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For Great Science !

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MessageSujet: For Great Science ! Jeu 30 Jan 2014 - 18:50

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Avec l'aisance d'un Mozart ou d'un Chopin, mes mains glissaient sur mon clavier, pressant sur leur passage les touches sans que je n'aie à détourner ne serait-ce qu'une seule seconde mon regard de l'écran. Je savais exactement où chacune d'elles se cachait, et je les parcourais avec fluidité, composant une harmonie destinée aux dieux du numérique. Chaque lettre, chaque mot que je désirais écrire se formait sur l'écran plat de mon ordinateur au moment même où l'idée m'en traversait l'esprit, comme si le périphérique était directement relié à mon cerveau. C'était un véritable orchestre qui se jouait dans mon petit studio d'étudiant. Avec prestance et dextérité, mes mains expertes continuèrent leur œuvre musicale jusqu'au bouquet final : Un geste exagérément ample et gracieux au bout duquel j'appuyai avec fierté sur le bouton 'entrée'.

Et paf !

Avec un léger sourire, je contemplais le topic auquel je venais d'avoir donné naissance, et que j'avais cruellement lancé en pâture aux terribles prédateurs qui sévissaient sur les forums. Ah, c'était sûr, ce pauvre petit post innocent allait se faire déchiqueter par les internautes comme un morceau de viande morte par une bande de chiens affamés, mais malgré tout, il se pouvait qu'il m'apporte également quelques informations intéressantes. Une fois que j'aurais filtré les réponses des trolls et des incompétents, je dénicherais peut être une pépite dans le fumier.
Je scrutais mon œuvre à la recherche des fautes d'orthographe qui auraient pu s'y infiltrer furtivement, mais ce n'était pas chose aisée. Après tout, il était dans son ensemble écrit dans la langue de Shakespeare, et même si je me vantais de ne pas être une tanche absolue en anglais, j'étais loin d'avoir un niveau qui me permettrait de repérer les erreurs avec la rapidité et la précision d'un auto-correcteur.
Après quelques minutes de vaine recherche, je ne vis rien qui me piqua les yeux. Tant pis. Après tout, ça n'avait pas grande importance. Si il y avait une coquille quelque part, je doutais qu'elle gène particulièrement la compréhension de mon message.

Spoiler:
 

Je m'étirais comme un chat sortant de son sommeil. Alors que je me demandais comment m'occuper en attendant les premières réponses, ma gorge sèche sauta sur l'occasion pour se manifester, réclamant à grands cris son offrande quotidienne. N'ayant ni l'orgueil, ni l'envie de ne pas obéir à sa volonté, je me levais pour me diriger d'un pas assuré vers mon frigidaire. D'un mouvement expert à force d'habitude, je m'emparais d'une canette de coca posée stratégiquement sur l'établi, ouvrit la porte du frigo de l'autre main, et intervertissais la boisson préalablement mise au frigo avec celle que j'avais dans la main. Et me voilà le bienheureux possesseur d'une canette de coca fraîche, n'attendant qu'un geste de ma part pour me délivrer son divin breuvage.

D'un mouvement impérial, je descellais le dernier rempart qui me bloquait l'accès au nectar et fit basculer la boisson dans mon gosier avide. Je sentis le liquide de la félicité décrasser mon œsophage, chassant au passage toutes mes idées noires pour les remplacer par des poneys, des licornes et quelques arc-en-ciels pour la forme. Mon esprit s'éleva dans les limbes du paradis pour aller serrer la main de Gandhi et de Jésus, entreprit d'explorer la constellation alpha d'andromède pour y compter les étoiles, apparut dans la vision d'un drogué en se faisant passer pour son frère caché, puis mis fin au voyage astral en replongeant dans mon corps.
Si avec ça, Coca cola ne me contacte pas dans les trois prochains jours pour me sponsoriser, je leur fais un procès.

Je rouvris les yeux sur le monde sans saveur de la réalité, et me tînt debout immobile, ma canette dans la main droite, à parcourir d'un regard bienveillant mon petit studio d'étudiant.

Mon royaume.

Quelques chaises, une petite table, un lit de fortune et quelques meubles usuels formaient le gros de la pièce. N'était-ce pas un empire magnifique ? Ici, tout était sous mon contrôle. Chaque meuble, chaque objet, chaque cellule se tenant dans cette chambre ne jurait que par mon autorité. J'étais le Dieu vivant d'une civilisation florissante. Quelques piles de papiers et de vaisselle sale faisaient office de tours de garde, afin de prévenir les quelques invasions barbares motivées par les richesses circulant dans un royaume aussi avancé que le mien. Les quelques livres abîmés d'Asimov ou de Pratchet rangés à la va-vite dans le tiroir étaient gardiens d'un savoir véhiculé par les anciens. Dans le placard, les quelques sachets de pâtes se battant en duel suffisaient largement à nourrir les bouches affamés des habitants de mon empire. Une telle abondance attirait les convoitises, et il n'était pas rare qu'un moustique pénètre dans le studio afin de pomper mes richesses et gâcher mes nuits. Heureusement, ma police secrète faisant un travail remarquable, et parvenait à exterminer les membres de cette race de fourbe avec une grande efficacité.

Mon regard impérial se porta sur la véritable fierté de mon empire. Celle qui affirmait inconditionnellement la supériorité de ma civilisation sur celle des autres. Toutes les grosses têtes de mon département scientifique avaient été mises à contribution pour la conception de cette machine infernale : une tour imposante, à laquelle étaient branchée écran plat, souris, clavier et casque de la meilleure qualité. En ce moment même, ce fleuron de la technologie n'attendait que moi pour consulter les réponses au topic que j'avais créé quelques minutes plutôt, si réponses il y avait. Comme je n'avais rien de mieux à faire, je m'exécutais.

Spoiler:
 

Je sirotais le reste de mon coca en écarquillant les yeux. Je devais avouer être bien surpris : Je ne m'imaginais pas que les internautes se manifesteraient si vite. Si j'avais actualisé la page, s'était surtout par ennui, je ne pensais pas réellement que l'on m'aurait déjà répondu. Bon, d'un autre côté, ces deux pauvres réponses étaient tout sauf pertinentes, mais au moins, elles prouvaient que mon topic attirait l'attention, ce qui était déjà une belle réussite.

Je me plongeais dans mes souvenirs en repensant à la première fois que j'avais découvert ce forum. À mes débuts de voyageurs, je dois bien l'avouer, je pensais que mes aventures oniriques n'étaient que le résultat improbable des inventions créées par mon esprit tordu, cherchant peut être inconsciemment à créer une énigme hors de portée de Freud lui même. Pauvre homme qui aurait eu bien du mal à analyser ces aventures absurdes que je vivais une fois couché, et qui, dans le doute, aurait probablement conclu leurs existences comme la manifestation inconsciente de mes désirs sexuels.
Tiens, d'ailleurs, ce psychologue était-il voyageur de son vivant ? C'était loin d'être impossible. Son obsession pour les rêves des gens étaient plus que suspicieuse si l'on prenait en compte l'existence de l'univers onirique.
Bref, quand j'ai découvert le monde des rêves, je pensais avoir affaire à une série de rêves lucides sans existence propre en dehors de mon imagination. Mais quand un soir d'ennui, j'avais tapé quelques mots clefs liés à Dreamland sur internet, la page de résultats me prouvât le contraire. Bien sûr, les messages laissés par des voyageurs parsemés ici et là sur le web n'étaient jamais explicites. Ils étaient toujours sous entendus, portaient un sens que seuls les initiés pouvaient appréhender, comme une sorte de private joke. Cependant, à force de naviguer entre les liens laissés subtilement par les aventuriers oniriques, je finis par découvrir que plusieurs petites communautés discrètes discutaient librement de leurs rêves dans l'ombre. J'essayais tant bien que mal de rejoindre un de ces groupes en passant par des hyperliens renvoyant sur d'autres hyperliens, mais au bout du chemin je me heurtais inévitablement sur un mot de passe, gardien implacable me privant d'assouvir ma curiosité.
Alors que je commençais à désespérer devant l'entêtement que dépensaient ces collectivités à protéger leurs secrets , je finis par tomber sur une page internet semblable à celles sur lesquelles j'avais pu tomber avant dans ma recherche frénétique, mais avec un petit détail de différence.
En dessous du champs de texte censé accueillir le mot de passe, se trouvait une petite phrase :
« Les flammes noires. »
Rien de plus. Mais c'était un indice qui était loin d'être anodin.
Avec une hésitation, je tapais une suite de caractères au clavier, et pressa la touche entrée en croisant les doigts... Pour accéder enfin à l'inaccessible. Plutôt que de m'afficher l'habituel « mot de passe erroné », mon écran me présenta la page d'accueil d'une des communautés que j'avais passé tant de temps et d'efforts à tenter de rejoindre. J'eus un rictus de satisfaction et remercia silencieusement Munin et ses quelques cours de culture générale qu'il s'était échiné à vouloir m'apprendre, puis me lançais dans la découverte de ce que ce site avait à m'offrir.  Je me délectais de la flopée d'informations concernant Dreamland avec la curiosité d'un enfant devant des produits toxiques à ingérer. Le site, plutôt simple, se contentait d'héberger des « threads » (fils de discussion pour les anglophobes), que tout le monde pouvait créer et qui étaient triés par ordre de popularité. L'organisation chaotique des données étaient largement compensée par leur valeur parfois inestimable. Mais les deux informations acquises ce soir là que je jugeais les plus importantes n'étaient pas une de celles délivrées généreusement par un des internautes. Non, ces deux informations étaient déductibles de la présence même de ces internautes.

premièrement, Dreamland existait. Contrairement à ce que l'on pouvait croire, les rêves n'étaient pas des expériences uniques qui différaient en fonction de chaque personne, mais faisaient partie d'un énorme réseau reliant toutes les consciences. Un monde onirique que l'on rejoindrait chaque nuit, créé par le subconscient collectif de chaque humain sur terre.(Voire même chaque être vivant, voire non-vivant, mais m'aventurer dans des théories trop compliquées allaient me perdre à coup sûr, c'est pourquoi je décidais de partir du principe que Dreamland était créé uniquement par l'imaginaire de l'homme pour commencer.)
La deuxième chose que je compris était une simple déduction de la première. La terre des rêves était exploitable. Et elle l'avait été, bien évidemment. Nous parlons quand même d'un gigantesque réseau psychique liant chaque être humain sur la planète, permettant de communiquer secrètement avec n'importe qui tout en surpassant la barrière de la langue, et permettant même de pénétrer dans ce qu'on appelle parfois 'le dernier refuge de l'homme' ! Bien sûr que l'humanité s'en était servie, ça ne faisait aucun doute. De plus, une fois que l'on était au courant de l'existence de la terre onirique, les exemples montrant son importance fourmillaient dans l'histoire. Que penser des oracles de Grèce antique, ou de ces tribus exotiques qui accordaient tellement d'importance aux rêves qu'ils racontaient chaque matin les leurs au reste de la tribu ? Allons encore plus loin. Le bouclier était un outil tellement pratique qu'il a été inventé dans plusieurs continents différents qui n'avaient eu aucune communication les uns avec les autres. Selon les spécialistes, c'est sa simplicité couplée à sa grande utilité qui a provoqué ce phénomène ''d'inventions simultanées''. Mais si ils avaient tort ? Et si c'était le monde onirique lui-même qui avait véhiculé l'idée du bouclier auprès de plusieurs civilisations indépendamment de leur contexte géographique ? C'était purement hypothétique, bien sûr, comme le reste de mes théories, mais on ne pouvait écarter cette éventualité.

Je finis par sortir de mes pensées quand, en voulant étirer mes jambes sous mon bureau, je me cognais le genou sur un angle de celui-ci. Après quelques jurons, je me calmais et reportais mon attention sur mon ordinateur. Je ne savais combien de temps cela faisait que je m'étais plongé aveuglément dans les abysses profondes de mes pensées tordues, mais j'estimais cette durée à au moins dix bonnes minutes. Suffisamment de temps pour qu'un autre clampin se soit intéressé à mon topic. À tout hasard, je portais ma main à mon clavier.

F5.

Bigre ! Heureusement que je n'avais plus de coca dans la bouche, j'aurais probablement tout recraché. Quinze ! Quinze commentaires ! Les gens sont vraiment des foutus No-life ! Si vous avez autant de temps à consacrer à mon topic, allez sauver la planète ou quelque chose du genre ! Bon sang, je ne pensais pas avoir un tel succès. C'est dur d'être une star.

Je parcourais de la molette de ma souris les différentes réponses qui m'avaient été données. Il y avait de tout. Du troll, des moqueries, des encouragements, des débuts de débats et même un illustre inconnu qui essayait de faire de la pub pour sa chaîne youtube. Une preuve que voyageur ou simples rêveur, un internaute reste un internaute.

je me grattais la tête avec perplexité et me décidais à répondre aux quelques commentaires pertinents du lot. Je fît quelques aller-retour entre la page de réponse et google-trad pour des besoins évidents d'assistance dans ma transposition du français à l'anglais. Après une relecture rapide de ce que j'avais écrit, j'appuyai nonchalamment sur la touche entrée.

Spoiler:
 

Après cela, je fermais l'onglet du forum et surfais un peu sur internet histoire de tromper mon ennui. C'est fou sur ce quoi l'on peut tomber en se baladant sur la toile au hasard. Parfois, Dreamland lui même ne peut rivaliser avec l'ingéniosité, l'absurdité ou la cruauté de ces découvertes. Internet est comme un trou noir. Il aspire des données, s'agrandit, puis aspire de plus en plus de données, et cetera ... Quand tu fais l'erreur de t'en approcher de trop près, tu te trouves toi même aspiré par la gigantesque masse d'informations, et tant que tu ne fermes pas la fenêtre, tu parcoures avec fascination les méandres du web pour t'approcher lentement mais sûrement de ce qu'il comporte de pire comme de meilleur. C'est ainsi que je me retrouvais implacablement absorbé par cette gluante masse d'information jusqu'à ce que les gargouillements de mon ventre m'offrent une main salvatrice à laquelle je m'accrochais désespérément. Tiré hors du piège sournois par ma propre faim, je jetai un regard à l'horloge sur l'écran. Vingt-et-une heure. Je me relevai de mon siège péniblement, et me dirigeais vers ma cuisine du pas traînant du zombie en manque de cerveaux.

Après une hésitation qui dura un bon fragment de seconde, je mis à réchauffer deux plats de poulet-curry surgelés pour une personne. Pourquoi deux ? De un, parce que j'avais faim, et que ces conneries ne nourrissaient pas assez. De deux, parce que le poulet-curry, c'est bon, et que je vous emmerde.

Je fis une petite virée diplomatique aux commodités en attendant que le micro-onde daigne me délivrer son petit « ding » caractéristique, récupérai les deux trésors, puis les versais à l'intérieur d'une assiette dans laquelle je mélangeais le tout. Équipé de mon repas, je me vautrais devant mon ordinateur et commençais à me goinfrer devant les réponses de mon topic.

Il y en avait tellement que je ne savais pas par où commencer. Du coup, je commençais par le commencement, en lisant tous les commentaires un par un. Décidément, je ne pouvais comprendre l'incroyable popularité dont celui-ci faisait l'objet. Si le débit de réponses ne diminuait pas dans les prochains jours, il allait falloir que je dégote une armée de secrétaires pour trier les messages pertinents et leur répondre. Ayez pitié d'un pauvre étudiant s'il vous plaît ! Je ne vais pas pouvoir être disponible pour vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre !  

Trop occupé à contribuer au bon fonctionnement de mon métabolisme à grand coups de fourchette, je négligeais le bouton « new reply », me contentant seulement de parcourir rapidement l'ensemble du fil de discussion, m'attardant parfois sur quelques commentaires pertinents. Cependant, lorsque j'en arrivais enfin au bout et que je lus le tout dernier message, je ne pu réprimer un sourire amusé et poussais mon assiette du plat de la main pour répondre à ce dernier.

Spoiler:
 


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