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"Auriez-vous une minute ?" PV Shana

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MessageSujet: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Jeu 15 Jan 2015 - 0:30
Et me voilà enfin dans les plages de sable fin et chaud, qui se dépêchent d’ailleurs de me glisser entre les tongs militaires que je portais. La chaleur était infernale, mais presque consolante finalement face à l’hiver qui traînait son manteau de froid derrière mon abri d’appartement ; en sus, on manquait l’hydrocution de passer comme ça à de telles températures. Je regardais ainsi partout : la mer pas loin de moi, de très nombreux touristes qui testaient les vagues, des stands en bois typiques où chacun pouvait tester une nouvelle planche de surf ou de nouvelles serviettes, les rares signes de végétation se trouvaient être des cocotiers et autres palmiers, l’arbre typique (certains des premiers d’ailleurs, plus ronchon que d’autres, n’hésitaient pas à faire tomber ces fruits sur ceux qui passaient trop près de lui, et je parlais d’expérience).

En tout cas, pas de Shana en vue pour le moment. Habituellement, elle portait des tenues qui frisaient la couverture de magazines de mode (pour hommes), donc je supposais qu’ici, dans un Royaume vacancier, ses habits ne seraient pas plus outranciers qu’ailleurs. Mais bon, fallait l’attendre un petit moment, alors je m’en sortirais.

Cette nuit-là, on s’était donnés rendez-vous dans ce Royaume afin de pouvoir aguicher au gouvernement actuel, si on pouvait appeler ça un gouvernement, plutôt des patrons d’hôtels et autres clubs pour bobos peureux, nos places de notre propre marché au Royaume des Deux Déesses. Vu qu’on prenait une infime commission sur chaque marchand qui venait chez nous, alors il était dans notre intérêt de faire rameuter le plus de mercantiles, et plus y avait de vendeurs, plus y avait d’autres vendeurs, et plus il y avait d’acheteurs en prime. Une boucle vertueuse qu’il ne fallait jamais hésiter à lancer. Vu le nombre incroyable de stands qu’ils avaient dans ce Royaume, peut-être que quelques-uns accepteraient de déménager pour fuir l’opulente concurrence et trouver refuge chez nous, vierges des produits qu’ils auraient à vendre. C’était pour ça qu’en tant que négociateurs, Shana et moi partions au Royaume des Tropiques… en tant que vendeurs, même.

En attendant de bosser là-dessus, je pensais à la veille et à tous les problèmes que je m’étais créé : j’avais décidé, comme un immense abruti, de créer un restaurant, parce que fuck le journalisme, fuck la pauvreté, fuck partout , j’avais encore gardé mon boulot de pigiste, mais c’était uniquement pour pouvoir parler de mon restaurant une fois qu’il serait construit. Je n’avais été que rarement aussi motivé à l’idée de monter un projet, ce qui était d’ailleurs paradoxal quand on se rendait compte à quel point il était d’importance et que ma vie était misée dessus. Ce que je voulais dire par là, c’est qu’au lieu d’aimer un projet, de commencer à aimer un projet, qui était aussi vital, peut-être que j’aurais dû jeter ma passion sur un passe-temps plus rigolo, plus ludique, et moins stressant. Je voulais en parler à Shana, de cette nouvelle, subite et inattendue orientation professionnelle, histoire de voir jusqu’où elle était capable de materner quelqu’un sans devoir contrôler le moindre de ses gestes… Hum, en parler à Shana n’était peut-être pas l’idée du siècle, elle serait sur mon dos H24.

« Hé, m’sieur, tu veux tester notre trou ? »

Je tournais la tête vers les trois gamins qui venaient de me parler, des sortes de gnome à tête énorme, en maillot de bain jaune et orange, deux filles (une avec des couettes blondes amidonnées et l’autre avec un doigt perpétuellement dans le nez) tandis que le dernier était un garçon avec les yeux tellement écarquillés que j’avais l’impression qu’ils allaient s’éjecter de leur orbite. C’était les couettes blondes qui m’avaient parlé, et son doigt me désignait d’ailleurs un trou qu’ils avaient creusé dans le sable. Je compris à travers mes expériences du langage et des folies oniriques qu’ils voulaient que j’aille dedans. Je m’approchai avec eux du trou, et je me rendis compte qu’il était bien plus profond que ce à quoi je m’étais attendu.

« Vas-y, teste le trou. »

Ne sachant plus quoi faire pour passer le temps, et vu que je n’avais rien d’autre qu’une chemise hawaïenne et un short de bain à fleurs, je me rendis compte que je n’avais rien à perdre à rentrer dans ce drôle de trou. J’y descendis alors, presque en soupirant, ne pouvant éviter la joie physique des enfants qui me remerciaient avec des grands sourires ou qui dansaient autour de leur création. J’avais pied, et ouais, seule ma tête sortait du trou.

« Vous êtes contents, maintenant ? » Oui, ils étaient contents, indéniablement.
« Maintenant, on peut reboucher le trou ? »

Comment dire non ? De toute façon, je n’en étais plus à ça près, et bon, si ça pouvait aider les Créatures des Rêves à penser que les Voyageurs n’étaient pas tous des abrutis… Ils m’enterrèrent donc, avec une vitesse d’ailleurs plutôt effrayante mais en faisant soin à ne pas me foutre du sable sur le visage, je vous remercie les gars. En moins d’une minute, ils avaient rebouché le trou et coincé totalement mon corps, et c’était reparti pour une danse de la joie de décérébrés. Bon, maintenant qu’ils avaient eu leur content, peut-être qu’ils pouvaient me libérer.

Ah non, ça serait trop simple, une maman en forme de nuage grassouillet vint les appeler, et ils accoururent vers elle en me laissant seul comme un con dans leur trou. Ouais, ben merci les chiards. Maintenant que ma tête dépassait du sable. Je jetais un coup d’œil vers les gens les plus proches voire s’ils pouvaient m’aider, mais nan, v’là que les gens étaient plutôt concentrés ailleurs, genre, derrière moi. Parce que la mer en attendant, nan, elle, elle était bien présente, et j’entendis presque les vagues rire tandis qu’elles se mirent à approcher de plus en plus à chaque coup, léchant le sable rapidement comme si elles cherchaient à me noyer. Et en plus, voilà que c’était du sable bien dense, difficile de s’en échapper. Oui bon, au lieu de faire des efforts vu que je ne pouvais pas bouger un muscle, j’attendrais Shana comme ça. La nuit commençait sur les meilleurs hospices, vraiment génial.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Dim 18 Jan 2015 - 14:12
Lorsque j’ouvris les yeux, mon premier réflexe fut de mettre ma main devant pour me protéger de la grande luminosité qu’offrait le soleil. Une fois mes yeux habitués, j’observai autour de moi. Je me trouvai au Royaume des Tropiques, comme prévu, sur une plage de sable fin, et il faisait une chaleur étouffante. Les gens, voyageurs, rêveurs ou habitants des rêves, s’amusaient sur la plage, mangeaient des glaces, ou se baignaient. Pour une fois, ma tenue légère était plutôt la bienvenue. Je portais un maillot de bain noir, et un paréo rouge entourait ma taille. Le haut du maillot ressemblait plus  à un simple morceau de tissu qu’à un soutif, aussi je détachais le paréo, et vint l’accrocher autour de ma poitrine plutôt qu’au tour de ma taille. En baissant les yeux, j’aperçus des lunettes de soleil posées sur une serviette vide. Je les piquai et partis à la recherche de mon ami.

Nous nous étions donné rendez-vous ici, aussi devrais-je le trouver facilement. Ou pas. Ed voulait que l’on trouve de nouveaux marchands à rameuter au Royaume des Deux Déesses, pour gagner un peu plus d’argent. Ce qui n’était pas une mauvaise idée. Surtout qu’ici, le royaume ne se plaindrait pas de perdre quelques vendeurs. La plage en était recouverte. Et puis, les casinos, bars, et autres lieurs de plaisirs leur faisaient surement gagner déjà beaucoup. Bon, à part ça, je ne voyais aucun grand dégingandé blond autour de moi. Ca ne devrait pourtant pas être difficile de le trouver, non ?

Cela faisait un moment qu’on ne s’était pas vu, que ce soit dans la vie réelle ou sur Dreamland. Depuis que j’avais terminé mes études de puéricultrice, je travaillais dans une crèche à temps partiel, et donnais des cours de soutien aux jeunes qui souhaitaient passer les concours d’infirmière. Mes journées étaient assez remplies, et je n’avais pas vraiment le temps de faire quoique ce soit d’autres, mes weekends étaient consacrés au mode cocooning avec mon chat. Et puis, Ed avait sa vie également, et puis… Il m’était difficile de le voir, psychologiquement parlant. J’avais cru comprendre qu’il avait, ou avait eu, une copine, et ça m’était difficile. Peut-être qu’un jour j’arrêterai d’espérer quoique ce soit venant de sa part de ce côté-là. Enfin bon.


« Hey Maman ! C’est trop bien, on a fait un trou super grand !
- Ouais, et on a enterré un monsieur dedans, c’est trop rigolo…
- C’est bien les enfants, c’est bien… »

J’observai la mère et ses trois enfants partir vers le stand de glace de l’autre côté de la plage. Un monsieur dans un trou ? Qui serait assez bête pour… ? Non… Ne me dites pas que… Mon regard se posa en direction de la mer. Un soupir m’échappa et je me dirigeai vers la mer. Je ne mis pas très longtemps à trouver ce que je cherchai. Je m’accroupis et baissai légèrement mes lunettes pour le regarder par-dessus.

« Ca va, pas trop chaud là dedans ?  T’as besoin d’aide peut-être ?
- Mettons que j'ai besoin d'aide…
- Tain, t’es pas croyable sérieux… Y’a que toi pour te fourrer dans des situations pareilles. »

On taira mes nombreuses péripéties aussi. Je me relevai et invoquai Suigin Tou. Celle-ci explosa de rire en voyant la situation d’Ed, et une fois calmée, elle m’aida à creuser un peu, en renforçant ses plumes. Une fois que l’on eut réussi à dégager un des bras d’Ed, je tirais dessus, en essayant de ne pas lui faire mal bien sûr, pendant que ma poupée continuait de creuser…
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Dim 18 Jan 2015 - 17:09
Shana vint évidemment à ma rescousse pour combattre le sable, non pas que j’étais incapable de me dégager du sable humide qui se collait à moi, j’étais assez fort pour ça, mais a m’aurait demandé plusieurs tortillements et des muscles, ce qui était déjà en soi ridicule, alors que l’aide tranquille de Shana passerait à merveille. Je me débarrassai du sable grâce à l’aide de son (aimable (et idiote)) invocation et bientôt, couvert de sable dont j’enlevais une partie avec les mains, je fus bientôt debout, face à une Shana qui n’avait jamais autant été vêtu, et je lui fis la bise plus un câlin pour la saluer. Putain, du sable partout, même sur ma chemise. Je me justifiai au passage pour sa dernière phrase :

« Des situations pareilles ? Mais j’ai fait plaisir à des gosses ! »

Voilà une énorme différence de mentalité entre Shana et moi. Shana, c’est, ne fais rien de dangereux, et moi, c’était focus sur « la fin justifie les moyens ». Difficile pour elle de concevoir qu’on puisse sacrifier sa vie pour le bien de tous, enfin si, elle le concevait extrêmement bien, mais tant que ce n’était pas elle qui s’en chargeait, alors nous autres, aventuriers du dimanche, étions des triples buses qui mettions invariablement notre vie en danger ; de mon côté, je tentais de me mettre à sa place sans y parvenir, et je ne voyais pas en quoi on devait dire « non » aux aventures sous prétexte que notre vie était en danger. Traverser une route était dangereuse, alors j’imaginais que lutter contre un gang de T-rex l’était aussi, oui, c’était sûr, mais mettre sa vie dans la balance était une chose tellement normale. Et non pas que je recherchais activement l‘adrénaline comme une drogue, non, mais… Aaaah, c’est pas grave, je n’arrive même pas me l’expliquer, alors mettre des mots là-dessus pour tenter de faire comprendre Shana, c’était impossible. Un sourire et ça passait. Dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, le sourire n’avait plus de dent, suite à la correction de mama.

On se mit à marcher vers l’énorme bâtiment blanc qui était notre cible, mais vu la distance, on n’y serait pas avant un bon quart d’heure de marche. On passa alors sur la plage, avec une plus grande concentration de personnes sur la plage ou dans l’eau, donc il fallait juste slalomer entre les serviettes. Tandis qu’on passait, j’engageai la discussion en rendant un ballon à des chiards :

« Tu vas bien sinon ? Le boulot, comme tu veux ? »

Shana travaillait à la puériculture, quelle fabuleuse image il y avait à faire avec Dreamland… Jacob et moi ne devions pas trop la dépayser, c’était parfait, même si j’avais l’impression que le métier qui lui demandait le plus de compétences était celui qu’elle faisait dans le Royaume des Deux Déesses. C’était tout de même légèrement irritant de savoir que Shana faisait tout pour nous, jusqu’à nous préserver en vie, faire marcher le Royaume, et préparer le goûter dans un petit panier. Heureusement qu’elle était là ; c’était elle ou Fino. Je ne doutais en aucun cas des capacités de gestionnaire de Fino, mais notre Royaume serait rapidement devenu SON Royaume, avec des lois injustes, et il aurait commencé un culte de la personne et aurait fait de tous les habitants du Royaume ses esclaves une fois que nous autres aurions eu le dos tourné occupés à une quelconque aventure.

Bon d’ailleurs, en parlant de responsabilité et autres, il fallait que je parle de Shana de mon futur restaurant. Je savais que c’était une mauvaise idée, que j’aurais le droit à mille questions auxquelles je ne serais pas préparé, mais j’étais trop emballé par le sujet pour ne pas le déballer dès que j’en avais l’occasion, surtout à une amie aussi intime. Tandis qu’on marchait sur la plage, avec à notre gauche des vagues qui faisaient des rouleaux inoffensifs pour les enfants et que les parents les surveillaient, j’apostrophai Shana, et dès que j’eus son entière attention, je lui dis, d’une voix lente et saccadée :

« Hey, j’ai… J’ai un projet professionnel qui me tient énormément à cœur. Je laisse tomber le journalisme, et je vais ouvrir un restaurant. » Puis maintenant que c’était dit, je me dépêchais de balancer la suite de mes idées : « J’aimerais peut-être faire un truc autour de Dreamland, sans forcément que ça soit public, mais comme ça, les Voyageurs sauront s’y retrouver, je ne sais pas… J’ai trouvé plusieurs terrains biens, aux bords de Montpellier, j’ai déjà un serveur, Matthieu Furt, tu vois qui c’est ? Enfin, ça prend de plus en plus forme, et ça me fait de plus en plus envie, donc je vais en profiter. Je crois qu’en me préparant bien, ça pourrait le faire. »

J’en étais presque honteux de dévoiler quelque chose de si important de manière si officieuse et avec si peu de détails, mais que voulez-vous. Je me grattai la tête avec cette description tellement belle qu’il manquait juste un Powerpoint afin de pouvoir l’édulcorer. Je continuai ensuite :

« D’ailleurs, si ça t’intéresse d’y avoir un poste quelque part, hein… Pourquoi pas. »

Je n’avais encore rien planifié, mais je supposais que je pourrais toujours réserver une place pour Shana quelque part, elle l’accomplirait sans coup férir et avec sa vaillance maternelle imperturbable. Bon, hein, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me réponde oui, elle avait d’autres métiers sur le feu, mais il me semblait que ça se faisait de proposer des postes à son entourage quand on créait une entreprise, donc, continuons les traditions.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Ven 23 Jan 2015 - 17:32
C’est d’un air sceptique que j’observais mon ami se débarrasser du sable qui le recouvrait, tandis qu’il se justifiait par une excuse bidon comme quoi il avait voulu faire plaisir à des gosses. Ce n’était pas vraiment une bonne raison pour se laisser enterrer vivant, mais je ne fis aucun commentaire sur la question, et détournais discrètement le regard devant le torse nu d’Ed. J’avais pris la résolution d’arrêter de lui gueuler dessus pour un rien. Je m’étais rendue compte que j’agissais avec lui comme une mère le ferait avec son gosse casse cou. Or c’était loin d’être le rôle que je voulais avoir à ses yeux. Toutefois, il y avait de grandes chances que ce soit trop tard, et c’était à moi de rectifier la chose. C’est une des raisons pour lesquelles je ne lui criais pas dessus. L’autre raison étant que j’avais croisé les gosses en question et, qu’en effet, ils semblaient heureux d’avoir pu enterrer un monsieur dans le sable. Alors à quoi bon s’énerver ? Et puis, il fallait avouer, que j’avais le don pour me mettre dans des situations improbables contre mon volonté également… Qui étais-je pour lui jeter la pierre ?

Nous nous mîmes à marcher vers un énorme bâtiment blanc. A vrai dire, je suivis plus Ed qu’autre chose. J’ignorai vraiment où nous allions, je savais juste que nous devions demander à des marchands s’ils ne souhaitaient pas changer d’endroit. Alors que nous marchions sur la plage, slalomant entre les serviettes, j’observais Ed rendre un ballon à des enfants tandis qu’il me demandait si tout allait bien en ce moment.


« Moui, la routine quoi… Je passe ma semaine entre les petits de la crèche, et les futurs étudiants infirmiers… Rien de bien exceptionnel… Et puis le weekend je dors. Et encore, même quand je dors, j’ai du mal à me reposer. Enfin bon. Comme d’habitude quoi… Et toi ?»

Il me répondit vaguement que ça allait, mais je sentais bien que quelque chose le préoccupait. J’allais lui demander ce qui n’allait pas, mais me retint. Il m’en parlerait s’il le souhaitait. Je n’étais pas sa mère. Fallait que je me mette ça dans la tête bon sang ! Nous marchions en silence quand il se décida enfin à prendre la parole. J’écoutais donc son discours, enfin son projet, légèrement abasourdie. Un restaurant ? Lui à la tête d’un restaurant ? Mais… Plaisantait-il ? Ce serait bien son genre tiens, de me faire tourner en bourrique en inventant des bobards pareils. Néanmoins, plus je l’observais m’expliquer son projet de restaurant lié à Dreamland, plus je compris qu’il était sérieux. Il termina son petit monologue en me proposant un poste. Je m’étais arrêtée de marcher pour le regarder. Un restaurant ? Mais pourquoi un restaurant ? Et son rêve de devenir journaliste ? Etait-il devenu fou ? C’était un sérieux investissement d’ouvrir un restaurant. J’avais envie de me mettre à crier ces choses sur la plage, mais ma bonne résolution prit le dessus, et je pris une grande inspiration avant de lui répondre.


« Oh ! Et bien… Si ça te tient tellement à cœur, vas-y. Et pour le poste, je… Je vais y réfléchir. Mon boulot à la crèche me plait, et… Je ne sais pas… » Laisser tomber un vrai boulot pour me lancer dans une aventure aussi aléatoire que l’ouverture d’un restaurant, c’était difficile à prendre comme décision… « Mais, je ne comprends pas, tu voulais tellement être journaliste. Il s’est passé quelque chose pour que tu veuilles arrêter ? Et tes parents ? Ils en disent quoi ? »

Je connaissais un peu la famille Free, et je devais avouer que je ne savais pas vraiment comment ils pouvaient réagir à cette nouvelle lubie d’Ed.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Sam 24 Jan 2015 - 17:49
Shana me surprit : elle ne se jeta pas sur moi pour m’arrêter, m’emprisonner, me plaquer au sol et arracher ces pensées de mon cerveau en hurlant toutes les choses dont elle était sûre que je n’avais rien préparé, l’assurance, les contrats de travail, la comptabilité, le terrain (il était pas trop cher) l’étude de marché, et tout le tutti quanti administratif que représentait une telle masse de travail. Bon, elle était déjà certainement surprise du choc de me voir rechercher autant de responsabilités d’un coup, effectivement, ça ne me ressemblait pas, il fallait lui laisser un peu de temps. En tout cas, ses premiers mots furent tout à fait inattendus : vas-y, bonne chance. Et le point à la fin est bien de la bonne ponctuation, représentant la neutralité avec laquelle ça avait été dite quand on connaissait le goût de Shana pour l’extériorisation de ses propres pensées. Je pensais même pendant un moment que je l’avais déçu.

S’en survint cependant, et j’étais de retour sur des sentiers battus, une multitude de questions et j’avais peine à les repousser, tant elles sortaient rapidement. Juste après qu’elle ait refusé mon poste ; enfin, c’était tout à fait normal quelque part, je n’avais dit ça que pour la politesse, je ne m’étais pas attendu une seule seconde à ce qu’elle dise oui, surtout qu’elle avait déjà un emploi qui se passait très bien et que ses études la focalisaient sur un métier toujours aussi demandeur. Je passais rapidement pour essayer de pallier ses premières inquiétudes avec des réponses, mûrement réfléchies la veille, mais qui fondaient comme neige au soleil face à la réalité.

« J’ai fait des études de journaliste, donc je suis le mieux placé pour savoir que je vais pas me plaire. Y a trop d’offres pour n’importe quoi et… Bah, j’ai fait journalisme par défaut, une décision presque sur un coup de tête, quand je suis parti sur Montpellier. Maintenant que j’ai… » Mûri ? Non. Gagné en intelligence ? Non plus. Hum… « … compris plein de choses, je me suis rendu compte que ça ne serait pas pour moi. Et comme ouvrir un restaurant est quelque chose qui me plaît, je me lance dedans. » On dirait que je parlais d’une partie de Mario Kart, donc oui, fallait rectifier. « J’ai envie de faire quelque chose de mes dix doigts ailleurs qu’à Dreamland, et tenir un restaurant, c’est exactement ce que je veux. »

Je ne saurais l’expliquer mieux que ça, j’avais peur de ce que je découvrais sur moi. Une sorte d’égoïsme, une sorte de peur aussi, celle de ne rien faire, d’être inutile, de ne rien laisser comme souvenir dans le monde. J’avais envie, donc je faisais, point, pas besoin d’aller chercher plus loin, je me contenterais du résultat de cette ébauche d’introspection.

Quant à la famille… Il faudrait peut-être que je les mette au courant, oui. Dans un an ou deux, quand je serais déjà dedans jusqu’au cou, que je ne pourrais plus faire marche arrière ; j’étais entrepreneur, ça devrait leur faire plaisir, chef d’autres personnes. Mais je ne les tiendrais pas au courant de cette affaire, je resterais évasif, même à Cartel, surtout à Clem, qui s’empresserait de le faire savoir à toute la famille comme l’enfoiré qu’il était. Non, il valait mieux les laisser en-dehors de tout ça. Shana pouvait se montrer extrêmement protectrice, mais la famille serait encore pire : elle jugerait. Je fis un signe de dénégation à Shana avec la main quand elle m’en parla, du genre, rien à secouer, avant d’expliciter :

« Je leur en parlerai un de ces quatre. Plus tard. Quand j’aurais les mains dans le cambouis, sinon, ils vont tenter de me dissuader pour faire autre chose. Quoi, je sais pas, mais ils seront contre. Donc pas un mot à ma famille, même pas à Clem. Je gère cette histoire seule. De toute façon, je n’y suis pas encore, mais j’ai très envie. » Un peu puéril de dire ça comme ça, mais je n’avais pas d’autres façons de l’exprimer.

La marche continuait en tous les cas, le soleil était toujours aussi horrible, malgré les lunettes de soleil qu’il portait et son petit sourire, niveau température, et la mer semblait toujours aussi attractive. J’avais envie de me foutre à l’eau, mais on avait plus important à faire. Le bâtiment blanc était maintenant près de nous, et il ressemblait à un énorme hôtel super chic pour touristes millionnaires, avec des baies vitrées partout, une forme étrange qui hurlait « Je suis cher, mais si vous prenez une chambre chez moi, vous aurez la côte auprès de vos amis mon fortunés ». La porte vitrée s’ouvrit à notre approche, et gentleman, je laissais Shana passer devant.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Dim 25 Jan 2015 - 16:43
Ces derniers temps, comme je le disais, je me remettais beaucoup en question. Sur mon caractère, mais aussi sur ma vie. Cela faisait trois ans que j’étais entrée sur le monde du travail, et oui déjà. J’avais terminé mes études à l’âge de vingt-deux ans, haut la main à mon grand étonnement, et j’avais trouvé du travail à peine un mois plus tard. Depuis quelques mois, en plus de mon travail, j’aidais les futurs étudiants. Toutefois, même si j’adorais les enfants, j’avais commencé à me poser des questions. Est-ce que je voulais faire ce métier toute ma vie ? Est-ce que je voulais changer des couches et calmer des bébés en pleurs toute ma vie ? Quelques temps auparavant, j’avais eu ma mère au téléphone qui m’avait laissé sous-entendre que j’allais avoir bientôt vingt-cinq ans, et qu’il était peut-être temps que je me trouve un homme dans le but de fonder une famille. L’un de mes frères, de deux ans mes aînés, avait déjà eu des jumeaux avec sa femme. L’autre avait une copine, et cela semblait bien marcher, même si je ne l’avais pas encore rencontré. Et ma mère s’était tournée vers moi. L’idée de marier son unique fille devait probablement la travailler. Bref, tout ça pour dire que je commençais à remettre ma vie en question, et voilà qu’Ed me balançait son projet à la tête.

Ed ne m’avait pas déçu de part son projet, loin de là. Je devais avouer que je trouvais que c’était une bonne idée. Il m’expliqua d’ailleurs que le journalisme n’était pas son truc, et qu’il voulait vraiment faire quelque chose qui lui plaisait. Le restaurant était cette chose, ce projet qu’il voulait mener à terme. C’était une bonne idée, c’était certain, et j’avais honte de ne pas me montrer plus enthousiaste pour mon ami. Mon meilleur ami. Mon cœur se serra à cette pensée, mais je l’ignorais. Ed était le genre de mec qui faisait ce qu’il avait envie de faire, et c’était comme ça depuis qu’on était petit. Il voulait ce jouet ? Il ferait tout pour l’avoir. Il voulait cette sucette ? Il irait aider une vieille dame à monter ses courses pour se payer sa sucette. C’était comme ça, et ça avait toujours été.

Il n’avait rien dit à ses parents, et ne comptait pas les prévenir. Je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire, c’était bien lui ça. Mais il avait raison. Cartel serait capable de se pointer à Montpellier juste pour lui foutre un coup de pieds aux fesses et le jeter dans ses études. Et Clem était bavard.


« Ne t’inquiète pas. Je ne dirais rien, promis. »

Mais mon cerveau était en marche. En premier lieu j’avais refusé son offre. Comme je disais, j’avais mon boulot, ma vie. Il ne me manquait que l’homme et les gosses pour avoir une petite vie presque parfaite, du moins selon l’avis de ma mère. Mais je n’étais pas d’accord. Je ne voulais pas entrer dans cette petite vie tranquille, pas tout de suite. J’étais jeune, à peine un quart de siècle après tout. Mon regard faisait des allers-retours entre Ed et le sable chaud. Mon diplôme et ma capacité à bien m’occuper des enfants ne s’envoleraient pas avec le temps. Je travaillais à temps partiel à la crèche, et aider les étudiants à côté. Si j’arrêtais ce dernier job, je pourrais très bien travailler avec Ed à la place. C’était faisable. La crèche la journée, le restaurant le soir. Puis avec le temps, peut-être arrêterais-je la crèche, qui sait ?

Sans que je ne me rende compte, nous étions déjà arrivés au bâtiment blanc qui hurlait la richesse à vue d’œil. Ed me laissa entrer avant lui, et je fus submergée par un environnement qui appelait à la dépense immédiate. Dans un coin de l’immense bâtiment, se trouvait un casino, tandis que de l’autre côté, se trouvaient des restaurants, et des marchands à la volée. Notre cible. Avant de commencer ce pour quoi on était venu, je m’arrêtai et attrapai la main de mon ami.


« Tu sais quoi ? J’accepte ton offre. Dès demain, je donnerai ma démission pour arrêter l’aide aux étudiants. Ce boulot ne m’intéresse pas, et je pense que ça peut être une excellente expérience de travailler dans un restaurant. Et puis, si je ne suis pas là, qui t’empêchera de faire des conneries, hein ? »

Je souris à cette dernière phrase. Je ne voulais pas parler à Ed de mes problèmes de remise en question actuels, je ne voulais pas l’ennuyer. Alors je souris, comme à mon habitude.

« Aller viens ! Allons ramener du monde dans notre Royaume ! »
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Lun 26 Jan 2015 - 19:33
  Stop, soirée dreamlandienne, on s’arrête ici, on repart en arrière et on essaie de comprendre si j’avais bien entendu les mots de Shana, si c’étaient ses phrases à elle et non d’un étrange script qui avaient tintinnabulé dans mes oreilles ; à bas la Shana précieuse, qui dans les constantes et les variables tenaient plus des premières que des secondes, Shana, la base, la stabilité même, qui ne connaissait pas les risques car elle en agrémentait ses équations, Shana la sage qui ne mettait pas un pied de travers, cette Shana-là, la maman, la maternelle, venait tout simplement de jeter au loin ses promesses d’emploi rien que pour moi, d’abandonner ce qu’elle aimait pour se jeter à futur perdu dans ma propre entreprise ;  je sentais déjà un énorme poids des responsabilités m’écraser le ventre, puis ensuite, la réflexion suivante : Shana avait-elle abandonné tout instinct maternel ou au contraire, celui-ci se manifestait-il de la plus pure des façons en refusant de sacrifier ma vie seul ?

  Enfin, au final, ce fut une léchée flamboyante dans tout mon corps de plaisir, celui où je pouvais me dire : j’ai des amis et je pouvais compter sur eux. Comment avais-je pu oublier que Shana était la plus fiable de tous ceux que j’aimais ? Je lui fis un bisou sur la joue quand elle dit ça, de joie profonde, mais il fallait absolument que je redresse le navire pour ne pas me montrer parfaitement égoïste : je n’avais pas à remercier Shana aussi chaleureusement seulement quand elle se pliait à mes exigences, il fallait que j’appréhende la profondeur de son geste. Je lui souris grandement en lui posant une main sur l’épaule, cette fois-ci, c’était moi qui m’étais arrêté :

« Shana, t’es une folle. » Oh, puis merde, hein, je la serre contre moi en lui frottant le dos vigoureusement tant j’étais heureux. « Nan, t’es ma folle, et t’es parfaite. » Je la lâchai, la regardais, et avant qu’on ne rentre dans le bâtiment, je lui dis tout de go : « Mon restaurant va pas se créer du jour au lendemain, t’as encore quelques mois devant toi avant de tout lâcher. Je te le répète, je te dirai tout pour que tu puisses appréhender. Et que t’aies le temps de changer d’avis. » Aussi.

  J’avais envie de rajouter que la nuit portait conseil, mais les Voyageurs ne pouvaient plus trouver refuge dans cette petite maxime bien complaisante.

  En tout cas, nous marchâmes dans le bâtiment où nous attendit un énorme hall. On se dépêcha d’aller voir une Créature des Rêves, une vahiné au visage rond et avec l’éternel collier de fleur, et on lui demanda un rendez-vous avec le chef des marchands du Royaume. Elle répondit :

« Oh, vous voulez parler affaires avec le GMCBH ?
_ Pardon ?
_ Le Gestionnaire des Marchands Consentants et de Bonne Humeur. C’est aussi le GMCZ, soit le Grand Manitou du Club Zed. Laissez-moi quelques instants… »


  Elle décrocha un téléphone typique et parla dans une langue étrangère (ne cherchez pas le nom de cette langue, ne cherchez pas de similitude avec notre dialecte onirique, ne cherchez pas à trouver de ressemblance avec des langues connues : c’était juste une langue étrangère). Elle acquiesça plusieurs fois du menton en écoutant son interlocuteur invisible lui répondre, et posa le combiné sur la base (en forme d’ananas, pour les plus curieux d’entre vous). Elle nous indiqua comment nous rendre à son bureau de façon tellement claire que même-moi, qui avais troqué mon sens de l’orientation contre un peu plus de malchance, je ne pourrais m’y perdre. Comme dans un hôpital, tout était balisé pour que personne ne puisse se trouver par hasard dans un lieu qu’il n’avait pas cherché à rejoindre.

  Shana et moi partîmes alors dans l’hôtel, où l’on traversa plusieurs grandes salles qui remplissaient parfaitement les mots qui les suivaient, soit « de rêve » et on croisa d’autres. Le buffet du restaurant qui s’était ouvert à notre vue semblait tellement bon que je faillis réserver une place pour ce soir afin de le goûter. Après avoir grimpé trois escaliers et être arrivé à la bonne porte, on arriva enfin devant le bureau qui comprenait tellement d’acronymes qu’il était difficile de ne pas s’y perdre. On toqua, on entra.

  La personne qui était assise à son bureau semblait plutôt ronde, et extrêmement joviale. Vêtu d’un short beige qui criait « vacances », d’une chemise orange qui hurlait à la plage, d’un bob aussi beige qui psalmodiait « ringard », le type était une autre Créature des Rêves qui avait une peau bronzée seulement partiellement. Et dès qu’elle nous vit, il fit un tel sourire qu’on aurait pu lui enlever facilement des molaires ; ses bras étaient écartés et il fit un énorme câlin à Shana en lui souhaitant le bonjour ici, avant de faire de même avec moi. Vu qu’il avait aussi un collier à fleurs, il se dépêcha de nous en donner un et ne fit avancer que la conversation que quand ces maudites fleurs en plastique nous grattaient le cou :

« Mes bons amis ! Mes bons amis ! Mais que puis-je pour vous, dîtes-le moi ! »

  Je fis un petit signe de coude dans le dos à Shana pour qu’elle se lance. C’était elle, la diplomate.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Mer 28 Jan 2015 - 13:56
Alors que je pensais, naïvement, qu'on allait laissé cette discussion derrière nous pour le moment, Ed m'attrapa la main pour me faire revenir et déposa un baiser sur ma joue. Un frisson me parcourut tout le corps, tandis que mes joues rosissaient sous ce baiser. Que... Je baissai les yeux, légèrement gênée par ce geste. Tant bien que mal, je tentai de reprendre mes esprits. Lorsqu'il posa sa main sur mon épaule, je relevai les yeux vers mon ami qui me traitait de folle, un grand sourire aux lèvres... Avant de me serrer dans ses bras, augmentant la nuance de rouge de mes joues. Je posai mes mains sur son dos également, toujours un peu gênée mais essayant de le cacher. Ce n'était pas le moment de craquer, pas maintenant, pas après toutes ces années passées à mettre mes sentiments de côté. Avant qu'on ne rentre dans le bâtiment, il me relâcha et m'expliqua que j'avais du temps avant de démissionner et qu'il me tiendrait au courant de tout. J'acquiesçai machinalement avant de reprendre la route vers le bâtiment et d'entrer dans l'immense hall.

Tandis qu'Ed se dirigeait vers une Créature des rêves, je le suivis, un peu en retrait, et me donnais des gifles discrètement. Aller, reprends-toi ma vieille ! C'était qu'un simple bisou et un simple câlin, il t'en a déjà fait, c'est pas le moment de péter les plombs ! Je le rejoignis au comptoir, tandis qu'il demandait un rendez-vous avec le chef des marchands du royaume. Quand Ed dit « pardon ? », je dis « quoi ? » en même temps avant qu'elle nous explique qui était le GMCBH. Ils avaient pas plus compliqué comme nom ? Alors que la femme téléphonait à quelqu'un, mon regard se porta sur Ed, et je lui souris. La femme nous indiqua où nous rendre, et nous partîmes donc en quête du bureau du chef. Tout en marchant, je regardais autour de moi sans vraiment faire attention aux choses qui nous entouraient, perdue dans mes pensées.

Je ne savais pas vraiment ce qui m'avait pris de me jeter ainsi dans le projet d'Ed, mais quelque chose me disait que je ne le regretterais pas. Jusque là, l'aventure n'avait pas été trop mon truc, mais la routine dans laquelle je vivais commençait à me donner envie de connaître cette aventure que j'avais si souvent proscrit. Sans que je ne m'en rende compte, nous étions déjà arrivés dans un bureau où un type jovial se trouvait. Tellement jovial qu'il vint nous serrer dans ses bras. Décidément, c'était la soirée des câlins ou quoi... ? Je me retrouvai avec un collier de fleurs autour du cou, assez désagréable, mais le gardai pour ne pas paraître impolie. L'homme nous demanda ce que nous voulions, et un coup de coude d'Ed me fit comprendre que c'était à moi de parler, me sortant ainsi de mes pensées. Je toussotai et pris la parole.


« Tout d'abord, permettez-moi de nous présenter. Voici Ed, et je suis Shana. Nous sommes tous deux souverains du Royaume des Deux Déesses. Vous connaissez ? Super ! Comme vous le savez peut-être, il s'y trouve un grand marché très agréable, où de nombreux marchands se rassemblent pour... Et bien pour marchander. L'ambiance y est très chaleureuse, il n'y a jamais de conflits – ou en tout cas très rarement car nous sommes là pour y remédier. Nous voulions donc vous proposer de faire venir quelques-uns de vos marchands dans notre Royaume. Les places n'y sont pas chères, nous ne prenons qu'une petite commission sur celles-ci, et nous avons beaucoup de visiteurs, soyez-en sûrs ! »

Le type me regardait avec des yeux qui ne semblaient pas savoir s'ils voulaient être surpris, inquiets, intéressés ou autre. Je toussotai de nouveau et pris une grande inspiration (tellement grande, que mon paréo quitta le support de ma poitrine pour retomber sur ma taille. Haerm.) avant de reprendre la parole.

« Je vois que vous semblez sceptique, et je le comprends parfaitement. Deux voyageurs inconnus qui viennent ainsi vous vendre des places dans un petit royaume, il y a de quoi tiquer, je comprends. Néanmoins, petit royaume ne signifie pas forcément petit commerce. » Je passai mon bras en travers des épaules de Ed, le forçant à se baisser légèrement. « Vous savez qui c'est ? Ed Free, des Private Jokes. Vous avez sûrement déjà entendu parler de lui et de sa notoriété, j'en suis sûre. Et que veut dire notoriété ? Et bien fans voyons ! Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de gens qui viennent dans notre royaume, dans le seul but de l'apercevoir, et ils passent tous par le marché... Assurément. » Je fis une petite pause, un large sourire sur le visage. « Qu'en dites-vous ? »
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Ven 30 Jan 2015 - 2:41
C’était pour ça que je prenais Shana avec moi dans ce genre de situations (d’accord, c’était unique, mais si je l’avais fait de nombreuses fois, je l’aurais toujours appelé afin qu’elle m’aide) : elle avait son charme à elle qui dépassait facilement son physique ravageur, cette espèce de candeur qui ressemblait bien plus à une vraie personne qu’à une Voyageuse. C’était ça, finalement, la grande différence entre Shana et nous autres, Voyageurs. Shana restait elle-même, dans les deux mondes, quand chacun adoptait le comportement qu’il préférait, refoulé par le monde réel ; peut-être que Jacob serait comme elle si sa bulle ne lui ruinait pas le moral. Mais Shana avait une force morale et une justesse d’esprit qui faisaient que Dreamland n’avait aucune prise sur sa personnalité, et qu’elle restait joyeuse la plupart du temps, elle-même. Elle n’avait besoin de rien refouler, sa vie était comblée, tout était parfait de son côté. Je jalouserais cet équilibre si Dreamland ne m’apportait rien, mais c’était faux. Dreamland me donnait et j’avais envie de prendre ; pour ça, il fallait que je sois différent, moins réfléchi, sinon, j’adhérais pas. Elle était loin l’époque où Dreamland était l’endroit punching-ball où je pouvais frapper pour expulser mes mauvaises journées et ma vie de merde. C’était maintenant tardivement que je m’étais rendu compte que mon amie de toujours était restée fidèle à elle-même depuis le début. C’était évidemment moi qu’on allait retenir ; je me disais maintenant qu’on avait totalement oublié la définition d’une « personne extraordinaire » et qu’on pourrait coller cette étiquette à Shana.

Son éloquence, ses gestes même, n’étaient pas si importants face à l’entrain faussement naïf de Shana. En un instant, elle me vendait en tant qu’image de marque, devenant ainsi non seulement la preuve du sérieux de l’affaire ainsi que la sûreté d’avoir du trafic. Je ne savais pas si Shana l’avait fait exprès ou non, mais son argument de vente était très bien trouvé : les vacanciers des Tropiques oniriques vendaient généralement des goodies sur des Voyageurs, et c’étaient évidemment eux qu’on allait venir trouver, pas vraiment ceux qui vendaient des planches de surf et des serviettes pour aller se baigner. Se baser sur des célébrités était une très bonne idée que j’applaudissait intérieurement.

Je souris comme je pus, content de ne pas avoir à parler, alors qu’elle me prenait par-derrière la tête, et véritablement, non, je ne trouvais rien d’autre à rajouter. J’étais même un peu fier de savoir que j’étais devenu un des arguments de vente, ça me changeait de la rivalité inconsciente et à sens unique que j’éprouvais envers Jacob Hume et sa célébrité aléatoire, et oh, qu’il est beau Jacob, qu’il est fort, qu’il est taciturne et qu’il parle pas, ça le rend extrêmement ténébreux, c’est le genre de bad guy édulcoré parfait pour faire s’extasier les foules. Et oh, le vilain Ed, son chien de compagnie qui mord très fort, MAIS oh, regardez, Jacob Hume s’envole vers les cieux !
Sinon, non, ça allait, je ne faisais pas trop de complexe, merci beaucoup. Peut-être que ça irait bien mieux pour moi si le type avait pas répondu ce qu’on aurait pu s’attendre d’un mauvais running-gag :

« Les Private Jokes, hum ? C’est le fameux groupe sous les ordres de l’Intouchable, non ? »
Non.
Imbécile.

Il réfléchissait toujours sans se départir de sa bonne humeur extrêmement apparente et presque gênante : on avait envie de lui retourner mais on avait peur de ne pouvoir vivre avec autant d’hypocrisie en soi comme lui. En tout cas, s’il se posait des questions et étudiait la demande, il le fit très rapidement. Il passa derrière son bureau et vérifia quelques feuilles de papier colorées. Il revint vers nous pour nous répondre :

« C’est très intéressant. Nous n’avons pas réellement de marché intérieur, enfin, je ne touche pas l’EV des mercantiles, je n’ai pas forcément intérêt à ce qu’il reste ici, et c’est vrai que nous avons une très grosse offre, serait-il judicieux de disperser notre affaire afin que chacun dans tous les Royaumes se sente en vacances grâce à nous. Ça ferait venir des gens ici. Ensuite, il ne faut pas que je les envoie n’importe où, ni trop, je ne voudrais pas que mes concurrents empiètent sur mon territoire, ils n’ont aucune notion de rêve, aucune. » Il se caressa un menton parfaitement vierge de tout poil, et continua après avoir parlé pour lui à voix basse : « Vous savez, vous n’êtes pas les seuls qui êtes venus m’approcher. Le Royaume des Chats, Champiland, Park of Games, enfin… Ce que je vous propose, c’est que vous reveniez dans une semaine, voilà. Sept jours, pile. Nous allons organiser un concours afin de savoir qui d’entre les marchands a les meilleurs vibes, vous voyez, les vibes, tout à fait. Disons, qui a le même état d’esprit que nous, notre meilleur partenaire, voilà. Trois épreuves, je pense qu’on fera, et je déciderai à l’issue des trois vers qui on envoie nos fameux marchands. Si vous réussissez, je vous promets de créer un titre rien que pour vous, les GPPJRDDAMVQN.
_ Hum ?
_ Les Gentils Partenaires Private Jokes du Royaume des Deux Déesses Ayant les Mêmes Vibes Que Nous, évidemment !
_ Ça sonne bien.
_ Carrément, je pense la même chose ! Ça sonne bien, tout à fait ! Je sais que vous pourriez envoyer ce fameux Jacob Hume, mais je préfère que ça soit vous deux qui veniez. Je viens tester les commerciaux, ça serait tricher que de ne pas envoyer les commerciaux, hein ? »
Clin d’œil.

Il souriait toujours, il semblait excité à l’idée d’organiser de telles épreuves et n’était pas loin de jubiler. Je me dis que ça serait facile en tout cas : avec ma force et les cinquante-trois mille qualités de Shana, je ne voyais pas comment on pouvait perdre. C’était de toute façon encore mieux qu’avec Jacob, parce qu’on était tous les deux des brutasses. Avec Shana, on allait former un tandem parfait.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Mer 4 Fév 2015 - 13:55
Il y avait eu un petit silence à la fin de ma tirade. Je tenais toujours Ed par le cou, et attendais patiemment que le type ne réponde. Cette proximité avec mon ami ne me gênait pas comme celle de tout à l'heure. Non. Nous étions amis d'enfance, et une certaine intimité s'était créée entre nous, sans que cela ne crée de gêne quelconque. Toutefois, tout à l'heure, cela avait été différent, même si je ne saurais pas vraiment expliquer en quoi. Je l'avais ressenti ainsi, mais à cet instant, j'étais entrée dans mon rôle de « marchande », et j'attendais que l'autre abruti de vacancier nous réponde. Ce qu'il finit par faire, et nous l'écoutâmes patiemment.

Le Gestionnaire des Marchands Consentants et de Bonne Humeur nous expliqua rapidement qu'il ne voulait pas trop se disperser dans ses affaires, ce qui était plutôt compréhensif. Trop de contrats n'étaient pas spécialement bons pour les affaires. Je ne pus m'empêcher d'esquisser une grimace lorsqu'il nous parla des autres Royaumes qui l'avaient approché pour les mêmes raisons que nous. De ce fait, il proposait de faire un concours pour choisir le royaume qui ferait les meilleurs marchands. Je clignai plusieurs fois des yeux. C'était une blague ? J'avais relâché Ed, et regardais notre interlocuteur, éberluée. J'acquiesçai au « ça sonne bien » d'Ed au sujet de notre futur titre.

Une fois que tout cela fut réglé, nous quittâmes le Grand Manitou du Club Zed et nous retournâmes sur la plage pour profiter du soleil, de la mer et des glaces. Je discutai un peu avec Ed, avant que je ne me réveille la première à cause du soleil qui filtrait par mes volets. Vivement que je déménage, et que je trouve un appart avec des vrais volets...


~~~


Sept jours plus tard, je réapparaissais au Royaume des Tropiques, et, après avoir trouvé Ed (qui ne s'était pas fait enterré cette fois-ci), nous nous dirigeâmes vers le lieu du concours, qui prenait, à lui seul, une grande partie de la place devant le bâtiment blanc dans lequel nous nous trouvions la dernière fois (longue phrase). J'aperçus rapidement les autres concurrents, et un frisson me parcourut en reconnaissant un des chats cauchemars que j'avais déjà rencontré une fois... Je voulus me cacher derrière Ed, avant de me dire que c'était stupide puisqu'il finirait bien par me voir à un moment ou un autre. Une jeune femme nous tendis des brassards où il était écrit « PJ » en gros. Après les avoir mis, l'organisateur du concours s'avança sur l'estrade. Après avoir souhaité la bienvenue à tout le monde, expliquer les modalités du concours, le pourquoi du comment, il annonça la première épreuve.


« Pour cette première épreuve, les concurrents vont devoir jouer au jeu des chaises musicales, mais revisité. Les règles sont simples, vous serez assis sur les chaises alignées là-bas. Lorsque le juge, moi-même, annoncera un objet, vous devrez aller le chercher parmi la foule avant de revenir vous asseoir. Celui qui n'aura plus de chaise, sera éliminé. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Le concurrent restant donnera un point à son Royaume ! Vous pouvez aller vous installer ! »

Je jetai un regard vers Ed, et tandis que l'on se dirigeait vers les chaises, quelque chose me disait qu'il y allait avoir de l'ambiance...
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Ven 6 Fév 2015 - 15:22
  Cela se passe huit jours plus tard, ou plutôt huit nuits, restons corrects, et le Royaume des Tropiques se parait de son plus beau soleil et une énorme fréquentation tandis que j’avais gardé la même veste que la dernière fois, à savoir un short à fleurs parfait pour frimer sur les plages dans les années 80 ainsi qu’une chemise ouverte sur ma constitution digne de la féminité d’un membre d’un boy’s band. Il y avait plus de monde que la dernière fois, j’en étais certain, mais peut-être était-ce dû tout simplement au fait que j’étais réapparu beaucoup plus proche que la dernière fois de l’énorme bâtiment et que la marche faite avec Shana m’avait déconcentré sur la concentration d’Habitants des Rêves qui se roulaient dans les rouleaux ou qui servaient de gaufres sur le sable à un soleil toujours aussi désireux d’être gentil et de faire profiter de sa chaleur torride, quasi-sèche.

  Non, la véritable raison pouvait aussi se trouver dans le concours qui avait lieu pas loin, je voyais les grands drapeaux l’annonçant, flottant au vent même s’il n’y avait pas de vent, ça renforçait l’immersion estivale, et qui évidemment attiraient les badauds en maillot de bain qui adoraient ce genre d’activités. Vous savez, de celles qui avaient lieu à midi et qui vous donnaient le droit à des cocktails gratuits au bar si vous les réussissiez (une motivation d’un certain niveau, fallait avouer). Mais terminé l’exotisme au shaker, c’était le dynamisme de notre marché qui était en jeu et afin de faire plaisir à Shana, je ne comptais pas laisser filer une telle chance de l’aider dans sa besogne. Et puis merde, ça pouvait être marrant, non ? Puis, je le sentais bien ces épreuves, ce n’était pas comme si ça allait demander quelque chose de surhumain, je n’étais même pas certain qu’il y ait d’autres Voyageurs que nous, et si les Créatures Oniriques n’étaient que des ambassadeurs, elles n’avaient juste aucune chance. J’étais sûr de nous aussi parce que, connaissant les épreuves qu’on était capables de nous donner sur la plage, je ne voyais pas de quizz apparaître et donner la main à des experts scientifiques. Ou alors la plage avait énormément perdu de son charme.

  Shana me retrouva, et ensemble, on traversa la petite foule qui venait voir le concours et ainsi, on pouvait regarder directement les concurrents qui prenaient place. Il y avait ainsi… le Royaume des Chats, Park of Games, Champiland et Hollywood Dream Boulevard. Nous étions ainsi cinq groupes à vouloir s’affronter, donc dix personnes au total. Je détaillais rapidement la composition des équipes les plus proches de nous. Le Royaume des Chats avait envoyé directement son prince Rafael ainsi qu’un de ses gardes, inconnu au bataillon mais il devait être très fort. Très forte même, vu que c’était une féline. Champiland avait envoyé une équipe de mercenaires, soit un Chat Chauchemar que semblait connaître Shana ainsi qu’un raptor avec un feutre sur la tête. Je voyais aussi qu’Hollywood Dream Boulevard avait envoyé deux hommes parfaitement normaux, presque coincés. Ce fut quand je lis leur nom sur un tableau quelconque que je commençais à comprendre le souci : l’un était Clark Kent et l’autre se nommait Bruce Banner. Peut-être que les épreuves n’allaient pas se dérouler si bien que ça.

  On reçut tous les deux un super brassard et on se tint en position pour la suite, c’est-à-dire, on s‘assied tous sur une rangée de chaises. On allait devoir foncer le plus rapidement possible, récupérer l’objet demandé et revenir s’asseoir sur une chaise. Pour le moment, chacun avait une chaise, mais j’imaginais bien que dès qu’on lèverait notre cul, une allait être retirée par les organisateurs en tout hâte. Voilà, nous étions faces à la plage, les dix étaient assis. L’organisateur sur son estrade nous demanda de nous tenir prêt, puis voici son premier ordre.

« Je demande pour la première manche une planche de surf. Attention, une planche de surf mesdames et messieurs, à vos marques ! Prêts ! PARTEZ !!! »

  Huit personnes se précipitèrent vers la plage, et seulement deux personnes restèrent assises sur les chaises sans absolument rien faire : moi tout d’abord, ainsi que Shana que j’avais retenu par l’épaule et que j’avais gardé contre la chaise. Il y avait un stand de planches de surf pas loin, et une paire de portails le fit transvaser de là-bas jusqu’à ici, juste devant nous. J’en pris un, Shana aussi pour le coup, on se rassied, et je fis bouger un des deux portails afin que le stand dégage cent mètres en arrière hors de portée de la vue des concurrents qui visaient ça. Le commentateur se dépêcha de dire que l’équipe des Private Jokes avait terminé, et hop, voilà que le raptor de Champiland était le premier à revenir après l’avoir trouvé sur la plage (sacrée vitesse de pointe), que Clark Kent arrivait (lui aussi, super rapide). Après, les planches de surf venaient à manquer vu que le stand le plus proche avait soudainement disparu, et chacun y alla avec sa technique.

  Le Chat Cauchemar de Champiland revint après l’avoir volé à un surfeur qui était à la recherche d’un rouleau, le prince Rafael le demanda gentiment avec une voix forte en courant parmi les vacanciers, et quelqu’un se dépêcha de lui tendre ce qu’il recherchait, et lui aussi était super rapide (et très petit, ce qui était très rigolo à voir). Tout ça et tout ça pour qu’au bout de deux minutes, chacun revienne avec son surf, le dernier étant Bruce Banner qui fut gentiment écarté de la compétition. L’organisateur semblait se réjouir de cette bataille. Tandis que la prochaine recherche allait commencer, je dis aux oreilles de Shana :

« Je n’utiliserais que trois de mes paires de portails par épreuve, et je les utiliserais le moins possible au cas où. Donc pour la prochaine, à part si je peux le récupérer pour nous deux et que c’est proche, je te garderai sur la chaise. Sinon, prépare-toi à courir.
_ Très bien ! Bruce Banner d’Hollywood Dream Boulevard est éliminé ! Attention, voici le prochain objet à récupérer… Une noix de coco ! »

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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Mer 11 Fév 2015 - 14:01
La foule était assez dense autour de nous, ce qui restait un peu stressant de se faire observer ainsi. Néanmoins, elle restait massée derrière des bandes qui délimitaient un peu le « terrain », même si nous pouvions nous diriger de l'autre côté. Bref. J'observais rapidement les équipes qui nous faisaient face. Le Royaume des Chats qui avaient envoyé son propre roi et une de ses gardes. Champiland était représenté par des mercenaires, dont le chat que je connaissais (un frisson me parcourut encore en croisant son regard). Hollywood Dream Boulevard n'avait pas trouvé mieux que de se faire représenté par les versions incognitos de deux super héros. Et enfin, Park of Games avait envoyé Link version adulte et une sorte de magicien qui semblait avoir fêter plus d'anniversaire que la plupart des participants réunis. Sérieusement, ils avaient pas trouvé mieux ?

L'organisateur annonça le premier objet à aller chercher. Mue par une étrange envie de gagner, je voulus me précipiter pour aller chercher la planche de surf demandée, mais la main d'Ed sur mon épaule m'arrêta avant que je ne me sois levée. Je le regardais, étonnée, tandis que les huit autres participants étaient déjà en train de chercher la planche. Un coup d'oeil me permit de comprendre ce que mon ami voulait faire. Le stand de planche de surf qui se trouvait non loin de nous apparut juste devant nos yeux, et je souris en attrapant une des dites planches, imitée par Ed. Puis le stand disparut de la vue des autres participants.

Nous regardâmes avec amusement nos concurrents se débrouiller pour trouver un autre moyen d'obtenir une planche de surf. Certains avec plus de douceurs que d'autres. Finalement, Hollywood Dream Boulevard perdit un participant. Quel dommage. Ed me chuchota alors qu'il ne comptait utiliser que trois paires de portails par épreuves. Cela signifiait qu'il ne lui en restait maintenant que deux pour celle-ci. Ce serait donc à moi de jouer. L'organisateur annonça le prochain objet... et ce fut à mon tour de retenir Ed sur la chaise en souriant.

Suigin apparut près de moi, et je lui demandai de rapporter deux noix de cocos le plus rapidement possible. Elle grogna un peu, marmonnant qu'elle n'était pas là pour ça. Mais elle s'envola vers le cocotier le plus proche, et me ramena l'objet tant attendu, avant de repartir en chercher une autre pour Ed. Pendant ce temps là, le mercenaire de Champiland avait secoué un arbre pour en faire tomber les noix de cocos. Le magicien voulut en rattraper une, mais finit assommé. Son coéquipier la récupéra pour revenir s'asseoir. Je vis Suigin éviter le Raptor qui voulut lui balancer une autre noix de coco dans la tête, sans succès heureusement. Le Roi Rafaël en ramassa une sur le sol également, et Clark Kent demanda la noix de côté d'un touriste qui avait planté une paille dedans... Ils revinrent tous s'asseoir sur une chaise, sauf le magicien qui était toujours dans les vapes sur le sable, et Suigin posa (ou laissa tomber) la noix de coco sur les genoux d'Ed.


« Trop facile...
- Bravooo ! C'est donc le magicien de Park of Games qui nous quitte pour cette épreuve. Vous pouvez poser les noix de cocos derrière vous, oui voilà. Bien, le prochain objet sera... Un râteau de plage ! »
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Mer 11 Fév 2015 - 19:23
L’épreuve se déroula tour après tour, éliminant la plupart de nos ennemis ; fallait dire que notre technique était redoutable, car si on utilisait son pouvoir ou le mien, on avait déjà une longueur d’avance, mais quand on se disait qu’on n’en avait pas besoin (take a break, Shana, tu vas t’épuiser si tu forces trop sur tes pouvoirs), alors notre vitesse était déjà assez conséquente pour ridiculiser la plupart de nos adversaires, notamment la mienne, sans me vanter, qui rivalisait carrément avec notre plus grand adversaire en matière de sprint, le raptor actuel, de l’équipe du Chat Cauchemar qui venait de perdre.

Je regardais autour de nous, mais il n’y avait plus que pontes en pointe : Shana était peut-être maintenant la plus lente de nous tous, et elle se serait peut-être faite éliminée s’il n’y avait pas ces invocations pour l’aider à trouver des objets de plus en plus difficiles. Une fois même, afin d’être certain qu’on ne se fasse pas éliminer, j’avais pris Shana dans mes bras et j’étais revenu en sprint vers notre case de départ où deux chaises encore vierges nous attendaient avant que la garde-du-corps de Rafaelo se fasse écarter de la suite des événements. Tout allait très vite, il fallait maintenant faire preuve de réflexion, et les objectifs étaient de plus en plus lointains à atteindre, de plus en plus rares, la vitesse ne faisait pas tout. Ainsi, en plus du râteau, une petite liste de leur perversité, quinze kilos de sable, oui, une étoile de mer, une dizaine d’algues (c’était là où un des chats avait perdu, allez savoir pourquoi) une glace au chocolat à moitié fondue (imaginez la galère pour trouver un marchand de glaces ainsi que pour la faire fondre avec son souffle, mention spéciale au prince Rafaelo qui avait utilisé une loupe).

Par contre, vu que la difficulté était graduelle, je n’osais pas imaginer ce qui allait s’en suivre juste derrière. Je regardais les gens autour de nous, nous n’étions plus que quatre : Superman, le raptor, Shana et moi. Le premier volait, le second était extrêmement rapide, et il s’en était fallu de peu pour qu’un des deux Private Jokes ne s’en fusse pas sortis à cause de l’intelligence de Rafaelo. Mais nous étions encore là, plus que quatre participants, et je me disais la chose toute simple : si Shana et moi éliminions les deux autres, alors ça serait terminé dans deux tours. Bon, on attend, wait and see…

« Le prochain objet que nous vous demandons d’aller récupérer est… » Oulà, le suspense qui voulait tout dire, et l’organisateur lâcha pour la première fois ce qui ressemblait à un sourire sadique alors qu’il chuchotait : « Un verre rempli d’eau ! Prêts ? PARTEZ !!! »

Là, c’est le vide dans ma tête, j’essaie de comprendre ce que le gars veut et je me dis que ça allait être encore plus compliqué : il ne fallait pas un sceau d’eau, non, il fallait un verre d’eau, et mon cerveau me chuchota directement la réponse à la question : où est-ce qu’on trouvait un verre ? Dans le palace, pardi. Je chuchote super rapidement à Shana tandis qu’on court :

« Shana, fonce vers la mer, je te procure les verres et on se retrouve tous les deux aux chaises. »

Je me dépêchai alors de courir dans l’autre sens, non pas vers la plage, mais plutôt vers le palace de l’hôtel, je me souvenais qu’il y avait un restaurant, là, je trouverais des verres. Alors je sprintai aussi rapidement que je le pouvais, défonçant la vitre de l’entrée, sautant par-dessus les gens qui se baladaient dans l’hôtel, je tentais de me souvenir où se trouvaient ce foutu restaurant près duquel on était passés Shana et moi il y avait une grosse semaine, et le voilà, yes ! J’ouvris la porte cette fois-ci et mirai une énorme pyramide de verres en cristal. J’en volais deux, celui tout en haut, et je cherchais la fenêtre la plus proche qui donnerait vers la plage. Je voyais d’ailleurs l’aura de Shana à quelques dizaines de mètres de là à travers les murs, il fallait que je la rejoigne, une fenêtre, je ne savais pas, et ouais, un super balcon ! Je traverse la baie vitrée, je suis de nouveau à l’extérieur, j’ajuste mon tir, je hurle le prénom de Shana, et je lui envoie les deux verres avec un geste parfaitement maîtrisé. Comme ça, elle les remplirait, et on se retrouverait sur les chaises en se partageant le butin, eeeeet…

Non. La seconde d’après, je fus emporté dans les airs par un placage aérien de Superman. J’avais déjà utilisé trois paires de portail cette fois-ci, je ne pourrais pas l’utiliser sans compromettre mes chances dans les prochaines épreuves. Alors je me faisais emporter comme une quiche et dès que je fus à cent mètres au-dessus du sol, Superman me lâcha en me souhaitant bonne chance. Je tombai, pas vers le sable mais dans l’océan onirique, donc je n’aurais aucun mal, mais l’épreuve était terminée pour moi. Shana allait devoir se débrouiller seule maintenant.
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Lun 16 Fév 2015 - 16:29
Pour le moment, l’épreuve s’était déroulée sans problème, plus ou moins. Ed et moi nous débrouillons pour récupérer les objets de façon à ce qu’il y ait toujours l’un de nous sur une chaise, quand c’était possible. Ed m’avait rappelé à l’ordre pour ne pas trop me fatiguer à utiliser mes pouvoirs, mais à part ça tout semblait bien se passer, ou du moins quand il n’était pas obligé de me porter pour revenir le plus rapidement possible aux chaises. Je m’étais vite rendue compte que j’étais probablement la plus lente de tous les participants, mais Ed était là pour remonter le niveau. Heureusement, sinon nous aurions perdu depuis longtemps, surtout vu la difficulté croissante des objets à trouver.

Nous n’étions maintenant plus que quatre, et Ed et moi étions la dernière équipe complète en course. Je jetai un œil au raptor qui était extrêmement rapide et astucieux, et je ne l’aimais pas. Et puis, il me faisait peur… Clark Kent, qui avait pris sa forme de Superman, était également agaçant, notamment en vol. Au mieux il nous restait deux tours, au pire trois. La voix de l’organisateur se fit entendre, se préparant à annoncer le prochain objet – ce con mettait de plus en plus de suspense dans ses annonces. Lorsque l’objet en question fut annoncé, tout le monde bugua pendant quelques secondes. Un verre rempli d’eau ? Ed fut plus rapide à trouver la solution : je devais courir vers la mer pendant qu’il s’occupait de chercher les verres. J’acquiesçai, et me levai pour partir en courant.

Tout se passa alors très vite. Alors que je venais d’atteindre la mer, cherchant des yeux Ed, celui-ci apparut en hurlant mon prénom en haut d’un balcon. Il me lança les verres que je réussis tant bien que mal à attraper, l’un tomba dans le sable mais, freiner par ma main, il réussit à ne pas se briser. Je le ramassai et m’empressai de remplir les deux verres avant de faire demi-tour vers les chaises. C’est alors que je vis Superman emporter mon ami dans les airs, et le jeter dans l’océan. Erf. Sur les chaises, le raptor était déjà assis, et Superman arrivait. J’étais certaine d’avoir une chaise étant donné que mon partenaire venait de se faire éliminer (aucune chance pour lui d’arriver à temps), j’arrivais donc tranquillement pour m’asseoir, dépitée. Je me retrouvai seule face à Superman et le raptor… Quelque chose me disait que je n’avais aucune chance de gagner…


« Et c’est Ed Free des Private Jokes qui est éliminé ! Il ne nous reste donc plus que trois participants ! Qui va gagner cette épreuuuuve ? Attention je vais annoncer le prochain objet. »
Je déglutis… « Le prochain objet à ramener est… Une plume de mouette ! »

W-W-What ?! Le raptor s’était déjà précipité vers le gang de mouettes le plus proche, Superman s’était envolé et moi je cherchais des yeux une mouette. Il y en avait dans le ciel, mais bien trop loin pour moi. Mes deux adversaires étaient partis pour arracher la plume directement sur l’oiseau, mais il y avait surement une chance qu’il y en ait déjà dans le sable… Mon regard balaya les environs, et j’aperçus alors des enfants faire un château de sable, avec, au sommet d’une tour, une plume plantée dedans. Parfait. Je me mis donc à courir vers les enfants, sautant par-dessus des serviettes, récupérant quelques insultes au passage à cause du sable que je faisais voler, et j’atterris près du château de sable en glissant.

« Bonjour les enfants ! Ca vous embête de me prêter votre très jolie plume de mouette là ?
- Pourquoi ?
- C’est pour le concours là bas !
- Et on aura quoi en échange ?
- Euh… Des bonbons… ?
- D’accord ! »

Abasourdie, la fillette me tendit la plus, et je fis demi-tour sans attendre. J’aperçus Superman se battre avec une nuée d’oiseaux, tandis que le raptor était déjà assis, une mouette dans les mains. Sérieux ? Il lui arracha une plume avant de laisser partir l’oiseau. Par miracle, je réussis à arriver sur la chaise avant Superman qui était toujours aux prises avec les oiseaux qui ne semblaient pas vouloir se laisser faire.

« Clark Kent est donc éliminé ! Nous arrivons donc maintenant à la finale de cette épreuve, qui se déroulera entre Shana des Private Jokes et un des mercenaires de Champiland ! » Des applaudissements eurent lieus pendant que le raptor me jetait un regard sadique. Je déglutis. « Le dernier objet à aller chercher sera donc… Une paire de tongs violette en taille 34 ! »

Sérieusement… Je vous épargnerais la description de ma folle recherche d’une paire de tongs violette en taille 34 (et mes insultes marmonnées envers l’organisateur de cette épreuve et ses idées loufoques), mais trente minutes plus tard, j’étais en train de courir vers l’unique chaise restante, avec, à mes trousses, un raptor furieux. Il n’avait, semble-t-il, pas trouvé ce qu’il cherchait, aussi s’était-il mis en tête de me piquer ma propre paire de tongs. Et puis quoi encore ? Je n’allais pas la lui céder comme ça. J’avais été obligée d’invoquer Suigin pour me protéger de mon adversaire qui courrait bien plus vite que moi. La chaise s’approchait. Je trébuchais dans un trou creusé dans le sable, mais me rattrapais juste à temps pour reprendre ma course. Derrière moi je pouvais entendre Suigin créer des murs de plumes noires pour ralentir l’autre. Je fis une magnifique glissade dans le sable et sautais sur la chaise… Essoufflée, mais gagnante…
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MessageSujet: Re: "Auriez-vous une minute ?" PV Shana Mar 17 Fév 2015 - 14:30
Je fus obligé de regarder les deux dernières manches avec une terrible appréhension tandis que Shana devait se débrouiller avec les deux participants les plus forts, l’un profitant d’une vitesse au-delà de celle des autres concurrents et l’autre naviguant outrageusement dans les trois dimensions. Shana cependant, avait une arme bien plus redoutable que son sourire et sa diplomatie de puéricultrice avec une bande de gamins : ces invocations qui lui permettaient de couvrir une surface plus grande. Ce fut donc avec , presque de la surprise je devais l’avouer, ainsi qu’une joie ineffable, alors qu’on était dans un concours et que mon élimination était la dernière chose que j’attendais (voilà ce qui m’avait perdu tiens, une confiance bien trop énorme) que Shana se défit tout d’abord de Superman de Hollywood Dream Boulevard, avant de terminer le raptor face à un objet extrêmement précis.

Toute la foule qui regardait, elle aussi abasourdie de ce combat, applaudit à tout rompre (mais c’était moi qui frappait le plus fort) alors que Shana était victorieuse, la fameuse paire de tongs dans les mains, on sentait bien la tension qui était montée peu à peu durant l’affrontement des chaises faussement musicales sur ces multiples manches jusqu’à ce que la victoire aille à ma partenaire. Je me sentis extrêmement fier, mais un peu honteux, tandis que le commentateur, remettant son bob orange sur sa tête après s’être épongé le front devant la chaleur et le stress annonçait ce que tout le monde applaudissait :

« Et c’est Shana Delizet, des Private Jokes du Royaume des Deux Déesses, qui remporte la première épreuve de ces jeux d’été ! Un point est donc attribué à la première équipe ! Si cette même équipe remporte la seconde épreuve, attention, il n’y en aura pas de troisième ! Pour cette deuxième épreuve, veuillez nous suivre chers gens ! »

Le commentateur suivi non seulement des participants mais des spectateurs, fit environ une dizaine de mètres, seulement, afin de nous présenter à la prochaine épreuve, ou plutôt, au terrain de la prochaine épreuve. En voyant les grands rectangles, je m’étais tout de suite dit que ça serait du volleyball, mais c’était sans compter sur le fait… qu’il n’y avait pas de filet. Attendez, quels jeux déjà se jouaient sur un terrain proprement découpé en deux et qui n’admettait pas de filet. Ce fut l’organisateur qui me dévoila gentiment la réponse en soufflant dans son micro :

« La seconde épreuve sera un petit tournoi de balles au prisonnier ! Chaque duo affrontera les quatre équipes, et le duo qui s’en sortira avec le plus de victoires gagnera l’épreuve. Comme vous pouvez le constater, il y aura deux terrains, donc on fera deux matchs en même temps. »

Il présenta à-côté un tableau blanc pour feutres où étaient présentés les noms de chaque équipe et quand est-ce qu’elles allaient s’affronter et contre qui. Je ne lisais pour le moment que le Royaume des Chats contre Park of Games et Hollywood Dream Boulevard contre Champiland. Le troisième match serait justement Park of Games contre la Private Jokes, et le quatrième, Champiland contre le Royaume des Chats tandis qu’Hollywood Dream Boulevard observerait. Les quatre équipes, sauf Shana et moi, nous posâmes où l’on voulait pour observer les combats et moi-même, je m’assieds contre le sable et j’écoutais soigneusement les règles :

« Il y a une balle, deux personnes par équipe. Le but est de toucher, d’emprisonner, les deux adversaires avec le ballon sachant qu’on n’a pas le droit de poser les pieds sur le terrain en-face. Si la balle touche le sol, elle devient inoffensive, donc les rebonds ne comptent pas. Vu que vous n’êtes que deux par équipe, si la balle touche votre coéquipier, puis vous, avant de toucher le sol, seul le premier touché sera emprisonné. Si vous rattrapez la balle sans la lâcher, alors vous n’êtes pas emprisonné. Si quelqu’un est emprisonné, il se retrouve hors du terrain et peut tourner autour comme ça lui chante, idéal pour que lui et son partenaire puissent attaquer subtilement les adversaires qui restent. A savoir que dès que les deux gens d’une même équipe sont emprisonnés, ils ont le droit à un essai chacun pour tirer et toucher leur(s) adversaire(s) ; si un le touche, il peut revenir sur son terrain, il est libéré, mais l’adversaire touché n’est pas emprisonné pour autant – encore une subtilité vu que vous n’êtes que deux. Si les deux prisonniers ne touchent pas lors de cette dernière tentative, alors ils perdent le match. Que les parties commencent dès que les équipes sont prêtes. »

Les matchs allaient plutôt être rapides en fait, maintenant qu’ils le disaient, ils pouvaient se terminer en quelques instants. Shana et moi étions plutôt chanceux alors de pouvoir nous installer et observer les combats de chaque équipe avant de les affronter. Je notais tout de même que chaque partie serait anxiogène vu que nous ne serions que deux sur le terrain : à une erreur près et on était sur le fil du rasoir. Je me sentais cependant moins stressé qu’avant vu qu’on avait un point, ce qui représentait énormément. Je félicitais Shana d’ailleurs pour cette victoire, juste avant que les matchs ne commencent.

Concernant Hollywood Dream Boulevard face à Champiland, le combat fut plutôt serré. Superman se servait de son vol pour se rapprocher des ennemis sans enfreindre la règle, mais Bruce Banner ne servait pas à grand-chose derrière, faisant au mieux acte de présence. De leur côté, l’équipe était plus équilibrée : le raptor était plus rapide, idéal pour prendre les adversaires par surprise, mais c’était le chat cauchemar, avec son agilité, qui évitait toutes les balles et les renvoyait sauvagement. Après quelques échanges, esquives et autres, Superman fut rapidement abattu, et ce Bruce Banner qui suivit juste derrière. Ils ratèrent chacun leur coup, et la victoire alla à Champiland, même si le tout fut plus serré que ce que le score le laissait croire.

En tout cas, il le fut bien plus que l’autre combat, où Park of Games perdit son combat en quelques secondes. Le prince Rafaelo et sa garde-du-corps étaient d’une vivacité effroyable, difficiles à toucher, très précis. En moins de coups qu’il ne fallut pour le dire, ce fut le Royaume des Chats qui l’emporta. Dommage qu’on n’ait pas plus d’éléments sur Park of Games, vu qu’on allait les affronter. Les Private Jokes allèrent sur le terrain pour leur premier affrontement.
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