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De mal en pis [Quête-solo]

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Arpenteur des rêves
Corey Cole
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MessageSujet: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 10:19


Première partie : Un cobaye brillant
Deuxième partie : Un danger en liberté


Depuis deux semaines, Corey repensait régulièrement à ce qu’il s’était passé à Mirage Space, même si ce n’était pas vraiment le cas, il avait à nouveau l’impression d’avoir fait plus de mal que de bien. En s’occupant d’un danger qu’il pensait primordial, la menace du Doc et de son sérum, il avait aidé un être détestable, Xantrax, à se débarrasser d’un ennemi plutôt coriace. Si tout ce que le scientifique avait dit était vrai, cet homme, enfin cette créature des rêves, était une engeance encore pire que la menace d’une drogue capable de contrôler un voyageur. Il avait un peu l’impression d’être condamné à répéter les mêmes erreurs, depuis qu’il était voyageur, c’était un peu sa malédiction. Au moins à deux reprises déjà, ses actions avaient eu des conséquences inattendues et presque plus néfastes que les bonnes choses qu’elles avaient apportées. D’abord au royaume de la paresse, où, en pensant sauver des dizaines d’esclaves d’un asservissement ignoble, il les avait probablement projetés dans une situation pire encore. Puis à nouveau cette fois en permettant à un probable trafiquant d’êtres humains de s’en sortir sans être inquiété. Il se frappa le front en se souvenant soudainement que la date qu’un mystérieux voyageur aux yeux bleu leur avait fixé, à lui et Dan, était dépassée. Il les avait plus ou moins menacés de représailles s’ils ne venaient pas et ça lui était complètement sorti de la tête avec toute cette histoire à Mirage Space. Il n’avait pas eu de nouvelles de Dan mais il supposa que lui non plus ne s’était pas rendu au rendez-vous, quelque part il l’espérait. Il se promit de lui envoyer un message pour savoir ce qu’il en était mais il fût ramené à son activité présente par le bruit des applaudissements du public.

Sur l’un de ses écrans il était en effet en train de suivre, plus ou moins distraitement, la retransmission en direct d’une conférence d’un des leaders européens des équipements de sécurité informatique. L’entreprise avait une bonne réputation mais personnellement il commençait à trouver qu’ils prenaient la grosse tête. Au lieu de se concentrer sur la qualité et l’innovation, ils étaient de plus en plus tournés vers des options absolument inutiles aux yeux de Corey mais qui en jetaient, comme on dit.

** Bientôt il va commencer ses speechs par « ceci est une révolution » ce con. Oh, ça ferait une méchante phrase de conclusion d’article ça ! **

Sa propre référence mentale à la marque à la pomme le fit sourire,  il stoppa la vidéo en constatant que les questions posées par le public concernaient surtout les gadgets inutiles aux yeux de Corey. Il fit craquer ses phalanges et se lança dans la rédaction d’un article assez acide sur cette conférence qui se terminait par « A quand « Ceci est une révolution » pour débuter leurs conférences ? ». Moins d’une heure et demie plus tard le texte était déjà en ligne et commençait à être rediffusé par ses followers. Grâce à ses points de vue assez tranchés et sa façon de communiquer sans détour, le jeune homme avait intégré une communauté assez fermée d’experts dans ce domaine. Il n’était pas encore au niveau des grands noms du genre, mais son avis commençait à être écouté et attendu. Il ne cachait pas la satisfaction que ça lui apportait mais il prenait garde à ne pas se laisser aveugler par un orgueil mal placé. Il faisait attention à ne pas tomber dans la critique constante, il essayait de toujours chercher le positif. Par exemple, même si il venait de critiquer le côté tape à l’œil et gadget de la présentation, il avait tout de même reconnu que les produits étaient toujours aussi bien fini et que leur volonté de respecter tous les standards du milieu était agréable.

Après avoir vérifié qu’il n’avait aucun mail qui nécessitait une réponse urgente il sortit de son bureau pour aller satisfaire un besoin naturel et boire un verre d’eau. Il n’avait aucune envie de retourner s’enfermer dans le bureau et se laissa tomber sur le canapé du salon plongé dans la pénombre. Il n’avait pas envie de s’abrutir devant une série ou un film et n’avait pas non plus envie de se lancer dans une partie solo de jeu vidéo. Il envoya donc un message à sa sœur lui proposant de lui botter les fesses sur un jeu de combat, il entendit la musique s’arrêter et peu après elle descendit le rejoindre bien décidée à vendre chèrement sa peau. Il savait qu’elle avait besoin de ce genre de moment pour se changer un peu les idées. Pour l’avoir vécu il connaissait l’effet déprimant que pouvait avoir une période de recherche d’emploi infructueuse. Une bonne partie de baston virtuelle en attendant d’aller se défouler dans le monde onirique serait un bon palliatif à cette grise mine. Ils jouèrent un moment, redoublant de provocation et de chamaillerie ils enchainèrent quelques parties de Smash Bros avant de changer sur un bon vieux Tekken. Même si sur le premier ils étaient plus ou moins au même niveau, sur le second le cadet avait clairement l’avantage sur son ainée même si il prenait soin de parfois la laisser gagner discrètement. Comme à leur habitude après ce genre de session de jeu vidéo, n’étant ni l’un, ni l’autre n’étant motivé pour passer derrière les fourneaux, ils se firent livrer une pizza qu’ils mangèrent devant un bon gros navet hollywoodien à gros budget.

Corey ne l’avait pas encore annoncé à sa sœur mais il allait prochainement commander un rétro projecteur de bonne qualité pour transformer leur salon en mini-salle de cinéma. Avec l’obligation de ne pas ouvrir les volets, imposée par la maladie du jeune, la luminosité ne serait pas un problème du tout. Elle lui avait déjà reproché de dépenser trop facilement son salaire, mais il arrivait toujours à se justifier en disant que quand, comme lui, on était cloitré dans un endroit, c’était normal de tout faire pour le rendre plus confortable. Outre la climatisation et les volets roulants, il avait aussi acheté un immense frigo américain, pratiquement vide à cet instant mais qui avait le mérite de leur éviter de réfléchir à un éventuel manque de place lorsqu’ils faisaient les courses. Enfin, lorsque Megan faisait les courses pour être plus précis, même s’il était arrivé à Corey de les faire livrer pour soulager un peu l’emploi du temps et le moral de sa sœur. Il évitait de trop étaler sa richesse mais il avait encore plus de mal à résister depuis qu’ils avaient emménagé ici. Il s’était retenu de justesse de remplacer le canapé défoncé de sa sœur par un beau canapé d’angle en cuir, sachant qu’elle serait mal à l’aise de ne pas en payer la moitié. Comme la nuit était entièrement tombée ils purent ouvrir les volets et se mettre sur le balcon pour que sa sœur fume sa sucette à cancer tranquillement. Depuis qu’il vivait avec elle il avait de plus en plus envie d’essayer, mais il avait peur de la réaction de sa sœur s’il lui en demandait une ou si elle se rendait compte qu’il lui en avait piqué une. Il savait que c’était mauvais pour la santé, il comprenait le principe d’addiction, mais malgré tout il voulait voir ce que ça donnait par rapport aux pétards qu’il avait fumé à Dreamland.

Ils rentrèrent finir la deuxième partie du film et il décida d’aller se coucher tôt, prétextant une conférence téléphonique tôt dans la matinée. En fait c’était le soir où il devait retrouver Jovey à Mirage Space. Il avait hâte de savoir ce qu’il avait découvert, après tout, peut être que le doc leur avait dit n’importe quoi pour tenter de les monter contre Xantrax. Il se mit donc au lit de bonne heure mais ne parvint pas pour autant à s’endormir rapidement, à chaque fois qu’il pensait au lieu de rendez-vous des dizaines de questions l’assaillaient. Après s’être retourné au moins dix fois et avoir soupiré autant de fois, il finit par s’endormir en pensant à Mirage Space.

---Dreamland---

Il ouvrit les yeux sur un couloir qui ressemblait fort à celui auquel il s’attendait, mais quelque chose clochait, une porte aurait dû se trouver à quelques mètres devant lui, sur la gauche. Il commença à paniquer, se disant qu’il allait louper le rendez-vous s’il devait déambuler pendant des heures dans cette station spatiale ou presque tous les endroits se ressemblaient à ses yeux. A part le quartier contrôlé par Xantrax où les murs étaient tagués, les portes défoncées et les détritus bien plus nombreux, le reste de la station, en dehors des endroits avec des microclimats ou des grands labos, se ressemblaient beaucoup. Il allait commencer à courir pour essayer de retrouver l’endroit où il devait se rendre mais, mais, ne sachant même par où aller, il fit un tour sur lui-même. Il put alors constater en faisant demi-tour, que la porte qu’il cherchait était effectivement à une dizaine de mètres devant lui à gauche.

Il secoua la tête, agacé par sa propre bêtise, s’il continuait d’être ainsi sur les nerfs  le reste de la nuit risquait d’être fort compliqué. Maintenant rassuré quant à l’endroit où il se trouvait, il prêta un peu plus attention à sa tenue, s’attendant à voir la combinaison noire et grise qu’il avait eu la dernière fois. Mais il n’en n’était rien, probablement inspiré par le look de Xantrax et ses hommes, il était vêtu d’un jean noir, d’un t-shirt blanc assez près du corps, d’un perfecto noir en cuir et de grosses chaussures proche de rangers. Il trouva que ce look lui allait beaucoup mieux que la combinaison de cosmonaute étrange et c’est assez confiant qu’il avança jusqu’à la porte. Il s’arrêta devant et prêta l’oreille, il préférait rester prudent, il prenait des risques en venant ici ce soir, Xantrax pourrait être tenté de se débarrasser de lui. Peut-être même que le doc avait d’autres complices en liberté et qu’ils étaient au courant que le voyageur avait joué un rôle important dans l’arrestation de leur ami. Mais il n’avait pas le choix, il avait promis à Jovey qu’il reviendrait l’aider à se battre contre son employeur si il était convaincu de sa culpabilité dans la disparition de sa petite sœur.

N’entendant aucun son, il poussa la porte métallique pour retrouver l’endroit dans l’état où ils l’avaient laissé lors de leur capture du doc. Les fioles de sérum détruites par le voyageur étaient encore dans un coin de la première pièce, la table renversée durant la lutte n’avait pas été redressée et on pouvait même encore apercevoir la dent crachée par le doc sous les coups de Jovey. Il lui devint vite évident qu’il était seul, mais par acquis de conscience il le vérifia en détail et finit par s’assoir sur la chaise probablement prévue pour attacher les cobayes. Au bout d’à peine dix minutes d’attente, pendant lesquelles il s’était levé deux fois pour faire le tour de la pièce, il en avait déjà sacrément marre. Il meubla encore une dizaine de minutes en fouillant les lieux de fond en comble, à la recherche d’une éventuelle fiole oubliée mais ne trouva rien de plus. Il se força à patienter quelques minutes supplémentaires en relativisant sur le temps réellement passé à attendre. Puis, n’y tenant plus, il décida d’aller faire un tour en se disant qu’il repasserait ici un peu plus tard pour voir si Jovey était arrivé entre temps.

Sur le seuil de la porte, il hésita à nouveau, se disant que ce serait stupide de se croiser, peut-être de quelques minutes seulement. Mais voyant qu’il n’y avait personne dans le couloir il haussa les épaules et se mit à marcher. Il ne savait pas vraiment où aller, si Jovey était resté dans le camp de Xantrax, il ne pouvait pas s’approcher de la partie de la station contrôlée par le mafieux. Presque tous les hommes de main connaissaient son visage et dieu seul savait les consignes qu’ils avaient eu le concernant, rien de bien réjouissant probablement. Il traina sa carcasse dans la partie un peu marchande de la station, où des pseudo-scientifiques tentaient d’embaucher des cobayes et où leurs collègues vendaient leurs soi-disant inventions miracles.

« Non merci, non mais c’est bon je suis pas intéressé. » Répondit-il à une jolie assistante qui tentait de le convaincre de les aider dans leurs recherches sur les voyageurs en participant à leur essai. « Je ne suis pas intéressé je vous dis. » Il dû faire un mouvement brusque pour se dégager de l’étreinte de la blondinette qui avait probablement été choisie pour ses qualités pectorales plus que pour son éloquence.

Il n’avait pas du tout la tête à ce genre de bêtises, il fût tenté de retourner de là où il venait mais ça faisait seulement quelques minutes qu’il en était partit et les chances que son ami soit arrivé entre temps étaient maigres. Il commença sérieusement à se demander ce qu’il ferait si jamais Jovey ne se montrait pas, ça pourrait signifier que Xantrax avait réussi à le convaincre de son innocence. Au fond de lui Corey n’y croyait pas une seconde, lorsque le doc leur avait parlé de ça, il n’avait plus aucune raison de mentir. Déjà vaincu et avec la certitude d’être livré à la justice, les baratiner ne lui aurait apporté aucun avantage. Le voyageur en était persuadé, cette enflure s’amusait à enlever des innocents pour les revendre en tant qu’esclaves à des seigneurs cauchemar. Il ne pouvait pas le laisser continuer, il fallait qu’il l’empêche de briser d’autres familles, de détruire plus d’existences.

Il meubla encore quelques minutes d’attente en déambulant au hasard des pièces plus loufoque les unes que les autres. Décidément cet endroit ne cesserait jamais de le surprendre, mais cette fois il était trop perdu dans ses pensées pour en apprécier les merveilles. Il retourna ensuite constater qu’il n’y avait personne au lieu de rendez-vous, un peu comme il le craignait. Ne voyant pas quoi faire d’autre, il décida de se rapprocher discrètement de la sorte de bar de l’espace qui tenait lieu de QG à Xantrax. Même si ça ne l’avancerait pas forcément dans le fait de ne pas avoir de nouvelles de son ami, ça lui permettrait se familiariser encore plus avec les lieux dans l’éventualité où, un jour, il passerait à l’assaut. Même si il commençait à connaître le trajet pour aller de sa position actuelle jusqu’au club, il savait qu’il y avait probablement des raccourcis ou des endroits à éviter. Il évita néanmoins de trop approcher de l’entrée du bar, décidant que rechercher une issue de secours n’était pas une mauvaise chose. Si jamais il se retrouvait à devoir attaquer Xantrax dans son QG, entrer par une porte dérobée serait peut-être plus malin que de se présenter à l’entrée principale les mains dans les poches. Il se trompa plusieurs fois de chemin, renonça une fois car il avait l’impression que le couloir qu’il empruntait se dirigeait vers l’endroit qu’il voulait éviter, mais il finit par trouver un couloir sombre, encombré d’ordures et dont le néon avait rendu l’âme il y a bien longtemps. Mais au milieu de ce couloir il y avait une double porte à ouverture manuelle qui devait donner dans la réserve du mafieux. Il s’approcha, prêta l’oreille, n’entendant rien, il se décida à la pousser doucement, elle était fermée et ne broncha pas sous la pression qu’il exerçait.

Il leva le regard, à la recherche d’une faiblesse éventuellement exploitable, puis, ne trouvant rien, il baissa les yeux pour voir s’il n’y en avait pas une en bas. Là encore il n’y avait rien d’apparent, la structure était solide, mais son regard fût attiré par une petite tache rouge grenat qui semblait plus récente que le reste des traces difficilement identifiables. Intrigué, il s’accroupit et la toucha du bout du doigt pour voir que même si l’extérieur avait séché le centre était encore liquide. Il n’était pas spécialiste médico-légal mais ça ressemblait énormément à du sang qui devait se trouvait là depuis une heure tout au plus. Il ne mit pas longtemps à trouver une autre goute à une trentaine de centimètres de la première, puis une suivante qui semblait disparaitre dans un tas de sacs poubelle. Craignant un peu ce qu’il allait découvrir il enleva les trois sacs au-dessus de la pile pour découvrir le visage tuméfié de Jovey. Le malheureux était méconnaissable, sa lèvre inférieure était éclatée, son arcade avait explosé, son œil était tellement enflé qu’il lui aurait été impossible de l’ouvrir même s’il l’avait voulu et son nez était écrasé, brisé lui aussi probablement. Corey du lutter contre la colère qui monta en lui, il n’avait plus qu’une envie, défoncer cette porte et tuer tous ceux qu’il rencontrerait. Il se força au calme et posa ses deux doigts sous la gorge de la créature des rêves, à la recherche d’un éventuel pouls. Il ne sentit rien, mais il se rendit compte qu’il n’était même pas sûr d’avoir cherché au bon endroit, sur lui-même il chercha la zone où il sentait la veine battre sous ses doigts. Il retenta sur le pauvre homme inconscient et cette fois non plus il ne sentit rien, le désespoir et la tristesse s’abattirent sur lui mais il ne put se résoudre à retirer ses doigts et, très faible, il sentit une palpitation. Il crut d’abord que son subconscient lui jouait des tours et se concentra, non il ne rêvait, il y avait bien un pouls, très faible et irrégulier mais il y en avait bien un. Il comprenait parfaitement pourquoi Xantrax et ses hommes l’avaient cru mort et l’avaient laissé là avec probablement l’intention de vendre son corps à un des savants fou.

Corey savait qu’il lui restait une chance infime de sauver son ami, il ne fallait pas qu’il loupe sa chance, il n’en n’aurait peut-être pas deux. Mais il était désemparé, il n’était pas médecin et de toute façon les blessures les plus graves étaient probablement internes. Le malheureux avait été roué de coup et il devait avoir les organes en compote et peut être même une hémorragie. Tout ce que l’héliophobe savait, c’était que le temps était compté et qu’il ne pourrait rien faire seul. Heureusement, avec sa force de voyageur il put le soulever délicatement et le porter, vers la partie scientifique de la station. Il fût un peu long à y aller, ne voulant pas soumettre son corps meurtri aux soubresauts d’une course. Il arriva enfin sur la place principale, là où on avait essayé de le convaincre de devenir un cobaye quelques minutes plus tôt. Cet endroit, qui ne devait jamais dormir était empli de monde, il y aurait bien quelqu’un capable de le soigner.  Ignorant les regards étonnés qui se posèrent sur lui, il surmonta sa timidité, galvanisé par la peur que Jovey meure dans ses bras, en partie à cause de lui.

« Est-ce qu’il y a un médecin ici ?  » cria-t-il, devenant le centre de l’attention. « Mon ami a besoin de soins et je peux payer. »

Il avait dit ce qu’il avait à dire et ceux qui ne pouvaient rien pour lui détournèrent le regard, sans même avoir l’air vraiment ennuyé. Même si l’espèce de racisme anti-voyageur qu’il avait rencontré ailleurs n’était pas aussi prononcée ici, les habitants de la station étaient plutôt du genre égoïstes. Aider quelqu’un dans le besoin sans rien en retour ne semblait pas faire partie de leurs priorités, loin de là. Malgré l’immense majorité d’individualistes, quelques personnes s’approchèrent tout de même, comme pour aider, mais malheureusement pour le voyageur, ils ne pensaient qu’à eux, comme les autres.

« Je veux bien récupérer son corps, du moins des morceaux ! » Commença un petit humanoïde chauve aux oreilles très pointues.

Une grande blonde prit la suite. « Je peux essayer de lui greffer un bras cybernétique ? Ca ne le sauvera pas mais ça ferait grandement avancer mes recherches. Je peux même vous rémunérer. »

Un autre moustachu jeta un regard noir au chauve et haussa la voix. « Donnez-moi plutôt le corps, lui c’est un bon a rien il ne fera que le gâcher. »

Ils semblaient à deux doigts de s’entretuer pour avoir la primeur de disposer du cadavre de Jovey qui n’avait même pas encore rendu son dernier souffle. Devant tant de froideur et d’égoïsme, l’héliophobe eut du mal à y croire, il lui fallut plusieurs instants de bredouillement et d’hésitation pour reprendre le dessus. Il essaya de les renvoyer mais trop absorbés par leur querelle ils ne l’écoutèrent pas.

« Allez-vous en si vous ne pouvez pas le sauver.  »

« C’est toi l’incapable Jurgnaut ! J’ai lu ton dernier rapport d’expérience, il était bourré d’incohérence, t’es même pas foutu de garder un échantillon témoin intact! Même un débutant sait que c’est une prio... »

« DEGAGEZ !!  » Hurla-t-il, les faisant sursauter. Ceux qui avaient les yeux tournés vers lui à ce moment-là auraient pu jurer qu’il avait émis une sorte de flash lumineux tout en criant. « Si vous pouvez pas le sauver, cassez-vous ! Vous n’aurez jamais son corps, bande de charognards. »

Ils le toisèrent, comme si il s’agissait d’un homme des cavernes dont l’intelligence ne leur arrivait pas à la cheville et même si le moustachu avait semblé à deux doigts de lui répondre mais il emboita le pas de ses deux camarades lorsqu’ils tournèrent les talons. Corey regarda l’assistance mais tous les regards qu’il croisa se détournèrent et  il se retrouva seul, le corps de son ami dans les bras, qui commençait à peser. Avec la chute de l’adrénaline et le désespoir qui s’abattit sur lui, il tomba à genou et déposa le futur cadavre devant lui. Des larmes de colère et de désespoir perlèrent à ses yeux lorsqu’ils passèrent sur la silhouette inanimée. En partie en cause de lui un autre innocent, enfin plus ou moins innocent, allait perdre la vie, une nouvelle fois ses actions avaient des conséquences funestes pour d’autres. Il posa à nouveau ses doigts sur la veine jugulaire de la créature des rêves pour guetter le moment où  son cœur cesserait de battre. Il sentit son pouls, tout aussi lent et faible, mais présent, pour l’instant.

« Euuh…. Excusez-moi ? » fit une voix enfantine au-dessus de lui.

« Quoi encore ? Il est hors de question que je vous laisse son corps ! » Dit-il rageusement en relevant les yeux sur une jeune fille d’une douzaine d’année, ses longs cheveux châtain soigneusement coiffés et parfaitement lisse.

Elle eut un geste de recul devant son visage mouillé de larmes et tordu par la colère, mais elle rassembla le courage de répondre tout en serrant le bas de sa jupe bleu dans ses petits poings. « Je… je peux peut être vous, vous aider. » dit-elle presque craintivement.

Il comprit qu’elle n’était pas du tout liée aux scientifiques et il essaya de se radoucir même si le chagrin le rongeait. « Désolé je croyais que tu étais avec eux… » répondit-il avec un regard méprisant pour la foule de savants. « Tu es une voyageuse c’est ça ? Tu as un pouvoir de soin ?  »

« Oui… Je suis une voyageuse depuis peu mais je n’ai pas ce genre de pouvoir. » Il n’était pas vraiment étonné, il ne savait même pas si ça existait. « Par contre Théodore doit pouvoir aider un peu. »

« Théodore ? Un de tes amis ? Un voyageur ? Un habitant d’ici moins timbré que ceux-là ? » L’espoir commençait à le gagner mais il ne voulait pas s’emballer.

« Nnn… non. C’est un de mes oursons. » Dit-elle en rougissant.

« Un ourson ? Genre en peluche ? Je crois qu’il faudra un peu plus qu’un doudou pour que mon ami aille mieux. »

« Mais non !  » rétorqua-t-elle un peu vexée. « C’est une de mes invocations, un ourson chirurgien. Il pourra peut-être l’opérer ! »

L’héliophobe mit plusieurs secondes à rassembler les morceaux de ses pensées et à comprendre de quoi elle lui parlait. « Ah d’accord, ben qu’est-ce que tu attends, invoque le ! »

« Euuh…. Il vaudrait peut être mieux qu’on trouve un endroit plus adapté, il ne va pas aimer si je l’invoque ici avec tout ce monde et tout. Il est un peu… soupe au lait. »

« Je connais un endroit parfait. Dépêche-toi, suis-moi. » Il s’était déjà redressé et avait commencé à se diriger vers l’endroit où ils s’étaient donnés rendez-vous avec Jovey. Ils seraient à l’écart, il y avait même une table sur laquelle il pourrait déposer le patient. « Tu t’appelles comment ? »

« Pénélope » répondit-elle en forçant le pas pour ne pas se faire distancer par les grandes enjambées du contrôleur remotivé par cet espoir de survie.

« Moi c’est Corey, merci d’avoir essayé d’aider mon ami, même si ton nounours n’y peut rien c’est déjà gentil d’avoir tenté. »

« De rien Co… Corey. » Même si il ne pouvait pas le voir elle avait les joues rouges, à cause de l’effort et du compliment.

Ils arrivèrent enfin dans la pièce où Jovey et le geek étaient tombés sur le Doc, d’un signe de tête il désigna la table renversée, au fond de la salle. « Pénélope, tu arriverais à la redresser et à la mettre sous le néon ? »

Elle hocha la tête et se mit bravement à la tâche, même si l’effort était tout de même conséquent pour elle, elle parvint à faire basculer le meuble sur ses quatre pieds et à le trainer au centre de la pièce. L’héliophobe déposa délicatement le corps de son ami sur la surface de métal brossé, il vérifia à nouveau son pouls, soulagé de toujours le sentir battre. Il jeta un coup d’œil à la gamine qui s’était isolée dans un coin de la pièce, probablement pour se concentrer. Il l’entendit marmonner, comme pour discuter avec quelqu’un et se demanda un instant si il avait bien fait de lui faire confiance mais soudain, dans un nuage de fumée un drôle d’ourson en tenue de chirurgien d’environ un mètre vingt de hauteur apparut.


L’invocation mit quelques secondes à reprendre ses esprits et à prendre conscience de la configuration des lieux. Lorsque ce fût fait, l’ourson se tourna vers Corey et l’invectiva d’une voix grave et autoritaire qui contrastait avec son apparence amicale et chaleureuse.

« Reste pas là à me regarder avec tes yeux de merlan frit ! Si tu veux que je sauve ton pote bouge-toi et approche moi cette chaise de la table ! »

Le voyageur mit quelques secondes à surmonter sa surprise et finit par s’exécuter en  rapprochant la chaise renversée dans coin de la pièce de la table d’opération. Des que ce fut fait, l’invocation sauta dessus agilement et se mit à examiner la malheureuse créature inconsciente en grommelant dans sa barbe. Il finit par rendre son verdict sans même se retourner vers les deux autres.

« Il est salement amoché, je pense que le plus grand danger vient de son abdomen, ils ont l’air de s’être acharné dessus et je sens une masse étrange, je pense que c’est une hémorragie. Il faut ouvrir et essayer de localiser cette saloperie pour pouvoir le sauver. »

Sans attendre il leva la patte et dans cette dernière apparut un scalpel adapté à sa taille, il l’approcha du ventre de la créature.

« Attends !  » Corey contourna la table pour venir supporter le regard courroucé de la peluche grandeur nature. « Je peux surement t’être utile. Je peux t’éclairer et je pense que ça… doit pouvoir être utile.»

Joignant le geste à la parole il avait fait la démonstration de sa puissance d’éclairage, puis il s’approcha de l’arcade sourcilière de son ami et se concentra quelques secondes. Au bout de son doigt il matérialisa un fin faisceau lumineux qui cautérisa la plaie lorsqu’il passa dessus, stoppant le saignement.

« Pas mal, allez au boulot. »

Il passa à l’action, incisant proprement l’abdomen de la créature des rêves, contrairement à ce que son apparence pouvait suggérer, Théodore était d’une dextérité à toute épreuve. Minutieusement, ils opérèrent Jovey, réparant les lésions qu’ils trouvaient à l’aide du pouvoir de Corey ou de techniques plus conventionnelles. Malheureusement ils ne trouvaient pas la source de l’hémorragie principale, le sang obstruait leur champ de vision. Ils ne le disaient pas mais tous deux savaient que leurs efforts ne serviraient à rien s’ils ne trouvaient pas l’endroit d’où provenait tout ce sang.

« Concentre-toi merdeuse ! » cria-t-il soudainement.

L’héliophobe jeta un coup d’œil derrière le chirurgien et s’aperçut qu’en effet, la jeune fille ne semblait pas au mieux de sa forme. Pâle comme un linge, elle était visiblement au bord de l’épuisement. Le contrôleur n’y avait pas pensé mais il était vrai que maintenir une invocation aussi longtemps ne devait pas être une mince affaire pour une voyageuse débutante. Il lui sourit et l’encouragea de son mieux.

« Essaie de nous laisser encore quelques minutes Pénélope, on y est presque.   »

Elle se força à lui rendre son sourire mais n’eut pas la force de parler, probablement de peur de perdre sa concentration.

« Plus de lumière, ici dans ce coin, juste là, derrière la rate. » Le contrôleur de lumière se reprit et éclaira l’endroit demandé, surmontant son malaise devant les entrailles ainsi exposées.
« Oui ça à l’air d’être ça…  » Annonça le chirurgien en approchant des compresses de la zone évoquée. « Tu vois l’éclatement ? » Du bout de son scalpel il pointa une grosse veine qui avait été salement amoché. « Je vais essayer de rapprocher ces deux pans mais faudra que tu cautérise précisément entre mes pinces, te loupe pas ou ton pote y passe. »

« Ok ! » Répondit-il, tentant de masquer son manque d’assurance.

Il commençait, malgré tout, à fatiguer lui aussi, depuis de longue minutes, il éclairait, puis cautérisait inlassablement. Mais il n’avait pas le choix si il voulait sauver son ami, il fallait qu’il se donne à fond. Il éclaira la zone avec sa main gauche, attendit que l’ourson mette ses pinces en place et approcha son index de la main droite pour projeter un fin faisceau lumineux concentré mais pas trop puissant avec lequel il tenta de colmater l’endroit que lui avait indiqué Théodore. Lentement mais sûrement il parvint à refermer l’hémorragie, lorsqu’il eut la sensation d’avoir terminé il releva les yeux sur son binôme qui hocha lentement sa grosse tête pelucheuse.

« On a fait ce qu’on a pu… Je vais le refermer rapidement et le reste dépendra de la quantité de sang qu’il a perdu et du reste de ses blessures. »

Il s’exécuta, sans la lumière de Corey qui avait contourné la table pour soutenir la jeune invocatrice espérant qu’elle tiendrait encore quelques instants, pour que son ourson ait le temps de recoudre l’incision. Théodore disparut dans un nuage de fumée juste après avoir annoncé qu’il avait terminé et son invocatrice sombra dans une quasi-inconscience, épuisée.

« Merci petite, je te revaudrais ça. » chuchota-t-il, pas vraiment sûr qu’elle l’entendrait.

Quelques minutes plus tard elle disparut dans un nuage de fumée, signe qu’elle s’était réveillée, le laissant seul avec un Jovey couvert de bandages et en sale état. Corey cru voir sa poitrine se soulever plus régulièrement que lorsqu’il l’avait découvert quelques heures plus tôt mais il n’aurait pas pu jurer que son esprit ne lui jouait pas des tours. Ereinté et un peu désemparé, il se laissa tomber sur la chaise sur laquelle le chirurgien était monté pour avoir accès  à la table. Il resta immobile jusqu’à ce qu’il disparaisse, lui aussi, dans un nuage de fumée, signe de son éveil.

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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 10:37

Il se réveilla donc plutôt déprimé, il mit plusieurs minutes à se redresser dans son lit, totalement démotivé. Il songea à essayer de se rendormir mais il était pratiquement sûr qu’il mettrait plusieurs heures à trouver le sommeil et de toute façon, il fallait qu’il travaille un minimum s’il voulait conserver son emploi. Il se saisit de son Smartphone et constata qu’il avait encore une grosse trentaine de minutes avant son premier rendez-vous téléphonique. Il passa sous la douche afin d’essayer d’évacuer la sensation presque nauséeuse que lui avait laissé cette nuit à Dreamland, il avait l’impression que ses bras et ses mains étaient encore tâchées du sang de son ami. Il resta sous l’eau chaude pendant presque l’intégralité du temps dont il disposait, c’est donc en caleçon et avec un pain au chocolat industriel à côté de sa tasse de café qu’il commença sa journée de travail.

Il expédia rapidement sa première conférence téléphonique, presque un peu trop sèchement en disant qu’ils n’avaient pas besoin de lui pour choisir un onduleur. Mais il ne put pas couper à celle de onze heures, ni à celle de quinze heures dans lesquelles il était directement concerné. Même si ces réunions lui avaient paru être un véritable calvaire interminable elles avaient eu le mérite de l’empêcher de trop penser à sa nuit et à son ami qui devait être en train de lutter pour sa survie. Lorsque ses collègues commencèrent à rentrer chez eux, il s’immergea dans une procédure complexe de resynchronisation d’une partie des éléments du mini-réseau qu’il avait reproduit chez lui.

Il se força à manger avec sa sœur à qui il eut du mal à cacher son mal-être, il évoqua une prétendue contrariété au boulot mais ne donna pas de détails. Il lut dans son regard qu’elle n’en croyait pas un mot mais qu’elle laissait passer pour cette fois, il présuma que si son état perdurait elle le forcerait à parler. Il resta avec elle dans le salon et après avoir mis presque une heure à trouver un film qu’ils avaient envie de voir tous les deux, ils se calèrent devant. Il se força à se mettre au lit juste après, même si il savait qu’il aurait du mal à s’endormir aussi tôt. Il hésita à prendre des somnifères mais ne sachant pas l’effet qu’ils auraient sur sa capacité à se réveiller à Mirage-Space, il renonça. Il se tourna, se retourna, se leva pour boire une tisane, se coucha à nouveau, s’essaya à des exercices de méditation, mit de la musique et finit enfin par s’endormir en pensant à l’endroit où il avait laissé son ami en convalescence.

---Dreamland---

Il prit conscience devant la porte qui menait à la pièce où ils avaient opéré la créature des rêves la nuit dernière. Contrairement à la veille il était vêtu d’une tenue assez classique, un jean sombre, des baskets, un sweat à capuche, il s’approcha de l’entrée. Il tendit l’oreille, espérant presque entendre une conversation mais malheureusement aucun son de passait au travers du panneau métallique. Lorsque la porte coulissa devant lui elle dévoila une table vide éclairée par le néon blafard, seule quelques taches de sang témoignaient de l’opération de la veille. Corey ne sut pas vraiment quoi penser, si son ami n’avait pas survécut à ses blessures, son corps aurait été là, à moins que les scientifiques aient eu la chance monstrueuse de le retrouver. Il était perplexe et commençait à envisager des scénarios plus étranges les uns que les autres.

« Bonjour Co…Corey. » Dit une voie timide sur sa droite.

Il tourna la tête vers l’origine de la salutation et découvrit une Pénélope toujours aussi mignonne et innocente, aujourd’hui habillée d’une robe blanche et rose accompagnée d’épais collants dans les mêmes tons. Il ne savait pas si c’était elle qui les avait faites pour passer le temps ou si elle s’était éveillée ainsi mais une dizaine de tresses parsemaient ses cheveux. Elle avait tiré l’unique chaise de la pièce et s’était installée dessus, probablement pour l’attendre. Malgré son état d’angoisse provoqué par la disparition de Jovey il remarqua qu’elle avait eu l’intelligence de choisir l’un des seuls endroits où on avait vue sur l’entrée sans qu’un arrivant nous remarque.

« Ah, bonjour Pénélope. » Il se força à lui sourire malgré les circonstances. « Il s’est réveillé ? Tu l’as croisé ? » Demanda-t-il sans vraiment y croire.

Elle secoua la tête timidement. « Il n’y avait personne quand je suis arrivé et personne n’est venu… » Il comprit qu’elle était à deux doigts de rajouter « heureusement ».

« Tu veux bien m’aider à le chercher ? Je ne sais pas du tout ce qu’il lui est arrivé. » Elle hocha la tête. « C’est gentil pour ton aide, pour hier soir et pour aujourd’hui. Je t’en devrais une. »

« C’est rien, vraiment. » Elle rougit en détournant le regard et il comprit qu’elle n’aimait pas trop être le centre de l’attention et il ne lui en tint pas vraiment rigueur car il était un peu dans le même cas.

« A tout hasard, tu n’aurais pas un ours qui pourrait nous aider à le trouver ? »

Elle prit le temps de la réflexion et finis tout de même par secouer la tête en répondant négativement. « Théodore voudra pas nous aider et il ne pourrait pas être vraiment utile et Barnabey ne ferait que nous ralentir, il n’est pas très malin en plus. »

Il acquiesça et se dirigea vers la sortie, se promettant de lui demander les spécificités de son autre invocation dès qu’il en aurait le temps. Mais pour l’heure ce qui importait c’était de retrouver Jovey et de le sortir du bourbier dans lequel il s’était probablement mis. Ils sortirent donc tous les deux de cet endroit, l’héliophobe en tête même si il ne savait pas très bien où aller. Sans avoir aucune idée de ce qu’il s’était passé, c’était compliqué de formuler des hypothèses. Ils déambulèrent un moment au hasard des croisements puis il finit par décider d’aller à l’endroit où il avait rencontré Pénélope, dans le compartiment qui servait de sorte de place du marché. Comme d’habitude, l’agitation régnait, les échanges étaient animés, les quelques personnes qui remarquèrent la présence du binôme l’oublièrent aussitôt. L’héliophobe ne savait pas trop ce qu’il espérait, probablement que quelqu’un se mette à courir en l’apercevant, comme dans les films. Mais il ne devait pas être assez impressionnant car personne ne bougea, ils furent donc contraint de se balader dans les allées en tendant l’oreille à la recherche d’un indice éventuel. Il allait annoncer à la jeune fille qu’ils changeaient d’endroit lorsqu’il repéra une sorte de stand de nourriture, un vendeur de brochettes et autres nourriture du même genre avait installé quelques tabourets autour de son chariot. Sur l’un d’entre eux, une créature aux cheveux noirs et au torse nu, bandé au niveau de l’abdomen, leur tournait le dos. Son sang ne fit qu’un tour alors qu’il le reconnaissait instantanément, il fonça sur lui et le retourna sans ménagement. La colère était montée en lui, il s’était fait du souci pour lui alors que ce benêt s’était contenté de se lever et d’aller manger un morceau sans réfléchir d’avantage.

« La moindre des choses ça aurait été de laisser un mot… »

« Ah tiens c’est toi, il me semblait bien avoir entendu ta voix dans mes rêves. Pas que ta voix fasse rêver hein ? »

« Fais pas le mariole, sans nous tu y serais passé, p’tin j’ai cru qu’ils t’avaient retrouvé pendant que j’étais éveillé. »

« J’avais pas de quoi écrire, quand bien même, j’aurais pas risqué que quelqu’un d’autre tombe sur le message. Je comptais retourner là-bas pour surveiller ton éventuelle arrivée mais tu m’as pris de vitesse. J’ai dû rester inconscient plus longtemps que ce que je pensais. Tu as dit « nous » ?»

Corey cru que la jeune voyageuse s’était volatilisée mais, intimidée par l’apparence guerrière de Jovey elle s’était réfugiée, par réflexe, derrière l’héliophobe. Un peu contrainte et forcée, elle se décala lorsqu’il la présenta.

« Moi, Pénélope et son ourson chirurgien, Théodore. Sans eux deux, tu serais plus en mesure de manger tes brochettes. »

Les joues de la jeune fille s’empourprèrent devant tant d’éloges et elles passèrent carrément au cramoisi lorsque Jovey se redressa et vint s’agenouiller, en grimaçant à cause de ses blessures, devant elle afin de lui faire un baisemain, visiblement amusé par sa timidité.

« On dirait que je vous dois la vie belle demoiselle, je serais donc votre humble chevalier servant jusqu’à ce que ma dette soit effacée. » Il en rajoutait mais on sentait qu’il y avait un fond de vérité.

« C’est… C’est… vraiment rien, j’ai fait que ce que je pensais être le bien. Je n’allais pas vous laisser mourir. Vous ne devriez pas forcer ainsi sur les sutures, si Théodore voyait ça il … il … se mettrait en colère. »

« Belle et magnanime, je suis verni. » Les joues de la gamine devinrent encore plus rouges si c’était possible.

« Laisse la donc tranquille et offre lui à manger, allons-nous assoir, nous avons des choses à nous dire je pense. »

Ils rapprochèrent trois des tabourets et commandèrent une fournée de brochette de viande gouteuse même si il aurait été incapable de dire de quel animal il s’agissait, d’un côté il n’était pas sûr de vouloir le savoir. Jovey et lui prirent une bière pour faire descendre et un soda qui avait l’air extrêmement chimique fût servit à leur jeune amie.

« Alors ? » L’air taquin s’effaça de la figure sombre de son ami.

Il hésita quelques secondes à parler devant Pénélope mais comprenant qu’elle n’avait rien à voir avec Xantrax il s’expliqua.

« J’ai mené ma petite enquête, c’est vrai que dans le quartier il manque beaucoup de femmes et même quelques enfants. Mais c’est très dur de faire remonter les enlèvements jusqu’à lui, même si c’est une rumeur répandue. » Il but une gorgée. « Je l’ai suivi une fois, lorsqu’il se rendait à un de ses rendez-vous mystérieux. Il s’est montré méfiant, mais j’ai fini par le voir discuter avec un type encore plus louche que lui, visiblement pour négocier. J’étais trop loin pour entendre mais j’aurais juré que ce gars travaillait pour un seigneur cauchemar et qu’il venait marchander à sa place. »

Corey buvait ses paroles et la jeune fille essayait de comprendre ce dont il était question.

« Je voulais être sûr donc j’ai essayé de pister Torx et Duvenan, ses hommes de confiance, mais ils étaient trop méfiants et même moi je n’ai pas réussi à les suivre. Je crois que mes absences ont commencées à être remarquées et hier, quand les trois sont partis ensembles, c’était pour me tendre un piège. Ils m’ont fait tourner en rond pour finalement m’attendre derrière le bar en ayant prévu deux gars pour me couper toute fuite. Ils m’ont fait cracher tout ce que je savais et je leur ai dit ce que je soupçonnais, comme ils allaient me tuer, cet enfoiré de Xantrax a avoué qu’il était bien un enfoiré de trafiquant de créature des rêves. Il ... Il a avoué que c’était lui qui avait enlevé et vendu ma sœur, mais il ne m’a pas dit à qui.

La suite vous pouvez la deviner ils m’ont collé la plus belle rouste de ma vie et ont bien cru m’avoir tué.

J’ai pas parlé de toi, donc ils ne savent pas que tu les soupçonnes aussi, mais bon pour ce que ça va changer. »


Le dégout que le geek ressentait pour Xantrax s’intensifia encore, il représentait tout ce qu’il détestait dans ce monde onirique, un enfoiré capable de briser des existences d’innocents pour se remplir les poches.

« Du coup cette fois la surprise est de notre côté, à partir de demain on le surveille et dès qu’il se rend à un rendez-vous avec un acheteur, on lui tombe dessus. »

« Tu crois que ce sera si simple que ça ? Il se déplace jamais seul, au mieux ils seront tous de même trois et nous seulement deux. »

« Avec mon pouvoir on peut … »

« Vous serez trois aussi, mes ours peuvent vous aider. »

Corey et son ami ne purent s’empêcher d’échanger un regard étonné devant l’air résolu de la gamine.

« Hors de question ! » « Y’a pas moyen ! »
S’exclamèrent-ils presque à l’unisson.

« C’est pas à vous de décider, Jovey est loin d’être entièrement rétabli, vous pouvez pas cracher sur une personne supplémentaire. Je resterais cachée, mes invocations vous aideront. »

« Ce ne sont pas des enfants de cœur, tu as bien vu ce qu’ils lui ont fait, si ils te choppent, je veux même pas imaginer ce qu’ils te feront. »

« Alors il ne faudra pas qu’ils m’attrapent, si je vois que la situation dégénère je m’enfuis, promis. On dirait pas comme ça mais je peux être plutôt rapide. Arrêtez de discuter, si vous refusez, je vous suivrais. »

L’air déterminé qu’elle affichait lui rappelait celui de Megan lorsqu’elle s’était mise quelque chose en tête il comprit qu’ils ne la feraient pas changer d’avis.

« D’accord, d’accord, mais tu restes à couvert et au moindre souci tu dégages.»

Elle acquiesça et ils se donnèrent rendez-vous le lendemain soir, à l’endroit où ils avaient opéré Jovey qui semblait se remettre rapidement de ses blessures. Dans le doute, Pénélope invoqua Théodore qui fit un rapide examen et confirma que la créature des rêves avait une capacité de guérison assez impressionnante. Ils trainèrent encore un peu et les deux voyageurs finirent par se réveiller alors que leur ami allait se reposer pour être en forme le lendemain soir.


__________



Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 11:31

Ils se retrouvèrent donc, le lendemain, dans une ruelle adjacente à celle où Corey avait retrouvé le corps inanimé de son ami, deux nuits auparavant. Jovey avait trouvé une chemise noire à passer par-dessus ses bandages, le geek était apparu avec une tenue assez similaire à celle de son amie Pénélope qui semblait d’habitude affectionner les couleurs vive, était vêtue de gris sombre. Ils n’échangèrent pas une parole, sachant ce qu’ils avaient à faire, s’étant mis d’accord la veille. La créature des rêves étant la plus discrète il surveillerait la porte par laquelle leur cible sortait habituellement, les deux voyageurs, postés dans une ruelle un peu plus loin mais l’ayant, lui, en visuel, attendraient qu’il leur face signe pour se mettre en mouvement. Ils avaient pris leurs aises car rien ne garantissait que le mafieux serait de sortie ce soir, il leur faudrait peut-être attendre ici plusieurs nuits d’affilé qu’il se décide à se montrer. Mais Jovey était déterminé à le capturer pour lui faire avouer l’endroit où il avait envoyé sa sœur, Corey voulait à tous prix mettre un terme à ce trafic affreux et Pénélope n’oserait pas se plaindre, quoi qu’il arrive.

Quelques heures plus tard, l’héliophobe fût tiré de la rêverie dans laquelle il était plongé par l’invocatrice qui tirait sur sa manche. Il la regarda d’abord elle, puis comprenant qu’elle lui signalait que leur éclaireur faisait des signes il se tourna vers l’endroit où il était posté pour apercevoir le signal qui leur indiquait que Xantrax était accompagné de deux hommes et qu’il était en mouvement. Les deux voyageurs se renfoncèrent dans l’ombre et attendirent patiemment que le petit groupe de malfrat eut dépassé l’entrée de leur ruelle. Ils se rendirent à l’entrée et emboitèrent le chemin des criminels qui avaient déjà disparu au détour du croisement suivant, tout comme Jovey. Mais cela ne semblait nullement inquiéter les deux voyageurs qui marchaient calmement essayant de conserver un rythme régulier. Arrivé au croisement, ils ralentirent juste assez pour repérer un morceau de bandage blanc dans l’un des couloirs.

Comme ils n’étaient pas assez expérimentés dans l’art de suivre quelqu’un et qu’ils ne connaissaient pas assez bien la station, ils avaient décidés que Jovey s’occuperait seul de cette tâche et leur laisserait ce genre de marqueur à chaque changement de direction. Ils devaient donc se contenter de maintenir un rythme constant et de suivre les indications de leur éclaireur. Ils prenaient soin de ne pas marcher trop vite car ce serait prendre le risque de gâcher leurs efforts. Même si la situation était un peu frustrante, il fallait qu’ils fassent confiance à leur ami qui avait toutes les cartes en main.

----

Jovey était dans son élément, depuis sa plus tendre enfance il avait appris à se faire discret à suivre quelqu’un sans être vu, c’était d’ailleurs en grande partie grâce à ce talent qu’il avait rejoint la bande de Xantrax. Au début c’était juste pour renseigner le patron sur les allées et venues d’un tel ou sur les visites qu’il recevait, puis, par la suite, c’était devenu plus sordide. Racket, intimidation, vol et même meurtre, il avait fait ce qu’on lui demandait, pour être accepté et estimé par cette bande de bons à rien. Désormais il les voyait tels qu’ils étaient, des êtres abjects, prêts à tout pour un peu plus d’argent mais il avait été comme eux et ça il ne pouvait pas le changer.

Il déposa un nouveau morceau de tissu à l’entrée d’un sas qui menait à une autre partie de la station, un quartier qu’il connaissait bien. Il espérait que les deux voyageurs parviendrait à suivre facilement la piste qu’il leur laissait et qu’ils ne prendraient ni trop de retard ni d’avance. Le trio devant lui continuait à avancer en plaisantant lourdement, même une bonne vingtaine de mètres en retrait il entendait des bribes de phrase, mais évitait d’essayer de les comprendre. Il savait que quoi qu’ils disent ça ne ferait qu’augmenter sa fureur et il avait besoin de garder la tête froide. Il essayait de savoir quand passer à l’action, en se souvenant de la configuration de cette partie de la station, si ils continuaient tout droit il y avait peut-être moyen de réussir à cet endroit. Il jeta trois morceaux de tissus à ses pieds et fit demi-tour pour prendre un autre chemin, normalement plus long, mais en se mettant à courir il réussirait peut être.

Ignorant la douleur de ses points de suture malmenés par cette course effrénée, il avançait rapidement, enchainant les couloirs qu’il connaissait comme sa poche. Il croisa quelques autochtones qui ne semblèrent pas vraiment surpris par ce jeune homme en train de courir à toute vitesse alors que son sang recommençait à souiller ses bandages. Il essaya de maîtriser l’essoufflement qui le gagnait mais sans pouvoir respirer à pleins poumons à cause de ses blessures, c’était compliqué. Il ralentit alors qu’il arrivait à une sorte de porte de sécurité qui restait perpétuellement ouverte, il s’arrêta, tendant l’oreille, essayant de déterminer s’il avait été assez rapide. S’il avait été un peu trop lent, sa course n’aurait servi à rien et elle risquait même de le faire repérer, mais si ses oreilles ne lui faisaient pas défaut, il était parvenu à les prendre de vitesse. Il souffla pour reprendre courage et il lui en fallait une bonne dose, puis il finit par avancer pour apparaître devant le mafieux et ses hommes.

« Tiens donc, Jovey, je pensais qu’on t’avais fait passer l’envie de te mettre en travers de notre chemin, mais il faut croire que tu t’acharnes. »

« A qui tu l’as vendue enfoiré ? »

« Tu crois vraiment que je vais te le dire parce que tu demandes une seconde fois ? C’est mignon. »

« Cette fois laisse-moi l’achever, de toute façon dans son état personne voudra nous acheter le corps… » Dit Torx avec un sourire malsain sur le visage.

----

Les deux voyageurs arrivèrent à l’endroit où leur ami avait laissé trois morceaux de tissus, ils s’entre-regardèrent avec un brin d’inquiétude sur le visage.

« Tu sais ce que ça veut dire ? » demanda-t-il à l’adolescente.

Il vit une lueur de peur passer sur son visage enfantin mais elle s’empressa de la dissimuler derrière un masque bravache.

« Oui... Oui… Je vais appeler Théodore. »

Elle se concentra quelques secondes et, dans un nuage de fumée, l’ours chirurgien apparut devant eux et s’apprêta à se lancer dans une tirade pour demander pourquoi ils le dérangeaient. Mais devant l’air sérieux des deux voyageurs et leurs signes de silence, il eut la présence d’esprit de diminuer le volume.

« C’est quoi ce bordel, pourquoi vous me faites chier pour me faire venir dans un endroit où je peux même pas causer et ou y’a personne à charcuter. » Demanda l’ourson en peluche, agacé.

« Ferme là et suit moi, essaie d’être discret on va arriver dans leur dos si tout va bien. Ton Job sera de leur balancer des scalpels sans toucher Jovey. »

Il grommela quelques chose, probablement un chapelet de jurons et d’injures mais ni Corey ni la jeune fille n’y prêtèrent attention. Ils se mirent à presser le pas, allant le plus vite que la discrétion pouvait leur permettre, ils savaient qu’un compte à rebours était enclenché et que si ils arrivaient après la fin, l’issue pourrait être funeste.

----

« Cette fois ça se passera pas comme ça, je ne me ferais pas avoir deux fois, j’ai pris certaines assurances. » Jovey bluffait totalement, mais il s’efforçait d’avoir l’air sûr de lui.

« Qu’est-ce qu’il raconte cet empaffé ? On le crève et puis c’est tout. » Torx sortit un couteau de sa ceinture et fit mine de s’avancer vers Jovey mais son patron l’en empêcha en faisant barrage avec son bras.

« Même si là, comme ça, je ne vois rien qui pourrait me dissuader de le crever je suis curieux de savoir ce qu’il pense qui le ferait. Allez crache le morceau, qu’on rigole une dernière fois avant de te réduire en miettes. »

Essayant toujours d’avoir l’air vraiment sûr de lui, Jovey raconta la petite histoire à laquelle il avait pensé quelques minutes auparavant. Il savait qu’il y avait des failles mais elle remplirait probablement son office s’il se montrait convaincant. « Tu te souviens de l’autre allumé de Steevon ? » Il s’agissait d’une sorte de savant fou mis à l’écart même par la communauté de scientifiques loufoques de Mirage-space. « Je suis allé le voir et je lui ai acheté une de ses petites merveilles. » Ce pseudo-scientifique vendait des bombes pour pouvoir financer ses recherches et Jovey avait déjà accompagné son patron alors qu’il allait lui en acheter une. « Oh j’y ai laissé toutes mes économies mais pour retrouver ma sœur ça les valait bien. J’ai placé cette jolie bombe au milieu de ta précieuse cave, on sait tous les deux que tu y gardes bien plus que de l’alcool. » Il était assez satisfait de son coup de bluff car la cave du criminel abritait toute sorte de drogues et produits de contrebande mais à sa grande surprise Xantrax se mit à rire.

« Ahahaahah ! Décidément t’es malin, j’aurais presque pu y croire, il y a juste un petit accroc dans ta belle histoire. » Malgré lui, Jovey ne put empêcher son visage de se décomposer. « J’ai envoyé ces deux-là lui tordre le cou et récupérer le pognon juste après qu’on soit partis. Je ne pouvais pas prendre le risque qu’il nous balance. »

Malgré lui, Jovey ne put masquer son étonnement, il se rendait compte que Xantrax était bien pire que ce qu’il pensait. Pendant toutes ses années il l’avait servi loyalement sans jamais questionner ses ordres, mais désormais il se demandait combien d’innocents il avait fait souffrir au nom de cet enfoiré.

« Allez, buttez moi ce beau parleur rapidement, je ne veux pas être en retard. »

Torx et l’autre homme de main commencèrent à s’approcher, mais ce dernier, un sbire quelconque que Jovey avait toujours considéré comme plus bête que Torx, se tint soudainement la poitrine. Au centre de cette dernière venait d’apparaitre un trou noir et fumant un peu plus gros qu’une balle de revolver. L’autre costaud écarquilla les yeux en voyant son binôme ainsi foudroyé, mais avant qu’il ai pu faire quoi que ce soit, la douleur de deux lames de scalpel s’enfonçant dans son dos lui arracha un cri. Il se retourna pour apercevoir une sorte d’ourson en peluche d’un peu plus d’un mètre qui était déjà en train de faire apparaître deux nouveaux scalpels dans ses mains. A ses côtés il y avait un Corey qui grimaçait en se tenant le bout des doigts de la main droite.

« Pile à l’heure ! » S’exclama un Jovey qui avait retrouvé un peu de confiance en lui.

Le regard mauvais du chef de la bande de malfrat se posa sur le voyageur. « Les vermines s’assemblent on dirait, j’aurais dû te faire tuer quand j’en avais l’occasion. »

----

« Je crois que tu aurais mieux fait en effet, maintenant c’est nous qui allons te crever. On s’occupe de ce débile de Torx ! »

Il espérait qu’aider des peluches de Pénélope il parvienne à s’occuper rapidement de ce gêneur, il savait qu’en le provoquant il serait plus simple à vaincre. La réaction ne se fit pas attendre et la brute leur fonça dessus, il secoua les doigts de sa main droite pour tenter d’engourdir un moment la douleur. En utilisant ainsi son pouvoir au maximum de sa puissance, il s’était blessé et aurait du mal à réutiliser cette technique. Mais pour éliminer d’un seul coup, un de leurs adversaires, il trouvait que ce n’était pas cher payé et aurait été prêt à le refaire.

Même si il n’était vraiment un spécialiste du combat Théodore envoya deux nouveaux scalpels sur l’espèce de bête furieuse qui leur fonçait dessus. Si l’un d’entre eux se planta dans son avant-bras, l’autre le toucha à la cuisse, ralentissant sa course. Enervé par cet ourson qui lui envoyait des lames tranchantes, Torx essaya de l’attraper mais Corey en profita pour lui faire un croche-patte qui le fit s’étaler de tout son long, enfonçant le scalpel de sa jambe plus profond. Rendu à moitié fou par la douleur il se redressa et tenta de frapper le voyageur qui eut largement le temps d’esquiver. Il s’acharna avec une nouvelle série de crochets mais pendant ce temps Théodore avait eu le temps de créer deux nouveaux scalpels et de viser l’arrière de ses genoux. La brute épaisse ne sembla même pas le sentir mais la fureur qu’il insufflait à ses coups redoubla et lorsque le voyageur voulu parler un uppercut qui le surprit il se vit envoyer bouler loin en arrière. Sans perdre de temps le colosse se jeta sur l’ourson et l’attrapa, même si ce dernier lui enfonça les ustensiles qu’il tenait dans les mains dans l’avant-bras, il lui arracha la tête sans autre forme de procès.

« Théodore ! Non ! » Ne put s’empêcher de crier Pénélope, qui était jusque-là restée tapie dans l’ombre d’un renfoncement, quelques vingtaines de mètres plus loin.

Immédiatement, la créature des rêves la prit pour cible, comprenant qu’elle était probablement liée d’une façon ou d’une autre à l’ours aux scalpels qui venait de disparaître dans un nuage de fumée. Beaucoup trop rapidement pour une personne avec plusieurs blessures aux jambes, il arriva sur elle, la gamine était restée tétanisée mais alors qu’il s’apprêtait à la frapper sans ménagement, elle parvint à réagir. Juste avant que l’immense poing ne la percute, un immense ours en peluche apparut dans un nuage de fumée et s’interposa. Le poing du gaillard s’enfonça dans la bourre épaisse mais l’invocation ne parut rien sentir, elle se contenta de le repousser droit sur Corey qui avait repris ses esprits. Le voyageur sauta sur le dos de son adversaire et s’empressa de lui passer un bras au-dessous de la gorge et de refermer sa clé. Il avait vu faire ça dans des dizaines de films mais c’était un peu plus difficile à faire en vrai même si il y était parvenu. Utilisant sa force de voyageur, il se mit à resserrer son étreinte. Pris au piège et sentant sa gorge se serrer, l’homme de main se mit à tenter d’agripper l’humain sur son dos, il parvint à accrocher ses vêtements mais le jeune homme était trop bien accroché pour arriver à le déloger ainsi. Un peu comme Corey s’y attendait, il essaya ensuite de l’écraser contre le mur, au dernier moment l’humain envoya sa jambe en arrière pour amortir l’impact et réussit à tenir bon. Torx se mit enfin à chanceler et finit par s’écrouler alors que Corey arrivait à bout de force. Pour autant il ne lâcha pas, même si ce type n’était qu’un exécutant, il restait bête et méchant, il ne voulait pas prendre de risques. Lorsque finalement le costaud s’immobilisa définitivement il desserra son étreinte et lança un regard presque noir à la gamine.

« Laisse ton ours mais toi recule ! »

----

Aucun des deux n’était à prendre à la légère, ils le savaient, même si il avait été salement blessé, Jovey avait l’énergie du désespoir. Xantrax quand à lui était une force de la nature et savait se battre, son ancien employé avait été témoin de ce dont il était capable à plusieurs reprises. Ils se tournaient autour, s’étudiant, se jaugeant, cherchant à déceler leurs faiblesses mutuelles. Jovey prenait soin de ne pas avoir l’air trop handicapé par ses blessures, il savait que si son adversaire comprenait que certaines d’entre elles le faisait souffrir, il n’hésiterait pas à s’en servir contre lui. Ils parvenaient à faire abstraction du combat qui se déroulait non loin d’eux, mais ils étaient conscients du fait que c’était le voyageur qui était favori, il avait déjà maîtrisé le loubard à deux reprises et avec un allié supplémentaire ça serait encore plus facile pour lui. Le temps jouait donc en faveur de l’ancien sous-fifre, qui du coup n’avait aucune raison de prendre un risque en passant à l’assaut.

Pour ne pas se faire prendre par le temps et ainsi se retrouver à deux ou trois contre un, Xantrax passa à l’assaut, il était rapide et failli surprendre son adversaire qui esquiva au tout dernier moment. Profitant du déséquilibre de Jovey il essaya de pousser son avantage en frappant deux nouveaux coups, un du pied, puis un autre du gauche, mais à chaque fois, malgré ses blessures, l’autre réussit à contrer. Il du quand même déceler une faiblesse dans la garde du valeureux Jovey car il usa de toute sa puissance pour lui envoyer une série du même coup de pied latéral dans les côtes. Même si Jovey bloqua correctement les premiers coups, il souffrit à chaque fois et finit par lâcher prise, laissant le champ libre au pied de Xantrax qui vient lui défoncer le thorax, fêlant quelques côtes et en fracturant au moins une.

Jovey réussit à s’écarter, crachant quand même un peu de sang, ils étaient tous les deux conscients qu’une autre série de coup dans le même genre pourrait lui être fatale. Le sourire carnassier sur le visage du mafieux faisait comprendre qu’il comptait bien recommencer et achever rapidement cet adversaire avant qu’il ne puisse recevoir du renfort. Il s’approchait déjà, bien décidé à en finir, essayant de jouer sur le mental de son adversaire qui parvint à rester lucide et à éviter la charge en se jetant sur le côté. Malheureusement son atterrissage loupé lui coupa la respiration et lui envoya une grande décharge de douleur qui l’empêcha d’éviter que Xantrax ne lui tombe dessus. Le criminel se mit à califourchon sur lui et l’écrasa de tout son poids, il commença à lui marteler le visage, souriant de toutes ses dents, comme le sadique qu’il était.

« On t’entends beaucoup moins là d’un coup Jovey ? Hein ? »

Pour toute réponse, le malheureux cracha une gerbe de sang dans un râle de quasi agonie, il était encore vaguement conscient mais beaucoup trop sonné pour répondre.

« T’aurais pu continuer à faire semblant de ne rien voir et de ne rien savoir. Ça aurait été beaucoup plus simple pour tout le monde. Mais non, il a fallu que tu fouines, que tu nous suives, que tu poses des questions. Même pour crever t’es trop têtu hein ? » Il le frappa une nouvelle fois. « Maintenant tu nous ramènes ce connard de voyageur et il va falloir que je le butte pour qu’il en parle à personne. Tu fais vraiment chier Jovey, contente toi de crever la prochaine fois. »

Il allait le frapper une nouvelle fois mais il se reçut un violent coup de pied sauté directement dans la mâchoire. Corey avait foncé sans réfléchir sitôt Torx ayant rendu son dernier soupir, il avait foncé sur son chef, qui était penché au-dessus de Jovey en train de le frapper. Il avait sauté, pied en avant sans même se soucier de l’atterrissage, son seul objectif étant d’empêcher le mafieux de continuer à frapper. Son coup le toucha à la mâchoire et l’entraina dans sa chute, très légèrement sonné, le malfrat se reprit presque instantanément. Il voulut profiter de la réception loupée du voyageur pour le frapper mais ce dernier le repoussa à l’aide de ses jambes et se redressa pour l’affronter. Corey eut une fraction de seconde pour parer un coup de pied latéral très rapide qu’il avait eu à peine le temps de voir venir. Le coup fût rude et il dut concéder deux pas latéraux pour conserver son équilibre mais immédiatement l’autre frappa à nouveau, tentant un coup de pied de l’autre jambe, tout aussi puissant. Cette fois il eut la présence d’esprit de se baisser pour passer sous l’attaque et il en profita pour tenter un uppercut du droit en se redressant. Rapide et expérimenté, Xantrax dévia l’attaque et tenta de lui attraper le poing, le geek eut le réflexe de lui coller un low kick rapide dans le genou juste pour le déconcentrer et éviter de se faire attraper.

L’héliophobe perçut un mouvement sur sa gauche et, comprenant de quoi il s’agissait, il se décala dans cette direction. Comprenant que son adversaire manigançait quelque chose, le criminel se jeta sur lui et essaya de le prendre de vitesse mais il se fit repousser par un coup de pied circulaire du voyageur qui était parvenu à rejoindre les côtés d’une sorte de gros ours en peluche.

« Vous commencez à me les briser là ! »

Il essaya de foncer sur le voyageur mais l’ourson en peluche s’interposa et lorsqu’il essaya de le frapper, son poing s’enfonça mollement dans le ventre de la créature. Il frappa encore à trois reprises mais sans plus de succès, les coups s’enfonçaient dans l’ours bien rembourré qui ne sentait presque rien. Il voulut lui attraper la tête, probablement pour l’arracher, mais c’est ce moment que choisi Corey pour agir. Au lieu de contourner l’invocation, il avait pris de l’élan et s’était jeté dans le dos de Barnabey, le propulsant en avant. Surpris, Xantrax s’était fait ensevelir sous la masse de la peluche géante et perdit l’équilibre. Avant qu’il n’ait pu se relever, le voyageur avait enjambé l’ours pour venir lui coller un grand coup de pied dans la mâchoire. L’ourson s’était reculé mais le geek avait pris sa place et la situation s’était vite transformée en celle qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt. A califourchon sur le torse du loubard, essayant de lui immobiliser les bras de son mieux avec ses genoux, l’héliophobe lui martelait le visage de coups de poings. Il était trop essoufflé pour parler mais les deux savaient qu’il l’aurait probablement traité de tous les noms. Même si il était secoué par la pluie de coups qui s’abattaient sur lui, Xantrax restait au-dessus physiquement et il finit par se dégager un bras avec lequel il arrêta un des poings du voyageur. Il en profita pour inverser les rôles Corey se retrouva sous lui, écrasé par son poids et se prit une mandale bien appuyée qui lui troubla la vue et lui délogea quelques dents. Il trouva la force de se redresser soudainement pour lui coller un coup de tête qui lui brisa le nez du mafieux. Mais même si le coup l’avait surpris, ce dernier ne le laissa pas s’en tirer comme ça. Il lui agrippa la gorge et se mit à serrer, le voyageur commença rapidement à manquer d’air et il n’aurait probablement pas mis longtemps à suffoquer si une sorte de félin noir ne s’était pas jeté sur le criminel, l’arrachant de sa victime.

Il s’agissait bien sûr de Jovey qui avait eu le temps de se remettre légèrement de ses blessures et qui semblait plus décidé que jamais à régler son cas à celui qui l’avait privé de sa sœur. Corey aperçut alors l’espèce de bête sauvage qui sommeillait au fond de son ami, lui d’habitude toujours relativement calme et taquin s’était muté en un être guidé par un instinct primal. Ignorant la douleur pourtant probablement insoutenable que devait lui causer ses blessures, il s’acharnait sur son adversaire à une vitesse redoutable. Ce dernier, sonné par le plaquage ne put pas vraiment se défendre et même si les coups étaient peu puissants, leur nombre commençait à lui cause de sérieux dégâts. Son nez avait rendu l’âme, l’une de ses arcades aussi mais il restait un enfant des rues et il reprit suffisamment ses esprits pour repousser Jovey, probablement dans l’intention de se redresser. Mais avant qui ai pu le faire le voyageur était sur lui et lui envoya un puissant coup de pied dans les côtes, l’empêchant de se relever. Un peu pour se venger de la tentative d’étranglement et un peu pour donner le temps à son allié de s’approcher à nouveau, Corey colla à leur adversaire une série de coups de pieds dans le torse et le ventre. Toujours aussi survolté Jovey reprit sa destruction méthodique du visage du trafiquant qui était désormais trop sonné pour répliquer. Au bout d’un moment, l’héliophobe se sentir obligé d’intervenir, au moins verbalement.

« Je crois que ça suffit, achève le ou pose lui des questions… »

Il y eu un moment de flottement mais il se calma et cessa de frapper le criminel dont le visage massacré était méconnaissable. Même si il était salement amoché, Xantrax entendit tout de même les paroles de Corey et après avoir craché une nouvelle gerbe de sang il y répondit avant Jovey.

« Vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez j’y répondrais pas. » Il essaya de leur cracher dessus mais ils esquivèrent agilement et son ex employé lui colla un grand coup de pied dans le flanc pour lui passer l’envie de recommencer.

« Bon et bien il ne me reste plus qu’à t’achever. »

« Si tu veux avoir la mort de dizaines de nanas sur la conscience vas-y ! »

« Qu’est-ce qu’il raconte ? »

« On s’en fou, il essaie de s’en sortir par tous les moyens. Il va essayer de nous bluffer pour qu’on l’épargne. Ça sert à rien de perdre notre temps avec cette enflure. »

« Oh non je bluff pas, pas cette fois mon petit Jovey. » Le malfrat porta la main à la poche intérieure de son blouson mais Jovey l’intercepta, craignant probablement une arme quelconque. « C’est rien, juste des photos, regardes. » Il sortit une liasse d’une douzaine de photos qu’il tendit à ses agresseurs. « J’étais justement en route pour vendre ces jolies salopes, mais si vous me tuez elles risquent fort d’avoir faim et soif. Vu que vous avez butté ces deux-là, je suis le seul qui sache où elles sont retenues. »

« La ferme ! » Cria Jovey qui lui colla un nouveau coup de pied, il tendit ensuite les instantanés au voyageur qui put voir une dizaine de femmes, de quinze à trente-cinq ans. Bâillonnées, entravées, un peu sales, il devina qu’il les retenait en otage depuis un moment déjà.

« Elles tiendront encore un ou deux jours avec ce qu’il reste si elles ne sont pas gourmandes, mais après elles commenceront à crever de soif. Dans quatre jours maximum il n’en restera plus une. Tu sais comme moi que même en étant nombreux vous ne pourrez pas fouiller le quartier entier dans ce délai. »

« Je t’ai dit de la fermer ! » Il le frappa à nouveau mais il semblait en proie à un grand doute.

« Ça a l’air plutôt crédible son histoire. » confia Corey une fois que son allié l’eut rejoint hors de portée de voix de leur victime. « On peut pas laisser ces filles crever de soif. »

« Ca se trouve il les a déjà vendu depuis longtemps. » Il n’y croyait pas vraiment.

« Pourquoi il se trimbalerait avec les photos alors ? »

« Avec lui on sait jamais, il est capable de tout… » Il était en train de se rendre à l’évidence. « Il faut le faire parler. Quoi qu’il en coute. Ensuite on pourra débarrasser Dreamland de cet enfoiré. »

« Je veux bien essayer mais à mon avis il parlera pas, il sait que c’est sa seule chance de rester en vie. »

« On essaie et si vraiment il parle pas on avisera. »

Ils revinrent vers lui et Jovey l’aida à se relever, mais uniquement pour passer derrière lui et lui faire une clé de bras qui devait être bien douloureuse. Corey s’approcha du trafiquant, l’air sérieux, même si au fond de lui ce qu’il s’apprêtait à faire le répugnait, il tentait de se convaincre que c’était pour la bonne cause, que c’était un mal nécessaire pour sauver de jeunes innocentes.

« Je sais pas si tu te souviens de notre première rencontre, tu m’as laissé avec ce connard de Torx pour qu’il me torture. C’était marrant à l’époque hein ? » Tout en parlant, il fit appel à son épée solaire, une lame d’une trentaine de centimètres apparut lentement dans le prolongement de sa main qu’il tenait à plat. Ignorant la douleur que cela suscitait à cause de sa blessure aux doigts, il reprit son discours. « Tu vas voir, c’est moins drôle quand on inverse les rôles. »

Il approcha la lame de lumière du visage du criminel, même à cette distance, une dizaine de centimètres, Xantrax pouvait ressentir la chaleur.

« La première idée de ce gros taré, ça a été de me cramer l’œil avec un chalumeau. Maintenant, on va voir si tu nous dis où sont ces filles ou si tu préfères devenir aveugle dans d’atroces souffrances. »

Comme dans n’importe quel film un peu cliché, Xantrax lui cracha dessus, le voyageur esquiva le plus gros et lui colla un revers de la main gauche pour lui faire passer l’envie de recommencer. Aussi rapidement que possible il agrippa la gorge de cet être ignoble, juste en dessous du menton, pour lui maintenir la tête immobile le plus efficacement possible. Il se décala légèrement sur le côté, pour éviter un coup de pieds en traitre, et approcha l’arme lumineuse du visage de son adversaire. La sensation de brûlure devait déjà être douloureuse, mais après un bref temps d’hésitation, il appliqua la pointe de la lame, à un ou deux centimètres en dessous de l’œil droit. Le cri que poussa le criminel, malgré la main qui le tenait fermement sous la gorge, fût assourdissant et l’odeur de chaire brûlée révulsa l’estomac du voyageur qui s’efforça de garder son sérieux.

« Elles sont où ?! » lui demanda-t-il gardant sa lame solaire à quelques millimètres de sa peau.

Au lieu de coopérer gentiment, dès qu’il eut repris le contrôle de lui-même, Xantrax lui rit au nez. « Ahaaha je dirais rien ! T’auras pas les couilles d’aller jusqu’au bout pour me faire parler. »

Sans le laisser continuer, l’héliophobe appliqua à nouveau son arme lumineuse sur sa pommette, un peu plus proche de l’œil. Mais lorsqu’il eut finit d’hurler l’autre se remit à rire comme un dément, Corey ne put retenir un frisson de lui parcourir l’échine. Il approcha la lame un peu plus de l’œil, mais au fond de lui il savait très bien que le malfrat avait raison, qu’il n’en serait pas capable. Il ne voulait pas devenir comme Xantrax, il voulait incarner ce qu’il y avait de bon dans ce monde onirique, pas la fange. Il tenta de croiser le regard de Jovey pour savoir si ce dernier voulait prendre sa place, mais son ami détourna le regard, signe qu’il serait incapable de torturer cet enfoiré, même si il était responsable de la disparition de sa sœur.

Ne sachant pas quoi faire d’autre, le contrôleur laissa disparaître sa lame de soleil et concentra toute sa force dans un coup de poing au creux de l’estomac afin de le mettre hors combat. Jovey le laissa s’écrouler à ses pieds et l’enjamba après avoir craché sur son corps inanimé. Ils n’échangèrent pas un mot, sachant tous deux qu’ils ne pouvaient rien faire sans sacrifier des jeunes femmes innocentes. Ils avancèrent en silence jusqu’à l’endroit où la petite les attendait et passèrent à côté d’elle sans commenter ce qu’il venait de se passer. Elle avait laissé disparaître son invocation et avait assez d’esprit pour comprendre qu’il valait mieux se taire et leur emboiter le pas. Avec l’adrénaline qui retombait, Corey commençait à ressentir la fatigue et la douleur liée aux coups qu’il avait reçus. Il devina dans quel état devait être son ami, qui était passé près de la mort quelques heures plus tôt, et sans rien lui demandé il attrapa son bras et le passa au-dessus de ses épaules pour l’aider à marcher. Par fierté, la créature des rêves voulu protester, mais il se rendit compte qu’il ne tiendrait pas un pas de plus tout seul, entre la douleur et l’abattement. Ils s’éloignèrent encore un peu, jusqu’à être sûr qu’on ne pourrait pas les retrouver facilement, puis le voyageur déposa son allié contre la paroi d’un couloir et s’assit à côté de lui pour reprendre son souffle. Au bout d’un moment de silence, ce fût l’héliophobe qui le rompit.

« Tu devrais te mettre au vert, au moins un moment… Il va essayer de te retrouver… Et cette fois, il ne te loupera pas… »

La créature des rêves fixait le vide, un peu perdu dans ses pensées. « Ouais, t’as pas tort, de toute façon ça me fera du bien de changer d’air. Ça fait un moment que j’ai pas quitté la station je connais deux ou trois personnes qui habitent pas loin de la sortie du portail. Si je me mets en route maintenant je pourrais peut être arriver chez eux avant de tomber d’épuisement. »

« Sinon tu te planques pour cette nuit et demain je reviens pour t’aider à aller là-bas sans problème. »

Jovey s’apprêtait à répondre mais la gamine, restée muette jusque-là, lui coupa la parole après s’être plantée devant les eux amis, le rouge aux joues.

« C’est tout ? Vous allez vous arrêter là ? Vous allez rien faire de plus ? »

« Tu n’as peut être pas entendu de là où tu étais, mais on ne peut pas l’arrêter, si on le fait les filles qu’il a capturé vont y passer. Je ne veux pas m’abaisser à son niveau en le torturant… »

« J’ai très bien entendu ! Justement, pensez à ces filles, vous allez le laisser les vendre à je ne sais quel monstre ? Vous allez le laisser faire ça ? »

« Bien sûr qu’on pense à elles ! C’est bien pour ça que j’ai pas tordu le cou de cet enfoiré ! Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’autre ? On sait pas où elles sont et crois-moi, maintenant qu’il sait ce dont on est capables il ne nous mènera jamais jusqu’à elles. Il préférera les laisser crever que prendre le risque de nous conduire à sa planque. »

« Vous essayez même pas ! Vous y avez même pas réfléchit, vous baissez les bras sans chercher à comprendre. Ma maman dit qu’il y a toujours une solution, mais si vous ne la cherchez même pas elle viendra pas à vous d’elle-même. » Emue, elle était au bord des larmes et les adultes n’osèrent rien dire, surtout qu’elle avait plutôt raison. « Demain soir je reviendrais ici, j’espère que vous serez là avec quelque chose à proposer autre que la fuite. » Sans attendre plus longtemps, elle tourna les talons et s’éloigna d’eux.

Même après qu’elle ait disparu dans un sas, les deux hommes, blessés physiquement comme dans leur amour propre, restèrent silencieux. Ce petit brin de fille venait de les remettre à leur place comme ça leur était rarement arrivé. Ils finirent par se regarder et, involontairement se mirent à sourire du ridicule de la situation. Deux hommes accomplis, capable de terrasser une bonne partie de la population dreamlandienne qui recevaient des leçons de morale d’une débutante de douze ans.

« Peut être que… »

« Ouais… »

Ils étaient d’accord, elle avait raison, ils s’étaient contentés de baisser les bras et n’avaient même pas cherché à réfléchir à une autre option. Il était vrai que le fait que Xantrax ai des otages était fort problématique mais au bout d’approximativement une heure, ils étaient parvenus à mettre en place une sorte de plan qui ne mettait pas trop en danger la vie des jeunes filles et qui pourrait forcer le mafieux à commettre des erreurs.

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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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Corey Cole
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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 14:20

Lorsqu’il s’éveilla Corey du se faire violence pour ne pas désespérer devant la masse de travail qui était nécessaire à la réalisation de leur plan. Il faillit envoyer les textos qu’il devait expédier mais se dit que les destinataires ne seraient peut-être pas encore éveillés. Il grimpa donc rapidement prendre une douche, prenant soin à ne pas faire trop de bruit car sa sœur ne semblait pas encore levée. Une fois lavé, il s’habilla, enfin, il changea de pyjama et fit un détour par la cuisine pour se faire couler un café avant d’aller se vautrer devant son ordinateur. Il vida la tasse brulante et sucrée en dépilant ses mails puis décida de se rendre sur le forum qui permettait à certains voyageurs de communiquer entre eux. Il retrouva rapidement le profil de Samantha, une contrôleuse d’eau, membre du conseil de la Ligue et lui envoya un message privé. Il expliqua rapidement qu’il avait besoin d’aide et expédia le message, il espérait qu’elle le verrait à temps et qu’elle pourrait faire remonter l’information. Si elle pouvait venir, elle serait une alliée redoutable capable d’inonder tout une partie de la station en un claquement de doigt.

Il fût obligé de se concentrer ensuite sur son travail, même si à chaque fois ses pensées finissaient par dériver vers Dreamland et ce qu’ils allaient mettre en place pour régler son compte à Xantrax. Ça allait être relativement long, très délicat, mais c’était la seule piste qu’ils avaient et sans le petit discours moralisateur de Pénélope ils n’y auraient probablement jamais pensé. La pensée de ce petit brin de fille le fit sourire, il se promit de la remercier même si les choses ne finissaient pas bien. Il profita d’une accalmie dans son emploi du temps pour envoyer des sms à ses amis voyageurs. Il mit un certain temps à les rédiger car il fallait qu’il donne un maximum de détail à Dan et Tommy pour leur faciliter la tâche mais lui-même ne savait que ce que Jovey lui avait dit. Il essaya d’en savoir plus sur le forum de voyageurs, en profitant pour vérifier s’il avait eu une réponse de la ligue, mais sans succès. Comme il l’avait espéré, ses amis acceptèrent les missions qu’il leur confia, sans poser beaucoup de questions ni plaisanter. Il estima qu’il avait dû réussir à rendre ses messages assez sérieux pour leur faire comprendre que la situation était assez grave.

Alors que la fin des horaires de sa journée de travail officielle approchait, il reçut un message qu’il désespérait de voir arriver. Un email venait de lui signaler que Samantha avait répondu à son message privé sur le forum des voyageurs, il se rendit donc immédiatement sur le site en question pour lire sa réponse. Elle lui annonçait qu’elle ne pourrait l’aider, étant occupée sur une affaire tout aussi importante, la déception fût grande mais la suite du message était plus encourageante. Elle lui annonçait que la ligue avait bien prit note de la situation et qu’elle considérait que leur plan pourrait être bénéfique à Dreamland et qu’ils auraient dû mettre un terme aux agissements de Xantrax bien plus tôt. Faute de preuves et trop occupés par les conflits entre créatures oniriques et voyageurs, ils l’avaient laissé continuer ses exactions en toute impunité. En conséquence ils allaient dépêcher un voyageur, membre de leur conseil dénommé Miguel Carrera qui connaissait bien Mirage Space pour les assister dans leur tâche. Cette nouvelle soulagea considérablement Corey, si ce type était plus ou moins au même niveau que sa collègue il serait une aide précieuse et pourrait s’occuper facilement de la tâche qu’ils avaient prévu de lui confier.

Lorsqu’il se coucha, c’était un peu plus rassuré sur l’éventuelle réussite de leur plan, il restait encore énormément à faire, mais l’espoir était permis et en fin de compte c’était la seule chose importante. Il tarda un peu à s’endormir malgré l’épuisement, il ne se rappelait pas avoir été déjà aussi stressé dans sa vie. Il avait l’impression d’avoir la vie des jeunes filles directement rattachée à ses actions et ce n’était pas vraiment une sensation agréable.

---Dreamland---

Il apparut dans le monde onirique avec une tenue assez classe, probablement influencée par l’envie de paraître sérieux devant un membre du conseil de la ligue. Il ne mit pas longtemps à se repérer et à rejoindre l’endroit où l’attendaient déjà ses deux compères de la veille. L’expression sur leurs visages était assez similaire, malgré leurs différences physiques, ils espéraient beaucoup mais n’osaient pas le montrer ni vraiment y croire. Il les salua calmement, souriant à la gamine qui semblait un peu mal à l’aise de leur avoir remonté les bretelles. Ils répondirent à peine, trop inquiets des nouvelles qu’il avait à leur donner.

« Tu lui a expliqué l’idée ? » Demanda-t-il à la créature des rêves.

« Dans les grandes lignes oui… Alors ? » Il n’avait pas vraiment besoin de préciser sa question, tous trois savaient qu’il devait leur dire ce qu’il était advenu de ses demandes de renfort. Ils avaient apparemment décidé, d’un commun accord, de ne pas évoquer la petite baisse de moral qui avait eu lieu la veille et de se concentré sur ce qu’ils avaient à faire.

« Disons que c’est plutôt positif dans l’ensemble. J’ai deux amis voyageurs qui s’occupent du royaume de la main invisible et de Weed land. Ils risquent de galérer mais ils sont capables de réussir et ils feront leur possible pour y parvenir. »

« C’est déjà ça, j’espère que tu les surestimes pas, ils n’auront pas affaire à des tendres. Et pour la Ligue ? »

« J’espère surtout qu’ils y laisseront pas leurs peaux… Pour la ligue c’est plus compliqué, ils pourront pas venir en nombre comme je l’avais espéré, ils sont bien trop occupés ailleurs. » Il lut la déception sur leurs visages et s’empressa d’ajouter. « Ils nous envoient quand même quelqu’un, et pas n’importe qui, un membre du conseil qui connait bien le coin. »

Jovey eut l’air plus contrarié qu’autre chose par la bonne nouvelle. « Quel membre du conseil ? » demanda-t-il au voyageur qui ne comprit pas vraiment son expression ennuyée.

« Hum… Miguel je sais plus quoi… Carrera je crois. Tu le connais ? » L’expression sur le visage de son ami lui suffisait comme réponse mais il voulait en savoir le plus possible avant d’aller à l’endroit où le voyageur les attendait.

« Il nous a déjà volé dans les plumes » Il sembla sourire à un jeu de mot que lui seul pouvait comprendre puis se reprit. « Enfin, il a déjà essayé de mettre un terme aux activités de Xantrax mais sans succès. Ce type est un monstre, personne ne lui tenait tête physiquement. Mais cet enfoiré de Xantrax a réussi à s’enfuir au dernier moment en nous laissant sur le carreau. »

Le voyageur ne put s’empêcher de sourire. « Tu m’étonnes qu’il est puissant, j’ai regardé tout à l’heure avant de me coucher, il est dans les trente premier de la Major. Il devrait suffire largement à protéger les commerçants non ? »

« Oui il ne forcera même pas, peu importe qui Xantrax envoi sur place. »

« C’est tout ce qui importe alors. On doit le rejoindre pas loin d’ici pour lui expliquer ce qu’on attend de lui, tu veux venir ? »

« Je vais plutôt aller surveiller les mouvements de Xantrax et sa bande, histoire qu’il essaie pas de nous fausser compagnie. Dites quand même à ce taré de voyageur à plumes de pas me tabasser si il me croise, pas encore… » dit-il en tournant les talons pour disparaître dans un sas non loin de là.

Corey se promit de lui faire raconter toute l’histoire une fois que toute cette situation se serait calmée. Mais pour l’heure il fallait qu’il aille rejoindre l’envoyé de la Ligue des Gentlemen Oniriques pour bien lui expliquer ce qu’ils attendaient de lui. Pénélope lui emboita le pas et ils se mirent en route, après toutes ces nuits passée dans cet endroit il commençait à connaître Mirage Space comme sa poche. Il hésita à remercier la jeune voyageuse pour ses paroles qui les avaient remotivés la nuit dernière mais il décida qu’il valait mieux des actes que de banals remerciements. Ils arrivèrent donc rapidement au lieu de rendez-vous que Samantha lui avait indiqué et un homme, plus jeune que ce à quoi l’informaticien s’attendait pour un voyageur aussi puissant. C’était un jeune homme d’à peine plus de vingt ans, à la peau assez sombre ce qui lui donnait un air assez latin, il était probablement originaire d’Amérique du sud ou du Mexique, Corey n’aurait pas su dire. Il avait les cheveux presque aussi longs que ceux de l’héliophobe mais leur couleur chaude et leur coiffure, hérissés en arrière, donnait un air assez dynamique à ce jeune homme. Ses vêtements étaient bien taillés et devaient être conçus pour ne pas le gêner en combat, mais le plus impressionnant de toute sa personne était sûrement ses yeux. Pour simplifier, on aurait dit deux anneaux d’or luminescent, lorsqu’ils se posèrent sur lui, Corey eut l’impression d’être totalement insignifiant, de n’être qu’un insecte. Sa camarade dut ressentir la même chose car elle marqua, elle aussi un petit temps d’hésitation dans son déplacement. Pour certaines personnes, il fallait attendre de les voir agir pour savoir si elles étaient des rêveurs ou des voyageurs, pour lui le doute n’était absolument pas permis. Il dégageait une telle aura de puissance que l’héliophobe se demanda s’il avait bien fait de vouloir entrer en contact avec un homme aussi dangereux. Mais le léger sourire que le conseiller esquissa en les regardant approcher le rassura un peu. Il s’avança et lui tendit la main en se présentant.

« Bonjour, vous devez être Miguel ? Je suis Corey et voici Pénélope. » L’autre lui serra énergiquement la main et sourit à la pré-adolescente qui s’était, un peu involontairement cachée derrière son ami.

« Enchanté, oublis le vouvoiement, j’aime pas ça. Samantha ne tarit pas d’éloges sur toi et m’a chargé de te remercier une nouvelle fois au nom de la ligue d’avoir combattu à ses côtés à Dakota-Summer. »

« C’était rien, j’ai fait ce que je pensais être juste. »

« Tu as bien fait en tous cas, alors, raconte-moi, comment je peux t’aider à débarrasser Dreamland de cet enfoiré de Xantrax. Je ne sais pas si elle t’a raconté mais ce n’est pas la première fois que j’essaie de le mettre hors circuit, mais cette vermine est maline, il arrive toujours à me glisser entre les doigts. »

« Oui il est malin, plus que ce que je pensais à vrai dire, on a réussi à le coincer, et à le battre, mais il gardait un joker dans sa manche. Je t’expliquerais en détail une fois que ce sera réglé si tu veux, mais on a été obligé de le laisser libre. Dans un premier temps…» Le souvenir de cette défaite le peina mais il surmonta sa gêne et reprit. « Enfin, on va essayer autre chose, cette fois il ne nous aura pas par surprise. Ah oui, tant que j’y pense, quand je dis « on », c’est Pénélope, moi et Jovey, je crois que tu le connais. C’était un homme de main de Xantrax, grand brun, la peau noire, il est avec nous. Il a appris que son ancien patron était responsable de la disparition de sa sœur et il est plus motivé qu’aucun d’entre nous pour l’expédier en enfer. Si tu le croises, peu importe ce qu’il fait, laisse le faire.»

« Ok je vois… Je crois qu’il évitera de se mettre sur mon chemin de toute façon… » Son sourire narquois intrigua encore plus Corey sur ce qui s’était passé entre lui et Jovey.

« Oui, probablement. Du coup on peut se débrouiller pour Xantrax, mais comme on va lui mettre la pression il risque de la reporter sur les commerçants et les citoyens du quartier. Je sais que seul ça va être compliqué mais voilà, il faudrait assurer leur sécurité, mettre hors d’état de nuire tous les hommes de main que Xantrax enverra. Je ne pense pas qu’il se montrera lui-même mais si c’est le cas, laisse le filer. » Voyant que son interlocuteur allait rétorquer que si il le voyait il lui réglerait son compte ou quelque chose comme ça, Corey leva la main pour garder la parole. « Il a des otages… C’est comme ça qu’il nous a eus la première fois et c’est pour ça que tu ne pourras pas l’arrêter sans causer plus de mal que de bien. »

Miguel médita ce qu’on venait de lui dire et acquiesça de la tête.

« Quelle pourriture, j’ai vraiment hâte de le voir derrière les barreaux ou dans une urne funéraire… Mais d’accord je m’occuperais de la sécurité des riverains et des commerçants. Pendant la journée, j’ai un ami voyageur qui n’a pas du tout le même rythme de vie que moi et qui me remplacera pendant que je serais réveillé. »

« Ce serait parfait, il faudrait aussi leur dire d’arrêter de payer pour la protection de Xantrax, que ça ne sert plus à rien. » le conseiller acquiesça. « Ce soir les choses ne vont pas bouger, mais dès demain soir, ils risquent de faire des descentes. »

« D’accord, je vais aller régler quelques affaires au siège de la ligue et dès demain je veillerais sur les civils. »

« Je pense que si nous réussissons, toute la station sera rapidement au courant, si nous échouons, j’ai programmé un mail qui avertira Samantha, si je ne le désactive pas chaque matin. »

Il les salua de la tête et tourna les talons et s’éloigna, sans avoir l’air de se presser il marchait presque trois fois plus vite que les créatures des rêves présentes. Pourtant, il ne bousculait personne et semblait perdu dans ses pensées. Corey eu très envie de le voir en action et d’en savoir plus sur son pouvoir, une fois que cette affaire serait réglée il lui demanderait peut être un petit duel d’entrainement pour se rendre compte du chemin qu’il lui restait à parcourir. Mais pour l’heure il devait rester concentré sur ce qu’ils avaient à faire pour pousser le mafieux dans ses retranchements. Il se tourna vers la jeune fille à ses côtés qui était restée tétanisée par la présence dégagée par le conseiller.

« Impressionnant hein ? C’est rare de croiser des gens de ce niveau. »

« Ou…Oui. Rien que ses yeux… »

« N’en parles pas, j’ai encore des frissons. C’est bon ? On va rendre visite à cette bande de savants fous ? »

Elle hocha la tête et ils se remirent en chemin, Jovey leur avait expliqué que Xantrax tirait une partie de ses revenus du trafic d’organes et de corps humains. Il n’est pas difficile de comprendre où il trouvait les malheureux fournisseurs, mais les acheteurs étaient plus rares, les plus important étaient une bande de scientifiques spécialisés dans l’amélioration du corps humain, enfin, du corps des créatures des rêves. Drogues du soldat, implants, greffes, ces types-là étaient prêtes à tout pour créer des super guerriers et les vendre aux seigneurs cauchemars. Mais pour mettre leurs prototypes au point, ils avaient besoin de beaucoup de cobayes et les volontaires n’étaient pas nombreux, ils s’étaient donc acoquinés avec des criminels qui s’assuraient de leur fournir ce genre de bien précieux.

Ils s’enfoncèrent assez profondément dans la partie la plus scientifique de la station spatiale où étaient installés la plupart des chercheurs. Ils mirent un moment à trouver l’entrée du complexe dont leur avait parlé leur ami.

« Tu n’as qu’à rester là, si tu vois que je tarde trop va chercher Jovey ou Miguel, ok? »

Elle accepta même si elle paraissait un peu déçue d’être ainsi reléguée au second plan. Corey ne voulait pas le lui dire mais il avait besoin d’impressionner ses interlocuteurs, de les intimider et la présence de la jeune fille, avec son air candide et innocent aurait cassé tout effet de crainte. Il attendit qu’elle s’éloigne un peu et pressa l’unique bouton de l’interphone, il jeta un coup d’œil autour de lui et ne tarda pas à repérer une caméra. Une voie, rendue métallique par la mauvaise qualité du matériel, lui demanda qui il était et ce qu’il voulait.

« Je suis un ami de Xantrax, il m’envoi transmettre un message. »

Il n’y eut pas de réponse et pendant plusieurs secondes rien ne bougea, il commença à se demander si il n’avait pas oublié de donner un mot de passe ou quelque chose comme ça. Mais finalement un grésillement lui fit comprendre que la porte n’était plus fermée, il se plaça devant le détecteur et le battant coulissa, laissant apparaître une sorte de couloir qui desservait plusieurs pièces et au moins deux autres corridors. Un binôme assez disparate de deux scientifiques venaient à sa rencontre, le premier, à droite était assez enveloppé et un peu plus petit que la moyenne. Son collègue, plus grand était assez classique pour un savant fou, mais une lueur malsaine dans ses yeux laissait deviner une folie sous-jacente. C’est lui qui lui adressa la parole.

« Que nous veux ce … cher Xantrax ? »

« Désolé mais je crois que je vous ai… induit en erreur… » répondit le voyageur suscitant l’étonnement et l’appréhension chez ses interlocuteurs.

« Quoi ? » Répondit-il en écarquillant les yeux. « Qu’est-ce que ? »

Corey avança vers eux et ils voulurent s’enfuir mais il les rattrapa sans même avoir besoin d’utiliser son pouvoir. Il les agrippa par le col et les frappa l’un contre l’autre histoire de les assommer un peu, il les laissa tomber, l’un à genoux, l’autre contre le mur. Il s’accroupit pour être à leur hauteur et le regarda dans les yeux tout en continuant son petit numéro d’intimidation.

« En fait je venais vous dire que Xantrax est fini, dans quelques jours il sera soit mort soit en prison. C’est donc pas la peine d’aller chialer dans ses jupes, de la même façon, si je vous vois lui acheter des corps et des organes je reviendrais et je serais bien moins gentil. Arrêtez vos expériences à la con ou fournissez-vous ailleurs, je m’en fou, mais si je vous vois donner ne serait-ce qu’une seule essence à cette sous-merde, je vous le ferais payer. Je suis clair ? »

« Mais mais enfin… »

Il ne laissa pas le temps au type de finir sa phrase et lui agrippa la gorge, commençant à serrer.

« Est-ce qu’on est d’accord ? »

L’autre suffoqua un peu et quand le voyageur desserra un peu son étreinte il parvint à articuler un « oui » presque inaudible. Corey se redressa et épousseta une poussière imaginaire de son torse.

« Très bien alors, faites passer le mot à vos petits camarades, quiconque sera vu en train de faire des affaires avec Xantrax recevra une visite désagréable. »

Il se retourna et sortit rejoindre son amie dehors qui parut soulagée de le voir.

« Et de un… » lui dit-il en souriant. « Au suivant. »

Ils rendirent visite à deux autres clients réguliers du criminel, l’un jura sur la vie de ses enfants qu’il ne commercerait plus avec Xantrax, l’autre fût un peu plus renfermé et Corey du faire une démonstration de force plus poussée qu’avec les autres. Pénélope se réveilla alors qu’ils étaient en route pour rejoindre leur allié dans cette aventure qui était resté à surveiller les allées et venues du mafieux qui avait passé sa soirée dans son club. La jeune fille semblait avoir surmonté sa déception de ne pas avoir pu aider plus et elle était juste heureuse de faire partie de cette croisade.

« Alors ? »

« Ceux dont tu nous as parlé n’achèteront plus rien à ce bon Xantrax et ses hommes vont avoir une désagréable surprise si ils essaient de racketter les commerçants locaux. La rumeur va rapidement se propager et dès demain notre ami risque de sentir l’étau se resserrer. Il ne faudra pas le lâcher une seconde. Ça ira au niveau du sommeil toi ? »

« Ouais t’en fais pas, je le louperais pas, je me reposerais quand vous me relaierez.»

« Ok, je ne devrais pas tarder à me … » Corey disparut dans un nuage de fumée, rappelé dans le monde réel par le réveil programmé sur son téléphone qui s’agitait en vibrant sur la table de chevet. La première partie de leur opération s’était bien déroulée, il espérait qu’il en serait de même pour la suite des évènements.

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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 14:40

Toute la journée il jeta régulièrement des coups d’œil à son téléphone, espérant voir un message s’afficher en provenance de l’un ou l’autre de ses amis voyageurs pour lui confirmer la réussite de leur mission le soir précédent. Mais il n’en fût rien, alors qu’il se mettait au lit, il était toujours sans nouvelle de ses amis, il avait décidé de ne pas les relancer pour ne pas paraître trop impatient. Ils étaient déjà aimables de lui rendre service sans poser de question et sans rien lui demander en retour, il ne voulait pas se montrer exigeant et inutilement empressé. Il s’était promis de leur renvoyer l’ascenseur, sachant que c’était la chose à faire s’il voulait conserver des relations équilibrées avec eux.

Sa sœur du le trouver distant mais elle n’en fit pas mention, il se fit violence pour essayer de conserver une conversation digne d’intérêt mais ses pensées finissaient souvent par dériver vers la situation à Mirage Space. Il se demandait comment faisaient les membres de la ligue, cela faisait tout juste deux jours qu’il avait lancé cette opération de sauvetage et ça le rongeait, il imaginait à peine ce que ça devait être de gérer des opérations de grande envergure. Il mit du temps à s’endormir mais finit par y parvenir après avoir tourné et viré pendant plus d’une heure.

---Dreamland---

Lorsqu’il apparut dans Dreamland, c’était heureusement précisément à l’endroit où ils s’étaient donné rendez-vous avec Pénélope. La jeune fille semblait l’attendre depuis un moment déjà, assise contre un mur, la tête entre ses bras eux même posés sur ses genoux. Pour une fois elle avait troqué ses robes de petite fille modèle contre une tenue plus classique et surtout plus discrète. Sa veste, sa jupe et ses collants noirs n’étaient pas sans rappeler la tenue de Corey, un pantalon et un sweat à capuche dans les même coloris. Il claqua les espèces de rangers qu’il avait au pied pour mieux se les approprier et aussi pour signaler sa présence à la jeune fille qui redressa la tête.

« Désolé j’ai eu du mal à m’endormir avec toute cette histoire. »

Elle parvint à lui faire un sourire timide. « C’est rien, je me suis endormie un peu plus tard que d’habitude moi aussi donc ça fait pas trop longtemps que j’attends. »

Il savait très bien que c’était un mensonge et la difficulté qu’elle eut à se redresser trahit son engourdissement.

« Ok alors allons-y, espérons qu’il bouge dès ce soir. »

Ils parcoururent rapidement les quelques centaines de mètres qui les séparaient de l’endroit où Jovey leur avait dit qu’il surveillerait leur cible. En remontant la ruelle sombre et jonchée de détritus, il leur devint vite évident que leur allié n’était pas là. Quelques emballages plus récents que les autres laissaient penser qu’il était resté ici assez longtemps pour faire au moins deux repas mais il était nulle-part en vue. Les deux voyageurs ne dirent rien mais les hypothèses étaient peu nombreuse, soit il s’était fait voir et était probablement déjà mort, soit Xantrax avait bougé et il l’avait suivi dans l’éventualité où il se rende à l’endroit où étaient retenues les jeunes filles. Dans les deux cas ils n’avaient pas vraiment de possibilité pour vérifier l’une ou l’autre des possibilités, ils devaient donc prendre leur mal en patience.

Ils se tapirent donc dans l’ombre et attendirent patiemment, surveillant à la fois l’entrée du club de Xantrax et l’autre côté de la ruelle, pour ne pas se faire surprendre. C’est finalement du côté de l’établissement qui servait de base d’opération au mafieux et à ses hommes que les choses bougèrent en premier. Accompagné de deux malabars, Xantrax revenait au pas de course, l’air vraiment contrarié, il s’engouffra dans sa boite sans même adresser un regard aux deux videurs à l’entrée.

« Il a l’air contrarié non ? C’est plutôt bon signe … »

Ce ne fut pas Pénélope qui lui répondit. « Il a de quoi être contrarié. »

Les deux voyageurs sursautèrent en constatant que leur ami était juste à côté d’eux sans qu’ils l’aient entendu ou vu arriver. Ses capacités de discrétion étaient décidément encore plus impressionnantes que ce qu’avait imaginé le geek, il devina qu’il ne s’agissait probablement pas uniquement de technique travaillée mais qu’il avait une sorte de pouvoir lui permettant de disparaitre presque totalement. Sans avoir l’air le moins du monde perturbé, Jovey continua à parler presque normalement, faisant mine de ne pas avoir remarqué la surprise de ses camarades.

« Je pense que la rumeur est parvenue jusqu’à lui ce matin ou hier soir assez tard. Il a envoyé ses hommes rappeler aux commerçant qu’il était toujours là et qu’ils devaient payer pour sa protection, mais je pense qu’ils ont eu affaire au voyageur à plumes. Seuls quelques-uns sont revenus et ils n’étaient pas au mieux de leur forme.»

« Miguel n’a pas fait dans la dentelle apparemment… »

« C’est pas dans ses habitudes, crois-moi sur parole. Xantrax est sorti, furieux, j’ai cru qu’il allait foncer vers les filles mais j’ai plus l’impression qu’il est allé contacter des renforts ou des alliés. Mais vu sa tête, il n’a pas dû avoir des bonnes nouvelles. Je pense qu’on a assez bien bossé pour que la rumeur se répande et que les gens commencent à lui tourner le dos. »

« D’accord, alors on va continuer à augmenter la pression. Je pense que d’ici après-demain il commencera à avoir des nouvelles de ses fournisseurs et clients à l’extérieur de Mirage Space. Ce soir je vais aller rendre visite à ses créanciers. »

« Commence par Quanah, ce type est un taré et Xantrax doit lui devoir du pognon pour des contrats qu’il a réalisé. Il squatte le bar de la passerelle sept, à droite de l’escalier. Si il n’y est pas quand tu arrives attends un peu et tu le verras probablement apparaître. »

« Ok, Pénélope, tu surveilles pendant que Jovey se repose ? Au moindre souci tu le réveilles ok ? »

« Oui oui, je vais m’en occuper. »

« A tout à l’heure. »

Alors qu’il remontait la petite ruelle, il vit son ami s’installer plus ou moins confortablement à même le sol entre deux containers poubelle. Il ne se faisait pas trop de soucis pour lui, la haine, l’envie de vengeance et la rancœur le tiendraient facilement éveillé pendant qu’il surveillerait leur proie. Il appréhendait plus le fait de laisser la jeune voyageuse surveiller seule leur cible, une seule seconde d’inattention pouvait mettre toute leur opération à l’eau. Il ne fallait pas qu’il pense à cette éventualité, s’il commençait à douter, il serait déconcentré et ne parviendrait pas à accomplir sa tâche. Se forçant à imaginer Xantrax sous une surveillance parfaite, il força le pas en direction du bar indiqué par son ami, il ne voulait pas être pressé par le temps et voulait pouvoir tenter un plan B si le A ne marchait pas.

Il lui fallut encore une bonne dizaine de minutes de marche rapide dans les couloirs de la station pour atteindre l’endroit qu’on lui avait décrit. Un néon clignotant dont la moitié des lettres ne marchait plus éclairait le dessus de la porte, le voyageur ne prit même pas la peine de le lire. Il souffla pour se mettre dans la peau du personnage qu’il avait imaginé et pénétra dans l’établissement. L’odeur d’alcool et de renfermé lui agressa les narines mais il ne le laissa pas paraître, il jeta un coup d’œil circulaire à la salle et aux comptoirs, il crut reconnaître celui qu’il cherchait mais là encore chercha à rester discret. Il s’assit sur un tabouret libre au bar, laissant un tabouret libre entre lui et une sorte de stéréotype de tueur à gage de bas étage. La créature des rêves portait une sorte de chapeau de cowboy, un long par-dessus noir et des lunettes de soleil, parfaitement inutiles dans cette station spatiale privée de toute lumière naturelle. Son look aurait pu être cool voir classe, mais des détails venaient gâcher l’effet général, au lieu d’être impeccable, son manteau était sale et rapiécé, son chapeau et ses lunettes étaient trop grands pour lui ce qui donnait l’impression qu’il avait une tête ridiculement petite. Il dégageait tout de même une sorte d’aura animale, probablement renforcée par le fait qu’il devait être armé.

Corey soupira bruyamment en s’installant et soutenant le regard, un peu dédaigneux du serveur, passa sa commande.

« Me regarde pas comme ça, j’ai passé une sale journée, sers moi un truc dans un verre propre, n’importe quoi tant que ça me calme les nerfs. »

Le barman, pour une fois un type assez svelte éloigné de la caricature du tenancier bedonnant, lui lança un regard noir mais obtempéra quand même et posa un verre un peu plus gros qu’un shooter qu’il lui remplit d’un liquide ambré.

« Ça fera deux essences. » lui lança-t-il de façon peu commode.

Le voyageur trempa les lèvres dans le breuvage et laissa une gorgée descendre dans sa gorge, en y mettant le feu au passage. Il resta silencieux pour ne pas tousser et gâcher son effet avant de répondre.

« Est-ce que je devrais te les donner ? » La tension monta d’un grand.
« Apparemment c’est à la mode de pas payer ses dettes dans le coin, je devrais être plein aux as à l’heure qu’il est. J’ai bien envie de te dire d’aller chercher tes deux essences directement chez ce rat de Xantrax ! Il me doit un beau paquet de pognon cet enfoiré. » Il laissa sortir deux essences de sa bourse, provoquant un geste réflexe du chasseur de prime qui porta la main à l’arme à sa ceinture mais arrêta son mouvement en comprenant qu’il n’y avait pas de danger.
« Mais je suis pas comme ça moi, je suis réglo moi, que vous veniez pas dire que les voyageurs payent pas leurs dettes. » Il soupira et continua, presque pour lui-même. « Il parait que cet enfoiré est foutu, qu’il est sur la paille. Je sais pas quand je vais pouvoir récupérer mon pognon, ça me dégoute ! » Il finit son verre d’une traite et l’éclata au sol dans un geste rageur.
« Fais chier ce bled de merde ! »

Intérieurement Corey se trouvait doué, son petit numéro avait dû être relativement convaincant, il se leva et sortit du bar en poussant la porte d’un geste rageur. Le barman avait soupiré mais n’avait pas cherché à le retenir, heureux de voir un client désagréable s’en aller. Le geek soupira un grand coup des qu’il eut passé la porte, il avait eu un peu de mal à tenir ce personnage si éloigné de son tempérament mais il espérait que ça ferait l’affaire. Il força le pas pour retourner là où il avait laissé la voyageuse en poste. Il se fit discret en arrivant dans la ruelle pour essayer de ne pas réveiller Jovey mais ce dernier entrouvrit un œil avant de le refermer une fois rassuré. Corey informa rapidement la jeune fille qu’il pensait avoir réussi et comme confirmer ses paroles le pseudo tueur à gage fit son apparition, l’air contrarié. « Le voilà ! » Les deux videurs voulurent l’empêcher d’entrer dans le club avec ses armes mais il s’en débarrassa avec une prestance qui surprit Corey qui se rendit compte qu’il l’avait sous-estimé. Même si il avait l’air d’avoir quelque chose comme un poing américain serré dans sa main, il n’avait eu aucun mal à terrasser des deux costauds qui faisaient pourtant deux fois sa taille. A cet instant Corey aurait donné cher pour voir ce qu’il se passait à l’intérieur de la boite, au bout de quelques secondes les clients commencèrent à en sortir. Il crut entendre des coups de feu mais n’en n’était pas sûr.

« On dirait qu’il est sacrément remonté. Si seulement Xantrax n’a pas assez pour le payer ce serait parfait. »

Ils attendirent encore quelques minutes pour voir le mercenaire ressortir de la boite, l’air toujours aussi furieux, il n’avait apparemment pas eu tout ce qu’il désirait. L’essentiel pour que leur plan fonctionne, c’était que Xantrax soit mis sous pression financière. Pendant un bon moment, il ne se passa rien, les clients revinrent peu à peu et le lieu sembla reprendre son activité normale. Puis, quelques petites frappes, des voyous trop misérables pour servir d’homme de main à Xantrax mais assez doués pour revendre de la dope, arrivèrent les uns après les autres. Il n’était pas vraiment difficile de deviner ce qu’allait leur demander leur pseudo-chef, lui ramener de l’argent le plus vite possible, en dealant ou en volant, peu importe et de bien faire comprendre aux citoyens qu’il était loin d’avoir disparu. Enfin, ce devait être quelque chose de ce genre, il devait commencer à ressentir un sacré manque de liquidités et ce n’était que le début. Lorsque les voyous de bas étage ressortirent de leur petite réunion Corey se tourna vers la jeune voyageuse à ses côtés.

« Tu te sens assez en forme pour m’aider avec eux ? »

Heureuse de pouvoir se rendre réellement utile, elle secoua énergiquement la tête. « Oui, pas de problème. »

Il lui sourit pour lui faire comprendre qu’il avait conscience en elle et s’approcha de leur compagnon somnolent qu’il secoua délicatement en prononçant son nom.

« Jovey… ? » Il ne fut pas long à ouvrir les yeux. « On doit s’occuper de quelques petites frappes et on risque de se réveiller sous peu, il faut que tu surveille. Ca va aller ? »

« Ouais t’en fais pas, je ne suis pas un gros dormeur de toute façons. » répondit-il en s’étirant.

Ils le laissèrent là, pressant le pas pour pouvoir intercepter leurs cibles tant qu’elles étaient groupées, après ce serait trop compliqué. Ils parvinrent à les devancer à un carrefour avant que le petit groupe d’une demi-douzaine de jeunes adultes voir de vieux adolescents, ne se soit séparé. Corey se planta au milieu de leur chemin, les empêchant de continuer leur route, la capuche rabattue sur sa tête, il avait l’air relativement impressionnant. Ils comprirent rapidement que c’était un voyageur et que quelque chose de mauvais se préparait. Comme une meute de loup, ils se placèrent en demi-cercle, prêt à l’encercler, sans avoir besoin de parler, ils sortirent des armes plus ou moins improvisées. Deux avaient des couteaux, un autre un poing américain, l’un d’entre eux retira la chaine qu’il avait autour de la taille bien décidé à s’en servir contre le voyageur, les deux autres se battaient à main nue apparemment. A six contre un, ils étaient relativement sûr d’eux, mais le silence et la sensation de colère qui se dégageait de leur adversaire commençait à les mettre mal à l’aise.

« T’es qui toi ? Qu’est-ce tu nous veux ? » Demanda l’un de ceux au couteau.

« Vous devriez changer d’employeur, Xantrax est fini, c’est une question de temps. »

« Ah ouais ? Et si on n’a pas envie de changer de boss ? A un contre six qu’est-ce que tu vas nous faire ? »

« Même si j’aurais été seul j’aurais pu m’occuper de vous, mais je ne le suis pas. » Comprenant le signal, Pénélope qui était restée un peu à l’abri invoqua Théodore et Barnabey à côté de lui. Le contrôleur se demanda si elle avait l’expérience nécessaire pour maintenir correctement deux invocations simultanée mais il ne se posa pas longtemps la question. « Vous avez l’air bien décidé, allons-y. »

Le type à la chaine fit surement l’erreur de croire que le voyageur était l’invocateur des deux gros oursons en peluche. Il se jeta sur Corey sans se douter qu’il avait un pouvoir, ce dernier se contenta de mimer un pistolet et de lui tirer un rayon dessus, le foudroyant dans son élan. Un des type voulu s’en prendre à l’énorme ours en peluche mais son coup de poing s’enfonça dans le rembourrage sans faire broncher Barnabey qui se servit de son poids pour le jeter contre la paroi métallique. Le voyageur assomma rapidement un agresseur qui avait voulu lui foncer dessus, d’une manchette derrière la nuque, puis alla aider Barnabey à mettre KO un délinquant dont le couteau venait d’éventrer en partie la bourre de la peluche. Théodore passa sa mauvaise humeur sur les deux qui s’étaient intéressés à lui, le premier lâcha son couteau après s’être reçu un scalpel dans le poignet et le second voulu s’enfuir mais l’ourson chirurgien ne lui laissa pas cette occasion. En quelques secondes ils étaient venus à bout de la petite bande de voyous sans vraiment forcer. Mais les deux invocations disparurent dans leur nuage de fumée blanchâtre caractéristique. Il se tourna vers son amie voyageuse et vit qu’elle avait repoussé ses limites et qu’elle en payait le prix.

Il commença à aller vers elle mais elle l’interrompit en levant la main. « T’en fais pas pour moi, ça va, je ne vais pas tarder à me réveiller de toute façon. Occupe-toi d’eux... »

Il hésita quelques secondes, mais se rendant à l’évidence que de toute façon il ne pouvait rien faire pour elle, il revint vers les loubards qu’ils avaient maltraités. Sans dire un mot il leur fit les poches et récupéra leurs essences et les petits sachets de drogue que Xantrax venait probablement de leur confier. Il n’avait aucune envie de gouter à la poudre bleuâtre, même par curiosité, et entreprit de la faire disparaitre dans une grille d’évacuation. Il revint vers les deux qui étaient encore conscient et en rajouta une couche afin qu’ils n’oublient pas la leçon qu’ils venaient de recevoir.

« Comme je vous l’ai dit, Xantrax est fini, plus personne n’a peur de lui et il doit des thunes à tout le monde ! Si vous continuez à bosser pour lui je vous trouverais à nouveau… Allez, cassez-vous… »

Préoccupé par l’état de son amie, il laissa ceux qui étaient encore en état de marcher aider les autres à se relever et à partir sans demander leurs restes. Ils abandonnèrent même leurs armes de peur que les ramasser soit interprété comme un signe agressif par le voyageur. La fillette semblaient épuisée et il décida de la laisser se reposer ici même si les loubards pouvaient revenir, plus nombreux en espérant prendre leurs revanche. Heureusement elle disparut dans un nuage de fumée blanchâtre avant qu’il ne se passe quoi que ce soit. Corey rassembla les deux poignards, le poing américain et la chaine, puis jeta le tout dans une sorte de vide ordure qui les ferait disparaitre. Sachant qu’il ne pourrait pas entreprendre quoi que ce soit d’autre cette nuit, il attendit patiemment que les voyous reviennent mais se réveilla avant qu’ils ne le fassent.

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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 15:11

Une nouvelle journée dans le monde réel commença, assez similaire à la précédente, les pensées tournée vers ce qui devait se passer à Mirage Space et ce qu’il leur restait à accomplir. Il se noya dans une tâche qui demandait toute sa concentration pour éviter de trop penser à toute cette histoire. Mais malgré la complexité de l’interconnexion qu’il essayait de mettre en place, ses pensées revenaient souvent à Jovey et à Xantrax et malgré lui, il jetait sans cesse des coups d’œil à son téléphone portable, posé non loin de lui sur le bureau. Il se demandait si Tommy et Dan s’en étaient sortis et s’il n’avait pas fait une erreur en les impliquant dans cette histoire. Si jamais il arrivait malheur à l’un d’entre eux, il s’en voudrait peut être éternellement, même si certains détestaient leur vie à Dreamland, pour lui c’était une sorte de bénédiction et il avait du mal à comprendre qu’il puisse en être autrement.

Lorsque son Smartphone vibra, vers midi, il eut un peu peur du contenu du message, surtout lorsqu’il vit que l’expéditeur n’était autre que Dan. Mais heureusement ce dernier lui annonçait, dans son langage sms parfois un peu dur à déchiffrer, qu’il avait réussi la tâche que le geek lui avait confié. Le soulagement fût important et il s’empressa de le remercier, grâce à Dan, Xantrax ne pourrait plus acheter de drogue à Weed Land et s’il avait des dettes, il allait voir ses fournisseurs sonner à sa porte pour réclamer leur dû plus tôt que prévu. Corey espérait que ce serait la goutte d’eau qui ferait déborder le vase et qui pousserait Xantrax à la faute. Cette nouvelle le calma un peu, si déjà un de ses amis s’en était sorti sans encombre c’était déjà ça. Il fût tenté de relancer Tommy mais il préféra sans abstenir, si ce n’était pas encore terminé il risquait de lui mettre une pression non nécessaire qui pourrait le pousser à faire une faute.

Il laissa donc défiler la journée, espérant que leurs efforts conjoints parviendraient à faire sortir la souris de son trou. L’après-midi lui parut interminable et heureusement, sa sœur ne mangeait pas à la maison et il n’eut pas besoin de donner le change, ce qu’il aurait eu du mal à faire. Il n’essaya même pas de se coucher tôt, sachant que ça ne servirait à rien et aurait presque l’effet inverse. Lorsqu’il se mit au lit, il eut quand même un peu de mal à trouver le sommeil et arriva donc presque encore plus tard que la veille dans le monde onirique.

---Dreamland---

Il apparut directement dans la ruelle malodorante dans laquelle ils surveillaient les allées et venue de leur cible depuis plus de deux jours maintenant. Il constata une peu déçu qu’il avait récupéré sa tenue la plus habituelle, pyjama et pieds nus, mais au moins il se sentait à l’aise. En apparaissant ainsi dans un nuage de fumée il avait fait légèrement sursauter Pénélope qui semblait être la seule dans le coin, il lui sourit et s’apprêtait à la saluer amicalement lorsqu’il vit l’expression inquiète sur son visage. Il comprit presque aussitôt.

« Il a bougé ? »

Elle acquiesça de la tête en précisant « Ça fait au moins trente minutes… Tous les costauds étaient avec lui… »

« Ok pas de temps à perdre alors, merci de m’avoir attendu. »

« Il préférait être seul pour la première partie de toute façon. »

Ils se mirent en route, la jeune fille le guidant jusqu’au premier repère, un morceau de tissus semblable à ceux qu’ils avaient utilisé quelques jours plus tôt. Ils remontèrent facilement le chemin tracé par leur ami, même si ils crurent bien avoir perdu sa trace à un croisement où un courant d’air avait fait bouger le marqueur. Ils perdirent donc quelques précieuses minutes à retrouver le bon chemin mais tentèrent de les rattraper en forçant la marche. C’est donc presque en courant qu’ils arrivèrent dans une zone de la station qui semblait destinée au stockage, comme une sorte de garde meuble géant. Des dizaines de portes de box s’enchainaient les unes après les autres et ils pénétrèrent dans une sorte de labyrinthe dont ils perdirent rapidement le compte des intersections. Ils finirent par arriver dans une section où les portes étaient en plus mauvais état et où les loyers devaient être moins chers car trop loin de l’entrée. Ils virent que Jovey leur avait laissé trois morceaux de tissus, signe que la fin du chemin était proche, ils approchèrent donc à pas de loup de leur ami qui les avait repéré avant qu’ils ne le voient.

« Les filles sont bien là, il a dû trouver un acheteur, on dirait que ces enfoirés les préparent pour le transport. »

« Ils sont combien ? »

« Beaucoup… Tous les valides enfin, une dizaine je dirais mais individuellement ils ne font pas le poids. »

« Malheureusement j’ai peur qu’ils ne se séparent pas. En plus ils auront les otages à portée de main, il va falloir être efficace. Des idées ? »

Ils s’entre-regardèrent mais visiblement aucun des deux n’avait de solution miracle à proposer, le fait que leurs cibles soient avec des otages rendait la situation compliquée. Ils furent interrompus dans leurs réflexions par une petite voix.

« Utilisez-moi ! » s’exclama la jeune voyageuse, provoquant la surprise de ses deux amis. « Ils ne me connaissent pas, je peux faire diversion ou quelque chose comme ça. »

« C’est trop dangereux… Tu risques de te retrouver enchainée avec elle avant d’avoir pu faire quoi que ce soit. »

« Je veux aider, hors de question que vous me laissiez en arrière cette fois ! »

« Mais… »

« Je me débrouillerais, vous en faites pas pour moi. »

Avant qu’ils aient vraiment pu réagir, elle avait commencé à avancer en direction de leurs cibles, le visage décidé, probablement un peu pour cacher sa peur. Les deux hommes se regardèrent, impressionnés par le courage de ce petit bout de femme qui une fois de plus leur montrait qu’ils pouvaient compter sur elle. Ils se dépêchèrent d’emprunter un itinéraire détourné que Jovey avait repéré, pour arriver derrière Xantrax et ses hommes. Ils ralentirent le rythme lorsqu’ils arrivèrent en vue de ces derniers, désireux de maximiser l’effet de surprise. Apparemment, Pénélope s’était approchée d’eux en pleurant et ils se demandaient ce qu’une enfant esseulée faisait ici.

« Une rêveuse ? » Demanda l’un de ceux qui s’était approché d’elle.

Xantrax, jusque-là encore à l’intérieur du box d’où les jeunes filles sortaient une à une, leurs poignets attachés à ceux de la fille devant eux. Il s’approcha un peu de la gamine et fronça les sourcils.

« Non… Non c’est pas une rêveuse, c’est une voyageuse, je le sens pas… Atten… »

La fin de ses paroles fût noyé dans le chaos qui s’était déclenché des que ses hommes avaient senti la panique envahir leur boss. Aussitôt Penelope avait réagi en envoyant un grand coup de pied dans tibia de l’homme de main qui s’était approché un peu trop près d’elle. Même si elle était relativement frêle ça ne devait vraiment pas faire du bien car elle avait, malgré-elle, la force d’une voyageuse. Elle en profita pour invoquer Barnabey qui se matérialisa juste à temps pour empêcher un autre sbire d’approcher d’elle. Les deux garçons avait profité de l’occasion pour s’approcher soudainement, mais en tentant de rester discrets jusqu’au dernier moment. Corey fracassa violemment un grand rouquin qui lui tournait le dos contre la paroi la plus proche et enchaina immédiatement avec un autre qui était jusque-là en train de serrer la corde autour des poignets d’une malheureuse supplémentaire. Celui-là eut le temps de se redresser et de lever les bras dans un semblant de garde mais le voyageur le prit de vitesse et lui envoya un uppercut qui le sonna assez longtemps pour que le geek l’achève d’un direct en pleine face.

Jovey lui aussi n’avait eu aucun mal à prendre un premier adversaire par surprise en lui assénant un grand coup, des deux mains jointes, derrière la nuque. Il n’était pas du tout sûr que sa malheureuse victime ai survécut à cette attaque, mais la créature des rêves ne pouvait pas se poser la question car un autre homme de main avait sorti un couteau et cette fois la surprise ne marcherait pas.

La voyageuse parvenait à s’en sortir contre les deux hommes de main qui s’occupaient d’elle, réfugiée derrière son gros ours en peluche contre lequel les coups contondant étaient inutiles, elle attendait les occasions pour faire des dégâts. Dès qu’un des hommes de main parvenait à contourner l’invocation, elle le frappait violemment pour lui faire passer l’envie de recommencer. Cette façon de battre était efficace mais elle ne durerait qu’un temps car, lassé par son petit jeu, un des hommes de main qui se tenait le poignet venait de sortir un revolver. Même si Barnabey était épais, il ne pourrait pas résister à des balles.

« Allez, allez ! Bougez-vous, fuyez le plus loin possible. »

Trop occupé à faire évacuer les malheureuses captives, Corey ne vit pas venir Xantrax, qui profita de l’occasion pour lui coller un coup de pied bien appuyé sur le côté de la tête. Entre la surprise et la puissance du coup, le voyageur ne put rien faire et s’écrasa lamentablement contre l’encadrement de la porte d’où sortaient le reste des jeunes filles. Sacrément sonné, il ne put pas reprendre ses esprits avant que son adversaire ne soit sur lui. Xantrax avait fait l’erreur de ne pas se donner à fond directement contre le voyageur et son allié la fois précédente, il semblait bien décidé à ne pas la reproduire. Il avait attrapé Corey à la gorge et commençait à lui frapper la tête contre le mur métallique non loin de la porte. Luttant pour rester conscience et ignorer la douleur qui lui brouillait les idées, le voyageur réussit tout de même à faire appel à son pouvoir. Pointant la paume de la main vers le visage de son adversaire il lui expédia un flash lumineux maintenu assez puissant pour déstabiliser et aveugler temporairement ce dernier. Pendant un instant Corey crut que le mafieux allait réussir à garder ses mains autour de son cou mais il finit par lâcher pour se protéger les yeux. Le geek tomba à genoux, cherchant désespérément de l’air, il se remit debout en même temps que son vis-à-vis qui semblait bien décidé à ne pas le laisser mener la danse. Cette fois l’humain parvint à passer sous son poing et à le repousser en le poussant, des deux mains, au torse. Profitant de ce répit, il s’apprêtait à utiliser son pouvoir en mimant un revolver avec ses mains, mais un des hommes de main qui avait jusque-là essayé de retenir les captives s’aperçut que son chef était en danger et se jeta sur le voyageur, l’écrasant de son poids. Grâce à sa force, Corey parvint à le repousser et lui colla un crochet du gauche qui lui laisserait des souvenirs, mais cette distraction avait permise à son adversaire principal de se rapprocher à nouveau.

Malgré une estafilade en haut du bras gauche, Jovey était parvenu à se débarrasser de son adversaire en lui brisant le poignet. Mais il n’avait pas eu le temps de venir aider l’un de ses amis, car un autre sous-fifre était venu s’en prendre à lui, bien décidé à lui faire payer sa trahison à grands coups de poing américain. Même si il était parvenu à bloquer ou à dévier la majeure partie des coups, il avait l’arcade sourcilière d’éclatée et le sang maculait tout le côté gauche de son visage. Il parvenait à donner le change mais semblait surtout attendre l’occasion de mettre fin au combat en une seule prise. Il esquiva un nouveau crochet du droit qu’il faillit ne pas voir venir à cause du sang qui gênait sa vision et envoya un coup de pied bas qui toucha au niveau du genou, déséquilibrant le loubard au poing américain. Jovey sut que c’était sa chance et il lui agrippa l’avant-bras et s’en servit pour appuyer une série de coups de genoux dans le torse. Pour les amateurs de détails macabres, aux moins deux côtes se brisèrent dans un bruit écœurant alors que le malheureux eut le poumon perforé par l’une d’entre elle. Il l’assomma d’une manchette et laissa son corps chuter dans un bruit mat, après un rapide coup d’œil, il vit que le voyageur de lumière était aux prises avec Xantrax, que des captives venaient de se jeter à plusieurs sur deux de leurs geôliers. Il choisit d’aller aider la jeune voyageuse qui semblait être la plus en difficulté.

En voyant l’arme, la voyageuse avait eu un bon réflexe, elle avait surmonté sa crainte et s’était dépêchée de passer devant l’énorme ourson. D’une roulade agile, elle passa entre ses jambes, heureuse que ses cours de gym lui servent enfin à quelque chose. Tout en se redressant elle fila un grand coup de pied dans les valseuses de l’homme de main qui tenait le revolver, conformément à l’effet qu’elle avait espéré, vis-à-vis des films et des dessins animés, il écarquilla les yeux et expira par réflexe avant de se replier sur lui-même et de s’agripper les parties dans une grimace de douleur. Pénélope se précipita pour ramasser l’arme qu’il avait lâchée dans l’opération mais elle fut attrapée par son autre adversaire qui, même si il était un peu amoché, était encore en état de se battre. Ignorant la douleur cuisante que lui causait la traction infligée à ses cheveux, elle envoya un coup de pied en arrière, à l’aveugle. Le malfrat lâcha prise, emportant une bonne touffe de cheveux au passage mais lui permettant de se redresser. Elle envoya un nouveau coup de pied, plutôt élégant pour quelqu’un qui n’avait pas l’habitude de se battre, mais il recula d’un pas pour l’éviter. Il allait se jeter sur elle, probablement pour la plaquer au sol, mais deux énormes bras en mousse se refermèrent autour de son ventre, l’immobilisant partiellement. Elle brandit l’arme devant elle tentant de masquer son tremblement, elle rassembla son courage et s’adressa à ses deux adversaires, celui aux prises avec l’ourson géant et celui qui se relevait après avoir reçu un coup dans les parties.

« A… A… Arrêtez ! » lança-t-elle.

Celui qui n’était pas aux prises avec Barnabey et qui avait commencé à se rapprocher d’elle ralenti, regardant le canon timidement pointé sur lui. Il jaugea la petite voyageuse qui le tenait et, estimant qu’elle n’aurait pas le cran, le tatoué aux longues oreilles se remit avancer vers elle.

« Re…Recule ou je tire ! »

La jeune fille compris avec effroi qu’il avait deviné qu’elle n’aurait jamais le cran de faire feu, elle paniqua en le voyant arrivé à portée de main de son arme et … désespérée, pressa la détente. La déflagration la surprit elle-même et l’expression effarée qui se peignit sur son visage fit écho à celle de la brute épaisse qui porta une de ses mains à son ventre et parut encore plus surprit en la voyant maculée de sang.

« Petite pute … » grogna-t-il en lui collant un revers qui la propulsa contre le mur métallique, l’assommant à moitié.

Il était salement amoché mais la fureur de s’être fait avoir par une gamine le maintenait debout et lorsqu’il se dressa en dessus du petit corps de la voyageuse, c’était avec une envie de meurtre clairement visible sur le visage. En étant au bord de l’inconscience, elle ne put maintenir le contrôle sur Barnabey qui s’évapora dans un nuage de fumée blanchâtre. La malheureuse Pénélope se retrouvait donc allongée au pied d’un mur qui portait la trace ensanglantée laissée par son crâne lorsqu’il l’avait percuté, à la merci de deux brutes qui lui en voulait à mort. Ils prirent leur élan pour la rouer de coups de pieds mais juste à ce moment-là, une ombre fit son apparition juste derrière eux et dans le même mouvement, Jovey fracassa leurs têtes l’une contre l’autre. Le son écœurant qui se fit entendre laissait clairement comprendre qu’il y avait mis toute sa force et qu’aucun d’entre eux ne s’en relèverait. Il enjamba les cadavres et s’approcha pour prendre le pouls de la jeune femme qui, même si il était faible ne semblait pas indiquer de danger mortel. Elle s’était juste évanouie et il pouvait aller s’occuper des deux gardes qu’il restait pendant que Corey en finissait avec Xantrax.

Pas complétement remis de ses blessures héritées de leur dernier affrontement, le mafieux n’arrivait pas à tenir le rythme imposé par le geek qui s’était remis de l’intégralité de ses blessures en seulement un jour, avantage non négligeable des voyageurs. Utilisant l’intégralité de sa force, de sa rapidité et du peu de technique qu’il avait au corps à corps, Corey ne lui laissait pas une seconde de répit. Il enchainait les coups de pieds, de poing, les flashs lumineux et les rayons des qu’il le pouvait. En peu de temps le criminel avait déjà le nez à nouveau brisé et l’arcade rouverte, il avait reçu au moins deux coups de genou dans les côtes et l’une d’entre elle s’était probablement brisée. Le souffle commençait à lui manquer alors que l’héliophobe, même si il avait reçu quelques sales coups, ne semblait pas disposé à ralentir le rythme. Enragé par les manigances détestables de cet énergumène, il faisait totalement abstraction de ses poings en sang et de deux de ses doigts qui devaient être déboités. Une seule chose comptait, démolir ce rat, l’empêcher de nuire à nouveau, ne pas le laisser kidnapper d’autres jeunes filles, ne pas le laisser capable de tabasser un autre de ses amis. Sans une once de pitié, Corey profita du manque de vigueur de son adversaire pour augmenter encore le rythme. Oubliant complètement de maintenir une garde, il faisait pleuvoir les coups sur le criminel, ignorant ceux qu’il recevait parfois en retour. Après moins d’une trentaine de secondes de cette furie digne d’un berzeker, Corey cessa de frapper, seulement pour voir Xantrax s’écrouler, la figure en bouillie mais encore vaguement conscient. Il semblait être en train de marmonner des insultes à l’adresse du voyageur tout en luttant pour ne pas perdre conscience. Le geek lui colla encore deux grands coups de pieds pour être sûr qu’il ne tenterait plus rien et se tourna juste à temps pour voir Jovey achever le dernier des gardes.

Ils n’eurent pas besoin d’échanger de parole, la créature des rêves vint s’assurer que leur prisonnier ne leur fausse pas compagnie alors que le voyageur allait s’enquérir de l’état de la jeune fille brune. Il constata immédiatement qu’elle était pâle et qu’elle avait reçu un sale coup à la tête, mais elle respirait plutôt régulièrement et tiendrait probablement le coup jusqu’à la fin de la nuit. Il jeta rapidement un coup d’œil à son ami et à leur ennemi, les deux étaient en pleine discussion et Corey choisi de laisser Jovey mener l’interrogatoire, après tout c’était lui qui avait des réponses à trouver. Il s’occupa plutôt du confort de la malheureuse Pénélope qui, si elle avait été dans le monde réel, aurait eu une sacrée bosse le lendemain à l’arrière du crâne. Il la positionna en position latérale de sécurité même si il ne savait pas si ça servirait à grand-chose et vérifia qu’elle respirait toujours aussi sereinement. Il fût un peu gêné par la discussion des deux autres mais le souffle de la jeune voyageuse semblait toujours aussi régulier.

Il se redressa et constata que Jovey lui aussi était debout et qu’il lui faisait face, un peu ému, Corey se demanda si il venait enfin d’apprendre ce qu’il était arrivé à sa sœur.

« Alors ? »

Pour toute réponse son ami lui fit un clin d’œil et articula quelques mots sans les prononcer à voix haute, le voyageur était en train de les déchiffrer lorsque la créature des rêves se jeta sur lui. Il parvint tout juste à esquivé le premier coup de poing mais ne vit pas arriver la balayette qui lui percuta les pieds, le faisant chuter. Il arrivait à peine à y croire, les idées se bousculaient dans sa tête, il n’arrivait pas à réfléchir tout en essayant de ne pas prendre les coups de son ami de plein fouet. Il amorti une série de coup de pied à l’aide de ses avant-bras mais lorsqu’il essaya de se relever, l’autre le cueillit avec un direct qui le renvoya en arrière.

« Qu’est-ce qu’il te prend bordel ! »

Tournant le dos à Xantrax Jovey répondit par un nouveau clin d’œil qui contrastait avec son cri et le nouveau coup de pied qu’il envoya.

« La ferme tu peux pas comprendre ! » Il frappa à nouveau. « C’est le seul moyen. »

Le geek commençait à se demander quelle mouche venait de piquer son ami, il allait bien quelques instants plus tôt et après avoir discuté quelques minutes avec le mafieux il se jetait à sa gorge. Corey comprit que c’était probablement quelque chose que Xantrax avait dit, essayait-il de lui faire croire que le voyageur était mêlé à cette histoire, mais dans ce cas-là pourquoi les clins d’œil ? Il repoussa son adversaire pour se donner le temps de réfléchir mais, agilement ce dernier revint au contact pour lui donner une série de coup de poing dans les côtes. Etonnamment les coups n’étaient pas bien violents, le voyageur avait connu bien pire, pendant qu’il était au contact Jovey murmura quelques mots.

« Couche toi … »

Corey ne saisit pas toute de suite, mais en se prenant un uppercut un peu plus appuyé qui l’envoya en arrière, il comprit. Il fit semblant d’avoir un peu de mal à reprendre ses esprit et commença à se relever plus lentement qu’il l’aurait fait normalement. Jovey lui colla un nouvelle série de coups de genou l’empêchant de se redresser, il frappait doucement mais le voyageur donnait le change. Il ne savait pas pourquoi, mais son ami avait besoin qu’il fasse semblant de perdre, il lui ferait confiance et se coucherait. Il fit alors le lien avec les paroles articulées au début du combat par son adversaire. « Aies confiance. ». Il fit semblant d’essayer de repousser son opposant mais ce dernier mima un nouveau coup de pied dans le ventre, Corey, qui venait se mordre volontairement la joue, en profita pour cracher un peu de sang. Haletant, il se tenait à la merci de la créature des rêves à laquelle il cracha sa rancœur simulée.

« Enfoiré… »

L’autre l’acheva avec crochet dans la mâchoire qui ne le laissa pas tout à fait indifférent, il fit semblant de tomber dans l’inconscience. Il eut un moment de doute, ne sachant pas si Jovey allait encore le frapper, mais il parvint à rester assez maître de lui-même pour ne pas bouger. Il entendit son ami retourner vers le mafieux qui n’avait apparemment pas bougé, et s’adresser à lui, un peu essoufflé.

« Très bien, il ne m’empêchera pas de te laisser partir maintenant qu’il est KO. Dis-moi où elle est ! »

« Ah ah… je savais que t’étais malin, aide moi à me relever. » Des bruits lui permirent de comprendre que son ami s’exécutait. Allait-il vraiment laisser l’homme responsable de la disparition de sa sœur s’en tirer à si bon compte ? « Très bien, je vais te le dire, mais pour être sûr que t’essayes pas de m’empêcher de me tirer, je veux que tu me laisses t’attacher les pieds. »

« C’était pas dans le deal ! » Même ainsi aveuglé, Corey ressentait la fureur de son ami. « Qu’est-ce qui me dit que vas pas juste te tirer une fois que je serais immobilisé. »

« C’est comme ça et c’est non négociable. J’ai bien compris que tu me traquerais jusqu’à l’autre bout de Dreamland pour retrouver ta pleurnicheuse de sœur. Vous m’avez causé bien assez d’emmerdes comme ça, je préfèrerais ne plus jamais revoir ta sale tronche. »

Jovey hésita quelques instants. « Bon d’accord… Dépêche-toi… pas de geste brusque ou je te démolis, même pieds joints… »

Pendant une bonne minute ils ne parlèrent plus puis Xantrax se redressa, apparemment satisfait de l’entrave ainsi infligée à son ancien sous-fifre.

« J’espère que ce sera la dernière fois qu’on se croise tous les deux. La dernière fois que j’ai vu ta sœur, elle était entre les mains d’une mère maquerelle des mauvais quartiers de Luxuria. Une grosse qui se fait appeler Makrel, ce sera elle qui pourra te dire ce qu’est devenue ta frangine.

Bon allez, j’espère plus jamais revoir vos sales gueules, de toute façon je vais être obligé de prendre le large, vous me le paierez un jour. Je vous le promets. »


Il commença à s’éloigner mais il y eut soudain une sorte de flash lumineux qui lui fit plisser le regard et devant lui se matérialisa la silhouette du voyageur, un sourire carnassier plaqué sur le visage.

« Tu comptais aller où comme ça, raclure ? »

La stupéfaction qui se peignit sur le visage du malfrat était tout à fait délectable, il pensait s’en être encore une fois tiré à bon compte. Il avait probablement déjà prévu d’aller chercher ses économies planquées quelque part et de mettre les voiles pour se faire oublier, mais il venait de se rendre compte qu’il s’était fait rouler. Comme pris d’un doute il regarda à l’endroit où aurait dû se trouver Corey.

« Enfoirés… »

« Et oui… »

Le voyageur lui colla un direct bien appuyé au centre du visage, le mettant KO définitivement, il aida Jovey à se libérer et utilisa les même liens pour entraver le criminel au cas où il lui reste encore des forces. Il revint alors vers son ami.

« J’ai failli douter de toi, désolé. »

« L’essentiel c’est que tu l’ai pas fait. Pour rien au monde j’aurais laissé ce salaud s’en sortir pour pouvoir faire à d’autres familles ce qu’il a fait à la mienne. »

« Je vais aller le livrer aux autorités, il risque de pas voir le soleil pendant un moment. Je te laisse veiller sur Pénélope ? » Connaissant le passé de criminel de Jovey il valait mieux qu’il ne s’approche pas d’un poste de police.

« Pas de problèmes… »

« Je viendrais te voir dans quelques jours te donner ta part de la récompense et voir si tu as besoin d’aide pour retrouver ta sœur. D’ici là… fait gaffe à toi. »

Ils savaient tout deux que leurs chemins étaient en train de se séparer, pour quelques temps au moins, mais c’était pour la bonne cause. Il fallait que Jovey mène sa quête seul, le voyageur espérait juste qu’elle aboutirait à des retrouvailles heureuses. Ils se serrèrent la main, trop émus pour parler, l’ancien criminel n’avait pas besoin de mettre des mots sur la gratitude qu’il éprouvait envers le voyageur, ce dernier le savait. Corey tourna les talons, chargea l’imposante carcasse du malfrat dont la tête était mise à prix sur son épaule et disparu dans les dédales de couloirs de la station spatiale, se demandant ce que serait devenu son ami lorsqu’ils se retrouveraient. Il savait qu’il reverrait la voyageuse avant Jovey car il essaierait de la trouver la nuit prochaine pour lui raconter. Elle méritait d’avoir les détails…

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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Jeu 6 Aoû 2015 - 15:27

Lorsqu’il arriva en vue du sas qui symbolisait l’entrée du poste de police de la station, le geek était en nage. Même si grâce à sa force et son endurance de voyageur il avait pu arriver relativement rapidement ici, porter le corps inanimé d’un grand gaillard en forçant l’allure n’était pas une mince affaire. Il passa la porte automatique, essoufflé et pressé de déposer, enfin de jeter, son fardeau aux pieds de l’officier de garde. Un peu éberlué ce dernier lui lança un regard interrogateur par-dessus le journal qu’il était en train de lire mais Corey du prendre encore quelques secondes pour récupérer avant de pouvoir parler de façon intelligible.

« Il est recherché… »

L’autre daigna enfin se pencher pour regarder le prisonnier de plus près mais il se redressa instantanément en reconnaissant l’un des criminels les plus recherchés du royaume. Il bredouilla quelques mots inintelligibles avant d’interpeller son collègue, à l’autre bout de la pièce en lui demandant d’aller chercher leur supérieur de toute urgence. Il n’osa même pas regarder le voyageur dans les yeux en attendant que l’intéressé arrive, la main sur son arme de service il surveillait Xantrax comme si c’était un démon susceptible de s’éveiller pour le dévorer à tout instant. Le responsable arriva donc rapidement, et, après avoir identifié formellement le criminel, il le fit conduire en cellule de haute sécurité. Il prit la déposition, peu détaillée, du voyageur qui lui indiqua l’endroit où devait se trouver les hommes de main inconscient, et lui remit la prime, soucieux de ne pas contrarier quelqu’un qui avait réussi en une semaine là ou ses hommes et lui échouaient depuis des années.

« Vous croyez que les charges qui courent contre Jovey pourraient être abandonnées vis-à-vis du service rendu dans cette affaire ? »

« Ca dépend pas de moi, mais ça devrait pas poser de problème, surtout si la Ligue approuve. »

« Je leur en parlerais. »

« Autre chose ? » Demanda-t-il en voyant Corey hésiter.

« Si c’est possible j’aimerais rendre visite aux trois criminels que j’ai livré il y a trois semaines. Rick, Roll et le prof. »

L’homme de loi posa rapidement le pour et le contre et rendit sa décision.

« Vu le service que vous venez de rendre à Mirage Space je me vois mal vous refuser ça. Suivez-moi. »

Il emboita le pas de l’homme de loi qui après avoir passé plusieurs portes sécurisées le fit entrer dans une salle où il lui demanda d’attendre. Une dizaine de minutes plus tard, des gardes firent entrer le colosse à quatre bras, le cyclope et le scientifique à la boite crânienne disproportionnée. Ils les menottèrent à des amarres prévues à cet effet et laissèrent les quatre protagonistes seuls dans la pièce. Les trois créatures des rêves ne semblaient pas disposées à engager la conversation, ils attendaient juste que le voyageur responsable de leur emprisonnement leur explique pourquoi il les avait fait sortir de leur cellule. Corey rassembla ses idées et pris la parole.

« Je viens de livrer Xantrax … Il est détruit et il n’y a personne pour prendre sa suite. »

Ses interlocuteurs ne parvinrent pas à masquer totalement leur surprise, ni la vague d’émotion qui les submergea tout à coup. La cause pour laquelle ils avaient tout sacrifié, était enfin parvenue à son terme, le responsable de leurs malheurs était hors d’état de nuire. Quelque part ils avaient enfin la sensation de ne pas avoir fait tout ça en vain, que leurs efforts et leurs sacrifices étaient finalement récompensés. Le doc voulu prendre la parole, probablement pour remercier Corey mais ce dernier leva la main pour lui demander d’attendre.

« Je ne sais pas quand je vais me réveiller, je vais aller à l’essentiel. Il ne pourra plus nuire et si les autorités ici ou les prisonniers se montrent… convaincants… il lâchera peut être la liste de ses clients. » Le message semblait être passé et les deux costauds semblaient impatients de pouvoir… discuter… avec leur ami Xantrax.
« Je ne veux surtout pas vous donner de faux espoirs, mais on a libéré une dizaine de captives, je n’ai aucune idée de leurs identités ou du temps depuis lequel elles étaient là. »

Il avait dit ce qu’il avait à dire et commença à se diriger vers la porte, pratiquement en cœur, ils laissèrent échapper un « merci » auquel il hocha simplement la tête avant de pousser le battant. Il n’arrivait pas à pardonner au trio leurs crimes contre les voyageurs mais d’un autre côté, il se demandait ce qu’il aurait été capable de faire si quelqu’un comme Xantrax s’en était pris à sa sœur. Il salua rapidement l’officier qui s’était occupé de lui et sortit du poste, plus léger, avec la satisfaction du travail bien fait. Il se demanda s’il aurait le temps de retourner voir Jovey avant de se réveiller mais d’un autre côté ils s’étaient tout dits lorsqu’ils s’étaient quittés quelques minutes plus tôt.


Il ralentit le pas, se demandant ce qu’il allait faire du reste de sa nuit lorsqu’une lueur éclatante provenant de l’autre bout du couloir dans lequel il était lui fit plisser les yeux. Depuis qu’il était devenu un voyageur, il n’avait jamais vu une lueur aussi vibrante, pure et puissante, il n’arriva pas à faire un pas de plus, absorbé dans sa contemplation. Au cœur de cette zone de pure luminosité vibrante une silhouette se découpa, celle d’un homme, ou d’une femme, il n’aurait pas pu le dire, entièrement constitué de lumière. L’apparition, puisqu’il ne savait pas vraiment quel nom mettre sur elle, portait une armure complète et une épée au côté, mais plus intriguant, avait des ailes et une auréole étrange qui flottait quelques centimètres au-dessus de ses longs cheveux brillants, tout son être semblait constitué de lumière. Médusé, le voyageur n’aurait pas pu bouger, même si il l’aurait voulu, il regarda l’archange rayonnant s’approcher de lui, marquant le sol d’une croix étincelante à chacun de ses pas. Ebloui, l’héliophobe n’avait jamais vu tant de magnificence réunie en une seule personne, il ne sut pas vraiment pourquoi mais l’envie de s’agenouiller le frappa de plein fouet. Un être qui dégageait une telle aura ne pouvait pas être quelqu’un d’ordinaire, il était prêt à parier sa vie la dessus. Sans le vouloir il baissa la tête en attendant que l’apparition s’adresse à lui mais rien n’aurait pu le préparer à la voix qui jaillit dans son esprit comme si elle n’était pas passée par ses oreilles. Jamais il n’avait entendu un son aussi cristallin et mélodieux, il aurait pu écouter ce son pendant des heures sans s’en lasser une seconde.

« Bonjour, Corey. » Ainsi l’être éthéré connaissait son nom, il n’en fût pas vraiment surpris, l’entité avait tout à fait l’aura de quelqu’un d’omniscient. « Je suis Luxian, seigneur de la lumière. » Le geek ne répondit rien, ça aurait été un crime d’interrompre quelqu’un de cette trempe. « Je t’observe depuis que tu t’es éveillé à notre monde et que ce pouvoir t’as été confié. Aujourd’hui, je suis parvenu à la conclusion que ton cœur était bon et que tu avais fait une sage utilisation de ton don. » Le compliment lui tira presque des larmes des yeux, il ne savait pas pourquoi mais ça signifiait énormément pour lui. Depuis qu’il était devenu voyageur il avait parfois eu l’impression de faire beaucoup de mal en tentant de faire le bien. Qu’un seigneur lui dise que la balance était tout de même dans le positif lui importait beaucoup.

« Ainsi je t’invite officiellement à venir œuvrer pour la bonté et la justice à mes côtés, au royaume de la lumière. »

Encore sous le choc de cette rencontre le jeune homme mis un peu de temps à réaliser ce que venait de lui dire Luxian et qu’il attendait probablement une réponse. Il devait avouer qu’il avait éprouvé de la jalousie en apprenant que certaines personnes étaient associées à un royaume d’une façon ou d’une autre dès qu’ils devenaient voyageurs. Il savait bien sûr que certaines fois, comme pour sa sœur, ça relevait plus de l’esclavage et de la torture mais l’héliophobe commençait à douter de l’existence du royaume de la lumière dont il avait entendu parler. Il s’était mis à sa recherche mais ne s’en était jamais approché, il était allé de fausses-pistes en déceptions et avait pratiquement renoncé. Mais aujourd’hui alors qu’il ne s’y attendait absolument pas, le seigneur de la lumière venait à lui, lui confirmait l’existence de ce lieu et l’invitait à le rejoindre. C’était un peu trop d’un coup, surtout après la nuit qu’il venait de vivre, il devait avoir l’air totalement perdu mais il se reprit lorsque l’archange sourit légèrement devant son air médusé.

Il se força à répondre, trébuchant sur le début de sa phrase. « Ce … Ce … Serait un honneur… Seigneur. » Il ne savait pas trop comment s’adresser à lui mais ce terme semblait tout à fait approprié devant tant de prestance.

« Excellent, voici le royaume de la lumière. » Corey n’aurait su expliquer comment mais il avait désormais une image mentale parfaitement claire de la ville accolée au lac cristallin et de chacun de ses bâtiments blancs. La beauté de l’endroit était à couper le souffle, tout, dans cette cité semblait avoir été conçu pour sublimer les jeux de lumière avec les rayons solaires. « Si jamais tu t’éveilles de l’autre côté du désert qui entoure mon royaume, ne cherche pas à le traverser à pied, voilà une carte qui te donnera accès aux tapis volants qui font la navette. »

Une sorte de carte plastifiée apparu dans la main de Corey sans qu’il puisse expliquer comment elle y était arrivée, il y jeta un rapide coup d’œil. Le texte le plus évident était « Tapis volants Joe et cie » puis en plus petit « carte membre premium » en italique en dessous « Durée illimitée » le tout dans une police orientale un peu criarde. Il releva la tête pour voir la main de l’être éthéré s’approcher de son visage, de son œil droit plus précisément. Involontairement, il ferma les yeux, pour les protéger de l’éblouissement et sentit quelque chose changer dans son œil droit. Il n’aurait pas pu le décrire mais il sut que Luxian lui avait fait quelque chose d’important, sans savoir de quoi il s’agissait pour l’instant. Il ne paniqua pas, rassuré par la présence de l’archange qui aurait probablement pu le tuer en une fraction de seconde s’il lui avait voulu du mal.

« Voilà. » Corey rouvrit les yeux, enfin l’œil gauche car il lui était tout simplement impossible de bouger la paupière droite. En temps normal il aurait probablement paniqué, ainsi éborgné, mais là ça ne l’inquiétait pas outre mesure. « Te voilà doté du don de clairvoyance. Lorsque tu seras assez fort pour le maîtriser, il te sera d’une aide précieuse pour percer les illusions de l’obscurité et du mal. » Involontairement, le voyageur essaya à nouveau de soulever sa paupière qui ne frémit même pas. « Tu auras surtout affaire à mon chambellan, Candelo. Mais nous nous reverrons bientôt, j’en suis sûr. » Malgré lui Corey ressentit une vive déception à l’idée qu’ils se quittent sans avoir la certitude de se revoir prochainement. Après tout, qui savait ce que représentait le temps pour un être qui devait probablement être immortel. « Va dans la lumière, voyageur. »

Muet, il assista au départ de Luxian, qui s’en alla comme il était venu, dans une lumière vibrante et chatoyante. Ce n’était peut-être que de la poudre aux yeux mais étant donné la puissance qu’il dégageait, Corey n’aurait pas été étonné que son seigneur déforme l’espace sans se fatiguer. Il se retrouva donc, seul, dans un couloir mal éclairé de Mirage Space, encore sous le choc de ce qu’il venait de voir et d’entendre. Il porta la main à son visage, touchant les contours de son œil droit, il avait l’impression que la peau était plus chaude par endroit, il y avait certainement une marque ou une sorte de rune. Il était curieux de voir son reflet mais il n’y avait rien, autour de lui, pour le lui permettre. Il essaya à nouveau d’ouvrir la paupière droite mais elle resta obstinément close, le handicap de ne voir que d’un œil risquait de le gêner dans ses prochains combats, mais ça en valait probablement la chandelle. Il ne savait pas exactement ce qu’était le don de clairvoyance mais il pressentait que ça deviendrait un avantage non négligeable des qu’il le maîtriserait.

« Voilà qui risque d’être intéressant… »

Il disparut dans un nuage de fumée et s’éveilla dans le monde réel après une nuit vraiment bien remplie…


FIN

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Note: Peu de personnes connaissent le nom de famille de Corey en RP  merci d'en tenir compte.
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MessageSujet: Re: De mal en pis [Quête-solo] Aujourd'hui à 21:19
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De mal en pis [Quête-solo]

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