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"Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob)

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MessageSujet: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Dim 25 Jan 2015 - 14:20
Je suis arrivé par le Métro, calmement, sans savoir où j'allais. Plus exactement, je me suis arrêté par crainte d'une attaque, qui m'attirait moins que le plus chiant des Royaumes oniriques; je tenais bien trop à ma vie de Voyageur pour la gâcher par excès de confiance. Je sentais cette envie en moi, d'aller au delà du danger, de m'y plonger et d'en ressortir toujours victorieux. Je ne me reconnaissais pas dans ces pensées; toute cette témérité, qui autrefois me manquait tant, ne pouvait venir que de moi. L'amante de mes nuits, loin d'être un simple outil, influait sur moi comme moi sur elle, me reforgeait petit à petit. Je n'agissais, ne parlais, ne pensais plus de la même manière depuis qu'elle m'accompagnait, depuis que je l'avait vaincue sous sa forme de ténèbres étouffantes, si c'était elle à l'époque.
Si elle me plaisait toujours autant, ma splendide présence me préoccupait. Nous ne communiquions pas autrement que par mon corps, mais son esprit se faisait trop pesant dans le mien, et je craignais que notre couple ne se déséquilibre si je ne montais pas en force, indépendamment d'elle. Je comptais m'y atteler, mais d'abord ...

"Voici donc le fameux fief des Privates Jokes ..."

Un Royaume possédé par un groupe de Voyageurs, ouvert à tous. Un "havre de paix", ou la violence est bannie, sous toute ses formes et tous ces prétextes (sauf celui de bannir la violence).
A l'heure des lois anti-voyageurs sans cesse plus nombreuses et plus répandues, les deux déesses sonnent comme un splendide contre-courant, un pied-de-nez aux extrémistes dur genre de Statu Quo; en fait, le genre d'initiative que j'apprécie est cristallisée ici.
En arrivant, je fus accueilli par une forêt étrange tant elle paraissait normale; Dreamland m'avait habitué à des paysages si variés et éloignés du réel qu'un panorama réaliste me sembla plus insolite que tous ceux que j'avais croisé jusque là. Les arbres, malgré leur taille imposante, n'avaient ni couleurs ni formes particulièrement anormale, le paysage en devenait alors presque familier, le genre de ceux que l'on voit tout le temps sans les remarquer. La totalité des Voyageurs et créatures que je voyais la traversait par de larges chemins droits, qui s’enfonçaient dans les profondeurs végétales.
Pas de plancher des vaches pour moi. Mon aura jaillit, comme l'eau claire d'entre les rochers, entre et en chacune de mes fibres oniriques, feulant de contentement, en me recouvrant. Je fermes les yeux, me concentre avec elle. Depuis que j'ai quitté le puits mystérieux de ma peur, plus jamais elle ne s'est adressé à moi, mais la sentir en moi vaut parfois les plus longs discours. Avant même que je mobilise ma volonté, elle se tend vers elle, y fait corps, s'y love, et je m'envole promptement, de plus en plus haut, vers la cime des arbres. La sensation, comme toujours, une étrange et fébrile excitation courant en moi, m'envahit, et j'oublie bien vite mes préoccupations, transporté par une joie simple et sauvage.
Je frôle les feuilles, joue avec les nuages, dance avec les bourrasques, et peu importe les efforts que cela me coûte, je profite à fond de ces instants. Qu'importe le flacon, tant qu'on a l'ivresse, même sans flacon, après tout. Je m'abandonne à l'impulsion conjuguée de mes désirs contradictoires et de ceux de mon aura, plus joueuse que jamais.
Cette forêt n'est pas aussi étrangement banale qu'elle le parait au premier abord; j'entend, de mes hauteurs, des cris et fourmillements brutaux qui trahissent la présence de bestioles autrement plus insolites que des écureuils ou des sangliers. Je plonge entre deux branches, curieux. Les troncs s'étendent autour de moi, soutenant la voûte chlorophylle de leurs piliers et leur chevrons, formant une cathédrale grandiose, irrégulière et magnifique.
Un crissement en contrebas m'alerte; voilà un vicaire.
Pour me donner tort, c'est un écureuil ... Plus grand que moi, avec des griffes plus grosses qu'un fauve, mais un écureuil. Qui bondit vers moi, prouvant ainsi son statut de prédateur en ces lieux.

"Désolé, mais je ne suis pas un oléagineux"

Mais foin de prétention. Je suis intrus en ces sommets, je ne compte pas importuner plus que nécessaire. Je remonte aussi vite que me permet mon pouvoir, les pattes du mammifère monstrueux sifflant derrière moi. Mais il abandonne vite la poursuite, et ne me suis pas hors des feuilles, retournant à de moins mouvants repas.
Je continue ma route aérienne, vers le centre de la forêt; tous les chemins mènent à Rome, même les plus improbables. Je ne tarde pas à apercevoir une immense trouée dans la non moins immense plaine que forme les cimes. Je perd de l'altitude, en observant attentivement ce qui se dévoile à mes yeux.
Une bien étrange bâtisse; comme un château-fort redécoré, agrémenté d'un goût qui, sans être mauvais, est assez tape-à-œil. Je me pose, me dirige vers l'intérieur, sous le regard de quelques passants interloqués de me voir descendre des airs. Je les salue insolemment, et continue ma route. A force de narguer ainsi tous les Voyageurs que je croise, j'ai peur de me créer une sale réputation, mais pour le moment je jouit d'un anonymat aussi bienfaisant que frustrant. Bah, les coups d'éclats attendront, tout cela m'importe peu, au final.
Un coup d'éclat, ce fut sans conteste la prise de ce Royaume par un groupe de Voyageurs. Ed Free, leur tête de proue, est devenu un célébrité notoire, connu de la plupart des Voyageurs, sans pour autant être une star incontestable comme les 20 autres de la ligue M plus haut classés que lui. Mais son ambition ne faisait aucun doute, et je mettrais mon aura à couper qu'il préparait une nouvelle action retentissante, à moins qu'il ne complote dans l'ombre. Le personnage me plaisait, mais c'est l'homme qui m'intéressait derrière.

"Serais-ce ?"

Une statue attire mon attention. Elle représente les quatre membres des Private Jokes, dos à dos, quelque chose entre les jambes. Je reconnais tout de Suite Ed, le second est l'Intouchable, aussi connu ou presque que son voisin, mais bien plus mystérieux. Les deux autres sont des femmes; l'une, maigre, m'est totalement inconnue, mais l'autre accroche mes souvenirs. Je l'ai déjà vu, j'en suis sur ...

"Shana ?!"

Shana est une membre des Private Jokes ? C'est ... étonnant. Elle ne semblait manquer ni de ressource ni d'intelligence, mais elle est totalement inconnue du grand public, en tout cas pour ce que j'en sais. Et puis, de devrait-elle pas être aux cotés de Ed Free, plutôt qu'à gambader et assouvir les caprices de jeunes Voyageurs tel que moi ?
Shana, la protectrice dans l'ombre des deux vedettes, le tableau se peint dans ma tête rapidement, mais alors, qui est la dernière ?

"A chaque nouvelle nuit, de nouvelles questions se posent ..."

Le Royaume se nommerait-il en l'honneur de ces deux inconnues du grand public ? Que deviennent-elles, pour que j'en vienne à en sortir une de l'assaut de fruits enragés ? Mais si je suis dans le Royaume attitré du groupe, l'un deux devrait se trouver ici, non ? Je convoque mon aura sans plus tarder, la faisant flamboyer tel un feu gris-bleuté autour de moi, et me dirige ainsi vers l'intérieur du palais des deux déesses, avec pour objectif de trouver quelqu'un, ou quelque chose, qui me donne au moins une réponse; les interrogations s'accumulent trop à ma convenance, aussi je ne partirai pas avant de savoir ce que devient exactement cette étrange bande.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Dim 25 Jan 2015 - 19:15
Dernièrement, Shana et Jacob avaient légèrement changé leurs habitudes à la tête du royaume. Alors que peu de temps auparavant, il la laissait gérer l’ensemble des affaires courantes ou presque, pour ne se charger que de la sécurité et du maintien de l’ordre – avec tout de même quelques attributions judiciaires – il devait à présent de plus en plus souvent se charger de tout le reste. Certes, la gestion de ce petit royaume, même en des temps aussi troublés, se faisait presque d’elle-même et son attention n’était finalement que peu requise, pourtant, il devait bien assurer une charge de travail supplémentaire qui l’empêchait de traînasser trop souvent aux abords de la piscine. L’essentiel de ce travail consistait en fait à surveiller Fino et s’assurer que les tortures qu’il infligeait à Clane restaient dans les limites du raisonnables. Il avait beau apprécier Ed, il ne comprenait toujours pas pourquoi ils étaient contraint de le garder comme intendant des Deux Déesses. Il profitait évidemment de sa position pour être malhonnête et abuser de son pouvoir. Si cela n’avait tenu qu’à Jacob, il l’aurait probablement dégradé. Néanmoins, le bon sens lui demandait de prendre garde au cruel retour d’ascenseur qu’était capable de lui faire subir le petit phoque. Peut-être que lui accorder cette position subalterne était aussi un moyen de le tenir en laisse au final.

Quoi qu’il en soit, Jacob devait de plus en plus souvent se comporter comme le « roi » lorsqu’il était là. De fait, dernièrement, Shana avait repris du poil de la bête et avait décidé de ne plus se contenter de la gestion du royaume. En d’autres termes, elle était repartie à l’aventure, à l’instar de ses deux compagnons, Ed Free et Jacob Hume. L’intouchable en ignorait évidemment les raisons, il ne lui avait pas vraiment demandé non plus, mais il pouvait les deviner. Il y avait eu l’incident du MMM déjà, qui avait dû lui mettre la puce à l’oreille qu’elle manquait d’entraînement. Peut-être même en avait-elle assez de voir les garçons partir tandis qu’elle restait cloitrée ici. Dans un élan de jalousie féministe, peut-être avait-elle décidé d’aller voir ce qui était si agréable à l’extérieur des murs du royaume. Ou peut-être désirait-elle s’améliorer rapidement afin de pouvoir mieux étriper Ed lorsque celui-ci refuser d’écouter ses sages conseils sur la prudence. Quoi qu’il en soit, le royaume n’avait pas besoin d’eux deux en permanence et ils parvenaient plus ou moins à alterner leurs visites pour s’assurer que tout allait bien dans leur fief.

Il fallait bien l’avouer pourtant, il n’y avait pas toujours grand-chose à faire. A part l’incident de la « guerre de l’apéro », comme l’appelaient les gardes d’ici, tout allait bien. Ce petit conflit ridicule et absurde avait été provoqué par un royaume voisin, celui du seizième port. Cette petite cité « à l’italienne », peuplée d’animaux humanoïdes s’était soudain montré hostile à la suite d’un léger syndrome d’égocentrisme conquérant contracté par l’un de leurs éphémères dirigeants. Persuadé que la conquête le maintiendrait en place, il avait envoyé ses troupes lamentables à l’assaut de la forêt. Aussitôt repérées, aussitôt interceptées par quelques voyageurs de la garde qui n’avaient eu aucun mal à faire fuir l’ensemble de la troupe. Pas de mort, pas de dégâts, pas même vraiment de blessés. Néanmoins, l’affront méritait que les Private Joke marquent le coup : on ne pouvait pas laisser tous les royaumes voisins penser qu’ils pouvaient attaquer leurs frontières sans en subir les conséquences. Bref, Ed et Jacob avaient tiré à la courte paille pour savoir lequel des deux irait flanquer une correction digne de ce nom à l’autre royaume, Ed avait gagné, et l’histoire s’était arrêtée là. Le dirigeant en question avait été renversé et le seizième port était redevenu une bourgade intensément hostile avec elle-même, mais parfaitement inoffensive pour ses voisins.

Et ce jour-là donc, Jacob était occupé à superviser plus ou moins activement les préparatifs donnés en l’honneur de la « fête du marché », qui célébrait chaque année l’anniversaire de la création du marché des deux déesses et son évident succès. Concrètement, à part quelques attractions rigolotes et deux ou trois produits exceptionnellement soldés, la fête ne consisterait en rien de plus qu’en un peu de musique dont il ne pourrait évidemment pas profiter, des boissons gratuites et des décorations sympathiques çà et là. Il était donc dans le château et aidait, notamment grâce à ses pouvoirs défiant la gravité, à installer une longue guirlande qui était censée faire tout le long du couloir où se trouvaient les bureaux et quartiers des quatre monarques. Sitôt qu’il eut fini d’accrocher l’ensemble, il revint au sol et observa, en compagnie d’une créature des rêves engagée spécialement pour gérer la décoration, afin d’observer le résultat avec un air satisfait.


« C’est clairement pas égal et je vous avais dit d’accrocher ça deux centimètres plus haut afin qu’on puisse faire un dégradé de couleur. » fit le lutin de la tour des arts à côté de lui. « Désolé votre Majesté, mais il va falloir tout recommencer. »

Naturellement, Jacob, qui n’avait rien entendu, cru qu’il s’agissait de compliments et écrivit un bref « Merci » avec sa plume sur le petit calepin qui le suivait partout. L’autre, qui venait encore d’oublier la surdité de son client, était sur le point d’exploser de rage lorsqu’un mouvement qui venait vers eux attira son attention et le détourna d’une crise de colère au cours de laquelle il aurait fait mine de rendre son tablier. Un jeune voyageur employé comme garde à temps partiel par les Private Joke amenait un autre voyageur, inconnu au bataillon à son suzerain. Le garde montra tira un petit calepin de sa poche – tout le monde en était muni ici depuis que Jacob gérait les lieux – et écrivit rapidement quelque chose.

« Il voulait vous rencontrer. » expliqua-t-il simplement avec une écriture un peu maladroite. Jacob hocha la tête en signe qu’il avait compris. Le garde se tourna alors vers le visiteur et lui tendit son calepin et son stylo avant de dire haute voix : « Il est sourd, écrivez sur le papier. Il parle aussi la langue des signes si vous connaissez. »

Puis, il s’en alla vaquer à ses charges de gardes tandis que le décorateur levait les yeux au ciel d’un air blasé : encore une interruption. Jacob fit un sourire à l’arrivant. Il n’y avait jamais eu de procédure officielle pour les audiences par ici et le plus souvent, il n’y en avait pas du tout. Personne ne cherchait vraiment à « filtrer » ceux qui avaient le droit de rencontrer un monarque ou un autre. L’intouchable, néanmoins, était de bonne humeur et au début de la nuit. Il ne voyait donc aucun problème à recevoir une telle visite. Il envoya un sourire interrogatif au voyageur, lui indiquant ainsi que c’était à lui de parler.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Mer 28 Jan 2015 - 18:27
Assez rapidement, je tombais sur un Voyageur, banal au point d'en paraître invisible. Visage neutre, vêtements passe-partout, le genre de personnage que l'on peine à décrire, ses traits trop vite oubliés. En le voyant, je m'approchai, et il m'interpella.

"Besoin de quelque chose ?"

"A vrai dire, oui. Je cherche un des quatre dirigeants de ce Royaume, j'aimerais, disons, lui parler. Ils m'intéressent, et j'ai quelques questions à lui poser. Est-ce possible ?"

Il me regarda, un peu interloqué.

"Euh ... Oui, enfin le seul des Private Joke présent pour le moment est l'Intouchable, Jacob, mais il n'est pas très occupé, je pense pas qu'il verra de problème. Mais ...."

"Et peux-tu m'y conduire, dans ce cas ?"

Je lui ai coupé la parole, en faisant un pas en avant, mettant par là même fin à ses questions naissantes. Sans être menaçant, mon attitude est suffisante pour stopper net ses indécisions.
Il soupire, puis me fait signe.

"Bon, suis moi, alors ..."

Je lui souris, et lui emboîte le pas. Pour être honnête, je me sens vaseux de tant d'impolitesse de ma part, mais ... je ne me sentais pas d'attaque pour une parlote sans but de cet acabit. J'étais trop impatient; mes questions, depuis trop de nuits, s'accumulaient, déjà innombrables, légion qui se tenaient, divisés, dans mon esprit, nourrissant mes stupides tourments d'un homme curieux jusqu'à l'insane, au sens ancien du terme. Ma soif de perfectibilité, inextinguible, qui auparavant se voyait endigué par mes craintes, ma peur maladive; les digues étaient rompues, et le tumulte de mes interrogations se déversait, furieux. Je me détruisais et me magnifiais dans cette tempête intérieure, mais mon impulsivité naissante me dégoûtait de moi, je ne me reconnaissais plus, ou plutôt je ne voyais que trop mes imperfections. Autant étancher ma soif, fut-ce mon contentement éphémère. Je me savais capable de dominer mes penchants pour l'éternité; le prix d'un tel reniement me laissait glacé, son ombre démesurée recouvrant mon imagination. Nous marchons tous sur le fil de la folie; me charger d'un tel fardeau, c'était me précipiter vers l'abîme. Mais me plonger dans mon élan, c'était courir sur une corde glissante.

"Tout dans la mesure ..."

Je me murmurai à moi-même; l'autre, charitable, ou peu curieux, ne releva pas. Nous marchions dans le palais, parmi des tentures colorées; autour de nous, quelques Voyageurs et créatures s'affairaient, manifestement occupés à décorer d'atours festifs les lieux. Guirlandes, rubans, une joyeuse atmosphère de foire villageoise, tel celles de mon enfance. J'interrogeais du regard mon guide, qui me sourit.

"Nous préparons la fête anniversaire de notre marché, petit mais prospère."

"Heureux de savoir l'ambiance si sereine ici, et vos entreprises fructueuses."

Je le pensais en effet. Amusant de voir comme un fief pris par la force était devenu une communauté pacifique. En montant, j'aperçu un lutin qui s'agitait, comme un maître de chantier capricieux. Je levais les yeux, et le vis.
Taille moyenne, beau maintient, les cheveux châtains d'une subtile teinte, flottant dans les airs, accrochant je ne sais quelle décoration; Jacob, l'Intouchable, membre des Private Jokes et par conséquent dirigeant de ce Royaume.
Je sentis un picotement sur mon corps; mon aura réagissait, sensible à mon intérêt. Elle aussi voulait le rencontrer, je ne pouvais que le sentir.
Alors que nous approchions, le garde qui me conduisait à son roi se tendis, comme intimidé par la présence de l'Intouchable. J'affichais quant à moi une tranquille assurance, tentant de gommer de mon attitude toute aspérité qui puisse être mal interprétée.
En arrivant devant mon hôte, mon accompagnateur sortit un carnet et un stylo, et écrivit rapidement, avant de le tendre vers Jacob. Je regardais ce manège, intrigué. J'avais ouï-dire que l'Intouchable l'était aussi par la parole, mais ce comportement me laissais perplexe. Encore une question à poser ...
Le garde se tourna vers moi, en me tendant le calepin et le stylo.

"Il est sourd, écrivez sur le papier. Il parle aussi la langue des signes si vous connaissez."

Sa majesté me sourit, comme pour m'inviter à parler, enfin écrire.
Sans attendre, je lui rendis son sourire, me fendit d'une rapide courbette en englobant la créature à coté de lui, avant d'écrire rapidement
Bonne nuit, Jacob l'Intouchable. Je suis Jean-Baptiste, éminent inconnu et jeune Voyageur de mon état. Pardon de vous déranger dans vos préparatifs, mais
*Critch*
Plus de place sur la page, je la lui tendis, attendis (haha) quelques secondes, puis reprenais vivement
Si je suis ici, c'est pour poser un certain nombre de questions, en espérant n'incommoder personne. Pour commencer, je n'ai pas halluciné en reconnaissant Shana
*Critch*
J'arrache la feuille, en couvre une autre de mon écriture frénétique
... sur la statue en l'honneur de votre groupe ? C'est une charmante jeune fille que j'ai rencontré et, disons, mis à contribution, il n'y a pas longtemps. Elle fais donc partie des Private Jokes ?
*Critch*
en lui tendant les deux feuilles, je lui expose une légère grimace, signifiant "désolé, mais cela risque d'être long. Je sens que mon poignet demandera grâce avant la fin de la nuit, à ce rythme.
Il s’apprête à répondre, écrivant lui aussi rapidement.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Jeu 29 Jan 2015 - 14:07
Et pour la première fois de toute sa vie onirique, quelqu’un se mit gentiment à lui écrire un roman. Il fallait dire que la plupart du temps, l’exercice agaçait vite. Déjà qu’il fallait attendre plus que de raison pour avoir les réponses à ses questions lorsque l’on communiquait avec Jacob, ceux qui étaient tentés de lui répondre sans utiliser les micros de la SDC ou d’autres moyens détournés, donc en écrivant leurs réponses, se contentaient en général de quelques mots simples et brefs. Dans un monde où l’écriture manuscrite avait tendance à disparaître au profit du numérique et où l’on pouvait théoriquement communiquer sans connaître la barrière de la langue, un tel mode de communication agaçait souvent. La preuve en était qu’Ed faisait généralement tout pour éviter d’avoir ce genre de conversation avec lui, quitte à gaspiller une paire de portails pour lui donner quelques indications. Jacob commençait aussi à s’entraîner à lire sur les lèvres dernièrement, mais ce n’était pas encore tout à fait au point. Et puis, les lèvres oniriques n’étaient pas toujours aisées à comprendre… Alors qu’il songeait à cela, il se demanda soudain si, en réalité, les voyageurs ne s’exprimaient pas chacun dans leur langue natale et que le monde des rêves se contentait d’imprimer les informations reçues dans son crâne de façon à ce qu’il les comprenne. En ce cas, les mouvements de lèvres qu’il tenterait de déchiffrer serait parfaitement incompréhensible pour lui si ses interlocuteurs n’étaient pas français… Il secoua la tête et chassa l’idée de ses pensées. Il n’en était pas encore là et était déjà plus ou moins persuadé qu’il faisait fausse route.

Enfin, l’autre eut fini son petit discours et lui tendit les feuilles dans l’ordre dans lequel il les avait écrites. Comme d’habitude, cela prit cent fois moins de temps à les lire qu’il n’en avait fallu pour les écrire. Il fut donc ravi d’apprendre que ce voyageur s’appelait Jean-Baptiste et avait une plume plutôt prometteuse. Encore une fois, personne ne prenait jamais la peine de faire des licences poétiques dans les messages qu’on lui écrivait généralement. On se contentait du plus formel minimalisme, de l’information pure et dure, sans le moindre emballage. Mais cet individu-ci, bien au contraire, semblait plutôt s’amuser de cette situation et en profitait pour partager avec lui quelques tournures de phrases agréables et autres propositions stylistiques. Immédiatement, le côté littéraire par obligation de Jacob fut aux anges et il se délecta à l’idée de converser avec le jeune homme. D’autant plus que celui-ci semblait avoir croisé Shana dans l’une de ses aventures. C’était peut-être, aussi l’occasion d’en savoir plus sur ce qu’elle faisait lorsqu’elle quittait le royaume. Alors à son tour, il laissa un peu libre court à ses fantaisies lyriques pour lui répondre. Quitte à ce qu’ils entretiennent la plus lente conversation (hors Relouland) jamais eu à Dreamland.


« Ne t’en fais pas, Jean-Baptiste, tu ne me déranges pas du tout, les préparatifs avancent très bien de toute manière. » écrivit-il sur un premier feuillet ce qui valut une exclamation horrifiée de la part du lutin décorateur en chef. « Et je suis sûr qu’ils pourront de passer de moi quelques temps. D’ailleurs, tu as parfaitement raison, Shana fait bien partie de notre groupe, elle est, avec Hélène, Ed et moi, l’une des membres fondatrices des Private Jokes. Si tu veux tout savoir, c’est elle qui, le plus souvent, se charge du royaume, car Hélène ne vient que rarement, tandis que Ed et moi sommes souvent en vadrouille. Où l’as-tu rencontré ? »

Bon, il n’était pas non plus très doué pour écrire de jolies phrase, mais c’était bien la première fois qu’il lançait autant d’informations à la fois. Sa plume à papote, infatigable, semblait elle-même ravie d’être soudain autant sollicitée.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Sam 31 Jan 2015 - 19:02
J'ai souvent été mal vu. Plus précisément, la manière dont je me présentais au monde, mon expression, ma tenue, mes gestes, sont fréquemment mal reçus. J'aimes marcher hors du sentier, ne pas coller aux normes, et bousculer celle des autres. Loin d'être un acte en réaction, c'est bien une volonté particulière que j'ai de briser les grilles de lecture de chacun. Comme dirait Brassens, "les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre qu'eux" ... On me l'a fait sentir très jeune, comme si j'étais un arrogant d'oser sortir la tête de la foule, de ne pas vouloir me laisser dicter ma conduite. Non pas en réaction par rapport à la norme, simplement en marge. Pas d'opposition, juste de la différence.
Cet ... état d'esprit, disons, transparaît dans chacun de mes actes. Mon attitude, ma gestuelle, mon parler est assez peu commun, changeant, ciselé, et met mal à l'aise certaines âmes étriquées. C'est un peu mon but, je l'admets ...
Je l'avoue, en écrivant sur le carnet, je redoutais un peu que mon "style" (je n'aimes pas cette appellation, bien trop pompeuse et sérieuse à mon goût) déplaise. J'étais en son palais, pour le questionner sauvagement; mais évidemment, je ne pouvais m'empêcher de faire mon intéressant, comme disent les mauvaises langues.
Mais loin de lui déplaire, mon interlocuteur sembla amusé par mes longues diatribes sur papier. Je crus sentir que l'intérêt de Jacob pour mes dires s'accrut subitement, comme si il s'ennuyait depuis trop longtemps. Ou est-ce mon ego qui me fourvoie ? peu importe, la réponse arrive.
Sortie de je-ne-sais-où, une plume volante écrit à toute vitesse au rythme, de ce que j'en vois, de la parole de l'Intouchable. Dreamland est sans limite, au delà de la simple conception d'un esprit isolé, pourtant sa "logique" globale nous ressemble tant; c'est après le fruit de nôtre inconscient collectif, la nébuleuse des secrètes pensées du monde humain.
Pendant mes petites cogitations intérieures, mon interlocuteur a fini, et me tend sa tirade. Amusant, comme mode de dialogue, tant le rythme est cassé, entre l'écriture et la lecture. L’apprécierais-je si, comme Hume, j'y étais contraint ? Une question de plus à poser.
Je lis donc ses feuilles tendues à moi.
Shana, membre fondatrice des Private Jokes ... Si le fait qu'elle soit une Voyageuse plus ancienne que moi ne fait aucun doute, son passé flamboyant s'il en est est une découverte inattendue pour moi. Mais le fait qu'elle s'occupe plus de la gestion que les deux célébrités est si logique que je me trouve idiot de ne pas l'avoir deviné. Comment être connue si l'on est dans les coulisses ? Cela correspond à l'image que la jolie invocatrice m'a laissée, en tout cas.
Oho, le pourquoi/comment de ma rencontre avec elle ? Cela risque d'être compliqué ...

Bravement, je commence ma réponse.
Eh bien, je me promenai tranquillement aux Royaume des fruits, goûtant à la tranquillité des lieux, de la suave atmosphère, quand quelque chose chuta devant moi, sur une fraise géante un peu trop mûre. e l'ai sortie, c'était Shana.
*Critch*
Elle était poursuivi par des ... autochtones, après les avoir froissé d'une manière ou d'une autre. Je l'aidais donc à s'extirper de cette situation délicate. J'ai ainsi découvert certaines facettes de son agréable personne, mais sa réaction
*Critch*
me laissa interdit. Elle se sentait redevable, alors qu'elle semblait plus qu'apte à s'en sortir. Elle me proposa son aide en retour, et j'en profitai, un peu honteusement avec le recul, et l'invitai à un combat amical.
*Critch*
elle accepta, un peu à contrecœur, mais le lendemain, quand nous commencèrent, elle me sembla amusée, car après tout je ne suis qu'un nouveau, et je constituais un adversaire à sa taille, mais pas un danger pour elle.
*Critch*
C'était il n'y a pas si longtemps, et je suis heureux de l'avoir rencontré. Je me permet donc de passer à la suite : peux-tu me détailler ce que tu es ? Ton pouvoir, tes motivations sont trop mystérieuses pour moi, et si celles des Private Jokes en général le sont encore plus, les tiennes m'intéressent, ainsi que ton pouvoir, ton histoire. Pas d'indiscrétions j'espère ...
Je frémis presque d'impatience, mais réussi à masquer ce bouillonnement, restant de marbre. En réalité, je suis suspendu à sa plume, à défaut de ses lèvres ...


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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Lun 9 Fév 2015 - 0:49
Et une fois de plus, Jean-Baptiste se prit au jeu d’écrire, d’écrire vraiment. Pourquoi se contenter de quelques mots rapides après tout lorsque la langue est si riche de grammaire et de syntaxe ? On croit toujours qu’il ne faut que quelques éléments pour être compris, mais alors pourquoi avoir développé tant de mot. C’est cette histoire de novlangue dans 1984, le contrôle de la langue, c’est aussi le contrôle de la pensée. En limitant celle-ci, on limite l’esprit. Chaque mot, chaque expression, chaque phrase, chaque formulation a un sens précis qui témoigne d’une idée propre et d’une personnalité. C’est pour ça qu’on représente souvent les machines comme dénuées de tonalité ou de vocabulaire : pour présenter leur manque de personnalité. Mais pour la première fois depuis qu’il menait cette double vie Onirique, quelqu’un accordait à Jacob l’accès à l’essentiel de sa personnalité. Et s’il n’y avait pas le ton et les nuances de la voix, restait les arabesques de l’écriture et ce qu’elles représentaient. L’offrande d’une agréable lecture était peut-être le cadeau qu’on ne lui avait jamais fait, auquel il n’avait jamais pensé et qui pourtant était tout ce qu’il avait toujours désiré. Bien entendu, la bulle finirait sûrement par rattraper sa bonne humeur, mais quitte à disposer de quelques heures avant l’agonie, autant en profiter du mieux qu’il pouvait.

L’autre lui raconta alors avec un certain nombre de détails ses aventures avec Shana, lui racontant ce qui semblait être une nuit bien ordinaire pour un membre des Private Jokes. L’intouchable eut un sourire amusé en songeant que, finalement, lorsque Shana quittait le nid, elle n’était guère différente de ses deux partenaires royaux. Oui, en dehors de leur royaume où ils prônaient une paix inébranlable, les membres de ce groupe avaient une certaine tendance à mettre le boxon partout où il passait. Poursuivie par des locaux pour avoir provoqué leur haine sans que la raison soit expliquée ? Oui, cela sonnait comme l’une de ses propres aventures. Ou alors, une aventure d’Ed. Jacob s’était calmé dernièrement, même si l’épisode de Resting City tendait à prouver le contraire ; sa relation avec Cartel et son emploi à la SDC lui avait permis de faire plus attention où il mettait les pieds. Le problème était que, naturellement, il avait décidé de remettre ça avec monsieur Free (l’aîné… des garçons en tout cas) et que ça risquait d’être plutôt moche.

La question posée en revanche, le surpris un peu. La curiosité était un vilain défaut disait-on – ce que Jacob n’avait jamais vraiment compris. En un sens, parler de lui, de son pouvoir et de ses problèmes oniriques le peinait réellement. De fait, il ne s’agissait pas tellement de choses agréables et il détestait – chose étonnante comparée à il y a quelques années – donner l’impression de pleurnicher ou de se faire plaindre. Comme il avait une certaine tendance à rejeter ceux qui le faisait, il mettait lui-même un point d’honneur à ne pas imposer ses problèmes aux autres. Sauf peut-être à Ed, de temps à autres, afin que celui-ci comprennent qu’il n’était pas le seul crétin de l’univers à avoir des difficultés dans sa vie. Néanmoins, sans raison apparente, pour la première fois depuis longtemps, l’idée de parler de lui sembla plaisante et il se prêta au jeu. Peut-être était-ce simplement parce qu’il appréciait son interlocuteur, que celui-ci lui donnait envie de s’exprimer, qu’il se sentait à l’aise avec cette personne qui n’hésitait pas à écrire un petit pavé pour lui expliquer ses propres impression ? Sans même s’en rendre compte, il entreprit donc de répondre.

Mais le petit lutin décorateur intervint en se plaçant entre les deux interlocuteurs, en toussotant et en plaçant une main sur le calepin de Jacob afin de l’empêcher de répondre.


« Euh… » fit-il, un peu décontenancé. « Vous allez sérieusement lui répondre ? Nan, parce que là, on a pas tout à fait fini, il faut encore qu’on voie la moitié des couloirs et je ne parle même pas de la salle d’audience… Ah, oui, c’est vrai que vous ne pouvez pas entendre… »

Il s’empara de son propre carnet de travail et rédigea quelques notes rapides.

« Conversation plus tard décoration à faire »

Définitivement pas dans le même style, de quoi rendre Jean-Baptiste infiniment plus agréable à cet instant. Mais Jacob compris l’essentiel et les inquiétudes du lutin, il hocha pensivement la tête et fit noter quelques mots à l’intention du décorateur.

« Je vous suis, dites-moi quoi faire. On parlera en travaillant. »

« Quoi ? Mais je vous ai déjà dit qu’il fallait replacer toutes les guirlandes de ce cou… Raaaah ! »

Jurant à en perdre haleine, le lutin se mit à nouveau à griffonner furieusement sur son carnet. Il n’allait pas dire que c’était son pire client de tous les temps, surtout pas après cet histoire d’ogre incapable de savoir ce qu’il voulait, mais tout de même, l’intouchable devait facilement entrer dans le top 10. Pendant qu’il s’énervait contre son propre carnet, Hume en profita pour rédiger sa réponse au voyageur.

« Mon pouvoir est en réalité plutôt simple, même s’il implique une série d’inconvénients qui me rongent un peu. Pour faire court, je suis enfermé dans une sorte de ‘bulle’ ou de prison, parfaitement hermétique, invisible et indestructible. C’est pour cette raison, par exemple, que je suis coupé de Dreamland et que je suis sujet au mutisme et à la surdité. En réalité, à l’intérieur, je peux parler à haute voix et m’entendre comme n’importe qui – si l’on excepte l’étrange résonnance propre aux lieux clos. Mon pouvoir consiste tout simplement à contrôler cette bulle : sa forme, ses mouvements. Mais je ne peux en aucun la ‘retirer’. Ce qui est relativement embêtant dans la mesure où l’artefact reste, avant tout, une prison. Disons que ce pouvoir résulte d’une peur d’un emprisonnement quelque peu extrême. »

Il se demanda un instant s’il ne s’était pas un peu trop étalé. Il n’avait même pas fait attention au nombre de feuilles qu’il avait utilisées. Y avait-il une limite ? Il décida d’hausser les épaules et de continuer. On verrait bien. Le lutin, qui s’était laissé distraire par l’explication sur la bulle grogna et reprit ses propres écrits.

« De façon plus pratique, je m’en sers comme d’un bouclier et ça me maintient en vie. Je suis particulièrement résistant. En général, j’encaisse les coups à la place des autres et je sauve la mise de mes coéquipiers. L’avantage d’être pratiquement indestructible. Quant à mes buts, ils ne sont pas loin de ça en réalité. J’essaie de faire de ce qui me paraît juste et de lutter un avenir meilleur, ici et là-bas d’ailleurs. Le plus souvent, je lutte contre ceux qui commettent des atrocités, tout simplement. Pour les PJ, en revanche, je pense que nos objectifs sont à peu près similaires. C’est pour ça qu’on a créé un havre de paix ici d’ailleurs. Mais l’idée de départ du groupe était plus de se serrer les coudes et de s’amuser un peu ensemble. On reste lié par l’idée de combattre le mal cela dit.

Et toi alors, depuis combien de temps es-tu là ? Et quel but poursuis-tu, si tu en as un ? Tu cherches à t’entraîner à ce que je vois ? Un projet en tête ou c’est juste pour le sport ? »


Un sourire pour accompagner le tout. Diable combien de temps tout cela avait-il prit. Il regarda le mot du lutin pendant que le voyageur lisait le sien. Tout refaire ? Un cran plus haut ? Heureusement qu’il y avait un dessin avec. Soupirant, il se remit un peu travail, selon le mode d’emploi qu’on venait de lui écrire, en attendant que Jean-Baptiste ait achevé sa réponse.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Mar 17 Fév 2015 - 8:55
L'Intouchable sourit à mon évocation de la nuit avec Shana, mi-amusé mi-je-ne-sais-quoi d'autre, nostalgique ou attendri peut-être. La surprise, indéniablement, transparu en revanche chez mon "interlecteur" (j'aimes bien ce néologisme) à ma question finale. Cette question, semblait-il, était pour lui inattendue. Comme si personne, pas même lui, ne lui demandait ce genre de chose. Mais cela expliquait le mystère entourant le personnage. Même si une raison aussi banale que celle-ci me désenchantais quelque peu ... "pourquoi personne sait  rien sur toi ? Parce qu'on me l'a jamais demandé". A la fois comique et ridicule.

En parlant de comique et ridicule, le meilleur représentant de ces idiomes, le lutin artiste qui se tenait maussade, à coté de Jacob, réagit d'une plus cavalière manière. S'avançant entre mon interlecteur et moi, il lui dit d'un ton à la fois péremptoire et décontenancé :

Euh … Vous allez sérieusement lui répondre ? Nan, parce que là, on a pas tout à fait fini, il faut encore qu’on voie la moitié des couloirs et je ne parle même pas de la salle d’audience… Ah, oui, c’est vrai que vous ne pouvez pas entendre…

Il prit son calepin, et griffonna quelque chose. Imperturbable, mon hôte lui répondit. Leur discutions ne me regardant pas outre mesure, je ne me penchais pas pour assouvir ma curiosité. Le contenu de message échappa à ma vue, mais à la réaction du lutin, j'en devinais la teneur. L'Intouchable faisait à son idée, pas à celle de la créature des Arts, et cet état de fait ne manqua pas de provoquer chez lui une vive frustration.
Amusé, je regardais ses cocasses gesticulations rageuses, tandis que Jacob écrivait sur son carnet, manifestement pour moi. Le lutin, plus énervé que jamais, bataillais avec son crayon sur ses feuilles, bien moins rapide que moi ou son tributaire. Il pestait, exécrable, et je dus m'empêcher de rire ; me laisser faire, ç'aurait été un carburant à sa rage, et je n'aurais pu arrêter le cercle vicieux.
J'eus droit à un réponse longue, très longue, sur une ribambelle de feuillets. Jacob avait-il décidé de m'imiter ?
Je lis le paquet rapidement, ingérant voracement chacune des informations contenues par ces traits sur le papier onirique.
Quant à son pouvoir, j'étais fasciné. Les caractéristiques de la "bulle" qui l'entourait étaient simple, mais l'un attira particulièrement mon attention. "Indestructible". Peu importe qu'il soit coupé du monde, prisonnier éternel. Il pouvait, s'il disait la vérité, résister à n'importe quelle attaque ! L'absolu fait rêve. Même si ce pouvoir l'enfermait avec lui-même, il possédait la meilleure défense imaginable.
Ses motivations, elles, étaient simple. Faire ce qui lui semblait juste. Les Private Jokes étaient, visiblement, animés des mêmes intentions, en ayant créé ce Royaume. Je m'attendais soi à cela, soi à une raison plus ... spirituelle. L'allégeance à une quelconque puissance, ou la quête de celle-ci. Même si Ed Free, lui, cherchait visiblement à faire partie du top 3, voir d'être le n°1, que son "équipe", si elle l'épaulait, ne partage pas cette soif me rassurait.
Pour être honnête avec moi-même, je devais avouer que cette soif ne m'était pas inconnue. Mais contrairement à Ed Free, je ne cherchais, ne voulais ou n'avais besoin d'aucune façon de reconnaissance, ni de célébrité. Cependant, je comptais bien m'élever au dessus de la plupart, ne serais-ce que pour me garantir ma propre liberté.
Jacob, manifestement heureux de pouvoir discuter avec quelqu'un (ou simplement poli), me posa une question similaire en retour. Eh bien, à mon tour, je suppose.
Je pris le crayon et le calepin, et commençais à écrire.
Je suis un petit nouveau. Pour être plus exact, cela doit faire un mois que je suis voyageur, peut-être un peu moins. J'ai passé beaucoup trop de temps au Royaume de Doutes, trop torturé que j'étais par des questions toujours plus nombreuses. J'ai donc passé la plupart de mes nuits à courir jusqu'au Métro, sans avoir vraiment le temps ...
*Critch*
de partir découvrir Dreamland. Mais je m'égare. J'ai tout de même pu rencontrer quelques Voyageurs sympathiques, et arriver jusqu'ici. Mes motivations, sont, elles, assez complexe. J'ai soif de découverte, de liberté, d'action et de tranquillité. Je me retrouve donc confronté à mes propres contradictions. Mais, de plus ne plus, je me tourne vers ... 
*Critch*
toutes les raisons politiques qui agitent Dreamland. Ces histoires de lois, de'interdictions, toutes ces manigances, les guerres entre Royaumes ... Je refuse d'être simple spectateur, victime des effets de mon ingérence. Mais au vu de mon niveau actuel, je ne pourrais pas faire grand-chose, et les complots secrets ne sont pas ma tasse de thé.

*Critch*
Mais pas question de m'affilier à une guilde, comme la plupart tendent à le faire, j'ai l'impression. Au Royaume de Doutes, par exemple, j'ai pu observer quantités de recruteurs, qui séduisaient les rookies de leur sécurtié apparente. Avoir un chef ne m'intéresse pas. Je fais équipe avec ceux qui me plaient, si je leur plait, et advienne que pourra.
*Critch*
J'en viens donc à une autre question. Vous, les Private Joke, en tant que dirigeant d'un Royaume indépendant, n'avez-vous pas de problème avec tout cela ? Comment vous positionnez vous ?
Je range les feuilles dans l'ordre, et lève les yeux. L'Intouchable est, comme tout-à-l-heure, suspendu en l'air, en train de répondre comme il pouvait aux injonctions décoratrices du lutin hystérique. Je m'élève à mon tour, lui donne le paquet de ma réponse, quand derrière moi j'entend :

"Ah, mais vous pouvez voler aussi ! AU lieu de rester les bras croisés, cette fois, pendant qu'il répond, prenez sa place !"

Je baisse les yeux, interloqué. Pourquoi pas, après tout ? Je sais me rendre utile.

"Bon, cette fois elle est bien positionné. Quoique ... Le bord droit est trop plissé, essayez de mettre plus de délié dans sa courbe. Allez, j'ai déjà assez perdu mon temps !"

Je fis un sourire un peu désabusé à Jacob, avant de m'atteler à cette tâche, lui laissant les mains libres pour répondre. Je commences à regretter ma gentillesse ...
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Ven 20 Fév 2015 - 19:06
Une fois de plus, Jacob se laissa vaguement assombrir par les nouvelles qu’on lui apportait. La vérité était que tout cela le dépassait et quoi qu’en dise Jean-Baptiste, même sa force ne lui permettait pas de véritablement aborder le problème social que Dreamland soulevait dernièrement. Ces histoires de lois, ces histoires de groupes et de guildes. Lui-même qui ne s’était jamais vraiment intéressé à l’actualité, ni dans ce monde, ni dans l’autre, était un peu perplexe face à ces phénomènes qui prenaient toujours plus de place dans la vie des uns et des autres. Et en réalité, dans la sienne aussi. Pour être tout à fait honnête, il avait très récemment fait l’expérience personnelle de l’application de ladite loi. Lorsqu’il était à Resting City avec Agathe, Camille et Noah, le mépris affiché de Miraz pour les voyageurs avait bien failli leur coûter beaucoup. Les voyageurs étaient là-bas considérés comme une sous-catégorie de citoyens. Certes, ils avaient contribué, au final, à améliorer la condition des divers voyageurs qui y vivaient. Néanmoins, lorsqu’on lui avait appris qu’il était en état d’arrestation pour avoir tenté d’aider un homme à la place de la police, ça lui avait fait un coup. Heureusement, le capitaine de police préférait régler les choses pacifiquement que par les armes.

Il savait naturellement que d’autres royaumes suivaient cette directive étrange, que les voyageurs étaient de moins en moins acceptés là où ils allaient et que des groupes répliquaient à ces mesures par la violence, envenimant un peu les choses. C’était pour cette raison que, lorsqu’Henrique avait proposé ce créer les Veilleurs, il avait rejoint le groupe et allait de temps à autre les aider dans leur quête de justice. Ce mouvement était encore jeune et ses activités n’étaient pas très claires, mais dans l’ensemble le programme lui plaisait et pour quelqu’un qui passait ses journées à faire du bénévolat, c’était encore une façon d’aider son prochain. Même si, concrètement, ses obligations royales et professionnelles l’empêchaient de disposer de trop de temps pour aider le Portugais à mettre en place quelque chose de plus concret. Sans parler de ses aventures avec les Private Jokes, surtout avec Ed récemment. En fait, il ne faisait quelques interventions pour les Veilleurs, lorsqu’il était disponible et qu’ils avaient besoin de ses capacités guerrières. Ses problèmes sociaux oniriques l’empêchant de pouvoir mener des enquêtes. Quant aux soucis du royaume, les choses allaient bien pour l’instant, mais ils accueillaient des réfugiés et avaient eu certains petits soucis tout de même, notamment lors de l’épisode du MMM.

Il commença à reprendre la plus tandis que l’autre, qui venait de montrer sa propre capacité à voler, se faisait alpaguer par le lutin. Jacob eut un petit sourire en voyant cela et répondit donc avec entrain. Il n’avait pas demandé quel était le pouvoir de Jean-Baptiste, mais il était curieux à présent.


« Nous n’avons pas vraiment de ligne de conduite affirmée, si ce n’est celle que nous avons toujours eu pour ce royaume. » expliqua-t-il. « Il y a eu quelques tentatives d’ennuis par ici, mais dans l’ensemble, nos alliés sont puissant, aussi nous laisse-t-on tranquille, du moins pour l’instant. Les seuls à nous avoir jamais vraiment menacés, nous les traquons actuellement. Mais, nous restons vigilants, c’est sûr.

« Personnellement, en revanche, je trouve que cette affaire est très préoccupante. Cette loi est une absurdité et les réponses que certains y apportent ne font qu’envenimer les choses. J’ai récemment rejoint un jeune mouvement qui se propose de combattre les crimes commis, autant sur les voyageurs que sur les créatures des rêves et sur les rêveurs. Ce sont deux amies qui ont créé le mouvement lors de ce qu’ils appellent la ‘Nuit des Veilleurs’. Mais ce n’est pas un groupe très important pour l’instant et je ne sais pas ce que cela donnera à l’avenir.

« Je crois que les autres sont plus ou moins d’accord sur les grandes lignes avec moi. Quant à toi, tu as raison de ne pas te laisser avoir par le discours des recruteurs. Et de t’entraîner d’ailleurs. Mais bon, de ce que je sais, c’est qu’on peut facilement éviter les zones à risque et qu’il y a toujours des lieux où être tranquille, comme ici. Au fait, c’est quoi ton pouvoir ? »


Il présenta le message au jeune voyageur en devenir et proposa à nouveau ses services au décorateur qui s’empressa aussitôt de le faire aller jusqu’au couloir suivant et de montrer d’énormes lampions colorés à accrocher au plafond.

« Maintenant que l’autre couloir est à peu près correct, » dit-il, « Faudrait s’occuper de celui-ci et mettre ça là-haut. »

Il fit quelque geste pour l’expliquer et Jacob accepta de se mettre au travail.
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MessageSujet: Re: "Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob) Sam 7 Mar 2015 - 12:39
Je me plaisais dans cette si particulière discussion. L'alternance longue de nos "paroles", l'absence de formalisme de mon hôte ... Le rythme, le style de notre échange était pour moi autant une découverte qu'une véritable joie. De plus, le partage auquel Jacob consentait à se livrer, même infime et partiel, ne pouvais qu'apaiser ma soif interrogatrice, tant l'art et la manière se voyait ici respectée. Enfin, l'art et la manière. Quel art, quel manière ?

L'art ? Simplement celui des bons esprits, l'excellence désinvolte et sans prétention dans le flot du commun, sans être dans le formel ou le rigide. La manière ? Evidemment, celle des distingués (au sens premier du terme), un véritable jeu d'intellect, loin d'être poussé, certes, mais raffiné, d'une certaine ... manière, justement. La science des petites choses, en somme. Ou de ceux qui s'y complaisaient en des volutes de pensée vaniteuses, comme votre triste sire. Mais passons au contenu de sa réponse. Rien de bien étonnant, mais cependant ... tout ce que Jacob me disait me confortait dans l'image positive que j'avais de lui et son groupe. Un bon placement, selon mon humble personne, qu'avaient effectué les Private Joke. Dans les intrigues et coups fourrés actuels, se regrouper semblait être le réflexe de bien des Voyageurs. Mais, point de hiérarchie rigide et d'ordres sibyllins chez ces "Veilleurs", apparemment. Mais peut-être étais-ce du au caractère nouveau du groupement ? A suivre, en tout cas, selon moi.

J'étais également satisfait de sentir un échange, et non pas la prise sauvage d'information que je craignais. En venant ici, avide de réponses, j'avais totalement oublié que je n'avais, moi, pas grand chose à raconter. C'est en tout cas ce que je pensais, mais l'Intouchable semblait, lui, intéressé dans la mesure de la conversation. Sa curiosité avait été piqué, quand je l'avais rejoins en l'air, sans autre cérémonie. Chacun son tour, n'est-ce pas ? Il était temps pour moi de décrire mon pouvoir.

Nous suivîmes, moi et Jacob, le lutin vers le prochain couloir à décorer, et je commençais ma réponse.
Mon pouvoir est, à ma faible connaissance, assez particulier non pas dans la forme, mais le fond. La forme, c'est cela.
Je tendis rapidement cette feuille à Jacob, et derechef, me concentrais. Ce petit tour, s'il ne me coûtais pas grand chose, était cependant étrangement difficile à effectuer. Elle prit corps, consistance autour de moi, visible de tous. Moirée, d'un gris-bleuté crépitant, volutes éphémères et flottantes autour de moi. Mes cheveux et mon manteau s'agitèrent légèrement, comme pris dans une douce brise.
Elle, une sorte d'aura. Elle me porte, me donne force, résistance et rapidité. Elle me porte, me protège, me soutient. Elle est l'extension palpable de ma volonté, la polyvalence de mon esprit. Mais cependant, plus qu'une simple projection de moi, c'est une entité indépendante, dont les désirs sont parallèles aux miens. Elle est mon épée, mon étendard, mon bouclier et ma suiveuse. Un peu l'inverse de ta "bulle", en somme.
*Critch*
Je continuais sur ma lancée, enchaînant sur une autre question.
Pour ce qui est d'être tranquille, ce n'est, en revanche, pas mon intention, et c'est là que mes contradictions entrent en jeu. Je ne veux pas, en tout cas pas plus qu'autre chose, être une tête d'affiche, et défrayer la chronique du Dreamag. Mais j'ai soif de découvertes, d'aventures oniriques et de rencontres enrichissantes. S'entraîner est certes une bonne chose, mais ce n'est pas suffisant. J'ai besoin de savoir, de connaître et me connaître. Mais m'engager dans une cause
*Critch*
n'est pas dans mes envies. Je défendrais tous ceux qui en auront besoin si je les croise, mais je n'irais pas les chercher. Je ne compte pas à ce que ... l'on compte sur moi justement. Je refuse d'assumer le bien-être des autres, comme je refuse que le mien ne soit pas entre mes mains. Aider à la liberté de tous, voilà ce que je voudrais. Vos initiatives me semblent aller dans ce sens, et c'est de tout cœur que je vous aiderais, que vous le vouliez ou non d'ailleurs. Mais attention aux .
*Critch*
dérives, elles sont plus insidieuses que l'on ne le pense. Loin de moi la prétention d'en être juge ! Tout cela pour introduire cette demande : pourrais-je compter sur vous, si le besoin s'en fait sentir, en échange de mon aide ? Accord de libre entente, soumis à l'approbation mutuelle, et laissé à notre bon jugement.
*Critch*
Je tendis le tout à Jacob, tandis qu'il accrochait une volumineuse lanterne de papier chamarré au plafond. Je pris le relais, sous les directives sèches du lutin, qui s'agitait en bas.

"Voila, maintenant faites là tenir droite ! Non, non ! plus décalé de l'autre, sinon on ne les verras pas !"

J’exécutai pieusement ses ordres, en réfléchissant à ce que je pourrais faire, avec l'appui potentiel d'autres Voyageurs.

"Mouais, ça ira pour celui là. Au suivant, allez ! on a perdu assez de temps à cause de vous!"

"Prend garde au tiens ..."

Je murmurais cela en descendant chercher le prochain lampion, précautionneusement.
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"Je connais ton nom, mais elle connait ta bulle" (Pv Jacob)

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