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Les Portes du Purgatoire

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Dazh Dalreight
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MessageSujet: Les Portes du Purgatoire Ven 9 Oct 2015 - 21:25


Les Portes du Purgatoire
Le royaume de Chiron



Alors qu’il s’éveillait à Dreamland, la nuit après les évènements de Kazinopolis, un message étrange lui était parvenu. Ce message, en provenance de Doppel City, ne comportait aucun mot, mais seulement un sceau sur une broche en or. Négligemment, Dazh avait rangé le bijou dans sa poche.   Ce n’est que plus-tard, que le sceau dans sa poche se manifesta. Immédiatement, le jeune homme tira la broche de sa poche. Alors, un spectre lumineux jaillit de nulle part et une silhouette floue lui apparut. D’une voix qui se voulait solennelle, son interlocuteur lui appris en savoir beaucoup à son sujet. Cependant, il ne précisa pas comment il eut obtenu ces informations. Contre toute attente, il proposa son aide au jeune Dalreight.

Vigilent, ce dernier refusa l’offre de l’inconnu et ce dernier entreprit de décliner son identité en réponse à la question muette du voyageur. La discussion dura un moment et au terme de celle-ci, Dazh était prêt à accorder toute sa confiance au dénommé Elodin. Il se surprit de la facilité avec laquelle ce dernier avait orchestré cette rencontre, puis balaya ses doutes d’un geste de la main.

Mais curieusement, le jeune homme avait l’impression de n’avoir rien appris. Il ignorait même le type d’aide que ce dernier proposait. Cependant, il était vrai qu’avec ce nouveau pouvoir… Si personne ne lui apprenais à s’en servir… Sans nul doute, c’était de ça qu’il s’agissait.
Mais le voyageur faisait erreur. Il s’agissait du Purgatoire.

Ce n’est qu’au cours de la discussion suivante à Doppel City, qu’il apprit l’intérêt d’Elodin pour le Purgatoire. Interdit, Dazh ne répondit rien. Sans qu’il ne sache pourquoi, lorsque la créature s’adressait à lui, le jeune homme réagissait comme un enfant. Ce dernier poursuivit la conversation comme si de rien n’était. Le jeune Dalreight observa son interlocuteur tandis qu’il lui racontait l’histoire du Purgatoire. Malgré ses efforts, le voyageur ne réussit pas à lui donner un âge, pas plus qu’il devina ses origines. Cependant, il était évident qu’il occupait une place très importante au sein du monde Onirique. Mais à mesure que cette idée s’installait dans son esprit, Dazh découvrit des indices qui alimentaient cette théorie.

A cette occasion, le seigneur des lieux lui offrit le Grimoire du Purgatoire. Il sortit le précieux document de l’une des poches de sa vaste cape, en lui expliquant que ça représentait leur meilleure piste. Inconsciemment, Dazh trouva agréable l’idée que son interlocuteur ne sache pas tout, comme cela semblait être le cas. C’est ainsi que débuta sa quête au cimetière.

__________________________________________________________

L’obscurité s’étendait à perte de vue. Dazh arpentait lentement les terres moribondes du district Six, à l’affut du danger. L’herbe humide et les ronces entravaient sa progression, tandis qu’il cherchait du regard le renfort qu’on lui avait promis. Sur le sentier, des cadavres d’animaux pourrissaient et ameutaient de nombreux nécrophages. Partout la chair en putréfaction engendrait d’abominables odeurs. Malgré tout, le voyageur prit le temps d’étudier le grimoire que lui avait fourni son mystérieux bienfaiteur.

Le grimoire était imposant à tel point qu’il avait fallu une besace digne de ce nom pour le transporter. La reliure en cuir était ancienne, mais bien entretenue. Le document avait été précieusement conservé ce qui laissait à penser qu’il était possible d’y déceler des secrets importants. A l’occasion d’une pause, et grâce à la pleine lune Eternelle, Dazh entreprit d’étudier les pages magiques. De nombreuses runes étaient soigneusement retranscrites, et bien qu’il ne s’agissait que de dessins et de schémas complexes, le voyageur percevait une aura sombre à la lecture de ces symboles.

Bien que ses efforts se soldèrent par des échecs, Dazh canalisa toute son attention sur le document, au point de ne pas remarquer l’obscurité qui s’épaissit brutalement. A vrai dire, si l’obscurité parut s’obscurcir, c’est à cause des lumières vive qui rodaient dans les bois. L’espace d’un instant, Dazh fut tenté de les suivre, puis se rappela les rumeurs sur les feux follets. Cependant, s’il se trompait et qu’il s’agissait d’un feu de camp, il ratait une belle occasion de se réchauffer. Il n’avait pas fallu plus de dix minutes pour que ses vêtements prennent l’eau.

Le grimoire sous le bras, le jeune homme reprit la direction du chemin pavé. D’après son bienfaiteur encore une fois, il trouverait dans cette direction le District cinq. Dazh ignorait tout de ce royaume, mise à part le nom du Seigneur qui vivait ici. Si le District Six avait une particularité, il allait rapidement le découvrir. En attendant d’arriver à destination, le jeune Dalreight ne ratait pas l’occasion de consulter la moindre pierre, ou les stèles qu’il apercevait, a la recherche de runes similaire à celle du grimoire. A plusieurs reprises, tandis qu’il déterrait une dalle prometteuse, un macchabée surgissait du sol pour s’en prendre à lui.

Sans attendre, il changea son bras pour frapper de plein fouet le mort-vivant. Ce dernier réintégra le sol avec brutalité. Dazh répéta l’exercice a de nombreuse reprise sans jamais s’en lasser. Cette force phénoménale, qui était désormais la sienne, lui permettrait de progresser dans sa quête aussi surement qu’une petite armée.

Ce n’est que quelques instants plus-tard qu’il arriva en vue du fameux District cinq. Le voyageur mandaté par Elodin ne devrait plus être loin.


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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Lun 12 Oct 2015 - 17:02
"Ah, te revoilà encore ! Tu tombes bien, pour une fois."

Il avait le regard qui riait en sortant sa tirade, aussi me tira-t-il, bon gré mal gré, un sourire en coin. Enfin, coin, mi-figue mi-raisin plutôt, s'il fallait rester dans le registre fruitier. Mais je le relançais rapidement, alors qu'il m'invitait à entrer dans sa cahute sordide. Si j'étais venu, c'était pour faire fructifier mes services précédents, justement.
Petite remise en contexte. J'étais au Cimetière, dans sa périphérie pour être exact, chez l'un des fossoyeurs que j'avais rencontré il y a quelques temps. Rencontré, et surtout aidé à effectuer une tâche assez ... ingrate, bien que je l'avais acceptée sans hésitation. C'était pour moi le seul moyen sûr d'aller et venir dans ce Royaume, qui était fermé aux Voyageurs, et surtout qui ne lésinait pas sur les moyens pour se débarrasser des indésirables. Certes, j'aurais sans doute pu me débrouiller tout seul, en comptant simplement survivre avant mon réveil, ou simplement tenter de m'endormir directement dans l'enceinte des grilles. Mais cela m'avait paru (et me paraissait encore, sinon je ne serais pas là, à respirer l'odeur de moisie d'une maison humide) bien trop hasardeux; et je jouais avec ma condition, ici. Ce n'était pas ma vie, mais ce qui s'en rapprochait sans conteste le plus, à mes yeux. Pas question de retourner à des songes fades et inconscients sur une imprudence que je pouvais facilement éviter.

Après avoir "jardiné" dans le District 6, j'étais retourné quelques fois m'enquérir d'une possible tâche à effectuer. Sans grand succès. Rien qui ne dépassait ce que j'avais déjà visité. J'avais été autorisé à y passer rapidement, mais rien de ce que j'avais pu chercher, malheureusement, je n'avais trouvé. J'en aurais presque oublié ce que je cherchais, justement. Mais le mort-vivant, ou plutôt l'apparition totalement improbable au Royaume des Doutes me restait en travers. Ce que j'avais pu voir, je ne l'avais pas compris. La politique du Cimetière, officielle comme officieuse, me travaillait depuis, mais cependant il était hors de question de requérir une audience auprès du Seigneur ou de ses Lieutenants. Non, c'était hors de question, pour eux, et pour moi.

Passant sous silence le grincement inquiétant de la chaise sur laquelle je m'assis, j'écoutais le fossoyeur m'exposer son histoire. Je connaissais bien son intérieur maintenant, avec le sol de terre battue, les meubles de bois véreux et moisis, où reposaient un fatras impressionnant. Je n'avais toujours pas compris son allégeance exacte; il répondait de ses actes à Chiron, certes, mais il ne donnait pas la sensation d'être particulièrement dévoué, ou même obséquieux. Un serf pragmatique qui était contenté par ce qu'il avait, c'est ainsi que je le voyais. Il faisait ce qu'il devait faire, surtout s'il était surveillé, mais il n'avait pas l'air d'être très prompt à appliquer les ordres qui lui déplaisaient autrement. Son apparence même me confortait dans cette image. En guenilles, un peu crasseux, toujours avec sa pelle, mais les membres solides, les yeux vifs, l'air d'être fait d'un bois dur, noueux et tenace, vif et épais. Ses doigts brunis par la terre tripotaient sa pipe, constituée d'os non identifiés, polis par le temps et l'usage, alors qu'il parlait. Il sortit de sa manche une blague, remplie d'herbes de couleurs typiquement oniriques. Si distrayant à voir que j'entendis à peine sa question.

"Alors ? T'es intéressé, je suppose ?"

Je résumais intérieurement, brièvement, tout ce qu'il venait de me dire avant de parler trop vite et de me compromettre (car les cons se la mettent comme des pros).
Or donc, il me proposait d'enquêter, d'aider à l'enquête plutôt, d'un Voyageur. Qui il était, aucune idée. A part son nom, je n'avais pas grand chose : Dazh Dalreight. Particulier patronyme. Il me semblait avoir déjà lu ce nom, peut-être, mais le Dreammag ne m'intéressait que très peu. La dernière fois que je l'avais lu, c'était pour me voir étonnamment haut dans le classement de la ligue B, et pour voir que d'autres que je connaissais l'étaient plus encore. Rien de bien palpitant, au final. Ce Dazh, donc, avait reçu des informations de quelque inconnu. "Le Blanc", m'avait dit le fossoyeur. Je ne comprenais pas si c'était un nom de code ou autre. Ce même Blanc proposait donc de recruter quelqu'un, contre rémunération, s'entend. Le jeu des relations était quelque peu évident à ce stade.

"Merci d'avoir pensé à moi. Oui, je suis intéressé, et je pense que vous vous en doutiez bien. J'ai quelques points à éclaircir avant d'accepter définitivement, cependant."

Son "ben voyons" sonnait très agréable à mes oreilles. Tapotant le plateau de la table du bout des doigts, en éprouvant le contact du bois poli, je continuais.

"Merci encore, en premier lieu. Deuxièmement, ce que vous mes proposez n'est pas exactement sous la juridiction du Cimetière, je me trompe ? Oui, je le vois bien. Troisièmement, n'y a-t-il pas moyen de parler à ce fameux "Blanc" ? J'ai quelques soucis avec le fait d'accepter le travail de quelqu'un sans communiquer avec lui."

Il ne me répondit pas directement, se contentent de se lever avec un bref grognement. Fouillant dans le buffet massif enseveli sous ... je ne savais trop quoi, il sortit finalement un objet qu'il fit claquer devant moi, sur la table. Un nouveau grognement, accompagné d'un mouvement de tête vers ledit objet, et il repris le bourrage de sa pipe.

Je regardais donc ce qu'il m'avait confié. C'était un crâne, Difficilement identifiable, aux orbites obliques, à la boîte crânienne oblongue et disproportionnée. L'os était d'un gris mat surprenant, comme s'il était fait de pierre humide, gravé de minuscules sillons. Au niveau du front étaient enchâssés plusieurs joyaux, sertis de métaux. Au centre, un losange terne, qui ressemblait à un diamant noir taillé, vaguement translucide, à l'éclat éteint, serti dans du cuivre; de part et d'autres, deux pierres en forme de boomerang, un jade vert à gauche et un jaspe rouge à droite, dans ce qui ressemblait à du laiton. Plus de dents ni de mâchoire sur la chose. Je caressais le joyau central, ce qui le fit s'illuminer. Le jade brilla brusquement, et le diamant clignota alors que résonnait une voix, accompagné de quelques petits grésillements.

*crcrrr* ... Merci d'avoir accepté ma proposition. Je prendrai le soin de vous donner ce dont vous avez besoin. Laissez moi *crrr* introduire ...

J'écoutais le message de bout en bout, jusqu'à ce que le jade perde de son éclat, que le jaspe lui vola, resplendissant d'une lumière purpurine. Je repassais machinalement mon pouce sur le diamant, éteignant le tout. Je me serais bien félicité d'avoir compris comment fonctionnait cette diablerie, chimère de technologie moderne et d'artefact fantastique. J'étais comme sonné par le message. L'intonation me laissait un certain vide, après coup. Il avait été long, très long même, puisque le fossoyeur n'était plus là. Je le voyais dehors, à travers la fenêtre sans vitres, en train de ... oh, je n'avais pas envie de savoir. J'allais le voir pour finaliser notre accord. Le fait qu'il risquait assez gros à aider ainsi un Voyageur à violer les lois du Cimetière ne semblait pas le gêner. Tant mieux. Je ne pu rien obtenir de lui au niveau de la protection, malheureusement. Il n'était pas assez fou pour me couvrir ... Mais j'avais les informations que je voulais, maintenant. Ne me manquait qu'un dernier petit service. Je lui en fis part.

"Utiliser Fifi pour ... Ah ! Ouais, pas d'soucis mon gars, ça c'est tout bon. Attend juste un peu."

Je mis ce temps à profit pour me préparer à ce trajet ... insolite pour moi. Lorsque le drôle de squelette sortit brutalement de terre, je n'eus pas vraiment le temps de le voir. L'odeur de terre retournée, le bruit sourd, une inspiration et je fermais instinctivement les yeux en sentant tout un tas de ce qui devait être des côtes se refermer sur moi. Je me laissais emporter, et Fifi plongea aussi sec, avec moi dans ses entrailles vides. J'avais failli sous-estimer le problème de l'air ... Le garde-mort allait vite, cependant. Il n'empêche que lorsqu'il me recracha en refaisant surface, dans une gerbe d'humus et d'herbes déracinées, je n'en menais pas large.

Le temps de me rétablir, d'épousseter mon manteau, de vérifier que ma belle écharpe de brume n'était pas salie (elle était d'une belle couleur d'orage, aujourd'hui). Mes pieds nus ne me gênaient en rien. Je ne pus résister à la tentation de faire la revue de ma personne dans une flaque avant de me diriger vers où ce Dazh devait se trouver. L'oeil droit toujours aussi sanglant, des vêtements comme j'avais chaque nuit (à savoir chemise, ici brune à lacets, un manteau ceintré, ouvert, qui me descendait à mi-tibia, mes habituelles et inutiles spalière et gantelet de cuir brun au bras droit et un pantalon tout simple, noir). Oui, tout allait bien. Même les tresses de ma barbe n'avaient pas souffert du voyage souterrain. Un dernier petit regard, et je m'envolait, droit vers le District 5. Dazh était entre lui et moi, je n'avais plus qu'à le repérer. A moins qu'il ne le fasse avant moi.
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Mar 13 Oct 2015 - 2:15
Décidément ces films ne convenaient pas à pareil spectateur. Sonorités palpitantes, jumpscares, hurlements désincarnés et créatures aux chairs meurtries avaient tendance à provoquer en lui un mal être certain. Mais plus encore ces ambiances malsaines provoquant chez l’intéressé un stress désagréable. Une fois ce programme peu réjouissant achevé, Aedon se dirigea tout naturellement vers la couche, refuge ultime contre toutes les entités malveillantes avec lesquelles notre subconscient aime nous torturer. Les murs étaient plus proches qu’à l’accoutumée et les angles abritaient les ombres tenaces et observatrices, n’attendant qu’un soupçon d’inattention pour lâcher la bête immonde qui s’y terrait. Rien n’était plus sécuritaire qu’une couverture, blindage impénétrable qui à lui seul nous isole du monde extérieur, constituant une autarcie d’un soir. Levant le tissu, s’engouffrant pour se glisser entre lui et le matelas, la bise glaciale du lit solitaire déjoua soudainement son envie de trouver le sommeil. Morphée devait être une personne bien distante pour traiter ainsi ceux qui ne demandaient que son enveloppe bienfaitrice. La couverture en retombant sembla épouser son corps, prête à former un moule fidèle de l’occupant. Ses paupières s’alourdirent malgré la présence momentanée de quelques rappels horrifiques, un scintillement, un murmure et même un sursaut dû à un endormissement trop rapide.

La transition se fit néanmoins assez naturellement, quant à l’arrivée, la chose se révéla plutôt indescriptible. Tout n’étant que silence, pas la moindre sonorité ne le transperça. En ouvrant les yeux, le voyageur ne vit étonnamment rien, à croire qu’aucune lumière ne filtrait jusqu’à lui. Il releva la tête et, à sa grande surprise, ses cornes raclèrent une surface rigide dont il emporta quelques fragments. Ces derniers s’échouèrent sur ses épaules, le contact lui parut froid et humide ; ses mains reçurent un traitement similaire. Cette texture était-elle de la terre ?! Désarçonné, il se plia à exécuter ce que son inconscient réclamait. Le manieur gratta avec hargne et anxiété le plafond terreux jusqu’à ce qu’enfin l’air lui parvienne. L’obscurité nocturne des lieux lui sembla un zénith  tant la joie de rejoindre la surface l’emplit de joie. Aedon s’extirpa sans grande peine mais il sentit une résistance à sa jambe gauche. Quelque chose s’agrippait à lui ! La prise se déplaça et remonta le long de sa cuisse lorsque tout-à-coup, une voix glaçante se fit entendre.


« Allons mon doux, ne sois pas si pressé, c’est pas tous les jours qu’on me rend visite ! clama la voix rieuse. »

Il se retourna et constata avec horreur qu’un squelette animé d’une volonté propre et à la voix féminine l’observait de ses orbites creux, claquant des dents. Terrifié, le voyageur frappa le squelette d’un coup de pied dans le crâne, ce qui le renvoya disloqué directement dans sa tombe avant de prendre la fuite, coupant à travers les fourrés ronceux qu’il rencontra sur son passage. Fort heureusement, ses écailles le protégèrent de profondes entailles mais diverses marques de griffures se manifestèrent. Lorsqu’enfin la peur s’étiola, Aedon prit la mesure du lieu dans lequel il se trouvait. Un environnement morne plongé dans la nuit sous une lune pleine et dominante. A quelques pas, des scolopendres grouillaient à la base d’un arbre, enfin, davantage une souche pourrie sur laquelle était perché un reliquat d’oiseau carnassier squelettique. Tout ici rappelait la mort, un genre de cimetière onirique gigantesque et c’était bien l’un des derniers endroits qu’il aurait souhaité visité. Pour s’encourager, le reptile prit la résolution sommaire d’éviter toute production horrifique en soirée afin d’éviter ce genre de déconvenue. L’esprit enfin clair, le voyageur  se douta qu’il ne pourrait pas aisément quitter les lieux, aussi suivit-il un sentier pendant une vingtaine de minutes, croisant quelques créatures décrépites dont il se débarrassa somme toute aisément, jusqu’à tomber sur une scène étrange. Là, une multitude de non-morts inertes jonchaient le sol. Ceux-ci n’avaient clairement rien à voir avec les cadavres rencontrés plus tôt ; plus imposants, et visiblement bien équipés. Certains portaient une armure perforée, le thorax éclaté, laissant bien visible ces mêmes éclats à même le sol, parfois démembrés, disloqués, fendus et parfois même partiellement ensevelis. Une odeur nauséabonde lui parvint alors qu’il croisa quelques zombis dans le tas tout aussi inanimés que leurs comparses. Aedon était clairement incapable de définir leur nombre mais une centaine ne serait certainement pas exagérée. A en juger par le sol, parsemé par endroits d’étrangles flammes bleutées, l’affrontement était encore récent et quoiqu’ils aient combattus, seul un camp comptait des pertes. L’ambiance pesante se traduisit par un frisson prenant lui parcourant l’échine. Son corps intolérant montrait déjà quelques signes de fatigue. Dire que le simple fait de se déplacer lui occasionnait un certain effort…

Le manieur retourna sur ses pas sans hésiter davantage mais une intervention soudaine lui intima qu’il ne serait pas si aisé de poursuivre cet objectif. En effet, un murmure parvint jusqu’à ses ouïes et en un instant, deux individus lui firent face, apparus d’on ne savait où et avec une déconcertante rapidité. Une ombre camouflait leur corps, les réduisant à d’informes silhouettes. Un mouvement abstrait se décrivit mais le voyageur ne put en saisir la nature. C’est alors qu’il réalisa qu’un troisième l’attendait dans son dos. Son cou bestial pivota lui donna la pleine opportunité de regarder en cette direction. L’individu tenait un rescapé non-mort par le crâne. Ce dernier se débattait de toutes ses forces mais le bras de son agresseur ne bougeait pas d’un iota, comme s’il fut celui d’une statue figée dans le temps. Aedon perçut un haussement d’épaules et le crâne vola en éclats, le reste du corps s’écrasant lourdement sur le sol meuble.

Le manieur percevait un danger imminent. La terreur le saisit, mêlée à un sentiment d’excitation, comme si un fragment de lui-même étant en complète opposition avec le désir absolu de survie. Néanmoins, ses jambes répondirent alors qu’il entama sa course. Il employa tous ses efforts dans le mouvement lorsqu’il ressentit une prise foudroyante sous sa gorge, malgré sa carrure ; le tenait-t-on à bout de bras ?! Le resserrement l’étouffa. Le dragon se trouva violemment projeté au sol, la prise n’ayant en rien décru. Dans son dos, une douleur indescriptible le gagna simultanément accompagnée d’un craquement annonciateur. Son esprit sur le moment n’avait assez de rationalité que pour saisir que son aile droite s’était brisée sous le choc. Le goût caractéristique du sang gagna sa gueule. Le souffle coupé, la libération de sa gorge le fit irrémédiablement tousser avec violence, crachant ce même fluide tandis qu’il hoquetait en tentant de reprendre son souffle dans des gargarismes irréguliers.


« Tu y es encore allé trop fort… Si tu l’abimes, tu sais bien qu’il nous passera un savon !
—Eh puis ? Ce n’est pas comme s’il en aurait encore besoin. Depuis le temps qu’on court après, ça n’est qu’un juste retour…
—Ne commencez pas vous deux. Inutile de s’attarder, on y va. Mais avant… »

Aedon prit un coup violent au visage, ce qui paracheva le travail. Il s’éveilla, la vue trouble, la douleur se remanifestant lentement. Il sentit cependant que ses membres avaient été méticuleusement attachés. Des discussions étaient en cours mais il lui fut impossible d’en comprendre la substance. Son ouïe altérée par son récent éveil. Néanmoins, davantage d’intonations de voix se firent entendre, peut-être cinq, six voire plus. Le manieur n’était pas capable de les identifier, mais après quelques instants il fut de nouveau conscient, prisonnier de ces individus et tiraillé par la douleur. L’un d’eux s’approcha.

« Il semblerait que mes compagnons n’ont pas été tendres avec toi mon ami. Mais je te rassure, tu seras bientôt libéré de tes entraves, dit-il en parcourant d’une main la surface écailleuse de son corps jusqu’à s’arrêter sur sa poitrine. Tu renfermes en ton sein bien plus que tu ne crois l’imaginer et je dois bien avouer que de te regarder à ce moment ne m’inspire qu’un profond dégout. Néanmoins, je te remercie, voyageur de nous avoir mis à sa portée. Te retrouver n'a pas été une mince affaire et tu nous as échappé à plusieurs reprises. Mais c'est terminé. Nous ferons en sorte que ton concours serve de bien plus nobles desseins, ceux des Cendrians. A dire vrai nous ignorons ce qu’il en adviendrait si tu venais à mourir sur le champ, aussi nous extrairons ce pouvoir avant de nous charger de lui. »

Aedon n’avait pas même la force de parler, réduit à l’état de spectateur impuissant. On le suréleva. L’un des individus, plus chétif s’approcha à son tour et tendit les bras en sa direction. Soudain, son corps entier le fit souffrir comme jamais, comme s’il brûlait vif. Les autres Cendrians donc, s’éclipsèrent sans demander leur reste. Les yeux grands ouverts, le voyageur tentait d’ignorer le mal indescriptible qui le consumait en projetant son regard au-delà de la formation épineuse et bien qu’il y déploya toute sa volonté, il ne put qu’émettre des hurlements de douleur déchirants. C’est alors que pour la première fois, son aura se relâcha entièrement et peut-être même davantage. Tout son être se focalisait sur sa souffrance et son désir de survie, tant et si bien que sa volonté de demeurer reclus et invisible fut balayée sans résistance.
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Dazh Dalreight
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Mer 14 Oct 2015 - 1:06


Les Portes du Purgatoire
Le District Cinq


A quelques minutes du poste de démarcation pour le District Cinq, Dazh achevait d’explorer les environs. Les cryptes et les tombes n’étaient guère très nombreuses dans cette région du cimetière. Le voyageur consultait fréquemment le grimoire dans l’espoir d’y comprendre quelques choses. Mais seul le mot « Cendrians » était écris dans sa langue. Le jeune Dalreight se fit la réflexion que ce terme revenait un peu trop souvent dans ce grimoire, pour qu’il n’est pas quel qu’importance.

Refermant le livre une fois encore, il prit l’initiative d’aller explorer une colonne un peu plus loin. C’est alors qu’il aperçut un homme dans la lande. Ce dernier se déplaçait avec autant d’aisance qu’un vivant. A la vue de son visage particulièrement pâle, sous l’effet des rayons de la lune, le jeune Dalreight avait imaginé qu’il s’agissait d’un zombie plus solide que les autres. Cependant, ces vêtements n’avait rien à voir avec les guenilles qu’il eut aperçut jusqu’alors. Enfin, a l’approche du jeune homme, Dazh reconnu une légère aura, propre au voyageur. Certain qu’il s’agissait de son coéquipier, compte tenu que les humains n’étaient pas tolérés ici, le morpheur alla à sa rencontre.

Le jeune Dalreight s’épousseta brièvement, et lui serra fermement la main. Ils échangèrent quelques mots, et Dazh lui fournit de nombreuse information sur le but qu’il poursuivait. Quelqu’un capable de lire le fameux livre. C’est ainsi que JB apprit à son tour, l’existence probable du Purgatoire. Le jeune Dalreight lui montra l’imposant grimoire et lui parla de ses théories sur ce qu’était les Cendrians, si tenter qu’ils existent. Le morpheur avoua nourrir l’espoir de trouver un passage pour ce royaume inconnu, ici même, dans le cimetière.

Quand enfin, ils firent le tour du sujet, Ils partirent en direction du guet pour franchir le District Cinq. Le poste-frontière était une vieille bâtisse, qui comportait en son milieu, un boyau suffisamment large pour y faire passer un véhicule. Dazh imagina malgré lui, une charrette branlante que conduit l’Ankou dans certaine légendes bretonnes. Au fur et à mesure qu’ils progressaient vers la barrière, les voyageurs aperçurent deux squelettes qui jonchaient le sol. Marchant en tête, Dazh eut un geste à l’attention de Jb pour lui signifier qu’il passait le premier. Indifférent, le morpheur dépassa les squelettes, quand soudain, une voix des plus banales l’interrompit.


« Hey, faudrait voir à pas nous ignorer. Vous n’avez pas la permission de passer ! »
Dazh : Eh bien… Comment rejoindre le District Cinq ?
« C’est une zone interdit pour vous, ordre du lieutenant... »
Dazh : Les lieutenants ont autorité ici ?
« Ben, à vrai dire, lorsqu’il s’est pointé, le chef, il n’a pas trop protesté. Alors nous au guet, on a fait pareil. Moi je ne veux pas d’ennuis…
En attendant, les instructions sont claires, pas de voyageurs. Ceux qui sont dedans ne doivent pas sortir… Et ceux qui sont dehors ne doivent pas entrer. »

Dazh : Alors suivez mon raisonnement… Je fais trois pas par ici.. là.. Voilà. Je suis donc maintenant à l’intérieur du District Cinq, d’accord ? Votre devoir est de m’interdire de sortir.
« Oui, c’est exact. Par contre la situation est différente pour votre ami qui… Mais ?!»


Jb avait profité que l’attention du garde fut attirée par Dazh pour passer la frontière à son tour. Tranquillement et sans aucune précipitation, le voyageur progressa sur le sentier pavé en direction du District Cinq.

« Hey, c’est triché ça ! Vous ne m’aurez pas deux fois ! N’essayer pas de repasser par-là ! Dégager maintenant ! »
« Tu vois petit »
Dit-il en s’adressant à l’autre squelette. « L’important c’est de savoir être obéi. »


Le District Cinq, n’était pas très différent du précédent, si ce n’est qu’on y trouvait davantage de bâtiments. Bien qu’il ne s’agisse pas de ruines, l’atmosphère morose, la nuit sombre, et les rues abandonnées entamaient sérieusement le moral des vivants. Dazh et JB avançait lentement. Le morpheur gardait le silence tout en restant particulièrement vigilent. Perdu dans ses pensées, ce dernier en vint à la conclusion que la peur s’insinuait en lui. Marquant un arrêt l’espace d’un instant, le jeune homme s’étira largement pour se défaire de son stresse. Quand il reprit la marche, ce fut d’un pas agressif et énergique, les épaules en avant. En adoptant cette attitude, il avait  l’impression de pouvoir affronter n’importe quoi. Se montrer dangereux n’était pas pour lui déplaire.

Quand ils eurent dépassé ce premier hameau, Dazh se détendit légèrement. De nouveau, ils arpentèrent la lande. Le voyageur reprit son étude des cryptes et tombes. Mais encore une fois, il ne trouva aucun signe de rune. A plusieurs reprises, le morpheur échangea avec JB au sujet de leur quête et ce dernier se montrait particulièrement intéressé tout en étant efficace dans l’étude des ruines.

Cependant, quelque chose attira son attention. Il s’agissait, d’une petite étendu de terre, que le feu avait ravagée. Rien n’expliquait la présence d’un feu à cet endroit, mais là n’étais pas la question. Après tout, il n’était pas rare de se réchauffer près d’un feu à l’occasion d’une pause. La lande était vaste. Ce qui était curieux, c’est la présence importante de cendre sans qu’il n’existe aucun foyer susceptible d’avoir abriter des flammes pendant plus d’une minute. Les environs n’avaient pas été balayés par une explosion. La théorie la plus plausible, voudrait que quelqu’un ait apporté les cendres ici. Ce qui était tout aussi curieux en soit. Enfin, la raison pour laquelle Dazh fut interpelé, c’est une représentation extrêmement similaire de la scène, au cœur même du grimoire. A nouveau, le terme de « Cendrians » apparut à plusieurs reprises…

Les deux voyageurs étudièrent la chose encore un instant avant de poursuivre leur chemin. Dazh exprima sa volonté de trouver un endroit où vivraient des personnes capable de les renseigner. Le District Quatre n’était plus très loin, mais il existait avant ça, une bourgade où ils pouvaient tenter de glaner des informations. Ils atteignirent l’endroit en peu de temps. Le bourg était visible depuis l’endroit où ils trouvèrent les cendres. Les morts-vivants n’étaient pas tous capable de parole et certains se montrèrent plutôt vifs et agressifs. Ceux-là furent rapidement défaits.

Le Morpheur, à l’occasion d’une rencontre avec un spectre, aborda le sujet des cendres dans la lande. Ce dernier s’esquiva en s’évaporant dans les airs. A l’approche du centre-ville, Dazh reprit confiance à le vue de l’animation qui régnait ici, bien que le terme soit un peu fort pour décrire des êtres sans vie.
Cependant, un macchabé alerte a son passage, feignit de s’écrouler et de perdre conscience au nom des Cendrians. Un trépassé plus loin s’éloigna rapidement. Tout à coup, comme s’il s’agissait d’une blague, des volets se fermèrent, des portes claquèrent, et un silence lourd s’installa. Dazh avait appris au contact de son bienfaiteur que les Cendrians n’étaient qu’une légende. Hors, le grimoire semblait être un témoignage sur. Enfin, s’il s’agissait d’une légende, les gens du coin la prenaient très, très au sérieux.

Il ne leur restait alors qu’à se diriger vers le District Quatre…

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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Mar 20 Oct 2015 - 16:10
Je vis celui qui devait être Dazh Dalreight au bout de quelques minutes, et me posait immédiatement. Quelque me faisait penser qu'il était préférable de ne pas trop attirer l'attention ainsi, surtout aussi proche de la barrière du prochain District. Je ne voulais pas faire mon intéressant, au contraire. Je courais presque, touchant à peine le sol tant me mouvoir était facile avec mon aura. Les hautes herbes et ronces ne me posèrent aucun souci dans ma progression, elles étaient de plus en plus éparses, laissant place à une terre délabrée et nue, humide. La pente douce qui caractérisait le Cimetière se faisait moindre ici, alors qu'une seconde rangée de grille s'étendait, pas très loin devant nous.

Le jeune homme vint à ma rencontre. Je l'observais alors qu'il marchait vers moi d'un pas assuré. Presque aussi grand que moi, il me dépassait en largeur sans conteste. Des cheveux mi-longs, assez fins et bien fournis, d'un brun sombre somme tout assez commun. Une barbe courte, à l'air rugueuse, accentuait le caractère solide, testostéroné de son visage à la mâchoire carrée, au nez large, au menton du même acabit. Un surprenant regard vairon venait compléter le portrait, de deux teintes de bleu. Vêtu d'une veste courte de cuir sombre, ouverte sur un t-shirt neutre, ainsi qu'un pantalon tout aussi banal, des chaussures solides, et des gants. Il me tendit une main en se présentant, et je fis de même. Je me retenais d'être trop bavard sur le moment, me contentant de me présenter, et de le laisser m'expliquer plus amplement ce pour quoi j'allais l'aider.

Je fus très alléché par ce dont il me parlait. Qu'il ai disparu ainsi, comme ça, et réapparaisse soudainement, sans souvenirs ... L'hypothèse de la mort en tant que Voyageur me vint immédiatement en tête. Cependant son retour brusque allait plus ou moins en contradiction avec cela. En théorie, il fallait un événement fort et révélateur pour s'éveiller en tant que Voyageur. Une fois était rare, alors deux ... Puis généralement, les Voyageurs "morts" rêvaient comme tous les autres dormeurs normaux. Hors, manifestement, Dazh n'avait eu rien de tout cela. Apparemment. En tout cas tout cela était très intriguant. Pour ce qui était des "Cendrians", en revanche ...

"En tout honnêteté, mon cher Dazh, il m'est avouable que ces "Cendrians" ne sont guère inspirant. Quels qu'ils soient, si ils sont liés à ce Purgatoire, cela n'est en soi qu'une mauvaise nouvelle. Mais du diable si je peux dire que mes aversions sont plus que de la simple prudence."

Il était plein de ressource et de légèreté, en tout cas. J'en fus encore plus convaincu après avoir passé les grilles du District 5. J'étais cependant un peu étonné de la facilité de franchir la frontière, du laxisme des gardes. Eh bien ... Je pouvais à présent comprendre que les deux fossoyeurs puissent être encore en poste, malgré leur comportement pour le moins ... peu impliqué, disons. Peut-être que le Seigneur se fichait des Districts extérieurs.

J'observais la pente devant nous. Fini les friches, sortaient de terre des bâtisses délabrées, parmi les tombes et caveaux épars. Il était probable que ces ruines étaient aussi, à leur manière, des tombes, d'ailleurs. L'atmosphère était calme, presque sereine. Dazh fut assez intrigué par une drôle de zone calcinée, au sol, et nous nous y arrêtâmes un peu. Certes, cela n'avait pas grand chose à faire là, mais je ne pouvais m'avancer plus loin dans les conjectures, de toute manière.

Je me sentais bien, même si l'envie de presser le pas me démangeait quelque peu. Dazh avançait comme un citadin fait ses achats, pour moi. Je me défoulais en prenant les devants, éliminant les quelques morts qui se relevaient pour venir voir de quoi il en retournait. Plus facile à défaire que les plantes de ma première fois, en tout cas. La plupart étaient des squelettes, étonnamment rapide, mais qui avaient une fâcheuse (pour eux) tendance à se disloquer sous les coups trop soutenus. Les os étaient cependant très solides, et je craignais qu'ils ne ré assemblent au bout d'un temps. Avec ma vitesse, il m'était vraiment facile d'aller les chercher, et de les mettre hors d'état, avant de rejoindre Dazh, jusqu'à ce que j'en aperçoive d'autres. C'était plaisant.

Je ne me souciais pas plus que cela du tas de cendres insolite, mais ce n'était pas le cas de mon compagnon, en tout cas. Nous tracions en ligne droite, dans le sens de la pente, en direction du District 4; un dernier agglomérat de bâtisses croulantes se présentait à nous. Il héla du mieux qu'il put, et à peine "Cendrians" prononcé, que les quelques autochtones s'éclipsaient comme jamais. Eh bien ! Peut-être son grimoire n'était-il pas que de l'intox, alors ... Au Cimetière, cela semblait très connu. Et surtout tabou. Je me gardais de faire des commentaires, après tout je n'étais pas là pour ça. Mais l'approche de Dazh me semblait quelque peu stupide, ou irréfléchie. Nous n'étions vraiment pas sensés être ici, et il ne semblait pas savoir ce que cela signifiait. Moi non plus, dans le sens où je n'avais jamais eu affaire aux autorités du lieu ou leurs envoyés  vindicatifs, autre que les quelques mort-vivants curieux. Mais si notre but était le fond de ce gigantesque cratère de mort, il allait falloir drastiquement changer de tactique pour la suite, à mon avis. Ce n'est pas en se baladant la fleur au fusil, à découvert, et en pensant dérouiller ceux qui viendraient à nous que cette entreprise allait atteindre son objectif.

Je me répétais tout cela intérieurement en arrivant devant les grilles du District 4, plus rapidement que ce à quoi je m'étais attendu. Après le hameau, elles se dessinaient déjà au loin, en contrebas. La lande désolée était toujours aussi peu peuplée, et les quelques ossements intrépides toujours aussi instables. Cependant ...

"Je me disais bien que tout allait trop facilement ..."

Cependant, un impressionnant spécimen semblait bien décidé à nous barrer la route, cette fois, et il n'avait pas la touche branquignole des gardes précédent. Il se tenait devant l'ouverture des grilles, nous regardant approcher d'un regard luisant, appuyé sur une imposante hache. Son casque me fit rire de par son impraticabilité, avec ses cornes recourbées, mais il n'en était pas moins que nous allions devoir le passer ...

 
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Nedru Etol
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Ven 13 Nov 2015 - 19:39

Ah !
Voilà qui avait le mérite d'être clair. Quoi de mieux que de littéralement s'envoyer au cimetière pour se signifier la haine ? Le Gris admira le paysage d'un œil neuf. Par le passé, il ne s'était jamais attardé sur cet endroit malgré l'intérêt certain qu'il pouvait représenter pour ses recherches diverses sur l'esprit.
Car malgré tout, il savait que le Cimetière n'était pas une incarnation véritable de la mort et de toute son horreur ; le vaste Royaume de la première zone n'était qu'un maigre aperçu, une simple plaine couverte de pierres tombales de carnaval par rapport à ce qu'avaient à offrir les véritables lieux de cauchemar du monde onirique. Même les cadavres -pourtant population locale et censés être légitimes en ces lieux- n'étaient pas aussi convainquant qu'ils auraient dû ; certains des êtres qui hantaient ces lieux étaient plus fluorescents qu'évanescents, plus dépenaillés que décomposés et ils sentaient plutôt la terre que l'odeur suffocante des gaz de dépouilles crevées.

Quoiqu'il en soit, s'endormir en pensant à cet endroit visait certainement le but simple de lui donner une forme d'ultimatum. De se donner à lui même un ultimatum ? Les choses n'étaient plus simples à formuler depuis qu'il avait...
T̸̷̷̵̬͚̖̟̫̟͕̰͈̘̠͎͛͂̔ͯ̎̍̔͆̔ͭ͂̚ͅû̷̮̰͓̗̤̝̹͔̝̮̜̓̾̽̽̄ͨ̾̒̃̍ͥ̑̃ͯ́̀ ̴̬̻͓̰͇̬̪̀̔̑́́͜͝ͅn̡̨̘̭̺̲̈́͛̓̽̾͐ͨ̌̃̔ͣ̿ͪ'̷̧̗̠̙͇̥̬̭̞̯̗͉̣͎̞̑̀̌̏́͗͒̿͜ͅę͎̤͔̬̰̯̩̙̟̰̩͉̰̙͕̩͍̠̖̈́ͮͪ̎ͥͤͨ̾ͫ̀͗̆̃ͤ̈̔̚͝s̠̮̖̝̝͈͓̺̟̼͔̦͍̰̪̎͐ͥͣ̉̄́͌̓̏̓ͪ͒̌͢͠͝ ̨̟̱̘͓͍͕̳̫̭̤̋̊ͧ́́̾͊ͩ̍ͩ̃̽́̍͗͒ͧ͜͟p̴͇͎̹̹͍̪̈́ͪ̅ͣ͂̈ͦ̔́͘͢͝ą̨̛̟̰͕̫͍̤̭͇͉̜̖̯͌ͪ̓̊̓̂ͥͨ͛͋͌ͨ͐̇̽̔̈́ṩ̼͇̫̫̰͇̞̥̙͕̥͔̜̟͍̑ͮ̍ͪ̈̾̎̌ͭ̾ͪ̾ͦ͋̈͞͝ ̧̡̛͇̲̟̘̬̟̠ͪ̇̌̈ͪͮ̈͂m̵͛͆͌̂͗͂̆͊҉̶̡̞̘̜͓̹̤͕̟̀ỡ̢̺̤͚̂̋ͪ̇͑ͤ̔ͨ̐͞͡͝ī̶̷̴̳̠̪̺̦̰̈́͋̓ͤ͐̍̒ͨͦ͑ͩ̾́͜ͅ ́̊́ͯ̇̓ͭ͐̎͐̕̕͠҉͓͎͚͈̭̰͖̻̟̟̘̺!̡̨̲̳̯̪̯̬͉͖̤̳̘̆̏ͮ̾͗̀͜͝ͅ

Wow ! Le Gris fronça les sourcils sous l'effort mental requis pour envoyer paître ce dérangeant pouvoir.  Instable petite chose, du calme ! Encore une fois ? Tu n'es pas moi. Mais encore ? Cela n'avait aux yeux de l'analyste guère plus de sens que de lire les mêmes mots imprimés sur des draps ; le lire ne signifiait pas que les draps pouvaient penser ou ni qu'ils lui destinaient ce message et même si cela avait été le cas, lui rappeler qu'il n'était pas un motif imprimé sur des draps ne le chagrinait pas une seule seconde.

Ne pas être une capacité d'analyse surnaturelle ne l'indisposait donc pas. Le fait que cette capacité s'assimile à l'ancien lui (l'autre lui?), au Nedru Etol dont le corps était confortablement assoupi dans un lit du centre-ville de Londres, c'était une histoire qui ne le concernait pas.
Il n'était pas ce jeune homme là. Depuis qu'il avait chassé Hisèn du corps du PetitLapinBlanc, le Renard Gris avait changé. En sortant du miroir, Alice avait emporté bien plus qu'elle ne le pensait et avec une partie des pouvoirs de la créature blanche, une partie de ce qui composait autrefois l'identité de Nedru Etol était restée. D'aucuns diraient «ce qui était mauvais en lui » et même si les choses ne sont jamais si simples, ce raccourci lui convenait assez.

Voilà pourquoi le Nedru du monde réel lui envoyait (s'envoyait ?) ce message détourné ; « je peux te faire apparaître où je le souhaite et la prochaine fois, tu pourrais bien en mourir alors travaille pour retrouver le miroir et me rendre ma conscience ». Drôle d'idée, non ? Alors que lui même considérait en cet instant que l'imposteur n'était que ce pauvre fou du « monde réel », un idiot souhaitant gâcher ses rêves pour tenter d'améliorer sa triste vie et dont les menaces étaient d'autant plus pathétiques qu'elles étaient dirigées contre lui même.

Mais trêves d'introspection ! Le Gris laissa ce qu'il avait sous les yeux l'extraire de ses pensées. Le Cimetière. Ce n'était pas la périphérie ; des caveaux de la taille et forme de maisons délabrées garnissaient les rues où Nedru se trouvait. Les créatures du coin vivaient une après vie plutôt paisible en fin de compte, proche d'un quotidien banal. Il est vrai que certaines étaient plus agressives que d'autres (lorsque la chair fraîche est un met aussi rare que précieux et délicat, difficile de résister) mais rien que l'on ne puisse éviter avec en dissimulant ses traits sous le long manteau rapiécé à capuche dont on l'avait vêtu à son arrivée. Tatouage aidant, admettons...
Mais quel que soit le traitement qu'ils pouvaient infliger aux étrangers, ce n'était rien en comparaison de ce que leur faisait subir l'un d'eux ! Le fracas des combats avait attiré l'oreille attentive du Renard, et voilà qu'il s'était trouvé à suivre... Jean Baptiste ?


Non. Ils sont deux. Mais assez ! Quelle désagréable sensation ! Est-ce que ce pouvoir ne pouvait que soulever les évidences ? Le fait que le Voyageur avec lequel il avait défait le contrôleur d'eau au Tournoi restait une coïncidence assez amusante pour s'y attarder.
Sa folie meurtrière s'arrêta bientôt devant les grilles séparant deux districts. Ou pour être plus précis ; devant le gardien de ces dernières. On est tombé sur un os ?

Encore qu'il... se permettait de rire ? Nedru se choisit (non sans difficulté) un poste d'observation convenable et décida de continuer son étude pendant un moment, tout en cherchant des yeux un moyen de passer lui même l'obstacle sans avoir à l'affronter. La présence des Voyageur en ces lieux était trop insolite pour qu'il les laisse s'échapper sans y mettre son grain de sel.
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Dazh Dalreight
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Jeu 26 Nov 2015 - 16:03


Les Portes du Purgatoire
Pénétrer le district 4



Le gardien du District 4, se tenait face à eux. Le duo de voyageur avait marqué l’arrêt à une quinzaine de mètre de celui qui serait leur premier adversaire. Il était assurément plus compétent que les précédents gardiens, à telle point que le jeune Dalreight ne chercha pas à entamer le dialogue.

Le mort-vivant les dominait de sa hauteur. Sa hache viking, formidable instrument promettait un combat difficile. Cependant, il était seul et Dazh ne douta pas un seul instant de pouvoir franchir la frontière. Le morpheur fit un premier pas en avant tout en conservant le squelette dans son champ de vision. Bien que le voyageur approchait lentement, le gardien ne réagit pas. Parfaitement immobile, il semblait attendre le moment où quelqu’un se présenterai à lui. En attendant, tout semblait l’indifférer.

Ce n’est finalement qu’à quelques mètres de sa cible, que le jeune Dalreight aperçut le regard du mort-vivant se poser sur lui. Telle une marionnette, le gardien adopta une posture des plus menaçantes. Quiquonque voulant aller plus loin comprenait aisément le message. Mais le jeune Dalreight ne cessa pas d’avancer. Un coup d’œil en arrière lui appris que Jb ne se tenait guère trop loin.

Il aurait été intéressant de prendre connaissance des capacités de son allié, mais le jeune Dalreight envisageait la question d’un point de vue personnel, et s’enquérir de ce genre d’information directement relevait de l’impolitesse.

Le gardien passa a l’assaut en soulevant sa hache loin au dessus de sa tête. Le métal frappa durement le sol, à l’endroit précis où se trouvait le voyageurs une seconde plus-tôt. Sans attendre, le jeune homme enchaîna sur son esquive, un violent coup de pied dans le manche de la hache, afin de la lui retirer. Il avait l’espoir que, compte tenu l’absence de muscle et et de chair, il briserai facilement le contrôle du gardien sur son arme. Mais l’énergie qui animait le squelette n’était pas à prendre à la légère.

L’assaut du voyageur fut sans effet. Pire encore, le gardien ne comptant pas uniquement sur sa hache, asséna un coup dévastateur, du revers de la main. Il n’était plus temps d’esquiver, alors le jeune Dalreight bloqua le coup en se protégeant des deux bras. Le choc manqua le déséquilibrer, mais Dazh était plus costaud et résista, sans chuter. Cependant, le bracelet épineux avait causé une profonde entaille à son bras gauche.

Le voyageur prit ses distances avant d’essuyer un nouvel assaut.

Le squelette se releva de toute sa hauteur et toisa ses deux adversaires. Avec sa hache en main, il était plutôt intimidant. Le jeune Dalreight se fit la réflexion qu’avec une arme de ce genre, il le serait tout autant. Non pas qu’un concours d’intimidation l’intéressait, mais l’idée d’inspirer la terreur a des créatures qui avait le  « mal » pour vocation lui plaisait énormément.

Bien que Dazh avait peur, non pas du squelette, mais de prendre un coup mortel. Il s’élança à nouveau à la rencontre du gardien. Le combat débutait seulement et il n’avait pas dit son dernier mot. Fier de sa stature imposant, Dazh engagea naturellement le duel sur un bras de fer. Avant même que le squelette n’arme son bras pour frapper, le voyageur s’empara du manche de la hache pour la tirer brutalement vers lui. Le gardien fit de même, mais le voyageur était plutôt fort à ce jeu. Alors il sembla concentrer toute son énergie et d’un seul bras, il souleva son arme et le voyageur par la même occasion.

Le mort-vivant recula d’un pas ou deux, déséquilibré. Dazh manqua se cogner contre les pierres qui constituait la voute du guet abritant le passage pour le District 4. Le gardien estima qu’il s’agissait d’une bonne façon d’en finir car il se saisit du voyageur à l’aide de son second bras et chercha à l’écraser contre les pierres du plafond. Chahuté à plusieurs reprises, Dazh s’accrochait toujours fermement à la hache, quand bien même il était à présent littéralement écrasé contre la roche froide du guet.

Il tenta de prendre appuie sur le plafond pour se donner plus de force, afin de renverser le gardien, mais celui était très robuste. Le morpheur entreprit de changer son bras gauche en Quartz. D’abord, il brisa le manche de la hache comme s’il s’agissait d’une brindille. La prise moins ferme de squelette permit un peu de répit au voyageur qui arma son bras puissant, pour décoller un coup destructeur en pleine poitrine.

Le squelette recula soudain. Il n’était pas possible de lire la moindre souffrance sur son visage, mais le coup l’avait ébranlé. Dazh tomba lourdement sur le sol. Puis, tandis qu’il se relevait lamentablement, le mort-vivant brandit sa hache, qu’il n’était plus possible de manier qu’à une main à présent. Bouffi par la colère, le morpheur s’empara de la hache et par la même occasion, du bras mort de son adversaire. Sa poigne de pierre n’avait que faire du cuir clouté sur son avant-bras. Le gardien tenta d’échapper à l’étreinte de pierre, et quand bien même il chercha de l’élan pour s’en défaire, il n’y parvient pas.

Le jeune Dalreight brisa son bras d’une poigne extrêmement ferme. Là encore, le gardien ne réagit pas à la douleur. Dazh revêtit sans attendre son masque de pierre pour administrer cette fois un coup de tête formidable à son adversaire, à hauteur de sa poitrine. Nul doute que son armure encaissera les dégâts, mais l’élan permis au jeune Dalreight de lui arracher définitivement le bras et la hache qu’il lança nonchalamment dans la lande derrière eux…


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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Mar 12 Jan 2016 - 21:18
Alors que Dazh s'avançait spontanément, je restais en retrait; la hache me dissuadait de venir titiller le mort de trop près, sous peine de lui ressembler un peu trop à mon goût. Un revers suffisait probablement à m'expédier ad patres. Convénient, d'ailleurs, notre adversaire attaque celui qui lui cherchait noise, plutôt que celui qui commençait doucement à lui tourner autour.

Hache barbue, manche long ... Je m'étais amusé à théoriser quelques situations, quand le combat armé était mon passe-temps et un moyen pratique d'être un peu plus qu'un citadin mollasson, et cela ne m'arrangeait en rien, ici. Cette arme, bien que moins maniable qu'une épée longue, avait un impact bien plus puissant, et si elle était théoriquement plus lente à manœuvrer, surtout à moyenne distance, cette lenteur n'était que trop relative. Je ne pouvais pas me permettre de prendre un coup de son tranchant; il fallait franchir la barrière de l'allonge, et s'exposer à un corps à corps brouillon, sur une Créature en armure, certes partielle et usée, mais armure quand même. bloquer l'arme, ou, mieux, lui retirer, serait parfait; et difficile, surtout. Quoi qu’à deux ...

Mon collègue était une tête brûlée, en tout cas. Il attaqua de front, esquivant de peu, contrant de peu également, recula, toujours face au squelette. Je remarquais qu'il prit un petit temps pour reprendre prise sur son arme. Si la tentative de Dazh avait échoué, elle n'avait pas été sans effet. Je continuais d'observer, cherchant à capter le rythme des échanges, de trois quart, me dirigeant vers le flanc gauche de notre adversaire. Je sentais que mon aura prenait son ampleur, crépitant à mon contact, faisant voleter mes cheveux. Je l'avais presque oubliée ! D'une courte impulsion, je m'éloignais un peu du sol, afin de prendre plus d'ampleur dans mes mouvements potentiels.

L'absence de garde digne de ce nom chez le gardien (ou douanier, d'ailleurs), étrangement, ne me rassurait pas. Trop imprévisible ... Pas pour tout le monde, apparemment. Dazh n'eut aucun complexe à aller de suite au contact, et attraper le manche de la hache pour le bloquer. Quel inconscient ! Ou visionnaire. Hum, je cessais de me dire ça dès qu'il se fit soulever de terre comme un nourrisson. Il se défendit comme il put, et le tout évolua rapidement en une lutte un peu confuse contre les pierres.

Quel crétin ! Il se mettait dans une position qui ne me permettait pas de lui venir en aide, pas sans prendre le risque d'empirer la situation comme seul effet. Quoique ... Une ouverture, peut-être ? Le torse et les jambes du squelette étaient exposées. J'hésitais, pourtant, et un bruit très incongru finit de m’interdire de prendre part; le manche de la hache s'était cassé, en oblique, plus ou moins en son centre, dans un claquement sec. Comment Dazh avait pu voir une faiblesse dans le bois ferré, aucune idée, mais peu importe ! C'était une excellente chose. Il avait changé son bras en une matière blanchâtre et minérale, qui lui avait suffi à briser l'arme, et reprendre l'ascendant. Le coup qu'il envoya me fit serrer les dents pour celui qui le reçu. Aucune idée de ce que ça pouvait être, mais c'était dur, manifestement.

Pas le temps de trop m'intéresser au pouvoir de mon collègue ! J'étais sensé l'aider, bon sang ... Alors qu'il s'écroulais au sol, je commençais à foncer pour éviter qu'il ne se fasse tuer. Il eut cependant une relevée rageuse, in extremis, arrêtant le coup qui autrement l'aurait éclaté en deux comme une bûche, peau de pierre (du quartz, peut-être ?) ou pas. Encore une fois, je reculais d'un pas, instinctivement, ne voulant pas me mêler à la mêlée, qui deviendrait peut-être trop méli-mélo. Bref ! Après le manche, le membre qui le tenait, apparemment, le craquement confirmant ce que je croyais voir. Et surtout ... La tête de Dazh se couvrit aussi,pour mieux cogner le squelette qui parti en arrière, lâchant malgré lui son arme, erreur qui lui coûtait un bras (littéralement, ici). La chose arrachée vola vers ma gauche. Déclic.

"Dazh ! Laisse moi prendre la relève !"

En disant cela, je m'envolais et attrapait l'arme au manche raccourci, laissant choir le bout de son (récemment) ancien propriétaire. Prenant contact avec la longueur de l'arme, je fis quelques moulinets, posant mes deux mains à un demi-poing de distance sur le bois brisé. Le fer était imposant, mais il me paraissait bien moins lourd que ce que sa taille indiquait; le monde des rêves me surprenait toujours dans les différences qu'il m'apportait. Je lâchais l'arme de la main droite, continuait à la faire tourner de la gauche, appréciant le jeu des muscles et tendons en me posant au sol et en avançant vers mon associé entartré et le mort-vivant, qui avait reculé de quelques pas, gardant toujours le passage cependant. Affaibli mais toujours vaillant, dirait-on. J'intimais cependant à Dazh de s'écarter, lui passant de toute manière à coté.

"Nous sommes deux, à défaut de faire équipe directe, autant que je ne reste pas les bras croisés, et prenne la relève. Puis tu m'as envoyé le bâton du relais, non ?"

En disant cela je montrais la hache, ponctuant la question d'un sourire amusé. Espéront qu'il ne le prenne pas mal ...
Non, pas du tout, même. Un signe de tête affirmatif, et il me laissa la place sans dire un mot. Bien, tout ça ! Le squelette ne bougeait toujours pas. Je me sentais à l'aise, contre un adversaire de ce genre. L'arme pesait agréablement dans ma main, j'apprenais rapidement à connaître son poids, sa taille, son équilibre. Certes, c'était un morceau d'une hache à deux mains, mais cela ne rendait pas son maniement plus difficile, juste différent d'une arme à une main commune. Si tant est qu'il puisse vraiment en avoir une, d'ailleurs, au vu des différences si prononcées d'un objet à l'autre. J'aurais tout de même aimé avoir un bouclier, avec ce type d'engin. Joueur, je me permettais de bondir à portée de l'ennemi, éhontément. Il réagit de suite, mais l'esquiver était plus qu'aisé. Il était affaibli, avec un bras en moins, et les coups de Dazh avaient porté. Je me permis même de chasser sa main avide d'une pichenette latérale de la lame.

A sa réaction, je compris qu'il était déjà fini. Il ne put riposter, déséquilibré par la frappe, et se contenta de rester dans le passage, barrage de plus en plus dérisoire. La hache intensifia ses moulinets dans ma main, alors que j'articulais ma garde sur elle. Avec une telle meurtrière, dont le poids était majoritairement dans la tête, il était important de garder sa vitesse, l'arme étant difficile à manier précisément et plus encore à stopper, de par son équilibre. Mais une fois bien partie ... Les dégâts étaient conséquents et ardus à éviter. Même si les coupes étaient mal alignées, l'impact était trop fort.
Je bougeais avec légèreté autour du mort-vivant, et attaquais la danse. Un revers, puis deux et son autre bras s'arracha presque, alors qu'il échouait à me bloquer. Un coup vicieux à l'articulation de son genou le déséquilibra avec succès, me permettant de bouger à ma guise autour de lui. J'enchaînais les coups avec régularité, bosselant par inadvertance les quelques morceaux d'armure qu'il restait à mon adversaire, alors qu'il s'affaiblissait de plus en plus. Je me ratais un peu dans un swing trop poussé, qui bloqua le fer de la hache dans sa cage thoracique; cela me provoqua une bouffée de stress intense, et je sautais presque immédiatement, le repoussant d'un coup de pied fulgurant qui décoinçait mon arme. Merde ! C'était juste. Sans mon aura pour faire mes passes impossibles ...

Autant en finir tout de suite. Un ample mouvement horizontal sépara le crâne du reste. Si ample que j'en lâchais la hache, qui vola contre un des murs de pierre avec fracas. J'en restais un peu hébété une seconde, mais heureusement le squelette tomba à genoux, perdant tout dynamisme. Mon bras était blessé à deux endroits, sans que j'ai pu le remarquer dans le corps à corps. Une estafilade qui déchirait ma manche du poignet presque jusqu’au coude, très superficielle, et un hématome dans la chair de la main. Rien que de très bénin, en somme. Posant les orteils contre le casque à cornes ridicule, je me permis de souffler un peu, tandis que mon aura se calmait. Cela avait été bref mais intense, pour moi.

"Eh bien, espérons qu'il n'avait pas d'amis proches ... Nous continuons, Dazh ?"

 
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Ven 26 Fév 2016 - 20:13


Les Portes du Purgatoire

Luche



Son coéquipier s’avança à son tour et sépara la tête du garde, du reste de son corps. Ce dernier n’était définitivement plus une menace. Tandis que le squelette s’écroulait sur le sol, Dazh observa le voyageur qui prit un moment pour récupérer. Selon toute vraisemblance, il se calma rapidement, mais le jeune Dalreight douta qu’il se soit sérieusement emporté. N’ayant presque pas réagit, Dazh, le regard perdu, fut tiré de ses pensées a la mention de son nom. Sans attendre, il sourit brièvement et suivis Jb, en direction du district 4.

Les deux voyageurs arpentèrent un bon moment, la lande, un paysage moribond aux arbres morts, dans laquelle ils découvrirent parfois, des ruines d’un autre temps. Malgré l’obscurité de la Nuit sur le royaume, la pleine lune éclairait largement les environs. L’absence de vie, d’énergie ou d’animation en tout genre amena le jeune Dalreight à se murer dans un profond silence. Le morpheur restait cependant à l’affut du moindre danger. Il se fit la réflexion qu’un tel environnement devait finir par affuter les réflexes de n’importe qui. Difficile de garder l’esprit tranquille, la nuit dans un cimetière. Cependant, le voyageur appréciait cette situation. Comme drogué à la peur, savoir le danger quasi constant, sentir cette menace invisible capable de surgir de n’importe où, lui conférait une énergie nouvelle. Pour un peu, il espérait presque rencontrer un cauchemar sur la route, rien que pour lui prouver qu’il était lui-même quelqu’un de dangereux. Cette dernière pensée lui arracha un sourire. L’idée d’effrayé des créatures terrifiante lui semblait particulièrement séduisante.

Soudain, il sentit sous ses pieds comme des vibrations. Si l’effet était un peu curieux, il comprit rapidement que quelque chose approchait. Malgré l’éclat de la lune sur la route, il était impossible pour le jeune Dalreight de percevoir quoique ce soit. Il échangea un bref regard avec son compagnon, avant de lui indiquer d’un geste du menton, le fossé sur le bord de la route. A la manière d’un hobbit fuyant les spectres à sa poursuite, Dazh glissa hors de la route pour disparaitre dans le noir. L’image qui lui était venu à l’esprit avait été parfaite, car il perçut le martèlement de plusieurs sabots sur la route pavé. Les cavaliers énigmatique disparurent aussi vite qu’ils étaient apparu. Dazh avait tenté d’estimer leur nombre comme l’aurait fait un rôdeur aguerris, mais il en était tout à fait incapable.

Profitant d’un moment de repos, bien qu’il n’était guère épuisé par le fait de marcher, Dazh constata la présence d’une lumière a guère plus d’une lieue de leur position. Pour la seconde fois, une pensée lui arracha un sourire. L’aventure qu’il vivait à Dreamland était si proche de ce qu’il pouvait vivre à la lecture d’un roman, qu’il en était à employer les mêmes termes. La lumière qu’il apercevait n’était pas en mouvement et brillait en continu. Le voyageur écarta la piste d’un feu follet. Sans s’en rendre compte, Dazh parcouru quelques mètres dans cette direction, comme pour mieux comprendre ce qu’il voyait. Mais à cette distance, quelques mètres n’y changeaient rien. Envahi par la curiosité, il se tourna vers Jb pour lui faire part de ses observations. Ils avaient grosso modo cinq petits kilomètres à parcourir. Au cas où ils ne trouveraient rien, ils leur fraudaient faire demi-tour et rejoindre la route. Ils auraient alors perdu un temps précieux, mais le jeune Dalreight était convaincu qu’ils leurs faillaient s’approcher.

Contre toute attente, il s’agissait d’une tour qui dominait un petit complexe sous-terrain. Il semblait évident au jeune Dalreight que le gros du complexe s’étendait sous terre. Pouvait-il s’agir alors, de l’endroit qu’il recherchait ? Mais le voyageur ignorait presque tout de ce royaume et à la réflexion, des complexes souterrains dans un cimetière de Dreamland, ça ne devait pas être si rare que ça. Dazh parcourra rapidement les environs, sans qu’il ne trouve d’indice quant à la piste qu’il poursuivait. Un peu déçu, le voyageur rangea à nouveau le grimoire dans une besace prévue à cet effet. Il hésitait à pénétrer les lieux afin d’en apprendre davantage. Seul, il aurait déjà pénétrer l’endroit, mais il ne pouvait pas faire courir de tel risque à son équipier.

Toujours hésitant, il décida qu’un dernier coup d’œil lui permettrait de prendre une décision. Pour ce faire, le morpheur approcha de la tour qui semblait être le seul moyen d’entrer. A l’instar des autres bâtiments rencontrés jusqu’à maintenant, la tour était en pierre apparente et haute d’une vingtaine de mètre. La lumière à tous les étages lui permis d’évaluer l’ensemble de la structure qui lui parût plutôt ancien et peu entretenu. D’ailleurs, lorsque que Dazh entreprit de tirer les deux battants de l’immense porte en bois, il crut un moment que la poignée allait lui rester dans les mains. L’intérieur de la tour, au rez-de-chaussée n’était ni gardée et les chandeliers n’étaient pas allumer, ce qui poussa le jeune Dalreight à progresser davantage. Sur sa droite, tout de suite après être entré, se trouvait un petit couloir, en pierre également, faiblement éclairé par ce que Dazh estimait être une torche. Sans attendre, il s’y engagea pour découvrir un escalier qui s’enfonçait dans le sol.

Alors qu’aucun son ne lui parvenait, Dazh poussa son exploration jusqu’à rejoindre une porte qui donnait sur le premier pallier du sous-sol. L’escalier descendait encore et le voyageur ne résista pas à l’envie d’en voir plus. Après tout, il pourrait rejoindre l’entrée de la tour en grimpant les marches quatre par quatre. Il découvrit une seconde porte qui donnait cette fois sur de simple galerie en terre. Ce niveau lui parut intéressant et comme des torches étaient allumés tous les cinq mètres, le voyageur s’y engagea sans crainte. Il ne croisa pas âme qui vive, bien que des bruits lui parviennent, comme s’il se trouvait dans une usine, pleine d’employés au travail. Soudain, il perçut une voix, qui lui parut désagréable.

« …Et je compteeees donc sur vouuus pour redoubleeeer d’efforts. Eh ouiiii… Fournissez plus d’efforts afin de montrrrrer que notre distriicct est un des plus performaaaaannt.. »

Cette voix nasillarde semblait répéter un discours usé jusqu’à la moelle. Rien que ces mots lui avait été pénible. Dazh abandonna sa cachette dans son couloir pour avancer jusqu’à une autre porte en bois. Il essaya de l’ouvrir et constata qu’elle était fermée. Sans insister, le jeune Dalreight poursuivit jusqu’à la porte suivante qui s’ouvrit cette fois. A sa grande surprise, il déboucha sur une pièce assez grande, qui s’avérait être un bureau. Sur les murs, des photos, des articles du DreamMag et même des cadres qui mettaient en valeur les « employés du mois ». L’un d’eux attira son attention, car l’employé du mois était à la fois une petite fille et un jeune homme aux cheveux blancs.

« Mara Leros.. et.. Corey Cole.. ! Corey.. Sérieusement ? »

Soudain, une voix rententit dérrière la porte.

« Ah au faiiiiit….  Skullies, le chien squelette de ma mère s’esssst encorrreee échappéééééééé….. Penseeeeeeeez à le retrouveeeeer… »

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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Jeu 3 Mar 2016 - 12:19
Bon, le District 4 nous était donc ouvert, si l'on pouvais dire. Encore une fois j'avais le sentiment que quelque chose allait de travers. Jamais nous n'aurions du pouvoir passer si facilement, le seul garde ici avait été écrasé par deux malheureux Voyageurs. Et nous n'avions même pas une bonne synergie ! Cela me rassurait un peu, en un sens, au moins, quant à nos chances de réussite. Si tous ceux que nous croisions et qui tentaient de nous barrer la route étaient autant d'incapables ou de branquignols, je pouvais déjà me demander exactement combien j'allais toucher à la fin. Je n'avais pas vraiment oublié que j'avais accepté plus sur un coup de passion que sur une base réfléchie, et que ma récompense exacte, outre l'entrée au Cimetière et la miroitante (mais maigre) possibilité de trouver quelques détails qui pourraient m'intéresser, ne m'avait pas vraiment été communiquée. Ou alors je l'avais oublié dans les brumes du dialogue quelque peu halluciné avec ... comment s’appelait-il déjà ?

A carburer dans le vent, j'en oubliais presque de prendre la suite de Dazh, aussi remisais-je tout ça dans un coin de mon esprit et pris sa suite, continuant la pente douce, droit vers les profondeurs du Royaume. Je n'osais trop briser le silence entre nous deux, mon compagnon n'était manifestement pas loquace. Je sentais que nous ne retrouverions juste à ne savoir trop quoi dire, ou bien qu'il serait trop court pour moi, et moi trop long pour lui. De plus il semblait presque satisfait de l'ambiance pesante des lieux, content de faire ce qu'il voulait. Presque comme s'il était venu plus chercher cela qu'autre chose. Pourquoi pas après tout.

Je ne perdais pas une miette du paysage autour de moi, qui était indéniablement intriguant. Je pense qu'il était simple de ne voir dans tout ce qui nous entourait qu'un énorme décors, une impression pure et dure du lieu, sans profondeur ni relief. Je ne pouvais m'y résoudre.  Même à Dreamland les choses avaient une histoire, une évolution, et elle laissait des traces. Les ruines n'étaient pas déposées ici, leur existence ne se limitait pas à leur état actuel. Pour qu'il y ai de la mort, il a fallu qu'il y ai de la vie avant. Peut-être que le grimoire de Dazh et ses informations avait un lien avec ce passé. Ou peut-être pas du tout; il me plaisait de supposer en arpentant ces terres interdites à mon engeance. Dans un registre différent de mon équipier, je prenais aussi un plaisir indéniable à me trouver ici, finalement. Malgré l'atmosphère des lieux.

Nous progressions tous deux sur une large route de pavés sombres, d'autant plus sombre à la simple lueur pâle de la lune. Je ne savais trop si c'était la meilleure idée de se placer ici, mais je n'avais pas l'envie de discuter un tel point. Dazh traçait la route, je suivais. Je n'en étais pas moins stressé cependant, et le moindre bruit ou sensation suspecte m'interpellait. Un martèlement continu et roulant, indéniable, traversa mes orteils, très vite repris par mes oreilles. J’accélérais le pas, m'étant légèrement laissé devancer. Au regard qu'il me lança, je n'hésitais pas un instant de plus, et plongeais d'un seul mouvement sur le coté, dans le caniveau profond sur le coté de la route. Il m'y rejoint en roulant une demi-seconde plus tard, moins léger mais tout aussi efficace.

Pour moi la nature du son ne faisait aucun doute, un véhicule ou un groupe se déplaçait rapidement sur la voie, et il venait vers nous. A peine nous étions-nous aplati que le roulement devint tonnerre grave et terriblement proche. Dazh avait des yeux brillant comme jamais, mais il ne fit pas un geste, restant le plus caché possible dans notre trou. Alors que la chose passait où nous nous trouvions il n'y a pas une minute, la tentation de voir de quoi il en retournait me tirailla avec une violence incroyable. Sans trop m'en rendre j'arrêtais de respirer, alors que les secondes s'égrenaient et que la troupe (vu le nombre qu'ils semblaient être je n'avais pas d'autres mots). On aurait dit des chevaux, ou quelque chose de proche. Le bruit commençait tout juste à s'estomper que je craquais et me redressais d'un bond, sautant hors de la cachette. Peine perdue, je ne vis rien du tout, comme s'il avaient disparu. Une interruption, sans plus.

Plus tard, lors d'une petite pause (plus pour faire état des lieux que se reposer, l'endurance à la marche n'était pas un souci), alors que j'étais occupé à tenter de comprendre si la lune qui nous surplombait, Dazh me fit part de ses observations. Une lumière suspecte se dessinait plus loin, en effet. Il avait bien envie de voir de quoi il en retournait. J'avais quelques réserves, mais je ne les exprimais pas outre mesure. J'agréais un peu mollement.

"J'ai quelques réserves, mais ... Après tout pourquoi pas, je suppose."

Je me demandais si je n'aurais pas du le recentrer, une fois arrivé devant ce qui était au final un bâtiment haut et fin, une vieille tour dont les fondations s'enfonçaient profondément dans le sol, suggérant de plus amples constructions en souterrain. Alors que Dazh observait, je courrais de droite à gauche, voir si les flancs de la bâtisse ne cachaient pas quelque chose. La terre autour était irrégulière, battue à certains endroits. Mais rien de plus. Mon équipier fit de même de son coté, sans grand succès non plus. Si ce n'est une entrée unique, dans laquelle il s'engagea sans précautions aucune à mon grand effarement. Mais bordel, à quoi est-ce qu'il pensait ... S'il y avait de la lumière, c'est qu'il y avait peut-être quelque chose, quelqu'un. Mais lui s'en fichait, apparemment, que l'on ai du démonter des gardes pour arriver ici et se cacher dans la boue. Je ne lui criais pas dessus de peur de simplement nous faire remarquer, mais ... A quoi est-ce qu'il pensait, vraiment.

Je restais dans l'embrasure de la porte tout d'abord, à l’affût du moindre bruit. Si ce con nous avait amené à notre perte ... Olah, calme, calme. Je commençais à m'énerver dans le vent, tellement Dazh me stressait avec son inconscience. Bien plus que le danger réel, finalement. Je me décidais à entrer aussi, avec prudence. Tout était délabré à l'intérieur, cependant une petite lumière éclairait faiblement un escalier s'enfonçant dans les profondeurs. D'une voix sourde mais pressante, je tentais de raisonner mon compagnon un peu trop fougueux.

"Dazh, mieux vaudrait ne pas y aller si ... inconsidérément."

Il s'était engagé sans hésitation, sans même ralentir en fait, descendant les marches avec autant de précipitation que d'imprudence. Pas question de le suivre, en tout cas. Je retournais à l'embrasure de l'entrée, et tentais d'au moins servir à quelque chose. Je me plaçais afin d'avoir un oeil et sur l'extérieur sans être trop visible, et sur l'escalier, et me concentrais sur l'observation pure. S'il avait un problème, Dazh ferait du bruit. Et je pourrais aviser à ce moment. Si je n'étais peut-être pas le plus zélé des coéquipiers, au moins j'étais, ou je voulais, être efficace dans mon aide. Je n'apporterai rien en me jetant à sa suite. Pourvu qu'il ne lui arrive rien tout de même. J'entendais quelques bruits, et cela m'inquiétait déjà.
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Lun 28 Mar 2016 - 15:32

Si le Gris était d'un ordinaire peu impliqué, son goût pour le voyeurisme trouva à être rassasié cette nuit. De toutes façon, il n'avait rien à faire ici, sa présence n'était que le fruit du vœu de celui qui s'était endormi en l'imaginant mort et il lui fallait à présent trouver un sens à son existence onirique, si possible sur le long terme.

Non pas qu'il soit insensible à la potentielle détresse des autres humains qui foulaient l'endroit, seulement... Leurs actes étaient manifestement violents et puisque le Renard ignorait la raison qui les animaient, ne pas se mêler à eux le temps de décider était une prudence élémentaire. Qu'ils se mettent à agir d'une manière absolument désapprouvée par l'analyste et il lui faudrait trouver un moyen de les arrêter. C'est bien commode ; le Gris ne désapprouvait que peu de choses, à plus forte raison dans un monde imaginaire.
Quoiqu'il en soit, cela devait pouvoir expliquer que les deux Voyageurs luttèrent contre un massif gardien de cette partie du Royaume sans que Nedru n'esquisse le moindre geste, même lorsque celui qui pouvait se changer en pierre se fit violemment chahuter. Estimer les forces de chacun n'avait pas demandé une longue analyse et il ne s'inquiétait pas outre mesure sur l'issue du combat, se contentant de ponctuer les échanges par un petit rythme tapé de l'index sur les tuiles qui l'avaient accueilli.
Peu de temps après que la tête de la créature soit tombée, le jeune homme sauta de son perchoir dans un sourire gêné. Puis il suivit les compères, enjambant le deux fois cadavre d'un air pensif.

Désormais, qu'il le veuille ou non, il serait considéré comme impliqué par les actes de ces deux là. On ne voyait pas assez souvent trois Voyageurs se promener dans cet endroit pour s'empêcher d'insinuer l'évidence de leur coopération.
C'était préoccupant. Mais rebrousser chemin produirait certainement le même effet tout en le privant de la réponse à la question qu'il se posait depuis le début de cette aventure ; que trafiquaient ces deux là ? Même si leurs auras ne trahissaient pas de malveillance affichée, Nedru avait appris à se méfier des significations de ces dernières. Cependant, s'il n'avait que peu fréquenté Jean-Baptiste, il se souvenait que l'énergumène n'était pas de la pire espèce.


Il resta néanmoins à une distance raisonnable tandis que les tueurs de morts parcouraient la vaste lande nocturne du Royaume. Leurs pas sur les pavés de l'antique route résonnaient dans le silence lugubre des lieux, loin devant lui. S'ils s'étaient retournés pour fixer un point sur la route derrière eux, sans doute l'auraient-ils aperçu. Mais son tatouage continuait de le dissimuler avec soin et pour peu qu'il reste immobile, leurs yeux glisseraient simplement sur lui pour s'intéresser aux jeux d'ombre que projetait une lune ronde avec la complicité des ruines et arbres morts peuplant l'endroit.
Cette absence de créature dans les environs était étonnant. Le Cimetière avait tout de même sa réputation de surpopulation... Peut être un événement particulier les avait-il tous éloignés de cet endroit ? Une fête peut être ?

Pour celui qui ne craignait pas pour sa vie (ce qui était ici le cas du jeune homme caché derrière deux cibles plus apparentes, plus faibles et contre qui il était plus légitime de chercher des ennuis qu'à lui) la promenade invitait à la méditation. Tout en repoussant les assauts d'un pouvoir agaçant, il parvint à la conclusion qu'il devait désormais agir. Avoir un peu plus d'emprise sur ce qui se passait ne lui ferait pas de mal.

Cependant, comme les autres, il sortit de la route pour laisser passer les cavaliers qui l'ébranlèrent un court instant. Il se permit un regard sitôt dépassé. La tête manquait à l'un d'eux et la puissance que ce dernier dégageait était effrayante. Le Gris nota que les autres avaient également masqué leur présence à son passage et il s'en trouva rassuré. Ils ne tuaient pas tout ce qui bouge, seulement la majorité des créatures se trouvant entre eux et leur objectif.

Quand ils s'engouffrèrent dans la tour qui se dessinait au loin, Nedru accéléra sa cadence.

Pour se retrouver bientôt face à Jean-Baptiste, revenu sur ses pas. Inutile de se cacher plus longtemps. De toute façon, dans cette situation, le brun n'espérait pas grand chose de son tatouage.
Alors qu'il levait la paume gauche en signe de salut amical il activa cependant son pouvoir sur le Voyageur sans perdre une seconde et sans le moindre état d'âme, interprétant déjà la réponse à sa question dans les gestes de son ancien allié du tournoi :


Salut ! J'espère que je ne dérange pas, je me permet de vous rejoindre, je ne me suis pas endormi où j'espérais.

Inutile de cacher qu'il savait qu'ils étaient deux et du même coup qu'il les avait suivi un moment. Le jeune homme était suffisamment sûr de sa supériorité pour se permettre le luxe de l'honnêteté.

Qu'est-ce que vous faites ?
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Jeu 31 Mar 2016 - 17:07


Les Portes du Purgatoire
Jean-Baptiste Dubois & Nedru, le Renard Gris & Dazh, The Rock



Dazh explora rapidement la petite pièce a la recherche d’une cachette et n’en trouva aucune. Alors, il entreprit de simplement se placer derrière la porte et de se faire le plus discret possible. La liche ouvrit cette dernière  et entreprit immédiatement de fouiller dans sa bibliothèque. Le voyageur perçut aisément l’aura de la liche qui lui était largement supérieur. Dazh espérait que sa propre énergie, qu’il tentait de tapir en lui, passerait suffisamment inaperçue, compte tenu que la liche ne cherchait pas à déceler une présence particulière. Le morpheur avait même cessé de respirer, craignant de se faire surprendre.

Luche, puisque tel était le nom qui apparaissait sur le petit présentoir trônant sur le bureau,  s’avança au centre de la pièce, plongé dans la lecture d’un vieux manuscrit. Dazh ne bougea pas, conscient que le moindre geste alerterait le squelette. Le morpheur examina ce dernier et fut surprit qu’il parvienne à se tenir debout, car plus aucun muscles ni tendons n’apparaissaient sous sa robe. Ses orbites vides étaient assez angoissantes, et le fait qu’il resta immobile deux bonnes longue minutes inquiétait le jeune Dalreight qui éprouvait le besoin de respirer un grand coup. Contre toute attente, Luche quitta son bureau tout en gardant le visage plongé dans son parchemin. Dazh saisit l’occasion pour avaler de grande quantité d’oxygène et envisagea de quitter cet endroit. Seulement, il ne pouvait pas ignorer tous ces vieux ouvrages dans cette bibliothèque. Peut-être qu’avec l’aide de JB, il pourrait prétendre neutraliser Luche… ?

Non, la liche était bien trop puissante pour qu’ils s’essaient à la vaincre. Surtout que parvenir a un tel exploit leur coûtera beaucoup de temps et assurément de nombreuses blessures pour un butin probablement peu digne d’intérêt. Partagé par les choix qui s’offraient à lui, Dazh ne quittait pas la bibliothèque des yeux. Il ne savait pas non plus par où commencer. Un ouvrage cependant, retint son attention. Ce dernier avait sur sa couverture une rune semblable à celle de son grimoire. Soudain, un bruit dans le couloir alerta le voyageur qui se redressa immédiatement pour quitter la pièce par la porte laisser entrouverte.

Il fut plus surpris qu’effrayer quand il se cogna contre la liche, de retour dans son bureau. Cette dernière parut tout aussi surprise et bondit en arrière, craignant une agression. Dazh jura que cette dernière tenta même de se protéger de ses deux bras, mais il ne resta pas sur place pour le savoir. Le morpheur s’échappa en direction des escaliers qu’il grimpa quatre à quatre pour rejoindre Jean-Baptiste.

« Alerrrrrte.. !! Aleerrrte.. ! Attraaaaaapez moiiii cet.. Individuuuuuuu ! »

Le morpheur ne l’entendit même plus hurler. Déjà, il atteignait le rez-de-chaussée et n’avait plus que quelques mètres pour sortir de la tour. Cependant, un bras de squelette jaillit du mur, beaucoup trop tard pour qu’il puisse seulement l’esquiver. Bien que le bras du squelette paraissait fragile, Dazh ne parvint pas à le briser où à le tordre suffisamment, même malgré l’élan dont il disposait, pour s’échapper. Le voyageur s’écrasa lourdement sur le sol en pierre, tandis que le bras qui n’avait pas chômé pour lui entraver les jambes, le tirait en arrière. Seule solution, appelé à l’aide. Ce n’était pas quelque chose qu’il faisait souvent, mais l’idée d’être à la merci d’une bande de mort-vivant ne l’enchantait pas.

Jean-Baptiste ! … JB ! VIENS VITE !

Dazh essaya de s’accrocher à quelque chose, mais aucune prise n’était disponible. Déjà, le squelette qui était désormais complètement sortie du mur l’entrainait dans les escaliers. Face contre terre, la poitrine martelée par les marches, le voyageur n’essaya plus d’attirer l’attention de Jb en criant à plein poumon. Malgré sa position précaire, Dazh se redressa tant bien que mal pour frapper le squelette aussi fort que possible, à l’aide de son bras de cristal. Mais ce dernier était vraiment trop robuste et il ne disposait pas d’un angle favorable au déploiement de toute sa force. Désespéré, il tenta même de détruire les marches où les murs afin d’y trouver une prise pour résister, mais les pierres était trop bien consolidées pour qu’il parvienne à y faire la moindre entaille.

D’ici peu, il serait amené devant Luche et il ne pouvait rien y faire. Pire encore, il avait peut-être vendu son coéquipier en hurlant son nom. D’autres mort-vivants s’agitaient à l’étage supérieur, dans le but de capturer les autres intrus.

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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Jeu 7 Avr 2016 - 13:25
Avec quel crétin fini m'étais-je fourré, je me le demandais bien. Se jeter comme ça sans aucune considération du danger, c'en était à un point où je me demandais sérieusement s'il ne cherchait pas à tout simplement nous perdre tous les deux. Il n'était pas inconscient à ce point, tout de même ? Comment aurait-il survécu si longtemps à Dreamland, sinon. Quoique, quoique, il avait pu jouer de malchance, ou se maîtriser auparavant. Rah ! Je m'énervais tout seul rien qu'à y réfléchir, ce n'était pas bon du tout. Ces questions n'avaient aucune importance immédiate, par contre que je sois attentif à ce qui m'entour, si. Importance vitale même. J'entendis quelque chose qui se rapprochait, subitement. En alerte, mon aura s'embrasa, et je fis un pas hors de la porte. Si je n'allais pas au devant, je sentais que j'allais juste me faire cueillir.

Un Voyageur se tenait juste devant la tour, arrivant droit sur moi avec un air qui m'était familier. J'étais très alarmé qu'on nous surprenne ici, mais ... Il pris les devant d'une voix qui avait quelque chose de mielleux, et qui surtout ne m'était pas inconnue. Je n'arrivais pas à être très méfiant de lui, d'autant qu'il avait une posture qui clamait ses intentions pacifiques.

"Nous nous sommes déjà croisé, n'est-ce pas ?"

Je ne répondis pas immédiatement à sa question, assimilant les informations que ses paroles et sa présence apportaient. Il avait bien laissé entendre qu'il incluait Dazh dans l'équation, il savait qu'il était avec moi, ou plutôt que j'étais avec lui. Enfin que nous étions deux, en somme ! Ce qui impliquait qu'ils nous ai vu avant, et observé. Ils nous avait suivi quelque temps, peut-être ? Ou avait-il un pouvoir particulier d'observation ? Mystère. Mais bon sang, qui était-il, déjà ...

"Nedru le Gris, ou un nom s'en approchant, si je ne m'abuse ? Lors d'un tournoi à Mirage space, j'avais fait le remplacent de dernière minute à tes cotés. Oui, c'est bien ça ! Pour se rappeler du nom de l'équipe je pense sortir mon joker, en revanche."

Je me détendais rapidement cependant, confirmé dans mon interrogation avant qu'il me réponde. Oui, c'était lui, j'en étais sûr, et rassuré. Je ne l'avais pas côtoyé longtemps, mais il avait été un bon coéquipier, qui comprenait vite et bien. Mes souvenirs n'allaient pas beaucoup plus loin, mais m'était resté une bonne image de lui, malgré une très légèrement déstabilisante première impression. Un homme intelligent et sur qui j'avais pu compter, deux qualités réunies qui étaient plutôt rares, à Dreamland. Surtout si je faisais la comparaison immédiate avec mon équipier actuel. Était-il raisonnable de le laisser ainsi nous rejoindre ? Pas moins que de s'être lancé dans telle expédition avec Dazh, me disait ma conscience. Et force était de constater que ...

"Nous rejoindre ? Eh bien, personnellement, je ne dirais pas forcément non, bien au contraire. Après tout en tant que Voyageurs, nous ne sommes pas autorisés à être en ces lieux, n'est-ce pas ? Quant à ce que nous faisons ici ..."

"J-B ! VIENS VITE !"

Le cri, un peu lointain mais très reconnaissable, se fit alors entendre, en provenance directe des sous-sols du bâtiment derrière nous. Moi qui avait quelques réserves encore, c'était râpé. Je me retournais instantanément, jetant un regard anxieux à l'intérieur de la tour. Des autochtones commençaient à affluer, manifestement Dazh les avait alerté. Mon aura s'embrasa.

"Pour le moment, essayons simplement d'aller l'aider, ça va ? Si tu veux nous rejoindre c'est bien le moment."

Je lançais cela à la volée, avant de faire un pas dans la tour. Quelques squelettes, montant des escaliers que Dazh avait emprunté, accourait pour nous. Vraiment, qu'avait-il espéré ... Je n'avais aucune idée de si Nedru allait réellement m'assister, mais je lui tournais le dos en toute confiance. J'avais fait la même chose avec l'autre qui se foutait tout seul dans une merde infâme, je n'étais plus à ça près. De toute manière je ne pouvais faire que ça, ou m'enfuir et laisser mon équipier à son sort, ce qui était hors de question. Je repoussais le mort-vivant qui s'avança vers moi d'un coup de pied sans concession, l'envoyant dégringoler les marches et bloquant quelques uns de ses congénères l'espace d'un instant. Il fallait trouver un moyen de passer outre leur nombre et de secourir Dazh, ou du moins de voir si la chose était possible.
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Nedru Etol
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Mar 12 Avr 2016 - 14:55
Rien à signaler, le Voyageur n’était ni agressif ni mal intentionné à son encontre. Le Renard plongea les mains dans ses poches avec un demi sourire aimable, répondant par l’affirmative aux questions qu’on lui posait (Nedru le Gris était un beau nom) et expira un rire à la mention du joker pour parler d’as. Quel fiasco que ce tournoi !
Enfin si son pouvoir n’avait pas décidé de lui jouer des tours cette nuit, tout irait bien du côté de cet interlocuteur. Sa présence semblait être accueillie avec une forme de soulagement.

C’est ce qu’impliquait ce soulagement qui posait au Gris quelques inquiétudes (tout en satisfaisant une partie de sa curiosité, un hors d’œuvre pour son appétit). Ils pouvaient s’être engagés dans quelque chose hors de leur portée ou de trop dangereux pour eux mais ce Royaume n’inquiétait pas particulièrement l’analyste et il n’avait pas eu l’intention de les rejoindre pour continuer à se tourner les pouces. Tout ce qu’il lui semblait pouvoir risquer, c’était de ternir sa réputation en s’impliquant dans des actes nébuleux. Mais sa réputation était pour beaucoup basée sur de telles coopérations. Alors soit.

Le cri d’alarme du brun sonna l’arrêt des réflexions théoriques sur le sujet. Il était temps d’agir. Jean Baptiste ne perdit pas de temps. Nedru pouvait presque sentir son pouvoir émaner de lui, flamboyante énergie, tandis que ses yeux se rétrécissaient et que son corps se tendait pour agir. Un  homme d’action, cela n’avait pas changé.
En réponse à son invitation Nedru ôta les mains de ses poches et courut à sa suite, son fidèle chaudron sur les talons. Ils se trouvèrent bientôt bloqué par une multitude d’adversaires. La tentation d’enfoncer cette ligne était grande, mais quelque chose…


Le cri vient d’en bas. Une seule voie : l’escalier (hauteur 2m45). Squelettes, civils : sur la défensive, la plupart sont plus faible que t̘̻̜̝̻͍̗͉̜͉̦͖̗̋͂̽̄ͪͨ͑̈́̆̿͗̓͊ͨ́͟͟͠͞o̸̲̜͓̺̦͎̱̭̹͉ͥ̑͊̑ͫ͢͝i̶̫̭̱̙̼͙̙ͨͫͧ̔͐̓͆͆͑͂̚̕. L’Autre Voyageur ne se bat pas/plus.

Brave petite capacité. V͉̰̉̄͗ͣ̉̍͐a͍ͦ̈̃s̹̭͉̿̅̾̽̚͝ ̡̥͓̯̼̱ͭ̔ͨ̋̎͆̅t̫͈͓̯ͯ̓͟ě̻͓̰͇̣̥́̑̽ͪ̈͂ ̻͍̳̤͎f͉͖̬͑̿͊͑ͨ͞a̭̺͙͈̐͆ͩ̇ǐ̫͉͉͍̩̘͖r̭̤͉̬̃ͩ̐̉ͧ̚e̫͇͇ͩ̂̐̓͐ͯ ̵̙̭̣̺̌ͧf̹̪̫̞͕̮̼ợ̠̪̞̥̖ͤ̆ͨ͒̑̀ű̙͉̖̩̟̙̻̒̃ͣ͊͑̔̀t͊̔҉r̤͈͞e̦̝͓̅͢Oui oui... Ils ne faisaient que se défendre ; la plupart ne possédaient même pas les armes rudimentaires des guerriers de ce royaume. Et les hardes qu’ils portaient laissaient deviner des occupations plus diverses que la mise à mort élevée au rang de profession.
Il fallait seulement espérer que l’autre n’ait pas déjà commencé son petit génocide. Malgré son coffre modeste, le gris tonna avec assurance ;


Laissez passer ! Nous venons de la part de Chiron pour des affaires concernant Riku Kaisuki ! Inutile de se battre !

La déclaration déclencha une réaction quasi unanime de la part de ceux qui leur barraient la route ; un pas en arrière, un retrait destiné à la réflexion. Même si Riku n’était pas le Voyageur le plus respecté de sa génération, tout du moins appartenait-il à ce Royaume (Nedru ne l’avait jamais quitté en de trop mauvais termes ; il pourrait probablement le couvrir en cas de besoin). Et parler de Chiron était l’assurance de se faire écouter au moins un instant.

Rapidement, une petite silhouette fendit la foule pour se diriger vers eux, le bruit de ses pas étouffé par d’épaisses pantoufles roses. Arrivé au niveau de Nedru, il ôta les mains des poches de son manteau bleu à col en fausse fourrure et tendit la droite au Gris avec un sourire inquiétant. Au moment de la serrer, il laissa brièvement se diffuser l’immensité de sa puissance avant de proposer de répéter l’opération avec Jean Baptiste.

Salut.

Nedru resta tétanisé un instant, pétrifié par la vague de terreur que lui imposait son pouvoir. Le squelette bailla avant de replonger les mains dans ses poches et de descendre les escaliers dans une attitude qui suggérait qu’on pouvait le suivre sans crainte. Qui était ce gamin ?! Son aura sentait la mort, imprégnée de l’odeur de frustration de ce qui semblait être d’innombrables ennemis. Les squelettes s’étaient écartés pour laisser les Voyageurs passer au milieu d’eux et le londonien hésita sérieusement à avancer, quels que soient les contes et merveilles qui pouvaient se trouver sous terre.

Ils furent bientôt menés devant le Voyageur brun, maîtrisé seulement parce qu’il était maintenu dans une situation inconfortable.
Et une créature dont l’antique robe semblait plus solide que les os qu’elle couvrait, qui les observait d’un air curieux, à mi chemin entre la peur et l’irritation bourrue d’un vieillard. Sa voix était un souffle glacial lorsqu’elle prononça ;


Que voulez vous maintenant ?

Une demande à laquelle Nedru n’avait rien à répondre, mais il lui fallait prendre les devants pour que son mensonge ne soit pas éventé dans l’instant.

Il semblerait que l’on soit perdu dans notre quête pour le compte de Chiron. Mais je vais laisser mon ami s’expliquer.

Il avait jeté un regard entendu au Voyageur captif afin que leurs violons soient accordés. Le petit squelette était parti s’installer dans un profond fauteuil, sans le moindre égard pour la situation, tandis que le chaudron de Nedru était collé à son mollet émettant un faible gargouillis métallique, proche du grognement.
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Dazh Dalreight
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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Lun 18 Avr 2016 - 15:28


Les Portes du Purgatoire
Jean-Baptiste Dubois
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Quand Jb le rejoignit, un autre voyageur l’accompagnait. Mais ce n’étais pas lui le plus inquiétant. En tête du petit groupe un squelette, court sur patte dont le visage arborait un sourire a fossettes. Il portait un chandail à capuchon bleu, un tee-shirt blanc et contre toute attente des pantoufles. Ce type avait une aura phénoménale. Il n’était pas n’importe qui. Malgré tout, le petit squelette s’approcha de lui. Il n’était pas inquiet et Dazh avait piètre allure. Dans ces circonstances, il était même plutôt peu crédible. En effet, Dazh avait cherché à se libérer des entraves des trois ou quatre squelettes au service de Luche. Pour finir, ils étaient tous  coincés les uns contre les autres dans des postures grotesques au pied de l’escalier.

« Wow, t’as l’air de passer un mauvais moment. »

Le voyageur chercha à se débarrasser  des morts-vivants collés à lui, mais sans succès. Aussi, quand Luche s’exprima pour en apprendre plus sur leur présence ici, c’est cet étranger qui prit la parole. De sa position à ras du sol, le morpheur ne le voyait pas très bien. Mais il semblait s’exprimer en toute confiance. Tout autour de lui, les sbires de Luche réagirent et les gardiens de Dazh en firent autant. Des murmures, des regards surpris, de l’étonnement aussi. Alors comme ça, ce gars avait osé mentionner le nom de Chironheim. Dazh ignorait qui était Chiron, mais compte tenu du pouvoir qu’inspirait ce nom, il en arriva à la conclusion qu’il s’agissait du boss ici. Peut-être même le seigneur cauchemar. Alors d’autres questions lui vinrent à l’esprit. Apparemment ce voyageur n’était pas dans le camp de Luche. Qui était-il ?

Seulement, les choses se précipitèrent. Tous les regards se dirigèrent vers l’Ami en question. Luche et même cet étrange squelette au regard mort s’intéressèrent à lui. C’est ce dernier personnage que Dazh craignait le plus. Pourtant, il cachait bien son jeu depuis le fauteuil dans lequel il se vautrait. Conscient d’avoir l’attention de tous ici, le morpheur entreprit de se lever en tirant brusquement sur son bras pour se libérer de l’étreinte de ses gardiens. Ces quelques secondes de répit où il se leva et entreprit de se débarrasser minutieusement de la poussière qui recouvrait ses vêtements, lui permirent d’échafauder l’ébauche d’un plan.


« Hum. Euh. Oui, c’est euh... Chiron qui nous envoie. »

A nouveau le morpheur échangea un regard avec ce voyageur inconnu. Ce dernier ne trahissait aucune émotion et se contentait de sourire. Dazh chercha le soutient de Jb qui avait peut-être une explication à lui fournir. Était-il un allié ?

« ..Hey ! Pourquoi Chiron engagerait des baltringues dans votre genre, d’abord ?! »
« C’est plutôt currrrrieux en effet. Ameneeeeeez-moi le sceptre! Je vais en finirrrr avec cette histoire. »


Sous l’effet du stress, Dazh réagissait assez mal. Mais la familiarité de ce sbire lui permit de se détendre un peu. Avec un peu de préparation, il aurait peut-être réussit à les tirer d’affaire. Mais à nouveau, les choses se précipitèrent. Dazh chercha du regard, de l’aide de la part de ses alliés, mais celui qui avait pris les devants ne réagit pas et ne se départit pas de son sourire. Le squelette dans le fauteuil adoptait la même attitude si ce n’est qu’une flammèche bleue habitait l’orbite droite de son crâne. Il fallait réagir et vite.

« Bon. Vous avez eu le temps de faire connaissance avec mes amis. C’est donc à moi de me présenter. » Comme s’il prenait les choses en main, le voyageur entreprit de faire les cents pas dans la pièce. Luche qui s’apprêtait à prendre son sceptre en main s’arrêta dans son mouvement et laissa lentement retomber son bras, prêt à l’écouter.

« Je m’appelle Dazh Dalreight. Dazh, The Rock. La voix suave là, c’est mon assistant. » Dit-il en désignant le voyageur dont il ignorait encore tout.

A partir de ce moment, le morpheur fut certain d’avoir l’attention de tous. Sa crédibilité restauré, il pouvait désormais leur livrer une histoire de son invention. Et puis après tout, ça pouvait servir ses intérêts. Peut-être était-ce là, l’occasion d’obtenir cet étrange livre dans la bibliothèque de Luche.


« Toi là. Va nous chercher trois fauteuils. Tout de suite. » Sans attendre le sbire se leva et obéit sans réticence. En revanche, Luche l’arrêta dans sa course en lui barrant le passage de son bras droit. Mais le morpheur n’y prêta pas attention. Tous l’observaient et cette démonstration d’autorité avait conquis une grande partie de l’assistance.

« En réalité, nous ne sommes pas perdu. Nous venons chercher un livre bien précis. Nous devions agir en toute discrétion, mais j’ai échoué. Maintenant je crains que le courroux de Chiron ne s’abatte sur vous. Mais qu’es ce que l’on peut y faire… » L’assemblée tressaillit en comprenant qu’ils risquaient gros. Cependant, c’était la réaction de la Liche qui importait. Cette dernière sursauta quand il mentionna un livre bien précis .

« Je..Je vais… Le Chercher. » Parvint à baragouiner Luche.
« Bien. Je vois que vous comprenez de quoi je parle. Jb ? Tu le suis ? »  


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MessageSujet: Re: Les Portes du Purgatoire Aujourd'hui à 21:17
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Les Portes du Purgatoire

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