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Projet D [Quête]

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Surnom : Megan au Sang Noir
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Megan Cole
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MessageSujet: Projet D [Quête] Mer 14 Sep 2016 - 19:23
Renaissance
Partie solo


Mon corps était allongé sur une surface dure et froide, j'ignorais où je me trouvais. J'ignorais comment j'étais arrivée ici, j'ignorais comment je m'appelais. Mais surtout, j'ignorais pourquoi j'avais autant mal au corps. Tout mon corps était douloureux, j'avais du mal à respirer, le sentiment que quelque chose cognait avec force contre mon crâne. Le pire, c'était cette sensation de picotement, d'engourdissement dans ma main droite qui remontait au coude puis à l'épaule. J'avais envie de gratter jusqu'à m'arracher la peau pour que ce picotement cesse. Mais je n'arrivais pas à bouger, mon corps semblait si lourd... Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, je sentais le sang frapper à mes tempes. J'avais peur, je ne comprenais rien. Pourquoi avais-je si mal? Pourquoi je ne me souvenais de rien?

J'ouvris alors les yeux, prenant une longue inspiration, craignant ce que j'allais voir. Mais ce ne fut que le doute et l'inquiétude qui vinrent répondre à mes questions. J'étais dans l'obscurité la plus totale. Je ne voyais rien, je n'entendais rien. La panique me gagna au point que je me suis mise à hurler. Ma voix résonnait autour de moi ce qui me rassura un instant: j'entendais. Je pouvais entendre ma voix qui sortait de ma gorge et qui me répondait en écho. Cet élan rassurante s'estompa tout aussi vite qu'il était venu: j'étais toujours dans le noir sans savoir pourquoi ni comment j'étais arrivée ici. Hurlant encore jusqu'à m'en vriller les cordes vocales, je ne put dire pendant combien de temps je resta ainsi. J'avais fini par pleurer, par implorer qu'on vienne me sortir de là. J'avais eu tout le temps nécessaire pour comprendre que mon corps endolorit était fixé à quelque chose, que je ne pouvais me mouvoir dans cette obscurité. De toute façon, même libre de mes mouvements, qu'aurais-je fais dans le noir? Rien... Je n'étais qu'un être insignifiant, oublié dans son coin qui hurlait de terreur et de douleur. Oublié à un tel point que moi même ignorai ma propre identité. N'étais-je qu'un rêve, une illusion?


---------------------

Assit sur son trône ressemblant à un engin de mort, de torture, Pijn avait les mains croisée devant son visage. Le regard perdu dans le vague, pensif, il n'écoutait même pas l'homme devant lui qui venait de lui faire un bref rapport sur la situation. Après tout, il savait déjà ce qu'il avait besoin de savoir. Megan était arrivée quelques heures plus tôt au temple de la douleur, le corps dans un état pitoyable: son pouvoir se libérant par vagues incontrôlées de ses blessures. Mickael l'avait trouvé inerte sur le sol et l'avait ramené à son seigneur pour qu'il bloque les pouvoirs de la Voyageuse avant que l'énergie libérée involontairement ne finisse par la tuer de fatigue. Peut-être aurait-il dû la laisser mourir? Peut-être que cela aurait évité à la jeune femme son sort d'esclave sous le joug de Pijn. Mickael ignorait s'il avait fait le bon choix mais à présent, il veillait sur elle pour s'assurer de son rétablissement. Il avait laissé un papillon d'ombre dans la cellule de la jeune femme, épiant ainsi ses faits et gestes pour les raconter à Pijn. Il avait ainsi put lui dire que la jeune femme était revenue à elle mais qu'elle semblait bien différente. En effet, il n'était pas dans son habitude d'hurler ni de pleurer et encore moins d'implorer de l'aide. Pijn secoua la main comme pour repousser d'un geste distrait l'invocateur.

"Elle a surement subit quelque chose dans le monde réel. Reste à savoir l'étendu des dégâts sur son corps et son esprit.
-Savoir ce qu'elle a subit serait bien aussi non?
-Je m'en moque. Le résultat est tout ce qu'il m'importe. Leiden a trouvé un moyen de stopper ses pouvoirs?
-Il semblerait... Enfin hormis ses cris et ses pleures, il ne semble rien se passer dans la cellule. Puis-je aller la voir?
-Non. Je vais envoyer Leiden voir ce qu'il en est. Toi, je sais que tu l'apprécies et que tu as pitié d'elle. Laisse la pour le moment. Retournes à tes occupations habituelles avant que le seigneur ne vienne poser des questions. Je m'occupe de tout.
-Juste un truc Pijn.
-Quoi? Sa voix résonna dans l'amphithéâtre.
-Ne joues pas au scientifique fou avec elle. Compris?
-Je fais ce que je veux de mes Voyageurs. Fous moi le camp maintenant."

Le dernier échange entre les deux individus avait monté la tension dans la salle. Ils se dévisagèrent plusieurs secondes puis Mickael poussa un soupire, alluma son joint et fit demi-tour pour s'en aller. Il leva la main d'un geste nonchalant pour saluer le seigneur de la douleur et quitta l'amphithéâtre.

-------------------

Le silence continuait d'être mon seul et unique compagnon. J'entendais malgré tout mon sang frapper à mes oreilles et l'écho de mon souffle saccadé se répercutant sur les murs avoisinants. La panique continuait de déferler en moi. Où étais-je et pourquoi? Que m'était-il arrivé? Pourquoi avais-je si mal? Pourquoi étais-je toute seule? D'autres cris inarticulés s'échappèrent de ma gorge, la voix cassée je continuais d'hurler à m'en faire mal, à m'en couper la respiration.

Quelque chose claqua et me fit taire. Ce bruit m'avait fait sursauter et j'en cherchais sa source. C'est alors qu'une lumière aveuglante se déversa sur moi. Me faisant hurler de nouveau tellement cette lumière me brulait les yeux. Une ombre apparut, entouré de cet halo doré et sa voix brisa mes hurlements.

"Silence!"

Le ton autoritaire et sec m'avait fait taire pour de bon, je retenais mes larmes et un sentiment de joie faisait bondir mon cœur dans ma poitrine. L'homme avança d'un pas claudiquant pour enfin se pencher sur moi. Ses doigts difformes s'approchèrent de mon visage ce qui m'horrifia d'abord mais je parvins à me calmer, me disant qu'il était là pour moi et qu'il avait mit fin à ma solitude. Je cherchais mes mots, mais rien ne venait, je n'arrivais pas à articuler, c'était comme si mes pensées se perdaient en arrivant dans ma gorge. Ses doigts empoignèrent mon visage et me fit tourner la tête d'un coté puis l'autre. Sa main était couverte de cicatrices, à croire qu'on lui avait coupé ou arraché chaque phalange. Le contact n'était pas désagréable, hormis une sensation de froid.

"L'état semble stable... Les pupilles réagissent également. Quand est-il du reste?"

Il me lâcha le visage et posa son pied sur mon torse pour me faire rouler sur le coté d'une simple pression. Là, il ausculta mon épaule et mon bras qui me démangeaient à m'en rendre folle. Je voulais lui dire que ça n'allait pas, que ça faisait mal, que ça me brulait mais rien ne sortit entre mes dents. Juste quelques larmes perlaient sur mes joues.

"Le sceau semble faire effet. Au moins tu ne te videras pas de ton énergie. Pas pour l'instant... Je voyais son sourire carnassier, il semblait amusé de me dire ça.
-Mal... J'ai mal!
-Oui je sais. C'est normal. La preuve que tu es en vie."

Sur ces mots, il me remit sur le dos avant de se redresser. Il tourna alors les talons et claqua des doigts. Quelque apparut en faisant un petit "poc", je senti alors une piqure dans le cou et la seconde suivante je me sentais bien, comme si tout était cotonneux et doux autour de moi. C'est avec un sourire idiot que je sombrais dans une sorte de sieste...


----------------------

Un homme vêtu d'une blouse blanche entra dans l'amphithéâtre de la douleur. Il avait les cheveux courts et noirs, seuls les cotés au dessus des oreilles étaient presque blancs. Le visage maigre, un oeil caché par un bandeau, plusieurs cicatrices sur le visage dont une longue sur le menton remontant sur les lèvres pour passer juste à coté du nez. Il sortit les lunettes de sa poche et les remit sur son nez. Ses doigts étaient couvert de cicatrices également. Pijn l'observait en silence depuis son trône, attendant patiemment son diagnostic.

"L'état du patient est stable. Le sceau que vous lui avez apposé semble correctement fonctionner. Ses pouvoirs ne s'échappent plus du moignon mais je pense qu'ainsi, elle ne pourra user nullement de ses pouvoirs. Elle réagit aux mouvements et à la lumière mais semble avoir des difficultés à s'exprimer. J'ignore ce qu'elle a vécut, mais elle y survivra... Pour le moment.
-Très bien Leiden. Tu as une idée de ce qu'il lui est arrivé?
-Un accident, probablement.
-Regrettable. Dit Pijn un sourire accroché à ses lèvres.
-Très regrettable. Répondit l'autre sur un ton amusé. Je pense que le traumatisme l'a rendu amnésique. Partiellement, totalement, définitif, temporaire. Je ne saurai le dire.
-Bien. Espérons que cela soit totalement et définitif. Pour son bras. As tu en tête un artefact pouvant régler le problème? Une créature obscure sinon?
-Hum... Peut-être. Je vais me renseigner.
-Parfait. Vas à tes occupations pour le moment."

Sur ce, Leiden fit une brève révérence à son maitre et prit congé. Laissant Pijn assit sur son trône, les mains jointes et perdu dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Jeu 15 Sep 2016 - 20:58


J'étais assise dans ma chambre, enfin ma cellule, enfin la pièce où j'étais née... Née? Était-ce vraiment le cas? Je n'en savais rien. Mais mes souvenirs, ma vie avait débuté ici en tout cas. Depuis mon éveil, on était venu me voir plusieurs fois. Un homme torse nu était venu, m'avait parlé gentiment et m'avait fait respirer une fumée bizarre. Depuis, je voyais ma pièce en couleurs, celles-ci variaient aléatoirement mais c'était mieux que le noir total. Le docteur était repassé également. Il avait installé une lanterne avec une flamme violette, éclairant enfin ma pièce. Il m'avait retiré les chaines qui me tenaient au sol et sur un ton autoritaire, m'avait interdit de sortir d'ici. N'osant lui désobéir, surtout qu'il disait me soigner, je n'avais pas franchis le seuil de la porte, pourtant ouverte. De temps à autre, je me risquais à aller sur le seuil pour regarder, par curiosité ce qu'il y avait derrière. Le monde m'intriguait, j'avais une envie incroyable d'aller le visiter! Mais on me l'avait interdit...

Assise dans un coin de ma pièce. Oui ne parvenant pas à déterminer si c'était ma chambre ou une cellule je préférais ce terme neutre. Je jouais avec un papillon noir qui volait et dansait au dessus de mes yeux. Parfois il venait se poser sur mes doigts et je l'observais avec de grands yeux ronds. Je lui parlais aussi, lui demandant comment était le monde, comment il faisait pour ne pas avoir faim. La façon dont il remuait ses ailes me disait qu'il comprenait, juste qu'il ne pouvait pas me parler, malheureusement...

De temps à autres, Mickael revenait me voir. Il s'installait en face de moi et on discutait durant des heures. Il prenait le temps de me faire parler, de m'apprendre à articuler. Aujourd'hui, il était venu avec un autre papillon et tenait à la main une boite étrange. Il s'assit en face de moi, colla son dos au mur et fit glisser la boite jusqu'à mes pieds.

"Tiens ouvres.
-...Quoi?
-Quoi: quoi?
-C'est... Quoi?
-Ouvre tu verras!"

Je fis tourner l'objet entre mes doigts, le jaugeant du regard. Comment est-ce que ça s'ouvrait? Je vis alors une languette sur le coté. J'appuyais dessus, toute excitée! Mais rien... Faisant la moue, je posais la boite au sol et je tirais cette fois dessus. La boite s'ouvrit enfin! L'odeur qui s'en échappa me monta aux narines. Je n'avais jamais rien senti d'aussi bon de ma courte existence! J'observais alors avec attention: il y avait des petites graines blanches fumantes, une sorte de liquide jaune à coté et des boulettes couvertes de ce liquide.

"C'est... Quoi?
-On dit: qu'est-ce que c'est?
-kesske cé?
-Nan! Mickaël sourit, amusé. Qu'est CE... QUE... C'est?
-Qu'est ceuh queuh c'est?
-Ouais pas mal! C'est un bentô! Un panier repas! De la nourriture si tu préfère. Là, c'est du riz et là c'est des boulettes de viandes dans de la sauce curry. Vas-y gouttes!"

Je plongeais alors mes doigts dans la gamelle. D'abord je faillis les retirer: c'était chaud, ça brulait presque! Puis j'essayais d'en prendre une poignée, il faut reconnaitre que ce n'est pas franchement pratique... Ce riz comme Mickaël l'avait appelé, c'était des petits grains, ça tenait pas trop bien dans la main... Parvenant à en faire une boulette que je trempais dans la sauce sous les conseils hilare de mon compagnon, je mis finalement ça en bouche. Et là, ce fut une révélation! D'abord la chaleur puis le gout qui s'insinuait dans mon palais, sur ma langue. C'était délicieux! J'avalais alors d'un coup ce qui me brula la gorge et je toussa alors, j'avais faillis m'étouffer. Mickaël se mit à rire en me disant de mâcher avant d'avaler tout rond. Il en avait les larmes aux yeux et me montra alors un objet posé sur le couvercle de la boite.

"C'est une fourchette. Utilise la pour manger, c'est plus facile pour prendre le riz ou les boulettes.
-Four... Chette.
-C'est ça. Allé mange. Que j'embarque tout ça, je peux pas trainer ici bien longtemps."

Le reste du panier repas fut tout aussi délicieux même si l'utilisation de la dite fourchette n'était pas de toute simplicité. Je me bagarrais pour empaler la viande ou faire tenir le riz dessus c'était pas pratique de mon point de vue. Mickaël rigolait en me voyant faire, il semblait bien s'amuser et cela me faisait rire également. Il poussa finalement un long soupire et se leva lentement en me prenant doucement des mains la boite et la fourchette. Je le regardais s'éloigner, un peu triste. Pourquoi fallait-il qu'il me laisse seule ici? Pourquoi ne pouvais-je donc pas l'accompagner? Ce que je tentais alors de lui demander en prononçant un simple "moi?". Mickaël se retourna, m'observa en silence puis soupira. Me disant que bientôt je pourrai l'accompagner.

----------------

Pijn était assit sur son trône habituel. Les mains jointes devant son visage, ses yeux suivant Mickaël qui sortait d'un couloir pour passer par la pièce principale. Le duc obscur n'aimait pas spécialement voir le Voyageur venir rendre visite à sa "protégée" mais il savait également que si personne ne s'occupait de son éducation, elle resterait un simple enfant inutile. Reste que lui montrer des papillons ou lui apporter à manger ne lui servirait à rien! Il avait d'autres projets pour elle, bien plus grands, bien plus importants! Il se leva alors lentement et Mickaël se tourna vers le seigneur de la douleur.

"Tu crois que je la garde pour que tu viennes la traiter comme un enfant?
-Non. Mais tu lui feras découvrir rapidement l'atrocité de ce monde. Alors tant qu'il y a encore de l'innocence en elle, j'aimerai la préserver. Qui sait, en faisant ça, elle ne deviendra pas une simple arme qui agit sans réfléchir? Peut-être sera-t-elle capable d'avoir des initiatives.
-Elle en a déjà suffisamment prit comme ça par le passé. Entre ses révélations auprès de son ami agoraphobe, ses combats stupides dans tel ou tel royaume. Je n'y suis pour rien si elle est dans cet état, mais je compte bien en tirer profit. Je vais aller la voir et commencer à la former. Inutile de revenir la voir pour le moment Mickaël... Tu as surement mieux à faire de toute façon? Comme t'occuper des rêveurs par exemple."

Le ricanement de Pijn résonna dans l'amphithéâtre alors que Mickaël restait silencieux, serrant simplement les dents et les poings. Le Voyageur avait envie de donner son point de vue à Pijn, mais il ne pouvait pas risquer non plus la guerre entre eux. Après tout, cette créature, aussi abjecte et cruelle soit-elle, détenait ce qu'il désirait. A présent, Pijn détenait même deux choses que Mickaël désirait, sauf qu'il ne pouvait laisser paraitre la seconde. Il se contenta de sourire, lever la main en guise de salut et ajouta un petit "comme tu veux alors, ça m'occupait moi c'est tout" avant de quitter le temple de la douleur...

--------------

Des voix, oui j'avais entendu des voix. On aurait dit celle de Mickaël et une autre. Une que j'entends souvent mais dont je n'avais jamais vu à qui elle appartenait. C'était une voix horrible, dénuée d'émotion, légèrement aigu qui ressemblait à un murmure mais qui semblait sur le point de ce changer à tout moment en hurlement. A chaque fois que je l'entendais, j'avais des frissons sur le corps. Cherchant à ne pas y penser, à l'oublier. Je me couchais sur le sol, relevant les genoux pour faire des abdominaux. Mickaël m'avait dit de faire ça ou des flexions pour éviter que je m'ennuie ou pour éviter de trop penser. N'ayant jamais rien à faire, c'est comme ça que je m'occupais quasiment tout le temps, sauf quand un papillon noir venait me rendre visite. Je faisais mes exercices jusqu'à en avoir mal, à ne plus pouvoir bouger. Dés que la douleur au ventre était trop forte, j'alternais avec les flexions jusqu'à ce que ce soit mes jambes qui me fassent souffrir. Mickaël m'avait dit que je pourrais également faire des pompes et des tractions, mais qu'il était peut-être encore un peu trop tôt pour ça. J'ignorais pourquoi... Il avait dit, sans sourire par contre, que pour ça, je devais déjà m'habituer à mon bras. Je ne comprenais pas. J'en avais un, comment pouvais-je d'avantage m'y habituer? Si je m'y habituais, moi aussi j'en aurai un deuxième? Comme lui ou le docteur? Parfois, je pensais que ce second bras allait surgir d'un coup, je sentais comme des picotements là où normalement j'aurai du avoir des doigts, c'était une douleur horrible encore plus qu'après un nombre incalculable de flexion ou d'abdominaux. J'imaginais que c'était normal: les os devaient pousser et cela était douloureux... J'espérais juste que cela ne prendrait pas trop de temps malgré tout.

Je gisais alors au sol, le souffle court, le corps couvert de sueur. Les muscles de mon ventre me faisait un mal de chien. Combien de temps s'était écoulé depuis la visite de Mickaël? Je n'en savais rien. Déjà car on ne m'avait pas enseigner le principe du temps qui s'écoule, des secondes, ni des minutes ou des heures. Et ensuite car rien ne me permettait d'avoir un repère temporel dans ma pièce. Mais des bruits de pas me firent sortirent de mon état léthargique. Quelqu'un approchait. Quelqu'un venait me voir! Me redressant tant bien que mal pour m'assoir, j'observais la porte en souriant. Mickaël revenait peut-être! Ou alors le docteur venait me donner quelque chose pour calmer mes douleurs ou faire pousser mes os du bras plus vite!

Ce qui apparut sur le seuil de la porte me glaça le sang. Un homme, blanc comme je n'avais jamais rien vu de tel, se tenait là, debout devant moi. Sa peau si claire semblait presque briller dans la pénombre et la lueur de la lanterne violette donnait un aspect fantomatique à son corps. Mais ce n'était pas ça qui m'effrayait, loin de là. Ce n'était pas non plus le trou béant dans sa cage thoracique, pour moi ce n'était là qu'un être incomplet: à moi il manquait un bras, à lui il manquait... Un cœur? Cette pensée me fit froid dans le dos, comment pouvait-il vivre et se mouvoir? Avait-il des émotions? Mais quand son regard émeraude se posa sur moi, le doute n'était plus permit: cette personne, qui qu'elle soit, n'avait pas une once d'émotion. Son regard me pétrifiait, insinuait en moi un froid dévorant, tétanisant mes muscles, faisant frissonner ma peau. La voix horrible que j'avais si souvent entendu...

"Enchanté de te voir enfin et en forme ma chère."

C'était bien la sienne. Et se sourire qu'il affichait, il n'avait rien d'amical ou de rassurant. Tout chez lui me faisait peur, m'indisposait. Que me voulait-il?



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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Lun 5 Déc 2016 - 21:18


Elle était là, assise devant lui en me fixant avec une telle frayeur dans le regard que cela en était pathétique. Il savait parfaitement qu'elle avait perdu la mémoire, qu'elle n'était que l'ombre de ce qu'elle avait été. Une Voyageuse plutôt douée et forte, un peu trop bavarde et rebelle cependant. A présent, il allait pouvoir la modeler comme il l'entendait et comme il l'avait déjà fait. Ce n'était pas là son coup d'essai, il avait essayé sur des Voyageurs qui venaient de vaincre leurs peurs, sur une autre personne aussi. Il avait plusieurs fois échoué, mais il avait également réussi. Reste qu'elle l'agaçait actuellement. Larmoyante, tremblante de peur. Elle semblait si frêle qu'il en avait la nausée. Faire de ça une arme? Il y avait du travail! Il aurait du s'y mettre plus tôt plutôt que laisser Mickaël venir la voir. Il l'observa un instant, chercha si elle avait encore une parcelle de son ancienne personnalité. Mais il n'en voyait rien. Ce qui était autant décevant que pratique. Qu'elle ait gardé sa hargne aurait été utile même si cela aurait surement entrainé son coté rebelle. Il tendit alors sa main griffue vers elle.

"Debout."

Se mot résonna dans la cellule comme un coup de fouet. La pauvre sursauta et semblait sur le point de pleurer. Il en soupira et se résigna alors: il devrait être un peu plus doux avec elle s'il espérait en tirer quelque chose.

EN COURS!
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