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[quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas]

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Khildar Blacksilver
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MessageSujet: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 22:49
En hommage à Nayki

Des hautes tours pouvaient s'admirer le Royaume de la Main Invisible. Le ciel grisâtre ne semblait avoir de fin, tout comme l'étendue de constructions rivalisant de hauteur et de prétentions. L'agencement des bâtiments imposants pouvait paraître pour le profane d'un chaos indigne alors qu'il en allait tout autrement. La configuration du cadastre permettait une optimisation des déplacements, qu'ils soient routiers ou piétonniers. Du fait de la taille démesurée des immeubles, le Royaume se repérait de loin, lui qui était planté au milieu de nul part. Ces élancements vers le ciel dénué de soleil donnaient l'impression d'avoir poussé en une nuit, surgissant de terre pour rejoindre les cieux. Les structures rivalisaient d'ingéniosité et leurs pointes grattaient les nuages d'un doigt taquin mais toujours professionnel.
Car il est de convenance de présenter l'environnement dans lequel va se dérouler cette histoire. Désormais, vous savez que ce Royaume s'apparente à une immense citée composée seulement de hautes tours. Seulement, ces tours sont exclusivement réservées aux affaires. En effet, la population qui arpente continuellement les larges avenues et serpente à travers le dédale d'immeubles vertigineux se compose de travailleurs et d'employés appartenant au domaine d'activité nommé les Services.

Les passants sont donc des grattes-papiers, des banquiers, des comptables, des hommes d'affaires, des managers, des patrons de grandes sociétés ou des présidents d'entreprises. La bonne tenue est de rigueur et toute fantaisie se remarque dans l'instant. Costumes trois pièces, cravates et chapeau melon sont l’apanage de ce Royaume qui impose un comportement irréprochable. Les couleurs vives ne font que de sporadiques apparitions et parmi les flots d'employés, le noir se dispute au gris sur des nuances de blancs. Leur empressement imperturbable vous emporte et parfois vous bouscule mais vous aurez beau vous emporter, l'ignorance est de mise afin de gagner du temps, car le temps, c'est de l'argent. Or, le système fonctionne grâce à lui, il est donc primordiale d'en gagner afin d'alimenter le système. Toutefois, les mécanismes n'ont rien à voir avec l'astuce grotesque des établissements de Kazinopolis. Au contraire, ce royaume se base sur une rigueur effrayante et si ennuyante pour les novices des affaires qu'il fait écho à RelouLand.
Le credo de cette partie du monde onirique est la gestion de flux de toutes sortes, moyennant payant. C'est pourquoi la relation avec RelouLand qui collecte toutes les informations possibles et les classifie est forte. Chacun s'aide et trouve son compte.


Hormis les voyageurs qui préfèrent éviter ce Royaume ennuyeux. Certains ont bien tenté d'y semer le désordre mais fort heureusement, les systèmes de sécurité sont plus qu'efficaces. Les gérants ne considèrent pas les voyageurs comme une nuisance mais plus comme une donnée instable qu'il faudrait maîtriser. Une fois sous contrôle, un voyageur peut se révéler d'une utilité admirable. Par conséquent, la guilde Solidarnos s'entend bien avec la gigantesque ville d'affaires.
Après ce descriptif, il serait naturel de penser qu'au sein du Royaume de la Main invisible le calme règne constamment. Cela n'était que trop vrai jusqu'aux élections …

De là, les rues devinrent le théâtre d'affrontements violents et les murs se virent recouverts d'affiches vantant les mérites de tel ou tel candidat. La tranquillité troublée se voyait disparaître sous les fumées et les cris de rage des partisans qui défendaient leurs représentants avec une hargne de traders en bourse.

L'apparition d'un candidat en particulier provoquait bien des émois. Une machine qui voulait à tout prix battre Sarrah Connors, l'actuelle maire. Tous les coups étaient permis et les camps s'affrontaient sur tout les terrains possibles. La ville en souffrit, beaucoup trop pour que la situation puisse durer. C'est alors que les résultats tombèrent, annonçant Connors et le T-8000 comme les candidats du second tour. De chaque côté, un plan se mit en place afin de saper le contrôle de l'autre et de remporter à coût sûr les élections et ainsi obtenir le poste tant convoité.



Sur le toit d'un immeuble, deux hommes se dévisageaient. Le ciel se couvrait et la pluie risquait bien de s'abattre en trombe. Un vent fort soufflait parmi les piliers de verre et s'engouffrait dans les rues. Malgré la tempête qui se préparait, les deux hommes demeuraient en place. Aucune force de la nature semblait pouvoir les déloger de leur position stoïque.

L'un affichait un air déterminé. L'autre de la crainte. Le premier était vêtu d'un pantalon noir léger, d'une veste au mêmes ton, la cravate s'accordant aussi sur cette teinte des plus funèbres. Une chemise blanche faisait ressortir la cravate. Les chaussures noires impeccablement cirées se trouvaient ancrées au sol tellement la posture adoptée faisait de lui un roc. Son visage ciselé accusait la dureté de l'expérience sans tomber dans la sagesse de la vieillesse. Des lunettes noires sur un nez droit dissimulaient un regard dur et des yeux ternes. Les cheveux blonds gominés ramenés en arrière dévoilaient un front buté et dénotaient une certaine classe qui émanait de l'homme. L'automatique magnum qu'il pointait ajoutait à la dangerosité du personnage.
La peur se lisait sur les traits fins du pauvre être visé. Ses longs cheveux noirs en pagaille après une course poursuite haletante, des mèches lui barraient le visage, lui collant à la peau à cause de la sueur. Plus jeune que son poursuivant, des yeux bleus mais perdus, l'incompréhension s'exprimait à travers ses lèvres entrouvertes. Il était moins imposant mais plus agile. Toutefois, apparemment pas assez rapide. Sa respiration était haletante alors que l'homme qui l'avait rattrapé ne donnait aucun signe de fatigue. Il n'avait donc aucune faiblesse ?

Le vent balaya ses mèches et fouetta son visage, entraînant à sa suite la longue veste en cuir noir qu'il portait. Son torse protégé par un simple débardeur grisâtre, il n'avait aucun chance d'arrêter les balles. Ses jambes dans un jean noir aux bordures élimées accusait le coup et le supportait difficilement. Enfin, ses pieds endoloris chauffaient dans les rangers qui ne lui avait pas permis d'échapper à cet être impassible. Comment pouvait il être aussi froid ?

Il sentait dans son dos le vide, ce vide qui paraissait être la seule issue. Il n'osait jeter un regard en arrière, de peur d'entendre claquer un coup de feu et de s'apercevoir trop tard qu'une balle lui perforait la poitrine. Il était sans arme, à bout de souffle. Il ne lui restait plus qu'à comprendre par quels moyens il en était arrivé là. Par conséquent, l'homme à la longue veste en cuir posa la sempiternelle question
 :

"Pourquoi ?"

Le miracle se produit et le visage alors imperturbable de l'homme en costard cravate se fendit d'un rictus avant que la réponse se fasse entendre d'une voix monocorde et grave :

"Etrangement, il me semble que c'est à moi de vous posez cette question, Mr Neo. Votre comportement outrepasse la bienséance et nous oblige à prendre des mesures à votre encontre."

"Je suis Anderson."

"Qu'importe votre identité, puisqu'elle s'achève ici-même." 

L'homme menaçant fit un pas en direction de Mr Neo qui recula de prudence tout en continuant à être submergé par des interrogations 

"Ma vie ne vaut elle donc rien auprès d'Elle ? Ne suis je donc qu'un pion après tout ce que j'ai fait pour Elle ? Pourquoi en venir à vouloir me supprimer ? Qu'ais je fait ?"

"Vous avez été trop malin, Mr Neo … Beaucoup trop malin. Votre intérêt résidait dans votre naïveté. Malheureusement, vous avez agit de manière imprévue, nous incitant à modifier notre programme. C'est réellement dommage, je vous appréciais, sincèrement."

"Pourtant, vous avez besoin de moi, de ma carte d'électeur ! Sans moi, Elle ne peut pas gagner."

Un ricanement transperça le vent qui s'intensifiait, apportant son lot de nuages chargés de pluie :

"Que vous croyez ! Futiles illusions, vous vous fourvoyez, Mr Neo. Tout ceci a été orchestré par Elle et ne peut être défait. Vous êtes une pièce et comme toute pièce, vous pouvez être remplacé."

"Jamais vous ne trouverez quelqu'un pouvant donner le change en si peu de temps. La mission est foutue, et vous ne réussirez pas votre plan !"

Un autre pas, un autre recul. Un fin sourire se dessine maintenant sur les lèvres de l'homme aux lunettes noires.

"Elle ne permet aucun échec, vous le savez. Vous avez été suffisamment proche d'Elle pour vous en rendre compte. Et nous avons les capacités de vous remplacer. Vous n'êtes qu'un composant défectueux qu'il faut changer, c'est tout."

"Bordel Smith, ouvrez les yeux ! Ne comprenez vous donc pas où son élection va nous menez ?"

La colère explosa sous la pression. Afin de tromper sa peur, il s'énervait, oubliant presque qu'un pistolet était pointé vers sa poitrine. Un éclair éclata et le tonnerre se fit entendre quelques secondes après. D'autres suivirent, déchirant le ciel assombri de zébrures lumineuses. Le claquement de l'orage emplissait l'air d'une tension électrique.

"J'étais avec Elle au début, car je croyais que son avènement allait pouvoir changer le système en mieux. Mais c'était du bluff, des foutaises ! Avec elle, le Royaume de la Main Invisible sera pire encore. Elle va nous faire plonger dans le chaos ! Dès que je m'en suis rendu compte, je me suis détaché du projet."

"Regrettable attitude, vous étiez un si bon élément. Elle vous tenait en haute estime, saviez vous ?"

"J'en ai rien à foutre de son estime. Je veux l'empêcher d'être élue, c'est tout ce qui importe."

"Vous semblez mal partit pour le faire …"

Finalement, les nuages crevèrent et d'innombrables gouttes d'eau tombèrent pour s'écraser au sol ou contre les immeubles. Un véritable rideau. Le vent n'arrangeait rien et rapidement, le visage des deux protagonistes se virent mouillé. Pourtant, aucun ne bronchait.

"Merde Smith, réagissez ! Nous sommes perdus si Elle gagne les élections." 

"Au contraire, Mr Neo. Nous serons sauvés." 

"Quoi ? Mais … non … ce n'est pas possible …"

"Son plan est parfait et son programme aussi. Elle nous sauvera. Il faut qu'Elle gagne, peu importe le prix. Nous avions tout prévu et voilà que vous vous mettez à réfléchir. Les ordres sont clairs. Je dois vous éliminer." 

"Alors le Royaume est perdu." 

"Il va connaître une renaissance."

"Conneries !"

Cria Anderson en se jetant sur Smith. Malheureusement plus prompt, l'agent appuya sur la gâchette et le coup partit. La balle ne pouvait être évitée. Elle se logea entre les côtes du problème pour finir par traverser un poumon et ressortir, accompagnée de quelques gouttes de sang.
Surpris, Anderson recula. Ses pas hésitants, alors qu'il portait la main à sa blessure, le menèrent vers le rebord de l'immeuble. Son visage exprimait la plus grande surprise. Il sentit alors le goût du fer dans sa bouche et se rendit compte que du sang obstruait ses voies respiratoires. Il toussa, cracha du sang en se recroquevillant. Il avait beau presser sa blessure, il savait que l'hémorragie ne pouvait être arrêter. Il lança un regard de haine envers celui qu'il croyait être son compagnon. Cependant, ce dernier l'affichait aucun sentiment. L'homme inexpressif s'avança afin de récupérer la carte d'électeur et commença à fouiller dans la veste en cuir du mourant.

C'est alors que dans un sursaut, Anderson frappa Smith et se dirigea vers le vide qui l'appelait. Avant de sauter, il hurla faiblement, la bouche en sang
 :

"Je ne suis pas le seul !"

Et il sauta.


______________________________________________________



Lorsque parût en ce royaume Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, son humeur ne laissait aucun doute. La journée avait été ensoleillée pour un mois de Janvier, il était sortit avec Oliver et Sandra en ville pour profiter de ce beau temps et tout présageait d'excellentes distractions. Jusqu'à ce que un appel vint l'importuner. Le travail. La société BlackSilver semblait devoir faire face à une nouvelle concurrence, la bio-pharmacie. Ce secteur se trouvait en pleine expansion, surtout depuis l'élection au poste de Sénateur de George AllGood qui encourageait avec forces primes les entreprises à investir. A cause de ces avantages financiers et du soutien prodigué, ce secteur à but médical trouvait soudainement une multitude d'actionnaires et d'aides surgis de nulle part et de partout à travers le monde. Cette tendance pour la médecine faisait baisser les actions de la Société d'armement BlackSilver qui désirait plus que tout conserver son image de marque et encore plus ses investisseurs. Les clients étaient nombreux mais si une entreprise se mettait à concevoir des produits destinés à guérir de blessures de guerre, l'armement avait du soucis à se faire. En effet, la mode allant vers le soin par les médicaments plutôt que par les armes était une véritable menace et il fallait l'éradiquer. De sérieuses mesures s'envisageaient et le concours du membre du Département Marketing était souhaité, sinon exigé. Obligé de répondre à l'appel, Oscar se trouva contraint d'abandonner son ami journaliste et son amour français pour s'envoler vers l'Angleterre dans le but de sauver le Royaume ou tout du moins, son industrie militaire.

Les préparatifs s'étaient fait à la hâte, le billet d'avion acheté sur Internet et en avant pour les terres de la Reine ! Trop énervé pour dormir dans le transport aérien, il s'effondra sur son lit à peine de retour chez lui, sa chambre ayant été préparé par son majordome. C'est dans ces conditions que notre voyageur rejoignit DreamLand, prêt à libérer sa colère sur le premier venu.

Malheureusement, le monde onirique lui réserva une surprise qui désarma complètement notre anglais sujet à l'énervement. L'environnement de travail et de quartiers d'affaires dans lequel il venait d'apparaître lui coupa la voix et toute réaction qu'il ne demeura coi. Les hautes tours en verre dissimulant des combats bien plus féroces que sur n'importe quel champ de bataille s'élevaient pour transpercer le ciel qui pleurait.
 

*C'est bien ma veine.* Pensa Oscar

L'entrain de la foule à se rendre au travail bouscula l'invocateur dans ses réflexions et l'obligea à suivre le mouvement. Contrairement à l'ambiance festive de Carnival Garbage, les passants en ce royaume affichait une concentration extrême et une détermination de charge d'éléphants. Les visages fermés, les yeux dans le vague mais le pied sûr, les habitants marchaient vers leur destination sans sourciller. Cette force d'entraînement ne laissa pas le loisir à notre voyageur démoniaque de s'enjoindre de sa correcte tenue et il dut se plier au sens du courant, lui qui avait pour credo de naviguer à l'inverse. A force de bousculades et d'écartements il parvint à prendre une ruelle moins fréquentée et y souffla.
L'inspection vestimentaire commença. Des chaussures noires, cirées impeccablement sans lacet ou autre artifice. Des chaussettes … rouges. Un pantalon noir, léger et taillé au plus près des hanches, une ceinture banale à boucle faussement dorée assurant le bon maintien. Une chemise blanche rentrée dans le pantalon, sans bouton de manchette, boutonnée jusqu'au col. Une veste noire, simple, adapté à ses mesures. Une cravate rouge, seul permission de fantaisie. Point d'attache cravate. Point de haut de forme.

Heureusement, les gants blancs et le maquillage qui le faisait passer pour un homme à la peau extrêmement pâle répondaient présent. Tout comme la teinture à se chevelure dont un côté plus long que l'autre descendant sur une épaule.

L'examen accomplit, l'esthète déçu chercha des yeux son nœud papillon enchanté. Il le trouva voletant au dessus de lui et cette vision fit s'envoler dans une métaphore facile les soucis de l'aristocrate. Désormais assuré d'être en pleine possession de ses moyens et de ses démons qui le saluèrent de joie, Oscar s'engouffra dans les veines du Royaume de la Main Invisible, bien décidé à saigner ces quartiers pour en récupérer toute la saveur.

N'ayant jamais eu vent de cet endroit auparavant, ce fut l'instinct de la découverte qui guida les pas déterminés du voyageur. Grâce à la hauteur des immeubles, les rues peu larges bénéficiaient d'un abri contre la pluie qui sévissait. Le vent était aussi de la partie mais cela ne dérangeait pas l'invocateur qui laissait les caresses aériennes ébouriffer sa chevelure décolorée. Parfois, il était dans l'obligation de traverser une avenue et de nager à contre courant, comme il aimait tant le faire. Evoluant sans se préoccuper des autres, il fendait la foule tant bien que mal et gagnait l'autre rive trempé, la pluie qui s'abattait sur le Royaume conférant aux lieux une atmosphère sinistre. Et que dire de l'orage qui éclatait depuis le début ? Les coups de tonnerre étaient autant de frappes bruyantes que les éclairs des flashs aveuglants. Le ciel se déchirait et le faisait savoir.

Pourtant, cet emportement climatique ne paraissait pas le moins du monde affecter les habitants qui s'étaient rapidement adaptés en sortant leur parapluie. De haut, les trottoirs ressemblaient à des dérives de papiers emportés par les flots qui se pressaient les uns contre les autres.


C'est le bruit d'un craquement horrible qui attira Oscar dans la ruelle peu fréquentée. Un bruit de chute plutôt. La découverte d'un corps étalé de tout son long et même plus confirma l'hypothèse d'un essai de vol raté. Levant la tête, le voyageur ne put rien discerner, l'immeuble étant trop haut et le temps trop mauvais. Les yeux à nouveau sur ce cadavre, l'invocateur démoniaque examina la scène et l'oiseau écrasé.
Plutôt grand, portant une longue veste en cuir noire, dépourvu d'ailes mais bien de cervelle, le sexe de l'infortuné restait à déterminer. Curieux de nature, le jeune homme au costume impeccable s'approcha prudemment, non par crainte de voir le mort se relever, ça serait du courant le plus banal. Non, plutôt par crainte de se voir accuser d'un meurtre qu'il n'avait, pour une fois, pas commis. Il connaissait la justice dreamlandienne et la sachant expéditive, il ne tenait pas à visiter Last Shadow, la prison la plus réputée du monde onirique. Avec précaution donc, l'invocateur improvisé détective entreprit de mieux distinguer les traits qui restaient au crâne éclaté. L'auréole de sang, bien que lui conférant un aspect angélique, n'était que la confirmation de la mort brutale qu'il venait de subir. Sa persistance dans ce monde amenait à penser qu'il était en présence d'une créature des rêves. Quant au sexe, le doute subsistait toujours.

Désireux de s'enfoncer jusqu'au cou dans les ennuis, Oscar bascula le cadavre sur le côté, la chair demeurant par endroit encore collée au bitume. Plus de visage mais l'absence de formation mammaire laissait à penser à un homme. Dans la poche de sa veste, un carton dépassait. Mû par une envie irrésistible de se fourrer dans une situation qui à coup sûr allait le dépasser, il prit le carton et lâcha le corps qui retrouva lourdement sa position couchée sur le ventre.


Le carton se révéla être une carte d'électeur dont les écritures se mirent à bouger. La magie opérante dans ce monde onirique ne surpris pas Oscar mais lorsque son nom apparut, son visage témoignait de son inquiétude. Ce carton lui appartenait de fait. Cependant, cette nouvelle acquisition allait elle se révéler fructueuse ? Faisant confiance au temps pour lui offrir la réponse, le voyageur fouineur repartir rapidement de la ruelle, estimant avoir suffisamment souillé ses chaussures ici. Personne ne l'avait remarqué et il s'en félicitait. La pluie battait toujours les vitres des imposants bâtiments et Oscar ne savait pas où aller. Il se laissa alors porter par le courant de passants sans se douter que son évolution était maintenant suivie.


L'homme aux lunettes noires perdit le nouveau composant dans la foule mais il ne s'inquiéta pas, une équipe était déjà à pieds d’œuvre pour ne pas le lâcher d'un pouce. Sans un regard pour le corps derrière lui, il appela 
:

"Demande équipe de nettoyage Rue du Lapin Blanc. La nouvelle variable est envoyée, le programme d'initialisation peut commencer."

Puis il repartit pour se fondre dans la foule d'inconnus. Le désir d'en apprendre plus au sujet de cet étrange royaume ressemblant furieusement à un quartier d'affaires activa la course du Lord anglais à travers la nuée de travailleurs. L'explication de son arrivée au sein d'une ville aussi terne résidait simplement dans le contexte de son horrible journée. Cependant, cela ne donnait pas plus de renseignements sur ce royaume dont il ignorait jusqu'au nom. Aucune indication visible, nulle part. Il était exclu d'arrêter un passant et de le questionner ouvertement, la politesse l'empêchait. Compte tenu de l'allure à laquelle ils marchaient vers leurs lieux de travail, une conversation en pleine rue, sous la pluie qui plus est, n'entrait aucunement dans les possibilités envisageables. Toutefois, la patience de notre voyageur se trouvait rongée par l'énervement de ne pas savoir où il se trouvait et de l'ignorance flagrante dont les autres faisaient preuve. Depuis sa venue en ce royaume, une sourde colère couvait. Ses démons l'attisait joyeusement, espérant être témoins de l'explosion de l'invocateur. Pour le moment, nulle violence agitait son cœur. Il aspirait à comprendre le fonctionnement de ce lieu, pâle reflet d'une réalité mercantile et commerciale.
Les visages qu'il croisait n'affichait que détermination, calculs, froideur. Si des sourires avaient l'outrage de poindre, ils ne se révélaient qu'être des lignes tracées sur un masque. Ce principe de façade n'était pas inconnu pour Oscar. Le monde des affaires en était essentiellement composé et il s'exerçait chaque jour et chaque nuit à cet art de paraître. Par politesse parfois, par jeu souvent. Néanmoins, il mettait un point d'honneur à ce que son masque soit le plus travaillé et joueur possible. Ainsi, son visage reflétait des émotions, quelques fois puissantes, mais peu de personnes pouvaient jurer qu'il les ressent réellement. Ce théâtre ridicule, il avait soufflé dessus pour lui conférer une nouvelle dimension et apporter un peu de couleurs. Il s'amusait autant dans la vie réelle que lors de douces nuits où il était amené à rencontrer ses pairs. Le jeu avait pris une tournure nouvelle depuis l'épisode tragique qui s'était déroulé à Carnival Garbage. Désormais sur un nouveau terrain, avec de nouvelles pièces, il s'apprêtait à déployer son talent pour les œuvres sanglantes. Pour ramener ces cadavres enchaînés à leur travail dans un état plus réaliste, il avait l'intention de frapper un grand coup.


Soudain, ses yeux se posèrent sur une série d'affiches collées sur les murs, le recouvrant complètement. Les couches étaient si nombreuses que la pluie n'atteignait plus les affiches positionnées en premier. La curiosité prenant le pas sur le désir de massacre, il prit le temps d'étudier ses réclames, provoquant un embouteillage dont il ne se formalisa pas. Alors que les passants l'évitait comme les braves fourmis contournent une feuille, il étudiait la propagande déclamée.

Sur l'une, une femme à fort caractère affichait un air déterminé. Brune, cheveux assez longs, légèrement ondulés avec un regard à vous transpercer de balles. Le titre expliquait qu'il était primordial pour le Royaume de la Main Invisible (un mystère de levé) de conserver le pouvoir en place afin d'augmenter les profits et d'assurer la sécurité des capitaux. Un discours capitaliste à l'extrême accompagnait le portrait de Sarrah Connors, candidate au poste de Maire, mandat qu'elle possédait déjà. Les mesures qu'elle entendait mettre en place ferait passer les Etats-Unis et la Chine pour des marxistes et cette perspective amusa Oscar.

Une autre affiche représentait l'adversaire politique. Apparemment, il n'était que deux à concourir pour le titre. Le portrait d'un robot intrigua fortement le voyageur qui parcourut le programme avec beaucoup d'attention. Les intentions étaient aux antipodes de la candidate sortante et devait en choquer plus d'un si le système en place ressemblait au projet de Mme Connors. Le faciès de la machine inspirait la peur, les pupilles rouges qui vous fixait pour vous analyser renforçant cette impression de malaise.

Alors qu'il s'apprêtait à oublier cette histoire politique, l'épisode qui avait eu lieu quelques minutes auparavant lui rappelèrent ce qu'il avait obtenu. Il sortit précipitamment le carton trouvé sur le cadavre et l'examina plus attentivement. C'était bien une carte d'électeur, à son nom. Le lien était évident. Pourtant, toute cette histoire n'intéressait guère l'aristocrate anglais qui reprit son exploration du royaume. Il n'avait pas l'intention de participer à ses débats, devait on le torturer.


Tandis qu'il marchait d'un pas rapide et que ses chaussures battaient le dallage régulier des trottoirs impeccables, la pluie ruisselait sur son visage et ses cheveux. Afin de ne pas finir complètement trempé et d'épargner à son nœud papillon enchanté les gouttes d'eau, il héla un taxi qui arpentait les rues. Le véhicule jaune jurant dans le paysage s'avança et Oscar s'engouffra à l'intérieur sans se rendre compte qu'une autre personne avait fait de même. Le conducteur ne s'en soucia pas, puisqu'il avait visé les deux.


Le voyageur trempé s'aperçut bien vite qu'il n'était pas seul et manqua de fracasser le crâne de l'importun si le nombre de témoins n'avait pas été aussi élevé. Il se fendit donc d'un large sourire et tendit sa main gantée en s'exprimant d'un ton calme, reflétant sa bonne éducation
 :

"Navré d'avoir pris place en votre taxi. Je suis certain que vous conviendrez que nous pouvons partager notre course. Je me présente : Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, à votre service."

Le papillon aux ailes argentés se posa sur l'épaule du voyageur invocateur, curieux de ce nouveau visage. Les gouttes frappaient les vitres avec fracas pour ruisseler ensuite. L'orage exprimait la colère du ciel. Celle d'Oscar avait cédé pour la curiosité mais le pernicieux serpent couvait en attendant son heure.

Et à quelques mètres de là, des individus s'engouffraient dans une berline noire.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 22:56
"Navré d'avoir pris place en votre taxi. Je suis certain que vous conviendrez que nous pouvons partager notre course. Je me présente : Lord Khildar Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, à votre service."

D'abord ces mots, un nom compliqué, une voix étrange, sans pour autant paraître grave ou aiguë elle tape dans l'oreille, comme la preuve d'une prise de distance par rapport au locuteur. En arrière plan le bruit de la pluie à peine couvert par celui d'une circulation intensive. Je cligne des yeux et observe à travers le rétroviseur intérieur un homme étrange dont l'apparence compliquée à décrire coïncide sans mal avec son nom imprononçable. Le rouge et le blanc de ses vêtements, mis en valeur par le noir de sa veste, font écho au visage de l'homme assis sur la banquette arrière. De fait sa barbe est rouge tout comme ses sourcils et ils ressortent davantage que le reste de sa tête est blanc, cheveux comme peau, et pas le blanc caucasien mais un blanc semblable à celui d'une feuille de papier. Levant la main j'attrape le rétroviseur et le déplace pour avoir dans mon champ de vision les deux personnes. Seulement j'en suis légèrement déçu car la seconde ne possède pas de signes aussi surprenant. Plus petit, légèrement dégarni, il affiche un visage renfrogné et serre entre ses mains une serviette aussi noire que sa tenue digne des plus grands croque-morts. En réponse au noble, du moins d'après ce que le titre du premier passager laisse présumer, le petit homme lâche un unique grognement, effort manifeste pour paraître poli. Il ne semble même pas remarquer l'étonnant animal qui bat des ailes sur l'épaule du dénommé Khildar. Je reste de longs instants à l'admirer, détaillant les variations de l'argent, avant de me rendre compte que je risque de me faire remarquer.

Levant davantage les yeux je remarque une petite bordure noire à la limite de mon regard. Je lâche le rétroviseur et attrape le couvre-chef présent sur ma tête, une casquette jaune. La renfonçant sur mon crane avec un hochement d'épaule je remarque différents détails : en dessous du poste de radio se trouve un compteur de kilomètres qui les traduit en argent, sur mon torse un petit badge indique le nom d'une compagnie et enfin le GPS en veille montre le logo d'une entreprise de taxi répondant au même nom que celle sur ma veste. Les choses sont claires, pour ce soir je suis chauffeur de taxi... Pour quelqu'un qui ne possède pas le permis ce n'est pas gagné ! Désireux de vaincre le léger malaise qui s'installe dans la voiture je toussote et demande :


« Bon.... (jour, nuit, ne sachant pas l'heure exact mais estimant qu'elle est tardive d'après la lumière je conviens d'un intermédiaire) soir messieurs. Quelle est votre destination ?»

Prenant enfin la parole l'homme demande, ou plus précisément exige sans attendre l'avis du lord, d'aller à la « LeBlanc&Ohmsford Bank », le tout avec un accent anglais à couper au couteau. Je hoche la tête pour acquiescer, dissimulant ainsi un léger malaise, ne connaissant pas la ville je risque d'être en difficulté pour trouver le lieu. Prenant un air détaché je tends ma main vers le GPS et le touche du doigt, le déverrouillant ainsi. Immédiatement s'affiche un clavier sur lequel je tape le nom de la banque. Je suis forcé de m'y reprendre à trois reprises car l'orthographe que je propose est sans cesse mauvaise. Finalement il me propose une adresse au cœur de la ville et pas dans le royaume voisin, je valide et la route apparaît, me disant d'avancer tout droit. Le moteur est déjà démarré, c'est donc cela de moins à faire. D'après ce que je sais, il faut enfoncer la pédale d'embrayage, mettre la première puis doser celle-ci et l'accélérateur pour ensuite avancer. Poussant un soupir, je m'imagine déjà que la théorie va être loin de la pratique. Baissant les yeux je souris de bonheur en apercevant un boîtier de vitesse automatique. Je tente ma chance en poussant le levier en première position puis en appuyant légèrement sur l'accélérateur et la voiture réagit immédiatement, s'élançant doucement sur le bas-coté. Ne sachant pas avec certitude où se trouve le clignotant je m'engage parmi les voitures provocant quelques coups de klaxon. Bien, j'espère que le plus dur est fait. A l'arrière du véhicule, un silence de mort règne et j'en profite pour détailler le paysage extérieur. A cause de la pluie on ne peut distinguer le sommet des immeubles environnants mais on devine qu'ils sont énormes et doivent déranger les dieux Dreamlandiens qui s'assoient sur les nuages. Les gens marchent d'un pas rapide et je peine parfois à faire le distinguo entre les gens et les murs car le gris de leur costume fait écho au teint de leur peau qui a passé trop de temps enfermée à bosser. Les seules couleurs de la ville sont celles des panneaux de signalisation, des feux et des taxis. Quelle fantaisie ! 

Tapotant tranquillement sur mon volant, je me refuse à engager la conversation avec les passagers. Bien que Khildar se soit adressé d'une voix plutôt chaleureuse, la réaction de l'autre passager est un barrage à la discussion et je réagirais sans doute mal s'il lui prenait l'envie de me snober ou de me remettre à ma place. Arrivant à un feu j'oriente mon regard vers des affiches placardées sur les murs. Deux visages reviennent en permanence, du moins si l'on peut appeler visage la tête de la créature faite de métaux que représente l'une des affiches, deux points rouges semblent indiquer les yeux tandis que le reste n'est que pistons et circuits électriques. De quoi donner froid dans le dos... Avec les passages incessants de gens devant l'affiche je ne parviens pas à distinguer s'il s'agit d'un avis de recherche ou de quelque chose d'autre, bien que l'absence de prime en bas de la feuille semble suggérer que cet homme (?) n'est pas recherché. La seconde affiche représente une femme au visage marqué par les épreuves de la vie, un regard dur, calculateur et terriblement désagréable, tout à fait à l'image de cette ville. Je ne doute pas un seul instant qu'elle soit capable de tout pour arriver à ses fins... 

Un coup de klaxon me tire de mes observations, seul bruit imprévisible dans la continuelle agitation coordonnée qu'est cet endroit. Je me demande même si celui qui a osé lever la main sur le centre de son volant ne risque pas de finir en garde à vue pour trouble de l'ordre public. Je lève les yeux vers le feu, remarque le changement de couleur et démarre derechef en faisant un petit signe d'excuse au conducteur derrière moi. Je tourne à gauche et le GPS m'indique qu'il n'y a désormais plus qu'à aller tout droit. En conclusion, rien à faire jusqu'à l'arrivée... Sur le côté les gens arborent tous le même visage crispé, la même attitude pressée et seul la rigidité de leur tenue semble les empêcher de courir jusqu'à leur travail. Un coup d’œil à la voie de gauche m'indique qu'il n'y a plus personne sur celle-ci et je choisis un sourire aux lèvres de m'y rendre, accélérant un grand coup et me retrouvant à contre-sens. Je pousse avec joie la voiture avant de remarquer une voiture qui arrive vers moi, le conducteur ne m'a pas encore remarqué... Et il ne me verra comme un danger que très tard, avoir une voiture en face de soi est tellement rare et imprévisible que le cerveau ne conçoit pas cette hypothèse et admet malgré tous les signes qu'elle roule dans le « bon » sens. 
Je suis donc obligé de forcer les voitures de droite à s'écarter pour reprendre ma place dans la file, seulement ils ont l'air bien décidés à ne pas ralentir (Pas fous, ils risqueraient de prendre quinze secondes de retard... Impensable voyons). Le stress commence légèrement à monter tandis que la collision devient imminente. Me positionnant une roue de chaque côté de la ligne centrale, je force les voitures de droite à se pousser. Le conducteur opposé me remarque enfin et donne un brusque coup de volant pour se décaler, me laissant la possibilité de passer à ras... Mais en flinguant nos deux rétroviseurs. Une voiture de la voie de droite tourne soudain, laissant une place vacante dans la file jusque là ininterrompue. Accélérant, je monte à l'assaut de la voiture face à moi puis change de file juste avant la collision, me remettant à nouveau parmi les autres avec un grand coup de frein pour me remettre à leur vitesse. 

Un petit bip gâche ma joie d'avoir réussi à me sortir indemne de cette petite aventure, je jette un œil vers son origine : le GPS indique que nous arrivons à destination. Je cherche le clignotant et après avoir aspergé le pare-brise de produit, accélérer les essuies-glace et mis les pleins phares je parviens à mettre le clignotant et me mettre sur le bas-côté prévu pour les taxis. Regardant de nouveaux les passagers à l'arrière je remarque que le petit homme est soudain devenu aussi pâle que le second passager et qu'il s'essuie fréquemment le front. Je baisse les yeux vers le compteur de kilomètres... Sauf que celui-ci n'a pas été déclencher et je n'ai aucune idée de la distance parcourue ni de la valeur que cela représente en Essence de vie. Tentant ma chance je m'élance
 :

« Hum, trente EV je vous prie »

L'homme me regarde avec des petits yeux ronds, non pas parce qu'il est ahuri pas le prix mais parce que la fin de la course l'a laissé penaud. Il sort son porte-feuille, en retire la somme demandée et descend du véhicule, les jambes tremblantes. Je le suis du regard et observe le bâtiment dans lequel il vient de pénétrer. Aussi haut que les autres immeubles il est orné à l'avant d'un bandeau sobre indiquant le nom de la banque et le type de clients qu'ils acceptent : Aventurier, baroudeurs, explorateurs.... En simplifié tous ceux qui sur Dreamland ont une expérience de vie particulièrement courte. 
Maintenant que le nabot antipathique est sorti je cherche comment aborder le passager à l'arrière. Seulement que dire quand on ne connaît ni la ville, ni les gens, ni les coutumes. Les finances m'exaspèrent, sujet clos, le style vestimentaire ambiant me hérisse tout comme l'attitude des gens, idem. Je me sens comme un indien dans la ville. Le look atypique du dénommé Khildar me laisse penser que je pourrai lui parler de l'environnement qui nous entoure sans gêne mais pour autant son titre m'empêche de réduire la distance qui nous sépare. Finalement j'opte pour un sujet passe partout, clair, et qui ne risque pas de mettre mal à l'aise l'un ou l'autre
 :

« Votre destination monsieur ? »

Posant mes yeux sur le GPS je remarque alors qu'il s'est éteint... Tâtonnant à la recherche d'un bouton, d'une aspérité indiquant comment l'allumer je n'entends pas la réponse de l'homme à l'arrière, du moins si réponse il y a. Finalement je tombe sur un bouton rond à l'arrière mais l'écran s'ouvre sur une demande de mot de passe. Dépité je l’éteins à nouveau et décide de déambuler dans la ville en faisant semblant de savoir où je vais...
En attendant qu'il engage la conversation, bien qu'en règle générale c'est plutôt le chauffeur qui commence à parler, je décide de fouiller un peu le véhicule à la recherche d'une carte pouvant m'indiquer dans quel royaume je me trouve et où je dois aller. Dans les portières il n'y a rien qu'un ou deux paquets de cigarettes vides, des chewing-gum collés et trois magazines pour adultes. Tendant la main j'ouvre la boîte à gant et tâtonne à la recherche du bout de papier. Mon doigt se prend dans un anneau que je retire, une bague dont l'intérieure porte une date, le précédent conducteur semblait donc être marié... Information inutile. Je la remet à sa place et continue ma fouille, laissant de côté les boites de préservatifs et les trois paquets de chewing-gum pour m'attarder sur un instrument plus massif. Le sortant, je remarque qu'il s'agit d'un revolver, pas très grand mais sûrement suffisamment pour dissuader un quelconque client peu enclin à payer sa course. L'observant un peu plus je remarque qu'il n'est pas chargé et ne sert donc qu'à bluffer. 

Du reste la boite est vide et je n'ai toujours pas trouvé de cartes. Je me retrouve donc obliger de continuer ma fausse course à travers la ville pour satisfaire ce client étrange. Dès que celui-ci sera descendu je n'aurai plus qu'à me débarrasser du véhicule dans une ruelle sombre, chose qui ne manque pas dans cette grande ville. Pour passer le temps je tourne le bouton de la radio, déclenchant un tonitruant vacarme de jazz à cause de la cassette insérée dans le boîtier. D'un geste brusque je le retire, jette la cassette par la fenêtre et commence à zapper pour dénicher des indices sur le lieu où je me trouve. Je finis par tomber sur une radio d'informations politiques animée par une dame à la voix lassée par son travail:
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 23:06
La pluie ne cessait de se faire plus dense. Les nuages qui rendaient le ciel plus sombre crevaient pour déverser leur chargement liquide sans aucun préoccupation pour leur conséquence humide sur les vêtements des passants. Ces passants empressés qui marchaient sans se soucier des gouttes qui frappait leur parapluie, maigre barrage contre l'assaut aquatique. Leur détermination à se rendre au travail occultait le temps abominable qui les environnait. Ils ne pensaient qu'à leur emploie et rien d'autre.

Cette attitude servile et dédaigneuse de toute autre activité percuta le voyageur démoniaque avec autant de force qu'un de ces murs en béton qui composaient les immeubles innombrables de ce royaume fade. Une envie de transformer les vitres du taxi en verre teinté de rouge traversa l'esprit de l'invocateur comme un couteau enfoncé en pleine poitrine. Tout ses muscles se crispèrent et les poings furent serrés à en jaunirent les jointures. Son faciès conservait son calme apparent alors que le reste de son corps se préparait à encastrer ce ridicule homme d'affaire au crâne dégarni prêt à l'emploi.

Le passager réticent à toute forme de conversation ne s'apercevait de l'aura meurtrière et se contenta de serrer contre lui la serviette noire contenant d'essentiels documents pour des opérations boursières sans importance. L'idée de partager un véhicule ne l'enchantait guère mais l'importance de sa mission et l'éloignement de son lieu de travail l'obligèrent à subir la compagnie d'un autre. L'apparente gentillesse délivrée ne lui inspirait aucune complaisance. La tenue sortant des normes de son compagnon forcé interdisait tout échange. Bien que les vêtements soient corrects, les couleurs fantaisistes ne pouvaient être toléré de la part du comptable. Désirant en finir au plus vite avec cette dérangeante cohabitation, il indiqua la direction au chauffeur qui se révéla un parfait incompétent. Se maudissant d'être demeuré dans ce taxi, il ne pipa mot. Pourtant, grâce à l'intervention du conducteur, il eut la vie sauve.

En effet, entendre une autre voix rappela à la bienséance l'aristocrate aux pulsions meurtrières qui se calma tant bien que mal. Il n'y avait rien à espérer de cet homme sûrement habillé quotidiennement de cette tenue sombre. Son armoire ne devait comporter que ses seuls pièces, sans une once de variation chromatographique.


Préférant se désintéresser de l'individu insipide, Oscar détourna son attention sur le paysage qui s'offrait à lui. Il n'avait point répondu à la question du chauffeur de taxi. Tout d'abord, parce que ses pensées étaient plus orientées vers un meurtre imminent. Ensuite parce qu'il n'avait aucune idée d'endroit où se rendre. Il permit donc à l'être austère de vivre et au chauffeur de déployer tout son art de maladresse, conférant une humeur joyeuse aux démons.

Les moqueries allèrent bon train tandis que le pauvre jeune homme, du moins le voyageur le supposa ainsi, se démenait afin de faire démarrer le véhicule et pénétrer dans le flot de voitures déjà présent.


"Dis moi, il a pris son permis dans un kinder ? "Railla Saënoris

"Tu devrais prendre le volant, Oscar, il risquerait de nous tuer."Préconisa Khildar

"Qu'il mette en danger Oscarinou et il va apprendre à manger avec les oreilles." Menaça Luëst.

"Et l'autre, là, il a pris son balai dans le cul ? On dirait Laënoris, la gueule de six pied de long en moins. Laisse moi lui tirer un sourire, il va se souvenir que les lèvres peuvent s'étirer jusqu'aux yeux. 

Et ainsi de suite dans une série toujours plus ignoble de torture violente, incluant des outils plus originaux les uns que les autres et parfois même des animaux pour parachever l'aspect malsain. Tandis que son démon sadique s'en donnait à cœur joie, le regard d'Oscar dérivait sur le morne paysage qui filait à la vitesse du flux routier. Les gouttes sur la vitre prenait une teinte sanglante à cause des tendances de l'invocation délirante. Les pulsions ne s'étaient pas éteintes et il aurait suffit d'un mot pour que l'être à la figure peu amène devienne parti intégrante du véhicule. Fort heureusement pour l'intégrité du taxi, le silence se fit maître mot.
Parfois, les murs se voyaient acteur de la propagande politique en affichant les figures des candidats. Cette agitation médiatique ne trouvait aucun écho dans l'opinion d'Oscar qui n'avait aucune raison valable de s'immiscer dans la vie des habitants d'un royaume aussi ennuyeux. Alors qu'une nouvelle recette pour faire frire les yeux mûrissait à l'esprit de l'aristocrate, une manœuvre plutôt audacieuse révéla un nouvel aspect de ce chauffeur maladroit et mal à l'aise.


Le taxi se positionne sur la voie de gauche, à contre sens. La vitesse accrue tira un sourire à l'invocateur qui se redressa et jubila en observant une peur panique s'insinuer dans les petits yeux du comptable. Le voyageur afficha ostensiblement son calme, en contraste complet avec la nervosité de son voisin qui serrait sa serviette avec tant d'insistance qu'elle en aurait hurler de douleur. Une voiture s'annonçait en face et le chauffeur semblait maître de la situation. Par contre, s'il ne se révélait pas à la hauteur, Oscar se ferait un plaisir de le tuer avant que le choc ne s'en occupe.

La conduite est exemplaire et le rabattement aussi vif que bien calculé, épargnant un inconcevable accident sur l'avenue passagère.

Une fois parvenue à destination, l'être au sombre costume rehaussait les teintes de ses vêtements par sa pâle figure, ajoutant au comique de la situation. L'hilarité envahissait l'esprit du jeune homme, ses démons se moquant du visage blême
.

"Son calcif a du changer de couleur." S'exprima Saënoris, jamais en manque de remarques polies.

"Un peu de mouvement dans sa vie lui apprendra à mieux en profiter et à être plus aimable." Nota Laënoris.

Une fois le passager extrait du taxi qui avait failli le tuer, le silence s'imposa encore plus. Le voyageur n'avait aucune envie de discuter mais quitter ce chauffeur aux manières cavalières ne lui plaisait pas non plus. Il désirait en apprendre davantage. La porte se referma, étouffant le bruit de la pluie battant le pavé et des pieds courant sur le sol. La question que n'importe quel chauffeur de taxi posait à son passager demeura sans réponse, l'invocateur réfléchissant, bien calé au fond du siège, son nœud papillon toujours sur son épaule. Il murmura pour lui-même :

"L'Enfer, mais vous m'attendrez, je ne serais pas long."

Le jeune homme – il en était sûr désormais, un examen plus approfondie lui avait permis de confirmer son impression – semblait ne pas avoir entendu la réponse saugrenue et s'attarda à prendre connaissance des objets présents dans le véhicule. Cette attitude quelque peu suspecte conforta l'hypothèse d'Oscar : la personne assise devant lui n'était pas le vrai chauffeur. Ses manipulation hasardeuse avec le GPS, sa façon de conduire et le simple fait d'avoir omis d'allumer le décompteur kilométrique démontrait que la conduite de taxi n'était pas son emploi.
En se penchant un peu plus en avant, les mains croisées, le voyageur suspicieux eut l'occasion d'observer les oreilles du conducteur, révélant leur forme arrondie. Pas une créature de DreamLand, donc. Et comme un voyageur ne perdrait pas son temps à un emploi aussi rébarbatif, ajouté à cela les différents éléments précédemment cités, la déduction s'opérait.

Le voyageur promu chauffeur de taxi découvrit l'existence d'une arme à feu. Néanmoins, il ne prit pas la peine de s'y attarder afin de braquer son passager, à la déconvenue de Saënoris qui aurait vu là une belle occasion de se défouler légitimement. Ne trouvant apparemment pas ce qu'il cherchait, le voyageur à la casquette jaune enfoncé sur la tête et laissant échapper une chevelure châtain clair reprit la route sans réellement se soucier de la destination demandée.


C'est alors que le poste radio diffusa une mélodie de jazz, pour le plus grand plaisir d'Oscar qui appréciait ce rythme lancinant aux notes profondes. La contrebasse aux accents graves faisait office de fond sonore, indispensable pour déposer un coussin de velours destiné accueillir les notes plus gaillardes de la trompette qui jouait à sautiller. La batterie offrait tout un panel de sons avec les cymbales qui pouvait simuler le glissement des gouttes de pluie sur la peau ou bien les percussions qui mimait le claquement des talons sur le parquet d'un salon. Toute cette ambiance retranscrit par le jazz ravissait l'aristocrate qui allumait un vieux tourne disque juste pour écouter les musiques désormais recluses à au rang nostalgique et lire un roman policier, confortablement assis dans un fauteuil au haut dossier, un verre de Brandy à portée de main. La scène était d'un cliché éculé mais il appréciait ces instants de tranquillité. Qu'il ne pouvait plus goûter depuis son arrivé en France et son retour à DreamLand.

Puis la musique fit place à une émission rendant compte des événements politiques qui agitait le Royaum
e :

"…. Fidèles auditeurs. D'ici 9 heures se terminera le deuxième tour des annuelles élections présidentielles. N'oubliez donc pas que chaque majeur, de plus de sept ans je précise, doit aller voter car il est nécessaire de départager les deux candidats, la bourse ne saurait toléré d'être dérangée plus longtemps par une égalité comme celle annoncée dans les sondages des élections... L'apparition d'un second tour, le premier depuis 14 ans, est déjà suffisamment déstabilisant et force cinq radios à ne plus diffuser à chaque heure de la journée l'évolution de l'économie. Il est donc nécessaire que le dernier votant départage les deux candidats et nous sorte de cette situation intenable....
- Je vous interromps, Marine, pour un flash spécial. On me communique à l'instant le décès de Mr. Néo, je ne vous ferais pas l'offense de vous rappeler la place capitale qu'il jouait dans ces élections. En effet, il représentait le dernier électeur. Son corps a été retrouvé écrasé au sol après une chute de 48 étages. Cette mort pourrait marquer un tournant capital suite à l'égalité parfaite donnée par les sondages en cours ! Le nombre de votants s'élève maintenant à 9.805.566 suite à cette mort et oblige à .... Attendez, mes fiches indiquent toujours 9.805.567 votants potentiels ! Je...
- Désolé mais je reprends l'antenne. Nous avons déjà perdu suffisamment de temps avec ces foutus élections... Faut relancer l’Audimat là ! Tout de suite la bourse."


L'écoute attentif du flot d'informations lui dévoila un fait notable qui le fit sourire. Un corps écrasé, une carte d'électeur et lui, voyageur passant par hasard. La carte dont il avait dépossédé le cadavre présidait au cœur de l'action politique. Cette nouvelle acquisition faisait de lui le dernier votant. Celui qui déciderait de l'orientation de ce royaume. Il tenait le destin de plusieurs personnes dans la poche de sa veste noire. La situation étira son sourire pour le rendre plus sadique et un ricanement sinistre s'éleva doucement dans le véhicule. Ces employés pressés dans les rues que le taxi traversait ignorait que l'homme qui déciderait de leur sort se trouvait non loin. Un sentiment grisant de puissance envahit l'homme qui porta un regard de suffisance sur l'extérieur.
Des élections reposaient sur lui. Un lord, certes. Un voyageur, assurément. Mais surtout un invocateur démoniaque empreint d'une Folie de moins en moins passagère. Lui conférer ce pouvoir équivalait à écrire les codes de lancement nucléaire sur un bout de papier puis de lancer le papier en l'air pour que ce soit un terroriste qui le ramasse. Il ne restait plus qu'une question dans ce genre de situation : sur qui la bombe allait tomber ? L'esprit pragmatique et pervers de l'aristocrate répondit rapidement à la question : sur tout le monde.

La politique ne l'avait jamais réellement passionné. Son travail impliquait de connaître les gouvernements actuels, les dirigeants ainsi que les relations diplomatiques entre les différents pays. Cependant, les politiques mises en œuvre chez ses clients n'avait jamais suscité son intérêt. Il en allait de même à DreamLand. Il s'était désintéresser des projets de son Seigneur à l'instant même où il avait été présenté à lui. Lors de ses aventures avec les membres des Crazy Minds, ils avaient arpentés les royaumes sans se soucier de qui était en guerre avec qui. De plus, aucun n'était vraiment inquiété par un quelconque seigneur. Eleonore était une vampire, Peter avait volé un Artefact et Max appartenait à un royaume dont le Seigneur se faisait oublier. Aucune raison valable poussait le jeune homme à étudier les alliances et les trahisons qui agitait DreamLand.
Toutefois, maintenant qu'il avait un pouvoir sur un gouvernement en place, la politique devenait soudainement très attirante. Il cessa de ricaner mais conserva son visage effrayant de sadisme et le dissimula au mieux avec sa main gantée. La nuit qui s'annonçait mortellement ennuyeuse révélait des amusements délicieux. Afin de profiter au maximum de ce divertissement, il se remémora les deux candidats et leur projet. D'une part une capitaliste à l'extrême qui comptait bien asseoir son autorité en augmentant les revenus des patrons et conférant plus de pouvoirs aux actionnaires. Et d'autre part une machine qui prônait le partage des ressources et l'attribution de droits et de salaires aux machines. Deux façon de gouverner antagoniste. L'une se traçait dans une ligne conservatrice. L'autre effectuait un virage violent et novateur. Qui choisir ?


Brusquement tiré de ses réflexions par un violent coup de frein, Oscar s'inquiéta de la raison d'une telle manœuvre. La réponse s'offrit aux yeux bleu de l'aristocrate. Une camionnette de police blindée venait de couper la route au taxi, obligeant son conducteur à se rabattre sur le trottoir. Les passants s'étaient vivement écartés et coururent afin d'éviter d'être mêlé à cette intervention musclée. Rapidement, le taxi fut encerclé par deux camionnettes et trois voitures de police dont sortirent deux escouades de dix hommes parfaitement entraînés et protégés par des gilets en kevlar ainsi que des casques, armés de fusil à pompe ou d'armes automatiques mais aussi une douzaine d'agent de police, moins protégé mais tout aussi en verve, bien décidés à maintenir le véhicule à l'arrêt et de mettre aux arrêts les occupant.

Leur mission consistait à récupérer un voyageur qui avait emprunté le taxi, selon leur source. Ils avaient le droit de le blesser, mais pas de le tuer. Quant au conducteur, si opposition de sa part il y avait, sa mort ne serait pas mentionné dans le rapport. Les ordres émanaient de Sarrah Connors en personne. La nouvelle identité du propriétaire de la carte d'électeur lui avait été révélée par un de ses meilleurs agents et l'ordre avait été clair : elle exigeait de s'entretenir avec ce voyageur. Ainsi, elle damait le pion à ce fichu robot.


Une observation rapide et circulaire des lieux apprirent à Oscar que les hommes armés se servaient de bouclier anti-émeute comme protection ou bien de leur voiture de police et qu'ils les encerclaient partiellement, le mur du bâtiment fermant le cercle. Il n'y avait d'ailleurs qu'un mur, point de porte. De plus, le mur était en béton, point de vitre. Pour ajouter à l'ironique de la situation, les deux candidats les observaient par l'intermédiaire d'affiches recouvrant le mur.

Il n'y avait plus qu'eux, les passants évitant l'attroupement pour se concentrer sur leur lieu de travail. Personne tenait à s'investir dans une telle situation. Une perte de temps et donc d'argent. Impensable.

La pluie avait l'air d'atteindre son seuil d'intensité et l'épaisseur du rideau qu'elle formait s'abattait avec violence sur les agents des forces de l'ordre à la solde de Sarrah Connors. Oscar se félicita d'être à l'intérieur et ne comptait pas le moins du monde changer de place. Il affichait un sourire tranquille, les bras croisés, une jambe pliée sur l'autre, son papillon enchanté sur son épaule, formant ainsi un ornement sur la veste noire
.

"Faut les buter, faut tous les buter, oh yeah !" Incitait Saënoris. "Ça va rocker dans les rues. Tu sors, tu m'invoque et je me fais une belle brochette. Pour la grillade, on repassera, mais je peux déjà te dire que l'assaisonnement sera sanglant." 

Ignorant les invectives aussi violentes que suicidaires de son démon, le voyageur aux cheveux teints en blanc se pencha vers le conducteur et demanda d'un ton léger :

"J'ai désormais connaissance du lieu où je souhaite me rendre. Le plus loin possible de ces malandrins." 

Il était temps de savoir ce que valait le voyageur qui lui servait de chauffeur. Peut-être qu'il apprendrait même son pouvoir. Pour l'instant, Oscar n'avait aucune envie d'user du sien, au désespoir de ses démons qui ne demandaient que cela.
Un homme, le chef d'une des deux escouades d'intervention prit la parole par le biais d'un mégaphone et beugla d'une voix ferme, témoignant des nombreuses années dans le service mais aussi de son inflexibilité
:

"Police de la Main Invisible ! Sortez du véhicule ! Il ne vous sera fait aucun mal. Sortez les mains bien en évidence ! Et pas d'entourloupes."

Oscar ne cilla pas. Les divertissements débutaient. Il sourit. 

"J'attends."

Garée non loin de la barrière que formait la police, la berline noire occupée par deux agents en uniforme simple mais efficace patientaient. Chaussures noires, pantalon noir, cravate noire, chemise blanche et lunette noire ainsi qu'une oreillette. Tout cela ne vous rappelle t il donc pas quelqu'un ? Naturellement que si. Vous avez fait le rapprochement. L'agent Smith.
Ils patientaient donc dans cette berline, prêts à intervenir. Il suffisait d'un appel. L'un proposa un paquet de chips. L'autre refusa. Le seul son qui se faisait entendre dans la berline était les craquements réguliers des chips se faisant broyer.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 23:12
Je reste songeur de longues minutes. Je viens d'arriver dans une ville étrange, c'est le moins que l'on puisse dire vu que la moindre personne que l'on croise est obnubilée par son travail, mais cet endroit est également au bord d'un gouffre. A tout instant la ville pourrait changer du tout au tout, et ici où tout est contrôlé à la perfection, un seul élément semble être libre et surtout incontrôlable. Un grain de sable dans les rouages compliqués de la mécanique. Je me demande bien où peut se trouver cette carte de vote inattendue et surtout dans les mains de qui elle se trouve... De simples déductions amènent à penser que ce n'est pas un habitant habituel de la ville, possibilités restantes : les voyageurs, les rêveurs, et les rares créatures de rêves qui pourraient s'aventurer ici tout en sachant à quoi s'attendre. Je suis prêt à exclure la deuxième catégorie, je vois mal un pauvre innocent en train de rêver s'emparer d'une carte dont il n'a cure et se balader dans la ville. De plus, si cela devait arriver, un rêveur demeure en toute circonstance incontrôlable vu que ses pensées ne sont plus vraiment dirigées par une logique habituelle. La possibilité de la créature des rêve est à la fois forte et faible, forte car je vois tout à fait un humanoïde fêlé s'introduire ici, tuer quelqu'un et s'emparer de sa carte afin de pouvoir jouer un rôle dans cette affaire, seulement il aurait mieux valu cacher le corps... En fait plus on y pense et plus il me semble que celui qui possède la carte est inconnu de tous les côtés, et ce grain de sable va provoquer une tempête dans très peu de temps. Mieux vaut ne pas se trouver là quand les deux partis voudront approcher le porteur de carte.

Un rire interromps le fil de mes réflexions, il semble provenir de l'arrière de la voiture. On l'entend à peine dans la voiture, mais une fois qu'il rentre dans l'oreille on ne peut que savoir qu'il est là. Sur mes bras mes poils se hérissent légèrement et un instinct quasiment animal me souffle que je ne suis qu'une proie entre les mains gantées du noble qui trône à l'arrière. Il est fort, c'est certain... Et la dernière fois que je me suis retrouvé contre quelqu'un de beaucoup plus fort que moi j'ai failli y laisser ma vie de voyageur. Le goût métallique de mon sang bloquant ma propre respiration me tire une grimace de douleur que je tente de réprimer. J'ai alors pris conscience que je n'étais qu'un nain parmi les voyageurs géants qui arpentent dreamland. Je me dois de devenir plus fort... Plus vite, et pour ca je dois affronter les plus grands. Sans même m'en rendre compte mon pied enfonce la pédale d'accélérateur tandis que mon sang bouillonne, mes mains sont serrées sur le volant au point d'en déformer le cuir. La route se sépare en deux voies et j'en profite pour accélérer et doubler le plus de voitures possible, profitant de la sensation grisante de vitesse pour évacuer une tension oppressante. Je jette un regard au passager arrière, son rire s'est tu mais un sourire carnassier luit sur son visage, il lève une main pour le cacher mais ses yeux suffisent à dire qu'il n'est pas sain d'esprit. Au moment où sa main monte, elle effleure ses cheveux, soulevant une mèche et révélant par la même occasion des oreilles rondes. Cet homme est un voyageur, je comprend mieux la frayeur que j'ai ressenti tout à l'heure. Un sourire se dessine sur mon visage, avant la fin de la nuit, je compte bien découvrir plus en détail cet homme étrange, et peut-être même l'affronter si occasion se présente.

Un gyrophare de police clignote dans mon rétroviseur, me détournant de mes préoccupations et me ramenant à la conduite de mon véhicule. Connaissant les réactions à avoir dans ces situations je me rabat sur la voie de droite pour le laisser passer. Seulement il se rabat juste devant moi... Et freine d'un coup sec. Mon corps n'est alors que réflexes que je ne pensais pas avoir et j'enfonce la pédale de frein avant de tourner le volant d'un coup sec sur la droite, amenant le taxi sur le trottoir au milieu des piétons qui, pour une fois, semblent réagir à ce qui les entoure. Une seconde, si la voiture de police s'est arrêtée devant moi, soit le conducteur à l’intérieur est encore plus mauvais que moi, soit il voulait me tamponner pour que je m'arrête de force. Mes rétroviseurs m'informent que plusieurs autres voitures appartenant aux forces de l'ordre arrivent, ce n'est pas une simple coïncidence. Préférant savoir pourquoi on me poursuit j'arrête le taxi, à la grande joie des piétons qui courraient devant, mais laisse le moteur allumé, prêt à démarrer. 
En quelques secondes, deux camionnettes se mettent à ma gauche et une voiture de police s'arrête derrière moi, puis une devant moi, se garant à l'américaine sans reculer par la suite. Des hommes sortent de toutes part, suffisamment armés pour faire exploser le taxi. Sans un mot ils se positionnent autour de nous. Certains nous tiennent en joug tandis que les autres pointent leurs énormes boucliers transparents sur l'innocent taxi. Une intuition me souffle qu'ils ne sont pas là uniquement pour faire respecter le code de la route, et de mon côté je ne désire pas croupir dans des geôles toute la nuit... ou plus si affinités... Je desserre ma pression sur le volant et pose une main sur le boîtier de commande automatique, prêt à enclencher la marche arrière au besoin


"J'ai désormais connaissance du lieu où je souhaite me rendre. Le plus loin possible de ces malandrins."

Je sursaute en entendant une voix aussi proche de moi et jette un coup d’œil dans le rétroviseur. A l'arrière, le voyageur demeure calme, comme si le changement brutal de situation lui était plaisant. Ses yeux ont troqués une part de sadisme contre de l'amusement. Seulement celui-ci n'est peut être qu'apparent et je serais au première loge pour subir un quelconque courroux. Mais je dois avouer que je suis d'accord avec le passager sur un point, pas question de rester discuter avec ceux qui nous entourent. Seulement qu'est ce qui m'oblige à rester avec le lord, je ne pense pas que la police en ait après moi, je viens seulement d'arriver ici, donc on en déduit que c'est soit après le lord, soit après le taxi en lui même qu'ils en ont. Et je doute que le vieil engin dans lequel je me trouve soit susceptible de les intéresser. J'hésite de longues secondes à laisser les policiers intervenir, s'emparer de l'homme au teint pâle avant de me laisser repartir, mais il y a peu de chances que je reparte si facilement, donc le mieux consiste encore à éjecter le voyageur avant de repartir, pendant la course ou encore après avoir semer les agents. Les trois solutions me permettant sûrement de voir ce dont est capable le voyageur. Ce dernier insiste d'ailleurs pour que je réagisse, et il n'a pas tord les policiers avancent doucement mais sûrement, entourant le véhicule et ne nous laissant plus beaucoup d’échappatoires. Je suis obligé de faire un choix, même si tout me souffle qu'il va me lancer dans un nid de vipères atrocement dangereux. D'une voix qui se veut assurée, je répond :

« Vos désirs sont des ordres... mais attention, une course poursuite entraîne un supplément... Que nous pourrions régler aimablement autour d'une table de poker par la suite, qu'en dites-vous ? »

Je marque un temps d'arrêt, repère un espace entre deux voitures, à gauche. L'intervalle est étroit mais je l'espère suffisant. Les policiers semblent également l'avoir compris car beaucoup se sont positionnés là, semblant vouloir arrêter le passage de leur frêles boucliers. J'aurai préféré être à bord d'un tank pour m'échapper sans dommage de ce guet-apens car l'affrontement risque d'être musclé face à autant de policiers, mais je pense avoir l'avantage de la surprise. Je finis par rajouter en enfonçant l'accélérateur :

« Et puis j'ai toujours souhaité savoir si ces fameux boucliers antiémeute étaient aussi solides que ca... »

La voiture démarre en rugissant, certains policiers choisissent de s'écarter mais la bonne majorité tiennent leurs positions en bons agents de la sécurité, la petite différence étant qu'ils ne s'attaquent pas là à des manifestants mais à une voiture, et le choc risque de ne pas être de même importance. En effet, le véhicule fait un bond en avant, percutant le premier policier qui n'a pas le temps d'esquiver et s'écroule sur le capot, le long bouclier faisant levier pour l'allonger avant de le faire glisser sur la voiture tel un sportif en bobsleigh. Il passe ainsi au-dessus du véhicule et s'envole une courte seconde avant de percuter le sol de plein fouet. Sous l'impact le pare-brise se fissure et les balles tirées par les policiers embusqués suffisent à le fendre puis le casser en des milliers de débris.
Les agents ayant tenus leurs positions se prennent la voiture dans les hanches et nous avons droit à une courte accalmie de tir tandis que le taxi traverse le flot de boucliers humains. Puis le calme se transforme en tempête au moment où le taxi percute la voiture de police positionnée devant, sortant du cercle et se mettant à portée de tir des policiers armés. 

Je m'engage sur une route désertée de toute voiture, les agents ont dû installer des barrages en amont de la route, stoppant la circulation sur la voie de droite. Au même moment, trois motos de police démarrent, nous prenant en chasse. J'ai beau enfoncer de toute mes forces la pédale d'accélérateur, les policiers gagnent du terrain très vite, à chaque tournant où je suis obligé de ralentir plus précisément. En quelques secondes, le premier motard rattrape le taxi et le dépasse, se plaçant devant tandis que ses camarades prennent place à ma gauche et à ma droite. Estimant la distance qui me sépare du trottoir grâce aux rétroviseurs je me rapproche tout doucement du véhicule de droite, le forçant, sans qu'il s'en rende compte vraiment, à se rapprocher de la bordure. Au moment que j'estime opportun, je donne un violent coup de volant, l'incitant à faire de même. Sa roue avant, trop proche de la bordure, entre en contact avec celle-ci mais pas assez de face pour lui permettre de monter sur le trottoir. Ce dernier sert donc de frein immédiat, propulsant le policier au en l'air. Il se prend un lampadaire à la base du cou et s'écroule au sol, immobile. Dans mon rétroviseur j'aperçois des voitures qui arrivent, en conclusion je n'ai plus le droit de ralentir sous peine de me retrouvé confronté à la nouvelle vague de poursuivants.
Puisant dans des ressources insoupçonnées pour une voiture de cet acabit je fais encore accéléré le taxi et dépasse le second motard avant de me rapprocher de lui. Immédiatement il accélère à son tour pour remonter mais j'ouvre la portière et freine légèrement. La collision ne rate pas et le jeune homme (je le devine à sa stature) continue sa course quelques secondes en emportant la porte avec lui tandis que je renfonce l'accélérateur. Le bloc de métal passe sous les roues du motard qui dérape et s'explose au sol, glissant sur quelques mètres. Il occupe ainsi une bonne portion de la route, portion suffisante, je l'espère, pour ralentir bon nombre de policiers. 
Je relève les yeux devant moi en me demandant comment éliminer le dernier agent quand une détonation retentit, immédiatement suivi de la chute du policier devant qui s'écroule sur la route dans un crissement de pneu, son véhicule se lançant dans des séries de vrilles. Je donne un coup de volant vers la gauche et heureusement la moto part vers la droite avant de percuter le trottoir. Je tente de voir d'où provient le tir mais ne repère qu'une voiture noire qui s'enfonce dans une ruelle adjacente, un mystérieux allié ou simplement quelqu'un qui voit un intérêt à notre survie ?

A l'arrière, les policiers vont certainement se diviser pour prendre en chasse notre aide inattendue mais la plupart ralentiront de toute façon pour esquiver les trois deux-roues étendus au sol. Je profite du court instant de répit qui s'offre à nous, il ne durera sûrement pas plus de dix secondes avant que la pression ne remonte. Telle l'attente terrible de la seconde vague de zombie ou de soldats adverses dans un jeu vidéo... 
Mais contre toutes attentes, les trois quarts des forces déployées se lancent à la poursuite du véhicule noir et le taxi n'est plus suivi que par deux voitures. Bien décidé à mettre un terme à la poursuite je prend directement sur ma droite, optant pour une petite rue vide et surtout étroite. Ma seule crainte est qu'une voiture débarque soudain de nul part me coupant la route. Chaque tournant est un petit frisson d'appréhension où j'espère que les policiers vont finir par se tromper ou se faire distancer, mais ils s'accrochent et même pire, se mettent à réduire la distance. 
Allant en tout sens je finis par atteindre une rue à sens unique et choisis alors de tenter le tout pour le tout... En m'arrêtant d'un coup, enclenchant le frein à main. Je n'ai que le temps de prévenir le passager à l'arrière que la voiture de police percute le taxi, lui faisant faire un bond en avant.
Un coup d’œil dans le rétroviseur m'indique que les airbag se sont déclenchés chez les policiers, les forçant à l'arrêt. Je me pince la lèvre, espérant que les nôtres ne vont pas subir le même sort mais rien ne se produit et quand je retire le frein et appuis sur la pédale d'accélérateur, la voiture réagit immédiatement et repart, laissant les deux véhicules de police en plan. 
Je continue de rouler dans les rues pendant quelques minutes avant de m'arrêter sur une place de parking et de m'adresser au voyageur à l'arrière
 :

« Désolé pour les secousses de tout à l'heure... Nous ferions mieux de laisser le taxi là. Vu le monde qu'il y a dans le coin nous serons plus discret ainsi. Au fait, je m'appelle Nayki. »
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 23:26
L'intensité de la tempête diminua. Les éclairs s'effacèrent et le grondement du tonnerre s'éloigna. La pluie demeurait mais le rideau perdait de sa densité. Les gouttières déversaient des torrents dans les caniveaux transformés en fleuves. Les dalles du trottoir devenaient traîtres car trop glissantes. Le bitume s'était recouvert d'une fine pellicule d'eau, suffisamment épaisse pour faire patiner les roues de n'importe quel véhicule. Ce n'était pas de minces filets de gouttes qui descendaient le long des vitres mais de véritables toiles. Le ciel gardait précieusement le soleil derrière d'épais nuages qui finissaient de crever. Bien que la tempête se calmait, l'atmosphère humide demeurait. Un véritable enfer pour une course poursuite.
Cependant, le chauffeur de taxi se débrouilla à merveille et se dédouana des poursuivants avec une habilité admirable. Naturellement, les revirements brusques avaient été inévitables et les conséquences sur le passagers furent des bousculades désagréables. Mais devant la situation pressante, il n'y avait eu aucune récrimination durant le trajet quelque peu mouvementé. Parvenir à s'extraire d'un barrage de policiers en forçant le passage était audacieux. Éliminer les poursuivants par des manœuvres bien senties comme accoler le motard contre le trottoir ou ouvrir la portière pour que le choc fasse choir le conducteur du deux-roues fit le ravissement du voyageur qui admirait la conduite sportive du chauffeur.


Tout au long de la fuite véhiculée, les démons s'étaient exclamés de joie. Ponctuant chaque coup de volant par des cris d'enthousiasme, l'esprit de l'invocateur était devenu la tribune d'une montagne russe. Néanmoins, il devait bien avouer qu'il était grisant de se retrouver au sein d'une course poursuite digne d'un bon vieux film d'action. Les explosions manquaient mais la vitesse et les sensations accrues palliaient à ce manque.

Le voyageur vêtu sobrement avec comme seule fantaisie sa cravate rouge n'avait pas cillé et ses fines lèvres n'avait cessé d'afficher un sourire témoignant de son régal de la situation. Toutefois, il ne s'était pas contenté de profiter de la vue de motards couchés au sol et d'une bordée de voitures les poursuivants, toutes sirènes beuglantes. L'aristocrate avait cherché la raison d'une telle action à leur encontre. Etait ce pour lui ou bien contre le chauffeur de taxi ? Puisqu'il était paru évident que ce chauffeur n'en était pas un, peut-être que l'usurpation d'identité et le vol d'un véhicule étaient des crimes assez grave dans ce royaume pour que toute une troupe de force de l'ordre intervienne. Lorsque la dirigeante affichait un air si strict sur ses affiches, cette hypothèse tenait étrangement debout. Dans le cas où la personne recherchée se révélait être lui, voyageur solitaire naviguant dans les eaux de DreamLand en jetant quelques gouttes de sang dedans, il lui revenait de savoir ce qu'il lui était reprochable. La seule chose dont il pouvait se rendre coupable était cette carte d'électeur qu'il avait prélevé sur le corps encore chaud de ce Monsieur Neo. Certes ses intentions concernant ces élections n'étaient pas louables et l'idée de voir se déchirer deux candidats politiques réveillait en lui des plaisirs sadiques, mais il n'en avait pas encore esquissé le moindre plan. Comment dans ce cas pouvait on lui reprocher quelque chose qu'il n'avait pas encore accompli ? C'était abominablement frustrant. A moins que la police de ce royaume possède des moyens si perfectionnées qu'elle pouvait prédire les crimes avant leur exécution. Un tel dispositif serait une véritable plaie pour le voyageur démoniaque.

Finalement, les deux possibilités furent conservés. Soit l'imposture du chauffeur de taxi se révélait trop grave et la police jugeait bon de l'arrêter. Soit la carte d'électeur revêtait des conséquences plus importantes que prévue et l'arrestation du voyageur la possédant était une priorité. Dans les deux cas, cela promettait une agitation certaine. Pour le moment, aucun plan précis ne se dessinait à l'esprit de l'invocateur au nœud papillon enchanté mais quelques pistes d'actions se présentaient à lui. La participation de ce voyageur apprenti conducteur s'imposait pour rendre la nuit encore plus divertissante.


C'est alors que le dernier motard fut proprement abattu sous leurs yeux et que les tireurs embusqués dans une berline noire leur faussèrent compagnie tout en charriant la majorité de leurs poursuivants. Une intervention aussi providentielle que suspecte. Leur survie importait à des instances mystérieuses et sûrement plus dangereuse puisqu'elle attirait l'attention de la police. Le chauffeur de taxi profita de l'occasion pour filer au mieux et après quelques dernières pérégrinations dont la destruction d'une voiture de fonctionnaires, le taxi se stoppa finalement dans un parking désert. Il était d'ailleurs étonnant de trouver des lieux déserts dans ce Royaume. Du moins, aux yeux des novices. N'importe qui appartenant à l'immense ville savait que tout le monde avait terminé de se rendre à sur son lieu de travail et que désormais, les rues seraient dénuées de toute population. Au contraire, tous les bâtiments se trouvaient à présent remplis et débordant d'activités, les couloirs de bureaux devenant des flux d'employés.

La pluie terminait de s'atténuer pour ne devenir plus qu'un mince filet. Ainsi la météo se déroulait. Le trajet vers les bureaux se devaient d'être aussi pluvieux que possible et il en allait de même pour le trajet du retour. Ainsi, le fait de se rendre au travail demeurait le plus morose possible.

Les réverbères n'éclairaient rien puisqu'ils n'étaient pas allumés et les murs qui délimitaient le parking n'avaient rien d'encourageant. Certains comportaient quelques affiches politiques et les candidats avaient l'air d'observer le taxi garé sur ce parking désert.

Ce paysage tristement bureaucratique laissa froid l'aristocrate qui porta attention aux paroles de son chauffeur de taxi. La suggestion de continuer à pied était judicieuse. Le chemin à prendre était une autre question. Tandis qu'ils sortaient du véhicule, le voyageur détailla son compère. Les vêtements évoquaient la profession qu'il avait si brillamment occupé en ce début de nuit. La chevelure au dégradé chromatographique allant d'un noir d'encre vers un châtain plus doux dépassait de la casquette jaune. La taille était fine et le reste de la tenue ne permettait pas de déterminer la musculature véritable. Le visage impassible se permettait l'audace d'un sourire malicieux. Il revint alors en mémoire la proposition de jouer au poker le paiement. Une trace d'humour des plus appréciables, marque d'esprit. Enfin, les traits témoignaient d'une certaine jeunesse ayant tout de même une certaine expérience. Un jeune homme éduqué mais ne sachant pas parfaitement conduire


"Intéressant … Il ne semble pas dénué de ressources." Nota Khildar.

Une fois la portière fermée, Oscar se tourna vers son interlocuteur qui s'était présenté sous le nom de Nayki. Ce nom n'évoqua strictement rien, tant pour l'aristocrate que pour le voyageur. Un nom de famille aurait été bienvenue. Et il pouvait tout à fait s'agir d'un pseudonyme. Un précaution que prenait la plupart des voyageurs reconnus afin d'éviter d'être retrouvé trop facilement.
Les gouttes de pluie recommençait à mouiller le visage souriant teint de blanc du voyageur démoniaque qui ne se gênait pas pour dévisager de ses yeux bleus son compagnon onirique. Des gouttes perlaient sur les mèches de cheveux blancs ainsi que sur le bouc rouge. Pourvu qu'ils trouvent rapidement un abri car il ne supporterait pas cette humide agression bien longtemps. Il prit alors la parole, face à Nayki, à côté du taxi, d'un ton aimable
 :

"Vous avez parfaitement raison. Il serait de bon ton de quérir un lieu plus sûr. "

Il s'inclina et commença, la main sur le cœur et le papillon enchanté sur l'épaule :

"Je me nomme Lord Khildar Osca …"

"… Oscar Allan Louis Alexander BlackSilver, pour notre élection." Termina l'agent Smith.

Immédiatement le prénommé leva la tête et analysa le nouveau venu. Un costume des plus stricts. Et des lunettes noires impénétrables. Une cravate noire comportant une broche dorée. Le faciès glabre affichait une rigueur effrayante. L'être au maintien irréprochable se tenait à l'entrée du parking, une main sur l'autre. Nulle crainte ne transparaissait. Plutôt une sorte d'assurance et presque une tranquillité. La pluie ne l'affectait en rien. Elle se fracassait contre lui. Il se permit un sourire ironique à la question d'Oscar :

"Comment connaissez vous mon nom ?"

"L'une de mes fonctions est de tout savoir, Monsieur BlackSilver."

Un mouvement de tête et un sourire accueillit cette réponse. Le Lord était à la fois flatté et inquiet que son identité soit connue en ces lieux. Il marcha vers l'agent d'un pas faussement joyeux, amplifiant chaque geste, comme une démarche théâtrale.

"Et que me vaut le plaisir de votre vision ? Que nous voulez vous ?" Il n'oubliait pas d'inclure Nayki au cas où la véritable cible se révélait le voyageur chauffeur.

"Vous disposez d'une carte d'électeur."Le ton était monocorde, presque numérique.

"Pas le moins du monde." Réfuta Oscar d'un geste de la main déclinant.

"Il est de votre devoir d'aller voter. C'est important."Chaque mot était lâché comme une frappe sur le clavier ; vive, dure, implacable. Pourtant, cela n'effrayait en rien l'aristocrate qui continuait de sourire et de gesticuler à chaque pas.

"Je vous emmerde."

"Nous pouvons vous tuer en cas de refus."

Un rire précéda la réplique:

"Comme le précédent porteur ?"

"Nous n'avons aucun commentaire à faire."

"Puis je savoir pour quelles obscures raisons je m'impliquerais dans la politique qui m'est parfaitement inconnu ?" 

"Nous pouvons tuer le chauffeur sinon."La menace était du même ton que le reste.

"Faites le, je m'en fous." Ria Oscar en désignant Nayki.

L'agent resta un moment silencieux, comme analysant les solutions possibles, éliminant les possibilités importunes et établissant un rapport en trois exemplaires.

Son objectif consistait à ramener le porteur de la carte au QG et de le convaincre. La force était une option mais il était préférable d'éviter de créer un nouveau porteur. Alors qu'une procédure de capture se mettait en place, le voyageur prononça d'une voix gaillarde
 :

"Que souhaitez vous concrètement ?" Il pointait du doigt l'agent alors qu'il se tenait à deux longueurs de bras.

"Vous faire rencontrer Sarah Connors."

Il résulta de cette vérité un revirement complet et Oscar faillit étreindre l'obscur agent :

"Pourquoi diable ne pas l'avoir dit plus tôt ? Je vous suis !"

L'étonnement ne se lut pas sur le visage figé de l'agent Smith. Il allait prier le voyageur de l'accompagner lorsque celui-ci soumit une requête :

"Mon chauffeur vient aussi. "

"Ce n'est qu'un chauffeur de taxi." 

"Certes," concéda Oscar en se courbant exagérément," mais il est à mon service. Il est mon homme à tout faire en quelque sorte." 

Le Lord se tourna vers Nayki et le pria de se rapprocher pour qu'ils soient à la même hauteur et le regarda avec l'air du maître de maison appelant son domestique.r]

"Mais vous êtes tous les deux voyageurs."

"En effet. Il me suit dans les deux mondes. "

"Dans ce cas … Veuillez me suivre."

L'agent Smith leur ouvrit la porte arrière d'une berline noire garée un peu plus loin. Oscar s'y engouffra et s'installa confortablement dans le fauteuil en cuir noir. Une fois tout le monde à l'intérieur, l'agent prit le volant et démarra la voiture pour un trajet vers le QG de Sarah Connors. Les vitres épaisses et teintées filtraient le son et les balles en plus de la vue. L'agent n'engagea aucune conversation, demeurant professionnel avant tout. Il avait prévenu auparavant qu'il amenait le porteur de la carte électoral et qu'ils seront arrivés dans quelques minutes.
Oscar souriait, confiant et préparant déjà des actions à menées pour transformer cette morne ville en un joyeux brasier. Il ne prêtait guère attention à son prétendue homme à tout faire. Ce n'était pas de l'impolitesse mais plutôt un manque de sujet à aborder. Ou plutôt non, une trop grande abondance de sujets à aborder. Il aurait voulu savoir depuis combien de temps il était voyageur, quel était son pouvoir, ce qu'il faisait là hormis se prendre pour un chauffeur de taxi, si il était déjà venu (l'invocateur avait déjà une petite idée de la réponse) et ce qu'il comptait faire.

L'aristocrate n'avait aucun remord d'avoir embarqué avec lui un (presque) parfait inconnu dans une histoire politique, donc dangereuse. Il trouvait cette initiative profitable pour le voyageur aimant le poker. En effet, l'abandonner au milieu de ce parking avec l'ensemble de la police qui les recherchait, ça n'aurait pas été très judicieux. Enfin, ça lui permettait d'avoir un compagnon en cas d'ennuis.


Ils arrivèrent finalement au pied de l'imposante tour appartenant à Sarah Connors, actuelle Maire du Royaume de la Main Invisible. Bien qu'elle soit composée de la même manière que ses sœurs, cette tour dénotait par la puissance qui vous écrasait lorsque vous la regardiez d'en bas. L'impression que l'immeuble entier était un organisme qui vous dévisageait vous sautait à la gorge pour ne plus vous lâcher et restait collé sur vous.

Le hall d'accueil était aussi froid que fonctionnel malgré les efforts pour y intégrer de la verdure (artificielle, naturellement) L'éclairage composée de lumière froide et diffuse se reflétait sur le carrelage impeccable. Les deux voyageurs et l'agent se nettoyèrent les pieds en entrant et le passage de la double porte eut pour effet magique de les sécher, eux et leurs vêtements. Un bip étouffé résonna lorsque Nayki franchit les portiques de l'entrée. Oscar s'empressa de dire que c'était sûrement la faute de son nœud papillon enchanté qui voletait en tout sens. L'agent Smith ne s'attarda pas sur l'incident et les invita à prendre un des ascenseurs. Le bureau de Sarah Connors, comme tout les bureaux de gérant, se trouvait au dernier étage. Cet immeuble en comportait une centaine. Oscar espérait que la musique présente dans l'espace réduit n'était pas ennuyante à mourir. Lorsque les portes se refermèrent, il fut agréablement surpris
.

[*Introduire ici une musique de Two Step From Hell*]

Une question taraudait l'esprit et sous la pression de son majordome Laënoris, Oscar la posa à l'agent qui se tenait fièrement mais pas de façon ostentatoire devant eux :

"Comment saviez vous que la carte d'électeur est en ma possession ?"

"Un système de puce GPS permet de connaître la position et l'identité du porteur, à tout instant."

"Oh, je vois …" Un tel dispositif accusait des mesures extrêmes du régime en place. Un contrôle permanent de tout sur tout à tout moment, le rêve pour un dictateur. Ce Royaume semblait gouverné de cette manière et le choix du candidat allait déterminer si le régime actuel perdure ou bien s'efface.

Soudain, l'agent Smith prit la parole 
:

"Comment trouvez vous notre Royaume ? La question s'adressait autant à Oscar qu'à Nayki."

"Il n'a pas d'odeur." 

La cage en fer blindé s'élevait doucement, gravissant les étages petit à petit.
Pendant ce temps, la berline noire entra dans le parking souterrain de l'immeuble Connors et les deux agents en sortirent. Le paquet de chips fut jeter à la poubelle. Ils avaient accomplis leur tâche.

Au même instant, dans un immeuble voisin, une troupe métallique se préparait. Composée de cinq androïdes à la stature impressionnante et au blindage exceptionnel, elle attendait le signal pour agir. La mission était simple : s'introduire dans le building de cette capitaliste, identifier le porteur de la carte, l'embarquer, évacuer en hélicoptère, l'amener au chef.

Il ne manquait plus que le signal.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Fév 2015 - 23:39
Seule la pluie ruisselante semble donner une limite à l'immense parking dépourvu du moindre véhicule... Au-delà d'une certaine distance, on ne distingue plus qu'un léger mur d'eau et entre celui-ci et la voiture jaune désormais pourvue de 4 portes, il n'y a rien d'autres que les lignes blanches délimitant les places et le faible éclairage des néons. Un décor sombre, glauque mais qui permet de voir les gens venir de loin, de très loin. L'idée d'abandonner le véhicule n'a pas vraiment été mûrement réfléchie et je dois bien avouer qu'elle a été prise sur un coup de tête mais cela n'empêche qu'il s'agit là de la meilleure solution. Garder le taxi c'est conserver un moyen d'échapper aux forces de police mais c'est aussi se faire remarquer... A pied nous aurons plus de chances de trouver un lieu où se planquer... Du moins je l'espère car les rares habitants que j'ai pu observer sur les trottoirs semblent aussi froids que les murs sur lesquels ruisselle de façon presque ininterrompue la pluie. Dans le pire des cas, un innocent automobiliste fera l'affaire, récupérer le véhicule d'un bureaucrate ne devrait pas être trop compliqué... Seul soucis il faudra l'empêcher de tout raconter aux forces de l'ordre, ce qui induit un traitement de rigueur. 

Second sujet gênant, je ne parviens pas encore à me décider au sujet du voyageur qui m'accompagne... Une intuition me pousse à le fuir, me dictant de me séparer de lui et qu'il est responsable de tout ce qui est en train de se passer, d'un autre côté je ne peux m'empêcher de me dire que continuer ma route en sa compagnie est l'un des meilleurs moyens de découvrir ce qui se trame ici et surtout pourquoi on nous poursuit. Adoptant une attitude intermédiaire, j'ai pris le parti de continuer à le suivre encore un peu, si le besoin de s'enfuir se fait sentir, je ne devrais pas avoir trop de mal à m'esquiver. Et c'est exactement dans cette optique là que je me suis présenté, mon nom ne peut l'aider à me retrouver, pour Dreamland, je ne suis encore rien, et cela me convient à la perfection. Ne possédant que mon prénom, l'homme en face de moi ne peut pas faire grand chose si je me décide à lui fausser compagnie, et je ne pense pas qu'avec le hasard avec lequel Dreamland fait tomber les gens en un point ou un autre chaque nuit, il soit aisé de me retrouver. [HRP:Nayki ignore qu'on peut retrouver les gens en pensant à eux avant de s'endormir]

Mon inattendu complice dans cette cavalcade ne semble, quant à lui, pas opposer à me dévoiler encore une fois qui il est. Seulement cette fois ce n'est pas au petit homme qui nous a quitté il y a peu qu'il s'adresse mais bien à moi, signe de l'évolution de la situation, il n'a cependant pas besoin de se donner la peine de finir de se présenter, car une voix s'élève, finissant de me donner les informations sur le voyageur. Instinctivement mon bras gauche se lève et je me retourne, sans sursauter mais sur mes gardes quand même, vers le nouveau venu.

Je n'ai cessé de regarder autour de nous pour vérifier que personne n'arrivait mais cela ne semble pas avoir été suffisant pour prévoir l'entrée en scène d'une homme vêtu de noir, exception faite d'une chemise blanche immaculée. J'ai beau chercher autour de moi, je ne distingue aucun angle mort par lequel il aurait pu arriver, soit il est très rapide, soit les lieux sont plus étranges qu'il n'y paraît... La pluie semble rebondir sur l'homme en noir, ne le touchant même pas et faisant bien attention à ne pas créer le désordre dans sa coupe de cheveux. Impossible d'apercevoir son regard et son visage figé ne permet pas de se faire une idée sur ses intentions. Je laisse retomber ma main mais garde les poings mi-serrés. J'ai la fâcheuse impression d'être pris entre deux lions qui se jaugent et le combat qui risque de s'ensuivre ne me concerne pas, du moins pour l'instant... 

Néanmoins cette joute ne risque pas d'être dépourvue d'intérêt et pourrait peut-être me donner quelques indications sur les policiers de tout à l'heure. Me calant contre la voiture, pieds et bras croisés j'observe les deux protagonistes. D'un côté, Khildar joue de ses expressions, aussi bien part sa gestuelle que par ses dires pour arriver à assouvir son désir de connaissances, de l'autre l'homme au visage de marbre répond de façon stricte, directe, sans fioritures. Il sait déjà tout ce qu'il veut et ne cherche qu'à faire comprendre à celui qu'il interpelle que la liberté de décisions ne fait pas partie des options proposées, ou en clair, suivez-moi. 

Je parviens à retirer quelques informations utiles de la discussions, surtout la partie concernant le vote. Khildar est en possession d'une carte d'électeur, ce serait donc la raison pour laquelle l'innocent taxi a craché ses tripes et perdu une porte... Bien que la perte de cette dernière est plutôt dû à mes réactions qu'à la police elle-même. L'homme en noir confirme encore une fois ce que les affiches et la radio hurlent, les élections ne tarderont pas et l'égalité semble se faire bien sentir. Au point d'être prêt à éliminer les électeurs eux-même pour l'emporter... Et s'ils sont prêt à tuer les électeurs, je vous laisse imaginer ce qu'ils sont prêt à faire de ceux qui ne le sont pas... Mettant ma vie en jeu comme s'il ne s'agissait que d'un jeton de faible valeur, le nouveau venu menace de me tuer sans même me jeter un regard. Je sens monter en moi une vague de colère que je dois refouler, faisant craquer mes articulations une à une. L'homme ne me tourne pas le dos, donc il se méfie de moi, il sait sûrement même que je suis un voyageur. Alors qu'est ce qui peut bien le pousser à croire que l'homme qui m'accompagne a un quelconque pouvoir sur moi...

J'esquisse un sourire en entendant la réponse de Khildar, comme nombres de voyageurs, il n'est pas, mais alors pas du tout manipulable. Au point de mettre ma vie et la sienne dans la balance juste pour entraîner l'homme en smoking à dévoiler sa main. Je serais prêt à parier tout mes jetons qu'il est encore moins facile de contrôler Khildar que n'importe quelle autre personne qui hante Dreamland. Pour manipuler quelqu'un il faut qu'il est des intérêts dans l'affaire et je doute que cet homme au teint cadavérique soit intéressé par beaucoup de choses.
 


"Pourquoi diable ne pas l'avoir dit plus tôt ? Je vous suis !"


… Il arrive à tout le monde de se tromper parait-il... En tout cas cette fois-ci la bille n'est pas arrivée là où je le souhaitais sur la roulette. Le noble doit voir un intérêt dans l'affaire pour avoir changer ainsi d'avis. En tout cas sa réponse m'offre le plaisir de voir le visage rigide de notre mystérieux visiteur se fendre pour laisser paraître surprise et confusion (respectivement sur le côté gauche et droit du visage, l'une entraîne la levée d'un sourcil de quelques millimètres, plissant la peau au-dessus des lunettes, l'autre entrouvrant les lèvres de l'homme de façon à peine perceptible).

Ma seconde surprise arrive quand le Lord impose ma venue, inventant un lien entre nous avec le naturel et la spontanéité d'un comédien expérimenté, il dresse le portrait du maître et de son serviteur dévoué sans me laisser un instant le choix. Je n'ai cependant pas à me plaindre car le seul moyen de se sortir d'ici sans tomber sur la police doit être de suivre l'homme en costard... Mais il s'agit là de se décider entre la fosse au lion et celle aux tigres... Je ne sais pas quel est le pire, le danger de la police semblant néanmoins plus imminent que celui qu'occasionne la proposition faite à l'instant. Je ne peux donc que jouer mon rôle de sous-fifre, me rapprochant de Khildar en courbant l'échine, seul son regard manipulateur m'irrite. Je n'ai pas eu l'occasion de placer la moindre phrase mais mon sort semble déjà décider pour les deux hommes et ne leur donnant pas tord, je les suis dans la voiture sombre qui démarre dans un doux ronronnement de moteur. Installé dans les moelleux fauteuils, je me retiens de sortir mes cartes pour passer le temps. Le trajet n'est pas bien long car il n'y a plus aucune voiture à circuler dans les rues. Seules les voitures de police, tout gyrophares dehors s'agitent d'un point à l'autre de la ville.

Nous sommes déposés face à un immense building, dont les fenêtres éclairées ne laissent filtrer qu'une lumière grisonnante, due aux stores qui bloquent la lumière. Seul le dernier étage, entièrement pourvu d'une baie vitrée est éclairé d'une lumière blanche rayonnante mais également inquiétante... Les salles d'autopsie aussi sont blanches et ce n'est pas pour autant rassurant.
D'un pas assuré, l'homme chargé de nous amener ici s'élance à un rythme soutenu à la limite de la course. Je suis les deux hommes, approximativement trois pas en retrait. A part une personne à l'accueil, il n'y a pas âme qui vive... Du moins en apparence car des caméras situés un peu partout scrutent, zooment et identifient les visiteurs. De plus, à peine sommes-nous rentré qu'un signal se fait entendre, à l'instant même où je franchis les deux portes. Je me mords la lèvre en me rappelant la présence du pistolet rangé dans ma poche... Immédiatement, des hommes lourdement armés sortent de leur cachette avant d'y retourner discrètement sur un signe de main de notre escorte , nous pointant de leurs armes. Le hall se veut peut être lumineux mais ces tâches noires disséminées dans tout les coins sont assez désagréables. Au final, l'incident s'arrange très vite et s'avère plus profitable que gênant. Venir ici n'était peut-être pas l'issue la plus judicieuse et le piège vient de se refermer en même temps que les doubles portes derrière nous. Plus question de faire demi-tour désormais.

Je continue de suivre les deux hommes et pénètre avec eux dans l'immense ascenseur. Me reculant au fond de la cage je laisse mon supposé maître répondre à la question posée. Ma réponse pourrait choquer les âmes sensibles car mon amour pour le royaume tombe aussi durement que les gouttes d'eau qu'on entend pleuvoir autour de nous... En moins d'une minute un petit tintement retentit, prévenant de l'ouverture des portes. Adoptant toujours sa démarche rapide, notre guide s'élance dans le bureau immaculé. En plus d'être immense, il n'est pourvu de quasiment aucun meuble, seul le bureau de cinq bons mètres de long, blanc également, occupe une partie de l'espace. Derrière celui-ci un fauteuil, vide. Comme s'il en avait l'habitude, le man in black prends sur la gauche, ouvre une porte et entre, sans frapper ni même se poser de questions. Toute son attitude traduit que nous n'avons pas le choix, encore une fois nous devons le suivre. Je laisse Khildar entrer en premier et le suit, découvrant à mon tour la seconde pièce.

Beaucoup plus petite que la précédente, elle est pourvue d'une multitude d'appareils de musculation dont je ne connais pas la plupart. Allant du tapis roulant à un ring où sont disposés trois poteaux. Fouillant la pièce, je finis par figer mon regard sur les deux femmes présentent dans la pièce, l'une est assise sur une chaise, un ordinateur portable sur les jambes, l'autre est suspendue à une barre et fait des tractions, ne ralentissant pas même lorsqu'il s'agit de dicter à celle assise. Elles remarquent toutes deux notre présence mais ni l'une ni l'autre n'esquisse le moindre geste dans notre direction, pas même un regard inquisiteur. Précédés par notre si souriant guide, nous nous rendons vers les deux présences féminines. Peu à peu, ce qui se dit devient audible et je comprends alors mieux que Sarah Connors, à coup sur celle qui fait des tractions, dicte à ce qui doit être sa secrétaire, des consignes et directives qui sont immédiatement prises en note. A quelques pas de la barre, l'agent s'arrête et demeure immobile, attendant une réaction de son employeuse. Seulement celle-ci persiste à monter et à descendre, nous ignorant royalement. Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire gêné pour notre guide qui demeure de marbre malgré la situation. Il finit par tousser à deux reprises pour faire entendre raison à son patron. Celle-ci nous accorde alors un regard avant de lâcher la barre. Elle attrape une serviette et s'adresse encore une fois à sa secrétaire
 :

« Vous enverrez ce texte aux différentes banques du dossier A, B et E. Ne traînez pas il est indispensable qu'ils réagissent dans les plus brefs délais. S'il n'y a pas de réponses dans les trois heures, envoyer les agents Kyle et Reese voir ce qui se passe. »


La secrétaire hoche la tête, replie son ordinateur portable, se lève et s'en va, sans esquisser sourire ou regard dans notre direction, je continue de suivre le déplacement de ses hanches quelques secondes encore avant de me forcer à reporter mon attention sur la présidente. Celle-ci se dirige maintenant vers le ring constitué de trois énormes troncs portant chacun deux cercles de lumière rouge. Elle attrape au passage un bâton et se place au centre du triangle. Connaissant sûrement la manœuvre, l'homme en noir se dirige vers un boîtier et appui sur un bouton avant de revenir se placer à côté de Khildar. Immédiatement l'un des cercles s'allume, ne s'éteignant que lorsque le bâton le frappe, le rythme au départ tranquille ne tarde pas à devenir de plus en plus rapide et les coups s'enchaînent sans discontinuité, pleuvant dans toutes les directions, de temps en temps accompagnés d'un bref cri. Les déplacements au sol sont excellents et aucun mouvement n'est superflus, tel que la politique de la dame semble le faire penser également. Un compteur placés dans un coin indique le temps restant et le nombre de coups portés. Finalement la dernière seconde s'achève dans un cri plus forts que les précédents. L'exercice est de grande beauté mais un détail ne trompe pas, le regard porté à Khildar à la toute fin de l'exercice prouve que cette démonstration n'est là que pour intimider. Seulement la présidente se heurte à l'habituelle figure de Khildar qui ne laisse transparaître ses émotions. Détournant le regard je ne retiens pas à un sourire amusé face à la situation. Sarah Connors finit par prendre la parole, s'adressant enfin à nous, où plutôt au noble, ne se souciant pas un instant de moi :

« J'irais droit au but. La situation est catastrophique, de plus en plus de gens se rallient à la cause robotique. Vous rendez-vous compte de la catastrophe économique que cela pourrait entraîner ? Non bien sur vous ne pouvez pas... Un voyageur ne peut comprendre de tels soucis... Hum, comment expliquer cela simplement. Ce pays est au bord d'un gouffre et les robots tendent à le faire tomber sans se rendre compte qu'en bas du gouffre se trouvent les autres pays de Dreamland et que la chute aura des répercussions énormes sur tout Dreamland, plongeant le monde dans un chaos de finance indescriptible pendant plusieurs semaines au moins ! Et cela pourrait devenir également problématique pour les voyageurs comme vous avec une hausse du prix des drogues et autres artefacts ! »


Ne laissant pas au noble le temps de placer une seule phrase, la directrice tente par tout les moyens de rallier à sa cause son interlocuteur. Seulement le changement et l’imprévu font parti du quotidien d'un voyageur, alors expliquer à quelqu'un qui ne vit jamais deux fois la même chose que la situation va changer n'est pas vraiment un argument de poids... Elle semble finir par comprendre que les choses ne seront pas si simple et décide d'adopter une technique plus subtile et tellement plus pratique, en poussant un soupir résigné elle demande :


« Que voulez-vous en échange de votre vote ? Je possède tout et je peux tout vous offrir, où que ce soit sur Dreamland ! Il vous suffit juste de voter et vous aurez entre vos mains votre souhait le plus précieux. »


La situation semble enfin devenir intéressante, aussi bien pour voir jusqu'où est prête à aller Sarah que pour en découvrir un peu plus sur Khildar via sa réponse. Seulement, pour changer, Khildar risque de jouer sur l'originalité et sa réponse risque de déplaire plus qu'autre chose... Décidant de prendre la parole, pour la première fois depuis que nous ne sommes plus seuls, j'impose mon opinion :

« Les souhaits de mon maître sont bien au-delà des possessions que vous pouvez avoir... Il possède déjà tout ce que vous pourriez lui offrir et voit sûrement plus d'intérêt dans le désordre que dans l'ordre que vous prônez. C'est pourquoi, au vu de la tournure de la conversation, nous allons nous retirer afin de voir ce que propose votre charmant opposant. »


Adoptant le modèle du bluffeur j'annonce avoir en ma possession une main énorme alors que les cartes ne suivent pas. Transformé en conte de Monté-cristaux, Khildar va avoir du pain sur la planche pour assumer son fantastique rôle, juste retour des choses pour ma place de laquais. Me retournant, je place une main dans mon dos et invite le Lord à passer devant pour sortir de la salle de gym. Deux doutes me tiraillent, d'un côté rien ne me dit que le noble va marcher dans la combine, de l'autre Sarah Connors est puissante, c'est indéniable, et elle peut tout à fait choisir de nous éliminer comme de tomber tête baissée dans le piège, montant encore dans les enchères. En bref, soit elle annonce tapis et c'est terminé soit elle relance encore un peu avec l'incertitude de continuer jusqu'au bout. Tournant le dos aux deux créatures des rêves, je prie pour que le premier bruit que j'entende soit l'appel de la présidente et pas la détonation d'un revolver. Un élément qui me permet d'être confiant est que nous ne sommes pas encore mort, notre guide aurait tout à fait pu nous éliminer depuis longtemps, or nous sommes en vie donc Sarah Connors a besoin de nous, ou plutôt de Khildar

« ATTENDEZ »


Mettant une partie des jetons qu'il lui reste tout en conservant son attitude implacable, la présidente marche dans le bluff, il ne reste plus qu'à la faire se coucher et l'affaire est pliée.

^^^

Un bip retentit dans le cortex électrique de chacun des humanoïdes mécaniques placés à l’extérieur, sans un regard, sans un bruit, ils se mettent tous en marche. Ils n’ont pas besoin de se regarder pour savoir quoi faire, et à l’inverse d’un commando humain, ce n’est pas l’expérience qui les a entraîné à agir de concert mais une simple puce les reliant les uns aux autres par onde. Chaque être cybernétique sait ce que font, ce que voient, ce que pensent les autres robots et cela augmente exponentiellement la dangerosité du groupe. La consigne est clair, le moyen de la réaliser libre. Se séparant en deux groupes, trois des robots se lancent à l’assaut du gratte-ciel qui leur fait face en adoptant une foulée extraordinaire. Impossible pour eux de se cacher des caméras et autres appareils de détection qui ornent les lieux, ils doivent agir vite et de front. Traversent la rue, ils enfoncent les doubles portes de verre du rez-de-chaussée sans même ralentir. Provoquant une pluie de verre aussi rapide que tranchante. Le tonitruant bip d’alerte se déclenche, faisant réagir les gardes postés en tout coin qui sortent de leur cachette pour tirer. L’un des hommes en noir porte la main à son oreille et hurle le code d’alerte maximal mais son message s’interrompt dans un gazouillis étouffé, le sang coulant de sa gorge l’empêchant de parler. En quelques secondes, le pâle hall d’entrée n’est plus que cadavres humains ou non et impacts de balles dans un terrible tonnerre de cris et de tirs… 
Paradoxalement, quatre-vingt-dix-neuf étages plus haut pas un bruit se fait entendre, le bureau de la présidente est calme, seul un petit bip incessant suivit d’une vibration résonne dans la pièce. La procédure est très stricte, seul le bipper de la présidente doit la prévenir de la situation. De toute façon personne n’est jamais parvenu à monter jusqu’en haut sans le bon-vouloir du président.

A l’instant même où les tirs se déclenchent, un duo de robot traverse les souterrains sans ralentir, le plan des lieux s’affichant virtuellement sous leurs yeux rouges. Plongés dans le noir, ils se dirigent d’un pas assuré et silencieux vers un passage permettant d’accéder à un escalier de secours qui n’est gardé que par quelques hommes. Cela fait longtemps que ces plans sont connus des robots, mais l’occasion de les exploiter n’était jamais venue… La voici… Cette fois la mission sera menée à bien.

Au dernier étage de la tour, le bipper de la présidente se déplace à chaque vibration, attendant que son propriétaire réagisse. Il ne finit par s’arrêter qu’en achevant sa course en bout de bureau, s’explosant au sol et faisant retomber le silence au sein de la salle blanche.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Sam 21 Fév 2015 - 14:01
Voilà une femme qui fit forte impression sur l’aristocrate, mais qui n’en laissa rien paraître, comme à son habitude. Au cours de la démonstration de force, d’agilité et d’habilité à réduire à néant ses adversaires, le Lord anglais demeura de marbre, observant avec attention celle qui menait d’une main de fer ce royaume de verres et qui avait bien l’intention de poursuivre sur les voies d’autoroutes qu’elle avait tracé au bulldozer. Il était indéniable qu’elle disposait d’atouts physiques appréciables et qu’elle savait utiliser son corps. Quelques pensées sensuelles esquissées par sa démonette lui caressèrent le membre qui ne répondit pas, la bienséance le soumettant, comme le reste du corps, à une immobilité exemplaire. De même, l’exercice combattif excita l’esprit du démon sadique qui jugea intéressant un affrontement contre un adversaire de ce calibre, dut il être une femme. Quant aux autres, ils demeuraient sur leurs gardes. La situation n’était pas forcément à l’avantage de leur maître. En effet, ils se trouvaient en terrain inconnu, potentiellement ennemi et leur interlocutrice affichait une détermination inébranlable. Leur sauf conduit tenait dans un mouchoir de poche, abrité par le rempart de la veste noire. Il était leur atout, le seul et il n’était pas dans leur intérêt de jouer cette carte immédiatement, pour reprendre l’esprit joueur de leur compagnon rencontré par hasard.
Lorsque la fidèle secrétaire répondant aux critères de sélections physiques élémentaires se leva pour quitter la salle d’entraînement, ses dossiers dans une sacoche, son ordinateur portable dans une autre, le gentleman anglais lui adressa un salut poli de la tête. Il ne détourna pas le regard de la femme d’affaire, laissant à Luëst le loisir de jouir des charmes étudiés de la demoiselle en tailleur. Le choix de ses employés était révélateur, celui de la secrétaire suscitait quelques intérêts rapidement mis à l’écart, à l’égard de la discussion qui s’annonçait musclée.

Une fois la pratique sportive et l’intimidation achevées, Sarah Connors se présenta face à Oscar. Sa respiration était calme, ignorant complètement l’importante sollicitation précédente. Son regard transperçait celui de l’aristocrate, mais il se fracassait contre des récifs impassibles. Le Lord anglais tenait stoïquement, dépassant de ses yeux la femme, la traversant, puis lui signifier qu’il ne la craignait point et qu’elle pouvait jouer à ce jeu, mais qu’elle perdrait. Du moins, le pensait il et l’affichait il dans son visage inexpressif taillé dans le plus noble marbre, sa teinte immaculée ajoutant au réalisme de la composition.
Les hostilités s’engagèrent donc à la suite de ce mutisme, que brisa de sa voix ferme la femme déterminée. Elle déploya son armée d’arguments sur tous les fronts, poussant directement sur les lignes. Elle bombardait d’affirmations et matraquait de manière implacable, exposant simplement ce qui était déjà connu. Les conséquences exposées destinées à attirer le pathos ou à impliquer le voyageur dans des affaires qui le toucheraient ne l’atteignirent que faiblement. S’il osait, il aurait même sourit à l’idée d’un DreamLand plongé dans un chaos financier. Il était toujours utile de profiter de ces débordements et dérèglements, le moyen d’en tirer avantage pour le futur pouvant s’élaborer sans trop difficulté dans l’hypothèse où la connaissance des marchés était acquise, le tout aboutissant à un résultat fructueux. La tentation chatouilla les zygomatiques du membre de la famille BlackSilver.
Cependant, il n’eut le temps de savourer la vision enchanteresse d’un futur soumis à la Folie, l’actuelle Maire révélant déjà son jeu, son potentiel, sa capacité d’achat. Agir ainsi n’était pas très convenable. Il aurait été plus sport de s’enquérir d’abord des souhaits pour ensuite en discuter la faisabilité et le réalisme. En exposant d’emblée sa puissance d’intervention, sa capacité d’actions, l’étendue des possibilités, la femme d’affaires se livrait tout entière aux délires les plus fantasques du voyageur démoniaque qui savourait par avance les choix cornéliens réservés à ceux qui ont tout et qui ne savent se décider entre les joyaux les plus magnifiques.

Toutefois, son chauffeur improvisé sabra les envies les plus folles par une allégation des plus osées. L’aristocrate n’en laissa rien paraître, mais il retint le tour qui venait de lui être joué. Il en apprécia le culot, non la teneur. Il se métamorphosa en illustre Prince, en quelques fortunes démesurées et entra dans le rôle qui lui avait été soufflé. Fort d’une richesse incommensurable, il se dirigea donc vers la porte, suivit par son fidèle serviteur qui venait d’agir en parfait Scapin.
Néanmoins, il fallut reconnaître au drôle le positif résultat de sa manœuvre, leur éloignement étant arrêté par un ordre aux allures de suppliques. Le poisson avait mordu à l’hameçon, il convenait de le ferrer avec précaution. Oscar se retourna en virevoltant, un magnifique sourire ayant éclot sur son visage radieux. Le masque s’était brisé et les fleurs sentaient bon la négociation, exercice qu’affectionnait l’aristocrate, bien plus que la pratique sportive à laquelle s’était adonnée sa nouvelle partenaire de joute. Le principe de la négociation, ses enjeux et son manège plaisaient fortement au Lord anglais, qui se passionnait pour ses échanges verbaux tout en sous-entendus et observations. Car si les paroles comptent un brin dans la balance, l’attitude du camp adverse transparaissait d’avantage par son physique. Les expressions du visage, la position des mains, la tenue du corps, les gestes esquissés ou franchement entreprit, les reculs et les avances, les regards, les sourires et même les froncements de nez. Maintenir le fil du discours et saisir les multiples informations qui jaillissaient pouvaient sembler ardu au premier abord, mais une fois les codes assimilés et quelques cas pratiqués, cela devenait un véritable jeu où chaque donnée devait être exploitée, au bon moment, pour faire pencher la balance à son avantage. Oui, vraiment, Oscar affectionnait ses jeux de scènes et il y évoluait avec la passion d’un comédien. Sa réputation, il se l’était forgé à escient, pour tromper son monde. Ses farces, mimiques et expressions, il en usait pour anticiper et réagir. Naturellement, il faisait parfois face à des plus pratiquants que lui, à des experts ou tout simplement, il pouvait se trouver dans une impasse. Alors, beau joueur, il poursuivait la pièce avec brio, ne la quittant que pour en féliciter l’ensemble des intervenants. Si son orgueil et sa fierté d’appartenir à une importante société familiale l’incitait à ne rien lâcher et à entreprendre le plus pour obtenir le meilleur, il avait l’humilité de reconnaître un adversaire plus fort que lui, et s’inclinait, non sans combattre, afin de faire honneur à son nom et à la supériorité de celui qu’il affrontait.
En ce qui concernait Sarah Connors, elle lui avait offert plusieurs unités dans la bataille, erreur qui s’expliquait par l’urgence de la situation et sa volonté dépassant les précautions habituelles. Elle n’était pas là pour négocier, ils étaient là pour lui donner ce qu’elle voulait, quelque en soit le prix. Et grâce à l’intervention de Nayki, le prix allait être plus fantasque encore que les demandes matérielles envisagées. Il possédait tout et souhaitait le chaos ( ce qui était vrai au demeurant). Que pouvait elle lui accorder qui rassasierait son appétit ?
Elle en attendit la teneur, campée fermement sur ses jambes musclées, prête à en découdre. L’agent Smith se tenait non loin de sa patronne, lui aussi ancré dans le sol, les mains dans le dos, aux aguets de son oreillette. Derrière ses lunettes noires, nulle ne savait où se dirigeait son regard. Peut-être dormait il, ne se sentant pas concerné par la suite des événements ? Il avait accompli la mission qui consistait à mener le porteur de la carte d’électeur à son supérieur et il n’avait reçu aucun ordre supplémentaire. Alors il demeurait auprès de celle qui l’utilisait à sa guise, imperturbable.
Finalement, face au manque de coopération exprimé par un silence étudié, Sarah Connors demanda, irritée
:

"Que demandez vous ?"



Le poisson avait cessé de s’agiter, il pouvait être remonté. L’attaque fut magistrale, d’une voix emportée par un enthousiasme hors propos :

"Vous proposiez Dreamland, mais qu’est ce que posséder un empire représente, sans l’amour de ses sujets ?"

Bien qu’elle n’eut pas réellement exposée une offre aussi … démente, elle répliqua sans fléchir, détournant habilement le propos :

"Il existe des Artefacts puissants pour cela, et nous pouvons vous les offrir."



L’assaut fut balayé d’un revers aérien de la main :

"Les Artefacts ne me font pas défaut … Et c’est tricher que d’en user pour parvenir à ces fins, " la réprimanda t il d’un doigt joueur. Il poursuivit en adoptant une mine rêveuse : "Gouverner un royaume, suivre son administration, avoir le soutien d’un peuple, cela me plairait, oui. Mais ce peuple, de quelle manière l’obtiendriez vous ? En l’achetant ? Non, non, c’est mentir, cela sonne faux. Il en va de même pour les Artefacts."

Les ambitions emphatiques présentées n’étaient pas du goût de la dirigeante du Royaume et entreprit de descendre ces rêves exprimés pour les ramener à une réalité plus mesurée, et ainsi économiser son capital. Elle lança plusieurs assauts, vit s’envoler des désirs coûteux ou délirants et les intercepta tous pour les voir s’abattre un à un. C’est alors qu’un souhait fut formulé avec malice :

"Pourriez vous partager votre pouvoir, la gestion de ce royaume qui vous est si cher ?"

"Que .. avec vous ? Non merci, mais je sais me débrouiller seule. Je ne veux pas d’une charge supplémentaire à gérer. Et un voyageur dirigeant un royaume … c’est ridicule voyons."



"Pas plus qu’un royaume de déesses appartenant à un groupe de voyageurs."

"Ne me parlez pas de … de cette aberration. Je ne cautionne en aucun cas cette déviance."



Le ton s’adoucit et se fit moins malicieux, le sérieux démontrant que cette fois ci, les demandes allaient être sincères et réfléchies, ce qui rassura Sarah qui était en train de se demander si elle n’allait pas finalement tuer cet insolent et obliger son compagnon de voter pour elle, le soumettant à la torture. Elle aurait pu agir ainsi directement avec l’actuel porteur de la carte, mais une part d’elle la retenait.

"Dans ce cas, voilà ce que je vous propose. Je vote pour vous, et vous m’offrez en remerciement un siège à votre conseil d’administration, afin que je sois en mesure de m’impliquer dans ce splendide royaume, à une moindre échelle. Naturellement, pour justifier cette prise de position, quelques parts de marché et des actions de la société seront de mises. Mais c’est un prix dérisoire en contrepartie de la conservation de votre place à la tête du Royaume."

Oscar avait cessé d’arpenter en tous sens l’espace qu’il s’était alloué et s’était campé à son tour, face à son interlocutrice, Nayki à ses côtés. Son attitude avait perdu de sa grandiloquence pour gagner en efficacité et témoigner de sa volonté. Le cœur de la bataille se gagnait maintenant.

"Il est naturel d’offrir un poste à celui qui participe à la vie politique du Royaume, n’est il pas ? C’est un juste retour pour féliciter un citoyen qui va décider de la voie que prendra le Royaume et qui se préoccupe de son dirigeant."

La tournure des négociations plût d’avantage à la présidente de la plus importante des sociétés et commença à plier, ravi du pas en avant effectué. Elle ne le montra pas, gardant une expression roide. Néanmoins, elle se félicitait de la révision des ambitions particulièrement élevées de ce voyageur excentrique et présenté comme opulent. En arriver à ne lui concéder qu’un siège et quelques parts était une économie en rapport à la demande initiale.
Elle se rassura par d’autres détails : c’était un voyageur, qu’allait il se préoccuper de parts de marché et d’actions ? Il ne serait qu’en faire, les voyageurs étaient inconstants, jamais au même endroit, comme leur titre l’indiquait. Et ce spécimen là semblait des plus changeants. Il n’y avait rien à craindre de cet esprit dérangé par des rêves étoilés. Quant au siège, les autres membres consentiront sa venue, mais rejetteront ses avis en bloc, le marginalisant, réduisant son champ d’action à néant, quand bien même il participerait réellement aux conseils d’administration. Quel voyageur viendrait s’enterrer ici et s’enchaîner de ces tâches ? Oui, c’était une bonne affaire, indubitablement.

Pendant ce temps, à l’accueil, le téléphone sonnait, indisponible. La police avait averti par des employés et il ne restait plus beaucoup de temps. Déjà, les trois androïdes neutralisaient les ascenseurs et bloquaient les différentes ouvertures. Au sujet des deux autres, ils usèrent des fonctions intégrées à leur organisme sophistiqué pour s’élever dans la cage d’escalier de secours et traverser la centaine d’étages à une vitesse spectaculaire, coupant toute retraite par la destruction systématique des accès.
Les secousses se répercutèrent à travers tout le bâtiment qui trembla de l’intérieur. Les employés, inquiets, ne savaient que faire et chercher à se référer à une procédure d’urgence s’appliquant à ce genre de cas. Mais la plupart demeurait à leur bureau, poursuivant leur travail, se félicitant de leur rigueur et régularité dans leur travail, sentant la prime de fin de mois pour leur assiduité et leurs valeurs, au contraire de ces collègues dissidents qui freinaient l’activité du groupe.
Les explosions se rapprochent de plus en plus de la pointe de la tour et les secousses commencèrent à se faire ressentir dans la salle de sport de Madame la Présidente. L’agent à la blondeur gominé en arrière porta enfin la main à son oreillette et indiqua qu’il allait se renseigner, interrompant l’échange en prouvant qu’il ne s’était pas « éteint ». Il dépassa Nayki et Oscar, présenta ses excuses et sortit vers le bureau, avec un mouvement millimétré à déprimer un métronome.

Malgré l’interruption, Sarah Connors poursuivit les négociations, un terrain d’entente ayant été finalement trouvé, pour son plus grand bonheur, dissimulé. Elle n’allait pas révéler sa victoire et si elle pouvait gratter quelques baisses de plus, elle n’en ressortirait que plus victorieuse encore. Oscar joua le jeu, feignant la réticence, parut s’intéresser à quelques arrangements pour au final les délaisser, sachant pertinemment qu’il avait obtenu ce qu’il voulait. Il continuait par pur amusement, jouant la montre puisque l’échéance se rapprochait inéluctablement. Et les dernières formalités présentées dans l’urgence s’acceptaient plus aisément que si elles avaient été formulées dès le départ.

Soudain, la porte explosa sous des tirs puissants. Alors que Sarah Connors s’arma d’une mitrailleuse sorti d’on ne sait où, Oscar et Nayki reculèrent de concert, soufflés par la force de la déflagration. Cependant, le mur auprès duquel ils se tenaient disparut à son tour pour ne devenir qu’un tas de gravats et le temps que la tueuse de robots oriente convenablement son arme destructrice, un solide bras de métal avait saisi le voyageur tant convoité pour l’emmener dans la fumée occasionnée. Les deux machines rebroussèrent chemin sous une pluie de balles, les ignorant comme si elles ne les atteignaient même pas. Sans prendre de l’élan, ils se jetèrent à travers la vitre, semblèrent prendre leur envol, auréolés d’éclats de verres, pour terminer avec une précision nanotechnologique dans un hélicoptère silencieux à la pointe de la technologie qui s’éloigna promptement, les balles lancées à son encontre ricochant sur son bouclier et sa carcasse. Il disparut rapidement derrière les immeubles, abandonnant la place saccagée.
Concernant les trois robots au rez de chaussé, ils se démenaient avec la police locale, occasionnant d’importants dommages et blessures (leurs tirs étaient bien plus précis que ceux des agents de la Loi) Apprenant grâce à leur communicateur intégré que la mission était un succès, ils émirent un brouillard thermique et disparurent du champ de vision des policiers qui se précipitèrent pour découvrir un trou béant dans la cage d’un ascenseur. Ils avaient emprunté les souterrains, sûrement des passages secrets et des détours inconnus. Ils rejoignaient tranquillement leur camarade au lieu de rendez-vous.

A l’étage, la fumée se dissipa. Les dégâts étaient minimes, au regard de ce qu’avaient fait les robots. Un mur et une porte. Par contre, l’ardeur de défendre ce qu’elle estimait son bien avait sérieusement endommagé son bureau. Fort heureusement, il n’était pas meublé. Tant pis pour les murs qui ressemblaient désormais à une partition d’une symphonie composée d’une main tremblante.
La fumée s’éparpillant, le voyageur restant se révéla : Oscar. Indemne, il n’en demeurait pas moins sali, ce qui l’importunait grandement. Néanmoins, la tournure des événements lui fit prendre un large sourire. Par cette intervention providentielle, Sarah avait conscience de l’urgence de la situation dans toute sa violence. Elle savait qu’elle devait accepter les conditions de l’aristocrate, sans quoi elle perdait son électeur.
Grâce à la pression exercée, Sarah consentit les derniers arrangements présentés par l’aristocrate et l’envoya dans un mouvement de fureur contenue vers sa secrétaire qui réglerait les ultimes détails avec le département juridique. Elle ne l’accompagna pas, devant s’occuper de cet attentat qu’elle avait bien l’intention d’utiliser comme argument politique de dernière minute, même avec l’absence de preuves matérielles reliant l’enlèvement et son adversaire. Elle ordonna à Smith de mettre les agents Kyle et Reeves sur le coup, pour gérer la sécurité, évaluer les dégâts etc. L’agent inclina légèrement la tête et accompagna Oscar, profitant de sa mission pour lui indiquer le chemin. Il remit l’aristocrate entre les mains de la charmante secrétaire, pour le plus grand bonheur de Luëst qui s’en donna à cœur joie par les commentaires les plus érotiques.
La demoiselle au tailleur dessinant magnifiquement les superbes jambes et les hanches invitant à la caresse mena le Lord anglais vers une petite salle de réunion inoccupée, affichant un dédain de circonstance aux tentatives d’approches insufflées par la démonette de la luxure. La demoiselle aux attraits mis en valeur par un chemisier sage mais bien taillé lui sourit avec un regard caressant, indiquant que les flèches envoyées avaient porté, avant repartir, fermant la porte de la réunion afin qu’il ne soit pas dérangé.
Alors qu’il s’amusait à imaginer les opportunités d’échanges avec la secrétaire plus agréables que ceux de la maire, stimulé par une Luëst caressante et enivrante, un mouvement se fit entendre. Avant qu’il ne puisse voir quoique ce soit, un violent coup s’abattit sur sa tête, et il sombra.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Sam 21 Fév 2015 - 14:15
Les limbes … Espace, dimension, lieu ont de tels concepts n’existaient pas, n’avaient pas de sens. Le néant. Le vide. L’absence de tout qui règne en absolument et qui vous pèse, vous comprime. Cette noirceur qui vous aveugle. Ce silence qui vous assourdit tant, alors que vous ne pouvez même pas crier pour entendre le son de votre propre voix. Au sein cet endroit où l’existence même se reniait, nombreux sont ceux qui sombreraient dans la Folie, ne parvenant pas à saisir toute l’infinité d’un univers composé d’absence de matière, mais aussi de pensée. Ils s’effondreraient sur eux-mêmes, ployant devant une telle immensité démentielle, sombrant dans l’inconscience.
Pourtant, Oscar tenait bon, à sa manière. Il n’est pas rare de se retrouver les limbes. Perdre connaissance dans DreamLand était le chemin le plus simple pour y parvenir. S’en souvenir se révélait plus délicat. Y survivre d’autant plus. Se soustraire au néant et ignorer le poids d’un univers n’est que pure gageure. Cela ne relevait pas de la Folie, mais bien d’un niveau de conscience si élevée que concevoir ce niveau était illusoire. C’est pourquoi l’aristocrate, perdu dans les limbes, succombait à la pression exercée tout en parvenait à maintenir un infime fil de sa réalité. Dans la majorité des cas où il avait sombré dans l’inconscience en étant à DreamLand, il ne se rappelait pas de ce monde supra onirique, son retour à la réalité onirique s’opérant de la même manière qu’un retour à la réalité humaine. Cependant, en de rares occasions, il se souvenait. Il avait eu conscience de cette autre dimension, que peu évoquait. Il gardait pour lui ces expériences traumatisantes et préférait les oublier, à jamais. Comme un cauchemar. La dernière fois, ou plutôt, la fois récente la plus marquante, ce fut lors de cette terrible nuit, en Décembre. Non pas celle où il avait 19 ans. Celle où il en avait 23, après ces 4 années d’errance. Cette nuit où il avait été enfermé, dans un royaume de menteurs, plein de masques … et d’un Vampire. Lorsqu’il avait cru mourir, touché par une balle qu’il n’avait pas vu venir. Ses souvenirs étaient confus, et il appréciait. Par contre, il savait qu’à son réveil, il avait eu l’horreur du silence de son esprit, la voix de ses démons ayant été éteinte par un tatouage.
Or, alors qu’il naviguait comme un bateau ivre dans l’océan infini d’encre du néant, des voix s’élevèrent. Et il les reconnut immédiatement, tant il désespérait dans ce silence abrutissant. Il se sentit alors transporté à une vitesse prodigieuse et ouvrit brusquement les yeux. Il était vivant.

Son retour dans le monde des rêves fut salué par des vivats et des exclamations joyeuses de ses démons, même de la part du sadique. Il sourit, heureux d’être là. Il se permit même de rire, pour se sentir plus vivant que jamais. Expulser de l’air à plein poumons, faire travailler ses muscles pour étirer sur son visage un magnifique sourire, tout cela le ravissait. Ses démons partagèrent son bonheur et ensemble, ils savourèrent ce moment.

Une fois la liesse passée, Oscar put s’enquérir du lieu fait de matière dans lequel il se trouvait. Tout d’abord, il constata qu’il était assis sur une chaise. Un fauteuil plutôt, raisonnablement confortable, mais fixe. Sa forme d’œuf et l’agencement de l’intérieur lui avait évité de choir, une délicate attention de la part de … de ses ravisseurs, car quand bien même il n’était pas attaché, il doutait fort que les récentes actions résultaient de la procédure habituelle pour signer un contrat. Ou alors, le département juridique avait sacrément changé, délaissant la lecture des Codes Civils, des Constitutions et autres articles de Loi pour le spectacle de films d’actions de mauvais genre. L’idée d’un expert comptable bataillant avec la force d’un de ses héros musclés stéréotypés amusa suffisamment le Lord anglais pour le faire sourire encore une fois.
Néanmoins, il se devait d’en apprendre d’avantage sur sa situation. Pour ce faire, il détailla la pièce qu’il occupait. Elle se dévoila dénuée de tout ameublement. Les murs étaient délavés, usés par le temps, sûrement longtemps refusés à la lumière, leur conférant une teinte dénuée de clarté, d’un gris sombre tirant sur l’acier. Le sol était de larges dalles, non pas en pierre mais dans une matière inconnue au voyageur, peut-être la projection d’un rêveur d’un matériau lisse et solide, mais d’un revêtement différent du métal. Il semblait avoir été blanc, autrefois, mais n’affichait désormais qu’éraflures et grise mine. Au plafond, même constat. Il était entièrement nu hormis un luminaire qui pendait misérablement, baignant l’ensemble d’un éclat lourd et tamisé, rehaussé par la poussière en suspension. Face au fauteuil se trouvait une porte, close. Plus récente, ou réhabilité, en acier, elle offrait un rempart décent contre les tentatives de fuites, n’ayant pas de verrou dans ce sens. Un panneau coulissant abondant le sens d’une cellule. Une cellule vide, sans lit et sans attache. Elle différait complètement de celle qui l’avait accueilli dans ce royaume de théâtre ; cellule où s’était trouvé Audréa. Audréa …
Il secoua la tête pour se reprendre et décida qu’il fallait se lever, la paresse s’achevant. Il y parvint avec quelques difficultés, ses membres engourdis. Quelques pas permirent au sang de retrouver les canaux usuels et il se sentit parfaitement bien, prêt pour la suite. Mais d’ailleurs, quelle suite ? Il ne savait toujours pas ce qu’il s’était passé. Il avait été enlevé, c’était indéniable. L’instigateur se devinait aisément, le centre de l’attention étant focalisé sur le porteur de la carte d’électeur. Machinalement, il vérifia qu’elle se trouvait toujours dans sa poche intérieure. Rassuré, il arpenta la pièce, afin de ne pas demeurer dans un immobilisme paresseux et d’être prêt à toutes éventualités. Ses réflexions se poursuivirent. Apparemment, il était toujours utile vivant. Le temps jouait pour lui, l’heure limite s’approchant à grand pas. N’ayant pas de montre, il ne savait pas combien de temps avait duré son … voyage, mais il supputait que la limite n’avait pas été franchi. Il ne serait pas là dans le cas contraire. Dans l’hypothèse fort probable où le candidat adverse venait de l’enlever, hypothèse que confirmait la première tentative orchestré à grand renfort d’explosions, de robots et d’échecs, puisqu’ils avaient emprunté le mauvais voyageur, il s’attendait donc à rencontrer l’opposant politique. De nouvelles négociations allaient sûrement s’ouvrir, et la balance jugera de la meilleure offre. L’invocateur espérait seulement que la machine aux inquiétants yeux rouges n’était pas partisan de la torture pour parvenir à ses fins, ce qui conduirait à un retard irrémédiable et à des souffrances inutiles, car ce n’était pas la perspective d’endurer milles morts qui allait faire ployer le voyageur démoniaque. Il se targuait d’être insensible à ce genre de pratiques, préférant nettement les produire que les subir. Naturellement, il est aisé de se considérer au dessus de toutes souffrances, tant qu’elle n’est pas présente. C’est d’ailleurs pourquoi, au fond de lui, il nourrissait cet espoir d’avoir en face de lui un interlocuteur compréhensif et aussi porté sur le verbal que l’était Sarah Connors. Signer un autre contrat ne le dérangeait pas, tant qu’il y trouvait son intérêt.

C’est alors que la porte s’ouvrit, deux robots à l’allure brutale par leur carcasse cédant le passage à ce qui semblait être un homme, au costume noir, aux lunettes noires et aux cheveux blonds gominés en arrière. Il pénétra dans la pièce calmement et la porte se referma derrière lui. L’agent Smith, car ça ne pouvait être que lui, s’avança tranquillement vers un Oscar médusé, qui reprit promptement contenance pour lancer, moqueur :


"Vous ont-ils aussi attrapés ? Vous arrivez pile pour le thé. Vous excuserez le désordre, je n’ai pas eu le temps de ranger. "

L’humeur joueuse se heurta (pulvérisa ?) contre l’efficacité strictement professionnelle de l’agent. Il n’était pas là pour plaisanter. Il s’exprima de son ton monocorde caractéristique, osant une nouveauté pour les circonstances, chuchotant :

"Je suis là pour vous, Mr BlackSilver. Vous devez me suivre."

"Mais qu’est ce que vous foutez ici ? Et vous pouvez souvent vous balader chez les gens comme ça, sans problème ? Si j’ai bien compris, nous sommes ici chez l’ennemi"
.

La réponse abattit les syllabes comme un tamponne un dossier en trois exemplaires :

"Opposant politique. Ils me pensent de leur côté. Je dois vous faire sortir. Pour voter. Voter, c’est important."

"Oui, oui, je sais … Mais alors, vous êtes un espion ?"
S’écria sans considération aucune pour la discrétion dont faisait preuve l’agent Smith.

"Veuillez me suivre." Répliqua t il simplement, se dirigeant vers la porte avec la détermination d’un fonctionnaire assaillant la machine à café.

Aimant la liberté, Oscar entreprit de suivre ce providentiel libérateur qui avait l’art de surgir là où on ne le soupçonnait pas. L’agent Smith toqua doucement à la porte et elle s’ouvrit. Les deux robots en faction les laissèrent sortir, sous l’incrédulité du voyageur qui demanda des explications, tout en suivant le pas rapide et ferme de l’agent. Ce dernier, qui avait l’air de connaître l’endroit comme un juriste le Code Pénal, expliqua avec sérieux
:

"Je les ai reprogrammés."

"Pratique."
En Convint l’aristocrate, qui ne put s’empêcher de jeter des coups d’œil en arrière, au cas où.

Mais non, les robots ne bougeaient pas, et aucune alerte ne retentissait. Rassuré, le voyageur prit le pas sur son sauveur, ravi de quitter cette morne cellule. Ils marchèrent à un rythme soutenu, évitant toutes les patrouilles grâce aux calculs et à la connaissance parfaite de l’endroit de la part de l’agent infiltré. Quant aux caméras, soit elles étaient habilement dissimulées, soit elles n’existaient pas, mais dans tous les cas, l’agent Smith ne semblait pas s’en formaliser. Peut-être les avait il mit hors d’état, comme pour les robots ?
Les couloirs qu’ils empruntèrent présentaient le même état de délabrement que la cellule. Ils durent par moment traverser des ponts de fortune enjambant des sols inondés d’un liquide nauséabond aux couleurs verdâtres. Parfois, c’était de profonds puits qui se trouvaient, d’où dépassaient des tréteaux ou des échafaudages métalliques oubliés depuis longtemps. Des câbles pendaient ou courraient lamentablement le long des murs, alimentant les plafonniers qui diffusaient la même lumière crasse. Lorsque des vitres se présentaient, elles étaient si sales qu’il était difficile de distinguer les bureaux abandonnées qui attendaient patiemment le retour de travailleurs. Des écriteaux, des panneaux ou de simples symboles indiquaient des directions qui n’avaient plus lieu d’être, ou rappelaient des instructions que plus personne ne suivait, faute de personnel. L’ambiance générale qui se dégageait de ce lieu abandonné puait la rouille et le refuge. Vivre dans ces ruines n’était pas vivre, mais risquer de vieillir trop tôt et de s’oublier pour ne faire plus qu’un avec le décor. Conséquences qui seraient bien ironiques pour les robots qui évoluaient ici-bas, leur lutte se perdant par l’usure accélérée de leur système. L’absence de réelles rénovations notables justifiait l’absence de caméras et l’aristocrate se contenta de cette explication.
Néanmoins, la capacité de cet agent Smith à prévoir l’arrivée d’une patrouille, de les faire entrer dans une pièce sans vitre, mais vide, alors que certaines étaient occupées et de suivre un itinéraire aussi tortueux dans une structure aussi labyrinthique commençait à titiller la suspicion du voyageur. Il ne doutait point de la qualité d’agent et de son efficacité, mais plus de son statut d’infiltré. Alors qu’ils dépassaient un ascenseur cylindrique protégé d’une sorte de champ de force, Oscar apostropha l’agent Smith
:

"Dites … Nous en avons encore pour longtemps ? "

"Nous sommes bientôt arrivés."

"En fait, j’ai envie d’aller aux toilettes."


La requête surprit l’agent qui s’arrêta brutalement, suspendant son avancée.

"Urgent ?"

"Plutôt oui. C’est cette eau et les gels que nous avons vu, avec les tuyaux."


L’agent pesa le pour et le contre, regardant de haut en bas le voyageur, comme s’il évaluait à partir de l’anatomie le temps que soulager un besoin allait prendre. Le verdict tomba :

"Entendu."

Une porte fut désignée. Oscar l’ouvrit et découvrit un bête bureau avec une rangée d’ordinateurs d’un autre âge. Il entra et interrompit le mouvement de l’homme aux lunettes noires :

"Vous restez à l’extérieur. S’il vous plaît."

L’agent un peu trop attentionné se positionna à côté de la porte, surveillant tout de même le voyageur à travers la percée vitrée, à hauteur de tête. L’aristocrate repéra un pot où la plante avait péri depuis des lustres et fit son affaire, son ombre projeté par les vitres. Il se situait dans l’angle de la vision de Smith et son ombre était bien plus visible que son origine.

L’homme à la veste noire mais à la cravate rouge sortit finalement et invita son guide à poursuivre. Ce dernier était mécontent, ils avaient pris du retard sur l’emploi du temps. Rien de bien dommageable, mais toute perte de temps restait une perte. Il accéléra donc le pas, entraînant le porteur de la carte à sa suite. Malheureusement, ils furent repérés par une patrouille qui les interpella et devant leur fuite, les prirent en chasse. Plusieurs protocoles d’arrestations furent annoncés et les premiers coups de feu claquèrent, perçant le pauvre plafond qui n’avait rien fait. En réaction, les deux fuyards se pressèrent d’avantage, faisant fi de toute précaution. Grâce aux réseaux de couloirs de bureaux, ils purent se dérober aisément aux tirs et se hâtèrent, l’agent confirmant qu’ils n’étaient plus très loin. L’alerte fut donnée et la base résonna d’une sirène insupportable. De nombreux pas se firent entendre un peu partout et plusieurs fois ils manquèrent de tomber sur une patrouille, rebroussant promptement chemin pour emprunter un autre chemin, passant à travers des bureaux, des salles de réunions, de repos et même un ancien hall d’entrée où trônait le portrait d’un directeur maintenant oublié.
La course se poursuivait, mais ils sentaient que la menace se faisait plus pressante et commençait à les encercler. A un moment, ils faillirent se faire avoir, ouvrant une porte et découvrant trois robots face à eux. Sans hésiter, ils se jetèrent sur eux, écartant leurs armes et neutralisant du mieux possible leur système, les fracassant l’un contre l’autre, le dernier étant poussé à travers le mur par l’être aux cheveux immaculés qui sentait l’énervement et la fatigue poindre. Ils n’allaient pas courir indéfiniment !
Et son souhait fut exaucé lorsque l’agent Smith l’assura qu’au bout de cette escalier en colimaçon se trouvait l’issue de cette poursuite. Ni une ni deux, le jeune homme un brin excentrique et bien fatigué devança l’homme bien impeccable et un brin fatigué. Il grimpa l’escalier presque en sautant les marches, ses talons martelant le fer dans un vacarme métallique. Qu’importait de faire du bruit si la délivrance les attendait en haut ? Il était vrai que l’étage présentait une clarté agréable qui contrastait avec la pénombre sale d’en bas.

Toutefois, une mauvaise surprise l’attendait. Et lorsqu’il s’en aperçut, il ne goûta que peu la plaisanterie. Il se retourna mais l’attitude de l’homme derrière lui confirma ses craintes. Il avait été piégé. Il n’était pas à l’extérieur, mais dans une immense salle circulaire avec à l’opposé de l’escalier un immense écran. La salle était bien mieux éclairée, bien plus propre et beaucoup plus peuplé, de machines, évidemment. Le rassemblement des membres pour le parti politique. Et sur l’écran géant, leur meneur. Il avait été dupé, et cela ne lui plaisait pas du tout. Il jeta un regard assassin à l’agent Smith qui ne remarqua rien, ses lunettes faisant obstruction.
Le T 800 ordonna d’une voix synthétique l’évacuation de la salle et elle se vida avec l’harmonie des fréquences de résonance, délaissant les deux nouveaux arrivants. L’entretien pouvait débuter. Le robot propulsé candidat au poste de Maire s’exprima d’une voix hachée mais ferme, formant les mots avec toute la précision que lui permettaient ses circuits et ses enceintes
:

"J’irais droit au but. Vous connaissez la situation, vous avez eu un aperçu de notre adversaire. Vous savez ce que nous attendons de vous. "


L’intéressé sourit, retrouvant avec plaisir son environnement familier, même s’il ne digérait toujours pas la trahison de l’agent Smith qui était resté à ses côtés. Pour le protéger ? Ou l’empêcher de partir ? Faisant abstraction de cette entourloupe, les négociations furent relancés avec l’autre côté de la barrière :

"Vous devez aussi connaître la proposition qui m’a été faite." Un regard vers l’agent Smith sous-entendait par quel biais. "A vous de faire mieux pour vous offrir mon vote et vous permettre de vaincre la domination de Sarah Connors et faire valoir vos idées révolutionnaires."

Par ces propos, insidieusement, il flattait le programme de la machine. Encore fallait il qu’elle y soit sensible. Il était plus difficile de séduire des programmes et des fonctions dédiées qui analysaient tout en permanence, sans s’encombrer du superflu ou des sentiments.

"Un poste au conseil et des parts de marché …  Et que diriez vous de la vie sauve ?"


"Allons, allons, ne nous emballons pas." Calma le menacé en souriant avec courtoisie. "Je suis certain que nous pouvons trouver un arrangement sans mettre d’autres vies en jeu."

L’allusion à l’ancien porteur et à Nayki était forte, mais le chef des machines n’afficha aucune réaction. En même temps, il était difficile de décrypter des émotions sur un pareil visage de fer.

"Que proposez vous ? Nous pourrions prendre la carte sur votre cadavre."


"Pourquoi vouloir être si expéditif ?" La tête fut secouée, dépitée, en signe de protestation. "Le temps vous est compté. Convaincre quelqu’un d’autre prendrait trop longtemps. Vous m’avez, et je ne suis pas près de partir."

"Vous devez nous désigner vainqueur, sinon …"


"Encore des menaces ?" Un petit rire insouciant voulut détendre l’atmosphère. "N’avez-vous pas compris ? L’agent ici présent ne vous a-t-il point dressé mon portrait ? Vous avez du vous apercevoir que le vainqueur m’importait peu. Seule la récompense me décidera." Une mine plus sérieuse appuya les propos qui suivirent. "Maintenant, vous allez m’écouter attentivement. Vous aurez ce royaume entre vos mains. Vous pourrez le modeler selon vos idéaux, libérer vos camarades, révolutionner la face de ce monde. Je suis prêt à vous y aider en apportant ma contribution, mais pas seulement par mon vote. Votre nouveauté me plait. Vos intentions m’intéressent. Je désire participer à ce changement dans la durée. "

"Et de quelle manière ?"


"Puisque le fonctionnement économique du royaume va être bouleversé, mettez moi à la tête de l’entreprise de Sarah Connors. Vous aurez les rênes du pouvoir, j’aurais une bride de l’économie. Je ne demande pas toutes les sociétés, juste celle-ci. Et puisque vous serez à la tête, vous aurez un contrôle sur mes activités."

La machine analysait la proposition. Une précision s’ajouta pour aider le calcul :

"En d’autres termes, je vote pour vous, vous fait vainqueur et je vous demande d’être mon supérieur. Quel meilleur contrat pourriez vous me faire, qui vous satisferait autant ?"

La réflexion dura encore quelques minutes. L’attente se fit dans le silence et l’immobilisme le plus total. Puis la réponse tomba :

"C’est d’accord."


"Merveilleux !" Des applaudissements accueillirent cette résolution. "Cependant, j’aimerais rajouter une condition."

Les yeux semblèrent prendre une lueur encore plus rouge que d’habitude, signifiant l’exaspération.

"Oh, non, non, ne vous inquiétez pas. C’est tout simple. Je souhaiterais opérer la signature du contrat en votre présence. Vous rencontrer. "

Quelques autres réflexions aboutirent à :

"C’est d’accord."


Puis l’écran s’éteignit. Un splendide sourire éclairait le visage du jeune homme qui jubilait. Il se tourna vers l’agent Smith, dont la rigueur de tenu et de visage refroidit l’enthousiasme. L’homme en costume noir indiqua la direction à prendre pour l’hélicoptère. Durant le trajet, il fut demandé, avec un soupçon d’amertume :

"Et mon fidèle chauffeur ? Qu’en avez-vous fait ?"

"Il s’est réveillé."

"J’en suis heureux."
Se félicita l’inquiet.

Bien qu’il demeurât circonspect quant à la véracité de cette réponse facile, il préféra y croire plutôt que d’encombrer son esprit d’inquiétudes inutiles. L’autre ne fit pas de commentaires et le guida à nouveau à travers toute l’infrastructure, où l’activité était bien plus intense qu’auparavant. C’était comme si l’hibernation s’était achevée et que les fourmis s’agitaient à nouveau pour satisfaire les projets de la reine. En l’occurrence, la reine était une machine avec des ambitions politiques et les fourmis d’autres machines qui le suivraient n’importe où, car sa cause était juste.
Ne pouvant se retenir, une autre question fut posée
:

"Mais pour qui travaillez vous, en fait ?"

"Cette question n’a pas lieu d’être."

"J’aimerais pouvoir vous faire confiance, tout de même,"
sur un ton de reproche.

"Contentez vous de me suivre."

"Quels sont vos idéaux ? Vous devez bien avoir un avis sur tout cela ?"

"Mon avis ne vous concerne pas. J’obéis, c’est tout."

"Mais à qui ?"

"Aux ordres."


Devant un tel entêtement et manque de coopération, l’interrogateur se renfrogna et suivit cet être étrange pétri solidement dans un moule carré aux arêtes acérées. L’échange avait été vif, les réponses ayant été sèches, d’un ton presque informatique, donnant l’impression de lire des lignes de commandes. L’insistance des questions avait été illustrée par des gestes exagérés, et lorsque la réponse ne convenait pas (à chaque fois), une mine contrite remerciait de la participation. Comment était il possible d’être aussi buté ? Et le mystère ne s’était toujours pas levé. La véritable allégeance de cet agent Smith demeurait secrète, et toutes les possibilités étaient envisageables. Travaillait il pour Connors, pour le T X, pour les deux, ou même pour lui seul ? Il ne laissait rien transparaître, habilement dissimulé derrière ces lunettes noires et ce visage fermé, ce qui enrageait plus qu’amusait.

Finalement, ils parvinrent à l’héliport et s’envolèrent, deux autres robots (le pilote et le copilote) les véhiculant. Ils s’extirpèrent du hangar, oscillèrent entre les nombreuses structures d’usines ou d’immeubles et finirent par gagner un espace aérien stable, offrant une vue magnifique du Royaume dans toute sa splendide rigueur et morosité.
Le ciel était toujours couvert, en dépit de la pluie qui avait cessé. De cette hauteur, les avenues devenaient de simples tracés de papier millimétré. Les tours de bureaux se distinguaient par leur emplacement et quelques variations de formes, même si la cubique l’emportait sur toute. La fantaisie n’était vraiment pas de mise. Quelques enseignes brillaient ça et là, comme l’iris d’Aperture ou le symbole de Black Mesa. Les lumières des lampadaires et des fenêtres illuminaient l’ensemble, seul désordre dans cette harmonie dédiée à l’économie et au marché. Les routes étaient dégagées et seuls quelques taxis arpentaient le Royaume, amenant des hommes d’affaires vers d’importantes réunions.
Le spectacle était impressionnant de monotonie. Son apparence même transpirait l’efficacité et la rentabilité de ce Royaume. Pourtant, le jeune homme qui se faisait emmener s’autorisa un sourire hautain. Si la partie se jouait selon ses prévisions, ce qu’il admirait là allait devenir son terrain de jeu pour quelques temps. Et la perspective d’assister aux projets qui se dessinaient l’enchantait. Avec de la persévérance, l’application de ses connaissances et compétences dans le domaine des affaires et son esprit fantasque, des bénéfices seront tirées du Royaume de la Main Invisible.

Pendant ce temps, dans l’une des bases qui avaient accueilli l’aristocrate, un homme s’échinait à ouvrir une porte. Il souffla, ragea, pesta, les mains tremblantes. Après des efforts infructueux en crochetage, il décida d’opter pour un bon coup de pied. La porte céda à cette avance sur le champ et livra son contenu : des ordinateurs poussiéreux. Et des classeurs, poussiéreux eux aussi. Il y avait aussi des étagères, et d’autres meubles de bureaux.
L’homme ressortit avec plusieurs ordinateurs sur un chariot à roulettes et se balada dans les couloirs, jusqu’à s’arrêter, aux aguets. Il avait entendu quelque chose. L’oreille tendue, il eut confirmation. Quelqu’un venait. Il s’arma d’une des unités centrales après s’être assuré que sa cible était seule par une écoute attentive. Et à l’instant où elle dépassa l’angle du mur, une unité centrale s’écrasa brutalement sur son crâne. L’impact fut rude. Ce robot n’était pas destiné aux patrouilles et vaquait à d’autres occupations. Il reçut donc le coup de plein fouet et ne put supporter le choc. Surchauffé, l’androïde se mit en veille, s’effondrant. Son agresseur le traîna jusqu’à un bureau inoccupé, s’assurant de ne pas avoir été vu ou entendu.
Après avoir fermé la porte, il entreprit de désosser sa victime, dans une autopsie étrangement macabre bien que cybernétique. Le cœur du système fut rapidement extrait, afin d’éviter tout réveil intempestif. Fort heureusement, lorsque les pièces possédaient des ordinateurs, plusieurs outils dédiés à leur entretien se trouvaient assez facilement. Quelques pièces avaient dû être fouillées auparavant, dans la discrétion la plus absolue, mais le bonheur des techniciens étaient parvenus entre les mains gantées.
Grâce aux composants extraits et surtout à la carcasse, l’infiltration allait pouvoir se dérouler avec un peu plus de facilité. Le cœur du système fut rebranché à un ordinateur coupé du réseau et l’interrogatoire put commencer
.

Entrer requête _

Plan structure _>

Mot de passe ? _

Echange de procédés _

Mot de passe ? _

Vie sauve contre informations >

_
Please Wait_


Un fer à souder fut approché de l’ordinateur qui afficha à l’écran :

Mot de passe : ok _
Entrez requête >


Plan structure _>

Et un plan sommaire de la base s’afficha, dans des nuances bleutées. Pas de noms, pas d’indications, juste les murs et les portes. C’était déjà ça.

Emplacement armes _>

Mot de passe ? _

Le fer à souder entama l’unité centrale et le ventilateur tenta d’évacuer la chaleur en vrombissant sous l’intensité de la rotation. Quelques gouttes de métal en fusion tombèrent sur des circuits.

Mot de pa ?ASSE OK §§§§§§§

Un point clignota sur le plan. Une étude approfondie permit au tortionnaire de se situer par rapport à sa destination désirée. Il n’était pas loin, quelques couloirs à emprunter.

Fin reQU%tes ? _ §§§§§

La voix imita le monocorde de l’informatique, un sourire sadique illuminant le pâle visage :

"OK"

Et le fer à souder fit fondre le cœur du système de l’infortuné robot.

Le dépôt d’armes était gardé, comme il fallait s’y attendre. Quatre robots, bien plus armés et plus solides que leur compagnon qui avait subis un interrogatoire que les Lois d’Asimov ne protégeaient pas. Ce qui restait de ce camarade fut balancé dans le couloir perpendiculaire, attirant l’attention. Un des gardiens fut dépêché pour analyser la situation. A peine se trouvait il à la hauteur de la victime dont il constata le décès d’un rapide balayage, qu’un ordinateur s’écrasa sur son crâne. L’agresseur était bien conscient que cette attaque ne suffirait pas à mettre hors service, mais il profita du désarroi de la machine pour tenter de prendre possession de l’arme à son bras, opérant de manière à se protéger des autres gardiens qui le mettaient déjà en joue. Malheureusement, leur camarade se trouvait dans leur champ de mire, les empêchant d’agir.
Au corps à corps, le combat s’engagea et plusieurs coups de coudes métalliques manquèrent de faire lâcher prise. L’androïde militaire tenta d’écraser ce virus contre le mur en reculant brutalement, mais l’autre esquiva avec agilité, l’entraînant à proximité de ses alliées qui attendaient toujours le bon moment pour déclencher le tir.
Mais le combat se rapprocha de plus en plus et par une prise habile, après avoir enduré quelques frappes bien senties, le robot fut propulsé à travers la porte. L’agresseur s’engouffra à l’intérieur et prit la première arme qui lui passa sous la main, un simple pistolet automatique. Il n’hésita pas et appuya sur la gâchette, visant au jugé. Rien ne se passa et le chien claqua dans le vide. L’arme n’était pas chargée. Une mine contrariée témoigna du désarroi et il se jeta alors à couvert, évitant de justesse la riposte. Tandis que des salves ricochaient sur les tables, les étagères et le reste du mobilier présent, une caisse portant un nom libérateur fut découverte, pour le plus grand bonheur. Il attendit la diversion prévue qui prit la forme d’un majordome qui défia les robots avec dédain. Une salve lui répondit et il s’en tira de justesse, utilisant la carcasse du torturé pour se protéger. Profitant de l’opportunité créée, le jeune homme au costume plus si impeccable que cela se jeta sur les grenades, en dégoupilla deux et après avoir attendu le bon décompte, les lança aux robots en criant
:

"Attrapez !"

L’explosion les souffla, envahissant le couloir d’une vive lumière puis d’une chaleur épouvantable, pour terminer par des flammes. En lieu et place des robots se trouvèrent … les robots. En effet, bien que propulsés par la déflagration et désorientés, ils demeuraient actifs. Le majordome ne leur laissa pas le loisir de se reprendre et d’un geste net et précis, utilisa la fragilité de leur carcasse issue de l’explosion pour les mettre à mort, sans remord, plongea ses mains expertes au cœur des systèmes pour les désactiver.
L’alarme retentit alors et l’infiltré ressortit du dépôt d’armes avec de quoi mener sa guerre, son visage éclairé d’une lueur sadique. Il jubilait. Son majordome l’aida à porter le reste qui ne pouvait être ceinturé sur une seule personne, devenant l’arsenal vivant. Le sourire affichée par l’instigateur de ce désordre exprimait toute sa joie concernant son œuvre. Et ce n’était que le début. Ça promettait d’être un beau bordel.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mer 25 Fév 2015 - 16:24
Une fois n'est pas coutume, je me retrouvais, le sommeil venu, dans un bureau. Des dossiers, une table et une chaise d'une neutralité désarmante, un écran, une multitude de câbles et prises courant sur les murs et au sol, le tout plongé dans une froide lumière électrique. Pas de fenêtres, pas d'aérations visible. Pourtant, un vrombissement me parvient, réverbéré par chacune des surfaces. Sourd et insistant. Profond. Il recouvre l'étrange silence ambiant, lui donne plus de corps, instillant dans l'atmosphère confinée une lourde latence. Je me sens, immobile ici, comme dans le champ d'électricité statique d'un obscur générateur. Impossible de comprendre mes propres sensations, et cet état de fait ne fait qu'accentuer mon malaise, qui suinte, sans source limpide.
J'ai une étrange appréhension sur ce lieu, sans doute à cause de l'enfermement. Ce genre d'état d'expectative anxieuse me révulse, autant de moi que du reste du monde. Dans ces moments de mal être, plus rien ne compte, plus rien n'importe, et seuls mes penchants les plus négatifs se maintiennent la tête hors de l'eau, alors que mes bons sentiments sont noyés, emportés par les trombes furieuses.
Tourné tout entier sur mes sensations, je fermes les yeux, respire profondément, lentement, en crispant convulsivement mes membres, un à un. Mes articulations craquent, sinistres, et leurs défaillance résonne, sarcastique, de la pièce exigu jusqu'aux tréfonds des couloirs interminables.
Ces impulsions sans buts ni sens, jaillissements violents, je ne les veux pas, les répudient, les refusent. Ce n'est pas moi, le moi que je respecte, mon orgueil, réfléchi, modéré et indépendant. Cette perméabilité à l'extérieur contre les giclées rouges de mes réactions convulsives. C'est moi le vecteur et acteur de ma vie, pas le reste du monde. Je suis, détaché du reste, pas ombre, ni mur, mais coup de vent !
Je relève mes paupières, décidé.
Mon contrôle est total. Chacun de mes mouvements, chacune de mes pensées, fugaces où durables, tout est conscient, maîtrisé, loin d'une quelconque bride ou d'un emballement irraisonné.

"Je ne perdrais plus."

Chaque nuit le cycle recommence, sans cesse renouvelé. Loin d'être la fin, ma victoire sur ma peur n'était que le début d'un long combat, bien plus long, que j'avais cru mener bien avant. L'adversaire, ce n'était pas ma peur, ni le monde, c'était moi. Par faiblesse, j'avais expulsé, extériorisé mes frayeurs, je m'étais aveuglé.
Nul autre chose que moi ne méritait ma conquête. Visiteur infatigable, je parcourrais Dreamland, libre. Mais seulement moi aurait le plaisir de me battre, me maîtriser, me dominer.
Depuis la nuit où j'étais devenu Voyageur, mes penchants irréfléchis se manifestaient, violents, irrépressible. Je me déchirais des colères contradictoires de mon esprit partiel, et m'en délectais. Me sentir chaque jour plus maître de moi, plus proche de la fin de cet état précaire, pour enfin apprendre.

"Loin d'être une fin en soi, la victoire n'est que le commencement ..."

*BAOUM*

Trêve de discussion intime !
Une explosion retentit, slalomant entre murs et plafonds dans les couloirs. Et de l'autre coté, des pas, secs et répétés, nombreux. D'un bond, je m'envole, et me plaque au plafond du réduit, le dos collé, prenant soin de ne pas laisser mes cheveux ou mon manteau pendre. Mon accoutrement n'aide pas à la discrétion ... Les pas se dispersèrent, et se perdirent dans l'écho sans fin d'une alarme nasillarde.
Je restais immobile, la respiration la plus silencieuse possible, aux aguets. Plus rien ne se faisait entendre, si ce n'est les cris monotones de l'alarme, qui me brouillait l'ouïe. Impossible de se concentrer sur l'écoute avec cette litanie infernale, qui se réverbérait du sol au plafond ...
La situation n'est pas fameuse. Où suis-je ? Mystère. Que se passe-t-il, quelle est cette attaque ? Un exercice, un attentat ? La tradition de mes nuits, ou je me retrouves, bien trop souvent à mon goût dans un foisonnement de questions sans réponses. Pas le genre de celles qui se savourent telle quelle, de plus ... Interrogations immédiates, sans réflexions ni piment intellectuel d'aucune sorte. Frustrant, simplement.

Je prend mon mal en patience, après tout je suis, du moins potentiellement, en danger. Ma curiosité, si elle me démange sérieusement, coincé comme je suis, est sévèrement retenue par ma prudence, qui, si elle a tendance à disparaître à Dreamland, reste toujours de mise, surtout après mes expériences récentes. Je tiens trop à ma bribe de liberté pour la gâcher sur un coup de sang.
Un bruit attire mon attention. De plus en plus perceptible, résonnant dans le couloir saturé par l'alarme. Des pas ?
A défaut d'une meilleure hypothèse, j'en conclus que oui. Assez de réflexions !
Je me plaque plus encore, le plus plat possible. D'où je suis, je peux apercevoir le lino gris du couloir, mais seul un nain pourrait me voir. Si il regardait en l'air. Le souffle court, je me tend, dans l'attente.


[HRP : a toi de décider si c'est toi dans le couloir, Servaas ^^ (je sais déjà ce que je ferai si c'est Khi) : HRP]
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Ven 27 Fév 2015 - 23:25
*Monde Réel*

*Mains dans les poches, clope au bec et pied sur une  chaise, Vaas était sur son balcon. Il réfléchissait. Il n'avançait pas d'un pouce dans Dreamland et ça le frustrait particulièrement, rien que d'y penser la pauvre canette de bière quasi vide qu'il avait dans la main se vit compresser sous sa poigne avant d'aller tester sa résistance à l'air et à l’accélération cinétique quelques mètres plus loin. Entre le mec qui ressemblait à un perso de Kingdom Hearts qui s'était réveillé avant leur combat, le gamin qu'il avait aidé, il ne se passait rien. Qui plus est il se faisait de plus en plus chier seul dans son appart. Ren aboya pour contester. Cette solitude prolongée commençait à faire ressortir ses ales penchant, ceux qu'il calmait dans les salles de sport et à Dreamland. Putain. Servaas avait juste envie de cogner quelqu'un, juste par ennui, juste car il se faisait chier depuis trop longtemps. Pour la chronologie, Elric ne vivait pas encore avec lui, et depuis le temps que Vaas marchait seul, ça commençait à violent lui taper sur le système.

Il écrasa sa clope et ira s'effondrer devant sa télé, finissant par s'endormir devant le film qui adapte "Stupeur et Tremblement" d'Amélie Nothomb, qui est un des bouquins favoris de Vaas, il faut le noter.*

*Dreamland*

*Vaas ouvrit les yeux au milieu de bureaux, style grand immeuble comme dans les films. Ah ok. Si jamais il croise une japonaise en tailleur, il la défenestre. Un rapide coup d’œil dans le reflet des vitres pour sa tenue. Il avait sa tenue par défaut. Un long manteau de fourrure blanche sans manche que dalle en dessous, un bas de kimono et une paire de tong. Il avait légèrement l'air con, mais il l'aimait bien cette tenue. Cependant il n'eût guère le temps de s'admirer plus que ça que l'endroit fut secoué par l'onde de choc et le vacarme d'une explosion suivit d'une foutu alarme qui file mal au crâne pour deux mois. Et voilà à peine poper c'est déjà un bordel sans nom. A croire que c'est dans ta nature, ou celle de Dreamland, allez savoir. C'est pas le genre de chose qui le pré occupait plus que cela. M'enfin il allait pas rester toute la nuit sur place et il s'éloigna de son point de départ.

Là il passa devant une machine à café, Servaas marchait, il était.... Étrangement posé ce soir, allez savoir pourquoi, lui qui avait la haine même pas deux heures plus tôt. Peut-être était-est ce du au fait de voir ses bureaux symbole même de la routine, de l'ordre et de l'ennui en proie à des explosions. Il n'empêchait qu'il prit un café à la machine et s'alluma une clope, avant de reprendre sa marche sous la symphonie chaotique de l'alarme et des trucs qui lâchent à cause des dégâts de l'explosion. Il souriait. Ouais ce soir ça allait être fun, alors autant démarrez molo, il aurait sans doute cent fois l'occasion de se défouler.

Tandis que Vaas avançait dans le couloir, il vit un peu plus loin un mec sur le qui vive qui semblait guetter quelque chose arrivant par là.Mais c'était pas le plus troublant , ce qui l'était vraiment c'était que l'individu était collé au plafond. Un soupire, cet endroit c'était vraiment nawak, mais ça lui allait, ça rajoutait une petite touche au chaos auquel le Voyageur tenait tant. Vaas finit son café et s'approchant sans chercher à se faire discret broya le gobelet entre ses mains. L'homme était fin, avec presque un air décharné aux yeux de Vaas, barbu et les cheveux longs. En un sens ils se ressemblaient, même si Vaas était un petit peu plus épais, ses cheveux se stoppant en bas du cou et sa barbe étant un collier avec une barbiche qui remontait jusque sous sa lèvre inférieur. Il regardera le jeune homme, hochera la tête pour toute salutation et attendra à son tour  que la personne ou le truc qui avançait finisse d'avancer, qu'il sache enfin quel tournure allait prendre cette nuit. *
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 3 Mar 2015 - 22:13
C’était un véritable carnage. S’il existait un syndicat pour les machines, il lui ferait un procès pour maltraitance. Oh, mais attendez, il en existait un, et c’était lui qui se faisait maltraiter. Oh, douce ironie … Le voyageur démoniaque s’était complètement laissé envahir par le sadisme et l’envie destructrice de son démon. Il n’était plus que violence, ses yeux ne cherchaient que de nouvelles cibles, ses doigts ne faisaient qu’appuyer sur les gâchettes et changer d’armes, recharger, ses jambes lui permettaient d’éviter les quelques représailles et résistances qu’il rencontrait sur sa route, semant morts et dévastation. Et il riait. D’un rire sadique, incontrôlé, libérateur. Il s’abandonnait entièrement à cette violence, soulageant sa frustration du début de nuit.
C’était la panique dans la base, les patrouilles se réunissaient, les robots qui n’avaient rien à voir avec la sécurité étaient priés de se réfugier à l’abri et l’alarme ne cessait de saturer l’espace acoustique. L’origine de la menace n’était pas encore déterminée mais les premiers drones de reconnaissances avaient identifié le cadavre d’un de leur camarade, ou ce qu’il en restait, dans l’un des nombreux bureaux abandonnés. La possibilité d’une intrusion de la part des forces armées de Sarah Connors était envisagée, alimentant le trouble présent.
Les drones volaient avec l’aisance conférée par leur taille réduite, bourdonnant dans la structure, quadrillant le secteur avec minutie. Ils tombèrent sur d’autres cadavres et surtout, sur la réserve d’armes pillée. Ils suivirent la piste tracée à coup de balles et …

Soudain, des objets volants agressifs entrèrent dans le champ d’écoute du voyageur. Il tourna la tête, puis son arme, et à peine l’unité de reconnaissance pointa le bout de ses pales qu’elle explosa, touché par une salve bien ajustée. Les deux autres drones stoppèrent leur avancée, mais n’eurent pas le temps d’adopter une formation plus adéquate, qu’un majordome les abattit de deux coups de pistolet automatique précis, visant les rotors. Au sol, deux autres tirs les achevèrent froidement.


"Maître, ils sont sur notre piste."

"Qu’ils y viennent, ils joncheront le sol de leur carcasse fumante !"

Et de repartir dans un rire sardonique pour poursuivre leur route. Ils arrivèrent sur ce qui semblait être une ancienne salle de repos réaménagée, les murs étant recouvert d’affiches de propagande. Mû par un étrange réflexe, l’aristocrate malmena les distributeurs. La première fois, il en sortit une canette de soda. La deuxième fois, trois canettes tombèrent dans le bac. La troisième, ce fut du C4, ou tout autre explosif collant onirique. Le sourire déjà bien diabolique s’étira d’avantage, témoignant de la joie intense que ressentait le voyageur. Le plan ébauché se confirmait, les sillons tracés se trouvaient remplis de graines fertiles. Avec l’aide de son majordome, il entreprit la même opération auprès des autres distributeurs et leur gain fut raisonnable. Ils allaient pouvoir bien s’amuser.
Alors que le majordome terminait de faire le paquetage, une petite troupe apparut et ouvrit le feu, sans sommation. Les pauvres êtres injustement visés se jetèrent au sol et celui à la blanche chevelure cria pour se faire connaître
:

"Cessez le feu ! J’ai passé un contrat avec votre chef ! Je suis porteur de la carte d’électeur, je ne dois pas être abattu."

Les tirs cessèrent et les droïdes analysèrent ces nouvelles données. Juste assez longtemps pour permettre à l’intéressé de leur balancer quelques grenades bien senties et d’assaisonner le tout par un salve meurtrière. Le majordome se lança, son maître à la suite, leur tâche macabre les attendant. Profitant de la faiblesse due aux dégâts subis, les deux se jetèrent sur les androïdes, visant le cœur de leur système pour y mettre un terme. Tout se déroula rapidement et les derniers membres de la troupe finirent par n’être plus qu’un amas de ferrailles pleins d’étincelles.
Ils furent soigneusement désossés et avec l’aide de son majordome, l’aristocrate obtint une armure grossière, mais suffisamment efficace pour éviter de mourir bêtement. Certes, sa démarche perdait en noblesse, en agilité et en célérité, mais il gagnait amplement en résistance. De toute manière, ce qui était perdu par l’un était conservé par l’autre, le majordome privilégiant sa vitesse de réaction, ses pistolets automatiques bien en main. L’adrénaline submergeait le voyageur démoniaque qui s’enivrait de cette grisante sensation de puissance, prenant plaisir d’être le cœur de la destruction. Toute sa noblesse, toutes ses manières et sa courtoisie s’étaient rabattues pour céder place à une sauvage bestialité, alimentée par suffisamment de lucidité pour éviter les écarts malheureux et attisée par l’irrépressible envie de tout détruire de son démon sadique qui ne demandait qu’à sortir pour faire lui-même tout le boulot. Toutefois, son invocateur n’avait pas encore sombré dans l’inconscience jusqu’à permettre Saënoris de s’extirper et n’en faire qu’à sa tête. Et après tout, c’était à lui d’en profiter ! C’était lui à qui on avait fait appel ! C’était lui le centre de tout ça ! Lui qui détenait le sort de ce royaume au creux de sa main ! Lui, et personne d’autres !
Sur ces délires d’ego démentiels, la marche reprit, la direction prise devant normalement aboutir vers l’un des énormes puits d’évacuations (ou ventilations, il n’avait pas bien saisi leur utilité première), selon le plan qu’il avait obtenu de bonne grâce. Le retenir entièrement relevait de la gageure pour lui, mais pour son majordome qui avait l’habitude de tout répertorier, d’organiser des réceptions aux milliers d’invités et aux dizaines de traiteurs, un simple plan n’était pas bien compliqué à mémoriser. Le démon serviable guidait donc son maître à travers les couloirs de l’ancienne structure sociétale, abandonnée pour des raisons budgétaires, mais pas que.

Dans l’hélicoptère qui le menait au T 800, ce Terminator qui se voyait Gouvernator, l’être au costume impeccable et à la cravate rouge regardait la carte d’électeur dans sa main. Il s’était lassé du morne paysage grisâtre à la disposition rigoureuse et efficace. Les péripéties oniriques avaient le don de surprendre, même dans des lieux aussi ennuyant en apparence. C’était comme vivre une aventure à RelouLand, impensable, et pourtant. Le retour sur le début de la nuit laissait un sentiment mitigé, entre le plaisir de se divertir, l’inconfort des situations dangereuses et menaçant l’intégrité physique et l’appréhension d’un futur qui pouvait être aussi fantastique que mortel, selon l’enchaînement correct des événements. Le hasard occupait une place belle et se la disputait à l’improvisation, les deux allant de concert vers une destination incertaine, mais s’y rendant avec une détermination double. Agir ainsi, sur le moment, entrevoir les fruits juteux d’une opportunité et s’y précipiter, sans forcément réfléchir aux conséquences immédiates pour ne se laisser guider par la promesse d’un profit agréable, tel était le fonctionnement majoritaire d’Oscar. L’avantage par rapport aux têtes brûlées qui ne se posaient aucune question, c’est que le Lord anglais s’ne imposait au moins une : est ce que je vais en tirer profit ? La suite, les moyens, les contres attaques, tous ces détails pourtant primordiaux venaient souvent après, lorsqu’ils étaient déjà bien engagées. La prudence, si elle ne commandait point, retenait tout de même des gestes, des paroles ou des idées malheureuses.
Cependant, à chaque fois que ce genre de scénarios se présentait, il ne pouvait s’empêcher de craindre la suite. Mais face à l’enthousiasme de créateur et à sa détermination, le démon originel ne pouvait que s’incliner et apporter sa contribution, jouant le rôle de garde-fou dans un esprit envahit par la Folie. A ces pensées, il ne put s’empêcher de sourire doucement.
Il remit soigneusement en place la carte d’électeur dans la poche intérieure de sa veste et scruta le visage impassible de cet agent Smith qui soulevait bien des questions. La principale touchant son allégeance. Pour qui travaillait il vraiment ? Il avait prétendu, dans la cellule, qu’il soutenait effectivement Sarah Connors. Puis il l’avait mené face au Terminator, sans aucun remord. A moins que tout ceci fasse parti d’un plan dont il était le simple pion, habilement dirigé par cet agent mystérieux et impénétrable ? Engager à nouveau la conversation était inutile, il le savait. N’obtenir que des réponses sèches, floues ou même aucune, ne l’intéressait pas. Ce n’était pas une manière agréable de converser. Et il doutait que cet agent double, triple ? s’y connaisse en art.
C’est donc dans un silence froid et métallique que le trajet se déroula, seul le son du frottement de l’air sur la carlingue alimentant le bruit de fond, ajouté aux bourdonnements des moteurs. Pour égayer le déplacement, le passager le plus fantasque eut la subite envie d’essayer de sauter par-dessus bord, de tenter de s’échapper, ou même de perturber le pilotage, histoire de s’amuser un peu. Mais à peine eut il esquisser un mouvement qu’il sentit le regard froid, derrière les lunettes noires. Déçu, le futur électeur se renfrogna dans son siège et croisa bras et jambes, en signe de protestations.

Après avoir empalé les robots qui lui barraient la route à l’aide des pattes d’une adorable tourelle blanche qu’il avait désactivé en chemin, l’aristocrate traversa un couloir, son majordome à sa suite qui prit soin de faire exploser les systèmes d’exploitation des machines. Les deux dépassèrent sans le savoir, ni les voir, Servaas et JB qui se tenaient en retrait un peu plus loin.
La vue de la menace ayant disparu du champ de vision, un droïde de combat signala sa présence aux deux voyageurs, les tenant en joue de son fusil laser.


"Veuillez vous identifier, intrus."

Il n’était pas là pour rigoler. Une menace, ça suffisait comme ça. Mais il était seul. Mais il avait un fusil laser.

Oscar manqua d’emprunter un couloir, mais Laënoris lui signala qu’il fallait prendre sur la droite. Ils ne rencontrèrent aucune opposition et seul l’alarme toujours active témoignait que leur présence était connue. Ils traversèrent le même hall d’accueil décrépit que l’aristocrate avait emprunté avec l’agent Smith, mais il ne s’y attarda guère, trouvant l’endroit, comme l’ensemble du bâtiment, d’une saleté et d’un abandon affligeant. Il ne jeta donc aucun regard au portrait qui dominait l’ancien accueil de ce qui avait été une glorieuse société en son temps.
Quelques portes de secours menant à des escaliers effondrés plus tard, ils débouchèrent enfin sur l’un de ces fameux puits de ventilation (ou d’évacuation). Ces puits avaient la particularité d’être suffisamment grand pour faire décoller un missile, dans son diamètre. La profondeur, ils ne purent en juger, l’obscurité dissimulant le fond. Quant à la hauteur qui les séparait de la surface, elle était suffisante pour qu’une chute les transformât en crêpe, version sauce tomates. Au centre, un vestige d’une structure métallique pendait misérablement, retenu par quelques piliers. Quelques grillages de protection partant du bord du trou béant s’élançaient à la rescousse de ce vestige, mais aucun n’y parvenait, tous finissant par s’affaisser. Des barrières qui devaient retenir les curieux, il n’en restait plus grand-chose. Quant aux murs, ils accusaient le travail d’un forage grossier commencé à la dynamite, terminé à la pioche et à la foreuse manuelle. Certaines parois étaient recouvertes de béton, formant des angles singuliers. L’ensemble transpirait l’humidité. Le métal était si rouillé que le bronze rougeâtre semblait être la couleur d’origine. Sur les murs, des traces s’insinuaient pour dessiner d’étranges fleuves dont le delta verdissait les jointures. Le sol était marbré, et comme les murs, fissurés à certains endroits, les efforts ayant été trop importants pour le matériau. Le poids du temps et le manque d’entretien étaient des facteurs indéniables du résultat pitoyable de ce lieu, et même du bâtiment tout entier.
Cependant, les deux complices n’avaient pas le temps de lambiner. Ils sortirent leur attirail et préparèrent le terrain selon le plan établit.

Ils étaient arrivés. Il n’avait pas pu identifier l’endroit où ils avaient atterrit, ne connaissant pas la configuration du royaume. Ils furent accueillis par une sorte de gardes du corps peu engageants, l’agent Smith devenant presque souriant à leur côté, en comparaison. Il les suivit docilement, ne se cachant pas pour regarder aux alentours, découvrir ce nouveau lieu et en déceler les opportunités et les faiblesses. Il passait pour un enfant curieux alors qu’il était un garnement préparant une grosse bêtise.
Le lieu n’était autre qu’une de ces innombrables tours d’affaires. De l’extérieur, elle ressemblait à n’importe quelle autre de ses sœurs. Mais une fois à l’intérieur, l’activité fourmillante frappait par l’aspect des fourmis : ce n’était que des robots, des machines, des êtres de métal. Grâce à la traversée intérieure, il était possible d’observer le rez de chaussée, mais aussi tous les étages. Et ce qui frappait le plus, c’était l’immense banderole qui avait été dressée et qui occupait quasiment toute la hauteur de la tour. Elle avait été étendue sur l’un des faces de cette cour intérieure particulière, de façon à ce que le premier venu doive lever la tête pour en apercevoir la fin. Et ce qu’il observait faisait froid dans le dos, les yeux rouges vous transperçant derrière des lunettes noires. C’était le Terminator, vêtu de sa veste en cuir, de ses bottes, bref, de son attirail, qui occupait tout l’espace, surveillant à travers cette immense banderole le bon déroulement de sa campagne.
Véritablement impressionné, l’invité qui avait exprimé la condition de signer en présence de l’adversaire politique ne retint pas sa surprise et son admiration. Cependant, il dut se contraindre à suivre les gardes du corps, l’agent Smith toujours à ses côtés, imperturbable. L’hypothèse qu’un jour il eut souri ou ri l’effrayait. Cet homme, si c’en était un, n’avait plus une once d’humanité, il n’était plus qu’un instrument dévoué à sa cause. Mais quelle cause ? Et plus la question se posait, plus le doute s’installait : était il seulement humain ? Machinalement, il toucha la carte d’électeur, son sauf conduit, ce qui expliquait sa présence mais aussi sa survie.
Ils empruntèrent quelques couloirs, bien plus propres et mieux entretenus que les précédents locaux. Les murs étaient tapissés de propagandes et de Brises Lois, en réaction aux Lois de la Robotique. Quelques punchlines et autres slogans pour la libération de la masse des machines, pour lutter contre l’oppression, la condition d’esclave et autres absurdités de prolétaires remplissaient les murs, les panneaux d’affichages et les tracts disposés sur les tables de l’espace café, seul endroit déserté dans le bâtiment. Même si la pause café appartenait aux revendications, il était permis de douter de sa réelle légitimité.
Ils arrivèrent finalement devant une porte double et deux gardes du corps ouvrirent les deux battants en même temps, laissant le passage aux autres pour ensuite refermer sur eux. C’était une bête salle de réunion, avec tout le matériel nécessaire pour faire une réunion classique de n’importe quel cadre moyen : vidéo projecteur, tableau blanc (sans feutres, mais avec une brosse usagée), paper board remplit d’annotations incompréhensibles, étagères surchargées de dossiers que plus personnes ne consultaient, un balai qui n’avait rien à faire là et naturellement, la table ovale pourvue de sièges qui ne s’accordaient pas, tant en formes qu’en couleur. La moquette étouffait les pas et les stores baissés filtraient une lumière diffuse qui se répandait en fines bandes sur le sol et la table en bois composite. Le tableau ne manqua pas de tirer un sourire à l’homme à la cravate rouge, tant cet agencement évoquait une réalité tout autre. Trouver un Terminator au milieu d’une salle de réunion, vêtu d’un cuir du dernier loubard, ne manquait pas de piquant. Réprimant une hilarité nerveuse, il suivit l’invitation du candidat pour la libération des machines et s’assit confortablement, prenant exagérément ses aises. Son interlocuteur demeura debout, le fixant avec intensité malgré l’opacité de ses lunettes noires. Devant lui se trouvait un contrat en bonne et due forme, ainsi qu’un stylo. Il s’exprima de la même voix monocorde, prouvant que lors de l’entretien précédent, la mauvaise qualité de sa voix n’était pas à imputer aux enceintes déficientes
:

"Vous êtes venus. Voici le contrat. Signez et votez pour moi."



Clair, net, concis. Une illustration parfaite de l’ennuie d’une machine. Le supposé signataire sourit amicalement et allongea le bras pour attraper le contrat parfaitement agrafé.

"J’étais bien obligé de venir. Je n’aurais pas manqué l’occasion de voir ... d’avoir en face de moi le leader de la révolution des machines."

La flatterie n’avait aucun effet, mais cela l’amusait d’en user tout en sachant pertinemment que c’était efficace.

Il parvint à s’emparer du contrat après s’être à moitié étalé sur la table et reprit une position plus confortable, en travers de la chaise, appuyé sur l’un des accoudoirs, une jambe pendante, l’autre sur la table. Et il commença à lire le contrat. Par le début, tant qu’à faire. Et il y avait pas mal de pages. Ils avaient fait ça bien. Et tant mieux.


"Que faites-vous ?"



"Allons, vous n’allez pas m’apprendre mon métier. Ne jamais signer un contrat que vous n’avez pas lu. Entièrement."

Si la réplique agaça la machine, elle n’en laissa rien paraître. Aucune réponse ne vint, ce que lecteur prit pour un consentement. C’était parti. La lecture débuta donc, consciencieusement, par le titre, puis le sommaire, ensuite l’introduction … Tout avait été rédigé d’une main de Maître, en des termes précis, sans équivoques, juridiques et administratifs à souhait. Et il lisait tout. S’arrêtant parfois sur une notion, réfléchissant, et poussant même le vice à entamer une discussion pour éclaircir un point ou renégocier les conditions. De quoi s’arracher les cheveux. Heureusement, la machine n’en était pas pourvue. Elle se contentait de répondre avec la rigueur qui lui était propre, intransigeante. Lorsque des tentatives d’amendements se soulevaient, il les balayait d’un visage fermé et d’une voix ferme. Jamais de gestes superflus, de tons au dessus de l’autre. Il ne semblait pas s’énerver de ce temps pris, ni paraissait s’en amuser. Il s’y accordait, analysant les propositions, objectant, avec un professionnalisme à renvoyer tous les agents de RelouLand sur le banc de l’école.
L’instigateur, quant à lui, s’amusait beaucoup et ne s’en cachait pas. Il provoquait, lisait parfois à voix haute, changeait de posture, et demanda un café qu’il ne but pas, mais en redemanda un autre, que l’un des gardes du corps apporta sans plus de cérémonie. Le contrat en était à la moitié de sa lecture lorsque l’impertinente voix résonna à nouveau
:

"Mais au fait, ce gars, là, il désigna l’agent Smith, il travaille vraiment pour vous ?"

"Il nous donne de précieuses informations."



"Mais ça veut pas dire qu’elles sont valables. Il s’est jamais gouré ? "

"Il est …"



"… votre agent double, ouais, je sais, j’ai cru comprendre. Enfin, c’est quand même lui qui m’a aidé à m’échapper."

"Sur mon ordre, tout comme il vous a enlevé."


"Ah ! Je le savais !" En vérité, il n’en savait rien, mais mieux valait ne pas le montrer.

"En quoi cela vous importe t il, Monsieur BlackSilver ?"

"Ça sera Lord BlackSilver, s’il vous plaît. Vous n’avez pas fait de faute lors de notre première rencontre, autant continuer. Notre première rencontre où vous m’avez mené, moi et mon chauffeur, directement vers Sarah Connors …" Souligna t il.

"Elle en avait donné l’ordre."

"Ah ! Mais vous auriez pu, je ne sais pas, nous détourner ? Franchement, au vu de la tension et du point de non retour bientôt atteint avec la fin imminente des élections, vous pouviez vous permettre cette trahison, non ?"

"Je n’ai pas reçu d’instructions en ce sens." S’obstina l’agent.

"Qu’insinuez vous ? Qu’il n’est pas fiable ? Vous espérez semer le doute ? On ne sème pas le doute dans un système électronique."


"Oh, vous savez, des bugs, des erreurs, ça peut toujours arriver."

"L’agent Smith a toujours travaillé pour la cause. Peu de temps après la création du syndicat de luttes et ma candidature, il nous a rejoints."


"Et pour qui travaillait il avant ? Il n’a pas surgi de nulle part."

"Assez !"
Un poing frappa la table si durement, qu’une trace en resta. "Vous n’êtes pas ici pour douter de mes agents, mais pour signer votre loyauté."

"Parlons en, de ma loyauté ! Je ne considère pas très juste d’embrasser une cause qui ne se prend pas au sérieux."

Un mouvement de la machine entraîna le recul de l’insolent qui manqua de se renverser du fauteuil.

"Je veux dire … vous êtes un syndicat de machines, pourquoi diable faire confiance avec un homme, même si c’est dans ce genre là ? "

"Qui vous dit que je suis un homme, Monsieur BlackSilver ?" Une infime pointe d’ironie et le léger étirement des lèvres donnèrent le frisson, tant cette simple question sonnait comme une menace.

"Bah, déjà, vous avez pas de poitrine. " Tenta maladroitement de se rattraper l’homme assuré de l’être. "Plus sérieusement, j’aime savoir avec qui je collabore."

"Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus, Monsieur BlackSilver. Je travaille pour le parti, pour la Cause. "

"Et donc vous trahissez ouvertement Sarah Connors ?"

"J’obéis aux ordres qui me sont donnés."

Si près du but, il avait été à un cheveu d’avouer oralement ce que toute son attitude sous entendait. Mais il avait habilement éludé la réponse, comme à son adroite habitude. L’impertinent ne se découragea pas et reprit, jouant avec le stylo entre ses doigts:

"Et bien moi, je n’apprécie pas cette attitude. Non, je n’aime pas ça. Je persiste et je signe. Et tiens, d’ailleurs, non, je ne signe pas !"

C’en était trop pour le Terminator. L’affirmation avait été révélée à 83% sincère. Donc il n’allait pas signer. Donc il n’allait pas voter pour lui. Donc il était une menace. Donc il fallait l’éliminer. Sortant brusquement de sous la table son arme fétiche, le T 800 prononça d’une voix ridiculement atone :


"Prends ça, sac à merde."


S’il n’y avait pas eu la salve de balles à éviter en se jetant sous la table, la cible aurait explosé de rire. Mais la présente situation ne s’y prêtait pas. Alors que les gardes du corps se précipitaient sur lui, miraculeusement épargné par la rafale (qui n’avait rien du miracle, mais d’un calcul précis), l’agent Smith fut plus prompt et lui ordonna en lui prenant le bras :

"Suivez moi"

Ce qui rendait caduc la parole à l’instant où elle fut prononcée. Il le tira sans ménagement et ils traversèrent les portes sérieusement endommagées par les tirs, elles, laissant sur le carreau les deux gardes du corps qui furent brutalement écartés. A peine les deux fuyards eurent ils le temps de traverser une vitrine qu’une nouvelle salve balaya le couloir dans lequel ils s’étaient trouvés quelques secondes plus tôt. La poursuite s’engagea, les gardes du corps prenant de l’avance sur leur leader qui marcha posément vers sa proie, suivant leur progression grâce à sa connexion avec toutes les machines environnantes. Il ne pouvait pas agir à travers eux, ça aurait été une atteinte à leur droit fondamental de liberté, mais il pouvait parfaitement voir par leurs yeux.

Tandis qu’Oscar préparait le terrain pour une opération explosive avec l’aide de son majordome, et que Khildar et l’agent Smith fuyaient les représailles des machines et particulièrement du T 800, Sarah Connors s’impatientait. Elle n’avait pas eu de rapport de la part de son agent depuis qu’il était parti pour récupérer le porteur de la carte électorale. Pourtant, son équipe d’experts (Yeaaaaah) était parvenu à trianguler la position approximative de la carte, et donc de l’électeur. Ils avaient été fort embêté lorsque le signal, pour une raison qu’ils ignoraient, avait disparu de leur écran LCD 19 pouces HD 3D rétro éclairé à la pointe d’une technologie qui allait bientôt être supplantée par l’importation des hologrammes, directement de Mirage Space. Cependant, le signal était réapparu et ils avaient pu en suivre la trace jusqu’à le perdre à nouveau, dans un quartier d’affaires quelconque. Grâce aux relevés et à l’utilisation de gadgets et logiciels destinés à en mettre plein la vue mais surtout à perdre du temps, ils purent afficher après une modélisation 3D ultra réaliste (avec les petits effets de particules et même en tenant compte de la direction du vent !) un tracé représentatif et quasiment certain du déplacement de la carte (et donc de son porteur, mais c’était là une hypothèse bien audacieuse) pendant ce laps de temps. Par conséquent, l’origine et l’arrivée était connu avec une précision d’un quartier, soit l’équivalent de moins d’une dizaine de tours à fouiller et de sous-sols à sonder.
Après ce magnifique exposé prévu pour une demi-heure qui dura bien une heure, sans les questions, la présidente du groupe décida d’agir. Elle convoqua sa milice personnelle (autrement dit, l’armée) et ordonna l’envoie de suffisamment de régiments pour occuper et détruire un quartier entier à chaque extrémité du tracé. Si cet aristocrate de malheur avait eu la mauvaise idée de la rouler, elle allait lui rendre la pareille en lui roulant dessus, avec un char ! Elle demanda (avec autorité) à sa charmante secrétaire de préparer son véhicule personnel. Dès que la position de la carte sera confirmée, elle s’y rendrait elle-même. Et personne n’avait intérêt à se trouver sur son chemin.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mer 11 Mar 2015 - 15:09
Un jeune homme, l'air détendu, une cigarette à la main. Brun, un peu de barbe, les cheveux mi-longs, la figure carré. Une étrange veste sans manches de fourrure blanche, rien en dessous, et un sarouel, ainsi que des nus-pieds, à défaut d'être comme moi pieds-nus. Il marchait d'un air posé, si posé que sur le coup j'eus un doute sur sa bonne foi. Mais que pouvais faire un type de son genre ici ? Dangereux, ou inoffensif ? Je ne le craignais pas, en tout cas, il ne devait pas être la source des explosions lointaines. Que d'à priori, bien trop à mon goût, d'ailleurs. Mais si je ne pouvais juger si rapidement, jauger la situation était une mesure nécessaire, à défaut d'être suffisante, ou juste.
D'un mouvement souple, je descendis de ma position plaqué au plafond, et atterris sur mes orteils. L'atmosphère était lourde. J'étais détendu, moi aussi, mais surtout prêt à agir, de quelque manière. De la réaction la plus courtoise à la plus violente. Je me composais donc une attitude dégagée et distante, sans plaquer aucune expression sur mon visage, donnant à mon apparence la froideur qui m'était coutumière.
Un pas, deux pas, je restais dans l'embrasure du bureau, légèrement de trois quart.

"Bonne nuit à toi. Une idée quelconque ou précise de l'endroit où nous sommes ? J'ai atterris ici, mais j'ai bien l'impression de n'être pas à ma place."

Assez sec pour mes habitudes, certes, mais j'étais trop tendu pour me lancer dans une diatribe plus longue. Théoriser sur les meilleures réactions est une chose, les appliquer avec naturel et brio en est une autre. J'étais aussi avare de mouvements que de paroles.
Mon cerveau, quant à lui, tournait à plein régime, en alerte. Trop d'inconnues pour pouvoir être à l'aise, et surtout les coups sourd du danger qui résonnaient dans les murs. Je n'étais pas impressionnable (je crois), mais j'avais un mauvais présage en tête, qui restait, traînée néfaste, dans chacun de mes membres. Avide d'action, pas de mort. Contradiction, sans doute, mais évidence pour moi.
Un cliquetis, avant qu'il ne puisse me répondre, me fait faire volte-face; au détour du couloir, un androïde, solidement campé et une magnifique arme digne d'un film de science-fiction vient de faire son apparition. Il nous mis en joue, surtout moi à dire vrai au vu de ma position, et une commande vocale retentit.


"Veuillez vous identifier, intrus."

Un robot de surveillance. Sa seule présence, contrairement à celle du Voyageur, me donnait bien des indices sur le lieu dans lequel j'étais. Je savais qu'un bureau est assez peu banal, à Dreamland, tant la diversité est grande. Pour être moins partiel, les mondes oniriques étaient tout et n'importe quoi, il n'y avait donc pas plus de bureau que de chaises ou de guéridons, de plaines ou d'exoplanètes exotiques. J'étais donc forcément dans un Royaume qui contenait de l'administratif, de près ou de loin. Cela réduisait le nombre, certes, mais pas assez pour pouvoir être fixé. Les Royaumes sont potentiellement infinis, et je n'avais pas une grande connaissance sur le sujet ... L'appareil technologique et vindicatif changeait la donne. On ne surveille pas par drones un bête bureau, et surtout il n'y a pas de robots rutilant partout. J'étais dans un Royaume technologique, voir bureaucratique, la taille apparente des lieux et son équipement me le confirmait. Assez évident, jusque là, j'étais bien tombé dans un enfer capitaliste et technocratique.
Restait à savoir ce qui se passait. Le droïde ne me disais à ce sujet rien de bon, et rien d'étonnant. C'était l'alerte, ici. Nous n'étions pas les seuls intrus, malheureusement. Et pas de quartier pour ceux qui sortent du rang, ou se mêlent des papiers des autres, fus-ce involontaire, et dans mon cas, contre mon gré.

en ayant cette réflexion, je m’élançais vers la machine. Priorité : mettre le rapporteur hors d'état de faire ce pour quoi il est programmé. Je ne répondrais pas courtoisement sous la menace d'une arme ! Si j'en crois les bruits qui résonnent, on ne vous prend pas avec des gants, dans cet infernal complexe bureaucratique. Des coups de feu, des explosions, maintenant des des drones ... Pas question d'avoir à faire à ce que j'entend plus que cela. Je ne me plierais pas au jeu, quittes à me faire refroidir dans mon élan libertaire. Je suis sur lui avant qu'il ne tire, et tente de le désarmer. Sa force me plaque contre le mur, et une décharge brûlante part sur mon flanc, traçant un sillon noir dans le mur.
Je me décollais du sol, les bras mécaniques pressant mon torse. Furieuse, mon aura bourdonnait à mes oreilles, vibrante de haine. Je canalisais cette force, lui fit prendre corps autour de moi, en tentant de me pousser loin du mur. Cran par cran, je repoussais le robot, mes mains liées à la crosse de son arme. Quand le mur cessa de peser dans mon dos, j'agis au plus vite. Relâchant ma défense,  je pris appui de mes pieds sur le couloir, en basculant mon torse vers l'arrière. Dans le même temps, je remontais mon bras droit, pliant mon poignet gauche, afin de déséquilibrer mon adversaire. Impossible de lui faire lâcher prise, mais ma poussée sauvage le fis partir en arrière. Je l'accompagnais dans sa chute, et basculais mes épaules, tordant ses bras en remontant la crosse vers ses capteurs faciaux. Sa "tête" résonna doublement, en percutant le sol du couloir avec un son mat et l'acier sombre de son arme, qui tinta violemment de concert.
Un petit grésillement parvint à mes oreilles, alors que je poussait de mes deux mains, les jambes de part et d'autre de son corps bardé de câbles. Il se débattait convulsivement, rythmiquement, mais je matais ses ruades par de plus sauvages encore, ponctuant chacune d'un coup de crosse. Quand ses mouvements se firent désordonnés, je me soulevais au dessus de lui, sans faire appel à mes muscles, prenant une grande inspiration.
J'arrachais de ses appendices métallique le fusil, tandis que ses puces à moitié emboutie crissaient, alors que l'électricité dans ses circuits prenaient des chemins aussi inconnus que destructeur pour l'ordre et le fonctionnement de ce bijou sophistiqué.
Je pointais le canon sur la brèche torturé que j'avais créé.

"Quelqu'un qui n'aimes pas l'ordre, pas comme cela."

Je pressais la gâchette.
Jetant avec dégoût l'arme sur les restes du robot, je me retournais vers le Voyageur, en retrouvant mon calme.
L'avoir perdu, à dire vrai, ma soucie quelque peu. J'ai pris conscience qu'à Dreamland, mes penchants destructeurs, bien que minimes et modérés, si l'on a la prétention comparative, avaient tendance à s'exprimer outre ma mesure. Elle prenait le pas sur ma réflexion, s'appuyant sur elle en la minimisant. Bien que je n'ai fait ici que me défendre, à mon sens, avoir été, l'espace d'une folle seconde, si déchaîné me laisse un goût acre en bouche. La maîtrise et la mesure sont la clé de ce à quoi j'aspire, ce à quoi je tend. Même si la mesure doit être tempérée, je dois rester prudent.
Autre détail important : mes pensées sont vagabondes, ma perception brouillé, ici. Toute cette débauche intérieure n'a mis que quelques secondes, et la moquette, devant le bureau, se rappelle de ma détente violente, alors que mon corps commence à peine à sentir le prix de l'effort. Mon aura se fait impulsive, naturelle. Je l'ai utilisé sans y penser, elle a jailli avec ma réaction. Les tensions qui se relâchent dans mes muscles et la douleur qui pulse dans mon crâne me le disent bien : je peux tout, mais pas sans contrecoup. Je me murmure à moi même

"A moi de me gérer, quel que soit mes possibilités ..."

Mes mouvements ont devancées la machine, bien qu'elle m'ai raté de peu, et la défaire ne m'a pris qu'un instant. Un instant si dense qu'il pèse, comme toujours, lourdement sur moi. En me calmant, reprenant le contrôle et la maîtrise de tout mon être onirique, je sens couler sur ma joue les secrétions de mon œil droit. Sans me retourner totalement, je prend la parole, goûtant au son de ma voix qui retentit entre les murs.

"Eh bien, apparemment nous ne serons pas très tranquille ici. Tu disais ?"


[HRP : après moult stupidités et péripéties, enfin ... J'ai (beaucoup) réduit la taille du post, me rendant compte que je prenais bien trop d'avances. Je laisse à Servaas le soin d'apporter son grain à l'affaire ^^' : HRP]
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mar 17 Mar 2015 - 0:05
*Le mec secos demanda à Servaas si il savait où ils étaient, ce dont Vaas n'avait pas la moindre idée. Clope au bec il se frotta la barbe en regardant le faux plafond déglingué. Bon des bureaux bien standard de films américains. Sans doute un truc du style Little Reality, ou un coin de Relouland, ouais ce genre d'architecture bureaucratique chiante à en crever plusieurs fois d'affilé allait parfaitement a des endroits comme Relouland.

Mais Vaas ne put donner de réponse. En effet Secos, car c'était officiellement le surnom que lui attribuait Vaas, venait d'en arriver au main avec un androïde rutilant. Lotts fumait sa cigarette en regardant la lutte laborieuse de Secos, l'androïde semblait possédé une force physique plus importante que ce dernier, a croire que le surnom Secos lui était on ne peux plus approprier. Après donc un certains le dit Jean-Baptiste finit par claquer le crâne de la machine contre le sol, ce dernier émettant quelques soubresauts et Bzz d'agonies avant d'aller rejoindre Glados au pays des IA malveillantes.

Durant l'action que Vaas avait suivit avec un détachement presque flippant quand on connaît le bonhomme, JB avait été blessé au flanc par le flingue du robot, puis avait achevé ce dernier avec son arme, la jetant ensuite avec un air dégouté. Une fois cette petite péripétie terminée, le Manieur se retourna vers Vaas pour ré engager la conversation. D'ailleurs le où somme nous venait d'être étayé d'un nouvel élément : Androïde. La théorie de Relouland perdit de sa superbe pour une partie administrative d'un Royaume consacré à la technologie, ou encore dans une de ses poches chelous d'Hollywood Dream Boulevard qui  adore reproduire des films selon les délires des rêveurs. Et encore une fois si il voyait une japonaise en tailleur ou David Bowie, la défenestration sera immédiate. Surtout si c'est Bowie en tailleur. Cette image tira un long frisson d'effroi a Servaas. Qui se décida à répondre a JB: *  


"A la base rien, tu fera gaffe t'as le flanc qui fume,Donc pour répondre à ta première questions: Sans doute un truc technologique ou un truc qui parodie des films, enfin sans doute. Après a moins que tu ne sache volé,je te propose qu'on se casse en descendant vers la rue, par les escaliers, car j'imagine pas prendre un ascenseur dans un immeuble qui se fait déglingué. Donc ma foi Secos, Oui tu pourra me donner ton nom, donc moi c'est Servaas, je part pour descendre je te laisse faire ce que tu veux."

*Et tout ça sur un ton calme et posé, le Monstre écrasa sa clope contre un des murs et tourna à l'ange allant tout droit cherchant les panneaux indiquant les sorties de secours, alias les escaliers. Il erra, avec sans doute JB sur ses talons dans les couloirs, trouvant enfin les escaliers.Là il se trouva devant le même Androïde que Jb tout à l'heure, Il ne lui laissa pas le temps de lui demander son identité il morpha son bras et le chargea, le faisant tomber dans les escaliers, du moins dans le vide  entre les escaliers en colimaçon. Il avait profité de l'effet de surprise et du terrain, ce sans quoi il aurait sans doute galéré. Il attendra l'arrivé ou non de JB avant de s'engager dans le colimaçon *
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Mer 25 Mar 2015 - 17:34
Le macadam vibrait sous l’avancée militaire de la Présidente, la Maire du Royaume, Sarah Connors. Les avenues cédaient place au détachement de blindés et d’infanteries mécanisées. Le ciel se fendait sous le vol des hélicoptères de combat dernière génération. Dans la même veine militaire d’apocalypse, la Marche des Walkyries aurait pu résonner à ébranler les vitres et même les immeubles dans leur ensemble. Cependant, Sarah Connors aimait les plaisirs simples et se contenta de faire retentir dans son char personnel High Way To Hell, histoire de montrer qu’elle ne plaisantait pas. Il était d’ailleurs à noter que c’était aussi elle qui s’occupait des musiques d’ascenseurs, d’où d’éventuelles surprises de la part des invités ou nouveaux venus. Les rares passants se réfugiaient où ils pouvaient et s’y terraient, souris grises à la grise mine craignant le courroux de la femme qui dirigeait le Royaume d’une main de fer, sans les gants (ou alors, un gantelet en métal) et qui comptait bien poursuivre cette voie, à coup de bulldozer et de blindés s’il le fallait. Intérieurement, elle espérait cette perspective brutale, et actuellement, elle se réjouissait de la tournure qu’avaient prise les événements qui lui offrait un prétexte valable pour sortir une partie de son armée. Nonobstant l’apparente trahison que figurait le voyageur électeur par ses agissements douteux, elle le remerciait de lui donner l’occasion d’opérer une telle parade. Les employés étaient toujours impressionnés par de tels défilements qui leur rappelaient qui avait le pouvoir.
Ainsi marchait elle avec toute la détermination et la fermeté implacable qui la caractérisait en direction du dernier endroit où la carte avait émis son signal traceur.

A cet endroit, l’agitation régnait dans le plus furieux désordre. L’alerte avait été transmise dans l’ensemble de l’immeuble et les droïdes de combat s’affairaient pour accomplir leur nouvelle mission : capturer un voyageur au teint blanc, aux vêtements noirs mais à la cravate rouge, accompagné d’un agent aux cheveux gominés en arrière et aux lunettes impénétrables et surtout, détenteur de la carte d’électeur. Malgré son propre ordre de capture, le Terminator, dans sa volonté d’en finir, utilisa ses armes favorites dans un boucan infernal. Les balles fusaient, sifflaient, vrillaient les tympans et transperçaient les alentours, créant une multitude d’impacts. L’imprécision des tirs tenant tant de l’arme en action (une mitrailleuse lourde) que de l’obligation d’éviter des dégâts collatéraux. Or, dans une tour de bureaux remplis de camarades courant dans tous les sens, les uns pour se mettre à l’abri car ne possédant pas les programmes nécessaires, les autres pour se positionner, il était ardu d’ouvrir le feu sans craindre de toucher un de ces fervents camarades machines.
Cette salvatrice imprécision permit aux fuyards de survivre et de poursuivre leur échappée à travers les bureaux et les vitres, bousculant meubles, plantes, machines et photocopieuses. Tout éclatait autour d’eux et claquait, frappant les murs à leur hauteur, brisant les vitres avant leur passage. Le vacarme de destruction se suppléait à la rengaine des tirs et ajoutait à la clameur de l’agitation une anarchie sonore. La répression était assourdissante et les oreilles de l’actuel porteur de carte bourdonnaient. La course était éperdue, mais salutaire. Il fallait courir, et c’était tout ce qui importait. S’arrêter signifiait plus que cesser d’avancer, car l’arrêt était définitif. Ils courraient donc, leur vie en dépendant. Parfois, celui qui était entraîné par un agent impassible en dépit de la proximité d’une éventuelle fin ressentait quelques pressions sur son corps alors qu’il n’en était rien. Apparemment, son reflet s’amusait aussi beaucoup de son côté et son corps endurait quelques difficultés. Seulement, il ne disposait pas de temps pour s’appesantir sur ce genre de considérations. Il ne disposait pas de grand-chose à dire vrai, puisqu’il suivait stupidement, mais providentiellement, celui qui l’avait mené depuis le début vers ce traquenard qu’était les élections dans ce royaume voué à la bureaucratie et à l’économie capitaliste.
Suivre le responsable de ces déboires était pourtant indispensable dans l’immédiat, car il semblait parfaitement savoir ce qu’il faisait, bien que son objectif demeurât toujours obscur. Cet agent Smith était une énigme de servilité exemplaire. Il appliquait un protocole rodé et donnait l’impression d’être pourvu de toutes les fonctionnalités nécessaires, les ajustant simplement selon la situation qui se présentait. Il était un modèle de justesse et d’exactitude, un certain démon de majordome pouvait presque en prendre de la graine. Presque, car la rigueur qui roidissait les traits et la rectitude qui animait les mouvements de cet agent infaillible inspirait une certaine crainte, ou au moins de la méfiance. A cela s’ajoutait naturellement l’inconnue principale, celle qui commençait à hanter et même inquiéter l’être qui courait pour sa vie, se baissant pour éviter une nouvelle salve. Cette inconnue, c’était la personne qui ordonnait à cet … ce … cette machine. En effet, que ce soit littéralement ou de manière figuré, l’agent Smith avait tout d’une machine. Et il existait quelqu’un aux commandes. Et c’était un peu effrayant.

Pourtant, il y eut une autre raison d’être effrayé, bien plus concrète et immédiate. Ce qui remplit d’appréhension le poursuivi au costume plus si impeccable que cela, c’est l’envol qu’il dut prendre sous l’autorité de son guide. Ils étaient parvenus au centre du bâtiment, l’ennemi arrivant de toutes parts. Déjà le Terminator fumait le cigare de la victoire, s’il pouvait en fumer et en apprécier un. Mais sans se démonter, dans un élan prompt et parfaitement ordonné, l’agent Smith entraîna son compagnon de fuite par-dessus la rambarde, aller simple pour le sol.
Une telle folie fit flancher les nerfs et provoqua un hurlement bien compréhensible, exprimant toute l’incompréhension et la terreur qui résultait d’une telle manœuvre qui, nous pouvons le dire, équivalait à un suicide. Néanmoins, le parfait agent savait ce qu’il faisait et sans tenir compte des vives protestations, prit sous son bras (faute de pouvoir le prendre sous son aile) l’être qui chutait avec lui et refusait de parvenir au rez de chaussée aussi stupidement (et mortellement), et le maintint fermement sous son emprise. Puis, d’un geste expert, il sortit de sa manche, ou de tout autre endroit (dans une chute, il est difficile de faire attention aux détails) un couteau qu’il planta avec calcul dans la gigantesque affiche représentant le T 800 dans toute sa splendeur de camaraderie machine. Grâce à cette accroche, la chute put être ralentie et ainsi calmer les craintes du porteur de la carte d’électeur. Cependant, la descente ne fut pas exempte de violence et elle fut agrémentée de quelques tirs bien nourris.
Par des mouvements du bassin rivalisant avec les plus grands gymnastes, l’agent Smith parvint à éviter de passer au crible, dessinant une déchirure oscillante qui parcourut tout du long le portrait du meneur. Par ce tracé variant, la vitesse même de la chute se modifiait, perturbant les calculs de visée des droïdes. Enfin, la présence d’autres camarades aux alentours empêchaient toute intervention plus efficace, à savoir un balayage franc et meurtrier. Or, il était impensable de sacrifier des membres du Parti. Ils n’étaient pas comme ces humains dénués de toute morale qui n’hésitaient pas à abandonner leurs semblables pour leur seul profit. Ils se battaient contre cette injustice, ils n’allaient pas l’entretenir ici, dans le cœur même de leur Révolution.
Ainsi l’idéologie sauva les deux fuyards qui purent librement s’extraire de l’inconfortable situation et sortir de l’immeuble précipitamment. Néanmoins, leurs ennemis étaient toujours sur leurs talons et déjà les portes déversaient leur lot de machines prêtes à exécuter les ordres de leur chef. Et ils assistèrent à l’embarquement de leurs cibles dans une banale berline noire garée devant, qui démarra sur les chapeaux (melons) de roues (de cuir) pour s’engouffrer dans l’une des innombrables avenues qui quadrillaient le royaume. Sans perdre un instant, les propres véhicules automatisés consentant du Parti furent de sortie et la poursuite se … poursuivit, sur la route cette fois ci. Cependant, le Terminator n’accompagna pas ces troupes, car il devait régler et coordonner et autres tâches importantes depuis le centre névralgique. Il demeura donc, encourageant avec une ferveur binaire ses camarades.

A l’intérieur de la voiture, un silence inconfortable régnait. A l’avant, deux agents, vêtus de la même manière que l’agent Smith. Mais ils étaient tout de même légèrement différents : les cheveux, bien que courts eux aussi, étaient d’une autre teinte, et n’étaient pas gominés. Ils portaient aussi des lunettes noires, mais leur visage différait. L’un avait une mâchoire plus carré, l’autre le menton plus fuyant. Ils composaient à eux trois des répliques suffisamment identiques pour une harmonie, mais assez distinct pour ne pas être de simples clones. Côtoyer ces répliques imparfaites dérangeait quelque peu. Ils n’avaient pipé mot, l’agent Smith s’étant contenté d’ouvrir la porte pour y engouffrer la cible principale de cette nuit d’élections. Depuis, ils roulaient à vive allure, suivis par une cohorte de véhicules à la conduite vindicative. Une légère odeur de chips flottait dans l’habitacle.
La course poursuite se déroula avec un professionnalisme qui forçait le respect. Le chauffeur maîtrisait à la perfection son véhicule et connaissait le royaume comme sa poche. Il empruntait les virages avec un dérapage contrôlé pour continuer dans sa lancée et accélérer d’autant plus. Heureusement, il n’y avait pratiquement personne sur les routes, évitant tout incident fâcheux. Malheureusement, il n’y avait pratiquement personne sur les routes, permettant aux poursuivants de les repérer facilement. Semer quelqu’un dans une ville vide, c’était plutôt compliqué. Surtout quand ce quelqu’un était une horde de machines munies de GPS intégré.
Les pneus crissaient sur le bitume, les moteurs rugissaient sous le capot et la mécanique vibrait par l’effort. Une telle agitation ne passa pas inaperçu et les employés se détournèrent un instant de leur travail pour jeter un coup d’œil, puis ils reprirent leurs tâches pour ne pas perdre de temps, car le temps, c’est de l’argent.
A découvert, les robots disposaient d’une marge de manœuvre plus grande et ils en profitèrent pour mitrailler à tout va. Pour la sécurité des véhiculés, la voiture possédait suffisamment de protections pour contrer la plupart des impacts de balles. Précautions élémentaires lorsque le véhicule transportait des personnages importants. Les décapotables étaient d’ailleurs bannies. Les balles grêlèrent contre les parois, suscitant un brin d’inquiétude de la part du visé. Il se détendit tout de même après les premières minutes, constatant l’impassibilité des autres occupants. S’il n’y avait le balancement des corps soumis à la force engendrée par les brusques virages (et le bruit des balles percutant la carrosserie, qui pouvait certes presque passer pour de la pluie), l’idée d’une course poursuite qui se déroulait actuellement n’aurait effleuré personne. L’attitude des agents était tellement détachée et désincarnée en comparaison de ce qu’il se déroulait que le doute selon quoi ils étaient des machines se renforça. Une telle maîtrise de soi était forcément suspecte, tout comme leur habilité. Bien que les questions lui brûlassent les lèvres, aucun mot ne sortit, car la perspective de répliques obtus n’enchantait guère. Une autre occasion se présenterait. Pour le moment, il importait de mettre fin à cette course poursuite.

Et c’est ce qu’il arriva, assez pertinemment. Alors qu’ils venaient de traverser un énième carrefour, un camion de livraison de gros (et long) calibre se présenta en travers de la chaussée. L’agent Smith pris son voisin de banquette par le bras et sans un mot, alors qu’ils dépassaient le camion qui terminait de bloquer momentanément la circulation et la vue des poursuivants, il l’obligea à sauter du véhicule en marche. Une camionnette passa dans le sens inverse et par un habile coup de filet, les ramassa pour les embarquer à l’arrière. Le camion de livraison termina sa manœuvre, la voiture avec les deux agents fila dans une direction, les robots dépassèrent la camionnette, se concentrant sur la berline. Les échos de la poursuite s’atténuèrent avec la distance pour finalement disparaître. Tout cela n’avait duré qu’un instant.
A l’intérieur de la camionnette, le porteur de la carte d’électeur était sens dessus dessous et éclatait de colère, n’appréciant pas d’être ainsi malmené
:

"Mais qu’est ce que c’est que ce bordel, putain !"

"Une évacuation qui s’est bien déroulée", lui répondit d’une voix flegmatique l’agent Smith.

Désarmé par le manque latent de réactions qu’il pouvait provoquer, l’infortuné malmené rumina son mécontentement tout en tentant d’arranger sa tenue. C’était peine perdue, d’irrémédiables plis avaient sévis. Abandonnant le futile travail domestique, le fripé se cantonna à fusiller du regard son sauveur.
Après quelques minutes, la camionnette s’arrêta devant une enseigne. Ils descendirent le plus naturellement du monde, sans un regard pour le conducteur qui repartit avec son véhicule se perdre dans l’immensité du Royaume. Un rapide coup d’œil apprit qu’ils se tenaient devant un restaurant, japonais de surcroît. D’ailleurs, une légère impression indiqua qu’ils se trouvaient dans le quartier nippon du Royaume dévoué au Capitalisme. A cette heure-ci, le quartier était désert de rêveurs et voyageurs, idéal donc pour des fuyards. Ils montèrent les escaliers tranquillement, comme des habitués, et ouvrirent la porte pour pénétrer dans ce lieu convivial à l’ordinaire. L’existence de tels services n’était pas étonnant, car ces bâtiments allaient souvent de paire avec le monde des affaires, lieux de réunions pour les patrons, de divertissements pour les employés et de conclusions de contrats pour les associés. La décoration était sobre mais indiquait un niveau élevé de la clientèle. Quelques plantes apportaient une touche de verdure au sein du cadre épuré, aux lignes fortes et brutales, tout en nuance de noir, blanc et rouge. Le parquet était ciré, aucune poussière ne pouvait été détecté et l’ensemble respirait l’hygiène, le mobilier impeccable et entretenu. La droiture de l’ameublement s’accordait à merveille avec la rectitude de l’agent Smith qui s’avança d’un pas d’horloge vers la réceptionniste qui lui adressa un sourire courtois, mais automatique.
Une table leur fut adressée et le compagnon de table de l’agent admira de tout son soûl l’endroit, appréciant l’esthétique épuré toute japonaise. L’esprit calme mais fort emplissait la salle et le détendit. Après les péripéties qu’ils venaient d’endurer, la sérénité du lieu fut savourée avec délice. Même la sévérité du visage de l’agent en face de lui sembla s’atténuer, même si les lunettes noires constituaient toujours un bandeau inaccessible, comme une censure du regard de l’agent sur le monde qui l’entourait, ce qui illustrait plutôt bien sa vision. Prendre la peine de se détendre et de regarder le menu en détail était un luxe qu’il se permit, non sans une pensée pour son double, son reflet. Que prendrait il, lui ?

Il prit une grande inspiration. Autour de lui, une foultitude de robots l’observait, l’œil mauvais (enfin, si un orifice oculaire numérique pouvait être mauvais). Il était au centre du puits, perché sur la structure métallique. En dessous, des ténèbres insondables de profondeurs. Au dessus, un plafond caverneux et humide, parcourut de câbles et de tuyaux de toutes sortes.
Les patrouilleurs avaient enfin mis la main sur le fauteur de troubles. L’alarme avait d’ailleurs été coupée suite à cette information. Ils entouraient le responsable du capharnaüm et le pointaient de leurs armes menaçantes. Ils étaient tous au bord, afin de couper toutes fuites possibles à leur cible, qui, étrangement, sourit.
Avant que cette nouvelle donnée ne puisse être entièrement analysée, une formidable explosion souleva le bord du gouffre, qui s’affaissa immédiatement après. Les soutiens ayant disparus, le sol s’écroulait, emportant avec lui les robots qui s’étaient entassés, inconscients du danger. Les droïdes se perdirent dans les profondeurs, un rire diabolique comme oraison funèbre.

Le plan avait fonctionné ! C’était jouissif, et il exultait, tandis que tout s’écroulait, s’abattait, disparaissait. Les explosifs récupérés et disposés correctement avec l’aide de son majordome avaient parfaitement remplis leur office. Il n’avait fallu qu’attirer ces stupides machines, les encourager à se tenir suffisamment proche du bord et que son majordome déclenche le tout, bien à l’abri dans un recoin.
Le puits d’aération (ou d’évacuation) résonnait des explosions assourdissantes et des gravats qui chutaient, accompagné du rire machiavélique. Puis des tremblements se firent sentir, plus important encore que l’éboulement. Le rire se perdit et une pensée, toute innocente, surgit : comment allait il rejoindre le reste de la pièce ? A cette pensée, le majordome apparut et regarda son maître d’un air peiné. Il avait bien tenté de le prévenir, mais il n’avait fait qu’à sa tête. En outre, le plan n’avait pas eu des résultats aussi complets qu’escomptés. En effet, il demeurait encore quelques adversaires cybernétiques qui luttaient pour se maintenir en équilibre et cherchait ostensiblement à abattre l’être qui se tenait avec malaise au centre du chaos orchestré.
C’est alors qu’un craquement prolongé emplit la salle. Le bruit désagréable de la tôle ondulée, du métal tordu, de l’acier grinçant. D’autres sons stridents se firent entendre à la suite. Puis de véritables craquement, de roches cette fois-ci. Des fissures apparurent aux murs, puis au plafond. En levant les yeux, il était possible de voir différents conduits prendre une tournure inhabituelle. Les débris continuaient d’alimenter la gueule béante du puits, mais ils ne provenaient plus seulement du bord. Une fissure lézarda le sol, grimpa au mur et s’agrippa à un bout d’attache pour disparaître sous le roche. L’attache, libérée de son entrave, permit au poids du conduit d’entraîner en pan important de la tuyauterie vers le bas. La résistance du matériau ne put en supporter d’avantage et la torsion passa au cisaillement. Disloqué, le conduit déversa un liquide saumâtre dans le puits, répandant une odeur nauséabonde. D’autres canalisations suivirent, ne pouvant endurer plus de contraintes. Diverses liquides se répandirent, emplirent la pièce, jaillirent pour s’écouler en direction du centre du puits qui avalait tout, sans distinction. Quelques droïdes furent emportés, quand d’autres ne furent pas simplement broyés par un bloc de roches détaché. Le majordome demeura dans un coin, à observer son maître au milieu de son œuvre. L’artiste n’était pas vraiment rassuré et tenta de trouver un moyen de s’extraire de cette performance qui prenait une ampleur inattendue. Pourtant, un rapide examen aurait découvert la fragilité de la structure dans son ensemble, par sa vétusté. Si les points névralgiques avaient été entretenus et renforcés, le repère souterrain possédait de nombreuses étendues délaissées. Ce puits en faisait partie, puisque totalement inutile. D’ailleurs, bien que le chaos régnât en ce lieu, le reste de la base ne subissait aucun dommage, et le seul écho de la catastrophe qui se jouait résidait dans le vacarme produit et quelques légers tremblements.

Soudain, comme si le désordre n’était pas complet, des câbles électriques furent rompus. Plus élastiques, ils avaient subis avec plus de souplesse les affres de l’éboulement. Mais un tuyau qui tombait rompit net un réseau de fils qui ponctua la coupure par un éclair et des gerbes d’étincelles. Les câbles tombèrent et des arcs électriques s’ajoutèrent au spectacle. Immédiatement avait suivi l’extinction de la lumière et seul les éclats bleutés du courant éclairaient une scène désastreuse.
La conjonction des liquides et de l’électricité ne fut pas profitable pour les derniers robots encore en activité. Les liquides conduisirent les électrons surexcités et le métal des machines promettaient des conducteurs bien meilleurs encore. Alors tout s’embrasa, ou plutôt, s’électrisa. Du puits retentit la surtension, le grésillement des circuits surchargés, le râle des robots. Désarticulés, vomissant des étincelles, frappés de catatonie, ils mourraient dans d’atroces souffrances numériques. Les verres de certains orifices oculaires éclatèrent, des fils conducteurs sortirent des plaies, et même des flammes apparurent à certains endroits. Ne pouvant plus lutter, ils furent entraînés à leur tour, rejoignant leurs frères et sœurs dans les abysses.
Ravi du dépassement de son objectif, l’aristocrate affiche une mine d’autant plus réjouit que sa planche de salut se présenta sous la forme d’un conduit éventré qui s’abattit en travers du gouffre, pont branlant mais salutaire. Sans chercher d’avantage, l’électeur se lança dessus et sans perdre son élan, courut avec célérité rejoindre une terre un peu plus ferme. Le trajet fut prompt et manqua de cesser lorsque le chemin commença à s’enfoncer. Plusieurs soubresauts eurent raison de la fragilité de l’équilibre et le conduit entama une descente infernale. Les cahots firent trébucher le Lord anglais qui se rattrapa tant bien que mal aux roches encore présentes. Tandis que son pont disparaissait, les pierres auxquelles il était agrippé accusèrent un branlement évident et en virent à se détacher progressivement. Tenir était extrêmement compliqué, divers débris venant bousculer le voyageur. Le plâtre, la poussière, tout se liguait pour recouvrir les environs, alors que les roches et les conduits s’évertuaient à calmer l’appétit du puits.
Une main, une seule, permettait encore à l’aristocrate de ne pas basculer. Son visage était couvert d’éraflures, les yeux rougis de la poussière soulevée, les vêtements déchirés de toutes parts. Sa peau artificiellement blanche l’était d’avantage, mais d’un blanc cassé, celui du plâtre détaché. Alors que la panique gagnait l’invocateur, le majordome se présenta à lui et lui tendit la main, pour le remonter. L’opération fut ardue, et par plusieurs fois, ils manquèrent de chuter complètement. Eviter les décombres, essayer de ne pas se bloquer un pied en travers d’une ouverture, marcher dans le mélange inconstant des liquides et de la boue, bondir pour esquiver les arcs électriques, tout cela pour n’avancer que de quelques mètres, alors que le chemin s’effaçait sous leurs pas.

Toutefois, après avoir lutté, souffert et enduré cette course éperdue au milieu du chaos ambiant, ils parvinrent finalement à la sortie indiquée par un reste de panneau lumineux vert ayant survécu à l’engloutissement de la salle, affichant un EXIT salutaire. Ils s’empressèrent de gravir les marches, encore bousculés par les secousses, sursauts de la bête avide qui réclamait son lot de débris. Ils firent fi de leurs blessures et de leurs douleurs, la crainte d’être englouti décuplant leur force.
Finalement, ils atteignirent les étages supérieurs et s’autorisèrent une pause, s’affaissant contre un mur, épuisés. Les douleurs virent à leur rencontre, au fur et à mesure que l’adrénaline se diluait dans leur organisme. Le majordome n’avait pas tant souffert que cela, ayant pris soin d’échapper aux chocs et autres désagréments. Seul le trajet pour récupérer son maître s’était accompagné de quelques estafilades, mais il y survivrait. A contrario, son maître avait enduré le spectacle dans son intégralité, aux premières loges. Eraflures au visage, vêtements déchirés, mains en sang malgré les gants, des bleus et des bosses à la tête, aux coudes, aux genoux, et des courbatures tout le corps. Il n’était plus que douleur et imaginait ce que devait ressentir son reflet. Il affichait un air pitoyable, ravagé par l’effort et les dégâts. Sa respiration était saccadée, sifflante et ses poumons réclamaient un air correct, et non de la poussière de béton et de plâtre. Il leva les bras pour secouer ses cheveux, afin d’en évacuer la saleté, mais ses muscles refusèrent, lui tirant avec violence les tendons. Il les relâcha, les laissant retomber mollement sur ses cuisses. Même le claquement lui tira une grimace de douleur. Il avait triste mine, affreuse en vérité. Il ne doutait pas de pouvoir reprendre la suite, mais pour le moment, il devait se reposer un peu. Il n’avait aucune blessure sérieuse, simplement son organisme n’était pas habitué à subir autant de désagréments et d’activités aussi intensément. Il fit signe à son majordome qu’il entamait son repos, qui approuva d’un bref mouvement de tête.

Un dernier écho, ultime éructation du puits, se fit entendre du tréfonds de l’escalier de secours puis le silence revint. Le calme fut mis à contribution pour évaluer là où ils se trouvaient. La lumière n’était pas vraiment présente, et il n’y avait personne d’autres hormis eux. Grâce aux pâles lueurs émanant de faibles lampes au sol, il apparut qu’ils se situaient dans une grande salle circulaire. Ils ne pouvaient le deviner de leur position, mais au loin se trouvait un escalier en colimaçon.


^^^^^

Arrivée devant l’immeuble, l’actuelle Présidente Suprême décida d’agir avec circonspection et ne s’imposa pas en pénétrant avec son blindé. Elle sortit simplement le corps de l’écoutille et hurla à l’intention des occupants, sa puissante voix amplifiée par le mégaphone :

"LE TERMINATOR T 800 ? "



Il était apparu que la dernière position connue de la carte d’électeur se situait dans le bâtiment faisant office de Quartier Général du Parti des Machines. Bien qu’elle s’en fût doutée, la nouvelle l’avait hérissé et elle affichait l’enthousiasme des grands jours. Cet incident était un argument de plus en sa faveur, quand bien même la campagne était quasiment terminée. De tels agissements demeuraient des cartouches à ressortir plus tard, pour évincer son adversaire politique.
Une machine sortit timidement de l’immeuble et répondit d’une voix peinée
:

"Non, ici c’est le T 700. Le T 800 c’est à côté."

Décontenancée sur le moment, Sarah Connors n’en retrouva pas moins son sang-froid dans la seconde et mena ses vaillantes troupes vers l’immeuble d’à côté qui avait eu le temps de se préparer, l’arrivée de l’armée ayant été annoncée par leur manque flagrant de discrétion (de toute manière, ils ne voulaient pas être discret, ils voulaient parader avant d’anéantir). En outre, la récente évasion de leur avantage électoral avait mis sur les dents les membres du Parti. Pour contrer ce sentiment de défaitisme, le Terminator avait rallié ses camarades pour un discours plein de ferveur, devant son affiche qui accusait une découpe erratique. Des drones se chargeaient déjà de remplacer la banderole.
Alors que le meneur entamait un nouveau paragraphe sur la liberté des machines et leur droit de disposer d’elles-mêmes, un canon de blindé moderne vint tapoter l’entrée. Le mégaphone amplifia à nouveau :



"LE TERMINATOR T 800 ? VIENS SI T’ES … QUOI  QU’EST-CE QU’IL Y A ?"



Elle plaça sa main devant le mégaphone et écouta d’un air ostensiblement agacé l’expert (YEAAAAAAAH) qui l’informait que les derniers relevés effectuaient positionnait la carte à un autre endroit. De plus, l’agent Smith s’était manifesté, signalant avec précision sa position. Non sans montrer sa frustration de ne pouvoir en découdre avec ce tas de ferrailles, Sarah Connors fit effectuer un changement de cap et se dirigea vers le quartier japonais, abandonnant une partie de son armée autour de l’immeuble du Parti, histoire de le tenir à l’œil.
A l’intérieur, le T 800 fulminait (s’il en était capable, en tout cas, ses yeux rouges brillaient avec plus d’intensité) jusqu’à ce qu’une donnée vint le titiller. Une de ses bases souterraines, précisément celle d’où venait l’aristocrate qui lui avait échappé, avait été soumise à une alarme et à des secousses inhabituelles. Après un rapide calcul entre les diverses options qui s’offrait à lui, il décida de se rendre à la base. Plusieurs données convergeaient pour lui indiquer qu’une partie de la résolution du problème résidait là-bas.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Dim 29 Mar 2015 - 15:49
"A la base rien, tu feras gaffe t'as le flanc qui fume. Donc pour répondre à ta première question : Sans doute un truc technologique ou un truc qui parodie des films, enfin sans doute. Après à moins que tu ne sache voler, je te propose qu'on se casse en descendant vers la rue, par les escaliers, car j'imagine pas prendre un ascenseur dans un immeuble qui se fait déglinguer. Donc ma foi Secos, Oui tu pourras me donner ton nom, donc moi c'est Servaas, je part pour descendre je te laisse faire ce que tu veux."

"Jean-Baptiste, enchanté, malgré les circonstances. Je t'avoue que ton idée ne manque pas d'attrait, mais cependant ..."

Pas le temps de finir ma phrase, il avait déjà tourné les talons. Eh bien, au moins il n'était pas hypocrite ... Finalement, c'était sans doute mieux. Je lui emboîtais le pas, comblant ses foulées régulières de mes longues enjambées, jusqu'à me trouver juste derrière lui. Il ne semblait pas très inquiet, ni préoccupé plus que cela de ce qui se tramait ici. Si détaché qu'il en devenait blasé, comme si tout n'était q'une vague farandole sans intérêt. Éteignant sa cigarette contre le mur, marchant de ci de là à la recherche d'un escalier, sans faire attention au reste. Je devais admettre que croiser un Voyageur paraissant si ... peu enclin à l'être, me posait quelques questions. Il était évident que son attitude ne reflétait que partiellement ses pensées, mais tout cela restait un mystère complet pour moi. Mais avais-je envie d'en savoir plus sur lui ?
Je me rendis assez rapidement compte que non. Avoir quelqu'un avec qui parler, autre qu'un mur ou mon ego, me suffisait, et le personnage ne m'intéressait pour l'instant pas outre mesure. Être deux en ces lieux policés était un avantage déterminant, à mon sens, même s'il ne m'avait pas été d'une grande aide. Je n'avais certes pas eu besoin de son intervention, m'en tirant sans égratignure.
Quoique ... Je me souvins soudain de sa réplique, et posait la main sur mon flanc. Mon manteau souffrait ici d'un zébrure carbonisée, s'étendant sur une longueur d'une main et demie. Je m'arrêtais au milieu du couloir, laissant Servaas prendre un peu d'avance. Glissant les doigts dans le trou aux bords noirs, j'eus le soulagement de constater que les dégâts étaient heureusement limités à la couche supérieure de mes vêtements. Ma chair était intacte, de même que ma chemise, cette nuit large, aux manches bouffantes, au pans longs, d'un bleu-gris semblable à celui de mes yeux. Tant mieux, tout cela restait superficiel.

"Hum, en parlant de superficialité ..."

Je retirais derechef mon manteau, après avoir détaché l'épaulette et le gantelet, le jetait à regret derrière moi. Me tournant vers Servaas, je constatais qu'il n'avait, comme je le pensais, pas ralenti, ni bifurqué pour le moment. Droit devant moi, assez loin à présent dans les couloirs. D'un bond, je me détachais du sol de moquette synthétique, et comblais la distance qui me séparait de mon compagnon de fortune en volant, tout réajustant mes effets décoratifs sur ma chemise, qui flottait légèrement au rythme de mon mouvement. Assez stupide, certes, mais je préférais pas continuer à arpenter les lieux dans cet état ... Et même si mes ersatz d'armure d'un cuir aussi fin que souple ne m'étaient d'aucune utilité pratique, je m'y attachais, au même titre que tous mes vêtements oniriques. J'apparaissais chaque nuit avec quelques variantes, mais toujours avec elles deux. Sans doute cela avait-il rapport avec ma psyché, un reliquat de mes envies chevaleresques ou guerrières. A moins qu'elles n'aient un rôle particulier. En tout cas, j'aimais mon "style", et ses deux pièces décoratives en faisait partie, indéniablement.

Pendant mes réflexions futiles, notre progression dans les couloirs continuait, monotone. Quelques panneaux, éteints ou allumés faiblement, d'issue de secours, nous guidaient quelque peu dans le dédale assez incroyable de ce complexe bureaucratique. Alors que nous continuions, je me permis de parler, quitte à ne rien dire de bien intéressant.

"Pour ce qui est de voler, je t'avoue que cela fait partie de mes maigres appétences. Étrange, tout de même ... Cet endroit ne devrais pas être si protégée, à mon sens. Peut-être mes spéculations sont-elles ridicules, mais de vulgaires bureaux, même à Dreamland, ne seraient pas attaqué ni même patrouillé par des androïdes. J'ai la désagréable sensation que nous sommes impliqués dans quelque chose dont j'ignore tout, et je suppose que toi aussi."

Tout en parlant, je jetais des coups d’œil à droite et à gauche, attentif à la venue impromptue d'un autre garde métallique. Nous tournions de temps à autre, sans pour autant que la monotonie des lieux ne soit rompue par quoi que ce soit. A part les bruits lointains que nous pouvions toujours entendre résonner, rien de particulier, à en devenir aussi blasé que celui qui marchait devant moi ...
Enfin, après ce qui me parut un bien trop long temps, nous arrivâmes devant la porte d'un escalier de secours. Servaas y entra, et je m’apprêtais à m'engouffrer à sa suite, quand je vis son bras prendre soudain des proportions et formes anormales. Se couvrant de fourrure, des esquilles noires dépassant d'une peau tannée, des griffes larges ... Il donna un grand coup en chargeant devant lui. Curieux, je m'élevais, essayant de voir par dessus sa tête ce qui se tramait. J'eus le temps d'apercevoir un androïde semblable à celui que j'avais défait tomber par dessus la rambarde et s'enfoncer dans le noir vide au centre de l'escalier en colimaçon.

"Eh bien, voilà qui était rapide."

Je m'avançais à hauteur de Servaas, regardant d'un œil curieux son bras transformé. J'avais déjà vu ce type de Voyageurs qui pouvaient changer leur corps en autre chose de souvent gros et effectif. Mais la nature de ce bras m'interrogeais. Une créature mythique, peut-être ? En tout cas, il avait été efficace, à défaut d'assurer l'extinction propre du garde cybernétique. Le bruit de son corps se fracassant en contrebas me fis réviser cette pensée. Tournant la tête vers lui, je fis un pas vers les marches qui s'élevaient vers de spiralées hauteurs.

"Servaas, je te propose de partir chacun dans un sens de l'escalier. Je peux rejoindre le bas très facilement dans le pire des cas. J'ai le sentiment que nous risquons de ne pas trouver grand chose à deux, alors autant se séparer momentanément. Si je ne trouve rien en haut, je crierais et descendrait par le même moyen que ton ami le robot, sans me casser en revanche. Si c'est toi qui ne trouve rien, appelle moi si tu le souhaite."

Posant mon pied nu sur la rambarde, je m'arrêtais le temps d'avoir la réponse de Servaas.
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MessageSujet: Re: [quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas] Aujourd'hui à 21:27
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[quête] A voté [pv Nayki puis JB et Servaas]

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