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Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie

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Albert Cobain
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MessageSujet: Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie EmptyDim 9 Juin 2013 - 10:58
Source : Hachette-education Géographie 1res L/ES/S



Monde Réel


C’était un samedi comme tous les autres : un samedi pluvieux, qui narguait les prévisions météo et l’été qui s’annonçait. Pourtant, cela ne me dérangeait pas, car je ne sortais jamais, et si je vous parle de ce jour, c’est qu’il y a bien une raison.

Car je n’aimais pas les samedis, c’était le jour des visites où je devais subir la compagnie ennuyante de la belle-famille, c’est-à-dire du frère d’Emilie, de sa femme et de leur fils. Ils étaient persuadés que la solitude me pesait et qu’ils me remontaient le moral !

Au final, je devais surtout subir leur présence.

Je regardais la vieille pendule accrochée à la cuisine. Il était midi moins vingt et, toujours à l’heure tels des vétérans de la Légion Etrangère, ils n’allaient plus tarder. Je vérifiai rapidement que tout était prêt ; le poulet était bien au four, en train de passer calmement du stade caramélisé au stade carbonisé.

Quant au désert glacé, je l’avais fait passer au micro-onde car, le soleil n’étant pas au rendez-vous, je n’avais pu faire autrement. Il ne me restait plus qu’à sortir les assiettes du lave-vaisselle (qui n’avait pas tourné, bien entendu), les passer quelques secondes sous l’eau froide et tout serait prêt.

Au menu : poulet à la Jeanne d’Arc, servi sur son lit de cendres. Pas d’accompagnement, pas d’entrée, ni rien. Et pour seul dessert, une flaque liquide de vanille et de fraise, parsemé de petits morceaux de fraise (et qui était encore chaude.)

D’ailleurs, le micro-onde avait bien besoin d’être nettoyé…

C’était mon petit rituel hebdomadaire, leur préparer un repas immonde, servi dans des assiettes sales, qu’ils faisaient semblant de déguster avec engouement. Je prétextais ensuite des maux de ventre, monter à l’étage m’empiffrer de pizza, et revenait à table sans toucher à mon assiette, prétextant n’avoir plus faim.

Toutefois, j’y étais allé un peu fort avec le poulet… Il fallait que je trouve une excuse imparable.

La cloche du portillon tintinnabula et je me précipitai vers la porte, endossant mon rôle de « Papi gâteau » qui veut bien faire. Le premier à entrer fut André, mon beau-frère. C’était un bel homme d’une cinquantaine d’année, que l’âge semblait avoir épargné. Il était toujours sur son trente et un, arborant cette fois-ci un costard gris, qui allait bien avec sa chevelure poivre et sel.

Ah ! Que j’avais hâte qu’il essuie, par mégarde, ses doigts maculés de graisse et de cendre sur son si bel ensemble !

Comme s’il avait lu dans mes pensées, ses yeux d’un bleu glacial me dévisagèrent, leur rudesse étant toutefois contredite par le franc sourire qui se dessinait sur son visage. Il me tendit une main, que je serrais avec vigueur avant de me tourner vers sa femme.

Celle-ci n’avait qu’une quarantaine d’années et était encore fort belle. Sa si belle chevelure blonde était maintenue en chignon, et un sincère sourire sublimait ses traits. Ses yeux étaient d’un vert intense, dans lequel il était aussi facile de se perdre que dans une forêt dense. Elle se nommait Marie.


- Comment vas-tu ?
- Nous allons bien. Et toi, Albert ?
- Bah, il y a des hauts et des bas…

Elle ne dit rien, et je m’avançai vers le dernier venu. C’était le neveu d’Emilie ; il s’appelait Valentin. Il me fit la bise maladroitement, et se dépêcha de trouver une chaise où s’asseoir, avant de sortir son portable. Ces jeunes, à croire qu’ils étaient en permanence fatigué !

- J’aimerais te demander un service, Albert.

Je détournai mon regard du gosse et le reportai sur André. Il n’y allait pas par quatre chemins, le André ! Il ne m’avait même pas demandé si j’allais bien…

- Qu’y a-t-il, André ?
- C’est Valentin… Tu sais qu’il va bientôt devoir passer son bac d’Histoire-Géo… Je voulais savoir si ce n’était pas possible que tu le gardes chez toi une semaine…

Cette nouvelle me stupéfia tant et si bien que j’allais me trouver un siège, suivi d’André, et je m’y laissai tomber.

- Une semaine… Et bien… Hum… Comment dire…
- Bah, tu vois jamais le petiot, ça te donnera l’occasion d’apprendre à mieux le connaître, tu l’aideras à réviser…
- Réviser ! Mais… Euh… J’ai beaucoup de choses à faire…
- Al’, t’es à la retraite depuis belle lurette, tu ne vas me faire croire que tu as tant d’obligations que ça ?! Si cela te dérange à ce point de t’occuper de Valentin, ce n’est pas grave. On trouvera quelqu’un d’autre.

La discussion prenait un sale tournant et je savais que je n’allais pas en sortir vainqueur. André ne me laissait pas le choix, et je ne désirais pas passer pour un égoïste à ses yeux ou à ceux de sa femme.

- Okay. On fait comme cela.
- Génial ! s’exclama André, triomphant. Au fait, désolé mais Marie et moi allons manger en ville pour une fois. On reviendra chercher Valentin la semaine prochaine !

Et il repartit, suivie de sa femme qui me lança un « A Vendredi ! » enthousiaste. J’étais sur le cul.

Non seulement ils me laissaient le mioche sur le dos, mais en plus ils partaient au bout de seulement cinq minutes, comme des voleurs, et ne restaient même pas savourer mon délicieux repas. C’était un poisson d’Avril ou quoi !?

En tout cas, je pouvais faire une croix sur le poulet que j’avais préparé. Je mis rapidement la table pour moi et Valentin, et l’appelait pour qu’il vienne manger.


- Bon, je te préviens, je n’ai pas pu faire grand-chose. Voici le plat. (Je sors le poulet du four et le pose sur la table. Il est aussi noir que les cendres qui l’entourent.)
- J’ai plus faim.

L’adolescent se leva, et regagna sa place, son visage exprimant un certain mécontentement. Il avait les mêmes yeux que sa mère, et je me sentis aussi honteux d’être foudroyé du regard par lui que s’il s’était agi de Marie. Je me levais finalement et allais chercher la pizza qui se trouvait à l’étage.

Je la descendis et la posai sur la table. Elle était chaude, et un délicieux fumet constitué d’effluves de tomates, d’épices et de fromage fondu emplit la pièce. Je n’eus pas besoin de l’appeler que Valentin se trouvait déjà assis en face de moi, le regard figé sur la pizza.


- Finalement, j’ai encore faim.
- Ben, mange alors, répondis-je tout en lui filant la moitié de la pizza.

Nous mangeâmes en silence, savourant ce délicieux plat. Nous voulûmes ensuite passer au désert et manger la glace, à présent refroidie, mais j’avais oublié un léger détail : je l’avais salé et elle était immangeable.

Une fois la question de la nourriture résolue, je lui confisquai son portable et lui demandai son manuel de Géographie, qu’il me tendit à contrecœur. S’ensuivit une bonne heure de révision, où je lui fis me lire plusieurs passages. Puis, il me laissa son manuel et partit s’installer dans la chambre d’invité, tandis que je feuilletais ses cours.

Ce n’était pas si inintéressant que ça et je me laissai emporter dans la lecture, jusqu’à ce que mes yeux deviennent lourds. J’avais l’impression de relire cent fois la même phrase, j’avais l’impression de relire cent fois la même phrase, j’avais l’impression de relire cent fois la même phrase, j’avais l’impression de relire cent fois la même phrase, j’avais l’impression de relire cent fois la même phrase et je m’effondrai finalement de fatigue.



Dreamland


Se réveiller n’avait rien d’agréable, surtout lorsqu’on venait de s’endormir. D’autant plus que l’endroit où je me retrouvais n’avait aucun point commun avec mon tendre et vieux salon, chargé de souvenir, que je venais de quitter.

Première chose à faire en venant à Dreamland : vérifier ses effets personnels. A mon grand désarroi, je ne portais toujours pas mes sublimes lunettes à monture rouge. De ma superbe, je ne conservais même pas mon habituelle chemise hawaïenne, qui avait été remplacé par un costard ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui d’André.

J’étais assis, comme quand je m’étais endormi, sauf que c’était à présent sur un fauteuil en cuir rembourré qui se trouvait en face d’un très sobre bureau. Ce bureau était noir, entièrement noir. Il n’y avait pas la moindre feuille, pas le moindre matériel de bureau. Non absolument rien qui puisse montrer à quelle utilité ce meuble pouvait servir.

Et derrière ce bureau, il y avait une femme. Un chignon sévère, un regard plissé derrière ses lunettes rétro, une moue de mépris et un tailleur très chic qui dévoilait de longues et fines jambes et donnait envie de passer sous le bureau… c’était une secrétaire, et j’avais envie de me la faire.


- Bien le bonjour, Monsieur Arrhes. Vous avez actuellement dix minutes, vingt-quatre secondes et douze centièmes de secondes de retard. Alors cessez de regarder dans le vide ou je vous retire votre salaire !

Mon salaire… Mais je ne connaissais cette femme ni d’Adam, ni d’Eve… Et puis, j’étais sensé m’appeler Albert Cobain à Dreamland, pas Albert Arrhes…

- Désolé mais vous vous trompez d’homme, mada..mademoiselle. Je suis Albert Cobain… commençais-je.
- … Albert Arrhes, professeur remplaçant, venu dispenser son enseignement au BAC. (Elle pointe une affichette derrière elle.) Vous commencez de suite, alors dépêchez-vous !

Je prêtais soudainement attention à la déco des lieux, enfin plutôt à l’absence de déco des lieux. Les murs étaient blancs, d’un blanc éclatant et habillé de quelques étagères, remplies de dossiers étiquetés et rangés avec soin. Derrière la secrétaire, il y avait effectivement une affiche sur laquelle était écrit :


Bâtiment d’Aide aux Cancres.

♦ La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son ♦

La secrétaire m’adressa un clin d’œil appuyé auquel je répondis par un sourire éclatant. Elle mit sa main sous son bureau, et j’entendis un léger cliquetis. Le sol s’ouvrit sous mes pieds et, cherchant à agripper quelque chose afin d’éviter la chute, je me retrouvais avec un exemplaire d’un manuel de Géographie.

Je finis par toucher le sol, après avoir crié tout mon soûl. Un épais tapis constitué de plumes avait amorti ma chute. Ces plumes me rappelaient mon enfance et je plongeai dans une légère nostalgie dont je sortis quelques minutes après.

J’étais dans une sorte de pièce légèrement éclairé par des fenêtres donnant sur l’extérieur, il n’y en avait que deux, et elles avaient des barreaux plus épais que mes jambes. Je ne disposais que de quatre mètres carré d’espace, et je me dirigeai donc vers la seule porte dont disposait cette pièce. Sur cette dernière, il y avait écrit « A2 ».

Je pris une profonde respiration : j’allais le faire, j’allais enseigner à des cancres et toucher un salaire Dreamlandien.

Je pénétrai dans la pièce comme un gladiateur s’avançant dans une arène, m’attendant au pire. C’était une salle de classe plutôt commune, disposant de quatre rangées de huit pupitres et d’un bureau. Au tableau, un petit plaisantin amateur de Tolkien avait écrit : « Un bureau pour les gouverner tous et dans les ténèbres de l’illettrisme les lier ».

J’étais tout de même impressionné qu’il n’ait fait aucune faute. Il n’y avait pas un bruit et je m’avançai calmement vers mon bureau, m’y asseyant. Et poussai un cri de douleur !

Un rire général éclata et je me relevai soudainement, en jurant.


- Fichtre ! (Je ne pouvais pas m’exprimer comme je voulais en face de mes élèves.) Qui a fait ça !? On se croirait de retour dans les années cinquante !
- C’pour vous rappeler votre enfance, m’sieur ! répliqua un grand blond élancé, coiffé à la Justin Bieber.

Cela pourrait vous étonner mais ce sale gosse se trouvait dans le fond. Un stylo qui gambadait allégrement sur mon bureau attira mon attention et j’ignorais pour le moment la masse de moutons stupides qu’était mes élèves. Il était bleu, et finit par trouver la feuille qu’il cherchait, avec qui il finit par s’accoupler.

Au bout de quelques minutes, alors que le silence était revenu dans l’assistance, je pus lire sur la feuille quelques lignes de mots, issues de diverses projections d’encre :


« Bonjour Monsieur Arrhes.

Je suis votre assistant, et je m’occuperais d’écrire vos dires, ou même de vous soufflez le cours. Faites attention à ce que vous dites, il n’y a quasiment que des Rêveurs parmi vos élèves. Méfiez-vous cependant des quelques Voyageurs qui s’y trouvent, ils tenteront de se fondre dans la masse mais seront les premiers à vous jouer un mauvais tour.

Cordialement. »


Je me relevai, enlevai la punaise et allai prendre la craie. J’écrivis au tableau : « Monsieur Arrhes » et me présentai :

- Je suis Monsieur Arrhes, votre nouveau professeur d’Histoire-Géo. Et je…
- … Vous ne devriez pas être à la retraite, m’sieur ? me coupa un autre de mes élèves.
- … vais aborder aujourd’hui le thème 2 de votre programme d’Histoire-Géo : Aménager et développer le territoire français. (Je l’ignorais superbement) Nous allons commencer tout d’abord par répondre à la question : Comment valoriser et ménager les milieux ?


Valoriser et ménager les milieux
♦ Un prof paresseux ♦

» Tout d’abord, il faut savoir que, bien que situé en zone tempérée, à l’exception des territoires ultramarins, le territoire français offre une grande variété de paysages liées à la diversité climatique. C’est l’ancienneté de la valorisation des milieux qui, à travers les activités agricoles et touristiques, a largement contribué à façonner les milieux français.

» Si son territoire présente quelques contraintes, la France est l’un des pays européens les plus exposés aux aléas naturels
(surtout au niveau des DOM, c’est-à-dire des Départements d’Outre-Mer). Ses contraintes sont parfois aggravées par les actions humaines. Notez donc que l’artificialisation des milieux augmente, et cela provoque des dégradations et des conflits d’usage entre différents acteurs.

» Heureusement, l’Etat français s’efforce de gérer et de protéger les ressources et les milieux. Les paysages remarquables et…
(Je m’efforçais de ralentir l’allure, car le stylo peinait à écrire ce que je devais dire à l’oral, et il fallait tout de même que je lui laisse le temps de s’accoupler avec une nouvelle feuille quand il avait fini avec une) … les espaces fragiles sont réglementés par une législation et la constitution de périmètres de protection. Le ménagement des territoires est aujourd’hui une nécessité pour la mise en place d’un développement durable. La gestion des milieux se pense d’ailleurs de plus en plus aux échelles européenne et mondiale.
- Enfin ! C’est fini !
- Non, ce n’était qu’une mise en bouche avant le vrai cours, gamin, répondis-je à l’impertinent. Par contre, je vous propose de faire des allègements. De nombreux allègements. Qui en a quelque chose à foutre du développement économique des milieux alpins ?

Il n’y eut pas un bruit, pas un murmure dans la salle, même si les élèves affichaient des sourires de vainqueurs.

- Okay. On oublie donc les milieux alpins et également le Languedoc-Roussillon ! Et avant de commencer le cours, on va définir les différents mots que l’on va être amené à employer. C’est parti :

» Notez que l’anthropisation, c’est la transformation de milieux naturels sous l’action de l’homme.

» Que l’environnement est un milieu naturel au sens étroit, mais est l’ensemble des éléments naturels et sociaux qui nous entourent au sens large.

» Que les milieux naturels sont des espaces marqués par une combinaison de caractéristiques naturelles, économiques, sociales et culturelles, et que cette notion, très large, est voisine de la notion d'environnement.

» Que le paysage n’est pas qu’un type de tableau mais est également une portion du territoire perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels ou humains et de leur interrelations, c’est-à-dire des différentes relations entre les facteurs naturels et humains.

- C’est bon, vous avez tout noté, tout ancré dans votre mémoire ? Vous vous sentez moins cons ? Ben c’est parti pour la première partie du cours, c’est-à-dire pour les potentialités que présente le territoire français :

» Retenez tout d’abord qu’il s’agit d’un territoire vaste et privilégié à l’Ouest de l’Europe –ou à l’Est, puisque la Terre est ronde- enfin, oubliez ce que je viens de dire, ça va vous perturber. Il s’agit de l’état le plus étendu d’Europe occidentale, il représente en effet 1/5 de l’Union Européenne et dispose d’une vaste zone maritime. (633 000 km², 544 000 en métropole et 89 000 pour les DROM, c’est-à-dire pour les Départements et Régions d’Outre-Mer) La France est souvent représentée par un hexagone de 1000 km de côté, le territoire métropolitain étant frontalier avec six états.

» De plus, elle bénéficie d’une triple ouverture maritime, ce qui renforce sa position de « carrefour européen ».

» Elle est topographiquement contrastée puisqu’elle alterne des espaces de plaines – qui représentent 2/3 de sa superficie, je rappelle qu’un plaine est un milieu plat sur lequel passe un fleuve- et une part significatives de montagnes dont les trois chaînes alpines : les Alpes, le Jura et les Pyrénées.

» Du côté des territoires européens, pardon, ultramarins, les atolls polynésiens, c’est-à-dire des îles coralliennes basse des océans tropicaux et non pas des opticiens, contraste avec les reliefs volcaniques de la Réunion ou de la Guadeloupe.

» Côté météo, les climats de la France métropolitaine varient de… Mais on s’en fout ! Je suis prof d’Histoire-Géo, pas animatrice météo !

- C’est sûr qu’avec votre sex-appeal d’huître…
- Ta gueule ! Reprenons et finissons de répondre à la question de la valorisation des milieux urbains. D’ailleurs, ce cours pourrait faire l’objet d’une composition sur le thème de « la gestion durable des milieux en France » alors soyez attentifs.

» Pour autant, la France n’est pas un milieu si valorisé que ça. En effet, à cause d’une anthropisation ancienne, elle ne compte plus à proprement parler de « milieux naturels » et ce, au grand dam de cette vieille peau de Brigitte Bardot. Car ces milieux ont subi l’influence de l’homme, certes moins en Amazonie guyanaise qu’en région parisienne. On peut citer comme exemple les transferts d’eau ou la construction de la route des Tamarins à La Réunion.

» Pourtant, l’environnement doit être compris plus largement : les milieux ruraux remplacent les milieux naturels ; les espaces de production agricole et forestière couvrent 88% du territoire métropolitain. La forêt en occupe près de 30 % et constitue le troisième massif de l’Union Européenne. Sa superficie a progressé en métropole de 46% depuis 1945 et a doublé en 200 ans.

» Les grandes vallées ont fixé le peuplement et une partie des grandes villes, et ont été fortement transformées, comme la vallée du Rhône.

- Bon, vous avez bien suivi cette partie du cours ? J’en vois qui dorment dans le fond, réveillez-vous, pas de problème. Au moins, vous fermez vos gueules c’est déjà ça. Passons à la suite :

» Généralement, le territoire français est considéré comme pauvre en ressources, soit en produits énergétiques et en minerais, si on excepte la Nouvelle-Calédonie qui posséderait 40% des réserves de nickel mondiales. Il dispose néanmoins de matériaux de construction comme le gravier, le calcaire et le sable –surtout le sable- et des matières premières tel le soufre, le sel, le potasse. Il a également de nombreux atouts et de milieux, et certains géographes nomment cette diversité « l’abondance ».

» Aujourd’hui, les énergies renouvelables connaissent une croissance rapide. Par exemple, l’éolien qui était inexistant jusqu’en 1998, produit 4 000 MW en 2008. Mais elles restent peu présentes en comparaison des autres types d’énergies et des autres pays européens ; 84% de l’énergie primaire provient du nucléaire.

» Les paysages peuvent être considérés comme de nouvelles ressources : la France dispose de paysages emblématiques et mondialement connus, comme le vignoble de Saint-Emillion, la Vallée de la Loire ou encore le Mont-Saint-Michel. Il y a donc des conflits d’usage, y compris lors de la construction de parcs éoliens offshore.

- Voilà, on en a terminé avec cette question. Et avant d’aborder la suivante, on va définir d’autres termes :

- Oh non !

» Notez donc que les aléas sont des évènements imprévisibles mais probables, d’origine naturelle, technologique ou naturelle et pouvant occasionner des dommages.

» Que l’artificialisation, c’est le résultat de l’action des hommes sur un milieu.

» Que les conflits d’usage sont des conflits entre les différents utilisateurs d’un même espace ou d’une même ressource.

» Que les contraintes sont des éléments naturels, physiques ou climatiques qui opposent une résistance à l’action humaine.

» Que l’enjeu, c’est un élément mesurable de ce qu’une société peut perdre en cas de catastrophe : vies humaines, infrastructures ou biens.

- Bon, normalement, je dois également définir les termes « pressions » et « vulnérabilité » mais j’ai la flemme, donc on va passer directement au cours. Inutile de poser des questions, je n’y répondrai pas : de toute manière, si vous n’avez pas compris quelque chose c’est parce que vous n’avez pas écouté ou que vous êtes cons. Et dans les deux cas, je ne peux rien faire pour vous.


Dans l’assistance, beaucoup dormaient. D’autres jouaient au morpion, dans le fond. Les plus studieux feignaient de m’écouter attentivement mais ce n’était pas leur regard vitreux qui allait me feinter. Il n’y avait aucune jolie fille dans la classe. En effet, celle qui s’approchait le plus de cette description évoquait le croisement entre Diam’s et Fifi Brin d’acier.

Effrayant…

J’étais moi-même en train de somnoler à moitié, mon propre cours me donnant envie de dormir. Dire qu’il restait encore énormément de chapitres à traiter… Allais-je pouvoir y arriver ? C’était une question que je commençais sérieusement à me poser. Pourtant, je décidai de reprendre mon cours là où je m’étais arrêté


» A quels pressions et à quel conflit d’usage les milieux français sont-ils soumis ? Tout d’abord, il faut savoir que les contraintes sont à nuancer dans un pays développé. Il faut en effet prendre ne compte le niveau élevé du développement et des riches en France, qui font que le poids des contraintes naturelles dans le fonctionnement des territoire s’est considérablement amoindri.

» D’autre part, la place donnée aux contraintes varie selon les acteurs et l’organisation des territoires. Par exemple, si la neige peut favoriser la pratique des sports d’hiver elle peut également freiner la fluidité des déplacements.

» L’éloignement de la France d’outre-mer constitue également une contrainte, puisqu’elle est de ce fait isolée. Mais c’est également un atout puisqu’il permet au pays de disposer d’une vaste zone maritime.

» En raison de cette vaste étendue, la France connaît tous les aléas naturels présents sur la planète, les risques climatiques étant supérieur en climat tropical, et la situation des Antilles induisant une séismicité et un volcanisme élevé.

» L’un des risques les plus fréquents est le risque d’inondation. Ainsi, plus de 23500 communes sont aujourd’hui exposées à un ou plusieurs risques naturels. Et Paris n’est pas en reste puisqu’une inondation de Paris par la Seine pourrait coûter plus de 17 milliards d’euros, soit plus de sous que vous ne pourrez jamais vous faire dans toute votre vie, les mioches.

- Bon, là, votre manuel aborde le souci des sociétés, le fait que vu qu’elle se rapproche des sources de danger, cela augmente leur vulnérabilité et blablabla. Vu que je m’en bats totalement et violemment les couilles, on va passer à la suite.

» Existe-t-il une « surexploitation » des milieux ? Rappelons que l’artificialisation s’accélère dans certains milieux (littoral, périurbain) mais ne touche pas l’essentiel du territoire, qui se renaturalise en partie. Renaturalise… Les mioches, je crois que votre manuel ne parle pas très français… De toute façon, je m’en fous !

» Ce sont les pressions anthropiques sur les espaces qui sont liées à l’étalement urbain et aux infrastructures. Hum, j’ai la flemme de vous parler de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, dont les travaux prévus de 2014 à 2017 détruiront 2000 hectares de bocage et entraînera la disparition de plusieurs exploitations agricoles. Retenez tout de même que ces pressions occasionnent des conflits d’usage entre urbanisation et activités économiques.

» Encore un autre truc dont je n’ai rien à faire : les pressions sur les milieux sont variés. Cela va du drainage des zones humides à l’impact de l’extraction du nickel sur les paysages de la Nouvelle Calédonie. Mais ils ne vont pas se plaindre car ce nickel représente 95% de la valeur des exportations, et assure 6000 emplois au total, donc je ne vois pas ce que cet exemple vient foutre là ! Puis, vous trouvez ça si moches que ça, les infrastructures d’extraction du nickel ?

- En tout cas, tout autant que vous, m’sieur, répondit un jeune homme, à trois rangées à peine de moi.
- Ton nom c’est Kévin, c’est ça ? Parle pas trop, avec tous les boutons que t’as sur la gueule, je dirais que t’aurais bien besoin d’une extraction à grande échelle… En tout cas, je suis ravi de vous dire les morveux qu’on arrive bientôt au bout de nos peines : il ne reste plus qu’une partie à ce fichu cours.

Je regarde le manuel à la page indiquée par le stylo bleu, et mon visage devint livide : la liste de mots à connaître est indiciblement longue !

- Bon, voici les mots à connaître, et vu qu’on a plus trop de temps, lepremierquil’ouvrejeluipètesagueule !

» Notez donc que la Directive Seveso est une réglementation européenne imposant aux établissements industriels dangereux de prendre des mesures pour prévenir les accidents majeurs.

» Que le ménagement est une formule désignant une gestion plus douce des milieux, plus respectueuse de leur intégrité et de leur fonctionnement.

» Que le PPRI est un Plan de Prévention des Risques d’Inondation qui vise à prévenir et limiter les conséquences de fortes crues grâce à une meilleure maîtrise de l’urbanisation.

» Que le PPRT est un Plan de Prévention des Risques Technologiques, imposé par la loi du 30 juillet 2003 et qui a l’objectif de protéger les salariés et les riverains des sites industriels dangereux.

» Que la prévention, c’est l’ensemble de mesures visant à éviter ou à réduire un risque, envisager la nature des dommages sur les individus et les biens, informer la population, et plein d’autres choses dont on s’en bat les bourgeons de chair.

» Que la prévision, c’est la méthode qui consiste à déterminer, à l’aide de moyens scientifiques, le moment ou l’ampleur d’une catastrophe.

» Que le principe de précaution consiste en l’adoption de mesures visant à éviter ou réduire un risque, même en l’absence de certitudes scientifiques sur les conséquences de ce risque.

» Que le protocole de Kyoto, ce sont des accords signés en 1997 pour réduire de 5% les gaz à effet de serre d’ici 2010. Il n’a pas été ratifié par tous les pays industrialisés (Etats-Unis, Australie) qui s’en mettent plein les fouilles. Mais on s’en bat les… Non, c’est pas grave, rendormez-vous, c’était juste pour voir si vous suiviez.

» Que la ZNIEFF est la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, qu’elle est recensée depuis 1982 et qu’au contraire des parcs naturels, n’a pas de valeur juridique propre.

» Afin de gérer et protéger durablement les milieux et les ressources du territoire, la France dispose d’outils de gestion à l’échelle locale.

» Un périmètre des risques est déterminé localement pour assurer leur prévision et le principe de précaution est invoqué pour éviter les dangers immédiats ou prévenir certains risques.

» Les PPRI réglementent l’urbanisation en interdisant la construction sur des terrains exposés à des aléas dangereux. Depuis 2003, le même dispositif existe pour l’industrie avec les PPRT qui épaulent la Directive Sevenso.

» Le ménagement des grands fleuves entraîne une destruction du bâti dans certaines zones inondables comme le Loire ou le Rhin dans un objectif de prévention. Mais il arrive que ces destructions arrivent après la catastrophe, comme en 2010 où 761 habitations ont été classées en zones noires APRES la tempête Xynthia. Comme quoi, le ménagement des grands fleuves c’est un peu comme les antibiotiques, c’est pas automatique.

» Aux échelles régionale et nationale, la France protège les milieux emblématique –en passant, Kévin, tu devrais mieux protéger ta mère, c’est un peu devenu le milieu d’habitat de nombreux têtards blancs et microscopiques, et il serait dommage de lâcher sur cette planète une autre calamité visuelle.

» En effet, plusieurs cadres de protection existent, certains étant même antérieurs à la création du Ministère de l’environnement (en 1971) –à ne pas confondre avec la création du Ministre de l’environnement qui, vu sa gueule, ne date pas du siècle dernier.

» Les 10 PN, Parcs Nationaux, restent les fleurons du dispositif de protection des espaces naturels. Ne pas oublier que leur cœur est inhabité, hormis par quelques primates mais pour plus de détails, demandez à Kévin de vous présenter sa petite famille.

» Les 46 PNR, Parcs Naturels Régionaux, dotés d’une protection non réglementaires comme les parcs nationaux, sont avant tout orientés vers le développement équilibré de ces territoires ruraux.

» Depuis 1982, plus de 900 ZNIEFF dont office d’inventaires et permettent l’étude de la richesse de la flore et de la faune.

» Enfin, la protection se décline de matière spécifique en fonction des milieux, que ce soit par des outils d’acquisition foncière comme le Conservatoire du Littoral, ou par des lois régulant l’urbanisme, comme la Loi Montagne en 1985 et la Loi Littoral en 1986.

» Aux échelles européenne et mondiale s’inscrit une gestion durable. L’intervention européenne peut se décliner de plusieurs manières : avec le label Capitale verte de l’Union européenne qui, depuis 2006, gratifie des politiques de durabilité de villes européennes. Elle s’occupe également de financer des projets de durabilité à travers ses programmes, et le réseau Natura 2000 (1992) regroupe 1749 sites dignes d’intérêt pour la conservation de la biodiversité.

» L’intervention mondiale, elle, se traduit surtout par des recommandations et des conférences : la France a signé la Convention Ramsar pour la protection des zones humides et ratifié le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

- Maintenant, vous allez me montrer les notes que vous avez prises. J’espère que vous n’avez pris que l’essentiel…

- Bien sûr, monsieur. Que l’essentiel, répondit l’ersatz de Diam’s assis au premier rang.

Je m’avançai donc vers la table de la demoiselle, laissant mon bureau au bon soin du stylo. Elle me regardait avec un sourire goguenard, mais je préférais le laisser de côté plutôt que de m’énerver. Elle me tendit finalement sa feuille, que je contemplais avec stupeur : il n’y avait rien ! Rien ! Rien ! J’avais passé l’heure à parler pour rien !

- Comme vous le voyez, il n’y a que l’essentiel, l’utile, continua-t-elle, insistant sur ces déplaisants mots comme si elle savourait le mal que cela me causait.

Je fulminais de rage, et je tournai vers elle un index réprobateur. Le serpent de sable rouge, tatoué sur mon bras, se détacha et devint un cercle, qui s’élargit et laissa tomber une bonne dose de sable sur l’impudente. Mon index devint un poing serré, et le sable se condensa, devenant l’arme de ma fureur.

Je fermai les yeux, puis les ouvris rapidement : le poing de sable s’élança et percuta la jeune fille violemment, qui tomba de sa chaise. Je n’avais mis que la moitié du sable dans cette sculpture éphémère, mais c’était amplement suffisant pour assommer la gamine pour un temps.

C’est alors qu’un violent flash lumineux emplit la pièce et me carbonisa les pupilles, avant même que je n’eusse prononcé le moindre son. Je ne voyais plus rien, et je sentis une poigne ferme m’attraper par le cou.


- Je vais te démonter, le vioque !

Je tentais de me baisser pour éviter un coup, mais me précipitai sur ce qu’il me sembla être son genou. Mon nez craqua et je sentis un liquide chaud dégouliner le long de ma joue, humectant mes lèvres et m’y laissant un goût de fer.

Je retrouvai finalement la vue : la Voyageuse –car s’en était une- m’avait agrippé et me passait maintenant à tabac. Elle était tout de même sérieusement amochée par le coup porté par surprise, mais se vengeait à présent. Un vilain hématome recouvrait le haut de sa gorge, et s’étendait jusque sur son opulente poitrine, qui parvenait tout de même à me faire loucher alors même que je me faisais éclater.

Un autre flash lumineux me fit retourner dans l’obscurité. J’étais vraiment dans la merde puisque je ne pouvais pas manipuler le sable si je ne le voyais pas. Je tentais maladroitement de porter des coups à la jeune fille mais elle était bien plus forte que moi physiquement.

S’attaquer à un vieillard ! Elle n’avait pas honte ?!

En tout cas, il y avait eu un laps de temps d’environ vingt secondes, entre le moment où j’eus recouvré la vue et celui où je l’eus perdue à nouveau. Et donc, quand je recouvrai la vue, c’est tout naturellement que je fermais les yeux afin de les protéger du flash, que je ne tardai pas à percevoir par la soudaine rougeur translucide de mes paupières.

Je me jetais alors en avant, fermant le poing droit et le tendant comme Superman. Puis, je cessai de bouger mes jambes et envoyai mon poing frapper le sol, de toute mes forces.


- Inutile ! railla mon adversaire, avant de pousser un cri perçant.

En effet, le sable que je venais de coller contre le plafond était tombé, sous la forme d’un gigantesque poing condensé, droit sur la nuque de la Voyageuse qui était penchée sur moi. Elle était à présent affalée contre moi, son sang coulant à flot. Elle ne semblait plus respirer et, devant mes yeux étonnés, elle commença à s’évaporer, en volutes de fumées blanchâtres.

J’avais tué mon premier Voyageur. Et je devais à présent calmer le reste de la salle qui s’était agglutiné contre le mur.


- Du calme, les gosses, du calme ! Le dernier arrivé à sa chaise, je le bouffe !

Comme je l’avais escompté, les mioches s’assirent bien vite à leur place. Je me dirigeai vers le tableau d’un pas que je voulais calme et assuré. Résultat : je marchais comme un canard qui s’était fait démonter le derrière à grand coups de pied. Les coups que m’avait infligés cette salope m’avaient laissé des séquelles.

- Maintenant, je vais vous résumer la leçon que l’on vient de voir. Et si, à la fin de l’heure, vous n’avez pas tous copiés ce que j’ai dis, mot pour mot, je vous tue tous !

» Comment les milieux français sont-ils valorisés ?

» La valorisation des milieux s’accélère en France. En effet, les milieux naturels n’existent plus en France étant donnée l’ancienneté du peuplement. Même si l’anthropisation des milieux varie selon les potentialités, elle s’est accélérée récemment. Ainsi, le développement agricole et industriel ou l’étalement urbain ont transformé durablement les milieux. De plus, l’explosion des loisirs a entrainé la valorisation d’espaces, montagnards et littoraux, qui étaient en marge au début du XXème siècle. Les choix de sociétés ont donc des répercussions importantes sur l’évolution des milieux.

» A quelles pressions et à quel conflit d’usage les milieux français sont-ils soumis ?

- Putain, je suis obligé de me faire les questions-réponses car je suis certain qu’aucun de vous ne sait lire !

» Les milieux sont de plus en plus exposés aux aléas et dégradés. La valorisation des milieux a pu transformer certaines contraintes en risques. Ainsi, l’urbanisation dans les zones inondables reste un cas préoccupant qui augmente la vulnérabilité des populations exposées. De plus, la société est de plus en plus sensible aux dégradations des milieux qui sont la conséquence de pratiques parfois peu respectueuses du fonctionnement des milieux. Par ailleurs, dans certains milieux valorisés par plusieurs activités, des conflits d’usage peuvent apparaître pour le partage de l’espace ou des ressources.

» Comment gérer et protéger durablement les milieux et les ressources du territoire ?

» Les politiques de protection doivent tenir compte des intérêts des différents acteurs. La gestion des milieux se réfléchit à toutes les échelles géographiques et un nombre élevé d’acteurs et d’institutions y participe. Toutefois, cette gestion qui concourt au développement durable prend différentes formes. Ainsi, si les politiques de zonage à l’échelle locale orientent l’occupation des milieux, la protection menée au sein des parcs nationaux peut interdire la pratique de certaines activités. La gestion des milieux doit donc essayer de trouver un équilibre entre l’intérêt général et les intérêts particuliers d’une multitude d’acteurs.

» Et maintenant, quelques chiffres clés à retenir : 83% du territoire français est occupé par des espaces de production agricole et forestière. 9,4% du territoire français est artificialisé en 2008, soit 5,1 millions d’hectares. Il y a 10 parcs nationaux, et 46 parcs naturels régionaux.

» Tout de suite, vous allez me faire les plans de deux compositions. La première aura comme sujet « Les potentialités et contraintes du territoire français » tandis que la seconde aura pour sujet « La gestion durable des milieux en France ». Vous avez deux heures, exécution !


Je retournai ensuite à mon bureau et surveillais tout ce beau monde, attendant avec ennui que les deux heures passent et que je puisse enchaîner sur un second cours.

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Albert Cobain
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MessageSujet: Re: Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie EmptyDim 9 Juin 2013 - 16:13
Source : Hachette-education Géographie 1res L/ES/S

La France en villes
♦ Un prof dynamique ♦

Les deux heures s’étaient écoulés, et je fis ramasser les copies par l’une des seules demoiselles de la classe. Je posai ensuite le tas de feuilles sur mon bureau, laissant le stylo s’accoupler avec chacune d’entre elles afin de les corriger, puis prenais les feuilles de cours qu’il m’avait préparé. Il m’avait assuré avoir fait quelque chose de plus synthétique, et j’espérais que c’était vrai.

Je plongeai mon regard dans mon assistance, après avoir donné un grand coup de règle sur la table pour réclamer le silence. J’avais l’attention de mon auditoire et pouvais maintenant commencer mon cours.


- Comme d’habitude, vous allez tout d’abord noter les définitions des mots importants que nous utiliserons dans le cours, et nous verrons en même temps les différents points importants. 3, 2, 1 : Go !

» Agglomération : unité urbaine abritant une population supérieure à 2000 habitants comprenant la ville-centre et ses banlieues. Un pôle urbain est donc une agglomération caractérisée par la continuité du bâti.

» Aire urbaine : espace constitué d’un pôle urbain et d’une couronne périurbaine selon l’INSEE. En 2007, 82 % des Français vivent dans une aire urbaine, soit 61% dans un espace à dominante urbaine, 16% dans une couronne périurbaine et 5% dans un espace multipolarisé. C’EST DONC UN ESPACE MULTIPOLAIRE !

» Espace périurbain : c’est l’ensemble de communes distinctes de l’agglomération. C’est un espace habité par les personnes qui dépendent de l’agglomération pour leur emploi, leurs loisirs et leur mode de vie. Contrairement à l’agglomération, l’espace périurbain est mixte puisqu’il est ruraux par ses paysages mais directement polarisé par un ou plusieurs centres urbains. Ces espaces représentent près d’1/3 des communes françaises. C’EST BEAUCOUP !

» Etalement urbain : extension des banlieues et des zones urbaines à la périphérie des agglomérations.

» Les Trente Glorieuses : c’est durant cette période que la concentration urbaine s’est amplifiée avec la poursuite de l’exode rural, du baby-boom. BOOM ! Et après ça, on a des crétins comme vous, trop de crétins !

» 1975 : c’est à partir de cette date que la croissance des espaces agglomérés se ralentit, et que l’urbanisation se poursuit sous la forme de l’étalement urbain.

» A l’échelle européenne, la France se situe entre les Etats du Nord à l’urbanisation précoce, et ceux du Sud à l’urbanisation plus tardive.

» A l’échelle national, la population urbaine se rassemble autour de Paris et de l’Île-de-France, des grandes métropoles, le long des grands axes de communication et des régions littorales.

» Les Français sont désormais des urbains : ils vivent dans, ou en lien avec, des espaces urbanisés toujours plus faciles d’accès. CHRISTOPHE ! REVEIL ! Oui, je parle à toi dans le fond !

» Cadre de la ville durable : l’étalement urbain est remis en question (pollution, surcoût des infrastructures de transport…).

» Mobilités spatiales : elles dessinent des aires urbaines toujours plus étalées et polycentriques (plusieurs centres d’impulsion).

» Polarisation : capacité d’une ville à attirer une population et des activités. 90% de la population est désormais urbaine, en ajoutant les habitants des petites villes qui connaissent une polarisation de l’espace à dominante rurale.

» Urbanisation : processus d’augmentation de la population urbaine et de transformation d’un espace rural en un espace urbain. URBAIN ! Celui qui fait une faute à ce mot le copiera cent fois !

» Un territoire fortement métropolisé : voilà ce qui définit la France.

» Archipel métropolitain : ensemble des métropoles fonctionnant en réseau au détriment des espaces intermédiaires. Les métropoles françaises, soucieuses de renforcer leur place dans la hiérarchie des villes européennes, forment, avec la capitale, un archipel métropolitain.

» Armature urbaine : organisation hiérarchisée d’un ensemble de villes et de leurs zones d’influence. Sept grandes villes dominent cette armature : Lyon, Aix-Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Strasbourg. KEVIN ! Si tu continues de regarder le plafond comme tu le fais, je vais m’arranger pour qu’il tombe sur toi et toi seul !

» Cadre des fonctions métropolitaines : actif à fort niveau de qualification travaillant dans les secteurs clés de l’économie selon l’INSEE. Paris accueille 45% de ces cadres, et produit 29% du PIB national.

» Fonctions d’Etats : activités publiques de haut niveau telles les administrations, les universités, les centres de recherche, les grandes écoles. La concentration de ces fonctions au sein de la capitale se double d’une hégémonie économique croissante.

» Macrocéphalie : domination écrasante d’une seule ville à la tête d’un réseau urbain. L’internationalisation et les mutations de l’économie française favorisent la métropolisation du territoire tout d’abord au profit de la région capitale, qui est donc macrocéphale.

» Métropole : aire urbaine concentrant des fonctions directionnelles et exerçant un pouvoir de commandement sur d’autres territoires, urbains ou ruraux, à l’échelle régionale. Comparées à leurs homologues européennes, les métropoles régionales françaises sont plus petites en taille, n’ont pas de pouvoir autonome et ont un rayonnement international limité.

» Métropolisation : concentration des fonctions de commandement, des richesses et de la population dans les grandes villes.

» Paris est l’aire urbaine qui contribue le plus à la croissance démographique nationale, avec ses 11.8 millions d’habitants soit 18,5% de la population française.
C’est également la première capitale européenne, avec Londres, dotées de fonctions internationales de premier plan comme la finance, la culture, le tourisme, qui constitue une interface privilégiée entre la France, l’Europe et le reste du monde. Hé, John ! Au lieu de dessiner, écoutes plutôt ça : les aéroports parisiens assurent 70% du trafic aérien français !

» Paris et le désert français : expression utilisé afin de montrer la macrocéphalie de la capitale. Elle n’est plus justifiée de nos jours.

» La France va de plus en plus vers une organisation polycentrique : les grandes villes nouent de plus en plus de relations tandis que les villes petites et moyennes, plus spécialisées que les grandes villes, sont particulièrement vulnérables. 2/3 des aires urbains de 20 000 à 100 000 habitants perdent aujourd’hui des habitants.

» Entre-soi : stratégie d’évitement des plus pauvres que soi dans les choix d’habitat. Personnellement, j’essaie d’utiliser une stratégie d’évitement des plus con que moi, mais vu la classe de demeurés où je suis tombé ! Cette stratégie accentue les mécanismes ségrégatifs (lotissement, rue).

» Evitement scolaire : scolarisation des enfants dans les écoles les mieux réputées. Cela montre la volonté des groupes sociaux de se mettre à l’écart de la société urbaine.

» Fragmentation urbaine : étiolement des liens et durcissement des frontières spatiales entre les groupes sociaux. Cette fragmentation urbaine est de plus en plus accentuée.

» Gentrification : remplacement des populations modestes par des catégories aisées au mode de vie très citadin. Les centres connaissent donc un embourgeoisement très inégal et encore inachevé, qui est favorisé par des politiques de reconquête économique et patrimoniale.

» Mixité sociale : diversification de la composition sociale d’un quartier. Il y a d’ailleurs une volonté, depuis 30 ans, de mieux répartir le logement social pour favoriser cette mixité.

» Loi Solidarité et renouvellement urbain (2001) : les communes de plus de 3500 habitants doivent atteindre 20% de logements sociaux sous peine d’amendes. Toutefois, certaines communes préfèrent payer des pénalités.

» Paupérisation : appauvrissement de la population d’un quartier lié à la crise économique et au départ des couches moyennes. Au sein des banlieues, les communes aisées contrastent avec les secteurs marqués par les grands quartiers d’habitat populaire dont beaucoup sont classées en ZUS (zone urbaine sensible : quartier considéré en difficulté et prioritaire pour bénéficier des politiques de la ville). La crise économique et le départ des classes moyennes y provoquent un triple processus de paupérisation, d’ethnicisation et de relégation, sources de violences urbaines. On parle alors de « cités-ghettos ».

» Relégation : spécialisation de certains quartiers dans l’accueil de populations économiquement et culturellement démunies.

» Ségrégation : mise à l’écart de groupes ethniques ou sociaux par une séparation spatiale. NE CONFONDEZ PAS LES DEUX TERMES PRECEDENTS !

» Sécession urbaine : volonté de certains groupes sociaux de marquer une distance, sociale et physique, avec d’autres groupes, comme on l’a vu avec la stratégie d’entre-soi.

» Opposition ville-campagne : la périurbanisation a remis en question la croissance radioconcentrique de la ville et son opposition au monde rural. Cependant, cette opposition reste toujours vivantes dans les représentations collectives de l’espace (il y a une croissance en cercles du centre vers les périphériques).

» Périurbanisation : processus d’étalement urbain au-delà des limites des agglomérations dans des communes rurales situées à leur périphérie.

» Desserrement urbain, essor du tourisme et des loisirs : ils transforment radicalement les campagnes, et opposent ainsi les campagnes sous influence urbaine aux campagnes fragiles marquées par le recul démographique et économique. Les petites villes rurales dépendent des métropoles régionales.

- C’est bon ! Vous allez bien !? Pas trop mal au crâne !? C’est parti pour l’ultime partie de ce cours fascinant ! It’s okay to be teacher one day, oh yeah !

» Quels sont les formes, les facteurs et les acteurs de l’urbanisation du territoire ?

» L’urbanisation du territoire français s’amplifie au début du XXIème siècle ! En effet, de grandes aires urbaines associent les agglomérations aux espaces périurbains par un réseau complexe de communication. L’étalement urbain va de pair avec l’explosion des mobilités et l’émergence de nouveaux centres urbains.
Le pouvoir des grandes villes se renforce ! De plus, ce phénomène planétaire favorise l’affirmation de Paris-Île de France en tant que région-capitale et ville mondiale à l’interface entre la France, l’Europe et le reste du monde. Les métropoles régionales s’intègrent de plus en plus aux réseaux urbains européens tandis que les autres villes contribuent à « mailler » le territoire. Une structure polycentrique dominée par Paris constitue l’armature urbaine française. Retenez bien les sept noms suivants : Lyon, Aix-Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Strasbourg.

» Quels sont les inégalités produites ? Comment les réduire ?

» Ces mutations s’accompagnent d’une recomposition de la ségrégation sociospatiales dans les aires urbaines ! Les centres villes subissent une gentrification et les quartiers tendent à être socialement de plus en plus homogènes. La fragmentation sociale des territoires urbains est limitée par les politiques du logement social.

» Quels sont les nouveaux territoires de de l’urbain ?

» L’étalement urbain et l’explosion des mobilités ont profondément transformé les campagnes. La population agricole est désormais minoritaire à côté de nouveaux résidents permanents (essentiellement des retraités et des familles, mais aussi quelques actifs). L’économie résidentielle et le tourisme deviennent des secteurs-clés de l’économie rurale dans les campagnes où les activités agricoles sont inégalement représentées.

- Et maintenant, les chiffres-clés !

» 82% des Français vivent dans une aire urbaine, 60% dans un pôle urbain et 22% dans les espaces périurbains.

» Paris-île-de-France concentre près de 2 Français sur 10, 45% des cadres des fonctions métropolitaines, 29% du PIB français.

» La périurbanisation s’effectue : de 10 à 25 km autour des villes moyennes, de 40 à 60 km autour des métropoles régionales et au-delà de 100 km pour Paris.

- Et maintenant, vu que je suis chaud the night, passons au cours suiv… »
Je n’eus jamais le temps de finir ma phrase car l’instant d’après...


Monde Réel

…je me retrouvai dans mon salon, avec ce cher Valentin penché sur moi, qui s’exclamait :

« Dis, pépé, tu me fais réviser ? »


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Le BAC pour les nuls. Part 1 : Histoire-Géographie

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