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[Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre)

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MessageSujet: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Jeu 15 Déc 2016 - 16:21
Un matin, tôt, j’étais dans la cuisine de ma maison en train d’essayer d’ouvrir un oeuf en deux sans m’en mettre plein partout, tout en écoutant d’une oreille distraite ce qu’il se passait à la télévision. Je triturais l’oeuf dans tous les sens, essayant d’avoir une prise dessus après l’avoir lavé dans l’évier. Bien entendu, c’était tellement glissant qu’un moment d’inattention et l’oeuf s’éclaterait dans le fond de l’évier… ce qui n’était pas mon but.

C’est alors que j’entendis la porte qui donnait sur le jardin s’ouvrir. Ni une, ni deux, l’oeuf s’échappa de mes mains pour aller se fracasser dans le fond de l’évier après s’être accroché sur le robinet. Je regardais ma petite mère entrer dans la cuisine avec un sourire aux lèvres, comme à chaque fois qu’elle me voyait faire quelque chose. Je ne me rendais pas encore bien compte du bonheur qu’elle devait éprouver de voir son fils sortir de plusieurs années d’enfermement.

Sentant mes joues rougir de honte d’avoir laissé échapper l’oeuf, je marmonnais quelque chose que moi-même je ne pouvais pas comprendre tout en saisissant un second oeuf. Ma mère s’approcha alors et m’expliqua :

- C’est ainsi que l’on casse un oeuf, mon chéri.

Joignant le geste à la parole, elle se saisit de l’oeuf tenu dans mes mains et elle le claqua contre le rebord de l’évier avant de le séparer en deux pour en faire tomber le contenu dans le plat prévu à cet effet. Je n’étais pas parvenu à aider ma petite maman et j’avais honte. Honte et mal au dos. L’évier était décidément très bas, passer des minutes à essayer d’ouvrir un oeuf facétieux n’avait aidé en rien.

Ma mère m’obligea à me pousser pour nettoyer le gâchis que j’avais fait, avant de m’informer :

- Tu sais que je suis contente que tu sois sorti de ta chambre, vraiment. Avec ton père, on se demandait si tu voulais aller plus loin. C’est à dire rencontrer du monde. Tu n’es pas obligé si tu ne te sens pas prêt.

Je regardais ma mère avec une certaine interrogation sur le visage. Que voulait-elle dire par là ? M’avait-elle acheté des billets de cinéma ? Remaquant mes doutes, elle poursuivit :

- Nous avons un petit auberge-restaurant non loin d’ici. Le but serait que tu ailles aider le personnel du mieux que tu peux dans ce qu’ils vont te demander et de rencontrer les clients. C’est pour ça que ce n’est pas obligatoire. Je les ai prévenus, déjà, de ton soucis de taille et du fait que tu sortais à peine d’une période d’enfermement. Le patron est un bon ami, je suis sûre qu’il ne te surmènera pas !

- C’est super, ça ! M’exclamais-je à cette idée. Juste que je ne sais pas si je pourrais vraiment le faire. Je veux dire, c’est encore assez confus pour moi.

- Je comprends.

- Mais je vais le faire, j’ai envie d’essayer ! Coupais-je alors.
_______

C’est ainsi qu’après une bonne demi-heure de marche tranquille, je m’étais retrouvé dans la cour de l’auberge-restaurant. Sans trop réfléchir à ce qu’il pourrait se passer, je contournai le bâtiment pour atteindre la trop petite porte du personnel.

Le bâtiment avait l’air assez ancien, un classique dans cette partie de la campagne anglaise. Assez grand pour accueillir un total de 80 personnes dans la partie hôtel et 120 personnes dans la partie restaurant, je ne savais cependant pas s’il était vraiment connu. Pas cher pour la région, c’était sûr, mais connu… aucune idée.

Je toquai donc à la porte et on m’ouvrit dans la seconde. La personne qui se tenait dans l’encadrement eut un mouvement de recul, suivit d’un “wow” bien audible.

- William, je suppose ? Tu es plus grand que je ne le pensais, en fait… Allez, entre ! Ne reste pas dehors.

Je le suivis alors en me glissant à l’intérieur. Dans ce débarras, le plafond était trop bas pour que je puisse me déployer convenablement. Sans détour, le vieil homme que j’identifiais comme le patron du restaurant m’expliqua :

- Tiens, tu vas mettre les nappes sur les tables, James te montrera comment faire. Avec tes grands bras, ça devrait être plus facile. Les clients ne sont pas encore levés pour la grande majorité, et le petit-déjeuner ne sera servi quand dans une bonne heure. Ne te tracasse pas, nous ne sommes pas pressés.

J’acquiesçais alors. Puis, un jeune serveur entra dans la pièce. Je soupçonnais qu’il s’agisse de James, au vu des nappes qu’il saisit dans la seconde, avant de m’inviter à le suivre. Ce que je fis.

Dans la salle du restaurant, je pouvais regagner ma droiture naturelle tant appréciée. Les décors étaient très rustiques, c’était aussi agréable à voir qu’amusant. Lorsque je commençais à mettre aisément les nappes sur les tables, je remarquais alors qu’elles avaient le nom de l’auberge-restaurant brodé dans deux coins… “The Sleeping Giant”, comme c’était comique. Je m’étais senti visé directement, mais c’était amusant.

Je remarquais alors la tête de certains clients qui lisaient le journal dans les coins réservés à ceux qui séjournaient dans la partie auberge. Il n’y en avait que trois, mais je soupçonnais que le plus gros restait à venir. Je me dis que cette journée allait être mouvementée.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Ven 16 Déc 2016 - 16:23
Le chant strident de coq résonna jusqu'à la modeste chambre de la jeune femme, l'animal poussait sa mélodie un peu tard par rapport au levé du soleil, après tout il était déjà 7h30. La demoiselle, allongée paresseusement dans son lit, jaugeait le décor de sa petite chambre à coucher, un décor très sobre à l'effigie de la personnalité des anglais. Elle lâcha un long bâillement de fatigue, elle avait très peu dormi cette nuit, somnoler une bonne heure mais sa conscience n'était pas partie rejoindre l'univers de Dreamland et ses merveilles. La raison provenait du simple fait qu'elle s'était assoupie lors de leur traversée en bateau, très sensible à cette cadence reposante, elle avait cédé aux bras de Morphée en l'espace de quelques minutes.

Pourquoi avoir pris le bateau ? Figurez-vous que notre chère demoiselle a prit l’initiative de voyager un peu dans le monde réel, changer un peu de l'air triste et déprimant de la ville dans laquelle elle habitait depuis deux ans. Il est vrai que l’initiative venait d'un projet d'éducation de sa fac, en effet, elle avait mis en avant la possibilité d'aller visiter pendant une semaine l'Angleterre. Bien entendu le séjour serait encadrer par un enseignant d'origine anglophone, qui les accompagneraient tout au long du voyage lors de leur après-midi. Toutefois, le voyage lâchait plus de libertés qu'un voyage scolaire de collégiens ou de lycéens, Lyun se laissa plaire par cet petit avantage. Et elle n'avait pas envie de s'ennuyer pendant ses quelques semaines de vacances, elle aurait très bien pu rendre visite à ses parents plus tôt mais elle préférait ne pas trop réhabituer sa mère à sa présence. Cela lui éviterait le déluge de larmes de crocodile lors de son retour en France.

La morpheuse rêvait plus d'une fois de parcourir les paysages anglais, cette envie émanait des livres achetés par ses parents, relatant les palpitantes aventures du célèbre détective Sherlock Holmes. Petite, elle s'imaginait vivre aux cotés de ses deux hommes affrontant sans peur le brouillard londonien et les criminelles s'y dissimulant. Devenue rapidement une grande fan de ce protagoniste imaginaire, elle s'amusait à recréer toute seule des scènes dans sa chambre. Elle essayait également de s’entraîner sur les inconnus la fameuse méthode de l'enquêteur afin de connaître la personnalité et leur vie. Cela lui donna un goût certain pour l'Angleterre, Lyun avait un temps hésité entre étudier en France et au Royaume-Uni. Cependant sur le domaine juridique, le droit français avait laissé plus de traces ayant modelés les régimes de bons nombres de pays, comparé au droit anglo-saxon.

Bien qu'au Japon, la seconde langue qu'on vous apprend, est bien évidemment l'anglais. Lyun n'était pas particulièrement douée à communiquer en anglais mais elle se débrouillait assez pour avoir de bonnes notes dans sa classe. Ce voyage lui offrait la chance de s’entraîner à parler plus fréquemment cette belle langue flegmatique, après tout, elle suivait l'adage « Les voyages forment la jeunesse ».

« Bon assez flânée, il est l'heure du petit déjeuner »

Sans attendre ses petits camarades, endormies dans des lits superposés installés dans la même chambre, elle se prépara à pas de loup afin de descendre. Certes, la jeune femme était en vacances mais cela ne lui empêcherait pas de se lever tôt dans le but de profiter de sa première journée pour explorer les alentours de la cambrousse britannique. Elle ferma délicatement la porte derrière elle, elle s'était autorisée à prendre une petite polaire sur ses épaules, l'air anglais était plutôt frais et humide. Pas envie de rester alitée pendant sept jours à cause d'un misérable coup de froid.

Descendant un pas feutré dans l'escalier en bois ciré, dégringolant en une large spirale, de délicieuses odeurs de pains toastés et de chocolat chauds envahirent ses narines. Elle se dirigea grâce à son odorat, une fois atteint le rez-de-chaussée, elle déboula sur une pièce aérée par l'espace inoccupé. Elle se douta que ce fut la salle à manger pour les clients, quelques-uns s'étaient déjà attablés et dévoraient avidement leurs tartines ou leur tranche de bacon. Tandis que d'autres, lisaient dans un coin les nouvelles apportées par le...Pardon, The Times, mettons nous dans l'ambiance du pays.

Elle traîna les pieds jusqu'au comptoir de nourritures, les serveurs avaient exposés une multitude de produits venant directement de la région. La jeune femme ne se priva point de remplir son assiette à ras-bord de viandes, de pancake et autres viennoiseries, son estomac grogna d'avance de satisfaction. Elle termina son manège par prendre une table de deux personnes, toujours d'humeur solitaire, elle n'était vraiment pas prête de se mêler aux conversations de ses compagnons de promo au vue des sujets abordés. Quand on parle du loup, une majorité des étudiants apprentis juristes français arrivèrent en un troupeau de bétails, se jetant sans embarras sur les vivres.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Ven 16 Déc 2016 - 17:30
J’étais retourné dans le débarras, plié mais encore motivé pour aider les employés, afin de savoir ce que je pouvais faire. Le patron n’était plus présent, mais il s’y trouvait encore James. Il avait l’air occupé et je ne savais pas vraiment comment lui signaler ma présence. Je n’avais pas envie de déranger cet homme au travail, mais je me devais de les aider. Alors je m’éclaircis simplement la voix.

James se retourna rapidement et distraitement, avant de remarquer ma présence imposante et de se tourner complètement vers moi. Il fit mine de réfléchir intensément, puis s’exclama en claquant des doigts, comme s’il avait eu une idée brillante :

- Tu pourrais aider Sean à mettre les plats sur le buffet étant donné que les clients ne vont pas tarder à se lever. Puis, je t’ouvrirai un carton avec des journaux gratuits à distribuer aux clients qui arriveront.

Ravi d’avoir de quoi faire, je hochais la tête avec un petit sourire maladroit, puis allais rejoindre Sean. Comme je savais qu’il s’agissait de la personne qui s’occupait de disposer les denrées sur le meuble en libre service, je le rejoins aisément. Avant que je ne puisse l’informer de ma tâche, il désigna les plats les plus hauts et m’expliqua :

- Normalement, c’est Nathan qui s’occupe du buffet. Comme je suis plus petit, je n’arrive pas à accrocher ces plats à la bonne hauteur sans escabeau. Cela ne devrait pas te poser de problème, à mon avis.

Sans me faire prier, je saisis les plats avec cependant une certaine délicatesse, afin de les accrocher comme demandé trois crans plus haut. Peu après il me remercia avant que l’on ne finisse de disposer les autres mets. Une fois fini, je retournais vers James qui m’appelait du regard. Il ouvrit le carton de journaux et pris congé car il avait d’autres choses à faire. Je regardai le carton avec une certaine appréhension, puis saisit une grande poignée de journaux.

Je me glissai à nouveau dans la salle des clients de l’auberge et remarquai qu’il y en avait déjà d’arrivés depuis tout à l’heure. Je me dirigeai alors vers le premier groupe qui semblait s’exprimer en français, d’après ce que je pouvais reconnaître. Je leur tendis quatre journaux, pour commencer, et leur demandais dans ma langue maternelle :

- Voulez-vous des journaux ? Ils sont gratuits.

Les six jeunes personnes me regardèrent comme on voit un original faire des singularités, puis l’un d’eux me répondit dans un anglais maîtrisé :

- Merci, mais nous avons les infos en direct sur nos smartphones. Désolé, mais les journaux, c’est dépassé.

Les autres semblaient approuver ses dires, avant de s’excuser à leur tour. En effet, s’ils avaient ça sur leurs téléphones, pourquoi s’encombrer d’un journal ? Avec un air un poil déçu sur le visage, je leur souhaitais maladroitement une bonne journée avant de chercher un autre client sans journal. Je remarquais alors le silence dans mon dos, ainsi que des regards pesants. J’étais grand, c’était sûr. Alors c’était assez bizarre pour être souligné.

Je remarquais alors une jeune femme assise seule à une table pour binôme et qui semblait vouloir le rester. Cependant, il ne fallait pas me laisser démonter par mon échec. Je m’approchais en quelques grands pas de sa table, avant de lancer en anglais, d’une voix aussi gênée que joviale :

- Bonjour à vous ! Souhaitez-vous lire le journal ? Il est gratuit.

Puis, attendant sa réaction, je lui détaillais un visage très plaisant, n’osant pas descendre plus bas, de peur d’être remarqué. Même si ce que je voyais du coin de l’oeil ne faisait que me donner envie d’observer, je ne voulais pas passer pour un rustre d’emblée de jeu. D’autant que je voulais vraiment qu’elle prenne le journal. Je le lui avais tendu, pas trop proche, pas trop loin, légèrement penché en avant.

Je sentais encore des regards lourds sur moi.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Mar 20 Déc 2016 - 22:24
Lyun s’asseyait avec son assiette remplie de trésors culinaires, délicatement sur une chaise en bois décoré de fioritures et dessins gravés en un raffinement certain, mobilier assorti avec l'atmosphère modeste et cosy de l'établissement. Sans faire attention à son entourage et le brouhaha soudain causé par l'arrivée inopinée du groupe d'étudiants français. On avait beau reproché aux allemands de posséder un coffre comme voix mais leurs voisins n'avaient rien à leur envié sur ce domaine. En effet, la petite troupe d'apprentis juristes composée de quatre filles et deux garçons s’esclaffaient bruyamment comme des poissonniers, se rendaient-ils compte qu'ils n'étaient pas seuls ou quand bien même isolés dans cette salle restaurant ? Il y avait de quoi se poser cette simple question, les filles riaient bêtement aux blagues formulées par les damoiseaux, qui bombaient le torse tels des coqs de basse cour.

La demoiselle prit son temps pour savourer son petit déjeuner « British », tartinant des belles tranches de pain dorées avant de se couper un morceau de jambon. Comment dire qu'elle salivait à ce genre de repas, elle n'était pas bien grosse mais cela ne lui empêchait pas de faire parler sa gourmandise à sa faim. Elle détenait juste une physionomie avantageuse s'agissant de son système digestif, la demoiselle pouvait donc engloutir toutes les cochonneries qu'elle voulait sans soucis, jusqu'à se rendre malade. Mâchant en silence selon la coutume européenne, dans laquelle manger sans bruit était le symbole d’honorer le travail des cuisiniers, à l'inverse la tradition asiatique, plus c'est délicieux plus on fait de bruit.

Finalement, la voyageuse ne put s'empêcher de jeter des regards noirs à ses camarades, franchement pour qui se prenaient-ils à chahuter si fort ? En effet, la majorité des étudiants se plongeant dans les longues études de droit, restait des fils ou filles à avocat ou magistrat, autant dire que les chevilles augmentaient rapidement. Se vantant parfois de leur facilité dans ce domaine grâce à leur entourage fourni en juriste, ainsi que de leur situation aisée que cela leur procurait. Ils ne se doutaient encore moins de la difficulté des plus démunis ou des boulots de « bas-étages » d'après leurs dires exactes et à son grand désarrois, Lyun partageait sa chambre avec ces personnages pour ce qui est des filles.

Elle finit par replonger son attention sur sa tasse de chocolat, pendant que ses lèvres se posèrent sur le bord doré du récipient afin d'y glisser le liquide brûlant, une timbre masculine l’interpella dans un parfait anglais. Elle leva les yeux de sa boisson, ses iris azurés tomba nez à nez avec un jeune homme possédant un attribut singulier, en effet, il semblait qu'il mesurait plus de 2m.

"Ah ouais quand même, il est tombé dans une grande marmite de soupe petit, comme ce fameux Obélix, pour atteindre le plafond."

 La demoiselle rompit le contact entre la commissure de sa bouche pulpeuse avec le chocolat, affichant une expression neutre, elle n'émit aucun commentaire vis-à-vis de la taille du britannique. Pour quelle raison le ferait-elle sachant qu'elle se moquait totalement de l'apparence des gens, pour ne pas dire des gens tout court.

- Bien le bonjour, hm...Oui donnez moi un exemplaire, s'il vous plait.

Elle glissa tout de fois un léger sourire à l'intention du jeune homme en signe d'aucune animosité à son encontre, elle sentait l'air anxieux du jeune homme sans doute dû à sa particularité et notamment sous les regards lourds et les chuchotements des camarades de la demoiselle fixés sur lui. Elle ferma ses paupières un instant, inspirant doucement dans le but de ne pas se déchaîner sur ses personnes tout à fait odieuses, elle détestait par-dessus tout cet état d'esprit superficiel. La morpheuse fronça les sourcils, fusillant du regard le groupe de gamins, tu parles de fins juristes en herbe, elle s'adressa au géant d'un ton las et impénétrable.

- Ne faites pas attention à eux, ils n'en valent pas la peine. Dit-elle assez fort pour que les étudiants comprennent que leur curiosité morbide et mal placée n'était pas discrète, ce qui déplut à l'un des garçons. Ce dernier s'approcha un peu furieux de s'être fait rabroué indirectement.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Mer 21 Déc 2016 - 20:58
La réaction que j’attendais tant était assez détachée, neutre, en réalité. Nos deux regards se superposèrent un instant, avant que je ne détourne le regard vers le journal que je tenais dans mon immense main. La jeune femme au regard froid décolla lentement sa bouche de sa tasse, je l’avais apparemment dérangée en pleine action… zut. Elle allait sûrement me rembarrer. Après tout, je venais la perturber alors qu’elle s’était isolée pour une raison. Je n’arrivais pas à me dire alors qu’en fait, je venais simplement faire le travail demandé.

C’est alors qu’elle accepta. D’une voix froide et polie, elle accepta. Je sentis un sourire s’afficher sur mes lèvres à la vue du sien sur son visage. Je me demandais si je n’avais pas simplement l’air débile. M’enfin bon, ce n’était pas très grave… du moins, je me dis cela à ce moment-là pour me rassurer.

Mais le visage de cette charmante demoiselle se durcit. Quoi ? Avais-je fait quelque chose de mal ? J’avais simplement déposé le journal au bout de la table, à portée de bras, pour ne pas gêner son repas. Alors quoi ? Ah ! Elle voulait peut-être que je parte ! Ah mais… ce n’était pas moi qu’elle visait, en fait.
Son visage presque renfrogné était dirigé à l’attention de l’autre groupe attablé, celui qui avait refusé mon journal l’instant d’avant. Machinalement retourné dans les deux directions au moment où la demoiselle me somma presque de ne pas faire attention à ces personnes car elles n’en valaient pas la peine. Assez fort pour être entendue, alors je déglutis, ça allait mal se finir, tout ceci.

Et cela ne manqua pas. L’un des clients se leva et vint vers nous avec la ferme intention de répandre sa colère sur quelque chose ou quelqu’un. Il fixait ma cliente avec le visage énervé. Je me devais de faire quelque chose ! Mais quoi ? Je n’avais clairement pas envie de me faire agresser gratuitement. Mais je me devais de le calmer, aussi parce que c’était le rôle d’un employé que son auberge-restaurant reste calme… et intacte.

- Reste en dehors de ça, le géant !

M’ordonna-t-il en me pointant du doigt, après m’avoir vu bouger, avec un accent à couper au couteau. Il me faisait un peu peur, mais mon devoir me fit placer une titanesque main entre la demoiselle et lui, histoire de lui montrer qu’il n’allait pas pouvoir faire ce qu’il avait l’intention de faire. Pour joindre la parole au geste, je lui demandais, en anglais, avec la voix la plus douce que j’étais capable de produire :

- Monsieur. L’établissement ne saurait tolérer une querelle qui pourrait nuire à l’ambiance de l’auberge. Si vous voulez régler vos comptes, faites-le dehors ou ne le faites pas.

Puis, adressant un sourire à la demoiselle, je conclus :

- De plus, je suis sûr qu’il n’y a aucune raison de s’énerver, n’est-ce pas ?

Grommelant des mots français autant à mon attention qu’à celle de ma cliente, le jeune homme finit par se calmer. Mais j’étais sûr à cent pourcents que la moindre réaction de la demoiselle le ferait repartir aussi sec. Il n’y avait plus qu’à espérer que cela s’arrête là et que je puisse quitter la pièce en un seul gros morceau. Me cachant le bas du visage avec les journaux comme seul bouclier, j’attendais qu’il retourne s’asseoir, frustré et honteux de s’être laissé emporter.

Mais cela, je crois que c’était beaucoup espérer.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Ven 24 Fév 2017 - 18:15
Sa réflexion visant le groupe de français, qui l'accompagnait fit mouche, le jeune vantard de tout à l'heure s'avança à l'intention de la voyageuse d'un air plus que mauvais. Lyun le zieuta de marbre et exaspéré par l'attitude qu'il exposait aux autres convives, l'étudiant repoussa violemment le serveur à la taille plus que gigantesque, ce dernier était déterminé à faire taire cette marginale. La demoiselle attendait simplement qu'il fasse le moindre geste de travers, pour lui sauter dans les plumes, façon de parler bien sur. Elle comptait juste lui remettre les pendules à l'heure après l'avoir tiré au-dehors afin d'éviter toutes esclandres inutiles.

Cependant, le géant frit front « héroïquement » devant l'excès de rage, opposant une main protectrice entre les deux protagonistes, tout en rappelant les règles de bienséance à un invité dans un anglais parfait. Le jeune homme colérique fusilla d'un magnifique regard noir l'ange gardien de l’impertinente, avant de le détourner sur la jeune femme. Cette dernière ne s'étant nullement mouvée pendant l'approche agressif, avait-il compris qu'elle n'avait pas peur de ses caprices et de ses accès de fureur ? Sûrement pas, il venait de se faire humilier par un géant devant une vingtaine de personne, ce qui ne l'aida pas à garder son calme. Il décida tout de même de regagner sa place, donnant raison à son interlocuteur, après tout sa réputation en partirait si les éducateurs de la faculté apprenaient qu'il s'était emporté trop loin.

Quant à Lyun, spectatrice de la scène un tantinet drôle de son point de vue, ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin. Il en avait pas l'air au premier abord mais ce géant avait du cran d'intervenir humblement dans une telle situation, certes avec sa grande main, il avait de quoi se défendre. Elle l'observa un certain temps, en se disant qu'il pourrait lui être utile, pas comme bouclier si jamais l'autre rageur désirait se venger de son humiliation publique. Non, juste pour passer le temps d'une matinée en la compagnie et peut-être en connaître un peu plus sur lui, sa curiosité la démangeait du comment il se débrouillait dans la vie quotidienne. Cette pensée était inappropriée mais elle était totalement dénuée de méchanceté gratuite, un simple intérêt pour les personnes détenant un caractère différent.

Lyun n'était pas non plus obligée de converser avec lui pendant plusieurs heures, elle souhaitait simplement le comprendre, cela ne voulait pas dire faire ami-ami avec lui. Elle pouvait bien se permettre un peu de compagnie de temps à autre, peut-être que ses allées et venues à Dreamland la rendait un brin plus gentil envers les êtres humains, ou du moins ceux qui sont par nature différent à la majorité. Avant de ramener ses lèvres à son breuvage laitier, elle se riva sa frimousse gelée vers le jeune homme docile.

Je vous remercie pour votre intervention bien qu'inutile à mon avis mais je peux faire un geste en retour. Est-ce que cela vous intéresse de me faire découvrir les alentours après votre service ? J'ai du temps à tuer avant treize heure. Si l'idée vous tente, faites moi appeler au comptoir de l'auberge au nom de Fujiwara, je ne vous dérange pas plus dans vos obligations.


Elle se replongea dans sa tasse, ne faisant plus attention au géant à coté de lui, se délectant des délices britanniques. Elle finit rapidement son petit-déjeuner tranquillement, ce qui n'était pas le cas pour tout le monde, le groupe d'étudiants un peu ruminant la remarque désobligeante de leur comparse, piaillait des divers bruits de couloirs entendus à la fac. Lyun rapporta poliment son plateau aux emplacements désignés, puis disparu à l'angle de la porte, désireuse de s’affairer à ses occupations. Le jeune homme au gabarit de colosse allait-il accepter ou refuser sa proposition ?
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Lun 6 Mar 2017 - 14:39
Je restais légèrement stoïque encore en attendant que quelque chose se passe. Au final, l’étudiant français finit par regagner sa place sans doute après avoir réfléchi aux conséquences de ses actes. S’il y avait eu violences physiques, je ne sais pas du tout comment j’aurais géré la situation. Tout ce finit bien, en tout cas pour la demoiselle et moi. Honnêtement, si les touristes français avaient le sang aussi chaud comme ça, cela me donnait pas envie de visiter la France. Enfin, il ne fallait pas faire de généralités étant donné que la gente demoiselle encore assise à table avait l’air bien plus calme.

Je regardais le jeune homme regagner donc sa place avec un regard rassuré et, quelque part, satisfait. Je remarquais ensuite la plupart des regards, qui assistaient à la scène, se détachèrent de nous pour regagner leurs occupations.

Je trouvais tout de même que c’était un peu le jour et la nuit entre le groupe d’hommes et cette jeune femme. Genre, sang chaud, bruyants et en aise, tandis qu’elle était droite, froide et calme. Et elle avait accepté mon journal ! Ça n’avait l’air de rien, mais c’était tout de même gratifiant. Méfiant, je reportais mon regard bien bas sur l’étudiante qui commençait à me remercier du même ton détaché que tout à l’heure.

Ainsi, après mon “service”, mais avant une heure de l’après-midi, elle me demandais si je pouvais lui faire découvrir les environs. Attendez… quoi ? Je… je ne connais même pas les environs, moi. Riant de gêne intérieure, je bredouillais un truc vague comme “Je vais voir mes disponibilités” avant de m’escamoter de la salle et de retourner me plier dans la réserve.

James entra à toute vitesse dans la même réserve et m’apostropha :

- J’ai assisté de loin à ce qu’il s’est passé. Bien joué, mon gars, t’as géré ! Mais pourquoi t’es tout rouge ?

Tout rouge ? Ah mince, ma gêne d’avoir été invité par une demoiselle pour faire un truc que j’ignorais complètement se voyait donc tant que ça ? Je tentais de remettre les mots dans le bon sens à mesure que je me calmais en voyant le sourire du serveur légèrement charrieur :

- Eh bien… En fait, bien… J’ai été invité après mon service à faire le tour de la ville...

- Par la jolie blondinette ? Quel chanceux, hahaha ! Allez, on te libère. Mieux vaut ça que de te faire taper dessus par ces sacrés étudiants français !

M’avait coupé James. Ce dernier sorti de la réserve avant que je ne puisse réagir vraiment afin d’aller en toucher mot auprès du boss. Je suppose que comme mes services n’étaient pas indispensables, il accepta. Je détachai mon tablier et le posai sur un tonneau, avant de sortir et de me diriger vers l’accueil de l’auberge.

La vieille dame à l’accueil resta bouche bée pendant trois secondes avant de poser une question concernant ma venue à son comptoir. J’hésitai un moment. Je n’étais jamais allé me promener avec une inconnue auparavant. Je ne savais pas du tout comment gérer la situation. Je commençais par bredouiller n’importe quoi avant de me reprendre. Si je me souvenais bien, c’était :

- Pouvez-vous appeler une demoiselle du nom de Fujiwara, s’il vous plaît ?

La dame s’exécuta, mais je sentais qu’elle voulait dire quelque chose comme “c’est beau, la jeunesse de nos jours. Quelle fougue, ils ne perdent pas de temps” ce qui me fit me raidir de gêne. J’étais tellement dans l’embarras que mon coeur s’accéléra au moment ou l’étudiante française fut réellement appelée.

Le temps que mon invitée descende, j’eus le temps de m’embrouiller tout seul en réfléchissant trop en imaginant comment lui dire qu’en fait, je ne connaissais pas plus les environs qu’elle et que du coup, je ne savais pas quoi faire. J’étais un peu poussé dans la chose, mais je ne pouvais plus faire machine arrière.

Au moment où je la vis descendre, mon coeur battait tellement fort d’inconfort que je détournai immédiatement le regard après avoir croisé le sien. Je voulu entamer la conversation, grossière erreur. Tout ce qui sortit de ma bouche fut un gloubiboulga audible mais incompréhensible d’une bonne trentaine de mot voulant sortir en même temps de ce petit canal qu’on appelle la gorge.

Alors j’essayai de me faire tout petit, mais vu mon gabarit, c’était peine perdue. De plus, en reculant, je m'aperçus qu’il y avait une armoire derrière. Alors, simplement, je lâchais un timide :

- Je suis désolé pour ce triste spectacle.

Puis je regardai en direction de la porte d’entrée de l’auberge restaurant, comme pour fuir le sien et me reprendre. Saisissant le taureau par les cornes, je lui indiquais alors :

- Tout à l’heure, vous m’aviez parlé de vous emmener faire le tour des environs. Laissez-moi les découvrir avec vous, si vous le souhaitez, bien entendu.

Puis, je la regardais de nouveau pour m’assurer qu’elle soit encore là, mais aussi je voulais connaître sa réaction. J’entendais la vieille dame de l’accueil glousser derrière son comptoir.
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Lyun Fujiwara
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Mar 11 Avr 2017 - 10:48
Le silence planait dans la chambre féminine, Lyun remontait seule pour s'habiller de façon plus aisée pour sa potentielle promenade matinale, se couvrant d'un petit pull aux fins de ne pas attraper un rhume ou autres maladies plus gênantes. L'atmosphère tardait à se réchauffer dans ce pays, habituée à des températures plus conviviales, heureusement qu'elle s'était renseignée au préalable. Jouissant d'un isolement bien mérité, décontractée, elle s'allongea sur le sommier de son lit un ouvrage dans la main. Elle préféra prendre son mal en patience de façon instructive que ces comparses en bas, qui riaient aux éclats à la moindre sornette s'extirpant de leur petit cervelet. Certes la voyageuse était sans nul doute mauvaise langue avec eux, ils avaient réussi à grimper les échelons de la licence même si dans le fond, elle avait l'impression que leur réussite provenait de la réputation de leur famille. En effet, Lyun avait oublié de préciser que ce voyage en Angleterre n'est pas donné à tout le monde, il faut bien que les dépenses de la faculté soient composées d'une autre manière. Un petit plaisir partagé avec les plus chanceux, la jeune femme s'était entrevue avec ses parents par vidéo-conférence, ces derniers s'étaient réjouis de l'initiative de la demoiselle, espérant que leur fille se sociabiliserait plus. Manque de bol, elle avait délibérément griffé toutes ses chances dès le premier jour, cela lui éviterait des questions nuisibles sur son pays natal de la part du compte-agent féminin, qui squattait sa chambre.

Peu concentrée sur sa lecture, se demandant si le géant allait accepter sa proposition de sortie, à savoir qu'elle ne le faisait pas pour être altruiste. Non loin de là, cela signifierait qu'elle ne se soucie pas que de sa simple personne, la chose lui serait plus qu'ennuyeuse. L'invitation avait été lancé pour le coté pratique, elle aurait le droit à un guide tout en se régalant de liberté et de tranquillité. Au vue de la personnalité du bonhomme, timide et mal à l'aise avec le reste de l'humanité dû à ses préjugés vis-à-vis des personnes possédant un caractère différent. Elle appréhendait le fait qu'il ne serait pas bavard, ainsi elle tolérait sa présence muette, au contraire, s'il s'épanchait dans les babillages peu pertinents, la jeune japonaise serait tentée de se séparer de lui. On peut considérer qu'il était possible que son seuil d'indulgence soit très restreint, se remplissant ainsi plus rapidement. Bon elle n'irait pas à continuer sa route en essayant de le distance, ayant aperçu ses jambes aucune chance là-dessus, non elle reprendrait plutôt le chemin inverse, se terrant de nouveau dans son antre.

Soudain, le téléphona retentit dans une sonnerie stridente, Lyun soupira de désapprobation au tintement désagréable, elle décrocha le combiné situé à l'autre bout de la pièce, autant dire qu'elle a pu apprécier pendant plusieurs secondes cette harmonieuse mélodie. Son interlocutrice à la voix fatiguée et dans un anglais impeccable, l'informa qu'un « grand » jeune homme l'attendait impatiemment à la réception, la voyageuse sembla entrevoir une insistance enjouée sur les dernière syllabes. Pour tout réponse, elle lui décocha un « Je descends » d'un ton sec et agacé, puis raccrocha sans le moindre retour.

Se dirigeant vers le rez-de-chaussée, elle prit la peine de prendre une carte de la région, elle aurait pu tout bonnement s'aider de son portable Cependant, elle n'envoyait pas trop l'utilité, elle ne nierait pas que la plupart de ses compatriotes avaient les yeux rivés non-stop sur leur mobile. Elle ne se considérait pas comme ces moutons accros à ce genre de technologie, certes elle appréciait pouvoir goûter une console pendant son enfance, bien qu'elle préfère la compagnie des bouquins. Cependant, cet engin apportait un confort social dont beaucoup dépendait, elle ne le sort autant dire jamais, les seuls contacts répertoriés à l'intérieur n'étaient autres que des camarades de classe pour des exercices de groupes. Oserais-je vous présenter la volonté qu'elle dégage lors de ces discussions avec eux, il est clair que l'ambiance était mortelle.

A son arrivée, le géant émit une sorte de son indéchiffrable, cela ressemblait à une phrase mais malmenée du début à la fin. Lyun leva un sourcil d'incompréhension le fixant d'un regard perçant et réprobateur, que lui arrive-t-il tout d'un coup ? Il se recroquevilla honteux et déboussolée par son approche désastreuse, et l'attitude peu réceptive de la jeune femme ne devait pas l'aider dans son élocution. Finalement au terme d'un terrible effort, le géant confessa à moitié sa méconnaissance des lieux, se proposant néanmoins de l'accompagner pour explorer les alentours avec elle. La voyageuse garda un long silence figée telle une statue de marbre, réprimant intérieurement un grognement, elle se retrouvait embêtée avec un lourd fardeau sur le dos, c'était peu de le constater. Il serait malvenu et irrespectueux d'envoyer cet être si désolant dans les roses, autant assumer sa responsabilité dans le malentendu. Sans crier gare, elle se retourna vivement vers la dame de l'accueil affûtant son regard d'un œil noir, peu d'humeur à entendre les ricanements. A cette œillade meurtrière, la réceptionniste s'arrêta net dans son petit rire moqueur, surprise de la réaction exagérée de l'étrangère.

- D'accord, j'imagine que je n'ai rien à perdre. Rétorqua la jeune femme, s'aventurant vers la sortie, laissant le géant penaud et perplexe.

Au dehors, les oiseaux chantaient la venue des beaux jours sous un ciel bleu, sans prêter la moindre attention aux travailleurs fumant adossés contre la paroi rocheuse. Elle marcha énergiquement en direction du village à quelques kilomètres d'ici, si le jeune homme ne la suivait pas dans l'immédiat, il aurait tôt fait de la rejoindre.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre) Dim 18 Juin 2017 - 20:39

Le long silence qui suivit ma réplique me mit plutôt mal à l’aise… mais au moins, elle n’avait pas rejeté d’un bloc ma proposition ; c’était donc plutôt positif ! La dame de l’accueil reçut vivement un regard noir de la part de la jeune étudiante française comme je n’en avais jamais vu dans ma très courte vie à l’extérieur. C’était tant mieux, puisque son gloussement inutile et déplacé me gênait pas mal, en fin de compte. Nous n’étions ni amoureux, ni sur le point de l’être.

Puis, mademoiselle Fujiwara accepta ma proposition. Bon, je sentais que, quelque part, il y avait une pointe de déception énervante pour elle parce que j’étais incapable de la guider en fin de compte. Néanmoins, elle ne souhaitait pas mettre fin à cela, c’était encore une fois plutôt positif. Elle commençait déjà à partir vers la porte d’entrée, sans m’attendre et sans m’assurer que je la suivais. C’était à moi de la suivre, pas à elle de m’attendre. Je l’avais bien compris.

Jetant un dernier coup d’oeil vers les camarades de la demoiselle qui étaient affairés à garder leurs yeux rivés sur leurs gros téléphones, avant de sortir à mon tour, non sans mal car la porte était de taille standard, bien trop petite pour moi. Luttant bien comme il fallait, je réussi à me glisser à l’extérieur, voyant déjà la “petite” s’éloigner à grands pas. C’est donc en plaçant à mon tour des grands pas adaptés à ma taille que je me mis en tête de la rattrapper. J’avais déjà un peu mal au dos d’être resté dans un endroit plus petit et surtout d’être passé par cette porte. Mais je n’allais pas me plaindre… j’étais désormais dehors.

En une dizaine ou une quinzaine de secondes, j’avais rejoint l’étudiante française en voyage par chez nous. En silence, je faisais des pas plus courts pour ne pas la dépasser ou lui botter l’arrière train en marchant. Mine de rien, c’était quand même amusant, voire grisant, de me promener tranquillement avec une personne que je ne connaissais pas. Le vent caressant mon visage et les muscles des jambes commençant à s’activer sérieusement renforçait le côté détente de la chose.

Je regardais les oiseaux voler et c’était très divertissant, pour quelqu’un qui n’était pas sorti de chez lui depuis des années. C’était étrange, tout de même, de se dire que j’avais passé tant d’années sans voir réellement l’extérieur… et un peu triste aussi. Je ne pus donc m’empêcher de faire un commentaire :

- C’est amusant comme l’extérieur m’avait manqué… !

Juste en terminant ma phrase, je me rendis compte que la demoiselle n’était pas une vraie connaissance, elle ne savait donc pas pourquoi j’avais dit ça ! Pour quoi allais-je passer, maintenant ? J’allais passer de grand timide maladroit à une sorte de… d’otaku ou que sais-je ! Je regardais le dos de mademoiselle Fujiwara en espérant qu’elle n’ait rien entendu ou qu’elle n’y fasse pas attention. Au vu de ce que j’avais eu de son caractère, je pense qu’elle l’avait entendu, qu’elle s’en foutait un peu… mais quelque chose me disait qu’elle pourrait le retenir pour une situation où elle aurait besoin de le ressortir.

Alors je me tenais le bras gauche en regardant au loin le fleuve tranquille qui s’écoulait inlassablement.
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MessageSujet: Re: [Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre)
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[Lyun] The Sleeping Giant (Campagne d'Angleterre)

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