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[Quête] Un Marchand en Or

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Fabio Duvalles
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MessageSujet: [Quête] Un Marchand en Or Sam 20 Déc 2014 - 2:16

Nous sommes un vendredi de Décembre. Noël approche à grands pas et les gens achètent leurs derniers cadeaux. La neige n’était pas encore tombée, à peine un peu en montagne, ce qui inquiétait fortement de nombreuses stations de skis. Sûr qu’ils allaient prendre un sacré coup au porte monnaie ceux-là, tombant plus qu’il était assez peu probable qu’une grosse chute de neige arrive dans les prochaines semaines. Mais bon, nous ne sommes pas ici pour parler du fléau économique qu’est le réchauffement climatique pour les sports d’hiver…

En effet, l’histoire qui nous intéresse se situe bien loin de toutes ces préoccupations. Bien loin de notre monde et même bien plus loin qu’une galaxie pourtant très lointaine. Notre histoire prend place dans notre imaginaire, dans le monde onirique de Dreamland.
En ce vendredi soir, Fabio et son frère s’étaient donnés rendez-vous au royaume des sucreries.
Fabio s’était donc réveillé, enfin plutôt endormi… Bon, disons qu’il est apparu non loin dudit royaume. Il s’y dirigea tranquillement et traversa rapidement le pont de chocolat qui surplombait le ruisseau de menthe à l’eau qui marquait la frontière nord-ouest du pays. Amusé par le liquide vert, il en vu en bu quelques gorgées pour se désaltérer. C’était incroyable que même l’eau ici ne soit pas de l’eau justement !

Les deux frangins devaient se rendre à Sweetheria afin de répondre à une annonce qui avait attiré leur attention dans le DreamMag. Il y était question d’un vieux marchand –rien n’indiquait qu’il était vieux, mais c’est l’idée que Fabio s’en était fait- qui avait besoin d’une escorte afin de se rendre jusqu’au métro. Le royaume des sucreries étant situé en zone 1 les dangers seraient donc mineurs, voire même inexistant. D’après Fabio c’était un moyen facile de se faire de l’argent et ils n’auraient sûrement qu’à tenir compagnie au type et à admirer le paysage.

Le paysage, parlons-en justement ! Le jeune homme était arrivé à Sweetheria, en quelque sorte la capitale du royaume. La structure de la ville était vraiment… fascinante. Les maisons étaient de toutes les formes : gâteaux ; cloche en chocolat ; les immeubles étaient en réalité des pièces montées. Il n’y avait aucune cohérence architecturale ici, si ce n’est que tout était fait à partir de nourriture, de nourriture sucrée. Ne voyant personne à l’entrée de la ville, qui était le point de rendez-vous, il s’éloigna un peu en sautillant sur le sol moelleux fait de marshmallow ce qui donnait quelque peu l’impression de marcher sur un trampoline.
Il alla s’allonger dans l’herbe sucrée, sur une colline avoisinante et observa les nuages. Il pensait au début rester comme ça à glandouiller jusqu’à ce que son frère arrive, mais les nuage-barbe à papa lui ouvrirent l’appétit. Il était d’ailleurs difficile de résister à la tentation quand absolument tout ce qui vous entoure est mangeable, habitants comprit. Il se remit sur pied et alla vers un arbre, espérant y trouver un quelconque fruit à grignotter. L’arbre s’avéra être un pommier et Fabio pu y cueillir une pomme d’amour bien caramélisé, ce qui était signe ici qu’elle était mûre. Il y croqua à pleines dents et ramassa quelques cailloux dragibus par pure gourmandise.
C’est toujours un concept qui l’avait impressionné : avoir faim dans ses rêves. Lorsque l’on est rêveur on ne se rend pas compte de ça, mais en tant que voyageur, c’est assez étrange. On peut manger, se remplir la panse et même se sentir ballonné après s’être trop empiffré.  Il se demanda alors s’il était possible d’être ivre en rêve. Sûrement que oui, mais dans ce cas, se réveillait-on avec une gueule de bois si notre forme onirique avait trop bu ? Hum, expérience à tester un de ces jours… Romy fera un cobaye parfait !

Il ne semblait d’ailleurs pas motivé à s’endormir, le Romuald... Il avait l’impression que cela faisait des heures qu’il était ici, à attendre que quelqu’un arrive. D’où il était il pouvait voir l’entrée de la ville, afin de surveiller si le marchand arrivait, mais toujours rien. Certes, il n’y avait pas eu d’heure précise de fixée –une autre bonne question ça : y a-t-il des heures dans Dreamland, comme dans le monde réelle ? Autre chose que Fabio devrait creuser plus tard- mais quand même… Son frère au moins aurait dû s’endormir et être là.
Il sortit le dernier DreamMag, le numéro VII, afin de passer le temps. Il y apprit plusieurs choses euh… intéressantes disons. Pas franchement ragoûtantes, bien au contraire, mais instructives.
Soudain, un bruit se fit entendre près de lui. Il se retourna pour voir son frère, pied nu, venant visiblement d’apparaître.


- Et bien Romy, t’auras mit le temps.

Pour une fois, il n’aura pas droit à des remarques concernant sa tenue vestimentaire. En effet le jeune Duvalles était habillé plutôt sobrement ce soir. Il portait un col roulé sans manche bleu marine avec des rayures horizontales en relief, ainsi qu’une épaulière du côté droit. Une double ceinture noire entourait sa taille, remontant à la manière d’un plastron mais s’arrêtant au niveau du sternum à peu près. Enfin un pantalon large, bleu marine aussi, rentrait des ses chaussures noires ressemblant à des rangers à la différence près qu’à la place des lacets se trouvait une fermeture éclair. Oui vous l’avez comprit il s’agit, à quelques petits détails près, de la tenue de Zack Fair dans Final Fantasy. Fabio y avait pensé avant de s’endormir, trouvant qu’il s’agissait d’une tenue plutôt cool pour une mission de mercenaire. Il se retrouva donc ainsi vêtu une fois à Dreamland.
Souriant à son frère, il leva le DreamMag, le pointant avec son autre main.


- Tu l’as lu ? Tu savais qu’il était possible d’attraper des MST ici aussi ?! Et t’as déjà entendu parler des succubes ? De sacrées saloperies, leur trip à elles c’est de…

- Excusez-moi, êtes vous les voyageurs ayant répondu à l’annonce ?

Marchand:
 

Tout en discutant ils s’étaient rapprochés de l’entrée de la ville où les attendait leur employeur. Ca, c’était pas précisé dans l’annonce : le marchand qu’ils devraient escorter n’était autre qu’un gnome à l’allure plutôt marrante. Habillé tel un troubadour du Moyen Age, ou en tout cas c’est à ça que Fabio pensait en le voyant, il possédait, en lieu et place d’un chapeau, un crâne de vautour qui était lui-même orné d’une bougie éteinte. Il portait sur son dos un sac contenant moult marchandises, allant des armes aux animaux vivants en passant par des paires d’yeux et autres bizarreries que l’humain ne pouvait décrire.
A côté de lui se tenait une bête à l’allure imposante, dotée de six pattes, et qui tirait une charrette remplie d’un fouillis d’autres marchandises. Fabio se demanda, l’espace d’un court instant, comment le lutin pouvait trouver quoique ce soit dans tout ce bordel, puis se remémorant l’état de sa chambre il y a quelques années, avant que son frère ne l’oblige à y mettre de l’ordre depuis leur colocation, il se dit que finalement, le marchant avait encore un peu de marge avant d’atteindre un point de non rangement catastrophique.


- Oui c’est bien nous !

Fabio s’accroupit alors pour se mettre à la hauteur du gnome. Il était vraiment petit, et le jeune homme comprenait maintenant pourquoi il requérait une escorte. Il lui tendit une main et poursuivit.


- Enchanté, nous sommes les frères Duvalles. Je suis Fabio et derrière moi c’est Romuald, vous devez être Lodrik c’est ça ?

- Leodrick, Leodrick ! Bon pressons, j’ai déjà assez perdu de temps ici ! Rendons nous au plus vite au métro.

Fabio se releva tandis que Leodrick se mettait en route d’un pas pressé. On avait l’impression qu’il attendait depuis des mois que quelqu’un daigne enfin répondre à son annonce.
Fabio jeta un regard à son frère, fit une moue tout en haussant les épaules et se mit à marcher à la suite de leur client.
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Romuald Duvalles
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MessageSujet: Re: [Quête] Un Marchand en Or Sam 20 Déc 2014 - 16:01
C'est bizarre de se dire que même après avoir fermé les yeux, confortablement emmitouflé dans une grosse couverture d'hiver, la journée allait continuer dans un autre monde. Après quelques jours seulement à s'être "éveillé" à Dreamland Romuald ne se  sentait toujours pas très à l'aise avec ce concept. Bien sûr, physiquement son corps se levait toujours chaque matin parfaitement reposé mais lui-même se réveillait la tête pleine d'images et de souvenirs bizarres.

Les choses s'étaient considérablement compliqué lorsque Fabio avait parlé de "travail"...

Pour l'instant Romuald voulait laisser le bénéfice du doute à son petit frère, mais mener de front deux vies et deux jobs ne le rassurait pas spécialement. La perspectivement d'un monde parallèle était beaucoup moins réjouissante à partir du moment où il ne s'agissait plus de villégiature. Surtout que Fabio n'avait toujours pas dissiper cette sale impression que des monstres psychopathes se cachaient quelque part. Romuald était partagé entre l'idée de protéger son frangin de ce monde à la fois fantastique et cauchemardesque et lui sonner les cloches pour ses initiatives contestables.

Bref, toutes ses pensées bourdonnantes empêchèrent l'aîné des Duvalles de s'endormir avant un bon bout de temps, si bien que c'est largement en retard sur le timming qu'il franchit les portes de Dreamland. Le point de rendez-vous à un endroit nommé "Le Royaume des Sucreries". A priori il y avait fort à parier qu'il allait apparaître dans un version alternative du Magicien d'Oz.

Ah bah non, visiblement il était possible de faire encore plus sucré...

Le mec qui a créé ça a trop trippé sur Roald Dahl...
Marmona Romuald dans sa barbe.

Il repéra sans trop de mal son frère un peu plus loin qui lui faisait de grands gestes, encore une fois revêtu d'un costume bizarre. Un col roulé sans manches ? Sérieusement ? Il ne fit pourtant aucun commentaire, Fabio lui avait déjà fait l'honneur de tenus plus... exotiques. Au moins il faisait un effort dans la sobriété cette fois. De toute façon Romuald avait autre sujet de préoccupation en tête. Il ne l'avait pas remarqué tout de suite mais l'herbe même au sol était composé d'éclats fins et pointus de bonbons à la menthe. Les quelques pas qui le séparèrent de son frère furent... pénibles.

Ah putain c'est quoi ce rêve à la con ?!
Jura t-il avec humeur en se massant la plante d'un de ses pieds nu déjà bien égratigné. C'est que ça colle en plus !

Il n'eut pas le temps de se plaindre davantage que son frère lui brandit sous le nez un magasine dont l'illustration centrale montrait une femme... Et bien disons une femme plutôt bien dotée. Il lui arracha le papier des mains.

Attend, tu veux dire qu'il y a un coin de Dreamland avec des filles nues et dispos et qu'on traîne encore dans ce fantasme pour diabétiques ?


Fabio laissa échapper un petit éclat de rire avant de se préoccuper de l'étrange gnome qui venait de les aborder. Leur futur employeur visiblement. Romuald en profita pour parcourir plus avant le fameux article sur les maladies bizarres qu'on pouvait chopper en trempant son biscuit au mauvais endroit sur Dreamland. Damned, cet endroit avait le don de lui casser ses trips petit à petit. Malgré tout... Faudrait quand même qu'il fasse une sieste un jour, pendant que Fabio serait en cours...

"Pour tester."

Trêve de projets. Inutile d'être impoli envers ce Leodrick. Il fourra le magasine dans la poche arrière de son jean et s'approcha du gnome auquel il tendit aussi la main tandis que Fabio faisait les présentations. Visiblement c'était une de ces créatures des rêves, les natifs de Dreamland. L'espace d'un instant Romuald se prit à imaginer si ces êtres pouvaient eux aussi parcourir le monde "réel" dans leur rêve. Il ôta un gros bout de menthe de son pied. Buark... Il n'allait plus remanger de berlingots de sitôt.

Le signal du départ fut donné. La créature de bât, une improbable bête qui lui rappelait les bisons volants, s'avança lentement sur la voie dallée de nougatine. Niveau colle au pied c'était un peu passer de Charybde en Scylla mais Romuald ne voulait pas laisser à son frangin le plaisir d'une remarque mesquine à ce sujet. Il se contenta donc d'avancer stoïquement en ignorant autant que possible le bruit peu ragoûtant que faisaient ses pieds en s'arrachant au sol. La bête n'avançait pas très vite, le voyage risquait d'être long.

Tiens, ça me rappelle ta chambre. Désigna discrètement Romuald à Fabio en montrant du doigt le lourd attelage bringuebalant. Il parla suffisamment bas pour que le gnome, alors occupé à compulser une liste sorti de son baluchon, n'entende rien. Lui aussi doit essayer de créer de nouvelles civilisations en cultivant du moisi.

Il ignora superbement le magnifique bras d'honneur dont lui gratifia son colocataire et frère et enchaîna avant qu'il n'eut le temps de riposter. Cette fois à voix plus haute, la bouche à moitié pleine d'un gros champignon en chocolat pioché au passage.

Je ne suis pas encore très au fait de la géographie de Dreamland. C'est quoi ce métro ? Quelle menace craignez-vous donc pour requérir ainsi une escorte ?
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Fabio Duvalles
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MessageSujet: Re: [Quête] Un Marchand en Or Dim 21 Déc 2014 - 17:27

*Mais vas te faire foutre !* pensa Fabio, tout en accompagnant cette réflexion d’un éloquent bras d’honneur.

*Tu vas voir si je me réveille avant toi tiens !*

Détournant son attention de son frère, il se remit à admirer le paysage. C’était assez incroyable qu’un endroit entièrement constitué de bouffe soit intact en fait, pour sûr qu’un tel lieu aurait rapidement été ravagé sur Terre, dans le monde réel… Il n’y avait qu’à voir, cela faisait quelques instants seulement que lui et son frère étaient arrivés et ils avaient déjà mangé plusieurs éléments du décor. C’est d’ailleurs la bouche pleine que Romuald fit part des questions qui le taraudaient, provoquant une réaction assez expressive de la part de Leodrick.


- Super ! Excellent ! Je suis tombé sur de parfaits débutants ! Je savais bien qu’un marché si juteux était un coup de chance incroyable et qu’il allait être compensé par quelques malheurs… Je vais perdre tout mon argent dans ces montagnes, je vais tout y perdre !

Le gnome accompagnait son discours par de nombreux gestes qui lui donnait l’impression de se battre contre un ennemi invisible. Il semblait exaspéré et facilement irritable et cela n’était pas simplement dû au fait qu’il avait « perdu trop de temps ici ». Non, il semblait vraiment avoir peur de ce qu’ils pourraient croiser une fois arrivés en montagne. Il s’arrêta, poussant un soupir tout en regardant ses pieds ; Finalement il fit volte-face et se tourna vers les deux Duvalles.

- Bon très bien, je vais vous expliquez de manière très simple. Imaginez Dreamland comme étant un gros cercle composé de plusieurs zones, cinq pour être exact. Plus on est proche du centre et plus la zone est paisible, mais plus on s’approche des bords du cercle et plus cela devient dangereux. Autant vous dire que vous avez très peu de chance d’atteindre les royaumes se situant à la périphérie du cercle et d’en revenir intacts. Voilà l’explication de la géographie pour les nuls. Le métro maintenant. Dreamland c’est grand, voyager d’un royaume à l’autre ça prend du temps et tout le monde n’a pas de pouvoir merveilleux ou encore la possibilité d’apparaître n’importe où de manière plus ou moins contrôlé !

Il lança un regard perçant aux deux jeunes hommes, comme s’il leur en voulait d’avoir cette capacité. Sûr que pour un marchant ambulant comme lui, pouvoir se déplacer rapidement d’un lieu à l’autre était un gain de temps, et donc d’argent, considérable.

- C’est là que les lignes de métro entrent en jeux. Grâce à elles on peut se déplacer rapidement dans les principales villes des différentes zones. J’ai une livraison à faire en zone 3, je dois donc atteindre le métro au plus vite ou mon client ne sera pas content.
Concernant votre autre question…


Il marqua une pause, sa mine devint bien sombre tout à coup et il ne semblait plus avoir abusé du sucre, ou d’une autre substance moins licite.


- Et bien comme dit dans l’annonce des bandits ont été repérés dans la chaîne de montagnes qui borde le sud du royaume. Malheureusement c’est derrière ce col que se situe la station de métro la plus proche. J’ai encore énormément de marchandises et c’est sans compter mes EVs et vous l’avez constaté par vous-même, je fais une proie facile pour quiconque souhaitant s’en prendre à moi. Il est difficile d’être un gnome dans un mode de géants. C’est pourquoi j’ai passé cette annonce mais j’aurais espéré tomber sur des gens plus expérimentés.

Hum, pas sûr que le monologue du lutin soit très bien prit par Romuald. Lui qui n’était déjà pas très chaud pour faire des missions durant leur sommeil, si en plus elles s’avéraient réellement dangereuses, il risquait de piquer une crise. Il est vrai que les deux frangins n’appréhendaient pas du tout Dreamland de la même façon, là où Romuald préférait s’y détendre et passer une nuit tranquille, Fabio était plus du genre à partir à l’aventure afin de tenter de découvrir les différents secrets de ce monde. Ou au moins de s’amuser un peu ! Il fallait donc tenter de rattraper le coup, au moins de tenter de rassurer un minimum Romy sur ce qui allait se passer.


- Du calme marchand, tu ne nous as pas encore vu en action. Et puis, tu l’as dit toi-même, le danger arrive lorsqu’on sort des premières zones, or sauf erreur de ma part, le Royaume des Sucreries se situe en zone 1 ce qui signifie que nous avons au final que peu de choses à craindre.


- Tsss, quelle naïveté. Certes d’un point de vue théorique les dangers rencontrés ici seront bien moindres qu’en zone 3 ou même 4, mais ils ne sont pas inexistants pour autant. Imagine un instant : tu es un bandit ou n’importe qui d’un tant soit peu malfaisant et qui s’amuse énormément à tourmenter les autres, que ferais-tu ? Irais-tu en zone 3 où les gens sont balèzes et risques de te faire amèrement regretter de les avoir cherchés ou resterais-tu en zone 1, où tu sais très bien que tu ne tombera que sur des gens faibles, à peine à même de se défendre ?


Là il marquait clairement un point et Fabio ne savait pas vraiment quoi lui répondre. C’était exactement comme dans un MMO, les personnes puissantes allaient PvP dans les zones où les bas level faisaient leurs quêtes afin de bien les emmerder. Rares sont ceux qui allaient attaquer des gens de leur niveau. Il faut croire que c’était pareil ici…

- Je dois avouer que je suis assez surpris quand même. Dreamland n’est pas censé être le monde des rêves ? Comment se fait-il que l’ont y trouve des bandits où des monstres de tout poils ? Je m’attendais à ce que els gens ici soient bien plus… gentils en fait.

- Ah les voyageurs vous êtes tous les mêmes !
Et oui, Dreamland c’est un monde onirique, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, c’est trop cool, on s’amuse comme des fous, il y a des fées partout !


En même temps qu’il parlait il bougeait ses bras comme s’il cherchait à s’envoler, le tout en tournait sur lui-même, donnant l’impression qu’il exécutait une danse particulièrement ridicule. Après deux tours sur lui-même il se stoppa alors, cracha sur le sol et ajouta d’un ton complètement hystérique.


- Je déteste les fées !

*Ok, ce mec est timbré*

- Les jeunots, ouvrez les yeux. Oui Dreamland est le monde des rêves, mais il est tout autant le royaume des cauchemars. Il y a autant de bien que de mal ici. Cessez donc d’être utopistes et voyez les choses telles qu’elles sont. En tant que voyageurs vous devriez en être conscient plus que quiconque, vous l’avez obtenu comment votre pouvoir ? Quelqu’un vous l’a offert par pure charité ou bien avez-vous dû endurer les pires cauchemars pour l’obtenir ?


Fabio commençait à craindre la réaction de son frère, à vrai dire même lui avait été refroidit par le lutin. Il espérait juste que son frère n'ait pas une réaction démesuré et ne fasse pas un scandale. Ou qu'il ne le laisse pas tomber. Même si abandonner son frère n'était pas dans ses habitudes, ç'aurait bien été son style de lâcher l'affaire après tout ce qu'il venait d'entendre.
Leodrick quand à lui semblait s’être un peu calmé. Reprenant son souffle il regardait tour à tour les deux frères qui, malgré le côté quelque peu ridicule de la scène, il faut l’avouer, avait quand même écouté attentivement Leodrick et avaient prit au sérieux ses dires. Comprenant qu’il avait un peu cassé leur trip du monde parfait il soupira et ajouta.


- Bon, je noircis volontairement le tableau, de manière générale il fait effectivement bon vivre dans les royaumes des premières zones et les dangers ne se pointant réellement qu’à partir de la zone 3. Mais ce sont des généralités, et l’on est vraiment à l’abri nul part.


Au moins ça avait le mérite d’être clair, Dreamland n’était pas un monde de rêves où il faisait forcément bon vivre partout. En fait c’était exactement comme le monde réel : si la majorité des gens arrivaient à vivre sans trop de soucis il arrivait à d’autres bien de mauvaises aventures et personne n’était à l’abri des problèmes, quels qu’ils soient. Après tout, Dreamland était peut-être le monde des rêves pour Fabio et Romuald, il restait le monde réel pour toutes les créatures oniriques qui y vivaient…

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Romuald Duvalles
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MessageSujet: Re: [Quête] Un Marchand en Or Mer 24 Déc 2014 - 13:21
Il faut bien l'avouer, se faire rabrouer par un gosse quand on a la trentaine, c'est un peu vexant, surtout quand l'interlocuteur en question arrive à peine au niveau de la ceinture. Mais Romuald était suffisamment malin pour ne rien répondre et prendre son mal en patience devant le laïus rageur de Leodrick. Il connaissait fort peu Dreamland et il semblait au final que Fabio n'était pas tellement plus avancé que lui. Il aurait largement préféré que le gnome leur sorte une carte de son sac plutôt que de leur parler vaguement de zones. Peut-être n'existait-il pas de cartographie précise de cet endroit... Peut-être, au contraire, le métro leur présenterait un panneau un peu plus détaillé de la situation. Une raison supplémentaire pour atteindre l'endroit.

Ne vous inquiétez pas pour ça, répondit tranquillement Romuald lorsque la voix criarde de la petite créature se fut enfin tu, nous sommes peut-être nouveaux ici mais nous avons l'expérience de toute une vie dans notre monde sous le coude. Nous ne sommes pas sans défense.

Leodrick lui jeta un regard torve. Il réajusta soudainement les bretelles de son sac, faisant dangereusement bringuebaler son improbable paquetage à l'équilibre précaire.

C'est vrai que vous autres "rêveurs" passez votre temps à vous foutre sur la gueule. Je ne sais pas à quoi ressemble votre monde mais je suis pas sûr que ça vaille le détour.

"Moins de sucre et plus de béton" faillit répondre Romuald mais il s'avisa au dernier moment, se contentant d'un sourire poli. Jugeant visiblement la mise au point terminée le commendataire de leur mission tourna les talons et reprit son chemin au maugréant. Sa monture ne tarda pas à leur emboiter le pas. Alors que Fabio s'apprêtait à en faire de main son grand frère lui attrapa doucement le bras.

Je peux te toucher un mot ?

Il l'entraîna un peu à part du convois, bien que suffisamment près pour intervenir en cas de besoin.

Au delà de ce que ce truc a dit je voulais te toucher un mot sur tout ça. Je sais que ça paraît un peu comme un jeu pour toi.

Son regard s'attarda un moment sur le costume de jeu vidéo de son frère.

Mine de rien il s'agit de se battre. On a beau avoir des pouvoirs c'est comme brandir un tesson de bouteille et se fritter avec un gang dans une ruelle sordide. Ce décor "magique", cet autre monde ne doit pas te faire oublier que ça reste extrêmement dangereux.


Romuald marqua une légère pause, s'assurant que leur employeur un peu plus loin ne pouvait pas les entendre. Inutile de passer encore plus pour des baltringues.

Je sais qu'on ne peut pas "mourir" ici, mais on peut sacrément souffrir. Je doute que de se vider de sa tripaille sur le sol ou prendre un coup dans la gorge soit tellement plus agréable que chez nous. Et...


Il désigna Leodrick qui se retourna brièvement dans leur direction, visiblement fâché de leur mollesse apparente.

...je pense qu'ils le savent eux aussi. Ils savent qu'ils ont plutôt intérêt à nous faire souffrir qu'à nous éliminer. Imagine qu'ils te coincent, imagine que l'un d'eux à la capacité ou un artefact pour nous empêcher d'apparaître où on veut chaque nuit. Imagine de revenir chaque nuit dans la même cellule, enchaîné et à la merci d'un taré trop imaginatif.

Il laissa sa phrase en suspend. Cela valait mieux qu'une ribambelle d'exemples mal trouvés. "Féroce", comme il avait nommé la créature de ses cauchemars, avait promis de le retrouver. Pouvait-il se frayer un chemin si profondément dans le royaume des sucreries, à travers les zones les plus sûrs de Dreamland ? Il n'osait pas poser la question à Léodrick.

Ce n'est pas un jeu Fabio. On ne sait pas ce qui peut nous arriver sur le coin du nez mais garde toujours à l'esprit qu'un coup de couteau ça ne fait pas du bien.


L'aîné des Duvalles regarda son jeune frère droit dans les yeux pour s'assurer qu'il avait bien compris. Mine de rien, c'était difficile de mettre quoi que ce soit dans cette tête de linotte.

On en reparlera, pour l'instant évitons que ce cher Léodrick fasse une crise d'apoplexie. Ou pire, un autre monologue.


Il se détourna de son frère en soupirant et revint vers le petit gnome dodelinant en cueillant une brassée de fleurs en sucre au passage.

Nous sommes tout à vous Léodrick. Peut-être l'un de nous devrait-il reconnaître la route en avance.
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Fabio Duvalles
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MessageSujet: Re: [Quête] Un Marchand en Or Mar 6 Jan 2015 - 23:39
Après Leodrick ce fut au tour de Romuald de se la jouer moralisateur.

*Ils ont tous décidé d’être chiant ce soir ?*

Le cadet des Duvalles ne laissa rien transparaître durant le discours de Romy, se contentant d’afficher sa tête habituelle pour ce genre de situation, la fameuse expression faciale dite du « cause toujours, ça ne m’intéresse pas ».
Il ne répondit rien à la longue tirade de son frère. Ou plutôt ce dernier ne lui laissa pas le temps de répondre, remettant cette discussion à plus tard. Cela valait sans doute mieux, au moins avait-il le mérite d’accepter de finir ce boulot…

Par contre Romuald se trompait sur un point, Fabio connaissait parfaitement les dangers de Dreamland. Bien qu’il ne pouvait qu’imaginer les pires choses qui se terraient ici, il avait quand même une idée de ce qu’ils pourraient leur arriver. Cependant, cela restait un monde de rêves et rien n’était vraiment réel, la souffrance pas plus que le reste. On passait déjà nos vies dans le monde réel à faire attention, à se comporter de manière correcte et à se tenir à l’écart de tout ce qui pouvait être dangereux… Fabio voulait profiter de cet autre monde pour se lâcher vraiment, vivre à fond quitte à prendre des risques de temps en temps, risques qui restaient mesurés quand même, comme dit, il n’était pas suicidaire non plus. Et puis il était tellement intrigué par ce monde de rêves et toutes les possibilités qu’il pouvait offrir, il comptait bien découvrir le maximum de secrets qu’il pouvait cacher.
Pour ce qui est de ne pas pouvoir mourir à Dreamland… Bah, il en parlerait un autre jour à son frère, ce n’était décidément vraiment pas le bon moment.

Il se remit en route avec le reste de la petite troupe, mais il était bien moins enthousiaste qu’avant. Deux sermons de suite avaient quelque peu cassé sa motivation. Il était perdu dans ses pensées, le regard dans le vague mais toujours dirigé sur son employeur. Il y avait quelque chose d’hypnotique dans sa façon de marcher. Gêné par son gros paquetage, il se déplaçait en sautant d’un pied à l’autre, chacun de ses pas menaçant de faire tomber la pile d’objets qu’il transportait.
Ils marchèrent comme ça, en silence, pendant à peu près une demi-heure. Le temps semblait long et, toujours à ses rêveries, Fabio ne s’était pas rendu compte que les pieds de son frère avaient cessé de faire un « sprotch » peu ragoûtant à chaque fois qu’il les décollait du sol. Ils avaient en effet quitté les sentiers sucrés et se trouvaient à présent à l’extrême sud du royaume, ou la végétation perdait peu à peu de son côté féerique pour redevenir plus commune. Cependant le jeune Duvalles ne faisait plus attention au paysage, il se remémorait les articles qu’il avait lus plus tôt.


- Hum, en y repensant… je n’suis pas sûr que faire l’amour à Dreamland serait la première chose à laquelle j’aurais pensé. Enfin… Je crois pas.

Plus il en apprenait sur Dreamland et plus il se posait de questions. Faire l’amour ici était-ce aussi agréable que sur Terre ? Plus, moins ? Et puis, cela voulait-il dire que les créatures ici pouvaient procréer ? Sûrement que oui. Mais n’étaient-elles pas issues de l’imagination des rêveurs ? Tant de mystère à découvrir, d’énigmes à résoudre ! Et Romuald qui ne pensait qu’à prendre du bon temps ici… Grrrr. N’avait-il donc aucune curiosité vis-à-vis de cet endroit ?

- Et voilà, nous sommes arrivés au pied de la montagne. Nous allons pouvoir traverser le col qui mène jusqu’à la station de métro. A partir de là restez bien sur vos gardes, nous allons voir si votre expérience dans l’autre vie vous sera utile ici.

Le passage qui s’ouvrait devant eux était impressionnant. Etroit, délimité de part et d’autres par de hauts massifs rocheux, c’était effectivement un endroit parfait pour s’attaquer à un convoi. Le seul avantage était qu’il ne pouvait visiblement pas y avoir d’attaque sur les flancs, les parois rocheuses ne laissant aucune cachette possible.
La bête de somme était si large qu’il leur était devenu impossible de marcher côte à côte. Ils durent adapter leur « formation », si tant est qu’ils en avaient eu une jusqu’à présent. Fabio se mit donc à l’avant accompagné de Leodrick tandis que son frère aurait le rôle d’arrière garde. Etrangement, ce dernier semblait plutôt soulagé de ne pas se retrouver du même côté que le farfadet. Le cadet Duvalles, lui, était plutôt inquiété par cette nouvelle disposition. Si jamais son frère se retrouvait en mauvaise posture il aurait bien du mal à le rejoindre pour lui prêter main forte ce qui ne l’enthousiasmait guère.

Le chemin s’avéra sinueux par endroits, mais il restait très praticable et bien plus ferme que la route de nougatine qu’ils avaient emprunté jusque là. Au moins le chariot avançait avec moins de difficultés.
Il arrivèrent finalement à une bute. Le passage s’élargissait à cet endroit, leur permettant à nouveau de marcher tous côte à côté, mais ils gardèrent leurs places. En haut de petite colline se trouvaient de nombreux rochers de tailles assez imposantes.


- Une fois là-haut, nous pourrons faire une pause. Nous sommes à peu près à mi-chemin de la station.

Fabio acquiesça tandis que Leodrick attrapait la bride de son animal afin de le motiver à avancer. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres du sommet quand des mouvements se firent percevoir parmi les rochers. Avant même que l’un d’entre eux n’ait le temps de réagir un homme, crâne rasé et tatoué, s’était dressé sur le rocheux le plus haut et leur ordonnait de stopper leur avancé.

- Bien le bonjour à vous braves gens ! J’ai bien peur que vous ne puissiez continuer dans cette voie, ni faire demi-tour d’ailleurs. J’ai cependant un marché à vous proposer : laisser ici votre chariot et tous vos bien et, en échange, nous vous laisseront repartir avec un trésor inestimable : votre vie !

Leodrick fut le plus prompt à réagir, visiblement pas emballé par ce marché « équitable ». Il lança à l’attention de leur interlocuteur et agresseur une réplique cinglante qu’il ne serait pas convenable de retranscrire ici. Pas intimité le moins du monde le machinchouette onirique se contenta d’un soupir et d’un signe de la main.
Un simple geste de la main et c’est pas moins de quatre bandits qui fondirent sur eux, toute lame dehors ! Fabio déglutit, il pouvait presque sentir son frère lui coller un taquet derrière la tête. Cela lui en coûtait de l’avouer, mais Romy avait peut-être eu raison sur ce coup. Leodrick sauta sur le dos de sa bête, où plutôt l’escalada avec difficulté, ne voulait visiblement pas poser son sac à terre, tandis que les bandits se répartissaient équitablement sur les deux frères Duvalles.


- Allez-y les frangins ! Montrez leur ce que vous avez dans le ventre !

*Mouai… J’espère que tu parles au sens figuré le lutin.*

L’idée de voir ses tripes se répandre sur le sol n’enchantait guère Fabio qui décida de ne pas y aller de main morte. Ils avaient des pouvoirs, autant s’en servir ! Il commença ainsi par transformer son bras droit en diamant. Voyant qu’il se passait quelque chose, un bandit lui sauta dessus, bien décidé à ne pas lui laisser le temps de finir son truc. Fabio para de justesse et riposta avec un puissant coup du gauche. Son adversaire tituba un instant avant d’aller trébucher quelques mètres plus loin. Bizarre…
Le jeune homme profita de cet instant de répit pour achever sa transformation se retrouvant à présent doté de deux bras incassables. Le deuxième bandit passa alors à l’attaque, mais Fabio était prêt cette fois. Après avoir esquivé un, deux, trois coups de lame il frappa son adversaire à l’aide de ses deux mains jointes. Ce dernier s’en alla alors rejoindre son compagnon encore au sol.
Fabio resta perplexe. Il avait l’étrange impression d’être bien plus, réactif, fort… Habile au combat en somme, que dans le monde réel. Etait-ce dû à l’adrénaline ? Le jeune homme ne s’était jamais retrouvé dans une telle situation où sa vie était en danger. Il n’aimait pas se battre et n’avait dû être engagé dans un « combat » qu’une ou deux fois dans sa vie, et encore, des trucs de lycéens quoi, rien de bien sérieux. Là ses adversaires étaient armés et cherchaient clairement à mettre fin à sa vie, la motivation à gagner s’en retrouvait bien décuplée ! Et pourtant il continuait à penser que ce n’était pas dû qu’à ça.
Alors qu’il se préparait à un nouvel assaut, conjoint cette fois, de ses deux opposants, Fabio eut une pensée pour son frère, de l’autre côté du chariot, se demandant comment il s’en sortait. Il chassa vite tout ça de son esprit, pour l’heure il devait rester concentrer sur son propre combat !
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Romuald Duvalles
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MessageSujet: Re: [Quête] Un Marchand en Or Ven 16 Jan 2015 - 17:40
Le problème avec Fabio c'était de lui faire comprendre quoi que ce soit lorsque cela le contrariait. Romuald connaissait suffisamment l'expression vide qu'affichait le visage de son frère pour comprendre qu'il n'écoutait même pas le quart de ce qu'il disait et de cela en retiendrait certainement un peu moins d'un sixième.

En gros, il restait pas grand chose.

Ne lui en déplaise, il lui toucherait un mot un peu plus tard. La présence du... gnome rendait toute conversation sérieuse indélicate. Inutile de passer pour des bouffons ou des amateurs devant un tiers. Romuald n'avait pas encore tout à fait compris l'intérêt d'avoir de l'argent dans un monde où on pouvait apparaître à un nouvel endroit chaque nuit mais la présence d'autochtones suffisait visiblement à justifier l'existence d'une balance commerciale onirique. Si les magasins étaient à l'image de Leodrick ou de son improbable marchandise ça valait effectivement le coup d’œil.

T'as pas l'esprit pratique c'est tout, bougonna Romuald en réponse à la remarque de son petit frère. Il aurait préféré qu'il ne fasse pas de commentaire de cul devant leur employeur mais celui-ci semblait s'être décidé à ne plus leur accorder le moindre intérêt. Mais j'avoue que bouffer des trucs exotiques à l’œil retient aussi mon attention.

Faire chier dans leurs rêves les gens qu'il aimait pas aussi, mais ça c'était moins avouable...

Le paysage avait peu à peu changé autour d'eux. Les herbes en sucre avaient disparurent pour faire place petit à petit à de la terre battue parcourus de quelques buissons épars. Même les nuages hauts dans le ciel avaient progressivement perdu leur apparence de chantilly pour se transformer en interminables rubans de poussière monotones. Le sol s'était incliné et de plus en plus ils se rapprochaient des imposantes montagnes qui leur barrait l'horizon. Jusqu'à présent le voyage s'était bien passé. Romuald avait profité d'une pause pipi de l'imposante bête de somme pour décoller le sucre encore incrusté dans ses pieds. Un léger vent s'éleva lorsqu'ils arrivèrent enfin au niveau d'une sorte de canyon rocailleux sinueux marquant l'entrée des montagnes.

Les conversations déjà rares devinrent carrément inexistantes. La bête rechigna à pénétrer dans le col et lorsque enfin Leodrick parvint à la convaincre de s'engager sur le chemin avec force menace la constitution imposante de la créature les empêchèrent de se déplacer en groupe. Romuald se retrouva en queue de fil, jetant un regard inquiet sur les chaos rocheux tout autour d'eux. L'endroit était effectivement parfait pour une embuscade.

Par conséquence, personne ne fut vraiment étonné quand la dites embuscade eu lieu.

Romuald plissa les yeux pour distinguer leur adversaire. il n'eut pas tellement le temps de prêter attention à ses menaces car des grattements derrière lui lui signifièrent qu'il n'était plus seul. Effectivement, trois bandits, des créatures à l'apparence humaine comme lui, s'étaient rapproché, surgissant d'on ne sait où. Ils jetèrent un regard moqueur à l'aîné des Duvalles tout en se déployant pour barrer le chemin d'arrivée.

J'aurai dû te flanquer une claque sur la tête quand t'as suggéré de trouver du boulot, maugréa Romuald en levant les poings en position de boxing. Ses adversaires éclatèrent de rire en soupesant leur sabre avec une évidence toute forcée. Un cri de Leodrick et tout s'enchaîna très vite. Pourvu que Fabio s'en sorte...

Le premier bandit qui agressa Romuald, un homme maigrichon au regard torve, fut accueillit comme il se devait par un coup de poing sur le nez. Le rêveur était fort, mais il ne s'était pas attendu à ce que sa frappe fasse tellement de dégâts et renvoie l'agresseur si loin. C'est comme si une nouvelle vitalité parcourait ses veines et insufflait dans ses muscles une détente que les lois de la physique ne permettaient pas dans le monde réel. Romuald n'eut pas le temps de se poser la moindre question à  ce sujet que les deux autres pillards, enragé par la mise chaos de leur compagnon, n'attaquent à leur tour, simultanément. L'humain esquiva la première attaque de sabre et manqua de peu la seconde. Ses séances de Rugby l'aidait à gérer la masse et la position de ses adversaires, mais il était complètement démuni face à ces armes tranchantes. Il jouait des poings pour maintenir les deux hommes à distance mais cela ne suffirait pas éternellement. Un coup de sabre mal esquivé ne tarda pas à laisser sur son avant bras un sillon brûlant de douleur qui laissa échapper sur le sol poussiéreux quelques gouttes d'un rouge pur.

Ok... Voyons ça...

Romuald n'avait jamais réellement utilisé ses pouvoirs jusqu'alors. Bien sûr il les avait déjà invoqué et étudié dans le reflet d'un lac de montagne mais ne les avait encore jamais employé en combat. L'idée de posséder quelque chose que lui avait laissé Féroce le mettait mal à l'aise. Ce n'était pourtant pas le moment de faire la fine bouche. Fabio avait beau mépriser la douleur physique, un coup de lame dans le bide restait un coup de lame dans le bide. Romuald se concentra et d'impitoyables griffes recourbées poussèrent sur ses doigts.

Les trois bandits, le premier encore un peu grogy s'était relevé et avait rejoint ses camarades, reculèrent d'un pas. La blessure qu'ils avaient causé au garde du convois les avait considérablement ragaillardi dans leur assaut mais là, c'était différent. L'un pourtant reprit ses esprits et lança une passe large dans l'espoir d'acculer Romuald contre la bête toujours apathique malgré les combats.
Mais Romuald riposta instinctivement. Un élan soudain et sauvage sembla s'emparer de lui lorsque ses griffes labourèrent profondément le bras de son adversaire. L'hurlement de douleur, l'odeur du sang, la joie primale du combat. C'était comme si cette énergie nouvelle qui animait son corps s'était encore amplifié. La répugnance qui aurait dû s'emparer de Romuald se remplaça par une joie bestiale, comme si un voile rouge tombait devant ses yeux et que n'existait désormais plus que la chasse et le sang. Mû par un instinct qu'il ne connaissait pas jusqu'alors il frappa et frappa encore. Du sang giclait dans l'air lourd et poussiéreux du Canyon à chaque fois que ses griffes trouvaient leur cible. Son adversaire qui essayait au début de riposter se replia bien vite en position de défense alors que ses bras levés devant son visage était mis en charpie.

Mais Romuald n'en avait cure. Exalté par cet élan sanguinaire il ne faisait plus du tout attention à la survie de son adversaire. Il était un chat, un prédateur et ne se laissait guidé plus que par la joie féroce que lui dictait son instinct. Il mordit profondément dans la joue d'un second bandit lorsque celui-ci vint aider son compagnon. Ses dents, qu'il n'avait même pas pris la peine de transformer firent jaillir dans sa gorge un sang chaud et enivrant. Une douleur vive lui signala qu'il avait été touché au flan, et à contrecœur il recula de quelques pas pour faire le point. La bête voulait encore se battre mais un sursaut soudain de lucidité lui commanda de se mettre en retrait.

L'ainé des Duvalles reprit ses esprits presque aussi soudainement qu'il s'était laissé emporté par l'appel au sang. Il avait mal, effectivement une large entaille au torse était venue s'ajouter à celle au bras mais ce n'était pas ça qui le préoccupait. Le sang... Il y avait du sang partout... Un homme gisait à terre, rampant du mieux qu'il pouvait pour mettre le plus de distance entre lui et Romuald. La chair de ses bras était en grande partie en lambeaux. Un autre se tenait la joue en se perdant en invectives, du sang dégoulinait d'entre ses doigts alors qu'il appelait frénétiquement à l'aide. Le troisième s'était reculé, terrifié, le nez encore rouge de l'impact porté précédemment. Il avait lâché son sabre par terre et tremblait de peur, incapable de quitter des yeux les griffes recouvertes de sang et de bouts de chair.

Bon sang ! Vous attendez quoi les renforts ?! Qu'on mate ce taré !


L'odeur du sang était omniprésente, l'étendu du carnage éclaboussait les roches ternes des alentours. Mais le sang, les horribles blessures qu'il avait infligé, même ce goût à la fois si répugnant et si doux en bouche, rien de cela n'était le pire dans l'affaire.

Le pire, c'est qu'il avait encore soif...

Tétanisé, incapable de savoir comment réagir, Romuald s'élança et retourna au combat. Un rugissement féroce résonna loin dans tout le canyon.
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[Quête] Un Marchand en Or

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