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Projet D [Quête]

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Surnom : Megan au Sang Noir
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Megan Cole
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MessageSujet: Projet D [Quête] Mer 14 Sep 2016 - 19:23
Renaissance
Partie solo


Mon corps était allongé sur une surface dure et froide, j'ignorais où je me trouvais. J'ignorais comment j'étais arrivée ici, j'ignorais comment je m'appelais. Mais surtout, j'ignorais pourquoi j'avais autant mal au corps. Tout mon corps était douloureux, j'avais du mal à respirer, le sentiment que quelque chose cognait avec force contre mon crâne. Le pire, c'était cette sensation de picotement, d'engourdissement dans ma main droite qui remontait au coude puis à l'épaule. J'avais envie de gratter jusqu'à m'arracher la peau pour que ce picotement cesse. Mais je n'arrivais pas à bouger, mon corps semblait si lourd... Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, je sentais le sang frapper à mes tempes. J'avais peur, je ne comprenais rien. Pourquoi avais-je si mal? Pourquoi je ne me souvenais de rien?

J'ouvris alors les yeux, prenant une longue inspiration, craignant ce que j'allais voir. Mais ce ne fut que le doute et l'inquiétude qui vinrent répondre à mes questions. J'étais dans l'obscurité la plus totale. Je ne voyais rien, je n'entendais rien. La panique me gagna au point que je me suis mise à hurler. Ma voix résonnait autour de moi ce qui me rassura un instant: j'entendais. Je pouvais entendre ma voix qui sortait de ma gorge et qui me répondait en écho. Cet élan rassurante s'estompa tout aussi vite qu'il était venu: j'étais toujours dans le noir sans savoir pourquoi ni comment j'étais arrivée ici. Hurlant encore jusqu'à m'en vriller les cordes vocales, je ne put dire pendant combien de temps je resta ainsi. J'avais fini par pleurer, par implorer qu'on vienne me sortir de là. J'avais eu tout le temps nécessaire pour comprendre que mon corps endolorit était fixé à quelque chose, que je ne pouvais me mouvoir dans cette obscurité. De toute façon, même libre de mes mouvements, qu'aurais-je fais dans le noir? Rien... Je n'étais qu'un être insignifiant, oublié dans son coin qui hurlait de terreur et de douleur. Oublié à un tel point que moi même ignorai ma propre identité. N'étais-je qu'un rêve, une illusion?


---------------------

Assit sur son trône ressemblant à un engin de mort, de torture, Pijn avait les mains croisée devant son visage. Le regard perdu dans le vague, pensif, il n'écoutait même pas l'homme devant lui qui venait de lui faire un bref rapport sur la situation. Après tout, il savait déjà ce qu'il avait besoin de savoir. Megan était arrivée quelques heures plus tôt au temple de la douleur, le corps dans un état pitoyable: son pouvoir se libérant par vagues incontrôlées de ses blessures. Mickael l'avait trouvé inerte sur le sol et l'avait ramené à son seigneur pour qu'il bloque les pouvoirs de la Voyageuse avant que l'énergie libérée involontairement ne finisse par la tuer de fatigue. Peut-être aurait-il dû la laisser mourir? Peut-être que cela aurait évité à la jeune femme son sort d'esclave sous le joug de Pijn. Mickael ignorait s'il avait fait le bon choix mais à présent, il veillait sur elle pour s'assurer de son rétablissement. Il avait laissé un papillon d'ombre dans la cellule de la jeune femme, épiant ainsi ses faits et gestes pour les raconter à Pijn. Il avait ainsi put lui dire que la jeune femme était revenue à elle mais qu'elle semblait bien différente. En effet, il n'était pas dans son habitude d'hurler ni de pleurer et encore moins d'implorer de l'aide. Pijn secoua la main comme pour repousser d'un geste distrait l'invocateur.

"Elle a surement subit quelque chose dans le monde réel. Reste à savoir l'étendu des dégâts sur son corps et son esprit.
-Savoir ce qu'elle a subit serait bien aussi non?
-Je m'en moque. Le résultat est tout ce qu'il m'importe. Leiden a trouvé un moyen de stopper ses pouvoirs?
-Il semblerait... Enfin hormis ses cris et ses pleures, il ne semble rien se passer dans la cellule. Puis-je aller la voir?
-Non. Je vais envoyer Leiden voir ce qu'il en est. Toi, je sais que tu l'apprécies et que tu as pitié d'elle. Laisse la pour le moment. Retournes à tes occupations habituelles avant que le seigneur ne vienne poser des questions. Je m'occupe de tout.
-Juste un truc Pijn.
-Quoi? Sa voix résonna dans l'amphithéâtre.
-Ne joues pas au scientifique fou avec elle. Compris?
-Je fais ce que je veux de mes Voyageurs. Fous moi le camp maintenant."

Le dernier échange entre les deux individus avait monté la tension dans la salle. Ils se dévisagèrent plusieurs secondes puis Mickael poussa un soupire, alluma son joint et fit demi-tour pour s'en aller. Il leva la main d'un geste nonchalant pour saluer le seigneur de la douleur et quitta l'amphithéâtre.

-------------------

Le silence continuait d'être mon seul et unique compagnon. J'entendais malgré tout mon sang frapper à mes oreilles et l'écho de mon souffle saccadé se répercutant sur les murs avoisinants. La panique continuait de déferler en moi. Où étais-je et pourquoi? Que m'était-il arrivé? Pourquoi avais-je si mal? Pourquoi étais-je toute seule? D'autres cris inarticulés s'échappèrent de ma gorge, la voix cassée je continuais d'hurler à m'en faire mal, à m'en couper la respiration.

Quelque chose claqua et me fit taire. Ce bruit m'avait fait sursauter et j'en cherchais sa source. C'est alors qu'une lumière aveuglante se déversa sur moi. Me faisant hurler de nouveau tellement cette lumière me brulait les yeux. Une ombre apparut, entouré de cet halo doré et sa voix brisa mes hurlements.

"Silence!"

Le ton autoritaire et sec m'avait fait taire pour de bon, je retenais mes larmes et un sentiment de joie faisait bondir mon cœur dans ma poitrine. L'homme avança d'un pas claudiquant pour enfin se pencher sur moi. Ses doigts difformes s'approchèrent de mon visage ce qui m'horrifia d'abord mais je parvins à me calmer, me disant qu'il était là pour moi et qu'il avait mit fin à ma solitude. Je cherchais mes mots, mais rien ne venait, je n'arrivais pas à articuler, c'était comme si mes pensées se perdaient en arrivant dans ma gorge. Ses doigts empoignèrent mon visage et me fit tourner la tête d'un coté puis l'autre. Sa main était couverte de cicatrices, à croire qu'on lui avait coupé ou arraché chaque phalange. Le contact n'était pas désagréable, hormis une sensation de froid.

"L'état semble stable... Les pupilles réagissent également. Quand est-il du reste?"

Il me lâcha le visage et posa son pied sur mon torse pour me faire rouler sur le coté d'une simple pression. Là, il ausculta mon épaule et mon bras qui me démangeaient à m'en rendre folle. Je voulais lui dire que ça n'allait pas, que ça faisait mal, que ça me brulait mais rien ne sortit entre mes dents. Juste quelques larmes perlaient sur mes joues.

"Le sceau semble faire effet. Au moins tu ne te videras pas de ton énergie. Pas pour l'instant... Je voyais son sourire carnassier, il semblait amusé de me dire ça.
-Mal... J'ai mal!
-Oui je sais. C'est normal. La preuve que tu es en vie."

Sur ces mots, il me remit sur le dos avant de se redresser. Il tourna alors les talons et claqua des doigts. Quelque apparut en faisant un petit "poc", je senti alors une piqure dans le cou et la seconde suivante je me sentais bien, comme si tout était cotonneux et doux autour de moi. C'est avec un sourire idiot que je sombrais dans une sorte de sieste...


----------------------

Un homme vêtu d'une blouse blanche entra dans l'amphithéâtre de la douleur. Il avait les cheveux courts et noirs, seuls les cotés au dessus des oreilles étaient presque blancs. Le visage maigre, un oeil caché par un bandeau, plusieurs cicatrices sur le visage dont une longue sur le menton remontant sur les lèvres pour passer juste à coté du nez. Il sortit les lunettes de sa poche et les remit sur son nez. Ses doigts étaient couvert de cicatrices également. Pijn l'observait en silence depuis son trône, attendant patiemment son diagnostic.

"L'état du patient est stable. Le sceau que vous lui avez apposé semble correctement fonctionner. Ses pouvoirs ne s'échappent plus du moignon mais je pense qu'ainsi, elle ne pourra user nullement de ses pouvoirs. Elle réagit aux mouvements et à la lumière mais semble avoir des difficultés à s'exprimer. J'ignore ce qu'elle a vécut, mais elle y survivra... Pour le moment.
-Très bien Leiden. Tu as une idée de ce qu'il lui est arrivé?
-Un accident, probablement.
-Regrettable. Dit Pijn un sourire accroché à ses lèvres.
-Très regrettable. Répondit l'autre sur un ton amusé. Je pense que le traumatisme l'a rendu amnésique. Partiellement, totalement, définitif, temporaire. Je ne saurai le dire.
-Bien. Espérons que cela soit totalement et définitif. Pour son bras. As tu en tête un artefact pouvant régler le problème? Une créature obscure sinon?
-Hum... Peut-être. Je vais me renseigner.
-Parfait. Vas à tes occupations pour le moment."

Sur ce, Leiden fit une brève révérence à son maitre et prit congé. Laissant Pijn assit sur son trône, les mains jointes et perdu dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Jeu 15 Sep 2016 - 20:58


J'étais assise dans ma chambre, enfin ma cellule, enfin la pièce où j'étais née... Née? Était-ce vraiment le cas? Je n'en savais rien. Mais mes souvenirs, ma vie avait débuté ici en tout cas. Depuis mon éveil, on était venu me voir plusieurs fois. Un homme torse nu était venu, m'avait parlé gentiment et m'avait fait respirer une fumée bizarre. Depuis, je voyais ma pièce en couleurs, celles-ci variaient aléatoirement mais c'était mieux que le noir total. Le docteur était repassé également. Il avait installé une lanterne avec une flamme violette, éclairant enfin ma pièce. Il m'avait retiré les chaines qui me tenaient au sol et sur un ton autoritaire, m'avait interdit de sortir d'ici. N'osant lui désobéir, surtout qu'il disait me soigner, je n'avais pas franchis le seuil de la porte, pourtant ouverte. De temps à autre, je me risquais à aller sur le seuil pour regarder, par curiosité ce qu'il y avait derrière. Le monde m'intriguait, j'avais une envie incroyable d'aller le visiter! Mais on me l'avait interdit...

Assise dans un coin de ma pièce. Oui ne parvenant pas à déterminer si c'était ma chambre ou une cellule je préférais ce terme neutre. Je jouais avec un papillon noir qui volait et dansait au dessus de mes yeux. Parfois il venait se poser sur mes doigts et je l'observais avec de grands yeux ronds. Je lui parlais aussi, lui demandant comment était le monde, comment il faisait pour ne pas avoir faim. La façon dont il remuait ses ailes me disait qu'il comprenait, juste qu'il ne pouvait pas me parler, malheureusement...

De temps à autres, Mickael revenait me voir. Il s'installait en face de moi et on discutait durant des heures. Il prenait le temps de me faire parler, de m'apprendre à articuler. Aujourd'hui, il était venu avec un autre papillon et tenait à la main une boite étrange. Il s'assit en face de moi, colla son dos au mur et fit glisser la boite jusqu'à mes pieds.

"Tiens ouvres.
-...Quoi?
-Quoi: quoi?
-C'est... Quoi?
-Ouvre tu verras!"

Je fis tourner l'objet entre mes doigts, le jaugeant du regard. Comment est-ce que ça s'ouvrait? Je vis alors une languette sur le coté. J'appuyais dessus, toute excitée! Mais rien... Faisant la moue, je posais la boite au sol et je tirais cette fois dessus. La boite s'ouvrit enfin! L'odeur qui s'en échappa me monta aux narines. Je n'avais jamais rien senti d'aussi bon de ma courte existence! J'observais alors avec attention: il y avait des petites graines blanches fumantes, une sorte de liquide jaune à coté et des boulettes couvertes de ce liquide.

"C'est... Quoi?
-On dit: qu'est-ce que c'est?
-kesske cé?
-Nan! Mickaël sourit, amusé. Qu'est CE... QUE... C'est?
-Qu'est ceuh queuh c'est?
-Ouais pas mal! C'est un bentô! Un panier repas! De la nourriture si tu préfère. Là, c'est du riz et là c'est des boulettes de viandes dans de la sauce curry. Vas-y gouttes!"

Je plongeais alors mes doigts dans la gamelle. D'abord je faillis les retirer: c'était chaud, ça brulait presque! Puis j'essayais d'en prendre une poignée, il faut reconnaitre que ce n'est pas franchement pratique... Ce riz comme Mickaël l'avait appelé, c'était des petits grains, ça tenait pas trop bien dans la main... Parvenant à en faire une boulette que je trempais dans la sauce sous les conseils hilare de mon compagnon, je mis finalement ça en bouche. Et là, ce fut une révélation! D'abord la chaleur puis le gout qui s'insinuait dans mon palais, sur ma langue. C'était délicieux! J'avalais alors d'un coup ce qui me brula la gorge et je toussa alors, j'avais faillis m'étouffer. Mickaël se mit à rire en me disant de mâcher avant d'avaler tout rond. Il en avait les larmes aux yeux et me montra alors un objet posé sur le couvercle de la boite.

"C'est une fourchette. Utilise la pour manger, c'est plus facile pour prendre le riz ou les boulettes.
-Four... Chette.
-C'est ça. Allé mange. Que j'embarque tout ça, je peux pas trainer ici bien longtemps."

Le reste du panier repas fut tout aussi délicieux même si l'utilisation de la dite fourchette n'était pas de toute simplicité. Je me bagarrais pour empaler la viande ou faire tenir le riz dessus c'était pas pratique de mon point de vue. Mickaël rigolait en me voyant faire, il semblait bien s'amuser et cela me faisait rire également. Il poussa finalement un long soupire et se leva lentement en me prenant doucement des mains la boite et la fourchette. Je le regardais s'éloigner, un peu triste. Pourquoi fallait-il qu'il me laisse seule ici? Pourquoi ne pouvais-je donc pas l'accompagner? Ce que je tentais alors de lui demander en prononçant un simple "moi?". Mickaël se retourna, m'observa en silence puis soupira. Me disant que bientôt je pourrai l'accompagner.

----------------

Pijn était assit sur son trône habituel. Les mains jointes devant son visage, ses yeux suivant Mickaël qui sortait d'un couloir pour passer par la pièce principale. Le duc obscur n'aimait pas spécialement voir le Voyageur venir rendre visite à sa "protégée" mais il savait également que si personne ne s'occupait de son éducation, elle resterait un simple enfant inutile. Reste que lui montrer des papillons ou lui apporter à manger ne lui servirait à rien! Il avait d'autres projets pour elle, bien plus grands, bien plus importants! Il se leva alors lentement et Mickaël se tourna vers le seigneur de la douleur.

"Tu crois que je la garde pour que tu viennes la traiter comme un enfant?
-Non. Mais tu lui feras découvrir rapidement l'atrocité de ce monde. Alors tant qu'il y a encore de l'innocence en elle, j'aimerai la préserver. Qui sait, en faisant ça, elle ne deviendra pas une simple arme qui agit sans réfléchir? Peut-être sera-t-elle capable d'avoir des initiatives.
-Elle en a déjà suffisamment prit comme ça par le passé. Entre ses révélations auprès de son ami agoraphobe, ses combats stupides dans tel ou tel royaume. Je n'y suis pour rien si elle est dans cet état, mais je compte bien en tirer profit. Je vais aller la voir et commencer à la former. Inutile de revenir la voir pour le moment Mickaël... Tu as surement mieux à faire de toute façon? Comme t'occuper des rêveurs par exemple."

Le ricanement de Pijn résonna dans l'amphithéâtre alors que Mickaël restait silencieux, serrant simplement les dents et les poings. Le Voyageur avait envie de donner son point de vue à Pijn, mais il ne pouvait pas risquer non plus la guerre entre eux. Après tout, cette créature, aussi abjecte et cruelle soit-elle, détenait ce qu'il désirait. A présent, Pijn détenait même deux choses que Mickaël désirait, sauf qu'il ne pouvait laisser paraitre la seconde. Il se contenta de sourire, lever la main en guise de salut et ajouta un petit "comme tu veux alors, ça m'occupait moi c'est tout" avant de quitter le temple de la douleur...

--------------

Des voix, oui j'avais entendu des voix. On aurait dit celle de Mickaël et une autre. Une que j'entends souvent mais dont je n'avais jamais vu à qui elle appartenait. C'était une voix horrible, dénuée d'émotion, légèrement aigu qui ressemblait à un murmure mais qui semblait sur le point de ce changer à tout moment en hurlement. A chaque fois que je l'entendais, j'avais des frissons sur le corps. Cherchant à ne pas y penser, à l'oublier. Je me couchais sur le sol, relevant les genoux pour faire des abdominaux. Mickaël m'avait dit de faire ça ou des flexions pour éviter que je m'ennuie ou pour éviter de trop penser. N'ayant jamais rien à faire, c'est comme ça que je m'occupais quasiment tout le temps, sauf quand un papillon noir venait me rendre visite. Je faisais mes exercices jusqu'à en avoir mal, à ne plus pouvoir bouger. Dés que la douleur au ventre était trop forte, j'alternais avec les flexions jusqu'à ce que ce soit mes jambes qui me fassent souffrir. Mickaël m'avait dit que je pourrais également faire des pompes et des tractions, mais qu'il était peut-être encore un peu trop tôt pour ça. J'ignorais pourquoi... Il avait dit, sans sourire par contre, que pour ça, je devais déjà m'habituer à mon bras. Je ne comprenais pas. J'en avais un, comment pouvais-je d'avantage m'y habituer? Si je m'y habituais, moi aussi j'en aurai un deuxième? Comme lui ou le docteur? Parfois, je pensais que ce second bras allait surgir d'un coup, je sentais comme des picotements là où normalement j'aurai du avoir des doigts, c'était une douleur horrible encore plus qu'après un nombre incalculable de flexion ou d'abdominaux. J'imaginais que c'était normal: les os devaient pousser et cela était douloureux... J'espérais juste que cela ne prendrait pas trop de temps malgré tout.

Je gisais alors au sol, le souffle court, le corps couvert de sueur. Les muscles de mon ventre me faisait un mal de chien. Combien de temps s'était écoulé depuis la visite de Mickaël? Je n'en savais rien. Déjà car on ne m'avait pas enseigner le principe du temps qui s'écoule, des secondes, ni des minutes ou des heures. Et ensuite car rien ne me permettait d'avoir un repère temporel dans ma pièce. Mais des bruits de pas me firent sortirent de mon état léthargique. Quelqu'un approchait. Quelqu'un venait me voir! Me redressant tant bien que mal pour m'assoir, j'observais la porte en souriant. Mickaël revenait peut-être! Ou alors le docteur venait me donner quelque chose pour calmer mes douleurs ou faire pousser mes os du bras plus vite!

Ce qui apparut sur le seuil de la porte me glaça le sang. Un homme, blanc comme je n'avais jamais rien vu de tel, se tenait là, debout devant moi. Sa peau si claire semblait presque briller dans la pénombre et la lueur de la lanterne violette donnait un aspect fantomatique à son corps. Mais ce n'était pas ça qui m'effrayait, loin de là. Ce n'était pas non plus le trou béant dans sa cage thoracique, pour moi ce n'était là qu'un être incomplet: à moi il manquait un bras, à lui il manquait... Un cœur? Cette pensée me fit froid dans le dos, comment pouvait-il vivre et se mouvoir? Avait-il des émotions? Mais quand son regard émeraude se posa sur moi, le doute n'était plus permit: cette personne, qui qu'elle soit, n'avait pas une once d'émotion. Son regard me pétrifiait, insinuait en moi un froid dévorant, tétanisant mes muscles, faisant frissonner ma peau. La voix horrible que j'avais si souvent entendu...

"Enchanté de te voir enfin et en forme ma chère."

C'était bien la sienne. Et se sourire qu'il affichait, il n'avait rien d'amical ou de rassurant. Tout chez lui me faisait peur, m'indisposait. Que me voulait-il?
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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Lun 5 Déc 2016 - 21:18


Elle était là, assise devant lui en le fixant avec une telle frayeur dans le regard que cela en était pathétique. Il savait parfaitement qu'elle avait perdu la mémoire, qu'elle n'était que l'ombre de ce qu'elle avait été. Une Voyageuse plutôt douée et forte, un peu trop bavarde et rebelle cependant. A présent, il allait pouvoir la modeler comme il l'entendait et comme il l'avait déjà fait. Ce n'était pas là son coup d'essai, il avait essayé sur des Voyageurs qui venaient de vaincre leurs peurs, sur une autre personne aussi. Il avait plusieurs fois échoué, mais il avait également réussi. Reste qu'elle l'agaçait actuellement. Larmoyante, tremblante de peur. Elle semblait si frêle qu'il en avait la nausée. Faire de ça une arme? Il y avait du travail! Il aurait du s'y mettre plus tôt plutôt que laisser Mickaël venir la voir. Il l'observa un instant, chercha si elle avait encore une parcelle de son ancienne personnalité. Mais il n'en voyait rien. Ce qui était autant décevant que pratique. Qu'elle ait gardé sa hargne aurait été utile même si cela aurait surement entrainé son coté rebelle. Il tendit alors sa main griffue vers elle.

"Debout."

Ce mot résonna dans la cellule comme un coup de fouet. La pauvre sursauta et semblait sur le point de pleurer. Il en soupira et se résigna alors: il devrait être un peu plus doux avec elle s'il espérait en tirer quelque chose. Il tenta un sourire, laissant voir sa dentition parfaite et pointue. Cela se rapprochait plus de la grimace qu'à un sourire. Voyant qu'elle ne bougeait pas, il soupira et s'avança d'un pas dans la cellule. Tout semblant de sourire disparu, ses yeux fixant les siens.

"J'ai dis... Debout !!"

---------------

A cet ordre, une douleur vive me traversa la joue. M'arrachant un gémissant alors que du sang giclait sur le sol. Le sentiment qu'il venait de me coller une violente gifle pour me faire comprendre que je devais lui obéir. Je me relevais alors, ravalant mes larmes. Il se mit à coté de la porte, m'indiquant de le suivre. Ce que je fis sans me faire attendre, ne voulant pas être blessée une seconde fois. Quand j'arrivais à coté de lui, il leva la main vers mon épaule. Le contact de son doigt sur ma peau fut froid, désagréable mais pas douloureux. Mais au fond de moi, je me demandais quand est-ce qu'il allait déchirer ma peau.

"Est-ce que tu as encore de violent spasme douloureux ?
-Non...?"

Sa voix avait été moins menaçante cette fois. Il me fit le suivre dans une grande pièce ronde avec comme des escaliers... Des gradins ? Au milieu se tenait une chose étrange, on pouvait s'y assoir, mais il y avait des lames, des pointes un peu partout. Cela devait être inconfortable, non ? Je remarquais alors la présence d'une autre femme. Blonde, les cheveux longs. Elle portait une robe noire moulante, laissant facilement deviner ses formes. Elle m'observait avec un sourire timide.

"Voici Elena. Elle va t'entrainer. Tu te souviens d'elle ?"

Je disais que non, d'un simple hochement de la tête. Mais la créature me regardait à peine, affichant un large sourire en observant l'autre femme. Il s'avança, leva la main vers elle et me désigna d'un geste avant de se diriger vers ce siège immonde me faisant presque autant froid dans le dos que la créature en elle-même. La blonde avança d'un pas, m'observa d'un regard timide. Elle semblait éprouver des difficultés à me regarder dans les yeux. Pourquoi ? Elle tourna alors la tête et observa un couloir. Intriguée, j'en fis donc de même.

Un cris retentis alors et une masse sombre bondit hors du couloir, une sorte de gros chien avec une gueule énorme. La chose fonça dans notre direction avec avidité. Elena recula d'un pas alors que moi, je n'osais pas bouger. Le molosse bondit pour me sauter dessus, levant mon bras dans un réflexe de me protéger.

Les crocs déchirèrent ma peau, venant s'entrechoquer sur les os de mon avant-bras, m'arrachant un hurlement de douleur. Le poids de la bête me fit basculer et tomber. Le chien roula sur le sol, se redressa et grogna dans ma direction. Je n'osais plus bouger, je voulais faire la morte. Que pouvais-je faire d'autre ?

"Ce mode est remplit de créatures et de gens dangereux... Ici, nous pouvons te protéger. Nous pouvons te soigner. Mais tu dois apprendre comment te défendre. Elena sera là pour te couvrir, te soigner. Alors vas-y. Essais de te défendre, de te battre. Tu n'as pas à avoir peur. Si tu y parviens. Je te dirai comment tu t'appelle. Tu veux savoir ton nom j'imagine ?"

Mon nom. Cette créature connaissait donc mon nom ? Mickaël m'appelait à chaque fois "ma petite", j'avais donc cru au départ que je m'appelais ainsi. Il avait rigolé quand je le lui avais dis... Donc j'ignorais comment je m'appelais. L'apprendre serait important, non ? Peut-être que j'en saurais d'avantage sur moi ? La bestiole me fonça de nouveau dessus alors que j'étais toujours au sol. Me protégeant une seconde fois avec mon bras pour éviter qu'il ne morde mon visage. Hurlant de douleur et de colère. Je repoussais alors la bête avec force, celle-ci fut projeté plus loin sans ménagement. Surprise d'avoir réussi à la projeter sans grande difficulté, je me relevais doucement. Grimaçant en m'appuyant sur mon bras meurtris et ensanglanté. J'avais du mal à bouger les doigts, parvenant tant bien que mal à plier le coude.

La blonde avança d'un pas vers moi, elle leva un doigt et une sorte de bulle rose en jaillit. Mes yeux s'ouvrirent en grand: c'était quoi ça ? La bulle flotta rapidement jusqu'à moi, explosa en entrant en contact avec mon bras. Un souffle chaud se répandit sur ma peau et ma douleur s'estompait, ainsi que les traces de morsures. Ne laissant que du sang séché.

"Quoi que ça...?"

Le chien infernal aboya et me rappela qu'il était toujours là. Je lui lançais un regard, reculant un peu, levant mon bras pour me mettre en garde. Ainsi, je ne pouvais pas vraiment me battre... Soit je me défendais, soit je tentais d'attaquer. Pourquoi tout le monde avait deux bras et pas moi ? Pourquoi ? Cela m'agaçais ! Et je voulais savoir comment je m'appelais ! Le chien hurla et l'air ambiant vibra, je sentis mes cheveux partir en arrière. Il allait bondir... Il se cambra, grogna et... Je serrais le poing, crispant ma mâchoire. Il était tant de contre attaquer. Ou au moins: essayer.

Le chien sauta, tout crocs dehors. Je lançais mon poing en avant pour frapper de toutes mes forces. Mais mon coup se contenta de frapper le vide, j'avais visé trop haut: pensant que la bestiole allait viser mon visage. Mais non... Elle déchirait mon haut, enfonçant ses crocs dans mes cotes et mon ventre. Faisant un moulinet du bras pour retrouver l'équilibre, je mis un coup plutôt maladroit dans le flan de la bête pour m'en libérer. Le chien roula sur le sol, bondissant déjà debout alors que je me tenais les cotes douloureuses.

"Inspire profondément. Calmes toi. Tu vois ses mouvements non ? Alors anticipes. Ne cherche pas à prévoir, lis juste ce qu'il fait. Tu es plus rapide que ce cabot."

La voie de l'homme sur son trône était plus douce, plus calme. Pour une fois, il ne m'effrayait pas. Il me donnait des conseils. J'écoutais donc. Fermant les yeux, respirant lentement. J'entendais mon rythme cardiaque battre à tout rompre mais qui se détendait, petit à petit. J'inspirais un grand coup, retrouvant un semblant de calme. Le chien gronda. J'ouvris les yeux pour l'observer en train de me charger.

Il sautait de nouveau, visant mon flan sans bras. Je fis un pas de coté, armant mon poing, attendant qu'il soit à bonne distance. Là, mes phalanges vinrent percuter le crâne de la bête. Un crochet descendant, désireuse de lui éclater les dents sur le sol. Me laissant descendre un genou à terre dans l'élan. Le sol et mon poing vinrent tenir le rôle d'un étau écrasant et broyant le crâne du monstre. Un craquement écœurant se fit entendre, le sol se fissura sous l'impact. Plus aucun bruit n'émanait de la bête, aucun bruit ne se fit entendre dans la salle, dans l'amphithéâtre. Je relevais alors les yeux vers l'homme, cette chose sur son trône. Le dévisageant presque. J'avais compris que j'étais forte, que je pouvais me défendre. Juste, je ne devais pas avoir peur.

"Mon nom ?"

Moi voix résonna dans l'amphithéâtre, froide et autoritaire. Il avait dit qu'il me donnerait mon nom. Et j'y comptais bien. Sinon je pouvais apprendre à me défendre en enchainant contre lui.
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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Jeu 8 Fév 2018 - 17:40


La jeune femme gisait sur le sol, dans une mare de sa propre hémoglobine. Cette idiote, après avoir tué une simple créature obscure, avait prit confiance en elle et avait osé défier le seigneur de la douleur. Pijn, désireux de jouer et de l'éduquer, avait d'abord agit doucement: lui disant de se calmer, qu'il allait lui donner son nom. Mais Megan était comme prise d'une hystérie, surement suite à son amnésie: l'incompréhension et la frustration l'ayant poussé à bout. Elle avait donc chargé Pijn qui lui, sous l'impulsion, l'avait simplement et efficacement écorché vive. Depuis, elle était enchainée au pied du trône de la douleur, agonisant dans son sang alors que Elena utilisait ses pouvoirs pour la faire cicatriser, sur ordre, bien évidemment de Pijn.

La voyageuse avait soigné le plus gros des blessures puis Pijn s'était avancé pour lui parler. Disant que la prochaine fois qu'elle agissait ainsi: il la tuerait. Son but était de l'aider à survivre, d'apprendre comment est ce monde et il n'aimait pas l'idée qu'elle se retourne contre lui alors qu'il disait être comme un père pour elle. La jeune femme resta indécise un moment, se demanda s'il disait vrai puis ne voyant pas pourquoi il pourrait mentir, accepta l'idée qu'il faisait tout ceci pour son bien. Elle resta donc ainsi, allongée pendant un moment jusqu'à ce que Pijn se penche sur elle, pose son doigt griffue sur son épaule, lui tirant une désagréable sensation. Elle eut alors un vertige puis la nausée, sentant qu'on lui prenait quelque chose d'important mais sans savoir quoi. Pijn se redressa, tenant une sphère étrange dans sa main.

"Tu disposais d'un talent remarquable. Mais... Dans ton état, ce même talent te détruisait lentement. J'avais tenté de le contenir, mais ça ne fonctionne pas. Je te le retire donc... En attendant de trouver un autre moyen."

Pijn s'éloigna, il avait retiré ses pouvoirs à Megan, utilisant le sceau de la solitude, combiné à un autre pour y parvenir. Cela le dérangeait, il ne voulait pas d'une arme sans pouvoir, mais dans l'état actuel des choses, elle ne pouvait sans servir de toute façon. S'il avait retiré le sceau, son pouvoir se serait échappé d'elle, jusqu'à la consumer entièrement. Il avait envoyé Leiden en mission pour trouver une solution. Le docteur était aussi froid qu'intelligent et Pijn ne doutait pas de lui. Les deux savaient qu'il y avait dans ce royaume un nombre important d'artefact, l'un d'eux pouvant surement faire l'affaire... Le seigneur de la douleur s'immobilisa alors, se retourna vers la voyageuse ensanglantée.

"Ah oui... Malgré tout, ta récompense. Tu t'appelle... Dolorès. Avatar de la douleur et de la torture. Tu es née pour diriger à mes cotés, pour apprendre à tout Dreamland ce qu'est la véritable souffrance: celle que tu as subis dans ton ancienne vie, celle que certain voulaient que tu subisses. Le monde est sans pitié Dolorès et beaucoup de personnes haïssaient juste pour le plaisir de détester les autres. Ils ont même réussi à te tuer et moi, dans ma grande bonté, je t'ai sauvé."

Sur ces mots, Pijn s'éloigna en avalant la sphère de pouvoir de Megan, pour la garder à l'abri, éviter que quiconque ne s'en empare. La jeune femme l'observait partir, sa vision devenant de plus en plus floue.

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Adieu innocence, bonjour nouvelle puissance

Après m'avoir soigné, on m'avait remit dans ma chambre, mon lieu de naissance. Elena m'avait laissé une petite barre de fer avec des disques en acier. Me disant de m'en servir pour muscler mon bras en ayant prit le temps de me montrer. Sur chaque disque, il était écrit: 40kg. J'ignorais ce que ça voulais dire, mais je soulevais le poids sans relâche, jusqu'à ce que mon bras me fasse mal. Poursuivant alors sur des flexions des jambes puis des abdominaux. L'activité physique me faisait du bien, je me vidais la tête. Car oui, j'avais trop de questions: pourquoi m'avait-on tué ? Pourquoi les gens me détestaient ? Pourquoi ce monde était dangereux ? Mais mon père était là pour me protéger, comprenant parfaitement qu'il m'ait blessé après que j'ai voulu l'attaquer.

Parfois, on me sortait de ma chambre pour affronter d'autres chiens noirs. Ils étaient généralement un peu plus gros que le premier. Papa, enfin mon seigneur, disait que je progressais. Cette fois, on m'avait sortit mais aucun monstre, je devrais affronter Elena. La blonde était en face de moi, me faisant un sourire. Elle avait dit que je devais y aller à fond... Mais elle avait été si gentille avec moi.

Elena se mit en garde, leva une main vers moi, fit un arc de cercle et créa une bulle de couleur grise. J'observais un peu surprise. D'habitude, c'était rose et ça me soignait, je n'avais donc rien à craindre, non ? Mais au fond de moi, mon instinct me disait de me méfier. Pourquoi ? La bulle fila sur moi, je bondis sur le coté d'un mouvement souple. La bulle toucha le sol, éclata et fit un trou dans le marbre. Ah ouais... Je fixais Elena: elle rigolait pas en fait. Sauf qu'elle avait déjà créé trois autres bulles !

J'en esquivais une, l'autre explosa en percutant ma hanche, la dernière mon épaule sans bras. Mes vêtements éclatèrent, ma peau également, laissant voir la chaire, par endroit les tendons voir même un peu l'os. C'était hyper douloureux !!

"Tu as toujours été corps à corps... Si tu reste à cette distance Dolorès, tu ne pourras que subir mes assauts."

C'était clairement une invitation à lui foncer dessus. Ce que je fis: tête baissée. Armant mon poing en hurlant comme une folle. Une grosse bulle se forma alors autour de la voyageuse. Mon poing vint l'éclater pour ensuite percuter la mâchoire de Elena avec fracas, enfin c'est ce qu'il aurait du se passer. Mon coup fut plutôt mollasson car la douleur que je ressentais, les blessures que je venais de subir étaient juste horrible. Mes phalanges étaient à présent dépourvus de peau et de chaire: les os et les tendons à nus. Mon poignet dégoulinait de sang et de morceau de peau. Mon avant-bras était dans un état légèrement moins pitoyable. Foutu piège ! Comment pouvais-je affronter un adversaire doué à distance capable de se protéger de la sorte au corps à corps ?

"C'est ça la différence entre toi et moi... J'ai un pouvoir."

Et voilà qu'elle se vantait en plus ! Je notais qu'elle avait la lèvre ouverte, j'avais quand même réussi à lui faire mal. Ce n'était pas totalement un échec. Ce qui me fit sourire de satisfaction. Papa observait... Enfin le seigneur nous regardait en souriant, admirant mon esprit combattif, il me l'avait dit: il préférait me voir si combattive.

J'observais Elena, me demandant si vraiment, la différence se jouait sur une histoire de pouvoir. Je cognais fort, je passais mon temps à m'entrainer dans ma chambre ou fracasser des créatures. Non... La différence, c'est que j'avais peur de me faire mal. Peur de me blesser. Quand mon poing avait touché le bouclier, j'avais tellement appréhender les blessures que j'en avais perdu mon potentiel offensif. D'accord son pouvoir était violent, il faisait mal. Mais si je frappais avec suffisamment de force sans me soucier de mon état, j'étais persuadée de l'emporter. Je serrais mon poing, grimaçant de douleur. Non, là je ne pouvais pas, ça faisait bien trop mal... C'était trop tard. Et pourquoi moi je n'avais pas de pouvoir ? Ah oui, le maitre me l'avait dit... Mon corps ne supportait pas mon propre pouvoir et il avait du me le retirer. Mais... Pourquoi ?

"Je vais te soigner, ça suffit pour aujourd'hui.
-Non, elle peut encore se battre.
-Gagner..."

Le maitre éclata de rire en m'entendant. Elena fit la moue, contrariée par mon idée que je puisse gagnée ou inquiète de mon état ? Je pris une longue inspiration comme lors de mon premier combat, serrant le poing, ignorant la douleur qui me brulait les articulations de la main, le poignet et ce jusqu'au coude. Frapper de toute mes forces, frapper quitte à y perdre mon unique bras. Je devais faire que papa... Soit fier de moi. Je devais gagner. Elena soupira et s'entoura d'une autre sphère de douleur. Attendant tranquillement que je vienne à elle.

Je ne disposais que d'un bras, mais ça ne voulait pas dire: une seule arme. Jusque là, je n'avais pas utilisé mes pieds, mes jambes. Ceci me semblait un peu compliqué: se déplacer et frapper avec mon moyen de locomotion. Mais ça me semblait possible. Je me mis donc à courir sur Elena, bondissant pour mettre un coup de pied. La voyageuse se contenta d'esquiver en se déplaçant sur le coté, ce qui me fis rager. Je tentais un coup de pied rotatif, mais j'étais hors de portée. Je me ridiculisais... Je tentais d'autres coups de pieds mais Elena reculait à chaque fois, jouant avec moi. Ou alors, elle avait peur que je me blesse pour rien ? Reste que mon jeu de jambes n'étaient pas terrible et j'en concluais qu'un autre uppercut serait tout de même mieux. La voyageuse leva une main vers moi et sa sphère protectrice se détacha pour m'exploser dessus alors que je ne m'y étais pas attendue.

Couverte de blessure, je tombais à genoux, à bout de souffle. Pijn dit que c'était terminé pour le moment et Elena s'excusait auprès de moi. Là, Pijn lui hurla dessus, disant que la pitié ne servait à rien, à part pour développer une faiblesse. La jeune femme acquiesça et me soigna rapidement...

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Durant des heures, j'avais travaillé mon jeu de jambes dans ma "chambre". M'entrainant à coller des coups de pieds dans un pilier en marbre jusqu'à mettre mes tibias en sang. Je ne devais pas compter uniquement sur mon bras valide, je devais apprendre à exploiter tout mon corps. Comme ces chiens obscurs, ils utilisaient leurs crocs, leurs griffes pour attaquer. Pourquoi me limiter à mon seul bras ? Je me laissais alors tomber au sol, les jambes en feu et en sang. Mon estomac gargouillait, j'avais tellement faim et aucune visite de Mickaël depuis un long moment. Allait-il bien ?

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Pijn avait laissé Elena libre pour cette nuit. Il marchait dans son temple, récapitulant les dernières semaines dans sa tête. Megan, enfin Dolorès progressait plutôt bien. Elle parvenait à se battre de façon plus que convenable. Sa force était au dessus de la normal même pour une voyageuse et son endurance était naturellement incroyable. C'était une algophobe, l'endurance et sa capacité à endurer la douleur était normale. Petit problème: elle était trop impulsive, trop émotive. Les vestiges de l'ancienne Megan étaient encore trop présents. Il devait trouver un moyen de détruire ça, d'en faire une arme sans la moindre émotions. Leiden était justement revenu avec un artefact: le membre fantôme. Un artefact sans forme prédéfinis, pouvant remplacer un membre d'un corps. Avec ça, Dolorès pourrait avoir son second bras. Mais cela ne suffisait pas. Pijn entra dans le laboratoire du scientifique, une pièce ressemblant à un atelier de dentiste digne d'un film d'horreur de seconde zone.

Le membre fantôme était posé sur la table d'opération: une jambe noir d'où émanait de la fumée noire. Une jambe ? Son ancien propriétaire devait avoir besoin de ça. Surement. Pijn ouvrit la bouche, enfonça sa main dans sa gorge et en sortit la sphère de pouvoir de Megan. Il la tendit à Leiden en souriant.

"J'y ai apporté quelques modifications. Avant son pouvoir lui permettait d'ignorer la douleur ou faire que quelqu'un ne la ressente plus. C'est à présent... Un lointain souvenir.
-Bien. Je dois pouvoir remplacer ça par un penchant masochiste.
-J'aimerai aussi que tu regarde son sceau de la solitude. Lui offrir la liberté mais... En contrepartie, le sceau bridera totalement ses émotions.
-C'est possible. Après tout, c'est son pouvoir de base qu'on a modifié pour garder les Voyageurs ici..."

Les deux créatures cauchemars passèrent ainsi des heures à modifier l'artefact, à y insuffler le pouvoir de Megan, à y ajouter un sceau de solitude.
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MessageSujet: Re: Projet D [Quête] Ven 9 Fév 2018 - 14:28


Elena reculait, se tenant les cotes. Elle était à bout de souffle et avait mal presque partout. Elle créa un bouclier autour d'elle pour repousser, ne serait-ce qu'un temps, son adversaire. Dolorès avançait vers elle, le visage impassible. Elle décrocha de sa ceinture une canne blanche et rouge, apparemment faite en sucre d'orge. La faisant tourner entre ses doigts avant de la lancer avec force sur le bouclier de Elena. La sphère éclata, projetant la canne qui se fissura. Dolorès était déjà au corps à corps, collant un puissant coup de coud en plein estomac de la blonde, la décollant du sol avec force. Elena s'écroula, le souffle coupé. La voyageuse trouvait que la brune avait tellement progressé, tellement changé. Elle en avait peur et n'osait même plus la regarder dans les yeux. Dolorès ne prit même pas la peine de baisser son regard vers son adversaire: vaincue et sans la moindre présence d'esprit combattif. Elle aurait pu l'achever, c'est ce qu'on lui avait apprit, mais là, ce n'était qu'un entrainement. Elle leva cependant son bras au dessus de sa tête, se remémorant ce qu'on lui avait enseigné: tuer ou être tué.

Cela faisait plus d'un mois que Pijn et Leiden avaient travaillé sur l'artefact. Faisant faire des séances de tortures à la jeune femme, lui racontant des mensonges pour la manipuler, pour lui faire croire que tout ceci était pour son bien. Plutôt content d'eux, ils avaient finalement offert à l'amnésique l'artefact: le membre fantôme, lui offrant ainsi un nouveau bras, une arme supplémentaire. La jeune femme encore un peu hésitante, parfois impulsive ou craintive disparue, laissant place à une femme sans la moindre once de pitié et d'humanité. Pijn et son savant fou cultivèrent ainsi l'inhumanité de Dolorès, l'obligeant à torturer des rêveurs, à tuer des créatures du royaume. A tuer une jeune voyageur algophobe. A aucun moment, elle ne montra un signe d'hésitation. Ce qui faisait grandement plaisir à Pijn. Il avait également renommé l'artefact, devenant à présent un artefact lié à la douleur, lié à Dolorès pour: l'empreinte de souffrance. Leiden lui préférait la douleur fantôme. Mais les deux créatures se moquaient bien du nom de l'objet, ce qui importait, c'était l'appendice fait d'essence de vie à l'extrémité: celle qu'ils avaient rebaptisé Dolorès.

Elle activa son pouvoir, libérant l'énergie dans son bras. Elena poussa un petit cri effrayé, comprenant que Dolorès allait l'achever, que c'en était fini d'elle. Pijn regardait la scène, impassible. Il hésitait à la laisser faire. Car Elena était utile, ce n'était pas une Voyageuse sans intérêt, celle-ci était docile et ses pouvoirs permettait une certaine... Polyvalence. Mais d'un coté, regarder Dolorès tuer des gens avait quelque chose de plaisant. Il soupira et leva la main.

"C'est bien, ça suffit.
-Oui père."

Dolorès baissa la main, annulant son pouvoir et se tourna d'un quart vers son seigneur. Elle posa ensuite un genou au sol, attendant patiemment les ordres de celui qui disait être son père, son sauveur, son maitre. Elena éclata en sanglots et se laissa rouler sur le sol: elle avait plusieurs cotes cassées et avait failli se faire tuer. Le seigneur de la douleur se leva enfin de son trône, avançant d'un pas de conquérant vers ses deux voyageuses. Il claqua des doigts: faisant disparaitre blessures et douleurs de Elena.

"Je vois que tu n'as même pas eu besoin de tes pouvoirs pour ce combat Dolorès. Bien... Très bien. J'ai une mission pour vous deux."

Il prit le temps de marquer une pause, laisser Elena se relever pour être plus présentable. Il leva une main et fit apparaitre un coffre en bois et d'acier de taille moyenne. Déposant le coffre au sol, on pouvait y voir de simples décorations gravées dessus. Le même symbole qui pour Dolorès et Elena ne voulait rien dire.

"Ceci. Est une douleur perdue. Il en existe plusieurs et sont similaires. Ce sont, grosso merdo des coffres où l'on y enferme ce que l'on veut. Seul moi ou un algphobe très puissant peuvent espérer les ouvrir. Je voudrais que vous vous rendiez dans un certain royaume et que vous me rapportiez le coffre qui s'y trouve. Il marqua un temps mort. Je vous déconseille d'essayer de l'ouvrir, cela pourrait vous tuer. Des questions ?
-Non, père.
-Quel royaume ?
-Agonia. Ancien royaume de la douleur, avant sa fusion avec l'obscurité. Ce n'est plus que ruines avec des créatures décérébrées mais dangereuses. Toi, Elena, tu pourras t'y rendre la nuit prochaine. Toi, Dolorès... Tu vas devoir y aller à pieds. Tu seras escortée jusqu'aux portes du royaume obscur."

Pijn fit disparaitre le coffre et se retourna vers son trône, il fit quelques pas avant de se figer et d'afficher un sourire froid.

"Inutile de revenir sans. Et quiconque se dressera sur votre chemin: tuez le."

Dolorès inclina la tête puis se releva pour prendre la direction du corridor afin de quitter sans plus tarder le temple de la douleur. Elena la regarda s'éloigner, un peu craintive sur le déroulement de la dite mission. Elle lança un regard à son seigneur puis s'inclina à son tour. Il ne lui restait plus qu'à attendre le réveil pour ensuite reprendre un semblant de vie normale. Elle hésitait toujours entre remercier Megan d'avoir fait d'elle une voyageuse en l'aidant à vaincre sa peur ou à la détester pour en avoir fait le petit soldat de Pijn.

Fin de la partie solo.
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