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Docteur, je crois que j'ai un problème.

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Lithium Elfensen
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MessageSujet: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyVen 2 Mai 2014 - 16:54


Une journée comme les autres.
Encore. Encore et toujours. Un cercle infini d'ennui.
Commencer chaque matin par cette phrase était devenu une habitude.
C'était déprimant. Lithium était désespérée, dégoûtée de voir ce qu'elle était devenue.
Que lui était-il arrivé ? La jeune femme ne sortait plus, seulement pour voir ses amis les plus proches, et encore. Les soirées arrosées où elle noyait sa solitude profonde, c'était terminé. Les bastons dans les rues, les cachotteries pour se faire des combats pas franchement autorisés, pareil. Elle passait à présent ses journées entre les cours, et le boulot, et le soir, console, devoirs ou enfoncée dans le canapé. Elle se sentait tellement pitoyable, qu'elle en pleurerait presque. Seul son chien donnait un semblant de vie à cette maison vide. Aucune trace de sa mère en déplacement, "comme toujours". Toujours et encore, des mots qu'elle utilisait à présent à longueur de temps. Sa vie était tellement naze, monotone et sans saveur, que même les téléréalités avaient plus d'intérêt qu'elle. Elle ne servait à rien. La jeune femme se roulait, et se roulait à nouveau dans son canapé, grignotant à tout va. Sa flamme s'éteignait petit à petit. Même le dessin n'arrivait pas à la tirer de son désespoir.

Il était temps pour elle de se prendre en main.
Faisait-elle une dépression ? Sûrement. Et pour en être certaine, elle n'avait pas le choix, elle devait aller le revoir. Qui ça ? Son psy, François Chapelle. Elle voyait cet homme depuis un peu avant le collège, lorsque les violences à son égard avaient atteint un tout autre niveau. Le médecin qui l'avait précédé lors de sa période du primaire avait cédé sa place à Chapelle, ne supportant plus les longs silences de la jeune fille, où les dessins glauques que celle-ci lui offrait. Jamais le premier spécialiste n'avait compris qu'elle parlait à travers sa feuille, que ses gribouillis "malsains" étaient le reflet de son mal être. Lorsque Chapelle reprit son dossier, elle eut enfin la sensation d'être comprise. Pourtant, ses excès de violence ne furent jamais enrayés. Tout ce qu'elle faisait avec lui, c'était discuter de ce qui n'allait pas, mais malgré les bons conseils de son psy, elle ne changea rien.

Il y avait tout de même un ennui.
Elle n'était pas aller le revoir depuis plusieurs années.
En fait, depuis le début de ses aventures à Dreamland, plus exactement.
Comment allait-il l'accueillir si elle se pointait comme ça, genre "HEY, c'est moi !", sans rendez-vous en plus. C'était un risque à prendre, elle avait besoin d'avancer. Une caresse à Kiara, son manteau sur le dos, et hop. Elle traversa la rue, et marcha tranquillement. Heureusement pour elle, il n'était qu'à une vingtaine de minutes à pied. Le temps de ne penser à strictement rien. Lorsqu'elle arriva enfin devant l'immeuble abritant le cabinet tant convoité, elle appuya sur le bouton et entra. Un passage par l'ascenseur, et la voici faisant face à la porte. Son cœur battait à tout rompre, elle avait du mal à respirer. Allez courage, il n'allait pas la mordre tout de même. Et elle entra.
La femme de l'accueil la reconnut tout de suite, et passa un coup de téléphone. Lithium n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche, que la porte du fond s'ouvrit et en sortit monsieur Chapelle. Son regard lui incita à s'avancer et à entrer directement dans la pièce. Sans mot dire, elle s'assit sur le canapé, légèrement honteuse. Le docteur Chapelle, un homme d'une quarantaine d'années environ, les cheveux légèrement grisonnants et les yeux verts, l'observait, l'air dubitatif.


"Euh.. Salut."

"Que fais-tu ici ?"

"Je ne sais pas.", lâcha désespérement Lithium.

Le psy se leva, passa la tête dans l'entrebâillement de sa porte et marmonna quelque chose à sa collègue de l'accueil. Puis il se rassit.

"Tu as de la chance, je n'ai personne avant la fin de la matinée.
On a quelques heures devant nous. Vas-y parles."


Lithium hésita quelques instants.
Que pouvait-elle lui dire ? Devait-elle mettre tout sur la table ?
Sa possible dépression, ses doutes, sa recherche identitaire, son dédoublement de personnalité.. Dreamland ? N'allait-il pas la prendre pour une folle ? Elle prit donc une grande inspiration et commença. Elle lui parla de tout ce qui lui vint à l'esprit, autant sa souffrance de ne jamais voir sa mère, que la sensation d'être abandonnée. Sa souffrance inconnue, sa pseudo-relation amoureuse dont elle ne savait comment l'achever, puis enfin Dreamland. Sans jamais nommer réellement le monde des rêves, elle lui fit bien comprendre à quel point ses rêves étaient réels, que dans ce monde-là, sa violence avait prit forme sous une tout autre personnalité qui lui pourrissait la vie plus qu'autre chose. A force de vivre ainsi, elle en avait oublié qui elle était, elle ne savait plus comment se comporter.


"Je ne sais même plus qui je suis !
Cette entité grandit toujours plus chaque nuit, elle m'oppresse, prend ma place quand ça lui chante, elle s'approprie mon corps pour en faire ce qu'elle veut. Sa personnalité devient plus réelle, et le pire, c'est que malgré sa cruauté, sa violence, elle est préférée à moi ! Je ne sais pas quoi faire.. Même si elle n'est pas présente ici, j'ai toujours peur de me réveiller un matin, avec sa voix dans ma tête me disant 'Hé biatch, c'est moi !', j'en ai des frissons rien que d'y penser. J'ai peur de disparaître à son profit.. Docteur, j'ai vraiment peur. Je ne sais plus quoi faire."


Le spécialiste la regardait d'un air surpris, comme si ce qu'il venait d'entendre l'avait profondément intéressé. Oui, de la part d'un patient, voir que son médecin l'écoutait REELLEMENT pouvait paraître étrange. Lithium attendait la réaction de ce dernier, qui tardait à se concrétiser. Le psy l'observait intensément, comme si il cherchait ses mots. Il s'avança légèrement vers la jeune femme, se pencha et croisa ses mains devant sa bouche. Il hésita quelques instants, puis finalement se lança.

"Est-ce que.. Dreamland vous dit quelque chose ?"

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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyVen 2 Mai 2014 - 17:15

".. Pardon ?"

"Oui, non, excusez-moi.
C'était du jargon de médecin, c'était idiot."


"Non mais non, au contraire !
C'est exactement de ça dont je parle, de Dreamland !
J'y crois pas.. Vous, mon médecin depuis des années, est un voyageur !
Le truc de fou.."


"Bien que je ne t'ai pas vu depuis au moins 2-3ans, hein".

"Oui bon.. Je n'étais pas vraiment dans l'humeur.", grommela honteusement Lithium.

"Que s'est-il passé durant tout ce temps ?
Je me suis vraiment demandé ce qu'il t'était arrivé.
As-tu continué avec ces histoires de voyous ? Dis-moi que non."


La demoiselle baissa la tête et se mordilla la lèvre inférieure.
Elle prit une grande inspiration.


"J'ai sombré davantage dans la délinquance.
J'aurais pu me faire une carte de fidélité auprès du commissariat, c'est dire..
J'ai participé à des sortes de battles dans les quartiers, je me suis battue régulièrement, et je m'en prenais à quiconque me disait une vacherie. Mais j'ai quand même continué mes études, et je fais un boulot à côté !"
, histoire de se racheter une réputation auprès de son médecin.

"C'est déjà bien.
Même si ce que tu me dis ne me ravis pas tant que ça..
Comment as-tu pu te mettre à faire ça ? Après toutes les séances que l'on a eu, je pensais vraiment que tu ne basculerais pas du même côté que tes agresseurs d'enfance."


"..  J'ai échoué.
Lamentablement.
J'en suis vraiment désolée."


"Tu n'as pas à t'excuser.
Tout le monde peut s'égarer, même les plus respectables"
, sourit-il.
"Parles-moi donc de ton expérience Dreamland. Je crois bien avoir vu ton visage à certains endroits, je me trompe ?"

"Non. Vous avez bien vu.
Mais j'aimerais éviter le sujet si vous le voulez bien..
Ce dont je voudrais vraiment que l'on discute c'est de mon cas présent.
Je ne sais plus qui je suis. Avant, je me définissais comme quelqu'un de festif, je buvais beaucoup, sortais tout le temps, me battait dès que possible. Mais je pouvais aussi être très gentille, marrante, comme si ici dans notre réalité, j'étais déjà légèrement tarée. Un peu comme de la bipolarité, je ne sais pas trop.. Mais maintenant, je n'ai plus goût à rien, tout m'ennuis, je ne fais plus rien, dessiner ne me remonte plus autant le moral qu'avant, je n'ai même plus envie de me battre. Je ne sais pas ce que je veux. Et tout ça, c'est depuis que je fréquente Dreamland et ses terres oniriques."


"En es-tu certaine ?
Sa fréquentation ne m'a pas autant affecté que cela.
Et parmi mes patients, ceux qui étaient des voyageurs, aucun ne m'a encore désigné Dreamland comme plus ou moins nocif sur leur santé.. Au contraire, ça leur fait un bien fou. C'est intéressant à entendre. Continues."


"Non mais au départ, c'était le pied.
Je faisais ce que je voulais. Si un criminel passait par là, je pouvais me laisser aller, et le tuer. Tout simplement. Ce que je ne prenais pas le risque de faire chez nous, je le faisais là-bas. Je ne pensais subir aucune représailles. Je me trompais bien dis donc.. Puis j'ai fini par rencontrer un type du nom de Ed dans un bar ici et.."


"Ed ? Ed Free ?
LE Ed Free ?!"
, fulmina Chapelle.

"Euh, oui. Celui là oui.
Que se passe t-il, vous le connaissez ?"


Son visage se renfrogna légèrement, et il croisa les bras, installé au fond de son fauteuil.

"Il est pas mauvais, mais à chaque endroit où il passe, quelque chose est détruit.
Et mon cabinet onirique en a fait partie, dommage collatéral m'a t-on dit. Je te dis pas les papiers à refaire, et cette saleté de limace à cheveux.."
, il prit une voix monocorde et enraillée.
"Vous avez oublié le formulaire 2195, qu'il faut remplir avec un stylo violet, que vous trouverez au bâtiment H, étage 42, sans ascenseur. Ah mais c'était pas celui là. Vieille peau.. Bref, j'ai une certaine amertume à l'égard de ce jeune homme. La fougue de la jeunesse dira t-on. Enfin, quel était le rapport avec toi donc ?"



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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyVen 2 Mai 2014 - 18:33

Jamais elle n'aurait cru que Ed était aussi peu.. aimé.
Apparemment, il détruisait franchement tout sur son passage.
D'accord, intéressant. M'enfin, elle n'était pas là pour parler de lui, c'était elle qui avait un problème !


"Euh oui donc..
Et bien, on a discuté, et il m'a plus ou moins fait comprendre que ce que je faisais n'était pas bien, pas humain, bref pas correct. Et concrètement, c'est à partir de cet instant que tout a déraillé. Ce n'est pas sa faute bien entendu, mais Bis n'est pas de cet avis."


"Bis ?"

"Celle dont je vous ai parlé, ma seconde personnalité bien vivante."

"Tu l'as nommé ?
Tu as conscience que en agissant de la sorte, tu lui donnes une identité, tu conçois qu'elle existe. Concrètement, c'est comme si tu l'avais toi-même baptisé."


".. Effectivement.
J'ai peut-être fait une connerie, oui.
Putain, quelle conne !"


"Bon, ce qui est fait, est fait..
Que fait-elle cette seconde personnalité ?"


"Elle s'affirme.
Au départ, elle n'était que des pulsions meurtrières qui me poussait à faire des choses plus ou moins classes, mais maintenant, c'est vraiment une entité à part entière. Elle cherche à se fabriquer des souvenirs en prenant ma place. Elle sait puiser dans ma mémoire, mais ce qui est étrange, c'est qu'elle ne peut pas accéder à toutes mes connaissances. Par exemple, elle était incapable de savoir ce qu'était réellement un clown, ou une barbe à papa. Elle en a vaguement une idée, mais rien de plus. Parfois, je me prends à avoir pitié.
Et ce qui me fait d'autant plus peur, c'est qu'elle peut se montrer attachante par moment. On dirait une enfant qui découvre le monde après l'avoir vu à travers une fenêtre. Et pourtant, elle est monstrueuse, cruelle, sans pitié. Lors d'une nuit à Luxuria.."
, les yeux du médecin s'écarquillèrent, la jeune femme rougit légèrement et reprit.

".. Et lors d'une mauvaise expérience, mes camarades de la soirée et moi-même avons changé de sexe. Ce n'est pas le pire, car je me suis évanouie et elle en a profité pour prendre ma place. Elle s'est permise d'utiliser mon corps à des fins purement sexuelles avec l'une de mes connaissances devenue une fille. J'ai eu l'impression d'être trahie, salie.. Mais le plus intéressant, c'est que au cours de cette fameuse nuit, elle a découvert qu'elle préférait être un homme, que sa véritable identité était masculine."

"Tu sais à quoi cela ressemble ?
A un enfant qui cherche à s'émanciper de ses parents.
Tu es un peu comme sa mère à laquelle elle ne veut pas ressembler.
Tu as mise au monde sans trop le vouloir, une créature qui se considère comme une partie de toi, mais qui cherche à présent à être différente, à se différencier de ta personne. Ta Bis cherche l'indépendance, mais également de la reconnaissance. Sa quête de souvenirs, c'est une étape dans sa recherche identitaire. A ses yeux, tes souvenirs font de toi la personne que tu es à présent. Et en partageant les tiens, elle n'a pas l'impression d'être libre, d'exister.
En créant sa propre histoire, elle aura l'impression d'être vivante, d'avoir ses secrets, son intimité. Toutefois, tu m'as bien fait comprendre qu'elle agissait sans aucune logique apparente, c'est ça ? Elle se contredit souvent, agit sous formes de pulsions et peut se montrer incroyablement cruelle, d'accord. Ce qui m'étonne, c'est que concrètement, elle ne cherche pas à te faire du mal, dans un certain sens bien sûr. On dirait même qu'elle tient à toi, mais qu'elle le montre à sa manière."


"Je ne comprends pas..
On dirait que vous tenez à me la montrer comme une créature douée de sentiments."


"Et bien, c'est le cas.
Malgré ses actes monstrueux, il semble qu'elle ait effectivement des sentiments.
Je ne dis pas de là à accepter ses travers, mais je pense que tu devrais chercher à comprendre pourquoi elle emmagasine autant de haine en elle. Car si je creuse un peu plus, et me base sur tes dires, elle a été crée à partir de ta rage intérieure. Toute la violence que tu expiais en te battant a servit à lui donner naissance."


"C'est ce que je pensais.
Je ne sais pas quand est-ce qu'elle est arrivée, mais je l'ai doucement senti naître.
Au départ, ce n'était que de simples pulsions comme je vous l'ai dit plus tôt, mais un jour, j'ai entendu une voix différente de la mienne. Au départ, lorsqu'elle prenait ma place, je ne me souvenais de rien. Puis j'ai finalement gardé conscience à chacune de ses interventions, et j'ai parfois pu empêcher des faits horribles.
Mais depuis qu'elle est là, je n'éprouve plus le besoin de tuer, de me battre, de faire du mal autour de moi. Tout ce qui pouvait avoir un quelconque lien avec cette violence que j'avais, est maintenant son principal trait de caractère. J'ai l'impression d'avoir été vidée d'une part de moi-même. A présent, je me cherche."


"N'est-ce pas en quelque sorte un fardeau de moins sur tes épaules ?"

"Peut-être.
Mais maintenant, j'ai Bis sur mes épaules, dont je dois freiner les pulsions.
Je me demande parfois franchement comment elle a pu arriver dans ma tête.."


"Et que se passerait-il si soudainement, vous pensiez à travailler main dans la main ? A vous entendre. Ne penses-tu pas que tout irait mieux ?"

Lithium tressaillit.
Avait-elle bien entendu ?
S'associer avec ce.. Ce monstre de haine ?
Mais il était tombé sur la tête !




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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyLun 5 Mai 2014 - 11:23

Etait-ce juste une mauvaise blague ?
Travailler avec Bis, mais genre franchement ?
Non, jamais. Fallait pas rêver. Quelle connerie !
Comment pouvait-il concevoir ce simple fait, n'avait-il pas écouté un seul mot de ce qu'elle avait dit ? Son double était une menace qu'il fallait éradiquer, elle devait disparaître. La jeune femme s'emporta légèrement face à son psy.


"Bosser avec elle ? Vous vous voulez dire, accepter ses conditions, que je la laisse massacrer des gens pendant que je regarde sans rien dire ? Non mais vous êtes malade !", s'emporta t-elle.

"Ce n'est pas ça, c'est juste que..", commença le médecin.

"Ah mais si c'est presque pareil !
Je dois accepter de vivre mes nuits avec un virus qui ne pense qu'à se libérer de mon enveloppe, en me la volant. Attendre qu'elle me fasse disparaître. Je ne peux pas laisser faire ça. C'est un monstre que je dois empêcher de nuire."


"Mais arrêtes, tu l'as diabolise !"

"Mais parce qu'elle EST diabolique !
L'avez-vous déjà rencontré ?!"


"Non mais.."

"Alors vous ne pouvez pas comprendre !
Vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens, ce que je subis chaque nuit.
Je ne veux pas essayer de la comprendre, car il n'y a RIEN à comprendre."


"Lithium, écoutes-moi.
Ta Bis, a-t-elle choisi d'être là ? Non.
Elle en profite sûrement, parce qu'une fois que l'on goûte à la vie, on ne veut plus la perdre. Même si elle refusera assurément de l'avouer, si j'en crois le portrait que tu m'as dressé, elle doit avoir peur, peur de justement disparaître. Elle veut vivre. Vouloir la réduire à néant, c'est comme essayer de tuer quelqu'un. Tu ne peux pas l'ignorer. Bis est vivante maintenant. Ne veux-tu pas essayer de trouver un moyen de cohabitation entre vous deux, histoire que ta souffrance soit au moins, quelque peu atténuée ? Ne veux-tu pas essayer de lui trouver sa propre identité, un corps ?"


".. De lui trouver un corps ?
Est-ce que c'est possible ?"


"Je ne sais pas..
Mais vu que des créatures des rêves sont créées chaque nuit, ne penses-tu pas qu'il soit possible de trouver un corps vide quelque part ?"


"Je ne crois pas que cela soit très.. légal, ou même moral.
Un corps vide, je devrais sûrement chercher du côté du Royaume Obscur, et ça ne me semble pas être une très bonne idée en soit."


"Réfléchis-y seulement, mais pas trop non plus.
Tu ne sais pas ce que tu pourrais y trouver.. Changeons de sujet, veux-tu ?
On se reverra lorsque tu auras, avec Bis, avancé dans votre relation. Je me disais seulement que.. Pas un seul instant, tu ne m'as vraiment mentionné ton petit ami. Ou seulement succinctement."


La jeune femme se mit à rire nerveusement.

"Mon petit ami.
Est-ce que je peux vraiment l'appeler ainsi..
Je ne dirais pas que c'est une erreur de parcours lors de mon errance émotionnel, mais presque en fait. C'est horrible de dire ça, mais je ne pense pas l'avoir aimé un jour. Et malheureusement, je ne sais pas comment le lui annoncer. On ne se voit pas plus d'une fois par mois, et encore, je reste extrêmement distante. Parfois des messages, mais c'est comme si rien ne s'était produit. Je ne crois pas qu'il ait compris quoi que ce soit."


"Ne penses-tu pas qu'il serait grand temps de stopper cette mascarade ?"

"J'aimerais, mais je ne sais pas comment faire.
Je n'ai jamais.. lourdé quelqu'un."


"Et si tu laissais faire Bis pour cette fois ?
Elle n'aurait aucun scrupule à le faire, et hop, tout serait réglé."


".. Pour un psy, vous dites des choses moches quand même."

Mais son idée n'était pas idiote du tout.
Et pourquoi ne pas la laisser faire, oui ? Elle serait enfin tranquille, et n'aurait plus aucune culpabilité à son égard.



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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyJeu 10 Juil 2014 - 11:55



Larguer Vlad par l'intermédiaire de Bis ?
Cela équivaudrait à se servir d'elle pour faire les sales besognes..
Mais en même temps, avec tout ce qu'elle lui faisait subir, elle pouvait bien faire ça pour elle au moins ! Et puis, ce n'était pas du tout une mauvaise idée. Lithium réfléchissait intensément à la question. Comment la convaincre de le faire ? Aurait-elle seulement besoin de la convaincre ? Le peu d'images qu'avait vu sa camarade de son "copain" ne l'avait aucunement ravi, et l'avait même plutôt dégoûtée. Alors peut-être que ce serait facile. Trop facile.
Aaaah, elle n'aimait pas ça ! Cette situation, même infligée à Bis, était dégueulasse. Non, elle devait oublier cette idée. La jeune femme secoua la tête en signe de refus.


"Non, je ne peux pas.
Je dois assumer mes erreurs et le faire moi-même.
Même si ça risque de prendre du temps, beaucoup de temps."


"N'attends pas non plus une éternité.
Vous ne vous feriez que davantage de mal à tous les deux.
Prends une décision et vite. Il en va de ton bonheur et du sien."


"Mouais..", marmonna une Lithium peu convaincu.

"Non, écoutes-moi.
Tu ne peux pas continuer comme ça.
N'as-tu pas l'impression de patauger dans ta vie privée ?
Ne me mens pas, je le sais bien. En restant bloquée dans ce passé, tu risques de te priver d'un avenir. Tu es encore jeune, ne te prends pas la tête avec des relations vénéneuses. Profite de ta vie."


"Pourquoi parle t-on de ma vie privée en fait là..?
C'est pas que ça ne vous regarde pas, mais j'ai pas franchement envie de parler de ça."


"Oui excuses-moi,  je n'aurais pas dû."

La secrétaire vint toquer à la porte.
Ce fut le clap de fin de leur entretien improvisé.
La demoiselle acquiesça timidement, prit son sac et se leva.
Le psy fit de même et lui serra amicalement la main.


"Merci en tout cas.
Je tâcherais de réfléchir à vos conseils."


"N'hésites pas à revenir me voir.
Courage."


La jeune femme sourit faiblement et partit.
Cette discussion lui avait permit de se confier à quelqu'un, mais elle n'était pas convaincu de la chose. Travailler main dans la main avec Bis, inverser les rôles selon les situations, et surtout, faire larguer l'autre vert par elle.. C'était irréaliste. Mais pas si idiot. Elles allaient devoir avoir une discussion toutes les deux.




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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyLun 19 Jan 2015 - 12:53

APRES LE TOURNOI


Une nouvelle journée et une nouvelle consultation.
Enveloppée dans un pull à poche kangourou et la capuche relevée sur le crâne, Lithium se rendait de nouveau chez son psy. Elle avait quelques.. détails à lui communiquer. Cette fois-ci, elle avait prit rendez-vous. Elle avait patienté durant 3jours pour s'y rendre et aujourd'hui était enfin le grand jour. Il fallait que ça sorte.
La demoiselle était tellement pressée qu'elle courait presque pour arriver plus vite, malgré le fait qu'elle savait pertinemment qu'elle devrait patiemment attendre dans la salle d'attente. Une fois sur place, elle dut effectivement prendre place et attendre en silence. Ne pouvait-il pas la prendre maintenant ? Pressée de voir son psy.. La blague ! Quand ce fut enfin son tour, elle sauta littéralement de sa chaise et s'engouffra dans la fameuse pièce sans dire un mot ni serrer aucune main tendue.


"D'accord.
Bonjour peut-être d'abord, mais enfin assieds-toi je t'en prie."
, fit un Chapelle las, visiblement habitué à ce genre de comportement.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Elle est en train de me tuer !", gémit Lithium.

La jeune femme se rongeait les ongles et gesticulait sur place.
Elle marchait de long en large, telle une droguée en manque de sa cam.
Elle balança sa capuche en arrière et le dévisagea, le suppliant du regard.


"J'ai essayé de la comprendre, de faire avec elle !
Mais ce n'est tout simplement pas possible.. Dès que j'essaie de jouer de concert avec elle, elle finit par tout foutre en l'air ! Elle est monstrueuse. Je ne veux pas être comme ça, je ne veux plus être comme ça !"


La blonde était au bord de la crise de nerf.
Elle ne parvenait plus à se maîtriser et était à deux doigts de prendre la première chose à portée de main, pour ensuite le balancer à travers la pièce. Le docteur s'assit doucement derrière son bureau et croisa les mains. Il lui fit signe de s'asseoir, sans quoi, il ne prononcerait pas le moindre mot. Lithium s'exécuta sans tarder, tremblotant de la jambe droite.


"Qu'est-ce qu'il s'est passé, racontes-moi."

"J'ai décidé de participer à ce tournoi, ..je me demande bien ce qu'il m'a prit. Je n'avais pas compris de quoi il s'agissait, mais qu'importe ! Je me suis dit que tant qu'à m'être trompé, autant en profiter pour m'améliorer physiquement et parfaire mes défenses. Le premier combat fut plutôt rapide vu que le voyageur s'est réveillé en plein commencement. Mais le second.. Je suis tombée face à quelqu'un que je connaissais, avec qui je pensais nouer des liens d'amitiés avec le temps. Je sais que ça fait désespérée, mais j'ai l'impression qu'entourée, je serais plus à même de m'en sortir."

Il acquiesça brièvement, approuvant cette pensée.
Puis il fit un vague signe de la main pour l'inciter à continuer.
La jeune femme reprit sa respiration et déglutit avec difficulté.
Elle commença à tripoter sa tresse, la défaisant et la refaisant au fur et à mesure qu'elle parlait.


"Je ne voulais pas lui faire de mal !
Je ne voulais pas qu'on en arrive aux mains, mais ma fierté m'a poussé à au moins tenter de gagner le combat, de la manière la moins violente possible. J'ai élevé une défense animale pour renvoyer le plus longtemps possible la confrontation. Me disais qu'un simple coup de patte le sonnerait et hop, terminé ! Mais.. C'est pas si intelligent que ça un Ours."


"Un ours ?", fit le docteur, surpris.

"Je ne sais pas si je peux me permettre de faire des créatures plus approfondies sans m'épuiser.. Donc oui, un ours. Mais ce n'était pas une très bonne idée. J'avais quand même une arme au cas ou il tenterait d'attenter à ma vie, pour me défendre. Je ne savais plus quoi faire pour empêcher l'affrontement. Je ne pouvais le fuir éternellement ! J'aurais pu abandonner pour faciliter les choses, mais.. Je ne peux pas faire ça. J'ai encore cet orgueil en moi dont je n'arrive pas à me débarrasser. Je.. Je.."

Elle commença à bégayer, à perdre ses mots.
La blonde parlait si vite qu'elle s'emmêlait les pinceaux.
Son cœur battait à tout rompre, à en exploser sa poitrine et elle peinait à respirer correctement. Chapelle comprit qu'elle était au bord de la crise d'angoisse. Il ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un sac en papier qu'il lui tendit. Elle refusa d'un signe de tête mais il resta le bras tendu. Résolue, elle s'empara du présent et le garda sur ses genoux, refusant de se retrouver réduite à ça. Le docteur prit également l'initiative de faire chauffer de l'eau. Un thé devrait permettre de la détendre. Après avoir respiré et inspiré calmement, la jeune femme reprit de plus belle.


"Alors, lorsque je me suis retrouvée prisonnière, et bien.. J'aurais pu me libérer hein ! Trancher le membre tout de suite, mais je ne voulais pas lui faire de mal. Alors.. J'ai volontairement écorché ma main pour déployer davantage de force et en finir. Sauf que, Bis est intervenu à cet instant.", elle déglutit et cessa toute parole.

"Qu'as-t-elle fait ?
N'ai pas peur, je ne te jugerai pas."


"Je ne voulais pas en finir de cette manière !", elle se leva, jetant la chaise en arrière, et commença à hausser la voix.
"J'ai utilisé mon propre sang pour le tuer. J'AI TENTE DE LE TUER ! J'ai tracé des glyphes sur moi-même pour en faire sortir des lames, je lui ai tranché des membres, je l'ai planté purement et simplement. Il hurlait si fort, ses cris me déchiraient de part en part, j'avais mal, chacun de ces sons me transperçait au plus profond de moi !", elle se mit à pleurer, glissa à terre et se recroquevilla sur elle-même. Elle sanglotait comme une enfant.
"J'ai failli le tuer.. J'allais le tuer. Si Ed n'était pas intervenu, je l'aurais poignardé sans ménagement. Il m'a mis hors d'état de nuire et je ne saurais le remercier suffisamment pour ça.. J'entends encore ses cris et ses hurlements. Je vois son visage pétrifié de terreur, son regard oscillant entre la haine et la peur.. J'ai envie de vomir. Je ne suis même plus capable de me regarder dans une glace."

Chapelle se leva de sa chaise et s'approcha de la créature gémissante.
Il se baissa et la releva doucement, puis la prit dans ses bras. Elle se mit à pleurer de plus belle, ne sachant s'arrêter.


"Je ne veux plus m'endormir.
Je ne veux plus l'entendre, ni même la sentir.."


"Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi ?", fit-il en la repoussant brusquement, inquiet.

"Depuis ma disqualification.
ça fait 3jours."
, murmura t-elle.

Effectivement, en la regardant de plus près, l'on pouvait aisément distinguer les immenses cernes qui creusaient son visage. Il était prêt à parier qu'elle ne s'était pas non plus nourrie durant ce laps de temps. Il l'a fit de nouveau asseoir et lui tendit un thé. Puis il sortit de son tiroir magique quelques biscuits qu'elle ne mangea pas. Elle regardait vaguement un point précis dans la pièce. Il tenta de la rassurer.

"Hé Lithium, regardes-moi.
Ce n'est pas toi qui a fait tout ça, ce n'est pas toi qui a tenté de tuer ce.. euh, garçon.
Bis est responsable de tout ça. Tu n'as cessé de parler comme si tu étais pleinement maîtresse de toi-même, alors que non. Tu n'as rien fait. ELLE oui. Cesses de t'en vouloir de la sorte. ça ne peux pas continuer ainsi. Tu dois l'éduquer. Du moment ou tu n'as aucune solution pour te débarrasser d'elle, essaies au moins de lui apprendre les bases du vivre ensemble, qu'elle comprenne où sont les limites de la cruauté. C'est le principe du bien et du mal, celui de l'oiseau que tu sers fort dans ta main en voulant jouer avec, mais que tu tues. Tu dois lui inculquer cette notion, lui faire comprendre que ce qu'elle a fait, c'est mal. Et qu'elle t'as fait du mal à toi. Discutes avec elle !"


Un silence froid prit place dans la pièce.
La jeune femme releva son regard et le planta dans celui du docteur.
Ses yeux respiraient une haine indéchiffrable. Et d'un grincement, elle lâcha;


"Je veux qu'elle crève."



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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyJeu 22 Jan 2015 - 20:17


Chapelle eut un petit frisson lorsqu’il vit le regard noir que lui lançait la jeune femme.
Parfois, cette gamine était vraiment en mesure de l’effrayer au plus haut point. L’on aurait dit qu’elle avait quitté la pièce, que seul son corps était encore présent parmi eux. Elle semblait si lointaine, pensive. Le psy se demandait même si elle ne réfléchissait pas actuellement à toutes les différentes façons qui se présentaient à elle pour faire souffrir son double raté. Dans cet état-là, elle était proche de ce qu’elle était auparavant, l’attitude condescendante en moins. A première vue, elle était sur le point d’aller tuer quelqu’un. Les yeux cernés, le regard troublé, le visage crispé et les membres tremblants, elle respirait et expirait bruyamment. Puis cessa tout bruit, comme si elle venait enfin de trouver la manière de se débarrasser de sa camarade. Le docteur ne désirait pas qu’elle détruise son autre, mais que au contraire, elle tire avantage de la force qu’elle lui procurait. Bis représentait pour lui un avantage plus qu’une épine dans le pied, elle devait tirer profit de sa présence.
Il n’approuvait pas les actes de l’intruse, bien sûr, mais la détruire n’était pas la meilleure des solutions. Il devait exister un autre moyen, et il aimait à croire que la coopération était la réponse à tout cela. Alors pourquoi diable Lithium refusait-elle cette perspective ? Qu’y avait-il de mal à se servir des autres pour ses propres besoins ? Elle devait être davantage pragmatique. Chapelle prit une grande inspiration et tenta une proposition.


« Lithium, écoutes-moi.
Au lieu d’essayer de l’éliminer de ta vie, pourquoi ne te servirais-tu pas plutôt d’elle ? N’y a-t-il pas une tâche pour laquelle elle serait meilleure que toi, ou bien que tu ne voudrais pas faire de toi-même ? »


La jeune femme releva la tête et se mit à réfléchir.

« Je crois bien que j’ai une idée oui. »

Le médecin était ravi et soulagé de lui avoir ôté quelques instants de la tête, l’idée de zigouiller une partie d’elle-même.

« Je vais m’ouvrir la tête et arracher la partie de mon cerveau qui me permet de ressentir quoi que ce soit. Sympa comme idée, non ? »

« ..Euh, et bien.. », commença le psy.

« Non mais en fait, peut-être que je devrais tout simplement dévorer mon cœur. Et mon cerveau tiens. Ça ne doit pas être si mauvais au fond. »

« Lithium, je doute que ce soit de bonnes idées tout ça. »

La demoiselle se mit à rire en voyant la tête de son docteur.
Ce dernier était assez perplexe quant à l’attitude de sa patiente.
Rigolait-elle vraiment ?


« Je sais. Je vous fais marcher, Chapelle ! », elle riait de ce rire sibyllin qu’il avait du mal à cerner.

Ce rire le dérangeait, il ne l’aimait pas.
Elle en devenait énigmatique.


« Elle va m’aider pour quelque chose.
Je n’aurais besoin que de sa verve et de sa rime, ainsi que de sa présence.
Aucune effusion de sang, de violence, rien ! »


« Et de repas à base de cerveau ? », osa t-il, très légèrement inquiet.

« Pas de cerveau.
Vous ne m’aviez pas cru tout de même ? »


« Non, non.. »

« Sur ce.. J’ai un peu de boulot.
Je dois me préparer psychologiquement.
Je vous dis donc à très bientôt, ce fut un intéressant échange ! »


Elle se leva, lui serra la main d’une poignée déterminée, lui sourit et prit la porte.
Chapelle ne savait trop quoi dire. Il avait eu la très nette impression de faire face à une toute autre Lithium et il en restait profondément préoccupé. Ce comportement.. De l’humour noir ou bien plus que ça ? Lui qui était doté d’un sens du sarcasme assez développé, il en restait indécis. Légèrement désorienté, il ouvrit de nouveau son tiroir et en sortit un carnet. Il fut hésitant quant à ce qu’il s’apprêtait à écrire, coucher ces mots sur papier lui était difficile. Après quelques instants de réflexion, il se fit une raison et gratta sur son calepin quelques notes.



"Versatile, acerbe, lunatique, humeur instable, idées délirantes, discours rapides
= développement de bipolarité ?

Patiente à surveiller."



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MessageSujet: Re: Docteur, je crois que j'ai un problème. Docteur, je crois que j'ai un problème. EmptyVen 23 Jan 2015 - 19:54


Cette nuit était différente des autres.
Contrairement à d'habitude, ce ne fut pas Lithium qui se réveilla à Dreamland, mais Bis, tout aussi surprise de la situation. Etrangement, elle ne ressentait pas le moindre signe attestant de la présence de sa propriétaire. Un court instant, un sentiment de joie et de victoire l'envahit, bien vite rattrapé par la déception lorsqu'elle perçut une pensée embrumée qui ne lui appartenait pas. Et merde.. Presque libre. Pourquoi était-ce elle qui était apparue ? Qu'est-ce qui s'était passé pour que cela se produise ? En fait, rien à foutre. Elle était aux commandes, c'était le principal.

Ravie, elle se pavana au beau milieu..
Au beau milieu d'où d'ailleurs ? Putain, c'était quoi ce bled ?
Y'avait rien, mais franchement rien ! Un chemin de terre, entouré d'arbres et de quelques buissons. Sérieusement ? Alors qu'elle peut faire ce qu'elle veut, voilà qu'elle se retrouve tout simplement nulle part ! Qu'est-ce que Lithium avait bien pu penser pour se retrouver là ? La loose.. Dépitée, elle se mit à marcher dans la direction qui l'inspirait le plus, donc la première venue. Les mains dans les poches de son pantacourt bien trop grand pour elle, elle soulevait le sable sous ses peids au fur et à mesure qu'elle marchait. Où aller, quoi faire ? Il n'y avait rien à détruire, rien à casser, rien à tuer. C'était d'un ennui profond. Et elle avait beau réfléchir, elle ne voyait toujours pas pourquoi elle s'était réveillée là.
Finalement, après une bonne heure de marche, elle finit par atteindre des constructions humaines, enfin dreamlandesques quoi. C'était quoi cette bourgade pourrie là ? Tous étaient habillés en manants, faisaient du troc, hurlant "Il est frais mon poisson, il est frais !". Vu l'odeur, il ne l'était pas non.. Un barde chantait dans le vide, s'adressant à un public imaginaire, des femmes armées d'un panier d'osier, s'en allaient à la rivière. Ce village était d'un chiant ! Trop de bruits, trop de monde.

Ah tiens, des fruits.
Oh la belle pomme !
Bis se servit sans vergogne et mordit dedans à pleines dents, attisant la colère du marchant bedonnant.


"Hé, comptes-tu étaler la monnaie ?"

"Non.", fit le virus la bouche pleine.

"Maraud ! Si tu ne payes pas, je vais te.. !"

"Me couper la main ?", coupa t-elle.
"Tu t'es cru dans Aladdin ?"

Elle explosa de rire et tourna les talons.
Le commerçant, vert de rage, empoigna un bâton, et se pointa dans le dos de la jeune femme, prêt à frapper. Cette dernière, l'habitude, se retourna, empoigna l'arme et désarma son agresseur. D'un coup vif et puissant, elle fit une balayette au malheureux à l'aide de sa propre arme. Il s'écrasa lamentablement au sol, et se prit le bâton qu'elle lui jeta en pleine face. Stoïque et d'un air totalement désintéressé, elle revint vers l'étalage, prit d'autres pommes et reprit son chemin.


"Pour le dédommagement.", dit-elle à l'encontre du triste marchand.

Sympa et accueillant les gens par ici.
Faudrait penser à revenir. Mâchouillant non sans classe, elle fit rapidement le tour du marché. Vint les forgerons et autres boutiques intéressantes qu'elle zappa rapidement. Puis enfin, elle arriva devant une petite chapelle. Un sourire malsain éclaira son visage angélique. Si elle entrait, allait-elle brûler pour hérésie ? Se faire prendre pour une créature du diable ? L'intruse était bien tenté d'avancer le pied pour assouvir sa curiosité, mais elle vit quelque chose à l'intérieur qui captura son attention.

De longs cheveux vert couleur vomi, des fringues dépassées et poussiéreuses, une allure faible.. La personne se retourna à demi et elle vit un grain de beauté sous l'œil. Puis se retourna et nota les yeux vairons d'un clébard enragé. C'était donc lui le fameux Vlad ? Elle se mit à rire à gorge déployée. Mon dieu, il était encore plus moche que dans les souvenirs de Lithium ! Non mais franchement, cette tête de Ruskof abattu, cet air de débile et cette dégaine.. Elle sortait avec ça ? Non mais non quoi ! Comment faisait-elle pour ne pas arriver à le larguer ? Qu'elle niaise c'te gonzesse. Lithium ne pouvait pas le faire ? Et bien elle oui. C'était donc pour ça qu'elle s'était réveillée ici. La blonde avait dû y penser, mais incapable d'affronter la réalité en face, avait relégué le sale boulot à Bis. Mauviette. Lorsque Vlad croisa son regard, il l'a reconnut immédiatement, malgré l'air moqueur de son visage. Il se leva sans attendre et courut vers sa "dulcinée". Les bras grands ouverts, il voulut lui faire un câlin. Bis, dégoûtée, lui envoya son poing dans la face.


"Dégage !"

Légèrement sonné, il se remit la tête en place.

"Je ne comprends pas..
Je sais que je n'ai pas été très présent ces derniers temps, mais tu comprends, mon boulot, le retour de ma mère, j'ai eu beaucoup de mal à me libérer."


"Ah non ? Je ne sais pas, peut-être parce que t'es un peu trop laid pour moi. T'aurais au moins pu appeler. T'es vraiment qu'un naze. Me demande bien comment elle a pu se laisser avoir. Elle est vraiment faible c'te fille.. Et sérieux, mais mates ta tronche quoi ! Et puis, tu vas pas me dire que ça prend plusieurs années pour digérer le retour de sa daronne, faut pas déconner non plus.."

"Lili, qu'est-ce qui te prends ?
Pourquoi un langage aussi grossier à mon égard ..?"
, fit-il abasourdi.

"Apparemment, vous.. On ne se voit plus beaucoup dans la vie dite réelle là."

"Oui, je sais.. Je suis désolé.
Je te l'ai dit, je suis tellement occupé en ce moment et.."


"Non mais m'en fous, juste tais-toi, je m'en balance en fait.
ça tombe bien même !
, dit-elle d'un air je-m'en-foutiste.
"Comment on dit en humain normal.. Ouais, si on se voit plus, bah c'était juste le début de la fin, y'a plus de sentiments, c'était pas cool, je mérite mieux, et bla bla.. Le truc habituel.", elle balaya l'air de sa main.

"Lithy, est-ce que tu..", dépité.

"Ouais !
Ouais, c'est exactement ça.
T'es trop laid, tu pues, tu ressembles à rien.
Tes cheveux ressemblent à de la gerbe, t'as un œil de verre.."


"Un œil vert."

".. Ouais, pareil.
Vas-y, m'interromps pas quand je parle !"
, soupira t-elle.
"Bref en gros, dégage, crève dans un fossé et va sauver quelqu'un d'autre. J'ai d'autres cada..chats à semer !"

"Lithium, ça ne peut pas être toi.
Tu es si douce généralement et si aimante !"


Bis soupira de dépit.
Non mais il était long à la comprenette cet abruti-là !
Et pourquoi il parlait de la sorte ? Il sortait de quel Royaume ?
Ce mec, il avait pas vu sa gonzesse depuis des lustres, mais il s'accrochait quand même.
Quel looser.. Un vrai morpion hypocrite. Fallait employer les grands moyens. Autant dire la vérité pour bien le blesser, bien enfoncer le couteau là.


"Bah non justement, c'est pas Lithium !
Je suis sa seconde personnalité mon vieux. Et ouais, ça t'en bouche un coin mon cochon, hein ? Depuis combien de temps tu ne t'es pas occupée de ta nana ? T'as jamais remarqué qu'elle était pas toute seule dans sa tête ?? T'es vraiment qu'un putain d'égocentrique ! Tu n'as jamais pensé qu'à ta justice, mais ça ne t'es pas passé par l'esprit que c'était celle qui se tenait à tes côtés qui avait le plus besoin d'aide ! Tu fermais les yeux sur ses actes, NOS actes, et tu te prétends au service de ta loi de merde ? Mais réveilles-toi un peu, bon sang ! T'es pas chez les bisounours !! Je te brise en deux dès que j'en ai envie, et franchement, je ne sais pas ce qui m'en empêche. RAAAAH putain, j'en crève d'envie, ça me démange.."


"..Je peux savoir ce que tu fais là ?", fit un murmure inaudible.

"Ah bah c'est pas trop tôt !
La Belle au bois dormant se réveille ! Ma jolie, je fais simplement le sale boulot à ta place."


"Comment ça ? ..Que fait Vlad ici ?"

"Tais-toi et laisse faire l'artiste."

Elle prit une grande inspiration et rajouta une couche à l'incrédulité malheureuse de Vlad.

"Tu te souviens de ses excès de violence ?
Bah de ses pulsions et le rejet qu'elle a fini par exprimer à leur égard, je suis née.
Je tue, je dépèce, je fais ce qu'il me chante, ou presque. Quand elle me casse pas les couilles et me fait pas sa morale de grand-mère. Et tu ne peux rien y faire. Tu n'as jamais rien pu y faire et tu ne pourra jamais rien y faire. Je te conseille à présent de nous foutre la paix ou je finirais par te tuer moi-même."


Elle lui jeta un regard meurtrier, puis tourna les talons.
Vlad, sonné par ces révélations qu'il ne comprenait pas, voulut rattraper sa dulcinée.
Mais Bis se retourna d'un air nonchalant, le coupant net dans sa course. Une lueur d'espoir ? Et bien non.


"Ah, au fait.. Elle ne t'as jamais aimé.
ZBRAAAAA, dans ton lard, mec !"


Sans se retourner, elle partit, fière d'elle.
YEAH, la phrase cliché parfaitement bien placée !
Lithium était sans voix, encore choquée des évènements.
Enfin, c'est ce qu'elle voulut lui faire croire.


"Dis pas merci pas non plus."

"Merci.
Malgré le fait que tu n'y sois pas allée par quatre chemins."


"De rien, ça me fait plaisir.", fit Bis, bouffie d'orgueil.

Et une bonne chose de faite !
Plus de boulet entre les jambes, libre de tout faire !
Le virus s'en allait, ravie de son méfait de la soirée.
Intérieurement, Lithium jubilait. Non seulement elle s'était débarrassé de cet imbécile sans avoir à prononcer le moindre mot, mais en plus, elle avait dupée Bis si facilement ! ça ne lui avait même pas pris 5minutes pour se délester de ce poids, alors qu'il lui avait fallu des années pour que cela se produise ! Officiellement LIBRE. Officieusement, ça faisait belle lurette, mais elle tenait à ce que ce soit réel. Elle s'était endormie en pensant volontairement à cet empaffé, et avait exprimé le moins de volonté possible pour laisser sa place directement à son binôme. Et tout s'était passé exactement comme prévu. Il était donc possible pour elle de manipuler cette cruelle créature subtilement. Parfait ! A défaut de travailler ensemble, la jeune femme pouvait se servir d'elle, la flatter pour ensuite lui insuffler ses idées. Tant qu'elle ne lui pardonnerait pas cette histoire avec Jakob, elle allait se faire un plaisir de lui jouer quelques tours. Tu aimes tuer des gens, Bis ? Moi, j'aime les faire chier.

On va bien s'amuser toi et moi, je te le promets..



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Docteur, je crois que j'ai un problème.

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