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Chemins croisés [avec Mara Leros]

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MessageSujet: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 10 Avr 2016 - 11:49
Il ne voulait desserrer son étreinte. Ça devait faire environs cinq minutes qu’il la serrait dans ses bras et sa mère commençait à s’impatienter. Pourtant il ne partait qu’un week-end, ce n’était pas la fin du monde… Mais pour Shad, c’était tout de même un sacré défit. Un week-end complet… en compagnie de sa mère… et de ce CONNARD DE BANQUIER !! Il se crispa légèrement a cette pensée et se dit que ça allait être compliqué si il n’arrivait pas à se contenir dès maintenant. Colinne savait très bien qu’il ne supportait vraiment pas le petit ami de sa mère. Elle lui tapota gentiment le dos et commença à s’extirper de ses bras.

-Aller Shad, tu verras, ça ne sera pas si terrible ; lui dit-elle avec un petit sourire qui se voulait rassurant.

Shad jeta un regard en coin en direction de Gérald qui attendait calmement assit a l’avant de la voiture en tapotant sur le volant. Ce n’était peut être pas simple pour lui, mais il avait certainement intérêt à faire très attention à lui s’il ne voulait pas que ça le devienne encore plus. Le petit homme potelet savait très bien que le fils de sa compagne ne l’aimait pas. Il trouvait ça dommage, car au final c’était un bon garçon. Et il n’osait pas en discuter avec lui pour deux raisons particulières : la première étant qu’il risquait de s’énerver avant même que la discussion ait commencée, la deuxième étant qu’il ne pouvait pas comprendre comment il avait réellement rencontré sa mère. Après tout, lui était de taille moyenne, pas très impressionnant ni même musclé, des joues un peu rondes, quelques cheveux grisonnant et le front qui commençait à se dégarnir. Il était assez facile de se demander comment un petit homme comme lui avait fait pour attirer une femme aussi belle que Miranda Cordell. Il y avait une raison qui sortait bien de l’ordinaire à tout cela ; et quelque part le petit banquier était assez fier de cette réussite. Il ne pouvait s’empêcher d’afficher un petit sourire en y repensant et ça agaçait le jeune Blackburn au plus haut point.  

Miranda décida qu’il était temps que son fils arrête de faire l’enfant et lâche sa petite amie. Elle lui agrippa l’épaule avec la poigne d’une serre d’aigle et afficha un sourire bienveillant à la petite blonde.

- Excuse-moi Colinne, nous risquons d’être en retard si monsieur Blackburn n’arrête pas tout de suite de faire l’enfant.

Colinne répondit avec un petit sourire gêné en serrant la main de Shad entre ses petits doigts.

-Pas de problème madame Cordelle, passez un bon week-end en famille !

Après des adieux déchirant sous l’œil exaspéré de sa mère, Shad monta en voiture avec sa mère et Gérald. Le jeune homme enfila ses écouteurs au moment ou le petit ami de sa mère voulut lui glisser un mot sympathique et lui lança un regard noir. « Fuck off, son of a bitch »; il l’avait murmuré suffisamment bas pour que le banquier ne l’entende pas, mais c’était le genre de chose qui n’échappait jamais aux oreilles de Miranda. Elle se retourna et lui lança un regard plus tranchant qu’un rasoir.

Elle indiqua à Gérald qu’il était préférable de se dépêcher un peu s’ils ne voulaient pas faire attendre les Leros. Au moment où Miranda prononça le nom des amis qu’ils partaient rejoindre pour le week-end, Bruce Springsteen chantait déjà « Born in the USA » dans les oreilles de Shad. S’il l’avait entendu, cela lui aurait peut-être évité une grosse surprise à l’arrivée. Le truc, c’est qu’il n’était vraiment pas doué pour masquer ses émotions. Et les rencontres inattendues de ce genre, ça pouvait trahir pas mal de chose…


La route fut et longue et chiante, comme prévu. Miranda lui jetait quelques regards mécontents de temps à autre en soupirant. Elle comptait sur cette sortie pour réconcilier son fils avec Gérald, mais cela semblait être peine perdue. Il continuait encore et toujours de s’enfermer dans sa bulle sans faire le moindre effort. Ce qu’elle ne savait pas, ce que cette escapade en famille allait belle et bien rapprocher les deux hommes, mais pas de la manière dont elle l’avait imaginée. La relation entre Shad et son petit ami allait effectivement évoluer, mais dans quel sens ; ça c’était une autre histoire…

Après trois longues heures de route et un baladeur mp3 complètement déchargé, ils arrivèrent enfin au camping. La voiture garée a quelques mètres de leur emplacement, Shad sortit sa tente et le reste de ses affaires du coffre sans poser de question et commença à s’installer. Dix minutes plus tard, il s’affala sur son matelas gonflable. Il réfléchissait déjà à la manière dont il allait emmerder Gérald cette nuit. Il savait très bien qu’il était très mal vu d’intervenir dans les rêves des rêveurs, mais de toute façon il ne pourrait pas s’empêcher de le surveiller cette nuit. Il était temps qu’il se penche sur le cas de cet homme qui s’était immiscé dans la vie de sa famille de façon bien étrange. Enfin, il trouvait ça étrange mais il était tout à fait probable qu’il soit un peu paranoïaque aussi.

Il se leva péniblement lorsque sa mère l’appela sur un ton enjoué. Il était temps de faire la connaissance de ses amis. Génial, il allait encore avoir le droit à : « oooh Shad que tu as grandi » ; ou encore « olala le petit garçon qu’on a connu est devenu un homme ! »… vraiment génial.

-Shad ! tu te souviens peut-être de la famille Leros ; Eloïse et Stephane ?   Tu étais petit… Ils ont une fille depuis, voici Mara ; dit-elle en présentant la jeune fille d’un geste de la main.

Shad resta a l’entée de sa tente, crispé et sans respirer. Il connaissait l’expression «  le monde est petit », mais là… Il les salua en balbutiant un bonjour à moitié mâché par son accent anglais. Là dans l’instant, il ne se voyait vraiment pas dire qu’il connaissait déjà la fillette et qu’ils avaient bastonné un clan d’hommes rats ensembles.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 10 Avr 2016 - 14:53

"Mara, tu te prépares!"

"Attends, j'ai presque fini!"

Allez, allez, mon projet Manhattan est presque fini et les Chinois d'à côté en sont encore à leur révolution industrielle, j'suis en train de rouler sur tout le monde, c'est trop cool! Et avec les Aztecs en plus, dans ta bouche l'Histoire! Allez, dépêche-toi, j'suis sure d'avoir le temps de finir avant de partir!

"Bon Mara, n'exagère pas non plus, tu vas nous mettre en retard!"

"Oui Maman, je-... Nan, attend Papa!"

Stéphane Leros, l'air exaspéré et me jetant un regard plein de sous-entendu de ses yeux légèrement bridés, attrapa vivement ma souris pour mettre le jeu en pause et lancer une sauvegarde, puis ferma le jeu et éteignit l'ordinateur d'un rapide raccourci clavier. Il avait une taille plutôt normal et ses cheveux bruns n'avait rien d'originaux, mais quand il prenait son air sévère, il était très vite assez intimidant.

"Mais Papa..."

"Arrête de geindre, ça fait au moins la quatrième fois qu'on te rappelle. Quelle idée de lancer une partie de Civ alors que tu sais qu'on va partir?"

Ouais, va savoir, sans doute car on va passer le week-end avec des gens que j'ai jamais vu, tous plus vieux que moi, et en camping donc j'vais devoir rationner ma DS, alors que j'aurais pu passer deux jours à jouer ou à voir mes amis? Surtout qu'en plus, vous m'avez forcé à finir tous mes devoirs avant, donc du coup, j'ai même pas pu profiter de mon vendredi soir. Ouaiiis, génial!

"Dépêche-toi maintenant, on met les affaires dans la voiture!" fit la voix de Maman depuis l'entrée.

"Ouais, ouais..." bougonnai-je alors que mon père quittait la chambre.

Débranchant mon petit ordinateur en soupirant, j'attrapai un chouchou et me fis une queue de cheval avec les mèches les plus hautes de mon crâne, m'évitant les cheveux dans les yeux et laissant le reste de ma tignasse libre, retenue dans mon dos. Est-ce que j'ai pris ma brosse? Huu... oui. Et ma brosse à dent aussi, tiens. Attrapant un pull et un imper, sobrement habillée d'un jean et d'un t-shirt couvert de tiges de plantes stylisées, j'enfilai mes baskets tandis que mon père me criait de me dépêcher. Je fourrai sans ménagement ma DS qui finissait de charger dans mon sac à dos et courus jusqu'à l'entrée, jetant un œil à la télé allumée pour donner l'impression qu'on était encore là et à l’échiquier laissé en plan depuis ma dernière partie avec ma mère. Un jour, faudrait vraiment que j'arrive à la battre. Je sortis dans le petit jardin de leur pavillon de banlieue, rejoignant la voiture et lançai mon sac sur la banquette arrière avant de m'installer à côté, attachant ma ceinture et prenant soin d'exprimer le plus clairement possible par ma position que je n'avais PAS envie d'y aller. Vaut mieux garder ma console pour quand je m’ennuierais vraiment, faut pas que je la vide maintenant....

Je jetai un coup d’œil à Éloïse Leros, ma mère assise au volant, sa peau pâle ressortant d'autant plus avec ses cheveux lisses et noir. Elle regardait son mari revenir et en croisant mon regard, elle me lança un sourire enjoué, me faisant me renfrogner encore plus. Ouais, ça va être cool pour vous, vous allez être entre amis alors que pour moi, le deuxième plus jeune aura limite deux fois mon âge... Géniale, super ambiance. Ch'ais pas s'il y a un Royaume de la blasitude à Dreamland mais ce soir, j'y vais direct.

Alors que la voiture démarrait et quittait lentement le jardin pour se lancer sur la route du village, trouvant rapidement une voie plus rapide, les deux adultes discutaient tandis que je restais avachie sur son siège, la joue collée à ma vitre et les écoutant d'une oreille. J'ai l'impression d'être un blob.

"Donc rappelle-moi, il y a Miranda Cordelle, et...?"

"Alors," commença la femme en tapotant son volant, s'adressant autant à nous deux. "Il y a donc Miranda, oui, que j'avais rencontrée pendant mon stage en Angleterre, peu après son divorce, et que tu as déjà rencontré Stéphane... Elle m'a dit qu'elle s'était remise avec quelqu'un depuis le temps, un prénommé Gérald, et puis il y a son fils..." elle sembla réfléchir quelques instants, moi toujours plus concentrée sur le paysage qu'autre chose. "Quelque chose comme Charles je crois, mais je ne suis pas sûre du tout..."

"Ah oui, je me souviens, il devait avoir ton âge quand je l'ai vu, Mara..." intervint mon père. "Non, il avait un nom assez original, Zack, peut-être?"

"Non, je ne crois pas... Enfin, ça nous reviendra. Il paraît qu'il donne beaucoup de soucis à Miranda, j'espère que ça se passera bien..."

La conversation se poursuivit de manière tout aussi inintéressante et je décrochai totalement, regardant le paysage défiler, le front collé à la vitre. Où est-ce que je pourrais passer la prochaine nuit? Un endroit marrant peut-être? Plus que du camping? Est-ce qu'il y a un Royaume des jeux vidéos? Ça serait trop bien... Ah mince, maman n'a pas pris l'échiquier.

Le trajet se poursuivit donc et au bout d'une heure et demi, le tout agrémenté d'un peu de radio pour combler les blancs de conversation, la voiture ralentit pour rentrer dans une aire de camping. La conductrice s'inquiétait de leur retard, espérant que les autres ne les avaient pas trop attendus, ils avaient tout de même eut plus de route qu'eux, et le temps n'était pas des plus accueillants. Ouaip, le ciel est pas très bleu, j'ai bien fait d'avoir pris mon manteau. Allez, camping sous la pluie, c'est forcément l'éclate.

La voiture s'arrêta finalement dans un crissement de gravier et quand Maman ouvrit ma portière, je faillis tomber, ayant oublié que j'étais toujours appuyée dessus. Je sortis finalement, traînant mon sac sur une épaule, mais ayant abandonné mon expression excessivement hargneuse pour me contenter d'une posture blasée au possible. Bien sûr, je saurais être polie et faire semblant de sourire, mais c'était pour bien signaler à mes parents que non, je n'étais pas contente d'être là. Suivant ces derniers, l'une portant notre sac à vêtements et l'autre les deux tentes, je gardai mon regard fixé sur les cailloux par terre, qui étaient quand même infiniment plus intéressants que le reste du monde.

Après une dizaine de minutes de marche, trouvant enfin la zone où les autres avaient déjà posés leurs tentes, ce fut l'appel lancé par Maman qui me fit lever la tête vers un couple. Ouaip, légèrement plus vieux que mes parents, un gros et une grande maigre, bonjour les stéréotypes. Après ça va, la dame est pas moche non plus mais bon... Papa me tapota l'épaule pour m'inciter à dire bonjour, et je remarquai que le fils du couple était pas là. Bref, commença alors une longue session de présentations:

"Oh, tu es Mara? Tu ne me reconnais sans doute pas, je suis Miranda! Tu a tellement grandit depuis la dernière fois qu'on est passé vous voir, tu étais toute mince et toute timide, tu restais collée à ton père!"

Ah oui, ah ah, les meilleures années de ma vie, vraiment. Et voila qu'elle fait la bise et tout. Elle a un accent, c'est marrant.

"Alors tu es Mara c'est ça? Je suis Gérald, enchanté!"

Hi, il pique!

Puis d'un coup, la dame appela son fils d'une voix forte, me faisant sursauter, et réussissant même l'exploit de me faire lever la tête. Nan, j'avais mal entendu le nom, c'était pas possible. Enfin, si, j'avais sans doute bien entendu, mais apparemment ils étaient anglais, c'était sans doute un nom courant là-bas.

Je ne savais pas où fixer mon regard pour justifier mon mouvement brusque, et je portais finalement mon attention sur une branche où un oiseau semblait regarder la scène. Les mains enfoncées dans mes poches, laissant mine de rien ma vue englober les nuages qui semblaient devenir moins épais, j'entendis finalement le garçon sortir de sa tente. Et ne pus m'empêcher de laisser mes yeux dériver vers lui.

Si lui eut la force de balbutier un truc qui ressemblait à un salut, je ne fus que capable de lever un peu la main pour faire coucou, impossible de desceller mes lèvres. Heureusement, ma mère prit la relève, détournant l'attention de moi et s'exprimant d'un ton joyeux:

"Excusez Mara, c'est en train de lui passer mais elle est encore assez timide avec les gens qu'elle ne connait pas bien! C'est toi Shad, tu as beaucoup grandit aussi, mais je te reconnais encore!"

Mais alors que les adultes partait dans une conversation autour de la dernière fois qu'ils s'étaient vus avec les "petits", moi, je restais plantée là, laissant doucement glisser mon sac par terre.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 10 Avr 2016 - 17:14
C’était bien elle, Mara Leros. Il ne savait pourquoi, mais à cet instant il se sentait plutôt mal à l’aise.  Peut être parce qu’ils n’étaient pas censés se connaitre et que si les parents des deux jeunes voyageurs apprenaient le contraire, ils chercheraient sans doute à savoir de quelle manière. Et là ça serait la merde. Miranda lui jeta un regard en coin lui indiquant qu’il avait plutôt intérêt à rester correct envers ses amis. Bien entendu, il n’avait aucune raison de se montrer désagréable envers eux et conclut les salutations par la bise traditionnelle des français. Puis il les regarda s’éloigner lentement, discutant de tout et de rien. Shad n’avait pas forcement une mémoire de poisson rouge, mais il n’avait vraisemblablement pas gardé de souvenirs marquants de ces gens. Ils avaient l’air très gentil, des gens biens, de bon exemple pour leur fille… Mara. Son regard revint se poser sur la fillette quand il entendit le bruit sourd de son sac à dos tomber sur le sol. Elle ; en simple blouson, jean et baskets ; lui, en bermuda bleu foncé, Vans et Tee-shirt gris. Le plus étrange selon lui était de les voir tout les deux habillés comme s’ils n’étaient que de simples vacanciers lambda ; ce qui au final était certainement le cas ; et surtout sans leur pouvoirs. En fait il n’avait pour ainsi dire encore jamais rencontré d’autres voyageurs en dehors du monde onirique.

Ils se fixèrent quelques instants, sans trop savoir par où commencer puis Shad se surprit à sourire sans pouvoir se retenir. Il n’était pas nécessaire d’en faire toute une scène ; il avait déjà réussit à se retenir de gueuler le prénom de la jeune fille sous le coup de la surprise, c’était déjà pas si mal. Après tout, ce sont des choses qui peuvent arriver, mais c’était quand même plutôt fort que leurs parents se connaissent depuis si longtemps sans que les deux voyageurs n’aient pus le soupçonner. Au moins, la connaissant, il n’aurait pas à considérer devoir faire du babysitting. Alors, dans un soupir il se détendit et s’avança vers elle calmement.

-Salut Mara, « enchanté » dira-on ; dit-il sur le ton de la plaisanterie en essayant vainement de masquer son accent anglais.  Il est vrai qu’il perdait son accent dans le monde onirique. On va avoir des choses à se raconter j’ai l’impression, au moins on sait comment va occuper ce week-end « de folie ».

Il s’arrêta brusquement lorsque Miranda vint les rejoindre tandis que le reste du groupe s’installait autour d’une table de camping en ouvrant une bouteille de champagne.

-Shad, on va discuter quelque temps avec Eloïse et Stéphane mais j’imagine que la conversation ne t’intéressera pas plus qu’elle n’intéressera Mara ; dit-elle avec un petit sourire malicieux au coin des lèvres. Tiens, prend ça et allez vous acheter quelque chose à vous mettre sous la dent, il y a une crêperie pas très loin.

Puis elle s’éloigna en laissant sa longue chevelure auburn flotter au vent. Il reprit sa respiration en affichant un sourire soulagé et agita le billet devant Mara.

-Alors ? Qu’est ce qui te ferait plaisir ? Je t’avoue qu’une crêpe au Nutella me ferait bien envie.

Ils se dirigèrent vers la crêperie en question et quelques minutes plus tard ils étaient tous deux assis sur un banc à déguster leurs friandises. Shad envoya un message à Colinne pour lui dire qu’ils étaient bien arrivés et que tout se passait bien puis il se tourna vers Mara. Avec un petit sourire amusé.

-Alors ? Quoi de beau dans ce monde-ci ?

Il posa sa question en prenant bien garde qu’aucune oreille indiscrète ne traîne trop près d’eux. Tandis que Mara répondait à ça question, le ciel s’éclaircissait peu à peu et les oiseaux recommençaient à chanter de plus belle. L’endroit était malgré tout assez sympathique, ils se trouvaient au centre du petit parc du camping. Une large étendue d’herbe avec quelques arbres ci et là permettant quelques coins d’ombre agréables pour un pique-nique. Et les deux familles comptaient apparemment en profiter puisque les parents de Mara se dirigeaient à présent vers la grande étendue d’herbe avec un panier garni autour du bras accompagnés de Miranda et Gérald. Ils leurs firent un grand signe de la main d’un air enjoué pour leurs indiquer que l'heure du repas était arrivée. Ça tombait plutôt bien, le jeune anglais commençait à avoir faim. Il y avait une petite ville plutôt active pas très loin du camping, ils pourront toujours aller y faire un tour pour occuper cette journée qui s’annonçait décidément assez ennuyeuse.
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Mara Leros
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 10 Avr 2016 - 20:18

C'est pas possible. J'veux dire, nan quoi. Comment? J'aimerais bien me demander si je rêve, mais ça serait à la fois trop évident, vu que je suis devant Shad, mais complètement idiot, vue que je suis une Voyageuse, je sais quand je rêve. Alors pourquoi? Je clignai plusieurs fois des yeux avant de me rendre compte que Shad s'était approché d'un air amusé, me saluant tout à fait naturellement. Ok, là ça devient surréaliste. Je m'étais préparée à un week-end nul dans ma tente avec ma DS, pas à croiser... 'fin voila quoi. C'est marrant, lui aussi il a un accent, mais ça s'entend moi qu'avec sa mère... En vérité, j'étais suffisamment choquée pour me remettre moins vite que lui, et je ne lui répondis qu'un:

"Salut, mais c'est très très bizarre là..."

Mais je parlais suffisamment bas pour que Miranda qui arrivait ne relève pas ma remarque, nous donnant de l'argent pour des crêpes. Peut-être que c'était car je connaissais Shad, mais d'un coup, elle me sembla moins énervante et je lui rendis timidement son sourire. Et quand elle prit mon sac qui traînait par terre avec un clin d’œil pour l'amener avec nos autres affaires, je la remerciai sincèrement bien qu'encore un peu mal à l'aise.

Je suivis donc les pas de Shad vers le stand à crêpes le plus proche, précisant que j'étais plus compote que nutella, et après avoir acheté la nourriture, on s'installa sur un banc pour manger. La mienne était vachement bonne, la compote avait des morceaux et elle imprégnait un peu la pâte, la rendant encore plus moelleuse. Alors que Shad sortait son téléphone pour écrire un message, je fis tomber un morceau de pomme sur mon t-shirt, que je portai à ma bouche pour empêcher une tâche de se former. Quand Shad rangea son téléphone pour prendre des nouvelles sur moi, je remis mon haut en place et mordis dans ma crêpe pour réfléchir. Comment dire ça...? J'avalai finalement ma bouchée pour dire d'un air hésitant:

"Bah du coup ça va, c'est juste que..." je faillis reprendre une autre bouchée pour me laisser le temps de réfléchir un peu, mais je me ravisai et poursuivis: "Le truc c'est que c'est vraiment la première fois que j'croise un Voyageur en vrai... Je sais qu'ils ont une vie dans ce monde aussi, mais ça m'étais jamais venu à l'esprit que j'pourrais croiser quelqu'un comme ça, par hasard! C'est comme pour un jeu en ligne, tu sais que les autres joueurs sont des vrais gens mais... 'fin voila quoi, tu t'attends pas à les croiser dans la rue, un peu comme s'ils étaient dans une autre Terre..."

J'avais un peu bougé les mains pour essayer d'imager ce que je disais, mais j'avais tellement l'impression de dire des trucs qui n'avaient aucun sens que je finis par hausser les épaules et prendre une autre bouchée de ma crêpe. Ça fait presque un an et demi que je suis à Dreamland, et j'avais encore croisé personne. Limite, j'avais presque pas l'impression que ce monde était vraiment composé de vrais gens, comme si j'étais la seule vraie Voyageuse. C'est bizarre à dire, mais quand on découvre un univers pareil pour la première fois, mais qu'on a personne à qui en parler, comment être sûr qu'on est pas tout seul dedans? Après j'ai vu les sites, les forums sur Dreamland, mais j'ai pas fouillé plus que ça, alors comment être sûr que chacun n'a pas son propre Dreamland? Mais maintenant que j'avais Shad à côté de moi, je pouvais pas me mentir, il était réel et on avait vraiment partagé deux nuits difficiles à oublier... Finissant ma crêpe, je fis remarquer en souriant:

"Mais du coup, je me souviens des nuits à Kazinopolis maintenant..."

Mais mon sourire n'était peut-être pas le plus joyeux possible, ça n'avait pas été les nuits les plus marrantes qui soient. Mais avec du recul, j'étais un peu nostalgique. Me reprenant un peu en voyant que les adultes nous faisaient signe de venir, je me levai pour jeter ma serviette pleine de compote dans une poubelle et dis doucement à Shad:

"Par contre, de c'que j'ai pu voir, mes parents sont pas voyageurs du coup, si on pouvait éviter le sujet devant eux..." je n'avais vraiment pas envie qu'ils apprennent qu'il m'arrivait parfois de finir en sang, à moitié morte et à peine capable de parler, il serait capable de penser que c'était dangereux pour mon développement. Curieuse, je demandai cependant: "Mais toi, tes parents connaissent Dreamland ou...?"

On se mit à marcher en direction du groupe d'adultes, qui avait installé une nappe au sol pour midi. Je ne pus m'empêcher de sourire en notant que mes parents n'auraient sans doute pas approuvé que je mange du sucré juste avant le déjeuner mais bon, c'était Miranda qu'avait proposé. Puis j'avais faim moi, il était presque deux heures! D'ailleurs, avec le ciel qui se dégageait, je retirai ma veste et fit un nœud avec ses manches à ma tailles. Décidant de reprendre une conversation plus normale avec Shad, je rangeai mes mains dans les poches de mon pull et commença à raconter:

"Sinon, de ce côté, j'suis au collège, en 5ème, et je me débrouille... mais toi, tu fais quoi?"

On retrouva rapidement nos parents, et je vis que nos tentes étaient aussi montées avec nos bagages dans la petite où j'allais dormir. On s'installa sur la nappe, côte à côté, et je viens que le père de Shad semblait discuter activement avec Maman d'un truc qui ressemblait à de l'économie ou de la politique, avec quelques interventions plus rares de la mère de mon ami ou de Papa. D'ailleurs, en nous voyant revenir, ce dernier sembla content que je fasse moins la tête, mais j'avais la flemme de rebouder juste par fierté, donc je fis semblant de rien voir. Il se contenta d'ailleurs surtout de lancer à Shad:

"Merci de t'occuper de Mara, Shad! Désolée, elle est un peu jeune, je comprendrais totalement si tu veux pas traîner toujours avec elle."

Merci Papa, j'ai totalement l'impression d'exister là, ça me va droit au cœur. Prenant sur moi pour détourner mon regard noir, je reportant une attention intéressée au pain et au pâté qui venait d'être sorti du panier. Quelque part, il avait raison. En y repensant, à vu d'oeil, la différence d'âge entre Shad et moi n'était pas beaucoup plus petite que celle entre Shad et mes parents. Quelque part, ça aurait parut normal qu'il s’ennuie avec moi. Mes épaules s’affaissèrent un peu à cette pensée. Déjà que je me trouve nulle à Dreamland, c'est encore pire dans la réalité.

Finalement, ma morosité disparut aussi vite qu'elle était arrivée quand Gérald me tendit un morceau de pain tartiné de pâté que j'attrapai en le remerciant, attendant que tout le monde soit servi avant de mordre dedans. Shad et moi n'avions pas vraiment l'occasion de nous parler l'un à l'autre, vu que la discussion entre le couple s'était tourné autour de nous deux à notre arrivée, lançant des anecdotes sur notre jeunesse. Je remarquai bien que mes parents ne parlaient pas des souvenirs les plus gênants dus à mes "réactions" un peu extrêmes, mais je ne pouvais pas ignorer qu'ils riaient de réflexes de fuite que j'avais pu avoir devant des invités. C'était vrai que racontées par mon père, il y avait de quoi en rire et je ne pouvais pas m'empêcher de sourire avec eux, mais je savais aussi qu'à cette époque, c'était pas qu'une timidité excessive qui m'empêchait de m'éloigner de plus d'un mètre de mes parents devant des inconnus. Mais je n'avais pas envie de casser l'ambiance à essayer de décrire sans succès la terreur qui me prenait, ça ne servirait à rien et je ne voulais pas savoir comment Shad y réagirait...
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mar 12 Avr 2016 - 18:47
Mara lui avait expliquée pourquoi elle avait été si surprise de le voir ici. Elle semblait encore un peu troublée par la situation et c’était normal, en quelque sorte. Le jeune anglais avait encore du mal lui aussi à réaliser qu’il se trouvait à côté d’une voyageuse avec qui il avait combattu et frôlé la mort dans le monde onirique. Et qui plus est, leurs familles se connaissaient plutôt bien apparemment ! C’était d’autant plus difficile à gérer que les sujets de conversation allaient sûrement tourner autour de leurs anciennes phobie ; qui n’étaient pas censées être « anciennes » aux yeux de leurs parents ; et qu’ils allaient devoir faire bien attention à ne pas trahir le fait qu’ils se connaissaient déjà depuis quelques temps.

Shad ne put s’empêcher de sourire en voyant la jeune fille peiner à expliquer son point de vue, en soupirant légèrement en se disant qu’il la comprenait parfaitement. Il avait tenté d’expliquer à Colinne ce qui lui arrivait à ses débuts de voyageur ; ou plutôt il avait tenté de trouver une approche pour lui parler sans passer pour un cinglé. Sans grand succès, bien évidemment. Alors il s’était contenté de vivre sa vie de voyageur sans en parler à qui que ce soit en dehors de ces connaissances à Dreamland et ne s’était même pas posé la question de savoir si quelqu’un de son entourage était également voyageur. Son sourire s’élargie quand elle fit mention des nuits qu’ils avaient passés ensemble à Kazinopolis. Ah, comment les oublier ces deux nuits…

-Ouais, moi aussi je m’en souviens et je risque pas de les oublier… J’aime vraiment pas cette ville !

Quand ils se levèrent pour rejoindre le groupe d’adultes qui installaient déjà la nappe sur l’herbe pour le pique-nique, Mara fit une remarque plus que pertinente. Il était fort probable que les deux jeunes voyageurs soient les seuls dans les deux familles ! Il était donc impératif de n’aborder le sujet sous aucune forme. Le risque été trop grand, tant bien pour lui que pour elle. Peut être même plus pour elle, d’ailleurs. Qui sait ce qu’il pourrait arriver à une enfant de son âge qu’on accuserait d’avoir des délires et des visions d’un autre monde…

-Pour ma mère, je suis certain qu’elle n’est pas voyageuse ; je l’ai vu rêver une fois. Pour Gérald, et bien je t’avoue que je n’en sais rien mais ça m’étonnerais. En fait, ce n’est pas mon père c’est juste le petit ami de ma mère et je ne m’entends pas très bien avec lui. On ne se connait que depuis quelques mois et je ne m’intéresse pas trop à lui… pour l’instant.

Le jeune anglais termina sa phrase sur un ton un peu plus tranchant qui lui échappa un peu. Mara était jeune, elle n’avait pas besoin d’entendre parler de ses problèmes de famille. Il avait prévu de surveiller Gérald pendant son sommeil, mais après tout il aurait sûrement le temps de le faire une autre fois. Puisque l’occasion se présentait, autant « voyager » un peu en compagnie de Mara ; si elle le souhaitait. Elle s’intéressa soudainement à ses activités scolaires. Ça, c’était une grande question. Actuellement il ne savait pas vraiment s’il allait continuer dans cette voie. Il lui répondit tout de même.

-Oh moi, je fais des études dans le commerce. Une licence, j’aime bien mais bon… Mon pays me manque et je me demande parfois si je ne vais pas arrêter pour y retourner.

Il la regarda prendre de l’avance et s’installer Auprès des autres avec un petit sourire. Elle n’était vraiment pas de mauvaise compagnie. Shad avait de grandes facilitées à entrer en contact avec les gens, discuter et échanger tout simplement. Peu importe son âge, tant que son interlocuteur et lui étaient sur la même longueur d’onde ça ne le dérangeait absolument pas de bavarder pendant des heures. Et dieu qu’il était bavard… Chacun commença à se servir en biscuits apéritif, champagne, soda ou saucisson et le père de Mara remercia le jeune anglais de s’être occupé de sa fille. Shad lui retourna un petit sourire amusé et gêné et réprima une forte envie de lui rétorquer quelque chose du genre : « m’ennuyer, vraiment ? Vous n’avez jamais vu votre fille coller une raclée à un rat garou de presque trois mètres de haut ? C’est très distrayant. »  

La blague aurait été naturellement assez mal perçue, à la place de quoi il se contenta de lui assurer que ça ne le dérangeait absolument pas en donnant un léger coup de coude affectueux à Mara.

-Ne vous en faite pas Monsieur Leros, je ne vois aucun inconvénient à accompagner Mara.

L’homme parut être enchanté par la réponse du jeune anglais et Miranda lui afficha un petit sourire satisfait de sa bonne foi. Si son fils ne se décidait pas enfin à bien s’entendre avec Gérald, au moins il ferait bonne impression devant ses amis. Gérald prit l’initiative de faire le service en pain/pâté et en servit une tranche à Mara qui la prit volontiers. Quand il arriva à Shad, ce dernier fit mine de l’ignorer et servit un peu de salade de pomme de terre. La discussion entre les adultes tourna rapidement ; comme il fallait s’y attendre ; sur leurs peurs paniques respectives. Moment qui fut assez gênant pour les deux voyageurs. Shad sourit légèrement quand les parents de Mara firent mention de ses petits problèmes relationnels. Il ne se moquait pas pour autant, loin de là et ce n’était pas son genre. Ils n’étaient pas vraiment rentrés dans  les détails, mais Shad se doutait bien que ce genre de peur était assez handicapant et qu’elle avait dû pas mal en souffrir. Voilà qui expliquait donc l’origine de son pouvoir si particulier.

Shad soupira profondément quand ce fut à son  tour d’être le centre d’attention quand sa mère leur raconta la fameuse fois où il avait été « piqué par sa curiosité ». L’histoire du jeune garçon qui s’était fait attaquer par un essaim d’abeille provoqua quelques exclamations, mais il se contenta de regarder son assiette sans réagir. Si seulement ils savaient… c’était lui le maître des abeilles maintenant ! mouhahaha ! ….

-Shad ne bouge surtout pas, mon chérie ! Il y a une abeille à côté de ton bras.

Shad se pétrifia. Il n’était actuellement stressé  que par une seule chose : il ne savait pas comment réagir. Oui, il y a une abeille à côté de son bras, et c’est bien. Le truc c’est qu’il s’en foutait royalement parce qu’il n’avait PLUS peur des abeilles. Il ne savait même pas comment être crédible en faisant mine d’avoir peur et lança un regard en coin inquiet en direction de Mara. Autant c’était cool d’être débarrassé de sa phobie, autant là c’était chiant comme situation. Miranda sa leva calmement et chassa l’insecte. Shad expira lentement et personne ne sembla en faire d’histoire. Shad regarda discrètement Mara en haussant les sourcils et gonflant légèrement les joues en ayant l’air de dire « je l’ai échappé belle ».

S’il n’avait pas vu l’insecte à temps et qu’il s’était contenté de le chasser naturellement sans réaction particulière, il aurait été grillé sur le coup. Après tout aux yeux de sa mère, Shad est encore atteint d’apiphobie et ne soupçonne pas le moins du monde que cette peur l’a quitté il y a un peu plus d’un an.  Gérald sembla cependant lui lancer un petit regard interrogateur et suspicieux ; mais il reporta très vite son attention sur son assiette. Le reste du repas se déroula dans la bonne humeur, parlant étude, voyage et ambitions professionnelle. Shad était assez impressionné par le parcours des Leros et leur témoignait un grand respect pour avoir pris soin de Mara alors qu’elle était orpheline. Arriva 16h, Shad se leva en rangeant rapidement ce qui trainait autour de lui en mettant les déchets dans un sac plastique.

- On n’est pas très loin du centre ville, d’ici. Je vais aller y faire un tour, vous voulez que j’emmène Mara avec moi ?  Proposa-t-il avec le sourire.

-Oh mais oui bien-sûr ! Ça lui fera du bien de sortir un peu.

Il invita donc Mara à le suivre et tous deux suivirent la route jusqu’à la petite ville le long d’un sentier pour piéton. Ils arrivèrent rapidement à une petite place circulaire au milieu de laquelle trônait une petite fontaine avec quelques parterres de fleur. Se baladant tranquillement les mains dans les poches, le jeune anglais jeta un rapide coup d’œil autour de lui et reprit le sujet de conversation qu’ils avaient avant le repas.

-n’empêche, je pense qu’on n’a pas assez conscience des services qu’a rendu Dreamland à des gens comme toi et moi… ça m’a changé la vie d’être débarrassé de ma peur et j’imagine que c’est aussi ton cas. Ça te dit qu’on fasse la nuit a Dreamland ensemble ce soir, ou tu préfères qu’on la fasse chacun de notre côté ?
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mer 13 Avr 2016 - 21:29

Je partis donc aux côtés de Shad, faisant un signe de mains aux parents tandis que ces derniers nous précisaient de ne pas revenir trop tard, à cause de la réservation dans un resto. J'avais laissé mon blouson avec leurs affaires, pariant qu'un simple pull suffirait pour l'aprèm' à venir, et c'est en plongeant mes mains dans mes poches que j'emboîtais le pas de mon camarade. Eh beh, Papa et Maman doivent être surpris que je devienne aussi vite amie avec lui, surtout qu'il a pas mon âge. En même temps, s'ils savaient...

Écoutant la remarque de Shad, me laissant porter par l'odeur de la végétation du parc, je me contentai d'un simple acquiescement assez enthousiasme à sa question avant de réfléchir à ce qu'il avait dit plus tôt. Ouaip, la vie avec et sans phobie n'a strictement rien à voir. Surtout que dans mon cas, ça se résumait surtout à "être ou non capable de s'éloigner de plus de trois mètres de ses parents", c'qui fait quand même la différence entre une scolarisation normale ou à domicile. Mes lèvres se pincèrent alors que je me crispais légèrement à ce souvenir. Avec le recul, je ne pouvais m'empêcher de m'en vouloir d'avoir condamné mon père à rester à la maison pour me tenir compagnie. Du coup, ma mère bossait beaucoup et lui avait donné des cours de musique chez nous, mais je n'imaginais pas le nombre d’opportunités qu'il avait dû refuser par ma faute. Enfin si, je pouvais imaginer, vue le nombre de concerts auxquels il participait maintenant. Mais je ne vais pas me plaindre, j'ai été heureuse et bien entourée, et ils ont fait de leur mieux pour m'aider à grandir. La perte de ma phobie a quand même été un sacré changement. D'ailleurs, à ce propos...

"C'est marrant que t'ais jamais dit à tes parents -'fin à ta mère- que t'as plus ta phobie. T'as pas essayé d'inventer un truc pour donner l'impression que ça passait tranquillement ou quoi?" et ne résistant pas à l'envie de parler de moi-même, j'ajoutai: "Perso, je prenais des médocs depuis un moment pour essayer de la surmonter, et j'ai dit que je voulais aller en cours deux-trois mois après ma première nuit, y ont dû penser que ça avait fini par marcher..."

Haussant les épaules, vu que c'était quand même pas ultra-important, je décidai de partir sur une conversation un peu plus marrante. C'était la première fois que je croisais un Voyageur en vrai, donc la première fois que je pouvais parler de Dreamland sans le moindre risque qu'un événement totalement improbable ne tombe du ciel, et j'allais un profiter! Quittant l'enceinte du parc, alors que l'on commençait à avancer sur le bétonné de la ville, je m'empressait de poser des questions:

"Sinon toi, tu fais quoi dans Dreamland, t'as des objectifs, des personnes que tu vois souvent?"

Sur ces mots, je n'arrivais pas à m'empêcher de penser à Corey ou Jean-Baptiste, avec qui j'avais eu quelques nuits mémorables, à défaut de nous voir vraiment souvent. À la réflexion, il me semblait qu'on avait dû devenir Voyageurs plus ou moins la même période, non? Quoique, ma première nuit avec Corey au Cimetière me donnait quand même l'impression qu'il me surclassait pas mal... Mais en y repensant, avec les nuits plus récentes et le semblant d'expérience que j'avais commencé à acquérir, j'avais l'impression que notre écart de force était surtout dû à la nature de nos pouvoirs...

Mais si je répondais aussi à ses question, j'étais en tous cas curieuse de ses réponses. Déjà car ça m'amusait de voir si on connaissait les mêmes personnes, et aussi car j'aimais savoir ce que les gens voulaient faire de Dreamland. J'en ai vu qui veulent être le meilleur, qui veulent protéger les autres, qui veulent faire de grandes choses, voir du monde ou tout simplement s'amuser... Pour ma part, mon ambition se pose entre m'amuser, justement, et surtout survivre. Mais je sais bien qu'à long terme, ça mène pas à grand chose, et j'aurais bien aimé faire quelque chose. En fait, j'aimerais bien laisser ma trace à Dreamland, que les gens se souviennent de moi. Ça me parais tellement bizarre de vouloir un truc pareil alors que je ne supporte pas d'être le centre de l'attention et que foncièrement, j'suis à peine une ado avec un pouvoir un peu moisi... Mais j'imagine que quelque part, tout le monde a un peu cette envie, non? Pour moi, elle traîne juste dans un coin de ma tête, comme un petit rêve assez lucide sur la possibilité qu'il se réalise, cette possibilité étant nulle. Mais bon, je ne peux pas m'empêcher d'espérer qu'un jour, peut-être, je fasse quelque chose... Quoi, je ne sais pas, mais au moins quelque chose de mémorable, et de bien.

Puis autre chose me vint en tête, une autre question, une autre idée qui avait fleurit à force de voir d'autres gens le faire. Jusque là nous marchions tranquillement, parlant de tout et de rien, ressassant d'anciennes nuits, décrivant des souvenirs, mais alors qu'on s'était arrêté et assis sur le bord d'une fontaine, je me tournai franchement vers lui pour lui demander le plus sérieusement du monde:

"Dis Shad, est-ce que toi tu fais partie d'un groupe? Un groupe de Voyageurs, je veux dire. J'en ai déjà vu passer, ça m'a l'air cool."

Je ne sais pas si je m'épanouirais ou pas dans un tel groupe. D'un côté, ça serait forcément rassurant d'avoir des amis à trouver régulièrement, et c'est forcément plus simple de monter des grandes choses à plusieurs, mais... Je me suis peu à peu habituée à voir des gens différents chaque nuit, surtout à cause de mon pouvoir: j'ai des amis mais je ne les revois souvent jamais, et quelque part, ça ne me gêne pas trop. Pas que je ne les aime pas, loin de là, c'est juste une habitude que j'ai prise. Une différence avec la réalité, où j'ai des potes sur le long terme... Je tripotais l'une de mes mèches folle contre ma joue en laissant mon regard se balader dans le ciel, avant d'embrasser d'un regard la petite place où on était posés. Des cafés, des magasins, pas mal de maisons ou de petits immeubles, des voitures qui passaient ça et là... Hum.

"Hey, plutôt qu'rester là à avoir l'impression qu'on est à la maison... T'as un maillot de bain? J'crois que le camping a une piscine, on pourrait y faire un tour avant le dîner, non? On a déjeuné tard mais on a encore le temps!"
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Sam 16 Avr 2016 - 23:55
Shad se laissait doucement bercer par la brise légère, écoutant le chant des oiseaux. Le chant des oiseaux… ça lui rappelait les cris des mouettes sur la côte anglaise. Et ça lui manquait. Il était tellement déchiré entre deux choses qui lui tenaient vraiment à cœur… D’un côté il n’appréciait pas particulièrement la France, mais il y a avait là sa mère, quelques amis, sa copine. De l’autre côté il y avait son pays natale, son père, la beauté de Canterbury et la vivacité de Londres. Mais il savait qu’un jour ou l’autre il serait amené à y retourner. Il en avait le pressentiment. La question de Mara le sortit de sa rêverie. Pourquoi n’en avait-il pas parlé à sa mère ? Et bien pour diverses raisons. Tout d’abord parce que quelque part, ça avait finit par lui plaire de tenir un secret de ce genre. Le jeune anglais avait mit du temps à réaliser ce qu’il était devenu et les possibilités que cela lui ouvrait. Les premières nuits, il était tellement excité de se rendre dans le monde onirique qu’il en avait eu  parfois du mal à s’endormir. Ça lui avait semblé tellement surréaliste ; et quelque part ça l’est encore.

-Et bien je ne saurais pas vraiment comment t’expliquer ça, Mara. Je ne sais pas vraiment mentir et contrairement à toi, je n’avais pas l’excuse des médicaments. Tout d’abord, ma mère me connait par cœur et aurait surement décelé le mensonge très rapidement. Ensuite, j’ai trainé cette peur pendant plus de dix ans… étant donné que cette histoire m’est arrivée quand j’avais sept ans. Ça lui aurait peut être parut étrange qu’elle me quitte subitement, c’est peut être pour ça que je n’ai pas voulu tenter le coup.

Cette question avait cependant le mérite d’être étudié. Peut être qu’un jour il devra trouver un moyen d’en faire part à sa mère ; ça lui fera une raison en moins de se faire du souci pour lui. Et puis au moins, il pourrait continuer à vivre sa vie de voyageur sans se poser de question ou craindre de voir sa mère débarquer au milieu de l’une de ses situations foireuses dans lesquelles il a l’habitude de se mettre ; tout ça pendant qu’elle serait en train de rêver… Le seul fait d’imaginer qu’elle lui annonce au petit matin qu’elle a rêvé de lui, lui donnait des frissons. La seconde question de la petite blonde lui redonna le sourire. Un objectif, il en avait un à présent ; et un vrai. Il avait récemment fait la connaissance de voyageurs plutôt expérimentés et il avait décidé de se joindre à eux pour créer un refuge pour les créatures et voyageurs en danger. Ça, selon lui, c’était une quête honorable et il était fier d’en faire partie.

-Et bien oui ! Il n’y a pas si longtemps j’ai fais la rencontre de voyageurs plutôt intéressants et ont est en train de monter un projet de refuge ensemble, pour venir en aide aux plus démunis. Ça me plait, et je sens bien avec eux. J’ai fais mes premières nuit avec un voyageur du nom de Tommy Fawl aussi, mais je ne le vois plus en ce moment et j’espère qu’il va bien… Je ne sais pas si tu le connais, c’est un gars plutôt jeune avec des cheveux presque rouge et il manipule un nuage magique.

Lui racontant quelques anecdotes qu’il avait vécu avec Tommy ou encore Dan dans le Dreamarket, Shad illustrait ses propos avec de grand geste en marchant, se stoppant de temps à autre d’un air gêné en croisant des passants. A défaut d’être compris des gens que ça ne concernaient pas, Il était préférable d’éviter de passer pour un cingler. Ils arrivèrent jusqu'à la petite fontaine et s’y posèrent quelques minutes pour continuer leur discussion. La question suivante de la jeune fille le fit soudainement pouffer de rire. Il essaya de se contenir devant l’air surprit de la jeune fille, mais ne put se retenir de rire aux larmes en se tenant les côtes. Puis, essuyant brièvement le coin de son œil gauche, il lui répondit.

-Excuse moi, c’est juste que ta question m’a rappelée une nuit dont je me souviendrai toute ma vie. Ouais, je fais partie d’un groupe, on peut dire ça. Et tu as certainement entendu parler d’eux car deux d’entre eux sont relativement connus à Dreamland ; ils ont leurs réputations dans certains royaumes. C’est avec eux que je monte ce projet de refuge. Il y a Nedru Etol aussi connu sous le nom de Renard Gris, Dazh Dalreight, ou The Rock, et Hikari Nikaïdo.

Il se remémora aussitôt la nuit passée en leur compagnie dans un bar au royaume des chats. Ce fut à ce moment que le groupe des quatre voyageurs se forma. Il raconta brièvement à la jeune fille le joyeux bordel qu’avait été cette merveilleuse nuit et à quel point il s’était amusé. Ainsi s’était formé « les Fables ».  Quand elle lui proposa d’aller faire un tour à la piscine du camping, il accepta volontiers et l’invita à retourner au camping sans plus attendre. En fait, c’était une très bonne idée que venait d’avoir la petite blonde. Il n’avait jamais vraiment réussis à s’adapter aux périodes de chaleur en France et une bonne petite baignade lui ferait le plus grand bien.  Reprenant le chemin en sens inverse en compagnie de Mara, Shad se stoppa net devant la vitrine d’une petite boutique. Il avait en effet son maillot de bain, mais pas de ballon ou de quoi s’amuser dans une piscine. Et ça, il avait beau avoir vingt ans, il aimait toujours autant faire le con dans l’eau. Il fouilla le fond de sa poche pour en sortir la monnaie restante des crêpes qu’ils avaient mangés plus tôt et compta rapidement… Il lui manquait deux euros cinquante. Cela ne le découragea pas pour autant et il afficha un petit sourire malin à la jeune fille.

-Tiens, bouge pas je reviens. Regarde à quoi ça sert de faire des études en commerce.

Il entra dans la boutique et discuta quelques minutes avec la vendeuse. Lui offrant son plus beau sourire, il finit par négocier le prix d’un ballon multicolore exposé dans la vitrine. La vendeuse lui céda finalement pour la monnaie qu’il lui restait et la décrocha du présentoir en affichant un sourire attendrit à Mara à travers la vitre. Shad ressortit finalement avec le ballon et le tendit à Mara.

-Tiens, au moins on aura de quoi s’éclater un peu là bas. Tu m’excuseras, j’ai dit que tu étais ma sœur et que ce ballon te plaisait vraiment, ta bouille à dû lui plaire ; dit-il en riant, satisfait de son coup.

De retour au camping, Shad enfila rapidement son caleçon de bain affichant le drapeau anglais ainsi que le logo « sex pistols » dans sa tente et sorti en faisant quelques étirements. Puis, laissant aller son regard vers le bas, il se rappela subitement qu’il avait une geisha de presque vingt centimètres tatoué sur les côtes… Il espérait que ça ne ferait pas trop mauvais genre, mais en tout cas ce tatouage lui plaisait toujours autant. Donc pas question de l’abimer au soleil, il s’étala un peu de crème solaire. Emportant sa serviette et une paire de claquette, il partit rejoindre Mara au bord de la piscine. S’asseyant au bord en y plongeant les pieds, il se tourna vers la jeune fille.

-Et toi, Mara ? As-tu un objectif en particulier à Dreamland ?

Selon Shad, elle ne se débrouillait pas trop mal dans le monde onirique. Mais une chose lui restait encore à déterminer. Il avait prit conscience depuis un petit bout de temps déjà que les capacités physiques des voyageurs s’amélioraient avec leur expérience dans les terre oniriques. Alors, avec un petit sourire malicieux, il attrapa le ballon…

-En tout cas, voyons si tu as autant de réflexe que dans le monde onirique !

… Et lui envoya en pleine tête dans un petit « bunk » assez comique. Il y a avait très peu de chance qu’elle se soit fait mal, le ballon n’était pas rigide et pas très bien gonflé et il ne lui avait pas envoyé avec tant de force que ça.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 17 Avr 2016 - 14:53

Alors que nous nous levions pour quitter la fontaine, je pensais aux noms qu'il avait dit. Hikari, j'avais aucune idée de qui s'était, et le nom de "Renard gris" m'évoquait très vaguement quelque chose, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Par contre, Dazh... J'suis pas sûre de connaître son nom de famille donc peut-être que c'est pas lui, mais la description que Shad a fait y ressemble quand même pas mal... Je ricanais légèrement au souvenir de la nuit que j'avais passé avec lui, et fit à Shad alors qu'on s'était remis en marche:

"J'crois que j'connais Dazh, on s'est vu à Mirage Space, et on a passé une nuit..." je regardais le vide en secouant la tête, cherchant le mot juste: "... mémorable? J'pense qu'il te racontera mieux que moi si tu lui demandes."

Ouaip, mémorable. Sur le moment, c'était loin d'être marrant mais avec du recul, quand je repense à tout ce qu'on a fait, c'était... tellement incroyable. Dans le sens d'impossible à croire. Laissant le Morpheur de côté pour l'instant, je repensais au but du groupe qu'il avait rejoins. C'est vrai que c'est bien cette idée de créer une zone de paix, ça m'arrive souvent de voir des Voyageurs ou des Créatures de Rêves se battre, c'est dommage... Ouaip, la "paix dans le monde", c'est impossible... Mais peut-être qu'à Dreamland...? Peut-être qu'avec du temps, en s'impliquant, avec de la motivation...? J'suis encore jeune, mais je vais grandir avec Dreamland, le connaître de mieux en mieux, me renforcer... Qui sait de quoi je serais capable une fois adulte, après avoir tant voyagé? Peut être que je pourrais essayer de faire ça? Apporter la paix sur Dreamland... Mon pouvoir semble tout désigné pour ça en plus... Est-ce que j'en serais capable? Il me faudrait être bien plus forte que maintenant... Mes pensées papillonnèrent du côté de Megan et de Lilith, deux modèles qui m'avaient particulièrement marqué, alors qu'on s'arrêtait devant un magasin de jeux, mes yeux se posant avec envie sur un ballon coloré. Est-ce que j'ai réduit l'écart de niveau avec elles? Pour Megan, ça me paraît évident que non, elle me surpassait de bien trop loin, puis nos pouvoir son incomparables. En même temps, j'avais aucun moyen de jauger quelqu'un à l'époque, maintenant j'y arrive mieux... Je me demande comment elle va? Et pour Lilith, j'suis même pas sûre de l'avoir vue se battre à son maximum au Royaume des Doutes. J'ai pas trop de moyen de deviner du coup... Huu, je sais pas. Faudrait que je les revoie, ça serait cool, je risque pas de les croiser par hasard... Puis mieux vaut peut-être éviter de penser à elle en m'endormant, je serais capable de me retrouver dans un endroit où je suis trop faible pour survivre. Shad coupa mes réflexions en sortant du magasin, le fameux ballon entre les mains, et on échangea un grand sourire comme des gamins.

Rejoignant le parc, je courus jusqu'à notre tente, me ruant sans délicatesse à l'intérieur et commençai à trifouiller dans le sac d'affaires. Maman arriva derrière moi et s'accroupit à l'entrée pour me voir faire, me demandant d'un air surpris ce que je cherchais. Je lui lançai d'un air enjoué sans arrêter ce que je faisais qu'on allait à la piscine avec Shad, et elle sembla surprise un instant avant de m'indiquer en souriant où était rangé ce que je cherchais, me rappelant de prendre une serviette au passage. La remerciant à vive voix, j'entrepris d'enfiler mon maillot de bain une pièce, bleu avec des lignes blanches, et j'attrapai une pair de tongs avant de me précipiter vers la piscine, ma serviette sur l'épaule.

Ouvrant la porte d'un coup de coude, je lançai un coup d’œil, balançant ma serviette sur une chaise libre, et vis que Shad n'était pas encore là. Il n'y avait pas grand monde dans la piscine, mais au moins un vieux qui faisait des longueurs avec une tête de dépressif et deux ados qui restaient collés l'un à l'autre à un bord de la piscine. Il arriva finalement peu après moi, et je vis avec surprise qu'il avait un tatouage avec un style d'estampe asiatique sur les côtes, mais je le distinguais mal. En tous cas il avait l'air joli. Défaisant ma coiffure, je pris mon chouchou entre mes lèvres et natta acrobatiquement ma tignasse blonde pour ne pas qu'elle gêne trop une fois dans l'eau, en le regardant approcher du coin de l’œil.

Il s'assit finalement au bord de la piscine à côté de moi, alors que je finissais de nouer mon élastique, et il me posa la fameuse question de mon objectif à Dreamland. Hésitant un instant, je lâchai finalement:

"J'sais pas trop, j'ai jamais eu de vrai objectif. Mais du coup tu m'as donné une idée avec celui de ton groupe, on verra bien!"

Je voulais pas trop s'avancer sur une idée aussi récente, ça faisait moins d'une heure que j'avais ça en tête quand même, je pouvais encore changer d'avis... Mais ça me plaisait de me dire que peut-être que je n'avançais plus totalement au pif. Même si cet objectif était absurdement idéaliste et totalement hors de ma portée. Je sentis un léger "bunk" résonner contre ma tempe, et ma tête se décala de quelques millimètres. Posant ma main sur la surface du choc, je regardais autour de moi d'un air surpris. Quoi? Qu'est-ce qu-... Oh, Shad. Un sourire plein de mauvaises intentions se dessina sur mon visage, et je jetai un œil au ballon qui finissait de rebondir par terre. S'il veut jouer à ça... Faisant quelques pas vers la balle, je fis volte-face et poussa de toutes mes forces le Voyageur dans l'eau, alors qu'il ne s'y attendait pas. Puis, attrapant l'objet entre mes bras, je pris quelques foulées d'élan avant de sauter à mon tour à proximité de lui dans une bombe bien compacte, me bouchant le nez et serrant les paupières en attendant le choc de l'eau froide.

Je ne sus pas si je l'avais bien éclaboussé ou pas, lâchant le ballon pour me laisser un peu couler dans l'eau fraîche qui me tirait la peau, entrouvrant les yeux malgré le chlore dans un bleu tout sauf naturel. J'adorais cette sensation de légèreté, je ne sentais même plus le poids de mes cheveux sur mon dos. Finalement, je rejoignis la lumière en battant mes jambes, m'agrippant au ballon pour flotter, et j'éclatai de rire devant la tête mouillée de Shad. Finalement, lui lançant que je lui rendais son cadeau, je levai le ballon vers le haut en tentant de ne pas me noyer et le balançai aussi fort que possible vers lui, à savoir qu'il retomba dans l'eau un peu avant sa cible. Ricanant encore, je nageai anarchiquement vers le bord opposé du bassin pour m'y accrocher, lançant un regard de défi au garçon.

On passa pas mal de temps à faire les idiots dans la piscine, gênant assez le vieux pour qu'il parte dans un grognement malgré nos excuses, mais si le couple d'ado nous lançait parfois des coups d’œil un peu moqueurs, eux restaient dans leur coin. Quand on ne se battait pas dans l'eau, batailles qui finissaient souvent par la victoire de Shad, on soufflait un peu sur le bord en discutant de l'endroit où on voulait passer la nuit, des Royaumes qui existaient peut-être et qu'on aimerait bien voir, de ceux qu'on avait déjà vu et où on voulait retourner, des trucs qu'on aimerait faire...

Finalement, alors qu'on commençait plus ou moins à faire la planche, moi regardant mes doigts fripés par l'eau, je vis du coin de l’œil Papa se pencher à la rambarde entourant la piscine, faisant coucou de la main et nous lançant:

"Allez les jeunes, faut vous rhabiller, on va bientôt dîner!"

Et il partit dès qu'on lui fit signe qu'on avait entendu. Renonçant à me hisser à la force de mes bras sur le rebord, je rejoignis l'échelle et attrapa ma serviette pour commencer à me sécher, échangeant un regard complice avec Shad. J'étais épuisée et morte de faim: on avait peut-être déjeuné tard mais quand même, on avait pas goûté!
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mar 19 Avr 2016 - 21:44
Le jeune anglais retomba subitement en enfance. La gamine lui avait fait le bon vieux coup de la feinte, et bien sûr il s’était fait avoir. Ils rirent et jouèrent ensembles pendant presque deux heures, éclaboussant un vieux grinchons et passant outre les moqueries des deux ados. Shad profita de l’instant, car il était bien plus simple pour lui de la couler dans cette piscine que de prendre le dessus sur elle dans le monde onirique. Il y a toujours eu un écart de puissance entre eux, ou bien de tout simplement de maitrise du pouvoir ; et elle était devant lui. Lorsque le père de la jeune fille vint les chercher pour le départ au restaurant, Shad rendit un petit clin d’œil à Mara et enfila ses claquettes. Le couple d’ados les suivait du regard avec un air toujours aussi moqueur. Mais qu’est ce qu’ils pouvaient bien y avoir de drôle ; ça l’invocateur se le demandait. Drôle de mentalité, Mara et lui n’était pas frère et sœur mais cela aurait put être le cas donc il n’y avait rien d’étrange à voir deux jeunes de leurs âges s’amuser ensemble.

Comme une réponse à leurs provocations puériles, Shad attrapa la jeune fille par la taille et la cala sur son épaule. Riant des plaintes de la petite blonde, il sortit fièrement de la piscine en l’a portant comme un sac a patate.


-Shad, veux tu bien la poser.

Ah, Miranda. Elle avait le flair pour savoir quand il était en train de faire l’andouille. Mais bon, il était inutile de discuter même si la scène avait tout de même fait rire les parents de Mara. Il reposa la jeune fille et se mit à chercher sa serviette. Il la retrouva en se retournant, dans les mains de Gérald. Le petit homme venait lui apporter la serviette qu’il avait oubliée sur une chaise longue. Le sourire du jeune homme s’effaça rapidement pour laisser place à un air neutre et dénué de toute sympathie.

-Shad, tu avais oubli…

Il n’eu pas le temps de finir sa phrase que Shad lui hotta la serviette des mains d’un coup sec et partit se changer dans sa tente dans un mot. Le pauvre Gérald resta sans bouger, regardant Shad s’éloigné d’un air désemparé. Le pauvre ne savait plus quoi faire, et Miranda lui rendit un regard désolé en soupirant longuement. Ça allait sûrement être long, mais il finirait bien par s’y faire un jour. Les deux familles se préparèrent donc pour partir au restaurant et se mirent en route. La jeune fille avait l’air d’avoir faim, aussi Shad lui glissa discrètement un gâteau quand ses parents détournèrent le regard. Sur la route les deux voyageurs continuèrent à discuter des différents royaumes qu’ils pourraient visiter durant la nuit. Ils parlaient le plus discrètement possible et seul Gérald semblait leur lancer des petits regards interrogateurs.

-On va où tu veux sauf a Kazinopolis ; lui souffla l’invocateur.

Arrivé au restaurant, le serveur vint rapidement à leur rencontre et les installa à la table qu’ils avaient réservée. Shad s’installa aux côtés de sa mère, juste en face de Mara. Etant arrivés assez tôt, ils purent commander assez rapidement. Durant le repas, les deux jeunes voyageurs ne purent réellement participer à la discussion qui portait sur des sujets assez barbants tels que la politique et l’économie. Grattant le fond de son assiette avec sa fourchette, Shad commençait sérieusement à se faire chier et attendait la nuit avec impatiente. Ils restèrent bien deux bonne heures a table, continuant de discuter inlassablement jusqu’à ce que l’invocateur commence a somnoler, manquant de peu de s’écraser le nez dans sa coupelle de glace vide. Quand l’horloge pointa 22 heures, la tablé se leva et se prépara à quitter les lieux. Soudainement motivé a retrouver sa couchette, Shad enfila son blouson rapidement et partit attendre à l’entrée du restaurant et prenant soin de souhaiter une bonne soirée au personnel.

Attendant que le reste du groupe ai finit de vérifier qu’ils n’avaient rien oublié, Shad esquissa quelque pas sur le trottoir en compagnie de Mara et posa le pied sur le passage piéton quand un bruit de moteur se rapprocha a toute vitesse.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mar 19 Avr 2016 - 23:41
Franchement, le restaurant avait été super bon. Me contentant malgré tout du menu enfant à cause de mon petit appétit, et du gâteau que Shad m'avait passé, j'avais pas été déçue par le steak-frite qu'on m'avait servit, et le fondant au chocolat à la fin passait tout seul, même si c'était que de la gourmandise. Dire que Shad et moi nous étions plus ou moins mis d'accord sur le Royaume des Sucreries, je commençais à me demander si j'avais encore envie de voir du chocolat fondu. Enfin, je commençais vraiment à être épuisée, je m'étais levée tôt pour avoir le temps de lancer une partie de Civ, et on avait pas mal bougé pendant l'aprèm'. Ce fut sans doute en voyant nos têtes de zombies ennuyés, à Shad et à moi, que les adultes décidèrent que c'était assez pour ce dîner.

Quand on quitta le restaurant, la nuit était en train de tomber, et on resta un instant immobiles à la sortie pour regarder les couleurs orangées du ciel, qui cédaient peu à peu leur place à un bleu plus sombre où une étoile plus brillante que les autres pointait déjà. L'air frais était franchement agréable après l'atmosphère étouffante de l'intérieur, et j'écoutais à moitié les discussion des grands qui sortaient enfin, en respirant profondément. Maintenant qu'on s'était bien mis d'accord avec Shad pour savoir dans quel Royaume on irait, j'avais hâte. Passer la nuit avec un Voyageur qu'on s'attendait à trouver était quelque chose de nouveau pour moi. Et en plus, ça n'allait pas être à Kazinopolis, ce qui était parfait.

Finalement on se mit en route pour rentrer au camping, alors que la conversation glissait tranquillement autour de la musique. Traversant un premier passage piéton, on vit une voiture passer juste devant nous sans ralentir, générant une plainte de Maman sur la stupidité des kékés aux volants le samedi soir. C'était vrai qu'il y avait pas mal de véhicules qui circulaient, avec un bruit de moto qui sortait parfois du lot, l'endroit était loin d'être calme. Au moins, le camping n'était pas à côté du centre-ville et la pollution sonore ne nous atteignait pas.

Tirant la fermeture éclaire de mon pull alors que l'air commençait à se rafraîchir, je sentis mon téléphone biper dans la poche de ma veste. Le sortant pour voir qui m'envoyait un message, marchant un peu plus lentement que les autres pour lire les petits caractères, je souris en constatant que l'une de mes copines s'inquiétait de mon week-end. Suivant les autres en mode automatique le long du trottoir d'en face, je tapai un rapide message lui disant que ça se passait vachement mieux que je n'avais cru et alors même que je faisais signe de ranger l'appareil, elle me répondait déjà, insistant pour que je lui raconte.

Levant la tête, je vis que les adultes étaient déjà à quelques mètres de moi, en train de tourner au coin et je trottinai pour les rattraper. Lorsque Maman me demanda si ça allait, je lui répondis juste que je discutais avec une pote, et elle sembla s'en contenter. Replongeant mon nez vers mon clavier, je me demandais par où commencer. Je peux pas expliquer que j'avais croisé un Voyageur que je connais, elle comprendrait pas. Dire que le fils de nos amis est un type que je connaissais d'avant? Nah, je saurais pas quoi inventer comme histoire pour justifier qu'on ait un tel écart d'âge, et je devine qu'elle me taquinerait. Elle est du genre à faire des blagues de grandes et de sous-entendre que j'suis amoureuse de lui. Ouais, juste dire que je m'entends bien avec lui devrait suffire, j'avais qu'à dire que c'était un joueur aussi, c'est un truc qu'elle irait pas vérifier.

Profitant que le groupe se soit arrêté, je commençais à taper mon message, me concentrant sur les touches en tirant la langue, plissant les yeux pour les distinguer malgré la pénombre ambiante. Il ne faisait plus jour, mais le soleil n'était pas assez couché pour que le rétroéclairage des touches ne se voit. En plus, j'avais le soleil qui tapait dans mon œil droit, c'était assez désagréable. Voyant cependant du coin de ma vision que les autres s'étaient remis à marcher, je les suivis en choisissant mes mots pour décrire sans en faire des tonnes pourquoi la journée était vachement cool. C'était pratique en fait, une fois qu'on avait adopté l'excuse du jeux vidéo, parler de Dreamland comme on parlait d'un jeu faisait un peu nerd mais c'était pas si absurde que ça. C'était sans doute ce qu'imaginaient les Rêveurs qui surprenaient les conversations des Voyageurs...

"Mara, regarde quand tu traverses! Et range ton téléphone!"

La voix de Papa me fit sursauter et mon appareil me glissa des mains. Lançant un "Oui!" agacé par son manque de confiance, je me baissai pour récupérer l'objet au sol. Et un bruit strident surgit dans mes oreilles. Me redressant, je cherchai du regard son origine, à ma gauche, et je la vis. Elle a l'air assez banale, d'un gris commun, pour une voiture commune à mes yeux. Je ne me suis jamais vraiment intéressée aux marques de voitures, j'y connais vraiment rien. Mon regard s'était fixé sur les phares éblouissants du véhicule, et le reflet du soleil couchant sur le part-brise empêcher de distinguer une silhouette à l'intérieur, c'était comme s'il se ruait tout seul vers moi.

Le temps semblait passer au ralentit, boosté par l'adrénaline et mon instinct de survie. Mes sens accumulaient plein d'informations mais mon corps ne suivait pas, resté dans une dimension normal. Je pris bien une demi-seconde avant de vraiment comprendre que la voiture approchait beaucoup trop vite. L'éclat de la carrosserie m'éblouissait. Le bruit du moteur, le crissement des pneus contre le sol me déchirait les oreilles, mais je n'avais l'impression d’entendre que les douloureux battements derrière mes oreilles, à la limite de mon crâne et de ma nuque. L'odeur de la ville, l'odeur des voitures mélangée à celle du parc, du pollen qui volait m'envahissait les narine, refluant dans ma bouche. Je sentais le sol trembler sous mes pieds, j'avais terriblement froid. Tout allait trop lentement, tout allait trop vite. Bouge, bouge, mais bouge! Fuis, court! Pourquoi mes pieds ne se décollent pas de ce foutu sol? Je me sentais à Dreamland, dans une situation d'urgence où mon corps aux capacités démultipliées aurait agis par lui-même avant que je n'ai seulement le temps de penser. Je serais mon portable si fort dans ma main droite que j'en avais mal aux articulations, et je devinais la moiteur de ma paume.

Finalement, mon genou se plia, mon talon daigna se soulever du bitume. Je n'avais aucun talent pour évaluer les distances, mais la menace me semblait proche, terriblement proche, et elle poursuivait sa charge. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'elle disait, pas moyen qu'une onde de confiance ne marche pour la stopper.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mer 20 Avr 2016 - 22:08
Shad avançait tranquillement le long du trottoir en suivant le mouvement, le regard dans le vide. Mara pianotait sur son téléphone, discutant sûrement avec ses amis. Shad, lui, se contentait de bailler toutes les dix secondes en laissant ses mains au fond de ses poches. Il était fatigué, et malgré le fait que sa journée avait été bien moins ennuyeuse grâce à la présence de la jeune fille, les discutions des adultes l’avait pas mal agacé.  La température était relativement douce, mais malgré ça la fatigue le faisait frissonner et la digestion se faisait pesante. Trainant un peu le pas, Shad laissa Mara prendre de l’avance et se retrouva ainsi derrière le groupe. Il sourit légèrement en observant le père de Mara faire une remontrance à la petite blonde puis il tourna la tête au loin vers la route. Tout était calme, hormis quelques passants le quartier était bercé dans un calme plat. Le calme ambiant et la brise douce et légère n’aurait pas pour autant laisser présager ce qui allait suivre. Le jeune anglais l’avait aperçut du coin de l’œil, au moment où il avait déboulé à l’angle de la rue. Une voiture aux vitres teintées, roulant à une vitesse largement supérieure à celle autorisée en ville. Etait-il ivre, ou sous l’emprise de drogue, ou encore essayait-il de fuir quelque chose ; la seule chose dont Shad était sûr c’est que Mara était en danger.

Miranda affichait une expression horrifiée, tandis que les parents de la jeune fille se retournaient brusquement. La mère était presque au bord de la crise d’angoisse tandis que le père avait déjà entamé une courses contre la montre d’un pas précipité pour échapper sa fille d’un funeste destin, mais il était déjà bien trop tard. La jeune fille semblait s’être pétrifiée, incapable de réagir face à ce monstre de ferraille à la respiration brulante et saccadée. Le jeune anglais n’avait pas quitté le petite blonde des yeux dès l’instant où elle avait commencé à traversé la chaussé. Lui qui était resté en retrait par rapport au reste du groupe, avait eu le temps d’observer la scène ; En réalité, il ne se trouvait pas si loin que ça de Mara. Il était même assez proche de la bordure su trottoir. Si proche qu’il lui était impossible de ne pas tenter d’intervenir. Il devait le faire, mais son instinct lui hurlait de s’écarter, de ne pas approcher. C’était dangereux, mais sa conscience finit par prendre le dessus et l’emmena malgré lui rejoindre la jeune fille. Sous ses yeux, il était hors de question de laisser une telle chose se produire. Elle était trop jeune, trop douée pour être victime d’un gâchis pareil. Lui il était là, adulte, responsable. Il était son ainé, la protéger et lui venir en aide était son rôle et son devoir.

Ces pensés lui traversait l’esprit à la vitesse de l’éclair tandis qu’il pouvait presque sentir le souffle chaud du radiateur de la voiture, une main tendu vers l’adolescente. Il pouvait bien mourir, ou bien finir handicapé jusqu'à la fin de ses jours, de toute façon il était trop tard. Si elle n’en réchappait pas alors qu’il avait était en mesure d’intervenir, jamais plus il n’aurait été capable de se regarder dans un miroir. Son cœur avait atteint un rythme presque surnaturel, lui défonçant la poitrine, faisant pulser dans ses veines des torrents de sang et d’adrénaline. Tout n’était que bruit et horreur autour de lui. Des cris ; ou des pleurs peut être ; stupéfaction de l’autre rive de la route dans les regards des passants, crissement de pneus, lumière aveuglante… Le cauchemar devenait réalité. Puis le temps repris son cours normal et Shad faucha la jeune fille dans une grande impulsion, la serrant dans bras dans bond dont il n’avait pas cherché à mesurer l’ampleur. Pendant un court instant, il cru sentir son talon frôler le capot de la voiture. C’était fort probable d’ailleurs, car à cette instant et à entendre les expressions horrifiées dans parents, ils avaient tous deux échappés à une mort proche et très violente.

Shad s’écrase au sol, tombant sur son épaule. Le choc avait était douloureux pour lui, Mais au moins Mara allait bien. Il se releva difficilement, tremblant de panique, mais il s’en était sortit avec quelques égratignures.  Reprenant sa respiration difficilement, il posa sa main moite sur la tête de la jeune fille et la serra contre lui. Affichant un air terrifié, les yeux exorbités, les vêtements trempés de sueur, il ne put que balbutier que quelques mots à voix basse en regardant dans le vide.

-La fin du voyage n’est pas passée loin….

Les parents de la jeune fille la lui enlevèrent des bras, la serrant contre eux à leur tour, le laissant assis au sol encore sous le choc. Miranda l’aida à se relever et le pris également dans ses bras en remerciant le seigneur d’une prière récitée en anglais. Quelques instants plus tard, la mémoire du garçon semblait s’être réinitialisée le temps du retour jusqu’au camping. Il s’allongea sur son matelas gonflable, fermant les yeux et tomba de fatigue en pensant à la jeune fille …


-Salut morveux.

-…….Salut Hoji.

-bha quoi ? On dirais que t’as vu la mort ?... Bordel, mais où est ce que tu nous as amené encore ?
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Jeu 21 Avr 2016 - 10:06

Un choc dans mon dos, fort. Je ne pensais à rien de concret, et je ne cherchais pas à penser à quoi que ce soit. J'étais tout simplement convaincue que ce choc était celui de la voiture qui continuait sa route derrière moi, et que la prochaine étape était l'impact de ma tête contre le bitume. Mes yeux s'étaient fermés par instinct, comme si je voulais les protéger même dans la mort, m'épargner une toute petite douleur supplémentaire.

Mais l'impact ne vint pas. Enfin si, je sentis mon corps tomber, mon épaule percuter le sol, mais c'était tout. Est-ce que c'était comme ça? Plus de douleurs, plus rien? C'était moins horrible que je ne craignais. En même temps, c'était pas très bien fichu: j'avais un peu mal à l'épaule et je sentais toujours un truc contre mon dos. Normalement, quand on était mort, on sentait plus rien, non? Puis on était pas sensés entendre non plus, et là j'entendais très bien le bruit du moteur qui s'éloignait, et des cris autour de moi.

Mes yeux s'ouvrirent, tandis que je me sentais me redresser. Mon regard était flou, parcouru de petits points blancs qui bougeaient et de tâches sombres au milieu de mon champs de vision, et mes poumons me faisaient mal. Me rendant compte que j'étais en apnée, j'inspirai brusquement et pris enfin pleinement conscience de tous ce qu'il s'était passé. J'étais à moitié éblouie par les phares, l'ensemble de mes muscles étaient tendus à l'extrême, et je me rendis compte que le son sourd qui se répétait était juste le sang qui battait à mes tempes.

Je constatais que quelqu'un me serrait, sentant un petit poids contre ma tête, et je me raccrochais à ça, mon corps toujours tendus à en être douloureux. Je n'arrivais pas à penser, à réfléchir, je reprenais juste lentement le contrôle de mon corps, me forçant à déglutir. Mes jambes étaient trop faibles pour supporter mon point, elles étaient juste là pour me caler contre mon soutien. J'entendis quelque chose à mon oreille, et je reconnus la voix de Shad. On était à Dreamland? On était encore à Kazinopolis, en face des rats? Toute la suite n'avait été qu'une illusion?

Je sentis quelque chose m'agripper, mais je n'avais pas assez repris le contrôle de mon corps pour me débattre et me laissai emporter, me sentant de nouveau serrée contre quelque chose. Je sentis l'odeur de Maman avant même de reconnaître son pull, et je vis Papa juste à côté, qui faisait quelque chose. Je sentais qu'on essayait de défaire les doigts de ma main droite, puis qu'on en retirait quelque chose. Je devinais mon père qui rangeait mon portable dans une poche, et qui s'approchait pour nous prendre toutes deux dans ses bras.

À présent que je n'avais plus de prise contre ma paume, je sentis tous mes muscles se relâcher, et mon corps entier fut pris de violents frissonnements. Je sentais Maman qui me serrait entre ses bras en tremblant, caressant mes cheveux et me murmurant des paroles rassurantes. Papa se contentait de nous serrer toutes les deux très fort, et je sentais son pouce caresser mon épaule. Je me rendis compte que sous le coup du choc, mes yeux pleuraient sans que je ne sanglote, c'était étrange.

La mort. Cette notion était arrivée comme ça dans mon esprit, sans que je ne lui demande rien. Après tout, c'était évident, comment survivre à un choc pareil? À part à Dreamland peut-être. Pourquoi avais-je pensé à Dreamland sur le coup? Pourquoi est-ce que ça avait été le premier truc à me venir? Est-ce que ça ne m'avait pas ralenti, voir bloqué? Il s'agissait pourtant de ma vie, la vraie, qui était en jeu. Dreamland aurait dû être secondaire dans ma tête, ces deux vies n'avaient pas la même valeur, alors pourquoi?

Je sentis Papa me soulever du sol, me portant dans ses bras sans grandes difficultés, et notre groupe alla sans doute en direction de camping, tandis que ma tête appuyée sur son épaule me donnait une vue plongeante sur l'endroit qui avait faillit me faire perdre mes deux vies d'un coup.

______

Finissant de se préparer, Stéphane Leros se glissa dans le sac de couchage double pour rejoindre sa femme. Cette dernière demanda d'un ton enroué:

"Elle va bien?"

L'homme acquiesça doucement et la prit dans ses bras. Il venait d'avoir couché leur fille qui lui avait assuré que ce n'était pas la peine de rester jusqu'à ce qu'elle ne s'endorme. Elle avait semblé nerveuse, épuisée par les événements, mais il avait plus ou moins compris ce qu'elle avait voulu. Depuis que ses cauchemars s'étaient arrêtés, elle mettait un point d'honneur à vouloir se coucher seule, sans doute par fierté ou pour montrer qu'elle grandissait. Mais pour une fois, il aurait bien aimé rester avec elle. Mais bon, il avait une autre femme à consoler.

"J'ai eu tellement peur, je n'ai rien pu faire..." souffla-t-elle. "Je ne remercierais jamais assez Shad..."

"Ne t'inquiète pas, c'est terminé."

Il la serra plus fort dans ses bras, mais il ne réussit pas à cacher le léger tremblement qu'avait pris sa voix.


-> À suivre dans Chemins croisés - Nuit
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Dim 14 Aoû 2016 - 20:17
-> Suite de Chemin croisés - nuit



J'ouvris lentement les yeux pour les protéger de la lumière qui filtrait à travers ma tente verte. Que s'est-il passé... ah, oui. Je refermais les yeux, me forçant à respirer calmement tout en reconstituant les événements de la nuit. Je tirais une main de mon sac de couchage pour la poser sur mon front. Finalement, j'ai survécu... Même si ce n'était pas grâce à mon réveil, mais à celui de Shad. Il paraît qu'en mourant à Dreamland, on oublie tous ses souvenirs de Voyageurs... Est-ce vraiment possible? J'étais dans un état terrible, j'ai commencé à haïr Shad, j'aurais pas cru ça possible. Mais s'il avait réussi... s'il avait fini par me battre, me serais-je vraiment réveillée avec un esprit neutre? Était-il vraiment possible de passer de sentiments aussi fort à un vide total? N'aurais-je pas commencé à détester Shad en vrai, sans savoir pourquoi?

La fillette frissonna et se retourna. Elle était si contente que Shad se soit réveillé, avant que l'un des deux ne commette l'irréparable. Elle était dans un tel état quand le poids sur son corps s'était transformé en nuage de fumée que la simple présence de Gerald avait été quelque chose à quoi se raccrocher. Il avait dû être ébranlé lui aussi. Vu ce qu'il faisait de ses nuits jusque là, c'était très possible que ce ne soit la première fois qu'il n'assiste à ce genre de combat. Et pour sa part, c'était bien la première fois qu'elle avait une telle impression de défaite, sans la moindre demi-lueur d'espoir, au terme d'une nuit.

Décidant que se morfondre ne lui apporterait rien de plus pour l'instant, elle entreprit de mettre la violence de la fin de cette nuit particulièrement pourrie de côté pour s'intéresser au monde réel. Bon, qu'est-ce qui l'avait réveillée du coup? La lumière peut-être? Les bruits n'avaient rien de particulier pour l'instant... ah, l'odeur. L'odeur du café. Elle s'enfonça un peu dans sa couchette en fronçant le nez dans un grognement, puis se dit que son père devait sans doute être dehors. L'objectif du début de la nuit lui revint en tête, et la cause potentielle du réveil de l'homme aussi. Il s'était littéralement fait abattre. Elle espérait qu'il avait au moins pu se reposer...

S'extirpant finalement de son sac de couchage, enfilant des tongs pour ne pas se geler les pieds dans la rosée du matin, elle sortit de sa tente en pyjama pour voir son père faire chauffer de l'eau sur la flamme d'une petite bouteille de gaz. En l'entendant sortir, il lui lança un sourire même si elle distinguait dans son regard une étincelle d'inquiétude. Elle se demanda pendant un instant s'il se souvenait de son rêve, avant de se rappeler des événements de la veille. Oui, bien sûr, la voiture, la peur, tout ça... Ça semblait tellement ridicule à présent. Et c'était grave. Les dangers de la vie réelle ne devraient pas paraître ridicules par rapporte à ceux de Dreamland...

Pour se donner une contenance, elle frotta ses yeux d'une main et se força à sourire à son père, quand il lui demanda si ça allait mieux. Et quand elle-même lui demanda s'il avait bien dormi et s'il était réveillé depuis longtemps, il répondit par l'affirmative en annonçant qu'il était levé depuis une demi-heure. Trente minutes... Elle ne se rendait pas trop compte de si ça lui semblait court ou long, comparé à l'idée qu'elle se faisait du combat avec Shad... Ce dernier n'était en tous cas pas encore sorti de sa tente. En même temps, à vue de nez sur la montre de son père, il semblait juste être huit heures... Notant d'ailleurs la tasse sale alors qu'elle se laissait tomber à côté de lui, dans l'herbe, elle lâcha:

"T'as déjà bu ton café?" puis après une seconde de réflexion, elle raisonna: "Atta, tu fait de l'eau là... T'as déjà bu une cafetière entière? Tout seul?"

Stéphane Leros s'autorisa à rire doucement devant l'air outré de sa fille, avant de se justifier:

"Ne me fait pas ces yeux là, c'est une petite cafetière, ça ne fait que deux tasses!"

"Accro." souffla la fillette en laissant tomber sa tête sur son épaule, sur le ton de l'humour qu'elle sortait à chaque fois qu'elle parlait de la relation de son père avec cette boisson.

"Absolument pas." nia son interlocuteur sur le même ton, avant de demander: "Tu as faim? Soif?"

La petite fit non de la tête, l'estomac trop noué pour avaler quoi que ce soit, et l'autre conclut alors: "Il faut que tu manges le matin. Je te laisse jusqu'à ce que les autres se réveillent mais tu as intérêt à avaler quelque chose."

L'enfant haussa les épaules et un silence s'installa tranquillement. Alors qu'elle avait l'impression de somnoler sur son père, celui-ci coupa le gaz sous la bouilloire qui commençait à siffler et passa une main dans ses cheveux pour attirer son attention en lui souriant. Toujours à voix basse pour ne pas gêner ceux qui dormaient, il souffla:

"Il y a un coin un peu tranquille et isolé entre les arbres plus loin... Tu veux que j'aille chercher ma guitare dans la voiture?"

La fillette releva vivement la tête vers son père, qui répondit d'un clin d’œil à son sourire qui valait tous les "oui" du monde.

"Dommage que j'ai pas pris ma flûte..." regretta-t-elle cependant en se relevant, ce à quoi le musicien rétorqua:

"C'est en effet le genre d'oubli qu'on peut faire en boudant... Enfin, je t'en aurais empêché, un camping n'est pas du tout un endroit adapté pour un tel instrument. N'hésite pas à t'échauffer un peu la voix!"

La fillette acquiesça en s'étirant alors que son père allait vers le parking. Elle commença par fredonner des gammes pour se dérouiller la voix en douceur et alla un peu s'enfoncer entre les arbres qui bordaient leur emplacement pour oser ouvrir la bouche. Elle grimaça un peu en s'entendant: le matin, c'était quand même vraiment pas glorieux... Mais bon, même d'habitude, elle trouvait qu'elle ne chantait pas exceptionnellement bien. Elle aimait ça et avait un bon souffle, elle ne chantait pas faux, mais elle avait une voix loin d'être remarquable. Surtout qu'à son âge, elle restait vachement aiguë, lui interdisant pas mal d'octaves...

Ces quelques jugements personnels furent interrompus par le retour de son père, transportant en bandoulière une guitare folk au bois clair qui, bien qu'entretenue, laissait deviner qu'elle commençait à dater. Il s'installa sur un tronc couché et avant qu'il ne pose son instrument sur ses genoux, la blondinette s'imposa entre ses jambes et en s'adossant à son torse.

"Tu me facilites pas la tâche, tu sais?" lâcha-t-il en souriant.

"Si tu joues un peu moins bien, j'me sentirais moins mal si je ripe sur l'air" rétorqua-t-elle avec un faux sérieux qui força son père à se retenir d'éclater de rire.

"Allez, tu veux quoi?" souria-t-il.

"Santiano!" s'exclama la jeune fille qui avait eut le temps d'y réfléchir un peu.

L'homme entreprit alors de passer sa guitare devant Mara, la coinçant contre lui pour pouvoir atteindre les cordes quand même et après avoir vérifié que l'instrument était correctement accordé, il fit quelques accords au hasard avant de lancer dans l'air rythmé de la chanson, prenant malgré tout soin de ne pas jouer trop fort. Quand il fut lancé, il fit remarquer à la petite que c'était quand elle voulait, et quand elle eut saisit le tempo, l'enfant commença donc l'histoire du fameux trois-mâts. Elle chantait de façon moins saccadé que le chanteur original, elle enchaînait les paroles plus fluidement, même si ça changeait le rythme du chant. Elle préférait comme ça à vrai dire.

Chantant doucement, elle évacuait les pensées négatives qui lui tournaient autour, ses réflexions et souvenirs de la nuit. Ses considérations à propos de Shad, son déséquilibre entre la vie réelle et Dreamland, ses valeurs personnelles et ses ambitions qui semblaient jouer au yoyo... Tout ça partait voir ailleurs alors qu'elle se concentrait pour suivre son père et pour se souvenir des paroles. Une fois l'air fini, les deux prirent quelques instants pour reprendre leur souffle, et quand le père demanda ce qu'elle voulait, elle haussa les épaules, le laissant choisir. Il partit donc sur l'air du café d'Oldelaf, parvenant à faire rire la jeune fille qui se fit une joie de continuer à chanter ou fredonner avec lui, attendant le réveil des autres.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mar 16 Aoû 2016 - 21:23
Il rouvrit les yeux quand la musique se coupa subitement. Plus de batterie. Soupirant longuement, il se dit qu'il était inutile de repousser l'échéance plus longtemps. S'extirpant de son sac de couchage, il enfila une paire de chaussettes et se frotta les yeux. Franchement, quel merdier... Il avait certes faillit faire une énorme connerie avec la jeune fille, mais au final ce n'était pas le pire car ils s'en étaient sortis vivants tous les deux et seraient au top de leur forme la nuit prochaine. Non, le pire était qu'en ce moment même, au Royaume de la main invisible, ça devait être un bordel incommensurable par leur faute. Quelle idée, en même temps, d'aller fourrer son nez dans des histoires de mafia...  C'était certainement aller une fois de plus au devant des ennuis, mais il ne pourrait sûrement pas s'empêcher d'y retourner pour aider à remettre les choses en ordre, même si cela s'avérait déjà compliqué. Le véritable souci, c'est qu'il n'allait pas pouvoir y aller seul. Et à vrai dire Shad n'était sûr d'avoir encore beaucoup d'allier pour cette nuit après ce qu'il venait de faire par la faute du démon. Le jeune homme avait beaucoup de mal à se l'admettre, mais il fallait se rendre à l'évidence. S'il y avait bien une personne qui pouvait le comprendre et accepter le dialogue, c'était bien Gérald.

Claquant ses mains sur ses genoux, il se décida finalement à se lever et sorti de sa tante en s'étirant. Regardant autour de lui, il n'aperçut pas tout de suite Mara. Regardant du côté des autres tentes, il vit la mère de la jeune fille qui venait de s'installer sur la table de camping et lui rendit son sourire. Miranda venait également de se lever et vint embrasser son fils avant de l'accompagner jusqu'à la table dressé pour le déjeuné.


-Bien dormi, Shad?

-Hum, j'ai connu des nuits meilleurs; répondit le garçon avec un petit rire gêné.

Et d'ailleurs, rêveurs comme voyageurs, ils avaient tous probablement passé des nuits bien meilleurs que celle-ci. Heureusement qu'ils n'en gardaient aucun souvenirs...

-J'ai entendus ces horribles bruits de moteur et de klaxon jusque dans mon sommeil, quelle nuit épouvantable j'ai passé...

Shad faillit recracher son café. Heureusement qu'elle n'avait pas rajouté " j'ai rêvé que mon fils était sur le point d'étriper votre fille", sans quoi son déjeuner serait surement repassé par ses narines. Au grand soulagement de Shad, l'arrivée de Gérald mit un terme à la conversation. Le jeune homme lui fit un signe de tête discret; et engloutit rapidement le reste de son déjeuné avant de partir en direction de la salle de bain du camping. La discussion continua; évidemment; sur les événements de la veille mais Shad s'efforça de ne pas y prêter attention. Ça le mettait mal à l'aise au plus haut point. Dire qu'il avait sauvé la vie de la jeune fille dans la réalité pour tenter de lui hotter dans le monde des rêves... Le destin avait parfois un sens de l'humour assez discutable. Sur le chemin il aperçut Stéphane Leros accompagné de sa fille, tous deux assis contre un arbre. Ils jouaient de la musique et chantaient. Shad sourit quand son regard croisa celui de l'homme et lui il fit un signe. Il ne savait pas si Mara l'avait remarqué, mais au moins elle arrivait à se sortir cette sale nuit de la tête. De toute façon, il faudra bien qu'ils aient une discussion à ce sujet tôt ou tard, mais pour l'heure il était préférable de laisser retomber la tension.

Il passa un bon quart d'heure sous la douche, se brossa les dents, et enfin s'habilla. Il sortit finalement de la salle de bain après une demi heure et respira un bon coup. Son visage se crispa légèrement quand il vit arriver Gérald, mais il essaya de se détendre. L'homme s'arrêta devant lui sans prononcer un mot. Pendant quelques secondes qui leurs parurent à tout les deux interminables, ils restèrent l'un en face de l'autre sans vraiment oser se regarder. Ce fut Gérald qui entama la conversation.

-Comment tu te sens?

-Bien. Mais c'est plutôt à toi qu'il faudrait demander ça. Ça fait quoi de faire autre chose que de glander tout une nuit?

Le banquier fronça légèrement les sourcils.

-C'est ta définition de "glander"? Je protège les rêves de ta mère comme je peux, je préfère ça que de passer mes nuits à massacrer tout ce qui bouge, amis comme ennemis; si tu vois ce que je veux dire.

-Tu ne serais plus en mesure de "protéger" quoi que ce soit, si elle ne s'était pas interposé; rétorqua sèchement le jeune homme d'un air froid. Pense à la remercier.

-Alors quoi? Tu vas me reprocher éternellement de m'être rapproché volontairement de ta mère par l'intermédiaire de Dreamland?

Shad se rapprocha d'un air menaçant de l'homme, ce qui le fit reculer d'un pas.

-Je ne te connais pas, je ne sais pas d'où tu sors. Je me sens surveiller en ce moment dans le monde des rêves, et j'ai reçu une menace de mort sans savoir pourquoi ni si elle vient d'un voyageur ou d'une créature. Alors non, je ne te fais pas confiance. Et en plus de ça... J'ai faillit tuer l'une des seules personnes sur laquelle je peux vraiment compter là bas.

-Ce n'était pas de ta faute, Shad...  Cette... Chose. Cette chose, tu devrais essayer de t'en débarrasser. Elle va te torturer l'esprit.

-C'est un démon, Gérald. La close d'un pacte avec un Démon, c'est la mort. En attendant, il va falloir que tu m'aides cette nuit et arranges toi pour ne pas être accompagné d'un quelconque rêveurs. Va falloir qu'on règle le foutoir qu'on à causé hier.

Le visage du banquier se décomposa.

-Tu veux vraiment retourner là bas? après tout ce qu'il s'est passé?

-écoute, la plupart des voyageurs comme nous sont considérés comme des "hors-la-loi" par nature. Alors autant éviter de se faire passer en plus pour des terroristes. Crois moi, tout le monde saura ce qu'on à fait. Et puis, il y a des chances pour que Mara prenne la décision d'y retourner. Si c'est le cas, tu la laisserais vraiment y aller seule?

Il conclut sa phrase en tournant les talons et se dirigeant vers sa tente, sa trousse de toilette par dessus l'épaule. Shad avait piqué la bonne conscience du banquier, il était évident qu'il ne laisserait pas la jeune fille aller seule dans cet endroit abominable.  Il allait certainement trouver un moment pour aller lui en parler; à moins qu'elle n'en discute directement avec Shad.
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MessageSujet: Re: Chemins croisés [avec Mara Leros] Mer 17 Aoû 2016 - 16:39
Après avoir massacré involontairement les paroles d'une chanson des Beattles, je reprenais mon souffle tandis que mon père grattait négligemment les cordes de son instrument. Il prit d'ailleurs la parole en me tapotant dans le dos, m'incitant à me relever:

"Bon, j'ai vu Shad passer, il serait peut-être temps de déjeuner, non?"

"Y nous a entendu?" m'inquiétai-je, relevant à peine le nom du garçon.

"Peut-être mais il ne s'est pas arrêté pour écouter," répondit l'homme en souriant. "Allez, hop!"

Rougissant un peu malgré tout, je me redressai en libérant ainsi mon père, et alla avec lui en direction des tentes, à côté desquelles un table était dressée. Maman et son amie discutaient ensemble, sans doute ayant fini de manger, et je ne voyais Gerald ou Shad nulle part. En m’apercevant, ma mère se leva immédiatement et s'avança à ma rencontre, me prenant dans ses braset me berçant juste assez longtemps pour que je ressente une pointe de gêne sous le regard de Miranda. Finalement, décidée à ne pas me lâcher, elle brisa enfin le silence en chuchotant:

"Ça va ma puce? Tu te sens mieux?"

"Oui oui, ça va... J'ai l'impression qu'c'est déjà loin, t'inquiète..." tentai-je de la rassurer, non sans une pointe de vérité, mais j'enchaînai: "Et toi?"

"Oui," fit-elle en même temps qu'un petit rire qui semblait un poil nerveux. "Je m'inquiétais pour toi c'est tout, j'ai eu le sommeil un peu agité..."

"Allez, laisse donc Mara manger," fit Papa en lui frottant le dos, l'incitant à me lâcher.

Je m'installai donc à table, ne ressentant toujours pas le moindre appétit pour le pain, les yogourts ou les confitures qui s'offraient à moi, et même l'odeur du chocolat au lait qui commençait à chauffer n'y changeait rien. Ça arrivait de plus en plus souvent que j'ai le ventre noué au réveil mais quand j'avais cours, au moins, je mangeais par automatisme... Là j'avais la désagréable sensation d'être poursuivie dans le monde réel, ça aidait pas à se remettre... "Poursuivie"... Arrête, le Shad de la vie réelle est totalement normal, c'est son démon le problème, t'as pas à avoir peur de lui... Je déglutis et tendis la main sans grand enthousiasme vers un bout de pain, que je posai devant moi, puis saisit du bout des doigts la confiture de fraise, que Miranda se fit un plaisir de prendre à ma place pour la poser devant moi, accélérant l'échéance. Faisant de mon mieux pour faire passer ma nervosité et mon dégoût pour de la fatigue, qui ne devait certainement pas convaincre mon père, je commençai méthodiquement à étaler la pâte rouge sur la mie du pain, faisant particulièrement attention à ne pas tâcher la nappe. Regardant finalement la tartine trop grande à mon goût qui trônait dans ma main, ignorant presque le bol de chocolat que Papa posait à côté, je me résolus finalement à mordre dedans en écoutant d'une oreille les discutions des adultes sur les activités de la journée.

Plusieurs minutes plus tard, alors que je faisais méticuleusement fondre mon pain dans le bol tiède, je vis du coin de l’œil Shad qui sortait de la zone des douches. Brusquement j'engloutis mon pain, puis mon bol dans la foulée, m'étouffant à moitié, mais je ne pris même pas la peine de tousser jusqu'au bout pour lancer à mes parents surpris que comme j'avais pas pris de douche la veille, j'allais en prendre ce matin. Et alors que mon père allait me demander ce qui me prenait d'un coup, je le coupai en lui lançant que le programme de la journée me faisait trop envie et que je voulais pas attendre.

Alors, je me ruai vers ma tente, mis la main sur ma trousse de toilette et mes vêtements d'hier, saisis une culotte propre et attendis silencieusement, au aguets. Quand je fus sure que Shad n'était plus entre moi et ma destination, je me jetai dehors et courus de toutes mes forces vers les douches, rentrant dans l'une d'elle au hasard en haletant. Mais qu'est-ce qui me prend? J'ai peur de Shad, vraiment? Mais c'est ridicule, c'est pas comme s'il allait m'attaquer... J'ai peur de quoi au juste? De ce qu'il va dire...? De ses excuses? Est-ce que j'ai peur de le pardonner?

Rongée par la perplexité, je m'ébrouai et retirai rapidement mon pyjama, le posant sur un support avec mes autres affaires, et j'attachai mes cheveux avant de me mettre dans la douche et d'activer le jet d'eau. Je sais que je vais le pardonner oui, c'est évident, même moi je me rends compte que je suis incroyablement pas rancunière mais... Pourquoi ça m'inquiète?... Est-ce qu'il faut vraiment que je le pardonne? Est-ce que ça changerait quoi que ce soit? Je m'appuyai contre un mur, laissant l'eau tiède me couler dessus sans bouger. Je veux dire il est dangereux. 'Fin, il peut être dangereux... Non, son truc, son masque est dangereux. Mais voila, y a un danger. Et même si je suis plus forte que lui pour l'instant, je sais pas si ça va durer. Et même si je suis sensée être plus forte que lui, pour peu que je sois pas en bon état, ça change la donne. Et même si je suis en bonne état, s'il m'attaque dans le dos... Déglutissant, elle décida quand même de sortir de son immobilisme, et saisit son gel douche, commençant à se laver songeusement. Depuis quand il l'a, ce démon? Il l'avait déjà à notre deuxième nuit à Kazinopolis, non? Pourtant il était resté sage, à ce moment. Je sais pas ce qu'il s'est passé quand il ont rendu la valise, mais est-ce que c'était vraiment pire que quand Shad a affronté le chef des rats? Vraiment plus éprouvant? Était-il vraiment plus démuni? Est-ce que... Est-ce que son truc ne commence pas à prendre de l'influence sur lui? Mara cessa de frotter le savon sur son bras, savon qu'elle frottait sur ce membre depuis déjà une minute entière, en point d'en faire disparaître les bulles. Soupirant, elle ralluma le jet d'eau. Il lui parle, il passe son temps à lui parler. Avec Dreamland, Shad passe presque la moitié de sa vie avec ce truc. Est-ce qu'il commencerait à... à l'influencer en vrai? Peu à peu? C'est possible? Ça serait vraiment possible? J'attrapai ma serviette et commençai à me frotter vigoureusement la figure, puis les différentes parties de mon corps, avant de me rhabiller lentement. Il faut que je lui parle, qu'on se mette au point. Je veux savoir ce qu'il en sait, ce qu'il en pense, et surtout ce qu'il peut faire. Ce soir, j'y retourne pour essayer de réparer nos bourdes, je veux pas avoir ça sur la conscience. Je veux juste savoir si j'y vais avec ou sans lui.

Me posant devant un évier avec un miroir, je commençai à me brosser les dents. Il faudrait que je parle avec Gerald aussi, faut que je trouve une occasion. J'aurais pas grand chose à lui dire à lui, je pense qu'on est plus ou moins unis d'office contre Shad... non, contre Hoji, mais je veux savoir s'il pourra m'aider. Son pouvoir est bien, il pourrait nous sauver la vie beaucoup plus efficacement que le mien... Provoquer de la confiance chez les robots, même moi je trouve ça bête. Mais d'abord, Shad. À la pensée de la discussion qui m'attendait, je fus prise d'un spasme et un violent frisson me traversa, frisson que j'essayai de camoufler en crachant mon dentifrice. Je finis de me rincer la bouche et je remballai mes affaires pour les ranger dans la tente. Je n'aurais pas beaucoup de temps devant moi, on rentrait tous chez nous le soir même. Il faudrait que je demande son numéro à Shad tiens, ça pourrait être utile.

Je revins bien plus lentement sur mes pas, autant pour tenter de calmer la tension qui me parcourait que par appréhension. Le souvenir de la fin de la nuit était encore vif dans ma tête, et je me sentais terriblement mal à l'aise à la simple idée de lui faire face. Je jetai mes affaire dans ma tente et avisai Shad et Gerald qui avaient rejoins les autres autour de la table. Inspire, expire... Je me tordais les doigts pour évacuer la nervosité et finis par planter l'ongle de mon pouce dans ma paume pour me forcer à y aller. Sauf qu'une fois devant le groupe, immobile devant les cinq personnes qui me fixaient alors que j'évitais consciencieusement le regard du garçon, je ne sus pas quoi faire, tout bêtement. En fait, le dialogue avec lui me hantait tellement que je n'avais pas pensé une seconde à comment l’amener. Ce fut Maman qui prit la parole en première, oscillant entre la surprise et l'inquiétude:

"Mara? Ça va?"

Je parvins finalement à dévisser mes lèvres et bafouillai dans ma gorge:

"Oui, oui, faut juste... 'ttendez cinq minutes, j'dois... un truc à Shad, vite fait... 'est rien..."

Et rouge de malaise devant l'attention autant focalisée sur moi, j’attrapai peut-être un peu trop fort Shad par le bras et le tirai vers un coin isolé entre les arbres, un peu plus profondément que là où j'avais été avec Papa. Une fois que je fus sure qu'il me suivait et que nous étions assez loin des parents, je lâchai finalement ma prise et m'adossai à un arbre, tordant toujours nerveusement les mains en regardant les racines qui dépassaient de la terre. Je parvins enfin à sortir un mot:

"Tu... On y retourne ce soir? Faut réparer ce qu'on... enfin, voila..."

Je me serais giflée. Pourquoi j'étais incapable de lui demander un truc aussi bête? Au delà du sens, c'était que des mots, non? Des précisions sur ce que faisait Hoji, et surtout, si ça lui arrivait souvent... Autant de rage que de malaise, je passai mes mains sur mes yeux, commençant à frotter mon visage.

_______________________

Les quatre adultes regardèrent les jeunes partir rapidement vers un coin à l'écart, chacun avec un niveau différent de perplexité. Ce fut finalement Héloïse qui rompit encore une fois le silence, faisant part de ses doutes à son mari:

"Tu ne trouves pas que Mara... agit bizarrement aujourd'hui? Surtout quand ça concerne Shad?"

"Si," répondit-il en croisant ses bras d'un air et en haussant un sourcil. "Et je pense surtout que déjà, Mara est trop jeune pour ça, et ensuite, que Shad est bien trop vieux pour elle."

"C'est bien ce que me semblait," confirma la mère.

"Au moins ça devrait être rapide," fit Miranda d'un air très légèrement gêné, ayant sans doute abouti à la même conclusion. "Shad a déjà est déjà en couple, ça réglera rapidement cette histoire..."

"C'est dommage quelque part, j'espère qu'elle ne sera pas trop affectée," soupira l'autre femme sous les acquiescements de Stéphane. "C'est tout de même sa première tentative... Il me semble."

"Elle s'en remettra sans doute, c'est sûrement le choc du sauvetage, ça lui passera..." songea la mère de Shad, avant de se tourner vers son compagnon: "Tu en penses quoi Gerald?"

"Moi?" répondit le banquier, un peu pris au dépourvu. "Je ne les connais pas bien ni l'un ni l'autre, donc je ne sais pas vraiment... Mais bon, ça m'étonnerait un peu quand même... Ils... ont quand même une sacrée différence d'âge..."

Tous se turent songeusement, regardant dans la direction où les jeunes étaient partis.
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Chemins croisés [avec Mara Leros]

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