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"Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus"

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MessageSujet: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Sam 16 Avr 2016 - 23:42
Avec un petit six milliards de Rêveurs, il y en avait toujours un qui rêvait de prison, sur tous les fuseaux horaires ; certes, des fois, il y avait des données incongrues, comme le fait que les murs fussent roses pastelles, mais cela n’enlevait rien à l’efficacité de l’ensemble. Les Rêveurs fournissaient les prisons dans le Temple, et quand ils avaient exceptionnellement des prisonniers, il suffisait de les y apporter. La magie onirique propre à Dreamland et aux scénarios paresseux se chargeaient du reste avec grande convivialité. Les deux prisonniers n’étaient pas banals – n’importe quel prisonnier n’aurait pas été banal, mais les deux-là étaient le fruit d’un épisode extrêmement, extrêmement peu banal, à savoir, un dérèglement des rêves. Le premier était Lou Evenstein, le second était un être issu des rêves spécifiques d’un Rêveur. Si le premier était d’une connerie sans précédent et passait son temps à essayer de manger son bras, un réflexe de survie à ce qu’il paraissait, le second restait plein d’espoir et hurlait à qui voulait l’entendre que jamais il ne baisserait les bras, il resterait vaillant. Il avait appris ce qu’était l’amour, voyez-vous. Les geôliers n’aimaient pas les sentiments positifs, ni, surtout, ceux qui faisaient du tapage dans les rêves des autres, ce qui arrivait invariablement à l’être difforme, telle une araignée, quand ils changeaient de prison. Le courage pouvait se faire en silence, merde.

Une fois que l’affaire fut portée devant Fafin, un grand vizir quelconque du Temple en question, il décida d’aller voir lui-même cet être et de lui demander s’il ne pouvait pas gentiment la boucler. La réponse fut non, un non brave, qui avait sa propre épée et son propre bouclier. Fafin lissa ses ailes en écoutant la logorrhée pleine de valeurs de l’individu, et lui demanda une nouvelle fois si ce n’était pas fini, ce cirque. Non, toujours pas. Enième autre logorrhée interminable. Fafin alla retrouver ses sbires, et éclaircit la situation :

« La grande courge noire, vous la torturez. L’albinos, préparez-lui son procès, puis exécutez-le.
_ A quoi sert le procès ?
_ Absolument aucune idée. A créer un miracle, peut-être. »


__

« WOOOOHHHHH MON BATOOOOOHOOHOOOHOOOOOOO !
_ OOOOOOHOOOOOOHOOOOOOHOOOOO !
_ TOU E LE PLOUS BO DES BATOOOOOOO !!!!
ET TOU ME GUIDES SOUR LES FLOOOOOOOHOOHOOOOOOS !!!
VERS CE QU’IL Y A DE PLOU BOOOOOOOOOOOOO !!!
TOU E LE PLOUS BO DES BATOOO… »


Delirium City ?
Ah non, perdu, j’étais sur un énorme bateau, et une sorte de fou furieux dont la veste était comme les monstres de Lovecraft, soit indescriptible et disposant d’angles non euclidiens, était en train de chanter d’une voix de ténor un pied sur la figure de proue en remuant si vite sa main sur sa petite guitare qu’on ne la voyait presque plus. Près de lui, un chœur l’aidait dans les plus longs sons de « ooooh » que la terrible chanson obligeait, et il ressemblait à un groupe de mariachis rouges avec une tenue à peine moins farfelue que la figure de tête.

J’allais tapoter l’épaule du chanteur afin qu’il puisse me donner des indications, ça me semblait une bonne idée, on ne savait jamais près de quel port les navires oniriques circulaient, puis je pensais qu’il avait terminé sa chanson, moi. Apparemment pas, vu qu’il se retourna brusquement vers moi, possédait un sourire qui disait « je vais te manger », et continua sa chanson avec un enthousiasme héroïque, s’avançant vers moi et me faisant reculer pour la peine :

« BRAVANT TOUTES LES TEMPETEEEEEEES !!!
SIFFLANT COMME OUNE ALOUETTEEEEEEE !!!
JE VOOOOOOLE !!!

_ IL VOOOOOOOLE !!!
_ VERS DE FABULEUX RIVAGEEEEES !!!
OU JE SERAI BIENTOT ROOOIIII !!!
J’ENTENDS DES RYTHMES SAUVAGES !!!
LES ALGUES DANSENT AUTOUR DE MOI !
HOPLA !!! »


Je lui répétai ma question, m’entendant à peine parce que j’étais à moitié devenu sourd, devinez pourquoi, mais je criais légèrement plus fort afin que mes mots fussent portés au travers du monde que le monsieur avait créé autour de lui et qui semblait encore plus impénétrable que les voies du Seigneur, dans la bulle de Jacob. Je remarquai que le bateau n’avançait pas tant qu’il se dandinait sur le rythme de la musique. Bien aimable, la chanson changea complètement de registre, et le chanteur fou ne parla qu’à moi :

« LE BLABLAAAAAA NE PEUT PAS S’ENTENDRE !
TANT QUE T’AS PAAAAAAS… REOUSSI A COMPRENDRE !!!
QUE LES SONS !
QUE LES SONS !
SONT SOURDS A TOUTE OBLIGATION !!!
QUE LES SONS !
QUE LES SONS !
NE MARCHENT QU’AVEC UNE CHANSON !!! »


Il me lança sa guitare, je la récupérai, hagard, je le regardai, il me regarda, et d’un hochement de tête, m’invita à jouer en même temps. Sachez que je n’avais jamais joué d’un instrument de musique, sauf la flûte en troisième, et de l’orgue, mais ça, c’était dans un rêve il y avait une dizaine d’années et je n’étais même pas bon, devinez l’appréhension. Je me mis à agiter mes doigts sur les cordes de l’instrument, à peu près à la même vitesse que lui, et ça sortit magiquement un jeu plutôt entraînant ; je me mis à chanter de la voix la plus laide depuis l’invention de la voix :

« Mon bon monsieur s’il vous plaît,
Je suis complètement perdu,
Auriez-vous l’amabilité,
De me dire où je me situe ? »
Il me fit un signe de la main pour m’inviter à continuer. Enervé, je réfléchis tout en jouant, et reprit la suite du couplet :
« Mon bon monsieur s’il vous plaît,
Je ne connais pas cet endroit,
Auriez-vous la grande bonté,
De m’annoncer ce qu’on fait là ? »
Il m’invita à reprendre, mais cette fois-ci beaucoup plus fort. Quand je repris une troisième fois le couplet, le chœur arriva pour me soutenir, ainsi qu’une batterie invisible et des trompettes :
« MON BON MONSIEUR S’IL VOUS PLAIT !
J’AI BIEN PEUR D’ÊTRE PAUME !
PUIS-JE BIEN VOUS DEMANDER !
OU EST-CE QUE J’AI ECHOUE ?! »


La chanson que j’avais inventé se mit à résonner partout, le bateau tangua selon le rythme, les batteries se firent plus fortes et tonnèrent avec les cuivres un quatrième refrain sans voix, et je refilai la guitare au chanteur, qui attendit que la cacophonie lui permette de continuer sans trahir la musique :

« MON BON MONSIEUR, MAIS BIEN SUR !
VOUS AVEZ BIEN FAIT DE VOUS ADRESSER !
A LA PLUS GRANDE DES POINTURES !
EN CE QUI CONCERNE DE GUIDER !

AU VU DES VAGUES ET DU VENT !
AINSI QUE DU CALENDRIER !
JE VOUS L’ANNONCE SEANCE TENANTE !
QUE JE N’EN AI AUCUNE IDEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!! »


Les instruments firent un final explosif sur le visage le plus blasé que j’étais capable d’offrir. Sérieusement ?
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Jeu 5 Mai 2016 - 21:53
Le temps était beau, une pellicule de nuage dans le ciel bleu voilait légèrement le soleil et a luminosité s’en trouvait légèrement jaunie. Ambiance soleil bientôt couchant.

Au dessus des flots, le véhicule du brun fendait l’air à toute vitesse, fixé vers un objectif précis. Ses occupants plissaient les yeux pour tenter d’apercevoir leur cible sur les flots au travers des reflets du  soleil.
Une tâche plus difficile qu’il ne le semblait. Ca malgré une vitesse de pointe non négligeable, les mouvements étaient rendus confus par des séries de soubresauts et une quasi impossibilité de diriger la machine qu’il pilotait.

En temps normal, Nedru se serait demandé ce qu’il pouvait bien lui avoir pris pour se décider à embarquer dans un tel pseudo hélicoptère en bois. EN BOIS ?! Tout à fait. Et précisons que le matériel à bord permettant de diriger la machine était composé d’un siège semblable à ceux qu’on trouve dans une borne d’arcade avec pédale d’accélérateur. Et c'est tout.

Mais Le Gris n’était pas dans son état normal.


- Hin-hin-hin-hin-hin trop golerii-bleuark!


Suite à une série de loopings surprise, le personnage à sa droite termina ses ricanements en se penchant au dessus de la rambarde pour lâcher du lest. Sa tête se trouvant subitement sous ses pied, il tâcha sa magnifique tenue rose couverte de fourrure en commentant son infortune par un profond soupir désolé.

Je… Crois… Que la cible est en vue !

Nedru articula avec difficulté. La cargaison qu’ils transportaient avait complètement achevé de le transformer. Tout comme son co-pilote, ses yeux étaient injectés de sang, rougis par la fumée. Il hoquetait, voyait trouble et tout mouvement brusque provoquait chez lui des maux de tête d’intensité variable.

Le produit TECHNIVORE était l’une des armes chimiques les plus efficaces de Delirium City et le crétin de Télétoubize rose sur sa dro…gauche avait décidé de la voler « parce que hin-hin-hin c’est trop chanmé ! ». Privé de sa capacité de jugement dès le réveil –c’est vrai ça, pourquoi d’ailleurs ?- le Renard avait été forcé de considérer que oui, c’était chanmé ! Des trains dont les wagons étaient en fait composés de pizza végétariennes roulaient tout autour de lui en chantant des chansons tristes, lui avaient expliqué la marche à suivre.

Et enfin, ils s’exclamèrent en cœur, car rappelons le, la cible était en vue ! Ils allaient enfin pouvoir se poser sur cette saloperie de bâteau ! Pourquoi ? Parce qu’il s’y trouvait le capitaine La Plus Grande De Pointures En Ce Qui Concerne De Guider et que ce chanteur d’opéra était la clef qui mènerait le Gris à sauver les plaines d’Eckmül. Ou quelque chose comme ça.
En tout cas c’était important.

Et cette nuit, Nedru plaçait toute sa confiance dans les trains aux wagons en forme de pizza.

Après avoir attrapé le col de son ami en rose (hémétophile ? ) , il s’éjecta de son véhicule juste avant que ce dernier n’explose sur le bateau, libérant son contenu toxique dans un épais nuage vert aux reflets bleu. Un chœur de coquillage célébra l’action quelque part entre les deux oreilles de Nedru. Quand le vent eut finit de dissiper la fumée, le Gris se releva lourdement, levant les yeux sur un  Voy…

Ed Free ?


Heeey ! salut.
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Jeu 5 Mai 2016 - 23:10
Heureusement, je n’eus pas à attendre énormément pour voir une nouvelle péripétie me faire avancer à l’étape suivante dans la nuit : dès que le type me dit que oh non, il ne savait pas où se trouvait le chemin après avoir pris soin de me faire répéter la question un petit millier de fois, un hélicoptère se dépêcha de me venger en s’écrasant avec moult fracas sur le navire si beau du capitaine. Il n’aurait pas dû chanter sur le fait qu’il adorait son vaisseau, parce que le karma, certainement aussi ennuyé que moi, avait dit que ça suffisait, non mais, ces conneries.

Je ne fis pas attention à l’hélicoptère qui avait déversé des tonnes de gaz certainement non toxiques, ainsi que deux pilotes. Le premier était une sorte de télétubbies qui, par sa présence d’esprit, se dépêcha de me dire qu’il n’était pas une personne très alerte envers qui je pourrais obtenir des réponses claires. Le second par contre, et il eut la politesse de me reconnaître, me reconnut. Par la même politesse, je lui répondis avec un grand sourire :

« Hé ! Salut ! Comment tu vas ? Ça faisait longtemps ! » Je ne savais pas du tout qui c’était, mais ça m’arrivait tellement de fois cette situation que je ne voulais pas froisser les gens. « Et ta femme, toujours bien ? » Ceci n’était pas nécessaire, mais s’il avait bel et bien une femme, je serais automatiquement lavé de tout soupçon. S’il n’en avait pas, je ferais style que je blaguais. Cette technique sociale m’avait permis de me tirer de situations sacrément tendues avec mes anciens supérieurs.

Par contre, je cherchais encore le type, parce qu’il avait tout à fait disparu. Ça, ou bien alors, le sagouin avait enfilé la tenue du teletubbies rouge, et il était en train de se faire pomper par un aspirateur – je préférais pour cette connaissance que ce ne fut pas le cas, même si je pouvais deviner ses traits sous le masque en plastique immonde.

« Mec, l’aspirateur est en train de te masturber, est-ce que tout va bien ? » Je me rendis compte à la simple prononciation de cette phrase que c’était plutôt à moi qu’il fallait poser la question.

Heureusement nous n’étions pas sur le bateau, mais dans une charmante maison, où cette scène de ménage semblait déjà plus à sa place. Je terminai mon joint que j’écrasai sous mon pied, puis ensuite, je la ramassai, j’eus l’idée de le proposer à mon nouveau compagnon :

« Hé, t’en veux ? »

__

La nuit était sombre, comme toutes les autres nuits. Etouffante dans sa noirceur, elle dépassait presque en ténèbres les tréfonds de mon âme que Nathalie avait laissé. Je ne pourrais jamais résoudre cette enquête, pensais-je en écrasant ma cigarette dans le cendrier prévu à cet effet, ce qui était une belle allégorie de ma vie, au troisième degré.
Oh Nathalie, pourquoi m’as-tu quitté ?

Je regardais à travers les stores en noir et blanc la ville qui se dressait face à moi tel un coupable impuni. Trop de dossiers, trop de meurtres. Trop de sang. La fumée dans mon bureau refusait de s’évacuer, donnant à la scène un aspect cauchemardesque doux. Cette femme avait été assassiné, puis violé, puis re-assassiné. Le criminel était beaucoup plus intelligent que les autres. Plus intelligent que moi. Pas un putain d’indice, rien. Rien sinon un mal de crâne terrible. L’alcool était mauvaise compagnie, mais plus que la solitude. Qui était aussi de mauvaise compagnie. Même si dit comme ça, on est moins seuls, ce qui est bizarre.
Laissez tomber.

Je levais un store en tirant une cigarette, comme si les crimes allaient se calmer parce que je mirais de mon bureau minable les ruelles sinistres de la cité détruite par les vices. Les lampadaires laissaient sur le sol des cercles jaunes parfaites. Je repensais à cette pauvre prostituée, retrouvée près de la bouche d’égout, comme si la ville voulait l’avaler, camoufler son meurtre. La police évidemment, n’avait rien, et faisait tout pour que je ne m’approche pas de cette enquête – les enfoirés. Ils faisaient mal leur travail, ils voyaient les rues et les gens à travers les œillères de la loi. Moi, je voyais tout. Malheureusement. C’était pour ça que je buvais.
Pauvre prostipute. Je savais que les macs étaient pas loin les premiers employeurs de la ville, mais tous leurs postes sentaient le moisi.
Je tirais une bouffée dans ma cigarette.
Je me rendis compte que j’avais oublié de l’allumer. Encore une belle allégorie de ma vie. C’était la seizième que je trouvais depuis le début de la journée.
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Jeu 5 Mai 2016 - 23:47

Jamais la vie n’avait semblé si belle. Les étoiles brillaient en souriant à belle dent, dansant dans le ciel en chantant des histoires qui parlaient de l’océan, de pirates, de sirènes et d’ambulances déboulant dans les rues, tous phares allumés.

Nedru se couvrit les yeux quand les voitures de polices passèrent devant lui en hurlant. Vilaines voitures de police, bruyantes voitures de police. Les insectes que vous laissez voyager dans votre ventre sont tout aussi vilains et bruyants que vous. Il fallait espérer qu’ils n’aient pas remarqué le couteau couvert de sang qu’il tenait dans sa main, sinon, ils allaient lui gâcher sa soirée.

Le Gris ôta le pétard éteint et écrasé qu’il tenait dans la bouche et le regarda en souriant. On lui avait fait un joli cadeau. Puis il leva les yeux et s’absorba dans la contemplation des lumières de la ville, le jaune des lampadaires, le rouge des voitures, le multicolore du tungstène et ses annonces hautes en couleur. Hautes en couleur ! Tungstène ! STARFOULOL !

Nedru se plia en deux pour rire convenablement, avant de reprendre son calme. Zobi Triste, aka le télétubies rouge, plus connue comme étant la gagneuse transsexuelle du baron de la drogue Bébé Soleil, reposait au fond d’un caniveau. C’était une bonne chose de faite. Le reste de la bande devrait suivre. Le Gris était convaincu que le baron l’avait fait venir ici pour une bonne raison. Il l’avait drogué et il avait tenté de droguer le Détective. Mais maintenant, même si c’était pour leur bien à tous les deux, le Détective allait être sur ses traces. Le Gris essuya une larme de tristesse vraie, le genre de tristesse qui peut vous faire pleurer une larme alors que les étoiles sourient et chantent. Un vrai crève cœur ma gueule.

Le brun contempla son la longue cigarette éteinte qu’il avait dans la main pour reprendre un peu d’espoir, avant de pousser la porte du Détective. Dehors, la plaque indiquait « Monsieur Finaud », rapport à son esprit fin. Alors sans doute qu’il comprendrait.

Après tout, la bande du bébé soleil avaient tenté de tuer leur guide. Mais le capitaine La Plus Grande De Pointures En Ce Qui Concerne De Guider était là, dans cette ville. Malgré ce que laissait entendre son nom, il devait être perdu ici dans cette ville et surtout, sans son bateau.

Nedru expliqua tout cela avec enthousiasme au blond qui tentait de fumer une cigarette éteinte, un verre de whisky dans la main. Peut être ce dernier, malgré son esprit finaud, interpréta-t-il mal toute l’histoire. Peut être que le Gris aurait dû jeter son couteau avant de venir, au lieu de l’agiter dans tous les sens pour ponctuer son récit.

Dans un réflexe qu’il ne devait certainement pas aux substances ingérées au début de sa nuit, l’analyste se jeta au sol tandis qu’une déflagration de 44 magnum arrachait un morceau de la porte derrière lui.

La nuit avait pourtant si bien commencé !


J’ai une femme putain, arrête de tirer !

Ce n’était pas vrai, techniquement. Mais bon. Quelque part, il lui semblait que le Détective croirait qu’il avait une femme. Une intuition.

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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 0:32
Ce n’était malheureusement pas ce que j’avais prévu. J’aurais préféré de loin continuer à ne pas continuer mon enquête, et me plaindre à longueur de temps que ma vie était ratée, mais que je n’avais pas eu d’autre alternative (on devient si facilement détective privé quand on est dépressif), mais je ne pourrais pas aller plus loin, car au lieu de trouver une autre allégorie à ma vie détruite par l’alcool et les échecs successifs, on frappa à ma porte. Je dis à la personne d’entrer, de ma voix bourrue de détective qui avait tout vu de la vie, sauf les bons côtés. Je devrais peut-être retourner chez ma mère, mais j’avais oublié qu’elle était une prostituée et que celle-ci ne faisait pas long feu dans la ville – un autre minable raté avait dû foirer son enquête, si bien que le criminel devait encore courir.

Contrairement à mes attentes, ce n’était ni le troisième officier du commissariat le plus proche, celui qui avait vu beaucoup de choses malgré son double menton, et qu’il me détestait si cordialement qu’il venait me voir tous les quatre du mois, ni une prostituée en pleurs parce qu’on avait assassiné sa collègue, mais plutôt un jeune homme, je dirais, entre la vingtaine et la cinquantaine, qui venait me voir. Il avait un couteau à la main, plein d’hémoglobine, et il semblait fou, il me sembla de suite suspect. Je le laissais parler tout de même, je n’allais pas cracher sur une prime facile.

Il cherchait quelqu’un, et pas n’importe qui, une sorte de capitaine. Je dessinai des bites sur mon calepin pendant qu’il parlait, je faisais semblant d’être concentré et je fis des ouioui de la tête ; j’aurais presque l’air d’un psychiatre en fait. Je devais être tout aussi efficace. Je l’interrompis d’un geste, faisant renverser une partie de mon verre sur mes pompes (parfaite allégorie de ma vie – surtout si on savait que le whisky était pas loin du moyen de gamme, mais chinois).

« Excusez-moi monsieur, mais où est-ce que vous étiez il y a dix minutes, dans la ruelle du Sang Coagulé ? Parce que vos semelles laissent supposer que vous avez trainé là-bas, je reconnais ce type de boue mêlée à du vieux goudron. De plus, vous avez été sous la pluie, mais pas assez pour imbiber complètement vos chaussettes, qu’on devine juste ici. J’imagine alors qu’après avoir fait vos affaires vous êtes venus juste après, cinq minutes à pied. De plus, vous portez sur vous un couteau ensanglanté, qui pourrait ressembler à une arme de tueur. Tout m’indique… » Je pris une grande inspiration. « … Que vous n’étiez pas loin du tueur quand le crime a eu lieu. Est-ce que vous avez vu un individu louche traîné dans les parages il y avait cela cinq minutes, Mr. Renard ? »

BAM BAM !!!
Des tirs ! On essayait de le faire taire ! Incroyable, j’étais tombé par hasard sur le bon filon ! Je fis sauter mon bureau d’un coup de pied pour m’en servir comme de protections, et sortis mon fidèle Uzi de ma botte gauche. Je pris le pied du témoin pour le cacher derrière l’abri improvisé (mais si classique), puis tirai quelques rafales de balle par-dessus le bureau. J’entendis des pan pan pan, des aaaaaah, je rechargeai mon arme et les maudis pour cette fracassante interruption.

« SORTEZ PAR LA GOUTTIERE EN TOUTE DISCRETION !!! » hurlais-je au citoyen alors que les tirs continuaient, ravageant mon appartement comme les piques de mon ancienne femme. « JE VOUS COUVRE !!! » Je pris ma bouteille de whisky, l’envoyai sur les agresseurs que j’arrivais à peine à voir, puis tirai dessus pour créer un véritable cocktail molotov qui s’effondra sur les adversaires les plus proches (seems legit). Je pris ensuite un tabouret et l’envoyai contre la fenêtre pour la briser sur le choc.

On fuit par la fenêtre, et je lui dis de faire très attention, parce que la gouttière était très glissante, et qu’on pouvait se faire mal à tomber du rez-de-chaussée. Sauf que malheureusement, une fois qu’on fut dehors, plusieurs voitures de polices, entièrement discrètes, pétaradaient maintenant avec leurs sirènes, réveillant en moi des souvenirs d’enfance traumatisants sur mon père et ses ‘médicaments’, avec leurs lumières bleu et rouge qui éclairaient les alentours d’un drapeau français fuyant.

« POLICE !!! Les mains en l’air ! » Je ne mis pas les mains en l’air, c’était superflu, les flics disaient ça pour se la jouer, je les connaissais.
« Monsieur Renard ! Vous êtes accusés du meurtre de Zobi Triste ! Monsieur Finaud ! Vous êtes accusés du meurtre et du viol et du re-meurtre de la prostituée dans l’allée du Sang Coagulé ! » Et merde, ils savaient ! Il ne me restait plus qu’une solution. Je pris mon Uzi que je me mis sous le menton, puis je hurlai :

« Que personne ne bouge ! Sinon, je me fais sauter la cervelle ! Moi mort, vous ne m’aurez pas vivant ! »
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 1:05

On peut dire que le Finaud n’avait pas usurpé la réputation de l’adjectif qui lui servait de nom de famille. Il avait tout compris d’un seul coup d’œil, aidé par les explications hors narrations du Gris. Quel talent ! Nedru en aurait presque pleuré une larme de joie vraie mais il avait dépensé toutes ses larmes en larmes de tristesse véritable et donc il ne pouvait pas. Et puis il était à terre en train d’éviter de se faire tuer quoi.

Sur les conseils du Détective en train de tuer des vilains (probablement) par paquet de douze (probablement) le Renard sauta par la fenêtre en slow motion (probablement) en se retrouva emmêlé au sol, à moitié attaché par les lambeaux du store qu’il avait arraché au passage.

(probablement)

Toujours est-il qu’il ne parvint pas à lever les mains en l’air tandis qu’on lui en donnait l’ordre. Heureusement, face à cette situation de crise, le Détective sut agir avec finauderie et le Gris soupira de soulagement.
***des étoiles qui chantent ***

[i] Sakunedru poussa un long soupir en voyant passer devant elle l’objet de ses désirs les plus nobles et les plus emplis d’intentions purs. Cachée derrière une mèche de ses longs cheveux bruns, la lycéenne espérait que Edryu-senpai la remarque alors qu’elle se cachait, ça voudrait dire qu’elle était tellement remarquable qu’on la remarquait même quand elle se cachait, et si c’était le cas, ou en tous cas si Edryu pouvait le faire, ça voulait bien dire qu’il serait là pour elle et qu’elle était destiné à être sienne.

La lycéenne rougit et se cacha les yeux dans ses mains à cette pensée, avant de tirer une mèche derrière son oreille et de se diriger vers sa classe d’un pas leste. Elle espérait qu’un robot géant tente de détruire sa ville ce mois-ci. Les situations de crise, cela rapprochait les gens.

Le tout, bien sûr, c’était d’être là (c’est-à-dire à côté de senpai) au bout moment. Il ne faudrait pas qu’une autre gourgandine profite d’un invasion de zombie pour s’attirer la sympathie de quelqu’un d’aussi généreux et attentif que Edryu (la preuve, il faisait mine de l’ignorer alors qu’il devait secrètement l’aimer et attendait simplement le bon moment. Senpai était un grand timide sentimental !).

Enfin !.. Sakunedru ouvrit son sac et contempla le couteau à désosser qui s’y trouvait d’un regard plein de compassion. Celles qui profiteraient d’une attaque de mutants extra-terrestre pour s’approcher de son homme seraient punies !


__

- Alors coton tige, t’en pense quoi ?

Malgré les supplices endurés, un rire s’échappa de la bouche du torturé.

–Ahaha ! Vous ne comprenez donc rien au pouvoir de l’amour ! Ils nous trouveront ! Ils nous libèreront ! Et vous regretterez ces paroles !

__

Pendant ce temps, Sakunedru mangeait une glace, constatant avec plaisir que des explosions retentissaient un peu partout dans la ville, signe qu’une bienfaisante catastrophe approchait. Bientôt viendrait son heure. LEUR heure !
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 1:45
Je devais avouer que j’avais la classe la plus calme de tout l’établissement – je ne savais aussi pour quelle raison, toutes les filles étaient en mini-jupe, semblaient avoir des penchants légèrement hors-propos pour leur âge vers moi (ou alors, elles tombaient toutes systématiquement pour que leur… hum, enfin, leurs… poumons surdéveloppés se retrouvent sous mon nez), et elles avaient effectivement des… hum… Disons qu’elles étaient particulièrement mûres pour leur âge. Je ne comprenais pas non plus pourquoi j’étais dans un collège mixte et que j’écopais d’une classe remplie de filles. Même si cela ne me déplaisait pas, elles étaient toutes bonnes (en classe), je devais avouer que mon jeune âge, à peine sorti de l’université, je saignais du nez beaucoup de fois par jour.

Surtout Sakunedru d’ailleurs… Elle avait un petit côté… Enfin, voyez… Disons que ces cheveux roses la faisaient de suite ressortir comme une fille importante avec un destin tout tracé devant elle qu’elle devrait se construire elle-même. Enfin, je n’étais pas sûr qu’elle ait développé quelque chose pour moi. Peut-être que quand elle s’était mise en soutien-gorge juste devant moi en prétextant qu’elle avait chaud, elle avait peut-être eu chaud, oui. Quand elle avait essayé de me saouler sur sa propre paie de lycéenne parfaite, c’est juste qu’elle aimait faire la fête. Et le médicament qu’elle avait posé dans mon verre, même si je ne l’avais pas bu parce que je n’avais plus soif, semblait avoir fait énormément de bien à l’autre professeur de sport (très vieux et laid) vu qu’il s’était endormi comme une souche.

J’étais aussi heureux comme tout d’avoir une classe aussi diversifiée : j’avais le droit à la fille timide qui se cachait derrière ses mèches de cheveux, l’exubérante qui se déshabillait sans le faire exprès (une grande maladroite, elle n’y pouvait rien), la mystérieuse qui passait son temps dans des bouquins, la rebelle qui n’arrêtait pas de fumer et qui n’était en fait pas du tout rebelle vu qu’elle ne se rebellait en rien mis à part qu’elle fumait, la fan d’occultisme, la première de la classe, etc, etc, etc. Quelle classe joyeuse j’avais le droit. Certes, elles faisaient toutes un peu de chahut, mais à part voir des seins et des petites culottes (hihi), je ne risquais pas grand-chose. Mis à part le viol aussi, mais je pariais que ces charmantes demoiselles ne connaissaient absolument rien aux choses de l’amour. Tout comme moi en fait. Les filles qui géraient l’hôtel dans lequel j’habitais s’étaient moquées de moi, mais que voulez-vous, j’attendais l’élue de mon cœur.

« Ahlalala, Sakunedru, toujours en train de manger une glace pendant le cours ? » Elle fit les gros yeux honteux et surpris. Les autres filles se moquèrent d’elles, qu’elle allait devenir grosse, et je fis revenir le calme d’un ton apaisant, ça ne prit que deux minutes entières.

Cependant, des explosions secouèrent la ville, et je m’approchais doucement d’une fenêtre pour contempler les dégâts de ce surprenant événement. Je vis enfin ce qu’il y avait : des énormes robots envahissaient la ville ! Non, pas des robots…

« Des… Des… Des anges mécatroniques de l’Enfer ! » On pensait pourtant les avoir scellés dans la septième dimension après la bataille de l’Aiglon, à la mort du professeur Finaud ! C’était impossible ! « Les filles, évacuez, le Japon est attaqué ! »

Pas besoin d’alarmes, toutes les classes furent averties au même moment et couraient vers la sortie la plus proche. En bon professeur, je me dépêchai de faire sortir les filles le plus vite possible avec moult mouvements de bras.

« ALLEZ ! ALLEZ ! Dépêchez-vous ! »

J’attendis d’être le dernier dans la salle pour sortir de la classe (faux, j’avais oublié Hikalou dans la salle mais je m’en fichais parce qu’elle était plutôt laide), puis je fonçais derrière mes élèves en luttant contre moi pour ne pas les dépasser. Quand elles sortirent, je faillis leur emboîter le pas, sauf qu’une explosion gigantesque survint et fit sauter le bâtiment, le faisant s’effondrer de façon plutôt propre certes, mais sur moi. Je fonçai, sautai, mais aaaaargh, le mal était fait, j’avais les jambes coincées !

« Aaaargh, j’ai les jambes coincées ! »

La poussière n’était pas retombée (déjà parce qu’elle n’avait pas décollé, étrangement), et j’étais déjà content de constater que je ne semblais pas trop saigner. Cependant, les tonnes de pierre sur mes jambes me bloquaient irrémédiablement et j’aurais du mal à marcher si on venait à me libérer. J’essayais de demander de l’aide aux filles qui étaient proches pour me tirer de là, même si leur force musculaire les empêchait à peine de soulever leur sac de cours. Et soudain, un ange mécatronique de l’Enfer s’approcha doucement vers nous, d’un pas lourd. Je hurlai à mes petites protégées :

« Fuyez ! Sauvez vos vies ! Et dîtes à la petite fille timide qui se cache derrière ses mèches de cheveux que… que je l’aime. »
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 2:14
Senpai l’avait remarquée ! Sakunedru rougit cependant très très fort parce que ce n’était pas le meilleur moment pour se faire remarquer par senpai, aussi jeta-t-elle sa glace par la fenêtre avant de se cacher les yeux, honteuse et ravie en même temps. Il fallait qu’elle massacre toutes celles qui avaient osé se moquer d’elle, mais en même temps, grâce à elle, Edryu-senpai était forcé de prendre sa défense alors, l’un dans l’autre…

OH NON ! Elle avait pensé à quelque chose de moins pur et noble que d’habitude. Sakunedru était si gênée qu’elle ne profita pas vraiment de son avance au moment de l’attaque des méchas de l’enfer truc machin et se retrouva donc en retard au moment où elle aurait dû donner sa vie pour empêcher senpai de se faire broyer les jambes comme le merveilleux nigaud qu’il était. Dire qu’il avait certainement fait exprès pour lui offrir cette opportunité ! Quelle gourde elle était !

Et puis, le drame absolu se produit. Tandis qu’un ange méchatronique de l’Enfer s‘approchait, senpai lâcha une bombe qui pétrifia tellement Sakunedru qu’elle en trembla de stupéfaction, telle une note tombe (got it ?). Il fallait qu’elle tue celle-qui-n’avait-pas-de-nom, celle qui jouait la mystérieuse, CETTE PAUVRE PUTAIN DE POUF DE MERDE, CETTE EXCENTRIQUE EMO DE MON CUL QUI POUVAIT BIEN MANGER QUATRE CENTIMETRE D’ACIER DANS SA GORGE PROFONDE DE SAL…

Oh ! Mais il fallait sauver senpai avant tout ! Le robot approchant (et sa tronçonneuse de 8mètres de long avec), le professeur était en danger !

Alors la lycéenne aux cheveux de la couleur de ceux des personnages principaux –ou pseudo principaux parce que rose c’est pour les filles donc voilà- courut droit sur le monstre et bondit à hauteur du cock –elle déglutit- pit, l’ouvrit d’un geste et jeta son passager dans le vide sans état d’âme. Son corps s’écrasa non loin, tandis que l’analyste lycéenne prenait les commandes du vaisseau –ce qui était facile car elle avait déjà joué à des jeux vidéo qui ressemblaient à ça.

Elle était à environ 3 contre 5 car 4 contre 4 c’était trop demander. Grace à l’effet de surprise.

D’abord, libérer le professeur. Elle souleva les quelques centaines de kilo qu’il avait sur les tibias avant de les reposer plus loin, et posa à côté de lui un panneau de signalisation qui disait « attention », comme ça, peut être que… qu’il ferait plus attentions à elle la prochaine fois…

Des larmes coulèrent de ses yeux tandis qu’elle réalisait que même si ses sentiments n’étaient pas partagés, elle devait quand même faire son possible pour protéger ce qui comptait pour elle.
Elle chargea l’ennemi tel un héros de Dynastie Warrior en laissant le générique de fin l’interrompre avant qu’elle ne se fasse tuer.
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 3:08
« Alows mes ga’çons, qu’est-ce que yé peux faire pour vous ? »

Nedrou Molle et Ed Bite regardaient la grosse noiraude qui était derrière son bureau, l’assistante sociale typique qui cachait en son sein un cœur d’or, ainsi qu’un accent dominicain à couper au couteau. Elle regarda ses dossiers ainsi que les deux jeunes hommes qui sortaient à peine de l’adolescence, avec leurs barbes mal découpées et leurs yeux rouges.

« Jé lis dans vot’e dossier que vous faîtes des wèves ét’anges. » Réaction immédiate du blond, qui commença à frapper sur la table ; il portait dans son dos un panneau de signalisation de très mauvaise facture, fait avec un bout de carton et une vieille plaque de métal, et parlait avec beaucoup d’expressions du visage et des mains.
« Maaaais naaaaan madaaaame ! Pas du tout pas du tout ! Nous madame, on est des Voyageurs. On a affronté notre p’us grande peur dans nos rêves, puis boum, on est devenus conscient de tout !
_ Oulalala, mé qu’est-cé qué cé qué ça ?
_ Ah ça madame, c’est ce qui compose les Voyageurs ! C’est de l’Essence de Vie.
_ Ça a tout l’air de la drogue ça mes enfants, faut pas y toucher !
_ Vous y connaissez que dalle, on est constitués de ce truc. Hep, Ned ! Refile m’en s’il te plaît ! »
Ned sortit une seringue et se mit à piquer son pote au bras sans mot dire. « Oh ouuuiii… Je me sens plus fort, c’est incroyable. Je voyage, je voyage !
_ Oké les ga’çons, ça souffit mainténant ! »


__

Elle revit les deux « Voyageurs » quelques journées plus tard, et ils avaient l’air d’être légèrement plus en forme qu’avant. Peut-être qu’ils avaient écouté ces conseils la dernière fois, ça serait trop beau mais des fois, ça faisait du bien de rêver.

« Alors les garçons, vous avez awêté d’aller su’ Dweamland ?
_ On essaie, madame. Ned, il est bientôt clean, il va quitter Dreamland facilement, il a refourgué ses drogues à une petite fille blonde.
_ Oulà, mé cé illégal ça !
_ Meuh noooon ! Grâce à lui, elle va pouvoir faire des rêves merveilleux. Mais quelque part, je vous comprends, on y fait des rencontres chelous. Je préfère rien vous dire, ça reste confidentiel, vous êtes les moldus de l’histoire quoi, motus et bouche coususse.
_ Bonzour madame !
_ Owh Bibi, le rendez-vous précédent n’est pas…
_ WOUUUAH ! C’EST FINO !!! Faut le buter !!! NED !!! »
Et les deux se dépêchèrent d’exploser Bibi le phoque avec des coups de pied et des panneaux de signalisation jusqu’à ce que son sang recouvre tout le mur du fond, et ce, malgré les supplications de l’assistante sociale. Ils revinrent la voir, couverts de sang, et Ed Frite sortit une cigarette et dit :
« Putain, la saloperie, vous pouvez nous remercier madame. Il fait son ange le salopiaud, mais vous avez le dos tourné, et PAF, un coup de fusil à pompe dans le dos ! Le salopard ! Toujours à prendre en traître. Moi, je vous le dis, vous nous… » Et paf, discrètement, Nedru poignarda Ed Bite dans le dos comme si de rien n’était. Ed s’effondra en crachant du sang sur la table.
« Tu remets ça, Nedrou ? » Et les deux se mirent à se marrer, jusqu’à ce que Nedrou sorte une scie et fasse :
« Maintenant, chuuuuut, je dois récupérer ton EV.
_ Euuuh… »

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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 6 Mai 2016 - 3:44

J’EN VEUX !

Neddy Kévin hurlait face à un caméra numérique tenue par son compagnon Ed Francky, en marcel, une scie à la main. Ses yeux étaient rouges, quoiqu’un peu moins qu’avant, mais ses joues accusaient des traces de chaleur propre aux effets de l’alcool. Il voulait une Enorme Vengeance, ou un truc comme ça, ou en tout cas un truc qui commençait pareil. Enfin en tous cas, il en voulait.

Alors comça tu veux mbaiser ma race espèce de ptite chienne dla tombe de tes morts ? Jleur donne un boudmon Royaume é izessayent dme niquer ma race commlé ptibatar dleur race qu’isont ?!

L’histoire voulait que SakuraSailorMoon, celle du règlement, passait par là, aussi NeddyKévin l’apostropha pour donner plus de force à ses propos.

Vienzi dir skya a dire !

Eba skiya c’est que on vous donne un b… Okéoké ta gueule! Donc je disais !



Il y eut une pause, un moment qui aurait pu être gênant s’écoula lentement. Il semblait à Neddy qu’il était censé y avoir un sens à ses actes, qu’ils n’était pas seulement là pour une histoire d’Enorme Vengeance. Mais l’heure n’était pas aux réflexions poussées et les lèvres de son acolyte dictaient déjà le message puissant qu’il devait continuer de livrer à ses adversaires de toujours. [/i]

JE DISAIS QUE J’EN VEUUX !

La magie des transitions par ellipse voulut que NeddyKévin pu rapidement voir la réponse que lui adressait le camp d’en face. Les télétoubizes avaient probablement fait beaucoup de musculation ces derniers jours et à en juger par leurs bronzage, le bébé soleil leur avait encore offert beaucoup de ses bienfaits.

Alors kom ça y paré que tu veux mniké ? C’est facile de faire le chaud mais hé. Hé. Moi chui à jeun. Je crois. Et jvais te défonc-bleuaark. Ah non, je suis pas à jeun. Qu’est-ce que je disais ? Ah oui on va tdéfoncer la gueule, à toi et ta tapette de copain. Pi viens et on fra ça, parce que moi j’ai la flemme de venir.

Seulement voilà. NeddyKévin n’avait pas envie de venir non plus, aussi la situation semblait elle plus ou moins insoluble. Heureusement qu’il y avait les caméras pour se filmer et envoyer des messages. Neddy ôta son marcel pour brandir sa scie avec un peu plus de passion. Ses hurlement dépassaient les logiques de la grammaire et de l’articulation était et son enregistrement allait bon train, des larmes de rages coulaient de ses joues quand un train dont les wagons étaient composés de pizza végétarienne vint le couper brutalement dans ses profanations de menace plus ou moins cohérente.

- Bon, on peut arrêter les conneries là ? Et recadrer un peu ? Tu as une mission je te rappelle. Le chef des wagon (aussi appelé la locomotive supplément œuf) désigna Eddy du menton. Vous avez une mission.

___
Le Renard se réveilla en sursaut. Putain d’étrange rêve. Il tapa dans le lit superposé au dessus du sien, réveillant Le Ed Free du même coup. Puis comme il était probablement l’heure de se lever de toute manière, le Gris se recoiffa d’une main tandis qu’il s’essuyait les yeux d’une autre, se remontait le caleçon d’une troisième et tirait machinalement son couteau à papillon de sous son oreiller d’une quatrième.
Ce serait encore une journée chargée pour l’homme araignée.

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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Mar 10 Mai 2016 - 11:49
Un autre journée pour les Swag Men… Les tartines grillées sautèrent d’un coup tandis que j’allumai la radio et que je la mis sur la fréquence de la police – certes, y avait peu de chances qu’on fut là avant eux alors qu’on prenait le petit-déjeuner, mais bon, on pouvait jamais savoir, peut-être que c’était la vieille d’en-bas qui se ferait bolosser, dans ce cas, on pouvait arriver avant eux peut-être.

« Une autre sale nuit, gars, la tête dans le coaltar, j’ai rêvé d’un wagon et d’un gitan. » Je mordis dans ma tartine sur laquelle était badigeonnée une bonne couche de rien du tout (pas le budget), et ne voulant écarter aucune option, je rajoutai : « Peut-être que c’était une prémonition. » Je me permis une seule incartade à ma diète de champion : je fis sortir une cuillère de ma main pour me servir une lichette parce que le pain pourri sec, c’était quand même peu goulu.

Je travaillais avant dans une usine qui créait des cuillères à foison, mais à cause d’un bête accident de travail, j’étais tombé dans une cuve d’acide bactériologique qui m’avait donné des supers-pouvoirs : depuis, j’étais l’homme-cuillère, celui qui pouvait créer des cuillères avec son corps. Beaucoup m’avaient sous-estimé, mais un bon coup de cuillère à café dans la narine les avait très vite calmés. On s’était depuis retrouvés via les petites annonces avec l’homme-araignée qu’on appelait aussi le Renard (certains confondaient peut-être les deux animaux), puis on avait décidé de combattre le crime ensemble, comme des frères. Dans un douze mètres carrés…

Quand on était superhéros à plein temps, on se rendait vite compte des réalités de la vie : vous n’aviez pas de salaire. Personne s’en rendait compte, mais qui voudrait être super-héros à long terme, c’était seulement inviable. Les gens étaient persuadés que vu qu’on sauvait les gens, on était des paladins qui se nourrissaient de remerciements et dormaient dans un cocon de lumière – ce qui n’était évidemment pas le cas. Quand on sauvait une vieille mamie, elle ne donnait pas de pourboire, les super-héros n’étaient pas encore rentrés dans la culture commune. J’avais bien tenté de lancer un kickstarter mais personne n’y avait répondu. « On n’est pas vraiment des superhéros si on se fait payer pour ça, on est juste des mercenaires ». Putain d’hypocrite. Et soudain, la radio :

« Tapage diurne dans le Passage Fleuri ! Des jeunes cons s’entraînent au hip-hop, on a reçu des plaintes.
_ L’homme-araignée, c’est à nous, c’est tout proche. »


On se dépêcha de décoller en ouvrant la porte qui était à moitié décollé (un gond marchait pas. Ou deux). On sortit, avec nos costumes incroyables, dans les rues de la sordide Rambouillet. Si je laissais mon compagnon décrire son costume, j’allais au moins vous présenter le mien : je portais des collants noirs qui descendaient jusqu’aux mollets, ainsi qu’un haut bien serré sur lequel on avait rapidement placé un dessin d’une cuillère avec une cape (avec le fer à repasser), le tout dans un style très minimaliste, souligné par HC. Je portais aussi des lunettes d’aviateur pour camoufler mon identité, et une ceinture achetée à H&M dans laquelle j’insérais mes meilleures créations : cuillère à sucre pour crocheter les serrures, cuillère à soupe pour le combat martial, cuillère d’argenterie contre les loup-garou, cuillère basique pour ouvrir les pots de cornichon, cuillères fines et légèrement tranchantes pour les lancer sur mes adversaires, vieille cuillère pour trancher des liens, cuillère à dessert pour torturer (je les mets sous les yeux, et vlaaaa), cuillère à café pour des opérations chirurgicales, etc, etc.

On s’approcha tous les deux, à quinze heures du matin, vers le pauvre Passage Fleuri où régnait pour le moment l’anarchie : malgré la beauté des bâtiments qui s’élevaient si haut dans le ciel qu’il aurait fallu empiler cinq hommes pour grimper sur le toit, et des jolies fleurs que la Mairie avait bien tenté de faire pousser malgré le climat rude de l’Île-de-France, le passage Fleuri était maintenant proie au chaos le plus amoral. On voyait cinq jeunes près d’une radio, dont deux faisaient une sorte de chorégraphie complètement débile. Ils nous virent approcher, l’homme-araignée et l’homme-cuillère, et je pouvais vous dire que dans leurs yeux, on s’apercevait qu’il y avait une lueur de mariole en moins. On se dépêcha de prendre une pose menaçante et me concernant, cela signifiait, les mains sur les hanches tel un père grondant son enfant dans un barbecue familial :

« Alors les moulouds, on s’est trompés de pays ? » Je fis un geste du menton en direction de la radio, et je continuai, pour les impressionner avec ma diatribe : « On s’est aussi trompés dans ses goûts musicaux d’ailleurs.
_ Mé vasy, cé qui ces types ?
_ Nous sommes les héros dont Rambouillet a besoin. Pas ceux qu’elle mérite, mais ceux dont elle a besoin. Nous sommes... les Swag Men. Et nous ne laisserons pas plus les Rambolitains souffrir de votre ire ! »
Je jetais férocement une cuillère fine sur leur radio, et elle appuya sur le bouton Off, faisant que la musique s’arrêta d’un coup.
« Mais t’as cherche la merde ! T’as cherche la merde ! » Bons dieux, quelle agressivité, allaient-ils nous sauter dessus ?
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Mar 10 Mai 2016 - 12:57
L’heure était au grabuge. Une drôle de sensation venait du fond des entrailles du brun, ça lui remuait l’estomac comme une vague scélérate sur un canot de sauvetage. L’homme araignée n’aimait pas ça, il n’aimait pas ça du tout. Depuis qu’il avait avalé l’une des araignées kamikaze qui se jettent dans votre bouche pour mourir quand vous dormez, il avait obtenu des pouvoirs à la hauteur de ce sacrifice morbide et son instinct ne le trompait jamais. Il …

Putain, un frisson maintenant. Il pouvait sentir de la sueur couler le long de ses tempes. Quelque chose de gros arrivait.

Après avoir dégueulé dans les toilettes, ça allait déjà mieux. Finalement, ce n’était pas si gros que ça.

Quand on a pas de quoi beurrer ses chocapics le matin, souvent, on se retrouve à picoler l’alcool le plus fort qu’on puisse trouver pour oublier qu’on a faim... L’homme araignée attrapa le pack de Kro pour ranger ces dernières, qui gisaient dans la pièce comme autant de cadavres affolant encore ses sens remués la veille. Ils buvaient encore de la déspérados il y a deux mois, jusqu’où irait cette escalade infernale ? Il y en avait 6 au total et presque toutes étaient entièrement vide.
Chienne de vie !

Le crépitement de la radio le tira de l’intensité de ses reflexions sur la conditions humaine, la vie et la mort et autres sujets décrits avec plus depertinence que lui dans Twilight épisode 3.


« Tapage diurne dans le Passage Fleuri ! Des jeunes cons s’entraînent au hip-hop, on a reçu des plaintes. »

La voix de son coéquipier –déjà prêt à se jeter dans la boucherie métaphorique- couvrit la réponse émise par la fréquence de la police. Quelque chose de l’ordre de « Rien à foutre, terminé. » La milice locale devenait un peu trop familière avec les indigènes…

Les super-héros enfilèrent leur costume sans attendre. Cela prenait toujours beaucoup de temps à l’homme araignée d’enfiler son costume parce qu’il avait voulu faire quelque chose d’aussi stylé que son partenaire, l’homme-cuillère, dont il était secrètement jaloux en secret. Du coup, en ce qui le concernait et parce qu’il n’avait aucun talent en couture ou en fer à repasser ou en achats à H&M et qu’il avait un peu trop de bras et de jambes, le brun devait enfiler deux T-shirt et deux pantalons. Et parce qu’il lui semblait que c’était la couleur des héros, ils étaient respectivement bleu, blanc et rouge, et noir à carreaux.

Et parce qu’on était jamais trop prudent pour dissimuler son identité –des fois qu’il y ait d’autres mutants aussi bien multimembrés que lui dans cette vaste et sordide ville de banlieue du sud des Yvelines, il prit bien soin d’enfiler une cagoule de ski qui le grattait un peu mais que voulez vous, c’était ça ou rien.

Finalement, après un bon quart d’heure passé à enfiler tout ça et à lacer ses chaussures, ils arrivèrent sur les dits lieux du délit. Quinze heure du matin sonnait lugubrement dans l’air froid et humide de ce début du mois de juin tandis qu’ils pénétraient dans le Passage Fleuri, ainsi nommé à cause d’un dénommé Fleuri, un dictateur qui avait été de passage.

Avec sa classe familière, l’homme cuillère apostropha les brigands et l’homme araignée sentit ses membres se gonfler d’orgueil. Les Swag Men portaient bien leur nom.

Bon, ça faisait beaucoup de lignes pour redire un truc qui avait déjà été présenté dans un autre post, mais peu importe. On en était là et c’était maintenant à l’homme araignée d’agir.


Mon ami n’a pas cherché la merde, filou !
- Putain mais si wesh vous cherche la merde.
Même que non.
- Vazi putain ta gueule.

Damned ! La puissance de sa répartie ne voulait rien entendre aux arguments de la justice. Celui là avait soit été formé par captain américa en personne, soit par le maléfique lanceur d’œuf de Rambouillet, le criminel le plus recherché et le plus malsain des environs. Le supér héros serra son poing de rage à cette pensée.
Sentant que la mayonnaise tournait au court circuit, l’homme araignée prit les devants. Au lieu de se faire sauter dessus, il leur sauta donc dessus. C’est parce qu’il était aussi malin qu’on le surnommait le Renard !

Et parce qu’on se bagarre quand même vachement mieux avec autant de bras et de jambes, surtout quand on a un sniper de la petite cuillère en soutien, le Swag Men se retrouva bientôt à taper un sac de viande amorphe, qui avait bien tenté une ruse en profanant ses mensonges de métèque ( « Arrête putain, je me rends ! »). Mais l’homme araignée n’avait rien voulu entendre, car il savait que si la justice doit être aveugle, elle doit également savoir être sourde de temps en temps.

Et puis la tâche de sang qui se répendait sur les pavé du passage entraînant une pensée, puis une autre, il se rapella de quelque chose d’important.
Il avait fait de drôles de rêve et l’homme-cuillère lui avait parlé de sa nuit, lui aussi…


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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Jeu 12 Mai 2016 - 1:12
« Ah bah j’sais plus. »

Mon compère l’homme-araignée avait un don indéniable pour la bagarre, c’était l’avantage d’avoir deux fois plus de membres que tout le monde, car même dans le pire des cas, il suffisait de parer avec deux ou trois bras, puis d’attaquer avec ceux qui restaient. Tout comme l’araignée était supérieure à bien des insectes en les emprisonnant dans sa toile, mon compère Swag Men était meilleur en affrontement que la plupart de nos adversaires, notamment quand c’étaient des jeunes abrutis incompétents. Ce n’était pas la seule capacité de mon camarade, certes non, mais les autres tenaient plus de la psychologie que du véritable pouvoir. Tout cela ne restait que de l’hypothèse, mais à ce que j’avais compris, il mettait un casque de chevalier pendant l’accouplement, juste au cas où la femme voudrait le décapiter après (cet excès d’impolitesse n’était pas réservé à la mante religieuse).

Maintenant que nous avions terminé cette incroyable mission, il ne restait plus qu’à acclamer notre victoire dans les rues de Rambouillet afin que les habitants de cette banlieue furent enfin satisfaits de la pureté de l’environnement… Tout ceci n’était bien qu’éphémère, mais ça serait encore pire si on ne faisait rien, car comme le disait le dicton : l’absence de bien est l’ennemi du mal. Quelque chose comme ça.

« SWAG MEEEEEN !!! » Je pris la pose en me retournant et en regardant derrière moi, les deux bras relâchés avec une cuillère dans chaque main. On tint la pose dix secondes puis ensuite, on dégagea car on avait autre chose à faire. Puis, mon portable Nokia vibrait, j’avais reçu un SMS.

« Allo ? » Ah nan, c’était vrai, c’était un SMS. Les nouvelles technologies… Je lus le message : ‘Ca va segné ds le carouçel de rmbt,
le l@nceur d’œuf$’
Oh bon dieu !
« Tu n’es qu’un infâme ! » hurlais-je au téléphone, avant de me rappeler qu’il n’y avait pas de communication vu que c’était toujours un SMS. Peuh, foutues NTIC. Je ne savais pas exactement ce que cet acronyme voulait dire, mais je crois que y avait une série policière dessus. Je me tournais vers mon comparse : « Swag Man, il y a le carrousel qui va être attaqué ! »

Mais à peine eussé-je le temps de terminer ma phrase que soudainement, une grande limousine s’arrêta dans la grande avenue du général de Gaulle, et tourna vers nous. Le chauffeur, au vu de la taille de l’enfin et qu’on n’était pas censés pouvoir entrer dans le passage Fleuri avec une bagnole, dû s’y reprendre à six fois. On regarda fixement la grande voiture tenter de rentrer, et dès que ce fut fait, la vitre baissa pour voir le visage du Maire, qui s’appelait Lou l’Archer.

« Montez », nous dit-il, alors c’est ce qu’on fit. Le chauffeur prit trois minutes entières et gênantes pour ressortir de là où il s’était coincé, et nous étions dans la limousine du Maire qui remontait la rue. De plus, on allait à l’inverse de la direction du lanceur d’œuf, donc je vérifiais le ciel pour voir s’il allait pas pleuvoir, il faisait quand même moche. « Ecoutez les Swag Men, je sais que je peux vous faire confiance, vous êtes les seuls ici qui sachiez remettre à leur place ces sales gitans, sans engloutir votre poids en donuts…
_ … Vous nous avez rien filé pour notre kickstarter…
_ Je sais aussi que le terrible lanceur d’œufs va lancer une attaque terroriste sur le carrousel, il m’a envoyé un SMS. Mes services secrets m’ont prévenu, il est cette fois-ci secondé par un Teletubbies, un de la pire espèce. Mais pire encore… il est secondé par… le Slenderman. »
Le Slenderman ? N’était-il pas un des meilleurs amis de mon compère de toujours depuis neuf mois, l’homme-araignée ici présent dans la voiture ? Peu importe, je raclai ma gorge :
« C’est gentil de penser à nous, mais on peut se débrouiller.
_ Malheureusement… Je ne suis pas ici pour vous faire part de la situation présente.
_ Ah bah alors pourquoi vous nous en par…
_ L’heure est grave. Mes conseillers municipaux ainsi que les commissaires m’ont obligé à adopter un texte de loi rien que pour vous deux. Qui dit que… Aherm… »
Il lut sur ses papelards : « Tous les Swag Men, c’est-à-dire, vous deux, seront obligés de lire, signer et approuver et ratifier le texte suivant ‘Les accords de la Maison aux Coquillages de Rambouillet’ qui vous mettront directement sous les ordres, et sous les ordres seuls, desdits conseillers municipaux en question. Sinon, vous serez considérés comme illégaux, et toc, dans vos mères. Voilà, c’était tout le texte de loi. » Je réfléchis intensément pendant deux secondes :
« Barf, ça me va, on s’en fout, on signe un X où ? »
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Jeu 12 Mai 2016 - 12:00
La réponse de son coloq.. collègue sonna comme une étrange et douce musique aux oreilles du gris, comme si sa question et cette réponse était inscrite dans une partition plus ancienne, un schéma déjà entendu, reposant.

Bon, ça ne l’avançait pas vraiment, mais qu’importe. L’homme araignée ôta sa chaussure gauche n°2 du visage du collégien qu’il avait corrigé pour prendre une pause héroïque mais la roue du destin s’emballa rapidement, multipliant les péripéties subites telles que ; un envoi de sms et l’arrivée d’une limo dans le Passage Fleuri. Toutes ces complications dépassaient l’entendement mais le justicier parvint à y faire face avec courage, hochant la tête d’un air entendu quand il fallait pour faire illusion.

Jusqu’à ce que L’Archer (qui ne tenait pas son nom de ses performances à l’arc mais bien évidemment d’un précédent concert au violoncelle où il s’était blessé à la main) ne fasse une proposition des plus déplacée…

Signer un contrat.
Ce qui voulait dire, déjà, devoir respecter une forme de loi humaine. Alors que la Justice se passe des lois humaines ! Cette discussion commençait déjà dans un bain de vinaigre… Il plissa des yeux.
PIRE ! Elle avait été rédigée par des conseillers municipaux ! Politiciens corrompus jusqu’à la moelle et vivant du fruit de leurs rapines idéologiques, décisions unilatérales et contraires à la morales et la vertue, appuyée dans la force par une milice généralement impuissante (et comme nous le disions, indulgente avec les indigènes, c’est dire) mais étrangement habile pour tout ce qui impliquait de blesser le peuple.


NOOOON ! Hurla l’homme araignée alors que son ami l’homme-cuillère s’apprêtait à prêter le flanc aux manigances des puissants.

Si on avait voulu signer des contrats, on serait devenu joueurs de tennis ! Si on avait voulu respecter le cadre des politiciens pour faire régner l’ordre, on serait devenu policiers ! Le slenderman ne s’allierait jamais aux coquins de Teletubbies !
C’est… C’est un mensonge…  


Et brutalement, le puzzle se mit en place dans l’esprit de l’analyste avec la force d’un avion de chasse pénétrant le chas d’une aiguille. Rien de sexuel là dedans.

Et comment saviez vous qu’on était ici d’abord ?

Vous avez tout manigancé ! C’est vous qui avez fait venir ici les moulouds ! C’est vous qui contrôlez le lanceur d’œuf ! Tout ça pour nous faire signer ce contrat ! Ouvre les yeux homme cuillère ! C’est un plan stupidement élaboré destiné à nous faire courber l’échine ! Ils veulent nos pouvoirs pour contrôler le monde !


Là-dessus, après un silence gênant, le maire se mit à frapper dans ses mains lentement, tel un génie diabolique. Ah ! Le Renarrd savait qu’on ne pouvait pas faire confiance à un homme politique. Un homme politique est forcément un méchant, parce qu’il a du pouvoir sans avoir des gros muscles !

-Bravo ! Tu as déjoué mon plan... Mais ce n’était pas pour contrôler le monde que j’ai fait ça. C’est parce que un jour, vous vous êtes garés sur ma place de parking réservée ! Depuis, j’ai juré de me venger !
Maintenant, vous n’êtes pas d’accord, tout mon plan repose sur ça. Evitez de trop communiquer et  entre-tuez vous. Sans chercher à vous tuer pour de vrai. Je ne suis pas un monstre non plus. Nous sommes civilisés.


Civilisé hein ? L’homme cuillère lui faisait « non » du regard, son stylo à la main. Heureusement, trop communiquer n'était pas au nombre de leurs défauts. L'homme araignée avisa le bas du document. Une croix bien nette, la marque du premier Swag-Men, honorait le bas de page. Alors ce serait…

La Civile Bagarre !
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus" Ven 13 Mai 2016 - 2:43
J’écoutais sans mot dire la diatribe de mon collègue de toujours que jamais je ne pourrais affronter car nous étions trop frères pour ça, et je fus estomaqué de toutes ces surprenantes révélations. En même temps, le politicien véreux qui se moquait de nous dans notre dos et qui avait détruit notre première maison, qui avait assassiné sa femme et ses deux filles pour accéder au pouvoir, était en fait… un ennemi ? C’était impossible ! A qui pouvions-nous faire confiance alors ? Je me surpris moi-même à exploser :

« Et mais… Et mais… Et mais t’es trop une connasse ! » Cependant… « Cependant, vous avez pas tort sur le fait que Slenderman est un enculé, il faut quand même lui régler son compte. Et toi, homme-araignée, tu fais tout ça pour éviter qu’on ne s’attaque à la vraie menace ! Tu as peur de la lumière la plus pure de la justice la plus absolue ! Ton amitié pour le Slenderman ne doit pas te faire oublier qu’on ne peut pas laisser le Lancer d’œufs et un dangereux Teletubbies en liberté ! » J’aurais pu aussi faire remarquer au Maire que nous n’avions pas de voiture et qu’il était impossible que nous ayons pris sa place, mais il fallait éviter de trop communiquer. On était entre hommes ici, on ne communiquait pas.

On sortit tous les deux d’un côté de la voiture différent, et quand la voiture partit, on était sur un trottoir différent, tels deux frères maintenant ennemis. J’avais signé, donc voilà. On se regarda tels des chiens de faïence (c’était quoi de la faïence ?), puis je partis, les mains dans les poches, les cuillères au vent… S’il rejoignait leur camp, je serais obligé d’aller chercher des renforts dans les autres justiciers de la ville.
La CIVILE BAGARRE allait bientôt commencer !

Quelques temps plus tard, après une ellipse destinée à la mise en scène, moi et mon équipe approchions tout simplement du carrousel pour la dernière des batailles.
D’abord, il y avait moi, au milieu.

Mais juste à ma droite, il y avait l’homme-poney, un centaure incroyable, avec un buste de vioque, et un corps de poney en-dessous. Ses arcs-en-ciel redoutables ainsi que son apparence horrible faisaient de lui un adversaire craint dans tout le quartier.
« On va bien s’amuser ! »

Ce n’était pas tout ! J’avais aussi ramené, à ma gauche, le meilleur flic de la ville, qui était d’accord pour dire que les policiers n’étaient pas tous des barjots (en même temps, sa profession biaisait peut-être son point de vue). L’inspecteur Dirty Gagdette était un atout indéniable dans la bataille pour la justice.
« Ta gueule. »

Et qui disait justice voulait aussi dire… San Luchito, le fameux justicier des Perray en Yvelines. Avec son énorme sabre, son chapeau de paille surplombant ses cheveux dressés dorés et son bandana en métal sur lequel était incrusté le logo de sa ville fétiche, il avait une démarche fière qui le rendait lumineux de justice.
« Vous auriez pas vu mes parents ? »

Et enfin, et non des moindres, le Vieil Homme de la Caverne. J’avais dépassé son statut qu’on lui prêtait souvent, et trop gratuitement, comme quoi il violerait de jeunes garçons dans les cavernes, quelque part, je lui faisais confiance. Après… Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il ait un pouvoir quelconque.
« C’est dangereux d’aller tout seul. »

Nous étions en-face du carrousel maintenant, tous les cinq. Il était temps d’annoncer la lutte fratricide :

« J’EEEEN VEEEEEEUUUUUX !!! »
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MessageSujet: Re: "Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus"
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"Devine ce que j'ai rêvé cette nuit !" / "Je sais pas" / "Ah bah c'est con, moi non plus"

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