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Au clair de lune (feat Garry)

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MessageSujet: Au clair de lune (feat Garry) Lun 6 Mar 2017 - 1:07
Mercredi soir, les cours viennent de reprendre, mais c'est surtout le jour d'une soirée horrifique entre amis. Une douche, un changement de fringues et des affaires embarquées, je suis partie pour l'appartement d'Adrien à quelques stations de là. À la sortie du métro Élise m'attends après m'avoir demandé si j'étais en chemin. La brune d'un mètre soixante-dix est adossé à une rambarde, son téléphone en main et un t-shirt floqué rob zombie.

- Sympa le t-shirt. T'as pas trop attendu ?

- De circonstance surtout. Me répond-elle avec un clin d'œil avant de me faire la bise. Nan, je viens d'arriver t'inquiète. On y va ?

- Ouaip, en route.

Nous sommes en marche depuis à peine trois minute quand nos deux téléphones vibres, ce qui me fait déduire que cela vient de notre conversation commune. Cela ne manque pas, quelques secondes plus tard elle soupire et me montre son téléphone ouvert sur l'application de messagerie. C'est Irina qui annonce ne pas pouvoir être là car son copain a besoin de son aide. Du coups nous ne serons que 4 pour notre soirée cinéma horrifique. Rien de bien grave de mon point de vue, mais il semble que ce ne soit pas la première fois que leur amie leur fait faux bond. Au final nous arrivons rapidement devant l'appartement de mon ami qui nous fait entrer et pendant qu'on se salut en parlant de la sortie gaming du moment les nanas à côté s'énervent à moitié sur la "lâcheuse".

-Bon au lieu de se prendre la tête pour rien, je vous propose qu'on commence, lance Adrien.

- Mouai... Allez go ! On commence gentiment par un petit "Welcome to Zombieland" ! répond Marine avec enthousiasme.

Et nous voilà partie pour une soirée zombesque avec en tout trois films, des pizzas, de la bière et deux bons canapés. Tout est réunie pour passer une bonne soirée avec quelques sursauts, de vrais flippes et même quelques barres de rires nerveux pour décompresser par moments. Finalement nous nous couchons vers minuit et demi après avoir discuté un peu une fois les films terminés. Certains se lèvent tôt on a pas le temps d'en regarder un autre.

Élise hésite à courir prendre le métro jusqu'à ce que le maître des lieux lui rappelle qu'il y a de la place ici et que je dors ici aussi de toute manière. Elle ne cherche pas à refuser et accepte, je crois qu'elle stressait un peu de prendre le métro seule à cette heure. Finalement un canapé est déplié, et moi je me couche sur l'autre pendant que le couple va se coucher dans sa chambre. Le sommeil prend rapidement le dessus sans que je ne me pose vraiment de question sur où je vais arriver cette nuit.

_______________________________________


C'est une superbe nuit. Un clair de lune comme j'en ai rarement vue avec un astre qu'on a l'impression de pouvoir le toucher tellement il semble proche. Les étoiles qui scintillent autour créent un décor et un éclairage hors normes. Cela fait clairement partie des plus beaux spectacles que j'ai eu la chance d'admirer lors de mes nuits. C'est presque devenu un réflexe chez moi... Arriver sur Dreamland la tête levée vers le ciel avec les yeux fermés. Le spectacle est encore plus surprenant lorsque l'on laisse son ouïe, son touché et son odorat profiter des premiers détails du royaume que l'on va découvrir.

Et quel royaume. Je ne sais pas où je me trouve, mais tout ce qu'il y a autour de moi est dans un état de ruine avancé. Un immense cratère que je peux voir descendre en plateaux et différents niveaux qui ont surement une signification me restant pour le moment inconnue. En attendant de comprendre je profite du paysage en marchant ici comme en plein jour, me demandant où peut mener tel ou tel chemin ou ce que peuvent abriter les maisons vraisemblablement à l'abandon. Au vue des distances je me décide finalement à transformer Cloud pour me déplacer.

La couche de nuage qui me recouvre les semelles m'étonne toujours lorsqu'elle me maintient comme maintenant au dessus du sol. Je me déplace tranquillement comme si je faisais du roller et j'arrive finalement au village qui me semblait le plus proche. Les toits sont tombés, les fenêtres en miette et toute vie semble absente. Aucune plante, ni même un simple carré d'herbe et encore moins de créatures oniriques... Pas un seul rêveur non-plus ce qui est étrange dans un royaume aussi vaste mais bon, il faut dire que ce n'est pas l'endroit idéale pour passer une nuit tranquille. Le décors est peut-être attrayant avec ce plafond d'étoiles, mais le silence qui recouvre ces lieux crée quelque chose de dérangeant.

Lorsque ce je met le doigt sur ce détail qui est la chose qui me dérange j'enfonce ma tête entre mes épaules. Ma veste au col en fourrure est mon seul refuge lors de ma recherche de chaleur face au frisson glacial qui me parcourt la colonne. Fermé depuis mon arrivée je me sens de retour au ski dans cette tenue. Un tissu fin à l'extérieur et une doublure plus épaisse et chaude à l'intérieur. Mes mains à l'extérieure des poches me rassure sur le fait que ne c'est pas que l'atmosphère de malaise qui me fait froid dans le dos. Il fait effectivement plus tôt froid ici et la vitesse de mon déplacement n'ajoute rien.

En entrant dans l'enceinte du village je ne sais pas ce que j'y cherche, peut-être simplement une âme qui vive. Comme d'habitude j'ai cette envie de découvrir où je suis et ce que je fais là, il y a forcément quelque chose à accomplir ici. Mais avant de savoir quoi, je m'élance dans l'une des maison et pousse la porte qui pivote sur ses gonds dans un grincement. Rien d'extraordinaire. Une maison tout ce qui semble des plus banale, un buffet éventré , une table pleine de poussière et le plancher qui craque sous mes pas. Je prend la direction de l'étage en empruntant l'escalier quand j'entends un râle rauque, comme un grognement surnaturel. Sans bouger pendant plusieurs dizaine de secondes j'attends de voir si cela se reproduit, mais il ne se passe rien.

C'est surtout mon imagination qui me joue des tours, surtout après la soirée que je viens de passer. C'est fou ça... La façon dont certaines de vos actions de la journée peuvent vous mettre dans la merde la nuit venue. En attendant cela me fait réaliser que si cet endroit a bel et bien un rapport avec les films que j'ai vue ce soir... Il y a de grande chance pour que ce royaume soit remplie de... Je déglutie avec difficulté en imaginant ça. Chaque fois que j'ai rencontré un mort-vivant à Dreamland, dans le monde réel ce serait étrange, cela c'est mal finie. Le nom sur l'avis de recherche de ce voyageur est encore gravé dans mon esprit.

Après une grande inspiration j'approfondis mon exploration en grimpant les marches en douceur. Une fois arrivé sur le palier je manque de me manger le sol à cause d'un bout de bois détaché de je ne sais où. Le tas décharge s'est pris dans mon jeans et s'est bloqué entre deux lames de parquet. Me rattrapant extremis à la rambarde en bois de l'escalier encore proche non sans provoquer un craquement général dans toute la chaumière. Je détache le bout de bois coincé dans mon pantalon en m'assurant que je ne me suis pas ouvert ou qu'il reste des échardes qui me foutraient plus tard dans la merde. Cela ne semble pas être le cas, je peux donc commencer à fouiller.

En procédant par élimination je commence par inspecter les pièces dont les portes sont ouvertes ou tout simplement sorties de leurs gonds. Les chambres sont le plus souvent sobrement aménagées. Une armoire, un lit, une ou deux tables de nuit en fonction de la taille du lit et rien de plus mis à part de la poussière. Après avoir jeté un petit coup d'œil un peu partout je m'avance vers une porte encore close et pose ma main sur la poignée. Un nouveau grognement sourd retenti. Plus fort et plus proche. Je lâche le mécanisme et me rapproche de la fenêtre pour voir si quelque chose bouge dans le village.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Sam 11 Mar 2017 - 0:09
Le col remonté jusqu'au nez, Garry guettait. Tel un exhibitionniste en quête de jeunes gens à traumatiser, il déambulait le long des rues désertes affublé de son grand manteau vert véronèse. Il n'avait encore rencontré aucune âme dans cette piètre ville délabrée au possible, ressemblant à un vestige de la guerre 14-18. Pourtant, il en était persuadé. Il se trouvait bien à Qua Rantaine, la ville que lui avait indiqué Bérénice, la conseillère en Droits et Seigneuries de Dreamland.

Bérénice. Il l'avait rencontré deux nuits auparavant, elle avait beau être une créature des rêves, elle ressemblait vraiment beaucoup à une humaine. Elle avait beau être bien fournie en gâteaux fourrés à la crème, elle possédait un charme que les autres demoiselles aux oreilles pointues n'avaient pas. Ses rondeurs ne nuisaient guère à sa beauté et la rendaient plus séduisante encore, son sourire, ses dents blanches, ses yeux verts pétillants. Tout chez elle la rendait... Adorable. Conseillère en Droits et Seigneuries de Dreamland, c'était son métier. En quoi consiste il ? Et bien elle avait pour rôle de guider les nouveaux venu à Dreamland pour connaître leurs droits envers leurs seigneurs et leur royaume, s'ils en avaient. Pourquoi ce grand dadet d'écrivain dessinateur s'était il rendu dans des bâtiments administratifs pour nouveaux venus alors qu'il errait dans Dreamland depuis déjà un bon moment ? Et bien parce que son séjour au Royaume Champignon lui avait fait prendre conscience que non. Il ne connaissait rien du royaume qui l'avait vu naître. Il ne connaissait rien des coutumes de son seigneur. Et tout cela l'avait rendu curieux. Il s'était donc mit en tête de découvrir d'où il venait. Tel un orphelin abandonné dès la naissance, trop curieux de retrouver ses parents.

Qua Rantaine. Une ville qui prospérait autrefois, pleine de vie, d'animation et de festivals colorés. Telle était la description que l'on retrouvait au travers des vieux tracts, des affichettes et autres banderoles déchirées. Bérénice l'avait prévenu. La ville avait changé de visage, mais elle ne voulait pas lui en dire davantage. Son sourire l'avait dissuadé d'en demander plus, mais peut-être aurait-il du insister. Qu'est ce qu'elle pensait en l'envoyant dans un décors aussi sordide ? Non. Il ne pouvait pas se permettre de douter d'elle. Elle était beaucoup trop charmante pour avoir eu envie de lui faire une farce, et puis... C'était son job de l'aider !

Une bonne claque sur la joue afin de remettre les idées en place, et il se remit en route. Il avait passé la nuit précédente à rechercher ce lieu, il ne pouvait plus faire demi-tour avant d'avoir obtenu des réponses. Logiquement, même cette ville abandonnée devait appartenir à un Royaume, mais lequel ? Bérénice, encore une fois, avait préféré lui cacher l'information. « C'est pour votre bien, vous verrez, c'est une "surprise"  » Qu'elle avait dit. Peut-être qu'un Seigneur du Silence vivait ici. Ou de la Tempête. Mais il ne voyait pas le rapport avec lui. La réponse viendra d'elle même, soit patient...

Pourtant, plus notre peureux adoré s'enfonçait dans la ville déserte, plus la nuit s'assombrissait. Les étoiles disparaissaient sous une chape de brouillard qui descendait petit à petit pour venir l'envelopper tel un linceul. Belle image n'est ce pas ? Pour quelqu'un qui est sûr de mourir cette nuit. Le décors déjà inquiétant prenait une touche de resident evil petit à petit. Le silence n'augurait rien de bon. Un bruissement de feuille et Garry se raidissait, prêt à tomber dans les pommes. Il voulait se réveiller, quitter cet endroit sans demander son reste. Il ne voyait pas ce qu'il pourrait découvrir sur ses origines ici, et tous les mystères qui planaient sur cet endroit, toutes ces choses que Bérénice avait refusé de lui dire, il n'aimait plus ça. Plus du tout. Envoûté, il était partit à l'aventure le cœur léger. Aujourd'hui, face à son destin, il ne faisait plus le fier, les mains crispées sur son carnet qu'il n'avait même pas jugé bon de sortir. Pour dessiner quoi ? Une maison en ruine ? Un arbre mort ? Pfff.

Quelqu'un !! Là haut, au premier étage de cette maison ! Il n'était plus seul ! Rassuré de savoir qu'il n'était plus l'unique idiot à se balader dans un endroit aussi sinistre, il sortit de l'ombre et fit un signe de la main, tout sourire, à la silhouette qui se dessinait derrière la vitre sale mais miraculeusement pas brisée. Un roux. Peut-être était-ce un autochtone qui saura répondre à ses questions ? Ou simplement un voyageur avec qui il pourra partager sa nuit et son aventure ? Ou peut-être un de ces voyageur killer... Comme il en avait déjà rencontré.... Ou pire encore... Une créature onirique assoiffée de sang frais...

Tout à coup moins rassuré, il s'arrêta net dans son mouvement de salutation. Surtout que sa silhouette n'était plus unique, il y en avait une seconde plus grande aux bras arqués qui s’avançait vers le cadrant de la fenêtre maintenant. Était-ce un ami à lui ? Chauve comme ça ? Aussi décharné ? On dirait un loup garou. Dans le doute, il valait mieux l'avertir, de toute façon, il était déjà remarqué. Il pointa la fenêtre du doigt.

- « DERRIERE VOUS ! »

Dans le pire des cas il passerait pour un abruti, ou il serait prit en chasse. Zut. Prit en chasse. Il n'avait pas réfléchit à cette éventualité. Zut. Crotte. Flûte. Il n'avait plus qu'à prier pour que ce ne soit pas un assaillant potentiel. Il avait marre de s'attirer des ennuis. Il voulait la paix, et la vérité, il ne cherchait pas à foutre la merde bordel !
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Mar 14 Mar 2017 - 23:18
Mon regard plonge sur la ruelle du village et la première chose qui me frappe c'est l’obscurcissement global qui s'est opéré. Alors que quelques minutes plus tôt j'aurais pu voir l'une ou l'autre des extrémités du village, je discerne maintenant avec difficulté la façade qui me fait face. Malgré cela, tout semble être calme et aucune explication du cri que j'ai entendu ne semble pointer le bout de son nez. Je reste tout de même quelques instants devant la vitre à scruter l'obscurité.

Un courant d'air fait craquer le bois usé et meurtri de la maison ce qui me provoque un frisson de malaise. Un mouvement dans la rue me fait monter le stress quand une silhouette se découpe lentement dans la pénombre. De ma position je ne pense pas être visible et prend sur moi de ne pas bouger pour ne pas me faire remarquer, mais le personnage qui s'avance semble chercher quelque chose. Sa tête pivote sur son long manteau et il regarde dans différentes directions sans se précipiter puis il semble se fixer sur moi. Nouveau frisson et mon coeur s'accélére.

Toujours immobile jusqu'ici, mon corps répond par automatisme à son salut lorsqu'il s'avance vers la maison et lève la main. Même vu d'ici il me paraît grand ce type. Le peu de lune qu'il reste éclair son sourire et de reflets sombres de cheveux mi-longs. Une longue veste qui lui masque le cou et le reste du corps m'empêche d'établir si il peut être ou non un danger en combat rapproché. Certes à Dreamland le rapport corps/force n'est pas une science exactement, mais cela permet d'établir une échelle de danger. Non ? Ok...

Quelque chose change dans son expression, quelque chose se rapprochant de l'inquiétude et de la peur. Sa main se lève en pointant du doigt ma direction et je tressaille sur place quand il me cri de me retourner. Lorsque je fais volte-face je ne suis pas dessus du voyage. Face à moi une créature qui me surplombe de deux bonnes têtes. Un corps en putréfaction qui se rapproche de moi, ses bras fins gravés de cloques et de trous de chairs levés vers moi. Derrière elle, à la sortie d'une chambre une autre créature similaire par l'état de décomposition, mais plus petite s' avance à pas lents.

Le réflexe que j'aurais aimé avoir aurait été de déclencher un Arcus pour repousser la créature et entamer un affrontement, mais la peur a ses raions que la raison ignore et je fais un pas en arrière qui me colle à la fenêtre. L'encadrement craque aussi sec et la fenêtre s'ouvre en grand, me laissant toute liberté de ne pas prendre les escaliers pour descendre. La chute n'est pas bien haute de ce premier étage, mais mon dos pourrait vous gueuler le contraire si il était en capacité de le faire. Pour le moment il pleure.

Sonné, mais toujours présent je me retourne sur la terre dessèché du village pour ramper aussi vite que je le peux pour m'éloigner de la maison. Quand je me relève et tourne mon regard vers l'endroit où je me tenais, je vois cette chose plus morte que vivante basculer par la fenêtre et s'écraser avec un bruit sourd contre la terre que je foule actuellement. Au moins celle-ci aura plus de mal à nous causer du tord avec des articulations déplacées et peut-être quelques os petés. Détournant mon attention du corps inerte je recule dans la ruelle en levant les yeux jusqu'à la fenêtre pour tenter de savoir ce que fait la seconde créature. Rien, plus un mouvement.

Finalement, je me retourne et tend la main à ce gars qui m'a un peu sauvé la mise pour le coup. J'en profite pour m'attarder un peu sur lui et sa tenue. Ses cheveux que j'avais discerner assez sombre je découvre qu'ils sont violet, ce qui au final ne m'étonne pas trop, mais me fait bizarre car avec cette teinture je fini par avoir un doute sur le fait qu'il s'agisse d'un voyageur. Cependant comme aucune créature ne semble pouvoir vivre ici je vais rester sur ma première impression et continuer de penser qu'il soit voyageur, mais si possible, pas du genre à me sauter à la gorge pour le plaisir.

- Merci de m'avoir prévenu. Enchanté, je m'appelle Tommy.

Alors que je termine ma phrase et m'apprête à écouter sa réponse un cri aiguë me vrille les oreilles. Il n'y a pas de doute cela provient de l'intérieur de la maison et alors que je me retourne, le corps qui s'est écrasé au sol est en train de se relever. Sur l'instant, voir ce corps décharné me fait repenser à ce que j'ai vécu il y a quelques semaines en me faisant agresser par une troupe de squelette. Le résultat de cette semaine de souffrance et de combat n'a été qu'une marque noir parfois ardente qui trône sur le dos de ma main. Repenser à ce détail et à l'inévitable combat qui approche, je plonge la main dans ma poche arrière pour y récupérer ma paire de gant. Une inspiration et une longue expiration plus tard j'ai les mains recouverte et remontées en garde prêtes à frapper si il y a vraiment un signe d'agressivité dans ses actions. Pour le moment il avance doucement vers nous.

- Bon... Ils en ont pas l'air, mais comment on peut être sûr qu'il s'agit de zombies stupides et pas d'êtres oniriques lambda ? J'aime pas cogner des habitants juste parce que je flippe. Si tu as une idée je suis preneur ! Dis-je en m'adressant au gars derrière moi pour masquer le fait que j'essaye d'observer une réaction du zombie à l'énonciation de mon observation.

Rien ne semble bouger à part ses pieds qui traînent au sol et son bras gauche qui se balance tendu vers nous, l'autre étant potentiellement brisé et inefficace. Non, rien d'agressif mis à part un bruit de chute, suivie d'une roulade puis d'autres membres qui traînent et percutent le sol rapidement. Arrivant derrière son camarade c'est le deuxième zombie qui fonce vers nous à quatre pattes.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Sam 18 Mar 2017 - 2:02
Visiblement, son avertissement n'avait pas servit à rien. Non, ce n'était guère l 'un de ses compagnons de voyage. Ni un Loup Garou à en juger par la vitesse de ses mouvements. De là où il se trouvait, Garry ne voyait que grossièrement ce qu'il se passait. Les bras levés, l'autre silhouette s’apprêtait à enlacer, ou saisir, le roux qui lui avait rendu son salut. Trop loin, ou trop peureux pour agir, Garry ne pouvait qu'assister à la scène qui suivit. Le roux s'était retourné, il avait reculé, et l'inévitable se produisit : il chuta d'un étage. La fenêtre ne semblait pas s'être brisée, seulement ouverte, aussi ne risquait-il pas de multiples coupures en plus des possibles os cassés qui l'attendaient.

Abasourdit par la scène, le grand dadet aux cheveux violets ne bougeait pas. L'idée d'aller aider cette pauvre personne tombées d'un étage lui avait traversé l'esprit, enfin... Juste avant qu'il ne voit plus en détaille la ; non ; les créatures restées encore à l'étage. Un long frisson parcourut son dos et il serra les bras autour de son propre corps, comme pour se consoler, se persuader que ce qu'il voyait n'était ue le reflet de sa propre imagination, que même à Dreamland, ces créatures ne pouvaient pas exister, que non, Bérénice ne l'aurait jamais envoyé dans une ville grouillant de ces créatures toutes plus répugnantes et dangereuses que les autres. Non... Non... Non....

Pourtant, le bruit écœurant d'os qui craque et de masse qui s'écrase au sol confirma ses pires craintes. Aucune créature douée d'une conscience plus haute que celle d'un mollusque ne se serait laisser aussi mollement tomber d'un étage, sans même tenter de se réceptionner, bras toujours tendus vers l'avant. Cette scène était digne des pire filmes de zombies jamais réalisés. Bien qu'il n'en ai vu qu'un seul durant sa piètre vie. Welcome To Zombiland. Le premier et dernier film qu'il ne verrait concernant les zombies. Par ailleurs, il ne l'a même pas vu jusqu'à la fin, s'étant arrêté à la scène où la femme, changée en zombie, traînait sa cheville cassée derrière elle en poursuivant dans son propre appartement le protagoniste principal. Comment ? Il n'a vu que les 6 premières minutes du film ? C'était largement suffisant pour lui faire savoir qu'il n'aimait pas ça, les zombies.

Et aujourd'hui, le voilà devant l'un de ses nombreux cauchemars. Pétrifié, il n'avait plus pensé à la personne qu'il avait sauvé sans même en avoir réellement conscience. Le roux tombé par la fenêtre. Était-il encore en vie ? Ou s'était il fait écraser par le mort vivant ? Alors que l'inquiétude commençait à l'emporter sur ses phobies, un mouvement sur sa gauche le fit sortir de sa rêverie.

- Merci de m'avoir prévenu. Enchanté, je m'appelle Tommy.

Il hurla, recula en moulinant ses bras comme pour se défendre et tomba en arrière, son postérieur atterrissant douloureusement sur le sol poussiéreux. BORDEL ! C'était juste le voyageur ! Toussotant dans sa main gantée il finit par se relever, gêné d'avoir réagi comme une fillette apeurée. Et alors qu'il lui tend la main en retour pour le saluer convenablement, il n'a pas le temps de se présenter qu'un cri suraigu vient répondre au siens. Les deux voyageurs se retournent vers la maison et ont le loisir de constater que la créature qui s'est écrasée au sol n'est, effectivement, plus très vivante mais toujours debout. Comme dirait Renaud à quelques négations près. La voilà sur ses deux pattes arrières, se traînant lamentablement vers le duo humanoïde, un bras en avant, l'autre pendant. Maintenant qu'il était à la fois plus proche et plus visible, Garry pouvait observer avec effroi l'état avancé de décomposition de la créature qui s'avançait. Les troues noirâtres dans sa peau, des lambeaux de chaire pendant de son bras décharné, ses os saillants et ses tendons à vif. Répugnant. Tout bonnement ré-pu-gnant.

- Bon... Ils en ont pas l'air, mais comment on peut être sûr qu'il s'agit de zombies stupides et pas d'êtres oniriques lambda ? J'aime pas cogner des habitants juste parce que je flippe. Si tu as une idée je suis preneur ! 

Détournant son regard du monstre, Garry se rendit compte que son nouvel ami, Tommy, se préparait déjà au combat. Bras levés au niveau de son visage. Le détail qui le surprit, ce fut les gants qu'il portait à présent. Il se disait que c'était impossible, qu'ils ne pouvaient pas avoir le même pouvoir, la même malédiction. Peut-être était-ce la raison pour laquelle Bérénice l'avait-elle envoyé ici ? Rencontrer un autre voyageur aux pouvoir similaires ? Mais alors. S'il avait la faculté de faire nécroser ses cellules, pourquoi lui avait-il tendu une main non gantée en guise de salut ? Souhaitait-il le voir souffrir ? Ou savait-il qu'il ne craignait rien grâce à ses propres gants ?

A force de se questionner sur de la merde, le temps avait passé et il n'avait rien répondu. Il n'avait rien à répondre, bien qu'il n'y eut pas réfléchit, trop concentré sur le potentiel pouvoir du voyageur. Car oui, il en était persuadé, le rouquin ne pouvait qu'être un autre voyageur pour se présenter de cette manière et sembler aussi pommer dans ce lieu.

BOUM. Shwif. Pataklok pataklok pataklok....

Voilà un second problème, sans aucun doute plus dangereux au vu de sa vitesse de déplacement, de son état moins abîmé et de son regard assassin. Non. Même s'ils étaient des habitants, il valait mieux ne pas être tendre avec eux, ou c'est en chaire à pâté qu'ils finiraient.

Prenant conscience que la créature qui se déplaçait anormalement vite et sur ses quatre membres fonçait sur eux, le jeune écrivain tressaillit et agrippa son collègue d'infortune par le cou, enroulant ses grands bras chétifs autour de lui, il le serra en guise de peluche servant à nous réconforte. Et comme il faisait une tête de plus, ce n'était pas sa taille qu'il entourait mais son cou...

- Je ne sais pas ce qu'ils sont mais on ne peut pas les laisser nous manger sans broncher !

Prenant conscience de la proximité qu'il lui avait imposé, il finit par le lâcher comme s'il ne s'était rien passé et entama de retirer ses gants, tremblant de toutes ses forces, il galérait. Il n'aimait pas se battre, il ne voulait pas se battre, mais il savait aussi que cela ne dépendrait pas de ses désires. Si l'assaillant en voulait à sa vie, il se moquerait de son avis.

Et comme si deux ne suffisaient pas, un troisième monstre se traînait de derrière un buisson non loin de là, comme alerté par le cri de son homologue à quatre patte.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Sam 18 Mar 2017 - 23:56
Sur le moment je ne sais pas ce qui me le plus fait frissonner. Voir le corps rachitique du zombie nous avancer dessus à un rythme de marche humain ou bien sentir un corps se coller contre moi en faisant passer ses bras au-dessus de mes épaules pour m'enlasser. Je ne retiens pas un sursaut et hésite une fraction de seconde à rabattre mon coude vers l'arrière pour frapper un potentiel ennemi, mais les manches de la veste me font retenir mon geste en attendant de voir ce qu'il fait. Je me serais trompé ? Il s'agit d'un Voyageur Killer ou d'une autre créature ? Un invocateur de ce royaume ? Ça m'apprendra à être plus vigilant, mais peut-être que ce sera ma dernière nuit... La leçon ne me servirait donc à rien ? Pas possible que je disparaisse aussi bêtement, pas après avoir survécu chez les hunters... Cependant, toutes ces pensées empiriques s'estompent lorsqu'il commence à parler. Son intonation et sa voix ne sont pas celles d'un tueur. Il me semble.

- Je ne sais pas ce qu'ils sont mais on ne peut pas les laisser nous manger sans broncher !

Non effectivement, il ne veut pas me tuer, ou alors pas encore. Son étreinte n'est pas agressive, mais juste malaisante. Très malaisante, surtout en sachant que la créature la plus proche est déjà presque sur nous. Mais il doit s'en être rendu compte et fini par retirer ses bras de mon cou pour se placer à côté de moi. Alors que mes mains disparaissent dans une obscurité brumeuse provoquée par la teinte violette presque noir de Cloud. Sa réponse ne me donne pas de vrai réponse, mais me conforte dans le fait qu'il faut que nous nous battions. Au moins je ne serais pas seul à fracasse de la créature. C'est donc sans plus d'attente que je me lance contre notre assaillant qui après une foulée de ses mains sur le sol saute vers l'avant en poussant sur ses jambes. Les bras en avant et la gueule grande ouverte il est à hauteur de ma taille quand j'abats mon poing derrière sa nuque. L'attaque de bas en haut le plaque violent au sol où il tombe inerte.

Il n'est pas K.O pour autant car il se remet à battre des bras et à claquer des dents en direction de mes jambes qu'il arrive à saisir. En serrant ma cheville droite il tente de se tirer vers elles pour y planter ses canines et ma prise sur lui n'est pas assez puissante car il s'en rapproche dangereusement. Je me laisse tomber de tout mon poids en pliant mon genoux gauche qui lui tombe sur le crane. Son menton s'enfonce dans la terre et ses claquements de mâchoires cessent. Dans cette position Cloud libère mes mains et je saisis ses poignets pour détacher ses mains de leur prise. Je sens la peau pâteuse et putréfiée qui poisse au travers de mes gants. Les gants qui me recouvrent complètement les doigts de leur cuirs léger commence à vociférer des insultes à l'encontre du mort-vivant.

- MAIS T'ES DÉGUEULASSE GROSSE MERDE !

À la fin de cette phrase peu recherchée un grand craque survient et mes bras s'écartent d'un coups sec. Les bras sont loin de mes jambes et je me relève immédiatement pour lever mon pied avant de frapper le crâne une nouvelle fois. Nouveau craquement sourd. Milles morceaux s'éparpillent dans un bruit de porcelaine. A côté de moi le voyageur a bougé et en le cherchant du regard je sur une autre créature plus loin qui s'approche de nous. Laissant le zombie au bras pendant à mon nouveau camarade je fais glisser Cloud sous mes semelles et je m'élance en glissant au dessus du sol. Droit dans la direction de cette nouvelle créature, arrivé à quelques mètres, avec ma vitesse, je saute et lance ma jambe à l'horizontale contre sa tempe.

La tête saute et le corps tombe au sol, inerte, alors que je me viande contre le sol en me rattrapant de mes deux mains. Il faut vraiment que je m'améliore au niveau des atterrissages et de la maîtrise de ce mode de locomotion en général. Quand je lève la tête j'entends des grognements qui se rapprochent et en tournant sur moi-même je peux voir des ombres au travers de l'obscurité. Beaucoup trop. Il faut que nous partions d'ici au plus vite, nous allons nous faire submerger si nous n'arrivons pas à les semer. Je me retourne vers la maison devant laquelle se trouve les premiers dangers de la nuit et le voyageur s'y trouve encore, mais à son niveau se tienne au moins une dizaine d'autre créatures qui surgissent de la nuit.

Toujours avec Cloud au pied je trace en direction de mon camarade pour l'aider au mieux et appréhender la suite des événements.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Dim 21 Jan 2018 - 22:55
Partit. Il est partit. Il a courut vers le danger, tant se soucier de ce qu'il pourrait lui arriver. Il a laissé le pauvre Garry apeuré seul, en lui confiant une tâche ingrate qui plus est. Mais surtout et avant tout... Il lui a fait confiance. Cet inconnu du nom de Tommy avait confiance en cette chiffe molle de Garry. Il comptait sur lui pour assurer ses arrières. Chacun sa part du boulot. Et en y réfléchissant bien, le jeune écrivain avait tiré la longue paille : un zombi mou du genou au bras pendant. En y réfléchissant bien, même sans pouvoirs il devrait être capable de s'en sortir. En y réfléchissant bien... Ce Tommy lui avait fait une faveur incroyable.

Avec cette démonstration de confiance et de bonté, Garry se demandait s'il pouvait dès à présent le considérer comme un « Ami ». Après tout, ils venaient à peine de se rencontrer, n'avaient pas eu le temps d’échanger une poignée de main, qu'ils se battaient déjà côte à côte pour leur survie. Qu'ils veillaient d'or et déjà l'un sur l'autre.

Gêné, il se motiva intérieurement pour aller affronter le mou du genou. Mettant ses angoisses de côtés, il quitta des yeux l’uppercut qu’assénait le voyageur à la créature, se demandant s'il serait capable d'autant de force et de précisions. Pas à pas, il se rapprochait de son cauchemardesque ennemi. Déglutissant, il commençait à sentir son odeur putride et manqua de faire de mi-tour. Mais non. Il fallait qu'il reste maître de ses émotions, et surtout, de son corps. Ne pas faiblir... Ne pas faiblir... NE PAS FAIBLIR ! Se répéter ça ne l'aidait pas vraiment. Tout du moins cela l'aidait à penser à autre chose que son combat imminent et sa fin proche.

Bon. Analysons la situations. Il marche, à la même vitesse mollassonne que son ennemi. Il gémit, se plaint, un peu comme son ennemi, qui lui émet des gargouillis. L'odeur lui fait monter les larmes aux yeux, il ne comprend pas ce qu'il fait toujours ici. Il aurait dû fuir, prendre ses jambes à son cou, pourtant il est là, comme un abruti. La scène du canyon se répète, à la différence près que c'est lui qui se dirige vers le danger ! Mais quand il prend conscience de sa lâcheté maladive, il est trop tard. Il est en face to face avec la créature puante et bringuebalante, et d'une main gauche peu assurée, il tente de l'envoyer au sol. Pourtant, son coup a l'effet d'une gifle de donzelle peu sure d'elle. La créature ne bronche même pas, et dans un bruit spongieux remet sa tête aux orbites creux devant celle de Garry. Il retient sa respiration. Il n'a même pas retiré ses gants ! Quel abrutit ! Finit à l'urine de rhinocéros unijambiste celui-là !

Toute son admiration pour l'autre voyageur s'était envolée, il avait perdu motivation, force et courage. Bégayant une formule d'excuse maladroite pour le monstre, il fit quelques pas en arrière et tomba sur son arrière train. Les larmes ruisselaient maintenant sur ses joues, pourtant la créature n'avait pas bougé. Ses deux bras pendaient, elle semblait attendre. Tremblant comme une feuille en automne, il tenta fébrilement de retirer ses gants. Il dû s'y reprendre à plusieurs reprises, toujours aucun mouvement du zombie. Ses fonctions cognitives avaient elles arrêté de fonctionner ? Peu probable qu'il en ait encore cela dit, vu son état avancé de décomposition. Alors qu'est-ce qui l’empêchait d'agir ? De réduire en charpie la proie facile que représentait le malheureux Garry ?

La réponse ne tarda pas à venir. D'autres pas lents, d'autres odeurs fortes et répugnantes, d'autres bras tendus... Ils sortaient de partout. De derrière les bâtiments, de derrière les buissons, de derrière l'obscurité.

Toujours au sol, il les voyaient arriver. Lentement, ils l'encerclaient. Avec toutes ces jambes, ces membres décharnés, ces haillons sales et mités, il n'arrivait plus à voir au delà. Il n'arrivait plus à voir son collègue. Etait-il toujours en vie ? Toujours en combat ? Venait-il à son secours ? S'était-il enfui ? Il ne saurait savoir. De plus, tout ce qui l'importait, c'était de savoir pourquoi tous ces zombis se massaient autour de lui en baissant les bras. Son seul réflexe de survie ne fut ni de se relever et de s'enfuir, ni de se mordre la langue pour crever rapidement d'une hémorragie. Non. Les mains toujours tremblantes, posées au sol, il laissa sa terreur guider son pouvoir. Une zone de démarcation s'étala autour de lui, petit à petit, le peu de végétation se racornit, jusqu'à atteindre une zone de 5m de circonférence. Déjà, il commençait à en ressentir les effets, mais les cadavres vivants, eux, commençaient déjà à se liquéfier. Le spectacle était abominable. Mal-odorant. Les râles désapprobateurs déstabilisants. Même s'il avait envie de stopper ce massacre, il n'y arrivait pas. Sa peur paralysante avait prit possession de son corps. Seul au milieu de sa bulle macabre, il était incapable de tout mouvement. Il ne pouvait même pas détourner les yeux...

Le processus était sensé être lent. Pourtant, il était accéléré sur eux. Sûrement à cause de leur état. Et même s'ils représentaient une menace, ça lui fendait le coeur de devoir leur faire subir cela.

Ses propres mains commençaient à noircir. Des veinures mauves et noires fendaient son visage, ses yeux s'injectaient de sang. Jamais son corps n'avait subit de tels dégâts lorsqu'il utilisait son Still Life, et encore mois aussi rapidement.

- Que fais tu subir à mes protégés. Avorton.

Une voix grave, spectrale, comme venue d'ailleurs. Une silhouette se découpait dans la brume et l'obscurité au dessus des bâtiments. Son long manteau noir en haillon volait au vent alors qu'il n'y en avait pas, même pas une brise. On ne voyait ni son visage, ni son corps. Il semblait humanoïde. Était-il le créateur de ces monstruosités ? Leur ami ? Leur éleveur ? Quoi qu'il fut, il leur était proche.

A bout de force, Garry s'écroula au sol, son pouvoir s'évanouissant avec lui. Ses doigts étaient noirs, mais commençaient déjà à retrouver des couleurs, son visage perdait peu à peu les veinures inquiétantes. Cet homme, ou cette créature, ou peu importe ce qu'il était, possédait un pouvoir plus fort, et plus destructeur que le sien.

Autour de lui, quelques cadavres baignaient dans leurs tissus liquéfiés, d'autres, gravement atteins, tenaient toujours debout, et les autres ne bougeaient toujours pas, continuant de fixer Garry.

Il avait perdu connaissance. L'espace de quelques précieuses secondes. En rouvrant les yeux, rien n'avait changé. Si ce n'est qu'il se sentait lourd, épuisé, nauséeux.

- Et vous ? Pourquoi ne vous jetez-vous pas sur lui ? Je croyais que vous aviez faim.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Jeu 8 Fév 2018 - 0:31
En fonçant vers l'endroit où devrait se trouver mon sauveur de tout à l'heure je me rapproche de la horde qui l'entour. Sur le chemin il y en a une nouvelle fournée qui tente de m'empêcher d'avancer. Dans l'un de mes mouvements de gauche à droite pour prendre de la vitesse, je donne un coup d'épaule au plus proche. En tête de file il est projeté violemment en arrière et embarque plusieurs de ses congénères avec lui avant de s'étaler au sol. À peine sonné ou calmé il ne met pas longtemps à se relever et il n'est pas le seul, mais j'ai au moins le temps de m'éloigner d'eux et de projeter un Arcus sur une nouvelle série qui s'avançait. Trois autres plus réactifs se jettent sur mon chemin, mais semblent déterminer à me bloquer la route plutôt qu'à goûter à ma chaire. Je saute tout à droite du trio pour ne pas prendre de risque.

Une main griffue et rachitique manque de m'entailler en battant l'air alors que je m'éloigne. Il y en a encore par petits groupes mais ils regardent tous en direction d'un cercle de zombies inertes. Certains s'affaissent et tombent dans un bruit hideux de tissus humides et d'os qui se brisent. D'autres reculent, comme pour reprendre leur équilibre, avant de recoller au groupe. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais même pas s'il est toujours en vie au centre de ce cercle macabre. Mais comme pour briser ce silence troublé uniquement par les grognements des morts, pas si morts, une voix caverneuse de fait entendre. Elle pose une simple question qui semble pleine de mépris, mais ne m'est pas pour autant destinée. Cela a-t-il un rapport avec les zombies qui sont tombés autour de lui ? J'en doute car si c'était aussi simple pour lui il ne se serait pas fait acculer.

Une seconde fois, la voix prend la parole, je discernais pas d'où elle provenait jusque là, mais en concentrant dessus je discerne une ombre. Je ne peux pas la nommer autrement. Une cape mouvante plus noir que la nuit qui lui masque le visage et le corps. Tout ce que j'arrive à lire en elle c'est ce qui émane de sa silhouette et de sa présence. Une présence imposante qui en dit long sur ses intentions. Des envies de morts, de jeux et de cadavres. Je ne sais pas qui c'est, mais ce n'est pas quelqu'un avec qui j'ai particulièrement envie d'échanger. Surtout alors qu'il vient d'inciter ses zombies, car je penses que c'est lui qui les a animé, à se jeter sur nous et qu'autour de moi ils ne se font pas prier plus longtemps. Les assauts reprennent et je dois enchaîner les esquives d'un côté puis de l'autre. Sans trop me déplacer pour le moment. J'hésite à progresser directement vers mon camarade que j'aperçois au sol, entre deux paires de jambes.

Il me semble qu'il n'a pas encore été attaqué et ma présence pourrait les animer, mais en même temps je ne vais pas l'abandonner dans la merde. Ho et puis merde... Je m'élance sans voir une main qui me laisse deux lacérations sur la joue. Douleur vive, mais vite passé sous silence quand je me dis que je vais foncer dans le tas. Avant d'être au contact je préviens de mon arrivée prochaine en gueulant.

- Mec ! Tends le bras !

Je ne sais pas si il ma entend du ou compris car les grognements et gargouillis ambiantes ont été comme amplifié il y a quelques instant. Mon élan sous les talons j'arme un Arcus qui me serre à libérer le chemin des morts-vivants qui se trouvent immédiatement sur mon chemin. L'un d'eux explose comme une bombe à eau quand Cloud le frappe. J'en reçois sur la joue en fermant un œil de dégoût. Il est là sur le sol mais je n'ai pas le temps de le détailler. J'attrape ce qui passe à ma portée de ma main droite. Manche ou col de veste, mais je cherche à soulever pour éviter de nous ralentir. Un saut, prise d'appuie sur la face d'une de ces abominations et vole quelques secondes avant d'atterrir sur le toit d'une bicoque sans étage. Les genoux pliés pour amortir au mieux j'ai du mal à me stopper, surtout en retenant l'autre gars pour ne pas qu'il glisse n'importe où.

Ce n'est pas un poids mort, mais il semble complètement épuisé comme si il avait été vidé de son énergie. Serait-ce le pouvoir du type là-bas ? Il utilise les zombies pour piger ses victimes et aspirer leur énergie vitale. Son teint est pâle et on pourrait le croire mort si il ne respirait pas comme sportif pour reprendre son souffle. Profitons en pour faire connaissance pendant qu'on est encore en sécurité. Bien que je reste sur mes gardes quand aux actions de l'autre ombre.

- Comment tu t'appelles ? Tu connais ce type ?

Autour de nous, sur les côtés de la maison c'est l'agitation. Les bras battent de l'air et les têtes sont tournés vers nous à claquer des dents. Pour celles à qui il en reste, quoi que.... Étonnamment ce genre de monstre a souvent une dentition de très bonne qualité... "Pour mieux te manger mon enfant". Je ne pense pas qu'on va pouvoir rester là longtemps. Les monstres grouillent et s'agglutinent alors que certains commencent à escalader leurs camarades pour se rapprocher de nous. Sous les tuiles du toit quelque chose se met à pousser, comme un geyser prêt à jaillir. Je ne saurais préciser de quoi il s'agit, mais mon sang ne fait qu'un tour. L'atmosphère oppressante qui entourait l'être mystérieux c'est amplifiée, provoquant une longue série de frisson qui me parcourent la colonne. Mon regard se fixe sur lui, en cherchant son regard, sans arriver à le croiser et doutant presque de sa présence. Je ne crois pas qu'il ai bougé, mais je ne suis pas non plus certain qu'il se trouve bien là où je regarde.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Sam 10 Mar 2018 - 12:04
Le contenu de son estomac se déversa sans crier gare sur les tuiles de la maisonnette abandonnée. Quelques contractions stomacales plus tard, Garry s'essuya la bouche. Il essayait tant bien que mal de se remettre de cet abominable spectacle qu'il avait lui même orchestré... Sans compter l'état de nécrose avancé que lui avait fait subir l'inconnu sur le toit d'en face. Son pouvoir était aussi puissant qu'il était étrange. Ses capacités ressemblaient à celles de l'écrivain, après tout il l'avait vidé de son énergie tout en nécrosant la chair de ses mains. Heureusement qu'à Dreamland ce genre de problème guérissait, aussi lentement fut-il, car sinon il aurait perdu ses deux instruments favori. Ses mains.

- C'est moi qui... Ai fait ça ? 

Toujours sous le choc, il n'arrivait pas à accepter que son propre pouvoir puisse être aussi destructeur et absolument dégueulasse. Il avait éradiqué une bonne dizaine de zombies et blessé le double sans même en avoir eu la volonté. Son instinct semblait être celui d'un survivant capable du pire pour rester en vie. Traumatisme. Il fixait depuis le début les tuiles souillées par son repas presque digéré qui glissait lentement mais sûrement vers les gargouillis et autres borborygmes des créatures en putréfaction. C'est alors qu'il prit conscience de la situation. Il n'était plus au milieu du tumulte, il était même en sécurité. Et cela grâce à l'inconnu. Il avait bravé la foule de griffes tranchantes pour le sortir du pétrin... A cet instant, il lui voua une admiration sans faille et son regard s'embruma d'émotion. Son corps était lourd, mais il releva la tête pour regarder son nouvel ami qui paraissait excessivement inquiet -à raison-. Le jeune écrivain était encore trop faible pour se révéler et n'avait toujours pas retrouvé de sensation dans les mains. Ses doigts étaient toujours noir-bruns et sentaient mauvais. Ce n'était pas normal, la guérison aurait du être plus rapide. Serait-ce dû au pouvoir du présumé nécromancien qui l'a attaqué ? Probable.

- Comment tu t'appelles ? Tu connais ce type ? 

Il est vrai qu'avec toute cette agitation il n'a pas eu le temps de révéler son nom. Quel manque de civisme. Toujours assis sur les tuiles, il soupira avant de répondre à ses questions.

- G... Garry. Merci de m'avoir sauvé...

Il regarda en direction de l'humanoide aux fringues virevoltantes. Il n'avait pas bougé et semblait les fixer. Pourquoi restait-il si silencieux ? Si immobile ? Garry cru apercevoir le blanc d'un sourire sadique et détourna aussitôt les yeux pour terminer de répondre.

- Euh non, mais je pense que nous ferions mieux de fuir en quatrième vitesse...

Sur ces belles paroles pleines de bon sens, il tenta de se redresser, mais trébucha lorsque sa cheville s'enfonça dans un trou causé par une main griffue. Elle l'agrippa de toutes ses forces et il cria, plus de peur que de mal, bien que les ongles crasseux ne s'enfoncent dans sa chaire, laissant un sillon sanglant couler dans sa chaussure. Elles avaient réussis à monter si haut dans la maison ?! Il tenta de se défaire de cette étreinte mortelle en donnant des coups de pieds. Inutile. Il était trop faible de base, mais encore plus maintenant qu'il était vidé de son énergie. La maison trembla, non, toutes les maisons tremblaient, le sol, la végétation, le monde frissonnait.

- J'ai cru comprendre que mes créatures t'appréciaient, Voyageur, aussi t'accorderais-je le privilège de venir grossir les rangs de mon armée. Quant à ton ami, son sort ne sera pas aussi enviable.

La voix semblait provenir de partout à la fois, il n'avait pas bougé, mais on pouvait à présent distinguer clairement son sourire carnassier. La panique lui faisait oublier la douleur dans sa cheville et l'insensibilité de ses mains. Il se débattait comme un beau diable, peu importe ce que ça signifiait, il refusait de finir en chaire à canon pour un inconnu détraqué. Les tremblements de terre s’intensifièrent.

- Mais vous êtes qui ?! Pourquoi nous attaquer ?!

Bérénice lui avait pourtant expliqué le fonctionnement de ce Royaume. Elle lui avait bien précisé que tant qu'il restait dans les districts les plus hauts il ne risquait rien. Alors pourquoi est-il tombé sur un tel énergumène ?!

- On m'appelle le Façonneur. Je tue pour le plaisir, et pour constituer une armé capable de renverser Chiron !!


Il se mit à rire comme un dément en élevant les bras au ciel, comme s'il implorait la lune de donner naissance à sa créature favorite. Et son vœux fut exhaussé. Un monstre de 3 mètres de hauteur, composé de cadavres soudés les uns aux autres, elle était large, puante et grognante. Elle était née de l’amas de zombies en contre-bas et maintenant qu'elle était là, les tremblements cessèrent.

- Jamais personne ne m'a échappé, n'espérez pas vous en sortir... Toi, le grand, je te viderais de ton énergie avant de t’insuffler une parcelle de mon essence pour te redonner vie, et je t'obligerais à te délecter de la chair de ton ami !!!


Nouveau rire de dément. Cette scène ressemble tellement à celles dans les films où le grand méchant révèle ses plans, laissant le temps aux héros de prévoir le leur afin de triompher du mal. Et en effet, il avait expliqué au moins en partie le fonctionnement de ses pouvoirs, expliqué dans quel ordre il comptait procéder, et perdu du temps en longues palabres et autres ricanements.

Pourtant, Garry n'avait à aucun moment eu ne serait-ce que l'idée de concocter un plan de survie. Il était toujours tenu fermement par ce bras décharné. Il fixait, horrifié, la créature cauchemardesque qui venait de naître des entailles de l'enfer, et s'était persuadé qu'il n'existait plus aucune chance de survie. Il commençait même à se faire à l'idée que mourir était probablement la meilleure des solutions pour échapper à cette désavantageuse situation....
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Dim 17 Juin 2018 - 3:56
Dans ce genre de moments le temps passe étonnement vite, c'est affolant, j'ai le cœur qui bat la chamade et les sens en alerte. Des craquements dans tout les coins, des gargouillis de morts-vivants et des rires machiavélique. Mon compagnon d'infortune s'appel Garry, c'est la seule info que j'ai et les propos de la créature ombreuse tendent à confirmer qu'ils ne sont pas de mèche.

- La fuite me paraît compliquée mec ! Ces choses sont infatigables et elles ne nous lâcherons pas de la nuit. Il va falloir se battre et s'occuper du meneur.

Créature qui dévoile ses projets nous concernant, nous voyant déjà comme des insectes faciles à écraser. Ce qui n'est pas vraiment pour me faire plaisir, bien au contraire et je me vois mal ne pas réagir. La possibilité d'une fuite n'est plus vraiment en haut de ma liste, après tout, ce genre d'invocateurs ou de nécromanciens peuvent se retrouver démunis si on les attaques directement. Ce serait donc la meilleure solution, utiliser le point en hauteur que nous avons encore pour atteindre cet enfoiré.

L'écoulement du temps reprend son court quand le toit rompt sous la force d'un revenant qui fait passer sa main et saisie Garry par la jambe. Je me jette sur eux, attrape le poignet ainsi que la main et applique une rotation sur ces derniers pour briser l'articulation. Ceci fait, j'arrive sans trop de problème à défaire sa prise et me retourne vers mon camarade en me redressant et lui adresse mon point de vue.

- D'après ce que dis l'autre connard là-bas ses créations t'aiment bien, je sais pas ce que ça implique, mais il va falloir que tu les retiennes ici. Cette chose a essayé de t'attraper, mais n'a pas mis beaucoup de force pour t'attirer à elle. Soit elles ont peur de toi, soit elle te considèrent comme pas comestible ou bien considèrent que tu es l'un des leurs. Je connais pas ton pouvoir et on a pas forcément le temps d'échanger là dessus, mais est-ce que tu penses pouvoir les gérer ?

En attendant sa réponse je me retourne vers l'autre bord du toit où des créatures commencent déjà à arriver. Je frappe une mâchoire, explose un crâne avec mes deux poings dans un bruit dégoûtant et évite des griffes qui traversent le sol avant de shooter dedans de toutes mes forces. Avec tout ce brouhaha ambiant je ne sais pas si le psychopathe de ce soir continue de déblatérer des conneries, mais je le cherche du regard pour être sûr de savoir où il va falloir que je saute. Mais oreilles n'attendant que la décision de la grande perche avant que je m'élance.

- Ok, et bien pour que ça se passe bien, trouves un moyen de les retenir sans te faire choper, sinon bah... Fuis. A tout de suite ! Dis-je en penchant la tête sur le côté pour appuyer l'aléatoire de la réussite du plan.

Sans plus en dire je prend de l'élan depuis l'extrémité du toit, installe mes patins et je m'élance pour traverser la rue d'une seul bond. Ce qui arrive, mais pas à la bonne hauteur, manque d'élan ou départ beaucoup trop bas, le résultat est le même. Ma main accroche le rebord d'une fenêtre située au deuxième étage et je ne perd pas de temps pour pour poser un pied sur le mur. Plus ou moins stabilisé je force sur mes prises, bondis sur le rebord juste pour reprendre une impulsion et poser enfin la main sur le sommet de la maison.

Mon pied enfin posé sur le toit qui soutient le façonneur que je le vois me faire face et là je le discerne parfaitement dans l'obscurité de ses vêtements. Un sourire carnassier et deux lueurs jaunâtres qui lui servent sûrement d'yeux. Il est au milieu du toiture et ne bouge pas d'un pouce quand je me rapproche.

- Alors, comme ça on vient chercher sa mort la tête haute ? C'est très courageux, mais crois tu que je suis réellement sans défense pour t'approcher ainsi du Façonneur ? Regarde ! Et... Regrette !

Sur ces mots, la créature déploie les deux pans de sa cape comme un dealer qui montrerait sa marchandise, sauf que ce ne sont pas des babioles qui s'y trouvent. Non, ce sont deux petits squelettes, accrochés chacun de leur côté. Le Façonneur prononce une phrase qui m'est complètement incompréhensible, mais qui anime ces deux petites choses. Elles tombent à terre en tenant sur leurs pieds. L'une tient un grand couteau de cuisine façon psychose alors que l'autre est armé d'une serpe. Je n'avais effectivement pas pensé qu'il pourrait avoir une garde rapprochée. Mais ce ne sont que des squelettes, je vais partir du principe qu'ils ne vont pas être durs à mettre en pièce.

Je n'ai le temps de faire qu'un pas alors qu'ils sont déjà sur moi. Chacun d'un côté et dans une synchro parfaite tentent de me trancher la tête après avoir bondit. Ils ne doivent être plus grand que des enfants et j'ai comme un soupçon de dégoût à ce qu'on utilise de si petits corps pour commettre des crimes. Cloud explose autour de nous alors que je me baisse et que leurs lames s'entrechoquent. J'écarte les bras de toutes mes forces et les éjectent tout deux hors de la brume, mais je m'en veux immédiatement, car j'aurais dû n'en repousser qu'un. Enfin... Ce qui est fait est fait. J'attends le second assaut en espérant que Garry s'en sort lui aussi de son côté.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Dim 8 Juil 2018 - 19:30
Alors qu'il s'était résigné à attendre que la mort vienne l'arracher au monde des rêves, Garry s'en retrouva libéré de l'étreinte douloureuse du mort vivant. Il n'avait pas perdu de temps pour remonter loin de ce trou d'où sortait déjà une nouvelle main en quête d'une cheville à béqueter.

-D'après ce que dis l'autre connard là-bas ses créations t'aiment bien, je sais pas ce que ça implique, mais il va falloir que tu les retiennes ici. Cette chose a essayé de t'attraper, mais n'a pas mis beaucoup de force pour t'attirer à elle. Soit elles ont peur de toi, soit elle te considèrent comme pas comestible ou bien considèrent que tu es l'un des leurs. Je connais pas ton pouvoir et on a pas forcément le temps d'échanger là dessus, mais est-ce que tu penses pouvoir les gérer ?

Cette proposition semble irréalisable. Garry ? S'occuper d'une si grosse bestiole ? Et de tous ces monstres affamés ? Décharnés ? Brrrrr... Alors qu'il s'apprêtait à refuser catégoriquement, il voit son camarade décocher des coups de poings et esquiver d'autres griffures. Comment pouvait-il être aussi égoïste ? Il n'avait pas le droit de laisser tomber, pas pour lui-même, mais pour son nouvel ami. Il n'était pas le seul impliqué dans cette malencontreuse aventure, que dis-je, mortelle aventure. Serrant les poings et se mordant la lèvre, sachant qu'il allait regretter sa décision, il releva un regard humide et incertain vers le dénommé Tommy.

-Je... Je vais faire de mon mieux...

Il lui répondit en lui donnant quelques conseils et s'en fut aussitôt, prêt à en découdre avec le grand vilain méchant. Maintenant, il faudra qu'il assume ses dires. Pour commencer, il se remit debout, sur ses deux grandes jambes tremblante, et examina la situation. Il était déjà seul sur le toit qui menaçait de céder à tout moment, mais le point positif, c'est que le nombre de morts vivants avait significativement diminué. Et pour cause ! Se dressait maintenant face à lui une imondice sans nom ! Une créature dont la tête avait la circonférence de son bras et atteignait le haut de la maison. Il voyait en détail les traits boursouflés et putréfiés de la chose, ses orbites vides n'y voyaient rien, mais semblaient le fixer. Sa gorge déchirée laissait échapper un son guttural, un grognement de douleur constant. De ci de là on voyait quelques morceaux mal placés, quelques visages, bras ou jambes d'autres morts-vivants dont il était constitué, ajoutant encore à son irrésistible charme cadavérique monstrueux.

La respirant de l'écrivain accéléra alors qu'il effectuait un combat de regard avec la chose. Le tumulte des morts vivants au sol avait cessé, on n'entendait plus que le chant mélancolique du monstre et les coups de lames portés par les adversaires de l'autre voyageur. Chacun son combat à présent. Transit de peur, Garry réfléchissait à une vitesse folle. Comment pourrait-il se débarrasser de 3 mètres de hauteur de cadavres recomposés ? Comme la créature ne bougeait pas et se contentait de gémir, il tenta de communiquer.

-T-Tu sais, nous ne sommes pas obligés d'en arriver là...

Il montra la paume de ses mains encore noircies par la putréfaction avancée du Façonneur en guise de paix, pour lui faire comprendre qu'il ne lui voulait pas de mal. Sans pour autant être certain que la créature n'ai ne serait-ce que la capacité de le comprendre. Elle ne bougeait toujours pas, en vérité, elle lui faisait même pitié, comme un enfant en manque d'attention...

-Je crois que Tommy a raison quand il dit que tu ne me veux pas de mal... Je ne t'en veux pas non plus, du mal, hein...

La chose sembla confirmer en émettant un borborygme disgracieux, comme si elle tentait de communiquer mais que sa gorge était remplie de pus -ce qui était probablement de cas-.

-Je... Je crois que nous pourrions travailler ensemble, non ? Je n'ai pas l'impression que tu apprécie la vie que tu as... Enfin... C 'est l'effet que tu me donnes...


Il semblerait que Garry ait touché un point sensible, car la créature émit une plainte à déchirer le cœur, baissant le menton... Puis se redressa en tendant les mains autant que possible sur le toit. Des tuiles lui tombèrent dessus, mais il ne s'en formalisa pas, tentant toujours plus de se rapprocher du voyageur déstabilisé. La charpente craquait dangereusement, le toit était sur le point de céder !

-Ok ok ! Doucement ! Je... Je vais me rapprocher ok ? Mais s'il te plaît, ne t'appuie pas là. Sinon tu vas me faire tomber, tu veux me faire tomber ?

Immédiatement, la chose retira ses mains du toit et recula d'un pas, comme s'il se sentait coupable. Les traits de son visage ne changeaient pas, il ne montrait aucune émotion, pourtant, tout dans ses gestes respiraient la culpabilité et l'envie d'aider. Ce qui, ma foi, était très curieux venant d'une créature fabriquée de toute pièce pour tuer. Le créateur avait du foirer quelque chose...

Le jeune homme se rendait bien compte du ridicule de la situation. Il conversait avec une créature inhumaine sensée le tuer bordel !!! Il avait tenté sans être convaincu que cela puisse réussir. Et voilà où il en est maintenant... Finalement, si on mettait de côté son apparence repoussante, sa taille gigantesque et son odeur fétide, la chose n'était plus qu'un enfant, seul, et apeuré. Qui semblait voir en Garry le père tant attendu. Et il en avait conscience... C'était sans doute l'occasion ou jamais de triompher du Façonneur, et par la même occasion de sauver la vie de l'autre voyageur.

-Ecoute, que dirais tu si je t'appelais Casper... ?

Il parlait tout en s'avançant vers le bord du toit, sans détacher son regard du renommé Casper. Ce dernier trépignait littéralement, signe d'une forme d'excitation. Apparemment, cela lui convenait. Garry avait vu juste, il n'avait pas eu le droit de porter un nom. Pourquoi Casper ? C'est le premier nom qui lui était venu à l'esprit, c'est aussi l'une des rares créatures qu'il avait vu dans un film sans avoir eu trop peur, alors...

-Alors Casper, tu vois là-bas ? C'est mon ami. Il faudrait l'aider, car l'autre monsieur, c'est un... Bah, un méchant quoi.

En disant cela, il avait regardé dans leur direction. Le rouquin semblait être en mauvaise position, les squelettes contre lesquels il se battait n'étaient pas de simples morts vivants... Il tressaillit et se jura qu'il réussirait à le sauver.

-Tu veux m'aider ? Je pense savoir comment mettre fin à ta souffrance... Je te promets que je ferais tout pour que tu n'ai plus mal, Casper.

Il disait la vérité, bien qu'il n'était pas convaincu que son idée soit la bonne. Si la créature était née des mains du Façonneur, elle devrait disparaître si ce dernier disparaissait non ? C'était son hypothèse, il ne retait plus qu'à la faire vérifier. La nouvelle question à présent, c'était comment s'y prendre ?

Et alors qu'il entrait en mode réflexion, il n'avait pas vu la grande main décharnée s'avancer vers lui, le saisir sur toute sa longueur et le soulever du toit.Il était bien trop pétrifié pour réussir à crier, et se dit qu'en fait, il avait eu tout faux. C'est con de mourir aussi bêtement, quand même... Il aurait dut fuir, simplement... Ça lui aurait évité de croire qu'il s'était lié d'amitié avec un monstre, de croire qu'il pouvait faire et surtout réaliser de bonnes actions, ça lui aurait évité tellement de chose..... Il ferma les yeux, prêt à se réveiller en croyant avoir fait un cauchmars.

Mais non. La pression sur son corps disparut, bien que l'odeur nauséabonde restait. Il était paisiblement installé sur l'épaule du géant qui, s'il le pouvait, sourirait. Garry se sentait bien con, pour tout un tas de chose, et luttait péniblement contre son envie de vomir. Il serait malvenue de sa part de dégobiller sur son nouvel « ami »...

-Euh... Et bien... Soit. A-Allons y...

Sans conviction aucune, il fit signe vers l'autre toit où se déroulait le combat acharné. Le Façonneur, bien trop occupé, n'avait pas encore remarqué que sa précieuse créature s'était retournée contre lui. En la voyant arriver, il lui ordonna de finir le boulot de ses marionnettes.

-Occupe toi de lui, créature !

Il semblait ne pas supporter que sa présumée victime se débatte si longtemps, n'était-il pas capable de lui faire perdre son énergie ? Comme il l'avait fait à Garry ? Il y avait anguille sous roche, ce devait être une des failles de ses pouvoirs, et Tommy ne pouvait pas être affecté ! Sans doute était-il capable de retourner les pouvoirs des voyageurs contre yeux, hors le jeune homme ne possédait pas de pouvoirs, mais des compagnons...

Casper s'immobilisa devant son créateur et c'est à ce moment que celui-ci vit l'écrivain perché sur son épaule. L'homme malfaisant, décontenancé, perdit momentanément le contrôle de ses squelettes. Le fait que son attention ne soit portée ailleurs offrit une opportunité à Tommy. Et avant même que qui que ce soit n'ait le temps de dire quoi que ce soit, Casper saisit son créateur d'une main, et serra, encore plus fort, jusqu'à ce que ses os ne craquent. La créature tourna la tête, comme pour remercier le jeune homme avant de broyer définitivement le Façonneur. Instantanément, il tomba en morceaux. Chaque revenant qui le composait était maintenant séparé, et cette fois ci, inertes pour de bon. Leur créateur décédé, ils n'avaient plus la capacité de « vie ».

Garry se trouvait au milieu des corps en putréfaction, immobile. Il regardait ses mains qui reprenaient peu à peu leur couleur naturelle et reprenaient leurs sensations. Au fond de lui, il espérait que les choses se passent ainsi, pour que le calvaire de Casper s'achève, mais même si ce fut cours, il s'était attaché à cet être doué de sensibilité. Il avait un noeud dans la gorge et une envie folle de pleurer.

Mais, il était en vie. Et Tommy aussi.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Mer 11 Juil 2018 - 3:15
Le combat est acharné contre ces deux squelettes. L'un fait une feinte d'un côté pour attirer mon attention alors que c'est l'autre qui cherche vraiment à me tuer. Après que je les ai éjecté, l'une des deux c'est mise à tourner autour de Cloud en tapant le sol un peu partout. C'est alors que je tournais comme un gland sur moi même jusqu'à ce que Cloud soit franchi par la seconde marionnette, par au-dessus. Au travers de mon brouillard je sens la forme de la serpe qui tranche la brume à la verticale, je me jette sur le côté et le nuage passe de purée de pois à semelles en un instant. Un Arcus au poing, je fais demi tour en glissant au ras du sol et je repars à l'assaut. Je tente d'avoir celui au couteau qui vient de prendre appuie sur son camarade, mais cela ne suffit pas. La serpe manque de me planter et je ne peux que parer le couteau sans attaquer. Je suis vraiment en mauvaise posture.

L'Arcus est quasiment inefficace et prendre des coups pour les électrocuter ensuite serait encore plus inutile. Il faut que je m'en prenne absolument à leur créateur. En réfléchissant à ça j'attrape le bras tendu vers mon cœur et fait tourner le gosse à la serpe autour de moi pour le faire frapper son collègue qui tentait de m'avoir par derrière. L'un des deux perd un bras sous le choc est me laisse un instant en un contre un avec le petit à la serpe. Alors qu'il a les pieds sur mon torse j'arrive à saisir son poignet à deux mains en saisissant l'articulation et la main que je retournent contre lui. Avec un petit mouvement du couteau j'arrive à séparer la tête de la colonne vertébrale et le tueur s'en va courir après sa tête comme un gosse après sa balle. J'en profite pour regarder derrière moi et voir un seul et même zombie apparemment composé de ses paires s'approcher de notre toit. Mais je ne vois pas exactement Garry.

Juste derrière moi, me rappelant à mon combat, le nécromancien semble faire appel à je ne sais qu'elle nouvelle capacité. Les deux squelettes se démembres complètement pour se rassembler en un seul et même tas qui vibre doucement avant de se monter pièce par pièce. Les jambes s'assemblent en premier avant les hanches et la cage thoracique. Tout semble plus épais et puis puissant, chaque membre se retrouvant doublé et plus imposant. Le squelette qui se dresse face à moi me semble tout à coup insurmontable. Des bras aussi larges que si ils étaient fait de chaire avec au bout de chaque bras une des armes des marionnettes précédentes. Essayant de ne pas attendre que le tout soit complètement solidifié, mais il est déjà trop tard car je me fait coincer. Les deux armes m'attaquent les épaules à la verticale et je les bloque in extremis alors qu'après deux secondes d'affrontement de force brut la créature semble bridée. Comme bloqué dans son assaut.

Un souffle roque et difficile m'interpelle en me sortant de mon combat, le gigantesque mort vivant de tout à l'heure vient de se rapprocher de la maison sur laquelle je me trouve. C'est là que je retrouve l'autre voyageur, sur l'épaule de la bête qui ne semble pas à l'aise, mais fait de son mieux pour ne pas tomber. Le nécromancien lui ordonne de m'anéantir, au même moment les bras du squelette nouvellement formé m'enlacent pour me bloquer sur place. Sauf que le bras putréfié qui me passe au-dessus de la tête ne s'y arrête pas et continue son petit bonhomme de chemin avant de provoquer un grognement de haine. S'en suis des cris de souffrance qui se finissent en un craquement sourd... Le sbire qui me servait d'adversaire finit par tombé en morceau alors que son créateur pousse son dernier souffle.

Ce qui reprend le plus rapidement place dans cette partie du cimetière ce n'est pas le calme ou la vie, mais bien le silence. Il en devient presque perturbant tellement il est complet. Je m'avance vers le bord du toit et regarde ce qui arrive à mon camarade. Le grand gaillard ne semble pas être très à l'aise au milieu de ce décor. Je le vois presque aussi immobile que les corps qui l'entourent, à la seul différence que lui se tient debout. Je me décide à le rejoindre après avoir jeté un œil au deux armes qui gisent sur les tuiles, jamais parfaitement convaincue par une disparition inopinée de mes adversaires. D'un bond, me voici au sol et j'enjambe les cadavres pour m'approcher du grand voyageur et me placer à sa droite en silence pendant un temps avant de briser ce sinistre silence.

- Bravo, on s'en est bien sortie et c'est grâce à toi, j'y aurais peut-être laissé ma peau à plusieurs reprises sans toi... Au moins il ne seront plus les larbins de ce mec... Plus qu'à espérer qu'ils reposent en paix à présent.

Je laisse passer un peu de temps, prêt à écouter ses états d'âme si il en a à me partager puis je lui propose que l'on s'éloigne quelque peut de ce champs de morts. Toujours une clarté aussi mince avec ce seul éclairage qu'est la lune. Je prend les devants et me dirige vers une sortie de la ville ne sachant pas trop si je vais trouver quelque chose pour me poser quelques instants et souffler. Finalement je trouve un banc sur lequel me poser et je laisse mon regard aller de maisons en maisons une fois que j'ai trouvé ce dernier. Certain que rien de dangereux ne se profil dans l'immédiat, je bascule ma tête en arrière vers le ciel et expire enfin de soulagement. Les zombies ça fait vraiment partie des entités que j'apprécie le moins...

Pourquoi j'ai ce sentiment désagréable qu'il y a encore des êtres vivants dans cette saloperie de village ? Je deviens parano ?
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Ven 7 Sep 2018 - 17:45
Seul. Au milieu du carnage. Debout. Dans le silence angoissant. Plus rien ne traversait son esprit, il était comme... Éteint. Casper avait probablement enfin trouvé le sommeil éternel, le doux, le reposant sommeil éternel. Le Façonneur n'avait eu que ce qu'il méritait... Il restait planté là, au milieu des corps dégoulinants, faisant fi de l'odeur putride qui empoisonnait l'air. Il fixait un point invisible, comme perdu dans ses pensées. Le nœud dans sa gorge empêchait les larmes de couler. Pleurer... Pour la disparition d'un être auquel il s'était attaché ? Ou peut-être de l'improbabilité de sa survie face à une créature aussi puissante ? Ou encore le fait qu'il soit toujours en vie, alors qu'il y ai tant de morts éparpillés autour de lui.

Il n'avait même pas remarqué la présence de Tommy qui s'était positionné sur sa droite. Ses oreilles bourdonnaient à cause du traumatisme, aussi ne l'avait-il pas entendu arriver, même son odeur était masquée par la pourriture des cadavres. C ;'est pour cela qu'il sursauta quand il prit conscience de sa présence, alors qu'il se mit à parler.

-  Bravo, on s'en est bien sortie et c'est grâce à toi, j'y aurais peut-être laissé ma peau à plusieurs reprises sans toi... Au moins il ne seront plus les larbins de ce mec... Plus qu'à espérer qu'ils reposent en paix à présent.

Grâce à moi ? Mon cul ouais. J'ai rien fait à par pleurnicher et prier pour ma vie... Comme d'habitude... Je ne suis qu'un fardeau. J'aurais du y rester...

-Euh... Ou..Ouais, bravo... Mais j'ai pas fait grand chose, comparé à toi. Tu es vraiment fort, Tommy. Euhm... Merci de m'avoir secouru, tout à l'heure...

Il lui tendit la main afin de le remercier convenablement, lui offrant un sourire timide. Mais avant que son interlocuteur n'ai le temps de la saisir, il se ravisa en faisant un large pas en arrière. Il trébucha sur un morceau de corps et tomba de nouveau sur son train arrière, sa chute amortie par les viscères d'un cadavre quelconque. Il ne s'en formalisa pas le moins du monde, bien trop préoccupé de retrouver ses gants avant du mal à qui que ce soit ! Il marmonnait en litanie « me gants... Mes gants... ». En apparence anormalement effrayé, il tâtonnait par terre comme s'il avait perdu ses lunettes. Il se redressa soudain en se rappelant les avoir retiré lorsqu'il était encerclé. Sans un regard, sans une parole, il se dépêcha de les retrouver au centre du cercle de cadavres liquéfiés dont il était la cause... Il les enfila prestement alors que Tommy l'avait rejoint pour lui proposer de s'éloigner de tout ce carnage. Comme s'il avait deviné ce dont Garry avait besoin...

Il le suivit donc sans opposer la moindre résistance, et tous deux se dirigèrent vers la sortie du village en silence. Garry n'arrêtait pas de tripoter ses gants, de les rajuster, mal à l'aise à l'idée du massacre qu'il venait d'orchestrer, mal à l'aise à l'idée de blesser quelqu'un d'autre...

Le rouquin s'assit sur un banc, à l'écart des corps, et sembla se mettre à l'aise. N'était-il pas perturbé par ce qui vient de se passer ? N'était-ce qu'une promenade de santé pour lui ? Garry restait debout, à le fixer, comme s'il avait envie de parler, mais qu'il se retenait. Il ne se rendait pas compte combien ce pouvait être étrange. De fixer ainsi une autre personne...

-Je... Je tiens à te remercier Tommy... Si... Si tu n'avais pas été là, je serais sûrement encore entrain de faire l'autruche, ou pire.. Je serais mort. Ou transformé en zombi.. J'ai pas tout compris. Tu as su trouver les mots pour me donner une raison de me battre, ou du moins, de ne pas baisser les bras... Je suis loin d'en être fier, mais tu as sûrement remarqué que je ne suis pas le plus courageux des voyageurs... Enfin, tout ça pour dire, que je suis ravi de t'avoir rencontré, Tommy.

Il ponctua son long monologue d'un léger sourire, gêné. Il n'est pas un grand habitué des relations sociales, aussi n'arrive-t-il pas à aller droit au but, tournant encore et encore autour du pot.

Bien que le ciel soit dégagé, la brume dans la ville déserte semblait s'être épaissie, comme si quelque chose de pire encore les attendait. La lune baignait la scène d'une lueur bleu pâle, tandis que l’atmosphère s'alourdissait. Garry commençait à ressentir quelque chose qu'il ne sut identifier, mais plus l'air devenait lourd, plus ce sentiment ressemblait à de la peur. Mais pourquoi ? Il n'y avait encore rien, il ne voyait encore rien ! Rien n'expliquait ce changement. Pourtant, même tétanisé, il ne pouvait s'empêcher de fixer la brume épaisse qui masquait le village.

D'abord, une lueur verdâtre qui n’augurait rien de bon. Puis une vision d'horreur : un squelette gigantesque d'où émanait comme des flammes d'un vert malsain, juché sur le dos d'un immonde cheval aux orbites vides, des lambeaux de chair pendant de ses innombrables blessures. Une scène horrifique, digne des pires cauchemars que John Snow ait pu faire après sa rencontre avec les marcheurs bancs. Ses petits yeux vert brillaient derrière son casque de guerre orné de cornes de démons. Mais ce ne fut pas lui qui prit la parole en premier, mais un petit être semblable à un enfant, couvert de tâches rouges. Il ne devait pas avoir plus de 11 ans en âge humain, cheveux bruns, courts, habillé de lambeaux.

-C'est lui, Monsieur le Général !

Il pointa du doigt les 1m95 du voyageur debout et terrorisé, qui n'arrivait même plus à cligner des yeux tant la terreur le paralysait.

-Je vois. C'est donc toi le Voyageur qui a mit fin aux agissements du Façonneur ?

Il resta sans réponse, et descendit de sa monture. Sa voix était grave, très grave, mais son ton n'était pas menaçant. Malgré tout, son imposante carrure et ses aspects de La Mort ne mettaient pas du tout en confiance. Il s'approchait, lentement, un pas après l'autre, des deux voyageurs.

-Tu as sauvé ce village, Voyageur. Et ses habitants t'ont vu à l’œuvre. Il semblerait que nous te devions des remerciements. Le Seigneur Chironheim sera sans doute ravi de te rencontrer à cet effet.

Il ne lui voulait visiblement aucun mal, pourtant Garry n'arrivait pas à desserrer ses dents crispées et à bouger ne serait-ce qu'un muscle, il était effrayé jusque dans ses os. Comme si une force sombre émanait de la créature des rêves. Il voulait fuir, partir, se cacher, comme il sait si bien le faire, mais ne pouvait rien faire de tout cela, seulement regarder le fameux Général se rapprocher. Il pouvait maintenant voir une épée gigantesque dans son dos, et les détails de son armure... Tout chez lui suintait la peur !

Toujours en arrière plan, la brume se dissipait à mesure que de nouvelles personnes, -ou créatures-, en sortaient. Vraisemblablement les habitants de ce village... Certains avaient la peau couverte de pustules, d'autre du sang sortant de la bouche, d'autres encore semblaient abattus, fatigués,... Mais tous ressemblaient plus ou moins encore à des humains. Qua Rantaine... Quand on y réfléchit bien, ça fait très quarantaine. Mise en quarantaine..... DES MALADIES ! Les habitants devaient être des représentants des maladies terrestres -et peut-être oniriques-, nés des cauchemars...

Il était maintenant juste devant lui, le dépassant de presque 1 tête alors que le jeune écrivain se croyait déjà bien grand. Il leva une main recouverte d'un gantelet griffu et la déposa sur son épaule.

-Je ne te veux aucun mal, Voyageur. Cesse donc d'avoir peur.

Facile à dire ! Après ce que j'ai vécu rien qu'en une demi-nuit ! C'est un squelette géant qui dégage une Aura surpuissante venu du plus profond des enfers qui m'annonce que c'est « wesh mon pote » ! Non mais il est bien connu que les morts sont amicaux voyons haha..haha...

Pourtant, quand sa main se posa amicalement sur son épaule, Garry sembla se détendre, comme si la chape de malaise, de crainte et terreur coulait lentement hors de lui. Ce n'était sans doute pas son pouvoir, sinon il serait bien ridicule en temps que Général de ce Royaume. Mais peut-être était-il capable de diminuer la crainte qu'il inspirait... ? Quoi qu'il en soit, le jeune artiste retrouva l'usage de la parole.

-V... Vous ne nous voulez aucun mal... ? Euhm. Très bien... C'est agréable à entendre... M...Mais je ne suis pas seul, voici Tommy, c'est avant tout lui qu'il faut remercier ! Sans lui...

-Comment ? Héroïque et modeste. Je ne vois pas comment un être tel que... Lui, aurait pu ne serait-ce que tenir tête au Façonneur.

On lisait clairement du dégoût dans sa voix lorsqu'il parlait du manieur. Ils étaient deux étrangers, alors pourquoi préférait-il l'un plus que l'autre ?

-Je vous assure ! Il a été bien plus héroïque que je ne l'ai jamais été !

-Soit.

Sa voix trancha, laissant le sujet clos.

-Quoi qu'il en soit, le Seigneur de La Mort vous attend. Je serais votre guide et votre escorte jusqu'à la frontière de son Palais. Permettez que je me présente, Athos, premier Général du Seigneur Chironheim Noctis.

Sur ces mots, il leur tourna le dos pour revenir à sa monture. Garry voyait alors tout le village, ou du moins ce qu'il en restait, qui le fixait, en adoration. Il n'avait rien fait ! C'est Tommy qu'il fallait remercier ! Il regarda alors ses mains gantées. Avait-il enfin trouvé le royaume de sa naissance... ? Tout cela n'avait aucun sens... Bérénice savait-elle que les choses se passeraient ainsi ?

-Qu'en penses tu, Tommy ?
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Mar 18 Sep 2018 - 10:13
Le gaillard qui s'est assied à côté de moi semble très affaiblie psychologiquement, surement peu assurant de nature, je crois qu'il n'arrive pas bien à s'habituer à sa situation de voyageur. Si je n'ai pas bien compris en quoi consiste exactement son pouvoir, je pense pouvoir dire sans trop dire de conneries qu'il vient de se royaume, mais il faudrait que je lui pose la question. L'autre point est que ses capacités doivent passer par ses mains si il avait tant besoin de ses gants pour me serrer la pince, à moins que ce soit un Lagerfeld en puissance ou un hypocondriaque.

- T'as pas à me remercier, c'est normal de s'entraider quand on veut pas la peau de quelqu'un et puis on était dans la même galère, au mauvais endroit au mauvais moment. Pour ce qui est de ton courage, t'es sûrement pas le plus téméraires qui ai arpenté ces terres, mais étant donné que tu as tout de même affronté ta peur d'y rester, c'est déjà une marque de courage. Qui plus est, si ça ne fait pas longtemps que tu découvre dreamland c'est normal de bloquer encore quand quelque chose de ce genre arrive, ça viendra peut-être avec le temps. J'essaye tant bien que mal de le rassurer ayant moi même été paralysé par la peur à plusieurs reprises depuis que je suis devenu voyageur.

Toujours est-il que c'est intéressant d'en apprendre plus sur les autres voyageurs et apprendre à les cerner. C'est un exercice que je pratique de façon presque automatique dans ce monde. Ce qui permet aussi de détecter au travers des autres quand la situation part en couille. Ce qui pourrait bien être le cas.

Le visage de mon interlocuteur s'est crispé et son corps semble vouloir se fondre intégralement dans le banc comme pour s'effacer de la réalité. Autour de nous c'est la brume qui a repris ses droits et recouvre le village en masquant légèrement la lune. Si l'ambiance du royaume peut difficilement devenir plus morbide étant donné le matériel de base, l'atmosphère arrive pourtant à se rafraîchir. Un brouillard qui n'est pas de mon fait commence à s'étendre aux alentours et deux silhouettes s'avancent en fendant la brume. La première que je vois est imposante, presque conquérante avec pourtant une certaine retenue, comme un chevalier qui jouerait les bons seigneurs devant les faibles. J'ai un frisson en pensant cela. Il n'a pas une aura de tueur comme le nécromancien mais sa seule présence suffit à me glacer le sang. Mes jambes veulent que je parte le plus loin possible en les prenant à mon cou, mais mon cerveau à l'intelligence de ne leur laisser aucune autonomie. J'ai le pressentiment que si je ne vais pas dans le sens de cette créature je peux prendre une pelle et commencer à me creuser mon propre trou directement dans le bon royaume.

À côté de lui une créature plus petite et décharnée nous désigne du doigt à ce "Général" qui met pied à terre et vient dans notre direction en jaugeant mon camarade du regard. Son discourt porte sans aucune équivoque sur notre affrontement de la nuit, mais comment ont-il fait pour être déjà au courant ? Ce façonneur était un si gros problème pour le royaume ? On a eu de la chance que Garry arrive à retourner sa créature contre lui dans ce cas. En attendant je perçois la peur palpable qui habite mon camarade et pose une main sur son épaule alors qu'il essaye de me rendre une partie de la gloire de cette victoire. Cela n'a pas vraiment l'effet escompté étant donné que j'ai l'impression d'être perçu comme un déchet par une créature que je ne peux pas remettre à sa place sans y perdre la tête. Mon choix est donc de rester muet, même lorsqu'il annonce que nous devons le suivre jusqu'au château de son seigneur.

- Qu'en penses tu, Tommy ?

La question me sort de mon mutisme paranoïaque, je reprend le plus possible d'assurance que j'ai en stock et me met sur mes pieds. Ces gars veulent le voir et il hésite vraiment à y aller ? Ce qui me fait peur c'est que n'ayant découvert de lui que sa peur presque maladive, si je décide de tracer ma route, qu'elles sont les chances pour qu'il refuse de venir et que la situation change du tout au tout ? Si le problème qu'il a avec moi vient du fait qu'il ne supporte pas les voyageurs en général et tolère les voyageurs de son royaume cela pourrait tout de même tourner au vinaigre si ce dernier décide de désobéir. Il va donc falloir que je me dirige vers un palais inhospitalier pour soutenir un gars à qui j'ai déjà sauvé la vie deux fois cette nuit ? Baaahhh... Ce serait dommage de s'arrêter là pour le laisser dans la panade.

- C'est si gentiment demandé. Si ils veulent te voir autant en profiter pour découvrir ce royaume en toute sécurité, dis-je avec un sourire, pas factis, mais disons... Un peu exagéré. Heureusement que je tourne le dos à l'autre soldat.

J'attends de voir la réaction de mon camarade en lui tendant la main pour qu'il se relève et je me retourne vers la Mort en armure qui fait volte face et s'en retourne vers son cheval. Arrivé à la selle, il pivote à nouveau vers nous et tapote gentiment l'arrière de son cheval en regardant le grand voyageur dans les yeux. Ils sont trop grands ces deux là d'ailleurs, là comme ça je fais minus à côté, s'en ait blasant.

- Si vous voulez bien monter. Nous arriverons plus vite à l'aide de mon destrier.

À la place de Garry je ne serais pas forcément très rassuré, mais le soldat ne lui laisse pas vraiment le choix une fois qu'il a lui même pris place sur le cheval. Il le saisit au col avant de le soulever comme si il n'était qu'un brin de paille et le pose derrière lui sur la selle. De mon côté j'ai bien compris que je serais voué à courir à côté étant donné la situation. Cloud passe une fois de plus sous mes semelles et je glisse en prenant de l'avance dans la direction par laquelle est arrivé le serviteur de Chironheim.

Je fais bien attention à ne pas être sur le chemin du bourrin qui commence bien à avancer dans cette direction. Nous retraversons la ville dont l'ambiance est légèrement moins... Morte. Les corps sont éloignés du cœur de l’agglomération par d'autres créatures aux allures cadavériques qui semblent reprendre leur vie en douceur. Ils réparent les bâtiments qui ont pris des dégâts ou nettoient les restes du passage des conflits. Certains cessent leurs activités pour observer le passage du général qui traverse la ville le plus sérieusement du monde en leur adressant des regards que je n'arrive pas à déchiffrer.

Le bourg traversé nous sommes de retour dans les plaines désolées et le militaire presse le pas de son destrier. J'en fais de même en prenant un rythme soutenue qui me convient et me permet de rivaliser avec l'équidé, même si il ne vaudrait mieux pas que cela s'éternise je dois pouvoir tenir la distance une bonne trentaine à quarantaine de minutes comme ça. J'espère que le château n'est pas trop loin non plus. Avec le souffle du cheval, ses sabots, le vent et ma propre respiration je suis incapable de discuter avec les deux cavalier ou même de simplement les entendre discuter si ils le font.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Jeu 20 Sep 2018 - 19:36
- C'est si gentiment demandé. Si ils veulent te voir autant en profiter pour découvrir ce royaume en toute sécurité

Son sourire ne semblait pas le moins du monde sincère, pourtant Garry y croyait dur comme fer ! Il avait tellement envie que Tommy le soutienne et ne l'abandonne pas... Égoïstement, il se sentait ravi de ne pas être seul dans cette nouvelle aventure ! Il saisit sa main vigoureusement en lui offrant son plus beau sourire, comme un enfant à qui on avait promit un voyage à Disney land. Il voulut même le prendre dans ses bras mais se ravisa, c'était une réaction un peu disproportionnée au vu de la situation.... Et de son âge.

- Si vous voulez bien monter. Nous arriverons plus vite à l'aide de mon destrier.

Il avait proposé cela, ou plutôt ordonné cela en tapotant l'arrière train de sa monture infernale. Pourquoi tout ici devait impérativement avoir l'air mort, horrible, décharné ou putréfié ? Bien sûr... C'était un cimetière. Pourquoi diable en serait-il autrement... Garry se ravisa. Il devait vraiment monter là dessus...? Le destrier se rapprocha de lui, et le dénommé Athos ne lui en laissa guère le choix. Il lui saisit le col de son tee-shirt et le déposa derrière lui comme un vulgaire sac de grain. Quelle force !! A cet instant, le jeune écrivain ne s'était pas senti ni la force ni l'envie de résister. A quoi bon ? Il était déjà assez miraculeux qu'il ait survécu au Façonneur, alors un Général de guerre... Même pas en rêve.

Il sentait le cheval bouger sous lui, il entendait ses os craquer, ressentait les rares battements de son cœur.... Et un haut le cœur le prit au dépourvu alors que la monture commençait à marcher. Il se retenait, tant bien que mal, grimaçant, une main devant la bouche. L'odeur.... Était-ce celle de l'équidé ou celle du squelette en armure ? Une main crispée sur la scelle, l'autre sur sa bouche, il croisait le regard de quelques villageois surpris de le voir dans cet état lamentable. Blanc comme un linge, près à s'évanouir.

- Tu devrais te tenir plus fermement, nous accélérons.

Et sur cette mise en garde, le cheval partit au galop. L'artiste n'eut d'autre choix que d'enrouler ses bras autour de l'imposante taille du Général qui ne s'en offusqua pas le moins du monde. Peut-être trouvait-il cela légèrement indigne, mais après tout, il avait trop rarement eu l'occasion d'emporter quelqu'un sur sa monture...

Au bout d'un moment, Garry rouvrit les yeux et quitta son esprit nombriliste pour s'intéresser à son comparse. Où était-il ?! Il n'y avait pas d'autre cheval, et il n'était pas avec lui. Il se risqua à regarder à droite, à gauche, et le trouva entrain de courir juste à côté, ne le voyant que par intermittence à cause de la poussière relevée. Ils avaient quitté le village depuis un moment, puis-qu’autour il n'y avait plus que de la poussière, de la terre grise, et de la végétation morte assez éparse. Pauvre Tommy... Traité comme un indésirable, embarqué contre son gré dans un royaume hostile, ça, c'est le début d'une bien belle amitié !

- Quel est ton nom Voyageur. Il me semble que tu ne te sois pas présenté.

Sa voix était on ne peut plus audible malgré le brouhaha ambiant, comme si elle s'insinuait dans son esprit.

- Oh, euh, oui, en effet. Vous m'en voyez navré... Je... Je m'appelle Garry.

Il voulut lâcher le corps de son hôte pour réduire la proximité mais se ravisa, manquant de tomber à cause de la vitesse du canasson. Il regarda son compagnon, inquiet. Etait-il réellement ravi de le suivre ? Lui en voudrait-il d’être un privilégié ? Tout un tas de questions toutes plus enfantines les unes que les autres s'imposaient à son esprit... Il s'inquiétait vraiment, de savoir si ce petit voyage onirique pourrait mettre à mal l'amitié naissante qu'il était persuadé d'avoir avec un autre Voyageur, lui qui n'était pas un grand habitué des relations sociales. Il faudra qu'il lui explique, tout de même, le pourquoi du comment il tenait tant à se rendre auprès du seigneur de la Mort.

- Et bien Garry, il semblerait que le Seigneur Chiron t'ai doté d'un grand pouvoir. Le Façonneur était recherché depuis des mois, et il était considéré comme très dangereux.

Le seigneur Chiron ? Me donner un pouvoir ? Je ne me souviens pas l'avoir rencontré pourtant... Il y avait bien un gros cuistot pas très sympathique, mais je doute qu'il fut-ce le seigneur de la mort.

- Mais, qui c'était, ce Façonneur ? Je n'avais jamais entendu parlé de lui.

- Le Cimetière de Dreamland n'est pas un royaume très prisé. Ni très accueillant. Il jeta un regard mauvais sur le jeune rouquin qui glissait près d'eux. Aussi les informations n'en sortent pas. Le Façonneur était un Voyageur, tout comme toi. Mais la soif de pouvoir l'a mené à se rebeller contre son maître. Il lui aura dérobé un objet précieux afin d'acqueir plus de pouvoir, et la capacité de rester indéfiniment sur Dreamland. Il terrorisait nombre de village et asservissait nos concitoyens... Tout cela dans le but de lever une armée contre Chironheim.

- Oui, je l'ai entendu parler de ça. Mais pourquoi n'êtes vous pas intervenus plus tôt ?

-Tu ne manques pas de cran, jeune Garry ! Honteux, il rougit en baissant la tête, même si Athos ne pouvait pas le voir. Nous étions en route, mon armée et moi-même, pour Qua Rantaine lorsque sa présence fut confirmée. Nous sommes seulement arrivés trop tard. Puisque tu avais déjà libéré les villageois. Nous y voilà.

Le cheval ralentit à mesure qu'un gigantesque tombeau emplissait l'horizon. C'était un monument particulièrement travaillé où l'on y retrouvait toutes les cultures connues et d'autres encore inconnues. Garry regardait l'imposante structure avec des yeux d'enfant, comme si c'était la plus belle chose qui lui ait été permit de voir depuis sa naissance. Il n'aurait jamais imaginé qu'un tel endroit puisse exister dans un royaume aussi lugubre...

Alors que la monture s'était arrêtée devant un long tapis rouge sang brodé de ronces noires, le jeune british bavait toujours sur la beauté du palais mortuaire qui s'offrait à sa vue. Il se retrouva posé au sol de la même manière qu'il en avait été retiré : porté par le col de son tee-shirt.

-C'est ici que nous routes se séparent, preux Voyageur. Il ne fait aucun doute que le Seigneur Chironheim te réserve un chaleureux accueil, au vue de tout le superflue déployé. Quant à toi. Il lança à Tommy un de ces regards qu'on préfère ne pas recevoir de la part d'un squelette géant tout en armure. Je te conseille de te faire discret. Si je venais à apprendre que tu as porté atteinte au seigneur ou à son royaume, je te retrouverais.

Les étrangers n'avaient vraiment pas la côte ici... Peut-être Tommy était-il le seul à avoir pu arriver aussi loin ? C'est en tout cas ce qui transparaissait dans les réactions des gardes tout le long de l'allée tapis... Athos s'en était retourné à ses occupations de Général, et Garry s'était engagé dans l'allée après avoir haussé les épaules et offert un sourire compatissant à son tout nouvel ami.

- Tu sais Tommy, je ne voulais pas t'imposer de venir... Je suis tellement désolé qu'on te traite de cette façon... Mais je suis vraiment ravi que tu sois là. Je doute que j'y serais parvenu sans toi. Je veux dire... T'as vu les habitants de ce royaume ? Ils font grave flipper..... ! Il avait terminé sa phrase à voix basse. Et puis... J'ai vraiment besoin d'en savoir plus, sur moi, sur mon pouvoir. Et je pense que, peut-être, le seigneur de ce royaume pourrait... Éventuellement... M'aider ?

Ils avaient continué de marcher sous le regard mi-impassible mi-curieux des gardes squelettes en armure. Finalement, ils se retrouvèrent devant une immense porte à deux battants, dans un silence de mort. Garry se tourna vers le rouquin pour échanger un regard interrogatif. Que devait-il faire maintenant ? Ils étaient arrivés si loin !!

La réponse vint d'elle même : les deux battants s'ouvrirent vers l'intérieur dans un bruit de gonds qui grincent, pour donner sur une grande pièce, sombre et légèrement humide. Il avançait lentement, pas du tout sûr de lui. Une odeur de vieux flottait dans l'air, et tout à coup, des torches s'enflammèrent tour à tour pour illuminer une immense pièce haute de plafond avec en son centre un catafalque où était posé un trône immense. La décoration était simple, des fresques gravées dans la pierre, et 6 autres portes donnant sur d'autres salles. De nombreuses alcôves dans les murs avec des jarres scellées et un lustre plus que majestueux au plafond. Mais le plus impressionnant, c'était la chose qui se tenait debout devant son trône.

Le seigneur de la Mort, Chironheim Noctis. Grande créature avoisinant les 3m de hauteur, recouverte de draps flottants déchirés et usés, un visage caché sous une capuche qui ne laissait entrevoir que son regard vert luisant, sans oublier deux grandes ailes vraisemblablement inutilisable de par leur taille et leur état. Le grand dadet en manteau long manqua littéralement de se pisser dessus. Il se sentait infiniment petit dans cet espace gigantesque, et pour rajouter à son stress, les portes se refermèrent derrière eux, les laissant seuls face au seigneur du Cimetière de Dreamland.

- GARRY ! Sa voix faisait trembler l'air, une voix forte, autoritaire. MON ENFANT, MA FIERTE !

Le seigneur se rapprocha sans un bruit de pas, comme s'il flottait. Et sans que personne ne s'y attende, surtout pas l'asperge aux cheveux d'aubergine, il étendis ses deux longs bras décharnés pour l'enlacer et le serrer contre lui. Une étreinte qui sembla durer une éternité... Poussiéreux... Ses vêtements sentaient l'humidité et la poussière et seule la peur le retint d'éternuer.

C... Comment peut-il me connaître ?! Suis-je bête, si c'est le seigneur, il doit tout savoir sur son royaume... Il doit avoir des yeux et des oreilles partout... Euh... Mais alors, pourquoi il m'enlace ?!

Il se détacha finalement sans le lâcher pour autant, tenant toujours ses épaules dans ses mains flétries par la vieillesse, ou autre chose qui s'y apparentait.

-TU AS FAIT BON VOYAGE ? J'ESPERE QU'ATHOS T'AS BIEN TRAITE. CELUI LA ALORS... De si près Garry pu apercevoir son sourire franc et sincère sous sa capuche. Il le lâcha enfin pour lui ébouriffer les cheveux. BRAVE PETIT. NOUS AVONS TELLEMENT DE CHOSES A NOUS RACONTER ! MAIS AVANT. QUI EST TON JEUNE AMI ? Il se tourna vers le petit voyageur, bien plus amical que les autres entités qu'ils avaient rencontrés jusque là.

Le seigneur Chiron semblait être une personne en manque de compagnie, et toute la peur qu'avait ressenti le jeune écrivain s'était évaporé durant l'accolade paternelle. Il se sentait étrangement bien ici, en sa présence, couvert d'éloges et d'attentions... Et puis, enfin quelqu'un qui considérait Tommy comme une personne, et non comme un nuisible !
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry) Sam 29 Sep 2018 - 13:58
Voyager avec Cloud aux pieds, je le fais depuis quelque temps maintenant, ce n'est plus trop fatiguant. Ce qui m'irrite un chouilla c'est d'entendre la violence des sabots qui martèlent le sol alors que le canasson est juste à côté de moi. J'ai la désagréable impression que le cheval pourrait bien, comme son maître, me coucher d'un seul mouvement... Je me contente de... Rouler ? Rider ? Courir ? Je ne sais jamais exactement définir ce que je fais quand j'utilise la forme Cirrus, mais toujours est-il que je ne me laisse pas distancer alors qu'une ombre grandie à notre approche. C'est une sorte de structure funéraire qui accumule les origines architecturales. Je ne peux pas en reconnaître exactement plus d'un tiers mais cela me fait penser aux châteaux que j'ai pu visiter dans mon enfance, construits, modifiés ou rebâtis à chaque changement de propriétaire.

Mais bon, vu le royaume ça pourrait aussi bien être le même seigneur, carcasse défraîchie depuis des millénaires. Je me dis en pensant cela qu'il faudra que je fasse gaffe avec ce genre de pensées. Dans un royaume fait d'âmes et de cadavres, la capacité de lire dans un esprit ne me semble pas impossible. Par la même occasion je me force à virer toute crainte de mon esprit, les cadavres ne me font pas peur. *À bon ? Même pas des squelettes ? C'était pas pareil dans mes souvenirs pourtant.* Cette voix dans ma tête... Qu'est ce que... J'ai l'impression de l'avoir déjà entendue, mais où ?... Perdu dans mes pensées je ralentis le rythme, ne faisant plus vraiment attention au décor qui grandit devant moi. Mais ça me revient comme un coups de marteau alors qu'un long tapis rouge commence à poindre le bout de son nez. Ilm ?! Déjà ? 'fin... Ça fait un moment, mais pas tant que ça quand même et puis elle est toujours planquée en Cloud pourquoi réagir maintenant ?...

Devant moi, Garry et le soldat dédaigneux descendent de cheval et discutent doucement alors que je me rapproche. Le dernier des deux me lance finalement un regard bien à lui avant de m'adresser la parole alors que je m'approche pour me mettre en garde. Ça phrase ne contient aucune insulté mais le ton sur laquelle il profère des paroles a le même effet sur moi. J'ai envie d'imploser et de lui sauter dessus, mais au lieu de ça je préfère continuer de marcher vers mon camarade sans le regarder et juste lancer ce petit pique.

- Cool. On va peut être se revoir alors...

Parfois j'ai l'impression d'être suicidaire mais en fait non, je suis juste un peu trop con. C'est pourtant une règle simple des deux mondes, "face à plus fort que toi, fais profil bas.". Enfin, il a tiqué légèrement, son armure s'est comme tendue et sa mâchoire a claqué. J'aurais bien aimé voir son regard tout feux, tout flamme, tout de même. Sauf que là j'ai déjà d'autre problèmes sur le dos. Garry et moi avançons en direction de la grande porte de ce château patchwork sous le regard de gardes qui ont bien l'air de se demander ce que je fous ici à arriver aux côtés de leur général et d'un voyageur dont ils semblent déjà avoir entendu parler... Les infos circulent décidément très vite. En même temps, Cloud à mes côtés me fait difficilement passer pour un voyageur de ce royaume, mais je commence à être habitué à ne pas passer inaperçu et à quoi bon essayer, les choses tournent toujours au vinaigre... Mais pendant que pense à cela, Garry s'excuse et m'explique les raisons de son envie de s'enfoncer dans les terres inhospitalières du cimetière. Bien trop de manière à mon goût, je lui souris à nouveau, cette fois de façon tout à fait sincère, avant de lui répondre en faisant attention à tout mouvement des gardes.

- T'excuses pas, sur le moment c'est le comportement du général qui m'a dérangé, mais je passes mes nuits à découvrir de nouveaux royaumes sans jamais avoir rencontré de seigneur. Je ne louperais ça pour rien au monde, si en plus ça peut t'aider toi, ça tombe à pique. Puis, plutôt pour moi même cette fois en replaçant mon regard vers les deux battants clos. Plus qu'à espérer que tout se passe bien.

Sans que nous ayons à faire de mouvement, où que l'on nous adresse la parole, la grande porte qui nous barre la route se scinde en deux pour nous créer un passage. Vue les circonstances, j'ai l'impression d'être dans une cinématique de jeux vidéo avec les héros victorieux qui revient auprès de son roi. Le problème c'est que dans celle qui me vient en tête, ce dernier se fait décapité après avoir félicité ses guerriers. Mais pas le temps de m'attarder la dessus que nous avançons dans cette grande salle très peu encombrée et sobrement décorée. En marchant au côté de mon partenaire d'une nuit je me rend compte que nous réagissons au même moment en voyant la créature. Sa respiration se bloque tandis qu'un frisson me parcourt l'échine. En plus de faire face à quelque chose de surpuissant, cela j'y suis habitué maintenant , c'est une créature ancestrale qui nous accueil alors qu'elle semble attendre ici depuis des siècles, sans souffle où une parole. Et pourtant...

Sa tête se penche pour nous garder dans son champs de vision et ses lèvres s'écartent sans précipitation en laissant échapper une voix grave et caverneuse. Des paroles tranchent avec la première idée que l'on pourrait se faire du personnage. Alors que nous arrivons à quelques mètres de son trône il se redresse de toute sa hauteur et s'avance vers nous. Je retiens ma respiration quand il écarte les bras pour saisir Garry qui semble aussi désarçonné que moi. Alors que la discussion commence, je ne sais plus si je dois m'agenouiller devant une créature d'une telle importance. L'ignorance des premières fois vous me direz, mais j'ai l'impression d'être à mon premier entretien d'embauche, même si mon interlocuteur ne pouvait pas me pulvériser d'un seul geste à ce moment là. Il me faut donc me décider quand Chiron m'adresse la parole. Je baisse la tête en m'inclinant respectueusement et cherche mes mots une seconde avant de commencer.

- Tommy Fawl, voyageur sans attaches, mon seigneur. J'ai rencontré Garry cette nuit alors que nous étions tout deux sur le terrain de chasse du façonneur.

Légèrement pompeux comme entrée en scène, mais bon j'ai déjà du mal à ne pas avoir la voix qui tremble, alors me poser trop de question sur ce que je dis... Cette créature dégage quelque chose et je ne parle pas de son apparence qui me fait croire qu'halloween n'est pas si loin, mais plutôt de son comportement. Il y a quelque chose que je n'arrive pas à cerner, comme si la puissance qu'il devrait avoir, ou que je veux lui donner, ne m'écrase pas comme ça a pu m'arriver. Loin de me rassurer, cela implique pour moi qu'il cache trop bien sa force et je le trouve d'autant plus effrayant.

- SÉRIEUX PROBLÈME QUE CET HOMME... IMBU DU POUVOIR QU'IL AVAIT ACQUIS, IL ÉTAIT L'UN DES MIENS À UNE ÉPOQUE. HEUREUSEMENT QUE VOUS ÉTIEZ SUR PLACE. Finit-il mi enjoué, mi pensif.

- Ses marionnettes m'ont donné du fils à retordre, heureusement que Garry était là pour retourner ses morts-vivants contre lui.

Pas que j'ai vraiment besoin de reconnaissance, quoi que, mais cela me fait plaisir qu'il en ai un qui reconnaissance les risques que j'ai pris, mais bon... Ça fait plaisir qu'il ne minimise pas mes actes.

- VOUS PARLEZ DE MARIONNETTES, QU'ETAIENT ELLES ?

- En effet, il avait avec lui deux jeunes squelettes armés d'armes blanches qu'il semblait contrôler à sa guise. Mais le plus effrayant était sa créature, mais mon ami en parlera mieux que moi. Il me vient seulement une question. Nous l'avons vue se faire écraser, mais une créature qui a un pouvoir sur la mort comme celui n'a-t-il pas les capacités d'en revenir ?

Ma question semble le laisser pensif derrière sa capuche. De mon côté j'ai une sensation de contact sur le ventre, quelque chose qui glisse en douceur en m'effleurant la peau. Une attaque ? Nan, c'est là sans être là, il se passe quelque chose, c'est comme si c'était lointain et puis ça me frappe comme un coup de poing. Sans le vouloir je crois je me mets légèrement à rougir, jusqu'à ce que je sente un contact sur ma joue cette fois. Je crois que je ne vais pas tarder à retrouver la réalité. Dans le coups je n'écoute qu'à moitié la réponse du seigneur, mais je m'incline une nouvelle fois en guise de salut.

- Excusez moi de vous interrompre mon seigneur, c'était un honneur de vous rencontrer, mais j'ai bien peur que la réalité ne me rappelle à elle. Garry, je relève la tête, lui souris en posant le doigts sur ma tempe avant de les éloigner. À une prochaine gars.


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- Hey... Salut mademoiselle.

- Bien dormi ? Je vais y aller et je me disais... Ça te dit de venir ?

- C'est une question piège ? Dis-je souriant et en commençant à me redresser du canapé.

- Plutôt un test vue que monsieur laisse une jeune demoiselle dormir seule à deux mètres de lui. Elle se relève le visage riant et en me tirant la langue.

- Rhalala... Trop d'empressement, en toi, il y a... Dis-je en prenant un air dépité, avant qu'on éclate de rire et aille passer la journée ensemble.
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MessageSujet: Re: Au clair de lune (feat Garry)
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Au clair de lune (feat Garry)

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