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Une taffe pour un cancer!

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Edgard Garise
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Date d'inscription : 02/08/2015

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Edgard Garise
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MessageSujet: Une taffe pour un cancer! Une taffe pour un cancer! EmptyMer 5 Aoû 2015 - 0:20
C’était bien mal le connaître de penser qu’il allait abandonner. On ne l’appelait pas « L’homme le plus tenace de tout Dreamland » pour rien. D’ailleurs, c’est vrai qu’on ne l’appelait pas comme ça. Personne ne l’appelait, en fait. Fallait d’abord être connu pour être appelé. Déjà deux semaines qu’il zonait le Royaume Enfumé en quête de la mythique Plante-Cancer et les indices récoltés paraissaient bien minces.

- Tu vois la forêt là-bas ? que lui avait dit un type. En l’occurrence, il était impossible de ne pas voir la forêt tant elle était gigantesque. Eh ben, c’est quéqu’part dedans.

Et c’était à peu près tout ce qu’on avait bien voulu lui dire. Les habitants du royaume semblaient assez récalcitrants à l’idée que le plant ne quitte le territoire. Ca ne faisait que confirmer sa rareté et les rumeurs sur ses effets secondaires mortels. D’ici, il avait une bonne vue. Une vue sur des arbres. Un océan d’arbres. Perché perpendiculairement sur la cime du plus grand végétal des environs, il se trouvait bien con tout d’un coup. L’aiguille dans la botte de foin, c’était un euphémisme dans sa situation. Mais bon, fallait dire qu’au sol, ça craignait pas mal. En à peine cinq kilomètres, il avait déjà croisé trois sangliers, deux ours et une meute de loups. Mais des mastocs. Les sangliers avaient la taille d’éléphants, les ours la carrure d’une maison et les loups dépassaient Edgard d’une tête. Tout était énorme dans cette foutue forêt. D’épais nuages de fumée grisâtre à l’odeur douce-amère emplissaient les bois. Quand il repensait aux énormes cigares qui pendaient aux lèvres de toutes les bêtes qu’il avait croisé, ça lui donnait une envie irrésistible de taffer dessus. Et cet arôme qui lui emplissait les narines à chaque inspiration le rendait fou. Un bon nombre de feuilles dans cette forêt pouvait se fumer pure, mais l’odeur qui se dégageait des vrais cigares des bêtes n’avait strictement rien à voir.Tant pis pour la prudence, il lui en fallait un !

Il redescendit le long du tronc d’arbre, évitant agilement les nombreuses branches, et tenta de repérer une proie à travers la fumée. Il sauta d’arbre en arbre jusqu’à trouver un groupe de quatre loups allongés sur le sol, tranquillement en train de tirer sur des barreaux de chaise. Maintenant, fallait la jouer fine. Du coup, il bourrina comme un porc à pleine vitesse vers le loup le plus proche, saisit le cigare au vol sans même s’arrêter et grimpa en quadruple vitesse sur l’arbre le plus proche. Du moins, ça c’était le plan de base. En réalité, il venait de faire un méchant vol plané d’une vingtaine de mètres pour finir par se fracasser durement contre un arbre. Alors qu’il crachait du sang en tentant péniblement de se relever, il réalisa ce qu’il s’était passé. Malgré sa vitesse élevée même pour un Voyageur, il s’était tout simplement fait intercepté. En un instant, le loup l’avait balayé. Il avait amorcé son mouvement de patte avant même d’ouvrir les yeux. Tant pis pour le tube à cancer, fallait décamper fissa avant que l’envie de l’achever ne lui vienne. Il grimpa laborieusement sur l’arbre qui venait de le tuer à moitié, ou plutôt à un quart vu qu’on pouvait accorder au loup la moitié de la moitié. Une nouvelle quinte de toux ensanglantée le prit mais il continua malgré tout. Une fois assez haut pour être en sécurité, il s’affala sur une épaisse branche et s’évanouit.

- CE BATARD EST TROP FORT !!! beugla-t-il en se réveillant brusquement.

La nuit suivante, il revint à la charge. Comme toutes les nuits depuis deux semaines. On commençait à plutôt bien le connaître dans les villages voisins. Certes, on le regardait comme si c’était un fou dément, mais il s’en tamponnait royalement le coquillard. Il se contentait de traverser en ligne droite et de s’enfoncer à nouveau dans les bois, se faisant rapidement encerclé par les arbres les plus gigantesques qu’il ait jamais vu. Tout était démesuré ici. Les arbres, les animaux, les fruits, les insectes, même les buissons.
Mais il allait leur apprendre à tous que la ténacité d'Edgard Garise était également démesurée.
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Edgard Garise
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MessageSujet: Re: Une taffe pour un cancer! Une taffe pour un cancer! EmptyMer 5 Aoû 2015 - 22:33
- Ca suffit, j’abandonne, déclara-t-il après la correction suivante.

Ce n’étaient que des mots, évidement. Il lui en fallait plus que ça. Même si c’était déjà pas mal quand même, fallait bien avouer. Cette forêt était parfaite pour son pouvoir, mais vraiment néfaste pour son esprit. Il lui suffirait de tracer d’arbre en arbre pour se frayer un chemin mais toujours l’envie lui prenait cette irrépressible envie de fumer. Cette odeur persistante de tabac qui emplissait toute l’atmosphère titillait constamment ses instincts de cancéreux. Tout le monde fumait dans ces bois. Un jour, il avait marché sur un arbre qui l’avait rejeté. Alors qu’il se rétablissait durement au sol, l’arbre s’était tourné vers lui et l’avait regardé d’un air sévère en arrachant une de ses propres branches avant de la coincer entre ses lèvres. Il claqua des doigts, une étincelle apparut et la branche s'était embrasée.

- Qu’est-ce qu’tu m’veux, toi ? fit l’arbre d’un ton cassant en tirant une latte sur sa propre branche. Ca va aller d’marcher sur les gens ? Qu’est-ce que tu dirais si j’te f’sais pareil ?

- Euh… T’en es capable ? demanda innocemment Edgard, mû par la curiosité, ce qui lui attira un regard haineux de son  interlocuteur.

- Non, fit celui-ci dans un murmure, se recroquevillant soudainement sur lui-même. Lui rappeler qu’il était inamovible semblait lui saper complètement le moral. MAIS APPROCHE VOIR QUE J’T’ECLATE !!! rugit-il alors en se redressant brusquement, brandissant un poing rageur vers Edgard.

- Sans façon, merci. Par contre, tu saurais pas où s’trouve la Plante-Cancer, par hasard ?

- Mais de quoi est-ce que tu m’parles, morveux? ALLEZ, DEGAGE !!!

Le vieil homme ne se l’était pas fait dire deux fois. Il savait par expérience que quelque chose qui rejetait ses foulées était une chose trop puissante pour lui. Ceci étant dit, même sans pouvoir, il l’aurait tout de suite su en voyant la gueule de l’arbre. C’était pas encore aujourd’hui qu’Edgard le fumerait.

A la vingtième nuit, il se sentit prêt. Prêt à accepter la forêt. Il s’était posé à l’orée des bois, tranquillement assis, puis il avait fermé les yeux. Il devait se libérer de son besoin de nicotine. Par le passé, il avait réussi à s’affranchir de nombreuses limites, mais l’accoutumance au tabac était sûrement la plus ancienne de ses mauvaises habitudes. Il n’arrivait que rarement à en briser les chaînes.
Il prit une grande inspiration, engouffrant une grosse goulée d’air nauséabond, laissant filtrer la nicotine dans ses poumons. Il pensa à la fois où il s’était libéré de la morale en quittant sa femme sans un mot. Il pensa à la fois où il s’était affranchi de toute raison en donnant un ticket gagnant de deux millions d’euros au premier passant qu’il avait croisé dans la rue. Puis, il se rappela des fois où il s’était passé de tabac. Des fois où il n’en avait plus.
Le vieillard laissa l’envie s’étendre dans tout son corps. Il la laissa s’amplifier à l’excès, la rendant quasi-incontrôlable. Il la laissa s’agiter pendant de longues minutes, attendant patiemment qu’elle s’épuise.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, il se sentait allégé d’un poids, presque comme s’il pouvait voler. L’atmosphère enfumé ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Un sourire béat se fichait sur ses lèvres sans même qu’il ne s’en rende compte et il crut même voir le soleil percer à travers l’épaisse fumée grisâtre. Cela pouvait paraître stupide pour la plupart des gens, mais Edgard ne venait pas de se débarrasser d’une banale accoutumance. Il venait non moins que de briser les entraves de l’un de ses pires ennemis. Son corps semblait lui dire merci.
Remonté à bloc, il s’engouffra alors à nouveau dans la Forêt des Cancéreux.
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