliques dans un grincement aigu, il déboucha sur un hall plus grand encore que celui qu’il utilisait pour recevoir ses invités d’autres royaumes. Là, entre deux rangées de piliers cerclées de braseros, un escalier s’enfonçait dans les ténèbres.  La créature jeta un œil autour d’elle, puis commença à descendre les marches en pierre calcaire, un long silence pour seul compagnon. Plus il s’enfonçait sous terre et plus l’atmosphère était froide, isolée de tout. L’endroit où il se rendait n’était pas autorisé aux mortels…  Déjà l’on entendait les miasmes significatifs de l’étage où il se rendait. Les flammes se mirent à onduler, son souffle était accompagné d’un petit nuage de vapeur qui témoignait du grand froid qu’il y régnait. Poussant deux portes pour atteindre sa destination, il les referma derrière lui alors qu’une voix se fit entendre, plus caverneuse encore que celle du seigneur de ces lieux :

«  – Seigneur Chironheim… Quel honneur il y avait bien longtemps que vous n’étiez pas descendu de vous-même ici…

– Je voulais savoir où en était l’avancement de notre armée. Avec les derniers ajouts, toutes les âmes qu’ont pu collecter les serviteurs de la surface et mes voyageurs, nous avons certainement bien rempli les cryptes…

– Nous avons atteint le mois dernier notre cinquante millième âme très exactement. Je n’ai pas le décompte exact de nos effectifs à aujourd’hui en tête, mais les troupes se sont bien agrandies en effet. Et on trouve de tout ! On en a de tous les royaumes ! Il va me falloir un peu plus de temps avec les fantômes du royaume de l’obscurité, ils sont pires encore que ceux du royaume du feu… Mais on arrivera à en tirer quelque chose.

– Parfait. Dis-moi Asgard… Où en sont les recherches de ton escouade à propos du fameux tombeau ?

– Et bien… Ces derniers jours, ils m’ont fait part d’une très grande concentration d’énergie nécrotique non loin de la vallée de la mort… Bien dissimulé au cœur de collines rocailleuses et d’une forêt morte, il y aurait une sorte de grands puits. Mais je n’ai plus de nouvelles depuis ce dernier rapport. Si ce n’est un mot que l’un d’entre eux a pu me transmettre. « Umbra ». »


Umbra.


Un nom que Chiron aurait par-dessus tout désiré oublier…. Celui d’une créature appartenant au passé, un être qu’il avait appris à respecter et à apprécier, un être qui servait loyalement le royaume… Et qui avait tout détruit par désespoir en perdant celle qu’il aimait. Qui n’était plus à présent qu’un être de destruction. Depuis qu’il avait banni la créature désormais dédiée uniquement au chaos, il n’en avait plus entendu parler qu’à travers des rumeurs de « grand dévoreur ». Et il serait lié à cette crypte qu’il cherchait depuis qu’il avait été maudit ? Bon sang… C’était tout sauf quelque chose de positif. Mais il fallait bien qu’il en sache plus… Tant pis il devait envoyer de nouveaux éclaireurs, quelqu’un d’un peu plus qualifié que des zombies dressés uniquement à envoyer des messages. Il n’avait pas le choix, il allait devoir envoyer un voyageur. Mais qui ? Il réfléchit longuement, alors qu’Asgard retournait s’affairer à répertorier chaque âme que renfermait la crypte du pandémonium. Chiron ne le retint pas plus et remonta à la salle du trône. Là, il vit qu’il n’était plus seul. Une troupe de gardes d’élite, les zombies qui vivaient dans le deuxième district et qui constituait la garde personnelle du seigneur, se tenait en armes, alignée le long de la grande salle, alors qu’entrait une créature tout aussi imposante que son maître ; de stature élancée, le corps couvert de griffes, des traits féminins, Miyanna vint poser un genou en terre devant Chiron avant de prendre la parole :

« - Salut papy Chiron… Je sais que tu n’aimes pas être dérangé pendant ta méditation quotidienne mais j’ai des nouvelles assez urgentes pour toi.

- Je sais. Tu ne viens jamais ici si tu n’as pas de motivation particulièrement importante.

- J’ai reçu un rapport de l’unité dirigée par Enrique. Après avoir anéanti une base avancée d’Hadès, ils ont capturé une âme particulièrement importante… Une âme du royaume de la vie !  »

Oui… Une telle capture signifiait beaucoup pour Chiron. Car il savait pertinemment que la solution pour obtenir enfin sa liberté se trouvait quelque part au cœur du royaume de la vie… Sauf que jusqu’ici ses troupes n’avaient jamais réussi à lui ramener une seule âme issue de ces terres… Jusqu’à cet instant du moins. Le seigneur jubilait. Il finit par pousser un long éclat de rire, qui résonna dans la grande salle alors que Miyanna semblait prendre part à sa joie, voyant elle aussi dans cette capture l’espoir de retrouver un semblant de ce qu’elle était avant de devenir morte-vivante. Elle ordonna à ses hommes de retourner à leur poste pour les laisser seuls, et reprit la parole.

«  – Ecoute Chiron. Je sais ce qui te motive, cette perspective me remplit de joie aussi… Mais ne nous emballons pas. Encore faut-il que cette âme nous apporte quelque chose de concret…  

– J’en suis conscient Miya… Allons voir Asgard, il est le seul à avoir la capacité de faire parler cette âme. Et fais passer le message à Athos et Sauros. Je veux que l’armée se tienne sur le qui-vive, et que tous les voyageurs se rassemblent ici.   »

Miyanna acquiesça aussitôt et appela l’un de ses messagers pour qu’il fasse passer les ordres de Chiron au plus vite. Bientôt tout le monde se tiendrait prêt à intervenir ici. Si tout se passait comme il l’avait prévu… Il pourrait livrer la guerre à Hadès, puis unifier complètement son royaume pour l’étendre. Il sentait le feu de son ambition revenir peu à peu en lui… Comme si ces dernières minutes ne s’étaient pas écoulées, qu’il avait juste revu encore ses souvenirs de gloire.  Il ne perdit pas un instant et emboîta le pas à sa générale pour descendre dans la crypte où Asgard notait avec précision chaque âme qu’il pouvait répertorier, touchant parfois certaines du bout des doigts comme pour les analyser. Il réajusta ses lunettes alors qu’il vit arriver les deux créatures, et reposa son registre en attardant son regard sur la sphère lumineuse qu’ils amenaient. Il ouvrit de grands yeux alors qu’on lui tendait l’âme pour qu’il s’en occupe.

« - Cette âme… C’est…

- Oui tu as bien vu Asgard. Tu comprends donc pourquoi je suis redescendu en urgence. On a besoin des informations dont dispose cette âme, même si pour cela il faut la détruire pour obtenir tous ses secrets.

-  J’ai compris seigneur. Je vais faire mon possible. Cette âme est puissante… Elle pourrait bien ne jamais rien nous révéler.

- Je saurais être persuasif. Eveille le Asgard.

- Très bien ….  »

Le gardien prit la sphère entre ses mains et la déposa sur un autel empli d’énergie nécrotique. Il effleura la surface de l’artefact, l’analysant sous toutes les coutures et la fit rouler, marmonnant quelques incantations dans une langue dont le contenu échappait à Chiron qui n’en avait cure. L’essentiel était qu’il arrive au résultat qu’il attendait… Et cela ne se fit pas attendre, alors qu’une grande lumière verte illumina la salle, aveuglant tous ceux qui s’y trouvaient avant que la sphère se mette à dégager une sorte de gaz translucide, et qu’une forme se dessina peu à peu dans les volutes de fumée. Le seigneur Chiron sourit alors que l’apparition ouvrit les yeux, cherchant un instant où elle pouvait bien se trouver. Il s’agissait d’une créature du monde onirique, à la peau translucide, dont les ailes autrefois immaculées étaient à présent ternies par les flammes et le sang. Nul doute que la mort de cet être avait été particulièrement brutale, et l’expression d’effroi qui se dessina sur son visage alors qu’il reconnut celui à qui il faisait face indiquait clairement qu’il n’avait aucune envie de se trouver là. D’un ton presque chaleureux, le seigneur des lieux tendit la main vers son « invité » en prenant la parole :

«  Bienvenue à toi âme du royaume de la vie… J’imagine que tu as déjà compris où tu te trouves maintenant. Mes serviteurs ont réussi à ta te capturer et ton esprit m’appartient désormais. Tu ne seras libre d’être en paix que lorsque j’en émettrai la volonté, et pour cela, tu vas devoir me rendre un petit service.  »

Apeuré, l’être ne répondit pas sur le champ. Il avait été fait prisonnier ? Alors le simple regret de n’avoir pu demander celle qu’il aimait en mariage avait suffi aux soldats de la mort pour faire de lui une âme asservie à l’un des seigneurs les plus effrayants de Dreamland ? Oh oui, il avait entendu bon nombre d’histoires au cours de son enfance qui contaient la malédiction du maître des morts et de ceux qui l’entouraient, que toutes les âmes qui ne pouvaient reposer en paix lui appartenaient, qu’il pouvait agir sur elles selon son bon plaisir… Et ce n’était pas pour le rassurer. De son vivant, il aurait préféré enduré mille souffrances que de révéler quoique ce soit à l’ennemi de son seigneur, le puissant Eternalis. Sauf que quelque chose avait changé avec sa mort. Il le sentait, sa volonté avait vacillé, il était comme paralysé face à cette créature de chair morte qui l’observait avec un air de grande satisfaction tandis que l’un de ses serviteurs fixait l’âme fraîchement récupérée à l’autel qui lui était attribué pour éviter que dans un dernier élan de volonté il puisse s’échapper. Dépité, l’être onirique répondit bien malgré lui :

«  – Alors c’est ainsi, me voilà asservi contre ma volonté… C’est ainsi qu’agit le plus lâche des seigneurs hein ? Exploiter l’âme d’un mort, le soumettre en abusant de ses dernières volontés ? Et que ferez-vous si je décide de ne rien dire au sujet de mon royaume ?  

– Je sais combien ta combativité est forte, mes hommes qui t’ont combattu ont laissé un rapport à ton sujet, expliquant qu’il avait fallu une dizaine de mes soldats d’élite pour te stopper. Que faisais-tu là-bas dans cette base de l’un de mes ennemis je ne saurais le dire mais la question n’est pas là. Tu pourrais faire le choix de ne pas accéder à ma demande, auquel cas tu rejoindrais les âmes de ma belle collection dans la vallée de la mort... Un endroit charmant s’il en est, enfin sauf pour ses habitants…. Les âmes qui s’y trouvent sont condamnées à ne jamais trouver le repos.  »

Une promesse des plus alléchantes hein l’éternité dans un caveau étroitement surveillé par un seigneur fou sans jamais trouver le moyen de réaliser sa dernière volonté…  Chiron savait se montrer persuasif quand il s’agissait d’obtenir quelque chose qui lui tenait réellement à cœur semblait-il. Mais dans ce cas, que pouvait-il désirer savoir, qu’est ce qui, dans le royaume de la vie, pouvait tant attirer le regard du seigneur de la mort, autre que la vie d’Eternalis ? Un artefact, un pouvoir caché quelque part ? Lui ne savait rien de tout ça, après tout il vivait à la frontière, il était l’un des gardiens de la… Non. Ca ne pouvait pas être ça, c’était impossible qu’il en ait entendu parler.

«  Je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur la fontaine de la vie. Son emplacement, le meilleur moment pour s’y rendre, les gardiens qui la surveillent…  »

Il ne s’était pas trompé, à son plus grand désespoir… Chironheim Noctis avait bien pour cible la fontaine de la vie. Un endroit mythique où, disait-on, le seigneur de la vie venait insuffler les flammes de la vie au cours d’eau qui avait pris une teinte dorée. En ces lieux naissaient les habitants du royaume, et chaque année, tout le peuple lui rendait hommage dans une grande fête qui devait avoir lieu… Elle allait bientôt avoir lieu ! Ce qui signifiait donc que la garde serait bien moindre car l’essentiel de l’armée du royaume serait au temple de la vie, situé à des lieues de là. Le moment idéal pour s’en emparer et la corrompre… Oh oui ses désirs étaient sûrement tout sauf bénéfiques pour le peuple. Il voulut se mordre la langue pour s’empêcher de parler, mais l’emprise d’Asgard sur sa volonté avait amplifié, et il sentait peu à peu ses résistances s’effondrer en même temps que ses interrogations s’estompaient de son esprit.

«  J’ignore comment vous avez appris son existence mais je suis un gardien de la fontaine de la vie. Dans quelques jours se tiendra la grande fête en l’honneur de cette source qui donne vie aux êtres qui servent Eternalis, donc la garde sera grandement relâchée. En temps normal elle est inaccessible car l’un des généraux du royaume de la vie la garde lui-même. Sauf que cette fois il ne sera pas là… Et l’entrée se trouve au-delà des forêts noires du cimetière, derrière la chaîne de montagnes qui marque la frontière avec le royaume des sables…  »

Un rire traversa en un instant la pièce et remonta à travers les profondeurs pour atteindre la salle du trône de son écho. Un rire puissant, maléfique, ce genre de rire qui annonce quelque chose de sombre… Enfin tout dépendait du point de vue. Si Chiron avait éclaté de rire après avoir obtenu la réponse qu’il attendait tant depuis tout ce temps c’est bien parce que son avenir à lui s’était considérablement éclairci ! Enfin il avait la chance de sortir de cette prison et de recouvrer ses vrais pouvoirs ! Enfin il allait pouvoir établir son armée et la guider pour se débarrasser de ceux qui lui faisaient obstacle, à commencer par cet insupportable voyageur qui s’était rebellé contre lui ! Mais il fallait garder son calme. Le seigneur reprit rapidement contenance et la moitié de son visage qui n’était pas de la chair putrescente prit une expression bien plus sérieuse. Il fallait envoyer une équipe, mais qui ? Qui choisir pour un tel déplacement en territoire ennemi ? Il fallait que l’escouade soit discrète et capable de se battre en cas de danger. Mais à l’heure actuelle il n’avait aucun voyageur disponible parmi ses « lames », ce groupe qu’il avait longuement formé. Ils étaient concentrés sur la destruction des avants postes d’Hadès et il fallait qu’il reste affecté à cette tâche pour empêcher le déserteur de trop gagner en puissance et en influence lui et ses idées anti-seigneurs…. Il lui restait Riku qui était demeuré longtemps à l’écart des affaires militaires du royaume. Oui, il était temps de l’impliquer, car après tout lui aussi devrait participer à la guerre qui les opposerait à Hadès, autant le faire rentrer dans le rang le plus tôt possible. Le seigneur des morts se redressa, et se tourna vers Miyanna :

«  Miya, je vais ordonner à Riku d'aller voir ce qu’il en est de la crypte, qu’il s’y rende avec Erika, il pourra ainsi poursuivre sa formation. Pendant qu’il sera là-bas, concertes toi avec Sauros pour rassembler les chefs de districts et de la chevalerie et ramenez moi deux soldats du second district, des pointures en matière d’assassinat et d’opérations discrètes. Je veux que Riku ait les meilleurs gardes du corps pour se rendre à la fontaine. Asgard, scelles moi cette âme, elle ne doit jamais quitter la crypte. Efface toute résistance, fais en un parfait petit serviteur, il pourra nous être utile.  »

Tour à tour les serviteurs acquiescèrent aux ordres de leur seigneur qui réajusta sa cape avant de remonter l’escalier qui conduisait à la salle du trône accompagnée de sa générale, non sans jeter derrière lui un dernier regard amusé vers la pauvre créature qui comprit à cet instant qu’il vivait son dernier moment de libre arbitre… Dans quelques heures il ne serait guère plus qu’un pantin combattant parmi d’autres, bien d’autres que Chiron avait épuisé dans l’ombre bien loin de son image bienveillante pour en faire des serviteurs dociles, privés de toute conscience, juste bons à obéir aux ordres et à servir de chair à canon dans l’armée du seigneur des morts.  Miyanna se contenta de sourire en voyant celui qu’elle admirait tant – au point qu’elle en avait subi cette malédiction pour l’avoir suivi jusqu’au bout dans ses terribles complots – si heureux. Il y avait longtemps que Chironheim Noctis n’avait pas affiché une telle satisfaction. Et c’était de très mauvaise augure pour leurs ennemis….

Un corbeau vint se poser sur l’épaule de la générale. Les alliances étaient scellées conformément aux ordres de Chiron. Elle tendit un parchemin vieilli qu’elle enroula à l’oiseau qui hocha la tête, comprenant à qui il devait livrer la missive. Riku n’allait pas tarder à connaître une nouvelle dimension de Dreamland.
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MessageSujet: Re: [quête solo : libérer le sceau de la mort] Lun 3 Juil 2017 - 13:15
Une bien étrange vallée. Perdue au milieu d’un immense désert, l’endroit était une cuvette de sable dans laquelle les dunes semblaient effectuer une danse régulière sans que la moindre brise en soit la cause, comme si ce n’était pas du sable mais bien l’océan qui se trouvait là, ondulant paisiblement. Très peu de créatures vivaient en ces lieux, un royaume isolé, oublié de tous. L’on disait qu’autrefois il y vivait un peuple très puissant, mais peu à peu l’endroit avait été recouvert par les sables du royaume désertique qui se trouvait juste à côté. On ne pouvait maintenant plus discerner que les ailerons de requins des sables en quête de proies ou de scorpions et autres créatures vivant d’ordinaire dans les lieux arides. Il y faisait constamment nuit, et la température n’était de fait pas insupportable pour l’être humain, cependant personne de sensé ne se rendait ici.

A cause des « voix ».

Cela ne faisait que quelques mois que la rumeur s’était répandue, depuis qu’un explorateur était revenu de cette zone en ayant témoigné de voix étranges, d’échos dans la vallée qui provenaient des dunes, comme des sifflements, des murmures… Qualifié de fou sur ses travaux, il brûla tout ce qu’il avait rédigé sur cet endroit et disparut de la circulation. Mais l’histoire des murmures du sable s’était malgré tout répandue, comme une légende, une histoire de fantômes que l’on raconte pour se faire peur. Et depuis personne n’approchait du royaume désertique. Une cachette parfaite pour quelqu’un qui souhaitait être invisible aux yeux du monde alors qu’il préparait une véritable révolution, caché au cœur des dunes mystérieuses… Dans une immense caverne, les sifflements devenaient murmures, les murmures devenaient tumulte, et peu à peu l’on discernait une immense armée dans l’obscurité. Un contingent de voyageurs et de créatures des rêves arborant tous une unique bannière, celle d’un crâne vomissant les flammes de l’enfer qu’ils allaient déverser sur Dreamland bientôt. Car ils étaient presque prêts. Les alliés étaient rassemblés, Chiron avait été effrayé par de fausses bases. Car c’était bien en ces lieux et nulle part ailleurs que l’armée d’Hadès se réunissait pour la guerre. Monstrueux insectes, voyageurs et créatures qui avaient été exploités par leurs maîtres, tous avaient répondu à l’appel du « libérateur ». Car à leurs yeux, le déserteur n’était rien moins qu’un messie, un être illuminé par la vision d’un monde onirique débarrassé de ses seigneurs cauchemars. Mais c’était ignorer le véritable objectif du monstre qu’était le voyageur qui dirigeait cette armée. Car si Hadès avait rassemblé cette armée, s’il cherchait à acquérir plus de puissance, s’il voulait renverser les seigneurs, c’était que son ambition était de faire de Dreamland un monde régi par les voyageurs. Sa vision s’était radicalisée alors qu’il avait vu mourir chacun de ses camarades pour un seigneur qui n’avait que faire de leur existence, depuis qu’il avait compris que les voyageurs n’étaient à leurs yeux guère plus qu’une chair à canon un peu plus puissante que des soldats de base, depuis qu’il avait vu la vraie nature du seigneur de la mort qu’il avait juré de servir toutes ces années. Il était devenu le prophète d’une nouvelle parole, d’une nouvelle vision du monde onirique : si ce monde n’existait que grâce aux rêves des êtres humains, alors les voyageurs étaient l’incarnation la plus pure de ceux qui étaient en fait les véritables dieux de ce monde. C’était aux voyageurs de contrôler Dreamland, pas l’inverse ! C’est pourquoi il allait détruire la hiérarchie, mettre au pas les créatures des rêves, annéantir le monde des rêves tel qu’il était à cet instant.

Mais il lui manquait encore quelque chose. Un pouvoir essentiel, une force qui lui permettrait de rivaliser avec les seigneurs cauchemars, qui lui donnerait les capacités de renverser ceux qui n’avaient aucune légitimité au pouvoir. Depuis qu’il avait déserté, il n’avait eu de cesse de rechercher un moyen d’obtenir un tel pouvoir, et ses éclaireurs avaient sillonné tous les territoires en quête de l’objet des désirs de leur maître. Ce quelque chose, c’était une clé des songes… Un artefact terriblement puissant, celui dont s’était emparé Chiron pour obtenir le pouvoir de la mort à l’époque où il s’était rebellé contre Eternalis. Mortissia… Le baiser de la mort… Un pendentif qui venait se graver au cœur de son possesseur et ne disparaissait qu’à sa mort – mort qui avait été « officielle » pour Chiron – et lui conférait le pouvoir de concentrer l’énergie nécrotique et ainsi de faire se relever les morts depuis leurs tombeaux. Il serait lui aussi un seigneur de la mort capable de terrasser son ancien maître. Il ne pouvait partir en guerre sans cet artefact, mais il ignorait où il était retombé dans le cimetière car le seigneur de la vie, en punissant son ancien général l’avait également privé de toute mémoire concernant la manière dont il avait obtenu son pouvoir par le passé. Il devait chercher à tâtons, fouiller le royaume sans se faire remarquer par les généraux, notamment Athos qui, il le savait, le traquerait jusque dans les confins du monde onirique pour l’empêcher de parvenir à ses fins et de s’en prendre à Chiron. Ils avaient parcouru les terres désolées, exploré la vallée de la mort, approché du manoir du comte – sans toutefois trop s’en approcher, Hadès préférant éviter tout conflit avec ce dernier – mais jusqu’ici, ils n’avaient rien trouvé. Pas même un indice, pas même un élément qui les rapprocherait de leur objectif principal. Le voyageur ne désespérait pas, mais son âge avancé le condamnait à trouver au plus vite le moyen de parvenir à ses fins. Car avant de quitter le royaume des morts, c’était lui qui avait le pouvoir des necromancer, lui qui portait le sceau qui permettait d’invoquer des âmes mortes de la crypte de Chiron, notamment des voyageurs. Lorsqu’il avait déserté, Chiron avait réussi à détruire le sceau d’Hadès, le privant de tout pouvoirs. De ce fait, il avait perdu la protection inhérente aux voyageurs du royaume des morts qui préservait leur enveloppe de voyageur s’ils venaient à décéder dans le monde réel.

Las de ces mauvaises nouvelles qui s’accumulaient, fatigué par son âge et surtout son incapacité à agir de lui-même, le vieux voyageur se leva, contemplant son armée depuis l’alcôve où il avait établi ses quartiers. L’ameublement était sommaire, à peine de quoi se reposer et méditer tranquillement à l’abri de toutes obligations militaires. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas ressenti un tel ennui. Il était dans l’impasse à cause de son absence de pouvoirs car il savait que si son armée devait faire face à celle de Chiron, même diminuée, elle était condamnée à une défaite certaine. Il était coincé dans ce souterrain dans un royaume perdu, sans rien pouvoir faire d’autre qu’attendre. Attendre… Il connaissait déjà bien assez ce sentiment dans le monde réel. Car le si terrible déserteur craint du seigneur de la mort était bien faible dans le monde réel ; atteint par une maladie, son vieux corps s’affaiblissait de jour en jour, allongé sur un lit d’hôpital, nourri par des intraveineuse, incapable de se mouvoir, incapable de répondre aux rares personnes qui prenaient le temps de lui rendre visite, il n’était guère plus qu’un légume, une pathétique créature attendant sa disparition. Mais l’heure n’était pas venue, il n’avait pas de pouvoirs, il ne pouvait se permettre de mourir tant qu’il n’avait pas réglé ce problème et assouvi ses ambitions. Dans ce monde, sa stature était tout autre ; il était grand élancé, et ses nombreuses années de combats avaient fortifié son corps certes quelque peu rouillé par le temps mais toujours capable de faire preuve d’une grande force. Alors qu’il se tenait face à la glace en se demandant combien de temps il lui restait avant que son corps du monde réel ne prenne le pas dans la mort, il enfila la toge qui lui tenait lieu de tenue officielle. Un grand masque couvrait son visage aux traits durcis par les années de terreur et de folie, dont les yeux creusés de profonds cernes n’exprimaient nulle autre émotion qu’une profonde rage. Il acheva de se vêtir en couvrant sa longue chevelure argentée d’une large capuche puis jeta un dernier regard sur la modeste cavité qui lui servait de quartier privé dans laquelle il pouvait méditer selon son bon plaisir. Enfin, il poussa la porte qu’on avait positionné pour marquer l’entrée à même la galerie de pierre ponce, puis entreprit de se rendre sur l’estrade de la salle principale, là où ses partisans s’étaient réunis dans l’attente de nouvelles positives à venir pour la suite.

Vaste comme une petite vallée, recouverte de tentes et éclairée de milliers de torches, la grotte était devenue un campement où toute l’armée du renégat se tenait prête. Les stalactites se mêlaient aux ombres de soldats en ronde dans un spectacle mêlant beauté des lieux et présage sombre d’une guerre à venir. Le tumulte des conversations qui s’échangeaient de bout en bout de la caverne n’en était que plus fort avec l’écho qui s’y répandait, et il était difficile de ne pas y avancer sans être pris aussitôt d’un fort mal de crâne. Hadès s’y était accommodé, mais il était toujours difficile de quitter le calme de son lieu de retraite pour retourner à la réalité de la guerre. Il s’avança à pas lents alors que les gardes d’élite de son armée s’inclinaient sur son passage pour le guider jusqu’à l’estrade, une masse rocheuse qui surplombait la salle toute entière et d’où le voyageur pouvait se faire entendre de tous ses fidèles. Il fit signe à l’un de ses généraux, un voyageur spécialiste des sons qui amplifia le son de sa voix avant d’annoncer à tous que le grand Hadès était parmi eux. Aussitôt, sans aucune contestation, sans aucun murmure, la salle devint silencieuse. Tous avaient les yeux rivés sur l’estrade où leur grand seigneur venait d’arriver. Tous se tenaient prêts à écouter les consignes de celui qu’ils considéraient comme un véritable sauveur. Le renégat prit un temps pour s’échauffer la voix, puis à l’aide de son allié qui amplifia sa voix, il prit la parole :

«  MES AMIS ! L’HEURE EST PROCHE OU NOUS POURRONS ENFIN NOUS LIBERER DES CHAINES QUE CES PRETENDUS « SEIGNEURS » NOUS ONT TROP LONGTEMPS IMPOSEES ! PLUS JAMAIS NOUS NE SERONS LA CHAIR A CANON DE LEURS AMBITIONS, PLUS JAMAIS NOUS NE FERONS DE GUERRE POUR DES TERRITOIRE UNE FOIS QUE NOUS LES AURONS ANNEANTIS ! VOUS ETES CHAQUE JOUR PLUS NOMBREUX ET CE NOMBRE, CETTE UNION VOILA CE QUI FERA NOTRE FORCE ! NOUS SERONS UNE ARMEE INVINCIBLE !  »

La clameur qui suivit ces mots fit trembler les murs de la caverne et jusqu’au sol lui-même alors que de massives créatures frappaient du pied pour encourager leur maître. Oui, il agissait au final comme tous ces seigneurs qu’il critiquait, mais il savait que son message était juste, et que tous le comprendraient. Ce genre de moment était si grisant… Ses quatre généraux, des voyageurs tout aussi aguerris que lui se tenaient à ses côtés ; la foule buvait ses paroles, il était acclamé … Dans ce genre d’instant, certes éphémères, il se sentait plus vivant que jamais, il se sentait réellement être quelqu’un à l’inverse de la faible personne qu’il était dans le monde réel. Il aurait donné n’importe quoi pour que cette existence soit la seule qu’il ait à vivre, sa vie était tellement plus intéressante, plus gratifiante dans ce monde… Mais l’heure n’était pas à l’effusion de poésie interne, il devait sceller le sort de ses troupes. Mais soudain, alors que le silence était retombé dans la caverne dans l’attente de la suite du discours du sauveur, les battements d’aile d’un oiseau se firent entendre. Son plumage noir et ses coassements ne laissaient aucun doute, sa tactique auprès des corbeaux avait parfaitement fonctionné : Chiron s’était empressé de tisser une alliance avec eux dans le but d’avoir de véritables messagers rapides et d’autres combattants. Mais dans les faits, Hadès l’avait pris de vitesse, en promettant au royaume des corbeaux de leur offrir une terre totalement indépendante lorsque les seigneurs seraient mis à bas, et leur avait en plus demander de jouer les agents double en « acceptant » une alliance avec le seigneur des morts. Souriant derrière son masque, le voyageur renégat accueillit son espion qui lui remit la missive que Chiron lui avait demandé de transmettre. Et l’éclat de rire qui s’ensuivit résonna dans toute la salle ; Ce message, c’était ce qu’il avait toujours cherché ! Il indiquait clairement l’emplacement de la crypte des âmes, l’épicentre des pouvoirs du seigneur de la mort, là où dans ses profondeurs se cachait l’artefact qu’il avait tant cherché ! Il reprit alors de plus belle son discours :

 «  CE MESSAGE MES AMIS, C’EST LE SIGNE QUE NOUS AVONS TANT ATTENDU ! NOUS TENONS ENFIN LA SOURCE DE POUVOIRS QUI NOUS DONNERA LA VICTOIRE ! PREPAREZ VOS ARMES PREPAREZ VOS POUVOIRS, RASSEMBLEZ VOS TROUPES, BIENTÔT NOUS PARTONS EN GUERRE ! POUR UN VRAI DREAMLAND ! »

Cette fois la clameur fut d’autant plus forte que plusieurs stalactites tombèrent de la paroi à laquelle elles étaient rattachées. En cœur, les fidèles du renégat reprirent ce message « pour un vrai Dreamland », tandis que le seigneur quitta l’estrade en compagnie de ses généraux et du corbeau qui venait de lui donner la chance de l’emporter. Ils gagnèrent la salle de réunion réservée aux soldats d’élites de l’armée, et tous prirent place alors que le voyageur donnait congé à son allié plus que bienvenu :

« Transmets ce message comme le vieux te l’a demandé. Rejoins ce Riku, guides le. Mais quand il arrivera mes hommes seront déjà passés…. HAHAHAHAHAHAHAHA ! »

L’animal sentit son sang se glacer face au rire de cet homme qui n’annonçait rien de bon. Répondant à l’ordre de l’allié de son seigneur, le messager quitta la caverne pour rejoindre le voyageur qu’on lui avait demandé de trouver. Hadès jeta un regard dans sa direction alors qu’il s’envolait avant de reporter son attention sur les quatre voyageurs qui l’entouraient. Tous très puissants, ils avaient été les premiers à quitter leurs maîtres pour rejoindre cette armée, et ils avaient toujours fait tout ce qui leur était possible pour soutenir le renégat dans son entreprise. Ils lui étaient complètement fidèles. L’un d’eux se leva, et prit la parole. Il était grand, dépassant d’une tête tous les autres, et malgré sa silhouette fine, il n’en était pas moins le plus fort des quatre, un voyageur qui avait délaissé son nom pour celui de Chaos, le second d’Hadès.

« Je vous en prie monseigneur. Laissez moi me charger de ce… « Kaisuki ». C’est un nom que j’ai déjà entendu plusieurs fois, il me hante pour une raison inconnue… Je dois le tuer pour faire disparaître ce sentiment. »

Intérieurement, Hadès repensa à la véritable identité de cet homme qu’il avait converti en premier. Longtemps il avait erré seul, ruminant les sombres pensées qui constituaient la base fondatrice des projets qu’il allait être amené à développer, se cachant pour échapper aux soldats de Chiron que ce dernier avait envoyé à sa poursuite. Il n’avait pas tellement aimé que le voyageur élimine toutes ses nouvelles recrues avant de s’enfuir du royaume…. Rien que de repenser à la colère dans laquelle il avait mis son ex maître le faisait sourire. Les années s’écoulaient, il vieillissait, finalement, les attaques avaient cessé, il n’était plus poursuivi, plus depuis qu’il avait tué le seul voyageur qui avait échappé à la purge d’Hadès. Le necromancer, un voyageur unique qui pouvait utiliser la force d’âmes de voyageurs…. Le combat avait été long, difficile, mais le vieil homme était bien plus expérimenté, il connaissait toutes les subtilités de son pouvoir, il asservissait l’énergie nécrotique, il était au même niveau que les généraux de Chiron. Malgré la résistance incroyable dont il avait preuve, il avait fini par céder, comme les autres avant lui, terrassé par un monstre qui grandissait lentement dans l’ombre. Cependant, ce combat avait éprouvé grandement les forces du traître qui n’eut d’autre choix que de trouver refuge au sein d’un royaume désertique, perdu au cœur de Dreamland, suffisamment isolé de tout le reste pour lui permettre de se préparer, de préparer le monde onirique à ses ambitions. En attendant... Il avait besoin de repos. Les prochains mois allaient être très épuisants.
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Riku Kaisuki
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MessageSujet: Re: [quête solo : libérer le sceau de la mort] Lun 3 Juil 2017 - 13:16
Une vibration.

Le son aiguë d’un téléphone, et c’est un jeune homme aux allures de cadavre défraîchi qui ouvre péniblement les yeux après avoir passé la nuit à gamberger sur les paroles qu’il venaient d’entendre dans ses rêves. Enfin plutôt dans sa seconde vie, celle de voyageur. Le sommeil est quelque chose d’étrange quand on est un être à part entière et conscient du monde onirique. On ne ferme les yeux que pour les rouvrir quelques instants plus tard dans un tout autre monde, bien différent de celui conçu par les hommes dans le monde réel. Ici, les limites se dessinent assez vite, il y a ceux qui peuvent, et ceux qui ne peuvent pas, on bride assez facilement les êtres humains dans leur potentiel. Mais à Dreamland, un simple pouvoir peut faire de vous l’être le plus formidable qui soit.  Et si les rêveurs en sont les architectes, ceux qui engendrent royaumes et disparitions, les voyageurs en sont les réels testeurs, ceux qui doivent vivre au quotidien au cœur des méandres de l’imaginaire et du subconscient de l’être humain.  C’était dans cet état d’esprit que Riku ouvrait les yeux, le visage hagard et l’esprit embrumé de pensées contraires.  Le jeune comptable se remettait lentement de cette nuit, prenant le temps de s’étirer avant de risquer une jambe hors de son canapé-lit. Le constat fut clair et instantané, les tremblements qu’il ressentit dans tout le bas de son corps l’avertirent de la température extérieure, il aurait besoin de quoi se couvrir. Bon gré mal gré, il poussa la couverture en grognant au moment d’enfiler un peignoir qu’il avait laissé tomber à quelques pas de sa couche pour rejoindre la salle de bains. Là encore, ses observations n’étaient pas des plus fameuses ; ses yeux étaient cernés, tels de petits canyons, ses cheveux partaient dans tous les sens, et il sentait la sueur. Rien de réjouissant.  Il  grogna de nouveau, puis retourna chercher de quoi se vêtir avant de faire le nécessaire pour rétablir l’hygiène corporelle de son corps. Une fois satisfait et habillé, il quitta la pièce pour se rendre dans le salon où il avait laissé allumé son ordinateur portable, encore sur sa boîte mail, sur le dernier mail que lui avait envoyé Hikari. Une rupture à l’amiable. Ils avaient tout les deux décidé d’en rester là, leur relation n’étant plus ce qu’elle avait été les premiers mois. Mais il ne ressentait aucune tristesse, il savait qu’ils pourraient toujours se croiser et faire des sorties à l’occasion sans que cela ne se passe mal à cause de la fin de leur relation.

Il sourit intérieurement en songeant à leurs moments ensemble et leur vie à Dreamland, et reprit contenance alors qu’il attrapait sa tasse de café pour voir le dernier mail qu’il avait reçu dans le courant de la nuit ; il manqua de s’étouffer lorsqu’il en vit l’objet :

« Poursuite de ta formation
Salut Riku !
Comme tu peux le voir, je n’ai pas manqué de me servir de l’adresse mail que tu m’as donné. Tu as besoin de quelqu’un qui ait suffisamment d’expérience pour te former, autrement tu finiras vraiment mal avec le temps. Les missions de Chiron sont chaque fois plus complexes, et il se pourrait bien qu’avec ta mentalité tu te condamnes toi-même.
Tu trouveras des billets d’avion pour le Mexique en pièce jointe de ce mail. Prends le temps d’y réfléchir, mais cet avion part en fin de semaine prochaine, et tu n’auras pas d’autre opportunité de passer du temps loin de tout le reste pour te focaliser sur Dreamland. Tu as cinq jours. Pèse bien le pour et le contre.
Réponds simplement à ce mail si tu comptes venir, je ferai le nécessaire pour que tu sois conduit chez moi une fois que tu auras atterri.
Enrique »


Sérieusement... Déjà ?  Le leader des voyageurs du royaume ne perdait décidément pas de temps quand il avait une idée en tête. Riku l'avait rencontré la nuit précédente, au royaume des doutes, alors qu'il s'était endormi la tête pleine de pensées sur sa vie de voyageur, et il avait passé une bonne heure à le sermonner, à partager avec lui sa propre expérience depuis ses débuts, et les questions que lui-même s'était posé dans le temps. Avec son look de desperado et l'attitude presque désinvolte qu'il avait eu tout en jouant les mentors avec lui, l'invocateur l'avait trouvé  insupportable. Et l'idée de passer des journées entières avec ce type le dégoûtait d'avance. Mais en même temps, il avait raison... Il avait trop longtemps négligé beaucoup de choses en tant que voyageur, et cela lui avait coûté de risquer sa vie à de trop nombreuses reprises, sans avoir de meilleurs résultats pour autant que s'il avait laissé parler un peu plus sa réflexion. Agir à l'instinct c'était bien beau, mais s'il voulait franchir une nouvelle étape, il devait apprendre de ceux qui l'avaient déjà franchi. Et puis, il n'avait rien à perdre en allant là bas. Il était en congés, il avait contacté son patron qui lui avait accordé un mois de repos, « tu en as bien besoin » avait-il dit, après tout Riku n'avait pas pris de vacances une seule fois depuis le début de son contrat et son déménagement pour revenir en région parisienne. Il n'avait plus personne qui l'attendait. Il se laissa tomber au sol, repensant pendant un moment à tout ce qu'il avait pu traverser comme galères et comme histoires depuis sa naissance en tant que voyageur, à la fois dans ce nouveau monde et dans sa vie réelle et poussa un long soupir, avant de se redresser, et de cliquer pour pouvoir télécharger les billets d'avion que lui avait envoyé Enrique et les imprimer. Il envoya un message à sa mère pour la rassurer, elle qui l'avait appelé une bonne dizaine de fois la veille comme elle le faisait chaque week-end et l'informer qu'il partait à l'étranger. Elle parut inquiète dans sa réponse, lui demandant d'être prudent, et il sourit en lui promettant qu'il ferait attention là bas. Il prépara une valise sommaire, la remplissant de quelques affaires utiles, et de vêtements propres, et jeta un regard à l'oeil de départ du billet aller. Celui-ci indiquait quinze heures. Il était midi, ce qui lui laissait le temps de se rendre tranquillement à l'aéroport pour l'enregistrement. Une dernière toilette, un rapide check-up de tout ce qu'il avait emporté, et il était parti, prenant un taxi pour le conduire à destination. C'était un jour de semaine, aussi l'aérogare était assez peu fréquentée, hormis par des cadres prêts à partir à leurs rendez-vous du jour, et l'enregistrement se fit sans soucis. Le jeune homme prit place dans l'avion et ferma les yeux après avoir attaché sa ceinture. Le sommeil le prit sans prévenir.


***


le cimetière. Riku n'y avait pas réellement pensé, il s'était endormi sans réfléchir à un endroit en particulier, aussi le monde onirique avait choisi de le déposer dans sa terre natale. Il était face au pandémonium, et au vu de l'activité qu'il s'y tenait, il comprit rapidement qu'il n'y était pas pour rien. Partout autour de lui, et également dans les districts attenants, les soldats s'activaient, et il vit rapidement Miyanna passer, le saluant avant de sautiller d'étage en étage pour livrer les consignes du seigneur des morts. Mais le signe le plus grand de cette tension, c'était la présence de tout le gratin du royaume ; les chefs de chaque district était présents, ainsi que le général des armées, et surtout, les voyageurs du royaume qui étaient pour la première fois depuis l'arrivée de Riku en ce monde tous rassemblés au même endroit. Avalant sa salive, quelque peu stressé par tant de cérémonie, le necromancer s'avança pour se joindre à ses semblables, guidés par un Enrique qui n'avait pas changé de tenue, toujours dans son look de cow-boy du dimanche. Il sourit en voyant son jeune disciple approcher, et étendit les bras en s'esclaffant de sa voix grasse :

«  Allez Riku, approche, ne fais pas ta mijaurée ! Le vieux Chiron a ramené toute l'élite du royaume ici, ça sent bon les batailles tout ça, tu auras de quoi apprendre sur le tas ! Ah au fait, je ne crois pas que tu connaisses tout ce petit monde ici, mais comme à chaque fois c'est moi qui vais me coltiner les présentations... Là, celle qui fait la gueule tout le temps et aïe ! - la femme pointée du doigt lui colla un bon coup de pied dans les côtes – qui est très susceptible c'est Rebecca. Celle avec une allure de garçon manqué, c'est Meiko.  L'espèce de loque là bas, c'est Ralph, et le gosse insupportable tellement il est à fond c'est Tyler. Quand à la petite dernière, Erika, tu la connais déjà...  »

Timidement, la jeune invocatrice qui avait été à ses débuts la disciple de Riku salua l'invocateur qui lui répondit avec un sourire chaleureux. Il était content de la voir en forme. Quand au reste de la troupe, il ne les avait jamais rencontré par le passé. En effet, ils étaient toujours en mission pour le compte de Chiron, aussi ils n'étaient que très rarement de passage dans le royaume des morts.  Celle qui s'appelait Rebecca fixait intensément le necromancer, comme pour le jauger sur sa force et son sérieux, et finit par regarder ailleurs lorsqu'elle se rendit compte qu'il l'observait en prenant un air dédaigneux. Meiko restait dans son coin sans rien dire, préférant hocher rapidement la tête lorsque le chef du groupe prononça son nom. Ralph fit un doigt d'honneur avant de se rallonger. De tous, il était le plus grand en termes de taille, mais pour le reste, il avait l'air de tout sauf d'un combattant tant il ne se dégageait rien d'autre de lui que de la flemme. L'invocateur ria intérieurement à cette pensée avant de porter son regard sur le plus jeune de la troupe, un enfant qui devait à peine avoir une dizaine d'années, qui sautillait joyeusement, apparemment impatient de savoir ce qui pouvait amener autant de soldats à bouger dans tous les sens. Il riait, et passait parfois à travers Ralph pour l'embêter. Riku comprit aussitôt qu'il avait le pouvoir du fantôme qui lui permettait de se rendre intangible et de passer à travers toutes les surfaces. Un pouvoir parfait pour un enfant comme lui, qui lui évitait de prendre des risques inutiles. Tous semblaient prêts à en découdre hormis le flemmard de service. Riku ressentit un frisson le parcourir dans tout son corps ; il était clair qu'ils ne jouaient pas dans la même catégorie que lui. Même Erika avait changé et paraissait bien plus redoutable. Et alors que l'invocateur se perdait en observations de ses camarades, ce fut Chiron qui l'interrompit en poussant les portes du palais, se tenant sur le perron qu'il ne pouvait pas dépasser sous peine de disparaître, convoquant ainsi tous ceux qui se trouvaient dans le premier district à se joindre à lui dans la salle du trône. Dans un silence presque opressant, tous les acteurs de cette réunion s'avancèrent et se placèrent en ordre dans la grande pièce, se répartissant les emplacement dans un respect hiérarchique presque impérial. Chiron prit place dans son trône, portant son regard sur l'assemblée. A sa gauche, juste devant lui, il y avait les généraux du royaume, en dehors d'Athos qui ne pouvait assister aux réunions à cause de la malédiction. A sa droite, il y avait les voyageurs. Et enfin, les chefs de district se tenaient en rangées droites avec derrière eux les soldats d'élite qui les servaient. Les commandants de la chevalerie squelettique complétaient l'armada. Le seigneur tapa dans ses mains, puis prit la parole, sa voix caverneuse résonnant dans le grand hall :

«  Mes chers soldats, voyageurs, et morts, si je vous ai réunis, c'est pour vous faire part d'une annonce capitale. Depuis plusieurs mois, les voyageurs agissent sur mon ordre pour détruire une à une les bases des alliés d'Hadès. Mais les nouvelles restent tout sauf rassurantes, car à chaque fois ces avant-postes étaient pratiquement vides. Nous supposons donc qu'à ce jour, il a conservé l'essentiel de ses forces armées.  Par conséquent les voyageurs conserveront leur mission principale qui est d'affaiblir peu à peu ce que l'on peut trouver des alliés de notre ennemi. Quand à vous, mes généraux, mes chefs de district, j'ai une mission toute autre à vous confier. Nous avons obtenu très récemment un indice sur un lieu qui permettrait de nous délivrer, Athos et moi-même, de la malédiction qui nous empêche d'agir comme nous devrions le faire. Il y a trop longtemps que mon pouvoir est affaibli. Cette opportunité qui nous est donnée,c 'est celle de retrouver cette puissance que nous avions dans le passé, celle qui a fait trembler l'armée de ce pleutre d'Eternalis, celle qui nous a mené aux portes du pouvoir avant que l'on nous condamne à cette eternité d'enfermement !  »

Chiron laissa un instant à ses soldats pour appréhender ses paroles, et tous les morts applaudirent, et hurlèrent leur joie de cette perspective, tandis que les voyageurs restaient silencieux, se demandant plutôt ce qu'allait impliquer un tel changement, ou même ce que préparait le seigneur derrière de telles paroles. Celui-ci reprit rapidement la parole, ramenant le silence dans la salle.

«  Nous avons pu, grâce à l'aide des voyageurs, obtenir l'âme d'une créature du royaume de la vie. Celle-ci nous a révélé ce qu'elle savait sur l'existence d'une fontaine. L'eau de cette source apporte le pouvoir de la vie et peut guérir n'importe quelle malédiction. Prochainement, ces imprudents vont organiser une grande fête dédiée à cette fontaine, et relâcher la garde autour de cet endroit fabuleux. Nous allons donc organiser une grande opération afin de saisir l'occasion qui nous est donnée de faire un pas en avant. Tous, vous allez mobiliser vos troupes et vous attaquer à plusieurs avants postes du royaume de la Vie, suffisamments éloignés de la fontaine, afin d'attirer le regard des gardes ailleurs. Pendant ce temps, une petite troupe sera constituée et se rendra à la fontaine afin de récupérer suffisamment de son eau pour permettre à Athos et à votre Seigneur de reprendre ce qui leur est dû ; leur liberté !  »

Ce fut à cet instant que Rebecca intervint. Riku n'avait pas plus fait attention à elle depuis l'air méprisant qu'elle lui avait adressé après l'avoir jaugé de bout en bout, mais son regard indiquait clairement qu'elle n'avait aucune intention de démordre de ce qu'elle avait en tête. Elle prit alors la parole, dévoilant une voix pleine de gravité :

« - Seigneur. Cette perspective est en effet incroyable. Toutefois, j'aimerais savoir un point essentiel de votre plan, sans toutefois le remettre en doute. Qui comptez-vous envoyer là bas ?

- J'allais y venir Rebecca. Toutefois, ton intervention est pertinente. Je ne peux y envoyer de trop puissants voyageurs, au risque d'attirer bien trop le regard d'Eternalis. Il n'est pas omnipotent, mais il sait ressentir les grandes puissances. Par conséquent, celui qui s'y rendra, ce sera le seul d'entre vous que je n'ai encore affecté à aucune mission. Riku, tu iras à la fontaine. Mais tu n'iras pas seul. Tu seras accompagné d'Erika, qui a bien progressé dans sa maîtrise depuis votre dernière rencontre, et de deux soldats de ma garde personnelle, des chevaliers d'élite spécialisés dans la protection et les missions secrètes.  Gladios !  Hasagi ! Vous aurez pour mission de protéger ces deux voyageurs dans le cas où vous feriez des rencontres dangereuses.  Surtout, je compte sur vous pour qu'ils reviennent entiers.  »

Aussitôt ces ordres donnés, deux soldats aussi grands qu'Athos s'approchèrent, tout en armure nécrotique à la manière de celui qui était leur maître, du moins dans l'imaginaire de l'invocateur qui se retint de faire tout commentaire à l'égard de leur tenue. Ce fut le plus petit des deux, assez massif, qui portait une lance bien plus large que lui, qui prit la parole.

«  Nous nous y emploierons, seigneur Chironheim. Nous protégerons maître Riku et maîtresse Erika, et tuerons vos ennemis. Nous ne vous décevrons pas, et encore moins notre maître Athos.  »

Il s'inclina, et reprit sa place, tandis que Sauros, le commandant militaire du royaume, prenait avec lui tous les chefs de district et leurs soldats, afin d'organiser un plan de bataille. Riku les regarda s'éloigner, tandis qu'Enrique était déjà sur le chemin de la sortie, suivi de tous les voyageurs en dehors d'Erika, qui était restée silencieuse. Riku déglutit, se rendant compte qu'il n'avait pas d'autre choix que d'accepter cette mission, et hocha la tête, avant de prendre la parole, après avoir tapoté l'épaule de sa camarade invocatrice afin de la rassurer malgré le fait que son état n'était pas réellement plus enviable.

« - Chiron...  Etes vous bien sûr que cette mission peut être accomplie par seulement deux voyageurs ? Et pas les plus forts d'entre nous en plus...  

- Crois moi, Riku. Là où se rendent tes camarades, il n'y aura que du sang et des combats à perte de vue. Ce que je veux, c'est t'aider à franchir un cap, à devenir une part importante de ce royaume, à prendre en main ton destin de voyageur. Et avec Gladios et Hasagi vous serez bien tourés, je n'ai aucune crainte à ce sujet. Ils sont tous deux de fervents disciples d'Athos, et font partie de mes tout meilleurs soldats.  »

Comprenant que toute discussion serait inutile et que la mission qui lui était confié n'était pas une simple suggestion l'invocateur cessa d'insister sur ce point. Il reprit calmement sa place, essayant de mettre de l'ordre dans ses idées, alors qu'Erika lui tapotait l'épaule, comme pour lui indiquer qu'il devait faire attention à quelque chose. Il se rendit alors compte que perdu dans ses réflexions, il n'avait pas remarqué que Chiron l'interpellait depuis plusieurs minutes.

«  Ah. Enfin tu te rends compte. J'ai une autre mission à te confier, le temps que l'armée soit en place pour attaquer les camps de la Vie. Nous avons également retrouvé la place d'une très ancienne crypte cachée dans les tréfonds du cimetière, au-delà de la vallée des morts. Un endroit caché au cœur d'une forêt obscure qui, dit-on, faisait autrefois partie du royaume obscur lui-même. Je n'ai aucun souvenir concernant cet endroit car à l'époque, Eternalis a choisi de me priver des soldats les plus forts en dehors de mes trois généraux et de les enfermer dans cette prison morbide sans m'en réveler l'emplacement afin que je ne puisse jamais les retrouver. Cela fait des siècles que mes soldats ratissent ce territoire, et disparaissent les uns après les autres, mais mes dernières escouades sont bel et bien revenues, et font état d'une crypte d'où s'échapperaient des murmures particulièrement sinistres, plus encore que dans la vallée des morts. C'est là bas que tu te rendras, avec Erika, Gladios, et Hasagi. Je te charge d'en savoir plus sur ce qu'il se passe là bas. Mais surtout, ne prends aucun risque inconsidéré. Une information, même minime, constituera un pas en avant. Et surtout fais attention à...  »

Il n'eut pas le temps d'en savoir plus. On venait de le réveiller. L'avion avait atterri au Mexique. Tant d'heures s'étaient déjà écoulées ? Riku n'avait plus la notion de temps entre sa vie onirique et sa vie réelle. Il remercia l'hôtesse et prit son sac, pas franchement rassuré, franchissant la porte de l'avion en repensant aux paroles de Chiron... Quoi qu'il doive affronter, il était certain que les prochaines nuits allaient être mémorables.

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[quête solo : libérer le sceau de la mort]

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