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Un jour mon prince viendra [Quête Solo]

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Garry IB
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MessageSujet: Un jour mon prince viendra [Quête Solo] Sam 21 Nov 2015 - 4:54
Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas mit les pieds ici, ou tout du moins, de façon consciente. Il devait bien avouer qu'en plus de dix ans ce royaume avait bien changé, tout comme les rêves des enfants. Adieu châteaux individuels où de beaux princes charmants se préparaient à secourir leur belle encore et encore, une fois enlevée par un dragon, une autre fois perdue en forêt, ou tout simplement faite prisonnière dans un marais infesté d'anguilles électriques. Bonjour quartiers résidentiels modernes sans individualité aucune. Visiblement il y a eu une recrudescence de princes spectaculaires au vu du nombre incroyable de villas.

Là où se dressait de fiers châteaux, il n'y a plus que des résidences certes prestigieuses mais qui manque totalement d'originalité. Où est donc passé le palais de la belle aux bois d'or du mans, ses jardins boisés incrustés de pierres et ses hautes tours pointues tissant les nuages ? Le prince Er'hic qui avait finalement réussit à se réconcilier avec sa douce M'ariel après l'avoir trompée avec sa sœur jumelle une soir arrosé, était il toujours ici ? Garry marchait sur les pavés d'or et d'argent, une mince pellicule de poussière d'or s'élevait doucement à chacun de ses pas. La rue était bien entretenue, propre et brillante, il ne manquait pas un seul pavé ! C'est à se demander si les brigands en quête d'argent étaient au courant qu'un tel royaume existait. Ou peut-être seuls les invités avaient droit d'y entrer ? Allez savoir. Vous me demanderez ce que le jeune écrivain foutait ici, au Royaume des contes de fée, alors qu'il a passé l'âge de croire aux princes, aux fées et aux lutins, la réponse est simple. Il s'était encore endormit le nez dans un roman à l'eau de rose... L'histoire d'une femme mariée qui passe sa vie à attendre le retour de son cher et tendre époux partit sans prévenir. Il s'est endormit alors que la jeune femme, âgée d'une soixantaine d'année, découvre trop tard que ce chien fidèle arrivé le jour du départ de son mari n'est autre que son époux tant aimé, et ce, grâce à l'intervention d'une nymphe. Début d'histoire banal, vous en conviendrez, mais écrit de façon à toucher par la tristesse du protagoniste... Roman prévisible, nous comprenons à l'avance que la suite décrira les faits.

En se retrouvant ici, il s'attendait donc à les rencontrer, à visiter leur chaumière, à réécrire leur histoire, mais rien. Il était debout dans une allée dallée, à gauche, des villas, à droite, des villas, derrière, la sortie, devant, une grande place. Dans ses lointains souvenirs, les collines étaient garnies de châteaux luxuriants, tous plus différents les uns que les autres, aujourd'hui, tout était à l'image de la jeunesse. Il soupira, se demandant si les choses seraient de nouveau amenées à changer. Il avançait, ne faisant plus attention aux façades nacrée des villas, ignorant leurs hauts portails de fer blanc où étaient inscrits des initiales et leur allée de gravier bordée de haies et rosiers. Il avançait jusqu'à la grande place, et se rendit compte que tout était bien vide ici. Personne dehors, ni Princesses, ni Princes, ni Fées, ni Licornes, rien. Il tendait l'oreille, tout était anormalement silencieux. Au centre, un large panneau d'affichage. A droite, les requêtes des Princesses, à gauche, des avis de recherche.

Garry fronçait les sourcils en croisant les bras, perplexe. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait dans ce Royaume d'ordinaire chantant, foisonnant de magie et de rêveries, où batifolaient Princes et Princesses, il n'y avait même pas d'enfants courant partout ! Il lisait les affichettes, une fillette avait perdu son chaperon rouge, une Princesse était retenue prisonnière par des trolls, une décrivait la bague qu'elle voulait qu'on lui offre, une jeune femme demandait humblement qu'un riche couple s'occupe de ses enfants, une Fée cherchait du travail... Et de l'autre côté, la famille princière Parfait cherchait leur fils Alain, Monsieur et Madames Mauves n'avaient plus de nouvelles de leur prince héritier Guy, ou encore la Princesse Nadeg Remort recherche activement son mari Yve. Il y avait pratiquement plus d'avis de recherche que de quêtes et requêtes. C'était... Effrayant. Comme si les Princes avaient été enlevés ! Et comme pour confirmer ce qu'il craignait, une main tremblotant vint tirer timidement sa veste.

-T-t-t-t-t-tu vas a-a-a-a-a-aller s-s-s-sauv-v-v-er m-m-m-m-on frère ?

Garry se retourna et pu voir une petit bout d'homme grassouillet tirer timidement un morceau de son manteau. Un petit blond, qui devait lui arriver au nombril, peut être plus petit encore, de petits yeux rapprochés vert de gris, un gros nez aplatit et retroussé, semblable au groin d'un cochon, des joues proéminentes et une moue boudeuse, comme s'il s'apprêtait à pleurer. En sommes, il ressemblait à un petit porcelet prêt à se faire dévoré vivant.

-T-t-t-t-tu vas aller sau-sau-sauver m-m-m-m-on frère ?

Il répétait une seconde fois son incompréhensible phrase, incompréhensible de part son manque de contexte, d'explication, et a cause de sa manière désagréable de bégayer ! Le Voyageur fixait inlassablement ses traits porcinets sans répondre, de toute façon, il ne savait pas quoi répondre. Un enfant, un grassouillet petit enfant qui ne savait pas s'exprimer dans un Molière rudimentaire. Alors qu'il haussait un sourcil, sans bouger plus que cela, le gamin prit l'initiative de pointer une affichette du doigt afin de se faire mieux comprendre.
Perdu


Notre fil Marc, héritier de la famille, est porté disparut depuis le XX/XX/XXX.
Nous offrons une généreuse récompense à celui ou celle qui nous le ramènera,

entier de préférence.

La famille Assin.

Bien, il en déduisit donc que ce jeune garçon au nez perturbant et à l'accent répétitif devait être son jeune frère. Il soupira. Il n'allait tout de même pas mentir à un si jeune enfant tout de même ! Il posa un genoux à terre pour se mettre au niveau de l'enfant, vérifia que ses gants étaient bien en place et plaça une de ses mains sur l'épaule large et graisseuse du petit prince bougonnant.

-Ecoute petit, je viens à peine d'arriver, j'ignore quel mal ronge ce pays, mais je ne suis pas taillé pour une telle entreprise. J'espère que tu comprendras mon refus.

A mesure que les mots s'écoulaient d'entre ses lèvres, il voyait le visage rondouillard du mioche se décomposer, et ce n'était pas très beau à voir... Tandis que les larmes semblaient arriver, d'autres personnes richement vêtues s'approchaient. Il n'eut guère le temps d'ouvrir la bouche pour s'exprimer que bientôt une populace de riche personnages s’amassait autour de lui comme s'il était une bête de foire. Dans leurs exclamations et leur mines enjouées, il devinait qu'il représentait un espoir pour ces âmes désespérées, parents, enfants, conjoints, tous venaient prier le Voyageur de leur rendre leur fil, leur père, leur frère ou leur mari. Visiblement, la moitié du Royaume avait été privé de Princes.

Le jeune écrivain avait à peine eut le temps de se redresser. Il était là, assaillit de toute part par des mains suppliantes, il n'arrivait absolument pas à formuler sa réticences à être ainsi touché. Les habitants semblaient s'être mépris sur ses intentions, peut-être qu'ici se mettre à genoux équivalait à faire une promesse, comment connaître les us et coutumes de chaque Royaume que l'on visite ? Certes il était déjà venu ici, mais il y a tant d'années ! Et seulement l'espace de quelques nuits, comment pouvait-il savoir ce genre de chose ? Il ne pouvait tout simplement pas. Il était au milieu de la foule, crispé, incapable de bouger, gêné et angoissé. Autour, des femmes principalement, lui priaient de ramener leur être cher. Toutes lui promettaient richesse et gloire, mais il n'en avait que faire ! Tout ce que cherchait le pauvre Garry, c'était la tranquillité. Les paroles autour de lui devinrent des bruits lointains alors qu'il fermait les yeux pour se concentrer, il inspirait calmement, et expirait lentement afin de ne pas céder à la panique. Il voulait fuir, déguerpir, mais s'éclipser n'était tout bonnement pas possible. Il était cerné. Il n'avait pas vraiment de choix... Il rouvrit les yeux, calme. Il leva lentement sa main gauche, gantée, doigts écartés, et serra son poing en l'air pour réclamer le silence. Silence qu'il obtint miraculeusement, lui même n'en revenait pas intérieurement. Extérieurement, il se montrait impassible. Il voulait se montrer fort, bien que la réalité était toute autre.

A présent qu'il avait l'attention de tout le monde, il évitait de poser son regard bleuté sur le porcelet qui n'avait guère lâché son manteau. Il devinait pourtant que son visage tordu par la tristesse devait être cauchemardesque. Il inspira de nouveau tandit que la place retrouvait son calme, malgré quelques bruissements de vêtements. Il redressa son dos, leva le menton, et laissa son regard parcourir l'assemblée pendue à ses lèvres. Il était extrêmement mal à l'aise, et bien qu'il ne veuille rien laisser paraître, sa voix le trahis, plus aiguë qu'il ne l'aurait voulut.

-Je euhm. Je me prénomme Garry. J'ai... Bien entendu vos requêtes et... Euhm... Oui, je... Vos Princes ont disparut, je l'ai.. Euhm... Compris. Et donc...

Il hésitait, il avait beau changer de personne, ses yeux se posaient toujours sur un regard emplit d'espoir et de supplication. Il ne pouvait pas leur avouer son incommensurable envie de décamper, de partir s'aérer dans les pâturages enchantés. Le cœur serré et la voix tremblante, il dut se résoudre à mentir.

-C'est entendu. Je... Partirais... A leur... Recherche...

Sa voix s'étranglait presque, il manquait cruellement d'assurance, et ne croyait lui même pas en ses paroles. Plus il avait avancé dans sa phrase, moins elle était devenue audible. Il détestait absolument mentir, mais c'était sa seule échappatoire. Et puis, que pouvait il lui arriver ? Dans le pire des cas, à son réveil, tout le monde l'aura oublié. Il devait certainement y avoir plusieurs autres personnes avant lui qui avait promit cela et visiblement, n'avait pas tenu la promesse. Il déglutit, persuadé d'avoir raté son discourt tissé de mensonge. Pourtant, autour de lui, il voyait des visages rassurés, pleins d'espoirs, trop d'espoir. Une légère douleur naissait dans son estomac, était-ce la peur ? Non, c'était autre chose. Il n'avait rien à craindre ici, il sentait qu'il représentait Le Sauveur. Mais si ce n'était pas de la peur, qu'était-ce ? Ça lui nouait l'estomac, c'était si désagréable ! Le dégoût... Oui, ça s'apparente au dégoût... La c... Oui, la culpabilité, c'est cela ! Il se sentait coupable de faire naître ainsi un sentiment de sécurité, de rassurance. Il venait de mentir sans vergogne, et cela lui arrachait une grimace, il avait le cœur dans la gorge et n'osait pas regarder quiconque en face. Il avançait dans la foule qui lui faisait un chemin sur la place, tous le remerciait, l'encourageait, l'acclamait, et s'écartait pour laisser passer le Héro qui allait redonner vie au Royaume. Au sol, la poussière d'or ne retombait pas à cause des piétinement du peuple. Garry préférait regarder les robes luxueuses des dames qu'il croisait plutôt que leurs yeux. Il ne pouvait tout simplement pas, c'était... Impossible. Il avait honte, terriblement honte. Alors qu'il arrivait enfin au bout de l'affluence, une petite fille se pointa devant lui. Elle était véritablement adorable, son regard vairon, un œil vert, l'autre marron, remplit d'étoiles et d'espérance. Sa chevelure châtain, châtain foncé, une jolie mèche blonde venait casser son harmonieuse chevelure, bien rangée derrière son oreille. Elle devait avoir quoi... Aux alentours de 6 ans ? Mais avaient ils la même notion du temps ici à Dreamland ? Elle était là, toute souriante, et lui tendit une fleur, une simple fleur violette.

-Tiens Ga-iii, tu donne-a ça à mon papa. C'est de la pa- à Question.

Le concerné ne répondit pas, il accepta la requête, ne pouvant rien faire de plus, rien faire de moins, et la jolie demoiselle le gratifia d'un magnifique sourire non mérité avant de s'en aller retrouver sa mère à la courte chevelure châtain. Elle lui disait vaguement quelque chose, mais il ne s'attarda pas, refusant de subir ainsi la gentillesse et les encouragements du peuple du Royaume des contes de fée. Il ne méritait rien de tout cela, il n'était qu'un lâche, et la sensation désagréable ne faisait qu'empirer à mesure qu'il s'éloignait. Bientôt il fut assez loin pour ne plus entendre qu'un vague brouhaha au loin. Il avait suivit le sentier de pierres d'argent saupoudré d'or qui le mena rapidement à un chemin de terre. Il regarda une dernière fois la fleur et entama le geste de la jeter. Il s'arrêta cependant avant de desserer son pouce et son index. Il ne pouvait pas. Il soupira une énième fois et enfourna ses mains dans les poches de son manteau, y rangeant par la même occasion la fleure violette.
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