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Petite rencontre ... (prélude au combat avec Tommy et Raphaël)

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MessageSujet: Petite rencontre ... (prélude au combat avec Tommy et Raphaël) Jeu 22 Jan 2015 - 12:13
La colère bouillonne, inénarrable, dans chacune de mes fibres.
Petite mise en contexte : je déambulai dans les rues de Liège, après une journée assez pleine, entre les cours magistraux, un petit passage chez un ami pour l'aider à monter son pc, et ... non, arrêtons nous un instant.
C'est là que ma colère avait débuté. Monter un pc n'est pas difficile, mais assez long, et le tout demande de la précision et du calme. Avec un excité dans les pattes comme Johan, mon geste généreux est vite devenu un calvaire pour moi. Impossible de placer un mot, tant sa fébrilité distillait en lui adrénaline qu'il évacuait en gigotant partout, ne me laissant pas respirer. Il râlait, s'excusait, me prenait les pièces des mains, ruinaient mes efforts avec une énergie débordante. J'y passait trois longues heures. En réalité, au bout de deux heures, je l'avais attaché avec le scotch des cartons, ce qui m'avait en peu calmé.
Sa copine n'était pas vraiment de mon avis cependant, et le fait que je saucissonne son compagnon sur le canapé ne lui a pas plu. Stoïque, je l'ai ignoré, et finis le pc en une heure. J'ai alors détaché Johan, qui rampais sur le sol, pendant que Vanessa (sa copine, donc) tentait de le libérer. Elle me mit une claque, et je lui rendis sèchement la pareille.
Je détachais ensuite Johan alors qu'elle couinait, assise sur le canapé. Il lui adressa un mot doux distrait, et se dirigea vers son bel engin fraîchement construit. Je lui laissais le plaisir de l'allumer pour la première fois, puis il me sauta dessus, fou de joie. Il alla ensuite consoler sa copine, aussi lunatique que lui. J'ai oublié de préciser, mais Johan est autant un ami qu'un patient. Je lui donnai donc rendez-vous le lendemain, m'excusais auprès de sa douce, puis sortais sans plus de cérémonie de leur studio.
Mes pratiques pour le moins drastiques sur Johan peuvent surprendre au premier abord, mais c'est ma manière de le contenir, d'autant qu'il n'y voit pas d'inconvénient.
Mais ma colère s'était installé, instillé par sa pouffiasse de copine, dont le ressentiment éveillait chez moi des envies contradictoires de dialogues et de violence.
En sortant de l'immeuble, j'eus sous mes yeux un des plus désagréables spectacles à mon goût : du harcèlement de rue. Une jeune fille à l'air si innocent qu'il en devenait risible se faisait flanquer par deux jeunes, puant le parfum bon marché dans leur survet' de marque. Le harcèlement de rue, en Belgique, est un fléau non négligeable, et il ne se passe pas une semaine sans que je sois témoin de ce genre de pratique. De jeunes merdeux frustrés, ou des vieux cochons, qui draguait de si subtile manière des jeunes femmes attrayantes. Enfin, draguer, leur technique était d'un raffiné ... "Hé madame, t'es bonne !", "Tu veux un verre ?", "un coup d'alcool, un coup au lit, tu connais, salope ?", etc, etc ...
La plupart du temps, les femmes que j'avais vu se débrouillaient bien toute seule pour repousser les avances si délicates de quelque mâle échaudé, mais certains étaient plus entreprenants que d'autres, et ceux-ci, de la pire espèce, en venaient aux mains. J'ai déjà eu à intervenir dans ces cas-là, et je l'ai fait ici. J'ai d'ailleurs peur d'avoir à le faire encore ...
J'ai attrapé le plus proche de moi, le forçant à se retourner, en lui tenant l'épaule d'une poigne de fer.

"Laisse la tranquille, tu n'arriveras à rien."

J'ai ponctué ma réplique d'un sourire aussi amène qu'un doigt d'honneur. Il me jeta un regard incrédule, puis tenta de se dégager. Je lui fis une jolie clé anglaise, le repoussa de mon pied botté vers le trottoir ou il s'étala, alors que son lâche ami prenait la fuite, lâchant à la volée une menace dérisoire. Son malheureux compagnon ne tarda pas à le rejoindre dans la fuite.
Je me tournai alors vers la jeune fille, qu'ils avaient acculé contre le mur. Son regard de lapin apeuré s'embua, et elle s'effondra sur moi. Cela me surprit; elle n'avait pas eu si peur que ça, tout de même ? Et puis je n'avais pas la tête du beau-gosse consolateur.

"Merci, je *snif*... j'ai eu si peur ... Ils m'ont *snif*, m'ont dit que j'allais prendre pour leur pote, que ...*snif* que ..."

La suite se perdit dans ses sanglots, tandis que je l'entourais de mes bras, masquant mon trouble, tentant de la calmer de ma maigre présence. Elle semblait à peine avoir 17 ans, les cheveux d'un blond très clair, tressés sur son épaule, un peu en désordre, les traits fins et le visage ovale, avec un petit nez en l'air, de grands yeux joliment plissés, d'un gris perle lumineux, la silhouette fine, avec une petite poitrine, mais un splendide retombé de hanches, et un teint de porcelaine rare, rehaussé de lèvres d'un rose naturel et adorable. Elle portait une écharpe couleur ciel d'automne, sur une veste courte du type duffle-coat, d'un joli beige, ainsi qu'une jupe mi-longue et des bas de laines unis, d'un doux bleu clair; des bottines comme j'en vois partout complétait l'habillement. Elle ressemblait à une poupée que l'on met sous verre, excepté ... un bleu qui se formait sur sa joue, et un autre à la base de son cou.
La voici:
 
Mes doigts se raidirent convulsivement, et la colère gicla en moi comme un liquide incendiaire. Pire que du harcèlement. Si je les revois, je pense que je referais leur éducation, avec quelques membres cassés s'il le faut. Ce genre de chien galeux ne se baladait qu'en bande, baissant le tête en petit nombre, devenant téméraire avec le nombre.
Dans tous les cas, cette gamine avait besoin de quelque chose de chaud. Et d'une petite leçon sur comment se défendre.

"Ne t'inquiète plus. Tu veux un petit remontant, un thé peut-être ? Je penses que cela te ferai du bien."

Elle lève les yeux, encore tout humide, et acquiesce, timidement. Je lui met mon manteau sur les épaules, lui offre mon bras, et me dirige vers mon immeuble, qui se trouve à deux rues. Elle ne semble pas prête à parler, pas encore, et je me sens un peu mal d'amener cette pauvre inconnue chez moi. Que vont penser ses parents ?
En tout cas, elle s'accroche à moi, comme si elle avait peur que je m'en aille.
Ses pas sont plus assurés dans l'escalier, et une fois arrivé devant ma porte (j'habite au deuxième), elle se détache enfin de mon bras, avant de tourner vers moi un regard timide.

"Euh ... Je ... Merci ..."

Je lui sourit, balaye sa gêne d'un geste de la main, puis entre dans mon humble logis, la main sur la poignée, l'autre invitant la jeune fille à entrer. Elle me sourit à son tour, entre, en gardant mon manteau sur elle.

"Suis-moi, je vais préparer le thé. Un Pu Erh agrémenté de cardamome, est-ce que ça te convient ?"

Elle me regarde, un peu perdue, puis me suit dans ma cuisine-salle-à-manger. Elle pose un œil curieux et intimidé sur les rangées d'épices sur les étagères murales, la plante posé sur l'armoire qui descend jusqu'au sol (je ne souvient jamais de son nom, mais elle est plus vieille que moi, et m'accompagne depuis mes 5 ans), et mon chat, vautré sur la table. Je le réveille en lui grattant la tête de mon index pointu, puis le chasse doucement de la table. La fille se tient debout, n'osant pas faire une geste.

"Je ... Je ne connais pas grand-chose au thé, fais ce que aimes."

"Je vais plutôt faire ce dont tu as besoin, et je l'espère, ce qu'il te plaira. Un Pu Erh cardamome te réchauffera et te revigorera sans s'imposer à toi. Mais, je t'en prie, assied toi, je m'occupe de tout."

Elle s'assoit aussitôt, pose ses mains jointes sur la table. Je prend ma théière ne fonte, fait chauffer de l'eau. Puis je me dirige vers mon étal-à-bouffe (comme j'appelle familièrement l'étagère en bois fermée d'un rideau où j'entrepose tous mes aliments non périssables), et pioche le thé, le pot de graines de cardamomes, et le sucre blond. Je pose le sucre sur la table devant elle, qui me jette de court regards prudes. Je lui souris, rassurant, puis vais chercher deux bols à thé, une cuillère, le lait, avant de sélectionner mes graines que j'ajoute au thé dans un tamis, avant de rincer le tout à l'eau froide. Mon eau est chaude, j'en verse dans ma théière au deux tiers, couvre le tout d'un épais torchon prévu à cet effet. Pendant ce temps, je prend dans l'étal-à-bouffe ma boîte de biscuits, remplie de tuiles aux amandes. Je la pose sur la table, puis vide ma théière, y verse le thé et la cardamome, et les recouvre d'eau à 90°, avant de couvrir à nouveau. Je pose ma montre à gousset devant mon bol, puis m'assoit, en face d'elle.
Pendant que je préparai, je sentais ses yeux sur moi, qui se baissaient dès que je me retournai vers elle, effarouchés. Elle pose à présent sur moi un regard un peu humide, timide et incertain.

"Voilà, quelques minutes et c'est près. Mais je ne me suis pas présenté : je m'appelle Jean-Baptiste, et j'espère ne pas te contraindre de mes manières protectrices."

Elle sourit, se détend un peu.

"Non, tu ... tu ne me dérange pas. Merci encore, je ... je ne sais pas comment j'aurais fait sans toi."

Hum, elle aurait besoin de quelques conseils, en effet. Mais, à ma grande surprise, elle prend une inspiration, et continue.

"Je m'appelle Elisa, contente de te connaître, J-B. Je peux t'appeller J-B ?, s'inquiète-t-elle soudain, une roseur gênée sur les joues. J'opine doucement du chef, avec une sourire amusé aux lèvres. Rassurée, elle reprend. "Je suis en fac de médecine à Liège, avec un an d'avance. Je ne connais pas bien Liège, je viens de Namur. Tu es un garçon gentil, et courageux, pour m'avoir aidé tout-à-l'heure. Je"

Je l'arrête d'une main. En en reparlant, sa maigre assurance s'effondre  bien vite, autant éviter une nouvelle crise de larmes.

"Nous en parlerons dans quelques minutes, une fois que tu auras bu un peu. Je te sers ?"

Elle opine de son joli chef, et je lui verse du thé, avant de lui ouvrir le sucrier, et de lui rajouter un peu de lait, qui forme de splendides nuages où semble jouer le dragon peint au fond du bol. Elle me regarde, étonnée.

"Comment sais-tu que j'aimes le thé au lait, dis ?"

Simple présomption, qui touche juste, et fait manifestement son effet sur la jeune fille, qui se permet même un sourire timide, avant de se servir du sucre. Je 'invite à goûter en même temps que moi. Elle prends une petite gorgée, puis une deuxième plus longue. Elle lève alors les yeux vers moi.

"C'est ... délicieux, sans rire !"

Parfait. Je la laisse déguster son bol, qu'elle accompagne d'un biscuit. Ce moment calme est un instant précieux à mes yeux, tant une pause bienfaisante qu'un morceau de réflexion posée; il convient parfaitement à ma jolie invitée, j'en suis sur.
Une fois qu'elle a terminé, je plante mes yeux dans les siens. Elle soutient mon regard, timidement mais avec plus de force qu'il y a deux minutes. J'y vois de la peur, de mon regard sur elle, de ceux qui l'attendaient dehors, mais aussi de la confiance, une sorte de sérénité à mon égard. Bien ...

"A présent, je te laisse reprendre. Pourquoi ces deux tocards en voulaient à toi ?"

Elle ouvre la bouche, cherche ses mots quelques secondes. L'effort lui coûte, visiblement.

"Eh bien ... En fait les deux que tu as vu sont les amis d'un garçon que j'ai ... Il m'a fait des avances, je l'ai repoussé, j'avais peur, alors j'ai été un peu dure peut-être, et il l'a mal pris, et ses potes étaient là pour ça, pour ..."

Ses yeux s'embuent légèrement. Sans trop réfléchir, je tend ma main vers elle, la pose doucement sur les siennes. Je sens un indicible soulagement dans son attitude, comme si intérieurement elle attendait cette réaction. Je ne vais cependant pas m'arrêter au geste.

"Ne te sens pas responsable de l'idiotie des autres. Si un pauvre con est frustré par ton refus, ce n'est pas ta faute ! Tu es une jolie fille, tu attire le regard par ta grâce, l'harmonie déliée de ton corps, l'éclat de tes yeux, le parfum de tes cheveux, mais pas une allumeuse éhontée, qui séduis les hommes à tour de bras ! Tu n'es pas coupable, tu a été victime d'un comportement inadmissible."

Elle est si éperdue de reconnaissance; après tout, ce n'est encore qu'une gamine, elle ne doit pas avoir plus de 18 ans. J'en suis presque gêné. Mes mots étaient peut-être un peu trop ... Disons plutôt que je me suis laissé porté par mon élan naturel, exprimant un peu franchement ce que je voyais et pensais, sans prendre compte de sa réaction, de ce que je pouvais toucher, ou froisser en elle.
J'ai touché juste, et fort, mes paroles font écho en elle, dans le lac calme de ses yeux, sur sa bouche délicate, dans la position qu'elle adopte sur sa chaise. J'analyse trop, je cherche à décortiquer pour prendre du recul, mais sa présence me trouble.

"Enfin ... Tu te sens mieux ? Veux tu que je raccompagne ?"

"Que tu .... Oh, non, je vais me débrouiller toute seule. Mais ... Je peux avoir ton numéro ?"

"Mon ... Bien sur, si j'ai le tien."

Ben voyons, J-B, ne profites-tu pas de la faiblesse d'une pauvre jeune fille ? Non, c'est elle qui me l'as demandé, n'est ce pas ? Ma conscience est tranquille.
Elle sort son portable, je sors le mien. Puis elle se lève, me rend mon manteau, en me regardant d'une manière ... ambigu. Je m'accompagne jusqu'à la porte, lui ouvre. Elle se tient devant, sans bouger, les yeux baissés. Je sens qu'elle se demande quelque chose, qu'elle hésite, combat sa timidité. Mais pourquoi ?
Je m'approche alors d'elle, et ...
Elle me saute au cou, pose ses lèvres contre les miennes. Instinctivement, après un instant de surprise, je répond à son baiser, je la pose au sol en me penchant vers elle en lui évitant de rester pendue à mon cou. La pulpe de sa bouche, fébrile, frémit contre mes lèvres sèches, tandis que j'ai la sensation de me perdre dans sa douceur. Elle éloigne de quelques centimètres son visage du mien, les yeux brillants, les lèvres légèrement tremblantes. Ses traits se disputent entre la honte et le soulagement. Mais elle prend une nouvelle fois son courage à pleines mains.

"Je ... Tu ... Tu me plait, j'ai l'impression de t'avoir toujours cherché. J'aimes tes yeux, j'aimes ton visage, j'aimes ta drôle de coiffure et ta barbe, je ... J'aimes ton corps, ta voix, ta manière de parler, ton thé ..."

Elle rougit, comme si elle se sentait stupide.
Je pose mon doigt sur sa bouche, douce et fraîche, affiche un calme que je suis loin de ressentir.

"Ne va pas trop vite, Elisa. Nous prendrons le temps une autre fois, ou tout de suite si tu le veux, mais il est encore trop tôt. Ne te brusque pas, pose tes pensées."

Je sens ses lèvres entrouvertes contre mon index, son corps gracile contre le mien, qui résonne en moi, presque violemment. Je dépose un baiser sur son front d’albâtre, l'éloignant par là même de moi. La situation m'échappe, je préfère écourter ce moment trop intime, je vais faire une bêtise, une de plus.
Elle accepte mes paroles, tend une nouvelle fois les lèvres vers moi.
Je n'arrives pas à résister, malgré mon bon vouloir, et me plonge à nouveau dans le fruité de sa pulpe, longuement. Je me reprend, l'éloigne doucement, elle fait de même, quitte mon appartement.

Une fois Elisa partie, je retourne à ma table, me ressers du thé, reprenant mes esprits un peu plus chaque seconde.
Que voilà un cœur d'artichaut ! Nous nous sommes à peine rencontrés, et elle me déclare déjà sa flamme, avec autant de fougue que d'une honte adorable. Mais cette fille est une source d'ennuis à venir, j'en suis sur. Pourquoi ais-je cédé ? Je l'ai emportée dans son élan, au lieu de la retenir, je n'ai pas réfléchi.
Ma colère, toujours latente, s'alimenta de ce léger dégoût pour moi-même, et mes pensées si douces pour les petits cons qui l'avaient agressés m'accompagnèrent le reste de la journée, plus virulentes que jamais.
Résultat : la nuit venue, mon envie de les étriper ne faisait plus aucun doute, si bien que je m’entraînais sans relâche jusqu'à tomber de fatigue sur mon lit. Pieds, poings, sabre et bâton, je n'avait rien boudé, jusqu'au sang entre mes doigts, jusqu'à ce que mes tempes soient sur le point d'exploser.
Mais le sommeil venant, je ne pus m'empêcher de penser à Dreamland. Dans Quel Royaume allais-je me retrouver ?
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