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Mauvaises herbes (Quête avec Darm)

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MessageSujet: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Dim 14 Juin 2015 - 12:38

"Le Cimetière", annonçait un panneau à la sortie de la bouche du Métro. Rouillé mais néanmoins très lisible, il était fixé sur un pied de bois, une croix, en fait. Y était accroché également un certain nombre de petits ossements, tous polis et impeccablement blancs. Un crâne nous souriait au dessus du panneau, nous annonçant la bienvenue. Figurait également toute une ribambelle de panonceaux plus récents, listant je ne sais quels décrets et interdictions. La seule qui m'intéressait, je la connaissais.

Le paysage qui s'ouvrait autour moi était pour le moins baroque. La terre à mes pieds avait une couleur sombre et charbonneuse, comme de la poussière d'anthracite. Elle était torturée, irrégulière, collines vagues et informes aux alentours, où poussait une herbe revêche et piquante. Quelques arbres se découpaient, aux formes impressionnantes de torsions. Certains avaient des feuilles, mais la plupart exposaient leurs branches nues vers le ciel couvert. Et, surtout, devant moi s'ouvrait le Cimetière lui-même, à travers une imposante grille métallique et son portail démesuré, encadré de deux piliers de pierre couverts de plantes grimpantes, si haute et si épaisse qu'elle en devenait ridicule. Il ressemblait à une combe géante, si régulière qu'on eu dit un cratère. Ses pentes se perdaient dans une obscurité tamisée par des lanternes qui dessinaient des lignes parallèles plongeant vers les profondeurs, quadrillant également les allées de pierres tombales et de caveaux. De toutes les tailles et formes.

"Hey, toi."

Je me tournais vivement vers la source de cet appel. J'étais le seul Voyageur ici, en bordure du Royaume, et je le devinais, un des seuls non affiliés au seigneur des lieux. Le Cimetière était fermé aux Voyageurs, sauf exception notable. Ils n'avaient pas leur place ici, en effet. Je m'attendais donc à avoir à faire avec les autorités proches, pour répondre de ma presque intrusion. Celui qui m'avait interpellé était le vieil Habitant des rêves, tenant toujours sa pelle. Elle prenait tout son sens ici; c'était un fossoyeur, sans doute, une Créature qui était originaire d'ici, et y "travaillait". Ses yeux étaient toujours aussi vifs, et aussi inquisiteurs. Je lui rendis un regard froid et tranchant, et m'avançais vers lui, lentement.

"Je suppose que vous vous apprêtez à me demander ce que je viens faire ici, n'est-ce pas ?"

"Oh, au moins t'es pas un de ces bleus complètement paumés, si t'as pigé que t'étais pas bienvenu. Alors, qu'est-ce que tu fais au Cimetière ?"

Il appuyais son coude sur le manche de sa pelle, après l’avoir planté dans le sol, jetant ses paroles avec un mouvement du menton. Il n'était pas hostile, mais certainement pas très amène. Me toisant avec une suspicion de pure forme, cependant, car manifestement je ne constituais pas une grande menace à ses yeux. Cet état de fait me tira un ressenti en demi-teinte, entre un soulagement tranquille et une pointe plus amère, celle de mon honneur mal placé qui était piqué par ce peu de considération. Gardant cela pour moi, je répondit honnêtement.

"Pour tout avouer, j'espérais pouvoir trouver de quoi entrer sans être hors la loi. J'ai à faire à l'intérieur."

"A faire ? Une tombe à visiter, un enterrement ? M'étonnerait, on a toujours l'info avant. T'as rien à y faire, mon gars, met toi ça dans la tête. Tu pourrais pas aller bien loin de toute manière."

Je commençais à être agacé, franchement agacé. Se faire rabrouer ainsi par un inconnu n'est pas dans mes habitudes, loin de là. M'avançant encore, mon aura jaillit avec un feulement de plaisir anticipé. Mon attitude se faisait moins amène à mon tour, mais bien plus menaçante que celle du fossoyeur. Pas trop, je l'espérais ...

"Je ne veux pas de problèmes, certes. Mais parlez moi sur un autre, ou vous risquez ne plus le faire du tout. Je ne suis pas ici pour me faire remballer comme un môme, simplement pour discuter. Suis-je clair ?"

Un sourire dur me répondit, mais ses yeux, eux, ne souriaient pas du tout. Il reprit sa pelle entre ses mains, la tête toujours vers le bas, mais plus plantée dans le sol. Il jeta un coup d’œil vers les grilles, comme s'il avait vu quelque chose, puis se tourna vers moi à nouveau.

"Garde tes menaces pour toi. Et le message est clair, t'en fais pas, mais crois pas que je vais m'écraser ou quoi. J'ai rien à entendre d'un voyageur, mais au moins tu mérite que je sois direct. Si tu veux vraiment entrer, suis-moi, j'ai peut-être quelque chose pour toi."

Il tourna les talons, se dirigeant vers la grille, loin de l'entrée cependant. Je le suivis, circonspect. Ce qu'il allait faire, je n'en savais rien du tout, mais cela ne me coûtait pas grand chose de voir. Je voulais, autant que possible, ne pas me mettre le Cimetière à dos. Je n'étais pas grand chose, pour certaines Créatures, ou même certains des Voyageurs du seigneur, et de toute manière il ne me serait que néfaste d'être en mauvais terme avec un Royaume déjà hostile. Il y avait en outre une évolution dans le traitement qui m'était réservé, pour le moment.

J'apercevais des formes qui déambulaient près des grilles. Suivant mon regard, le fossoyeur poussa un soupir exaspéré, comme s'il en avait plus qu'assez de cette vision. Il ne s'arrêta pas pour autant, aussi évitais-je de rester derrière pour le seul plaisir de mes yeux. Au lieu de ça, je me mis à sa hauteur.

"Qu'est-ce que c'était ? Des habitants du Cimetière ?"

"A ce niveau, ils sont pas assez fort pour sortir de leur tombe, non, alors passer entre les barreaux des grilles ... Non, c'est un truc un peu moins prévu par le Seigneur, justement."

Son air un peu fermé m'incita à ne pas insister.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Mar 16 Juin 2015 - 8:24

Émilie en avait plus qu'assez. Elle avait passé une journée ardue au bureau, à remplir papelard sur papelard. Dès qu'une partie de la montagne de paperasse disparaissait entre les mains expertes de ses collègues, une autre partie était immédiatement déposée sur le bureau. Émilie commençait à comprendre ce qu'avait pu ressentir le pauvre homme qui, selon la mythologie grecque, avait dû pousser jusqu'en haut d'une montagne d'énormes rochers, qui finissaient inexorablement par redescendre de l'autre côté.

Enfin, était-ce vraiment ça le mythe ? Elle l'ignorait, tout comme elle ignorait le nom de ce fameux grec qu'elle avait pourtant appris par cœur lors de son année de cinquième, afin de décrocher la moyenne en Français. De toute façon, qui s'en souciait de cet imbécile de grec, hormis quelques profs aigris aux yeux abîmés par la lecture ?

L'humeur de la jeune femme ne s'arrangeait pas au fur et à mesure que l'averse de papier s'abattait sur son bureau. C'était chaque lundi la même histoire, puisqu'il fallait gérer à la fois les appels d'offre en retard de la semaine dernière, et ceux de la semaine à venir. Une responsabilité qu'elle aurait adoré déléguer à son stagiaire s'il ne lui avait pas paru aussi incompétent que stupide. Ah, ces jeunes ! Une fois sortie de derrière leur console de jeux, ils étaient perdus.

C'était hypocrite de sa part d'avoir ce genre de pensée, puisqu'elle avait un modèle plus grand à la maison, qui avait fini ses partiels depuis maintenant quelques semaines et qui passait son temps à jouer à l'ordinateur tout en attendant qu'elle rentre du boulot comme le ferait un bon toutou. Il avait prévu de lui faire voir un ou deux films de zombie qu'il considérait comme étant des « chef d’œuvres cinématographiques » et la jeune femme regrettait déjà d'avoir accepté.

Le lendemain, elle regretterait de ne pas avoir rompu depuis longtemps avec ce crétin qui passait son temps à lui faire découvrir son univers de dégénéré.

Car la jeune femme, après s'être endormi lovée dans les bras de son amant, se retrouvait à présent devant trois... trois zombies grimaçants, qui avançaient vers elle avec une lenteur insupportable. Il ne lui en fallut pas beaucoup plus pour se mettre à hurler. Très, très bonne idée. Était-ce l'odeur de la peur, ou bien tout simplement le cri qui attirèrent la multitude de zombies qui ne tarda pas à rappliquer ? Ce n'était pas Émilie qui allait répondre, son esprit n'étant occupé que d'une seule pensée « Fuir !».

Elle se mit donc à cavaler à toute vitesse, comme un cheval acculé par une meute de loups. C'était bête de sa part, car elle se retrouva vite à court de souffle, à regarder dans tous les sens en quête d'un échappatoire inexistant. Une nouvelle fois, elle revivait le mythe de Sisyphe : quelque soit la direction qu'elle choisissait, le spectacle était le même et les zombies groullaient comme des fourmis sur une glace tombée par terre.

La terre fraîchement retournée constituait la cire de leur ruche, et ces innombrables abeilles de chair géantes sortaient de terre afin de parvenir à mettre la main sur leur proie. Ce district était certainement le moins dangereux du cimetière, mais la quantité importante d'habitants au mètre carré incitait toutefois les jeunes Voyageurs à s'en méfier. Heureusement, les zombies dormaient la plupart du temps. Et puis, ils n'étaient pas tous sous-évolués, certains étant même capables de tenir une conversation.

Sauf que la présence de la jeune femme les avait tous réveillé. Émilie, jetant des regards dans tous les sens, se sentait acculée et finit par se résigner à mourir dévoré. Elle baissa la tête en tremblant, fermant les yeux tout en s'efforçant ne pas penser à la situation dans laquelle elle se trouvait. Une flaque d'urine ne tarda pas à apparaître sous ses pieds. Le premier zombie tendit une main tremblante à laquelle il manquait l'index et l'auriculaire, avide d'être le premier à poser ses dents déchaussées sur ce morceau de choix.

Une ombre massive et élancée passa devant lui, arrachant son bras au passage. Un colosse à la chevelure d'ébène se saisit de la jeune femme et la mit sur son épaule.


- Bwahahaha ! J'vous ai encore baisé, les zombies ! Même en vous laissant cinq minutes d'avances, j'suis l'premier à mettre la main sur la proie.

Le sourire du géant dévoilait une dentition qui ne présageait rien de bon, et il se mit à palper le postérieur de sa prise. Ayant eu son comble d'émotions pour la nuit, la jeune femme se réveilla, au grand dam de Darm qui n'avait pas encore infecté Émilie avec sa salive de manière à obliger son corps à rester dans le monde onirique.

Le « Pouf ! » soudain que provoqua la disparition de la Rêveuse fut immédiatement suivi par un haussement d'épaules de la part du mercenaire.


- Pas grave, les gars. Il y en aura d'autres !

♦♦♦

Tu te trouvais dans l'une des parties les plus vivaces du district 6, partie qui était devenue ainsi en grande partie grâce à toi. Ayant déniché l'une des pelles des gardiens de ce lieu, cela faisait maintenant deux bonnes heures que tu t'amusais à déterrer les zombies, puis à les mettre sur pied, afin de les lâcher sur de pauvres Rêveurs innocents. Le moment que tu préférais, c'était quand tu profitais de leur lenteur pour ravir leur proie et la dévorer à leur place.

- Hey, toi avec la pelle !

Te retournant vivement (étais-tu en présence d'un de ces zombies doués de paroles ?), tu découvris que celui qui venait de t'interpeller n'était autre que l'un des Fossoyeurs du lieu. Tu le dominais de deux bonnes têtes, mais n'était pas dupe : sous la gigantesque bosse de chair qui lui servait de dos se cachait une impressionnante masse musculaire, caractéristique de celui qui travaille la terre sans jamais manger ce qui y pousse.

- Personne ne t'a appris à ne pas toucher aux affaires des autres, mon garçon ? C'est ma pelle que t'as pris, et je compte bien la récupérer. Mais avant ça, tu vas réparer tes bêtises : t'as transformé toute cette zone en véritable gruyère. Est-ce bien clair ?

Le type ne t'avait même pas laissé placer un mot. Pas que tu sois particulièrement causant, mais t'aimais pas quand on t'inondais de paroles, et quand on employait des mots inconnus comme « gruyère ».

- C'est à moi qu'tu parles, nain déglingué ? Va plutôt te faire accoucher du dos, on dirait un dromadaire !

Comme d'habitude, t'étais le meilleur diplomate que la Terre ait jamais portée. Le regard furibond, le fossoyeur passa la main derrière son épaule, cherchant machinalement son arme avant de se souvenir qu'elle se trouvait dans ta gigantesque poigne. Un sourire méprisant aux lèvres, tu la levas en l'air d'un air triomphant.

- C'est ça qu'tu cherches, non ?

- Dire que je n'aurais jamais pensé devoir faire appel à ça pour une banale créature des rêves... Médor, attaque !

Tu te retournas, cherchant du regard le molosse cadavérique qui s'apprêtait à se jeter sur toi. T'avais l'intention de lui rétamer la gueule à coups de pelle, avant de s'occuper de son maître.

Sauf qu'il n'y avait personne. Ou plutôt, personne de visible.

C'est alors que deux mains dont la taille n'avait rien à envier aux tiennes surgirent du sol pour s'enrouler autour des chevilles... du Fossoyeur.


- Mais non, pas moi Médor ! Attaque-le lui ! Je savais que c'était une mauvaise idée de te laisser jouer la moitié droite de ton cerveau aux cartes...

Les mains repartirent sous le sol, laissant deux épais trous à la surface, et tu te mis à scruter la terre avec l'appréhension d'un nageur en plein milieu de l'océan et entouré de requin. Mais même en étant conscient du danger, tu n'étais pas suffisamment rapide pour pouvoir l'esquiver : une poigne ferme se referma autour de chacun de tes mollets, et te tira brusquement vers le bas, enfonçant ton corps gigantesque dans la terre meuble.

Tu te retrouvas rapidement avec de la terre jusqu'au haut des épaules, la pelle encore levée afin d'en décocher un coup à la créature.Le Fossoyeur te jaugea froidement, avant de récupérer sa pelle.


- Quand j'vais sortir de là, tu vas regretter d'avoir croisé ma route !

- Si tu souhaites te venger, pense à creuser deux tombes. Une pour...

- … toi, et une pour ta bosse, je sais ! le coupas-tu, avant d'esquisser un sourire goguenard.

Le Fossoyeur secoua la tête, d'un air déçu. Il semblait avoir espéré tirer quelque chose de toi, qu'être pris au piège t'aurais ramené à un peu plus de raison mais tu continuais à agir comme un gamin immature.

- Soit. Tu vas donc passer un très long moment ici.

Puis, il s'en alla, te laissant seul. Tu tentas de te dégager, et de mettre ta force à l'épreuve pour parvenir à sortir de terre mais la terre n'avait rien à envier aux sables mouvants  plus tu te débattais, plus tu t'enfonçais. Lorsque tu te retrouvas avec de la terre jusqu'au cou, tu finis alors par te calmer, et à accepter ton sort. Si tu te retrouvais englouti par la terre, tu ne mourrais pas nécessairement mais ça n'arrangerait pas ton affaire.

Personnellement, je pensais que le Fossoyeur t'avait gardé en vie pour une bonne raison, et que t'aurais de ses nouvelles bientôt. La suite des événements me donna raison.

Une journée entière après ton emprisonnement, une pelle atterrit non loin de toi.


- T'es disposé à réparer tes bêtises, ou tu vas continuer encore longtemps à agir comme une bête sauvage ?

Sans dire un mot, t'empoignas la pelle à deux mais et l'enfonça de toutes tes forces dans le sol, jusqu'à ce qu'elle rencontre suffisamment de résistance pour s'immobiliser. Puis, tu posas tes deux mains sur le haut du manche, et entrepris de t'appuyer sur elle pour t'extraire de la terre. Bientôt, ta chair maintenant noircie par la terre se retrouva de nouveau sur la terre ferme.

T'empoignas de nouveau la pelle, et banda tes muscles afin de l'extraire elle-aussi du sol, ce qui ne fut pas si difficile. T'y parvins finalement au prix de quelques efforts, même si personne ne vint pour te couronner roi. Puis, sans rien dire, tu te rendis en direction du premier trou que tu avais fait, et commença à le reboucher.

Il te fallut une bonne journée de travail pour reboucher tous les trous que tu avais fait, et tes muscles luisaient à présent de sueur. Tu n'étais pas bien endurant, et c'était l'un de tes plus grands défauts : la fatigue finissait souvent par s'insinuer dans ton corps, comme un poison mortel, et te laissait à la merci des trop nombreux ennemis que tu avais affronté au cours de ta courte existence.


Le Fossoyeur supervisait ton travail sans rien dire, se contentant d'hocher imperceptiblement la tête lorsque la terre était vraiment très bien tassée. Lorsque tu finis enfin ton travail, et que tu t'apprêtas à quitter les lieux sans plus de cérémonie, il se mit à gratter sa bosse d'un air songeur avant de t'interpeller.


- Hey, toi ! Tu m'as l'air tout de même solide, comme garçon. Ça te dirait un travail rémunéré, cette fois-ci ? Il y a quelques visiteurs indésirables au cimetière dont je souhaiterais me débarrasser.

En bon mercenaire, tu ne refusais jamais un travail bien payé. Tu hochas donc la tête à son adresse, avant de le suivre jusqu'à sa demeure. Une fois arrivé là-bas, tu lui demandas plus d'explications mais il fut interrompu avant même de pouvoir ouvrir la bouche par l'arrivée de Médor. Les mains, sorties de terre, se mirent à faire des mouvements que le fossoyeur semblait comprendre.

Soupirant, il ramassa sa pelle et s'éloigna de la demeure.


- Attends-moi ici, j'en ai pas pour longtemps.

Étonnamment calme et silencieux depuis ton emprisonnement sous terre, tu ne lui demandas pas plus d'explications et te contentas de t'asseoir en tailleur afin d'attendre son retour.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Sam 20 Juin 2015 - 18:15

Nous approchions d'une sorte de chaumière, digne d'une campagne du XIXème siècle. Les murs étaient d'un torchis qui paraissait délavé, mangé sur tout un coté par une plante grimpante épineuse. Il ne manquait que la pluie pour que le tableau soit complet. Je retirais sagement ses pensées de ma tête, avant d'être exaucé. Mon guide, toujours aussi peu loquace, retira une grosse clé de sa poche, alors que nous étions à quelques mètres de l'entrée. J'étais quelque peu circonspect, je l'admet. Cet endroit m'avait tout l'air de sa demeure, ou ce qui s'en rapprochait le plus; ne tenant plus ma langue, je l'interrogeais.

"Vous n'habitez pas dans le Cimetière, en tant que fossoyeur ?"

Un grognement mi amusé mi agacé me parvint. Il se tourna à demi, recalant sa pelle sur son épaule.

"Non merci, j'ai pas envie d'avoir mon travail à domicile. Au moins on a la paix, ici. En tant normal."

Sa réponse ne put que me faire sourire, tant elle aurait pu sortir de la bouche d'un ouvrier que je croisais en pleine rue, ou sur la terrasse d'un bar. Il est vrai qu'il ne faisait pas partie des "morts" qui prenaient leurs aises dans les terres du Royaume. Il  était de ceux qui s'en occupaient sans partager leur condition, dans une besogne qui m'avait tout l'air d'être plus routinière et pénible dans ses imprévus qu'autre chose. Un agent d'entretien, version horreur. En quoi pouvait bien consister son travail, vraiment ? Il enterrait les nouveaux, ré-enterraient les récalcitrants, gardaient les tombes propres, les allées dégagées (ou l'inverse, justement), et quoi encore ? Rien que de très banal, en somme. Mais nous étions à Dreamland, justement; rien n'était "banal", ou sur une tout autre échelle.

"Bon, je vais chercher un truc ou deux, t'a qu'à attendre ici, mon frère va pas tarder."

Et il ouvrit la lourde porte, poussant à peine le battant, et le refermant aussi sec derrière lui. Le bruit sourd qui fit la fermeture me fis cligner des yeux, une pointe d'agacement qui me brûlait les lèvres. Fallait-il vraiment que j'en passe par là ? Certes, mieux valait me plier à cela plutôt que m'attirer des ennuis, mais ... Ah, tout de même. Je piétinais presque, plein d'une sourde colère. J'avais l'impression d'être pris pour un vulgaire planton, à rester ici, à attendre je ne sais quoi. Je ne bougeais pas, ce n'était pas mon style, et pourtant tout mon corps me démangeait, avec insistance. De quoi vouloir tout envoyer valser.

"Bon, t'es tout ce que mon frangin a trouvé ?"

Je me retournais; un homme, assez difforme, avec un dos si bossu que sa tête penchait fort vers l'avant, une pelle à la main, me toisait sans aménité. Sa voix, totalement identique à celle de l'autre, m'avait un peu perturbé. Je remarquais à coté de lui ce qui ressemblait à une statue d'angelot, très abîmée, qui me jetait de petits regards de ses yeux de pierre. Allons bon ... J'ouvris les bras dans une parodie de geste fataliste, jetant sur lui un regard froid et tranchant.

"En effet, je suis "tout" ce que ton frère a trouvé, comme tu dis. Maintenant, explique moi un peu pourquoi il m'a fait venir."

"Suis-moi, on aura le temps en route."

Et il tourna les talons, le petit chérubin minéral et ravagé à ses traces. Je soupirais, et me mis d'un bond à leur hauteur, calquant mes pas sur celui du fossoyeur. En route, oui, sans doute. Je préférais le questionner plutôt que le laisser mener la discussion.

"Or donc ? Apparemment, il y avait quelque chose que je pourrais faire, et qui me donnerais une entrée au Cimetière ?"

"Ouais ouais. En clair, il y a un travail qui nous prendrait trop de temps, alors on cherche quelques gars pour s'en occuper. C'est simple : tu fais ce qu'on te donne à faire, et ton cas pourras être étudié; on a pas un laisser-passer si facilement, mon gars."

Son air fataliste donnait à ses paroles un air plus que réaliste. Bon, au moins ma raison n'était pas inutile, et plus que justifiée. J'eus une légère mais bienfaisante bouffée de satisfaction à ces propos, mais enchaînait sans pause; certains points n'étaient pas assez clairs.

"J'ai pourtant cru voir quelques Voyageurs entrer et sortir, non ?"

"Entrer, sans doute, sortir, c'est moins sur. Sauf autorisation particulière, aucune protection n'est garantie, c'est même l'inverse."

"Je vois. Et pour ce qui est de la nature de ce travail, donc ? Avant de m'engager, j'aimerais savoir dans quoi."

Nous arrivions devant la grande grille. Elle n'était pas fermée, je le remarquais. Logique, puisque tout le monde pouvait entrer. A ses risques et périls ... L'angelot, qui ne nous avait pas lâché, s'éleva soudain, agitant dans un concert de petits craquements ses moignons d'ailes de pierre. Il se posta au dessus d'un des piliers, rejoignant ses congénères, que je n'avais pas remarqué jusqu'alors. Ils formaient de véritables essaims dans les hauteurs du portail, certains incrustés dans ce qui était autrefois, peut-être, des bas reliefs, mangés par l'érosion et les plantes grimpantes. Le nez en l'air, je suivis le fossoyeur dans la première allée.

"Vu que t'as l'air de poser des question à tout bout de champ, on va être plus précis. Tu peux le voir, notre Seigneur nous donne à entretenir le Cimetière à sa manière. Pas que ça me gêne, remarque, mais c'est plus dur à gérer. C'est la brousse, avec tout ce que tu peux trouver de possible et imaginable, niveau trucs mort-vivant. Dernièrement, on a vu une augmentation d'une espèce de plante zombie. Elle bouffe tous les autres, et se multiplie un peu trop. Pour le moment, y en a qu'une vingtaine grand maximum, mais elles font fuir tous les autres morts. C'est donc à nous, les Fossoyeurs, de s'en charger, mais on a déjà assez de boulot. Seigneur Chiron nous a donné l'autorisation d'engager des gars extérieurs au Royaume pour."

Qu'il parle sans discontinuer me donna un sentiment assez agréable, comme si l'on faisait enfin attention à moi. Alors qu'il me donnait ses explications, nous continuions à progresser parmi les tombes perdues dans la friche. Les bruits alentours étaient légers, mais continus; bruissements, chuchotements, râles étouffés ... Entre la ménagerie et un film de zombies. Mais le tout donnait une sorte de cachet au lieu, un dynamisme particulier, qui me plaisait. J'avais la sensation qu'il y avait quelque chose à faire ici, que j'allais trouver de nouvelles questions, et peut-être des réponses. Mais pas tout de suite.

"Très bien, alors, j'accepte volontiers. Pour ce qui est de ce que j'y gagne, en revanche ?"

"Te fais pas de bille, t'auras ce que tu veux."

Il me dit cela en agitant sa main crasseuse vers moi. Bon, nous verrons pour cela, alors ... Le fait que je doive faire face à des "plantes zombies" ne me questionnait pas plus que cela, au vu de ce que je voyais pour le moment. Le fait qu'en revanche les fossoyeurs en soient réduits à engager des Voyageurs extérieurs au Cimetière pour s'en occuper m'interrogeait grandement.

"Bon, vous deux, vous allez travailler ensemble pour nettoyer le District 6 des plantes zombies qui traînent, alors entendez vous; la grande gueule, je te laisse le soin d'expliquer à ton collègue. Je vous laisse faire votre boulot, quand vous aurez fini, allez au portail."

Il s'écarta, rebroussant chemin, dévoilant, assis sur le sol de terre battue, où poussaient sur le chemin approximatif quelques touffes revêches, un colosse. Une peau cendrée, des cheveux sombres, cascadant sur des épaules monstrueusement large, surmontant un corps taillé dans une chair noueuse et abondante. Ses yeux rouges me fixaient, dans son visage marqué, qui m'était familier. Oui, je le connaissais, de plusieurs et contradictoires manières ! M'avançant en prenant un sourire ténu, je prenais la parole le premier, en prenant un ton qui, dans mes souvenirs, se rapprochait un peu du sien.

"Oh, Darm, amusant de te croiser ici. Prêt à jardiner avec moi, alors ? Si j'ai bien compris, nous allons devoir nettoyer toute la zone; ça m'a l'air dans tes cordes, en effet. T'as tout pigé ?"
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Mar 23 Juin 2015 - 8:17
La silhouette trapue du fossoyeur se découpa à l'horizon. Elle était accompagné d'une autre silhouette, plus grande, et les deux ombres s'approchaient de toi d'une démarche régulière. Tu attendis que celui qui venait d'arriver s'avance vers toi, et te redressas de toute ta hauteur. Le nouveau-venu était Jean-Baptiste, un type qui avait un blaze bien trop compliqué pour toi. Cependant, tu l'avais si souvent croisé que t'avais été capable de le retenir.

D'abord allié, puis ennemi, les choses semblaient parties pour que vous soyez de nouveau alliés cette fois-ci. Cette idée ne te dérangeait pas et tu te mis à sourire. Tu avais une vision très particulière des combats et de leurs conséquences. Même si tu avais désiré sa mort lorsque tu avais combattu contre lui, tu le considérais comme un adversaire de valeur et, de ce fait, il avait gagné ton respect. Enfin, pour ce que ça valait.


- Jardiner ? T'es pas sérieux, blanc-bec !? J'ai une gueule à jardiner ? T'veux pas qu'on s'la tâte, tant qu'on y est ?

Les traits d'esprits ricochaient sur toi comme des balles sur le renfort d'un fourgon blindé. Visiblement, tu te voyais déjà avec une bêche, en train de retourner la terre afin de récupérer des patates ou d'autres légumes du même genre. Le fossoyeur se contenta de hausser les épaules, l'air de dire « Et bien ! C'est pas gagné, gagné... » et préféra ne pas intervenir.

En fait, t'avais compris de quoi il était question, puisque t'avais entendu le fossoyeur expliquer au Voyageur qu'il fallait s'occuper des plantes zombies. Mais tu trouvais drôle de voir le Voyageur se faire chier à réexpliquer. Tu devenais de moins en moins cons avec l'âge, mais tu n'avais aucun intérêt à ce qu'ils s'en rendent compte. Un mercenaire considéré comme débile était un mercenaire sous-estimé. Un homme sous-estimant un mercenaire était un homme mort.

Voilà comment tu voyais les choses.


- Des plantes zombies ? Mouais, ça devrait l'faire. Dépêchons-nous d'en débarrasser la zone, histoire qu'on puisse passer à une mission plus dure.

Un coq zombie se fit entendre dans le lointain, faisant entendre son chant matinal alors que le ciel ne s'était pas départi de sa couverture d'encre.

- Bien, vous semblez être prêts à accomplir votre mission. Je vais donc vous expl... commença le fossoyeur, qui ne s'était éloigné que de quelques mètres avant de revenir sur ses pas.

- Qu'est-ce qu'tu fous encore là ? T'étais pas sensé partir afin d'nous laisser faire le taff ? le coupas-tu, l'agressant avec tes cordes vocales.

Le fossoyeur se gratta la bosse, légèrement perturbé d'être interrompu en pleine explica...

- Mais réponds, bordel ! Et arrête de gratter ta bosse, on croirait voir un dromadaire galeux !

Les sourcils broussailleux de la créature se plissèrent et ses yeux lancèrent des éclairs. Pas seulement de manière métaphorique, hélas. Tu fus obligé de faire un bond pour éviter la foudre qui s'abattit là où tu te trouvais auparavant.

- La prochaine fois que tu m'interromps, m'insulte ou me manque de respect de quelque manière que ce soit, je m'assure que tu fasse partie intégrante du paysage du District 6. Ais-je été suffisamment clair ?

La menace était réelle et, au vu de la prodigieuse capacité qu'il venait de montrer (et de son contrôle exercé sur le zombie souterrain nommé Médor), tu ne doutais pas une seule seconde qu'il serait capable de rendre ses paroles réelles. Ton sourire, toujours présent sur ton visage alors que tu leurs gueulais dessus (ce qui empêchait les gens de te croire en colère) s'élargit davantage alors que tu hochais la tête en signe d'assentiment.

- Je vais maintenant vous laisser puisque vous ne souhaitez pas avoir d'informations sur les particularités de vos adversaires. N'oubliez pas, je vous attendrais au portail !

Tu n'attendis pas de voir la bosse disparaître à l'horizon pour te mettre en route. Avalant une bonne centaine de mètres d'une marche rapide, tu finis par t’arrêter afin de repérer tes proies.

Le cimetière était plutôt vivant et animé habituellement, ce qui était assez paradoxal dans un sens. Cependant, on ne voyait (ou n'entendait) que très peu de zombies cette nuit-là. Tout au plus quelques râles ci et là, des cris de chouette, des chuchotements presque audibles venant d'un tuba qui se rapprochait petit à petit de toi, comme l'aileron d'un requin.

Un tuba ? Tu attrapas le tube jaunâtre qui dépassait de la terre meuble, extirpant du sol un zombie chétif en costume de plongée qui se mit à battre des bras et des jambes dans l'air, tentant de se sortir de ta poigne de fer.


- Lâchez-moi, par pitié ! Je ne suis qu'un jeune zombie bien trop maigre pour être mangé par une aussi belle plante que vous !

- Belle plante ? Vraiment ?

Le zombie ouvrit l'une des paupières cadavériques qu'il avait fermé durant le processus d'extraction, persuadé que sa dernière heure était venue.

- Vous n'êtes pas l'une de ces foutus plantes ?

- Non. On va les détruire. Mais j'crois qu'j'me suis planté de direction, parce que j'en vois pas ici.

Le zombie en tenue de plongée et au masque avec tuba se gratta la tête, l'air de réfléchir.

- Reposez-moi et j'vous promet de vous guider jusqu'à elles.

- Marché conclu, p'tit homme ! souris-tu, avant de poser le zombie au sol.

Ni une, ni deux, la créature chétive se jeta dans la terre meuble comme un homme à la mer.

- Hasta la vista, pauv' cons !

Si Jean-Baptiste parvenait à être plus rapide que le zombie, et à le rattraper avant qu'il soit sous terre, tu allais te faire un plaisir de faire comprendre au zombie que tu n'aimais pas les parjures.

En t'en servant comme appât pour attirer les plantes, par exemple. Pourquoi s'embêter à les chercher, quand on pouvait les attirer ?
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Jeu 25 Juin 2015 - 17:25

J'avais presque oublié à quel point il pouvait être ruffian ... Presque. Les restes qui flottaient encore dans ma conscience m'évitèrent de réagir comme je l'aurait autrement fait. Non, oh non, cela ne servirait à rien, je le savais ... Je restais coi, attendant qu'il me réponde vraiment, ne retenant que l'essentiel. Malheureusement, il ne semblait pas prêt de s'arrêter de provoquer gratuitement. Alors que le fossoyeur s'était retourné, s'apprêtant finalement à nous donner quelques informations supplémentaires, apparemment, Darm l'apostropha violemment. Je serais silencieusement les dents, craignant la réaction. Je ne fus pas déçu.

Jaillissant des yeux courroucés de la Créature, un éclair d'un violacé criard zébra l'atmosphère, roussissant les herbes revêches alors que Darm l'esquivais tant bien que mal. Cela suffit à mettre en sourdine ses vociférations assommantes; trop tard, cependant. Le fossoyeur n'était plus disposé, apparemment, et il s'en alla sur ce trait, me laissant avec une grimace sardonique qui me piquait la peau, sous mon visage de glace. Je me retins de l'interpeller, cela ne donnerait rien. Rien de positif, en tout cas ...

Répondant à une impulsion que je me surpris à sentir, je me mis en marche, alors que Darm faisait de même. Il était grand, jusqu'au ridicule, presque, musclé comme une parodique statue, ou un culturiste masochiste, selon moi. Son rythme ne m'était en rien problématique, en tout cas, car si son corps semblait d'un vigueur que je pensais pas posséder, ma condition onirique m'étonnait encore; de plus, mon aura suppléait sans aucune difficulté à cela, et je devais me freiner pour ne pas le perdre. Nous nous enfoncions dans les brousses épineuses, entourés de rares bruits ténus. Le sol en légère pente nous indiquait notre direction, par rapport à l'intérieur du Cimetière, déversant ses Districts dans son immense combe.

Darm stoppa, à l’affût. Je jetais des regards de tous cotés, me retenant de m'envoler, il était trop tôt. Je répugnais en outre à laisser mon collègue de nettoyage seul au sol, pour des raisons qui se contredisaient presque. Je ne voulais pas le mettre en difficulté, et je ne voulais pas qu'il me mette en difficulté. Les réactions qu'il pouvait avoir m'étaient à la limite de l'incompréhensible, aussi je préférais me cantonner dans une prudence de forme.

Une tache orange attira mon attention dans les nuances brunes et vertes du sol. Un cylindre, long comme la moitié de mon avant-bras et fin, dépassait du sol, progressant lentement, alors que la terre se refermait sur son passage. Intriguant. Darm plongea a demi dessus, tirant brutalement en l'empoignant. L'humus se fractura, libérant une forme chétive, humide et terreuse. C'était un des morts enterrés dans le premier anneau des tombes du Cimetière, portant une combinaison imperméable d'un orange passé, un tuba sur sa tête.

Il était terrifié, apparemment, et je ne pouvais qu'admettre que sa réaction était compréhensible. Être déterré dans ses activités, aussi bizarres que la "nage" dans l'humus entre les corps épars sous le sol, par un colosse au sourire tout sauf engageant, il y avait de quoi effrayé, en tant que faible zombie. Prenant ce repêchage intempestif pour la fin de sa vie après la mort, il supplia avec maladresse, nous prenant pour les plantes si dérangeantes. Il avait connaissance de ces végétaux nécrophages, alors ! Il nous proposa, ayant ouvert les yeux, de nous aider à les trouver si Darm le libérait de l'étreinte de son énorme main. Qu'il accepte si vite d'aller se frotter à ce qu'il craignait si manifestement ne manqua pas de me faire tiquer. M'avançant d'un pas, je lançait d'un ton neutre :

"Darm, je sens venir le/"Marché conclu, p'tit homme !"

Je faillis lâcher une imprécation déplorant l’indécrottable idiotie de mon compagnon, alors que les palmes du petit zombie touchèrent le sol, provoquant un sourire malin de ses quelques dents pourries. Sans plus réfléchir, je m'élançais, alors qu'il sautait à moitié.

"Hasta la vista, pauv' cons !"

Oh, je ne crois pas ! Alors qu'il plongeais la tête la première dans le sol qui s'ouvrait sous lui comme de l'eau, ma main crocheta une de ses chevilles. Je tirais violemment, et l'attrapais par l'autre jambe, alors qu'il se débattait avec toute la virulence dont il était capable. D'un ton tranchant je prononçait quelques paroles, en le secouant.

"Agite-toi encore, et tu pourras être sûr d'être le prochain repas d'une de ces plantes, mais pas forcément dans le meilleur de tes états."

Il cessa de se débattre, un petit sanglot qui avait tout de la comédie lui échappant. Je continuais de le tenir pendu par une jambe, observant ses mains décharnées s'accrocher aux quelques herbes sous lui.

"Pitié, je suis trop jeune pour mourir à nouveau ! J'ai encore tant de longues années devant moi, n'écourtez pas ma misérable mais heureuse seconde existence ! Vous ne seriez pas aussi cruel, vous, un Voyageur si plein de prestance et de compassion ?"

Piètre tentative, qui ne rida même pas ma face d'un sourire.

"Je vais être honnête avec toi; conduit-nous au dernier endroit où tu as aperçu ces plantes, ou même leur origine, et je te garantis qu'il ne t'arriveras rien de faucheux, enfin, fâcheux. Refuse, et je me ferais un devoir de les trouver, avec toi comme engrais. Essaie de nous fausser compagnie, et je ne ferais pas le plaisir d'une fin rapide non plus. Trompe nous, et il t'en cuira. Ais-je été clair ?"

Je prononçais ma sentence en détachant bien mes mots, les découpant avec froideur et inflexibilité. Interdisant ses mesquineries et fourbes sérénades. Ses doigts se décrispèrent des brins qu'ils serraient frénétiquement alors que je lui faisais l'inventaire de ses possibilités. Poussant une expiration tremblante, il me répondit.

"Relâche moi, je vous conduirait. Mais par pitié, ne les laissez pas me prendre !"

Oh, mon bon ami, tu n'y es pas encore, apparemment. Tu es trop fourbe et rapide pour que je puisse espérer dignement mettre mes menaces à exécution, pas question de te laisser le moindre espoir de fuite. Je ne le lâchais pas, au contraire, mais le tirais violemment sur ses jambes vers le haut, changeant mes prises alors que je le lançais dans un retournement contrôlé en l'air, provoquant un glapissement angoissé de sa part. Je le fis basculer, le mettant la tête vers le haut. Une de ses palmes manque de fouetter mon visage, et je l'attrapais au collet, le mettant à hauteur de mon visage.

"Ais-je été clair ?"

"Oui, très clair, vous avez ma parole pitié !"

Son couinement angoissé manqua de me faire soupirer de soulagement. Il signait la fin de ses rodomontades et intrigues; il avait le ton de celui qui est à court, et si je soupçonnais qu'il ai encore de la réserve en terme de fourberie et coups tordus, au moins laissait-il cela au placard. Une petite partie de moi se récriait d'une telle attitude de ma part, mais elle me paraissait nécessaire si je voulais en faire notre guide le temps d'une marche. Nous aurions pu en trouver d'autres, peut-être. Il devait y avoir des solutions moins brutales, sans doute. Mais l'énergumène que j'avais avec moi m'interdisait toute forme de diplomatie. Je craignais qu'il ne me prenne le zombie nageur des mains pour le fracasser, aussi mes actes avaient aussi pour but de ne pas le laisser faire ce genre de choses. Reposant l'infortuné mort vivant au sol, sans qu'il tente de s'enfuir cette fois, je tournais mes yeux et mes paroles vers Darm, avant de se mettre en marche.

"Ne te fais pas avoir, la prochaine fois, Darm. Au moins avons-nous un guide."

Je faillis rajouter "donc ne le touche pas", mais autant ne pas lui donner de mauvaises idées. Notre plongeur subtellurique nous montrait le chemin, se gardant bien de s'y diriger cependant. Je pris le devant, sa tête ornée du tuba dépassant à coté de moi, alors qu'il nous menait entre les broussailles, vers l'intérieur du District 6. Je me pris à furtivement observer le ciel, apercevant quelques oiseaux à qui il manquait un bon nombre de plumes pour voler traverser pourtant le ciel rapidement, dans le sens inverse de notre progression, s'appelant les uns les autres de leur croassements éraillés. Ils me paraissaient angoissés, si un cri de corbeau pouvait avoir ce genre de registre. L'arrêt brutal du zombie à coté de moi me fis tiquer. Avant que je n'ouvre la bouche, il pointa un doigt décharné vers un enchevêtrement de ronces, devant nous, à une vingtaine de mètres peut-être. Le terrain, avant, était plutôt dégagé, émaillé de quelques touffes, d'un arbre mort à notre droite, et de quelques tombes de guingois. La végétation, qui restait plus ou moins éparse jusqu'alors, s'étoffait à partir de là.

"C'est vers là que j'ai vu ces horribles plantes, qui déterraient les pauvres occupants. Il y en avait au moins 8, mais elles étaient pas rapides, donc je me suis taillé fissa."

Il était déjà prêt, d'ailleurs, à se "tailler fissa", manifestement. Il n'en était cependant pas question avant que nous ayons eu la preuve de ce qu'il nous avançait, qu'il soit véritablement effrayé ou pas. Je lui fis remarquer, quand je vis ses yeux, sous son masque de plongée, s'agrandir d'un coup, alors qu'il ouvrait la bouche, un très faible râle s'échappant de sa gorge de mort. Je suivis son regard, et comprit. Faisant un pas en avant, je lui fis un signe de la main, alors que mon aura crépitait en jaillissant autour de moi.

"Pardon de t'avoir forcé jusque là, c'est suffisant. Va, on ne va pas te retenir outre mesure."

Il fuit sans demander son reste, et je me concentrais sur ce qui venait vers nous. Des ronces s'étaient élevées quatre drôle de créatures. Tordues, noueuses, sur deux jambes qui ressemblaient à un enchevêtrements de racines, elles devaient plus ou moins arriver jusqu'à hauteur de mes épaules. Ce qui me surprit le plus fut leurs "têtes". Elle n'y ressemblaient guère, à vrai dire, irrégulières, projetées vers l'avant, avec deux excroissances dépassant des vrilles emmêlées qui les composaient ressemblant à je ne sais quelle plante que j'avais déjà vue et cultivée, sans en retenir le nom. Une plante carnivore, aux feuilles semblables à des mâchoires. Leurs bras se perdaient dans un fouillis de lianes qui se tendaient à notre intention.

Elles avançaient lentement, mais sans hésiter, et droit sur nous, sans ordre ni cohésion. L'une d'elles avait quelques mètres d'avance sur ses sœurs, et les deux dernières se marchaient presque dessus. Le nettoyage commençait, alors ... Me tournant à moitié vers Darm, je me mis en garde, prêt à l'assaut.

"Nous y voilà ! Essaye de ne pas foncer dans le tas, mais de les prendre séparément, ce sera bien plus commode. Je m'occupe de celle vers la gauche, toi vers la droite."

Le fait qu'il ne connaissait probablement pas sa gauche et sa droite m'effleura au moment où je m'élançais sur la première qui arrivait. Elle tendait ses vrilles vers moi, poussant une sorte de sifflement bas. Je pris instinctivement les airs, esquivant en lui tournant autour, laissant les suivantes dans mon champ de vision périphérique. Je ne savais pas trop où frapper. Une liane manqua ma cheville, retombant mollement vers le sol, et je fonçais à ce moment précis, ignorant celles qui se tendaient derrière et autour de moi, forçant le passage jusqu'au corps à corps.

Dans le doute, la tête était la seul chose qui me venait, pour une plante humanoïde. Je ne pouvais espérer l'approcher autrement, par ailleurs. Une fois arrivé au contact, imbu de mon aura qui accélérait et fortifiait mes mouvements, je lui décochais un crochet du gauche en plein sur sa mâchoire semblable à deux feuilles épaisses. Ses vrilles se refermaient autour de moi, m'emprisonnant bientôt dans une étreinte étouffante. Mon bras se rétracta et se détendit à nouveau, dans un uppercut fulgurant. Au premier coup, la partie supérieure de sa "bouche" s'était fendue, s'enfonçant à moitié dans l’orifice. Au second coup, sa tête se comprima sur elle même, alors que la partie avant était emboutie dans un ensemble de crissements fibreux. Ses vrilles étaient sur moi, allaient commencer à serrer. D'une impulsion vive, au lieu de vainement tenter de me libérer, je mobilisais mon aura, alors qu'elle formait un catafalque protecteur, interdisant aux lianes inquisitrices de me toucher. Je ne pouvais cependant pas bouger, et me contentais d'observer la réaction de mon ennemie.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Ven 26 Juin 2015 - 1:04
Jean-Baptiste prit les devants, rattrapant ta bêtise (et le zombie, par la même occasion. Le Voyageur dominait clairement la pitoyable créature, et c'était très plaisant à voir. Des chairs putréfiées du zombie en combinaison moulante se dégageait une odeur nauséabond, qui te chatouillait agréablement les narines. Cela te rappelait les fameuses tripes faisandées qu'une bonne femme t'avait cuisinées, une fois, afin de te remercier de t'être occupé de son gendre. Gendre dont les tripes avaient très bon goût, par ailleurs.

Le jeune homme était plutôt clair dans ses directives, ne laissant aucun échappatoire, physique comme verbal, à sa victime qui se débattait mollement, tentant de délivrer sa jambe de la poigne ferme de son tortionnaire. Il disait pas trop de mots compliqués, et tu parvenais à peu près à suivre l'échange. Jusqu'à ce que le zombie se mette à geindre, te filant des envies de meurtres.

Les mots « misérable », « prestance », « compassion » fusèrent, s'abattant sur tes oreilles avec le fracas d'un ouragan. Pourtant tu restas calme, et ouvrit la bouche afin de cracher quelques mots avec une hargne plutôt maîtrisée, qui n'en paraissait que plus douce.


- S'il continue de me les briser avec ses mots bizarres, j'en fais d'la bouffe pour chien.

Ni le Voyageur, ni la créature ne te prêtèrent attention tant tu t'étais exprimé sans élever la voix, de manière plutôt inattendue (pour qui te connaissait, ou plutôt, pensait te connaître). L'essentiel était que tu te sois exprimé à voix haute, distinctement. S'il ne restait du zombie qu'à peine assez de lambeaux de chair pour remplir une gamelle, ce serait de sa faute et personne, que ce soit ton partenaire ou votre employeur, ne pourrait t'en incomber la responsabilité.

La créature (qui t'avait peut-être entendu, finalement) passa au tutoiement et baissa d'un registre de langue. Elle se soumit également à l'autorité de Jean-Baptiste, se proposant de les conduire jusqu'aux plantes. C'était plus qu'il ne t'en fallait pour que ton sourire habituelle s'élargisse, faisant trembler de tous ses membres le zombie qui avait fait l'erreur de te jeter un regard en coin.

Si les créatures pouvaient rêver, nul doute que toi et ton partenaire feriez partie des pires cauchemars de celle-ci. J'en avais presque de la pitié pour lui, même si son attitude fourbe m'agaçait légèrement. Cela ne faisait que me rappeler à quel point toi, mon hôte, était stupide et dénué de bon sens.

Ne comptant pas laisser le zombie s'en tirait à si bon compte (le bougre avait cru pouvoir obtenir une liberté sur parole), Jean-Baptiste le plaça dans une position inconfortable afin de lui mettre encore plus la pression. Cela marcha étonnamment bien sur le zombie qui se mit à couiner, faisant disparaître tout sentiment de pitié m'habitant. Je n'aimais pas les créatures qui poussaient des cris de cette sorte, aussi inutiles que nuisibles pour les oreilles.

Puis, il le relâcha. Apparemment, il pensait la créature suffisamment refroidie pour ne pas tenter de s'enfuir. Il se permit de te faire un petit commentaire, t'enjoignant de ne plus te laisser tromper à l'avenir. Mouais. Autant te demander de passer le restant de tes jours dans un bureau, à remplir de la paperasse. Imaginer les réactions, prévoir les risques, peser le pour et le contre de chacune de ses actions, réfléchir avant d'agir... Tout cela était BEAUCOUP trop fatiguant !


- La prochaine fois, j'le bouffe direct. Ça nous évitera de perdre un temps précieux à parler, parler, parler, parler. On aurait déjà fini si j'avais avalé tout rond ce sac d'os !

Votre limier se mit à frémir mais ne releva pas. Il se contenta de progresser par petits pas, soulevant ses palmes avec difficulté. Vous le suiviez, tandis qu'il vous montrait le chemin en se déplaçant avec une lenteur lui interdisant toute poursuite. Il ne semblait pas vouloir prendre le risque de nager de nouveau dans la terre. Il avait raison : ne voulant pas passer pour un con pour une seconde fois, tu te serais jeté sur lui et l'aurait déchiqueté même si ses intentions avaient été louables.

Il finit par montrer du doigt la zone problématique, vous gratifiant de quelques informations concernant l'ennemi. Apparemment, il était lent et relativement en surnombre. Relativement car, ne sachant pas compter, tu ne savais pas à quoi correspondait le chiffre « 8 ». Mais bon, ça ne t'inquiétait pas tant que ça. Les ennemis les plus nombreux étaient souvent les plus faibles. Voilà sur quel raisonnement totalement sophiste reposait la confiance qui te permettait de produire un sourire sinistre, tandis que tu avançais à grandes enjambées vers la zone indiquée par le zombie, sans attendre ton camarade.


- Beurk ! Ça pue la laitue ! t'exclamas-tu, les narines frémissant de dégoût.

Ton sourire se mua en grimace, tandis que les plantes s'approchaient. Jean-Baptiste (qui t'avait rapidement rejoint, étant plus rapide que toi) te proposa de prendre les plantes d'à droite tandis qu'il s'occuperait de celles d'à gauche. Tu hésitas quelques dixièmes de seconde, observant tes mains en fronçant les sourcils, tentant de te souvenir laquelle se portait le plus naturellement vers ta pinte de bière.

Au bord de la nausée (salade et réflexion ne font pas bon méninge ménage), tu secouas la tête et te lanças sur les plantes restantes, que n'attaquait pas ton camarade. Ce dernier t'avait donné d'autres conseils, mais tu ne t'en souvenais pas. C'était avant qu'il te demande de t'occuper de celle de droite, et qu'il te parle de meuble de salon. C'était quoi déjà ?

Ah oui, c'est bon. Tu venais de t'en souvenir.

Il t'avait dit de foncer dans le tas.

Tu l'exauças avec un plaisir qui te fit oublier ton profond dégoût pour la verdure morte-vivante. Poussant un hurlement de joie sauvage, tu te jetas sur les plantes, les percutant de toutes tes forces. Et tu n'en manquais pas. Les deux plantes que tu percutas volèrent dans les airs avant de retomber sur le sol, leurs racines les ayant empêché de voler à plus de deux mètres de toi. Observant les filaments bruns qui se tortillaient sur le sol comme des serpents, tu les attrapas et tira violemment dessus afin de ramener les plantes à toi.

Pendant ce temps, les deux autres plantes s'étaient entortillées autour de toi, leurs épines déchirant superficiellement tes chairs, faisant perler le sang qui durcissait immédiatement. Les lianes tentaient de t'étrangler, les branches de t'éborgner. Et, ne pouvant pas t'attirer jusqu'à leurs gueules, c'étaient elles qui venaient à toi, s'entortillant autour de ton corps musclé comme des couleuvres autour d'une colonne de temple grec, tentant vainement de réussir avec leurs solides mâchoires ce que les épines n'étaient pas parvenu à faire.

Tu fus bientôt enchevêtré dans la masse de branches, de lianes et d'épines qui constituait, il y a seulement quelques secondes à peine, quatre corps végétaux distincts. Il aurait été bien ardu de déterminer à qui appartenait quoi. Tu te mis à trembler, ce qui provoqua des sifflements excités de la part des plantes, qui y virent un signe d'abandon.

Les premiers éclats de ton rire sauvage, sans joie, résonnèrent dans le silence du cimetière qui n'était dérangé que par le son de vos respiration et du bruissement des feuilles sur l'humus. Devant leurs pitoyables efforts pour te réduire à l'inaction, tu riais à gorge déployée. En terme de résistance, ces plantes te surpassaient grâce à leur nombre. En terme de force...


- Hahahahahaha ! Si on passait aux choses sérieuses ? Ce que vous avez pu voir jusqu'à présent était mon état normal.

Contractant tes poings, tu fis saillir tes muscles, en faisant surgir de chaque parcelle de ton anatomie. Ce faisant, tu te mis à hurler de plus en plus, l'intensité de ton hurlement augmentant proportionnellement à la force que tu déployais.

Bien entendu, tu pouvais déployer ta pleine puissance d'un coup, en épargnant tout ce cinéma aux environs proches (à ton partenaire, en l’occurrence). Mais où serait le plaisir, là-dedans ? L'esthétique ? Non, c'était bien plus classe de donner l'impression d'être en train de se soulager... Ou pas.

Tu continuas de hurler à pleins poumons, tandis que les lianes éclataient sous la pression exercée par tes muscles, faisant subir aux plantes le même sort que les vêtements d'une certaine créature verte, après sa transformation.


- Maintenant, vous savez pourquoi j'me balade torse poil.

Ton short avait subi le même sort que les lianes qui avaient tenté de t'immobiliser. Les plantes n'étaient toutefois pas mortes (enfin, pas définitivement) et n'avaient perdu « que » la moitié de leurs membres dans cette lutte qui tenait plus de la mise en scène qu'autre chose. Cependant, elles semblaient réticentes à passer de nouveau à l'attaque, et préfèrent se mettre sur la défensive.

Quelques zombies s'étaient approché des lieux, la peur ayant cédé face à la curiosité de voir la bête ayant poussé un tel hurlement bestial. Te sentant observé, tu ne tardas pas à les apercevoir et ils t'encouragèrent de la main (certains volant le bras de leur voisin afin de le lever en l'air et d'être certain que tu puisses voir leur signe d'encouragement). Cela te gonfla d'importance et tu te mis à gonfler les muscles afin de les mettre davantage en valeur, exhibant tes biscottes tout en tentant de voir, malgré la distance, si quelques femelles se dissimulaient parmi les curieux.

Après une bonne bataille, rien ne valait une séance de jambes en l'air. Et avec les zombies, ce qui était bien, c'est qu'une telle séance était possible au sens propre comme au figuré...

Perdu dans tes pensées lubriques, tu ne fis pas attention aux lianes qui s'approchaient dangereusement de tes jambes. S'enroulant autour des piliers qui te servaient de fondations, elles se tendirent brusquement afin de te faire basculer en avant. Cela ne manqua pas et tu t'effondras de tout ton poids, perdant grandement de ta superbe.

Il ne fallait pas vendre la peau de Carotte, Radis et autre Végétal avant de les avoir tué.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Ven 26 Juin 2015 - 18:19

Un sifflement bas lui échappa à nouveau, et je sentis ses vrilles tenter de se resserrer. Vainement. La poussée diminua d'elle même, et un liquide trouble suinta des nombreuses plaies de ce qui devait être la tête de la plante-zombie. Elle s'effondra à moitié sur moi. C'était ce que j'attendais. Rompant ma protection, je plongeais sur elle, la poussant des deux bras. Alors qu'elle tombait, je joignis mes deux poings, les leva brièvement, avant le les abattre avec force et vitesse sur mon adversaire. Un bruit mouillé succéda à la chute, alors que sa trogne s'emboutissais de plus belle. Je réitérais, une fois, deux fois, jusqu'à ce que ses vrilles aient cessé tout mouvement.

Secouant mes mains empoissées, dont le sang perlait au niveau de la tranche du coté droit, je me relevais vivement, observant les alentours en me détachant des dernières ronces qui restaient accrochées à moi, s'étant resserrées dans un dernier spasme. J'avais cru entendre quelque chose qui ne m'avait pas plu, mais je n'y avait pas du tout prêté attention. A mes pieds, la plante ne bougeait plus du tout. Végétal, mais pourtant, comme tout bon mort-vivant, la tête était le point faible, apparemment. Pas le temps de s'attarder sur le caractère pour le moins étonnamment banal de ce fait, Darm semblait en mauvaise posture. J'eus pour réflexe premier de me porter vers lui, par instinct. Je m'arrêtais aussi vite; qu'il se débrouille, l'imbécile !

"La tête, donc, la tête ... Quoique, il faudrait en être sûr."

Augmentant le volume sonore, j'interpellais mon collègue de jardinage.

"Darm, ne fais pas n'importe quoi !"

Soi il avait fait fi sciemment de ma recommandation, qui soit-dit en passant n'avait rien d'un ordre stupide, péremptoire ou malvenu, bien au contraire, soi décidément il était trop bête, mais il avait donc chargé les plantes restantes, qui évidemment s'étaient toutes agglutinées sur lui. Quatre l'entouraient, l'enserraient de leurs vrilles épineuses. Quel idiot, tout de même. Qu'il ne semble pas particulièrement inquiet ne me fis que me rendre plus agacé encore. Je me concentrais néanmoins sur l'élément qui me sautait aux yeux, littéralement. Quatre des huit plantes étaient sur Darm, trois autres déambulaient de manière désordonnée, en quête des riverains qui étaient sortis de leur tombe, et se dispersaient à présent pour certains, tandis que les autres nous encourageaient de cris enthousiastes (à défaut que ce soit de vive voix). La cinquième horreur végétale, accusant un sérieux retard, se dirigeait vers ses comparses en groupe, attirée par la masse hurlante emprisonnée. Je m'étais interposé en deux bonds, à défaut d'aider Darm directement (qui, je suis sûr, aurait pris mon intervention comme une insulte ou je ne sais quoi ...). Réagissant immédiatement à ma portée, ses lianes se tendirent vers moi.

"Parfait, viens donc, donne moi raison."

Je pouvais bien le voir à présent, elles étaient aussi lentes que tenace dans leur étreinte. Même morte, j'avais du tirer à m'en arracher des lambeaux de vêtements pour que les vrilles lâchent leur prise. Leurs fibres végétales étaient plutôt résistante, par ailleurs. Cependant elles manquaient cruellement de force instantanée. Au lieu d'esquiver les lianes, je les attrapais, tendant le bras gauche autour duquel elles s'enroulèrent, avides. Alors que les épines s'enfonçaient dans ma chair, je serrais les doigts sur ma prise, et tirait vers moi. La plante était une déracinée; elle vint avec une surprenante facilité, tant que je faillis la prendre en plein torse. Usant de ma rapidité, je m'effaçais en pivotant sur mes appuis, entraînant la plante dans un mouvement tournant et ascendant. J'accentuais son élan, et la balançais sur le sol, en expirant violemment.

Elle s'y écrasa dans un fouillis qui se reprit presque tout de suite. Je ne lui en laissait pas l'occasion. Tirant à nouveau, je décochais de mon autre main un crochet du droit à la tête. La plante partit violemment en arrière, mais je réarmais mon coup de suite, encore plus fort si cela m'était possible. Le coup fut si fort, par la vitesse conjuguée de mon bras et de la tirée que j'effectuais en même temps, que la peau de mes phalanges se fendit sous l'impact, en même temps que la plante. Elle fut quasiment décapitée, son chef se fendant à demi, laissant dégoutter un mélange d'une sève trouble et épaisse et de mon sang. Plaquant son corps au sol du pied, je tirais mon bras enchevêtré, et les lianes se brisèrent au niveau du torse de la créature, pendant à mon bras. Je les détachait méticuleusement, reprenant mon souffle dans le même temps, et observant enfin ce que faisait Darm.

Il semblait très content de son sort, s'amusant comme un jeune coq à bander se muscles alors que les ronces s'empêtraient dans sa chair et son sang. J'avais aperçu cela la première fois que je l'avais vu, sans vraiment comprendre ni relever. Sa coagulation semblait extrêmement rapide, tant et si bien que les quatre plantes étaient engluées par leurs lianes sur lui. Pas qu'elle veuillent le lâcher, au contraire, par ailleurs. Cependant, les braillements et râles de Darm ne semblaient pas être sans causes. Son corps se boursouflait, noué dans une contraction générale totalement improbable et exagérée, qui fis lâcher prise aux plantes, les envoyant rejoindre leurs plus calmes consœurs sur le sol.

Elles n'étaient en rien ébranlée, malheureusement. Au contraire, elles s'approchèrent, furtivement. Trop occupé à ne rien faire, il ne fit pas du tout attention aux vrilles qui se tendaient vers ses jambes écartées. Il s'étala avec fracas, emportant les plantes avec lui au sol, la face sur le gazon. Quel crétin ... La mêlée l'était bien trop (emmêlée, donc) pour que je puisse intervenir décemment. Et puis qu'il se débrouille, après tout ! Je lui jetais en me dirigeant d'un pas soutenu vers les deux vagabondes :

"La tête, Darm, écrase-leur la tête, bouffe là, comme tu veux, mais vise la tête !"

Je le laissais avec ces gracieuses indications, ramassait au passage une pierre sur le sol, et la lançait dans un large moulinet sur une des plantes qui, juchée sur une stèle rongée par les éléments, se tendait toute entière vers un pauvre zombie sans jambes, qui rampait du mieux qu'il pouvait. Le caillou, qui était presque aussi gros que mon poing, s'écrasa un peu en dessous de la tête de la dévoreuse végétale avec un bruit de froissement humide. Elle ne se retourna cependant pas, comme je l'escomptais. Jurant silencieusement, je mobilisais mon aura et comblais la distance dans un saut qui se finit en planant. Atterrissant brutalement, je mis mon bras en avant, comme je l'avais fait avec la précédente. Les lianes se tendirent vers, mais celles de son autre bras arrivaient par le bas, vers mes jambes et mon torse. Je n'eus pas d'autre choix que de bondir sur le coté, prenant de la distance. Je commençais à fatiguer. Un sifflement me fis me retourner, un peu tard cependant; la dernière des plantes était à moins de deux mètres derrière moi ...
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Dim 28 Juin 2015 - 20:40
Un sourire vint défigurer le masque de terre et d'humus qui dissimulait ton visage. Tu ne fis aucun effort pour t'essuyer, préférant te servir de tes mains afin de pousser sur le sol et d'ainsi te relever, entraînant les lianes qui s'étaient enroulées autour de tes jambes. Une fois debout, tu les contemplas d'un air songeur, observant les visages grimaçants qui donnaient une allure humanoïde aux plantes.

Jean-Baptiste t'avait dit que c'était leurs faces que tu devais viser. Bien entendu, il était hors de question de la leur bouffer. Rien que d'y penser, t'avais des aigreurs d'estomac : la verdure ne t'attirait guère. Surtout lorsqu'elle était à moitié pourrie, et remplie de bestioles. Il devait y avoir plus d'insectes dans le corps des créatures végétales que dans le sol sous leurs pieds et, même si on te payait très très cher, jamais tu n'irais mettre ta langue ou tes dents là-dedans.

D'autant que t'étais loin d'en avoir besoin. Ta gigantesque main droite se referma autour du crâne le plus proche, le broyant impitoyablement. Un craquement sinistre résulta de cette action, tandis que des copeaux d'os éclataient dans ta main, produisant un filet de sang qui se solidifia presque instantanément.

Te libérer de la gangue durcie de sang séché te demanda plus d'effort que pour broyer le crâne de l'une des plantes. Tes doigts ayant recouvré leur force motrice, tu te lanças à l'assaut de la seconde, qui était plus éloignée que la première. Cette fois-ci, des lianes se placèrent sur ton chemin, déterminées à t'empêcher de passer de nouveau à l'attaque. Un brusque accès de rire te submergea, tellement leurs pitoyables tentatives de se défendre étaient ridicules. C'était ça, les créatures qui troublaient la sérénité du cimetière ? Le fossoyeur aurait intérêt à t'affecter une véritable mission, à l'avenir.

Tu empoignas les appendices à plein bras, les rassemblant en un épais fouillis de lianes, branches et autres attributs typiquement végétaux. Puis, tu tiras d'un coup sec afin de déraciner les plantes et de les attirer vers toi. Lâchant finalement le fouillis, tu broyas deux nouvelles têtes comme s'il s'agissait de tomates trop mûres.

La plante restante était introuvable. Elle avait certainement fui, n'ayant pas envie de subir le même sort que ses congénères. Enfin, c'était insensé ! Ces plantes étaient d'une lenteur qui rendait justice à celle des zombies du coin... Comment avait-elle pu disparaître ?

T'obligeant au calme, tu repris ton souffle (toutes ces actions t'avaient tout de même essoufflé) et balayas de nouveau les environs du regard. En fait, la plante n'avait pas disparu ! Elle s'était mise dans l'angle mort du champ de vision de Jean-Baptiste et s'apprêtait à l'attaquer. Et, bien entendu, tu étais bien trop loin pour pouvoir l'en empêcher.

Un rapide coup d’œil autour de toi te rappela que tu n'étais pas réduit à l'impuissance pour autant. Attrapant une stèle (« Pour mon chéri, Marcel. Son souvenir restera à jamais gravé dans mon cœur, comme dans cette pierre. », il banda ses muscles en gueulant afin d'extraire l'énorme bloc de roche du sol. L'empoignant à deux bras, il le jeta ensuite en direction de Jean-Baptiste et de la plante.

Ton sourire laissa la place à une légère grimace, en remarquant que la trajectoire de la pierre n'était pas idéale. Tu te mis à maugréer sur les conditions climatiques, que tu jurais avoir affectées ton lancer. En tout cas, il t'était impossible de savoir si la pierre allait achever sa course sur le Voyageur, la créature ou même, sur aucun des deux.

La mine pensive, tu te grattas la tête tout en continuant d'observer la scène, les bras ballants. Il te semblait avoir oublié quelque chose... Ah oui ! Peut-être de prévenir ton camarade qu'une roche d'une bonne centaine de kilos arrivait droit sur lui ?

C'était peut-être trop tard, mais tu décidas de le prévenir quand même. Comme ça, il pourrait pas se plaindre que tu l'avais pas prévenu.


- ATTENTION, COM'RADE ! ROCAILLE À DEUX HEURES !

Enfin, c'était à deux heures par rapport à toi... Mais par rapport à lui ? Y réfléchir t'était encore plus insupportable qu'un repas constitué de laitue. Tu préféras voir comment allait se passer la suite, sans te douter que la plante que tu venais de voir n'était pas celle que tu cherchais, mais la septième plante des environs.

La huitième et dernière plante se cachait, parmi les cadavres de ses congénères, attendant son heure. Et ce n'était pas moi qui allait te prévenir. Je commençais à en avoir marre de te voir gagner tous ces combats aussi facilement. Autant rajouter de la difficulté en te dissimulant des informations, le spectacle n'en serait que plus plaisant.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Mer 1 Juil 2015 - 12:31

Je n'eus même pas le temps de me retourner qu'un cri de Darm retentit à mon intention. La signification, aussi saugrenue soit-elle, ne m'étonna pas outre mesure. Rocaille ? J'allais m'en prendre une en pleine poire, c'est ça ? Suivant ses indications un peu précipitamment, alors que j'apercevais du même coup la dernière des plantes qui se dirigeait vers moi, je fis la seule chose qui me vint à l'esprit pour me tirer de ce mauvais pas. J'étais bloqué devant et derrière par les plantes, et si j'avais compris la mise en garde de l'autre imbécile, la "rocaille" allait m'arriver par la droite. Oui, mais comment ? Au ras du sol, vers mes pieds, au niveau de mon torse, de ma tête ? Esquiver sur le coté était donc impossible également. Ne me restait qu'une solution hasardeuse : les airs.

Je bondis donc, puisant dans la réserve de légèreté de mon aura, tout en me focalisant sur le danger potentiel, à ma droite. Alors que je pliais les jambes en m'envolant à moitié, je me raidissais, scrutant dans le mouvement le projectile minéral attendu. Rien ... L'impression qu'il se fichait de moi fut brutalement interrompu par une vive douleur dans mon pied droit. Une pierre tombale, sans doute lancée par Darm, venait de percuter une des deux plantes zombies, continuant cependant sa course et manquant d'emporter mon pied qui traînait un peu trop près de sa trajectoire. Elle n'arrivait pas du tout à deux heures, en tout cas.

Je tombais sur le sol, et ma jambe se déroba à moitié sous moi. Je jetais un coup d'oeil rapide sur mes adversaires, et inspectais les dégâts. Mes orteils avaient, pour trois d'entre eux, pris une belle couleur violette et une position pour le moins malcommode. Le dessous était éraflé, sans plus, et ils me semblaient plus contusionnés qu'autre chose. Les prenant à pleine main, en serrant les dents, je les décrispais, provoquant quelques craquements mécontents qui me firent monter les larmes à l’œil droit. Ce crétin avait failli m'estropier !

Je ravalais le cri qui allait fuser pour me re-concentrer sur mon combat, qui n'était pas fini malgré la, le ... l'intervention de Darm. Si l'une des deux plantes avait été percutée de plein fouet et gisait à présent sur le sol, écrasée à demi par une tombe (coquasse, comme mort, d'ailleurs), l'autre n'avait pas été effleurée, et allait vers de son pas le plus rapide, c'est à dire assez lentement. Elle tendait ses ronces avec ce qui aurait presque pu être interprété comme de l'impatience. Je me sentais plus que fourbu, mais pas encore abattu. Sur ma main gauche, les croûtes se formaient à peine sur mes phalanges encore poisseuses du jus de plante, et mon pied m'élançait, à présent, mais pas assez pour trop me déséquilibrer; d'autant que mon pouvoir palliait à ce handicap.

Pris d'une impulsion furieuse, je vins à la rencontre de la morte vivante végétale. Sifflant avec emphase pour les organes qu'elle possédait, elle ouvrit tout grand son éventail de vrilles, qui ne demandaient qu'à se refermer sur la première chose tendue. Avant qu'elle ai pu faire quelque chose, j'attrapais de ma main droite les lianes les plus proches, et les enroulait autour de mon bras. Elle siffla de plus belle, et des ronces se tendirent vers ma tête. Je rentrais le chef dans mes épaules, me tassait en avançant d'un pas de boxeur, et lançait une offensive qui, avec le recul, me parut bien trop risquée. Levant mon bras gauche, ma main allant vers mon épaule droite, j'armais mon coude; alors que les premières épines s'accrochaient à mes épaules et mon torse, je tirais brutalement de la prise que j'avais, et lançait les os anguleux de mon bras droit ainsi que tout mon corps sur la tête de la créature brutalement ramenée en avant. Appuyant de mes genoux sur elle, je la fis tomber au sol, écrasant sa face répugnante de toute ma rage jetée vers l'avant, poussant un feulement sourd et rauque.

Le bruit d'éclatement qui suivit ma charge me contenta sur le moment d'une manière si délicieuse que j'eus lé sérieuse envie d'en rajouter, et de piétiner encore et encore ce corps fibreux qui s’amollissait déjà. Je n'en fis rien, et restais à genoux sur son cadavre quelques secondes, reprenant mon souffle, constatant mon sérieux début d'épuisement. Les vrilles se dé-serrèrent de mon bras, de même que celles qui s'étaient accrochées à mes épaules, mon torse, mes jambes aussi. Les épines, pour la plupart, se détachèrent pour rester dans les fibres de mes vêtements lorsque je me relevais. Je les retirais en me dirigeant lentement vers la stèle sous laquelle reposait, mais certainement pas en paix, celle qui avait tenté de me prendre en traître.

Elle ne bougeait plus du tout, la moitié supérieure du corps complètement défoncée par l'impact, elle tressaillait encore, poussant des sifflements convulsifs, en agitant d'une manière quelque peu réduite les vrilles qui n'étaient pas brisées. J'étais fourbu, les muscles échauffés, la tête douloureuse d'avoir tant usé de mon pouvoir. Pourtant le coup vint avec une facilité qui me surprit moi-même, sans que je m'en rende compte. D'un bond de prédateur, je tombais sur elle, et mon poing droit vint harmoniser l'état de son pauvre corps en réduisant sa tête en bouillie fibreuse. Ma main m'élançait, mais je ne le sentais pas vraiment. L'élan quasi involontaire qui m'avait porté me troublait quelque peu. Je mis de coté mes ressentis, et me relevais rapidement, retenant une grimace, et marchait vers Darm.

Il affichait l'expression qui semblait habituelle chez lui, un énorme sourire féroce et stupidement imposant, plissant son fasciés. Je lui retournais une expression froide, le regard plus tranchant encore sous la colère. A ses cotés gisait en petit tas les plantes qu'il avait chargé. Il était maculé de fluides divers, recouvert de plaques craquelées de son sang. J'avais déjà vu qu'il coagulait très vite, devenant solide rapidement et efficacement. Dans ces croûtes étaient coincées des épines et quelques morceaux des plantes. Je ne devais être guère plus présentable, cependant ... Je pris la parole en m'approchant.

"Je n'ai pas grand chose à dire sur ton lancé, si c'était bien un lancé. Enfin, au moins tu l'as eue ..."

Je laissais mes mots acides se perdre dans un soupir, en contemplant d'un regard circulaire l'étendue du champ (de bataille). Je comptais en même temps les cadavres des plantes. Deux ensemble, une sous une pierre tombale, une autre un peu plus loin,  et le tas à coté de nous. Il y en avait huit, en tout. Je poussais du pied droit celle le plus près de moi, pour inspecter les autres. Cinq, six, se*Cratch*

"Saloperie !"

L'une d'elle n'était pas morte du tout, et mordait fermement dans mon talon. Je le retirais vivement, l'entraînant avec. La douleur était vive, et je craignais pour mon artère et mes tendons. Pour le moment, je sentais ses épines dentaires jusqu'à mon os, mais pas plus haut. Je poussais de toute mes forces du pied sur sa tête, sautant presque dessus. Elle lâcha prise alors que son mufle végétal s'enfonçait. Je donnais de violents coups dessus, encore et encore, alors que mon talon malmené commençait à saigner modérément.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Mar 11 Aoû 2015 - 15:58
T'avais pas trop mal visé et touché deux des plantes zombies, en ne blessant Jean-Baptiste que légèrement au pied droit. C'était un lancer plutôt réussie dont tu étais plutôt fier, comme on pouvait le voir au sourire darmesque qui recouvrait ton visage. De ton action s'ensuivit ensuite une lutte entre les plantes et le voyageur dans laquelle tu n'intervins pas, soucieux de ne pas blesser le Voyageur dans son ego en...

Non, okay, tu n'intervins pas car tu considérais que, s'il n'était pas capable de les finir, mieux valait pour lui qu'il fasse pas de vieux os. On voulait pas d'assisté dans le milieu du mercenariat.


- Vas-y, démonte-les, bonhomme !

Pfff... Comme s'il avait besoin d'encouragement. Afin de t'occuper, tu entrepris de réduire les restes qui t'entourais en engrais, les écrasant de tes pieds sales. Ton partenaire finit par se ramener, avec une attitude glaciale qui ne parvint même pas à ne serait-ce que légèrement ébranler ta bonne humeur face à ce jardinage salissant au possible.

Il était dans un sale état, ses vêtements déchirés par les ronces, laissant apercevoir des estafilades plus ou moins longues mais plutôt superficielles d'où ne perlaient que très rarement des gouttes de sang. Rien pour t'exciter quoi, même si l'odeur du Voyageur en devenait un peu trop alléchante. Les fluides végétaux qui le recouvraient parvenaient toutefois à atténuer son parfum, te permettant de contrôler tes pulsions.

Mû d'une idée que je ne t'aurais jamais cru capable d'avoir, tu fourrageas dans les restes végétaux autour de toi afin d'en tirer une espèce de pieu de bois difforme que tu écrasas de manière à créer deux boules que tu te fourras dans les narines. Tu ne sentais à présent plus rien et tu parvenais à te diriger vers Jean-Baptiste sans le considérer comme un très appétissant morceau de viande : il serait bête de faire échouer la mission en tentant de le tuer, non ?

La pique que l'homme t'adressa ne t'atteint même pas.


- Ouais, un lancer de champion, hein ? Ah quoi ça sert d'avoir une force gigantesque si c'est pour ne pas s'en servir ! Faut se comporter en homme, de temps en temps, gwahahahahahaha !

Tu partis d'un rire plutôt douloureux pour tes côtes, comme le témoignaient tes mains épaisses et rugueuses qui semblaient les protéger. Pendant ce temps, ton partenaire semblait compter les cadavres. Tu essuyas tes yeux, d'où perlaient des larmes de sang qui n'allaient pas tarder à sécher et à t'incommoder.

Un cri rompit le silence que ton rire avait laissé s'exprimer de nouveau. L'homme venait de jurer alors que son talon disparaissait dans la gueule de l'une des plantes, qui n'était pas morte. Voilà qui l'apprendrait à compter à pousser leurs cadavres du pied, histoire de voir si elles sont plus mortes que morte-vivantes !

Il se mit donc à esquisser des pas de danse plutôt bizarre, tentant de faire lâcher prise à la plante en lui donnant de violents coups de pied. Tu te remis à rire devant ce spectacle plutôt amusant. Voir ce petit homme galérer était décidément plutôt amusant ! Pour une fois que ce n'était pas toi qui te retrouvais dans la galère à cause d'actions stupides...

Son talon s'était mis à saigner, mais les bouchons que tu t'étais mis dans le pif fonctionnaient plutôt bien et tu parvenais à ne pas être trop alléché par l'odeur.


- J'pense qu'on en a fini avec les plantes. On peut s'casser et retourner voir le baiseur de cadavres ?

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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Ven 14 Aoû 2015 - 12:03

Il riait. Aux éclats, avec sa bruyante idiotie qui à présent me devenait coutumière. A force de piétiner, je réussis à bloquer le reste de la si vindicative plante, et fini de lui écraser le bulbe. Alors que ses crissement humides et fibreux me parvenaient, je sentais ses épines/crocs se relâcher, après une finale morsure. Retirant prestement mon pied, je sautais à moitié en l'air, me maintenant par la volonté alors que je l'inspectais. Le talon avait été malmené, mais les déchirures restaient en surface, heureusement. Il était néanmoins plus sur la voie de la charpie sanguinolente que du joli talon propret. Certes, ça n'était que des coupures et morsures superficielles, mais elles étaient en assez grand nombre pour être plus que gênantes. Je préférais ne pas le poser au sol pour le moment. Je restais donc à flotter à quelques centimètres du sol, et me tournais à nouveau vers Darm. Son rictus était toujours aussi ridicule, d'autant que, je le voyais seulement, il avait quelque chose fourré dans les narines, dilatant son nez.

"Comme tu dis, Darm. On en a fini ici, en tout cas."

Qu'elle aient été les seules plantes était possible, et probable, mais on se savait jamais. Je préférais ne pas exclure dans mes paroles la possibilité qu'il y en ai d'autres. Bien que, j'y repensais après coup, Darm devait être totalement hermétique à ce genre de sous-entendus évidents. Déjà qu'il avait des difficultés avec les choses simples et claires ... J'abandonnais l'idée de lui expliquer avant que des mots franchissent le pas de mes lèvres roides. Tant pis, nous verrons bien.

Les quelques cadavres qui s'étaient extrait de leurs tombes, qui nous guettait depuis tout à l'heure, affluaient de toutes part. La plupart reprenaient simplement leur repos, mais d'autres, plus excités, s'agitaient comme ils pouvaient, nous remerciaient au passage. Quelques uns désacralisaient les dépouilles des plantes, avec un entrain pour le moins singulier, et je ne m'attardais pas à les regarder. Ils faisaient bien ce qui leur plaisait, après tout. Se venger, simplement se défouler peut-être, que sais-je. Toujours est-il qu'ils reprenaient leur confort dans leur terre humide, à pourrir dans le sol du District 1. La demie mort reprenait ses droits sur la demie-mort végétale et mutante. Tout était normal. Enfin, si "normal" avait un sens à Dreamland.

Le Cimetière me parut bien plus calme qu'à l'aller. Cet état de fait, ajouté à notre récent nettoyage (qui, comme de juste, était très salissant), me confirma dans l'idée que, peut-être, nous avions bien eu toutes les plantes qui déambulaient dans la zone. Un début de satisfaction commençait à poindre. C'était assez agréable, de sentir mon sérieux début d'énervement néfaste s'en aller. Je m'amusais à comparer mon état à celui de Darm.

J'étais blessé, de manière superficielle, à la main et au pied droit. J'avais arrêté de saigner assez rapidement, et j'étais pour le moins surpris de la bonne résistance de mon corps, finalement. Des coupures et déchirures, sans plus, et peu profondes. Les croûtes se formaient déjà, la douleur me paraissait presque accessoire, à présent. J'avais presque plus mal pour mes vêtements. Ils étaient déchirés de toutes part; mon manteau partais en lambeaux, piqueté de morceaux de ronces, taché du jus des plantes et de terre. Ma chemise, en dessous, était aussi dans un piètre état, dans une moindre mesure. Mes pantalons, de même, étaient abîmés et souillés de fluides.

Darm, quant à lui, était encore plus impressionnant. Sa peau disparaissait largement sous des croûtes sombres, qui engluaient des morceaux de vrilles, des épines, je ne sais quoi d'autre, formant une gangue partielle et d'aspect très pittoresque sur son énorme corps à la peau cendrée. Son sourire féroce ne le quittais pas, et il ne semblait pas trop sentir ses blessures. Je remarquais que même son visage était constellé de quelques taches de son sang si coagulant. Oui, vraiment pittoresque. Massif, l'air sauvage et brutal. Un drôle de compagnon de jardinage. Je souris un peu en me faisant remarquer qu'il n'avait pas une tête à s'occuper autrement des plantes.

Je restais silencieux le long du trajet, qui me parut plus court que l'aller. Peut-être parce que j'étais bien moins attentif à un potentiel danger. Toujours est-il que le Fossoyeur vint à notre rencontre alors que nous étions toujours dans les broussailles, sa pelle sur l'épaule, l'air assez amusé de nous voir si crotté. Se servant de sa pelle comme d'une machette, d'une seule main négligente, il se frayait un chemin très rapidement. Se plantant devant nous avec un salut bref mais plutôt enjoué, je lui répondit brièvement. Je pris la parole vivement avant que Darm ne dise quelque chose de trop stupide.

"D'après les indications des résidents, nous avons trouvé huit des plantes qui dérangeaient le "repos" des morts, et les avons éliminés."

"Je vois ça, ouais. Elle se laissent pas trop faire, pas vrai ? Elles s'accrochent comme des morpions, pour sûr !"

Pitié, j'avais autre chose à faire que l'entendre faire des blagues vaseuses ... Il avait un je ne sais quoi de goguenard, ou juste enjoué, c'était étrange.

"Vous avez une idée de ce qu'il reste, s'il y en a ?"

Il renifla avec entrain, et sortit son autre main de son dos, dévoilant une brassée de lianes, desquelles pendaient des restes sauvagement découpés de plantes analogues à celles que nous avions éradiquées. Devant mon regard interrogateur, il s'esclaffa bruyamment, et y répondit. Il semblait vraiment d'excellente humeur.

"Ces petiotes ont été assez connes pour sortir des grilles ! Ça pouvait pas tomber mieux, ça faisait bien trop de temps qu'il y avait un problème de fuite, mais pas moyen de trouver où. Elles m'ont gentiment indiqué l'endroit !"

Il partit d'un nouvel éclat de rire, que je ne compris qu'à moitié. Il avait l'air très ... soulagé, en fait. Comme si quelque chose qui pesait sur lui s'était envolé. Tout juste s'il ne tenait pas sa bosse plus haut qu'avant. De quoi, je ne savais pas trop, mais tant mieux s'il était satisfait.

"Bon, le nettoyage est donc terminé ?"

"Ça, mes cocos, vous allez le savoir dans pas longtemps. J'ai envoyé Médor, il va pas tarder."

Bon. Je m'asseyais sur le sol, en tailleur, faisant un inventaire de mes coupures et déchirures. Je devais décidément avoir l'air fin, dépenaillé et écorché comme un gamin qui vient de jouer dans les broussailles, et vaillamment bravé les ronces, au grand dam de ses parents à qui il échouera de raccommoder les vêtements, mutilés par une utilisation un peu trop abusive. J'avais la moindre consolation de savoir que mes haillons d'aujourd'hui ne seraient plus demain, remplacés par d'autres. Comment apparaissaient-ils exactement, d'ailleurs ? La plupart des vêtements de Dreamland n'avaient pas grande réalité, finalement, ils étaient éphémères, ne durant que le temps d'un sommeil. Nous étions donc, nous Voyageurs et Rêveurs, tous "nus" ? Amusante question à se poser. Qui occupait, surtout.

Mes réflexions légères me permirent de ne pas sentir les minutes passer, et je n'eus pas à souffrir de l'attente de Médor, dont les mains/pattes sortirent soudain de terre. Il commença à énumérer des doigts, encore, encore, encore et encore. Je me figeais, perturbé par cette information. Les plantes auraient proliféré à ce point ?! Le fossoyeur n'avait pas l'air plus impressionné que ça par la nouvelle. Au contraire. Il semblait très amusé. Je compris trop tard à mon goût que ce n'était qu'un quiproquo.

"Je vais vous faire confiance sur ce coup-là puisque je manque cruellement de moyen de vérification. J'ai pensé à amener votre récompense avec moi, la voilà !"

Je recevais la bourse qu'il me lança, ou plutôt qu'il m'envoya. Elle flottait plus ou moins comme un ballon de baudruche. Je la pris machinalement, un peu sonné par sa légèreté. Quoi, c'était tout ? Je me sentis obligé de répliquer.

"Je reviendrais vous voir, si jamais vous avez d'autres choses de ce genre à me proposer, voire si notre nettoyage n'était finalement pas total."

Il me grogna quelque chose en tournant les talons, que je ne compris pas. C'était assez joyeux, je crois. Hahem ! Je m'ébrouais mentalement, reprenant un peu le fil. Donc j'avais fini ma première étape. Bien, très bien même. Le premier District n'était pas mortel pour moi, de plus, ce qui était encore mieux. Restait à savoir comment j'allais pouvoir obtenir les moyens d'aller plus loin, et de recueillir les quelques informations que j'étais initialement venu chercher. Le jardinage avait été plutôt court, finalement, mais il ne m'avait rien appris. Au moins étais-je connu et toléré aux alentours du Cimetière; j'espérais avoir un passe-droit définitif, d'une manière ou d'une autre. Rangeant distraitement ma récompense que je ne pris pas la peine de compter dans un repli de mon manteau, je pris mon élan, et m'envolais pour trouver les grilles.
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MessageSujet: Re: Mauvaises herbes (Quête avec Darm) Mer 23 Sep 2015 - 13:24
Loin de percevoir ce que sous-entendait les paroles de ton camarade, tu te contentas de le suivre tandis qu'il regagnait les abords du portail en passant par la voie des airs. De nombreux zombies venaient vous glisser quelques râles de remerciement et certains jetaient même sur votre passage des parties de leur corps, en guise de récompense. C'était toujours les plus démunis qui offraient le plus à leur prochain.

D'autres habitants du cimetière se ruaient sur les corps des plantes afin de leur accorder un passage à tabac posthume qu'elles méritaient probablement. La plupart ne pouvaient pas vous percevoir, du fait de leur orbites vides, mais vous reniflèrent afin d'être en mesure de reconnaître votre odeur. Une manière comme une autre de garder en mémoire leurs bienfaiteurs.

Tandis que tu marchais derrière Jean-Baptiste, comptant sur lui pour retrouver le chemin du portail, la créature que vous recherchiez déboula soudainement de nulle part et vous salua. Tu t'apprêtais à prendre la parole afin de l'informer du succès de votre mission quand ton compagnon te coupa dans ton élan.

S'ensuivit une discussion plutôt brève, ponctuée de quelques traits d'esprit qui firent remonter le fossoyeur dans ton estime. Vraiment pas mal, le coup des morpions !

Il ne restait plus qu'à attendre le bien-nommé Médor, qui était allé compter les cadavres et vérifier si la présence de cette végétation morte-vivante trop envahissante avait vraiment cessé. Après plusieurs minutes d'attente, tu te décidas à te mettre à faire des pompes, afin de t'occuper. L'attente était vraiment très pesante, pas autant que lorsque tu te trouvais emprisonné dans la terre mais tout de même assez pesante.

Après une dizaine de minutes supplémentaires, des mains sortirent enfin du sol pour indiquer le nombre restant de plantes. T'espérais voir apparaître deux poings fermés, à la limite un ou deux doigts levés mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, paumes ouvertes, le zombie se mit à fermer et ouvrir successivement ses mains pendant plusieurs dizaines de secondes.


- Cinq, dix, quinze, vingt... Quarante... Cent... Deux-cent... Quatre-cent... Plus de quatre-cent plantes encore vivantes ? Mais ce n'est pas possible ça, Médor, on serait en train de marcher dessus !

Le zombie continuait silencieusement d'énumérer des poignées et des poignées de vie zombiesque.

- Ah, je crois que j'ai compris... Quand je t'ai dit d'aller compter les plantes dans le district, ne me dis pas que tu as compté chaque parcelle de végétation, une à une ?

Les mains cadavériques s'interrompirent, et deux pouces s'élevèrent triomphalement. Tu ne comprenais pas la subtilité, ni pourquoi le fossoyeur semblait à deux doigts de partir dans une crise de rire ou dans un déluge de larmes. Le Fossoyeur vous lança un regard d'excuse.

- Désolé de vous avoir fait perdre tant de temps, les gars. Je vais vous faire confiance sur ce coup-là puisque je manque cruellement de moyen de vérification. J'ai pensé à amener votre récompense avec moi, là-voilà !

Deux bourses en cuir volèrent, chacune dans la direction de son destinataire. Tu attrapas la tienne sans le moindre soucis.

- Merci bossu ! J'repasserais peut-être dans l'coin, histoire de louer mes services.

Puis, sans un mot de plus, tu t'enfonças dans les broussailles et disparus de leur vue, ne semblant pas craindre ce que tu pouvais trouver dans les parties reculées de ce district d’outre-tombe.
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Mauvaises herbes (Quête avec Darm)

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