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Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn)

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Dan Sorro
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MessageSujet: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Ven 1 Mai 2015 - 15:17
Monde réel.

Ils avaient osés, sans honte ni gêne Sophia s’était ramenée avec ses valises, son infâme sourire et ses airs de putes insoumise. Mon père à ses côtés, encore une fois, j’étais incapable de dire quoi que ce soit si ce n’est des remarques blessantes. Pour le moment, valait mieux que je me taise. Ils n’attendaient que ça, que je me rebelle, m’énerve et leur donne une raison de me chasser de ma planque. Heureusement, Lily était aussi là, en revanche je l’avais laissé sur des sourires et des rires suintant l’innocence infantile. Alors pourquoi la retrouvait-il dans ce état ?

Elle qui habituellement rayonnait par son énergie, sa vie et sa bonne humeur semblait comme éteinte. Le teint pâle, les yeux rouges, les mains s’entremêlant inconsciemment pour un oui ou un non. Elle ne m’avait pas encore adressée le moindre mot. Ils étaient là, mon père et cette femme bras dessus bras dessous. Laissant traîner leur accident derrière eux comme si de rien n’était. L’échange de regard fut long, le silence bien que pesant était maîtrisé. Je terminerais ma tasse de café dans ma chambre, tant pis pour le salon et la Game Cube. Avant d’escalader les marches menant à l’étage, je tends ma main libre à Lily, en passant à côté d’eux. Pas un seul soupir ne franchi leurs lèvres, ils se contentent d’avancer et d’aller poser leurs affaire dans la chambre du bas.

Lily ne bouge pas, restant sur le paillasson en me fuyant du regard, inquiet, je me baisse naturellement à son niveau. Je promène mes yeux sur ses bras dénudé, pas de blessures, ni de marques de luttes ou de maltraitance. Ca m’aurait honnêtement étonné, je les savais indigne, mais pas violent. La source du mal doit venir d’ailleurs, mais avant de pouvoir dire quoi que ce soit elle se décide enfin à glisser sa petite main dans la mienne. Ca faisait bien deux ou trois mois qu’on ne s’était pas vue. Depuis la fameuse journée qu’ils avaient passée dans les parcs. Cette dernière les avait d’ailleurs amenés à se revoir dans Dreamalnd, dans des circonstances aussi étranges que douloureuses. Hors de question de remettre ça sur le tapis, elle était une rêveuse de toute manière.

Montant doucement les marches je l’invite à passer devant, j’ai bien essayé d’entrer en contacte, avec quelques formules de politesses et de banalité. « Salut, alors comment tu vas championne ? ». Mais rien, elle continue de fuir mon regard, en montant les marches les yeux rivés sur ses chaussures. L’évidence laissait penser qu’elle n’était pas réellement en train de les contempler, mais bon sang ce que je me sens mal à l’aise d’un coup ! Je tente de la brusquer un peu une fois arrivé devant la porte de ma chambre, en lui demandant ce qui ne va pas, mais je n’ai droit qu’à une tête qui s’enfonce d’avantage dans le creux de ses fines épaules. Là, je crois commencer à comprendre la nature du problème, je la vois rougir et sangloter. C’est terrible, cette sensation d’impuissance face à la tristesse d’une personne qu’on aime. Ma petite sœur semblait brisée…et ça me rendait dingue.

La laissant s’asseoir sur mon lit, je me pose sur ma chaise à roulettes puis ferme les fenêtres de mon ordinateur, cliquant mollement en lorgnant brièvement sur deux trois articles que je lisais avant d’aller me chercher du café et croiser ma … famille. Je pose ma tasse sur à côté de mon clavier, puis je me tourne vers elle. Coudes encrés dans les cuisses, mains liés l’une à l’autre, je souris bêtement en reprenant la conversation. Mais à peine ai-je le temps de prononcer trois banalités, qu’elle se met à pleurer sans bruits. Recroquevillé sur elle-même, dos au mur, et pieds sous la couverture, je décide de la laisser tranquille. Je lui proposerais quelques sodas plus tard, je sais qu’elle aime bien ça.

Dreamland.

Après avoir tenté de l’amadouer à coup de sodas, de gâteaux et de jeux, Liliy céda en acceptant après trois heures d’insistances et de blagues pas très drôle. Passer du temps avec elle rendait Dan heureux, lui qui se morfondait beaucoup dernièrement. Parvenait à se soustraire à ses problèmes, prenant soin de cette sœur qu’il verrait plus régulièrement désormais. Ils s’étaient endormis, après deux heures de dinettes, et une proposition d’aller faire les magasins le lendemain. Chacun d’un côté du lit, la petite avait très facilement trouvée le sommeil, son épuisement était palpable. Mais Dan n’avait pas dit son dernier mot, le monde des rêves allait enfin pouvoir lui être réellement utile.

Sa mission ? Retrouver sa sœur dans le monde des rêves, puis comprendre ce qui la tourmentait. Si ses souvenirs étaient exacts, les gens étaient beaucoup plus ouverts et détendu dans ce genre d’endroit ? Bon, sans rire et allonger plus de mots que nécessaire. Dan se retrouva au milieu d’un vaste et énorme rayon qui s’étendait à perte de vue. A sa gauche, des produits aux prix sautant d’un article à l’autre, à sa droite, une boite de beurre discutant de la vie et du beau temps avec son voisin, le pot de crème ultra allégé. Bien sûr, ils n’étaient pas seuls, cet endroit était étrangement familier. L’effet des grandes surfaces sans doute, refusant de perdre son temps en explorant inutilement les lieux. Le voyageur pressa le pas, ignorant les remarques et les appels fusant des rayons :

« Pssssssssst !

-Hey toi !

-Je suis le moins cher !

-Non c’est moi !

-Aucune matière grasse par ici !

-Je suis abordable et carrément délicieux.

-30 centimes le couvert ! 1 euro le pack de trois !

Une fois arrivé au bout de ce rayon, ses yeux allèrent de droite à gauche, sondant le carrefour auquel il se trouvait ? Cherchant Lily du regard, Dan manqua de se faire renverser par trois cadis. Ces derniers roulaient à vive allure, mais sans pilotes. Les produits se jetaient à lintérieur sur leur passage, intriguant à peine le berserk qui s’évertuait à crier le nom de sa sœur. Il avait pensée à elle, donc elle ne devait pas être loin. Puis, au pire, si ce bâtiment était réellement une grande surface, il allait sûrement pouvoir demander à faire une annonce ? Ca pourrait marcher, déterminé, le voyageur décida de partir sur sa gauche, là d’où venaient les cadis. Peut être trouveraient-ils quelqu’un de compétent, voir même quelqu’un qui pourrait avoir vue sa sœur.

Au même moment, deux étages plus haut.

Baille More, directeur du plus grand Dream Marcket de la Zone 1 détendait les plis de sa cravate en la caressant précieusement. Ses yeux voilés par une paire de lunettes teintées de divers bleus scrutaient son empire qu’il pouvait contempler depuis un vaste écran digne de ceux que l’on trouvait dans les plus grands cinémas. L’image divisé en plusieurs petites fenêtres, révélaient divers lieux du magasin, rien ne lui échappait. Ses dents acérées laissaient sa langue fourchue se promener d’un croc à l’autre Une voix provenant du microphone implanté dans le coin gauche de son bureau grésilla. Ecrasant énergiquement l’interrupteur à l’aide de son index, il entama la conversation :

« Monsieur More ?

-Oui Yoséphénie ?

-Nous avons des clients.

-Combien ?

-Six.

-C’est tout ?

-Nous n’en avons pas eu autant depuis prêt de trois jours.

-Ont-ils des pouvoirs intéressants ?

-Ils restent assez faibles dans l’ensemble à première vue. Pas de célébrités particulières.Et pour ce qui est des pouvoirs, nos bases de données ne détectent rien pour le moment, il faudra attendre encore un peu.

-Jerôme est-il arrivé?

-Non monsieur.

-Hum, combien de rêveurs ?

-Le rush devrait commencer d’ici une petite heure, le nombre augmente en continue.

-Je m’occuperais de l’annonce, je vous laisse le reste des préparatifs.

-Bien monsieur. »

Il attendrait encore un peu avant de lancer les festivités, jute histoire des les observer un peu pour comprendre à qui ils auraient à faire cette fois. Grossissant en quelques cliques les six écrans suivant les « clients », Baille se servit un verre ambré, avant de s’allumer un épais cigare qu’il reposa après trois bouffées dans son cendrier. Les rêveurs apparaissaient les uns après les autres, noircissant les extrémités de l’écran, pour le plus grand plaisir du gérant. Tapis dans l’obscurité de son bureau, il s’éprit d’un rire aussi glauque que charmant.
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Dim 10 Mai 2015 - 12:20
Un super-marché. Coloré et débordant de ces produits emballés et publicitaires, de tous les cotés, à perte de vue dans cet espace cloisonné. Des rayons, encore et toujours, plein de trucs et de machins, de nourriture et de babioles en plastique, des vêtements, des produits ménagers, des choses non identifiables ...

"Comment ais-je pu atterrir ici ..."

Un tel temple de la consommation ne m'étonne pas vraiment, à dire vrai. Le quotidien de beaucoup d'hommes et de femmes est après tout fortement marqué par ces gigantesques invites à dépenser son argent dans des choses inutiles. Un autel au jetable et au plastique, aux présentations aguichantes, à la plongée dans le superflu. Un quotidien structuré autour de l'assouvissement de nos désirs fades et nuisibles, mais si peu. Si peu ... Quelle importance ? "On fait ce qu'on veut de sa vie", ou ce genre d'ineptie, sortirait sans peine et avec une innocence crasse de la bouche des clients potentiels. Mais pourquoi voulez-vous ? Parce que vous êtes faibles, vous vous laissez porter par le mouvement global. Oui, vous, toi, nous, tout le monde.

"Tout cela a le don de réveiller en moi mes instincts sauvagement libertaire. A peine endormi, je me sens comme un fauve dans une cage ..."

Je me met en mouvement, brisant le début d'agacement qui m'assaille avec le déferlement de mes réflexions. Je suis dans une allée, si banale que je pourrais douter qu'il s'agit bien de Dreamland. Si ce n'est que je ne reconnais aucun emballage. Mais à part cela, rien de particulier; le manque de monde peut-être, et encore. Je suis un peu étonné, désagréablement, du calme du lieu. Les mondes oniriques ne me plaisent pas dans l'imitation, plutôt dans ses pastiches.

*blonk*

Une boîte tombe d'un rayon, à ma droite. Étrange, il n'y a pourtant eu aucun mouvement ... Mal placée, peut-être ? Obéissant à mes principes coutumiers, je me baisse, et la prend dans ma main, dans l'intention de la remettre.

"Prend moi !"

Je sursaute, manquant de lâcher la conserve qui vient de m'invectiver. Du maïs, on dirait. Ce qu'il est écrit là dessus est cependant brouillé par une bouille sommaire, relief sur la boîte, qui me regarde ses yeux pleins d'espoir.

"Non, plutôt moi ! Te laisse pas avoir par c'te ruse !"

Une de ses voisines du rayon se récrie, affichant sur son étiquette un visage courroucé. Elle s'agite, plus peureuse que l'autre, n'osant franchir le pas et rejoindre sa rivale au sol.

"Vous manquez de punch, z'êtes tout juste bon à être bouffé par des vieux ! Moi je suis meilleur !"

Grosse, large, une étiquette pétante, contenant apparemment du cassoulet, celle-ci en est presque drôle. J'éclate de rire, reposant malgré ses vaines protestations la conserve de maïs parmi les autres, en secouant la tête, désabusé. Oui, je suis bien à Dreamland, pas moyen d'en douter !

"Désolé mes chères, mais je ne suis pas preneur; si vous permettez."

Je quitte l'allée pour m'engager dans une autre, écoutant d'une oreille distraite les produits avide de clients me supplier, se récrier. Tous les rayons sont du même acabit, scène où évoluent de sautillants et bruyant objets, qui se battent, crient à qui mieux-mieux, plongent avec force exclamations dans des caddies qui foncent entre les étals, autonomes. Le tout en est vraiment comique, et je calme difficilement mon rire un peu rauque en continuant à marcher, sans réel but. Pour le moment, le spectacle du ballet des objets de consommation m'amuse suffisamment. Pas assez pour empêcher mon esprit de se demander si je suis vraiment seul ici, à assister à tout cela.

Que je sois le seul Voyageur est possible, mais il doit bien y avoir quelques rêveurs, non ? j'aime bien leur parler, parfois. Leur discours est quelques fois totalement décousu, rarement très prolongé, toujours intéressant. Il est passionnant de discuter avec eux, je trouve.

"Allez, trouvons donc mes compagnons de nuit !"
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Shad Blackburn
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Mar 12 Mai 2015 - 16:12
-Décidément il ronfle plus fort que son père celui là..

Miranda observait son fils dormir paisiblement dans le canapé. Elle lui avait pourtant juste demandé de faire la liste de course, rien de compliqué quand même.. Mais là encore il trouvait le moyen de s'en détourner. Bon Dieu qu'il avait l'aire stupide avec son caleçon qui dépassait de sa ceinture, la bave qui lui coulait le long du menton et le calepin qui pendouillait au bout de son bras. Elle saisit délicatement le petit carnet afin de ne pas le réveiller et jeta un rapide coup d’œil à la liste. Les œufs, il oubliait les œufs; comme d'habitude. Mais bon, il avais bien une excuse, l'entrainement de basket était devenu plus intensif et l'épuiser complètement chaque jeudi soir.
Il avait acceptais d'aller faire les courses a sa place à la condition qu'elle lui paye la séance de ciné du samedi soir pour qu'il puisse y aller avec son amie du lycée. Cette fille lui arrangeait bien la mise, au moins elle apportait un peu de gaieté dans le cœur  de son fils et comme ça il n'avais pas posé de question quant à la raison du pourquoi elle avait insisté pour qu'il aille faire les courses. Il sera bien absent quelques heures et elle pourrait voir Gérald, son nouveau petit ami. Elle n'avait pas trouvé d'autre solution, Shad ne supportait pas Gérald et refusait catégoriquement de vivre sous le même toit que lui. Son père doit lui manquer...

-ROOOOONNNFLL...

Elle sursauta et faillit laisser s'échapper le carnet de ses mains. Il valait peu être mieux de le laisser dormir ici; elle éteignit la lampe du salon et posa la liste sur la table basse.

_____________


Il se colla un magnifique plat de la paume de main sur le front et s'injuria copieusement pendant une bonne minute. C'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans un royaume à la con parce qu'il s'était endormis en lisant un magazine, ou en jouant a Final Fantasy par exemple. Mais là.. s'endormir en faisant sa liste de course... quel boulet.

-Aaaah ouai mais quel boulet...

Il leva son front rouge marqué d'une magnifique trace circulaire et se mit a tourner sur lui même pour observer les environs. S'il s'était attendu à ça, quel bordel! Des rayon de super marché a perte de vu, blindé de produit en tout genre: éponge, produit vaisselle, boite de conserve et autre produit alimentaire, balais à chiotte et y avais même des préservatifs géants.. mais qui pouvait bien utiliser des capotes de cette taille?
Les différents produit qui remplissait les étales et les rayons s'animait, sautant de leur propre chef dans les cadis qui naviguait de rayons en rayons sans que personne ne les pousse. Shad s'arrêta au beau milieu d'une allée remplie de boite de médicament en tout genre quand soudains une petite voix l'interpella. Il constata sans surprise en se retournant qu'une boite de viagra s'adressait a lui; après tout pourquoi être surpris on est a Dreamland..

-psst.. psst, hey gamin! t'as des problème? j'peux t'aider tu sais!

-Euh... non merci, a mon âge ça va aller je pense.

Il accéléra le pas et quitta l'allée; regardant à droite, puis à gauche il se demandait ou pouvait bien être la sortie de ce foutu magasin. Le jeune invocateur continua donc de marcher entre les étales, esquivant à l'occasion un cadi ou une boite de conserve qui tombait de son étagère. Quand soudain il entendit une petite voix parmi le brouhaha de la foule des rêveurs et autre "produits vivants". Des pleures.. des pleures d'enfant. Accroupis, la tête dans les genoux une fillette se cachait derrière une étale de melons qui riaient aux éclats. Elle semblait perdu... "Dan... Dan.." Shad s'approcha pour lui proposer son aide. C'était une rêveuse a première vu *rolrolrolrolrolrol* il ne pouvait pas la laisser comme ça quand même *rolrolrolrolrol* mais bon, en général il était plutôt mal vu d'intervenir dans le rêve des gens, même celui des enfants *rolrolrolrol* Mais quand même ça lui fendait le cœur de voir un enfant pleurer *rolrolrolrol* et si elle cauchemardait? la pauvre, il devrait peu être.. *Zwip* "WHHOAAA!!"

Un cadi était arrivé a toute vitesse derrière lui et lui faucha les jambes, l'emmenant dans une courses folle. Les fesses enfoncées au fond du chariot et les jambes en l'aire Shad hurlait à s'en déchirer la gorge en se débattant comme un forcené pour s'extirper du cadi. Il slalomait de rayon en rayon esquivant les étales de fruit de justesse en faisant du deux roues. Ayant abandonné l'idée de se tirer de cette situation le jeune voyageur plaqua ses mains devant ses yeux en écartant juste deux doigts pour garder un minimum de visibilité. Le cadi accélérait de plus en plus et avait maintenant bifurqué dans une longue allée où il entreprit de taper un sprint. En face se trouvait un homme; voyageur peu être car il ne semblait pas "perdu" comme les rêveurs; qui parlait avec des... boites de conserves. L'homme était grand et fin, cheveux long châtain et...

-DÉGAGER LE PASSAGE!!!

Le cadi allait bien trop vite, il y avait de forte de chance pour qu'il embarque l'homme dans sa course. ça risque d'être serré à deux dans un chariot de courses...

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Dim 17 Mai 2015 - 13:50
Progressant plus vivement qu'à l'accoutumé dans ce royaume ridicule, Dan cherchait un employé, ou n'importe qui susceptible de l'aider dans sa recherche. Ses yeux s'étaient égarés sur le plafond, une étendue de tiges métalliques maintenait un toit en fer. Entre les lampions, les banderoles, les enceintes et les panneaux indicatifs, des hauts parleurs doté de mâchoires semblaient roupiller paisiblement. Confirmant ses soupçons, le voyageur s'empressait de chercher les caisses du magasin. Ignorant les produits qui continuaient à lui faire du rentre dedans, Dan devait bien admettre se sentir perdu. Il s'était fié à quelques indications, pensant qu'en se dirigeant prêt du rayons proposant de l'alcool, il se rapprocherait des endroits fréquentés. Mais rien, à croire que les riverains l'esquivaient. Blasé par l'ambiance et la musique de merde que transmettaient les enceintes, le berserk obliqua vers le premier rayon se trouvant sur sa droite. Il lorgnait sur divers produits, passant des portes monnaies en cuirs, au tirelires en porcelaines. Ces dernières se faisaient un peu plus discrètes que leur compatriotes. Son attention fut principalement attiré par un petit cochon blanc, son regard était craintif, son groin remuait plein de méfiance à l'égard du jeune homme qu'il reniflait pour la première fois:

"Yo, moi c'est Dan et toi petit ?

-Grumph, grouik, Didier.

-Sais-tu ou se trouvent les responsables du magasin?

-Non! Non...grou.

-Même pas les caisses?

-Ah ça oui! Je m'en rappel, quand j'étais petit avec mes frères et soeur, alors qu'on était encore dans un carton. Un homme nous avait déposé là bas. Plein de gens se ruaient dessus, il avait dut extirpé l'une de ses collègues de la masse...

-Attends, tu es en train de pleurer?

-Après qu'il ait échoué à sauver son amie, il a tout de même tenté de nous amener à ce rayon. Je suis le seul survivant, mes soeurs, ma mère... Papou...tous morts brisés ou emportés sauvagement par la foule."

Dan s'empara délicatement de la petite tirelire, puis essaya de le rassurer instinctivement. Grattouillant entre ses deux oreilles de porcelaine, le voyageur espérait pouvoir s'en servir pour atteindre son but et retrouver Lily. Continuant de renifler à la manière d'un vrai petit cochon, Didier commençait à lui faire vaguement de la peine. Le voyageur préférait ne rien dire. Il compatissait, mais ne pouvait comprendre sa douleur. Sa famille à lui s'était brisée, elle n'était pas morte, l'espoir qu'un jour il puisse tous se réunir et être heureux un simple instant était encore jouable pour Dan. Non pas qu'il le désirait profondément, mais il ne se voyait pas refuser un bon repas de famille, si ils mettaient leurs soucis communs en suspens quelques heures. Il allait venger Didier, à sa manière, mais ce soir ne serait que justice pour cette tirelire et Lily. Enfin, surtout pour lui en fait, mais il aiderait quand même cette petite tirelire:

"Ok Didier, sèche tes larmes, fermes ton groin et montre moi le chemin. Je me charge du reste, tu ne le regretteras pas. "


Posant la tirelire animée sur le haut de son crâne, il laissa le petit cochon le guider. Ce dernier lui expliquait lentement comment fonctionnait les lieux, parlant surtout de la sauvagerie exubérante dans laquelle se livrait les clients. Intrigué par son récit, tout en suivant ses indications, Dan commençait à sentir les vraies emmerdes pointer. mais avant de pouvoir conclure quoi que ce soit, il crut entendre quelqu'un hurler quelques ayons plus loin.

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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Sam 23 Mai 2015 - 12:50
Quelle activité, tout de même ! Les rayons bouillonnaient de mouvements, de cris et appels, et les allées étaient sillonnées par une foultitude d'objets pressés. Une effervescence à la fois amusante et agaçante, à dire vrai. Amusant, car cette farandole quelque peu improbable et endiablée avait un je ne sais qui me faisait sourire; peut-être étais-ce le fait que tout cela se faisait dans ce qui me semblait être un sérieux et un accaparement pour le moins comique, à sa simple vue. Comme le jeu d'un enfant. Sérieux et risible à la fois. Un empressement, une sorte de souci du détail dans la manière de singer. Agaçant, pour les exactes même raisons ... Sans compter la "musique" ambiante, omniprésente, affaiblissante. De quoi se transformer en légume mou. Ce qui me rendait fou dans ces hangars de consommation en général, avec la foule désagréable qui s'y déplaçait d'ordinaire.

Je déambulais dans les allées, à droite, à gauche, un peu n'importe où, les yeux mobiles, les lèvres qui me démangeaient parfois de parler, faire une remarque à haute. Je me retenais, sans trop savoir pourquoi. Ne pas me mêler à la cacophonie sourde et ambiante, peut-être.

Je me sentais étranger, décalé, totalement hermétique à ce genre de songe, et pourtant j'y étais, que cela flatte ou meurtrisse mon ego. Ici, j'étais autant dans mon élément qu'un poisson sur la plage. Un monde proche, voisin du mien, mais si lointain par sa différence, sa logique si divergente même si elle complétait la mienne, et surtout, même si j'étais encore loin de la noyade, un milieu qui ne m'était pas adapté.

Je devrais plutôt dire que c'est moi qui n'y suis pas adapté, mais ce n'est qu'une question de point de vue. Or je ne pouvais me targuer, malgré toute ma morgue et ma fierté, indéniable, qu'un point de vue autre que le mien me serait, de près ou de loin, étranger. Je ne pourrais jamais comprendre viscéralement une vision autre que la mienne, simplement l'adapter à la mienne. La déformer, que je le veuille ou non. Ces pensées étaient sans doute sacrilège, en un lieu dédié à la décérébration; tant mieux, je n'aime pas respecter ce qui ne me respecte pas. D'autant que mon bon sens me hurlait cela, et ma volonté y adhérait avec une joie dévorante.

Mais qu'importe, mon émoi et mes flamboiements intérieure ne trouvaient pas écho. Le cadre était supportable, tout juste certes, mais tout de même. Il était, sans m'agresser plus que par sa simple présence. C'est ce qui comptait le plus, au delà de mes considérations. Que je sois dans un supermarché me déplaisait particulièrement, que je l'admette ou non, mais c'était une expérience. Enrichissante, rien n'est moins sur, à première vue. Tout pouvait arriver, à Dreamland, après tout, non ?

Comme pour me donner raison, une boîte de je ne sais trop quoi bondit devant moi, en s'agitant. Je lui sourit, et l'envoyait valser plus loin du pied, sans écouter incitations tournée court. Sans grande violence, je l'espère, car elle atterrit sans mal, et se releva en jurant affreusement. Vraiment très amusant. Même si le bruit qu'il faisait était un peu bizarre. Non, ce n'était pas vraiment ça. Quelque chose d'autre se superposait aux jurons de la boîte (des biscuits à la fraise, apparemment), un bruit qui venait de ma droite. Je tournais les yeux.

"Dégagez le passage !"

Fonçant vers moi à vive allure, un jeune homme, l'air un peu ahuri de sa position. Et pour cause, il se trouvait dans un caddie, parmi quelques produits surexcités, qui s'agitaient avec lui dans la course folle de l'engin à roulettes. Qui allait droit sur moi ... J'eus comme impulsion première de vouloir l'arrêter. J’amorçais mon mouvement, me positionnant de face, les jambes bien campées, mes mains s'ouvrant. Je réalisais rapidement, mais pas assez, que cela allait être compliqué. Mon aura avait déjà jailli, m'entourait. Je la raidissais sur toute ma partie supérieure, en fléchissant les jambes.

"Non merci !"

L'impact se fit alors que je prononçait ces paroles. Je l'attendais de pied ferme, mais le choc, amorti par mon pouvoir, me fis reculer. Je gardais mes appuis, les déplaçant en continuant ma résistance. Le caddie avait un élan qui m'étonnait. Il continuait à aller de l'avant, alors qu'il aurait déjà du s'arrêter en un instant. D'un mouvement tournant, je le fis basculer un peu sur le coté. J'avais pour but de finir de le ralentir, mais le résultat fut tout autre.

Il m'échappa des bras, partit sur deux roulettes, puis s'étala dans l'allée, en continuant sa course sur le sol, renversant son contenu. Le contenu, en l’occurrence le jeune homme, m’inquiéta tout de suite, et je me précipitait pour le secourir.

"Oh, ça n'était pas prévu ... Je suis vraiment confus, tout va bien ?"
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Sam 23 Mai 2015 - 14:44
Le temps s'était comme arrêté dans la tête du jeune invocateur. Les différentes suite possible du scénario qui s'offrait a lui défilaient dans sa tête à la vitesse de l'éclair: Peu être allait-il embarquer l'homme dans sa course et tout deux iraient de rayons en rayons en hurlant comme deux débiles incapables de s'extirper de ce putain de cadi; et d'ailleurs vu la taille de l'homme le jeune invocateur se retrouverai probablement avec le nez dans ses fesses, ou peu être le chariot allait-il tout simplement lui broyer une jambe..."ah non hein, fais pas le con putain de cadi!". Mais il en fut autrement. Car l'homme avait vu le chariot arriver, il pourrait ainsi l'esquiver pour le peu qu'il ait un minimum d'adresse et de réflexes. Il pourrait alors laisser le bolide à roulettes continuer sa course, qui s'écraserait probablement contre un mur ou une étale... Mais c'était mieux que de percuter ce pauvre gars qui n'a rien demandé.
Mais non. Trop facile comme scénario ça, l'homme n'avais en aucun cas l'intention de bouger du passage et il s'apprêtait à stopper le chariot, fléchissant les jambes et levant les bras pour le réceptionner. Les pensées du jeune voyageur s’emballèrent et son cœur manqua un battement quand il comprit les intentions de l'individu.
"Mais non! mais qu'est ce qu'il fait ce con!!" l'impact était imminent et promettait d'être violent. Si un jours on lui avait dit qu'il serait responsable d'un accident mortel dans un supermarché en percutant un gars à pleine vitesse avec un cadi... bha si en fait. Il l'aurait peu être cru étant donné que c'est un poissard de première et que ce genre de connerie ça n'arrive qu'à lui. Et qu'est ce qu'elles avaient à rire ces connasses de boites de conserve? Y avait rien de drôle; en tout cas lui ça ne l'amusait pas du tout. Abandonnant tout espoirs d'échapper à la collision Shad remis ses mains devant ses yeux pour s'épargner l'effroyable scène qui allait se produire.

 "Non merci !"  

"Non merci?! mais comment ça non merc..."

L'impact fut d'une brutalité assez époustouflante, un peu comme se manger un mur a 90 km/h. D'ailleurs c'était à peu de chose prêt le cas. Le voyageur qui avait tenté de stopper le chariot semblait avoir utilisé son pourvoir ; un pouvoir bien étrange. Il n'avait pas touché le cadi, mais il l'avait bloqué avec une sorte de barrière qui Shad ne pu, ou ne su, apercevoir. Et même si il en avait était capable il n'en aurait pas eu le temps. Il eu l'impression de sentir ses tripes descendre au fond de ses chaussettes avant que le ne cadi ne bascule sur le côté et ne s’étale sur dix mètres au milieu de l'allée. Le jeune invocateur se retrouva les fesses en l'aire et eu l'ultime réflexe d'enfouir sa tête dans ses bras en baissant la nuque avant de défoncer une étale dans une roulade digne du plus grand boulet humain de la terre.
Shad resta deux bonnes secondes les jambes en l'aire et retomba mollement a plat ventre comme un vieux ballon crevé. L'homme se précipita pour l'aider à se relever
.

-"Oh, ça n'était pas prévu ... Je suis vraiment confus, tout va bien ?"

-Outch... ouai. ça aurait put être pire. En tout cas merci, je suppose.. je ne sais pas où ce truc aurait put m'emmener. Je m'appel Shad; shad Blackburn. Et toi?

Shad n'était pas d'humeur à se prendre la tête avec quelqu'un cette nuit. La nuit commençait déjà assez mal comme ça alors ce n'était pas la peine d'en rajouter d'avantage. Et puis, ce qu'avait fait son interlocuteur était certes complètement débile, mais néanmoins il l'avait fait pour lui venir en aide. En plus de ça il était plus grand et visiblement plus expérimenté que lui. Que voulez vous, quand on passe le plus claire de temps à "essayer" d'éviter les emmerdes, on fini par savoir plus ou moins jauger un voyageur pour définir si un affrontement serait raisonnable ou non.
Là en l’occurrence, ce n'était pas le cas.

Leur discutions une fois terminé, le jeune invocateur se retourna et se figea sur place. Quelque chose; un bruit ou une sensation l'intriguait. ça ne lui inspirait pas confiance en tout cas. Il fit signe a l'homme de tendre l'oreille et de faire silence, ça recommençait. C'était comme... des cris. Pas des cris de terreur, pas vraiment des cris de joie non plus. On aurait dit des cris d'hystérie, mais difficile à dire car ça semblait être assez éloigné de leur position. Puis des tremblement léger, faisant légèrement vaciller les boites sur leurs étagères. Puis un voix forte retenti soudainement dans les haut parleurs, faisant sursauté le jeune voyageur.


-TOUT LES EMPLOYÉS SONT APPELÉS A REJOINDRE LEUR POSTES, DÉBUT DU RUSH DANS DIX MINUTES!!

"Rush..?" Oui, le rush. Il ne fallait pas oublier que les deux voyageurs se trouvaient dans un supermarché onirique, et qu'en période de solde les rêveurs pouvaient avoir tendance à se montrer... Disons moins courtois.
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Sam 23 Mai 2015 - 16:51
Alors que les cris s'intensifiaient, un choc lourds et dégringolant en crescendo interrompit son analyse de la situation. Didier était en train de lui expliquer que la clameur qu'ils entendaient au loin n'était autre que la horde de clients impatients. Ils attendaient en masse devant les portes coulissantes, qui se déverrouilleraient d'ici moins de dix minutes désormais.

Perplexe, Dan insistait pour que Didier l'amène au plus vite vers le coin des annonces, ce dernier se concentrait, indiquant en couinant quel chemin prendre. Trottant pour éviter d'avoir à faire la queue, Dan atteignait les caisses après plusieurs foulées et dérapages maîtrisés. Les caissières, jonglant entre les beauté non maquillées et les énormes pavés graisseux périmés, gagnaient mollement leurs postes. Prisent dans leur routine, elles ne s'intéressèrent pas au voyageur et la tirelire. Dan remontait en trottant l'allée des caisses, feignant de ne pas entendre les nombreux appels des produits environnants. Jusque là, rien d'inhabituel, les portes avaient toujours leurs volets fermées. La clameur sans s'intensifier était simplement plus audible d'ici. On pouvait aussi les entendre cogner les portes et imaginer les insultes que vociféraient la clientèle à bout de nerfs.

Une fois au bureau des annonces, le duo improvisés tomba sur une élégante caissière qui les dévisageait déjà. Mécontente qu'on vienne lui demander de travailler cinq minutes avant l'ouverture, cette dernière s'amusait à faire patienter Dan. Prétextant qu'elle devait ranger son plan de travaille, puis accorder tel fil avec tel prise:

"PLUS QUE DEUX MINUTES LES ENFANTS!"

Didier couinait de panique, s'enfouissant dans la capuche de sa monture improvisée en entendant la seconde annonce avant le chaos. Dan connaissait l'horreur que pouvait représenter une foule en délire, grâce aux vidéos reliées par les réseaux sociaux de son monde. Il n'avait jamais voulu vraiment y croire, qu'une telle hystérie puisse réellement émaner d'un simple groupe de clients consumé par l'avarice. Grattant son cache bras en réfléchissant, ses yeux s'aventurèrent sur le décolletée de la caissière en charge du bureau. N'essayant pas de la mater, ses yeux distinguaient après de brèves secondes le nom de cette pète sec:

"Yoséphine? Je ne sais pas comment ça ce prononce, mais j’aimerais simplement...

-Passer une annonce, j'ai compris la première fois! Il ne suffit pas de prononcer mon prénom pour que...

-S'il vous plais! C'est ma petite soeur!

-Non, c'est .. qu'est-ce que vous faîtes?!"

Il escaladait le comptoir pour se retrouver face à elle, souriant à pleine dent avant d'appuyer sur l’interrupteur rouge du micro:

"LILY! C'EST DAN! SI TU M'ENTENDS... EUH, DIDIER C'EST QUOI LE MEILLEUR POINT DE RENDEZ-VOUS POUR UNE GAMINE ICI?

-RENDEZ-MOI CA!

-LA PISCINE à BALLES LILY, AU CENTRE DU MAGASIN, LA PISCINE A BALLES!

-NE ME TOUCHEZ PAS!

-J'ARRIVE LILY!"


L'annonce s'interrompit dans une étrange sonnerie ressemblant à celle qu'on pouvait entendre dans les gares métropolitaine. Le bruit des rideaux électrique se relevant interrompit la chamaillerie en provenance du bureau des annonces. Un épais nuage blanc imbiba les caisses, alors qu'on pouvait distinctement entendre les portes coulissantes s'ouvrirent. laissant un flot anormalement silencieux déferler à l’intérieur du supermarché:

"MESDAMES ET MESSIEURS, BIENVENUE AU DREAMARCKET!"
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Dim 31 Mai 2015 - 11:50
Remettant le jeune homme sur pieds d'une vigoureuse poigne, je le laissais se présenter. Il me semblait un peu ... oh, presque froissé, ou tout moins un peu dérouté par mon attitude. Dérouté, c'était bien le mot, oui. Toujours est-il qu'il me remercia plus ou moins, et donna gentiment son nom. Mon sourire, de désolé, devint plus amène, et je lui rendait la politesse.

"Jean-Baptiste, enchanté. Et encore un fois désolé pour ça."

Je désignais vaguement les vestiges de la course folle du caddie. Les produits, qui semblaient s'être follement amusé, commençaient à retourner vers je ne sais quel rayon, papotant entre eux comme  des larrons après la foire. Ils ne nous prêtaient plus grande attention, comme si notre hypothétique désir de les consommer était, de fait ou d'intention, annulé par ma bravade plus ou moins fructueuse. Shad avait l'air de penser que ce que j'avais fait était pour le moins discutable, au regard oscillant entre la réprobation et un charitable fatalisme. Avoir ainsi bousculer la route toute tracée était, certes, une bien brutale façon de changer les choses. Un peu stupide, aussi. Il n'empêche qu'il était, grâce ou à cause de moi, séparé de son caddie quelque peu foufou. J'avais pris des mesures extrêmes dans l'immédiat de la situation, et les avait imposé à lui. Qu'il se soit fait entraîner malgré lui, comme j'en avais l'impression, était assez révélateur de son caractère. Dans tous les cas, un Voyageur était sans conteste une meilleure rencontre que toutes celles que j'avais fait jusqu'à présent cette nuit. Je m'apprêtais à le lui faire remarquer quand une voix retentit dans tout le magasin.

L'annonce me tira une grimace de mécontentement. "Rush", ben voyons ... Cela expliquait l'excitation, l'hystérie même des produits oniriques. J'en étais étonné qu'ils ne fassent pas encore plus leurs aguicheurs, à nous les quelques "clients" en avance. Peut-être que les Voyageurs ne constituaient pas de bons acheteurs ? En tout cas, il ne restait que peu de temps avant que je ne sais quelle foule, plus survoltée encore que les objets de leur convoitise déferle sur moi. Sur nous, plutôt.

"Eh bien, Shad, je ne sais pas toi, mais je n'ai aucune envie de me trouver en plein milieu de ce magasin lors du "rush". Je t'invite à chercher la sortie ou un bureau avec moi, si tu ne veux pas rester tout seul."

Ce disant, je me mis en marche, lorgnant à droite à gauche pour trouver une quelconque indication. Je dus assez vite me rendre à l'évidence : je n'allais pas trouver cela comme ça, surtout avec mon sens de l'orientation inexistant dans un tel lieu. Je n'avais qu'une maigre idée de comment tout cela était agencé ... Oh, et puis tant pis. D'un bond, je m'envolais, partant au dessus des rayons, jusqu'à pouvoir toucher le plafond haut du bâtiment.

Vu du dessus, tout cela ressemblait à un labyrinthe furieusement arpenté. Si l'organisation globale m'échappait, j'avais cependant une vue globale. Assez pour distinguer le fond du magasin. Je voyais les portes coulissantes du fond, devancée par la rangée des caisses. Personne pour le moment de visible, si ce n'est les silhouettes qui s'agitaient à l'extérieur. Je m'y dirigeais sans plus attendre, restant dans mes hauteurs, uniquement attentif à mon but. Il devait bien y avoir une sortie de secours, ou réservée au personnel, quelque chose du genre. Que je puisse l'emprunter était une autre affaire, mais cependant je faisait fort de trouver un moyen. Commencer par demander poliment était une bonne option première, selon moi.

Je remarquais, alors que j'arrivais presque à la rangée des caisses, un jeune homme qui se dirigeait vers ce qui ressemblait à un comptoir, ou un bureau. Il avait quelque chose sur la tête, quelque chose de blanc, qui gigotait doucement. Je me posais sur le haut d'un rayon, provoquant les jurons outrés des bouteilles qui s'y trouvaient. Les fouler aux pieds ainsi était sans conteste, je l'imagine, peu agréable. Je les ignorais cependant, les yeux fixés sur les Créatures qui se dirigeaient vers les caisses. Mis à part la teinte de leur peau, qui variait d'un couleur tout ce qu'il y a de plus humaine au violet pétant, et leurs oreilles, pointues, rien ne les différenciait vraiment des caissières réelles. Toutes avaient l'air blasé, abrutie à l'avance d'effectuer pareil travail. Je me rendis compte de la teneur quelque peu délétère de ma position quand l'une d'elle, une jeune aux formes élancées et au teint d'un pourpre velouté, m'apostropha en se dirigeant vers moi, ses mains se retenant à grand peine de ruiner l'attache stricte de ses cheveux sombres. Je descendis derechef, en me posant à sa hauteur. Avant qu'elle continue à parler, je m'avançais, et dis :

"Oui, ce n'est certainement pas fait pour ça, désolé. Y a-t-il moyen d'avoir des renseignements, ici ?"

Ce disant, je lui offrait mon fasciés le plus froid. Elle me jeta un regard excédé, m'indiquant de son doigt à l'ongle en amande le bout des caisses. Je la remerciais en souriant chaudement, ce qui lui fit perdre momentanément contenance, et m'y rendait alors qu'elle pestait derrière moi. Mon pas s'était calmé, alors que je jetais des regards à droite et à gauche, étudiant la mise des employées d'un œil distrait. Le jeune homme que j'avais aperçu se trouvait déjà là, et semblait décidé à être servi dans l'instant, contre l'avis de la jeune caissière. Il plongea à demi sur son bureau, attrapant quelque chose, puis retentit dans tout le magasin son appel, mêlé des imprécations de la salariée outrée.

Je souris, un peu contrit par le volume sonore quelque peu désagréable. En m'approchant, j'écoutais ce qu'il disait, un peu intéressé. Il cherchait quelqu'un ? Étais-ce bien un Voyageur, à vouloir trouver une petite fille, si j'en croyais ses indications ? Toujours est-il que leur lutte fut interrompu en même temps que leurs imprécations, par une sonnerie étrange, simultanément à l'ouverture des portes.

"Ah, trop tard, on dirait ..."

Drôle de manière de se présenter, certes, alors que je me trouvais à peine un mètre derrière eux, mais les circonstances n'étaient pas très propice à ma loquacité ...
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Mer 3 Juin 2015 - 22:04
Les bruits se calmèrent pendant un court instant pendant lequel Jean-Baptiste proposa au jeune invocateur de chercher la sortie du magasin en sa compagnie. Le voyageur entama donc la marche entre les rayons et Shad se mit sur ses talons. Les cris des rêveurs attendant l'ouverture du magasin se faisaient de plus en plus forts et de plus en plus distincts, signe que les deux voyageurs se rapprochaient de plus en plus de la sortie. Une question toute bête vint alors turlupiner l'invocateur: Comment allaient t'ils sortirent si les rêveurs étaient tous agglutinés à la porte d'entré? y avait-il une issue de secours? ça valait mieux, sinon ils ne leurs restaient plus qu'à se mettre à couvert...
Alors qu'ils continuaient tout les deux leurs courses a travers le labyrinthique magasin, Jean-Baptiste semblait perdre patience progressivement. Il est vrai que cet endroit est un vrai dédale et qu'il est tout bonnement impossible pour un rêveur ou un voyageur de s'y repérer correctement, même en y passant chaque nuit de son existence.


-Heu, dit Jean-Bapt... Hey! putain la classe! il vole!

Alors que Shad s'apprêtait a interpellé l'homme au pouvoir étrange, celui-ci s'envola avec une légèreté déconcertante en donnant une simple impulsion sur le sol. Shad ne saisissait pas vraiment le fonctionnement de son pouvoir, et se demandait aussi quelle peur avait-il bien put vaincre. Mais en tout cas il trouvait ça vachement classe. Impressionné par les capacité peu commune de son "sauveur du cadi", il faillit même en oublier une triste vérité.."Hey mais, il m'a abandonné dans ce foutu dédale!" Il ne le voyait plus. Puis soudain il l'aperçut, perché en haut d'une étagère, observant au loin. Le jeune invocateur tenta de le rattraper en circulant d'allée en allée en essayant de ne pas le perdre de vue, mais il finit tout de même par perdre sa trace. Agacé, le jeune voyageur fit une mou et croisa les bras. En regardant autours de lui il remarqua qu'il se trouvait dan un rayon bricolage ou se tenait en bas des étagères quelque escabeau et échelle, et quelque autres outils attaché suspendu sur des clou. Soudain un escabeau a roulette l'interpella pour tenter de se faire vende.

-Hey petit, achète moi on va bricoler comme des ouf tout les deux!

un petit sourire malicieux s'afficha alors sur le visage de Shad qui lui répondit d'un aire faussement désintéresser:

-Mouai, pourquoi pas.. à une condition: conduit moi aux caisse et je t'achè...

-YEEAAAH!! ALLER SALUT LES NAZES J'ME BARRE DE CE RAYON MOISI!! VA Y MONTE MA POULE CA VA DÉMÉNAGER!

à peine Shad avait t-il finit sa phrase que l'objet se hissa debout et fit chauffer ses roulettes sous les injures et protestations des autres outils et objets destiné au bricolage. Le jeune invocateur sauta sur l'escabeau qui se mit aussitôt en route dans un crissement similaire à ceux de pneu de voiture.
YOOOUUUHOOUUU!! s'exclama l'invocateur tandis que sa monture slalomait de rayon en rayon en évitant de justesse une créature des rêve qui portait un uniforme de caissière. Il aperçut finalement la rangée de caisse ainsi que les employés qui rejoignaient un à un leurs postes de travail. Jean-Baptiste se trouvait juste devant ainsi qu'un autre voyageur semblait-il qui se tenait debout sur le tapi roulant d'une caisse et qui gueulait dans un micro. Il cherchait une certaine "Lily" apparemment. Shad fit le rapprochement avec la jeune rêveuse qu'il avait croisé tout a l'heure; celle qui appelé "Dan"... était-ce lui? Cependant il n'était même pas sure que cette Lily soit la rêveuse en question.
Alors qu'il se rapprochait à vive allure de l'entrée, le jeune invocateur constata avec malaise que les portes du magasin étaient en train de s'ouvrir... Mais il était trop tard.

-Non! non arrête toi bon dieu!!

la monture sur roulette s'écrasa contre le bord d'une caisse d'enregistrement et Shad s'envola majestueusement en direction de la foule des rêveurs qui envahissaient déjà le magasin, survolant un employé qui le regarda bouche bée d'un aire stupéfait. Le jeune voyageur atterrit au beau milieu d'un groupe de rêveur à quelque mètres de l'entrée et ressortit rapidement;tête la première; porté par une bonne quinzaine d'enfant à peine âgés de dix ans qui hurlaient en chœur.

-OUAAAIIII!!! TOUS A LA PISCINE A BAAAALLE!  

-NOOOON LÂCHEZ MMWAAAAAAAAAAAAAAAAA

Ses cris s'éloignèrent peu à peu des deux voyageurs; Jean-Baptiste et le supposé Dan (si c'est bien lui); tandis qu'il se faisait embarquer par un groupe de bambins joyeusement déchaîné, promis à une mort certaine causé par une noyade dans une piscine à balle ou un démembrement sauvage de la part de ses marmots enragés.
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Sam 27 Juin 2015 - 18:50
S'extirpant des ongles vernis de la caissière après un bref instant de lutte acharné pour sa survie. Dan pu contempler quelques pas plus tard, la violence avec laquelle se déferlait la cohue de consommateurs. Plusieurs questions, sur le comment du pourquoi traversèrent ses idées, mais une effroyable sensation d’incommodité figea ses os. Les rêveurs ne se contrôlaient pas, mais pouvaient-ils être manipulés? Qui pouvait leur prouver que ces derniers n'avaient pas étés excités tout le long de leur attente avant de se jeter à l'intérieur? Un soupire las lui échappa, secouant péniblement ses lèvres le temps qu'il avance. L'individu s'étant incrusté une minute plus tôt n'avait pu s'empêcher d'exprimer son ennui à l'idée de devoir subir l'arrivée des clients. Dan était sûrement de son avis, puisque il était impossible de dire si l'inconnu était ironique. Laisser passer le gros de la foule, pour pouvoir progresser tranquillement à travers les rayons était la meilleur option. Mais l'inquiétude de Dan quant à la possibilité de retrouver Lily l'obligeait à se mêler à la foule. Lorsque il aperçut les enfants sauvages traîner un pauvre gars à la piscine à balles, ses pas les suivirent machinalement.

Malgré l'impression de déjà vue dégagée par ce qui lui semblait être un voyageur, Dan préféra se focaliser sur sa mission. N'hésitant pas à envoyer bouler les clients un peu trop pressé coupant son chemin. Coup de coudes, et esquives intempestives furent de mise. Jusque là, rien de méchant, ils perdaient leurs paniers troués, l'insultaient en reculant ou bien s'accrochaient désespérément aux rayons qu'ils convoitaient. L'ambiance était chaude, la tension plus que palpable était réellement éprouvante, progresser au milieu de cette foule acharnée mettait à mal ses nefs. Il sentait le sang gonfler ses veines et rougir ses joues. Lorsqu'une étrange voix plus stridente que les autres attira son attention, les yeux exorbités du Berserk cessèrent de bouger. Fixés sur le profile d'un femme mûre, aux formes vulgairement dévoilée, il n'eut pas besoin d'effort pour se souvenir d'elle. Sophia était là, en train de baffer une conseillère vraisemblablement dépassée par la quarantenaire en pyjama.

Attrapant machinalement ce qu'il lui tombait sous la main, le destin lui accorda un bon pot de moutarde qu'il jeta au visage de la harpie. Malgré les protestations de Aroma qui affirmait être subtilement piquante, cette dernière vola en cloche.Sans même s'en rendre compte, flammes blanches et témoins surpris annoncèrent la couleur. Avant que le pot ne puisse fracasser le crâne de sa futur belle mère, une main gantée de blanc s'interposa entre son chignon et le projectile. Interceptant l'objet avec une grâce intriguant. Après que la gant ait rapporté l'objet à son rayon, il retourna se glisser au poignet gauche de son maître. Un homme de la même taille et corpulence que Dan.

Plus haut...

Ne perdant pas une miette des jeux dans lesquels se lançaient ses proies, Baille More trépignait dans son fauteuil en baladant le curseur de sa souris. La piscine à balles semblaient être le lieux qui regrouperaient le plus de voyageurs. Ces derniers, après avoir entendu l'annonce de l'énergumène ayant volé une tirelire, se dirigeaient volontairement ou non prêt du centre du Market. Ses doigts tapotaient frénétiquement l’accoudoir de son fauteuil, laissant sa langue imbiber ses lèvres de salive. Ils y étaient presque, encore un peu de temps et LE jeu débuterait vraiment. Jérôme était arrivé et faisait déjà face à l'un des voyageurs, il attendait beaucoup de ce petit. mais les flammes blanches de son adversaire ne lui inspiraient pas confiance. Méfiant, il s'empressa de marteler son clavier, puis pressa un énorme bouton blanc avant de remuer énergiquement les lèvres:

"MESDMAMES ET MESSIEURS! Se soir, en directe du DREAMARCKET, nôtre magasin vous propose de gagner un abonnement à vie. Ce qui implique, des cartes cadeaux baissant les prix de nos articles de 70%! Ainsi qu'une superbe chaine Wi-fi et plusieurs tablettes tactiles derniers cris! Il vous suffit de nous ramener à l’accueil chaque voyageurs que vous croiserez. Ceux ou celles qui en ramèneront le plus, gagneront les lots énoncés! "

Cessant de parler quelques instant pour laisser retomber la pression. Baille savait que les haut parleurs fonctionnaient très bien à travers tout le market. Il scrutait ses écrans du coin de l'oeil, vérifiant qu’aucun voyageur n'avait encore :

"Mais comment? C'est bien simple mes amis! Les plus aguerris ont du remarquer l'étrange texture de nôtre sol! Il n'est pas seulement lisse et agréable! VOYEZ! Tout ceux qui seront désormais entourés par cette douce lumière verte sont vos cibles! BONNE CHANCE!"

Au quatre coin du Market, Voyageurs et voyageuses voyaient se dessiner un étrange cercle vert sous leurs pieds. Dévisagé par les clients, la chasse allait bientôt commencer...
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Mar 7 Juil 2015 - 22:24
Des rêveurs, une quantité proprement alarmante. Pas aussi violents que je l'avais pu craindre, en revanche, je l'admettais avec soulagement. Trop nombreux, bien trop nombreux à mon goût, rien n'y faisait sur ce point. Alors qu'ils déferlaient aussi vite que le permettait le compactage de la foule qu'ils formaient, je pris mes appuis, et m'envolait sans plus réfléchir. Le jeune homme qui se trouvait devant moi, occupé à s'écharper avec l'employée, ne se retourna pas, et fut emporté loin de mon regard dans la marée humaine. Je n'y accordais pas plus d'attention que cela.

Une frénésie presque palpable me parvenait, s'élevant des mouvements désordonnés alors que les clients de la nuit déferlaient dans le magasin. De quoi se sentir horrifié. Enfin, c'était en tout cas mon point de vue devant ce ... cet ... cette vision. Des frissons d'une affreuse expectative trop vite écourtée, tournée en un sentiment à la frontière du dégoût. S'attendre à quelque chose avec une volonté de froideur et de prise de recul est sans doute un bien bel objectif. L'atteindre, le vivre, me semblait aussi impossible que de prévoir le hasard. Comme si un point de vue de ce genre ne pouvait se chercher, seulement être. De quoi meubler mes pensées pour mettre une barrière entre moi et ce troupeau, en tout cas. Alors que je me postais près des nombreuses lampes qui pendaient du plafond, je me sentis de suite mieux, presque totalement à l'aise. Presque.

La vérité stricte était que tout cela me mettais vraiment mal à l'aise, trop pour que je puisse l'ignorer ou le remiser sous prétexte d'une fierté par trop envahissante. Réagissant violemment avec certains éléments externes, elle me consumait d'une rage et d'une douleur sourde. Mes membres me démangeaient, remplis de petits picotements qui me forçaient à me maintenir en mouvement. J'étais brûlé par de furieuses envies néfastes, et cela ne faisait que contribuer à me sentir plus mal encore. A me retenir, la frustration de ne pouvoir assouvir mes pulsions augmentait, et augmentait encore de par mon dégoût pour de si bas instincts. Un cercle bien vicieux.

Mon salut vint d'une bien étrange manière. Trop désirée pour que j'y prête attention ? Pas à ce point. En effet, une annonce soudaine me prit complètement de court. Certes, nous étions dans un super-marché. Certes, ce genre de temple à la consommation décérébrée avait certains procédés pour le moins discutable d'un regard autre que purement stupide. Certes, j'étais (ou plutôt nous, d'ailleurs, mais j'y viens) à Dreamland, ce qui impliquait une loufoquerie ambiante et une variation dans les tons de situations qui pourraient, autrement, coller avec le réel, comme un rêve. Mais comme un rêve, tout s'éloignait du sens commun sans toutefois jamais vraiment le quitter. En L'occurrence, nous étions, moi et mes quelques semblables Voyageurs présents, réduits à l'état de bon d'achat. A prendre de gré ou de force ...

Un joli cercle d'un doux vert apparu au sol, autour de l'endroit où je me trouvais. Le fait que je sois en l'air ne me dispensais apparemment pas d'être un vulgaire ticket à attraper. Moins accessible cependant. Je ne bougeais pas d'un pouce, alors que quelques pauvre hères, l'air hagard, s'approchaient de la lumière comme des phalènes idiotes. L'envie de brûler leurs membres imprudents me prit, leur apprendre qu'il en leur coûtait de me chercher ainsi. Leur convoitise n'attirait même pas ma pitié, et mon mépris s'exprimait dans une forme crue et dénuée de toute tentative de compréhension. Ma position mettait en sourdine toute ma compassion. Ils se rassemblaient autour de la marque brillante au dessous de moi, les yeux rivés sur le carrelage. Comme si j'allais sortir d'entre les joints, ou des étagères pleines à craquer de produits bruyants.

"Là haut ! Il est là haut !"

Repéré par une boîte de conserve, cela avait bien la saveur fade d'une plaisanterie de mauvais goût ... Ou de la déchéance. Les hurlements de triomphes des rêveurs proches me fit une étrange impression, cependant, qui me donna presque le sourire. D'un bond, j’atterris sur l'étal le plus proche, alors que le plus intrépide des clients y grimpait déjà. D'un solide coup de pied sur sa mâchoire qui commençait à peine à poindre au dessus des bouteilles de je ne sais quelle boisson, je l'envoyais rejoindre ses compagnons de troupeau sur le plancher qu'ils n'auraient pas du quitter. S'écrasant avec un bruit sourd et une exclamation très convaincante, il provoqua les réactions indignées de plusieurs packs de bières sur lesquelles j'étais juché, qui me trouvaient décidément bien peu accommodant, malgré mon poids au final assez peu conséquent. Le second à tenter l'ascension eut droit au même traitement, ainsi qu'au troisième. J'attirais ainsi petit à petit les clients, qui s'agglutinaient de plus en plus. Sans trop savoir ni comprendre pourquoi je procédais de cette singulière façon. Pour me calmer, peut-être ...
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Mar 28 Juil 2015 - 16:24
Et voilà, c’était parti. Il l’avait senti dès l’instant où ce foutu cadi l’avais embarqué ; cette nuit allait encore être merdique. Luttant tant bien que mal pour esquiver les coups de pied des marmots qui lui frôlaient le nez, Shad se figea quand il entendit l’annonce du haut-parleur. Si les rêveurs parvenaient à attraper un voyageur et à le ramener à la caisse, ils bénéficieraient sois disant d’une  « réduction à vie »… "tu parle d'un attrape couillon!"  se dit le jeune voyageur. Mais bon, comment des rêveurs peuvent se douter de la supercherie ; ce qu’on peut-être con quand on est rêveur… Et puis qu’est ce qu’il voulait faire avec tous ces voyageurs ce cinglé qui parlait dans son micro ? De toute évidence il n’y avait plus à hésiter, il fallait sortir de cette piscine à balle et dégager rapidement de ce foutu magasin. Mais la tâche s’avérait  maintenant ardue ; car en effet la piscine se mit briller d’une lueur verte presque fluo révélant ainsi sa position, comme le type bizarre l’avait annoncé précédemment. Puis soudain le silence. Un silence pesant, aussi pesant que les dizaines de regard qu’il sentait fixés sur lui, même s’ils ne faisaient que le chercher du regard. Shad se figea, essayant de ne pas remuer la moindre balle en plastique ; ils ne pouvaient pas le voir mais ils savaient tous qu’il se trouvait dans la piscine à balle. Son pou s’accéléra et une grosse goute coula le long de sa tempe, il eut subitement l’impression de se retrouver dans film de zombie du même genre que « 28 jours plus tard ».
Son cœur manqua un battement lorsqu’une main lui saisit fermement la cheville pour le tirer vers la surface. Shad se débattit et réussi à faire lâcher prise au rêveur qui s’empressa d’alerter les autres.


-Il est dans la piscine ! BANZAÏ !!!

Les rêveurs hystériques hurlèrent en chœur et sautèrent dans la piscine à balle tête la première et essayant d’attraper le jeune invocateur. Dans la confusion et le manque de visibilité causé par les balles en plastique, ils s’attrapèrent par les uns, les autres, par les manches en se mettant des baffes. Shad profita de la pagaille pour attraper la bordure de la piscine et invoqua aussitôt son essaim d’abeille ; ce qui rajouta un niveau supérieur à la panique parmi la foule qui le pourchassait comme un vulgaire gibier. Concentrer sur son objectif, le jeune invocateur entama un sprint entre les rayons et les étals.  Il arriva dans une longue allée plus large que les autres et aussi moins remplis de rêveur. A cela l’explication était simple : ils essayaient tous de monter sur les étagères pour attraper Jean-Baptiste qui était perché sur l’un des néons du rayon. Shad rappela son essaim et lui ordonna de lui forger son armure alvéolée. Une fois cette dernière revêtu, il passa à l’offensive et chargea l’épaule en avant dans l’étagère qui se trouvait juste derrière la meute de rêveur. Elle se renversa, ensevelissant ainsi le groupe sous une montagne de boite de conserve. Mais d’autres arrivaient de tous les côtés, sortant de tous les rayons qui entouré le jeune invocateur et cette fois ci il lui faudrait plus d’une étagère pour se débarrasser de tous ces parasites. Par chance Shad aperçut un trampoline qui avait était séparé du rayon « jouet pour enfant »  pendant l’émeute.  L’invocateur grimpa sur l’étagère qu’il venait de renverser et se hissa jusqu’à son sommet sous les plaintes de rêveur coincé en dessous. Il sauta d’étale en étale en esquivant tant bien que mal les mains qui tentées de l’attraper, pris appui sur la tête d’un rêveur et arriva jusqu’au trampoline. Il donna une grande impulsion et s’envola plus vite qu’il ne l’aurait voulu. Shad s’emplafonna sur le plafond en taule blanche du magasin avant d’atterrir sur un néon juste à côté de Jean-Baptiste. Il tourna difficilement la tête vers ce dernier pour lui adresser la parole en se frottant la tête pour calmer la douleur de l’énorme bosse qu’il venait de se faire.

-Ouch… et maintenant, on fait quoi ? Ils sont trop nombreux, il faut qu’on trouve le cinglé qui a passé cette annonce.

Le regard de Shad se perdit au loin et il aperçut finalement une petite lumière rouge au loin. Des petites ampoules rouges qui entouraient le panneau « privé » au-dessus de l’entré d’un petit escalier.

-Là bas, regarde ! On trouvera peut-être quelque chose d’intéressant…

Shad était agrippé a son néon et observait la foule de rêveur qui les observaient d’en bas avec un air avide. S’il tombé, il avait vraiment très peu de chance de leur échapper. Il espérait juste que Jean-Baptiste ne le laisserait pas en plan comme tout à l’heure… il ne savait pas voler, lui.
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Jeu 20 Aoû 2015 - 16:47
Trois mouvements sur sa gauche, deux dans son dos, quatre sur sa droite, ils étaient trop nombreux et les gestes variaient d'une seconde à l'autre. Plusieurs rêveurs gisaient aux pieds de Dan, trois pour être précis. Ces derniers aveuglés par l'appât de la gratuité s'étaient jetés sur lui à la manière de personnage cartoonesque. Un croche patte et deux trois prises au corps eurent raisons des saligots, les flammes de la colère s'étaient estompées dès que les haut parleurs s'étaient mis à transmettre l'annonce. Piégé dans  un carrefour de cinq rayons en "T", le voyageur ne perdait pas de vue son adversaire principale, un mec aux cheveux rasés et à la houppette bien huilée. Nerveux, Dan sautillait en esquivant machinalement la moindre approche, un pas sur la gauche équivalait à deux petits bonds sur la droite, pour ensuite se rétracter face aux gaillards qui plongeaient sur lui dans un saut  les scotchant sur place. Retombant précautionneusement sur ses appuis, la scène lui semblait effroyablement longue, comme si le temps s'était partiellement figé depuis le début de la lutte.

Les articles s'emballaient, scandant les noms des rêveurs en guise de motivation. N'ayant pas vraiment le temps de s'attarder sur les détails, Dan ne parvenait pas à s'expliquer comment les produits parvenaient à connaître leurs clients. Deux mains gantées pincèrent ses épaules, pouces rivés sur ses omoplates, le berserk n'eut pas le loisir de pouvoir se redresser pleinement, ni de comprendre d'où venaient ces mains. Incapable de sprinter ou bien même de bouger à sa guise, plusieurs rêveurs s'étaient emparés de ses jambes en hurlant. Une femme d'âge mûre aux yeux bleues lui envoya une bonne vielle semelle en cuire dans l'entrejambe, écrasant ses pauvres doigts compressés contre ce qui restait de ses bourses. Définitivement plié en deux, l'issue de la bataille venait de prendre fin. La rêveuse comblée, empoignait déjà la tignasse du voyageur hors combat pour le traîner à l’accueil. Menaçant du regard celles et ceux qui par audace daignaient approcher de sa proie. Elle fut agréablement surprise par l'initiative des deux héros qui s’empressèrent de l'escorter. Les gaillards rivés aux jambes de Dan deux secondes plus tôt le trainaient fermement par les bras, pactisant avec Daisy pour partager le gain.

Le voyageur aux gants mobiles s'en allait vers la piscine à balles dans un frottement de mains complaisant. Désintéressé par le sort du minable aux couilles colmatées, Jérôme dut toutefois s'arrêter. L'air venait de changer, quelqu'un était en train de perturber ce joyeux bordel auquel il contribuait depuis cinq ans. L’insatisfaction des clients n'étaient pas négligeable, il devait agir. Un sourire angélique illumina son visage alors que son corps ce morcelait. Bras, mains, genoux et coudes se déliaient les un des autres flottant dans un mouvement perpétuel qui le conduire sur les traces du voyageur aux abeilles et de son collègues collecteurs de rêveur. Tout deux assis sur un néon, ils se riaient du concours. Bouleversé par cet affront, Jérôme ne put maîtriser l'élan de bravoure dévorant son coeur. Reconstituant partiellement son corps au sommet du monticule de rêveurs qu'avait laissés paître Jean Baptiste. . Les avants bras croisés contre son torse, il était difficile de deviner que ses deux mains se trouvaient aux bords du néons:

"Ne faîtes pas les enfants."

Souffla Jérôme dans un rire insouciant, préparé d'avance à toutes formes d'attaques, il savait son point faible bien caché. La traque allait pouvoir commencer.

Dix mètres plus loin, un cochon larmoyant sur sa faiblesse restait enfouis dans les tréfonds du sweet à capuche de Dan. Effrayé par la rage écumante que déversait les rêveurs, Didier ne trouvait pas le courage d'agir. Les images d'un passé douloureux lui revenait sans cesse, l'empêchant de se calmer, il revoyait le groin de sa mère avant qu'elle ne glisse des doigts de cette satanée gamine aux couettes tirées. Cette peste dénuée d'âme lui avait même marché dessus, indifférente et absorbée par les boîtes à musiques elle s'en était juste allée après avoir réduit sa mère adorée au stade de poussière. Il ne voulait pas que Dan finisse comme ça, même si il était moche comme un poux avec son nez dénué de groin, il avait fait preuve d'une solidarité qu'il n'avait pas le droit d'ignorer. Depuis cette poche il pouvait entrevoir les jambes des deux hommes, en revanche la femme devait marcher devant. Ils ne l'avaient toujours pas remarqués, est-ce que Dan était encore conscient au moins? Ses jambes traînaient, d'après les mouvements de son ventre il n'avait pas de mal à respirer. Au contraire, son souffle était fluide et parfaitement huilé, comme si il cherchait à se faire très petit. Attendait-il une diversion de sa part? Si oui depuis combien de temps comptait-il sur lui?:

"Hé la miss, l’accueil c'est à gauche!

-Euh non, c'est sur la droite mec, à gauche puis à gauche puis à gauche puis encore à droite, puis ...

-J'ai un doute maintenant qu'il le dit... pourquoi on? Ah oui le bonhomme vert!

-Faudrait pas trop rester là ils sont encore derrière nous, c'est à gauche je vous dis."

Daisy, Jean et Stanislas étaient en effet suivi de très prêt par une masse aux airs d'aliénés. Tous scrutaient cette petite lumière verte et la convoitaient avec une envie malsaine. La moindre erreur du trio et ils perdraient leur chance d'obtenir les lots. Ils avaient de la chance, Jean et Stanislas n'était pas suffisamment fin pour ne pas représenter un éventuel danger. Déboussolé par leur condition de rêveurs, ils se perdaient de plus en plus dans l'immense Dream Marcket. La gauche offrait un joli stand de merlus adossé contre le mur, étiquetés et frigorifié dans un bain de glace alléchant.  Daisy n'aimait pas le poisson, Stanislas en revanche ne pouvait pas passer à côté d'une affaire pareil. Il tirait  sur le bras du castré pour écouter le poisson se vendre avec un accent du Sud exquis. Offrant à Didier une occasion en or pour agir.

Sans même le savoir, Jean avait involontairement laissé sa prise glissé sur une partie moins handicapante du bras de Dan. Didier profitait surtout de l'angle qu'offrait la poche du pull pour bondir au visage de Jean. Effrayé par l'improbabilité que représentait cette embuscade, le pauvre rêveur tomba à la renverse sans même avoir le temps de frapper le petit porcelet. Pendant ce temps, Stanislas visitait le stand d'un peu plus prêt, la face traversant le bac à glaçon conservant les poissons outrés par cette intrusion déplacée. Le berserk balayait Daisy qui cherchait à lui donner un coup de genoux, prenant la fuite à toute vitesse. Ramassant Didier sur son chemin, ils repartaient pour la piscine à balles à pleine vitesse, une horde vénale aux talons, Dan se sentait étrangement peu incommodé par sa situation. Au contraire, malgré le chaos dans lequel il survivait, un petite part de lui même désirait hurler de joies. Didier était clairement au taquet, incapable de penser au reste, il continuait de débiter des indications de première ordre à son sauveur:

"Ici les promotions sont Dix pour cent plus économique qu'avant, on va bientôt atteindre les stands de jardineries et leurs fameux boxe d'occasions J'ai un pot là bas qui pourra nous aider.

-Didier la piscine à balles! La! Piscine! A balles!

-Il fallait tourner à gauche après les étendoirs!

-Quoi?!

-Mais ce n'était que des articles invendus depuis des mois par ce rayon! Je ne vais pas te proposer ça, tu me connais moi je fais dans le solide c'est important les relations!

-Quel rapport? On...

-A gauche maintenant!"

Dan dérapait sur quelques mètres qui lui semblèrent dangereusement longues, il pouvait les voir leurs ongles crochus et leurs sourires de défigurés. Son sprint se fit plus intense, il sentait de moins en moins l'envie de se retrouver avec un autre coup de pied dans les bourses, heureusement qu'ils s'étaient perdu en chemin, sinon il n'aurait jamais eu le temps de récupérer suffisamment. Il sentait la sueur effleurer sa peau, alors qu'il y arrivait. Mais encore une fois, rien ne semblait vouloir se passer comme prévu. Un rayon renversé plus loin, des tas de gamines surexcitées en pleine séance de complot sur le côté. Il avait encore quinze ou dix secondes avant que le gros de la horde ne le rattrape, il lui fallait une idée. Quelque chose qui lui permette de faire le point:

"Didier, est-ce que tu vois une gamine isolée dans le coin? Si oui...

-Aimable clientèle! Nous tenions à vous prévenir. Déjà trois voyageurs ont étés ramenés à l’accueille! Ne loupez pas les autres ils ne sont pas illimités, tout comme les trois nouveaux tickets de voyages gratuit à MALIBU! Oui mesdames et messieurs, Malibu s'offre à vous pour n'importe quel voyageur ramené!...Ah et j'ai faillis oublier, nous avons retrouvé la dénommée Lily, qui attend son frère bien sagement à l’accueil au prêt de nos caissières! Vous êtes priés de venir la récupérer monsieur Sorro."

Dan n'appréciait pas du tout le ton avec lequel l'enfoiré derrière les haut parleurs prononçait son nom. Déjà en train de courir depuis le mot Malibu qui en avait tout de même scotché plus d'un, au désarroi du berserk qui ne comprenait pas comment on pouvait à ce point rêver d'un cliché ambulant. Pendant qu'il traversait le rayon renversé en courant, ses yeux retrouvèrent le dos de l'homme à la houppette, ce dernier semblait avoir engager les hostilités avec le semi agoraphobe et un autre mec. N'ayant pas le temps d'hésiter, ses jambes continuèrent de le porter vers l’accueil, laissant un faible lueur blanche enlacer son corps dans de fine flammes blanche aux reflets noirs. Si ils touchaient à un cheveux de Lily, il n'aurait aucune raison de se retenir, si ils voulaient profiter d'elle pour le capturer, ils ne savaient pas à qui ils s'en prenaient.


"Bien... il semblerait que cette soirée s'annonce plus rentable que prévue."

Baille More adorait les longues nuits de luttes acharnées. Les voyageurs restant devaient garder le cape, ils devaient lutter, ne pas se laisser faire. Le temps était son ami, les rêves les plus longs sont toujours les plus douloureux. Qu'ils continuent à courir, qu'ils se battent, hurlent et s'efforcent à les traquer. Il fallait plus de désir, plus d'envie, plus d'énergie il fallait qu'il soit encore plus rêveur que dans n'importe quel autre royaume. L'insatisfaction n'était pas négligeable, tout les employés du Dream Marcket le savaient. Quelques rêveurs pouvaient gagner. Mais le reste devait perdre et se rabattre sur leurs produits, noyer leur déceptions dans l'achat et la consommation. Ces trois voyageurs devaient les laisser espérer jusqu'au bout!
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Lun 24 Aoû 2015 - 15:14
Les rêveurs étaient de plus en plus nombreux. Ils se contentaient pour le moment de foncer sur moi, sans cohésion ni grande menace, d'ailleurs. Leur effectif était le seul souci. Je dus sauter sur une autre étagère, juste avant qu'elle ne tombe, croulant sous leurs assauts confus. Le bruit d'écroulement n'était pas seul, d'ailleurs, par dessus les hurlements hystériques. La même chose se produisait ailleurs. Je ne savais trop si c'était la volonté du gérant, mais le magasin allait vers un chaos total, à ce rythme. Les consommateurs n'étaient pas créatures à être raisonnées, et même les produits semblaient perdre leur intérêt individuel immédiat pour le miroitement futur de leur vente, en réduction qui plus est.

Je fus assez surpris par un envol impromptu, décollant sans préavis du sol. Un jeune homme, qui vint se cogner jusqu'au plafond, produisant un *bonk* presque comique, puis tomba sur le néon le plus proche, dont les câbles couinèrent dangereusement, sans se briser cependant. Il se redressa péniblement, et se tourna vers moi, frottant son crâne tuméfié. Je le reconnus comme ... Shad, je crois, que j'avais tiré un peu brutalement d'un caddie frénétique il y a peu. Je me retins de soupirer, alors que son perchoir poussait une nouvelle plainte sous son poids inattendu, et qu'un intrépide dormeur tentait d'escalader mon étagère. A la place, je me détendais brutalement vers le bas, me tenant par les mains, et plantais mes deux pieds dans la face de l'impudent qui me voulait comme ticket de réduction. Une sourde satisfaction me vint en sentant ses chairs se froisser et se fendre. Son nez se cassa en s'écrasant contre sa joue, et le piquant de ses dents se laissa poindre sur mon talon, alors qu'elle se coupaient salement sous mon coup.

Je remontais avec l'élan de ma poussée, me relevant du même mouvement, qui devait paraître improbable vu de l'extérieur. Mon aura flamboyait avec une joie qui avait quelque chose de malsain, mais je m'en fichais un peu. Je remarquais un homme, qui se tenait derrière la masse des rêveurs. S'il n'en était pas un lui-même, d'ailleurs, mais son attitude était confondante. Oh, peu importe. Me tournant complètement vers Shad, je sautais de l'étagère, qui n'allait pas tarder à choir à son tour, tant les rêveurs commençaient à être nombreux autour, à se pousser. Il m'indiquait de la parole l'escalier des employés, plus loin.

"Intéressant ? Je ne pense pas, c'est trop accessible, et ceux qui nous veulent livré en tant que vulgaires tickets doivent être par là. Donc, à moins que tu ne veuilles te jeter dans la gueule du loup ..."

Je fus interrompu par un nouveau crissement, plus fort, accompagné d'une descente brutale de la plateforme précaire du pauvre hurluberlu. Les rêveurs, en dessous, poussèrent une clameur excitée, tendant des mains avides vers lui, se montant presque dessus pour l'attraper. Moi, en lévitation dans les airs, je restais un peu interdit à coté de lui. A son air alarmé, je comprenais qu'il ne voulait pas se faire avoir, comme moi. Mais qu'il se soit retrouvé dans une telle situation par lui-même me donnait tout sauf l'envie de l'aider. Je le fis néanmoins. Ce n'était pas parce que j'étais égoïste et que, si j'avais été dans sa situation, je n'aurais pas attendu d'aide, que je devais me contenter de le regarder chuter bêtement. Je m'élançais donc.

"Fais attention, à l'avenir, il n'y aura pas toujours quelqu'un pour t'aider."

Je l'attrapais, le calait comme je pus, et m'envolait, droit vers l'entrée marquée "privé". La foule, en dessous, ne nous remarquait pas tant que ça, aussi j'espérais avoir un répit suffisant pour faire ce que je voulais. Je déposais Shad à la diable, et fis un pas vers la masse qui s'avançait. Ils nous avaient vu, et une bonne vingtaine de rêveurs approchaient.

"Va donc voir, si ça te chante, Shad. Je t'avouerais que je n'ai pas très envie de fuir, pour le moment."

Moitié alarmé, moitié excité, le désir de me confronter à cette foule avide me prenait aux membres avec force et insistance, et je m'y abandonnais plus ou moins. La fureur contenue d'être réduit à un bon de réduction resurgissait, en même temps qu'un raisonnement qui me paraissait néanmoins douteux. Le pourquoi de tout ce cirque m'interrogeait, et si je n'avais pas la réponse, j'étais sûr de ne pas vouloir me laisser faire. Mais cette réaction devenait à mes yeux complètement téléphonée, surtout en voyant Shad. Résister, oui, bien sûr, mais contre quoi ? Contre les rêveurs, ou l'instrumentalisation ? Je ne savais trop que faire. Quand une femme d'âge mûr, le maquillage répugnant se craquelant sous sa grimace, s'avança vers moi, je la devançais, comblant la distance avec vivacité.

A défaut d'agir de manière réfléchie, je laissais mon corps et ma volonté primaire s'exprimer. Alors que j'attrapais d'une poigne de fer ses bras tendus, la ramenant vers moi, je lus dans son regard une étincelle de surprise, fissurant l'hystérie d'achat qui la prenait; juste avant que son front heurte le mien, et qu'elle s'étale sous mon coup de tête. Je ne la laissais pas tomber au sol, la tirant par les bras, que je lui bloquais dans le dos, positionnant ses reins contre mon pied relevé. Je me sentais bien, très bien même, et ce fus encore mieux quand je la propulsais sur les trois énergumènes qui venaient sur moi. Je l'avais poussé d'une détente violente, qui avait tordu ses reins et lancé son corps assez fort pour faire tomber les deux qui étaient le plus près de moi. Je me retenais de les narguer de la voix, mais c'était tout juste.

Plus loin, le néon qui nous avait soutenu s'effondra brutalement.
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn) Mar 1 Sep 2015 - 12:28
Comme si un être invisible et supérieur avait entendu ses pensées, comme si tout avait été écrit par avance, les câbles du néon cédèrent. Shad quitta son perchoir de fortune pour se laisser rattraper par la force de la gravité, plongeant vers une foule de rêveur hystérique prêt à s’arracher sa carcasse pour la ramener à l’accueil ; qu’il soit en un seul morceau ou non.  Sentant sa chute gagner progressivement en vitesse, le jeune voyageur sentit la panique lui tordre les tripes puis remonter jusqu’à sa gorge. Il tendit machinalement une main vers le haut, espérant saisir un rebord ou quelque chose qui lui permettrait de s’agripper mais ce fut Jean-Baptiste qui lui porta secours. Le voyageur dont l’aura flamboyante aurait presque forcé Shad à plisser les yeux lui attrapa le bras et le cala sur son dos avant de s’envoler.  Il le déposa devant l’entrée surmontée d’un petit panneau marqué « privé ». Il lui recommanda au passage de faire plus attention et de se débrouiller seul s’il voulait s’aventurer dans ce couloir sombre. Shad le regarda s’éloigner en poussant un long soupir. Il était certes gentil, mais pas très sociable ce Jean-Baptiste. Mais malgré ça il avait raison. Shad était assez grand pour se débrouiller seul et il avait largement les capacités de se sortir de ce royaume merdique de la Zone 1. Après tout, il n’y avait pas grand-chose de dangereux. Juste des rêveurs et quelques voyageurs qui avaient probablement dû se pommer comme lui. Jean-Baptiste quant à lui ne cherchait même pas à savoir ce qui se passait dans ce foutu super marché et se concentrait d’avantage sur le chemin qu’il se frayait à travers les rêveurs qu’il savatait sans ménagement.  

Alors qu’il s’apprêtait à grimper les premières marches du couloir privé, une voix interpella le jeune invocateur. Il se retourna vivement et constata avec stupeur qu’un homme étrange venait d’apparaître devant lui, ses membres se rattachant les uns aux autres. Drôle de pouvoir que de pouvoir se disloquer de la sorte. Le jeune invocateur ne lui avait pas prêté attention puisqu’il était en train de chuter de son perchoir au moment où ce dernier était venu trouver les deux voyageurs sur leur néon.  Son visage crispé et déformé par la colère démontrait une certaine contrariété quant au fait que les deux individus l’aient ignoré de la sorte. Mais cette fois ci c’était différent, ce petit fouineur s’apprêtait à pénétrer dans la salle de contrôle des caméras et des effets spéciaux. Jérôme l’avait portant dit et redit des dizaines de fois au patron que cette salle était vraiment très mal cachée.

-Où crois-tu aller comme ça, petit ?

Shad le dévisagea et se tourna complètement face à lui. Il avait du mal à croire que des voyageurs pouvaient participer à cette mascarade. Il sera les poings et récita les paroles de son invocation dans sa tête. S’il approchait d’un pas de plus, il n’aurait même pas le temps de voir la rafale de Dard arriver.

-Et vous ? peut-on savoir pourquoi vous n’êtes pas marqué d’un cercle vert ?

-Dégage de là, petit ou sinon…

-ou sinon rien du tout.

Shad attrapa par le col un rêveur qui plongeait sur lui au moment où il terminait sa phrase et le propulsa d'un grand coup de pied sur le voyageur.  Celui-ci anticipa l’action et se disloqua pour éviter le jeune homme qui s’écrasa dans une rangé de cadi et finit par disparaitre dans un halo de fumé. Il envoya sa main attraper l’invocateur à la gorge mais ce dernier avait déjà profité du court instant où Jérôme avait dû esquiver pour effectuer son invocation. Il enfonça son canon dans la paume de la main du voyageur en kit et appuya sur la détente. Les projectile traversèrent la chair et forcèrent Jérôme à le lâcher dans un grand cri de douleur.  Shad profita de ce moment d’inattention et tira une rafale en direction du buste du voyageur avant de s’enfoncer dans le petit couloir. Il l’avait certainement touché, mais pas tué. Il devait probablement être assez blessé pour ne pas avoir l’idée stupide de se lancer à sa poursuite. Gardant ses armes prêtes à faire feux, Shad avança lentement en rasant les murs. C’était un endroit sombre avec des murs blanc. Quelques tuyaux parcouraient le plafond en laissant échapper de petits jets de fumer grise et le peu de lumière qui offrait une visibilité médiocre provenait de petites lampes rouge fixées sur le haut des murs à un intervalle de trois mètres. Shad arriva à une intersection lui offrant ainsi plusieurs chemins. Face à lui le couloir continuait de s’enfoncer dans la pénombre, à gauche il pouvait apercevoir une petite porte en bois marquée d’un panneau « salle des commandes », et à droite une autre porte cette fois-ci beaucoup plus robuste dont l’ouverture devait probablement se faire en tapant un code sur le clavier qui se trouvait à côté.  Shad s’avança à pas de loup vers la porte de la salle des commandes et constata qu’elle était entrebâillée. Il jeta un œil à travers l’ouverture et se décala aussitôt quand il entendit un rire tonitruant.

Là, une créature des rêves se tenait devant une quinzaine d’écrans fixés au mur et riait du spectacle en engloutissant un énième paquet de chips avant d’en entamer un nouveau. Ce n’était donc pas étonnant qu’il soit aussi gros et que son ventre dépasse autant de son pantalon. Il est aussi assez compliqué de voir quelqu’un arriver derrière soit quand on a qu’un seul œil ; le patron doit avoir un sacré sens de l’humour pour avoir mis un cyclope au poste de surveillance. Il faillit s’étouffer avec ses chips quand le voyageur l’attrapa par l’arrière du col et lui colla son flingue sur la tempe.

- Ne fais pas le moindre geste.

-Que… Quoi ?! Qui es-tu ?!

-C’est quoi cette salle ? Et c’est quoi ce foutoir dans ce magasin ?

-Je dirais que dalle petit, t’as pas les foies.

Vraiment ? se dit-il. C’est vrai que cela se voyait un peu sur son visage, qu’il n’était pas méchant. Mais bon, cela n’avait rien à voir avec de la méchanceté. Il essayait juste de sauver sa peau comme d’habitude. Et pour ça, il fallait parfois savoir faire des choix difficile. Il arrêta de réfléchir et enfonça son canon dans l’épaule du cyclope.  Il pressa la détente et plaqua sa main sur la bouche de la créature pour couvrir ses hurlements de douleur. Puis il lui attrapa la tignasse et lui tira la tête en arrière.

-C’est bien la salle de contrôle ici ? Alors écoute ce que je vais te dire parce que je ne le répéterais pas deux fois. Coupe ces putains de lumières verte à la con. Tout de suite !

Le cyclope hocha fébrilement la tête et essuya une grosse goute de sueur qui perlait sur son front. Il avança un doigt tremblant vers son clavier et appuya sur un petit bouton rouge luisant  qui s’éteignit. Le halo verdâtre autour de Shad disparut, ainsi que celui de tous les autres voyageurs comme il put le constater sur les écrans. Certain rêveurs se stoppèrent en pleine chasse, partagés entre la déception et l’incompréhension.

Fou de rage, Baille More se mit à hurler dans le haut-parleur.

-FRED !!! C’EST QUOI CE FOUTOIR ??
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MessageSujet: Re: Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn)
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Dream Marcket, tous unis contre les somnifères. (Jean-Baptiste Dubois/Shad Blackburn)

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