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Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva]

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Aedon Xaris
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MessageSujet: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Mer 30 Sep 2015 - 1:54
On avait beau dire, ce monde était un bien curieux endroit, et parmi ses particularités, retrouvait-t-on sa faculté à vous envoyer un peu n’importe où, et surtout au pire emplacement. Entre ceux qui le poursuivaient fréquemment et les sites improbables, tout semblait s’entremêler dans le but de lui rendre la nuit impossible. De par sa chance légendaire, Aedon eut l’insigne privilège d’apparaître au plein milieu d’un écoulement aqueux au contenu hétéroclite. Comble du bonheur, sa consistance rappelait la poix agrémentée d’une odeur telle que son odorat satura. Certainement avait-il à faire à une sortie d’égout, ce qui se confirma quelques instants plus tard lorsque, suivant ce dernier, il put apercevoir une large conduite en aval d’une imposante cité aux airs familiers. Pour la deuxième fois, Kazinopolis se tenait devant lui, fière et festive, la musique portant à des kilomètres, ses alentours semblant une plaine désertique et aride à l’instar de notre Vegas. Le manieur s’éloigna non sans soulagement du déversement infect pour jouir d’un air moins vicié. Après quelques centaines de mètres parcourus, l’odeur l’accompagnait comme une compagnie attachante et indésirable. Ne trouvant nul point d’eau pour se débarrasser d’elle, il n’eut d’autre choix que de procéder avec ce dont il avait, en l’occurrence un sable fin. Le reptile se recouvrit les extrémités plantaires de silice et frotta abondamment jusqu’à extirper toute trace de l’écoeurant liquide. L’essai s’avéra payant, ne subsistant au final que quelques rares résidus logés dans les interstices de ses écailles. Aedon pénétra enfin la cité bien nommée, aussi tonitruante et animée qu’à son habitude, croisant moult individus de toutes sortes, s’assimilant  aux groupes de créatures des rêves qui déambulaient çà et là. Le sol étant jonché de restes de tickets de jeux perdants, copeaux, confettis et jetons abandonnés ou égarés, là une patte de lapin, ici une bouteille, témoins communs mais éloquents de l’affluence de Kazinopolis.

Ses jambes s’alourdirent après un moment, à croire que son corps de substitution le rejetait toujours malgré le temps. Le voyageur s’arrêta devant l’un des rares bâtiments inanimés sans le moindre hasard puisqu’il reconnut sans peine le fameux Sésame Palace, fermé suite à la prise d’otages s’y étant déroulé, celui-ci ayant assisté à la scène en tant qu’acteur malgré lui. Ici, la foule était moins dense et tous passaient sans se préoccuper du devenir de l’établissement qui, à son souvenir avait tout pour plaire au joueur en quête de sensations. S’appuyant contre l’un des éclairages publics pour se soulager, il prit le temps d’observer la bâtisse laissée à l’abandon, ses murs craquelant, ses peintures écaillées et vitres brisées. L’immense entrée éventrée colmatée avec quelques planches de récupération clouées à la va-vite. Il inspira profondément avant d’expirer avec lourdeur, cherchant à évacuer le souvenir déplaisant de cet événement, puis, s’avança vers le scellé de fortune. Ses mains griffues s’agrippèrent fébrilement à l’une des planches, son regard plongeant dans l’interstice, scrutant l’intérieur du casino. Figé dans le temps, digne d’une scène apocalyptique, on distinguait sans peine les restes de la nuit fatidique, des affaires abandonnées au profit de la survie, des moquettes au sol et tapisseries déchiquetées, bandits manchots éventrés. Aedon frémit à l’évocation du souvenir, sursautant presque en croyant entendre le cri emplit de sauvagerie du leader ogre. Il n’avait fait que se défendre, combattre pour sa propre survie et celle des otages, mais le contrecoup le saisit à la gorge. Ses yeux cherchèrent dans le vague et, inconsciemment, l’instinct l’emplit d’une rage silencieuse ; sa prise se resserra, ses griffes s’engagèrent de tout leur être dans le bois qui se délogea lorsqu’il tira, poussant un grondement guttural. D’autres suivirent jusqu’à ce qu’il se faufile à l’intérieur malgré sa taille imposante, la souplesse aidant. Son cœur palpita sous l’effet de l’adrénaline, son champ de vision se réduisant en une focalisation, ses tympans bourdonnant sous la tutelle du rythme vasculaire. Malgré l’obscurité ambiante que seuls les éclairages extérieurs pouvaient atténuer, le manieur repéra sans peine l’emplacement de l’acte final. L’impact était toujours là, celui du crâne de son agresseur contre le mur intérieur du Sésame Palace, d’anciennes traces pourpres accompagnant le mouvement de son visage contre la surface solide, menant jusqu’au sol. Il n’avait pas tué, mais le doute le rongeait. Il craignait l’ambivalence de la situation. Se contenta-t-il de se défendre, ou essaya-t-il de régler définitivement le problème ? Ses pensées du moment étaient floues, sa raison absente. Sa gorge se noua de plus belle à en avoir le tournis. Il prit appui sur le mur, sa main se crispa, se serra, griffant le mur par la même occasion, et s’effondra, s’étranglant dans la bile qu’il recracha en toussant, laquelle s’enflamma au sol, se consumant de son propre chef, tombant en sanglots étouffés, sa voix se brisant comme une vague sur des brises lames. S’il craignait ce monde, c’était bien de lui-même qu’il avait le plus peur sur le moment. Après tout, cette enveloppe qui lui était étrangère avait peut-être une influence sur lui ; l’idée le terrifiait. C’était un spectacle affligeant et il lui fallut plusieurs instants pour rassembler ses esprits.

Il se releva avec grand peine et s’enfonça dans l’obscurité de la salle à la recherche d’une sortie en coulisses, espérant que son intrusion dans le casino était passée inaperçue, ne s’étant pas préoccupé d’une éventuelle présence sur le moment. Aedon trouva l’accès en question et rejoignit, l’air déconfit la rue faisant face à l’établissement. Il continua au hasard en rasant les murs. Les visages enjouis ne parvenaient pas à le sortir de ses pensées et la douleur qui le traversait n’arrangeait pas son mal être. Le voyageur s’arrêta finalement en face d’une ruelle, dans laquelle se trouvait un accès de secours menant jusqu’au toit d’un autre établissement de jeux. Le reptile y accéda péniblement du fait de sa volonté en mal mais parvint finalement à destination. Il s’installa sur le rebord. Le vent caressa son corps de kératine, déployant légèrement ses ailes, décontractant ses muscles. Il visualisa le panorama comme une fenêtre donnant sur rue et demeura tel quel, l’idée l’apaisa.
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MessageSujet: Re: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Sam 3 Oct 2015 - 10:50


« STOP, LITH' ARRETE, IL A ABANDONNE !!! »

Au sol, se trouvait deux personnes.
Un homme recroquevillé sur lui-même, se protégeant tant bien que mal le visage des coups de la jeune femme au-dessus qui le martelait sans ménagement. Voyant que cette dernière ne cessait tout bonnement pas de faire pleuvoir sa rage sur son adversaire, le moniteur dut intervenir dans le combat en bloquant par derrière ses bras, puis sépara le duo en éloignant la blonde du garçon. Lithium était en sueur, exultant bruyamment. Son regard était vague, troublé et elle semblait ne pas se rendre compte du lieu où elle se trouvait, comme si elle était « ailleurs ».


« Mais qu'est-ce qui ne va pas aujourd'hui ?
Tu m'as l'air complètement submergée de colère.
Tu veux peut-être me parler de quelque chose ? »


Il y eut un étrange silence avant que la jeune femme ne reprenne ses esprits.
Elle regarda autour d'elle, eut l'air effrayée et surprise de là où elle se situait, puis eut un bref moment de recul lorsqu'elle vit son camarade au sol, le visage sacrément tuméfié. Etait-ce elle qui avait fait ça ? Mais... Quand ? Elle baissa les yeux sur ses mains abîmées. A voir leur état, elle n'y était pas allée de main morte. La voyageuse releva la tête et regarda avec un air hébété son professeur, ne sachant quoi répondre à ses interrogations. Ce qui n'allait pas ? Elle ne le savait pas. Pour tout lui avouer, elle était incapable de se souvenir depuis quand elle se trouvait parmi eux et n'avait pas la moindre image d'elle venant à la salle. La simple idée de ne pas savoir ce qui avait provoqué son absence, depuis combien de temps elle durait et ce qu'elle avait fait pendant, l'effrayait au plus haut point. Etait-ce un signe qu'elle devait revoir le docteur Chapelle ? Ouais, mais pour s'entendre dire une énième fois « tu devrais songer à travailler de concert avec Bis », ce n'était absolument pas la peine ! Mais qu'est-ce qu'il croyait ? Que tout irait mieux si elles faisaient la paix ? C'était du foutage de gueule pur et simple !
Lithium, ne connaissant pas la raison de sa colère, monta un mensonge de toute pièces et quitta les lieux, prétextant avoir des problèmes privés qu'elle devait résoudre. Elle s'excusa auprès de son collègue de combat qui n'eut pour réponse qu'un faible sourire. Elle ne prit même pas le temps de se changer ou même de se rincer, et rentra sans tarder à la maison. La demoiselle flatta la truffe de son chien, jeta son sac dans le salon et fila sous la douche avant de partir directement se coucher. Une fois dans son lit, elle voulut réfléchir à sa situation et comprendre ce qui venait de se produire, mais à part se rendre compte qu'elle ne savait rien et que sa vie était un peu comme jouer à la roulette russe, elle n'apprit strictement rien.

Mais ce sont sûrement ces dernières pensées qui l'amenèrent à se réveiller devant une roulette russe de Casino, avec une mise posée sur le 11 noir. Euh, ouais… ? Où qu’elle était là ? Ses oreilles se dressèrent lorsqu’elle entendit un bruit de jackpot et se retourna pour observer autour d’elle. Des créatures de rêves partout et énormément de voyageurs, beaucoup de pleurs et de larmes, peu de joie. L’endroit ressemblait énormément à un véritable casino, à ceci près que la clientèle n’était pas la même et que dans le monde réel, il n’était pas courant de voir des hybrides taureau-rhinocéros pour vigiles. D’ailleurs, avec quoi avait-elle misé ? Merde ! Etrangement, elle se mit à prier que cela tombe sur son chiffre. Bah ouais, imaginez qu’elle ait parié avec son EV ! Se mordillant la lèvre sous la panique, elle laissa perler quelques gouttes de sang de sa petite blessure et suivit d’un intense regard cette petite créature servant de bille se prendre les entrechocs des carrés de chiffres. Lorsqu’elle s’arrêta enfin, la jeune femme avait fermé les yeux. Mais quand elle eut enfin le courage de les rouvrir, elle ne put en croire ses yeux. Sans déconner, elle avait gagné ? Les autres membres à la table la regardaient d’un air suspicieux, comme si elle avait triché. Comment tricher à un jeu de hasard ? Si vous avez la solution, donnez-la moi hein ! Alors qu’elle comptait seulement quitter les lieux pour sortir de cet endroit vicieux, elle se vit récupérer sa mise. Non mais d’où son corps faisait ce qu’il voulait ? Ah oui… Bis.


« AHA, bande de loosers, comment j’vous ai plumé la nouille !!
Allez mes tout beaux, venez voir maman… Hé, peut-être la prochaine fois alors ! … Ah bah non, j’vous défoncerais encore ! AH, c’est con ! Wesh, cia les merdeux ! »


« Je crois que ça ne leur a pas plût. »

»Ah bah tiens, t’es réveillée ? Hé c’marrant, j’ai eu droit à du rab. Ça fait bien une heure que je plume tous ces clampins, à chaque table ! Tu dormais ou quoi ? »

Une heure sans elle ?
Comment était-ce possible ?
Elle avait déjà demandé ce que devenait Bis lorsqu’elle n’était pas sur Dreamland pour partager le corps, et celle-ci avait été incapable de répondre. Elle avait seulement l’impression de dormir d’un très long sommeil avant de finalement ouvrir les yeux avec Lithium. Etrange… Oh oh, voilà que les armoires à glace viennent faire un petit coucou. Faut se barrer. Roooh, même pas une petite baston ? Non. Et rends-moi mon corps en passant. Pff, ok. Mais à condition que je conduise pour sortir ! … Bon d’accord.
Ce fut donc Bis qui fut charger de l’exfiltration. D’un bond, elle sauta de sa chaise, courut en direction du bovin et glissa entre ses jambes avant de faire du saute-mouton avec le suivant. En agissant de la sorte, elle avait attiré l’attention de la moitié de la sécurité, pour son plus grand bonheur. Elle sprinta en direction de la sortie mais dû bifurqué à la vie d’un groupe entier prêt à l’arrêter. Elle grimpa sur une machine à sous, sauta de l’une à l’autre sans s’arrêter ni réfléchir, avant d’atterrir sur la tête d’un garde. Accroupie entre ses cornes, elle poussa si fort qu’elle le jeta à terre à la force de ses jambes, ce qui eut pour effet de faire un bowling parmi les quilles qu’étaient les vigiles. Profitant de la confusion générale, elle sortit par la grande porte en marchant tout simplement. Elle se recoiffa et donna les commandes à Lith. Avoues que c’était marrant. C’est vrai, ça avait le mérite de faire grimper l’adrénaline. Maintenant, si tu permets, mes cheveux sont dans un état…Attrapant ses cheveux tout en s’éloignant du grand casino appelé le « Thapu’tsou », elle fit d’abord une tresse avant de l’enrouler en chignon qu’elle bloqua à l’aide d’un crayon. Vêtue d’un sweat-shirt bleu marine avec une ancre sur la poitrine, son jean et ses converses lui avaient été bien utiles pour courir en tout impunité.

Lithium marcha donc tranquillement dans les rues.
Ce devait être Kazinopolis, endroit où elle n’était jamais venue auparavant.
Les lieux ressemblaient à un Las Vegas complètement déjanté. Les couleurs étaient encore plus pétantes, les enseignes étaient parfois vivantes et les immeubles crachaient les miséreux ruinés par les fenêtres, et parfois par la cheminée lorsqu’il y en avait une. Des escaliers menaient à un établissement volant brinquebalant, une plaque d’égout promettait richesse et prospérité, et si tu payais d’un bras, il t’assurait de te procurer plaisir et volupté. Ouais mais un bras, ça fait un peu chier quand même. Dans ce royaume, il était conseillé de ne pas être épileptique car les jeux de lumières étaient ombreux et agressifs. Alors qu’elle errait tranquillement sur l’avenue principale où des bus-chat de luxe (sphynx, maine coon) transportait de riches propriétaires, un homme au nez crochu avec une sorte de bonnet de bain rouge sur la tête et emmitouflé dans un vieux cardigan sale, vint à sa rencontre.


« Hé mec… », dit-il en ouvrant brusquement sa veste.

« WOH WOH WOH ?!! », la jeune femme eut pour réflexe de se cacher les yeux.

« … Tu voudrais pas acheter un cadran solaire ? », fit-il d’un air vicieux.

« NON, ça ne nous intéresse pas ! », récupéra Bis d’un air dégoûtée, avant de le bousculer pour continuer sa route.

Lithium reprit les commandes et tâcha d’oublier ce qu’elle avait vu.
N’y avait-il eu que des cadrans solaires, vraiment ? Elle frissonna d’horreur et commença à zigzaguer parmi les ruelles, cherchant un endroit qui lui conviendrait davantage, histoire de boire ou de grignoter un coup. Malheureusement, à son grand dam, elle finit par se perdre. Et zut ! N’était-elle pas déjà passée par là ? A moins que non, ce soit ce tonneau qui l’induisait en erreur. Mais cette enseigne… Ah non, ce ne sont pas les mêmes lumières. Non merci monsieur, je ne veux pas découvrir le 15ème ciel, ça m’a l’air vachement loin quand même…



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MessageSujet: Re: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Lun 12 Oct 2015 - 10:36
Eva se tenait immobile dans la rue, en regardant les passants. Un peu en retrait de la circulation piétonne, campée sur des Doc dont le cuir bleu sombre était marqué de reliefs floraux. Son accoutrement était un mixe entre ce qu'elle avait porté la journée et ce à quoi elle avait pensé le soir. Des bas de laine, anthracite à sa jambe gauche, rayé verticalement de bleu et de gris clair à droite. Une jupe à volants, d'un bleu proche de ses chaussures, dont chaque étage de tissu se voyait constitué de nombreux triangles aiguës aux arrêtes relevés de fils d'argent, pointant vers le sol, formant une cascade aiguë jusqu'à mi-cuisse. Un débardeur, peu décolleté, gris brodé d'une spirale de fils bleus, blancs, et violets, dans un dégradé du cœur clair et doux, jusqu'aux méandres lointains et obscurs qui se perdaient sur ses flancs étroits. Une veste ouverte, de daim fin et souple d'un gris mat et nuancé, venait compléter sa tenue.

Elle se sentait comme désespérément immobile, et l'était, par conséquent. Regardant toute cette foule bigarrée lui passer devant, sans trop (chercher à) comprendre ce qu'elle voyait. D'une main distraite, elle repoussa une mèche trop gênante à sa vision, sortant brutalement de sa fixité. Elle se rendit compte de où elle se trouvait. Une rue, brillamment éclairé par un nombre aberrant de néons et d'enseignes. Trop de couleurs et de formes. Les passants puaient la fébrilité.
Ils sont là, tous là pour la même chose ... La ville est là pour eux, avec sa vulgarité et ses tentations. Ils viennent pour gagner mais ne feront que perdre.

Elle claqua du pied sur le sol, et s'envola brutalement. De son point de vue, elle rejouait l'extrait du documentaire sur Las Vegas qu'elle avait distraitement visionné, un peu avant de se coucher. Après le commentaire abscons, c'était le temps de la vue aérienne spectaculaire. Eva volait debout, se déplaçant simplement rapidement loin au dessus du sol sans aucun appui. Observant les quartiers se déroulant sous elle, comme si elle en était pure spectatrice. Elle se rejouait intérieurement les commentaires qui lui étaient venu éveillée. Cependant rien ne collait avec ce qu'elle voyait. La rêveuse s'en rendait bien compte, le sentait, sans comprendre trop ce qui pouvait bien être la cause de cette étrange gêne. Impossible, improbable, de faire la liaison entre ce qu'elle voyait et l'interprétation décalée de ce qu'elle était sensée voir; cela requiert plus de logique que ne peut en déployer une dormeuse comme elle pouvait l'être.

Quelque chose cependant attira son attention; une plus grosse tache, un accroc si imposant qu'il ne pouvait passer inaperçu. Les toits plats paraissaient presque discret, vu du dessus, un occupant qui s'y tenait n'en était que plus visible. Et cet occupant, en l'occurrence, était pour le moins voyant, surtout dans un tel milieu. Eva s'arrêta net, fixant son attention sur lui. Elle mit quelques instants à sortir de son petit film intérieur, et à jeter son dévolu sur cet éclat blanc. Elle pencha légèrement la tête à gauche, frottant doucement le coin de sa bouche du bout de son index (elle gardait ses tics dans ses rêves), et fut soudain juste à coté de lui. Téléportation ?! Eva ne s'en rendait pas compte; simplement, il était évident qu'elle se trouvait à cet endroit, à l'instant où elle se demandait ce qu'un dragon faisait sur les toits d'une telle marée urbaine.

Drôle de dragon ... Il n'était vraiment pas grand pour un dragon, en effet. A peine plus qu'un homme, et partageait avec ce dernier l'organisation de ses membres; il était bipède, plantigrade, peut-être. Cependant la ressemblance s'arrêtait là. Ses autres traits le rendaient incontestablement draconiques. Des écailles d'un blanc nacré recouvraient tout son corps, sa tête élégante s'ornait de deux cornes incuvrées, son échine d'une rangée d'épines membranées, il était en  outre assis sur une longue queue. Et ses ailes, surtout ! Cette troisième paire de membres, au niveau de ses omoplates, étendait largement la peau tendue entre ses os longs et délicats.

Eva avança la main, et posa son doigt dessus. Elle était arrivé sans aucun bruit, simplement apparue d'un coup. Le dragon solitaire ne l'avait sans doute pas remarquée. A l'odeur, peut-être. Quoi qu'il en soit, elle n'en tenait absolument pas compte, l'abordant brutalement. La vision de ses ailes lui donnait une impression de tissu, et elle avait associé cette idée à tout ce qui tournait dans son esprit. D'une voix douce, elle lui demanda curieusement :

"C'est toi, l'accroc dans le tissu social ?"
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MessageSujet: Re: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Jeu 15 Oct 2015 - 13:30
Les allers et venues en contrebas donnaient de ce point de vue privilégié une sensation particulière, une lenteur certaine offrant une certaine quiétude. A son grand soulagement, les hauteurs étaient bien moins bruyantes, les diverses musiques et palabres portant faiblement à ce niveau. Une lune discrète tentait une entrée malgré la présence agaçante des projecteurs fusillant le ciel de part et d’autre de la cité. Une odeur similaire à de la friture vint caresser quelques souvenirs de vacances tandis qu’une légère brise se leva, transportant de nouvelles effluves parfois peu agréables de nature difficilement identifiable. Déjà que disposer d’un odorat développé avait de quoi tourmenter, mais donner un nom à chaque note olfactive relevait du défi. Néanmoins, la tolérance d’Aedon face à certaines flagrances s’était nettement améliorée, abaissant le relent à un simple statut de senteur dont la perception n’entraînait qu’une simple analyse neutre. Il inspira par à coup, expérimentant le fait de renifler, élevant instinctivement son visage vers l’empyrée, la langue claquant dans sa cavité buccale. Il appréhendait ce qui lui parvenait avec curiosité, toute nouvelle exhalation l’intimant de poursuivre son identification, définir son origine. Le cou allongé de la créature s’arqua afin de balayer du regard les rues bondées de Kazinopolis.

Cet élan d’intérêt s’éteignit soudainement lorsqu’il fut ramené à la raison par une sensation étrange. En effet, ses ouïes captèrent non seulement une vibration dans l’air attenant, mais il sentit également une pression contre la membrane de son aile gauche, laquelle fut prise d’un soubresaut avant que la paire décrive un mouvement que l’on pourrait qualifier de léger battement afin de se repositionner dans une posture plus naturelle, succédant au précédent état de relâchement. Son visage se tourna naturellement vers la gauche. Quel fut son étonnement lorsqu’il réalisa définitivement la présence d’une jeune fille à ses côtés, la main avancée, vers lui, un doigt encore tendu ayant certainement jugé la texture de la précieuse membrane de son aile l’instant précédent. Son regard reptilien peu engageant toisa l’inconnue aux yeux vifs, ses pupilles rondement ovales dues à l’observation peu concluante des astres se rétractant soudain en une presque ligne verticale. Ce dernier plongea dans celui de son interlocutrice qui l’avait questionné dans la foulée avec une étonnante entreprise, comme s’il recherchait impulsivement à sonder son âme, devançant l’agrément potentiel de son vis-à-vis avant toute palabre. Il aurait été bien inexpressif si son cou n’avait pas marqué un mouvement de recul. Un ensemble comportemental qu’Aedon aurait certainement qualifiée de primal s’il en avait eu pleine conscience. Ce n’est qu’après un long instant que le voyageur se détendit, ses inspirations s’allongeant et muscles enfin déraidis. Cette décontraction inhabituelle le libéra de ses précédents tourments, sa conscience s’associant avec osmose à une influence d’une toute autre nature.

« Encore pour cela faut-il qu’il y ait friction. Sans interaction nous demeurons, simplement. »

Il se releva posément puis fit face à l’inconnue, s’accroupissant pour revenir à sa hauteur, assez proche pour sentir la chaleur de son souffle rythmé s’étaler sur son museau rigide au grain irrégulier. Ses ailes se déployèrent, englobant progressivement la majorité de l’espace autour de l’entreprenante, dénaturant la lumière dorénavant tamisée mais chaude lui parvenant, décalquant nervures et vaisseaux parcourant la fibre membraneuse. Sa main griffue joignit celle précédemment tendue en sa direction, dénotant une différence de gabarit certaine, celle-ci se refermant une fois le contact établi, sans pour autant exercer la moindre pression. Le dragon tordit le cou, son regard observant alternativement les membres joints et le visage humain lui faisant face.

« Ne le serions-nous pas, chacun à notre manière ? »
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MessageSujet: Re: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Jeu 22 Oct 2015 - 10:42


"... Sérieusement, je ne suis pas déjà passé par là, non ?"

"Ah non, on vient de là-bas, j'en suis certaine !"

"Raaallez, arrêtez de mythonner, j'ai déjà vu ce panneau... Puis cette rue aussi tiens. ET PUTAIN, on tourne en rond depuis 1h !"

"HE ! J'y suis pour rien là, m'fais pas chier non plus ! Pas ma faute si t'es juste aussi conne que tes pieds hein !"

Sa patience avait des limites et elles venaient d'être atteintes.
Ruminant sa frustration d'être aussi distraite, elle prit appui sur ses jambes et poussa de toute ses forces pour atteindre une barre de fer ancrée dans un mur. Depuis ce perchoir, elle continua son avancée en sautant de fenêtre en fenêtre, se rattrapant parfois à une brique mal agencée, avant d'enfin atteindre les toits. De là haut, elle voyait enfin l'étendue de la cité. Les incessants et interminables jeux de lumières l'éblouissait quelque peu et elle finit par détourner le regard. La jeune femme fit un tour du propriétaire, histoire de voir si elle parvenait à reconnaître quoi que ce soit, mais rien ne vint illuminer la lanterne dans son esprit. Finalement, elle se mit en tête de voguer de tuile en tuile, espérant ainsi découvrir un endroit pas trop malfamé qui lui permettrait de s'occuper pour la nuit, en attendant de se réveiller. La voyageuse partit donc à l'opposé du bâtiment pour prendre de la marge, et une fois qu'elle considéra qu'elle aurait suffisamment d'élan, elle se lança. La demoiselle courut aussi vite qu'elle put et lorsqu'elle arriva au bout de son chemin, elle sauta dans le vide - TA MEEEEERE, YEAAAAAAAAAH ! - et atterrit sur le toit suivant. Et ainsi de suite. Elle sautait donc de toit en toit, tel Ezio Auditore ou Catwoman, ça dépend de vos préférences hein.

Au final, alors que son errance l'avait énervé, voilà qu'elle s'éclatait.
C'est vrai que sur Dreamland, elle était davantage capable d'accomplir certains exploits que dans le monde réel. Elle se permit même une pirouette avant de se réceptionner avec grâce. Ouais franchement, c'est le pied. Et la classe aussi hein, ne l'oublions pas ! YAMAKASI ! Lithium se mit finalement à courir de plus en plus vite, l'adrénaline qui montait en elle aidant. Elle se mit de plus en plus en danger, tentant des sommets de plus en plus haut, sans filet. Parfois, elle s'imaginait acrobate, puis oiseau et enfin assassin, avant de se rabattre sur le ninja. Dreamland était comme un grand espace de jeu, en seulement plus dangereux et où tu possédais également une seule et unique vie qui se terminait par un Game Over.
Alors qu'elle courait encore et encore, elle finit par grimper jusqu'à une sorte de Casino arborant un clocher ressemblant vaguement à Big Ben, mais supervisé par un architecte bourré. Du haut de la plus haute tour - bref - elle balaya l'horizon. Rien ne lui inspirait confiance. Jusqu'à ce qu'elle voit un homme qui faisait exactement la même chose qu'elle, c'est à dire, sauter de toit en toit au détriment de sa vie. Où allait-il celui là ? Intriguée, Lithium se mit en tête de le suivre. Elle descendit en quelques secondes et le poursuivit sans s'arrêter, l'appelant parfois :


"HE, monsieur ! Où allez-vous comme ça ?!", criait-elle sans jamais obtenir de réponse.

"En r'tard, en r'tard, il a rendez-vous quelqu'part. Il a pas l'temps de rire au revoir, il en r'tard, en r'tard !", ricana-t-elle dans son coin.

Ouais mais quand même...
Sur son chemin, elle ne fit pas attention à ce qu'il pouvait bien y avoir sur son chemin. C'est ainsi qu'elle bouscula légèrement une créature des rêves draconique - marrant, elle n'en avait jamais vu de sa vie - et une étrange jeune fille. Elle s'excusa rapidement avant de continuer sa course-poursuite.


"Oh, excusez-moi ! J'espère que vous n'avez rien....
HE MONSIEUR, non mais attendez-moi quoi !!!"




[HRP: Désolée pour le temps...]

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MessageSujet: Re: Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva] Dim 6 Déc 2015 - 17:25
Il se retourna, ses pupilles reptiliennes *serpent* plongeant dans les yeux d'Eva. Elle élimina l'association en l'omettant, l'image avait été trop fugace, et ne se rattachait à rien ici. Tant qu'il ne montrait pas ses crocs tout du moins. Le souffle de la jeune femme eut en revanche un imperceptible raté lorsque le dragon s'approcha. Il était intimidant, au delà de toute considération raisonnée (ou qui se pensait comme tel). Le blocage fut aussi bref qu'instinctif, irrépressible. Il se défit pourtant sans aucun problème, sans même qu'elle puisse y apposer une volonté encore confuse de la perception.

Lorsqu'il se pencha, elle avait retrouvé son calme. Plus encore, même ! Trouvant en son moi intérieur une sérénité insoupçonnée, son être s'ouvrit à la créature. Elle laissa sa petite main se faire entourer par la large et griffue de l'autre, ressentant la tiédeur douce et prégnante de ses écailles. Ses doigts ne bougèrent pas, confiants entre ses serres animales. Ses mains contre les siennes lui parurent rapidement confuses, comme si la séparation entre "Eva" et "dragon" se brouillait. Ne sentait-elle pas les nerfs remonter de singulière manière dans ses bras, alors que son épiderme s'affermissait ? Non, ce n'était que des idées. En revanche ... La rêveuse se vit, pendant un très court instant. Petite, les yeux grands ouverts, droite *j'aurais du prendre un foulard* avec un air très calme sur ses traits. Elle se vit d'un point de vue externe, à la fois flou dans son positionnement et précis dans ce qu'il lui montrait. Cela la laissa complètement confuse, sur l'instant. Trop de choses qui concordaient, trop. Les paroles de l'autre (était-il autre ?) ne faisaient que renforcer tout cela.

A cet instant précis cependant un phénomène non expliqué vint heurter le duo qu'ils formaient tous deux. Non, deux. Ils étaient deux. L'un suivant rapidement l'autre, mais s'en sépara quelques instant, lançant quelque chose qu'Eva ne comprit pas. Elle était captivée par le mouvement des corps. Louvoyant puissamment dans l'espace, mélange subtil de force et d'agilité. Sauter ainsi de toits en toits ... Tout cela résonnait (et non pas raisonnait) avec l'impression présente d'Eva. Oui, tout pouvait se mêler sans aucun problème, fluidement. Le corps, le mouvement, la sensation étrange qu'elle avait, la dualité confuse entre ce qui était "elle" et ce qui était "lui", le dragon ... Elle s'y retrouvait, d'un seul coup. Sa silhouette se métamorphosa sous son impulsion délurée.

Dans le bouillon en ébullition de ses sens, voilà qu'elle s'y retrouvait soudain, mais dans une configuration pour le moins insolite. Ayant l'impression de revenir à la normale, elle recula d'un pas, lâchant avec douceur mais fermeté les mains de la créature bousculée. Une longue inspiration, et elle déploya les merveilles qu'elle venait de se trouver. Du moins, une partie. Une queue effilée partit prolonger son dos, alors que ses omoplates effectuaient une transformation savante. Rapidement deux membres supplémentaires vinrent passer à travers les trous prévu à cet effet dans sa veste, déployant leur mains délicates à trois doigts. Ossature, c'était par ailleurs un mot à la fois bien excessif et bien adapté. Tout cela n'avait pas de chair, mais pas pour autant un squelette à nu. Quelque chose, tout simplement. L'esprit rudimentaire qu'elle avait des membres d'un dragon, sur le moment. Eva fit un pas de coté, pleine d'une excitation qu'elle peinait à contenir. Elle eut cependant un regard plein d'attente à son compagnon ailé.

"Tu peux venir avec moi ? Je suis à ma manière, mais ce serait mieux si je n'étais pas seule."

Elle n'attendit cependant pas sa réponse. D'une puissante détente, elle se propulsa, ses ailes accompagnant le mouvement d'un battement aussi énergique que maladroit. Inutile, aussi en un certain sens. Elle n'arrivais pas à voler, mais cela semblait faciliter son élan, lui donner plus de force. Sa cible était devant elle, mais avec la vitesse elle ne voyait qu'un éclair blond. Eva était follement enthousiaste.
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Lorsque l'on regarde en arrière... [PV Lithium et Eva]

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