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Calendrier de l'Avent, second épisode

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MessageSujet: Calendrier de l'Avent, second épisode Sam 29 Nov 2014 - 0:31
INTRODUCTION




  Souvenez-vous de la période de votre vie où vous aviez eu le plus froid possible ; le genre de froid glacial, insoutenable, qu’on voudrait qu’il cesse, même si c’est totalement impossible parce que le climat n’est pas assez aimable pour répondre à une demande polie. Vous prenez ce froid horrible, et vous imaginez maintenant ce même froid, alors que vous êtes tout nu (si vous étiez déjà tout nu à ce moment-là, ne changez rien). Imaginez ensuite qu’il fait quinze degrés de moins de ce que vous ressentez, c’est à peine imaginable. Vous saisissez la froideur que ça fait ? Très bien.
Cette horreur givrée était le ressenti actuel des trois hommes qui chevauchaient dans les terres, malgré leur triple manteau épaisseur multiple et cagoules partout.

  Le paysage qui allait avec cette glace de température était éloquente : de la neige partout, même sur les pins, qui remontait jusqu’aux bottes du fou qui serait tenté d’y aller à pied. Les trois cavaliers continuaient tout de même leur courageuse chevauchée dans ces terres désolées, le gel leur titillant chaque millimètre de peau, chaque narine et chaque respiration. Cela faisait plusieurs heures qu’ils fonçaient ainsi. Ils patrouillaient, pour être plus précis. Le meneur était d’un blond incroyable, un rictus ennuyé sur le visage, et chose plutôt étonnante pour la température qu’il faisait, il était muni comme bas d’un tutu rose particulièrement ridicule.

  Les trois arrivèrent soudainement près de ce qui ressemblait auparavant à un village, un tout petit hameau de rien du tout, quelques maisons sans plus, mais plus âme qui vive. Ils passèrent alors dans la place principale pour voir le spectacle le plus macabre de leur vie : face à eux, des dizaines de cadavres étaient étalés sur le dos, formant un symbole cabalistique quelconque de signification inconnue.

« Ils sont morts… » souffla un des deux cavaliers qui suivaient le chef, ce dernier lui décocha en levant les yeux :
« Et moi qui croyais qu’ils dansaient la macarena.
_ Des choses pas nettes se préparent.
_ Je suis d’accord avec toi. Ce n’est pas très beau comme signe. Je les aurais plutôt vus écrire le nom de leur chef avec leurs corps, un hommage, ou je ne sais pas, quelque chose de plus inventif, mais apparemment, ces idiots n’ont aucun respect pour lui et ont préféré mourir bêtement. »


  Les cavaliers fouillèrent les maisons, mais tout avait été emporté. Ils n’osèrent, de crainte religieuse, toucher les cadavres qui formaient ce symbole étrange. Faisant chou blanc, ils décidèrent de rebrousser chemin, mais d’abord, d’établir un petit campement un peu à l’écart pour se reposer malgré la morsure totale du froid. Un des deux demanda alors au chef de l’expédition :

« Sand, que fait-on ?
_ Ne m’appelle pas Sand, idiot. Appelle-moi par mon prénom, ou plutôt, non, par un autre. Gaspard, Canon, Moulinette à Poivre. »
Le gars se tut ; il comprenait que Lucien n’aimait pas qu’on lui rappelle qu’il était un bâtard, dont le nom était donné selon le pays où il se trouvait. Vu que c’était un pays désertique, alors Sand. Tout simplement. Le monde des fois, était tellement simple qu’il en devenait abrutissant.

  Le troisième se leva avant de savoir la réponse, n’en pouvait plus de se retenir la vessie ; on l’avait pourtant mis en garde contre le fait de sortir un endroit sensible à ce froid, et le risque que l’urine gèle du sol jusqu’audit endroit en deux secondes, mais il fallait qu’il y aille. Il fit quelques mètres, s’éloignant ainsi des deux autres, et se retrouva proche du village. Il était tranquillement en train de chercher dans son caleçon qu’il se rendit compte quelque chose d’étrange. Il avait une vue sur la place principale du village mais… où étaient passés les cadavres ?

  Au campement, tandis que Lucien Sand était trop occupé à tracer des figures dans la neige, son coéquipier se demanda où était passé l’autre. Ça faisait quelques minutes maintenant qu’il n’était pas revenu.

« Rémy ? T’es là ? » Aucune réponse. Il entendit pourtant plusieurs bruits qui s’approchaient suite à son cri. Il prévint son chef et tira son épée. Trop tard.

Lucien releva la tête pour voir son compagnon transpercer par une lame rouillée par la neige. Il se rendit compte qu’il était cerné par les mêmes créatures qui jouaient au bal des cadavres dans le village. Il tira son marteau de sa ceinture, et fit attention à ne pas trop se laisser encercler. Mais les corps étaient nombreux. Avant de mourir poignardé, Lucien se rendit compte de deux choses. La première, c’est que les horreurs humaines avaient les yeux bleus. La seconde, qu’il reconnut un des visages, et fut frappé de surprise. C’était impos…
Ce qui était impossible lui décapita la tête et fit pleuvoir du sang aux alentours. Le tronc s’affaissa et dégoulina sur la neige. Les créatures s’évanouirent, le corps aussi gelé que les alentours.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 1 Déc 2014 - 0:48
1er Décembre





  Les forces du lord Kourou n’étaient pas mieux représentées que par ses deux plus puissants réputés capitaines, les fameux Matthieu Furt (commandant sur le Kraken) et Jakob Baekesea (naviguant sur le Très Gros Poulpe, le Kraken étant déjà pris), les deux derniers d’une famille de haute volée qui n’avaient cesses de se quereller. Afin de montrer qu’ils étaient des capitaines féroces et réputés, ils n’hésitaient pas à se tenir debout, bras croisés, sur la figure de proue qui représentaient les animaux auxquels le titre faisait référence. Ils avaient le menton levé, et afin d’avoir plus d’impacts, et surtout, montrer à l’autre qui était le meilleur, ils naviguaient toujours côte-à-côté. Il serait facile de dire qu’ils pouvaient facilement tomber, ou bien que les vents projettent le navire de l’un pour faire mumuse sur l’autre.
C’était totalement vrai, et chacun en était à son quinzième navire.

  Leur réputation s’était aussi basée sur le souhait qu’ils avaient de toujours naviguer et de rarement fouler la terre ferme ; et ce afin de prouver à l’autre qui était le meilleur marin. Leur voyage, et malheureusement aussi leur équipage, durait jusqu’à ce qu’ils s’écrasent tous contre des récifs, chacun ne voulant pas laisser à l’autre le soin de penser qu’il était un marin lâche. C’était en partie la même tactique quand ils s’agissaient de leurs ennemis : ils fonçaient vers eux et on voyait qui cédait en premier. Vu qu’aucun des deux ne s’arrêtait, leur bateau servait d’attaque kamikaze contre de plus gros bâtiments, et leur stupidité salutaire était maintenant une arme redoutable sur laquelle jouait le roi Kourou pour maîtriser les mers (vous avez peut-être construit des gros bâtiments, mais je vais envoyer les deux idiots sur vous, vous verrez ce qu’ils vont en faire).

  Matthieu hurla à son rival, sur sa figure de proue, défiant l’horizon, par-delà le tumulte des flots :

« Va rejoindre le Dieu Noyé, pirate d’eau douce ! Il a un besoin actif de bouffon !
_ Hurle pas comme ça, la tête pleine d’eau, on voudrait croire que tu chantes ! Ca expliquerait pourquoi Dagon t’as pas encore convoqué sous les océans ! Il voudrait un peu de répit !
_ C’est celui qui dit qu’il est en premier d’abord ! »


  Devant cet argumentaire chaud bouillant, Jakob fit la moue, prit la première chose qui lui passa sous la main – à tout hasard, un petit cordage – et essaya de le lancer sur son rival. Le projectile ne fit pas mouche et tomba à la mer, mais il fut toutefois mieux visé que la réponse de Matthieu qui se dépêcha d’enlever son haut de marin pour l’envoyer sur l’autre navire. Le duel épique qui opposa les deux capitaines en envoi de projectiles divers fut toutefois sabordé par un troisième intervenant que leurs hommes leur avaient signalé depuis quelques minutes.

Un énorme bateau gigantesque, de taille immense, voire gargantuesque, trois fois plus gros qu’eux, passa juste devant leurs propres drakkars sans leur accorder ne serait-ce qu’un regard. Le remous qu’il provoqua derrière lui se dépêcha de jeter l’un sur l’autre, faisant couler les deux navires en quelques secondes. Matthieu et Jakob se tirèrent hors des flots, le premier en essayant de se placer sur un bout de bois, et le second  sur ce qu’il restait du mât de son navire. Jakob dit :

« Il venait d’où ?
_ De l’est, non ?
_ Là où vaut mieux éviter qu’une flotte naisse car elle viendrait certainement nous envahir ?
_ Hmmm… »
répondit intelligemment Matthieu. Effectivement, c’était mauvais signe. « Il vaut mieux prévenir Kourou. »


__

[Un lien vers une musique est caché dans les paroles qui vont suivre, saurez-vous le retrouver ?]


Une fille aux cheveux d’or se réveille dans son immense lit à baldaquin, dans le Royaume des Royaumes. Elle fit alors le plus grand des sourires, tant elle était pleine de joie dans sa vie de tous les jours. Elle se mit d’ailleurs à chanter tout en se levant activement :


« Le sommeil s’endort devant le jour qui se lève,
C’est quand le matin commence que commence mon rêve,
C’est le soleil de ma journée qui en est la sève. »

Un duo de servantes ouvrit la porte pour continuer :
« Oh-ah-oh »
Lithium se dirigea vers sa fenêtre afin d’aller à l’extérieur :
« J’ouvre les volets pour me baigner dans les rayons,
Pas besoin de réveil quand on a des carillons,
Je vois le peuple qui sourit à mon balcon.
Oh-ah-oh
J’adore les gens !
Oh-ah-oh
Qu’hurlez-vous maintenant ? »

Et à la foule de plébéiens qui était massé devant elle :
« Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante ! »

Et à elle :
« L’amour du peuple resplendit…
Oh-a-a-a oh
Des gens heureux, un ciel bleu, le Royaume en paix,
Fête éternelle avec vous et nos alliés,
Que de raisons de chanter cette mélopée,
Oh-ah-oh
J’adore les gens !
Oh-ah-oh
Qu’hurlez-vous maintenant ?
Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante !
L’amour du peuple resplendit, qu’aie-je besoin d’autre dans ma vie ?
Oh-a-a-a oh
Oh-a-a-a oh »

Interlude musical d’un pianiste qui arriva avec son instrument qui tenait par des sangles à ses épaules.
« Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante !
L’amour du peuple resplendit, qu’aie-je besoin d’autre dans ma vie ?
Une nouvelle journée nous chérit, nous procure à tous une joie infinie ! »

Un chœur plus mince se détacha de la foule, reprit en même temps par les domestiques derrière elle :
« Elle eeeeeeeest belle et charmaaaante…
Elle eeeeeeeest belle et charmaaaante… »

Et à tout le monde :
« Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante !
Notre reine Lithium est belle et charmante ! »

[Répétez jusqu’à épuisement]


__


  En bas, dans la salle du conseil du Royaume des Royaumes, le roi Nodox Peebles se grattait le menton devant ses ministres tandis qu’ils terminaient de faire un résumé de la situation. Le Royaume se portait bien, comme pouvait se porter bien un Royaume avec plusieurs familles à l’intérieur qui passaient leur temps à comploter. Mais il n’y avait énormément de guerres pour le moment, faute à l’absence de casus belli véritable, donc c’était bien. Le roi allait dire quelque chose à son tour quand au loin, en arrière-fond, on entendait sa femme qui venait de se réveiller et qui se mettait à chanter son amour du peuple. Devant le regard embarrassé de ses hommes, il toussa et dit :

« Elle aime beaucoup chanter, et…
_ Sire, les petites gens adorent la reine, c’est indéniable. C’est un immense atout dont nous pouvons tous être fiers. »
, répondit le chef des espions, Nedru (le genre de chef qui ne dit jamais qu’il a des espions, mais qu’il y a tout un tas d’animaux qui lui chuchotent des choses à l’oreille, des fois des oiseaux, d’autres fois des dromadaires, voire des petits chatons). « Je voudrais aussi venir sur une rumeur de certains de nos pêcheurs : ils auraient aperçu un navire venant de l’Est, du continent dont personne ne connaît vraiment le nom.
_ Hum, je vois. C’est important ?
_ Et bien, n’oubliez pas qu’une horde barbare menée par on ne sait qui est censée nous envahir pour récupérer le trône de fer.
_ Oui, oui. Mais ça fait quoi… genre, cent cinquante ans qu’on l’attend, cette menace ? La horde, elle est pas un peu morte de vieillesse ou… ?
_ C’est vrai, je ne faisais que dire, sire.
_ Très bien »
, commenta Nodox. « Soldat ! Allez contacter le PNJ du staff qu’il vérifie si les rumeurs sont bien fondées, et qu’il serve de porte-parole éventuel. » Alain Stain qui gardait la salle hocha la tête et se dépêcha de sortir pour prévenir le bras droit de sa majesté. Le roi était persuadé pour le moment qu’il n’y avait rien d’important, mais mieux valait être sûr. Ses ennemis seraient trop heureux d’en profiter.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Mar 2 Déc 2014 - 22:16
2 Décembre





  Le Mur…
Une construction mi-naturelle mi-magique de glace qui servait de frontière physique entre ce qu’on aime considérer le nord, et le nord du nord, et si dans les premiers, depuis le Royaume des Royaumes, on aimait à les appeler des barbares qui n’étaient doués que pour l’honneur et les batailles, sauf quand ils étaient trop doués pour l’honneur, celui qui les poussait à dévoiler leur force à leur ennemi et à leur dire « Voilà, nous serons ici à midi, ça serait bien que vous soyez là à la même heure pour qu’on bataille à foison, et ça serait dommageable que vous nous contourniez ici et là pour nous dévaster sans trop de perte. », ce genre d’hommes-là, typique du Nord, ne vivait pas vieux généralement, ceux encore en-haut étaient bien pires. Des Créatures des Rêves, de parfaits animaux, quoi.

  Mais sur le Mur, l’existence était une parfaite transition entre le froid et la discipline des hommes décrits plus hauts, et la barbarie et le gel constant plus haut (de façon physique cette fois-ci). Des hommes et des femmes, volontaires ou hors-la-loi (les premiers ayant eu le choix entre le Mur et une mort rapide, un peu comme les hors-la-loi en fin de compte), constituaient une armée débraillée appelée la garde de la nuit (ou garde des rêves) censée surveiller le gros bloc de glaces afin d’éviter que les barbares ne déferlent sur le petit peuple. Ils étaient menés par Jacob Hume l’avisé, qui ne disait pas un mot plus haut que l’autre. Il était muet et certainement sourd comme un pot. Au moins, ne prenait-il pas de mauvaise décision, et comme il n’avait pas véritablement de choix à faire au vu de la routine habituelle qui s’était étalée sur plusieurs siècles, il n’avait pas vraiment besoin de prendre son rôle très au sérieux. Sauf pendant cette période trouble.

  Il devait cependant assister à la cérémonie des nouveaux arrivants. Alan Rin, le chargé des corbeaux, était déjà sur une balustrade en bois et lisait à voix haute sur un parchemin l’identité des deux nouveaux arrivés :

« Beckett Jenkins, ancien général du Royaume des Chocs, destitué pour avoir mené vos troupes à la mort en ayant ouvert le château fort dans lequel vous étiez assiégés afin de pouvoir foncer vers l’ennemi, ce qui a causé la perte dudit château. C’est un miracle que vous ayez survécu.
_ Si je suis puni pour un peu de courage…
_ On parle plutôt de vengeance envers votre frère Leeroy. Vous auriez hurlé son nom alors que vous chargiez contre l’armée ennemie. Vous avez été banni par le seigneur Free pour cette raison.
_ Seigneur de merde. Jamais il n’oserait affronter seul une armée comme je l’ai fait !
_ Oui oui… »
dit Alan Rin en regardant son parchemin. Il continua :
« Seconde recrue, Alan Kesey, accusé de nihilisme envers le monde…
_ T’es nul.
_ Et de propagation de ses idées néfastes via des recueils outrageants.
_ Va te pendre.
_ Bon, très bien. A vous deux, bienvenue dans la Garde de la Nuit. »
Beckett intervint alors, un peu surpris de ne pas voir d’autres membres de la Garde :
« Quelle section allons-nous rejoindre ? J’ai entendu dire qu’il y avait les patrouilleurs, les administratifs…
_ Ah, la question est vite réglée, les barbares pour qui le Mur a été érigé sont à nos portes, donc nous devons les repousser.
_ Ils sont combien ?
_ Environ cent mille Créature des Rêves.
_ Et nous sommes… ?
_ Avec vous deux, nous sommes quatre en tout. »
Enorme silence. Alan Rin aurait dû les prévenir que quand on était une armée composée de bandits et de lâches, les gens avaient tendance à fuir rapidement.

__

L’énorme bateau oriental ne s’arrêta pas au port du village. Disons plutôt qu’il s’y enfonça sans aucune considération pour les infrastructures, qu’il détruisit la moitié des navires qui y étaient entreposés et enfin qu’il s’arrêta seulement quand il fit s’écrouler un mur de la maison la plus proche. Tous les gardes de la ville se réunirent ; le capitaine d’ailleurs, sentant qu’il n’y avait aucun bon présage à l’apparition d’un bateau venant d’un continent maudit, dit à tous ses hommes de faire attention et de se tenir prêt à attaquer.

  Une passerelle tomba alors du navire sur le sol, soulevant un pan de poussière, et deux personnes en descendirent ; il fallait cependant avoir la notion très large de personnes, car ce n’étaient pas deux hommes, mais un bébé phoque extrêmement mignon et une limace géante qui arrivaient maintenant sur terre. Le capitaine se l’avoua lui-même, il avait été trop décontenancé par les apparitions pour donner un ordre à ses sbires, avant que les créatures elle-même n’interviennent. La limace s’empressa de dire d’une voix tellement neutre qu’elle pourrait rester monocorde sur une seule onomatopée :

« Monsieur Razowski, vous n’avez toujours pas signé les formulaires. » Le capitaine de la garde essaya de répondre quelque chose, mais il n’y parvint pas, vraiment. Seconde erreur, car le bébé phoque se mit à parler :
« On est bien à Westeros ? » Un semblant d’hospitalité teintée de crainte fit répondre à quelqu’un :
« Oui.
_ Très bien. Germaine, allez-y.
_ Oui… Monsieur Rasowski, pourrais-je avoir les documents comptables de ces dernières années de cette bourgade ?
_ Je ne m’appelle pas du tout Rasowski et… »
La limace s’approcha de lui si près qu’il pouvait sentir sa peau devenir gris, tandis qu’elle lui disait de ses yeux perçants :
« Les rapports… » Il revint quelques minutes plus tard avec les documents, se rendant compte que tout le village formait un cercle autour des nouveaux arrivants. La limace consulta derrière ses lunettes chaque papier, puis elle pointa du doigt ce qui semblait être une anomalie :
« Ah. Je vois que la corruption est de mise.
_ Mais pas du tout ! »
, s’insurgea le capitaine.
« Vous ne me ferez pas croire que votre village a perdu une somme pareille pour les impôts, je suis parfaitement au courant de la légalité de la région. Et je vois aussi que les somme des dépenses est moins grande que celle des recettes, soit des impôts, malgré un tableau qui signifie que le bilan est nul. Je sens qu’il y a quelqu’un sur son trône qui s’en met plein les fouilles, si vous me permettez cette vulgarité. »

  Le capitaine tenta de se révolter, mais il hurlait moins fort que les sifflements de la foule autour de lui. La limace comptable commenta pendant trois autres minutes les chiffres, puis le village, outré des horreurs commises par le seigneur local, à feu et à sang, se révolta contre l’autorité. Il y eut une grande bataille, relatif à leur échelle, et le hameau fut rayé de la carte. Les rares survivants suivirent alors la limace et le bébé phoque, ravis de leur liberté nouvelle, les voyant comme des sauveurs. Et le bébé phoque avait explicité leur destination : le trône de fer.

__

  Dans le Royaume des Royaumes, dans les bas-quartiers, il n’était nullement rare de découvrir des cadavres. Il s’avéra toutefois que certains étaient plus riches que d’autres.
Ici, le PNJ du staff, poignardé par un assassin inconnu.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Mer 3 Déc 2014 - 19:19
3 Décembre





La situation devenait critique ; le roi Dox avait réuni son conseil pour une réunion exceptionnelle pour parler des événements dont personne n’avait encore deviné l’importance. Si les Cole n’avaient pas pu venir, le régent du Royaume des Eléments, Lucas Emerillon était bien présent. Seulement régent, car Dox venant aussi de son Royaume, il avait fusionné le Royaume des Royaumes avec le Royaume des Eléments, agrandissant ainsi la puissance du trône. Afin que tout le monde soit au clair sur la question, un minimum syndical que ne respectait malheureusement pas ses ministres, Dox demanda à Nedru de faire un résumé de la situation. Son chef de l’espionnage dit alors :

« La situation est préoccupante, pas forcément dangereuse, mais nous ferons avec. Des chevaux m’ont henni à l’oreille que les arrivants de l’Est avaient déjà dévasté deux villages et qu’ils étaient maintenant à la tête d’une armée ; certaines rumeurs voudraient qu’ils soient communistes, mais je sens que la réalité est plus compliquée que ça. Nous aurons plus d’amples informations après que mes lamas reviennent de leur expédition, suite à la tragique découverte du corps du PNJ du staff. De plus, les Créatures des Rêves ont rassemblé une armée et sont actuellement au Mur ; Jacob Hume demande des renforts, reste à savoir qui va accepter de donner des troupes dans ces périodes troublées. Parce que… » Nedru appuya à un endroit stratégique de la carte pour désigner le Royaume des Arts. « … Le Lord Khildar Blacksilver, voyant qu’aucune mesure n’a été prise après une journée d’ « invasion », a décidé de se constituer roi. Bref, un pitoyable casus belli afin de nous attaquer.
_ Peuh »
, commenta subtilement Lucas Emerillon, « Ce n’est qu’un Royaume parmi les six. Le Royaume des Royaumes a mon soutien, ainsi que celui de la Mort ; la famille Cole nous a toujours aidés.
_ Certes… »
répondit non moins finement Nedru, mais il leva un doigt, « … Mais il y a un cependant. Cependant, lorsque le Lord Khildar Blacksilver, ancienne dirigeant du Royaume des Morts, a épousé une femme Sauvebois, il a provoqué une scission du Royaume, ce qui fait que les Cole, malgré leur influence, voient leur force diminués de moitié, l’autre moitié nourrissant le camp adverse. S’ils continuent leur propagande pour un Royaume plus règlementé et plus « sérieux », ils pourraient retourner certains de nos bans contre nous. La bataille pourrait être extrêmement ardue, surtout si on ne sait maîtriser la crise venue de l’orient. J’attire votre attention sur le fait que dans cette future guerre, qui a finalement déjà commencé, deux Royaumes ne se sont pas encore alignés : le Royaume des Mollusques, malheureusement très indépendant, ainsi que le Royaume des Chocs. Voilà pour les faits. Avez-vous des remarques ? » La Reine Lithium leva les mains pour répondre :
« Je propose qu’on colorie la carte afin de mieux voir qui est avec qui ! » Personne ne releva. Nedru demanda s’il y avait d’autres remarques, et ce fut au roi de répondre :
« Voulez-vous insinuer que vous n’avez pas d’idée pour gérer l’invasion de l’Est ?
_ Je dis juste qu’il faut attendre les retours de mes espions. Après, nous saurons s’il faut les traiter en menaces ou en potentiels alliés. »
Enorme silence. Dox reprit :
« Insinuez-vous que les deux Royaumes encore neutres devraient être enrôlés pour la victoire ?
_ Si nous ne les enrôlons pas, il y a des chances que Lord Khildar s’approche d’eux, surtout que partant perdant, il a plus intérêt à se trouver des alliés que nous. Or, j’attire sur les faits suivants, connus de tous j’espère…«
Des toussotements d’approbation furent émis depuis toute la table, « … que le Royaume des Mollusques a eu une forte histoire avec le Royaume des Morts empreinte de rivalité et de bataille, donc c’est mal parti pour nous, hein, niveau diplomatie. Et ils ont la plus grosse flotte de tout le continent. L’enjeu est important, autant que pour le Royaume des Chocs, qui sachez-le, possède le plus grand stratège de tout le continent, Clem Free, et le plus grand guerrier de tous les Royaumes, son aîné, Ed Free, le seigneur local. Je vais maintenant vous exposer mon plan. »
Nedru exposa son plan.
Il fut approuvé.
Dox leva la séance.

__

Nedru retrouva ses deux espions qui lui restaient, Wallace et Diego, tous deux affublés respectivement d’un masque de lapin et l’autre d’un masque de sauterelle. Il leur donna les ordres suivants :

« Wallace, va apporter ce message à la famille Cole, c’est de la plus haute importance. Quant à toi Diego, je soupçonne un traître, pourras-tu… » Le reste de ses mots se perdit dans des chuchotis. Les trois compères disparurent de la petite pièce comme si la discussion ne s’était jamais réalisée.

__

Le roi autoproclamé Khildar Blacksilver se tenait droit et regardait par la fenêtre la mer frapper aux rochers. Derrière lui, une immense carte présentait Westeros dans sa globalité ainsi que ses propres troupes disséminées. Maintenant qu’il avait fait le premier pas, il était temps de continuer et de prendre par surprise le Royaume des Royaumes. Il avait déjà envoyé un émissaire, Servaas Lotts au Royaume des Mollusques, et murissait ses prochains plans. Khildar se grattait la barbe, pensant à tous les problèmes que le continent traversait à cause du laxisme du roi Peebles. Il était temps de le renverser, surtout que lesdits problèmes se jetaient sur les Royaumes comme des puces à un chien. Mais il s’attendait certainement à ce que le Royaume des Chocs et le Royaume des Mollusques soient aussi approchés par son ennemi. Il était donc temps de les surprendre : il avait d’autres cordes à son arc.

Il sourit quand il entendit sa femme Alice Sauvebois entrer dans la salle. A eux deux, ils combinaient une puissante armée doublée d’hommes vaillants. Le chevalier Riku, qui pour l’amour de sa dulcinée Hikari, avait remporté dix tournois, faisant de lui un des meilleurs combattants du Royaume, ainsi que Kaijin Zared. Si le premier avait une incroyable réputation aux-côtés de sa femme et qu’ils étaient aimés du peuple, Kaijin, qui avait suivi Blacksilver depuis le Royaume des Morts avec Servaas Lotts, avait rapidement acquis une très mauvaise réputation. Enragé, fou furieux, on l’appelait maintenant le cannibale. Rien de mieux pour faire peur aux armées ennemies qui se dressaient contre lui.

« Chérie, tu es prête pour ton voyage ?
_ Tout à fait. Riku et Hikari se préparent pour partir vers le nord, nous nous en irons demain à l’aube. Et toi ?
_ Moi, je partirai aussi demain, mieux ne vaut pas attendre, Elric Grimm est prêt à gouverner pendant notre absence. Il est temps de retourner le Royaume des Royaumes comme un gant. C’est pour ça que j’y vais. Dox se saisira de ma proximité pour tenter la diplomatie, ce qui me permettra de partager le couvert avec lui et donc de devenir intouchable selon les lois des Dieux. Kaijin m’accompagnera, un petit bout de mon armée, mais rien d’agressif. J’ai déjà les tracts de propagande que nous allons répandre dans le Royaume. Ils tenteront de m’accuser, mais ils n’auront aucune preuve. Car c’est mon contact là-bas, proche du roi, qui se chargera de le renverser.
_ Quel genre de tracts ?
_ Je dis par exemple qu’il est honteux que Dox et Lithium couchent ensemble alors qu’ils sont de la même famille. »
Alice eut une hésitation.
« Mais, ils sont mariés et n’étaient pas de la même famille avant, non ?
_ Le peuple ne fera pas la différence. »
, répondit-il en secouant la main. « Le véritable problème, c’est Lithium. Elle est trop aimée du peuple et transforme tout ce qu’elle touche en comédie musicale. Il va falloir l’écarter. C’est aussi pour ça que je vais là-bas. »
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4 Décembre





Ils étaient nombreux, ils avaient un peu froid, mais surtout, ils étaient surplombés par le Mur. Les Créatures des Rêves, menées par Anthinéa, Shad et Noah se massaient près de la construction gigantesque. On aurait dit une immense grève, comme « Tout le monde a le droit à aller dans le Sud », mais effectivement dans l’ensemble, les Créatures des Rêves étaient considérées comme des barbares. Tout ça parce qu’elles se battaient constamment entre elles, qu’elles avaient des âmes de violeurs et de bandit et qu’elles avaient les oreilles pointues. Les gens de ces jours portaient tellement d’œillères…

Le véritable problème, c’est que concrètement, si elles étaient libérées dans le Sud, les Créatures feraient du grabuge, personne ne le niait. Malheureusement, ce n’était pour voler de la femelle qu’ils étaient ici, là, maintenant, c’était à cause de bien d’autres problèmes : un mal ancien s’était réveillé sous la neige, dans les Terres Bannies, et elles menaçaient toute forme d’être vivant. Les humains comme les Créatures des Rêves. Elles étaient peut-être plusieurs centaines de millier à être venus au mur sous la direction du trio, mais c’était avant tout pour sauver leur propre vie : pour une fois, ils voulaient que le Mur les protège, et non ne les repousse. Car bientôt, le Mal les rejoindrait, et là, ils seraient tous morts. Bref, ils étaient pris entre deux feux, et c’était maintenant à eux trois qui les avait réunis ici de trouver une solution.

Le problème venait aussi du passif qu’ils avaient avec la Garde de la Nuit, car évidemment, cette dernière avait été créé pour leur latter la gueule, et comme chacun mordait très bien, disons qu’aucun des deux camps ne s’entendait réellement. En fait, ça les ennuyait extrêmement de devoir compter sur eux pour se tirer d’ici, mais le Mur était malheureusement imprenable, ou sinon en sacrifiant une quantité d’hommes terrible. La solution cependant demandée jour et nuit (littéralement, il était très ennuyant) par Shad. Anthinéa essayait de réfléchir à une solution moins radicale et tout aussi efficace, tandis que Noah se demandait comment se faire Anthinéa. Ils étaient tous les trois assis à même sur le sol sous un tipi, et Shad dit :

« On grimpe ! De suite ! On ne va pas attendre !
_ Mais ils vont nous repousser ! »
répondit inlassablement Anthinéa, réputée pour être calme, et aussi pour être une sorcière.
« Mais ils ne sont que, allez, cinq cent dedans, ils ne pourront pas tenir tout le temps.
_ Tentons des pourparlers »
, essaya Noah. « On n’a qu’à faire grimper des hommes sur le Mur avec des intentions pacifiques, et ils leur expliqueront le problème.
_ Parce que la Garde, elle va les regarder faire et se dire : Ah, c’est bon, ils ont des intentions pacifiques, ça se voit à leur façon de grimper. Tu veux quoi ? Que les grimpeurs agitent un drapeau blanc tout le long de l’escalade ?
_ Bah, c’est bon, je propose…
_ Tentons de communiquer avec eux »
, conclut Anthinéa. Mais comment ? Surtout qu’il paraissait que le Commandant actuel de la Garde de Nuit ne voulait rien entendre.

__

Megan Cole, l’actuelle dirigeante du Royaume des Morts, ou aussi, Royaume des Monstres, ou aussi, Royaume de la Nuit (plus personne ne l’appelait comme ça, ça créait des incompréhensions avec la Garde de la Nuit, et dieu sait que Westeros n’avait pas besoin de ça : regardez, tous les Royaumes s’appelaient des Royaumes alors qu’il n’y avait qu’un seul roi), Royaume des Ombres (même problème, foutue garde des Ombres), Royaume Noir, Royaume des Trucs Louches et Malsains, était en train de lire le parchemin après en avoir enlevé la cire. Wallace Redstone, caché derrière son masque de lapin très mignon, attendait la réponse.

Megan Cole leva un sourcil devant une telle lettre. Elle fit même carrément la moue, ce qu’elle savait très bien faire aussi, vu le nombre d’amants qu’elle entretenait, environ une quinzaine, et on était seulement jeudi. Elle résuma la situation :

« Donc, si je résume bien, notre grand roi Dox voudrait que je me marie avec Clem Free afin de créer une alliance entre nos familles ?
_ Tout à fait. Pour contrer la menace Blacksilver-Sauvebois.
_ Mais c’est le cadet de la famille !
_ Ed Free est déjà marié ; personne ne le sait car après un problème de couple, il a demandé un duel judiciaire avec sa femme et l’a envoyée dans le coma.
_ J’ai entendu dire qu’il aimait beaucoup les duels judiciaires. »
Wallace Redstone ne pouvait qu’approuver.
« C’est le plus fort guerrier de Westeros, donc c’est sûr. Pour s’emparer du territoire, il vient à la cour du dirigeant, le tue devant témoin, et lors du procès, il demande un duel judiciaire pour voir si c’était vraiment lui, l’emporte, et agrandit d’autant le Royaume des Chocs.
_ En même temps, c’est un peu con, ce principe de duel judiciaire. »
Ca, ce n’était pas Wallace qui allait la contredire. Megan continua :
« Il est beau, ce Clem ?
_ Chacun ses goûts. Je dirais plutôt qu’il est réputé. C’est un excellent stratège, ses hommes l’adorent. Il a très peu de pertes et pour le moment, n’a perdu aucun combat. C’est un combattant émérite, et vu que Ed Free n’a pas d’héritier et que personne n’a envie de remarier sa fille à ce gars, de peur de la retrouver aussi dans le coma, c’est certainement la descendance de Clem qui dirigera le Royaume.
_ Très bien. Dîtes au roi que j’accepte. »


Megan n’avait pas besoin de beaucoup réfléchir : le roi lui offrait plus de pouvoir gratuitement et un parti inespéré, elle n’allait pas cracher dessus. Arriva soudainement dans sa chambre son frère cadet, Corey Cole, qui se dépêcha de dire :

« Bonjour Monsieur Redstone, j’ai appris que vous veniez du Royaume des Royaumes pour apporter un important message, que la Lumière soit avec vous. »

Corey Cole était l’exemple typique du petit-frère ou du noble qu’on n’avait pas trop envie qu’il sorte de peur de se taper la honte. Disons qu’il prônait une nouvelle religion, le Dieu de la Lumière, et que dans le Royaume de la Mort, cela revenait à prier le dieu des génocides au Royaume des Arts. Ce n’était pas très sérieux, preuve en était que sa religion se développait partout pour renverser les anciens dieux, sauf dans son propre Royaume. Comme il était donc le seul pratiquant et qu’il était intouchable du fait de son statut, alors il se révélait être un prêtre extrêmement acharné.

« Bonjour, Lord Cole. Je suis ravi de faire votre connaissance.
_ Moi aussi, puissions-nous bénir la Lumière pour cette rencontre. »
Megan se dépêcha d’intervenir :
« Peux-tu te retirer ? Je parlais à l’émissaire, je te raconterais tout après.
_ Chère sœur, par le Seigneur de la Lumière, je suis fatigué d’entendre toujours la même réplique venant de toi : ne viens pas ici, ne fais pas ça.
_ C’est moi qu’on accuse de répéter les mêmes choses ? Tu mentionnes ta religion à chacune de tes phrases.
_ Par la Lumière, ce que tu dis est faux ! »


Personne ne lui avait dit qu’il était le premier prêtre de Westeros et que des centaines de personne le cherchaient pour baiser ses pieds ; il avait déjà la tête assez grosse comme ça.

__

Le roi Dox et Lithium se déplaçaient dans les couloirs du château, bras dessus bras dessous. Ils passaient à-côté de statues des anciens dirigeants qui narraient par leur simple présence l’histoire du Royaume. Le Royaume des Royaume fut unifiée par la sage reine Peebles (dont Dox était un descendant direct), et les troubles qui agitèrent le Royaume furent rapidement éteints par Caïn le Conquérant, qui imposa son joug aux cinq autres familles. Comme roi notable, on pouvait aussi parler de Trouble l’Avisé, qui intervenant notamment pour les grandes questions, et enfin, le dernier en date à avoir approché le trône de fer, juste avant Dox, était Vlad le Fou, qui passait son temps à essayer de se faire détester de tout le monde et y réussit haut-la-main. Ça, et se faire bannir avec une lance au travers du ventre. Le roi Dox dit en tout cas :

« Lord Khildar Blacksilver a décidé de venir de lui-même dans le Royaume des Royaumes pour me parler. Grâce à ça, on va pouvoir l’évincer facilement.
_ Pas s’il demande un Conseil des Bans, attention. C’est peut-être ce qu’il vise, mon chéri. »
Lithium avait dit ça innocemment, mais elle n’avait pas tort : le Conseil des Bans regroupait la tête de chaque nation pour discuter des choses de fond et prendre des décisions importants. Chaque membre votait, et oui, ça pouvait être un danger… si seulement la moitié des membres, soit lui-même, Megan et Lucas ne représentaient pas la moitié des voix, et qu’un représentant du peuple décidait quel camp l’emportait, peuple qui les adorait. Cependant, sa femme avait raison, on ne savait jamais, il faudrait faire attention à ça.
« Tu as raison, chérie.
_ Comme toujours ! »
, dit-elle avec un sourire ravageur. Ce qui était plutôt vrai, d’ailleurs, nota le roi.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Dim 7 Déc 2014 - 1:35
5 Décembre





Kala Kourou, sur son immense trône, était en train de faire le rapport entre les problèmes qui naissaient à Westeros, le rapport de ses deux réputés capitaines, ainsi que la demande d’alliance de Blacksilver. Les troubles faisaient la loi semblait-il, sur le continent. Il demanda à son intendante, Crystal, d’aller chercher Matthieu et Jakob pour leur parler.

Quand les deux arrivèrent essoufflés (ils avaient fait la course l’un contre l’autre de la taverne jusqu’à ici), il leur tint les mots suivants :

« A ce que j’ai compris, hein, le bordel va naître un peu partout sur Westeros, hm ? » Les deux opinèrent, ils envisagèrent bien. Ils n’étaient pas toujours au courant de ce qui se passait là-bas alors qu’ils vivaient peinards sur leur île. Kala Kourou se leva et fit les cent pas. Crystal revint rapidement pour lui dire qu’un corbeau messager était arrivé, ce à quoi le seigneur répondit :
« Noires ailes, noires nouvelles.
_ C’est un peu con, non ? »
intervint Jakob en fronçant les sourcils. « Nos seuls oiseaux messagers sont des corbeaux.
_ Ça donne effectivement à réfléchir sur la façon dont on perçoit nos voisins »
, répondit le seigneur albinos en trouvant effectivement que la réflexion était juste. Voire totalement ridicule car quelque part, le seul oiseau non noir qu’on envoyait, c’était le Mur qui annonçait l’hiver par le biais d’un corbeau blanc. Pas de quoi s’enchanter non plus. Il lut justement que c’était le Mur qui demandait des renforts. Kala interrogea Crystal, une des rares personnes qui savaient lire :
« Le Mur a-t-il besoin de bateaux et de marins ?
_ Pas vraiment.
_ Alors nous ne pouvons rien pour eux, on oublie. En tout cas, je vous ai convoqués tous les deux pour vous demander de préparer vos vaisseaux, et de prévenir les autres capitaines. Nous partons attaquer le Royaume des Royaumes. »
La réaction ultra-sérieuse et formelle à souhait ne se fit pas attendre : les deux sautèrent de joie et frappèrent dans leur main. Le messager de Blacksilver en fut enchanté de la nouvelle et prononça avec joie :
« Ainsi donc, vous vous alliez avec lui ?
_ Hmm, nan. Gardes ! Faîtes-le enfermer. »
Ils s’exécutèrent devant la surprise de leur hôte, et celui-ci tenta de se défendre en prononçant :
« Vous m’avez offert l’hospitalité !
_ Oui, oui, et je continue de m’accueillir dans mon palais. C’est juste que vous changez de chambre et que vous ne pourrez plus en sortir. Bon séjour. »
Les règles sur l’hospitalité présentaient tellement de failles que c’était une incitation à la trahison, il l’avait toujours dit. En tout cas, il se tourna vers ses deux commandants :
« A partir de maintenant, je suis roi aussi. Lord Blacksilver ne s’en tirera pas mieux que le roi Dox. » Surtout quand Kala avait une excellente idée.

__

Le Royaume des Chocs était le Royaume le plus au sud, et aussi le plus austère. Recouvert de poussière et de sable, il dégageait néanmoins une culture exotique très prisée des autres Royaumes. Les nobles mangeaient à leur table, ainsi que la femme du Seigneur Ed Free, la tête dans son assiette. Coma ou pas, cela ne changeait en rien le fait qu’elle devait être présente. Le Seigneur avait étudié la lettre en détail, et tandis qu’il mangeait des burritos, il dit à son frère, Clem :

« Qu’en penses-tu ?
_ Que la pâte est moins épaisse que d’habitude.
_ Je parlais de la lettre.
_ Ah. »
Clem termina son chili con carne qui restait dans l’assiette et dit : « Il paraît que Megan Cole est une belle fille.
_ Moi, qu’elle avait une poitrine généreuse et qu’elle ne s’empêchait pas de la dénuder.
_ C’est une bonne définition de belle fille. »
Ed Free attendit tout de même la réponse, forçant Clem à continuer : « Pour un cadet, c’est une chance unique. Une sacrée opportunité.
_ C’est vrai, ça. Mais je me demande surtout… »
Ed Free prit le soin de bien chercher ses mots. « … Si on ne peut pas en profiter pour prendre le Royaume de la Mort selon les lois maritales.
_ Ah. C’est une question complexe, il n’y a pas la même légalité partout.
_ Il faudrait demander à un spécialiste administratif. Et… »
Ed Free, afin de poser, se dépêcha de s’approcher d’une fenêtre et prendre un air extrêmement cool. « … Il se trouve qu’il y a un spécialiste du Royaume qui se balade dans la nature. Je vais demander à la compagnie des Chèvres Swag de s’en occuper. Pendant ce temps, dirigeons-nous vers le Royaume des Royaumes et préparons le mariage. » Le seigneur frappa dans ses mains et dit avec un sourire : « Tu vas enfin t’amuser, chérie, on va voyager ! », dit Ed à sa femme qui avait la tête recouverte de chili con carne.

__

Fino et Germaine avaient déjà rasé une dizaine de villages, dont une petite ville. Suivis par une foule de fidèles en délire qui voyaient en eux des libérateurs de la corruption et autre méchanceté administratif dont les pauvres semblaient toujours être les victimes, ils traçaient sur leur chemin sans rencontrer ne serait-ce que la moindre résistance. En même temps, qui avait envie de précipiter une rencontre avec eux ? Germaine, la limace comptable, devant ses remarques qui détruisaient des autorités, s’était vue attribuer un nouveau surnom qui lui allait à merveille : Mama, ce qui voulait dire « Maman » dans la langue étrangère qu’est l’espagnol.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 8 Déc 2014 - 0:54
6 Décembre





Ils étaient tous les quatre en haut du Mur : Alan Rin, Alan Kesey, Beckett Jenckins et le commandant Jacob Hume. Ils regardaient en contrebas et pouvaient voir une nuée de fourmis aux pieds du mur. Autant de Créatures des Rêves, ce n’était pas humain.

Alan Rin avait envoyé de nombreux corbeaux pour prévenir les Royaumes qu’ils défendaient qu’ils ne seraient pas contre un peu de renforts, car la lutte était plutôt inégale, à quatre contre plusieurs centaines de millier. Le maître oiselier avait tenté de les compter pour envoyer un rapport précis, mais comme ces sales barbares refusaient de s’immobiliser, il allait à des fourchettes plutôt vagues qui indiquaient « Ils sont entre cent mille et plusieurs cent mille », un chiffre qui ne donnait pas envie d’envoyer des hommes. Heureusement encore qu’ils n’attaquaient pas comme des brutasses, parce que s’ils se mettaient à tous escalader le Mur, les quatre ne voyaient pas comment les arrêter. Bon, Kesey avait déjà développé une stratégie qu’il s’employait à utiliser chaque jour, mais les autres n’étaient pas sûrs qu’uriner par-dessus le Mur, même avec un incroyable dédain, allait repousser les Créatures. Et quand on demandait à Jacob les idées qu’il avait, il faisait mine de ne pas avoir entendu. Seul Beckett Jenkins y mettait une sacrée volonté, et donnait un maximum d’idées :

« Non, ce qu’il faudrait, c’est forger une faux immense qu’on cacherait dans la glace, comme ça, s’ils tentent d’escalader, le Mur, bim, ils sont fauchés. » Tout le monde le regarda pendant un long silence. « Non, je dis ça, par exemple, parce qu’ils sont en train d’escalader. » Il avait effectivement raison. Quelques Créatures, une petite dizaine, avaient commencé la longue ascension. Ils était très étrange qu’ils ne furent pas plus nombreux, mais ils n’allaient pas cracher sur une proie facile. Beckett se tritura la tête pour trouver une autre idée incroyable : « Et bien, je propose qu’on leur envoie de très très grosses boules de neige. » Il rajouta devant le nouveau regard ennuyé de ses trois camarades que c’était gratuit et que c’était plus simple à faire qu’une faux géante.

__

Anthinéa vit les grimpeurs, dont Shad, tomber les uns après les autres à cause de boules de neige massives envoyées depuis le Mur. Comme de bien entendu, il était impossible de grimper sans se faire attaquer. Bon, tenter de communiquer…
Elle faisait partie d’un clan de sorcières qui pouvait s’incarner dans différents animaux. Alors on lui procura une corneille et elle se mit à prendre son esprit, et son contrôle.

__

Alan Rin fut le premier à se rendre compte que les barbares utilisaient un oiseau-espion afin de connaître leur organisation. Celui-ci se mit à brailler quand chacun l’aperçut, mais ça ne l’empêcha pas de périr d’une flèche d’Alan Kesey, alors qu’il crachait un juron nihiliste, passible de peine de mort sous le règne de Vlad.

__

Ce fut Noah qui eut la prochaine idée tandis qu’Anthinéa se soignait de sa crise cardiaque ; ils allaient écrire dans la neige un message gigantesque afin qu’ils le lisent. Le chantier fut énorme, surtout que le message devait être lisible depuis une construction aussi dantesque que le haut du Mur, mais ils s’y mirent à plusieurs centaines pour tracer chaque lettre.

__

Les quatre Gardes voyaient les barbares préparer un énorme camp, à ce qu’il leur semblait. Ils étaient d’ailleurs en train de creuser des douves, ou autres trous afin de pouvoir caler de puissantes machines. Beckett était déjà en train de raconter à toutes les oreilles que les Créatures étaient peut-être en train de tracer dans la neige des signes cabalistiques pour détruire la magie qui faisait tenir le Mur debout et conseillait à tout le monde de ne pas les regarder dans les yeux. Ses prières furent cependant exaucées car une tempête de neige frappa toute la région et réduit à néant les pauvres inscriptions des Créatures. Seul Jacob eut un soupçon sur la véritable nature des chantiers et pensait voir au contraire un message de secours, mais comme la neige avait balayé tous les travaux et qu’il lui était difficile de s’exprimer, il garda ses doutes pour lui.

__

Dan Sorro fit un très mauvais rêve : il se trouvait être dans une forêt, et à un moment, il vit un corbeau à deux yeux.
Il se réveilla car cela lui fit très peur.

Tandis que le Royaume des Eléments se réveillait doucement à l’aube matinale, Dan Sorro était en train de se demander quelle était la signification de ce rêve. C’était extrêmement bizarre tout de même, le fait qu’un corbeau à deux yeux puisse le terrifier à ce point, surtout que… il était parfaitement naturel qu’un corbeau ait deux yeux. Mais il faisait pourtant une distinction entre un corbeau et un corbeau à deux yeux. Il y en avait un qui rendait bien plus mystique que l’autre, non ?

Pendant la matinée, tandis qu’il s’occupait de gérer le château que lui avait laissé Lucas Emerillon, il ne pouvait s’empêcher de penser à ce corbeau à deux yeux qui sillonnaient ces rêves. De ce qu’il savait, ce n’était pas normal, il était bien le seul dans la place forte à rêver plusieurs fois du même animal. Mais il y avait bien Lulei O’Malley, à la tête d’une des bans du Seigneur des Eléments qui arriverait ce soir pour un grand dîner, il pourrait bien lui poser quelques questions mystiques. Il était bien connu que c’était le Royaume des Eléments qui regroupait le plus de régions et de légendes mystiques. Les gens comme Lulei venait d’encore plus profond dans la sorcellerie, et dieu savait que les dieux n’aimaient pas les gens comme ça, les gens qui croyaient à la terre. Et pour le moment, vu que les dieux ne répondaient pas à ses prières, alors il se tournerait vers les impies.

Ce soir, le grand banquet eut lieu dans la salle de réception, où la bière et les mets coulaient à flot. Les convives venaient des quatre coins du Royaume, et si Dan avait bien entendu les folles rumeurs qui allaient agiter le continent, il se dit que eux n’avaient pas grand-chose à craindre : ils bénéficiaient de la protection directe du Royaume des Royaumes, mais qu’en plus, n’étant qu’un Royaume mineur par rapport à l’autre, personne n’irait les attaquer.
Sauf évidemment si le Royaume des Mollusques les attaquait depuis la mer, ce qui serait extrêmement improbable, avouez-le, il n’avait jamais eu de désir d’expansion.

Dan Sorro invita Lulei près de sa propre place pendant le dîner pour lui parler de son fameux corbeau à deux yeux. Elle, plus réservée qu’il ne lui pensait :

« Vous êtes sûrs que ce n’était qu’un corbeau avec deux yeux ? Pas trois ?
_ Ah non, ça serait vraiment bizarre. »
, rétorqua Dan Sorro, le rêveur qui pensait que rêver de corbeaux aux deux yeux était un exploit en soi. Lulei haussa les épaules :
« C’est dommage, hein, parce que s’il avait trois yeux, c’était la preuve d’une destinée exceptionnelle avec des pouvoirs magiques à la clef. » Dan se pinça la bouche, et essaya de se souvenir si le corbeau n’avait pas un œil caché quelque part, mais il se devait d’être honnête avec lui-même ; dommage, une aventure, ça faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Si seulement il avait une occasion de délaisser son château…

Mais avec des « Si », le Royaume des Mollusques sortirait de son mutisme diplomatique et entuberait le Royaume des Eléments. Malheureusement pour tous ceux qui participaient au banquet, les « Si » avaient décidé de bouger un peu leur fesse.

Et en moins de trois heures, le château était aux prises de Kala Kourou.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 8 Déc 2014 - 18:01
7 Décembre





Megan Cole arriva en tout cas très rapidement au Royaume des Royaumes, où une large foule la saluait tandis que sa calèche tirée par les plus somptueux chevaux arrivait en ville. Elle se dit qu’elle était contente de voir le peuple aussi en liesse, car elle se demandait s’il mangeait autant à sa faim qu’il voudrait. En tout cas, ça serait le commencement de la faim, car la guerre arrivant de tous les côtés (jusqu’au Royaume des Eléments, même, une véritable tragédie s’était passée là-bas), les récoltes allaient être les premières à périr, et le peuple à en souffrir. Elle se rendit compte avec amusement que dans la foule, on comptait bien plus d’hommes que de femmes. Décidément, entre elle et Lithium, on saurait mener le peuple à la baguette. Vu le nombre de ses admirateurs, elle n’était cependant pas sûre que Clem Free puisse pénétrer ici sans se faire descendre ; imaginez, le pauvre, l’enflure qui osait leur voler la plus belle femme de tout le Royaume sous leurs yeux. Elle espérait que le mariage serait en petit comité, sous peine de meurtres violents et des pleurs déchirants.

Elle était aussi contente que son petit frère ne soit pas venu avec elle ; il était bien trop embarrassant et trop porté sur sa théologie pour l’amener, il pourrait causer un incident diplomatique avec le peuple qui croyait encore fervemment aux anciens dieux. Et ça, il valait mieux l’éviter si c’était possible SURTOUT quand le peuple pouvait se retourner contre vous s’il était persuadé qu’un meilleur suzerain ferait pousser de l’herbe plus verte.

La calèche s’arrêta dans la cour royale, où Megan descendit de son véhicule pour voir qu’une colonne de gardes avec à son bout le roi Dox, la reine Lithium ainsi que quelques-uns de leurs généraux se tenaient là à l’attendre. Elle passa crânement entre les spadassins, leur faisant tourner la tête au passage afin de mieux observer son bou… un bout de sa robe enchanteresse, qui ne laissait pas vraiment de place à l’imagination. Ils se saluèrent tous, et le roi l’invita à pénétrer dans le palais en lui faisant un compliment sur sa robe, qui lui fit prendre une taloche dans la tête extrêmement discrète de la part de se femme. La robe de Megan était un anti-vêtement : il semblait cacher ce que les vêtements ne cachaient pas forcément et dévoilaient ce qu’ils auraient justement dû cacher. Ils échangèrent ainsi sur les derniers événements, notamment Lucas Emerillon qui demandait des renforts pour reprendre les terres perdues. Le roi le calma :

« Je ne pense pas que le Royaume des Mollusques restera très longtemps, à ce que j’ai compris, ils vont eux aussi tenter de s’attaquer au trône, et ils ne prendront pas le risque de se disperser, surtout quand ils n’ont pas une armée impressionnante. Et à ce que je sache, un de vos plus éminents généraux, Miles si je me souviens bien, est déjà en train de se préparer pour les repousser vers la mer. C’est un cousin de Dan Sorro, il me semble ?
_ Le véritable danger »
, interrompit Megan, « Ce sont les espions. J’ai appris que l’un des deux usurpateurs, le Lord Blacksilver allait venir directement ici pour s’entretenir avec vous.
_ Un fou, oui »
, répliqua Lucas en serrant les dents. Megan continua son raisonnement :
« Non, il ne l’est pas, bien au contraire, il va préparer sa venue. Je vous conseille de vous méfier, Sire, notamment ceux qui ont du pouvoir. Je pense notamment à des personnages proches de vous, comme vos conseillers, notamment ceux qui savent énormément de choses sur vous et le Royaume, et qui ont un réseau d’informateurs pouvant rentrer facilement en contact avec l’ennemi sans qu’on ne s’en rende compte. » Le roi Dox n’écouta qu’à moitié car il salua son chef des espions, Nedru, qui les croisa en toussant très fortement.

__

La Compagnie des Chèvres Swag était une unité spéciale de cavaliers extrêmement yolo et redoutés. A leur tête, les puissants Lou et Dazh, de fous furieux qui n’avaient trouvé refuge que tout le continent chez le Royaume des Chocs, où ils avaient été embauchés pour devenir une troupe d’élite et totalement braillarde et vantarde afin de faire peur aux ennemis. Ils n’avaient pour le moment qu’un seul objectif : capturer la déesse de l’administration, alias Germaine de l’Orient. Alias Mama. Afin que les Free puissent mettre la main sur les terres de Megan Cole en toute légalité.

__

Pendant ce temps-là, Corey Cole n’aimait pas du tout le tour que prenaient les événements ; il sentait que les gens avaient besoin de lui durant ces moments difficiles, et il n’allait pas les laisser tomber alors que les peuples demandaient (certainement, en tout cas, lui en était persuadé) la salvation par la religion. Il était enfermé dans son rôle de régent du château et ne pouvait s’extraire de là facilement. Son envie actuelle était de s’échapper, de sillonner le Royaume et de propager la bonne parole du Dieu de la Lumière. Il réfléchit intensément dans sa chambre, et non, décidemment, il ne pouvait rester les bras croisés à ne rien faire tandis que sa sœur allait se marier pour le bien du Royaume. Il se dépêcha d’écrire une lettre à l’attention de leur puissant intendant, l’expérimenté Stefano, qu’il posa sur son lit.

Il se dépêcha de préparer ses affaires, et profita de son titre pour prendre ce qu’il voulait dans la cuisine, le meilleur cheval, que les gardes lui ouvrent les portes, et basta. Ils se rendirent compte enfin que c’était leur propre Seigneur qui s’était enfui, et se dépêchèrent d’appeler l’intendant. En attendant, Corey se dirigeait là où le peuple avait le plus besoin de lui : dans le Royaume des Eléments.

__

« QUOI ?! Mais pourquoi personne ne l’a retenu ? », hurla Dante (dit Stefano) à ses troupes qui venaient de l’avertir que Corey Cole s’était enfui sans explication. Ses cris se répercutèrent sur les murs de la crypte où il officiait, car Dante était un vrai homme du Royaume de la Mort.

L’intendant hurla à ses hommes de le rattraper, s’ils réussissaient avant que la nuit ne tombe, et ce qui était dommage car le crépuscule était déjà bien entamé. Il sortit de sa crypte et se dépêcha d’aller voir si le seigneur avait laissé un signe quelconque ou une lettre à leur attention. Extrêmement surpris, il en trouva une. Elle disait :

« Je suis parti sauver le monde.
Bisous,
Corey Cole »


Dante-Stefano se dépêcha de chercher sur la carte un indice de l’endroit où il aurait pu aller, plus de détails, mais il n’y avait rien de rien. Quelle situation outrageante, si rapidement après que Megan Cole fut parti. Y avait-il des chances qu’il soit parti la rejoindre ? En ce cas, il allait se prendre une rouste, Megan Cole n’était pas du genre à ce qu’on lui désobéisse. Elle avait une personnalité aussi forte que les décolletés qu’elle portait. Cependant, il valait mieux réparer la bavure avant qu’elle ne s’en rende compte, la dame était aussi forte pour complimenter que pour punir. Il ordonna aux gardes les plus proches :

« Amenez-moi les frères Hobbes. On va partir le chercher aussi. »
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 8 Déc 2014 - 19:55
8 Décembre





Le Royaume des Mollusques avait envahi une bonne partie des terres du Royaume des Eléments, notamment les places fortes importantes. Une grande partie des convives avait été faite prisonniers dans la place forte de Dan Sorro, le point névralgique du Royaume, à cause du déboulement des soldats mollusquiens (à défaut d’avoir un adjectif plus joli) lors du grand banquet. Certains d’entre eux avaient été exécutés pour faire bonne mesure, mais les autres, notamment les plus importants, avaient été préservés pour en faire des otages inestimables. Mais bon, ils avaient largement sous-estimé la puissance et la réactivité du Royaume des Eléments qui venaient avec des renforts armés incroyables.

Dan Sorro était dans sa chambre surveillée par des gardes, et essayait de trouver une solution au drame qui se préparait : les mollusquiens (à défaut d’avoir un nom plus joli), incapables de résister à l’assaut qui allait venir, prévoyaient en douce de quitter le Royaume une nuit et au passage de brûler toutes les constructions et de tuer un maximum de personnes. Il ne ferait pas exception à la règle, au contraire, il devait être le premier sur la liste à se faire exécuter. S’ils avaient une sorte de liberté, ils pouvaient aller et venir dans le château, ils ne pouvaient toutefois pas s’enfuir, et les gardes ennemis étaient partout et tenaient chacun sous haute surveillance. Lulei, d’une efficacité rare glanait le plus d’informations possibles afin de pouvoir comprendre les plans des envahisseurs.

Un soir, alors qu’ils dînaient dans la grande salle et qu’un raffut de tous les diables permettait une discussion discrète, elle demanda à Dan :

« On ne pourra pas franchir les portes, mais peut-on éventuellement sauter du chemin de ronde ?
_ C’est impossible malheureusement, il est trop haut.
_ Réfléchissez, il n’y aurait pas un endroit où…
_ Non, il n’y a rien. »


Dan rentra dans sa chambre après avoir terminé le dîner ; Lulei n’avait aucun plan pour les sauver, oui, contrairement à ce qu’elle voudrait faire croire. Il s’endormit alors, bougon de ne pas trouver de solution alors qu’il était dans son propre palais, et se mit à rêver une nouvelle fois.

Comme de bien entendu, le corbeau qui hantait ses nuits n’avait pas de troisième œil, ni sous sa patte, ni sous son plumage, enfin, non, c’était juste un corbeau à deux yeux. Le volatile tournait autour de sa tête et croassait, comme s’il voulait lui dire quelque chose. Ou bien le maudire. Dan Sorro, énervé de ne rien pouvoir faire la journée, emprisonné par ses nouveaux (pires) ennemis, et aussi en colère par ce foutu corbeau à deux yeux qui ne lui indiquaient rien, l’attrapa soudainement au vol et lui hurla :

« Toi ! Soit tu me dis quelque chose, soit tu la fermes !
_ Atta, mec »
, répliqua le corbeau d’une voix totalement assurée. « Tu m’as rien demandé et voilà que tu m’engueules. Pas croyable.
_ Hein ? Tu parles ?
_ Et ouais, incroyable, non ? Un corbeau dans un rêve qui parle.
_ Tu as une destinée incroyable à me donner ? Des pistes pour me barrer d’ici ?
_ J’ai deux yeux mon gars, que deux yeux… »
, dit le corbeau en allumant une cigarette de sous son aile et se mettant à la fumer. « Le dernier type qui a eu un corbeau à trois yeux dans ses rêves, il l’a envoyé sur le Mur. Depuis, le pauvre s’occupe des corbeaux et a carrément l’impression de s’être fait avoir. Pas croyable. Enfin, voilà, quoi… Si on n’a même plus le droit d’aider les gens.
_ Mais t’as jamais voulu être un corbeau à trois yeux ?
_ C’est pas très esthétique, je dois t’avouer. C’est la classe, hein, j’ai rien à dire, mais bon, je suis né avec deux yeux. »
Dan essaya de tirer quelque chose du corbeau :
« Si tu avais trois yeux, que me dirais-tu ?
_ Je me plaindrais de la facture de l’opticien, ouais. »
Le corbeau jeta une bouffée de fumée sur Dan, et dit : « Plus sérieusement, je te dirais pareil que le dernier corbeau à trois yeux, surtout pour toi. Va au Mur. Le sort du monde en dépend peut-être. »

__

Khildar et sa trentaine d’hommes avançaient presque avec bonhomie sur le chemin du Royaume des Royaumes. Tous les paysans se retiraient sur son passage dès qu’il traversait un village, mais ils se rendirent compte que loin de les attaquer et de les tuer comme n’importe quel envahisseur barbare sans manière, ils passaient tranquillement, disait bonjour et payait même les écuries pour ses hommes. Quand certains villageois lui demandaient pourquoi il ne ravageait pas les terres, celui-ci prit l’air étonné et répondait systématiquement :

« Pourquoi devrais-je faire ça ? »

Une réponse qui se concluait par un silence, un petit sourire et… une petite victoire. Ils payèrent la facture de l’auberge et lui et ses hommes mangèrent copieusement sans se soucier de la dépense. Quand l’aubergiste le remercia après avoir compté ses sous, Khildar disait que c’était tout à fait normal, que lui avait des sous, ce qui était toujours mieux que le roi Dox qui n’avait pas de caisses extrêmement pleines et qui se dépêcheraient de liquider tout ce qu’il avait pour mieux défendre son domaine sans rien laisser. La courtoisie de chacun de ses gardes en étonnait plus d’un, là où normalement, ils avaient plutôt une image de violeurs patibulaires qui ne savaient que suivre des ordres.

Seul le terrifiant Kaijin, qui s’était rendu célèbre en tuant le dernier seigneur du Royaume des Eléments, Tenkensu Chirome lors d’une confrontation terrible entre le Royaume de la Mort (à l’époque quand Lord Blacksilver régnait encore sur ces terres) et le Royaume des Eléments, qui se terminera cependant par la défaite des premiers, précipitant la fuite et le mariage du Seigneur, laissant Megan Cole, non ennemie aux rois, à accepter une alliance avec le Royaume des Royaumes, restait dans son coin, l’air sombre. Il était peut-être le soldat le plus terrifiant de ces terres, pour les rumeurs qui courraient autour de lui comme quoi il était cannibale, et un des plus puissants guerriers, et il était maintenant temps de l’utiliser à bon escient. Khildar se rapprocha de lui et lui dit :

« Kaijin, il est temps que tu nous devances et que tu ailles au palais, pour y faire tes… petites affaires.
_ Je pourrais manger ?
_ Là-bas, tu pourras faire ce que tu veux, tant que tu tues Lithium d’abord.
_ Je fonce, alors. »


Kaijin termina son assiette et se dépêcha de rejoindre son cheval dans la nuit. Une fois qu’il fut parti en actionnant le troisième galop, Khildar se dépêcha de se saisir d’une feuille de papier et d’y écrire le message suivant :

« Sire,

Malgré mes intentions quelque peu belliqueuses, je préfère vous prévenir qu’un de mes soldats, félon, le fameux Kaijin Zared, s’est enfui de mon détachement diplomatique pour tenter de tuer la reine. Je vous en conjure de l’arrêter, et je le punirai moi-même une fois arrivé dans votre superbe forteresse. Il n’est point mon but d’user de méthodes aussi viles, et je vous prie de me pardonner pour avoir laissé ce traître me désobéir.

Au plaisir de vous voir,
Le Roi Khildar Blacksilver. »


Voilà qui était fait. Il ne l’enverrait pas de suite. Kaijin mettrait quatre jours à rejoindre le Royaume des Royaumes, mettons cinq pour perpétrer son attentat. L’oiseau mettrait seulement trois jours, alors il ne l’enverrait que dans deux jours. Il fallait que lui-même et ses hommes arrivent après l’oiseau messager, et l’oiseau messager devait impérativement arriver après que Kaijin ait perpétré son assassinat, ou tout du moins, essayer. Ainsi, s’ils découvrent Kaijin, il se rendrait compte instantanément de la bonne foi de Blacksilver et n’enverrait pas l’armée directement sur lui.

__

Alan Stain était le fameux soldat du Royaume. Comme s’il avait des frères jumeaux, il semblait être partout à la fois, toujours au service de ceux qui le demandaient. Il suffisait de se dire « Tiens, je vais faire attention au visage d’un des gardes anonymes », vous tomberez invariablement sur celui de Stain. Le roi lui avait justement demandé de lui faire un topo sur les mercenaires qu’il pouvait engager dans les prochaines batailles. Le soldat était maintenant devant son souverain, assis sur le fameux trône de fer, et le roi lui demanda :

« J’écoute votre rapport, soldat Alan Stan.
_ Mon nom est Stain. »
, répliqua celui-ci gentiment. Il se dépêcha toutefois de faire son rapport : « Les plus puissants mercenaires sont malheureusement loin. La Compagnie Panda est en train de faire des ravages en Orient, comme on leur avait demandé de faire il y a bien longtemps, les X-Caliburs se sont démantelés suite à la fin du règne du roi Vlad, et les Chevaliers de la Table d’Astier se sont perdus quelque part pour trouver un plat à poisson qu’ils avaient laissé sur le chemin. Nous n’avons plus de nouvelle d’eux. Bref, il n'y a aucune compagnie de mercenaires disponible pour le moment. » Le roi Dox se mit à réfléchir très longuement, intensément.
« Soldat, que pensez-vous alors ?
_ Pardon sire ?
_ Où Blacksilver va-t-il chercher des hommes supplémentaires ?
_ Je n’en ai aucune idée.
_ Un des albatros a chuchoté à l’oreille de mon chef des espions que sa femme était partie du Royaume des Arts. Et qu’elle n’est pas en train de l’accompagner. Ma question est la suivante : où est partie Alice Sauvebois ? »

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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Mar 9 Déc 2014 - 22:11
9 Décembre





Alan Rin se dit qu’il n’aurait jamais dû suivre ce maudit corbeau à trois yeux ; voilà où il en était maintenant, emprisonné dans un devoir impossible qui était d’arrêter une horde de fous furieux qui… pour le moment, ne semblait pas être vraiment prêt à attaquer. Ca faisait plusieurs jours qu’il tentait quelques manœuvres bizarres, mais rien d’extraordinaire, toutes leurs tentatives avaient échoué grâce à la riposte systématique de la Garde de Nuit. Beckett Jenkins n’arrêtait pas de trouver de nouveaux systèmes de défense tandis qu’Alan Kesey passait son temps à nier chaque forme d’espoir qui s’ouvrait en eux. Ils avaient froids, pas trop faims car les réserves étaient censées tenir pour plusieurs mois et pour plusieurs centaines de personnes, mais ils se sentaient plutôt seuls. Et tandis qu’ils montaient la garde, qu’ils vivaient comme ils pouvaient dans un énorme camp rien que pour eux, ils ne virent pas de loin un oiseau les surplomber de façon menaçante.

__

« Ils ne sont que quatre… », balbutia Anthinéa après avoir observé le campement au-dessus du Mur des Gardes de la Nuit et s’être détaché de l’esprit du volatile. Elle le répéta encore plus fort pour être certains que les deux autres meneurs avaient bien entendus, ainsi qu’elle-même au demeurant : « Ils ne sont que quatre à nous barrer la route. Juste quatre. » Après toutes leurs tentatives, tout le temps perdu, toute l'énergie gaspillée, alors qu'ils auraient pu grimper simplement ; ils n'avaient plus à crainde lourdes pertes. Shad Howl se mit debout, l’expression neutre, sortit de la tente en silence, et hurla à tous ceux qui pouvaient l’entendre :
« QUE TOUS LES GRIMPEURS ESCALADENT LE MUR !!! ASSAUT GENERAL !!! »

En moins de quinze minutes de préparation, d’encordage et de conseil, tous ceux en état se jetèrent sur la glace afin de l’escalader. Par paquet de cinq, telles des chenilles vivantes avec d’étranges articulations, ils se mirent à grimper partout, laissant de la distance les uns par rapport aux autres pour ne pas se marcher sur les pieds (si si, c’est important, ça peut faire mal). D’en bas, ils formaient un spectacle saisissant et épique, des centaines et des centaines d’hommes qui utilisaient leur muscle, leurs pieux, leurs hurlements pour avancer sur cet édifice dément, totalement immaculé, et ils en étaient les seules souillures.

__

Du haut aussi, le spectacle avait de quoi couper le souffle, mais pour une autre raison. Le premier commentaire qui surgit entre les quatre hommes fut Alan qui s’exclama : « Ah bah, enfin ! C’est quand ils voulaient, hein ? » Ca ne fit rire personne, et de toute façon, ce n’était pas le but du nihiliste. Alan Rin fut le premier à sortir son arme, pour annoncer :

« Le combat peut commencer. Camarades, nous allons au-devant d’une mort héroïque !
_ On peut aussi fuir »
, commenta Alan d’une voix morne. L’oiselier réfléchit deux secondes, rangea son épée et répliqua :
« On peut effectivement fuir, oui, pourquoi pas. Ce n’est pas comme si on allait les arrêter. On pourra au moins prévenir les autres Royaumes, ça sera plus utile. »

Ils se retournèrent sur le Mur, Beckett Jenckins n’était pas véritablement satisfait de fuir comme cela, mais il pensa tout à coup que la fuite n’était plus une option envisageable : au loin, venant du côté des Royaumes (celui qu’ils ne surveillaient jamais) s’avançait une armée telles des fourmis miniatures. Ils se rapprochaient rapidement du camp, mais les quatre virent là un espoir incroyable : on leur envoyait enfin des renforts ! C’en était miraculeux. Ils descendirent tous pour les accueillir, presque en sautillant (sauf pour Alan) et ils ouvrirent les portes à leurs sauveurs. Ils les saluèrent en les remerciant, et le meneur de la cohorte, un preux chevalier, se présenta :

« Garde de la Nuit, je me présente, le chevalier Riku Kaisuki, au service du Roi Khildar Blacksilver et de la Reine Alice Sauvebois, Reine qui se trouve à mes côtés.
_ Bonjour, Gardes »
, dit-elle en rejoignant le cavalier, sur son propre cheval à robe grise. Elle s’était couverte pour supporter le froid qu’il faisait, mais elle gardait une stature de majesté. Alan Rin tiqua :
« Ce n’était pas le roi Dox qui était sur le trône de fer ?
_ Il y a beaucoup de choses que vous ignorez au Mur. Je me ferais un plaisir de tout vous expliquer.
_ Pas pour le moment, ma reine »
, dit l’oiselier en baissant la tête. « Une horde de barbares est en train d’escalader le Mur et nous n’étions que quatre pour les repousser avant que vous n’arriviez. C’est la providence qui vous envoie. » Le visage d’Alice hésitait entre la surprise de savoir qu’il n’y avait que quatre Gardes, et aussi la joie de voir que la chance lui souriait. Elle dit avec un joli sourire :
« Vous n’avez pas tout à fait compris, Garde, je ne suis pas ici pour les repousser. Mais pour les recruter. »

Tous les gardes de la Nuit (sauf Jacob et Alan, ce qui revenait à dire en fin de compte, la moitié de la Garde de la Nuit) eurent un visage stupéfait. Là, ils ne comprenaient plus rien. La reine les dépassa et descendit de son cheval. Elle leur demanda de mener en-haut le plus grand nombre d’hommes possibles, elle allait parler aux envahisseurs. Alan réfléchit à deux fois avant de leur dire que cette solution n’était pas envisageable, car s’ils n’étaient pas d’accords, alors l’armée pourrait venir à bout d’eux sans aucune difficulté. Les Gardes de la Nuit étaient finalement pris au piège. Et Jacob, certainement stupéfait, n’osait souffler mot.

__

Shad, de par sa force, son courage et sa rage, fut le premier de tous à grimper au-dessus du Mur. Il avait un sourire triomphant quand son escalade se fut terminée, mais il le perdit tout aussi vite, et en vint à se demander d’où Anthinéa avait vu seulement quatre gardes. Ils étaient plutôt plusieurs dizaines à le fixer, très bien armés, leurs armes à la main. D’autres Créatures des Rêves surgissait sur le Mur derrière et étaient aussi choquées que Shad. Il vit une femme aux cheveux proches du blanc s’approcher de lui et lui annonça :

« Enfin, vous êtes montés ! C’est avec plaisir nous vous accueillons. Si vous aviez attendu un peu plus longtemps, nous vous aurions même ouverts la porte. » Shad fit une grimace de surprise. Il dit :
« C’est une blague ? »

__

Si une partie des forces du Royaume des Chocs était restée défendre les murs, sous la surveillance étroite de Shana Delizet, la régente, et une autre petite partie s’en était allée rechercher Germaine, la majorité des troupes suivait toutefois son seigneur, Ed Free, vers le Royaume des Royaumes où allait avoir lieu le plus important mariage de l’année. Clem demanda si c’était vraiment nécessaire de se faire escorter ainsi, mais son frère aîné, trimballant derrière sa fameuse lance, lui dit :

« On pourrait tomber sur les troupes de Blacksilver, et on sera en tout cas déjà prêt à l’affronter. Il se dirige à ce qu’il paraît aussi vers la capitale des Royaumes. Il vaudrait juste mieux éviter de l’attaquer avant les fiançailles, le Royaume de la Mort pourrait tourner sa veste au dernier moment après qu’on ait fait le ménage à sa place.
_ Leurs troupes sont plus grandes que les nôtres »
, ajouta Clem, une donnée que son frère balaya d’un geste de la main.
« C’est vrai qu’on a perdu légèrement de notre puissance face à notre dernière guerre contre le Royaume des Mollusques, à cause de deux généraux incompétents… » Ed pensait notamment à Beckett Jenkins, qui avait concédé à la fin de la guerre une place forte rien que pour venger son frère, et encore plus tôt, le bâtard Lucien Sand qui avait détruit toute la flotte du Royaume des Chocs, déjà peu puissantes, en les faisant se sacrifier contre les bateaux ennemis en suivant exactement la même tactique que les deux capitaines Furt et Baekeland, charmé par eux, ce qui lui avait valu un aller gratuit pour le Mur. Il éloigna ses souvenirs de son esprit : « … mais avec toi, mon frère, nous n’avons rien à craindre. Il faut juste faire attention aux coups bas qui pourront se jouer pendant le mariage.
_ J’ai étudié l’histoire aussi. Pas un seul mariage de seigneur ne s’est bien déroulé, à chaque fois, il y avait des empoisonnements, des couteaux dans le dos, des déclarations de guerre. Ça fait un siècle qu’on n’a pas eu de mariage correct.
_ Celui-ci ne fera pas exception à la règle, oui. Et tout le monde le sait. Le climat risque d’être tendu. Reste à savoir d’où va venir le poignard. »


Ed Free fit arrêter son cheval pour se poster près de la calèche de sa femme, où elle dormait profondément. C’est bon, elle allait bien.

__

Fino et Germaine parcouraient les terres, à leur suite, une foule toujours plus grande les suivaient, et mieux encore, elles s’armaient. Fino laissait le soin à Germaine de s’occuper de la comptabilité et de s’occuper des lois afin de renverser tous les comptés qu’ils traversaient, mais lui était une tête pensante douée pour l’action et le carnage. Son seul désespoir était qu’ils avançaient très lentement, à croire que le destin les tirait en arrière pour pas qu’ils n’aillent trop vites. Sans comprendre pour autant pourquoi, ça ne l’empêchait pas de demander des cadences toujours plus rapides et de s’énerver pour un rien. Bon sang, n’auraient-il pas mieux valu qu’ils débarquent proches de la ville ? Elle était mitoyenne avec l’eau ! Nan, fallait prendre le point le plus éloigné de la carte et avancer comme des tortues en foutant le feu dès que ça ferait du mal à quelqu’un.

Soudain, une troupe de cavaliers passa devant eux sans les remarquer. Ils mirent une minute entière à passer devant leurs yeux ébahis, comme si la foule forte de cent mille personnes n’était pas assez imposante pour leur faire tourner les yeux. Les cavaliers venaient du Royaume des Chocs, indubitablement, et même, c’était la Compagnie des Chèvres Swag. Mais vu qu’ils étaient trop yolos pour regarder une armée (tellement commun, il fallait au contraire faire semblant de ne pas les voir pour montrer qu’ils étaient véritablement swag) alors ils la dédaignèrent et poursuivirent leur périple à la recherche de la limace comptable.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Mer 10 Déc 2014 - 20:49
10 Décembre





Dan Sorro était maintenant comme Lulei : depuis qu’il avait rêvé (plus ou moins) de son corbeau, il ne pensait plus qu’à s’enfuir d’ici avant de mourir par les Mollusquiens. Ils se devaient de s’échapper, surtout que Lulei, même si le corbeau avait un œil de moins que les véritables corbeaux mystiques, se sentait maintenant investie d’une mission supérieure. Dan Sorro, en prenant l’air, fit le tour des remparts, comme ça, pour s’éclater monsieur le garde, je n’avais rien derrière la tête, et se rendit compte qu’à un moment, un tas de foin longeait les murs, et il était possible de sauter dedans pour amortir sa chute. Il se dépêcha d’en référer à Lulei dès qu’il l’avait su, et ils planifièrent leur évasion pour ce soir. Pendant le manger, là où ils pouvaient parler sans crainte d’être écoutés, il dit :

« Nous pourrons ensuite directement voir le général Miles. Il pourra nous sauver et nous amener plus vite à destination.
_ Est-il du genre à croire qu’un de tes rêves, un corbeau à deux yeux seulement, veut que tu ailles au Mur ?
_ Pas vraiment, mais…
_ Il est en guerre actuellement, je ne suis pas sûr qu’il puisse envoyer des hommes t’accompagner, s’il te croit, ce qui est impossible, et il sera plutôt du genre à te garder près lui pour éviter qu’il ne t’arrive d’autres aventures. Le Royaume des Mollusques n’a pas attaqué qu’ici.
_ Donc…
», essaya de conclure piteusement Dan, mais ce fut Lulei qui répondit :
« … On ne devra compter que sur nous-mêmes. »

Ils gardèrent un peu de leur dîner dans leur poche (sauf la soupe, évidemment) et ils remontèrent chacun de leur côté dans leur chambre respective qu’on leur avait attribué. Une fois que la lune fut à son zénith, une fois que tout le monde dormait, sauf les gardes, Dan tenta discrètement de sortir de sa chambre. Il y avait malheureusement un garde qui était proche de la porte, et il interrompit le fuyard.

« Où crois-tu aller comme ça, chien ?
_ Hah ? Non, je vais juste aux toilettes.
_ Les toilettes publiques n’ont pas encore été inventées, ne te fiche pas de moi. »
Il se trompait évidemment, mais il n’avait pas non plus passé l’agrégation d’histoire.
« Mais mon pot est plein.
_ Ah oui ? »
Le garde pénétra à l’intérieur de la pièce, et le piège se referma sur lui. Dan sortit une petite brique grise qu’il avait récupérée sur les remparts, et assomma le garde qui était entré dans sa chambre.

Ceci fait, il se dépêcha d’éviter les patrouilles des soldats, et trouva Lulei dans la cachette qu’elle lui avait indiquée. Tous deux partirent sur les remparts, où quelques gardes assuraient une patrouille. Ils se penchaient pour avancer, sous la nuit et la fraîcheur. Personne ne les avait encore vus, c’était bon signe, mais ils tombèrent nez-à-nez avec deux gardes. Le premier, Matthieu Furt dit au second, Jakob Baekeland :

« Tiens tiens, mais qu’avons-nous là ? » Le second répliqua au premier :
« Des fuyards que j’ai trouvés avant toi.
_ Tu parles ! Je les ai vus le premier.
_ Je les ai vus avant même que tu me dises que toi tu les avais vus.
_ Oui, mais je l’ai pensé avant de le dire, avant que toi, tu les ais vu. »
Les deux se chicanèrent longtemps, et Dan y vit une opportunité :
« Ecoutez, pour départager ça, vous n’avez qu’à jouer à un jeu. Vous fermez les yeux. Le premier qui ouvre les yeux perd.
_ Peuh, facile ! »
, répondit Jakob qui refusa de jouer dans un signe d’abnégation.
« Ah ouais ? T’as peur de perdre ? » répliqua Matthieu qui se dépêcha de fermer les yeux. Il fut rapidement imité par son acolyte.

Dan Sorro sauta sur l’occasion et fila avec Lulei sur le chemin de ronde. Ils furent malheureusement aperçus une nouvelle fois, faisant moins attention que les autres, et les gardes donnaient l’alerte à grands renforts de cris. Les deux se précipitèrent, main dans la main, et ils arrivèrent enfin l’endroit que Dan avait repéré. Lulei fut la première à sauter, alors que les gardes accouraient de tous les côtés. Dan voulut sauter à son tour, mais il fut interrompu par un des gardes. Il se défendit avec son bout de brique, direct dans la tempe, et sauta. Mais trop rapidement. Il ne tomba pas pile dans le foin, mais un peu à côté.
Et il se brisa les deux chevilles durant le saut, ce qui lui arracha un râle de douleur terrible. Heureusement que Lulei était là pour le soulever en partie et l’aider à s’enfuir, tandis que la forêt n’était pas loin pour se dissimuler des éventuels poursuivants.
Les deux disparurent dans la nuit, en direction du Mur.

__

Kaijin se mouvait dans les couloirs, avec une discrétion que personne ne lui connaissait ; de base, il n’avait jamais véritablement besoin d’en faire usage et adorait gueuler, donc c’était tout nouveau pour lui, mais sa détermination compensait de loin son manque d’expérience. Il traversait le grand palais du Royaume des Royaumes, se plaquant contre les murs et se planquant dans les ombres, évitant les rondes et les patrouilles. A sa ceinture, un couteau silencieux qui lui permettrait d’égorger Lithium Elfensen, la trop réputée.

__

Lithium s’était endormie aux côtés de son époux, elle dormait sur le dos et même pendant son sommeil se dessinait sur son visage un large sourire innocent du drame qui se jouait. Mais quelque chose perturba son sommeil. Un petit bruit de rien du tout, un meuble qui se déplaça sur un millimètre. Elle se réveilla, se frotta les yeux, et tenta de voir s’il n’y avait un quelconque fantôme amusant avec lequel jouer. Mais l’obscurité faisait défaut à ses recherches. Ce fut après plusieurs secondes, une mine intriguée sur le regard et en plissant les yeux qu’elle découvrit une ombre parmi les ombres. Elle hurla un cri de surprise qui fit réveiller son roi en sursaut. La silhouette d’ombre, prise au dépourvu, se dépêcha de courir vers la porte pour s’enfuir, mais quelqu’un l’ouvrit à ce même moment et les deux tombèrent sur le sol à la renverse.

__

Quand il avait entendu le cri de la reine depuis le couloir, Kaijin s’était dépêché d’aller l’assassiner avant qu’un autre événement ne s’en occupe à sa place. Il était un peu pris de court, certes, mais il tua le garde qui allait entrer, et ce fut lui ouvrit la porte à sa place, le couteau dans la main… pour se recevoir un étranger qui cherchait à sortir de la pièce en plein dans la tronche. Les deux tombèrent sur le sol, pêle-mêle, et ils entendirent le roi Dox hurler à la garde. Il avait tiré une épée et les pointait du bout de sa lame. Quelques secondes plus tard, vingt autres gardes les tenaient en joue.

« Arrêtez-les de suite ! » ordonna leur roi. « Et envoyez-les au cachot ! »

Kaijin allait pas manger de suite, c’est ce qu’il comprenait de la situation.

__

L’imposteur, occupé à surveiller les époux royaux, notamment Lithium Elfensen, n’était rien d’autre que Diego Lutherbin, l’espion qui travaillait à la solde de Nedru, le chef des espions. Il avait eu le réflexe, alors que Lithium était en train de crier, de se saisir de son masque de sauterelle et de l’envoyer par la fenêtre qu’il se dépêcha d’entrouvrir ; ainsi, les deux ne pourraient pas remonter jusqu’à son maître. Il avait bondi, s’était percuté contre Kaijin, et le voilà qui allait droit aux prisons maintenant… Il avait échoué dans sa mission de surveillance, vu qu’il ne pourrait plus continuer. Et il savait parfaitement où il allait, car il ne dirait rien aux premières interrogations : vers la salle de torture.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Sam 13 Déc 2014 - 16:07
11 Décembre





Dans la plus grande salle qu’on puisse trouver dans le bastion des Gardes de la Nuit, Alice Sauvebois se tenait au bout d’une table, à laquelle siégeaient Anthinéa, Shad, Noah, et les quatre Gardes dépassés par les événements. En même temps, d’un côté, on leur avait expliqué qu’on voulait absolument leur parler et que les Créatures des Rêves n’étaient pas forcément venues pour se battre, et de l’autre, voilà que les autres Royaumes voulaient les accueillir à bras ouverts ; eux, maintenant, à quoi servaient-ils ? C’était devenu le monde à l’envers. Et en plus, ils n’étaient que quatre. La Garde de la Nuit traversait de loin la phase la plus étrange de son existence. Et ils ne servaient pratiquement à rien durant les négociations qui se jouaient devant eux, ils étaient juste ici en spectateurs. La Sauvebois parla :

« Le Roi Dox vous considère comme ses ennemis, évidemment, comme n’importe quel souverain non éclairé, il n’est pas éclairé. C’est pour ça que si vous nous aidez à prendre le trône, et avec votre soutien, ça sera extrêmement facile, nous vous laisserons tout le Royaume des Morts actuel, ainsi qu’une partie du Royaume des Eléments. Des terres très intéressantes, fertiles, et sur lesquelles vous serez à l’aise.
_ Ça paraît intéressant
», commenta Anthinéa, mais Noah sentait venir un autre problème. Il dit alors :
« C’est tout ? Une petite bataille et on gagne le tiers du Royaume ?
_ Evidemment, il faudra prêter allégeance au nouveau roi Khildar. Et pourquoi pas nous donner quelques-uns de vos enfants, afin que nous les éduquions.
» Même s’ils ne venaient pas du même monde, ils comprenaient parfaitement le véritable vocabulaire d’éduquer : les prendre en otage. Un classique dans les Royaumes, quand on jugeait les alliés incertains. Shad frappa du poing sur la table, en colère :
« Je vous propose un autre marché ! Je pars avec vous, rencontrer votre fabuleux roi, nous vous envoyons l’aide demandée, et après, si on le juge dignes ou non, nous ne le renverserons pas ! Là, qu’est-ce que vous en dîtes ? » Alice Sauvebois médita sa réponse ; il était vrai que les Créatures des Rêves pouvaient très bien refuser de jouer au jeu des trônes et ne pas prêter allégeance au roi Khildar. Anthinéa expliqua :
« Les Créatures des Rêves n’ont pas de roi, sinon des leaders méritants. » Alice prépara sa réponse :
« Je viens de sauver la vie de tout votre peuple, et en échange de presque rien, je vous offre en plus des terres. Et vous ne voulez pas nous remercier comme il se doit, rien qu’en s’inclinant, un geste de peu, et vous garderez une énorme indépendance. Comment osez-vous contester le marché ?
_ Parce que nous sommes les plus forts. »
Alice fit attention à ne pas sourire. Si ce n’était que ça, alors c’était dans la poche.
« Très bien. Shad Howl, comme vous le demandez, menez votre armée avec moi à la rencontre du roi Khi, renversons le roi Dox, et ensembles, nous arriverons à un arrangement. » Les discussions prirent toute la journée pour régler nombre de détails, dont le poids de l’armée que Shad allait emporter avec lui (nombre fixé à soixante-quinze mille), et enfin, au crépuscule, ils s’étaient arrangés. Anthinéa s’inquiéta tout de même du nombre d’hommes qu’il fallait laisser ici, et surtout du fait que peu savaient se battre. Noah approuva :
« Il y a derrière ce Mur des abominations que nous ne pouvons vaincre. Si nous ne les arrêtons pas au Mur, tous les Royaumes sont perdus. » Ce fut le moment où Alan Rin arriva :
« Très bien, alors laissez-les nous. La Garde de la Nuit est là pour défendre le Royaume. Vu qu’on a laissé passer une grosse menace, autant s’occuper de la seconde. On va entraîner les hommes qui restent. »

__

Les mollusquiens, à cause de la fuite des deux prisonniers de haute importance, hâtèrent leur départ. Ils tuèrent un grand nombre de prisonniers et mirent feu au château, à toutes les maisons qu’ils voyaient ainsi qu’aux récoltes. Un spectacle effroyable vu en direct par le général Rodrigue Miles. Il fallait agir.

__

Corey Cole se promenait tranquillement dans la grande forêt qui occupait la majeure partie du Royaume des Eléments. Sur un sentier, il était content, car il allait vers son véritable destin. Là-bas, il y aurait quantités de blessés qui attendaient d’être sauvés par le Seigneur de la Lumière, et ce n’était pas lui qui allait refuser de tendre la main. Il fut souvent seul durant son périple, sauf évidemment dans les villages qu’il traversait, et il fut ainsi tout surpris de trouver une jeune fille blonde un peu devant lui qui allait dans la même direction. Il la rattrapa rapidement et ils firent connaissance.

Elle s’appelait Jade, et espérait ardemment retrouver les orientaux qui allaient vers le sud, afin de les rejoindre, car elle adorait l’idée de leur mouvement. Lui, sans détour, il se présenta comme Corey Cole, premier prêtre du Seigneur de la Lumière, et frère cadet de Megan Cole, la plus haute figure du Royaume des Morts. Jade au début ne voulait pas le croire, mais il était si sincère qu’elle crut véritablement à ce qu’il dit : elle avait devant elle un noble de puissante lignée.

« Mais que faîtes-vous si loin du château ?
_ Je me suis enfui afin de répandre la parole de mon Dieu, et de secourir les blessés.
_ Vous avez fui vos responsabilités pour ça ? Vous êtes en quelque sorte très courageux. »


Ils se parlèrent beaucoup, et Corey Cole la trouvait même très charmante, cette fille, à la recherche d’aventures et de nouveautés. Une fille aussi pétillante qu’elle et aussi courageuse n’en était que plus fabuleuse. Le courant passa entre les deux, et ils arrivèrent en fin de journée à une large bifurcation, un qui menait vers l’est et l’autre vers le sud. La fille soupira que c’était ici qu’ils devraient se séparer, et Corey Cole disait qu’au vu de la nuit, autant dormir ici et ils se quitteraient le lendemain matin. La fille approuva sans souci, et après avoir dîné, alors que Corey Cole lui parla de sa religion, ils se mirent à dormir. Corey Cole appréciait la présence de la jeune femme, et il s’endormit, souriant, très profondément.
Bien trop profondément. Alors qu’il dormait, Jade lui trancha proprement la gorge.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 15 Déc 2014 - 3:12
12 Décembre





Jade ne s’appelait pas réellement Jade, mais plutôt Crystal, l’intendante aventureuse du Royaume des Mollusques. Kala Kourou lui avait demandé d’accomplir une importante mission, vitale même, afin de pouvoir renverser le roi Dox de façon certaine. Kala n’avait peut-être pas pensé à chercher des Créatures des Rêves, mais il y avait à Westeros une nouvelle manne de personnes à embaucher et prêtes à faire la guerre. Et quoi de mieux que de se lier à eux avec un mariage ? C’était ainsi que Crystal était partie à la recherche de Germaine, afin qu’elle se marie avec un des plus valeureux généraux du roi des Mollusques, Matthieu Furt. Et vu qu’elle était passée près d’un illuminé qui disait être le frère de Megan Cole, elle n’allait pas passer à-côté de l’occasion pour affaiblir le Royaume. Elle l’avait assassinée pendant son sommeil, et l’histoire était terminée. Il n’y avait plus qu’à trouver la limace et lui tendre la lettre pour les épousailles.

__

Rodrigue Miles avait demandé à ses cavaliers de charger dans la nuit, alors qu’il voyait le palais et les habitations autour se faire incendier. Si les mollusquiens fuyaient, alors autant les poursuivre et leur infliger des pertes avant qu’ils ne retournent à leur navire. Les chevaliers fonçaient dans les larges avenues, dans le palais même, alors que la porte principale était en feu, à la recherche de ces salauds d’envahisseurs. Certains soldats évacuaient comme ils le pouvaient les personnes dans les bâtiments, on cherchait aussi les têtes importantes du Royaume, et c’est Miles, sur son cheval, qui ordonnait dans la cour du palais :

« Recherchez Dan Sorro à tout prix ! »

Il fonça lui-même vers le port de la ville, se demandant si ces barbares n’avaient justement pas kidnappé Dan, et il n’hésita pas à tuer un ou deux mollusquiens qui traînaient un peu trop, alors que les navires étaient sur le point de partir avec toute l’armée. Il fallait qu’il se dépêche de les rejoindre et de sauver Dan, la principale figure du Royaume des Eléments juste derrière Lucas Emerillon. Ses hommes se défaisaient des rares soldats ennemis qui étaient encore présents dans les environs, tout allait pour le mieux ici, mais toujours nulle trace de son seigneur. Il vit les bateaux qui venaient à partir, et comme les sauvés disaient à tout-va que Dan n’avait pas été tué, mais qu’il avait disparu, Miles se dit qu’il y avait donc un problème, que le Royaume des Mollusques avait posé ces tentacules sur Dan.

Il sauta de son cheval, défit son armure, et sous les yeux éberlués de ses hommes, sauta dans l’eau après une course incroyable. Personne ne le suivit, mais tout le monde comprit peu ou prou son geste : ils le voyaient tous, alors que les bateaux se manœuvraient doucement vers la sortie du port, crawler dans l’eau avec toute sa rage, mais aussi une certaine mesure pour éviter de se faire repérer, nageant d’ailleurs la moitié du temps sous l’eau, et chacun put le voir alors s’agripper à quelques cordages qui tombaient du navire (les navires ont beaucoup de cordages partout, c’est bien connu). Personne ne fit la moindre remarque, mais ils se retrouvèrent tous cons face à l’héroïsme de leur général, non pas tant parce qu’ils étaient abasourdis par son geste plutôt que par le fait que maintenant, sans Lucas Emerillon, sans Dan Sorro et sans maintenant le plus grand général du Royaume, ils se sentaient un peu délaissés.

__

Si Kaijin et Diego étaient en face l’un de l’autre, niveau cachots, force était d’avouer qu’ils n’avaient pas du tout le même destin. Diego, on le frappait pour voir s’il allait cracher le morceau, dire pour qui il travaillait et quelles étaient ses intentions ; de l’autre côté, on frappait plutôt Kaijin pour rigoler, parce qu’il était célèbre, connu pour sa méchanceté naturelle comme il seyait aux hommes de petites tailles, et qu’on en profitait bien, parce qu’il valait mieux le provoquer en duel quand il était fatigué et les deux mains attachées au mur plutôt que quand le combat était équitable.

Les persécutions redoublèrent d’ailleurs quand le corbeau de Lord Blacksilver fut bien réceptionné par le roi Dox, et qu’ils acceptèrent, presque à contrecœur, ils n’étaient pas dupes tout de même, le roi lui-même trouvait la supercherie suspecte, que l’usurpateur n’était peut-être pas le vil assassin qu’ils avaient cru qu’il était. Dans tous les cas, il arriverait en ville, à la merci du roi Dox et de ses soldats, et en plus, il se disait innocent. Peut-être que le Lord était moins malsain qu’on pouvait le croire. Seule la reine Lithium semblait réellement dubitative, mais ses soupçons ne pouvaient se confirmer tant que l’homme ne serait pas devant elle. On connaîtrait ainsi ses véritables raisons de venir ici, et on pourrait mieux le surveiller. Enfin donc, Kaijin était livré à lui-même, mais il réagissait bien plus comme un animal en cage que comme un prisonnier humain. Il ne répondait pas aux questions, mais il avait été pris sur le fait et chacun préparait le simili-procès qui allait le condamner.

De son côté, Diego était pour ainsi dire plus mal, car ses raisons à lui étaient plus floues : il s’était enfui quand la reine l’avait aperçu, il venait de nulle part, on ne savait où, on ne savait pas quelle autorité incriminée, et s’il subissait éventuellement quelques préjudices physiques, rien n’était plus terrible que les interrogatoires qu’on lui faisait, où on le frappait et le maltraitait comme on pouvait. Mais fidèle à Nedru, fort de sa volonté, il ne dit rien, il les toisait, sans rien dire de compromettant. Chacun fut alors d’accord de la chose suivante : il allait devoir passer à la salle de torture. Et même Diego savait qu’on ne lui réserverait rien d’autre. Il attendait ainsi, jour après jour que la sentence ne vienne. Et un jour, elle arriva. On le prit, on ne lui dit pas où il allait, mais pourtant, un capitaine des gardes, un certain Alan Stain, ne souriait pas. Il disait juste :

« Tu peux encore parler, mon gars. Après, c’est plus sûr que tu puisses. » Diego ferma les yeux. La véritable épreuve commençait maintenant. Il pouvait voir de l’autre côté Kaijin se faire embarquer aussi, mais quand celui-ci prenait les escaliers montants, lui descendait encore un peu plus dans les cachots.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 15 Déc 2014 - 3:19
13 Décembre





  Le voyage pouvait réellement commencer maintenant : Dan Sorro était posée sur une chaise roulante artisanale tandis que Lulei le poussait, derrière, presque en sifflotant. Les deux étaient allés voir un artisan ainsi qu’un médecin, et en vendant leur vêtement de richard, ils obtinrent des vivres, d’autres vêtements (plus chauds si possible), ladite chaise roulante, des soins, et quelques indications. Le Royaume des Mollusques avait été repoussé plus ou moins avec leur consentement dans la mer, et la plus grande flotte du monde se dirigeait maintenant sur le Royaume des Royaumes afin de livrer la guerre finale.

  Ils avançaient donc sur les grands sentiers de grands territoires, passant de forêt de pins à plaine grise, des steppes sans vie balayées par un vent violent et glacé, charrié du nord. Lulei O’Malley semblait dans son élément, la nature, et n’arrêtait pas de faire des commentaires sur ce qu’elle voyait. Dan Sorro était peut-être un peu moins gaillard, mais il y avait des chances que ce fut parce qu’il était totalement incapable de marcher et que ses deux pieds le faisaient si souffrir que les tremblotements de la route lui procuraient un peu de douleur non désirée. Ils voyageaient ainsi, lentement, presque tranquillement, mais sûrement. Obligés de prendre les sentiers à cause de la chaise roulante, ils n’hésitaient cependant pas à se camoufler loin de la route quand ils entendaient des gens. La discrétion était de mise, surtout quand l’enjeu était aussi important. Evidemment, quand ils faisaient du hors-piste, Dan Sorro parlait généralement par monosyllabes douloureuses, mais leur chance de survie était à ce prix.

  Ils firent en tout cas, rapidement, la rencontre d’une troisième personne qui allait dans la direction inverse qu’eux. Elle avait les cheveux brun, semblait guidé par une volonté supérieure quelconque tant elle se tenait fière sur la route. L’homme s’arrêta et leur demanda des nouvelles des affrontements entre le Royaume des Mollusques et le Royaume des Eléments. Ils leur dirent tout ce qu’il savait, à savoir que l’affrontement était déjà terminé, et l’homme sembla plutôt déçu. Lulei se rendit compte que l’homme avait une cicatrice impressionnante au niveau de la gorge et lui demanda d’où elle venait. Il répondit :

« Une voyageuse que j’ai rencontré sur la route, un peu hargneuse, mais qui a gravement mésestimé le Seigneur de la Lumière et ses pouvoirs. Mais je me présente, Corey Cole, premier prêtre de Luxian. Et j’ai à faire avec l’éminent Dan Sorro et…
_ Lulei O’Malley »
, dit Lulei O’Malley. De son côté, Dan n’en revenait toujours pas ; effectivement, ils s’étaient déjà lors de visites de courtoisie.
« Vous êtes le frère cadet Cole ! Que faîtes-vous ici dans la région ?
_ Je pourrais vous retourner la même question. D’ailleurs, je vous la retourne. »
Dan répondit :
« On accomplit une prophétie d’un corbeau à deux yeux.
_ Pour sauver le monde ?
_ Je crois, oui. C’est pas très clair en fait… »
rajouta-t-il en se tournant difficilement vers Lulei, et celle-ci haussa les épaules comme pour dire que ce n’était pas sa faute à elle si le corbeau n’avait pas expliqué le pourquoi du comment. En tous les cas, Corey Cole ne semblait pas vraiment emballé par l’histoire et les salua :
« Je vous laisse alors ici, les gens, je vais continuer mon périple et répandre les bienfaits du Seigneur de la Lumière. »

  Ils se quittèrent ainsi, alors que le soleil amorçait sa descente dans l’horizon. Le soir arriva bien vite, et après un feu chaleureux et une nuit de sommeil, le duo repartit. Ils furent cependant très vite rejoints par Corey Cole, dès le matin, qui avait rebroussé chemin semblait-il et qui leur disait :

« Je viens avec vous ! Le Seigneur de la Lumière m’a parlé pendant mon sommeil ! »

__

Khildar Blacksilver arriva enfin au Royaume des Royaumes avec sa trentaine d’hommes, dont son second, Servaas Lotts. Ils voyaient la grande ville se dessiner à quelques mètres d’eux, et ils furent reçus par le général Alan Stain, de basse naissance, certainement afin de les humilier. Il rentra dans la ville dans la soirée, presque dans l’indifférence générale : les seules personnes qui étaient venues le voir l’applaudir quand son cheval passait devant eux. Bientôt, il serait toute une foule, si ce n’était la ville entière. Mais pour l’instant, patience.

  Quand ils arrivèrent au palais, Lord Blacksilver et sa suite arrivèrent dans la grande salle du trône où de nombreux nobles se tenaient là, afin de voir cette curiosité diplomatique de leurs propres yeux. Le roi Dox, vêtu de grands manteaux aux airs impérieux, se tenait sur son trône, sa femme à ses côtés. Megan Cole se tenait plus éloignée, mais elle semblait de loin la plus furieuse. De nombreux miliciens se tenaient là prêts à le défendre en cas de besoin, mais Khildar ne semblait pas venir ici pour provoquer une bataille au sein même du palais avec son faible nombre d’hommes. Le roi Dox hurla tout de même, sans prévenir et sans salutation :

« Gardes ! Arrêtez l’usurpateur et ses hommes ! »

  S’ils furent rapides à dégainer, ils le furent encore moins que Khildar qui avait préparé ce coup-là : il sortit sa poche un quignon de pain et se dépêcha d’en avaler une bouchée. Tous ses hommes firent de même, un geste qui bloqua totalement les gardes : la loi sur l’hospitalité ne fonctionnait que quand les invités mangeaient au sein de la maison. Et les lois de l’hospitalité, dictés par des dieux très franchouillards, étaient inébranlables. Seuls des barbares comme Kala Kourou ou les Free étaient capables d’y faire fi quand ils le voulaient, mais là, entre gens de vraie compagnie, trahir cette loi, c’était soulever le peuple, Lithium ou pas Lithium. Ainsi, les gardes hésitèrent, et le roi Dox reprit :

« Arrêtez-le ! Ça ne marche pas si nous ne lui avons pas offert le repas !
_ Oh, mais tout à fait »
, rétorqua le Lord avec un sourire, mâchant encore sa première bouchée, « C’est bien votre pain que nous mangeons, nous sommes passés faire un petit tour aux cuisines pour nous sustenter d’abord.
_ Sans le consentement des maîtres de maison, espèce de voleur !
_ Cela change-t-il quelque chose ?
_ Je ne vous considère pas comme un invité, voilà ce qui change, et voilà ce qui va vous conduire aux cachots !
_ N’ya-t-il personne qui puisse trancher le problème ? »
fit le roi Khildar, entouré d’hommes hésitants. Il ne faudrait pas désobéir au roi, mais aussi aux dieux. Nedru Etol, à moitié caché derrière le trône de fer, toussota, s’avança et dit à son roi :
« Techniquement, dans ce genre de situations, la jurisprudence dit que les lois s’appliquent à deux bouchées et demi.
_ Quoi ?
_ Environ, hein ? Si c’est deux bouchées un quart ou trois quart, ça ne change pas grand-chose. »


  Le temps qu’il prononce le verdict, et chaque homme du Royaume des Arts avait avalé sa portion, ce qui représentait précisément deux bouchées et cinq huitième, largement de quoi être protégé eux yeux des dieux. Le roi Dox jura et dit à contrecœur, respectant malgré tout les dieux :

« Qu’on leur prépare des chambres alors. Je m’excuse Lord Blacksilver de ne pouvoir m’entretenir avec vous directement, mais la soirée est déjà avancée, et demain, nous nous occupons du procès de votre… homme. »

  Il lâcha ce dernier terme en lui faisant comprendre qu’il n’était pas si dupe. Le Lord s’excusa avec un jeu d’acteur incroyable, et demanda s’il pouvait tuer Kaijin de suite, mais non, évidemment, ce n’était pas possible et on ne lui faisait pas confiance. Une petite demande gratuite qui pourrait faire croire à sa sincérité. En tout cas, on leur attribua une chambre, et aux soldats, un dortoir. Le jeu des trônes prenait maintenant une nouvelle tournure.
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MessageSujet: Re: Calendrier de l'Avent, second épisode Lun 15 Déc 2014 - 23:36
14 Décembre





Dante, dit Stefano, avait parcouru la région en long en large et en travers pour récupérer Corey Cole, décidément introuvable. Les deux frères Thomas derrière lui avaient posé des centaines de fois la même question à tous ceux qu’il croisait, mais Corey était introuvable. Dante savait depuis le début que cette religion était néfaste, mais malgré toutes ses recommandations et ses punitions, malgré l’entêtement de sa sœur même, Corey continuait à croire en un dieu païen stupide qu’il avait inventé de toute pièce. Et voilà le résultat maintenant ! Megan aurait dû le prendre avec lui, elle aurait pu le surveiller de près ; elle était très forte pour ça. Frère ou pas frère.

Et les voilà qui fonçaient n’importe où, au petit bonheur la chance, posant des questions à tout-va, sans trouver ne serait-ce qu’une personne pour leur donner un bout d’indice consistant. Ils étaient maintenant sortis du Royaume (ils étaient plus au sud, sur les grandes Terres du Royaume des Royaumes), et ils commencèrent à abandonner espoir, quand tout à coup, à l’angle de la frontière de la forêt qui caractérisait le Royaume des Eléments, une grande troupe était en train de venir de leur côté. Dante fut le premier à la reconnaître : les envahisseurs orientaux, Fino et Germaine, avec une gigantesque foule derrière eux, remplis de gens qui les voyaient comme des libérateurs. Ils étaient maintenant dans leur dernière étape pour assiéger le trône de fer, et pour le moment, Dante avait d’autres problèmes en tête. Il pensait soudain que lui et les deux pouvaient fuir : il valait mieux ne rien avoir à faire avec eux. Cependant, il se demandait si Corey Cole ne pouvait pas faire partie d’eux… C’était un risque à prendre. Il approcha avec ses deux cavaliers de la troupe, et arrêta tout le monde en saluant :

« Excusez-moi ! Je suis désolé de vous interrompre, nous ne vous voulons pas de mal !
_ AH ! »
criait Fino devant cela. « Avec vos troupes, général, vous auriez de quoi pourtant, vous êtes tellement supérieurs en nombres que j’arrive même plus à vous compter.
_ Pas général, intendant »
, se rebiffa Dante, mais il continua : « Je recherche un certain Corey Cole, un jeune homme brun qui parle du Seigneur de la Lumière. » Le bébé phoque, sur un petit coussin porté par un monsieur, ne dit rien du tout. Il réfléchit. Longtemps. Puis, il dit…
« Intendant, hein ? »

Dante sentit le problème. Il allait ordonner à ses hommes de fuir, mais ce fut trop tard. Fino hurla d’abattre les deux cavaliers et de faire prisonnier le régent. Des flèches s’abattirent sur les frères Thomas qui tombèrent en hurlant (ils hurlèrent bien afin de rendre leur mort un tant soit peu héroïque), et le cheval de Dante fut criblé de flèches, jusqu’à ce qu’il jette son cavalier à terre et tente de s’enfuir au loin, claudiquant. Les autres emprisonnèrent Dante, l’encordèrent et l’envoyèrent dans une cage tirée par une énorme charrette et des mules. Un intendant du Royaume des Cole, voilà qui allait être un otage un peu précieux.

__

Le procès de Kaijin fut peut-être le plus ennuyant qui ait jamais eu lieu tant les faits étaient accablants. Le roi Dox se demanda même pourquoi il y avait une illusion de procès, alors que tous les témoins disaient bien que ce sale vaurien avait tenté de tuer la reine. Le roi parla à la barre, ainsi que Lithium, et les nombreux soldats qu’ils avaient capturés. On appela même comme témoin le soldat tué, qui ne dit pas grand-chose de plus qu’on ne savait déjà, mais sa blessure putréfiée était assez éloquente pour que tout le monde pense que Kaijin était coupable d’un crime. Et tout le monde, c’était tout le monde. Même Khildar Blacksilver qui assistait au procès, et qui ne disait mot. Nedru Etol, qui faisait office de juge, dit alors :

« Kaijin Zared, dit le cannibale, je vous écoute. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? »

Kaijin ne préféra pas répondre, tant il était occupé à mordiller ses menottes en métal dans le but de se défaire. Nedru leva un sourcil et reposa sa question avec une patience infinie, et Kaijin leva les yeux, sans véritablement faire attention à lui. Il le regardait cependant, interdit, tel un animal devant lequel on agitait les clefs, mais il se reporta à ses menottes et se remit à les boulotter. Nedru dit alors :

« Bon… Ce n’est pas une défense inattaquable, allons-nous dire. » Petits rires. « Il va être temps que le jury composé seulement de moi rende son verdict. Mesdames, messieurs, je clame à la cour que Kaijin Zared est… » Jamais un suspense ne fut aussi peu efficace. Même Nedru n’alla pas jusqu’au bout de ce qu’il avait prévu de faire tant chacun connaissait déjà la sentence qui allait s’abattre sur Kaijin. « … COUPABLE, ET LA SENTENCE SERA LA PENDAISON ! » Il reçut quelques applaudissements polis. Sauf que depuis la première fois du procès, Kaijin parla :
« Duel judiciaire ! »

Il reçut plus d’applaudissements pour le coup, car si les procès étaient chiants à mourir, il fallait avouer que les duels judiciaires, qui décidaient quelles fussent l'enquête si on libérait le condamné ou non, étaient plus rigolos à regarder. Seul Nedru, qui en tant que juriste, en avait extrêmement marre de voir que tous les accusés demandaient un duel judicaire dès qu’on les prénommait coupable, comme si la victoire à un duel donnait parole aux dieux. Enfin, il n’était même pas surpris, et il proclama que demain à quatorze heures aurait lieu l’affrontement.

__

« Laissez-moi l’affronter. Seigneur, je vous en prie. »

Raphaël Graypath était peut-être le meilleur guerrier du Royaume des Eléments. Ses facultés martiales étaient connues de tous, et il était du genre à se battre froidement et à ne commettre aucune erreur. Le roi Dox et la reine Lithium avaient déjà plusieurs guerriers qui mettraient à terre Kaijin, mais ils n’avaient pas encore fait leur choix. Raphaël en tout cas, était énormément motivé. Il se souvenait toujours, lors de la guerre contre le Royaume de la Mort, quand il n’était pas encore divisé, que Kaijin Zared avait massacré plusieurs villages du Royaume des Eléments, et tué de nombreuses famillesdont celle de Raphaël. Celui-ci, un combattant aguerri plus que capable désireux de se venger, était peut-être le meilleur candidat pour affronter un ancien Némésis. Lucas Emerillon accepta alors d’en toucher un mot aux deux souverains. Ils acceptèrent après d’âpres débats. Le combat se déroulerait ainsi entre Kaijin Zared et Raphaël Graypath.
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Calendrier de l'Avent, second épisode

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