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La mécanique de l'âme [Quête solo]

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MessageSujet: La mécanique de l'âme [Quête solo] Jeu 11 Déc 2014 - 18:11


C'était enfin le week end et j'avais le droit de me détendre un peu. Le boulot n'était pas si chiant, mais devoir modifier des plans, chercher des anomalies à des calculs qu'on a déjà fait pour satisfaire son supérieur et prouvé ses capacités n'avaient rien de plaisant. Et je détestais être rabaissé. Plus d'une fois j'avais pensé à le remettre à sa place, à vouloir lui dire que je savais parfaitement ce que je faisais. Mais ça n'en restait pas moins mon chef et donc, je me devais d'être condescendant. Malheureusement pour moi. Par chance, dans le service je n'étais pas le seul que le chef aimait emmerder mais comme je restais le petit nouveau, je subissais, probablement, une sorte de bizutage.   Mon travail dans un magasin de jeux vidéos me manquait. Même si c'était agaçant de devoir faire les louanges d'un jeu de tire à la première personne dont le seul intérêt du boutonneux en face c'est le mode multijoueur afin de montrer au monde entier son "skill". Oui, j'aimais me plaindre et je n'aimais pas grand chose. Mais est-ce ma faute d'être difficile?

Donc, j'étais tranquillement installé devant ma télévision à regarder une série télé que j'avais illégalement récupéré sur internet. Une série pour adolescent, une histoire de loup-garou enfin d'un ado de lycée qui s'était fait mordre. De là, il devenait le héros, un mec qui aide les autres et tellement amoureux que ça en était niais. Au départ, j'étais sceptique et pas qu'un peu, mais petit à petit, je m'étais intéressé et finalement, j'aimais bien. Et là j'étais dans un passage où le meilleur ami du héros était considéré comme fou à cause d'une maladie héréditaire alors que non, une sorte de démon avait prit possession de lui. Ce personnage secondaire était pour le moins intéressant. Pas de pouvoir, pas de capacité intellectuel hors du commun, juste un mec hyper actif amusant et suffisamment parano pour parvenir à se rendre utile et à élaborer des plans tordus mais viable. Le genre de mec un peu chelou que j'adorais quoi. Une question en revanche me tourmentait: comment différencier le génie de la folie quand les apparences laissent penser que l'un comme l'autre sont possibles? Et comme on avait déjà entendu dans un film connu: la folie et le génie vont souvent ensemble. Surement le coté trop intelligent qui peut faire passer la personne pour une incomprise aux yeux des autres. J'étais incompris de mon chef qui osait douter de mes connaissances en résistance des matériaux ou en modifications de plans. Mais de là à dire que j'étais un génie... N'abusons pas. Loin de là même. J'étais juste doué avec les chiffres et dans un domaine précis: celui de la mécanique, pour le reste j'étais aussi stupide qu'un autre.

Reste que cette idée de folie et de génie m'obséda toute l'après midi. Je n'arrivais pas à penser à autre chose. Allant jusqu'à me demander si on m'aiderait le jour où pour une raison inconnue, je sombrerai dans la folie. Car personne n'est à l'abri. Une tumeur au cerveau peut suffir à rendre fou. Le stresse et la pression du travail. Un accident de voiture peut également rendre fou ou du moins amnésique. Comment était-ce de vivre en n'ayant plus la possibilité de savoir ce qui est vrai ou faux? Avec Dreamland, j'avais peut-être même déjà commencé mon ascension à la folie. Ce monde onirique était peut-être juste dans ma tête et je m'imaginais un autre monde, un moyen de m'évader au tracas du quotidien sans m'en rendre compte. Comment savoir si Dreamland était réel? Je n'avais aucune personne dans mon entourage pour me dire que lui aussi se rendait toutes les nuits là bas. De quoi se poser des questions sur son état mental, non?

Certes, j'ai toujours possédé une bonne imagination mais quand même. Imaginer un royaume entièrement en sucreries, rencontrer une sorcière qui invoque un shaman typique des tribus d'Afrique avec un bâton et une tête compressée qui parle en plus. Là c'est quand même pas mal mais d'accord: j'aurai put être inspiré par un film, un jeu ou une bande dessinée. Imaginer un parc d'attractions ultra incroyable et surnaturel... Ok, ça aussi ça peut sembler normal. Imaginer un royaume qui serait tropical, typiquement touristique, rencontrer une rousse qui joue avec l'électricité . Tomber ensuite dans un complot d'un fils voulant kidnapper son père pour prendre sa place en tant que maire dans un autre royaume. Là, déjà ça commence à être pas mal. Surtout quand on en revient au royaume du sucre et que... Bordel qui pourrait envier le maire d'un tel endroit??? Même les habitants sont en sucre!! Rien que d'y passer plus de deux nuits et j'en aurai déjà du diabète!

Enfin voilà, pour le moment, mes rêves étaient étranges, mais pas totalement dénués de sens. Le problème était ce coté persistant qui disait que c'était bien un monde à part entière et que je possédais uniquement le même pouvoir. Si c'était un rêve, j'avais normalement le contrôle absolu, non? Pourtant là, les choses m'échappaient souvent, malheureusement. Moi qui adore justement contrôler les choses... Et surtout: ce cauchemar lors de ce jeu de Poker. Depuis, les jeux d'argents ne m'effrayaient plus autant, j'arrivais même à me dire qu'un jeu de cartes magiques était plutôt sympa. Là, je n'avais jamais entendu que nos rêves ou nos chauchemars pouvaient soigner de nos phobies.

J'avais donc fais des recherches sur internet. J'étais tombé sur un forum possédant un nombre impressionnant de membres qui se connectaient régulièrement. Le truc peu commun, avouons le. Généralement, on voit un nombre fou d'inscrit et une trentaine -au maximum- qui viennent régulièrement. Mais là non! L'activité était époustouflante. On y parlait surtout anglais et chacun racontait ses rêves, ses aventures. Tous s'en tenaient à dire que le monde onirique existait bel et bien. La terre des rêves: c'était le nom du forum. Je le mis donc en favoris, juste au cas où et après y avoir passé plusieurs heures dessus. Donc, ceci pouvait confirmer Dreamland. Mais pas forcément, les gens aiment inventer les choses et justement on rêve tous d'un truc qui nous sortirait de la monotonie de nos vies. Le truc le plus simple à faire aurait surement été de trouver un proche, découvrir sa phobie et l'aider à la vaincre pour ensuite lui demander s'il se souvenait de tout ça. Mais... Déjà: j'avais la flemme d'aider quelqu'un, surtout si je devais me retrouver dans un royaume cauchemardesque. Ensuite, le risque de passer pour un fou si jamais l'autre ne se rappel de rien, ne me plaisais pas trop.

C'est ainsi que je m'étais mis au lit: me posant pleins de questions sur mon état mental et si Dreamland existait bien ou non. Il fallait que je trouve quelqu'un à qui en parler sinon, une chose était sûre: je sombrerai dans la folie ou la paranoïa.


-----------------

J'ouvrais alors les yeux sur ce qui semblait être un immense chateau. Un peu laissé à l'abandon dirait-on mais très grand et quand même classe. Enfin quand je dis à l'abandon, c'est surtout car on voit du lierre qui a recouvert plusieurs pans de murs d'un coté de l'immense batisse. L'herbe aux pieds des murs n'avait pas été coupée depuis un moment également. Disons que si quelqu'un vivait ici, s'occuper du jardinage et de l'espace vert n'était pas sa priorité. Longeant donc le petit chemin, je me dirigeais vers le bâtiment, en même temps derrière moi il ni avait qu'une sombre forêt qui ne m'inspirait pas plus que ça. Machinalement, je jetais un regard à ma tenue de la nuit et comme toujours, j'arborais un débardeur noir avec des symboles de jeux de cartes dessus. Je portais également un pantalon un peu trop large et gris foncé. Des baskets classiques et noires. Et enfin, j'avais quelques bracelets au poignet gauche, vous savez les trucs en ficelles là! Des bracelets brésiliens, il me semble? Enfin on s'en moque ce n'est là qu'un détail.

Arrivé devant la porte, je commençais déjà à tourner la poignée en me disant qu'il aurait été plus poli ou convenable de frapper pour m'annoncer. Mais sérieusement, qui s'emmerderait à frapper à la porte d'un chateau dans un monde probablement imaginaire? Dans un grincement sinistre à vous en faire mal aux oreilles, la porte s'ouvrit donnant alors sur un grand hall qui ressemblait à la réception d'un hôpital.

Pourquoi dire que ça ressemblait à un hôpital? Et bien, il y avait un comptoire avec derrière une femme aux longues oreilles, habillée justement d'une blouse blanche. Les murs étaient impeccables et d'un rose saumon à m'en donner la nausée. Il y avait aussi un grand lustre en cristal suspendu au plafond qui éclairait tout le hall. De chaque coté du comptoir on voyait des escaliers qui menaient aux étages supérieurs et un seul qui permettait de descendre dans ce qui devait être le sous-sol ou la cave. D'autres personnes se promenaient dans le hall d'entré. Il y avait d'autres infirmières qui discutaient entre elles, des gens aux oreilles ordinaires assit sur des fauteuilles qui attendaient. Enfin certains regardaient surtout par une fenêtre avec un léger filet de bave suintant de leurs lèvres. D'autres se contentaient de se balancer d'avant en arrière en baragouinant des trucs incompréhensibles. D'accord, donc plutôt qu'un hôpital, disons que c'est un asile psychiatrique. Vu mon état d'esprit au moment d'aller au lit, rien d'étonnant à ce que je me retrouve dans un endroit pareil. Bon d'accord, cela ne m'enchantais pas trop mais maintenant que j'étais ici: inutile de se plaindre, c'est déjà trop tard. Je pris donc la direction de l'accueil pour me renseigner un peu sur les lieux.

"Bonjour, désolé de vous déranger mais... Je suis où exactement?
-Prenez ce formulaire et remplissez le afin qu'on sache vos symptômes.
-Mais je ne suis pas fou!
-Moui... C'est ce qu'ils disent tous.
-Je peux au moins savoir où je suis?
-Royaume de la folie, c'est pourtant évident non?"

Remerciant ensuite cette charmante dame, je pris ce fichu formulaire pour me diriger vers un siège. La feuille était posée sur une petite planche en bois et alors que je notais l'absence d'un stylo, mon regard se posa sur ce soit-disant formulaire. Il ni avait rien à écrire en fait, une seule inscription y fugurait et disait simple: frapper votre tête ici. Poussant un soupire mitigé entre agacé et amusé, je finis par conclure que je n'avais pas le choix et je mis un coup de boule à cette feuille. Certes la scène était comique et cela renforçait le coté folie de l'endroit. Mais je ne voyais pas quoi faire d'autre en attendant que le temps passe. Relevant ensuite la tête, j'observais la feuille pour voir si cela changeait quelque chose. Et c'était justement le cas: les mots disparurent pour laisser la place à d'autres: "Délires paranoïques chroniques avec hallucinations". On est d'accord, ça s'annonçait plutôt mal pour le reste de la nuit... Et comme si ça ne suffisait pas, ça alimentait mes doutes sur ce monde onirique. Après c'était le royaume de la folie, le but de ce royaume pouvait être de rendre les gens fous ou simplement faire croire qu'ils le sont...
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MessageSujet: Re: La mécanique de l'âme [Quête solo] Dim 18 Sep 2016 - 19:57


Après bien dix bonnes minutes, une infirmière enfin ce qui semblait en être une s'approcha de moi. Sans un mot, elle m'arracha le formulaire des mains pour le lire. Elle me lança un regard froid, poussa un soupire et son visage dur s'adoucit enfin. Elle me fit un vague sourire et me demanda de la suivre. Sérieusement, j'ignore encore pourquoi j'ai accepté de la suivre, mais qu'avais-je de mieux à faire? Rien. On est d'accord. Elle me fit traverser le hall d'entrée pour qu'on prenne ensuite l'escalier. Il y avait des tableaux sur les murs rien d'alarmant ou de mignon, des trucs classiques qu'on voit souvent dans les salles d'attentes. Rien de notoire pour le moment donc. Je me surpris à mater l'arrière train de l'infirmière, malgré ses oreilles pointues, lui donnant un aspect de créature onirique, elle était plutôt bien gaulée et j'avais rien de mieux à regarder.

On avança ensuite dans un couloir, je vis des portes fermées avec des numéros, surement des chambres pour diverses patients. Il y avait des portes ouvertes menant à des bureaux de docteurs ou d'infirmiers. Je m'arrêtais alors pour observer une sorte de cube lumineux dans une pièce, il flottait à quelques centimètres du sol et tournait lentement sur lui même. Une douce énergie semblait en émaner. Bizarrement, en l'observant, je me sentais hilare: une envie irrépressible de rire me gagnait. Cette envie était si stupide qu'elle me donnait en même temps envie de pleurer. Oui, j'étais mitigé et surtout: obnubilé par ce cube. Le claquement de la porte me fit alors sursauter. L'infirmière m'observait en me disant de bien vouloir avancer. Son regard était de nouveau froid. Pas très commode ces employés supposés aider les patients à aller mieux, à se sentir mieux. Je regardais la porte maintenant fermée et j'en venais à regretter de ne plus pouvoir admirer ce cube. La porte numéro vingt trois. Je retenais toutefois le numéro, au cas où.

Nous arrivions finalement devant une chambre ouverte et l'infirmière m'intima d'y entrer en disant qu'un docteur allait me recevoir. Je jouais donc le jeu et entra. Me laissant tomber sur le lit pour observer le plafond blanc immaculé. Quoique, pas si immaculé que ça: il y avait des taches de moisissure dans un coin et une toile d’araignée dans un autre. Machinalement, je pris une carte dans mon jeu accroché à ma ceinture, la fit tourner entre mes doigts sans la regarder, essayant vaguement de deviner ce que cela pouvait être au touché. Espérant comprendre si la texture était différente selon la carte. Mais elle était incroyablement lisse, aucun rebord abimé, comme neuve. Soit je ne l'avais jamais sorti, soit elles étaient toute ainsi. La seconde option me semblait la plus probable. Finalement je la mis devant mes yeux pour l'observer. Manque de chance je la tenais à l'envers et ne voyais que le dos. Un petit sourire amusé se forma sur mon visage quand je la retournais enfin, c'était un Sept de trèfle. Pas mal du tout me dis-je, dans un combat ou une situation nécessitant de l'action et de la violence, celle-ci aurait-été on ne peut plus utile! Je la lançais alors en direction du plafond. A peine quitta-t-elle mes doigts que la carte émit une lueur pour qu'ensuite sept poignards s'enfonce dans le faux plafond. Ils y restèrent là, une seconde, imperturbable puis disparurent comme ils étaient apparut. Je m'ennuyais ferme... C'est alors qu'une voix me fit sursauter.

"Qu'est-ce qui vous amène?"

Je baissais alors les yeux pour voir un vieux crouton dégarnis avec des culs de bouteilles, qui m'observait. Il portait une longue veste blanche, une seule et longue mèche grise sur le haut du crâne et ses yeux étaient impossible à distinguer derrière ses immenses et épaisses lunettes. Il portait des gros gants en latex, pas ceux de chirurgien, plutôt ceux qu'on utilise quand on veut déboucher nos chiottes. Ouais, vous voyez le genre? Perso moi ça ne m'inspirait pas trop confiance et pourtant je me surpris à lui répondre.

"Je me demandais si c'était mon imagination qui a créé Dreamland ou si ça existait vraiment. Me suis demandé ça avant de dormir, me disant que j'étais peut-être un peu barge et... Me voilà.
-Ahun! Un rêveur, je vois. Oui, c'est typique de penser ça et compréhensible.
-Et donc vous allez m'expliquer? Me rassurer et comme rien ne prouve que tout ceci n'est pas mon subconscient je devrai vous croire?
-Si c'est ce que vous souhaitez entendre: oui. Mais je peux également vous dire la vérité.
-Et bien, quelle est-elle?
-Vous possédez une imagination débordante jeune homme et vous avez créé tout ceci. Vous imaginant régulièrement en mauvaise position. Surement votre paranoïa qui s’exacerbe durant votre sommeil. Vous mangez bien sinon?
-En quoi mon alimentation vient jouer là dedans?
-Cela peut jouer. Êtes vous sujet à des cauchemars? Ce qui expliquerait votre partielle lucidité durant vos songes.
-Pas depuis un petit moment, je l'admet. Mais j'y ai souvent été victime fut-un temps.
-Cela expliquerait des choses. Je vous conseil un peu de repos et d'oublier tout ça. Ce ne sont que des rêves après tout.
-Vous avez dit rêveur, j'ai également entendu le terme voyageur. Vous pourriez m'expliquer?
-C'est du pareil au même! Un rêveur n'a pas besoin de savoir. Dites vous que vous voyagez simplement dans vos rêves. Inutile de vous poser autant de questions. Bon... Je vais vous prescrire un traitement et on vous amènera au métro pour vous envoyez vous détendre. La zone une me semble toute disposée pour un rêveur comme vous."

Il tourna les talons et s'en alla. Il ferma mal la porte, celle-ci, un peu bancale s'était rouverte. Machinalement, je m'étais levé d'un bond du lit, me disant que j'avais peut-être un souci, oui, un coup de stresse. Reste que ceci me permit d'entendre la conversation derrière la porte. Déjà que j'avais le sentiment que ce toubib ne me disait pas tout...

"Ce rêveur commence à être lucide. Filez lui un cachet de rêve tranquille et faites lui prendre le métro pour l'envoyer dans la première zone. Apparemment, il a peur de devenir fou. J'ignore si c'est sa phobie mais je ne tiens pas à créer un Voyageur sans l'autorisation du seigneur alors extrayez moi ça le plus vite possible d'ici.
-Bien monsieur. Je vais chercher le traitement et je m'en occupe."

Des bruits de pas m'informèrent que le docteur et l'infirmière s'éloignaient de ma chambre. L'oreille tournée vers la porte, j'écoutais encore en me ressassant ce que je venais d'entendre et ce qu'on m'avait dit plus tôt. Donc... Ce docteur me prenait pour un rêveur sur le point de devenir Voyageur? Sauf que j'avais déjà vaincu ma phobie, donc j'étais déjà un Voyageur, non? Ainsi cela voulait-il dire que ce n'était pas mon imagination et que ce monde onirique: Dreamland, était bien réel? Putain, ce que j'aimerai rencontré un Voyageur qui vit proche de chez moi pour le voir une fois réveillé et pouvoir discuter avec!

Reste que j'avais compris ce qui importait pour le moment. On allait surement me droguer et m'expédier j'ignore comment ailleurs. L'idée d'être un légume baveux qui rigole pour rien ne me tentait pas trop, avouons le. Il était donc temps de mettre les voiles d'ici! J'entrouvris lentement la porte, un coup d’œil à gauche: personne. Puis à droite, encore personne. Couloir vide et sécurisé! C'était le moment! Je sorti en trombe, commença à courir en faisant le chemin inverse à celui qui m'avait conduit ici. Mais ensuite? Une fois dans l'entrée? Les infirmiers allaient me voir, surement tenter de m'arrêter. Avais-je une chance en un contre dix? Et quand je dis dix, je suis sceptique... Glissant sur le carrelage dans un coup de frein, j'observais mes alentours. Les options me semblaient biens limités et mon pouvoir, enfin mon jeu de cartes ne me serait pour l'instant d'aucun secours... J’aperçus alors une lueur bleutée qui s'échappait d'une porte entrouverte: la numéro vingt trois. Me souvenant comment l'infirmière avait fermé la porte, comment elle ne semblait pas vouloir rester devant le cube, ni m'y laisser, je pensais alors que cela serait surement la meilleure planque en attendant le réveil.

Ni une ni deux, j'ouvris la porte, sentant alors l'énergie étrange du cube. J'entrais, fermais la porte derrière moi pour finalement pousser un soupire. Me tournant alors vers le cube. Un rire s'échappa de ma gorge, aussi surprenant que cela puisse paraitre. Je me sentais hilare: j'avais échappé aux infirmières! Je sentais les larmes montées, surement à cause du fou rire dont j'étais victime. Mais tentant de reprendre mon souffle, je me sentis vidé. Une tristesse infâme me gagnait et me fit pleurer à chaude larmes. J'étais piégé dans une pièce, à attendre mon réveil... C'était tellement ridicule, c'était tellement faible de ma part. J'eus alors envie de tout exploser, de réduire cet endroit: tout ce bâtiment en miettes, de tuer chaque être vivant s'y trouvant. Sans perdre de temps, j'attrapais une chaise qui était à coté d'une petite table où un cahier y était disposé. Le titre ne m'interpela même pas, malgré son titre: artefact de folie. Ma raison avait disparu et c'est avec une rage folle, un rire de dément que je levais mon arme improvisé pour exploser quelque chose. Ce que j'avais sous la main? Ce putain de cube bleu brillant. Ce truc trop étrange, trop surnaturel à mon gout. Ce truc trop calme qui sortait de l'ordinaire qui à présent ne me plaisais plus, non il me hérissait le poil et il devait subir ma colère.

La chaise heurta alors avec force le cube d'énergie. Mais au lieu d'un grand fracas de verre comme lequel je m'étais attendu, juste une intense lumière s'en échappa et m'aveugla. Tout était devenu blanc et bleu, je n'y voyais plus rien. Je n'entendais plus d'ailleurs. Je me sentais comme flotter, apaisé d'avoir évacué ma hargne du moment. Mais plus cette sensation de flottement me gagnais et plus je me sentais vide. Vidé d'énergie, d'envie de vivre, privé petit à petit de mes pensées. Je tentais alors tant bien que mal de m'accrocher à quelque chose pour ne pas disparaitre. Car oui, c'était bien le sentiment que j'avais: l'impression de sombrer pour disparaitre à jamais. J'apercevais le cube au loin si petit qu'il semblait à des kilomètres de moi à présent. Je tendais la main, que je ne voyais qu'à peine, celle-ci était translucide au milieu de toute cette lumière. Tentant de mettre un pied devant l'autre, je voulais avancer.

Ce cube que je voyais au loin, je le voulais, je le désirais. Si je parvenais à l'avoir, alors je ne sombrerais pas. Je ne disparaitrais pas. Si je parvenais à l'avoir... Je pourrais ensuite tout avoir! Le pouvoir, la gloire, la richesse! Je le désirais. Je les voulais tous!
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MessageSujet: Re: La mécanique de l'âme [Quête solo] Lun 19 Sep 2016 - 12:21


Bride d'âme: la Cupidité.



Je ne voyais que cet objet étrange et pourtant si simple. Le reste n'était que brouillard opaque sans la moindre importance. En même temps qu est ce que j'en avais à faire de cette lumière? De ce vide? Seul ce cube était désirable. Et pour le désirer... je le désirais. J'ignorais ce qu'il m'apporterait mais je le voulais. Il devait être mien. La logique et le bon sens voulaient qu'il me revienne. Il ni avait que ce cube d'énergie et moi ici de toute façon.

Tendant ma main translucide en sa direction. Je le voyais s'éloigner. L'horreur de ne pas pouvoir l'atteindre commença à me submerger. J'avançais un pied devant l'autre.  Tout du moins j'essayais. Je n'avais plus vraiment conscience de mon corps. Mais ça aussi je le recupererai. Tout me revenait. Ce que je voyais, je le voulais. Ce que je voulais? Je l'obtenais! Par la force ou ma ruse si nécessaire!  

J'avais le sentiment de nager à contre courant. De me débattre lamentablement pour garder ma position alors que ce qui m'intéressait c'était d'avancer. Logique. Tout humain veut avancer dans la vie. Tout humain ce veut de posséder ce qu'il n'a pas. On aime regarder son voisin et désirer ce qu'il possède sans ce soucier de ses éventuels malheurs. Et moi aussi je ne m'en souci pas. Au contraire si ses malheurs peuvent m'aider à avoir ce qu'il a je n'hésiterai pas! Reste que je devais trouver le moyen d'attraper ce cube. Quelque chose au fond de moi me disait que si je l'obtenais alors tout serait possible.  

Mes doigts effleurèrent la surface du cube. Je me retrouvais alors dans la pièce où j'étais au départ. Face au cube. Un cliquetis résonnait. Celui de l'horloge. A côté sur la table il y avait un bloc note. Machinalement j'y j'étais un regard. Celui ci disait de façon philosophique qu'il faut savoir ce contenter de ce qu'on a. Savoir ce satisfaire de ce que l'on possède pour être heureux. Foutaise que tout ceci! Me tournant vers le cube je réfléchissais surtout au moyen de l'embarquer avec moi. Ceci était la clé de tout. Si je l'obtenais, je pouvais tout avoir. La voisine que j'apercevais de temps à autres en sous vêtements? Je l'aurai. La place de mon chef antipathique? Je l'aurai. Une voiture neuve? Je l'aurai. La place de parking de la vieille agonisante du troisième? Je l'aurai aussi, quitte à l'aider à trépasser. Ma vengeance au casino qui m'a fait pendant longtemps des cauchemars? Oh que oui, je l'aurai.  

A chacune de ses pensées, je la voyais se matérialiser. D'abord la voisine qui se trémoussait en gloussant, puis mon chef qui ouvrit la porte en hurlant de me mettre au travail. Je claquais la porte au nez de mon supérieur pour me tourner vers la belle demoiselle. Sauf que celle-ci se fit alors écraser par une voiture, tombant du plafond. D'un pas, je m'écartais, craignant de voir apparaitre la place de parking déboulée à son tour du plafond. Mais rien. D'un rire goguenard, j'avançais vers la voiture, cherchant où était le cube. Si ce tas de ferraille l'avait détruit, je brulerais cette voiture. Pourtant oui, je la voulais, mais elle venait déjà de m'arracher une femme aux courbes généreuses si en plus elle m'enlevait cet étrange objet bleuté... Je ne répondrais plus de rien! Oui, je voulais tout et rien à la fois!

J'en avais mal au crâne, j'eus alors un vertige et la pièce se vida comme par enchantement. J'étais de nouveau plongé dans cette lueur aveuglante, le cube à quelques mètres de moi. Mais il y avait quelque chose de frustrant là dedans. Plus j'essayais de l'obtenir et plus mon corps s'engourdissait. Enfin mon corps, la masse qui me définissait dans cette lueur car je n'avais pas vraiment conscience de mes membres hormis ce bras et cette main fantomatique. Je me battais pour m'approcher, mais chaque mètre que je gagnais, je voyais le cube s'éloigner d'autant voir plus. De quoi hurler de rage. Ce que je fis d'ailleurs. Je pensais alors à ce bloc note avec son slogan: se contenter de ce que l'on a. Ouais bien sur, sauf que là, je n'avais rien! Même nu j'aurai été moins démuni que dans l'état actuel, j'étais réduit à une sorte de semblant de corps spectrale, d'une âme animée que par une seule et unique envie: la cupidité. Je le savais, vous l'aviez compris et je ne m'en cachais pas. Oui j'étais cupide et ce depuis toujours ou du moins depuis ma prise de conscience du monde onirique. Dans le monde dit réel, j'étais normal, je me contentais de ce que j'avais... Quoique non, j'en voulais toujours plus mais je m'étais fais à l'idée que ce n'était pas possible. Alors qu'ici... Dans ce monde onirique, dans un lieu fait de magie où je possédais moi-même une part de magie: j'en voulais plus. Dire que je voulais contrôler tout Dreamland serait mentir, mais posséder un royaume, oui cela me conviendrait. Dans un premier temps en tout cas. Nul doute que par la suite j'en voudrais toujours d’avantage. Sauf que pour l'instant, je n'avais rien. Et je n'avais rien d'utile pour obtenir quoique ce soit.

Je cessais alors de me débattre, regardant ce cube que je désirais mais que je ne parvenais pas à atteindre. Devais-je me contenter de l'observer? Devais-je me contenter de n'être qu'un Voyageur? Devais-je admettre que tout ceci n'était que mon imagination, que je n'étais en rien exceptionnel et que je ne ferai rien de grandiose? Et puis quoi encore!! Je lâchais plusieurs insultes qui résonnèrent, tel une douce mélodie, autour de moi. Je n'avais pas conscience d'avoir ni bouche ni oreille mais malgré tout de moi s'échappait du son et je le percevais. Me donnant un minimum d'espoir, je me mis de nouveau à lutter pour bouger, pour avancer et le cube s'éloigna de plus belle. Que devais-je faire? Admettre ma cupidité, c'était fait! Admettre mes faiblesses, c'était chose faite également. Abandonner? Je ne le pouvais pas, c'était comme perdre tout sens à ma vie.

Je tombais alors à genoux. Mon corps m'était restitué et je sentais le contact froid avec le carrelage de la pièce où était entreposé le cube mystérieux. Je ne devais pas l'obtenir, je devais comprendre, je devais avoir ce qu'il me manquait pour l'obtenir dans un premier temps. Oui, j'étais un peu plus lucide à présent. Redressant la tête, je vis plusieurs autres petits cubes, chacun brillaient différemment. Je me relevais alors laborieusement, luttant contre mon envie irrépressible de tous vouloir les prendre. Je commençais à comprendre que ma cupidité ne m'était guère utile, enfin si elle l'était, elle m'avait fait comprendre que j'avais besoin de plus que ce que j'étais et j'avais pour le moment. J'approchais d'un pas titubant le premier cube proche de moi. Sur sa surface émanait mon reflet ce qui me perturba, je lançais un bref regard aux autres: il y avait un reflet de moi dans chacun. Mais aucun ne montrait la même image. Quelque chose brilla dans ma main, je l'observais alors en silence: un cube, tout petit mais brillant de milles feux s'y tenait. A l'intérieur, je pouvais me voir, affichant un sourire satisfait, avec la voisine, une voiture et le cube en ma possession. C'était le reflet de ma cupidité, celle que je venais d'affronter et qui m'avait enseigner une chose importante: pour obtenir ce que je voulais, j'avais besoin de plus encore.

Approchant lentement ma main de l'autre cube qui flottait en l'air, j'essayais de distinguer le reflet de mon âme qui y était. Savoir à quoi j'allais avoir droit cette fois. Voir qu'elle partie de moi-même j'allais affronter. Mais je ne voyais que mon visage qui m'observait avec un sourire vicieux. N'ayant d'autre choix, je l'effleurais alors du bout des doigts: quelque soit cette parcelle de mon âme, il me la fallait.
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MessageSujet: Re: La mécanique de l'âme [Quête solo] Jeu 22 Sep 2016 - 22:24


De nouveau une vive lumière me fit plisser les yeux. Mon corps chavira dans une sorte de vide sans pour autant que je ne tombe vraiment. La lumière se stabilisa rapidement mais ma tête tournait ce qui rendait l'adaptation à mon environnement difficile. En revanche, j'entendais un cliquetis régulier, le bruit d'un engrenage qui s'emboite dans un autre. L'odeur de l'huile et de l'acier me monta au nez. J'étais donc dans un environnement que je connaissais. Une fois ma vue habituée, je pouvais voir que j'étais sur une sorte de damier géant. Entouré par de grande roue mécanique qui tournaient les unes en entrainant les autres. Je voulu alors avancer mais mon corps refusait de m'obéir, j'étais comme paralysé. Je remarquais alors avec horreur que mes membres étaient entravés. Des chaines accrochées à mes poignets et mes chevilles m'empêchaient de me mouvoir! Je pris une longue inspiration, cherchant à comprendre ce que je devais faire ou ce qu'il se passait. Le bruit continu et rythmé résonnait à mes oreilles, m'agaçant un tant soit peu. Je notais des fils accroché à chaque extrémités de mes doigts. D'accord, c'était quoi ça exactement? Je tentais de suivre les fils des yeux pour voir qui remontaient derrière moi. Tournant ma tête au maximum à m'en donner un torticolis j’aperçus enfin l’origine du bruit mécanique. Une sorte de gros bouffon articulé se tenait derrière moi, il avait des croix dans les mains où y étaient reliés les chaines qui m'entravaient à l'allure d'un marionnettiste. Et mes fils semblaient être reliés à ce truc. Je bougeais alors un index. Le fil se tendit, le bras du pantin s'articula et la chaine se tendit à son tour avec force pour me faire lever une jambe.

Bride d'âme: La manipulation

Après plusieurs minutes où j'avais expérimenté chaque mouvement de mes doigts pour déterminer ce que le pantin me faisait bouger quand je le faisais, j'arrivais plus ou moins à comprendre et retenir quoi faire. Bon, j'avoue que ça semblait d'une galère incroyable! Mais l'idée en soit était aussi simple qu'original: manipulé le manipulateur pour bouger. Bien beau tout ça, mais pour faire quoi? A peine m'étais-je posé la question que je vis des dalles briller, désignant un chemin. Au bout, sortait alors du sol un piédestal avec le cube d'énergie posé paisiblement dessus. Je devais donc suivre ce chemin? Et si je mettais un pied au mauvais endroit? Bah aucune importance, les dalles continuaient de briller ce qui était simple à suivre. Me remémorant les différents mouvements de mes doigts pour que le pantin me fasse bouger, je me fis lever la jambe droite, basculer mon corps en avant et avançait finalement d'un pas. Mon pied se posa sur la nouvelle dalle qui brillait.

"Et de une!"

Avais-je dit fièrement et amusé. Sauf que là, mon sourire fondit comme glace au soleil: les dalles venaient d'arrêter de briller. Je pris une longue inspiration, tentant de me souvenir du trajet. Trois cases en avant, une sur la droite, deux en avant, une à gauche. Puis il me semblait que je devrais sauter une case pour atterrir sur celle devant. J'avoue que là, le saut ne me tentait pas trop... Reste qu'une question me taraudait et j'avais envie d'avoir une réponse maintenant plutôt que trop tard. Remuant mes doigts, je fis un pas de coté, lentement, très lentement. Posant mon pied sur une dalle dont j'étais sûr qu'elle ne s'était pas allumée. Celle-ci se fissura et se brisa comme du verre pour laisser apercevoir le vide en dessous. Ok... Pas le droit à l'erreur donc.


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La mécanique de l'âme [Quête solo]

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