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Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0)

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Dan Sorro
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MessageSujet: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Ven 10 Avr 2015 - 17:20
Le Chant de l’Etincelle.


Royaume du feu.

« Des cendres… et des braises. Je suis… seul… parmi elles.  A qui appartient cette voix ? Puis celle-ci ? Que me veulent-elles ? Aaaah, quelqu’un arrive ? Merveilleux…»

-HOOOO BOLERO ! Viens à moi et donnes moi ton pouvoir !

Cela faisait bien plus d’une trentaine d’années que personne ne lui avait rendu visite. A l’instant où la voix de cet énergumène s’était répercutée le long des parois de son antre. Il renoua de puissants liens avec la notion d’incinération. La roche ne lui suffisait plus, sa mémoire fragmentée suffoquait à l’idée d’entendre de nouveau la voix d’un voyageur se perdre entre ses flammes. Le démon de feux se lança dans un étrange rituel.  Ce dernier consistait à littéralement s’exploser contre les épaisses parois millénaire de pierres noires qui le retenaient ici bas. Se régénérant naturellement depuis ses plus petites flammèches, il virevoltait autours de l’intrus ayant profané son domaine. Il l’étudia sous toutes les coutures, puis s’intensifia en explosant de plus en plus vite.

Un grand mec baraqué comme pas deux, un corps construit et structuré avec soins. Pilosité faciale inexistante, une chemise Hawaïenne, un short et des claquettes. Sceptique, il décida de le goûter avant de réellement jouer avec lui, envoyant plusieurs traits enflammés s’écraser contre le buste bombé de l’aventurier perdu.

Les flammes fusèrent dans l’air, arrachant un désagréable pincement continu aux tympans du poseur, qui s’en alla dans plusieurs bonds arrière. Evitant minutieusement d’entrer en contacte avec le feu du monstre. Il se cambra à gauche puis à droite avant de vriller en invoquant une énorme grenouille pour encaisser l’un des trois traits. Le batracien explosa dans une gerbe de flammes, souffrant un croassement aussi classique que distrayant. Les résidus de flammes se perdirent derrière l’invocateur, longeant les roches en fusion pour contourner d’invraisemblables bulles de magma clapotant d’un bout à l’autre de la rivière. Les deux traits restants firent demi-tour, cherchant à prendre le voyageur à revers. Le rire de l’entité infernale se fit plus fort, plus prononcé, surtout lorsque le petit homme arracha sa chemise, révélant une marque rougeoyante épousant finement les courbes de son torse. Il s’envola dans un bond executé par une nouvelle grenouille invoquée de justesse. Laissant les deux traits de feux s’entre choquer dans une explosion chaleureuse, ils escaladèrent un amas de roches incandescentes en quelques bonds.

Il était fier d’être un puissant élémentaire du royaume, une créature étincelante de par sa nature flamboyante. Mais les seigneurs respectifs l’ayant condamnés, délivrés, puis condamnés de nouveau lui tapaient sur le système. Loin d’être à la hauteur, il n’avait jamais pu les défier convenablement. Mais ces abrutis avaient semblent-ils laissés la clef de sa cellule leur filler entre les doigts. Crépitant d’impatience, il calma le jeu en faisant apparaître si et là d’immenses flammes rougeoyante. Le voyageur et sa grenouille se contentèrent de rester à endroit fixe, perché sur une roche taillée en pique. Les yeux de cet humain allaient d’un bout à l’autre de l’immense cellule. Plusieurs canalisations taillées dans la montagne elle-même semblait amener des flots importants de laves et de feux. La peau de l’invocateur était rougeoyante, comme s’il cuisait littéralement seconde après seconde. Les pattes de sa créature accrochaient de plus en plus à la pierre noire, lui arrachant d’horribles plaintes qui ennuyèrent sévèrement Boléro. L’entité matérialisa à l’aide de ses flammes une silhouette humaine brûlant sans relâche quelques mètres au dessus du voyageur :

Mon pouvoir hein ? N’as-tu pas assez de tes invocations ?  Que penses-tu obtenir de moi ?

-Ca me regarde ! Allé défis moi qu’on en finisse ! J’ai défoncé le gardien, vaincu des gangs, traqué cette putain de clef aux quatre coins de Dreamland pendant UN AN et QUATRE MOIS ! Ce soir je veux ma récompense !  

-Un téméraire… très bien, en réalité je ne sais pas trop ce que tu entends par défis mais prépares toi, j’arrive ! »

La silhouette enflammée disparue dans un rire démoniaque, le voyageur gonflé à bloque se concentra puis invoqua deux gros crapauds. L’un été un amas de chaire bosselée, tendis que l’autre était d’un rouge vif aux yeux jaunes.  Tout deux s’élancèrent à la poursuite des flammes qui virevoltaient prêt du cour de lave, frappant ou crachant de toutes leur forces contre le monstre sommeillant au cœur de cette montagne. Mais alors que les invocations semblaient s’en sortir, ayant en moins d’une minute déjà balayé et éteint plus de la moitié des flammes environnantes. Elles furent surprit par ce qu’on pouvait voir comme un retour de flammes inattendue. Toujours perché sur sa monture aux pattes molles, c’est désespéré qu’il assistait à l’atomisation de ses créatures. Alors qu’il préparait un nouveau plan pour dompter Boléro, une sifflement strident précéda une puissante explosion qui emporta sa grenouille, un bon bout de chemise et une sandalette.

Retombant lourdement contre le sol incandescent de la grotte, c’est dans un protocole gestuel aussi pénible que vint, qu’il se teint sur ses deux jambes. Les flammes l’oppressaient de plus en plus, se concentrant autours de lui. Elles caressaient son épiderme en lui murmurant de doux mots. Un sourire emplis de dédain défigura le voyageur qui leva son bras valide en faisant mine d’invoquer quelque chose. Mais avant qu’il ne puisse claquer des doigts, le feu s’emparait déjà de lui. Il pénétrait par ses pores, ses oreilles, ses yeux, sa bouche les flammes ne laissèrent rien au hasard. Tel un pilier infernal, le feu explosa en prenant de la hauteur, gardant comme source principale le corps submergé du voyageur.

Après avoir viré entre l’inconscience et la folie, l’invocateur reprit son sang froid en hurlant. Il souffrait comme jamais, les flammes le rôtissaient, elles l’absorbaient. Non, il s’unissait à elles, il les sentait s’insuffler à travers lui. Très vite, sa peau prit une teinte noirâtre, faisant ressortir les os de son buste qui eux scintillaient tels des rubis. Son souffle se fit de moins en moins brusque, il laissait tant de choses s’évanouir, tant de sensations disparaissaient. Il se rappelait maintenant les mots de chaque personne croisés. Lorsqu’il leur disait vouloir devenir un contrôleur du feu, qu’il avait un plan en or massif !

Tous le mettait en garde, tous lui disait que cet élément était traître, néfaste et dangereux. Ils avaient raisons, le feu était tout comme lui quelque chose de fantastiquement abominable ! Chaleureux et pourtant destructeur, rassurant et pourtant si fragile. Alors qu’il sentait le pouvoir terrifiant d’un volcan émaner de lui, une puissante montée de magma fendit la parrois Est de la caverne. Tel une irruption ratée, le jet de flammes projeta le corps du voyageur à des lieux de la montagne. Survolant de loin la capitale infernale, c’est émut qu’il s’écrasa contre ce qui semblait être un tas de roches en fusion.  Titubant étrangement en s’équilibrant à l’aide de ses bras cendreux, c’est seulement après plusieurs heures d’errances que l’enveloppe noircie du voyageur s’exprima :

« Délicieux… »

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

C’est par un temps ardent et un soleil dévastateur que la nouvelle se propageait des ruines aux camps, des routes aux villages, jusqu’à atteindre Firania. L’un des trésors du royaume s’était échappé. Boléro, le feu chantant avait réussit à profiter de la faiblesse d’un voyageur arrogant pour se faire la malle. Les sujets de ce chaleureux royaume étaient tous consternés par la fougue inébranlable des voyageurs. Leur royaume n’était pourtant pas l’un des plus attirants, sans oublier que leur seigneur était réputé pour son caractère très ardent. Alors pourquoi s’acharnaient-ils tous individuellement ? Pourquoi venaient-ils ébranler l’équilibre si fragile du royaume ? Les ragots allaient déjà de bons trains, certaines équipes s’étaient formées et attendaient les consignes de leurs maîtres. Très peu de voyageurs aux pouvoirs rares et aux talents remarquable servaient en sous mains le seigneur du feu. Plus de force que de gré, ils se soumettaient aux ordres et aux flammes. Tous sur leur gardes, la tension était palpable, même carrément dérangeante. Les Yolos Stars perchés sur des bancs douteux se toisaient mutuellement en discutant :

« Alors on fait quoi ?

-Bah, Kain m’a dit qu’on allait sûrement devoir le ramener, mais il est toujours à l’intérieur. Donc Asmod…

-En gros, on est encore là pour que l’autre nous fasse son caprice c’est ça ?

-Ouais, mais surveilles ce que tu dis sérieux ! En plus c’est à cause d’un voyageur qu’il se serait échappé. Faut éviter d’attirer l’attention.

-Rah mais on s’en fout bordel ! Et il est passé où Olaf ?

-Je n’sais pas, il m’a dit qu’il avait encore un dernier truc en rapport avec sa clef à accomplir…

-Attends... il a utilisé la clef ?

-J’en sais rien, il m'a juste dit qu'il reviendrait d'ici deux soirs, pourquoi ?

-Tu ne sais pas ce qu’elle ouvrait ?

-Non. »

Le temps que le puzzle se construise d’un neurone à l’autre, c’est avec amertume et frayeur qu’il déglutit en observant les alentours. Les deux portes lourdes étaient fermées, aucuns gardes, ils avaient peut être encore une chance de s’en sortir. Olaf était un excellent invocateur, un bon voyageur, mais aussi un compagnon audacieux et têtue qui les embrigadait toujours dans des affaires de merde :

Bon, on s’en va, Kain doit être mort et si on reste ça va…

- Boum ! »

Souffla-il en laissant tomber sa supernova sur les ploucs campant devant les portes de la tour. Pyrax était une créature habile doté d’un sens du goût prononcé en matière de souffrance et d’incinération. Il aimait les flammes, les explosions mais ce qu’il adorait par-dessus tout était les voyageurs. Ils crépitaient tous d’une manière singulière et charmante. Lui, puissant guerrier au service de son tyran, crâneur, purificateur et poète invétéré, avait en charge l’élimination du groupe d’où provenait le voyageur. Ce qui en soit fut amusant. Surtout le petit Kain, qui s’était débattu comme un diable ! Malheureusement, la mission se poursuivait, il avait désormais le devoir de ramener l’évadé. Boléro, ce simple nom fit naître en lui un délicat frisson de plaisir. Certes, les créatures de feux n’étaient généralement, pas très amusantes à cramer, en revanche, certaines possédaient des flammes uniques en leur genre. Et ce Boléro faisait partie de cette catégorie si spéciale…

Les mots de son seigneur avaient étés bref, mais ses ordres préservaient toujours cette forme de superbe. Il devait se dépêcher de ramener cette ordure rescapée, sans pour autant se presser. Après tout, cet enfoiré de Boléro s’apprêtait à traverser le haut de la frontière. Donc sauf changement radicale, il devrait traverser le nord du royaume des chats et sûrement faire cramer un paquet de villages et de voyageurs emmerdants sur sa route. Sans rancœur particulière envers ce royaume, savoir que quelques chats pourraient se faire griller l’amusait.  Asmodéheus laissa tout de même planer un avertissement, si quelqu’un d’autre mettait la main sur Boléro avant eux, le royaume voir même Dreamland courait un grave danger. Ce qui en soit indifférait Pyrax, puisque il savait qu’il y passerait de toute manière s’il ne parvenait pas à le capturer.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
ROYAUME DES CHATS.

Les nuits s’étaient faîtes beaucoup plus calme ces dernières semaines. Le tournoi était loin, tout comme ses emmerdes avec les royaumes de la zone1. Les plantes, les bandits, les requins, plus personne n’était revenue lui faire la peau. Du moins tenté, lui-même se sentait beaucoup moins rachitique qu’avant. Ce n’était pas non plus la grande apologie de la puissance incarnée, mais ses ressources étaient loin d’être entièrement exploitées. Il le sentait, une conviction sauvage qui lui tenait les trippes. Allongé en plein milieu d’une pente, c’est après avoir visité plus soigneusement les environs qu’il arriva à la conclusion illusoire que ce royaume ne servait à rien. Des créatures pacifistes, des marchands presque honnêtes, des fermiers peinards et travailleurs, ainsi qu’un beau ciel bleu vert avec un soleil paisible. La ville dominant la région s’appelait  Merouville. Une ville traversée par un long fleuve calme que les chats exploitaient de mille manières. D’abords pour boire, puis pour se laver, puis pour faire à manger, puis pour pécher, bref ils adoraient ce fleuve. Les bancs de poissons ailés revenaient survoler les toits des maisons, fêtant la fin d’un hiver aussi bref qu’inexistant. La pêche avait alors commencée, les chats sautaient d’un bout à l’autre du fleuve, en espérant pouvoir saisir l’un des fameux merouvolant.

Désintéressé par ce genre d’activité, le berserker avait préféré se reposer. Il s’interrogeait énormément sur sa raison de poursuivre une aventure de cet ordre. Il rêvait, pourtant il éprouvait, souffrait et ressentait les mêmes sensations que lui offrait son monde d’origine. Sans parler de son manque cruel de professionnalisme, Dan n’avait pas encore réussit à s’imposer. Exactement comme dans la vraie vie. Il ne faisait que traverser les emmerdes pour plonger pieds joints dans un torrent  de violence et de chaos qu’il résumait avec de simples soupirs. Peu de gens avaient réellement marqués ses nuits, Corey, Tommy… qui d’autre ? Le vieil homme l’ayant accueillit était porté disparu, il n’avait jamais réussit à le retrouver.  Il avait d’abords misé sur son manque de concentration avant de dormir. Mais l’idée qu’il puisse simplement être mort de vieillesse le frappa. Lui arrachant un énième râle exaspéré.

Rabattant sa capuche sur ses yeux, c’est perplexe qu’il sentit ses lèvres s’étirer tendrement lorsque l’alléchante odeur de poisson grillé braqua ses narines. Ils étaient peut être un peu fourbe à son goût, mais ces chats semblaient savoir cuisiner. Bavant sans s’en rendre compte ce n’est qu’une dizaine de minutes plus tard que des cris de paniquent l’alertèrent. Il y eu une période de transition ou la flemme lui conseilla de se conforter dans sa position, mais plus il s’évertuait à fermer les yeux, plus les cris et les bruits saugrenus revenaient l’agacer. Sans pouvoir distinguer le moindre mot, il fut particulièrement chamboulé par la cohue de chats qui déguerpissaient baluchons cinglés et chariots sur leurs trains. Il les entendait s’enfuir en brayant des choses insensées qui pourtant restaient dans le domaine du classique. A les écouter la fin du monde approchait, le royaume courait à sa perte, leur village était perdu d’avance. Bref, comme si la mort en personne était à leur trousse ils décampaient, leur restent de grillades empalées au bout de long bâtons auxquels ils se cramponnaient.

Pas après pas il pénétrait par une ruelle plus discrète que l’allée principale. Les chats le dévisageaient moins, s’attendant au pire, certains ne prenaient même pas le temps de réfléchir et préférait courir à sa vue. Fronçant les sourcils, il continua en se rapprochant des abords du fleuve. Pas de marque de combat, pas le moindre voyageur adverse. Juste une étendue de pots cassés et de stands renversés. Ponctuant le tout, beaucoup de matériel de pêche recouvrait la plage de cailloux blancs. Bordel ambiant mis de côté, rien ne choquait. Sy ce n’est peut être que les poisons ne volaient plus. Reportant son regard sur l’eau elle-même, plusieurs formes incongrues l’intriguèrent. Ce n’était pas des troncs, ni des barques, refusant de croire ce qu’il voyait il dut s’approcher. Restant prudent, c’est désagréablement surprit qu’il discerna finalement une flopée de cadavres calcinés. L’un des moins gros s’échoua quelques mètres à côté de lui. N’ayant pas sous la main le moindre médecin légiste, le voyageur s’autorisa une petite inspection personnelle. Toujours poussé par sa curiosité, c’est non sans dégout ou nausée qu’il agrippa le col du défunt. Une créature des rêves vue la mâchoire du machin, une forme humanoïde, l’intégralité du corps consumé, son profile droit semblait même avoir fondue.

Perdue dans son observation étrangement méticuleuse, c’est le grattement de gorge d’un riverain plus lent que les autres qui manquèrent de le faire tomber. Prit dans un sursaut paniqué, c’est rassuré qu’il soupira en voyant un vieux chat gris le regarder depuis ses 50 centimètres de haut. Ils se dévisagèrent mutuellement une dizaine de secondes, en se livrant dans un fastidieux combat de regard que le chat se refusa à poursuivre plus de cinq secondes :

« Juste au cas où, tu ferais mieux de migrer avec nous pour cette nuit.

-De quoi je me mêle ?

-Et bien je te vois mal affronter un voyageur issu du royaume du feu.

-Mais qu’est-ce que les vieux ont contre moi ? Dégagez de là si vous voulez, mais laissez ceux qui n’ont pas peur tranquille. Ne vous en faîtes pas pour moi !

-L’ignorance, contrairement à la lâcheté, nuit petit. Ne connais-tu pas la réputation des…

-Fous le camp !

-Bonne chance. »

Retrouvant son sang froid, c’est là qu’il comprit que le problème ne venait pas des vieux mais peut être de lui justement.  Pourquoi s’était-il à ce point mal comporté ? Quel intérêt pouvait bien découler d’un si grand manque de manière ? Le respect avait-il complètement déserté son âme ? Se frottant les joues vigoureusement, il replongea son regard sur le cadavre :

« Juste une chose ! D’expérience, je sais que ces malheureux ont cuit à même l’eau ! »

Alors qu’il s’apprêtait à l’envoyer instinctivement chier, son teint pâlit, pour une fois le conseil n’avait pas été trop vague. Ses neurones avaient interceptées l’information, puis traitées correctement. Ces gens ont essayés de se sauver en plongeant dans le fleuve, le courant s’était contenté de les porter jusqu’ici en les laissant flamber. La question du comment resterait en suspend, se concentrant plutôt sur les données enregistrées. Dan comprit dans quel merdier il risquait de se trouver si il ne bougeait pas très vite de là. Un voyageur, ou un groupe de voyageurs avait le pouvoir de calciner au moins une dizaine de mecs sans craindre de voir leurs flammes s’éteindre même si les cibles s’immergeaient intégralement dans l’eau. Si ce n’était pas des voyageurs c’était alors des créatures des rêves. Ne parvenant pas à savoir quelle théorie était la plus effrayante, il préféra essayer de se cantonner au côté pratique du cerveau. S’ils étaient un groupe de voyageurs, le fun, comme la colère pourrait légitimer ce genre d’actes. Il pouvait aussi y avoir la mission, délivrée par une entité X ou Y. Alors, à quoi s’en tenir ?

Quelque chose craqua de nouveau derrière lui, s’attendant à tout c’est douloureusement qu’il comprit qui se dressait face à lui. Un grand chat humanoïde était campé derrière lui. Son poil était noir, ses yeux verts, et sa queue… n’était plus entière  La créature fêla lorsque le voyageur s’attarda sur la partie rongée de son anatomie. L’obligeant à écourter son inspection, il ne put s’empêcher de remarquer plusieurs bandeaux blancs serrés d’un membre à un autre :

« Vous allez aussi me conseiller de partir ?

-Non, mais si tu es bien un voyageur j’ai besoin de toi.

-Pourquoi ?

-Tu te fous de moi ? »

Elle pointa le cadavre calciné étendue derrière lui, il gémit d’indignation en levant doucement les mains. Pensant qu’elle le prenait pour le responsable du désastre, c’est tendu qu’il raidit ses jambes en aiguisant son sourire :

« Je…

-N’as rien fais je sais, mais le responsable est à moins d’une heure de ce village, regardes ! »

Les coussinets de la féline l’entraînèrent contre son décolleté extrêmement serrés. Ses yeux après avoir instinctivement lorgné sur la griffe de la chatte, s’en allèrent plus haut dans le ciel. Plusieurs petits nuages noirs s’envolaient au loin, provenant tous de derrière une vaste chaîne de collines rougeoyantes. En reportant son attention sur le décolleté du félin, il perçut le rythme des battements que générait son cœur. Elle était affolée, rien ne le montrait, mais cette créature des rêves était réellement sous pression. Se détachant de l’emprise qu’elle mettait trop de temps à rompre, Dan s’empêcha de soupirer puis inspira un grand coup en souriant. Il la laissa triturer sa sangle quelques instants puis répliqua :

« Que puis-je pour toi ?

-J’ai essayé de l’affronter ! Mais il est beaucoup trop fort. On ne peut l’approcher sans risquer de ce faire cramer ! J’ai besoin de soutien, trop d’amis sont morts ce soirs pour que je le laisse s’échapper !

-Ca tombe mal, mes pouvoirs sont essentiellement basés sur le corps à corps…puis juste pour savoir, ils ont vraiment brûlés en flottant ? » Se renseigna-il en parlant des corps.

-Oui…

-Ah, dans ce cas je pense que je vais simplement suivre les conseils du vieux chaton et…

-Non ! Tu dois m’aider ! Il arrivera dans peu de temps et si personne ne m’aide je ne pourrais pas l’abattre et il aura eu le temps de ravager un tiers du royaume avant que les autorités compétentes n’interviennent !

- Tes du genre sévère avec l’autorité toi aussi ?

-Hein ?

-Vous étiez combien à l’affronter tout à l’heure ? Sois franche.

-Trois, mon frère un ami et moi.

-Tous des chats ?

-Oui.

-Expérimentés ?

- Les meilleurs !

- Vraiment ?

- Non, mais nous errions sur les routes … ça aurait bientôt fait un an. On voulait juste revoir la fête des merrouvolants à Planebulle c’est pour cela qu’on revenait avant de faire nos grands adieux.

- Je vois. Bon, voilà ce qu’on va faire. Tu t’en vas, je reste là et je le retiens. Toi, pendant ce temps, tu trouves du renfort. Ne les amènes pas directement ici, attends la prochaine nuit, si j’ai survécus je te contacterais et te tiendrais au courant.

- Mais...pourquoi ?

- Si tu restes ici et meurs tout le monde t’oublieras moi le premier, survis et pour tes beaux yeux je vais m’occuper de la torche ambulante. Si je perds ce soir, vous pourrez contre attaquer demain! »

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………….......

Dix minutes de négociation serrées plus tard, il parvint finalement à un compromit. Elle attendrait derrière prêt de la butte contre laquelle il se reposait une demi-heure auparavant, puis interviendrait au moindre bruit suspect. S’il était trop tard, elle accepterait de l’abandonner à son sort. Bien sûr, les termes et la notion de trop tard et suspect furent redéfinis par les deux parties dans un top là du tonnerre. C’est donc le poil dru et les yeux affolés qu’elle s’en alla avec une grâce animale parfaitement couplé à sa silhouette humaine. Honnêtement, s’il avait été japonais, « KAWAI » aurait été l’un des cinq premiers mots lui traversant l’esprit.

Mais il n’était pas asiatique, n’avait que très peu touché au délire cosplay malgré son amour du manga et s’apprêtait à affronter une créature titanesque ! Remontant lentement le fleuve pour s’éloigner le plus possible de la guerrière chatte, c’est le sang en ébullition et le regard fixe qu’il se décida. Il ne perdait pas ! Ce soir, la victoire lui appartenait pour de bon, voyageur du feu où non, il allait manger ses dents puis repartir d’où il venait. Alors qu’il énumérait mentalement le nombre de punchline bien stylé qu’il pourrait balancer à un contrôleur du feu, une sinistre odeur de brûlé plana. Contrairement aux autres fumets, celui là semblait beaucoup plus anormale, plus sauvage. Ses tempes semblèrent se compresser lorsqu’il comprit finalement que quoi que ce soit, cette chose était là.

Ses yeux scrutèrent de nouveau l’horizon, rien si ce n’est un peu plus de fumée. Lorsque il porta son attention de l’autre côté du fleuve ses sens s’agitèrent. S’en voulant de ne pas l’avoir remarqué plus tôt, un énorme pan de chemins calcinés décorait l’autre rive. Phones et flores étaient dévastés. Suivant le fin tracé flamboyant que dessinaient quelques petites flammèches exhaustives. Dan s’élança vers le village qu’il venait de quitter, courant de toute ses forces en jurant sur tout ce qu’il pouvait. L’odeur de cramé tritura de nouveau ses narines, mais la fumée provenait de l’autre côté du village. A vue de nez il était sûrement déjà trop tard, ce qu’il redoutait le plus se produisait vraiment. Cette conne entêtée livrait bataille contre l’engeance de flamme. Son sang continuant de tourner comme un dément, c’est ni une ni deux qu’il se retrouva en train de déraper à l’entrée du village en brayant. Un cri mixé entre la haine, la peur et le désespoir général. Dévoré par ses ambitions les plus sincères, ses yeux perdirent leur fougue. Un geyser de flammes émanait du félin. Cette dernière, une fois le flux de feu atténué laissa ses bras ballant se balader tel des pendules défectueux. Ses yeux inexpressifs n’étaient plus que deux trous béants dont sortaient de temps à autres quelques gerbes incandescentes. Le feu se répandait vite, consumant bruns d’herbes, charrettes et toits. Vue les marques blessant le sol, le combat avait dû être aussi bref que dur. La chatte était méconnaissable, ses oreilles s’effritaient au même rythme que le reste de sa queue, laissant une fine pluie de cendres voltiger autour d’elle.

Les flammes semblaient posséder la créature, articulant ses gestes avec une lenteur maîtrisée. Chaque parcelle de peau crépitait, laissant planer une infâme odeur de souffre fumant. La chose infernale poussa un puissant rugissement, dégageant un brasier destructeur. Consumant la position que Dan fuyait juste à temps dans un bon aussi juste que sauveur. La végétation fut incinérée par les cendres fumantes, aidée par un vent favorable, les alentours devinrent rapidement un véritable enfer.  Le voyageur ne chercha pas l’affrontement, toutes ses rêveries s’étaient soudainement envolées. Il ne pouvait pas s’occuper de ça. Ses jambes le portaient à vive allure, mais en vint. Même après avoir traversé des jardins, bifurqué dans des rues, où tenté de se cacher dans des endroits saugrenus. La chose continuait de le pourchasser, calcinant le moindre obstacle d’un revers de flammes. Paniqué, le voyageur sentait les flammes bleutées l’enlacer, recouvrant l’intégralité de son visage ainsi que le haut de son buste. Sa respiration ne parvenait pas à suivre le rythme de son cœur. Il éprouvait la même sensation flippante que le soir ou il avait rencontre des voyageurs dans une sorte de Las Vegas Dreamlandesque.

Le mur qu’il longeait en courant de toutes ses forces s’effondrait à ses côtés dans une puissante gerbe de flammes. Projeté contre le trottoir d’en face, il s’efforça d’encaisser pour se relever plus vite. Mais avant qu’il ne le sente arriver, le genou de la créature percuta son buste, le jetant vivement contre un mur. Aidé par son armure, il encaissa une partie du choc en suffoquant. Les griffes de l’engeance infernale cernèrent sa gorge et sa mâchoire, se resserrant sans ménagement sur lui. Il sentait son armure fondre le long de ses joues, lui arrachant un râle étouffé par l’emprise qui se resserrait d’avantage.

A l’ instant où la chaleur prit le pas sur la douleur, de fines flammes vertes vinrent frapper le poignet cendreux de l’abomination. Habitué à une habituelle indifférence de la part de ses adversaires lorsqu’il les frappait avec ces flammes. Dan fut étonnamment heureux de se voir jeter au loin. La créature poussa un râle plaintif en observant d’un œil mauvais les flammes émeraude ronger son poignet.  Perturbé il n’accorda pas d’attention à la roue errante que lui envoya le voyageur. Encaissant le choc en exécutant immédiatement une roulade arrière une fois contre le sol, la créature flamboyante resta accroupi puis claqua des doigts en ricanant. Les feux itinérants, provoqué par le passage de son adversaire, voltèrent dans les cieux puis retombèrent sur Dan. N’ayant plus rien à perdre le voyageur plongea à sa droite, propulsé par le choc de la première goutte enflammée, il s’écrasa contre une cabane de pêcheur brûlante. Le reste de la pluie infernale continua de s’abattre, embrasant le quartier entier dans un crépitement plaintif et dément.


Trois nuits plus tard, Pyraxx poursuivait mollement le fugitif, suivant sans peine ni efforts les traces cendreuses ponctuant sa route. Depuis son départ, rien de très surprenant n’avait été noté, des villages brûlés, des forêts incendiés et des traces de luttes à tour de bras. Les royaumes voisins étaient décidément devenus bien moues. Non pas qu’il comptait spécialement sur eux pour l’aider de bonne grâce. Mais il s’était laissé imaginer, que peut être ces créatures inférieures pourraient divertir Boléro suffisamment longtemps, pour lui laisser le temps de le rattraper. Les chemins incendiés étaient parfois parasités par des groupes de chats paysans un peu trop curieux. Ces derniers, inconscients du danger, se permettaient de l’interroger. Les questions se répétaient souvent. Qu’était-il arrivé ? Qu’allait-il se passer ? D’où venait-il ? Est-ce qu’il désirait du poisson ? Une routine qui ne manqua pas de l’agacer, lui ouvrant machinalement l’appétit.

A moins d’une journée de marche de là, brûlait un nouveau village, abritant cette fois-ci un petit groupe de voyageurs chevronnés. L’air se chargeait d’avance, sentant planer l’ombre d’une bataille sanglante. Ils s’étaient réunit ce soir pour abattre la créature qui sévissait librement dans cette contrée, un groupe de voyageurs ambitieux. Du renfort provenant de la capitale du royaume arriverait en personne d’ici sous peu. Pendant ce temps là, le quatuor élaborait leur stratégie en assistant pensivement au cramage du village vide :

« Il a un souffle terrible ce machin.

-Ses flammes dégagent une chaleur impressionnante.

-C’est comme Aline disait. Les bâtiments tiennent de moins en moins bien ! Il devient de plus en plus fort le con.

-Pas besoin d’aller aussi loin. Suffit de comparer l’état de ce village à celui d’avant. Les maisons sont nettement moins belles après coup…

-J’avoue que… »

Thibault Belon, Invocateur classé 4026 ème Ligue M, grand roux aux tâches de rousseurs prononcées, il ne manquait pas de caractère ni d’envie d’en découdre. Aline Tosh, alias la chose, classée 4226eme ligue M, on en savait peu sur elle, si ce n’est qu’elle était une élégante, grande brune aux pulls trop courts. Simple volontaire au sein du groupe, les frères Trudels ne cessaient de la harceler avec Thibault pour qu’elle voyage avec eux. C’est d’ailleurs à cause d’elle qu’ils se retrouvaient tout les quatre fasse à ce brasier, observant de loin une silhouette désarticulées bondir de toits en toits. Oliver et Victor n’étaient pas de mauvais gars, ils étaient simplement deux jumeaux qui se plaisaient à être identique. Bérets bordeaux, gilets noir à manches courtes, et débardeur sur treillis verts. Classés en 4168 et 4198 èmes places de la même ligue. C’est débordant d’enthousiasme, désireux d’impressionner Aline, qu’ils riaient ensemble de l’élémentaire incontrôlable :


Lorsque la créature infernale baissa sa garde. Profitant de son œuvre au centre d’une place aux alentours rongés par les flammes. Les deux jumeaux entrèrent en action, partant chacun symétriquement de leurs côtés, ils mirent moins de cinq minutes à se mettre en place. Supervisé de loin part le roucain et la brunette, ils étaient censés être couvert en cas de pépin. Le feu commença à se métamorphoser, laissant ses membres se distordent dans de longues explosions, il ne put s’empêcher de frissonner. Thibault préférant se concentrer sur le champ de bataille, invoqua Zip et Zap, deux guêpes de combats à qu’il donna l’ordre de tourner autours de l’abomination enflammée.

Boléro de son côté, continuait de savourer la douce mélodie émanant des flammes. Son corps cendreux se dégradaient de plus en plus, la partie arrière de son crâne n’était plus qu’un simple cratère d’on jaillissait un geyser de flammes.  Ses mains n’étaient plus que des moignons incandescents, prenant une teinte rougeoyante lorsqu’il visait quelque chose à désintégrer. D’où venaient-elles ces voix si charmantes ? Pourquoi l’imploraient-elles? Contrarié par cette question sans réponses, il cracha une boule de feux contre un banc qu’il calcina sans difficultés. Mais avant qu’il ne puisse se soulager d’avantage. Deux longs dards traversèrent sans peine ses côtes, fendant ses dernières en lui arrachant un râle de douleur. Les deux plus gros insectes qu’ils n’avaient jamais vus venaient de littéralement tirer leurs dards sur lui. Carbonisant les deux piques en une simple impulsions flamboyantes, c’est désemparé qu’il aperçut plusieurs bouts de charpentes et de murs le prendre en tenaille. Ecrasé par le volume et le débit de débris propulsés contre lui, c’est à court d’option qu’il dut se résoudre à employer les grands moyens.

Laissant les parcelles osseuses de son corps scintiller, il se protégea à l’aide d’un cocon de flammes. Pierres, comme rondins de bois et bouts de charrettes volèrent en fumée au contacte de son bouclier. Dégoutté par l’aisance avec laquelle l’abomination brisait leur élan, les frères jumeaux changèrent d’angle d’attaque. Traversant la place en s’entre aidant mutuellement grâce à leur pouvoirs respectifs. Ils anticipèrent ensemble les flammes dévastatrices que l’élémentaire leur envoya.  Olivier  se planta sur le toit d’une cabane, propulser par la répulsion de son frère, il n’eu aucun mal à atterrir tranquillement sur les tuiles. Eux aussi désiraient passer aux choses sérieuses. Alors que le frère logé sur le toit, s’évertuait à soulever la cabane sur laquelle il se trouvait à l’aide de son pouvoir, Victor attendait de l’autre côté, prêt à envoyer le logement en feux explosé la tronche du monstre en le repoussant à pleine puissance.

Une fois la baraque arraché, ce ne fut plus qu’une question de secondes avant qu’elle ne file à vive allure écraser l’engeance du royaume infernale. A peine Olivier eut-il le temps de ce réceptionné dans un salto parfaitement exécuté aux côtés de son frère. Que les flammes émanant des ruines de l’habitation redoublaient déjà en intensités. Décomposant littéralement les restes de la cabanes, plusieurs filets enflammées se jetèrent sur eux. Les deux jumeaux ennuyés par la résistance de leur adversaire, s’évertuèrent à esquiver les fils de feux avec dextérité. Mais chaque saut, entraînait une explosion, qui produisait de nouveaux traits qui chassaient de nouveaux les frères. En moins d’une dizaine de secondes, le nombre de flammes les pourchassant avait eu le temps de quadrupler. Les contraignants à être encerclés, puis condamnés à sauter une ultime fois avant d’être sauvées de justesse par les deux guêpes qui ramenèrent les voyageurs au prêt de l’invocateur. Ventilé par les ailles des insectes volants, ils s’échangèrent quelques compliments en survolant les toits, n’oubliant pas de remercier plus d’une fois Zip et Zap pour leur collaboration.

Thibaut s’était légèrement avancé, observant la bataille depuis les hauteurs d’un muret longeant l’une des plus grands pantes du coin. Il avait vue les frères Trudels échouer, mais pour une fois ils n’y pouvaient pas grand choses. A deux reprises,  le cocon de flammes avait absorbé puis désintégré leurs assauts. Une fois rabattu jusqu’à lui, les deux combattants commencèrent à râler :

-On s’est bien marrés.

- Vous auriez du nous y laissez encore un peu, je l'ai sentis faiblir!

- On avait encore plein d’attaques géniales à vous montrez !

- Ne vous en faîtes pas, vous allez-y retournez, mais pour l’instant on va voir jusqu’où elle peut l’amener.

- C’est pas très galant de lui laisser faire tout le travail !

- Je dirais même, pas galant du tout m’voyez…

- Fermez-là ! Je vous enverrez en soutien avec Trynox si elle est en danger…

- Je vois, je vois ! En tout cas, vue le niveau de ses flammes il n’a pas l’air de souffrir tant que ça !

-Au contraire, regardez, son corps est en train de se décomposer, il n’a presque plus de bras ni de front. »

Les trois voyageurs observèrent le démon calciner un bout de quartier à coup de boules de feux. Enervé par les acrobaties du duo de charlots, c’est exaspéré qu’il sentit une énorme masse sous pression l’envoyer valser dans un reste de vitrine. La boutique abritait quelques bottes en cuirs, ainsi que des boîtes à cirages et beaucoup de ceintures. Aline se tenait droite sur ses pattes de pierres, observant d’un œil aiguisé le trou béant qu’elle venait de créer avec la carcasse de l’élémentaire. Ce dernier se redressa mollement, crachant un puissant jet de feux que la voyageuse anticipa en bondissant sur le côté, à peine eut-elle le temps de ce réceptionné, qu’un nouveau jet ardent s’abattait sur elle. Endurant difficilement la morsure des flammes, elle parvint à stopper leur progression en minéralisant son organisme. Prenant un peu plus de distance avec son adversaire, elle se propulsa au dessus de lui, profitant du poids de ses jambes pour lui retomber violement dessus. L’élémentaire généra de nouveau un bouclier de flammes, mais beaucoup moins puissant car cette fois il se retrouva violement piétiné par les menhirs qu’étaient devenu les jambes d’Aline. Après s’être brutalement acharné à coup de talons sur la carcasse cendreuse du monstre, Aline remarqua l’étendue compacte de flammes l’encerclant. Mais avant de voir la moindre étincelle, ce fut d’abords des complaintes qui la tirèrent hors de sa crise. Comme si des gens l’appelaient au secours, jusqu’à ce qu’une impression aussi dérangeante qu’étrange ne la secoue. Comme si un bref instant, les ombres produites par les flammes délivraient des fantômes.

Alors que les yeux affolés de la voyageuse, lui montraient, une représentation perturbante de l’enfer. Une ombre fila  péniblement entre les gravas, puis plongea sur l’un des murs de feux. La silhouette indistincte jeta sa main aux flammes dans un hurlement strident. Décontenancée, Aline sentit la chaleur disparaître sur sa droite dans une étrange vapeur flambée. De fines flammes vertes ouvrirent le passage dont elle avait besoin pour fuir. La bête hurla, sifflant sa haine en incendiant les ruines de la maison dans une puissante explosion.

Alors qu’elle reprenait lentement conscience au prêt des deux jumeaux et des guêpes, c’est affolée qu’elle se redressa en hurlant. Elle avait bien faillit y rester, elle se rappelait avoir érigé un épais mur de roches derrière elle pour fuir, mais l’explosion l’avait lui aussi emporté :

« Ho, ça va Aline ?

-Oui merci de m’avoir sauvée d’ailleurs…

-Tes sûr hein ? Je te jure on a vraiment paniqué ! Thibaut est repartit tout seul l’affronter, tellement il était choqué le fou ! Mais… tu étais déjà hors d’atteinte! On ta juste récupérée inconsciente avec pleins de flammes et de roches. A dos de guêpes c’était romantique !

-Pardon ? »

Plus tracassée par l’étrange sentiment d’oublier quelque chose, que la prétendue romance qu’aurait pu déclencher un vole à dos de guêpes. Elle secoua ses mèches calcinées en se relevant pour de bon. Le champ de bataille avait changé, la place s’était étendue sur plus de cinq bon mètres, tout comme les flammes qui se répandaient et chassaient les invocations du roucain. Ce dernier était désormais doté de deux bras constitué de deux dards lourds, ainsi qu’une étrange carapace ailée. :

« Il y va vraiment à fond pour utiliser le frelon mode non ?

-Effectivement il ne l’a pas ménagé, maintenant ma belle repose toi encore un peu et regarde nous, mettre une branlée à cette saloperie !

-Un véritable baptême du feu ! »

Les deux jumeaux se tapèrent les mains en riant, avant de s’élancer pour de bon au cœur de la bataille. Se propulsant mutuellement, en rebondissant l’un contre l’autre dans une drôle de danse aérienne, Olivier ramena une partie du débit de flammes vers lui, offrant une faille béante dans les murs de l’élémentaire de feux. Victor imita son frère en repoussant une partie des flammes au loin. Agacé, par le vol des deux clones non loin, il n’eu malheureusement pas le temps de s’en occuper immédiatement. Un grand scarabée blindé s’abattait de tout son poids sur lui, l’obligeant à redoubler d’effort pour ne pas succomber. Générant de nouvelles flammes rougeoyante, son corps sembla se dissoudre dans une puissante explosion.

Lorsque les boucles enflammées enlacèrent le corps de l’invocation, cette dernière ne put contenir un rugissement de douleur. Les trois voyageurs à proximité assistèrent impuissant à la possession infernale du scarabée géant. Médusé par tant d’invraisemblance, c’est Thibaut le premier, inquiet pour son pacte, qui ordonna à ses guêpes de trancher la tête de Trynox avant qu’il ne reprenne conscience.
Malheureusement, les deux guêpes de combat furent simplement balayées par un rayon de feux craché depuis sa gueule de cafard incandescent. Loin de se défiler, une fois la couleur annoncée, les deux frères se lancèrent dans un dernier pari risqués. Olivier se laissa de nouveau propulser en l’air, surplombant deux secondes après l’extinction du rayon la carcasse brûlante du monstre. Pendant que lui tentait de le tracter dans les airs grâce à son pouvoir, Victor essayait de le soulever de toutes ses forces en le repoussant. Avant que Boléro ne puisse contre attaquer, Thibaut s’empressa de broyer la patte arrière gauche de son ancienne invocation. Perturbée, la bête se courba sur elle-même en gémissant. Soulevé quelques mètres au dessus de la moyenne des toits de la ville, les deux frères parvinrent à s’unir en l’air dans un dernier enchaînement pour repousser le cafard au loin. L’abomination s’écrasa sur plusieurs chaumières égarées, offrant un bref instant de répit aux voyageurs.


Pendant que d’autres livraient bataille, certains chevauchaient des poules de courses, traversant les plaines à grandes enjambées. Trois montures chargées d’armes et de provisions filaient rapidement. Portant sur leur dos, l’espoir du royaume. Trois recrues entraînées sur le tas depuis deux longs et pénibles jours. Ayant pour mission de ce faire passer pour des combattants d’élite au prêt de la populace. Leur mission était de sécurisé le périmètre et offrir un chemin libre et dégagé au monstre enflammé. Cela consistait à prévenir les civils, comme les voyageurs, même si ils avaient la recommandation de laisser ces derniers faire ce qu’ils voulaient. Leur sécurité n’étant pas leur priorité ils devaient privilégiés les riverains. Et attendre le retour des forces compétentes, ce qui plombait radicalement l’ambiance du trio. Blessé dans son orgueil, Diego avait dû mal à digéré le fait qu’il était aux yeux des représentants de son royaume. Une simple bouse, bonne à ranger les pécores lorsqu’un danger survenait.

Chamalow était un membre de la fière famille des Chaypadrole. Noble dans l’âme, mais aussi et surtout par le sang il s’apprêtait à accomplir sa mission avec classe et distinction. A quoi bon sauver des gueux lorsqu’on pouvait décapiter des démons ?  Trache quant à lui se contentait de faire comme à son habitude. Suivre le mouvement sans faire de vagues. Tout trois armés d’une lame et vêtue d’une armure, aucun d’entre eux n’avaient besoin de le dire. Ils allaient graver leurs noms dans l’histoire !

Non loin de là, un serviteur fidèle, bien que blasé par l’ennui de son voyage, chassait la bête égarée de son seigneur. Marchant d’un pas moue, les mains sur la nuque et le visage dépourvu de la moindre motivation. Pyrax traçait son chemin, digérant son troisième chat du voyage. Sa moue fade et décomposée soulignait l’indéniable dégout qu’il éprouvait après chaque bouchée. La texture des chats était épouvantable. Le soleil continuait de briller, égaillant à peine ce désert de blés infinis. Des champs à sa gauche, des champs à sa droite, des champs derrière et devant lui ! Des champs partout, du blé à foison ! Autant se rendre à l’évidence il s’était perdu. Boléro aurait rapidement fait brûler tout ça s’il était réellement passé par ici. L’orientation et la géographie n’étant pas son fort, il fut soulagé de voir se dessiner au loin trois silhouettes singulières. Si ses yeux ne le trompaient pas, ces poules portaient trois chatons vraisemblablement bien chargés. Un étrange sourire étira ses lèvres, lorsqu’ils l’encerclèrent en pointant leurs lames sur sa gorge :

" Déclinez vôtre identité si vous tenez à la vie !

-Et plus vite que ça.

-Allé…

-Pyrax, pour vous cuir mes chatons ! "

Plusieurs lames s’entrechoquèrent, d’autres disparurent sous du magma. Mais très vite un écran de fumée engloba le champ de bataille sans pour autant empêcher un début d’incendie. Plongeant les trois apprentis chevaliers dans un élément qu’il connaissait, Pyrax n’eut pas le réflexe de couper leur retraite. Trache après avoir fait exploser son puissant fumigène aux pieds du vétéran infernal. Abandonna sa poule qui fut happée par une bulle de magma intempestive. Les deux autres après avoirs vues leurs lames fondre dans le creux des mains de leur adversaire, filèrent en direction des champs. Laissant derrière eux plusieurs poignées de clous pour ralentir le fléau. Leur couvert de fortune, fut balayé par une explosion de flammes provenant des paumes du pyromane. La chasse pouvait enfin commencer et il n’allait pas cracher dessus.


Débouchant d’une rue adjacente à l’endroit où le scarabée incandescent s’était écrasé, Dan s’empressa de saisir sa chance en frappant une bonne fois pour toute cette abomination. Il avait passé ses deux derniers jours à faire apparaître cette étrange flamme verte dans le fond de son oeil. Sans aller jusqu’à dire qu’il la maîtrisait totalement. Le voyageur comprenait finalement comment marchait ce pouvoir. Du moins, il avait trouvé la source d’inspiration la  plus efficace pour le manifester. Les autres, ces voyageurs aux pouvoirs fantastiques et faciles d’accès. D’une certaine manière, ils lui rendaient service cette nuit. Grâce à eux, il allait pouvoir se débarrasser d’un monstre assez gênant. Trois nuits auparavant, la pluie de feux s’était bien abattue sur lui. Dévorant sa chaire sans ménagement, les flammes de cette engeance lui avaient confiées d’étranges choses avant qu’il ne se réveille. Comme lorsque il devint un voyageur, sans comprendre sur le coup, il fonça se rassurer sous la douche. Il avait détesté cette nuit, elle lui avait rappelé la sensation bien lointaine des cauchemars qu’il faisait régulièrement avant de devenir un voyageur.

C’est pourquoi, voguant entre la folie des grandeurs et la terreur, il s’était empressé de partir à la recherche de ce monstre. Priant deux soirs consécutifs pour ne pas apparaître juste devant lui, histoire de garder quelques atouts dans sa manche. Il espérait pouvoir l’observer en aiguisant son œil. Malheureusement, l’abus de cette technique l’aveuglait, chose qu’il ne parvenait toujours pas à maîtriser. Aucun moyen de retrouver la vue, même après avoir éteint la flamme une fois le délai dépassé. Sauf lorsque il se réveillait bien sûr. Espérant tenir le coup ce soir, il profita de la perte de chaleur, de Boléro pour escalader son nouveau torse. Lorsque ce dernier remua vivement en le sentant grimper, les interstices découpant son exosquelette libérèrent plusieurs geysers enflammés. Sa mâchoire était composée de deux gigantesques excroissances qui telles une pince se refermaient l’une sur l’autre. Elles prenaient une teinte rougeoyante en menaçant de le broyer  à tout instant. Anticipant le mouvement de mâchoire, Dan se jeta sur le buste du monstre, les laissant claquer dans un choc étincelant au dessus de lui. La bête handicapée par la forme de sa carapace ne parvenait pas à se redresser.

Profitant de ce bref avantage inattendu le voyageur s’empressa de bondir sur le haut du crâne de l’invocation. En abaissant ses mains toutes deux chargées en flammes vertes qui se déversèrent tel un torant. Visant ce qui était probablement la bouche de la créature il espérait pouvoir atteindre la globalité des flammes. Quatre secondes à peine après avoir vidé une grande partie de ses flammes dans la gueule de l’invocation. Il sentit l’extrémité de l’une des pattes du monstre le frapper dans le dos dans une onde de chocs enflammées. Et comme la dernière fois, mais en pire, l’élémentaire de feux sembla réellement déchiré par cette attaque. Boléro gesticulait en hurlant, tentant de se redresser le plus rapidement possible en suffoquant dans son propre hôte. De nombreuses flammes vertes semblaient s’acharner en lui. Dévorant et piégeant ses flammes sans ménagement. Alors qu’il s’évertuait à cracher du feu par tout les orifices, l’entité infernale remarqua à bout de forces, que seules de vives flammèches vertes émanaient de la plus part de ses membres. Paniqués et acculés par tant d’assauts, le monstre sacrifia la partie inférieure de son corps, l’oblitérant littéralement dans une gerbe de flammes dévastatrices.

Projeté au loin, en enlevant son pull qui prenait feu, Dan fut dérouté par le dénouement de son assaut. Tout espoir n’était pas perdu, le combat avait changé, les flammes autours d’eux se faisaient de moins en moins nombreuses. Mais il était surtout impressionné parla manière dont il s’était débarrassé de ses flammes. En scindant son corps en deux, il avait put plus facilement évacuer le flot de flammes parasites en une seule impulsion. Un torrent de flammes s’écoulait du bassin de l’engeance, propulsant le haut de l’invocation sur Dan qui s’empressa d’éviter le gros de l’assaut. Malheureusement, un nouveau mur de flammes barra la route du voyageur, le condamnant à se prendre un coup de griffe grillé en pleine face. Propulsé contre un mur de pierres, il s’écrasa durement dessus avant de se retrouver face contre terre, le nez et la joue marquée comme au fer rouge.

Rampant aussi vite et loin que ses bras lui permettaient. Il mit plusieurs secondes à se redresser, pressé par son envie d’en finir, Dan lui fit face. Reproduisant aux cœurs de ses mains une copie beaucoup moins grande et intense que le torrent généré par les flammes du monstre de feu. Dan lança de nouveau ses flammes vertes sur l’engeance. Boléro n’ayant pas envie de ressentir de nouveau cette agression, parvint à s’extraire de la ligne de tire. Atterrissant dans une pluie d’étincelles affolantes, le feu chantant permit au voyageur de se rendre compte de l’état de son œil. Son champ de vision était flouté sur sa gauche, comme imperceptible voir effacée. Préférant s’épargner un mal de crâne préalable, il ferma cet œil puis s’empressa de longer les ruelles sombres en trottant.


Pendant ce temps, Aline courait à toute vitesse vers le lieu du crash. Elle avait vue cette étrange silhouette, puis ces flammes vertes. Elle avait donc bien été sauvée par quelqu’un lors de son duel face au monstre. Elle avait cru ressentir quelqu’un d’autre en arrivant ici. Hélas les minis brasiers générés par l’engeance ne lui avaient pas permit de le localiser à temps. Elle se demandait encore pourquoi il ne se montrait pas plus ? Qu’attendait-il réellement d’eux ? Certes, le monstre semblait avoir souffert, mais malgré leurs couleurs, c’étaient bien des flammes que cet énergumène avait généré. Poursuivant sa course, elle matérialisa à l’aide du sol et du peu de mur encore utilisable deux bras en roches, en durcissant son épiderme à l’aide de la poussière ambiante. Après avoir effectuée un saut prodigieux au dessus d’une cabane sur le point de s’effondrer, elle aperçut l’engeance s’acharner sur un reste de baraques en piteux état.  Levant ses deux bras dans la direction des flammes, elle projeta deux poings de roches qui dévastèrent murs et flanc de carapace.

Deux boules de feux environnant chacune les deux mètres d’envergure, fondèrent sur elle. Laissant sa chute lui permettre d’atterrir juste en dessous des deux obus, elle dérapa un long moment pour s’écraser contre un reste de stand calciné. Heureuse d’avoir pu amortir sa chute, c’est motivée qu’elle se redressa en matérialisant deux nouveaux poings de roches à l’aide d’un reste de mur errant. Fermement déterminée à achever ce maudit élémentaire incontrôlable, elle fonça en ligne droite, défonçant murs et charrettes pour fondre sur son adversaire. Qui dans la même optique qu’elle, chargea de face flammes à l’affut de la moindre chose à calciner. Les chocs furent violent, chaque contre coup apportait son lot de douleur et de désastre. Continuant de frapper en cherchant à l’étouffer sous le plus de décombre possible, Aline espérait pouvoir venir à bout de lui. Boléro répondait à cela en semant  derrière lui plusieurs petits foyers prêt à péter d’un instant à l’autre.

Laissant les deux titans s’affronter de toutes leurs forces, Dan se retrouva essoufflé dos contre un puits, miraculeusement intacte, il n’avait cependant plus de corde ni de seau. Il sentait le souffle éprouvant des flammes consumer la pierre, recevant aussi  beaucoup trop de gravas et de bouts de bois pour se satisfaire de sa position. Sans corps, ni hôte, le monstre de feux ressemblait à une sorte de serpent imprécis qui se régénérait sans interruption.

Conscient du danger, c’est dégoutté qu’il regretta d’avoir déjà épuisé son stock de flammes. Il lui restait bien encore la possibilité de devenir un berserk, mais il risquait malheureusement de ne pas tenir suffisamment longtemps face à cette saloperie. Paniquant derrière son puits en cherchant une solution avec la moitié du visage brûlé, c’est uniquement lorsque il sentit quelque chose de bouillant le survoler qu’il se concentra de nouveau sur le duel. La femme aux rochers étaient désormais derrière lui, vautrée contre une étable qu’elle venait d’emporter dans sa chute. Se retrouvant fatalement entre l’engeance de flammes et cette voyageuse encore dans la merde. Les réflexes de Dan firent rapidement surface…
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MessageSujet: Re: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Sam 11 Avr 2015 - 17:58
Alors que Diego peinait à faire foncer sa poule en tirant Trache par le col, Chamalow fonçait en piqué, apercevant au loin plusieurs nuages de fumées. Priant pour le salut de ces pauvres gens, il décida de les rejoindre au plus vite. Ils avaient réussit à préserver une distance tolérable entre eux et le fameux monstre de feux. Malheureusement, les flammes mettaient beaucoup moins de temps à se répandre. Ravageant récoltes et mulots, le feu ne cessait de proliférer à leurs côtés. Consumant les vastes plaines habituellement dorées du royaume des chats. Les oiseaux s’agitaient au dessus d’eux, traversant l’écume noirâtre entachant le ciel. Ils piaillaient d’un bout à l’autre des champs, en quête de charognes à dépouiller. Inquiets, c’est non sans hurler à la mort qu’il s’efforça de faire zigzaguer sa monture lorsqu’il sentit fuser plusieurs traits incandescent autours de lui. Le rire de leur prédateur gagnait en ampleur, alors qu’ils cherchaient désespérément à lui échapper.

Ne parvenant pas à les rattraper à l’aide de ses simples jambes, il tenta de faucher leurs montures pour renverser la tendance. Bien que piètre combattant, ils s’avéraient être des proies très divertissantes, anticipant ses attaques avec une dextérité remarquable. Si ces merdeux pouvaient le conduire à sa cible, il épargnerait peut être leur vie selon l’état dans lequel il allait retrouver Boléro. Plusieurs puissances moins impressionnantes semblaient éparpiller autours de lui. Son sourire prit une teinte répugnante, plissant les traits de son visage d’une manière aussi immonde que sincère. Il adorait toujours autant les voyageurs, surtout ceux qui n’hésitaient pas à ce battre pour rien !

Thibaut avait abandonné sa forme de guerrier, retrouvant une apparence anodine de voyageur salement amoché. Secondé par les jumeaux qui l’aidaient à se déplacer en le soutenant par les épaules. Les trois copains avançaient lentement s’orientant hasardeusement grâce aux bruits d’explosions intempestifs. Ils leurs semblaient aussi entendre la voix de Aline, ce qui tour à tour leur passa l’envie de plaisanter. La situation était grave, l’échec probable et l’ennemi si on se fiait à la fréquence des bruits de soufflets, pas encore abattu.

Ils ne leur restaient plus beaucoup de temps avant de se réveiller d’après les estimations foireuses et arbitraires d’Olivier. S’ils ne pouvaient réellement pas vaincre ces flammes, autant la jouer sur la durée sans prendre d’avantage de risques. Mettant moins d’une minute à rejoindre Boléro, Mais, l’amas destructeur de flammes semblaient avoir prit racines dans les tréfonds d’un puits. Sans réellement y voir la moindre logique, le trio se dispersa, en préparant leur coup instinctivement. Notant qu’il avait perdu l’exosquelette de Trynox, le groupe se préparait à un assaut final, espérant ne pas arriver trop tard pour sauver Aline.

Quelques minutes au par avant, là où certains n’entendirent que de simples bruits de baston, un héro naissait. Alors qu’un amas de flammes peu rassurant mijotait du côté de Boléro, le voyageur itinérant s’empressa de traîner à bout de bras la contrôleuse jusqu’au puits. Elle avait quand même de la force dans les bras pour trimballer des bouts de roches aussi lourds. Dan pouvait désormais vous le confirmer. Après l’avoir vue arracher les bouts de carapace de la créature les un après les autres, puis ensuite ensevelis sous plusieurs pans de murs, le berserk comprenait à quel point leur niveau était loin l’un de l’autre.

Ce n’est qu’après avoir sentit la chaleur des flammes effleurer son arrière train qu’il se demanda dans quoi il allait chuter. L’eau tardait à venir, les flammes consumaient ses semelles et ils tombaient de moins en moins gentiment. Lorsque enfin, le plongeon libérateur soulagea les fesses de Dan, qui par sécurité préféra d’abord se laisser un peu entraîner dans le fond. Les paroles du vieillard lui revenait en tête et il n’avait pas vraiment envie crever après tout ça. Tentant d’ouvrir son seul œil valide, il sentit une force le soulever vers le haut. Paniquant en premier lieu, pensant instinctivement que le monstre venait le chercher. Il fut très vite ramené à la réalité en comprenant qu’Aline avait reprit conscience et désirait remonter à la surface pour respirer :

« C’est toi qui a fait ça ? Je veux dire, la sorte de toit improvisé qui nous protège de l’autre …

-Ouais, le bain m’a rafraichit ça fais du bien après avoir combattu des flammes ambulantes.

-Mais genre juste comme ça ? C’est injuste moi aussi si je pouvais faire des murs instantanés j’affronterais des monstres en 1VS1! »

Alors qu’Aline soupirait en devinant que le jeune homme baignant à ses côtés, était sûrement son sauveur. Elle reporta son attention sur son mur improvisé, rougissant à vue d’œil, elle comprit qu’il était juste au dessus. Dan devina aisément la suite probable des opérations, choses pour laquelle il s’empressa de paniquer en dégageant de puissantes flammes bleues. Alertée par la présence de flammes à ses côtés, la voyageuse frappa sans somation, plaquant Dan contre le toit provisoire qui gagnait en chaleur. Sentant son dos littéralement cuir, c’est naturellement que les flammes formèrent le gros de la carapace le long de sa colonne vertébrale. Son buste et son ventre eux ressentaient les effets de la pression exercée par cette petite ingrate :

« Qu’est-ce que… ?

-Ta gueule ! Pourquoi tu fais des flammes ?

-Je ne sais pas, c’est mon pouvoir ! Je t’ai sauvé deux fois merde !

-Pourquoi ?

-Relâches moi … »

Alors qu’il se débattait de plus en plus, se tortillant de toutes ses forces contre ce qui lui semblait être une grosse forme noire, il fut interrompu par un étrange phénomène. Aline se contenta de lui hurler de s’accrocher puis, tout deux furent engloutit par une trombe d’eau cherchant à regagner la surface. Son dos se faisait carboniser, son ventre éclaté et son nez submergé. Une mort atroce, contre laquelle il ne pouvait, cette fois rien faire.

Village Milky, Royaume des chats.

Ce qu’ils avaient au premier abord prit pour des mauvais nuages, s’avéra être un vaste amas de fumée noire. Déconcerté par la folie qu’engendrait cet incident, les réfugiés furent recueillit part leurs confrères, marchandant à des prix frôlant la gratuité, couvertures et ravitaillements furent distribués.  Les victimes gardaient étrangement la tête haute, se rendant là où on leur demandait sans broncher. Certains préfèrent poursuivre leur marche, d’autres cherchèrent à s’insérer dans ce nouveau village, mais un seul décida de rebrousser chemin. Pant n’était pas un vétéran pour rien, il avait traversé plusieurs crises, survécut à de nombreux combats aux côtés de la garde du royaume. Il ne pouvait pas simplement ignorer cette perturbante sensation de danger qui lui brûlait la nuque. Il avait bien envoyé trois de ces chats sécuriser les environs, mais ses moustaches lui indiquaient qu’ils n’étaient plus dans le périmètre. Et ça depuis bien trop longtemps à son gout. Après s’être assuré que l’ensemble des réfugiés allaient pouvoir cohabiter d’une manière où d’une autre avec les riverains, Pant s’empressa de partir à leur recherche. Galopant sur ses quatre pattes, il l’énorme félin pesant bien dans les cent kilos de muscles qu’il était. Son pelage court et fin masquait moyennement les quelques cicatrices ornant son flanc, que le blé battaient sous son passage.

Plusieurs chats avaient tentés de le raisonner en le convainquant d’attendre encore un peu, mais l’odeur censée être lointaine de cendre parvenait désormais jusqu’à eux. Filant sans réserve entre les épis de blés, son instinct lui ordonnait d’aller toujours plus loin plus rapidement. Son cœur était en alerte, foudroyant sa poitrine sans ménagement. Il n’aimait pas le feu, ce royaume n’apportait jamais rien de bon. Sa course fut rapidement interrompue par une longue vague de feux qui semblait se répandre à perte de vue. Exprimant sa colère et sa rage dans un puissant rugissement, il s’élança de plus belle en traversant les champs, frappant le moindre obstacle flamboyant, à coup de griffes et de crocs. Le brasier ne perdit pas pour autant en ampleur, dévorant les membres trop lents de Pant qui s’évertuaient à poursuivre sa route en feux et en sang. Ce n’est qu’après cinq minutes de bonds et galipettes poignantes que l’immense félin se figeait en bmbant le torse. Arborant des traits plus ou moins grossiers, l’énorme chat laissa un hurlement hors du comment balayer une vaste partie des flammes consumant le champ. Loin d’être entièrement éteint, l’incendie venait pourtant de prendre un sacré coup dans l’aile.

« Bien vue Major! »

Trash était là, les mains dans les poches et une capuche sur la tête. Son état bien que sale, ne semblait pas trahir la moindre blessure, sa vie n’était pas en danger et il scontinuait de le regarder sans rien dire. Désespéré, le gros matou soupira en  lui indiquant de monter sur son dos :

« Accroches toi bien et fais moi un rapport express tu veux bien ? »

Champ de bataille. Village de Chapon, Royaume des chats.

Olivier et son frère, s’efforçaient d’essayer de faire jaillir l’eau du puits jusqu’à la surface. Mais les conditions étaient un peu trop rude, non seulement la réserve d’eau semblait profonde, mais l’autre démon s’acharnait encore dessus, laissant espérer qu’Aline soit encore en vie. Ne sachant pas dans quel état elle se trouvait, ils continuaient d’espérer qu’elle soit peut être encore en vie là dedans à lutter contre les flammes de ce monstre en s’enfermant dans un cocon de roches ou n’importe quoi d’autre. Pendant ce temps, Thibaut s’efforçait de distraire Boléro en invoquant successivement plusieurs insectes à basses consommation d’énergie. Toutes finirent par s’envoler dans un effroyable crépitement succédé généralement par plusieurs traits de feux dévastateurs. Mais cette fois, il pouvait prévoir ses mouvements et les trajectoires de ses flammes. Anticipant alors ces attaques en misant sur ses réflexes. La bataille continuait de faire rage, alors qu’une trombe de flammes disproportionnellement grande s’abattait sur eux, ponctué par un vague hurlement :

-ATTENTION !

Mais trop tard, une immense boule de feux tomba sur le champ de bataille, emportant puits, voyageurs et ruines environnantes dans une explosion démentielles. Au loin, perché sur l’un des rares toits encore capable de soutenir son poids. Pyrax abaissait son bras en frissonnant de plaisir, admirant une superbe bulle de magma éclater les environs. Une fois le vaste cratère de cendre et de pierres noircies délivré de toute fumée. La créature infernale fut réellement impressionnée par l’ampleur des dégâts. Il ne restait plus rien, si ce n’est quelques flaques d’eau s’évaporant instantanément. Descendant jusqu’au lieu de l’explosion dans un saut inhumain, il s’amusa en atterrissant dans un dérapage de poussière peu maîtrisé. Sens aux aguets, il ne parvenait plus à sentir la présence de Boléro, songeant à son possible trépas, un vague soupir lassé lui échappa. Il s’était encore lâché comme un bourrin en éliminant tout le monde sans réfléchir. Bref, la mission n’avait plus lieu d’être. Si le feu chantant était anéanti et qu’aucun voyageur dans le périmètre ne survivait. Ses soucis s’envoleraient avec leurs cendres.

Alors qu’il s’étirait en profitant de l’odeur transcendante de la dévastation, un étrange bruit gagnant progressivement en puissance semblait s’abattre plus loin. Lorsque le choc d’une supposée chute éclata sur sa gauche, Pyrax ne put s’empêcher d’éclater de rire. Il ressentait la présence d’un voyageur, mais aussi et surtout celle d’un petit parasite mal en point. Son seigneur n’allait peut être pas avoir à se plaindre, Boléro était encore en vie ! Malheureusement, ça ne semblait pas être le seul. Ses jambes furent soudainement saisit par deux bras bien musclés, tendis qu’un énorme roc fonçait sur lui à toute allure. Projetait par ce qu’il crut être une femme, le serviteur du royaume du feu se contenta de riposter. Matérialisant une sphère de magma concentré au bout de son doigt, il projeta son attaque sur le rocher qui explosa en quelques morceaux. Parant un bout de roc d’un mouvement du poignet il n’eu pas le temps de s’occuper de l’adversaire sous ses pieds qui l’entraînait sous terre de toutes ses forces.

Pyrax manqua de s’écrouler en sentant ses mollets se faire happer par le tapis de décombres incandescents. Mais penser le vaincre ainsi était évidement très amusant. S’était bien dans un rire infâme, que la créature infernale projeta une norme puissance de feux en direction du sol. Soulevé par la force de la détonation, l’impact le libéra de l’emprise de Thibaut. Qui après avoir dans un dernier élan de bravoure essayé d’affronter une engeance du feu. Se retrouva carbonisé avec le sol qu’il empruntait pour frapper. Aline n’avait pu matérialiser qu’un bras éjectable et ce dernier venait d’éclater dans le creux de la pomme de cet enfoiré. Ses alliés venaient tous d’y passer les uns après les autres. Alors que l’autre bouffon était porté disparut. La voyageuse s’effondrait sur ses genoux, craquant nerveusement face à ce nouvel adversaire monstrueux. Cette créature devait être un simple larbin et pourtant il restait bien plus effrayant que la plus part des vétérans de son royaume natale. Elle était dépassée par la puissance du feu. Elle avait chaud, ses vêtements étaient en lambeaux et ses yeux ne savaient plus où regarder. Tout était en train de cramer, les maisons s’effondraient sur elles mêmes. Rongées par les flammes, cette soirée semblait s’effacer dans un champ crépitant d’étincelles et de cendres aux reflets d’obsidienne :

« Pour la gloire !

- Crèves !

Diego et Chamalow tentaient le tout pour le tout, envoyant leurs poules de course à toute allure dans le dos de l’ennemi, ils espéraient créer une diversion suffisamment longue pour permettre à la voyageuse de s’échapper. Pyrax se contenta d’envoyer une volée de fines bulles enflammées traversées les poulets qui s’effondrèrent dans d’angoissants hurlements. Chamalow envoya son casque de chevalier heurter le front du monstre. Déconcerté et surprit par la singularité stupide de cette attaque, le serviteur infernale se cambra en souriant. Diego en profita pour lapider ses tibias en envoyant plusieurs morceaux de murs bien contendants dessus. Agacé par le manège de ces deux petits emmerdeurs, Pyrax projeta un grand débit de flammes en direction des deux chats. Agiles et motivés par la volonté de vivre, les deux matous parvinrent à s’en sortir aux prix d’un bout de queue et quelques poils en moins.

Alors qu’Aline restait ébahi face à cet étrange bataille, elle aperçut une silhouette noir s’élancer jusqu’à eux.

Quelques minutes plutôt, alors qu’une énorme boule de magma s’abattait sur eux. Aline projetait Dan de toutes ses forces à l’aide de son Rockerpunch. Propulsé au prix d’une majorité de ses côtes et d’un vilain hématome sur le haut du crâne, à plusieurs mètres de hauteurs. Dan échappa de justesse aux flammes de Pyrax, emporté  en parfaite ligne droit vers les cieux il n’eu pas le temps d’apprécier le spectacle. Très vite, une odeur de brûlé immonde attira son attention, succédé par d’emmerdants picotement gênant c’est agacé qu’il remarqua l’état déplorable de sa main droite. Une flamme proportionnellement aussi grosse que deux gars comme lui remontait le long de son bras en dévastant, chaire et os.

Le jet technique d’Aline les faisait s’écraser au loin du cratère, Boléro et Dan se livrait une bataille particulièrement éprouvante. L’un avait besoin d’un hôte pour se régénérer et le second désirait simplement survivre en se débarrassant de cette enflure. Le choc de l’atterrissage fut rude, mais sans gros fracas. Ils étaient au milieu d’un champ de ruines et de poussières semblable à la globalité du décor parcourut tout au long de cette soirée. Luttant l’un contre l’autre, les flammes blanches du berserker ne tardèrent pas à faire surface, appelées instinctivement pour l’aider à surmonter cette insurmontable douleur. Plus la douleur s’effaçait, plus il sentait la folie et la colère embrumer son jugement. Il se mit très rapidement à frapper le sol, se jetant contre les chemins et les panneaux pour éteindre l’élémentaire qui ne parvenait pas à correctement posséder son adversaire :

« Rejoins-nous bordel !

-On cramera des tas de choses avec ton corps !

-Tu verras on est au calme ici, il fait bien chaud en plus ! »

Les voix provenaient bien des flammes, il n’y avait plus de doute possible, cet enfoiré se moquait de lui. Décuplant son envie d’en finir avec cette abomination, Dan s’élança contre un reste de mur en ruine, s’écrasant méchamment l’épaule contre les briques bouillantes. Epuisés par ses mouvements, il commença à tanguer, sentant ses bras se faire dévorer petit à petit. Les voix raisonnaient de plus en plus fort, elles le priaient de venir. Certaines disaient avoir étés des voyageurs par le passé, désormais ils étaient au dessus de ça. Ils étaient une conscience enflammée, un élément à l’état pur ! Ils prétendaient savoir au combien il avait souffert. Pourtant, cela ne le rassurait pas, au contraire il se sentit épier, comme nue au milieu d’un HLM en feu. Qu’est-ce qu’il en avait à foutre de rejoindre de les rejoindre ? Pourtant elles continuaient de le bassiner, persuadées que leurs paroles pèseraient sur sa conscience, qui luttait autant que ses nerfs pour ne pas succomber.

Les cheveux et les poils purgés, c’est sous une impulsion incontrôlée qu’il se mit en position de sauter. Ne pouvant plus respirer correctement, il profita du peu de forces qui lui restait dans les muscles, pour sauter le plus haut possible en vrillant à toute allure sur lui-même, cherchant à affaiblir Boléro qui sans s’y attendre, sentit ses flammes perdre en envergures. Ne comprenant pas ce qu’il se passait, lorsque le voyageur exécuta huit fois de suite ce saut, l’entité s’écroula avec lui littéralement vidé et vaincu pour de bon. Il était devenu en un instant une véritable toupie humaine. Ses flammes blanches et noires dénuées de chaleur avaient finalement dévorées les siennes. Après avoir vomit une étrange substance, Dan sentit son esprit s’éteindre littéralement grillé par cette saloperie. Juste avant de sombrer, il cru apercevoir un reste de flamme se déchaîner sur sa main droite. Alors que le reste de son corps noircit partiellement de la tête au pied, fumait péniblement au milieu des ruines.

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Thibaut avait passé un sale moment à se tordre de douleur, prisonnier d’un autre genre de scarabée, taillé pour les embuscades. Il dut se résoudre à sacrifier son statut de voyageur pour la fin de la nuit. Avalant sans broncher, une larve de fusion. Ces petites larves bleues étaient un présent que lui avait accordé une vielle chenille lors de son troisième voyage. Elle permettait de vivre une seconde vie, une expérience secondaire et étrangère à tous les voyageurs. La sensation d’être un insecte, une créature dénuée d’émotions. Brûlant vif, un sourire fendit son visage, il ne s’attendait pas à ce que cela se passe si vite. Il aurait aimé voyager un peu plus longtemps.

Marquée par les flammes, l’invocateur muta en une sorte de cafard humanoïde grotesque. Réagissant plus aisément sous cette forme, il se courba légèrement, épousant la forme de son terrier en prenant la fuite. Creusant de nouveau sous terre pour se mettre à l’abri des flammes, il échappa au danger, évacuant plus loin dans une ruelle annexe. Utilisant ses antennes pour se diriger, il n’eu aucun mal à retrouver la source du danger. Revenant sur ses pas en quelques bonds, il se propulsa à toute allure pour charger le dos de son ennemi. Ce dernier se retourna trop tard, perturber par les deux chats ninjas, qui continuaient de s’agiter dans tout les sens en fêlant.

Le choc bien que bref fut violent. Une gerbe de flammes enroulait le bras de la créature infernale, lorsqu’il fracassait son poing contre celui de la créature insecte. Pyrax sentit son bras céder sous la pression, son adversaire venait de le lui arracher. Plusieurs nouveaux chocs intenses se succédèrent, des bulles de magma éclatèrent contre l’exosquelette de l’invocateur d’insecte. Mais le combat tourna en la défaveur de Pyrax, pour le grand malheur de ses nerfs.

Laissant les deux monstres s’entre tuer, Aline eut un peu de peine en voyant la décision complètement stupide de son compagnon de route. Ils savaient très bien tout les deux, qu’il n’allait pas y survivre. Dès qu’il se réveillerait, son enveloppe de voyageur serait consumée par Dreamland.  Il venait de se sacrifier, mais elle ne pouvait en affirmer la raison. La vengeance ? La tristesse ? Ou bien l’altruisme peut être ? Dès qu’ils s’étaient remit sur pieds, ils auraient dû fuir et laisser cette décharge aux flammes. Détournant le regard du combat, elle aperçut les deux chats s’enfuir, concevant clairement le principe, elle s’y résigna les larmes aux yeux .

Pyrax s’efforçait d’éviter de justesse les coups de son adversaire, cherchant à trouver une faille dans son organisme. Les deux premières minutes de combats furent pratiquement insoutenables. La perte de son bras lui infligeait une douleur atroce, et cette saloperie ne le laissait pas récupérer. N’y procéder à une resoudure Parvenant à rebondir contre une façade dégradée, Pyrax échappa aux griffes du cafard mutant, puis envoya l’une de ses novas. La destruction engendré par la boule en fusion, dévasta l’ensemble du mur, mais laissèrent de marbre l’insecte qui s’empressa de frapper le ventre de son adversaire. Qu’il le veuille ou non, ses flammes faiblissaient.

Mais avant qu’il ne puisse placer un autre coup, le sol se transforma en une profonde flaque de lave dans laquelle ils plongèrent tout les deux. Laissant pas moins de cinq secondes planer, Pyrax s’extirpa le premier du piège de lave. Se relevant sans trop de problème, il fut surprit de voir l’une des pattes de son adversaire émerger quelques secondes après lui. Peinant à remonter à la surface, la créature agonisa plusieurs secondes en frappant le sol puis abandonna la lutte. Mourant sous le regard dégoûté d’un serviteur à l’égo brisé.

Crachant son mépris dans le bain de lave, Pyrax se détourna du voyageur puis s’en alla récupérer son bras. Portant ce dernier jusqu’à son moignon arraché, il mit plusieurs secondes à réparer son organisme. Soudant son membre arraché dans une moue distordue, le serviteur infernal sentait son sang bouillir. Une fois son bras consolidé, il repéra la présence d’une nouvelle puissance en approche. Intrigué, il aurait put retrouver le sourire si un cri transcendent ne venait pas de ruiner le repos des cendres. Thibaut venait de jaillir, le corps en ébulliton de la flaque de lave, retombant lourdement contre le sol en se roulant sur le sol tel un dément. Impressionné par la vitalité de cette créature, Pyrax resta bouche bée. Il en avait vue des créatures dures à cuir, mais celle là commençait réellement à lui courir sur le système. Il ne pouvait être un simple voyageur, cette chose était bien trop dangereuse. Son feu vibrait alors que l’homme cafard se redressait subitement, trituré par la douleur il était secoué par d’innombrables convulsions :

« On ne t’as pas apprit à crever bordel ? ! »

Se jaugeant mutuellement en silence, Pyrax ne pouvait pas encore se servir de son bras droit, chauffant hautement sa paume gauche il fut le premier à avancer. Les yeux inhumains de Thibaut filaient dans tout les sens, enregistrant  chaque détail disponible dans son champ de vision, il plia ses pattes arrière en s’inclinant sur 90°. C’est uniquement lorsque leurs regards se figèrent l’un dans l’autre qu’ils passèrent à l’action. L’insecte zigzagua à une vitesse que les yeux de la créature infernale ne purent suivre. Son bras blessé offrant une faille importante, c’est naturellement que le monstre cafard tenta d’en profiter. L’échange de coup fut aussi bref qu’intense, non seulement, Pyrax dut une nouvelle fois y laisser son bras, mais il fut en plus projeté au loin par un coup de pied retourné prodigieux.
Atterrissant au milieu des flammes dévastatrices, le serviteur infernale eut peu de mal à se redresser. Malade à l’idée d’être aussi mal mené par une simple blatte, Pyrax se prépara à lui balancer une énième super nova. Mais le destin semblait déjà être de son côté. Alors que Thibaut engloutissait le bras de son adversaire, désirant s’assurer que ce dernier ne puisse plus régénérer de la nuit. Les convulsions s’intensifièrent, disloquant bras et jambes du cafard. Ce dernier poussa de multiples cris, tous aussi inhumain les uns que les autres. Un liquide verdâtre coulait le long des interstices de sa carapace, tendis que ses yeux se révulsaient totalement.

Loin d’être intrigué par ce phénomène et craignant de le voir réapparaître d’ici quelques secondes. Pyrax attendit de charger parfaitement son attaque puis se plaça à moins de deux mètres de ce qu’il considérait être comme la véritable engeance. Ses yeux semblaient dénués de toutes joies, de folie, il était redevenu d’une certaine manière. Un soldat docile, craignant comme tous les autres la mort et la défaite. Sentant ses nerfs lâcher à cette simple pensée, il invoqua la gigantesque boule de lave concentrée, sur les restes agonisant du cafard, emportant avec son adversaire les restes ravagés d’une ville en flammes.

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Alors qu’ils continuaient de courir, les pas du nouveau trio parvinrent à atteindre les hauteurs de la ville. La chaleur éprouvante émanant des flammes gigantesques dévorant le village, mettait à malle le petit groupe. Transpirant à grosse gouttes, Aline s’écroula après un quart d’heure de course, haletant de toutes ses forces contre le sol. Les poings fermés et les yeux vidés, Diego et Chamalow durent se surpasser pour la porter avec eux :

« On aurait dû la laisser là.

-Et si ils la retrouvent on aura servi à quoi nous ? On a chié la mission sur toute la ligne Chama !

-Elle va sûrement se réveiller de toute façon…de plus on nous a bien dit de laisser les voyageurs faire ce qu’ils voulaient. On prend des risques pour rien là.

-Pour un prétendu noble, je trouve ton égo bien sélectif.

-Quoi ? Oses répéter ce que tu viens de dire là ?

-C’est le mot égo ou sélectif que tu ne comprends pas  ? »

Alors qu’ils laissaient tomber la voyageuse en sortant leurs griffes, un rugissement militaire les rappela à l’ordre. Il était enfin arrivé, bien que les deux minets redoutaient la trempe qu’ils allaient manger. Les deux apprentis devaient reconnaître se sentir rassuré par la proximité de Panty. Plus aucunes créatures aussi dangereuses soit-elle n’allait pouvoir les emmerder désormais
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Dan Sorro
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MessageSujet: Re: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Dim 12 Avr 2015 - 2:38
Pause !

Alors que certains se réveillaient en sueur le cœur serrés, d’autres enfilaient leurs affaires après une douche bien méritées. Entamant son petit déjeuner de manière simple et lente, Dan ne pouvait s’empêcher d’observer sa main droite. Une impression dérangeante l’empêchait de se détendre. Avalant son bol de lait, après avoir procédé au génocide des céréales baignant dedans. Le jeune homme, lava ses couverts de manière monotone en pestant contre lui-même. Même après avoir passé plus de deux soirées à étudier son adversaire et entraîné ses flammes, il était toujours incapable de se mesurer au feu. Bien qu’il n’ait sans doute pas perdu la vie cette nuit, puisque sa mémoire de voyageur était toujours effective. Dan ne pouvait affirmer avoir achevé l’entité infernale. Plusieurs voyageurs étaient morts en se battant ensemble contre lui, que pouvait-il bien espérer faire seul ?

Il s’empressa d’aller faire un peu d’exercices dans sa chambre, écoutant les informations auxquelles il ne prêtait qu’une oreille distraite. Rien de nouveaux, mascarades, musiques de merdes, humour usés. Bref, il appréciait simplement les fonds sonore. De son côté, Aline se dépêchait de sortir de la salle de bain, consciente qu’elle avait déjà trois heures de retard pour aller à la faculté. Elle se priva de déjeuner en se contentant du stricte nécessaire. Douche, shampoing, savon, lavage de dent, vêtements, puis sacs de cours déjà préparé la veille. Elle prit le bus, poireautant plus d’une demi-heure à l’arrêt à cause de son avance calculée. Elle s’ennuyait autant chez elle qu’ici, puisque le soleil était tout de même au rendez-vous, autant en profiter.

Passant le temps avec son téléphone, elle fut attristée de voir qu’aucun des garçons ne lui avaient envoyés quoi que ce soit ce matin. Elle s’y était bien sûr préparée, mais la douleur fut tout de même rude. Le bus arriva heureusement bien après qu’elle ait séchée ses débuts de larmes. Elle ne les avait jamais vues en vrais, mais Aline s’en voulait vraiment de toujours avoir été si froide avec eux. Renonçant à la dépression, elle entama tout de même cette fin de  matinée avec le sourire. Ce soir, les choses risquaient d’être compliquées alors autant se détendre dans le monde réel pour une fois.

Sur un autre plan universel, Pyrax lui rentrait la peur au ventre, traversant de longues allées enflammées sous le regard méprisant des membres du royaume. Son bras en moins, l’état dans lequel était ses vêtements, ainsi que son regard dénué d’orgueil annoncèrent très bien la couleur. Beaucoup lui avaient dit qu’un jour son tour viendrait, qu’il ne pourrait pas continuer de chier sur le front des gens impunément bien longtemps. Le goût de l’échec lui avait été jusque là épargné, pourtant cela ne suffisait pas à le consoler. Non seulement il avait perdu la trace de Boléro, mais les trois chats et la voyageuse lui avaient échappés. La honte atténuait sa volonté, ses bulles ne brûleraient plus jamais de la même manière. Après avoir pénétré dans le halle infernale où vivait son maître, l’angoisse prit soudainement plus de terrain. Ces mêmes marches noires qu’ils sautaient habituellement quatre à quatre furent bien moins faciles à gravir.

Lorsque les portes menant à la salle du trône s’ouvrirent sans le moindre grincement, Pyrax avança jusqu’au centre de la pièce. Il posa ses genou xà terre la tête baissée. Il ne pouvait pas surmonter son regard, pas cette fois. Une longue minute de silence sembla nécessaire au seigneur des flammes pour ne pas calciner son pion défectueux sur le champ. A peine avait-il mit un pied à la frontière, que les rumeurs sur son échec s’étaient répandues, telles une pénible traînée de poudre sur laquelle personne n’avait prit soins de ne pas macher. Plusieurs flammes dansèrent le long des murs, scrutant Pyrax avec stupéfaction. Jamais encore elles ne l’avaient vue si calme et docile. Un pur délice visuel que de voir ce sale con impétueux en prendre pour son grade. Lorsqu’Asmodheus lui ordonna de faire son rapport, la scène n’en devint que plus belle. Les flammes du seigneur prirent une teinte menaçante tout en se rapprochant de son sujet. Commençant par la perte de Boléro, les nerfs du seigneur des flammes manquèrent de céder. Jusqu’à ce que Pyrax en vienne aux voyageurs et créatures du royaume des chats :

« Non ? Tu plaisantes ? Deux chatons… et un cafard ? Tout ça contre toi et tu as survécus ? BRAVO ! Avec toi, je peux maintenant me vanter sans crainte de la toute puissance de mes sujets ! Félicitation ! »

Le roi éclata de rire, tapant du poing contre les reposes coudes de son trône. La pièce retrouva une ambiance beaucoup plus joviale, donnant aux flammes un ton beaucoup moins effrayant. Pyrax s’empressa de coller son front contre le sol, encaissant chaque rire autant qu’il le pouvait. Au finale, il se demandait s’il ne préférait pas finir carbonisé immédiatement. Prostré aux pieds de son seigneur prit de fous rire, la créature songeait déjà à se venger. Se redressant sur un coup de sang, il s’apprêtait à défendre sa cause dans l’espoir de pouvoir aboutir à son projet. Mais son seigneur ne lui laissa pas le temps d’en placer une :

« Heureusement pour toi, je sens encore la présence de Boléro. Elle est diffuse et lointaine mais bien effective. Donc avant que tu ne recommences à ouvrir ta grande gueule écoutes bien ce que je vais dire. Tu vas traquer l’enfoiré qui a profité de la faiblesse de Boléro pour le voler. Le tuer, puis me ramener Boléro ici… N’abuses pas de ma patience et reviens avec eux, ou facilites moi la tâche et mets un terme à ta vie. »

Plus loin, bien à l’Est de Firania, la capitale des chats était secouée par les agissements du royaume du feu. Plusieurs missionnaires des deux royaumes se rencontrèrent à la frontière, dans des circonstances peu avenantes s’expliquant vulgairement ce que les royaumes attendaient l’un de l’autre.  Réparation des dégâts, ainsi que l’assurance d’un cesser le feu au sein de leur royaume respectif à la condition que Boléro soit remit aux forces du royaume des flammes. Sur ce dernier point, les chats affirmèrent sans hésitation que si ce démon tombait entre leurs griffes ils s’en chargeraient personnellement. Sans se préoccuper bien sûr de ramener mort où vif cette engeance au pays voisin. Les missionnaires de flammes parvinrent à faire passer cette atroce mascarade comme un pauvre accident. Alors que les deux camps remotivaient déjà leurs troupes pour traquer le responsable du bordel ambiant.  Dan s’endormait paisiblement, après une médiocre journée passé à glander ou faire un peu de sports. Il joua bien à quelque jeux vidéos, mais il n’avait plus le cœur de sortir ou bien même  de parler à des amis.

Royaume du doute.

Les problèmes commencèrent dès la première minute, à peine s’engageait-il dans ce coin vaguement familier, qu’il sentit quelque chose consumer sa poche. Sans comprendre ce qu’il lui arrivait, c’est uniquement lorsqu’il distingua la couleur de sa main que la panique prit le dessus. De fines flammes bleues enrobèrent instinctivement son membre carbonisé. Il ne restait rien qu’un amas de doigts osseux et décharné salement noircit. La structure azurée eut beau recouvrir la surface de sa main, il sentait tout de même les flammes le brûler. Une longue étendue désertique parsemée de pierres robustes et d’arbres décharnés composait le décor. Focalisé sur l’aspect incongru de sa main, il ne se rendit pas compte des inscriptions se gravant machinalement sur les pierres l’encerclant. La douleur n’était pas insurmontable, mais l’apparence, ainsi que les brèves flammes naissant autours de son poignet sensé être convenablement couvert, l’effrayaient. Le feu était toujours en vie, pire il était en lui !

Parasité par l’entité enflammée, le voyageur hésita à se trancher la main, dépourvue de lames ou bien d’objets contendants il fit l’effort de se concentrer sur son environnement. Très vite, il fut de nouveau ébranlé par les inscriptions gravées sur les pierres. Chaque pensées, aussi humiliante qu’évasive était retranscris sur les roches autours de lui. Pensant à une mauvaise blague, le voyageur se redressa en écartant le plus possible sa main de lui :

« Qui est là ? »

A cela les pierres répondirent « Personne », puis se contentèrent d’écrire des « Hahahaahh » sur elles comme pour enfoncer le voyageur qui se sentait déjà bien bas. Enervé par toutes ces choses qui l’acculaient en si peu de temps, ses flammes blanches ne tardèrent pas à se manifester. Un sourire malsain déforma son visage alors qu’il soulevait une pierre ayant un peu moins d’envergure que les autres. Sur cette dernière était marquée des inscriptions telles que : « Vous allez voir ce que vous allez voir bande de saloperies imaginaires à la … » Mais avant qu’elle ne puisse achever sa rédaction, elle se fendit contre une autre pierre plus grosse. Les autres cailloux et arbres sur lesquels étaient retranscrites ses pensées, dessinèrent alors une flèche, indiquant ensemble un itinéraire inconnu. Un calme aussi froid qu’étrange planait, mettant le voyageur dans une position inconfortable. Sa main droite ne semblait pas l’handicaper, malgré les petites flammèches évasives et l’apparence immonde de sa main, il était toujours capable de l’utiliser. Remettant ses interrogations vis-à-vis de l’entité infernale à plus tard, Dan s’aventura à suivre les indications données par le décor. Scrutant d’un œil agacé, les braises de sa main s’intensifier.

Après ce qu’il lui sembla être une longue heure de marche, Dan pouvait enfin dire qu’il comprenait un peu mieux sa situation. Plusieurs créatures ornant des points d’interrogations sur le dessus du crâne, croisèrent sa route. Intrigués par la passivité du voyageur, les riverains s’interrogèrent. Sans réellement comprendre pourquoi le décor lui épargnait la coutume du bizutage. Les créatures préférèrent s’éloigner rejoindre leurs demeures tranquillement. Le peu d’informations que lui apportèrent les deux énergumènes furent suffisantes. Il se trouvait au royaume du doute et avait déjà une petite idée de ce qui allait lui arriver.

Le voyageur dut abandonner le calme du désert pour s’aventurer dans une étrange grotte s’enfonçant dans les profondeurs de la zone 1. Durant un peu moins d’un quart d’heure, il avait dut se diriger sans se fier à la moindre indication, faute d’éléments désertiques, ni pierres, ni arbres n’environnaient les abords de ce trou perdu. Alors qu’il s’apprêtait à discerner quelque chose, une énorme main souleva les ténèbres, pour s’emparer du voyageur. Immobilisé en un instant, Dan se sentit tracté dans quelques chose de froid et suffisamment profond pour qu’il puisse hurler plus d’une minute non stop. Lorsque ses yeux retrouvèrent la proximité de la lumière, il se trouvait au milieu d’une vieille enceinte aux pierres grises et fissurées. Encore une fois, il se redressait en affrontant les multiples douleurs qu’offrait le manque de délicatesse de ses montures. L’obscurité ambiante était repoussée par de petites lucioles volant au dessus de lui.

Une fois redressé, les ombres composant les coins de la pièce s’agitèrent. Un étrange bruit indescriptible tant il était singulier progressa rapidement jusqu’à lui. La chose sembla s’agiter autours de lui, sans qu’il ne puisse la distinguer. Terminant son manège dans un rire narquois juste au dessus de sa nuque. Elle se révélait. Eprouvant une sensation similaire à la goutte d’eau froide se frayant un chemin le long de vôtre dos. Le voyageur s’empressa de bondir en avant, exécutant une roulade aussi molle qu’imparfaite. Amusée parla réaction du voyageur, la chose éclata d’un rire plus fort et hautain :

« Alors finalement te voilà ! L’erreur de calcul, la couille dans le pâté, le drame incompris, l’audacieux petit vermisseau sans famille !

-Qu’est-ce que vous êtes ?

-Je suis une forme de conscience évoluée et je perds mon temps à discuter avec un vagabond qui n’a que trop longtemps échappé à son destin.

-Je ne comprends rien ! Où suis-je ? »

Se tenait face à Dan une grande femme aux cheveux mauve, sa poitrine abondante avait de quoi déboussoler plus d’un homme. Mais ses yeux restaient plus attractif, ses pupilles viraient du rouge au bleu instantanément, en passant par le fuchsia sans même cligner. Comme si quelque chose d’autre vivait derrière. Laissant se dessiner des formes incongrues dans les tréfonds de ses prunelles qui décortiquaient avec une précision malveillante chaque membres du voyageur. Elle avança lentement jusqu’à lui. Sa jupe était courte, une petite robe de chambre aux ficelles délicates et  parfaitement alignées. Ses formes aguichantes étaient couvertes par plusieurs froufrous provenant de son interminable écharpe se tortillant autours d’elle. La question de Dan se perdit dans le silence, succédé par une étrange impression qu’il ne sut réellement maîtriser. Sans prévenir, des flammes blanches, vertes, bleues, noires et tout un autre panel de marques loufoques émanèrent du berserk. Son pouvoir gagnait en ampleur, secouant violement ses muscles ses flammes vibraient de plus belles. Ses yeux perdirent peu à peu la vue, laissant son regard s’obscurcir lorsque un flot immense d’émotions le traversait.

Se relevant doucement, sans pouvoir freiner d’une manière où d’une autre le flux de sentiments le secouant. Il parvint tout de même à planter son regard dans celui de cette nouvelle créature des abysses. Il l’impression d’être venu se perdre ici. La voix de cette emmerdeuse ne lui était pas familière, mais cette effroyable sensation elle en revanche lui rappelait trop bien cette première nuit qu’il détestait tant :

« Ca suffit les conneries ! Dis moi qui tu es, où nous sommes puis… je te fendrais le crâne en deux en y plongeant mon sexe dedans espèce de… désolé mais j’ai peur ! Puis qu’est-ce qu’on en a foutre hein ? FOUTTEZ MOI LA PAI MERDE ! S’il vous en supplie, c’est qu’il ne tiendraaaaaaaaaaaaa jamais !»

Elle fut quelque peu déconcerté par les propos de ce jeune homme, à tel point qu’elle envisagea une drôle de solution. Comme si le destin désirait lui répondre, les diverses formes de pouvoirs surplombant Dan furent subitement toutes maîtrisée. Parvenant à reprendre le contrôle de son corps, il essaya de s’en aller en courant une fois les flammes dissoutes. Mes ses jambes lui firent faux bonds, cédant immédiatement après deux pas. Le voyageur se rattrapa à l’aide de ses deux mains puis remarqua grâce à cela, que sa main droite était littéralement en train de s’allumer.  Alors qu’il se redressait péniblement, titubant hasardeusement vers le premier couloir s’étendant face à lui, c’est paniqué qu’il sentit quelque chose l’enlacer. Une minute, enlacé ? Pas attraper, ni même briser, tordre, arracher ou bien broyer ? La tête aux extrémités pointues l’apaisait, cette proximité était à la fois irréelle et délicieuse. Il ne lui fallut pas moins de dix secondes avant de fondre littéralement en larmes. Se consolant dans la paire rebondit de cette étrange créature, qui s’évertuait telle une mère en besoin d’amour, de le cajoler en le réconfortant :

« Mais non, tu deviendras un très bon voyageur j’en suis sûr !

-Non, je ne suis qu’une merde. J’ai toujours perdu …

-Et alors ? Raison de plus pour être fier ! Après tant de défaites, tant de douleur et tant de honte au lieu de te cacher tu continues de voyager à ta façon. Si j’avais sus que tu mettrais autant de temps à revenir je serais moi-même allée te chercher tu sais ? Mais ce n’est pas facile de suivre et traquer les voyageurs pour nous…

-Je sais pas, je suis désolé mais il m’arrive toujours pleins de trucs de merdes tout le temps ! J’ai mal, mais tellement mal !

-Je sais je peux le sentir mon bichon, tu ne crains plus rien maintenant, c’est finit… qu’es-ce que tu fais ? »

La main brûlante s’accrocha à la hanche gauche de la créature, laissant plusieurs flammèches entrer en contacte avec son arrière train. Intrigué mais aussi vexée, elle baffa son réfugié, puis inspecta sa main. Ses yeux semblèrent mettre beaucoup de temps à analyser la nature de cette engeance, mais une fois terminée, l’entité sembla profondément peinée. Séchant ses larmes incontrôlées, le voyageur comprenait bien que quelque chose n’allait pas. Il n’était pas lui-même, où au contraire il l’était un peu trop en présence de cette inconnue. Désirant profiter de ce bref moment de faiblesse il se risqua à questionner cette sorcière :

« Comment vous appelez-vous ?

-Pour toi ça sera Momo.

-Ah … Qu’est-ce que tu fais ?

-C’est plutôt à toi que je devrais demander ça, où as-tu trouvé ces flammes ?

-Je ne les ai pas trouvé, j’ai ça depuis hier soir je…

-Tu tes battu avec lui et il ta parasité. Tu ne peux pas rester plus longtemps ici. Si une créature du royaume infernale te flaire et vient à entrer en ce temple tout sera perdu.

-Quoi ? Et... mais ils ne vont pas vraiment…

-On n’a pas le temps ! Saches juste que désormais, tu n’es plus le bienvenu ici ! Reviens quand tu te seras débarrassé d’eux… et je t’en apprendrais plus !

-Eux ?

-Les flammes qui vivent dans ta main ont une âme et elles désirent vraiment brûler tout ce qu’elles rencontreront. Tu dois d’une manière ou d’une autre te débarrasser d’elles. Fais toi des alliés puissants et vite. Je ne te laisse pas plus de trois mois avant que les flammes n’atteignent ton cœur. Et n’approche surtout pas du royaume du feu ni de ses habitants ! Est-ce claire ?

-Attendez, ça va trop vite vous êtes qui pour moi ?

-Une amie, mais aussi une ennemie qui t’accorde énormément d’importance. Ne meurs pas. »

Alors qu’il s’apprêtait à l’interroger d’avantage, l’obscure main s’empara de nouveau du voyageur, puis l’éjecta au loin du royaume des doutes. Le laissant récupérer lentement ses esprits et ses forces au sommet d’un arbre dépourvue de feuilles.

Deux jours plus tard Royaume des chats.

« Messieurs dames, FERMEZ-LA ! »

Cela faisait désormais plus de huit heures qu’ils étaient tous assis en rond autours de cette table qu’ils ne pouvaient plus voir. Tous hurlaient leurs indignations, crachaient leurs mépris et surtout reportaient la responsabilité des événements sur son voisin. En effet, les marchands les plus influents venaient s’indigner, les poches débordantes de notes, de calculs et de contrats, les chats s’emportaient à grand coup de gueulantes et d’insultes. Les quatre gardiens n’avaient pas étés invités à la réunion, laissant cette pénible affaire au Roi des chats lui-même. Doté d’un tempérament joueur, doux et avenant il était rare de le voir s’emporter de la sorte. Mais après huit heures passées à démanteler les escroqueries les plus abjectes de ses confrères, il ne supportait plus ces incessantes prises de becs. Alors que le calme semblait retomber platement, les marchands, bourgeois et nobles se concertaient silencieusement. Le roi apercevait un messager longer les murs de l’immense salle du conseil, pour lui glisser quelques murmures à l’oreille :

« Ce n’est pas trop tôt, messieurs dames, je vous présente le major Pant et sa suite ! Ainsi qu’une voyageuse du nom d’Aline. Tout les cinq ont échappés de peu au drame du village de Chapon ! »

Les  deux portes à battants du palais s’ouvrirent, laissant la petite compagnie progresser jusqu’au cœur de la salle. Accoudés sur la table en croissant de lune, les seigneurs reprirent leurs messes basses, jaugeant sans restriction ce groupe pour le moins, surprenant. Aline ne payait pas de mine, du haut de ses 1m70, avec ses cheveux attachées et une casquette Lacoste, elle faisait plutôt vendeuse de H égarée. Diego, Trache et Chamalow quant à eux, ne cessaient de s’incliner en se présentant à droite et à gauche. Récoltant un peu de méprit desservis parsi par là du croissant que formaient l’élite financière du royaume des chats.

Pant repensait aux trois jours abominables qu’il avait passé en leur compagnie, il avait regretté plus d’une fois de lui avoir recommandé de les rejoindre chaque nuits. Non seulement le timing faisait qu’elle débarquait généralement durant leur sieste. Mais en plus, son caractère péniblement humain se heurta très vite à celui des trois chatons de combats. S’empêchant de soupirer, il s’inclina respectueusement face à son roi puis prit position sur le sol en bombant le torse. Les trois larrons firent de même en saluant leur souverain dans un salut aussi bien coordonné que paire. Aline se contenta d’une révérence puis resta debout aux côtés de la panthère de quatre mètre de haut.

Rendant leur salut à la petite troupe,  le roi appréciait leur singularité. S’il n’y avait pas eu autant de monde en un temps aussi sombre, il se serait presque risqué à aller directement à leur rencontre. Mais les codes, ainsi que l’avis de ces escrocs valaient malheureusement plus que ses envies. Songeant à peine cinq secondes à tout ça, il profita de ce moment de calme pour lancer cette petite troupe :

« Je vous salut tout les cinq, évitons de sombrer d’avantage dans les formalités et racontez- nous vôtre périple ! Une seule version nous suffira, avez-vous besoin de vous consultez ?

-Non, nous avions étés prévenu vôtre majesté. C’est donc moi qui procéderait au…

-QUOI ?

-Hein ?

-Bah ouais là t’abuse.

-Tu lui avais promis.

-Il va encore faire la gueule.

-Quoi encore ?

-Tu avais dis que tu me laisserais raconter !

-Ah ? Et bien ce n’est pas grave, ne fatiguons par le roi avec…

-Non mais là pour une fois je suis avec eux !

-Tiens donc ?!

-Tes vraiment un enfoiré, en plus tu n’as rien fait ce soir là.

-Ah tu vois ?!

-Sauver vos miches d’une explosion c’était rien faire alors ?

-Tu plombes l’ambiance et ruines le plan pour ensuite nous faire culpabiliser ! Tu fais beaucoup moins le fier quand il y a moins de connards vaniteux…

-Ca suffit ! »

Pant avait rugit cet ordre de la manière la plus autoritaire et puissante qui soit, même les gens de la cour n’osèrent plus ricaner. Poussant Trache du bout du nez, il l’incita à raconter leur périple. Puisque il y tenait tant, ça ne pouvait pas donner quelque chose de si mauvais. Au départ ému, puis intimidé par l’attention de tant de gens influant, il eu du mal à commencer. Au cours de son rapport, plus les mots s’enchainèrent, plus le ton devint soutenu et fluide. A tel point qu’aucun seigneur n’osa l’interrompre, tous captivé par les gestes et les détails amenés au cours de l’histoire. Lorsque il raconta l’épopée concernant l’incendies des prés enflammés, ainsi que de l’arrestation loupé il y eu des haussements de sourcils. Il mentionna la bravoure des voyageurs sur place, ayant aidés à faire évacuer le village, pour ensuite combattre la bête eux même. Il décrivit avec rigidité les créatures du royaume ennemi, apportant tout ce que le groupe avait noté. Trache clôtura à l’étonnement de l’assistance sur un voyageur en particulier :

« La femelle à la langue bien pendue, dit avoir été sauvée et agressée plusieurs fois par un autre voyageur. Si on en croit ce qu’elle a ressenti. Il est possible que le feu ayant provoqué la destruction des premiers villages du Nord soit de sa faute. De plus, il est évident, que la créature des flammes envoyées à ses trousses va s’empresser de le traquer. Voilà l’état actuel de la situation, nos chats n’ont pas recensés plus de trois villages brûlés. Messeigneurs.

-En résumé, nous avons un voyageur possédé par un monstre capable d’incendier le quart d’un royaume en liberté. Et une créature du feu tout aussi dangereuse à ses trousses…

-Si ils ont quittés le royaume, cela n’est plus de nôtre ressort !

-En effet, contentons nous de réparer les dégâts, d’envoyons une note salée à Firanya, puis clôturons ce maudit dossier.

-Ouais, enfin en résumé ils ont survécut là où personne d’autre n’a réussit. Puis, quand je vois la carrure de ces chats, ainsi que celle de cette voyageuse. Excusez-moi mais…

-En effet, il y a de quoi rire. J’imagine que vous avez brodé allégrement vos dires, histoire de ramasser quelques piécettes... Si vous étiez vraiment autant de voyageurs à affronter cette chose. Il est pathétique de voir que…

-Les voyageurs ne servent à rien, si ce n’est foutre le bordel partout où ils passent !

-Pas faux…

-Puis, dans toute cette histoire, si je comprends bien. Vous avez laissé vos compagnons crever pour venir nous raconter à quel point vôtre lâcheté n’a pas d’égale n’est-ce pas ? »

Alors qu’ils débattaient déjà. Trache  s’inclina en se rangeant aux côtés de ses compagnons, la suspicion générale voulait laisser penser qu’ils n’étaient qu’une bande de branleurs opportunistes. Pourtant, le roi sembla se contenter de  ça. Telle une agréable boule de laine dans laquelle on frappait, son géni démêla très rapidement un plan audacieux :

« Major Pant, vous et vos chats irez contrôler les divers villages longeant la frontière et faire un rapport à la caserne de Salamia. Mademoiselle, auriez-vous besoin de quoi que ce soit ? Je pourrais vous l’offrir en échange d’un service !

-Sérieusement ? Si c’est retourner affronter des monstres enflammés vous pouvez aller vous gratter.

-Non, non, rassurez-vous, rien de tel.  Je veux juste le voyageur qui s’est échappé, pourriez-vous le retrouvez et lui demander de venir ici ?

-Non.

-Comment ça non ?

-Je ne l’ai pas vue, je sais qu’il était là, je lui ai parlé mais nous étions dans le noirs totale. »

Loin des railleries habituelles, les messes basses se firent bien plus cinglantes. Le doute gagnait en ampleur, aux yeux des seigneurs, le roi venait de ce faire berner. Tout de suite déstabilisé par le climat de méfiance à peine voilée, Aline se rapprocha instinctivement de Pant. Le grand chat resta de marbre, observant son roi sans sourciller. Depuis tout à l’heure, sans trop savoir pourquoi, il semblait communiquer avec ce seigneur. Il ne payait pas de mine, c’était la première fois qu’ils se rencontraient. Mais il avait l’impression que se dégageait de ce petit bonhomme, une aura de bienveillance hors du commun. Il était fier de s’être battu pour un souverain de cette trempe, tuant une bonne fois pour tous les doutes et les regrets qu’il portait :

« Jeune fille, voulez-vous m’expliquer comment cela ce fais-ce?

-La première fois je me suis évanoui et là dernière chose que j’ai vue ce sont des flammes vertes. La seconde fois, nous étions enfermés dans un puits et il a commencé à faire des flammes bleues. Lorsque nous en sommes sortit … je n’ai pas pu distinguer son visage correctement.

-Elle nous prend pour des simplets, ne nous laissons pas berner. Si on la laisse continuer, on va se retrouver avec un voyageur du royaume de la gaypride dans les pattes.

-Laissez la finir !

-Bon sang !

-Toi si tu ne fermes pas ta gueule sur le champ je te jure que je t’arrache la queue et je la donne à bouffer à tes gosses !

Un blanc glaciale figea l’assistance, alors que plusieurs hallebardes, lances et lames étaient déjà pointées sur le cœur et la nuque d’Aline. Le roi observait pensivement la scène, jaugeant aussi bien ses chats que cette effrontée. Elle était bel et bien défendue par ses camarades, les trois chats étaient déjà entre elle et les lances, tendis que le major empêchait les autres gardes d’avancer sur elle. Comprenant qu’elle n’était plus seule, elle soupira en se détendant, la tension finit par redescendre lentement avec les armes, alors que les lèvres de la voyageuse remuaient péniblement.

«  Je ne sais pas comment mais je vais vous le ramenez. Laissez-moi une semaine. En échange, j’aimerais un carnet de vingt bons gratuits valable sur n’importe quels articles de vos marchés !

-Vous aurez dix bons, pas un de plus ! Et je vous enverrais mon ministre pour régler les détails ennuyeux. Merci beaucoup voyageuse, n’hésitez pas à nous appeler à l’aide en cas de besoin.

- Sur ce, à plus tard mes minets ! »

Le roi ne put s’empêcher de sourire en la saluant, malgré une assistance encore plus excité et folle qu’avant. La neuvième heure approchait à grands pas et le roi songeait sérieusement à aller faire une bonne sieste. Aline filait dans les couloirs du palais, enfin libre de pouvoir se promener de nouveau à sa guise sans avoir à se préoccuper uniquement des créatures infernales et des besoins affectifs de chats collants. Elle ne savait pas comment elle allait réussir à retrouver ce mec, mais si il tenait à la vie, valait mieux qu’il lui facilite la tâche.

Les nobles, bourgeois et autres mondains de la classe élitiste du royaume des chats s’en allaient. Suivant nonchalamment l’ordre de clôture de la réunion. Beaucoup protestèrent, mais la majorité n’avait plus la force de poursuivre. Pant s’apprêtait à s’en aller accomplir son devoir, une certaine lassitude pesant le long de ses pattes. Diego était bien content de pouvoir déjà repartir crapahuter aux frontières du royaume. Chamalow lui semblait un peu plus distrait, absorbé par la décoration du palais, ainsi que les nombreuses touches artistique dont il ne comprenait pas la substance. Il s’était toujours présenté comme un noble chevalier, sans réellement savoir ce que cela voulait dire. Il était simplement convaincu que cette armure allait le porter loin. Trache quant à lui souriait, amplement satisfait par sa performance, l’assistance, comme le roi, lui avaient prêtés une oreille attentive.

De son côté, le petit roi, se laissait aller pensivement jusqu’à la salle du trône. Son garde du corps attitré à ses côtés, ils n’échangèrent que quelques paroles routinières. Filipey écoutait attentivement son roi évacuer sa frustration, tout en essayant de le conseiller le plus neutralement possible :

« Ils abusent vraiment de ma patience. On leur apprend qu’un pan entier de nôtre royaume à été attaqué et ils ne s’inquiètent que des frais…des réparations et des fautifs.

-Ils préservent nos intérêts financier messire, nous ne pouvons contenter tout le monde avec de beau discourt et des pansements. Ils sont certes obnubilés par l’Evs, mais nôtre royaume y trouvera son intérêt.

-Je sais bien Filipey. Qu’as-tu pensé de ce petit groupe ?

-Les trois chatons m’avaient l’air espiègle, mais point mauvais de nature. La voyageuse comme la majorité de ses semblables ne savait pas se tenir, et nous aurions peut être dû lui apprendre les bonnes manières…

-Et qu’as-tu pensé du Major ?

-Il m’avait l’air fatigué, mais nous pouvons sans doute lui faire confiance.

-Je suis de ton avis. »

Lorsqu’ils arrivèrent aux pieds des deux immenses portes à battants métallique scellant la salle du trône, le garde du corps s’arrêta un instant. Le roi avait bien remarqué que quelque chose le tracassait malgré son air calme habituel, il pouvait sentir comme une certaine appréhension. Haussant un sourcil, avant d’aller se vautrer dans sa marre de coussins douillets il l’interrogea :

« Quelque chose semble te peiner mon bon Filipey. N’ais crainte et expliques moi.

-En effet monseigneur, pourquoi avoir demandée à cette voyageuse de ramener un voyageur dont nous ne savons rien ? Même si je ne suis pas de ceux les accusant de mentir. Prendre le risque de ramener un possible contrôleur du feu instable s’avère être un calcul…dangereux. Surtout si l’engeance ayant ravagée le Nord du royaume est réellement de son fait.


-Je veux m’assurer que ce qu’il s’est passé chez nous, ne se reproduise pas ailleurs, il en va de nôtre réputation à tous. De plus, je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse s’en aller aussi facilement, après avoir causé autant de peine et de chaos. Je veux le voir et juger moi-même cet individu. Par les temps qui courent, les conflits incluant les voyageurs ne peuvent être négligés. Bonne journée Filipey, reposes toi, tes nerfs doivent être tout aussi usés que les miens.

-J’y veillerais, bonne sieste messire. »

Le super toboggan.

Dépassé par ses dernières nuits, Dan avait à l’aide de sa main trouvé des tas d’ennui auxquels il dut échapper. Il apprit très vite que les voyageurs du feu étaient détestés, à tel point que certains, en sentant simplement l’odeur de cramé émaner de lui passaient à l’attaque sans prévenir. La plupart, heureusement, préférait s’enfuir tranquillement sans lui chercher des noises. En deux nuits depuis sa rencontre avec Momo, les flammes l’habitant avaient déclenchés plus de huit incendies, dont trois ayant amenés à des accidents plus où moins grave. C’est pourquoi, cette troisième nuit, il décida de s’isoler le plus loin possible. Pensant à des cascades, ainsi qu’à des étendues d’eaux phénoménales, il dut aller pisser deux fois avant de pouvoir trouver le sommeil.

Mais une fois à Dreamland, c’est agréablement surprit qu’il fut mouillé. Tombant de nulle part dans ce qui ressemblait à un fleuve, il pensa s’en sortir deux secondes avant de tomber dans l’eau. Là, les choses prirent une tournure angoissante. Non seulement le courant était puissant, mais les paroles d’un chat aussi vieux qu’énervant refirent surface. Alors qu’il se sentait promener au loin, sa tête peinant à rester à la surface pour respirer, elles criaient. Indignées, outrées et malmenées les âmes enflammées s’agitèrent. Un nuage de vapeur aussi dense que contraignait l’obligea à fermer les yeux. De fines bulles le suivaient dans sa course, alors qu’il sentait déjà la morsure des flammes blesser ses mollets.

Agité par les tumultes de l’eau, brûlé par la terreur des flammes, Dan parvint après une lutte acharnée de quinze longues minutes à regagner l’une des rives. Enfermé dans ce qui semblait être une continuité de grottes, Dan reprit son souffle avant de poursuivre son analyse plus loin :

« Tu ne pourras pas nous tuer…

-Fermez là…

-Ni nous contenir…

-Fermez là….

-Tu n’es pas un contrôleur du feu. Tu ne peux coexister avec nous… rends nous Boléro !
-Fermez là…

-Pourquoi te battre ?

-Fermez là…

-Tu pourrais changer de disque tu sais ? »

Le voyageur se retourna mollement, face contre la pierre, sa main droite luisait partiellement, seules quelques braises apparaissaient lorsque les âmes s’exprimaient à travers lui. Vomissant un flot d’eau important, le voyageur tremblait de froid. Le feu était étrangement aussi faible que lui, comme si toute sa force avait été absorbée, ce phénomène ne lui était pas inconnu. Malgré son incapacité à gérer le débit de flammes, ces dernières puisaient directement dans ses ressources pour se manifester. L’un des faubourgs de Grascity en avait fait les frais, cette nuit là, il n’avait rien pu faire. Si ce n’est observer, impuissant, le feu emporter, créatures et rêveurs, dans une délicieuse odeur de friture. Il mit beaucoup de temps à se relever, ses jambes semblaient pouvoir le porter de nouveau, mais il n’aurait pas la force de marcher bien loin sans soutien.

Mis à part se long fleuve qui s’écoulait inlassablement. Les lieux étaient composés de pierres grises et d’icônes lumineuses. Voguant entre ombres et lumière, le voyageur ne payait pas de mine. Il repensait sans cesse à cette créature aux cheveux mauve, à ces voyageurs qui s’étaient battus. Le plus affligeant restait ces flammes immenses qui hantaient chaque image, chaque émotion. Dan n’en voulait pas de ces nuits chiatiques, peut être valait-il mieux se sectionner la main finalement ? Les voix damnées le lui déconseillaient, prétextant qu’elles n’auraient aucun mal à revenir la nuit suivante. N’ayant ni l’envie, ni les moyens de mettre encore une fois ce plan à exécution il préféra se faire une raison. Ce qu’il ne parvenait pas à comprendre, était la logique de ce parasite. Puisque il était capable d’incendier des maisons, des créatures et des quartiers entiers. Pourquoi n’était-il pas capable d’en faire autant avec lui ? Si lors de l’une de ses dernières nuits ils avaient tentés de changer d’hôte, Dan n’aurait rien put faire.

Soumit à la douleur et la fatigue, le voyageur ne savait plus quoi faire. Les voix de ces fichues flammes le harcelaient d’avantage, continuant de lui susurrer de se détendre et de se laisser aller. Il s’écroula péniblement lors d’un chemin en pante, puis roula sur plusieurs mètres avant de s’écraser contre un rocher situé au contre bas. Heureusement que les grottes étaient grandes, car il n’aurait jamais supporté être enfermé dans une petite caverne miteuse. Emporté par la douleur, de fines flammes blanches apparurent, il se redressa bien plus vivement que d’habitude puis commença à hurler. Laissant l’écho de sa voix s’échouer contre les immenses murs naturels de ce royaume. Il reprit sa route en titubant, éclairés et alimenté par ses propres flammes, il put de nouveau marcher. Les voix se firent moins fortes, plus lointaine, désormais les soucis réels de Dan revenaient à l’assaut.

Il avait une engeance enflammée à achever, un royaume à visiter, un job à trouver dans la vraie vie. Poings serrés, ainsi qu’un sourire de guerre, il avait encore du boulot, regardant sa main avec dédain, il commença à la mordre, brûlant, langues, lèvres et joues dans le même mouvement. Il n’y avait même plus de sang, seulement un désagréable anti-goût que seule la cendre était capable de dégager. Les flammes de l’engeance répondirent en cherchant à brûler son visage, mais très vite elles préférèrent s’abandonner à la folie passagère de leur hôte. Une fois la moitié de la main arrachée, ses flammes blanches décuplées et sa bouche émiettée il se reprit à articuler chaudement :

« Bah ahoors ?! On peuh pah meh buuuler ?! Enfoiééééééés ! »

La suite ne fut pas plus glorieuse, il se contenta d’arpenter ce labyrinthe sans queue ni tête, déchargeant sa rage sur tout ce qu’il trouvait. Au loin, plus haut vers les sommets de ce qui était le plus grand toboggan naturel de Dreamland, un groupe de voyageurs venu en touriste se lançait dans l’immense descente. Entraîné à une vitesse faramineuse, ils arpentaient d’une manière plus conviviale le courant, qui moins d’une heure plus tôt avait manqué de tuer Dan.

Au centre du bateau ce tenait une petite créature au teint bleue, ses yeux cernés jusqu’à l’os allaient lentement d’un côté de la rive à l’autre. Ses multiples membres, lui permettaient d’empêcher les voyageurs de tomber lors des collisions. Ces chocs dont ils raffolaient, ne l’impressionnaient plus depuis longtemps. Shepard en tant que gardien touristique exemplaire, ce faisait une joie de commenter le nom des lieux qu’ils arpentaient.

Bien sûr, l’équipage n’y prêtait guère attention, tant l’euphorie les accaparait. Comment pouvait-il leur en vouloir ? Lui aussi au début quand il trouva ce boulot, il s’était amusé. Même Mimi lui disait que ça ne serait pas un boulot routinier, pourtant, au bout du centième passage. Un encombrant sentiment de lassitude s’instaure sans crier gare, puis il s’était retrouvé là comme un con. Pulvérisé avec ce groupe de voyageurs comme les autres, par une flamme sortant de nulle part. Il aurait bien aimé revoir Mimi encore une fois, tant pis.

« Voyageur, hâtons nous il arrive !

-Fermez-là !

-Faut qu’on se casse !

-Mais genre maintenant !»

Elles étaient de retour, les flammes blanches s’étaient apaisées sans réellement disparaître. Pourtant, les voix lointaines et souffrantes des âmes flamboyante ne cessaient de revenir l’oppresser. Prétendant qu’un grand danger était de retour, qu’ils devaient absolument s’enfuir le plus loin possible. Bref, une histoire sans queue ni tête qui n’eut pour effet que de l’agacer d’avantage. Non seulement elles se voulaient autoritaires, mais en plus elles se permettaient de le rabaisser. Rabâchant sur un ton étonnamment larmoyant qu’il ne faisait pas le poids face au danger qui approchait. Mais leurs efforts étaient vint, Dan était fermement décidé à les envoyer paitre quoi qu’il en coûte. Elles n’avaient rien à lui dire, leurs voix ne comptaient pas, ces âmes n’étaient qu’un soupir parmi tant d’autres. Ce parasite n’avait aucun intérêt, si ce n’est ruiner ses nuits.

Après plusieurs minutes de marche, les couloirs creusés dans la roche de cet étrange royaume sans ciel le conduisaient de l’autre côte de la rive. Indifférent, il se contenta de la longer, en tirant dans les cailloux empiétant sur son chemin :

« Ce rowyaome ey…

-Nul à chier. »

Avant qu’il n’ait eu le temps de comprendre d’où provenait la voix, une vague sensation de chaleur le fit instinctivement tiquer. Pivotant aussi vite qu’il put vers la source du bruit, c’est sans surprise qu’il découvrit une allée vide. Arquant un sourcil en souriant avec suffisance, c’est en déployant une dextérité inouïe qu’il plongea sur le côté, évitant de se faire empaler de peu par une sorte de harpon.
« Laisses toi mourir voyageur, lutter ne servira à rien, ces flammes blanches t’ont trahi. »
Pivotant en se redressant, il sentit ses flammes disparaître totalement, la colère laissa place rapidement au calme froid de la peur en suspend. Un grand humanoïde aux oreilles pointues le dévisageait du haut de ses deux mètre cinq. Une grande perche au teint bleu et aux yeux noirs, sûrement les caractéristiques des gens de ce royaume. Face à face, Dan ne chercha même pas à comprendre la nature de cet assaut. Il était affaiblit, sa main droite était en miette et sa bouche n’était plus en état de marche. Lorsque son adversaire fit tournoyer à l’aide de sa main palmée une seconde arme de jet du même calibre. Le voyageur s’empressa d’aller chercher le harpon échoué par terre. L’action fut rapide, la créature suivit le mouvement du voyageur, puis tenta de l’embrocher.

Dan parvint aisément à se cambrer vers l’arrière, laissant la pointe aiguisée déchirer son T-shirt. Dessinant une fine plaie le long de son ventre, la créature ne s’arrêta pas là puis décida de surenchérir en roulant sur le côté pour frapper à l’aide de sa lance, la jambe du voyageur trop lent. Une nouvelle plaie plus profonde vint marquer le haut de sa cuisse. Pourtant, alors que le monstre amphibien s’apprêtait à envoyer valser le voyageur dans un puissant uppercut. Ce fut bel et bien les deux doigts du voyageur qui s’enfoncèrent dans ses branchies. Situées dans l’interstice séparant son cou des épaules. Déstabilisé, il ne put contrer le coup de genou qui s’enfonça dans son menton. Ni les plusieurs directs du gauche que Dan enchaîna rageusement.

Repousser après plusieurs enchaînement de coups, la créature s’étala de tout son long deux mètres plus loin. Se redressant douloureusement en se massant la gorge, elle chargea Dan en hurlant. Fermement décidé à survivre coûte que coûte, Dan courut avec une nouvelle détermination dans le regard. Récupérant finalement le harpon perdu, il se dépêcha puis attaqua de biais, en visant les côtes de son agresseur. Malheureusement, l’arme de son adversaire dévia la sienne en pleine course, opposant les deux combattants à une lutte au corps à corps. Désavantagé par son état, c’est sans surprise qu’il se retrouva à son tour projeté au loin, après avoir encaissé un fabuleux coup de pied retourné. Roulant contre l’humide pierre des plages caverneuses. La créature des rêves envoya son harpon à pleine vitesse sur le voyageur. Surprit, Dan chercha à repousser le harpon ennemi à l’aide du siens, mais il sentit ses semelles déraper puis l’envoyer volter une nouvelle fois contre le sol. Laissant filer à quelques centimètres de son visage,  la lance la plus flippante de son existence, Dan soupira en restant cloué par la pression.

Son bras gauche s’ankylosait, alors que ses jambes le trainaient difficilement jusqu’à son adversaire. Préparant un assaut qu’il espérait bien être le dernier. Loin d’être sot, son adversaire glissa dans un impressionnant dérapage le long de la pierre, puis tenta de tacler Dan. Prit au dépourvue, le voyageur fut de nouveau contré, mais il sut exploiter les failles laissées par son adversaire. Alors que tout deux se redressaient dos à dos. Ils filèrent chercher leurs harpons, puis se retournèrent dans un même hélant en hurlant. Les deux armes se s’entrechoquèrent dans l’air, permettant aux deux combattants d’avancer. Cette fois, il n’allait pas se laisser faire. Le courageux guerrier du nom de Zeke chercha à ramasser de nouveau son arme, mais fut vaguement caressé par le talon de son adversaire. Propulsé plus loin, il s’effondra en gémissant, puis se retrouva avec la pointe d’un harpon sous la gorge. Les yeux de Dan débordaient de mépris, il s’attendait à mieux, surtout après avoir été autant tourmenté :

« Avant de m’achever, pourquoi n’as-tu pas utilisé tes flammes contre moi ? Nos niveaux sont-ils à ce point différent ? »

Refermant sa prise sur le manche de son arme, il hésita longuement, puis jeta les deux lances dans l’eau. Ne pouvant s’exprimer correctement, il s’évertua à lui faire comprendre qu’il reviendrait demain. Signes, gémissements décousus et patience triomphèrent. Donnant à Dan l’opportunité de s’expliquer demain soir. Zeke ne pensait plus vraiment avoir à faire à un voyageur du feu, pour son plus grand malheur d’ailleurs. Mais l’idée de pouvoir se faire un ami voyageur lui plaisait, alors pourquoi pas ? Si de ça pouvait découler quelque chose de bon pour le royaume, autant s’y essayer, sait on jamais :

« Je suis navré. Un voyageur du feu s’est introduit dans le royaume et s’est amusé à cramer plusieurs embarcations. J’étais sur sa piste, puis je t’ai trouvé avec cette main bizarre, désolé. A plus tard, et sans rancunes. »

Dan se contenta d’hocher la tête puis s’en alla, main valide dans la poche avant de se décomposer dans un nuage de fumée. Bien étrangement, les flammes parasites s’agitèrent follement quelques secondes avant qu’il n’ouvre les yeux sur le monde réel. Comprenant une fois réveillé dans quel merdier il se trouvait, il eut un peu de peine pour la créature aquatique qu’il avait combattue. Au finale, peut être aurait-il mieux valut qu’il l’achève lui-même. :

« As-tu eu le temps de parler avec lui ?

-Achèves moi, je préfère mourir que de répondre.

-Ca ne marche pas comme ça mon pote. »

Pyrax, avait croisé plusieurs créatures sans intérêts, maniant la boue, les écailles et autres armes dénué de sens. Sans bras droit, il parvint à progresser au sein de ce labyrinthe ennuyant en suivant la trace du feu chantant. Brûlant toutes formes de vie osant se dresser sur son chemin. Blasé par son manque de chance, il s’apprêtait à cesser la traque pour la journée lorsqu’un nouveau sauvage osa se jeter sur lui. Etant proche de l’endroit d’où provenait plutôt le signal du feu parasite. Le serviteur blessé se lança dans un interrogatoire des plus distrayants. Incendiant sans manière, les jambes de la créature, il s’acharna sur ses genoux jusqu’à ce que ces derniers fondent :

« Fermes là, et réponds moi. A quoi ressemblait-il ?

- Par pitié achevez-moi…

-Je t’achèverais rapidement si tu me dis tout ce que tu sais de ce voyageur. »

Il y eu un long moment de battement, qui se solda dans des aveux aussi troublants que larmoyants. Une fois informés par son précieux informateur, il fit un trou béant dans le ventre de sa victime. Partant pour un coin tranquille ou il patienterait une petite journée. Enfin, le bout de cette traque infernale, sans queue ni tête allait être clôturée. Pyrax espérait sincèrement que le défis serait de taille, plus il pourrait déployer ses talents, plus les chances de ce faire pardonner aux yeux de son seigneur seraient grande.
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MessageSujet: Re: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Dim 12 Avr 2015 - 2:40
La nuit suivante, Dan eut du mal à s’endormir. Voulait-il vraiment s’infliger de nouveau un tel supplice ? Pas vraiment, non, pourtant tout comme il ne décidait pas de se réveiller, il n’allait pas pouvoir rester éveillé éternellement. Ses yeux laissaient défiler les images gerbantes de son écran plat dénué de caractère. Il avait beau détester la télévision, quand il ne savait plus vers quoi ce tourner, il admettait apprécier cette forme de pause cérébrale. Des clips singesque, aux émissions complètement décalés, il y trouvait toujours son compte. Trois longues heures de lavage crânien plus tard, Dan s’effondra sur place, éteignant dans un ultime zappage le poste télévisé. Il s’évertua à penser à l’autre face de mérou, espérant que ce dernier ne se soit pas bêtement essayé à affronter ce monstre seul. Sinon, son dernier recours risquait d’être regrettablement douloureux.

Aline ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle avait beau retourner chaque fragment de mémoire, elle était incapable de mettre un visage net sur la silhouette indistincte de son sauveur.  Exaspérée par son impuissance, elle s’essaya à de la méditation. Musique détendue, encens parfumé, elle inspirait lentement en faisant le vide. A son niveau, elle devait assurée, ils n’étaient pas tous morts pour rien. Elle devait le retrouver, puis l’amener au royaume des chats. Quitte à lui briser tout les os chaque soir, elle ne pouvait pas faillir. Thibaut, Victor et Olivier ne s’étaient pas sacrifiés pour rien. Aline mettrait un terme définitif à l’existence de ce feu maudit, ainsi qu’au voyageur probablement responsable de ce fléau. Méditant sagement sur son lit depuis déjà prêt d’une heure, elle commença à retrouver le moment où elle aurait put distinguer correctement son visage. Ses muscles se détendirent, puis un bleu vif illumina son esprit, une impression étrange de bien être, ainsi que beaucoup de fatigue. Trois minutes plus tard, le puzzle était complet. Elle avait vue nettement son visage un bref instant, lorsque les flammes bleues s’étaient manifestées à l’intérieur du puits. Maintenant, restait plus qu’à trouver le sommeil…

Le destin les appelait l’un à l’autre depuis bien trop longtemps. Lorsque Dan apparut aux côtés du corps de Zeke, il ne put s’empêcher de hurler. Il le savait pourtant, il s’y était préparé. Mais rien n’y faisait, sans pouvoir verser la moindre larme, le voyageur sentait quelque chose se briser. Décidées à ne pas lui laisser le moindre répit, les âmes flamboyantes lui susurrèrent leurs impressions:

« Pourquoi ici ?

-Il nous attend…

-Nous sommes perdu par ta faute !

-Stupide voyageur de…

-Aidez-moi.

-Oui oui, fermons…

-Wooo….

- Aidez-moi à le tuer.

-Tes sérieux là ?

-Oui, j’ai besoin de vous, à moi seul je ne pourrais pas le battre c’est évident. Si on travaille ensemble, j’ai peut être un plan qui nous permettra de le vaincre. Mais pour ça …

-Tu nous demandes de collaborer, mais qu’est-ce qu’on y gagnerait hein ?

-Je pourrais vous céder la partie inférieure de mon bras.

-Vraiment ?

-Oui.

-Ahahahah !

-Il s’y croit vraiment lui, avec son pouvoir de sous zone à la con !

-Vous devez avoir une bonne raison de fuir ce type non ?

-Ouais…

-Oui, enfin tu sais c’est des histoires de famille.

-D'abords!

-Pour ce soir, mieux vaut collaborer et survivre ensemble. Vous n’êtes pas d’accords ? »

Les âmes se turent, elles le sentaient arriver, cet enfoiré ne cachait même pas sa présence tellement il était sûr de lui. Elles avaient besoin de ce voyageur, mais ce dernier pouvait-il vraiment les aider à ce débarrassé de leur poursuivant ? Le temps manquait, en plus il prétendait avoir un plan. Mais son niveau, sa puissance et ses réserves d’énergies étaient si maigres. Comment pouvaient-elles réellement être sûres de ne pas courir à leur propre perte ? Elles manquaient d’informations, à tel point que le feu chantant ce risqua à une question:

« Pourquoi tiens-tu tant à l’affronter ? Tu n’accordes pas d’importance à ta vie de voyageur ?

-Je sais ce que ça fais de ce faire traquer et je ne compte pas passer mon existence de voyageur à fuir sans arrêts.

-C’est  nul comme …mais passons, nous acceptons. Nous prenons le contrôle de la partie supérieure immédiatement si ça ne te dérange pas. Laisses toi aller. Mais fais gaffe ça risque de picoter un peu, racontes nous ton plan pendant ce temps, ça facilitera les choses.

-Géniale, alors …euh aiie !

-Allé, on a plus beaucoup de temps !

-Mais, ça fais mal…

-Tu réalises vraiment ce que c’est d’affronter une créature du royaume infernale ?

-Connard.

-Bon craches le morceau, tu me fatigues déjà. Et dépêches toi avant que nous ne changions  d’avis

Dix minutes plus tard, Pyrax voyait enfin le bout du tunnel, la fin des ennuis, le dernier virage avant la liberté. Il était tellement pressé d’en finir qu’il courait de toutes ses forces. Sautant de pierres en pierre s’il le fallait pour grappiller cinq ou dix secondes sur le chemin. Il s’était bien fais chier à tourner en rond sans rien faire, si ce n’est griller quelques larves humanoïdes de temps à autre, il n’y avait rien à faire ici. De l’eau, des tunnels, et des bouées, il n’en pouvait plus ! Alors forcément, quand son feu s’agita, il ne put contenir sa joie. Se précipitant, le bras ballant là où l’attendait bien sagement un sale gosse. L’impression que lui donna son adversaire, fut confuse, il se méfiait mais ne pouvait pas s’empêcher de lui trouver un on ne sait quoi de nul. C’est déçu, que le serviteur d’Asmodéheus soupira en faisant griller la paume de sa main gauche :

« Tu m’auras bien fais chier garçon ! Mais c’est terminé, rassures toi je … »

Ce n’est pas tant le fait, qu’une énorme main enflammée venait de se matérialiser qui le perturba. Ni même qu’ils ne le laissaient pas finir en l’attaquant avec. En revanche, voir les flammes de Boléro émaner du bras d’un voyageur encore conscient. Ce n’était pas réellement normale, ni prévisible d’ailleurs. Cherchant à reprendre le dessus psychologique, Pyrax lança un trait enflammé, exploser contre le nouvel aspect du feu chantant. Mais ce dernier se contenta d’absorber son attaque avant de se jeter sur lui. Se divisant en trois parties, les âmes flamboyantes cherchèrent à englober la créature. Pendant ce temps, alors que les deux entités enflammées luttaient dans un duel d’intensité bouillant. Dan avançait tranquillement, ajustant son angle d’attaque avec précision. Son œil laissait filer un fin trait émeraude, alors que sa main gauche matérialisait déjà une boule enflammée. Il la voulait plus grosse, plus forte, il devait reproduire ce trait sans faiblir. En un seul coup, si Boléro lui créait l’occasion attendue, le combat pouvait tourner en leur faveur.

Luttant contre Pyrax de toutes ses forces, le feu chantant ne put maintenir le rythme très longtemps. Malgré son handicape, son traqueur avait pu garder bien plus de forces en réserves que lui. Il savait parfaitement que son voyageur souffrait déjà beaucoup trop, n’étant pas issus du royaume infernal. Il lui était impossible, de ne pas ressentir la douleur du brasier qui consumait son avant bras. Il fallait que cette ordure offre l’ouverture désirée, ils devaient malgré toutes ces contraintes parvenir à le faire flancher, ne serait-ce qu’une petite seconde. Pyrax, quant à lui, après plusieurs instants perdus dans le brouillard ardent que formait Boléro. Expulsa une nuée de fines bulles de magma concentrés. Jaillissant de par et d’autres de son corps, une pluie incandescente martela les alentours. Traversant les flammes ardentes du feu chantant, certaines, fauchèrent les épaules et les cuisses de Dan. Leurs regards n’eurent pas le temps de se croiser, que les âmes flamboyantes hurlèrent au voyageur d’attaquer immédiatement. Le flanc au bras manquant de leur adversaire était exposé. Profitant douloureusement de la faille désirée, Dan projeta sans trop foirer plusieurs imitations de traits ardents.

Lors de leurs explications et de l’énonciation du plan de Dan. Ils se trouvèrent des divergences, mais aussi des points communs. La nature de leurs feux respectifs n’était pas si différente. Tout deux consumaient l’essence vitale de Dreamland. Combiner leurs flammes en les concentrant sur la zone la plus fragilisée de leur adversaire était la meilleure chose à faire. Le bras sectionné fut une très avantageuse surprise. Les trois feux s’affrontèrent dans une étrange danse que le feu chantant domina avec élégance. Les voix des âmes parasites parvinrent à atteindre Pyax Acculé trop de fois en si peu de temps, le serviteur décida de prendre du recul. Plusieurs chocs dégagés par l’échange de coups entre les deux entités de flammes eurent pour effet de propulser de grosses braises étincelantes dans les environs. Fermement motivés, le duo persista dans sa charge. Au détriment de la sagesse qui leur aurait conseillée d’imiter Pyrax dans sa retraite. Sans s’en rendre compte, Dan se retrouvait au dessus d’un sol rocheux rougeoyant. De nouveau perturbé par cet élément, le serviteur infernal ne comprit pas pourquoi la flaque de lave ne s’était pas encore matérialisée entièrement.

Le voyageur s’empressa de bondir aux abords de la rive, gardant son bras droit tendu vers l’ennemi. N’ayant pas le temps d’enlever ses chaussures, il dut encaisser, dansant sur place en évitant les zones rougeoyante, ses semelles étaient incandescentes, lui infligeant une abominable douleur aux pieds. Mais il devait tenir, il devait maintenir son désir de puissance. Pourquoi céder à la panique quand on pouvait riposter avec les mêmes armes que son adversaire ? Boléro s’évertuait à maintenir la pression, mais dut très vite se rendre à l’évidence. Il allait falloir plus de feux verts, la force de leur adversaire était hors du commun. Sous sa forme complète il aurait sûrement eut moins de mal, mais lié à ce simple voyageur il ne pouvait rien faire de plus qu’espérer l’affaiblir.

Ils le faisaient vraiment chier ces boulets, non seulement, le voyageur dégageait des flammes qui ne brûlaient pas, mais en plus, cet abruti de Boléro n’était rien d’autre qu’une plaie ambulante ! Ce n’était pas un puissant élémentaire du royaume infernal, mais juste une flamme collante qui ne cessait de s’agiter dans tout les sens tout le long de son corps. Deux nouveaux traits verts manquèrent de leur heurter, alors qu’il décidait finalement de prendre de la hauteur. Pliant les jambes avec force et rapidité, ni le feu chantant, ni Dan ne purent anticiper son mouvement. Bondissant à plus de six mètres de hauteur, Pyrax se déchaîna, envoyant plusieurs bulles de laves en fusion s’écraser contre eux.  Dan ne manqua pas de dextérité et put échapper à la mort par désintégration au prix de quelques hématomes. Les âmes flamboyantes s’évertuèrent à parer le plus de bulles possible en entrant violemment en collision contre elles. Le duel battait son plein, plongeant le champ de bataille dans un étrange brouillard de vapeur et de fumée.

Lorsque le serviteur du royaume infernal retrouva le sol, il se surprit à glisser un bref instant. C’est là qu’il s’expliqua l’intriguant phénomène des marres de laves incomplètes. Ces grottes aux abords d’une rivière étaient un véritable piège pour lui. L’humidité l’obligeait à maintenir une chaleur intense en toute circonstance. Mais si c’était un problème pour lui, ça l’était aussi pour eux. Agacé par les restes de flammes vertes gonflants le long de sa hanche, il les balaya d’un revers de main en soupirant. Ce combat était d’un chiant ! Préparant une nova comme il en avait le secret, il profita du nuage de vapeur qu’avait générer sa précédente attaque pour gagner le temps nécessaire à la préparation de sa technique. A une main c’était moins facile de concentrer le magma, l’affaire de quatre petites secondes au lieu de deux:

« Boléro, si tu tiens à la vie c’est maintenant! »

Alors que la nova était prête au lancement, le nuage de vapeur s’intensifia, laissant les deux autres perplexes. Boléro avait réduit sa taille, pour soulager le bras de Dan, mais ce dernier était au regret de lui apprendre qu’il ne pouvait plus produire de flammes vertes. Avant qu’ils ne puissent résumer plus longuement la situation, la voix de l’autre ordure raisonnait à leurs oreilles. Boléro reprit sa forme de main, s’élargissant en s’intensifiant au prix d’une atroce douleur. Dan préféra plonger dans l’eau, s’accrochant péniblement à la rive à l’aide de sa main droite. Ne pensant pas pouvoir survivre à un tel choc thermique sans cela. Lorsque Boléro entra en contacte avec la supernova, le contre coup fut tellement intense, que certaines bouées furent littéralement propulsées hors de la rivière quelques étages au dessus. La cavité dans laquelle les flammes se rencontraient, reflétaient désormais la couleur du granite incandescent, l’eau dans laquelle baignait Dan semblait même tiédir. Mais, ce qui lui faisait le plus mal était actuellement sa main droite qu’il sentait crépiter. Une impression aussi agréable que rafraîchissante.

Pyrax attendit que l’atmosphère refroidisse un peu, puis avança sans crainte dans la fumée, traversant le nouveau cratère qu’il venait de créer. L’eau du toboggan naturelle s’engouffra à l’intérieur, n’amenant ni cadavre, ni flamme dansante. Pourtant, il sentait encore la faible présence du voyageur. Il percevait aussi cette fine odeur de brûlé, si particulier. Ca lui en donnait presque l’eau à la bouche. Comment avaient-ils pu survivre ? Dans quel état était le gosse après un tel boum? Ces questions le faisaient étrangement sourire, alors que sa main générait une épaisse et volumineuse bulle de magma. Une fois les abords de la rive gagnée, il se baissa instinctivement, évitant une puissante gerbe de flammes. Le brouillard était encore dense, ils avaient raison d’en profiter. Mais, tout comme lui, ils ne pouvaient pas le repérer non plus. Sauf en ce fiant aux bruits.

Dan resta figé, n’osant plus bouger depuis leur nouvel échec, les flammes de Boléro avaient énormément réduis. A tels points que Dan se sentait presque soulagé, tellement son bras semblait pouvoir respirer. Malheureusement, lui, devait maîtriser son souffle, craignant à chaque instant que son cœur ne le trahisse. Il était terrifié, il savait que son adversaire était trop puissant, même affaiblit ce n’était pas suffisant. L’alliance formée avec Boléro allait sans doute prendre fin à l’instant ou il le sentirait faiblir, ce qui lui glaça d’avantage le sang. Embrouillé par le doute et la peur, il n’anticipa pas l’assaut de plusieurs fines bulles en fusions, qui perforèrent le bas de son bras et le centre de son épaule gauche :

« Tu pues le porc grillé à plein nez voyageur ! Ghihihi ! »

Il poussa un cri de douleur auquel Pyrax répondit par un rire et une bulle de magma bien juteuse. Ce n’était ni Boléro, ni l’eau qui l’empêchèrent de mener à bien son plan. Ce fut bien Dan, qui se voyait les parties souffrantes de ses bras recouvert par une épaisse couche de flammes azurées, foncer sans bruit les yeux écarquillés sur la créature infernale. La bulle de magma arracha bien son bras gauche, mais elle n’arrêta pas sa tentative désespérée de vivre. Surprenant Pyrax en étant encore vivant, il parvint à lui mettre un poing, cendreux, mais un poing quand même, dans la tronche. Bien sûr, Boléro fit un dernier effort en s’évertuant à brûler le plus longtemps possible les yeux de Pyrax.

Brièvement gêné par la fourberie du parasite, il était privé de sa proie, privé de pouvoir contempler son visage se désintégrer dans le regret et la honte. Lorsqu’il sentit, quelque chose tirer sur ses nattes, il s’indigna en se sentant projeter au loin. Alors qu’il comptait se ressaisir, ses coudes ne heurtèrent que le vide. Pyrax n’avait plus envie de jouer, car soudainement, il sentait son pouvoir s’évanouir avec lui au fond du fleuve alimentant le toboggan.

Non rassurez-vous, il était simplement tombé dans le cratère, pas de quoi s’éteindre... En revanche, il n’était effectivement plus capable d’utiliser son pouvoir dans l’immédiat. Du moins, pas à son plein potentiel. Mais ça, Dan n’en avait plus rien à foutre. Lorsque que le serviteur infernale refit surface en crachant un peu d’eau, il fut accueillit pas un magistral coup de pied dans le visage. Impressionné par la ténacité de ce voyageur, lorsqu’il se redressa une deuxième fois, le serviteur infernal généra autours de la berge qu’il abordait un petit champ de magma d’à peine deux mètres. Et cette fois si, il était bel et bien risqué d’y mettre les pieds.

Les flammes bleues de Dan s’en allèrent à leur tour, laissant place à l’épuisement et la peine. Son bras manquant lui faisait affreusement mal. Boléro avait généreusement cautérisé la plaie, mais ce n’était pas vraiment du luxe :

« Nous ne pourrons plus générer de flammes sans puiser d’avantage d’énergie.

- On lui en a prit pas mal là tu sais ? Il est presque vidé le petit.

-Quoi déjà ?

-On fait comment alors ? On le laisse en tête à tête avec l’autre?

-Rah… c’est bon ! Laissons-le-nous achever, c’est terminé.

-Hors de question…je ne veux pas mourir. Pas maintenant…pas avec vous… brûlez moi de toutes vos forces pendant dix secondes !

-Hein ? Tu plaisantes ? T’écoute ce qu’on dit ?

-Non, faîtes moi confiance !

-Ca a le mérite d’être claire, dix secondes les filles et pas une de plus ! »

Alors que Boléro se préparait à l’incendier doucement, Pyrax surgissait de nulle part, frappant Dan au ventre.  Le souffle coupé, quelques côtes sûrement abimées, voir carrément fendues l’espoir demeurait. Ca en plus des flammes qui lui rongeaient la peau, ne manquait plus qu’un soupçon de folie et il pourrait peut être le vaincre. Adroit, l’assassin infligea un coup de pied retourné en pleine face du voyageur, l’envoyant valser deux mètres plus loin :

« Restes à ta place…et bouffe moi ça ! Qu’est-ce que ça fait de perdre stupidement son bras ?! »

Cette sensation, ainsi que cette douleur lui rappelait quelque chose de floue et lointain. Alors que le sol sur lequel il était étendu commençait à rougeoyer, cuisant lentement sa peau et ses vêtements. Il se rappelait de cette étrange nuit à Kazinopolis, alors que Boléro tentait de le remotiver malgré le rire triomphale que déployait Pyrax. Il repensait à cette soirée, là bas aussi il s’était fait traiter comme un déchet et torturer par un sadique. Il avait mangé des coups de pieds dans le même genre, on l’avait traîné dans la boue comme une sale merde. Et il s’était juré de se venger, un jour il retournerait là bas et ferrait payer à toutes ces merdes leur affront. Mais avant ça, il allait devoir s’occuper de lui. Peur, doute, désespoir, il  perdait facilement de vue ce genre de concepts, lorsque une rage folle envahissait son cœur.

Alors qu’il s’apprêtait à l’achever avec une bulle de magma, le serviteur infernal sentit ses jambes se faire faucher. D’impressionnantes flammes blanches semblèrent exploser autours du voyageur qui était bien à l’origine de sa chute. Déboussolé une énième fois par cette vermine, les nerfs de Pyrax lâchèrent comme l’autre soir. Mais cette fois, ils ne lui laissèrent pas le temps de passer à l’offensive. Profitant de l’ouverture offerte par le fauchage, Dan s’arracha du sol, sacrifiant plusieurs pans de peau pour se jeter sur le visage de son ennemi. Sa vitesse ainsi que sa force ayant décuplées, le bras droit du berserk n’eut aucun mal atteindre son adversaire. La main cendreuse du voyageur plongea une première fois dans la mâchoire de la créature, lui fendant plusieurs dents contre la roche. La seconde, il visa la tempe et sembla réellement pour la première fois du duel, atteindre son but. Brièvement dans les vapes, Pyrax parvint à frapper Dan au visage. Ce dernier y laissa quelques dents et tourna aussi brièvement de l’œil sans pour autant chuter cette fois.

Alors que les flammes de la haine envahissaient son corps et son esprit. Les âmes flamboyantes elles furent agréablement surprit de pouvoir puiser dans cette nouvelle ressource. Alimentée par la rage de leur hôte, le feu chantant se déploya de nouveau, envoyant un puissant geyser concentré incendié le visage de la créature des rêves. Sortit de sa torpeur par l’agitation des flammes, Dan essaya de rapprocher sa main du visage de Pyrax, désirant maximiser les chances de l’achever. Mais ce dernier parvint à saisir son poignet à temps. La lutte fut éprouvante, mais Dan et les âmes se donnaient à fond dans ce qui pour eux était le dernier assaut. Privé d’autres solutions, ils progressèrent de quelques centimètres, concentrant le débit de flammes  sur le visage du serviteur enflammé, qui résistait en frappant le voyageur aux côtes à l’aide de ses genoux.

C’était fini, il n’y arrivait plus, les flammes, les voix elles l’appelaient. Elles lui disaient de ce détendre, de ne plus avoir peur de la mort. Il s’était bien battu, il avait le droit au repos. Il pouvait fermer les yeux maintenant. Pyrax était déjà libre lorsque la main enflammée du berserk s’empara de son visage et l’écrasa à plusieurs reprises contre le sol. Une fois le crâne littéralement fendus, le corps de la créature démoniaque commença à fondre, formant un cratère à l’endroit où il se trouvait. Emportant avec lui la main cendreuse et une partie du genou droit du voyageur qui s’écroula sur le côté en toussant. Il rampa de toutes ses forces vers la rive, encaissant sans flammes blanches ou bleu l’ignoble douleur. Cloques pétées, chaire calcinée, plaies cautérisées, cuir chevelus cramé, œil droit flingué. Ils allaient avoir plein de choses à raconter. Une fois aux abords de l’eau, il sentit ses forces l’abandonner, il n’y arriverait pas. Et de toute façon, au vue de son état, il était bien incapable de se maintenir à la surface plus de dix secondes. Cessant de ramper en haletant, le voyageur ferma les yeux, puis chercha simplement à survivre. Eloignant instinctivement, son moignon droit le plus loin possible de lui.

Gras-City.

Pas de chance pour Aline, malgré ses efforts et sa détermination elle semblait avoir une nuit de retard sur le voyageur mystère. Un quartier de Gras City avait bel et bien été cramé, mais cela n’était plus d’actualité. Les quelques riverains ayant survécut, dévisagèrent la voyageuse sans essayer de la provoquer. Encore perturbés par les récents incidents, elle ne pouvait vraiment leur en vouloir. Arpentant les rues sans chercher plus loin, elle se doutait vue l’état des ruines incendiés que le passage du voyageur datait d’une nuit au moins. N’ayant put aborder la moindre créature depuis son arrivée, elle abandonne sa quête provisoirement pour se promener. Autant laisser aller ce pauvre petit encore un peut. Elle avait le pressentiment que le roi des chats ne jouait pas franc jeu avec eux depuis le début. Pourquoi les séparer ? Quels intérêts avait-il à les envoyer patrouiller aux frontières du feu, alors qu’ils étaient probablement déjà en sur effectif là bas ?

Trois rues plus tard, elle trouva la réponse à sa question. Quatre Miaoussquetaires sortirent de l’ombre, deux dans son dos, un devant et l’autre au dessus. La confrontation fut rapide et sans équivoque. Les deux lames visant le dos firent mouches. Quand aux deux autres, celui du dessus se retrouva coupé dans son saut par un pilier de terre lui oblitérant les bourses. Tandis que l’autre se retrouva broyer dans une structure de terre avant de pouvoir la toucher. Sentant la vie s’évanouir autours d’elle, c’est sans plus de douleur qu’elle s’écroula sur la route. Les deux survivants se félicitèrent mutuellement dans une symétrie parfaite, puis s’en allèrent. Nettoyant leurs lames consciencieusement à coup de cape et de ronronnements, ils disparurent en riant.

Frontières Nord du royaume des chats et du feu, Salamia :
Pant et compagnie progressaient avec nonchalance. Diego et Chamalow sur deux nouvelles poules de courses, le major était obligé de porter Trashe qui dormait en boule sur son dos depuis déjà quatre heure. Les légendes urbaines prétendaient que le royaume du feu remplaçait le soleil, expliquant les reflets orangés dégagé à travers les moulins et les champs. Une sorte d’aurore éternelle, même si les plus pessimistes parlaient plutôt d’aube de la destruction. Désintéressé par les questions de définitions, le major préféra se concentrer sur la route. Pensant évasivement à leurs dernières journées de patrouille. Ils humaient l’air régulièrement, ayant récemment dû livrer bataille contre leurs propres congénères :

« Si c’est des insurgés, que veulent-ils prouver en nous tuant ?

-Peut être qu’ils ont plus de poissons?

-Pas bête.

-Non, arrêtez, stop. Qu’est-ce que j’ai dis tout à l’heure à propos des conversations inutiles ?

-Sérieusement ! Ca t’intrigue pas plus que ça toi ? »

Pas moyen d’oublier en si peu temps, ils avaient en effet été pris de court par une bande de chats errants. Mais ça arrivait de plus en plus souvent, surtout en période de crise comme le royaume traversait. Ils n’avaient pas subit de pertes, ou essuyer de lourdes blessures, mais se battre contre des créatures de son propre royaume lui déplaisait fortement. Surtout que certains d’entre eux avaient avant de mourir, mentionné les mots « mission »,  « échec » et « problèmes ». Ce qui laissait penser qu’ils faisaient parti d’un groupe bien plus organisé qu’ils ne l’avaient laissés paraître. Une autre légende urbaine du royaume des chats. Prétendait que le titre de chats errants n’était en fait qu’une couverture qu’utilisaient les services secrets du royaume. Malheureusement, ces chats étaient un peu trop faibles pour confirmer les soupçons qu’il portait.

Les champs se figèrent avec la mort du vent, alors qu’au loin se dessinait une cohorte de soldats. A leurs uniformes et bannières ils les surent issus du royaume félin. Un mauvais pressentiment lui serra le cœur, alors qu’il faisait descendre Trache de son dos. Le posant sur la monture de Diego sans rien dire, il laissa les trois compères délirer quelques minutes en observant la patrouille avancer :

« Qu’est-ce que tu fous encore ? Grouilles-toi !

-Allé Pant, on va demander aux copains ce qu’il se passe.

-Non, on rebrousse chemin. Maintenant.

-Quoi ? Mais tes complètements timbrés ?

-Hors de question que je me retape tout le chemin jusqu’à la capitale. Alors maintenant tu arrêtes tes conneries !

-On passera la nuit prêt d’une ferme, maintenant exécution on se repli et que ça saute ! »

Le ton insistant de Pant vint finalement à bout de la hardiesse des trois chats de combats, qui suivirent le major en grognant. Rebroussant à peine chemin, plusieurs flèches se dessinèrent dans le ciel, fendant l’air jusqu’aux quatre patrouilleurs isolés. Les pointes s’abattirent majoritairement sur le major, qui dans un hélant incontrôlé, recouvrit les trois lascars ainsi que leurs montures. Il y eu des larmes, des ordres et des hurlements pour clôturer sur des adieux déchirant. Immobilisé, il sentait toutes les pointes plantées le long de son dos creuser sa chaire au moindre mouvement. Dégoûté, Pant fit appel à ses dernières forces pour traîner sa carcasse plus loin. S’il pouvait gagner, ne serait que cinq petites secondes, son devoir serait rempli. Qu’est-ce qu’il se sentait con. Ne pas avoir comprit plus tôt l’évidence. Ils n’avaient jamais eu l’intention de partir à la recherche du voyageur mystère. Ces pourritures désiraient simplement éliminer tous les témoins de l’incident s’étant déroulé dans le Nord. Pourquoi avait-il été aussi naïf ? Le roi était-il vraiment mêlé à cela ? Lui qui paraissait si bon et si détaché de la bassesse. Enrageant ainsi encore dix longues minutes, lorsque les premiers lanciers l’encerclèrent, il les laissa faire, dévorés par le regret et la honte.



Le super toboggan.

Alors qu’il gisait, sur le sol refroidit des cavernes du toboggan naturel, Dan crut entendre quelque chose. S’efforçant de rester conscient, il chercha à l’aide de son œil valide une présence. Mis à part des reflets de lumières floues, ainsi qu’une vague impression de fumée se dissipant, rien n’était prêt de lui. Peu rassuré, il ne parvenait pas malgré l’inquiétude, à lever le moindre doigt. C’est à ce moment là qu’il se remémora la perte de son bras gauche, ainsi que la destruction de sa main droite.
L’autre enfoiré n’y était pas allé de main morte. Il ne pouvait pas se redresser, ni même forcer sur ses jambes.

Voguant doucement vers l’abandon total, le son se précisa. Une voix, une voix était en train de lui dire de fermer les yeux. Elles lui disaient qu’il s’était bien battu, que désormais la lutte était finit. Il pouvait le faire, il pouvait se battre et vaincre. La cour des grands lui ouvrait ses portes non ? Pourquoi se sentait-il soudainement si bien ? Les clapotis de l’eau l’apaisèrent, alors que les cris lointains de probable rêveurs raisonnaient joyeusement. Il ne pouvait plus rien sentir, si ce n’est l’odeur de sa propre chaire brûlée. Un miracle si ses poumons n’avaient pas étés touchés. La voix se faisait de plus en plus claire, elle le félicitait encore et encore ? Jusqu’à ce qu’une impression glacée ne recouvre son visage puis son buste en une fraction de secondes. Plusieurs créatures typées comme Zeke s’évertuaient à lui lancer des sauts d’eau sur la tronche, éteignant progressivement les fines flammes qui consumaient le bas de son vente et le haut de son crâne. La voix s’éteignit avec le feu, laissant le voyageur aux soins des créatures amphibies.

Elles avaient l’air sacrément remontés, deux d’entre eux prirent le voyageur par  le col puis le secouèrent en le baffant.  Ce dernier parvint péniblement à articuler qu’il avait mal, ce qui lui valut une nouvelle claque :

« Sais-tu où est la créature qui tas fais ça ? Pour la dernière fois réponds.

-Mort… »

A ce mot les visages se crispèrent, tous l’espéraient, à tel point que la situation semblait irréel. Perturbés, ils se concertèrent brièvement, convenant ensemble qu’ils surveilleraient le voyageur et le tueraient s’ils pouvaient prouver qu’il mentait avant son réveil.
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MessageSujet: Re: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Lun 13 Avr 2015 - 15:33
Firania, capitale du feu.

La salle du trône infernale n’avait pas subit pareil courroux depuis des lustres. Lorsqu’Asmodheus ressentit la disparition de la flamme de Pyrax, il crut devenir cinglé. Liés à ses sujets par l’âme, c’est loin de pleurer sa perte, qu’il enrageait de passer pour un bouffon sur le l’échiquier mondiale de Dreamland. Ses guerriers étaient censés être redoutable, pratiquement invincible. Comment avait-il put perdre la vie dans un royaume de seconde zone ? Les tables et les torches ne lui suffisaient plus. Sortant sur le balcon Sud de la salle, plusieurs serviteurs malchanceux trouvèrent la mort par désintégration. La rage du seigneur des flammes allait de nouveau déferler sur un royaume de seconde zone. Ses ministres et bras droits ne purent s’empêcher de désespérer, incapable de calmer d’une manière ou d’une autre leur souverain.

Alors qu’une supère nova d’un tout autre niveau et d’une bien plus grande envergure se matérialisait au sommet de la tour. Les portes de la salle du trône s’ouvrirent avec fracas, brisant la concentration du seigneur infernale. Sans se soucier des abrutis osant le déranger en pareil instants, il se contenta d’envoyer une intense gerbe de flammes consumer l’entrée. Mais avant qu’il ne lance son feu, une voix familière et inattendue l’interrompit :

« Maître, je vous en conjure maîtrisez-vous ! »

Les yeux de l’empereur infernal se posèrent dans ceux de l’odieuse petite raclure qui osait le conseiller sur sa conduite. Folley, une flamme molle, paresseuse et indigente apparaissant de temps à autre en conseillant les seigneurs infernaux depuis la nuit des temps. Personne, n’avait jamais désiré éliminer cet esprit errant. Il était à la fois un élément du décor, mais aussi un précieux conseiller ayant déjà fait ses preuves. Cette chose ne lui donnait pas envie de se défouler, ni même d’argumenter. Il désirait simplement qu’elle disparaisse le plus vite possible. Dissipant sa super nova en la laissant se répandre au gré du vent, les flammes royales reprirent machinalement leurs places au sein du royaume dans un mouvement étrangement résignés. Asmodheus n’allait pas aimer cette pause, il sentait déjà le mot le plus abominable engendré ici bas, se dessiner sur les lèvres incandescentes de son conseiller :

« De la diplomatie ! Apprenez à être plus concilient. Vous ne pouvez pas échappez à tous les principes de bases de la conduite, sans raisons. »

Lorsque Folley pressentit l’humeur sanguinaire de son seigneur, l’envie de lui faire la morale ainsi que son ton condescendant s’évanouirent dans un crépitement incertain. Se reportant sur une attitude moins formelle, mais tout de même aristocratique. La flamme molle soupira en bombant l’amas de flammes composant son torse. Flottant dans les airs, il commença à tournoyer très lentement autours d’Asmodheus. Il avait vue grandir ce beau et grand seigneur, il avait toujours eut cette fougue passionnée et inaltérable pour la domination. Quoi que puissent dire les autres, ce Firanien était l’un des plus puissants empereurs que le royaume portait :

« Je sais que la perte d’un membre du royaume n’est jamais chose aisé. Mais contenez-vous, personne n’osera remettre impunément vôtre suprématie en cause. Surtout pour une flamme si petite et défectueuse.


-Qu’importe, que me veux-tu ?

-J’apporte avec moi des nouvelles resplendissantes Ashmodheus. Non seulement, personne n’osera plus poser de questions à propos de cette affaire. Mais en plus, vos flammes emporteront avec elles plus d’un souci. J'ai conversé, avec divers représentants du royaume de la paresse dernièrement. En parlant avec eux, nous nous sommes trouvés de multiple point commun, tels que l'estime du confort, de la puissance. Ainsi que...

-Abrèges.

-Nous sommes je ne sais plus par quel aboutissements, arrivés à parler des voyageurs. Et ces seigneurs, m'ont parlés d'une affaire similaire à la nôtre. Une prétendue échappée de troll, ayant conduit à la dévastation d'un bar à détente très réputé. Nous sommes donc arrivés à la conclusion qu'il fallait faire quelque chose contre cette menace.

-En effet, ça serait bien, c'est exactement ce que j'allais faire en incinérant un putain de sous royaume situé plus loin vers le Sud Est.

-Contenez-vous, vôtre nova survolerait le royaume des chats, et ce n'est vraiment pas le momement de leur mettre la pression. Déjà qu'ils ont du mal à avaler la faiblesse de leur défense face à l'échappée du feu chantant. Enfin, bref permettez-moi, de vous empruntez Esteban et Floche.

-Non.

-Seigneur ! Je ne vous parle pas d’une simple affaire de règlement de compte. Mais bien d’une destruction chirurgicale à grande échelle ! Détendez-vous, laissez moi vous expliquez…

-Je te cède Sam.

-Sam ?

-Oui Sam.

-Qui est-il ?

-Un nouveau à qui j’ai récemment accordé le titre de lame infernale. Il porte en lui, un potentiel … original. Formes le, puis utilises le pour servir tes fins comme un grand. Je te donne carte blanche, mais attention. Ne me déçois pas.

-Bien seigneur Ashmodeus. »

Il terminait sur ce nom qui en faisait trembler plus d’un, se dissipant lentement, dans le décor qui l’assimilait. Frustré, le seigneur se résigna à bombarder le royaume voisin. Cette larve lui en avait coupée l’envie, lui faisant confiance pour le reste des manipulations. Il retourna vaquer à ses occupations, grommelant contre son entourage et sa situation. Il n’appréciait pas tellement ce genre d’entreprise individuelle. Quelque chose semblait lui échapper, malgré les multiples points positifs avancés par son serviteur. La capture sécurisée de Boléro, l’extermination d’un groupe de voyageur gênant, ainsi que l’élimination méthodique des témoins du royaume félin lui faisait bien plaisir. Ca faisait un peu capricieux, mais il désirait absolument étouffer cette affaire au plus vite. Là ou ses serviteurs ne voyaient qu'un évadé incommodant. Lui voyait l'un de ses meilleurs atouts disparaître à des lieux de son royaume. Ca puait le complot à plein nez, quelque chose n’allait pas. Cette ordure de Folley oubliait de lui préciser plein de choses, c’était à la fois intriguant et inquiétant. Qu’est-ce qu’une flamme sans ambition pouvait-elle bien vouloir faire à ce point ?  


Dan était resté plus d’une heure sous la douche ce matin là, il s’était réveillé, il avait réussit. Mais rien de glorieux, ni de prestigieux ne l’enivraient. Au contraire, il tremblait inconsciemment, comprimant son poignet droit machinalement en serrant les dents. Sans être réellement terrifié, quelque chose l’avait profondément choqué. Un sentiment insoutenable, mêlant peine et honte, une sensation comparable au premier rendez-vous chez un dentiste sans anesthésiants. Après s’être séché mollement, son regard croisa celui de l’idiot d’en face. Des cernes creuses, un teint cadavérique, même l’eau et les savons ne parvenaient pas à lui donner bonne mine. Il n’avait pas consacré beaucoup de temps à lui-même ses derniers mois, quelle merde ces miroirs. Il débranchait son cerveau au Fast-food, rentrait chez lui dès qu’il le pouvait. Puis se contentait de parasiter la maison de son père, se facilitant mutuellement la tâche en s’esquivant la vie était simple. Il ne s’en était pas encore remis, même après huit mois, il continuait de siphonner les bouteilles en pleurant de vingt trois heure trente à une heure vingt du matin. A vrai dire, il ne l’avait pas vue tant de fois le faire que ça, mais les cadavres de bouteilles ornant son bureau, étaient malheureusement éloquentes.

Loin de lui en vouloir, Dan ne savait simplement plus comment l’aider, ni que faire pour le sauver. Sans prétendre que c’était génétique, il comprenait cette forme de carence en volonté. Lui aussi avait l’impression de traverser des similis dépressions de branleurs, mais ça s’évanouissait toujours lorsque il s’endormait désormais. Alors la douleur ne durait pas, c’était le plus important pour lui et la vie continuait doucement. A mort les grandes sphères réelles, il deviendrait quelqu’un d’autre ailleurs. Avec des gens moins chiants, une vie plus sympa, des aventures délirantes et un rendez-vous qu’il avait complètement zappé. Il était en train de lire le message de Corey, confirmant qu’ils formaient tout les deux un bon duo. Malgré la menace supplémentaire que représentait cette créature, un calme soudain et apaisant relaxa Dan. Après s’être frotté à tant de monstres en moins d’un mois, ce n’était pas un gland du royaume des pommés qui allait l’emmerder longtemps :

« On se kpte un de ces quatre?
Histoire de régler ça ! jme couche
vers 23h, j dvré
Dormir vers 00h
Ca t’irait Lundi ? »

Royaume des chats, Nord Ouest.

Les lames filaient les unes contre les autres, fendant chaire et os ils se battaient tout le trois pour leur vie. Fêlant de toutes leurs forces, ils veillaient les uns sur les autres dans une coordination effroyablement parfaite. Les corps des soldats du royaume tombaient les uns après les autres, certains en sanglots, d’autres simplement résignés. Les vastes champs dorés du royaume furent préservés, Diego, Trache et Chamalow s’étaient préférés pour ultime demeure, une petite forêt méconnue du royaume. Là avait commencé la plus audacieuse embuscade, jamais tendus par trois minets désespérés.

Non loin des comploteurs, fusaient cinq éclaireurs mains sur la garde de leurs épées. Ayant pour habitude de garder mutuellement un œil les uns sur les autres, la forêt fut dans un premier temps, un contre temps auquel l’ennemi ne leur laissa pas le temps de s’accoutumer. A peine, se séparaient-ils, qu’un hurlement de douleur fendit les bois. Oiseaux et rats s’en allèrent, laissant les éclaireurs prendre les devants, se qu’ils découvrirent deux minutes de course plus loin, les coupa dans leur hélant. Etait étendu devant eux, l’un des trois chats, capuche sur le visage, il se tenait la patte en gémissant. Une vague trainée de sang était répandue sur le sol. Le minet leur lança un regard méprisant, les larmes aux yeux il se refusait à mourir ici :

« Bah ouais, elle est belle vôtre mission ! Eux et moi étions les meilleurs amis. On a tout fait ensemble putain ! Et juste parce qu’on a obéit à nôtre sens du devoir on devrait crever pour le royaume ? Arrêtez de déconner putain… j’ai neuf ans ! Ils m’ont tranchés la jambe pour que je vous retarde, putain… On a toujours…enfin je veux dire ils n’auraient jamais osés. Pas après que… ca fais trois "putain" les gars, qu'est-ce que vous fouttez ! »

Bouleversés par une scène aussi soudaine et anormale, les éclaireurs regroupés furent ébranlés par les deux montures des chats embusqués qui déboulèrent dans leurs dos. Les talents de Trache pour l’embrouille et la monopolisation de la parole prenaient enfin une tournure utile. Mais voilà, même après avoir péniblement réussit à se débarrasser des cinq premiers exécuteurs. Le plus dur restait à venir. Essuyant le sang de rat qu’il cachait sous sa patte, le troisième minet ramassa l’une des lames de l’un des vaincus :

« J’aime bien.

-Arrêtes, elle doit retourner à sa famille.

- Fous-lui la paix Chamalow, tu crois qu’elle vient d’où ton armure ? Bougez-vous les gars ! On n’a pas encore prouvé qu’on mérite de rester en vie. »

La stratégie changeait, elle consisterait désormais à pousser le reste de la garde à s’éparpiller dans les bois. Les bois ressemblaient aux forêts de leur enfance, dégageant une certaine mélancolie qu’ils ne surent s’expliquer. La bataille risquait de durer plusieurs jours. Mais désormais, eux aussi allaient pouvoir s’amuser à piéger les autres. Qu’importe le nombre, les bois étaient grands, ils les perdraient encore et toujours jusqu’à ce qu’ils abandonnent où disparaissent tous.

Reprenant sa monture par l’encolure, Diego observait les environs, discutant avec les autres pour élaborer le reste du plan. Ils purent se terrer dans des terriers perdus entre les racines, ce nourrissant maigrement avec les restes de rations pratiquement épuisés, et les rongeurs malchanceux. Les combats se succédaient à un rythme soutenue, mais ce n’était plus leur bravoure, ni leurs idéaux qui les poussaient à ça. Ils voulaient vivre ou plus exactement, ne pas arrêter de vivre, bien que ça soit un peu trop tard pour eux. Ils ne voulaient plus mourir. Leurs deux montures périrent dans la dernière embuscade de la troisième nuit, n’ayant pu briser les lances à temps, les deux nouveaux poulets de courses s’étaient retrouvés embrochés.

Les trois chatons découpèrent ce qu’ils purent sur les bêtes, puis continuèrent leur cavale. Ils dormaient peu, tuaient beaucoup et se battaient sans relâche. Les blessures cicatrisaient, les armes se remplaçaient et les camarades survivaient. Leurs moustaches vibraient frénétiquement, l’ennemi se regroupait, ils ne parvenaient pas à les distancer. Si leurs estimations s’avéraient juste, ils ne devaient pas être plus d’une vingtaine encore en vie.

Matthew était un capitaine exigeant, un grand chat, au buste disproportionné par l’égo et les exercices militaire. Bouillant sous son armure, ses yeux jaune pâle se promenaient d’arbre en arbre. Si les informations ne le trompaient pas, ses forces devaient en ce moment même cerner les trois hors la loi. Incriminé pour trahison, la sentence était bien évidement la mort, surtout après avoir perdu autant de chats. Le score était actuellement de treize à un en faveur des brigands. Mais c’était fini, ils allaient enfin pouvoir rentrer chez eux, consacrer du temps aux gens qu’ils aimaient puis tout rentrerait dans l’ordre. Les nobles le décoreraient peut être avec un peu de chance et quelques révérences bien dosées. La garde de Salamia devait rentrer victorieuse. Les premiers bruits de lames éclatèrent quelques instants plus tard, les chats hurlaient et semblaient se battre avec hargne. Les archers se déployèrent sur le flanc Est, puis avancèrent en trottant. Progressant entre les branches et les fourrés, ils ne distinguaient pas encore les cibles.

Trache observait la progression des gardes sur le flanc Est, immobile au sommet de l’arbre idéale, son épée était prête à fendre l’air. Chamalow et Diego semblaient avoir un peu plus de mal à maîtriser ces soldats. Refusant de céder à la pression, Trache inspira longuement, en remuant son arrière train, toujours embusqué, ses yeux pétillaient de malice. Laissant les archers, déclencher les pièges de fumées disposés machiavéliquement par ses soins. Ils s’empêtrèrent dans un épais brouillard. Trache lui parvenait à distinguer leur silhouette se distinguer, d’un archer à l’autre, il sentit le défi prendre de l’ampleur. Lorsque l’occasion s’offrait enfin, il se laissa tomber puis exécuta un archer inattentif. Son collègue entendit le son net de la lame découpant la chaire, l’obligeant à ranger son arc pour tirer sa dague. Alerté par ce geste, le chat en capuche se jeta sur lui, venant à bout de l’archer sans difficulté en perçant sa gorge.

De leur côté, les deux autres s’évertuaient à faire chuter les soldats. Utilisant le terrain qu’ils avaient préalablement préparé pour une bataille, qu’ils savaient ne pouvoir éternellement éviter. Trous, surface piégés, émincés de bois fins soufflés dans les yeux et bien d’autres ruses pimentèrent la bataille.  Mais plus les gardes se succédaient, plus les blessures fendaient leurs bras et leurs jambes, les obligeant à reculer en usant toujours plus de tour de passe, pour réduire l’impacte du surnombre.


Lorsque les premières bouffées de fumées vinrent englober l’Est de leur position, les deux soldats se regardèrent. Ni l’un ni l’autre ne désiraient savoir comment Trache avait pu prévoir ça, mais ils orientèrent leur repli stratégique de ce côté. Chamalow, malgré sa grande gueule, savait se battre. La garde de Salamia, aussi prometteuse soit-elle, était loin d’être dû même niveau que celle de la capitale. Il était content, même fier d’avoir rencontré le Major Pant. Il était le seul à leur avoir tendu la patte alors qu’ils n’étaient même pas réellement dans le besoin. Le seul à les accepter, les inclure dans les formations qu’il donnait aux recrues de la capitale, sans faire de chichi. Sans s’inquiéter de ce qu’ils étaient vraiment. Et là, ces connards, ils se ramenaient puis ils le tuaient, comme ça. Son épée arracha une gorge, alors que son poing s’enfonçait dans la tronche d’un autre désarmé par Diego, qui ne manqua pas de l’achever avec adresse.

Trache continuait de progresser dans la fumée, décimant la petite compagnie d’archer sans leur laisser le temps de se regrouper. Il avait bel et bien attendu qu’ils le dépassent tous, pour les rattraper les uns après les autres. Quelques flèches fusèrent, certaines le frôlèrent lui arrachant des cris de surprises qui manquèrent de lui couter la vie. La bataille poursuivit son court sous l’œil soucieux du capitaine à la crinière bien lissée. Salamia n’allait pas vraiment pouvoir se distinguer après tout. Ses chats tombaient les uns après les autres, ils n’étaient approximativement plus qu’une dizaine, sans compter les quelques archers qui se battaient dans les pièges de fumées qui se déclenchaient successivement. Jusqu’à ce que :

« Capitaine ! Je viens du front, ils ne sont pas comme nous !

-Vous avez abandonné vôtre poste.

-Je viens de la part du lieutenant Shalomon, on a beau les transpercer, voir même les frapper ils ne meurent pas.

-Quoi ? Mais de qui parlez-vous ?

-Des traitres Capitaine ! Sonnez la retraite, nous ne pouvons pas les vaincre. Ils sont immortels.

-Soldats, tuez ce chat, il me dégoûte, vous autres, avec moi !

-Non ! N’y allez pas, je vous en supplie ne me tuez pas vous allez … »

La bataille poursuivait son court, laissant les lâches en manque d’imagination pour chômer, ce faire décapiter. Les ordres étaient clairs, ils devaient éliminer tout individu mêlés aux récentes affaires d’incendies, pour incompétences, lâchetés et trahison. Ces trois là correspondaient, tout comme le major Pant, qui l’avait un peu déçu d’ailleurs. On lui avait conseillé de se méfier de lui, mais son élimination fut de loin la plus facile et la moins couteuse. Alors que Matthews et sa suite armée progressait griffes et lames en avant, Chamalow et Diego achevaient les derniers miliciens qui ne s’étaient pas enfuis. Le capitaine, fier et sans peur s’élança à l’assaut des deux crapules. Ces dernières s’armèrent de courage, puis se lancèrent dans un bref deux contre uns qui leur indiquèrent clairement à quel point le rythme de la bataille venait de changer. Heureusement, Trache ne tarda pas à refaire surface, engageant une lutte armée contre les gardes du capitaine. Chamalow ne tarda pas à le rejoindre, laissant Diego distraire Matthews dans un duel éprouvant. L’un jouait sur son physique imposant, alors que l’autre se reposait sur son incroyable agilité.

L’escarmouche dura un peu moins de cinq minute, lorsque le capitaine décapita Diego, Chamalow et Trache entamaient à peine leur troisième garde du corps, sur quatre ce n’était pas bon du tout. Matthews se redressa, essoufflé il se reposa sur la garde de sa lame en regardant le corps du bonhomme qu’il venait de vaincre. C’était ridicule, pourquoi le royaume cherchait-il à ce débarrassé d’eux ? Ils avaient tant de potentiel, tant d’opportunités dans l’armée en une période aussi sombre.

Sa pensée s’arrêta net, lorsqu’un énorme pavé lui enfonça les moustaches jusqu'aux hanches. Une furie débarquait, les veines frontales aussi gonflées que sa poitrine, Aline parvint à repousser les derniers gardes, pieds et poings armés. Son souffle était haletant, son regard livide et sa peau d’une pâleur moite. L’odeur du sang, mêlé à la sueur et la fange générés par les champs de bataille la reboutait. Lui arrachant une série de déglutis incontrôlable, elle commençait déjà à râler, déblatérant à tord et à travers qu’elle avait toujours préférée les hamsters. Trache comme Chamalow étaient étonnés de la trouver ici. A tel point qu’ils ne savaient plus trop quoi dire, ils ne comprenaient pas tellement ce qu’il venait de ce passer. Elle était en larmes, et n’arrêtait pas de gémir en titubant à côté de Diego, depuis cinq minutes maintenant, lorsqu’enfin, Trache parvint à articuler :

« Aline ?

-Quoi ?!

-Tu as bues la fiole qu’on ta donné ? »

Un silence tout aussi pesant que celui d’une bataille achevée s’installa, les regards se fuyaient avec les paroles. Les deux chatons sautillèrent jusqu’à elle pour s’emparer de la tête de Diego. Sa langue pendait et ses yeux étaient dénués d’émotions, il n’avait pas eu l’air aussi grotesque depuis des décennies :

« Donc ils ont aussi essayés de se débarrasser de toi hein ?

-Qu’est-il arrivé à Pant ? Pourquoi n'est-il pas avec vous?

-On, n’a jamais osé lui en donner. De peur d’avoir à justifier la provenance de cette chose. On voulait pas en rajouter sur sa conscience. Pour ce qui est de la fiole, le produit qu'elle contenait, ne marche qu'une fois sur les voyageurs. Alors n’imagine même pas nous en redemander.

-Ce n’est pas le moment pour ça, nos amis sont en train de tous se faire décimer et ça ne vous fais rien ?

-Chut, regarde. »

Chamalow repositionnait correctement la tête du soupçonné traître en suivant la courbe de sa nuque, puis il laissa le métabolisme réagir. Un étrange filet de bulles mauves consolida le tout, reliant sa tête au reste de son corps. En quelques instants Diego toussa, se roulant parterre en tremblant, alors que le phénomène poursuivait son court. Aline stupéfaite sécha ses larmes puis amena le pauvre mort vivant contre elle, le serrant de toutes ses forces soulagées par cette nouvelle réconfortante. Une fois apaisée, ils échangèrent leurs informations, faisant un deuil commun à Pant avant de reprendre le business. Ils avaient leurs têtes mise à prix, un voyageur mystère à retrouver, mais surtout peu de temps devant eux :

« Vous n’êtes plus des chats depuis quand ?

-Comment ça ? On vient de te dire qu’on n’a jamais été des chats !

-Mais vos corps…

-Merde, fais un effort Aline !

-Je vous l’avais bien dis, ça ne sert à rien les mecs. On lui expliquerait que chamalok à boukolom papo, ça serait la même. Elle ne peut pas nous comprendre, lorsque l’on parle de ça. Avançons. »

Métro.

Pendant ce temps, dans le nouveau quartier général du Wandsworth Unit implanté dans les tréfonds du métro de Dreamland. Walter Brownswick était hilare. Non seulement le recrutement ce passait bien, mais les missions affluaient. Sa secrétaire croulait sous les missives, les quêtes et les appels à l’aide, triant avec un groupe de détenu les offres intéressantes. Il fallait que ça paye, artefacts, mains d’œuvres, Evs, mais surtout pas de charité et de titres à la con que désiraient monnayer les plus mauvais seigneurs. Son entreprise marchait bien, sa combine allait d’ici sous peu lui donner l’opportunité de former son fameux royaume indépendant. Son îlot paradisiaque, où ni créatures ni voyageurs errants ne pourraient pénétrer sans son approbation. Walter, siégeait depuis maintenant plus d’une heure dans son bureau, savourant un délicieux cigare offert par le chef d’une tribu de Weedland. Sa satisfaction ne provenait pas tant du cigare, ni de l’intention. Une requête bien plus alléchante avait réveillé son désir d’extension. Une lettre signée par le royaume des flammes et celui de la paresse. Un messager vêtu de bleu au regard acéré lui avait délivré l’ordre de mission. Il avait bien expliqué les enjeux de l’entreprise, ainsi que l’importance de piéger ces deux voyageurs vivants.

Sélène, sa secrétaire universel semblait déjà avoir rencontré les deux voyageurs. Les portraits dessinés sur place par le messager étaient plus qu’explicite. Il avait du talent mine de rien. Deux semi adultes en pleine crise, elle se rappelait les avoir fait combattre dans le métro. Une amusante expérience, elle savait déjà qui envoyer. La laissant lui conseiller deux bons hommes de mains, il rechigna à l’idée de gaspiller Wayne et Robert dans une mission aussi simple. Sa secrétaire lui rappela qu’il valait mieux miser sur de bons éléments qui connaissaient leur métier. Mais le directeur de prison eu un rire sarcastique des plus grotesques :

« J’ai bien envie de voir ce que valent nos derniers formés. Laissons leurs une chance de se distinguer.

-Bien monsieur Wandsworth, j’enverrais  le nouveau peloton.

-Faisons ça, cinq combattants entraînés contre deux boulets en promenade, ça devrait aller.

-Nikolaï est un bon élément, mais je crains qu’il ne soit un peu … excessif.

-C’est justement ce qui fait son charme, un chef qui tient ses hommes d’une main de fer ne peut que nous être utile non ?

-Nous verrons bien, la mission devrait être réglée d’ici quelques nuits, une semaine au plus tard. Le temps qu’ils se préparent et les piègent.

-Très bien…

-Pour ce qui est de leur seconde requête ?

-A propos de la livraison ? Ne vous en faîtes pas, qu’est-ce que des royaumes comme eux, peuvent bien avoir à faire de voyageurs comme nous ? Ils nous demandent un service, nous le leur rendons, ils nous remercient, puis nous payent. Comme d’habitude. »

Passant au reste de leurs affaires, ils partirent ensuite observer les voyageurs s’entraîner ou ranger le vaste entrepôt sous-terrain. Tous en uniformes, ils n’avaient rien à envier aux groupuscules militaire du monde réel. Ce qui convenait parfaitement à Walter.
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Dan Sorro
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MessageSujet: Re: Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0) Lun 13 Avr 2015 - 22:04
Deux soirs plus tard, Dan errait de ruines en ruines, lorgnant avec dédain sur le désastre généré part la bataille qu’avait livré le feu chantant contre cinq voyageurs. Boléro ne s’agitait pas, restant étrangement silencieux, c’est tout comme son hôte qu’il craignait le pire. Malgré ses doutes, l’envie de voir dans quel état se trouvaient les lieux le hantait. Le ciel était dégagé, le vent portait une vague odeur de graillon froid, soulevant les dernières cendres d’un amas de toits et de murs étalés non loin. Les âmes n’eurent aucune réaction, pas de railleries ni même d’autosatisfaction. Seul le bruit sourd, des pas soulevant les miettes consumés du village, accompagnait son chemin. Il se revoyait, arpenter les flancs de la bourgade, puis redescendre progressivement en laissant le feu combattre les voyageurs. Observant la bataille depuis divers cachettes trouvées progressivement, il avait lui aussi contribué à l’échec de Boléro. Malheureusement, la population locale ne semblait pas être sur le point de revenir si tôt.

Ses jambes le portèrent prêt d’une auberge fendue en deux au sein de son enceinte. Tables brisées, chaises en morceaux et autres images témoins du désastre décoraient les lieux. Le bras de Dan était désormais rongé jusqu’au coude. Son combat contre Pyrax l’avait contraint à céder une partie de son corps au parasite infernal. A sa grande surprise, la douleur ne s’était pas accentuée. Sans aller jusqu’à se sentir bien, cette sensation devenait presque anodine. Enfin, il n’avait pas trop de mal à gérer cette douleur lancinante. Comme si son corps se remémorait, à chaque braise consumée, toutes les luttes et épreuves qu’il avait traversées. Très loin des résultats qu’apportait la morphine, c’était suffisant pour qu’il n’ait pas à se traîner en larmoyant d’un royaume à l’autre.

En se remémorant son récent affrontement, plusieurs frissons démesurés le secouèrent. Il arriva non loin de ce qui fut autre fois un simple village perdu aux pieds des monts miaulant.   Une main dans la poche, l’autre battant l’air, son dos ne put que se raidir lorsque il entendit Boléro lui susurrer de fuir. Plusieurs créatures, dont une d’un haut niveau approchaient. Rien ne prouvait qu’ils viennent pour eux, mais le danger ne cessait pas de planer pour autant. Commençant à trotter il interrogea le parasite. Ce dernier prit un malin plaisir à prendre son temps, évaluant au pif entre quatre ou cinq personnes. Trop nombreux pour être gérés seuls, ce qui encourageait Dan à presser le pas.

Avant qu’il ne puisse franchir un ancien carrefour, une dague se planta un à un mètre de ses pieds. Coupé dans son élan, ses mains allèrent instinctivement protéger son visage, laissant aux coudes le soin de couvrir ses flancs. Plusieurs pulsions plus tard, alors que la pression gagnait en ampleur, le voyageur s’essaya à demander s’il y avait quelqu’un. Les âmes enflammées s’empressèrent de l’incendier au sens figuré du terme. Sans les laisser se mettre d’accords, trois petites silhouettes sortirent simultanément des débris.  Trois chats, des vagabonds à première vue. Ils n’avaient pas l’air si terrible que ça, de plus ils étaient moins que prévu. Boléro chercha à le dissuader, confirmant que ces présences étaient belles et bien celles qu’il avait perçut, les âmes incandescente incitaient vulgairement le voyageur à s’en aller, tant qu’il en était encore temps :

« Alors, c’est lui hein ? Il n’a pas l’air bien féroce ton voyageur mystère.

-J’avoue, pour le coup je suis déçu. Sans offenses bien sûr, mais il manque clairement de charisme !

-C’est vrai que quelques muscles en plus n’auraient pas été de trop pour le coup. M’enfin, autant se rendre à l’évidence. Son bras ne trompe personne.

-Qu’est-ce que vous me voulez ?

-Nous, rien. Elle en revanche ! »

Alors que sa griffe pointait quelqu’un dans le dos du voyageur, une puissante emprise piégea Dan. Une camisole de pierres et de débris en tout genre venait de se refermer sur lui. Ne laissant que son visage emmerdé à l’air libre, il ne put se retourner pour insulter cordialement la contrôleuse de roches. C’était la deuxième fois que cette peste l’attaquait lâchement sans raisons. D’ailleurs, il espérait que cela soit réellement elle, sinon la situation risquait de devenir critique. Les trois minets se rapprochèrent sans essayer de dissimuler la moindre malice. Moustaches frétillantes, sourires satisfait, accompagné par un petit mouvement de va et vient que simulaient leurs queues. Lorsque la silhouette de son agresseur, se glissa doucement entre les trois compères. Il sentit son regard insoutenable piétiner le siens, alors qu’ils continuaient de discuter entre eux :

« C’est peut être lui… son air me dis quelque chose.

-Allé Aline, dis nous que ce n’est pas lui, on s’est un peu emballé on le relâche puis cassos vers le Sud ! Puis cette odeur de cochon grillé ça m’empêche de réfléchir sereinement.

-Tu oublis l’état de son bras…

-Ouais, bon !

-Qu’est-ce qu’il fout ici d’ailleurs ? C’est un peu con de revenir sur les lieux du crime…

-Un vrai cliché ambulant.

-C’est peut être un amoureux des paysages en cendres ?

- Non, il n’a pas la tête du poète maudit.

-Incompris.

-Disparut !

-Fermez-là.»

Joignant leurs yeux perçants mais adorable à ceux d’Aline, ils l’interrogèrent longuement du regard sans jamais oser lui adresser la parole. Il pouvait bien se débattre comme il voulait, l’emprise était trop forte. Chaque coup était sanctionné par une augmentation lente mais assurée de la pression. Loin d’être incommodé par les débris eux même, son bras droit d’entait minutieusement le haut de sa cuisse, ainsi que ses hanches. D'épaisses gouttelettes salées perlèrent sur son front, trahissant l’incommodité de la situation, il se força à sourire en balbutiant péniblement :

« Relâchez-moi s’il vous plais.

-Cash !

-Bon on y va ?

-Je suis en train de brûler vif… s’il vous plaît…

-De quoi tu…

-Le porc grillé ! Merde, Aline libère le, vite !

-Quoi ?

-C’est lui l’odeur de viande fumée là.

-Il est à point ! »

Trashe se lécha les babines en imaginant un bon repas, puis laissa Aline qui toujours aussi sceptique, hésita quelques instants. Ce n’était pas logique, s’il était un pyrophobe les flammes ne devaient pas être en mesure de l’affecter. De plus, même si son teint rougissait à vue d’œil, son attitude lui semblait être beaucoup trop calme pour quelqu’un supposé être en train de brûler vif. Dans un sens, il était aussi prisonnier de sa camisole de roches qu’elle n’avait pas ménagée d’ailleurs. Plusieurs soupirs plus tard, elle laissa l’amas oppressant se désagréger, libérant Dan dans un râle de joie incontrôlé. Levant son bras possédé au loin, il s’effondra sur son postérieur pour reprendre son sang froid. Il avait mal, comme d’habitude il se frottait à des choses qui le dépassaient. N’ayant plus le droit de geindre, ni de réclamer pitié, le brûlé dut se faire violence pour se redresser en moins d’une minute.  Les flancs droits de ses habités étaient désormais carbonisés, une partie de sa chaire semblait marquée au fer rouge. Diego siffla en apercevant l’étendue des dégâts, alors qu’un poing rocheux se matérialisait déjà au dessus de Dan qui se contentait d’observer consciencieusement le brasier qu’était devenu son bras. Capturant le plus de fraicheur possible en s’en éloignant, il toussa brièvement :

« On l'achève ou ?

-Pourquoi ? Qu’est ce que je vous ai fais putain ? Vous êtes tous tarés ! Depuis huit jours, je ne sais pas ce qu’ont toutes les créatures de cet univers ont contre moi. Mais ça commence sincèrement à me faire chier !

-Putain, il en tient une couche…

-En même temps, si sa semaine a été aussi marrante que la nôtre.

-Qui es-tu ?

-Qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ? Je suis Dan ! Dan Sorro ! Voilà, enchanté et lui là, le truc qui me dévore le bas du bras depuis cinq nuits, c’est la saloperie qu’on a tous combattu ici même !

-Rah, c’est vraiment lui alors…

-Bah ouais, tu t’attendais à quoi ?

-Fermez-là.

-Qu’es-ce que tu veux ? Quel est ton objectif à la fin ? Pourquoi portes-tu cette chose si tu te battais contre elle ?

-Tu te fous de moi en plus ? C’est de ta faute je te rappel sombre pétasse ! Qui m’a expulsé hors du puits avec l’autre démon ? HEIN ? QUI ?»

Sans pression quelconque le poing se laissa tomber sur le voyageur, ce dernier manqua d’être assommé mais parvint à soutenir la pierre. Elle ne devait pas peser plus de vingt kilos, ce qui était étonnant vue la circonférence de la roche. De toute manière, c’est sans se faire d’illusion sur les intentions de la brune qu’il laissa le rocher tomber plus loin. Haletant en se frottant frénétiquement l’arrière du crâne, Dan remarqua qu’elle avait l’air choquée, comme les trois chats d’ailleurs. Chamalow dégaina son épée, puis la pointa en premier sous la gorge du voyageur qui se figea un instant trop tard pour pouvoir faire quelque chose. La pointe de la lame caressa le revers de son menton. Le bras du chat fut arrêté par Diego, qui bien que consterné se refusait à l’achever immédiatement :

« Bien, puisque c’est comme ça, va mourir tout seul dans ton coin. Je voulais te proposer d’aller venger mes camarades ensemble, mais je refuse de me battre aux côtés d’un mec aussi con. Tant pis, on y va les gars, Chamalow, laisses le on a rien à voir avec lui…

-Ok, mais toi, oui toi… je te préviens, si tu nous attires encore la moindre emmerdes. Ou pis encore, si je t’entends une fois de plus parler à dame Aline de cette manière. Je te découpe en rondelles, fines, que j’émincerais dans un bouillon d’herbes bien de chez nous. »

Retirant sa lame, ils s’en allèrent réconforter la belle de ce rustre. Complètement dépassé par le revirement de situation, Dan se laissa tomber dans les décombres, fermant les yeux en soupirant, bras droit posé sur une pierre. Corey n’allait pas pouvoir le joindre avant deux jours, une affaire de contrebandier ou quelque chose comme ça, avait été mentionné lors de leur conversation par SMS. Les galères ne se lassaient-elles jamais de pleuvoir toujours sur les mêmes perdants ? Le temps s’écoula lentement, Dan ne bougea pas, blasé d’être déjà à ce point blessé, il préféra rester ici.

Lorsque que le ciel prit une teinte plus orangée, quelque chose gratta la joue du voyageur. Allant machinalement chasser ce qu’il pensait être une araignée, sa main droite soulagea sa joue. Baladant ses doigts du menton à la tempe, il réalisa l’absurdité de son geste puis ouvrit les yeux en paniquant. A son grand soulagement, ni flammes ni voix ne vinrent l’emmerder. En revanche, il n’était pas pour autant réveiller, son bras portait un gant noir, ressemblant à celui des forgerons. Une matière sombre, enroulée dans des lanières de cuir très épaisses, qui englobaient la totalité de son bras. Sans pouvoir l’expliquer, la sensation de brûlure incessante avait désertée, comme si, il sentait moins de choses, si ce n’est une vague sensation de chaleur :

« C’est un simple catalyseur. Il devrait tenir quelques semaines, pas plus.

-Vous ?

-Héhé, rassues-toi j’étais simplement de passage, histoire de voir si il y avait quelques bricoles à ramasser. Puis je t’ai vue là, allongé dans les décombres, avec ces flammes sur le bras. Je n’ai pas réussis à éteindre le feu, alors je me suis débrouillé autrement.

-Vous avez essayé de l’éteindre avec quoi ?

-Passons, vous allez bien ?

-Bordel…

-Vous dormiez, je me suis dis que ça ne vous dérangerez pas. Puis j’ai trouvé ça injuste, je m’en doutais que pisser ne suffirait pas. Mais je voulais essayer, dans le doute, ce n’est pas commun une chose pareille !

-Rah, pourquoi, vous m’avez foutu ce machin là ? Elle est où l’arnaque ?

-C’est simplement pour me racheter.

-Ca restera sur moi chaque nuit ?

-Oui, mais attention, c’est fragile, ne tapez pas trop avec sinon ça pourrait céder.

- Alors reprenez-le.

-Quoi ?

-J’ai besoin de mes deux bras pour me battre, j’ai beaucoup trop d’ennui à l’horizon pour me permettre ça.

-Gardes le alors, et frappes avec si ça te chante ! Moi je m’en vais.

-Tss… c’est ça adieu, vieux con.

-Ne soyez pas si négatif, si un jour vous veniez à chercher un objet particulier. N’hésitez pas à venir me voir ! »

Le vieux chat l’ayant conseillé quelques jours plutôt disparaissait à l’horizon, comme la première fois. Ne pouvant contenir ses inlassables soupirs, le voyageur contempla son nouveau jouet. Ses yeux allèrent d’un bout à l’autre des décombres, la douleur rongeant son flanc s’était atténuée. Même si le paysage restait toujours aussi déprimant, une étrange sensation l’empêchait de se tenir tranquille. Des bruits de pas, ainsi qu’un souffle pressé l’interpella, il y avait beaucoup trop d’agitation dans ce coin censé être perdu. Ses mains se serrèrent, alors qu’il pivotait en direction du nuisible. Un homme habillé de noir courait vers lui, sa tenue lui était familière, mais son attitude ne lui laissa pas le temps d’y réfléchir d’avantage. Vraisemblablement paniqué, l’individu, freina sa course à quelques mètres de lui. Le souffle court, la sueur au front, ainsi que la joue ouverte, se grand brun aux yeux gris ne semblait pas à l’aise. Jaugeant Dan du regard, il poursuivit sa route en marchant, contournant le berserk en laissant quatre mètres entre eux. Le possédé arqua un sourcil, puis riva ses yeux sur ce qui suivait. Deux des chats étaient sur ses pas, lames sorties, ils semblèrent surprit de retrouver le voyageur blessé ici :

« Encore là toi ?

-Aides-moi, ils s’en sont prit à mon groupe sans raison !

-Who ! Attends deux secondes là.

-Il ment, ce mec et ses potes nous cherchaient. Et quand je dis nous, je t’inclue dedans petit.

-Comment ça ?

-Ne les écoute pas ! »

Diego bondissait déjà sur l’intru, lorsque Dan s’interposait en frappant le chat au menton. La créature onirique retomba lourdement plus loin, offrant à Max, l’opportunité de s’expliquer un peu plus longuement. Le regard du possédé était dénué de haine ou d’affection, ses yeux gardaient simplement un œil sur le voyageur drapé de noir. Ce dernier s’étrangla plusieurs fois sans pouvoir articuler. Donnant le temps au chat sonné de se redresser, Trache observait la scène sans bouger. Amusé par l’état de son ami, il était décidé à ne pas intervenir tout de suite :

« On est juste des chasseurs de primes en session de recrutement. On voulait trouver des voyageurs compétents, puisque la région semblait agiter dernièrement, on pensait en trouver ici.

-Ils nous ont déjà racontés ces conneries, son chef est en train de se la mettre avec mes amis. Il nous a montré un portrait dessiné de toi ! Avec une prime en E.V dessus. Ecoutes, depuis qu’on leur a dit qu’on te connaissait, ils nous ont pas lâchés, au bout d’un moment c’est partit en sucette et là ce gars est censé aller chercher du renfort.

-Ce n’est pas vrai, je…

-Bon. »

Dan inspirait lentement de longues bouffées d’air, entre coupé par un rire dénué de chaleur, son regard reflétait un désintérêt malsain. Sa main gantée se posa sur l’épaule du voyageur égaré. La pression fut progressivement de moins en moins amicale, allant jusqu’à arracher une moue incommodante au propriétaire des os que le berserk malmenait .Sa prise se resserra soudainement, amenant un violent crochet du gauche effleurer le menton de Max. Se dernier tituba un instant puis s’effondra non loin. Dan dut masser son poing un bref instant, avant d’approcher des deux autres chats.

Non loin, prêt d’une route déserte combattait Aline et Chamalow, contre Nikolaï et deux de ses hommes. Elric et Guts étaient des petites frappes ayant des relations aussi fumeuses que recommandable. Ratés sur tous les plans, les deux énergumènes issues des milieux les plus conviviaux de France peinaient à tenir la cadence.  Malgré l’invincibilité de leur chef, le chat restait trop rapide et la fille trop solide, pour leur pouvoirs. Les épines d’Elric ne touchaient pas, quant aux ceintures de Guts, aucunes d’entre elles ne parvenaient à entraver les mouvements de qui que ce soit. Nikolaï faisait d’une certaine manière face aux deux emmerdeurs seuls. Son pouvoir lié à la peur d’abîmer son corps « parfait », lui donnait la capacité de manifester un champ de force impénétrable, repoussant jusque là toutes les attaques effectuées par le duo improvisé. Profitant de la distance prise par ces derniers, le jeune chef en profita pour donner ses instructions :

« Bon, les mecs vous me gênez là, zonez autours et attendez l’ouverture pour frapper, je m’occuperais de les achever.

-Mais…

-Exécution ! »

Les deux voyageurs prirent encore de l’écart en se dispersant, approchant au trop les flancs de leur adversaire. Chamalow et Aline reprenaient leur souffle, cherchant l’erreur dans l’armure parfaite de leur adversaire. Les deux autres n’étaient réellement pas un souci, l’invocateur de ceinture ne pouvait pas en utiliser plus de deux en même temps, tendis que le faiseur d’épines étaient incapable d’en produire des plus grosses que ses ongles de petits doigts. La suite du plan fut évidente, le chat se préparait à fondre sur le faiseur de ceinture, tendit qu’elle distrairait l’autre. Envoyant un rock punch sur Nikolaï ce dernier se contenta d’écarter les bras en laissant le poing rocheux s’éclater contre lui. Repoussé sur quelques mètres, il ce réceptionna calmement avant de reprendre sa charge. La voix de Guts terrifia Elric, son dernier souffle fut celui de l’agonie, une tristesse insupportable à laquelle n’était pas habitué le bleu :

« Elric, la faille ! Maintenant ! Attaque là ! »

Mais il ne bougea pas, regardant le chat maudit découper son ami, il palissait avec ses forces. Nikolaï venait de briser une partie de l’armure d’Aline, après lui avoir brisé quelques côtes. Mais son équipier, toujours aussi incompétent, ne put s’empêcher de chier dans son froc en hurlant. La voyageuse en profita, testant quelque chose qu’elle désirait faire depuis le premier coup foiré. Bondissant par dessus le bouclier humain, Nikolaï et sa crête rouge furent attaqué dans le dos, sans pouvoir contrer la roche frappant le bas de ses hanches. Le chef du groupe s’écroula, écraser par un second roc punch fatale cette fois-ci. Retombant maladroitement plus loin, Aline eut un peut de mal à se redresser, sentant ses côtes amochées lui réclamer un peu de considération. La jeune voyageuse restait un moment assisse dans l’herbes.

Chamalow approchait lentement du petit faiseur d’épine, ce dernier n’était pas encore remit du contre coup. Deux morts, deux camarades tombés pour rien si rapidement. Comment pouvaient-ils être aussi dépassés après tant d’entraînements ? La lame du chevalier brassa quelques instants l’air, laissant les bruns d’herbes fouetter les mains du voyageur résigné. Son attention fut attirée par deux formes incongrues atterrissant entre eux. Après plusieurs secondes d’hésitation les deux projectiles s’avéraient être deux têtes. Vraisemblablement arrachés, après avoir été sauvagement malmenées. Chamalow fut alors soudainement aussi surprit qu’Elric. Leurs yeux se croisèrent, puis virèrent ensemble vers la silhouette parsemée de plaies qui se dessinait non loin.

Le face à face fut long, leurs yeux s’échangèrent respectivement des regards meurtriers, virant de l’interrogation à la sommation en quelques battements de cils seulement. Aline se redressait en se tenant la hanche droite, dégouttée par l’arrivée de Dan, elle sentait ses nerfs s’agiter. N’ayant pas encore réalisé à qui appartenait les têtes envoyées, sa colère ne déferla pas immédiatement. Chamalow pointa sa lame en direction du voyageur blessé, puis cria :

« Où sont leurs corps ?!

-Juste derrière, là où on était plutôt. Maintenant, j’aimerais vous demandez. Lequel d’entre vous pense mériter le titre de héro ? Pour qui nous battons nous depuis le début ? Pour la gloire ? Nôtre survie ? Pour lutter contre l’ennui et la monotonie ? A quoi rime cet énième carnage ? Où sont les héros radieux ? Pourquoi, en sommes nous réduis à ça ?! Où elle est … nôtre fierté ? Nos buts sont dénués de sens…pourquoi ?

-J’en sais rien.

-Toi ta gueule. Pour qui tu te prends avec tes grands airs là ? Tu nous envois la tête de mes meilleurs amis, puis tu viens essayer nous faire la leçon ? C’est quoi ces manières merde?!

-Tu es avec eux ?! Je te savais être un sale connard, mais de là à t’allier avec tes propres ennemis pour tuer ceux qui désiraient être tes alliés, chapeau !

-Est-ce vôtre réponse ? »

Un silence lourd et riche en tension laissa les derniers témoins d’une malheureuse nuit, s’entre tuer dans un carnage des plus affligeants. Alors que les épines d’Elric assaillaient les yeux de Chamalow, Dan approchait en marchant, laissant Aline matérialiser plusieurs blocs de roches et de terres au dessus d’eux. Chamalow fêla en reculant, positionnant son épée en travers lui et tout opposants, mais la jambe de Dan se retrouva sur son genou, cherchant à riposter malgré son handicape, il sentit les mains du voyageur saisir ses bras, puis le soulever. Fermement décidé à repousser les projectiles envoyés par Aline, Dan utilisa transforma le chat de conserve en batte de baseball improvisée. Percutant les rochers et les bouts de terres qu’il ne pouvait éviter avec Chamalow, Dan n’eut aucun mal à se rapprocher de la voyageuse.

Elric, satisfait par la tournure des événements décida d’aider ce voyageur. Voulant venger ses amis et son chef, il envoya une nuée d’épines dans l’espoir de gêner la voyageuse. Cette dernière, sentit effectivement, quelques ronces éclater le long de ses épaules écaillées de pierres. Laissant Dan monter jusqu’à elle, ce n’est qu’une fois ce dernier à cinq mètres d’elle que la voyageuse frappa le sol du talon. Obéissant à l’élémentaire, le sol sembla soulever par une vague ondulante. Elle intercepta le chat chevalier, lorsque le berserk le lui lança à la figure, mais dut sacrifier l’avantage technique qu’elle avait sur lui lorsque il sauta prêt d’elle. Matérialisant plusieurs longues colonnes de terres autours de lui, elle tenta de l’ensevelir sous un amas de boue. Laissant ses créations s’effondrer les unes après les autres dans le vide.

Courant dans tout les sens, le voyageur se lança dans un slalome de l’horreur, évitant débris terreux, herbes piquantes et pierres volantes du mieux qu’il pouvait. Ses bras et ses cuisses firent les frais de la colère d’Aline encore quelques instants, avant que Dan ne parvienne à la plaquer contre le sol. L’empêchant ainsi de bouger, Dan chercha un angle de frappe convenable pour la sécher en une seule fois.

Malheureusement, elle se débattait corps et âme pour l’empêcher de prendre le dessus. Chamalow, encaissait plus loin les lâches coups de pieds du mercenaire. Profitant de la malvoyance provisoire du chat, Max ne se fit pas prier, vengeant Guts en envoyant toujours d’avantage d’épines marteler le visage balafré du chaton d’élite. La dispute continuait, épuisant sur la longueur les deux voyageurs, qui en étaient désormais réduit à s’empêcher d’utiliser leurs mains. La voyageuse, effarée et résignée fut la première à agir étrangement. Fendant ses joues de larmes, elle cracha au visage de Dan, avant de laisser la terre et la roche la recouvrir.

Incapable de s’énerver, ni même de l’envier, Dan préféra abandonner en se relevant. Observant l’homme en noir s’amuser au loin, il lui lança une pierre dans le bas du crâne, l’obligeant à cesser son méfait. Dan n’eut aucun mal à lui faire comprendre qu’il était en trop ici et qu’il ferait mieux d’aller aider son ami inconscient quelques lieux plus loin. N’ayant toujours pas comprit le phénomène provoqué par Aline, Dan resta longtemps seul avec Chamalow agonisant à ses pieds. Lorsque ce dernier fut partiellement régénéré, la voix du félin claqua :

« Tu ne peux pas nous achever ? Ou tu ne veux pas ?

-Elle s’est enfermée là dedans avec un regard si triste…, je ne sais plus quoi penser.

-Tes vraiment le pire petit. Je te hais, je te hais encore plus à l’idée de ne pas pouvoir te tuer actuellement.

-Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse ?

-Je voudrais que tu meures, mais pour ce soir, va-t’en…

-Je refuse, tant que tu n’auras pas répondus à ma question. »

Le chevalier se frotta les yeux, retirant difficilement ce qu’il pouvait en fêlant de douleur. L’air songeur, il ne savait quoi dire, les mots étaient plus du domaine de Trache, mais ce dernier était actuellement hors service. Alors, autant la joueur à sa façon :

« Ecoutes, quoi qu’elle ait fait, demain soir elle sera redevenue comme avant. Si tu ne veux plus jamais la revoir aussi triste, tu n’as qu’à ne plus jamais revenir nous voir et tout le monde sera content.

-Pourquoi pas ? Mais avant de partir, j’aimerais comprendre. Qu’est-ce que vous êtes toi et tes potes ?

-Ca ne te regarde pas, dégages maintenant… »

Il sentit son visage se faire écraser contre le sol, subissant la semelle de Dan qui s’évertuait à faire traîner la face du chat contre le sol. Ce dernier ne put articuler le moindre mot, se contentant de bouffer le sol en s’agitant. Lorsque le chat déchu put de nouveau respirer, Dan avait disparut. Laissant derrière lui, plusieurs cadavres, Aline figée dans un tombeau et Chamalow qui avançait à tâtons en râlant.

Le lendemain, au même endroit.

Elle était toujours là, figée dans ce tombeau de roches hexagonales, l’expression toujours aussi triste déchirant son visage. Dan ne parvenait pas à comprendre comment, ni pourquoi cette structure était toujours là. Redoutant l’inévitable, il colla son oreille contre la roche, puis se figea. Ni chats, ni créatures ne vinrent le déranger. Il resta ainsi longuement, le profile gauche collé contre le torse rocheux de la voyageuse. Serrant les poings contre la prison de roches, il se redressa en soupirant. Elle était belle et bien là, mouler à même la roche, au milieu de nulle part. Il ne restait plus la moindre trace des chats zombis, pas de voyageurs non plus. Elle était condamnée à rester indéfiniment seule au milieu du champ désert et noircit par les cendres. Dan se contenta donc de marcher au hasard des chemins, après s’être emparé d’un bout de roche composant le tombeau. Sans réellement savoir pourquoi, il sentit le besoin de le prendre et de le garder.

Il lui avait fallut le temps, mais cet uniforme était en tout point identique à celui des tarés du métro. Se demandant pourquoi ces mecs faisaient leurs apparitions maintenant, le regard de Dan changea. Il repensait à eux, leurs compositions, les différences, les mots. Pourquoi le cherchaient-ils ? Qui avait réellement mis sa tête à prix ? Et pourquoi leur confier la mission à eux ? Voyant que ses adversaires s’organisaient, il dut se résoudre à l’évidence. Il allait devoir s’entourer. S’allongeant en haut d’une pente donnant sur un bosquet, Dan contempla la pierre qu’il venait de ramasser en songeant le sourire aux lèvres. C’était à son tour de réunir des gens, de s’entourer d’une équipe, une vraie. Il avait vue les pires malheurs que pouvaient endurer un jeune groupe s’enchaîner en moins d’un mois. Il se sentait prêt à devenir quelqu’un, mais il allait y ajouter ses conditions :

« Ca va chier. »
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Quête Solo. Le Chant de l'Etincelle Partie 1. Terminé! (0/0/0)

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