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Retour au pays [Mara et JB]

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MessageSujet: Retour au pays [Mara et JB] Mar 25 Aoû 2015 - 23:23
Monde réel

Lucy se réveilla dans une chambre aux murs blancs. Un bandeau lui ceint la tête, et elle tente avec difficulté de se souvenir comment elle a s'est retrouvée ici. Puis, tout lui revient lorsqu'elle apperçoit ses parents près d'elle, endormis. L'accident de voiture alors qu'elle était en vélo; l'hôpital; un trou noir. D'une durée inconnue.

Affolée, elle commença à voir flou devant elle. Elle s'évanouit, puis rouvre les yeux quelques minutes plus tard. Une infirmière et un médecin se trouvaient près d'elle, l'homme prenait sa tension et la dame en vert préparait une aiguille. Affolée qu'on ne lui donne aucune explication, Lucy bégaie:

- Que... Où est-ce que je suis ? Qu'est ce qui m'est arrivée ?  Qui êtes-vous ? d'un ton méfiant.

Surpris, le personnel de l'hopital se regardent, et le médecin répond d'un ton apaisant, prenant la main de la jeune fille:
- Je suis le docteur Watson, et voici Abigail, votre infirmière. Cela faisait plusieurs semaines que vous n'aviez pas ouvert les yeux. Il hésite puis juge qu'elle est assez grande pour du jargon médical. Vous étiez dans le coma, mademoiselle. Vous avez été dans le coma durant 6 mois.

Il la regarde de ses yeux verts intenses. Rassurée, la première personne dont elle prend des nouvelles sont ses parents et sa soeur :

- Mes parents... Comment vont-ils ? Où sont-ils ? Ma soeur, Laya, où est-elle ?

Watson prend sa main, essayant de la calmer.
- Allons, allons, calmez-vous. Il faut vous reposer maintenant. Du vrai repos. Les explications viendront ensuite, je vous le promet. Vos parents seront là à votre réveil. Vous devriez aller mieux ensuite.

Sur un signe, l'infirmière décoche l'aiguille et son liquide anti-douleur dans l'épaule gauche de Lucy, qui se recouche, épuisée par les médicaments, et ne rêvant que d'un vrai repos psychologique et pas seulement physique. Les yeux battants, elle songe qu'elle a de la chance d'être encore en vie. Mais, après 6 mois d'hôpital, pourra-t-elle avoir une vraie vie sociale ?

L'image d'une rose, sur le mur en face d'elle, lui fait avoir pour dernière pensée avant de sombrer que le peintre devait aimer les fleurs, tellement la peinture est fidèle.


Dreamland


Cela faisait plusieurs nuits que je me retrouvais dans une grande plaine, à errer sans but. Je ne me souvenais pas comment j'étais arrivée ici, ni ce qu'ils s'était passé les nuits précédentes. Mon dernier souvenir remontait à des yeux bleus et à une course poursuite à Hollywood sur les toits, tel Prince of Persia... Puis un garçon aux cheveux blancs et ses explications me revinrent en mémoire, comme ancré en moi, et je me demandais s'il s'agissait de la même personne. Les deux garçons semblaient m'attirer, mais vers deux côtés opposés.

J'observais l'environnement près de moi. Une grande tour s'élevait tout près, et un flux continu de personnes, en majorité avec un pinceau ou un crayon à la main, entraient et sortaient du bâtiment.

Ne voyant personne que je connaissais, je flanais un peu près de l'entrée, sans oser y pénétrer. Ma vie hors de Dreamland me semblait très floue par rapport à ici, où j'avais, je pense, passé mes 6 derniers mois, même si mes souvenirs étaient illisibles pour l'instant. Je tentais de mettre de l'ordre dans mes idées, et plongée dans mes pensées, je ne vis pas la personne que je percutais.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Mer 26 Aoû 2015 - 0:58

Je m'habitue pas à l'art plastique... Franchement, qui a eut une idée aussi idiote? C'est une matière qu'y a pas au CNED, et c'était très bien comme ça... Ça sert à rien, Madame Gironde et complètement folle... Comment elle a pu croire que c'était une bonne idée de dire à trois élèves de se planter au milieu de la classe en levant les bras? Et pour quoi? Pour servir de modèle aux autres! Qu'ils sachent comment dessiner des arbres! Des! Arbres! C'est totalement ridicule, Mathilde était rouge de honte! Et puis elle nous bassinait avec ses "Un arbre-unh doit avoir trois branches-unh principaaaales, sinon il n'est p-unh en équiliiibre-unh!". Tout le monde en avait marre!

Et puis si encore on avait une vrai récompense, une note... Pourquoi pas, on pourrait prendre sur nous, mais là... Un stage. Juste... Un stage. Trouvez une manière plus nulle de passer ses vacances, même si c'est que pour une semaine. Je sais bien que mes grand-parents sont pas là, et qu'il faut pas me laisser seule à la maison, mais ils avaient rien d'autre? Sérieusement, je suis nulle en dessin. Enfin, pas plus qu'un autre, je me débrouille, mais avec un crayon. Pas avec de l'encre de Chine! Malgré ma blouse, Dorian a trouvé le moyen d'éclabousser mon col! Résultat? T-shirt foutu, et mes parents qui me grondent moi.

Marre. Et en plus, je crève de chaud sous ma couette.

Pourvu que j'm'endorme vite, pour passer à autre chose.


~~~~~~~~~~~~

À l'instant où elle sut qu'elle était à Dreamland, avant même d'ouvrir les yeux, Mara se rendit compte qu'elle avait peut-être fait une bêtise. Ou peut-être pas, mais avec ce monde, dans le doute, valait mieux partir du principe qu'on avait fait une bêtise. Car c'était souvent le cas. Et si ce n'était pas le cas, c'était juste car on s'en était pas encore rendu compte. En l’occurrence, elle avait pas mal pensé aux cours d'art de rattrapage qu'elle faisait. Juste avant de dormir. Oubliant comme souvent à quel point les réflexions du soir influençaient la nuit qu'elle allait passer.

Et du coup, là elle n'osait pas ouvrir les yeux, se demandant si elle allait atterrir en plein milieu d'un cours de dessin chelou, où des arbres posaient pour apprendre aux fleurs comment dessiner les humains. Où alors elle allait être entourée de plein de Madames Gironde. Elle frissonna très légèrement à cette idée. Tentant de calmer son appréhension, elle tenta de deviner ce qui l'entourait sans regarder. Ça n'avait pas l'air dangereux, elle entendait des dizaines et des dizaines de bruits de pas qui avait l'air de marcher calmement, l'air laissait deviner qu'elle se trouvait en extérieur, et le sol sous ses ballerines avait l'air inégal. Il n'y avait pas d'odeur particulière, information qui avait son importance.

Elle se décida enfin à porter son regard sur ce Royaume, papillonnant un peu des paupières à cause du soleil. Bon, elle s'en doutait, le coin était plutôt calme. Enfin, "calme". Dans la mesure où personne n'avait l'air de vouloir trucider qui que ce soit. Elle était en plein milieu d'un flux de personnes, certains la dépassant, d'autre la croisant, tous l'ignorant. Esquivant les quelques coudes qui semblaient vouloir se jeter sur elle, la fillette remonta la foule pour trouver un point où elle était moins dense. C'était pas des dizaines de personnes qu'il y avait, mais des centaines...

Respirant enfin, elle s'autorisa un tour sur elle-même pour observer ce territoire inconnu. Et si les plaines infinies d'herbes vertes ne semblaient pas fascinante, elle s'arrêta bouche-bée face à l'origine de la foule. Une tour. Une immense tour qui grimpait jusqu'au nuages, avalant et recrachant Rêveurs, Voyageurs et Créatures par une grande porte. Le soleil l'empêchait de bien voir l'aspect détaillé du bâtiment, mais elle devinait vaguement des couleurs pâles.

Une fois son admiration digérée, elle s'intéressa un peu à elle-même. Ça faisait un moment qu'elle avait obtenu sa cape au Royaume des chats, et c'était devenu un jeu pour elle de voir l'aspect qu'elle avait. Levant la fourrure et tordant un peu son cou, capuche rabaissée, elle put constater que le pelage avait pris une teinte blanche tachée de nombreuses couleurs, lui donnant un aspect bariolé assez aléatoire et drôle à voir, quand bien même elle aurait tué un styliste par crise cardiaque. D'horreur ou d'admiration face à tant d'"audace" et de "technique artistique". Elle ne pouvait pas s'empêcher de se moquer un peu des artistes modernes qui faisaient des trucs moches, mais que tout le monde trouvait beau car c'était tellement "excentrique".

Bah, c'était pas très important. Constatant que le reste de sa tenue était comme à son habitude, elle rabattit la capuche par habitude et reporta son attention sur la gigantesque colonne. Elle avait le don de piquer sa curiosité, et elle se demandait ce qu'il s'y passait. Jetant un œil aux gens dans la foule, elle constata qu'ils n'avaient pas l'air de gros bourrins, ce qui était un autre signe positif. Bien, elle allait peut-être passer une nuit sans se faire taper dessus, ça allait être cool.

Tirant sa capuche d'une main pour se protéger de la lumière du jour, elle plissa les yeux pour tenter d'admirer la structure, mais à peine s'était-elle avancé vers la porte qu'elle sentit un choc dans son dos et trébucha. Faisant un pas maladroit en avant pour retrouver l'équilibre, elle fit volte face pour s'excuser face à l'inconnue. Inconnue qui s'avérait être une fille à l'air tout aussi perdue qu'elle.

"Ah! J-je... Désolée, j'ai pas fait attention, je vous ai pas fait mal?"

Question à l'apparence idiote, mais elle savait jamais. Puis bon, elle avait déjà fait mal à quelqu'un en voulant attirer son attention, en tapant un peu trop fort sur son épaule. Du coups, elle profita de l'instant de blanc créé par ses paroles pour observer la fille plus en détail. Ce n'était visiblement pas une Créature, mais vu son air un peu absent, elle n'arrivait pas à savoir s'il s'agissait d'une Voyageuse ou d'une Rêveuse.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Jeu 27 Aoû 2015 - 21:48

Tour des Arts, à nouveau. Je n'avais pas souvenir qu'elle fut si grande, d'ailleurs. Il faut dire qu'être à ses pieds était une tout autre affaire qu'en sortir par les étages à l'admirer dans les airs. D'où je me trouvais, je me sentais quelque peu écrasé par l'imposant bâtiment. Ce qui m'étonna le plus, cependant, fut la construction même de la Tour.

Elle me parut tout d'abord d'un hétéroclite aberrant. Chaque parcelle de cette énorme flèche, massive mais élancée, avait un style complètement différent de tous les autres, dans l'architecture, l'esthétique. Elle formait une titanesque fresque verticale, dans une variation d'une richesse fantastique. Si la chose m'avait frappé par son aspect très bâtard, mal assorti en prenant mes visions séparées, l'ensemble se révélait très harmonieux, d'une seule coulée. Tout s'enchaînait à la perfection, les courbes et les cassures, les variations de forme, de matière. Épurée en premier regard, elle était pourtant si détaillée que j'aurais sans doute pu passer ma vie de Voyageur à la regarder, cherchant vainement à capter toutes ses subtilités. Parangon sans être absolu.

Je me ressaisissais, laissant la contemplation intacte sans qu'elle ne m'envahisse, et commençait à me diriger vers l'édifice. Un début de frustration me vint en voyant le monde qui s'y dirigeait, mais rares étaient ceux qui ne venaient pas droit vers l'entrée gigantesque, par la route toute tracée, bondée malgré sa largeur impressionnante. Tant mieux. Mon point de vue de trois quarts de la Tour me convenait parfaitement, ne serais-ce que parce que j'étais tranquille, quand les autres se pressaient littéralement entre eux, dans la moite promiscuité d'une foule mouvante. "Les autres"; pompeux et assez révélateur, mais ne m'en déplaise, c'était bien ma manière de pensée spontanée. Comme pour me donner raison, je m'élançais, en l'air, marchant au dessus du sol d'un pas glissé. C'était toujours aussi agréable, et je ne me lassais pas de varier les plaisirs pour ce qui était de l'utilisation de mon aura. Satisfaisant, d'ailleurs, de remarquer qu'elle était de plus en plus tangible, visible, présente, pour moi, et surtout pour les autres. J'y voyais, en un certain sens, l'expression imagée de ma volonté assumée. Qu'elle soit de plus en plus voyante était peut-être le reflet de la revendication que j'en faisais.

Une grande flaque, assez incongrue, me fis stopper net. Pas de l'eau, mais une sorte de ... plaque lisse, du verre ou du métal, formant un motif qui s'étendait sur une multitude d'étangs réfléchissant, depuis le ciel. Trop étendu pour que je puisse vraiment en voir l'ampleur, mais c'était indéniablement esthétique, à sa manière très baroque. M'arrêtant avant sa surface, qui me paraissait néanmoins aussi solide qu'une plaque de métal, je me regardais. Baroque, à sa manière, également.

Avec ma vive énergie qui m'entourait, mes cheveux flottaient autour de ma tête, ce qui avait quelque chose de très risible et beau, selon moi. Leurs nuances se révélaient au soleil, variant du châtain au blond terne, jusqu'au roux, dans un fouillis de longues mèches inégales et drues; et l'unique mèche qui, quoi que j'en fasse, ressortait, en l'occurrence sous la forme d'une tresse fine et tortueuse, approximative, à ma tempe gauche. Chevelure atypique sans être trop excentrique. Encadrant mon visage émacié, au profil sec, bien découpé par une nuque longue et une ossature bien marquée; pommettes et arcades prononcées, saillantes, un nez qui ne remplissait guère mes attentes en revanche. Mes yeux, toujours aussi en amande, un rien bridé, des yeux de félin incertain, à la couleur bleu gris métallique d'un froid par trop dissuasif ... Le droit me parut plus rouge, injecté et voyant que dans mes heures éveillées, si la chose était possible. Un sale regard que j'avais ... Mon menton orné de ma barbe séparée en deux tresses, qui s'ornaient au bout de minuscules fixations, métalliques aujourd'hui, d'un argent terne et sans reflets. Mais à mon cou se laissait porter par le vent quelque chose qui ne manquait pas de me donner une intense satisfaction à sa simple vue, à son contact même. L'écharpe de brume, flottant comme mes cheveux en traîne, d'un doux gris vaporeux et incertain. Elle ne pesait presque rien, et avait décidément une apparence que j'adorais. De plus, elle allait parfaitement, pour moi, au reste de mes vêtements, aux couleurs de l'orage. Long manteau bleu très sombre, chemise lacée anthracite, pantalon de toile deux tons plus clair. Mes babioles de cuir au bras droit, une spalière et une sorte de gantelet de cuir, étaient toujours là, sans que j'arrive à l'expliquer. Mais je me trouvais tout de même assez pittoresque, je l'avoue, alors que ma personne était nimbée d'un flamboiement gris bleuté, fumerolle, liquide, électrique. Magnifique, pour moi.

Je m'arrachais à mon narcissisme naissant, et me dirigeais avec résolution vers le bâtiment. Ce que j'allais y faire, je ne savais pas encore. Ne pas m'arrêter à un étage particulier, probablement. Pas comme la dernière fois ... Me souriant à moi-même, je me remémorais cette nuit assez bizarre, tout en volant prestement vers ma destination : la porte. Tant pis si je me faisais encore remarqué, je réussissais, finalement, dans mes nuits, à éviter l'attention de manière relativement efficace, sur la durée. Que je soit aussi visible qu'une baleine dans les dunes ne me dérangeait pas trop.

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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Sam 2 Avr 2016 - 16:11
Finalement, l'étrange fille disparut sous ses yeux dans un petit "pop" de fumée. Bah, sans doute une Rêveuse du coup. L'enfant reporta son attention sur l'immense foule qui transitait par la large porte. Bon, quand même, elle allait pas rester ici jusqu'à la fin de la nuit, non? Aucun cri de douleur, aucun appel à l'aide, il n'y avait sans doute rien d'immédiatement mortel à l'intérieur. Soufflant légèrement, elle se résolut à rejoindre un peu la foule, se laissant rapidement porter par les remous des gens. Elle se faisait un peu bousculer et comme à son habitude, la taille moyenne des gens mettait leurs aisselles à son niveau, mais curieusement, sa capuche rabattue sur sa tête lui créait un petit espace d'intimité plutôt confortable.

Finalement, la foule progressait plus vite qu'elle ne l'avait craint et un changement d'ambiance l'informa qu'elle était enfin entrée à l'intérieur. Les bruits de discussion et les éclats de voix commençaient à résonner contre les murs, plutôt que de se perdre dans le ciel, et constatant que la queue semblait un peu désorganisée, elle s'en extirpa pour reprendre sa respiration. Enfin, encore une fois, il s'agissait plutôt de rejoindre une foule moins dense. Levant le nez vers le haut plafond du hall, elle constata que contrairement à l'extérieur, la salle était plutôt unie dans son architecture. Il y avait beaucoup de sculptures dans les coins des murs, plein de bas reliefs sur les surfaces plates et une belle peinture en trompe-l’œil au plafond, mais le reste restait somme toute assez blanc et uni, malgré certains trucs jaune ou orangé. La salle était grande donc, donnant l'impression d'occuper tout le rez-de-chaussée de la tour ou presque, pourtant elle apercevait plusieurs hautes portes sur les côtés, mais elles devaient sans doute mener aux autres étages.

S'approchant d'un mur où un grand panneau semblait afficher ce à quoi chaque étage était dédié, elle commença à comprendre qu'elle était dans une sorte de musée ou d'atelier géant, ou un mixe des deux, mais en tout cas dédié à l'art. Survolant les différentes lignes, elle constata que certaines étaient barrées à la main, avec écrit à côté de manière un peu anarchique: "exposition exceptionnelle de Pavlo Sfumato". C'était marrant en plus, car c'était pas forcément des étages proches... Ça devait être son jour de gloire, être autant mis en avant dans un endroit pareil... D'un coup d’œil elle remarquait que les autres panneaux qui ornaient la salle avaient les même modifications à la main. D'ailleurs c'était pas très sérieux de corriger comme ça, ça faisait un peu brouillon... Bon, en même temps refaire tout les panneaux... Sur ce, elle se demanda aussi si le hall changeait à chaque nuit. C'était le genre de trucs qui devait être vachement sympa... Boarf, c'était pas très important.

Se détournant du mur, elle trouva une chaise sur laquelle elle monta pour prendre un peu de hauteur sur la foule. Elle voyait plein de sortes de guichets pour entrer, mais elle n'avait pas l'impression qu'il fallait acheter des billets ou quoi que ce soit. Soupirant mais décidée en à apprendre un peu plus sur cet étrange endroit, elle s'approcha timidement d'une queue et suivit le flux de personnes ininterrompue jusqu'à arriver devant une dame aux oreilles pointues et à la coiffure... Assez proche de l'idée qu'elle se faisait d'une glace à l'italienne. Avec des bouts de fraise dedans. Mais ça avait quand même l'air d'être ses vrais cheveux. Wow.

Elle se réveilla de ses deux secondes de bug en voyant qu'elle lui tendant un petit tract, et la jeune lui demanda dans un bafouillement si l'entrée était libre. Puis elle sursauta quand la femme partit soudan dans une grande tirade, avec autant de dynamisme que si elle avait attendu cet instant toute sa vie:

"OUI! Oui mon enfant, va, vole et court! Aucun être de ce monde ne devrait être privé de la délicate et suprême magnificence de la grande Tour des Arts! (les majuscules s'entendaient particulièrement bien) La délicate essence des plus beaux tableaux que des milliards de rêves extasiés peuvent former, la subtilité de l'imagination sculptée dans un roc pur et sans défaut, aussi doux que de la peau... ! Il serait d'une incommensurable malhonnêteté de se servir de telles œuvres comme bas moyen d’acquérir de quelconques Essences de Vie! Va donc, jeune Voyageuse, voit cet univers entier de possibilité qui s'ouvre devant ton regard, et saisis-toi de toutes leurs subtilités du plus profond de ton cœur!"

Elle conclut ce monologue en inspirant très fort pour reprendre sa respiration, les bras tendus dans une gestuelle extravagante lui indiquant de poursuivre son chemin. Légèrement inquiète, l'enfant se contenta de hocher la tête par petits coups, la fixant sans oser cligner des yeux, puis partit à pas discrets vers la porte la plus proche. Wow, c'était... inattendu?

Elle s'en remit cependant assez vite, Dreamland avait déjà fait pire, et suivit encore la foule en direction de l'ouverture. La-dite foule semblait d'ailleurs entrer à l'intérieur par packs de beaucoup en même temps, et quand ce fut le tour de Mara, elle vit que c'était une sorte de gros ascenseur. Et une fois à l'intérieur, même s'ils étaient tellement serrés qu'elle avait du mal à respirer, elle ne pouvait s'empêcher de se demander par quelle magie est-ce que tant de monde arrivait à tenir dans une cabine aussi ridiculement petite. Une voix désincarnée indiqua qu'ils allaient commencer la monté, et l'enfant remarqua qu'elle avait perdu le papier de la dame de l'entrée. Bon, tant pis.

La monté lui sembla vraiment longue, surtout qu'elle commençait à mourir de chaud et qu'il y avait juste un silence pesant et gênant. Plusieurs fois, la cabine s'arrêtait et certains en sortait, mais elle n'arrivait jamais à atteindre la sortie et continuait à monter inlassablement. Finalement, après avoir joué des coudes par nécessité vitale, commençant vraiment à avoir du mal à respirer, elle parvint à s’éjecter de la masse tandis qu'une autre foule venait s'amasser dans l’ascenseur déjà plein. Elle comprenait enfin pourquoi les gens ne se desserraient pas alors que beaucoup sortaient à chaque étage.

Elle ne savait pas à quel palier elle était et il lui suffirait de lever la tête pour le savoir mais pour l'instant, elle avait juste les mains sur les genoux, le dos courbé et la tête tombante, tentant vainement de reprendre sa respiration.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Sam 9 Avr 2016 - 19:55

Le fait de pouvoir m'extraire de la masse des piétons me donnait une impression de condition infiniment différente, pour ne pas dire supérieure. Pour ne pas le penser non plus, d'ailleurs, je n'en étais pas (encore) à ce point là. Mais dieux ! Qu'il était satisfaisant de pouvoir éviter ce genre de désagréments, surtout lorsqu'on les haïssaient autant que moi. La foule, même de loin, me rebutait profondément, alors me trouver dedans ...  Autant ne pas y penser.

L'observer ne faisait pas que m'énerver, cependant. Loin de là, pouvoir la contempler était un plaisir non négligeable, il y avait tant à y voir après tout. Surtout à Dreamland ! Le commun s'affublait d'une variété vue nulle part ailleurs. Une petite partie de moi arguait bien que cette diversité visuelle n'était que très relative, tant les récurrences dans l'excentricité étaient importantes, la rendant par là-même contraire à comment elle se voulait. Le bigarré était la norme, ici. Et c'était déjà moins pire ! Oui, bien moins pire. Je m'amusais toujours à regarder tous ces gens, vu du dessus. Passé l'imposant seuil cependant, je me fis brièvement interrompre dans ma contemplation par une petite créature, sorte de lutin aussi criard dans son apparence que dans sa façon de s'exprimer. Je pris ce qu'il me tendait, et coupait court sans l'écouter, avec le sourire tout de même. Il continua quelques secondes, ne me suivant pas, heureusement.

J'attendis un peu qu'il s'éloigne pour plier soigneusement et ranger dans une poche l'espèce de papier qu'il m'avait donné. Je n'allais pas le jeter, mais ça ne m'intéressait en aucun cas. j'étais là pour observer à ma manière, merci bien. Pas besoin qu'on vienne me démarcher pour que je lève les yeux et admire les reliefs factices et subtils que créaient les trompe-l’œil au plafond. C'était bien plus agréable ainsi. Je ne m'en approchais pas plus, bien que l'espace jusqu'à lui soit bien important. La Tour était assez énorme pour un tel espace, apparemment. Facile de se sentir bien lorsque je pouvais bouger ainsi à ma guise, cela rendait n'importe quel environnement si praticable, si supportable.

Je ne résistais pas longtemps à la fascination que provoquait la vue de la foule d'un point de vue extérieur, cependant, et replongeait les yeux dedans. Ainsi, elle ressemblait presque à quelque chose qui s'écoulait, une sorte de fluide naturel, qui se dirigeait poussé par des forces purement physiques. Je n'étais pas convaincu d'être très loin de la réalité.

"Oh, mais ne serait-ce pas ..."

Une chevelure, parmi tout ce monde, me semblait plus que connue. Mes souvenirs restaient vifs, quant à cette masse pourpre et quelque peu hérissée. Pour me souvenir exactement de son nom, c'était un peu plus compliqué. Mais je n'oubliais pas les Créatures dans son genre. Enfin, je me rappelais de celles avec qui j'avais été en contact réel, plutôt. Rares étaient celles que j'avais eu l'occasion de connaître à minima, et celle-là en faisait partie. Que pouvait-elle faire ici ? Curieux, je me décidais à la suivre. Un peu malvenu peut-être, mais qu'importe. C'était certes une drôle de manière de ma part, bien qu'avec moi-même je n'étais plus à cela près. Elle se dirigeait vers je ne sais trop quoi.

Mon voyeurisme tourna malheureusement très court, puisqu'elle disparut rapidement, et assez inexplicablement, s'engouffrant dans un des énormes ascenseurs qui montaient vers les non moins énormes étages supérieurs. Pas question pour moi d'entrer là dedans ! Trop peu d'espace pour moi. Je me retrouvais donc comme un idiot, à me demander quelle marche suivre. Peut-être que ...

"Oh et puis merde."

Je ne savais pas trop si mon idée était judicieuse, mais en tout cas elle fut réalisable. Montant encore et encore, j'arrivais si proche du plafond que je pouvais m'y plaquer. Je trouvais vite ce que je cherchais (des voies d'aération), et mieux encore, m'y engouffrais facilement. Plusieurs avaient été ouvertes, sans aucune protection, et leur largeur me permettait sans aucune difficulté d'y évoluer. Le gros problème se trouvait dans l'orientation. Je n'avais aucune idée de où les conduits débouchaient. De quoi se sentir un peu couillon ... Je bataillais quelque temps, montant, descendant, prenant des virages de tous cotés sans comprendre où ils me menaient. De drôles de marques parsemaient les conduites, remarquais-je, un peu comme des graffitis et des marques en tous genres, donnant l'impression qu'on avait fait passer tout et n'importe quoi là dedans. Si en revanche il y avait quelque chose d'écrit dans toutes ces bariolures, il n'y avait pas assez de lumière pour que je puisse les lire. Bah, cela n'avait pas grande importance.

Je ne m'inquiétais nullement, mais ne m'en amusais pas non plus. Me sentir perdu ne faisait pas partie du registre du plaisant pour moi. Le fait que ma présence là-dedans relevait de l'interdit outrepassé me motivait à ne pas trop y traîner. La question de savoir qui avait pu ouvrir les grilles des bouches restait ouverte, et la réponse pouvait bien se faire attendre, pour l'importance que j'y accordais. Ou plutôt, qui avait pu ouvrir ces grilles, et pas celle devant laquelle je me retrouvais au bout de quelques petite minutes, m'étant finalement dirigé à la lumière et au son vers quelque part de concluant. Enfin, qui le serait si je n'étais pas bloqué ...

Pas le choix, alors. Une dernière inspiration, et je commençais à frapper du plat des mains sur les lamelles métalliques qui me bloquaient. Elles se déformaient sans trop de résistance, et après une dizaine de coup, la grille sauta, me permettant de me faufiler hors des conduites. Ce que je n'avais pas prévu, c'est  arriver à un point situé si loin du plafond de l'étage, et que le morceau défoncé tombe à quelques centimètres de quelqu'un juste en dessous. En m'extirpant à la va-vite, je lançais une excuse à la volée, me sentant assez peu discret, décidément, en descendant le mur avec l'aisance que me procurait mon aura.

"Désolé ! Vous n'avez rien, en bas ?"

Je remarquais que cette petite silhouette, à la tête ornée d'une capuche à oreilles, ne m'était pas inconnue, mais encore une fois pour bien me souvenir ...

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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Mar 12 Avr 2016 - 20:40
Mara se força à déglutir, bloquant pour un instant sa respiration, puis se remit à expirer. La vache, elle supportait pas d'être compressée comme ça, même maintenant qu'elle avait surmonté sa phobie. Se redressant peu à peu, grattant nerveusement la brûlure ornant sa paume, elle commença à regarder autour d'elle pour tenter de comprendre où elle était.

L'étage lui semblait étrangement vide, comparé à la foule qu'elle venait de quitter. Quelques individus aux oreilles pointues flânaient ici et là, et la plupart de ceux qui avaient les oreilles rondes semblait trop absents ou ahuris pour être des Voyageurs. Ces derniers devaient peut-être trouver cet endroit ennuyeux, ça restait un musée après tout. Mais l'enfant se reprit en pensant à la dame de l'accueil: il ne fallait jamais sous-estimer la folie de Dreamland. Baisser sa garde était souvent le meilleur moyen de se trouver rapidement dans les pires ennuis jusqu'au cou. Après, l'enfant avait beau se dire ça, elle ne savait pas vraiment comment maintenir une garde donc se contentait généralement de jeter de vagues coups d’œil autour d'elle pour garder une idée de la situation ambiante.

Elle commença donc à faire quelques pas entre les rangées, regardant le mélange visiblement aléatoire de statues, de tableaux, de sculptures, de, de, de... de pots de fleurs. Moui, bien sûr. C'était joli, oui. Dommage qu'il y a juste un pot remplis de miettes de polystyrènes et pas de plante dedans, ça faisait un peu... gâchis? Elle se pencha légèrement devant une petite plaquette grise au pied de l'oeuvre, qui indiquait probablement son auteur, son titre ou sa signification. En s'approchant, elle remarqua que la plaque semblait irrégulière, comme très vaguement granulée. S'approchant encore, quitte à s'accroupir pour n'être qu'à quelques centimètres de l'objet, elle se rendit compte de ce que c'était et se leva brusquement, faisant un pas en arrière avec un air choqué. C'était bien le texte d'explication de l'oeuvre en noir sur blanc, un truc d'un cinquantaine de lignes compressé sur une plaquette de dix centimètres par cinq. Le type qui avait fait ça était un monstre, la simple idée de devoir lire ce truc lui explosait les yeux.

Se détournant de la chose, elle commença à passer devant une série de tableaux de paysages, qui auraient sans doute été magnifiques si on n'y avait pas grossièrement ajouté des personnage au marqueur noir, avec un style digne d'un élève de maternelle. D'ailleurs, un gros gribouillis couvrait un coin de l'image, sans doute la signature de l'auteur. Mouais, elle ne savait pas s'il fallait le féliciter pour l'incroyable beauté des fonds ou le brûler vif pour son manque absolu de bon goût. Sérieux, même elle n'aurait pas osé.

Continuant à progresser entre les cloisons présentant les œuvres, serpentant entre ces faux murs, elle s'arrêtait parfois d'un air perplexe mais jetait rarement plus d'un coup d’œil. Elle n'était pas très sensible à ce genre d'art visuel, et sentait qu'elle allait vite s'ennuyer ici. À moins qu'il y ait un endroit dédié aux films et à la musique... ? Bah, c'était pas très important pensa-t-elle en prenant quelques pas de recul devant un énorme tableau, affichant un joli portrait de femme, mais avec cet éternel marqueur noir qui semblait l'avoir taguée avec autant de délicatesse qu'une affiche de candidat avant les élections.

Quelques bruits de chuchotements montaient à elle, typiques des musées, et les bruits de pas martelant le carrelage tranchaient un peu avec le calme ambiant. Certains ressortaient d'ailleurs particulièrement, et la fillette de retint pas un regard agacé en direction de celui qu'elle soupçonnait de porter des semelles en métal, regard caché par sa capuche tombante.

Puis un morceau assez notable d'acier atterrit bruyamment juste à côté d'elle, provoquant à la fois le figement total de ses muscles et un sursaut de recul, ce qui était moyennement agréable. Regardant d'un air médusé ce qui ressemblait méchamment à un grillage défoncé à ses pieds, dans un silence soudain et extrêmement gênant, elle releva finalement la tête vers les autres visiteurs, qui eux ne l'observaient pas. Bon, tant mieux quelque part. Une excuse lui parvint d'au-dessus mais son attention était toujours fixée sur l'amas métallique, alors qu'elle se demandait si sa condition de Voyageuse plus ou moins expérimentée lui aurait permis d'y survivre.

Se rendant finalement compte des mots qui lui étaient adressés, elle leva la tête vers le plafond, prête à dire que non, ça n'allait pas, que qu'est-ce qu'il espérait, qu'elle connaissait des trucs plus cool qu'une pluie de projectiles mortels, qu'il aurait au moins pu faire un minimum attention, ou encore qu'il avait rien de mieux à faire que de lui balancer des grillages à la tronche, mais les mots ne sortirent pas. Déjà car ils formaient un bazar inexploitable dans sa tête, comme d'habitude, et surtout car ça faisait quand même pas si longtemps qu'elle n'avait pas vu ce grand type qui semblait adorer se déplacer en volant.

Ce qu'elle lâcha finalement partit presque tout seul, plus surprise qu’énervée:

"Jean-Baptiste? C'est toi?"

Puis, une fois ce premier constat passé, elle haussa carrément un sourcil et le suivant du regard, elle laissa sortir un flot de questions, n'arrivant pas à mettre ses pensés dans l'ordre:

"Qu'est-c'que tu fais là? Enfin là-haut? Genre ça t'éclate de te balader dans... dans... mais t'étais dans quoi en fait? Est-c'que t'as au moins remarqué qu'y avait un ascenseur? Et ça t'arrive souvent de balancer des grillages gratuitement sur les gens?"

Elle faillit demander d'un air légèrement suspicieux s'il savait qu'elle qu'elle était en dessous mais se retint. Lançant un dernier coup d’œil au métal déformé, rangeant une mèche sauvage derrière son oreille, elle afficha cependant un sourire à l'homme. Il était un peu bizarre, pas toujours très gentil mais elle avait l'impression que c'était pas de sa faute, puis ça faisait quand même plaisir de croiser une connaissance! Le saluant un peu plus poliment, prenant quand même de ses nouvelles depuis la dernière fois, elle finit par lui indiquer les différentes œuvres de la salle d'un mouvement de menton, demandant d'un air perplexe:

"Tu sais c'est quoi comme exposition? J'ai pas mémorisé le tableau de l'entrée et je sais même pas à quel étage on est, mais j'trouve tout ça trop bizarre... Tu sais si c'est normal ces tableaux ou ces... trucs? J'vais pas assez dans des musées pour me rendre compte..."

Avec un peu de chance, peut-être même était-il déjà venu dans cet endroit et pourrait-il lui expliquer deux-trois trucs... Même si elle n'était pas sûre de tenir toute une nuit de visite guidée dans un endroit pareil. Pourtant, elle n'envisageait pas vraiment cette possibilité. Quelque part, elle n'avait pas beaucoup de doutes sur le fait que cette nuit risquait d'être mouvementée, surtout depuis que le Voyageur était arrivé. Au delà de la nature imprévisible de Dreamland, c'était même pas que son ami puisse attirer les ennuis qui lui faisait penser ça. Non, elle avait juste vaguement l'impression que son arrivée était un petit coup de pouce du destin, un message subtil pour lui dire qu'elle allait avoir besoin de compagnons. Sauf qu'au lieu de lui refiler un petit animal quelconque et plus ou moins inutile, on lui balançait un puissant Voyageur.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Mar 19 Avr 2016 - 22:42


"Jean-Baptiste ? C'est toi ?"

J'eus un instant le flottement, puis le petit visage fin, les mèches blondes qui se laissaient voir malgré la capuche firent écho à des souvenirs, vifs et moins vifs. Je connaissais cette jeune fille, plus qu'un peu même.

"Mara, quelle drôle de surprise ! Au sens mélioratif, bien entendu. Et oui, tu ne te trompes pas, peu de gens me ressemblent je pense."

J'éprouvais un plaisir non dissimulé à croiser cette charmante enfant. Sans trop pouvoir me l'expliquer, je lui attachais une sorte de distinction toute particulière, une affection que je ne cernais pas tout à fait. Elle était un sacré personnage en son genre, originale et plus complexe qu'il n'y paraissait, oui, sans doute. J'aimais bien ceux à part. Mais ce n'était pas suffisant pour gagner mon estime et mes bons sentiments, tout de même ! Mais sa bouille venait me contredire dans mes considérations intérieures. Elle me fit rire doucement par son empressement tout enfantin à l'oral, et je lui répondit avec le sourire.

Je ne fais pas grand-chose ici, je l'admet. Là-haut ? Pour être court, oui, ça m'amuse de me balader où je ne devrais pas vraiment. Cela ressemblait très fort à des conduits d'aération, mais je ne suis pas totalement sûr. Mais ce n'est pas parce que ça m'amuse que je m'y promenait, tout du moins pas entièrement. Pour ce qui est des grillages ..."

Je baissais les yeux sur le morceau de métal, et le ramassais promptement. Il était un peu lourd, certes. Surtout lâché d'un peu haut. Je la posais distraitement à mes pieds.

"Je pense pouvoir dire que c'est une grande première. Je devrais peut-être m'entraîner, qui sait ? Mais soyons plus sérieux, veux-tu ?"

Pendant que nous échangions quelques politesses (cela faisait un petit moment que nous ne nous étions plus croisés), je réfléchissais à quoi faire de cette pièce métallique. Malgré mon esbroufe, je préférais tout de même que ma petite incursion ne se sache pas plus que cela. Passé le vague des "comment vas-tu depuis la dernière fois", sa question provoqua chez moi un regain d'intérêt. Elle pointait quelque chose d'intéressant, et quelque chose auquel je n'avais pas vraiment prêté attention.

"Quelque chose à l'air de clocher, en effet. Je dois avouer que je n'ai pas du tout chercher à savoir, ce n'est pas ce pourquoi je suis ici."

Un simple regard sur ce qui s'étendait ici me permettait de saisir ce qu'elle voulait dire. Oui, tout cela donnait une impression de ... vandalisation. Peut-être était-ce simplement le but des œuvres, cependant. Je ne verbalisais pas cette remarque en repensant à ce que j'avais observé lors de ma petite escapade. Puis si j'avais arraché une grille pour sortir, une autre l'était déjà avant que je ne passe, et sans doute pas toute seule. De même que de tels gribouillis n'avaient rien à faire dans un endroit où seul l'air était sensé passer. Des marques comme celle que je pouvais observer sur le tableau en face de nous deux. Encore un délire comme seul Dreamland savait en pondre, dirait-on.

"Drôle d'affaire, drôle d'affaire ... Quelqu'un s'était amusé avant moi à passer par les conduits, et j'ai aperçu quelques marques là dedans. Cependant il n'était pas sorti par ici, lui. Si ce n'est en effet pas partie de l'exposition, c'est que quelqu'un est venu ajouter son grain de sel, n'est-ce pas ?"

Me décidant à laisser la grille contre le mur derrière moi, je m'avançais vers l'oeuvre la plus proche, souillée de sauvages traits épais qui voulaient sans doute représenter je ne sais quel ajout poignant. J'avais du mal à y voir grand chose, de mon coté. Mais moi qui flânait honteusement, j'avais du grain à moudre, avec ça ! Retournant rapidement vers Mara, je me penchais pour lui faire une proposition.

"Si nous y mettions le notre, dans ce cas ? Je suis curieux de savoir de quoi il en retourne, à présent, bien que je ne pensais pas m'intéresser à ce lieu de cette façon. Qu'en est-il pour toi ?"

J'espérais bien qu'elle soit partante, car je me voyais mal lui souhaiter une bonne nuit et partir de mon coté ainsi. Avec la petite Voyageuse à mes cotés, j'avais un bon atout couplé à une présence sympathique (bien que l'admettre m'était un peu énervant). Puis ses capacités de communication hors pair ne manqueraient pas d'utilité si nous devions faire une petite investigation sauvage. Mara s'était toujours montrée très capable et inventive, pleine de ressources, bien qu'un peu complexée et hésitante parfois. Elle n'allait pas me décevoir, j'en étais sûr. Si elle acceptait, je proposerai immédiatement de voir plus en détail ce qu'il en était à cet étage (et quel était-il, aussi), afin de mieux cerner la situation.

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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Ven 22 Avr 2016 - 23:54
Au moins, ils n'avaient pas l'air partis sur une visite guidée, mais plutôt sur une forme d'enquête, puisque son ami trouvait aussi ces œuvres étranges. Ce qui la rassurait un peu quelque part, ça l'aurait assez ennuyé qu'on lui annonce comme ça que tous ces trucs bizarres étaient parfaitement normaux et qu'il fallait les apprécier au nom de l'art. Et puis en plus, une enquête dans un musée, c'était quand même vachement cool comme idée.

Seulement, par où commencer? De ce qu'elle avait remarqué de l'étage, il y avait beaucoup plus de salles qu'on ne pouvait l'imaginer à première vue, et elle avait l'impression qu'un certain nombre de visiteurs étaient des Rêveurs béats qui regardaient le vide en direction de œuvres ou qui les ignoraient. Mais pourtant, l'endroit était loin d'être bondé, il devait y avait trois ou quatre personnes dans leur salle, et sans doute autant dans les autres. D'un commun accord, les deux Voyageurs se dirigèrent vers le non-Rêveur le plus proche, une Créature penchée vers ce qu'elle observait, les mains croisées contre son buste couvert d'un tissu assez fin, avec un pantalon qui tombait beaucoup trop bas, traînant au sol sur au moins dix centimètres. À leur approche, elle se redressa et se tourna vers eux en révélant un regard de grenouille et deux cornes sur la tête, leur lançant un regard interrogatif. Jetant un coup d’œil à Jean-Baptiste qui sembla l'encourager à parler, elle sentit sa timidité reprendre le dessus un instant avant de se rendre compte qu'elle avait un pouvoir pour que ça se passe bien. Normalement, dans un Royaume aussi tranquille, elle risquait pas de se retrouver devant trop fort pour elle. Libérant une onde de confiance, elle balbutia le plus clairement possible la phrase d’accroche qu'ils avaient choisi:

"P-p-pardon, je... nous... herm. Vous trouvez pas que... qu'il y a un truc bizarre avec... avec... ces œuvres?"

Yes, elle avait réussi! Bon, la phrase était relativement approximative, mais elle avait transmis l'idée! Mais son visage se décomposa en voyant la femme articuler sans émettre un son tout en agitant ses mains dans tous les sens. Ok, parfait, ils venaient de tomber sur une muette, ça mettait en confiance. En plus elle avait sept doigts à chaque main, elle était pas sûre que son langage des signes soit le même qu'en vrai. Cool. Cool, cool, cool. Désolé Madame, merci et au revoir, on passe à autre chose avant de cuire de gêne. Tiens, allons dans une autre salle, tant qu'à faire, en plus y avait des tableaux tagués un peu partout.

______

Un Habitant des rêves de grande taille, bien droit et dans un costume en queue de pie tout droit issu du XIXème. Son chapeau haut de forme devait facilement lui permettre d'atteindre les deux mètres de haut, même si lui avait une taille normale. Il buvait tranquillement son thé dans une tasse en porcelaine, en ajustant son monocle pour observer un paysage barbouillé d'un regard expert. Il ne les regarda pas un instant pendant qu'ils l'abordaient mais il daigna leur répondre, sans doute car le pouvoir de l'enfant était efficace:

"Oh, oui oui, très belle oeuvre, remarquable oui. Cette technique, ce trait, l'auteur s'est à n'en point douter inspiré du très célèbre Groklovotdar, un artiste originaire de Dreamland, décédé il y a peu. Ces traits délicats, soignés, ce mouvement fluide pour représenter l'eau... (il reprit une gorgée de thé) Oui, vous pouvez aussi noter la délicatesse des nuages qui sembleraient presque se mouvoir dans la grandeur éclaté et lumineux de ce ciel de 13h52, assurément. (il reprit une autre gorgée) On reconnait aussi cette aspiration aux détails dans les arbres, chaque feuille, chacun de leurs reflets, chaque ombre d'oiseau semble soigneusement représenté, dans un soucis de délicatesse pur et sincère. (il n'avait jamais mal à la gorge à force de boire?) Mais la fougue de ces traits de premier plan, cette force, les sentiments qui s'en dégagent! Oui, l'auteur devait avoir une force d'esprit certaine pour oser passer cette marque au travers du travail minutieux qu'il avait fourni! Une force de caractère certaine et féroce, digne des années de folie de Groklovotdar! (...) Eh oui! Saviez-vous que même quand il fut atteint de folie, il continua à peindre? Ses traits devenaient durs, violents, comme pour exprimer sa profonde détresse dans son état mental décadent. Mais alors, ces œuvres n'étaient plus seulement contemplatives, mais bien plus émotives, et abstraites, il était impossible de rester indifférent face à un tel déploiement de rage et de douleur! (l'enfant leva un regard implorant vers son camarade) Vous savez ce que je pense? Que ce tableau est une référence à Groklovotdar, ce paysage ressemble à s'y méprendre à la lisière d'une certaine forêt du Royaume des chevaliers de la table pentagonale, où il a fini sa vie dans sa maison familiale...

______

Un habitant des rêve, l'air bourru, avec plus de muscles qu'il n'en fallait pour porter une voiture avec son petit doigt, un Marcel gris moulant méthodiquement son torse et un short de plage avec des tongs, un sac à dos Dora l'exploratrice, et une moustache de catcheur qui retombait jusqu'à son menton. Le pouvoir de Mara n'avait pas d'effet et ça se sentit assez bien quand il les envoya se faire foutre de ses deux mètre vingts de haut, son regard noir les fusillant à travers ses lunettes de soleils.

______

Un couple d'Habitants de Dreamland, ressemblant à s'y méprendre aux dresseurs "vauriens" dans la sixième génération de Pokémon. C'était... coloré, mais si la femme était sensible à la confiance de la petite, ce n'était pas le cas de l'autre.

"Moi-anh? Ah j'aime bien-anh. C'est stylé-anh."

"Moi j'm'en ballec wesh."

"Han! Mais comment tu peux dire ça-anh!"

"Nan mais t'inquiète wesh, si ch'uis là c'pour toi!"

"Han! T'es trop mignon!"

Et quand ils eurent fini de se bécoter de la manière la plus baveuse qui soit sous le regard dégoûté de la petite, les Voyageurs purent enfin demander s'ils n'avait pas l'impression que quelqu'un avait vandalisé le tableau.

"Ah ouais-anh! C'est chelou-anh! Ça fait un peu street-art-anh..."

"Que dalle, ç'a rien à voir c'te merde wesh! C'juste un mec qui s'y croit trop!"

"Ah ouais-anh, t'as raison-anh... T'es trop intelligent-anh!"

______

Un habitant des rêves encore une fois, à peine plus grand que la Voyageuse, l'air excité comme une puce, portant un béret qui faisait deux fois la taille de sa tête, un tablier et une besace tâchés de peinture et une moustache aussi fine que mémorable, deux fois plus large que lui et qui s'achevait glorieusement par une petite vrille de chaque côté. Il semblait en extase devant le tableau et même si l'onde de confiance était sans effet, il ne tarit pas de paroles avec un accent aussi caricatural que sa tenue:

"Dou vandalismé? DOU VANDALISMÉ? Mais ça yé dou l'ARRRRT pouvres proufanes! Cétté source d'innspirationé, cé POUVOIRRRR dans lé trait! Quéllé techniqué, elle tou prend à la gorgé, tou saisit et tou rétourne télle oune plat en saucé! Yé pourré passer des houuuures à rougarder ces merrrrrveillés. Ces tableaux douavent être oune exemplé pour nous autre, ARRRRTISTÉS!"

______

Un Voyageur cette fois, à l'expression calme et reposante après la crise cardiaque que Mara avait faillit avoir. Les cheveux courts, châtains, les yeux sombres en tombants, il avait un visage sympathique mais somme toute assez oubliable. Les mains dans les poches de son jean rapiécé, un T-shirt noir avec des trucs anglais écrits en mauve dessus, retombant sur ses épaules maigres, sa posture révélait une aisance certaine. D'ailleurs, il ne réagit pas au pouvoir de la petite mais porta son attention vers eux, avec un sourire encourageant et vaguement intéressé. Cette fois, ce fut lui qui engagea la conversation:

"Ah, on dirait que je ne suis pas le seul à venir me reposer ici entre deux nuits... mouvementées?" il eut un petit rire pour lui-même et un regard entendu à l'égard des deux individus, avant de reporter son attention sur le portrait barbouillé qu'il regardait. "Elles sont étranges, hein, les œuvres du monde des Rêves. En tant que peintre, je trouve toujours ça très intéressant. Enfin, je ne vais pas vous barber avec des considérations techniques, vous vouliez me demander quelque chose?"

Il sembla jeter un regard curieux derrière eux et Mara vit en se retournant légèrement qu'un gardien de musée semblait les observer. Le regard que l'inconnu leur lança se fit plus curieux, mais il semblait toujours aussi tranquille.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Jeu 5 Mai 2016 - 22:38

Mara alla dans mon sens, évidemment. Se mêler, toute proportion gardée, de tout et n'importe quoi, était manifestement le triste lot de tous les Voyageurs. Je m'en voulais un peu de ne pas me détacher de ce fâcheux penchant, même avec le temps (un an, déjà ...); il fallait croire que la chose collait plus à la peau qu'attendu. Je tentais bien de mettre coté ces filandreuses considérations pour le concentrer un peu sur la recherche d'informations, mais en vain. J'incitais donc doucement la jeune fille à, pour une fois, prendre les devants, d'autant plus que je n'avais guère envie d'avoir à le faire. Puis pour la communication avec les Habitants des Rêves, Mara avait un atout que je ne pouvais posséder, à moins d'user de moyens inconnus et sans doute plus ou moins compliqués.

Observer silencieusement et rire intérieurement constituait en outre un plaisir non négligeable, un rien coupable peut-être (je me fichais un peu de pauvres créatures à leur insu, tout en laissant ma petite compagnonne se démener avec difficulté), mais ah ! je ne pouvais me trahir au point de renoncer à cela. La première des tentatives était un bon avant-goût, un peu court cependant, mais si savoureuse. Beaucoup trop amusant, en fait, j'eus du mal à me retenir de rire. Alors que Mara, confuse et même honteuse, fuyait précipitamment en rougissant, je jetais un dernier regard au drôle d'être, qui me rendit une expression indéchiffrable mais qui devait se rapprocher d'un vague étonnement. Du mal oui, bien du mal à ne pas rire.

Bien du mal également, mais cette fois à ne serait-ce qu'essayer de rire, devant le cuistre qui, un peu plus tard, se lançait dans une tirade d'une inintelligence si prononcée qu'elle me désespérait. Ponctuée de très courtes pauses, sa litanie ne semblait jamais vouloir s'arrêter ... Je baissais des yeux consternés vers ma petite compagne, et son air de chien battu me décida à réagir. Je la pris doucement mais fermement pas le bras, et lançait ma phrase en l'emmenant avec moi, nous éloignant du bavard sans qu'il montre aucun signe de mettre un terme à son soliloque.

"Passionnant, vraiment. Merci à vous !"

Les quelques suivants que nous (surtout elle) interrogions ne se montrèrent guère plus utile. Je restait un peu en retrait, mais au bout de trois (quatre si je comptais pour deux cet affreux couple auquel je préférais ne pas trop penser) nouveaux échecs, du moins où nous n'avions pas récolté d'informations utiles. Bien que l'hypothèse du "vandalisme" comme pur effet de style recherché à l'origine avait indéniablement un coté pratique et facile, elle n'était en rien satisfaisante, pour moi comme pour Mara. Je refusais à décemment croire à cela, rien à faire. Ce serait trop frustrant, trop stupide. D'ailleurs il suffisait de voir l'expression de consternation d'un des Habitants de la Tour (gardien ou assimilé) pour éliminer tout présence d'un quelconque doute résiduel. Mes oreilles sifflaient encore du cri insupportable du dernier hurluberlu lorsque moi et ma chère encapuchonnée furent interpellés par, enfin ! une personne qui m'avait l'air intéressante.

J'avais appris à me méfier des individus à l'air très passe-partout et discret dans leur apparence, à Dreamland. Ils étaient pleins de surprise, et pas toujours dans le bon sens, si bien que j'étais souvent plus interpellé par quelqu'un de "banal", ou plutôt qui le serait dans le monde réel, que par l'excentricité à la longue un peu prévisible qui s'étalait partout dans le monde onirique. Ses premiers mots indiquaient clairement sa condition de Voyageur, et j'appréciais la décontraction dans son ton. Les personnes sensées ou au moins calmes se raréfiaient lamentablement, une fois chez les rêveurs lucides. Je me permis de répondre pour moi et Mara à sa question.

"Oui, en effet. Que vous parliez de considération technique est plutôt intéressant. Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose qui parait comme rajouté ?"

Son sourire semblait indéboulonnable, mais cependant il réagit manifestement à mes propos. Il s'approcha un peu. Son coté ambigu me donnait un drôle de sentiment, mais le bonhomme me paraissait plus amusé qu'autre chose.

"Rajouté, hein ? Vous pourriez développer ? Finalement je vais peut-être vous barber un peu. Ce qui change beaucoup de la peinture comme on a l'habitude d'en voir, c'est pas tant la manière dont les choses sont peintes que leur"

Je l'interrompis avant qu'il ne se lance trop. Le plus tôt était le mieux.

"Sans doute, oui, mais vous m'avez mal compris. Je voulais surtout parler de ces parties qui ressortent tant, vous voyez ?"

Quitte à paraître un peu lourd, je lui indiquais ce dont je parlais clairement sur le tableau le plus proche. Il me jeta un regard vaguement réprobateur puis éloquent ("oh ça ?"), mais embraya sans trop de soucis.

"Ah oui ... Il y a deux couches visibles, ou trois si on compte le vernis. Le "fond" est peint avec une remarquable technique dans les touches de couleur et leur intrication, et le "devant" est au feutre, au dessus de tout, et clairement ça a été fait par deux personnes différentes. Le fossé entre les deux est trop grand."

"Vous n'auriez pas une idée de qui aurait pu faire cela ? Ou tout était déjà sous cette forme lorsque vous êtes arrivé ?"

"Moui, je n'ai pas assisté à la mise en oeuvre, si j'ose dire. Mais si c'est ça qui vous intéresse ... Il y avait pas ça dans toutes salles. Pas trop du genre à contempler l'art pour ce qu'il est, hum ?"

Je ne répondis pas immédiatement, une myriade de petites questions s'agitaient dans mon esprit. Ce n'était pas exactement ce que j'attendais, mais incapable de bien cerner ce que je pouvais tirer des impressions que me donnait cet homme, je contenais tout cela au lieu de laisser fuser quelque chose de trop peu réfléchi. A peine cependant une moitié de seconde s'était écoulée qu'un gardien, qui se tenait proche de nous, se dirigea plus franchement vers nous, dans la région extrême de mon champ visuel.

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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Dim 8 Mai 2016 - 0:24

Cette fois, ce fut Jean-Baptiste qui s'occupa de l'intégralité de l'échange, contrairement aux fois précédentes. Allez savoir pourquoi d'ailleurs, il s'était toujours contenté de laisser Mara introduire les fois précédentes, lâchant parfois un mot quand elle n'arrivait pas à sortir d'une conversation qui tournait en rond. Peut-être car ce type-ci était un Voyageur? Ou qu'il était un peu moins bizarre que les autres? Elle le trouva méchant en y repensant, de l'avoir laissée se débrouiller avec sa timidité juste à cause de son pouvoir. Enfin, l'homme en face d'eux l'intimidait légèrement de toute manière, sans doute à cause de l'assurance qu'il dégageait. Elle était par contre vachement intéressée par sa remarque sur les deux ou trois "couches" visibles. Au-delà du fait que ça semblait valider l'hypothèse du rajout, elle trouvait que c'était vachement classe de remarquer ce genre de trucs. Laissant les deux adultes discuter, elle se décala discrètement pour être en biais du tableau, voir s'il n'y avait pas une différence qu'elle pourrait percevoir. Il lui semblait en voir une d'ailleurs, comme si la zone noire reflétait un peu moins la lumière des éclairages. Mais c'était peut-être son imagination qui lui jouait des tours... Afin d'en avoir le cœur net, elle s'approcha un peu plus près du tableau, n'écoutant la discussion que d'une oreille.

Sauf qu'une main lui agrippa l'épaule pour la tirer violemment en arrière, tandis qu'une voix forte, autoritaire et un peu nasillarde lançait:

"Ne vous approchez pas des œuvres!"

Sursautant en faisant volte-face, faisant glisser sa capuche vers l'arrière, elle la remis maladroitement en place en balbutiant des excuses crispées. Elle rougit de honte de s'être faite rappeler à l'ordre comme ça, et baissa légèrement les yeux. Ce fut peut-être à cause de sa réaction que celui qui s'avérait être un vigile de sécurité s'adressa plutôt Jean-Baptiste dans la suite de son discours:

"Ça fait un moment que je vous vois rôder entre les salles à importuner les visiteurs vous deux. Si vous êtes pas ici pour l'exposition, merci de pas gêner ceux qui sont venus pour ça, sinon je vais devoir vous demander de sortir!"

"Ne vous inquiétez pas!" lança l'autre Voyageur d'un air plutôt enjoué qui s'avançait en saisissant l'épaule du barbu. "Leurs intentions sont louables, ils on remarqués que les tableaux étaient bafoués par un inconnu visiblement en manque de reconnaissance. D'ailleurs, vous n'avez rien remarqué?"

"Êtes-vous en train de m'accuser de mal surveiller les environs?" il semblait particulièrement acide, fusillant l'inconnu du regard.

"Absolument pas!" se défendit son interlocuteur, n'affichant plus de sourire mais davantage une certaine forme de mépris. "Je constate simplement que depuis le temps que vous êtes ici, vous n'avez pas remarqué un instant que certaines œuvres étaient ostensiblement endommagées. Je ne fais que relever la légèreté de l'importance que vous accordez à ce que vous devez protéger."

"Je ne vais pas tolérer ces impertinences indéfiniment, Voyageur... Je suis ici pour assurer la quiétude des lieux, je n'ai pas de temps à perdre à regarder les toiles." Il s'avança légèrement, menaçant.

"Perte de temps, hein..." siffla l'autre en croisant les bras. "Ainsi, il existe des Créatures à la Tour des Arts qui dénigrent cette dernière, bon à savoir. Où va Dreamland, si même les gens comme vous ne sont pas fidèles à leur Royaume d'origine..."

"Ma patience a des limites, c'est mon dernier avertissement avant que je n'appelle la sécurité qui sera parfaitement capable de vous repousser, quelle que soit votre p-"

Il n'acheva pas sa phrase, car un violent brouhaha retentit d'un coup, avec un mémorable bruit de fracas, provenant d'une autre salle. La jeune fille n'avait pas vraiment su comment réagir pendant la conversation, tenant toujours sa capuche, n'osant pas s'éloigner de peur d'être réprimandée. Mais là ils tenaient l'occasion en or, même si le vigile fut plus prompt qu'eux. En effet, il partit en lançant un "Restez ici!" sans doute adressé au peintre, qui se détourna vers le tableau sans répondre, mains dans les poches. Car si ça s'adressait aussi à eux, ils snobèrent complètement l'ordre puisqu'il le suivirent après avoir échangé un regard.

Se dépêchant de rejoindre l'origine du son, qui trouvait d'autres échos tout aussi brutaux, il arrivèrent finalement dans une salle en triste état. En effet, c'était le musclor avec son sac Dora qui était en train d'éclater avec violence tout ce qui passait à sa portée, poussant des rugissement de rage presque bestiaux. Enfonçant un poing à travers une toile, brisant une sculpture d'un coup de coude, il semblait totalement déchaîné, dos à eux. La fillette était immobile, bouche bée, ne sachant pas quoi faire. Elle savait que ce type était plus fort qu'elle, et qu'il n'était clairement pas en état d'être raisonné. Elle jeta un regard inquiet à Jean-Baptiste, espérant qu'il ne se jette pas au suicide, et vit dans la foulée que le vigile parlait nerveusement dans son talky-walky. Appelant sans doute les renforts qu'il avait promis à l'autre Voyageur...

Elle reporta son attention sur le berserk, se demandant combien de temps elle-même tiendrait contre lui, pour l'empêcher de poursuivre plus longtemps son oeuvre de destruction. Mais soudain, alors qu'il se retournait pour donner un violent coup de poing dans un mur en rugissant, elle remarqua quelque chose. Ses yeux étaient fermés, couverts de noir. Qu'est-ce que...?

Elle n'eut pas le temps d'observer plus longtemps, puisqu'une demi-douzaine de vigiles eux aussi assez musclés débarquèrent en courant et se lancèrent dans un pogo de catcheurs sur le berserk, le plaquant au sol. Au point de faire très légèrement trembler le-dit sol. Mais la petite ne s'y intéressait presque pas. Ce noir sur ces yeux, c'était le même que celui des tableaux? Ça voulait dire que c'était la même personne qui l'avait mis? Mais pourquoi, pour l'aveugler? Car il avait faillit le voir? Car il l'avait vu? Jetant un coup d’œil à l'amas de gardes au dessus de la masse de muscle assommée, elle comprit que cette question n'aurait pas de réponse rapide. Par contre... Elle lança un regard silencieux à son camarade, pour ne pas attirer l'attention des autres. Celui qui avait fait ça n'était sans doute pas très loin.
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MessageSujet: Re: Retour au pays [Mara et JB] Mar 30 Aoû 2016 - 19:38
Après un regard entendu, les deux Voyageurs contournèrent le violent pogo et les éclats de dommages collatéraux, rejoignant rapidement la seconde porte de la salle. Sauf que voila, en arrivant dans la pièce suivante, plusieurs accès s'offrirent à eux. La fillette songeait déjà à proposer de se séparer, craignant cependant qu'ils ne se retrouvent ensuite de nouveau seuls face à plusieurs accès, mais son acolyte l'empêcha de prendre la parole en attirant son attention au sol, au pied d'une cloison portant un tableau taggé. Mara mit quelques instants à voir les quelques points noirs qui s'éparpillaient dans une petite zone. Et alors même qu'elle cherchait le lien entre ceux-ci et ce qu'ils cherchaient, Jean-Baptiste dit, même s'il semblait plus réfléchir à voix haute que lui expliquer quelque chose:

"Si notre cher vandale s'est enfui dans l'urgence, je doute qu'il n'ait eu tout le temps de ranger ses affaires... À n'en point douter, l'encre sur le sol et celle qui aveugle l'autre phénomène ont la même origine, tu ne penses pas?"

Ah, finalement, il lui parlait bien à elle. Elle acquiesça donc, cherchant nerveusement d'autres potentielles traces de passage en marchant vers les entrées. Croyant en voir une, elle se précipita vivement dans une salle mais fit finalement demi-tour, ayant été trompée par une ombre. La deuxième fut cependant la bonne et elle poussa un petit "yes" de joie en voyant une trace noire sur une latte du parquet. Le temps que l'adulte arrive, elle put même constater du bout du doigt que cette dernière n'était pas sèche! Faisant part de sa découverte à l'autre Voyageur, ce dernier lui répondit qu'il n'y avait donc pas de temps à perdre, et les deux se dépêchèrent de poursuivre tout droit jusqu'à l'unique autre porte de cette pièce-ci.

Ils firent de nouveau face à l'Habitante des Rêves muette, la première personne que Mara avait tenté d'interroger, et la petite ne perdit pas de temps pour lui demander:

"Dites, vous avez vu quelqu'un courir ou fuir en passant par cette porte? Il devrait tenir un feutre noir, ou un pinceau, ou je sais pas..." puis se sentant peut-être un peu obligée de se justifier, elle ajouta: "Il dessinait sur les œuvres et il a attaqué quelqu'un!"

Visiblement nerveuse face à ces révélations, la dame pointa une sortie du doigt et sembla commencer à faire des gestes, mais s'arrêta en voyant les Voyageurs se ruer dans la direction indiquée. Mara ne fit pas vraiment attention au regard peut-être un peu suspicieux que Jean-Baptiste lança à l'attention de la femme, et elle poursuivit sa course, cherchant des indices lorsque plusieurs chemins s'offraient à eux, allant tout droit autrement... Il n'y avait pas d'autres témoins pour leur assurer qu'ils prenaient le bon chemin, mais ils avaient une bonne raison d'être rassurés: en effet, il entendaient de plus en plus souvent des bruits de chocs un peu plus loin, et ils voyaient souvent des œuvres renversées ou décalées, signe que le fuyard devait vraiment paniquer en les entendant le rattraper.

Et finalement, ça ne manqua pas: ils entendirent un incroyable fracas digne d'un carambolage et le barbu aida la fillette à accélérer, cette dernière commençant à s'épuiser sensiblement. Il débarquèrent quelques minutes plus tard dans l'une de ces salles fourbes où un mur portant un tableau barrait le passage vers la porte suivante. Sauf que là, le mur était à deux mètres de l'entrée et quand on arrivait en courant et qu'on entrait juste après un tournant, c'était difficile de ne pas se jeter dedans. L'homme parvint donc à freiner la petite juste à temps pour lui éviter le sort du vandale et les deux s'arrêtèrent, à l'affût. Le choc avait été si fort que plusieurs petites statues ou poteries ou autres étaient tombées devant le mur, où une légère fissure laissait deviner le lieu de l'impact. Un trace d'encre noire permettait d'assurer l'identité de l'accidenté, si l'on pouvait dire, mais voila. L'accidenté n'était plus là.

Reprenant sa respiration, Mara remarqua que son compagnon n'avait pas l'air sur le point de retaper un sprint, à son grand soulagement. Au contraire, il fronçait les sourcils en regardant autour de lui. Finalement, attirant son attention d'un geste et mimant de rester silencieuse d'un doigt sur ses lèvres, il prit délicatement son envol et commença à progresser entre les allées. Sur la pointe des pieds, la petite entreprit de le suivre le plus silencieusement possible, faisant taire ses poumons pas encore totalement remis car elle ne voulait pas rater ce qui allait se passer. Finalement, elle le vit poser très lentement une main contre une cloison, attendre un petit peu, prendre doucement de l'altitude et passer au dessus de celle-ci pour retomber brusquement derrière, provoquant un couinement de surprise.

Entendant que ça commençait à se battre, Mara cessa d'essayer d'être discrète et se précipita à son secours, juste à temps pour voir Jean-Baptiste faire un bon en arrière, une main protégeant son œil et d'où dépassait un trait noir et une grimace sur le visage. Vivement, la fillette tourna la tête vers le coupable et vit... L'une des personnes qu'ils avaient déjà croisé. Le petit excité qui lui avait brisé les tympans, vantant tous les mérites des sois-disant œuvres. Wow, ceci expliquait cela. En tous cas, il devait avoir un sacré ego pour parler de ses gribouillages comme ça. Mais dans le cas présent, l'heure n'était plus aux discussions. Acculé, le soi-disant artiste brandissait son feutre comme une arme, dos à la cloison et cernée par un Voyageur dont l'un des yeux était à présent couvert de noir et par une Voyageuse qui faisait très mal semblant d'être belliqueuse.

"Yé souis Pavlo... Sfumatu! L'oune des plous grandes artistés qué Dreamland n'ai yamais porté!" s'exclama d'un coup le fuyard. "Yé n'ai pas peur dé vous! Pou m'importé qué yé trépasse sous les coups des troupés conformistés, carrrr moune message séra passé! Ouprès dé tous les peuplés dé cé monde! Oune message d'Arrrt et de passssssioune! Yé mourreré en martyr!"

C'était joli comme phrase, "l'heure n'était plus aux discussions", ça mettait de la tension et tout... Mais comme leur adversaire semblait avoir craché dessus, la petite autophobe tenta sa chance:

"Nan mais en fait, ce que vous faites, c'est m-"

"Silence incoulte!" la coupa-t-il brusquement. "Qué pensez vous youger face à l'explousanté graudour de mon Ouvre!"

Il les fusilla du regard, stylo brandit vers le ciel, comme s'il était en pleine illumination. Et tandis que son compagnon perdait peu à peu patience, la petite articulait silencieusement ce que Pavlo Sfumato avait dit, dans une tentative de comprendre ce qu'il disait.

"... Youger...?"

"Oui! Youger, pourter un yougement sour mon ouvre et sour mes actés! Vous n'en étes pas capablé!"

"Oooh, "juger", ok... Mais je-"

Tout alla très vite. Mara allait dire quelque chose, son interlocuteur allait l'interrompre, et Jean-Baptiste s’abattit comme une masse sur ce dernier, balayant l'arrière de sa tête avec sa jambe. Enfin, son énorme chapeau surtout, qui vola pour révéler un crâne étrangement petit, même compte tenu de sa taille global. La victime partit alors dans un déballage bruyant de plaintes et d'accusations, le tout agrémenté d'un accent à couper à la tronçonneuse, tout en évitant avec une certaine agilité les attaques du barbu. La fillette resta d'abord globalement en arrière, mais finalement à son tour un peu agacée par les jérémiades du type, elle décida d'intervenir aussi, même si elle souhaitait plutôt l'immobiliser. Cependant, en la voyant approcher, "l'artiste" décida de passer aux choses sérieuses. Brandissant son stylo, il hurla:

"Céci est oune pouissant Artéfact! Le Feutré Oundélibile! Ilé peut recouvrir de nouar toutés les sourfaces et cé nouar n'en partira pas!"

Ce qui semblait relativement pourrave comme pouvoir, mais pourquoi pas. Pourtant, le sourire qu'il fit avait de quoi mettre ses adversaires sur leurs gardes, et à raison, puisqu'il ajouta fièrement malgré un air sadique:

"Absouliment. Toutés. Les. Sourfaces."

Et alors que Jean-Baptiste allait profiter de son posing pour abattre un énième coup sur lui, il dégaina le feutre et commença à... colorier l'air. Purement et simplement, un gribouillis noir se mit à flotter dans l'espace entre lui et son agresseur, et l'attaque de ce dernier fut arrêté par le gribouillage qui resta là, sans bouger. D'accord, là ça devenait un peu spécial. Par contre, du coup, au lieu d'être acculé à un mur, l'idiot était acculé dans un coin, et lui même se rendit compte que c'était pas une bonne idée. Ainsi, il commença à courir pour sortir de cette mauvaise situation, bousculant Mara qui parvint à lui attraper le poignet dans la foulée.

Alors qu'il se retournait vers elle pour se débarrasser de sa prise, brandissant son feutre vers elle, une lueur d'espoir brilla dans le regard de la petite en voyant Jean-Baptiste arriver au dessus du vandale, prêt à administrer un coup dévastateur. Face à son expression, son prisonnier tourna aussi la tête avec inquiétude mais avant même d'avoir le temps d'utiliser son Artefact... la menace s'était transformé en nuage de fumée, avec un petit "pouf" plein de sens. Face à quoi la fillette lâcha par réflexe:

"Mais nan!"

Avant d'être vivement rappelée à l'ordre par la caricature de peintre qui repassait à l'attaque. Paniquant un peu, la petite fit la première chose qui lui vint à l'esprit: resserrant sa prise sur le poignet de l'autre, elle lui fit une belle balayette et le tira vers le sol, qu'il percuta avec son menton au son d'un "bonk" sonore et plutôt violent. Profitant de la situation, la Voyageuse se jeta sur le dos de la Créature à terre et s'assit dessus en attrapant ses poignets et les plaquant contre son dos. Elle resta ainsi quelques instants, maintenant cette clef de bras plutôt hasardeuse sans comprendre pourquoi l'autre de se débattait pas. Pris d'un doute, elle s'arrangea pour tenir les deux poignets de l'autre d'une seule main et entreprit de pincer méchamment le bras de sa victime. Aucune réaction. Pourtant, elle sentait bien qu'il respirait encore... Quoi, elle l'avait assommé? Aussi bêtement que ça?

"Mince, il était trop faible..." laissa-t-elle échapper en chuchotant.

"N'est-ce pas?"

Elle sursauta brusquement et tourna la tête, voyant le mystérieux Voyageur de la dernière fois, mains dans les poches et adossé à une cloison, la regardant avec un air amusé. À cette vue, la fillette sentit le coup fourré et commença à paniquer, craignant avoir attrapé la prochaine personne, détestant Jean-Baptiste de s'être réveillé avant l'arrivée du vrai danger. Mais en la voyant jeter des coups d’œils inquiets autour d'elle, l'inconnu éclata de rire et s'approcha en disant:

"Ne t'inquiète pas, je suis juste un arpenteur de la LGO!"

"Un quoi?" fit la petite en peinant à ne pas balbutier, sans comprendre.

"Arpenteur étant un terme plutôt simple à prononcer, je suppose que tu t'interroges sur le sens. Tu sais ce qu'est la LGO?" demanda-t-il avec un amusement certain. Mara secoua la tête et il expliqua alors, s'accroupissant à côté d'elle: "La Ligue des Gentlemen Oniriques, ou LGO, est la plus puissante organisation à se battre pour le maintien de la paix dans Dreamland, servant d'arbitre pour résoudre les conflits par exemple. Elle s'occupe aussi de la gestion des avis de recherche et des récompenses, elle est un peu comme la police de Dreamland. Tu me suis jusque là?"

La petite acquiesça lentement, sa méfiance remplacée par la curiosité et par un poil d'inquiétude, et demanda:

"Mais du coup, vous allez nous punir car on s'est battu...?"

"Non non," fit-il en riant. "Si on punissait ceux qui capturaient les criminels, on perdrait tout notre fond de commerce! Et même si ce type n'a même pas d'avis de recherche à son nom, il a commis des crimes contre la Tour des Arts, tu as donc bien fait de l'arrêter. D'ailleurs, à propos d'arrêter, tu peux me donner ça?"

Il tendit la main et elle y déposa le feutre. Lui demandant de se décaler, il saisit lui-même les mains du vandale et dessina d'épais traits noirs autour. Après avoir vérifié que ces menottes improvisées marchaient, il se rendit compte que l'arrière du feutre permettait d'effacer les marques noirs et entreprit donc de commencer à réparer les dégât, le criminel sur l'épaule. Le regardant faire puis le suivant, la petite demanda:

"Mais du coup, vous faites quoi, vous?"

"Je suis un arpenteur," répéta-t-il. "C'est en gros quelqu'un qui a le droit d'agir au nom de la LGO, sans avoir besoin de son approbation directe ou de recevoir d'ordre. Un peu comme un corsaire, sauf que je suis quand même plutôt sensé me battre pour la justice et les valeurs de l'organisation que juste attaquer tout le monde."

"Mais..." hésita l'enfant. "Y a pas des risques que... que des gens abusent?"

"Oui," sourit-il en finissant d'effacer le gribouillage qui avait protégé Pavlo Sfumato d'une attaque de Jean-Baptiste. "C'est pour ça que nous sommes très peu, et triés sur le volet. Il faut un moment avant que la LGO ne décide de proposer ce rôle à quelqu'un. Et même avec ça, ça implique des responsabilités: il faut répondre aux demandes de la LGO quand elle a besoin de troupes pour une mission délicate, par exemple... Enfin, ça reste confortable quand on partage les convictions du groupe."

"Oké," fit la petite.

Les deux poursuivirent en silence, l'adulte effaçant des traces noires ici et là, ramenant sa capture aux autorités locales. Finalement, au bout de quelques minutes, la petite lâcha d'un air un peu outré, sourcils froncés:

"Nan mais en fait, pourquoi vous nous avez pas aidé à l'affronter?"

"Oh, comme tu l'as dit, il était très faible, vous n'aviez pas besoin de mon intervention. Et tu peux ajouter à ça que je suis un invocateur pyrophobe assez expérimenté, ça aurait un peu été comme..." il réfléchit quelques secondes "Comme chasser un pigeon de ton jardin avec un lance-roquette. Et je n'ai pas envie de faire des dommages collatéraux ici, si tu vois ce que je veux dire."

Il lui sourit et elle s'apprêta à rétorquer quelques chose, mais elle fut brusquement ramenée à la réalité par la sonnerie de son réveil avant d'avoir pu dire un mot.
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