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En quête de vérité [Quête solo/Partie 2]

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Surnom : Megan au Sang Noir
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Megan Cole
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MessageSujet: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Lun 4 Fév 2013 - 4:08


En quête de vérité
Partie: 2
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C’était enfin le matin. Megan se redressa dans son lit et la lumière du soleil qui pénétrait dans son appartement l’éblouissait un peu. Elle s’étira et bailla alors tranquillement. Après une nuit pareille, elle avait limite envie de se reposer, encore… Difficile quand même de se dire que ses nuits, enfin ses rêves, sont encore plus mouvementés que ses journées. Une odeur atroce lui prit le nez et la sortit de son état végétatif : ça puait un max dans ce studio !! Machinalement, elle leva un bras pour se renifler, mais nan, ce n’était pas elle qui sentait comme ça, en même temps, elle avait prit une douche avant d’aller dormir… Elle tourna alors la tête et comprit d’où venait l’odeur nauséabonde. La caisse de Ezio… Merde, elle avait oublié de la faire depuis un petit moment déjà… Pauvre bête, obligé de devoir affronter ça à chaque fois qu’il voulait se soulager.

Prenant son courage à deux mains, elle sortit de son lit et alluma la cafetière. Le temps que le café coule, elle aura fait la litière. Elle ramassa une écharpe posée sur une chaise et se l’enroula autour du cou ainsi que devant le visage. Sa servirait amplement pour ne pas mourir asphyxié. Elle prit un sac poubelle vide, l’ouvrit et coinça les bords à la litière. Là, elle prit une pelle pour gratter les cailloux et remuer ce… Ce tas de merdes, en même temps, ça l’était. L’odeur était encore pire une fois qu’on remue, mais fallait bien décoller les morceaux. Elle crut qu’elle allait tourner de l’œil. Elle souleva enfin la litière et vida son contenu dans le sac poubelle qu’elle ferma rapidement et balança sur son balcon : elle descendrait ça plus tard.

Elle se coula donc un café et alluma son ordinateur. Elle savait pas quoi faire, comme d’habitude. L’ennui est une chose terrible et une phrase vue un jour sur le net lui revenait souvent en tête : j’ai un pc, internet, une télévision, une console et pleins de jeux mais j’arrive encore à me faire chier. Triste réalité en effet… Elle alluma justement la télévision et décida qu’elle allait jouer un peu en même temps qu’elle se promènerait sur la toile. Un message lui dit qu’elle avait reçu une vingtaine de visites sur son profil et autant de messages… Foutu site de rencontre, il était grand temps de supprimer ce compte, surtout que ça l’agaçait : ce n’est pas là-dessus qu’on trouve quoique ce soit d’intéressant. Certes, le net est bien utile pour faire des rencontres, mais on est vite déçu par les autres, on a des attentes différentes ou simplement une vision des choses qui se contredisent. Si elle voulait trouver quelqu’un, elle pouvait sortir, rien que son travail pouvait l’aider à trouver. Mais bon, le célibat ce n’est pas si mal, quand on voit ce que l’amour peut apporter comme emmerdes. Ou encore le mal que l’on peut ressentir en s’intéressant à une personne qui elle, s’en branle royalement de vous et dit simplement qu’elle vous apprécie. La vie est ainsi faite, inutile de se torturer pour ça et inutile de chercher l’amour : ça n’arrive encore que au cinéma. Son pc sonna alors : une amie venait de lui parler. Une certaine Yûki, une geek vivant on ne sait où qui venait prendre de ses nouvelles. Son vrai prénom ? Megan n’en savait rien et elle ne s’en souciait pas vraiment alors qu’elle était amie avec depuis déjà plusieurs années. L’algophobe lui parla un peu, disant qu’elle hésitait à jouer à Assassin’s Creed. La réaction de l’autre fut expéditive : elle détestait ce jeu et sortit une tonne d’argument pour que la brune n’y joue pas. L’excuse la plus comique restait : je veux te parler, tu me manques quand tu n’es pas là. Mignonne cette petite quoi. Même si ce petit jeu était parfois très troublant. Megan opta donc pour un autre jeu qu’elle n’avait jamais testé et pourtant acheté depuis un bon moment déjà. On lui avait dit qu’il était bien mais très difficile mais pour raison inconnue, elle n’y avait jamais joué.

Jetant machinalement un regard à ses clopes, Megan hésita puis haussa les épaules : elle pouvait vivre une nuit à Dreamland sans fumer pourquoi aurait-elle besoin de s’empoisonner une fois réveillée ? Décidée à ne pas fumer, elle détourna les yeux sur un air de défis. C’est alors que Ezio bondit pour se placer devant l’écran plat, cachant le bas de l’écran et donc : les sous-titres du jeu. La jeune femme avait beau hurler ou l’appeler, Môssieur n’était pas décidé à bouger. Foutu chat à la con !! Elle se leva alors, se dirigea vers la gamelle du félin et lui mit une dose de croquettes aux thons. Le chat fila pour manger : elle avait gagné !

Le reste de la journée fut plutôt calme : Resonance of Fate et discussion avec Yûki et un autre pote geek. Sans oublier quelques discussions un peu troublantes avec une personne qui l’intéressait un peu, voir beaucoup… Sauf que pour l’autre le remarque ou finisse par se dire que Megan n’était pas une merde, elle aurait dut hurler ou peut-être se refaire le visage et le corps, enfin… Elle avait comprit que c’était mort et préféra donc oublier ou faire au moins genre qu’elle était passée à autre chose. Triste vie oui. Yûki était plus amusante et avec, il ni avait aucune prise de tête. Elle éteignit enfin la console, la télé puis le pc. Il était grand temps d’aller travailler. Un peu frustrée, elle envoya un message à la personne qui l’obsédait un peu même si cela ne changerait rien : quand la personne ne s’intéresse pas à vous, c’est mort, elle s’en fout de vous. Inutile donc de se voiler la face. Elle s’alluma finalement une cigarette : première de la journée vers dix-sept heures, elle tenait de mieux en mieux. Elle enfila un débardeur, un pull, des collants et une jupe puis une veste et il était grand temps de partir travailler.

Le trajet n’était pas long de chez elle au travail, mais elle avait le temps de réfléchir, un peu… Voir même beaucoup. Et involontairement, elle pensa à l’autre qui lui plaisait bien. Elle se mordit la lèvre en s’en voulant. Pourquoi y penser ? Cette personne s’intéressait à quelqu’un d’autre et savait pertinemment que Megan s’intéressait à elle. C’était encore une preuve qu’elle aimait souffrir ou simplement qu’elle était stupide, mais à bien y regarder c’était probablement les deux. Oui, elle aimait avoir mal, elle aimait les trucs impossibles et débiles. Finalement, avoir vaincu sa phobie n’aide pas : avant elle avait peur de souffrir physiquement, maintenant elle s’acharnait sur son état psychologique. C’est en se trouvant conne qu’elle arriva au Pub, inutile de dire qu’elle était de mauvaise humeur et que rien ne l’aiderait à se sentir mieux. Surtout qu’elle avait prévu une nuit plus que mouvementée et qu’elle arriverait à savoir, enfin, ce dont son enfoiré de beau-père avait peur. Restait que la nuit précédente avait quand même été un putain de bordel ! Elle n’aurait pas cru que ça tournerait ainsi et elle fut quand même contente d’avoir Lucie avec elle… Sauf que cette nuit serait surement identique, voir pire, elle devait s’y préparer donc. Mais quoi faire ? Elle était au travail et devait servir des bières ou autres alcools à des boulets. Un mec justement entra et se dirigea vers le comptoir, il semblait perdu dans ses pensées, son regard était triste. Rien que de le regarder, Meg’ avait mal pour lui, elle ne le connaissait pas mais étrangement, elle éprouvait une certaine empathie pour lui. Elle lui offrit sa bière en lui souriant, prise de pitié ou comprenant qu’il soufrait autant qu’elle, voir même plus. Le jeune homme avait les cheveux ébouriffés à croire qu’il ne se coiffait jamais : une chemise à carreaux genre bucheron ou punk et des piercings à l’arcade. Il était avec des amis mais malgré les discussions, les rires, il restait un peu à l’écart, comme si tout ceci ne l’intéressait pas, ne l’amusait pas. Quoiqu’il puisse avoir, cela semblait atroce ou difficile, on pouvait lire en lui une détresse et une déprime prêtent à exploser d’un instant à l’autre. L’algopobe ne savait pas quoi dire ou faire pour l’aider, mais pour une fois, elle se sentait d’humeur à être gentille, ce qui était, avouons le, plutôt rare. Elle finit par engager la conversation avec et plaisanta un peu. Ce faire accoster par la serveuse adorée de l’établissement fit son petit effet, il sourit enfin et Meg’ se sentit alors joyeuse. Il poursuivit la conversation plus facilement mais ne s’attarda pas sur ses problèmes, parfois, il semblait un peu perdu dans ses pensées, comme s’il cherchait ses mots. Jamais un regard ou une phrase mal placé, il était sympa et Megan pensa alors un truc : peut-être que c’était ça qu’il lui fallait, simplement parler à des gens biens, des gens qui cherchaient juste un peu de réconfort sans vouloir du sexe, sans chercher à s’intéresser à une autre personne. Juste de la simplicité, parler, rigoler et en rester là. Reste qu’elle se sentit mieux et même motivée : avoir remonté le moral de ce blond inconnu avait été pour elle bénéfique. Sans oublier que contrairement à plusieurs autres boulets de la soirée, lui ne demanda pas son numéro et laissa juste un petit pourboire en plaisantant.

La jeune femme rentra chez elle en pensant à ce mec triste, elle avait mal pour lui. Il y avait quelque chose dans ses yeux qui montraient une souffrance qu’elle-même n’avait jamais connue. Et pourtant, Pijn lui en avait fait voir beaucoup… Elle se mit au lit, chassa de son esprit ce type pour s’énerver toute seule sur un autre : son beau-père.


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Cimetière de Dreamland
Rencontre macabre entre les tombes

Irritée au plus haut point, elle ouvrit les yeux et découvrit son environnement : finit les cocotiers, les rongeurs cannibales et les chats sauveurs ! Là, l’ambiance était bien différente : elle était au milieu d’une allée dans un cimetière, un énorme cimetière. Il faisait nuit et le ciel était dégagé de tout nuage, on pouvait voir les étoiles et surtout la pleine lune couleur sang. Pas très motivant tout ça, c’était-elle, encore, plantée d’endroit ? Elle avança alors tranquillement tout en fouillant dans sa veste en cuir noir de biker pour y trouver des sucettes à cancer, mais rien. Elle soupira, et s’attarda sur les poches de son jean tout aussi noir et surtout très moulant, mais rien. Elle sentait qu’elle avait les cheveux attachés, chose plutôt rare, ça lui rappela son adolescence et elle fit un sourire. Elle observa donc sa tenu : une veste en cuir, un débardeur rouge sang très décolleté avec des pressions pour ouvrir d’avantage sur sa poitrine, ensuite ce jean moulant et enfin : des bottes surement en peau de crocodile qui faisaient très cow-boy. Pas mal, ce n’était pas forcément à son gout, mais au moins, ça avait de la gueule !

L’odeur de l’endroit lui chatouilla enfin les narines : comment n’avait-elle pas sentit plus tôt cette odeur de décomposition ? C’était horrible ! A croire qu’il y avait des cadavres partout et qu’on avait oublié de les enterrer. Elle tourna sur elle-même et regarda les tombes en marbres ou en pierres. Sur l’une, un squelette gisait, appuyé à la stèle comme s’il était resté pleurer là jusqu’à ce que mort s’en suive. Elle fixa alors la tombe juste devant elle et poussa un cri d’horreur : il y avait son nom dessus ! Elle eut un frisson désagréable et comprit que c’était une expérience surement unique que de voir un truc pareil. Mais pourquoi sa tombe ? Et surtout : qu’est-ce qu’il pouvait y avoir dedans ? La tombe, contrairement aux autres, n’était qu’une malheureuse croix en pierre et le sol était encore en terre battue, comme si c’était encore frais. Elle entendit alors des bruits de pas et se tourna rapidement pour voir une silhouette qui titubait dans une allée un peu plus loin. Qui que ce soit, il marchait étrangement et trimballait une longue faux derrière lui, l’acier frottait sur le sol dans un grincement agaçant. On voulait lui faire peur ? Elle allait rencontrer la mort ? Cool ! Après avoir rencontré la claustrophobie, la solitude et la douleur, son nouveau pote serait la mort ! Pourquoi pas ! Elle avança alors vers la silhouette mais un bruit lui fit tourner la tête : quelqu’un plongea alors sur elle et la plaqua sur une tombe en lui collant une main devant la bouche.

« Surtout ferme ta gueule sale truie ! »

De quoi ?? On la traitait de truie ? Elle ne put résister et lâcha une vague de douleur qui obligea la personne à la lâcher. Elle posa son pied sur sa poitrine –un homme ?- et poussa avec force pour projeter l’intrus contre une autre tombe. Megan se releva alors et fit craquer ses doigts. Elle l’avait mauvaise et ce n’était pas nouveau alors inutile de surenchérir ! La silhouette mortuaire quand à elle, avait disparut… Pour le moment. Restait à savoir qui l’avait insulté. Elle se pencha, attrapa les cheveux courts de l’homme et l’obligea à se relever pour voir que, surprise, c’était cet enfoiré de Hugues !

« Parfait, ça m’évitera de chercher ! Alors, on a peur des cimetières ? Pauvre petit !
- Tais-toi ! Ils vont revenir !!
-Ils ? Mais ce truc était tout seul crétin !
-Je me moque du fossoyeur sombre idiote ! »

Et sans prévenir, il colla un uppercut dans le plexus de la jeune femme. La respiration coupée par la surprise et le choc, elle fut pliée en deux alors que Hugues lui colla un autre coup pour la jeter au sol sans le moindre problème. Se faire péter la gueule par un rêveur… Non mais sérieusement : où va-t-on ? L’homme disparut dans les allées alors que l’algophobe se relevait en s’essuyant le menton. D’accord, il voulait la jouer comme ça et bien aucun problème. Il allait morfler et pleurer comme un gosse, ça commençait un peu trop à l’énerver qu’il la cogne. Faut pas pousser Megan dans les orties! Un cri à glacer le sang résonna alors, elle tourna la tête et instinctivement, elle dégaina sa canne en sucre pour bloquer un coup de faux qui l’aurait probablement coupée net en deux. Ses pieds glissèrent sur le sol boueux mais elle tint bon. Devant elle : un squelette encapuchonné avec une faux, l’image type de la mort, de la faucheuse… Genre elle avait besoin de ça ! La créature ouvrit sa mâchoire osseuse et un cri aigu sortit entre ses dents. D’une poussée, la faucheuse fit reculer la Voyageuse qui vit s’abattre la lame mortuaire sur elle : jouant le tout pour le tout, elle poussa en arrière et s’écroula sur une tombe alors que la lame s’arrêta sur une stèle sans lui faire le moindre mal.

Bizarre, vu le choc, le bruit et la lame… La pierre aurait normalement été entaillée voir même dévastée. Et là : rien. C’était quoi encore cette embrouille ? Sauf que durant sa réflexion, la faucheuse attaqua de nouveau. Megan roula sur le coté, se redressa et lança son bras avec force. Sa canne explosa la moitié du crâne de son ennemi sans que cela ne le ralentisse. Bordel c’était immortel ce truc ? La lame siffla dans l’air, une sorte de note musicale vibra aux oreilles de la fille et l’instant suivant, elle voyait son sang gicler devant elle pour se répandre sur le sol. Elle recula de quelques pas, se posa une main sur son ventre bien blessé et libéra de l’endorphine pour se soulager un peu. La faucheuse attaque de nouveau, décidée à tuer sa victime. Megan hurla et bloqua la lame qu’elle obligea à toucher le sol, posant son pied dessus et elle colla son poing dans ce qu’il restait du crâne et l’explosa sans pitié. La créature s’écroula sur le sol : inerte. La jeune femme soupira et se laissa tomber sur son postérieur, les genoux relevés, elle passa sa tête entre et ses mains vinrent se poser sur l’arrière de son crâne. Recroquevillée sur elle-même, elle tenta de se calmer. Si son beau père avait peur de la mort ou des cadavres, ça promettait encore une nuit de merde… Y avait-il d’autre faucheuse ou était-ce la seule ? Comment savoir en restant là, en jouant la proie facile ? Elle releva la tête et jura à haute voix. Si au moins elle avait de quoi fumer pour se calmer… Elle pensa machinalement à Mickaël, lui au moins, il avait de la nicotine, il vivait peinard au royaume le plus pourrit de ce monde et arrivait à s’en sortir sans souci… Contrairement à elle qui galérait chaque nuit pour telle ou telle connerie. Au moins, si elle clamsait ici, il y avait déjà sa tombe… Mais de quoi Hugues parlait au juste ? Il avait peur de plusieurs choses, mais apparemment, le fossoyeur ou la faucheuse donc, ne lui faisait pas peur… Si ça, ce n’était pas flippant alors qu’est-ce qui l’était à ses yeux ?

Elle soupira encore et se releva, remarquant alors un paquet de cigarettes sur le sol, surement que son beau-père avait perdu ça durant sa fuite. Il faudra qu’elle pense à le remercier tiens. Elle chercha du regard : une petite chapelle, surement était-il là bas pour se cacher. C’était en tout cas le cliché de tous les films et donc, elle commencerait par ça… Elle alluma la clope et avança d’un pas décidé, elle saignait un peu mais avec son pouvoir et surtout de la chance, elle n’avait rien de grave.

Une fois le silence revenu, le cadavre sombra pour devenir poussière. C’est alors que le sol, là où il était tombé, c'est-à-dire exactement sur la tombe portant le nom de l’algophobe, se mit à bouger. Le sol remuait comme si plusieurs choses voulaient en sortir et d’un coup, la terre s’affaissa pour se changer en un trou béant et une grosse patte velue et surtout pourvue de griffes apparut en se saisissant au rebord. Un grognement et de la fumée sortirent alors ensemble du noir… Oui, la nuit promettait d’être longue, très longue.

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Lun 11 Fév 2013 - 15:15


Megan marchait d’un pas tranquille dans l’allée macabre, elle souffla la fumée par le nez et posa ses yeux sur la porte en fer du caveau. Le petit bâtiment était joliment décoré : des ornements un peu partout dans un style très… Macabre et gothique. C’était le genre de trucs qu’aimait bien la brune, même si ce n’était pas spécialement son délire de se promener dans les cimetières. Elle posa sa main sur le portail et poussa pour l’ouvrir dans un grincement sinistre : ceci n’avait jamais, mais jamais du être huilé… Elle en eut mal aux dents et son corps fut parcouru d’un frisson. Un nom d’oiseau vola très bas une fois encore et la jeune femme s’engouffra enfin dans le bâtiment. Alors qu’elle s’enfonçait dans un escalier, la température baissait en même temps. Un peu de buée s’échappa de ses narines et elle eut la chaire de poule. Elle s’attendait presque à voir une couche de givre sur les murs mais rien de tel, seule la poussière recouvrait le sol et les murs. Elle arriva enfin en bas des escaliers, une faible lueur éclairait l’endroit mais la première chose qui marqua l’algophobe fut une faible odeur de décomposition. Venant d’un caveau, rien d’étonnant certes, mais ce n’était pas spécialement agréable à sentir. Seules ses bruits de pas résonnaient dans l’endroit et se répercutaient sur les murs de manière inquiétante. Finalement, il n’était peut-être pas ici, flippé comme il était, il ne serait jamais venu s’enterrer dans ce taudis… Les murs étaient également couverts de toiles d’araignées, il y avait des chandeliers avec des bougies dont les flammes étaient bleues, rappelant brièvement le royaume obscur et le temple de Pijn. Tout était fait en marbre d’un blanc immaculé, si on oubliait les veines noires bleutés sur la pierre, donnant l’impression que tout s’effritait.

Chaque pas soulevait son lot de poussière et la jeune femme avança lentement pour s’assurer qu’elle était seule. Trouvant idiot de partir sans vérifier que son beau père n’était pas là. Un rat courut sur un rebord proche du plafond et la surprise fut telle qu’elle lâcha un petit cri et une insulte. Le rongeur disparut dans un trou et Megan remarqua enfin une imposante statut : très laide qui ne collait pas du tout avec le reste de l’endroit. Une statut d’un gros rat en robe de prêtre et tenant un sceptre avec une tête de mort. Les gens du coin avait un culte bizarre, mais… Pourquoi pas ? La contrôleuse s’avança un peu pour mieux regarder la sculpture mais il ni avait rien de plus à voir. S’occupant donc de la tombe au milieu de la pièce, elle en conclut que Hugues n’était pas là et donc, qu’elle pouvait partir. Elle tourna donc les talons mais le portail du haut grinça de nouveau, avertissent que quelqu’un entrait à son tour dans le caveau. Peut-être que son beau-père avait décidé de venir la voir finalement ?

« Enfin ! Je pensais te courir après toute la nuit. Contente que tu viennes à moi ! »

Aucune réponse et une forte odeur de glaise mais aussi de pourriture. Megan se couvrit le nez et recula, ce n’était pas Hugues, c’était autre chose ! Il ni avait plus aucun bruit, la chose ne semblait pas bouger, peut-être s’était-elle arrêtée, surprise par la voix de la brune. La contrôleuse empoigna sa canne en sucre. Déjà qu’elle avait une blessure au ventre suite à un combat, voilà qu’elle devait déjà remettre ça… Quelle galère quoi. Une masse énorme et noir tomba alors des escaliers et percuta le sol avec force. La chose releva son immense gueule et Megan vit en face d’elle une sorte de lapin géant, couvert de blessures, de cicatrices et surtout plus mort que vivant. C’était très laid comme bestiole, même dans les contes des Monty Python on avait eu droit à mieux : un putain de mignon petit lapin blanc qui tuait des gens ! Là c’était un truc immonde qui pue et qui pourrit. Vie de merde…

Le monstre lui fonça dessus d’un simple bond et donna un coup de patte que la jeune femme parvint à éviter d’un saut sur le coté. Elle se colla au mur alors que la lapin-garou se retournait déjà en grognant. Mais pourquoi elle avait toujours des emmerdes pareilles ? Et pourquoi encore un foutu rongeur ? Elle avait eu largement sa dose la nuit précédente quoi ! L’animal avait un œil meurtri, le globe oculaire était percé et du pus en sortait pour couler sur ses poils, son regard faisait froid dans le dos. D’un geste le lapin colla Megan déjà appuyée au mur. Il grogna et la renifla puis la lâcha sans raison et tourna la tête ailleurs. Le souffle court, la jeune femme tomba à genoux. Cette bestiole avait de la poigne, peut-être qu’elle pourrait le vaincre, mais pourquoi l’affronter ? Il semblait chercher autre chose.

Le lapin-garou donna un coup de patte et arracha le couvercle en marbre de la tombe qui se fracassa sur le sol. Un hurlement résonna dans tout le caveau et le lapin resserrait sa patte sur un homme qui fut rapidement décollé du sol. D’un œil intéressé, la jeune femme suivait la scène : son beau-père semblait prit de panique. Elle cogita alors, peut-être qu’il n’avait pas peur des endroits comme celui-ci ni des morts ou de la mort… Mais la nuit précédente, il avait déjà montré une belle trouille avec les rongeurs qui voulaient le manger. Avait-il peur des lapins ? Quoique, il n’avait pas été rassuré de voir des rats ou des hamsters… Donc, une phobie généralisée de tout ce qui est rongeurs ? On dirait bien… Sauf que là, pourquoi enchérir le truc avec un lapin mort-vivant ? Hugues hurlait et pleurait, il semblait au bord de l’évanouissement et Megan comprit que, si elle n’intervenait pas, elle allait le perdre. Elle bondit, canne en main et frappa avec force le crâne du lapin qui craqua sous le choc. L’animal lâcha l’homme et se retourna, collant un coup de patte qui projeta la fille contre le reste de la tombe. Elle bascula et chavira pour finir coucher dedans, les jambes en l’air. Position ridicule et inappropriée pour le moment… La douleur au ventre la fit alors grimacer, elle avait annulé sans le vouloir son endorphine suite à la concentration sur le combat. Activant son pouvoir de nouveau, elle sentit la patte du lapin lui attraper la cheville pour la décoller du sol et la projeter avec force sur Hugues. Les deux humains roulèrent sur le sol. Megan voyait des étoiles, elle avait collé un coup de boule, front contre front à son beau-père et ce con avait la tête dure. Lui, il gisait sur le sol, à moitié dans les vapes. Au moins, il n’en profitera pas pour se casser. Megan avait perdu sa canne durant la bataille et se retrouvait à mains nues contre un lapin mutant mesurant deux mètres de haut et presque autant de large. Jamais de combat facile, jamais un ennemi trop faible et nul, nan pourquoi avoir droit à un truc gentil ? Elle était sûre que quelqu’un la manipulait et l’obligeait à vivre des merdes pareilles, même le destin n’était pas suffisamment sadique pour s’acharner de la sorte sur elle.

Elle sauta sur la bête et lui enfonça les doigts de son œil déjà mort. Elle s’écœura tout seule pour ce geste mais le lapin hurla de douleur. Elle força, ses doigts s’enfonçaient dans ce truc visqueux et malodorant, elle crut qu’elle allait vomir ou tourner de l’œil alors que le lapin remuait dans tous les sens. S’agrippant de son autre main à une oreille de la bête, elle ne lâcha pas prise. Sa main entière s’enfonça alors dans la cavité et un relent s’en échappa. Le monstre cessa de bouger et s’écroula en emportant la jeune femme. Le choc souleva énormément de poussière. La contrôleuse était couchée sur la bête, le cœur battant à tout rompre et d’un coup, elle se tourna pour vomir sur le sol. Elle extirpa ensuite sa main du crâne du lapin, l’odeur et la substance visqueuse et odorante la répugna au plus haut point. La substance collait à ses doigts pour faire des filaments, c’était jaune fluo et teinté de sang… Pourquoi n’avait-elle simplement pas usé de son pouvoir plutôt que de faire ça ?

De sa main propre, elle s’essuya le menton et se tourna vers Hughes, encore étendu au sol. Elle essuya sa main dégueulasse sur le pelage, tout aussi crade, du lapin mort. Elle avança d’un pas trainant vers son beau-père. Cette fois, elle le tenait enfin et elle connaissait sa phobie ! Restait juste à trouver des rongeurs plus petits pour le terroriser et s’amuser un peu. Elle ramassa l’homme, l’adossa au mur puis retourna chercher sa canne : elle allait enfin en avoir vraiment besoin. Un sourire au visage, elle lécha sa canne et une goutte coula de l’objet. Elle appuya la canne sur l’épaule de l’homme et ensuite contre le mur. Le collant au mur pour s’assurer qu’il ne pourrait pas fuir. Si jamais la soirée tournait mal, ce qui arrivera surement vue sa poisse, lui, il se fera tuer à coup sûr, mais ça ce n’était pas vraiment important. Elle posa ses fesses sur le sol froid, poussa un soupire et attendit que ses forces reviennent, mais surtout que son estomac se remette de ce traumatisme. Elle ne s’était jamais sentit aussi sale : couverte de poussière, de pus et de sang, sans oublier l’odeur du vomit. Après quelques minutes, elle estima qu’elle allait mieux et qu’il était temps de réveiller l’autre con. Mais avant, elle devait trouver des rongeurs… Elle avait vu un rat un peu plus tôt, si elle parvenait à l’attraper, peut-être qu’elle pourrait terroriser Hughes ?

« Hey !! Il y a un rat ou même plusieurs ici ? Je vous propose un lapin mort à manger et un rêveur à terroriser et donc j’imagine que sa peur vous nourrira également. »

Comme il fallait s’y attendre : aucune réponse… Elle soupira et leva les yeux aux plafonds. Elle espérait quoi ? Que les rats viennent à elle comme ça ? Certes, on l’avait prit pour la déesse des rongeurs la nuit d’avant, mais là, c’était pas du tout le même royaume. Ici, elle était juste un repas sur deux jambes pour les bestioles. Quoiqu’en fait, ça ne changeait pas tant que ça de la nuit précédente justement… En parlant de ça, Megan se demanda ce que devenait Lucie. La blonde s’était vraiment retrouvée à travailler pour les chats durant un mois ? La pauvre… A sa place, Meg’ aurait simplement foutu le camp mais Lucie était plus gentille qu’elle et dans un sens, ça l’arrangeait : pas de blonde à forte poitrine pour lui demander sans cesse d’enlever sa bague afin de se changer en homme. Faudra quand même qu’elle retourne la voir et s’excuse… Lucie lui avait sauvé la vie deux fois cette nuit là et l’algophobe l’avait juste traumatisé pour en faire, sans trop le vouloir, une Voyageuse. Meg’ ignorait que Lucie avait vaincu sa peur suite à une embrouille après la sienne mais aussi que la blonde lui avait déjà sauvé la vie cette nuit là. Dire que c’était elle l’ancienne à Dreamland et une petite bleue qui la protégeait… Ridicule cette affaire, totalement ridicule. Megan éclata de rire au milieu du caveau, la folie semblait de plus en plus présente en elle et elle commençait à ironiser sur toutes les embrouilles qui lui arrivait. Valait mieux en rire qu'en pleurer comme on dit. Elle se releva alors lentement, appuya sa main à son ventre meurtri et fit une grimace. Son pouvoir n'avait que peu d'effet sur sa plaie, la lame mortuaire de la faucheuse semblait empoisonnée ou un truc qui devait annuler les pouvoirs... Ce qui avouons le, n'était pas pratique pour la jeune femme. Mais elle avait d'autres rats à fouetter!

Elle s'avança vers son beau-père et lui colla une magnifique gifle pour le ramener à lui. L'homme gémit puis ouvrit les yeux: affolé. Il chercha autour de lui et poussa un cri de pucelle effrayée en voyant l'immense lapin-garou qui gisait dans son sang et son pus. Megan lui attrapa le visage et l'obligea à le regarder droit dans les yeux. Elle lui fit un sourire. Elle ne s'était jamais sentit aussi puissante, aussi sûre d'elle de toute sa vie. Pour la première fois, elle dominait l'homme qui avait ruiné son enfance et terrorisé son adolescence. Les rôles étaient inversés, il n'était plus le mec dangereux qui pouvait frapper, là, il n'était qu'un misérable avorton face à une folle manipulatrice de douleur et animé par une envie de vengeance et de vérité. Il allait connaitre la pire nuit de sa vie, rongeurs ou pas, elle allait le terroriser et le martyriser comme jamais il ne pourrait l'imaginer. Quitte à finir couchée au sol suite à un usage excessif de son pouvoir, elle allait lui faire regretter tout ce qu'il avait fait. Le faire pleurer et le voir souffrir... Oui, c'était déjà bien comme programme. Ensuite, elle trouverait un moyen de lui faire cracher les raisons de ses actes sur elle. Les hostilités allaient enfin commencer.

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Lun 18 Fév 2013 - 16:35


Les yeux plongés dans ceux de l’autre, ils s’observaient en silence. C’était à celui qui arriverait à percer les défenses de l’autre pour obtenir ses réponses. Sauf que la demoiselle était largement en position de supériorité. En même temps, le beau-père attaché au mur ne pouvait pas faire ou dire grand-chose. Elle, elle en oubliait de réfléchir, de penser, elle se perdait dans un flot de souvenirs dévorant et sans vraiment s’en rendre compte, elle sentit son pouvoir s’activer. Les veines de ses doigts devinrent noir puis, le menton et les joues de sa victime qui hurla de surprise. Il est vrai que sentir comme une brulure ravager le visage doit surprendre, surtout quand on ne voit rien de brulant à proximité. Megan fut alors comme aspirée dans le regard de Hughes et elle s’y perdu sans comprendre, perdant la notion de temps et d’univers.

Elle se revoyait alors à ses douze ans… C’était le soir après la réunion parents d’élèves. Sa mère, mais aussi son beau-père, étaient allés voir ses professeurs. A l’époque, elle était un peu froide avec tout le monde, elle se méfiait déjà des coups qu’elle pouvait prendre et donc, elle restait dans son coin. Lançant de temps en temps une réplique cinglante si on l’embêtait tout en vérifiant qu’elle ne risquait rien : professeur ou pion pas loin. Ses notes n’étaient pas terribles, elle passait plus de temps à rêvasser et à dessiner. Ainsi, la réunion ne joua pas en sa faveur… A peine rentrée, sa mère lui fit la morale, comme quoi elle devait d’avantage travailler et également mieux s’entendre avec les autres. Hugues lui, était resté silencieux, attendant que sa femme parte faire à manger. Là, il avait coincé Megan dans les escaliers pour lui donner son point de vu. La gamine était asociale ? Ses notes catastrophiques ? Lui faire la morale ne servirait à rien si elle ne comprenait pas.

Il lui colla une gifle qui la coucha dans les marches. Se baissant ensuite, il posa son genou sur la fille pour la coincé et lui coller plusieurs gifles ainsi que des coups dans le ventre et les cotes. Il lui murmurait que si elle ne travaillait pas d’avantage, il serait plus strict avec elle. Qu’il refusait d’avoir un parasite sous son toit, qu’il ne pouvait accepter d’élever une idiote. La petite sanglotait, elle avait mal et pensait qu’il allait la tuer. Il lui attrapa le visage, lui appuya sur les joues et l’obligea à le regarder pour lui dire de se taire, si elle faisait du bruit ou appelait à l’aide, il se vengerait. Terrorisée, elle n’osait pas bouger, ni parler. Il lui colla alors une gifle du revers de la main, lui explosant l’arcade. L’homme affichait un sourire : satisfait de sa leçon et estimant que là, elle avait parfaitement comprit. Il donna alors un coup dans le mur et plusieurs coups de pieds sur la rambarde de l’escalier. Pour ensuite parler à haute voix et faire croire que la fille était tombée dans les escaliers. Usant alors d’un ton compatissant pour jouer le jeu. Sa mère un peu inquiète s’occupa donc de l’arcade ensanglantée de sa fille, sans se douter un instant de ce que la petite venait de vivre…

Megan revint alors à elle, ce fut comme si elle s’extirpait d’une illusion ou d’un rêve. Elle frissonna un peu en repensant à ce qu’elle venait de voir. Une bouffée de colère monta de son estomac jusque dans sa gorge. Elle lâcha le visage de son beau-père et d’un geste brusque elle lui colla un coup de coude en pleine mâchoire, espérant lui arracher une ou deux dents. Elle se releva doucement, s’appuya contre le mur. Ses jambes tremblotaient suite à ce souvenir, elle se sentait submergée et dépassée, elle se sentait comme la petite fille qu’elle était à l’époque. Faible et terrorisée. Elle serra alors le poing, prit une longue inspiration et ferma les yeux.

« Le temps où je morflais sans rien dire est révolu… Tu as pourris ma vie, mais je te promets de te pourrir ta nuit. Et tu vas me rembourser TOUTE mon enfance ! »

Elle fit sauter sa canne dans sa main puis se retourna pour coller un coup en plein dans les cotes de l’homme qui hurla de douleur. Son souffle semblait troublé, lui-a-t-elle brisé des cotes ? Probablement. Elle n’avait pas spécialement envie de l’aider à vaincre sa phobie, peut-être pourrait-elle simplement lui arracher ce qu’elle voulait juste en le torturant. Elle fléchit les jambes, s’appuya de ses coudes sur ses genoux et passa sa canne derrière sa tête. Hugues semblait avoir mal et pourtant la nuit ne faisait que commencer, il ignorait ce qui l’attendait et Megan commençait à avoir une imagination plutôt fertile pour la torture.

« Si tu cris ou appel à l’aide, ça sera pire… J’espère être suffisamment claire ?
-Sale trainée…
-Non, non et non ! Voyons ! Est-ce que je répondais quand tu me frappais ?
-Bien sur ! C’est pour ça que tu m’énervais tant ! Tu avais toujours quelque chose à redire ! Une sale gamine… Voilà ce que tu es ! »

Il lui cracha au visage en affichant une expression de dégout. L’algophobe ferma les yeux et prit une longue inspiration : ce con ne se rendait vraiment pas compte de sa situation. Mon dieu, que c’est bon d’être un rêveur ignorant et insouciant quand même… La canne en sucre s’abattit alors sur le genou de l’homme qui hurla sous le choc. Megan se releva et marcha sur la main de cet homme, ce type qu’elle méprisait plus que tout au monde, ce salopard qui avait fait d’elle le jouet d’un seigneur cauchemar et pas le plus doux de ce monde. Hugues avait ruiné son enfance et une partie de son adolescence… C’était aussi sous sa forme que la douleur venait la terroriser dans ses cauchemars et c’est ainsi, à cause de lui, qu’elle était parvenue à vaincre sa peur, devenant le petit soldat de Pijn… Obligée de travailler pour le maitre de la douleur et des blessures : le Mozart de la torture physique et pas si mauvais non plus sur le plan psychologique même si là, il avait encore un peu de travail à faire… Peut-être que dans le passé, Pijn avait un bras droit qui l’aidait. Après tout, il était évident que le duc obscur ne semblait pas vraiment porté sur la psychologie humaine. Mais Megan se voyait mal en parler à son seigneur, il était également évident que ce genre de sujet de conversation était proscrit. Reste que là, elle devait se souvenir de ses cours… Pas ceux du lycée ni du collège et encore moins de la fac… Des cours bien différents, des séances de tortures sous le regard amusé et intéressé de son seigneur, désireux de faire d’elle un monstre sans cœur capable de torturer et briser quelqu’un.

Elle repensa alors à cette terrible nuit où après avoir maltraités des rêveurs, Pijn l’avait torturé pour avoir parlé de ses plans à quelqu’un… Mickaël, un invocateur, avait même participé et il avait utilisé un pouvoir troublant contre elle… La brune s’était retrouvée face à son double, écoutant des propos disant qu’elle était un monstre, qu’elle s’épanouissait dans la douleur des autres, qu’elle fantasmait à vouloir faire du mal à tout le monde. Et que c’était un déchet, une idiote qui refusait de l’admettre. Est-ce que ceci était vrai ou simplement le pouvoir du jeune homme pour la briser ? Ces mots avaient eu plus d’impact sur elle que tous ceux de Pijn… Pourtant, le duc en avait dit des choses blessantes. Les gémissements de Hugues la sortirent alors de sa réflexion. Elle le regarda et comprit qu’elle n’avait aucune pitié pour elle et que oui : c’était plaisant voir même grisant de lui faire mal, de se venger. Mais elle ne prenait pas autant de plaisir à faire du mal aux autres, les inconnus restaient pour elle une obligation pour satisfaire son seigneur… Devait-elle vraiment sombrer dans ce monde ou pouvait-elle garder une trace d’humanité ? Mais surtout : ce changement allait-il finir par sortir dans l’autre monde ? Arriverait-elle à trouver un juste milieu ou serait-elle emportée par la folie destructrice de son seigneur ? Bizarrement, elle connaissait déjà la réponse, elle savait déjà comment tout allait finir et elle avait peur. Elle voyait bien qu’elle y prenait du plaisir et que bientôt cela serait comme une drogue et là, il sera trop tard pour faire marche arrière.

Un autre souvenir remonta à la surface. Elle se sentit perdre pied et vit alors l’environnement tourner autour d’elle. L’instant suivant, elle était dans une petite ruelle, en pleure… C’était vers ses quinze ans et elle tentait de fuir la maison familiale. Pourquoi ? Elle avait voulu aller dans une école relativement loin, mettre ainsi une distance pharamineuse entre elle et Hughes sauf que cela avait échoué… Et ce soir là, une fois de plus, il l’avait frappé. Elle avait donc fugué en espérant disparaitre et que jamais plus on ne la retrouve. Megan se tenait le ventre et les cotes, elle titubait et s’appuyait au mur pour ne pas tomber. L’homme lui avait collé des coups de poings, plus elle grandissait plus il était violent. Petite, elle prenait des gifles et maintenant, c’étaient des coups de poings ou même des coups avec des objets. Sa main appuyée sur ses cotes meurtries, saignait, on pouvait y voir quatre petits trous la marque caractéristique d’une fourchette qu’on avait enfoncé là. Elle lui avait répondu pendant le repas et Hugues la lui avait enfoncé au bon moment sans que sa mère ne le remarque. Sans qu’elle ne le remarque… Cette pensée fit sourire l’adolescente : il était évident que sa pute de mère savait tout et qu’elle fermait simplement les yeux. Une fille de son âge ne s’enfonce pas impunément un couvert dans la main en disant qu’elle avait glissé quoi ! L’odeur des poubelles, le froid qui lui mordait la peau… La déchirure qui lui retournait le ventre, l’estomac et le cœur… Tout était encore encré en elle, au plus profond de son être. Cette nuit, elle avait désirée mourir, elle aurait même préférer ne jamais exister. Cette nuit… Avait été pire que tout les cauchemars qu’elle avait fait jusque là, sauf que tout était réel, tout était tangible et extrêmement douloureux. Ses jambes ne la supportèrent plus et elle s’écroula dans la ruelle. Elle pleura alors et se recroquevilla sur elle-même : comprenant qu’elle était seule, que personne ne l’aiderait jamais et que si elle en parlait à quelqu’un, c’était de toute manière trop tard… Personne ne lui rendrait son enfance. Megan s’observait, les larmes aux yeux : elle se souvenait que trop bien de ce moment, elle avait passé la nuit dehors, dans cette ruelle à pleurer, à espérer mourir de froid. Mais son petit frère, son seul soutient dans la vie, l’avait retrouvé et ramené à la maison en lui jurant qu’il la protégerait. Ce petit qui n’avait que onze ans et qui avait déjà vu tant d’atrocité. Lui-même n’avait jamais été frappé, mais il était passé à l’as plusieurs fois, réussissant à se sortir des mauvaises situations grâce à l’intervention et le sacrifice de sa grande sœur qui refusait qu’on lève la main sur lui.

Sa main heurta la pierre froide du tombeau. Elle se retint de tomber, sans trop savoir comment. Prise de nausée, elle se demanda pourquoi elle revoyait tout ça, pourquoi tout lui revenait de la sorte. Y penser d’accord, mais revoir les scènes de cette manière, les revivre comme une simple spectatrice, c’était horrible ! Elle ignorait aussi combien de temps durait ses absences, mais Hugues était immobilisé, donc il n’irait nulle part, au pire, il se réveillerait. Ce qui ne faisait pas parti de son plan. Elle se tourna vers lui et crut un instant que son estomac allait ressortir. Ses jambes semblaient alors en cotons et la douleur infligée par la faux du monstre revint alors. L’endorphine semblait s’être dissipée, elle se sentait étrange, c’était comme si jamais jusqu’à maintenant, elle ne s’était sentit vraiment éveillée dans ce monde. Mais pourquoi tout revivre ? Pourquoi tout revoir et avoir mal comme ça ? Elle avait accumulé tout ça durant des années, elle avait tenté de ranger ça dans un coin de sa tête et de faire comme si tout ça n’avait été qu’un mauvais rêve… Et là, elle était submergée, elle ne contrôlait plus rien. La vengeance, la souffrance, la tristesse, la soif de vérité, tout se mélangeait en elle pour créer un amalgame de sentiments qu’elle ne parvenait pas à compartimenter et encore moins à supporter. C’était comme si elle s’infligeait toute seule cette épreuve, comme si c’était elle qui souffrait et était torturée au lieu de son beau-père. Elle sentit alors des larmes couler lentement sur ses joues : elle ne gérait plus rien. Comprenant son état, elle éclata de rire, un rire de démence qui lui faisait peur. Tout semblait si confus mais en même temps si clair, si simple.

« J’ai toujours su que tu étais folle… Mais là, tu bats des records…
-Oh toi ta gueule ! Tu crois que si je suis comme ça, c’est la faute à qui ? Qui a passé son temps à me frapper, à me terroriser ? Qui a fait de moi ce que je suis ?
-On ne fait pas d’un âne un cheval de course… Tu as toujours été comme ça, ce n’est pas ma faute si tu es dérangée.
-Putain mais ta gueule ! Ta gueule !! Tout est TA faute sale bâtard ! »

Elle le roua alors de coups de pieds, frappant au hasard cherchant juste à lui faire mal, à le faire souffrir. Elle voulait qu’il se taise, elle voulait juste qu’il crève de peur puis de douleur. Plus elle le cognait et plus il rigolait. Il devait la voir comme une gamine capricieuse, elle se dégoutait elle-même et cessa de le frapper. Ce n’était pas comme ça qu’elle parviendrait à l’avoir, il n’avait pas peur d’elle, il se moquait même des coups qu’elle lui donnait. Il faisait face à la fille et on aurait même pensé qu’il était persuadé que la roue tournerait, qu’il reprendrait le dessus et que là, ce sera son tour à elle de morfler. Elle se laissa tomber sur le sol pour terminée assise en face de lui. Retrouver son calme et trouver un moyen de reprendre la situation en main. Tout ceci était amusant : le frapper la défoulait, mais elle n’apprendrait rien de cette manière. Elle sortit une cigarette et l’alluma pour se détendre et cogiter un peu. La fumée dansa devant ses yeux et elle s’y perdit. Ses pensées dérivèrent, elle pensa à son frère qui fut frappé alors qu’elle avait seize ans. Megan avait alors sauté sur Hughes pour lui faire mal mais il l’avait projeté contre le mur et lui avait collé un coup en pleine mâchoire qui lui avait ouvert la lèvre et brisé le nez… Le tout sous le regard de sa mère qui avait alors prit la défense de son mari. C’était le jour où elle quitta définitivement la maison, se débrouillant alors pour avoir un petit logement, une chambre d’étudiant. Malgré le calvaire de vivre sans un sous et seule, c’était la première fois qu’elle s’était sentie bien : enfin débarrassée de ce monstre. Un seul regret : avoir été obligée d’abandonner son petit frère…

Elle releva la tête et croisa le regard de ce salopard. Elle ignorait comment pouvait vivre un être si abject et méprisant et surtout : comment il pouvait vivre en ayant conscience de ce qu’il était.

« Et tu n’as jamais eu de regrets ?
-J’ai tenté de faire de toi une fille bien, travailleuse et sérieuse. Mon seul regret fut de voir que tu te satisfais dans la médiocrité.
-Genre ça va être ma faute en plus… Je me demande ce que mon idiote de mère te trouve…
-J’ai de l’argent et je la fais hurler de plaisir au pieu. Que voudrait-elle de plus ?
-Mouais. J’imagine bien ma mère en étoile de mer… Vous allez bien ensemble en fait. Bon j’me casse…
-De quoi ? »

Megan se releva et tourna les talons. Elle devait reprendre le contrôle, elle devait le vaincre et l’obliger à affronter sa peur. Le frapper ne mènerait à rien. Elle devait trouver un rongeur et lui mettre sous le nez, l’obliger à faire face à sa phobie. Il hurla alors qu’elle ne le laisse pas seule : savoir qu’il s’inquiétait un peu la fit sourire. C’est ça, pisses toi dessus, dis toi qu’à son retour, tu vas vraiment pleurer…

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Ven 22 Fév 2013 - 18:56


La jeune femme arriva enfin dehors. L’air froid lui mordit la peau et elle frissonna. L’atmosphère était atroce, l’endroit puait la mort et c’était normal après tout, c’était un cimetière. Sa douleur au ventre se réveillait, comme quoi, son endorphine n’avait pas un grand effet face à la magie qui devait être imprégnée à la faux du gardien. Pourvu qu’il ni ait pas d’autres fossoyeurs sinon elle allait finir en pièces. Ses doigts glissèrent sur une pierre tombale alors qu’elle s’avançait lentement entre les tombes. Le silence omniprésent avait quelque chose d’écrasant, de suffocant. C’était comme si la mort l’observait et qu’elle attendait juste le bon moment pour surgir sur sa proie et lui trancher la gorge. Comment pouvait-elle trouver un rat dans le coin ? Elle en avait vu un en entrant dans le caveau mais il s’était enfui… Restait donc à le retrouver ou débusquer sa famille. Il devait forcément y avoir des rats dans le coin ! Elle passa machinalement sa main sur sa plaie et fit une grimace. Sa dernière visite dans cet endroit avait conclut à plusieurs nuits dans un tombeau, à être le jouet d’un petit gnome très laid pour enfin le trouver, le torturer et obtenir la liberté. La créature était-elle morte ici ? Avec sa main en moins ou avait-elle réussit à s’en sortir ?

Il était inutile de chercher à savoir. Déjà, l’algophobe ne retrouverait surement pas l’entrée du dédale et elle avait mieux à faire. Elle shoota dans un caillou en lâchant quelques jurons. Cela l’agaçait de tourner en rond. Elle avait son beau-père à sa merci, elle connaissait sa phobie mais elle ne disposait de rien pour l’effrayer, pour faire de lui un Voyageur. Elle savait parfaitement que si elle le transformait, il serait surement dangereux pour elle. Quoique non, il ne serait pas surement dangereux, il le serait obligatoirement. Et mêler les deux mondes n’était pas forcément une bonne idée. Hugues pouvait ensuite vouloir se venger d’elle et il pourrait jouer sur les deux plans pour l’avoir. Sauf qu’elle aussi pourrait en faire autant et surtout : elle connaissait déjà ce monde ce qui l’avantageait. Oui, mais pour combien de temps ?

Megan aperçu alors une ombre se mouvoir du coin de l’œil. Elle se tourna lentement pour voir une autre faucheuse qui avançait lentement entre les pierres tombales. Il y avait surement beaucoup de fossoyeurs ici et devoir tous les affronter n’était pas bon pour elle. Trouver un moyen de débusquer un rat puis retourner se planquer dans le tombeau. C’était sa seule option ! Elle se baissa de manière à avancer tout en étant accroupit, cachée avec les tombes. Jetant des regards un peu partout, elle vérifiait qu’elle ne loupait rien. L’air devenait de plus en plus frais et elle en avait la chaire de poule. Cet endroit ne voulait vraiment pas d’elle. Un bruit à lui glacer le dos résonna alors autour d’elle. Le bruit d’un objet, surement métallique qui frotte sur autre chose. Elle tourna la tête et vit que le fossoyeur était derrière elle, dans son allée. La créature l’avait vu, sentit ou entendu. Megan se releva lentement, il était inutile de se cacher à présent. Elle mit la main sur sa canne qu’elle serra avec force, prête à en découdre si la créature l’attaquait.

Le monstre glissa alors sur le sol à une vitesse fulgurant. Megan avança d’un pas, arma son bras et mit l’artefact devant elle juste à temps pour bloquer la lame mortuaire de son agresseur. Le choc la fit glisser sur le sol boueux mais elle tint bon. D’un mouvement du bras, elle repoussa la créature et voulu coller un coup de sa canne mais le bras squelette para le coup sans mal. Un râle ignoble s’éleva sous la capuche de la créature dont on ne voyait pas le visage. La chose attrapa le poignet de la fille et d’une force surprenante, projeta la brune au sol. Megan s’écroula, l’impact lui coupa le souffle et lui retira l’envie de jurer. La lame s’élevait déjà au dessus de la capuche du monstre. Et dans un sifflement proche d’une mélodie, elle s’abattit avec force et vitesse ne laissant à la brune qu’un instant pour rouler sur le coté. La lame s’enfonça dans le sol et coinça le tissu du haut de la jeune femme qui fut alors immobilisée. Le poing squelettique frappa les cotes de la brune. Le choc lui coupa le souffle. Elle vit alors d’autres créatures qui se rapprochaient lentement. L’air se faisait plus froid, à croire que ces trucs influençaient l’atmosphère, à croire qu’ils étaient vraiment la mort incarnée. Après tout, ils ressemblaient à la faucheuse. Elle colla un coup de pied à son assaillant, le projetant en arrière, son corps bascula après avoir percuté une tombe. La jeune femme arracha son haut et se releva rapidement. Rien à foutre de trouver un rongeur ! Elle devait se barrer de là et se planquer ! Elle courut comme une folle, sauta par-dessus les tombes, glissa dans la boue et perdu même l’équilibre pour se vautrer lamentablement.

Face contre terre, les cheveux devant son visage, elle prit appuis sur ses coudes et cracha de la terre. Son cœur battait à toute vitesse et elle ne voyait pas trop comment se sortir de là. Peut-être le caveau, mais les monstres pourraient y entrer aussi et une fois dedans, elle serait prise au piège. Elle se mit à genoux, regarda derrière elle pour voir qu’un épais brouillard s’était levé, surement à cause de ces créatures. Se relevant rapidement, elle courut vers le caveau en se traitant d’idiote. L’algophobe ouvrit le portail qui grinça et résonna dans tout le cimetière pour ensuite le claquer avec force et s’enfoncer dans les escaliers. Ses chaussures pleines de boue ne l’aidèrent pas et elle glissa pour descendre les escaliers en roulé boulé et finir à plat ventre en bas.

Hugues, toujours collé au mur, releva la tête et observa sa belle-fille qui gisait sur le sol. Il trouvait ce spectacle amusant et il commençait justement à s’ennuyer : seul dans son coin. Et surtout, revoir la fille le rassurait : il était persuadé d’avoir entendu des bruits dans les murs, comme si quelque chose l’observait et cela l’inquiétait énormément. Megan se releva alors et tituba. Elle s’appuya contre le mur et cracha un peu de sang. Elle s’était brisée une cote durant la chute et l’une de ses mains lui faisait mal, peut-être que son poignet était foulé. Elle poussa un juron et libéra son endorphine pour se soulager. Elle soupira et ferma les yeux. Que pouvait-elle faire ? Les créatures seraient probablement là d’ici peu de temps et elle allait se faire tuer. Ou alors, elle utilisait l’autre enfoiré comme appât le temps de fuir ? Mouais… Il méritait bien ça mais il était évident qu’il ne servirait pas longtemps de distraction. Comment s’en sortir ? Elle avait bien une idée sauf que Mortimer et son maudit vase étaient pour le moment aux abonnés absents. Pour une fois qu’elle avait besoin d’eux.

« Restes ici… Il y a des trucs qui grouillent dans les murs !
-Ah ? Peut-être des rats… Oui, surement des rats. »

La respiration de l’homme se fit alors plus forte et par saccade, il regardait autour de lui et semblait sur le point de hurler. Finalement, il n’était peut-être même pas nécessaire de lui montrer un rongeur, juste lui dire qu’il y en avait pas loin… Résumons, elle était dans une crypte pleine de poussière et avec une statut de rongeur en armure. Il y avait forcément des bestioles dans le coin. Elle eut alors une idée de génie. Sans attendre, elle se hissa sur la tombe en marbre qui était au milieu du caveau, de là, il observa le mur et chercha où s’était engouffré le rat qu’elle avait vu bien plus tôt. Megan approcha sa canne de ses lèvres et glissa sa langue sur la sucrerie. Elle fit couler quelques gouttes de colle devant la fissure dans le mur, espérant attirer le rongeur avec l’odeur de nourriture. Restait donc à attendre pour voir si ça fonctionnait… Elle se trouvait ridicule ainsi : en équilibre sur la stèle, appuyée contre le mur d’une main et l’autre prête à bondir pour attraper un rat.

« Mais à quoi tu joues encore ?
-Ferme là Hugues… Tu le sauras bien assez tôt.
-Attends que je me libère et je te jure que tu le regretteras ! »

L’homme vociférait des insultes et des menaces, mais la jeune femme faisait la sourde oreille, préférant rester concentrée sur ce qu’elle faisait. Il lui semblait que le temps était plus long, que tout allait au ralenti et qu’il s’écoulait une heure au lieu d’une minute. Elle se pinça la lèvre en se disant qu’elle perdait son temps. C’est alors qu’un petit museau apparut, les moustaches qui remuaient avec frénésie. L’algophobe retint son souffle : elle devait attendre encore un peu, attendre que l’animal s’avance pour qu’elle puisse le saisir. Le rat avança et renifla la colle sucrée alors que la main de la brune plongea pour le saisir. S’en suivit des petits cris stridents à déchirer les tympans. Le rongeur se débattait et hurlait, ce qui amplifiait la peur de Hugues. A cet instant, Megan n’aurait sut dire lequel des deux était le plus effrayé. Elle sauta de son perchoir pour se retrouver au sol, soulevant un petit nuage de poussière. Sa mission accomplie, elle était toute fière d’elle. Après avoir cherché comment en attraper un et avoir risqué sa peau, elle trouvait finalement une solution toute simple. Reste que le temps jouait contre elle… C’était même étonnant que les fossoyeurs ne soient pas entrés dans la crypte. Peut-être qu’ils ne le pouvaient pas ? Si c’était le cas, il était impossible de sortir.

Elle s’avança vers son beau-père qui tentait de se recroqueviller sur lui-même en voyant ce que la fille tenait dans sa main. Jusque là, ses coups l’avaient défoulé, mais elle se sentait bien plus forte à présent. Cette fois, elle détenait le pouvoir, elle se sentait supérieur à lui et son regard apeuré était d’une satisfaction bien plus agréable que le passer à tabac. Elle se pencha devant l’homme et agita le rongeur en le tenant par la queue. Le rat couinait et gesticulait pour tenter de fuir. Et sans prévenir, l’animal cessa de bouger, son regard avait croisé celui de Hugues qui poussa lui aussi un petit cri. Megan approcha le rongeur du visage de l’homme qui tentait d’enfoncer son crâne dans le mur pour s’échapper.

« Alors, ton nouvel ami te plais ? Je suis sûre que vous allez bien vous entendre.
-Éloignes ça de moi ! Ne le laisse pas me toucher ! »

La contrôleuse trouvait amusant de voir un homme habituellement si violent et confiant qui se changeait en véritable lavette à la seule vue d’un rat. C’était ridicule et elle se demanda d’où pouvait venir sa phobie. Elle pouvait lui demander, mais serait-ce vraiment utile ? Justement, elle pensa que oui, si elle l’obligeait à se souvenir de l’événement marquant qui l’avait conduit à avoir peur des rongeurs, elle pourrait peut-être le terroriser d’avantage. Elle posa le rat sur la jambe du beau-père et l’homme hurla tout en gesticulant pour s’en débarrasser.

« Racontes moi pourquoi tu as peur des rongeurs…
-Non… Non !
-D’accord, je le pose sur ta tête alors ?
-NON ! Ne m’approche pas avec ce truc !
-Alors parle.
-Et ça te serviras à quoi ?
-T’occupe et raconte ! »

Il prit une longue inspiration et avala sa salive. Apparemment, il se résignait à parler et Megan espérait pouvoir exploiter cette faille pour le ravager de terreur. Le plus dur serait qu’ensuite, elle devrait l’aider à vaincre sa peur. Déjà, c’était compliqué d’aider à surmonter sa peur, mais surtout : elle n’en avait pas envie car elle appréciait de le voir dans cet état. Le sol trembla alors et Megan passa de accroupie à assise sur le sol suite à la perte de son équilibre. Elle faillit lâcher le rat et son regard se posa sur la statut de marbre qui ressemblait à un gros rat en armure. Les yeux de la statut brillèrent alors de milles feux et Megan se sentit sombrer… Le décor autour d’elle devenait flou et elle crut comprendre ce qui se passait. C’était comme si depuis le début tout avait été prédit pour qu’il en soit ainsi. Hugues n’était pas ici par hasard, il était là pour faire un cauchemar, pour nourrir de sa peur les rongeurs et surement, le seigneur cauchemar ou un de ses sbires. La statut était surement un artefact lié aux rongeurs ou à leur royaume.

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Mar 2 Avr 2013 - 3:19


Megan s’écrasa sur le sol après avoir perdu l’équilibre. Ce fut comme si son nombril avait été tiré vers le plancher des vaches. Elle avala de la terre qu’elle recracha rapidement et remarqua que le sol semblait être de la glaise encore humide. Super, après le sang, la poussière et la moisissure, la voilà couverte de boue… Elle se releva lentement, essuya ses lèvres d’un revers de manche et regarda autour d’elle. Un champ d’une campagne quelconque comme on en voyait proche de Belfort, là où vivait Megan. L’endroit lui était même familier, c’était pour ça qu’elle avait précisé que cela ressemblait aux alentours de son habitat. Elle se demanda si l’objet pouvait faire revivre un souvenir ou imiter l’autre monde. Avec tout ce qu’on voyait dans le monde onirique, rien ne l’étonnerait et cela semblerait logique : faire revivre le pire moment de la vie de quelqu’un pour le torturer et se nourrir de sa peur. Reste qu’elle avait perdu Hugues des yeux et cela l’énervait, elle ne pouvait le laisser dans son coin, elle devait l’aider à surmonter sa peur même si cela la répugnait. Marchant d’un pas mal assuré, cette téléportation semblait l’avoir un peu étourdie, elle regardait autour elle, espérant voir son beau-père en vain. Passant machinalement sa main sur ses cotes, la plaie lui faisait toujours mal malgré l’utilisation de l’endorphine, pour une fois, elle se sentait impuissante face à une douleur. L’algophobe avança donc : la seule chose qui sortait du décor était cet immense cerisier au milieu du champ et donc en tout logique ses recherches devaient commencer par là. Elle entendit alors des cris d’enfant et vit un gamin d’une dizaine d’années qui jouait dans l’arbre, enfin jouait : il était surtout à la maraude et s’empiffrait de cerises pas encore mûre qui allait lui filer une diarrhée dont il se souviendrait. Probablement un rêveur, elle ne s’en soucia pas le moins du monde. C’est là qu’elle aperçu une gamine, un peu plus jeune qui se lamentait au pied de l’arbre : elle n’arrivait pas à monter et semblait jalouser son frère. Oui, à les regarder, il y avait un air de famille mais le plus agaçant : c’était que ce gamin lui disait vaguement quelque chose… Elle y songea mais ne voulu pas l’admettre, c’était impossible et il devait être ailleurs. Contournant l’arbre, elle espérait y grimper pour s’approcher de marmot afin de s’assurer si son intuition était la bonne ou non. Mais le gamin en avait fini, il descendait déjà de son perchoir pour retourner vers sa frangine, il lui donna pleins de cerises qu’il avait mit dans un sac et la petite cessa de pleurer : touchée par cette délicate intention. N’ayant rien de mieux à faire, l’algophobe suivit les bambins, voyant une ferme se dessiner au loin, apparaissant comme par magie, elle comprit que c’était sa prochaine destination. Machinalement, elle pensa à son beau-père, ce gamin semblait être lui, mais avait changé de forme ou était-il caché quelque part ? Elle se souvenait de son cauchemar, elle n’avait pas rajeunis mais c’était sentit comme la petite fille à l’époque où elle avait été frappé. Mais chaque cauchemar est différent, même si celui-ci n’a pour le moment rien d’effrayant, c’est même tout le contraire : un souvenir banale.

Comme quoi, il ne faut jamais penser à un truc pour que cela se produise : une sorte d’ombre se forma, rendant tout autour de la brune et des gamins plus sombres, comme s’il y avait une éclipse. L’instant suivant, tout fut déformé par une sorte de tourbillon et quand la jeune femme cligna des yeux : elle vit qu’elle avait encore changé d’endroit. Une forte odeur de paille et de déjections animales lui prit le nez, elle comprit qu’elle était dans ce qui semblait être une immense grange de paysan. Elle était dans la partie centrale, avec du matériel agricole, sur sa droite, elle put voir une partie surélevée avec des bottes de foins alors que sur la gauche, il ni avait qu’une porte qui menait surement à la salle de traite pour les vaches. Et au vue du bruit, on pouvait même dire que les bêtes étaient là. Megan remarqua que les enfants étaient toujours là et surtout : qu’ils n’avaient pas été dérangé le moins du monde par ce changement de décor. Le garçon entraina la fille avec lui pour jouer dans les bottes et la brune, n’ayant rien d’autre à faire, les suivit. En grimpant les marches, elle put voir à l’autre bout du hangar plusieurs poules qui gambadaient tranquillement après un truc qu’elles seules avaient du voir. Reste qu’elle avait une drôle d’impression : où était son beau-père ? Persuadée que ce gamin c’était lui, elle se demandait s’il était là ou s’il avait carrément rajeunit. Les enfants avaient déjà prit de la hauteur en escaladant le foin, ils rigolaient de bon cœur et cela était plaisant à voir, même si la brune était irritée de voir l’enfance chaleureuse de l’homme qui avait pourrit son enfance à elle. Sauf que pourrir ce rêve ne servirait à rien, cela ne changerait pas la donne. Décidée à attendre que quelque chose se passe, elle s’assit dans un coin et soupira. Elle fouilla dans sa poche, espérant y dégotter des clopes mais rien. Après plusieurs minutes à regarder les enfants, elle décida de bouger : l’important du rêve devait être ailleurs. Descendant dans le hangar, elle se dirigea vers la porte qui menait à la salle de traite et comprit alors qu’elle ne pourrait y aller : une sorte de porte invisible, un champ de force l’empêchait d’y aller. Elle donna un coup de poing dans le vide et vit sa main heurter une chose qu’elle ne pouvait voir.

Déjà, ce n’était donc pas par là qu’elle devait aller. Continuant sa recherche, elle se dirigea donc vers le fond pour voir les poules, là, elle vit une longue remorque à bois, des volatiles étaient montés dessus pour picorer des insectes après avoir déchiré l’écorce des buches. Le mur du fond était fait d’un muret en pierre haut d’un mètre et le haut était une immense structure métallique. Justement, sur le bord de la pierre elle aperçu, pour son plus grand bonheur, un paquet de clopes. Elle se jeta dessus, en mit une à ses lèvres et l’alluma pour tirer une longue bouffée de tabac qui lui fit un bien fou. Et sans prévenir : un hurlement déchira le silence pour glacer le sang de la jeune femme. L’un des gosses hurlait à s’en arracher les cordes vocales. Courant alors à toutes jambes, il fallut moins d’une minute à la brune pour gravir l’escalier et bondir sur les bottes de foin afin de voir ce qu’il se passait. Elle vit la petite fille, debout qui hurlait à la mort en pleurant toutes les larmes de son corps alors que son frère avait disparut. Mais où était le mini Hugues ? Elle avança vers la petite et vit alors un immense trou : il ni avait pas de bottes ce qui laissait un peu plus d’un mètre d’espace vers le mur. A tous les coups, le petit était tombé et sa sœur le pensait probablement mort. Sans réfléchir d’avantage, la brune sauta, agrippa une poutre métallique et se laissa glisser sur six mètres pour enfin arriver au sol. Le gamin gisait là, il semblait éveillé mais se tenait le bras en pleurnichant : vu l’angle de son coude, son bras était brisé mais surtout, il avait une belle bosse sanguinolente au front qui ne présageait rien de bon. Peut-être un traumatisme crânien ou autre chose, elle devait le sortir de là pour le faire soigner. Elle se figea alors en se rappelant qu’elle n’était pas dans le monde réel : ici c’était Dreamland, ce gosse était soit son beau-père, soit une hallucination, soit un rêveur ou encore une créature. Donc, elle ne devait pas s’en soucier. Sauf qu’elle n’avait jamais pu résister à un enfant qui pleure et elle se sentit trembler en voyant qu’elle ne l’aidait pas. Elle se jeta à genoux, souleva la tête du petit et libéra son endorphine pour le soulager.

« Ne t’en fais pas… Je suis là…
-J’ai mal à la tête…
-Je sais. Mais tout va bien se passer, ne t’inquiète pas.
-Non ! Rien ne va bien se passer ! »

La voix résonna et fit sursauter Megan qui se retourna pour réaliser que Hugues, le vrai, était là, blotti dans un coin sombre, le regard paniqué. L’algophobe lâcha le petit pour aller vers l’homme, elle voulait des informations, pourquoi rien n’allait bien se passer ? Elle secoua son beau-père, lui hurlant qu’elle voulait savoir ce qu’il savait mais elle ne parvint pas à lui arracher le moindre mot. Son regard restait figé sur son reflet d’enfant. Elle décida de lui coller une claque pour qu’il réagisse mais cela fit autant d’effet que le reste. Agacée, la brune le lâcha et alla s’adosser au mur. C’était son rêve, son cauchemar, à lui de voir ce qui devait se passer elle n’était ici qu’en tant que simple spectatrice après tout. C’est ainsi que le gosse continuait de gémir et que l’homme frémissait de plus en plus. Hugues sursautait à chaque fois que l’enfant hurlait à l’aide pour ensuite lui dire de se taire afin de ne pas faire de bruit. Megan ne comprenait pas tout, elle ne comprenait pas pourquoi il refusait que l’enfant appel de l’aide. Voulait-il qu’il meurt ici ? Que craignait-il ? Elle ne supportait pas cette attente, ce stresse inutile ! Elle voulait de l’action, elle voulait voir ce qui devait se passer et n’avait pas envie de rester ici à attendre comme une conne tout en sachant que dans le tombeau, les monstres devaient déjà taper à la porte pour venir les tuer. De frustration, elle alluma une autre sucette à cancer en jetant un regard aux deux personnes se trouvant avec elle. On remarquera aussi que les pleures de la fille plus haut ont cessés depuis déjà un bon moment. La gamine était-elle partit chercher de l’aide ? Ou son importance n’était que mineur dans ce souvenir ?

Après avoir terminé sa cigarette, qu’elle avait écrasée au sol avec son pied, elle comprit enfin ce que redoutait Hugues. Depuis un moment, elle se sentait observée et elle croisa alors le regard avec des petits yeux noirs. Un rat sortit du foin, s’avançant timidement vers le gamin. Et quoi, c’est tout ? Voilà comment Hughes avait eut peur des rongeurs ? Mais c’était pitoyable ! Elle éclata de rire et le bruit fut le détonateur : le rat bondit sur l’enfant pour lui mordre les doigts, apparemment il était affamé. D’autres surgirent alors du foin ou de trou dans le mur pour se jeter sur le gamin qui hurla de plus belle, son petit corps mutilé par une pluie de petites griffes et de petits crocs. La jeune femme détourna les yeux, elle crut qu’elle allait vomir de voir un gosse se faire dévorer. Pourquoi ne pas l’aider ? Pourquoi n’avait-elle-même pas eu l’envie de bouger ? Hugues hurlait alors comme une pucelle tandis que les rats se dirigeaient déjà vers lui en laissant un petit garçon au trois quart rongé jusqu’à l’os. De crainte de se faire bouffer, la jeune femme agrippa la poutrelle et se souleva du sol pour trouver appuis sur la murette : de là, elle pouvait contempler la scène sans risque.

L’homme hurlait, donnait des coups de pieds, il parvenait à repousser les rats et les tenir à distance. Ceux-ci semblaient ne pas trop oser avancer et Megan comprit pourquoi : l’idée n’était pas de le dévorer, mais de l’effrayer pour se nourrir de sa peur. Comme Pijn le faisait en demandant à la brune de torturer des rêveurs. Donc, ils se contentaient d’avancer pour lui faire peur, lui donner l’impression que sa vie était en danger, mais ils n’en feraient pas plus. Elle bondit au milieu de cette mer de rats, en écrasant plusieurs sans le vouloir ou plutôt sans vraiment s’en soucier. Elle shoota dans d’autre et se fraya un chemin vers son beau-père alors que les rats se décidaient à l’attaquer : elle, ils pouvaient la manger sans problème, elle ne leur servirait à rien. Elle en sentit un lui courir le long de la jambe pour passer sous son haut et lui griffer le dos. Réflexe : elle percuta le mur avec force, écrasant l’animal qui tomba de ses vêtements, mort. Ses jambes lui faisaient mal, elle sentait les rongeurs se jeter sur elle pour la mettre en pièces. Elle activa son pouvoir, libérant ce pouvoir qui servait à créer de la douleur, sur des rats, l’effet devrait être bien plus puissant. Elle en vit tomber et convulser en couinant tellement fort qu’elle pensait même que ses tympans allaient exploser. Il y en avait trop, pourquoi avait-elle fait cette connerie que de vouloir traverser ce charnier ? Et comme si c’était le moment, elle se m’y à penser que l’appellation suffering pour son pouvoir ne collait pas. A la base, suffering était un pouvoir consistant à amplifier la douleur et là, ce pouvoir en créait. C’était donc différent. Reste qu’importe peu son nom, pour le moment c’était bien utile pour repousser les rats qui avaient finalement décidé de la laisser passer en se contentant de la fixer avec leurs petits yeux mauvais. Elle tituba donc pour avancer, ses jambes étaient vraiment très douloureuses, comprenant qu’en peu de temps, ils auraient fini par la dévorer, elle était à présent pressée de foutre le camps.

Ses jambes cédèrent et elle se retrouva à genoux devant Hugues. Elle lui colla une gifle amplifiée par la douleur afin de le faire réagir : plus le temps de prendre des gants et elle voulait qu’il souffre donc là, elle était servit. Sauf que l’algophobe n’avait pas vraiment envie de se faire dévorer durant le cauchemar de ce salopard. Une autre gifle, cette fois elle l’insultait pour voir s’il réussissait à sortir de sa torpeur. Elle leva de nouveau la main mais un rat bondit pour finir sur son épaule afin d’enfoncer ses crocs dans son cou. Elle hurla de douleur, arracha le rat, ainsi qu’un morceau de sa chaire pour balancer enfin le rongeur contre le mur avec force. Libérant son pouvoir au maximum pour créer de la douleur, elle espérait tenir les autres à distance. Elle empoigna le menton de son beau-père, lui refilant en prime une douleur pour enfin le fixer droit dans les yeux.

« Tout ceci, tu peux y mettre fin ! Tu peux surmonter cette foutue peur et en faire ta force ! Alors putain reviens à toi sale connard ! C’est tout ce que tu as dans le ventre ? Moi qui pensais que tu cognais fort et que tu étais une putain de brute ! En fait t’es qu’une merde ! Elle fourra sa main dans sa poche car elle venait d’avoir une idée. Allé reviens à toi bordel ! Elle colla le briquet dans la main de son beau-père. Fous le feu au foin, relèves toi, fais quelque chose ! »

Elle sentit alors une multitude de rats qui lui grimpaient dessus et l’instant suivant, elle fut alors happée en arrière comme sur une main invisible la trainait sur le sol. Les rats avaient décidé de l’éloigner du rêveur pour qu’ils puissent le terroriser tranquillement et surement qu’ils la dévoreraient ensuite. Elle hurla, tenta de se débattre et malgré le nombre de rongeurs qui tombaient à cause de son pouvoir, d’autres venaient déjà les remplacer. Finir dévorer par des rats, elle n’aurait jamais pensé que cela se terminerait ainsi… Comprenant alors que son pouvoir ne suffirait pas, elle cassa de l'utiliser et opta pour l'endorphine afin de soulager son corps. Elle attrapa sa canne en sucre et colla plusieurs coups avec pour se défendre. Une idée lui vint en tête et elle approcha l'artefact de ses lèvres. La colle suintait déjà et elle enchaina alors les coups sur les rongeurs, augmentant progressivement le poids de son arme avec le corps morts ou non des rongeurs. bientôt, elle put se relever mais continua de frapper, autant qu'elle en tue, ils en revenaient toujours plus, encore, inlassablement. Son endorphine amplifié pour mentir à son corps blessé et fatigué, elle savait qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Elle tourna la tête un instant vers Hugues et vit que lui aussi se faisait attaquer. Par chance, les morsures et griffures l'avaient ramené à lui, il hurlait et se débattait. Megan espérait qu'il finisse par agir, par vaincre sa peur ou simplement qu'il utilise le briquet: s'il foutait le feu, les rats fileraient rapidement, normalement... Reste qu'ils seraient ensuite les deux coincés ici ce qui serait tout aussi problématique.

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Mar 2 Avr 2013 - 16:18


Déployant sa massue improvisée, la jeune femme tentait de sortir vivante de ce foutoir. L’arme devenait de plus en plus lourde, le poids des rats collés à la canne se faisait sentir et la fatigue, malgré l’endorphine, n’était pas à mettre de coté. Imaginez un instant être coincé dans une vieille grange remplit de foin, d’être agressé par un nombre impossible à compter de rats affamés et que votre seule option pour sortir serait de mettre le feu à l’endroit. Diriez vous que vous êtes cinglé ou suicidaire ? Probablement sauf que là, Megan ne voyait pas trop quoi faire d’autre. Sa canne frappa le sol, écrasant une dizaine de rongeurs d’un coup. Le souffle court, elle lança un regard en arrière pour voir ce que faisait Hugues. Il était en sang, le visage couvert de griffures, ses mains et ses doigts avaient été rongés, il hurlait et secouait les bras dans le vide comme pour repousser un ennemi invisible alors que ses ennemis justement étaient à ses pieds. Pas qu’il avait l’avantage, juste une précision vis-à-vis de la taille des ennemis, ce ne sont que des rats ordinaires après tout, ils ne sont pas si énorme que ça si on considère qu’un rat d’une trentaine de centimètres, sans la queue, est une taille normale. La jeune femme vacilla sur ses jambes, sentant un filet de sueur couler sur son front pour continuer sur sa tempe afin de se diriger ensuite vers son menton. Il faisait une chaleur atroce ici, en même temps elle faisait de l’exercice et la fermentation du foin n’aide pas à avoir un endroit frais. Sa main se posa sur la tôle afin qu’elle s’y appuie un instant pour reprendre son souffle. La vague de rats semblaient enfin se calmer et il ni en avait presque plus, il était grand temps de conclure et de passer à la suite, en espérant que celle-ci sera bien plus calme. Elle fit tourner son artefact, visa le mur et frappa de toutes ses forces. Un bruit sourd résonna et une pluie de rongeurs morts vola dans tous les sens afin d’alléger le poids de la canne.

« Bon Hugues ! C’est terminé à présent alors détends toi ! Dis-toi que tu peux les vaincre ! Tu as bien vu que j’ai réussi à en tuer un bon paquet non ?
-Ils vont revenir ! Ils vont revenir ! Encore et toujours, ils n’abandonnent jamais ! »

Sa voix et son regard avaient quelques choses de démentielles, jamais elle ne l’avait vu ainsi et il lui faisait peur. Peur oui, mais pas comme avant, là, elle craignait de le voir sombrer dans la folie et la terreur. Ce qui réduirait tous ses efforts à néant. Elle avança tant bien que mal vers son beau-père pour tenter de le calmer, elle n’aurait jamais imaginé être gentille avec lui un jour, mais son plan consistait à en faire un Voyageur et pour ça, elle devait le garder en vie et lui redonner confiance. Mais comment ? Le cogner, l’insulter n’avait jusque là servit à rien. Elle l’attrapa par les épaules, l’obligeant ainsi à la regarder dans les yeux. Elle prit une longue inspiration.

« Et bien s’ils reviennent on les repoussera encore. D’accord ? On peut le faire… Tu as toujours le briquet ? Il hocha la tête pour dire que oui. Bien. Déjà, on va grimper après la poutre et sortir de ce cul-de-sac pour éviter que cela ne se change en tombeau. Passe devant ! »

Il ne dit pas un mot, avala sa salive et l’algophobe put voir une lueur d’espoir et de détermination s’allumer durant un instant dans son regard. Il reprenait enfin du poil de la bête ! L’homme agrippa la poutrelle et commença à grimper sous le regard de la brune qui espérait qu’il ne tomberait pas. Ses doigts ensanglantés ne devaient pas l’aider mais la peur au ventre était une motivation suffisante pour sortir de là. Elle suivit alors et grimpa, lança un regard derrière pour voir que des rats revenaient déjà à la charge. Bordel, mais ils n’abandonnaient jamais ? Elle poussa le rêveur pour qu’il grimpe plus vite car les rongeurs aussi commençaient à grimper, s’entassant au pied de la poutre pour s’y enfiler l’un après l’autre. Hugues sauta sur une bonne de foin, Megan en fit autant puis le poussa dans le dos pour l’inviter à courir : ils ne devaient pas perdre de temps. Mais une idée lui vint en tête : il devait foutre le feu maintenant, ça ralentirait les rongeurs !

« Hughes, mets le feu au foin. Tu veux qu’ils meurent n’est-ce pas ? Alors surtout ne te gêne pas pour les enfumer et les cramer ! »

Il se figea et hésita un instant. Son regard se posa sur le briquet et il afficha alors un large sourire. L’homme se laissa tomber à genoux et alluma le briquet : une immense flamme en jaillit. La jeune femme ne s’y attendant pas fut surprise et fit un bond en arrière. Elle comprit alors pourquoi l’objet c’était changé en une sorte de lance-flamme, Hugues était un rêveur, il pouvait donc avoir des pouvoirs en fonction de sa volonté et s’il y mettait suffisamment du sien, il pourrait même s’avérer utile et puissant. D’un mouvement du bras, il enflamma plusieurs bottes de foin, il se retourna, vit des rongeurs et leur balança une boule de feu qui les carbonisa sur place. L’algophobe songea qu’un contrôleur de feu serait tellement classe, tellement fort et badasse qu’elle aurait bien voulu échanger ses pouvoirs même si la souffrance semblait lui aller comme un gant. Elle tira l’homme par le col de sa veste pour l’inviter à se relever. Inutile de tergiverser, ils devaient foutre le camp s’ils ne voulaient pas eux aussi finir dans les flammes. Mais le rêveur refusa de bouger, il éclata de rire et fit apparaitre une boule de feu dans sa main, apparemment, contrôler le feu venait de lui refiler du baume au cœur sauf qu’il aurait meilleur temps de ne pas trop s’emballer… La boule de feu percuta la poutre pour l’enflammer jusqu’à sa base, cramant au passage tous les rats dessus.

« Je vais tous les bruler ! Tous ! »

Il repoussa Megan d’un coup de coude en plein visage, l’envoyant au tapis par surprise. Elle resta allongée, fixant le plafond et soupira. La lèvre ensanglantée, elle l’essuya d’un revers de manche, là, elle reconnaissait ce connard : égal à lui-même. Les flammes allaient bientôt les encercler, ils devaient bouger de là. Elle se releva, colla un coup de canne dans le dos du rêveur et le tira vers elle pour le balancer en bas du foin afin qu’il se retrouve en bas des escaliers. Tant pis s’il était blessé, au moins, il survivrait cet abruti. Elle bondit hors des flammes, voyant que le sol était deux mètres plus bas, elle regretta son geste mais il était trop tard… Elle fut alors interceptée en plein vol par une immense chose non identifiée pour être projeté plus loin. La brune percuta la pile de bois, envoyant valser dans tous les sens les buches. Choquée, elle eut du mal à retrouver ses esprits et roula sur le coté pour cracher du sang. Sa tête tournait, elle sentait sa respiration difficile, surement des cotes brisées. Hugues hurlait de plus belle mais la jeune femme ne pouvait venir l’aider, elle galérait suffisamment à se relever et retrouver ses esprits. Tout devint alors noir et elle se vit dans le tombeau, l’air frais, l’odeur de moisissure et surtout : le bruit de plusieurs créatures qui s’acharnes sur une porte en acier. Son rythme cardiaque s’emballa, elle était revenue dans le cimetière et n’avait pas réussit à faire de son beau-père un Voyageur. Elle était allongée au sol et voulu se relever mais à peine eut-elle bougé qu’elle se retrouva de nouveau sur le tas de bois, le corps douloureux. La chaleur des flammes lui léchait la peau et l’odeur de foin brulé lui revint aux narines. Elle se mit difficilement en position assise, passa une main sur son crâne pour y découvrir une bosse de bonne taille.

Un autre hurlement la fit sursauter. Hugues, toujours animé par la peur et la folie, tentait de se battre avec une créature imposante, surement celle qui avait projeté la demoiselle. Créant une autre boule de feu, il la lança sur le monstre qui esquiva sans mal et colla un puissant coup de patte à Hugues pour le soulever du sol et le projeter en arrière. L’algophobe bondit à son tour, ses jambes faillirent céder sous son poids, elle poussa un jurons, ce n’était pas le moment de faiblir ! La chose avança alors au milieu des flammes : une sorte d’immense lapin, une balafre au coin de l’œil, un morceau d’oreille en moins et des bras dignes de ceux d’un bodybuilder. Un savant mélange entre un ours et un lapin se dressait devant elle et avant de pouvoir le cogner, l’animal lui bondit dessus pour lui coller un gifle qui la projeta contre le mur.

« Hey le lapin de fête ! C’est moi ton adversaire ! »

Hughes semblait s’improviser une paire de couilles : il avait apparemment moins peur, surement poussé par l’adrénaline à se battre. Le gros lapin lui fonça dessus alors que le rêveur lui balançait une autre boule de feu en allumant son briquet. L’explosion empêcha Megan de voir qui avait gagné, elle en profita pour se relever, sentant qu’elle ne pourrait plus se battre longtemps car la bestiole surement originaire de Tchernobyl, tapait un peu trop fort. Un autre hurlement du beau-père résonna dans toute la grange, un cri de haine et de colère, l’algophobe habituée à torturer des rêveurs et les entendre hurler de peur, put identifier ce cris comme n’étant pas un appel à l’aide, mais plutôt un hurlement rageur face à l’impuissance de vaincre son adversaire. Tout se figea alors autour d’elle, Megan vit Hugues, soulevé du sol par la gorge, le lapin le tenant avec force la bave aux lèvres. Le rêveur hurla de plus belle et tenta de coller un coup de pied dans la gueule du monstre. Son pied heurta l’animal et là, une explosion retentit, soufflant tout ce qu’il y avait dans le hangar. Les flammes se dissipèrent et le calme revint comme si rien de tout ça ne venait de se produire. L’homme était tombé à genoux, le souffle court, il releva la tête et posa ses yeux, étrangement calmes, sur Megan.

« Meg ? Que fais-tu ici ? On est où ? J’ai tué le lapin géant ? C’est quoi ce rêve à la fin ? »

Avant d’obtenir une réponse, l’homme s’écroula face contre terre, à bout de force. L’algophobe se laissa glisser contre le muret et soupira : elle avait réussit, il semblait être devenu un Voyageur. Tout s’assombrit alors et le froid vint caresser l’épiderme de la jeune femme qui comprit qu’elle retournait au point de départ, que tout ceci n’avait été qu’une illusion afin de terroriser Hugues et maintenant qu’il avait vaincu sa peur, la statut s’avouait vaincu. Mais il y avait encore des trucs à régler, des choses à faire pour rester en vie… Elle sentit ses douleurs s’estomper, ses blessures disparaitre les unes après les autres. Au moins, elle serait un peu plus en forme pour ce qui allait suivre. Elle avala lentement sa salive, ouvrit les yeux pour voir qu’elle était étendue au milieu du caveau, le souffle de Hugues lui fit comprendre que lui aussi venait de revenir dans cet endroit. Elle se releva doucement, tendant l’oreille pour entendre que les monstres ressemblant à des faucheuses s’acharnaient toujours sur la porte. Elle se dirigea vers Hugues, annula la colle qui le maintenait au mur et l’aida à se relever. Il semblait étrangement calme et elle lui fit un sourire.

« Tu n’imagines pas à quel point ça me fait chier de faire ça… Tu ne rêves pas. Enfin si, mais c’est un monde à part entière, ce n’est pas que dans ta tête. Ce monde se nomme Dreamland et en ayant vaincu ta peur, tu viens de t’en faire ton pouvoir. Alors à présent que tu es un Voyageur, t’as plutôt intérêt à te rendre utile !
-Et tu as rien trouvé de mieux à raconter comme connerie ? Il repoussa la main de la brune et la foudroya du regard. Déjà, commence à me parler sur un autre ton, ce n’est pas parce que tu ne vis plus sous mon toit que tu peux me manquer de respect.
-Contente de te voir aussi con que d’habitude ! Reste donc à trouver comment fonctionne ton pouvoir… »

Et sans prévenir, cet abruti lui colla un coup de poing pour la faire taire. Elle recula d’un pas, redressa la tête et lança un regard noir à son beau-père. S’il commençait comme ça, elle n’allait vraiment pas se retenir longtemps. Il leva de nouveau le poing pour frapper mais elle fut plus rapide et lui saisit la gorge pour lui couper la respiration, libérant une dose de douleur dans sa gorge pour bien lui faire comprendre qu’il avait plutôt intérêt à l’écouter. Ses yeux s’exorbitèrent suite à la douleur et la stupéfaction.

« Maintenant tu vas m’écouter… Je n’ai pas envie de jouer avec toi alors si tu veux que je t’explose, continus de me chercher. Elle le lâcha et il ne broncha pas. Bien ! Donc, ce que je viens de te dire est vrai. Ceci ne se passe pas que dans ta tête, mais tu le comprendras suffisamment tôt. L’important, c’est que tu disposes d’un pouvoir et qu’il va t’être utile pour survivre dans ce monde : sauf si je te bute avant.
-Un pouvoir ? Et ce serait quoi alors ?
-Aucune idée, je sais juste que c’est lié aux rats et aux rongeurs en règle générale vu que tu avais peur de ces bestioles. Tu dois surement être encore un putain d’invocateur ou alors morpheur.
-Morpheur ? Genre je vais me transformer en rat ?
-Peut-être, je n’en sais rien ! Ce n’est pas moi qui décide ! Et là, on a pas trop le temps de se renseigner, va falloir que tu apprenne sur le tas ! Tu entends ce bruit ? Elle pointa son doigt vers les escaliers. On risque d’avoir très bientôt de la compagnie et je peux te garantir qu’on va probablement y laisser notre peau… »

Après tant d’efforts pour en faire un Voyageur, elle allait crever contre des monstres dans un caveau. Vu comment elle galérait pour un seul fossoyeur, elle doutait qu’elle puisse en vaincre plusieurs sans finir découpée par des coups de faux. Et Hugues ne serait pas d’un grand renfort s’il ne découvrait pas rapidement comment fonctionnait son pouvoir…

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MessageSujet: Re: En quête de vérité [Quête solo/Partie 2] Sam 20 Avr 2013 - 17:55


C’est donc une nuit comme les autres, dans le cimetière de Dreamland que ce poursuit notre petit aventure. Tout se passe dans et devant un imposant caveau avec des sculptures représentants des squelettes ainsi que des rats. Dehors, une dizaine de créatures vêtues de haillons, laissant seulement voir leurs mains squelettiques tenant une faux meurtrières, qui s’acharnaient sur la porte en fer forgé pour entrer dans la bâtisse. Ces choses ressemblaient atrocement à l’image de la mort, de la faucheuse, sont en faites des fossoyeurs, leur job consiste à nettoyer le cimetière, à tuer les intrus pour les mettre en terre car ici : tout ce qui est vivant n’a pas sa place. Et les vivants justement, nous en avions deux à l’intérieur de ce tombeau. Un homme d’une quarantaine d’années, les cheveux courts en brosse d’une couleur châtain foncée, il était habillé d’un T-shirt blanc, avec une petite chemise noir par-dessus et portait également un pantalon bleu foncé. L’homme ne semblait pas trop confiant, il paraissait même stressé et perdu dans sa réflexion. Et avec lui, une jeune femme d’une vingtaine d’année : les cheveux d’un noir d’ébène totalement entremêlés, son teint était pâle comme si elle était déjà morte mais c’était juste l’absence d’exposition au soleil qui faisait ça. Elle portait un haut noir, déchiré sur le coté par ce qui devait être une lame, du sang avait coulé de l’entaille dans sa chaire et elle semblait avoir d’autres blessures, toutes superficielles. Comment Megan s’était-elle retrouvée coincée dans un endroit pareil avec l’homme qu’elle détestait le plus au monde : son beau-père ? Résumer la situation prendrait du temps et justement, l’algophobe n’en avait pas. Elle faisait les quarte cent pas dans la pièce, tournant autour de la tombe en marbre qui occupait le centre du tombeau. Trouver un moyen de sortir de là, voir comment se débarrasser des monstres et fuir le plus vite possible. Elle avait déjà vaincu deux de ses choses, mais lors de duel en un contre un, duel qui n’avait pas été si évident de gagner. Alors l’idée de les affronter tous en même temps ne lui disait mais alors rien du tout. Malgré tout, elle aurait bien voulu obtenir quelques informations sur ce qui lui était arrivée : ce passage dans le champ puis la grange pour plonger Hugues dans un cauchemar. Tout ça produit par la statut d’un rongeur en armure appuyée contre le mur derrière elle. Il y avait toujours des choses étranges et inexplicables à Dreamland, mais là, c’était vraiment bizarre, trop à son gout. Si seulement elle pouvait se réveiller maintenant, elle éviterait tellement de problèmes mais la brune avait comprit depuis longtemps qu’elle avait rarement de la chance dans le monde onirique.

Un cliquetis métallique suivit d’un grincement annonça que les monstres venaient de franchir la porte. On aurait pu se rassurer en se disant que s’ils étaient suffisamment stupides pour perdre autant de temps sur une porte, les deux Voyageurs pourraient s’en sortir. Mais même dans le monde onirique, rêver n’était pas envisageable. Elle secoua l’homme, espérant qu’il trouve suite à une gifle comment fonctionnait son pouvoir. En guise de réponse, elle eut juste droit à un revers de la part d’Hugues qui la fit reculer. La douleur à la mâchoire était cuisante, elle lui lança un regard noir, se contenant pour ne pas le mettre en pièce. Elle ravala donc sa fierté et décida de mettre à profit le peu de temps dont ils disposaient.

« Concentres toi, penses à des rats, des lapins, n’importe quels rongeurs et tente de libérer ton pouvoir. J’ignore comment ça marche alors grouilles toi de trouver !
-Genre je vais penser à des bestioles pareilles ! Tu te fous de ma gueule ?
-Hugues… Pour une fois ne fais pas ta tête de con et écoute moi… »

Ce fut les mots de trop, cet abruti lui colla une gifle avec force, faisant ainsi reculer l’algophobe. Elle vit alors rouge et ne se soucia plus un instant de ce qui entraient dans le caveau : elle allait le tuer juste pour se défouler et même si c’est la dernière chose qu’elle ferait à Dreamland. L’un des fossoyeurs arrivait déjà en bas des marches, il leva sa faux et fonça sur Megan qui eut juste le temps de bondir sur le coté pour éviter. Dégainant sa canne, elle colla un coup au niveau des cotes de la chose et la repoussa ainsi pour quelques secondes. L’autre idiot agit d’instinct et colla un uppercut dans la tête encapuchonnée. Il cognait fort finalement et éjecta la créature, à deux contre un, ils pouvaient peut-être s’en sortir sauf que la chose n’était pas seule et deux autres venaient déjà la rejoindre. Bloquant un coup de lame mortelle, Megan se retrouva adossée au mur et put entendre la respiration effrayante de la créature, tel un râle ou la respiration de Dark Vador. Elle repoussa le monstre avec force, vacilla sur ses jambes fatiguées par cette nuit quelque peut éreintante. Un coup de canne repoussa le monstre mais un autre fossoyeur attaqua, sa lame déchira l’épaule de la contrôleuse qui hurla de douleur. Elle sentit l’acier froid déchirer sa chaire pour enfin se loger entre ses os, lui déboitant ainsi l’épaule. Hugues donna un coup de pied pour attaquer le monstre ce qui eut l’effet de déchirer l’épaule de Megan en arrachant la lame de son corps. La jeune femme vacilla, une épaule hors d’usage, elle libéra son endorphine pour se soulager un peu, sachant très bien que son pouvoir de transfert n’aurait aucun effet sur ces trucs. Son beau-père prit également un coup de faux dans le ventre, il cracha du sang et Megan frappa avec sa canne, désarmant un ennemi. Une main squelettique lui attrapa la gorge et la décolla du sol sans difficulté alors que la statut du rat se mit à briller. Le gros lapin balafré du cauchemar de Hugues venait d’apparaitre, il se jeta dans la mêlée et éclata le crâne d’une des créatures avec son immense patte. Il bondit et percuta celle qui tenait Megan, imitant un tacle de rugby pour plaquer le fossoyeur au sol. L’algophobe arma son bras, serra fermement ses doigts sur sa canne et explosa à ton tour le crâne de la chose. A bout de souffle et de force, elle s’appuya au mur, la tête lui tournait et elle était prise de vertige. Une lame taillada le lapin géant qui ne broncha même pas et rendit le coup à son ennemi. Hughes tentait également de se défendre et l’algophobe retournait se battre. Dans une anarchie incroyable, ils parvinrent finalement à défaire leurs assaillants tout en récoltant pas mal de blessures. Six fossoyeurs venaient d’être tués et il ne semblait pas y en avoir d’autres, par chance. Megan se laissa tomber sur son postérieur pour reprendre son souffle et tourna les yeux vers le lapin, il lui manquait un morceau d’oreille, une longue cicatrice passait sur le coin de son œil et de son arcade. Son pelage gris clair était à présent couvert de ce liquide rouge et poisseux.

« Merci…
-De rien jeune femme. Il se tourna vers Hugues. Toi, tu m’as affronté et vaincu durant ton initiation comme Voyageur, je désire passer un pacte avec toi.
-C’est quoi encore ce délire ? Un lapin géant qui parle ?
-T’occupes Hugues… Accepte ce qu’il te propose.
-Bon… D’accord ! D’accord ! J’accepte de passer un pacte avec toi ! »

Le lapin guerrier s’inclina et disparut dans un nuage de fumée laissant ainsi les deux Voyageurs seuls dans le tombeau. Megan aurait bien voulu se relever mais elle n’en avait plus la force. Elle regrettait de ne pas avoir une cigarette, après un tel combat, cela lui aurait fait le plus grand bien.

« Hugues… Si tu veux des indications sur ce monde, pense à moi avant de t’endormir demain soir. Si jamais tu penses que c’est dans ta tête, je t’enverrai un message dans la journée pour te prouver le contraire. »

Son beau-père ne prononça pas un mot, il semblait un peu abasourdit par tout ce qu’il venait de se passer. L’instant suivant, il explosait déjà dans un nuage de fumée comme son lapin. C’était donc le matin et l’algophobe allait bientôt se réveiller, elle aussi. Elle soupira, se disant que son beau-père était un invocateur, ce qui ne l’arrangeait pas vraiment. Il allait lui filer du file à retordre pour la suite, reste qu’elle était contente d’elle : elle était parvenue à réaliser son plan, même si tout avait été fait dans un bordel incroyable et qu’elle avait encore une fois risqué sa peau pour des queues de cerises. Tout ça pour apprendre la vérité, pour savoir exactement pourquoi il avait agit et agissait toujours comme un parfait connard. Elle disparut alors du tombeau comme l’avait fait précédemment Hugues.


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En quête de vérité [Quête solo/Partie 2]

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