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Une bourde comme une autre (PV Nedru Etol)

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Surnom : Le Renard Gris
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Nedru Etol
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MessageSujet: Re: Une bourde comme une autre (PV Nedru Etol) Lun 2 Fév 2015 - 21:34
La vague de chaos causée par l'arrivée des Valmas se retira lentement des plages tropicales, remplacées par une organisation sans faille de quelques groupes armés de torches ainsi que d'un plan qui reposait sur...

Une petite fille qui n'était plus dans son état normal, qui courrait partout en trébuchant et en soufflant de toute ses forces.

Chaque groupe qui avait mené à bien sa mission (c'est à dire jeté des bouteilles dans la paillote pour la rendre inflammable tout en conservant celles qui serviraient à célébrer leur inévitable victoire) défendait désormais l'édifice contres des hordes de grenouilles rendues sauvages par leur appétit.
Et même alors, ils continuaient d'assister de loin à cette scène surréaliste ; une Voyageuse haute comme trois pommes poursuivie par plusieurs centaines de créatures insatiables et à moitié aveugles si nombreuses que leur masse sombre voilait la lune lorsqu'elles s'amoncelaient. Elles se courraient dessus sans gêne apparente et si elle s'asphyxiaient parfois, elle engloutissaient alors en un instant leurs infortunées congénères dans un réflexe pavlovien et congénital issu d'une trop longue captivité. Déroutant !

Devant une telle horreur, Iil avait fallu en empêcher quelques uns de voler au secours de l'enfant mais l'information selon laquelle elle était l'Elue et que tout reposait sur elle avait circulé rapidement, permettant à tous les rescapés (l'expression resta, même sans morts à déplorer) de tenir le siège de la paillote, pour la gloire de la mauvaise techno et des fêtes de Fiestibiza.


Et finalement, Mara s'engouffra dans les rangs des assiégés et jeta à sa suite toutes les grenouilles dans ce lieu gorgé de litres de rhum, de vodka, de bière, de jet 27, de musca, de gin et de red bull. Sans oublier les huit chips de Maximilien (ce dernier resterait persuadé que cela fit la différence). Ces pertes furent déplorées et pleurées comme il se doit.

S'en suivit une fête digne des mariages organisés par Monsieur Grr!Martin ; tandis que les grenouilles voraces se jetaient sur l'habitation, s'engouffraient, dévoraient le bois avec la même facilité que les rampes d'inox du bar ou que les huit chips de Maximilien, le piège se referma. Les Voyageurs qui avaient empêché l'entrée bloquaient désormais les issues et le feu explosa littéralement le bois flotté gorgé d'alcool.


Malgré sa faible participation dans tous ces hauts-faits, Nedru n'était pas loin. Il assista au jeté de torche qui suivit en notant avec un peu de gêne que tous les héros pyromanes avaient l'intention de sortir une punchline au moment fatidique. Entre quelques «bouffez donc ça », « ce soir c'est grenouilles flambées », « fallait pas jouer avec le feu » ou de plus originales « brûlez, soules grenailles ! » il s'en alla finalement récupérer son manteau d'un pas leste.


Lorsqu'il revint auprès de Mara, la bâtisse crépitait joyeusement. Et la brise marine avait eu la double bonne idée d'accélérer le processus pyrotechnique tout en poussant au loin les odeurs les plus pestilentielles !

Et puis vint le temps de hourras ! Embrassades, félicitations et tapes dans le dos ! Mara eut son compte mais la voir à quatre pattes en train de vomir doucha l'entousiasme de tous les volontaires qui se proposaient de la porter sur leurs épaules pour un tour d'honneur.

Nedru s'accroupit à côté de l'enfant, légèrement amusé et non moins impressionné.


Tu as réparé ta bêtise. Toutes les Valmas sont en train de brûler à côté. Félicitations, je suis épaté !

S'émerveilla Nedru. On oublierait probablement sa part de responsabilité dans la résolution de cette drôle d'histoire et l'un dans l'autre, ce n'était pas forcément plus mal comme ça.

Partout, la fête reprenait de plus belle. Des Djaunilauveurts des Tropiques avaient fait apparaître leurs ukuleles et guitares, transformant la fêtes de jeunes branchés riches en une fiesta de jeunes branchés riches qui se prennent pour des hippies.

Nedru mena l'enfant à l'écart, accompagné par le chaperon qui les suivait début le début de cette histoire.


- Je vous avait mal jugé ! Vous avez su éliminer la menace qui pesait sur nos ancêtres depuis des...

Mais il ne termina jamais sa phrase.

Car un autre Valmas se tenait là.
Droit devant eux, fier comme un i, les toisant de ses vieux yeux aveugles. Quel que soit son âge, il portait une longue et fine barbe blanche sous son menton, qu'il lissa du bout de ses deux doigts-ventouses, avant d'énoncer d'une voix claire ;


- CRÔA.

Du moins, d'après le Gris.
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MessageSujet: Re: Une bourde comme une autre (PV Nedru Etol) Lun 2 Fév 2015 - 22:31
Bon, sa tête et son ventre étaient revenus à un état normal. La musique et les cris étaient trèèèèès bruyants, et à vrai dire, elle trouvait l'ambiance assez étrange. En ouvrant les yeux, Mara pu constater avec surprise que le premier truc qu'elle vit distinctement fut le sourire du type qui l'avait accompagné au début, le Renard. Bon, son sourire était toujours parfaitement indéfinissable pour la petite, mais elle le lui rendit, un peu mal à l'aise.

- Tu as réparé ta bêtise. Toutes les Valmas sont en train de brûler à côté. Félicitations, je suis épaté !

La Voyageuse hocha timidement la tête, flattée, et se releva avec l'aide de l'autre qui la mena un peu à l'écart. L'odeur piquante et amère de l'alcool était omniprésente, comme une odeur de banane flambée sans banane. Elle fronça un peu le nez. Elle n'aimait pas trop cette odeur. Et elle n'était pas mécontente de s'éloigner des fêtards qui s'amusaient à se frotter les uns contre les autres en se déshabillant. Eww. L'enfant détourna le regard, rouge comme une pivoine, avant de voir des choses qu'elle ne voulait pas. L'indien bizarre commença à dire d'une voix qui se voulait fière et virile:

- Je vous avait mal jugé ! Vous avez su éliminer la menace qui pesait sur nos ancêtres depuis des...

Mais sa phrase s'étouffa dans sa gorge quand il baissa les yeux. Suivant son regard, la fillette avisa une caricature de vielle grenouille avec une barbe de sage asiatique. Qui se tenait aussi droite qu'un sage asiatique, les fixant avec le regard d'un sage asiatique et lissant sa barbe avec des gestes de sage asiatique. Elle faisait quinze centimètres de haut certes, mais Mara eut la curieuse impression d'être soudainement dans un film de kung-fu. Il lança d'une voix croassante, sans doute à cause de son âge, voir de sa race:

*Vous avez accompli un véritable massacre, mais c'est pas pour me déplaire. Je suis le sage d'une tribu rivale à celle que vous avez exterminé.*

Tout le monde semblait assez surpris qu'il y ait un survivant. Mara elle-même était assez surprise que la bête ait pu dire autant de choses en un simple coassement. La traduction que lui fournissait son pouvoir était tout de même assez curieuse parfois. Et puis au-delà de la traduction, le batracien parlait beaucoup mieux que ses pairs. D'un réflexe bienheureux, elle attrapa la bête juste avant que le type en pagne l'écrase d'un coup de talon. Ce dernier s'exclama:

- Ces damnés Valmas de sont pas tous morts! Il faut les exterminer! Maintenant!

- Attendez, attendez! Celle-ci n'est pas comme les autres, elle vient d'une tribu... rivale?

- Quoi!? Parce qu'il y en a des tribus de ces saletés?

- Baaaah...

*On est bien plus civilisées que celles que vous avez génocidé quand même. Veuillez ne pas nous mettre dans le même panier!*

- Euh... Je... ne suis pas sure de comprendre... Je veux dire... on viens de tuer des centaines de grenouilles comme vous, même si à vrai dire je m'en veux pas mal... Pourquoi ne pas avoir attendu un meilleur moment pour venir?

*On s'intéresse à la fontaine où elles sont resté prisonnières pendant plus de 50 ans. Nous sommes curieuses de savoir comment elles y ont survécu. Et visiblement, vous pouvez servir d'intermède, alors on profite que vous soyez encore là.*

- Mais il croasse quoi à la fin, ce parasite? s'échauffa l'homme.

- Attendez, elle dit que son peuple est plus civilisé que les autres et veux voir l'endroit où elles étaient enfermées...

- Hein? Mais c'est hors de question!

*On a pas mal de ressources qui peuvent intéresser le peuple des Bipèdes, nous sommes prêtes à faire un échange pour récupérer ces informations.*

- Elles veulent bien vous payer pour ça.

- Combien? fit le nudiste, soudain très intéressé.

- Combien?

*Nous possédons des graines ou des ressources précieuses, à eux de voir.*

Mara répéta la réponse de la vieille grenouille, puis de l'homme, servant d'interprète pendant  quelques minutes, le temps qu'ils trouvent un accord. Au final, les grenouilles offraient des minerais précieux aux villageois et ces derniers les laissaient observer la source, à condition qu'elles ne s'installent pas à proximité. Au bout d'un moment, ils finirent par se mettre d'accord sur un langage des signes basique pour se passer de l'enfant, ce qui n'était pas pour déplaire à cette dernière qui s'ennuyait sec. Elle s'en voulait un peu d'avoir manipulé ces grenouilles comme ça pour les mener droit à leur mort. Mais bon, elle essayait de s'excuser en se convaincant qu'elle n'était pas vraiment dans son état normal.

Elle caressa délicatement la tête de son lézard, qui s'était endormi. Se rendant soudain compte que Monsieur Renard n'était plus là, elle le chercha des yeux quelques instants, mais ne le vit pas à proximité. Dommage, il était vraiment gentil. Elle espérait le recroiser un jour. Levant la tête vers le ciel noir, elle soupira doucement. Il s'était passé pas mal de choses. Elle avait un peu perdu la notion du temps, mais elle allait sans doute bientôt se réveiller.
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Surnom : Le Renard Gris
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MessageSujet: Re: Une bourde comme une autre (PV Nedru Etol) Mar 10 Fév 2015 - 9:17
Le Gris assista à la suite des pourparlers avec une pointe d'irritation. « Ne pas comprendre » était une situation qui lui était devenue étrangère ; il aimait évoluer dans des milieux où il maitrisait chaque frémissement de papier, chaque craquement de chaise, l'ouverture d'une porte ou jusqu'à la sonnerie de sa ligne fixe. Et il savait les choisir. Si Dreamland créait son lot de frustration, la curiosité et la soif d'accumuler des connaissances compensait rapidement ce malheureux travers du monde onirique.

Mais voir une enfant dialoguer avec un bactracien et mener ce qui semblaient être des négociations sans pouvoir saisir le moindre petit enjeu était en cet instant une gifle cuisante infligée à son égo !

Fort heureusement, la vapeur s'inversa au fil des minutes. L'intérêt du Renard avait été éveillée à la mention du verbe « payer », dirigeant ses appétits machiavéliques à d'autres plans que de se venger de cette ingrate petite Mara. Son pouvoir acéré comprit rapidement l'essentiel du dialogue, soufflant à un Nedru estomaqué différents moyens d'exploiter efficacement l'opportunité. Si eux pourraient parvenir à se comprendre sans interprête, pourquoi pas lui ?
Mais qu'ils étaient idiots ! Comment osaient-ils aborder des sujets aussi grave dans des circonstances aussi triviales, au milieu...d'étrangers ?


Entre deux fracas de djembé, le jeune homme tourna les talons pour disparaître de cette partie de l'île sans heurts ni fracas. Ragaillardi, il salua mentalement l'enfant Douce nuit, très chère Mara ! Ta présence fut une inspiration des plus réjouissantes. mais il se surprit à avoir pu penser la dernière partie de cette phrase.

Secouant la tête, il se mit au petit trot en direction du soleil levant. Il allait devoir courir vite et bien ; jusqu'au village des sculpteurs de sable qu'il estimait à une bonne heure de course.


Jeter de l'huile sur le feu d'une haine ancestrale était aussi facile que de voler une sucette à un enfant abandonné. Et non moins amusant !

Quant à faire mettre à mort l'ambassadeur pacifique, n'était-ce point là rien d'autre qu'une triste nécessité ? Un dommage collatéral qui n'avait pas de réel intérêt aux yeux du Gris ; cette brave créature des rêves qui n'avait jamais eu la politesse de se présenter n'avait, après tout, jamais rien fait pour le fâcher.  

Mais il y avait une récompense à la clef ! Trahir ce nouveau clan Valmas, s'approprier leurs richesses, résoudre le problème des démons millénaires... Voilà qui lui apporterait bien trop de crédit auprès des autochtones pour passer à côté d'une telle opportunité ! Et tant pis s'il y avait un ou deux génocides dans cette histoire. Après tout, qui s'inquiète du sort funeste que pourraient connaître des grenouilles dans un monde imaginaire nébuleux ? Plus important ; qui pourrait rejeter la faute sur lui ?

Combien de temps faudrait-il pour convaincre les villageois que leur ami avait succombé à la tentation des démons Valmas ? Aurait-il suffisemment d'avance ? Sans aucun doute.
Combien croiraient que leur frère -et pourtant ancien gardien de la source- allait leur proposer un pacte maudit ? Il y aurait évidemment des réticences au début, probablement une majorité d'opposition. Il lui suffisait de convaincre
la bonne personne.

A quel point seraient-ils dévastés lorsque ce pauvre Riri viendrait bel et bien à leur rencontre, porteur « d'heureuses nouvelles » ? Le Renard se réjouissait déjà de la décomposition qui s'afficherait sur leur visage. Du silence. De la résignation. Des faibles défenses de l'ambassadeur qui le supplierait de l'aider, d'expliquer ce qui s'était passé, avant de (peut être) comprendre.
Et puis, enfin l'euphorie haineuse de ce peuple lorsqu'ils se seraient emparé des richesses de leurs rivaux.

Il redoubla ses efforts ; avoir l'air affolé et épuisé jouerait en sa faveur sans altérer ses facultés mentales. Et il pourrait encore dominer mentalement au moins deux individus pour cette soirée. Lorsque le village fut enfin en vue, Nedru passa sa langue sur ses canines.




Plafond blanc, mur blanc. Nedru ouvrit les yeux sur sa chambre londonienne et un subtil sourire joua sur ses lèvres. Il se massa le visage.
La nuit avait été amusante.
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