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Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours)

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MessageSujet: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Lun 22 Juin 2015 - 22:05
Clem fut prit d’un frisson et referma un peu le col de son manteau. Il faisait un froid glacial dans le royaume cette nuit. L’agoraphobe ignorait si la température basse qu’il subissait était une constante à Luxuria ou s’il jouait juste de malchance. Après tout, on parlait d’un royaume où son principe était d’y trouver des moyens peu scrupuleux pour se réchauffer.  partant de là le fait qu’il fasse une température basse dans les rues faisant sens.

Clem jeta un coup d’œil dans le ciel, à part l’artefact volant InterSEX, rien n’y était visible. L’éclat des étoiles lui était caché par les halos des multiples néons ornant les façades des différents bâtiments du royaume. Ces derniers étaient tous de couleurs différentes mais ils avaient comme point commun d’être criards et fluos et les rues baignaient donc dans ce que l’on pouvait appelait une atmosphère homosexualisante. Bien que la luminosité des rues étaient plus que suffisante grâce à ça, cela n’avait pas empêché pas la municipalité d’installer des réverbères à intervalle régulier sur la chaussée. Mais Clem soupçonnait qu’ils servaient plus à rassembler les prostituées tapinant sur le trottoir qu’à véritablement éclairer la rue.

L’agoraphobe avait une grande envie de fumer. Malheureusement cette nuit là il était apparu sur Dreamland les poches vides et devait attendre l’arrivée de Narr en espérant que ce dernier puisse le dépanner en nicotine. Ayant rendez-vous avec le voyageur de la rouille à cet endroit précis, l’agoraphobe n’avait pu que tenter sa chance en interrogeant deux trois quidam qui passaient près de lui, sans succès.

Si Clem était aussi nerveux, c’était qu’avec Narr ils allaient dans moins d’une heure prendre part à leur premier rendez-vous, tous les deux en tant qu’enquêteurs privés, dans le cadre de leur première enquête. Liz n’avait donné que peu de détail concernant leur première affaire mais elle leur avait indiqué un contact qui pourrait leur en fournir plus. Ce que l’agoraphobe trouvait assez logique dans le sens où si on faisait appel à eux, c’était que le problème qu’ils étaient chargé de régler n’était pas du genre à circuler tel un secret de polichinelle et le cloisonnement des informations était un bon moyen de protéger ces dernières.

Il savait tout au plus que leur commanditaire était un patron de bar relié de près ou de loin à la mafia locale. Ce qui ne posait pas de soucis d'ordre moral à Clem dans le sens où c'était le problème de Dreamland s'ils avaient du crime organisé, pas le sien. Et puis les problèmes de trésoreries qu'il rencontrait avec Narr pour l'achat de leur bureau ne leur permettaient pas de faire la fine bouche. Quoiqu'à y bien réfléchir, même sans manque d'argent, Clem ne voyait pas de raison de juger un employeur à sa tête. Le boulot demandé, oui il fallait un minimum vérifier que l'accomplissement de ce dernier n'allait pas en contradiction avec sa propre vision de la morale. Mais l'agoraphobe disposait d'une boussole morale plutôt permissive et surtout qu'il n'appliquait qu'à lui. Sauf cas extrême il ne se permettait pas de juger des gens dont la vision du monde différait de la sienne. Il s'imaginait sans peine que ce mélange de pragmatisme et de réalité constructive était un atout dans la drôle de carrière dans laquelle il se dirigeait. Et puis après tout, les gens honnêtes et propres sur eux, ils allaient demander de l'aide aux forces de l'ordre, pas aux gens comme lui.

Finalement, Narr arriva près de lui. Intérieurement, l'agoraphobe se disait que ce n'était pas trop tôt mais sans rien laisser paraître, il le salua amicalement et sobrement sans toutefois omettre de lui demander s’il n’avait pas une clope par hasard.

« On y va ? » Lui proposa t-il en désignant le bar où leur attendait leur contact. La porte était semi-ouverte et ils parvenaient déjà à leurs oreilles des sons d’activités ripailleuses et parfois pas très catholique. Le cerveau humain était capable de faire beaucoup de distinguo entre différents types de sifflement. De ceux provoquer par un ballon rond dans un stade à ceux provoquer par une dame en petite tenue se déhanchant en passant par ceux provoquer par l'alcool. En tout cas, Clem identifia les sons entendus comme un mélange de ces deux derniers cas.

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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Lun 22 Juin 2015 - 22:16







Le chaos de ses bâtiments ne surprend personne. S'il n'y a pas de quartier attitré à la noblesse, personne ne s'offusque du défaut de gout qui se trouve aux fondements de la commune. Et chacune de ses enseignes qui s'est placée au hasard des constructions. Les néons ne suivaient que rarement l'alignement de la rue, la droiture devait être la chose la plus rare qu'on puisse trouver à Luxuria. C'est comme ça que mes pas zigzaguèrent, de lumière en lumière, jusqu'à m'échouer sous le porche du rendez-vous convenu avec Clem.

Il est là. Dans son manteau à capuche, nuage de buée collant aux narines. Moi-même la fraicheur picore mes nerfs. C'est une sensation que j'aime bien. Elle ne m'est pas plus agréable que pour n'importe qui. Seulement qu'elle tonifie mon attention. Je n'ai pas le temps de formuler mon salut que le garçon à la visière teintée dépouille mon paquet d'une clope. Sans doute que celle que j'ai dans la bouche lui fit l'effet d'un rappel. Et finalement, c'était une manière d'affirmer notre nouvelle rencontre de manière bien plus appropriée à notre duo que n'importe quel autre commodité. De ma poche, je sors un petit carton d'allumettes que je m'échine à frotter contre la bande déjà striée de rayures, au bord de l'obsolescence. La cigarette prend, je recule d'un pas. Je patiente jusqu'au moment opportun puis, au signal de Clem, m'incline à marcher jusqu'à l'entrée où déjà les bourdons des basses viennent caresser mes oreilles.

Les boites, j'ai pu en écumer quelques unes déjà à Paris. Seul le plus souvent. J'aime danser. On s'oublie. Ca nous aère la tête après des jours à se l'enfler de rêves. Le videur est planté là, statuaire grecque. J'ai la gueule du type qu'on préfère ne pas laisser rentrer, du genre à sortir une lame pour s'être fait agressé par des stroboscopes. Je me mure derrière un visage aussi froid que l'air qui pénètre mes narines et je tente de forcer le passage.

"- On doit voir le responsable."

Il n'a même pas l'air de prendre ça pour une plaisanterie. Non, ça semble profondément l'agacer. Il roule son épaisse épaule en me jaugeant des dix centimètres qui séparent nos têtes. Se passant de toute commande, ma mâchoire se serre. Je lutte pour ne pas que ma bouche ne s'ouvre trop et dévoile la menace que peuvent susciter ma dentition. Alors je me contente de siffler entre mes couronnes.

"- De la part de Héliée. Le chef lieu."
"- Le royaume agoraphobe?" Vérifia-t-il, l'air plus grave.

Jeux d'yeux, jeux de bêtes. Seules ce genre de situation me faisait regarder les gens tout droit. Car c'en était ludique, ça faisait partie des règles. J'y étais mal entrainé mais les circonstances pouvaient jouer en ma faveur pour une fois. Je n'étais pas seul et je comptais bien m'appuyer sur la présence de Clem à mes côtés pour peser dans cette rixe abstraite.

Quelques secondes en suspension et le gouffre nous ouvrit son portail. Très vite, on s'emmitoufle de l'air moite, alourdi par l'odeur des liqueurs et les émanations des corps entassés devant les estrades. C'est chaud comme dans le ventre d'une mère. On y resterait bien. Ca ondoie avec envie au milieu des cadavres de bouteilles, des verres pourléchés impitoyablement jusqu'à leur dernière goutte. Du bout du doigt parfois. Et ces figures désirées qui répandent leurs tentations dans la salle, condensées, enroulées autour des barres de strip. Je m'y fais prendre aussi, par cette danse charmante. Les courbes de leur peau qui accrochent les spots et bravent l'obscurité. On se figure que la beauté subsiste dans ces bas-fonds, même qu'on ne la voit jamais tant luire que dans des lieux aussi noirs.

Un mouvement à ma droite me tire de ma rêverie. Clem et le videur louvoient entre les sièges. Je m'agite prestement à les rejoindre. On longe un corridor qui réverbère les mugissements des backrooms jusqu'à passer une double porte isolée du murmure. Aux platitudes sombres de la salle se succédèrent un bureau habillé d'un semblant de bon goût. On nous invitait à nous asseoir après quelques échanges avec notre guide. Enfoncé dans mon crapaud en cuir, je ne me sentais pas plus à l'aise. Pas dans ce simulacre. Nous étions laissés seuls un moment dans l'office. La porte qui nous faisait dos s'ouvrit et le temps qu'elle claqua, un petit homme vint prendre place derrière son bureau. Il avait le front cerné de rides. Et c'est les sourcils froncés qu'il commençait à nous parler. Ses paroles m'effleurèrent à peine, trop éberlué par le joli mélange du crème de son costume et du jaune de ses dents.


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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Lun 22 Juin 2015 - 22:38
Au moment où ils s’approchaient du videur de la boite, Clem prit conscience qu’il avait avec lui un camarade dont la tête tenait plus du fauteur de trouble que de l’aristocrate versaillais. Narr devait allumer tous les signaux d’alerte de l’employé du bar. Toutefois l’agoraphobe laissa quand même son compagnon se débrouiller tout seul pour ça. Devant eux, le videur, monolithique, exprimait un « non » par tous les pores de sa peau à la question silencieuse que les deux voyageurs n’avaient même pas posé ; et tout ça sans bougé un seul muscle. Pro.

Narr l’était aussi, à sa manière. Après une entrée en bouche très directe, il lâcha son sésame. La seule chose qui ouvrait les portes plus facilement qu’Héliée, c’était lui-même. L’employé les jaugea du regard, tacha de déterminer s’ils bluffaient. Malgré son expérience cela devait être la première fois qu’on lui servait cette excuse pour rentrer dans son établissement. Clem se demandait si son chef l’avait informé de leur visite ou si ce dernier imaginait que les envoyés du seigneur blanc serait assez grand pour l’atteindre tous seuls. Quoi qu’il en soit il continua de tirer sur sa cigarette et tenta d’envoyer au videur le regard du type qui était habitué à ce que l’on doute souvent de son appartenance au Seigneur Blanc mais seulement en tant que contretemps.

Soit le videur savait que son patron les attendait, soit il ne voulait pas tenter le diable, quoiqu’il en soit les deux voyageurs furent introduit à sa suite. L’atmosphère à l’intérieur était suffocante. Sans doute parce qu’il n’y était pas interdit de fumer, mais encore. Clem n’aimait pas les boites parce qu’il y avait l’impression d’être entouré de congénères trépanés. Il n’aimait pas non plus tout ce qui se rapprochait du culte de la femme-objet ; mais là étant donné le royaume dans lequel il se trouvait, il n’allait pas faire le difficile. Au moins la boite dans laquelle ils étaient avait pour public cible les hétéros lambda. L’agoraphobe se doutait que des plaisirs plus underground étaient proposés dans d’autres établissements. Pour le plaisir de tout ce que l’inconscient humain avait de plus sale. Là ils étaient encore dans la partie « raisonnable » de Luxuria

Le videur les emmena dans une arrière salle, la distance et les murs capitonnés convainquirent Clem qu’il les emmenait dans le bureau de son chef, lequel ne pouvait pas travailler en ayant la sono de sa boite à proximité immédiate de ses oreilles toute la journée. Il les firent s’asseoir en leur assurant que son chef ne devrait plus tarder.

Une fois seuls :

« La règle veut que plus on attend inutilement, plus notre hôte se croit important. Espérons qu’on ne soit pas tombé sur un égocentrique. » meubla Clem sans attendre de réponse de la part de son compagnon. Il avait plus ou moins l’impression que c’était son rôle du duo que de délivrer ce genre de parole sans espérer lancer un quelconque dialogue avec son acolyte. Il termina sa cigarette et se retint d’en demander une nouvelle à Narr. Plus par peur de finir son paquet trop vite que de l’embêter.

Finalement, une porte s’ouvrit derrière et le patron s’assit devant eux en s’excusant de l’attente. Costume de petit patron, tête de petit patron et doigts boudinés de petit patron. Il leur proposa une cigarette de son paquet qui avait jailli d’un tiroir de son bureau, Clem refusa par fierté. Il imaginait bien le bonhomme attendre patiemment devant la porte que les cinq minutes d’attentes syndicales s’étaient bien écoulées. L’agoraphobe se rendit compte qu’il était parqué de préjugé contre l’homme. Parce qu’il se méfiait de tout ce qui portait un costume mais aussi parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de déprécier quelqu’un se faisant son argent en profitant des vices des autres. Si Clem était un peu intimidé à l’idée d’avoir son premier entretien en tant qu’enquêteur, la présence de Narr le rassurait. Bien que ce dernier ne risquait pas de prendre part à la conversation et de soulager Clem de ce côté là, ce dernier était content d’être accompagné par son camarade. De la même façon obscur qu’on était toujours soulagé de ne pas passer un oral d’examen en solo mais qu’on avait quelqu’un qui attendait derrière vous afin de subir le même événement.

Le patron souriait tout azimut, comme s’il espérait leur vendre quelque chose. Il tenta une première approche de conversation chaleureuse mais renonça vite en s’apercevant de l’impassibilité de ses deux interlocuteurs et passa rapidement au nœud de l’affaire qui les avait amené ici.

« J’ai… des amis qui s’inquiètent de la disparition d’un tier. L’homme était en affaire avec eux et sa disparition leur cause de graves inquiétudes concernant… sa santé. » Il termina cette phrase avec un petit sourire gêné comme s’il était important pour lui que Clem et Narr ne se doute pas une seconde que ladite disparition ne gelait pas les affaires susmentionnées. Quand Clem demanda plus de précision sur le disparu, comme sa description, son nom, le dernier endroit où on l’avait vu, ces choses basiques en somme, le patron prit une mine encore plus gênée.

« Mon travail à moi se limitait à vous trouver et à vous recruter, pour tous les détails concernant l’affaire, vous les apprendrez par une personne plus proche de mes « amis » que je le suis. Il vous attend ailleurs, pas loin d’ici.»

-Où exactement ?

-Et bien, dans la salle par où vous êtes entrés. Clem du hausser un sourcil plus que de raison car il enchaîna vite : « Je vous le dit, je devais juste arranger votre rencontre ? Ces gens là travaillent comme ça. Ils prennent certaines précautions."

Le patron se leva, signalant ainsi la fin de la discussion. Toutefois au pas de la porte, avant d’abandonner les deux voyageurs dans le couloir les ramenant à la salle principale, il les prit à part, d’une petite voix de conspirateur comme s’il voulait éviter de se faire entendre. Avec la musique qui se faisait maintenant entendre avec la porte ouverte, Clem devait tendre l’oreille pour saisir ce qu’il disait :

« Votre contact est connu dans le milieu sous le nom du Rat, je n’en sais pas plus à son propos à part le fait que cela fait des années qu’il vit dans ces eaux là. Il est vieux jeu et occupe certainement une place importante, ne le sous-estimer pas. »

Un peu trop conspirateur aux yeux de Clem. L’agoraphobe salua le patron avant de faire signe à Narr qu’ils pouvaient y allez. Ils parvinrent rapidement à la salle où l’ambiance restait haute et demeurèrent interdit quelques instants. Ils n’avaient pas le signalement du Rat, le trouver allait s’avérer être difficile. Les personnes assises seules à une table n’étaient pas ce qui manquait dans l’établissement et de plus, rien ne prouvait que le Rat les attendaient tout seul.



Pourtant, ce fut bien un inconnu solitaire qui leur fit signe de s’asseoir avec lui. Si c’était là le Rat, Clem était un peu déçu. Certes le gars avait ce qu’il convenait d’appeler une « gueule » et son accoutrement laissait penser qu’ils avaient affaire à un esprit singulier. Toutefois son intuition disait qu’il y avait une aiguille sous roche. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus mais l’agoraphobe savait qu’une intuition n’était finalement qu’un amas de petits détails concret remarqué tellement vite par le cerveau qu’on n’arrivait pas à y penser sérieusement, seul restait l’intuition. La conclusion qu’un détail ne collait pas.

Sans fioriture, le Rat ouvrit une mallette sur la table et leur fournit plusieurs documents ayant traits à la personne disparue. Principalement des photos et même une copie de la carte d’identité.

« L’histoire est classique, commença t-il d’une voix monocorde, notre gars devait faire la tournée des établissements de son secteur afin de récolter les taxes dû à notre protection. Seulement il a disparu au retour, avec tout l’argent naturellement. Fuite motivée par son intérêt personnel ou action d’une famille concurrente, le gars reste introuvable mais on sait de source sûre qu’il n’a pas quitté la ville ; et on vous embauche pour mettre la main dessus. »

Le gars enchaîna ensuite sur d’autres sujets comme comment ils allaient opérer leur payement ou comment les contacter en cas de besoin mais Clem n’écoutait plus. Une fois de plus, une voix dans sa tête lui disait qu’il y avait un problème. Seulement, elle était un peu plus forte qu’il y a cinq minutes. Ce genre de voix, seule la nicotine les taisaient, et Clem n’avait pas de cigarette donc il était résolu à mettre le doigt dessus.

« Hey ! Mais où vous allez comme ça ? »

Clem s’était levé après avoir fait signe à Narr de le suivre, Ils se dirigèrent vers la sortie.

-Chercher le Rat, dit-il après un regard en arrière. L’agoraphobe détestait ce genre de mise en scène. Il comprenait bien qu’en tant que nouveaux venus dans le milieu, lui et Narr n’étaient pas des valeurs sûrs et qu’il était logique qu’ils en passaient par là. Mais l’agoraphobe s’estimait quand même vexé, et c’était une lueur mauvaise dans le regard qu’il sortit de la boite. Lueur qui s’éteignit par la stupeur de voir un véhicule les attendre juste devant eux, sur la rue. À côté du véhicule, une silhouette. Sans indice précis, le cerveau de Clem fut sans appel : cette fois ils faisaient bien face au Rat. Celui-ci souriait d’un air mi amusé, mi paternel.

« L’histoire était cohérente, le lieux aussi, l’homme aussi. Qu’est-ce qui ne passait pas ?

-Nous. Si vous avez pris la peine de chercher des gens comme nous, c’est que l’histoire ne doit pas être cohérente.

Le sourire s’élargit, les rides autour aussi.

« Monter. »

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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Ven 26 Juin 2015 - 23:30






C'est laid. Ces bibliothèques encastrées dans un semblant de style classique ancien rococo. Des abats jours prêts à s'écrouler sous les ornements. Je cédais à la nonchalance une fois que Clem m'ait éveillé sur les forces tacites qui s'exerçaient sur cet échange. Le type éludait toute concrétude dans l'exposition des faits. Il se déroba sous le prétexte de la hiérarchie, reportant notre attention sur un dénommé "Rat". Au premier mouvement de Clem, je saute de mon siège, sors de ce bureau grotesque pour finalement me retrouver face à face avec le présumé commanditeur dont l'allure ne tranchait pas avec celle du précédent. De là je décroche complètement à la discussion. Sans doute aurais je préféré me trouver dans le métro à nouveau dans l'angoisse d'être dévoré vivant. Ce n'était pas pour éprouver un temps qui semble si long que j'avais consentis à préserver mon statut de voyageur.

Mon regard allait s'éloignant. Jonglant de filles en filles. Comme observer un aquarium. Mais la frontière qui me séparait de la gente était plus palpable encore que celle qui protège nos amis poissons. Jamais su m'y prendre avec les dames. Enfin, je n'ai jamais été en mesure de faire les choses bien. Avoir des filles, ce n'est pas ce qui m'était le plus étranger. Quant à les garder... Un roulé d'épaules, le froissement du manteau de mon acolyte qui me devient familier, me revoilà sur mes deux perches. A la fois soulagé et surprit que tout cela se soit achevé très vite. Un frisson de bonne augure secoue mon échine dès que l'autre poil de renard avoue perdre son temps là. Les jambes carburées par cette curiosité renouvelée, je ne quitte pas l'ombre de mon comparse. On s'extirpe des nimbes du Foxy Lady. Où même les ombres se déguisaient en couleur.

Dehors, la nuit n'aurait pas le visage que l'on trouve ailleurs non plus. Mais on voit les étoiles, c'est déjà beaucoup. J'échange un regard sans profondeur avec le videur. Le rose du néon qui nous surplombe souligne le lisse de son crâne et par là même, son creux. A la lumière de l'enseigne se succède la paire de phares d'une vieille caisse un pied sur le trottoir luisant. Un gars à l'allure efflanquée avait son séant appuyé contre le véhicule. Le manteau beige élimé, un pantalon miteux, la touffe grisouille. Quand il parle, ses joues s'étirent comme des rideaux. Je me laisse m'imprégner de sa voix toute usée en m'échinant à allumer ma clope avec mes allumettes. Mais c'est la flamme d'un briquet à deux balles à qui je dois mon salut.

"- Montez."

Et c'est une épaisse gangue de mystère dont se revêtent les épaules du vieux quand il se fait avaler par sa bagnole. Je me tâte. Mes yeux d'ocre interrogent mon ainé. Non pas que je n'accorde pas de foi à notre dépositaire, plutôt que je cherche à voir si l'autre garçon aussi a cette intuition qui ronronne au fond du ventre que c'est un point de non retour. Que cette nuit sera magique à l'extreme. J'hésite pas plus longtemps, ça me démange. J'ouvre la porte passager et me faufile au dedans. La porte claque, tout le monde y est. On s'attache pas dans le monde des rêves. La taule de notre carrosse se plaint un peu. Mais le roulement du moteur révèle de notre tas de ferraille une personnalité toute autre. Agée, c'est certain, mais du genre à avoir eu son heure de gloire par le passé. D'avoir compté parmi quelques brins de légendes.

" - Aussi fins que vous dites l'être, j'imagine que d'essayer d'enjoliver le teint de la discussion ne nous fera que perdre du temps. On a perdu la trace d'un contact précieux qui bosse pour la pègre. Et comme nous sommes les seuls à pouvoir lui en tenir grief, il est en vie. Ce qui n'augure pas nécessairement le meilleur pour notre entente. On ne se montrera pas très patients, je préfère le dire en amont."

On roule depuis un moment dans un mutisme glacial.
Autant le discours de ses homologues tenait sur des brindilles d'obséquiosité, autant le sien nous coulait dans le béton quand à savoir quel ordre suivre. A bien regarder la bête et sa franchise, qu'il ne borde pas notre méthode me laissa penser que nous avions carte blanche de ce point de vue. De là je préférais laisser Clem poser les questions. Son esprit rapace est plus à même de choisir les morceaux qui en vaillent la peine.
Puis le véhicule marque un arrêt. On est déjà plus en périphérie de là où les clubs se concentrent et on voit défiler plusieurs tours de briques avec leurs escaliers de services noirs d'acier.

" - Le code de la porte c'est A75B16. Au cinquième, porte de droite. Je vous attend là. "

Je sors à la suite de Clem. Le quartier sent les poubelles et la bouffe grasse. Sur la seule distance qui nous sépare du porche, mes pieds nus se piquent sur des tessons de verre. Le code tapé, la porte ouverte, je frotte ma plante contre le paillasson. Content que ma couche de corne soit aussi robuste qu'un cuir traité. Suffisamment pour ne pas laisser mordre trottoir. L'ascenseur couine sans surprise. Les peintures crevées par l'humidité dans le hall en annonçait déjà la couleur. Arrivés à bon port, on se retrouve devant la porte. La poignée nous résiste et le temps ne joue pas en notre faveur. Je recule légèrement mon coude. Contracte mes muscles puis, dans un seul élan, métamorphose ma main en serre de rouille qui vient éclater la serrure dans un bruit net. Des copeaux de bois se dispersent, aux épars de mon bras qui vient se ranger le long de mes côtes. L'ombre d'un sourire point aux commissures de mes lèvres mais j'incline ma tête pour laisser à Clem le droit de faire les premiers pas dans le nid de notre disparu.


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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Jeu 2 Juil 2015 - 18:28
L’être en face d’eux dégageait une aura particulière, et Clem ne pensait pas à ces conneries mystiques toutes dreamlandienne qui expliquaient pourquoi deux voyageurs de haut niveau pouvaient percevoir la présence de l’autre les yeux fermés. l’aura du Rat était de celle que ne dégageait ni la puissance ni une posture étudiée en amont par des stratèges du marketing ; celle du Rat lui était venu naturellement, avec les années d’expériences et de succès qui fut les siens. Quand il parlait, les oreilles se tendaient pour l’écouter. Quand il marchait quelque part, le corps a tendance à vouloir le suivre.

Quand les deux voyageurs furent invités à monter dans sa voiture, ils échangèrent un regard. Un rapide coup d’œil de l’agoraphobe sur les pupilles de Narr l’avertit vite qu’il était aussi réceptif que lui au charme de ce jeune vieillard et de sa ville. Cela n’étonna pas plus Clem que ça : son compagnon avait un instinct plus affûté que le sien, une des raisons pour laquelle il lui faisait confiance su ce genre de chose. Narr, confiant, fut d’ailleurs le premier à monter dans la voiture, Clem s’engouffra à sa suite et s’assit à ses côtés, à l’arrière du véhicule.

Le Rat leur expliqua brièvement la situation, littéralement. Il ne cherchait pas à expliquer leur affaire de la façon la plus simple mais de la façon la plus rapide. À eux de coller les morceaux et de comprendre les non-dits. Un jeu auquel Clem excellait, surtout depuis qu’il avait fait la connaissance de Narr.

« Quel est le nom du disparu et que faisait-il pour vous ? »

Oui bon, parce qu’il y avait des choses qu’on ne pouvait pas deviner, hein ?

-Il s’appelle John Demago. Ou Jean, quelque chose en « J ». Entre nous on l’appelle « le trait d’union » parce que c’est exactement ce qu’il est. Il sert d’intermédiaire entre deux groupes qui habituellement ne travaillent pas ensemble. Son absence gèle donc toute affaire en cours qui nécessite la coopération des deux parties. Et en ce moment une grosse opération est en cours.

Traduction : « vous avez peu de temps ». C’était la deuxième fois que le Rat leur signifiait que leur affaire était urgente, ça devait représenter un gros paquet d’argent.

Le reste du voyage se passa dans un calme relatif, habité par une certaine tension. Le Rat fumait, Narr fumait et Clem allait devenir fou s’il ne faisait pas de même mais il préférait ne pas troublé le silence qui s’était installé en insistant auprès du paquet de Narr.

" - Le code de la porte c'est A75B16. Au cinquième, porte de droite. Je vous attend là. "

Ladite porte était fermée à clé et ne présentait aucune trace d’effraction visible. Mais ça c’était avant que Narr s’en mêle. Clem en était bon pour deux trois échardes dans l’avant-bras et la promesse de s’écarter à temps la prochaine fois. Chemin faisant, ils entrèrent.

Bien qu’aucune lumière n’y était allumée, l’appartement n’était pas plongé dans la pénombre pour autant. Les volets à demi clos se chargeaient de tamiser les lumières jaunes tièdes de la rue. S’ils s’étaient trouvé plus proche du centre-ville, nul doute que Clem et Narr se baigneraient maintenant dans une atmosphère rose sombre.

En tout cas la luminosité était globalement suffisante pour se déplacer tranquillement sans allumer la lumière. Un zeste de paranoïa signala à Clem que des inconnus potentiellement lié à leur disparu pouvaient observer les fenêtres à la recherche d’un signe de vie et qu’il n’était pas nécessaire de la leur fournir. Toute envie de nicotine s’était évaporée, le travail fournissait à son esprit la distraction nécessaire pour palier ce manque. L’appartement était mal rangé et il y flottait une vieille odeur rance de célibataire qui ne rentrait chez lui que pour dormir et éventuellement, boire. Clem n’avait aucune expérience en perquisition mais le train de vie de l’homme qu’ils devaient retrouver s’était de façon assez limpide sous les yeux des deux voyageurs. Mais ces deux derniers n’était pas ici en tant qu’inspecteur sanitaire mais pour découvrir où se trouvait le propriétaire de cet appartement. Très vite, après avoir fait le tour de la chambre et de la salle principale, Clem se mit à fouiller dans les meubles, en commençant par le bureau, ou plutôt ce qui en tenait lieu. Très vite, il trouva un indice intéressant, il héla Narr :

« Un intermédiaire entre deux groupes qui ne travaillent habituellement pas ensemble ? Notre disparu est du genre à jouer un jeu dangereux. » Clem lança vers son compagnon l’objet qu’il avait trouvé : une plaque de police au nom de leur homme.

Il y avait également un revolver et quelques munitions. l’agoraphobe subtilisa le tout sans une onde de culpabilité dans l’âme. Clem s’interrogea sur la présence de ces objets : leur importance voulait-il dire que leur homme avait été enlevé chez lui ou qu’il n’avait pas prévu sa disparition ? Ou alors c’étaient juste des objets de remplacement au cas où et leur présence en soi était logique. L’agoraphobe ne savait rien et évita donc d’en tirer des conclusions hâtives.

Le reste des meubles sur lesquels il tomba ne contenaient rien d’intéressant. Un paquet d’enveloppe vides, une collection de dés de différentes tailles, un livre. Rien d’intéressant en somme.

En fouillant la chambre, Clem tomba sur un tiroir fermé à clé, sous une veilleuse. ne disposant pas d’hirondelle, il renonça à l’idée de la forcer à coup de calibre, surtout qu’il avait beaucoup mieux sous la main.

« Narr, j’ai une serrure fermée ici, tu crois que tu peux… ? » À ce stade là de la phrase, Narr aurait comprit le message, et comprit que Clem demandait son aide car son pouvoir valait tous les outlis de cambrioleur du monde.

Clem avait reçu des cours pratiques de crochetage au royaume agoraphobe en prévision des missions un brin illégale que lui et son équipe étaient sensé accomplir. Mais ce n’était pas pour autant qu’il allait jouer les professeurs avec Narr. De toute façon, expérience en la matière ou pas, Clem jugeait son compagnon suffisamment malin pour pouvoir se débrouiller sans lui si ça lui convenait.

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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Ven 10 Juil 2015 - 17:32






Drôle d'espèce que le flic. C'est ce qui me vient à la tête quand, après m'être imprégné de l'appartement banalement négligé de Jean, Clem jète sa plaque à mon visage. Mes mains asymétriques interceptent l'objet. Avec le temps, mes gestes allaient en se synchronisant avec mon fardeau de rouille. Quoi qu'il en soit, a mieux connaitre la place de l'oiseau volatilisé dans la chaine alimentaire de Luxuria, l'insalubrité et le défaut de gout dont souffrait l'aménagement du logis faisait sens. Les doigts du Roi Misère sont vissés au cou du bonhomme. On croirait à ce qu'il ait pu s'évader de ce monde, écrasé par les mensonges et les missions qui rongent l'âme. Oui je m'en faisais une petite idée. L'insigne toque sur le coin d'un bureau où je le laisse reposer. Je fais quelques pas dans la pièce mal éclairée par la lumière nue d'une ampoule. J'ouvre grand la fenêtre, m'apprêtant à allumer une cigarette. Ma dernière allumette casse dans ma main encore toute bardée de fer. Mes épaules s'affaissent. Je n'ai pas le temps de lâcher un soupir que la voix de Clem m'attire à lui. Je traine un peu des pieds. Il me présente une cassette verrouillée. Ma patte toute oxydée vient s'emparer du loquet, un bref tour sur un coté puis sur l'autre, mieux dosé, parvient à en arracher et le cadenas, et sa serrure.

Assit sur des clous qu'il devait être Jean pour que la dernière chose qu'il ait à planquer dans sa cassette soit la pipe de petit papa. Avec quelques dessins grotesques taillés au couteau. J'en demeure pas moins avancé avec ma clope orpheline des flammes qui pend à bout de bouche.

" - Elle t'ira mieux qu'à moi." Que je lâche, un peu dur. Un peu fatigué du temps qui me sépare d'une braise.

Je me remets à rôder çà et là. Mais on a vite fait de faire le tour du deux pièces. Un vain détour par la cuisine me confirme que je n'y trouverai pas salvation. Le disparu a coupé le gaz avant de prendre ses jambes à son coup. L'évier est propre de toute vaisselle aussi. Il a plutôt orchestré son départ dans l'ordre notre Jean. Mes pas impatients font craquer le plancher. Mes yeux sont aussi vifs que ceux de l'agoraphobe mais j'ai une longueur d'avance sur lui. Moi, je sais quoi chercher. A la fenêtre qui donne sur le local poubelle en contrebas, je repère le cendrier et... Jackpot.
Une boite d'allumette, au milieu d'une série. Je ne boude pas mon plaisir. La cigarette que j'entame me fait tout chaud. Mais je n'ai pas l'esprit de m'y attarder davantage. Le carton que je tiens dans les mains est celui d'un établissement. Comme certains bars dans Paris le font encore. Du genre oldschool ou pub. L'enseigne imprimée ici a quelque chose de faussement ingénu. Je glisse les allumettes et leur pochette dans mon paquet de blondes et viens le déposer dans les mains de Clem. Je m'attarde auprès de lui. Bien qu'il ait cette tenue dans le regard, celle des esprits réalistes, au raisonnement implacable. Quand on le voit au milieu de ce terrier, maintenant j'en suis sûr. Le garçon est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté. Qu'est ce que cherchait Héliée à envoyer se salir ses blancs sujets ? Qu'est ce qu'on gagne à souiller les voyageurs rendus ivres de leur éveil ? Les seigneurs doivent être pétris d'une jalousie telle que ça m'en donne la gerbe. Ils se prennent pour des pères autoritaires. Vas y que je vais t'apprendre la vie, fils. Renversant.

"- Tous les bars ont le même nom pour nous ici. Rat devrait reconnaitre le trou s'il vaut quelque chose. " Je pointe du menton le cendrier qui repose sur le rebord et les quelques autres paquets d'allumettes qui s'y collent, identiques.


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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Mar 21 Juil 2015 - 0:02
La trouvaille de Narr était très bonne. Du genre à leur donner directement une nouvelle piste à étudier. Clem n’en espérait pas tant. En même temps il n’avait pas espéré grand chose, préfèrent garder son esprit libre de toute attente pour ne pas chercher quelque chose en particulier lors de leur perquisition. Clem accepta le paquet des mains de Narr et aussi sa suggestion : le Rat était la personne la plus qualifiée pour leur donner l’adresse exacte du bar, en tout cas dans leur environnement immédiat.

Clem rendit à Narr son paquet sans avoir pioché dedans, l’esprit trop occupé pour vouloir se détendre à coup de nicotine. Ils cherchèrent encore un peu dans les rares coins qui avaient échappé à leur vigilance mais s’attendre à refaire de découverte significative. Très vite, ils redescendirent les escaliers du bâtiment et rejoignirent le Rat dans son véhicule. Clem lui montra un des paquets d’allumettes qui étaient près du cendrier dans l’appartement.

« Un autre nid à lui. » dit-il.

Le Rat hocha la tête avec un sourire entendu et les invita à monter. Une fois de plus, ils se retrouvèrent dans la voiture du troublant personnage. S’il s’était montré professionnel lors du premier voyage, cette fois ci le Rat devait se sentir plus détendu ou trouver que c’était un moment moins intimidant que lorsque Narr et Clem venaient d’êtres embauchés car il demanda, au bout de plusieurs minutes de voyage silencieux.

« Parler-moi un peu de vous les jeunes. Comment vous en êtes venu à faire ce boulot ? Vous vous êtes rencontré comment ? »

La question était presque posé sur un ton paternaliste, au moins gentil. Sans malice. Du genre auquel on répond sans réfléchir, quand bien même on ne connaît pas très bien la personne qui l’emploi. Sans lui faire non plus un résumé de sa vie, Clem lui raconta qu’il s’était plusieurs fois retrouvé dans ce genre d’histoire et que son seigneur lui avait « offert » la chaire pour capitaliser son expérience en la matière. Et aussi pour qu’il ne soit plus dans ses pieds, Clem ayant été le seul survivant d’une mission ayant mal tournée avec son équipe, son seigneur l’avait envoyé au vert, histoire qu’il se fasse oublier.

« Quand à nous deux, on s’est rencontré via une amie commune. » termina Clem, sans vouloir creuser la deuxième question du Rat. Il laissa Narr parler pour lui même.

Clem songea que l’information de son éviction devait être nouvelle pour Narr car c’était Liz qui s’était occupé de leur faire l’offre et elle avait la politesse –contrairement à Héliée, de ne pas rappeler à tout moment que Clem avait une part de responsabilité dans la mort de quatre autres agoraphobes. À l’époque, Héliée s’était vengé en l’envoyant seul sur une mission suicide lors de la tentative d’extorsion internationale du MMM. Au retour de Clem, le seigneur l’avait écarté des entraînements et de l’armée agoraphobienne en général. Seulement plutôt que de considérer jusqu’à la fin de ses jours Clem comme une ressource inutile, mieux valait lui trouver une occupation qui l’empêcherait de grimper dans la hiérarchie de son royaume et qui rapporterait un peu d’argent et de contact de par Dreamland. Clem avait déduit la stratégie de son seigneur sans explication directe de la part d’Héliée ou Liz. Seulement par déduction logique et phrases indirectes de ces deux derniers, recoupées sur le long terme.

Ils arrivèrent finalement au bar indiqué par les sachets d’allumettes. Le Rat leur expliqua que l’établissement tenait plus du club select que du tripot, tout en les mettant en garde contre la décoration intérieure, sans toutefois expliquer ce qu’il voulait dire par là.

Une fois en dehors de la voiture, les deux voyageurs firent face –une fois de plus cette nuit, à un videur gardant l’entré de l’établissement. Toutefois il ne leur fit aucune difficulté lorsqu’ils entrèrent. Clem le soupçonna d’avoir reconnu le conducteur du véhicule par lequel ils étaient arrivés.

Les lieux ressemblaient un peu au premier bar dans lequel lui et Narr étaient entrés cette nuit. Des chaises et des tables étaient répartit aléatoirement dans un espace assez grand et il y avait aussi une scène où se trémoussaient quelques vêtements, et beaucoup de corps autour. Il y avait aussi des barres de streap-tease plantés de façon régulière dans la salle, sur lesquels se déhanchaient femmes et hommes de tout âge, bien que les demoiselles bénéficient d’une répartition plus importante. C’est en attardant son regard que Clem comprit l’avertissement du Rat. Ce dernier ne faisait pas référence au style des murs ou de l’architecture mais sur les danseurs et danseuses. L’établissement proposait de tout : des mûres, des jeunes, des très jeunes… et des trop jeunes. Clem détourna le regard à grande peine, les dents serrés. Oui, il s’était attendu de voir ce genre de spectacle à Luxuria mais non, cela n’aidait pas. Les plus jeunes approchaient de l’âge de sa petite sœur, Juju. Elles dansaient très mal, les mouvements paralysés par la peur, grands yeux ouverts et effrayés. Elles faisaient un terrible cauchemar et les pervers de ce fuseau horaire, un très bon rêve qui les ferait se réveiller sur leur béquille, voir à l’étape d’après si l’excitation ne les réveillait pas.

Sans dire un mot, Clem entraîna Narr vers les tabourets et héla le barman derrière son comptoir. La seule chose que souhaitait l’agoraphobe était de se prendre une violente lampée de n’importe quelle liquide du moment que ce dernier lui brûlait l’estomac et lui fasse penser à autre chose. À la place, il commanda pour lui et Narr quelque chose d’à peine plus soft qu’une bière (une étape indispensable avant de poser des questions à un barman) et demanda, une fois leur boisson servies et encaissées si l’employé connaissait un habitué répondant au nom de Demago. Clem se faisait l’effet d’un bouffon du FBI avec la subtilité d’un rhinocéros tel qu’on en voit dans les films mais il n’avait pas la tête à tourner sa demande de manière plus subtile. Il apprendrait, avec le temps. Comme il apprendrait à ne plus voir les corps dévorés du regard dans la salle, ça lui passera au dessus de la tête comme des nuages. C’étaient ça ou vomir.

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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Lun 31 Aoû 2015 - 16:18







Petit tour en taxi magique, drivés par le Rat et ses tentatives de relaxe. Une question bien pâle de surface jetée dans nos eaux. Clem prend l'initiative d'y répondre en bonne et due forme. Je baille au reflet de ma tête de rapace. Comme j'ai pas envie d'en connaître beaucoup plus sur notre chauffeur, je renchéris pas d'une couche superficielle. Moins il en lit sur nos têtes et mieux je me remue pour faire de cette mission une course vite expédiée.
On surgit dans le bar que nous avait pointé la petite boite d'allumettes. Les clients avachis dans la féerie de leurs liqueurs et du spectacle tirent déjà sur mes nerfs. Non pas que ça me débecte. A dire vrai, j'aimerais aussi mon petit carré de sofa, servi d'un verre, seulement à regarder le temps qui passe au fil des petite culottes qui volent. On se flanque au bar, hissés sur une paire de tabourets. J'écrase mes coudes épars de mes épaules, courbé comme un scribe sur ma conso qui fait pâlotte à côté des ambrées des autres. Heureusement que quoi qu'on me serve, ça finit toujours par rendre la vie un peu plus facile sur cette planète. Les maux aussi se saoulent. Le dialogue est un peu crispé à l'entame avec l'employé de comptoir. Ca rit même pas jaune, sans doute qu'il a peur de voir que contrairement aux autres usagers, on est venu ici en sachant très précisément ce qu'on cherchait. Pas de temps pour l'errance et c'était mauvais pour son business. J'en démords pas de fixer le bout de son nez jusqu'à ce qu'il lâche sous l'inflexion de Clem qui arrive finalement à se faire entendre. Le type reste de garde dans son rectangle et c'est une serveuse qui nous escorte par un couloir. Là encore changement de couleurs, changement de déco, on sert plus la même plèbe. Juste à sentir le sol sous ma plante, le sucre des verres valsés me colle plus aux orteils. Ca fait pas peu de bien.  Senteurs de bois précieux, pouls de jazz, tapis vert, vapeurs cendrées. Autre genre de cochon. Notre éclaireuse s'en va murmurer quelques mots d'introduction à l'oreille d'un de ces gras. Cordial et souriant, le type dévoile quelques dents aussi vilaines que les miennes en ouvrant ses bras comme les portes de son cercle. Il sait quelque chose de la disparition de John même s'il avoue que celle-ci lui cause une certaine peine, il tatillonne, nous convie au jeu.

'' On discutera de notre ami Demago si les cartes jugent que nous sommes de la même étoffe. Je vous en prie, prenez des sièges...''



J'étais empêtré jusqu'aux racines. Les joueurs considéraient mes lacunes rien qu'à ma dégaine. A peine assis que déjà ça devait se lire dans mes yeux de chien que j'avais envie d'abandonner la partie, de foutre le camp en renversant la table. Ils en avaient dans la bouteille mais n'étaient pas plus différent du rat, pas plus que de nous. Juste qu'on avait nos yeux écarquillés dans l'effort de se mettre à leur hauteur, tous chétifs. J'en grattais les ondes qu'ils fusaient, comme pour nous donner la leçon. Je ramassais ma première main après que les cartes aient fait le tour du propriétaire. Passée la première mise, on check à tour de roles. Ca fait mine de prendre la température mais ça crève les yeux, pour eux, c'est du tout cuit.

Peut être qu'il cherchait à soulever du tracas le type à ma gauche. Immobile à mater la course des aiguilles de son chronomètre. Pendu au bout de sa chaine, il y avait dans son petit manège stoïque un brin de drama. Il était drôle avec son engin d'un autre siècle. Mes pupilles roulaient jusque sous mes cartes, c'était pas joli. Pas de quoi faire trembler un cristal. Alors en attendant qu'on en finisse, je fais péter son ressort au chrono. Il était suffisamment abimé pour que j'ai une petite influence dessus.  Ca fait taire son voisin d'en face qui se rongeait les dents aussi fort que s'il grignotait des écailles. Voilà, j'essayais de m'amuser à rabattre des chaos sur ces figures mais ces types n'avaient plus mal de rien. Le jeu c'était leur morphine, leur came, tout le reste n'importait plus. Le corps c'était des miettes. Il fallait bien qu'il ne reste plus que de purs esprits à la table. Quand la défaite peut venir du corps qui parle. J'en bouillonnais de voir autant de chairs contrariées. J'ose pas regarder Clem pendant les premières mains. Je n'arriverais qu'à lui communiquer une somme de panique et d'autres outrages qui n'iraient pas flatter sa concentration. On se touche presque du coude mais ça n'a jamais été aussi individuel comme machination à deux. Et je ne suis pas senti plus seul qu'au moment où, à court de jus à mettre sur le tapis, c'est mon bras entier qui s'éparpille en jetons devant moi. Je joue des doigts pour rattraper mes cartes dans la seule main qui me reste. Puis je saisis enfin ce qu'on entend par "essence de vie" dans le bled. A dreamland c'est ta carne que t'y joue. Tout ton soûl, ta propre liqueur de rêves. Une chinoise qui se tient debout contre le papier peint à l'ombre d'un candélabre me caresse de l'éclat de son sabre. Je sens ma peau qui chauffe. J'en tords un peu mon jeu. Je voudrais aboyer un vomi d'insultes mais Clem en pâtirait trop, et ça s'arrêterait surement pas à nos paires de bras. Des clowns qu'on dirait des Crabes Tambours. Là non plus j'ose pas darder dans sa direction. Un type empoche le pot. C'est triste tellement ça ne les fait même pas sourire de me voir tomber en morceaux. J'ai pas l'air d'une bête mourante pourtant. Ca y est, ça me contrarie jusque dans les boyaux. Et quand c'est le ventre qui brûle, j'ai plus de mot d'ordre. Je range mes yeux noirs et toute menace de mes traits. N'en demeurent plus qu'un regard trouble, une bouche close à feux doux. Je préfère ne même pas songer à la prochaine manche et ce que je m'y émincerais.

C'était à toi Clem de lancer la mise. J'espérais que tu me trouves une porte à enfoncer pour nous sortir de là. A cette pensée je mis les pieds dans la catastrophe. Une paire d'yeux amorphes vinrent s'amarrer aux tiens. Et je sentis monter la grosse blague. On avait rien à faire ici, c'était grotesque! J'étouffais un gloussement au fond de ma gorge et de mon unique moignon, tentait de cacher mes dents mises au clair. J'attendais la tapette au tournant. Une gifle, un pied écrasé, une tape dans le genou. N'importe quoi qui aurait fait retentir un peu de fatalisme plombé au dedans. Mais c'était trop de comique. La bizarrerie de la tablée m'a rendu ivre.

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MessageSujet: Re: Le Chemin des Bons Garçons (Première enquête des Crabes-Tambours) Lun 7 Sep 2015 - 23:44
Bien que Clem avait trouvé son introduction plus que poussive auprès du barman, le résultat avait été là vu que lui et Narr avaient été emmené voir le boss des lieux. Contrairement à ce qu’avait espéré Clem, la suite ne fut en revanche pas aussi facile que le début. Le patron de l’établissement ne souhaitait pas être aussi conciliant que l’espérait l’agoraphobe et voulait mettre les voyageurs à sa table, leur promettant les réponses qu’ils voulaient sous couvert de tenir leur table en respect. Lui et tous ses amis étaient en train de jouer au poker et arboraient les têtes de ceux qui savaient ce qu’ils faisaient.

C’était tout l’inverse des deux enquêteurs. Quelques mains furent suffisantes à Clem pour savoir que la seule personne qu’il pourrait mettre en défaut avec son niveau est son propre partenaire. En effet, Narr devait être la seule personne de la table à tenter de cacher un air encore plus abattu que Clem. Et si ce dernier le voyait, il n’y avait aucune raison que les autres joueurs ne le remarquaient pas. Ils ne connaissaient pas le voyageur autant que l’agoraphobe le connaissait mais leur niveau de jeu compensait cet état de fait.

Pour ce qui était de son niveau à lui, Clem avait disputé peu de partie, mais suffisamment pour savoir qu’il était capable de garder un visage impassible en toute circonstance mais qu’il était un véritable encyclopédie vivant concernant les tics de nervosité. Il suffisait de lui mettre deux cartes dans une main pour que cette dernière se mette à trembler. Le fait de savoir que, sur le long terme, la chance ne représentait que vingt pourcent des causes de victoire au poker n’était pas pour le rassurer.

Il avait tenté au début de jouer méta, briser les règles en adoptant un jeu schizophrène, être imprévisible. Cela n’avait pas du tout marché. Heureusement que Clem avait à ses côté un petit pécule en E.V pour amortir les chocs. Malheureusement ce n’était pas le cas de Narr –dont le corps s’amputait déjà à coup de mise. Clem opta ensuite pour un jeu plus classique. Il perdait moins, mais gagnait peu. À chaque fois qu’il se retrouvait avec une bonne main, il n’arrivait pas à monter suffisamment les mises pour récupérer ce qu’il avait perdu. À ce rythme, l’agoraphobe serait content s’il parvenait à sortir de la salle en un seul morceau. Et il serait aussi heureux si Narr s’en sortait tout court. Au vu du côté borderline de l’endroit, il serait bien capable d’y laisser tout son EV, aucun membre de la tablée n’y hausserait un sourcil.

Clem était bien tenté d’escamoter une brême dans sa manche au moment de distribuer les cartes mais il soupçonnait les autres joueurs d’avoir des yeux de faucon en ce qui concernait ce genre de fraude. Il y avait également quelqu’un qui gardait la porte –et surveillait la table. Ils ne jouaient pas en bonne compagnie..

À un moment, il vint à l’idée du patron de donner le coup de grâce à ces deux amateurs venu lui poser des questions alors qu’il était avec des amis. Avec un sourire presque sadique, il misa sur la table une quantité complètement déraisonnable d’E.V au premier tour –quelques soit le tour d’ailleurs ; alors que les joueurs n’avaient pas encore regardé leur cartes. Les autres, par connivence, suivirent le jeu. Quand ce fut au tour des deux voyageurs, aucun n’avait de quoi continuer. Clem avait déjà amorcer le mouvement de main pour signifier son abandon.

« Ici avec les gars on a tous envie de vous voir jouer, commença le patron, mais ça serait trop bête que vous arrêter ici et partez sans vos réponses. Bon prince, je suis prêt à vous prêter assez pour jouer cette manche. Et je vous laisserait même une semaine pour me rembourser. Au delà de ça je devrais envoyer des gens récupérer mon bien, et vous savez qu’il n’est pas possible pour un voyageur de cacher son argent. »

Clem fit un rapide calcul, avec ce qu’il y avait sur la table, il ne connaissait aucune activité susceptible de rembourser le sagouin dans les temps impartis. S’ils perdaient, lui et Narr le payerait de leur propre chair. Et vu ce qui restait de ce dernier, l’agoraphobe se voyait déjà prévenir Liz qu’il n’avait mit qu’une seule journée de travail pour perdre son compagnon. Il regardait ce qu’il avait en main : il avait les deux cartes les plus mal assortis de la création. Aucune chance de faire un bon jeu avec ça.

Il jeta un coup d’œil à Narr, guettant son avis sur la question. C’était lui qui avait le plus à perdre, donc lui qui déciderait.

__________________________


L’agoraphobe était dehors, complètement hébété. Il regardait sans y croire le bout de son bras.
Sur sa main, entouré par ces 5 doigts figurait un bout de papier, et sur le bout de papier figurait une adresse. Il se tourna vers Narr,

« J’ai failli faire une crise cardiaque là bas, rappelle moi de t’éviter au maximum de te faire face à un choix cornélien. » Clem ne savait pas s’il avait envie de coller une grande claque à son compagnon ou de s’en griller une pour se remettre de ses émotions. Sans doute les deux.

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