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Le Pins du Feu [PV Mara]

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MessageSujet: Le Pins du Feu [PV Mara] Dim 17 Avr 2016 - 16:57
Le paysage était d’un vert chatoyant : des plaines et des collines qui s’étendaient à perte de vue, n’accueillant que très peu d’arbres, et d’un ciel bleu aventure, dans lequel flottaient des nuages hauts dans le ciel. Il faisait éblouissant, et beh, au moins, je crèverai pas de froid. Température normale, on était loin des tropiques de Royaumes vacanciers, puis le fond de l’air était frais. Je ne savais pas où j’étais, non, mais la forme de l’herbe, très artificielle au demeurant, ainsi que les arbres les plus proches, ainsi notamment, que le paysage en général, qui ressemblait plus à un décor pour un tournage, avec une lumière excessivement généreuse et des couleurs vives. Quelques Royaumes avaient ce penchant exagéré pour l’artifice, mais je n’étais pas allé dedans suffisamment pour les reconnaître. Il n’y avait personne d’autre que moi dans les parages, c’était une bonne nouvelle. Peut-être que j’allais me faire bien chier comme il fallait, mais ma vie n’aurait rien à risquer. Un mal pour un bien, en quelque somme.

J’en profitais pour vérifier ma tenue, et secrètement, elle me plaisait. Certes, elle semblait légèrement surdatée, un peu vieillotte, et trop penchée vers la fantasy, mais je ressemblais drapé dedans, comme le héros d’un jeu quelconque. Je disposais d’un grand foulard orange autour de moi qui ne se privait pas pour voler au vent, ainsi qu’une armure légère dont les finitions étaient de la même couleur. Je remarquai que j’étais à peine gêné dans mes mouvements, c’était soit de la bonne fabrication, soit de la tricherie comme Dreamland savait les inventer. Il y avait pas mal de cuir, notamment au niveau des bras, mais vers les côtes et le buste, je pouvais sentir des plaques de métal légères destinées à arrêter les coups les plus violents. Comble de l’équipement : je disposais une lanière en cuir bien pratiques qui tenaient mon panneau à l’horizontal, juste au-dessus de mes fesses (par contre, c’était bien pratique ici, mais oubliez de traverser des portes sauf en se mettant de côté) ; je savais que je disposais en plus de mes lunettes de soleil, un accessoire qui devait détonner avec le ton de mon ensemble. Restait plus qu’à savoir ce que j’allais faire dans ce Royaume (quel était le Royaume déjà), et comment j’allais tuer le temps en attendant de me réveiller. Marcher, c’était bien, deux heures s’il le fallait, mais marcher pendant des plombes en me trimballant l’armure, merci le fun.

« Pardon, voyageur, êtes-vous égarés ? »

Je me retournai prestement, surpris par la voix ; je pensais être tout seul ici, mais fallait croire qu’ils venaient d’apparaître de derrière une colline. Très discrètement alors, j’avais quand même de bonnes oreilles. Ils étaient un groupe de quatre. Le premier était une sorte de beau gosse qui tenait une épée que je devinais assez unique pour valoir son pesant en EV, il avait l’air soucieux, plus adulte qu’il ne devrait à son âge vu qu’il devait avoir, allez, dix-sept ans. La seconde était une blonde toute petite, dans une robe jaune, portant un bâton que mes lunettes indiquèrent comme fort magiques. Intéressant. Elle était toute mimi, très jeune et on lui devinait facilement une candeur entachée par la naïveté. Le troisième était un archer, qui avait dans le dos, un arc pas loin d’être aussi grand que lui, disposant de montures plutôt typé aviateur (même s’imaginais que le monde ne devait pas connaître les avions), et pour terminer, un cavalier à l’air grave, si droit que j’en étais moi-même impressionné, et la barbe qui lui rongeait le visage, surtout par rapport aux visages imberbes des autres, indiquait un âge plus avancé ; il semblait vieux, mais au final, ne devait pas avoir beaucoup plus qu’une trentaine bien dense. Je regardai le premier d’entre eux, celui qui m’avait posé la question, et je lui répondis :

« Ben euh… » L’étais-je ? Je n’avais pas bougé depuis ma première position. « Pas vraiment. » Puis je vérifiai partout où j’étais, et me rendis compte que les horizons ne me disaient absolument rien. Sachant que je contredisais complètement ce que je venais de dire, je demandai : « Juste, vous savez où je suis ? » Les quatre se regardèrent, essayant de deviner mon comportement profond. Le premier, prit un ton inquiet et me demanda :
« Vous seriez amnésiques ? » Mis à part que j’avais du mal à me rappeler ce que j’avais mangé il y avait trois jours, bof.
_ Non, désolé.
_ Ah, dommage. » Pardon ? « Les amnésiques sont toujours des gens exceptionnels de par chez nous. Comment vous appelez-vous ?
_ Ed Free. Et vous ?
_ Je m’appelle Robin. Voici ma sœur, Sasha, notre vaillant compagnon, Adrien de Montbois, et pour terminer, notre mentor, le Chevalier Gaston. Nous formons une troupe de mercenaires qui défendons la population, et à un moment ou à un autre, on l’espère, on pourra sauver le monde d’une menace incroyable en utilisant des Artefacts légendaires aux capacités floues.
_ Ça tombe pas tous les mardis matins, ça, non ? »
Ils ne comprenaient pas énormément le cynisme par ici. Le premier se mit à tousser, le Chevalier me regardait comme s’il espérait comprendre ce que je voulais dire, mais, peut-être qu’il était juste lassé de tourner son regard ailleurs. La petite Sasha, qui sautait un peu trop d’enjouement pendant qu’elle parlait, Perkinson avait atteint un nouveau stade, me demanda :
« Eh, Robin ? Pourquoi il ne nous rejoindrait pas ? » Euh, parce que vous sembliez être une équipe de branques. Ledit Robin me fit un sourire, même pas forcé, il devait être simple, et me demanda :
« Oui, c’est une bonne idée. Il vaut mieux voyager en groupe dans ces contrées, les bandits sont partout.
_ Je peux me défendre.
_ Que diriez-vous de nous rejoindre ?
_ Bah écoutez, pourquoi pas. »


C’était la vérité. Autant rester avec eux et vivre quelques aventures plutôt que me torcher le cul dans l’herbe. On me serra plusieurs fois la main, et on me demanda même quelle était ma classe. Pardon ? Ca faisait longtemps que mes études étaient terminées, j’étais pris au dépourvu. Vu qu’il ne comprenait pas la réponse, et que je ne comprenais pas la question, ils décidèrent unilatéralement que j’étais un lancier. Si ça les faisait tripper, hein, pourquoi pas, je n’allais pas contredire des gens qui semblaient être heureux. Le grand chevalier, qui était tout le temps, mais tout le temps sur son cheval, nous prévint alors d’un ton uniformément sérieux :

« Le soleil va bientôt se coucher, on devrait établir un camp avant que des bandits n’attaquent. »

Juste au moment où il dit ça, deux choses. Premièrement, le soleil de midi se dépêcha de rejoindre la terre et de devenir orange, formant un crépuscule éblouissant, et plutôt hâtif. Je me laissais à peine impressionner par cet exploit, après plusieurs années de bourlingage dans Dreamland, ce genre de petits miracles sortis de nulle part n’avait rien d’exceptionnel. On était blasés des miracles, pour vous dire à quel point ce monde pouvait être triste.

Second problème, les brigands en question, comme invoqués par la parole de Gaston, sortirent de nulle part (quand je disais, de nulle part, c’était vraiment de nulle part, des vrais ennemis de Call of Duty qui poppaient hors de votre champ de vision). Ils étaient environ une dizaine, presque tous munis de hache aiguisée, et il y avait un meneur, très loin, plus massif que les autres. Il se mit d’ailleurs à parler, mais bon, sachez que même s’il était, allez quoi, cent mètres, on l’entendit comme s’il était à-côté. Quelqu’un pouvait expliquer ce phénomène ? C’était bien plus dérangeant que le soleil qui avait magné ses petites fesses pour commencer la soirée. Non, personne ? Bon, bah très bien.

« On vous a enfin retrouvés, la Troupe des Mercenaires du Soleil Céleste d’Hylis. Préparez-vous à mourir, nous allons très vous tuer.
_ Bon bah, on les défonce. »
Moi, j’avais des plans, ils allaient jusque-là, ouah. De la piétaille comme ça, je les enterrais d’un bon coup de boule vers le bas, et s’ils venaient en bande, je vous plantais un jardin de malfrats. Sauf que, Robin se dépêcha de m’arrêter.
« Certainement pas ! Tu ne peux pas y aller ! Tu risquerais de te faire tuer !
_ Bah écoute, je crois pas, non. »
Les gens en-face avaient l’air vraiment pas terribles, du genre, bandits standards, qui se ressemblaient tous, torse poil et gueule patibulaire – ceux-là, c’étaient les céréales préférées des Voyageurs en manque d’action, mais qui ne voulaient pas trop risquer leur vie.
« Il nous faut absolument un stratège pour guider nos actions. » Moment de silence, je regardai le visage des compagnons du Soleil Céleste, mais ils avaient l’air d’être d’accords avec ça. Un stratège ? Mais qu’est-ce que je t’en foutrais d’un stratège ? Si tu veux de la stratégie, je peux les encercler à moi tout seul mais voilà, pas besoin d’aller se faire chier plus que ça. Je répondis, goguenard :
« Mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
_ On espère qu’un stratège arrivera.
_ Et les bandits ?
_ Ils attendent aussi.
_ Ils ont besoin d’un stratège aussi ?
_ Dis-moi, tu es sûr que tu n’es pas amnésique ? »


Oh, je vous emmerde tous ! Mais vu que les bandits avaient la gentillesse de nous attendre, j’allais faire de même. A Rome, faîtes comme chez les Romains. En bref, n’importe quoi, mais dans les règles.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Dim 17 Avr 2016 - 19:18



Le jeune Voyageuse avait le nez en l'air, regardant avec surprise la forêt qui l'entourait, sans savoir quoi penser. D'un côté, comparé à la dernière forêt mémorable qu'elle avait pu voir à Dreamland, celle-ci n'avait pas des arbres de plus de quarante mètres de haut et des champignons géants à motifs écossais ou à cœurs, donc on pourrait penser que c'était plutôt normal. Sauf que cette forêt était tellement banale que ça devenait vraiment bizarre: les arbres n'étaient pas alignés, mais il n'y avait aucune racine qui dépassait au sol, aucun buisson ni fougère, pas d'orties ni la moindre branche morte, pas un pet de mousse ou l'ombre d'un caillou. C'était limite si l'herbe donnait pas l'impression d'être tondue tous les matins, autour de tous ces arbres de même sorte et de même taille. C'était bizarre. Après, Mara ne s'inquiétait pas trop, Dreamland était rarement subtil quand il créait un environnement hostile, et toutes ces couleurs claires et vives qui l'entouraient étaient plutôt accueillantes. Mais du coup, elle arrivait pas à deviner où elle était, et vu que connaître le Royaume était un bon moyen de deviner les dangers à venir... Elle se sentait vaguement inquiète, malgré tout.

Après avoir fait un dernier tour sur elle même, n'entendant que les sons répétitifs des oiseaux alentours, elle baissa son regard sur sa tenue. Tout d'abord, sa cape était plutôt différente de d'habitude, s'approchant plus d'un vêtement fourré de pelage blanc, avec l'extérieur en tissu mauve noir un peu sophistiqué, et un col semblant moins épais. Pas sa couleur préférée, mais ça rendait plutôt bien avec son bandeau noir et les perles qui en tombaient. Les oreilles de sa capuche étaient toujours là, et elle trouvait affublée d'une paire d'épaulières légèrement argentées, assez joli mais qui pesaient suffisamment rien pour qu'elle devine leur utilité. À savoir: purement décorative, fallait pas espérer que ça résiste à quoi que ce soit. Bah, ça changeait pas de d'habitude, et la jeune fille rangea sa tignasse dans sa capuche avant de la rabattre sur son crâne. En parlant d'habitude, ses vêtements non plus ne changeaient pas des masses. Même s'ils étaient aussi plus sombres qu'avant, sa tunique se voyait simplement affublée d'un lacet au niveau de son torse et d'une ceinture à sa taille, et ses ballerines étaient devenues de confortables bottes. Cool, ça promettait pour la nuit!

Sentant malgré tout son canarligator mordiller sa cage dans son dos, elle ne put se retenir de soupirer. Elle allait sans doute le laisser quelque part pour la nuit, elle avait vraiment la flemme de se le trimbaler. Surtout qu'elle ne ressentait toujours pas le moindre remord pour ce truc tout simplement increvable. Elle se mit malgré tout en marche, observant cette forêt avec curiosité, se demandant quel genre de Royaume pouvait lui refourguer des habits pareils. Elle trouvait que ça avait un petit côté heroic fantasy, mais comme c'était un style qu'adoptait quelques Voyageurs qu'elle avait pu croiser, c'était peut-être pas un signe. Mais bon, maintenant qu'elle se sentait en sécurité, sa curiosité était bien piquée, et elle avait hâte de croiser au moins un animal pour poser ses questions. Mais rien à faire, malgré le pépiement des oiseaux, elle ne voyait rien dans les arbres, à croire que c'était que pour l'ambiance.

D'ailleurs, à propos d'ambiance, tous ces pépiements venaient de disparaître d'un coup, comme ça, plongeant la forêt dans une atmosphère lourde et oppressante. Est-ce que la luminosité même ne venait pas de baisser d'un coup? Wow, c'était... assez typique. Méfiante, se mordant les lèvres, Mara se mit à tripoter ses doigts et à jeter des regards nerveux aux alentours. Qu'est-ce qui allait lui tomber dessus...

Des silhouettes en armure émergèrent finalement autour d'elle, jaillissant de la pénombre des arbres (depuis quand il faisait aussi sombre?), et commençant à la cerner en grognant. C'était... assez menaçant... Puis la fillette frissonna en se rendant compte qu'ils n'avaient pas d'aura. Mais comment? Est-ce que c'était comme l'autre fois, avec les Créatures si puissantes que ça brouillaient ses sens? Non non non, elle ne voulait pas y passer, par comme ça! Qu'est-ce qu'elle pouvait faire? Elle avait beau utiliser son pouvoir, ces personnes continuaient d'avancer lentement vers elle, sans s'arrêter ni afficher le moindre doute. Elle se sentait figée par la peur, il était trop tard pour tenter de fuir entre deux individus, et elle ne se sentait pas la force de sauter pour agripper l'une des branche qui pendait au dessus d'elle. Ses jambes tremblaient, et elle fixait les visages de ses agresseurs, impossibles à distinguer dans la pénombre. C'était pas possible, c'était...

Un galop retentit derrière elle, la sortant de sa léthargie et lui donnant soudainement espoir. Quelqu'un, quelqu'un venait? Oui, une silhouette chevauchant bravement un cheval arrivait à toute allure, et un éclat lumineux trancha les ténèbres, tel un soleil miniature éclairant le héros qui la brandissait à l'horizontale. La vache, il gérait trop bien son truc, son arme se prenait aucun arbre! ... Mais il allait vachement vite quand même, il voulait pas ralentir?

Tout se déroula finalement assez vite et extrêmement unilatéralement. Le héros décapita une première silhouette, puis enfonça sa lame dans la seconde, renversa la troisième tandis que son cheval se dressait glorieusement... C'était marrant, y avait pas une goutte de sang et la fillette avait presque l'impression que le temps se ralentissait à chaque fois qu'un méchant mourrait en disparaissant. Alors qu'elle regardait le visage du chevalier aux cheveux verts turquoises -il n'y avait pas d'autres mots pour cette couleur-, devant la totale perfection de sa posture et de ses expressions, elle fut prise d'un doute.

Est-ce qu'elle était dans une cinématique?

Après avoir occis les dernier méchant, l'homme rengaina son arme, descendit à terre et s'agenouilla devant elle pour se mettre à son niveau, visiblement inquiet. Il avait les yeux fins, les traits nobles et une très légère barbe cernait son menton. Il avait aussi une sorte de couronne. D'une voix forte et charismatique, il demanda:

"Que fais-tu ici jeune fille? Il faut fuir, le soleil se couche et le Sorcier Khâmtlarksh a été réveillé, qui sait ce qu'il va accomplir! Monte vite, je vais chercher des renforts et te mettre en sécurité!"

En effet, le ciel était soudain devenu plutôt orange à travers les feuilles de arbres. Attendez, le sorcier quoi? Se faisant poser sur la croupe du cheval comme si elle ne pesait rien, elle ouvrit la bouche:

"Hey, attendez, qu'est-ce qu-"

Un trait noir fusa de nulle part et s'enfonça dans les côtes de son sauveur qui écarquilla légèrement les yeux. Il lâcha un grognement de douleur, les mains posées sur la croupe de l'animal et leva de nouveau le regard vers elle, un petit filet de sang coulant du coin de sa bouche. Arrachant d'une main le fourreau qui ornait son dos, il le leva vers elle et dit d'une voix toujours aussi forte:

"Prends ça, il s'agit de l'épée sacrée Folichon que seul mon fils peut manier!" en lui fourrant de force entre les mains. "Je ne suis plus en état de combattre, et elle ne doit pas tomber entre les mains du Mal... Fuis, et porte mon message!"

"Hein, quoi? Mais nan, vous avez encore la force de monter, alors pourquoi...? Et j'sais même pas qui vous ê-"

Le héros fila une claque à l'arrière-train du cheval qui partit d'un coup au galop, la petite sur son dos qui serrait l'arme sacrée sans comprendre ce qu'il se passait. Jetant un regard effaré derrière, elle vit l'homme, sa cape volant malgré l'absence de vent, dressé dos à elle. Puis une nouvelle silhouette se dessina entre les arbres, et un nouveau trait d'ombre partit, projetant le gentil au sol. Le cœur de la fillette se serra à cette vision, mais elle avait l'étrange sensation qu'elle n'aurait de toutes façons rien pu faire. Par contre, quand le regard rougeoyant de l'entité se fixa sur elle, elle sentit ses muscles se crisper. Ok, ça par contre, ça n'allait pas le faire, mais pas du tout.

Reportant son attention sur la tête de sa monture, elle aperçut au loin une trouée entre les arbres, ils allaient quitter la forêt! Mais une voix sombre et grinçante retentit derrière elle, comme pour absorber tous ses espoirs:

"Attrape-la!"

Et la fillette n'osa pas se retourner en entendant un bruit de craquement et une suite de pas lourds, indiquant que la perfection de la forêt n'était sans doute plus. En désespoir de cause, elle attrapa la cage fixée à sa ceinture et la retira, avant de la balancer sur son nouveau poursuivant, sans un regard pour le mélange de crocodile et de canard qui essaya de boulotter son doigt au passage. Saleté. Peut-être qu'au moins elle ralentirait le monstre? Le petit "ponk" qui retentit ne sembla pas avoir beaucoup d'influence sur la volonté du colosse à obéir aux ordres. Bon, elle atteignait rarement un tel niveau de panique dès le début de la nuit. Normalement, elle avait un minimum le temps de comprendre pourquoi ce qui la poursuivait voulait sa mort.

Sortant de la forêt, constatant qu'évidemment, ça ne ralentissait pas son poursuivant, elle tentait désespérément d'encourager sa monture à accélérer le rythme mais celle-ci faisait déjà de son mieux. Contournant une colline, se retrouvant dos au soleil couchant, elle vit une troupe de personnes plus loin et dans un sursaut d'espoir, hurla de toutes ses forces:

"À L'AIIIIIIIIIIIIDE !!"

Et ce, alors que le monstre jaillissait aussi de derrière la colline, toujours sur ses talons. Elle hésita très fort à crier que c'était pas de sa faute, mais elle préférait garder son souffle pour plus tard.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Ven 22 Avr 2016 - 1:22
  Bon, ça en devenait presque gênant, hein ? Tous les brigands qui attendaient patiemment, malgré le regard de haine ou de bêtise qui animait leur pupille, certains se grattaient la raie sans ménagement, et de notre côté, le chevalier refusait toujours de descendre de sa monture, le héros gardait une nature vaillante face aux adversaires qui (ne) nous assiégeaient (pas (du tout)), la prêtresse se mit à bâiller, puis Adrien sortit un livre. Cela semblait être des manières de gentilhomme que je ne connaissais point, et que je n’auscultais pas comme du meilleur goût. Je pouvais les ratatiner maintenant, on en était débarrassés, puis on continuait le chemin… En même temps, je devais avouer, une petite part de moi, le newbie de Dreamland qui restait ancré en chacun de nous, l’âme de découvreur, de l’enfant galvanisé, j’étais curieux de voir à quoi ressemblerait une bataille comme eux l’envisageaient, tant et si bien que j’étais presque impatient de voir débarquer leur stratège quelque part.

  Ah oui, c’est vrai, ils n’en avaient absolument pas. Ils espéraient trouver des gens comme ça, au milieu des plaines, qui leur dirait : « ah bah parfait, tu sais quoi, j’ai étudié les batailles toute ma vie, maintenant, je suis au chômage, on passe un entretien d’embauche ou on passe direct à la case de la période d’essai ? ». Oui, logique, ça devait être un Royaume plutôt pacifiste au final. Quand je me plaignis de cet état de fait au leader des trucs du Soleil Céleste, il me répondit que j’avais parfaitement raison, que c’était bien ainsi que la majorité des recrutements se faisaient. Très bien, on avait à faire avec un peuple de nomades alors, pas de soucis. On croisait quelqu’un, paf, il se tapait l’incruste les mains pépères dans les poches, faîtes partager la beuh.

  Cependant, y avait un moment où même les plus aimables des criminels avaient des limites, et le chef des brigands en-face, malgré sa politesse relative (et probablement culturelle), se remit à nous parler, de sa voix lointaine, sans avoir l’air de crier, et ils semblait s’excuser fortement, mais il allait quand même devoir attaquer à un moment, il nous avait laissés notre chance, il n’y avait pas à tergiverser deux plombes non plus, est-ce que c’était sa faute à lui si le groupe d’en-face n’apportait pas de lui-même les ressources nécessaires dont il avait besoin pour se battre ? Le groupe de héros paniqua, le cheval hennit, le chef jura, et moi, je me curai le nez en me disant que ça ne ferait aucune différence vu que j’allais me les farcir tel un beauf se farcit des saucisses sur un barbec le dimanche après-midi, soufflant la fumée sur ses voisins malchanceux.

  Cependant, alors que la bagarre allait enfin démarrer, après une demi-heure d’attente, une nouvelle inconnue vint nous perturber : une fille, sur un cheval, poursuivie par un énorme monstre, sortirent de la colline la plus proche, et la petite gourgandine, constatant que nous étions plus armés qu’elle pour la tirer du monstre là-bas, se dépêcha de foncer vers nous, la patate chaude à ses fesses. Robin et sa sœur étaient déjà en train de contempler cette curieuse apparition :

« L’épée qu’elle tient, tu crois qu’elle est magique ou pas ?
_ Je sais pas, mais c’est encourageant.
_ En tout cas, elle a l’air d’être assez jeune, ce qui est une bonne chose.
_ On pourra devenir amies, tu penses ?
_ Euh, excusez-moi, on peut aussi l’aider, non ? »
intervins-je dans la discussion des deux, le panneau derrière mes épaules. « J’ai besoin d’un stratège ou je sais quoi pour aller la sauver du monstre ?
_ Non non, il est seul, tu peux y aller.
_ Capish. »


  A peine le mot envolé, je fonçai à la rescousse de la gamine sur son cheval ; alors qu’on se rapprochait, je pouvais constater qu’elle avait une aura de Voyageuse, selon mes lunettes de soleil. Si jeune ? Punaise, elle avait du mérite la gosse, j’étais impressionné, et pourtant j’en avais croisé, comme Jann, Kai, mais elle, elle battait peut-être le record. Cependant, j’eus du mal à estimer son âge car elle galopait comme une furieuse avec une abomination derrière elle, genre, angles non euclidiens, couleur sombre, une paire de yeux et demi, et langue sifflante. Lui, j’allais pas le louper ; depuis que je savais que la petite était une Voyageuse, je redoublais d’envie de la sauver – peut-être parce qu’elle était jeune, peut-être par respect.

  En tout cas, je sautai par-dessus elle et sa monture, le panneau au clair, les jambes relevées en mode tuck jump, les genoux près de la poitrine, une scène superbe au ralenti (je pariais), et une fois que le galop fut passé, c’était au tour du monstre. Mon panneau virevolta dans mes doigts, et de ma garde habituelle, il se transforma en coup vertical violent vers le bas. Il n’était pas assez rapide pour m’échapper, il n’avait pas assez de réflexe, je sentis que ça allait passer. Le monstre réussit tout de même à me voir, malgré le soleil couchant qui devait l’aveugler, ses yeux jaunes scintillants tournés vers moi, mais trop tard, dix fois trop tard. Mon panneau s’abattit sur sa trogne, et dans un fracas métallique et de hurlements, lui écrasa le crâne si fort qu’il en arrêta sa course et que l’énergie cinétique fut totalement dispersée. Le v’là rentré à moitié dans la terre par l’attaque, le pauvre. J’atterris tel un prince de la gravité, me retournai et dis tout seul :

« Il fera plus chier. » Personne ne m’entendait, mais c’était pas grave. Au moins, la chiarde était en sécurité.

Inattention.

  Un trait de magie sombre me perfora les côtes droites ; avant de sentir la douleur, je constatai l’attaque encore plantée en moi, et je dû susurrer une injure quelconque. Je tentai de me retourner pour apercevoir mon agresseur, mais non seulement je ne vis rien, mais en plus, je reçus une décharge de souffrance atroce qui faillit me faire tourner de l’œil mais en plus, la magie en mon corps sembla s’amplifier, le trait crépitait d’éclairs violets sombres.

  Je sentis ma propre énergie se quitter… Vraiment, je ne parlais pas de mon état de santé, mais je perdais ma force, ma défense… Le panneau avec lequel je pouvais jongler comme une majorette pesait maintenant trop lourd, comme à mes premiers jours, je me sentais maladif, mes jambes ne me portaient pas aussi bien, j’avais même l’impression de retrouver ma force dans le monde réel… Puis je m’évanouis dans un dernier sursaut de la magie sombre, qui disparut de mon corps sans laisser une goutte de sang, mais j’étais fracassé mentalement et physiquement. Je tombai sur la pelouse, les yeux blancs, respiration presque éteinte…
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Ven 22 Avr 2016 - 16:41

"Dis Mara, tu boudes?" demanda la jeune soigneuse qui s'approcha pour s’asseoir à côté de la Voyageuse.

Cette dernière rentra la tête dans les épaules, fixant le feu de camp du regard en tripotant le fourreau de l'épée entre ses mains. Le groupe était installé autour du foyer, assis sur des rondins qui traînaient, tentant de se réchauffer dans la nuit noire qui les recouvrait depuis à peu près cinq minutes. Elle ne répondit à Sasha que par un regard plein de sous-entendus avant de regarder ostensiblement le type blond évanoui par terre, sur une couverture, à côté de son cheval qui supportait sans trop de soucis le poids de son grand panneau de signalisation. Comprenant le problème, l'aventurière serra un peu plus son bâton entre ses mains en baissa légèrement les yeux, désolée. Même si elle la considérait moins responsable que les autres, la contrôleuse lui en voulait aussi.


Un peu plus tôt, la monture de la petite cavalait de toutes ses forces pour fuir une menace imminente et relativement mortelle. D'ailleurs, son esprit de cheval commençait un peu à paniquer malgré les paroles de sa monteuse qui se voulaient rassurantes. Du coup, quand l'une des silhouettes avait quitté le groupe au loin pour foncer vers eux, et que l'animal s'était rendu compte que le type courrait au moins aussi vite que lui et droit dans leur direction, sa situation ne s'arrangea pas des masses. Et pour sa part, même si Mara se concentrait surtout pour rester sur le dos de la bête qui la ballottait en tous sens, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer le type qui s'approchait comme ça. C'était surtout son arme qui avait attiré son attention, d'ailleurs. Fallait dire, un truc aussi discret qu'un panneau de métal de plus de deux mètres de long dans un univers visiblement médiéval... bah justement, c'était pas ultra discret. Du coup, la fillette avait assez rapidement deviné que ce type était probablement un Voyageur.

D'autant plus que quand il avait largement sauté au dessus d'elle, effrayant son cheval au point de le faire se redresser, la fillette avait sentit un frisson la parcourir et avait plus ou moins perdu ses moyens. Tentant vainement de rattraper la bride de sa monture qui lui échappait, elle avait glissé avant de rouler dans l'herbe. Sur le coup, elle avait utilisé son pouvoir pour inciter la bête à ne pas s'enfuir sans elle et avait jeté un coup d’œil inquiet pour voir si le monstre était loin. Mais elle s'était figée, dans la mesure où le monstre était à une dizaine de mètres de là, proprement encastré dans le sol. Et que le Voyageur à qui elle devait ce miracle était doucement en train de se retourner, son arme improbable dans sa main.

Sur le moment, elle avait été persuadée d'avoir affaire à un puissant Voyageur, dont l'aura l'avait physiquement ébranlée, capable de one shot un énorme démon. Puis, une seconde plus tard, un trait sombre avait fusé de sa gauche, le faisant vaciller un instant juste avant qu'il ne s'effondre, et l'enfant avait foncé vers lui en vérifiant du coin de l’œil que le monstre ne bougeait pas, ou que rien ne sortait de l'endroit d'où avait jaillit l'attaque. Au moins, il n'avait pas disparu, donc elle avait justement conclu qu'il n'était pas mort, mais pourtant... Et bien son aura était toute faible, et la fillette ne comprenait pas d'où avait pu provenir la puissance de la dernière fois. Et encore moins comment ce type avait pu accomplir des performance pareilles, plus tôt. Était-ce dû à son pouvoir? Elle avait même grimacé en essayant de soulever son panneau.

Le regardant sans trop savoir quoi faire, son cheval derrière elle, elle s'était tournée vers le petit groupe qui s'était approché. Alors qu'elle hésitait à leur demander ce qu'il se passait ou s'ils pouvaient aider ce Voyageur, l'un d'eux s'était avancé en la saluant, se présentant lui-même et ses compagnons avant de lui demander qui elle était. Retenant à peu près deux noms sur les quatre et vaguement les titres, la jeune fille avait lâché:

"Heu, Mara, mais... 'pouvez pas faire un truc pour lui? Il a pas l'air bien..."

Elle s'était accroupie pour regarder l'inconnu du plus près, se demandant pourquoi ce visage lui rappelait vaguement un truc. Elle avait ensuite relevé les yeux pour entendre la réponse du fameux "Robin":

"Ah ça... je crains que nous ne puissions rien faire pour lui."

"Hein? Ça a l'air... un peu rapide comme décision, non?"

"Ça se voit bien pourtant," se justifia-t-il par rapport à la surprise de la petite "Il est mort."

L'enfant l'avait regardé droit dans les yeux, abasourdie, avant de reporter son regard sur le fameux "cadavre". Ouaip, oreilles rondes et tout. Elle avait haussé un sourcil à l'attention du type déguisé en héros, disant en hésitant un peu:

"... Bah non. C'est un Voyageur..."

"Oui, nous aussi," avait noté l'homme aux oreilles pointues, assez surpris. "Même si on se considère plutôt comme des héros ou des aventuriers, c'est..."

Il avait semblé surpris par l'expression de Mara, qui se demandait ce qu'elle devait faire dans une situation pareille. Elle avait alors essayé de trouver les bons mots pour expliquer que si lui, le type là, était mort, il aurait dû disparaître; mais le Chevalier Truc lui avait alors coupé la parole, demandant solennellement:

"Jeune fille, je vous prie, mes yeux me tromperaient-ils? Une tenue révélant un statut de Mage noir, mais la capacité de tenir une épée... Seriez-vous une Stratège?"

La jeune fille en question avait tourné la tête vers lui, la bouche ouverte, interrompue au milieu de son explication. Il était assez haut d'ailleurs, perché sur son cheval, ça faisait un peu mal au cou. Fermant la bouche, ne sachant plus trop à quoi s'attendre, elle avait émis finalement un vague "De quoi?" sur lequel Robin avait sauté avec enthousiasme:

"Mais oui, jeune Mara, nous avons besoin de toi! Il nous faut un Stratège pour nous guider durant les batailles, les pauvres bandits là-bas ont déjà suffisamment attendu."

"Et sinon, le type qui est allongé par terre, là?" avait demandé Mara, ahurie par leur capacité à détourner la conversation.

"C'est trop tard pour lui," avait tristement insisté Sasha d'une voix gentille. "Les morts ne reviennent pas."

Mara avait faillit répéter qu'il était en vie, mais cette bande de bornés commençaient sensiblement à l'énerver. Du coup, elle avait décidé d'être plus radicale. Retournant auprès du Voyageur, hésitant un instant à le toucher, elle l'avait très doucement fait basculer sur le dos, notant avec surprise qu'il n'avait pas la moindre blessure malgré l'attaque, alors qu'elle avait clairement vu un truc se planter dans ses côtes. Mais sans s'attarder plus que ça, elle avait posé ses paumes contre son torse, cherchant un signe de vie, puis essayant au niveau de ses poignets pour faire comme les médecins. Finalement, un sourire victorieux s'était inscrit sur son visage quand elle avait sentit un léger battement entre deux veines. Il était faible, mais définitivement pas mort.

Elle avait donc entreprit ranger son épée dans son dos et de le hisser sur son cheval, remerciant mille fois sa force de Voyageuse, avant de fixer du mieux possible le large panneau de signalisation avec la lanière qui avait l'air faite pour ça. S'assurant qu'il tenait sur la bête, la jeune fille avait lancé un regard rageur vers le groupe en disant sèchement:

"Oké, j'suis votre stratège c'est ça? Bah j'dis qu'on l'emmène, vu qu'il est en vie, pis c'est comme ça."

Puis zut, quoi.

Ils s'étaient ensuite dirigés vers le groupe de bandits qui les attendaient toujours, même si apparemment, une bonne moitié s'était taillée à l'arrivée du gros monstre. Bah tant mieux, cinq glandus dignes des ennemis de base de n'importe quel RPG face à quatre aventuriers assez bien équipés, ils pouvaient les gérer, non?

Bah non, car visiblement, les quatre aventuriers avaient patiemment attendus les directives de l'enfant. Cette dernière avait bien mis quelques secondes à comprendre qu'ils n'envisageaient pas de les attaquer tous seul, avant de souffler et de dire aux deux combattants de les charger, pendant que l'archer et celle qu'elle considérait comme une soigneuse restaient en arrière pour les soutenir. Et le pire, c'est qu'ils se battaient bien, c'était plus une exécution qu'un combat tellement l'affrontement était unilatéral. Si seulement elle ne devait pas préciser que oui, fallait attaquer le méchant et oui, il fallait soigner les blessures des gentils.


Du coup, après avoir mis les bandit en déroute, ils avaient fini de monter le camp et la nuit était tombée d'un coup, comme ça. C'était violent quand même. Mara avait allongé le type - Edffry d'après Robin, il n'avait donné que son prénom - et se contentait de lui lancer quelques coups d’œils inquiets. Sasha avait bien essayé quelques sorts de soin sur lui mais n'ayant pas de vraies blessures, ça n'avait pas servi à grand chose et elle avait suggéré qu'il soit victime d'une malédiction. Une malédiction, ouais, mais de qui, avec quel effets, pourquoi, et surtout comment on s'en débarrassait? Ne se sentant pas de rejoindre la conversation entre Robin et l'archer à propos de rêves de gloire, elle espérait juste qu'au pire, le Voyageur se réveillerait par lui-même et serait soigné pour la nuit suivante.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Lun 25 Avr 2016 - 9:41
  Je me réveillai dans une pauvre chambre à l’apparence parfaitement médiévale, et je dirais même mieux, médiévale, mais sans plus d’imagination que ça : j’avais le droit au strict minimum pour me plonger dans l’ambiance : lit minuscule et exagérément inconfortable, fenêtre simple, un pot de plante verte, des rideaux, un plafond en poutre et des murs en pierre – même pas le droit à une tapisserie, un tableau, ou un meuble qui contiendrait quelques livres. Non, j’avais à la place un mal de crâne intense, une partie des côtes brûlées qui m’élançait encore, ainsi qu’une mine maladive terrible. Pas que la mine d’ailleurs… Quand après plusieurs minutes, je tentais de sortir du lit en me débarrassant par des mains faibles et une volonté à peine atténuée, je me rendis compte que je ne me sentais pas aussi bien qu’avant… Pire encore… J’avais la force d’un Rêveur lambda. C’était exactement ça, je me sentais comme si je venais de me réveiller, dans mon studio minus à Montpellier et que je m’apprêtais à aller me doucher. Je touchai de ma main ma non-blessure à l’origine de mon évanouissement… Se pourrait-il qu’on ait volé ma force de Voyageur ?

  C’était une sensation horrible : on s’habituait à Dreamland à sauter de toit en toit, à balancer ses adversaires à l’autre bout de la pièce, à se vanter, avec ses muscles maigrelets, à écraser qui on voulait au bras de fer. Maintenant que j’étais de nouveau fébrile (relativement fébrile), je comprenais l’étendue de ce que j’avais perdu : j’étais vulnérable, horriblement vulnérable, on pourrait me faire affronter des types que j’aurais explosé d’une pichenette sur le front maintenant qu’ils auraient pu faire pareil à ma place. Je regardai mes mains tremblantes :

« Je suis faible… »

  Pire encore, la maîtrise de mon pouvoir était aussi nulle qu’au premier jour, exactement. Je puisais dans mes réserves d’énergie pour les évaluer, et ce fut à pleurer de tristesse : créer deux paires de portail en même temps semblait impossible, et plus de trois de façon générale, m’épuiserait si bien que je ne pourrais compter que sur mes muscles pour la suite de la nuit. Pour quelqu’un comme moi, fier comme un paon, devant rivaliser avec les plus hauts de la M, tombant d’aussi bas,  c’était peut-être le pire cauchemar qui puisse exister. Je répétai, la voix plus pâle qu’avant :

« Je suis faible.
_ Je pensais que vous vous appeliez Edry »
, m’interrompit alors le grand chevalier, qui était, incroyable, hors de son cheval. Par contre, l’idiot portait toujours son armure comme si c’était une veste printanière comme une autre. Par habitude qu’on écorche mon patronyme, je corrigeai sans faire attention :
« Ed Free.
_ Edfry ?
_ Exactement. »


  Je m’assieds sur le lit, encore sapé par le choc… J’allais mourir, aussi faible sur Dreamland… Tel un tout petit bébé crocodile quid devait patienter plusieurs années avant de devenir le roi de son écosystème, j’étais aujourd’hui, d’une fragilité à me faire pleurer. Le chevalier me fixait comme ça, les yeux ronds, et je lui demandais un peu le topo sur la situation :

« Nous venons de rentrer au palais d’Olivie, la capitale du royaume Merta, dont Robin et Sasha sont le prince et la princesse.
_ Oh. »
J’aurais peut-être dû être plus poli avec eux. Allez savoir comment des gamins comme eux, qui se baladaient dans le royaume pour envoyer des castagnes aux méchants étaient des personnes aussi importantes. Imbéciles. Et sinon, moi, qu’est-ce qu’il en était ?
« Après votre évanouissement, nous vous avons transporté, la petite a insisté pour vous garder auprès d’elle, elle soutenait que vous n’étiez pas mort. Cela a fait plusieurs heures depuis l’attaque… Et ça fait une heure que vous êtes dans cette chambre… » Tant de temps que ça ? La nuit sur Dreamland promettait d’être longue – tant mieux, car je n’étais pas véritablement certain de pouvoir me réveiller et revenir avec la puissance à fond, je sentais véritablement qu’on me les avait aspirés. Il fallait absolument que je retrouve mon agresseur et que je lui récupère ce qu’il m’avait volé… si seulement c’était possible… Une vague de désespoir s’abattit sur moi alors que j’étudiais la question de « et si je devais repartir de zéro ? »
« Ils m’ont volé ma force…
_ J’ai bien l’impression, et je ne connais pas encore comment ils ont réussi, ni pourquoi. En tous les cas, ne soyez pas trop déprimés, car cette chose qui vous a attaqués pourrait être une menace potentielle pour tout le royaume, elle est loin d’être normale. Actuellement se déroule une réunion entre Merta et les royaumes voisins pour dresser un plan de réaction. »
J’étais légèrement moins déprimé… légèrement seulement, je me sentais encore si fragile.
« Et j’ai peut-être une idée pour vous rendre votre force, mais nous verrons cela plus tard, avec la stratège.
_ Vous en avez trouvé une finalement.
_ Oui. Suivez-moi, allons-nous entraîner près de l’écurie, nous allons voir l’étendue de vos pertes. »


  On passa par plusieurs couloirs, plutôt jolis, avec des vitraux, des balcons, des fleurs et des chandeliers gigantesques, mais rapidement, on passa dans une pièce moins éclairée, la salle d’armes. Ils avaient même rangé mon panneau de signalisation, c’était gentil de l’avoir gardé. Je tentais de le soulever, mais ce fut exactement ce que j’avais prévu : j’en étais à peine capable. Ça faisait pitié, dire qu’avant, je pouvais jongler avec (en faisant attention, hein), et que maintenant, j’en étais réduit à peiner à supporter son poids avec les deux bras. Il était encombrant, il était impossible à utiliser en combat. Gaston fit non de la tête, et me choisit plutôt une simple épée, plutôt lourde, mais assez équilibrée. Dès qu’il vit ma position, il renâcla encore et me fila une épée très mince.

« C’est une rapière. Avec la pointe, tu peux passer dans les failles de l’armure et infliger de sérieuses blessures à l’ennemi en-face. En tout cas, maintenant qu’on t’a trouvé une arme, jouons un peu. »

  Il sortit deux épées en bois et m’en envoya une que je rattrapai sans souci : ça au moins, j’avais gardé mon adresse naturelle. On se fit face, et alors qu’il se mit en garde, comme si j’avais perdu mon expérience en même temps que mes aptitudes physiques, je pris une position bâtarde qui ne semblait pas convenir pour mon arme – que voulez-vous, quand vous tabassiez les gens à coups de sens interdit…

  On fit un échange, qui se conclut très rapidement vu qu’il para mon attaque sans aucun problème (mais alors sans aucun problème, on était au stade du ‘vexant’), et me fit lâcher mon arme d’un coup précis et puissant près du poignet.

« On a un long chemin à faire.
_ Vous êtes sûrs que ça va servir à quelque chose de m’entraîner ?
_ Hein ? Non, absolument pas, je veux juste te tester. Ça ne t’aidera en rien. On verra vraiment comment t’améliorer avec le stratège, mais il semble qu’elle soit aussi à la réunion. »


__

« C’est booon ? T’es pas trop nerveuse ? »

Sasha restait dans une tenue jaune impeccable en regardant la petite Voyageuse. Juste derrière l’énorme porte, qui devait mesurer cinq mètres de haut et dont chaque battant pesait dans la tonne de bois et de gravures. Plus impressionnant encore, les seigneurs des environs voisins étaient tous rassemblés, par une magie spatio-temporelle propre au royaume ou bien par un hasard énorme, et ils discutaient déjà des stratégies à venir face à un adversaire qui leur rappelait trop l’Ancien Temps qui s’était déroulé il y avait soixante-dix ans de cela. Sasha invita son amie à se pencher pour écouter aux portes, avec un verre à la main, malgré la présence du domestique qui les regardait du haut de sa moustache, sans oser protester face au statut princier de la petite blonde. En écoutant bien, voici ce qu’on pouvait entendre.

ROBIN : Nous n’avons aucune preuve, absolument aucune de ce qui se passe ! Mais il faudrait déjà fortifier les villages les plus proches et envoyer des éclaireurs. Et se tenir prêt au cas où !
HERMAN, représentant des Joyaux, voix forte et emportée : L’a du culot, le moucheron ! [Rire gras] Marrant qu’on puisse à la fois posséder le cran pour de telles demandes, et la peur d’aller aussi loin dans les extrêmes pour un pet de preuve !
NOÏLISSIMA, reine des Altribes, douce, sérieuse, mystérieuse : Jeune prince, vous nous demandez beaucoup pour si peu. Avant toute chose, il faut récolter les informations. Nous ne savons rien. L’émanation magique peut venir de tant de sources.
ROBIN : Et le monstre ?!
KRIB, chef de la tribu dominante des Araks, extrêmement grave, inhumain : Ca, j’aurais voulu le voir.
ROBIN : Personne ne m’a joué des tours, je l’ai bien vu, il attaquait une jeune fille. Il y a plusieurs témoins à la scène.
NIRSAN, prince des Marches de la Fêtée, mielleux, sournois, certain de lui : Quelle histoire incroyable, vraiment…
[Silence autour de la table]
NIRSAN : Nous perdons notre meilleur guerrier dans vos terres, et afin de justifier sa mise à mort, par vengeance pour les inimitiés de nos deux royaumes, vous imaginez pouvoir inventer une histoire de monstre à dormir debout pour éviter l’incident diplomatique.
ROBIN : C’est totalement faux !
NIRSAN : La vérité arrivera à un moment ou à un autre, et seulement là, je déciderai ce que MON pays doit faire. Les attaquer, eux… ou vous attaquer, vous.
HERMAN : De mon côté, hein, vous savez comment ça se passe. Je suis juste représentant, je verrai avec les différentes Îles, et ceux qui sont d’accords viendront vous aider, mais en attendant… avec si peu d’infos, personne va bouger ses petites miches pour vous.
[Grognement de Krib]
ROBIN : Je suis persuadé que c’est extrêmement grave ce qui se passe !
NIRSAN : Certainement. Un monstre attaque une jeune fille, le tout au crépuscule.
ROBIN : Chef Krib, même vous ?
KRIB : Ma nation passe avant des batailles inutiles. Nous sommes des guerriers certes, mais on a des cerveaux. Je ne veux pas de morts inutiles. Il faudrait envoyer un contingent, et il semble logique que ça soit vous qui fournissiez les hommes.
DULLE, reine d’Aniamanti, rêveuse, intelligente, concentrée : J’approuve ce que dit le chef Krib. La menace doit être identifiée au plus vite ! Si menace, il y a.
NOïLISSIMA : Personnellement, j’accepte de commencer à déployer mes troupes dans les régions où la menace serait plus précise. Cela ne me pose pas de souci.
ROBIN : Merci énormément.
NOÏLISSIMA : Voyez cela comme un gage de bienveillance pour renforcer nos liens entre nos deux pays.
ROBIN : J’ai bien compris qu’il faudrait aller chercher des informations. J’irai moi-même avec un groupe de personnes.
DULLE : Avez-vous seulement un stratège ?
ROBIN : Oui, et c’est la même personne qui a été poursuivi par le monstre en question. Je vais vous la présente de suite. QU’ON LA FASSE ENTRER !!!


  Les portes s’ouvrirent sous l’action de leviers, et bientôt, Sasha et Mara purent voir le visage sérieux de Robin qui leur faisait dos, le visage cornu de Krib (un Anak à la peau grise, extrêmement massif et musclé, dont les mains étaient plus grandes que la tête des gens d’ici), le minois fermé de Noïlissima et sa coupe de cheveux blonds extrêmement complexe, la tête de Dulle, plutôt jeune aussi, portant des énormes lunettes rondes, le visage à mèche de Nirsan ainsi que la barbe anarchique d’Herman et de son énorme ventre.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Lun 25 Avr 2016 - 15:27

La fillette répondit à la princesse par un regard nerveux avant de balbutier un vague:

"J'suis vraiment obligée?"

L'autre jeune fille lui fit un sourire encourageant et les deux se remirent à écouter à la porte. Mara avait l'impression d'être dans l'un de ces Royaumes où le temps éttait complètement distendu, comme si Dreamland ne voulait pas la libérer avant qu'elle n'ait fait ce qu'il voulait. C'était un peu perturbant mais pour l'instant, elle s'habituait à cet univers médiéval plutôt familier. Elle s'était réconciliée avec Sasha pendant le trajet et à présent, elle se raccrochait à elle comme à une bouée de sauvetage dans cet endroit où tous ces adultes s'étaient mis à l'observer comme si elle était quelqu'un de très très important. C'était devenu un peu dur de déglutir, maintenant. Elle eut à peine le temps de se demander comment allait l'autre Voyageur qu'un frisson froid la traversa. On venait de l'appeler. La princesse lui fit une tape sur l'épaule, souriant toujours en levant les pouces, et elle se retira alors que de gardes ouvraient les larges porte de bois dans un grincement solennel.

La taille de l'entrée donnait l'impression à l'enfant d'être encore plus petite que d'habitude, mais elle essaya de se redresser malgré tout. Autant essayer de faire bonne figure. Elle vit tous les dirigeants dans son champs de vision mais se sentant incapable de soutenir leurs regards, elle préféra fixer le mur derrière eux plutôt que ne baisser le regard. Elle aurait tellement, tellement dû mettre sa capuche avant d'entrer. L'épée accrochée à son dos lui semblait lourde, trop grande pour elle, battant contre sa cape. Elle faisait aussi attention à bien lever les pieds en marchant. Se gameler sous le regard d'une telle réunion de personnes n'était pas une expérience qu'elle avait vraiment envie d'essayer. Tentant de ne pas respirer trop fort, elle s'arrêta finalement à côté de Robin, priant pour n'avoir rien à dire. Mais la première personne a prendre la parole fut un homme assez grand, dont la mèche couvrant le visage ne cachait pas l'expression moqueuse:

"Une gamine, Robin, vous en êtes réduit à ça?" et il se permit d'éclater de rire en croisant les bras.

Il ne fut heureusement suivit par personne mais les regards concentrés sur la-dite gamine laissaient assez peu de place au doute à propos de leur avis sur la question. Elle perçut du coin de l’œil l'expression froide du prince en direction de celui qui venait de prendre la parole en ignorant sciemment son titre. Sa gorge se noua. Finalement, la reine Dulle rompit le silence d'un ton plus doux, bien que sérieux, s'adressant à la nouvelle venue:

"Dites-moi Stratège, est-il vrai que vous avez été poursuivie par un monstre? Pouvez-vous nous le décrire?"

"Oui, j'ai été poursuivie," répondit timidement Mara, à peine rasséréné par la gentillesse de son interlocutrice mais essayant de la regarder dans les yeux. "Mais je fuyais, et j'avais trop peur pour me retourner, du coup... À part qu'il était gros et noir..."

"La belle affaire!" lâcha le représentant des îles, alors que la reine grimaçait légèrement: "Vous venez de décrire les trois quarts des monstres qui peuplent nos forêt, félicitations!"

"Ce n'était pas un monstre comme les autres," intervint Robin pour prévenir une autre remarque. "Cette chose différait de tout ce que j'avais pu voir auparavant, elle était clairement surpuissante."

"Tellement que vous vous en sortez sans une blessure," nota Herman.

"Celui qui l'a affronté se repose en ce moment même," justifia Robin, qui poursuivit en ignorant le soupir semi-moqueur de l'immense Arak de l'autre côté de la table:"Je ne suis pas stupide au point de provoquer une telle assemblée gratuitement! Au delà des événements d'hier, vous ne pouvez nier que les incidents étranges se multiplient dans nos contrées! Ce dont nous parlons pourrait être une piste sur son origine, nous ne pouvons nous permettre de l'ignorer!"

"Il est vrai, jeune Prince," intervint celle qui semblait être sa seule alliée en ces lieux. "Mais comprenez que notre situation politique ne nous permet point de croire tout ce que chacun dit. Je vous fournis mon soutien pour l'instant et je plaiderais votre cause lorsque nous en verrons aussi des preuves dans les zones concernées, mais pour l'instant... Il vaut mieux que vous récoltiez des informations."

"Je vous remercie pour votre aide, Reine Noïlissima, mais je me refuse à laisser ainsi les autres sans défense face au chaos qui se prépare assurément!" tempêta presque le Prince de Merta, mais il fut interrompu par la voix grave de Krib:

"Cessez donc, Prince, cette réaction naïve ne vous fait que perdre le peu de crédibilité qu'il vous reste. Cette mascarade a assez duré, vous devenez insultant en sous-entendant que nos pays sont incapables de se défendre par eux-même. La Reine Noïlissima a raison, cherchez donc vos preuves et transmettez-les nous, et alors nous aviserons. La présente assemblée n'a pas le moindre sens."

Et sur ce, il se leva lourdement, se redressant de tout son gigantisme et quitta la salle après avoir salué les autres personnalités, suivit peu après par la jeune Dulle qui partageait sa pensée. Herman quitta aussi la salle en compagnie du Prince des Marches de la Fêtée, resté étrangement silencieux depuis un moment. Mara remarqua qu'il la fixait d'un regard suspicieux et qu'en la dépassant, il jeta un œil au fourreau dans son dos. Mais ce dernier étant essentiellement camouflé par la chevelure détachée de l'enfant, il ne s'attarda pas davantage et quitta la salle sans un mot. La dernière reine partit finalement après avoir souhaité bon courage  au prince et remercié la jeune Voyageuse pour son soutien. Cette dernière s'était sentie particulièrement inutile durant cette discussion et elle n'osa rien dire au jeune homme immobile, les paumes appuyées contre la table et son regard fixant cette dernière. Le silence dans la salle à présent vide devenait particulièrement pesant.

Finalement, l'enfant vit avec soulagement rentrer la princesse avec l'archer de leur groupe. Ce dernier prit la parole de sa voix claire, légèrement adoucie en voyant l'attitude du prince.

"Votre Altesse, Sir Gaston m'a prévenu que Edffry s'est finalement réveillé, mais..."

"Parfait, merci Sir Adrien!" le coupa Robin, la voix rauque. "Prévenez-les et que tout le monde se prépare, nous partons sur le champs."

"Hein?" lâcha la Princesse. "Mais nous sommes à peine rentrés!"

"D'autant plus," ajouta le jeune noble, "Le maléfice d'Edffry le rend bien trop faible, il n'est pas en état de prendre la route!"

"Raison de plus!" martela le prince furieux. "Il est une preuve importante de ce qu'il s'est passé, et il est hors de question qu'on le laisse à portée du premier assassin venu, il vient avec nous!"

Et il fit volte-face d'un coup, quittant la salle en faisant voler sa cape sous le regard surpris de son camarade et soucieux de sa sœur. Cette dernière lança un regard désolée aux deux autres et courut à sa suite, laissant les derniers sur place, qui échangèrent un regard. Et Mara baissa les yeux en rougissant: il était vachement plus grand qu'elle. Ce dernier prit finalement la parole après un moment d'hésitation:

"Venez, il nous faut prévenir Sir Gaston, en espérant qu'il ait trouvé quelque chose à faire de cet homme. Mais ôtez-moi d'un doute Demoiselle, l'épée que vous transportez, vous savez..."

Il ne finit pas sa phrase mais la fillette devina la suite. Dans un soupir, suivant ses grandes enjambées le long d'un riche couloir, elle avoua:

"J'sais pas comment l'utiliser. 'fin, j'ai jamais essayé de manier une épée. C'est le possesseur du cheval que je montais qui me l'a donnée avant de... 'fin voila, quoi."

Mais qui savait, avec sa force dans Dreamland, tout pouvait arriver... Mais du coup, après la grimace qu'il fit, elle devina sa question suivante et préparait déjà sa réponse.

"Et en terme de magie, vous..."

"C'que je fais ressemble à de la magie," lâcha-t-elle, "Mais c'est du genre pas conventionnel. Vous voyez ce que c'est un dresseur?"

"... Comme les forains, vous voulez dire...?" il semblaient clairement hésitant.

"Mouais, plus ou moins, mais en mieux." conclut-elle.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Jeu 5 Mai 2016 - 11:32
Le groupe se prépara ; eux avaient des affaires au moins, mais en ce qui me concernait, j’avais déjà une simili-armure, que je trouvais plus pratique que gênante maintenant que l’entièreté de ma force m’avait été sucré. Mon panneau, on le mit dans les baluchons généraux qu’on transportait, et on allait bientôt pouvoir s’en aller à la pêche aux informations. Il y avait à comprendre le pourquoi du monstre et merci bien, pourquoi on m’avait volé mes pouvoirs comme on vole à un enfant une grenadine. J’étais tout de même légèrement inquiet, je devais l’avouer, par la tournure des événements, je n’avais pas envie de revenir aussi vite sur le lieu d’une défaite. Je n’étais pas superstitieux… plutôt paranoïaque.

  Je regardai le groupe que l’on formait… Alors il y avait la petite Voyageuse blonde qui avait été agrippé à son chevail il y avait quelques heures de ça, très bien… C’était Gaston qui allait m’expliquer comment cette mignonne petite chose pourrait me sauver les fesses. Je restai encore une fois impressionné par sa jeunesse, Dreamland n’était jamais plus fascinant que quand c’était le monde réel qui interagissait sur lui et créait quelques miracles comme ça, qui avait quoi, douze ans ? Treize en étant gentil, et neuf sinon pas… Aucune idée de quel âge ça pouvait avoir, les mômes, ça avait une sorte de vallée dans laquelle ceux qui n’y connaissaient rien pouvait donner un âge qui allait du simpl au double.

  Mais en plus de Gaston, il fallait compter sur… Robin évidemment et sa chère sœur Sasha, on rajoutait Antoine, et on était bon, un bon petit groupe de six. Sauf qu’en plus ! On avait réussi à retrouver une nouvelle recrue, qui s’entraînait aux châteaux et qui n’avait pas été du groupe précédent la dernière fois. Tonio était jeune, très jeune, et c’était le disciple de Gaston. Il se battait avec une épée aussi fine que la mienne, un duelliste certainement, un expert de l’épée vu qu’il n’avai aucunement besoin d’un bouclier ou autre arme en plus. Cela faisait qu’on était sept en tout… Un bon groupe déjà… SAUF QUE !!!

« Je viens avec vous, jeune prince. »

  On se retourna tous sous l’apparition musclée de Krib, le chef de je ne savais plus quelle tribu mais de toute façon je n’étais pas là pour faire de la politique. Le bestiau était impressionnant : des bras comme des troncs, la peau grise, des cornes immenses, ainsi qu’une hache à double tranchant qui devait couper n’importe qui et n’importe quoi en deux. Robin fut le premier surpris de cette apparition et bégaya légèrement :

« Je pensais que vous étiez contre ?
_ Contre quoi ? Déployer mes troupes ? C’est toujours vrai. Mais ça ne m’empêche pas d’être intrigué. Je pourrais décider plus vite ce que je dois faire si j’ai vos bestiaux sous les yeux. »
Il se retourna vers la petite Voyageuse, qui s’appelait Mara d’ailleurs au passage, je ne savais pas si ça vous intéressait, et il se mit à mettre son poing dans la paume de sa main et à s’incliner :
« Je suis votre hache, et à vos ordres. Puissions-nous déchiqueter tous ceux qui vous menacent. » Et de huit. De voir Krib, ça me rassurait énormément. Y avait-il quelque chose qui pouvait le faire plier ?

« Prriiiiiiince ! Priiiiiince !
_ On aurait dû partir plus vite. »
Un homme d’âge mûr à la minuscule moustache et une natte de cheveux bouclés se dépêcha de courir vers nous. Il était légèrement empoté, portait des vêtements en tissu parfaitement normaux plus une cape verte, et il se mit à se reposer après une aussi longue course en respirant comme un bœuf.
« Cher prince ! J’ai failli vous manquer. Je pars évidemment avec vous !
_ C’est gentil de votre part, mon cher Roterro.
_ Bon sang, mon chariot est prêt à partir heureusement, je vous accompagne ! Mon business plan est dressé, mes produits aussi, et ce sans obsolescence programmée, éhéh. Grâce à vous, je pourrais créer de véritables routes de commerce entre Olivie et ses contrées les plus éloignées. Je peux vous garantir qu’avec la qualité de mes stocks, autant dire que ça me fait une FCS redoutable pour implémenter de nouvelles zones de chalandise.
_ Nous allons surtout dans une forêt.
_ Qu’importe ! Là où il n’y a pas de client, il peut y en avoir. Peut-être même qu’un village se créera, qu’en savons-nous ! Puis je m’occuperai évidemment de toutes vos armes. Je les stockerai, les chouchouterai, et tout cela, gratis ! Tout ce qui touche la gestion, le merchandising et la logistique, vous me les laissez.
_ Et votre Guilde ?
_ Oh, la Guilde des Marchands n’a aucun problème à se faire, le royaume tournera toujours aussi rond, votre Majesté, ils connaissent leur travail. Ils éviteront juste de prendre des initiatives en mon absence, ce qui est, peut-être, une bonne nouvelle pour vous. »
Il termina sur un sourire chaleureux, mais légèrement sournois.

  On me prévint que Roterro était le chef de la Guilde des Marchands d’Olivie et donc par conséquence, le leader suprême du marché de tout le Royaume de Merta, ou la personne qui en avait le plus d’importance. C’était légèrement une mafia quand on m’expliqua que ceux qui ne venaient pas de la Guilde pouvaient toujours se curer le nez pour avoir le droit aux meilleures ressources, mais c’était partout pareil dans les autres royaumes avec un marché aussi développé, donc pourquoi s’emmerder à critiquer. C’était un homme un peu trop gentil, mais au moins, il était honnête, avec un casier vierge. Oui, on pouvait lui faire confiance, il n’allait pas nous la jouer à l’envers. Pas tant que l’histoire soit terminée en tout cas, et qu’il utilise son aide comme poids dans les différentes réformes qu’il voudrait voir au royaume de Merta. Un petit profiteur quoi, il voyait une opportunité et il se la saisissait. Robin en tout cas, n’exécrait pas assez le personnage pour lui dire de retourner chez lui car il l’accepta. Aucune autre personne ne semblait vouloir le virer, son aide allait certainement être très utile et débarrasser le groupe de pas mal de soucis concernant le matériel. Très bien, faisons comme ça.

Est-ce qu’on pouvait y aller maintenant ? Bah non, bien sûr que non. Car débarqua alors, légèrement en courant, une nouvelle fille à la robe simple et blanche, de beaux cheveux bleu profonds avec une fleur blanche magnifique près de l’oreille. Elle appelait Sir Robin, Sir Robin, et quand elle s’approcha, je pus constater qu’elle-même, était plutôt… vraiment belle. Je fus chaviré par la prestance de la dame, sa tenue, sa beauté, si bien que Gaston me fila une petite tape sur le crâne pour que j’arrête de la reluquer.

On m’expliqua que c’était la fille de Noïlissima, la princesse Emelia, et qu’elle était promise à Robin. Un mariage arrangé pour unir les deux royaumes, d’un classique, mais il fallait avouer que les deux s’étaient bien trouvés vu qu’ils n’étaient même pas fiancé qu’ils se traitaient déjà comme tels : elle lui sauta au cou pour lui souhaiter un bon voyage, et même s’ils n’osaient pas s’embrasser encore (allez savoir pourquoi, ils avaient l’âge de se ken, non ?), on sentait tout de même entre eux une proximité touchante. Un brin de jalousie m’envahit, mais bon, je laissais les créatures des rêves aux créatures des rêves… Mais je restais jaloux.

« Méfiez-vous des embûches, mon prince.
_ Je serai vite de retour, ma princesse.
_ J’ose espérer que vous n’oublierez pas mon nom, mon prince.
_ Pas même sous la pire des tortures, ma princesse. » C’était rapidement lassant, en fait.


  Gaston se rapprocha de moi pour éviter que je ne pollue leur atmosphère de jeunes amoureux, et il me fit aller vers la petite Mara. Dans d’autres circonstances, je lui aurais tiré la joue tel un papy gâteux (à Mara, pas à Gaston), mais là, elle détenait peut-être le secret pour me rendre ma force. Gaston nous expliqua à tous les deux :

« Le guerrier ne s’épanouit vraiment que dans le plus âpre des combats. Si tu veux retrouver ta force d’antan, alors il faut demander à la jeune Mara. C’est notre stratège. Si elle décide de te mettre en première ligne, tu pourras acquérir rapidement beaucoup d’expérience, et redevenir aussi puissant que quand tu avais affronté le monstre.
_ Ça a l’air magique.
_ Plus tu te bats, plus fort tu es, il n’y a rien de magique. Vous êtes prêts ? La princesse s’en va, il est temps de se mettre en route ! »
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Ven 6 Mai 2016 - 4:23

Très rapidement, leur équipement fut préparé et rangé dans une carriole: des armes en double, des trucs qui ressemblaient à du matériel de premier secours ou des vêtements de rechange, quelques vivres... Mara aurait peut-être dû noter qu'une nuit à Dreamland ne durant que quelques heures, elle n'aurait pas besoin de tout ça vu qu'elle se réveillerait avant mais étrangement, ça ne lui traversa pas l'esprit. En fait, elle avait l'impression que ça faisait plus d'une journée qu'elle était dans ce Royaume, mais que c'était encore que le début de la nuit. Le temps s'écoulait bizarrement, mais quelque part, elle ne le relevait pas. Limite elle s'en fichait pas mal. Y avait des nuits courtes, des nuits longues et puis voila.

Mais pour sa part, perchée sur le cheval qui s'était pris d'affection pour elle, c'était plutôt vers les nouveaux venus que son regard nerveux se portait. À son arrivée, elle ne s'était pas vraiment rendue compte de ce qu'impliquait le rôle qu'elle s'était vue attribuer dans l'urgence. Sauf que maintenant, elle sentait bien la différence entre "guider vite-fait une bande d'aventurier au pif qui savaient pas comment se battre", et "être l'élément central d'une stratégie impliquant une demi-douzaine de personnes, dont trois de sang royal". Direct, ça mettait un poil la pression. Juste assez pour avoir du mal à déglutir.

Elle se résolut finalement à glisser au sol pour se dégourdir les jambes avant le voyage qui les attendait. "Son" épée était fixée à la selle de sa monture, afin de ne pas la gêner, mais Mara se demandait quel genre d'arme prendre. Elle avait jamais touché à une épée de sa vie, mais peut-être que ses réflexes de Voyageuse pourraient l'aider... Sinon, l'idée de prendre un bâton lui effleura l'esprit, mais elle doutait d'être capable de s'en servir suffisamment bien. Elle avait déjà commencé à prendre des cours d'arts martiaux mais tout ce que ça lui avait appris pour l'instant, c'était qu'elle avait un très long chemin devant elle. Elle se fit soudain la réflexion qu'elle devrait s'entraîner à Dreamland, ça devait permettre d'adopter rapidement les bons réflexes et d'avoir un bon niveau... Mmh, elle verrait, mais c'était pas pour tout de suite.

Elle regarda plutôt Sir Gaston et Monsieur Edffry qui s'approchaient d'elle, levant vers eux un regard curieux et légèrement gêné. À l'entendre parler, elle avait l'impression d'être dans un jeu vidéo, et cette pensée la rassura un peu. Tout était plus simple dans les jeux. Elle acquiesça quand le chevalier demanda si tout le monde était prêt et escalada sa monture, tout en regardant la belle promise de Robin qui lui lançait un dernier regard larmoyant, hoquetant très légèrement et cachant son visage dans un mouchoir avant d'être ramenée à l’intérieur par une suivante. C'était cool, ça mettait aussi vachement en confiance cette impression de partir vers une mort certaine. Mais bon, le prince semblait plutôt sûr de lui pour sa part, donc ça valait sans doute mieux.

La troupe quitta le château, chacun sur une monture à l'exception du marchand qui menait l'attelage de la charrette, et de Sasha qui s'était assise à ses côtés. La jeune Voyageuse la gratifia d'un sourire qu'elle lui rendit, en dépassant le véhicule. C'était marrant, elle s'était rarement liée d'amitié avec un Habitant des Rêves qui ne soit pas un animal. C'était sympa... Demandant doucement à sa monture de rejoindre celle du meneur, ne sachant pas comment le lui ordonner autrement, elle se retrouva finalement à la hauteur de l'héritier d'Olivie pour lui demander:

"Hum, du coup... on va où?"

"Oh, oui c'est vrai!" oui, prévenir son groupe de sa destination, ça pouvait être cool. "Nous allons rencontrer la Sainte Oracle de la Tour de Lima. C'est juste de l'autre côté d'un col montagneux, on va traverser plusieurs forêt, il n'y a aucun risque."

La fillette crut sentir un frisson la traverser, comme un pressentiment, comme s'il n'aurait jamais dû dire ce qu'il venait de dire. Mais elle passa rapidement à autre chose, acquiesçant et faisant ralentir sa bête pour se remettre au niveau du chariot. Le maître de la guilde des marchands et Sasha discutaient activement de produits exotiques, apparemment très beaux et très chers, mais la petite n'arrivait pas à mettre d'image sur les noms qu'elle entendait donc s'en désintéressa vite. Elle regarda un peu comment se portaient les autres. Robin était toujours en tête, droit sur son cheval blanc, et le chef Krib montait aussi une robuste monture à ses côtés, discutant avec animation. Le chevalier-mentor et l'archer couvraient pour leur part les arrières du convoi, dans un silence droit et sérieux, échangeant parfois quelques mots. Il y avait aussi l'autre Voyageur de l'autre côté de la carriole, et Mara hésita à venir discuter. Il l'intriguait toujours autant, mais elle avait l'impression que ça la mettait suffisamment mal à l'aise pour éveiller sa timidité. Baissant le regard sur les oreilles dressées de son cheval, elle soupira. Fallait quand même qu'ils discutent un minimum, histoire de comprendre un peu ce qu'il se passait... Ils étaient les deux seuls Voyageurs du groupe, là, c'était pas rien quand même.

Mais alors qu'elle était sur le point de se décider à faire le premier pas, une voix attira son attention. Le genre de voix qui formait le fond sonore qu'elle entendait en permanence, mais qui était assez peu présent dans ce royaume. Comme s'il y avait spécialement peu de petits animaux. D'habitude elle passait tranquillement outre mais parfois, quelques remarques plus menaçantes sortaient. Plongeant son regard dans les feuillages, cherchant d'où pouvait provenir ce qui s'avérait être une discussion, elle ne vit rien. Elle nota que son pouvoir lui traduisait deux voix en fait, qui avaient l'air de débattre sur la pertinence d'attaquer un groupe de six humains armés. Et qui se mirent rapidement d'accord sur le fait que c'était pas une bonne idée. Avant de s'éloigner en discutant de cibles et de repas à venir. Tant mieux quelque part, elle ne savait pas à côté de quelle attaque ils venaient de passer, mais c'était bien.

Ils poursuivirent leur route, le soleil décidant d'un coup qu'il était à son zénith et qu'il était maintenant midi pile, mais le groupe ne s'arrêta pas immédiatement pour manger. En effet, Sasha connaissait une rivière sympa au pied du col qui serait idéal pour un pic-nique. Ils ne mirent heureusement pas longtemps à atteindre la fameuse clairière, mais un truc clochait. Quoi donc demanderiez-vous? Eh bien Mara n'en avait pas la moindre fichue idée, mais ça clochait bel et bien. Enfin, littéralement. Un bruit de cloche assez léger résonnait pas loin, et l'ensemble du groupe sembla prendre ça comme un signal pour se mettre en garde, gratifiant leur entourage d'un regard méfiant. La fillette tata du bout du doigt le manche de l'épée qu'elle gardait, hésitante. Elle avait pas envie de frapper avec, ça paraissait tellement... violent.

D'un coup, quand elle releva les yeux, le paysage avait changé. Légèrement. En effet, une dizaine de brigands identiques en tous points entre eux où au premier groupe qu'ils avaient rencontré leur barra la route. Et l'un d'eux s'avança vers eux, une clochette pendant à la ceinture, crachant de la manière la plus caricaturale qui soit:

"Laissez tout votre or, vos affaires, la charrette, vos armures, vos armes sacrées, vos chevaux et vos fringues de valeur, si vous voulez une chance de rentrer chez vous en vie!"

C'était pas qu'elle avait de la mauvaise volonté, mais elle avait vraiment du mal à se sentir intimidée. Peut-être aussi car personne dans le groupe ne fit un signe de recul, ou alors que la réflexion qu'elle s'était faite plus tôt lui revenait. Le côté "jeu". C'était vrai qu'à y regarder, les ennemis étaient tellement impersonnels que malgré ses principes, elle n'arrivait pas à avoir des remords à l'idée de les repousser violemment. Ouaip, impossible d'essayer de leurs imaginer des excuses, une famille affamée qui avait besoin qu'ils se réduisent à voler ou quoi, non. C'était juste des méchants. Tant mieux, quelque part. Et quand Robin l'interpella, lui demandant ce qu'ils devaient faire, elle était déjà en train d'imaginer comment se débarrasser rapidement d'eux et sans perdre d'alliés. C'était jouissif, elle n'avait jamais eu ce plaisir à Dreamland. Se poser et réfléchir à une stratégie, avec les différents éléments sous ses yeux qui n'attendaient que leur tour. Tout allait trop vite à Dreamland, trop brusquement, trop au hasard, mais là... Bon, le seul problème, c'était qu'il fallait ensuite expliquer à voix haute la stratégie. Ça, c'était tout de suite moins son domaine mais bon, on pouvait pas tout avoir... Se raclant un peu la gorge pour se donner une contenance, elle lança d'une voix forcée:

"Alors, euh... Monsieur Edffry et Sir Gasssston je crois, occupez-vous du côté droit. Monsieuuu- (mince, c'était quoi son nom?!) -sir Krib, occupez-vous du côté gauche avec Sir Adrien qui vous couvrira! Et euuuh... Sir Robin, et... (c'était quoi le titre de politesse déjà? Oh et puis zut) Sasha, allez au centre, le prince vous protégera et vous pourrez soigner les deux flancs en cas de problème... Je... reste en retrait pour l'instant, avec la caravane... j'irais aider s'y a besoin d'aide...

Et elle était sincère en plus, elle ne fuyait pas vraiment le combat. Elle avait juste l'impression qu'elle serait plus utile en arrière-garde qu'au front... Au moins pour être sûre qu'ils ne soient pas pris à revers... Mais ne pas les aider la mettait mal à l'aise. Donc quand une ombre passa sur le sol, révélant un rapace qui volaient haut au dessus d'eux contre le flanc de la montagne, une idée lui vint. Au pire, ils devraient pourvoir se débrouiller sans elle, mais on savait jamais...
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Jeu 12 Mai 2016 - 1:21
Le voyage ne fut pas éreintant, au contraire, il fut des plus plaisants si on oubliait que des ennemis d’une force inconnue nous menaçait, qu’on allait les titiller et provoquer des guerres immenses, et qu’ils avaient volé mon pouvoir. On remettait tout en perspective quand l’écart de puissance entre le début de la nuit et maintenant était si grand qu’il aurait pu engloutir l’Afrique, bien plus qu’un changement de taille. Je n’étais plus au sommet de la chaîne alimentaire, j’étais au contraire tout en bas, au même niveau que les chats marchands de la Zone 2, la plupart des citoyens paisibles de la Zone 1, et largement en-dessous des libellules oniriques (la grande majorité en tout cas), ainsi qu’une fiente seule de dinosaure. Un cheval pouvait me mettre KO d’un coup de sabot, voire même me tuer ; s’il avait osé faire ça plus tôt dans la nuit, il se serait cassé la patte. Si une dizaine de brigands en venaient à nous agresser, j’aurais pu me les siffler les yeux fermés (je n’aurais rien vu, mais comme leurs attaques ne m’auraient rien fait, osef, hein), alors que maintenant, je valais à peine la moitié d’un – certes, j’avais l’expérience de me battre, mais à part ça… Mes pouvoirs n’étaient pas bons, mon arme n’était pas bonne, mes réflexes étaient morts, ma peau était redevenue aussi fragile que possible, puis je frappais comme une tafiolle endormie. Je pariais que la stratège, Mara ici présente, serait plus utile au combat et qu’elle pourrait m’assommer d’une baffe. Ma réputation serait terminée à jamais.

On allait faire un détour pour connaître précisément leur destination. Certes, je n’eus pas mon mot à dire, et encore une fois, j’imputais ça à ma nouvelle faiblesse : peut-être qu’inconsciemment, j’adhérais à la loi suprême de la nature, comme quoi les plus forts pouvaient fucker les faibles, et étant un faible, je me permettais moins de la ramener, comme si j’étais moins légitime à ouvrir la gueule. Ceci dit, même au summum de ma force, je n’aurais fait aucune objection, j’aurais peut-être chercher à connaître des détails sur l’intérêt de nous détour, mais maintenant, dans mon statut de boulet, au même niveau que le marchand, je m’obligeais sans le savoir à la fermer. De plus, ce que m’avait dit Gaston m’avait parfaitement fait grincer des dents : grâce à lui, le fait que j’étais faible devait parfaitement être intégré par le stratège. Tu fais ce que tu veux avec les autres, tu les utilises au mieux, par contre, le blondinet ringard, faut pas oublier qu’il battrait pas un bâton sec au bras de fer.

Ce fut légèrement irrité, mais tout de même satisfait qu’on avance vers quelque chose qui ressemblait à une résolution de mon problème, que je poursuivais ma route, près des chevaliers et de la roulotte. On faisait une belle brochette de combattants, j’imaginais mal qu’on tente de nous attaquer au vu de notre nombre et de notre armement. Les uns discutaient avec les autres, tout simplement, Gaston s’occupait de l’organisation de la marche avec un ton fermé (d’ailleurs, il était bien le seul à ne pas trop parler), et rapidement, je fus à-côté du marchand Roterro qui dirigeait sa roulotte et ses deux chevaux en sifflotant. Il me parla avec passion du marché Olivien et de Merta dans sa globalité avec tant d’énergie que je fus pris par ce qu’il disait. Tonio, l’apprenti de Gaston, se plaça aussi dans la carriole, juste derrière nous deux.

« Alors, Gaston t’entraîne aussi ?
_ Rapidement.
_ Il faudrait qu’on se fasse un duel un de ces quatre.
_ Pas de suite alors. »
Il semblait avoir à peine plus de quinze ans, mais aussi d’être quinze fois plus dangereux que moi. Le sabre fin qu’il tenait près de lui luisait d’un brillant qui me refroidit l’échine. Je lui posais quelques questions :
« Alors ? Comment devient-on le disciple d’un chevalier aussi honorifique ?
_ Gaston est mon père ! Mais j’évite de le dire à voix haute, en mission, il est mon capitaine avant tout.
_ Et tu deviendras chevalier ?
_ Ma mère est épéiste, elle m’a incité à suivre ses pas. »
J’imaginais la discussion entre les deux parents : ‘il deviendra chevalier ! Non, épéiste ! Non, chevalier !’ C’était plus drôle qu’entre la logistique et la comptabilité, me direz-vous. « Pour le moment, elle est restée au château le défendre. Elle a prié pour nous. » Si la mère de Tonio avait prié pour nous…

Je passe et je passe le temps, jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose d’intéressant : des bandits, vu que c’était aussi courant que des pokemon dans des hautes herbes dans ces contrées, se dépêchèrent de nous demander poliment nos ressources, sinon, ils nous zigouillaient. Vu qu’ils étaient à peine plus nombreux que nous, on pouvait légitimement penser qu’ils étaient complètement débiles. On se mit en tout cas en position, et Mara se dépêcha de nous dire où se placer et avec qui, comment, une vraie petite stratégie choute comme tout.

J’étais ravi de savoir que je serais avec Gaston – avec un homme de sa trempe et la meilleure lame, je ne risquais absolument rien. Je savais qu’il allait essayer de me faire combattre, mais j’espérais que si le pire arrivait, il serait là pour me protéger de l’ultime coup. Il se rapprocha de moi, avec sa monture impressionnante, et sortit sa lance d’une belle taille. Il me dit d’une voix douce et forte à la fois :

« Ils ont l’air costauds. Je ferai le ménage, et toi, tu les achèveras. »

Quand tu seras grand, tu seras courageux, mon fils. Nan mais sérieux, j’étais le rapace de service, merci pour l’égo. J’en étais réduit à ça, sérieusement ? Enfin, merde à tous, il fallait rester concentré car j’étais le petit poisson qu’on pouvait facilement gober. Je ressentis une pointe d’adrénaline qui n’était pas désagréable, et que je n’avais que trop peu souvent ces derniers temps sur Dreamland. Bon, j’avais aussi beaucoup de peur, l’un n’allait pas sans l’autre, mais ça aussi, ça faisait longtemps que je n’étais pas sous le coup de cette émotion. Il était temps de se battre. Je dégainai mon épée qui luisait faiblement au soleil, et j’étais maintenant prêt à m’en servir. Ce genre d’armes servait généralement à traverser les défenses de l’armure adverse en pénétrant dans les recoins que les plaques ne protégeaient pas, mais pas besoin d’avoir autant de techniques face à eux : ils ne portaient rien d’autre qu’un pantalon. Ils pourraient presque me donner froid, les cons.

La bataille commença sous l’assaut de Mara, et on se jeta joyeusement les uns contre les autres à grands renforts de cris (surtout du côté ennemi). Gaston, plus rapide que moi par son cheval, se dépêcha de rentrer dans le tas en faisant mouliner sa lance, et un spectacle incongru eut lieu : il les tua tous. Pas si incongru que ça, mais il avait fortement sous-entendu qu’il y aurait des blessés sur le coin du terrain qu’on occupait. Mais non, ce type était tout bonnement incapable d’en piquer sans qu’il ne meure, faisant que je courais derrière et son canasson, mais qu’il éliminait toutes les proies dont j’aurais pu me rassasier pour regagner ma force. Il en avait déjà tué deux, non, trois, non quatre, et j’essayais tant bien que mal de suivre la cadence. Un bandit se jeta sur moi, et alors que je m’apprêtais à me défendre avec mon épée (pourrie), le chevalier pivota et l’abattit d’un coup de lance en plein dans le poitrail. Ce connard me nargua en plus !

« Heureusement que j’étais là pour te couvrir !
_ Mais… Mais tu les tues tous ! »
, fis-je en me plaignant ouvertement. Il répondit d’un grand sérieux, comme si ce n’était pas si grave que ça (et vrai, de son point de vue, ou du point de vue de n’importe qui dans ce camp, ce n’était pas si grave que ça) :
« Ce n’est pas ma faute s’ils sont faibles ! YE-AAAAAAH !!! » Et il se jeta sur un dernier brigand qu’il tua net. Moi, la bouche bée, entouré de six cadavres, l’épée plus propre que le cul de Poutine. Je regardais comment les batailles se déroulaient ailleurs, mais on menait largement ; seul un brigand, musclé et tatoué, barbe de viking, donnait du fil à retordre à Robin. Gaston interrompit mon observation : « Edfry, fais attention au signal de la stratège, elle va peut-être nous envoyer sur les autres fronts vu qu’on s’est bien débrouillés. » Ah bah t’as vu, eh, sans les mains.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Sam 14 Mai 2016 - 17:17
Le rapace était posé sur la toile recouvrant la carriole maintenant, et malgré quelques coups d’œil au champs de bataille, la fillette ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Surtout que de ce qu'elle voyait, les adversaire se faisaient rouler dessus dans les règles de l'art, c'en était presque embarrassant. Mais du coup, l'oiseau était quand même assez beau, bien que plutôt réaliste par rapport à ce qu'elle avait pu croiser. Le marchand et l'écuyer de Gaston aussi regardaient l'animal, l'un avec une certaine inquiétude et l'autre avec fascination, mais l'animal snobait tout le monde. En effet, à défaut de l'envoyer soutenir ceux de devant, elle lui avait demandé de surveiller les environs pour prévenir de l'arrivée de renforts ennemis. Elle l'aurait bien laissé se poser sur son bras, ne serait-ce que car la pose aurait été ultra classe, mais son cheval avait pas voulu. Il était pas joueur.

Détournant son regard du volatile, elle reporta son attention sur le terrain qui se dégageait de plus en plus avec les cadavres qui disparaissaient (la belle affaire). Ça se passait bien, à part pour Robin peut-être, qui affrontait le chef des méchants dans un duel épique. Sasha n'avait pas souvent l'occasion de soigner ses camarades, malgré leurs quelques égratignures, car sa magie nécessitait un petit temps de concentration qui avait tendance à l'exposer, elle finissait donc souvent à simplement encourager son grand frère. Le chef Krib et l'archer décimaient assez efficacement leur côté, l'un soutenant l'autre même si leur travail d'équipe n'allait pas plus loin, mais de l'autre côté du champs de bataille... bah Edffry n'avait rien à faire. C'était simple, Gaston ratiboisait ses ennemis avec une efficacité remarquable, au point que celui qui l'accompagnait aurait eut le temps de se limer les ongles sans être gêné par la moindre personne. Sauf qu'il était sensé faire quelque chose pour s'entraîner, et si sa faiblesse ne posait pas de problème pour l'instant... Mara n'était pas sûre de pouvoir se passer du potentiel d'un Voyageur face à des adversaires plus concrets.

Mais là, c'était assez clair: tous les ennemis étaient abattus en un coup et l'homme était incapable de vaincre ses adversaires avant que le chevalier ne s'en occupe pour lui. À croire que ces types ne savaient faire qu'attaquer à pleine puissance, pouvaient-ils seulement contrôler leur force? Elle grimaça légèrement alors que l'aigle reprenait son envol, tentant de trouver une solution à ce problème. Il fallait rendre le blond plus fort? Peut-être lui donner une meilleure arme? Mais s'il ne la maîtrisait pas, elle ne pouvait pas lui faire prendre ce risque... Tenter d'isoler les ennemis pour le laisser se débrouiller en un contre un en sécurité? Le groupe semblait suivre ses ordres donc la position serait possible, mais de ce qu'elle avait vu, les bandits était capable de se jeter sur n'importe, se suicidant sur leurs ripostes. Rien ne garantissait que l'adversaire du blond reste contre lui... La fillette commença à envisager d'aller elle-même aider l'homme. Elle devrait être capable de se réguler et puis au pire, son pouvoir pourrait facilement créer des ouvertures.
Étrangement, elle eut vaguement l'impression que ça serait un peu de la triche, mais au point où il en étaient...

Mais sa réflexion fut brutalement interrompue par un bruit de corne de guerre, tandis que le chef ennemi soufflait dedans après avoir repoussé son adversaire. Il appelait des renforts? Seulement maintenant, alors que la quasi totalité de ses troupes étaient éliminées?

Ce type était-il réellement à ce point un abruti?

Mais elle s'empêcha de perdre d'avantage de temps dans son ahurissement. C'était imprévisible mais il ne fallait pas qu'elle perde la main juste à cause de ça. D'une impulsion mentale, elle demanda à l'oiseau-guet de redescendre pour lui dire d'où venaient les renforts, et la réponse ne fut pas une bonne surprise. Par derrière, évidemment. Simple, tristement banal mais toujours efficace, surtout quand on envoie les combattants au front avec les faibles en retrait. Elle grimaça et encouragea le marchand à faire avancer la carriole. Ça les rapprochait du champs de bataille actuel et risquait de provoquer un encerclement, mais ils ne pouvaient ne permettre de se faire abattre loin des renforts, surtout que le-dit champs de bataille actuel était presque vide.

Du coup accompagnant la caravane qui avançait tout en jetant des coups d’œil vers l'arrière, la fillette lança les nouveaux ordres à ses compagnons. Robin devait continuer à faire face au boss, avec sa sœur derrière lui, cette dernière hors de portée du bandit mais capable de préparer un sort de soin tout en encourageant son frère. Sir Adrien, bientôt à court de flèches, allait se placer à côté de la caravane pour renflouer son arc au besoin, et son camarade d'affrontement devrait pouvoir les couvrir lui et l'attelage. Gaston allait changer de partenaire pour s'occuper de son écuyer, prenant avec lui un flanc des attaquants, et les deux Voyageurs allaient ensemble s'occuper de l'autre côté. La jeune fille espérait être capable de battre sans trop de problèmes les méchants si ça tournait mal, mais avec un peu de chance...

Heureusement pour eux, les nouveaux venus avaient eu la politesse de rester un moment à la lisière de la plaine, les menaçant de grands cris de guerre plutôt organisés. Peut-être avaient-ils un autre chef? En tous cas, quand ses deux altesses auront finis avec le leur, il ne faudra pas qu'elles tardent à venir les rejoindre, ne serait-ce que pour les soins de la princesse. Dans un coin de sa tête, Mara ne put s'empêcher de noter que quand même, pour une bande de brigands sensés détrousser des voyageurs au pif, ils étaient pas mal organisés. Ne serait-ce que l'idée de mettre des renforts. Ça serait pas plus logique de jouer sur le nombre pour intimider les cibles et éviter les combats? Voire les cerner directement, sans leur laisser le temps de s'organiser? Bah, c'était pas la première fois que cet univers cassait ses rotules à la logique, donc bon. Pis c'était plutôt à son avantage, elle allait pas se plaindre non plus. Ou alors juste un peu, par principe.

En tous cas, ça laissa le temps aux nouveaux duos de se former et lorsque les deux camps se foncèrent dessus, tout le monde était prêt au combat. La jeune Voyageuse avait rapidement expliqué à Edffry qu'elle allait un peu étourdir les ennemis et qu'il devrait pouvoir les finir quand ils étaient occupés avec elle ou pas en pleine possession de leurs moyens. Elle n'était pas vraiment entrée dans les détails de son pouvoir, autant par habitude que par manque de temps. En effet, après être descendue de son canasson, se sentant pas de se battre avec, elle avait juste pu le rejoindre pendant qu'il courrait vers les nouveaux adversaires, distancé directement par le cheval de Gaston qui avait chargé en hurlant. Il semblait déjà un peu fatigué par son sprint d'ailleurs. La fillette se demanda si elle aussi avait été comme ça à ses débuts. Ça faisait loin...

Mais pas le temps de réfléchir plus que ça, que déjà deux bandits les avait pris pour cible. Avec des hachettes. Oh l'abrutie, elle n'avait pas prit d'arme. Son épée était toujours dans son dos mais ça allait pas être possible de dégainer dans ces conditions, du coup... Dégrafant brutalement la bande de cuir qui lui barrait le torse, elle se saisit du fourreau lui-même et sans plus de subtilités, elle para le premier coup de hache en le tenant à l'horizontal. Une onde de confiance plus tard et les deux gars se retrouvaient à passer une ou deux secondes d'incompréhension pour refaire le tri dans leur tête. D'ailleurs, l'un d'eux se retrouva éloigné du combat d'un brusque coup de pied dans le genou et la petite lança à son compagnon un simple:

"Vas-y, profite!"

C'était vrai qu'ils étaient vachement faibles. Mais avec le regard consterné que lui lança celui avec qui elle croisait le fer, elle ne put s'empêcher d'avoir de nouveau cette impression que ce qu'elle faisait... elle était pas sensée le faire. Ça mettait quand même un peu mal à l'aise, mais quelque part... Bah elle avait que ça quoi, alors zut, hein! Mais en tous cas, ses doutes se confirmaient à la vue d'une type avec un plus gros casque à cornes que les autres. Elle avait bel et bien l'impression qu'il y avait un autre chef de ce côté.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Lun 16 Mai 2016 - 14:48
Comme si Gaston avait besoin d’aller écraser le reste des ennemis, vu que chacun se débrouillait extrêmement bien, si bien que même si notre petite stratège avait pris la décision de m’envoyer sur les autres fronts, ça n’aurait servi absolument rien. Peut-être que j’aurais pu servir de chair à canon, là, entre les deux armes de Robin et du chef des barbares qui s’entrechoquaient ; je voyais à peine les lames, mais maintenant que j’y pensais, me délivrant du rôle de celui qui se plaignait que les autres étaient trop forts pour lui, je me rendis compte que chacun se battait bien, voire même, mieux que n’auraient pu le faire des humains ordinaires. Robin excellait dans l’art des épées et des acrobaties, si bien que j’aurais voulu me rapprocher pour voir de plus près l’intense duel.

Qui fut entrecoupé à un moment par un cor. Des renforts, hein ? Même en étant débile, on était capable de le deviner. Je comprenais mieux pourquoi ils s’étaient permis de nous attaquer, mais le grand manitou avait peut-être négligé dans son plan qu’on se débarrasse si vite d’un paquet des premières lignes. On se retourna donc sous l’impulsion du stratège, et le chariot fut à nouveau derrière la ligne de front, même s’il restait quelques hommes en arrière et que Robin n’avait pas fini d’embrocher son terrible adversaire. Les adversaires se mettaient à arriver mais j’étais incapable de déceler leur nombre… La panique devait y être pour quelque chose…

Mara, gentiment sensible à ma situation, fit quelques ajustements dans les duos afin d’éviter que Gaston ne récupère tous les bénéfices des combats, et aille plutôt seconder son apprenti. De mon côté, ce fut Mara elle-même qui se dépêcha de descendre de son canasson pour m’assister… Enfin, c’était plutôt moi qui l’assistais. On se dépêcha d’affronter cette nouvelle vague d’ennemis et je me plaçai stratégiquement derrière la fille pour qu’elle élimine les dangers les plus immédiats, ce qui me rendit vraiment honteux : rappelez-vous que la gamine avait pas douze ans, selon mes hypothèses. Je me cachais derrière une fille de onze ans qui me défendait contre des hordes de brigand. Je ressemblais énormément à un personnage secondaire d’une fan-fiction mal faite. Heureusement que Mara n’avait pas des cheveux d’une couleur singulière et qu’elle n’avait pas perdu ses parents (j’espérais, et là, c’était plus pour elle que pour renforcer ce sentiment d’appartenance à un délire de Mary Sue, je n’étais pas un monstre égocentrique).

Le premier attaqua, muni d’une hache virevoltante, beuglant je ne savais quel dialecte incompréhensible pour qu’on le prenne plus comme une bête sauvage que pour un homme véritable. C’était d’ailleurs, peut-être le cas. Mara se dépêcha de le calmer, et m’invectivait pour que je le termine moi-même. J’hésitais pendant une seconde à utiliser mon arme, puis je me souvins que nous étions à Park of Games : les gens qu’on avait en-face de nous n’avaient pas de vie à proprement parler, certainement pas de libre-arbitre, et n’avaient que pour destin de périr de la main des héros… ou de les tuer eux-mêmes. Entre ça et moi, je me dis qu’il valait mieux que je choisisse ce qui était le mieux pour Dreamland (cynisme, quand tu nous tiens… et qu’on ne veut pas te lâcher sous peine de mourir). Et quand on avait perdu ses pouvoirs, je pouvais vous dire qu’on faisait moins le malin et qu’on ne cherchait pas ce qui était juste ou pas. Un roi dirigeait d’abord avec sa couronne.

Mon épée passa dans son œil avec une précision qu’il fallait largement attribuer à la chance, et j’eus l’impression avec les sensations, de tremper une mouillette dans un œuf à la coque. J’étais horrible. Le type s’effondra dans un gargarisme dément, et ne bougea plus. Je me tournais vers la stratège :

« Merci. » Puis Krib, le monstre avec sa hache et un sourire terrible sur le visage qui passait à-côté de moi, m’envoya une claque derrière la tête (ça devait être pour lui, une tape amicale, mais moi, je sentis mes vertèbres grincer), et il continuait à avancer en disant :
« Te manque plus qu’une gonze à tringler et tu deviens un homme, poussin. Et toi, p’tite Mara, je me fais le gros tas dans son armure, s’il te plaît, il est à moi. »

Il attendit à peine la réponse qu’il se jeta à nouveau dans la bataille. Mara et moi, après avoir suivi le balourd foncer, nous nous remîmes en route pour affronter d’autres brigands. On répéta comme on pouvait le même schéma, c’est-à-dire qu’elle affaiblissait les adversaires et que je les terminais, ce qui était une manœuvre délicate car étrangement, les bougres ne se laissaient pas faire. Mais Mara était là pour surveiller au grain, et quand je reçus une large estafilade car j’avais raté mon attaque, ce fut Sasha derrière qui se dépêchait d’intervenir sous ordre pour me rafistoler. La large entaille qui me faisait pousser des expirations de douleur et de peur s’évanouit comme si elle n’avait jamais existé. Ne subsistait qu’une peau lisse, vierge de toute blessure, ainsi que des vêtements découpés. L’assaut pouvait continuer.

Trop occupés sur ma tâche, je ne fis pas du tout attention aux autres, mais les bribes d’informations que je pouvais percevoir étaient toujours des bonnes nouvelles : on voyait Tonio qui se défaisait de ses adversaires et Gaston qui le couvrait, Adrien qui, tel un Legolas humain, enchaînait les flèches sur ses ennemis, qui voulait l’assaillir de devant et de derrière. Robin avait dû rester derrière pour nous couvrir les fesses. Mais nan, fallait rester concentré, concentré, attendre que Mara frappe les ennemis avec sa force surhumaine (ça devait bien les étonner), puis je devais les terminer. Allez, allez, allez, on ne faiblit pas, on fait attention à tous ceux qui nous entourent, on évite de penser à sa respiration brûlante qui se faisait de plus en plus vive, telle une maladie, aux poignets qui voulaient lâcher, et la peur, attaquant fortement la volonté, qui disait que eh, on avait bien travaillé, pas besoin de faire plus, cachons-nous dans une souche. J’aurais dû normalement ressentir de l’adrénaline, rechercher le chef ennemi comme Krib pour lui donner quelques leçons de politesse à coups de langue arrachée, maaaaiiis non. On était bien ici.

Ce fut pour ça que cinq minutes plus tard, de combats acharnés, les cris et les coups se faisaient de plus en plus rares, jusqu’à un silence qui sentait bon la victoire. Mais qu’importe où je regardais, je n’avais nulle trace de Robin et de Krib. Ni du moindre combat.

« C’est terminé ? »

__

Noïlissima, reine des Altribes, marchait à la tête d’une large colonne de soldats. Dès qu’ils établirent un campement, car la nuit allait bientôt tomber, elle se réunit sous sa tente avec tous ses généraux et ses messagers, et par une grande carte de Merta éclairée à la lanterne, elle décidait avec un bâton où ses troupes iraient.

« Je veux que vous soyez ici, ici, et ici. Vous deux, vous vous occuperez des cinq villages là, là et là, ils sont importants. Je m’occuperai personnellement de la surveillance d’Olivie avec trois garnisons, je pourrais y retrouver ma fille. Est-ce quelqu’un a des questions ? » Non, personne, parfait. Elle continua : « Je veux avoir le plus d’informations possibles sur ce qu’il se passe : monstre, mouvement de Robin et de ses hommes, nous devons tout savoir pour faire notre possible. J’attends des messagers une célérité exemplaire. » Ceux-ci approuvèrent. Elle conclut le plan : « Et dans une dizaine de jours, dès que j’aurais récupéré ma fille, nous lancerons l’assaut : éliminer tous les soldats mertiens, et prenez le contrôle de toutes les places fortes. Merta tombera si vite que personne ne pourra la sauver. »

Robin, Robin, Robin… Être prince et être si crédule était une tare. Dont elle allait profiter. On oubliait de s’allier avec leur voisin par alliance et mariage, et on le prenait par les armes. Ses soldats avaient l’autorisation de marcher où ils le voulaient pour protéger la population. Elle allait utiliser ce droit à son grand avantage et personne ne se douterait de rien : les trois-quarts de l’armée des Altribes étaient déjà chez l’ennemi, et celui-ci la traitait comme des héros. On les envahissait sans qu’ils ne le sachent, et on récupérait les honneurs.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Mer 18 Mai 2016 - 17:44

La bataille se poursuivait, avançant à bon train de ce qu'elle pouvait voir quand elle avait l'occasion de jeter un coup d’œil. Bon, sa taille ne lui permettait pas vraiment une vue d'ensemble, mais les combattants s'espaçaient, c'était déjà ça. Sauf que voila, les autres s'occupaient plus vite de leur zone que les deux Voyageurs, et ils commençaient tranquillement à s'attaquer à leurs ennemis à eux. Pour leur part, Krib et Robin étaient partis poursuivre le survivant des deux chefs, qui semblait finalement avoir assez d'instinct de survie pour vouloir se tailler le plus vite possible. Voyant qu'Edffry était en plein affrontement avec un barbare un peu hargneux et qu'il restait encore trois bandits autour d'eux qui attendaient sagement leur tour, la fillette lança à Gaston et Tonio d'aller vérifier dans la forêt s'il n'y avait pas d'autres troupes en embuscade. Bon, il n'y en avait pas bien sûr, sinon son aigle l'aurait prévenue... Mais c'était ça où perdre les derniers adversaires potentiels du blond, alors zut.

Elle-même s'occupait de le soutenir, parant la plupart des coups qui lui étaient portés tandis que Sasha soignait ceux qui passaient sa garde. Elle aussi était restée, couverte par l'archer qui était trop occupé à la protéger pour attaquer. Mara continuait donc d'affaiblir leur adversaires à grands coups de fourreaux. C'était bien dans le sens où ça avait peu de chances de les tuer, mais elle avait déjà asséné un coup si violent que son adversaire en avait disparu sur le coup. C'était assez jouissif, quelque part, elle comprenait un peu le bourrinage des autres combattants. Mais bon, elle était pas là pour ça...

Finalement, Gaston et Tonio émergèrent de leur "ronde" à l'instant où Edffry finissait le dernier méchant. La petite stratège s'autorisa à souffler un peu avant de sourire légèrement. La vache, elle comparait souvent Dreamland et les jeux vidéos mais là, c'était pas pareil. Entre diriger des perso sur une map et être soit-même, physiquement, l'un des persos... C'était crevant, en fait. Pis y avait pas le même recul sur le champs de bataille, elle espérait ne pas avoir trop fait de bêtises... Mais bon, au moins, les autres étaient un minimum indépendants, c'était déjà ça! Levant le nez vers celui qui posait sa question comme s'il en doutait, la blondinette lui rendit un large sourire et lança le plus naturellement du monde:

"Ouaip! GG!"

Puis il y eut une explosion.

Bon, loin, plutôt dans la forêt, là où s'était enfui le chef des méchants avec les dirigeants sur les talons, d'ailleurs. Une gerbe de flamme avait jaillit au dessus des arbres, avec tous les effets son et lumière qui allaient avec. Ce fut tellement soudain que la jeune fille mit bien quelques instants à percuter que la déflagration avait peut-être touché le Prince et son collègue.

Heureusement que Mara n'était pas vulgaire, sinon elle aurait volontiers juré pour le coup.

Que faire? Ils avaient sans doute besoin d'aide, mais qui emmener là-bas? Le chariot pouvait pas passer, donc il fallait quelques personnes pour le protéger, mais fallait-il prendre Sasha? Face à une boule de feu pareil, les deux auraient sans doute besoin de soins, mais fallait-il prendre le risque de l’amener dans un guet-apens? La petite se mordit le pouce, faisant voler son regard entre les différents membres du groupe. Quelle était la meilleure disposition?

Sa réflexion fut interrompu par des cris. Mais pas des cris de guerre ou de douleur, non non. Non, juste des cris de bonne grosse engueulade. Elle reconnaissait plus ou moins la voix de Krib. Elle lança un regard indécis au Voyageur à côté d'elle, comme s'il avait une explication à ce qu'il pouvait bien être en train de se passer, là. Mais comme les voix se rapprochaient, elle se contenta d'attendre, regardant la forêt d'où ils allaient bientôt jaillir. À mieux y écouter, la voix de Robin aussi leur parvenait, toujours indistincte, même si elle portait moins que celle de l'autre. Puis il y avait une troisième voix, encore plus basse, parlant sans doute normalement, mais qu'elle ne reconnaissait pas du tout.

Finalement, certains mots commençaient à se démarquer, tels que "irresponsable", "honneur", "abruti", ou encore "le mien". La jeune fille avait encore du mal à assembler les morceaux pour le coup, mais enfin, les silhouettes des gens se démarquèrent entre celles des arbres, et la "conversation" devint d'un coup plus claire:

"IL ÉTAIT CLAIREMENT À MOI ! D'OÙ SERAIT-IL PERMIT DE FAIRE UN TRUC PAREIL ?!" hurlait l'Arak "Toi, je vais te faire bouffer ton foutu chapeau, tu vas manger tes dents tellement fort qu'elles vont se mâcher toutes seules! Je m'en contre-cogne des tes excuses, il existe pas UN ENDROIT dans ce foutu monde où ce que t'as fait est tolérable!"

"C'était d'une extrême dangerosité, tu aurais pu nous tuer tous les deux!" lançait sévèrement le prince de Merta "C'est à se demander comment tes supérieurs ont pu te décerner le titre de mage, c'est complètement absurde! Attends un peu qu'on trouve une ville, qu'on te fasse ton jugement proprement!"

"Ouais, ouais..."

Pendant un instant, la fillette avait cru qu'ils s'adressaient au chef ennemi qu'ils avaient capturé, mais la voix qui venait de répondre était parfaitement féminine. Et ses doutes se confirmèrent quand le trio sortit de la forêt, le géant à peau grise tempêtant toujours et le jeune homme pointant le dos d'une mage avec la pointe de son épée. Et pas n'importe quelle mage d'ailleurs. Enfin, peut-être que tous les mages étaient comme ça mais dans l'esprit de l'enfant, celle-ci était relativement marquante. Assez grande, encore plus avec son haut chapeau de sorcière, vêtue d'une toge noire qui ne cachait en rien sa poitrine moyenne d'anime japonais, c'était surtout la tresse rose qui tombait sur son épaule qui attirait l'attention. Une paire de lunette et un ouvrage relié de rouge dans sa main gauche tentaient en vain de lui donner un air sérieux, alors qu'elle levait les yeux au ciel avant de les poser sur le reste du groupe. Ce fut sans doute en croisant le regard incrédule de ses compagnons que Robin consentit à expliquer ce qu'il s'était passé malgré les grognements de l'autre guerrier:

"Nous étions en train de poursuivre ce lâche mécréant, comme il était de notre devoir, mais cette furie a jailli de derrière un arbre et l'a littéralement incinéré d'une boule de feu, sans le moindre respect pour nous!"

Un autre grondement hostile de Kirb, d'où semblaient émerger les mots "pour moi", mais la mage prit rapidement la parole, main sur la hanche et d'une voix à l'image de son corps: un peu trop décalée pour sa classe.

"Écoutez, je suis là pour vous aider, moi. J'ai juste voulu faire une entrée héroïque!" Les deux guerriers soupirèrent d'exaspération, mais elle les ignora et continua d'une voix plaintive et mélodramatique: "Comprenez-moi, mon village a été détruit par les monstres, je sais qu'ils se démultiplient et je me dois de vous aider dans votre quête! Je suis une mage de talent et j'ai des livres en réserve, ne faites pas l'erreur d'ignorer ma proposition!"

La jeune fille ne savait absolument pas où se mettre et lança un regard suppliant au prince. Ce dernier, cessant enfin de fusiller la nouvelle venue du regard, remarqua enfin son signal silencieux et soupira, se grattant le menton. Pour la Voyageuse, l'idée d'avoir un magicien dans l'équipe était vachement tentante, au moins car c'était ultra classe, et surtout car ça aiderait Sir Adrien à distance... Mais l'hostilité des deux combattants vis-à-vis d'elle était palpable. Elle les gratifiait d'un sourire étincelant, se tenant bien droite, sans doute pour les convaincre silencieusement, mais Mara préféra laisser le prince décider. Bien sûr, ça allait sans doute prendre un moment même s'ils manquaient un peu de temps, mais ce n'était pas une décision à prendre à la légè-

"D'accord, tu nous accompagneras," souffla le frère de Sasha.

Ce fut rapide.

"Mais jure de suivre scrupuleusement mes ordres et ceux de notre stratège pendant les combats, il est hors de question de voler la cible d'un autre, c'est clair?"

"Limpide, mon Prince!"

Très rapide.

Et la nouvelle membre du groupe leur fit à tous un sourire particulièrement radieux, sous un claquement de langue désapprobateur du côté de l'Arak, et alla tous les saluer individuellement. Mara ne releva pas vraiment le petit tapotement affectueux qu'elle reçut au sommet du crâne, plus surprise qu'autre chose, mais elle remarqua avec quel intérêt la dame regardait Edffry de bas en haut. L'enfant pinça les lèvres, douteuse. Que voulait-elle au Voyageur, elle savait quelque chose de son état? Mais son attention quitta la mage alors que Robin annonçait qu'il fallait manger rapidement si l'on voulait avoir traversé le col avant la nuit. Et en laissant son regard glisser vers le rapace posé sur la carriole, boulottant avidement quelque chose de rouge, la petite se rendit compte qu'elle avait bel et bien l'impression d'avoir faim à Dreamland.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Jeu 19 Mai 2016 - 0:04
  La bataille était terminée et le destin nous remercia sympathiquement en faisant gagner à notre cause une nouvelle personne, une sorte de sorcière dont les pouvoirs s’apparentaient à de la pyrotechnique anti-personnelle : Krib et Robin, plus agacés par le fait d’avoir loupé leur proie que d’avoir failli mourir (ils s’en cachaient à peine), pestaient secrètement contre cette alliance mais en même temps, en ayant vu une explosion en action, ne pouvaient avoir la bêtise de la refuser. Je fus plus d’accord avec l’horreur de s’être fait voler sa proie que je ne leur laissais montrer – évidemment à cause de Gaston en question qui était incapable de chatouiller un ennemi sans lui rompre mortellement les côtes.

  On se remit en route sur notre petit bonhomme de chemin, et nous étions cette-fois dix à avancer dans les sentiers délicats de la forêt, qui laissèrent place aux paysages grandiloquents des sentiers de montagne grimpants. Nous avions, si je ne disais pas de bêtise : un épéiste, un archer, une soigneuse, une mage, un chevalier, un bretteur, un marchand, un guerrier, une petite stratège toute mignonne et un type inutile en ma personne. Pendant qu’on continuait à avancer, je testais le poids du panneau, voir si j’avais gagné en force. Les résultats furent aussi peu probants qu’encourageants : je l’avais mieux en main, mais n’aurais-ce pas été le cas tout à l’heure, si j’avais au moins eu la décence de chauffer mes bras ? Je me dis de toute façon qu’il faudrait savoir être patient, et patient je serais. Dix minutes peut-être… à espérer et à craindre en même temps que de nouvelles péripéties nous obligent à sortir les armes de leur fourreau.

  La route était rocailleuse, et faisait souffrir les mollets : les montagnes ne nous offraient pas de chemins très escarpés mais on les montait tout de même depuis plusieurs heures et des haltes furent nécessaires, et ce, sans oublier le crépuscule qui venait à poindre. Sur la route, de nombreuses discussions se firent, et je me tapai l’espèce d’énorme Arak qui se promenait sans faiblir avec son arme démesuré dans le dos. Cependant, le temps me déliait la langue ainsi que ma sympathie, car ce bonhomme forçait le respect : il avait un égo, mais savait ne pas éteindre les autres. Ce qu’il faisait qu’il parlait certes bruyamment et qu’il se mettait en avant, mais il ne faisait pas les deux en même temps. On sentait qu’il avait une longue vie derrière lui, et si on ne le sentait pas, fallait pas s’inquiéter, il se dépêcherait de vous le dire et le répéter, encore et encore. Il était tout de même curieux de qui j’étais et me posait des questions de sa voix puissante :

« C’est bien toi qu’a vaincu le monstre ?
_ D’un seul coup.
_ MUAHAHAHA !!! Si t’assommes un pochtron, ça serait dingo qu’il soit à terre, alors un fioutu monstre !
_ Juste après, on m’a privé de mes forces, je suis aussi faible que je l’étais avant.
_ Mais oui, mais garde tes salades pour quelqu’un d’autre, je ne suis pas végétarien.
_ Laisse-moi quelques semaines, et je t’arrache une corne pour m’en faire un cure-dents.
_ Si ce jour arrive, je m’arracherai l’autre et me la foutrai si fort dans le derche que j’en crèverai !
_ Ça sera le plus beau suicide jamais vu.

_ En attendant, regarde-toi : tu souffles rien que pour marcher, tout à l’heure, ta prise était bonne en rien, tu savais rien faire. Si tu veux de la force, faut que tu commences par te muscler le cœur. » Et il se frappa dessus du poing. « Et les burnes, aussi. » L’air de Sasha, toute proche, émit une grimace de dégoût, ce qui fit exploser de rire Krib : « Les Mertiens… Ça se baise que quand c’est marié, et ça fait mine que le charnel existe pas. Vous allez vous faire envahir un de ces quatre, c’est prédit : ce n’est pas le daim qui chasse le chasseur. »

  Ce ne fut qu’au début de la nuit qu’on rejoignit la tour de la Sainte Oracle (qui ressemblait pas mal à un monastère), au-dessus d’un flanc de montagne, que visait Robin : les énormes portes s’ouvrirent pour laisser place à une énorme salle qui faisait furieusement penser à une église (il n’y avait juste pas de forme de croix, sinon tout au fond, qui faisait penser à la lettre T). Des bougies étaient allumées sur chaque façade de chaque colonne, éclairant bien la pièce… sans compter trois énormes chandeliers pendus non pas au plafond, bien trop haut, mais à des poutres apparentes qui tenaient en même temps différentes armoiries. Une vieille dame encapuchonnée, les cheveux blancs et le gros nez s’approcha de nous avec deux servantes. Les deux firent un salut très propre à Robin et Sasha, mais cette politesse vouée aux héritiers du Royaume ne fut pas respectée par la vieille dame, qui au contraire, parlait d’une voix dure et morne :

« Princesse et prince, vous voici donc.
_ Maîtresse des lieux, nous aurions besoin de renseignements. Et de repos pour la nuit.
_ Tant et tant de choses. Je croyais qu’il était clair que la famille royale et tout noble n’étaient pas le bienvenu ici. »
Robin s’énerva légèrement, mais camoufla cela habilement par de la gêne :
« Nous partons combattre des monstres aperçus dans la région, est-ce mal que de demander juste un toit ? » La vieille femme grogna et nous laissa tous passer, tout en mimant le signe du silence.

  Les portes se refermèrent derrière nous dans un énorme claquement, et on fut conduit vers le milieu de la pièce, où des bancs étaient disponibles, ainsi que des beaux vitraux qui, si les couleurs étaient bien faites, devaient être somptueux. Toute la clique, sauf le marchand qui était à l’écurie, s’arrêta net sur un geste de la vieille dame, et elle se dépêcha de récupérer un cheveu de Robin sans lui demander la permission. Elle émit les yeux fermés une sorte de prière, et un spectacle magnifique eut lieu.

  Toutes les bougies de la salle se mirent à flamboyer plus intensément, et non pas d’une lueur orangée, mais d’une lumière blanche et pure. Les flammes ne faisaient plus deux centimètres de haut, mais allaient jusqu’à dix, et dégageaient une fumée tout aussi immaculée qui allait jusqu’au plafond. La vieille continuait de sermonner tandis que la fumée s’accumulait au-dessus de nos têtes sans aucun sifflement plus ardent, et chacun se rompait le coup à regarder ce petit nuage. La grande sage changea de registre et soudain, on pouvait voir quelque chose de flou, un paysage, dans une forêt, j’imaginais, mais ça ressemblait à un tableau derrière des vitres fumées, c’était très difficile de voir exactement où c’était. Le spectacle dura en tout et pour tout une minute, avant que la voix de la vieille ne termine son récital, et à ce moment précis, les flammes redevinrent de simples enfants de bougie et la fumée au-dessus, se dispersa au gré de courants d’air. La vieille commenta :

« C’est à la faille terrestre de Karmi que vos pas doivent se diriger. Vous trouverez des chambres individuelles vers la droite, ne salissez pas tout.
_ La maison d’Olivie saura remercier cette hospitalité.
_ Je ne veux rien avoir à faire avec votre maison. Partez dormir, et évitez de faire du bruit, il y a du monde qui dort. »
Elle était sèche, la vieille, mais Robin ne chercha pas à comprendre pourquoi, il montra le chemin au reste de l’équipe, ainsi qu’à Roterro qui était de nouveau présent après s’être occupé des montures.

  On gagna tous une chambre, plus modeste tu mourrais. Une petite fenêtre fut le luxe de quelques chambres, dont la mienne, une petite étagère où flambait une petite flamme près d’un lit qui était légèrement trop petit pour mes jambes. J’entendis Krib dans la chambre voisine s’en plaindre (il devait dépasser les deux mètres, autant dire qu’il allait devoir plier les genoux jusqu’au menton). J’enlevai les affaires et profitai de la tenue pour dormir, une sorte de pyjama gris, caché sous l’oreiller, et de taille assez grande pour convenir à tout le monde. Je me dévêtis pour enfiler le haut et le bas, et regardai par la fenêtre. La lune laissait entrevoir toute la vallée vu que le monastère était posé près du précipice. C’était un spectacle magnifique, mais la pièce était trop exiguë pour que je profite pleinement de cette vision.

  A la place, je décidai d’aller voir la sorcière qu’on avait rencontré tout à l’heure. Je toquai à sa chambre, je savais laquelle c’était vu que j’avais fait gaffe à où est-ce qu’elle était rentrée, et dès qu’elle avertit que je pouvais venir, je tournai la poignée. Elle aussi avait le droit à une fenêtre, mais l’obscurité m’empêchait de savoir si elle était surprise ou non de me voir débarquer. Je la questionnai sans la ménager, allant droit au but :

« Tu m'as bien reluqué quand on s'est vus, il y a un souci ? »

  Je ne cherchais pas à être agressif, voire inquisiteur, c’était de la vraie curiosité. C’était une sorcière et moi, quelqu’un qui avait besoin de tous les remèdes possibles pour me défaire de ce sac de nœud. Puis, je n’étais pas habitué à ce qu’on me regarde comme ça, généralement, c’était Jacob qu’on mirait, et qu’on applaudissait aussi, au passage. Je n’avais pas envie de le dire, mais ça me faisait plaisir d’aiguiser l’intérêt de quelqu’un, je voulais savoir pourquoi… Et secrètement, je me disais peut-être qu’il n’y avait rien de magique et qu’elle ne faisait pas attention à mon statut de Voyageur mais simplement à moi, sinon, elle aurait aussi miré Mara.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Jeu 19 Mai 2016 - 23:14
La fillette leva le vêtement devant ses yeux, bras tendus pour appréhender sa taille. Wow, il était vachement trop grand. Rien que le haut du pyjama pouvait lui servir de chemise de nuit. Un peu courte peut-être, vue qu'elle s'arrêterait à mi-cuisses, mais avec ses sous-vêtements ça passait tranquille. Car avec le pantalon, ça allait pas être possible. Il était limite deux fois plus large qu'elle, on pouvait même plus appeler ça "nager dedans" tellement c'était énorme. Bon, peut-être normal pour un guerrier musclé ou un solide combattant, voir peut-être pour quelqu'un de normal avec les élastiques. Mais pour une fille de douze ans un peu chétive, ça le faisait pas. Bon, tant pis.

Haussant les épaules pour elle-même, l'enfant entreprit de retirer sa cape en la passant par sa tête, lui évitant de la faire disparaître bêtement, et plia soigneusement ses vêtements dans un coin de la pièce avant d'enfiler son t-shirt/robe gris. Ouaip, si elle centrait bien le col, les épaules ressortaient pas, ça allaient. Posant le bas inutilisé par terre avec le reste, elle s'assit sur son lit pour en tester le rebond. Mouais, pas top top. Pas sûre de bien dormir dessus, puis il faudrait qu'elle se coiffe si elle voulait s'en sortir.

D'un coup, l'enfant se figea et pouffa légèrement. Ce Royaume était incroyable. Dormir à Dreamland, vraiment! La première nuit était passée assez vite, autour d'un feu de camp, et elle avait été trop énervée pour relever l'absurde de la chose, mais là... Elle était en pyj', dans une chambre en train de juger de son confort, et une question idiote lui vint à l'esprit. Pouvait-on rêver à Dreamland? Les Voyageurs peut-être pas, mais les Créatures? Hum, faudra qu'elle demande... Ça lui faisait bizarre de se dire que la troupe qu'elle accompagnait en était essentiellement composée, elle n'arrivait pas à imaginer qu'ils ne puissent avoir aucun rêve ou cauchemar. C'était bizarre...

L'enfant frissonna légèrement, les jambes à l'air. Sa chambre était quand même pas accueillante, elle avait même pas de fenêtre et seule une simple bougie éclairait la pièce. Bonjour l'ambiance. Elle fut prise d'une envie de faire un tour et se releva doucement, s'étirant un peu au passage. Elle lança un coup d’œil à ses bottes puis décida de se déplacer pieds nus. Ça allait, c'était pas comme si elle allait attraper froid non plus.

Quittant sa chambre en refermant soigneusement sa porte derrière elle, elle commença à avancer de son pas trottinant dans le couloir, seul le bruit de sa peau contre le dallage résonnant contre les murs. Elle passa devant plusieurs chambres à travers lesquelles elle entendait une fois un bruit métallique, sans doute Gaston, une autre Sir Adrien et Tonio qui chuchotaient, une autre encore d'où s'élevait la voix d'Edffry, visiblement occupé... Elle s'arrêta finalement devant la chambre de Sasha, un peu entrouverte, dont s'échappait un fredonnement. L'enfant frappa timidement à la porte et l'autre sembla la reconnaître immédiatement, lança joyeusement malgré une pointe de fatigue:

"C'est toi Mara? Vas-y entre!"

La Voyageuse fit donc, et remarqua que la jeune princesse ne portait pas du tout le vêtement fournis, mais un pyjama rose couvert de froufrous. Est-ce que c'était possible de dormir confortablement avec ça? Mais l'objet de son attention n’interpréta pas parfaitement son regard perplexe, puisqu'elle lui répondit fièrement:

"Eh oui! Règle numéro 1 de la noble qui voyage, toujours avoir des vêtements de rechange! Prends-en de la graine! Ça va toi?"

"Ouais ouais," répondit distraitement Mara, avant de chercher à se justifier: "En fait, je m'ennuyais un peu et du coup..."

"Ah oui!" la coupa la princesse en tapant ses mains, "Mon frère doit être en train d'étudier le trajet vers Karmi, ça pourrait peut-être t'intéresser de jeter un œil, non? T'es stratège après tout!"

"Oui, c'est vrai..." elle n'avait pas trop envie d'organiser le voyage du lendemain, Robin avait l'air de très bien s'en sortir tout seul. Elle remarqua par contre que son interlocutrice était déjà sur le point de se mettre au lit. "Tu te couches maintenant? J'ai l'impression qu'il est super tôt!"

"J'ai l'habitude!" lui répondit l'autre en riant, "C'est particulièrement épuisant d'user de magie, ça demande beaucoup de repos pour bien récupérer sans avoir l'air malade!"

"Ah... Du coup j'vais peut-être te laisser... Bonne nuit, hein!" lança l'enfant, un poil mal à l'aise.

Elle quitta la chambre alors que son amie lui rendait son salut, et ferma doucement la porte. Que faire, que faire? Elle avait pas trop envie de parler voyage avec Robin, les autres avaient l'air occupés et ceux qui restaient... elle avait pas grand chose à leur dire. En plus, aucun animal à portée d'oreille pour lui tenir un peu compagnie. Peut-être pouvait-elle passer par l'écurie pour faire coucou à son cheval et à l'aigle qui y était aussi installé? Pourquoi pas, peut-être que la fatigue viendrait la rattraper après ça...

Remontant le couloir, passant à côté des différentes portes où les gens dormaient où discutaient doucement pour la plupart, elle arriva finalement à la nef centrale, donnant l'accès à l'extérieur. Elle s'arrêta un instant pour contempler l'endroit. Au fond, c'était pas magnifique: les vitraux étaient poussiéreux, les quelques sculptures pas exceptionnelles... mais le souvenir de la vision restait marquant pour Mara, et elle regardait avec une certaine fascination les flammes vacillantes fixées aux murs. Elles avaient l'air tellement normales, alors qu'elles pouvaient faire des trucs tellement incroyables. Des réflexions sur Dreamland lui traversaient l'esprit si vite qu'elle n'arrivait pas à les saisir, et qu'elle s'accumulaient comme un énorme bazar indépatouillable dans un coin de son crâne. Elle n'arrivait pas à réfléchir, à aller plus loin que la simple idée, ça allait trop vite. Ça lui semblait juste si étrange de voir cet univers onirique et délirant forger un monde qui se tenait avec une pointe de fantastique digne de jeux vidéos. Elle passa ses mains dans ses cheveux, profitant de leur fraîcheur contre son visage, elle sentait la fatigue pointer.

C'est sans doute pour ça qu'elle sursauta quand une voix retentit derrière elle:

"Vous êtes une bien jeune stratège... Vous n'êtes pas du pays non plus."

Elle fit volte-face avec surprise et se retrouva devant l'une des servantes de l'oracle, qui observa sa réaction avec embarras et s'excusa de ne pas s'être annoncée. L'enfant lui assura que ce n'était pas grave après quelques secondes de blanc, et jeta un coup d’œil aux bougies avant de lui dire:

"C'est dingue le pouvoir de cette dame. J'suis sure que vous pourrez sauver des vies avec ça, prévoir des catastrophes, et tout..."

"Nous ne pouvons pas," soupira la femme en secouant la tête. "Les Oracles agissent pour lutter contre les forces du Mal, et non pour soutenir certains pays face à d'autres."

"Vous pouvez pas juste aider les gens? C'est forcément "aider un pays" pour vous?" rétorqua la petite, entre la confusion et la déception. "C'est dommage, ça a l'air facile pourtant. Peut-être pas beaucoup, mais quand même..."

La servante lui lança un regard sévère avant de s'expliquer:

"Ne sous-estimez pas la portée d'un acte aussi simple que de sauver un village, quand on veut rester loin de toutes politiques. Notre Oracle a bien faillit s'y brûler les ailes et le simple fait d'accepter d'aider et d'héberger des membres de la maison d'Olivie est une preuve de bonne foi et de neutralité extrême, même s'ils prétendent se battre contre les Ténèbres."

"Vous en parliez comme s'ils étaient méchants..."

"La famille que vous avez sous les yeux n'a pas toujours été aussi "pure", dirions-nous." lança-t-elle en s'asseyant sur un banc de prière. "Le père du Roi actuel était un tyran sanguinaire qui a tenté de conquérir une large partie du continent, et les traces s'en font toujours sentir. Même avec toute la bonne foi et la générosité de la nouvelle génération de cette loyauté, tous les griefs n'ont pas disparu et beaucoup blâment encore cette nation. Même sans faire appel au Destin, il est possible de deviner comment tout ceci finira."

La jeune fille resta silencieuse un moment, se souvenant de la réunion des dirigeants de la dernière fois. Tout lui paraissait tellement compliqué, inaccessible... Son rêve de paix dans Dreamland lui parut presque absurde d'un coup. La dame avait parlé d'un continent... Formait-il en entier un Royaume de cet univers? Ou n'était-il encore que la partie d'un Royaume plus grand. Mirage Space était la preuve que certains pouvaient être démesurés. Devrait-elle pouvoir régler les conflit de chaque sous-Royaume? Il lui vint d'un coup à l'esprit que certains d'entre-eux étaient peut-être même dédié aux batailles, comme les calmer? Le fallait-il seulement? Elle sentait sa fatigue se diffuser de plus en plus et soupira. En relevant la tête, elle vit que l'autre la dévisageait toujours et après un instant d'hésitation, elle demanda:

"Vu qu'au fond, je fais partie d'aucune maison, ou quoi, vu que d'ici peu, je serais ailleurs... Ça vous est possible de lire mon avenir?" elle se sentait idiote en demandant ça.

Mais la servante la fixa longuement, droit dans les yeux, au point que la petite ne peine à soutenir son regard. Finalement, elle parla très doucement:

"Le destin des êtres comme vous autres, gens de Voyages, est à part. Il n'est pas fixé dans notre univers, car ce dernier n'a pas une totale emprise sur vous. Vous êtes des entités imprévisibles, des électrons libres. Vous êtes rares et je vais vous avouer, jeune fille, que c'est pour le mieux."

Puis elle se leva et partit lentement dans un autre couloir, laissant la jeune autophobe sur place. Elle n'arrivait pas à savoir comment prendre ces derniers mots, elle n'arrivait plus à penser correctement. Secouant finalement la tête pour se remettre les idées un minimum en place, elle retourna lentement vers sa chambre et finalement, s'abattit sur son lit comme une masse, fauchée par l'épuisement, la tête vide.

Et la nuit passa comme si elle n'avait duré qu'un instant.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Ven 20 Mai 2016 - 23:09
On se remit en route, le matin, et joie… il fallait descendre la montagne de l’autre côté pour aller dans la faille qui nous intéressait, Kami, Krami, je ne savais plus trop – je le répétais mais vu que je n’étais pas aussi fort que j’étais censé l’être, j’en profitais pour que toutes les responsabilités fussent assumées par d’autres épaules que les miennes. Je me sentirais coupable d’avoir de l’importance alors que je n’arrivais même plus à agiter mon panneau dans tous les sens, puis… c’était reposant, avouez-le, de laisser tous les autres se charger de la logistique (merci à Roterro d’ailleurs, des gens comme lui semblaient profondément ennuyeux, mais c’était génial quand des gens adoraient les épines logées dans les pieds des autres).

De plus, j’avais pas la tête très fraîche, mes yeux étaient fermés à moitié, et le sommeil n’était malheureusement pas venu. Je me sentais pas si reposé que ça, mais je doutais que dormir longtemps sur la pierre qu’était le lit me suffirait à reprendre des forces. De toute façon, j’avais stratégiquement décidé de m’installer près de la carriole pour voir si le marchand avait besoin d’aide, voilà, on savait jamais et on se faisait guider par un Robin toujours impérial, toujours impeccable, une once de truc dans le visage qui disait qu’il allait pas abandonner. C’était un type bien, le gars, dommage qu’il fut si fermé. Je pariais qu’il s’était jamais envoyé en l’air avec de l’alcool. Le brave Krib à-côté, était vraiment une bombe atomique à-côté de ce gars, je préférais de loin sa compagnie. Adrien me disait rien, Sasha aimait beaucoup la petite Mara donc elles restèrent ensembles pas mal de temps, puis Gaston, alors lui, c’était plus un balais qu’il avait dans le cul (malgré le fait qu’il fut sympathique et serviable), c’était plutôt Excalibur. Et il passait du temps avec son fils, lui, qui était sympa mais jeune. Au final, je me tapais le marchand, la sorcière et l’humeur explosive de Krib qui n’arrêtait pas de me raconter ses exploits guerriers. De toute manière, j’étais plus d’humeur à écouter qu’à recevoir.

Le voyage fut bien plus apaisant que l’aller, car descendre, même si c’était traître, restait plus simple d’effort que la montée, il fallait juste au contraire, éviter d’aller trop vite et j’étais parfait dans ce rôle-là. On retomba alors dans une forêt, bien plus luxuriante que la précédente, où la seule lumière qui nous parvenait était verte de chlorophylle. On s’y sentait bien, rien à voir avec l’autre qui n’avait de forêt aucune autre originalité que des brigands furieux. Les arbres étaient gigantesques et sentaient bon la magie de fée, la mousse était verdoyante, les chemins étaient propres, aucun lit de feuille marron, et l’odeur était fantastique, pas forcément venant des fleurs exotiques qui poussaient ici et là, mais juste de la végétation dans son ensemble. J’aurais pu flâner ici malgré la fatigue. De toute manière, on y passa bien quatre heures, bivouac non compris, alors on put largement profiter de cette étape qui fut pour le moment, de loin la plus agréable de notre voyage.

Pendant qu’on déjeunait, Tonio nous fit l’inventaire des meilleurs restaurants de tout Olivie ainsi que des meilleurs plats alors que Gaston faisait cuire des oiseaux déplumés qu’avaient préparé Adrien, qui essuyait ses flèches. Ce n’était pas un sujet de discussion passionnant, avouons-le, mais le garçon était tellement parti loin dans ses descriptions qu’il donnait l’eau à la bouche à tout le monde. On en profita aussi pour savoir d’où venait la sorcière, mais elle décida de rester secrète jusqu’au bout des ongles. Elle voulait bien dire qu’elle ne venait pas du royaume de Merta, au moins, elle le concéda, mais que ça faisait longtemps qu’elle y vagabondait. Ayant entendu pour sa part des histoires de monstre de ce côté-ci de la montagne, et ayant vu, je ne savais par quelle magie, que nous étions sur le coup, elle avait décidé de venir nous prêter main-forte. Pour le reste, souhaitant conserver une aura de mystère propre aux gens qui possédaient des dons mystiques, elle répondait en monosyllabe sans apporter plus de précisions.

Nous arrivâmes enfin au milieu de l’après-midi à la fameuse faille, qui n’était autre qu’un cratère de dimension conséquente, voyez ça comme un grand Colysée, très très grand Colysée aux parois en pierre jaunâtre de cinq mètres environ. Il n’y avait évidemment rien de tel qu’une sorte de mage noir qui fabriquait ses petiots pour terroriser les populaces, tout n’était que vide et sifflement du vent, mais sinon, rien. On se dépêcha de l’inspecter et de chercher ici et là quelques indices sur les traces d’un campement, ou d’un passage secret qui mènerait vers un couloir en pierre et une base cachée. Mais rien de tout cela, nous fîmes chou blanc, et on prit la décision de s’installer à-côté pour surveiller les lieux. Mais voilà…

Avant même que nous puissions sortir par la seule entrée, un éboulement eut lieu qui la condamna d’office. Puis pas mal d’archers et de guerriers arrivèrent au rebord du cratère, à nous observer, et oh surprise, deux monstres qui ressemblaient de loin, à celui dont j’avais martelé le crâne à grand coup de panneaux. Comme un seul homme, on se mit dos-à-dos devant cet immense traquenard, et je me permis de clarifier la situation :

« C’est un piège. »

Oui, et pas tendu par n’importe qui, car nous étions censés surprendre les envahisseurs, pas l’inverse. Il n’y avait aucune trace d’activité dans le cratère, on nous avait délibérément menés ici pour qu’on puisse y périr sous le coup d’une fatale embuscade. La vieille de la tour, la Sainte Oracle. Qu’elle n’apprécie guère la famille royale, ça, c’était normal, je venais de France, aimer ses supérieurs hiérarchiques était du même ordre que du sadomasochisme, mais de là à les envoyer tout droit dans un piège en prétextant une vision divine de je savais pas quoi… Là, c’était la mouise. J’en profitais pour dire à la petite stratège :

« Hey, euh… On fait quoi ? »

Il n’y aurait pas de pourparlers, on le sentait bien, les archers avaient déjà encoché leur flèche et nous visaient avec délectation. Ils étaient supérieurs en nombre, nous encerclaient et avaient un avantage considérable du terrain. Ça n’avait rien à voir, mais rien à voir avec les brigands. On était en situation de danger, et ce n’était pas peu dire au vu de la mâchoire crispée de Krib ou du sérieux de Gaston qui n’arrêtait pas de jeter des coups d’œil vers la famille royale ou Tonio. Je me saisis de mon arme, attendant l’assaut, mais je n’étais pas du tout, pas du tout confiant. Dans le pire des cas, je pourrais créer une paire de portails pour m’enfuir d’ici mais… je n’étais pas capable de la contrôler assez pour nous éloigner des bandits, et même dans le pire des cas, je nous rendrais facilement prévisibles, vu qu’il n’y avait qu’une entrée. Et je ne pouvais pas placer la sortie sans savoir jusqu’où leurs troupes s’étendaient, sinon… scouic, on arrivait les uns après les autres, il pourrait y avoir des pertes.

Et là, ils chargèrent, et les guerriers sautèrent avec nous dans la fosse, couverts par des archers et des mages qui nous assaillaient déjà.
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MessageSujet: Re: Le Pins du Feu [PV Mara] Aujourd'hui à 21:17
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Le Pins du Feu [PV Mara]

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